Pièces justificatives du Rapport sur les troubles de Saint-Domingue

MISSING IMAGE

Material Information

Title:
Pièces justificatives du Rapport sur les troubles de Saint-Domingue fait au nom du Comité colonial
Pages [161]-215:
Suite des pièces justificatives relatives aux troubles de Saint-Domingue
Pages [217]-240:
Seconde suite des pièces justificatives relatives aux troubles de Saint-Domingue
Physical Description:
1 online resource (271 p.) : 1 folded table ;
Language:
French
Creator:
Tarbé, Charles, 1756-1804
Tarbé, Charles, 1756-1804
France -- Assemblée nationale législative (1791-1792). -- Comité colonial
Publisher:
Impr. nationale
Place of Publication:
Paris
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
1791 - 1804   ( fast )
History -- Haiti -- Revolution, 1791-1804   ( lcsh )
Haïti -- 1791-1804 (Révolution)   ( ram )
Haiti   ( fast )
Genre:
History   ( fast )
History.   ( fast )
federal government publication   ( marcgt )
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Statement of Responsibility:
par Charles Tarbé.
General Note:
Title from PDF caption (LLMC Digital, viewed on Sept. 2, 2011)

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 748820613
ocn748820613
System ID:
AA00008582:00001

Full Text



+ s+ )


'ON. V II.
Du 44 4Ao4b r7.9'1
La ddlibdration a :Ct interrompue par une deputation de tAr(+
femblie provincial, qui a demand a 1'AfIcnbli e i elle avoit
deleguda M. le Gendril le commandment general de toutes les
troupes, & la dirpolition de toutes les mefures a prendre pour
la defense publique.
A quoi M. le Prlfident a rdpondu que, le danger de la chofa
publiqui ayant forced les Corps adiniuiftratifs de requdrir M. le
Gdndral d'apporter le concours des troupes de line aux troupe.
patriotques pour aller au fecours de la patrie n-nmic,: M. le
GPndral fa. trouvoit invelii tout naturellement du commandment
general de toutes les troupes. Meflieurs les commiffaires ayant
tdmoignd le defi de I'Affemblke provincial de voir cette dipo-
fition publique par uil arr td de. l'Affemblde gendrale, qui freoit
proclame la tte des troupes il a itd arretd ce qui fuit:
L'Affemblde g6ndr-ile de l parties fran;oife de Saint-Domingue,
riunie crn confeif general, avertie par une deputation de l'Affem-
ble provincial du Nord, quc les troupes patriotiques n'dtoicnt
pas fuffifamment infiruites qucl dtoit celui don't elles divoicnt
recevoir les ordres, & qui devoit diriger leurv mouvemens;
Confiderant qu'une pareille difpofiion d'efprit tendroit a
laiffer dans I'inerdie toutes les forces patriotiques, dans une
circonftance oi leur reunion aux troupes de line eft ncceffaire':
Declare 1'Affembide g-in-rale qu'elle a requis M. le lieutenant
gdndral au gouveraemcnt, de pourvoir a tout ce que demand lt
firetd publique; de donner pour cet objet tous les ordres nicef-
faires tant aux troupes patriotiques qu'aux troupes do ligne ,
fous la rerponfabilite legale de totes fes operations.
ArrSte qu'il fera nomm6 trois commiffires qui accompagnds
de I'Afremblee provincial da Nord, notifieront le prcfent arretd
aux tro'wpes patriotiques its invitant g y obdir de la part de
S I'Affemblie gindrale.
Arrete en outre que Ie pktfent arretd fcra imprimd & affichd
daus la ville du Cap.








De tout cei i refilte~, AMeleurs, qu'll faut ntccffairement
fatisfaire a la demand des citoyens de couleur : ce fera pent-
&tre le feul moyen de s'oppofer aux incursions des brigands,
& de mettre fin aux horreurs d'une guerre civil, a laquelle nous
fommes en proie.
La confommation des marines va itre immenfe, puifque nous
fourniflons aux citoyens & i l'armAe des citoyens de couleur,
qui dans ce moment, eft d'environ foo homes, & groflit a
chaque iinflant.
Je vous retnets 'ci-joint, Meflieurs, le rapport que m'a faith
M.P Fondeviolle de fa million; il vous le remettra lui-mnme;
il pourra vans faire des observations auxquelles vous pouvez
vous en rapporter.
II fe propofe de revenir prorptement, h moins que les
ordres de M. le general ne le retiennent. :
Nous fon.mes a Ig merci des brigands, n'ayant ni arms nm
munitions pour nous oppofer h leur fureur.
.Quelqu bos sfettimens qie nous tm&oignent les citeyens de
0ouleur, il clf cruel dene pas 6tre au moins fur 1 difenfive :
voila Jiatre position.
Signed, HunRVY.o


N6. C X X X I I
Le commit du Fort Dauphin 4 I'Afframble ginirale de la parties
frangoife de Saint-Domineue. DA 8 Novembre 179 .
MONSIEUR LE PRESIDENT'ET MESSIEURS
Nons nous empreffons de vous e'xpdier les decrations
ci-jointes.; elles vous peindront' la position ficheafe oti houi
Sndus trouvons vis-i-vis des gens de couleur, qui ott cohimis
de pareils a6tes en plufieurs endroits de' nos quartiersauiourd'hui.
Nous apprenons'dans 1mnftant. qa'ils fe font tranfportis { Oua-
hai~nkhe pour'y d farimer & amarrer les blancs, & qt'i'ls lt&idet
ce fair'aux prices. Jugez, Mefliettrs, de nos fbllctieides. Nous
pe pouvons plus douter que ee:c* 'foient de vrais brigands; ils
ont menace notre ville; peat-Stre y ferois-nous attaque's cetet
nuit. On afTure qu'ils font an -moins mille, bien armCds' bien
pontes. Vous favez le per de -moyens-que nous avoins pour
wiLftes 4 une .pareille force, Venez 4one, Aleflieurs, fans deai,







( lIla )


S No. C X.L I.
Bon, igne' Bouce Colonel- CGeneral, du p Novembre 179t
Pou.R L. ERor.
Permis i M. Dumoutier d'aller a la Plaine vaquer k fes af-
fires au bourg de Ouanaminthe, le 9 novembre 1791.
Signed, BoUCE, Colonel-Gendral Commandant.
Pour deux Jours.
Au dos eft dcrit, Monfieur.


N0. CXLII.
Permis, figne's Thibaut, Coloqnel-Gene'ral, &ypar Ie Major-
Gene'ral Dugoirand Secretaire-Gener'l des 8 Odobre
& 1to Novembre 17. '
Permis i Monficur Lina de fe randre ches lui libremant, fans
qu'il y a perfonne dans le cas de lainterompe. A Onaminthe,
le xo Novembre 179x. SignTCTHIBAULT,, Colonnaile Royale.
Bon pour une piece fil deprouve & une piece ginga pour
l'armee des citoyens de coulenr, le S o4obre 1791.
Parle Major-General, Signe, Dugoirand, june Secritaire.

No. C X LI IL,
Interrogatoire fibi par is ndgre PIERRE touis-
tu 4 oclobre 179 a midi.
Avons recu le ferment de l'accufcr la main levee de dire
la veritd ---
Interroge s'il a connoiffance qu'il y ait eu dans le voifinage de
fon maitre des nigres revoltis?
A re'potndi qu'il y avoit 1'habitation du fieer Duchemin :.
celle du ficur Brouct celle d'Anglade & cell d'lcourt,
Interro e' s'il faith quel motif a pu porter les negres des habit.
stations fufinemmees, la rivelte, don't i!q font coupables ?









NX*
No. XX X.

PitDu Septembre t7Pt.

L'Aftemblhe gIenrale de la parties fran;oife de St-Domingue,
Conlidrant quc les circonfiances malheurcu'es ori fe trouve
la parties du iord de S.-Doming ue, par l'incendie de la plus grande
parties des habitations, occ iienice par la revolte de leurs attelicrs,
loivent lui fire adopter tous les moyens de venir at fecours de
fes infortunmcs habitats
Confiderant qu'il fe trouve fur les battinens n monills afuelle-
mneut fur la rade du Cap des chargemens de denrces & de
piaftres appartenans auxdits habitans, & don't la dcltiaation cfk
d'tre vendus en France pour leur compete;
Confid6rant que ce fecours leur devient d'autant plus h6cef-
faire dans le moment de crife afuelle que la plIpart ayant
tout perdu font hors d'etat de fe procurer menie les premiers be-
foins de fiubilfance;
Confidr.uit entin que la parie dui nord de Saint-Domingue ctant
dinnue de tout fecours, menace" de tors les befoins, il eft de
fa fageffe de confevver la plus grande maiffe de reffources pour
fe les procurer:
A arrnte & arrete qu. tous proprietaires ou chargers de d.rrCres
ou de piaflres, charges fur las batimens afluellement fur Ia rade,
font autorifes a retire lefdites denrees & pi.ilTes.
_ Tout capitaine,_a qui la reclamation en fera faite, fera tini
de les remettre aux proprietaires oi chliargeurs, a cu 1 ~p;i.'re
demand, a la charge par lefdits propri('tairs oui ch.:rgc:-,i; e de
payer les frais de chacgement oun dchargement.
Ne pourront les capitaines prctendre aucuni:: Ind iJ f;i:- pour
raifon de fret.
Le prcfent arrhte aura fon execution at Ia tcImri: Motidication
qui en fera faite audits capitaines.
Sera bien & valablement decharge,lc Cr2 jAt cis m;nchandifcs
continues au connoiffement, par la d -'ur e nettra le
propridtaire ou charger au dos dudit c'l.iioffmir-.., que l*
marchandifes lui out Cet remifes.
Sera le prefent communiqlioue i :. le t:-L, t ; 'w ,,nverne-
ment gindral pour avoir fo'r :ppror..4. -ion oii rf'Affenbl'e
provincial du nord pour avXoi' 1,: iL-x.s;utILi; daus l'tendue dc-
fon arrondiffement.
'^ t


i B







:( 44 )
Mefieurs Tauzias & Rabotot de fe tranfporter h la Jamai'que pour
y traiter d'un emprunt de 180,oo0 lives fterlings, ot0 de 725,000
piaftres gourdes, aux conditions ci-apres:
10. Le rcmbourfenent fe fera en quatre paiemens egaux d'annie
en ann.e, don't le premier aura lieu Ie premier Mam 17594, en
piafires gourdes ou denrees, ou en traits fur France.
. z. Le taux de Linteret fera determine entre les Commiflairei
de I'Affemblee general & les preteurs, & 'arrra ge dit capital
fcra paye tous les ans en piaftris, en denr-es ou en traes fur
France d'apres la date dut rc:cpifl dellits Comrnifalires.
L'Affemblee gCnerale, en vertu des pouvoirs illimitcs de fes
conftituans a fLit un rembouirfement du capital & des intlr&ts
des fommes qui lui front pretecs. i. L:s habitalions i& pro-
pridtds des planteurs, julqu'a concurrence des avi,.ccrs qut'ils re-
cevront provenant du prudent Ciprunt; 0o. Les droits pereus
1'exportation des denr6es coloniales, lefquels, au befoin, front
calculds & determines de mnaniire a balancer & liquider ledit
rembourfement.
Le present arretl fcra prIfcntL A M. le l"utenant an gour
vernement general & reprefentant de Sa Majefl d;ms la Colonie ,
pour avoir fon approbation & Ctre par li ad reffl au Lord
Effinghlam, avec prire de le comirmuniquer & 'Affemblee getl-
rale de la Jamaique.


N .. L V. .

Dut, 46 S-trembha 179 1.
Un des Membres du Comite des rapports cf monte a la Tri-
bune, & a done leture au non du Comite, d'un rapport ant
fujet de. la requ&te de differens Capitaines marchands de la rade
i Meflicurs les Gen&ral & Intendant, & qu'ils ont fait patter a
1'Affembl6e pour la prendre en confideiation.
Ce rapport a tC fuivi d'un project. d'arrE6t, lequel, aprcs inc
muire d6liberation, a 6t6 adopt par I'Affemblte en ces terms :
L'AffemblCe confidurant que c'eft avec fes arrdtis feuls qu'clle
doit repouffer les inculpations fauffes & calomnieufes confignes
dans la requete adrefl'e par les Cupitaines i Mcffieurs les Gtneral
Sc Intendnt, & par eux renvoyce a l'Affemblue ,
A arrete & arrete qu'expidition des arretes des 2.6 & 27 Aoait,
des 7, to, t & Sz de ce mois, qui fervent de r6ponfe r ces








,Qu'enfin ne pouvant plus supporter Iedr exifRece mAnhetrurue,
& etant rCfolus de I'expofcr a tous Is 6dv~nem:ns, pour fe
procurcr irxercice des droits qu'ils tinnient de la Na;ion ,
qui font confacres par les lois civiles & poliiqucs ; ils le font
r'uinis fur. la montagne de la Charbonniere, ou ils ont pris kLs
ar:aes le 31 aoit dernier, pour fe ifettre dins le cas d'unc,
jufte dfefenfe.
Que I'envie d'ophrer la reunion de tous'les citoyens indidliic-
teIcent leur f.it accueillir f.ivorablenent la dcputatioi. de
Mefieurs les conniffaires blancs de la garde ni.tionale du Port-
au-Prince; qu'ils'voient avec ine fatisfadion difficile it expiimer
le retour des citoyens blancs aux vrdrs ptincipcs de la raIfon,
de la juftice dfe humanity6 & de la fame poliLique ; quyy.nt
tout lieu de croire i la fincerit de ce retour, its fe rnilniront
de coeur d'efprit & d'intention aux citoyens blinks, pourvu
que la precieufe & fainte Cialite foit la bife & le refultt de
toute operation; qu'il n'y ait entr'eux & les citoyens bl nce
d'autre difference que celle qu'entraihent. necefflirement le
mdrite & la vertu & que la fraternity la fincerite ,
I'harronie &. la concorde cimentent a jamais les liens q'li
doirent les attacher rcciproquement: en conftquence ik onu
demand Tlexecution des articles fuivans., auxquels les fufdits
co.nmiffaires blanks ont repondu arifi qu'il eft mentioned a la
In de chaque article. : :

Demandes des commiffaires de la garden national Ats
citoyens de couleur. -:

AR T I C'1LE P R E MI E A

Les citoyens blanks front caufe commune avec les citoyens
de couleur, & contribueront de toutes leurs .forces & de tous
leurs moyens a 1'execution litt6rale de tous les points & articles
des decrets & inftru&ions de 'Affembl6e national fan&tionr.se.
par le roi, & ce, fans reftriftian & fans fe permettre aicune
interpretation, conformement i ce qui eft preferit par I'Alferu
blWe na;ionale, qui defend d'nte.preter fes dcrets ( Acceplte'),
I I.

Les citoyens blancs promettent & s'obligent de ne plmais
'oppofer diretement ni indireaement k 1'exdcution du ddcrct
I.. u n




a~sglrmsa.sI-- --


(57 )
roient refulter de ces decauts, je difpofai un reglemcnr p'ovif r:e,
don't l'Alremitble gintr.dle a abfolumineti adopt'- tes di!pofliiiols.
De'irant parcillement fire rentrer les ateliers dims leur d'voir,
par la voie de la dorceur ; vo.ilant par-la dpargner letr fjing & la
Fortune des pariculicrs, 'ai fait un.projet de proclamation que
jai remis a I'Affemblce generale ; elle la trouv, impoli;ique : it
efireftd fans cffet. J& crois cqpendant qu'il auroit pu en prod'ire
an favorable. Je I'ai fait ia portee dce rebelles. Je le joins ici.
J'avois piopofe i P'Aftemblde g6cnrale de nie mettre en plaine
avec le regiment du Cap, corrpofe feulement, ait cuff de fcs
detachemens au mile & autres lieux, de cinq h fix cents liomr.l'.
au plus; d'y jnindre etviron quaire cents multarcs, & tout ce
que 1'aurois pu raffembler d ddrngons de troupes patriot'qnes de
adffTcr le refte des pa.4 iotcs pour furveilr la ville: mais la cr:Li teC
pett-6tre fondue pour ne pas dire la terreur m que on a au CIy
des mauvaifes itentnions des enclaves qul y font renfercinm .a
mis obftacle-au delir quc javoisde tenir la campaign, feui moven
de reduire & d'.ccrafer les revoltcs Cqu continent a far,::cgr 1a
pl.;i;:c, .purce qu'ils lly trouvent atlcun emp'chesre,'t.i S'i
glgnerfn!ls -nories ce pout Ire ue g"crre a ine plus finir. A1
piopofition a et iiiari.lemcnt rejet..'e 1'on m'i" done geni6r.-Icle
ment de fi L-.onrcs raifo b, ,que aligr mnmaanir e devoir, ie
n'ai pu me cdfcpnfer de me rendre. JYai peut-etre autant :1e
car-itLre q,]'uni' autre; Mnai: je fuis homnme public, & dans Ics
circorinaanics qui intreffent to.s les citoyens, 'ai cru de--ir
( tant fir-tout audli a portte des reourl'entansde la Colonic) leur
tl.hfmrettre mes projects, afin de niettre i covert ma refponra-
bilie, &e concoutr avec eux au micux & cdei ce que Iai faait.
SJe dois vocis pri~venir, Monfieur que j'ai faith ure demanded
a ta -f.~iqucdte--d-c--- oo ftdll de- reoe- pair-s-depiftolcts & de
ioo6 fabres. Notre arsenal eft vide dans toute 1'lcindue du4
term, e::cepti en poudre & halles don't nous avous encore quei-
ques provisions. Je vous demande done de vouloir bien y pourvoir.
Je ne puis vous envoyer aujourd'hui uht tat de nos befoins; matis
ils fontl inmenfes en tout genre. Nous n'avons ta I.arfeI.1 r.l1.cnr
ful!, pas uu piftolet, ni fabre; ce font des demands qn'i rr font
faites vinit fois par four ; j'ai la doulear de ne pouvoir Cftisfrair'.
tn chacun. Nous avons de la.poudre & des ba'les-; matis Inous Cn
coiifmmonn vingt fois plus avec les foldats patriotes qu'avcc ts
troupes de lihue.
Je denr'iiwlcrois pour le moment,
i5,oo3 Ft!ils garnis de !Lurs baionncrcs,




04 )
Qie dc-n:.ndcnt cces Citoycir s de couleur connus Jilu"
present ;inttani pa:r Icur douceur que par leur courage ? L'exd-
cuiotI p'ncuelle &, promptc des concordaits paTffls dernuire
rient cnitr'ux & les Citoyens blncs. Je vous ai obferve,
Mlonfi':ir dans rma lettre du i6 Otobte qu'il feroit prmrna-
ture, &' je crois d.ntereaudx de voiloir executer fur-le champ,
lairticl IV du concoct avec L p:roiffe de la Croix-des-
Bcuqulet. Je votis en ai donned les raiilis; je les crois bones. Si
quTieucs corps popuilair.s ne paroif'feit pas co'litucs lcdal-ement,
on cloit ;'r':r c:1rd aux circonta'lincs tifiniment critiques oA:
la inc. :Clitll. les a fc.r:.'s & qui m'ont engage moit- rpeme
les i :co: :lnoire proviboir:ment. Ouitre qne quand je le voudrois,
il ne dpcid ),s de i oi de les difoudrc Ieur exif lncd
n'1 Clt' p -'; provifoire, je n- vois pas quel ii:comnvcietit' i
pent y av6ir a ce qu'ils fbtiblil;nt encore quelcue temps en
attenld.alt que les cis nation:.lcs co.lccrnant I'organiation gencrale
de la Colonie me fbi.nt parvenues; & 'eri verrois mille
& accdelrer Ie- mr;nicet de' lcur fiF.ration : cI feroit ine
noucl'lle fecottffe, & ell porroit fe renn;uove'.r .dans peu fi
la formation des. nouveaux corps qu'on leur fulfitiucroit ne
fe trouvoit pas confG.ri c au mode qui aura' Cte dC'cr't:. En:gaez
doneC, Montceur, les Citoycns &h" couleur i aittendre comme-
mai les lois qui doivent nous regir toos. Elles ne peuvent
la-rdr de rir.i'.ss ;'& alors Iclrm cxi:ntini qui auri lieu tout
in :umcll-'nCtent %& fins cm;miiM6ti;,n, iciplica les v-eux des Ci-
lovenr. de ootlc:r.
'Les Citroy".s de couleur clindrlnent-ils que I'On vnt les.
-nt laqucr du P? rt-au-Pritc.? ZJ'ofe croire qu'il n'en fera rien.
--Si-- -lque.-s -o-imir s pariL'cs it pour cctte d 'rche
icllic df-l '',, j fci.'re qt'elle n'aura pas l'approbation dtt grand
nombre, & pournma part, vous pouvez, Alonfciur lks aff:rer
que je vici;s, fur les iples inquictules qui out 6dte cimol-
.gnecs a cc fujet, qu'oiq'e je ine les regarded pas comnn-e fonddaes,
de dei'endr. :a com:mdrdnt pour le Roi au Port-iau-Prince i
de fe rendre: a liuc'-e requliiioni qui pourroit luii ctre faite
pour fare inarcher ls tro'tpes de line centre le carip des
Ciioycns de co:ul'cr de 1 Crfoix--des-Bb~uquets doti j'autorife
ar cette letire la coninuation mais feulcment en nombre
juge fuffifant par les habitans de la paroiffe pour leur propre
sAret '.
Vous, voyez, Monfieur, que je fais tout ce qui ef en moi
pou: empccher q'ue vos maux ne s'aggravent. Je comp +
.








Nord, eft a-pe-peprs le rnime, avec la difference quit fremble
cepend:-nt que la terreur eft mtr pcu molidre parmi les habitans
des campagnes.
Ceux du port Margot, commandos par M. Vallerot, fe con*
duifent avec infiniment de valcur, & out journclt mcent ctes
avantages marques fur les revoltes a la tete defuenls ii p.2rit
qu'il y a plufieurs blancs: ils en out dcta uattu; y- ou 6oo.
Ceuix du Alcrnet, qui et le ddbouchb de la plinie aux moit-
tagnes ou mornes de la Marmelade, ont eu pareillement des
fucces : ils ont a leur tLte Un Monfieur Dubuiifon d'un rare
courage.
Les habitans du Dondon gardentde leur mieux leurs ddbouch&,
rnais ceux de la Grande Rivikre, fauLte de ovens fans doute
& fur-tout d'un bon chef, out abandonne furceffiverent leurt
gorges, paffages & polfeflions, &fe font retires dans la partlt
efpagnole avec leur fainille. 11 y en a eu pnfieurs d'egorges.
Les "rvoltes fe font emparis de ce riche quarter don't ils tirent
la plus grande parties de leurs vnres pour plane.
Je vois done avec plaifir le courage renahre tn peu parmi
les habitans des campagnes. I1 faut convenir que les premiets
moments de cette revolte, qui etoit fuivic de maffacres & d'in-
cendie, etoicnt affurement faits pour infpircr cette terreur a des
hoinmes ifolds. Mais plus raffiurds, ils ne confiderent le mat fait
auiourd'hui, que come un motif puiffant pour s'oppofer a ce
qu'il ne faffe plus de progrcs, & pour reutir les moyens qut
peuvent leur refter, afin de conlcrver dc Icurs prioprltes ce qui
aura pa echapper a la rapine des revolts & aux flan-mes. Ce
difpofitions de leur part & les mefures qie je vais prendre de
mon c6te, pourront fire tentrer les ateliers dins te devoir, &
'-mrne donnent I'efpoir de voir encore .cette brillante Colonie fe
reliever du malheur qui Paffige: ce font mes veuxs & mon cor-
rage d'efprit qui me laiffent entrevoir cet efpoir.
La vilfe du Cap fe trouvant a-peu-pres etortce d'ai!e U lne
de pilifTades, ralentit on pen la terreur; & le foer' de la
tevolte fe trouvart aulli dans Ta ;l:tine du Nord, je me prolofe
de camper remain au bourg du haut du Cip, a cheval fur la
rivicre de cc nom. jai former un corps d'enviyrou too o1500 .
tant du regiment du Cap, troupe.. pnaritoique's & ..ul.;rs.
Je divide ce corps de maniere a h.rccler les r<.voltc. M. de
Rouvray, marchera pour fe reuuir a moir & operer le i,:,xe
effect, ainfi que d'autres commnandans de divers pards. J',,i prs
d'un autre c6te les mefures convenables pour Lviter tout idne-c
ment aia ville,


L1..~ -IIILIC.~31CIIC_ ~_








pour les m&nies fins. Je fis occuper ce pofte par un fort d'-a-
chement du regiment du Cap.
Ces mefures remirent un pea de tranquillity dans la vilC,
mais elle fut bientMt trouble" par la nouvelle que les nigrcs r&-
voltes avoient mis le feu dans les cafcs A Bagaffes & les cannes des
habitations de i'Acul, & qu'ils gagnoicnt l plane du nord & le
quarier Morm : on ajouta qu un gros d'envmron 1000 negrLs eto:t
raflemblj,& qt'il augmcntoit toujours. Je fis ricnforcer mon pre-
mier dtachemecnt qui refta deux jours Ala baie de IAcil : mais
les noiivelles m'apprenant fruccefllv ienL t la jon:Aion de divers
ateliers avec lIs r6voltcs & les Affemiblces generale & provin-
ciale me temoignant la plus grande crainte pour la ville, qi con-
tient 8 a to mile negres males, ces confdrations Me determni-
nfrent a rappeler le pofte de la baie de 1'Alcul, pour couvrir le
Cap. Pendant cette expedition, ii a ete tuc environ so negres.
L'Affembl&e g6enrale de la partic fran.oife de St.-Domingue,
qui tient fes fiances au Cap, voyant la provinee du nord dans
le pins grand danger, & intformre quc les troupe patriotiques
n'tloicnt pas fuffilamment inftruites quel ctoit celui don't clles
devoient recevoir les ordres & diriger leurs mouvemens; conG-
-derant qu'une p.treille dirpolition d'cfprit tendroit. lailter dns
l'inertie cls Forces patriotiques,, daTs tine circodhfhce oA lcur
rciuron aux troupes de ligne etoit la plus neceffaiie; 1'ATenmbi6e
gdnerale, dis-e me requit de pourvoir i tout ce que deman-
deroit la stirete publique & de donner pour cet objet tous lcs
.ordres neceffa;res, &c.. Je m'eni chargeai.
Les troupes de line & patriotiques a mes ordres, ietablis un
pole d'cnviron izo homnics tant d'infanteric que der valerie,
au haut du Cap, que je corfiai d'abord a M. Touzard, lieutenanit-
.colonel du regiment du Cap. Sur le diclin du .oucr, it y eat
quelques Fulillades oi a peu pres une quarantine de nepgres
furent tues. J'etablis tn autre pole la petite anfe d'enir-on deux
cents homes, & je plaq.ai a cos deux ppftes 1'arlilleiie conve-
na.ble. Entre ces deux corps & le Cap, j' tabli.s aufil de petits
corps-de-garde dan ls les ieux ou e pouvois pr&eoir q'elque danger
le long de la rivicre. Dans les au.rcs cxtrei'iils de. la ville & fur
les routes qui y abo;iffent je pris de meme toutes k,: pricau-
itons pour arreter toute iacurfion.
j'ordounai a la corvette la Fautvette de s'embofcr a'm fund
de la baie pour faire feu fir Ic chcmin de la petite anre, & .~
la fregate la Pruint.,e, pros Picolet, pour baltre fur le chemin
de ce fort. Je rm'occupai enfuitc de l'interieur de la vile & je.
D:3








Effe&ivement, quolqe contrarie dans totes mes demarches,
nous lolmrines parvenus, deux jours apres a igner de bonne foi
un accord qui fans avoir rien d'injurieux pour nous, founme
les p irtes contrafantcs a Fexecution prec;c fans rlhridtion,
ni protelation des dcrets nationaux fanfionnts par le R'i ,
coiilius dans la Colonie -jffqu'a ce jour piomnettant d'ailleurs de
ne pJs nous oppofer a l'execution du d'crct du 1i mai, 's il
arrivoiL revetu de la fanrion royale ;- & d',iprcs cet ae. qui
mettoit dcs ce moment les hommes de coulcur de notre paroiite
en peffe!!,on du droil de citoyen focus les conditions prcvucs par
les d4crets nationaux, nous nous foinmes promise de part &
d'autre d'employer tous nos moyens refpe&ifs pour cmpfTchec
les progrcs de la revolte & de la couper jufque dans fes
racines.
Peu'de jours apres, la commune du Port-au-Piince a fait avec
la nlmee armie un trait qui, dans fo origin porte fur les
objets primitifs de la querelle, & fintt par tablir I'harmonie &
la defenfc rCciproque aux memes conditions.
Jufqu'a cc jour la signature de t'tat-major, & d'un nombre
mediocre de citoyens du Port-au-Prince manque au ri.abl if-
feinent coiplet de la bonne intelligence ; & les demarches de ce
part, pour decider les hommes de couleur a une conirdetation
d'indpendarce, nous foit craindre a cheque infant de voir re-
naiIre une crife que nous avons eunbien de la pine a retarder.
L'.,rrivee de plu iers batimens anglois, n infpirant de la
confiance au partL de lindependance, qui paroit les avoir ap-
pe4~ s a jeri de nonvellcs inqrietudes daris les epriLs & nous
ferions dans 'embarras le.plarsextr&me, fi nous n avions h la t&te
des forces navales de l'O'ieft, un chef moins recommandable
que M. de Grimouard potr les qualities qu conftituent le patrie-
tifine, 'aivite & l'in rp;ditL.
Cette position par rpp -rt aux inffrutions poffibles eft lou-
Iours cl-iqiie. Sept h]ibiirions font a-peu-prcs en -tat de
zivolte cornre leurs girmtnts, & ce n'eft qu'i force de douceurs,
de patience & de surveillance q'e rien n'eclate. De ce grand
no nbre de negres qui ont q'lite les ateliers pour joindre Par-
mee de codeur partie font retournes de gre chez leurs mallres
( onf ne peiut fe d;imiiuler qu'ils y font fufpedl1s) : parole, fuvant
un concordat pafcd entire les commiffTcres des deux p:roiff.s &:
de I' rmee, fe trolnve incorporee dans.I'armee des conditions
particulieres q'li at'.rcent l ces n.gres la liberty au bout de hlit
ars de fer'ice dans les marechaufifcs de la pro.incice.







roit pis trts -confiderable & fe trouveret bafanede par le boni
effect qu'clle produiroit clans f' fprit des "quipagcs. :
Si gnc;, GtBDI. -.

No. C.L IIU E 1
\Lerrr e M. de CGrimovar" comnmditnzdat Ie Borde au Mi-
n/lcre dei. L M31rine. A board dt Bore, Fort-caa-Prince, 18
Ijdcembre t79t. --
M0N S i I ItU U :
JE ne puts que vous irarqucr fuccinternent, en ce moment,
es inouveaux n Ilhcur; :ariv&s ici le 15 de cc nois, par liin-
cendie de quatre h.AbiLtaions dans la partie da fud de la Baye ,
ocC.IiolIIIn p:.r kes riquilitions rciptces de la municip;.lite pour-
faire tir-.r fur le polle de Bizoton occupy par ics hommes de
coucur & don't j'ai retarded, par tous les movies pollibles &
autant que je I'ai pu, 1'cxtcution ; f ichant, ainl que la ville dtt
Port-au-Prince & mon equipage, que fi on les rduifoit au dfef-
poir en les forsant de s'eu retire ils marcheroient alors la
torche n la main.
Le falut de cette parties de la Colonic dependoit de la fageffe
dc la conduite qu'on tiendroit. Malgri ces considerations, la mu-
iicipalitt a de i.ouveau requis de irer ;imes sens, gagnes par
l. terre, n'ont plus rien ecoute de cc que mnes ofticiers & moio
leta avons dit ; & croyant la municipality toute-puiffante, ils
ovit oublid les ordres & les ddfenfes, & ont enlin caufl les nou-
veaux malheurs qu-. nous avons fous les yeux trop heureux,'
li ccl. fe borne a ce que nous voyons
Cctte partiz de la Colonic eft dans Ic danger le plus imminent;
tout y eft en armes, & ii elt bien iadefircr que MM. les corn-
miffaircs de France, qui font au Cap, puiffent s'y tranfporter le
plus promptemcnt poffible.
Le prompt depart du bhtiennt par Icquel j'ai 1'honneur de
vous ecrire, ne me permet pas de vous donner, en cc moment,
cs danils de cc qui a amene ce nouveau maiheur. Je me pro-
pofcl de vous Ies adreffer par le premier, qui ne doit pas tarder:
tout ce que je puis dire, c'eit qu'il me feroit impoilibe devous
rcndre, Monficur le tableau de nia position; & le d&fordre eft
ha on comble.
Signed, GRIMOUArn.

DE L'IMPRIMERIE NNATIONALE.







(sO)
Chartcs- Louis Marquis Fransois Andre, Momain Delon,
Demdci Jacques Chapron, Jean Salomon, Jacques Bcuf.
L'Affemblee. confiderant que les fignataires de la prifente
request ont deja rendu des services a la chafe publique, & ont
donnni des preuves non-equivoques de leur zice.
Confidrant qu'en accedant ax fins de lear requete, elle peut
leur donner an tdmoignage de fL fatisfadion;
A arr &t & arrete
Qu'Alexandre Couthias, G. L.; J&rme Angoumard, Bernard,
Brian, Etienne Frangere, dit Trois-Calins, Charles Laroque,
Jean-Louis Angoumard, Jean-Baptifte Lefortier, Franqois Parmen-
tier, M. L. J. B. Lapeyre, ditAfier, Jacques Rivitre G. L.' &
Charles Laflcur, dit Achille, N. L., fortiront des prifens du Cap;
qu'ils front enrulis avec les gens de clur couleur contre les r6vol-
tis, faifant dependre leur grace de la bonne conduite qu'ils tien-
dront dans le service auquel ils front employs.
L'Affemnble charge fon pr6fidcnt de fe retire pardevers M. Ie
lieutenant au gouvernement general, pour lui communiquer le
prdfent arrete, avoir fonl approbation, & l'inviter a Ic faire no-
tifier de filite aux Affemblees provinciales, provifeirenent admi-
niflralives qui demeurent charges de le notilier aux corps
populaires, de police & civils pour avoir fon execution dans
toute I'dtendue de fon arrondiffement.
IBI - .I immm-T-m-r-m1-1---*--.., *-1- .... ,... - .... .... ---.... 1 ""-" ........... .-.. .
NO. LI X.
Du f O b QTi re yi7p.
L'Affemthle gienrale d&liberant fur le conteau d'un let sde
l. Touzard diu de ce nmois & apres avoir entendu Ie rapport
de fon commiffaire, fur les causes de la detention des homes
de couleur libres en faveur defquels M. Touzard follicite les
bonts de 1'AfmrnblIe
A arrktl & arrite : qu'k ldgard des nommes Galard, Jean-
Louis D'Almettre, Pierre Paul, dit Minift're, M. L. Pierre
Loufaine dit Aneufio, George Beauregard dit Brogard, N.
L. & Jacques Paul fe difant libre & qu'on croit appartenir a
W. Efdras, d&tenus dins les prifons royals de cette ville, aux
ordres du bureau de police du Cap, elle renvoie pardevant ledit
bureau de police pour ftatuer cc que de droit ; auqucl effect expe-
diion du pirrfent arr`lt aini que de la lettre de M. Touzard,







de TI'tat-major des citoyens de couleur r;unis h la Croix-d*i--
Eouquets ladite lettrc eft date du, a s'du nmui dcrniler;
S4". En6in, dmun project d'artet a fire entree eux & klssc:ioyens
blancs de cette paroiffe,
LeIquell:s pieces ils ont deporfes fur le bureau.
Apris ces diverlfes leaures, Mornieur le pr.fident a otiert
la difcullion fur les divers points que contenoient les pieces dbnt
is venoient de dormer le 6ure.
Et aprpls mdre ddliberation ii a dtd arrAt6 qu'en tout on fe'
foumetiroit aux decrets de lAffermble national ruendus & a
rendre.
Et alors, en consideration de cette foumiflion promise de part
&' d'autrc, il a ItC arrcte qu'on oublieroit riciproquement lei
divers torts & griefs .qu'on pouvoit avoir; que fa confeivation
des propritc's exigeant une reunion sincere celle-ci feroit
inalterable, & on I'a jurCe de fuite par acclamation, & arritc que
chacun fe retireroit chez foib & feroit tenu de le reunir aufidt^t
que la surete foit des proprietes, foit des individuals de lnr &
de I'autre des deux parties, 1exigera, fuivant les ordres qui front
donnas par les chefs ou commandant;
,A ete artrte quil. feroit celb're nprcs-midi un Te Deum,
en memoir de la prdfente reunion.
Les habitats & citoyens ici reinis, ont arrte e qu'il eoit vote
des remerclemnens tant A la municipality des Cayes, qu'a rtMeencurs
les com-milTaires nommies par elle, & a M. Mongin, maire
dAcquin, ici prdfent.
Arrite en outre, a la demand de Meflieurs les citoyens de
couleur, qu'il fera nomme qiatre commiffaires, don't deux pris
parmi Meffieurs les ciLoyens blancs, & deux parmi Mefhieurs les
citoyens de coulear lefquels fe tranfporteront come pacifi-
cateurs $ I'affemblee de paroiffe qui aura lieu h Cavaillon.
Et fur Ta demanded de M. le maire d'Acquin ,pareil ombre
de commiffaires front nommes de la m'me manilre pour fe
tranfporter a I'affemblee de la paroiffe d'Acquin qui doit avoir
lieu lundi prochain.
Fait triple & de bonne-foi les four, mois & an que deifus,
& ont fignd Melieurs les commiffaires des citoyens de couleiurrd
,cette paroilfe, Meflieurs les commiffaircs nomire's par la commune
des Cayes; M. le maire d'Acquin & M. de Cournil, comman-
dant les forces militaires de cette ville.'
Suivent les signatures.
Et par fuite de la memc dlibiration, il a-. t arret6 que M,
M 3.






certa;ne & 'on aura une efquiffe de 1'affreux tableau que les
circonftances & la dou.leur nous emphchent encore de depeindre.
Ce n'eft qu'en fremitnint que nous rapporterons le fait fuivant:
nne troupe de 8. feinmes ou enfans fuyoient du c3td du fort
Saint-Jofeph; & leI fcelrat PrlotLo qui, du haut de fon pote,
les apperqut, commeana i di;rgtr fes canons fur elles, lor quiun
hlomme charitable les mit fur une roe.c od clles coient t l'abri
de ce terrible feu. Nous fupprimons ici le recit de trop d'hor-
reurs qui dishonorent 1'humanit. .. ; Quant au pill:ge il
fut general; la troupe fur-tout s'y el livhree avec un excSs inr
croyable. Les objets qu'on s'efforgoit d'enlever a leur rapacit |
&toient arretcs par eux; & les porteurs iegres, blanks on mu-
latres, toient menaces ou araffines. 11 eft conu qu'un parii-
culier faifant tranfporter fun coffre-fort par quatre n gres, ercorte
par quelques perfonnes,un ditadhement de zo foldats arrt.erent
le convoy, Ic pillhrent & fe le partag&rent. Qui pourra (lufire N
raconter tous les brigandages & ls cruautes qui furent exerc:es
dans la nuit a jamais memorable du zi au sz novembre :
Enfin 'incend;e a conlumr, dans l'efpace de 14 heures, 7s iflet.
du Port-au-Prince, c'eft-a-dire plus des deux tiers de Ia ville,
& toute la portion qtm appartenoit an commerce & aux riches
particuliers. La municipality effraye enfin.de tant de crimes
& d'horreurs, fit conduire toutes les femmes & les enfans qui
refloient dans la ville, dans les prifons royaleS, pour les foul
traire, A ce qu'elle a &erit plufieurs fois aux meurzres & aux
dangers. .. .. ..
Norts continuerons la lamentable hiffoire des eivnemens qui
out fuccede a la deftruaion- da Port-au-Prince.'

l -. : C -C L

Leintre e''ite & M.de Berrand par It Girardin i A ord dei
'Eole en trade di Cqp-Frangois Ie xi ollobre 179 ... ,
M on S' un, "
J'A I'khoneur de vous rendre compete qu'apres iavoir plufieurs
fois repicfente a M. de Blanchelande combien le fijour de I'EolI
&S de la Didon devenoit inutile i cette Colonie, vu le pen d'd%
quipage que nous avians i board il s'eft enfin decided me donner
I'ordre de renvoyer a la Martinique cette frigate, don't on voyoit
Ietat-major encore de plus mauvais.-ceil que nous & don't le
petd, d'hommes qui avoient reft/ 4 bord, entainds par le mauvais
example & les confeils dangereux, occafionnoient tous les jours
4d nouveaux. dcfordres : en confciuence, elle a apparcill Ic 14









tih'afrira qTe nou, n avions rien a craindre pout elle. A fa Rd-
Inandc de 1'Affemblde gencrale, je mis embargo fur les bAtimens de
Tong coiur-. Ctte precaution, qui fubfifte toujours, a pour objet
de garder tous les gros bitimens dans la rade, afin d'avoir un'e
reffourcc pour erbarquer les femnes& enfans enfa en cas d'accidens
plus a}ffrcuix.
Si men moycns me 1'euffent permits, je ne m'en ferois pas tenu
Scette i::nytc d-renfive ; j'aurois fait chaIfer aufli-t6t ces negres
& les aurois rn.Jriis.
Mais la vilec du Cap pofs&de dans fon feit ut nombre conli-
deIrable d'enncmis d:ingereux de routes les couleurs. On a de-
couvert furceffivement & 'on decouvre encore iournellement
diverfes complots qui prouvent que la revolte eft combine
avec Ics nigrcs de la ville & ceux de la plaine ; de forte que
ntaus fommes dars one surveillance perpetuclle, pour empicher
im premier feu dans I ville I qui entraineroit bientot un incen-
die gdncrl.
Tous les citoyens font exceffivement effrayes, ayant au milieu
d'eax le foyer de Ia rivote. 11 eft certain que la position de la
Colonic eft affreure & epouvantable. AU moment que ij'cris, te
grand mat n'eft encore qule dans la phaine. Depuis les paroiffes
de Plaif ance & du Borgne, non compris, jufqu'i celite du Trou
& de Valli&rc, auffi nonl comprise, tout eft brild.
J'dcrivis, fe z4 dur mois dernier k MM. Nunez & Pepin,
cofrmandans efpagnols, pour leur demander des fecours. Je es
invitai a fire avancer fir les frontieres les forces qu'ils pour-
-toient avoir dans leurs commandemens, & de leur donner I ordre
de fe reunir aux troupes franqoifes, lorfque cells ci les en fe-
querroient. J'adreftai a chacun de ces comitiandans une lettre
pdur le gouverneur general de San -Domingo, qui je faifois
part de tos malheurs, & le requdrois. auli en meme temps de
nous envoyer des fecours en homes d'apres 'arLicle IX du
trait ddfinitifde police entire tes tours de France & d'Efpagne,
e Ie priois d'approuver les mrfurcs qu'auroient pu prendre pro-
vifoiremedt MM. Nunez & Pepin.
J'dcrivis cc jour-la anfri aux gouverneurs de la Jamaique, de
la Havanne, & an president des Etats-unis de 1'Amirrqie, pourr
Ie ur demander des cfcours en homes. J'y fus engage pat uan
arrite de 1'A f'emlce gnedrale, qui, de fon cOte envovoit des
t&oinm'ilqares a la Jamaique & aux Etats units, poir y fairc les
meities demands : les reponfes ne font pas encore parvenues.
Cepetidatt Doan Pcplu m'n accufi la reception de la letire que


--- -----------~nr~ul~V~rC6Rn~eWI~91YPePI ae~e-~s~i~R







( ao
11 y a long-temps qe i'aurois dil mettre ce project execaut;on;
mais vous verrez par Ic duplicate, ci joint, que les ihalitu, de
It vifle tloil:nt trop faifis de crane qu'ils Ic tdi.oignoi, ut
aux Affemb! s, & que celles-ci mn'eng.ggeoient a les fadL4.ir.e'.
J'etois dnc conmr.intt de voir des maux que j'aurois peut-ftre
pu arrkter, 4i nn volonte n'eit point reacontrS d'obflaclcs. Ces
Libit:ns ont enfn rec'mnu Ic d:ager qu'il y avoit a hilier ces
rvohts d-ns Ih plaine, fans les combattr.... ls out Jle. p ricece
sc l firrveillni-ce qu'its exigent porte attcinte a leirs .ifF.:ires,
A b ,r rcps & a lcur fantd, & q-toen, ne les exterminant point,
ron fe :,.al-enrt ils peivent fe fortliier diris lelrs' mativLifLs inien-
jlns, mais encore lerr nombre s'au.mtnii.cr & devenir par la
fuite rpu;s da.lcr.ux. qu'ils nl p-cuvtcnm 1']errI ariovr-.ihui,
AIfc-nble r:..Ir;l,.le a fni la nccelllt': dc'ue prcla.matinn;
Ic 1" ati re.nI la ntienne a Iatquelle e fera*i les chlangemens
0u'c' d(lirt r.
IJe l fc.rai co:lnolre- &, erpliquer clhirement aux premiers
F;.'r-n,."i. s qu e ne ieri, & t I s5 recn: erni avec mille exemplaircs.
-'e .pene qT cil'e prodi'ir.t 1cffj'; quec en atteniais, d'autant qu'il
piro, p:tr le ri .,ort des rivoli.s q ue Ion preidd, qu'ils com-
mrcrcut a fe ifer d': dEcpotifire de leurs chefs. Ce fera d'ail-
-"r; run mni.yen dt'vi :.r 1: carn!afe.
'c f, -r:2 ne p: s .rercicr ;a Cap, qte todt ne foit fohnis, &i
qu'' Tordre nc roiL rL&abli dnms la plains; cc qui influcra fur
kls oiliiers de'; mornls en r.'-nlte ouverte, d'autant quc par
cks L;,re qcic je regois d: diffdrenteC pmaroifes, il paroit que
Ivs nrMgr-s tr-:uvcnt une rcdfilbnce mnjeure de la part des ciioyens
'rn:cs, ngos dC c:oileur & n.g:cs libres renis.
J'avoisainii que je vous en reds compete par mon n0. 148
donndl ordre a M. D)eraulnois, d'envoycr aux Gonaives 300
hor mc.s de i.i garnwfon di Port-a'i-Prince; mais par une lettre
que je requs au I'Cmec infant de ce commandant, aiifi qu'une
trlic de iAiThnmbkc prrivincialde de rOueft, )je fus informed que
Io homnmcs de 'o-'e ,.arniron:, trente p ariotes &de I'artillerie,
!';'ert di'.l p:ir'i p,.:r .Stit-JM im, i bord du vaiffeau le Boree,
diL.p:-' la r., ,lrtiion qui en avoit ~l faite par la municipality de
,- -,;l ,' '- "; ". .' l- ,arn. o
Je n f.i;. ps i n..e rcpentir d'avohr peur 6i cte arnifbn
dir Po,:--:-Prfic.r Je ne pis vous diffimuler que les detache-
mn,. de Nor r:e'jic & d'Artoiu nont pas perdu de 'erfprit qui les
aai.i~mi c:n aI r: .-.it ,4c;qs h, colonic, & qu'ils coniinuent de fe
pr;n.tlirc iLcs diico:;:s ldngCrcux & @ es inculpations contre moi








I NVE N TAI R E ()

Des pikesj, non imprimees, relatives aux derniers troubles
e Saint.Domingue depofe'es au comite Colonial de
j~ emblie Nationale.

