La perte d'une colonie

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Material Information

Title:
La perte d'une colonie la révolution de Saint-Domingue
Series Title:
Librairie africaine et coloniale
Portion of title:
Révolution de Saint-Domingue
Physical Description:
1 online resource (vi, 380 pages) : ;
Language:
French
Creator:
Castonnet des Fosses, H ( Henri ), 1846-1898
Publisher:
A. Faivre, Librairie africaine et coloniale
Place of Publication:
Paris
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
1791 - 1804   ( fast )
Colonies   ( fast )
History -- Haiti -- Revolution, 1791-1804   ( lcsh )
Colonies -- France -- America   ( lcsh )
France   ( fast )
Haiti   ( fast )
Haïti -- 1791-1804 (Révolution)   ( ram )
Colonies -- France -- Amérique   ( ram )
Genre:
History   ( fast )
History.   ( fast )
non-fiction   ( marcgt )

Notes

System Details:
Master and use copy. Digital master created according to Benchmark for Faithful Digital Reproductions of Monographs and Serials, Version 1. Digital Library Federation, December 2002.
Statement of Responsibility:
par H. Castonnet des Fosses.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 680464425
ocn680464425
Classification:
lcc - F1923 .C35
System ID:
AA00008597:00001

Full Text


















This volume was donated to LLMC
to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by

Cornell University Law Library





























jjA PERTE D'UNE CO::.ju:,::::::iE












DE



2







































ANGERS, LACHfKSE ET C'e.








7::: i- 'r A* % T
u T E










DE








PAR


H. CASTONNET DES FOSSES

Membre do la Soci6te' do G6ographie
President de section do la SociW de G6ographie commercial




---------- -,PARIS

A.. FAIVRE, EDITEUR ]LADUAIallE
27-31, ru:-.: :::- a::aparte, 27-31 1893








































4 AIF 13




Sol























Le centenaire de Chr'i'stophe Colomb., I'Exposttion universelle de Chicago portent Vattention du c6td de IAmerique. Dans cette parties du mondo.,, revenue une no uvelle '77Z.,ope, se troupe ve'r table apothdose du geMe colonial de la France Notre pays, qui a fait le Canada et 1-*Algdrie, et
Von refuse cependant les facultds colonisabIces, s'y r6vele avec tout son esprit tPaventure et dordre dans I'aventure. A un moment dontt6,, le le Saint-Laurent., le fleuve des
A
is 9 .:A
:,3 talent franpa 11 en dta *t de
plusieurs Antilles. Parmi les coloq,),?- S que nous awns possdddes en Amerique, il en est une qui est revenue en quelque sorte Idgendaire c"est celle de Saint-Domingue. L-on peut dire la
ec1c.::j, ,ation de cette t,-..:. est 1-Oune _7_:s gloires de
-rance. Cori, cette magnifique possession





vi

nous a-t-elle dchappe ? Les causes., qui ont amend la pei,,-te de Saint-Domingue, sont encore a peu pres ignores. Nous croons faire wuvre utile en les faisant connaitre-.Alous voulons donner encore un souvenir a cette society franco-amdricaine, si brilliant, qu-un cataclysm emporta e, : :: ,Yueli::::: -"s anndes. En out?,,,e, nous poursuivons -,zn auf,::re but. A I-heure actuelle. nous avons reprise I-
ot ue de Dupleix., et nous essayons de cienne poli iq
fonder un empire dans 1'Extr me- Orient. Nest-ce pas Voccasion d"Intevroger le passe".. d"y etudier les fates qui ont efte commises, afin de recueIllir les legions de Vexperience Tel doit 6tre le resultant de I'histoire. Alors que nous assistons aux orignes de lIndo-Chine frangaise, Wy a-t-11 pas un intdr6t reel a' se reporter un siOcle en a?-?,-Ijre, et
-agonie de notre colon* amdyl8tre tdmoin de 1 ze
caine ? C'est dans cette intention que nous publions la Wvolution de Saint-Domincrue. Nous espdrons qWelle trouvera un accueil sympathique chez tous les Frangals., qui present avec raison,, que notre pays doit plus que *amais s"Intgresser aux chooses d outre -mer.

H. CASTONNET DES FOSSES.






T


















VO
La
-vie



Au moment oa la Revolution C'clata et vint bouleverser I'ancien monde, ja colome de Saint-Domingue kait des plus prosp res et des plus florissantes. C'6tait une petite France. Partout l'on vantait le 11: : c et gance de ses habitants qui avalent su, r6unir les charges, de la vie erdole A l'urbanit6 de la vleille Europe aussl le nom, de notre possession 6tait-il devenu synonym de splendour et de richesse. Partout I'on parlait avec admiration de cette fie, appelk a juste titre la, des AntUles.
Les debuts de notre colonies avalent e'te' des plus M C:::::
::::.,71es et au inil ieti tl ti xviv, sikle, il eOt ete' difficile
I








prevoir d esti L:: -a LA e, wi wrew
.onnus sous, ;e nom z -a c a rii de a L7
tiers 10, dont I'histoire ::(::::::i 4itue un veritable c4_:::::::::i,,n s'e',taient emi- 7 0 rt u situ6e
cOte i::ow -.6 a:: LC 3aint-L: e U ils
sur I(I Is %A
avaient fc:m: sur Ir A 4- terre etablissements
7 V
qtki n ava: -:-:,en ir ir:::::
I k: i France lea avait pi is sous sa prot, t-ctioi. la coloviie Ctait fond 'e. En 1697 a 14:: :: _:t rt vick, I'Espacrne
it le fait accor-jF::', et nous, c5dait 1, reconnaissai e i
occidental de Saint-Domimme.
LIle "tait nar consequent divi*see en ip : :::::aes, la
parties fram et k: L rtie franq i, I e tielco I'lle ; SU pise ne coj: :nj :::-enai perficie
etait de 2-,:: ilome"tres c rr6s, A pet: s celle de
it de beaucoup la pl
la Belgique; Aai us riche et ]a
plus florissante, tandis que la parties e-::,D: ::,,-nole n:::::va*t qu'une population assez fable et un teri itoire r- I c-:j I ti v(" La parties fran aise offrait, au cont::-,: le spec
I(-,, d'unr inouIe. Chaque cinn6e, des
921.
I-___. __&v v dans I'lle, y creaiC:::::::: des
v- oil
tat ion sI y fai t souche et -tient
Zia colonisation AL pas de 51:::-eant.
Les, Frarji s'etaient tiz's A Saint-2::::::
;tvaient non cree une colonic quifoU L t
i -,:a me, tropole roduits & It
(A ; mals IL:: ient Aituc
w1oniale que L'oncitait partoutpour son
ments. C"ta*t en melque ::: ,T#e un de la
societti fr__: -%Ase qui i! : :'At de'taG1-:: 6 du tron::-, et P.tait venu Wim later dans 3 fie IL'Tique,






3

il s'etait m 6 sous influence du A *our
Bles mar'times de I'Ouest, Na__::&: encore ms vi I L: L:::::::
Bofdeaux, La Rochelle se ra: lent le t E:: gue nous appartenait, t le souv ;:Ate
a, -11 8, a it des plus brillantes, a
epoque qui, pour ces vilies, etai
eliaieusement conserve'
10 e.
Organisation de la colonic est blen faite pour attirer Attention et donner lieu A une :::a de-s plus inthres=les. ;ux agents superieurs., le gouverneur, g60- 7
l'inteLJan.t, repr6sentalient, le roi et diriaeaient. Fadministxation. Le gouverneur gen6ral 6tait toujours un mUitaire 11 avait, le cc 'ement. des troupes, e-: I p
milices et d e 1'eseadre, I Iait les cc-:: superieur.
-r::::: r: lois notn it A La pluipart des empl accortl::: aux col_0126 V- terre
la poli.,z et preralt t:a Ias rc;z que n6cl
I'administ.:: t 9tait toujk
al
i-e de I'ordre civil. H av itp Liculik ,reme,,::,7::: attributions les finances, la ..L 1 eznpl
I Y imp6t. C'est lui qui ordonnait les d6penses et reglait fes marche's lorsqu'il samissalit de publics,
tous Les comptables etaient dans sa delpen&&ace. S^ns
1:
ordre.-. gouverneur gkk6ral planet:
ifleiers qui commandaient les pro inces, les quarters et leg gr,,a::ndes villes.
La ZAe ktait devise e en trois I S.
I a parties du Nord, la partle de I'Ouest et fa Partie du Sud. Les trois capitals talent le Cap-Frangais, Portince et les Cayes. Chaque prolviince eitait nistrde par un lieutenant g6ndral et divisee paroisses. Uncertain nombre de paroisses formaki-A






4

im quarter, et & la We de cheque quarter. 11 y avait un officer qui avalit le titre de commandant. La paroisse dtalt la principle division la colonies L'on en
comptait einquante-deux : vi" : ,,-et-une dans le Nord,, d4ix-sept dans I'Ouest et quato :ze dans, le Sud '. Une paroisse avai
it en moyenne huit ou dix lieues, de long sur six ou sept de large Fon y distiw: r :Jt ]a plane et les'mornes. La plane e"tait de beaucoup la miieux cultriv6e et la plus habit6e, tandis que les moress' qui f-orm,-:,'i-:IA la region montagneuse, dtaient, en grande partle, d6sertes et couvertes de forks. La population 6tait loin d'e'tre dgalement r6partie entre les diff6rentes paroisses quelques-unes Wavalent, que 4 A habiVnts, tandis que d'autres en competent Jusqul
Elles talent administrdes par des officers, des majors dans les villas aides-majors dans, les
bourgs, nomads par le gauverneur g6n6ral. Aucune paroisse, quelled que fAt son importance, ne possddait une organisation municipal.

I Les paroisses, 6taient dans la parties du Nord : FortDauphin, Ouanaminthe, Valli6re, le Terrier-Rouge, le T -ou, Lemonade, Sainte-Rose, Sal nt-Loui s-du-Mari n, le Dondon, melade, la Petite-Anse, le Cap-Fran ais% la Plaine du Iard, I'Acul, le Limb6, Plaisance, Port-Margot, le Borgne, le GrosMorne, Saint-Louis-du-Nord, Port-de-Paix. Dans la parties de Youest : Jean-Rabel, le m6le Saint-Nicolas, Bombardopolis, Port-bL-Piment, les Gonalves, la Petite-Rivi6re, les Verrettes, Saint-Marc, le Mirebalais, I'Arcahaye, la Croix-auxBouquets, Port-au-Prince, Ldogane, Grand-Goave, les Cayes-deJacmel, Jacniel, Bainet.
Dans la parties du Sud : le Petit-Goave, le Fonds-de, -res, I'Anse-&-Veau, Petit-Trou, I'Acquin, Saint-Louis, Cavaillon, les Cayes, Torbec, Port-Salut, les C6teaux, le Cap-Tiburon, le CapDalmarie, J6r6mie.







5

:troisst I I e :: I lo A rel r
D3s Capucins, bominicains c:.: quelques I
corqposn lent le clierg6 et avalient des, pr6fets
::7ir6sidaientauCap-Frangalset&Port-au-Pr*ince. La colonies ne -"Ialt pas d'6vdch6.
La *,v,m:tice 6talit rendue en derniier resort,
en ca,- ,- ::Aon au Conseil d'E'tat du royaume, Dar
It eurs qui I tient au Cap--7,:::7::::: is et a
-n6s sou lu nom de
P(,-::: t-au-I-Ili ce. Dix tribupaux d.P14o 4z
I
:::::-cm*6re instance et
-.Lkhaussdes x iugea*ent en 1 1
les vifles ayant quelc t, tane.ve substitute du rol instrumentaient ,&ous kur
.2. '1. 0
,::::::.:.diction::1usqm;, les molindres bourgades, alinsi
jl:: : reurs dont le nombre etait le.
de lot pullulaient 'a Saint-Domiague. jua
nc -;ait pas dWre aussi longue que coft:-:ft l'on 71nalt qu'ellc annuellen:::
PL::::-:: Q::Ix millions de lives.
'10rces mailitaires de S., :: --)omi*naue ne d6j :-:: 11:E.It ere iommes. I j s comp:-::,i:::
i n:: er* nt 1::::!
i W.Vmv:::ats d"nid :: ie recrutea en Europe, pIL VEX quo noms de iments du CaD-Franca's et de Port-au::::[(:Ict*f de ommes et
un -,
une artillerie colonial de cirnnriers. J-L:An clik"M des d6tachements talent fbrm& VI I rdc i. Ge
I La polji:::::-3 etait faite par mark nauss6e,
g% W-!
Ae, & parL les de muIc:7Ares et de n6r-":::::
7
t
Elie 6tait adonner
::-L:Jes de marrons qui vivatc,::::::::
"Wac, et venaiet.&::: piller les plantations.







6 4

des troupes Kr-:::_ L 3. il y avait r:f:3 qui
Vnt formdes par les bab'*,:,:::' 1:7
ILE) 5
lv:.::::ur couleur.
v I
Hles n'6ta': :1L:::: fortli o i -A
bien
construct des forts au C::::::-:: A, Fort-::.: ::,rphiin
m6le Saint-Nicolas, A Pof:: hu-Prince, *'Rovne
-es places Waurait pu souvenir un si6Fe.
L'imp6t 6tait fixd :'r, le gouverneur 2
e-::-.s notables. L'on disting-tialt A Saint-D azur, Uvis
6ts principaux la capitation sur les n&:: res, la taxe
jes loyers des masons situges dans les villes et le
-s
L :::OM U octroi et deportation. Ajoutons-y la fermede
f-aucherie, celle des bacs, te product de ]a poste aux ::L, s et nous aurons le total des recettes de la colonic
e
011
4::::J s-elevaient A 10" millions de livres, tandis que les 6 ,Penses n9attelarnaient que 13 millions. GrAce & ces
le crouvernement colonial pouvait entreprendre de nombreux t-,L-::,vaux d'utilite' nublique. La 4:: :::::
votrie ne laissait rien et I-es difk.r, :Mts, points
la dtaient reli6s entre eux par de belles
:::77 #.a a
plant6es d'orancrers de eltronniers et de
Res ponts en mgonnerie, a'aient 60 construits sur les rivi res. Des digrues prot6geaient les cam-nes t o n tre I es in c:
.,::: tions et des 6cluses fac*l*taient irrigation Res difigences ou des messageries A
assuraient villes les moyens de communiquer facilement entre elles. Dans la plupart des
roisses, it y avait un bureau de poste, et le depart t-: ::,ourrier pour I'Europe, avait lieu deux fois par semaine. En vin mot, rien ne manTiait A notre colonies







-.7

son orcrati,-::A--on etait.compI te et pouvait f6ire envie
drovh:: ::-- de la nx re-patrie.
noint devue de ]a fertiIU6 et des productions, h :::::::-ance pouvaiit se montrer "alouse de ]a, nouv:: :T:::: :. ,
:1: :::: tur I ft r'chement i l:: notre posses sion
La -,.rketation est luxuriant aux Antilles ct x::A
e en est reputed pour dtre Pune des plus belles::
i on coninalsse. Les Europeens y ont transport la canne A sucre, le caffier, le eacaoyer, I'Indigotiee et cotonnier. Aussi. & Saint-Domingue partout la vu:tait sur de belles plantations qui respiraient, la *i-' Zziesse et la prosphiO. Le sol se pHte merveiller%ient A ]a culture 11 est arros6 par un grand no de-cours Weau dont le principal, I'Artibonite, a quf::I.::: W;: ngt-d*x lieues de parcours. Les riivi6res ne sont P4 a
i.ables, A cause de leurs rapids et de leum cascades ; mais I "on s'en servant avec intelligence pour pr;-::.tiquer des irrigations et reme"dier aux inconv6nienL,:::: la trop grande Nous leur avions donne' le's
nonis les plus poeltiques, tels quo la riviere des" 0rancrers, celle des Bananiers, la rivi re' des Rochea.
--ivWe des Pleurs il en e'tait de m me des mc:::::::::.
qui, par leurs designations. indiquaient le pittodu passage ou rappelaientla France. Gestain qu'un canton montacrneux s7appelait J& petite Gaset v: ::::I-.utre la Nouvelle-Saintonme, tant il est-,
Be Fmn:pis aime toujours e'voque'r le souvenir ia-z
)atrie : :- ite
Do_:::::: de semblables conditions, ]a colonisation Wkait
4,1,velopp6e. En 1788, le populet* ccAptait Wanes, 37 'a k









plupart mulitres, et pr6s de 500,(::::: esci: Le
nombre des plantations 6tait d'erviron 8,000, 6iont 790 sucreries, 3150 indligoteries, cotonni6res, 2,119
caffi&::- js et 50 .7 Vindustrie:_'! -repr6sentee
*Ideries ou. ai "illeries de t,:Pflu, 26 tuile
:Ar ui i ries,
potteries, 6 tanneries et'-::-:::) our::,, ;Jaaux. Le mouvemej::t commercial s'Mevait A 400 millions de dont pour 1'exportation et 180 p,! ur l'Impor:_:a%.ion.
La valeur de la propridt6 fonci re sait I I M11lions. Ces chiffres indiquent A eux seuls 1'6tat florissant de Saint-Domingue, et aujourd'hui, I'Alg6rie, malgr6 les progr6s accomplish depuls quelques anndes, a encore beaucoup & faire avant d'avoir atteint un semblable degr6 de prospe'rite. Au Xville si6cle, aller A SaintDomingue, y cultivar une plantation et c'a:::- ::,cier A V faire fortune, paraissait chose toute naturelle. GrAce A ce courant d'dinigration, la population colonial s'6tait recrut6e parmi les families les plus honorable de France, en majoriO originaires de la Bretagne, de I'Anjou, de la Gascogne et de ]a Saintonge. 11 s'6tait
form,6 une petite socidt6 qui 6tait inAre et ne deintandait qu'ij*ouer un r6le.
La population blanche constitualt la race doininante. Avee le progr s des richesses, le temps avait consacr6 chez elle des distinctions de rang et de classes ; l'on distingualt parmi les blanks, les fonctionn-*::--,ri, les planteurs, les commeqants et les petits blanco. Les fonctionnaires, pour la plupart ne's en France, ne faisaient qu'un

I Le recensement de 4188, portrait 466,000 eselaves mais il 6tait au-dessous de la r6aliO. Les planters ne d6claraient jamais le, nombre exact de leurs enclaves afin de frauder le fisc.






9

court sejour dans la colonle. Aussi avaient-ils conserved Fesprit de return et'll 6tait rare de les voir sn Pj. Q Saint-Domingue et r-:, confondre avec la population crAole. Les planteui,., :::::Ormaient Paristocratie colonial. Ils jouissaient pour la pIup;::::":, d'une immense fortune et menaient une existence des plus somptueuses. Dans le langacre usuel, on les qualiflait de grand blanks I par opposition aux petits blanks. Les marchands qui representalent A Saint-Domingue les amateurs de France, y tenaient des comptoirs et servalent d'interm6diaires aux planters, constituents la classes des commergants. On en comptait environ 4,000. Its passalent la plus grande parties de leur existence dans la colonies et parfois s'y fixaient d6finitivement. L,:-::: r:::: ini&6 cat6gorie,,
A
celle des p:-f.i:::: 1. Iancs, comprenait les prerants des plan0
stations et Ic.-. artisans. Ces deniers eltaient gene"ralement des charpentiers et des maCons. Outre la population blanche sedentaire dont nous venons de parlor, it
it ]a population flottante, principalement compos6e de marines. Le commerce de Saint-Domingue employait pr6s de 30,(::::'::,. matelots. Leur presence dans la c0onie ne contribu(,.*t pas peu A donner de Panimation
ifles et A y entretenir un movement qui ne lais sa*t r:: d'6tonner et de surprendre les visiteurs.
Le,.: diff6rentes distinctions qui existaient entre les blanco We'taient pas aiissi accentuees qu'on aurait pu tout d'abord le supposed. L'antipathie, qui separate

"L'usage avait consacr6 parmi les grand blanco diverse distinctions. Cest ainsi que les propri6taires de sucrerles, d6sign6s famili6rement sous le nom de sucriers, e'taient consid6r6s comme occupant le premier echelon social.






