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Extrait du rapport adressé au Directoire exécutif par le citoyen Toussaint Louverture
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 Material Information
Title: Extrait du rapport adressé au Directoire exécutif par le citoyen Toussaint Louverture général en chef des forces de la République française à Saint-Domingue
Physical Description: 1 online resource (40 p.) : ;
Language: French
Creator: Sonthonax, Léger Félicité, 1763-1813
Publisher: P. Roux, imprimeur de la Commission
Place of Publication: Cap-Français
Publication Date: 1797?
 Subjects
Subjects / Keywords: History -- Haiti -- Revolution, 1791-1804   ( lcsh )
Colonies -- France -- America   ( lcsh )
Haïti -- 1791-1804 (Révolution)   ( ram )
Colonies -- France -- Amérique   ( ram )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
General Note: Title from PDF t.p. (LLMC Digital, viewed on Sept. 7, 2011)
General Note: Caption-title and undated colophon.
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 750285911
ocn750285911
System ID: AA00008590:00001

Full Text















This volume was donated to LLMC
to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by

University of Florida Library




--- I ---


- 11, ,t '' *



E TR AI T

DU RAPPOR T
Adressd au Directoire excutif par c
citoyen TOUSSAINT LOUVERTURE,
gtndral en chefdes Forces de Ia Ridpzi
tiquefriangaise 4 Sait -Domingue.

PREMIERE CONFERENCE.
Entre le commissaire SONTHONAX et
Ie giniral TO ISSAINT LOUVER-
TURE, relative au dessein du premier
de ddclarer t a Colonic de Saint-Do.
mingue inddpendante de la France, e$
d'Xiorger tous les Europens.
,, i 2 r. g(.'+;, :.+e...- *r .

VER la fin du mois de Frimaire ou a
commencement de Niv6se dernierr mutant
rendu au Cap, je me prisentai come de cou-
tume chez le commissaire Sonthonar; celui-
ci, aprbs les compliment d'usage, fit retire
tout le monde,de son cabinet, et lorsque j't
fus rest seul avec ilui, Southonax me fit le*.
propositions suivantes.
Pour p.r eater Pet eatretiee & mes eoacQi
A







toyens avec plus de precision et d'ordre, et
afin de ne ren omeltrede tout ce qui fut dit,
j'ai adopt la forme d'un Dialogue, parce que
les questions qui me furent faites s'etant pro-
fondiment gravees dans ma m6moire,j"espere,
suivant cette inmet1 e ne rien oublier, et
rendre pour ansi dire mon gouvernement et
mes concitoyens presents a cette conference.
Je me suis attache a transmettre f mon gou-
vernement et i mes concitoyens, non-seule-
ment le sens des propositions qui me furent
frites, mais les iemes expressions ,les mees
paroles et Ienchainement dans lequel les
questions etles reponses furent faites.
Le conmnissaire SONTHONAX.
Avez-vou4 confiance en moi: m'aime-vous!
Le general TOUSSAINT.
Oui, commissaire, j'ai confiance envous,
je vous anie et je vous respect.
Le commissaire SONTHONAX.
Si vous m'faimez, si vous vous aimez vous-
mrnume et vos freres, ii y a un moyen bien
-imple d'assurer votre existence.
Le general TOUSSAINT.
Quel moyen
Le comnmissaire SONTHONAX.
C~est celui de nous declarer independans de
la France. Qu'en pensez-vous I Voila mon
projet.
Le general TOUSSAINT.
(Etonnm et emnbarrass6 ). G'est bien fort...
inals donnez-moi quelque temps pour rkflC
chir, avantde vous rpondre.


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(3)
Le commnssaire SONTHONAX.
C'est bon, c'est bona suis sur que vous~
le trouverez boib je connaisvosprincipes; "
sais comnbien vous etes attache' a liberty'
(nous etions assis ; it me dit appochez-vous
un peu, je )ie vous intends pas blen aoppro-
chez-vous un, peu). Etes-vous sAr de tous vos
officers et de tons vos soldats; vous sont-ils
bien attaches I
Ls general ToussAINT.
J'en suis bien sir, ils mu'aiment tons.
Le commissaire SONTOrNAi
C'est bon.
Cette conversation fut interrompue pour
parler d'autres affaires, apres quoi nous ndous
quittAmes; je saluai le commtissaire, et je me
rendis chez mi i pour m6diter sur le project qu'il
venait de me proposer. Sonthonax invitea a
diner,je lui promise de dtier avec Iui; im en-
voy tunaide de camp long-temips avant l'hetire
du diner, pour me rendre, aupres de lui; je le
trouvai dans son cabinet, seul; ilme fit appro-
cher tres-pres de lui, me pritaffectueusement
la main et recomimenca la conversationn*
Le commissaire SONTHONAX.
Soyez persnade mon ami, que je vous aime.
infimment, que ie vous regarded conmne e
sauveur de la Colonie. Dites-moi lI franche-
ment ce que vous pensez.
Le general ToussAINT.
Commussatre, expIiquez-vous auparavant,
pensez-vous que la France veuille revenir sur
lalibert6 Aveivous des craintes h cet gard
A







(4)
Le eommissaire SONTHONAX,
Non pas peut-etre a present mais )e sais
comment ls colons sont a remuer en France.
Savea-vous que c'est moi seul quiaicombattu
les colons en France; que sans moi vous etiez
perdus ? Vous devez avoir la plus entire
confiance en miol: Quand je vous dis quelque
chose, ii faut me crolre; je sis vrai; je vous
diral toujours la verite.
Le g n6ral ToUSSAINT.
Commissaire, dites-moi si vous avei reiq
quelques nouvelles sur ce qui se passe en
France si vous avez des craintes sur notre
liberty. Ce que vous me laissez entendren'est
pas assez clair.
Le commissaire SOONTHONAX
11 ny a rien ,si ce nest que les colons tra-
vaillent toujours contre votre liberty, et pour
iviter tout danger ,ilfaut nous rendre ind6pen-
dans, vous n'aurez alors plus rien a craindre.
Le general TOuSSAINT.
La France n'a-t-elle pas d6crct6 la liberty
gbndrale ? Est-ce qu'elle pout revenir sur ses
d6crets? La constitution ne nous assure-t-elle
pas nos droits I
Le commissaire SONTHONAX.
La France les a bien d6crtfs mais les
colons sontU8, et je vous dis que vous n'aurez
plus rien i craindre quand nous serons indo-
pendans.
Le general TOUSsAINT.
Comnmissaire, e crols que ce nest pas
possible.







