Réponse aux libelles séditieux publiés à Philadelphie contre les hommes de couleur de Saint-Domingue

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Title:
Réponse aux libelles séditieux publiés à Philadelphie contre les hommes de couleur de Saint-Domingue
Physical Description:
1 online resource (46 p.) : ;
Language:
French
Creator:
Gatereau, Louis
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Philadelphia
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Racially mixed people -- Haiti   ( lcsh )
Libel and slander -- Haiti   ( lcsh )
Métis -- Haïti   ( ram )
Diffamation -- Haïti   ( ram )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

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At head of title: (N⁰. I.*)
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This part is signed at end: Gatereau, and dated: Philadelphie, Juin, 1796.

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Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
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Resource Identifier:
oclc - 750272774
ocn750272774
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RI PONSE ..
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*Rtp 4N 0N S E S;


Aux libelles seialitieux p, blies a Ph la-
delphie centre les Hommnes de couleur
de Saint-Domingue.

LUIMPRIMEUR Parent rcpand.lit depuis queliuet
jours par la voice de sa gazette, inttule : Courier
Franfis ils ac--atioi: les plus atroces centre
tous les homes de couleur sans exreption. On
m attribuait ccs productions passioimecs ds facs icu
don't ii est orgaine : je crus devoir detromnper tout
Ie mo.nde par une lettre que je lui adiessai, avec
pricr e de la entire pubiique, J'y duInaims une idee
de I'immoralite, .des injustices, des trali ons et des
cruautes inouies qu'une ptrtie considerable des Colous
blancs aura cterneilement a se reprocher : j'ofrais de
citer les jaits si Ion me Sommait 'de I faire.
Cette otfie dcplut a Iimpritiienar Parent, et en
effet, ele le Iettait dans altiernatir de se voir con-
fondu s'ilexigeait unc expiation, ou de se donner,
en eludant, cette attitude deconcertee qui decele
le coupable pris en flagrant delit, 11 truuva done


(*) Les Ns. fuivants parairont a mmeuie quits scront
imprilnes


N


4


,isplow"
.W t.p







,,1 'b .

loins embarrassant de e renvover ma leutre avec
une reponse qi'il cut injurieuse, t ou iaisant usage
de ses mov-e&s ordiiiaires, i cherchait davance a
rendre suspect un recit hitorique et circoistaucie que
je pouvais oppose r ds d is trdiatbc alinoimles. Je ne
tianscriai poiot ini toutes les put.lite anu nmoyen
desquelles iA cr. aru ier ma Ip)l:M suit en me
qualifiant de P'ro:cc.aur ts 3fil:,rc, c ii-, suivant
lui, n'7irt 'cScc de se'ileer, cent re tla tueur de, bl;nt5s
en ls inassatrant et Ies d~ cl'tlldt d itt rs .ri.friitt
soit en me disant qucje e serais jnmats soufionnd de
defendre na coulur qul e f tai ac coutumnei 4 anger
de pari 'c.
Je livrai Iimpression et article qu'il refutsait de
publier, et sa response vasivc a laquella je e voulus
pas repliquer.
A4 l Parc e qui n sagit point de couueur dans une
affatre de justice et d"impartialite.
*, P'arce que je ne coiisidere point Parent et ses
entours come un tribunal auqucl j: doive rendre
eompte de ma vie politique; les grandescocaides (l),
lek tands mots ne m1cu out jamais ibpoe ; je 1 aisse
"mt s 'no ',1

( t) Je voudrais bien que limprimeur Pareit, ses collabora.
teurs et leurs incurables partians fissent connaitre au public par
quel digre de latitude se troupe ltur Republique, car je ne crois
pas qu'tetl soit A_ Saint-Domingue, 6A leur crgueuil, leur sotte
vanity et leurs prtjugcs destructeurs ne cadreraient siremeni pas
avec rgalit deshoes ll s dt toutes les couleurs, et ii ne me
parait gure possible quell -soit en France d'rAt imanent ks e
dicrets qui Cablisbent cotte Cgaliti,




1


pre'ndre et donner les denominations que Pon vent :
je pne fais gloire d'"tre abhorred de lhomme injuste
faux et cruel qui se qualified do republicain, et de
SP1homme vindicatif ,rdespote et sanguinaire qui se
qualified de royaliste.
Cin jours apres la publication de ma lettre d'avis
au ARedacteur du Courier Franfais je parts pour
Baltimore. On ignorait mon depart et Parent se talsait
encore sur mon compete Le bruit court bient6t que
je m'etais embarquie pour lEurope; Parent s'y laissa
prendre et crut avoir le champ libre.
I' avyat itabli par une multitude d'crits anonymes
(2) que :les homes de couleur talentt les incense
i diaires et les assassins de Saint-Domitague. 11 me
peignit corner leur Dn, Quichotte, quoique je me
fusse borne a dire qu'ils n'etaient ni les premiers, ni
les seuls auteurs des desastres de la colonie et certes
ce n'etait point me declare leur g Quichott ,
S,"mais seueent dire la verite. 11 fit plus, il me traita
seulement d lI 4,r e "
de Libelliste, iiais cc fat bin- gratuitueient, car celui
la seul mente cette qualification et se soumet a passer
B1our Papolbgiste di crime et instrument volontaire

S( z*') Je le dfie de decliner les noms des personnages qui sous le
voile de r'anonymie, luifournissent chaque instant de nouvelles
diatribes contre les homes de couleur. Je le defie d'attribuer ces
productions au Re'publicain de Je'rimie de Borde, lex-procureur
municipal du Port-au-Prince, Allain; et a !ex.miaitr de Jeremie,
j Bavius mais je ne le dfie point de iettre la passion i la place
Ba de le "u fe "" nt de
de 1'impartialite ls- injures la place de la reason et de It
yenrtel.


jI- ---




.. 9'0 V q **


des factiux qui, par la plus odiense pattialite, la plut
insigne mnauvaise foi, cache les atrocitcs de son
part (3) sous quelque gou'ernemen qu'on les co-m

(3) Ce part dans lequel je ne comprends pas les colons ~rangers
a Pintrrgue, est un assemblagee d fa~e9ux sanguinaires,dissemines
en France, sur le cuttinent AmEricain et dans les Ports Anglais
de Saint-Dom*ngue. Ces gens-Ila sont cangrenes et incurables;
ils crient come si on les 4corchait tout vifs parcel qu'on les met
de niveao aac leurs enfaus; its veulent les aneantir plut6t que
de se soumetre a cet acte tardif de justice qu'lls regardent comnni
uine abomination. Si par hazard ils rencontrent des colons blancs
ralsonnables sur cet article, ou que kes ivnenmens ayent rendu
moins i.,:iIes aux dispositions bite fisantes des lois nouvelles,
(t it en est pa~tout, ni~nme chez les Anglais), c'en estassez pour
les mettre en fureur. Admnirateurs hypocrites ou stupides de tons
c,;ux lui servent la cause de leur orgucil 'artistocrate et ie patriote
'altnudatrs leur conviennent galement. Labbie Mury fut leus
idole ds qu'ils se declara contre les homes de couleur. Ils Cle-
verent aux nues Robespierre lorsqu'l fit guillotiner Brissot at la
deputatilon de la Girotide, Robespierre qu'ifs avaient tant maudit
et qu'its nr 'dirent de nouveau lorsqtuils s'en prit eux-metnes.
Itugues cta*t un sccIerhat a:t iat ..'voir cii saiquatiiit e coini issait
civil maniafiristc sa haii:e contre les homes de couleur ; aujourthui
'est le sauvur des Isles du vent, c'est le Repu-licaI;) pjr excel-
lence, et plusieurs violent dans ses bras. Lavauxe tait un monstre
avant qu'il se piaignit indirectement de~'quelques homes de
coulter: 11 ne 'cutp pis plut t faith qu'i devint puir_ un iomnent
iin hommee respectable une autorit' constituee que des nwtaitres
avaient eu la criminlle udace de maltraiter ; on a cesse d'en parler
dans les mn,'-,s terms dcis qutli a s C que lks b1,fncs avaient
joue un trcs-grand rle darns 1a scene scand a'l se dontil se pl:.ig!ai:,
car ce qu'on appelle retolte chez les hunimes de couleur doit ttre
considered chez ls bLmc conle ieergic Kcpublicaine et resistance
SIokpp~'ession. Et c'est sous ce point *. vue que ks camilons de





(5)
nette, (4) et s'acharne A calomnier des infortnne
qui d'apres ses principles soi-disant Republialns,

Saint.Domingue ont repr sent et fait represented la guerre qu'ils
firent en 179; I la comissio H civil qui cependant eiait lors
comme Lavaux en i796, una autorict constitute.
Sans cesse occup.s de complots, aucun reverse, auiune humi-
liation ne les rebate ; ils ont ti en France, ils sy s sont agls ea
tout sens et sous les differens masques des factions domirantes;
ils sort revenues, ils repartent encore et laissent.ici des agents
fidelles, its entretiennent par-tout des correspondances chez les
Anglais oA parties de leurs coriphbes partagent les faveurs da,
gouvernepient avec les aristocrats immacules et quoiqu'ils af.
fectent de porter-la cocarde tricolore, quiqou'ils se dechainent
contre les ennemis de la France dans leIpapiers publics pour se
mettre h l'ordre du jour, ils ne se font pas scrupule de s'atendre,
pour tutilite commune, avec ceux qui portent la cocarde noire,
et de conccrter avec eux le massacre et la destruction de tous les
hommes de couleur tous y travaillent a 'envi, les uns par
l'Prfluence qu'ils ojt sur le gouvernement britannique, les
autres en les ddnonqant verbalement et par les ecrits cap-
tieux aux strangers et aux troupes franchises de terre e't de mer i
come les ennemis juries des Europeens; audacleux lorsqu'ils s
croyent surs de Pexecution de leur infilmes projects; souples
et r.mnpans lorsqu'ils Achouent; on les croit soumis lorsqu'ils ne
font que temporiser pour retomber sur leur proie, comtme des
vautours affamits, la premiere occasion favorable ce fet, toujours
sous le ~insque du patriotisie oqtiils trahirent leur patrie et
s'opposerent a I execution deslois nationals. Toutes ces vrites
se developperont successivement par les fits que je rapporteraL.
(4) Pourquoi Parent ne parle-t-il pas du sang des hoinmues dt
couleur vcr a' grand flots chez les Ankllais Setit-'Ce p"aic
quron lui a presc'it de ne pas regarder dte si pris ax mains .qu
le repandeint Seraic.ce parce que les bourreaux de tous 13
partis ont de la religion de ses currespoians ?






