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This volume was donated to LLMC to enrich its on-line offerings and for purposes of long-term preservation by University of Florida Library N -,, 1it, NOTES F0 U RNIE AU COMITE DE SALUT PUBLIC Parles Commifaires de Saitt-Domtngue, PA G (& B.R l Jt LE Y. Eh! quelle fuperbe carribre s'ouvroit devant nous ? Aux Indes occidentales, les colonies angloifes qu'i etoit fi facile de boule- verrer feulement en achevant de purifier le regime des n6tres : moyen qui n'toit meme pas comprise. J. P. Bissor fe s Commettanst SiT VA t politiqu e de Saint coming avant la r6volution. L eoonie de Saint-Domingue toit arbitr- rement gouvernie par un agent minifiriel. De- puis e president du conferi fouverain, iufqu'au dernier de huilliers; depuis le commandant en second, jufqu'au dernier folda; depuis le com- mandant des milices, jfqu'au dernier foos-lieu A tenant miicien, tout etoit dans les mains du gou- yerneur. Ce gouverneur avoid don beaucoup d a- gens ; it avoit aufi beaucoup d'ennemis, parce qu'i exercoit un delpotifme cpouvantable. ..--. .. ..... m IllAd ENS riyolutionnares de Saint Domingue. SS ennemis.da gouvernement, d'ane part, ont voulu naturalifer & Saint-Domingue la revo- lution de Ia France. D'utre part ,, les partifans du gouvernement ont voulu l career. SLes colons residents en France ont pris part pour ou, Contre le gouvernemcnt, fuivant leurs affe&ions ou leurs interests. Les uns connoifant pen, on point, les colonies fe .runiflbient a 'hbtel de MaIfiac: la, dupes de quelques intri- gans que dirigeoit le miniftre la Luzerne, ls tre- noient pour le gouvernement de Saint-Domiingue. D'autres, ifolds, strangers aux intrigues, te- notent pour la democratic : mais ceux-ci eoient fans influence, parce qu'ils n'avoienit pas de centre d'acivite. Par une ftite du fyftme minriftdriel, les hom- tnes de couleur formoient a Saint-oomingue & dans les autres Antilles, une efpiee d'ordre inter- mndiaire au blanc .&It efclave. La maffe de cet Sordre toit peu inftruite. Elle etoit accoutumee . ramper aux pieds de lPhomme, que le gouverne- ment avoit decore de quelque hochet miJtaire. I # (3) Le negre non -lbre s'enorgueilliff'oit ii-mtme en ran d rang que fon mattre occupoit dans la ociete, a tel point que pefclave d'Xui homnme du gonvernement meprifiit I'efclave d'an simple citoyen, & traitoit fouvent avec orgueil ce citoyen lui-meme. C'eft it que le government de Saint-Do- mingue a trouve des inflrumens, comme la no- blefe & le clergy dans les homnmes de a Vendee. Vr s politiQues des agitateurs de Saints Doningue. LOINTRIGUE ourdie par les miniftrelds & l'h6te de Mafliac, fe fubdivifoit de maniere que les uns ialoux de leur autoriti, ou puremient royalifles, fervoient Louis XVI, pendant que d'autres, de- termines par des interests particuiers, fervoient Ies princes emigres : masesls s&utres efpai roient amener, par la deftrution momentance des colonies, la ruine du commerce de France &o la contre&revolurion (). Dans ces premieres manceuvres de defru&ion , venoient fe fondre les intrigues contre-revolution- .naire de fEfpagne, & les interts inercanitils de 1Angleterre. L'une & 1autze de ces puiffances fourniforient des armes ,des munitions & des ap- provifionnemens aux revolts. Les Efpagnols, ainfi . . m mn . .. m-- *- ; "- -" -'_- . (r) rPiecs de archives K i.. L.,L ., &. que Ie gouvernement de France, vouloient la contre-revolution : 'Angleterre vouloic ajouter a la contre- revolution, la ruine du commerce Fran ~ais. P -A c 1 $ rapid des vi 'emens. E 11790 fut formie raffemblee colonlalc, dite de Saint-Marc. Elle etoic fur la line de la revo- luhion. Rien ne le prove' mieux que les vexations qt'elle eprouva de ia part du gouvernement de Saint-Domingue & du it;inifiere francais. Elle hellrta de front tous les abus; & le nombre de fes ennemis fut dautant plus grand que les abus te- noient a touts les ramifications dau gouverne- ment, qui ne ceffa *de la perfcuter, jufqu'a ce qu'il fe crut affz puflant pour la difloudre, les armes 'la main. Pour viter une gu.rre civile. cette aflemblie apris tne uttse de trois mois, vint en France dinoncer fes ennemis : mais elle y fut devanc6e par la calomnie, parce que les miniirhes & le 0ouvernement de Saint-Domingue avoient les mi'ees interhts. Le gouvernement de Saint-Domingue, le mi- nifIre la tuzerne, Barnave, accuserent cette affem- bie de vouloir 'indipendancedes colk.nies(i), Bar- (9t Monfitu Milfieat de MiufT e, aujourd'hui fe Cre1 Patr~icQ, adiit: & ctrivoit c tr avril 1790, S(s) iiave ,qui avoitb. rCon rapport fur cette calorane, a et convaincu d'in ftice & de'rreur, iorfqli'a tribunal rivolutionnaire nous avons difcute cette partie de fa vie policique. It ef vrai quo, pour concilier l'intdrt des colonies ceux de la France, & fes principesconftitutionnls, raffembl4e colonial, dite de Saint-Marc, demandoit a fire les riglemens d'adminiftration intedieurc. L*af femblie nationate auroit fiatw far les rapports ex. teCieurs. Si ce fylteme avoit &te approve pat 1'affemblie conftituante, les colonies feroient pai- fibles, & la France auroit conferv6 fon commerce.- Les corps populaires fubalternes dtoient paroille Sent dans une lute perpituelle avec le gouver- nement. Prefque tous. furent iffous par la force & la violence; & dans es quarters que le gouver- nement n'ofoit attaquer ouvertement, les indivi- dus miniftriels formoient des corps populaires parafites, qui luttolent d'autoritd avec les corps populaires patiotes dent ils paralyfoient les mou- vemens. Les agents du gouvernement fe plagoient entr'eux, & les commandoient Iun par 'autre. Pendant que le gouverneur de Saint-Domin- gue divifoit les citoyens, difolvoit,opprimoit & F0. 8, 9 & z5, que la eoloniede Saint-Domingue itoit libre & indepeadante de la Franc. Monfieur le marquis de Cadtchs, fon anii, ofA ea dire autant ea feptembre gt1 ; & dis ce moment it fut execre des patriots. Le citoyen Page le denonva pour ce fait, le 14. mait 79z, aflemnblee nationate Sr SwigiAative. ;Ai (6) divifoit les corps poputaires, ie nuinifre la Lu- zerne furprenoit a 1affemblee national des de- crets defrafrux par leur ambiguite & leur inco- hMrence i afin de tout brouiller dans les colonies; de maniere que lorfque les corps populaires & les afenmblees: coloniales vouloient fire un pas en avant dans la revolution ade fuite le gouvernenl nt les arr&toi par quelqu'une des difpofitions de ces differences loix. .C'ef ainfi que laderniere affem- blie colonial 'a jimais pu traiter la queflion des liommes de couleir; parce que la loi du x fevrier Ix9 lu Adefendoit de fair exccuter aucun de fes a&es for la lggiliation & l'organifation des colo- jnies, avarnt I arrivce des commiffaires civil. Ces commifEuir-s, ne vinrent a Saint-Domingue qu a- vec l dcrct du 4 feptembre l79l, qui inveftif foir ette meme aifemblee du dro d e flatuer de- finioivemeht fur. ilctat politique des :honmmcs de couleur & ncgres libres, &, le fort de cetx non- libres; de maniere que, pendant huit mois, Vaf- femblee colonial hfut entierement paraiyfe, & Ie gouvc-tnement fut tout puiffant. C'eft dans cet intervalle qu'il r.volta les hommes de couleur & les atteliers. Nousallons voir avec quelle adreffe 11 tiroit patti deleors afteaions, & de 'incoherence des decrets. Aprbs-vingt jours de rcvolte, de meurtres & d'incendies e r feptembire, les homes de cou- leur reunis en corps d'artme la Croix des Bou- quets, demaniderent tant en leur nom, qu'au tiom de ceux rvolts dans le nord(i), & ceux non . (1) Mjre Louis-Pierre Dufay de la Tour, icuyr, (7) encore revolts dans le fud, Fe'ecution du decret dIu iy mai. NeaFjours apris, le 20 feptembte, 'aflemblee colonial arreca qu'elle feroit executer le dicret du I mai, dCs qu'il iui ieroit envoye offi- ciellement. Vafflmblee coloniale ne pouvoit fire autre chofe; car la o10 defend a touted autorite contfituCe de fire executer un dcret avant qu'il Jiu ati eke officiellement notific. Lafl'emnbleecolo- niale fit plus encore; elle promit d'en Ctendre, autant qu'il feroit en elle, les difpofitionsfur cemt des homes de couleur qui .toient hours de cette loi (1). (COtte 01ot i'appetloit Pa ivite poiti que que ceux des hommes de couleur nes de pere &e -mre libres: & tellers font les mn 6urs de Saint- Domingue, que fur ine population de z8,00o perfonnes de couleur, 400 n toient pas dans e benefice de la loi du x nmai)., Les gouvernal~ es furent foudroyes par t'arete du 2o teptembre x7t. IIt t e retoki phls aux hom- mes de couleur qu a rentrer dans rorde : malis !es agitateurs lour firent confiddrer que cette vidoire n'etoit qu an premier pas dans- leur course revolu- tionnaire. Ilsl teur firent enifager que le decret dui -1 mat leur e&oit riifufifant Us" provoquerent ., i ... .* i . .... 1 * ancient officer (chaif ) du regiment du Cap, fis de meflire Dufay de la Tour, icuyer ancien brigadier des gardens du corps du oi, aujourd'hui foi- difant depute de Saint-Domingue, pretend, dans tui roman qu'i vient de publier, que les mulatres n*ttoient pas revolt6s avec les negres, Les quatre cinquiemes f'toient. Voyez les pieces mdiquees'au na. 2 du folio 9. (1) Proccs-verbauxde l'affembl e colonial F.. zoo. : *YY - A .U3Y 4L~~I1UY VV~R~~~ (8) emnx qui fe truvaient hours de ces dirfofitions, & les reranchhrent derriere 'article IV des inftruc- tions du 28 mars 1790. En effect, les 23 oEobre 79r les rFvoltis de- manderent qu'il fiat fail aux hommes de couleur 'application de Iarticle IV des inftrufions du 28 mars. Cet article IV indiquoit quels toienr les citoycns qui devoient composer les aftImblees pri- makes. it demanderenc encore la diffolution des corps populaires.* Lafiembie coloniale ne pouvoit acquiecer de tells traits, qu d'aiileurs fe trou- volent contradtioires k lal' oi dlu zd mati: car fi par l'article IV des infirualons da8i mars 790, 'affemblie national avoic voulu appeller tous is homes decoalear i aativitl politique elle au- roil pat portd, Ie : tali x~7 une loi qui n'ap- pelle a cette mgame a&ivit politique, que ceux des homes de toultur nes de peres & meres libres. Enfin ldret dretu 4a feptembre 179t arrive: I'afembl'e coloniale & les commifaires invitent les homes de couleur en rebellion k depofer lears armes, k rentrer dans i'ordre, & fe joindre aux patriOtes pour qu'elle puif ftulauer fr leur eta politique (i). Pendant que l*alemb~e coloniale pre- noit cere dilibiration 1 les rvoltes requtroient le gouverneur & les commiTfaires de ne correfpondre qu'avec eux, attend qu'ls ne reconnoifoient ni ie vouloient reconnoitre 'alfemblie coloniale, ni fes a&es () Et elet il fe forma 4 la Croix-dea . . . .' '^ .i (I) Proccs-verbaux dePafrima m eo loniale, F.4z6. (5) Piecededs arim S, no. r, hi S(9) Bouquets, tn corps d'affemblCe, compofee de gens de Pancien regime, qui reunirent autour d'eux fes chefs des homes de couleur. Ce corps rivalifoit 'affemble colonial & paralyfoit fes aides. C'ef ainfi que la Gironde aioit voilu former a Bourges un corps parafite pour paralyfer la convention na- tionale. Telles furent les agitations de la colonie juf'qua I'arrivee de la oai du 4avril i7gz9 & a fon accepta- tion par I'aflemblee colonial, e 27 mai fuivant,(r). Quedemandoient les hommesdecouleur? L'tgalitepi o litique. Que difoit la loi du 4 avri ? Que les homes de couleur ont i exercise desdroits politiques. Cette 10oi toitelle acceptee par les corps populaires & les patriots ? Ou (). Pourquoi-donc les hormmes. de couleur rei fe font -ils pas rallies aatour des corps populaires & des patrioteis VlPa la eftioR i traiter. Sa solution dichirert le voile don't le agitators,, qui onfotudent totes Ies -affe&ions " tous les iAtirts, ontm eineoIop.Ja vIritio i) Pieces des archives zz.' (s) Memoire du 9e. vataillon :dau giment d'infan- teric Fo, n*, a. , -Crrefpondance de Raymond, F^ 8$, ne. 35 , 9F 2 9, 6n .... ,- F .8, n-,42,- o. 1oo, no. .3 SProctlaarions' d Sonthbnax& Polverel, des 12 oc- tobre & 30 novembre 1792. Lettre de Sonthonax & Polverel a lirafimile nation nale, le 25 o fiobre. 1x92. Pieces des archives r OQ S4.d S S.S. n 3,i f3. t Ba.B &A. t T Z.Z. b.b,1b.,6 -o- *d ( io ) .On a tounonrs prlente I"affaire des colonies come une atfaiie purement de prejuge entire les blancsd 'nne patr& les hommesde couleur& negres hlres c d'autre part. -Latfaire des colonies eft une guLrre cntre la democrats & le delpotitme. Les iulicres & les rhigres lilres & non I ibres, n'y iouent que le Ille e condaire & pafif des paylans de la VerndCe (r). : Tous les corps ipopulaires e Saint-Domingue, eceptie rjlfembl-e provinciale du Cap, toient dans )es principles rIvol tionnaires, & s'ils bnt eu quelque torto ceit de ne pas avoir affez pris fur eux ; c'el dcavoir trop rcfpe ic des lois incoherentes. Te eft le fel teproche quio, ptuii leur fire. Dans fear fein etoient de tt s-arilens patrotes t de t es-enrages contre revelation aies$, mats la.maife e toit bop & ti, qu~ etqkefois les ddCibratiuns toient .Igtkes& rreht~en les refultatise r totent perdu .I-pQr la irevidtonw. es contre rcivoutionnaeres etouent pu oescCibreux dans: e os torps populairtesi mais its itolent torts delinfluence du gouverne- ment, & quququef ois ils dominoient par intrigue & la terreur. T- tle :dtoiil pbfition des.cots popular i Indppndamrmept de esagens asl doppua laires le goaver~ernrt t avdit drisesit r i& touted 1Iarmee de lgnei eO 'te les2 atatl ons des s' g (t ) Pieces des archives T T-y.T. --.R. -- K.K.K, -. ?-, ,. D. : ia D.D., q'Q.Q.Q. t, 5. r^ F 1,3I si % y^. 1.7^ n^ nI 6 t ( rt ) . regimens,& quelqtiesfoldats des autrescorps. Its ont' deport le zi. batailton du 9e. regiment en entir; its ont deporte Is principaux patriots des auties corps. II avoit tous les ancens commandant des provinces & des quarters it avoit les officers des triltinaux & de 'adminiff ration des finances; il avoid' prefque tous les ci-devant prIvilegies. Le refte des habitans de la colonies fe partageobit entire les deux parties, fans diftianion de naiflance, de rang onti de fortune. Il eft cependant vrai dZ dire que generalement prequel tons les fais-cu- lottes, que Briffot & fes coinplices peignoient come des brigands, fous le nm de petits blancs, ctoient dans le part revolutionaire. yoila 'tatr politique de Saint-Domingue., quwc aux blancs. . SRefleit encore les hommes de couleur & ne-rest libres & ntlibres. - Des le commencement des affemblies prim:aire,~ les a patateis les appeal rent parrim cuatt wlfas bientot legopaviernemernt, voyart.