(5)
Le commissaire SoNTHOW AX.
V ous no voulez pas? .. Ce n'est pas pour
moi queje parole, c'est pour vous meme c est
pour les noirs.
Le g6nral TOUSSAINT.
Comment voulez-vous que moi, chefnolr,
qui ai reeu des bienfaits de la France, qui y a
des enfans qmi sont elevy par la Republique,
mio qui ai ete nomm6, par le director,
general.de brigade, et confirmed par li dans
le grade de general de division, j'aille trahir
mon gouverneinent !
Le commissaire SONTHOiNAX.
C'est moiqui suis le fondateur de la liberty;
cest moi qui suis le seul soutien des noirs;
cest moi qui lesaidifendus centre les colons;
vous devez vous en rapporter k moi, Sans
moi la liberty nauroit pas 6t6 proclamne; je
suis votre veritable, votre seul ami, vous
devez m'en croire.
Le general TouSSAINT.
I1 y a done quelque chose que vous ne me-
dites pas ; si on menace notre liberty aver-
tissez-moi. Alors, peut-,tre, je changerai
d'opiion; mais vous ne me dites rien,
Le commissaire SONTHONAX.
T6t ou tard les colons vont vous fire
succomber.
Le g!n&ral TOUSSAINT.
J'aimerais mieux voir plut6t qu'eutewLdre,
mais ce sont des suppositions que vous faites;
malgr6 les colons, la Rtpublique a d3er't"
la liberty, et puis elle n s'effiraie ea, d







( 6)
bruit. Ne vous rappelez-vous pas de ce que
je vous r ponds a votre arrive e, lorsque vous
Ine demandates pourquoi je ne m etals pas
rendu i vous dans le temps que je commen-
cais a coinbattre pour ma liberte; jevous r6-
pondis alorsique je n'avais pas de confiance en
vous, parce que le ne vous connoissais pas.
Le commissaire SoNTHONAX.
II fallait dans le temps que je prisse des
precautions pour arriver k. libertt,parce
que sans cela on ni'aurait 6gorg6.
Le ge6nral TOUSSAINT.
Si en arrivant ici vous aviez proclame la
liberty generate, nous nous sermons rbunis a
vous; mas rappelez-vous que vous avez jure
au contraire, en face de rEtre Supreme,
Vesclavage eternel; et que d'aprbs cela nous
nxe pouvions avoir confiance en vous.
Le commissaire SONTHONAX *
Mais, vous r'avez maintenant ?
Le general TOUSSAINT-
OuiC, commissaire, mais i faut vous bien
conduire.
Le commisgsare SONTJIONAX.
Je vous promets que cela ira bien tant que
nous serons d'accord. Nous devons etre les
chefs supr6mes de la Colonie.
Le general TOUSSAiNT.
Que voulez-vous dire
Le commissaire SolTrrnOnAX.
C'est-a-dire, que nous serons les matres;
vous aurez toute la force armee, et moi je
serai votre conseil je.vous dirigerai.






(7)
Le g&ndral TouSSA JT.
Commissaire, ne parlons plus d'indkpen.
dance ce mot 1a me fait fremir sortant do
votre bouche: vous qui etes le representant
de la France charge de la confiance de la
JRipublique, don't vous devez soutenir les
interkts. D'ailleurs, comment voulez-vous
que nous puimsons nous soutemr ?
Le commissaire SOxTHOwAX.
Nous soutenir.... La France n'a point de
marine, vouwvoyez qu'elle ne vous envoie
rien; elle sera oblige de fire come 1'An-
gleterre envers les Etats-Unis. La France et
toutes les nations seront fort heureuses do
pouvoir venir faire le commerce a Saint-
Domingue, et le pays deviendra plus florissant,
Le general Touss~iwT.
Commissaire, je ne travaille pas pouri mes
int6r6ts; e veux que nous soyons tous libres,
la France Pa voulu aussi, ainsi nous devons
y etre attaches.
Le commissaire SSOTHOAbX,.
Mais votre liberty est bien plus assure par
l'indpendance, alors elle nle dbpendra plus
de personnel. Vous serez maltre.
Le general ToussAuIr.,
Est-il possible, coimnissaire, qu'un homnme
come vous, rempli d'esprit, puisse parler
come vous le faites ? Ne'voyez-vous pas que
toutes les puissances de 1'Europe veulent 1'es-
clavage ? La France seule veut la liberty. Si
nous avio s le malheur de nous reudre ind6.
pendans, la France ne dirait peut-etre rien
pour le nmomet; mais voici ce qui arriverait






(8)
dans la suite. La France ferait la paix avec
toutes les puissances, et se dirait: Les co-
lons ont eu raison d'assurer que les nosir n'-
talent pas dignes de jouir de la liberty et des
bienfaits de la France, et la France, d'accord
avec toutes les puissances qui ne veulent pas
la liberte, se lierait elles pour se venger,
et nous serious perdus.
Le comm issaire SONTHONAX.
Nous nous battrons contr'eux, si nous
sommes bien unis,on ne pourra jamais nous
vatncre.
Le general ToussAIrT.
Au contraire, omnmissaire, vous series le
premier a nous quitter. La France viendrait
ensuite bloquer tous nos ports, de concert
avec les autres puissances; il n'entrerait aucune
provision ni aucune merchandise dans la
Colonie, et nous mourrions de faim et de
misere. Nous pourrions bien dans nos mon-
tagnes avoir des vivres; mais quelle existence
aurions-nous Nous serious come les btes
des fortts; et d'ailleurs c'est une trahison qui
ime donnerait des records qui me feroient
mourir de chagrin.-
Le commissaire SoarTHorx.
Je ne vous quitterai amiais, J mangerai
des racines dans vos montagnes avec vous,
je nmorrai avec vous, je vous aime trap. Je
suis philantirope.
Le general ToussAI~r.
Commissaire, je ne crois rien de tout cela;
d'ailleurs cola ne vous fait pas honneur. Vous
etei envoy pour conserve la liberty et la
ColoniC






(9)
Colonies & la France et non pas pour trahir
votre pays: si vous saviez comblen cette con-
versation me fait de la pine, vous IVauriez
fire depuis long-temps 1 Que ce soit fiun n
parlons plus de cela je vous en prie.
Le coniunssaire SONTHONAx.
Etes-vous fache centre moi, general ?
Le general TOUSSAINT.
Non, mais cela me fait de la peine.
Le cominissaire SONTHMONAX.
Eh I bien je ne vous en parlerai plus.
Dans ce moment je sorts de chez Ihi.
Quoique le commissaire Sonthonax nd'eAt
promise de ne me plus parler d'indep.endance,
A renouvelait ses propositions routes les fois
que j'allais le voir. Je t6moignai souvent deo
l'humeur a cet regard, mais toujours il cher-
chait a fire tomber la conversation sur ce
chapitre, et pendant plus de vingt visits quo
je lui fis, ii revint toujours a la charge.
Je ie puis mettre sous les yeux du gouver-
nement un.grand nombre de details qui peu-
vent m'4tre 6chapp6s ; mais a Dpremiere ea-
trevue, qui fut en mnme-tempsla plus longue
et la plus animu e, content les memes questions
qui me turent faites divers intervalles et les
r6ponses a ces mImnes questions. Le citoyen
Sonthonax me rep6tant presque toujours ses
idWes prereres, jelui repondais toujours qu'il
m'avoit promise, jure de ne m'eu plus parler.
Depuis le commencement de nivose jusqu'
I'fpoque oui je fus nommi general en chef, je
n'etais venu au Cap que trois ou quatre fois;
mon sejour y 6tait trek-court. Jt'atis mYo






( o)
; 91
quarter general des Gonaives; j'avois &t
employ ~ diverse expEditions. Le citoyen
Sonthonax me fit offrir plusieurs fois legrade
de general en chef; je lui repondis que je ne
mn'ea soucris pas, qwe j'itals content de celut
que j'avais. Le citovenSonthonax me fit crire
par le g.nmral Agt, que la commission voulait
ni'vlever a ces functions et que Sonthonax
lui avoit dit que la chose publique rIexigeait.
Je ri'poudis que puisque lrinteret public me
lTordonnait accepterais, et que je me rena
deals au Clp ile putt possible.
En etffe, je vins au Cap vers le to dumois
de Floral draernier. A mon arrive trouva
les conmnissaires Raymond et Sonthoi'x di-
Viss. Le secritaire'g6nfral, Pascal, venait de
donner sa de&mssion; ,, e parlai au commns-
saire Sontlhonax du mal que pouvait produirc
cette desunion.
Voici la conversation que nous euimes a ee
suj' t.
S Le general TOUSSAINT.
J'ai appris dans le publicque vous etiez mal
avcc vo lre coll gue; cela peut produire le
plus mauvais efet, nmemeparniules ilitMires.
Le commiussaire SONTHONAX.
Non. Ce n'est rien, tmoi je ne suis pas f6ch6
conlre lui.
Vous a-til dit quelque chose !
Le general ToussAINT.
Non. Mas j'ai entendu dire dans la villa
que vous voiiliez Pembarquer.
Le cominissaire SONTHONAX -
Ce 'est pas vrai, je aii pas parl de cela.