: \ i-


N0. z. fId. de MI. Sabbatier Barrat, du iT feptemibre 179.
., Lettre des ddputis de la paroiie des Cayes-du-Fonds
a leurs commettans, du 13 feptembre 1791.
3. Certificat du capitaine A. Fournier, du z8 fep.tembr
1791.
4. Lettre du fieur Henri, commandant le navire la Char-
lotte-DMi-ie, de Nantes, date da Cap, le $7 fep-
tembre 1791.
$. Lettre du ficur Lieury, pre dcrite de la rade dIu Cap
le 30 feptembre T79. r
6. Lettres du fieur Acaby, datWe du Cap des is fep-
tembre & 5 o&obre 7.91.
7. d1. de M, P. Nairac, du Cap, du 7 ofobre 179l
8. Id. de MM. Lange, frres du Cap, du 7 oaobre 179 ,
sl___L__e-dc -M-JeanBaptifte Pafment diT Cap, Liu
odtobre 79 r.
lo. ld. de M. Gudrin de Malagud, du Cap, du 8 oftobre
1479.1.
X.. Id. de M. P. Nairac & C. du I o&obre I791."
xz. Id. de MM. F. Guilbaud & C., du Cap, du o, oc-
tobre 179. .
13. Id. du capitaineMaffard, du ro o&obre 1791.
14. Lettre de M. Brian Edwards' de la Jamalqaue data
du Cap, le z5 fcptembre 179!.

(i) Le conite Colonial a cru ne devoir fair imprimer,avec les pieces
officielles relatives aux troubks dq Saint-Domingue, que le petit nombre des.
pieces particuliercs qui renfermoient dcs details intcreffans ; mais il a penfi
,wq les membre; de IA'lfomb=mIe pourroient defirer prendre communication
es pieces non impriinees; & pour leur en faciitccr la techecrhe, il cea faic
.diSer P'inventaire ci-joing.








reudront inceffamment 1'Aminrique feptentrionale pour y
remplir leui mi!aion don't t l'objct et de traiter au noin & pour e
coi'pte de lI p.,rIic frinqoile de Saint-Domingue, de la four-
niture & livrailoi dL :
0. Vinei- qiaae mille barils de farine, fine fieur.
2". Huit mille falis avec baionette.
3. Deux nilne moufquetons.
40. Trois mille pairs de pitiolets.
0.o Trois irillc Tab-les.
'." Trois cein cafes a ingres de's pieds de longueur fiur
1$ a o de L-gcur, & & a 9 de hauteur.
7e, Dix millions d'effentes.
8. Un million pieds de bois c uarrs de $ fr i, 6fur 6 ,7 fur 7
7 fur 8 8 fir p.
9p. Deux millions pieds de planches de Pifpin.
zoo. Un million pieds de planches du Nord.
WI, Les coinmifTaires eniploieront une flmme d'environ
400,- ") lives en farine de mais, riz, pois & avoine.
L'AfLimbhbe autorife fes conmifaires a traiter pour fon
co rpli avec les banques particulieres ot provinciaks des Etats-
Unis, du pret de iob,o00 livresi erlings, oi 400,000 piafres-
gonrdes en efplces.
Pour rcmFlir la fomme de l'emprunt que les commiffaires
pourroit ralifer 1IAffemblee les autorife a propofer aux 9tats-
Unis de 'Ameliquc des traites du triforier principal de la
marine i Saint-Domingue, viFees de 'initendant fur radminif-
trateur des fondsde lainarine &-des colonies A Paris ; ces traits
ferout offertes aux tLats-Unis, foit qu'ils veuillent bien fire
fournir par eux-meines les objets de Temprunt, foit qu'ils con-
fentent a caulionnerles achats des commiffaires de 1'Affemblde.
Si ce mode de liquidation, qui peut concourir I celle dei
itais.Unis avec t France et agr6e les commiflaires teront
leur foumiflion de remettie dans le plus court delai lefdites
traites; & elles leur front envoyces d'apres letr demand
conforinement aux faf&ures qu'ils adrefferont a l'Affemblde, avec,
autouat qu'il leur fera pofible, parie des objets don't ils auront
traite.
Dans Ie cas de refus des traites fur FraRce, les commiffaires
propoferont fur li garantie de. I1Affenmblbe gendrale de la
parlic fianqoife de Saint Doningue, at:ellcment fdante au
Cap, le rembourfement de. l'empruut en quatre parties cgales
'lauimc en andee 4, S commencer da premier mai 1794, & a la






A : I
au commerce, qui conntoit plis particulierement notre pou;tion.
Depuis long-tenmps 1i nous fai; dans I'anarchie, & il nous y
laiiie.
Nous ne dcvons pas nous dillimuler entire nous, que les
mallicuh s mimn's de la partie du Cap ont et occafonnes par
plufieurs caufes, mais principalement par beaucoup d'hommes
de couleur q-'i ont vodlu ft veng,:r de la mort d'Og ,
Chab.mines & aure.s. Et ceux-memes de cette m6me province
qui fe fonti biLn conduits, ne s'en eaterdoient p-s moins avec
ccux qau proAini.:nt ici de inittant pour nous fare la gaerre
& fo'i. rt'cl.i.tir.
,To-. ces evcnenicns r-i:.irfnt de beaucoup la quantity de
nos deuirecs, 5 pCrnciplde meint du Sucre ce qui n'aura pas
pen contribud a en foulenir le prix chez vous S meme I le
hauffer.
fDu 30 O/rabre.
P. S. Le cojitit fecrct pour les fuiffes a &t4 tenu avant
hier; ils fur<-nt ddfarmnds & cnvoyes h board d'un Navire; toute
la g:ardt national c&oil fons les armes. On penfe quil snen
ell &.vad be-aucoup avant leur dAtarmement & cela paroit
trcs--vrairlemblablc : mais enfin on en tient a burd une quantity
d't'nirro z3-0. Beaucoup de gens de coileur vouloicnt s'oppofer a
Icur depart mais Iavis con.raire a prevalu : ils devoient
mettre a la voile cette nuit fi la brife ne leur eat pas manque.
Vons dire ot i s vont efl unl fecret qui n'a pas encore penetre.
Le foupqon Ic plius gn'r il, cleft qu'on va les conduire dans
- T yc s -des toiluites ,-- on- Tes debarquera avec des vivres
.polr trols mois. C'et bien une liberty qu'on leur donne mais
au moiins ils n'en donneront p'is le fpc6:ale aux yeur de nos
nLgres. Bie,' des perfonnes craignent. dans te cas qu'il foit
trs-ftcile aux gens de couleur de les rdintroduire ici par le
cabotage. Du refte notre ville eft affez tranqui:le "depuis que
nous 'avons ces menlieurs prnni qe noue us fommes
debarraiTds de leurs Sudffis.
SDu 3 NoT'embre 179i.
Les Suiffes ont dtc embarqucs & font parties ce martin dans
I'Emmanrwel de Nante, capitaine Colmii, pour l b-iye des
Mlofquites-: on doit les y d6sofer :ivec des outils propre A
-la culture trois mois de vivres & deux rechanges a chacun,
Ils font au nombre de deux cent-treize.






f 211 )
le camp du Dondon. Tous !eliht major vots falus, leur 1f r-
hetumbles civilhi, & vous foite bien de la finti ajinii qu-e niol.
J'ai I'lronneur d'etre avOc un fraternel atachement & refpec-
tueux rLfpeft
Mon tres-cher genera, V . t. T Ob. S.
S' '', FAYETTE.
SJh. Gilbert, comircr, fefat pour M. Fa2y;tte,comandant Ii
paric franqaife de la marine.


No. CX L.' ..

Settrefignee, Bouce & Jean Francois, Brigadier des zrmees.
.dtl Roi.

Mow GE EL f it,

Je vous foUrhaite le hon jour & fjai Ihonneuir de vous dire
que nous avons requ la r4ponfe de la lettre que noIus avons
envoyd pour le commrand;nt de 1'Efp.'gnol & i1 nous a dii qu'il
avoit dtja envoy li lettrc Saint-Domningue quce nous recevrons
la .rponfe dans dixjours; & on nots a dit que vous &tes iralride,
c j'ai lhonleur de voius dire que lc g(ndral Jean Fr.~aiikis
descend demain en has & toutes les com.p:ignies, faris faut,: ;
je vous dirai que le Medecin m'avoit e;ivoye' ihercher po;r
aller chez lui, & Je crois que fij ly vats qn'1 n,:rr.l me fire
du mal, sii avoit envoy un efpion pour voir ii g':iiral Fr.nnois
etoit an Eourg s'il u ioit pas, ii po.urr' veniir fire du tort
au Bourg, & genc'ral Fr.nMoisa dit de vo-;s dire quil nepourra
pas deLoug.edu Bourg airparavant qcli jrendri r'e cil, fans
qu9oi'nois devons aller a 11 Marmehde p.:rce qee la M tirnmel:ide
eft dans notre main; mnis aprs 'que no:'s preidvons M.i.ecin,
nous irons a l1 Marmcl-.,e & les Efpvmno!s noes dit qu'c-x-
memes avoient ecrit a Saint-Don.iigue qeie rous aurons fa f .ls
faute.
J'ai l'honnetr d'etre rmonieur "vore tr.'s-bhimblc ,'rs-
obeiffant ferviteur, Si-,ne, FAYETTE JEAN FRANrOIS, G-'n'rtl,
Brigadier des arm6es d'1i Rai.

*O







( )i7 )


Nt C X XI! I.

Extrair des regi/fres de' de"libemtions ie la acroijfe die
F0j-tl-des-Acgrcs, face du premier novemndre 1791.

L an mil fept cent quatre-vingt-onze, & Ie quatorzitme dai
rnois d'odobre, le bas habans & citoyens de la paroille de Sahit-
Michel du Fond-des-Negr.s extraordimnirement convoqucs, &:
riunis, par Ie fentiment d'un nalheur commun, 'en leur .glife
pnroitliale l'effet de liberer fur les moyens les plus propres
i nous garantir des affreufes convulfions de 'an-irchic que pro-
voque & amnne par-tout la re''vole des ef6lVes;
11 a dt6 fur-le-champ procedd au choix d'un president & d'un
fecrdtaire; & par le r6fultat des fcrutins M. Leman de la Earre
a detd lu prlfident, & M. Colombel fecretaire.
NA'ors PAlfemble s'efl fait prrtenter fes divers arrctes des to
mnai, 13 & 7 juin de I'annee dernitre;
Et confiddrant que la paroiffe n'a cel- i de manifefter. foa
attachment &8 fa foumiflion aux decrets nationaux, ui o;it
conflamment fervi de bafe a toutes fes deliberations ant&rieures,
& don't la fage niaturite l'a prCfervee jufqu'i present des orages
qui la cernolent de toutes parts
Confiderant qie 'i elle a pu un inffanrt ceder a I'empire.des
circonflances par la creation provifoire d'une municipality,
anticiper par-l fur la lettre .& l'efprit des decrets nationaux
foni retour kI leur execution poneiielle & litt'rale eft d'au"
tant plus fincre, ique la Colonie fait aujourd'hul une feconde
& bien trifte experience, que pour fire encore -renattre parmi
nous le calme & la tranquillity, & confolider notre bonheur
common, :il aut s'y conformer & y tenir avec une contenance
& une fermet6 inebranlable ;
L'Affemblee s'eft fait en confqnnence, remettre fous les
yeix tous les'decrets nationaux fanaionni s par le roi, & particn-
lireinent celui du it o&obre 79o duquel ii r6fulte que toures
'les lois etablies continuront d'tre exe'icu es dans la Colonle
de S:aint-Domingue, jufqu'd ce qu'I en aft ed'd fitbftue d
.. .. qu i re' "c~lir mbie
nouvelles. ,
Sur quol,, apres. examen & imire liberation, 1'Af eble a
ari&te & arrete k l'unanimnit qu'il feroit nomm i un comraincLat






(66)
Je me difpotai Ie a6, *i attaquer Ics r'voltls fI t, ha-
bitations d'Agonit & Galiffet. Ma petite armee, complc.i d'cen-
viron douze cents hommes de troupes patriotiques & d, line,
formoit deux divisions commanders chacune par AM. de
Chambefort& Toufard. JSe marchai,' e 77 a pointe du jour,
fur dcux colonnes, avec fix pi:ccs de canon de c mpagne.
J'attaquai d'abord d'Agouft, enfuite Galiffet : dans une here
de temps je fus maltre de ces diux habitations, oa les r6voltcs
avoient huit pieces de canon, mal.dirigcs & tr's-mal fervies.
Je n'ai eu dins cette e pcdi:ion qu'un chaffeur du riginent du
Cap de bleffM; les revolt's ont perdu a-peu-pres cent des leurs
le recle a fui a travers des pieces de cannes & les halliers, o
il 'na pas th poffible 4 ma, cavalerie de les pourfuivre; ils ont
gagne les momnes rapprochls.
On a trouv4 beaucoup d'effets fur les denu habitations Ga-
liffet contigues, & fur cclle de d'Agoult; le pillage s'en eft
mWln corune cela fe pratique. Voyant I'irpoflhbilit6 de conti-
nuer mon expedition, pour en tirLr un plus grand, advantage j'ai
pris Ic parti de fire mettre eI feu aux bitimens & bliftemens
de ces trois habiLations, d'enclouer fix pieces de canon, d'en
emmener deux, ainti que beaucoup, de befihaux, & de me re-
tirer at haut du Cap, oa je laiffai'la divifon de M. de Cam-
befort. Celle de M. Touzard rentra au Cap pour fe repofer,
eyant pafie dix jours en expeditions.
Darts la foirde de cette journee du 37, M. de Cambefort
ayant 6tc informed que quelques fuyards de Galiffet s'etoient rd-
fug;ds au Morne rouge, oil ils avoient joint les revolts de cette
parties, qui fe trouve k portce du poffte d haut du Cap, pro-
-pofa a ia cavalerie,-an nomlire de cent cinquante environ ,d aller
les attaquer. Sa proposition acceptde, if y fut; & fTrprit un-
carp fur 'habitation le Normand, od il y avoit one piece de
canon. I1 tu. trente a quarante revolts entr'autres un de lcnrs
clefs, connutrs-dangereux. 11 fe. porta de fiuite dans la plain
du nord, fur les habitations d'Hericourt & Buttler, o0t ii fit
mettre le feu, comme il avoit fait fur 1'habitation le Normand.
Cette journde n'a filrement pas rdduit les rdvolts, mais elle
.Ies a au moins fort interdits. Je voudrois efperer, qu'aprks
quetqucs forties encore an pcu vigoureufes & importantes, &
hJ reunion de tous les gens de couteur, qui me paroit devoir
s'effeAtuer que les rdvolt6s, pour la plupart, demanderont fanss
doutie l'e-clnfion des chefs) a rentrer dans le devoir. Quelques
lettres trouvdes fur les habitations d'Agouft & Galiffet cites


"'';"'"---~---- -_r- , --, ~.,._, I ..._.~,_~,;~,.,____--~-- --~.-...~c-~,-l.







( 14!)
Le 2 d'aodt 1'embargo a et& mis fur tous les navires, tant
fransois qu'dtgangers; c& rAffemblee colonial cqui ne tend
rien moins qu'a i'ind4pendance, a envoy demander des fecours
a la Jamaique, la Havanne & la Nouvelle-Angleterre : elle a,
fi nous ofons le dire, elle-mame level 1'etendard de la rebellion
en arborant la cocarde noire. Nous entendons dire par-tout que
la Colonie n'a pas befoin de la France; que c'elt lle qui eft
la force d'ot out dcoul tous les malheurs auxquels elle eft
en proie & qu'elle trouvera pour la proteger des puiffances
plus genereufes qu'elle.
D'apres de pareilles intentions, & les horreurs qui nous en-
tourent, nous avons cru qu'il etoit de notre devoir de fire
favoir a la mitropole les defaftres de cette riche contree. Man-
quanf d'octafions pour parvenir i notre but, par 'embargo mis
indiftintement fur tous les batimens nous avons tenu, le 4
feptembre, une affemblde gdn6rale de capitaines, pour avifer
aux moyens d'y ruffir; il y a etC delib&re que 1'on feroit a ce
f6nat inconitilutionnel une petition, tendante a ce qu'il lui phlt
expedier au moins deux navires pour avertir la France de l'etat
oA fe trouve la Colonie.
Quatre deputies, pris parmi nous, fe font tranfportes au fein
de FAftemblee proviriciale, a laquelle ils out prefente la pdti-
tion par ecrit : elle a approve notre demand par les figna-
tures de fes prefideft & fecretaires, & nomme de fyite less
commiffaires pour accompagner nos deputies aupres de 1Affem-
blee gtnerale, qui, apres une longue dirfculion, a; arrtc qu'il
n'y avoit lieu a deliberer. Ce premier refus a exciteTnotre indi-
gnation; & nous defiant de ces vues finifires, uous n'avons pas
cru devoir perdre courage, ni nous en tenir la. Dans une
f-necnd-affembe, que nous-aon-s--te-nue le 6 feptembre nous
avons r.iter, par une' adreffe'( ci-Joint copie), nos follicita-
Stions qui ont &td portees & remnifes par deux commiflaires
nommes i cet effet, auxquels on n'a pas fait 1'honneur de fin-
tromiflion : les ayant fait refer a la porte, & apres une lcgere
difcuflion, & aux tumultes des applaudiffemens reiteres, on
leur a fait dire une fecoade fois qu'il n'y avoit pas lieu
delibdrer.
Jugez, Meflieurs, de 1'exes de notre confkrnation, & de la
march infidieufe de ce finat qui, non content d'avoir taxes les
denr6es de comeftible de France, fans taxer celles de la Co-
lonie, veut encore la- river des nouvelles ficheufes qui ddfolent
la Colonie; & malgr6 le zele & les fatigues que nous effuyons








e zdie, eqmte & la bienveillance qu'ils ont t&molgnes dcpuis
rftabliffement de la municipaIite.
40. Arietent totis les citoyens que la commiflion prev6tale,
precedemment nommee, fera change & compofee par une autre,
comporfe mi-partie de ritoyens blancs & de couleur.
P-. Arretent les citoyens de couleur quiit fera etabli unbureau
de correfpondance, compoft de quatre citoyens pris dans les
deux clafles.
60. Promettent folemnell'ment tous les sciteyens, & avec
effufon de coeur, d oublier toute efpcce de difcufflons paffes, 8c
de fe reunir fraternellement pour leur common advantage.
7. Arretent tous les citoyens, & par acclamation que detain
M. le cur fera priC de chanter un Te DLeum avec la plus grande
rolemnite, & que pour annoncer cette reunion, aurore de notre
nouvelle profpierite, M. le commandant pour le roi, & M. le
commandant de la garde national, front invites de fire les
,falves de canon & de moufquettcrie.
8. Dc plus, arr&tent encore les citoyens que MM. Hnet,
Delafond & de Barail front reintegres dans toutes les fonations
atpachies A leurs places.
L'Affemblee deliberant fur tous les points mentionnes dans
1'arrete ci-deffus tranfcrit apres difcuflion,
"A arrte & arrl&e qu'elle accepted les propositions des ci-
toyens de couleur en tout leur conteu & que par l'effet de
ladite acceptation, elles deviennent un arrete common aux deur
claffes de citoyens; en confequence que le concordat paffe entire
les citoyens des deux claffes du Port-au-Prince fera executed en
ce qui concern la paroiffe.
Ndanmoins les.circonftances malheureufes otlt fe trouve. cette
paroiffe ayant determine les uns & les autres h renvoyer la
ceremoriie du Te Deunm unautre temps, ils ont arrtd d'un
commun accord, qu'en attendant le moment defire il fera a
1'inflant pr&ti unc ferment d'union & d'aobli de tout ce qui apa
occafionner les mefintelligences paffees, & dcine renonciation
expreffe toutes pourfuites, procedures & reclamations dictcs
par la cordialitl & la franchise fraternelle qui doiveat deformais
unir les citoyens des deux claffes ; & ont les citoyens figni aat
regifgre.

L'an mil fept cent qnatre-vingt-onze le qihnzieme jour da
nois d'otobre dix heures du matia la paroilfe reunie avec les




-C-c ~~.-- _.7-IPCQ"m'- -,--ur--~-,-~-


bruts 4 40 liv. par- iilicr, & ~ 60 liv., aulli pa:r millier fua
Ics fucres tcrrCs.

Dans iou lcs s cs, cs chargcurs front tenus de p;:yer tous lei
d:oits d(cxportaio: co.mme par le p'- flL,, fans pouvoir rtliam:er
ancic'. d'duftion fur L. prix die l ve;i-te dus denrjics, pour c.aufe
de 1Iugmnciitalotin etoiblic dans Ics articles priccidns.

I V.
La perception Idlfits dirits fera faitz conformn'ent air.
aritlcs I 1& Ii, ftr iou; ks clh:rgemcins a blord de otois b.id-
timens quti CtoIL'nl ou oui f m11t (ntris d;mns lzs rad&s & ports de
Lt paiti; fran'icle de S..it-Doni:Tg'e.


Sur Ics autrc-s idcur'es & objtcs fuj'ets an droit d'odroi, ledit
droit continucra d'i.c pecrru coqmuc par le p.-:lti.
Scr- le prI.l ct arr prf entef a 1I. le iieutcnant au go'ver-
inement ga:ncr:l, porr avoir Ton approbationl, & notifi4 al:,: f-
fembll'cs province i: l & :id nin liv;.es pour afl rer fon excr-
tion dans luis arrondiiffcmnt, rcfpeirfs, In impriin'', public &
afichhi par-tout on befoin fera, & adrlT6 a toA s l.s mcnc1 de Frince qui rcnfcrment dans leurs arrondiffcmens !cs
ports qui c.orrcfpoHn.Ict- avcc Saint Doming:e.
t, -
N-". X'L I V.

DU 13 Sp''ttri-m,?e 179t.

L'Affcmblce ginir.I-l (dC la pariier franr;ife de St.-Dur, tin:C'e,
d'.Aibcriant fur la letrc de M. le licuteirwnt atn gouerrimi'int
general ausx gcens de roulteC'.: a arrctc qu'elle s'en rappor-
t.:roit a la fageff.: de MI.. lo licuir'-n-mit a. gou'vcrnr'mel: Q.,It- ral,
& cite cependant les dct:-co:n:rnifT.irc aupr.s de lui, i;i fEroiei t
part des diffcrens moiF. q'ii ont etc aeiils dans I'A' l,~ilk-.
& particulibrement le fiol'iveimcnt dcs gens de c,;alc':r du:s
les mornes voifins da Port-au-Piince..
Sir la proclamation, elle a arrete qu'elle nauroit pas lien,
mnis que les deux commiifTaires aupris de M. le lieutenant an
goitverncment general prcndroicnt copic d la lettre des gc ns de






.'

J.mnc s r:filectifs, & fera fht, publiC, imprimi & affiw par-toul
on befoinm lera.


SN. X X I I L

Du g Septembre 17.9.
L'Affemblee confidcrant que la position affreufe ol fe trouve
maintenant la pvrtie du Nord de Saint-Domingue, & la nicellitc
d'arreter, s'il en eft encore temps, les progrs dui mal, & d'em-
picher que la revolte & rincendie ne fe propagent & n'cmbra-
fent touted les poffeflions franqoifes de cette ifle, lui impofe de
redoubler de surveillance & de n'admettre dans le pays que
ccux qui, par leurs propridcts on par les liens du fang, fout
pilfuanms prendre inter.t a la chofe publique.
Confiderant que dans le grand nombre d'amigrans d'Europe
q i arrivent journellement i Saint-Domingue, il peut s'en trouver
don't les principles feroient deftruteurs & contraires I'exifteace
politique du pays ;
Coniddrant que par divers avis requs, Saint-Domingue eft
menac, de l'arrivie prochaine d'une foule d'ennemis d'autant
plus dangereux, qu'ils ne fe prdfentent point les armes a la%
jnaiu & que leurs projects font cachess;
Conliderant enlti que le malheur des circonfiances & les dan-
gers fans nombre don't les habitats de Saint-Domingue font me-
naces, ldgitiment tontes les mefures de surete polihiqc quel-
que rigoureuIes qu'elJes foient ;
Aprcs mtnre dCliberation, a arret6 & arrete :
I". Qu'a computer du jgur de la_ publication du prTfent, tout
particulier arrivant dans la parties franioife de Saint-Dominguue,
qui n'aara pas de propriMtd dans le pays, on qui ne fera pas
adrell& & ne pourra pas fe ruclamer de pare.ns tels que pere ,
fils frere, once & neveL, proprietaires on citoycns dornicilies
& connus, ne pourra ctre ddbarque & reltera confignt', foit a
board du navire qui I'aura amnen, foit a board du batiment de a
Nation qui fe trouvera dans la rade oa le navire aura mouill.; .
z". Que ceux don't le d.barquenemnt fera permis, re pourro.t
ccpeiuarit tre mis a terre que lous le caqtionnement de leurs
prens ifit par-devnt ia munticipalite, comite ou bureau de
surveillance du lieu otr its JdIbarqueront5
30. Que c.ux qui arriv.roient porteurs de procuration, qui
n'auront








(zit )
forces majeures; & a pclne en avons nous pour eire ici fur une
d&fenfive hmiliante. Si no's freres d'Europe ne viennent pas
promptemeent notre fecours, que deviendrons-nous
SSigne', BLANCHELANDE.
-_ -. . .. .. .. ..

SN. CXL VI.
Proclamation de M. cadmy" & armnees dti Roi &c.
LA NAT 1rO LAX LOt irT L RO;.

d E PAR t B. R.O I.
L'anarchie la plus affreufe r6gnoit a Saint-Domingue dis avant
mon arrived. A ce fliu defrru&eur de toute fociete s'en et
joint uu autre non mains horrible encore : la rdvoke des efclaves,
& la deftrntion des propri'tks. Mon ccur en etoit dichir, par
1impuiffance oil je ne fuis trouve d'arretr le mal dans fa force.
A des temps- au/i calamiteux vont fuccider des jours plus
henreux & pihs fortunes.
Les comiiffaircs civil envoys par la Nation, cheais &
pommIs par Ie Roi' aurlT long-temps attends que defir4s, font
arrives Ie Z8 d ce mois, en cette rade, fur la frigate la Ca-
lath/e', parties de Breft le 27 oclobie
MM. de Alirbeck, Rourme & de S.int-LUgcr m'ont communi-
que la commiifon dont ils font porteurs ; & d'apres les ordres
trcs-precis qne j'ai re ~us de Sa MajeftI, ii eft enjoint a tous corps
adrrminiltratifs & tribunal d'en fire la tranfcriptionn fu' leurs
,Tre iftres.
I leur eft -g.alement enjfont, iikit qu'h tous officers militaires,
c.'ils & d'adminiflration comme audi a routes perfonnes fans
exception dd reconnoitre AMM. de Mirbeck Roume & de
Saint-Legcr 'en Icur qua'ite~ de commilfTires nommn s par Sa
Majcfti, potfr 1'exdcution de la lo'i dit fivrier.
Au Cap, I 31 ndvembre 7r. 1
Sijnei, B LA s CHS.A L A .D .







( 99 )


No. LXXXII.

Extrait des archives de la paroitf1 de la Cr Ix-des--Bouquets.
Aujourd hui, fept feptenmbre mil fept cent quatre-vingt-onze,
de relevie :
Les co.nmiff.ires du conrfeil de guerre de la p.roifTe de la
Croix des Boquets qui font, MvM. d'Efpinofrc de 'Epine,
Drouillard jcan e, de Juimecourt, Rigogne, Proquau Turbe,
Del.inire & d'Emainneville afleiiblcs fu la pil. c: dudit lieu avec
les deputies des ciloyens de coulcur actuellcinent rffdTmblks
audit lieu, qui font MAM. Beauvais, Rigaud, Daguin tils, Barthd-
lemy, Jofl-ph Laballille, Deniare aine Pierre Cafl & Pierre
Pelleriu, a 'eFffet de ftatuer dtfinii',eiment fur les demands des
cioycus de couleur, concernant diff~rcns dccrcis del'Affemblme
nation..l ; les dpuLtts des citoyens de couleur ont form les de-
mandes qui fuivent & AIM. les comnriffaires y onts fait leur
rdponfe come fuit aprts chaque article.

Demands des deputies des citoyens de couleur, & Reponfes
des c .,mmif aires de la tpaoIife de lt Cr.i.x:-des-Bouquets.
ARTICLE PRElM IER.
Reconnoiffince & adoption de tous les d.Icrets de 1'Affemblee
national, concernant les Colonies franqoifes, fanlionnis par Ie
roi & promulgues jufqu'a ce jour. ( Accordd. )
I I.
- Promeffe, obligation & accord de les executer ponauellement
& rans aucune interpretation quelconque, & ce en conformity~
des decisions de l'Afemblee nationiile meme cet regard qui
defend interpreter. ( Accord.. )


Promeffe & proteftltion franche & loyale de ne jamais s'op-
pofer, dire tement ni indirctement, a I'ext'cutidn, en loute fa
forme & teneur, d'un dcret du 15 mai dernier, pour les Colonies,
que 1on dit n'tre pas encore parvenu officielinment. (Accorde.)
G 3.








de paix; elle ordonna de plus que cette Affemnble e fe froit pa
;feions, voulant Cviter par- la lmultitde & 'affluence de ces
hommnes fans aveu & turbulens, qui ne fe melent de la chofe
publique que pour l'expofer au dcfordre ; mais cette difpofition
fut atiTht6t detruite par un arretd de 'AflemblIe provincial ,
qui ordonna uie Affemble de paroiffe en un feul & mnme
lieu. Ce conflict d'autorite fur un objet qui n'dtoit pas du reffort
de fon adminillration, n'a jamais par qu'un jeu & un trait de
plus a la noire trahifon don't on vouloit carter les moimdres
fouppons, jufqua u moment oi elle devoit eclater.
11 y avoit done un complot que les confpirateurs feuls con-
certoient avec le plus grand secret, & don't it etoit difficile de
privoir le-fmites, en combinant meme les forces que ..s traitres
pouvoicIit employer. Les troupes de ligne des deux bataillons
d'Artois, de Normandie, & le Corps-Royal d'Artillerie, ne pa-
roilloient pas avoir embraffi le part de l'oppofition. Le bruit
couroit qu'elles ne vouloient point fe meler des querelles dee
citoycns. Quoi quil en foit, MM. les officers de I'armee des
ctoyens de couleur, leur envoyerent une deputation pour les
avertir de la prochaine AffemblCe-de paroiffcs, en execution
des articls Vl.& VIII du trait de paix, & pour leur rappeler
aufit qu'ils avoient pr&t ferment de le laiffer exdcutcr en,
tout point. Les foldats f garderent bien de repondre defavora-
blenient a cette diputation pluiieurs mnme dentre eux current
I'air 'y applaudir avec mncerit&.
11 iien wtoit pas de meme de la compagnie des canonnier
de la garden nationa!e, comnand&e par Pralotto, furnomme le
Mal-peignd; elle s'exerooit jouraellement a tirer le canons
elle faifoirdes preparatifs don't plufieurs citoyens &toient tcmoins;
mais on n'en etoit pas effraye on regardoit ces bravades cornmor
la fuite de celles que cette, companies de fIe' rats fe permettoit
fous la protection du commandant-general, M. Caradenc ('),
& autres enrages perfonnages. 11 eft une chofe qu'en ne doit
pas paffer fous silence : c'eft que ce dernier, accompiane. de
Pralotto,& de le Remboure maire de la ville, alloient fouvent


(r) M. Caradeuc, comrnlandapt-ginaral de la garden nationAe du aort-
au Prince, expofa a la muricipalite, un moment apirs 1 malt!.r-ure af*
fire du canonnier que trois blancs venoicnt d'rre aflaillin.c par des
gens tde couleur & la requit de joindre les forces des t;ouip'eC e 4ino.
aux gardens nationals; la municipality require a fon tour M. de Saulnois.,
p.oumatnant, de fair marcher les bataillons contre les Imuli.rcs.








annoncee du ru crdu t ia mai, & des inftrutions qui l'accom-
p:.,aent ; je les proimllguerai auflitot. Alors tout fera ujyla;i,
ch.:cJin conno'r i clairmeinclt fes droihs, & en jouira dans toute
le.r rplinid.Je. Ce n'fic doac plus pour les. citoyrns de coukur
qai.une aif-ire de p :i. nce, .& element pendant -quelque temps.
Je vous engage, Mojiicur, a les exhorter 4 ne ,ien precipiter.
Votus feutez co'nine moi le danger de la noindre fccoufie;
tout feroitrperda, & po'.-r les blancs, & pour eux. Votre zele
pour le bi:n public, & It confid r.,ion que vos vertus vous ont
acquires, me font elp-rer qle voas rufhirez, come vous Iavez
fait jftqu a prelent, a tout pacifier.
Jimigive, Monfieur, que les inquietudes don't vous me parlei
fur l'arnivie de quelqies b:Iimens de guerre anglois, dais la
rade du Port-au-Prince, font mainienant totalement dilripecs,
puifque ces bitimens font repartis. Ces inquidtudes n'auroient
pas fans doute eu lieu, fi l'on edt fu que moi-mrme, de con-
cert avec TAffemble gindrale, j'avois demand" des fecours dans
touts les Colonies voifines, angloifes,, efpagnoles & autres.
Encore un coup, Monlicur, 'efpere que votre example .& vos
bons confeils influeront puiffamment fur la tranquillity de votre
quartidr.'Ne ccffez,i e i ous prie, de pr&cher moderation &
patience, & que chacun mette un peu du fien pour y mainte-
nir la paix, en attendant l'organifation generale & prochaine
de la Colonie &t tout ira bien.
Je vous recommande le nomme Pierre Og6 : s1l eft -un des
SaTfaflins de M. de Manduit, il eft intireifant de connoltre fes
complies.


No. LX X XI.
Leitre de Mt. die amecourt a AM. de Blanchelande, en dait
a .. oflobre 1791.
MO N v" 6i 'R t2 G-I-K P. A A X

Depuis le paquet que jai eu l'honneur de vous adreffer, en
date du 30 feptembre dernier noire position dejh infiniment
critique, a empire ; & no'is touchons peut tre auix derniers
inflans de l'exiflence du Cul-de-fac.
Q uels reproches n'auriez-voug pas a votis fair, M. le g6eral,
a ce malheur affreux, que nous retardons par tous les efforts







('144 )
n'ayant encore 'td expedie, nous n'avons pu nous diflimuler combien
nous ferions coupables envers nos armateurs, de leur lailfer
ignorer plus long-temps Ie *danger auquel leur fortune eft
expolee. Nous avons en confluence dipute avanl-hier vers
l'Affembl e province :le, pour lui demander qu'il nous fist permit
de difpoler a cet effect, de deux de nos navires : notre delnande
ayait ete renvoyee ia Affemble general, elle a prononce un
afavoir lieu a d&liberer. AtiHigs de ce refus, nous n'avons pas
cru ntanmoins devoir nous en temr a cette premiere demarche,
don't le veritable objet pouvoit ne pas avoir ete bien faii par
i'Affemblie : nous lui avons fait une feconde adreffe, t'-inda:te
au meme fait; mais elle n'a trouve d'apput que dans un feul de
fes membres, & nous avons eu la douleurde voir notre demand
rejetle une feconde fois par une prefqu'unanimite.
Quel motif peut done avoir I'AffTmblee generale de nous
empccher de remplir uni obligation autli indifpenfdb'e ? EEf-il
auctin de fes mcmbres, qui ne fache que nos navires en rade
& leurs cartaifons font ls moindres valeurs qui intirelTent nos
commnettaiis & que la plbp7Lrt, indCpcndamnment.des pioprietis ,
ont dcs crdancesconfiderables affe&des fur h majeure parie des
biens de la Colonie ? font-ils done les moins intirdfl's I fa
confqrvation?
Si nous avions pu fuivre l'ordre nature des chores, nous nous
ferions adreffCs a vous Monlieur, en premiere & feule inf-
tance ; mais il a fallu auffi nous foumcttre a l'empire des cir-
cojifances.
Cependant, dans le di~fafre qui attaque *uffi evidammentles
interets du commerce de la mere-ljtrie pouvons-nous, fans
a-lus -he coniffiace aiias nous expofer aes reproches ieCi'iLC
de nos amateurs, negliger aucun moyen de les infiruire des ca-,
lamites qii affligent la Coloni ? Non mais ii ne nous en refte
plus qu un feul, & ce dernier moyen eft en recourant a vous,
Monfieur, c'ef en reclamant votre intervention auprcs de I'A-
femblde gen6rale. Sans doute qu'une r6clamation aufli julte, faite
par le depolitaire du pouvoir exdcutif, par le reprdfcntnnt de
la France rencontrera moins doppoflms, & obtiendra un
aI'cnUtient qu'on ne devoit pas nous refufer.

Signe' G E L S, Secre'aire.


No. XCIII.







( 107 )
II eft que tion d'y nommer des commitfare:; de la paroif'fe qui
reunis avec ceux de routes les paroiffes de l'Ouel t, poiurout
travaillerl de- nouveaux arrangcmens avec Is gens de
couleur.
Dieii vnuille que cla reuffiffe, & qu'is naient pas lieu de fe
repentir d'avoir annulel leur premier concordat; c.,r file-perple -
& les foldats qui demandent ia gucrre ont la pr%'pondcrance jor
y enlrainer ils en front les vitirmes n'ilat pas en Lt de Il
fair contre eux. Les inalleurs des plaines du Nord dLcroie:t
bien leur fervir de leCon pour les rendre plhs pruiens plus
fitcs & raifdnnables, & le perfuader de s'enrichir des dipouilles
du Nord.
La tCte de nos foldats trotte toujours ; on les perfriade appa-
remment que nous ne furveillons pas affTz curs inltir''s; car,
ilme vint avant-hier aufoir une d&putation de toutes les com-
pagnies des deux 'bataillons pour avoir comniimic.ation de toutcs
les ordonnances tant anciennmes que nouvelles je -iur ai dit
que je ne les avois pas, mais qu'ils pourroient fe les procurer ,
foit a a n'imipalte foit a 1intendance que s'is dccovr'oi:nt
que:que chofe qui aftfurt un traitement meilleur, je plaiderois
leurs droits.
Ils pnt parcouru municipatit intendnnce, & M. Defert I'ir
a procure les tfi vo'umes de 1V. Moreau-de-Saiit-M'ry ,-qt'ils
compulfent au quarlier.
Ils m'ont dit qu'etant en guerre ii leur revenoit tin qcnart
d'augmentation de paye par jouretant troupe d'Eurolpe; du fafii,
du ris, & deux fols par four, de plus pour leur co!chi, n'ayans
ni matela i paillafes. Ignore fi cs pretensions front ftLhl ie
& renouvelees.
Je letr ai repondu que I'on ne fe regardolt 'en f'lerre ne'
quand une puiffance l'avoit dclarde que la comparaifon ae pon-
voit etre la mime pour des termsde troubles.


N0. LX X X V.I.
ettre e MM. les citoyensr e coUeur du MirIalahis & M. dJe
Blanchelande, en date dii3 _O obre i9i.

MONSIEUR, LE G tNERAL,
SCeft avec des transports milcs de joie & de reconnoiitance







I, 178 )


tlommes de couleur.


S No. CX VIII.

Leare adrefFl par les Comnmi/fzires de l'armee des hoinmes de
couleur, J, la mlunicialiie de i Sit- Louis.

Croix-des-Bouqujts., le so Septembre 1791.

MESSIEURS ET CIIERS COMPATRIOTS,
Vous ferez avc les citoyens blncs de chaqie quarter un
conco;rdat parcil h celui que nous avons fait avec les citoyens
du-Port-au Princ.e le Ii du' prfcnt mois. Vius n'y changcrez
que la date, le nom du lieu, & tout ce qui puil-etre relatif
au looal & aux circoidntaicts. Vous ttraiterez diredement avec
kls citoyens blancs, & non avec les municipaliths ni avec
les AfMeinble's Provinciales & ColoilesL, Scontre lefquellcs vous
proteffetez dans Ie coniordat. *
Quain cette opcriiion fera terminze, vous recferez-en armes
& en, a.tiitd jufqu'au moment oil les decrets de VAlTembl'e
Natiohale front ponCruellemeu & litcr.alemcnt executes.
Vous ne p-rticiperez aux Affembltes primaires quc lorfque
tous les quartiers de la Colomii front d'accord : alors, nous
aurons foin de vous doniier dcs avis de ce qu'il faudra fire.
Nous vous envoyons .un certain uombre d'eXemplaires de
noire concoid~t : vous aurcz foin de les fire diftribuer dans
tous les lttariiers de la Bande du Sud, & de leur fire parvenir
auffi une copic des prifeutcs inilru6ions.
Les quartieri qui n'out point encore pris les armes, les pten-
.dront de fuite, & demaiideront que leurs droits foient reconnus
par un concordat pF-cil t celui don't nous Vous envoyons des
copies: alors is refter,.vi arn-rs & en aftivit jurqu'aiu nouvel
ordre, coinme ii eft dit ci-defius; vous nommerez des chefs
part vous & vous ne fouffrirez pas que les blancs vous
commnnidcnt, nmains qu'ils n euffent ete nommnct pat la majority
des fufrages; ce qui ne pourra ,voir lieu que lorfqu'on con--







(t ) )
& centre le colonel du regiment du Cap. Je feral en forte que
ces corps .ne fe joitn"ntt pas; cart de deux choice I'une : on it
regiment du Cap fwviroit contrc les: detchemeins, ou cOcu.-ci
parvicndroient a renverfer la difcipiine du r.ginint, en lii
comnmuniquanL leur ddtngerenfe doctrine ces deux cvs6 emcls
feroicnt tgAalement coinraires au bon.or\lre & a la rctuibon des
cfprits, ii nicellaire pouragir de concert contre les ~volts.
Par les lettres du commandant pour le Roi, & de VAffiemb!cc
provinciale de l'Ouetl, I1 ne piiroifToit p.is que les gens de
couleur de cette te pr ie futent tranquil!,s. J'appris par de
fecondes lettrcs que je regus d'cux, dcux heures aprcs )ue oes
mermes gens de coul'ur, ml-s aVcc des .li--grcs ellavcs, s csoicnt
ralrfmbils en aries aux environs dci Poit-4-u-Prince & avoien:t
mhne C commlis qquelque aLte !holti e pen con!iddrable a la
vcrritL, far certaincs habitations il avoit 4te pris des mefurcs
pour les arrcter; :a les chores dmns cet cLta je n'ai plus cude
nouvcllcs de cLtte parties. Je pen'fe que ltorque les gens de
couleur auront coniiiu lds dirpoitions de 'A flt-blee genCralc
a leur tegTd, coniignees dans I'arr.tt don't jejoins ici copieils
fe front ydtunis aux citoyens blancs.
Par Ics lettres dtt Suid c-tte pirlie etnit trinquille.
Le v:,iffeau le Boree fe trouvant a Saint-IMa.rc jai tcrit
M. de OGrimoire de fe. rendre an Cap od it pburra Wtre d'un
giand recours. En efflt, ce vaiffeau pentt mc tire a terre dans
un prel'ant, bcfoin deu.: cents ou deux cejlt ci!nq'-ante h omnmes,
& les canonnier de foh board devenir effentiels fur no&-
batteries.
La plane de Leogne paroifTLit un peu agiie d&apres
certaines lettres. Les itemiieres depeches qie je recevrai de
cett- partie nme feront connotLre I'dta des chores au vial.
. D'iap's ce rcit je ferai peu de i.flxions fur l'ctat affreux de
cette parnie de .li Coloniz qui eft mentecce toute entire d'une
fubverlion toale fi les rCvoltcs fe portent en inobre au Cap;
et ne dois pas dout-r p.ir la terr,-ur qui y regne, que les
cfclaves fe revoltant auflit6t, la Ville Ie foit incendite. Tous
lcs blancs font ici, a 1'iception de notre portion de troupes de
linc, d'un decouragement don't on ne peut re fire une idde;
d':illcutrs, il ne faut pas en doutcr, cette Vill renferme un
tr's-grand nombre de blancs mnil-intentionni's & pauvres, qui
n artendent que le moment du difordre par F'erfprance d'aniliorer
lear fort pa r le pillage. Je n'en do-incrai pour pretve que le
refus forinrl que cette claire faith pour foc ir de la Vile', pour-


i : :







PIECES JUSTIFICATIVES

D U R A PP POR T

SUR LES TROUBLES DE SAINT -DOMINGUE,

FAIT

AU NOM DU COMITfi COLONIAL,

PAR CRHARLtS T AR B Dputd do la Seine-Inf~rieure.