- que. rien nr pou- volt mieui afirfrer fa prifiance que h:di i-rit6 centre leshonmmes de couleur & es blanc, i mploya tos les moyelns poflibles pou y reiiita I prooqua 1'orgueii des blankses i s'etaya des corfid&awtsi politiques & d'intMret ;l lnur .prclenta les hombesi de couleur & rtegres, non ibre, pr.ets a fe revolrer, s-i .cetsiiment de .voir .ertretix 4& les blancs,, ls hoammes de coulutr ~. ngres libries. (x). Le difcours prononc6 par Jaymond il barre de Pafl nat.'conflituante, le 15 max .79r. i Tousles officers civil & militaires, repandus fur la surface de la colonies, etoient fous la main & dans les intrtes du gouvernement, don't ils par- Cageolent plus on moins les profits & 1'autorite. Us avoient Ihabitude de parler & d'influencer row pinion publique. Its furent facilement icoutes, lorfqu'ils voulurent demontrer qu'il feroit dange- reux d'appeller les homes de couleur aux affem- blWes du people ~parce que rhomme aime ce qui flatte fon orgueil & fon intert : les homes de couleur & negres libres furent carts. Alors commencement les haines entire les blancs & les homes de couleur & negres libres; alors le gouvernement fittravailler ceux-ci dans fon fens (), "vu la faveur des dcrets des 8 & 8 mars 1790. Bien6t s'engagea ouvertement la lutte en- tre le gouvernement &d les corps populaires. Les homes de couleur furent armwis'pat le gonver- nement. dc les itrrtts f ubdiviftnt, quant aux hon.- mes de couleur & nigres libres. La mafie trop. pea inftraite our lne pas voir avec' indiffCtence. ces d6bas poitiques, fuivoit aveugliment rj.'im pulfon dugourernement. Elle trouvoit fa recom-: pe(e das qudques attentions que Ili portoient quelquefois des homes aux pieds defquels ils croyoient devoir ramper. (z). Ceux-la fuivront toujours le vaiznueur. C'eft ainfi que les payfans de la Vendle febattolent avec orgueil pour dieu,' le roi & riglife. ' () Pikes des archivesd. F. 8, n . () lbid. K.KK, - ( 3) l'autres, plus nrtelligens, plus in ftriits, croyoient que la dmocratie fuccomberoit dans cette htte. Effeaivement, il falloit du courage pour s'avifer d'tre rivolutionnaire A St. Domingue lls croyoient au retour du defpotifme, is efperoient que, pour recompenfe de leurs services, le gouvernement les placeroit k c&td des blancs (). Dix a douze feulement, Raimond, Pinchinat, Savari, Chanlatte, Rigaud, Boury, &c. avoient des vues plus itendues. lls vouloient profiter de la division des blanco, pour s'afleoir far leurs eadavres (2). Les hommes de couleur, & nigres non-libres, au- roient vu tous ces mouvemens avec indifference s'il n'avoient t recherches entrants, forces h prendre parti (3. Le negre ne connaot pas d'tat iterm~n diaire a Iefclavage & an defpoti ime; il ne fait que commander en tyran & obeir en efclave. Ses notions religieufes fe repofent fuir un dieu, don't. i ne cherche pas It fe fire d'autre .image qu'n ve- ..- ._. . ni, .. . .. . . .... . .... ..... . .. . . .. .... ..... *, i_ I (I) Pisces des archives d. Fd no. 4 -- K. (2) Jbid. b. F. 2 & 3, di 3. *- J.J. no, 6.. RR n2, Fo. 8. X.X. a, P o. 3, !P So. Po 4F n*. 6, (3) Pices des archives X, eo. rt, t. ., aa. . bbb. -- i. hh. RR. XX. -- a, PF 3., f. F- F4, no. 6.- b, F** 3 ,n. & a. E, F. -- &, F*; x, nO . F*; 4, n, GF. x.; n*. x & -C hC FO. r2 an. -. L, F. ., na, 2 & 1o O, F3 n*, 4. --T, F .3, n.. 0. W. , n". t .- CC, F* 2,-n, x.:- F, 3, n.., 2. F- 6 ,n* 3% "" PP, n*> r. -- oon *n x: gItal, n infele, en fin le premier corps qui. fixe ton attend on ; un dtble qu l cralnt epouvanta i blemennt. Ses notions pohitiques font une tongue hAhaine, don't le ro tient fes pieds le premier chainon, Chacun d'eux croit devoir r elr a la a ace oa it fe troupe. L e n6gre plac ICe dernir d'uu attelier, ramp x pledi de toas~ on i attre le met-il' l a thut de tous, ii cimmahride avec orgu edl. . .. " S ouss avons dit ue le gouvernement ae France, qut croyo; taire la contre-revolution par a rumne nmomentanee des coUon!es (); le gouvernenr nt dc St. Doningue qui vouloit ctn rver fa toute- puilfalce; le gouverieenten d'Ef agne qui iXe vou- Joit pas voirlali6ert fi.pre defes frontires ('); les rnces ~agres qui vouloient a tuus evenem nt, if donner un afyle (3)? ie gouvernement d'An- glterre, qui vouloit agirur la France, ruiner fon commerce & fa marin, fe coaliserntIpQur mettre' nf mouvemfent ks homrimes de couleur & negres libres & non-Ibres. S'ils n'ont pas tous fecoud 4galement ces itomens rivolutionnaires, fi le gou- It de ra int '" verneinent de Saint-Domingue a fiul donned f im- pulion pretiie "bi enit ii a etC feconde par fit complices. : 0 I lYapesle developpementdes caues premieres de la rcvolte &de ene d rians cetc co!onie il, neft pasdficile de concevoir outrquo a loi du avri i 'y JA J L I > A 4r now 1 ) bid I,,ELLL 6 M. M J.-- U, nQ. 4- : &&. -- aa ano t. br-::bb .cJ .;..;.. ;, ! (3) bid. LLLLLL no. 6, P. F 2 III n. J ' r I ., ; i (') a pas ramen1'ordre. Cetteloi n'entroit dans frint rt d'aucun des aoitateurs. Elle enlevoit ha Tgouverne- ment les hommes de couleur & ngres liires, qui . une fois fondus dans la garde national & ls corp populaires j en aurioent pris Is pr inpes & le a- ra&tere. Elle n'entroit pas non plus d.ns les inte. r&ts des Pinchinat, Savary, & autrcs n!i!tr.S chefs de part, qui accoutumJs k dominer 1es homes de couleur ,;craignoient de perdre Itur influence, lorfqne, dans un etat de i-ame, is . auroient kte en concurrence avec un miller de blancs plus on moins dclaires qu'eux, imas qui tous avooent 2 leur reprocher Fafiraiinat de quelque pa- rent, & Tincendie de quelques habitations. Eis grands coupables, craignant de if trouver feies avec leur conscience., ne peuvent trouver le rie pos que dans agitation. Si les contre-tevolutionnaires nravoient revoke' Lyon, Toulon, Marfille an norn dlia repubi-i que; fi les brifotins n'avoient votilai-~ feraiike les departemens, en jurant I'trite & Iindivitbiit6 de la republique; fi les contre-revolutionnaires n' a voient revolt les payfans de la Vendee contre I liberty, I'galite & la Convention nationall, naus aurions et6 acculss dimpofture, lorfque- nous au- rions di- que nos mulktres, que nos n fgres libre & non-ibres n'cntjamais eombattu Lpor la hberte m pour la republique, Cependant, ainfi que les payfans de la Vendle, ces 'malhenteuret etoient que le marche-pied de quelques i gtrgmtans places ence moent eritr Pautel It lechafaud, tar ltte quai s ef ievee entire tlers. emifraires &- nous dott donner ce re- fulcat. A d'aufli grandes diftances, la vrite n'ft pas toujours apperque; & tous cec-x qui ont in- teret k agiter la France, ruiner fes manufa iu- res, fa navigation, & fon commerce, opt tous intcret a nous perdre; 'ignorance des localitis & des chofess, life un fi grand champ kileurs ca- lomnies! Briffot qui, come eux, vouloit dechirer la France, t fi fort Cgard r'opinioa publique fur ce pays-lh, qu'il nous faut plus que des preuves materilles pour perfuader la verite. Telles font les circonflances, tells font les confidtrations qui ont paralyft la loi du 4 avril, & la benevolence des patriots. Tous les hommes de couleur & negres libres & non-libres, Ctoient-ils kgalement dans le part con- tre-rtvolutionnire? Non. -- Beaucoup d'horn- iaes de couleur, beaucoup de negres libres, font toujours demeurcs inviolablement attaches au part rivolutionnaire. Ceux-la ont tc ,. come les blancs, fignales par les agitateurs, & les plus re- marques ont, come les blancs, peri ou fai A la Nouvelle-Angleterre. Cuax non-libres ont Com-r baten pour les patriots, 1a ou les patriots ont eu le bon efprit de les armer. Jacmel & le Port- au*Prince leur ont di, pendant long-temps, leur conservation; & les quarters de la grande' Anfe n'ont dA leur faitt qu'a cette fage meflre. te negre armi (uit fon inaltre an combat, conime it le fuivoit an champ du travail (f). (x) Le n?. 2 traitera de tat de la colonies de Saint- Domingue & P'peque oi0 Sonthonax Polverel & Al.l haud y arri'erent. 11 traitra encore dos aies de ces trois commiltn ires.irs NVO. 2. I t a .l, I .L -, p .k -* Ili EXAMEN dCla conduit des covmnum ires M.ir- beck Rouwe & Saint-L ger ES trois commiffires arriv&rent h Saint-Do- mingue le .8 nuvnmbre 1791. Its y ftrent ac- cueilis come des anges tutilaires. fltimblnde colonial, les corps populires, & l e people Ies accablerentd'honneurs & de binedicions. us furent au contraire aflez mal recus par Blanhcelande & fes affidds. Pendant un ou deux mois, ils fe tinrent fur la ligne de Ia revolution, & tnarcherent d'accord avec rafllemblee coloniale & la municpalitr du Cap. Le gouverneur ne rarda pas a s'appercevoic que ces trois comniaitriies prenoient un afcendant tris-prononce i renti qu'il avoit beoin de ieur influence, & des-lors i fit crconverit ces homaies quil avoit jufqu'alors dcartes de lui, Ie fybarite Mirbkck fat aufii.tbt entowr de filles : 11 aimoitJa mufique, if fut entoure d'amateurs. Un crepe f- ntbre convroit la vitle,; a champagne ne prdfin- toit plus quoe 'mage de la deftrufion & de la mort; i1 dormoit au milieu des parfums. Mirbeck s'enivra de plaifirs jufqu'au moment de fon depar de Sait-Domingue,, on ne fait trop pourquoi, apres trois ott quatre mois de flour. 11 ferot blen coupable, fi la perverfite de fes colleagues n'avoit fait oublier fon immoralite. L'encens & le plailir avoient endormi Mirbeck; mais Roume & Saint-Leger avoient un autre ca- ractre. strangers Pun & l'autre h la France; nts anglais & irlandois, ils traiterentt les colons en ennemis. La foif de ort & du pouvoir, fembloit les occuper entierement. Les patriots n'etoient pas la parties des colons la plus riche, parce que la torche & les poignards des revoltes les avoient particulierement recherches. Atfli les deux corn- miflaires cesserent bientot de les voir; bientot ils traitCrent avec mepris & paralyferent les corps populaires eux-mames (t). Enfin, la coalition de ces deux hommes avec Blanchelande & les fiens mit le comble k linfolence des arilfocrates, & a 1oppreffion des patriots (.) Le process de Blanchelande a prouve leur complicit avec te gouverneur atroce; & la pro- tcdure inftruite centre eux au tribunal revolution- naire, mais fufpendue jutqu'au rapport du commit# colonial, ne laifle aucun doute filteur criminality. Roume fut le dernier desdeux qui quitta Saint Domirigue, l'arriv&e de Sonthonax1, Polverel & Ailhaud. (i) Pices des archives, QQQQ -- KK. PPPP. 7. (2) ibid. RR.I n. to 1 VV, nO. 1, 2, 3. XX, wa I, SSS, n. i, RRRR, no. 13* t .I I -I --C-._ I --- - (19) De e'tat de la colonies de Saint-Domingue 4 SVepoque de d arrivee des commifaires Polvrel, Sonthonax & Ailhaud. LA loi du 4 avril 1 792 avoit devance ces com- miffaires. Dis le 17 mai fuivant, elle avoit edt acceptee par I'affemble colonial. Les corps po- pulaires, & gnidralement tous les patriots de la colonies, s'y toient foumis loyalement (t). Blanchelande & Roume auroient bien voula qu'elle efite prouve quelque rdfiftance. Ils auroient bien voulu trouver encore quelques moyens de guerroyer foit dans le Nord, foit dans le Sud, foit au Port-au-Prince mais chacun etOtt fatigue de cet etat de malheur & force fut aux agitateurs de laiffer calmer Pienthouliafme de la tourbe des hommes de couleur, avant de les agiter encore. L'ar- m6e des homes de couleur,campe lelaCroix-des-m Bouquets, ftt reque au Port-au-Prince. Lt confeil polirique de cette, armee, le meme qui, refufan' de reconnoitre raffembl&e colonial, avoit paralyfo fes a&es, ceffa fes fondions. Mais en mtme-temps Roume & Blanchelande organiserent a Saint-Mar un autre corps politique, qu'is mirent en oppo- fition hk affemblee colonial. Des blancs contre- *evolutionnaires, & les chefs des hommes de coit- (x) Rapport du commiffaire Roume, F 9, 19. Proclamation, n, 3, Pieces des archives, QCQQQ I -- ttt; n.* 4* |j ssS, n0. 3. -- ddd, n0. x. zz -- bbbbb, ddddd, II Fo ro n1 1 &e: -- PPPPP, &c. I !li ( zo) Searr, le compofoient. C&toit k le tribunal contrc- revolutionnaire charge d'aflaffiner les patriots, que vouloient immoler Roume & Blanchelande. JuTqu'alors les nbgres r volts n'avoient com- battu qu'au nom du roi de France, au nom du clerge & de la noblefe ; graces aux agitateurs, ils prirent une autte attitude : ils demandereint la i- betd de leurs chefs; car ilstrouvoient ,difoient-ils, ien strange que les hommes de couleur & negres libres fuflnt es igaux des blancs, pendant que lurs chefs eotltt dans Iefclavage. Teles toient les ma- noeuvres du gouvernement pour provoquer encore destroublesntouveaux. C'dtoit cependant alors qu'il dcporwit de Sain-tDomingue le zvts bataillon da 9me,. regiment, don't la convention national a depuis honored I patriortife. Cctoit alors qu'il depottoit ls toeilleurs citoyens. C'itoit alors que, ,ar des difpofitions perfides; i faifoit igorger dans ia province du Sud la troupe quil avoit envoyee contre les eIklaves rvoltes. Qdauroit di fire Roume ? Quauroit du fire Blanchelande? Il auroient di fire difparoitre, autant qu'il etoit en eax, les traces duo pr euge & de inegaliti politique,& ramener tons ks citoyens i on centre common d'aftivitd. L'afiemblce toloniale en avoit bien fnti le be- foin: elle auroik vout, fe dicharger du fardeau de Vadminifration de It colontie fir une afferm- hilCe formnn dapris les difpofiions de la loi du 4 avril. Elle confid6writ, aVc rsaifn, cette mefure come la feule propre h etabliPr a confiance entire tous les ciroyens. Maise commiffaite Roamer d- clara qu'il no uit appr. naoi pas de fAir excuter U la oi ; 1i dit qull falloic attendre 'arrnvee des commilfaires charges de cette million. Alors tafembleIe colonial crut pouvoir conci- lier I'impatience que les homes de couleur au- roient pi avoir, de jouir du bindfice de la loi du 4 avtil, avec les difpofitions de la loi elle- nmme. En conf quence, le 17 aofit 179i elle arreta gqe, jufqu'au moment oi les comminfaires ci- vils auroient fait ex6cuter la loi du 4 avril, it fe roit app.ele dans fen fein, donze homes de con- leur & ncgres libres; q 'il en feroit appelli quatre dans chaque affemble adminifirative, n dans chaque mamicipalit, 8e. Telele ctoit la situation politique de SaintlDi mingue, -a repoque oh P1dlverel) Sonhonax & Ail~aud-, arrivrrent Ie y7 eptembre 792. Les homimes d.4 l eur & nagres libres, etoient tou, ours dans 4es mains du gouvern.ement les co ps popunaires &poient toujours paranyfIs ; les patrites eroient toujours opprinies; & la ioi du 4 ivril n'y Avoit antutre exctuafion -que cell que i avoit dmonn Iaffenmbee colomnale, ie 27 mai Ex.AITN .e 4i condtidt de Santhonax, .PolTer ' *.. ,;Ail au QV'Ai~ OVIE T A fair" Sonthnaxm Polverel & Ailaud dIs eurt arJarrire A Saint-Dom i g~.e Executer la loi du 4 avr il. : Ont-ils execute cette loei -) Mon. Pourquoi ne f'ent-ils pas execute ? Pour domi'i (i) Pieces des archives dddjd, Fo. t, nI - 83 i par la division des citoyens, les piller, & fire la contre-rvolution impunement : car ce font eux qu, par temperament, ou par peculation, ont enleve Saint-Domingue la France, Pour les iu- ger, nous expoferons feulement leurs principaux ades, fans toucher aux faits paniculiers, & fans nous permettre aucune rflexion. Sonthonax & Polverel, arrives i Saint-Do- mingue, ont dclar ile 14 feptembre 1791, que 'efclavage elf ncceffaire a Saint-Domingue , guiaux af4mbles eoloniales apparent le droit d fIatuer fur letat des efclaves (1). Par leurproclamation des z z.0 oobre , S4: & t14 dicembre, i!s difint m/me chofe i & d6finitivement is jurent, le 4 dicembre (2), de ne pas executer les dicrets de I'affembli natinale, S I DANS UN INSTANT D'AGAlREENT, ELLE PORTOIT UNE LOX CONTRAIRE A 'ESCLA- VAGE, ET ATTENTATOIRE AUX DROItS DES cotoss (3). i Ces mefures pr6iminaires toient rnceffatires pour &tablir la confance; & c'eft dans cest meties vues que, le 4 odobre 1792 (4), its prominent de convoquer, focus huit jours leis oafmbties pri- mares ;pourr nomin des diputis A 1a Conven- tion national pour composer raffemblie colo- niale, & les autres corps populaires. Leu odobre x9t (), is prodiguent auk corps (x) Proclamation; n*. .i (2) Ibid. n0. 