% 9
i
n
r






(t y )
Ie gtn&ral TouSSAINT.
Vous m'en aviez parl6 plusieurs fois a moio
Le commissaire SONTHONAX.
Oui, je vous ai dit cela, mais i y a dtji
quelque temps. Lui en avez-vous parle I
SLe general TOUSSAiNT.
Non.
Le commissaire SONTHONAX.
Surement c'est lui qui vous en a parl', ot
bien vous qui lii en avez dit quelque chose.
Le general TotSSAINT.
Je viens de vous dire que je ne lu en at la-
mais parle, ce nest pas nmo qui chercherai ja-
mais a mettre la division parmi les autorites.
Le comlnissaire SONTHONAX.
C'est bien. Je vous crois assez prudent pour
cela.
Le general TOUSSAINT.
Conmmnssaire, il faut que vous soyez d'ac-
cord avec votre collgue et que les citoyens
ignorent a-l msintelligence qui a pu exister
entire vous.
Le commissaire SONTRONAX.
C'est fini. Pascal avoit donn6 sa demission,
Raimond I'avait accepted et voili pourquoi
je l'avais accepted aussi. Pascal reprendra
ses functions et tout sera fini. C-est Raimnond
qui vous en a parl6 ?
Le g6nhral ToVSSAINT.
Non, car J gnoraisquele secretaire general
eitt donned sa deumi ion.
Bz







ILe commissaire SoNTHONAx.
Cest une affaire terminee.
Dans ce moment nous nous quittames. Je
revins chez lut le meme jour i six heures
du soir,
En entrant chez lui le commissaire Son-
thonax vint a lioi, les bras tendus en: me
disant, mon ann, je suis content; vous avez
tout arrange. Le commissaire Raimond est
venu me voir, il ne uma rien temoigne de ce
qui s'etoit pass, et m'a dit que Pascal allait
reprendre ses functions.
Le general TOUSSAINT.
Je suis bien content que le cominlnssaire
Raimond soit d'accord avec vous, cela me
fait bien du plaisir, et, d'apris cela je partirai
content:
Le commissaire SONTHONAX.
Savez-vous que votre lettre de service et
votre brevet de general en chef sout fits,
Je vais vous les fire voir.
Le general TOUSSAINT.
Je vous remercie vous me les donnerez
remain.
Le cominissaire SONTHONAx.
Ah mon ami vous serez le sauveur de
la Colonie. Je sus trop content de vous voir
arrive a ce poste; il y a long-temps que je
cherchais avousy clever.
Le gtncral TOUssAINT .
Commissaire, hien oblige. Quand j'ai ac-
cept6 cette place honorable, ca .t6i pour le bien.





( t3 )
Le comnunssare SoNTHoNAX.
J'en suis bien persuade1 ( alors me pressant
entire ses bras et lm'embrassant); e'est dans
ce moment ,u ma-t-i dit que nous pouvous
executer tout ce que je vous ai propose, vous
en conviendrez. Vous m'etes affectionne je
vous suls tout devou ; c'est le moment de
nous rendre les nmatres de la Culonie ( apres
un molnent de silence ). Savez-vous ce que
nous allows fire d'abord les noirs sont
touqours mluiets sur leur liberty ; il y a ici
des colons blancs qui leur sont suspects i
faut les egorger tous; tout est dispose, vous
n'avez qu'*a tre d'accord avec moi.
Le gynral TOUSSAINT,
Comment voulez-vous 6gorger tous les
blancs netes-vous pas blane vous mnime i
Le coinnissaire SONTHONAX.
Ou. Ce n'est pas tous, ce ne sont que les
ennenmis de la liberty.
Le general TOUSSAINT-
(Avec une impatience qu'il ne pouvolt plus
dissimuler ). Passons h d'autres chose, nous
parlerons.de cela remain.
Le commissaire SONTHONAX,
C'est bon, cela suffit.
Alors Sonthonax voulut ramener la con-
versation sur les .rvnemens du Sud; conume
je craignais que cette affaire ne l fit revenir
aux propositions horrible qui venoient de
m'Itre faites, je prutextai un m:al de tete, et
je m'en fus.-




w


(14)
Le lendemain martin je fus chezle commis,
saire, pour de- lh me rendre i la parade
avec la commission. Aprs la parade,je donna
des ordres de fire seller mes chevaux sans
qu'l en sat rien. Sonthonax in'ayant ramen6
chez lu me conduisit dans son cabinet, oU
apres m'avoir fat beaucoup de felicitations,
it me fit asseoir t. co6t de lui.
Le commissaire SONTHONAX.
Parlonis d'affaire.
Le general ToussAINT.
De quelle affaire i
Le commissaire SoNTioNAX.
De celle que nous avons entamie hier au
soir. Je seni le plaugrand contentement je
suis enchant6 de vous voir le chef de la force
armie de la Colonie; nous sommes a mime
de fire tout ce que nous voudrons; vousavez
de influence sur tous les habitans; ii faut
absolument que nous executions notre proet,
c'est le moment le plus heureux; jamais cir-
constance ne fut plus favorable, et personnel
nest plus propre a agir que vous avec moi.
Le general ToussirrT.
C'est-a-dire; commiissaire, que vous vou-
lez me perdre.... Egorger les blancs I nous
rendre ind6pendans !1 Vous mu avie promise
wependaut que vous ne me parierie* plus de
ces projects ?
Le commissaire SoMTHnoAX.
Oai, mais vous voyezque e'est absolument
indispensable.