( 6 )
(6)
ti'auraient point 6tp coupables si la nature lts eQt
revetus d'une peau. senilblbe atla sienne.
J'ai deja dit que Ie jugement de ma vie politique
n'etait pas du resort des redacteurs du Courier FraTn-
gais. II ne doit done etre ic question nu d un discourse
faith a occasion d'une messe pour le dernier roi de
France, ni d'arriv6es et de departs, (5) de batiment
et de passages public sous mon nom an Port-au-
Prince pendant les mois de Septembre, Octobre
et Novembre 1 74. II ne s'agit point de savoir si lors.
'qu'on est injustement proscrit de son pays, on a le
droit d'aller oi'Ton peut, d'y vivre sans fair e dnil a
qui que cc soit, de se retire lorsqu'on a vu et ce qu'0 n
voulait et ce qu'on ne voulait pas y voir. i 1 ne s'a-
git pas de savoir si f'on doit se consoler d'etre odieux a
tous les ennemis de humanitye, qe qul e uiot le signed
qui tes distinguelorsqu'on ne fat jamais coupable envers
elle; ii ne $'agit pas de savoir si les erreurs de l'esjrit
sont excusable,' lorsque le Ceur est ptr et la conscience
tranquille dexpliquer pourquoi dens factions colo-
niales qui n'en fdnt qu'une par injustice et la cru-
aute se reunissent aujourd hui pour me peindre
coinme ua. home sans caract're et comme un ca-
lomniateur; de prouver que ce que ron appeile rues
calomnies fat ouvrage de leur mauvaise foi, de leur

( y ) Parent demand ees pieces par ua avis. Si elles doivent lui
servir a prouver Ie vrai rtpublicanisme de son patti on a d'trruire,
la longue Ferie d'atrocites que ses manoeuvres infernales contre
les honmme; de couleur me forcent de publier; il peut se& les
prucurer i.i, et chez Thounens, iniprimeur au Poret-atuPrinc,.






( 7)
irmposture et de leur hypocisic que inmu cariacui e
Cet a moi, qu*il ,ft toiujouis iualterabeC cominel ks
*entimens de phiylantropie qui le composelt, de fire
voir comment, identified par rcnipire fiieste dcs
pieventions et par des persO econs ino1 es nvec des
homes qui ne me xessemblaient que par Pilf'urtnune
et se montraient a moi come d'innoceutes victims ,
je devins dupe d'une ame (top sensible et trop prompted
_ s'indigner aut ricit de toiut:ce qu me paiait bcsser
la justice et I'humanit ; ii sagit Tpoint de svuir
si mes erreurs out dure long4tellni comndent et de-
puis quel temus je suis parvenui me datrnimper. Tous.
ces details appartiennenta l'exposiiion de ce qui m'c st
perso0iet dans la rCvolution. d Saint-Dominue.
Je sens bien que les ennemts des .houms de cou-
leur 6nt cheiclch a mioccuppe' de noi, nm'ie pour
donner au xcatomnies qiuils rpr pandent cuntrelx ,4e
teams de prendre consistance et de produire- leurc ffet;
mais que ni'importe I'opiioni des menchans, lorqu'il
m'est si facile de determiner cellequie tout home
just doit avoir deux.
La vdrite sera done connue, puisque ceux qui la
degnisent avec tant de soin se plaigient si fort qu'elle
ne l'est pas. Les Frai ais d'Europe et les Ameri-
cains verront sois leurs veritables traits ces homes
de couleur qu'on leur represented comii e des etics
nes pour le crime, comme des tigTes sateres du sang
europeen. Les malheuraux assassinis, ou etsevelis
dans ls prison-skipss; euchamins au service de An-
glais onA emploTyes ton-battre Ics ennemis de la







patrie is ne peuvceut rcpondre a des ecrits astucieux ,
menlsongers, et don't les auteurs tiosentY seulement
%pas se nonuner; inais dussent se diriger centre moi
tous les poignards qu'on aiguise encore cQntre enx,
jinstruirai tout. universe des injustices des trahisons,
de la barbarare et de l'inposture de leurs likhes accu-
Sateurs.
A Dieun ne praise que je prCtende, par ce moyen
justifier les represailles- arrachees an desespoir des
homes de couleur Le sang de tous mes senmblables
est egalement precieux pour moi,et je nu'prouve que
de hihorrcur pour ceux qui le repandent; mais je
uppleerai i des. reticences perfides etje devoilerai
Ids .uteurs des :pretiers crimes commis Saint
, Domiugue, de ces crimes qui nie furent que le
prelude de scenes. plus sanglantes, et qui toujours
ieev, les unes aux antres par une trame habilement
ourdie toujours justifies pir ie mensonge la ca-
lomnie ou i'exageration, decelent un calcul execrable
que l'impudeur et les -indiscritious ,wie eacherent
jamais, et don't le but evident est 'extinction total
de cPtte race infottunee,



A'tat des Hommes de couleur de Saint-Domingue sous
.ancien rcme.


Avant la revolution, les homnies de couleur ktaient
presque tous libres, rmais leur condition etait presque
'aussi





(9 )
aussi dure qne celle des esclaves. Un blanc les insultalt,
les frappait et mime les private imptinment de lhei'nr
stage de leurs peict Ia faveur d'unJiddl-comis. I1 lear
4tait defend d'opposer la force ,a rE fYJ e t beau-
coup de blancs abusaitent lichement 4 Ileur advantage,
La protection'des loix ititpre que.putl pour eu~ ,
ils a tlclamaicnt souvecUt en van,. Leut fitlcs et leurs
scetrs etaient eo prote a touis qA noyeis de corrupt.
tion ;Ies blancs se tes appiopriaioit: sans craindre ni
:I'utorite des fainilles que .ear avilwlbelent condnm*
Snait au silence, ni la puisiancc des loix dont les depot.
sitaires donnaient Iexenple de ce concubinage. ,L o
pinion depravee come Jes mnours vnaitie consacrer
a son tour, en minie terns qu'dle veralt le de6honneur
et la houte sur s leuds legidtis lque des Europeent
formaient avec des femmes de couleur,
Par une bizarrerie digne du plus imbecille orgiuil
at de la phus a "ecte corruption des feanmes susep- .
tibes 'de toutes esls vertus domestiques, et don't les
graces natutelles fixaiEut tous les holltngcs ; des
femmines qui par un charm irresistible echainnient
tous les blanco a 1eurs.pieds en dkpit des j!rj j ges et
d es fueurs de la jalousie des blanches, etpient leur
yeux indignes du norn d spouses ; chez eux la vanit
venait tojours se meter au senirmeut : iU uepiiient
les objets meie. de leur idolatrie .
Une fois admisesa l'honieur tde partager leun
couche, les femmes de cuc!eur neI devaient plus
voir les honmtes de la tpem e peau; 'Vn et it
que Ia line e demarcation tracee entre cs deux






{ to )
tastes ne s`ffagait en quelqne sorte qu'en leur
faveur.
Lorsque les homes de couleur rencontraient des
blancs dans les rues, is prenaient le bas du pave en
sigue de respec t et s oumnssion : on en a vu qui
ayant manque par megarde ou par negligence a cette
demonstration d'humilite, ont rte maltraiths par des
gens qui lear avaicnt cu des obligations avant que
la fortune les eit, rendus si vains.
Les btancs mangeaient quelquefois chcz eux, mais
pour eviter des humiliations de la part de ceux a qui
Uis donnaient 1'hospitalit ils ne s- mettaient point.
table. On leur cmpruntait aassi de !'argent, mais
c'etait pour ne pas le leur rendre etles insulter les
battre on les fire punir pour injures lorsqfuils en de-
inandaicnt le rembourscment. On disait, it m'a manqul
Et c'ctait assez.
II n'ktait pas d'obstacles qu'on ne mit a lear
education; un infiniment petit nombre out obtenu
la faculty d'envoyer leurs enfans aux ecoles de France,
mais par de hautes protections et d'enormes sacrifices.
On se servait souvent de leur bravoure ( i) mais
leur vigueur et leur intelligence etaient en pure perte
pour eux; il ne pouvaient exercer que les arts me-
chaniqueses s plus grossiers, toute autre profession
leur ctait defendue. L'art. 59 de lFEdit de 1685,
lenr reconnoissait les memres droits qu'aux blancs,

(x) Grand nombre ont faith la guerre d'Amrique sous les
ordres de M. d'Estaing.







mnis ii rest~it sans execution : inhumanitye des phre$
privait les enfans d'nu bieufait quc lenu condiion
ritacu use avait odbtenu du roi Ie plus de pote.
Ce t tat d'avilissement n'alera jamais leur deft-
fence, Iecu aveugle soumlisison aux caprices crues et
autx v!ooiutcs iijustes des blaiics qui etaient leurs
prets; leur douceur, leurs prcvenantes envers toui
les blancs ftrent constamnmeutc les menmes; ils sup-
portaient avec une patiente resignation le joug monse
trueux du plus barbare des prtjages : il si bornaient
a gelmir en secret; jamais un murmure echappe de
eur bouche ne trouble les jouissances impures de
Ieurs oppresseurs.


Pr nmifers frets de la Revolution de Saint-Doomng-ue
: 'L rduivemet (ux. hommes' de couleur.

LoT d'cadoucir !eur sort elle Ta gra davaatage,
les chaines eIs poigiards et les chafauds ,succ-
dacrjl!t bient.t aux outrages et aux violence.
-Ue-rGolnus blancs que findiscritiuo tiraire de
n... c tee re de
1'orgueil avait ports a soiciter des Etats-gnerau
de nouvelles : prerogatives, de Anouveaux mnocyns
(. ) a '*
dkppiesuion (i), vitent bientot la ruine de leurs
pretetrions revoltaiut$s, dans la declaration des droits
proclamee par 1 Assemblee constituante; mais trop
Iaibles pour sopposer a ses effects, ils prirent Ie

S( ) Voyez leur cabier de dbviances.