3, 5. to' i . (3) Ibid. n,. 2. (4) Ibid. no. () id. no 3. ~. i (13 poputaires des Cloges & des tcmoign'ages de fatif- fafion & de reconnoiffance ; & crainte d'allarmer le people en pronon ant leur diflolution its pro- mettent de convoquer, SOUS LE MLUS BREF DELAI, ls af emble'es primaires pour former les corps populaires, &" nommer des deputies 4 la Convention national. SLe 3 otobre 1r7)(s), ils renouvellent a pro meffe de convoqucr prochainement les ajimblies primaires. C'ef encore alors qu'ils f partagent les trois provinces de la colonies. Sonthonax prend pour lui celle du nord, Polverel celle de Ploueft, & Ailhaud celle du Sud. Is arretent que chacun exer- cera dans fa province la plnitude des pouvoirs de la commiflion reunie. Ailhaud, le troi(ime corn- miaiire, abandonna llapartie, & vint en France d&noncer fes collIgues. Ses plaintesfirent trouf files. Aprs ,avoir difiout les corps populaires, apres les avoir remplanes par une corporation Ilgiflattve qu'ls tenoient dans leurs mains (s),, us voulurent fe debarrafier des chefs du part contreorevolution- naire. En confequence, par leur proclamation d4i 17 oafobre r792 (3) ils encouragent la fociedt (x) Proclamnation, no. 4. . (2) es commiffaires compoferent cette corporation de douze indlvidus, dont ifx blancs pris dans lPaffin.. blWe colonial & fix hommes de couleur choifis & nommes par eux. Ceux de ces douze citoyens qui re. fuferent d'tre les infirumens de leur defjpotifie, furent bient6t deportes & remplacis. (Foye Ie DWveloppek ment des caufes des dEfafreos des colonies). (3) )bijd n. ,~ ~ ~ ~ ~~s i0i, ,!,,'., (4) populaire & la commune du Cap, i leur dinonce- kes mauvais citoyens. ls ls invitent cependant ' ne pas inquicter les capitaifles, de crainte qu'ils ne portent leurs fonds hours de la colonies. Des-lors ces meffeurs fpictuloient fur les coffres- forts des citoyens. Si le z decembre V792, ils ont manque leur coup, le 20 *uin t793 Is a parfai- tement fervis II eft bien etonnant que mefjire Du- fay-de-Latour qui nous a donna tant de nonvel- les de ce pays-la, n'al jamals parie en public d'au- cun de ces coffres-forts. Iis demandent en antre wue contribution vo- lontaire (i), attendni que 'af'lmblee catonidle avoit ctu ne pas avoir te droit d'6tablir limpot du quart des revenues. Les citoyens lear donnrent de argent, & la commune leur ifumit la life des profription qa:elle avoit faite (0), non-feulement par fuite e lear proclamation du 17 o&obre, mais encore par (iit de e lears inthtions particuae- res. En effect, if eR conftatit qiyont ifcrit de leur main le norm de qnelqtes perfonnes (3) Ce n'6toit pas encore affez poar eux ils vonu lurent que a commiflion intermediaire sexpliquAt fur le faith de cette life & par leur proclamation du rt -novembre t791(4), its hui ordonnent de don- ncr fon avis, dans Ie dilai de trois jours. IUs f() Proclamation, no., N() Lifte d prrrfription ABA. (3) Procs de Defparbi s au tribunal tivolutionnaire, IMclarationf de Defparbis ASEf% ABF. S(4) Proclamation, no. 6, declarent cependant que les citoyens qui ne font pas fon&ionnaires publics, nedoivent pas conmite de leur opinion (x). C'eft ainfi qu'ils e menageoient les denx parts. Enfin, le 2onovembre 179, (0), ils ordounent, par leur proclamation, la demiIion ou la deporta- tion de tous les fondionnaires publics ports fur la lfte de profiription. Mais executionn de cet a&el fat fubordonnee a leurs caprices; iUs dporte- rent ou retinrent arbitrairement les homes d6- nonces. Le zso&obre 1792 (3), les commiffares avoient dcrit k la Convention national: LA MAJORITE SDbES CITOYENS DE COULEUR EST PEV INS- ) TRUITE; IL EPOUSOIENT AVEUGLEIMENT, , ET SANS LE SAVOTR, LES I NT RAtTS DES - ENNEMtS DE LA FRANCE. PAI-TOUT OUT , LEUR CAUSE TRIOMPHOiT fE 1 OYALIS- SME t.TOIT RESTAUR~, LE GOUVEBNEMENT , POPULAtRE D-TRUTT... LA CONNIVENCE ,) iTOIT A.VIDENTE ENTRIE LE GOUVERLNE- a MEANT ET LES REVOLTES. CEUX-CI, D-** SCOR iS DES OR DRES DU RO PAR ES 3 . LA COCARDE BLANCHKE, N1E PARENT DE SLA LTBERT QUE bOMME I'bfNmz OBTET STREs-ACCESSOIRE AUX CAUSES IDE LEltl PRISE D'ARMES. XLS VEULENT VENGERIL ), DISEJNTVILS 4 NOTRE 3ON ROI X.Louis XVY. o ILS VEOVLKNT LE REMETTRE SUR LE TRiN.NE. (3). -L--t - co -mm --- -A"BC () -Prothmatton, nt. 6. (s) Jid. no. 7 (3) Lettre des commiffaires ABC. ( z6) M MALHEUR A CELUI QUI TOMBE ENTIRE - LEURS MAINS AVEC LE SIGNED DE LA Lf- , BERTE IL EST HACHE SANS MISiRICOR- SDE. IL N'Y A DE SURETE QUE POUR LA *4 COCARDE BLANCHE ET L'JCHAIRPE BLAN- l CHE. LES OFFICERS GEI RAUX, LES CO- * LONELS ET AUTRES OFFICERS bDt L AN- SCIEN REGIME, PEUVENT ALLER DANS LES H CAMPS DES RtVOLTES ILS EN SONT IDO- * LATRES . Its avoient pareillement scrit que la fociete po- pulaire, la garden national, & les citoyens blancs, ctoeint dans les meilleurs principles (). Its avoient fait Iloge e plus pompeux de leur patriotifme, de leur refpe& pour eux commiflaires & pour la lon, fur tout pour celle du 4 avril. Alors its avolent initirt i manager les patriots, pour fe idbarratffer dete riocates. Mais le 30 novebre fuivant (), n'ayantplus les mAmes menagemens a garder & voulant fe difaire des patriots eclairds pour rigner plus arbitrairement fur les hommes de couleur, don't its connoifboient le temperament. mu - -- -T' -J .. -- - (t) Lettresdescommiffaires du 25 eoobre i792, ABC. Comment peut il fe fare que les citoyens de couleur, qui, le i o&obre x79g, ktoient fi ignorans, fi atroces, i flupidement contre-r6volutionnaires foient au)ourd'hui i claires, fi humans, fi bons patriots ? Comment peut-il fe faire que les colons bancs qui, au 25 o&obre 1792, Etoient d'excellens republicans, pe. nttres de refpe& & d'attachement pour la France.& fes agens, foient, tout-a-coup, devenus des mofrifres, des aflaffins, des traitres, des contre-rivolutionnaires ? (2) Proclamation n gb 9. S( -47 ) Sonthonax, qui dtoit feul au Cap, porta use pro- clamation, dans iaquelle il pretend ju'il circule dans la ville un faux decret, detlruieur des droits politiques des homes de couleur; & pour don- ner plus de coinfiftance a cette affertion, il ordonne qu'il fera infotme de ce d4lit. (II nta rien et ar- ticule a ce fujet). Par des intrigues fecretes, Sonthonax accrd- ditoit cette calomnie, & les homes de couleur md- fians, foupgonneux ne regardirent les blancs paw triotesque come leurs ennemis. I1 fut dauitant plus facile & Sonthonax de les entretenir dances difpo- fitions, que les contre-rivolutionnaires les avoient toujours tenus en opposition k ces memes patrioces. Cette proclamation & ces intrigues prfparerent les -vrnemens do z (i) decembre fuivant. Si ce jour-lk tous les blancs ne furent pas 6gorg s, c'eft qu'ils fluent les plus forts; c'eft que les patriots les plus cnergiques n'avoient pas encore dtd d4port6s. Alor commencerent les deportations des prin- cipaux patriots (2); & pour les exdcuter plus fa- cilement, Sonthonax s'entoura d'une armie k fa folde, & comp oee de maniere k nt're jamais que fon inftrument. En effet,le 16 dicembre x79z (3) i ordonne qu'il fera former des compaguies branches; que 'ces companies ne front compofies que d'hommes de couleur & nigres libres; que les blancs en feront exclus (4); que les officers front choifis par le . I _ il 'i. tI _' -- (i) Memoire de Verneuil, Fo. 17, &c. n*. ABD. () Ibid. ABD. (3) Proclamation, n.. 13 (4) Cette claflification des citoyens, itoit.dIle com- anandce par la loi du 4 avril i (iS ) i gouvefrenr. (Ce gouverneur, les commiffaires lavoient nommd c'toit Rochambeau). Sonthonaex ne peut pas motive 'exclufion don- nee aux blancs fur leur incivitme ; car Ie z0 o&o- bre (), ii a fait d'eux le plus bel d6ge. I rcpte set elogele 3Cn6vembre(z) fuivant ; &le dei cem- bre (3), Rochambeau lu-mnieme ,par fa proclama- tion, decare que ia loi du 4 avril a et loyale- ment accepted parles fiancs, QU'IL CONSIDELE COMME LES BIENFAITEURS DES HoMMES DE CoULEUR. Apr&s avoir ddtrrit tous les corps populaies; apres avoir filbfttuek t aflemblee coloniale or- donnce par ]a lot du 4 avril, une corporation de donze individus; aprs avoir deported les trois ou quotreftnembres de cette corporation qm, refif- toient i leur defpotifine; aprbs avoir depott6 les hefi despatriotes & du part arljocratique apris avoir diporti & replace arbitrairement .tous les folitonnaires publics; apres stre entoures d'upe corporation d'hommes de coulenr c qui devoit icefliireinenm provoquer des haies entteux & s Wlancs, itne manquoit plus aux comnifflires, que de semparer des denies de cihauan C'e ce que fit SoMnthonaza fa paroclamation dt 2. dice.m- lre (4). Par cette proclamation, ii ordonne la percep- tion du quart des revenues. i declare que la com- (x) Lettre de Sonthonax & Polvrel ABC. (2) Proclamation, n0. 9. (3) Bid. n. i r. (4.) Proclamation;, i". 4. ' -' ' " ' ( 19 ) mnffion ne 1'a votee qu'apres I'avoir coniful. 11 declare que.cette thbvention fera percue dans Ia province du Nord, nonobftant la proclamation i ce contraire, faite par Polverel, au Port-aui-Prince, les iz & 14 de ce meme mois ; it declare enfin que Polverel a tort de croire que la commiil;on intermediaire na pas quality fuffifante pour v6ter cet import. Le 7 o&obre t79,, I'affemblee cooniale vota 'impbt du quarctdes revenues de li colonies mais Defparbes refufa ifon approbation b cet arr&t6. 1 motiva,:avec raifon fon refus, fur ce que d'apres Ics difpoitions de la t1o du 4 avril, cette afifem 6bte, qui nitoir compofde que d'hommes blancs, n'avoit pas quality thiffifante pour- tablir Pimp6t. 11 demand que; pralaiblement 'afimblie co- loniale f4t organifie conformdinent a 1loi Unae pa eille afTleblde n'entroit pas dan s Ies inrets des commiflaires, dont elle auroit dhjou6 les projetts Comme auffi iss ne vouloient pas laiffer venir i I. Convention national, des deputies qui auroieat ar., rete leur matche defruftiv. S'ilsen ont envoys de- pis, ce inefi que pour fair l4gitimer leurs crimes (r). Alors firent offrit a Dt,(parbbs inixantef-ix inmille livres pour avoir fon approbation. Ce faith fat prouvi au tribunal revolurionnaire. Defparbts reffa; & bientt il fut deported, apris vingt & quelques jouos de reidence a SaintDoQmingue. La commiffionintermediaire, qut, ie 2. o&obre r792 (z), remplaqa 1'afimblke colonial reprit, (1) Declaration de Defparbes, ABE. (2) Proclamation, n4 3 c are ) ' ", ; -- f (30 ) les 7 & 9 (r) novembre fuivant, la queftior de I'imp6t, & la perception en fut ordonnee. Le mode de perception ctoit tel, que la difpofition des fonds demeuroit dans les mains des co0mmillaires. Mais Polverel, qui etoit dans les provinces de FOueft & du Sud, s'oppofa, le iz & (z) le 14 decembre a la perception de cet impot. t1 efp-j roit par cette mefure, dtablir dans les trois pro- vinces, un fyftme de jaloufie & de difcorde ne- ceflaire a letr plan de domination. Cependant, en meme-temps que Sonthonax portoit fa pro- clamation du zz decembre (3), qui ordonne dans la province du Nord, le pavement de 1inipot, malgr6 la proclamation contradifoite de Polverel ce dernier commiffaire compofoit avec les hahitans des deux provinces de toueft & do fud, qui Iui fournirent une contribution volontaire, Les Cve- nemens prouveront que la mfintelligenco de ces deux homes n'toi quapparente. I fuffit, pour sen convaincre, de lire ce qui fruit, avec quel- qu'attention. Le ig novembre (4) f z, la municipality du Port-au-Ptince, craignant la revolte des atteliers , teqtit le' commandant de la place de fare re- parer les fortifications de la viile. Polverel, tout en rendant hommage au civifme . des habitats blancs du Port-au-Prince, t- a: leur refpe& pour la loi, s'oppofa, par fa proclama- (1) Proces-verbaux AAB. (2) Proclamations, n* 30. (3) bid. no 4 (4) bid. 3 * ( 3.) tion du 3o novembre (i), a la r&qifition de la municipalite. Le iz dccembre (2) 1791 la municipality du Port-au-Prince avoit invite les autres municipa- lites de fe rcunir pour demander aux commirfaires la convocation des affemblees primaires, afin de nommer des deputies k une affemblle colonial & h la convention national. Polverel ne vit pas fans peine une ddtermi- nation pareille: it craignit de.perdre fon influence, & par fa proclamation fuibfquente, il s'oppofe a la formation 4es aflemblees primaires (3). I fe rend i Saint-Marc, ob htoit Sonthonax. 11 forme une armie d'hemmes libres & non libres, matche fur le Port-au-Prince par mer & par terre, & punir ainfi cette ville d'avoir vdulu excuter la loi. Inutilement la ville lui demand de tin fair connoitre les motifs de ces pr4paratifs: inutilement ell protefte de Con obeifrance A la loi : les corn- mifiires fignifient pour toute riponfe : qu' la ttee de teur armie, ils entreront dans la ville k direction. Huit jours avant, Chanlatte, citoyen de couleur, commandant-gindral de cette armie, di- foit dans fa proclamation ] Que nos ennemis trem- a bknt d'efari, en voyant la courageufe ardeur ue Snous gallons mtttre r n& anantir cette fac- ntion infolente, don't le foyer efl au Port-au a Prince Jurons tous de in pas revenir qe der- ) niern foit extermind Cettefation c'dtoient les (t) Proclamation, n. 8. ) Ibid. n*. I5. S() Ilid. 3 wo 8. 