Le general TouSSkrHT.
Vous vous plaigniez del'affaire des Cayes,
et cest ce menme project que vous voulez
executer.
Le commissaire SONTHONAX.
Non. C'est pour les chasser; nous ne les
%gorgerons pas.
Le general ToussAdmr.
Aujourd'hui vous dites qu'il fautleschasser,
mais hier et tout-i-lheure vous ine disiez
qu'il fallait les 6gorger; nais s'il y avoit un
blanc d'assassin ici, c'est moi qui en serais
responsible. (AvcCimpatience) Je 'en vais,
conmmissaire. Je pris mon chapeau et je sor-
tais Sonthonax court apres moi; ii m'attei-
gmt au moment ou j ouvrais la porte et
m'engagea a revenir, Je retournai dans son
cabinet, en lii disant, comnissaire je ssu
tres-fAch6 centre vous.
Le commissaire SoxiTHoriAXr.
Eh bien! si vous Otes fAch6, ne parlonsplus
de rien.
Le gtn6ral ToussirST.
.Dje vous m'aviez donn6 votre parole
d'honneur- de n'en plus parier, et toujours
vous me tracassez, vous me persdcutez. A
present je suis fWch6 tr6s-fAch6.
SLe conunissaire SoiqTaoAX*
C'est fini. Je croyais que vous vous series
reuni a mtoi; mais puisque vous le prenez
l j it a vous pa ~wra plus de rieai ai


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promettez-vous de n'en rien dire i personnel
Le general ToussAtI.
e vous I avais souvent promts; mais pour
cette fois je ne puis vous rien pro!nettre.
Le comuissaire SONTHONAX.
Je vous jure, je vAus protest que je ne
vous en parlerai plus. Proiiettez-nmoi de ne
rien dire.
Le. g, nral TOUSSAINT,
Non, ear d'pres la promesse que vous
w avieZ fatte; et a laquelle vous avez toujours
manque, on ne peut plus coinpter sur voire
parole. Mon desscin, en sortant, 6toit d'aller
assembler mes ofliciers et leur fire con-
nattre vos projects, afin que si je venais a
mourir, on se tint en garden centre vous,
et que ma mnemoire ne fit pas deshonoree.
Le comialmssaire SONTHONAX.
Je vous done ma parole d'honneur; je
vous protest, je vous jure de nte plus vous
on parler; mais promeltez-,moi de garder le
secret. Ce n'estpas uneaffaire que vos officers
doivent savoir ; donnez- moi votre parole
d'honneur, je vous en prie, que vous nfen
parlerez a personnel. i
Le general TOUSSAIIT.*
( Avec humeur ). Eh bien je vous done
ma parole. Adieu. Je sorts brusquement,
et je montal a cheval pour me rendre aux
Gomuves.

CONFERENCE.




-. .,- zUiiin~2r7~


CON'F E RE C E
Dit premier Fructidor.

DAxs la matinee du premier Frucfidor, le
comniiissaire Raimond et le se~tr~taire general
de la commission Pascal Ctant venus ime
voir de tres-bon imatin je m'expliquai avec
eux sur la nccessite de fire partir Sonthonak
pour la France; le commnissaire Raimond,quL
avait tented plusieurs fois de me detourner de
ce project, en me faisant entrevoir des nalheurs
lors de son execution, me press de ne Iui rien
catcher relativement ce queq j'avais a repro-
cter a Sonthonax. Lie par le serpent que j' a.
vals fait de metaire, je ui dis neannmois qu'un
plus long sejour du commissaire Sonthonax
dans la Colonie amenerait inuvitabldment des
crimes, et peut-etre laferait perdre la France.
Puisque tell est votre opinion, me repondit
le cmenmissaireRaimond, avons une confu-
rence avec Sonthona ; vous le demasquerez
en ma presence; vous lui direz qu'il faut qu'il
parte, les motifs de votre resolution; et apres
vous avoir entendu, d'apres ce que je sais
moi-mnme, nous Ie met trons sans doUte dans
'impossibilile de rculer; je ne vous ideman-
derai plus votre secret, puisque vous croyea
ne pouvoir pas le reveler ; nmais, ignertl,
agissons avec tant de sagesse et de prudentce,
qu'on ne puisse nous reprocher une goutte de
sang verse. J'accedai t la proposition da comr-
iissaire R,'timondl; engageai le secretaire g6.
peral a etre teniur a cette coiffrence, et
C


0 f


-GL*i mIWOWM =-







blent6tapresje me rendis chezlecomnnssaire
Sonthonax pour la lui reprocher.
En arrivant chez le comunissaire Sontlhonax,
je luifispartde la cause dena visit; je lui dis
qu'il atalt necessaire que nous cussions une
expication entire lu, le conunissaire Rai ond,
le secretaire general Pascal et nioi; i ne vou-
lut aumais y consentir, quellesque fussent
rues ILestances; i me repondit que e pouvais
n 'ouvrir a lui seul, et quc la presence des
citovens Rainond et Pascal etait iutie.
C'est dans cc moinent qu'eut lieu la conver-
satlon suivante.
Le contilssaire SONTHONAX.
Que vous ai -e fait Avez vous a vous
plaiudre de inoi ,
Le gen~nral TOUSSAINT.
Conmissaire, je n'ai pas a me plaindre
de vous personnellemnent, mais ce que j'ai
vous reprocher regarded la Republique.
Le columissaire SONTHONAX.
Expliquez-am oce que vous avez k me re-
procher.
Le general TOUSSAINT.
Connussaire vous etes la prennere autorite
de la Colbnie, et vous ne remplissez pas votre
devoir; an lieu de chercher i tout concilier,
vous chercthez a jeter le trouble par-tout; vous
vez des esplons et des agens de tout cote
pour vous fire des partisans, et je sais
pourquol. Vous en avez envoy aupres de moi
pour soutever mon arine ; vousavez cherch6
Sirriter lcsnoirs contre es blancs, les rouges
C






( 19 )
et contrelesnoirs. Le troubles'etait tellement
introduit dans mon armie que depuis quel-
ques jours j'ai et oblige de mettre 67 ofticiers
aux arrets, et je sais que ce sont des houses
envoyjes par vous qui ont occasion' tout ce
desordre.
Le coniinissatre SQONTHONAX.
Ce n'est pas vrai. Vous savez bien que tout
le monde a ses ennenis c'est plutut par des
ennemis de la liberty que par moi que ce mal
s est opere.
Le general TOUSSAINT.
Si ce n'etait pas vous, citoyen comnumssaire,
vous n'auriezpas laisse manquer la troupe de
tout; vous etes charge'de la guerre, et depuis
quelque temps, i semble que vousousvus ef-
fbrciez d'emipecher que lrarinee des Gonaies
ne receive les secoursdont elle a besoin; cela
fait crier, et jai ete oblige a des actes de se-
verite pour mamtenir la discipline : sans cela
mon armee serait entierement debandye.
Le comimssaire SONTHONAX.
Eh bien I je vous donnerai tout ce que vous
,voudrez pour vous contenter, car je voi que
vous 6tes bien outre contre la commission.
Le general TOUSSAINT.
Ce n'est pas centre la commission; c est
contre vous seul. Votis savez que jevous 'cri-
Vis, ii ya quelque tempps, pour vous parlet
des besoins de mon arm e; je vous priai de
laisser prendre, par 1'ad uinistration des Go-
naires, les cars des quarters de la Marme-
lade et de Plaisaice; vous me r pondites
C Z






d'haord que cela ne se pouvat pas,que e
Cavpa-t des heoillsdq ce CTer il pour iannee
prochane. Je vouS crlviS pour vous averiir
une Aeconde fLis 4ue mon cirme manquait de
tout, et que les environs des Gonai'es etant
le thi.tItre de la guerre, 11 ctait indispensable
de vcnir a son secours; vous me repondites
que vous me douneriez les cafEs de la Mar-
inelade, et dans ee moment la livraison "en
6tait deji falte au Cap. Apres avoir voulu fire
manquer mon armtie de tout, apris avoir
cherche6 ladtsorganiser, vons I'avez accusee,
vous favez insultee, vous avez dit que les
troupes que je coummandais 6taient des bandes
de brigands, chez lesquels on ne pouvait
Otablir ni discipline ~i subordination,
Le colnnissaire SONTHONAX.
Non, cela nest pas vrai.
Le general TOUSSAINT.
Vous ravez dit, car ces propose m'ont &t6
tapportes, et j'en suis s8r.
Le comnmissaire SONTHONAX.
Je ne me rappelle pas qui a pu me dire
cela; 'ai bien pu fire quelques reflexionis a
cet 6gard, mais on les a envenimees.
I' Le general TOUSSAINT.
C'est Mentor qui vous 'a dit, et vousy avez
applaud; e'est lui que vous avez envoye par-
tout, comme espion pour semer la division
et preparer des souleveiens.
Le coummissaire SONTHONAX.
Je e l'ai pas eInvoy dans le desscin que