.;








manque du despotismie, en arborerent: les enscignes
e t bupplecrent:a la force par rhipocrisie, Leurs cotni-
tes,laurs assetnblets Icurs garden pretendues nation
iales, furetit les digues at imnoyen desquelles its
iruret, preserer diu torrent revolutionnaire ,ce
colotse infornie de vicis de prtjuges'et de barbaric
qrils appclai nt Sysim colonial.
U lti is maatres de au torit il devirtent tyrans
impitoyables. .Lurs enfans de tcouleur fureut exclus
ttde asetnbles :primiires 'et ,e ptarnt plus sortir
csii$vsIt$ sans utne permssion etcrits d representans
e Ila sclasse privili t eg Les blancs soupFones de cs
&clairer sur leurs droits, furent ploug's. dans des
eachors ( 1); cesux q ui redigeatat on faibaient ,:ir.
culer des pettiions, furent massacres (!) ou pendus {3)
diquti'entibt; cubtx qioi' accusait de teuir 4h
assemblies secirttoa 4.} :ibirtt e ~lni.me sort; les


S(i) Coton Arg s eX t un autre dont naom m'est ecnappe,
irote -!moudit datis les fers.^
() Ferrand te Baiete, Snictha) au PetGs iGoie et t t
ttco' pLeti t e corps t lStls ent pieces, poir avoir Tradia 'uae
pkition -en faivurdds honites de couleur.
,p en- d I, ** "
( ) Lacombe et Gcnty, homme dAt cauleur, endus au ap
,_sr la Place Clugny, r r sentence du Conrieil, pour avoir oolm
pot 4tine petition; fae pignataires emprisonies.
(4) Hatrel et D)iAel, homes de fouleur, le premier d
Plaisance, le second de Limonade, massacres dtans ieurs masons,
leurs ttes portees a' Cap.
On ingre libre, pecheur, assassmepar deu dragonsdu Cap,
pare Qu'il haltai sona tanot i tcrri' i 'heures adi sir. On


i r
.1 I,
c







( i3 )3
noms des philosophies don't les crits Ccairalent la
Fiance sur tant ld'hoireurs, furent voues alex&cla-
tion, et pour former tnfin toute issue la- plainte,
pour enchamer au pied des montages du Nouveau-
Monde une second_ flois- epouvant es "des furetrs
sanguiliaires de la cucidite les ge~iissemens de leurs
victims, ils arreterent les correspondances des hoommies
de couleur avec Ies fran;ais, et renvoyerent en Eu-
tope, sans les; avoir raises descendre i terre, ceux
d'eritrtux qui venaeint se rejoindre aleurs families.
Tandisluec ces peres denatures epulsalent sur tears
enfans a Sanit-Dominingue, ls tortures de linquiisi
tion la plus crutell tandis qu'ils' touffaient daid
leurs cuters ulcers, 1' desir, si 1lgitime de Idliberts
e- u'1ils effaaieuti avec du sanh les ig nc "toichaiitic
de lcurs trop justes supplicatioins ils eriicdmbtriieiit
d'br en France, toutets s avenues du templee 'de
lois-, menaaie Ic.tCommrce ela Mtr eopoe, at
absorbaient, pr tes aamineus de r'orguiil, la voix
lkirtd y de r'humanite& :

preterit qu'il voulit "aller eft plaire sanf permison criini
ftt impuni comme tous les autres.
.oly hoImme de oildeur, sexagenaire, jet' dins le cacots
de Saink-t.arc, il en sortit imoyennant 0o0,ooo lives. On avait
inteecepte une lettre de ses .rfanms;qui, tblissanft und habitation
fort eloigne de celloe de son pere,lui demandaient des vivres.
On donna ceite lettre le sens d'une conspiration.
Je pourrais cite- aeatecoup d'autres fits qui apparticnnent,
pat lcur dates, a i-C o;,se~ment de la revolution mais caltn
de sos 4vp" uy ssev.






( '4 )
.Un home de contleur concut ,Paris le ginc .
reux desstin d'a rather ses frirn;s I'oppressioltu, 1
cut le courage de le dire, et son signaclement fuat
cnvoye & Saint-Domingue. Qg penctra dans son
pavs malgre les argus de 'ini uisition coluniale, tt
reunit dans la campagne So0o d-e ses frres, don't le
tiers au plus put se procurer dJes armes. Entoare de
ce faible renmpart, mais fort deka l :stice de sa cause,
il r1clamiat, des Assembles et du Gouv; emernc
lreIxcution des decrets du 8 et du 28. Mars, i.I
reconnaissaient, quelques droits avx hoinnes de couf t
lear On lui rpondit par une decarution de guerre
ses freresn meies rentt forces de se joindre a leuars
perscuteurs et de marcler centre lui. Yaincu. par Ie
nombre, la force et la discipline, i. se sauv ,dans
la pirte Espagnole. Le gouverne.ent i qui: les
Colons blancs ne 1endaient son autorit que das, les
circontstances o elle pouvait serr uirlau depot iu i
fit leur prlere, des demarches pour Is, ravoir Le
President Don Joachimn Garcia les Iivra sans -dif~E
c ute, et its furent juridiquement a ssasiins sur la
Place d'Armes du Cap, au mepris de .tute les I
lois. b! 1
Les hommes- de couleur a qmi ln avait. dnn des
armes pour, les ,combattre, furent dibarmin, aux. ap-
prochei de cette horrible jotatnee. .
SOg et Chavanne petircnt sur un echaffaud, Tautres
au nombr de e i furent peridus ssr la nmee place, et
i5 don't la plupart etaient dcs enfans, furent marques
et conaamnu s au. galeres.
40,






( I5 )
Croirait.on que lesauteurs de ce massacre alTrcur,
late par la nouvelle 'd'u decrct qui ordonnait Ia
suspension de toutes les procedures crimiiells ont
clierchc Ie justfier? Ils ont pretcndu que les horn-
nies de couleur n'taient pas comIipis dans lcs de-
crets di 8 et du a8: _. ars, et que Iitrs riclmatons
etaicnt revolte. Si je mieftais propose d'entrer en dis-
cussion, ils me serait facile deprotver qu'ils etaen
comprise dans ces decrets, et queue d'aptes ces prmi-
cipes inmine que leurs accusateurs ont 'air deproflsser,
on n'est jamais rebelle loisqu'on se, lve contre -rp-
pression ; je pourrais dire a ces lacihes accusateurs
que pour se recuser d'eux-nemies, ii leur devrait
suffire d'avoir eit parties, juges et bourreaux dans
cette affaire execrable davoir gorge de sang froid
leurs enfans, et d'avoir hate lear supplice au bout
de deux mois de tortures de crainte qu'une loi deja
announce ne vint renverser les echafauds; mais je
veux me corner a rapporter des fits.
Sans doute quelques hoinmes sensibles verserent
des larmes sur Ie s sort deplorable de ces victime-
S infortunees, que l'impuissance de leurs fibres dtsatr
i nes et pour ainsi dire perdus dans une immense
population, abandonnait a leurs asrssins; mais les
Comites et les Assemblees regardireut leur suplice
S come un trihomphe : la nouveile de la prise d'Oge:
avait port lajoie dans leur sein, celle de sa mort y
S mit le comble, come si les droits5 des homes
de couleur talent deceudus 'avec lui dans le
Stqnbcau.






r -- -1":'ie' :L L .. 1
La pudeur du crimtr n'xistait plus lergn de l
terreur se raffermit, la force arracha de nouveau Ie
scinetic de respecter la couleur blanche ; les'empriD "
sonnemens arbitraires, les proscriptions, le pillage et
I'incendie des propretes des homtnms de couleur,
leurs tetcs nii s a prix, nefurent plus que des pre6
cautions nrecessaires pour la suirete publique. L'effer.
vesccnce .tait extreme; les Assemblees dans leura
dresses a V'Asseiible, national, menagaient ( )
d'une rupture avec la France, si elle osait prononcer
.i --- -= "
(i)....... Mais sur-tout elle ne sacrifierajamais(la Colonie)
a un prejug" indispens-blte 'a 'rgard desgens de couleur ,...
Quand aux negres, la Colonie'ne souffrira jamais que ce genre
a de proprioit soit compromise ni qu'iI puiss e a re avenr....
s Mais tant que la Colonie pourra conserve des inquitudes sut
v ces deux objets qui sont dans le faith, de son regime intc.
a rieur at n'interessent gucre la France jamais i! n'y aura de
pacte durablee entrclle et le royaume..... Alors il ne regterait
Sppeut-etre plus aux Colons qu'a s reunir pour le desespoir qui
i ne produit que des resolutions funestes- ,. trait de cinq.
paragrapies dune adresse de l'Assemblc du rd de Saint.
Domingue d TAssembl/e national, en date du 28 Juin 1790o
a Dans cinq paragraphes, 'Asiemble du Nord vient de
fire la profession de foi de r'Assemblee generate, elle ne pou-
vait tre plus complete ote 43me. du Comite de Redaction
de tAssnembldegneirale de Saint-Afarc.
Ces deux points sur lesquels les assemblies de Saint.Dominguc a
i'accordaient parfakement, forment ha pierre de touche don't se
servant les colons blancs de Saint.Domingue, soi.disant repu.
blicains. Cei deux points biR knonces, dimasquent les
iritables traitres a la patrie, et donnent la clef des injustices,
des cruautis et des calomnies don't les homes de couledtr ont
cte, sont et seront .encore 1ubjet, si les autorites constitutes
n'y prennent pas garden,







sur Fttat de$ homines tde couleur. C Itait announcer
tout ce qui s'est passe depus.


Le dort des HomniesC e reuih'r eiEnt'l us af,.!r d
esr h eAsicmti s le iiiiitale-s,fil. h
ine~ ure que l'A.su e s'] li *lus c i.
recent en Icu f eur.

