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Développement des causes des troubles et désastres des colonies françaises
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 Material Information
Title: Développement des causes des troubles et désastres des colonies françaises présenté à la Convention nationale
Physical Description: 1 online resource (200 p.) : ;
Language: French
Creator: Page, P. F ( Pierre François ), 1764-1805
Brulley, Augustin Jean
France -- Convention nationale. -- Comité de marine
France -- Convention nationale. -- Comité colonial
Publisher: s.n.
Place of Publication: France?
Publication Date: 1793
 Subjects
Subjects / Keywords: History -- Haiti -- Revolution, 1791-1804   ( lcsh )
History -- Haiti -- To 1791   ( lcsh )
Politics and government -- Haiti -- 1791-1804   ( lcsh )
Colonies -- Administration -- France -- America   ( lcsh )
Haïti -- 1791-1804 (Révolution)   ( ram )
Haïti -- Jusqu'à 1791   ( ram )
Politique et gouvernement -- Haïti -- 1791-1804   ( ram )
Colonies -- Administration -- France -- Amérique   ( ram )
Genre: federal government publication   ( marcgt )
non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Citation/Reference: Goldsmiths'-Kress,
Citation/Reference: Martin & Walter,
Statement of Responsibility: par les commissaires de Saint-Domingue.
General Note: Title from PDF caption (LLMC Digital, viewed on Sept. 2, 2011)
General Note: "Sur la demande des comités de marine & des colonies, réunis, après en avoir donné communication aux colons résidens à Paris, & convoqués à cet effet le 11 juin 1793, l'an 2e de la République."
General Note: Errata at end of text.
General Note: Signed: Les commissaires de Saint-Domingue, Page, Brulley.--P. 199.
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 65354091
ocm65354091
Classification: lcc - HB151 .M35
System ID: AA00008584:00001

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4p
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s:


CAUSES.DES TROUBLES


ET DESASTRES


DES COLONIES FRAN9AISES,
'" A .* y m T "" "' .Yi,
' .' .* .. . . i .. . /._-- ". i ^.. : .' r "

A LA CONVENTION NATIONALIZE ,

PAn les CommiWffires de Saint-Domlngue,
fjir la demanded des comite' de Marine
& des Colonies, reunis, apres en avoir
done communication aux Colons ref-'
dens d Paris, & convoqe's, d et efc t
let i juin 1793, Pan ie. dc la Rep blique.


-FA


I T S P itt k LM Nt XA& tR E S


Efentiels a


connoitre,


LA mars dernier, a la fin d'une fance lortguc
& fatigante, i fat Rndu, -par la convention un
Jdctc relaif aux colonies, Ce dcret ~ furpris a


it


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4


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DEVELOPPEME NT

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Fil 10 1 I -
,,,..,. =.Iajs ^ .a., .. .... ...
. ::^^gz.^- :,jg


1







(z)
la convention par fun de fes membres (t), qtm
Ieprc.ntalfommei cmnfiqdt ce d'un rapport, vraie
diatribe centre tous les colons, devoid provoquer
le defeIpoir dc-s colons, & contommer leur ruine,
ou Jler oppreflion.
ARTICLE r PREMIER.
TortS les colonies frayaifes font diearies,
juftqu' cc qu'i cen ait iet autrement flatue, come
dCant cn tat de guerre. It e etijoint nianmtoins
aux gouverneurs gneraux & autres agents mili-
ftares ainfi tqu'aa ofciers de tadminifration
ivile deft concerter pour routes les operations,
avcc les commijhires nationaux civil, & dobdir
4 toutets leur reutrtthons.
11. Tous les hommes libres des colonies, qui
wondront prendre les arms pour la difenfe inte'
,rieure extcrieture des Colonies, Jbnt autorifis
a fe riunir en legions ou companies branches
yfui front organifies parles gouverneurs-gienraux
& les commffaires nationaux civits, d'aprds les
loix cxiantes ; atuxqulcls it ne pourra, tre
dcrog.
1 I I. Lefdits commlfaires nationaux & gou-
verneurs gindraux font autorifis A fair provi-
joirement, dans les riglimens de police & de
discipline des attliers tous les changemens yu'ils
jug:ront nicefjaires au maintain de la paix intid
rieure des colonies.
IV. Le minijlre de la marine donnera les ordres
(x) CAMOQVLMA.







rncelfaires pour fapre trajnfporter en France e
regiment du Cap qui prendra fon rang dans d1
tignes .
V. Les citoyens qwi ot id dt eportis de Sairnt
Domingue par ordre des com' miaires nationaux
Ailhaud, Santhonax. & ptyer ou qui ce feroient,
ne pourront y retourner qu'aprSs t cefation des
troubles dans cette coflomi & qU'apris- en avoir
obtenu uo. autortfation fpeciale dit corps Ugijfla
tif. Le miniftre de la marine eflckargi t~fd er
les ordres nicefaires A tous ks ports pour teg
caution de cette difpoftion.
V I. La convention national approuvi aIfor.
nation des compag nes fanches d~hommcs libres,
fite a Saint-Doning lt bus s osefdres des Com.
miltares nationaux cie .
V I L Le minifre de la marine eft charge d'or
ganifer pareillement cn 'compag it firafichs taus
les naturels des colonies ailuelkment en France
confrntiment aum*oir.x'iftants, & de les fair
pajFr k plus promptwm ant poJible Saint,
Domingor, i :. : v. ,' ..
Juftement alarms de ,a tenreft & des r6fultits
d'tm pateil .dicret, les commiffaires de Saitirt
Domingue s'emprefserem de prendre les mrifures
ncceffaires pour foultraire les colonies k tous les
maix dont I'execution 4d ce .decre, les mena9oi.
Le 6, ils prfentrerit unri peititon a la conven-
ton & demandirent leur a4dmnlion & la barre. La
reponfe fut qu'ils feroient entendus, les premiers,
le dimatnche fuivant. Its fitent part au mintikre
de la marine de cette dimatche & d do cret qtu le
almettoit A a bare, ils lui demandrtent de Cfa
Ai








pendre fenvoi du dccret du , jufqu'a ce qu'its
eflrent et6 entendus; ils pr6vinrent, par lettres
circulaires, tous les colons des differentes Antilles,
des mefures qu'ils avoient prices, & les inviterent
k fe reunir pour fe concerter far le project d'adreffe
& prfeater 4 la convention national.
Dansle nombre des colons invites, le citoyen
Baimomid & les autres citoyens de couleur ne
fureta point oublies.
Le 9 yaffTmblie des folons eut lieu 0 proccs-
verbal en fut dreffi ainfi qu'il iit:

EXTJ AT des .piSces depoafesaux archives de


L E 9 mars r793 lan deuxitme de la' rdpu-
Llinque ;,des citoyert colom reounis, fur 'invitation
des commifraires de Saint-Domingue (aptls avoir,
rmp ri les formalitis d'safage envers le autorits
confituees) pour dliberer for les decrets emis par
la convention national dans fes fiances des 4 &
6 marp, relativement anx colonies, ont nommer
pour p.dfident & ficretaire les citoyens Page &
Leg4nd.
Leaure faite de ces d4crets & d'un project de
petition y relatif, apr4s mure deliberation i a
&t arrati que les citoyens colons fe rendroient
demain to du courant, dix heures da martin, a la
convention national, conformement 'a 'ajourne
rient fixC Ipar la convention for la demand
des citoyens Page & Brulley, a la date du 6 du







couranr, & que leur petition feroit lue par le citoyen
Brulley, dans ces terms:

a LiGISILATEURS,

o C'EST dans le fein des reprefentans des francais,
que leurs freres doutre-mer viennent cpancher le
fentitent douloureux don't ils ont ite vivement
afie&ds par le dccret relatif aux colonies, rendu
dans la fiance du I de ce moist.
a Tous vi&imes de la revolution h laquelle nous
fimes conftamment attaches, tous nous avons
dprouv les m4mes pines, les m6mes alarmes, k
la leure de ce d6cret; ii n'en eft pas tn de nous
qui n'en ait k l'inftant calcule les funeftes rfiultats
pour toutes les colonies en general, & pour cha-
cune d'elles en particulier.
4 Sainte-Lucie, Marie Gaalante, Tabago &
.Cayenne, encore intakes, vont bientbt voir fuc-
ceder au calme.dont elles jouiffent, les agitations
deftrudives des lies fous-le*vent.
a La Martinique, la Guadeloupe croiront voir,
par cette loi, juftifier leur opposition l'execu-
tion des decrets nationaux & perfifteronc plus
que jamais dans leur conduite anterieure.
a Quant ala colonie de Saint-Domingue, viBime
de fa lutte conflante avec les agens contre-rcvolu-
tionnaires, elle touche a rinfiant de fa ruine total:
ce dicret en fera le complement.
( Placds trop loin des climates que nous habitons,
vous ne nous voyez que dans un horifon obfct'r,
A;






(6)
lav j0t mi C
& la verite que mille interCs divers vous
degnuient avec adreffe, Cchappe a vos regards
ou ne fe prifente qu'enveloppe" d'epais nuages.
C'eft ainfi que le citoyen rapporteur, trompe
lui-mgme, vous a donned fur les colonies des idies
inexaces, meme contradi&oires ;
o C'eft ainfi qu'll a calomnie les corps populaires
& les citoyens de Saint-Domingue : ceuxla cepen-
4ant n'ont jamais compoCd avec le defpotifme
leur ruine donne la julle mefure de lear attachment
a la revolution.
SM;is nous ecarterons ces reflexons pinibles,
ponr nous circonfcrire dans le dicret luii-mme.
SLVarticle ter remet dans les mains du gouverneur
une omme de pouvoirs qui n a de bornes que
dans la volonte arbitraire des commiffaires civils,
ou, mieux encore, les commiffaires civil exerce
front, dans les colonies, une difature qui n'auxa
d'autre limited que leur audace, ou la patience du
people; & les gouverneurs generaux ne front que
leurs inftrumens, s'ils ne font leurs complices.
1 L'article 2, bafA lui-mdme fur des loix d6'a exif-
tantes, prdfente cependant des difpofitions trop
ambigues, pour ne pas stre f'iiceptibles d'interpre i
stations funeftes.
SA la fomme inddtermnince de pouvoirs confires
par Particle ler, article 3 ajoute encore la faculty
arbitraire de fire des loix reglementaires; de
changer les loix exiftantes, autant qu'ils le juge-
ront convenable, & par confdquent la faculty
d'exercer, a lexclufion des magiftrats du pcu~le,
ie pouvoir lgiflatif.
Si article 4+ oft moins iniurieu' la la iberte des







( 7 )
citoyens, if n'eft pas moins defattreux pour Saint-
Domingue, puifqu'il ordonne la deportation du
feul reginment qui puilre encore refifier aux fatigues
de la guerre Ious le ciel brulamt des Antilles.
Legiflateurs, lo1rque Blanchelande voulut confom-
mer a Saint-Domingue la contre-rivolution it
diporta le second bataillon du neuvimne regiment,
don't vos decrets ont depuis lors honored le patrio-
titine & la fibordination.
t( Lgiflateurs, de tfeize mille cinq cents homes
que vous avez faith patfer a Saint-Domingue depuis
un an, trois mille, difcmines (t) tur trois cents
lienes de cbtes, ont feuls refiCl& anx influences du
climate, malgrd finadivitd dans laquel!e on les laiffe
languir, malgre les foins que lear portent les
citoyens; & ceft dans ces conjon&ures dkfaftreufes
que 'on vous propofe de deporter Ie kfet regiment
qui pniffe detendre Saint-Domingue!
(c Apris avoir Inttc, pendant deux ans, epntre lcs
ennemis de la revolution les patriots de Saint-
Domingue font-ils done defines i ptir fibus la
hache des emigres que l'Angleterre va letter fur fies
plages, ou doivent-ils expirer fous le poignard des
revolts *-
<( Article eft une violation de tous Ics princpes
de la justice, de la morale, de la politique; il
pr6tuge IinfairibIlite des commalifires, Santhonax,
Polverel & Ailhaud,

( i) L'annihilation de la force armCe eft moins le
rAtfittat des influences du climate en lui-mene, que l'effet
de la diflribution perfide qu'en ont fait les chefs militaires
& commifraires civils.
A4







(8s)
i II prijuge le crime dans les deportes de Saint-*
Domingue; & s'el peut tre juftement applique a
plufieurs, it envelope auffi les vrais patriots, les
vrais citoyetis, don't Santhonax & Polverel redon-
toient les regards fcrutatcurs,
v L'article 6, attentatoire aux principles de la
libcrti de I'egalit confacre implcitement ou
explicitenent tous les attentats des Polverel, des
Santhonax qui, au mepris de la loi du 4 avril ,
ont formed des corporations de citoyens de couleur,
exclufivement aux citoyens blancs.
a Ligiflareurs, le vice de cette inifituton arifto-
cratiqueavoit fans dout.e cchapp6 votre rapporteur;
fans doute i ignoroit que cette diftin&ion de couleur
devoit neceflairement rappeler des fonvenirs que
nous devons etouffer; fans doute il ignoroit que
les di&ateurs de Saint-Domingue fe rtfervoient le
droit exclufifde nommer & choifir les officers de
ces corporations militaires, come ils avoient
nommd & choiii les individus formant les corpo-
rations legitlatives & judiciaires.
SL'article 7eft in atteftataux droits de l'homm
& du citoyen; il command an miniftre de la
marine d'orgatifer en companies branches tous les
naturels du pays, & de les faire paffer Saint-
Domingue : mais, igiflateurs, que devient done
la charge des droits du citoyen ? Qulentend on
par les naturels du pays? Juiqu'a quel age l'homme
des colonies ef-il frappc de cette loi? L'honime
ne dans la colonie, mais fix* en France depuis fes
jeunes ans, C f t-il arrache a fes foyers, fes






(9)
amis, ~ fa famille, ou dol- il marcher r Saint-
Domingue environni d'eux tous?
4 Ligiflateurs, orfquevousavezconfacre ceprojet
de loi defaftneufe, vous avez cru, fans doute, que
celle du 4 avril, accepted & promulgue mime
avant arrive des commifniares civil a Saint-
Domingue y toit complItement executed vous
avez cru que ces countries avoient leurs municipa-
lites conf~itutionneltes, leurs af~emblees adminif-
tratives,
Vous avez cru que I'affemblCe colonial etoit
former, que les deput6s h la convention national
etoient nommes ;
< Vous avez cru que les citoyens de couleirr fai-
foient parties de la garde national.
4, H6 bien! ligiflateurs, rien de tout cela n'exifte
a Saint-Domingue: le defpotifnme feul y regne,
& votre d6cret va confacrer fes attentats. De
toutes les loix emifes fur Ies colonies, clie-le4 feule
fira exdcutee, parce qu'elle doit aneantir les An-
tilles: c'eft-li ce qu'attendent les ennemis interieurs
& strangers de la France.
,, Les patriots de la Martinique & de la Gua-
deloupe attendoient peut-tre quelques circonftances
heureues ponu developper leur force & terraffer
le defpotifne. Votre dicret, Idgiflateurs, etouffera,
pour toujours, ces fentimens gendreux.... Nous
n'ofons porter nos regards fur Saint Domingue,
don't nous prevoyons, avec douleur, la diffolutioi
prochaine.







(to)
Nous concluons,
Si#e. A ce que envoii des decrets fur les colonies,
rendas dans vos f ances des 5 & 6 du present
mois, foit fufpendu;
S2o. A ce qu'ils foient foumis kt exiamen des
comitis de marine & des colonies runis;
3o. A ce qu'il vousfit fair, par ces deux comi-
tes, n rapport general fur les colonies & les
evcnemens de la parties franpaife de Saint- Do-
mingue
4. Qu'attendu la situation critique des colonies,
le rapport en foit fait dans le plus bref delai,
pour etre enfuite ftatu6, par la convention ce
qu'elle jugera convenable;
a 5o. A ce qu'il nous fiit donned a&e de la denon-
clation que nous faifons des commiffaires Polverel,
& Santhonax, pour fait de linexecution des loix,
notamment de celle du 4 avril, & pour leurs atos
arbitraires, leurs attentats a la liberty, I la pro-
priete des citoyens.
c Francais cormme vous, legiflateurs, les colons
font vos freres; comme vous, ils ont des droits;
comme vous, ils les r'clament, & c'eft avec vous
Tu'ils veulent en ufer. Vidimes infortunees des
atrocites contre-revolutionnaires, i n'en eft pas
on de nous qui n'ait a plearer la perte d'un parent,
d'un ami; beaucoup ont a regretter la deftrucion
6ntiiere de leur fortune. II nous refte encore notre
exiftence & notre attachment pour vous, nous
venons vous offrir Pun & fautre; vous etes jufles;
nous ne ferons pas rduits a la cruelle niceflite
de nous en repentir .








< Le prfent"proces-verbal dreff, close & arrhti
en 'h6tel d'Orlkans, rue neuve Saint Marc, au
bureau de la commiflion de Saint-Domingue, les
jour, mois & an que defihs, & ont les colons
prefens, figne en double original, don't I n d'eux
fera depofe, pour recours, aux archives de ladite
commillion,

Signed aux origmaux :
a Verneuil, Devin de la Martinique; Baille,
r jeune, de Saint-Domingue; Rufte, de la Mar-
tinique ; S. Lion de la Guadeloupe; Couftois
Montreal, de Saint-Domingue; Guillaud, de Saint-
Domingue; Lger, de Saint-Domingue i Bugot,
de Cayenne ; Damiel "; Dugommier fis, de la
Guadeloupe; Villegigu, de la Martinique; Ponune,
de Cayenne Lignieu, de Saint Doiningue;
Perou de 'Saint Domingue ; Brudi u dh
Pot t a Prince; J. Favre- Flix, de Saint-
Domingue; Fournier, de Saint-Domingue; Cer-
vais, de Saint-Doningue; Chevalier, de la Mar-
tinique; Robin-Blanchenoir, de la Guadeloupe;
Thouneins, depute extraordinaire de Sainte-tucie-
la-Fidelle; Hugues, de Saint-Dominguee Belet,
de Saint Domingue Brulley, commiffaire de
Saint Domiwgue; Lurent leune, de ta." a4 -
tinique; Martin, colon de Sainat-omingue; Petit-
Defchampeaux, de Saint Domingue; B6ucheric;
Colas ancient juge Saint Domngue &
ltotaire h la Guadel6iipe; Honor -Guerin, de
Saint-Dominguie; Lucadon, capitaine de Biddeaux;
Gereur, dcporte le z2 bftobre; Beasgray de








a Martinique ; Audibert habitant de Saint.
Dowingue; Affidain, deportd de la Martinique;
Lathoifon, da cul-de4'ac du Port au- Prince i
Saint- Domingue.

P A G E, ommitfaire de Saint.Domingue,
prfident.
L E G RA D, jicritaire garden des
archives de la common de Saint-
Domingue, fcretaire.
Pour copie conform tA original dpoft aux archives
de la commifOcM.
LEGCRAN ,fecritairegarde des archives.