( )
voun me prI(ez. Mentor es une jeune t1te,urt
peu chaude; mais c'esl un nol1i qui parle bleu,
qut a des dispositiols et qmu n et pas c '-
pable de cela.
Le g(n .ral TOUSSAINT.
Vous pouvez etre assure que pour sa s au-
vaise condulte, je valts lefatre arrt tr.
Le coinuis'saire STHONNAX.
Vous ne pouvez pas larrter ; parce que
e'est violer Ies lois.
Le gnbral TOUSSAINT.
Pourquoi ?
Le conunissaire SONTHONAX.
Parce qu'il est repr6sentant du people; c'est
mon col lgue; il est ici come moi; d'ailleurs
c'est un noir.,
Le ge'lral TovssAINT.
Je ne le regarded pas come repr6sentant du
people; i est adjudant general place a la-
quelle vous 'Pave nonmme depuis vos elections,
et qu'il a accepted; et dans ce moment-ci il a
manque, non-seulement at son chef, mais a
toute 1'armiee en meprisant ses f'Ires et en
les insultant, et puis i vient jusques cllez moi
fire des emotions et echauffer le people.
Le couinussaire SONTHONAX.
Et quand
Le general TOUSSAINT.
C'est .a vou qu'on l'a rapport; vout dcvez
le savor.







Le commissaire SONTHONAX.~
Ne croyez pas cela. Ne voyez -vous pa
comment je me suis comport e, comlnej'aime
les noirs 1 J'ai envoy aupres de vous et a
Leogane trois deputies, et c'etaient des noirs
Mentor Aniecy et Gratia Lafortune.
Le general TOUSSAINT.
Gracia Lafortune et Annecy sont de bonnes
gens don't vous vous Rtes servt pour cacher les
projects don't vous aviez charge Mentor.
Le commissaire SONTHONAX.
Point du tout, je vous protest que j'aime
beaucoup les noirs; c'est oeux que je dois
1'eistence; c'est eux qui m'ont sauve lI vie.
Le g6n6ral TOUSSAINT.
Vous venez de ne dire que ce sont les noirs
qui vous out sauvela vie; ne n avez-vous pas
dit un jour que e'&tait Lapointe ?
Le commissaire SONTHONAX,
C'estvrai, mais avant d'aller h Saint-Mare,
c'etaiett les noirs qui m'avalent sauve la vie
ici, et ensuite Lapointe m'escorta avec une
piece de canon. Je lui dois mon existence,
quoiqu'il soit un scelerat.
Le general ToussAINTr
Connmissaire, cen est pas tout cela; je vats
vous dire une vtrit6, faites bien attention, je
lie vou parole pas en -France, mais c est ici.
Lorsqueles micht ns, soit homines de couleur,
soit blanks scit noirs, veulent fire des sot-
tises, ils seservent des noirs, etill es mettent





S( 23 )
I en avant. VoilA pourquoi vous avez clhois
Gracia Lafortune et Annecy k la suite de
Mentor; iais e'tait Mentor seul qui avait
vote secret et les deux autres n'taient lk qu
pour lui servir de cortege etjeterdelapoudre
aux yeux des noirs.
Le comnmssalre SONTHONAX.
Pulsque vous croyez que Mentor etait un
i mauvais sujet, pourquoi ne n avez vous pas
pr6venu la premiere fois que je vous rai en-
I voy6 ? Nest-ce pas vous qui mavez crlt
d'envoyer Mentor a Leogane.
Le general ToUSSANT.
Oui: Laplume et Lespinasse,son secr&taire,
imavaient 6crit quelapr6sence de Mentor se-
rait neessaire a L6ogane pour parler aux ulti-
vateurs et les exhorter a il paix. Jevous ai faith
passer copie de leur lettre, et ~ous ai crit en
mrueme-temps; mais je ne vous avais pas dit d.
Shlui adjoindre Gracia Lafortune et Anecy.
Le commissaire SONTHONAX.
Paisque vous n'etiez pas content, pourquoi
ne m'avez-vous pas ecrit?
I Le g6n6ral ToUsSAnTr.
Commtssaire, j etais pret a le firee, lors-
I, que vous m avez ,crit vous-meme de donner
J des instructions particulieres a Mentor. Vous
devez savoir que je n I'ai pas voulu. J vous
I at rdpondu que lui ayant donna des instruc-
tions vous-inine, je me garderais bien d'e
donner d'autres, Je voulus connaitre ces ins
| 4tructions, Mentor me les communique :apres
I i avoir bien r6i chie, j'y etrevi de mau-


^ "






va;s desseins; elle, t"ient sign"es sculemein
(d vous et la signature ce votre colligue ny ;
&tit pas; vousdtonui ,dans ces instructions,
a Mentor, Ies aemiiespouvoirs que vousaviez
dans le Nord, tandis qun'i u alt convenu q u'il
Ie devait allet Jans I'Ouest, que pt ur inviter
les anirs ala pail, et pour tout paciler.
Le cornmissaire SoNTHONAX.
Est-ce qutI je n'ai pas dit k Mentor de vous
consul er, de n gir 1que d'apres vos conseils ?
Et la lettre quilt etait charge de .ous remretitr
doe ima part en est une preuve.
Le genxtral ToussArMr.
Eh blen! 'e est par les contradictions entire
la conversation de Mentor, votre lettreet vos
instructions, que 'ai reconnu quo vous vou-
llez me tromper. Vous lui donniez les plus
gt'lids pouvoirs dins la parties du Sud; et
vos ine me consultiez que parce que vous
iei t-ez que je pourrais vous servir ou con-
trarier vos projects.
Le comtiIiissaire SOrtTHoNAX.
Ce West pias vrai; vous me jugez mal.
Le gnU ral ToUSSATNT.
C'estvrai vous avie"z donned a Mentoroordre
de fire mnettre rIcinbargo en arrivant aux
Gomnires. Mentor a rested trois ou quatrejours
aux Gounaves pour atteindre votre response,
sur le refuse que fai fai it de lii donner des
instructions par crit; je lui ai donned ce-
pendant des consels; mais je me suis garden
de liu donner mna signature, parce que je
craiguMais dapres le mauvais oesseins que
Sj'entrevo. ois