Le ddcret du r5 Maii arvnt a Cap et la furenr
fut a son comble. L ,s disruits s'aseblienui en;
tumult, les membres de FAsscmublie se reuairent;
les motions ls plus violeiites frent les mieux ac-
cucillies. On vil les navigateurs eurbopeells insults et
ialtraites jusques dans leursa ngasius '( ), Pabbe t
Gregoire, pcudu en effigie, et les h6nimes de cou-
leur, nechapper atu massacre ue par la fuite. La
mautaise foi j ettant Ie masque, prop -sa de briler
Ssur la Place-dAinmes, tous les timtres de creance des
Boi elais.; Iorguc il dans soB delire, voulut poorer
S la torche .. board de leurs vaisdeau,, x hipoaisie
de'clara que ia colonie etait en danger (2 ) et aucun
navire te put sotir :de la trade. Un seut partit en
arisot poiir ia -France, avec des protestations et des
depeches dictees par la dupficite.
Ce fut au milieu de ces orages que osai publier le
rdecret dut 16 Mai, les sages predictions de lMoine
I

(z) Le capitaine Pevileux et ut 'autre don't le tnom m'est
cchappe, fillieti nt re penduts
(z) Ce, n'tait pas la coloaie, mais bien les homes de
couteu.,





-:( .. '

ron ( ) etles addresses seltilmentales du department
de. a Gironde; car oni laissait ignorer aux hfromues
de cotleurjusqu"a la cause des inouvemens diriges
contr'Cux. Mlo audace nme cuoltat cher je fls arlete
a litstant( le 15 Juillet 1791 ) plunge dans un
achot et prive tic toute co-niu4lcation; des attrou-
pemens considerables de blancs demiandaicln ma tte ,
on voulait me penidre, ume. fittiller ou me mettre
en lanmbcaux. Ah si ma mort les eut rendus plus ,
justes et plus sensible, j'aurais dulan ns quit la
vie avec queque consolation.
11, tait 3 heures du mantin ( nait du i5 an 16 Jail-
let 1791 ) lorsque le bruit ds verrous fiappa moil
oreille. Les portes s'ouvrent, des homtnnes arm6s
Mn'annoncent brusqucienti qtitil faut les "suivre. Je
demand quel e) t amo crime, on me respond par' des
injures et par des menaces. Jecle d a violence et
je vois ume arme4c 1,50oo homml4 u t au moiTis bor-
daient la hale, sur deuxt r:ngs depmts l Ciaip-de.
Mars jusqu' la caalle de l'arsenal, o je fis escorted
sous la surveillance dcs me'ubrc s de 1'Asstmblee du
Nord qui s'etaieit irU1Ls avec leurs satellites ; tout
se taisait. L air ie retentissait plus "dcs clameurs
efftayaltcs de la jouiIri, i l sc r el atsse etait plus
renechie. On tta:It cJilivcnu cd'bserver Ie p Is pro-
: L *ti \ 1 1 1 .! --- : '
(x) Depute de I ise-d, France. Tout Ie nonde scait que cette
colonies na pas cessc d etre tranauile et florissante, quoique sa
population soit melange conle ellNe de Saint-DIoingue. 11
Cst vrai que let blanc y furent justes sans prejuges et de buhne
fo., "
'i "


r 1







fond silence, de cirinti disait-oin que les Iroinmes
de .cowllcuri' enllhte h ct dIs1Is Ne ust dciict niL'eUt-
lever. Arrive au bold de hi mnler e tus cipth
d a "" "
dats mne chaloupc que dix i.utres cuutouraen; toutes
decorees .du pavilion tricolor (). Les Abiies de la 1
rale me deposeient a .ord d'un naviie p1.itart pour
Marseille,, L'ordre edit de l'Assenble au capitaine ,
portalt de me recevoir a son bord, det iuly ti lter en
coupible dt cre de hze-nation et. de. me livrer
S.counie tel a- la municipahte qu'on supplut, par
des lcttrcs pressanies, de me rejetter d-ans ies fers.
Par un.rAiunecimet de cruaute, je fus embarque sans
iinge, sans argent, sans ivres sur un batiment qui
devait a-.oir, conmm"e i t ei en ffet mois e
JtavTet e n'aurUas pas mis pled re en Europe
Ses ni iat ots eussent voulu croire aux in sinuations
inferates der mes perscutcurs' .
C ep e t-' r c
.Cependant: tduts les villes et borg, talent en
:armes e ce q on appelait des precautions n'taient
.quoees prepaiadtfs de Ia prfidie. La posibllite de
Ivaitcren momen ta iaustice par le mensonge, et
faisant.Prclvoquer le deccrt du i5 iMai, au noyen des
agens quits avaient en France, te.rassurait pat en.
tieremernt les eoy s idisant pcpiulaires de Saiintt
S- Domiiue ieie pouvalelt se disimuler ue e
Sltiuiies de .couleUr obtiendraient ou taid la_
e, u '- .4 0 I t tot
I- 2 7 II i' I _
i -^, -,_ .
S(t) Les colons blanco po talent ilors au Cap la Cocarde natio-
niate come its la portent present en France et dans lesE tats-.
onis, et la cocurde noirec onime ils Ia portent chez les Anglaisa
t 1 C a

"0 6
-""" s










jooissance de leurs droits et dans cette conviction
inime, le plus sir moyen de empecher etait de
leur arracher la vie : ausi les assassinait-n par-tout
avec inpunite et je dcfie de citcr un seut blanc
qui ait etc condamnei pour ua faith de ceute nature,
C'eln tait fait ide toute la race des honimes de
couleur, si le bcsoin qu'on cut I'eux pour combattre
ks noirs iisurgQs, n ,tavait arrete leur massacre datis
la province du Nord ( ) et si dans celle de rOuest
et du Sud its n'atailet enfin pris hI resolution do
se defeudre.


( ) Le t) 'Aoxt, jour oei l'insurrection des noirs icata, dix.
sept homes de couleur fore :t fusills et massacres dans les mes
du CAp par des blancs. Envain les spouses et les mires trem*
blantes, se jettaicnrt aux pieds des assassins, rien n'itait capable
d'imouvoir ces tigres alttrs de sang. ls allaient achever cc
sacrifice horrible, ou 1'ge ni le sexe nt devaict etr respects,
lorsque des envoys de lAssemb(lie vinrent suspendre les glaives
mnenajans: Ne tuez pas criaient.ils de toutes leurs forces, ne
, tuez pas, nous avons encore besoin d'eux ,. A ces mots les
bourreaux fremissant de rage, abandon ent leurs victims et le
eigiment du Cap, second de ucquelues particuliers blancs, les
renferment dans eiglise des religieuses, ou une garden puissante
put scule les preserver des nouveaux access de fureyr.
Trois jours apres on les arma contre les noirs insurges. Cc :x
qui avaient et6 fouettCs et marques dans 'affaire d'Ogi, furent
mis en liberre et employs dans cette expedition.... Ici Ia peur
comaanida la justice et lui donna le nom de climence.






( ai )


Les hommes de codlour se mettent en s~ir Ie d feisit'v
reioussent hurs aIgrseurs c ktes ji'ccuti & rcavhtiire
leiurs droits. k

Le d sespoir double les forces des opprimr s. Anssi
les hommes de couleur furent-ils invincible dans
leurs retranchemens. Ceux. rifu~is sutr Ia niontagne
de la Charbonnuie ,r mirent en deroute les dragons
de I'Espinasse qui etaient venus ies provoquer et se
rtaissapt bientt a la Croix-des-Bouquets. avec teurs
frercs de diffirentes paroisses ils braturent et dis
pers&reipt, ap camp Prni r, ls forces sorties du
Port-au-Princ pour les etertiiLcr. Les Afriain
1' U'on avait armes coitr 'enx se laserent bient6t de
leurs dcfaites et embrass&rent la causedede leurs
parents maternels,
Ce n'itait plus en effect ces agiieaux tim ides doit
le sang arrosait chaque jour les autels de. iorgteil,
,c'etait d'intrepidcs vengeurs des droits de la uature
outragee et des manes plaintifk de leurs frrres c' itit
;des heros vus iu a mort, arrachant Ie couteati sacr
atx mains debilcs du Grand-Pritre et faisaut pltir
les oracles ... .
11 ne falut rten moins que les succs des hoinmes
de couleur, par-tout attaquis et par-tout tiiomphaus
pour acfier dcs coSncordats et mettre an termue moo-
iiientant a tette guerre .affrese
\oS rougirCz d'apparteuir a i'espece luraiuc,


+


A


ii r .j








voons qui i'histoire dta qu'it fut nn coin du monde
o6 1on vit -e p(re arme centre le fils, le fits centre
le perc donner et ecuvoir la mort, se baiger dans
hcur propre sang et lai'ser au sort dcs commiats da e
clr si le P're s,,urd "t la voix de la nature et
rcbctle a tout es le ois, sc::'it du mois just envers
sot etnfant.


Cotifznce des hIz mies de col0,ur violatim des
con'orhda!t par la vile du Port at-.Pr'inc.

Ces traits ne pouvalent etre durables que par la
bcane-foi reciproqui des parties car clls aliaient se
reuuir de nouvean dcans la tmeme eIce lte, y c;-cutcr
ensemble et se trouver toujours en pretence.
Attires au Port-a-Prince par les instances rcie-
tees de la municipalte les honmmes de couleur s'y
crureit eni saretc. Les sermens, les demon stations
d'amitii, lcj cmbrassemens, lei larmnne d'un cninteimi
vaincu, tout concourait a lcur inspire de la con-
fiance. Codmment auraieit-ils pu se persuader d ail
leurs qu'on cut elfreintides actes contrictes par une
ceremonie refigicuse ( 1 ) eux 'qi crovaiteit a la
prob it, il la religion ?
Mais tandis qu'ils sc liraicnt aux douceurs d'une
nouvelle existence, a perfidie, dans ses sombre's
LL ----"---.----

f i La n cin rcipalit atit fait chfnter un Te Dertm pour tcndre
pkUes I %re siupr~nin de cette aiiusse ricoi~n liiUna.






(3 )
demeares, forgeait les foudres qui devaient dB iper
les nuag.:s trompeurs de i'illusion et nattend:iit q:' uIU
moment favorable pour les taire eclater.
11 se present bientut. Les hommes decontueur se
f#posant sur la foi des traits, sempresserent pour
la plupart d'aller sur leurs habitations rejoindre leurs
feMnmes et leurs enfans, et se dilasser dans leaus bras
des fatigues d'une guerre force. Alors on ne garda
Plus de mresuies avec ceux qui restaient en vuile; is
etatlent en petit nombre; on les troubia dans leuts
ftes on les insulta dans les rues. Un Africain libre
noinme Scapin, don't les bons rnots a-vaieut plus
d'une fois deride le front severe des blancs voulut
plaisantcr avec eux. On lui donua quelques coups de
baton, it se ficha, on le pendit a ilatt l erne de
1'hotel-de-ville en presence' des oqil:iers mD iiicipaui.,
malgre les remontrances et les supphlcatiorns de quel-
ques homes de couleur qui eurent bicn de la peire
i de saver dans leurs quarters bit its apporterent
citte nouvelle. Dans le mein monimc1t passe un blanc,
un coup de fusil part et hli case la cuisse.
Oa crie au crime a la sceicratcsse ai la trahison
La gtncrale bat, une assenmbee dc paroisse a lieu;
la question de savoir si ~ e cocordat sera maintenau y
est agitde. Les huimmes de couleut en attendaient le
resultat dans leur quarter, lorsqu'ils virent les trou-
pes de lighes et la milice blauche s'avancer sur plu-
sieurs colonies. Assaillis par une gr-le de b:lles etpar
une noinbreuse artillerie ils se detin-lirent qielque
tcns avec rintrepidite du dese ,uir; mai bicat






( 14


, accabIls pIr-l nombre et la puiss;ce irresistible des
cgaons de Praloto, its firent retr-iite daus la plane.
Pendant cctte scine perfile on lusillait dans les
rpes les ferms tnes et les enfans de couleur. Madarne
Beaulieu, enceinte de 7 mi, toauie e.va'ouie entire
les bras de sa tnre, inomnimee Francoise Papilleau:
un forcene sort de sa. aison tire sur elle deux
coups de fusil et attendd more sur la place; les balles
briserent a main gauche don't la mire couvrait
le sein de sa fille.
Uu enfant de couteur d'environ deux mois fut
arrache a sa nourrice ec port en tropheb an bout
d'une bavonette.
Des que les honunes de couleur furent sorts de la
ville (elle Iut livre a i incendie ( ) et au pillage.