Apres plufieurs dimarches inatiles, ce ne fut
qute I t q ue les colo s furent admis 'a la barre
de la convention national. Le citoyen Brulley,
-l'un des commifIaires de Saint-Domingue, charge
de porter la parole, y prononga le dikours con-
venu. I1 fat ecoute avec attention; les petition-
ntires obtinrent les honneurs de la fiance, &-lear
petition fut renvoye fuivant leur demand, aux
comites de marine & des colonies rconis.
t.7 7, les commiffaires, craignant le depart
du dAiret, malgrE les metures prices, prefenterent
une feconde petition tendante a obtenir la fufpen-
fion de l'envoi do d&cret, jufqu'au rapport des
comites -auxquels leur premiere petition avoit ete
renvoye.
Catte petition convertie en motion fat accueillie.
Le' 19, a fufpenfion de renvoi du dccret du 6,






('3)
ft ordonnde, malgre les demarches qu"avot faites;
des le 17, le citoyen Raimond qui avoic paru i
la barre k la tete des homes de couleur, pour
demander l'envoi de ce mtme dicret; il ne lobtint
pas, & fat renvoyd pardevant le comitk colonial.
Le 21, les colons fignataires fe rdunirent, avec
les commifaires de Samint.Dbingue, dans les deux
comites its demandirent qu'avant tout les p6dttion-
naires du 17, ainfi que le citoyen Raimond,
fitdlnt appeals pour entamer la difcuflion fur le
dicret du $,. conttadi&oirement avec eux.
Cette proposition fut trove jufle. En coned-
quence 1' citoyen Rai.nd & fes. co-figntaires
fireat invites de fe rendte aux comitis: is s'y
rendirent en effet; mais ce ne fat qu'apres diverfes
remifes que la dilcufIion fut engage aux comitCs
reunis le t6: proces-verbal en fut dreffi par les
commifraircs de Saint-Domingue, ainfi qu'il fuit :
EX a A 4 tT des regifres de la commi('on de
Saint- Domingue.
Seance du 26 mars 1793,
a L E S Commiffaires fe font enfuite tranfportes
au lieu du rendez-vous indiqu6 pour fe rdunir
avec tous les colons des Antilles, & plufieurs
homes de couleur, i la t&re defquels etoitc l
citoyen Raymond. Lorfqu'ils ont eu pris fiance,
le prifident des deux comites de Marine & des
colonies reunis, a expof6 Ie motif de la deli-
beration, & demanded la le&ure du decret du I
de ce mois ; apres cqtte leaure, un des commif-








Cares de Saint-Domingue ayant Obtenu la paroki
a donned lefure des conclu ions de la petition du
1 & a dit que 'rintenion des petitionnaires,
qui ont demand l!a ffpenfion de Penvoi du d& I
cret du d de ce mois eft de difcuter contradic-
toiremen avec les.colons:, petiionnaires du 17, les
inconveniens de cette lein mais il a observe, qu'il
ctoit eflenticl, avant tout- que le commit ddlibetit
fur a question de lavoir ,s' i ne feroit pas necef-.
faire que Ietat amuel des colonies ;fit connu,
our juger Ii le decret en question pent produire
Le ien qu'on en atted..
,Sur cette oberyntion, la citoyen Camboulas,
membre'du comite colonial a dit qu'il 4toit efv
fentel de fair partir le decret plans delai pour
le bien des colonies j qu'ainfi la difcuflion de-
volt &re ouverte article par.article ; qu'al furplus,
fi lon vouloit connottr ce qui fe paffoit 0
Saint-Dorningue, ii en pouvoit donner des nou-
velles, par une lettre.qu'if avoit recu de Bordeaux:
it a de it e dound ledute de cette lettre qui,
fans donner aucun detail de la situation de la
parties du Nord, annoncoit qu'il y lavoi eu des
troubles dans cell de 'OQuet ; mais que les r&
volts avoient ct6 battus & diiperf1s. La lecture
de cetre lettre ayant occaflonne qr euelqurumeur,
plufieurs citoyens ainfi qu un des commiflaires de
SaintoDomingue, o bnt-bferve quon ne devoit
s'en rapporter k aucune lettre particulire, qu'on
pourroit en lire qui doineroient des details bien
moins confolans. Alors le citoyCn Camboulas s'eft
&rie qu'il retiroit fa lettre, mais q'on devoz
s en rapporter aux autorits conflituiis. On lui








a reponda qu'il d exiftoit a Saint-Domingue r,
affemblee colonial, i affemblees adminiftratives:
que les municipalitis etoient k peine formese&
complettes, & qu'il n'exiftoit d'autre autorite
conflitiie dans cette ile, que des dietateurs,
fous .e titre de commiffaires civils.
Aprks quoi, un des conmmiftfiles de Sairit-D-.
mingue, a demanded que le comitc fixat la maniere
don't la difcuflion devoit s 'tabliri l a propofe dhe
,ot difcutat d'abord verbalement pour preparer au
developpement qit pourroit tre atdonne par ecrit ,
de part & d'autre; que, r. jijles dcrits relpe&ifs,
il fut enfuite itabli une feconde'dicuflion verbal
d'apres laquelle le comiti prononieroit. Le citoyen
Raymotid ayant demand ,& obtenu la parole ,a
reprifente qe le dicret duo e regardoit que
Saiit-DoQil e; i ottqu'an mons la majeure parties
de ce deeret n avoit trait qu'a cette colonies; qtil
demandoit u les. colons de Saiint-Domin gue
feuls,. eponditffent ar ce qui concernoit cetre-,,^ i
& que les colons des tles du 'Vent me pripfnt
point part la- ditcuffion. uPltfiers colons de la
Martinique & des autres ikes du Vent' obferv"rent
que le decree tit common a toutes les colonies,
Cette obaerationt fot appuy e par iun des: menr
bres dti comite d Marine, qui ronvertit en hkno
tion 1iobfervation faire par le co6mmilFire de,int
Domingue, relati ement au mode de laa difc&g
fion & demand qutil y tft. flatu de a fue pat
le comite.
En t ct infant, les cinq aijoints du ,ainiftre
de la Marine, font introduit; dans le comit :
an membre obferve qtufi ft efltntiel dt fixer le







(r6
mode de 1a' d;fcniUTon & de father fur ufi
ajournement fte, pour qu'elle puiife commencer
qtw dans ce moment, del ne pouvoit avoir lieu I
attend que les affairs generales de la republique
font plus preffantes que celles individuelles, ot
d'une fehtion quelconque. 11 finite par marquer fon
itonnement de ce qu'on avoik voulu exciure de
la difcuffion les colons detelee te telle co.lo-
nt&; it di qu'ils iaifoienr caufe commune, & que
(non-feulement chacun d'eux, mais meme tour ct-
toyen de la republique devoid etre ad mis a don-
ner au comtCe $ les lumieres quil defire acquenr
dans cette importartte affair. .
SAprs qumi. nai membre du comite, en appnyant
la proposition de difcuter & 4'dcrire a entrepris
de juftifier le decree dt, : i a die qu'il roit pref-
fatin de 'envoyer; quil dtoit fond'; fr des prin-
dipes de juftice & d galite & a fini par fIloge
id Santhonax : 11 a exhaltile patriotifme don't ii
avoit donned des- preuves rtcidives avant fon dd-
part pour tes colonies.
Un des commaiffaires de Sant-Domrngue a ob-
ferve alors quil 'i toit nullement queftion de juger
la conduite de Santhpax, come particulier, mais
come commniffaire civil; que cetoit d'apres ces
ates, qu'ii avoit "t4 denonce, & que Ies denon-
eiatons ne feroient appuyees que fur des preuves
officielles ; ramenant eniuice la question a fon
vrai point, it a prii le pr.fident de fire ftatuer
par le con;te for fa propofition qui avoit et
converted en motion.
Alors, le citoyen Camboulas s'eft ecrie qu'il
toit ridicule de prolonger la difcuflion fur ce
dicret.







(i17
dicret' & puilqu'il en etoit ainfi, i faIloit dip
cuter la grande question de ravoir s'il etoit im-
portant pour la France d'avoir des colonies ,
& fi elle pouvoit y laifler exifter la fervitudec
Cette phrase, dicee par 'impatience, a excite
une rumeur geerale dans le coritt; on s'eff
ecrieque ce n etot pas 1Pi ftant d'agiter cette quef;
tion; alors le citoyen Camboulas a dit qu'il red-
roit fa proposition; qu'il ne 'a\voit faite que
pour- protrer qu'il ne fatloi' pas re nontert au prin;
eipe, parce que IN PRINCIPITLM JIRAT VERBLTM,.
< Enfin, apris quelques observations de divers
membres, le comivc a arr&ed que lPajournement
pour la difcuffion, tell qu'elle avoit et propose ,
firoit fixed au lendemain fept heures du fobr.
Alors les commiffaires fe font retires avec les
colons de toutes les Antilles, & fe font ajournra
pour remain 27, au lieu & heaure ordinaire de
lears fkances. )

Signed au regiftre, PAGE & BRULLEY.

Pauricopie conforme au regifre ,Jfignd LEGnRAND

Le 27, cette difcufion fit continue, ainfi' quele'
conflate le proces-verbal ci-apres.

XT RAI T des regiflres de la comminfuti d"
Saint ;Domingue.

Seance du 27 mars 1793

La commission rcunie' on dbniediature dji
B






( 18 )
,proces-verbaux des z & 26 du courant i ils font
approves & fignes.
Les commiflaires fe tranfportent k la fdance
de la convention, & paffent Ie surplus de leur
ifance, jufqu'au moment de fe rendre au comit6
de marine, en conference, fqr la difcufflon qui
devoit continue, ce foir h fept heures; its fe
rendent enfuite au lieu des dances ordinaires do
comite de marine, & sy font reunis avec les com-t
inifaires & colons des Antilles, & quekques hem-
es de coulur de Saint Domingue, b la trte
defquels dtok eI citoyen Raymond : ayant tous
Stet introduits, le prdfident a rappel que, confor-
m~ient i larr&te de la veille, la difculion devoid
avoir lieu, ce jour, fur le decret du de ce
mois, entire los pietionnaires du. i eux
di 17. .
) t Un membro a obfervd que cenx qui deman-
doient le rapport du decret, devoient, les pre-
miers, expofer les motifs de leur demand.
Alors, on des commiffaires de Saint Do-
mingue, ayant demrande la parole, il a repre-
fente qu'il etoit efecntiel de faire priceder la dif-
cuflion 'un expof6 fidele de la firpation atuelle
des colonies, & en particuljer de celle de Saint-.
Domingue, Le itoyen Camboulas a deinandi la
parole pour une motion d'ordre; fl a expofe que
les details que le -ropinant propofoit dedonner,
entraineroilet dan des lopgueurts incalculables, quil
&carteroflit la difcuflion ; parce qu'a Saint-Do-
lningqe, fqr-tout, la caufe des troubles etoit beau-
coup plus compliqu e qu'en France ; qu'ici,
f nte connoiffoit que deux' clITs 4dhonm es






luttant l'une centre FIatttrei les ariflocrates centre
rivolutiotdnaires, & les democrats revolution-
naires; que dans les colonies, ati contraire, on
trouvoit plufieurs parties bien differens; qunI y$
rencontroit des ariftocrates contre-revolutionnaires,
des independanm, & des democrates revolution"
naires; que par confiquent, le detail des mancetu-
vres de ces divers parties, feroir trop long, 8e
qu'il demandoit qu'on difcutat de fuite le dlcrei
article pat article.
SML'un des commiflaires de Saint-Domingue "
demand h rdpliquer I la motion d'ordre; il a
expofr qu'on ne pourroit favoir file dicret qu'on
va difcuter, pourroit Atre convenable aux colob
nies, fi Pon navoic des renfeignemens certain
fur leur situation; & qu'avant d'y envoyer une
nouvelle loi it falloit s'informer i les anciennes
y avoient it6 executies, & e'effet qu'elles avoient
produce.
Sur cette observation, 1e citoyen Raymond
a repondu qu'il toit impoffible d'avoir une con-
nolfTance exa&e de la- situation a&uele des colo-
nies; qu'au furplus fi le comite vouloit prendre
k ce fujet des renfeignemens, il pouvoit fe fair
reprefenter les pieces probantes que MM. les
colons de Saint-Domingue difoient avoir; qu'or
pourroit les rapprocher des l-ttres de Santhonax
& Polverel, & juger fur le tout des affaires de
Ia colonic de Saint-Domingue.
Alors un des colons de la Martinique a
demand la parole; ii a reprifentd que la fitua*
tion des ties du Vent, etant abfolument diffirenta
de cdlle de Saint-Domingue, ii fe pourroit quo
Ba






( )
le d&cret du i y flic pen convenable fous di-
vers rapports; quil fe re fervoit d'expliquer pour
ne pas interrompre la difcufflon.
Cette observation fortement appuype par
un commiffaire de lile de Cayenne, n'ayant point
e. combattue, Ie prfident a demand au comite
comment s'ouvriroit la difcuflion.
Apres quelques debats, un des commiffaires
de Saint-Domingue 4 dit qu'il nedemandoit qu'une
demi-heure pour fire Iexpol rapid qu'ill avoit
propofi: lors Ie comitd ayant unanimement acquiefce
i cette demande, ii eft entri en matitre.
II a comment par l'expof6 fuccin& des effects
de Ia revolution a Saint-Domingue ; il a retrace
la conduite qu'y ont tenu les commiffaires civils,
les gineraux & tous les agens de I'autoriti; ii a
prouvi que fincohirence des decrets rendus rela
tivement k cette Colonie, a eti la force des
menees perfides des a&es anti-r6volutionnaires,
& enfin de tous les matheurs qu'a dprouves Saint-
Domingue.
Paffant enfute la difcuflion du decret dui
4 apres le are du premier article, le com-
miffiire a commence par ohferver, que ion ne
ouvoit pas declarer la colople en 'tat de guerre;
que Ion pouvoit blen faire cette declaration pour
tdle on tell vile, I orfqu'elle feroit attaquee on
menacee par les ennemis du dehors ; rmais que
les mefuresqu'on prend dan& cet itat ne pouvoient
s'itendre fur trois cent lieues de c6te, & par
confiquent, pour toute la colonies ii a fait en-
fuite reaarquer que fa teneur mrame indiquoir
0opiOon ohu toic la convention naionale que








a lot du 1 avril y 1 tot: extcutee; que cependant
elle ne 'etoit pas; qu'il alloit le prouver. Alors
flivant pas a pas la march des commiffaires ci-
vils Polverel & Santhonax, ii a donni lecture de
leers diverfes proclamations, & autres ates pu-
blics; qui prouvent qu'ils avoient toujours blud*
Iexaeutron de cette loi, malgre qu'ele fiat robjet
principal de leur million dans la colonie; le com-
miflaire a prouve encore qu'avant meme arrivee
de Polverel & Santhonaax, la loi du 4 avril
avoit &t6 franchement accepted, dams routes
kes parties de la colonies : que faffemblie
coloialee avoit mEme anticip fur- i'execu,
Stone de cette loi rdfervee aux commiffaires
civil, en adoptant dans fon fein, & en erdbn-
nant qu'il fst admis dans tousles corps populares
des citoyens de couleur avec voix onfultative
feulement, jufqua r'inftant oh le complemetSt de
executionn de la iot leur donneroit voix ddieb-
rative; que cet a&e abfolument Conforme aux
principles qul avioent-i&~t la loi & les autres ates
de l'al~mblie coloniale non moins efentiels an
bien public, avoit mititct cette affemble, des
temerciemens de la part des commilfaires nati0.
naux-civils,- I en. a er fait lecture, dans la pro-
clamation qui ordonne que IPaffemblee colonial.
fera difioute & remplacee par une commilion mn
termediaire, compofde de fix de fs membres hlus
au fcrrtin, & de fix citoyens d c oueur, que tes
commiflaires-civils ont,etuxsmmes nommes,
Le commifaaire de Saint-Domingue a faith fentir
combien cette corporation etoit oppof-e k eTfpit
de la loi ; cabien la nomination des membtv
1 3







qui lacompofent, ainfi que les autres nominations
que les commiffaires fe font rdfervcs k toutes les
places de judicature & de finance, etolent contrai-
ies aux principles d'un gouvernement reprifentati;
it a fair remarquer que cetoit confondre tons Is
pouvoij, & perpetuer la diflin&ion des couleurs
qu'obn vouloit abrager, & par confiquent s'op-
pofer dire&ement it l'effet de la loi du 4 avril
qui tendoit k fair diiparoitre ces diftindions.
A cet infant, un des membres du comite a
interpelh le commifdaire de Saint-Domingue, pour
lui demander fi retabliffement de cette corporation
avoit erC ddclaree provifoire par les commifaires
civils, oa definitive.
La reponfe du commiffaire, h cette interpella-
tion, a etd la leure de Particle de la proclama
tion qui porte que les aflemnblees primaires fe
reuniront pour decider s'l nelft pas nicelfaire de
furteoir a la formation de Paflemblee colonial, &
a la nomination des deputies a la convention nation,
nale; & de fuite, a faith leeaure de la proclamation
des m6mes commiffaires, par laquelle ils 4dfendent les
afembles des communes; ce q6i a dimontri que
s'il n'y avoit eu ni formation d'affembles colo-
niale & adminiftratives que fi les municipaites
etoient incomplettes dans plufieurs endroits de la
colonies, notamment au Cap; & quoenfin, fi on
davoic point nomme' de diputis tk a convention
national, on ne doit Pattribuer qu'aux defenses
des'affembler, continues dans les proclamations
des commitfaires civil.
Rapprochant enfuiie cette conduit, cet dtat
de chores avec Rarticle premier du dicret du 5,






03)
le commiflaire de Saint-Domingne a fair fentir
combien it pourroit 6tre dangereux de confier une
fomme d'autorite auffi ittnduc que celle accordie
par cette lot, aux commflaires cvils i ii a fait ob-
ferver que le gindral, abfolument foumis aux r4-
quifitions de ces commiffaires, n'avoit plus le mnme
pouvoir qui lui toit dCvolu par la loi, quand Ie
pays qt'il command, eft en etat de guerre; que
le pouvoir des uus & des autres ne pouvoit tre
modere par les magifirats du people, puifqu'il n'y
exiftoit ni affemnble colonial ni aflemblee admi-
tifrative, & que paf adminifrateurs civil, on ne
pouvoit entendre que les officers dadminiftra-
tion nommes par Ie pouvoir executif pour rigir
les finances.
Le commiflaire a conclu ce que I'article fit
totalement reform, commepouvant etre infiniment
nuifible a routes les colonies, & en particulier I
Saint-Domingue.
Le citoyen Raimond ayant demand ha parole
pour rEpondre au commifraire de Saint- Domin-i
gue, i1 a commence par I'apologie des commif-
aires civil Polverel & Santhonax; il a afbure que
s'ils o'avoient pas permis aux aflemblees primaires
de fe reunir pour nommer fes magiftrats & les
reprcfentans du people k l'affemble colonidae &
r la convention national, c'eft qu'ils redoutoient
le refultat de pareilles aflembles, attend 'eloi-
gnement des blancs pour admettre les hommes de
couleur aux droits qui lear 6toient devolus, & leur
intention qui, fans doute, stoit de les en bloigner
toujours; i9 a ajoute que cet eloignement etolt
Srouve par les troubles qui ont ea lieu au Cap, &
Su 'j 1 ;B I al






Ui jluftifient pleinement les motifs des commit.
faires civils en empechant la reunion des affembl'es
primaires; 11 en a conclu que Finexecution de ia
loi du 4 avril ne dev6it pas &tre attribute aux
fommifaires civis, mais l'entdtement des colons
blancs, qui ne voulant pas sy foumettre, entre-
tenoient toujours des difiiniaons de couleur; quo
le priopinant ravoit rouvd luit mme ,C e
reprochant aux commifaires d'avoir nommn fix
homes de couleur dans li comm.ilion interme-
oa*am re.
Le comnmillire de Saint-Pomingue a 4semande
j1 parole pour retablir un fatt; if a obferve au co-
priti que lorfqu'l s'eit lev icontre la nomina-
tilo des citpyens de cqulptr faifant partie de la
oommifion inteermediaire, ce a etoit pas parce
qtt'ls .toicnt hommes de couleur, rnais h caule de
'illegaliti de leur nomination qui auroit d(t atre
fadite a(tvlrmbes primaires, &" point du tout pat
I. choix des commifaires civils; qu'a surplus, i
ne fe rmettoit pas, come le preopinant, de
jqger l ip tontions dses homes mais feulement
e~ur con4dite par des faits quthentiques,
4lors un des membres, du: ornitd a fait oft-
feryer au citoyet Razimoa4d qu'l s'toit attache a
la juftfication 4es commitiaires civil; inats qu'il
vavoit point repondu ace qut avoit tt dit fur
Iaytiple premier d secret.
Le citoyen Raimotnd dit qultl ne croyoit p~
vicefaire d'infifer beaucoup fur cet article, parce
u'il croyit que tout bon city deqvit vor avec
(atTfaAion que les color~ies etoient dcclarcs ep,
9tat de uerre pour on puffe les prferver deO
4 0 1 a . tk 41 t v i 1





attaques de l'enlemi qui les menace, & fes con-
ferver i la France,
Le citoyen Camboulas a interrompu le citoyen
Raimond pour expliquer les motifs de cette dicta.
ration d'dtat de guerre i1 alloit enter dans une
difcuffion 6endue, lorfqii'n membre du comiti
a demand par motion d'ordre, qu'aucun des mem
brqs dAs deux comites reunls ne prtt part h la dlcf
cuffion, Ce qui a te adopted de fuite ananimmement
Alors un des commi aires de Saint*Domingue
ayant demands la parole pour rdpondre aux citoyens
Raimond & Camboulas, il oberva qu'il itoit poflibte
qu'il y ect des motifs pour declarer lacolonle en 'tat
de guerre; mais que ce n 'tolt point I le point
de la diffcfion ; quit toit fur-tout feflntiel d exa
miner t I'article dI dicret pouvolt convenir aux
colonies., notamment h celle de Saint-Domingue
& s'i pouvoit y &tre excute 4dans le vrai fens 0o
la convention ravoitrendu : i ajouta, foii que la
convention ait jugI ncceffaire de dtclarer les co-
lonies en etat de guerre, fur un rapport vrai de
Ietat des chores, foit quelle alt pris ctte 4ci-
fion fur in expofe pen 'yridique duo rapporteur
tromp6 pi-mime ,e iit 'en eft pas moins vral que
la convention a en 'Fatte tion d'dtablir & de con
fever k Saint-Domingue les forces du gouver,
netment republican, don't la bafe effentiel!e eft
qu'une portion dautoriti qudlleconque dolt 6tre
divolue aux magiftrats & reprUfen tans dU people
libremept Alus; car alors Inmex que Iu a inecefliti
de 4cclarer un pays en dtat de guerre, force de
temettre tous lespouvoirs h celui fur la tate duquel
tepofe la difenfe & la surete de ce pays il n'en