10

comme un abtme ulat*rrs et les creoles dans Ies
colcmies espacrnotes, etait inconnue "a Saint-Domingue et s-1. bornait th quelque--, critiques de part et d'autre. La situation des petits Wavait aucune analogie avec CI qui existait aux Etats-Unis, avant la, guerre de secession et encore aujourd'hui. Dans notre colonle les planters ne regardaient pas avec d6dain, ceux de leurs corhpatriotes qui etaient de condition inf6rieure et par suite oblige's de reconnaitre leur-supe"riorite. Toutes-les diverse catcrories de planes vivaient en bonne intelli openc:::!, 1:1,3s avaient un int6r6t common qui les unissait. Pesclavage, et re'servaient leur mepris pour les gens de couleur.
Les
pelait, formaient ]a classes interm6diaire entre les bla-Ijes et les enclaves. Ils eltaient presque aussi nombreux que les blanco on en comptait seulement en 1750::.7
en 1788, 37 A 38,000. Le crouvernement colonial ava4 ete effraye" de leur aceroissement et avait voulu y mettre
9 2
obstacle. En 1769, une ordonnance avait decide' qu'i: affranchissement ne strait valaDle, que s'iI avait reN Passentiment du opouverneur et de l'intendant. L'antipathie qui slparait les blanco et les gens de couleur, etait au-dessus de tout ce que l'on peut imaoiner. L'opinion publique distinguait minutieusement les crens de couleur, et suivant qu'ils se rapprochaient ou s'eloicynaient des planes par un teint plus ou moins fonc6, on les appelait mulAtres, quarterons, metis, mameloucks, crriffes, etc. L'on reconnaissait treize cat6crories et leurs denominations formaient une, veritable lancrue. L, 131 confirmait ces prejucres. 11 etait de"fendu aux









d'exercer certain m6tiers, comme celul d'orMvre. Ils, ne pouvaient Ore avocats, medecins, ou. a othicaires. Us dtaient exclus de routes les functions civiles, iddi6aires ou militaries, ainsi que des assemblies paroissiales. Dans la malice, i1s formaient des companies
E disth.,J-- es de celles des blanks par leur uniforme 1. L'usage enche'rissait encore sur la loi. Les gens de couleur ne pouvalent s'asseoir A la mdme table
12
blancs, et,j6amais ils n-auraient os6 'orter les etoffes. Au theAtre, dans les voitures publiques, sw- les bateaux, des places specials leur dtaient re'servees. A l"'olise meme on trouvait cette ineoal't" choquante. fl y avait une messe pour les blancs et une messe pour les noirs. Inutile de dire que les blanco, et les gens de couleur ne se fr6quentalent jamals. la plus tyrande injure que ron pouvait faire A un blanc, c'e"tait
4
de lul dire qu'il poss6dalt des parents 'a' la Cote -; ce qui signiftait qu'il 6tait originaire de la Guin6e. En un mot, les divisions des castes de l'Inde ne sont pas plus marqu6-:s qu'elles ne 1'6taient A Saint- Dom in crue.
1gre' 1'6tat d'inf6riorite qui pesait sur eux en vertu P-UO'd, les gens de couleur 6taient ardes lois et des prej 0 rive's A formerune classes important par ses richesses. Ils se fivralent au commerce et A la culture.; une parties de 1- :::.z::::.idt6 6tait entre leurs mains et pr s de
plantations leur appartenalent. Ils aimaient le luxo avec passion,- faisaient solvent clever leurs enfants en France et leur donnalent une education des plus soila milice, les planes portaient Fhabit blane ou rouge, sui'::- ::nt qu"ils appartenaient & NnfanLerie ou aux dragons. Les companies de gens do conleur kaient vknes do nankini








Ils jalousaient les blancE portaient Avile et aspiralent au jour oa ils cesseraient d'6tre trait6s, en vdritables parkas et dWre victims de pr r uo,6s que nous, ne saurions trop fl6trir.
La troisi me classes, ::,,Ucoup la plus nombreuse,
6tait celle des csclaves. L'on en comptait pr6q de
dont 43,::::::: au, mo*ns talent mulAtres. L j::
ceux qui servaient de domestliques, Us 6taient, employs A la culture des plantations. L'on distinguait parmi 1,-n n gres, les Ogres cr6oles et les n gres bossales. premiers talent nes dans la colonic les :,onds venaient du Sk(, :,(71 ou de la GuIn6e. Les noirs k.s plus estlmds talent c:-ax du Congo ils avalent la r6putation d'6tre plus robust I de convener mieux que autres au travail des champs. L'horrible commerce la tralte 6tait alors en vigueur et cheque annde plu; x::::I1 minopue, con
nkrres 6taient imports A Saint-Do i
dultb dans les principles villes, vendus aux ench6res et distri'bu6s sur les habitations. Les enclaves dta*ent traces avec ricrueur. 11 n'y avalt pas une seule plantation oa ]a population noire eAt pu se maintenir, les d6c s Femportant sur les naissances, sans Yachat de nouve': enclaves. L'on a calcu]6 qu'll en p6r*: annuellenlent un neuvi me dans la colonies. Le cGde noir, quolou'll f6t loin d'6tre conform aux principles de Murr ::::::j*t6, avait bien apport6 certaines restrictions Pomnipotence des maltres mais ses clauses 6talmnt Fkat de letter morte. La race africaini-,
dt:: e r6sign6e A la servitude et tout d'abord, 11
M :Icile de pr6vo*r cette terrible insurrection oil
elle allait montrer sa haine et sa f4rocit6.






13

La principle ville de la colonies, le Cap-Franpis, dtait l'une des citds les plus brillantes de VAm6rique. A la veille de la revolution, sa population atteignait 20,000 habitants, dont 5,000 blanks, 3,000 affranchis et 12,000 eselaves, sans computer la population flottante qui variant entre 6 et 8,000 individuals. La vie er6ole sJy montrait dans toute Fa splendeur et le luxe que les Franpis y d6ployaient, laissait bien Join derriere lui, les habitudes encore puritaines des villas de la Nouvelle-Angleterre.
Lorsqu'on arrivait d'Europe, le Cap se pr6sentait sous un aspect des plus giants. La ville 6tait bAtie au pied d'une montage et format un paralle'logramme ayant une lieue de long sur une demie de large. On abordait & un quai magnifique, le quai Saint-Louis, oa se trouvaient & Pancre 5 ou 600 vaisseaux. C'6tait I "a que
t I i i iwi i it rf, h, moit \ (,ment commercial. Si Pon p6I'MI('rWiir di- la ville, l'on dtait surprise de
I I t f i, i i tes 6taient tires au cordeau,
briques, ayant en moyenne 111 k-w-*e. Elles s6paraient 260 flots; i c o)hw lf (Iii:aremaisonset r6sentaitune iiiaisonsetaient enmaVonnerie, 0 I'Ars murs blanchis au lait de cit ii\, L;, phij),,irl I'(,iiIiv elles Wavaient qu'un rez-de'I ;'I IwIIIII 111 Ir(suvait-on 200 ayant un etage.
-( mmode etappropri6e au cli11 11101['I'Ies d'une cour spacieuse, or%j*-r;tij1hh. ljl tntk d'orangers et de banaon venait s'asseoir dans la ments du jour.






14

La ville du Cap 6tait divisee en huit quarters et le J'Ateur. ne pouvait Atre qu'agr6ablement surprise. D y ,yait des places publiques, planters d'arbres et orne'es ir la plupart de fountains monumentales, plusieurs fices. tels que le palais du gouverneur, le palais de i tice, une e"gl isp, un arsenal, un entrep6t, un th6Atre, belles casernes, et des hOpitaux. Deux belles promles, l'une le cours le Brasseur situ6 sur le hord. de mer, I'autre le cours de Villeverd sur la route de P( A-au-Prince, attiraient les regards de tous les etranEn outre, le jardin du gouverneur s'ouvrait au
jlic' et dtait le rendez-vous de la soci6te e16gante. La I e d u Cap pr6sentait tous les advantages, d'une grande
Pr6s du quaj Saint-Louis, se tenant tous. les dinehes, le march aux blwtm, oA l'on trouvait tous les icles d'Europe. Chaque matin, il. y avait deux mari, s aux comestibles, oA les marchands, pour la pla1,,iit n6gres, 6talaient en plein air, 6, I"ombre des I'l Liers, le chou, le concombre, la morue, la viande, le
on et cherchaient par leur loquacit6 'a attirer Yacher. Dans nombre de rues, Yon rencontrait. des muIA,ises et des quarteronnes, assists deviant des tables i vertes de flours varies ; l'on eAt dit autant de Petits terres. Utait un commerce fort lucratiL Le comfort laissait rien A de"sirer. La ville du Cap possedait pluirs kablissements de baius et Fusage en dtait fort andu.. Sur les, places staLionnaient des voitures de
age appele'es cab) e
vuets, doQt les ochers "Went, de leur 6Wne. Les rues dtaient ealretenues avez sain.
is les, matins, des tombereaux passaient et enlevaient immondices. Deux fois par jour. Les habiLwIs.






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6taient obliges de jeter de Yeau deviant leurs masons, afin de rafratchir ]a temperature. Dans la journey, les, rues itaient tendues de toilets; ce qui leur donnait un aspect oriental. Toutes les, masons dtaient numerot6es et des plaques blues indiquaient les noms des rues. Des sergeants, de ville parcouraient las different quartiers pour y maintenir Yordre et la, police 6tait des mieux fates. 1ja ville poss6dait plusieurs h6pitaux I et la chariO s'y exengait largemenL
C'dtait au Cap-Frangais que l'on pouvait se rendre
1*(,\Ijjjj1.t, 11110 lwli mnt les colons. Cest U nomirilt (kini toute sa splendeur.
,,Ife socieO disparue,
d -Y vi I't, P;H, ki I m';i ii i juelques instants. A III 1)m1l1H- 1W. h, 111xi, ( ji quelque sorte un

iv()Ir ih 1wmx chevaux, de belles "TI' 'i ri,,,evoir. Les diners
0 1 I,- 1) 11- 1w1*llj1;lP1jjj Hilt, kw -t, I i (-e dans leur exisP.i- 11)11 dll '11,11 tlkil( i v 'e A ses dem i6res
\I[ wm1hrl, fli D'oublions pas le,
I 1 1, till I di'loiiwo -ii I r,' dans les m ceurs.
I: I I t; (I I t,, y 6taient donni6s.
,I 4ominosetsouvent
Tii r, ;,jwk ienten petit relies

w, (,,onsistaitpasdans
O m, ch; (pw pi-ovince, Yon trouA fires de rente. 11

10





16
v it des centres quo
al 1, sans avoir son importance, ne Ittli
c6daient en rien par leurs richesses et InTir prosperity.
as ]a parties du Nord, nous citeroL-. o::: _'__Apnin, Hle fort active et oa le gauvernement coloni:-:: entreteit une petite garn ison suisse Limonade, cWbre
ses march6s la inelade, oil I'on avait acclimat6 a cochenille Ouanaminthe qui poss6dait des de poterie Port-Margot, qui, sur la grande terre, avctit 40 le premier point occulD6 nar les Franpis Port-dePaix, gros boi:: :: : le I et le chef-lieu d'une
paroisse qui comptait 10,5GO habitants. L'on y ---ait Ad'% I le
6tabli plusieurs usines pour ralliner le sucre, coton et extralre le principle colorant de I'indigo; aussi le commerce y 6tait fort actif et Yindustrie y avait pris un grand d6veloppement.
Dans la province de I'Ouest, la ville 1:f:. consi rable 6tait Port-au-Prince, la capital de la colonies. Quoique de foundation r6cente 1, et malgr6 un tremblement de terre qui, que1ques ann6es auparavant, Favalt d6truite en parties, elle avait d6jA Faspect d'une m6tropole. Sa population d6passait 10.000 habitants, dont
blanes et 700 affranchis. Ses rues, largest de soixante A soixante-dix pleds, etaient plant6es d'arbres, et ses masons entour6es de jardins. L'on y trouvait un WAtre, des clubs, qui talent une importation anglaise, et un jardin botanique. Elie gagnait cheque jour en prosp6riO et de plus elle avait I'avantacre d'6tre le si ge du government. Aussi Fon pouvait pr6voir le momc: oa cette ville supplanterait le Cap-Frangals. Les autres

Port-au-Prince avait W fonde en 1749.






17

c3ntres important de la province talentt le Saint-Nicolas, qui poss6dait de belles carri ret marble.; Bombardopolis, en grande partle babite par des colons allemands; Port-A-Piment, dont les eaux thermals, renomm6es dans toute I'lle, attiraient cheque ann6e nombre de rnalades; les Gonalves, dont le terri toire 6tait renomme pour sa fertility; la Petite-Rivi re, les Verrettes, dont les guilderies produisaient une quan, Cte' considerable de tafia; Saint-Marc, qui avait des
salines en plein rapport la Croix-des-Bouquets, I'tir-1 des paroisses les plus 6tendues et dont les saw j: 6taient encore parcourues par des, troupeaux, de boeufg s-luvaoes Leocrane, Pancienne capital de ]a colonies Jacmel, l'un des grand march& pour le cafd et le coton. Son port eltait excellent. Ses sites pittoresques attiraient quantity' de visiteurs et l'on y venait en villhgiature.
-,a province Ju Sud etait ]a moins important comwe riz::h:,:: :14.:j se et c(,:A:&a: e population. Getait celle que les Fran .ais avatent occup6e la dernie"re, et aussi la colonisation y 6tait-elle moins advance que dans les deux autres, quoique le sol y fut des plus fertile. L'on y c o i: :::: k FE ::: ::: :: it element quatorze paroisses. La capitak 'tait les Cayes, jolie petite ville, bien construite,, d'un aspect riant. L'on y voyait de beaux edifices et, entre autres, un theAtre frequent par un public toujours des plus assidus. Sa population approchalt de 5,000. Ames, dont 1, s et 400 affranchis. AT)r& les CaYeL.
nous citrons Rr6mie, grand march ,ucre, de
:-o ; sa radc 'tait des plua
ir6quenths, Le
Fond s-&,:,,-N6gres, a-&-Veau, Torbec, le Cap-Tibu,.






18

ron, les Meaux, n"etaient que des bourgs; mais dans leurs environs, ce netai*t qu'une s6rie de pl4::,ntations qui se succ6daient les unes aux autres et riv,.Lj4-Ient entre elles de ri-:D::: ,c se et de prospe"rit4.
Pour bien connattre Saint-Domingue, 11 ne faut p-is se border A dtudier les villes, il faut encore se repnfiSenter les plantationset s'y transporter par la pensee. L'existence que menaient les colons, qui vivaient stir leurs habitations, eltait fastueuse. Une plantation etait un petit monde. La demure principle, situee dans une prairie debois4e et consistent le plus solvent en Urn pavilion carre, d6pourvu de style, et entoure d'une verandah, le jardin potager, le jardin aux vivres, la bananerie, la savage I pourraient Ore pour nous Fobjet Wtin long examen. Le planter aimait "a recevoir et nienait grand train. 11 avait d'ordinaire de nombreux clievaux et la chasse 'tait l'une de ses passions. Quant aux esclaves, leur mani( -re de vivre strait une Ctude fort inte'ressante. ll(- ::L: bitaient des cases en bois ou en briques, recouvertes de roseaux et sous la direction de conanandants, pour la plupart gens de couleur, ils 6taient employes A la culture. 11 6tait d'usage de leur donner quelques coins de terre, o& le samedi et le dimanche, jours dont ils pouvaient disposer, ils cultivaient du tabac, des fruits et des le'atimes, soit pour Jeur nourriture, soit pour vendre. Aussi parvenaient-iis solvent A

I L'on appelait, savage un vaste emplacement o' se trouvaient les oteliers n6cessaires A exploitation, tels que les moulins A broker les cannes, & sucre, ou les app,'roils destine's It kraser I'indigo, trier le coton, banner le cah', la tonnellerie, le polla Jailer, le volombier, les easos des negres.







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se constitute un petit p6cule. Ne"anmoins, le anquel ils eltaient soumis, 6tait fort dur, et, A diversob reprises, des insurrections de negres avaient ea lieu. La population noire d'une plantation etait assez nombrcr-ise : les plus petites comptaient quarante A cinquante
::.:,es les plus g:: trois cents et m6me plus. Les n gres de Saint-Domingue passaient pour 6tre jr-cuciants. Ils aimaient les liqueurs fortes, le jeu, la
et le chant. Quand ils n'etaient pas au travail, ils joualent aux dominos avec des coquillages le soir,
promenant dans la champagne, on pouvait entendie,
,ris joyeux qu'iIs poussaient en se livrant A quelques qu 7::: 7: 7 T:e 3 d6sordonnds et les sons discordants de leur orch:_ s:: re& qui devait leur rappeler I'Afrique, leur pays

La sit7- : ::,&::Jon 6conomjf:::,I de Saint-Domingue
moment U::e. la 116volution ne laisse pas d'etonner. Les
I _A7 cultures e'taient cells du sucre, du caM, du coton et de Findigo. Le tabac que Pon cultivait ne ser- ::it qu'A la consummation locale et du reste 1'ex.ortat*jn Wen 6tait pas promise. Aii d6but de la le cacao ia principle branches du commerce.
--ait 646 dlfflc*le de souvenir la concurrence
nole. nombre des cacaoyers Wavait pas ces e
dimin::::::_::: en 1788 le cacao exp6did de Saint


1,7 i instruments de musique dont so servaient les nogres 1:::::i
mingue 6taient fort bizarre. Us consistent on e:-::
Warbres creuse's et recouverts AL leurs extr6mit6s do peau.,. de brebis. Us jou&ient auski d'une esp6ce de guitar faite d'une moit!.::" de ealeL,: ::,sse avec quatre codes de soie ou do boyaux d o :' ::::: :::jx S :: :::::,






120

:::j::mmcrue n avait gue're depasse' la valour de 120,C::::::j
es. Le roucou -ravait elt' aussi n'glig
JL e e e, et quant au
Ginopembre, auquel le sol convenait "a merveille, la r6colte en 'tait insio-nifiante. La culture de la canne 'a Rucre 6tait la plus important et la plus avantageuse. La moindre sucrerie donnait de 2 A 300,000 lives de rente. La colonic exportait annuellement plus de
.-::.:::),000 quintaux de sucre, repre'sentant ]a somme de 115,000,000 de lives, qui non seulement sufficient aux besoins de la m6tropole, mais approvisionnaient encore une parties de FEurope. La production du sucre amenait forc'ment celle du tafla. En 1788. l'on. en avait exported' pour une valour de 2,000-,000 de lives, et ce chiffre ne pouvait eltre considered que comme celui d'une industries naissante. Le caffier avait 60 assez tardive:::..EA:...dt introduit dans la colonies, vers 1730. La culture slen 6tait rapidement de'velopp6e et, en 1788, le cafA (',fait represent dans les exportations- par le chiffre de r :: ::: a
C- ,C:735000 de lives. Ljindicro Wavait ete cultiv6 Saint-Dominopue qu5A partir de 17501 et cependant,
'A
X780 I'on en. exportait pour une valour de
d, lives. Quant au cotonnier, il paraissaft
o appeM Ajouer un grand r6le dans, Favenir de la colonies. En 17887 il avait donne' une exportation representant une valeur de de lives. Le
Poton de Saint-Domincrue eltait fort appre'cie Yon distinopuait plusicurs espkes, le coton Wane, le cotcn rouge, le coX::: :: soie. Le sol de ]a province de FOL:

Jusqu'au xvar siMe, ron sWait servi eu du
r--ur teindre les Roffes, et ce West qu'h partii, de 1740 quo::::i
-::,Ioya l'indigo.







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paraissait convenir tout particulierement & cette cul tureA cette 6poque, les Ehats-Unis ne s'6tatent pas encore
de ce monopole et leur premiere balle Wavail ete exp6die'e qu'en 1774. Saint-Domingue e"tait ddj&,un march' important pour cette denr6e. Aussi, sans la catastrophe qui se terminal par la ruine de notre edlonie, la France aurait probablement ete' amendeA fournir a une pante de I'Europe cette XflLati6re premi re, si pr& cieuse pour Pindustrie, et y aurait troupe' les elements d'une grande prosperity.
Saint-Domincrue n'e'tait pas une colonies 6puise'e; une parties de son sol etait encore en friche, et l'on n'aurait a: tar" A mettre en valour les terres inoccupdes. 14 &.it question dentreprendre la culture de la savage qui separate Saint-Marc des Gonalves. L'on paraissait
_x r s'donner A I"16ve du retail. En 1788, SaintDamingue comptait 50,000 cbevaux, 40,000 mulet& 250 bceufs et aches, de nombreux moutons et ane
C::P: ::,Ait' considerable de pores. Des tanneries s'e'tablissLient et les cuirs donnaient lieu A un certain commerce. Vern songeait A exploiter les magnifiques fords de I'lle; le camp6che se rdpandait partout et I'acajou., en se substituant au ch6ne et au noyer, allait transformer Findustrie du meuble. Une revolution economique S opdrait ainsi i : :: :ns notre pays et l'on devait en attribuer la cause notre colonies dont la prospe'rit6 se 46veloppait, de jour en jour, avec une rapidity' qui tenant du merveilleux. La fortune se plaisait A cobbler Saiut-Domingue et les planters pouvaient en que1que sorte s'endormir cheque soir avee la certitude d'accroltre leurs richesses le lendemaill.