' () On a accuse les hommes de couleur qui n'y etaient phus,
d'y ivoir mis le feu; mais ne les a.t-on pas accquss de la viola.
lon des concordats ? Ne dition pas chaque jour: comment est.il
possibe qu'ont nous attribue rincendie de nos propriedts? On
publie sans doute que les homes de couleur avaient aussi des
maisons au Portnau-Prince, quils pourratent tenir le meme lan.
gage; que jamais on ne les entendit dire: 11l n'et pas besoin de
Svilles dans la colo;ic ci's y sent t op d. .Wcr uses. avcc quetle
a joie nous veornions brukr nos mnsotns ,pourvu que ces maut ites
Svirlles nexistassenft phiu. II ne inus fit ici que des entrepOts. On
oublie que les homes de couicur n'avaient point a leur soide
cette ecume des nations etrangeres, ees" renegars Napolitains,
Malthais, Esclavons, etc. toujours prCzs a prendre la torche ou
le poignard quand on leur procttrait le pillage. On oublie encore
que les homes de couleur n'ont pas dit cenit bis dans les assem-
blees primaires d'oa its ttaient exus : P'hi.sc t noW noittl et
nos biens avant i;: nu1is L ::.:Uati, ces -ns.l, parnmi nour t
Toute


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4~

Vt: .:
4'


I1




I .[



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i,
it' l




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Toute la rage se port, sur les femmei, 4es files 'et
les enfans de coulear; on voyait ces malheureascs
S yvictincsa s se precpiter dans la mer pour joincdre ies
chaloupes Europecunes qui s'eloignait aeec horreur
de ces rives abominaMles, allaient se rafiget It long
des navires;, d'autres entassees dats les pritohs atten-
daient la mort. Li nommee Victoire Laroche, agee
de 60 ans, fut hachie i coup de sabre it jett"daus
T'es flainmes.-


D'aytres Paroisses violent awsssi s t Cocord js et se
frt :ats plus horribles exces a:cnts -es Hommes
de cQtUur.. ..
*_ 4 ,

Idegret conustutionql, ,d.U mois ,d Septembalr A 9 i,
qui declarant que les coloteAg u'etient.pas compritsl
dams la c.ostituion ,itvoquitt, par ceue declaration
.mtire,, to,tes les loi~rn rfnes aiantreuretement el
faveur des homes de couleur et mettait leur sort
entiree les mains de lcuis enuemis,, achevtrent de lever

On a -a .vodjstifier le massacre des femmes et enfans de cou-
lear qui cut ieu pendant fincendie 4d Port-au.Prince, en distant
u'on les avat pris sur le fait? A.t-on jamais vu deshommes don't
les liaisons brklent, passer leur teams a egorger les veritabies
ou. pritendus incenditires, au lieu d'eteindre le feu, moins que
6., *., Ahh! Messieurs les Citoyens, votre cocarde ne couvre pas
tout-kfait le bout de- loreille; ou elle est trop petite eu I'orcill
est trop grande.
i. *






(*6)
tous is.jcr.p4Jes de ces derniers. Ce fut alors que
les opprimes .sentirent tout le poids de la vengeance
de leurs oppresseurs, et qu'is eurent a se repentir
d'avoir ose secquer le joug et. fire des traits ou
Iforgucil avait Ate force dc s'abaisser.
Au .Pbrt-de-Paix is firent couverts de changes.
Entasses dans la calle d'un navire, privis de toute
coWimuication avec leurs eponses, leurs meres et
leurs scirs, ensevelis danr ordure livris toutes
les horreurs dt la faim, de la soifet du disespoir,
combien de fois ne furent-ils pas trduits A faire
des voeux., pour qu'on se rendit aux cffres infer-
nalkes ,des de, ~ plus riches habitans (t) du, quarter
qui promettaient 13S,ooo livres a ceux qui coule-
raient a fond le batiment qui leur servait de prison;
mais iu fat diid6 qu'o eIts enverrait au Cap oi
Aks nobtintent teur ilargissoment qu'aprts la Iubli-.
cation de la loi du 4 Avril.
Tous les'blancs de la dependance dii Pbrt-de-Paix
qui avaieot epoUse des femmes de coeutir, ftlrent
fusillis entr'autres let deux freres Gregoire; Jacob
le Vacher Borgella fith et :Coizau, ce dernier atait
avcugle.
A la meme epoque les hommes de cottleur de la
parties. du Sud prouvee4tet, de nouveau, des peril-
0 dies de tous les genres; ceux des trois paroisses de

( ) es habitans sont trep connus par leur fortune et par e
trait de firocite pour qu'il sIit n&cessaire deles citer ci. L'ua
est mert, rautre est a Charleston.







Ia dependance de' Jacmel furent chassis 'de leur'
propnetes et assassins par-tout o6 On es rencon"
trai t.
SQuei ne puis-je tirer le rideau sur lei abominablet
exccs o0 la cruaute reflchie.des planters de Jiermime
accondes par le rebut de la population des antres
quarticrs se porta alors envers eIs homes de cou-
leur. Constamment opp s aux lois qui leur talent
favorable, constamment obstines ai-s refuser i touted
espece de concordat entr'cux ils n'eurent qu'ia dire
un mot par la voix de leur, municipality, et ces homn
mes simpples et confians, rendirent ies armes qu'oA
leur avait donn es come, ailleurs, noni pour la
conqucte :de Icur liberty, mais pour assurer a leurs
ennem s une pltiu grande some de tyran' sur les
esclaves et sur cux -miemes
Leur desarmemnat fut bientt uivi d'une second
', o^. t i ,, !
proclamation de la municipality, datee le 3 Dicem-
brec et qui enjoignait aux capitaines de district de
les- conduire tous sans distinction d'ige, au bonrg,
mn pregnant de sages precautions pour prevenir le
; danger. Cet ordre fut en grande parties execute; la
imaoritte se laissa persuader et se renidit i l'hotel-de
ville sous escortede de plusieurs -ditxchecmens arms.
Les habitans du bourg qui cs y atteidaient, ne
purent contenir les monvemens d'une oice barbarbe:
J la manicipalite, plus habile, sIt mieux dissinuler.
I -plu, h' -i*
,M. Plicque qui la presidait, dit aux homes de
tcouleur: L. Le quarter est en danger dans pres'j
s toutes les parties de la colonies, les tnut; o
,. -)






( '8 )
s, commis des crimes; ponr empecher que vous ne
,) deveniez vous-memes coupables, nous avous cru
, devoir vous disarmer et vons envoyer a board
, d'un navire; i la vrite vous y serez un pea
a genes, mais vous n'avez rien a craindre, c est
st une measure qu'exige votre sfirete personelle,
ss votre detention durera huit jours tout au plus $c.
It y avait dans la trade dl rexmie un navire arrive
d'Afrique, appelti le oJVo Amour, Oai restaient
trente noirs, squclettes vivans, luttant encore centre
la mort, qui dans tespace de six secmaines avoit em-
porti a5o de leurs compagnons d'esdavage. Ce fut
dans la calle de ce navire empeste, ce fut dans cette
biPre flottante, impregnee de tous les venins mortels,
qu'ou ensevelit les hommes de couleur au nombre
de trois cens. Un certain Mignonette, officer de la
garden pretendue rationale, vint a bord ai la tite d'une
force armnne et des forgerons du quarter, pour les
mettre aux fers; on les enchaina deux a deux par la
main et par le pied: les officers du navire returent
I'ordre de fire former les coutilles ia cinq heures dt
soir, apres avoir fait 'apel nominal et de n'en
permettre l'ouverture qu'i huit heures du martin. La
municipality nomma commnissaires-inspecteurs de ce
lieu de desolation, Navarre, Ravaille Stacot, etc.
qui s'y rendaient chaque jour avec les forgerons
Clavery et Roully, pour visitor les barred et Its
xnenottes.
Quelques homes de couleur de Jiermie, mieux
instruits que leurs frires de cc qui se passait duns les








autres nartiers s'etaient defies des proclamations
insidieuses de la municipality, rifugibs dans Ics en-
droits les plus caches de leurs habitations, its etaient
bien resolus de ne pas se rendre a ses perfides invi-
tations. La municipality prit un arrete qui les declare
rebelles, et mit leurs tetes a prix. Le noir ( ) qui
en apportait nne recevait cinq portugaises pour re-
compense; celui qui i stinguait dans cette cliasse
inventee par des tigres, obtenait sa liberty.
Lachaise ( ) sortit; a cette epoque, ta a tete d'un
ditachement et se transport d'abord sur I'habitatioan
de Simon Page; une negresse seduite par ses pro-
messes lui apprend que ce malheureux s'etait refuge,
avec sa famille, sous une vote naturelle qu'il avait
decouverte dans ses bois. Le monstre I'y conduit:
Simon Page se voyant pret a tomber sous les poi-
gnards de cette troupe forcenee, se brule la cervelle.
Lachaise lui fait cooper la tete et s'achemine ver, Ia
demeure de Baptiste Page, avec cetshorrible trophie
portee au bout dune bavonnette, sous les yeux d'uae
spouse et d'enfans enchaines.
Baptiste Page etait chez lui; ces barbares Fana-
chent a sa famille en pleurs et le trainent devant sa


( ) On avait persuade aux noirs de Jrcmie que les homes
de couleur voulaient les egorger. On les maintienttoujours dans
cette persuasion, quoique .les noirs soient libres et d*ac~c;rd ave;
eux par-tout ou flotte le pavilion fianjais, malgrc les mamneuvres
des Anglais et des faux r6publicalns pour kes diviscr.
(a) Ancien Garde-du.Corps.