1 itoyens qul, le irz, dkcembre 791, avoientit de- mand conformdment B la d1 4 avril, la con- vocation des affemblkes primalres. Enfin les commfl'aires donnent le final de Iattaque, & entrent dans a vile apris lui avoir cri trois mile fix cens coups de canon. l1s font payer aux habitans une contribution premiere de 4i oooo iwres; mettent aux fears, a fond des na vres qui itoaent dans la rade, cinq o1 fix ctens patriots, pour etre deports en France, & au lieu d.e im- pt du quart des rcvenus, ils ordonnent une con- tribution gindrale de la moitil des revenus. D)e maniire que Polverel qui, le U decembre i79Z dtroit que la conmmifion intermdiaire & les conm- mtiffares eux-memes, n'avoent pas le droit d'cta- irt une fuhbvntion du quart des revenues, or- donne arbitrairement, usrie ctributior i de la mo4- tid de ces mnmes revenues. Alors leshambitanm du Portcu-uPrince, virent, maistrop tard, quels itoient les motifs fecrets qui avoient dtermieni Polverel t s'oppofer, le o3 novembre, i la reparation des fortifications denmandies par la municipahit&. lufques1a les perfidies de Sonthonax & Pof- verel, leurs maneuvres pour tromper les colons, font combinees avec la p us ptofonde politique; mais pprs la nrine du Pott-aiu-Princ, its ne gari d.nt plus de mcrnagemet, & marcheni i dd- convert. Pfulaeurs cicoyens du Port. auPrince s'tolent refugiesafacmel; les commiffaires marchen centre cette ville, y entrent fans rffiftance, profcrivent, egorgent fes habitans, pillent fes richcfls. Le S'a fuitre au No#, 3 1 ' 4 3 NO 3. -- -- ._ --: 1 , Suite de I Examen de la conduite dSonthonax, Polvret & Ailiaud. Le quarrier de ere'mie s et oi .coferve inta pat le moyen des negres non-libres, que les niu- nicipalites voifines avoient armes : les commitlal- res ordonnent Ile-dfarmement de ces ferviteurs fidelles; mais a peine cet ordre efi-if exdcut 5, qu'une grande parties des liomns tie couleur de ce qOartier, fe mettent ei armes, &ie oigneat aux revolts du Sud pour exterminer les colons blancs, Aulfi-tot les municipalities rmerit leurs negres. & mettetit les rcvoltes en fiite. ; Pendant ce tempsSonthonax&Polvere marchent' :" vers leCap ou edtoit arrive Galbaud,; ils font pre.i- .,', cederpar le marquis Duffay-de4a-T-ur le mame .l., qui e -dit aujourd'hti d pte a la convention par les afflembies~e primaires de la province da Nord (i). Cet miffaire .alh la nde les .dirpo iions de Galbaud, pour en rendre compare aux commflaires qul de ituerent ce gouivrneur, fou pretexte quDi eto)t propretaire d 'habitations S Saint-Doiringue & encore, fuivant leutr lettre du I0 uillet 793 (2),,au miniftre de la mad risme: focus pretexte qil .avoit ,dts pouvoirs trop, - rtendus, & qui tenoienc trop de ancien regtiae (3). ( Denonciation faite au comite de dfret general, (st Cette piece:eft chez le miniifie ie la marine. g() C'tt ainfi que les commiffairesjugeoient ltar gre les operations du government 411 eft vrai que des C S34 ) ' Apres avoir deflittu ce gouverneur, iF font de- farmer les citoyens do ont ,.i.-: diftribuent les arms aux enclaves, qu'ils preparoient depus long- temps la rvo6te (t). Cft. alors quits provo- quent les hommies de couleur coahtre les blancs, & fur-tout centre es. matelots. De-1k I'vtenient &deftrucleur du Calp. En meme temps qtis provoquolent leurs fatet- Ites, centre les equipages de la rade, is ddefen- doient aux commantdans des ports de lacolonie, de recevoir aucun vail;au die la republique (z); oen effect la Cncncorde fiat chaffie d port de Paii & lii iM ole ... ,t JEnfin ce 2, juin q1793 loirque Galbau" eut abandonne le chanip de bataille ), Sonthonax &. Polverel poclain~rent que, qiconque feroit pris a miller ou ncendir4 leroit fitle.tMa-le-champ. Pour etre bieii entendue, cette proclamation a befoei d'ctre explique. Celks des 18 &: zjuil- let fuivant en donneront Je diveloppement (). , ... . .. 1 11, ; ,, : ... ',, ; 1" .- ,. I M W - hommnes qui ont coiftainment fubflitue leur volonte , i6 loi peuvent h'ien renvoyer I 'exameen ide la Con-, vention, i-un arrte dv, confail, qiand il gZne leurs calculs partsicuers. (X Ces fits ifont prbuv6s par divers mr moires d' pofes au comtitt de ilut public, & dans iios archives, (2) Proclamation h n. (3) Toutes les pieces font chez Ie miniftre de la marine* i Si quelque circonftarice pouvoit motiver la corn- plicite de Galbaud & des. commiffaires, e'eft fir-tout S , - ,_W...'' .... S.; ..-, fl ., ,-,,,,7. -. * I h ,'! :I I (3t) Le I8 juillet .791 (t), les commmifaires dd- clrent que tons les mitaux & approvifionnemens qui f% trouveront dans la ille du Cap, front tequeftres. ls fe rrefervent d'indiquer les moyens d'en fire la fouille, & le ieu u is les s feronc depofer. 11s declarent que, quiconque fera firpris faifant des fonilles parttculires, fera fufille fr le champ, II feroit curieux de voir 'inventaire de ces f6uilles, fans doute qu'll aura &td apport par mon- f eur Dufai. Par leurs proclamations du zo jillet& z8 aout 793", iis declarent emngres tous ceux qui ont fui du Cap. Il declarent leurs biens (q ueIfres as profit de la republique. Certes ii ef fort commode de chafftr les gens a coups de canon pour s empa- rer de leurs proprietes. SLes proclamations des 18,o ojulet & z aout(i), n'ont cependant pas d'autre but; & quoique dans des terms plus general, la proclamation du z6 juini ne vouloit pas dire aptre chofe, Au Cap itoient au moins deux cents million d'or & d'argent,ent ncore des marchandifes infiniment riches. Cette vile etoit lemagafin generalde Sain# Domingue; & ce n'etoit pas fans motif, que par fa l;chet6 apparent, fon attaque fans aucun plan; I fur-tout fon obftinatlon a s'icarter des confeils inftii. meant judicieux, quIi lifurent donn6s par ces gens infiruits- - (t) Ces pieces font chez le miniftre de la marine. ':i i'l r! 1 i T; t `J'N 2 I,; .~ '* I I Iv ' (a) Ces pieces font chez Ie inmi e. C .:i i. (36) fa proclamation du 17 o&obre 1792 (x), Son- thonat recommandoit aux citoyens du Cap de ne pas inquilter les capitaliftes, de peur qulsne portafirnt leurs fonJ his h de la colonies. 1l dvo- rcmt d'avance ces riches mctaux, don't fapf- 1'avoit conduit a Saint-Domingue. AMffi dls les premiers jours dejuillt, Sonhtonax & Polverd firent fire la fouille des richefes du Cai & pour ie les approprier exclufivement, faufi~ns doutee partage avec M. DuffT;y, &c. its faifo'ent, conformnmeent i leur proclamation du 28 juin, fufiller quiconque etoit furpris detournant quetque chofe de catte fouille gndrale, & les citoyens que leurs mauvais triamens contraignoient de patir, ne pouvoient obtehir la permilion de fortir dtd Cap, qu'apres avoir vuidd trurs bomtfes dans'leur Stairs.' Voil fWminmaitement flexpticaton des proclama- mations des 16 juin 8, z o "millet, & 8. aott. Nous ne dirons rien des atrocites qatils ont com- mifes; notre cadre he -nois le permet pas. Mais i1 eft vrai de dire que phufiens blancs echappes de I ois iains, long-temps rs ape incendie, aflurent quelesnegres avoient eux-rninmesihrreur demes cries des comnilltares. 11 refloit a Sonthonax & Polverel un nouveaut moyen de s'emparer de la fortune publique; ils le trouvrent dans leut poclamation di 3 uitllet (2). . . ... .. .... .. !* ; i"" *ii (') Proclamation ,,no. 5. (i) Cetr proclamation et chez Ie minifr de delt marine. ' ^ -' i' Jufqtialors les denrees provenant des biens des emi- gres avoient ice vendues ,aux cries publiques; cette publicite nuifot a leurs deireins, & par lear pro- amation, ils en ordonr.ent la vente de gre a gr<. Par fa lettre du to 1uillet t79 au miniftre de la marine, Sonthonax accuft les blancs du Cap, d'avoir eax-ns.nes brile la ville; mais a qui ap partenoit cette ville? A quiappar tenoientles richeffes qu'elle renfermoit? Ett-il probable que huit A dix mille citoyens mettent eux-mnmes le feu h leurs richeffes, pour s'enfuir tous nuds, & demander ''au- mone a la Nouvelle Angleterre & en France. Mile trmoins atteftent que leurs propres negres leur ont dit de s'enfuir, parce qu'ils avoient ordre de ia part |des commiffaires, de les Cgorger, & de . brlter leurs maifons. Cependantles Efpagnols marchoient contre Son- thonax & Polverel; & les negres rivodlts depuis deux ans, fous les ordres deJean-Frangois, s etolent rangt s ious lear banniere. Ces neges, au nombre de dousu ou quinze mille, te battent at nom de Louis XVII, comme ils fe.battoient, aurrefois, au nomt de Louis XVI. Les habitans des quarters intaas de la province du Nord effrayds des atrocitis commies au Cap, au Port-au-Prince, a Jacmel, avoient recu les Et- pagnois; & certes lear diiefpoir devoit ctre bien grand, puifqn'ils fe jettoient dans les bras de cette nation, juftement abhorree des colons :ca elle avoit puiffamment feconde la revolt de keurs atte- hiers. Les coninflaires n'toient djel plus entoures que de qudqiacs centaines de blanco leurs -compliccs; C ' S (38) its ctocent devenus f:fpecls aux homes de coin Ikur proprietaires; ils navotent autour d'eux que kls cfclaves de a ville. Jufiement extcres ,:ils ne trouverent dans leur coeur que la teireur & I'effioi & dans leur dre'fpoir, is ordonncrent par ckur proclamation du xx juillet (I), iqe tous les efclaves qui fe marieroient dans un delai indique, feroient libres eux & leurs cnfans. Cette nefure ne leur paroilfant pas fuffifante, ils proclamnrent, le z j uiller, facranchiffement de tous les ngres qui voudroient combattre pour eux. Ces deqx mefures ne leur avoient donni que deux mile combattans, lorfque le .9 aotit, San- thonax proclama la liberty genrale. Mais tell eft 'opinion que Sonthanax porte du negre, que, dans fa lettre du 28 feptembre au miniftre de la marine, ii dit que le negre eft une nouvelle na- tion qti va reprendre fa place dans 1'efpce hu- maine, & uq'il efphre, avant pea, parvenir a la Dufay darts fa relation detailee imprimee par ordre da comite d nfrudiontpublique, juge les negres encore moins favorablement. II dit, Fo. 54. $ ~6 S$7, que les atteliers de Saint-Do- mingue font un comupofe e di dffrentes hordes, toutes eiglement flroces J jupides, atroces an-s tropophzges; que les nIgres nont auchne idee de nos mCurs, de notre language, de nos habitudes, di os loix; qu'ils n'ont d'aptltude qu'au pillage, ( ) Cette proclamation eft chez le miniftre de la Inainc o j ( 39 ) &c. &c. Voilfa cependant les hommes qu& Son- thonax & Poverel ont appellf h la liberty on plut6t k la revohte, a la guerre civile, I a def. trudion (i). II eft vra que, dans bn difcours du 16 pluviofe, Duffay tenilt. un Il:ngage comtraire..... Mais que penfer de tout cela, fi ce ndeftque Duf- fay eft un traltre fans pudeur, qui ment au gre de fon intire. Apres avoir prefente les a&e es leslus caraftirif- tiques de Sonthonax & Polverel, nous gallons exa- minerla juflification quiont voulu en fair les Cmif- faires quils ont fait deputer l la Convention na- tionale, par leurs inftrumens & lears complices. I . . . i 1 ..... a . (x) Sous les tropiques, la patate, quarante jouirs apres fa plantation le bananier & mille autres vegetaux, fans cefte renaiilans, fourniffent fpontan&- ment uue nourriture abondante. Cette march de la na- ture ne peut 8tre retardee, ni modifiee par aucune loi humane. L'hoinme noir, demi,-fuvage, en profitera; & nul raifonnement philufophique ne ui perfuadera, quant i prefent, dedevenir un journalier, quand il nia nut befoin de fe vetir, & qu'il ui faut peu ou point de travail pour fe nourrir. N'anticipons done pas fur les operations du temps. Lul feul, pa une progreifion lente, parachevera fans bouleverfamentl I regin"ration entire de l'espece humaine. Sur-tout, ne comparons p4is I'homme indolent des tropique, a avec l'homme acif de la zone temp.ree; ce dernMr n'eft laborieux que par le befoin urgent de fe procurr en tout temps, :u nourriture difficile & des veemens indifpenfibles. Si jamais les negres fortent de leur appathie, c'eft pour ,s'entregorger. Dufiay en convent luiN-mnme. SC4 . ( 40 ) (40) NOTSs s:fur le rapport fait a la Convention nt- tionale le t6 pluviofi par I. fans-culottes DufTay, ci-dcvantfoi-dijfant marquis de la Tour- Maubourg. I.D 'APRis le rapporteur, Galbaud eft bien cou- pable, & fes complices font bien nombreux Nous fommes loin de vouloir excufer cet officer. Tous les renfeignemens que nous avons pris fur les ev- vemens du Cap (& certes ils font bien nombreux ces renfeigit:mens,) n'oit pu fixer notre opinion a fon 6gard. Nous tne favors encore -s'il dolt tre confiddr-.comme la vi&ime ,, ou cormme le com- plice de ccs commiffaires. Nous nous bornerons . ripondre ,ex inculpations enonces par le rap- porteur:; & nousexpoferons les faits, don't la preuve eft dans noS mains, fans chercher h influence ro- pinion du comite. Sonthonax & Polverel ctoient exicres brfque Galbaud arriva a Saint-Domingue. Son entree dans la ville du Cap fut un jour de triomphe. Chacun crut voir en lii le restaurateur de la colonies. Cha- cun crut y voir le modirateur du defpotilne des commtfiaires. Galbaud repouffa tout le monde, & derrufic en un clin-d'eil la confiance & refpoir. Telles etoient les difpofitions des citoyens a "e- gard de Galbaud & des commiffaires. Pour mettre l nud toutes les perfidies du rap* porteur ii fuffit de narrer les evenemens. Fw- w- -v' -, '-r- f'- - (4") Sonthona' & Polverel bombardoient le Port- au.Prince, lorfqne Galbaud arrivoit au Cap. Gal- baud y demeura feul pendant queliues *ours, d- pofitaire de 'autorit6 publique : mais loin de fe concilier les ctoyens, $1 fe comporta de maniere i perdre la confiance & i eftime que lui avoit acquis fa reputation. II n'eut de rapport pofitif qu'avec nionfieur le marquis Duffay, que les comniffaires -Iui avoient depeche duPort- au-Prince (i). Les humiliations que lui firent effuyer les com- miifaires a leur arrive au Cap le o juin, loin .d'infpirer de rintirt, -ajoutercnt au mdcontente- ment- general. Enfin, le x, du m tnemois,les commilfires donnent ordre h Galbaud defe rendre en arrefta- tion h bord des vaiffeauxde lNtat 4 pour aller en- fuire rendre compete de fa conduit a la conven- tion national. Le mime jour ils donnent ordre au concierge des prisons du Cap de fair tomber les fers de 7 S8'oo brigands de routes couleurs. Is defendent aux equipages des vaiffeaux de 'eitat & do commerce, de defcendre k terre, fi ce n'eft a des temps, & en nombre determines. Les jours fuivans, les i6 6' 17, des homes de couleur infultent des officers de la marine,l es menacent le piftolet au poing; provoquent & i- -, -.iir i ri-- 1-' I\ 0- 0 -w. r ** i\- r o_ -; (r) Des declarations ecrites atteftent ce fait. r Nota. Toute la partle hiftorique &ft le rifultat de plufieurs m6moires circonflanci6s dipof6s aU bureau de la commiffien de Saint-Dominguc. 