22

Le movement qui avalit lieu en France se reproduli0
:_ :::Jt A Saint-Domingue. Le goAt des letters commengait i se r6pandre et le Cap dtait devenu un centre intellectuel. Cette ville poss6dait plusieurs publications p6rio:, -icatn medecitte
dlques, les Affiches es, la Gazette de
occupy it d'h'stoire naturelle, de botanique, dphyt 11:1ne et relatait les nouvelles d6couvertes, et I'Almade Sa'd-Domingue, sorte de statistique. Une socieO .::::::V_ Inte,, la SocieM royale des sciences et arts, y avalt W foade'e.; elle posse'dait un musee, un cabinet de physique et de chimie, un jardin des plants, et se r6unissalit rdgull6rement une fois sesame un public nombreux se pressait A ses, beances. Si 'a Saint-Domingue, Voltaire et Rousseau avaient peu de lecteurs, l'on se tenant n6anmoins au courant des nouveaute's littdraires et scientlfir-ue-,. Les livres A la mode 6taient les Sai-raw at le Pc-'--: I de Uonard de la (luadelo-:
Lescaut, et le roman de Bernardin de Saint17: iti re, Paul et Virg Les esprits se portaient surtout du 00 des science, Des conferences avaient lieu au Cap et les suiets que Fon traitait talent 1'e'lectricite, la physique et ]a botanique. En 1784, l'on avait lance', au Cap, un balloon au milieu d'un enthusiasm incroyable A cette epoque, l'illuminisme 6tait J :k l'ordre du jour. L'un des chefs de la nouvelle secte, etinez Pascalis, 6tait venu dans la colonies et son rite cabalistique avait recrut6 un certain nombre d'adh6rents. Pendant quelI Toutes les masons de la ville avalent 60 pavois6es. Le soin if y avait cm grand '---I en Monneur de la conqv te de rair, et la rue do: tit c::: -:::LI -,:O:ut appel6e la rue :::::_'_7Dn.







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ques ann6es, I"on s'6tait livr6 A de nombreuses exp riences de magn6tisme. La Fran c-magon nerl e avait falit
ition et des loges avaient W organ*-:":: son apparel 0 1 -dCap et A Port-au-Prince. Chez la plupart des cr6oles, le sentiment religieux avait profondement WWI', solvent m6me disparu. La religion avait fihi par ne plus consister qu'en formality's et en habitudes. La demoralisat*o.- -.it gen6rale. Les mwurs des planes etaient des plus dissolues, et sur les plantations avaient lieu journeIT--&ment des faits qu'on ne saurait trop fl6trir. L'on 1:1 u::: dire qu'A I a ve i I I e de la R6volution, les Fran ais de
8 avaient cesse' WeAre chr6tiens ou ne I -,,:-,nt plus que de nom.
:,.,t Tv-pulation Worigine afficaline laissait A de'sirer tout que les blanks. Manmoins, 11 faut reconque les mu]Atres avaient des mceurs g6nerale: ::::z plires. Les uns habitaient leurs plantations; dans les villas oa ils 6taient fix6s ver quileur fournissait les moyens de mener une
facile. En somme, on pouvalt les considered Comm Ions tiles et une administration, tant soit
7::3ucicu_:,. de Yavenir de ]a colonies, se serait occu
:: ette Jasse interessante.
L:_,,U,_::::: --,sclaves, leur situation 6tait, ainsi que
dit, des plus mis6rables. Trait's durement Itres, on ne les maintenalt dans l'obeisI _f %0v6rite's. 11s dtaient profond6ment
U la suppression de I'ordre des Je'suites, eA"amenc6 A leur donner une culture reliprejud h6able. A. tous les points de vue,
juivres a eux-m6mes, les n6gres s'adon-






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PP.ient au f6tichisme et adhe'raient "a la croyance de,
-Joux. Lef -:-::::::-ateurs de Vaudoux poss6daient une vyeritable organisation ils tenaient la nuit des reunion& mystdrieuses, au milieu des bois. Dans chaque assemWe, il y avait un roii et une reine que Fon reconnaisA certain insignes. La cgr6monie commengait par dw: s dances apr& quoi, tous, les initie's renouvelaient leur serment d'ob6issance et s'aoenouillaient deviant ime couleuvre qui personniflait Vaudoux. Ils, adoraient
_:::::-Ae divinity savage. Cette terrible association avait finipar comprendre la plus grande parties des eselaves. La colonies lul appartenait en quelque sorte. Les planOurs connaissaient son existence. Neanmoins, ils Wy attachaient aucune importance et ]a conside'raient comme une sorte de croquemitaine. dont il, fallait rire tant soit peu. L-on eAt dit que rien ne pouvait trouble lear qui6tude.
En m6me temps que S::'L:: ::::':-Domincrue prenait de Fimnortance un esprit public s'y eltait peu A peu forme et .:::: .velopp& Lorsque plusieurs planters se trouvaient r6unis, ils ne se bornaient plus AL parlor entre eux de Imr naissance, de leurs pretentious A la noblesse, du prix du sucre et du caM et de la future r6colte. Ils discultaient les affairs de la colonies, les actes de Fadministration et se laissaient aller A de violentes re'eriminations. Le m6contentement 6tait general et tous les, colons appelaient de leurs vceux un regime qtu fit dreit A leurs demands. Le syWme colonial, jusqu'alors sijivi par la metropole, ne pouvalt pas durer plus longtemps. Nos compatriots d'Ainerique Wetaient pas dispose's A le tole'rer advantage et n'atten(laient que ]a






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_:.,..A*&e occasion pour sen debarrasser. Ils voulaient des re formes completes et leurs demands ltaient des plus justes et des plus le'gitimes. Un governmentn, tant soit peu klair6, se strait hAte' de les satisfaire et
prendre initiative d'une revolution, qui s'imposait 6e plus en plus. Mal heureu semen t, avec la cour de Versailles il no fallait pas s'attendre- A une politique intelligence, et, malgr6 ses bones intentions, Louis XVI etait to *ours hesitant lorsqu'il s'agissait de prendre un parti.
A partir du XvIlle si6cle, la colonies de Saint-Domitigue S'6tait transforme'e elle avait march' vers la prosperit6 avec une rapidity' qui tenant en quelque sorte du pro7: h 411 talentt this principalement aux
4::.a::Dns dont Yinitiative et I'activite avalent su mettre
ialeur les richesses de I'lle. L'ad ministration -.oloavait W. crene'ralement defectueuse. Si quelques
'6taient montr's A ]a hauteur de lour
::,:.'.3n, a plupart avaient froiss6 les habitants et
leur incapacity Le government de la.
::I, confle" A un officer (r6neral appurtenant
C. la marine, et cot usage, devenu en quel+_:_:, avait les re'sultats les plus deploI* euten ants- cre'nerau x mare chaux-d e- camp, escadre qui se rendaient dans la colonies, :j'y faire qn'un scour do court dure'e. Pour t un moyen de jouer un r6le et de se creer : '%nur occupier, une fois revenues en France,
plus 6leve'e ou eAre nomme's A un grade
::--I:-"me des gouverneurs militaries qui,
-sikle, a einpkh' le d6veloppe-








ment de PAlgdrie et en a fait un champ de ma::ji: ::: -D r e s destiny A procurer de I existalt A &::T:
I)om*nguea.t y produlsait des pellets analogues.
A Sain::--)omingue re'(Ynalt le despotism le plus complete et Farbitraire 6tait A I'ordre du 'our. Ch, de mettre A exdcution des ordonnances dont 1'esprit ::.::e montralt que trop solvent l'ignorance de leurs auteurs, le gouverneur general jouissait d'un pouvoir 11mites. Les fonctionnaires, surtout ceux qui apart aiaien I'arm6e, traitaient la colonies en veritable pays conquis. Depuis le trait de Paris, qui avait mis fin d6s 1763 A la guerre maritime, l'on avait voulu, un instant, affranchir Saint-Domingue du Joug accablant de I'automilitaire, et plusieurs r6glements fnrent rendus i I I I I
dans ce sens. Mals cet essal de r6formes avait eA6 pai_:,,_,, A .,:ff, et A p4,:::': tir de 1769 ]'on etalt revenue aux ancient errements. L'on disait avee raison que le milltaire d*r'geait tout. 11 Wexistalt aucun counsel charge de discuter les int6r6ts de la colonies. Les villas de SaintDomingue 6taient r6put6es places de guerre.; dans chaeune Welles, il y avait un lieutenant du roi, un major, un aide-major, et ces officers 6taient charges de son administration. C'etait, si Yon peut s'exprimer ainsi, une sorte de bureau arabe. Cette er6ation, que l'on avait annone6e comme deviant dtre un gage de protection et de sArW, avait eu au contraire des effects d6plorables. Les officers ne cherchaient, qu'A s'enrichir en ruinant les colons et ne cessaient de vexer 1:::::::
ft; ::nts, les blanco comme les mulAtres solvent ils eE-::::::::_:,:,,halent le cours de la justice, en 6 attribuant le drc t de Juger. En vertu de cette usurpation, on les






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voyait fr6quemment s'opposer aux poursuites exere6es
les cr6anciers centre leurs d6biteurs, accorded A ces derniers des ddlais au m6pris des conventions, d6cider des questions de nue-propriet6, d'usufruit et de servi M, Le r6tablissement des mi ices avait eu pour J:L C ulta:: de favo7-- Faccroissement du pouvoir millt&ire. Les habitanL-o' Ilibres, quelled que f6t leur couleur, 6taient astreints 'a des r6unions periodiques et, sur
::::I::,Dnction du commandant de quarter, ils Itaient .::: lig6s de se rendre aux lieux de rassemblement, quelquefois assez 6loign6s de leur domicile. Avec un tel e ::: 1,de chooses, *1 ne faut pas s'etonner si les colons &:Jent profond6ment irrit6s et st la, domination de la
opole comment A leur peser.
F: I ::: il Saint-Do i Rait
Le qu'on *m:::::3,ait a I mingue e
d'autant plus odieux qu'on trouvait dans la colonies tous les 616ments n6cessaires pour y developer la vie 0liti: : p Les planters, les riches negociants consti-7
taaient Une classes diricreante dans toute I'acception du mot. Au lieu de les faire participerh la chose publique, les, gouverneurs avaient soin de les en carter, comme S'fls Pvaient eu A redouter leur intervention. Aussi, nos comp ::J iotet :::, :.merique aspiraient, au jour oa ils
avoir un conseil e'lu charge' de voter et de
I imp6t, et des municipalit6s dans leurs villes
leurs parc TIS se rappelaient qu'en 1762, sur la
de Fintendant de Clumny, ils avaient W
nommer des d "16gu6s qui s'6taient r6unis
I caL::: de File. Cette r6union avait constitu6
dont routes le : C::: fsjons f:- nt W fort j tail V: uses, Cette innovation avait W malheureuse-






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ment e'Ph .re, mais le souvenir en e'Lait tiMement garde'. 11 existait un veritable esprit public dans Ilt colonle. L'on y constatait, il est vral, des rivalites locales. C'est ainsi que les provinces de YOuest et du Nord sejalousaient et un violent antagonism animait l'une centre I'autre les villas du Cap et de Port-adPrince. De son c6te', la province du Sud.se plaignait d'6tre sacrifi6e. Mais routes ces divisions disparaissaient, lorsqu'il s'acrissait de souvenir la lutte centre ]a metropole. Les Franpis de Saint-Domingue avaient conscience de leurs forces et de leurs richesses et sentient qu'iis 6taient mArs pour la vie politique. Ils voulaient que la colonies cessAt d'dtre une possession, tine simple d6pendance de la m6re-patrie, et f At appelee at se gouverner elle-mdme. Se debarrasser de la tutelle OLdministrative,
Livoir ce que les Anglais appellent le self-governinent: tel e'tait leur but, telle etait leur ambition.
Le regime economique auquel eltait soumis la colonies provoquait eoalement des plaints et des recriminations. Ainsi que routes nos colonies, Saint-Domingue ne pouvait commerce qu'avec la metropole. Le pacte colonial existait dans toute sa vicrueur. Le monopole. kabli dans le but de favoriser les amateurs et les ne'cpociants du royaume, portrait un grave prejudice A notre possession. La cour de Versailles le savait A elle avait
6 de donner satisfaction aux demands r'it'r' essay e e ees
des colons. Contrairement "a ce qui avait lieu en France, une ordonnance de 1727 permettait aux strangers Wacque'rir et de posse'der des terres dans la co'3:::::: Le m6le Saint-Nicolas avait e'te' (le"clar6 port X: ::-W.









Cette dernWe measure Wavait donn6 que des results sans importance. Le m6le Saint-Nicolas, situ6- "a une extremist' de I'lle, dans un canton aride, eltait un debouchd insuffisant. En 1776, les 6trano-ers avaient W autorises 4 vendre des bols de construction 9 a condition de prendre comme pavement des sirops et des taflas. Cette innovation, dont on attendant beaucoup, avait eu des effects d6plorables. Elie avait port6. un grave prejudice "a Yentrep6t du m6le Saint-Nicolas et, en m me temps, de'truit le sabotage de Saint-Domingue qui, jusqu'alors, ne laissait pas dAre important.
Les productions de la colonies etaient aussi riches que nombreuses. Loin de favoriser leur development, le crouvernement de ]a m6tropole, fidMe aux anciennes traditions de la politique coloniale. s'inge'niait en quelque sorte "a le restreindre. Mexportation du tabac etait prohibee A Saint-Domingtie, et celui que l'on ecoulait devalt uniquement server aux besoins des habitants de Saint-DomiDgue. L'introduction du rhum en France etait fort limite'e dans le but de prot6ger les caux-de-vie du royaume. 11 en re'sultalt que ]a colonies ne produisait annuellement que 15,000 barils de rhum, tapdis qu'elle aurait pu facilement en fournir plus
11 etait d6fendu de fabriquer du sucre en pain avoir des raffineries 6tait le droit exclusif de la Metropole. En vertu du principle qui fermait les colo,nies au commerce 6trancrer, les habitants de Saint::::ingue ne po --0 tratiquer quavec la France et 41:,alient obligds de s'ad,-esser A elle pour se procurer les derides qui leur manqualent. Alors mdme qu'ils auraient troupe' ces denr6es "a leur porte, du nioment






30

11 6 :it d un territoire soumis a une domination etran&e, ils ne pouvaient les acheter directement. C'est ainsi que les marines que ]a colonies trait pour se nourrir de New-York et de 7 1: : I I 'I:delphie, 6taientd'abord
exp6di6es A Bordeaux, et ensuite apport6es dans ses ports par 1::-::: navies de cette ville. Les products de
A-Domingue, Findigo. le sucre et le 6taient
plus que suffisants pour Jes besoins de la m ve-:: ,: ,Arie nous en approvisionn ions alors une parties de PEurope. Cette source de richesses Wappartenait pas aux, colons, mais 6tait Papanage des n6crociants de la m6tropole qui, cheque ann6e, rdalisatent ainsi des b6ne"fic'es considdrables. La colonic. qui se trouvait 16see dans ses inthks, ne cessait de r6clamer, mais ses plaints demeuralent sans echo. Le commerce frane.ais s'opposait 6nergiquement A ce qu'elle pAt t. _:::7%quer avee 1'6trafflyer et trouvalt fort commode de s'enrichir 'a son detriment. Cette opinion Rait en quelque sorte revenue un principe t'ndiscutable. et un novateur qui strait venu parlor dans les ports de la metropole de la liberty commercial de Saint-Domingue, se strait fait conside'rer comme un ennertii de ]a chose publique.
Telle Rait la situation e.conomique de SaintDominapue -. elle fut avec le militarism, Fune principales causes de la revolution dans la colonic. C'est blien A tort, selon nous, que Fon a voulu I'attribuer A
influence et au progr6s des Wes philosophies du xvjjje siMe. A Saint-Domingue, pour tout observateur, Fancien regime ne pouvait plus durer. Le m6contentement Atait gdne"ral, et Pon remarqualt un movement inusite dans les esprits. 11 se format un courant vers,






3 '4

un novel etat de chooses. et il 6tait, facile de constater que sa force devenait de plus en plus irr6sistible*. La colonies e"tait & la veille de subir une transformation plus ou moins complUe, et vouloir le nier, ce serait refused de se rendre A Fevidence.
La revolution d'Am6rique, dont le resultant avait Re' W emanciper les colonies anglaises, avait eu un grand retentissement A Saint-Dominatie. D6s le debut de la guerre, les colons avaient t6moign6 leurs sympathies aux insurgents. Plusieurs d'entre eux avaient pris part A la lutte et combattu pour Find:.pendance des E'tatsUnis dans les troupes du g6ne'rJ :::3..., zhaftlDeau, ou avec
les volontalres de Lafayette. De return dans la colonies, 'Is avaient racont6 les 6ve'nements dont ils avalent 6te t4moins. Les colons savaient que les habitants de la Nouvelle-Anopleterre et de la Vircrinie, apr6s avoir refuse de payer des taxes imposes par le government de ]a metropole, s'etaient soulev6s. avaient conquis leur independence et fond6 une jeune republique dont I'avenir semblait devoir dtre des plus brillants. L'4mancipation de I'Amerique qui, tout d'abord, leur avait paru chose extraordinaire, leur semblait toute naturelle, et pour beaucoup, le jour oil Saint-Domingue s'6manciperait de la metropole, n'etait peut-dtre pas fort eloigne. Cette ide"e n'6tait pas partictiUre A nos compatriots des Antilles. On la retrouvait dans les possessions espagnoles. Eti 1780, le Pe'rou s'6tait soij]eve' centre 1"F,, jagne. Peu apr6s le traM de Paris de 1783, le comte d'Aranda qui y avait pris part en quality e^ neFeciateur au nom du cabinet de Madrid, axposait G iE-: Ul -12 letter au roi Charles III, la situation du exique






32

et-de la, Nouvelle-Grenade. L'on 6tait r-----ontent des complots s'orcranisaient et l'on sonfreC:i.. secouer la, domination espagnole. Les sympt6mes devenaient de plus en plus nombreux. A la Jamalique, dans une fle rested an(rlaise I on pouvait aussi constater un mouvement, inusite. L'affaire des Bostoniens avait eu partout son contre-coup. Elle avait apprise aux populations du Nouveau-Monde qu'elles pouvaient se passer de ]a vieille Europe. Vindelpendance cessait d'6tre un r ve et, devenait une reality'. La colonies de SaintDomingue 'tait'inilre pour une revolution. L'incendie couvait sous ]a centre, et il suffisait de la. moindre "Lincelle pour le faire 6clater.






























Tel etait 1'etat de la. colonle de Saint-Domingue"A la veille de ]a revolution. La nouvelle de la, convocation
jI."ts-G6ne :,:,.:Lux y produisit grande agitation.
i Inars e
7, les colons ava'utit, envoy' au roi une address ou" ils demandaient .1 nommer des deputies. Presque au m6me momeDt, i 0:,: jant i:::::: i e :ti::: Pnr*s, se en une society ijont les se ftiicf,
.- A..ntiFE ---:::-31ac, d'otl lui vint dans la
le nom de db:, 1 rc ::::L::::At pour la
Uta is avoir
le droit dt iLomj::::: d:-:: -t6a, et aprt
it ::. Is V
::::::: (jel-L
ce 1 -.0
,,:jes du ministry d:: I11-: 1 e I de la Luzerne, et pr& du roi, choisis.4,aient du0 commi4--aire et leur -nfialent le d4fendre
01 : ::: I I
COUiLILL: talentt imar(jum
3






4) A
04

de Gouy d'Arcy, le comte de Reynaud, le marquis de 01
Paroy, le due de Praslin', le due de Cereste, le marquis de Wrigny, M. de Peyrac, le comte de ,::::,::cyolon et le chevalier Douge. Ils s'adresserent au Cor.0eil d'Etat et pr6sent6rent un memoir A I'AssembI ee des notables.
Le (rouvernement de Louis XVI ne savalt quel parti prendre. Aussi manqua-t-il de franchise. Le Conseil d'Etat jugea que la question de representation des colonies ne devait- pas dtre acritee. Le ministry de ia, marine qui ne voulalt pas faire c'onnaltre aux commissairesle r(.sultat de cette decision, se content de leur dire qu'iI ne pouvait les reconnaltre que comme de simples particuliers. C'Rait une faute; il fallait s'arrker A une decision quelled qu'elle Mt. De la Luzerne, qui tout r6ceminent avait 60 crouverneur de Saint-Dominoue ,w rai t d A mieux que personnel, se outer du mauvais, effet que produirait sa manWe d'agir. L'on eAt dit qu'il etait aveugle.
Dans la colonies, I'adniinistration avait une attitude analogue A celledu ministry. Le ryouverneurDuchilleau Uait en de'saccord avee l'intendant Ip -:::-::L:101s.
Les e'venements, qui 'allaient se pr6cipiter, Wetaient
L
pas denature A amener un rapprochetuent, entre eux. Les colons denimidaient I'autorisation de s'asse-AI:: :::11:-,-,:pour nommer des deput6s. 01)e"issant A des instructions secretes dont de la Luzerne 6tait Fauteur, les administrateurs afl&uaient leur ignorance des intentionS roi, en ce qui concernait Padmission des depuVs des wJonies, aux E'tats-Uneronux, et --egr la forme ::::-:r .21. J'
it conviendrait de r LS
'a' dentande. Ils, les autorisaient neau-