( So )
porte. Au moment oi les fusils se djrigent contre
lui ii declare au chef des otourreaux qu'it a cache
5,ooo livres son argenterie et ses bijoux, et lui
indique I'eadroit it le supplies de tout rcmettre a son
spouse ( ), et recoit la mort. Sa maison est fivree au
pillage et a i'incendie, sa ttte reunie a celle de Simon
Page, est envoyee avec les deux families enchailees;
au bourg de Jertnie, oin les deux tetes, apres avoir
iti porthes en triomphe datis touted les maisons,
furent exposes sur des piques au bord de la mier.
les femmes et les enfans furent plonges daus les
cachots.
La troupe de Lachaise continue sa march la tor-
che et le poignard a la main, lle incendie les habi-
tations de Simon Page, Rousel, Guenoix, Franois
l'Evaque Louis Broh, J. B. Azor, Louis. Lache-
ville, Charles Bureau, J. Jacques Boncy, Malbo-
rough, Jeau Boca, Laneau, Monery, Pierre Lafond,
Jacques Lafond, Noel Azor, les deux habitations
Bernard, cell de Perrier, cells de la succession
Emond, de Noel Page, d'Antoine Bernard, etc.
Ceux des proprietaires qui s'echappent au travers des
flames, sont massacres ( ), d'autres pris quelques
jours apres furent fusillis (3 ), quelques-uns trainme

(x) Sans doute Lachaise a remis ces objets i quelqu'un, car
la delicatesse fut toujours une des vertus des heros coloniaux parmi
lesquels ii a brille avec tant d'clatt; niais ce n'est pas la veure
qui les a requs.
(2) Monery, Pierre Lafond ee Perriert.
(j) Jean Boca et Lanemu.






i (3)
rent long-tems au fond dc* b-ois une vie languissante
et toujours exposee aux assasssins gages de leurs
ennemis.
Guenoix et Rousselle vovant la flamme dcvorer
leurs habitations, sortent de leur reuaite et se rendent
au camp des Roseaux. On les anere, ils sont con-
duits a a uunicipahte.i Le premier en se presen-
tant a la barre, regoit cent coups de sabre et de
p'oignard; son sang reJainit jusques sur les ecliarpes
des officers mumicipaux. Rousselle est masacre par
la, garden qui etait i la porte de Ph6tel-de-ville, leurs
tites sont exposees en face de cells des Page, leurs
femmes etleurs enfans plonges dans les cachots.
Le lendemain le malre Bavoux, avant a sa suite
es -commissaires.inspecteurs et les forgerons, se
rend a iord du navire ou etaient rentermes les
h oomfies de couleur, il ordonne la visite des fers et
fait rassembler '"equipage pour lui donner lecture
d'un' arret& qu'il affiche au grand m6t. Get arrete
recommandal8 au les prisolniers, promettait recompense a ceux qui
s'appercevrarent de quelques fractures dans les fers, et
Scdndamnait a la corde tout detenu qui tenterait de
Ssevader.
SCe n etait pas assez, on encouragcait a terre par
des promesses on encourageait par des rocompenses
I les ddnonciations contre ces malheureux: leurs escla-
V es meme- talent admis en temoiguage, on leur
j donnait la liberty, lorsqu'is deposaient a leur deba-
vantage.






(Z2)
Ravaitle ailait chercher a board les accuses et les
conduisait la municipalite ; la on ts apliquait a
la question; des tortures bien plus cruelles et bien
plus doulouieuses que la mort, leur arrachaient l'avcu
de complots ou de crimes don't ils n'avaient jamais
cu I'idee. FranCois Menadier Viard, Simon Julien,
Malborough et Cadet Delumo, ont ete pendus
d'apcrs une conviction de cette espece.
Dans ces affreumes circp9stances, Lachaise, capi-
taine general de la pretendue garden national, est
replace par Maffran (a); celui-ci se porte d'abord
aux Irois ot 6o homes de c'ouleur etaient aux fers
i board d'an batiment; i1 en choisit o auxquels it
done des arnnes pour combattre ceux de Tiburon;
mais lors qu'il fut ordonni de faire feu sur leurs fr&es,
its refusCrent d'obeir; Maffran les fit arrter et rem-
barquer, les envoya chlercher le endeuatin et les fit
tous pendie au mmi e arbre .
Ceux de l'Ilet et du Cap-Dame-l arie, furent
ttrnsferes les fers aux pieds et aux mains, Jeremie
sur d'autres btinmens. Peu de jours apr4- jeur ardi-
vie la paroisse de Datie-M4rie reclame Vincent
Ledent, denounce par Duverger, son voisin son
implacabi ennemi; on le livre et il et efusille en
inettant pied i terre, sans aucune frme- de procrs.
Ceux de la Cayemite, egalement arrites avec
leurs femmes et leurs enfans, furent tous embar-*
ques et mis aux fers. Leo femmes enceintes .meme

() Garde-du.Corps.
'inspiercnt








n'inspirerent aucune pitie; nulle solicitation n
put obtenir pour elles la faculty dedesce;dre a terre
et d'y fire leurs couches. Une priscm fut le berceau
des infortunes qi elles donneirent le jour ; ils
naquirent as milieu des chailtes, des lanmes et des
cris de d~olation......
Louis Lachicotte, Iun des detenus de la Cavemite,
ayant et denonce pare d'inrfmes enuemris, fut con,
duit ii la municipality qui Ie condamna au gibet. On
le train au pied de la potence. La, au lieu de le
pendre, on lui amputa les parties, on lui coupa Ie
nez et les oreilles, on lui creva les yeux, et 1'on
poussa la barbaric jusqu'a lui laisser encore la vie
pour prolonger ses tourmens.... II expira 24 heures
apres.
Au bourg de Jermike, l'ipouse de Guenoix et son
fils agr de 12 ans (s), apres avoir gemi pres de trois

.----- --- --------------r- ------- ---^-, `
( i) L'interrogatoire que subit cet enfant est digne de figure
dans l'histoire des atrocites de ce siecle. Tant6t on lui faisait
esperer sa grace, tant6t bn le glaqait d'effroi par l'image eruelle
de la mnrt, N'est ii pas vrai, l i disaient alors ses bourreaux
deguises en juges, que ta mere s'est dcegisee en homame ?n-
Oni, repondaitil en tremblant.- N'est.il pas vrai qu'elte a
voulu tuer des blacks ? ,- Oui.- tN'est-il pas vrai qu'elle t'a
dit d'en tuer toi-mi$me? n Oui repondait, encore cette inno.
center victime...... Et la terre ne s'entrouvrait pas!.,,:
Ce fut ainisi, ce fut par le double rmoen des tortures
et des promnesses de grace, que le Ccneit dc Cap obtint
ces declarations don't on fait tart de bruit, ce preitenadu t-. talent
du malheureux Oge, cette pibce d'iiiquit" qug produisent
E





(34
inois dans les cachots, furent condamnes A etre
pendus. Leur election eut lieu la Pointe. Un-cer-
tain Languedoc et d'autres, enfoncerent leurs sabres
dans le vagi l) de la mere, pour voir, disaient ces
monstres si elle nbvait pas quelque mulet ( ) dans le
venrre, c'est-a-dire si elle etait enceinte.
Cependant la contagion qui regnait a board di
iavire le- .Ouvdl A.nour, exterait son. influence
devorante sur les victiues qu'on y tenait ensevelies.
Soixante et quinze avaienlt deja peri de la petite
verole; d'autyes infects de toutes les maladies etaient
prices de tout secours, de crainte qu'ils n echappassent
a la mort.
M. Rengear calitaine de ce navire, voulant saum
ver les restes de son equipage adressa des remon-
trances a l t mnicipalite. Alors les prisonniers furent
transferes sur un brig et livr6s aux angoisses de la
faim et de la soif. On leir vendait une bouteille

encore avec tant d'impudence des blanks de St.Domingue, soi.
disant R4publicairis, des homes i cocarde thicolore qui crient a
tue twte contre la tyrtanie de I'ancien regime, lorsqu'it sagil
d'eux.m4mes et qiu applaudissent C cetre mime tyrannie lorsqu'l
1st question des homes de couleur. Mais qu'on-suive eette
nouvelle espece de repsblicains dans leurs actions, qu'on appreci
leiirs Lcrits et lent s discour, et I'on verra que la liberty,
I'dgalite et la vie dotlveut tre pour eux, 'avilisseiuent ou la
mort pour les honimes de'couleur, et 'esclavage ou hlaiort pour
les negres.
(x) La quaiica1non de mulKre n'est pas la seule don't les
peir honrient 'leIrs entns de coultetir S.dintaDunwmrng"IL i
les appellaient ausso mulets.