4--zt ( { ) I I frappent des matelots. Les officers de la marine i plaignent,& ne font pas ecoiutes. Le to, les commiffaires annoncent qu'ils veulent ouvrir le fpe&acle. Ils font fignilier d'anciens artiftes, & aux amateurs qu'on leur define, quils ayent a fe preparer pour deux operas cormrques, fous peine d&etre dcportes. Le mcme -jour ls invitent plufieurs amateurs de mutlique qu'ils recevoient pour la premiere fois, Stin concert qui devoit preceder un repas qu'ils donnoient aux citoyennes de leur focidtd. Le 19 jour du concert, un blanc, citoyen ef- tine, eft frappe & grievement blefft par une bande d'hommes de couleur, faifant la garde a la porte des commflfaires, Le meme jour, tn matelot eft affaffin, par an negre libre; & ces accident ne dirangent aucunement les plaiirs bruyans des como miffaires, qui infulteient ainfi au deuijgeneral & i la misere publique. Le 2o au matin, Galbaud fort de h gabarre la Normande, ahbord de laquelle il etoit alley en ar- relation. 11 ife pore vers tons les batimens de l'tat, en fait mettre les commandans en arreftation, fait embofler les vaiffeaux centre la ville ;h quatre heures du foir, 1 defcend k la t6te de fix cents matelots, & s'empare de qudques poftes. Les commiffaires font ouvrir- ls prifons, &" dechalnent centre Galbaud, fept k huit cents af- fillins, negres ou blancs l s font armer cinq on fix cents nigres, qu'ils avoient fecritement enrblds de longue main. Lavaud, commandant tilitaire, marchoit auffi centre Galbaud, h latete de quelques corps de troupes & d'hommes de couleur. Les ci S43 ) toyens fe tenoient renfermes chez eux, craignant igalement farmee de Galbaud, & celle des com- miffaires. La nuit fipara les combrttans. Le lendemain zI, a fix heures du martin, Gal- baud renouvelle fon attaque. Alors les commiftlaircs fiyent loin dela ville, apris avoir faith armer les enclaves, & command lPincendie. Hommes, femmes, vieillards, enfans, chacua court chercher un afyle dans la champagne; tous font egakment preff6s par lears propres tegres, qui leur difent avoir requ des conmiiffires 1ordre du pillage, du meurtre & de l'incendie. Enfin, les commiffaires .appellent autour d'eux les negres rcvoltis, qui entrent dans la ville ia torche & ie poignard a main, & ne f1 retirent qu'aprs s'tre charges des d6pouilles de fes habitans : ceux-la marchoient focus les ordres de Pierrot; mais ceux de la bande de Jean-Franqis & Biaffon, refii'bt d'yprendre part, & rejettent les ofFres des com- miflaires. , Tel ell le recit fiddle des dvenemens du tmois de juin. Les habitans du Cap, loin d'Stre atieurs dans cette horrible trag6die, n'ont ete que des victims immolees aux paflions de trois tigres feroces, oU h quel'quintrigue politique (i). Nous ne fuivrons pas Duifay dans fa longue .diatribe. Son rapport efL un ronan, qui pourroit 6tre confidGer come le froiit d'une imagination en (r) Pes memoires, des declarations fans nombre, depofis au comite de falut public, & dans nos archives, atteflent ces faits. (43) delire, fi nous ne favions quil eft le rifoltat d'ur.e inrrigue contre-revolurtonnalre. Ce rapport & la relation des evenemens du Cap, imprimee par ordre dn comte d'initruaion publique, mis en op- pofiton, en front le developpement. Pour le mro- inent nous allons reliever quelques faits principaux. Duffay voudroit fire confiddrer Galbaudjcomnme notre agent. Galbaud n'a jamais eu avec nous aucun rapport. II a dte nomie par Monge, a la folticitation de Raymond (z), qui le recommanda a fes amis come un home de confiance, & entierement devou 'a fesinterets. Certes 'homme de Raymond ne pouvoit etre notre agent. Daffay prefente l'affemble colonial come un foyers d'intrigues & de confpiration. Cette affemblee a toujours ete dans la rcvolu- tion. Elle a toujours ete iirreconciliable ennemie des contre-.rvolutionnaires (a.) Elle a coujours po- fitivement obei A la lo. Sonthonax & Polvcrel lui ont rendu cette justice. Its ont plus d'une fois applaud a for civifme & h fon courage (3j. L'affemblce gendrale de Saint-Marc etoit dans les mnmes princpes. La perfecutiun miniftrielle l'attete fuffifamment. Elle n'auroit pas Cet la vi. (i Correfpondance de Raymond, Fo. xo8, n0. 45, Fe. 1x3, n. 48. . (2) Pieces des archives, LL, n. 2. RR, n0, 6 & 2. JJJ, n. & 2. ddddd, no. 5. PrIPPP n 1. KKKKK, no. i &2. (3) Proclamation, no, 332, &c. (4) time de la Luzerne, fi elle avoit voulu composer avec lui. Barnave au tribunal rtvolutionnaire, a 6tc convaincu de 'avoir calomnie. Sa mort attefle qu'il n'toit pas coalifi avec elle, come ledit Duffay. Les blancs ont eux-memes incendie la ville, dit le rapporteur, & fe font charges de pillage. Sonthonax & Polverel avoient fi fort comprim6 rinergie des citadins du Cap, que dans cette cir- contlance, ils fe font tenus strangers aux matelots de Galband & aux satellites des comnifilircs, comme faifoit le people de Rome, lorfqu'ccrafe fous le poids des fa&ions, it attendoit Jachemenc la fin du combat qu'elles se livroient, pour con- noitre a quel tyran ii devoit obeir. Tous les ci- toyens energiques avoient fui ou avoient ete d- portes; il ne refloit plus au Cap que de ces honimes timides, 'irrbolus, qul ne favent jamais prendrc un pari. Des milliers d'entr'eux ont prt dans leurs maifons, fous leurs totts embrafes ou focus Ie poi- gnard des affaffins des commiffaires. Ceux-la n ont pas incendie la ville. Plus de trois mille, loin de fair vers les vaileaux, ont couru ciercher un afyle aux pleds des conm- miffaires. Ceux-lI n'oa- pas incendie la ville. Un pips grand nombre fe font fauvis a bord des vailhaux; ceux-la, h coup-sur, ne fe font pas charges de pillage; leur misre profonde &: les aumones que leur fait le gouvernement de l'AmCrique du Nord, 'atteftent fuffifamment. L'homme qui fut la mort, rIhomme fur-tout 4ui laifne apres lui f femme' & fes enfans n'ircerjdie pas fa demeure, & ne va pas piller des richeffes. (46) Ce. n'eft pas au moment ou tout un people fair u board des vallfeaux mouills h une grande diflance du rivage; ce n'eft pas au moment c" des killers d'aflaffins errent dans une vile, que liomme qui fuit, vole, incendie, & pile. Dutfay compare les colons de Sant-Domingue aux habitans de 'Toulon ; & par des rappro- J lhemens perfides, ii chetrche a criminalifer des in- fortuns, places entire les poignards des commif- faires de la France, & la proteiion de lAngleterre. i SSi Jeremie, fi Ie MlAe, fi Eoute la colonies s'et jettie dans les bras di rEfpagne &de l'Angleterre 1 4le a cede I empire rrififtibl de la neceffite. Mais compare les colons aux traltres de Torlon, ceft porter 1e dernier coup de poignard a des ci- toyens vertueux c'eft vouloir achever de brifer le eflbrt qui les prefle encore vers la France. SLa ville de Toulon, place dans le primitre de la France a confpue la convention niationale; lie a abjure Ie government republican; elle a rdfife aix armees de la republique; elle a attend B la reptefentationnaitonale elie a proclame Louis La colonies de Saint-Domingue eft deux mille Mieues de' la France; les communications en font, depuis long-temps, interceptees ; la revolution & les eenemens qu'elle a produits y fomn difigurs i depuis quatrer annees es"a enis de la. France y one porter la deforganifation opprefion & la mor;t depuiS quatre annies 1i neft pas forti du corps Igflatif un feul decret qi ne fqt defaftreux ; & cependant lorfque le trait fait i Loridresle I2 i ifvrier i793 fut apporte i eremie Ie io jmn, 7Li ( 47) par deux frigates envoyces de la Jamaique, les habitans de ce quarter, menaces, attaques par Slesfatellites de Sonthonax & Polverel & temoins des profcriptions de Jacmel & du Port-au-Prince, rejetterent la prote8ion que leur offroit PlAngle- terre. Le MoIe, citoyens, eft come eremie dans les bons principles; fes habitans font, come ceux de Jdremic, amis de la republique & de la libertd..... Comme J~ mie ils ont recu les anglais : mais dansquelles circonflances!!! Ecoutez, & jugez...... Le zo juin, les commiflaires avoient provoque au Cap une rixe entire leurs satellites & les equi- pages de r1efcadre'; leur plan de deftru&ion de la marine & do commerce franqais, toit fi bien coniza bine, qu'ils avoient difendu aux commandans des ports & rades de la colonies, de recevoir aucun des vaiffeaux de la republique. En effect, le 2z juin la frigate la Concorde sitant prefewtee devant Ie port de Paix y fut ac- cueillie par deux coups de canon. Elle fe ptefents au M61ie & Ie commandant de cette place hi fignifia rordre de fortir fous deux heures. Tels 6tolent les ordres des commiffaires; tells itoient les 0vinemenis, lorfque le gouverneur de la Jamaique fit faire aux habitans du MAle es mames propofitlons dejp faites a Jeremie. Ainfi ue I- remiel, Ie Mble les rejeta. En mbme-temps que les anglais itoient repoufiis de Jeremie Ie o juin, les commifaires faifolent marcher une armee de revolts contre cette ville fiddle. Cette armie fut quatre fois battue; & Ji- (48 ( 48 ) r &mi le & le le fe defendirent egalement, & des comnmirfaires & des anglais, jufqu'au moment ou la proclamation de Sonthoiax, du z9 aout, por- tait aftranchiffement des enclaves, leur fat connue. Alors les anglais. tfrent appellts & recus. Its por- tcrent awtour d'eux la paix & abundancee. Lorfque plus loin on aura vu le portrait que l'cuyer Duifdy fait lui-mitme des negres, on jugera i les habitats de &remie & di Mule ont maiche fir la mmne line que tes rebclkcs de Toulon. Lorfiu'on faura que ks commillaires faifldent marcher trente mille revulits centre te Mole au moment ou les anglais .fe prielntoient devant fon port, on fera en me- ihre de juger des motifs secrets de rant d'6vnemens. Coimmnt, dans un iioment oi 'ennemi menace la colonic d'une invafion prochaine, les commiffaires arment ecs citoyens les uns centre les autres les enclaves contre leurs maltres; ils afliegentles villes, ils proterivent, ils pillent, sis egorgent leurs ha- bitans ; & l'on voudra nous perfuader que de tels homes te font pas les agens de 'ennemi ! Quelques homes d'un tel carakre, citoyens valentm, a u feuls, tne arimee ennemie. Mais le M61e pouvoit fe difendre, dira-t-on peut-erre ? Cette place ef le Gibraltar de Saint- pot1ingue, Cela ef vrai quant Ia mer. Cea ett faux quant a la terre. Le Mole pouvolt rfifter a PAngleterre; if ne pouvoit fe defendre des affaiins des commitfaires. Des deux ennemis, le moins atroce a et reutt, & les satellites de Son- .honax font retournes fur leurs pas. ( La ite au NO ) Duffay Lw * No. 4. N~t ~cp C' *- .' **- --- - *- *' -. - SuRTE des notes firIe report fiit par Duf y. Duffay nous adit que les habitans du M6"le & de J renie etoient ceux--ta menie qui avoient trait a t.ondres Ie fever t79. Cela etf faux. Le traite a etc rLtte~ & les colons de Saintl-Do- Minguiie, loin d'abjurer fa France tr ont requ les anglais que come proteSeurs.. .. Oui, ci- toyens, c'eft dans le fe ei Pde ienienmi de la rCpu- blique, que les blancs patriots font obliges de cherchter n afyle centre let agents de la France..,,. Tel etoit le iyftme de Britbt, & Ie fil de cette trame n'eft pas encore coupe. DuffiTy dic que dcs colons font de la dtpenfe )i Aminrique du Nord.Nous lesavons denoncis tvus-: me es depuis long- temps, aun commit & la convention national. Plufieurs font es complices de Blanchelandev qui -intiMe: datns les .profonds myfteres du gouvernement,: ont exported leurs- ri- cheffes, & fouvent cells que les revoltds ivolent pillies fur kes habitations des patriots (4)" On ytrouve encore grand nombrede complices de Sonchonrax :& Polvercl, gorges d'or & d fang. On y troupe fir-tout un Galinau de Gafq, qui ne fut jamais a Saizt-Domluingue q'un intri, ' '' i-i":^ .. -- .' -,-- --- *- '...--- ---- _ .'- 1 , (i) Les ouvrages de la commiffont de Saint-Domin. goue BAA, BAB, BAC, BAD, BAF, BAG, BAJ, en donnent les details, D - "'"~=4~;s,;~ ~3~: r r i i, : 1 " u.~ ;; JLI. r-~F I i -' '' i, i- "~ '" . ; P it ( so ) ' gant au gages du gouvernement, & qui long- temps, fut le triflan des commflaires. Galbaud avoit itabli dans le nord, une batteries qui commandoit une parties de ia ville. Cette por- tion de la ville n'a pas et& brule. Pourquoil?-- Parce que les patriots en defendoient I approche aux satellites des commiaiuires. Les commiflires avoient leur demeure & luers archives dans un autre quarter : ce qua tier n'a pas cte incendid. Peurquoi Parce qu'ils l'occupoient. Enfin n crig gnrals'clivede toutes parts centre les commifires e \x feuls avoient donndi fordre awx rvvoltis da meurtre & de 'incendie. Des blancs, des muAlires, des s&tres rfugids, atteftent cette Galbaud, dit lerapporteur, a encloud les canons, d4mont les imortiers: fans doute les commiffaires auroient mieux aim. que Galbaud leur eric donni j le temps de fire incendier la rade, come ils en avoient donnd .lordre formel (i). Les nouveaux citoyens (les neges revolts) ont donna aux blancs, dit Dufay, les preuves d'une I gtnDrofit6 bien grande. e Ileftvrai qu'environ troismillepatriotes, croyan t,, troutver afyle aiups des commiaires, fe rendoient autour d'eux, au bourg du haut du Cap, au riique i d'etre aflifinds par la foule innombrable d4 bri- gands qui rempliflHent les,chemnins les commir- faires en font informs its craignent arriv e de cesrnalheurux ils veulent l'viter : un nouveau ' (x) Cet ordre eft d6pofe ate comit6 de faltt public, i Nous en avons copie certified. . i "' ; ; crime qui fait horrcur leur parole le moyen le plus sAr d'y reuffir : ils ordonnent de les arreter par tne forte garden de bandits k l'entrie du bourg, d 'y conduire des canons, de les charger k mitraille, & d'exterminer cette foule d'infortunds. Ce trait incroyable d'inhumaniti fait fremir la nature ; it eft naanmoins constant. II neur pas fon execution. Qui le crolroit ? Les satellites des commnifaires fe montrrent moins atroces; ilsen eurent horreur (i). Apres le depart de Galbaud it n'a pas 6te commis un feul meartre, dit impudamment le rapporteur. Citoyens, chaque jour fut marque par la more d'un grand nombre de citoyens, que cis tigres avides de fang faifoient imptoyablement fufiller. S'i falloit en nommer quelques-uns, nous deman- derions a meffire Lbuis-Pierre Dufay de la Tour, Ccuyer, officer au regiment du Cap, ce que font devenus les citoyens Gu6, voyer, Gay, aubergifie, Abadie, chirurgien, Bernard, illier, Robard, mdgon Simon, imprimear & Cofte, chaircuie tier, tous fufill6s par ordre de ces commiffaires. Nous lui demanderions ce qu'eft revenue la citoyenne Cote, qui, ne pouvant furvivre i tapt d'horreurs, & fur-tout a Plafiallnat de fon maria, prit fes deux enfans, a ett6 le premier a la mer, a lid le second, plus jeune, fur fon fein, & s'ef pricipit6e avec lui au milieu des flots, dans lef- quels elle a peri. Nous ne nous occuperons pas, quant k prdfent, (i) La preuve.