Procs-verbaux Arrus Prodlamations Sc. de'l' -
feimle' Coloniale de la parrie franLcofeI de Saint
SDominnmue.

N-\, ----- - ----,--, 0

N0 I. L
Se'nce du 3 Aoti' 17? a Leogane.

T5Ji des members a annoncd 4I Affiembl&e qu'il loit do la
plus grande importance d'annoncer a la Co'onie, que fes Reprd-
fentans, unis de coeur & d'efprit, i'avoient d'autre but quc foa
Pieces juftificarives, &c. A









de ce mols; je vais-y rtpondrc plus en pere que come reprc-
fentant i'un roi qui dolt etre Fobjet de flamoir & du rclfpoe
de tout boi Fri.nois.
Je vo6s .,,ec douleur que des motifs etrangers an bien geindral,
vous cnmp.chl.nt d y coopcrer; & que vos demands contraires
aux loix que \ous mIn (Icz, & fur lefquellcs vous prctendez les
fonder, vous 'font reg.irder vec iune efp'ce &cindilf.rcnce les
maux afifreux qui dJfolcn' la province du no-d de S.-Domingue,
& qui p'-Uvrent devcnir plus tcrribles encore porr cells de Floueft
& du fud, fi on neles arrete A leur fourcc. Ell-ce done Ie mo-
ment de difputer fur des drohis que perfonne ne vous contlcfk, a&
don't l'AfrT:iiible gienerale & moi fommes dimis la fcrmc rofo-
lution de vous metcre en piffetlion, aufhlitt que le decret du
S1 mai, qui vous l,-s accord, me fera parvenLu officiellement?
Ser:- ce par la fubverlion de cette flo:iffimte coritre occa-
fionrnde par votre tidciur, -que vous parvicndrez a vous procurer
la joulilTmce iminn;i:d1]. de cs mnies droits? Je vous le deniande
mes entins? La Fr'Iii. Pno-.r. jgera tons. Que dir i-t-elle, quarid
elle faura qu'un eTii de :htn;rce & d'iiiquieude dcous a recdus
tranquilles fpetadteurs des cdalamit,'s de vos freres ? Trouvera-t-
elle idns la con:duite -qu' vorits voztle te/nr, au moenit ot't la
chofe publique c.'i dans Ie plus grand danger r, le prix dit
bienfirit qu elle vous a accord' I Ah I rentrez en vous-m&rnes,
mes braves amis; ne ,oyez pas de fang-froil couler le fang de
vos pares & de vos prcmiers proLtec-urs. Venez plutot fr itern
rifer & cooperer avec eux duins tous les camps qui bfot fous mies
ordres immedi-its, A la ddfaite des rebelles & a les fire rentrer
dans leur devoir.
Le field le plus amer eft rdpandu d'un bout lnautre dans votre
lettre ; les terms les plus choifis & les plus forts font employes
pour noircir les deffeins des reprefentans de vos amateurs, don't
cependa "t les travaiux, pris dans leur .e'ritable jour, n'off'rent
fuccefi;ement, depuis qu'ils font ajembnbles qure desr fultats qui
demniontrent leurs bonnies intentions pour les tito'ens de couteur.
Vous relevez ironiquement 1s qcuatres fanlces qpi out product
I'arrete du to feptembre deriier. Si que1 qu'un de yous en cut ktt
temoin, ii vous edt dit que la longueur' des dircu!fions n'a 4t6
caufee que par deu'x opinions diffrenles; lune pour fire executed
des-a-prefent le decret du Ti mai; rautre pour en pro.nettre
feulement I'executioh, & manirefler a cet egard IA volonte la plis
dricidee, auffitot que i'aurois recu & promulgue ce decret. Ce
aderier avis a fagement prevalu il eft fonde fur le decret national






(145$

: No XC II I

'AdrefTe de divers particuliers d.tenus dans la Chapelle 1e 1k
Providence au Cap Frapjcais dans l nuit dit s au
S ORobre i .7 .. : : .

S:ASSEM E BNL E ENATIONALE.
MES IEN AT RS

Du fein de l'infortune & des horreurs d'une injufle oppref-
i fon., laquelle nous ne devions pas noug attendre en arrivant
tlans un pays oi nous comptions trouver des franCais & des
fetes, nous fommes obliges d'emprunter le fccours des tinebres,
pour vous adrefer' nos rcclamations & implorer de votre juflice
ties reparations de la part des colons de Saint Domingue, &
d'n indemnitls pour les torts que nous portent les r.auvais
tihitemens qu'ils oni excrc s a notre igard & que nous allons vous
tettre fous les y'ux.
Accoutumcs, depuis long temps a jouir des bienfaits'd'ite
Iiberte que .nous demons a nos efforts &'a notre'fageffe, nous
croyions ktre, 'our minais i labri, des traits odieux du defpo-
Sti fme, & cepeni&aCt-nous venons d'en terouver tontes les rj-
gueurs malgr' toutes les preuves que n6us avons fourni de la
purete de nos intentions, & des .motifs qui nous ont conduit
"dari la Colonie.
Sans doute, fIeileurs, vous n'ignorezpas les di~rfPre"sinpr-
vus-& acctleiils r-Tuil-nt, de Infurre&ion des negres, dans'l~
Nord de la parties fiianqaife de Saint-Domingue; mais ce-mal-
lieurs, quelques grands qu'ils puiffent etre, n aurorifent pas cedit
quiles out proves, & cux qui cn redou:oicnt les fuites, a nous
'et faire fuipporter l.1 pine, & a rejetter fur it M're patrie ,1l
caufe de calamitds qy'elle elt bien eloignae d'avoir produites.
Ce font les paigagers amenes de France dans Ii Colonie ,par
'dverfes vues, qui vont prdfenter ia.votre jinice i'expofb conris
& veritable des paux .qquI'n leur a fait fouffrir a 'dpoque -de
cette malheareufe circonftance, fuis avoir dgard aux paff6s
ports qu'ils ont ports de France, & aux recommendations & fildete
qu'ils ont offer inutilement.
A peine arrives dmns la rade du Cap franqais, nons avons 6t6
confignCs k bold de nos navires refjefifs ; & cette privation
Pieces jutficatives, &c. K








peuvent computer fur notre franchise & loyaut. 11 eflt tihint,
Melcieurs, que vous nous regardiez tomme des frres; le peril
preffe; les poignards s'aiguirent fourdement: hlicz vous de
meriter les fecours que nous vous offrons fi vous voulcz devenir
juftes.
Nos dames, non moins tranquilles que les v&tres, font refugites
dans notre camp.
Sign g Carneau, capilaine-ngedral, Chaulotte fils, major-
general.

No. LX XX.

ettres crimes par la Municalite des Verretres id fflemblee
general de la pattic Fran oife de Saint-Domingue.
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTS,
Tous nous empreffons de vous fire paffer copie d-'une lettre
des gens de couleur de notre paroife, & extract d'un arret6 des
citoyens blanes de Mirebalais & des gens de couleur; vous verrez
Sleur prtention ; nous vous prions de nous aider de vos lumidres
ponr repondre avec energies a une fren'fie paieille t notre com-
mune eft montee au point qu'elle nie veut entendre parler des
gens couleur fous aucun pr6texte; e Ie paroit decidee a ne prendre
aucun part, que lorfqu'elle y fera force par un arretd de votre
Affemb.Le. .
SSiig les Officiers Municipaux des Verettes.
Le Sep embre -p ,
-- i ---m-- -- -' m. . '- "

SNo. L X XI.
Lettre de la Aunicipahice dcs Yerttes.
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTS,
Nous avons I'honneur de vous adreffer copie d'une lettre des
gens de couleur de la paroiffe des Veretes, & d'.n arrtk p.ris
par Ics gens de couleur & les cHoyens b.ancsdu Mirebalais.
Nous avons cru, vu la circonftance critique & 1'inte'it majMur
que nous avons a les raiener aix vrais principes, devoir leur
rdpondre par une proclamation que nous foumettons a volre
jugement.


I--







( (6 )
Lt partde de I'ouct de ;i province dci nord, don't cerhtns
ateliers fe fort aulii revo!trs avoit bcfoin d'un co.nmniiiJint
cr p.ible de diriger les troupes patrintiqucs de cctte partie. Sur
I'invitation quli n'a ite faite p.ir 1'Affenbl.:e gcnierdc, j'i nommi
M. de Cafnmajor, commandant pour le roi au Port-de-Paix, il cette
plAce; je l'ai ctIrg~', a composer un corps de ciio)Ins blancs &
d'hornmes dlccouicar, qui puiffe former avec fuccts line r3ilf-
itace coltre les r.vollcs du Borgne, pelit Saint-Louis, Port-de-
Paix &c. .
La Tortue pouvant deverir un point de retr:'ite pour les
citoyens de ces qu;iricr;, fai c nvoy3 dans ccte e els c:ons,
arcn)s & imuniious de p,'erre, don't jai pu dirpofer. J'.di ctatli
(d's pc;its bateaux pour cr oirr depuis Caracole jufqu'au port
Morgot, & *le ce dernier lieu dans le canal de la Tortue ; it' leur
ai dionn l'ordre de cot:cr gnderalement routes les petites embar-
rations qui pourroinent etre fufpeE&es, & fir-ltout cells qui auroient
a l-.ur bord des ncgres r1volits.
Jai donnI die ordrcs pour fEire venir de Ia garniron du Port-
au-Priince ;oo .hol.mes & 4 pieces d'artillcric : qui Idbarquant
aux Goin ,es, occuperont avec les citoycns P; homnics de couleur
les ,sgorgs & p;ailCes, dcpuis la Marmelade, en occupant les
p.'iirn.ff de Plaifince & du port Marg',t jfqiri la mer. Par ce
rnnye)rn, la r.voliTj f-ra v rrltec a clte haulctur, & ne coninmni-
(jiCa paC s dans les plro1 iCe de l'oIcrl & du. fiud, en f'pprnf-nt
iu;efris, q:u'-.lie in':: pas Cte combined par des bl.mcs philan-
trnl.- 1 ",," f0 o:'-yi rtle behlcorp :.voir it( cni'oen de France
pr t.cC,~ ion-.-' ctle :Ti'on.'athle & 'nhi,m;ine revolution. D;ns
ce tcrni.r c::,;, la Cok-nie cfi perduie fans relfourcc.

- LAffemblr e /cgnralc s'occ pant, de fon c.6te, de tout ce qtui
pouvoit tcndre ait hlut de laCtolonie, & Sonfidcrant que la for-
inaiion de trngir rcgi'n-cIs dtoit niceflfiirc, non-reuiement pour fa
ir'icL: & ti sptretd., m ,s encore pour y retircr quantity d'individas
quCe is malteaurs di temps oat plonees dains la misre, par la
grande enon qi rePne dn.,, prcfque toutes les parties; &
irc'onnoiffl~nt I'utilit' d rctte Fo !mi;ion ; dans 1'ltat critique oti
fe tronve i Colonie jai ap rnuvc provifoirement 'arrete de
lete AIT'eml.ke ,- &nei vons trowvcrcz ciL-j~rit un excmplaire.
M':dit ai..pt'ern dains ditffircites' circonflances, que les troupes
patrioliqu'es' n' ,tnrert p:.s Lien pzitriers qu.e dc 1'efprit d'ordre &
d, dicii-j.!in' driE.:n!loieit & Ia si'rect de li ville & I sirced indi-
,idlucll k lqu'l l'hjit irmiporant de priveniii les mnaheurs qli pour-


---------i~-- -a




xml version 1.0 standalone yes
Volume_Errors
Unscanned
PreviousPageID P398






Et d'abord nous avons fait la dipenfe dune traverse taller t
qui efi tout-a-fait perdue pour nous, puifque nous ne pouvons
n retirer le frui ; enfuite nous voyons detruite entitlement la
perspective q6e chacun de nous envifageoit dans ce pays; les
uns venoient en recouvrement de fonds, les autres pour gerce
des habitations; certain pour entreprendre diverfes branches
de comamece; & tous dans l'intention commune d'cxercer leurs
talens & leur induftrie avec toirte la droiture &- l'honn&tetd
convenable : & cc n'efl pas une petite perte de voir renverfer
n tun feul infant tous les foins pris depuis long-temps pour
arriver au but que chacun de nous fe propofoit.'
Le temps que nous avons perdu dans le voyage doit entrcr
pour beaucoup dans toutes ces confiderations; c fi vous y ajoutea-
les defagrimens d'une traverf&e d'hiver qu'on nous fera fire.
fur le point vous aurez une jufte idde du defpotifme qu'oi
cxerce impitoyablenient fur nous.
C'eft pourquoi nous n'hilitons pas de vous demander juice
de toutes, ces fouffrances, & vous prions de vouloir bien nous
indemnifer des frais de nos paffages. Nousvenons de voustracer 1I
tableau des tyrannies don't nous avons 4td les malheureufes vic-
iines, mralgr6 la proclamation folemnelle des Droits de l'homme,
que nous ne crQyons pas meprif6s dans un demembrement d'une
nation regen&rce. Nous fommes Franais, & unr people inhos-
pitalier ofe aufi prendre ce titFe, aprcs avoir refuf6 notre fra-
ternit & nous avoir rej6td de fb fol fein. Auni neus foupirons
tous apres le moment qui pourra nous rendre a nos vrais con-
citoyen & oil nous pourrons vivre libres a l'abri des fages
--loix-tque-vous avez-fa-ites-pour- le-bonlheur de la nation. Pnifliez-
vous, Meflieurs, jeter un regard favorable fur< nos humbles
demands puifliez-vous agrier le fincre homage du refpel,
de la foirviflion & de i reconnniffance des malheureux paffa-
gers deteuus au moment mime dani la chapelle de P'h6pital ded
la Providence au Cap franqois, i:le Saint-Domingue
Si-ne' B. Nogud; B. Burettz ; Malzac; Antoine Ginoux;
C. Capron; L.Deprat cadet, de Marfeille; J. A. Mallac, ainey
Collin ; Beaunde, le fenne; Libert Collin Vitalis ; Moifeaftele;
Foulon ; FouLrnier Romieu; Reutain; Piperou la Ferrendicre;
Nan de St. Amarit. r

P. S. Er vertu de l'autorifation des paflagers venus de France,
a ;enfermis avec moi dans la chapelle de l'h6pital de la Provi-
dence je m'engage ia prendre, a mqn arrive en France, toup
-' .~ K i







S. ) ^86) -
citoyens de' couleur, ant nomme pour leur prdfident Ie Gelnt
Lory & pour fecritaire le fieur Gafton Duvivier. Aufli- tft
le prdident auroit faith appeler le fieur Valentin Deculion, ancient
depute a 1'Affembl6e gendrale, qu'il a fit arrive dmas notre; villa ,
pour Ie complimenter fur le zcle infatigable qu'l a nianifefte
jufqu'a cc jour pour le bien de la paroilfe ; on a appele Cgale-
ment MM. de la Ruffie Roguan Delifles, chefs des' d'.tache-
mens compofds de citoyens blancs & de citoyens de couletir, pour
voler an fecours de nos frrere dans le quattier des Palmes, &
on leur a vote des remerciemens du zele & de l 'bravoure qu'ils
out d6ployes contre les brigands, des mains defquels ils ont eu
Te bonheur d'arracher les dames Values & du Camp, qu'ils ont
rameneesen cette ville.
Laparoiffe confiderant quc les ctrconftances calamiteafes ol
elle fe trouve, neceflitent des examples de f6verile arrete que
MM. de la Ruflie FLbre, Vegeois, de Ruli Hory & Senat,
continueront les fondions de la commifion prev6tale, avec le
ficur Paulmier aine, leur fecrtaire-greflier, jufqu'a ce que la
revolte foit teinte, & approve d'avance toutes les operations
qu9ils ont faites jitqu'a ce jour.-
e flieur Deculion s'elanit de nouveau prdrente, & ayant fait
f'aveu fincere i la paroiffe qu'il ne pouvoit accepter la place de
fenichal que lu avoit dcfdree 1Affemb!ee provincial de 'Oueft,
que meme il avoit deja reivoy, fa dcmitlion a fait appeler
MM. Huet, Barail, & Delafond lequels fe font, prefentis
dans fon fein & out te de fuite retablis dans r'exercice de leurs
fonlions
Le fieur Mace, fifaint fonftion de lieutenant-de-juge, a d6clar'
tEil entendoit s'oppofer h la rintegration des anciens juges, &
voaloir conhinuer les fonftions que 1'Affemble de lOueft lui a
confer6es; fir quoi, la paroiffe a arrete qu'elle autorifoit fes
anciens juges i reprendre leurs fonaions & fur la demand que
AM. Mace a faite A fes reprefentaiions que l'arrktd qut i* e con-
cerne lui feroit notific la paroiffe a juge qnil s'abfliendroit
de fs o fotions de lieutenant-de-fuge ainfi quele fieur Henrion,
procureur-du-roi, & M. Rochefort fubflitut. Pour eviter toutes
difficulties la pa3;-iffe lenr a fait des remerciemens du zele
qdtils ont mis dains leurs fonftons, & qu'ils s'en abfliendroient;
e qui leur fera notfie. Et les citoyens ont fgnt au regiftre.








de cette parolfte, i cette munlcipalite; toufes ces pieces ayaht
pour objet de former un tribunal de commiflion aux Cayes.
Une des lettres de la municipaiile renfermoit la deia;ude a
I'Alfepblde, d'un btiment pour r-nvoyer en France tous les
blancs inconnus & fufpe&s, detenus dans ls prifons.
L'Affeminble a arrete que la nmuicipaliti des Cayes feroit au-
torifre d'emnbarquer dans les diffrens batimens qui partiront de
leur port, en vertu de l'arrete qui modified embargo, les blancs
fufpe6ts, detenus dans les prifons de la ville.


N*, XCVIL.
Du premier Otobre zypr.i
Le&ure a &te fate dune lettre de M. d'Afas, general de Iadite
prmee, & des pieces par lui adreiffes a FAffemblee concernant
'alffaire de M. Charpentier & de fa compngnie atuellement
detenus par les brigands dans fIun des camps de 1eft. L'ATem-
blee a arrWtb que les lettres don't ii s'agit & les pieces y joints,
au nombre de fix, feroient remifes i fon comitd des rapports,
pour qu'il ait a s'en occuper, & en rendre compete Alffemble
dans un court dtlai.

No. X CVIII.
Du premier Odobre 79 t.
Un des menmbes a reprdfente que diverfes dcpofitons ne per-
mettoient plus de douter que les Efpagnols ne tiffent commerce
de pondre, qu'ils achtent dans nos villes & vonit revendre aux
angres revolts.
Sur quoi, la matiere mite en deliberation, l'Affemblee, apres
difcaffion, arrete :
Que I'Affemble provincial fera iiwitee de fire fire perqui-
fition, Ie plus t6t poffible, daps toutes les maifons de la ville du
Cap, fans diftin6tion, & d'en extraire les poudres qui y feroRt
trouvnes, pour les ddpofer enfuite danls les magafins du Roi;
SQu'embargo fera mis fur tous les batimens Efpagnols de long
course de cabotage, qui font dans la rade du Cap, ou pourroient
y arriver ; que. vilite, tat des papers que du chargement,







( 86 )


N. L X X V I I.
Reoanfe des gehs de couleur la laettre ci-dejTls, en date
du 13 Septembre 1791.
M E S S I E "U-RS,
Vo's tes, dans une grande erreur, & fur les gens de cou-
leur du Limbe, & fur la caufe de la revolution a&uelle. Nous
vous proteflons que nous n'a'ons aucune part a linfurrefion
des cfcl.ves; ce font eux qui f--uls out former & execute le
project de roFpre Icurs fears. C'eft done mal-h-propos que vous
inoLs a:ccuf-z d4voir forced les efclaves a la revolte, & que vous
vous adreffez a nouss pour fire des propositions. Nous fommes
ai milieu d'etux & fors leurs ordres. ils nous ont arrachs de
force d& nos foyers.pour combattre avec eux. Voil/ notre po-
fi;ion. Us demrandent la liberty general, & paroiffent dCtermi-
nes a ne jamais netlre bas les armes qu'a cette feule condition.
jls fri-t en pleine rtvolie depuis le Onianaininthe jurquici, bien
pouivus do toutes fortes de munitions de, guerre, bien refolus
de ne pas abaundoner la partie. Nous penfons que le moyen le
pl.-s f:ge de r nmener la paix dans cette ile, feroit de leur
accorder ce qu'lls demand tit.
Veuillez, Aiefieiurs, adieffer l'avenir vos ddput.s au camp
gtn'r.dl d s negres, & non anx gens de couleur, qui font fans
autnrite pour rr iit'r avec vous.
D'aile'.rs, Meflieurs, Oge & les mulatres que vous avez
fait mourir, vous n'ignorcz pas qu'ils ont des famnilles efclaves
daans les .hibittions, & qu'ils che.rchent a venger linjuftice que
vous avez faiLc a kur famiille.


No. L X V I I I.
Lettre des gens de co 'tlcar dit MPI4ratz ,r M l. d T flanchelande,
ehi date 4it 26 Setermbre 1795).
Mo N s I E v R t, L G ~ n r R 'A L,
Nous avoni reCq! Ihinineur (de voire lettre; en date du 14
fepCier.ibrc uois y voyonls avec une joie inexprimable que 4






demands par mh lettre no. r48, nous deviennent de plus en
plus nCce faires; car nos foldats &, troupes patriotiques coin-
mnencent i etre cruellieint faiigues.'

N*.0 L X I V.

Lettre de M. de Bi chn cl inde ai m inffr de la marine,
date'e du Ca, .Ie 29 Septembre 179 :1
M b ONSIEUR, R4S
Je profit, pour vous r ire panter cette dpkclie du depart
de fix commiItdres que 1'Afif:mblL gcncracl de la part fr.n-
goife de Saint-Domingue depute aupres de 'Arffemble national
& du- Hoi.
Vous aurez vu, par mon n*. 1z dcrit laa hAte, don't je
joins ici un duplicate, quel etoit 1'tat des choles daus'les par-
ties du norIc de l'ouefl. Je votis annoncois auffii, Monfieur,
une attaque Tur les habitations d'Ago i .'L Galiffet, daps le quar-
tier de la petite Anfe, que j'im:i ,niois devoir produire un grand
effet par La multitde des 1negrcs qi s'y ctoient rlfugis Sc
qq'on m'avoit affur6 s'y etre fortifih'. Je penlois que, trouvant
1l rumie la majeure partie des revolt's, les avaztages que l'on
renpor'teroit feroient conliderables, & q',e cc qui s' chapperoti
ne pourroit plus fe reformer, & demanderoit grace. J'dtois d'au-
tait plus perfuadJ de cette dernitre rflexion quc ( : 2z il y
cut un eunretien entire des dragons patriots & quelqucs rdvol-
ts d'apres lequel il part a ces dr-gons qu'une proclamation
de ma part powuroit produire in bon eifft.
L'idee que f en avois ,d'abord ej, m occupoit fns ceffe ; je ia
tdmoignai de nouveau a I'Affemblee gndrcalce lui ajoutai ren-
tretici de nos -dragons. Elle fe- dcida ,alors a ne phis contrarier,
neis defirs.a eet dgard. Gette proclamation, don't je joins ici,
des copies, 'fut imprimee fur-le-champ, & remife le. 23 en un
lieu convenu avec les. r5voltes. Les memes dragons furent
r.hargis de cette million; mai.s leur efpcrance ne fat pas.accom-,
plie. lls depaffcrent le lendemain, de beaucoup, Ic lieu fix&
pour recevoif la reponfe. Cette imprudence occafionna un petit
combat. Nos dragons, en tres-petit nombre,. flurint enveloppcs
par un part confidrable a cheval Uls voulurent fe faire jout
le fabre F la main, & cinq dragons en furent la vietime.
PiUces jujificatip'es, &c. E



4 IT 10 t, f







-- S I IIII I 1 I -- ** i I I -- I
SN. C XX I V.
Lcttr i de MMA. ls Officiers- Afunicipallu d h Por't-au-Prince,
d Al. tde Blanchelande, en date td z6 Novembre tygi.

lMONSIEUR LE GENERAL,

Nouns.notis empreffons de vous Influirce des evnemens defaf-
'trctix don't noire ville v-Lnt d'etre la viwtnie. Notre position
trt ;:rrculfc & nos nmalleurs ne frcnblcnt pas encore a leur
ItT-e.
L-iri i dernier, zI de ce moist a paroifre convoquee en ex,-
C.iol dn traiti de p.Uli 't A it de iappeler fes deputies a
l'Affcibl.e uidr.tlle & a l'Affl bl'e provincial s'el affcmblde
en quatrc fe.liojis i 1i prefq-,;.e uInaniinite dans trois fefions avoit
Ce pour Ic rappel des deputies & la revocation ds pom ojls;
ddns la quarLmc fcLion, un vCeu contraire avoit tLe csprin l
parl :n f:r'is a l'ex'cl.ioni. On drevoi frir i a trois heures apiCs
midi Ie d poilleincic dcs Icruliiis p.rticuliers, & il en rifulioit
i' la p.r. i::je m::iori.J .toit t0o r l'fex.iCL ii:n litt;r.le des articles
7 & 8 du trai-; d:' p:., c':ri-idire pour la ri-voca.iondes dJ-
putis aux dcir, AfficlljfLs.
Nous etprion.; par ce moycn voir la tranquillity publique
mainJtenue, & avon CdiLe de grand d.Tfalhis ; nous actions bien
loin de prdfager ccux dorit nous Ctions fi proches. Dans ces
temps-de calamit&s, deptis que la confufon des droits & le
mdiange des homes librcs & arrecs avcc les citoyens oilt
rcndu cette ville le th 'ire de la difcorde mun par iottes les
options I.'s 1i s l s vives, -ii toit impoffible d'oppofer fans cefTe
a I:ur aolion l rraidion de la moderation & de la T;hgeffe Soit
dtfaniee, foit dcffein chez les homlims de coultnr, ils avoient,
dts le lundi ?si, fait enter pluhicurs dttachemcns des leurs au
norbre de plus de zoo. L'iUlnuietude qu'nls caufoicnt. deja aux
ciloy ens en eft revenue plus grande. Ils fc fouvenoient d.es in-
iirL.s perrnnnelles qu'ils a'oient requcs & dedaigndes deleur part i
mals leur raffemblement dans un jour oil autant de mode toitt
dCfarmu c d&liberant, occaionnoit la plus plus gratide fermen-
litnil. D.ns cet etat de chores, le moindre eveinment parti-
culicr eft dcvenu la fourGe du ma1heur fousd lequdl nous ge-
miffoss.







(7 )
celle qu:e e dcel vous prepare, fi vous pertiftez dans vos man-
vaifes intentions.
Je vous engage done de vous retire fir vos habitations, avec
la ferme refolution je vous declare, en ma quality de reprefentant du Roi, qu'il ni
vous lera rien fait.
J'cngage les bons negres qui ont dt6 trompis par leurs ca-
mnarades fourbes & mechans, de s'bn emparer fur-le-champ &
me les remettre ; de rejoindre Icurs maitres qui, malgr leI I
qui leur a t fait., les reccevront en peres & en bienfaite
& leur front grace.
Je vous jure, fur ce qu'il y a de plus faint, que je vous tien-
drai fidelement la parole fe tout ce que le vous promets, fi
apres avoir entendu les ordres que le Roi vous done par ma
boucle, vous vous y foumettez fur-le-champ.
Si vous perfiftcz au contraire dans votre affrqufe revolte,
remblez, malheureux plus de grace pour vou. Par-tout,
les troupes que je command, & cells qui m'arrivent de San-
Domingo, de la Havanne, de la Jamaique, de la Nouvelle-Art-
gleterre, &c. ainfi que des negres & mulAres libres qui viennent
d'etre arms pour marcher colitre vous, vous extermineront fans
pitid. Ainfi, ou la minor ou votre pardon : choifife2.
Je veus done d'ici demain au foir pour me repondre. Vous
pourrez m envoyer des negres pour venir me parler, a qui j~
vous promets qu'il ne fera rien fait ; je vous en done ma parole,
qui eft auli facree que. celleU'du Roi..
Au Cap, le %3 Septembre 7791.
Signe_, BLANCHELANDE.


N0. LXVI I.
S P RI OC,'L A M A T I-ON.
-Pfrllbert-FrancifHs -Kouxel de-J Blanchelaindc ,_ Rep refentant
du Roi., 6& Comfiandanr-ge'neral des troupes patriotiques
ti de line de la ,prtic ftzrncoife de Saint-Domingue.
L'Affemblne gndrale de la partie frangoife de Saint-Domingue,
par I'on .arret du to de.ce n'c ois revetu de meni approbation,
a annonce, d'une manure franche & Inyale -on intention de
fire jodir les: hbmmes de coeleuir, nes de pejre & mere librcs,







,( 74 )


Hommes de couleur.


N. LX V II.

Jerttre tie laMtunicipalit' de Larcahay. lg 6 Septembre 1791.

IMigSSIEU1RS ET CHERS COMPATRIOTS,
Nous avons requ 1'honneur de la v6tre ; nous fomres tou'ours
dins les tralfes au fujet des gens de couleur. Nous fommes coati-
mnuellement fur nos gardens; on nous ripporte qu'il y en a cinq
cents d'affeznblecs a trois liues de notre bourg. Nous n'avons pu,
m.lgr6 ]a faguffe & la pacification, les faire rentrer dans Je
devoir.
Nous vous envoyoiip une copies de la lettre quils out ecrite i
MM du diftrift de Boucaflin. d
Nous vous prioius de nous inftruire de ce quife pafTe dans la
partic du Nord,fi vous en recevcz.
SSigne ,les Officiers Municipaux dcLarcahaye.


N. LX I X.
cLttre des Gens de Couleur de Bouctiffn di 4 Septembre tcs t

4 ESSI It iTS,
Nois fiommes defefperes que vous vous foyez rendus inulils-
ment chez M. Cameau: ii nous euffions privu que vous duffnez
:y v nir, nous aurions vole, a votre rencontre, & nous nous fullions
cxpliq'ics fur les points qui nois divifent. Nous acceptons avec
fjoi; -.propoition que vous nous faites ,de nous trouver-cinq ou-
fir chez Al.-Caineau a neuf heures du. martin Nous nous confor-
mcroas a vos defirs ; nous fommes loin de defrer la guerre, mais
no s lomnmcs prets a rcitreprendse, fila paix que vous devez nous
apporter, eft une paix honteufe & indigne d'un Franuois de ce
fNO vcl u prions de nouveau de raffurer vos dames; e.les
Nous vous prions de noiuveau de rafilurer vos dames; elles


~_ -- ---~-~~----------~~`~~-"I ~~`~~'::


IIR4R~s~aaa~maaa~,rlarslaaa~wm4sl ,,







vous n'avez befoin d'aucune proteftation de note part pout
crpire a la loyaute de nos demarches: c'efl avec ces featimens
que nous ferons toujours vos devouds & iincres amis.;
Signi, ROUANEZ fils, & Ja FORET, raii,

S. No. C XXI X. ..
Lerrre de deMM. Rouane fils <& la Posrh, a ne' d M. ddffas.
Diu iz ORobre 179 .
MONSI EUR L G9N;tRAn ,
C'ef avec la plus vive doueur que nous voyons que tous
nos efforts pour operer uune reunion .nvceftaire, deviennent
infru&ueux.
Nous avons une mill;n tres-difficile, & qui .n'auroit pas di
l'tre, ppifque jious nous trouvons entire nos peres & nos freres;
mais, nous le difons avec peine, la confiance n'exifte plus ni
d'une part ni de 'autre.
Aprcs avoir tout fait pour la caufe commune, fi la reafllte
;na pas comblA nos efperances, la feule consolation qui nous
refte & nous fuffit, eft I'approbation de notre confcience.
Nows attendrons, M. le Geinral, jufques vers midi, la reponfe
promise de la Montagne : fi a certe heure elle ne nous parvient
pas, nous aurons l'hoaneur, M. le Gendral, de znous retire vers
vous, pour que vous veuilliez nous permettre de nous rendre i
nos affairs.
Nous fommes avec un profound refpe&, M. le General, vos
tris-humbles & trs-obdiffans ferviteurs, Signe, ROUANEZ, flls,
,& Ja FonT. ... '

No. CX X X.

Lettre de A Bruco'urt-'flrieu.r A M. d'Afas, commandant
tde Ia division de 'Ef .
Ayant obtenu un conge pour me rendre fur mon habiation,
a peine y ai-je ete arrive, qu'un mulAtre de ma connoiffance elt
venu me voir & m'a tcnu la conversation fuivante.
Apres le propos d'ufage, il m'a faith part que tous les mulAtres
de fon quaruier an aombre ide quatre-viNgt a-peu-pres, s'toieat









N. V I0I.
Du 1 Aoit, au foir, 1791.
L'Affemblie, ayanf arrete I'envoi d'nn de res Membres, en
qualide de Commiffair' aupres des honoribles Membres de l'Af-
femblee g6nerale de la Jaimaique, & de Ton Excetlince le Gou-
verrieur de ladite Ifle;
Elie s'et occupy de la nomination, & a fait choix de M. Ic
Bugnet lequiH accept & a prkt fertmehi dd bietd E tidc-
lement remplir la mifloin qui lui eft confine, &, a raifoi de'ce,
fcpoii tons pouvoirs relaift a fa million.
MA. Carrd, citoyen de la ville di 'Capf s'efawe offer pour
Intcrprkte, fa proposition a ted aceepteey & il a pr6t fermnint
de remplir fidelement les devoirs de a charge.


No. I X.
L, Affermblee general de lz partie Fran oife de S. -Domingue
a fon Excellence M. le Gouverneur Ge'neral de la J.a-
Sma'iue. .

M. LE GOUVERNEUR GtNBRAN' .
L'AfTemblIe Gdneraie de la partic Franqoife de Saint-Do-
mingce, vivement affetde des malheurs qui defolent Siint-
Domingue, a ditermind de dputer vers votre Excellence pour
lui fair la peinture de tous les maux don't ceeie belle ifle eC
frappe. Les flames ddvaftent no1 poffeflions ; les bras de
nos negres arms font deja teints du fang de nos frees ; un
fecours tres-prompt nout eft neceffaire pour fauver encore les
ddbris de nos fortunes ddja a moitie detruites. Renfermds
dans nos villes, nous copfervons les individus jufqu'h ce que
les fecnors que nous follicitons de vous nous parviennent.
L'Affemblce geinrale fiipplie votre Excellence de prendre en
consideration les details que vous fera M. le Bugnet, Iun de
fes Membres, qui eft le Commiffaire qu'elle a choifi pour vous
prfenter fa donande; ii vous remettra notre a&e de Confti-
tution.
Signed, PL. Dn CADULSCH, Prdlident.








(enc' aes commifnares de paix, tant des citoyens blancs que
des cioycns de couleur, repr6lentant ]a province de l'Ouef't, ,
de deux membres de ]a municipality, qui front ddputes a cet Cuet.
Aprds cctte cdrcmonie chacun fe retire. chez foi. Le le:'demain
il fera chant dans Ieglifc paroifiale du Porvt-rrince un
Te Deun; un diuachement de quinze centI, homes de lar-
mne des citoycns de couleur, fe rendra au Port-au-Prince pour
y atliftr il cntrcra taitbour battani drapeaux dept.s;s, &.
fera re;u avec cls honneurs qiue m.i-rtent des citcvens inviolable-
ment fideles i la mnlti a la la i & au roi, & qui n'ont prit
tes arms que pour Faire ceifr les troubles qui, depuis long-
temps, dichirent leur mralicurcufc patrie ; il fe rendra, avec
les autres citoycns, i fegglife paroiniale de la ville, pour la c'-
rmonie du Te Deum, qui fera chanted en adions de grace de
3'hctreufe reunion entire to, les citoyens indiftintement. Ce
detachement partagera, des le jour m&me, le service de 1i,
garden national, jufqu'a ce que le regiment des gardens natio-
al)"-" '.Jees don't il fera fai mention ci-apres, foit former


11 fera former avec l'agrcinent de M. le GCneral, un regiment
,de gardes nationals fold'es, de deux bataillons, de cinq cents
rommes par bataillon; ce regiment fcra compofe de citoyens
de couleur, qui dliront eux-memes leurs chefs, les prefentcront
Slla nomination de M. le Ginral, & front deftinds i la dcfenfe
de ti Province de l'Oueft alors ceux des citoyens de couleur
nentionnes danslParticle prcddent, qui n*entreront point dans ledit
corps, ceferont d'etre a la charge de la province de l'Ouel
( Accepted .
XX I
Le ferment fed'raiif decretC par 1Atfembl'e nattonale, qui
b'a pu avoir lieu fais l participation de tPus les citoyens, 'fera
fait incefTainment; & Ics quatorze paroiffes de la province de
1'Oucft, front prices d'y participer, ainfi que les autres paroiffes
de cett, Colonic, fi les circonflances permettent de les y appelcr
( Accept' ).
X XIL
M. Ie Gineral era invite a revenir au Port-au-Prince, qui eft
IC figec du government, ou i s'y fire reprfenter par qui
dk dro t (Accejnt),


______1__ ~~~ ___1~L_ ___ ______I_ _ ___ I ___










NO. xx 1.
"Daf Septemtre rylr.

Un membre a rxpofd les malhrurs incAlculab'es que la liberty
de la preffe a multiplies i S.-Dominguc; il a demnand6 qu'il fit
ddfendu provifoirement a tons libraires, imprimeurs & autres
de publier, vendre, ou diftribuer aucun Acrit concerniiaL la
revolution francoife, & tous le.s evenencns, ou fvlemesp;:. .-
ques strangers i S.-Domingue & contr;ires i foin regime.
L'Affemblee, apres la plus ample difcuffion,
Arr&te que provifoirement & jufqu'a c, qu'elle ait ftatud
definitivement fur la liberty de la preffe elle defend h tous
Jibraires, imprimcurs, colpdrteurs, & gendralemen: 1 toutes per-
founes refidantes dans la Colonie, on y arrivant, de vendre,
impsimer, diftribner, ou donner aucun crit relatif aux affairs
politiques & Lia revolution francoife.
Le prdfent arr&e fera-exrdcar fous peine centre les contre-
venans d'tre pourfuivis & punis comme perturbateurs & in-
cendiaires publics.
Sera le prlfent arrest prefented M. le lieutenant au gou-,
vernement gndsal, pour avoir fon approbation & notifi aux
Affemblies provincials pour en affurer Iexcution.
'- I '] / : : 1/ ^ ; , *
N. XXXII

Dus Septrembre 17r.
tn memltre a dcmand6 gue FAffemblm e prit un part fur Ie
refis fait par M. Alain, capitaine du navire le Philippe, de Bor-
deaux, de fatisfaire ai'arrtet de 'Affembl e du z de ce nois, &
-de reineltre, en execution d'icelui, h M. Bulet foixante-huit bariques
fucre terr6 qn'il avoit charges a fon bord alntrieurcnmeta la
rnvolte des efclaves. "
Lefure a Ct4 faite d'une rrcquete dudit fieur Alain, contenant
IrP motifs de fon rcfts.
La difcufion ouverte fua cet objet, on a agitd la queflion de
favoir quel etoit Ie tribunal qui "devoit connoitre des conteftations
qui pourroicnt s'dlever far executionn de iar:ete dii z de ce mois,







( 6z )
combattre les revolts, & la proposition qu'ello a aite de fe
mettre en champagne au nombre de deux, trois a quatre mile,
pour chaffer les revolts fi fon vouloit leur accorder les deux
tiers des denrecs qui fe trouveroient dans les habitations incen-
dides; ce qui a 6td rejeti avec borreur. Je vous dirai de plus, M.,
que fon a voulu accufer le gouvernement d'avoir voulu fufciter
cette rdvolte pour operer une contre-revolution ; mais cela n'a
pas pris, d'apres ma conduit & celle de mes fubordonns qui
ne pout etre fouptonnce. 11 ny a4 pas d'horreurs que l'on
n'imagine, pour rompre I accord qut regne entire le pouvoir
executif & les affemblCes gndrales & provinciales: done ii y
a des homes inttreff4s au defordre. Ces aflfemblees ont la
plus grande confiance en moi: cela fait notre force ; mas elle
n eft pas foutenue par Ienergie, &, je trance le mot, par la
brv-oure que je ddirerois trouver parmi les citoyens arms,
de forte quc notre portion ne peut etre plus critique. Mon
courage ne m'abandonnera pas, mais i ne. peut fuffire.
Signed, BLANCH ELAN D.


N0, LX II.
Letrre de de Blanchlanlde au miniffree de ta marine
date dc Cap, >le 4 Septembre 1701.
M o N S I E O R,
Les ours, les nuits, les heures font remplis d'evenemens,
& rien dc fatisfaifant depuis ma lettre d'hier. II nous eft arrive
in bateau du Port-au-Prince avec des nouvelles tres-facheufes. *
Dans cette parie ce font les gens de couleur qui vont i Ia
tece de la re~olie. La garnifon a fait quelques forties avec les
troupes patriotiques, & out eu des dafavantages marques. Dana
ilt engagement il y a en, mande-t-on, trente-trois patriots de
tuis, & vinglt-uatre foldats. Ces gens de couleur demandent
executionn du dicret du i i ma, que nous ne connoiffons point
encore officicllcment. L'Affemblte g6nerale fe difpofe k htre
tres-favorable k cette claffe d'hommes. II paroit que fon project
e~f meme d'-tendre les difpoitions de cc decret, don't la con-
noiffance a boileverf6 Ia Colonic; I'adrefle on avis de l'abbd
Creoi're, a 'appui,: en occafionnera la perte. Les rvolte







S' (IT3
qu-.1- ente id n'y r n im *iov r fl ''. ,. '!
click rcrte q'e le. Ilis ,i l.. i.; a on-.ic-t v :ii Ji.'r i: qu-
l nouvIl'les los is Ics atbro enti ; j~ .vy is ie de, .; .- ; C ;i:'t-
f'.:'er cet article IV en voli-r fvctLur, fitr-;o:,! c,:,i'i;' t Iu:Ali:b.ce
natiolii)le a ju"g'z cll ni,- me n;:c ii;ire d',' n do tcr::a-r i'... ;li-
cation par n Jd.:ret du I : ,. & f:.s in l..':.ir 's d", ;: dt
mcmine !sois Voyce- '.ilcurs cc t 1 :, Clt p:IL '* l rinr,
regard dcs pcrliiunc:; q'I n et'lrirt pis ra!,t'':;r prrcktdc!.nr nt;
dans la clafic ordinaire 'cs citpo..:-i.s; les j.:ils, par exemplc ,
entans de la mCLi po. Ud ,pu ue multiudr formant une poprilaioi no. fl rcenf 'ie juriiatcnic d liuC;on droit
poliiique. L'After'tbk'e "n iionle u'd in d>'-t :n'riqw, qui
porte quc tout ciloycn payant ;r1e contralutlicn d.- la valeir tC
trois journes do travail, et citoyen nl.ift, ctxie L une plus fort
fomme pour i'dligibilitt'. Ndhnmoins ;i a fa1in n decrcl particulier
pour fair jouit los Juifs de cc droit : re dlcret a &ttte rendu &
1on n'a- pas vu ces nonreauxs cioy.:ns s'anr r pour iiiterprtcr
le ddcret primitif & geti'riq"e ; cc n'a tL- que par les voices tie
la douceur qu'ils font parv ,ins ,.i. faire tc ioute; & ils n'ont
eercd leurs droits qci':.'aps i. prorulviatlii dio dC dCLet rendu tn,
leur faveur, & fuiCtioniie par I': o10i.
Pourqtloi n'iei'-vous pis fhi;ff'it ; d(' Carrec't du ito fT-ptembii c
Parce que vous Ic cominiictez avt ec p3lfoIt, &-la paflion eci'i:e .i
I'iijuflice. Je vois qge Ic foivenicr Ji pail' vo~s C'pirouche,
il change vos eara6fres docices .- '.iiereu, ; il vous n.et ei-
garde contre les citoyens blanc.-, &: vous prdi'cnt contre cu,:,
tandis qu'lss no s'ccupent aujor,:!'hi qui!e des moinyc-I de vo-;
fatisfaire.-Oh!-mn es- enfans -.cte- ri-it':oii de l'vs fi _;yis 'is ie,
beaucoup! Songez done que les d' positions contre vo: b c ie f' it
plus les memes. C'e!t n fiit, Qi'!imp.rte Jcs motifs qui out
occaionncc ce chanmemcnt, d's q:.'l vo.:s Clt nvian r:,gcut. Ne
penfows phrs qu.au bicn qu'il vous pronet, & q.i fc rtififrra pcI
a pen. EviLons fur-tout Ics fecouiffc, d!les cJitrainent tolijoul.
Ios plus grands malheurs.
Par Iarticle II, I'Affemblce genelrale 1' propofe, .VC* I'ip-
probation de 'AITemblee national & 1.a In"ioi dii roi, d'nu11.-
liorer 1'dtat de ceux des citoyens de c,,1.A.ur ui, n' ant pas
compris dans la loi du T mai, fe 1lO:i',I' L xclus dii bnitiice
d'icellc. Comment pouvez-vous etrpe ch'.iL::.s d'uii ro)it ;ull;
bienfairant? Que pent il prefenter d'.. iliiwt:' .St I'A'l'c''
gdnerale n'a pa.s dtc plus loin, c'eit j'r(.e q;e la ;oi du pie-
mier fEvrier ne le lui a pas permis. CcLc: Ii lo l .t ditnidant
Pidces jujiJficatives, 6c., it


I





(C "8
NoT~ s ji !naons nos hIumbles & prelantes follicitations auprns
A chrL rI :&..:!!i 1. qii tiliet en lb, pouvoir le feul moycn de
Lif: ltr;,lUJr;; Is eniinnis du bitai public. Nous faifons auffi
n~r.. Fproffeionii de. f<-i l'.Ibcir max i crets de la Nation & la
e:-Ri.:,lion qui f:'ra d:.cr:c' e pmur Sint-Domingue ; mais en
S.-rd ,nL qrLe d:\ .'-iitbles reprI-'fntns de la Colonie ayent comn-
rT.-I.i.. tcermine cc,: 't.:rnel: plm d nos lois conflitutives, nous
rcl)rnios le 1li;tie.i d: Poidre 1 confervaLion des proprietes,
1'ol.fi r i;ioji les r.i::s,L la si';rctJK indi, iduelle ; les feuls moyens
de rtbhl'rr lI confidence & 1.'acriite du commerce.
Ltt:. i.:,it r olI'e, un fpr.ct-cle a.udti alarmant que celui de
no're v.lce F..:1ic, 'e.n-.:remceint ritdi'ite en cendres. La violation
des ir, ii's & .s tr:.hifoiis ieriniferont les guerres & la ven-
geafc .'. : .
Les i r txiicalcuii]Ul'ls q'gi refultcnt de la guerre adeftrar&ive
q"Ti* o.;s mlile, fnit 1 ccl lioii des travaux, I'infubordination des
attciICrs.
Les citoyer s d co'o.i:ur out diflciclement arr-td effectt de cette
ti't!bordiMi,:ioi din; !-; Mlornes drie devaflts. Lc .habitations
u is environs du P-or-t--ii-Printie ofinenit l mes ies dangers ; la
popul-itionf eof infini:nent nombr.-1if ; &: le tort qi'6prouvent les
manit'thres pr'.e tn pri'jpiudic-. in ipprnci.ble ai commerce &
aiix habitainriq. Qi':rr'ier-it-il fi les g':s de couleur ne les main-
tenoclnt pas ? P.- t-oi c:alc',:r auji,-utd'hui quel fera le term
des nmalhcurs cy,:i no-s men.acetnt ? Nous svaouss iillns I& foin de
Ies evalucr. '
c Vos propres m-lh -rs vos prtres, les dangers q.Ie nous avons
coiruis ne vons rerT- dnt q-re plus iin'ranlable phls gn rreux,
plus comp aiff ait: C'eil a vofre ccenr grand & mngnanimine, c'eft
an 7cle de voire ctit-major, c&eft a la conftance & a la bravoure
in.aioi 1 dre I nfqIip:'e diu Bre qoe nous adrefronosos prieres
Snos rech.lliim.ns. Nous vois dciaindons appui protection,
jifq]i': ce qu'tl plaife aux verifal.es r:prefentans d' la Colonie
de f.it'e fes lois & nous jurns d'aivance foumillion a ces m&mes
lois conformriment aux diec&rs. Le t,4lnoignape de tons Ls hon-
nt cs gens anlre d'avance a "Ikq'ipge diu B,- les jites r6-
conmpcires d!-es a rdc braves gens, qi, inalgr les follicitations
Ies f1dufliolns lc; mdchans, folt rlels files a leur chef, & ont
confer eC de's trifois Iiirs coiiiito ens, & a leurs frrres d'Eu-
rope. ..
Nous dous joignlns aux demands du Commerce ha ce fujet,
& & celle des auircs paroiffes amies de la justice & de lapaL~ .