%i6)
ea pas molns vrat que faiitorite confine? aux ma-
giftrats & aux reprefentans du people, ne fai,
ppur ainii dire, que dormir; & que ces fon&tion-.
naires publics fecondent toujours les operations
diq general) font les moderateurs de fa conduate
par leur force morale, & fonr prrts a reprendre,
ans toute leur plenitude, les pouvoirs qii leur ont
tee confines, du moment oi fItat de guerre cefle.
SIIIt: n'en eft paa ainfi Saint-Domingue : it ny
-exife point d'afimblee de reprefentans du pueple;
on n'y a point formn d'affemblees adminftratives
beaucoup de municipalitCs ne font point dues;
jlufieurs font incomplettes; leurs ponvoirs font pref.
Sque nuts; des-lors, en declarant la colnie en etat
de guerre, en remettant le pouvoir abfolu centre les
-mains des commit faires civils &do glneral, les
citoyens n'auroncaucune part dans'adminiftration ,
car enfin, par adminnifrateurs ciils, qu'on lit
dans I'article du decret, chacon des membres pre-
fpos, & la convention entire, a fans doute voulu
ddfigner des aflemblees dminiftratives, & non pas
des adminiftrateurs de finances, comme ceux qui
exiftent dans les colonies. Ces adminifwrateurs ont
eti nommrs en France pat le pouvoir exhcutif; le
general & les conxiifit lres civils ont ete nommes
de amem; aucune portion d'autorite n'eft confiee
eux dIlguits do people, Ie gouvernement reprt-
entatifou republican n'exifle done point a Saint-
Domingue; it ef done effemiel, avant d'y pro
ceder a I'exicution d'ancun secret, d'etablir ce
genre de government, parcel e que s Frangais
ddoutre-mer vulent ete republicans come ceus
4'Europe.
-' ^ . ^^ I








n cet nflant plufleurs membres du comitt
exprimerent hautement Fimpreftion que leur avoit
fate ces observations. Le commiffaire ajouta jqu
c'eft envain qu'on cherchoik k perfuader q'il y
avoit du danger h reunir les affemblees primaires;
j 'elles avoient eu lieu dans nombre deparoiffs de
a colonies notamment dans les trois principa-
les villes, le Cap le Port an -lPrince &les
Cayes, qu'on y avoit fonme des municipalities
conformiment a la loi du 4 avril; que les blanes
ne s'toient pas refufe A accorder aux hommes do,
couleur les droits qui Isur toient devolus; qu'il
exifoitdans chacune d'elles des officiersmunicipaux~
hommes de couleur; que les aflcmblees dans lei-
quelles ils ont & elus fe font pafdes fans troubles;
qu'il n*y en auroit pas eu davantage, fi cei mnmes
affemblees primaires s'etoient reunies pour former
des affenimbles adOmniiftratives & colomnales, & enfin
pour nommer des deputds a la convention nation
nale; que c'etoit donc, tort qu'on alliguoit, pour
excuse de inexecution de ja loi, e danger des de-
.olrdnes, fi les citoyensde toutes couleurs s toient
reaunis pour proceder, a ce operations,, imperteu-
fement exigees par le decret du 4 avril; queles com-
mifaires civils aurotent du y fire proceder ,aulie*
de prctexter des craintes demontrees fauffes par les
fits ; qu'efii au leu d'luder le plus efentiel des
devoirs, ils auroient du etablir les former du gou-
vernement reprefentatif ourepublicain, conform.
ment aux intentions des legiflateurs de la France &
des colons eux-memes; qu'en un mot, fomis a la
loi, comme tout citoyen doit l'4tre dans une rtpu*
blique, les commiffaires civiT n'auroient pas du






4 4. U
f-



y fubfltuer lear volorite arbitraire, & mettre en
queffion execution de la volonte national.
Le commiflaire a fini par fire remarquer que las
observations acqureroient un plus grand developpe-,
ment par les tlites de la difculion; maisqu'il croyoit
avoir prouve que lepremier article de ce decret,
que le decret en enter ou toat autre, devoit tre
pr&ede' de letabliffement des formes du gouver-
Siement reprcfentatif on ripublicain qui dnexille
point A Saint-Domingue par eftet de la condute
artbtralre des commiflaires Clvils.
SCes observations refterent fans riponfe de Ia
part du citoy.n Raimond & e citoyenCamboulas:
fortit du comi
Alors le president annonqa que "la difciifro
alloit s'ouvr.r, fur cl second articledu decret.
Un des colons, conuniffaire de la Martinique,
demand la parole, & lut des observations tres
judicieufes fur les inconvieens du premier article
du decret pour les flesdu Vent.
Apres cette leaure, an des commifaires de
Saint-Domingue fit celle du second article du dicret
du de ce mois; i obferva que 'intention de la
convention avoit etc fans doute d'~viter qu'aucune
exprefflion ambigue puitfe tire renaltre & perpctuer
les troubles dans les colonies; que les exprefions ou
les mots Aommes libres neprifentoient en Europe
qu'un fens general qui dfignoit route efpece d'in-
dividus ; mais qu'il n'tn etoit pas de mnme dans
les colonies, & que par homnmes libres on n'en-
tendoit parler que des hommes de couleur ; que
I'intention de la convention ayant &td fans doute,
d'-~*rifer tons les eolons ais armer &c i fe former

0'





en corpotations pour la difenfe de leur pays, it
dtoit effentiel de fubflituer a ces mots : homes
libres ceti de citoyen.
Le commiffaire a encore obferve, lfur ce meme
article, qu'au lieu de ces mots loix exifantcs, it
faudroit fubftituer loix nationals, attend qu'il
n'exifte effeaivement, ce fujet, aucunes loix
pour les colonies, mais feulement un decret du
mois de juin 791, qui autorife les aflemblies colo-
niales a adopter & faire executer provifoirement
toutes les loix nationals qui pourront convemr
a la colonie.
Le citoyen Raimond a demand la parole pour
xrpondre ; ces observations; il a faic remarquer
que le mot de citoyen ne povoit pas convenir,
attend 'article 4 du d tcret du 28 mars 1790
qui, par la definition qu'il donne de la qualifica-
tion de eitoyen exclueroit de ces corporations
beaucoup d'indvidus propres k y fervir.
Plufieurs membres, ainfi que les commifi1ires
de Saint-Domingue, ont obferve rqe: la quality
de citoyen a if deant abrogee, les diftinfions de
Particle 4du ddcret titb, l'ioient aufi; qu'ainf,
Ie mot citoyen ne prftentoit aucune ambiguity.
Un des pouvoit employer ces mots, citoyens de routes
couleurs; ce qui vitoit abrolument toute efpce
de double fens; il a ajouti qu'il dtoit bien effentiel
de s'expliquer clairement h cetr gard, pace qu'on
rendroit un bien mauvais fezvice k fon pays, fi,
par des exprefioons ambiguEs, on portoit atteinte
SI'union qui y regne entire les homes de couleut
& les blancs.









On a paflf enfuite k la leaure du tro lime
article fiAt lequel un des commiffaires de Saint-
3Domingue.a observe combien il feroit impolitque
& dangereux de relacher les iens de la fubordi-
nation dans les ateliers ou d'y faire apporter quell*
ques changemens par une autorite etrangere, ne
fut-ce que provifoirement qu aucun ncgre n'etoki
en etat d apprecier ce que c etoit que provioire,
& que interpretation qu'l donneroic a ces chan-
gemens, de la part des commiffaires nationaux,
ddtrairoit abfolument, & fans retour, 'ordre &
la subordination, fans lefquels il ne peut exifRer
d'ateliers dans les colonies; que les modifications
a faire dans cette parties, devoient ttre fpeciale
inent attributes aux afrembles coloniales ; qu'elles
avoient plus d'intert & de lumicres que qui que
ce foit pour flatuer fur ces modifications aufli
lieureufcs que nceflaires.
La reponfe du citoyen Raimond k ces obferva
tions, fut que, par les expreflions de 'article 3 de
ce d6crer j n'avoit pas entendu autorifer les
commilfaires civil h fire des riglemens pour la
police intriieure des ateliers, dans les temps des
travaux, mais fculement hors ce temps, & poir
kl maintien de la tranquillity gendrale7 -
Un des commiffaire de Saint-Domingue a rdpon-
du que, n'ayantpoint concouru a la redacion dc
la loi, il ne peut, comme e citoyen Raimond,
interpreter Inmtention des ligiflateurs; mais qu'it
et oblige de s'en ir la lcttre.
Alors un grand nombre des membresdu comiti
fe font ilevis centre observationn du citoyen Rai-
mond, &h d'une voix unanime, ont exprim6 leur







(3')
opinion pour que les colons proprietaires & lei
affemblees coloniales futfent fpecialement charges
de cet objet important de 'adminiftration intd-
rieure.
On a .paff 'a la leaure du quarrieme article :
un des commiffaires de Saint-Domingue a fait
observer combien il &tPit impolitique & d6fat-
treux pour la colonies de Saint r Doinngue ,
de d6porcer, dans le moment ol on a le plus
befoin de forces, Ie regiment qui 6toit Ie plus en
etat de supporter les intempiries du climate & les
fatigues de la guerre, ccomme ii 1'avoit prouv6
depuis rinflant de la revoke; ii a rapproche cette
Bdeportation de cele du second bataillop du neu-
vieme regiment, faite par Blanchelande pour la
mrme caufe, & fans doute dans les tnmes vues;
il a reprefenit que la convention avoit, depuis,
rendu une jufice eclatance h la bonne conduit &
au patriotiiie de co bataillon deport : il a fait
remarquer que la totality du regiment du Cap
n'itoit pas plus coupable que ce bataillon du neu-
virme regiment; que vingt-hommes de ce premier
regiment, qu'on difoit rdfra&aire k la loi, avoient
precedemnment te deportes; que la deportation en-
tiirp du furplus de ce corps drtoi une privation fen-
fible, une veritable calamity pour St-Domingue,
dans I'erat de guerre inteftine & exterieur, ou il fe
troupe; que ne pouvant ignore qUe de treize mile
cinq cents homes, envoyCs 4d France depuis tin
;an, trois mille, diiffmines fur deux cents lieites
de c6tes, itoient les feuls exiflans : le cemmiflaire
Oivi Santhouna sn'aoit pu, f&is deS ves crimir









ral: diiniuer alnfi les moyens de denfe de
ctrte Colonie.
Acesobfervations, le citoyenRaymond a rrponda
que Ie regimnit du Cap nes' toitpas toujiolrs, ti beatn-
colp pres montre dans le fens de la revolution;
qu'il s'eoit nime permis des mouvemens anti-
revolutionnaires, lors de rembarquement de fes
chefs; qu'il dtoit fans doute coupable qu'au furplus,
il eft ktonnant qu'on fe plaigne de la deportation
de ce regiment puifqu'il a trouble l'ordre public,
& qu'il furme a peine quatre cents hommes ef-
I tive,
Un des commiffa.res de Saint Domingue a
demanded a rdpondre au citoyen Raymond & a
dit que s'il jugeolt Cambefort Touzard & autres
chefs du regiment du Cap, d'apres les pieces pro-
duites centre eux par les commiflaires de saint-
Domingue, il diroit qu'ils font ilAiiniment coupables;
mais qu'il eft force d'apres le decret rendu a leur
fujet de dire qu'ils font innocent ; qu au fur-
plus, on devoid toujours diftinguer le regiment
d'avec fes chefs, quant k I'opinion; & qu'enfinr
quatre cents hommes, deux cents homes cent
lhomnme mnime, lorfqu'ils etoient acclimirtes &
forms au genre de guerre qui ie fait a Sa-int-
Domingue, etoient infiniment precieux pour cette
colonie.
Un citoyen du Port-au-Prince, ayant demanded
la parole, a dit que cet article du decret qui
ordonnoit la deportation du regiment du Cap,j
etoit qu'une approbation prcmaturee de la conduit
de Santhonax, parce que le regiment etoit deja
dQportd & arrive h Bel-Ile i que bientbt il fe pre-
fenteroi xI








fenteroit pour expofer fa conduit & demanded
juftice; qu'on ne devoit par confiquent rien prd'
juger fur cette affaire.
c Le cicoyen Raimond a proteft alors qu'il
ignoront a'.lument I arrive de ce regiment en
France; ii a mnme ihterpell un des membres da
comite de marine, quI I'toit aufi de celui de dfenfe
genhrale, pour qu'il atteftlt qu I tlpoquede a pr fen-
tation du dccret du dans ce dernier comitd on
ignoroit la deportation du regiment du Cap.
c te membre interpelld a r6pondu que li !'igno-
roit mais qu'il regardoit come tres.effentiel de
fire conftater arrnvee de ce regiment en France,
avant que la convention adopted d-finitivement
l'article du dicret qui le concern.
r Alors, plufleurs membres du comite, les colons,
& fur-tout les commififaires de Saint Dbminguei
ont manifeftl leur opinion pour la fuppreflion ean'
tire de cet article du decret.
c Le citoyen Raimond ui-mme a dit qu'ildevoit
tre fupprimi, fi le regiment 4u Cap dtoit effedti
vement arrive en France,
,c Un des commilfaires de Saint-Domingue alblo
faire la le&ure du pinquieme article du decret, lorf.
qua le president a 6bferv` qu'il etoit pres de mitauit
c Afors, nn des membres du comite ayant
obferve qu'lls devoient fe reunir le lendemain pour
des affairs tres-importantes, a demand que a fuite
de la difcuflion fit renvoyee au fur-lendemain ,
ce qui a ete arrete par le comite ; & les commit
fires & les colons fe font retirds on s'ajournant
a jour, lieu & heure indiques.







( 34)
o Les commiflaires, de retour au lieu de leurs
f~ances; s'ajournent A remain 28, au lieu & here
accoutumes ,.
S:Signe au regiffre, PAGE & BRULLEY.
PoUr copie conformne au rcgiftre
'Signe LEGAND, fecr taire-garde des archives.

Les affr de la daernire importance, don't
furent occupies la- convention & les c6mites, em-
pecherent que Ia difriflion comnencde ne fit
continue jufq'au 13 de mai, qu'une convocation
du comite de marine ffit faite, rtan taux commit-
faires de Saint-Domingue, qu'aux autres colons,
de fe rendre a la- fiance pour reprendre la fite
de la difcuffion, qui eut lieu fucceffivement ledit
jour 13 & les :0 & 17 fuivans, ainfi qu'il rfulte
des proces-verbaux dnt fuu la teneur.

EX r IT T des regiftres de la commOnffon de
Saint-Domitngue, dtu i m a 1 79o0 an deitxinme
de l Ripublique Franeoif.

L e citoyen PAGE s'ft rendu A fept hlieres de re-
levee au comite de marine, conformement t l'invita-
tion qui lui a 6t faite par le prdfident de ce comiti,
en reponfe a la lettre q'e lui avoit rite le citoyen
Page, le to du courantr ( Le citoyen Bulley etant
absent dpuis deux jours pour affairs importances.
Le comite des colonies s'eft reuni A celui de
marine, & la fRance a6dt ouverte en prefencede &
quelques citoyens blancs des diffCrentes Atltilles; &








encore en pr4fence du citoyen Raimond, & de qu b
ques autres citoyens de.couleur, don't le citoyen
Page avoic dans fa lettre du i o demanded la pre-
fence, pour difcucer contradil&oirement avec eu le
decree du mais, dontils rtclamoient 'execuLion, &
pour fournir les renfeignemens neceflares au rap-
port general a fire fur les colonies. MIalgre I absence
momentanee du cicbyern Brulley, cette.dtmarche
avoit dtd faite a nom de la commifflon. -
Le prifident a observe que la difcuffion devoitk
d'abord porter fur le decret du 4 mars :i a dit
encore, qu'il feroit bon de revenir fui ls quatre
premiers articles difcutes dans les fiances des 26
& 17 mars, pace que, nr'en ayant pas. tenu note,
les impreflions rescues h cette ipoque pouvoien- etre
effacees. 11 a, h cet effect accord la parole ai
Scitoyen "Page, qui, preciiant les developpemens
donnes dans les feances des 26 & 17 mars, a dit:
qu'il ltoit ablivrde & perfide de mettre les colones
en htatde guerre, parce que iintriert des cam-
pagnes qi i ne teroient pas menaces, ne pour- j
roient corporter un tel etat fans danger pour
les atteliers, qui, dans un temps ou les agitateurs
dn faiboient une fpdculation dClorganifatrice, no
pouvoient etre garantis de la fidution & otite-
nus dam 'ordre que par une surveillance toujours
afive ; qu'il falloit, en confluence, que les co-
ions, places fous lafurveillance imnlidiate des at-
torites populaires,, ne puffent dtre arbitrairement
arraches a leurs foyers, par les ordres d'un gou,
vernement stranger a la colonie.
1I a dit que tous les points d'un perimhetre d'nt e
ile ne pouvant 6tre attaques en mme- temps, it
SC z







3 6 4
fuffifoit de laiffer au gouverneur general, Ionjoin-
tement.avecles autorites conflituees de la colonies,
la faculrd de mettre en etat de guerre teller ou
tell autre portion d'une colonies que menaceroit
f'ennem .
11 a dit, que la mefure confacree par ce pre-
mier article, ne tendoit qua paralifer les corps
pulaires, pour retablir l'ancien regime. 11 a dit,
que I'ordre done aux commiffaires civil de fe
concerted avec les gouverneurs & les officers de
,adminiftration civil, n'roit qu'un nouveau piege
tendu k, la convention national, par e rappor-
teur, qui lu avoic laifrl ignorer que ces admi-
niffrations, loin d'~tre des corps conflitues par le
people, ne font, au contraire, qu'un compof des
agens du pouvoir exicutif, charges de radminif-
tration des finances & de la marine.
II a difinitivement fait observer que cecte re*
da&ion & celle de quelques autres articles de ce
ddecet, etoit d'autatt plus vicieufe que celui qui
ravok faite, que celui qui Iavoit prefentde, con- !
noifolient, ou devoient connottre, lorganifation du
gouvernement des colonies; puifque dans la fiance
du 27 mars, le citoyen Raimond, ne a Saint-
Domingue, s'en etolt avoue fauteur; puifque ,
enfin le citoyen Cambouas, qui avoit vu
Saint-Domingue, & qai difoit parfaitcment con*
noltre les colonies, en htoit le rapporteur.
Aucune des obje&lions faites par le citoyen Page
centre ce premier article n'avoit pu convalncre
le cttoyen Raimond qui croyoit toujours voir
Santhonax & Polverelr revtus de cette toute
puiffance, s'occipant alors fru&ueufemtnt, du








(37)
bonheur de Saint Domingue: car il rapportot
tout' ces deux individus, come it rapportoit
tout a Saint-Domingue. 11 ne voyoit aucun in-
convinient dans la neutralization des corps popu-
laires. UI trouvoit tout natural de xcablir les etats-
majors dans les divers quarters des colonies,
Cependant il a eti convenu : ( I) que les diffe-
j renters parties de chaque colonie pourront ,tre
Smites fucceffivement ea ntat de guerre, fuivant
que les circonftances exigeront & felon ce
u, tqui eft prefcrit en France, pour les' places de
guerre, par la loi du.. ... obfervant que,
poar obvier k l'arbitraire de 'autorith militaire,,
0 les autoritis civiles devront etre, avant tout
so organifies Ie plutbt poffible : auquel effei il
-w fera expreffliment enjoint aux commifires ivils,
qut fe trouveront dans les 'colonies k 1'ipoque
Srde- la r ception du ?dcret a intervenir, de fire
3 exicuter pont&uellemi7t la iidu 4 avril ,ainfi
: que celle du 2.3 ao t, relative ia 1 nomination
: des deputies k envoyer par les colonies, k la
:i convention national a
i L article 11 na pas paru fans danger an cl-
toyen Page; i 1'a combat quatan a principe &
quant hka redaio. '
Ilta cu touted affocmrion, len canpagnies franiche,
dangereufe fur-tout danris un pays oh Santhonax
avYot applique cette denomination un .corps
ariftocratique, compo f de' certain portion de
la fOci6ete; Iexclufion de toute autre : en effet,
par fa proclamation dt i6 dicembre it a crde
l*1. )*: * .-*:..... ..., it". 6;" .t m ars -oT f
(1) Li ezIe 4dcret du 5 mars, fol. 2.,
C .