( 35
d'eau, deux et sonvent quatre ourdes (treute-trols
livess. Ce commerce infame valut i Rnaaille envi-
ron 40oooovres ; ses college imuils industricux
et moins actifs, ne firent pas a beaucoup pres d'aussi
grands benefices.
Un des prisonniers nomme Lapluye, hasarda tout
pour s'echapper de ce nouvel enfer; it enlmve une
pirogue ainarree au batiment, et cherche dans ce
frile esquif, a gagner les co6ts de Cube. 11 est pris
par :un caboteur nomme Genteline qui revenait de
cette ile sur la guolette de M. Charbon ramene 4
Jerrmie et pendu, conforme~ment a la proclamation
de la mrnnicipalite affichee au grand mat du navire
le Nouvel Amour,
La protection de la municipality de Jeremie nc
s'etait pas bornee aux personnes dcs homes de
couleur; Des l'instant qu'ils furent embar.ques etris
aux fers, elle fit descendre au bourg leurs femmes,
et placa sur leurs habitations des economes blanco
charges de fire preparer et liver les denrees a M.
Penquer nomme receveur ad hoc. Quelques jours
aprs le 11 Juillet 179l epoque on les d6plorables
restes des prisonniers,furent mis en liberty, graces aux
instances de l'adjudant-genefal Rochefontaine, ou
peut-etre a, l presence de 4o0 soldats de line qu'il
avait amen s, les fbnds provenus de eette recette dis'
parurent, ainsi que le Maire Bavoux. On ne put savoir
ce que ces fonds etaient devenus, mnis on 6teut pas
les mmcs inquietudes sur le sort du M1aire qui
s'etait emba qupe por la Jamaique oui i! a faith un
tr-lorng sejour. E