3

moi ns LL ::: _:::,titionner et les invitaient mdme & exp ,],ours Tceux par letters ou reque'les qui leur sera:1*_:::::::::,
des di rents Unix de la colottie saits
cependant Rre si,: par plus de ckl L::-rsonneS-;
"0 quoi, elles devaiL.:.lt 'Ire rejet'
A., %AFV e Jes .2les. Us
::5 nclaient en m6me temps. confOrL:.:_ 1:_:::::: &:d aux i 1:
_V Mr
-:7ajeste, lie ifficite, wena ant de pourv --e toj s ceux qui yti sisteraient, suivant la rigueur
Dans une letter adress4e au oouvemeur, ie win*stre de la marine ordonnait de pre'venir la circuJes bViels interdits.
C'6tait un vAritable M jete" A l'opiniODpublique,. L'indi(rnation fut extr6me et en voyant qu'ils ne pouvaient rien obten1r, les colons r'solurent d'agir. ::,:_,,,)uis -::::::1_::que temps, un comite s'6tait organise et avait pris la direction du movement. Ce comit6 tenant des skances secr4es; il s".etait mis en rapport avee ),a::, clut:: iaeetsesramificatiODS S'etendalentdans tc:u: les paroisses. 11 de'cida. qu'il strait proce'de' aux elec.Lions d" deput6s. L It administration eut beau les interdire Pul; uts. Dans le,l'on craignait -T7,-lque coup de force l'on se
i:-6,unissaitl, pour va.,.er, soir ane plantation isolee. A Port-av-_:::':'.::i:: ice, au Ila
Cayes, Jes 41ection: Liu-%
liques, et I'a1-1--jistration ne fit rie:::1 ::p: a:tjr s y
j :-Icer. Aux Caye&, les d'put',g du Sud fur,,nL re us et l'on Lira le en leur honneur.
Saint-Dominove etait co.:::n C.46e.
-:::::::::R &puths six pour cheque immune,,
Hus, et quoique 'lee
Aion ne fftt pas
::*ouverne







36
0
comme le'gitimement nommes. Conform: a':-::::[Ient;k I'usage suivi en France, les 4lecteurs avaie"Z r6dlgd des eahiers dont nous r6sumons les principles demands. La m6tropole devait reconnaltre A la colonies le drolt de se gouverner elle-m6me. 11 6tait etabli en principal que pour participer au government de la colonies, 11 fallait y 6tre propri6taire. Administration de la coloniie devait appartenir aux colons, ainsi que la plupart des functions publiques. Les cashiers insistaient sur la er6ation provinciales, de voter
la loi et I -) imp6t. Pour devenir ex6catoires, les lois auraient W sanctionn6es par le rol, sur la demanded d'un comit4 colonial rdsidant A Paris. La justice devait We rendue par des tribunaux civils A. exclusion du militaire. Les colons Woublialent pas de montrer leurs pr6tentions aristocratiques c'est ainsi qu'ils demandaient que 1'exereice d'une function publique, pendant quinze ans, assurAt de la noblesse. Quant aux r6formes A apporter A la condition des homes de couleur, A I"esclavage, A. la repression de la trite, il Wen 6tait pas fait mention. Ces cahiers indiquaient nettement le ca,:::::,Aere de la re"voJution de Saint-Domingu'e. Les colons voulaient avant tout se d6barrasser de la tutelle de ]a m6tropole, et r6clartiaient pour la colonies le droit de se ,.-,r-::::verner elle-m6me. Tel:::::7 -::: 'tait leur but, et *Is n'en avaient pas d'autre.
Les d6putds de' Saint-Domingue se rendirent en France; d6s leur arrive A Paris, ils se mettaient en rapport avec le club Massiac. Au lieu d'y trouper un appul, comme ils I'avaient esp6r6, Us y rencontr&ent
adversaries. Les members du club Massiae Wavaient






37

E: pri 11 aux dlect'::::: de i &: au:
ne voyaient-Ils pas d'uh bon wil lba de-:::::.ut6s, qi:: ::It tenalent leur mandate de leurs concitol:: "lug,
aspiraient A une independence. plus ou moins compIAI.::::.. de la colonies. Ils ne voulaient d'aur-::'ne repr6sentatiod dans I e sein des Etats-G'n6raux, ot 1; Aent seulement d 3
avoir des -06s --e I'Ass::--..,L:::::: rle Nat*onale et
dans de cette faVon r-31cme waumit
cra rien avec la m6tropole. LC de
:::::a:_-mngue se m I -olus que le club
ontra*ent moins
aac. Ils rdelamalent une constiLution.; mais ils cunnsi(26ralent la colonies comme parties int6grante de 1'emp*F frangalis, et pe'n:-".t:: de cette -ioulaient cette constitution 'I 't de'ere't6e par leg 'E'tats-Gh6raux, suir IL -entation que devait leur en faire une as1 ::_t::ibl6e colonial. Les colons auraient nomme
0; de plus, ils demandaient A envoyer e-:1 jux Rtats-Un6raux, afin de se concerted av.::.,.
pole au suiet des Jois relatives au comm-:.. ::::::::,:::.::::ieur de la colonle et de ses relations avec Jes puls:7 .....,eres. Ladivision Waccentua entre ]a deputaHow _T::::*rt-Dom'ncrue et le club Mar. Les members
Jej7 ':::ie reunion ne voulaient rien entendre, et
G,,. esigmer les repr6Qentants de SaintI- le nom de De
government du roi Wetait m6content
nisme dont il espe'rait tirer parti. De la t pas sa mani re de voir A ce suiet. 11 :_-_,.Alalutteentrelesdeuxpartl,-Ier6 la colonle continueral,, t ::,:::es
-::-F & te::, en
*1 pensai t qu'en se montrant favorable






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tensionss de la reunion a -siac, il emp6cherait les deput6s de sieo--er aux Etats-Gk6raux.
D s les premi6res seances des Etats-Ge'n6raux, les de'putes de Saint-Domingme Weltaient address' A la noWesse, qui les accueillit assez mal; lls furent regus Irj flers-6tat, et le 8 juin 4789 1 Ds obtenaient un arrkk' 11,ur accordant la stance, sans n6anmoins leur donner le droit de voter, sauf A statue sur leurs pouvoirs. Ils Talent presents "a ]a journey du Jeu de Paume. Quand ils se virent omis dans Yappel des bailliages, ils sempres0rent de reclamer, en falsant remarquer, pz)r::::, @xcuser l'irre',o-ularite de leurs pouvoirs, les difficulL .:,, jue les colons avaient eues pour se re'unir et proceder A YOur Mection Le 28 juin, I'Assembl6e les admettait provisoirement A si6crer. Le de'eret du 4 *uillet, qui les admit d6finitivement, les r6duisait "a six titulaires, a* raison de deux pour cheque province de la colonies et 'a antant de supple'ants. Les six ddput6s admis talent -. le onarquis de Gouy d'Arcy, le chevalier de Cocherel, le marquis de Perri ony, le comte de Reynau d, 7". G6rard A de The baudi re. Parmi les d4pute's sunple"ants, nous nous bornerons A nommer Larch evi-:i:::: ue -Th i baud. C'est icl que les d6put6s de Saint-Domingwa rnonWrent feur esprit particulariste. Ils Wenga&ent a rester A Paris comme Wils avaient Re' tous admis A slider A FAssemblee Nationale. Pour ce qui regardait les affairs de )a colonies, les six d6pute's admis se concertalent avec leurs douze autres col1krues et se conformaient :,:::::i ours A Fopinion de )a majorlO. La d6putation ,:::::int-Domino-ue format tine corporation particuRrij,
des arrAte's, ayant des registries A elle ses






3"9

de'libe'ral:::: :::::::::::: j::::,l ': It toujours slg-n6es par les dix-huit
7 k
d6pute's oricrinairement Ous, avee cette SiL:-::::::::e diffirence, que les depute's admis ;I singer etaient ( Asicrnes
I no: deputies votants, et les an",:.:: F
d e d::-:::: n te j7ts.
hom:L:-.::::. di,; couleur Wavaient Msqu'a' present joue aucun I G ]L::: :: qui habitaient i ii t- Do m i n gue, ktaient 6trancrers aux 6v6nements. Persua
que la n...".tropn-loo. nourrait peilt-Atre ameliorer Lar situation, ils pou::, plupartde son e6te.
Un cerU :In nombrere'sidaient "a Paris, et parmi eux, nous. :: ::::ons Julien Raymond et Vincent Og6, qui tons deui:::.,, A leur fortune et 'a leur instruction, jouissaient eu r class,3. d'u n rand credit. Ils avpris "IniLmLive d'un movement, dont le J: IL etai:: t
:::::fL"I ils vGulaient mettre un terme A
mulitres avaient repoi: :Irf:::: cet
49. nm6 des commissaries 6 arges alti eleur cause, et tout naturellement, leur c_L::::1 Raymond et Oge. Un avocat au. Consell Joly, leur prdtait son assistance, et de
plus, ili- "i Jent soutenus cir mie'O des Ainis &.-.s a Paris en 1787, ;1 Finstar de Apr& avoir inutilement essay' de. se I'Assemblk Nationale les m.:::.::: wuleur s au (;F::::::
_jpoir de gagnciil CA leur c,.'::-:se les :Zrs. C'est en vain qu" parl eraient la colonic,, si les colons, r::Ane et leur envaIaur, av, lieu de :::::::-::intenir les U 7 t1le 0_






40
::ages a ::minaien
lonial. Les J&: i i tau club ':7 ::.-Aac, etcet
appel demeui:,L sans
A Saiint-Domingue,, l"on suivalt attentivement les 6vdnements qui s'accomplissaient en France. qu'un navire jetait I'ancre dans le pnrt d'upe vi'lle, les colons 8 empressaient de se porte"::,::_:: 1 i r:_::L:-.cntre passaet a en firer quel,::: Ies renseignements. Une now. alle e'tait-elle tant soit peu inte'ressante, l'un des nouveaux d6barqu6s se rendait au Witre, paraissait sur la sc&e durant un entr'acte. et donnalt lecture d'une notice oA 11 avait consi*gn6 les nouvelles de Paris et de Versailles. Partout I'av6nement d'un nouveau regime etait acclaind avec un enthusiasm qui allait jusqr',::: d6fire. Le comit6 qui siegeait 'a Port-au-Prince, toat d'abord secret, tenant publiquement ses s6ances, et au moyen de ses ramifications, il etait souverain maltre dans la colonle. Le gouverneur g6n6ral Duchilleau voyait son impuissance; comprenant combine son r6le 'tait p6nible, il Wavait pas voulu rester A Saint-Domingue. Ws le mois de juin 1789, 11 s'6talt embarqu6 pour la France, avant m6me d'avoir obtenu I'agrdment du ministry de ]a marine.
La nouvelle de la prise de la Bastille retentit comme un coup de foudre.; toute revenue fut rompue. L'on 8'61ectrisait au mot de libert6. Les blancs salualent avec .6:onheur la destruction de la fortresses du gouverne,_::JUt, 0:::,-f- 7-esseur de Saint-Domingue, et pensaient que dor6navant, la colonle serait de ja tutelle
de la m6tropole. Les homes de covieur sortalent de leur indifference apparent, et esperaient que l'inauguration d'une 6re nouvelle ferait ce: lr leur Rat cl'inffi-






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riorl e Ils tenalent des concilliabules, formaient des
t6s et se beu: ::: *::rt T:A A U ': 60 A espo r d'dtre admis dans.les.
mbl6es politiques des planes. OT--nt aux esclaves, I Jrsonne n It y songeaft blanks et mulAtres s'entendalent .Pour maintenirles,::, -::"--",:.3,sdansla serv ::4::o. La cocarde tricolor fut arbor6e avec ivresse, comme l'emJ"::::--r e de I'6mancipation de la colonie. Les agents du crou-Jernement e'taient oblia6s de la porter. Quant A la cocarde
elle 6tait consid6r6e comme representant le L,6 ime colonial qui tombalt. Partout eurent lieu des r6jouissances et des f6tes. Toute la pc:pi:::::,: Ation libre, les blanco comme les mulAtres, portait la cocarde tricoInre. Les que1ques rares partisans de I'ancien 6tat de Loses, qui ne voulaient pas se conformer A cet usage, devenu en quelque sorte une loi, n .9 osaient se montrer en rvilblic. L'un d'enx, nomm6 Goys, eut I'imprudence
Atre sur L: ::::::,c:menade de la ville des Cayes, oa
T::: Abitait, sans avoir de cocarde. Un r-locnmblement
Ma, et on lul demand des explicatiorls. Goys r6pondit par des prc inj urieux A I'adresse de U1, L: :::11. 0 lution. On se ur lui au x cris de : a Vive la colonte. P
D fut W d'un coup de pistolet, et sa We promenade au
d-une pique, sans que les autorit6s voulussent ou
s y C aser. Aucun:: : :: :::j ,irsuite ne fut exerc6e
les as&:.ssins.
L'autorit6 de la m6tropole e'tait comple'tement m6:1 ':7:1 es com*t6s dominaient, et dans routes les pa_3 dea municipalit6s avalent W installe'es. Le
funeralnera l de Blanchelande, qui avait provisolremplac6 Duchill::-,, voyalt sou Pui':
ei, ::::::::,Ista*t en spectateur aux 6velnement 6. Au mols






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1 le nouveau gouverneur creneral
;hef d'escadre, le comte de Peynier, arrivait A Port-t: i::1 Prince. Ce fOlIctionnaire Wavait rien de ce qu'il U:::"': it pour maltriser la situation. Homme A esprit e troit, imbu des Wes du pouvoir absolu, il se finrurait Vi'unc province pouvait kre administr6e comme un eg et qu'avee la force on pouvait vaincre tous
les obstacles. 11 n allait pas harder A eltre detrompe.
La situation ne faisait qu'empirer; Feffervescr- :::: ,e eLait A son comble. La nouvelle de la nuit du A a-- At
-donna lieu A de nombreuses manifestations. Un ht change' dans ]a plupart dc,3 paroisses et A cette occa
-sion, ]a petite ville de Sam: m fut livree A lit plus conipike. Dans la journey du 12 octobre, un .colon nom'e Boulhi avait ete maltraite, pour avoir paru en public, sans porter la cocarde tricolor, et tous
::: : 7 n Q
les blanks, prisoners pour dettes, mis en liberti1,. la soiree, des crens sans aveu piRrent plusieurs ma :-sons et mirent le feu A I'une d'elles. L'on s'empara res, brigands, et une extraordinaire les c(:::::
Aamna AL la prison ou au bannissement. Le procurer cr neral de la colonies qui r'sidait A Port-au-Prince, Liumardelle, revend iaua Faffaire, fit conduire les prniers dans la cfp:*:: -:T -%# et commencer une instruction. cctte nouvelle, le,.:. blancs de Saint-, :::::: :::,,,,n ac rent,..-::: 0 91
adre en armes & Port-au-Prince, si le j ugement de Ja commission qu'ils avaient 11 : :: jt -77 6ea'10. Le procurer crene'ral c'da c"..tait un encG-:::,
I insurrection.
:4 C it di
'e i is 41r: :,cuvei::::I::::::: ::i: s7a _1111al IV:
Mus. La Y111', du Ciip, qui i i
d*r'geait k: mouvemei







43

d'attaquer ouvertement I'autorit' de la m'troj: cette cite', Feftervescenela.. d6passalt tout ce qu9on -:::::x::-vait imaginer. Le theAtre etait devenu le si 6ge du comit6, et cheque jour avaient neu, des r6u::::,ns des plus tamL:::::::::::::::i:::euses,, e 42 octobre 1789, un ,colon nomme' Chesneau 6tait monte' sur la se ne, et
ait attaqu6 publiquement Barb' de Marbois, qui par administration tracassi re, avait encouru la haine
11tants. Quelques jours apr s, la malle du cour:Aer Ujit pill4e aux environs de ]a ville, et I'auteur de
n'6tait autre que Chesneau. La mare"chausde sa personnel, et une instruction fut
,,.6e cons-re lui. A cette nouvelle, ]a jeunesse du Capprit les, armes, Id6livra le prisonnier, le reconduisit
son domicile. et envahit le greffe de la
-eile livra au pillage.
u 0
Ce cou-n force enhardit les habitants du Cap. La le cbef du movement etait un riche la Chevalerie. L'on voulait une vieIt J, n6e Wavance. C'e'tait Barbe' de
:E et unc Y1 sur Port-au-Prince fut de"eiexaltei let prits, Fon repandit le bruit que At intention d'affranchir les esTes s'e'taient reunis pour sacLe6 pr6pv-xatifs de 1'exp'dition eurent que le colonel Cambefort qui u- regiment en crarnison dans la ville, s'y premiers jours de november, la peint le trajet, avait fait de nom planters, arrivait deviant ::a reucontrer la moindre resistance.








dtxDOISvenait de s'embarquer pour la France. Les Uli_,::::::j_:: du Cap sdj*ourniA::_:Ii-- neanmc:::_::,,_, pr& d'une semaine & Port-au-Prince, oil tout en observant une discipline se'Ore, ils se livr rent A une propaganda des plus actives. Le gouverneur, le comte de Peynier, s'etait compl6tement efface it avait lai.r.-e occupier Port-auPrince,, et le regiment qu'll avalt,-' disposition n'avalt rep aucun ordre. Soi *:::'C ::paciO 6tait notoire, et 11 Wy vait pas A. computer sur 1111, pour mattriser la slituation.
colons de Port-au Prince suivirent I'linpulsion uileur avait W donnee, et sit6t le depart de Yarm6e du Cap, des rassemblements parcoururent la ville. Sii A Port-au-Prince, l'on 6tait decide' A prendre part au movement, plusleurs habitants avaient ete' froisses dC3 pr6tentions des planters du Nord, et ne pouvalent 11 a
::::2 de I la colonies, rqAt des mettre que leur cite', ]a c,--::: It-S
orders du Cap, le chef-lieu d'une province. Les n:::::: Isans de la me'trop* ole surent profiter de cette riV pour rattacher A leur cause un certain nombre de colons. Ils fo-.Mrent avec eux une corpc7, ::_::"*on, celle des Pompons At cause de Yornement d.:.:. cette couleur
que ses members portaient A leur chapeau, signe de ralliement. Mais influence de cette association se rddulsalt A peu de c:::3:,-Je, et la direction enna.rtenait, pour le moment, au Cap et aux parol7i ::, Nord.
La partle du Nord e'tait la plus important par sa. situation et ses richesses. La culture et Yindustrie y ':talent po-------:'-:3s plus lo-!-7i que dans le reste de I'lle (-:1
numeraL: .,:_.: plus abor.dant. Le Cap recevalt plu.:.






A t!'

nav-i-:--- A jui seul que tous les autres ports de I'lle In% popul: :::.tion 'taif nombreuse dans la province t. Toutes es :::: ::,-ns t::-7,::::: A fait que Fesprit public1 *:: 0 a 0% 0 Aaft plus d6velopp6, et par consequent plus remnant. Les colons pens6rent qu'au lieu d'un comiV, une assemble de routes les paroisses de la province joulrait d'un plus grand cr6dit, et strait pour eux un moyen d'action Y:::%.,)ur letter entire Fautorite' de la m6tropole. It avait
:: )i jc6d' eJections dans le courant d'octobre, et Fon'ms'kait dispens6 de prendre idia gouverneur.
Le jer november 1789, les Mus s'6ta1(:_,nt, pour la pluIJ r6unis au Cap et constitu6s en a: :,nblh, sous, le nom d =73,mbl6e provincial du Nord.
Vespi:t de cette assemble 6tait aristocraotique. Les
_:::,c::::_nxnes de couleur Wy avaient aucun repi itant., I'Is
avalent pas m6me W admis A prendre part au vote. ID as personages les plus influents de cette
nous citrons Bacon de la Chevaterie, Aur Trdmondrie et Larchevu Thi' 4
J
C,! derr..".... 6evait jouer le premier r6le. Au momen%:, de
convocation des ttats-G n_ ux, I e I
H 'ta*t au Cap,
rather des biens vacant. Sa valeur personnel le,
s1%q influence Favaient fait designer comme
71* : U L(: -tilles, et 11 avalt W admis "a titre de supD& le 24 aoAt 1789, 11 avait donn6 sa ddmis
an 116gun nt porl.r pr6texte que la revnlut*on n exaft do. son e section, il ::ouva *t le fe la 7-:::: : Prendre V
9 'U40n)


-1-Aton cimptait dans la province du Nord 17,000 planes,
de couleur, libres, et 190,000 esclaws.