(90)
mnet & de joindre I'cette no. :!matlion toitesles conditions que je
pouvois deiir-r.
1 eft pcefque inutile de vous dire Monficur l.e i-r:, q're
cet:e dnm.rche ne pouvoit trLe finccie pbur ton.t le ioi t c,
que la (crreur joint al lintri-,:e tr wAriloit ouvertc:.:crtl a
choifir le pire des remt'dTls c'eft-a-dire a in-n'etr tne rn :ii-
cipalite, a fe r a:nitr a; Por:-au Prince a luidcnand;drdes fec.::rs
d'horrmes & d'>rilleri & onfin a fire abandonnerla .lainc pour
fe refilger en ville fi les A/vnemens devenoieit plus criLiques ;
mfes amis:, ceru de mes concitoyc:s qqui ppretoinit conmmie not
}a modicite des frrollr; de la vile ,le danger mne'me de les uppc'er
pirrni Aous, out oppof- une ferirete qi pen a pea a deruit
ice intrigues oppoicAs. Nous cir ies alors devoir profiter du
refpe qu e "cs honincm s de, couleur temoignoirrit encore pour la
Croix de Boq"lets, & d- Fefp'ce de coifiance don: je pe;ro ois
de profonds veftiges parmi cex quc j'avois employs' 'mntiee
derniere. Une deputa:ion choifie re rendit au can.p de la Char-
bonuni-re pour infpirer anx hommes- de cooler des principles de
moderation, leIr prhndr! les dang-rs q.uils courroi.lit avec nous
come proprittair-s limpoflibiliie d'arrL'er eI torrent de la
rvolte fi dains des circonlt1ances aufTi generalement menqgantes
pour toute a Cnlonie its prenoient pour guides Icurs pallions.
Une parcil dtpntalion fe rendit auPort-au-Prince, avec ulne
adr -fTe -i tors offcioms notre mediation, otl ros fuppli.-us de
ceffer toute holilite, oA en ,n mot notr, chercblions a drindre
des int6rkts particuliers povr fire turner Ions nos Iroyens ant
falut gcn'ral; ce te dti-ulatiort fit mnl accueill e, & dansla ar.me
nuit le Port-au-Pr:nce fiL iaarcher des dctichemens, qui dans la
rrartine du icndemain ataq'iu-rent les ho:nmcs de cculeur, &
furent dirperfts :tvec une prrte tresconfi c:ible ; le detarche-
Xneti de line aynnt eitd :abandoinn de fu:t & prefque tons tucs
On pris.
Ltrire dc coulc;r fore d'u;i pircili fcc's, ft rend t an
bourg~avecffe; prifonlicrs, & fucceflivemnnt F.!t,'ablir fon camp
ax environs dte la copc des brands bk,. Nous leur devons la
fitice de dire qcir cette jour:ee qui dc'oit Utre ce-lle de la de-
putation dii CulI.-dc-S:c, n 'a tE fuivic d'c'n venemcii im-
portant ; ndccflit' par le concours des circonftances a prendre
des mefires prompts jat cru ainti qie les ci'oyens du colfcil,
devoir tout entreprendre pour afiferc ic falut de la plaine per-
fundc que de ion fort pouvoir d&pendre celui desL reics de la
Colonic.




I ,- *t h l-


chofes, j'al envoyd fur-le-cham. ordre W M. DIefaulneis, <&
ne point laiffer fortir de la ville ancune troupe de ligne, nirme
quand il en feroit requis, & de ne les employer que pour la
difenfe en cas d'attaque. Jai communique cet ordre au Prdfident
de 1'Aflembke g6nerale, qui m'en a remercii. Effe&ivement
en attaquant les gens de couleur, il ny auroit -plus de remide
pour fauver la Colonie de la perte total don't elle eft menacce,
parce qu'ils, fe coalifcroient tous centree les blancs ; j'ai cru qu'il
valloit mieux leur fire envifager leurs torts par des*raifoune-
mens appuyes fur les loix. Ceux du Mirebalais, don't je favois
que la majeure parties avoit joint le camp. de la Croix-dcs-
Bouquets avoient repliqud ia lne reponfe que j'avois faite a
une de letrs lettres par la piece ci-jointe no. I avec des
Signatures fans nonbre qui ne m'eft parvenue, a caufe des
routes interceptions, que quinze jours apris fa date. Jai rtpondu
par la lettre cotee no. z que j'ai communiquee a 'Affemble
gendrale, q.:i m'a vivement follicit, de la fire imprimer pour
fenvoyer a tous les gens de couleur. ( Voyeq ci-apris N. )
J'avois requ deux lettres confdcutives de. M de Jumecou:rt,
commandant les troupes nationals de la Croix-des-Eouquets,
numerous 3 & 4, auxquelles j'ai fait les reponfes numiros & (,
Les cihyens de couleur des quarters de LUogane, du grand
Goave & petit Goave, fe font aufi raffembl4s pour demander
pareillemcnt, les armes i la main l'cxdcution d'un concordat
legal a celui,-d Port-au-Prince ; ils ont exig que les m cnicipa-
liiCs foient diffrotes. Les citoyens blancs Le font en confluence
affembl's, ont prononed la diffolution des municipalities, & ont,
de leur autorith, requis les commandans pour le Roi de Llogane
& du peait Goave, de reprendre leurs fonfions dans toute l'Ctendue
di term, comme avant la revolution de il89. C'eft ce que les
citoyetis de couleur, camp. s a la Croix-des-Bouquets, voudroient
awtifi rcialir au Port-au-Prince; ce a quoi s'oppofent le people
& les folda's do Normandie & d'Artois, qul font la loi, comme
vous en jugerea, Monfieur par I'extrait de la dernire lettre
que j'al reue de M. Defaulnois que je joins focus le no. 7.
-Y-D' nautre c6 i --rien n'eif-plus louche-&-moins-raffurant que
le flotcteent des gelis de coule;r; its s'enorgueilliffent du befoin
q" I'op tmnoigne avoir d'eux & des arrktds que lAffemblde gd-
;-i]l- a pris en lear favenr, prefquau moment oil 'on tonnoit
c lt e Ie dec-et du T% nmai. Q'oique ce.decret ait etc accepted
&c U'. res avantages pr&mis ils font tonfours en armes dcans
a pro vince de I'ouct, malgr~ ma proclamation du z6 feptembrh,








aires de Ia province de l'Oueft, ordonne la diffolution d'une
armee, qui, jufquaujourd'hui ne s'cif occupec e etids moyen?
d'emptcher les infurretions de toule iepce dount 'aHivitue cit
reconnue nIceffire & doit etre maintenue confornmecnt ia
'article IV du concordat du tr feptembre dernier; d'une armin'e
enfin don't la dilperfion fubite, de quclque maniitre qu'elle fat
opt re entraineroit infailliblement la ruine des provinces de
I'Ouefl dut Sud.
Que la.prerendue municipality& diu Port-au-Prince avoit, de fon
autoriid p.riv'e, & fans confulter le vmun drs ciloyens de couleur,
arrest qu'il feroit fit un ferment fi'dW atif, acquel ferotint appcl s
feulement les citoyens'de codleur de la paroifle, du Port-au-
Prince; qu'ayani rcgarde cet arretc come tn pilge qui It.r dtoit
tendu par la fiihiiie municipality pour fire rctonn otre aux
citoycns de couleur fon existence illigalc, ccs deniers avoient
rdpondu a invitation qui leur avoit 6te faiite par MM. Lcrem-
boure,pere Taxis de Blaireau & Malahar, par. une lettre oiltes
raifons de leur refus fe trouvoient dttailles ; qa'ils avoient flit
en outre, a cette occafon des Adreffcs a MM. Defhulnois de
Elic, de G-rimotiaid, & a MM. kls capitaincs des vailleaux du
commerce.
Que ce fut alors qu'arriva la proclamation de M. le g&diral;
que partages entre le ddfir d'obeir k cette proclamation, &
la crainte de vo*r s'effe&uer les dangers qmi mcna;oient les
.refes chancelans de cette Colonie les ciloyens de couleur avoient
tequis une affenblde des habitans dela plane du Cul-de-Sac,
qui, cherchant i concilier courts propres inti'ts avec I'obiiflfnce
qui eft due au reprefent'it du Roi s'etoient adreffis a M. Defaul-
nois & aux citoycs di Port-aui-Frince pour travailler de concert
b obtenir de M. le gndlral, ]a tffpeu ion de Yeffet de fa procla-
mation ; qu'en confcq'renice les habitans du Cul-de-Sac, avoient
env6y, an Port-au-Prince des dcputes qui faillirent etre les
vidinies de le de leuzde r p-tidotifme ; qua71 reception des
diffcrentes Icttres i ees dr aux t cuioyeIns du Port -a Prince,
its s'etoicnt auffi-tot affembls & avoient d'cart nvi tun
concordat foleiniel & marquti da fceau d'une cerenionie reli-
gieufe.
Que depuis le concordat du i TifeptciBn e deraier., its ci-
toyens de coulciir avoient ctff;ye des refls hu'milians de la part
des ciloyens du Port-au-Prince, qui vbuloient leur imporfe lia
loi de s'adreffcapra corps populaires pour en ohtenir leurs ,
demanc.es, que -frm.s dars leurs rjiitipcs, & ne votlint eCi
H 4


____ __








'f,*eo Paires de Piftolets
6,000 Sabres;
6,ooo Hommes de troupes reglees;
z Vaiffeaux de ligne, des Fregates & corvettes;
6,co, Selles pour la cavalerie patriotique, don't I'emploi et
du plus grand vantage;
6,moo Brides.
Voilk un apperqu bien niceftaire, i la rcvolte s'etend dans les
troil Provinces.
Signe', BLANCHELANDE.

P. S. Je viens, Monfieur, de lire ma d6peche: le ftyle en
eft ddtcfable i mais dtant muit & jour diftrait par des courfes, &
chez moi par nitlle & uae perfonnes, qui ont ou qui croient
avoic i fire i moi, mon rccit s'en reffent. 11 m'cft impoflible
d'dtre plus eloquent; je vous demand de 'indulgence, cn
faveur des circonfltnces. Je vous engage i venir promptement
i notre fecours.


SN. LX 1.

Lettre du nfme'e. At Cap e 13 fetembre ryg r

MONsIEUR,
A o N 8 1 Ig U i,

A -l demand de 1'Affemnblee general de la parties fran;oife
Ae Saint-Dominigue i'expedie un avifo du commerce pour porter
hlers depchet en France. J'en joins ici une expedition.
Vous fentirez Monfieur, mieux qu je ne pourrai le dire,
rombica ma position eft delicate; jagis de concert avet PAf-
femble general & je crois cctte conduit la feule que je
doive fuivre, d'autant que jufqu'a prtfent fes arrit's m'ont paru
ages & combines avec prudence d'aprcs les circonftances.
J'ai l'honneur de vous adreffer le duplicate d'une dIp&che
que je vous ai envoyve par la vole de la Jamaique. N'ayant,
a date de cette dpachc, aucun batiment ici en etat de votus
etre expddie, je profitois d'une occasion qui partoit pour cette
icle angloife, & je priois le gouverneur de la fire paffer en.
Angleterre, pour de-la, vous parvenir en France.
SDepuis cette epoque 1'itat des chofcs dens la province da


--F








Ie comitC secret & le club, avoient jufqu'alors pretextd, dans
toutes leurs operations, la conflrvation du nouveau regime,
& l'e'oignement de tout ce qui refpiroit 1'autoritz du gouver-
nement; ils annonqolent hautement que les citoyens de couleur
vouloient aneantir les corps populatres cherchoient a tetablir
Cle anciennes lois; 'cmme fi lcur veritable inter&t ne les avoit
pds toujours Cloign6s d'un ordre de chores contraire A leurs vceuxi
Geft ainfi qu'apres avoir foufcrit a leurs demands, les foi-
difans patriots du Port-au-Prince manifefltrent Ie plus vil defit
de les cluder, & ne nnegligerent aucuns moyens, pendant un
mois d'en #carter rexdcution. Perfonne n'ignore que par leurs
m aneruvres, ils ont tent plulieurs fois de repandre la divifi6o
parmi les cifoyens de couleur, qul les ont invits, avec impor-
tunit6, i fe faire reprefenter dans les corps populdirus exiftans;
qu'ils n'ont enfin ceffe jufqu'au dernier instant, de manifefter
une opposition ferme & opiniltre. L'infernal club du Port-au-
Prince etoit alors compofr de tous les faftieux qui machinoient
une fi grande rnfiftance & de tous les brigands que l'efpoir
du d6fordre & du pillage attachoient A leurs coupables guides;
cette corporation fcmbloit etre charge d'a!imcnter le feu de lk
division & de la difcord : elle ne ceffoit par fes entreprifes
d'accrediter les menfonges & les erreurs qui pouvoient rallier
les ignorans & les mal intentionnes centre les citoyens de couleur;
de forte que par une contradi&ion incroyable, les foi-difans
patriots & les amis fufpets de la conilitution,'s'tloieit declards
les cnnemis des homes de couleur, qui ne tenoient leurs fucces
& leurs triomphes que de 'efprit des nouvclles lois. On peat
voir dans la gazette de Saint Domingue du dimanche zo no-
vembre une adrefle de ce club aux citoyens de couleur ;
elle prouve par quels ptrtextcs its cherchoient a- foulever la
multitude cotre ee x, & comment il a profeffT jurqu'au der-
nier moment, la plus grande oppofiiou a 1'exdcution du trait
de pnix.
VL'Affemblee provincial deja priv6e des deputds du plus
grand nombre des paroiffes de l'oueft, ne ceffoit de promulguer
dcs lois & des difpofitions contraircs au trait de pair. Dans
les derniers ours de fon existence, alle fit le ferment ridicule
& fcandaleux de ne point fe difloudre & de n'obeir qtu la
force. .e
L municipalite fembjoit avoir des intentions bien diff"rentas:
elie fit indiq uer une Affemblde de paroiffe pour le lundi 2 i no-
yeimbre, a 'effet de remplir les articles VII & VIII du trait







aux mattres qul les out reclamnis) & ils paroiffent vouloir les
traiter favorableinent : ce qui feroit bien pernicicux. Dcja ces
Suifles difent i not negres. Vois tu ? Si Lu Uavois fait ccn:une
moi, tu ferois comme moi libre ; & le pays feroit h nuus : nu:iS, eln
aurions expuife tous les Blancs. Vous feut- co.Ubien ce lan-
gage peut &tre d;ngereux. Les Blancs & les hommes-de couleur
doivent tenir un Comilt fecret, poui decider fir le fort de cos
Suiffes. S'ils font remis a leurs mattres, qui front alors dans le
cas d'en faire tel example qu'il leur plaira : o\ s'ils (ont remis
A la juflice, alors il n'y aura pas de mal ; mais fi, co.ime on0
le craint, les homes de couleur tiennent i ce quils aient leur
liberate, alors nous aurons tout a craiundre de l"cxemple. Vous
fentez la politique des gens d' couleur, qui, dans ke cas de
quelque tentative de la part des blancs pour operer ici unt
contre-rdvolution, veulent fe conferver la troifieme claffe en
favorifant ceux qui les out fuivis ; ce qui neceffairenmnt en
encourageroit d'autres a les fuivre de meme dans une femblable
occasion.
,'* Nos negocians viennent d'etre avifs par une deptche des
Commiffaires du commerce de votre ville, des efforts qu'elle
fait pour obtenir la fufpenfion du dicret du.,iy Mai, auteur
de nos maux. 11 a etC arr8td qu'on repondroit t vos cornmiffaires
ein leur envoyant implement une copie de notre Concordat
avec les Cioyens de couleur: car cdeft aujourd'hui leur
quality. Nous penfons qu'il feroit aujourd'hui plus dangereux
que bienfaifant de contrecarer les difpofitions de ce Concordat,
parce que toute revolution ici eft pernicieufe ; & enfin fi
' la' France parvenoit ---connoitre & a vouloir etablir Ie feul-
regime qui puiffe politiquement convenir h la Colonie & la
conferver ; & qu'elle voulit remettre les chofes fur te meme
pied qui Pa faith profp6rer, il faudroil qu'elle envoyat en m&me
temps que la loi des forces fuperieures pour la fire ere'cuter.
Tout decret qui peut occalionner ici une revolution, ne doit jamaig
yparvenir, ni meme favis de ce ddcret fans des forces pour en
alfurer Iexecution tranquille. Si 'Affemblee national, en ren-
dant le d&cret du Tr Mai, avoit envoy ici fur-le-champ une
quantity convenable de troupes, nous aurions ete probablement
prdfervis de nos malheurs au moins pour tn temps ( car
nous devons toujours penfer que ce fucces des gens de cnuleni
Sne fera jamais oublieides negres & qu'it auront plus d'une
fois 1'envie de chercher h les imiter).: ce n'eft pas le feul
rproche que nous ayons a fire a la Fraice, & principalemeu
4






(49) p-I
Sre & Cigoyen, pour les laiff'er continue feur route, it s'eft
enfin d6cid6 a les differ partir, en leur difant que pour cctte
fois, i0 leur faifoit grace .mais .u'il ur confellee d nc plus
reverir fins &ere muni dudit pitk-port.
*Qu'i vouloit leur garder icjs. arn:es, mais qre e ij'ge de"
I'endroit oun "-.cade les leur a f; 1 renm:ttre que leurs. clevaux.
Ctant fatigues, ils en 'out de'rarJnd a cc commandant ,ainfi qiie
M: de a-lanchelanide:leul en awoit dnd l'Qrdre ;. qu'il .eur a
r6pondu qu'il lui Ctoit d6fendu de preter ni loiter dcs chevaux
aux franq is.
ts nous out de plus' derlare 9ue dC s 's boij-r;g., y await
tin nombre coiaGderable d-habitans qui 'vy font refugies par rap-
port & la tla vote des enclaves & q'aIu fur & mefure qu'ils y
anivent, les Efp:agnols s'emp-rert d'eux, les dfTarment & let
font condrire lis & garotts dans les diflfeies c:Imps deS
negres r voltes.
Qui eft tort ce qu'ils nous ont dit favoirr; fommi-r, de ligner
la prerente, lts nous ont declare ne favor ni ecrire ni figner.
Fait au Cap ,- en bureau fecret, le-paemier o7tobrc 179 ,
Signed, PAiTLIEUX & DE LAVAL.
Suit la forme, & la teneuir du paffeport don't eft mention dans
la pr6fente.


J L e prBeug vaincu.
I 1M La verge de fer bri6e.
SVive le Roi






J. B


in aiav


iP dces jglificative.r Oc.


K 3








touveruement general pour avoir Ion approb;tion, & at:
Affem bles provincalcs pour tenir la mtaitn fobn cx'cution
iniprhinu & affichi par-tout oni beloin flra.T
Ddirnvront les commiffai-es de r:de lecture du prcfint
arrest, dans chaque ntvirPde la rade ;aux ofticicrs & niatclots
f 1smbl'ts.

SNo. L.
SDui 1 Scptembre, z17.

Un membre du comite judiciaire a fi.t le rapport du project
d'arretd, rcnv6yc fori examen CIans la dance d'hier & Ce
project d'arrctd a Cte adopted come fi ;
L'Afflemble gdniralc confiddrant que, depuis le -3 aolt
dernier, jour de la r(voltc des efclavcs, le course de la junfice
a et abfolument interrompu par la neccfltc o i fe font trouves
tous les citoyens de s'frmer pour la d'fcnfe co:nmunne;
Confiddrant que les actions don't Ic dclai ct fatal, n'ont pa
ctre exercees par ccux qui avoient intrct a les fire valoir, &
.que cctte impoflibilit durera jufqu'au moimenit oti la tranquillity
publique fera r6tablie;
Confiderant que cet itat des clhofes peut porter un grand
prejudice aux propriees ;
A arrti & arrte, qu't partir Ad.t aoutit dernier, toute
aaion fiuette a prefcription,.& auircs don't Ie ddlai feroit fatal,
demeurerout & .demeurent fulpenducs jufqu'a ce qtil aitt.tL
autrement flatue pir MAffembc'c.
Declare que fon ;rretd ne concern quant a percent', qui
la province dui noad, fe refervant fen ttendre on mnodifier les
difpotions aux provinces de Foueft & du fuif, lorfqufe, fur les
.r:prefentutions de leurs Affehibles provinciaies, elle cA con-
uqitra la necefite. .
Sera le prefenrt"atrrnt6 communiq66 h M.- le lieuteninte i.
9Qouvernemcnt gcnezal pour avoir fon ,approbaiion, 1rinvitant a
.Ie faire trarffmettre awix corps adrminil"taififs ,dq julice & de
police, 4e la partLi,.,4Ansif. de Saint-Domieigue.







( 1i )


.N. XV I.-
JDu 25 -loit 79..
Siur la iiotion faite par fun des me'ibres )', e y dans lcs cir-
co.flainces prrfentes,il etoit pert-ctre important de ne pas rejeter
1'offre des gcns de couleur ac't1elleincnt dans la ville dui Cap
lefquels demandant a m.irchl r centre les revoltes, folt avec l
regiment dti Cap, foit fous la condultc de leurs anciens officers,
fepropofant de donnera f' AnTenmbl genrajte des preuves noh-
equivoques de la droiture de Icurs intentions, offrent pour
6tagcs leursfenirnc ; leurs eniani & leurs proprietes.
'L'AfTfemblde Icdinidcrant que la Cdlonie elt dans le plus grand
daiiger & particuierement la partic du Cap oit les ateliets font
en revolte ouverte qui'il ef infl ant dyifer de tous les moyens
propres a arrrter les maux qui Tl devAftent, & don't les protdgr
fe inanifclte4t de ,1 mI.nire la plus affreiife;
Confidr~. qLtie les gens de couleur offrent de partager Tei'
perils& le f~tigties des tronpes patr'otiqdes & de line ect--
ployees a la dt'f.nfe de la par,;e fir-nnife de Saiit-Domingue i"
en-iffnant pom'r-gt'anmtS'de lear fid4itfi--Itr feinmcs, leurs enrans
& leurs propridtei; q/ ii. e. r"q
Confiderant que l'ofre quuii eftfaite, ne reft que par les
gent de couleurcde la ville !dt Cap, que par confquc;t ellehe
peut prendre d'arritd a cet gard fans avoir prealabfement con-
fule FIAffonlblee prmvinciale dni Nord comme ayant une coh-
nioi'anTce plus pa'rfite- ds individus.q'riformnent cette dcinarido,
& coinmd etant -n objet coniie ai f tircillniic ; l, i., :'
- Conliddranit, enfi,, que l'aathtd "it intervdcir ptie petit egarder
qtre i dpendiprc.e du Ca :
A arriec &ariete qgu a'pariavant de prendre aucune d&liberaion,
rArTeimlle provinmiale du.Nord fera irii'tec a e ren'dre dans le'
fein de 1Afficmble ginerale., pour ffienr la difcuLffiLO &
prendre pert a la delibtration.
" eirconf'piicte',iI t c l.ionm" o T quatre crnmifl firce pouriTn-
viter 1'Affembrle provitaciale du foid -a fe rendre au vaoeude
1'Affemblee general.
L'Affemblee provincial du Nord ayanL. jiis fiance, Ic motif
de la convocation lui intt ctexpoF ;e
M. le prdlid.:nt a :!Ilinic L quelCa lfcUtflc oi fio r la poptAiiioi des
gensde c"ouleur de la. v'1i du Cap 't6lt diverted;






.( ^7. )
P. S. Je me rendrai inceffamment dans votre fein pour no
pas avoir la douleur de voir riduire en cendres le fruit de
quarante annies de travaux.


Lettre dcrite azrx dioyens blancs du Fort-Dauphin & depen-
dances, date d' Ouanamnilt he, le tO novenibre ty7 ti
MIE S-SIEli U R S,
'S:pres le dernier traits de paix, qui m'ef parvenu, & dansa
Icquel f'ai reconnLu 'accord fait entre Mellicurs les citoyens blancs
& Aefficurs les citoyens de coulvur de la partic- de I o1rft ainfi
que le voeu de la dependance du Fort-Dauphin, tildai-t a une
paix durable qui ramine.l'union la plus folide n.';yant ritn plus
a cour que la tranquillity & la paix fi defirtble, 'aidhr. avcc joie
A rediger mes peLiions au. nom du roi, ainti que vous me le
demanded.
Je vous demand encore quinze ours de treve & de furpenrion
de toute hoffilite quelconque, que jeniploierai a cetLc action.
Je demand en outre que toute libert; d'e.ir-1 & d fbr.iei ait
lieu pendant cet intervalle, gcnLralemtnc p krmi nos Urouplrs &c
les v6tres, & que vous vous engdgiez a fo-jinir a mes,troupes qui
demeurcront campees & fous les armes p-.nd.int ledit inLervalIe
de quinze jours, toutes les munitions qu-Iconques don't elles
anront befoin, dans toute la partie da nord, me refervant, iuffitot
votre reponfe, d'en avertir mes troupes dans toute l'dtcudue de
ladite dependance du nord, comncle il vous plaira d'en avifer
de mmemc avant votre rdponfe afin que toute hoffilit foit fuf-
pendue de part & d'autre, jufqu'it la conclusion d&une paix folide
& durable.' ,, .
11 vous plaira adreffer votre r4ponfe au camp royal de M. Caude,
brigadier des armies du roi & commandant g-ncr:-l des troupes de
Sainte-Suzanne & dependance, j Sainte-Suzanne.
Sign',. JEAN FRANCOIS, Giniral des armees du Roie







( y }
#4. Autre des adiniAfrateurs du department de Is .Seine
Infdrieure; du 9 decembre.
6'. Adreffe des citoyens aftifs, de St. Quentin, du p -
cembre.
66. Autre de pluiuears citoyens de Landernau, du 14 dd-
cembre.
67. Autre des citoyens de Bordeaur, du 17 ddcembre.
68. Autre des citoyens adifs de Rouen,,du T8 decembre.
6,. Antre des commeryans & fabricans d'Amiens, da tz
decembre.
'Liaff E..
N.f7o. Lettre du iteur Co',riefvaux,de Paris, du ro novembre,
71. Lettre du ficer de Siennes, de Provins,du x5 novembre.
71. Lettre dil fieur Perron, de Paris, du 24 nevembre.
S73, Lettre da (fitur P. J. Durieux, de Paris, du 2y no-
vembre. *
S:4. Leure du lieur A. Betnard, volontaire patriot de la
fefioa du Luxembourg.

LiafJe G.
No* 7. Mimoire de M. de Kerfaint, fur les, colonies, du
novembre 1791.
76. PdLition & avis at peupte franiais, fur les moyenS de
conferver les Colonics, par Ic fieur Debrie -Serrant,
Sdu._ ..9 ioyeinbre.'- '-
r. Memoire du fieur Courrejoles, relativement 4 'dtabliffe-
ment d'une manufadure de Moulins a fucre, du I8
novembre. '
78. Adreffe I r'Aftemblbe national & mimoire, par M. Gron-
ber de Groubenihal ,'fur les moyens de rubveiir aux
habitans de Saint-Domingue,, du dS cembrc.


ERRAT A.
Page 42, llgne ; du o0 aoit x~x9, lifq dui to feptembre 179


DE L'IMPRIMERIE NATIONAL E







( -14 )
po:r formeLr lIs ff rmblces paroiiliales & front commie Ies
Chitorns blaics dlcteurs & dligi.bs ( Acceptc).


L'inex: tiol;z des articles prInc.,pau d. Cocor u du it
SSCpt-..i.l dernaicr aani d-onrr licu a des vlCIImenI- S qu
peuvciit i-ire regardii's comme de ics i ill-.( de pd riii & d'autrc I;
les olpoiiltior. dc ii ard- tle 1 i i ," CVnm- : front fuivies
pour ks 4Ic:in:nlutil pofktcicuts, co:n;ac pour c:ux. ai;ieuts
audit Comcoidat ( c,'y ).
...x r rL
Les Citoy.:-ns de coaki r voun! dc tioer a 1i.:riicle VP d.i
Coucorda d.u j I S:pt.inmbre dc riier, ta j:V'Ic & bi-:nEdf..(itc
exteniio doitl ii cef fulf-eptible,. deiiand.nit que la nI'nLiiI
des iialhcurcufes vitii'ncs de la pafllon & du prefuge foil
rChabhilidie L qu'i foit pouivu par fa Colonie aiux indcmneits &
aax pcnimns diues a Icurs veuves & a leurs lenihras, que toas
procs crimii.is, alitericurs a la revolution it>,:lltcis contre les
Citoycns de coulcur pour raifons des ri..cs centre eux & les
C(toyens blancs, de nh'me que tous jugeInen.r oA Ie pr:jt.g&"
Iauroit cmporte fur la juflicC qui ell due a tous es Citoyens de
]'empire, foient rcvife s.
Quoique la province de l'Ouelt fe trove feule rep.reentcin
au percent trait les Citoyens de couleiu, defiant tuie ie
prfekrt article comprenne tous Ils quarters de la Colonim en
gntr.il & confiderant en outre que lr'eci'l.ion d'une recla-
mation fi juffe peut feule teindre tout fujet de haines & de
diviriios centre les Citoyens ;tous les Citoyens de cette province
fe ruimiront pour Ie fire accepted & cxccater par tout oil
Fftoin fecra ( Accepte ).
XII I.
Les articles VIII & IX du Concordat du I Sepiembre dernier,
front exdcutis elon leur fonne & teneur ( Accepte).
X. V.
Les qualifications telles que le noruntit, Agre fibre, M.-
Ltr / libre Quarteron. libre Citoycns de c,;uleur, & au'tres
de ce genre, front a I\venir fvercmnent dlfendues; & on







7 ,( > .Z
MI. e gdrnral demeare invite de pourvoir 4 cette expedition,
de joindre un officer d'artilletie & tn armurier pour la viiite
arme. -ne s.


No. X X V L .....

.Du 30 Aou Z79I .
L'Affemble, conilidCrant que e s premiers arrhts p5is a Len-
g.ne, n'ont pu etrc preentes a I'approbation parTe-peu de temps
qui s eft could entire fa conftitution & fa translation au Cap,
A arr&te & arretc que les arriths pris avant fa tranflatLon au
Cap, front prefentis a l'approbaton de M. le lieutenant au
gouvernement gdndral, ainfi que ceux pris depuis qu'elle s'eft
ziunie au Cap.
Sera le present communique i M. Ie lieutenant au gouverne-
ment general.


N. XXVIt It

fu 36 Aode 1,y39
.
M. le lieutenant au gduvernefntent gdndral s'eft rendu dant Io
frin de rAffemblse, pour fe concerter avec elle fur les moyens
de former un cordon de troupes, affez redoutable pour empecher
les brigands de penhtrer dans la parties de f'oueft
La matiere nire en ddlibfratioa, il a &td arrat qu'il feroit en-
voyi deux commiffaires aupres de 1'Aflemblte adminiftrative de
l'quett, pour rigler avec ele le depart des troupes qui doivent
former le cordon propre. a intercepter la communication de la
paritie dl, nord a cell de. oueft.
MM. d, Lapaquerie ont et6 nommes commiffaires, & ont
accept" Icur charge.
11 a it' o en outre arrhtd que M. le prdfidcnt dcriroitrh 'AffenblIe
pro incial let 'e ouefl, pour les mefurcs a prendre ; & que M. le
1 .i.,lant au goiiverncment g4ndral donneroit des ordres ndcef-
faucs aux troupes de ligne, pour fe mettre en marche.






( l7 )
Ordonne que les homes libres de couleur an nombre de dir,
donnds en stages & d6tenus dans les prifons de Jdr.mie, fervent i
linflant relaxes fous leur caution jutatoire, qui fera reque par-
devant la municipality dudit lieu; & front renvoyes chacur
idans fon domicile, pour y refer en 4itat de fimple arreftation,
S'jufiqua I'arrivee des commif aires civils.
Arrete en outre qu'elle pread lous fa fauve-garde fpciale,. &
met fous celle d*s municipalites de 3JerCie & de liCayemitte,
les honimes libres de couleur de cette d6pendance, qui, en
contribuant A nialntenir la tranquillity publique fe rendront
dignes des bienftits de la nation.
L'Affemblke charge fon prdlident de fe retire par-devers M. 10e
lieutenant au gouvernement general pour lu communiquer 1T
prdfent arrte, & pour avoir fon approbation.


N.. CIX.
Du 14 Oobrce t79r.
Leature donnhe d'une lettre adreff6e i IAffembl&e par lea
mrembres du comitr militaire de la Croix-des-Bouquets, en date
da jo feplembre dernier les mrembres de ce eomit6 affurent
1'Affemb&be de-leur Tounminlion aux dicrets de l'Affemblee Na-.
tionale, ran&ionnis par le Roi, & reus of~ciellement. L'Affem-
blie declare recevoir avec fatisfa&ion I'affurance des fentimens
des membres fignataires de cette lettre fur leur foumiflion aux
d&crets nationaux.
- ' I i '

N0. C X.
.Du 17 O&obre t17J .
Un membre a donne l'avis qu'il y a fur les cotes du Port-de-
Paix & du m6le plufieurs bitimnens en croidere don't on ignore
]a deflination.
Aprcs difcufllon fur les moyens a prendre pour avoir une
connoi tince positive 'au fuet de ces batimens,
L'Affelnblde arrete que fon president fe retirera par-devers
M. le gienral, pour lui fire part de I'avis donn6 a 1'Affemblee,
& l'invier a preudre les mefitres qu'il croira neceffaires pour
difliper ou recounoitre ces bAtimens don't les manaouvres de-
viertment inquietantes,







(38 )
tes expeditions dans le bureau, fera tena de dcpofer h celu
de l'ofroi, une expedition coiiationnie de 1 tat de fon charge-
-gement certifi_ par un ncgociant, qui prendra folidairerent l'obli-
gation expreffe de ufltifier, dans le ddlai de neuf mois, de la
incerire de la declaration en rapportant une expedition en
forme de l'dtat de fon chargement du bureau d'occident oi\ it
aura fait ia. charge.

En cas de &ontraventiou, le Capitaine ou fa caution feratenu de
payer les droirs frufrdrs, s'ils excident dix pour cent, de la d-
c!aration primitive, & en outre une amende de 3,000 lives,
applicable aux fonds de Saint-Domingue.
I V.
En cas de non-remire de I'tat de dechargement, le capitaine
ou fa caution fera tenu de payer I'ameude de trois mille lives
applicables come deffus.
V.

Tont capitaine qui ne pourra pas fournir de caution en fera
difpenfe, en par lui dcpofant au bure iu de 1'oftroi une fomme
de trois mille lives, formant le prix du cautionnement exigb.
Soit prcfentc i I'approbation de M. le Lieutenant an gouver-
nement genTral, & notifi6 anx Affemb'les provinciales pour avoir
fon execution.
2.. "- .. " -_ _:. -- =- -

No., AX L V LI.

24 Septembre T79i.
Aun des membres a obferve que chaque instant devant ap-
prcndre des nouveiles intereffantes du Port-au-Prince, ii croyoit
qu'il dtoit de la fagelfe de 1'Affemblie de retarder le dipart de'
rI'u des avifos, jinfqu' ce que des nouvelles foient -parvenues.
Cette motion appuyee april's difullion 1'Affembie arrkte que
le depart d'un des avifos fera retarded jufqu'au moment oit elle
Spottrra infiruire la France de la situation de la part de
fI'Ou<


____UUWWWPULII~IIIIIII~LI~IlIIII~C UI--YI - --U I








i1 ne m'a pa. td& poflible de ramnalrer s ans te dift-rens rccits-
qui ine font pnveinus dr Port-a 1-Prince &; environs des l-
ieres mpa es vos impat t ranliretire- fiir lti". t crnimels qui out
occafionn6e ircendie de la, partiie l plus inilcreltr.nte de cette
ville, & des f'uites*u.&i il entra;in'es.
.Te vous ai adrefi'e, JVioiiieur, copi e d0"a lea ttre de la mu-
nicipalite ( ;,oy: 1. rol. 19. ); j'en joins i-i i eT fois le 1104 5? ,
dcune relation qui nma e t envoy.,e de la Croix-dcs-louquets :
c'eft le pour & le contre.
I1 elf ccrtaini, m'a-t-on mlande, que Iorfque le feu a et, mis
an CLeni'-re de: la ville tous les hinmes lde coITleur eon &oieit
dehors d:puis dix dotue heuires, & que l, plupart di s citoyens
honraites ort te rejoindre ces derners h I.: Cr,'.i-dss -ouquets:
une anure parties confidcrble die's ciiuyciis 1:' fonit rf'lrgies dans
les bWiir.cns 4de la rade ; il n'clft r lt- danis Ia ville que la por-
tion de ceru qui ont voulu lirer pF':rie d didfiftrc e pour piller,
non feulement les mairons incendides mais enicore- la mrnjeure
,partic de cells qui ne Fon' pas .e.
A a. r&cccpiopn de la noti elledes dJc aflres du Port-au-Prince,
je me filis li:at d'y envoycr ;, vec ma proclamation la frigate
a' i Glaltlhe'e, de. prlf,`rence, pour contater larrivre des com-
milfires du Roi:, a:ec un convoi de comcflibles don't cette ville
maInqunit. Elle ell bloqude par plufieurs nillieYrs d'hommes de
couleur, auxquels fe font joints les blancs qui deirent Fex-
cution du trait~ de paiix & du concordat.
La mnicipaliie, apris avoir uf6 tors ftes moyens de media-
tion, alarm-e du. pen de confidence que 1'on a eue en elle, &
dit pen de fucctes de fes dcp'tes a- pri ::M. de Grimoaard
d'tre le conciliaeurr de la paix & du falut du re e -de la pro-
vince; qu'elle s'en rapportoit lui. Cet officer, plein de zele
& de dc, ouement au bien public & at rdt;blifement de Ila
tra.quiqllii ,ia accepid la mifl;on i & qtoiqu'il ait trouvti la I
Croix- des-Bouquets Is efprits, trts-pr:venus & des demands
de conditioi)s de paix des plus e>:traordinair'es il it6it venu A
bout de rdduire les pretenlions I'ex6ciciion dcu concordat &
du irai.e de pix. 11 eft venue en rendre compete Ila municipa-
lie qui n'a plus vouil' y acceder. M. de Grimoniard, retired
foii board a ee invil e de fe trouver en rade h lne afTemblee
de commerce, oA il a et& pri s un arre"t qu e je joins fous le
no, 14-; il a rccu de finite le intin oire itn. I5 des habitans
des environs.
]1 y a naintenant uie fufpenfion d'armes entire le Port-au.'




uBWlflmunnls~rnrnr-~~_


S. n Az A A', (' l. C n yT1 s E CX i R .et E cole r

Le Cnnrord-.'.t d i Septmnibre p tirnier entire l.s Citoyvns
blai4c de la .z' ntd i:;t::'L di Pori-au-Prince & la "1!e
ntonae d Ci)veincs co4lur, c.Inipe,: au botur de la Croix -
de,- 1in'co.;cN iera ItconnIru ItL & conltormIe A la confittitoni
en ci,'iift-u;tinct !i's articles qui y font inirLs front ce'.ttcs
i:ivBant lu.r f':'1 & terteneuir avec Ics changcinens, iamnde11 c;iCns,
&;i auimlntlaioiI:; qui pourrolt etre faits par le prdfcnt traitt de
p.,i,: ( Ac,','q: ).
SI ,
L'aitrct de la paroiffe di Port-au-Pruice, en date dua i du
priLcnt iois, portant ca;ffation dudit Corrordat diu i Sepembre
dcruicr fera decl.r6 nul & dee nul effect (,Acceptd).