-n n ef dans nos archives. Ellc eft *galement au comit6 de salut public. D i d'une plus longue di!tufion fur le rapport de meffire Louis- Pierre Dufay ; ce roman f:brique depuis long-temps, p fit- re ous, qudlque cheminee e de Paris, aura ccitndaint une reporitf; mias en attendant, nous prions monfieur le marquis de nous accorder cn face de quelque cornite, une i conference dans l iquelle nous puiflions nui prouver que s l fit autrefois un intrigant iI lt aujourd'hui agent talarid dune conjuration pofohnde qui apres s'tre go g de fang & 'or a Saint-Domingue, vient encore porter en France les eli:uens d'une contre-tivolution a h Briflot. Confiderations politiques. ILoxRSQE la maiton de Bourbon fut humriliee par IAtgletrre, dans Iav.nt derriere guerre, le miinfire de France jura Finrdependatnc de IAmeo rique du Nord. tLorfque la maifon d'Hanovre connut I'ind |- pendance de 1'Atmet-que du Nord, dile if ptomiit tne grande vvngeacIt: Cileveta l'aif vifllement, rint.ppendance ou la ruine des colonies ftancaifes; ele jura d'h'imilicr la France & la mailon qui ricnoit fhr elle. iLAmirique du Nord &toulant toutes !es fac- tobs royalifes, conciliantt avec tni fatl:ie pro- 0 fonde la pthfophie & la poitique, a iu fe don- tier un gouvernenent libre, la k r:ance en a fait autalnt. Ccit anfli que la plhi!fophie tait ftn profit tde pafliuns des' ian:rts & ks gouvernetmitlis. ( S3 ) La maifon d'Hanovre voyoit que la profpritd des colonies franpoifes alioit lever le commerce deFrance, au.plus haut dJgr6 de fplendeur elle voyot que le genie s a dee I'agriculture, & de la navigation, fouriit egalement a toutes les claffs des habitans de cette paifllnce rival; elle favoit que la marine militaire d'un grand people, doit toujours ette en, raifon de fa marine mar- chande alors le fentiment de fa foibleIe I'a frap- pee, elle a vu I'inde ecliappant de fes mains; elle a va Ton commerce ruined, fa marine anean- tie, fes vilks defertes, & fa puiffance .ckroulde fous le poids d'aun dette immense. I'Angleterre, enfin, ne pouvoit e feauver que par les malheurs' de la. France; Briffot a fervi a politique & fa vengeance; & la France a.et attaquee en mume temps & dans fon (ein, & dans fes colonies. Les edvnemens ont fecondt cette politique & le genie vaffe du miniftre d'Angleterre a fi turner i fon profit les evenemens revolution- haires qu avo.ent developpes la philofophie & l malheur II1 a voulu dechirer la France par elle- mtme; ii a voulu nationalifer chez elle anarchice & la difcorde; & pour le faire avec fuccs, ii a tour-a-tour feconde, bcmbattu la revolutionn de 1789; iI a .voulu rtablir la monarchies fIr les membres epars de la republique f derative; il veut fur-tout fire perdre la F'rance fa puiffance & fon credit; il voudroit anl-antir chez elle le goit des arts, des manufa&tures & du commerce;, ij voudroit etouffer dans la generation prefente, le germe d'une pogferite nombreufe Ii voudroit fur-tout luiravir ou devafter escolonies: car le people anglais D 3 ( <4) i- *) ne vit jamais que fon commerce, & s'il pardonne i fes rois les horreurs de la guerre, malheur au mi- niftre qui, tromp dans fes fpeculations politiques, ne lui prefenteroit pas en dernier refultat de nou- veaux moyens de commerce. Tel devoit atre le refultat des inftrufions per- fides, donnees k Geneft, le 17 fivrier dernier, par le confeil executif briffotin. Ses inftrufions, nous les avons denonedes I la convention na- tionale, le mois de mai dernier, & Geneft a eti rappelli. Geneft avoit 6te charge de propofer aux Etats- Uni$ de 'Ameriquedu Nord, on noveau trait par lequel la Ripublique leur auroit accord la fran- chile du commerce avec fes colonies, k laa charge par eux de les proteger, & d'en garantir la pr0o prieti h la France. te plan paroit fiduifant pour les colonies, & cette franchise de commerce auroit itepour elles an moyen de profpiriti incalculable, i le plan lui-mime n'eut 4td illufoire. Livrer les colonies franraifes h la procedion de lAmrique du Nord, qui na pas de marine militaire; c'toit dire l' An- gleterre do s'en faifir h volonte; s'toit dire k toeses se places de commerce, h toutes les villes maritime, i toutes les manufaaures, k tout Ie people francais de s'ilever contre un pareil fyfteme; ce'toit provoquer la guerre civil & raflerviffement du people; c'toit ce que vouloient les briffotins. C'eft 4h cc que nous avons dinonc,. Mais les EtatsUnis ont vu le piege mal-adroit que leur tendoit ce miniltre intrigant, qu'ils out ,i4 ( i5) traitS .avec le mepris que miritent des mandataircs infidelles. Egalement amis de toutes les puidfnces helli- girantes, les Etats-tnis promnenrit leir pavilion iur toutes les mers, & font prefque feul le com- merce du monde. Cette puifance encore fon aurora, va s'enrichir des evenemens de E'urope & des Antilles; egalement utile h toutes les nations, elle fe gardera de rompre le noeud qul unmit chacune delles: tel feroit neceflairement efflet du nouveau trait propofe par le confell ex- cutif. Loin de favorifet les colonies, ce tralt devoit Etre leur arr&t de mort; it devoit coincide avec la rivote ie dla Vendee, avec la deroute de l Belgique ii devoid micontenter tous les de- partemens maritimes, & les places de commer- ce il devoit motiver le fyft&ne d ufldera- lifme; qui n'eft lui-mnme qu'un echelon pour anter le derpotifme fur le dechirement de tous les dSpartemens &la guerre-:civle. Nous difons' que cc trait devout atre 'ari~d do niort des colonies, parce quit devout n0ceflair.- ment faire perdre la neutralitW aux Etats-Unis & voila fans doute ce que defiroit le commit Britf. fotin: non qu'il vouut donner tn alli6t la France; mais pace qu'il vouloit liver les Erats-Unis an cabinet de Londres, qu'il vouloit mettre en me- fiure .de donner un prdfident herditaire a ces r&, publicahis. En effet les Etats du Midi qui voyent le terme de leur profpirite, dans la prohibition de la traite, que a confiutiton d5criete en x787, ne tolkte que jufqu'en" xSot, minacent cette rd D4 -11 1. , 00 1w ( 6) publique d'ane dffoluion proch;ine ; & les artre.s itats entraincs dans ce tourbillon revolution- naire cideroient inevitablnment cette dettinie, & fuccomberoient dans cette luite defaitreufe : mais le congrcs djioncra certe trame abominable. Enfin dans 'etat de chores t ppar par le con- fetl exicutif, les colonies auroient perdoi leieul moyen d'approvifi~ emenicnt qui leur reftoit encore; & leurs habitans apres avoir (rvecu a tous les fieaux que la fatality appFantic lur eux, auroient peri par la famine, Telle dtoit cette fation : Pitt lui a donni une double tache h remplir. tO. il lui a commander d'op6rer le dechirement de la France. zc. II lui a commanddL'y naturalyfer ledefpotifine, par 1'epui f- fement du corps pmtique. Cette fh&ion ne fert enfin ni la democraie, ni 'ai;flocratie; elle eft fubverfiye de tout ordre ifcial. Vous allez en ju- ger par le tablau rapide de fes operations. Uni conftitution avoid fixI le ienouvement re- volutionnaire de la.France; d'excellens citoyens frappes des vices qu'elle ,prelentoii, & plus frap- pespeut-etre, des attentats contre- revolutionnnair s I lune court corrompue, defihreent un gouverne- ment republican. Cette faction fic Ifrvit adroite- ,ent de cette circorftance pour agiter eiccre ia fociete. Louis Capet fut juge & condanine. Cette fac- tion vitt dans I'app au peuple un moyen certain d anarcbie & de guerre civil; ele y vit le moyen de fe confciler la confiance des contre-revolution- raircs qui autoient cru qu'elle vouloir fauver Ie roi; itee y vit enfin le mnoyen de fe conciiier l'e- ; ' i. .. %..;. ': *. i.W .-I*I- ,W ^ iry^.^^ i?. i Ia 'Ini - - -,- ra~ra-- ~ .-.-----.- -- I( s 7 ) time & la confiaace du pcup!e, don't elle fenm bloit refpeder Ia fouverainetd. Uine constitution (embnoit devoir naitre des ruines di trone; mais elle n'a pu defcendre de la montagne, qu'apres que le peup'le a eu difperfe lei tratres qui en arreoitent la march. Cette faCion embraffoit la convention le con- fel exvcutif, & les ecrivains periodiques: & par tous les moyens que lui permettoit Ia situation, elle a corrompu I'elptit public, & fdderalifi les dcpartemens q'elle provoquoit contre Paris. C'et dans les mnmes vues qu'elle provoquoit toute la France contre les colonies. Elle prefen- toit ces countries come le fejour de .'aitilocra- tie & de la tyrannic. C'toit vrai quant au gauvernfment & fes complices; mais c'etoit d'autant plus faux quant aux patriots q'ils ont mieux aimed laiffer devaf. tjr leurs pofieflions, que de composer avec eux. Elle prefenitoit les muintres come "des citoyens vertueux riches, plans par leir induftrie; & d'autant plus zilds pour la revolution, qa'ils etoient opprimns par les colons blancs. Elle prefentois les nr~res efclaves come des. homes dou.'s d'une profonde intelligence, & d'une intereffante fen- libiit~e & vi&itmes come les mulitres, de lor-. gueil &ode 'ambition des colons blancs. Des hommnes honnetes &- fenfibles vivement aff &s de ce tableatu, en r.levoient les coulclur, Les co- Ions blancs etolent conildiercs come des canni- bal.s ennrmis de I'efpece hum i ne & de la rdvo- lution; & les ef!aves & les mulatres digouitans du fang des patriots netolntr pias que des homes ,^ ll-'- / ? arms pour la liberty & eIgalit6. C'eft come fi I'on jugeoit de l'oppreffion aduelle du people fran- aais, par la rvolte de la Vendee. Les mulatres & lesnegres 6toient commeles'payfansde ces countries arms par le fanatifme, & le rcfpe&t religieux, qu'ils ont toujours port r'homme rivetu des ho- chets du defpotimne. Le roi eft pour eux image de la divinity: qu'ils n'adorent que dans la mani- fcllation de fa puifance. Cette fa&ion s'toit faifie de la question des co- lonies, don't elle ecartoit tous ceux qui n'etoient pas dans fes interets. C'ef ainfi qu'elle a toujours trompe la France fur leur situation; ceft ainfi qu'elle a toulours influence le choix des chefs militaires, desadminiffrateurs, & des commnifaires qui alloient les regir; c'eft ainfi que ces contrees ont tou- ours 4te livrees a des hommes, qui joignoient Sla foif de or, la certitude de fatisfaire im- punemeut cette paflion, en nouriffant dans ces contrees lanarchie, & la revolte; comme ils ef- peroienc l'impunite, en preparant IAngletterre un triomphe certain & facie, lorfque fes vaifneaux fe fetoient prifentes devant lear port (i). Tel eft le fens dans lequel a ete faith le rap- port de Duffay. Tel a toujours Ct6 le plan de Sonthonax & Polverel. En effet, pendant que les commiffaires levoient a St. Marc, une armee pour punir la ville de Port-au-Prince, de ce que, d'apris la loi du z (s) Les nouvelles anglo-ambricaines & angloifes an- noncent que Sonthonax s'eft fait conduire a la JamaiL que, fur un bitiment charge d'or. (19) aout, elle avoit ofl demander a Polverel, la con- vocation des affembles primaires, afin de nom- mer des deputies a la convention national, & aux corps populaires de la colonies; Pendant qu'ils marcholent contre cette ville; Pendant qu'ils occupoient les vaifleaux & les frigates de la r6publique, k y better trois mille fix cens boulets; pendant qu'ilsen egorgeoient les ha- tans; pendant qu'ils en tenolent fept h uit cens enchanles au fond des vaiffeaux, les Anglois in- terceptoient tous les bitimens franais qui fe pre- fmnoient.far la c6te, & ruinoient le commerce de la colonies. Pendant qu'ils provoquoient au Cap, ine rixe entire leuts satellites & Parme naval, is difen. doient a tous les commandant des ports J& rades de la colonies, de recevoir aucun b'timent de guerre de la ripublique, focus quelque prdtexte que ce fat: de manire que la frigate la Concorde, qui fe prifenta au Mole, le I juin, requt ordre d'en fortir dans deux heures. Du moment que le convoi fut mis en firete dans les ports de I'Amerique du Nord, les ci- toyens fugitifs du Cap, & les iquipages des vaii- fraux tmmoigncrent 6galement le defir de retour- ner a Saint-Domingue, pour combattre les en- nemis de la rdpublique; Geneft au contraire, leur ordonna d'aller croifer dans les parages) orageux de la Bermude; d'aller enfuite enlever aux An- glais, St. Pierre de Miquelon, 'fitu dans des patages plus or .geux encore. C'toit cependant alors, que le guverneur de la Jama'ique fe pre- ( 6o ) paroit f 'ie, avec deux figates, la conquAte de Saint-Domingue (i). Si la France a etc long temps ctonnCe du peu de moyens que rAngleterre dlveloppoit centre les colonies, c'eIt q u'ie comptoit plus fur la cor- ruption & I'intrigue, que fur le developpement de fa torce. Faire hair la France parles colons; voita le fyltdme d gouvernemnent d'Angleterre. Faire haic les colons par la France; tel etoit it lfe e Briflot. Sost conmplicit6, tit temperament, Sonthonax & Poverel remplflfoient igoureufement cette tache abominable. En effect its ont difiout les corps 1populaires, & les ont remplaces arbitrairemenit par des cor- porations qu'ils tnioil necefluirement mecontenter les patriots. Its ont deported tour--tour les uns par les autres, les chefs du part contre- revolutionnaire & ceux du part rpublicain. Cette mefGre devoit mettre a leurs pied; le refte de la fociedt. Its ont tenu les honimes de couleur hours de la loi du 4 avril; its en oan formed des companies branches, ctrangLs a c elles des blancs, afin de leur donncr fans pLine i une impufibon convenable a leurs interdes (2.). sule*11^>*>irrz-^*ii--r-- --;-u-~i-- -t--,--Lu-r-1--ia--;*-:------l (s) Tous ces fits font prouves par pieces depo- fies Jans nos archives & au coinit de falut public. 2 Ce td)ilne n'toit quunie suite de celui adopted p-r Bla:ichca~tde. Les mUilttrtzs et les ner es n'etoient que des ag,, i dXt ppr c:ion et de tdetru', in. Soonthonax & 'Polverel out biC[l pr'uIv par ur lettre du 25 oc- tobre 1792, AUC ; & leur proclamatio n n0. 