46

W.Unts. Le Writable motif 6tait que les affairs, dt colonies le pr6occupaient exclusi::. Larchei::::.: Thibaud s'e'tdit de revenir & Saint-DOMIFJ-e,
et il n'av.-,-Alt pas cess6 dij faire entendre des Wes d'independ,_::: vis A vis de la m6tropole. Sa parole dente et son savor lui donnaient un grand crMt, aussi allait-il devenir Fun des chefs les plus fougueux du movement. Pour lui. la colonies de Saint-DomLa devait se oouverner elle-m6me et jouir dun analocrue A celui que possMe actuellement le CanadL:.
L'assemblee provincial du Nord, composer en gra, ii
parties de planters, partageait les idees de Larchevesque-Thibaud, et elle allait sans harder montrer les sentiments dont. elle ef ait anim'e. Apr s avoir no::::.: president, de la Chevalerie, elle prAtait segment.
A la nation, A la loi, au roi et faisait ensuite prdtmff ce mAme segment aux fonctionnaires et aux troupe; :1 a garrison. En qualiO d'agents de la me'tropole, les fonctionnaires ne pouvaient Are partisans de ]a rI.IVOlution colonial; u en e'.tait de mdme des c:l:.::ic'er-. ji Is ne recew::A aucun ci :_:::::3 prWrent segment.
Vassembllee provincial, en -voyant que son '%utorite etait accepte'e sans difficult6s, se declare en p: : aence et vota linviolabilit6 de ses members. Elie s-attribua I& plenitude des pouvoirs, l'crislatif et emecutif, dans tout ce qui concernalt le relgime interieur d,:,-. ',)rovinceC etaft une ve'rit-: usurw-: Aion.
L'un des premices soins de I'assemblee fut de riorganiser les milices A Fimitation des crardes nationals de
et de les placer sous ses orders. Elle s'atLrIbua ensuite la direction de routes les caisses publiques et







4 7

de"" ida que Jes brocAureg, its', estampes ow.
qui arri:,,eraient dans les parts de la province J __ __ Ik
seraient visited's. et ne pourraient kre mis' en ventel qu'avec son authorization. L,-,, but de cette measure eWit facile A comprendre. ne voulait pas que
d4as communications Fu3s:__:::j" existed avec la France, en, dehors d'elle. dans la cm que le government de la metropoie ne chercii_:':: contrecarrer ses actes. Des.
1-* 81 a #A 0, P, I
comit s locaux, municipalites avaient etc crees.
dans routes les paroisses et les commandants de qu.irtier en etaient members de droit. Cehit pour les colons un moyen de rattacher A leur cause tous les fonc':':ionnaires, qui appartenaient aux armies de terreA iner. Le counsel superieur du Cap, qui, quelques
annexes aupara avait '0 supprim6, fut retabli et
-nstalle le 6 janvier 1790, le jour des Rois 1 11 y cut une_;L A cette occasion. La ville du Cap "tait pavoisk et. les r jouissances se proloncrerent fort avant dans ]a
-:At. Le colonel Cambefort et tous les officers de son .ei::riment vinrent fraterniser avec les members deMWe. La provL::::_:,,:, du Nord etait en fait de,::: 'L.::::Ua. il:::::::::::::::::":,: endante,, et personnel ne songealt 'a' rappeler qu'il P 81 11
ej f::A'aift un gouverneur general, charge" de repr6senter
AL
Ce dernier, le comte de Peynier, se rendait compete de ]a sitt:: ::,, Jon, Mais son impuissance etait compile. La garrison du Cap ne reconnalssait plus son authority& 4E :,.:,6;ssait A I'assernbl6e du Nord. C'est en vain que, I nier invoquait les d6crets de I'Assemblee ConsOn lui repondait que cef J -:V:-rets, rendusen
I,:::::%.e a 6&put6s de Saint-Domincrue, 6taient sans






48

valeur pour la colonle. De plus, on lui reprochait de faire lui-m6me peu de cas de ces d6crets qu'il invoquan., pulsqu'll Wavait pas encore falit pr6ter le segment L'assembl6e
civique aux troupes de Pert-ay-Prince, provincial du Nord se mdme de cette circonsA a .2
tance pour d6clarer 4t gu'elle ne reconnastrait pas le gouvetweato #*A* m A I rqI cowwo 4 posi irp du pouvoir execu qII I obt ation Deid
q e e a
la lutte, elle avait condamn6 l'intent t Barb'
:::::::I 1::rbo*s A We pendu et son corps brAl'. L%!xkution eu" en effigies, le soir, A la lueur des torches, en
presence d'une foule immense. A Bacon de la Chevalerie, Larchevesque-Thi baud avait succe'd6 en quality de president de l'assembMe provincial. A peine Rait-il nomnA, prenait I'Mitiative des measures les plus
violentes. "e .4.9 janvier 1790, 11 adressait une letter A I Op
I'Assembl6e Constituante pour denounce le ministry de la marine, de la Luzerne, combine un tyran, Faccuser de fomenter des insurrections et demander pour la colonies le droit de se gouverner elle-mdme. Deux jours auparavant, le 24.2 J,_:::: _,vier, I'assemblde provincial avait interdict toute coi-L-espondance avec de la Luzerne, sous peine d'6tre d6clar6 tratIre, et proclam6 que les assembldes coloniales seules avaient le droit de statue sur les affairs des colonies.
Nord, le movement avalt gagn6 les autres pro vines. Dans I'Ouest oa se trouvait Port-au-Prince, le sic ge du government, il fut plus long A se produire, et moins violent. Jusqu'A la fin de ::'7,-:-, les coloi::::::7. S'6taient contents d'avoir un comite provincial oa le comte de Peynier avait 6 0 admis en sa qualiO de gou-






49

verneur genera). Ce ne fut qu'au commencement de 4790, que les ddpute's des paroisses de I'Ouest se
:Mirent A Port-au-Prince. Us se born rent 'a se consCtuer en simple assembled electoral, "a reorganiser le
R6 provincial, A lui confer Fadministration de la province et 'a exiger le segment civique tant du cyouverneur general que des troupes. Apr6s quoi, ils se separ6rent en pregnant que1ques arr6tes de peu importance. 11 6tait bien evident que dans I'Ouest, 1'esprit public diff6rait sensiblement de celui du Nord. Cette divergence S!'expliqualt facilement, lorsqu'on connaissait ]a rivalite qui existait entre les deux villas de Port-au-Prince et du Cap. Dans I'Ouest, I'on 6tait jaloux de la province d u Nord, et de ses pr6tentions A la suprematie. De plus, Yon craignait de voir le si ge du government transf6re' de Port-au-Prince au Cap, comme il en 6tait quesToutes ces raisons exer aient une influence serieuse, si bien que les colons de I'Ouest, tout en desirant Ja suppression de I'ancien regime n6taient pas disposes "a enter en lutte ouverte avec la metropole.
idees d'autonomic y talentt, pour le moment, moins ,6.xentu6es que dans le reste de I'lle.
11 Wen 6tait pas de m6me dans le Sud. Cette province, : :J::::,:,-ins etendue et moins peuple'e I que les deux autres, 't-f t, en mftie temps, celle o& la culture e'tait le moins i: 7 11 fallait attribute cette inf6riorite" A Fesp6ce t:: tendonn oft le Sud avait W laiss6. Cette parties de 11Ie avait e'te colonis6e apr s le Nord et I'Ouest. On

Dans le 3ud, on ci-:mptait 1 10,000 homes de.
CoWeur et esclaves,






w
00

n y trouvait aucun o_:::::IIre iin:::Ic-, Aant, et sa capital, les Cayes, 6talt une petite vilI dc : 5,000 habitants. L'industrie se r6dulsait A peu dc .:: :::hlue et les capitaux eltaiient fort rares. II en r6sultait que les habitants du Sud se I rdalent comme sacrifi6s, et que, chez eux, le mdeon t oatement 6tait g6n6ral. Us demandatent, depuis plusieurs, ann6es, un counsel sup6rieur pour leur province,, A el comme
des 6coles publiques, une ason aux Cayes, au Cap et A Port-au-Princt, et une diminution de la taxe qui frappait leurs, products, au moment de leur sortie. Le Sud devalt enforcement accueillir avec joie la nouvelle d'une revolution. Comme les communications avec le Nord etaient difficiles, Facritation fut longue se produire. Mais, lorsqu'on apprit les 6venements du Cap, ce fut comme une trafn'e de poudre. Les paroisses, nomm rent des municipality's, Murent des deput6s qu*,, le 15 f6vrier 1790, se reunissaient aux Cayes et se constituatent en assemble provincial. A Fimitation de celle du Nord, la nouvelle assembi6e s'attribua les pouvoirs les plus etendus, reorganisa les milices, et s'enipara de la gestion des finances. VautorlM du gouverneur g6n6ral 6tait conspuee et les relations officielles avec Port-au-Prince A peu pr s interrompues. Vesprit d'autonomie qui dominant dans le Yord, se retrouvait dans la plupart des paroisses du Suil,
Jusqu'alors, les homes de couleur Wavaient jou6 aucun We ils esp'raient que le chute de Fancien recrime changerait leur situation. c:-it en declarant vouloir ameliorer le sort des mulAtres, *J;xncs recyairdaient le drolt de : ::wiverner la colonies u:zmme ftant leur monopole, et se le r6server exclusive-






51

ment. A ParisI cliest en vain que les homes de couleur Wtaient adress6s au club Massiac ; ils s'e'taient heurteg & des pr6jug6s invincible. II en e'tait de. m6me A SaintDorninopue. Les homes de couleur etaient exclus des comit6s, des municipalities, des assemblies provincials. Dans plusieurs paroisses, on avait m6me voulu les emp6cher de porter la cocarde tricolor, et pour Jes -y autoriser, il avait fallu un ordre former des administrateurs. Le m6pris que les colons en AlgerieODt pourler, Arabes, ne nous donne qu'une We imparfaite de celui des blanks pour les mulAtres, dans notre colonies ame'ricaine. Pour le moment, les homes de couleur supportaient, sans avoir recourse A la force, les vexations aumquelles ils 6taient en but. Us attendant que I'Assemble'e ConstituaDte prit ]a defense de leur cause; mais il 6tait evident que Jeur patience fiDirait par se*
I't, ',ktit A craindre de leur part.
hk1w.- 1-w rieD, du reste, pour 4e
.\ii ihiix colons que leur bienveillance, il passer pour 6tre partisans de ,ivaient dtd, au mois d'ocutracr6s. L'un 6tait promene ki \-Ille et hu6 par la populace; di, priwlr la fuite et brAle en effigies.
C11,1*111i'l. h- tiouvelles les plus alarmantes,
"t 1-11 111110 11-1-kilit. h inilice organisait des exp6diI t hrijil coiiri l itue Moreau de SaiDt-Merry,
hti)[ di, h (,Aonie, 6tait sur le point de
I'Hih iih m de soulever les enclaves. Le V Iik,34taientsignal&s Al"horizon. 1- quarter du Cap fut extreme.









On battit ]a generate, et tous les'blanes current aux armes. Aussit6t que les navies eurent jete" 1 .9 ancre, its en prirent possession et sti. livr rent 'a une perquisition des plus minutieuses, dans, le but de s'eniparer de .Moreau de Saint-Merry et de le pendre A la vercrue d'un mAt. Heureusement que ce dernier ne se trouvait pas A bord et etait reste en Europe. Quelques jours auparavant, un mu]Atre de la ville, nomm6 Lacombe, avait address au comite provincial une supplique oa it reclait pour sa caste la jouissance des. droits politi(:::::i: Tour appuyer sa demanded, it dkiarait que tous les homess e"taient 6(raux deviant Dieu. Sa requfte fut
criminelle par les blancs. It fut arr(Ae et pendu, sans que son proc s efit donne" lieu A aucun commen-cement instruction.
Ces exc s n'6taient pas particuliers au Cap. On pouvait en siopnaler d'analo(rues dans plusieurs paroisses. Dans l'Ouest, les homes de couleur se bornaient A demander Fautorisation de se reunir pour nommer des de16crue's A I'assemblee, qui devait sous peu inaugurer ses seances a Port-au- Prince. Les mulAtres du PetitGoave pre'sent6rent, dans ce sens, une petition dent I'auteur 6tait un blanc, le sen6chal de leur ville, Fv x.rand de Baudi6res. Cette petition excite Findignation. descolons. Les porters de ]a petition furent arr6t6s,
-et Ferrand de Baudi6res eut la t6te tranch6e, comme fraltrel, sur la proposition du president du comite' local, Nalentin de CnIlion. Vefferveseence dans le Sud e'tait It, 'me. Dans ]a paroisse d'Acquin, les masons de
_.eurs mulAtres furent mises au pillacre. Un plannomm6 Labadie, qui appartenait A la class::-







5:3

co"Ieur, voyait sa demure envahie par une trou, e de'
armes, sous le com:: :::::. :::::::Aement du lieutenant de la :: :::i : :Aechaussele. Un de ses enclaves etait lui-mAme recevait trois blessures et Wkhappait ]a
mort que par une so-rte de miracle. La terreur r6crnait' d toute la colonies.
A-*e g-ouvernement du roi et I'Assemble'e Constituante
-.."Iralent une 4crale
Z5 ::::!:::tance aux colons, qui
d6siraient avant tout la r6union d'une assemble coloniale. afin que Saint-Domingue fbt r6cri parses propres lois. Cette ide'e avalt troupe un accueil favorable,& T 'A
au club .:::::T73s'ac, dont les members etaient parv.:L:::::::u3 A s'ente:Are avee le ministry de la marine, et
::ir de la cour I'autorisation de rdunLir r-:: :Lssem"a Saint-Domingue. Cette assemble'e, Wavait p-:: le e e V4
youvoir I'gislatif et devait se border. & "mettre d:
Sur ce point, Faccord exict- : entre le club
siac et le ministry de la marine. Tel n'etait i: civis des colons de Saint-Domincrue. qui voulaient que. la future assembled eAt les attributions Mg-islatives. De ]a Luzerne avait address' au gouverneur general, en rAme tem777:::; ::::ue l'ordre de convoquer les Mecteurs,
letter nour que lul et les fonetion17 :::::-: IWO 11
usassent de leur personnelle, pres aes
(--:mteurs, afin de F. ecienir,,-w de, ff la ,-T::::::::':Pur -7::: ::;'
its et de faire,:---.. --- :,wtisan- de I a metr,. ?ole LL duplicate de cette letter arrive, par la du Cap..
l6e dTi Nord intercepta le parquet et l'ouv iL Sa ::.oMre n'u plus de bones. Elle fit publier la letter dans tc::::::::, I& colonies, denonp la conduit. de ]a
jA. 0% it celle du club Massiae. Elle d' lara nuls Luz, iT:: I It 116tri C






54

Tos pouvo*rs arivoy6s par les propri6taires de 1,accle":-DAM
1dant ce, et ordonna A ceux qui
le conciliabule de de se rendre A SaintDomingue, dans k GQla.' de hult mols, ou d'en'troyer A t :: s fond6s de procuration, leur renonciatior, L-ielle ae se des affairs de la colome, ou de se r6uni*r
ailleurs qU ,e dans la ce-onie, sous peine de confiscation de leurs revenues. du Nord enjoignait en
mdme temps aux d6put6s de Saint-Domingue de rester "::T& de I'Assembl6e Constituante, pour recevoir les
res que ir.
%4 la colonies pouvait ieur faire parveni
Cette declaration rqut unt:: ::::)prcI-!::t*:on g6r:l ::
Les I*d6es d'emancipation s'affirmident & plus en plus.
-vernement avait convoqu6 I'assemblde colonial
'5 mars 1790 I'assembl6e provinciale du Nord s:: Jara cette date illigitime totre aux droitj de -a Je rovinciales se cor:K,::::::
Les trois assemblies p.1
L&ent pour proc6der & I'Mection colonial. 11 fut d6cidie que ?es d6put6s devaient Ore nomme's les assemprimaires de cheque paroisse, composdes des oitoyens qui 6taient domicili6s depuis un an et payaien t Vimp6t. Le -rote par procuration 6tait interdit. Le nombrede 'ut plus considerable que ne I'ava*t
le ministry de la 11 6tait de deux cent
douze, dc-it quatre-viw-,::: J:: :::-::jur 1--, Nord, soixante-quatorze nfL:: Ouest et CIL:-, :: it pour le Sud. Les
7 11 1
S gea ent a n accepter aucun:: ILce,
eue ou grAce-Iu government, pendant une p viode dix rans, A de leur election, moins du coneii: i or:: z::: j 'ale. Pav::
ft E,:; t i e 16 It
I'assrunblde coloniale se r6uniiiia ::ton






55

pas A Port-au-Prince, le sii ge dr government. mais dans, la petite vill. de Sairt-':::::::::::rc. La date de la reunion dtaitfixee au 25 mars 4790. Toutes cesdi,-:::::::-;sitions avaiient W prises, sans que Fon consultAt le gouverneur g6n6ral dont le r6le devenait de plus en
rb
insignifiallt.
Les homes de couleur esp6raiient que les planes voudralent bien les admettre dans les assemble'es primaires si dans deux ou trols paroisses Fon fit droit & Jeurs, demands, ils furent syst6matiquement exclus dans )es autres, solvent m6me insult6s et outrages. Dans la province du Nord, A peine voulait-on les considerer comme des Atres dou6s de reason. L'assemblee de I'Ouest ne les admettait A pr6ter le segment civique, qu'en aj outant A la formula la promesse du respect enters les blanco. Cet arrW odieux provoqua un m6content ament "Aral. Les mulAtres de la paroisse des Verr-(A:::::: refus6rent de s'y soum::: Are, et au mois de janvier 1790, ils se r6urissaient 'a Plassac su.- les bords de I"Artibonite. Le cc:: de Peynier fit 1 .:-3! centre eux un ddtacbement du r6criment de Port-au-Prince le-s nr!ncipaux meneurs furent arrdt6s. Presque partout, U: exige des bommes de couleur leur attirait
vexations et des outrages. Plusieurs d'entre eux et leurs habitations incendi' du Sud alla *usqu'A faire comparaftre
L les homes de couleur pour leur ordonner in -s les
la 8ubord' atton et I i' 'If rence enven
G::_I bout, les mulAtres ::.:,oulurent r6sister et fbrm&,: def-, -, Jemblements dans plusieurs pa
47 kaient saiis armes, 'is








furent facilement 6cras6s. ::-Linmoins.. Pon ne pouvait plus se fiaire illusion.; tout indiquait une procaine, inr-jrsurrection des homes de couleur si leurs tions n'Raient, pas 6cout6es.
Les planes ne paraissaient pas s'inquie'ter bear -,oup de cette agitation A les entendre parler, l'on 31'L r t d u
ance. L'on remarqual
qu'elle Rait sans t 7
reste. qu'ils avalent attendance A se divider, et que 1'esprit d'unit6 qu'ils avaient montr6 au d6but de ]a Revolution commengait A lew fictire d6faut. Deux parties, se trouvaient en presence I'un de I'autre .- celui des planters, des grand planes, comme l'on disait alors, 'tait de beaucoup le plus nombreux. Lautre parti se recrutalt principalement parmi les n6gociants, A dominant A Port-au-Prince et au Cap. Les habitants de cette derni6re ville Wavaient pas t4 ::',. 8 apercevoir que Htat de trouble et d'anarchie que traversalt la colonies 6talt peu favorable A leur commerce. T' In. son c6te I'assemblee du Nord, qui voyait que son rt::.:: d :::::: ':: %o 1 du moment qu'une assembled colonial strait reunite, penchant vers le deuxi me parti et entrainait avee elle un certain nombre de paroisses du Nord. en
r6clamant I'autonomie de la colonies, ce parti voulait renoner avec la me"tropole et reconnattre son autoriV, afin d'avoir la paix et la se'cu.60. II Wen etait pam6me des planters qui r6vaient une inc!.-,pendance a% peu pr s compile. Pour eux, Saint-Do.::,.l :: ..ae n etait pas une colonies, mais, une terre franco-am6ricainp., h6e par un contract avec la France. Ils ne voulaient rien avoir de common avec I'Assembl4e Constituante, et i I crouvernement du rol nurait 6t' simplement repre-






5"Y
st-JI:: par un d6l6gue resident A Port rl
-au-P 'nee. LeA ils de. (:j:ant pour Saint-Domincrue, aurait et certaine :.::iaIoaie avee Funion personnel qui.
actual I e me n t les rapports, d e I a S u de et d e I a Nor y6ge.
tes 6lections eurent lieu. Le parti des planteursoL:::iit la plupart des nominations. L'assembl6e colonU:: it surtout com:: :-. .e de propri fanciers. po&...11.&.L.:at de nombreu,... eselaves et fort entich6s deJeurs pr6juge's. L'on y voyalt sculement quelques homes de loi et des negociants qui avaient 60 c:Avqy peir les villas de Port-au-Prince, du Cap et de.
:::1A-:::J:::: C. 11 6ta*t facile de deviner 1'esprit de la noutsseinblk. Ses members affectaient de s'intituler
:J)ateurs. Les principaux etaient Da:ugy, Larche-Thibaud, Bacon de la Cbevalerie, Hanus de Jurn6court, Borel, de Cullion, Millet et Bruley. Le 25. mf*,rs 1790, I'assembl6e se -re'unissait A Saint-Marc le
rril, elle se constituait d6finitivement et s'intitulai t
A
generate ae la _1 te Iranfaise de Saint-Doet nommait pour president Bacon de la Che-valerie. i:: ie fit mention du segment civique, et. le t,1: :: r:F::::eler dans son,
LJur genAral futseul Ale r,
Mais elle eut soin de faire 6erh -e sur le rideau
it Ia salle des s6ances ces mots Sa'WIa Ioi, le rot, notre u,,:* -:: fait notre force.
-int N mot Saint-Domingue A celul de Ia natiGa,
Di All :::i assez son intention de faire de Ia colonle un ind6pendant, Wayant pas d' ::,LiL-e lien
avec Ia Fraiice que celui de Funion personitelle avecle rol.