'eutrevoyals, que vous ne voulussie. vous
servir de mon noimetE de oIo cone d'ue
instrument a vos projects et a opprner le s
les citoycns paisibles.
Le comnlissaire SONTHOIA.X.
Vous avez maljuge Mentor; que ce soit
fini. D'ulteurs Mentor na pas rCussi i 'est
uune affhre terminee, nen parlons plus.
Je ne sais pas si ce qu'on m'a dit est vrat;
mais on m 'a assure qu'il y a des personnel
qui viennent du Sud aux Gonaives pour fire
fermeter les esprits.
Le g6n6ral ToussAmNT,
IIy a des personnel du Sud qui arrivent
aux Gonaives, pour de 1a aller au Cap oi
ailleurs : cest leur chemnin; mais qu'elles y
viennent pour trotubler I'ordre, soyez tra-.
quille, en r6ponds.
Le conunissaire SorTHoirAx#
Eh bien que ce soit fini, je suis content.
Par-tout oui eat Toussaint Louverture, la
commission peut se reposer sur iUi.
Le g6n6ral ToUSSAtlrT.
Commissaire,puisque vous parlez des aft
Sfaires du Sud, quoiqu'assur6 quedans ce pays."
la, come par-tout ailleurs, il y a de mau-
vaises gens, les malheurs du Sud ne seraicnt
pas arrives si vous ne les aviez pas voulus.
Le commissaire SONTHONAX.
Pourquoi?
Le general TOUssaaT,
Avant les eveaettena talbeureux du Sud;
D%






( 26)
an moment du depart de Desfourneaux, je vous
al prevenu qu'ii tait dangereux de ly envoyer.
Je l'avais rencontre a la Coupe-h-Pintades,
allant dans le Sud; je lui avals dit a lai-meme
ccque je pensais desa inissionetevousecrivis
de Plisance ansi qu'au general Laveaux
pour vous fire connamtre ce que je craignais.-
Le rommissaire SONTHONAX.
SLe geral Laveaux lne mnen a pas donna
C onnailsance.
Le general ToUSSAINT, r
C'et faux. Le general Laveaux est un brave
lhomllne, tii vous en a donn6 connaissance,
etpuis jarVis crita lacomnission. D'ailleurs
dans beaucoup de conference que j'ai eues avec
vous, ne vous at-je pas price de proposer ua
arr6t6 a counimsion, en vertu duquel Je
serais charge de concilier les babitans du Sud.
Je vous a dit plus, it ne fmut pasregarder
I'affuire de quelques homnies, mais bien I'af-
faire ginerale.Vous mavez demtande mon avis;
e vous ai dit que pour ramener l'ordre dans
cette partiele,iie fllait pas persister a envoyer
des agents dtsignus par vous; car e'est votro
niom seul qu'on ne peut pas y entendre pro-
noncer, et si on contmuait k y fire passer des
honines qucon vous croit devours, tout est
perdu; non-seulement vous porterez Ie trou-
ble imais vous les pousserez aud6sespoir, et
ils pr6frerout, d'apres c'e qie je connaLs de
leurs intentions a voter regard, de so livrer
tax anglais qu'a se reunr a vous.
Le comnmissaire SONTHONAX.
Eh bien! taut nieux i je le desire, car la







France ceafntiira alors que ce son des st "1
rats; mais les noirs ne consentiront jamais a
cela.
SLe general TOUsSAINT,
Conunissaire, rappelcz-vous que la France
dira toujours que c'est vous qui avez perdu
cc pays : car, 'est vous qui avez envoy le
Borgne, Rey et Desfourneaux. Ce pays-li
etait tranquille auparavant votre arrive; et
c'est par vous que tous les rialheui's sont
survenus.
Le commissaire SONTHONAX.
La France est instruite de tout ce qui s est
passe, mais il me semble qn'on a cherche -
vous donner de terrible prevention sur mon
compete.
i Le general ToussAtNr.
:Ce ne sont pas des pr6ventions qu'on m'a
donn6es, ce sont des observations que j'ai
faites sur votre caractere et sur vos projects.
II h'a pas tenu a vous que le quarter des
Gonalves n'ait .prouv6 lees mmens nalheurs
que le Sud; et sans doute s'il y ftit survenu
des troubles vous me les auriez attribucs,
Le commissaire SoNTHONAX.
Je veux vous prouver que vous 6tie tromp,
et que ce sontmes ennemis qui vous ontirrit6
contre moi. Je vais donner des. ordres P'or-
donnateur de vous faire delivrer tout ce que
vous deniandcrez; les cafes de la Marmelade'
et peut-6tre deux cent milliers qui doivent
4tre Plaisance seront mis a votre disposition.
Le general TOUssAINT.
Coamlissaire, ous crojez en chaeant dt
''-D z







conversatpon me tromiper; vous venez me
promettre encore les cafs de la Marmelade,
mals je vous ai dIj dit qu ces cafes ny
Ctaient plus; quant a ceuxde Paalnce, vous
deviez savoir encore nmieux qu'ils sont au
Cap, puisque vous avez ecrit vous-nimene au
commandant de Plaisance, le citoyen Jean-
Pierre, quevous lli donneriez de votre poche
25 portugaises pour fairetransporter les cafi.s
au Cap; et je sais de plus que vous 6tiez si
press que ces memes cafms ont t6 vendus
19 sous, tandis que le prix duicours etait
de 25 sons.
Le comnissaire SONTHONAX.
Mon collDgue a signed avec moi : c'etait
pour payer la troupe.
Le general TOUSSAmNT.
Moi, je sais que c'est vous qui iavez
propose.
Leo commissaire SONTHONAX.
(Embarrass6.) Out.... c'est moi.
Le general To ssAINT.
Pourquoi payez-vous nieux la troupe qui
est au Cap que celle qui est aux frontieres
et qui couvre le Cap ? II n'y a qu'une Corn-
mission, il n y a qu'uue Republique : et
quand on fait souffrir une partie des troupes
et qu'on distribue in'galement les revenues
publies, ceest le tmoyen de career des parties
et d'occasionner des troubles.
Le cotmnnssaire SONTHONAX.
C'est fini Eh ben je vais vous fire
donner cent portugaises par i'ordonnateur:
vous les enporterez aux Goralives.






(29)
Le g...& nral ToussSAINrT
Comnuiiss~ire, non 1 Domicz ordres
Yordonnateur pour qu'il les verse lIii-mu'm
i I*adlninistralioi des Gonalvet.
Le comnissaire SONTHONAX.
Cela suffit. Maittenant vous n'avez plus
rien centre moi.
Le general TousSAINT.
Cotmnissaire je vous ai dtt que je ne mn
plaignais pas de ce que vous m'aviez fait i
xlno personnellement, mais que javais beau-
coup a me plaindre de vous a I guard de la
chose pubiique; vous avez voulu bowleverser
la Colonie.
Le commissaire SONTHONAX.
Ce n'est pas moi; ii y, a des personnel
qui ne haTssent beaucoup, parce que le sis
philantrope, parce que je suis le fondateur
de la hibert6; mais- ce nest pas moi ce sont
eux qui sont cause do tout ce que vous me
, reprochez.
Le g&niral ToUsgAINT.
Je sais que c'est vous. Je me rappelle des
propositions qtid vous niavez faites sur 1i'nde-
pendaace; je me rappelle les propositions
que vous m'avez faites plusieurs fois d'emP
barquer le commissaire Raimond, don't on
peut admirer la moderation et la patience.
Cependant je vous avoue que j'ai beaucoup
plus de confianceen luiqu'envous:je sais que
vous Cetes plus fin, plus adroit que lui; mais
votre colligue mnrite la confiance do lalCo-
lonie.
Le commissaire SONTHONAX.
Pourquoi ?