SI I.
I fera rcconnu que la proclamation de M. le G4enral, en
date dt z6 Scptembre drnier a te fiirprif~t a a religion ,lui1
a dt mal initruit des raifons, ev-nemens & circonitinccs qui out
donned ileu, qu'elle eftabtfolument contraire aux articles 1, 3
4, y ,6 r & x x du Concordat du It Scptembre dernier ;' c
confdquenee, 1'execuion de cette procl:mia lon fera f.rli,.ndve,
& lcs Citoycns blincs de la.province de O'iuefi, sobiigoront
d'emiployer tous les moyens qui folt en leur pouvoir pour
en-obtenik-hraervc-ioQan LAcue'
I ' :- ': r l" r -:L t 11 '_ Lt] _. _ __
I V.
L'article premier du Concordat dt I Sepicmbre dernier,
fera execut6 felon fa forme & teneur, & les Citoyens blancs &
de co,,letir, s'eutendront po!r rclam.cr aupres du rcprfnTentat
dut Rol, l'exqcuiion iiUtcrale e tous lks points & articles des
d&crets .': iiftrtiC;ons de, Alffembl e national, fanfioniut s
par le Roi (Accepte).
V.
Pour parvenir c-lexec'.tioin de l'.rtirle V Idu Conrnrdat dii
1i S..ptcmbre dlernier, ltcligaite des Miinici:liit's A.li:mnblI.,-s
provinciales & colonials, eta:n bici reconnue ; tous les aielcs






( 167 )
chtire d'un Imtrct don't les comifires coniendront avecles
preteur;. Cet interIr fera payB tous les ans, en raifon du capital
dd, & le premier pavement en auralieu unan apris la date des
rIcv qi ce les comuniliTires donlerozt aux fourniffeus ., & don't
its fe procureroit dcs amnpliations.
Pour sdret6 du pavement des eng-teemens que contracteront
Jes cornmiffaires de 1'Afflembl6e gdnrdale pour caufe des objeta
detaillts au prefent arrete, 1-Affemnble declare affetcer & hypo-
tequer audit pavement les fonds de la caiffe depofitaire des
droits d'otlrois & d'exportation des denrdes 4e a Colonie.
L'Affenmble cll;rge foi president de fe retire. par-devers
I. Ic lieutenant au government general, pour avoir fon appro-
lation, & linviter a fire proteger la million des commiffaires
par MM. fes ambalafideurs, & coafeil general de France aupres
des ttats-Unis,


No. C V I.-

Zettre de i'Af/n.'meble e'nerafte. de Sain-t-Dominge aux memn.
bres dt, congrts des .tats-Unis ld' me'rique di x14 Oc-
tobre i791.
TRis-HoNORA3BLES MEMBERS,.
Vois avez appris par notre lettre du z4 aolt dernier, 1kS
matheurs arrives a la partic du nprd de cette brillante Colonie.
Toutes nos forces quoique tres-nodiques ont 6t^ dirigees
centre les brig:ans qui la ravagent. Nous fommes parvenus,
fnon a les require enfeirement du mroiis a rreter les progress
dua mal. Cotte malheureufe cataftropho a fore6 l'A Temblde ge-
ncrale de la parties franqoife de 'Smnt-Domingue de prendre
tous les moyens de sirete indifpetfables en pareil cas & ne-
ceffith par I'urgence des cireonflances; moyens don't les fuites
oat occafionn6 quel-ques petits retards dans le depart de tous
les navr-es dans tefquels ont te .cornpris ceux de vote Nation.
Mis 'Af.temblie gcuera'e toujours de concert ave Ie rcprl-
fentant du Roi, de(irint maintenir Funnion & 'acrord qui ri-gent
entire la France don't nous faifons parties, & vos ttats ; voulant
en outre recoutnoitre autant qu'il eft en fon pouvoir, les g&-
n.rceix services que les braves fuiets des Itats-Unis ont offers
Srend!us a la Colonie, elle a d'abord detrLit le droit d'aubaine
1 l ^ ; ".










r Jurons tous, promettons-nous tous de nous foutenir & de
tious dtfendre mutuellement; d'etre tous les proteteurs du bon
ordre & de la suretd publique. Uniffons-nous pour la caufe
commune, & ne connoiffons d'autres ennemis, que les ennemis
du bien public. Jurons de regarder & de traiiter come pertu-
bateurs du repos public, tous ceux qui contreviendroient an
prCfent trait. ( lei toute la deputation a cri nous le
jurons ).
Citoyens de couleur, mes amis, vous perdez ici cette ddno-
mnination; il n'cxifte plus de dirin6tion, plus de difference. Nous
n 'aurons l'avenir, tous ensemble qu'une meme qualification ,
cell de citoyen.
Que la fincerit6 pride 'a un contract aufli folennel & aufli
facre; que les expreflions de la bouche ne foient point dimenties
par les fentimens du cccur. Promettons-nous tous amiti6e, fran-
chife loyaut ; & que les temoignages que nous nous donnons
ici foient Ie gage d'une pair & d'une union durable a famais.
SToute Ia deputation a dit, nous lejurons ).
Et vous braves militaires de Normandie & d'Artois, du corps
Royal d'Artillerie, de li Marine Royale & Marchande de l'`qui-
page du vailfeau Ie Boriee; vous tous enfin qui etes ici prrens,
partagez notre fatisfa6tion, & melez vos Alans aux n6tres.
C'efta vous que nous fommes redevables de notre 4tat; c'eft
vous-qui dans tous les tenns nous avez fecourus; foutenus. Vous
favez a guerre montrer que vous 6tes de braves militaires,
conime vous favez la paix niontrcr que vous ftes de bons
citoyens. Recevez ici, tous, nos fentimens d'amitic & de re-
connoi tance.
11 ne manque plus a notre-bonheur qu'une-chofe, 'e-e ftdele
rendre durable; ceft,- d"ecarter loin de nous tout ce qui peut
trouble l'ordre & la paix; c'eft de ramener la confiance, la
tranquillity, Ia f6ret6 publique. Qui la loi, foit obfervee ; que
ceux qui commandant foient obeis: voilh notre voeu a tous; &,
pour qu'll foit bien rempli, finiffons un aL~e auii folennel par
an ferment facre & difons tons : Je jure d'etre fidelle a la
Nation, h la Loi, &- au Rol, & de contribuer de tout mon
pouvoir l Ia tranquillity publique.-( Nous le jurons.)







SECOND DE


SUITE


DES PIECES JUSTIFICATIVES,
', '-
R EL ATIV E S

AUX TROUBLES DE SAINT DOMINGUE.



IMPRnIXnE PAR ORDRE Dl L'ASEMU-LE NATIONAL.IB.



N. C XLI V.
Lettre (1) 'crire par AM. de BlanchILand: au MAfnire dc lat
Alarine. Au Cap. il'i novembre 1791.


Depuis ma derniere depicle en date du 2 1 OL obr'e l
province de I'oueft a tC le theatre de divers dvdzicinemns.'L'Af.
femblde provincial tayde de ma proclamation duit f ep- *
tembre a calff par un arret le. concordat diu 14. fp--..
tembre. D'apr;s cet a&e les gens de couleur fe font *.fuc-
ceffivement augmentds a la Croil-des Bouqueis au nomi~re
de quatre mille ; ils ont mile parmi utx fix i jdfpt cents cL/'I-
ves chofis qu'ils ont arms ; its ont de fiite mantifdeC I'interi-
tion de marcher centre la ville du Port-au-Prince. ,


(i) Cette lettre eft un.duplraraa. Les pieces iuiuftiaivcs.qui y. fantun-
zoh&es &oicnt jointes' au primata expidiC par un navire qui p'etl pas
encore arrive. I
Pieces jujificatives, &c. P







pare qu.ils veulent I'excution de leur concordat. La conduit
de 1'AfemblIe gendrale & la mienne font tres-embarraffantes
dans les circonftinces, d'auitant qu'il eft demontre que fi cette
claffe de ciLoyens n'eft pas coalifee avec 'les blancs, toute la
Colonie eft perdue. Voila, Monfieur, l'etat des chofes, qui eft
epouvantible, c'eft Ie vrai terme a employer i mon r6le eft celui
de conciliateur: je remploie fans ceffe, en tachant cependant
de conferver la majeftd du reprefentanr du Roi; mon union avee
.1'Affeirblke gdn&rde faith notre force, & nous tichons de ne pas
compromettre notre autoritd; it faut pour cela garder Ic filence
fur une ifinfit d'abus
Vous vocz, Monfieur, la.confufion qui ragne dans cette mal-
heureufe Colonie & tcombien noL avons befoin de fecours
puiffans; mans Ji vous nous envoyez des troupes audi indecem-,
mnent infubordontces, & anuft faciles a fIduire que cells qui
font an Port-au-Prince il fera impollible de r6tablir la pair
& lordre ; % la perte de la Colonie eft inevitable. Des troupes
&trangeres, Monfieur, & fubordoneCes, il y a long-tems que je
le dis font les feules qui convicnnent ici. Le regiment du
,Cap continue a faire I'admiration de tous i it eft crafd de fer-
vice; aucune plainte nechappe ; je demand toujours pour lui
une recompenfe marquee & tranchante, & des tdmoignages de
fatisfa.tion pour le chef & les ofticiers.


N0. LX L .... .
N* "L _,X V I.-.

P R: OC L A MAT I 0 N.
Philibert & de Blancheland, ReRprefenitdntitdu Roi a Sainzt-
Domingue, au.s Ndgres en revolte dans la province du
Nord.
Le reprefentant du Roi vous demande" an nom de la Nation,
de- ce m6me Roi que vous aimez, & de lhumanite, de ceffer
--- 4vos-defordres, -de--rtr-ntrr-chun- fur os habitations,-& _d'y
reprendre vos travaux.
SVius vous &tes rendus bien criminals I Vos matires maffacres
par vos mains, lears terres & leurs batimens incendies, font des
crimes atroces. Ecoutez vos confciences a& vous jugerez qte
Dieu & les hommes doivent etre bien irrites; vous penferez qie
vous mnritez fur la terre un'i grande punition, en attendant
E4








dui i mai dernier qui, dit-on n'ef pas encore parents
officiellcment dans cettc Colonie'; de protefler meme contre
tontes proithations & reclamations contraires aux difpofitions
di fufdit d&cret, ainfi que centre toutes adreffes a l'Aifembl'e
nation dc, au roi., aux quatre-vingt-trois departemens, & aux
diff'rnctcs chambres de commerce de France pour obtenir la
revocation de ce dcret bientIaifant (IAccept '.


Ont demanded Ils firfdits citoyens de couleur, la convocation
prochainc & ouvcrture des affewblees primaires & coloniales
pat tous les citovens antifs, aux terms de Particle IV des
infhruions de l'Aenimblee national du s8 mars 1790( Accepted

I V.
De dcputcr dire&cment h l'Affemblee colonial, & d nommer
des d&putus choilis parmi les citoyens de couleur j qui auront,
comnme ccux des citoyens blancs, voix consultative & ddilb-
radive (A cceted). : ..


Dclarcnt les fufdits citoyens blancs & die couleur protefler
contre toutre munic p4ite provi Loire ou non, de meme centre
toutes affembknes provinoiales & coloniales i lefdites municipa-
lites, affcmbl6es provinciades & coloniales n'dtant pas forme'es
fur Ie mode preferit par les decrets & inftru6tions de 8 & z8
mars 7i0o (Accepte'). *
V .
Demandent les citoyens de couleur qu'il foit reconnu par
les citoyens blancs que leur org:-nifation prJente *lecurs ope-
rations recentes & le'tr prife d'armes n'ont eu po'r but &
pour motif qute leur sirct, individuelle, 1'execution des d'crcts
de 1'Affemble national, la reclamation de leurs droits mecon-
nus & viols & le defir de parvenir' par ce moyen a IA
tranquillil] publiquc; qu'en confequence ils foient declares non
inculpables pour les dvcnemens qui opt rfiulte de cette prife
d'armcs, & qu'on ne puife dans aucun cas exercer contr'eux,
colleftivement on individuellement, aucune action direce ou
indircde pour raifoni de cos memes eveuemens; qu'il foit nc
GuLLYc


~i~ij~awr~ru a a r C ---- --~




fl2A---~ww--huaflnI- ~


( 19 )
Llheure du depart des patrouilles, la quantit d'hommes don't
eles devront 6tre composes ,. & les divers autres objets do
service y front pareillement r~gls; le mot d'ordre & de rallic-
nnent y front pareillement donfiss.
V.
SAu retour de 1ordre, dans lItrs companies, les fergens &
f arriers commanderont les homes qui devront etre de service
Ie lendemain, & les poftes front rggulierement relevds a fept
heures du matin. Ces homes front commands exatctment a
tour de rOle, en commeTinant par la tete de la companies jufquka
la fin celui qui aura quelqu'emp8chement pourra fe fair
remplacer par un cairarade iais aucune raifon ie pourra Ic
difpenfer de fon service.
V I.
Comme de l'obdiffance depend abfolument la filretd & le'bon
ordre du service, le fufilier doit obiir au caporal, le caporal
au fergent, le. fergent a l'offcier & aififc de gride en grade
jufqu'au commandant du corps.


STout fufilier, caporal, fcrgent. &c., qui difobeira h fon fuprieur
pendant le temps qu'il fera de service fera puni; l'officier, die's
arts, les fous-officiers & foldats, de vingt-quatre heures de
prif9n.
Si les inanquemens otoient graVes, il en feia donnd con-
noiffance a-l'Affemble gendrale,qui jugera de la punition a laquelle
fe feroit expofd le coupable.
VIII.
Les hommes qui compoferont es poftes ne s'en eloigneront
paslfans 1i pezmillion de ceux qui les commanderont.
-I X.
Les fenineUes crieront: quzi vive fr Ies paffans; & cells
places devant les corps-dde-arde arreteront les patrouillcs, & les
-eiont reconnoitre.
X.
Les fentinelles veilleront exaQemeet, & auront attention
*particulir&ee pde pendr garde aux foux des maifons; s'ils leur
Ba







( 37 ) ,
etorlelr du Mirebalais, & de la delibi-raiou des mlmces Lxns
de Couleur, 1:quelle feroit eLeoy+e TAllembI piovinci icl
de loueft a qti M. le Prcdident derir~. tine lettre pour lul
ir'e part des motifs qTi oat. emnp-chi la. procliaation.


SN XL V.
Dit 14 Sc7,te'mbrc t I.
L'AfIemblec gnerale dc lit partii fr' inroiC.: de Saint-Domingue u
apr-s avoir eintLridu Ie rapport de fon comit dcs finances
CozilidTrant qu'en, rnJ1ur.-cmps quiell ahtl'ure h, perceplion
de limpet elle doit s'occuper des iiry lcns de procurer aux
capitaines le renmbourfcinent ccrtdn des fiimmncs qils font dans
le cas de p.ycr eni vertu de fon ri'ti Y du' T courant, pour
compt e chargers propritili.res on conwigniataiires des denrecs
charges a board de lents navires,
Confiderant qu'alterndu la circoirinanc', clle doit fe premmuir
centre totes les fauffes decluatiois qui lkrent la Colonie dt
droit qui Iui eft acquiis fur fes production's:
Colnfidr.int enfini qie fis hbelirtv journaliers & renaiflans lui
font un dvoir impcriez x d',e'pelher, to'ltcles d&celrations fous
yvoiles qui la privet d'une par.ie de bon nulnlL riire r
A arretc & aarrte ce qui fruit:
A.RT I C RF P. M I.E :
Tout c pitaine de navire rnmrchand, pour c'.~rcer le rembour-
feiment de 'augmentiationd des doils d'olroi q''il aura bitC teint
de pavcr aux terms de I'arre't d 1'ii couriat Ie pourvuila
d'une qi-,itance du receveur di1 bureau d'o&rot o'i ii air:i faith
fadechr:.tion laquelle fcra rni;fe nu dos dii connoilTement don't
l efit polteur; cette qutlitance fera conCue ent ces terms:
Je fouflgnle, recevcir de l'oaroi declare avoir rei u de
SM. la fonmme dc : pour I'anigmentation
du droit d'oroi, expiimri dans I'arret' de I'AAfmbl" e ge-
A ndrale de la paitie fr:an"oif de Saint-Doriingiic en date du
) Z 1 fci'tembre dcrniir lilite qai l;nce pouir eercer foi> rem-
. bouirfiment enver; qui de droit .
a a f
Tout otapiainic nmrchald ou fubrecargue avant d'obtenir
C 3








At, & de plum excdant i:s font fot bons, pour an coup de
tnain mnis ;i eIf .imptffi'ble de fire une guerre friile avec
ces. Meffeur4-;l. ,

Ce ne fera.donc qu'avec les gens de coulcur ,n(Jids de
tPupes de linr qie nous parviendron;s i rddiire les brigands.
Pour clia, il f,!dtlioit procurer aux premiers des avantages: I'Af-
fembice coloni I: y toil difpofee ; eile alloit leur sccorder,
Sd'aprs fon arl'-t, du .o lcpitebre ci-joint n0 IV, nori-feule-
mtnnt les b.:'incsdu di dcr.t du .nai, qui~' admettoit cue
les.hiomimes dc coul.:dr ncs die pre & mere librs mais elle
voaloit am.:li.-,:cr le fort dcs autres : cette Affembl e alloit
prendre a cct effet un arrit concluant, quoique provifoire ,
laufqu'on a eci comloiffancc du dccret du z4 -feptembre c depuis
ce moment, fiers de ce dc'it les sites fj font exalte'es
d'une marntibe J f ,te conno'vre.qe e le pronwncejur lejrt dies
gens de cpui ur ne fit gas a'Yfi favorable qu'lls auroient liet s
de I'efpirer ,. ce qui pourroit p'rdui-re des effects trds-ficheux,
ces gens eata en fbrce & cn rT :a es & jbfou onncds d'avoir
fbmente fiourd,;mcnt la re'voie des eflaves..
.AprtIs p'utfi rs francqs dr db.a6 s, IAffemIblde colonial a
pris tan a'i'' c' i-,unt n". qui, du moIlus je le craci;s ,
ne fatisfira pas les Ihommns. de coleur ; j'ai fait, avant de
'app Drver quedques ~ibj'riatons qui ont produit des modi-
fications. J.'Afl-emblec a d- fuite fait tine adrc.ff ausx gens de cou-
leur, cotree an'. VI, i, mn.o un' ,. roclamLztzonjoul let n, ,t Jrl.
Nfous i,,,norons encore Icft qu'ac:ront pioduit ces fiLcs. Si
lesi himics de coll/er fln co:I; :.r 6 rafionnables, tout ira
ien ; finon, la' coonie courtles plus grand dangers.
Signri, ELANCHELANDE.
_ji^ -- i 1 J - --_ _

Ni. XL .

Zettre de AM. e Bllanchelande ta al'iniftt de la 'iMa';ne.
iL CaIap e30 ioj mbre 1791.

M N tU ,

J'ai I'honleur de vous informer de 'arriee de la rrgate la
Galathie Lins la rade de cette ville', ot tlle ai mouillc Ic z8








s'etoient ports centre des hommes arms refranches dans ia
iieu fortifi, formid.bles ddja par leur nombre ,& rendus peut-
tre furieux par le dIefepoir. Les gens de couleur occupoient
le gouvernement ils y avoient de Fartillerie ; & le carnage
des citoyens paroiffoit inevitable, s'ils n'iloient foutenus par les
troupes de line, donta Iafpet feul, intimidant Ics mulItres,
les determineroit g une retraite, en failint ceffer le combat.
SEle crut done devoir requrir Its troupes de ligne de marcher,
pour difperfer les mal-intentionnes qui commettoient des affaf
iinats.
Les citoyens, second's des troupes, eurent bient6t mis en
fhite les gens de couleur ils fe dilperserent & senfuirent pour
la pins grande parties, par les derritres du gouvernement il
cn refla neanmorus une partie embufqude dans les hauteurs du
Belair la nuit ayant empcche de les pourfuivre.
Cet avautage cola ds le jour meme bien des regrets ; pii-
(ieurs citoyens perirent dans actionn ; & au commencement de
la nuit, nous vtmes s'clever la flamme anx deux extremities de
la ville, a Belair & an Morne i Tuff une maifon fat incendice
dans chacun de ces quarters : ce n'itoit que le prelude des
malhcurs de ce genre qui nous etolent prepares.
Le lendemain mardi, iz de ce mois (poque t jama;s dCplo-
rabe ), A la pointe du jour le feu part au coin de la rue de
Belair & de celle des Favoris; il avoit det mis dans la maifon
du no'mme Moulin off les gens de couleur avoient erabli un
corps-de-garde qu'ils out evacuu pour fe retire dans la parlie
la plus fuperieure de ce quarter; de la ils envoyoientbcaucoup
de moufquetterie fur tout ce qui fe prdrentoit. On fruit obligE
d'envoyer un ddtachement pour les expulfer, afhi de pouvoir
travailler a eteindre le feu.
La flamme dvoit gagnd tout ilflet qui eft born au nord &
&u fiud, de la rue des Favoris i left & l'oueft, de celle de
Belair.
11 fat impofllble e 1eteindre ; mais on Ztoit parvenu fur
les to heures & demie, i preserver les lets volins; de mania re
qu'il paroiffoit que le mal dit fe border a la perte do cet iflet.
On retiroit les pompes lorfque le feu part fubitement & tout-
a-la-fois dans l'ifletde la rue Saini-Philippe & de la rue de Eclair.,
& dans pluficurs autres adjaqens ; en un quart d'heure Fincenidie
devint fi violent qu'il fut impoflible d'apporter aucun lecours.
11 fe manifeftoit a chaque nioment dins de nouveaux endroits,
trois pompes, qui avoient ot f difpofees "da s les ieux circon-
voifins







( 185 )
t0. Du concordat paffi t la Coix des Bouquets, le rr da
mois dernier, entire les citoyens blancs & les citoyens de couleur
du Port-au-Princ :
30. D'une lettre a eux ddref.ie par le prdident & les officiers
de I'cat-major des citoyens de couleur rnunis A la. Croix des
Bouquets ; ladite letre en date du ,o du mois dernier :
40. Enfin dui project d'arrete 'a fire entire cus & les citoyens
blancs de cette paroiffe ,
Lefqnelles pieces is ont ipdeofrcs fur le bureau.
Apres ces:leftures, M. !e prefdent a ouvert la difcufion fur Ies
'divers points que contenoient les., pieces don't ils venoient de
Sdonner` leisure.
Et apres numre difcuflion & examen, it a t rrete qu'en (out
on fe boun-ettoit aux decrets de 1'Alemblee natlonale, rendus &
Sirendre i & alors, en confideratlon de cette fouminlion promrif.
de part .& d'autre, ii a ete arreti qu'on oublieroit rdciproquement
les divers torts & griefs qu'on pouvoit avoir ; que la conservation
des proprietis exigeant une reunion fincdre, celle-ci feroit inal-
t6rable, & on Pa juree'de fuite par acclamation, & arrete que
chacun fe retireroit chez foi, & feroit tena de fe reunir aufli-t6t
que la sdretd, foit des proprietes, foit des individus de I'un ou
de 'autre des deux parts, l'exigeront, fuivant les ordres qui front
donnes par les chefs ou commandans; & de fuite MM. les com-
mniffaires-conciliateurs ont 6t6 remerciks de leurs bons offices par
M. le president, au nora de toute 1'Affemble ; & fut les de-
mandes des .citoyens de couleur, ii a ete chanted un Te Deuim,
pour cClbrer la reunion fincere & cordial de tous les citoyens
te cette paroilte, pai le R. P. Outrebon, cure & lefdits fieurs
commiffaires des citoyens de couleur ont depofd l'acte de leur
nomination pour reffer annexed' celui des trois exemplaires du
prefent proces-verbal, qui fera depole aux archives de la muni-
cipalite de cette paroille le second etant define a tre envoy
SI'Affemblee generale ; & le troileme a ete tout prefentemen'
re-mis aux commiffaires des citoyens de couleur lefquels ont
figne lefdits trois exemplaires avec lefdits comiifTaires conci-
liateurs, MM: les citoyens ici affembl s, & MM. le4 president &
fecrktaie.

Suivent les signatures.

^~~ ~ "* . ,. _ i .* .
' * *i ^ * 1 ; . ; *. / M ^' -






( 97 )
la reponfe a votre premiere letire : fns do ite vois [a rcevrecv
dans pen & je me flatte qu'elle fera tell q';e doit le fair
efp5ler h conduit gtCercufe que l'Affenblee & Ie Gonverne-
mnit tienweut envers les gens de couleur libres. Dans la
raiflite de cetLo affaire vois aurez le double avantige d'avoir
rempli avec hoinieur & intelligence une miiflon trts-delicate,
& qui ne pourra que fortifier la confidence & 1'efnime que 1'ona
a dcja--.pour-vous. Ne doutez pas de cells avec lefquelles je
fuis, MeAleurs, &c.
Sign ie dAffas.


--N CXXVI--.-------.

Zettre de MM. la Foret aitn, R6manee fils, aux gens de
couleur, d Ia Montagne, du 6 aclobre' 179t.

.. C H a E S F 1 f B E .S ) ,. - .' "
Charges du vaeu general de nos autres" fires de la ddpen-
d.nce du Cap &8 du Fort-Dauphin, & de l'adrefle de ceux di
"Port-de-Paix, nous venons vous engager an nom dtI falut dei
ha Colonies, & en freres qui vouilons votre bonheur, de r1ons
reanir de cors & d'efprit, afir de fire c'iTfr les troubles qui
:ddfolent ngtre malheureufe. pattie.
Penfez chers freres, que nul motif ne nous anime fi ce
n'eft celui de votre bonheur & de vote gloire. Rappellez-vous
F'intLrt genCreux que vous avez infpir6 a tows les Franqois,
fur-tout au Commerce de Bordeaux. Notre reunion fauvera -1
Colonie; & quelle fatisfa&ion d'en Itre les d'.enfeurs i Nas
freres de l'Oueff & du Sad font da is les nmmes fentimens
que nous. Puifque toute ligne d- d&narcation eri brifte touted
domination odieure & tyrannique cfcfant, notus allons devenir un
people doe fiL-es & d'amis; mais, po'r jouir du bonheur qui
nous eft prepare, il nous faut ndceffairement la paix......
Qu1elle gloire feroit d'avoir prefque feuls fruvd laI plus belle des
Colonies & de meriter les reconnoiIfTnces de tout le royaume t
Ne nous privons pas d'un honneur ii grind, par ine dedfiion
qui po:rroit' ouS devenir funele.. D'apres ces confiddrations,
il feroit infant que deux d'enfre'vous vouluffiez communiquer
-avee nous ep frqres & finceres amis. Vous nous coruoiffeza
N







( '1s.)
Nous certifions le prdfent pafeport conform k celui qul nous
a 6t4 reprdfeatd par les nommis Brd & Cigoyen, ledit jour
6&. au.
Signd B I'origlnal ddpofd aux Archives de I'Aflemblee gndrrale
de la parties frangaife de Saint-Domingue. Signed PAILLIEUX
DE LAVAL.
Pour copies conform & lorigiaal dcpofe aux Archives de
rAffTmblde.
Sione' P. DE CADUSCu, Prdfident.
PNoacxsoqNi Vicq-PFrfident,


~, :-j


.,,-~*t -i


A,.,


-r ~I ~""'~


, ,, ",








I V.
Commiencemetnt & ouvertures des Affemblces primaries, pt-
roilifales & coloniales, par ous les citoyens adifs, aux terms de
'art. IV des inlTrufions de lAffemblJe national, du s8 mars de
Vainie dcrnitre.
( Ac.rdl.) Dans lequel article nous entendons, de justice,
Sadmet're aux citoyens de couleur la faculty confultative &
D d;librau:ive .
v Lcs quau-t articles ci-d:ffus accords, emportent lobli-
gation fianche & fans reftrition, autant qu'il eft au pouvoir
a de -- paroife d'exdcuter franchfi.irent & fans refirition, les
decrets de IAffemble nation.de concernant les Colonies,
i faniionnes par Ie roi, & pro!nulgues officicllement iufqu'
) ce joui n.
V.
-De ddputer a I'Affemblie colon Ile, en rairon d'nn depute6 pat
c ntaiiie de citoyens aftifs, eIquel depute choifi p tr;i les hommre
de couleur pour iceux & librement lu. ( Accorde'.)

V I.
Protlctlaton de Ia part de MM. leg paronictins blacs & de
cell.' des perfonnes de couleur, tant contre lI6!J&vite des prd-
Itendcls iMuiiicipalites qui fe difcnt on non provifoires, que
_cotire 1'..'cm;nbl-e illegalement adminiflrative p-.-iique 'itexc-
cutIcn Dige t dors e S acres, conitr- laquelle nous dclaions nos
grerfs, n'a pu leur donneir organizationn convenable : le droit
dut p'rptle libre n'etant qu'un, & le devant etre.
Rd,,u;:leac, c que ceft dans intentionn d' tre conflithu l'ga-
Slem .:r.t & irornmriment, que la paioilfe na pas former de
Sn,'i alite & qu'elle n a reconnu aucune affemblee admi-
) ntira.ive jfqu'a ce lour J. (A accord )
v n1.
L,',ivite & c e fervice des citoyens de coulenr, tant pour la
'ri5 de :ous, que por cell de MM. les blancs qui parta-
gv:r.int ladite a6ftiit6, p'ur less mmes caufes & motifs envers
les ovenss de couleur de concert contre Plennemi common
& i. npourvoir aux fubliflances des citoyens de couleur par MM.
\J. .-lancs, pendant tout le temps de leur service. ( Accorldi


T~-~--~- -,-.;-----------~







( to )
En man particulier, je ferois biet. charm de ponvoir fair
des cholos qui feroicut uiles & aI,:''les a votre excellence.
Pcrrnct.ez roi dernemader les bonds de votre excellence
en faveur de M. Rouflan don't le choir q't'a fait de lui
i'Affembl'c ginrale de la parties Frangoife de Saint-Doniingue
am Life aucun doute fir fon mirite.
.. Signed' BLAKCHELANDE.


S. N. I X I V.
Dfu 24- Aolt 1791 t
L idTcmi b' I'nr1ce confidcrant que 'ions fesmnomens appar-
tiennent A fJes :onflituans & plus p.riic::lirement dans une
circonflt.,r-rl d touics !curs proprti ts font en danger ;
A arrt-.s & arrx-;,: qu'ellc tiendra fets fiances, fans d6femparer,
foL-& u. :r. .

N,. ,- \V

'' u. 25 Aict 77p1.9
SSl.r 1 reprefeni tion fajite p r l'nn des menibres de Ta
comnmillion nomnmi'e par I'AfTeniblec pro niciiale pour iuger
lrv6;talemeit qu''il n pomeoit lui appartenir de rempiir les
foiiLtioh. quii .lui tnient delogucs :
.'Affcntblre, conlideitant que L: partie rranioife dc Saint-
Dominutie eft en tt;at de gicrre, arrc e que les homneis pris les
arms i la atm:jn, o en elat ie revolt, front juges prevota-

Euc.nf.:q:,!en:e I'Affemniet4 proviniale demeure charge de
nommrer utie cc:mnniirion prJviAtle compojee d'un prv6t., d'un
lieutcrei-l de-1.riv-ot & i'tin greficr don't les fondtions front de
singer prc'.-vtalcment les honimes pris les armes ala main ou en
ctat c lervoltc. Cette comhillion rccevra la fantinon de I'Af-
fembl.,e g'ncialc, & relevera diredement de 1'Affemblee pro-
vincile.
Scra Ic prdfent coihnliniquc & M. Ie lieutenant, an gouver-
IneCienCt gIti-raI, & notifi a 1'Affemble provincial du Nord ,
pomr avoir foio eCr:utioi, tctre proclamnc par elle & affiche par-
tout ta belbin fcria. '







194 )
tion etoit trop grande & elles n'auroient pas ct? en sirete;
mais elles etoicnt traitees avec humanitC. M. Catherinot fut
portcur d'une Ictire aupis des gens de coulcur reunis a la
Croix-dcs-Bouquets elle efoit dCtaill e & on leur faifoit en-
vifager qu'ils feroiett refponfables aupres de la Nation dL tous
les malheurs don't cette parties de la Colonie etit menacee.
Le s6 aprcs midi, M. Cathetinot nous a rapport Ilur rcponfe,
fur laquellU nous ne nous permettons aucune reflixion. L'amour
de la paix, le defir de conferver cette pricieufe Colone a la
France, nous fat carter tout ce qu'clle content de menfonger
& d'injuricux, pour nous en tenir i leurs demands de la re-
lanation des femmes & efanfans ans, pour ainfi dire, engager a
concourir au mairitien de la paix & de la tranquillity publique.
SDans cette circonflance critique & delicate nons avons faith
alfemblkr tons les chefs de corps, i l'effet de delibrer & ii
a itd arrive que les femrmes, tant celles qui dtoicnt retenues
pour leur propre strreti, que cells qui s'etoient volontairement
rifugiees en trade & aux cafernes, feroient libres, a linftant, de
fe rctirer, & que cells qui voudroient fe rendre a la Croix-
des-Bouquets, y feroient conduites par une efcorte de troupes
de ligne & gardens nationals; ce qui a 6tC execute ce main d6;
bien entendu que ces gens de couleur front Cgalement relaxer
les blancs qu'ils deldillent prifonniers.
Nous -fommes aCuellcment dans I'attente de 1'eicution de
leur part; nous avons tout execut & nous apprenons encore
aujourd'hui que les ddfordres fe perp&tuent dans les chemins du
;Ctd de la Riviero Froide.
Nous attendons le rifultat des effects de la n6gociation &
nous defirons qu'ils puiffeat ramener la paix & la tranquillity .
Nous avons fait tous les sacrifices pofTibles pour y parvenir, &
pour conferver a la France cette prccieufe parties de la metro-
pole.
Nous vous invitons, Monfieur le Genral, a nous feconder
& it nous envoyer des fecour' le plus t6t pofllble, tant en muni-
tions de guerre, & particulierement des boulets de deux & de
Iuatre, qu'en provisions de bouche. Nous manquons abfolument
e tout, & notre position eft affreufe.
Signed' les Officiers Municipaux au Port-au-Prince,


tt. . I







( 164)
qu'il y en a d6ja deux; mais ces commilraires n'ont pas une
jufte idee de notre situation a&telle, des caufes de nos malheurs,
d'une infinite de details, dout les nouveaux commiffaires feuls
peevent rendre compete.


SNo. C I.
& ,'- .- I '- -- '

Du 6 Octobre z79c.
La difcuflion a ete interrompue par la lecture de deux lettres
adrcffees a M. le gtndral, & doni il done communication a
'Affemblde.
Ces deux lettres font de dvg Garcias, commandant efpagnol.
Il announce qu'il a fait rendre la liberty a M. de la Ville,
rtembre d: 1'Affemblde gndrale qui, ldans les premiers mo-
mens de 1'infur e&ion & pour c happer aux brigands, s'dtoil re-
fugi6 a i'Efpagnol, & y avoit &td arretc.



N0.., 0 C I

Du 6 Octare tyJt.

La fdance ouverte, apr s l'appel nominal des membres, Iun
d'eux a done lecture d'une lettre par laquelle M. Vallerot,
commanannt de l'aruiee de, OuefR, de la parties da Nord,
temoigne un preffant befoin de fecours en homes.
L'Affembl6e arrete le renvoi de cette lettre a M. le general, &
charge en outre deux de fes membres de fe rendre auprts delui
a ceteffet.


CI I
Dr u Oclabre 1791.
Les commiffaires envoys pres de M. Ie gcneial, rentrent
dans l'Affembl6e, & font leur rapport. M. Ie general leur a dit
qu'il alloit fire paifex au camp de M. Vsleirot un renfort de






n'auront dans le pays ni propri&is nii parents an degrd ci-defius,
ne feiont point d6b::rqufes L :
4. Que les perfounes don't le ddbarquement naura pas cte
permis, front rcnvoyees en France anx frais de la parties fran-
;oife de Sainr-Domingue pendant trois mois feulement, paflt
sequel temps elles front renvoyCcs aux frais des armateurs des
bitimens qui les auront apporttes.
SSera le prdfent arretd pr6fentd h M. le lieutcrant au gou-
vernement gbnaral, pour -avoir Eon approbation notifi aux
Affembldes provircialcs, pour tenir la riAmi a fon execution,
jufqu'a ce qu'it en ait 6t autremtnt ordonne par 1'Affcmblde
egnerale & le faire lire, public & afficher par-tout ou befoin
fera ; qu'exp6dition en fer remife a Melieurs les Conniffhiares
S de rade de la ville du.Cap & envoyce a toutes les places
imaritimes de France, & au Conful de France auprts des Etats '
Unis.


N. . XXXI 1X. '"
:; D. 11 S.eptembre 179T

On a repris a queflion fur 'exp'dilion d'un ou plufiers avifos
en France. '
Un Membre eft mount1 a la Tribune &, apr's avoir donnt
fon avis fur Ia queftion il a propotd un project d'arettd.
SLa difcuflion s'eft ouverte tant fur te fond qtte fur ce project
d'arrcte; & apres longue d6libf&ation;
II a kt~t arr et que-dans le-plus--ref=dftai il feroit evtpdi6 par
M. le lieutenant au gouvernement general, en France, deur
avifos ; qu'il ftroi fa;t iune adreffe au Roi & A Alffemblee niatio-
nale, & dcrit une lettre. officielle auX quatre-vingt-trois DCpar-
temens & aux Chambres de commerce dit Royaume.

*' .... No. X L.

Du a Septembre 791.
Un des membres a dit qu'il croyoit devoir inftruire 1'Affem-
blie que les matelots ne fe croyoient pa.s compris dans fon arrct
du 8 feptembre, relatif aux. penfrions alloudes aix individus qui
Pidces juji Jicatl-s, &c, .









No. XII I.
Copie de la :Letrre ecrite par M. Btanchelnvte A M eI
President du Congrds des Etats- Vils.
Au Cap le 4 Aodt 179 t.
MONSxEU R,
Jai l'hoineur d'informer votre excellence que la parties Fran-
soife de Saint Domingue eft dans le plus grand danger. Les
atteliers y fnt dans une infzrreCion complete; ils y cgorge:Fc
leurs mautres & les autres blancs qui tombent fous leurs mains;
is inccndient les ha:bitations ; &la plain du Nord, au moment
au je vous dcris, eft en flamlnes. Les troupes de ligne rtunies
aux troupes patriotiqucs, ont fait des forties fir ces ateliers, &
ont me&ie tud uni certain nombre de ncgres ; niais ces ficccs ne
les dconcertent pas ; ils fuient & ii inefure leur part groflit, &
il porte la mort& le fcu par-tout ol il pale.
Nosmoyens-fort trop-fobles-pout-po6aveir-le-sai-rte-dans clure
fuite, nil cs caerr ; ce n'eft done qu'avec utn force filpdri-ure a
cell don't nous fommes poffeleurs que nous ferions d.tis le cas
de les rduire, & de les uraie rentrerdans Ieur devoir. Pour cet effet,
jepiends la liberty de m'adreffer avcc confiance h votre excel-
lence, & de lui demander des fecouts. Les befoins font urgens i
& fi elle daigne fe rendre a mes vceux, la nation frangoife Ii
dcvra le falut de Saint Domiugue, & fa reconnoiffance fern
infinie : -
L'Afferable gdnurale de la parties Francoife de Saint-Domnlgue
invite pareillement votre excellence a venir an fecours de li
Colonie. J'ofe efperer qu'elle voudra bien aceueillir tios
demands, & nous envoyer tout celui don't elle pourra difpo-
fer. Je ne mn'tendrai pas en vains raifonnemens; M. I, com-
mifraire de I'Affemble qu'elle lui depute li fera conn.itre,
mieux que no ne faurois 1'expofer, les dangers'deo cette infilr-
redion qui vous donnera une idde de hotre situation, des
fecours qui nous itont Tieffaires, &t combien il eft important
que nous les recevions promptement. ,
La nation Angloile a conftamment etc geucreure & magna-
nime; je fuis perfuadd qu'elle ne fe dmcentira point' dans
cette occasion, & qu'elle en donnera une prcuve non -qt -
voque aux Franqois qui a lear tour feroient enchantds de
po'voir la convaincre d'une reciprocity de fentimens fi
malheureufrement des circonftatrces aulfi affligeanues deioloicnt
jamais leurs Colonies.


sSIIlla~-l------~-~-l-ar~~:i --






pdrieur du Cap, comme infnmes, dignes d'tre vous l'exd-
cration contcmporaine & future, & come la caule fatal de
tous les malhurs qui affigLnt la province du nord. (ccjeptd v
en ce qui nous concerne. )
S' VIII.
Que li fecret des lettres & correfpondance folt facrd & in-
violable, conformmecnt aux d6crets nationaux. (Accepte.)
I X.
Liberty de la preffe, fauf la refponfabilitd dans les cas deter-
mines par la loi. ( Acceptd.) '
X.
Demandent en outre les citoyens de coulcur, qu'cn attendant
execution pon&uelle & littorale des decrets de 1'Affemblde na-
tionale, & jufqu'au moment ou i's pourront fe retire dans leurs
foyers, MM. les citoyens blancs de la garde national du Port-_
au Prince s'obligcnt de contribute a l'approvilionnement de
l'armee des citoyens de couleur, pendant tout le temps que
durera fon ativitl centre les ennenis communs & du bien public ,
&: de faciliter Ia libre circulation des vivres dans les diffErens
quartiers de la parties de 'oueft. (AcctTe'.)
XL
Obfervent en outre les fufdits citoyens de couleur, que !a
finceritd don't les citoyens blancs viennent de leur donner une
preuve authentic ne- -leur permit pas de harder le silence fur
les craintes don't ils font agites : en confequence, ils declarent
qu'ils ne perdrontjamais de vue la reconnoiffance de leurs droits,
& de ceix de leurs freres des autres quarters; qu'ils vcrroient
avec beaucoup de peine & de douleur quc la reunion pres de s'ope-
rer au Port-au-Prince & autreslieux de la d6pendance fouffrit des
difficulties dans les autics endroits de la Colonie: auquel cas ils
d6clarent qcie rien at monde ne fauroit les empecher de fe
r6unir i ceux des leurs qui par une fuite des anciens abus du
regime colonial, eprouveroient des obftacles a la reconnoiffance
de leurs droits, & par confdquent a leu r fclicite. (Accepte.)
Apris quoi I'Aftemblee revenue a la place d'armes, la mna-
tiere mife en deliberation mrremenit examine & difciutae
I'Affemblie confiddrant qu'il et d'une ndceflitd indifpenfable de






U


T


E


DES PLACES JUSTIFICATIVES

SRE LA T IV ES

AUX TROUBLES DE SAINT -DOMINGUE,

E -- *

IMPRIMAr PAR D ET DE tLASSEMBLAE NATIONAL

Du 16 Ftvrier 1792.




.Proces-verbaux Arrete's, Proclamations, &c. de I'Af-
fDoming CloiiC a deTa partte franaifte--deSaint
Domingue,


N. X CV I.


Seance du 28 feptembre 79vgz, aist Cap.y

L a 6tW fait leture de diffdrentes lettres & delibdrations de
la municipality des Cayes ; i ces pieces dtoient jointes des
adreffes des diltrits des gardes'nationaks & des gefs de couleur
Pieces jilfcatives, C, L


~ iF1 '-~'-" ~LiLC


1





( 141 )
lour & nuit, tant pour la chofe publique, que pour les intc-
rets qui nous font confis, it n'eft forte de vexations que nous
n'eprouvions d- ft part, & de manoeuvres qu'il n'emploie pour
ouvrir la porte a la coquinerie. II a rendu, ces fours dernimrs,
un arr&ti don't nous ne pouvons vous fire paffir nu exemplaire,
attend que la quantilt qui en avoit eC iLnprime a entierement etc
affichde. Cet arr&6t port que tout proprietaire, ou chargeur de
denres coloniales aura le droit de les retire du bord des
navires i fa feule rCquifition, & que focus aucun FrAexte le
capitaine ne pourra sy refufer, a sa charge au rkclamateur de
payer les frais de chargement & de dcchargement. Le navire
le Phililppe, de Bordeaux, le Caly-Franrois, de Nintes, &
le Bien-Aimcn, du Havre, font deja de ce noinbre. Voila,
Mefficurs, voila come on arrange ici le commerce de France
toutes les affairs font g6nralement interrompues; if ne faut
plus pirler de recouvrement; perfonne ne veut piyer : en un
mot, cette Affemblee soloniale paroit vouloir tout facrifier.
Voulant enfin mettre tout le tort de fon c6Lt, nous avons
faith une troiliime tentative aupres du gouverneur-gendral qui,
ayant trouv6 notre demand juie, nous a promise de s'employer
a cet 6gard; fes reprdfentations n'ayant pas eu d'abord pl s de
fucces, novs avons appris, le lendemain que, dans un commit
secret, iAffemblee luhi avoit accord le depart des deux avifos.
D'aprs '6inormi'f des maux qui accablent cette mnalhetreufe
terre, jugcz s'il et urgent que 1 Affemblee national s'empreffe
I voler a fon fecours. Employez, gdntreux Franqois, toute
votre 4nergie pour le prompt depart des forces don't nors avons
befoin, non-feulement pour fecourir la Colonie, mais pour
empecher qu'elle ne paffe en d'autres mains; car c'eft 1i notre
unique crainte.
Cap Saint-Domingue, le A8 feptembre 179r.


No. X C I. ,

Adreffe A PAffemble'e generate ,p or obtenir le depart de deux
a vi OS.
M S S .--

Tandis qu'un danger preffant environne la Colonie, la France
attend avec inquietude fans doute le term d'un filence aufi eton-







%3)

N. X XV I 11

Du 31 AoC t791.
Snr la rcprdrentation faite par un des membres, qwe Ic poavoir
executifne pouvoit nettre les troupes en mouvemeni fans en tre
rcquis par les Affembl'es & corps adminiftratifs, I'Affemblde a
pris I arrete luivant :
L'Affemnble g6nCrak confidirant qu'il cfl important d'empPcher
que les polTefions de loueft & du fud de S.-Dominigue, encore
IntaEes, ne fbient point infefttes de 1'efprit de rivolte qui rigne
en ce moment dans les poffellHons du nord;
Confiderant que le noyen d'y parvezcir eft de couper les com-
munications
Confid.;rant que M. le lieutenant au gouvernement gt4nral a
former des plans quil nous a fait connoitre & qLi paroiffent remplir
ce bt t;
A arr6t- & arrte i0. one M. le lieutenant au gouvernement
gti.ral tcr invite de ominier un chef pour executer fes plans;
Y. Que les municipair Is dn Port-au-Prinre & de. Saint-Mare
front aut,-ril'cs a rcq'.:ri les itop-:s de ligni e e marcher fi-
vaut le no:nbrc indiq:i6 par ce chef;
* 3 Que' les troupes, taut de line que patrioliques, front
fo'imi~n s c' chef, pour op.rer etnfkmble & par Ia bonne ifitel.
liience & dilfipline kIt fiuc- de ces dcu:. Farties de Saint-
Dr.idngue.
Arrtte en outre oqe 1'Affemblhe provincile, prvifoircmrent
adGiri;i.tr.~t'.' e 'eucIt s'entecdant avec I'ofhcicr d'adminit-
tration, charge des finances & magafins du roi, fera pourivoir
la fo:rniiture des vivres & munitions de guerre.
Sera le pifeent arret coinmunique a M!. le lieutenant an gou-
verncment gin&ral pour avoir fon approbation & notifi 'Af-
femblie provincial, provifoirement administrative de 1'ouc t,
pour le fair exdcutcr par qui il appartiendra.