58

LC :::II'al e --waa immediatement ses
par ses actes. ::.:I -es premi&-, :s
st ances, ellezipprenalf- I-'arri. d'un devachement df, !7 1 Cr
soldaUc., destiny& DOCC Oarnisons de I'lle. Elle
p 't Lttsolution de ne pas :es recevoir, et de les renN*oye,: en Europe, sur premier bAtiment qui strait e.a part.-.4nec. Pe a :Lpr6s, s'adressant au gouverneur g6n&sul :::::A que la colonies
p3rtle inOgrante U 1'e.:.:ipire franpis, le pr6s*de.:.O,,,
imn de la Chevalerie, r6pondait que les colons itaient 004 Fr fires d'Europe, et qu"Al leur
I s I e."rcice Ae leurs droits et sOcritionletat d*e*tete#4 fes con4itutimi. Le
(Weret du 8 mars, I 1j]u I'Assemble'e Constitultute aval"t accordI6 tiae cej r7aine autonomic aux colonies. Des assenibIttes locales 6taient institutes P mals IAssemble'e Constlt" ::,:Tle se r6sei--:.:,::::' les attributions Ugislatives. L'asst.-nble"e coloniahj, qui de'sapprotivalt cc detect, ne s'etait decide A 1'enrecristrer que le 10 juln. En mdm::; Aps, elli- i:::: '::.J'dait que V le..res et paquets addresses aU::::: gouverneui general et au-..::::
Ii n strateurs de la colonies, seraier:: -4n avant ouverts A le president ez de I ::: : : M Dlee.
Dans 1Q,::: s6ance du 27 avril, I'assvmblk inst.1tualt des comiit6s de rapports avec la m6tropole, de constitution, de 16gislation, de commerce, finances, d" :: 1 culture et de la force arm6e. Le gouverneur g6n6ral Wavalit plus ainsi le droit de corresponded avec la France ; 11 n avait mdme plus le commandment des tL 0,: J*
17e. comitd de constitution ne permit pas de %::,'KA-aps, et lt- ; knai il pr6sentait A I'assembl6e un project de cons-






9
Lon qui fut adopt "a Funanimit ", apr6s quatre
I le jours
discussion. Cc project 'taft l'oeuvre de Daugy 6f de Ochevesque-Thi baud, principalement du second. 11
xdc6de d'une d6claraflon o6 11 6ta't L::::
I rue les
de la parties franpise de -Domingue avaient
m1connus et oubli'es. L que la m6me parties
de Saint-Domincrue, trop connue de la
avait seule le droit de statue sur son regime lnt :::ieur, sans que I'Assemblee Nationale eAt A intervenir. La constitution que nous reprodulsons Wkalt que
de veloppe,:::: :::: ,: : de cette declaration
Art. je Le pouvoir 16gislatif, en ce qui concerned le ie int6rieur de Saint-Domingue, resid- (::7L::.s
I'assembl6e de ses repr6sentants constitu6s eD assemInl4a gen6rale de la partle franqalse de Saint-Doi e.
A t
2. Aucun acte du corps 16crislatif, en ce qui concerned le r6gime interieur, ne pourra We consid6r6 comme loi d6finitive, s'il West fait par les reprdsentants
la partle frangaise de Saint-Domingue, librement et "Jgalemont Mus, et s"I West sanctionn6 par le ro'
Arl:-:' Tout acte le'gislatif fait par Fassemblee : :::: ::J:16rale, dans le cas de ndeessit6 urgent, et en ce qui
--ne le r6gime int6rieur, sera consid6r6 comme loi
::-::I r dans ce cas, ce secret sera notifid au gouverneu, ,:::: L Aral qui, dans les dlx* ours de la notification, le fera pi:omu1-::::7:: ::::Ar et tiendra ]a main A son execution ou remettra Fassemblde cr6ne'rale ses 'Observations
::e contend dudit deeret.
4. L'urgence, qui d6terminera 1'ex6cution proL:::::: sera d6clid6e par un Opar6, qui ne






60

pourra Ore qu'A ]a majority des deux fir:::: iLeg
voix prises par I'appel nominal.
Art. a". Si le gouverneur g6n6ral remet des obser:;eront aussit6t L : :::wites sur le registry de I'assembl6e g6n6rale. It sera proc6dd & la revision du decret, d'apr& ces observations. Le d6cret et lea observations seront livr6s A la discussion dans trois diff6rentes seances -, les voix seront donn6es par oui et par non pour maintenir ou annuler lp d6cret. -Le proc6,fx,verbal de la d6fibAration sera par tous
members presents, et d4sig-nera la quantity de voix qui auront W pour Fune ou pour Fautre opinion. Si leg deux tiers des voix mainfiennent le d6cret, il sera proinulgu6 par fe gouverneur g6n6ral et execute' sui-:::: champ.
Art. 6. La loi deviant Ore le consentement, de tc::::.: ceux pour qui elle est faite, la parties franpise de Saint-Domingue proposera les plans concernant les rapports commercial et autres rapports les d6crets qui seront rendus "a cet 6crard par I'Assemble'e Nationale ne seront exelcut6s dans la parties franpise de Saint-Domingue que lorsqu'ils aui::-:'::1 eM consents par I'assembl6e g6ne'rale de ses repr6sentants.
Art. 7. Ne seront pas comprise dans la classes des rapports con: ins de Sain'.--''%Dminrrue avee la les objets de subsistence que ]a n6cessit6 forcera Wintroduire. Mals les dlcrets qui seront rendus "a cet 6gard par Fassemblele g6n6rale seront aussi soumis "a la revision, si le gouverneur prdsente A leur sujet des observations dans le de'lai fixe' par I'article 3, l'on o5servera routes les formalit6s prescrites par I'article 3..







6.1

Art. 8. Tout acte fait par I'assemblee g6n6rale et
-,execuO provisoirement dans le cas de necessity urgent, Wen sera pas moins envoy' sur-le-champ A la sanction royale. Si le roi refuse son consentement audit acte, 1'exelcution en sera suspended, aussit6t que ce i-efus sera loyalement manifesto' A I'assemble'e generale.
Art. 9. L'assemhlee ge'nerale sera ren.ouvelee en totality' tous les d:- ans et aucun des members qui aura sikr6 dans I'assemble'e pre'c6dente ne sera Micrible A la nouvelle.
Art. 10. L'assemblee delerke que les articles 6-dessus, comme faisant parties do la constitution de la parties franpise de Saint-Domingue, seront incessamment envoys en France pour dtre presents A I'acceptation de I'Assemble'e Nationale et du roi. Us seront, en
-outre, envoyes 'a routes les paroisses et districts de la
-'Aie i.:::ii::;aise de Saint-Domingue et notifie's au gouverneur g6n6ral
En votant cette constitution, Yassemble'e colonial montrait ses tendances s6paratistes et, cheque jour,
plus audacieuse. Ses partisans, qui avaient .Vdoptv' comme siopne de raillement un pompon rouge
opposition au pompon blanc, dominalent dans la plupart des paroisses. Les garrisons de Port-au-Prince et du Cap etaient indisciplin6es, et A diff6rentes reprises Jes soldats s'6taient mutink centre leurs officers.
_Le colonial 6tait mattresses de la colonies.
T ftentions, de Peynier, qui jusqu alors
I L -61::, ja faiblesse, r'solut d'organiser
_:: unce. Dans ce but, il accueIllit favorablement






W

lea reclainations des hommies de couleur, & qui l'oq
toujours les drolt :- :::olitiques, et se mit en
avee ks soldats, en pregnant part & leurs banquets
Aviques. plus, il chercha ranimer le Me des fonctionnaires, trop souven:.: i:::::4::iaillants,, et encom 12 les re"unioiis des pompons blanes. Sur entrefaites', arrivait dans la colonie, le colonel de :::::-:::4udult pour y commander le r6gliment de Port-au-Prince. Son energies 1'eut bient6t d6sign6 comme chef aux partisans de la m6tropole. Deux parties se trouvaient ainsi en presence l'un de Fautre. Une lutte 6tait inevitable elle n9allait pas harder & s : :: ::,:: cluire.
L'assembl6e colonial se consid6rait comme d6positaire de la souverainet6 de Saint-Domingue et, par consequent, elle 6tait dispos6e & faire peu de cas des assemblies provinciales. Celle du Nord lui portalit particuRrement umbrage. L'dssembl6e colonial avait rendu un d6c:: limitant le taux de Fint&k qui, parfolis, allait jusqu'AL l'usure. Ce d6cret visit surtout les n6gociants du Nord, alors en grande majoriO dans Passemblk de cette province, 11 y eut imm4diatement rupture entre le Cap et Saint-Marc. Jalouse de ]a supr6matie de I'assemble'e colonial, I'assembl6e du Nord se pr6para & la resistance. Cette opposition surprit Fassembl6e colonial, qui ne s'y attendant pas. Six commissaries furent envoys par elle au Cap dans un but de conciliation. L'assembl6e du Nord leur ordonna de sorter de la ville dans les vinat-quatre heures, et pronoun a la dissolution de ]a municipalit6 du Cap dont les sympathies pour I'assembl6e colonial n'6talent pas douteuses. Elle fit appel aux paroisses du Nord et







63

d6clara officiellement lesser toute relation avee SaintMarc. Sans se montrer aussi r6solue, Fassemblele du Sud avait une attitude analogue et plusieurs paroisses de I'Ouest paraissaient disposes A suivre son example.
L'assemblee colonial Wen persist. pas moins dans ses resolutions. Elie pensait q 'A force d'audace elle arriverait A vaincre les resistances et, sur la proposition de Larchevesque-Thibaud, elle ddcida de lesser tout rapport avec Fassembl6e du Nord, de soulever centre elle la. ville du Cap et de corresponded directement avee les municipalities et les comit6s provinciaux. Elie r6solut de prendre les measures les plus 6nergiques. Apr& sWre d6fendue de vouloir l'ind6pendance vis-Avis la m6tropole, elle d6clara trattres tous ceux qui feraient de opposition A ses actes*souverains, proclaim, l'ouverture des ports de la colonies A routes les nations et decre'ta le licenciement des deux regiments coloniaux, afin Wen faire une garde national solde'e, et, pour garner les sous-officiers de ces regiments, elle eut recourse A routes les seductions. La plupart des sousofficiers et des soldats ne r6 ondirent pas A cet appel. Le seul d6tachement du rdoiment de Port-au-Prince, qui 6tait en garrison A Saint-Marc, se laissa embaucher. 11 n'y avait plus de routes A garden : l'on 6tait "a la
'1',, dt- I;i -iwrro, 1-iAle.
f(i!s fonctionnaires, les pompons de couleur, le gouverneur ghelral .mfin la n6cessit6 d'agir. 11 pensa 1; it avant tout dissoudre le comi t6 qut si6geait A Port-au-Prince (t A I'assemblee colonial. Dans






4

4a nult du 29 au 30 juillet 1790, le colonel de Maudult re .ut l'ordre de se porter, A ]a We des grenadiers de
-son r6wiment et d'un d6tachement de pompons planes, vers le lieu oa le comiO tenant ses s&rces. Un attroupement en couvrait les approaches. RIcl _:::t ::.udult prociama la loi inartiale. Le chef de J'attrotl:: ::.:.:inant rdpond*t en commandant aux siens une fusillade qui tua une quinzaine de soldats. Exasp6ree, la troupe fit une charcre "a' ]a bal'onnette. Les d6fenseurs du comite' prirent ]a fuite Arois d'entre eux avaient W tue's et quarante arrWs. Dans le but de me'naorer l'opinion publique, le crouverneur lei7, C* mettre en liberty. Le colonel de :::::_.',__::uduit eut le tort de faire deposer chez lui, comme un ti-ophee pris sur 1'.ennemi, les drapeaux des trois districts de Port-au-Prince qu'il avait trouv6s dans la mason du
-comite'. Cette satisfaction d'ainour-propre lwi attire la haine gen6rale.
De'barrasse du comite provisoire de I'Ouest, le gouverneur songea A abattre la puissance de I'assembl6e colonial. Le colonel de Mauduit rept, l'ordre de se porter sup Saitit-.:1:::::are avee une parties de son regiment,
-de faire le sl ge de cette ville en cas de resistance et de, combiner ses movements avee le corps de troupes qui ,&alt sorti du Cap, conform6ment aux instructions dE I'assemblk du Nord. L'assembl'e colonial semblaii disposee A souvenir la lutte et appelait le6 bons citoyem, A sa defense. Des deux c6te's,, l'on se pr tait les projeb Jes plus absurdes. Le gouverneur faisait r6pandre 1( bruit que F&F71 We colonial avait vendu la colony(
-aux Anglats cette derni&e pre'tendait que le gouver 4neur appelait les Espacrnols et crialt & la contre-r6vo,






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lotion. Dans les deux parties 1'exaltation e'tait extreme. Pour le moment, le government semblait avoir I'a.vantag-2% L'assemblee colon*-,Ie avait bien pour elle
:: 71 a 9
la mass::.., d:::..... planteurs et des blanks ; mais aux troupes recruUres, qui se disposaient A venir I'attaquer, -.fle Wavait A opposer que la petite garmson de Sain re. Ses partisans ne pouvaient arrived 'a temps pour lui prdter assistance. Aussi sa situation e"tait-elle des plus critiques quand elle apprit que le vaisseau le Liopard venait de se prononcer en sa faveur.
Le Leopard 6talt depuis quelque temps en rade de .' 01A r
Port-au-Prince. Son equipage avait ete gagne A la cause de I'assemblle colonial par les soins du comite provincial de I'Ouest. Le commandant de ce vaisseau, le marquis de la GalissonnWe, qui se trouvait A terre lors, de ]a dissolution du comite, avait refuse" de reprendre son commandment, en voyant les dispositions de ses matelots. Le second du bAtiment, qui etait un ci-Rble de Saint-Domino-ue le baron de SantoDomincro, accept avec plaisir de le remplacer. Le gouverneur donna l'ordre au Leopard de partir sur-lechamp pour la France. Comme il. ne se pressait pas d'obeir, les batteries des forts se mirent en measure de tirer dessus A bullets roucres. Le navire appareilla mais au lieu de s'en retourner en Europe, il vint
iller A Saint-Marc. L'e'quipage envoy son nouveau commandant, & Santo-Domingo, faire acte d'ob6is. so
sance a I assembide et d6clarer en son nom que, pout-sa
il jtaz*t Pre't a' verser la de) ntere goutte de son

Cette declaration inattendue et la mar,-.he des troupes






66

de Port-au-Prince de-eWrent 19assemL::::'(.D colonial S embarquer en masse pour allei: en Fr,::::.,Ce.,
la justice national. Par suite des mal ad i et des tions, le nombre des d6put6s se trouvalt r6duit "a cent. Le Liopard en recut A son bord quatre-ving-t-cinq il emmenait en mAme temps ]a plus grande parties des c ::3:::::d:ats de ]a kj :::: ison de ML: Le 8 aoAt, i I mettait A la volle et touchait "a Brest dans les deniers jours de september. L'assemble'e colonial fut regue avec enthusiasm par la commune de Brest, au bruit des salves d'artillerie et du son des cloches. Les gardens nationaux se disput&ent Yhonneur de 1'escorter et ses, members Raient regarded comme des victims infortunees du despo::Ik:::::::::,. 11 est A rema:::qu:: r que 1::: "our des de'pute"s de Saint-Domin true A Brv.dt coincida avec une insurrection des marines de Feseadre. Cette rebellion 't-tit-elle leur oeuvre ? Ils s'en d6fendivent mais un rapport pr'sente' A I'Assemblele Constituante les accuse forniellement Wen avoir ete les i nsti crate i: Sans 6tre atissi affirmative, I'on peut dire qu'ils n'y furent pas completenient 6trancrers.
Le depart de I'assemble"e de Saint-Mare ne r6tablit pits le canine dans ]a colonies. Les Leiopardiia, cest ainsi que I"on appelait les deputy's qui s'e'taient embarques A bord du Leopard, comptaient de nombreux partisans, et ]a proclamation qu'ils avaient lance'e au moment de leur depart avait trou-v6 de 1'eeho. La parties du Sud s'e'tait soulevele et avait pris les armes. Sur les quatorze paroisses que coniptalt cette province,, treize s'etaient conf6de'rees et avaient Ctabli le siege de leur lioue aux Caye.I Le commandant de cette






-0- 67

place, le major de CoUrc., connu pour son de'vouement A la m6tropole et ses Ahies pour les homes de couleur, avait e'O massacre. Un conseil avait pric,., 1:direction du movement et le gouverneur avait reconnu sa puissance. Dans I'Ouest, ]a ville de Leo(rane for ait, a coups de canon, un brick de 1'e'tat, la Levrette, A se ro'Lirer; dans la plupart des autres paroisses, les planes
_::,_,dent devise's. Dans le Nord, I'assembl'e provinciale
format une liaue avec les paroisses de son territoire c:::: invitalL IeUI.-s 616gues a se rendre au Cap poura,,sister 'a une fdte civique. De Peynier avait perdu le peu d'autorite que ]a fuite de I'assemble'e de SaintMarc lui avait un instant donn6e. Son d6sir bieDmanifeste de replacer ]a colonies sous le regime militaire, lui avait de nouveau l'opinion publique. Son pouvoir etait plus que jamais meconnu. ED somme, Fanarchie r6gnait dans la colonies. C'est sur ces entrefaites qu*eut lieu le soul cement des homes de
couleur.
J! etait bien 6vident que les homes de couleur
nt recourse, "a la force pour obtenir la joui_, _::: i::::,%e
det :J:::::: o**ts politiques que les blanks leur refusaT:_- :at, contrair:.::ment au d6cret rendu par I'Assembl6e Coi : -.:Atuante le 28 mars 17c:::j,. dissensions des colons ne pouque les encourager dans leurs desseins. L'un de
leu.::-s commissaries A Paris, Vincent Oge, prit Finitiative du movement. ::::::,: ::Jgr6 les entraves de la police, il parvint a% garner Londres, Charlestown'. aux EtatsUp;:::s, oa il se procure des armes et des munitions, et
octobre 1790, il parvenait A d6barquer au Cap et
U se rendait au Dondon, le lieu de sa







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se present aux homes de couleur, comme leur chef, et sans attended un soul cement g6n4ral, il se mit en march vers la Grande-Rivi6re avec trois A quatre cents mulAtres ou noirs libres. Parmi ses companions, se trouvait le mulAtre Chavannes, qui, ainsi que lui, avait pris part & 1'expddition de Rochambeau, en Am6rique, et dont il avait fait son lieutenant.
Au bout de que1ques heures, la petite troupe qui S'6tait grossie de quelques partisans, rencontrait deux dragons. Oge leur remit deux letters, I'une pour le prgsident de I'assemblele provincial du Nord, et I'autre pour le colonel Vincent qui commandant la garrison du Cap. Dans ces letters. Ocr6 sommait les Wanes d'ex6euter sans retard le d6cret du 28 mars 1790 et d'admettre en consequence les homes de couleur A la jouissance des droits politiques. A la nouvelle du soul6vement des homes de couleur, 1'6motion fut grande au Cap. On battit la gdn6rale, et Vincent court A la rencontre des insure's avec cinq cents homes. 11 fut repouss6. Le colonel Cambefort sortit alors de la ville avec quinze cents soldats et de I'artillerie; grAce & sa supdriorit6 num6rique et A celle de son armament, il 6crasa facilement le rassemblement. Les mulAtres se d6band6rent; on leur fit quelques prisoners. Plusieurs d'entre eux et entre autres, Og6 et Chavannes, se je0rent dans la parties espacrnole.
Ce soul6vement n'e'tait pas un fait fortuit et isold.
i I i tes de couleur avaient form6 des xrettes, et dans le Sud, aux enviciel de Mau duit fut charged de les i i rrettes, au lieu d'engager ]a lutte,







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'I entra en pourparlers avec les chefs du movement et parvint, grAce A ses me'nagements, A les ddelder A dissoudre U:::: -.3 bands. 11:: :: :' les environs des Cayes, ei ou six cents mulAtres:::avaient, sous le commandment F
de l'un d'ewri, nomm6 Rigaud, forme un veritable camp retranch6. :A'4-:,uduft se les concilia par s ien
ve*K ::-:: -ee et les amena A mettre has les armes.
Cec e'v6nements auralent dA 6clairer les planes. It e ta't Wen evident que l'insurrection ni:-: :' :::i-ait que commencer. Si, pour le moment, les rassemblements formes par les homes de couleur avaient W discus, d'autres ne tarderaient pas & s'organiser. Au 3e
:Ire compete de la s*tuat*on, les colons semblaient 6tre
Is d'un ve'ritoble vertigo. Loin de se montrer conciliants vis-A-vi :: 'is talentt plus
homes de couleur,
que jamais enticines de leurs pr6jug6s. Le gouverneur gdne ra 1, de Peynier. leur 6talit devenu suspect A cause de
:: (: 0 9-1 t montree dans la rdpression du la m.c::::::_i:-tion quit avai
soul6vement des mulAtres, si blen qu'abreuve" de ddgoAts, il se d6mit de ses functions en november 1790, et passa en France, apr6s avoir remisses pouvoirs au lieutenant
::I tnde. L'assembMe provincial du
Blai u ::AL
4oi:::: vait fait pti tir pour Santo-Domingo la corvette
'"ite, avec la. mission de reclamer au gouvernement e et ses companions, qui s'dtaient
J
rAfugies sri Lon V'.1,:::,T1t0ire. On fit droit A cette demanded et les fuc5it_'_'J furent amends au Cap, oA la mort les a : ::j ::tt:: :::o ':ait. Og6 et Chavannes subirent le supplies de la rou%:F.:: vingt-et-rin de leurs par titans furent pendus et treize condarauL aux gal6res. Ces ex6cutions, qui :: ::::Tent lieu en f6vrier 1791 terrorWrent pour le









ne urent que
des
C::: exenaient une
AU: au go -iverneur,
en --jjn::: lit6s et
em d i ses *nstrueti o -ire.) ne laisait
all
]a ne'cessairement
qu n. I falla*
1, L!
An nw: ::-:::e avai. a-:T:-ris ]a mani6re
dont le.s M:::: i i i I i re;,, G e l*as-;emL.e c coio7,,.!aIe avaient ete via I
re us A I'Assembit"le Consti.-:: Us navaient pas eu
7-1 r1S Ieurs secrets avaient
les de 1,
annules de-s vote's 'a I'assembl4e pi,)xf -i:::::duit et au
vinz;- '01 1 zolonel
ous. I e
de Por%, i les a,,Jent ar Is taien
m ,me tm!A de Cc et pI: *z:::: :::1::A:: isit dans toute
colonic la plus Vivc --,.gnat'ion. L'on y parlalt hautement de Se se:::- :r de la France'. la. ville du C,-:: n, ellenhne, oil jusqu,%-Jors, ra m "tropole comptait klomSe des Dlus exaltks. Au lieu
Ge se les esprits etaien: Fl 1 a PI u E I
Tout (hisqVA pr6voir un effoiidrew. .::Mt g..Wral.

