( So
te general ToussAIrNr
Paree que c'est un home respectable qu
me veut que 'ordre, la paix et le ratablisse-
anent des cultures, qui ne done que de bons
examples, parce que e'est un bon pere do
anmil!e.
Le comniossaire SONTHONAX.
Eh mol I N'ai-je pas madaine Villevaley i
Est-ce que e no regarded pas ses enfans comma
les niens; A
Le general TOUSSAINT.
Ce n'est pas du tout la mime, chose; c'es
ine feuille de paper qu'on dichire et qu'on
jette.
Le commissaire SOThION.AX .
Allons, que tout soit fini je vais vous
,donner tout ee que vous voudrez, et que ce
Soit tout arrange. Allons, j'espere que vous
no meon voulez plus.
Le general ToussAINT.
Ce n'est pas pour moi, je vous le rpte ,
et tou saavez blen pourquoi je ne suis pas
content.
Dans ce moment on fit demander le com-
Inissaire, la conversation se ternnma la, et
nousnous separames; mais je ne pus obtenir
la conference demanded entire lui Sonthonax"
le commissaire Raimond, le citoyea Pascal
et moi. '

i1!

!U







CO NF E ENCE
Qui a eu lieu le a Fructidor an cinq a
Cap-Francais, dans la Maison des ci-devaut
Religieuses ,
Entr'e le citoyen SONTHONAX, coin-
missaire du Gouvernementfi'ancais et le
citoyel TOUSSAINT LOUVERTURE,
geinral cn chef de VArnmde de Saint.
Domingue.

E 2 Fructidor le citoyen Sonthonar
m'ayant envoy deinander par son aide do
camp a quelle here je pourrats le recevoir;
e lui fis r6pondre quil pouvait venir i ,cinq
heures du soir.
En effet, le citoyen Sonthonax vint cette
heure la; je le recus dans moncabinet, et ds.
que nous fumes seuls, nous eutuies la couver-
sation suivante:
Le conmissaire SONTHONAX.
Je viens aupres de vous pour savoir a quoi
im'en tenir une bonne fois; il faut que vous
m'ouvriez votre coeur, et me disiez absolu ment
ce que vous pensez.
Le general TOusSATNT.
Comnmssaire; je n'ai plus rien a vous dire;
je ne suis pas d'hunleur a parler aujourd'uiS
et je me suis l dej expliqu avec vous.
Le commissaire SONTHONAX.
Je vou e prie; vous 6tes ua holount





homme, parlez-inoi franchement : je veux
savor ce que vous pensez, et que tout soit
lni aujourd'hui. DevlVlez- mol enlliremcint
voire cceur.
Le general TovssAINT"
Je nl4tais ps d's uhieur a vous parler: vous
my foi'rccz je vals mexplquer : mais vouS me
pernmcttrez de vous dire la verite, et lavirite
toute entire.
Le conmmisairc SONTHONAX.
Oui.
Le general TOUssAINT.
Commissaire, j'ai exdiamine vs demarches
depuls que vous ites revenue dns la Colonie:
jia observe tous vos pas, et j'ai vu que vous
vous 6tiez tr'es-mal comport t', surtout pour
lek interets de la Repbuiique qui vous ont et6
coufies: que vous 6tes un1 hoinue perfide.
Le comulssaire SONTHONAX.
Contnient Vous me regarded come Un
home faux? Quelle idcie ave vous doi"
de rmoi
Le general To'ssAmT.
Puisque vous avez voulu que je vous dise
la vbrte, je ne vous la Xa chertal p. Non-
seulenient faux inais doublement faux.
Le commissaire FONTHONAX.
Quelle faussele avez-vous me reprocher?
Le g'inMiral ToUSSAimT.
En ine faisa it cette question vous devez
rougir et tremnbler. Si c'tait devat des
hotummes qui ne vous comnnaUiri.ent pas vous
pourriez encore temoiga-er cctte assurance,
mais devaut ml0b coiieLt .oez-voU01 ?
LI






( 33 )
Le comnissaire SONTHONAX.
Comment! Comment I Dites-moi let causes.
Le general ToussAIaT.
Prenmierement, ne m'avez -vous ps palu-
sieurs fois propose6 de rendre cette Colonle
indpendante de la France
Le commissaire SONTHONAX.
J'en conviendrai avec vous, mais ia'e dies
rien a personue.
Le general ToUSSAINr.
Vous n'avez pas besoin de me dire n'en
dites rien a personne; nous ne sommes ,ic
que deux; vous avez voulu que je rous disa
la vetit6, je vous dis la v6rite. Reponde si
je means ou si je dis vrai.
Le commissaire SONTHOriAX.
J'en conviens.
Le g6nfral ToussAirrT.
Combien de fois ne m'avez-vous pas pro
pos6 de rendre cette Colonie indpendante !
Le commissaire SoxTHrOnAX.
Je yous ai dit cela trois ou quatre fois.
Le general TpUSSArINT.
Cela nest pas vrai, vou me Pave propose
& trois ou quatre voyages que jai fits au
Cap; dmas dans un seul voyage vous m'ex
avez parAl neuf dix fois et toujours quand
j'ai t6 dans vote cabinet, vous etes revenue
& la charge.
UL commissaire SONTHoNAX.
Je suis v6ridique ,j'en suis convenu*,







( 34 ) i
Le genral ToussAINT,
Dites-moi maintenant quelle r~ponse jc
vous ai fate.
Le conminssaire SONTHONAX.
Cc n'est pas la peine de revenir sur un
pareil chapitre. Je conviens qne vous m avez
dit que la chose etait impossible; nous ne
soumnes pas ici pour platier, mais pour nous
arranger,
Le general TOUSSAINT.
Exlphquez-moi quel etait votre dessen,
quand vous avez eu ce projet-l4,
S Le commissaire SONTHONAX.
Je n'avais pas de mauvaises intentions,
c'est pour vouw-menie, c'est pour vos intbrets
et pour celui de vos freres. Ce nest pas pour
moi, mon pere est riche en France, je n'ai
besoin de rien, mais c'6tait pour votre bien;
je suis attach aux noirs.
Le general TOUSSAINT.
Vous ne m'avez jamais vu venir au Cap
avec deux cent quarante dragons, sans comp-
ter !4e ofiRciers, Demandez a. votre collguue
Raimond, si je n'avais pas autant respect
votre caractere de d6legue de la France si
voUS ne series pas deja embarqub. 'ai rflbchi
sur tous les projects don't vous nmavez parl6 ,
le vous ai sooigeusement observe, et j'ai vu
que vous ne tendiez qu'a perdre la Colonie,
qu'a la bouleverser et a la ravager.
Le commnisraire SONTHONAXt
Dog1ez-m'en des preuves ?







Le general ToussAimT.
'_Vous venez de convenir avec Imo de totts
les faits, de toutes les propositions que vous
m'aviez fates sur 1'independance.
Le conitnssaire SONTHONAX.
Yen suis convenu inais je n'ai rien fait
autre chose.
Le general TOUSSAINT.
Vous avez sourdement donn6 conseil a des
noirs, a des homes de couleur d'gorger
Ies blancs pour assurer la liberte6 disiez-
vous.
Le commissaire SONTHONAX.
Ce nest pas vrai, je n'ai pas donned des
ordres pareils.
Le general ToussAIXT.
lappelez-vous que lorsque vous m'avez pro-
pos6 l'indpendanee, vous m'avez dit, a moi
personnellement, qu'il fallait, pour assurer
la liberty, egorger les, grands planteurs; et
ees m6mes propose, vous les avez tenus a
d'autres noirs qui me les ont rapportes.
Le commissaire SONTHONAX.,
11 y a long-temps; mnais ce project n'a pas
6t6 execute.
Le general TOrSSAINr.
Je vais vous repondre come les cr6oles
disent; les cr6oles dissent : 4 Yon cocion qui
V deld mang6 poule, vous borgn6 yonyeux li,
vous borgnel'autreyeuxli, qa pas emp&ch6
Sii quand li pass c6t6 poule, li va cherchi
Sinang6 ii toujours 3.
Le commissaire SONTHONAXO
Que veut dire cela!