No XXI -X.
Du ;a Septembre t7rT. ,-
L'Affemblie generae de lat part: fanroife df S.:Dmirngue,





( i (D )
vi&lmes i'fortunc .', %' 'un p8i('.' b.br,,.e & ridickle a no:,.,.iuil
avo'is faith ri fi ovent la rii n ,, p 'iLnce de cr que p-'iv ci
tonilcr nous nos (c1leiCii nous neC pouvLIV'i qse nlou' pPhlindr,
& ch:rch.r a no s pr.fi-ver de letr fiicu:. Les errncmis dti
bie;i puo:itc veulenit l perte de la Clonit- , & iis rculliront f:.n1
doute, du.s, leur,' proj:ts crin-,itiim ft les cloeivcns vcriniiex, ,
les vr.s Friancois ne fe htitent de reiiir" toSus feurs efforts pouk
fire: E.i'o .'r Cilu" pij rRdes c i'-plots.
C /W'rs te S ,int- tlirrC,'s de la j'cite Rvihere, det Ve-
rttc Is k deCs Gon..t'es fie difpofewt a enovoer des fecours
a .M. de Fontj 'es ; quaint' a rnos ,' no..s refPrvots tno
orcs'. pour 1i ,,c -,'e de lL parties de l'ouefl.
Nous avons requ AMloicur le general, l;ari'tdl de 1'Affcnimb.'
Sdu Cap, en date du io fpipt>,iL.re ,i'.'s l. connoiiT.nce quz
-vo!s avez de iout ce Tue nous avons fouff:rt dIinr s cette CojI-nji
1 'ell pas eloin int quTil ftisiiffe v'otre c1ur ni:ii'; it s'Cie
f.ut de beauicoup qu'il iempliffe nros defirs. Nous i1os nous
permettre Li dlrc.ultion de cetl rri'tl q.ui content trois articles.
AiT. 11I elt inicroyable, Molonlet r le Geic'ral, que les re-
prcl-:;1tamns des c.itoyel s b n aient employee quatre t::n-es
poor s'' ;pperccvoir qu'lls n'ont pas le droit de s'oppofer a 1'exe-
cuti'nn d'une loi nationale & confi'Jttiionnelle ; it eft etonian
qu'ils aicnt d.fiib'iL pe I anlL quatre r':lltces pour deilarer qu'HI
ne s'oppoFeront pas a 'execution de Ia loi du xi niai, tandis
qu'i cft n6tore que c'eft uniqueent pour s'y oppofer qu'is
fe font affembles; tandis quc dcplis le moment de leur reunio n,
les vodlts de le'ncelite qu I es renfterme niont ceffT de retcntii
de a fitilHtcd ie ce decret, tandis qu'enfin la. claTfe des ( it', ens
blancs a fait des ei'orts incroyables poOr oB-tenir 'revoca.ioi
de cette met.ie loi, en forte que fi la r&,ocation, apr s 1:qu-li.
ils foupr-Lt navot lieu, nouw ferions, leur avs, Gdc' dt,
beinmfice de ce decret blt1iifa.niit. 1 ift pluts etonizian encore
qi'a Tprs avoir ilde'?dr. pnd'tzLnt u.iatre fe'.i ces ils n'aent
pu s'dp:ip:'rc. 'oir ''il ne s'. ;ir point aciTellement d'un e:.le
qui n'efl pas con':, o0" icllement ; inlis bien de l'e ::e.iao:.
de 'article 117 d&es inirm'uwions du 28 mars, don't 'inice.;cu/ion,
ainfl que Les ,erj-:'!.e mntcnurres des colons blancs ont oc-
cafionne le decret del 15 mat, quz ne ,eut eitre co;n4ii'tcr 'ue
come un amen.i-:'m::nt a ce meme article IV. Cet ar'cle 1* de
l'Farrte dUa zo feptenr re ne fauroit donc ramener danis : C1:o-
lonie le calm.: &. l tra;,quillit .
Ar T. II, Les lo' fiatr litat des perfbnne' qui ne p~l:,li :at







(9z )
Je dois aux citoyens de couleur toute forte de juItice; is ont
non feulement reienu 1I's atcliers dans Ie devoir, mais ils les
ont .lur.'illis d':ix mnemes p.ir ds s p'atiouilles friquentes & pd-
nim ls ; miot inlJq'.ie a cIlqui.: ilnt du jor & de la nuit
l'cfjicE de flrv'iill.ne que j _ivos a remplir plus preff immnt;
m'o.vt enove d's f.co:wrs auhi prompts que mns couriers;
mn'o:i a ai. fire -irr'ter no'nbre d'ho,nmes fulpets, de mau.-
vaife co:Id..ite fiE T:ra-tfre, ou phi..ntropie"; ccef avec leur
f.'cours que je ime fuis rendu naitre du nonmmd Pierre Oge,
foldat de 1'nliciin rgilncnt 1'un des affaffins de l. Mauduit,
homitne dnlt la iig::re feule refpire le crime mais qui eft. en
lieu de fiiretcL, a la fuite de fes interrogatoires & de quelques
aveu\ ini rr.r'nis.
Enfin, Monficir le Gincral, je me fuis afford par de frequentes
colnfrences ont )'a: -ppele avec foii les citoyens les p'us
relpetcs de la paroiffe, que les holmnes de couleur font d6-
tcrin3is i vcrfer lcur fnig p:ur I'cx cution des dicrels connus
Jurfq'l'i- dans la' Colo.i.: fan&tionn-s par le Roi & re;us
olJlicillemient ; q'i'a a viittd its reclament comme juflice &
:onmne faite de la fidcl itd q'i a prdfidd a nos concordats, leurs
p':tcntiors aux droits de cito\ens aliss, mais auffi is offrent a
la Fir since touts Ie irs forces tons l.urs myens pour lui con-
ferver cette Colonic, & pour y retablir ordre, la freti & les
Los nrti:onles. *
Les ncenaces dua paiti de independencee, & la ftllite arrive
des 1-'i:im ns Ianglits portant des fecours, encore irnconnus pour
l'cfpece, viennent de nous ptonger de no'l-can dans i'inqaie-
tudc ls circoiftmuces ont tellement liU noire fort a celui des
gens de couleur que fi les menaces des indkpendnas du Port-
an-Prince venoient i fe. ralifer, il arrivieroii que les, gens de
colkitr, obli g6 de fe retirer vers les mornes, pour s:y dcfendre
I ou raftembler lenrs forces, no-s metrolent necefiairement dans
l')icrnative de les firivre en ab;fidonn:nt la pine on de uous
fcparer d'cux, loit en reffant fur nos propiieCds, foit en nous
reanilntmt avec 1e p2rti domitnnt.
D'aptDs le premier cas, les ind6pendans. frccageironint eux-
mni ies Ic cul-de-fac ;d ns Ie Iecol, tous les ateliers fe-fou-
leveront & ac.heveront la difolhtion de cette partie : alors le
rehfl: e- dans le phls grard danger.
TeClle eft, Monficur Ie General, noire pof'ion elle eft tell
q n noius fommes necefaites a demander des fecours anx paroiffes.
vu:uies, & par- ce moyeri nous les e;npechons de fuivre ce








d'oalrii Falfet:! le & de proclainer le .r.fillit dcs fcrutint
M.I. Lremilbo:f:r p-rc t: pour fcruItteurs MM Tiby & Dufqur.
-1N ouit ,rc".J :nfuite ait I nomination d'un prefident & d'trt
licrt:l; .. l;ic.ition ['ite des fcruiuins, it en eft refulte que
M. C: '.,: .tmc, loit nomm6 prciident, a plurality de quinze
i. ._, .: .:. l.) ;ouir, fccrtaire, a la plurdite de treize voix
C- c'-, .!': to::t. a d turec de l'affcmiCbe.
.c <;-IItji!Lires, <-:L citoyens dc couleur ont nomme par
:;i( nti.n.!n, pou ler pt rident, M. Pinchinat; pour leur fecre-
t-:ire, All. Oia!,jI-g ;. non feIlement your I'ouverture de I'affem-
.'*2 ,e ti:s C11ore p'inU I.outC f1 durce.
Letrquacs pilidcns, fecrctaires & fcrutateurs ci-deffus nom-
mes, oii acc'pti lefdites charges, & ont, en prefence de
'alfemblde, pr:et le fermenit de fe bien & fidellement comporter
Sen icelles.
Enfruite il ;i et procede a la verification des pouvoirs des
commlilrirres, atin qu'i fruit
11 a 1~ fail remil'e fur le bureau par les commiffaires des
citoycns blancs & de couleur defditcs paroiffes, dix-huit arrktMs,
d'ot' il eft rdfultd, apres leAure & verification faite d'iceux,
qu'i a dt6 nonmtm commiffaires des citoyens blancs, avec pou-
VOirs illinities; fvoir :
MM. d'Argaud & Dufau, pour la paroiffe du Grand-Goavc,
par an arred de ladite paroiffe du 16 du prdfent mois.
MM. Caradeux aine, Vincendon Dutour, C.therinot, Can-
.franccq, Leremboure pire, Boyer, Dufour & Guiciu, pour la
paronife du Port-u-Prince_,__par ladite paroifle affemblce en
quatlre feaions, le 17 oftobre prdfent mois, aliiT qi'l- rcfulle
duc proces-verbal'dudit jour. '
AlMl. Graffet, atin, &- Drouin, pour la paroiffe de St.-Marc,
par :rrit6 de ladite paroiffe du i6 o6tobre pr6fent nois.
i. M. Tiby, amec, & de Lagroix pour la paroiffe de Logalne,
par 1'.rrctc de ladite paroiffe du r 6 oftobre pr6fent mois.
A' M. Leydier & Beaudoulx, pour la paroiffe de Mirebalais,
par I'arrt;: de ladite paroiffe du 6 o&obre present mois.
SMM. R;botr-t;u & Pongaudin pour la paroiffe des Gonaives,
p;ar I';ir',t de ladite paroiffe Au 16 odobre prefent mois.
MM. Iiver ._ Avril pour la paroiffe de la Petite-Rivicre,
par i'::rri'de de ladite paroiffe du 16 odtobre present nmois.
MML. L.itb.,lfou, D.:i-'arreux &: H-anon de Vaujoyeux pour
12' p:tr i.de: de CrI.oi.d:-d'-s-Boququets, par l'arrctd de ladite pa-
.ilt'. l du i; odbr' rr,''ent mnojs.












T


A


A


U I


De.s Etablissenens et du Commerce d'Importation et d'Exportation de SAINT-DoMI N GUE pendant lann, e 178.


r A B L I S S E M -EN S.


PROVEN CL S.




iNonD .. 69
OUEST . 145
S-un .. 37


451


--a -i -

St-. -..
I- t'll t. ,s I II


27 1,857 27 460 i25
198 659 430 .4863 8
i6 294 235 774 36


34i ,8io 692 3,097 69


;73
I.


OBSER VA TIONS PAR TICULIE R. S.




On n'a point comprise dans ce chapitre divers antres ktablissemens moins im-
portauis, on ne servant que )pour exploitation interieure de la Colonie ; nous
nous contenterons d'en indiquer quelques-uns. On y compete 313 fours I chaux,
-a8-potenresy- 3-briquetcries-T34annerl es-,e-& ._ __
Ces divers 6tablissemens ont plus que decuples depuis 6o ans, et paroissent
suiceptibles d'augmenter encore dans une tiOs-grande proportion si la paix y est
i table stir de8 bases solides.


CON MMEICE D'IMPORTATION.


I ,


N A T U 11 E VALEUI IN


DES D E RA ES.


Comestibles .. .
Boissons . . .
Salaisons. . ...
AT: rchali d ;isps ceuvrdess
teltes que draperies,
soielies toileries ,
cotonades bijoux
meubles ,tmodts, &c.
Divers menus articles,
no1n enuineres surI les
acquits A caution,
evalui's par les capi-
taines. . .


en argent
de France.


ft
12,574,857
1o,294,517
2,944,035




26,005,734




5,790,400

57,6c9,543


OB S E VA TIONS

P4 R T 1 C U L IITX1R rS.


11 faut ajouter au chapitre des
importations celles (que les Anglo-
Am4ricains font en -omuiuslililes, bois
de construction, bestiaux poisons,
tabacs, &c., don't la valeur connue
excade 6000,000oooo liv.
Les aitheiurs, que vient dC'prouver
Saint- Domingue devront d'ici a
quelque temps 4tendre beaucoup ses
liaisons axec les Aniglo-Aminricains ,
parce quMil ne pourra gueres se pro-
curer adileur les bois de construction,
necessaires pour le 1il.ibllisemennt ,ldu
grand nombre d'6difices qui a 4td
Adtruit.


Pi s j /tijic::tiv\ s du .i]ip. .t tI. t Uow' i t ir 1Ui" .-, 'L(aIn. L%


d


COMMERCE D'EXP ORTA TI ON.



NATURE VALEUR
QUAITrrITI s. P I X I o N. l rinarg 'nt ,
es denrlies. de Fra .
idf Fninc


Sucre bl
Sucre br
Caf6. .
Coton ..
Indigo.


anc.
ut .
*: *


liv. pest.
70,227,709
93,177f612
68, i5i,i81
6,286,1 26
930,o16


238,772,544


SS5o i" le quintal.
A 25 t Ile quintal.
A 12 la li vre
a 150 i le quintal.
a 7 t 0o I ta livre.


tl
35,13,854
23,294,378

40,90o,70
9,429,189
6,975,13 2


t 15,703,t49


- II- ---II II ...III --I .


OBSERVATIONS PARTICULIE RES.




Dans le chapitre des exportations ne sont point comprise les
cacaos, cuirs, bois de teinture drogues m6diciuales, 4caill s,
liqueurs & -Ec, don't les quantities ne sornt-prs-conTrr-es--ercte-
ment, nmais don't la valeur est tres-considirable.
On n'y a pas compris non plus les retours qui s'operent cn
piastres, et qui s'elRvent annuellenient de 5 a 8,ooooo liv.
On n'} a pas compris enfin les taffias, sirops ct autres degrees,
exporties par les Anglo-Amdnricains en change des comest;bles
qu'ils fournissent Saint-Domingue ; exhortations qui d'apruis
la valeur de leurs importations, doivent s'dlever. 6,000,000 liv.
ellviroln.


ii


OB S E A VA T I O K S


I i- .- L s.


Le commerce dlimportation tt d'exportation de Saint-
Doningut- en i e o a enplloye 537 nIvir(-s. Le
nmoutant du fret tie c, s 527 navires ( po r le retour
seulement ) s'est elevtd A plus de 15 itilious, qui out
tournl anu profit tie la :Metropole. -,,En evaluant a 25
homines lP'quipage de chacun de ces 527 navires le
commerce de cette siule Colonie aura occiup et fltlt
subsister i3, 175 matlots leurs feunwes et leu rs enfans.
-A quoi ii fttut ajouter un nonimbre A-p-peu-prts 6gal de
matelots, occiupts au cabotage des denrets anmdricaines,
soit d'un port a un autre du royaume, soit td'un port
de France a uon porttitran(''r.- A ce nomilbre d'hiounies
de nler, dja considerable ,'i faiLt encore aijouter les
constructeurs calfateurs, voiliers cordi rs, &c.
emlployes >soit a construiire oIn aeqiper, soit a rcp-urer on
entreteniir les baitimnens servant a c'ette navigation. Cette
dernietre classes d'ouvriers, re.tant ordinIaircnienlt A terre
et repandue dans les divers ports du royailne est obligee
au preinerconup de catno de se sretidre a Bre-st Toulon
Rocli fort etc. On volt d'apris l'apercu dCes g~ is de
mer, qu'occupe et tiit subsister le seul common 'rce de
Saint Domiuisite comiien ls, conservation de notre
puissance ii;:wntimiie eSt ktroiteuicnt liCe avec la conser-
-7tr-tin--5 I5otorrres.-...
L'agriculture ,l lia Ip.' ILe les nmanulifactures trouvent
l'ans les Colonies les dlebouclhs les plus avaiitaigex pour
leurs products ; les deniires ,I,_li.ul,.;g apportent a nos
manufitactureis de nouveaux nm.,i- sl d'occupation et de
profit ; et la vente que nous faisons A nos xoisins de
la portion de ces denrees qui excede notre consommna-
tion, paye et au-dlAi les lines soies miitaux et
autres matieres premieres quei nous soniies obliges de
tirder de ''lrnii;.-r. Les ColonieS Conlsolninenit lex-
ctdent des prodaits de Pagriculture et tie tindustrie
natiolnale eiles nous fournissent un mIv.'-n avantigeux
de tnous procurer des inatimres uiiles que note sol nons
refuse: que Ciut-il de plus pour prouver que, de la
conservation des Colonitc s depend en grande parties lai
prospirit6 de la Ml:. 'il.'1ul. ?


Pae i o.
tf:i


. -_ -e


u~asullIMaMII~ ~-aa-- ~ ----i I ----


..
--I

---- r ry-- LI~I~ ---- ~0119111LI IY CIP~bl~ ~9~-C- -- I~ - g e ~r~srarp~pa~-~aa ~-~----b-~--~q8C -~-~~~~*UULIII~--~I4~A~C~;~;Z;~;` I~IYQI~~IM


J


"I 95.






( i88 )
un major, n aide-major, pour commander la paroiffe, &'f
corformer aux ordonnances de fa majeft6. ,
Arrhe pareillnment a I'unanimit qu'elle prie & reqiuiert
MA. Colombcl, fubltitut de M. le procureur-du-ioi, de vouloir
himn ufer de toute la plenitude des pouvoirs qui lui font dld-
gues par la loi pour le maintien de toutes cells confides a fon
minid,:re.
Et pour donneria MM. de I'tat-major, ainfi q.u' M. le fubftitut
de M. le prociur.ur-i.u-r'oi des moyens certain de f-ire exe-
cuter avec e:a&i:ude & cledritd lIcurs ordres re-Fpe&ifs dans une
circontnce ou le n;oiiidre retard pourroif deveniri fi'neRe,
Arrt t qt.e la brigade de marcchauffe. de Saint-Michel fera
fur-Te-chlmp algmentlee & portee au nombre de vhigt homes,
y comprise, officere, Ics brigadiers & les archrs ; quil leur fera
accord & p-ty a totus & chacun d'eux un fu ppmnciit de paye de
b moiti di montant de leurs appointemens ; a a charge par la
brigade d'etrc cafernce, de remplir exatement les fonaions de
fol inflitution ; de fire un service f6tif & regulier fous les
ordres de Al le commandant, & inrpe&te par lu.
Etpour pirvenir a accclercrcctte augmentation de la brigade
que le geure d'ennemis que nous avons ai contenir, riclan-e fi
impnrieufement, M.le commandant eft invite de fe concerter
a cet effzt avcc M. Bellanget officer de marechaufiife.
Arrkte que M. Ie curd, charge de la recette des deniers mu-
nicipa.ux de la paroiffe fera autorife i payer tant a M. 1'officier
de marechauffLc qu'a la brigade, leurs appointemens fur le
pied fixed ci-deffus & fur les etals de revue certifies & vifds
par M. Ie comnwandant.
L'Afemble invite au non' ide leur engagement, MM. les
citoyens qui n'ont pas encore payd leurs droits municipaux, a fe
preffi-r de fatisfaire a une dette aullT facree.
L'Affemblde invite paretlement AIM. les anciens membres du
confcil general de la commune a s'affeirbler, pour r gler toutes
les depenfes que 1'etabliffement de la municipality a neceflitees,
ainf qtue cells qu'elle a pu fare au nom de la paroiffe, con
formement a fa deliberation., du 4 da mois deier ,. relative aux
corps de garde & patrouilles.
Arrkte que tous les papers appartenans a la paroiffe, refie;
ront en dep6t chez M. Delumeau come par Ie paffre & que
tous ceux qui pourront deformais etre adreffes h la paroiffe,
front envoys ou remis a MA. le commandant, lequel voudra
Ibien fe charger de toute la correfpondance. generalement quel-
conque,








des brigands, les quarters qui avoifnent la parties de 1'uueft,
- -qui-naort point encore itd la proie des flaxmmes, & fur Ia
nomination d'un chef qui cormraidera iartmce qui doitfe forq-e
dans cette parie.
Les commiffaires renttes ont fait rapport que M. le lieutenant
au government general avoit nommd M. Cafamajor, com-
mandant du cordon de la parties de I'oueft.
^-~-------------------------
X-* K X I V..

Du 9 aoat 1 791.
L'AIlemblde gdndrale de la parties franmoie de Saint Domingue,
-Gonfidrant--qu'il eft plus important que jamais de connoitre
1'etat des afnances de Saint-Domingue;
Confid&rant quo la distance entire le lieu des fiances de rAf-
femblke gtndrale & celci de la residence de loficier charge de
I'adminiftration des finances porteroit de grands retards don't
I'effet pourroit 6tre funefte :
Arrete que l'officier d'adminiftration faifant fon&fons dTntendant
fe tranfportera au Cap avec les bureau & titres relatifs aux
finances de Saint-Domingue.
Sera le pr6fent prifent a I'acceptation de M. le lieutenant
au gouvernement g-dnral, & nbtified Ak officicr charge de Vlad-
minifration faifant fonfions d'intendant; ainfi, qu'aux Affemblbes
provinciales.


No, XX V.
Du :9 aodt z1791.
On a de nouveau obfervd cbmbien ii dtoit important de fe
procurer des armes; que 1'itat de rdvolte ou on dtoit dans la colo-
nie dxigeoit que tousles habitans fuffent arms pour la conferva-
tion de leur existence & de leurs propridtes.
Apres difoufion PAffembl6e arrete que fon prdfident & M.
le lieutenant .au gouvernement general formeront fepariment la
demande au. gdndral & an confeil de la Jama'ique, de la plus
grande quantity de f4ils, fabres & piftolets qu'ils pourront fourals.
*;


Ill~easl-p~------u






( ito )
pouvoir fair degringoler les roches qui fort ia umndltagne dhi
hautdu Cap Fn.:r ls crmpich.-r de nous approchcr, car jz crois
qu ils n ont pis d'a.utre nroyen a moins qae d'expoler nos gc;ns g
Lh boe'chari,. Je vous ri d vbs affrrer avcc 1'epion, que
vous ariroit envoy de le fire bien expliqucr l'erndroit on eft
1a poodricre du haut di C.p, pour que nous puiiloils rSuflir
a empjtrerla po'td!rtire; amifi, :on bon ait, vou pouvcz voir
m.-trcrh air P.. vio'n sbon a,
Ji-d.ifrls que cy flu pris ls. preca'.ons a cetle aliire vous
pouvez en fdre i EBouqueWian q'ult-ld i Jcan-Franqois il, peut
toujours allied en voiture avec fes denloifclles,, & il m'a feule-
mein pas faith 'lionneuir d m' cdre in inot depuis plufieurs jours.
Je huis mrn'm fort itonne de ccla. Si votis avez befoin de tafia,
je vous eiiverr.'s q'iand vous voudrez t mais tachez de ]e me-
n::ger : vouis fnitcs q'il tie faut ,pas leur en donner pour quil
foit adirhiis.. Entoycs mol pilufieurs cabrouets, car j'ai b'efitt
p orr c -yt.t:r'at bols pour montter les cafes qui font a la tannert e
poar iogrr ines es. .
Je. vo'L prtie d'afflrer de mon tr's-humtblet fefpclt h madadzn
votlf'mcre votre ifce.r.
Pai 'honetvir d'kire parf~itcment; tris-cher- anii-otre tr&s-
hunblc, trs. ol'tlditlm fcr.i:e..r, ~.jni, M DrcIN Gnrtl;
A F'adrefiTe, P,. M. Biaflon brigadier des armies du roit
au giand Bov:cam. ,,


I... ........ C X X I X -
Lettrt d'ti Ngre, fijtze Fayett D;c-t D on, te 12 Ofobre

MoN GikNERAL l

Jai il'onncur, ie icvs Ibtii:iter le bothjour & Lnon generall
frnn ois qai vous ait de mLne. J':ti honneur de vous zaprendre
"ue iobus oi 6u trft avec LC f r ;ihin ; nots dfiloh oujourd'hui
& lre a moTliieur TI prcfidenttipo'y ottenir ce qe 'nous tavoiit
dce b tlin; iet T;s tin traitk qbi rie far't"un fanliblte plalir aiiquel
jIc uis tejuis comm6 eftarnp perfGhiad6 que fett nouvelle vouis Fera
auta.hp de .il~lii. re rdi) oti f6ihi tt e-e vous lefaiv favor. Le .gt
nfrral vorTs prie liSttla preicine recu de fair. prtudre tout-le
tafia qni et fai & tous le fucre, .; l'euvoyer. Vous I'oligtrais
beauuoup. Le ftuc e & la taftii furtout lui font conigne pouc








( ts )
de la province, que des coimniif.tres qu'elles doivent fournir
collect ti vmet.
Tous lfquels commifltires ont 6t6 pr'fens, i 1'exception de
M. Bioycr, commiflaire de hl paroiftc du Port-au-Prince & de
.1. Ragon, comnnifL'iie de la paroiffe dc Jacmcl.
L i des coaimilr.ir.s ;ayit oblfrve que trois paroifTes avolent
doniia des pouvoirs limiln s alcurs commiffaires Llancs, mais que
la inmaoriLe drfdits commiflitcs n'en tiloit pis moins acquife ,
puifqu'en ne.comiptant pas ceux qui n on: que ds pouvoir limits,
il en rcflcroit torjjours vin~t-deux, ce qui fiLi l na Irde majo-
rii. foir ir. ,
La nmati:rci riife en dclibe:raion & minrement dircutde, il a
tle -irrtz, a iuaailliintmc que lefuits commiffl:ies a qui ii na 'te
donine que dcs po'uvoirs limits dlibrcroiclnt conjointement
aV'. c c'-u qpi cu ont d'illiwitL's f uf a .lire approuver par un
n'owl .1id de leur parole les Zarticls du irailte qi e xcCde-
roItCitll lturs pnouv:rs.
AI-r1s quoi iI a etd dit par les com:mipn ires des ciLoyens tie
coleur qu le ir r fepltembr dcrnic r ils avic'it fait un con-
cltdat avi'c. Ics citovcns biucs du Port-au-Prince.
SQu'au nmomicnt o: ils croyoilnlt toucher au icrme deleur ma!-
hour, lcs ennemis du bien public jaloux de la prop.'ritd de cette
Colotic n'avoinlt tcfTl di fccouer le flambeau de la dif-
carrde & de !. gutrre civil.
Que depuis le fcptembre dernier, fiddles a leurs prinrcipcs,
pleins de zi:6 pour fa c:onflerv:t'o!n de-s proprieles, ayiant tout a
crnindre d'nne iirur-relion gcldr..!Ie, frrlapps du fpc&aclc :itfreux
de q'C 'lrh'.te- h.iiiws de Ia lpThiie qui avIoient f-iilli eire d irlhin6s
au irilie'i de leur camp & fo;isleurs y.'uv, !es citoy1ns de couleur
s 'tou1i et drcifts a la vile du Port-:;i-Prinec pour en obtenir
des canons, dcs fulils: & des mIuniiioini de guerre afin d oppofcr
aia' 0cI.l1ii .olintsin, dts foLrc c. Ct.,;abtls de leur en inmpofer;
que fins avoir l giar a la juice & a Ta legiiimite de leur
dem.anl1e on leur avoit refuse avec obftifation tout efpc e de
fecourq.
Que 1'AffembCe provincibla di Port-na-Priice, perfiffant dans
fcs principes inconftitutionnels, avoit envoy au Cvp des com-
miflaircs qui, apr.s avoir rial iftruit AM. le general lur Ie compete
dcs citoyens de couleur, cn avoient obtenu une proclamation
contraire a prefque tou leks artlclcs du concordat du i T feptembre
denier une proc:amation qui, contte le v Ceu mrme dcs propri&-


~CIIIII~ll I-_ ____








roi!ins ptTr emp.cher la communication, ont eth perdues ; o
a it. fnrTv .*.. ks ab.indonner. Enlin, I'incendie a dlure depuis It
7 fi M.u" II !, j.'* t':iu 1,ndemi.in rmercrcdi ht quatre heures, & i1
a co:,!l .;;- :iir:i nt toutel s 1,:S s tiariljbfs qui itoient fir la fu-
per.ci: a p:rlir:, favoir de I'angle de la rue de Beeair & du
qu;:I, en Ilu ii'nt le qu.i) julqui'a l:i rue dAulins; montant la
rue d Ai!iins, juiqu':i la arande-rue ; fuiv:mt enfuiite la grande-
ruLo, jillqu'a c.ille d:s c:ir:icles : enfin, -7 iflets out pri par les
flamrnles & cft li ]a parties la plus rich dee 1i vitle.
Au miitli de tint d ded'fordre-', la nminicipaliti e e derpdrant
p1is nIllrnoins du fl' ut public cuvoyVi dicuO comnilifaires auprcJ
des hoimmn s de couleur, que Von laivoi s'&tre reunis a la Croix-
des-Bouqctws. Ces deuY commiffaires furent MM. Beffaignit,
SdLJpuit du Petit-Goave a IAffe.mblie gancrale, & Caradeuc de
la Cayr ; ils par:iri-nt le flir, avec pouvoir de la municipality,
k I"',t-t de ptropfey encore asux gens de cbuleur une cbncilia-
tion a quelqrIe prix Cli% ce fdt. .
Le z3, les comimituires de retour nous apportcrent ui ecrit
des honumes de couleur, non lign6, contenant quatre articles
de demands ; Io. la remife itus delai au bourg de la
Croix-des-Bouquets,; de leurs fimmes & enfdms que nous avions
fait arreter pendint le moment de troubles & de fermentation,
pour veiller a leur fdiretd individuelle; zo. la remife fans deal
ati bourg de la Croix-des-Bouquets des citoyens de couleur
qui etoient retenus'en rade ;0. It diffolution fubite de 'Af-
femblCe provincial ; 40. la reclamation de quelques objets qu'ils
avoient ab.indoindis dans il'ffaire du zr '
Nous primes a l'inifnt uh arrct6 qui devoit les fatIsfaire,
portent que les femmes n'avoient 6t' arr'tVes que pour veiller
k leir suiret~; qu'ciles, ainfi oae Jes hommes dtenus en rade,
feroient relates; que les articles 7 & 8 du trait de paix etoient
executes par le rappel d-s deputies h 1Affemblee provincial,
c qe in feroit des recherches pout les objets qu'ils avoient
lai es.:_
Le 24, M. Caradeuc la Caye fat porter de cet arrete &
il rapport en r6ponfe un ecrit par lequel les chefs de 1'armec
demandoient 1'exicution de FIarretk avant que d'entrer ei' co9n
S ference fur la paix..
Des le z4 an matin, M. de Grimouard avot deja executd une
parties de cet arr td; ii avoit renvoy les homes de couleur qul
etoient venus de toutes parts efr varies, & qu'il dtenoit les
femmes n'htoient pas encore relaxies des prifous la fermenta-
Pides jufJificatives, &c, N







*( 172 )


SN. CX 1.

u 19 Octobre 1791 .
11 eft fait leture d'une lettre adrelte a l'Affemble par
M. Vallerot, commandant le camp de Berci. Cet officer rend
compete du combat qu'il a eu avec les brigands le i3 de ce
wtois, de la piife qu'l a faite de diverfes pieces de canon &
d'un caiffon dartillerie; il temoigrie fa furprife i~ 1'Affemblee,
d'voir trouve parmi les munitions des brigands des gargouffes
f.Ates avec la flanelle, & des bottes de fer-blanc pour le service
de leurs pieces laRoftaing; ce qui fuppofe qu'ils resoivent
dcs approvifionnemens par, nos ennenis caches : 1Affemblee
arrmte qu'il fera ecrit h MA. Vallerot ute lettre de remerciement
pour fes details, & de fatisfarion des services qu'il rend a la
colonies.


No. C XI I.
Du zz Oclobre 1791.
Un membre d'nonce une lettre imprimnee 1'adreffe de MM.
Elanchclande & Cambefort, & demand qu'elle foit envoyee h
I'accuirateur-public, pour en pourfuivre l'anteur & ]'imprimeur.
La difcu/.on ouverte fur cette motion on obferve que
MMt. Blanchelande & Cambefort avoient garden un profound fi-
Icnce fur cette lettre; que forts de leur codfcience, ils avoient
d6daign6 cet crit anonyme, & q.ue-r Affemblee ne devoit pas
sorcuper de vengeances particulieres:
On repond i cette observation que ce n'etoit pas .1inte'r& de
deux particuliers que lfAffembl'e devoit confiddrer dans la denon-
cia:iiol qui hIi itoit fate mais le delit public; que le silence
de IlAf'fmbl,'e fembleroit autorifer tous les fafieux qui, avec
des imprniine' de la forte, troubleroient I'ordre & la tranquillity.
L'Affmble'e, apris longre difcuf ion, arrete que la lettre im-
prim-e fcra d5inoncct. conmmc anoryme a1 laccufir:teur-public avec
injo:iation de pouirfui\vr; i riprimeur & tous atitres fa&eurs du
Z tlb ** 1* "* *' 1 J/







( io) ) r
point au d&cret du 1% mai, ne regardent pas feulement los .re*
prefentains des citoyens blincs, miis une Aflemblce colonialc,
Lgale & rcprcfcntative de routes les claffes de citoyenis. D'ai!ears,
que lignific le mot amj'/l)ra'ionz, employed d.ns cet article it
cft avilififnt & dcvient iiadinifible dins une conflitution oQ ii
n'eft queflion que de citoyens francois.
Arr. III. On aura de la peine H concevoir qu'apr's avoir
delibdr6 pendant quatre fLanccs, unte Affcn-blce illegal & &
Ji fluis doute ii en a coUltc beaucoup pour vouloir paroitre etre
)ufte dans les dctux premiers articles de fon arretL du zo fep-
tembre, forte fubitement de fes principles apparens de bicnfai-
fance pour configner dans 'article fubfequent des principles
d.::flru&irs de touted juftice, de toute reunion & de touted harmonie.
A qui croil-elle done en impofcr? De quel droit ie denonccroit-
elle t la Nnlion G;anro;r, .* comme traitres a la Nation a la
Loi & au. Roi, que ls citoyens de couleur? Seroit-ce parce
q.ie ceux-ci font plus inviolablcment attaches a l:I nmrc-patrie
Ic les autrcs ? Scroit-ce p.rce que dins toutes les parties de
la Colonie ils contrii ent plus qie les autres citoycns a la de-
finfe commune Nous fommes, a la verite, foldats de la patric;
raais fommes-nous done les foldats ou les valets des blancs, qai
fe montrent nos ennemis ? Quelle extravagance!
Telle eft, Monfieur le G ,iinral, notre nianieire de raifonner
fur linjuite arr&te du so fuptemibie les ti:rcs de vos amis &
& de vos enfiiis, don't voys nous honorez, ne nous permettent
p:s de croire que vous vous refilfiez a devenir notre interprete
auprcs des ciloyens blancs, reunis au Cap. Le temps de 1erreur
& d&u preflige eft palle pour nous.-Notre -profeffion de foi -eft
naintenant connue de toute la Colonie. L'execulion ponituelle
& liLLtcrale de to s les decrets de I'Affemblde Nationale, fanc-
tionnics par le Roi : vola auprles du reprdfentant du Roi, l'objet
de nore r'chlau.tion. Tit'tr libres ou nLourir: voil, notre devife
& le but auqutel nous afpirons.
L iu lt .1';2 ifJiltcI dte fignatures.- I
c--~1~-------_-__ ----------- -
.- ,,

N0. LXXXVi) I.
Lettre de AM. le Gejlnral i; MA. le.r citf ens de codleur dz
A~ireballis, dlt.'c dii Ciz p, Ie 20 otobre z1g9.:
'ai requ, Melieur, la letre que vous m'avez adreiffe Ie 3


~1








.-- L.tice M1. jilliamj CollUon, deLondres, Ye 16 otobre
1791. :
z 6. Lettie de la mpnicipalltd du Havre, le i oftobre t79T.
17. I.d. de MM. Delaire, Chaudrac & C. duj o o&obre 1791.
18. Id. de M. Paillieux du Cap, du premier novembre 179 .
yg. Id. M. de M lae Peronniere, du S novembre i791.i
zo. Proc's verbal de la declaration du capitaine Dupuis,
venant da Cap, faite en prifence du confeil general
de la commune de Bordeaux, le 14 novembre 1791.
St. Id. de M. Ducos, de Bordeaux du. 16 rovembre 1791.
z,. Id. de M. Pepin, e l'Orient, du Z3 novembre 1791.
*z$. 1i. de M. Mallac, ain, de Bordeaux, du p novembre
S. 1793t' 7. -- : "


*i ia~j/ tfi


N. 4. 4 Ptition 8 ddnoucition de AM. Dubuc des Long-
Champs, du 18 decembre t791.
s.' Lettre dui mime du .19 decembre 1791.
s Lettre di mneir~ duy 6 janvier 17.9z.'


* .


,Liafi C,.


WL %7. Lettre du Miniftre de laMarine du 8 otobre t79
2.8 Autre du 3'o'dho.
9. Autre du 3i dito "
S30. Autre du 6 novernbre.

3z. Autire d i7 dito. .
S33. Autre du 7 decembre.
34. Autre du s9 dito.-
35. Letreq .du Miniftre .des affaires trangeres' du 7 di-
. ce bre I,79I ..
S36. Autre du ' hovembre. "
37. Lettre du Miniftre.de. 'interieur.
* 'r 8. tat de la dipenfe extraordinnaire, des fcours envoy '
a Saint-Domingue.
.... 39. Difcours d' Miniftre de la marine, du t9 ddcembra
179 fur 1'6tat de la Colonic de Saint-Domingue..
Liafe VD.


,N"' 40. Lettre de I'Affemblde Coloniale l'Affemblde Nationaley
du z3 feptembre 1791.


ii


.. A ". .








A reponhlt que des mulatres, focus 'efpoir de la liberty pro-
mife aux negres, font ceux qui les ont portes a la revole.
Interroce s'l connott quelqu'un des mulatres qui coufeiioeint
la revoltc?
A ronlv que ie mulatre Charlemagne, appartenant au ileur
Cottlneau; & un autre mulAtre, nommd Baptilte, appartenant a
I'habitation Duchemin; Frangois mulAtre de habitation Boif-
martin; Sanlhom, mulAtre libre, demeurant chez li fieur Fer; '
le nomme Laly, mulatre, du camp Robiou; Jean-Louis Du-
pleflis, mulaire libre, demeurant laCharboniere, ctoiet ccux
qu, a fa connoiffance, avqiei.t rffcite le plus la revoltedcs nres.
Interrog'o f les mnultres ont employee, pour engager les n'gres
la revolte, qcclques moyens de fedu'tion, S quells promeffes
ils out pu leur fare ?
A rrepondu que les mulAtres ont promise aux negres la liberty.
& leur ont dit qu eux, mulAtres, fe rendroient maitres du pays-,.
& qu'alors les negres n'aaroient plus qu'eur a fervir; que dauns
le cas, oi les blancs continueroient d'etre mattress du pays, is ne
confentent i les fcrvir & h fahie la paix avec eux qu'autant
qu'ils ne travailleroient deformais que trois joRrs de la femaine.
Interroge iA les negres avoient des armes, & quia pu leur en
fournir .
A re'pondi que les nfgres n'avoient d'autres armes que leurs
moucihettcs ; que auit negres de l'habitation d'lcourt ont pris
chacun un furil dans a grande cafe, qu'ils ont defonce fur cette
habitation, apres le part du girent; S& deux autres fufils pris fur
1'habitation Montagnac ; que plufieurs autres neigres avoient des
couteaux k indigo, attaches aux bouts de batons, ainfi que dos
couteaux ; que le mulatre Chardemagne, captain des revolts,
avoit four des munitions aux autres.
Interroge fi le quarter' loit frNqucntd par beaucoup de
monde, foit blancs, foit mnultres ?
A r'pondu qu'il y avoit beaucoup.de monde,, mais tous mu-
lAtres, & pas un blanc.
Interroge s'il fait qu'i y ait eu beaucoup de perfonnes de
tuies dans le quarter ou l ii toit, & s'il les connoit) s'il connoit
audi ceux qui les ont tuees?
A repondu, que le fieur Coutellier, grant fur I'habitation
* d'Aubagna le. fieur Gateau, grant fur I'habitation la Mardelle ;
le fieur Langlade, chirurgien, habitant du meme lieu; le Iieur
FranSois, economy du fieur Laval; le fieur Caron, chaufournier,
G autres qu'il ne conaolt pas, out Cti tues par des multres e.








idurera Yltat de grerre oi nous nous trouvons, & feni notifiC
aux Affembiles prnwinciales, pour dre lu, public & affich6 par-
tout oil befoin fera.

No. X-XI
D.u 28 ao40t y791.
L'Affemblde confidant que lea troupes patriotiques n'ont
pu encore fe pen4trer de l'efprit d'ordre & de discipline qui
dot regnerdans dcs corps'militaires, d'oa depend & la faretd
des. villes & la fidretd individuelle ;
Confidrant que dans la circonflamce le premier de fes devoirs
eft a'tablir un ordre qui, en rempliffant ces vues, allege antant
quil fera poffible le service des citoyens & les travaux des
oflciers commis pour les commander, &affure au commandant en
ch-f-Ia confiance qu'il doit y avoir;
A arreti & arrite,attendu les circonftances,ce qui fruit:
A R T I C E P R EP M I E R.
L'ihfantcrie & a cavalerie auront deux tours de service.
Le premier, pFa: les d&tachemens, cfcortes, & pour la garden
des poites exterieurs, qui no fera relev6, qu'aprds un certain
nombre do jours.
Le fecord, pour a garde de la place, fcra relev6 journcl-
lement. :.

SLrt rappo-rt d::- c'i4r:'n poiltc de I'inti-ricur & ext4rieur de
l-a v-ic vle fchfront a fix hetires du- main, chez 1'aide-major de -la
ptaci ( M. de Poitou ., ui en radigera un geincal pour remettrc'
a lhait heures an commandant de a place.

I A commencer de drain, i fa tendra,tous lesjouis, a lUordre
dt I~ place, qui fe donnerla i onze heures fur la place d'armes, un
.-bicieLr-mair de cheque corps,' aifi qu'an fourrier on frgent
de chaque conipagnie, qui front munis du contrile de lear
companies. I
IV.
TI fera faith motion an circle, de la quanttei d'hommes que
cheque corps devra fournir routes les vingt-quatrc hcurvs pour
le service ir&itieur de la ville sc des poftes qui y fe'ont adignc,
A chaque uoAp.




-'.\


Pieces trouvees dans, ls camps des revolted, & Interro-
gatoire du negre Pierre-Louis


0. C XX X VI -
Letrie figne'e, Me'decin Geneiral, ldaee de Grande*Rividre
ce 4 Oclobre z791.
:M Q. ,,C a A M X, ,

J'ai reue (W) votre lettre avec plaifir: je ne peut vous fatisfaira
kvotre rendez-vous; nous ne pouvons pas quitter notre camp,
pour nous tranfporter tout deux & l'Efpagnol. Si cet Efpagnol a
quelque chofe a me communiquer, ii n'avoit qu'k fe tranfporter.
a mon camp : quand a moi je n'ai pas le teams de m'y rendre;
jp vous fouhaite-une tres-parfaite fante & fuis pour la vie votrc

M DECI N, GeNneradI. #
Bien des chores de la part diu Secrtaire ainfi qu' l. ka
General.


No. CXXXVIII.
Lettre figne'e, Medecin, General, date'e de Grande-Rividre
ce Ol O9obre j79 ;

Mo T R s- C i C AxI, v
D'apr.s les demands que je viens de fair a 1'Efpagnol, & que
j'attends de jour en jour la chofr que je demand, je vous price
d'attendre que nous foyons plus en Ctat avant d'aller h ce que
vous me fajies l'amiide de m'`crire. J1 trop grande envie d'aller,
mais je voudroit avoir dans toutesles habitations ,des pines pour

(z) On laisse subsister les fiaute d'ortographe qui se trouventlidans
originall le cette pice et ceux des suTrantes.
Pieces jufificatives, &. 0







( 115 )
ne e feervira dronrmais pour tous les Caoyens de la Cl; e'c
q;'e des qualifications uit~ees pour les blancs ( ct,/),
x V.
Lec Ci(orcen& dc couleur, fenmant plus que jnmar s la ilitcefit;
de Fariclc 'XI dua Conrcodal du T r Stptembrc dernier, Icdit
a ficle fcra ex!cut relon [a forme & teneur (Accqre').


Pour parvenir a l'exdcution de lirtic'. X dct concorJdt di
i T fcptc:nbre dernier, d'une mani-re juile & unifutric, la pro-
viice entire de l'Ouell pourvoira aux befoits de l'drmiLc des
citoyens de couleur par-tout ol elle fera campde & pendant
tout 1c temps de fon a&ivite, airni qu'il ell dit dans les articles
VI & X du furdit concordat ( Lcptre).


,Les prepoL. ;ia l admin;1riaui';o, les munnii;rpaitis & aulr .
coI-pi;. :tnelIas adJ" nlrait rei tout c' on'pic e 1'empnlo des
dcnicrs qi'ils out tirn des caiflfs publiqt'lcs & dcs trcifors, dep 'it
Ie commienccacnlt des rubless de la Colonic (.-cc, .i).-

X VTj I I
Pour annihilar tout rtfuet de l:'iaes de diied ons, pour
eteindr. le. Juvenir de, iui.'--s qui out i te comnmifs en-
vr e.;s titch -fis d-e c'e!' ,, i fla fait, dans les paroilles tie
ln province e I'Onef f, u l [ ice iolemnel en memoirs, de ceu'x
qui, depuis le cmni.l;cfenCl:icri des troubles out dte facrifies i
la paflion & au prtjugi ( .,':'d.e).