5, qu'ils avuiciat la mefure de lkur tempriianeii;t - -amaw At ____________ -. ( 6i ). Pendant que les Anglois fi, p:paroient riwn- v:ion de Saint-Domingu', Sontho6ax & Polve- re! a1it,0lttottlteS les parties de cette colonel 1s r.,connoiCnt les ftolldioriar'cs publics, & les renp ic~fent par -des ioLu;trns dans leurs inte- recs. Loin tdemployer les forces de la r"publi- que centre les nigh s revoltrs, ilsfomentoient de nouv-lles revoltes, & faif!ient maircher 'airme contre les villes les plus patriotes de la colonies. Pendant 9ie les Anglais cnlevoient fur la c6te, tosties e batimeus du commerce, ils bombardoient lk Pc-t-au-Prince. Pendant que les Anglais f'e prcproicnt h fire la conquete de Saint-Domingue, Sunthonax & Polverel reunifoient au Cap toutes les forces na- vales de la colonies, provoquoient enre leurs la- telli rs & leurs maitelotst la ,xe qui a emmene leS evinemens prcnmddites du ,o6 uin, & dMfcn- doient aux commandant des ports, de rucevoir au- cun des bitimens de 'Iat r. Pendant que deux vaiireaux '&quatres firgates efcortoient le convoi vers les ports de I'Amerique du Nord, la frigate la Concorde eft rcpouffie du port de Paix, & du Molle, par ordre des commnill1ireS, Pendnt. que Geneft refuse aux colons refugees a bord du convoi, la ficute de retotrrner h Saint- Domingue, dcf~ndre la colotnie centre les An- glois.: pendant que le minifre envoye les vai"- leaux ie la republique ,e brifr d.is ks mers du Nord; deux figate angltl alnol; aoietnt ataqur Je- rniie & Ie MIulle.e 6 2. , II imported, fCns doute, qtle nous fatflons con- noutre par quclles circonftalces Ji&tmie & le Molle St. Nicolas ont requ les Anglais. Pendant que Sonthonax & Polverel faifoient maffacrer le zo juin, les blancs du Cap, ils fai- foient marcher uine arme centre Jeremie; des commiiaires ddligue's par eux la preccdoient. Les habitans de Jeremie manquerenteq iore les dupes. Trop de precipitation fit ichouer la trahifon des commiffaires. Le combat sengagea, & leursfatellites furent mis en faite .Ottrouva dans le portefeuille d'un des chefs, tui fur le champ de bataille, uneipi." taphe, qut devoit tre mtiifefur un poteau, au pied duquel devoient tre brfiles les cadavres des blancs de JRremie. Le 2S fevrier 1793,' des emigris rdfuigis- . Londres, & propridtaires-auxcolonies, avoientfait un trait avec le government d'Angleterre : traitr centre lequel no us avons deptis long-temps pre- muni la convention, & centre leqvel nous avons proteftd. En execution de ce trait, le gouverneur de la SJamaique envoya Ie 2o juin, deux fregates h Jd- rmie, pour en prendre poffiIfion; ces frigates s'y prefenterent fons le drapeau de 'ramitie, pen-. que les commiffaires faifoient marcher leurs fa-. tellites, poor 6gorger les patriots de ces quar- tiers, come ils avoient egorg6 ceux du Cap. Mais les habitans de J~remie repousserent~ ega-' lement & les satellites deftruteurs des commifires, & les frigates proteatrices de rAngleterre. (63) Mais lorfque les habitans de Jirmie eurenc vo Ie bombardment du Port-au-Prince, par les commiflaires, la deportation & le nmafacre des patriots de cette ville; la prife de Jacmel la deportation & le mailacre de fes habitans; la ruine du Cap; la fuite & le mafiacre de tous les blancs; lorfqu'ils eurent vu une armee d'affaffins marcher contr'eux au nom des commiffaires; lorfqu'ils eurent vu rarrt de leur mort ecrit dans la poche d'un des chefs de cette arm6e; lorfqu'ils confiderkrent que depis quatre ans, la Francene s'occupoit d'eux que pour y porter des "loix di- fafreufes, & y envoyer des agents fcClerats; lorf- qu'enfin ils virent la proclamation deSonthonax, da 29 aoftt, portant iaffrafnchifement general, ils appelfrent les m6mes Anglois qu'ils venoient de repoufl r deux mois avant, & fe mirent fous lear proce&ion Ie xi feptembre dernikr. Le Mollo etoit dans fes mitmes principles que Jrimie, le Molle auroit refifti A toutes les forces de 'Angleterre. Mais cette place eft commander par la terre; & dans le mEme moment oi les Anglois fe prdsentoient focus fon canon, Sontho- nax & Polverel faifoient marcher centre elle les efclaves qu'ils avoient rivoltes dans le Nord. C'eft encore par de femblables manoeuvres qu'ils ont forc6 les quarters de I'ER de la province du Nord, k fe better dans les bras des Efpagnols., Dans les bras des Efpagnols I Grand dien. Le de ffpoiir le plus extreme feul a pu commander aux colons patriots, un pareil abandon. Ces quarters avoient toajours irfiftt aux bri- (64) pad. UW' t C, able gans, itsl avoient formC un cordon inexpugnable, U ui avoit prcferve ies provinces de1 Iuef l 6 ad' Sad, de Finvation des ievolcs. Sonthonra & Poi- vcrel ces dcforganiflatcus terenels, en confeirnt le commandemntn a cds hon:mnes ans leus inte- rats, & bicntbt l'armie df.organifte, les habi- tais opprims, prlccutes ce livtrcem fans refif- tance aAx Efpagnois. Nous convenons qu'i fra fort difficile de per- fuader a pluficurs qoe Sonthonax & Polveret ne font pas de vrais rspublicains, amis de la liberty & de Igalite c. r ccti a, nom de la rcpubli- quc qu'ils out affranchi les ulgres & donnd & ta France quatre cents mille rcpublicains arms pqu~ fa defenfc : quatre cens mille republicans, qie ie 14e. regiment td'Atigterre enchatea d'un coup d'lit fes pieds. Mais citoyenss, 'eft encore au tom de a ripubilique, qe Sonthonax & Po!ve- rl ont gorge tous les patriots; .n"t encore au norm de ia rcpublique, que Ies conte t volt. tior.ni t:es de, Lyon, de Bordeaux, de Mafeille, fAiiie4nt la contre-rivolution; 'cft au nonm de la rcpublique, que Pitt a prepare Iettee de fCs vail f'aaux dans Toulon; c'ed encore au nom de la. rcpubiquce& d l'phiulofphie, quell on voudroit vouu fare Tfahe la contre-revolution ou putt c ef aur. om de Ja rtpublique qne "on voudioit vous dcd chirer, parce que vos ennemis nevoudroicnt pas que vous ayez, de long-temps, aueun gouvernenrent. Iks favent que 'jai-als un people ndt plus' ter rible t fts ennemis, que lortqu'il prend un al- ficite tranquull, apres- de grands orages po!i5ques. C $;grank s orage. N " N_. -_ -- ---- _- i- on- ... ... , DES trois foi-d"fant deputies de Saint-Dominmgue, Duffay, Mils & Belay & de klur caraeddr:-. pdlitique. SONTHONAx & Polverel fe font bien donn6' de garde d'envoyer en France les Pinchinat, les Savary, Rigaud, Chaniatte, Lapointe, -c... Ils faveiit que leurs crimes font ecrits en traits de fang dans nos archives; Ils ont pris deux homes de coaleur, qui n'ont 6tr connus dans la revolution, que parcel qu'ils en ont dit eux-mdmes la fec. tion des Tuilleries. La, ils nous ont appris qu'ils commandoient chacun des pelotons armnes parles commiffaires, pour igorger les blancs. Ils ont tou- jours etb perdus dans la foule; & leur nullit6 au roit tC leur fauve garde. L'un des deux eft, dit' on, ne Anglais, & I'autre Africain Quint a Duffay, il prefente un autre carac- thre. Ainfi que beaucoup d'autres intrigans mef- fire Louis-Pierre Duffay-de-la-Tour, ecuyer, filsde meflire Pierre Duffay-de-la-Tour, dcuyer, ancient brigadier des gardes-du-corps du roi, vint Saint- Domingue dans le courant de la guerre d'Amin rique. It couroit les maifons publiques du Cap , lorfque le gouverneur de Saint Domingue, lui donna une place d'officier dans un corps de nigtes libres, qu'il Ieva pour aller a Savanaha, fous les ordres de d'Eftaing Au retourde pette expedition, i fut place fous-lieutenant dans le regiment du Cap, don't ilfut bicndtt chaffr. 11 pouia une femme qui i.i 2( 56 ) port en ni ..t: x tr.e ;!:s-o qu | dCvora par un iixe inlolentc c'e:i ': 1'ii , tunr-a-tour les s q ua n:lroicahi s ~ r cce ner de baron fe difint d-la-Totir- oig cf iiorse, enfih ,qe afet m iinep;r i,. dcp- i dations, ne put fe foiltiair-a.x critrci s r de nmoniitcur le baron-mpiL .., p.ir e f. Lu iepara- fion a laqdle confenitt rariiler dela-iour- Maiatborg raioyennant turl pfio^i de cqu e!ques iTille livres. 1. iit de cos particuhl s, de ces accidents Sui,' ar leur ensemble, p-dveit better un grand par fur ia cauile desr vcnen;ns; & dans un moment oi lia fortune pLju)liue eft er dAnger, nous erions bien coupablcs tf nous n* gallons pas tes chnnemis. Nous prouverouns que metidre Duffay-de-la-Tour, apres avoir emprnnte des foinmms -nfidLirables, impetra-a r nultft de fes engagemnens, Ia fiveuir de a' trait de a tcme d 'n ficn fr re, ui, a cette epoque ttoit tra - ment nmne'i. - 1 eIt e ncore der nototiite piblque, ue nei4re DulF-de-la-T i our, dans le temrps h il n'avoit pas encore tc contraint d'abandonner Paminif- - tration des enclaves de fa M femme,, n e profeiro pas les plincipes de philantrople qtu'l manifeb r aiijourd'hui, Dans cmnq on fix- anaies i, i dcvora deux millionlsderichefs : combic, i, a travers tout cela, affranchit-il d'efclavcs Si? S ousl fabit jia-. mais line quc on -ptrelle nous lui rpond rion s vec laitisthacon...... Notre philofophie,'nousE avoris dans e coetr; m1 4il y defend jamais il y j (oIveri, i rimnrds vcnge"ur da crime. i .! 'C"lnitent Duttay atroit.- i fit le boniheur de f.; c elavcs? Aprfs avoir empoifonne la vie d'une f.n:e quile fit nager dans opulence, ne porta-til p.a la fbifdu crime jutLue'i dans cet infant oi le tigre lui-mime o'blie fa ferocite ? Une femme qui :avoit aime, revint a lui apres quelques ours d'in- coniiance; ii la cautirih d'un flacon d'eai-forte, qut panit cette infortunCe de maniere a ne pae lai.r i" fon epoux de doute fur fon infiddeitC. Duiffy, Mils & Beley, aic font & ne peuveznt Store que les diiffliries de Sonthonax & Polverel. Nous demandons rcxamen de leurs pouvoirs. Nous voUs denoncorns qu'ils en'ot pas 1'avea des colons patriots refiigi cs aAmerique du Nord; qu'is n'ont pas 'avei de ceux retdgios en France, & don't un irileme de, terreur rpanda a -propos par une m- trigue criminelle, a arrcte les protefations & le dJfaveu. ;ons vous denoncons que nous, tant, et notre propre & prive noa quen notre quality, & an nora de SaintDomingaue nous proteffonm contre lear nomination. Nots, demandons it 6tre entendas contraAdiaoiremetit avec eux. Alors, now Ieitr demanderot-; -exhiitbon de leurs pouvoirs. Nous leur demranderons pourquoi Sonthonax-& Polverel ont cru pouvoir contwquer les affeimbles, primaires atu mros de keptembre dernier a travers les c d6conbres de la itlte do Cap & les catdavrce . de fes habitats, lorfqu'ls: ont conflamment refufi de les convbqaer depis leur arrive a Saint-Do- - mingue, au mois de feptembre 179z. SNows leur dcma ndA ons poutquoi Sonthonax & Polverl' ont retfud la la unicipalitC du Port--au Prince & .i _celle du C-ap, -ls iz & z--6 dicmbre E z ( 68 ) 1792, la permiflion de convoquer es affei blies primaires, pour nommer des dtputis a la conven- tion national & aux corps populaires de la colonie. Duffa y 4ira- t-ii que la colonie etoit encore trop agitie? Maais etoit-elle plus tranquille, lorfque les commiffaires n' toient plus cntoures que de de- combres, de cadavres & defclaves revolts qm, depuis deux ans, combattoient pour la tyrannie? Nous leur demanderons ou, en quels lieux ces affemblies ont ite tenues ? Nous lear demanderons s'il a cte former des corps populaires, conformiment h la loi du 4 avril? Nous leur demanderons pourquoi Sonthonax & Polverel cafserent,le 27 juillet dernier, la mu- nicipalite du Cap, & lui flubftituerent un bureau de police, compofe de trois perfonnages, qu'ils onut ewx-mimes nomm is Citoyens, tien ne prove mieuix e defpotifine exerce par Sonthonax & Polverel, que leur pro, " clamation du z8 feptembre 1793. Alors, ils difen. doient route afenmblie, except celle du bureau municipal, qu'ils avoient crte le 7 juillet, Qu'on judge par-lk de la mefure de liberty qu'ont eu les affemblees primaires convoquees le i du: tnme mois. N'eft-il pas constant qu'elles n'ont etC que les infirumens don't ils fe font fervis pour fair donner un caraaSre impofant aux imiaires qu'ils ont charges de leur defenfe? | Sonthonax & Polverel rcgnoient feuls au Cap a Fipoque ou meffire Duffay de la Tour, l' cuyer, Mils, 1'anglais,& Belay, iafricain, furent deputies a Ia convention national. S'is tonoient leniveau de Tigalite fur toutes, Ies i 1 h 69 ) tftes, ius setoient mis hors du cercle politique, & du haut de Pautel ils lancoient la foudre fur le people, tremblant leurs genoux. L'impunite de leurs devanciers, Roume de Saint -Laurent, T an- glais, & Edmrde Saint-Liger irlandais qii, comme eux, ont exerce la ditature a Saint-Do- mingue, a accru leur audace 4 & peut-etre que, dans leur delire, ils out cru pouvoir clever une muraille d'or entr'eux & lechafaud. Quoiqu'il en foit, rien ne nous paroit plus etrangeque devoir leurs emiffaires couverts, come eux, du fang de nos freres, & charges de leurs d6pouilles, finger dans la convention national. Les circonftances de leur admiffion & la ceeirit6 de leurs mouvemens, peuvent feules ajouter h notre etonnement, Ils parolflent : ils font admis. Ils font leur loge, celui de Sonthonax & Polverel; ils mentent avec impudeur; ils calomaient avec audace; ifs ettent, enfin, a fein de 'affemblIe, une question, a la solution de laquelle tient eflen- tiellement la profpfrit6de la rdpublique;une question autonr delaquelle BrifIot lui-m.me n'avoit ofi tour- ner qu'a de grandes diftances...... 11 nous femtble voir le miniftre d'Angleterre jettant magiquement cette pomme dee difcorde afin de placer chacun de nos ~1giflateurs entire i'auftritU des principles de la philofophie &'intiret politique du gouvernement, entire foa ccur & fa raifon. En effect, c'etoit le t6 pluviofe & ce jour-l' mrnme avot iet ndique par Wilbeforce pour fair au parlement d'Angleterre la motion periodique de abolition de la traite. C'dtoic le 16 pluviofe; & trois ours avant, he miniftre d'Angleterre avoit dit au parlement que la France abandonnoit fes colonies. E 3 i** (70 ) SCitoyens examanez vteifiez les pouvroi de cd I ci-devant marquis, de cet anglais, de cet arii- tain; fcrutcz lent conduit. Demandcz-leur compete des richeffes immenfes extorquees aux habitans de Saint-Marc. Demandez. lkeur compete du quart des revenues prilevs ds da la province du Nord. Demandez-leur compete de la moitid des rcvenus des provinces de 1'uucf & du Sad, prelevoe par Snthonax & Polverel. Demandez-leur compete du product dcs bins mis arbitrairement en Rfqueftre. Demandez-leur compete du product dec biens des emigrcs. Demandez-lcur compete des trois contributions don't i's oit ftccelivement impof6 la vile da Port-au-Prince. Demandez-leur compete -dapillage fai acmnel, don't ]e produit a Cte de ia-huit cents tivtes tour chacun des dragons du rigimnent 'ORLEANS , Demandez-lur compete du pilYage fat dans la ville du Cap, qui reccloit des richefcs itmmen- fls, don't le product a d .tre au mnitis de deux cents millions d'or. Demandez*leur compete des fomules faites dans cette wtme ville. Demandez-leur compete du fang de nos firesr, Oui citoyens du fag de vosfirers f I1 arrolfe n t re tere qui fit long temps la profperit-de a France. II teint les vetemens, fl teiJm le s mains, il pcn;tre jufrqiau fonds du' coetr du o6nftre tqui fldge parm vous,a 1 ombre de- ipiderre de tes dou compliccs. 