(38)
des companies branches, d'hommes de couleur
exclufivement aux homes blancs.
II :a vu du danger dans Ia redaclion qui
porte que les hommes libres front fornmes en
compagneis branches : car cette denomination
d'hommes libres ayant en dans les colonies,
jufqu'.i a loi du 4: avril une acception xelaBive
& indicative des homes de cotiletr & negres
libres, il a cru poiTble que !es mulveilans, qui
ont interpret les oix es plus0 pofitives ne
tiraffent Uie celles-ci, ides induitons funetes. En
conquence, i a dt andc que la toi flit preciiee,
de mtaniri q'eclle ne pfit etre interprit&e :dans
an pays place it dix-huit cent lieues du rdgulateur;
dans si pays oi les agents de la Irpublique meme,
,en ce moment, li lubiituent impunoment leur

_. Divers pro)ets out dt prefentes, & ddfinitive'
inent ii a' ete convenu : i o. Que s'il ell juge
Snecceflaire d'Itablir une force arme locale por
4 la dcfenfe tant inttiieure qu'extcrieure des co-
u lonies, les autorites civies fe concertetont.avec
) les autoritis militaires. z0. Que cette force
u armee fera organifde en conpapnies & batai'l-
> Ions de volontaires nanonaux oIdes come en
. France. o Que tous ies homes admis a voter
dans les affemblees prrnmaires dapres la Ioi du
z 4 avril, & les jeunes gens, ages de qumnze ans,
a qui airoit le droit de tuffrage a vingrt-n ans,
, front iufceptibles de composer cette force
Sarmee. "
Le citoyen Page a ieveloppe les inconven&ens
r~filtai s de raatorit confine par l'article III aux






tommiffaires civils. II a fippofl Santhoniax &
Polverel, charges de cette Iomrme de pouvoirs;
& ralfonnant dans cctte hypoth'fe, il a parcouru
la .feri.i, de les attentats.. 1 les a p-re nt*s
avec vprit on.,ou horse de la lo ; tollours en-
tounrs d'hommes de coaleur, & de negres reunis
enpcompagnies & corporations civiles & militaires;
it lef a prifentes dit~rganifant: It lyffme facial
de Saint-Domingue. ,,, ': :
Railonnant dans ulne hypothefe contraire, &
s fuppofant cette autorite place dans des mains
purest ii a demontre que des homtl s qt e d iige-
roient, necefairement, les prevention & les grandes
maximes de la Faance regeniree, ne feroient pas
fans danger dans un pays das tleq el les 'elmens de
la foceidt fointfi diffemblables. Ifa preTenite cescom;-
tniffaires agiifant par analogie comparant les
hommes ignorans &. grotifersf des: colonies i aux
homties polices -de rMEurppe.:
S-Suppofantt quesres conlmi"Taires s'entoureroient
d, colons; il les a prefentes circonvenus par des
paflions, ot des interests particuliers, qu'is fer-
viroienriti fans s'en douter: .
Gdmiffant de la degradation de lhomime efcIave,
11 PIa confidere de f'eil. de la philofophie. S'il a
cru que dans le moment prkfent, la .iberte liii
feroit un present 'unefle, 11 a fenti la n6ceffie ,
la juftice de le preparer a la liberty par des loii
bienfailfanies : mais il a dit' qU ax feuls colons,
on a ,letus reprefentans librement Ilus, appar-
tient cette tiche -honorabkle quils rempli roo avec
gdn&rofit : pour le pirover, il a atteflt la grafi
fomme de manumiflions donnes, malgre les en-



ii
Hn







(40)
traves dun gouvernement qui mettoit un grand
prix ces ages de bienfaiance.
11 a dit qu'aux colons feuls oU I leurs reprefen-
tans appartient cette tache, parce que la con-
vention national nepeut dccriter P'efclavage de
thomme dans lAmprique, apris avoir reconnu
fes droics en Europe : parce que la convention
ie peut voter la liberty de Pefclave dans IAm&-
rique, fans indemnifer celu qui ra achete d'apres
a oi : p4rce que ce fertt fire I' efclave
ui-mdme an prCfent funefte, qui naturaliferoit aux
colonies toutes ls horreurs de 'Affrique; quenfin
la convention ne peut pas ittUer fur la confitution
on les rprits d'un people qui n'eit pas reprefemt
par le fait des agents m$me de la republique.
Ze etitoyen Raimond a foutenu cette portion
dul dicret. I1 a ctu que fi cette faculty pouvoit
Etre dangereufe dans is esains des commirfaires,
ce ne feroit qu'autiat qu'le feteit accordee a des
bommes mablintentionn~ : c'eft ce qu'on ne de.
volt pas prdfumer., I a fur tout prefent6 San.
thonax & Polverel come des ages, qui ne fe
ferviroient de ce pouvoir que pour Ie bonheur
de la foci-t6.
Cependant ii a ete convenu :_ que cet aricle
, feroit rejete par a queffion prealable & quil
a feroit feulement dcrete qu'aufi- tot que les
,e autorits civiles front conftitudes, elles s'occu
, peront de Yamelioration du fort des enclaves,
a hommes que la loi n'admet pas a voter, 0
Article IV etoit un outrage fat au regiment







( 4t )
du Cap; & c'eft ius ce rapport, qu'l a t
confidrre.
Le citoyen Raymond a prefente ce regiment
comme un corps penerre, nourri du prejtug des cou-
leurs; ila motive fon opinion fur le reihs, fhit par
pluficurs hominms de ce corps, de preter ferment k
la loi du 4avril. D1 Ia motive fur la repugnance que
le regiment, luim-me meavoit apporte k la reception
de quelqn home de coulter, pour officer. 1 1la
motive fr ce que depuis long-temps on fe plaignoit
de for incivifm "de fon insubordination.
Le citoyen Page a dit qu'it dtoit loin de con-
fondre ce regiment avec fes officers, don't incivifmne
n'dtoit pas equivoque. 11 a rendu horfnmage as
courage, au devouement 1,k la fubordination de
ce regiment, qui, s'il n'eit pas etd efl'etieie itr
bien compoole, auroit ete dangereux :9: t '
a tr uti le, puifque es officers n'ont ce' 3de a
tromper & de le mettre en opposition dec le
citoyens patriots.
11 a dit que ce regiment favolt jamals refoli
obeifance a a ioi da 4 avril : que fi q6ulqu
foldats de c, regiment avoient refuQf obtiif:;c
a cctte lol, ce qui etoit trds problimatiq.c, c
tort n'dtoit pas celi du regiment; que s'il avoit
quelq e coupable, ii fallout le punir ; mais nit
falloit aufli refpe&er un regiment touJours digne
d'Xloges.
Aprrs avoir 6tabli ce principle, i a demontri que
le rappel de ce regiment, tientikfi grand fyflame
de dforganifation. 1 a dit que c'tcoit aini1 que
Blanchelande avoit autrefois deported parttielle
ment les foldats renommis par leur civitime, &
tout !a totahite du deuxitmc bataillon du neu-







vieme regiment d'infanrerie. Jl a dit que Santho
nax & Pblverel marchelt. d'apris les mnime er-
remens, & qu'ils ont des vits aufli criminelle' ,
ii elles ne font pas les mimes. Quie fi Blanche-
lande vouloit fire la contre-revofition, Sitiho-
lna & Polverel veulent pet tre plus encore;
qu'ils veulent ot liver ces contrees a rAngleterre,
ea. Jes devaller fi PAngleterre, ne pouvant les
conferrer, croit qu'il iii imported de les ruiner oitu
pettt-tre enfin y- regner eax-memes,, rous r'gide
des homes de couleur & negres libres, don't ils fe
font exclufivement entourds,, & qu'ils ont conflam-
ament mls en opposition aux blancs.
article IV a-eti r jette & ii aet convenu :
a~ que les commiffaires civil qui fernt envoyes
, aux colonies, ne pourront jamais ordonner &
Sfaire executer la dipertation d'ancune troupe
Sarmee, fans s'etre prealablemenr concerts avec
l es autoites conttmiees, & avoir pris ieur avtis.
Apres la difcuilion des quatre premiers articles
dtt dicret. d&u mars, le citoyen Page a paid aa
cinquieme article relatif aus dportes, Lmtr tret qae
chacun des colons mettoit tour--tour a c mbattre
ou a defendre cett difpofition n'a pas permits une
difcuffion fuiieii; & le president, confiderant qa'it
toict mnibtit a ajournte la difcuffion at ltendemain.
S. ig' 'PAG ,.
LEGRAND ,' fecitaire-garde des archives.
Du Mercredi iS.
Le lendemain, mercredi i 5, le citoyen Pages'eft
rendu au comitye de marine, ouil a trouvdles colons
blancs & de couleur ; & reprenant la dificuffion de
farticle-5 du decret du 5 mars, it a parcouru l cercle






/ (43)
des -ponvoirs des commiffaires Santhonax & Polve-
rel; il les a vus circonfcrits dans la loi mume du
4- avril 1792, & dans celle du ,28 da mois d'aoit
dernier I -a vu que sils avoient le droit d'en-
voyer en France les amateurs & tauteurs des troubles
des colonies, ils etoient tenus, ifus leur refponfda-
bilit&, de motive fit preuves, les arreflations
& les deportations q'ils feroient executer. II a
prouve quc cette formality, prote&rice de la li.brt6
des citoyens navoit as et reimplie IIa prouve
Lque fi poilereuremenet. a a deportation ls ont
,fit paffr qnatre declarations charge de leurs
viimes, cette preuveetit informe n.ifafiinte.;
que ces quatre declarations, toient contradi&oires
& faites par des homes que la commune du Cap,
la fqcict :des amis de la convention national &
la commillion intermtediaire, avoient, 3epuis long-
' --* ; i , 1 . .4. '. .
temps, dinonccsa ces comim nflres pour hfai d'in
,civiine;: par, des homumes .ms e Santhonax avoit
convertss de faveurs &c de dignitis, au nipris du
blIt m:dont les enveloppoit opinion publique. i
a mis en oppofiton les dcclratipns deceP quatre
f.telJites &'eftime & a1 confueirationi don't les
deportees ptoient environnes ;pr s cioyens & par
Sales corps popuaires. En effer, qu'on )uge du degree
de confiance que merite 1'accufation que Santho-
nax porte centre ces citoyens, pujfquil nepet la
motiver que fur quatie temoignages inlffifans,
fifpets ,-incoherens, lorfque cependant le dlit
doint ii les accufe, eft un dfit public, unn dilit
commis an grand- jour, en "prfence de toute la
ville du Cap.
II a tappel les temob nages non equvoques de
la popularild & desprif cipes du cit yern -rche-







( 44 )
vque Thibault, de Con attachment 'a la re'volu-
tion, de fa courageufe lutte contre le defpotifme,
de fon relped pour la loi du 4 avtil.
Le citoycn Raimond tenoit effentiellement h
rexicution de cette difpofition du dOcret du t mars;
ii a voulu juftifier la fageffe des mefures prices par
Santhonax mais il ne pouvoit motiver fon opi-
vion que fur la jiflice & la fagefle prefamee de
Santhonax. II a prefente les dires de ce commif-
faire comme des preuves non ricufablcs. It a refute
le timoignage rendu par le citoyen Page au citoyen
'Archeveque Thibault, qu'ita prefente redigeant, en
1789, un certain cahier de doleances, qui non feule-
ment laiffoit les homes de couleur & negres libres
i la place h laquelle les avoient jettes les abus de
rancien regime, iiais qui tabliffoit parmi, les colons
blancs, eux-memes, trois gradations bien prononcees
& dcterminees en raifon des fortunes; de tell ma-
niere que le premier ordre, c'eft-a-dire, Ie plus riche,
cxergoit exclufivement la magiftrature, & jouiffoic
des prerogatives de la nobleffe, lorfque le troifime,
apres lequel marchoient les homes de couleur &
negres libres, rangerr a routes les fontions du
gouvernement, stranger a toute a&ivite politique,
& confiddri comme strangerr ia fociete, etoit
foumis a la police immediate du gouverneur gene-
ral, fans pouvoir rclamer la garante des tribunaux,
rcfervec aux claffes privilegides.
II a fuivi le citoyen 'Archeveque Thibault h
raffemblee contihtuante, i laquelle i* fut admis
avec Gouy-d'Arci, Reynaud, &c.
II Pa fuivi dans fes correfpondances & dans
raflemblic ginerale de Saint-Marc, provoquant







(4 I )
tr dlorganifation de farmnie & V'independancec


Le citoyen Page a dctruit, )atant qull etoit
en lui, ces diffrentes inculpations. li eff vrai que
ce cashier de doldances, don't parloit le citoyei
Raymond, n'etoit pas dans le fens dela revolution
mais le citoyen P;ge na rien negligede ce qum pouw
voit excufer le citoyen l'archev'que Thibault (2).


(I) Telle etoit la defaveur qui pourfuivoit l'arche.
vcque Thibault, que plufieurs, en applaudiffant au zile
avec lequel les citoyens Page & fon colltgue le citoyan
Brulley, qui ddfendoient ce citoyen dans leurs adrefies a la
convention, dans leurs follicitations aupr's des membres
qui la component, dans leurs follicitations aupres du minif
tre Monge, blaimoientquequefois lear courage. L'attitude
P que ce citoyen avoit prife centre le defpotifme, etoit pr.e
Ifinte comme e ue fpculation etrangere a la fociet & re.
lative a quelque reflentiment particulier. Soni devoue.
ment a la loi du 4 avril, etoit confidere comme nt
picge; & 1Pon plapoit a cote de lui uneadrefre qu'il
avoit' redigee pour Bianchelande, dans le temps de fes
liaifbns avec ce gouverneur, & dans laquielle il pro.
diguoit le blame, 'opprobre & la menace aux homes
de coulear : enfin on lui cherchoit dts crimes jufques
dans fa vie domeifique.

(2) 11 n'eft que trop vrai que cette diflintion de
grands & de petits blancs a te- tres-funefte a Saint-Do.
mingue; & le cahier des doleances qui la confacra ne
peut trouver d'excufe que dans 'ignorance dans laquellt
on itoit alors fur lesv raise principles du gouvemetlnemnt








(4 )
' Le citoyen Page a cru que le ctoyen Raymond
n avoit pas de notions bien exa&es fur les opinions
du citoyen Parcheveque Thibank, dans 1'atibmblte
conftlitante, parce qu'il n'ttit: pas poffible que ,
dans un autli court dtpace, un home qui avoit
deveioppe du cara&ere, pt, tour-k-tour, fe porter
aux deux extremists de la chaine politique.
1i a dit que fi le citoyen rarchevique Thibatilt
avoit provcquc quelque a&e de vigueur dans Iaffem-
blWe de Saint-Marc, if y avoit itC determine par
de grandes confidratons, & feulement pour arre- "
ter le defpotifme dans fes excis.
II a dit que s'il avoit foutenu le dicret du .8
miai 179o, il n'avoit alors ete que rinterprete de
toute la colonies; qu'il s'toit alors circonfcrit dans
le feul cercle qui put conferver Saint Domingue;
ques'il avoit eu an tort a cet Cgard, s'etoit de s'etre
ifolU de fes collogues; d'avoir fervi l'orgueil & iin-
trigue de Barnave par une retra&ation indigne de
fon cara&are & contraireauxinterts de fes conf- i
titans. Telle eft opinion qu'a manifeft le citoyen
Page : au refte, il laiffe au citoyen Parcheveque
Thibault le foin de fe juftifier lui-mmme vis-a.-vis
de la fociete,
Le citoyep Page, rentrant dans la question, a
prefente Santhonax & Polverel deportant Blanche-
lande, Cambefort & leurs complices; il a prdfente
le mnme Sanihunax deportant les patriots; il a
rapprochi les divers traitemenseflTyes par ces deux
clafes de dcporrts
II a prefenti les premiers jouiffant de la faculty
de mettre de l'ordre a leurs affaires, de prendre






(47)
avec eux les moyens de iubl fiance & de juflificas
tion; il les a prefents, arrivant en France, libres,
fons la condition de fe prefenter a la barre de la
convention, dans le ddlai d'un mois, a comptet
du jour de leur debarquement; ii a rappele avec
quelle indulgence ils avoient etc traits; en effect,
le rapporteur de cette affaire (Camboulas) a
ecarte de fon rapport vingt-quatre pieces writes
faifant preuve contre ces citoyens.
II a prlfente les patriots arre"ts dans le filence
de la nuit; jets au fond de divers navires; prives
de toute communication avec' leurs parents, avec
leurs amis, & meme avec les magifirats du people ;
envoys en France fans aucun moyen de fabfiftance
& de jufification; jets dans les cachots dbs leur
arrive fur le fol de l liberty, precidds de la
calomnie, tel point que plufieurs, tout en applau-
diffant au zele & au courage avec lefquels les ci-
toyens Page & Brulley Cpoufoient leur difenfe,
,en redoutoient les consequences.
Apres de tres-longs ddbats, dans lefquels les in-
terets des deportes patriots ont det difcuths avec
chaleur, I'article V a et rejette, & ii a eit con-
venu a que les deportds, fur le fort defquels it
" n'a pas et' flatue ne pourront retourner aux
o colonies, jufqu'a ce qu'il ait ite prononce h leur
v 6gard.
Par 'article VI de ce decret, la convention
approuvoit la formation des companies branches
d'hommes libres etablies au Cap par Santhonax,
Le citoyen Page a faith reffortir les intentions
du rida&eur de ce ddcret, qui, trompant la con-







( 48)
fiance de la convcnlt on n:1tionale, & abufant -de
fon inltience des luciltess -1!i a fait contacrer
les inftitutions aritiocratiques de Sjnthonax, par
un faux iexpol. En efet fi Sa.ntLoniax avoit ret.bl
des corporations d'honmtie de conleur & negrps
libres, il en :v oit exdu les blancs & le ridaedur de
'article V1 du dtcret du 5 mars en approuvant cette
inflitution, s'dtoit bien gardi d'en fire reffortir les
vices; ii s'ctoit bien garden de la presenter fots fon
vrai point de vue. C'et pourquoi le citoyen Page jY
a done le&ure de la proclamation de Santhonax,
kla date du 16 decembre drnierne il a prtfent6
Ie danger d'une corporation arm- _i'uLne portion !
de citoyens que les pr;ugcs, l'ufage & la loi avoient
trop fong-temg pscla fics. II a prtfente cette me- I
fure come un moyen adeforganifateur, ou plutot
come un moyen d'oppreflion; il a motive& fon
opinion fur la lettre que Santhonax & Polverel
ont eux-mrmes ecrites a la convention national;
le z2 o&-obre dernier. 11 a dit que, puifque les
commtilaires confideroient alors les homes de cou-
letr & negres libres, come infiniment au-deflbus
de la revolution, & come les infirumens du de1-
potifne ils auroient du les incorporer dans la
garden national, pour modifier leurs meeurs, leur
caradere & lenrs prinaipes. II a dit que rien
n'annoncoit mieux la mauvaife volont6 des comn
Smiffaires que ei mefures quils avoirent prices pour
s'aflervir entierement cette portion de la fociet,
en 1ifotant de la garden national; en liaformant en
tompagnies fi-anchles en la cifernant; & defini-
tivernent il a prefemt6, come leurs\fauteurs &
complices







(49)
complices, tous ceux qui avoient provoqud on
qui appuieroient de telles institutions.
Cependant, le citoyen Raimond les a ru tiles,
mtme neceftaires, fur-tout dans la ville du Cap.
Ii a motive fon opinion fur Iariftocratie de cette
vlle, fur la haine que les blancs qui 1habitent
ont conque pour les homes de couleur; fur la
inceffiti de fournir aInx hommes de couleur, daris
cette portion de la colonie, un moyen de rififter
a loppreflion des blancs.
Le citoyen Page a detruit ces fophifmes; il a
demontri que les blancs du Cap etoient d'autant
plus bienveillans des hommes de couleur, qu'ils
avoient perdu le fouvenir de toutes les injures que
ces hommes egares par les commiffaires n'ont
ceflI de leur fire.
L'article 6 a iti definitivement rejetti, & il a
ete convenu < que les companies branches, for-
mres h Saint-Domingue, fous les ordres des
commiffaires civils, quelle que foit leur compo-
- fiction, front fondues dans les nouvelles comn*
n pagnies de volontaires natioriaux du pays, qui
pourront tre formdes, fuivant le mode prefcrit
de Iarticle 2, pour la defenfe tant intrieure
0 qu'exterieure des colonies n.
L'article 7 atoit relatif l'envoi des naturels des
colonies dans ces memes colonies; it a fouffert une
tris-longue difcuflion. Le citoyen Raimond a 'di
veloppi, malgre lui, fes projects relativement aux
colonies; il tenoit a cette portion du decret encore
plus opiniatrement qu'h toutes les autres; il fe
retranchoit fans cefle d'amendement en amende-,
ment, & parcouroit avec adreffe un cersle vieus t
D









it tenoic fur-tout ce qu 'il fit fait un envoi
d'hommes qui, engages h Paris, iroient a Saint-
Domingue fans prqugs pour y epoufer les
femmes de couleur & s'identitier h cette portion
de la focitee.
Le citoyen Page a dit que ce article prifen-
toit, par fa reda&ion, une grande fomme d convntcens, fir-touc par la trqp grande latitude
qu'il donnoit au minifire; mais, (e circonfcrivant
dans le principe il 1'a dctruit par le developpe-
ment des effects qu'il devoit produire : a dit que
ce d6cret qui fembloit appeler dans ces corpo-
rations tous les homes libres, toit par le fait,
exclufif des colons blancs, parce que ceux ci,
plus on moins riches, ne voudroient prendre du
service dans aucune corporation, qu'autant qu'ils
pourroient y commander; it a dit que sii fe
trouvoit en France quelque blanc natural des colo-
nies, qui n'auroit pas de fortune, ii auroit tout
au mnoins une telle connoiffance du pays, qu'l n'y
repafferoit que pour y travailler a en fire une.
II a dit qu'il feroit inutile ou dangereux d'ap-
peler h ces corporations les homes blancs qui
-auroient vicu dans les colonies, parce que ceux
qui auront de la fortune ne fe preienteront pas;
parce qu'enfin ceux qui fe front retires des colo-
nies, fans avoir avec eux des mcyens de fabfitance,
ne laifent pas pr~uimer favorablement d'eux-
m6mes.
11 a dit combien it feroit dangereux de porter
dans les colonies des hommes qui, nes dans la
fcrvitide, out leuas parents dans le mdme etat,







(sK)
& qul, par cela meme, out le plus grand intret
poflible a trainer apres eux le dclordre & la r6volte,
pour fe mettre a .couvert de toutes les inquieta-
tions leurs ancens maitres p en raifon de leur atfranchifnement.
II a dit, avec vertte que cette revolte, dteaf-
tretfe pour les colons propridtaires, dfafilteufe
pour les" hommees. non libres eux-mcmes parce
qu'ils font encore infiniment loin de l'tat de civi-
lifation neceffaire k ltlomme libre, ne. tourneroit
meme pas au profit de ceux qui 'auroient provoques;
parce qu'ators les homes non libres, divifes en
autant de hordes que de nations diverfes, s'eriire-
gorgeroient & natiraliferoient dans les calories
toutes les' horreurs de I'Afrique.
La convention national de France, a-t-il dic
a ddclard que homee nat libre; ell ne peut de-
creter fon efclavage fans Otre en opposition B
fes principles.
Mais, fi la convention a reconnu les droits de
Phomme, elle ne peut meconnoitre les droits da
people ; & comme nul ne doit obeiffance 'a une
loi qu'il n'a pas faite, ou librement confentie par lui
ou fes reprefentans; come les colonies, h celle de
Cayenne prs ne forit pas reprefenties dans la con-
vention national, par le tait mdme des agents
de la republique, qui ont empeche la t6union des
colons en affemblees priiaires, pour nommer leurs
deputies, la convention national ne peut porter au.
cune loi pour elles fans legi nmer, en mdme temps,
la r6fiftance qu'deles pourroient prefenter, fi la loi
leur 6toic defattreufe.
D%








Cependant a-t-il die, que la convention, loin
delouvoyer, come front fait les affemblees conf-
tituante & legiilative, entire les principles, la

tive ; qu'elle dife ce que c'eft qu*une colonies; qu'elle
dife fi les colons doivent etre les ferfs o les allies
des frannais : car les dlmemns qui conflituent les
colonies & la France, font trop diffemblables, pour
former une maffe homogene. Si, au contraire, elle
aime mieux prononcer entire le colon & fon efclave,
qu'elle ie faffe d'une maniere positive, & que, dans
tous les cas, elle n'envoie pas dans ces contrees
des hommes qui auroient quelqu'interit a leur de-
forganifation.
Diffirentes perfonnes ont parl far cette portion
du ddcret que les colons blancs combattoient avec
railon & que ceux de couleur appuyoient de tous
les moyens poffibles. Le prtfident, a ajourne la
fiance auvendredi fuivant 17, pour y &e ifatue d6fi-
nitivement, apr&s avoir confalte le minifire de la
marine, qui devoit etre invite a fournir les ren-
feignemens quit pourroit avoir pour motive le
rapport g6ndral fir les colonies.
Vendredi 17.