X, X.
SAuffitt que le present trait am'a eti fignr, i'ne d' pulan
de la garden national du Port-au-PriAce, des regiment' de Nor-
mandie & d'Artois, du cops Royal-d',rt illerie, du corps '(.d c-1
.Marine royale, ainfi qu'une di4putatioil de la Iarine marchand",
Sferont invites a fe rendre fans arms, fur 1'habitation Da:nicns,
pour opener une reconciliation parfiite. avec les citoycns dt
couleur qai fe rendront au meme lic: L., armes & en n.mbre
legal. Cette rceuniou, pour ctre plus fclemz!clle, fe fera n iprr


BCII~P~--`I~---"~-_;____






(534 )
ni leur capacity ne pouvoient nons cffrayer its ont fouTev'
beaucoup d .fJ1 'vs, 1ra. Farnie en l ur j:romctwdnt la libertL,
une autre paric ct its y for':ant r avcc L s jrmes.
Nous a. :o.s 'o.s Ie in.lheur d'aioir po-ir chefs populaires
des g-ns q-i f, ig'irani que kls hiomnmes de couleur vouloicnt
le iLtoPr a l..iAci.C' rpimc, & qui ;.y.-int beaucoiup a craindie
de c'. rctour, prf,-roirL c Ipof.-r la Coloniie a fa perte totale
pl;..t qule de f. r1 .L f.:crncs r:iems ipolitques a la verite
en favour des i s d,. i oi:lur. En consequence., on fit fortir
de ai ville co.irei eux 'nl dd'tdchemntimet de trerte foldats de line
& d'.iliron So homui cs a- a plus, graniit partic nmaurais si-
b'.diers, q'ui j.;,.,is ne s' toitin fer- is d'dn fufil, ni n'avoient
abpris a b.lttre, non plus qia ob.ir ; & ce di,:chement
d environ no hommes n'a pas eu de peine, come vous
peufcz, ia tre defait par 7a 8-o homes, qui font venu5
fondre deff.s de tous les c6tis danss les brpouraills, & fan
avoir m6me la bravoure de fe inmntrer en raze cairpagne. Les
hommes de couleur ne font forts que dans les halliers. s
Ce fucces des gens de couleur ne leur a donned que plus de
prdtentions; & 6omme ils favoieHt que la parties la plus fine
& meme a plus nombreufe tant des blatcs de la ville que de
ceux des campagnes tdoient corfcnltanti i lent accorder tout
prdf'rablement a la perte de a Colonic ils out tenu ferme ;
enfiri on vient receniment de paffcr un Concordat avec eur,
Ieur; preientions font bien au-deffus de' cclles que leur,ac-
cordent les d6crets quoi qu'ils pritendent qu'ils ne font qu'en
demander l'execiion litterale. Mais ellks cufTent ct encore plus
exageires, nous enflions cte encore plus forts, ils etffent etd encore
beaucoup plus foibles, que nous nen cuflions pas moins dd ac-
quifcer a routes leIrs demands pout fauver la Colonie, parce
que fi nousles avions attaquts en force fi;pLrieure ils auroient
lout foulcve & tout incendid en fu ant; e-etoient les moyens
don't ils fe. fervoient & don't Uis meinioient de fe f-rvir. Et
voila les gens .-rtueiix de Iabbe Cre'goire, qui a perdu le plus
bean pays de l'Univers:
Enfin nous pocfdnns maintenant les homnmes de conleur
dans notre viille ils y fbnt ccairs lundi dcrnier en arrres con-
formirccut a iun arrc e id note Concordat. Jiiqurcs-a-prefcnt
ils n'ont ricn commis contre ic tr:,rn6, mai-is ils ont ameiv &
introdllit avec eui e!in vill. lcrs flifes ( c'efl ainfi q:lls
appellcnt les efcl ves les p'us inganabes qu'ils out reteniis
parn-i ex., e: que jufq .'"-plrdffn ils nont pas vo lu renmelire







( 176 )
leur & negres libres qui pourroient s'~ire pcrtds a des a&es de
violence tanm contre des citoyens que centre des corps
populaires, & qui fe feroient arms illgalcment tdutes fois
quils rentreront dans Icur devoir, auli-tot la promulgation da
prefent arrcte.
En consequence, 1'AfTemblee prend fous fa fauve-garde fpe-
ciale lefdits homes de couleur & nggrcs libres.
Arrite en outre qu'il fera fait r e mention honorable dans
fon proces-verbal, des honimes de couleur & negres libres dai
Cap & autres quarier,., qui ont concouru avec les-blancs A la
difenfe commune centre les brigands.
Arr&te enfin, qae le reprfentant du Roi fera invit &6
fire une proclamation conformneinent a !efprzt da pr4fent
arr&t4.
L'Affcmblec c hrge fon prfident de fe retire par-devers M. le
, lieutenant au gourcrnemnent-g4nral pour lui communiquer le
prifent arrdtc i pour avoir Ion approbaiiou, & l'inviter a Ie fire
notifier de fuite atx tribinaux judiciaires, auxr affemblies pro-
vinciales & adminifiratives du Nord de l'Oueft& du Sud,
qui demcurent charglcs de le noiificr aux municipalities &
autres corps de police de lcui arroitdilremenr, pour avoir fon
execution, l'inviter a Ie notifier aux commandant pour le roi
dans chaque ville & quarter de la Colonie.
c Sera en outre Ie pi6fcat arrctc, 11imprim, lu, public & af'
ich *par-tout odi befoin fera.

S No C XV I.

Adretff de l*4ffeeml'e general de la p1artie franioife de
Saint Domingue autx homes de codiear & nzgres
libres, du 7 Novembre 1791 .

L'AlTemblee gencrale, toufours bienfiifante, n'a jamais helftd i
aller au-devant de vous, quand elle a penf. que cette drmarche
importoit a votre bonheur & pouvoit 'fervir la chofe publique.
Mais elle voit avec ute douleur extreme & un mecontente-
ment trop jufte les manceuvres coupables omr vous out enirainds,
& dans lefquclles vous entre:iennent, fans doute, des erreurs
funcies ou des infinualions perfides.
Ce n'eft point fur la ftdition & la violence que vous dcviez
fnder vote efpoir,
Les









NO. C XX V.
Letre lce MM. la rEita, adne, & Rotanel, fits, M. d' A '.
Dui 4 Olbre t7.i
MO NsIEUR ,LE GIE'iRAt,
Nous nous fommes reiinus hier au foir i mni-morne de Sainte-
Suzanne fur les o1 heures & denme. Aprhs plufieurs rcnfeigne-
mens nous ious fommes convaincus que la forte armie n' toit
point entire les mains de nos frres les hommes de couleur
propridtaires. D apres ce, Monfieur le Ge'inral, nous avons
irouve un home de probity habitant dudit qiartier qui s'eft
rendu a notre invitation : nous lui avons fai pirt de notre
nifflon & lui avous fait connoitre que tout ce qu'on pouvoit
demander de conform au decret de 1a nation, etoit picinement
accord, & minme une extension en faveur des hommes de
couleur ncs de pares & mnres non-libres : nous y avons joint
la proclamation de M. le Gouverneur general qui exprime fes
intentions i cct 6gard ainfi que la grace pleine & entire que
I'Affemblde gnderale & le reprlentant du Roi accordoient fans ;
aucune rcftrifion a tou* les contumaces de la Colonie, fans
exception de ceux qui par erreur auroient pris les armes centre
lt nation en par eux fe rendant avec leurs airmes dans les
camps rcfpetifsM de la province.
Et pour parvenir, M. le General, d avoir une correfpondance
'direfte avec les vrais habirans ou ceux qui font parties de I'armie
infurgente, nious avons remis votre faur-conduit aux fins, 0o,
de rcevoir leurs deputies; .o, pour qu'ils en dlivraffent un
pareil, pour que nous puifiions monster & confirer :vec eux.
Nous attendons leur reponfe, & dfirons qu'elle puiffe combler
vos vaeux & les nutres.
Signed Lafor:t, a nd, & Rouanez, fils.

N". C X X VL .
Lettre de M3M. Lafor't, aine', & Rouane fils, d. M. d'Afas ,
Dui O Ocobre 179. :
MorXsiEUR LE G s Ax RAL,
Nous avons eu lho'neur, par notre lettre d'ier, de Vou fire
N







C '74 )
ce dernier oflicier quelqies operations pour ies mornes de l'Efi,
avec des troupes particulicres, fans qu'il rdit fait difira&ion de
celles que command M. d'Affas, lefquelles ne rentreront point
fous les ordres de At. Rouvray.

1 N CXI V.- .

Dui 26 Oobre ty79 t
On lit une lettre de M. Rouvray, adreffee A 1'Affembile gd-
nerale, dans laquelle il announce qu'apres le vacu enonce dans
I'AfTemble par les commiffaires de 1'armre de 1eft, il ne peut
plus accepter le commandement qui lui dtoit donnl par M. de
Blanchelande, dans les montagnes de l'eft.
L'Affemblee autorife fon Prefident i dcrire i M. de Rouvrayz
pour l'inviter a fire le Tacrifice des degodits & mecontentemens
qu'il a pu prouver, & accepted le commandement qui luii a Ct
dfr&6 par M. le lieutenant au gouvernement-gandral.

N0. C XV.
Du k6 OAobre 179i.
On lit une lettre de 'Affemblee proviriciale du fTd, qi de-
mande fi I'arrete de I'Affemblde g6nerale, qi defend emigration
horse de la Colonie, port fur les Airericains .d'origiae qui n'ont
point de proprietes.
L'Aifemblee, apres deliberation. arrete qu'il efl permits a tout
stranger non naturalif & non proprietaire d'mmeubles, de
fortir de la Colenie i fa volrlntC, en rempliffant les formalitds
d'ufage.

11 N. >vz. H I ,
-... /; Du .$ Novembre t 79 r. .. -
SSur la motion fate par un membre relativement i 1'dtat po-
litique des Iommes de couleur & negres libres,
L'Aflci ble gedralee de la parties fran;oife de Saint-Domingue,





+, (Ss' j

que fon depart n'occaflounat de la rumeur, a:e n'ai pas vi
les m&mes inconvdnions a le garder.
Signed, BLANCHJELANDE.

SNO. C XLI X.
Arrbte' de IAe mblde de Commerce.
L'an mil fept cent quatre-vingt-onze,le % novembre an foir,
PAffembl&e maritime reprefentaot le Commerce de France &
parlant en fon nom, rdunie a bord du navire le Triomphant,
ayant dans fon fein ceux de MM. de I'eat-mafor & de 1 equi-
page du vaiffeau le Bore qui ont cede i fon invitation;I con-
fidcrant qur Infra'tion du trait de. paix fait, Ie 13 o&obre
dernier, centre les T4 paroiffes de l'Ouefl & les citoyens de cou-
leur, eft prate h ra~lumer une guerre abfolument deftfuftive de
la Colonie; confiderant que cette infraction eft abfolumcnt l'ou-
vrage de quelqnes citoyens de la paroiffe du Port-au-Prince &:
de la municpalite de ladite ville qui, au m6pris dudit trailte
& du voeu prefque unanime des quatre sections affembldes ledit
jour, a requis les troupes & le vailTeau le Borde contre les ci-
toyens de couleur ; arrdte, come feul moven de fauver la Co-
lonie evidemment expof6e, que M. de Crimouard', comman-
dant le vaiffeau le boree eft requis par elle de ne fournir.
aucune des forces, qui lui font confines par Ia Nation, i ceux
du.Port-au-Prince qui ont violet ledit trait de paix, no1011 plus
qu'a la municipality. Fait & close en fiance les jour, mois &
an que deffus; & ont les membres iigni avec les president, vice-
preihdent & fecttaires.
SSigne', BLA NCHNI LAND r.

NI). C
Memoire prefenre A de G(rimouard, commandant de forces
navales au Port-au-Prince, paIr AIM. les habitat. de la
Plaine des Mornes autres citoyens de la paroifJe tl
Port-au-Prince & environs.
Le Commerce vient de rclamer votre appui pour fpuver at la
France les reftes encore fumans des proprietes de la ville 4u
Port-au-Prince & de la province de l'oanef







( 73)

N.* C XIIL

Du i9 Ofobre 1791.
L'Affemblee gendrale reunie au lieu ordinaire de fes flances,
une ddputation de 1'arne de FEl vers lAffen:blde vient fe
placer daiis le bane des fippl'ans, & elle fait parvenir a M.
le President une pittion de tous kls habilanis qui fervent d is
i'armie de l'Efl,endanteace que M. Rouvray n'en repreinne point
Ie commandement.
Monfieur le Prelident ayain donned lefure de cette petition,
Sales dtputes de Farmee introduits, Fun d'eux portant I parole,
a dit que Moiheur d'Aflas avoit le cceur de tous les habitans
qti fervent foils lui, & qu'ils ne confentiroient janiais a reutrer
bous les ordres de M. Rouvray; que cetoit la rdfolution de
lous les foldats patriots de farmee ; & qu'ils avoicnt 'te charges
d'en donzner connoiffance expreffe a 'A ffemblee, afin qu'elle
pr6vint les malheiirs qu'entraineroit un changement de chef.
Monfieur le Prtfident i'epond a Meflieurs les deputies qtU
1'Affemblie n'a aucunement influ' dans'les difpofitions que M.
le lieutenant au gouternement-general a prices touchanrit farmee
de 1 Eft & fes operations. M. le Pr C lcnt conrulte Affemblee,
& elle a arr&te que deix commiffaires pris dans fon fein fe
rendront fur-l-chlamnp aupris de M. Elanchelande pour lui fire
connoiare le vtue de larmee de 1'Ell de conferver M. d Affas
pour fon Genaral.
Les commiffaires,de IAffemblee de retour de lenr million
auprcs de. M. Blanchelande ra pportenit que M. Ie lieuten mt
au gouvernement-general s'eit repandu ,en eloges fur la conduit
&: les talens de M. de Roiuray dans lefquels il a une tres-
grande confiance; mais les deputes de I'armee de 'Eft, infiftant
fan la ncelfitr d'avoir un Gene'ral chlri de fes troupes 'Af-
.fembe arre iarre e quatre nouveaux commiffaires fe rendront
chez M. Blanchelande pour FIinviter ,i prendre en confidCration
combien le changement qu'il fe propose pourroit caufer de
defordre dans 1'armee de 'Eft.
Les :quatre commiffaires rentres, dans le fein de 1'Affemblee,
*declarent de la part de M. de Blanchelande, qu'id y a eq mal-
entendu ; qu'il ne s'eft'pas determini a releverM.'d'Affas, &a
Ie remplacer par M. Rouvray; qu'il a feulement concrete avec




Ylse~~slllll~lsBIIIIIIIllllllmr C+-`T:T-- __ I_


tes-riveolts f -font replies -fur--plulieurs-iabitatlons au bas des
montagnes des quartiers de la grande Riviere & du Dondon. uls
tirent leurs fubfiftances de ces deux abondantes paroiffes, doot
ils folit les maitres, come je vous Iai mandd, pat 1'abandon
force de tons ls habitans blancs. Je n'ai pu jufqua prdfent,
combattre les rdvoltes dans ces parties par la crainte de les
,faire refluer dans les paroiffes de Feft de la province, qui ne
font que foiblement garnies en troupes patriotiques & de ligne,
& en gens de couleur. La religion de ces derniers, dans cette
parre ell ebranlee par la connoi/fance qu'ils ont de Ja
conduire de lears fdres de roueft. Vne compagnie entire a
etr entouree. & enleve'e par les ntgres revolts ; il a etei im-,
.pojfble de decouvrir fi c'ef de gre ou de force : ce qu'il ya
de certain, c'efl que Ml. Charpenier leur capitaine pris
avec eux, done il etolt fort aime a et' e'gordge par ordre
d'un chef des re'volte's.
Le cordon de 'oueft, dans lequel je comprends les quarters
S de la Marmelade, de Plaifance & du Port-Margot, eft de meme
occupd, mais en'raifon.'de nos moyens, qui ne font, vu la 1A-
chete des rivoltis qu'a peine fuffifans pour rdfifter" a leurs
molles tentatives. J'avois donnd des ordrcs pofitifs au commandant
du Port-au-Prince, pour porter dans cette parties des renforts de
troupes de Normandie & d'Artois ; mais l'dtat des chofes dans
la province de l'oueft, n'en a pas permis I'execution. 11 y a
des divisions tiien: dangereufes parmi les citoyens blancs .du
Port au-Prince relatives au concordat qie je vous ai adreffl
.par ma derniere dpeche; les gens de couleur en exigent I'ex&-
cution; &J pour cela, malgrd ma proclamation du s.6 feptembre
que oai j ointe aufli a mon n0. 155 ils font reftes arms a la
Croix-&c-s-Biuquiets., au-nombre -de phus de 3,ooo. La crainte
que les habitans de cette derniere province ont d'etre incendi4s
S& peut-&tre igorgis, les out diterminds a envoyer des commif-
faires au Port-an-Prince, pour engager les citoyens de cette
ville & tenir leurs engagemeus avcc les citoyens de couleur; ils
ont dtd trhs-mal requs par ceux qui-n'ont pas figne le concordat;
---ils-fe-fontLprccipitamment retires. Une parties des citoyens du
S Port-au-Prince vouloit marcher pour a'ler combattre le camp
de la Croix-des-Bonquets; les foldats de la garnifon, perpdtuelle-
ment travaillds, etoient de cet avis; mais nieant pas requis par
les corps populaires., M. Defaalno.s ferme obifervateur des d6-
crets & ordonnances, s'eft oppof6 a ke que les troupes de ligne
fortiffent avant r'quifition. Auflit6t que i'ai connu '6tat des
E ;








intiets dela Colkni. & aux VeUves & enfains de ceux qui au-
roient t4
Aprrs d inon, 1'Affemnble conidterant que les individus'
formant la population de la Colonie confacreut & expofent lents
jours a fa defense, croit devoir, & fa fbllicitude lui command
impcrieufement d'affurcr une existence i ceux qui par des bletf-
fures fe traumeroient hors d'ctat de travailler, de meme qu'aux
Veuves & aux enfans de ceux qui auront le malheur de fuc-
comber.
Confidefant enfin que dans differences occasions plufieurs par-
ticpliers ont 6t6 eftropics en defendant la chofe publique, & ont
&et penlionnes par les differentes provinces, pendant que 1'in-
tir&t ctant un, ils auroient ddl 1'tre par la Colonie
A arrete & arr&te, r.o. que chaque individual blanc eftropiM en
dfendaunt la chofe publique, recevra une'peniion de 900 livres j
qui ui fera comptee par ]a Colonie ; & dans ie cas od il voudr;
it retircr on France ,la penfion lui fera payde dans la ville de
tornmerce la plus proche de fa r6fidence.
La veuve de celdui qui -aura eu le malheur d'&tre tue' recevra
la memne pension de poo livres, qui lui fcra compete foit ici,
foit en France, & de la meme mani&re cu'il a dte dit dans l'ar-
ticle ci-deffus.
Les enfans recevront en outre de la pension. accordce 'aux
mare;, tune f.mrme de iSo livrcs par a'n, qui leur fera payee
juiu'a 1 Age dc dixhhuit-ans' & dans le 'c:s de nmrt de la mere la
pension cera rvcerfible fur fes enfans par portions gales, &s
payable iufqu'a I'age de dix-huit ans. Detcrinim ci-deffus.
La pcneion des .gens de couleur fera de 6oo livres, payable
d4as le mtme 0ordre 1c dams la mame proportion.
D-Dclare 1'Affembide :confirmer toutes les penfions allounes par
les: ttrs proviftces, ai ceux qui ont defenudu la chofe publique ,
& .qui.ont 6te eftropids en fervant les intirts de la Colonie
arrete que de ce moment ells deviennent a fa charge & non
Scelle- des provinGes; 'Arrdt6 en outre qu'a computer de ce jout
ts pensions des blancs, qui feroient 'a-deffous de 900 livres,
front portees h cette foinme, & cells des gens de conleur
.Soo lives.
Sera le prefent artrt prdfentd h M. le Lieutenant du Gouver-
ncrtient gdneial pour avoir fon approbation, notified aux Affem-
idles provinciales pour avoir foa ex&cution.d ns leurs arrondif-





*


( 137 )


Pieces particulieres.

N. XC,
Zettre de la Municipalted de Cayes 4 P'Afembllt Nationale.
MI E S S I E U R S,
Elle neft plus cette belle province du nord, cette force oil
tant de ncigocians d'Europe ont puife leurs richeffes, cette belle
province qui cooperoit au bonheur de tant d'individus en France ;
ele n'eft plus. Cent mille r.fclaves, foulevcis par cette fociktd
infernal, dice de philantropes, qui leur a envoy fes rmiifaires,
en ont faith un monceau de cendres, fe font baignes dans le fang
de :eurs maitres, continent a porter par-tout le fer & la flamme,
& foulevant bient6t, par Icur example, trois cent mille autres
efclhves, ne tarderont pas i mettre leurs affreux inftigateurs dans
le cas de fe repattre d'idd-es de fang & de carnage, en leur ap-
prenant que la province de l'ouef & celle du fiud font igalement
revenues ieur proie, & que ceux qu'ils appellent leurs amis font
enfin venus a bout d'exterminer tons les blancs a St.-Domingue.
Livres ici a nos propres forces, qui font on ne pent pas plus
foibles, denu6s de tout fecours de troupes de igne, ne pouvant
plus computer fur ceux que nous avons vainement attendus depuis
plus d'un an de la metropole nayant pas plus d'efpoir de la
part-des-inmflrlaires-i-nous avoeinefnt--foi-par-i np iffanee-ielle- --
chez eux foit par mauvaife volonte, nous avions encore of6
computer affez fur nous-nmmes & fu'r union que nous nons
eftimions parvenus a ramener dans notre quarter, pour nous
premunir conireles evenemens affreux don't qous fommes menaces.
Mais, rous ne flurions le diffimuler Meflieurs; le courage.&
l'efpeiance nous mn;nquent depnis qu'll femble htabli t nos yeux
que cette horrible fede de phi.antropes trouve des appuis dans
le gouIernement; & o-ipuifons-nous cette idee dechirante ? dans
une proclamation publihe aux revolts du Cap, Ie 13 feptenbre
dernier, & don't nous vous remettons copie ci-jointe. Lors de la
prife d'armcs des hommes de couleur dans noire patrie, I'ann&e
dernicre M. de Maliduit fut a eux, & leur dit: retirey-vous, & its
fe retirrernt fur-le-champ. Aujourd'hui, M. le general dit aux negres
revolts: retirc-'vous; & les lettres de I'Affemblee generale nous









yar ler chefs des bndes, annoncent qu'lls -font fatiguds i '
qu'ils mnqucnt de munitiions. En les h rcclant, it fait crzoa
qu'ils fe degodteront, & demanderont grace.
L'on m'a c6mmuniqud hier une lettre pir laquelle on
made que les gems de couleur s'&toieut reunis aux blancs i
Plaifance, en nombre czonfide'rable. Si cela eft, non--feuement
la communication avec la parties de foueft fera lirpoffible aux
revoke, mais encore Us feonat obliges dereAuer dans la line, od,
de concert avec les forces des Mornes, notispourtons les r.duire
facilement, pour peu qu'il nous arrive ici des fecours en honmmes
car nous fommes excefivement fatigues.
J'en erfpire. un peu de la Martiniqup; j'ai diphche, pour en
4em.nFder, un avifo a M, de Behague, fur les nouvelces qua
nous avons eues que tout dtoit fort tranquille aux ifles du Vent.
Je n'ai plus d'efpoir du c6t6 des Efpagnols. M. de Liegard,
mon aide-de-camp, que j'avois envoy a ja Havanne, eft de
retour d&puit 4eux ours. LJes reponfes. diu Gouverneur Las-Cafas
mn'agnoncent qu'il ne pent rien faire pour nous. Je n'ai pas en,
q.re requ de rdponfe de dom Joachin Garcais, gouverneur de
Sango-Doiningo, a ma feconde lettre : par celle du coinmiffaire
frangois ( M. de la Vigerie ) il paroit que 1'on n'a point intend
tion de uous aider, & que les Efpagnois fe tiendront feulement
a leurs frontiieres, fur.la dfenfive; cette conduit eft incroya-
ble, d'apres 1arlicle IX (C) du traitd entire les deux.nations.
iLAffemblie gnearale eft tres-difpofTe en faveur des gens de
coule'Ir, don't 4 plus grande partie fe font prefentis pour aider
les citoyens blincs : combattre les revoltes. Ceux de i'oeftl a
quar'ier de la Charbonni're, joints par un nombre affez confi-
derale des environs, out forced les habitans de la Croiy-des-
IBouqnets & du..Port-au-Prince de traiter av.ec eux. Je joins ici
le concordat don't j'ai eu l'honneur de vous parler.
Nous avons aufi beaucoup d'iuquidtude fur la condulte des
,nulAtres de la grande riviere & du Trou. II eft prouv .quxilt
fe font joints aux revolts : ce font les contumacds & parents
g'iceux a ce que l'on croit. LAffemblee gne6rale a rendu des
arr&tds en leur faveur, que j'ai accepts, par lefquels elleles
relive provifoirement du jfigement- rendu contre eux, & s'en-
gage de folliciter teur grace aupres de 1'Affemblie national 8s


(i) Cec article fe rrouve dans le recueil des lois de Siinr-Domingue, de
$ a. vIercau de Sc.-a erry, vol. V page 77. ,
i' ---- .* '* I*:*" j-


;~a~Jrraoqt~:~sn,~ee~1~PIraa~ll~YYYYIII --







( 0o6 )
affurer la forte de la ville, MIlM. de Caradeux, le Ercton &c.
les efcortercnt ; mJis r.cndus h !a. barriere du Fort-Saint-Tofcph,
il a 6td impollible de les fire pafrcr ouirc par I'attroupemrent
du people & des foldats qui fe fourent par-tout, & fe neient de
tou qui le font ccintofmrn ent. oppofs au point qu'ils nuontput
fuivre leur de1fination, malgrc tout ce qu'a p,' dire & fire M.de
Caradeux qui les menacoit de donner "a ddmillion.
Le pcuple & les foldals crierent envers lui, & envers M.
le Breton, a 1.i trahifon; qu'ils envoyoient des vivres i leurs
ennemis pour les nourrir & les fire affaliner par eux, & leur
livrcr la ville; qu'il valuit bien mieux faire battle la genSrale &
marcher contre eux.
Ne pouvant leur .tire entendre raifon & s'en faire obdir, il
revint al.t municipdlit6 qui s'y rendit en corps & en chargee ,
promit que Ics vivres ne partiroient pas jufqu'i nouvel ordre:
cette populace cria; bravo I bravo &c.
SII out 6tL-, leuns us& les autres, timoins que lorfque I'a-
jirchic a et6 portee k fon comible, i devient prefqie impoffible
d'y renedier, fur-tout quand on n'a aucune force pour la

Les foldars fe mlent de tout & excitent les defordres ,tant6t_
pour & tanitt centre. Car qe font des girouettes qui tournent 4
tout vent, & de preference au malL'on fe flatte que ceux qui
y font le plus naturellement portes ne font pas le plus grand
nombre; mnais fi cela ne leur convenoit pas i tous, comment la
plus grande par tie ne les arreroit-elle pas par elle mnme, &
fe I.iflfroi elle aifi brider & entrainer H
Ces raifbincmenis conftquens, & qui paroimlent juftes, me font
croire quils- font- ous--egalement--gargrenes -,-&-me-font bien
CItraidre que tant que nous ferons ict, la. Colonie ne jouira jamais
dune parx parfuite.
L.s tous-officiers & foldats fe mblent &c 6poufent toutes les
qucr.cles politiqaes de la Colonie, don't leurs officers ne veulent
pas fe meler ce qui les faith trailer ainfi que moi, d'ariflo-
crates.
Demain ;s ont une Affemblde divife par feftions pour eviter
la iniTtitide & le tumulte. La municipalite avoit rendu-un arrfte
pour q-i'il ny eilt que les citoyens atifs qui y euffent leurs
entrees, maii elle a dci force de changer fon plan,, & d'a;-
cordcr l'cntree a tout ce qui eft dans la garden national ; le
penp!e & les foldats commandant' pour ainfi dire faifant fair
letirs volontls.


III I CI






potter Ics armns, ainfi que d'un grand nombre de maladies qui
ni~Crcint ourm. enit'i. ... : .
Vo:is dv':: ..\oir rc'iq depuis- long-te.emps les novrvell-s que
vous ont donnics IATfemnblll: colonial & ML. !'e Gr.r:l, U. s
efprcnlt quc Ics fccours qu'ils out demands front f-;ris a.'aInt
la reception de note lirC ; &, s'ils ne 1'etoient pas, i:.,'-s crov'ns
t Iio,'re devoir ,'fans Ltten .re q:ie ,o;!s prClnons dc no::v.:a';x
renifeincmens, de vous repr center qu'ileft tr s-::rgern que ces
fecours arniivnt le plus tot poffible.
Nons rendrons les competes les plus precis des que nous pour-
rons le fire avec c'rtitude, & no.ts ferons tres-exadts a vous
donner fueceflivement le d&.lil des chores rel:tivcs i notre miffion.
-. L' Colonie attcndoit avee impatience les commiffaires ;&,
malgid 1.. malheutrs p:-b'ics, notre ariivde a donned beaucoup de
fatisfaCtion am:. h .biians du Cap. Nous ,letirons qu'elle fafle le
mnmec plair dsansrles autres parties de fl'de. ..
Les cnmniifT.ires nationaux, deleguds' par le Rol aux ines sous
I vent de I'Ainenrue.-
Du 30 Septembre t79t.
, P. S. Nois avons reis, higr martin, a M. le General nos'coni-
miflions pour en aiie la. proclamation & nous entrerons. e
exercise de nos fonliionn audi tt que lcs former prealable-
ment n'rcffTires, nuront eti remrplies.
Da ns l'isllant M. le Gdndral vient de nous donner commu-
nication 'des nouvelles quail ;a refuies du Port-ai-Prince. Cette
ville cf en paric confruiee p'ar les games. L'incendie a fuivi
ine ri:'e enL'e les blancs & los homes :de couleur libres.
M. Te GVcrar vous en douie des details dans lefquels nous ne
pouvons enter; parse tue tout noire temps:eft employed a nous
procurer les Conoilnro ces qui nous font indifpenfables -pour
commerlncer 1los operations.


N0'.-C XL V 1 I I.
rt'tt,' i-A'tet an" 1intPz ie de la Matrine par M. de Blanche-
lande.; luA Cap l 11 decemnbre t71r.


Depuis ma derncie dep'chc, du 3oi d moisernjer, n". 174,







XX" .
.,. X X I II. ..: .
AM. le General fera en outre prid de donner fon approbatlioa
k tousles articles du c(oncordat dia x1 feItembre deier, ainti
qua tous ceCx du prdcent trait de paix & d'en maintenit
execution : M. le commandant pour le roi, I'dtar-major des
batailIons de Normandie & d'Artois, celui de la Marine royale
& M', Ics capitaines des vjilteauxs du commerce, front ega-
lement prids de donner leur adhdiion aux fufdits concordat &
trait de paix (Accepidt).
XXI V.
Le prdfnt trailed de pai.t ayant pour but d'dtablir,' une ma-
imere uniforme la rcovnioiftliacc,& exercisee des droits des
citoyens de couleur d:ns toute I.h province de I'Oueft ; le con-
cordat da it feptembre dernier aura ft pleine & entire exe-
cution pour toutes les difpolitions d icclui, auxquel)es il n'elt
pas dkrogi par les articles du percent trait, qui, dans tous Ics
cas, fervira de rcgle & de commentaire pour executionn dudit
concordat; blen entendu que toates les paroiffes de la province
de l'Oueft, fe conformeront aux dIpolitions .uu, prcl!eut article,
& de tous ceux inferds dans les. fufdits concordat & trait de
paix ( Accepte') .

Pour ne laifer aucnn doute fur la purete des fentimens qau
animent les citoyens de couileur; is jurent avec Jes citovens
blancs de foutenir de tots leus leufs fIo6c i r nouivelle co-nfituititon,
& de verfer la derniire goutte de leur fang pour s'oppofer ait
rctour de r anci.n regime (Accepte). Nous faifons le meme"
.fer ncut. x v
:,x x v r.L

Les citoyens de couleur, ne voa'ant s'cearter en aucune mat
riimre de la march preferite par 'Affeiublde national poua I'exd-
cution de fes dccrets, demandent que le concordat du i feptem--
bre dernier & ie pr6fvit traitL de paix foient foumis a fort
approbation, declarant s'en rapporter abfolument h fa dcCioin fur
les articles infelrs dans ccs deux afes (Accepte')
Le6ture faile des declarations & demands des citoyens ctS
couleur les commiffaires des cloyens aics c font retires.








( 39 )
au dernier period de 1infortune avoit ordonn un embargo
general dans la Colonie. Le premier (M. Defnolinres) a mnml
ofE. Ia quitttr fats payer ls droits de fon chargenrent, & Fun &
rautre fans lever clurs expeditions.
Nous demandons vengeance a la Nation de la coinduite affreufe
de ces deux homes, qu'un vil iteret a feul pu guider, & qui,
pour fe blanchir, vont r.pandre daC leur port les fauffetes les
plus intlgics. 11s ne manqreront pas, & uots nous y atteindons,
de publitr que la Colonie de Saint Domingue a des projects
d'ind6pendance, & ils appuieront leurs calonnies fur l'arrivde
de trois frigates aingloifes dans la rade du Cap ; mais nous ofons
l'efpdrer, la Nationl dja trompe fur une pareille imputation
ne fe laiflera pas abufer une feconde fois. On nous dgorgcoit,
l d'toit bien natural de rdclamer des fecours, de quelque endtoit
que cc put itre & d'aiileurs, c'eftde concert avcc M. le gnadral
qu'ils ont e demiandes; & encore, a quoi fe font .rdMits ces-
fecours? a une bourniture de yoo ftiils, de q,0ooo cartouches,
& de uquelquesprovitions de bouche ; nous n'avons pas cu un feul
home: mais au furplts, fuffent-ils venus ces fecours aulfi piuf-
fans qrils font venvs inftffilfans, jamais ils n'euffcnt influ fiur la
fiddlit6 des Franqois de Saint-Domingue; & les peils paffis, on
leur edt trouve, comme on leur trouvera toujours jufqu'a leur
dernier fotpir attachementinviolable A la mtropo'e h laquelle
iUs dcGrcront io::lours appartenir par toutes fortes de liens.
Ce tie fera done point encore une fois des rapports faux& con-
tronves qu pourront infl 'rr fur les reprentans d'ne Nation,
q l fai combien tout individual, ne Francals, c-glorieux de te
titre. Nous foiames au comble e finfortune; nos-freres-de la
prnoilncc du nord ont djfa td facrifies en partie; la province de
.; i'oulft a dea forffert des ravages; quelques-uns de fes habitans
font goriss;, nous fommcs a la veille d'dpiouver le mcme fort;
dclji iniw,:e des merrtres affreux fe font conmmis a% Petit-Trou,
tine de nos paroiffes; & s'il n en eft pas encore arrive6 autant
daas no re quarter, nous ne le devons qu'a la prompted punition
des chefs de complots d6couverts; en quoi ;ous ne feront pent-
'tre pas oijours fi heurelux : en un mot, la foudre gronde fur
nos rtees, & eft pr's d'eclater; mnai, croyez-le, Meferurs:
rien ne changer des fentimens que nous fliq:Irs avec le lait;
nois fomines nes Francois", & nons perirons Firanois.
Et ont fign6 les officicrs muuicipa:ix.







Pendant ce temps, les tioupes du cordon de I'oueft Plai-
fance, command6es par M. de Caf.tmajor oane audi attaqu4
un camp important dans le haut--Lime',, qtui a e't frce 0
garden. Ces expeditions ont dur6 quinii ai fcize ours p.:ndani le,
quel tempslcs troupes patriotiqucs out voulu rentrer; on a p -Ja
difflrens poftl-s pour confcrver ccs advantages, maits frns poui
voir les etendre. .
Pendant les operations ci-Jeffus, M. de Cambefort eft ford
da Cap avec environ cinqc cents hiomnes : 11 a parcouru les
quartitrs de 'Acul & de la plane da nord ol il. a emporti
plufieurs camps & iue beaut'oiup de ces brTi hands entire autre;
un de leurs chefi trds-renomme ; mais de meme que fonr Lieu-
tenant Colonel, il a dtd oblig6 de renticrr apres dix jours At
champagne & de fucccs marques.

I1 eft fachox d'abandonner les poftes d'od l'on chaffe les
brigands mais les froupes patrioticques ne peU!v-ni foutenir
que peu de jours les fatigues indilpenfables de cette guerre i &
ii faudroit pouvoir les harceler fans ceffe & n_ pas leur don-
ner le temps de fe reconnoitre. Par malheur 'ia plus grande
parie des Citoyens accouturmn:. A une grande aijfzan'e chq elud
a une molleffe qu'infpire Ie climate, & a laquelle ils fe livrent,
tombent maladies avec une facility defolante les pluies font ici
meurfrieres, & elles y font tris-friquentes dans cette faifon.
Le brave regiment du Cap excd ti de fatigtes, ne fe rebute
pas, mais malheureufement il fuccombe 1 'eine refe-tr-il
cent homes aux drapeaux; a catrfe des detachemens nowm-
breux, & des h6pitaux. Nous fommes i tous igards bien a
plaindre.
II faudroit avoir ,entierement h "nous les hommes de coudlear
Us ont toutes fortes d'avantages fr les blancs ns dans le
pays; le cliaqat n'a que tres-peu d'influence fur leur physique
ils marchent picdsr nids potr la pl.part & its vivroient un
jour de banaies 8& d'eau, au lieu que les blanco ne peuvnnt
fouffrir aucune .efpce d.e fatigue n de geis ; il letir faut du
vin, des liqueurs de la viande frac'hec des ragiots, des
doieflciques ; c'tell une mnishre & un train incroyable qran-I ii
eft question de les mouvoir; les pricres les otdres la dou-
ceur, la ftvhrite ne produifent aucun boa effect ;, une carpagne
de huit ours eft ciLee par cx coinmme tout ac quilt y g de pluf




~W~I~ISPiLII II- Elii


('3)
amandent la liberty. Le boerg du Dondon, dans les montagnes
a &tC forcI la inuit dernitre. La Marmelade, Plairance & le Port-
Margot tiennent toujours. Si nous' ne recevous pas de fecours
des ifles voiilnes, comme il y a apparence la pelote fe groflif-
fant, le mal fera bientotafon comble. Les Efpagnols de San-
Domingo garniffent leurs frontieres, & attendent deS ordres de
leur gouverneur. Je prevois qu'ils s en tiendront a leur furveil-
lance. Les Anglois de la Jamaique paroilTent n'aroir pas de
moyens pour nous fecourir i cependant on miannonce tois fri-
gates, parties de cette ifle pour venir mouiller ici, & qu'ellcs
nous apportent cinq cents fufils & cinq cents fabres.


r";..' No. L X I IL

Letrre dui meme. Aut Cap, l a3 Septem'mbre lyi.
Mo N SI sE U R,
Je pourrois ddbuter dans cette lettre, comme je 'ai rait dans
mon no. yjo ; & jevous avoucrai avec franchiife qu'il feroit plus
aitf de commander cent mille hommes de I'ancienne armee,
que deux mille de troupes patriotiques, &c. Je fuis cependant
I la chore; & loin que mon ztle & mes foins fe rallentiffent, je
redoub!erai d'efforts pour parvenir, s'il nmeft poffible, a fire
rentrer les revoltes dats le devoir, & i retabir lordre & la
traniquillite.
Depuis le 14 de cc mois, il s'eif fait plufieurs forties fur les
tiegres, ou dans toutes, il en a ete tui un nombre confide-
rable;- mais ils fe recruitent, & la pelote, loin de diminuer,
femble augmenter. J'ai envoy une division de huit cents homes
au moins, comman4de par M. de Touzard, fe reunir, le xi
de ce mois, g celle de M. de Rouvray; & ensemble its ont
chaffi les revo!tes refugees fur l'habitation du Plaa, Bullet, &
autres voifines, apres en avoir tue une quantity; mais ces avan-
tages nen rendent pas notre position p'us favorable. Je compete
faire une attaque fur les habitations d Agoult & Galiffet, ot ils:
font tr&s-en force, & oA ils ont de l'artillerie. Cette attaque
doit etre ddcifive je vous rendrai compete de fes effects.
Nous avons perdu M. de' Neufvi, chevalier de St. Loais,
capitaine au Corps-royal d'artillerie, officer ditinguL. 11 y a oi
plufieurs dragons pat-riotes de tuds audi.




-r r~:


(7)


No. X.

L'AffemnMbe general de ti parties Fancoife ,lI S.-Donringue t
i 1'Affnmble'e generate tie (la Yanmaigue.

HOnORABLstS MEMBRLES,

Nous cfperons que notre malhcur vous aura int6reffis. Nouq
at entaons chaque four F'arrivce des recours que tous avons fol.
liceits de vous, & chaque four nous Craiguons qu'ils n'arrivent
trap tar. No.s avons bien encore quelques bras qui s'offrent
pour nous defendre ; nous efpdrons quil s en prfentera d'autres
quand tous nos voifins connottront nos malhcurs, hmis nous
n'avons pas d'armes : c'eft ce qui a determine 1'Afemblnie de
prendre un arr&ti qii m'antorife a vous prier honorable Mem-
bres, de vous intereTfer ha uos procurer des armes : 1,o0o
fufils ne feroient pas trop. Venez a notre fccours, & garan-
tiffez par votre protection ce beau pays d'etre enti'rement
d6truit par la flamme & pr" le fer. Les htabitans de Saint-Do-
ming'ie att-e!dent tout de vous comnne de leurs fWres.
.Signi r.. DE CADUSCH, Pr dent.


No. X T.
fDu 24 1Aor't Ii.
L'Affeimbe e proccdant h la nominition-du conmiifliTire a
envoyer auprcs des honor.ibles meznbres dit congress des ttats-
Unis de I'Amin&q'ie du Noud & aupr's de honorable Pr fident
des ltnts de la Caroline du Sud;
L'Affembile a faith choix de M. Rouftan, 1mn de fes membres,
lequel a accepted & a pritd fer;nent de fiddlement remplir la
million qui lai ef confiee ; &, a raifon de ce, resort tous pouvoirs
xelatifs a cette million.
M. Faurcs, negociant, s'cft offert pour. interprete; I'A ffemble
ayant accept t fa propoliilon, i prete ferment de fid&lement
zemplirle devoirdea charge.


A







( 34 )
ferolent eflropics en defendant la chofe publique ; que ce date
de leur pari empccheroit peut- etre qu ils ne fe portafTent avec
le mncme emprellfement a fecourir la Colonie en danger; pour quoi
il propofoit a l'Affemblc, e pliquant fon arrete du 8 feptembre,
de declarer qu'ils y out toujours cPit comprise.
L'AffTmblee, pregnant en confiddration cette observation, ex-
pliquant fon arrete du 8 feptembre, dicIarc qu'elle a touiours
entendu y comprendre les matelots francois & strangers.
Sera le present notified a l'Affemblke provincial du Nord, &
adreiff a M. le commandant de la marine armee, & a M. le
commandant de la marine marchande.


NO .. .. : XL j.

Dlu Is Sqptembre 791.
M. I'abbd BlacE, introduit dans le fein de 1'Affcmble,r a art-
nonce qu'a fon depart de la Martinique 'ile etoit en paix &
jouiffoit d'une tranquillity parfaite.
Ce rapport entendu, & apris deliberation, I'Afembl6e a arrete
que M. le lieutenant au gouvernement general fera invited i ex-
pidier de faite un bitiment aux Ifles-du-Vent4 pour riclamer
des commandans- genraux de la Martinique & de la Guadeloupe,
des fecours en troupes de ligne, munitions de guerre & pro-
vifions de bouche.
Sera le prdfet arrete pr4fentd M. le Lieutenant au gouver-
nement general, pour avoir fon approbation, & etre mis a
ce C tlol ..... : :


14 N0. XLII1
Da 22 Septrembre I17I,

L'un-des reprdfentans de la paroiffe du Borgne a dit que :
Le camp &abli days cette paroifTe pour s'oppofer au progrcs
<'es irvoltc's, 6toit abfolument depourvu de vivres ; que iufqu'a
cc moment, tous ceux qu'il avoit confomm6s avoient 6tl achetds
aux frais des habitans ; mais que leurs moyehs 6puifis, il avoit
vaii'mlnt, an norn de fa paroiffe, cherche a s'en procurer a
credit, en offrant 1 folidit 4do I totilit% des habitns du Borgne ;




.... .............---------



('4)
an ddtail circonftancid de la conduit fage & moddr~e de ha pad-
roiffc de Ld Croix d>s Bouquets .a Fdgard des citoyens de cow-
leur. Je vous en f.is mres rtmercimens, & ne pais qu ;ppl;udir
aux mefurts qui ont &tc prif.s pour en p.ch.r It n.ir:L de ce
quarter, & fans doute des provirncs de 1 oueit & du fud.'C'eft
a Influence de vos lunilres, Aloilit-ur & a volte autorite,
qu'eft di le rftabliffement de la paix & de 1 ordre dans l plainee
du LCul-dc-fic Je ne doute p.s que vots ne coiLinuikz d'ap-
porter dans h: fiite des aff ir-s, la meive prudence, le nmeme
cfpril de conciliation & de doaceur ; & nonl-feul, ntilt votre
paroiffe mais la Colonie entilrc vous devia on fiut,
L'adhtfion pure & ample aux drcrets de 'Ai en.blCe natio-
nale fai tiones par le Roi concernant les Colonies, qui eRt
porte dans le concordat pafd le 7 feptembre entire les ci oy ns
blaIcs & ccux de couleur, eit de toute jufiie. L'Affemblee
gdnCralc a promise folemnellement, par fon arrete du to ftp-
tembre, 1'exicution de ces dccrets, & notaimnmnt de ccl. du
5 minai, lorfqu'il fera connu ici officitllement; & l.pprobation
que j'ai donn6 a cet arrete eft grant de mon opinion a cet
regard; rmais ii me fembleroi inconftitutionmel & ittnimrnt dan-
gereux de hater execution de ce dicret avant fa promulgation.
Dans I'article IV du concordat, les citoyens de coieleur fondent
leur demand fuir 'article IV des infirutions nationalesda -z8i-8
mars 1790. lls fe croyent compris dins I'&nonce general de cette
loi ils norit pas faith attention que 'Affembldee national a
annouct elle-mninme, depnis, qu'il ne feroit rien ftatue fur litat
des perfonnes, dans s les Coloies, que fur la denmarde formelle
des Affumblces coloniales; & cette question, fi cen etoit une,
eft Cvidemment refolue, contradidoirement a interpretations qu'en
font les citoyens de couleur, par I'cxiftence mrme du d.cret
du xi inai dernier; car, puifque IAffen:blee national a rends
ce dccret, ellk a done fen lmnfiiffifance dea decrets prec6dens
pour pouvoir 6tre appliquds aux citoyens de co:Ik:utL qui na-
Voicnt encore joui d'aucuns droits poliNques, de n.en.e qi elle
a jug n1)ciff..ire d'cn rendre On particulier en France tour les
juifs, enfans & habtIans de la ietropole depuis des fdcles, en
vertu duquel feulcment ils ont commence a jouir du tiitr de
citoycs afCifs, quoiqu'ils rempliffent anteneurement toutes les Q
conditions requilcs aux terms du. deret general concernant ce
titre.
Au refte, Mon'ieur, cette difficult ne peut manquer d'etre
levie dans pea j'attends a chaque instant l'arrivee qui m'eft







( S*$)
qu'ayant continue fa route pour fe rendre k Ouanamnthe ii
auroit rencontre la veuve Chauceret, qui l'a appeld i plufieurs
reprifes pour I'engager de ne pas paffer outre qu'on avoit liH
& garotte tous les blancs du bourg d'Ouanaminhe oil tous les
brigands de Ia grande Riviire etoient defcendus qu'alors, lui
comparant, fe feroit rcndu a la lifire efpagnole a travers I'ha
bitation Pit-Aubert, & qu'il a fuivi ladite litire pour fe rendre
en cette ville.:
Le ture a- lui faite de fa declaration a dit icelle contenik
vcrit & a .igne. La minute eR lignee Sarrapare.