4 ; S( ) '' * - - - <; 111 : * " .e 1 > -^ -- 'Das colons refigsdats d 1ne'Anriqude du Nord. o onS.. .il .L rI I : O* S tlt ax>-; ES colons funt--is ningrds? Sonthonax & Polverel Tont dit. ft-it jufte, efti-t politque que a coinventioh confacre cette dCctara don? K Les colons quiet f(nt r, I' rs PAm ni e du Nord, font dwivilds %n deux clai'es: les dctn,- "crates on. les amis de la r6publique ess contre, revolutloniaires o lesi pfartais de la roya.utd, des princes temmgrcs ot des puiffances coifes. A quels fignes peut-on les reconnotcre ? A leur plus ou monis dec richees :car en ,general les dtemo&rates avoient ete ruins a Saint-Dornmt-i gue, par Is. negrcs & les mulatres quroicnt -revoltes les conttre-rCkitolutmnnire! Ceux-ci ar contraire, --moins attaehs ii-a ciloite, 0" -0i inflruts- des manrtetnres ti couvernrnent, atyot e emport6 avec eux le pro leurs hiabitiati ns; )ntmer les pillaZes quet' ves rdevott .- z Ahus prinico es qiu S-: rofeffent, Les e niocrates ont foim&-. de es b, e rh.ai s, d'oh font foigneufeknent cas Y.es riloetiateCs, .les ennemrSid ja republique ; rneme cetux uni ncn. ,pas le courage,:d. letter contfe le nmalheuir- En eifet le prcwwr ,Io. r. d.er .ni ,)Q, uelh jn4 (r) Pct des archi" 1! . S.(z) Proct-serni> d- .afi .,r .!&s tolons s.rthzi danls 1'Ameriqu du .ord :.r.. ;i *..:hve . O S(7 ) syat propolt de riclamer I'afifance des puffrances coalifies, attend 'abandon quell a France faifoit des colonies, ii a c't ignominieufement chaff de leur focitet. Un autre ( Tanguy Labolfiere ) ayant profcffe dans fes feuilles perodiques, desprincipes ani-republicains, requt le dfaveu le plus former, &. une proteftation centre e quit pourroit dire & !cr0re (i re \ Voia les dimocrates.... & nous demandons s'l eft poflible que I'on traite.comme emigres, des citoyens qui, ruins, vexes, opprimes depuis quatre ans, & chaifis de leas foyers par les agens infidelles de la republique, repouflent ce- pendant de leur fein, ceux qui lear prlentent dans une puiffance ennemie de la France an moyen de faluct Pourquol ces patriots re, fontls refugies h la t' ToUvelle-Angleterre ? (Nous re parlons que de ceuxci,; nous livrons les contre-rivolutionnaires S la justice nationale) . Les uns ont etc ddportes par Blanchelande. St ceux-la font imigrts Blanchelande Ctoit done un bon ripublicain, nsous fommes done des contre- revolutionnaires & I tribunal rvvolutionnaire a et6 notre complice Les autres out itd deportis par Sonthonax & Polverel, 11 ne refte plus pour motive leur emi- gration $ qu' dire que Sonthonax o Polverel, (s) Proccs-verbaux de P'almblic des col 9 rifugis d4as iAmfrique du Nord. I ( 73 ) afis fur les ruiries infanglanties de Saint-Domingue, ont bien merited de la patrie Les autres enfin ont fui devant les enclaves qu'avoient revolts Sonthonax & Polverel.Ceux- la devoient-iis fair, fe laifler aflitliner, ou pol- gnatderles commifiaires? Se laifir affafliner! Quel advantage en eft-it, refilte pour la republique Qu'un home s'imnmole au bonheur de fes concl- toyens, nous fe concevons; mals a quoi bon tout oun people de patriots gorge Si ce n'efl au triomphe des ennemis de la, rdpublique. Se feroient-ils defcndus centre les commxifraires? La raifon & la ijufice le leut commandoient fais doute; mais atroit-il fall qu'ils euffent faic St- Domingue, ce que font les bUtes fdroces dans les dferts de I'Afrique, ne reconnoitree de tgu- lateur, que la force, & l'audace Le refpe& que des homes, amis de la paix, ont port aux agents de la rdpublique, feroit-il done un crime I D'autres Cnfin qui, timoins chaque jour, de- puis les delaftres du Cap, du meurtre de leus ftrres, mooarants de faim, expofIs &tre k chaque infantt aft iains par Iordre ofenfible ou fecret de Sonthon:x ou Polverel, ont fui, aprks avoir voide dans les mains de ces deux aflaffins, ce qu'ils pouvoient avoir fauve de leurs richeffeso pafies; auroient-il du^, come la femme Cofli jeter dans la mer leurs enfans, chercher avec eux ]a mort an milieu des flots ?,ou devoient-ils at- tendre 1'inftlnt, que Sonthonax ou Polverel, an- roient marque pour leur fupplice! La convention national pourroit-elle trater 1. (74 comnte trtiigr6s, des hommes qni, ftyaot de leurs maifons incendi'es, par ordre des commiflaires, ont cherchl u1n refuge -a board de Pefcadre Fran- aife fous le pavilion national? Ceux de ceo Colons qu font venus en France chercher un atyl, ou denoncer leurs affaltns font done aulii de' emigr6s ? Si es patriortes qul font k lAmcrique du Nord, n'oat pas paflf en France, c'efi que le minifire de la r6publique _a pas voulu I. leear permettre crft qtuils n'en ont pas et Ia faculty; c'eft qu'ils fe croyolent plus en nmefire de repaflkr h Saintz Domingue. En effect, ils ont contlamment demand k Genet ,d'aller defendre la colonies de I'invafion de P'Angleterre. Genet les a toujours repouffis. S Ces Colons ont-ls confpu6 Ia cocarde tricolore? Ont-ils arbor les drapeaux de la contre-ravo- lution ? Sont4ils fortis de teurs pays fous le pa- vilion ennemii ?nt ils celii im infant de marcher foos 'itendart de la rdpublique? N'ont-its pas chaffl du fein de leur afiimblde, deux honmmes' ,que lopprefion & le ntalheur avoient ecartes de a iign e a rdvolutiop ? Los patriots de la iMartinique & de la Goa- deloupe font done auffi des emigrds ? Ut s devroient 'dtr d'autanc plus', qu'iis bfnt aids chercher gfyle cdhz its Anglais, la Barbade. Leurs dcd ates que la convention nationate a recu dans fon fein, ibnt done auffi des Cmi6grs, & d'aurant plus enigrc., qu'ils ont &tS nomimsi chez tes Anglais, & Ia 143atbade . Mais,'dira-t-on peut-tre, ius font rentres dan: It ars foyers ? ils en ont chaflI les contre-rcvolu- tionnaires? Cela etf vral. Mais pourquoi a nature ia- t-ede place la IBarbade qu'1 vingt lieu:s do la Martinique & de la Guadeloupe ? Pourquoi a* t-rile place PAmnrique du Nord a rept on hult 0cent lieues focus le vent de Saint-Dominguel Pourquoi la rtpublique a-t-elle cdonni fa confiance Stein traltre, (Genet) qui a refiif aux Colons la permit on & la faculty 'de retourner k Saint- Domingue ? Pourquoi ce minii re a-t-l envoy' fes vaifeaux de la republique, croier dans les n ers du Nord, pendant que les Colons demaii- doiient I retourner fr rlears Foyers, pour les di- tendre de invasionn des Anglais Si la convention national confideroit cnomnm imnigres, despatriotes, amis de la rdpublique , qui n'onQt et chaffs .de chez eux, que parce qu'ils ganoient les operations anglicanes de Son. thonax & Polverel qu'en riaulteroit-i4l t 1 rcfidteroit que cette colonie d'hommes induftrieux, de cultivateurs firnuits ( car qu'on ne sy trompe pas, ces mtnigrcs font les vrais Colons, les vrais nanufaturiers dui frucre da cafe de l'indgo, du coton), il en refulteroit, difons- nous, qt',, cette colonies d'homm es feroit perdue pour 1- France; qu'elle iroit enrichir i'Am~tique du Nord- i'Angleterre ou rEfpagne; ii en refultercit qui les terres des Antilles demeureroient incultes. 11 faut en convenir, la culture de Amenrlque e d rm peu plus favanta que cellce de ia vigne & du fromen encore habitat un prc aux pu Mai pas da nation m e mi (7 , it. T a fall plus d'un fiecle d'efais. I faut des calculs bien fuivis, pour diriger unee ion. Une pareille colonie d'hommes feroit ifnt bien precieux que la republique feroit Liffances ennemies. s, dira-t-on peut-tre, les Colons ne font ns les principes decretes par la convention ale; silss font republicans, ils nen Ifont l n -de **ll 6e -u ilt .os ' I n C A"IMc trir mf m li i t-ll"Awn*: 'Irr' r uI-t1 ,aI des enclaves fi ces homes reparoifloient Saint- Domingue, ilsy paratiferoient le grand principle de la liberty gen6rale. Ceux qui ont laifr incendier leurs habitations; ceux qui ont laie iegorger lenirs parens,leurs amis, plutbr que de ceelr de porter obeiliance entire aux d&crets incoherents &. vexatuires de Faffemblte confituante & de 'affemble I'gif- lative, erientenls moins la confiance de la con- vention national, que tout autre citoyen Faudra-t-il laiffer mourir de faim fur des plages itratigeres, dix mille families Franqaifes, parce que quelques metaphyficiens douteront fi elles ont entie- rement oublie, que quatre cents mille ripublicains, arraches par lcurs foins, a la barbarie de leur pays, ont it leurs efclaves ? Leurs efclaves! Ceft fin mot bien hideuxs; mais encore eit-il vrai que Rome, dans fes plus beaux jouts, donnoit k un pire plus de droits i exercer fur fon fils , que le Colon ne peut en exercer fur cet efcave. Voudroit-on facrifier des moyens certain de (77 ) profperit publique ; an fyfibme impraticable de la civlifation airuelle du negre. Voudroit-on en- richir les ennemis de la France, d'nne colonie -d'hommes induirieux, adifs, courageux, fiddles aIx, principles & a leur mere patrie, pour leter dans les Antilles, quelques profeffeurs de mita- phyfique ? Si la France veut former de nouvelles colonies, ne peut-elle pas le fire, fans aneantir cells qji exiftent dejak Les lies des mers di Sud, le continent d'Afrique & Vd'Amtrique, ne, four iifent ils pas des champs affez vaies, pour el fayer d'un nouveau mode de cultiver la terre des Tropiques Faut-il rifquer la ruine du commerce, de la marine des manufafures nationals plutbt que de fire i Madagafcar, 'effai que lon vetr fire t Saint-Domingue . Ne feroitil pas poflible de fire cet efai fans condamner a n banntiflement trnel, dix mitle families francaifes, qui apres avoir, par leur induftrie porter la France au fatte de a profperitd commercials; qui, apres avoir tout ,. crifi la rd6publique, front condamnees h cher' cher afyie chez des nations etrangeres Faudra- t-il que Is Anglois, que es Efpagnols, ennemis de la r6publique ftaudra-ril que les hurons donnei au ppuple Franmais rgindr', tin grand example d'humanite. ?'Ou voudroit-on que ces infortun6s, vi&imes d'une m6taphyfique errondne autant qu'impolitique, allafeint potter" leur indufkrie &: leur a&ivite chez les .pmfiances enemies qu'lls Cnrichiroient au detriment de Ia rbpubliquel Une pareille m efure ie fouillera jamars les pages deI i.otre hiltoire. Les imirccartins de la France ruinde par la revocation de : it de Nantes, centre Ie fanatifine religieux de Louis XIV, eft an exemple terrible *a nos l6M ifltetrs amis de la profp rite publique. Ee rtp oche jufement faic a i Gironde, d'avoir voulu porter la liberty au- dchors pour raviver la tyrannie an-dedans, doit ftre pour eux un gr4nd exemtpl'ei L enthoufhafie affei, la verite retle dcpouil 'c du preftige qui i'environnoit. Si les trattres que Polverel & Son- i thonax ont envoys de Saint-Domingue, porter (n France, la contre-rCvcdution en bonnet rouge avoeint Ie les amis fincres de aa repiublique & de la libe rte, is feroienit ales apoftoler, ils fe roient aids civilifer les fanvages de I'Afrique its leur auroient porter la mime inmme de bon- ;etur, e mime cercde de jouiffance, qutnt- es ncgrcs des colonies ; alors is auroient bien tne- tit4 de- a patrie dnt is aurotent etendu les relations politiques & commerciales. l1s au- iToient bien meritd de Phumanit en ~odifiant des hordes dihommes cparfes dans les forkts, fans cefle aux prices entr'elles on avec de-s tigres moiis fe-& roces qu'ells; car it eft des hordes cantiitales jarmi les ncrres come parmi les fauvages de tAmerique ; Daffy vous ia dilu i-mene. Citoyens dans fe courant de jin dernietr. ba convention a decrete d'accuflaton, Sonthonam & Polvere Leur noni eitit tn opprobre; & la convention tnationale a fait k Bfrilt, un grand *Wime de fes rapports avec Cux. DcS s pariots re mirimms I appeals en timoignage out u1rtuvC cette opinion par des circoniLat;ces & des .fjit...... Le. fang de BrifTot auroit-il l ae laujour nui les crimes de fes complices? La julitce du people peut-elle varier au gre des paflions ? Sonthonax & Polverel fbnt-ils done moins coupables au- joird'hui, parce qui'is ont coinlmis de plus grands crimes? N'eift-ce dune qitu. force e forfeits que 'ennemi de la republique peut seaffurer irm- puntc- Quatre cent mille nFgres, rendus 'efclavage atroce de 'Afrique perdus pour la focidte , & pour la profi crit de la republique la ftgna- ton du commerce & des nmnufa&ures nationalss; les offemens de dbi mille Frangais amis de la r6publique & de la -ti ,pie, r pars fur les ruines de Saint-1Domingae; les crns dee douleur de dix miles famuies fFrancaites, qui, 8 m.me dans leur defefpoir, invcquent la republique & la liberty i 'eront-ils d4,s itres honorable & jufiificatifs poui ces nmandataires infiddIes? Les cadavres de nos, freres doivent-ils krre lemarche-pied de leut aucel! ., SCitoyens, la hche focus laquelie a tomb l tite de Brifiro, n'a pas tranche le fil poltique par le moyen duquel le miniffre d&Angleterre veut ruiner h commn-erce & la ptofrprite de la rdpublique. En etfet, pendant que Sonthonax & Polveret I - ( go ) i u fatioent Cgorger les habitans de Saint-Domingue lcs uns par les autres; pendant qu'ils bombardoient le Port-au-P since, avec trois vailreaux de 74 & cinq fegates, deux frigates Angtaifes ruinoient l commerce de la colonie&k de fa metropole. Pendant que Sonthonat x & Polverel armoient an Cap leurs satellites centre 'ercadre de la rk publique; pendant qu'ils- defendoient aux com- mxnndans des autres ports de la colonies de rece- voir aucun des vaiffeaux de la ripublique ;cnfini pendant que cette efcadre& le convoi qu'elle efcortoit allolcnt chercer afyle vers Amrique du Nord, le gouverneur de la Jama'ique fe difpofoit a envahir Saint-Domingue. Pendant que les habitans du Cap rdfogi~s a borde-ces vaiffeatuv vouloient aller reconquerit Saint-Domingue, Ginet, l'ami de Briffo de Sonthonax & Polverel, envoyoit cette efcadre fe brifer dans les mers da Nord ;& voilk ce! pendant les homes que ron voudroit rputer emigres La Jamaique, la Havane etoient i c6te d'eux; mais la Jamaique & la Havane font des colonies enemies, & loin d'aller y prendre afle, ils fe rendent chez un people d'amis. Et ces hommes-ii font emigres ( La ftlr e a NO 6.) Enfin, 1, |
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