( 36 )
Le *general ToUSSAINT.
Ces-a-dre que les meichans sont incorrigi-
bles.L'autre fois que vous etes venu ici, vous
avez dit aux hlGnles de couleur d'egorger
tous les blans, aux nouveaux libres d'gorger
tous les anciens libres; voili ce qui a produit
la guerre civil, et ce qui a fait que le ter-
ritoire francais a e't livre aux anglais et aux
espagnols, et puis vous etes part, et vous
nous avez laiss6 des troubles.
Le comniissaire SONTHONAX.
Comment pouvez-vous avoir une ai mau-
vaise opinion de moi
Le general TOUSSAINT.
C'est un fait vrai, tout le monde le sait.
Le commissaire SONTHONAX.
Mais vous, g&naral, n'avez-vouspas vu dans
mes d6bats comment j'ai defendu les hommes
de couleur, quoiqu'ils soient des sc6i1rats.
Le general TOUSSAINT.
f y en a de bons et de meehans, cnomme
dans touteslescouleurs, et vous avez d'autant
plus de tort de les designer tous come des
sceltrats, que 'est parmi les plus se6l6rats
des honumes de couleur, des noirs et des
blanes, que vous avez choii vos homes de
confiance et vosespions.
Le commissaire SorNTHrolAX.
General, non... Tout ceci ne vient que des
mauvaises impressions qu'on vous a donnees
centre mnoi.
Le general ToussAITr.
Commissaire, cette conversation ne finirait







( -37 )
plus, et pour la terminer je vous antonce
qu'il faut que vous parties en France.
Le commissaire SONTHONAX.
Non, gtn6ral, je vous demand excuse,
oublions le passe.
Le general TOUSSAINT.
Commissaire,vous etes trop connule salt
de la Colonie exige que vous parties pour la
France: ii faut absolument que vous parties ;
sa sArete en depend.
Le comnuissaire SONTHONAX.
Oublions tout cela, que toutsoit fini; je vous
promets que je vous donnerai. tout ce que jo
possWde, tout ce que vous voudrez.
Le general TOUSSAINT.
Je ne veu- rien; le n'ai besoin d d'or m
d'argent, ni de rien du tout :I i faut que tous
parties; le salt de la Colonie 1'exige.
Le commissaire SONTHONAX.
Cependant tout est ici tranquiUle qu'aves
vous a craiadre ?
Le general ToussAIrm.
Point du tout. Vous feignez d'ignorer ceque
je sales. Si a ville est tranquille e'est bien
contre votre vteu; c'est q ue i'i. envoy6 des
personnels preacher le talme; mais il faut.que
vous parties; (avee chaleur) I'ai parl6 au
commissaire Raimond, pour luidite qtuil faut
que vous parties il a iherch6 'I me modrer,
en me faisant entrevoir des consequences
f~cheuses cause de votre earactbre et des
troubles qui pourraient survenir. Eh bien
je trends sur moi I'eve1ement; je rendrai







(38 )
compe ddema eonduite aiu directoire ex&cutif;
mais ii fut que vous parties.
Le commnissaire SOzrTHONAX.
C'est-a-dire done que vous etes bien deid6
ime fire partir.
Le geni~ral TOUSSAINT
Ouli, trks-dI.cid.
Le coU nistlsaire .SO'THONAX.
Comment, mon cher g n.'ral, pouvez-vous
traiter avec taut de durete le fondateur de
la lberte? N'est-ce pas moqui l'ai proclamte
dans cette Colonie N'est-ce pas moi qui at
fait votre bonheur ? Nest-ce pas moi qui ai
defendu votre cause ? N'est-ce pas moi" qui
voUS ai nommei general en chef?
Le general TouSSAINT.
Vous savez bien que vous m'aviez plusieurs
fois fait proposer ce grade, et que je vous
at toujours repondu que je ne m'en souciais
pas. Si vous ne tn'avez nomm6 general en
chef que pour commuettre des crimes je ne
veux plus l'*tre. Ce nest pas moi qui suis
offense; ce sont les interets de la France qui
sont menaces; et avec on sans le grade de
gearal en chef, je n'ai jamais eu d'autres
intentions que de maintenir et d'assurer la
liberty de mes fires, et de conserver cette
Colonie a, a France; pourvu que ce but soit
rempli, je me spucie fort peu de grade.
Le coinmissaire SBOTHONAX.
Vous le meritez; vous avez de la capacity:
sans vous nous n'aurions pas trouve ici un
pouce de terre I "la France i notre arriv6ie







( 39) )
Voila ce qui m'avait engage a vous fire des
propositions.
Le general TOUSSAINT.
II n'est plus question de tout cela, il faut
que vous parties. Par respect pour la parole
d'honneur que je vous aidonnee, je n ai votlu
rien dire au comnnlssaire Raimond des propo-
sitions que vous m'avez faites; inats si vous me
force de lui enparler, il sera aussi empress
que moi de vous faire einbarquer. Je ne desire
pas, si cela est necessaire quon sache que
o'est moi quivous force apartir, parce qu'6tant
moa chlef, je ne veur pas rendre public un
acte d'insubordination qui pourrait avoir des
suites funestes. Allez remnpir la place de repr6-
sentant du people (quoique vous n'ayez- 6t6
nominee que par une intrigue); inais partez;
vous savez combiencela est neeessaire. Partez,
et personnen'enconnaltra le motif Je neveux
pas vous perdre, mais e veux que vous parties.
Le commisnaire SONTHONAX.
Puisque vous 6tes d&cid6 et qu'il est impos-
sible de s'arranger avec vous, je partirai; mats
ii faudra me donner des lettres de flicitation,
et j'irai en France come represeitant du
people.
Le general ToUssAUrT.
Je vous donnerai tout ce que vous vout
drez; car je regarded votre depart come
absolument necessaire au salut de la Colonie.
Partez, ne cherchez pas a occasionner un
bouleversement. Partez vlte, que 1'ordre no
soit pas trouble, et je vous promets que jamais







personnel ne saura rin de ce qui s'est pass&
entire noub. Mais s'it survient le moindre d<-
sordre et qiue vous inetiez de la mnauvaisefoi
a remplir ta promesse que venez de me fare,
je devoile tout, et je vous embarque de force.
Le conullssaire SONTHONAX*
C'est entendu, eest fini. Je vous promets
que le ne dira rl n a personnel, mime a
inon college; n: ds promettez-mot aussi de
ne lui en rien dire.
Le gLna"ral TOUSSAINT.
Je vous le promets, I condition que vous
ne me tromperez pas.
Le commissaire SorTHaoAX.
Je partirai, ge6n6ral.
Aprbs ces derniires paroles, Sonthonar
me souhaita le bon soir et aous nous sir
paranes.
Pour extrait conform M la minute di
Rapport adressd au Directoire exdcutifde
France, le 8 Fructidor Fan cinq. de la
Ripublique frangaise ,une et indivisile.
Le general en chef de, Saint-Doingue.
Sign, TOUSSAINT LOUVERTURE,


AuCap-Francais, ciez P. Roux, Ipripmeur
de la Commission.