D'apris 1'ajournement di t 5, le miniflre de la
marine & fon adjoint au department des colonies
(le ctoyen Adet) fe font rendus au comite de
marine. Les colons b[ancs & ceux de couleur,
qui avoient jafqu'alors fuivi la difcuflion du decret
du 5 mars s'y font encore trouvis ; &, d'apres
tn novel examen du feptieme article, du ddcret







(53)
du i mars, il a etC convenu t que s'il efl jugd
n neceffaire d'envoycr une force armce pour la
d defenfe des colonies, i fera form en France
3) des bataillons de gardes nationals ou volontaires
, nationaux folds dans lefquels pourront wtre
> admis des citoyens nes dans les colonies, on y
" ayant fejourne, qi jlufltierent avoir les quahtes
) flipulees par l'article z des conventions .
Le rlfultat de c-s diffcrentes difrulions a eti
la reje&ion total du decret du d mars, que f'in
trigue & la perfidie, vetues du coftume de la
philolbphie & du civifine, avoient firpris a l'iinf
clence des localities, & i la preoccupation d'une
afembinbe qui, ne confiderant les colonies que dans
un borifon obfcur les abandonnoic a quelques
intrigans qui croyoient pouvoir en fair un lever
centre revolutionnaire, pour ebranler la France &
changer la face de 'Europe entire.
Le citoyen Page ,| voulant motiver vis-a-vis la
colonies de Saint-Domingue, fa conduit, celle de
fon college, & leur opinion qui fut toujours la
mntme, a cru devoir configner, |dans fon proces-
verbal, les ri fls:ions qui ont dirgC6 la commiflion de
Saint-Domingue dans les circonftances qui ont envi-
ronne 1'emiflion & la difcuflion du decret du 5 mars
Le decret du 5 mars netoit pas une ipeculation
contre-revolutionnaire, mais bien le complement
de la contrc-revolution que faifioient dans les colo-
nies les agens de la rppublique ; il mettoit le fceat
Sl'oppreflion de ces contrses ; il fantifioit tous
les attentats qu avoient cominis on qu'auroientr p
commettre Santhonax, Polvcrdc & leur1 collabo-
I) 3






rateurs; car Rochanmbau march a la Martinique
fur les erremens de ces deux difatetrs : it a,
comme eux dCfendu aux colons de fe retnir en
affembles primaires, foit pour fe donner des
municipalities, Ifoit pour fe donner une affemble
colonial, foit pour nommer leurs deputies a la
convention national; f a,, come eux, crei une
commitlion qui, foits fa fuprematie regit cette
colonie. Certes, lorlique Santhonax & Polverel ont
fufpendu Depi:rbes, gouverneur de Saint- Do-
mingue lorfqu'ils ront criminellement deport ;
Iorfqu'au mepris de toutes les loix, ils ont nommn
A fa place Ie meme Rochambeau, qui opprime la
Martinique aujourd'hui; lorfque Monge a approved
tours ces mefieres, le citoyen Page avcit raifon
de dire qu'il exilfoir un plan de devafracion ou de
contre-revolation a exicuter dans les colonies. En
&ct,- Rochambeau qui devoir fe porter at la Mar-
tinique; Rochambeau qui, tout au moins, auroit dtc
ie porter a Sainte-Luciee, pour etre en nefure de
proteger cCtte colonie contre les tentative de
Belhaue pour ftre en mefure de feconder les
patriots dl la Martinique, dans les efforts qu'ils
fifabient pour chaffer Behague & renverfer l'tendait
du deIpotifie, Rochambean fe rend a Saint-Dj-
mingue, a quatre cents lieues fous le vent : a
ion arrivee, DelparbLs eft dcporte, & Rocharmbeai
replace ce gouverneur stranger a la conjuration,
trop loyal pour trahir fon pays; & lorfque Ro-
chambeau a mis le comble a I'opprd-flion de Saint-
Domingue,; Monge, applaudiffant a fes mefures,
lui command de pafler h lla MAatinique, qu'ii
opprime aujourd'hwui ( TELLE EST LA RACOM-








IENSE DON'T LES TRAITRES ONT PAYE tE
GENftREUX DEVOUEME-INT DES COLONS A LA
FRANCE ET A SES PRINCIPLES. ) "
En nmrme-temps que Monge renvoie Rocharnbeau
a la Martinique, il done urn nlouveaA gouverneur
. St-Domingue; & cependant Defparb's, arbitrai-
rement deported, n'avoit pas donne la million :
en mime-tempns Camboulas ,trompant kichement
la convention national, 6cartant audacieufement
vingt-qtiatre preuves ecrites centre les complices
de Blanchelande, furprend la convention, & lui
fait ablbudre le crime dans Cambefort & Toufard,
pendant qu'ii livre, au tribunal revolutionnaire,
un brave officer qui n'Ctoit coupable, a f es yeux,
que de ne pas avoir voulu itre 'iltruanent de cette
fadion criminelle.
Tel etoit 1'tat des choLes, lorlque Boyer-Fon-
ftrde & Caml'ozlas promirent aux citoyens Page &
Brulley de fire prononcer, la fin de la guerre,
1indopendance des coloni~ s'i s vouloient leur laiffer
pafler,fmzs rien !ire, le project qui fut propof' &.
decrete le 5 mars. C etoit ans doute,encore pour en
faciliter 1'miffion, autant que pour vidimer les na.
triotes deportes de St-Domingue que Briilot, Gua-
det & Boyer-Fonfrede provoquerent, au comite
de dtfenfe general, 1'arreflation du citoyen Page,
au moment que Cnmboulas, au nom de ce comity,
faitbit cmettre ce dtLIret. Les traitres! ils preparoi;nt
I'ind6pendance de Saint-Domingue par loppreflion
& la- deforganifhtion de Saint-Domingue! .
Mais 'attitude e que print alors les commiffaires
de cette colonies, derangca les fptculations de .
agitateurs & le decret du i mars flt renc.v
S' examen des comit ,.






Mf.6)
Mais ce n'ef pas encore afflz, les commiffaires
de Saint-Domingue voulurent convaincrefes au-
teurs de perfidie; & pour le faire avec fucces, ils
demanderent a le difcuter face-haface & contradic-
toirement avec Raymond qui,le 17 mars, en avoit
tait apologize .
Ils avoient vu Fonfrcde preparer les efprits i
Nlmiffion de ce dCcret, pendant que Briffot en fai-
folt kloge au cornite de detenie ginerale, don't les
commiffaires de Saint-Domingue ctoient foigneufe-
ment ccartes.
Its avoient vu Camboulas, le prefenter h la con-
vention national, la lfite d'une diatribe, qu'il
difoit ctre un rapport impartial.
ls avoient vu le citoyen Raymond, homnme de
couleur trainant a fa fuite une legion d'hommes
de couleur, fire a la barre de la convention dans
la fiance ditl7 tnars, Papologie de ce dicret, &
denoucer a 'opinion publique ceux qui s'oppofoient
h fon execution.
Ils virent etlfin, ce citcoyen confcffer ( ce qu'ils
favoient deJa ) q 'il en etoit le reda&eur.
Les motifs qui ont pa determiner ce citoyen
font un problem, done la folution indiquera peat-
itre labfource des malheurs des colonies, done
Jes evinemens fe liknt efentiellement au fyft6me
de di~erganifation de la republique entire. Si le
citoyen Page entr4prInd cette thche ce n'ft
qu'autant qu'il le croit important au bonheur des
colonies & pcut-ctr, a la profperit6 de la
IFranct: stranger a toute baive, ai tote eipece
de pic'ugI, a toute efpice de part, ii ne volt
devant ilm que l'int'r~t public ; & dans la carrire








(J7)
penible qu'il va parcoUirl, il tfai des vcwax powr
que le citoyen Rainond en forte fans reproche.
S'il a pu, a fon tour parotire fufpe e a ce ci-
toyen, i Ile fomme au nom du hen public, de
le diicuter avec KiLv.it, fbit qu'i le confidre
comme fondionnaire public foi qu'il Ie five dans
fa vie privee.
Le dicret du 1 mars, mettoit dans les mains
des commiffaires de la rcpubiiqc danrs les co-
lonies, des pouvoirs fans borne; & le citoyen
Raimond croyoit dcjk voir Santhonai & Polve-
' el revetus de cett ute o puiltance : (il avoit
SIattention de rcpter JYuvent aux habitans des
autres coloMnes, le cC secret, loin de lear ttre
relatif, n'avoit Itefait qa e pour Szdnt-Domingue.)
Cependant ce citoyen favoit que, loin de tire
executer Ia !o~ du 4 avrii Southonax & polverel
provoquoklnt la haine & la difcorde entire les
citoyens, cn ravivant d'anciques preuges.
1 fiavoit que loin de fire marcher fir la mcme
line, les homes de coulur & les blancs, ils
Savoient forme des corporations militaires dans
lefqueles les homes de couledr etoient euls admsis,
Siexclufioh des blancs; quils avoient form des
corporations civiles dans lefquelles les blancs &
les mu!atres avoient chacun des reprdfenstaions
dilfin es,
II favoit q.iils avoient empich6i la formation
d'une aflemblce colonial des aiifRmbb es admi-
iftratives, meme de plufieurs municipali6s.
l favoit quc par ier faits homes de cou-
leur ne faifoient pas parties de la garde national;
q'i s ne faifoient p;,s C-ec les blaics un tout horn-







mogene; et cependant, par Un dccret ambigu,
don't qielques expreflions orthodoxes, degulfoient
l perfidie, le citoyen Rainiond faith confacrer on
fyft me deftrudeur de la liberty & de tIvalitC !
Certes, s'il iet en tot ceci quelque chore d'iton- i
nant, c'elf de voir cet homme de eouleur ap-
plaudir I' inexecution d'une loi qui faith marcher
les homes de cotueur & les biancs fur la mnme
line; dune loi qu'il follicita des les premiers-intf
tans de la revolution d'une loi qu'il voulut ache-
ter de toutes les richeffes de 'Am rique
SQu'eft pour nous le bien, evrivoit ii le 4
m mars 179t, h fes frires a Saint-Domingue, fi
S-nous ne pouvons en jouir que converts d'op-
a probre ? Quel eft celai d'entre nous qui ne don-
a riat, avec plaiir, la moitie de fon bien, pour
fe fouttraire a tant d'horreurst!...... Mais la
caufe commence a s~claireir, grace a M M. Brif-
a for t Gregoire & Petion : & fi quelque chofe
Spetut mettre obstacle "a lears productions, c'eft
v que t'argent me manque, : cependant, come
o ai fent que nous touchions au moment decifif,
a 'ati cr devoir tout, prometre.... ,
a Nous n'avons pa avoir autant d'argent que
n les blancs, qui figurent ici comme les repr -
u fentans d'une claffe fort riche; & nous, humbles,
0 fans fafte, etions fouvent obliges de fuir de la
a capital faute de moyens. Tout cela ne faifoic
a qu'augmenter leur orgueil, & lear faire dire :
a voilk pour .tant des gens qui fe difent repr-
r fenrans d'une claffe qut a des biens dans les colo-
u nies; & don't les reprefentans meHrent de faim.
, Dans le fait, il eft inconceivable comment




Ii

(59)
a vous aves.pu laiffer ceux qui travaillet pour
n vous, fans fecours d'aucuieefp.ece. Vous devez
> pourtant vous fire urie de des dcpen- s que
a nous avons etc obliges de faire ; on ne f it rien
> en France avec rien ; & je fais, par une trilte
experience que ma fortune fe fent confiddra-
blement de toutes les ddpenfes oh cette affaire
Sm'a entraind. Je ne regretted rien puifque c'eft
a pour le bonheur de mes compatriotes............
S MM. Briffot, Grigoire, Petion de Villeneuve
& Claviere font les feuls qui ont continue
S~i difendre notre cafe avec un zele incompre-
u henfible : ma fuible plume n'eft occupCe qu'a
leur fournir des notes & des iddes; & & ce
P tirre, vous fentirez ce que vous leur devez.
a Par mon dernier plan, je vous propofois
une contribution en trois parties, un tiers comp-
tant, le second a fix mois le troifime ,
,, payable un an' apres le premier. La foufcrip-
b tion total s'eleve a 7,398,oco lives, don't
Sle tiers efl de 2,4660ooo livres que vous pou-
) vez envoyer ou remettre au gouverneur ( Blan-
chelande; ) rais je vous obferve que fur cette
a totality vous devez trouver de quoi temoigner
t votre reconnoiffance a vos defenfeurs, ici, qu'il
v ne ,faut pas oublier ,.

On voit bien que le citoyen Rainond n'entend
pas mal fes int'drts; & fans doute, on ne pourra
croire que celui, qui en 1791 mettoit un fi
grand prix k la regindration de fes freres, qne
celui qui ofoit acheter la justice de l'affemblee
national, & mettre a prix les talens des philo-






-6o)
S60 ) i
fophes du jour ait pu, fans des cohniddration
puiffantes, vouloir carter cette loi meme, qu'il
filicitoit alors.
Comment fe peut-il que Briffot, le champion
falarie de Raimord, ait applaudi au decret du
$ mars, apres avoir fait imettre la loi du 4 avril
1791, qu'il paralyfe ? (i ) NO. i.
Une loi vicieufe peut echapper a des legifla-
teurs, mais le dkcret du 5 mars &toit le rifultat
de combitbaifons profondes: la, le reda&eur avoit
dor. avec perfidie la coupe qui portoit le poifon.
La une ta&ique favante avoit prepare les efprits.
Lk, une intrigue criminelle ecarta, pendant dix
jours, de la barre de la convention, les colons
qui demandoient fon rapport, lorfque fes apolo-
giftes furent admis an moment meme oil leur in-
tdrdt l'exigeoit. Tel etoit 1'effet de quelques petites
intrigues, que des dehors de justice voiloient b
la convention national.
Mais s'il eft strange que Raimond, homme de

( ) N9. I. Briffot pour le malheur de la France
8& des colonies dominoit tous les comitis, fur-tout celui
de defenfe general. Dans ce comite comme dans
tous les autres, il etoit l'arbitre des colonies : & s'il
avoit attention d'introduire le citoyen Raimond, dans
ccs divers comites, il avoit aufli le foin d'en carter
les commiflaires de Saint-Domingue. II ne pouvoit,
ii eft vrai, les empecher d'ecrire : auffi ne tint-il pas
i lui qu'ils ne perdiffent leur liberty. Telle eft la ref-
fource des traltres qui craignent de voir dechirer le voile
derriere lquel ils ourdiflent leur trame qui doit en-
chainer la fociet,

I
r, J




( 6z )
.couleur, ait voulu paralyfer la loi du 4 avril;iI etl;
fans-dote beau de voir les colpnsblancs ,filong-
temps calomnies provoquer eux-mnemes I'excu-*
tion de. cette loi cependant la caufe de ces deux
manieres de voir, eft bien naturelle : c'ef que
les colons blancs ont tout k perdre, 1h ou Ie ci.
toyen Raimond a tout a gagner & fans fe re-
pofer fur ceux des &crits do citoyen Raimond,
faits pour tromper la France, fur le nombre, la
richeife, intelligence, la morality, Iorigie des
hommes de couleur, qu'il trahit & qu'il opprime"
ii fera peut-etre poffible de determiner la part
que ce citoyen a pu prendre a la r6volte, a la dld-
vaftlion & a la fpoliation des colonies, la part
qu'il peut avoir dans les troubles & la dCforgani
faction de la France elle-tnsme.
Le citoyen Raimond eft nd k Aquin, quarter
de Saint Domingue : il eft nmlutre', & le plus
inftruit de tous les mulitres. Son intelligence lui
a donned des rapports avec le gouvernement de
SSaint-Domingue s & avec le mintifire aluzerne;
ces lialfons li1 ont donned fir fes freres, un af-.
fendant fans bores. La ledure de quelques frag-
mens de la lettre qtuil leur ecrivoit, le 4 mars 179 ,
donnera la methre de fon influence fur ,es e~rne-,
mens de Sant-Domingue.
C Vous m'avez demand, leur ecrit-il, e vous
) envoyer quelquiun de confiance : 'ai troupe cet
home qui va vous devenir fi utile; mats
Sil a fall rintreffer, come cela etoic jufle;
puifque pour remplr mes vues, ii quite une
) Cpoule cherie. ( Le citoyen Raimond connoi
> It prix de fI'r )Y ... le vous l'adreffe. Cet
s ~,-





( 62 )
, homme 4ft M. M A 1 ON, .4di vous remettra
a mes dcSpches & mes imprimcs, que je vous
. ai annoncds. I. Ce monfieur a une paco-
, title, don't it faut que vout lui aidiez a fe
a dcfaire, en achetant de hii tout ce qu'il vous
, faudra. Affurment fi vous vous entendez
, tous vous pourrez la prendre entire vous tous.
, Vous lui devez, a plus d\n titre, la preference
n ainfi que l'hofpitalite, de maniere qu'il ne faffe
poind de depenfe dans le pays en lui tburnif-
) fant tout ce qui lui fera neceflaire, afin qu'il
) ait fon binefice clair fur fa pacotille ,.& en-
S fuite une comniiflion fur. les fommes que vous
1 ferez pafler ici, pour fubvenir aux frais d'im-
o preffion &. rcompenfer les ecrivains qui fe
o fbnt montres pour note caufe, les plus zeles
a defenfeurs ( Qui peut douter un flul infant
que lpare s muldtref de Saint-Domingue
n'ayent iti, & ne foyent encore une fpiculation
mercanille & politique pour Raimond ,
J. P. Bri/ot, &c., c, .)
M. Mahon aura de moi des inifiruions
. particulidres fur la march qu'il aura a te-
Snir tant pour Fobjet de fa pacotille, rue pour
nos afaires. Je vais feulement ici tracer le plan
de contribution e itablir entire toute la: clfle
, des homes de couleur, dans laquelle je
, comprens, come il eft jufe les negres
v libres.
La clae des ckoyens de couleur; s'el~ve h
a ttente mille individus; je nen fuppofe que la
moitit en itat de fournir i une contribution