CHAPI




La
d e 2! u r





annulant les actes de Fassembl6e de Saint-.Marc ::mblde Constituante avait d6cide' qu'iI serait prola nomination d'une nouvelle assembi6e colo:J::L Les assemb]6es primaries devalent se reunir, et, cette fois, les colons etaient obliges de se soumettre A la loi du 28 mar: 1790 qui accordalt les droits politiques auv.. homes L::,,:.: couleur. Plus imbus que jamais de
-AUU- :,.) les planes ne pouvalent se d6cider 6,
re les nnmil,'tres comme Mecteurs. Le gouverneur
ral, de 111h Jande, Ila avait en vain ordonnd de
les assemblies primaires il Wavait pas W
f:::,e drc :: ]a liste des citoyens actifs. Ij'--R-_:
%L":: it extr&iie, quand l',arr' d'une escadre --I:i:
::,uer la situation et preeipiter les 6v6netnents.







72

Le gouverneur general avalt W avise qu'une escae:: e 6tait parties de France pour Salint-Domingue avec troupes destinies A renforcer les garrisons de I'llo. f-iformt qu'A Port-au-Prince, l'on s:-,, -::::-::,c-posait d'appeles marines et les soldats & la r6volte, it envoy une corvette porter A 1'eseadre Yordnj ,iM rendre aU Saint-Nicolas. L'eseadre, Wayant pas rencontre ce::::::e corvette, parut inopine"ment dans la rade de Por -'::,:::'Prince, dans le courant de mars. Elle dtait sous les, orders du commandant de Villages, et comprenait deux vaisseaux, deuw, frigates etun transport. Deuxbataillons,
tenant -:::-e'giments d'Artols et de Normandie 6taient A son bord. De's que les bAtiments eur:-ntj*ete' Fancre, les partisans de I'assemblee de mirent en rapport avec les 6quipages, et parvinrent "a les rendre d6fiants vis-&-vis de leurs, chefs, qu'lls leur repr6sentalent comme des agents de la contre-revoluI*on. GrAce aux chaloupes qui entouraient les n&':: L plus de cinq cents homes avalent isolement I I
161le oa its avaient 60 reps comme des lib6rateul_1 ,__.nchelande engage, mais inutilement, Yescadre A se rendre au m6le Saint-Nicolas. Voyant qu'il deoute', it c6do et permit de mouiller & Port-au-Prino..
-14
Les troupe, 'L:: Yirqu6rent,; les cafds et les cabarets leur :: ::I: 1w
furent ouverts. Les soldats 6taient accueillis dawles masons et partout le An leur kalit prod*gulU:"::. Le gouverneur general consentit m6me A recevoir une d6putation de matelots, et, le soir, 11 y eut de brillantes, illuminations. La population et I'arm6e fraternisaient ensemble.
De Blanchelande sentait son impui, : ::iice. Le'r6gi.






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ment de Port-au-Prince s'etait laiss6 en parties garner, A les homes de couleur, mecontents de I arrestation
leur chef, Rigaud, talent peu disposes A sautenir le ::::Oouverneur. Aussi ce dernier resta-t-il spectateur des ev6nements. comite provincial de I'Ouest s'6tait
reconstitu6 sous le t1tre de, nouvelle municapalite. et avait reprise ses dances. Le j :: ::i: :::74re Higaud avait W mis en liberate par une foule nombreuse aux cris de : c A la lanterne les art'stocrates I ip, I'association des pompons
7
L:JA ::ffics dissolute et la garde national reorganisee. DkespeW, de Blanchelande quitta la ville et prit la route du Cap. Son depart ne fit qu'aug-menter I'acritation. 11 fallait une victim, et le colonel de J connu parson d6vouement 'a la metropole, e tait d6sign6 d'avance. La populace, aid6e des soldats re'volte's, s'empara de sa personnel et le massacre, apr6s lui avoir fait subir de nombreux outrages. L'on s'acharna sur son eadavre que l'on train A travers la ville. A Sa We fut port6e au bout d'une pique. Apr6s cet acte, digne de cannibals, la foule se portait A l'6glise et un Te Deum y -Iail chaW6 pour rew-rcier Dieu de la re"Polution gut
-it de 3 accomplir. Elle 6tait complRe. Les functions de gouverneur furent donnees A un colon, le marquis de '-Aaradeux, avec le titre de capitaine g4n6ral de la
national cells d'intendant supprimees et un matelot d6serteur, Praloto, Maltals d'origine, eut le COME: '7dement de I'artfllerie. La nouvelle municipalit6 iDtl-::ulalt assembled provincial et faisait appel aux : :::::::i olsses de I'Ouest.
La nouvelle de )a revolution de Port-au-Prince fut un coup de foudre dans la colonies. Toutes les paroisses






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de I'Ouest etnne parties de cells du Sud y adh6r6rent. Plus imbu' at-h. jamals de leurs pr6jucr6s, les blanco talentt exaspe"r6s par le d6cret de I'Assembl6e Consti tuante. qui accordait les droits politiques aux homes de couleur. 11 y eut un cri de coWe centre hi pole. Le bruit court que Bordeaux allait envoyer un corps de volontaires pour appuyer 1'em6cution du d'eret. Peu Wen fallout que, dans plusieurs villas, l'on ne massacrAt les Bordelais qui s'y trouvaient. La plupart des paroisses, surtout cells de I'Ouest et du Sud, envoy6rent des addresses A la nouvelle municipality" de Port-au-Prince et presque routes ne cachaient plus leurs tendances separatists. Les addresses disaient c que I'Assemblie Constituante s'e'tait digrad6e, que son dicret Rait un crime. un perjure nat,-*:: que la colonies
"tait donnee utrefois la France. et qu: les condition du trait Rant cl: ,,,wes. le pacte daif :::::::'JntI D. Loon st trait partout r6solu 'a r6siste.::, metro: Seule, ]a ville du Cap semblait, en prodiguant 'a de B16ffichelande les honneurs, dus A son rang, tenir pour ]a m6tropole. L'assemblee du Nord avait fait c6lebrer un service solennel en Fhonneur de Mauduit, et rep les pompons blanes, fugitifs. Mais son autorite' se r6duisait 'a peu de chooses. Dans ]a provin3e, plusieurs paroI:- :::_::; et, ent:::,e ,:::::,orne. avaient envoy leur
autres, celle du Grob-::::::: 0 461 I.,Lat du Cap
sion A Port-au-Prince ]a HMO du m ::::
I'ta*t douteuse. Aussi le gouverneur ne pouvait
letter centre Port-au-Prince, qui se sentalt ap .,ii--i par ]a grande majority' des colons. Si dt:: ,:: R i::'(: existalt un certain ordre, dans I'Ouest et le Sud Fanarchie 6tait A peu pr6s complUe.






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Les assemblies provincials et les corps populaires r6clamalent la reunion d'une nouvelle assembide coloniale, pensanl:: ::-:... C etait le meilleur moyen de s'opposer A la mif!-a A jxekution du d6cret de ]a Constituante. De BlancLE:: ::r-de, qui avalt renonc6 A jouer un r6le, I PI
<)beit et Promit de suspended 1'ex6cution du secret. Les assemblies primaries se r6unlrent au mois de Jain. Les bommes de couleur Wy etant pas admis, le re'sultat des elections ne pouvait Ure douteux. Les de'put6s e'lus avaient fait parties de I'assembl6e de Saint-Marc, ou talentt ennemis de toute concession. Irritation 6tait telle, que dans la ville du Cap l'on proposal de salsir les bAtiments qui se trouvaient dans la rade et de confis_r les marebandises qui appartenaient aux Francat's.
la plupart des paroisses, l'on avait refuse' le serwent civique et la cocarde tricolor avait eA6 foulele aux pleds, commme 6t:: ::]It FembMme de ]a m6tropole. La n-ouvelle assembi6e se reunissait A L6ocrane, dans VowM.-St, le Jar aoAt -1,791, soils le titre d'Assemblee geneL ra!:: la parties frj::: ,::Itse de Saint-Dominque. Elie choisit pour president un planter nornme' de Cadusch, et au bout de quelques jodrs elle Wajournait, le 25 aoftt, au Can. Elie avait d6cid6 de singer dans cette vilie, An de
oir tweux le gouverneur general.
les elections de *uin les homes de couleur aient avoir aucun doute sur les sentiments de lip,
A ::[I Wee a egard. Depuis quelques
IIS V: ::nt donnd une organisation en consti1]: I L::::::. ,Yand nombre de paroisses, des comit6s entre eux. Deux paroisses de ]a Crol'x-des-Bouq acts et le Mirebalais, oit






76

s"kalent rdfuwles plusieum ::::A: s de Port-au-Prince,,
les, tr )t::_ ::Ics de cette ville, talent revenues leurs L:: Z pri 11 fallait s'attendre I voir les
de ccale-ar prendre les armes, si I'o.:::.:,.:2,ent6tait 17: :::::ur les droits politiques. A la fin de juin et au commence :-_--%blements
e juillet, plusieurs
S'6taient forme"s dans IA province de Hs avaient
It :::o ::iechaussee. 11 y avait
I& lec lees de ]a situation. neanmoins, les planters restaici-.A sounds A ces, avertissementa. Sulvant 1'exnression d:-: les crc"r:: Sur les bt
Visuve. iious ajouterons que les premiers jets du volcano ne parvenalent pas A les r6veiller.
Le 7 aoAt 4 791, 1: :::::)Mines de couleur wel)ajais se reunissaient dans 1'eglise de ce bourg et nonimaient pour delfendre leurs droits un counsel de quarante members. Ils envoyaient en m6me temps une address au gouverneur general pour lui domander 1'ex6cut* du d6cret de ]a Constituante. L.. 111anchelande dee Z& leur assembled illicit et leur ordonna, de se dissoudre. Leur closed d'cida qu'une praise d'armes'aurait liieu le 26 aoAt, et fixa le rendez-vous sur une habitation situ6e dans les environs de Port-au-Prince. Le rassemblement, compose de mulAtres et de s libres,
comprenait plusievirs, centaines de combattu-bats et avalit
sa We le mi::I:::::::::,u Beauvais qui s e I
"'tait fflstingu6i au
si6ge de Savannan, et un noir de Li..'::"runique, nomm6 Lambert. Dans ses rangs se trouvait."t P6tion et Boyer. A Port-au-Prince, I'on crut que I'on vien:: it facilement A bout de ce rassemblement. Quelques pel:: de cavaliers, que l'on avait envoy's dans )a plane wx







07 7

G: 7 i7e-Sac, avaient dA se sur ]a ville. Dans la.
nuiL::: ler au 2 september, trols cents homes de troup,:,:: de Iligne et de garde national, avec plusiieurs pikes de sortirent de Port-au-Prince et sc
Went. sur ]a Croix -des cts oti les m-AcAtits
S'6talent concentre's. Le combat .3-'encyagea tion Peinler. Le feu, mis aux champs de cannes A sucre, r: a et aveugla les blancs qu*, surprise par une vive
A114 furent mis en d6rcu:: s&ent sur le
::,ain une centaine de morts et de s6s.
Les mulAtres avaient armd leurs eselaves et. sur
appel, quelques centaine- Oopres avaient quite plantations et 6taient venus les rejoindre. Us se Lrouv6rent bient6t Otre au nombre de plusieurs millers d'hommes. Manmoins, leurs chefs pre'fdr rent n6gocier
un concordat avec les blanco d: ebafais 6 U::e la Croix-des-Bouquets. Par ce concordat, les planes de ces deux. paroisses s'engagealent A ne pas S opposer A 1'exeeution de la Constituante et
A r--.onnattr^ les drolts politiques aux homes de
abl6e provinciale, tout d'abord, s'e'tait
ick pour la resistance c::::a:; ce but, elle s'etait
'm 9 ouverneur de la Jama*iqr,3 et en avait muni nt6t la
Rions. Elle Die
gravity de la situation C entra en pourparlers. Le !-'3 octobre elle acquicosgalt, au concordat de la Croix. : ,-Rouulxets et les U::'J'gue"s de Port-au-Pr*nce et des :.:r(js p:::: losses de I'Ouest suivaient son example. Le lcr main, c'est-A dire le 24 octobre, quinze cents
de couleur entralent ]a ville sous le comde leur chef Beauvais. Blancs et mulAtres








e 'Laient m6les ensemble et tous avaient en sime de joic leurs, chapeaux orn6s de De Carae:: :.,:::::.
donnait le bras A Beauvais. Le coAkre 6talt salu6 par des acclamations et des d6ch::::'i 4[::: ::'.ilillerie. Venthousiasme etait g6n6ral.
En pregnant les armes, les mulAtres avaient appeW A d6fendre leur cause un certain nombre de n gres, les uns esclaves, les autres marrons et leur avaient donne' une certain orcranisation militaire, sous le nom de Suisses. Ces auxiliaries devenaient un embarrass et m6me un dancer Pon charge des commissaries blanco et mulAtres de s'entendre A leur dcrard, et de prendre des measures en consequence. La plupart des 7::_j:::7AA
rendus "a la culture Pon except seulement deux cents n(Nirs, dont on avait pu connaltre les dispositions. L'on f::-::jsait qu'il strait imprudent de les disperser sur les plantations o6 ils auraient souffle 1'esprit de r6volte. 11 fut decide' que ces deux cents n gres seralent d6portes sur une plage deserted du 1::::::_i_:.'6jque avec quelques armes et des vivres pour trois mois Le capitaine du navire charo,6 du transport, au lieu de les conduire A la baie des Mosquitos, conformement A ses orders, les delbarqua sur ]a c6tc! 'a Jarnalque. Le gouverneur de cette Ile les fit conduire au Cap. L'assemble'e coloni.0-3. les, envoy, enchaID6S, sur un ponton dans ]a du
m6le Saint-Nicolas. Des furieux vinrent une nuit A bord, massacre rent ]a plupart de ces malheureux et jWrent leurs cadavres A la mer. Cet assassinate demeura impuni. Apr s de tells atrocity's de ]a part des blanco, faut-il s'etonner des cruautes commies par lem s eselaves .9






79

ta tranquillity' paraissalt revenir c::::: -: l'Ouest et ]a ix kre e'tablie entre les planes et les homines de cauleur. Dans cette province, les planes avalent reconDU qv devalent en parties renoncer A leurs prelteDtions,
Itisieur- d'entre eux, effray6s du mouvenjent s6paJL,-:: k-l-e qLI jdait A s'accentuer, pensaient qu'il 6tait
se rapprocher des mulAtres, connus pour dtre
i sans la m6tropole. Les homes de couleur
-lamaient avant tout les droits politiques; du moqu on accueillait leur demo,::J,:: ils ne voulaient
continuer la auerre et encore moins bouleverser
colonies. Un interk common, 1'esclavage, r6unissait le s et les mulAtres; ces dernlers, en qualit6 de
proprietaires de Ogres et de plantations, en d6siraient le maintain aussi bien que les blanco. L'abandon qu ils
:gDt de leun auxiliaries noirs, apr s le concordat du octobre, ne prove que trop leurs sentiments A cet :::.d. Du reste, une raison majeure avc-1-it decide' les
et les bommes de couleur & s'unn. is I'Ouest, ieE e:::- ::: :A is a :-, *::::::-ait W effrayk par les nouvelles. du Nord- L.:::s escla'% 2s s'etaient souleve's en niasse et l'iDsurrection etait crenerale. Cette province 'tait en feu.
L'iiisurrection d::-- :2,wes n e"tait pas un fait d6 au nt donn "es les
ha sii-d ou 'a un furtuit. EU e
J!Rs fatale et, depuis lon;4emps, on
I U U entir. A diff6rentes ef. oques, en 1679,
1. eD l'on avait eu a reprimer des revolts
limits des parties I'j ;.aise et esjpa liaboruccio etait revenue le de ::nwbkreui marrons, qui avaient fini pw y
_11 table peuplade. Apres de VaiDeS teDta-






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tives pour les soumettre, lei; gouverneurs des deux colonies avaient flnii par leur accorded la liberte' et '. A j
*V avec eux. afln de mettre fln A leurs d6pr nationss. :::7: peines terrible 6d*ct6es par le code noir centre les
:,iaves fVgnifs nous montrent que le sentiment de la liberty existalt chez eux;k I'C"::, latent. Quelques ann6es avant la revolution, la socit16 des amis des noirs, en r6pandant dans la colonies des 6crits, des images, des
avait AveiII6 chez les n&yres des Wes de ruvol te et dpaffranchissement. La convocation des ttatsG6n6raux avait boulevers6 Saint-Domingue. Si sur les plantations les, enclaves adonn6s au travail des champs ne connaissaient que vaguement les ev6newents qui s accomplissaient en France, il Wen etait pa_ m6me des domestiques privildgi6s des blanks, nes et eleven dans leurs families, et ayant parfois Pavantage de savor lire et 6crire. Les planters ne se g6naient pas, en presence de leurs serviteurs, de critique, d quer le government et de s'entretenir de leurs pi-ojets de resistance. Ces cours de politique n etaient pas perdus, et les domestiqueM etaient devenus les meneurs de ]a population noire. En outre, les matelcAs des navires frangais, Rant pour la plupart des habitue's des clubs de la m6tropole, repetaient aux n6gres, avee qui ils 6taient en relation dans les ports, les doctrines qu'ils avaient entendu e'mettre. Les re'clamations des homes de couleur au suiet des droits politiques, lectentatives d'Ooe" et de Chavannes leur avaient appriis 0 discuter I'autori*t6 des blanco. Tells furent les, cause de Insurrection des enclaves.
Cc fut une opinion assez aceredi-tee parmi I-es plan







K

teurs que le movement fut suscitd par le gouvernement de la m6tropole et que les agents de M. de la Luzerne en furent en quelque sorte les insticrateurs. 11 est certain que les n6gres s'arm6rent au nom du roj que phisieurs de leurs rassemblements portaient des drapeaux fleurdelise's et qu'ils se qualiflaient de gens du roi. Neanmoins, Fon ne peut en de'duire que l'insurrection ait eu un sens royalist. Les planes se montraient hostiles au gotivernement royal, A la m6tropole par esprit d'cr:: :::j Ition, les esclaves arbor6rent les embl6mes detests de leurs maltres. N'oublions pas que les premi res nouvelles de la revolution, Us qu'elles furent port6es & Saint-Domingue, y caus6rent la plus orrande fermentation. Au milieu de 1'embrasement general des passions, quand le mot liberate' etait dans routes les touches, que les blanks demandaient l'independance politique, que les homes de couleur r6clamaient les droits civiques, il eAt ete eftranope que les noirs seuls cussent W insensibles A un mot dont Feffet est toujours inagique. Ms la premiere ann6e de la revolution, un mulAtre de la province du Sud, Fran ois Raymond, ecrivait "a son fr6re r6sidant A Paris et ne lui cachait F: ses inqui6tudes. Selon lui, les esclaves e'taient ip %ts A se soulever. Du moment que des troubles avaient eclat.6 'a Saint- Domincrue, l'insurrection des n6gres devait avoir lieu.; elle etait dans Fair. Mais ce qu'il y a de surprenant, c'est la rapidity avec laquelle elle se de"veloppa et embrasa toute la colonies.
En d6crivantles mceurs desn6aresdeSaint-Domingue, nous avons parM du culte de Vaudoux dont les sectateurs forinalent une vaste association, enlapnt dans
6