( 36 )
M. Rocheointaine n'ent pas le me^ie succcs lors-
qu'il prISenta la toi du 4 Avril aux habitats de
Jereinic envain ii conibattit les argument caduques
de 'orgueil et du prejuga avec les armes de la
raiscii et de 1a justice rien ne put trionipher de
leur stupid et firoce obstination.
Blanchelande y arrival le 2o Juillet 179t. On avait
ddja des preuves de Iaffection (i) qu'il portait aux
liomnmes de coulear. Aussi son eloquence produisit-elle
plus d'etfct sur le abiansabi du quarter qui s'entendi-
rent fort bien avec lai. I1 fait d'abord, pour la forme,
ordonne aux homes de coulevtr de s'issembler et
d'elirc leurs chets; mais le gouvetneur s'etant carter
dans son ordre de la loi du 4 Avrit, its adress&rcnt des
protestations A la muaicipaite, qui les retut et press,
erivit hipocritement uine sc~nde assemble. Tomany,
eitoyen noir, fat dlu premier, lieutenant de la com-
paguie des cito cus de coulear du Bourg; il n'en
fallout pas davantage, pour indiginer tus les blancs.
Un noir avec une epaulette on a pas d'idee de
-r evolttdnr qu'eprouve ( t ), dans toutes ses facultes
f ,-
'VI
(i) On salt qi0 ia rrivee du decret du i1 Mai au Cap, il
ecrivit au ministre de la maine qu'll verserait jusqu'd la der
niere goutte de Son sang plutit que de le fire exdcuter, et que
sa lettre communiquee a P'AssemblCe du Nord en seance publi.
que, fat envoyce a toutes les minicipalites et conit"s de la
Colonie.
(s) On observer peut-etre que le noir Jeatn Kina a part
repaulette a Jiermie, que mime il la tenait des blancs. Je le
sis je n'ignore pas non plus que tes Dames de JCremie 1'adLitN
~~~I- '.





( sl )
morales et phisiques, un colon blanc ( str-tout un
colon 1 Jereie ) a la vue d'un pareil spectacle,
ct si les circonstances le forcent a .e contraindre, ii
eclate avec bien plus de fureur 1orsqu'il peut le fire
sans danger ou par quelque motif specieux.
Quelque ters apres sanomination. Tomany se bat
avec un antre citoyen noir. On l'arrite, on le couvre
de changes et on le jette au fond d'un cachot. Le
durel qui fut toujours tolere t Saint-Domingue ou
les blancs se battaient chaque jour impurnement
cntr'eux, devient un crime irremissible i son regard.
, Les citoyens de couleur essuyerent patiemment
1'affront qui leur itait adressC dans la personnel d'un
officer de leur corps; is crurent qu'on se bornerait, a
le punir de quelques jours de prison; mais la longueur

talent i leur table et qu'il faisait les delices de leur sociCt;
mais Jean Kina etait an home uile, un home precieux,
qui se distinguait dans la chasse des-muldttes, et qui par cela
mAme, concourait puissament t empccher que Je're mie ne fit
litre aux Anglais. Aussi S. M. Britannique lui ast-elle fait exp-.
diet, dans sa colere, une commission de capitaine commandant
en Activity a laquelle sont attaches d'enormes appointemeas; il
cst actuellement au Port-au-Prince, et a sous ses ordres des
homes de couleur tires des prison-ships de la Jamai'que; on les
a mis sons sa surveillance immediate afi qu'ils ne soient pas
encore tentei de delenir traitres a ia France. Tout cela est fort
singulier; mais les Colons de Saint-Domingue,' soi-disant repu-
blicains, ne seraient pas embarrasses d'en donner lreplcatiui si
l'on en juge d'apres la lettre anonime d'un habitant re'publicain
de Je'rdmie refugee au Continent, inseree au o 3M3'.du Courier
.ranyais- de Pimprimeur Parent.







de sa captiote et le souvenir des evenemens antet
i ulis ieti dIluirret t cfil des inquietttdes sur son sort.
Le ti Fivrieri 193 ils s'assemblent dans les
quarters de la Voldrogue et de la Grande-Riviere,
pour convenir d une ad-resse i la a ninicipaite, en
faveur de ce ialthetueux don't ils votlaient re&lamler
e jugement. La municipalue, instruite de leur ras-
seiblemnut, les declare rebelles et requiert con-
tr'eux la reunion de la force aririe des Alricots et
de J&iremie. rois mille noirs arms aux ordres
de Tessier, et douze cens homes de ca:alerie conm-
mandes par Maffran capitaine &general de l'armee,
pretent le serment de les exterminer, et se metlent
ci march.
Les petitionnaiies instruits a teams de cette nou-
velle trahison, se portent sur lhlabitation Collimon a
la Voldrogue, d'oi ils crivent, par M. oMonet,
habitant de ce quarter le sujet de leur rassemble-
ment. On lear respondd en pressant la march des
troupes et de l'artillerie. Convaincus alors de I in fame
dessein de leurs ennemis, ils se haterit de .prendre la
finite. Leurs femmes sont arretees ,meurtries de cot-ps,
piles et trainees presque nues dans les prisons;
leurs habitation's sont livrees au pillage et i la de-
vastation ; teux dentr'eux qui tombent au pouvoir
de 1'arme sont haches sans aisbricorde, car les
tetes avaient ete mises a prix : Reitte offrait cinq
Scenes portugaises, Ba'ard en oftriat de Geoffroi son fils natural, etc. Bazile Etienne est
fusille au' camp des hauteurs de la Grande -Rivire,
o0 ii faisoit le service avec les blancs.
S






(39)
Un M. Cauchois demanded Jean Magdelon, qun
vtait camp i la Guinoday, pour achever des ouvra-
ges qu'it avait commences sur, son habitation. Dls
qu'il a fii, Cauchois va trouver Duhciine, capitaine
de district, et le Ini denonce conune ayant voulu
soulever son atelier. A I'instant celui-ci envoie six
aioirs qui le prennent, le client, Ie conduisent chez
S lui et lui coupent l tete 4en sa presence.
Le pea d'hommes de coulcur rests au Bourg,
gemissaient sous une inqusiition tyrannique a peine
osaient-ils se parler on mnme se regarder pendant les
incursions de l'arme qni durerent huit jours. Alors
la municipality persuade, 'd'apresw les rapports des
commandant que les pretendus rebelles avaient
abandoned le territ9ire de la paroisse donna ordre
aux divers detachemens de se retire chacun dans
son guartier. Celui des Abricots s'arrete dana sa
retraite an poste de la Costache, commander pas Astier.
Desperoisse, aux ordres duquel etait le detachement
des'Abricots, apprend, a ce post, que les homes
de couleur du Bonbon etaient consignes au camp du
district do ce nom a exception d'Aritoine Auger,
malade stir son habitation. Aussit6t et de concert avec
le maire Burot, qui avait voulut etre de 1 expedition,
il envoie M. Dury, avee une escouade, sur 1'habi-
tation de ce malheurux. II et:it daus les access d'une
fievre violent : Francois Keroan, muni d'une per-
mission de M. Chapeau, capitaine de district, lui
donnait des soins; Dnry la lui demand et la de-
I'hire : 6 Mulatre o~ est ton frere, lui dit Der-





(40 )
romby ? ,--I est mort repond ce jeune home -
as Eh bien, reprend le monstre, tu ofeyeras pour uit,.
- A ces rots un certain Joly porte un coup de stilet
dans les reins de Keroatn, qmi se sentant bless ,
se glisse subitement entire ses assassins et fuit a toutes
jambes. On lui tire cinq coups de fusi1 don't aucun
ne ratteint. Joly, pour se didommager, ta se jetter
sur ane proye plus assure; d'un coup de sabre il case
un bras au malade et l'entraene nnd hors de sa mai-
son. Dans cet etat horrible on l'oblige a marcher,
mais il n'a pas fait un quart de licue que leo for-.
ces lui manquent et il tombe; ses conducteurs
Mouel, Joly et Navarre abregent ses tourmens par
trois coups de fuiil, ensuite ils lui coupent la tetec
et la portent au camp. Nous n'en avons tue quc
', detux, dissent ces cainibales en arrivant; Antoine
1, Auger qui faisait le malade chez lui, et Francois
,, Keroan, mais nous n'apportons que la tete du i
n premier i. Chapeau voulut lenr observer qu'ils
avaient cu tort, que Keroan avait une permission signee i
de lui, etc. "- Ius oit bien fait, dit Desperousse,
'.
pourquoi ces f..... g..... se sont-ils trouves la? i
Les succ s de cette expedition et la defaite des
Republicans au camp des Rivaur, favoriserent u '
project coniu, announce d'une maniuere indirect par les
assemblies de Saint-Domingue depuis le commen- i
cement de la revolution, et qui s'cst d'abord effectue
SJeremiie apres beaucoup de dCmarches aupres du
gouverneimcat de la Jamaique,

OBSERVATIONS





S41)

OB S E R V A T I 0 N S.

Le but que je me propose etant de player a cote
des accusations, sok fondue es, soit vagues, sit calom-
nicuses dont on accable depuis si long-tems les horn-
mres de' couleur, un tableau- raccurci des faits bien
Saveres ( ) de leurs enneuis, c est a ceux-ci qu'il appar-
tient de produire aux yeux du public ceux sur lesquels
ils etablissent leurs eternelles dclamations. Mais j'es
pere, qu'a mon example, is remonteront a la source
des maux don't ils seplaignent.
J'espire que renonuant au plus miserable .des
moyens, ils ne chercheront plans a persuader que les


( x) Je i'ai pas cru devoir fire mention de 'assassinat du
colonel Mauduit en vertu d'un faqy decret du moist de B6cembre
17o 0, de raassssinat de Cordere au Cayes, de lassassinat-de
Guiton et Moletau m6le St-Nicolas, de l'assassinat de Cagnon et
Labatu fils au Cap, le 'Ix Oct6bre 1792, (je rappellerai dans le
Cjcit de ce qui m'est personnel cette journee ou je fus proscrit pour
la second fois par les mAntnes des hipocrites dorit je m'occupe
actuellmcint), parce que ces colons blancs aristocrats furent, dit.
on, iimmols la liberty par des colons blancspatriotes. Mais c'est
par oubli que j'ai omis la journey du z Decenmbre 179% ou le r~gi.
ment du Capa Flinstigation des agitateurs blUncs de cette lvile re.
fusa de reevoir des officers de couleur commissions par leI au-
torits constitutes et se joignit aux ennemis dei cituyens du 4
Avril pour les exterminer. On se souviendra, sans doate quaussi-
tbt lembarquement de Larchevreque-Thibaud et des autres chefs
des factieux, les soldats du regiment du Cap rendus a eux-memes,
reconnurent leurs-erreurs ct ne fireat plis difficult de so un mettre
a Ia 10i1






(4. )


hoimn e' dte co'ul tr srilt eSr, Ar'iQtcrafte, et les colons
de St-Doi'n e Ies Pariotets, des Amits de l 'al
JespiCle q lils se souviendront de leurs d4clara-
tions pubhques e ,td ajumtis souscrI'e aux lots quri or.
aten dl;,le ti cle '" "" "
efiaenf aieinue de Jfrfuge indispenlSables a Pe Za
des Cuus de coulfur 6"d i'eslata ---e des nores;
Leurs dtclaratiols) publiques de n j:tnias respecter
autu1t pacte entrc l-i cotol.ii de StL-D.minL? gui-e c rItu-
me, tant Iq ils auraie;it det in juciudes sur ces deux
objets;
Leurs measures ianqisitorials, leurs emprisonne-
mens, luts ichafauds, leurs gibets, leur revolte
ouverte centre les lois fiancaises, l'incendie des habi.
stations des homes de coulenr, du Foud-ar'isicn
I'esclavage affreux de leurs negres, etc. etc. J'espere,
dis-je, qu'ils se souviendront que toutes ces horreurs
ont precedee Pincendie de la plain du Cap, qu'elles
que soient leiS mains qui l'alaumrent.
J'etspre qu'ils se 'suuviendront de ne pas computer
atta ombre des b1ancs, qu'ils disent assassins par des
hommes de cokleur, ceux qui out uccombb dats
les combats centre eurs ou centre les noirs, ou qui
sont inorts de tleu. fatigues.
'esp&er que les hdbitans de JLre'mi rfugics au
Continent, n'auront plus dans leurs lettres anonimes a
1'Imprimeur Pa ri!, Fimptudeur d'attrib er a des
mulalres 'assssinat horrible des Dames Plingue et Se-
journay o quau inuoin is h rabiliteront la m6moire
des dctlu.x 'irs (i) de M-adame 1Plingu que leur
( x ) Un des tils de -dam-e -lingu Ag d'environ -o a-n
( U ) In des fils dc; Madame Plihigut,* AZ Xenviron io ansi


ii


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1 43 )
miiuncipcli1te ninic a conldamns 'a ni ort aplrts le
avoir declares attcints et convainihus de ce crime.
Jespere que ceux qui s'occupent avcc tant de
ele et d'efficacite a semner le trouble a St;Doiimm-
gue par des ecrits capables d'armne lesi Europins
contre les homines de couleur et les alricains con-
tre tous, dans l4espoir W'obliger eufin ces deruiers a
se jetter dans le part anti-frantai s, parce qu'ils les
regardent encore come des machines qu'on peut
faire mouoir a son gre, ne s'etonncront pas que
je cherche a privenir l'ffet de leurs poisons en fai-.
sant distinguer aux Eurcp.ens l'espece de blancs
don't les lio mnes de couleur out a se plaindre, et
aux Africains les v6ritables amiis de leur libcrte.
J'espere qT on ne dira plus, apres avoir tant de
f'_-s irovoqtie la verite que je suis uin honuie dan-
,,e tUJ.
gereux. *
Les homes dangereux sont ceux qui, a chaquc
arrive de troupes frangaises a St-Domingue, leur
ont donnu leur donnent encore des iimprebsiOgs con.
traires a la traniquillite publique et annoncent d'avan-
ce leurs succs d'uile matiire plus on mnoins directed.


qui avait echappe, par le'plus heureux hasard, aux mailheureux
scrt de sa mree, de S soasur et de son f'rire, rencontra .,quelque
teams apres sur la place de- Jdremi, det noirs de 'habitari;oitl
qu'il reconnut pour etre lei. .u-11sa.sins ( car ii ctait cache et fut
tndlia cld leurnL.sJ:..: )*, couut les dinoncer' l municipalite
et Bavoux, Pcque, Pifrtau, Nathieu, etc. qui ea ctaient
nmembres a cette Uepqtue, les firent arrnter, juger etfusiller. Ce
ft:t eat trop counu pour qu'on puisse se prmnettre dele nier.
,' 6





( 4


Les aom'rmes dangereux, sont ceux qui, par le
vin ,rargent les inences suurdes, les calumnies ou
les faux decrets, diligent les poignards sur le sein de
leurs frrecs, qucle que soit leur opinion, leur cou-
leur et le caractere ldolt its sont revetus.
Les lihnu nes danrgercn sont ceux qui, abusant
de l'iguorance Pt de la credulity des hommes de
couleur, les oat entraines, par des moyens que je
feral connaitre, sous le-joug anglais pour les
egorger ou les usevelir dans des prison-ships -,-t les
accuser ensuite de tous Ics crimes.
Les hommcs dangetux sont ceux qui, portant
en tous lieux Ilexemple de leuts vices, blasphement
chaque jour la vertm.
Les hommes dangereux, sont ceux qui, petris
d'orgueil et de basbesse, accablent tour a tour les
mnaiiie ,jets de leurs outrages et de leur viles adu-
lationa (i).

( 5 ) Je pourrals citer a Fappui de ces deux lines des traits
assez frappans, mais je me contenterai d'en rappurter un qui
nest pas vieux.
Une femme de couleur nommie Maarie Rose Bljac, mire de 1'e-
puuse de Sonthonax, ayant ete prise an sortir de Jacmel en 1794,
fut conduite A Ste. Croix oi des colons de Saint-Domin'gue qui se
trouvaient alors dans cette ile, a denonceirnt come une fenune
dangerous, une scelerate donton devait s>Issurer. En consequence,
elle et son amie Victoire Sabal furent mises en prison umi elles res
tcrent quatre mois. De Saint;Croix elles paIctrent a Sainr-Th ,monus
et Marie Rose Bljdac vint bien t6t a Philadelphie. Elle y a sai.~ur.-
ne a4 OU i mois dans la niiscre, accablee des nmcrris de ces Sul-
tans detr neSs. Iais des "qu'on a squ que sa ile tait de retour a
i A .-''1






( 45 )
Les lbmnimes dangereux, sont ceux qui, au dcI:,rt


Saint-Domingue et qu'elle allait la rejoindre, on s'est port en
foule chez elle, on fa carressCe, flagornie, on a demnnde ses
bontes, sa protect ion, il y avait un sikcle qu on ne l ;aatt- -vue
elle avait raeeuni, eld etait charmante. La bonne femme ne sqa.
vait que rener de toutcela, mais commc elie nest pas rancu-
neuse, elle a tempi ses malles de tettres et de petitions.--Elle
& part, le masque de Phipocrisie tombe et ce nest plus., suivant
quelques-uns de ses laiches clients, qu'une f..... g....., une
brigade don't ii faut bien se servir puisqu'elle peut Ctre stile
dans ce moment-ci.
Et voila les homes qui s'avisetet de distribuer Ia gloire et le
\' ro .
mepris; voila les hummes qui se vantent dans les papers publics
de m'avoir chasse deux fois de St-Domningue. Les insenss Its ne
songent done pas qu'ils furont depuis expulses euk-minies pour
leurs incurables prejuges ,leurnmauvaise foi, leur revolte, leurs
complots sans cesse renaissans centre la liberty, et que ces v4rit&~
aujourd'hui bien prouvees ne laissent plus aucun doute sur la cause
des outrages et des persecutions quils m'ont -fait enlurer, a la
faveur du masque don't ils se couvralent. Mais il est tombe ce mas.
que perfide; le visage est a d&couvert, et le domino bien.t6t en
lambeaux laissera voir les difformites du corps. On ne fera plus
passer les interkts de Porgueit colonial pour ceux de la nation
ffancaise, on ne fera plus'passer la m~fiance don't les homes de
couleur sont arms si just titre centre leurs ennemis declares,
pour des complotss centre les Francais d'Europe, don't les bien.
fiits seront toujours graves dans leurs ames. Des triess infestis de
routes les aristocraties ne pacseront plus pour des amis de la liber.
te et de l'galite. Tout le poids de leur perfidie va retoAber sur
eux-memies, et ius se repentiront d'a-oir laises la vie a celui qui
support trop long-temps.celui de 1'Qpinion publique kgar.e ; car
c'est aus milieu des piries de la vie errante et malheureusllA la.
quelle je fus ctlndamnel que j'appris a les connaitre encore mieux et
je ne ftais aucune difrence entr'eux et les can"ibales a cocarde
1soire qui les imitett si bien.
//0





(46)
de J!aqIue pallecnimntaire pour la France, repandent
q(peluciS jutirs A i'jvance, de faux bruits, peigient
St-Domtiu gae dns an Jesordre cfrloyable, imnrument
que Iautiuite IloA.nale ny sera plus respect pe-
netrclt bicii les pasbagir. de cc mien1songc, gorgent
Sleurs malles de gazettes calculees pour les propager
et pretendett insimuer a la nation fri.a a1, e, par ces
ridicules mlc"ees, que les agitarears de St-Domin-
gue rcpandus sur le Continent, en France ou chez
les Anglais, sut les seuls pioprcs a retabliIr 1ordre
et la paix dans un pays ruined par leur egoisme, leur
orgueil, leur obstination, leurs cruautes et lears re-
voltes centre autorite national. .
Les homes dangereux, sont ceux qui, epouvantis
des premiErres Itieurs du flambeau de la verite' arment
le 'public de prvTentions centre celui qui a r'eergie
de le porter dans les cavernes tenebreuses du men-
songe et de 'iipocrisie.
Les homes qui ne sont pas dangereux pour moi,
sont ceux qui se pilrparenit, a mte reonIdre, ou par
un mepris simnule, ou par des injures ou par des
actes de violence ; mais rien te s ra cap..Je e de m'ar-
reitr, Je publierai la suite de leur menzces criminelles
et les forfaits Que Ie di., otisme :nmlis et le silence
des faux republicans out dcrobie jnsqu'a pieient a la
connaifsauce du public.

G TERA U.


Phliladelpli, Jain U 17 96