(63)
quelconque ; & je fais ainfi la distribution,
Trois milleperfonnes'a sooHiv. 4,5oo,ooo liv.
a Trois mille perfonnes. 6oo liv. 1,8oo,ooo
x Trois mille perfonnes 4 zoo liv. 6oo,oo
STrois mille perfonnes k' too 1iv. 3ooooo
Trois mille perfonnes a 66 lii. 198,ooo

o Total. * . 7 398,000 O

Quel eft done cet aflendant impd&ieix,
qui fubordonne les hommes de couleur de Saint-
Domingue aux 6mifiaires du citoyen Raimond?
Pourquoi, par quels motifs ce citoyen envove-t-il
des cmiffaires "a Saint-DIomingue? Ces emiffaires
portoient-is avec etx ou la paix ou la guerre;
Ie calme ou la rdvolte, le bonheur ou la defola-
tion? Pourquoi par quels motifs 'es charge-t-il
d'inftru&ions fecrettes? Quelle etoit la nature de
ces inftruf6ions ? Seroient-elles le diveloppement
du fragment de cette m4me lettre, oin 1'n voit
ecrit: c au refte, qu'eft pour nous le bien, fi nous
a ne pouvons en jouir que couverts d'opprobres!..
* Dans fItat aduel des chofes, etes- vous affures
* de vos biens ?... Ah mes chers conctoyens !
* jenai pas befoin d'animer votre zele; jele connois
, aflez, pour efpirer que la demand que jP fais ne
s, fera pas infru&eueufe, en vbus procutant des
, moyens de ramafler des fonds fuffifans pour faire
* face ic....... Les blancs n'ont ceffi de vous
* prefenter ici comme des &tres avilis & fans
a pofieffion, toujours prets h vous foulever centre







(64)
Sefit at c les etclaves. .,... Mais, rmes chers
J compatriots, vous vous defendriet bien mieux
par vos adions, que par ma foible plume ,.
.Quels font done les moyens que le citoycn
Raimond a fourni aux mrtultres? Seroit-ce les
dix mille fuils' que la fociet6 des amis des noirs
fit pafIr H Saint-Domingue ? Seroit-ce la pacotille
de M. Mahon don't i'acquifition etoit refervie aux
mulitres; & cette pacotille toit-elle un moyen
de ramafer des fonds fuffifans, pour faire face
ici? Les moyens qu'indique le citoyen Raimond,
feroient-ils la revolte & le pillage ? Certes, les
commiffaires de Saint-Domingue peuvent prouver
que le gouvernement ou fes agens fe font features
des fpoliations de quelques quarters du Nord. Ils
peuvent prouver que lcs hommes de couleur ont pille
les habitations des patriots. Ils peuvent prou-
ver que les efpagnois, que des capitaines de
navire ont achete des mains des rivolts des
denrees pillies; & qu'ils leur ont donned en change
des armes &c des munitions : mais is ne peuvent
pas prouver que le citoyen Raimond ait indiqud,
parf/s inftruscions particulidres & fecrettes le
mnoyen efficace de ramajer des fonds ftff/ans
pour fire face ici.
Les commifaires de Saint-Domingue ont ce-
pendant entire leurs mains un pamphlet qui n'eft
pas fans merite ; it fut envoy de France a Saint-
Domingue dans les premiers jours de la rdvolte.
On y lit, que le 16 juin 179r un minifhte de la
juffice, un membre de faffemble conflituante &
un homme de couleur, difcutant fur les difficultis
d'execution que le decret du $i mai prifentoit


I

S :^
e









I

I
i\




ii


ii
r't


ii






(6s )
k Saint-Domiingue; le citoyen de cotleur dit que
s'il ne reuffiffoit pas A Ie taire executer, ii feroi
armer'les efclaves c qu'alors les colonies fetoient
perdues pour la France, fi I'Angleterre ne s'en
emparoit pour conferver les 'fiennes.
Comment fe fait-il que le citoyen Raymond
fe done aujourd'hui taant de foins, pour para-
lyfer une loi qu'il provoqua par tnt d'intrigues
& de. corruption Au reite ( ecrivoit-il aux
n mulitres de :Saint-Domingue, le 4 mars 179 ,
o en lag 4dmandant une contribution de7 millions
) 398o000 livres, & le payment de 2.,ooo lives
, de letItres-de-chtnge qu'il avoit tires (iir cinq
, d'entr'eux, pour frais d'impreffion ), fi j'etois
o aflez malheureux pour n'avoir pas votre con-
, fiance dans fIemploi de ces fonds, je vous
Sfutpplie de vouloir m'adjoindre quelqu'una
, 11'eft niceffaire que pour une affaire auffi
), majeure, il y.aitici plufieurs des n6tres, per-
4. fonnes de confiance; mais je vous previens qu'il
, fkra on nepeut plus neceflaire qu'is paroillent ici
d d'une certain maniere; qu'ils ayent, au mions,
Sune vohture~..., l'fTa qu'ils puiffent fans afi-
c cher Ie luxe de table donner a diner a bien
des perfonnes, foit de celles qui pourront crire,
, foit h cells don't l'opinion peut: influer for le
" general*
SJe ne faurois trop vous le repeter i tout cela
i eft neceffaire, & je vous avoue que fans routes
a ces chores de ma part, je'n'aarois pas trouv6
de foutien & des appuis k notre caufe .
Comment fe fait-il done que le imme home;
prefentement logic dans un palai, farfec avalcr,
g







( 66)
chaqie jour des opinions diamitralement oppo-
fees ka vingt-cinq de ces perjonnes qui peuvent
crire parler ou agir?
Comment fe fait qil l veuille porter dans
les colonies une didature mille fois plus odielue
que l'ancien regime, que des corporations dts I
ufages I'. opinion, & la loi arretoient dans fes
cxces.
Seroit-il du nombre de fes anarchiites qui ,
gages pour diflfiminer parmi nous la haine & la
dicorde, ne demandoient autrefois la chute da
tr6ne pour etabir une republique, que pour ren-
verfer la ripublique k Con tour & nous donner un
"tran? .
SQuelques reflexions fur les vues politiques de
r'Angleterre peuvent jeter quelque jour fur cette
questionn.
L'Angleterre n'a jamais faith de guerre que pour
.fervir fon defpotifme commercial.
Dominie par le commerce de la France, elle pref-
fentoit que bient6telle devout rOtre par fa marine
militanie,
Elle favoit que les colonies & far-tout la parties
franoaifede Saint-Domingue entretenoient & vivi-
fiotont le commerce de la Frarce.
Ellevoyoit que la parties frangaife de Saint.
Domingue s'acheminoit h grands pas k -un tel
degree du culture & de fplendeur, qu'elle devoit,
avant peu de temps, doubler fes products, pendarin
que fes Antilles ktoient au dernier pdriode de cul-
tue, pendant que, fon terricoire plus ufi, moins
rich, moins 6tendu que clui-de la parties franpaife
W_ qu alu 'de par






( 67)
de Saint-Domingue ne lui lafioit aucun moyen
de rivalifer les colonies frantaifes.
L'Angleterre, ddji dominee dans les marches de
1'Europe par les denrees coloniales de la France,
voyoic que fes colonies, moins f6condes avoient
befoin proportionnellement de plus de nigres, de
plus d'engrais, de plus de culture; elle voyoit enfin
que raccroiffement de SaincDomingue alloit fire
baifferd'autant Ie prix de fes produclions, don't eie
n'auroit pu foutenir la concurrence.
Pour ichapper a la ruine de fon commerce &:
de fa marine milicaire, I'Angleterre n'avoi qu'un
imoyen...... La deahlation des colonies frangai-
;aifes...... Ce moyen eft atroce.; mais tell eft la
morality des gouvernemens, qu'il a fervi lear po-
litique, qu'il 'a fert encore dans les colonies -&
dans les departemens de la France, car la m4me
main qui alluma la premiere torche dans les colo-
nies, vient d'armer les revoltes de la Vendie.
A c6te de ces interts de commerce fe font
places des inter es plus pulf'ans encore & plus
relatifs au gouvernement. L'ariflocratie contre-
revoluhionnaire de la France a cru faire renaitre
la ffodalire des cendres des colonies cie a cra
que lear ruine aneneroit la flagnation du com-
merce; qu'elle opereroit un boulverfement general
dans le fiyfteme de la France; comnte elle a cru
que leur reftauration feroit d'autant plus facile,
que fes inftrumens dtoient plus ignorans. Elle s'eft
aflbci6 leI gbuvernemens d'Angleterre & d'Efpaf
gne, quui, par une coalition mnonftruefe, ont








cga!ement concoutu a la d'va"lation des colonies.
Les preuves en onnt crimes en traits de: ang elles
font confignces dan s s archives, de l cornullion
de Saint-Dorningue.
Le gouvernement Anglais n'a, fans doute, pu f
degui&r que fes Antilles troicnt entailnes dans
ce fyflame de dilfolution; & til vraifemblable-
riet poor remplir le vude qu'cles auroient fait
dans ion commerce, qu'i a poted la culture du
fucre, du cafd, de indigo fur les cotes d'Afrique
& fur les planes du Gange.
11 femble enfin qu le gouvernement d'Angle-
terre preffentoit ies evenemens des colonies, puio-
,que, long-temps avant kur dCveloppenent ,il avolt
-dirig la culture des denrtes des Antilles vers
des plages nouvelles .
SDeux motifs egalement pufitans ont pu le d&-
$terminetr 1 la, marine premiditee des Antilles fran-
qaifes; 2. a neceffite de fixer unmquement iur
e:Gange les regards du. people Anglais. Nous
allons developer cette derniere proposition. L'An-
geterre pofsde fur les rives du Garge un terri-
toire immense : c'etlla qu'dle prend ces belles
toffes qu'elle voitare dans -le refle du monde.
Mais l'Anglet erre ne domine tis contrfes que ar
les armes de foixante mille cipayes & de quelques
foldats d'Europe fon autoricd, qai pele fur ce
people stranger, peut s'abmmcr aux pieds dun ci-
paye a grand caraaere qui, detruifant le refeai
magiique, diliperoit les Anglois comme Aftolphe
diffipoit tes monfires du palais d'Armides. 11 eft
donc de Vinterat du gouvernement Anglais de
fixer fur les rives da Gange le plus d'eropenls







(69)
poflible, & Ia culture des denres coloniales ajou-
tres aux richeffes du pays, dtoit le ieilleur moyen
d'y rcuffir. IA, lrindigo, la canne croiffent fur un
fol fertile bien mieux que dans les fables des
Antill.-. La, n people indigene, attache 4 Pef-
clavage par l dogme & a loi dcpuls des millions
de flecks, vit de pen & cultive le champ qui ,avul
' nature, endant que les Antilles achqtent chere-
ment a rAfrique des cultivateurs, auxquels le
changementt de climate & les fatigues dan oyage
font courier les plus grands dangers.
: Le gOuvernement Anglais a done voulu fixer
dune manimre plus parutculere, 'Iatteritton du
peliple flr fes poflffions de lInde, don't iL a peu
a peu chafll les Frangais, q ti, fous I admminifra-
tionr de Dupleix, dominoient 1'Indol an; & s'il
entlve a Ila rdpubfique les ltes de France & de
Bourbon, que la nature femble avoir jeties -
F1ntre de la mer des Indes, pour en fair fen-
trepbt des quatre parties globe, alors thon
pavilorin dbminera feul les mers d'Aie; & fa
fiprematie fera d'aitant plus durable; que la France,
n'ayant plus de colonies, n'aura plus de marine
uilitaire*.
Le gonvernement Anglais a mieux fait encore ;
le premier ii a plante les denrees des Antilles
fur la cbte d'Afrique. Lh, 11 trouve, come dans
'Inde, un fol fertile & Aes cultivateurs indigenes,
que le dogme & la loi plient' an joug de .efcla-
vage.
En devaftant les Antilles franiaifes, 1Angle-
terre aneantit la marine militaire de la France:
bientbt les mines 6lmens revohmtionnaires fe d&l
E'3






( 70 )
velopperont dans tout 'Arohipcl de 'Amrique :
bient6t le Perou, le Mexique & le reftl du conti-
nent americamn, qui, dala fouffrent impiatemment
le joug de 1Europ e,fe cttezont dans Ie tourbillon
revolutionnaire. L'Anglecerre protcgera cette In-
tirre&ion; &, rich de tant d'evtnemens elle
fera fiule le commerce do monde. Ses poffeffions
de IAfrique & de IAfie ne fournront peut-etre pas
autant de fucre, de cafe, d'indigo qu'en confomme
aujourd'hui FEurope; mais qu'importe rAnlgk-
terre, qu vendra ces denrees'en raifon de leur rare-
t6, comtme faioient autrefois les Hollandais de leurs
4piceries. Enfin, 'Angleteire fera la fiule puir-
fance maritime; & diminuant le nombre de fes
vaiffeaux en raifon de la ruine de la marine mi-
litaire des autres puiffances de 'Europe, ele pro-
tegera, t pen de frais, fes colonies, jufqu' ce que
1'Amerique du nord s'eleve fir fes pas.
Ce feroit une grande erreur de croire que f1An-
gleterre s'emparera des colonies frangaiaes, au
moins de celle de Saint-Domingue, oit pour en
fire fa chofe, foit pour les donner au ci-devant
princes emigres, foit cnfin pour le,. ceder h quel-
qu'ane des puiffane dn Nord coalifees avec elle.
De toutes les colonies frangaifCs, les es de
France & de Bourbon front peut-'tre les feules
don't TlAngleterre. poulrra fe fire une propridte :
eles lui font neceffires pour faciliter fes relations
dans les mers d'Afie. Mais elle ne fauroit retenir
les Antilles franeaifes; car alors toutes les puif-
fances de 'Europe redouteroient fon defpotifme
commercial, Comme aufii PAngleterre fait trop
bien apprcier la parties franaife de Saint-Domin-






ft)
gue pour en laifer la propritd, k toute autre pni"
france; ar cette colonie dolt, en raifon de f--
richeffe & de linduftrieufe afivit6 de fes ha-
bitans dclipfer toutes les autres colonies du
monde.
II eft cependant a prkfumer que l'Angleterre a
pris, avec les puifflances coalifWes, des engage-
mens contraires; il ft poflible que raifonnant
4ans Ihypothefe da retabliffement da trone en
France, elle lui ait garanti la propritr6 des An.
tiles fransaifes. 11 eft poflible que, raifonnant dans
une hypothife contraire, elle en ait promise lA gah
rantie i quelqu'une des puiffances du Nord: en
effect, la Ruflie doit voir, d'un oeil avide l1s
riches poflefiions dti nonveau Monde. Mais fi
rAngleterre tient fes engagement's, ce me ferai
qu'apris avoir dechire Ces contries par les mains
de leuts propres habitans ; &, certes, elle n'a
4'autse but dan les mefures qu'elle prend k leu
4gard, lors mktne qu'elle femble le. plus favorifer
lariftocratie & les contre revolutionnaires. Si
elle arme pour replacer a la Martinique, h la
Guadeloupe I'ctendard du defpotilfne fi elle y
porte des emigres Franqais) ft la Jama'ique iet
devenue l'entrep6t de tous les mecontens & des
migres qui s'y rAuniffent pour fe potter en maffe
a Saint-Domingue, pendant que Santonax & Pol-:
verel en agitent les habitans, pour faciliter leur
expedition, c'eft qu'elle fait h quel point ces homniie
aigris, exaCperdslpar le malheur &leur hane contre
les patriots porreront la vengeatnce; ellefait
combien les patriots rduits au dtfef'poir, appor-.
teront de la refiftance; c'eft qu'elle faith enfin que






(72m)
dahs cette lutte 'un & I'autre pari s'eioueront
de leurs n'gres, & s enreveliront fous les ruines de
leur pays: alors, tls homes libres difparoltront
des Antilles; les enclaves feuls y vegnteront diviis
en aurait de hordes qu'l ya de nation diveres,
jufqu' ce que la plus forte ait extermine les autres
L'Angleterre enfin ne veut pas conque*ir, elle
yeut dCtruire.,
,Tel eft ndceffairement le vafle plan d'un mni.
niftre a grand caradere, don't les conceptionshar-
dies, enmbraffant audacieufement tous les climats &
tous its iges, viendront, apris avoir ebranie le
iponde, fe brier deva nt la confitution de la
rance.
Quels font les agents de ceite trame politiquet
Ut inporte, fans doute, autant de les -connottre,
comme it eft difficile de es atteindre; s'ils laif-
fent par-tout des traces de lears crimes, ls: en
ecartenr fiigneduement les preuves; & fi dc re
guards perans les penetrent a travers le voile pa-
trioutque qui les covre, d'autres, moinsdairvoyans
o preoccupes, ne pouvant percer envelopep,
tombent a leurs pieds$ penetrts de refpe&, parce
qu'ils ne peuvent crolre que le time puiffe ainfi
v4tir le cofiumet de la vertu.
SCeft ainfi que Briffot, cc monfre social, qui prti
paroit la chite du trne, en jurant la conflittion,
eomme ilprdparoit le retour du defpotiirne en votant
lalibett6, qui toujours en oppofitioh ila volonte
-gncrale, nie vouloit que Panarchie & la diffo-
iution de la France, en prcchant le refpeft pour
les loix & 'unite & rindivifibilit de la republique,
en impofoit encore h plutieurs ; & ceux qui
voyoient en lui laiafain de la patrie, pouvoiept









blen ir.diquer le crime, mais ne pouvoient faifir
le poignard dans fes mains liberticides.
C'ef ainfi que Brflbt, prdchant tour a tour la
fouverainete des colonies, ( n6. 1zLe Cinu icmre
time ire de fa gate n 1790.) & leur afer-
viffement la France, provoquoit chez les co-
Ions le fyfteme d'independance. C'ei ainfi qu'au
nom de la liberty & de tegalite, outrageant les
corps populaires des colonies, il donnoit la palin
civique aux contre- revolutionnaires, qui part.
geoient avec lui les depouilles des citoyens chafs.
de leurs, habitations ( ) devaffees, s'ils ntoient
deftinms 'A repattre de leur fupplice, les hordes
firoces armees pour ruiner ces countries ( z,)
Ceperidant BriffIr nefefibiloit &re quel'cho fidelle
de la philofophte S" d la raifon.
:Cetl ainfi que, Ie ictoyen Raymond qui tit
fournifit, dit-il, des note q ne it pas
aujourd'hbi qu'til fut fon anm Ie plus inmtme, s'i
ne fut fon complice, abufant des grades haifons
que lui-ont donned fes rapports, avec e i mniftr
Laluzerne, & foin influence flr les homess fe
touleur des colonies', auxquels il envoyok le pgle
nipotintiire MAHON muni d'al i rudlionicret
S'. ' ' ,
( ) La ettre du citoyen Raymond attefte que
Brirfot i'toait pas stranger aux fpeulations de ce
citoyen.
(2, ) Les archives de la cotimiflion de Sint-Do.b
minigue font fournies de preuves non 4quivoques de
toutes ces atrocit s: Bientmt le citoyen Page -n pti
blier I1analyfe.







(74 )
ter abrfant de la popularity don't rent invefi touis
eS gazeters du defpotifme ou6 de I anarchie -
lares, fans doute, -des 7,398,0ooo demandces a i
Saint-Domingue,pour temoigner fa reconnoifance
A& MI Brif~ot i, hion, Gregotre & Cla iere,
(ces homes rates en tales & en vertu.} ft'l
helfaut pas oublicr......; car on ne fait rien en
France avec rioe; abufant d'une table oh ,fans
aflther cl laze it faut 'donn:r diner bien
d:s perfinn:s, joit de celles qui peuvent icrire ,
fait dc cells don't 1 opinion peut influer fir Ie
giniral : car tout cda efi necefaire, en a long-
temps impofi la fociei, aux minifres, a la
convention national.
Raymond, a f'attitude qu'il aprife nepert etre
tj un confpirateu r atroce, *silt n'ei un excellent ci-
toyen. Mais s'il eft bon itoyen, pourqtuoi, e 4 mai
1791 at-i demand auxhommes de couleur deSaint-
Domingue 7,98,00o0 liv. ?Pourquoi a-t.i indiqu6
po'r ifn wcaiffier, 'e general Blanchelande, que
opinion publique denonqoit mtem alors come
Um contre-rivolutipnnaite, & don't i1 ne pouvolt
inconnottre te; difpofitions; car, alors i i tit
4ans de grands rapports avec Laluaerne; & Blan-
chelarde etoit l'homme de Laluzerne.
Pourqt"ar, le x6 juin 1791, iditcourant avec
le miniftre de la juftice & un membre de faffem-
hlee conlhitutante, a-t-i dit quii pouvoit, d'un mot,
aneantir Saint-Domingue & toues les colonies par
la rtvolte des efclaves ?
Comment fe fait-il que, deux mois aprts, les
efclaves foient en revolte ?
Comment fe fait-il que cette revolte foit pro.