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ses reseaux I'lle tout entire. Lorsque les premiers :: ::- r6un*ons dans
troubles 6clat6rent dans la colonies, I
les bois, durant la nuit, devinrent plus nombreuses, surtoutc!-:::: :: le Nord. L'on s'y entretenait des 'v6neV 61
ments et mots de liberty et d'6galite eveillaient des esperances. Les rares nouvelles qui venaient de France talentt autant de stimulants pour les enclaves. Us savaient qu'ils C'taient bien plus nombreux que les blanco et cetLj ::,,--6riorite leu::, .:::::I)j:inait connance. Les different groups de Passociation de Vaudoux etaient en rapports suivis les uns avec les autres,; ils s'entendirent pi,iu! A peu pour une insurrection gen6rale. Les instigateurs du movement 6taient des domestiques et des commanders. Parml ces derniers se trouvait un necrre ori(rinaire des Antilles ancrlaises. nomme Boukman, qui etait charo,6 de driver les enclaves de la plantation Turpin, dans la paroisse du Gros-Morne. Sa quality de p0tre de Vaud,,oux, son courage, ses relations avee plusieurs mulAtres libres lui donnaient un grand credit parmi les n gres. Boukman re'solut de se mettre 41 la We de ses companions de servitude et de les, soulever. Mais, tu7:-:.aravant, d6sireux de s'assurer de leur contours aveu,::e, il voulut rapper leur imacrination. 11 conduisit, par une nuit d'orage, dans une e::: asse fordt, les noirs de sa plantation et de plusieurs plantations voisines. Apr s diverse c6r6monies rappe]ant les rites de la c6te d'Afrique, il se present comme inspire par Vaudoux et ayant regu Pordre d'6gorger les blanco. Une n6gresse, faisant function de prdtresse, plongea un couteau dans les entrailles d'un cocoon noir. La victime bandit, le sang ruissela et les conjures






00
C"

en brent avec avidite' A genoux. Boukman pr6ta I-e segment de dirio-er Fentreprise et tous les assistants juri6rent de lui obeir. Au mois de juillet 1791, l'insurrection 6tait chose deeid6e.
A la mi-aoAt, deux habitations furent incendikes-; C'6tait Yindice de I"insurrection qui 6clata, d'une ma22 di; tiic tne mois. A dix heures du 1: pkiO.ation Turpin partaient sous h ti (,, (1 1, 1'(1 111 11 i t i i et entrafnaient avec eux Jos
fli,- likiiihil-ii- Flaville, C16ment, Tr6mes et plirent des scMes d'horplusdes6tres humainsmais il- 11*11 I I ii I c I wri--,haient A assouvir leur rage,
Ill 1i)JI-1 l;)iiesqu'ilspouvaientatteindre, Les femmes subissaient les I i I t I I J 1',ants 6taient empal6s et. 6PIUjd;tO ,m'- hwi iif sci6s vivants entre deux ]a moiti6 de la province du et ne pre'sentait plus qu'un que les noirs mettaient aux I Patients, A leurs cases, coui 0 de tourbil Ions de fum6e, ,i nuit, Morizon d'aurores i l !-In le reflect d'autant de volau. silence le plus absolu pouvantable product par les Cos transitions du bruit an 1)ruit, la lueur des flammos Ft terreur 6tait g6ne'rale. (1:1 C;111 lo, '('W(ut le d6sastre que par les I'liorizon et les cris des







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fU Y': L (Ai 7 _):"Z*::Aaient A ses portes. Tout d'abord frappe's de stup(,ur, les habitants du Cap se renferm rent chez eux pour y mettre leurs enclaves sous clef. Les troupes seules couvraient les rues, pour se rendre A leurs different postes.. Le canon d'alarme appeal bient6t la population aux armes. Les colons sortent de leurs detneures, s'abordent, se questionnent et au de'sir de la vengeance, leur couracre se reveille. Des cris de coMre retentissent centre les nommes de couleur, et plusieurs d'entre eux furent massacre's comme complies des noirs. L'assemblee provincial dut prendre ces malheureux sous sa protection. Utait en vain que les mulAtres, surtout ceux qui eltaient propri6talres desclaves ou de plantations '. demandaient des armes pour aller combattre Fennemi common, et "a marcher avec les blanks. La force des pr6ventions etait telle qu'on h6sita tout d"abord A accepter leurs offers.
Le gouverneur general de Blanchelande organism la resistance. Des corps de troupes de ligne et de garde national furent envoys dans la plane, tandis que le lieutenant-colonel du r6alment du Cap, de Toward, se portait avec plusieurs pi6ces de canon au Litnbe' ob se trouvalt le gros des insurcres. La cologne des blanks se frayait la route A travers les bands de rebelled, lorsqu'elle fut rappelele au Cap par un ordre du gouverneur qui ce'dait aux inqui6tudes des habitants. La r6volte entouralt la ville, et les noirs, promenant partout Fincendie, s'e'taient advance's jusqu'au Haut-du-Cap. coups de canon redoubl6s que Fon trait sur eux, avaient peine A arr6ter leur march. Le return du colonel de Toward mit fin A leur attaque ; mais en se






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'Is restraint maltres de la champagne o6 ils UE t::' leurS C 'dat*ons. Manmoins, leur retraite dontia que1que r6piL, dont on profit pour se mettre en etat de defense.
L'on chercha A j:::::.:i:1.:: e1ndre insurrectionn; dans ce but, de P:::Ianchelande i-6solut d'emp6cher les n6gres de
u:::::,i de I Cn: de communiquer avec les indu Nord. Les montao-nes des GonaTves, qui
tient ces deu- ::rties de colonies, constituaient un:_7J, barrWe assez difficile C-nehir. On la rendit
-!::::-::::ire plus red:::_:::i:::' 11W, au moyen d'une s6ric de posters j::-"#,, '"hal-de-camp
qu on appeal le cordon de VC Le mar.-'.. de Rouvral, charge de L.ur les op&::.:: --ns, voulait
0 0 1 5 "t 6tablir des
circonscrire ia r6volte, et A cet effet 11 11 cL,,,=ps, au Trou, A Valli6r3s, "a la Grande-RivWe, au
Lie, A Dondon, A la :._::::.::'.Lme1ade et A Fort-Dauphin. La i::_:::1c::j oA se trouvait ces paroisses 6tait limit6e par la mejr U-1, les fronti6res es aonoles aussi, grAce A. sa configuration elle dut Wkre pr6serv6e pendant
quelques temps, des ravages des noirs. L'on avait n ]a *ssait pas d'6tre inquie'tant. Au lieu d'attaqi:::t :: en mu: nos colonies, les insurges se tenaient di.-:: dans les fourr6s, de .V _::,:JE1,re & en'" et A 6craser les d6tachements isol6s et peu
1. Pour nos offleiers habitues aux tactiques ..c; eurof::: Bs C'6tait une guerre d'un
lag
n c,: i a autant plus dangerous. qu'elle leur
%.:..onnu:.&,. La lutte spannongait comme deviant We
et di '::Ale.
-tu n7iiIf:_--::- ee ces tristes 6ve'r:1:E::: ::,L::,,ts quC 1 0u1%0 #,.A.,j.:.I cavrit ses s6ances au Cap.; elle comptait






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trelize, d6putets. Plusieure de ses membr.es 4vaient Ad surprise en route et ni par les La
assemble Wavaii I'unlO de cede de
2 7 t en presence Pun
&w4L:V:In%f &,jL:::: c. Deux parts se trou,:,aien
I A :1 C: C A
autre, le t- ':st et le ti Est dtait le
parti de la m6trop::::- I-- -:::"T-?Par'l colons du Nord sy rattachaient. Pou. eux, la sc*.-.,(,-.ion avee L- ::".--ance
n'6talt qu'un 6pouvantall dont il fallait se server pour obtenir ]a r6vocation du d6cret concernant les homes de couleur. Le cOW Ouest, principalement form6 des d6pub'-, l"Ouest et du Sud, rdvait 1 7::iclipendance de )a colonies. L'insurrection des Ogres ne lui paraissait pas si dangerous qu'on ern-yalt. Le titre 'a donner A I'assembl6e fut le 7-::-:-ij'textu les id: Js mirent en avant, An de se computer. Soixante-sept voix centre centre quarante-six se prononc rent pour la ddnomination geinirale de la parties frarif::--- de
A_Domingue et celle d'assembl6e colonial fut i-::: Ade. Le coM Ouest Pavalt emport6. L'assembl6e mantra blent6t ses tendances, en.accusant:: m6tropole
lip,
Istres a::: olonle. Elle d6daigna de lui faire eonuidtre la situ"A'on, et pour emp6cher le goviverI Ji r :&: '-al de corresponded avec la France, fit mettre 1'embargo sur tous les bAtiments qui talent A:::: -s le port. Cro ant pouvoir r6primer Yinsurrection
y
elie-m6me, elle arrdta la formation de trols r6giments de garde national soldde, 6tablit des cours pr6 votales, augment les droits d'oetrol, et nomma, de nouveau, president, le marquis de Cadusch. De plus, elle dUA'-----Idit I, libraire OU de publier,
wendre (yf:k:, distribu6i e"erst concurnaid la re'volutoSOIII






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^".Ise ou *f aux affairs In
fl-C de Sa t-V--mingue, sous
tre icommep:::::
et puni k U ateur public
4:1 L'autorite du gouverneur g6ndral avait
d'exister et Fassembl6e se consid6ralt comme
de la souverainete.
Par falblesse, de Blanchelande sanctionnalt tous fes ac'L:-1s de l"assembl6e. C'est en vain qu'il s'Rait
Au gouverneur de la parties espagnole de I'lle pour en obtenir des scours. On lui avait r6pondu d'une mani6re 6vasive. Le gouverneur Don Garcia 6'6tait content de placer sur la fronti6re quelques corps de troupes, pour r6primer les course.,:.
et des noirs. 11 se sentait peu de sympathies pour les planters qui parliament sans cesse d'independance et de plus, il Wetait pas m6content de voir disparattre la prosp6riM dans une possession frangaise.
L'assembi6e colonial avait cherch6 A nouer des re..:::::Dns avec 1'ext6rieur. Elie s'kait adress6e au gouverneur de la Jamalque, engageaft des pourparlers avec lul, et en obtenait plusieurs centaines de fusils Tant que dur6rent les negotiations, 11 n'6tait question
-Ap que des Anglais et de leur g6n6rosit6. L'on p.: r1alt hautement de se selparer de Lorsque le gouverneur de la Jamalque refuse d'envoyer des troupes pour centretre les n&res Fassemble'e rompiit tout rttppoi : :xec lui et les louancres, en Fhonneur de la Cr- I Aagne cess6rent comme par enchantment. Les colons avaient aussi comptd sur les ttats-Unis. Ms le mois de september 1791, un creole nomme Roustan 1: .,::.*t rendu pr6s du government f6d6ral muni
de er6ance, et avec le titre de d4pyW






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la pat-tie de Saint -Donii,:::::::::: D:::*; lea ttatsn*s. bf:"e colon*ale trail':-:: d:- souverain
souveraln. M6ricains auralent Re' assez dispose's
secourir la colonies de Saint-Dominmue mals ils, n9avaient pas de troupes r4gides, et tout ce qu'ils parent falre, ce fut de lui faciliter les moyens de se procurer des vivres et des munitions. Dans la Caroline du Sud. un agent nomm6 Polony, envoy par Fassemble'e, Wavait rien pu ol)tenir. Les ndgociants de Charlestown ne voulaient envoyer des bitiments que centre esp6ces sonnantes ou letters de cr6dIt. 11 strait interessant de connaltre les n6gociations qui eurent lieu entre le government f6de'ral et les repre'sentants Oe Saint-Domingue mais on ne les connatt que d'u:::: manWe assez vacrue. Manmoins, 11 West pas douteux que Roustan, partisan de l'ind4pendance de ]a colonies, Wait demand pour elle le protectorate de la r6publique am6ricaine. -,jut-dtre, et c'est probable, fut-11 question de faire enter Saint-Dominorue, A titre de quinzi6me e'tat 1. dans Punion Mde'rale. Washington, alors A la Ote des affairs, voulait avant tout consider son oeuvre et 6tait peu soucieux de jeter son pays dans une entreprise o6 il pouvait avoir A redouter des coffin-cations. Quand PassembWe de Saint-Domincrue vit qu'elle ne pouvait computer sur aucune puissance dtrang6re, elle eut alors recourse A la m re-patrie.
Au d6but de Finsurrection, le sentiment du danger avait rapproche' les parties mais d6s que les planes eurent reconnu, dans des combats parties, leur sup6i En 1791, le-Vermont avait form' le quatorzi me Rat.






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rioritd sur les noirs) les divisions reparurent comme par le passe". Les assemble'es populaires rendaient les parents du government responsible du souMvement des esclaves, et ces mdmes aoPents en accus'alent les assemblies. L'Est et 1'0,:,::. J. s'adressaient des reproaches r6ciproques. Quolque l'on ffit rassur6 pour le moment, I'on s'occupa de r"primer la r6volte. Des commissions pr6votales fonctionnaient dans routes les paroisses, et A la suite de cheque corps de troupes. Chaque jour 'tait marqu6 par de nombreuses ex6cutions. Sur l'une des places du Cap, il y avait en permanence cinq potences et deux 6chafauds pour le supplies de ]a roue. La fureur des planes etait telle que plusieurs Ogres furent brAl6s VA. La justice 6tait sommaire, et solvent 10-: :::::::alheureux que l'on condamnait, avaient W forces
ther malgre' eux. Les insurgds ne voulaient pas
--res, et les n ,gres qu'ils surprenalent se cachant, etalesit dge, --3 pitI6. Ces cruaut6s solvent
r6piA::'--, rec.::,utaient ]a r6volte. De leur c6t6 les colons
::nontraient aussi d6flants que f6roces, et A leurs yeux, 13s blanco qui Wetaient pas des cr6oles devenalent siisi -:- C'est ainsi que I-assemblde colonial prit un
A des plus violent centre les Fran als de ]a m6troElle ordonna, que tous ceux qui Wavaient. d,::.
:olonie ni proprielte's, ni process parents, seraient renvoy6s en Eu,-c::::::::., et en attendant le moment du
-rtj il furent ari-Ws, emprisonne's et trite's avec UU,, q!,,P, rien ne saural I
t us tMer.
L it, iris par les prisoners que Pon s'6tait
-I a faire, que les insurg6s se q : *191aient de gens
que leur chef nomm6 Jean-Franpis prenait le






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titre de yr--ii: cmt*ral de France, portalt un habit galonn6 et voyageait d'ordinaire dans un carrosse attel.6 de six chevaux son premier lieutenant, Biassou, s'intitulait generaIiss_:::::_:::" des pays conqut's. L'on sut aussi que des
i.:: es de couleur marchaient avee les rebelled, e'
les 'spaopnols les appuyalent seerkement, en leur fo;irnissant des armes et des munitions. Les n gres tenalient toujours ]a champagne, et Von eAt dit qu'ils ge multiplaient, malgr6 les pertes qu'ils dprouvaient dans les combats qu'on leur fivrait. Ils acqu6ralent peuA peu I'habitude de ]a guerre et une espke de tactique. Au commencement, leur ignorance eltait telle qu'lls ne savalent pas se server des canons dont ils s'6talent empards, et les chargealent, en mettant les bullets au fond de la p ike et la poudre ensuite. Des soldats espagnols 6taient venus les instruire. Pour se procurerdes vivres et des munitions, les insurg6s livraient aux habita::::-: de ]a parties espagnole, les meubles des habitatioLS
"Is pillaient, les bestiaux dont ils s':- n:::::_-ra*ent eL leur vendaient des enfants, noirs qu'ils enlevalent sur les plantations. Des deux c6t6s, ]a guerre devenait atroce.
V insurrection ne perdait pas de terrain. Sans cesse refoulk dans les mores les nkrres revenalent toujours
-nehelande r6solut de prendre
Ij ja plane. De
l'offensive. Sur son ordre, une parties de la garrison de Port-au-Prince se porta AL la rencontre du corps de troupes qui gardait les posters s6parant la partle du Nord de celle de IOuest. Ce movement r6ussit, la paroisse de Plaisance fut balay6e et ]'on s'empara de celle de I'Acul. En m6me temps, le colonel de Touzard








A
heureux pour arr,:::L. ::: JoIrs.
cents femirnas et enfw::: : 0 Ic ordre pC-:::: i:::::: les in qu.
: OU
:61--ites "a la trahison, et ent
:.,_-::,:::-Cment. De leur c6te. le4:- s etaiet::::: assi Soll
i eux ils accusa'ei: ires W: de cc:
.::::A ;e avec les rebelled. C::::- allait j u: L le-, r insables des rav, es d: :1 ni t. Si Blanc Iaiade f4v: it sortir du Ca ,-::.MenLq, l'on L::'- A quT
7,axnissaiit la ville et I't ait dangers d'une
::::te. S'il les faisait rentfec, on lui reproc'::-:: ::7,- de ne
7 ::zourir les camps diss'mines dans les catLpagrnes. ,Les colons donnalent eux-m mes 1'e,:.- L+le de la dis corde. Dans plusieurs paroisses, les lisarj de '-'Est
et I'Ouest refusaient de cantonner .::asew_:::::::2 :::::::-.:::rter scours. Ces divisions firent, bout de trois aaois, ]'on Wetait p-:-::3 plus advance' quiau premier jour, r%
ent rests les mattre4f; dix a ,et que les n6opreo_, :-L
::::f_:aze paroisses de la province du Nord.
Le calme qui s'e'tait et-:::bli dans la parties (le I'Ouest, .:::::.:e au concordat de Croix-des-Bouq____, devait :::: e de court 1:7 aAe. Conformement A ce trite, l'on tievait prosper C"S I'Mection de d6put6s aux assemblies colonial provinciale, et les homes de couleur
prendre F, avait Re' f
.4a date
a::::: 1:: :aveknbre et, au jour dit, le vote eut lieu paia*ort-au-Prince. Craionant avec raison que les
_:::dions ne luli fussen' rabies,
7 :
!:: "Ouest cherchait ur prrLr.&tt-. pour recommeticer la
d
_A se maintenir 2 pouvoir. quand un IncI*I_::__A
vu vint r6aliser ses souhaits.








Un n6gre ::_ A des canonniers, de Praloto s'etaient
pris de querelle. Le Ogre fut arr6te' et conduit A la municipalit6 la populace I"arracha de force de I'h6tel de ville et le A un A cette nouvelle, ]a
garrison des homes de couleur, qui ltait casern6e au palais du government, prit imm6diatement les armes son irritation 6tait A son comble. SI blen qu'an inu]Atre bless un canonnier qui passalt dans la rue. Uen battit aussit6t la. g6n6rale la troupe de ligne et ]a rde national se rassembWent, et la muniu!:: ordonna de dissiper. par Im marines, le7-, Un capitaine du regiment de Normandie, qui remplitaait les fonctions de commandant de la ville, se pr6senta aux chefs de; ::::::,Di:nmes de couleur av( :t plusleurs officlers et habitan 11 parlementait avew. uvais, quand (les cris confuse annonc rent I'arriv6e de Praloto avee son artillerie. Sur son ordre, And pikes de canon furent mises en battered et leur feu roulant d6cima les mulAtres. Apr s avoir rdsist6 quelques temps, Beauvais battit en retraite, iallia tout son monde, et parvint, non sans peine, A sorter de ]a ville.
La lutte avait 646 acharn6e et le nombre des victi'mes 'tait considerable. Un de'sastre plus grand encore frappa Port-au-Prince. Pendant le combat, le feu avait MW au nord et au sud de la ville; plusieurs
flots furent la prole des flames. Ce fut en vain que les troupes essay rent d'arr6ter le Nau, ou tout au moins, Wen att6nuer les effects. La plus grande partle de la v 'lle 6tait construite en bois et bAtie sur du tuf. LIncendie dura quarante-buit beures.; sur trente et quelques Ilots, vingt-sept avaient 06 brAl6s. Le d6sx-L1:3. vint encore aucrmenter la calamit6. Les mason, j'Mj







93

Z Targn6es par le Nau furent pille'es par les
trc-,--:: J17 Ue Praloto, composers en p,-,:::Aic Waventuriers de teas les pays. Les pertes 6taient considerables on poi:::::::: At les 6valuer A. plus de cinquante millions de lives. L'on s'en prit d'abord aux mulAtres, surtout "a leurs femmes, et plusieurs centaines de ces malheureuses furent oblig6es de quitter la ville avee leurs enfants. L'on accuse ensuite les commei-:,:::
J qui
auraient cherche' ainsi le moyen de detruire lea :%s lives de commerce. 11 est presumable que Fincendie de PortPrince ne fut pas une oeuvre ::__.3m6dit6e, mais un cilet du hazard.
Chasse's de Port-au-Prince, les mulAtres se r6unirent a la C.::,c:* h,-des-l!c::::quets et y form6rent un camp. Plueieurs Manes etaient avee eux et uncertain nombre de
---.,res etaient venus les rejoindre. Leurs chefs etaient, l'un des leursj:_:,::'uvais,, et un blanc, un riche planter, de Jum6court, adclen capitaine d'artillerie et chevalier de Saint-Louis. Les habitants de Port-au-Prince se prepaI souvenir un si ge. Uest en vain que le commanA::ant de la station naval, de Grimouard, se proposa aux deux parties, en quality de m6diateur. Les POu:::'L::::: k ::::I: )Ts ne parent aboutir. Les homes de coulcur deniai.Jaient 1'ex6cution du concoic:: -A du 23 octobre, la punition juridique de et 1'embarquement de
ses canonniers. L'accord ne put se faire, et Port-auR Irince ne tarda pas &I 6tre bloque. L6ogane se trouvait C :::3::: s le mdme cas, et Rigaud en faisait en quelque sorte le avee un nombreux rassemblement. Le Sud
nlus troubM que jamais. -Plusieurs villes de cette
ient, & l'imitation de Port-au-Pr* nee, chas e