(7s)
voquee par les homes de couleur ? Par ces hommes
auxquels i eci voit cinq mois avant cet affreux
evcnenmnt: o ?e vous avois announce, par mes
Sdernieres d pches, que vous auriez recu, par
a uneve yoe S re, tout ce qu'il vous doit impor,-
a tant de favor relatvement a nos affairs. J'e
vous tiens parole aujourd'hmi; faife leiel que
- vous teniez les veotres de nme, & que je
' trouve en yous, mes frires, des hommes auli
o z6les que moi, & prtts a fire les sacrifices n'o
ceflaires.
0 Vaus nmavez demanded de vous envoyer quel-
qu'un de confiance; je lai trouv, cet homme,
, qui va nous devenir fiutile, mais. i a fallut lin
), tereffer.,,... II aura de moi des infiruaions
, partculieres, pour la march qtil aura a te-
a nir, tant pour lobjet de fa pacotille que pour
,* o, l rlos n a S*.. ..- .t ., p our
, .nos affairs. /
Comment fe fait -l que ces homes fe d-
voltent & revoltent les fclaves apres avoir recu
cet home de confiance,, cette pacotille & ces
infltru&ons fecrettes?
II eft vrai que pliys lon Rtaymond leur ecit:
a Ici, je dois vous repeter ce que toutesmesJettres
contenoient, toujours la tranquidte; point d'li
STfurreation. Ne croiroit-on, pas voir le general
de larmee chritienne commananant I'obeifance
aux exhortations de monjeigneur. lrvque d'Agra?
Et de peur que fes chers compatriots ne donnent
a ces recommnan'atins une acception vraiment
pacifique, le citoyen Raymond les renvoie Blan
chelande, a M. Mahon, k fes inflruaions fe.
crettes, & lear. dit avec sentiment: Vous vous








& dfendriez bien mieux par vos Aions que par
ma foible plume..... Cette lettre, ajoute-t-il,
I fera vraifemblablement priecede par une atre
demoi, que MM. lescommiffaires, nommrspour
Saller dans les colonies pour tetablir la paix,
6 m'ont demanded de vous icrire, avec promeffe
Sde vous le faire remettre par la voie ii gtn'ral.
Ce fera une circilaire tendatee continue
1 si vous montrer amis de rordre, de la tranquil.
SIitr & du pattriotilme.,,
Quiels etoient ces commiffaires? Ceux de la
Martriique? Mais is ,n ont ceflT d'agiter les An-
, tiles di Vent qu'apres y avoir plante itendard de
la contre-revoluton.
Seroient-ce ceux envoy s a Saint-Domngue ?.
'Mais fun d entire eux, Mirebeck, n'a detournie
l'attemion publique de fir fa t'te, que par le
.mnpris que lui a merite fa& vie luxurieufed & fes
deux coliegues, Roume & Saint-Legr, attendent,
au fonds d'n cachot, chitiment de leurs trahi-
fons. Et dfinitivemenrt, c'efR Blaibhelande, cet
home atroce, qui, pendant trois ans, a combine
& loper par Iui-mmeme, la divafation de la plus
belle contree du mondie t& e mdnrtre de fks habiT
tans : ceft Blanchelande qui devient le cen.re
des fpdcuIations mercantilles & polhiuesu de
.aymond.
SSi Raymond toit Iun loyal citoyen, auroit-il,
comme it n'a ceffi de le fair, empli routes les
gazettes de diatribes centre les colons blanco Y
iatroittl fair infirer des pretendus lettres de fon
complice Pinchina, qui, par fon infolence & fes
imputationscalomnieu'es ne pouvoit quaulerer les






(77)
hlommes les plus patients. Certes les homes 4e
couleur etolent mal-h-propos ecartcs du f ftelme
politique mrais uls ne letoient pas par les blancs ;
lls 1'etoient par les abus de fancien regime & par
les loix de iafremblee conflituante comnie le ci-
toyen Page le prouvera par le developpement des
caufesd defailres des colonies. Si Raymond etit
eted n homme de paix, il auroit Ccarte tous ces
germes de difcorde & de haine; & fi le citoyen
Page et parole en ce moment, ce n'eft que pour
demafquer deux hbommes Cegalement dangereux, ega-
lement malveillans, Raymond & Pinchina; ce
n'eft que pour prmunir la focidtd centre les in.
trigues de ces deux agitateurs alimentes, l'un &
1autre, des malheurs de Saint-Domingue.
Enfin fi le citoyen Raiymond ne tenoit a un grand
fyfti.me, comment fe feroit-il que prefque routes
les gazettes rapportent les lettres qu'il dit tenir
de Sant-Domingue, & qu'aucune de ces m6mqs
gazettes ne veuille recevoir les reponfes qu'ont
, voulu y fire les commifires de Saint Do-
wmigue ?
Si Raymond itoit un bon citoyen, fe feroit-il
coalif6 avec Camboulas, &c. pour fauver Canbe-
fort, Touzard & les autres contre-rivolutionnaires
de Saint-Domingue, pour retenir en France les
deportes patriots ?
Si Raymond etoit un bou citoyen, auroit-il
ridige, fbllicite, provoqu6 le dicret contre-rivolua
tionnaire du 5 mars?
Si Raymond n'toit agent ou le complex
d'hommes accredits, a cette 6poque, auroit-il
.ol fe prflenter a la barre de la convention ,







pour routenir le dicret du mars, & calomnler
ceux qui en demandoient un examen
Si Raymond Ctoit un bon citoyen, prifente-
roit-il Santhonax & Polverel ces deforgaifateurs,
ces vampires de Saint-Domingue, come de bons
patriots
Si Raymond toit un bon citoyen, vaincu par
la force de la vrite en prefence du commit de
marine, auroit-il dit, au citoyen Camboulas, que
e comitd avoit beau fire, qu'il fauroit le paralifer
4 ditruire fon ouvrage?
Si Raymond toit un bon & loyal citoyen, auroit-
iH refuf& de venir, le 7 mars, deliberer avec les
autres colons fur le decret du t mars, comme
I'en avoient pride les citoyens Page & Brulley ?
Le citoyen Raymond a tout tent6 pour perdre
Saint-Domingue, & la vente qu'il a faite de
tous fes biens dans les colonies avant la revolu-
tion, n'eft pas une indication de fon innocence
fur les incendies les pillages, les meurtres qui
sy font commis & s'y commettent encore. C'eft
ainfi que Lafayette apoftoloit' la philofophie des
amnis des noirs apres avoir\vendu les negres qu'il
avoit k Caienne*^
Le citoyen Raymond na aucun int6rt dire&
& la conservation des colonies. 11 doit tout a lears
malheurs. Les agitations de ces contrdes lui ont
feules donned de 'influence dans le fyft me focial
& politique de la France. Ceft par les colonies
qu'il eft devenu de quelque importance pour le gou- ;
vernement : car lui ou Briffot, ce qui eft m&me
chofe,' ont nomnim tous les fon&ionnaires publics
tnvoyes dans ces contrecs. C'eft lui ou Briffot qui :







(79)
a porter & foutenu Monge au minitfiie C'ft
luo on Briffot qui a port & foutenn Adet dans
les bureaux de la marine. Le temps n'elt pas loin oa
lon aura le developpementde cet honnete fous-mi-
niftre; c ell, enfin par les colonies que Raymond
habite un palais, & qu'l a vingt-cinq COL Lris k
a, qu a i ngt-q c t. t
donner J aex qYi pewant icrire, parker 'u don't
Opinion a de Iinfluence Jur Ie genrat.j
Aufi icrvor-il 'a fes frcres 'a la mrme 6poque:
voila done vote fort en bones mains : ce
, n'e! qu'en France que vous pouvez obenir juf-
Stice & on eft difpofi A vous la rendre; mais,
A mes chers compatriates, ne vous endormez pligs
, fur mres avis. *.. C'el donc dans cette letf:e
perfide que les hommes de couleur & negres lib es
puifoient cette rififtance criminelle qu'ils ont
toujours portte aux arretis de ''affemble coblo
niale, trop long-temps calomniee parices atat-
chiftes que falarioient les ennemis de la France,
pour divafter les colonies ? Raymond avoit pref-
fenti que s'il ne fixoit I'oeil des homes de
couleur fur la France exclufivement aux colonies-
que s'il re leur infpiroit pour leurs peres & leurs
patrons une horreur profonde, il ne pourroit les
preffurer, & peut-4tre diriger 'a fon gr la torched
&le poignard dontil armoire leurs mains parriides.
S . C'eft dans cette lettre, peut- are que
fon cmnplice Pinchina avoit puife ces blafphNmct
qu'il profera tant de fois, ces blafph~mes qui font
fi fouvent attellts dans les archives de la commirf.
fion de Saint-Domingue, & qu'on retrouve fir-
tout dans cette lettre qu'il adreflbit k fes complices
de Saint Marc : ~ Ramaffons. nos forces pour








0 exterminer cetft aflfembice coloniale, cepolype
, qui nous defseche, E vous verrez ren::trce les
a beaux jours de ptofrTeir-, h-!as troprap'dement
S Ucouks. .. "Tel toit le language fanatique
de cet home que Briiobt- & les liens eulent
afleoir a cobt de Franklin, pour ne pas marcher
eux-mrnes a 1echafaud Les regards de cet
homme atroce fe tournent avec comp laifance vers
les temps que fouilloient le.defpotifme & la tyran-
nie, Ehi! voila cependant les homnies de la rivO-
lution! . .. Cet home, ce mulatre imptie ,
en fignant cette lettre, avoit a fes cotes, & potr
complice, un des plus atroces contre-rLvolution-
naire de Saint-Domingue, un .Decoigne qui, le
g decembre z 79 i, ccrivoit a in once Lopinot,
commandant pour le roi dans la province du Sud :
a Les brigands blancs (les patriots ) blt les plus
, a craindre: laiiffe- tes done ditrurre par les
, mulitres, fi vous ne youlez Lis d&trmire vous-
m m ,nes; apres, avec ceux-ci, vous rangere dles
- negres. revoltes; vous rtablirez les lix peu-a-
0 peu, & vous ferez a mrme de rpprimer ceux d es
e gens de couleur qui font coupables... Et
cepeodant ce memem home ctoit coalife avec les
homes de couleur, c'eft-a-dire, avec Raymond,
avec Pinchina, avec Savary; car les autres, vic-
times de leur ignorance profonde n'etoient que
des inftrumens aveugles qui leur portoient tne
paflive ob6iflance, parce qu'ayant avec es intri-
ganis une commune origine, ils ne pouvoient leur
Tuppofer des interets difrens.
Le gouvernement d'Angleterre vouloit duforga-
arfer ruiner l Fance. Briffbt, par fes 'cris
&








& fes intrigues; Raymond, par fes rapports &
fon influence avec les colonies, ont rempli ce
double but, en voilant leur fcel'rateffe des attri-
buts de la philofophie. Cependaht, la ruine de la
France, P aneantiffenieet de Saint- Domingue,
etoient, aux yeux de Pitt, le prix de fes gainees
& quelques decrets, que cesvdeux fa&fieux ont eux-
memes voula paralyfer le ; mars, 6tolent, aus
yeux de leurs freres cgares le prix des tr6fors
pill's fur les habitations de Saint-Domingue.
Etfil'on pouvoit encore douter de cette coalition
& de fes deatatreux effects, qu'on juge Brifot par lhi-
mrme*: fon rapport du I i anvier comite diplomatique, & un fragment de fa lettre
a fes commettans, donneront la mefure de fot
influence dans les evenemens des colonies. t Eh I
' quelle fuperbe carrier souvroit devant nous ,
, dit-il; aux Indes occidentales, les colonies ana.
, gloifes qu'il tdoit fi facile de bouleverfer, feule-
Smert en achevant de purifier le regime des
, notres (moyen qui nft rmeme pas comprise ,.)
Qel eft done ce problin:e de dvafation que
Brifllbteul peut r.fondre ? Quel peut tre f'ageht def-
trueieur qu emploieroit ce ginie malfaifant ? Qu'eft
ce que Briffor apple la purification du regime
de nos colonies ? Briffot tient feul, dit-il, dans
fes mains, le moyen de bouleverfer les colonies
angloifes; it eft donc feul coupable du boulever-
fementdes n6tres? En effect, fon nom fat toujours
placed, pat les rvolt6s h c6te de celui du roil
fes ecrits etoient lear manifelte,
Telles font les rflexions que la difcuffion dti
decret du mars a developpies dans I'efpfide
F










citoyen Page, qui les confine en temoignage de
I'opinion qu'il porte de Ray mond, r la tkte duquel
t1 promene le flambeau de la vprit#, pour garantir
de lfu la fuci t & les iommes de couleur eux-memes,
qui, ecrangers aces tranis, fil iroient ncclairement
par 6tre ies vi&imes. Le citoyen Page jure a ceux-ci
amitie, concorde & fraternity, comnne it jure au
citoyen Raymond de le pourthivre ju!ilu' c qu'il le
voye marcher avec loyaute, en mniie-temps qu'il
lui fat le defi d'articuler contre lui aucun fdit, foit
qu'il le confidere come homime prive, foit qu'il
le confidere come homme public.
Lorfque la difcuflion fur le dicret du 4 mars
a et ferm-e le ci oyen Dalbarade, miniitre
de la marine, invite p.r les deux comites de fire
un rapport tfur t'tat aduel des colonies, & fur
les cauflesde lcurs difiitres, a dit qu'tant, depuis
pea de temps, charge de ce miniflere, il n'avoit
pu acqurir, ftur cette portion de fon adminiitra-
tion des nations afl~Lz exaeCs, pour pouvoir en
donner par Ii-mmne des dutrils atisfailfans; mais
it a prieente, pourremplir cette tache, fon joint
an d6partement des colonies (le citoyen Adet).
Ce citoyen a dit que ne potvant parler fciem-
ment que de pas aux epoques anterieurcs a fon arrive a Saint-
Domminge. En effect, il s'eft circonfcrit dans la
narration des Cvcneimns domnt il a et le temoin. II
a dit.qu'une.diflertation plus approfondie deman-
deroir des recherchcs qu'il n'a pa. u aile temps de
fire dans un auffi court delai qiue celui qui lul avolt
4 tieonn, par les comites runis. Cependant, il a
rit, avec pricifion & clarte, le tableau de Saintv





(83 )
Domingue. II a fix attention des comites tour
a-tour thr chacune des colonies, q.'il a prefentees
fobs leur vrai point de vue.
Le citoyen Raymond a trouve la force des
malheurs des colonies dans le preijug des colons
blancs, dans leur orgueil, dans loppreflon des
hommes de couleur; ii a mis en tcmoignage la
ditance- a laquelle les colons blancs tenoient let
hommes de coulear fous 'ancien regime les
difficulties que ces derniers ont eprouvees pour ob.
tenir, de 'affemblee conflituante, I'a&ivite & '&.
galite politique les corvees pinibles &humiliantes
auxquelles les homines de couleur etoient affujettis.
Paffant rapidenent lur tous les evenemens qut
atroient ndcefairement donned une mauvaife teinte
z foif tableau, il n'a parl6 que de IPalafSinat
commis iur la perfonne du findchal du Petit-
Goave, & fur 'incurfion faite fur 'habitation
d'Abadie,
11 a fait Piloge dti civinme & des talens de
Saithonax & Polverel; mais ii n'a difcute aucunt
de leurs afes.
11 a peint les colons blancs en general, & ceux
de la ville du Cap en paticulier, comme enne-
mis de la loi du 4 avril: it a exalted le civiffme
des lhommes 'de coultur & leur attachenaent h la
revolution.
Pluhfiers colons, notamment les citoyens DtMt
gcmier, Littey Tonneins, Pomme & &gon ,
ont parle fur cette qui.ltion, que chacun d'&ux a
traitde fIus des rapports relatifs a toutes les
colonies, on fous des rapports relatifs a chacvnt
d'ellks.
Fz







(8)
Le citoyen Page a demontre que la claflifica
tion dcs habitans des colonies n'etoit pas le rE-
filltat de 'orguell des blancs: mais bien celui dut
machiavelifme du government; en etiet les colons
blancs, eux-memes, n avoient Iexercice d'aucun
drcit politique ; & s'ils s'affembloient quelque fois,
c'etoit feulment pour delibrer fir adiniiftration
de la fabrique de reglile paroilfale. Les colons
blancs n'ont done pu clafifier l,,s homes de
couleur, & les rtjeter du fytfme politique, puif-
qu'eax-memes en etoient exclus.
La lg inflation dun pays doic ncceflairemet i
influer fur 'opinion des homes qui 'hiabitent:
aufli rien n'eft moins ctonnanrt que de voir les
colons blancs tenir plus ou moins a claflification
des homes de couleur, que la ioi confacro:it
xien de mains atbnnant que de voir les colons
blancs carter de leur familiarity les homes de
couleur, que la loi clle-meme dcartoit de la focidtde
(i) Mais il eft une veritC incontellable; c'eft que
du moment que la loi du 4 avril .79 qui etablit
r'galiti politique entire les homes de couleur
& les blancs, a 6te connue k Saint- Domingue,
elle y a 6t6 accepted & exkcutee avec loyaute; &
fi les homes de couleur -prouverent autrefois
que!qucs diffcultes aupres de I'afremblte confti-
tuante, dans la demand qu'ils lui faifoient de
leurs droits politiques, is doivent moins accufer

(i) Une ordonnauce du roi, a la date du o juin
1705 veut que les hotmmes de couleur qui reoeleront
des enclaves fugitifs, foient vendus, eu & leur famille
au profit dat fifc .;


\ i








les colons blancs, que le miniftre la Luzerne, &
quelques homes de I'ancien regime, propricairtes
dans les colonies, mals devoues aux infrigues de ce
minilfre, qti, par le move de Barnave & des
S Lameth, bouleveroibt les colonies.
Le citoyen Page avoit embraffl le developpe-
ment des cautfs des dlailtres des colonies en gt!
neral, & de Saint-Domngue en particulier; mais
le tmps employee al:x difCillions anterieures ne
lui a pas oermis d'en parcourir toutes les piriodes:
les deux comites reunis Font invite a le fournir par
ecrit.
En conflquence le miniftre de la marine, le
citoyen Raymond & le citoyen Page out &tC invites
B ridiger chacun un mnimoire inftrudif, & a pre-
fenter un plan on project de decret.
Le citoyen Page a tout promise except Ie
plan demanded. I1 laiffe au citoyen Raymond le
fain de prefenter un amendment ou n fipplcmenzt
4 i fon avorton du 5 mars, pour jeter dans les co-
lonies un nouveau brandon de difcorde, & s'y
conferver fon influence & les mayens d'avoir, AV
MOINS, une voitutre un bel hdtel & de po-
voir donner a diner atxperfoi;nmes ui vent crre ,,
parler agir.
11 laifle aux hommes qui tonjours enfLrmes
dans le cercle etroit de 1'ancien tj4inmie politique
s'dpouvantent des conceptIons fimples mnais har-
dies de Phomme a caratlere, le foin de pr fen-
ter de ces derni-mefiurs qui nont jamais tlrvi
que les traltres & les anarchiftes.
II laifle a ceux que des circonflances ont place
dans la fphere politique mais qui, trop foibles
F 3





(86)
pour ne voir que la chofe publique, confiitent
lear interest particulier, la pear on quelques intri-
gues fecrettes, la honte de ficrifier lur pays.
Le citoyen Page croit q'ie la convention natio-
nale de France, ne pent ouvrir le code des colo-
nies, fans e prononcer la dilution car elle
a vote la liberty de Ihomrne: elle ne pent tran-
figer avec fes principles; & la pblitique, mmee la
philofophie, peuc-ere la juflice, imi defendant de
toucher au fyfltme social de ces contrees que le
temps feul pent modifier (t).
Toutes les loix dnifes pour les colonies, por-
tent avec elles un germe de deftnilrion. II n'en
eft aucune qui n'ait fourni aux ennemis de la
chofe publique, mille moyens d'anarchie ou d'op-
preffion. Toutes font egalement atteintes de ce
vice radial: ignorance des localities. Leur am-
biguite, lear incoherence, les ont rendues 6gale-
nment funeftes. Celle dn cinq mars la dernire do
toutes auroit td la plus ddlfatrueuf, fi Ite com-
tniffaires de Saint-Domingue n'en av-i rant arrete

(t} t Je fens, diolit Rouffeau atu PoluaiAs la
i difficult du Projet d'affsanchir vos eflaves : ce que
s) je crains n eft pas fule ilenlt I'intIl-c mal entiitu,
3 Iatniour-propre & les prdi;~us de imittres. C:-t obf*
a tackle vaincu, je craindrois les viceS & l lachete des
Sfeifs. La liberty eft un aliment de bon fuc, mais de
' forte digeffion; il faut des efiomacs bicn fains pour
Sla fuppurter. Je ris de ces ptlups aviis qui fJ
Stlaifftrt amcuer par des ligueurs oqfnt parlor de
a la libcrtd fijhs meme en avoir P'idt,; &S le jeur
SplA.in tolS as Vsices dt l' telarv' s imaghlent
l Je pour 'te libres, il fufit d' tre des mutins n,






( 87 )
Iexcution; fi por y rJuffir, ils n'avoient employee
tous les moy.ts que leur indiquoient leur civiline
& leur devoueit-,lt A la colonies. CepLndant cette
loi Ctoat le reifitat de quatre annees d'vxperience,
de rdflexions & de nmallhctirs. Ctte loi ctoit le
fruit de tres-profon es meditations, de trbs-longues
differtations, foit da:s les fociites pa"rticulires,
foit au coMtit e de cdsnte general ; & tell etoit
l'opinion que la conve~tilun portoit de cette loi;
que plufieurs membres du conited dL marine trai-
terent les commifaires de Saint-Domingue, qui
en demandoient le rapport avec une defdveur,
qui ne ceffa que lorfque la dilcuflion eft eclaire
leur religion : alors, ctpendant, ils firent des pre-
miers h la fire rejeter.
Mais pourquoi, dira-t-on peut-etre, les colo-
nies n'ont-elks pas envoy leurs deputies, qui,
ddliberant au fein de la convention national,
y auroient porter les connoilrances locales, necef-
faires a leur lgiflation ? Behague ne I'a pas per-
mis aux Antilles du Vent; Sonthonax Polverel
& Delpech ne Iont pas permis k Saint-Do-
mingue.
Mais les deputies des colonies, delibereroient
au 'fein de la convention national qu'ils ne
pourroient y etre toujours entendus pace que
le mot efclave eft un blafph me qu'elle ne peut
confacrer : & cependant, lors mmne que fon ap-
plication ne feroit pas effentielle l'edilience des
colonies, encore efl-il vrai qqe la libertC feroit pour
les homes non libres, un present funefle a eux-
m~mes : parce que Pafricain juflqi' ce q'il era
police par le temps & fa co-habitation avec fks
F 4







( 88 )
saitres ne faura qu'ob6ir en eflave on etm-
*aander en tyran.
Les elemens politiques qui conflituent la repu.
blique franaiie & ceux qui conflituent les color
raies, font trop diffemblables, pour que la con-
vention national puife organizer le gouverne-
ment de 'un & de fautre pays; elle ne doit,
au contraire, confiderer les colonies que focus les
rapports de leur commerce avec la France; &
loin de les trairer comme une ferme que I'ufufrui-
tier abandonne apres .avoir preflknee autant qu' l
eft polfible (t); elle doiten fair, pour la France,
une force intatiffable de profperite.
Enfin, le citoyen Page croit que nul ne pent
Imettre le voeu des colons, que les colons eux-
mrmes; & fii la convention national a la puif-
fance, elle n'a pas le droit d'enchainer leur vo-
lon t
Les colons n'ont encore connu la revolution
que par les fureurs du gouvernement minifteriel,
qui, armant l'ignorance & Ie fanatifine, dechira
& dechire encore ces contr'es, come Parifto-
cratie dchire aujourd'hui la Vendee.
Les colons ne font pas reprifentls au fein de
la convention ; is ne le ifnt pas par le fait des
aens de la r;publique; & par fuite de ce prin-
cape eternel, qui veut que nul ne doive obeifance
I une loi qu'il n a pas fate ou librement confen-
tie par lui on fes reprdlentans la convention no
Yi T---- ----- l- d rn P
(t) Te!te etoit 'opinion du marchand Paul Peracs
4Pt.ti Vpr Bordeau 'a IfaTfewblee conftituante







( 89)
peut & ne doit fire autre chorfe, qIe mettre le
coorts en mefure d'cxprimer leur veu. Ell ne
peut, elle ne doit exercer qu'ur.e autorit pater-
nelle: elle doit confiderer les colons conimn mn
people de fi-eres & d'amis n mais, en meme-t-tetps
elle peut, & fon interht Ini c9mmande de pro-
teger leurs premiers pas dans la carnire poiitique
qui s'ouvre devant eux ; fur-tut elle doit ks
delivrer de ces proconf!is qui, au norm fici de
la r6publique ont portn dans leur fein la terrear
& 1'effroi car ces traltres ces fot & de Raimond, ne bfnt paffCl dans les colo-
nies, que. pour s'y enrichir & faire abhorrer le
nom franqais fi la chofe itoit poffible; que
pour y porter I'anarchie s'y trahiflfnt b leur
tour & Pitt & Briibt & tons les anarehit2es
de la France, ils n'ont concu Ie project d'y rigner,
come l'atteftent des pieces dipofees aux archives
d's commiffaires de Saint-Domiigue. Cependalnt
fi le fol des Antilles du VTent & des colonies de
l'Afie, de FAfrique & du Continent anmricain,
fut achet6 ou conquis par les trdfors on les armes
de la France, celui de Saint- Domingue le fut
par une afbociation d'hommes venus de toutes les
parties de l'europe,.pour chercher fous les tro-
piques une liberty qu'ils n'ont jamais alidnee; car
Louis XIV lui-mmne les protegea, mais ne les
affervit jamais.
Les Phoceens, en refpe&ant la liberty de Mar-
feille, les Ph6niciens, en refpedant celle de Ca-
dix & Carthage connoifloient tout astfi bien
que nous, les interets de leur commerce.; &e ce-
pendant jamais, leurs colonies ne furent confide-






( 9o )
rees que come un people d'amis. En eft, fi la
France voit les colonies focus les ralports de fon
commerce, die doit s'interdfrer a lear profperit ,
parce que la fomme de fes Cchanges fera toujours
en ralfon de leur Fopulation & de letrs richeflTe;
& les colonies front d'autant pIus po1rtleual,
d'autant plus riches qn le I ov,.,vern;iment fcra i
plus adapted a' lears localitt-s & 'a lear climate. De
ce principle ddcoule nicrtlaireinmnt le bboin de
laifrTr aux colons la fcultcit de composer lur i
yircme pulitique; car ina ne pent nieux qu'eutx-
mnemes, uger de cc qui leur convientt.
AL., la France peut conciIeir 'int'rit de
fon comnire ies psncipes & les droits des
colon "e i
xo. En lafltint les colonies jouir du droit de
comnpofer Icur gouve-rrcmnt; t
20. En faifant avec elles un cachane de 1 a
protedion () centre i'exercice dun commerce

(2) Lit France v u!fit-elle reconnoitre la if "' inet
& 1inidepqeniance des col:nlies ne p-ut leur refufcr fa
proteAlon. Vo>tiJroit-el. liver a touted les fureur' des
contre- r6volut;lInn.ir, ceux des colors qui ie f nt
imonIr(s s fs ami-: & ls pi.rtIil,,i:t dc fa revoluti.u i ? La
Fraice voudroit-elle Ihur livire dt s colont qui tom. |
bes dansl'abime de la fiw re irokint encore pailibles
& furtunes, s'ils avoiAet voulu computer avec le def.
potifne ?
Tels front cependant les rtfultats du trait que le
confilil excutlif., dans le temps ohu Briflot Claviere,
Lebrun & Monge, cette torfilu! funefle a la France,
& plus funefte aux colonies, en dirigeoient les mouve-
mens ( le 4 janvier 1793) a charge Gnevl de fire








( st )
excl1tf pour toute marchandife de luxe; car il
ftroit odi4ix de fubordonner a ce ptvilge, cells
de nccefiitc premiere;

avec les Etats Unis d'AmCrique. Cet agent de la repu-
blique eft charge& de leur offrir la franchise du cur-
merce avec les colonies frantiifes qu'ils prendront fous
leur proteeioni & leur garaine.
-Le confeil exe:utif n'avoit-i4 pas lule traits d'ami-
tie & de commerce, fait le 6 janvier 1778, avec les
Etats-Unis d'Amerique ? N'avoit-il par lu fur tout
Particle XXX de ce trait ?
Le confeiI executif n'avoit-il pas lu le traits d'al-
liance faut, avec les Etats-Unis d'Amnrique, le m6me
jour ? Ne favoit-il pas que, par article XI de ce trait,
cette republique & la France fe garaptiffoient refac-
trieme:nt leurs poffeilions, nominativement les colonies?
Que vumloit done le cotfeil executif ? Arracher pour
janumai le colonies a la France, & les vendre a Pitt,
en les livrant i la prote&ion immediate d'une puif-
fance qui nda pour toute marine militaire, que quel-
que batiment lkger, pour protcger l'embouchure de fes
rivieres.
'Que vouloit le confeil executif ?5 Fournir au gouver.
nement d'Angleterre le pr6texte d'attaquer les Etats-
Unis don't il medite 1'afferviffement. Si les Etats-Unis
n'y prennent garde, ils pourront bien avoir un pre-
fident hierditaire. Deja les provinces du midi qui voyent
le term de leur prolperite dans la prohibition de la
traite, que la constitution de'rte6e en mai 1787 no
tolere que judqu'en 1808, menacent cette republique
d'un dechirement prochain. Les autres provinces en-
train^ees dans ce tourbillon revolutionaire, fuccomberolent
alors dans cette lutte defaffreufe, fi le gouvernement
d'Aagleterre ngrffoit.par le Canada. Quye Angleterre,
elle-mee y prenne garde : Deux fils de Georg;









(9 ) i
3. En itabliffant an profit des colonies, &
contradidoircment avec elles, un impot fur leurs
changes avec les peoples strangers;
4g. En determinant, contraditoircment avec
les colonies, quels front les penples admis a ce
commerce;
5., En appellant dans le fein de I'affemblee
national un nombre fuffifant de deputies des co-
lonies, qui determineront avec elle 'ordonnancc
de ce pade.
11 n'eft pas de defpotifme cgal i' celui qu'exerce
un people libre. L'Angleterre nous en offrit r'exenm
ple en opprinant 'Armerique du Nord. Les prin-
cipes, qi dirigent la convention national, ga-
rantitfenc aux colonies plus de juftice. Sachant
queides moyens cohercitifs n'ont qu'un facces pa-
ger elle tablira fa domination fur la confiance
& inmrtitr4, la reconnoiffance & ramitid.

places i la tate du government de 1'Ambrique, fer-
viront,i lIur tour, le roi leur pere dans fes projects li-
berticides & l'univers ne prifentera plus alors que des
tyrans & des efclaves.
Quevouloit le confell excutif? Provoquer'contre
le gouvernement toutes les places maritime tout le
commerce, toutes les manufalures, tout le people de
France, qui s'alimentent des denrees coloniales ou
du product de leurs changes. . I1 vouloit la guerre
civile & afrerviflement du people.
Mais les colons font franais ; ils portent dans leur
ceur l'amour de leur merrepatrie c'eft delle feule
qu'ils veulent recevoir fecours & protection ; & fi la
France les abandonne, ils foutiendront leur indepen-
dance ou ils s'enfeveliront fous les ruins de keur pays.







(93,
Toute la force, toute la polituque de la France
doivcnt fe circonfcrire dans fes rapports commer-
ciaux avec les aurres peoples da monde. La con-
vention national n'ignare pas que rAngleterre
doie fI fplendeur 4 fon a&e de navigation; clle
imitera un auffi bel example: cet ace fera la prof.
peritde de la France & la ruine du pays qui le pre-
nier fe 'eft appliqud. Cet a&e dejouera les projects
liberticides de ces cofmopolites qu facrifiant la for.
tune publique & le commerce national a leur in-
teret particulier, veulent enrichir les nations etran-
geres dans 'efpirance d'y faire eux-m*mes des eta-
bliffemens lucratifi : car on trouve rarement en
France, ce nCgociant, qui s'identifiant k fes pareils,
voit mots fon interdt individual que la fortune
publique, qu'il facrifie tropfouvent k fon avarice
ou a fit ambition.
'La France doit, enfin, voir les colonies comme
un people de freres & d'amis; die doit upprimet
entire elle & ces contres fes douanes & fes
pages ;-& par fiite de cette mefure elle exercera
lur elles on privilege qui leur fera utile autant quk
fes propres interdts. Alors la France fe les attachera
pour jamais par Ie noeud puiffant de 'intdirt, &
bient&o les autres colonies briferont les chaines
qui les tiennent t leurs metropoles, pour profited
des avantages que leur pr6fentera le fyftlme de la
France. En effect, les colonies ,anglaifes, don't le
fol uf6 ne doit a fifconditt qu'a I'induaftfe il
cultivateur, ne pouvant dejt plus foutenir a
concurrence des colonies franaifes, plus produc-
tives & plus riches, 'Angleterre ne pourroit plus
rivalifer la IFrance dans le commerce des donrees








(94)
colonales : parce qu'aux foins de culture qu'ex'ge
le fol epuilt des colonies aniglaifes, fe trouveroit
joint les prix des douanes de 'Angleterre. Sans
doute, i 9refteroit k I'Angleterre la facuk d'imi-
ter la France. dans la fupprefion de s douanes:
mais cette puiflance elt loin d'evoir ks rffout ces
de la France. Sa dette edl immenfie & 'impbt
itabli fur fes denrdes coloniales, feroit difficilement
remplacd. Par cette niefiire juffe, grande & po-
itique la France s'attacheroit indiffiolblement
les colonies, ,& l'Angleterre pcrdroit les fiennes,
fi elle ne leur donnoit la mdme franchise; & ce
sacrifice, fans nuire a la proiprite du commerce
de Ia France, enleveroit au fife d'Angletorre des
reffources qu'il ne fauroit remplacer qu'en preflfl-
Srv le people.
On ne fauroit trop le rcpeter :que la conven-
tion fupprime fes douants qut .t aux colonies (I);
qu'elle les laiffe composer leur government;
qu'ele determine contradi&oirement avec elves leurs
rapports refpeCifs alors ~a population s'accroitra,
fes manufaftures prendrort une nouvelle acivitd,
& fon commerce vivifiera la fociee.
Si le citoyen. Page a donned, ainfi que fon col-
legue, fon adhefion aux conventions qui ont etC
redigies dans les Seances anterieures ce n'eft, que
parcel qu'il raifonnoit dans ihypothele dans laquelle
e decret du mars piacoit les colonies, & dans
e9 moment i s attachcut a ddmontrer toute Iatro-

(x) Tel eft te fentimerit du citoyen Ducher, don't
es opinions lurhiheufes doivent neceffairement trOg6-
a-nirer le fyfme commercial de la France,







(95 )
Scit de ce decr!t, touted la perfidle de, fon rc dac-
teur & approbareur Raymord & celle du citoyen
Camboulas, oui a cvitc cette difctllion avec autant
Sde loins quce les coons en avoient mis ata recherch;r ;
& fi, apres avoir Ldmontrec le danger de cet a&e,
le citu)en Page a con!enti aux melures propofdes
en replacement c'ft qu'il a cr que dans une
tell hypothbefc elles atoient les moms mauvaifes
qu'il fi t polhble de fournir ; & le citoyen Page
doit an cornite de marine &e a' deux membres da
comite colonial, les feuls qm ayent fuivi cette
Sdifiullion, I'lirmmage de fa reconnoiffance. Daa-
bord ,' prevents defavorablement centre les com-
miflaires de Saint nomingue, en particulier, &
coatre les colons blancs en gri;cral par les intri-
gans qui avoient intaret h carter une difculion
qui devoid les mettre a dccouvert, its femnbloien
vouloir eviter des conferences qu'ils croyoient
inutiles, & qu'ils ont cepcndant fu rendre bien
intereftlntes par la' r-ei due e leur jugement,
& la purete de leurs inntnions.
i Suit le developpement ftorni par les commif-
faires de Saint-Dominmue la convention nation.
nale & a fes comitrs.


-* ^~-- :- -- j








( 95 )


DV ELOPPE MEN T

DES CAUSES DES DSASTRES

DES COLONIES FRANCAISESi


Sous i'anclen regime les Colonies reclIoient trois
principaux lemens revolutionaires; la le gou-
vernementpefoit ftr tous; l, les hommes de couleut
etoient places par I'ufage & la lo, a une grande
distance des Colons blancs; 1a, les homes non
,a ,l le fervoient tous egalement.
C'eft par Ic developpement de ces premiers ele-
mens, c'ef par leur opposition mdnagde avec art,
que les ennemis de la revolution ont devalte les
colonies.
teurs moyen. etoient dans les loi incoherentes
furprifs aux afenmtlees nationals dans la con-
fiance aveugle & le refpe3 que les homes de
coulenr & negres libres pbrroient aux hommes de
I'ancien regime ; dans I'abrutiffement de I'homme
non libre. Leurs motifs 6toient le rftablidfement de
yancien syftlme politique.
Les agens de chaque Colonie vouloient dcgouter
les Colons blanco revolutionaires, en leur prefen-
tant les homes 'de coulcurs & negres libres, places
a c6ti d'eux par la loi. Ils vouloient les digotrer
en leur prCfentant le dechireennt des Colonies
comnm








(97)
comme rouvrage des nouveaux principles. Ceux qui;
avec des prolets plus vaftes, vouloient faire des
colonies un levier contre-revolutionaire pour
branler la France, efperoient que leur devaftation
ameneroit la fagnation du commerce maritime,
iobgtrution des manufa&ures nationals, 'inocu-
pation de fept a huit millions d'ouvriers, de cul.
tivateurs, de matelots, reduits ainfi la plus af-
freufe indigence. Its efpcroient provoquer quelques
mouvemens violent qu, diriges avec intelli-
gence, auroient renverfi 1 nouveau syftime po-
litique.
Ce plan de dvaitation otoit atroce:' mais le
tyratis & leurs agents font indiffreas fur les moyens
qui peuvent af6eoir leur autoritd; d'ailleurs, iarret
de mort ne portoit que fur des hommnes rdvolutio-
naires. Ce plan itoit deftrudeur de tout un p1S *
mais la torche s'eteignoit aux. pieds des edifices
qu'avoit elev I'arilfocratie; car les inftrumens de
tant de crimes, n'Itant forts que de la protedion
de leurs moteurs, pouvoient ,tre arr&tes 4 leur
volont6.
Dira- t-on que f ces dvenemens ne tenoient )
des cafes particulires & relatives a chaque colo-
nies, Sainte- Lucie, Marie Galante Tabago,
Cayenne, & la Guianne Franqoife, auroient iprouvr
le mtme fort ? Sans doute ces colonies doivent
beaucoup. k leur fageffe : nais elles doivent en
mnme-temps fe fMliciter de ne pas avoir fixed plus
particulierement, 'ceil vigilant des ennemis de la
chofe publique, qui efpiroient les entrainer dans
le syftIme des grandes maffes qu'ils attaquoient.
C'eft d'aprcs ces vues, qte la Guadeloupe, la Mar.
G







(98.
ttnque, & tilr-tout Saint-Domingue, ont cti le
theatre de leurs'manoeuvres.
Dans: ce cadre politique, fe placent es intrigues
_- delcabinets de Madrid & de Londres. Lun &- autr.
y voyoient la pollibilitu de deforganiier le nou-
veau. flfme politiq:e de la France; & iAngleterre
y voyoit encore la rume prochaine d'une marine
& d'un commerce1 don't Ia marcle rapide alluit
lui ravir fon antique influence.
Tel.s font les cafes, tels font les agents, les
moyens & les motifs des difa!tres des colonies ftan-
0oifes. Noas gallons parcourir les pdriudes dileurs
detil pwenits
Le Gouvernenr & l'intendant de chacune des
colonies franqoifes, tenoient das leurs mains 'au-
torit la plus illimitie: Soldats, Citoyens, tons lear
ST 1 nt egalement foumis; leur volont6 ecrite fai-
foit la lot communec. Tous les t ibunaux leur ctoient
(ubordonns; ils y prdfidoient; ils dIlibdt ient avec
eu. Tons les agens de I'autoeie publique dans
I'ordre civil & niilitaire, dans le department de
la marine & des finances, ctoient nonmscs pat
eux & foumis h leur influence.
La reunion des notables de la France, menacolt
le defpotifme de ia chite prochaine ; & cette cir-
conftance, loin de modifier le gouvernement des
colonies, appefantifibit le fceptre de fer, qae le
miniftr de la marine etendoit jufques dans ces coan
trees: Si avant cette 6poque, les colons de couleur
& negres libres itolent cards du tyyftmre polite*
que, es colons bluncs etoient autorifis a fe reunir
une ou deux fois par annie, pour deliberer, cha-
can dans letu paroiife reFpefivo fur les internts






(99)
de ceite meme paroifie: mais desqut I .e mi iilt'r
Sde France eut pali devant les notables affemblcs,
k gouvernement des colonies prit un reflort en-
core plus a.if ;I & celui de Saint-Domingue, fur-
touat, menaua du glaive de la loi, thus ceux des
colons qui fe rcuniroient plus de trois en nombre.
Cette mefure odieufe ne tferiit qu'a a ire entire
plus im;ric1ulhement encore, le befoin d'Une riforme
4das Ie regime politique; & ce fentinment eco i
nourri che/ eIs colons blancs par les e.rits publics
oa prives de qelques curopeens, qu poirtlor dans les colonies, attendotent, fans doute dun I
SnoIvel ordre de chofes, le bonheur de ces con-
trees. .
Telies etoient les colonies, lorfque les etats-
gienraux f rent convoquis. Alors Gouy- Dani- ..
Raynaud,.& quelques autres poffeffionaires des an-
tilles fe rtunirent, pour folliciter du rniniftie leur
admillion au nom des colonies : mais Laluzerne,
qut voulot ifoler ces contrees du movement revo,
Jutionaire de 1a France, refufa lear admiflion. Gouy-
Darcy, Raynaud, & les autres, foi-difant ddputes
des .colonies, fe prefentrrent au jeu de paume, &
furent admis hk afiemblce national, come depu-
tds de Saint-Domingue.
Cette circonfance, ajontee aux prnciaps tyran-
niques du Minifire, fit rnatre en lui les d6firs de
la vengeance, & les nouveaux deputCs & Laluzerne,
fe jtirreent une hane reciproque, don't les effects
retmberent fur lear pays.
Ccpendant, les colonies fe roidiffoient contre
I'oppreflion ; chacune d'elles portoit un oeil fcru-
tateur fui les agens du defpotifme minifteriel &