M. I.E PRIDE T, MESS EURS,
Je vous fais part de l'tat dCplrable od fe trowue notre mal-
heureufe, d6pendance; elle eft, Mellieurs, inondde de brigands,
i la tite dcliquels eft Ie nommd Jean-FranCois, ci-devant general
du roi, a Galifet il eft fecondd par un nomme Henri Thibault
& Defpres, mulitres, I'un & l'autre libres, de cette ville, lefquels
ont attire a egx prefque tons les gens de couleur & nigres libres
des cinq paroiffes, leur difant qu'ils agilfent au nom du roi &
pour la bone caufe. Leur ge'n&al fu'dit affure avoir le brevet de
gLneral des armes du rdi. Avec cela it arrcte, il dtfarme, if
imet aux fers tous les blancs qu'il rencontre. Les incendies von;
leur -train au Toun a la Vallire, dans plulieurs habitations de
IVaribarou, & fans doute bient6t aux environs de cette vile.
Je joins ici cope d'une lettre qu'a reue ce martin notre comite,
du chef de ces brigands.
A ce moment, nous apprenons, Meflieurs, que le feul officer
general fur sequel nous & la Colonie entire comptions le plus,
refuse de venir combattre les brigands. Ah! Meflieurs, yvoyez-
vous clair a prfent ? Le voile eit dchire. 11 n'y a plus de myftire!
Nos habitations bralent, & toute la Colonie brilera. C'en ef faith.
Je ne me permits pnls de rdflexions : c'eR t la fageffe de 'Afflem-
blWe i les fire, & i trouver un remide i nos man. .
Signi, GARAT,






( 80 )
i fuil ou que de fimples inquietudes ayenrt di -gieles d(inarches.
de la municip i du Port-au-Prince pluficurs f-Amilles, lio.:ne's,
femnmes & cnrfani de cou!eur ont t" e mprifo :iiws. A cet ec\,nc*
ment inattendu la pI iprt de cnix qui h~,bioietm la villC fe font
refugis a 1: Ch iirboiniire ceux du C(I dc-Sac & des p:,oiffes
voijines o0ttetd les rejoindre; & bientOt noos avons aprlis que
les honmmes d. couleur tLoient en armes dans routes los.partis
du Cil-de-Sc.
En quality de capitaine de la p-irnoilfe, 'ai dd mn'cl;:ircir fur
cet Cevcnment, & j'y aimis toute la prLudIJnc a;lim que la dif-
cretion pol Mbl. L's oerFonncs que j'ai cinivoyecs d:ins les diffdrcns
polte decouleur ont tla pl:.part mal accutc-illes; ceptndant
elles out fini par infpirer la nmont fait dire Que forcSs par d.'- vexations inripporiables
depilis la mi:lheuireiuf, affaire du :fbnd parifien, initrtils que
A Ionfe refufoit de routes parts a aitisfaire aals pretentions ax-
n quellcs PAffemblh e national 1-s avoit appellds, le deferpoir
v les avoit rdunis & qu'ils ne qiiticroient pas les armes, qIjiis
n n euffent acquis a demeure les droits de cioyens ; qu'ils nos
> invitoient d;ailleurs leur .tre favorables & q,'i ls s'abIlin-
) droient encore qtelques jours de toute hoiliidc fur notre,
territoire perfii.ild qu'une paroiffe qni s'4toit touijours honorfe
--de-fonf-reflp &- J- fon obeifinc- -a--la parties de la Con.liLu-
D tion fanctionnei par le Roi ne potnvoit que foupirer aprbs
I'ordre de chofes qui pcut eifin remettre empire des lois en
p place de lanarchie .
Dans 1intervalle, ii y eut ala Charbonniiere un choc entire lcs
dragons de ce Morne & les homes de couleur, oit les pre'iiers
furent maltraites difpcrrfs -& a-la auite: duquel--pI-lficurs furent
tues & d'autres retenus prironnicrs.
Cet avantage des '.'ns de couleur fit, en un'inmfnt, dVacuer
par les habitans blan.:-s la plupart des ha.itatLions de laClharbon-
niere, da fond Perrier & des Mornes ad.jacens; s'enfuivit une
premiere rLcvolte d'el lives don't la j6oiCioni avec les homes de
couleur no.'s menacoit dJes fatites les plus funeftes h l'poqute .o
nous apprenmons les c,%nefemens affreux de h1 parties du NorI!.
Je m'emprcffia d'affcmbler la paroiffc; & fans chercher a d-,
courager prfronne je perfuadai a-peu-prts tous mes concitoyens
de lilutilit'l de mettre les evenemens a plus longue difcuflon,
mais de la n'ceflit: abfolue de remettre toas les pouvoirs a une
feule perfonne qui deviant abfolument libre dans les operations
neccEitires an f.d'lt public. La paroil f: e'it la boat de ue ,1nolu-







( 100oo )


NO. :XxX XI.
Rlapport fiit A M. HIrfvov commandant des troupes pa-
triotiques de Ouanaminbthe, par 31. Ie Fondeviolle, nm:zjor
du bataillon, relavtivemcn u fa mi/,on aiuprs. de 'arm'e
.'des ciloyens de couleur de la parties k 'El al quarter
du Marmnontel, en date liu 2 Novnmbrc i 79i4

Je me rendis, en comp-igule de M. Duviuier, devant le
lieutenant des dragons de coulcur comme dupute par la comin mne
d'Ouanainithe pour etre porter de paroles de paii ,- & ofirir
pos services a la reunion des citoyens de co:.l'ir. Je tairai les
premiers d.flagrenmcns que nous ecines a 5proirver & force
.de me retire fans pouvoir remplir ma niiion je. fs apres
environ .deini-heure de narche arrete par qrature dragons de
coulcur, qui me dircnt que le gan6ral de leur arh~me demiandoit
a mef voir. Je me rendis en confluence a a Paffe de Chlpotin,
o'i M. Geirard, comn.andantladite arrive d's citovens de couleur,
fe rendit att-devant de mol ,i~ -a la tite d'un detachcmcnt, .&,
a.prIs m;i\oir filue,, me dit cu'il avolt atpis quc Ic fieur J.
Franqois m'avoit tenu des props pcu lhonncts & me pria
d'ctre, pcrrfadf que le corps n'y entroit pour rier; qu'ayarnt
c.raint que orion rapport ne portat I'alare d:las l'eprit des
citoycus d'Uotaaamiithe il avoit rru dcvoir m'cngager de me
rapprocher de hii ; quien conFdquenca ,il me prioit de tranquil-
Jifer tous les citoyens, & de leur affurer cq'i'l ic venoit que
pour la botine cane; & qaene poiva:t rn'cn dire davant;age
dans le-'omrcnt il me prometioit de faiPe fivoir les motifs
de fa dcrmarcle Ic lcndemain, k la comni-ne de ma p:aroiir.
Je lti lis part des motifs qui avoiesit engagt ht commune a
nm'clnvoycr vcrs fon armIc avec M. D'uivier, & q; :ivoit pour
but de lui offiir tous nos fecours ern Tuhtl'ances; il part &tre
clichanti de notre offre, & me dit quc le Fort-Da';phin & I'A-.
cul,- des -Pins s' toient emprcflts ldc Iii faire les .i'.mcs offres;
nous nous falluames &S nous retir:nmes de part ,: d'a.tlr.
SJ paff i, toujours accomptr ,n de M. D'vivier, fur !es habi-
tations voltiues, poury tranquillifer les a cliers: arriv,.nt a I'entre
du botrg, je fus ftrpris de trouver 1'armee des citoyens do
colem. .
JL n'eus que Ie temps de palmer i la t~t de ladite arm~ne







flaiches; au milieu ure. faklandyre, avic cei mots l ;e wac
datjs le fltu.
Deuxk,'ine drapeau, rouge, leu 8: blanc ; lescravattes blanches.
arec un plhenix dans le blanc, portant ces r'ots :; Ye 'renais Je -
ma centre.
A l'dgard de la nomination aux places d'ofii."crs, ii y fera
procddd comme filt :
LcJ Affemblecs. dmiaiilrativcs propofcro:t deux fuj'-ts pour
chique place; 1'Afiemblie g'enerate eu agrcera un; Al. le lieu-
tenant general au government deivrera les commiilions pro-
vilbiics; le Roi les dlivrera d'Iinitivement. I~es Affcrnbldcs pro-
,vinciles ne pourront propof:r usi places d'oficiers fupeiieurs
quie des perfonnes ayant fervi peidantt fix aiis d ins les troupes
de ligin, avec rang de capiuaie dans lefdites troupes.
Nul ne pourraa etre recu garde de Saint Domingue folded,
s'il eft engage ailleurs; &- s'il a fervi, il f'era tcnu de reprd-
fenter fa cartouche.
Chaque companies fera fonrme I'une apres l'atre, de ma-
niere que lon ne s'occupera de la formation de la feconde ,que
Jorfque la premiere fera corplette. -'
Lefdits regimens recevront les rations des magafins de la Cw-
lonie. Seront pris dans lefdits magafins les armeinens & habil-
lemens.
Les trois regimens des girdes de Saint-Domingue foldes
prendront entr'eux le rang de F1anciennett de Icur colonel; &.
une fois determine, le rang fera immnible. Quand ils fi t;'o-
.veront avec les regimens de line aauellement daus la colonie,
ces derhiers auront le pas fur eux.
Tout fous-officier & garde de Saint Domingue fold qui
sura 6t eftropide a a guerre, jouira, fa vie durante de la
paye de fon grade, qui fera meme reverfible fur les veuves de
ceux qui front tues.
Le Roi fera fupplie de fire parlicipcr les officiers de cc
corps a toutes le. graces qui front deligndcs par a inajcfti pour
,les officers de es troupes.


Ces corps front foumis & fe conformeront a routes les or-
donnances du roi relatives 1la discipline & police militaires
en vigue-pur dan-stes colonies.
Ils front exerces aur mainriuvres & evolutions militaires,
aiili qup le font les autres r,'giIrent.
SLelfit& corps front cafenes, q'e.que part qu'ils ticanent







( 7.z? )
II eft a remarquer que trci7.e p-:roUics & plus de hIn nmobi; dc
cells du Port-au-Prince ont nmami:ft' lur v -ru rour F'a:ccom-
pliffeinent du traite .qu'zls ont fiit avec les cihe yenis de (l elr.
11 n'y a donc que 1'excution de ces min-mes trailed~ q.i procur:-ra
one paix durable.



N' ". GLI.

Lettre dIs chefs de 'armee des cioyens des d;.i renres 'a,-
rotifcs de .Ouct, cma 'es Ca Croix- .les r...:. t,
A M. de. Blanchdi'lde, en d .e:. e d 29. nocnibre i;; .

I MO N SIER 1E EG JN ER AL,
SN o s a s l' h u d * 1: r' ; .
SNous avons 1'hnneur de vous adr-ffer la relation fiddle d s
circonflances du nmialhrureux .vencment arrive au Poit-au-Priinc
les Zil, z. Sihne, PINCHINAT, HIATUS DI J JUMECOU, T Capit-iin-
general 3 BEAUVAis, DAULNAY DE CHITRY.,



.1ifloire de :la confpiration du Port- ai-Prince centre les
S citoyens de couleur.

Le Inndi z, niovembre 1t7 1 6it le jour .marQue pour 'ex.-
cution des articles. VII &, VIII dl traits de pai:. con.clu entire
les commiffTares de routes lcs paroifles de la provirice de 'oueft,
& ceux de farmee des citoyens de couleur entrcs an Port-an-
Princee e 24. du mois precedent; il toit diti & prefr-lit par ces
articles, que les paroiff.s r.ppellceroient leurs deput6s aux Afferr-
blIes proinii:ile & cloloniate ( dnt Iillkplite etoit reconnue
de part & d'auire.. Le fyflrme d'oppolition ,: quaique car.h,
regnoit dans tons les corps ,populaires de ccte ville :no',s
allons, en developper les moiifs avec toute 'imp-iriialhte qu
I'hlmiliante d.faite des confpirateurs nous autorife a inanifcfler-
La muni~palite, 1'Aflemblt e provincial de l'oueft, ]', confeil
d'adminiftration de la garde national, la commillion prev6tale








ilcaniat-ons R ntot r!q., T6es front fond.iis tr les lois. Syez dnoti
jocs, ues tenr.ms, foyez conflqucns; demanded & vous rece-
vrez ; mais ne demanded que cc que les lois, revatues de letirt
'formalitcs, autorifent a vous accordecrl fongez fur-tout qu'on
devient criminal lorfqu'on demnnde m6me la chofe la plus
jufte les armes A la 'man. L'Affemblet e national & le rot
ont parl ; ce font leurs voix feules que nous devots crouter jer
vous en montrerai l'exemple, & j'aime a croire que vous Fe me
ferez pas le chagrin de refufer de le fiivre, & de concourir ainfi
avec moi A aaffurer votre bonheur. Piouvez -mnoi, ties braves
amis, que vous rendcz juflice A la pured de mes intentions & it
ma loyaut&d Je vous ai deinande d'envoyer un reufori au cordon
des Gonaives. Cette operation eit important pour couvrir la
parties de 1'oueft & en former exateement tous les dcbouch6s.
Votre interest meme la follicite ; il vaut mieux prrvenir le danger
de loin, que d'attendre qcue icendie gagne le centre de vos
foyers. Quad vous n'y enverricz qu'une centaine d'hommes din-'
fanterie, ils y front tres-utiles ; & vous m'aurez donnee, aini
qu'a la Colonie, une preuve de vote devouement au bien public ,
dont on ne pourra manquer de vous favoir le plus grand gre.
Je vous renouvelle, Melfieurs, 'les affurances de mon incere.
attachment.
i Sirgnd BLANCHELANDE.


.. *x xX V tI- --

T'raite e ae x entire les citoyens blancs & Ies citoyens d.
coyfleur des quatorle paroilfes ide la province de Poueftj de
l parties franFaife de Saint-Donmngue.

VLan mil fept cent quatre-vingt-onze & le merctedl dix-neu-
viame iour du mois d'oftobre, h neuf heures du matin, lei
commiffaires de paix des citoyens blancs & des citoyene de
couleur des differerrtes paroiffes de la province de l'oueft, fe
font r6anis fur l'habitation Goureau, depcndante de la paroiffe
di Port-au-Prince pour faire, entire les citoyens blancs & let
Citoyens de couleur de ladite province de roueft, un trait folide
& inebranlable,
Les commiffaires prcfens ont pris feance, & ceux des citovenu
blancs ont nonimrc par acclamation pour leur president, a 1'cies
kit







( il7 )
Et qin'l a 'te nomrpc conmmiffaires nvcc pouvoirs, 1.,: h'
favor :
MM. Dupalis, ane, & Feneyrol pour la p.aroilfe du Peit-
Goave, par 1'arrete de ladite paroille du 16 otobre pri'int
mois.
MM. Tavet & Ragon pour la paroiffe de Jacmdc, par a;rrc L'
de ladite paroiffe du 17 oLtobre prffent mnis.
MM. Allener & d'Oleyres pour la paroi1e de l'Arcahaye ,
par l'arrete de ladite paroiffe du 16 odobre prf'int nmc;.
Et de la part des citoyceis de couleur, av\ec pouvoirs illi-
niites :: .
MM. Pinchinat, Borno, aind, Etienne Saljuz:,.in Aixandre
Petit-Bois & Jean-Baptille Nivard, pour laparciffe du Mire-
balais.
MM. Lapointe, Chanlatte fils, Barbancourt, Hugville, .J'fe
Drouillard, Sterlein Creplanie & Leblanc, pour la paroilfe de
J'Arcahave.
MM. bDelandes & Lazare Perodin pou la paroiffe de la Petite-
RiviLre de 1'Artibonite.
MM. Jcal-rBaptille Paul, Jean Jolly fils, Ciprien Jolly &
Charles Lepinard, pour la paroiffe de Vereltcs.
MM. Jean'Savary, Jean-Bapiille Dubourg, Auguflin Ducl. ;
Jean-Biptifle Pinfon, fils, & Franqois Priffe, pour la paroifre de
St.-M:,rc.
MM. Beauvals, Rigaud, tLambert, Dovon ane Pellerin ,
Marc Borno, Charles Ollivier Poiffon, aine Dcgand, Pction ,
Lillavois, Barthelemy Midor, pour les paroiffes du Port-au-
Prince & de la Croix-des-Bouquets, qui conipofoient le corps
prinitif de rarmee camp6e atluellcment airu bO~ g de la Croix-
des-Piouquets.
Tous lefdits arretes faits audit camp de la Croix-des-Bouquets,
pa:r 1-s citoyeits de chacune defdites paroilfes, le i8 o&0obre
pipr,':fit nmois.
I Et MM. Laquinte de Clavin, Louis de Clavin, Pierre Coquillo,
pour la. paroiffe des Gonaevcs p.ir I'arrltg des citoyens de
couleur de ladite paroiffe, du I6 o&'tbrc pi felt mois.
De la fidilte verification des pouvoirs ii rdfulte qk'il y a onze
paroiffes don't. les cItoyens blancs font reprelfntCs, & qui four-
n11enit Ile nombre de vingt-huit cnimillaires ; & q&il y en a
huit don't les citoyens de couleur font reprfcntes & qui foour-
niffent le nombre de treti-c-un commilTires ce qui donne,
de l'une & de I'autre part, laniajoritl abfllue, tant des p.ruoif Ic
H


~iB~g~lq~~~T1Cann~p~r~aPa~rrm~e~rs~ il~pll~_~snon#I~Rrrrr~~c







(4;
times, pour demanderaux pufilancei vol;nes des fecours, tant
d'hommes, que de munitions de guerre & de bouche. II a kt6
arr&td que M. A-- gndral feul traiteroit cette affaire important
avec tes commandant des poffcflions efpagnolet; mais que, pour
traiter avec les autres puflfances, M. le general & l'Affembldc
feroient les rCquiftirons en commun.
II a etC encore arrett que ces requifitions feroient prdcddes
d'une proclamation de 1'Affembl6e ginerale, qui conlate l'ur-
gente nicelliti de recourir i cette reffource extraordinaire.


,v L'
N". Vt.

Proctamaion dun a4 Aodet 17g.-
La parole francoife de Saint-Domingue fe trouve cdans l
plus grand danger. Les atteliers font en infurre&ion; les ha--
bitations font incendises; les blancs qui veilloient A leur admii
niftration font agorgis; ceux qui font ichapp6s au fer des affaf-
ins font forces de rentrer dans les villes, & d'abandonner eurs
propridtis dans cctte cri'e affreufce.'-
L'Affemblee genrale de la part fran~oife de Saint-Domingue,
ritnie avec M. le Gouverneur gd~dral,
Confiddrant que I'attroupement des Ncgres augment chaque
'our, & que bient6t les habitans front dans I'impoflibilitl de fe
ddfendre m&mei dans leurs villes ;
Confid6rant que le f aau qui divore la plus importanite des
poffeflions fran;oifes en Amdrique, menace routes les Colonies
qui l'avoifincnt, fi elles ne fe runiffent pas pour le detruire
dans fa fource".
Arrete que routes les pu!ffanses voifines fcront inflamment
invitees, au norm de Ph1umanite' & de teur intrrft rejpedif, a
donner d la parties e Saint-Domingue en danger an fecours
prompt & fraterneld & a lui edvoyer, avec la plus grand
cilrite, des troupes de ligne & des mninition de guerre & de
bouche, qui la mettent en dtat d'arrtter les progress d'un mal qtui
ne iniroit que par l'anantiffenient total des ifles de l'Amdrique.
Arrete en outre que M. le Lieutenant au gouvernement gd-
airal fera invite de joindre a la prffente une adreffe particuliere
-aU m6mes puifltndes voifines, -po follicitet leut iccours.







( otS )
Et comme ces deux 1ettre, exprinment le vcea de la paroif'e,
Sc qu'il en fera ddAli. r des copies eno forme I MM. les cioy ns de
.ol.urr ,,po'- iepondre a leur dmnunde, avec un extrait de la
prefcLtc dcli..r uiol r l
Arr t. er outre ql'il f'ra cnrit a M. le lieutenant au gouver-
nement gpi L-ral (~), poir luri fuire leF rec'r'j' i -itions necef lires
fur las malheurs cqu entra:i-ci-L F exdcudion de fa proclmaimaion dans
ce n;o'niellt ,-& ri-iflriire de 1Xftat pr.Tent des chofcs dans ce
qu::r :r en lui en'oyaint une cL;pLdjtioii du concordat de la
ptro:ll fre.
ColI.ltionlnc, jine', PETIT DE VILLERS.


No. L XXX IV.

Lettre de A. de Blanc helancde a M. de Jumecouri, en date
dIu at Olobre i7t1.
D'Uaiprs la lettre, Monftier, que vous m'avic7 fait 1'honneur
de m'ri.ir: le 30 fcpiembre, les dirpofitions que vous aviez
hftes pour niuitenir 'ordre & le came dans Ia plane di Cul-
de-fac, & cls coicor J;is fignies entire les paloiftes du Port-ait
Prike, t)e la Croi:--des-Boqutcis & des Citoycns de couleur,
j'avois efitre que la trainquillie alloit etre afftree dans ce
q":iric r, & je jouilfois par Ivance de cit efpoir ii confolant,
lorfTqe votre lettre du i2 de ce mois eft venue renouveler
me i follicitudes & mes.chagrins.
-Q.oi! Mofie'.:r, eft-il poflible que ma proclamation dit z6
fep ebre ait fouflert une i:.lcrpretation aflcz dtcavor:ible pour
eCiler dcs ievnemens ailii finifires que ccui que vous paroilTez
craiiidre ? Je vous avoue que cetle idce m'afflige au-dela de
toute exr.rcflion.
11 n'ert .::s douteux Mlonfirur que tout attroupement de
geCs armT's f:!is requifiidon, fai.s ordre des a-iborites legitiines
quelsq"e foi ",t leur conuleur &,!eurs motirs, eft par le fait
r'eul condamin::bl; & fi mon defir de voir rePner 'la par mr'a
fait Parder Ie ii'-e rt Pii r tiulriti de la coiiduite des citoyens
de coulcur rafTi bl's k la Croiv-dcs-Rouqicis, j'ai cru devoir
du moins emip'!oyer 1'utoritd pour faire ceffer cet attroupe-

:() :A. dc Jilanchelande n'a point reu la lettre anrionce. PexpLdition







( r4)
des nigres; qu'it n'a reconn dans le nomrnre de ces myw ; '"r.
& n.grcs que le nomme MAaillet. Ajoute q,:e le gerr-, d .-
bita:ion de a Mardclle, a i46 tue par les nIgres mer:es u t..
ha,i.ation.
SInetroe f-Lr ce qi'on a fNi: des corps dr' Iffan':s
A roandit q'"on les a i-t s dins s h.lAlers, apr's en ivoir
coupe Ics letes a l'c.crpiion df celle du fieirr Comt Illier ;'qne
Is t&e:es ont '.c portees d'ns lc camp Robiou, & r-g(s' dans
Ie b)l dt' l g'aciq. Ajouite e q ie Ldy, inm itre lu.i a 6i4t q nn'n
avoit b-a"c' clp coeop dJ te; I. RU.ire-fro'ld, &* S u on les
.avoit porti s f-r dts ines au camF PoLio-.
tnterro-e' s'il y a eui bal)acoip dlhailtations br6lt's ?
.t re'ondu q'ie cells Blond, Rateai Plawiin S. r-neuffan j
Michel, Adim Rezencourt, ont e:e brnldes de ce c6to-ci.
l.!terroed s'il fit q'Al a fait ces incendies ?
A rdrondu que ce font des irgres & des mrultres dnt it
ne connot pas le no'n, & qle fur chaque habitation i's voloicnt
& pill ient feulement Ia grande care & y ettoient lI feu.
I'lernogie pourqioi mettant le feu aux grandes cafes des
abitaiions oil ils paffoient, les cares a ncgres oleient mCnagces ?
-A repolind qu'il n'en fait rien.
In rer roge s'l cannot les ncgres qui font defcendus la.
Goffei'ie avec le capitaine Aubran, & ce quont dit ces n cgres?
A r Ipondut que Cleff, Paul &. Jean au fieurDicours, Jean-
Pierre au ficur Ferte, Jean-Paul a madame Berle, &- un negre
au ficur d'Anglade, nommn Printems,. font defcendus it I,
GofTeline avec le fieur Aubran; mais qu'il.ne fait pas ce qu'on.
dit ces ntgres.
Interro e' s'i fait pourqnoi plutieurs habitations ont etd in-
ccndices, & plaiicurs antres ne font pas Ct?
A rce/ondlt qu'en general ii n'en fait rien; mais qt' I'e'gard
de cell d fieur Montagnac, ii a entendu dire au negre Bellevup
& fton frcre mulatre, qu'ils s'oppofoient i ce que la grande
cafe du fieur Montagnac fut brulee ; que c'toit un honnrte home (
qu'ils tronvoient i manger chez lui; que c'etoit un pomIor~n
blanc, & in aide-de-samp.
Plus n'a t6 interrog.
LeCture i lai faite du prefen.t iriterrogatdire, a dit r ponfes
vdritables, & y perfifter & a declar6 ne favoir figner, de ce
inquis.
Sihn& RACON, IERJAN a R&GAVU4T, & PEDr"ON greffier.







( 170 )
On donne tfehre e d divcrfes letres venues delfparLte d~fud,
qui donnent avis des troubles furvenus dans le quarter de Jeremie,
des effects qui en font rdfuilts.
L'Affemnlee gienrale, aprss. avoir entendu la ledure
1. D'une lettre en date du 7 de ce mois Idreffe lpar
M~.Defombragcs, commandant pour 1s roi a Jerdmie, a M. le
lieutenant au ,gouvernement gednra;
s, D'une autre leitre, en date du n~ne jour, adreff'e par
la municip-lite de Jdrdmie a fes diputis aupr's de l'Affemble ;
3. De la cope collationneie par le fecretaire greffier de la
muncipatite de JLremi" i de trols lettres, rune en date du premier
de ce mois, 6crite par les lhommes libres de couleur, du quartiecr
de la Cayeritte, aux officers i unnicpaux dudit lieu; 1autre, focus la
date du z du meme mois adreffe par les m~mes homes de cou-
ler a M. Richard, leur capitaine ,& la troiierme, focus la meme date,
&ctit par la municipalie de la Cayemitte, i celle de Jeremie;
Confiderant que, par fon arr&et du zo feptembre dernier, ap-
prouvc par M. le lieutenant au government general rendu.
public par la voie de limprelfion, & envoy a toutes les paroiffes
Slah Colonie, elle announce, dune maniere fi-nche & loyal ,
'inten.ion de fire jouir les llommes lib"rs dc c.uleur, du bndefiee
de 1a loi f'ite par i'Affcmtblc- naiion:ial le 5i mai der:iier, auffitut
qu'elle.rera- parvenue officietlement dnns la Colonie i
Confderant qu'elle a etendu fa bienfaifanoe fur ceux des hommes
ih'res de coule'r ns de pore & mare non Jibres & voidant le.
cmpccher d'elkver des pretentions exagerees don't la reclamation ,
coanraire aux decret de la nation ne pent que fair nitre des
diviflons fruneftes a interest common, dans ies circonftances mat-
he'.rerifes oA fe trove la partie fran;oife de Saint-Domingue ;
A arrete & arrete qn'elte laiffe aux coinmrnff:ires civil envoy~
par la nation, & journellemeit attends dans laCotonie, a prononcer
ur la conduit tenue par les homes librcs de couleur duquartier
de a Cayemitte I 'AlTeniblee aimant a croire que, lorfque reuni's
en armes, ils on les premier & % de ce mois, ecrit tant B la
iirnicipalite des Cayeniittes, qu'a M. Richard, leur capitaine, ils
a~avoient point encore connoiT ance de on arrute du o feptembre
dernier, non plus que de la proclamation faite par M.le lieutenant
au gouvernement gniiral, par fuite dudit arr&t ,ele %6 dudit mois
de feptembre.
Ordonne q.ie tooles procedures commencees contre ces homrnme
de couteuri' demeureront f fpen.ues -& que le tribunal d'infor-
raliiol ., cr' ia Jrtelraic cefflea fes foliftions.







( zoi )
& de ,dire au rnajor-.gei ral qu:c j e m rendois, pour pi'venir
AM. Ie commandant & Metlieurs Its citoyens de leur arrive'
L'empreTcfement qcje jc n.is ita ireplir mnu mitmon dans une cir-
confhuce aufii dedicate, ne me permit pas d'entendre ce qu'il
put me repondre, attend qu'il entroi tambour battant enfeigne
dplovyc. :
Je trouvai.M. le commandant & Ics citoyens prvenus de
leur arivce ; & a pcine defccndt's de cheval nodis vincs dtliler
]'armce qui fui fe camper fur l'habitltion Efcot, i deux porttes
du bourg..
Nous deputis de la paroiffe d'Ouanami 'the, a-rlis avoir faki
notre rapport it Ia commune, avons dtc de nouveau charge's
de nous rendre fuitr ihabitat;on Efcot pour y renouvcler nos
offrcs: de fiubi tance, nous yr fnommes tranfportes, & n'rvbns
pas etcL plus heureux, e'eflt--dire que nous n'avons pu parvenir
auprns de Meflieurs les chefs de I'arnide dcs citoyens de couleur'i
ce que nous attefions eire sincere & vlrilable.
.: A Ouanamiihe le z Oitobre 17 1.
Signed, Fondeviolle, & Duvivier.
SNois major du bataillon de Ouanaminthc, certifions le prefent
rapport lincdre & veritable .& tre delui que j'ai fait i la
comnune '& que je renouvelle h M1. le commandantdes.troupes
patrioriques de la division de Ouanaminthe.
A Ou'r:in:in;I1:: ie 3 Novembre 179,..
Sigin Fondeviolle major. du bataillon.


NI., C XXX 1 L .

Letthre J1 AH. IUroy, commnzandnt pour le roi A O:antanainithc.
S u, I 4 A1o!.em,.e ,', 7 l'A fembln 'e- ge'ntdrzke..

M r S.* E -
Depuis h:Iit a dix jours, j'avois fuccCfdiviement vu un relAce-
ment imarqut d.ms.le service ds citoyens. de couleur. Je requs
les diffcrens d&lachinhcens des, troupcs patriotiques qui etoieit
au camp .Au Rpoaco:t ltos les ordres de bl. "d'Afl'a, avec ordre
d'envoyer a Vallire tidu monde en ru fir l;;e pour s'oppofer aux
incur:ion ds ds brands. Je com i cnmdai conIijq!Ience la com-
pagaic des grenadiers qui n'hd1ita pas a maicher ; je donna
igalncment dees ordres t la compagnie tics chaffeurs de couleur,








garniifon, & tes oficiers ne pourront etre logs hours des
quarters.
Scra le present offert a I'approbation de M. le lieutenant-
general au gourvrnement, &c.


S N. X X

i. 27 tAout 1791.
Un membre a fait. la motion de mettre en:bargo fur tous
les batimens de long course & autres dans tous les ports de la
Colonies.
La motion mife en deliberation & dic4tee, l'Affembl6e con-
fidirant qu'il eft poflible que la revolte & l'incendie qui fc font
manifeftes dans 1. parties du nord fe propagent dns les parties
de l'oueft & du fud de la Coloni;
Confidirant qu'il feroit impolitique, dans la circonftance
aEtuclle, de fe d6munir d'uae parties des forces qui peuvent
cuntribuer A retablir l'ordre, & fauver la Colonie de l'aneautiffe-
ment total don't elle eft menace;
Confiditant enfin que les bAtimens qui existent dans les diffC-
rens ports, doivent fervir aux befoins de la Colonie -, pour
porter des feconrs dans tes lieux qui fe trouvent en danger:
A arrt't & arrdte ha I'unanimiti qu'il fera mis embargo,
jofqu' anouvel ordre fur tons les b.tiniens de long course &
aitres dans tous les ports de la Colonie; made aux AffembiLes
provii.cialcs, & toutses les municipalitCs & corps adminiftratifs
de tenir la main a I'cxecution du prCfent; laiffant ntanmoins
aurdites Affembl6es proviuciales corps adminiflratifs & muni-
cipalites la liberty de-lever ledit embargo fur les bitimens de
cabotage de la c6te feulement, lorfque le cas le requerra.
Le prtfent arrit6 fera prifente a I'approbation de L. Ile gou-
verneur general, & notific aur Affemblies provinciales & i
toutes les municipalitis & corps adminiftratifs de la Colonie.
L'Affemblde charge fon prfident de fe retire par-devers
II. le lieutenant-gdiiral au gouvernement, pour lii communi-
quer le prefent arretd, avoir fon appiobation, & I'inviter a le
notifier aux Aftemblces provinciales pour avoir fon execution.


No.' XX I.









annoncent que d&bj ils fe font retirCs en grande partic. Qile con-
cl',re done de i' ffrt fubit de ces deux proclnhmaioin s ? f ivin que
Ic 1oiverne n ct: tient dins fit main le lont de S tit-Do .ingtn,
fifq'il pdroit le maitrc d'arretcr le mdl au p4lrioe qu 'i lai plaiti
& li ciAa ct vrai, a qa.cl fort devons-nouis nous .iterdre ?
iMais qucls que foieit les mo:ifs q:i out diiig6 la proclamation
du t3 Feptembre, le al n'a-t-il pas deja ted frop loin, & n'el~-ce
p;s un peu trop tard employer le remede ? On ne fait pa:s tli-
lenmen rentrer fous la discipline & i'obLitfuce iune muliitude
d'cAfi'ves: q' i ont maffacre grande partie de leurs maitres,
incenJide leurs habibatious, & dttruit pour jamais les moyens d'exif-
terice do ceux qui out piu Ichapper au carnage. Ne pouvant plus
fe flatter du pardon, accoutumtrs an meurLre & au pillige, ces
forccn s vont, la torched a la main, pourfuiVre leurs afft linais &
fi manhecreLfement tfecondis du g6nie impitoyable qui leur done
l'impuliion, ils 'iennent a franchir le cordon de citoyens armis ,
.tablis fur les confins des provinces de l'oueft & du nord, c'e
lft faith de Saint-Domingue-ihommes, femmes'& enfans tout eft
maffacrd fins reflource.
Telle eft, Meffieurs, (a dernicre touche, malhetire'irement
trop vraie, qn'il reffoit a donner au tableau' 1ua del6 dut vous
tracer Ia province du nord de fes deplorables infortuncs.
11 ne manquoit I'lorreur de notre polition que de demeurer
expofld a I'impollibilit d'aiffirer a nos vicillards, a nos femines
& 1 nos cnfrns les moyens d'aller riclamer aupres de la Nati3n,
vengeance des affaflinats de !eurs pcres, de iurs nmark & de leurs
autres parents; & c'eft encore 'appri'henion que noas airlins, fii
-tous-les-eapiaines-des travires marchardsy-,r ouills 'Iais nos ports ;
1i tous ces hommes qi existent en grande paric F Ir leurs liaf!obns
avec Saint Domingue euffent oublie ce fcni:,int6 fi natural a
toute ame tant foit peu fenfible, le feniment de la rec-mnoif-
aince ; s'ts 'euffTcn oublie auli formellement que l'ont fait
A. Delinolih'res, capitaine du n:avire la double Alliarnce de
Naut s, & Al. Robin capitaine, ou tout au molns fubrecargue
du naive les Trois-Frrres unis, du rceme port.
Ca:; homr:ncs infenibles a nos maux, nous voyant dc'munis de
tons ms o dTfenlifs, a la veille d'a[re 6gorgs, comme I'ont
Ct& partic de nos frres du Cap, manquant de moyens pkcuniaices;
ces homes n'ont pas rougi de quitter furtivement le port &
rappareiller ppor France, au mjpris d'ui arrete de I'Affeimbh e
gcn6rale, qui, pour nous procurer un petit fuppldment de fecours
en uhoiinuics, m;ais parlicullierement pour nous affurcr une retraite







(18, )
Gaye &- MongIn toient nomnmes cormifitaires a feffet de te
tranfporterir lundi iA l'aflemblac paroilliale d'Acquin & MM.
Allard & Coiflant pareill:rnent nommes comlmiffaires a 1eflct
dc fe tranfportcr a I'Affernblee paroiiiale au jour qui leur fera
indi;qu par AMefie'irs les citoyens de Cavaillon.
Meflieurs les citoyens de couleur s'dtant charges de nommer
clurs commifflires a cet effect. Fait & close les joir, mois &.
an que deirus. Collationn. Signe', Pinon, Secre'taire.


NO. C X I.
Proces verbal de l'AfJemblee des Citoyens de la Paroifie tle
Cu;'allon tenrTue fr la demiande des Citoyens de couleur,
reprjc;zntc's par les Comnmifaires nomme's de leur part.

Aujourd'huni, dixieme jour du mois d'otobre, du martin, les
citoyens blancs de Ja paroiffe de Cavaillon 4tant reunis & affem-,
Ili1s dai;s leglife paroiliEaie, en confiquence des lettres circulaires
de M.Ie mare de cette paroiffe, M. Ie maire a annonc qu'il avoit
provo-Lie cette affemblee en conf6quence de la lettre de MM. les
citoycuis de couleur, alors affembtes au quarter de la baye diu
Merlc, a leffet d'cntendre des petitions qu'ils avoient A nous
faiire; & ii a demanded qu'll fdt procde de fulie.a la nomination
d'un prcident & d un fecretaire ad hoc, & a 1unanitnit. Ram-
baut a et6 nomnim p-refident, &1 M. Siin fecretaire, lefquels c't
accepted leurfdites charges &. ayant pr8td ferment entire les
mains de M1. le maire & en presence de l'afferrblee de bien &
idclerment remplir leurs fon&tions, ils ont pris fiance en leurfditcs
quality Ls.
M. le president a alors demand intention des coimiiiffaires de
AIM. les citoyens de couleur, lefquels 6tant introduits au nombre
de quatfe, comme commiffaires ad hoc,- favorr: MM. Charles
Prouchat Bertrand Prouchat jeune Louis Pourelid & Jean Car-
bonnhie & comme commiffaires conciliateurs, MM. Couttand
.- Allard, nommes par les citoyens blancs de Saint-Louis ; &
MM. Jofeph Martel ain & Jofeph Martel cadet auffi nomm's
corn itiTirres conciliateurs par MM. l1s ciiovens de couleur de
la mvie ville; alors MM. les coinmifrnires a.lhoc, reconnos par
les citoy-ns de couleur ci deffus .nommnis, ont donted leIture :
1.. D'u~ proces-verbal par eux drel'd le 3 du pr'fent i la
baye du Merle, lequel leur fert de povwoirs:








porfbles depuis fix rerraines, venoit a -e rcaliner par fuite de
V,, r., procl..itatioi du 2. lf.pteinbre ?
C(.-iaineniunti, M. hl Gurieal vous avez etc induit en erreur
fir Ics moLifs qui owu donned linctu la prife d'armes des citoycns
d. coul'-.r d.ims Loute la parties de I'oucfi, fur ceux quAi nous
orit dC.eter;nlics a figner ui coicord.it av.c ;u i, & fur les fhitcs
funeics quii rfiul.croient aiijourdhlui de leur diarmerncnt on
de kl!r dipLT.hon.
Recprfetiant du roi & de la nation fi:ncoife dans la colonies
de Saiiat-Dominguc, \vous Ltes revCtu des plus grants pouvoirs
po. r maintei)ir la chofe publique. Par votre patriot fmie, par
voire zle p-r d(s fer ices longs & glorieux, vous &tes plus
c;'.iable qull perfoule, M. le general, d'eir-rloycr ces grande
qualitds i lai conservation d'une Colonie que ia .lus affreufe
anarchic vaa fire pcrir : votre refponftabiliti metne et pour
nous un nouveau motif d'itre cert. ins que vous ferez au-delh
du potliLl- Foer opercr cette conservation.
J ai -en- Ihonneur de vous rendre compete de notre position
dans les preMIitrs jours de feptembre, du concordat fignc par
la paroiff de I; Croix des Bouquets Ie 7 du mrmie mois, .de
celui qui a 6t fight e le TI entire les citoyens de couleur & le
commerce du Port-au-Ptiince des obstacles qui prdparoient
l'in excution & Ila violation du mene concordat de la part de
l'ctat-major & de la gaide nalionale du Port-au-Prince de I'ar-
rivte dec quelques bttimens angl is dans la rde de la m&me
ville, &c des inquitudes qte' nous avions h cet regard; enfin des
tentaivi s faites :iuprs des ciLoyeCns de couleur, pour changer
1'objct de leur pade frd&.ratif.
Depuiis -qil-a-paru impolfiblee- de- tot rner les _citcto i de_____
but ql,'ils s'dtoient propofe dans clurs concordals avec les diffe-
rentls p-r.ics de 1'oucf les perf-cu:~ons ont recommended avec
viol'.n(e centre les aris d,' I'ordre; la ville du Pnrt-a'.-Prince
a ,inl ds entraves a lit circulation des denr:e'& dc premiere eid-
ceTri:e dns l--tw+-de-fcr,, d(::i epuilf par des fr-cours alimen-
tair'es que nois dcvons, a julte tirc a ceux qui font reuinis
poutr notre failt.
En vIr. a t-il 'tce quefton au Port-au-Prince, de changer
Irs chcfs & officikrs de la girde national don't le temps de
comniidi'ie'.-er t Ctoii( c~pir ;'ti e vainu les citnyens de couleur
on-'s ~ar Icrs is diffcret adrcffLs, mon.r la purcte & la
iI. 1,.. die lez.rs intentions : chi-que infant announce qeic le Port-
irlinic veut en verir aux derieres extrnmiitss & malheureufe-
r 'ent







( 40 )
& civils, pour avcir foi e.c cuiion dJns tout e I'u.ndue de leur
arroitri Xf iuilL.
-A.-
:- 'N0. LV II I.

Du 23 S elterernbe 179 .
Un des f crta ires a done lecture d'une rcouete d'Alexandre
Cohliis, Q. L. .Jrome Angoiimard, Bernard Eri:m Etienne
Finugdre, dit Trois-C:Jils, Charles Laroque Jeia-Louis An-
goumard, Jean-Bapiile Leforticr Franiuis Parmentier M. L.;
Jean-Laptift' Lapeyre dit Aher Jacques Ririire Q. L. ,&
Chirles Lafcur, dit Achille, niugre libre.
Dans cctte requkte, ils dcmandent quce 'AfTemblee veuille bien
exercer envers eux la b'inveillanice qt'cl.e a excrcee envers les
gens de couleur condamnis par contumace dans I'affaire d'Og ;
en confrgueuce, ils print l'affembkle de vouloir bien brifer
- Icurs' chies, leur ouvrir la porte de leur prison ,& lear per-
mettre de prendre les armes pour combattre aiRec les gens de
codile:r centre les rovoltes,. & nrriter aini leur grace de l'Af-
emble. ,
M. le prefidenta donC enruireleftire d'une requete, prcfentce
par les homes de coulcur libres au Cp counue en ces
termies
A Meffieurs dce Afmfe bl' gine'rAe.
M. le Pr ident:
M SS IESR U RS,
Dans ces ours de dtf-rdres odles brrigands fe portent de toutes
parts ala d-.vaftation de la plus belle contrede de Unit ors ,il e ifle
d's homes, qui, drins di moments d'erreurs, fe feont rendus col -
pables, & qui delirent effaccr leurs lrautes en verIlnt jurfqu'a
1h dernmiregoutte de leur fdant pour la difenfe de la palrir. Nous
venons, Medieurs, das I'enceinte ;ugulte de obtre Alcemblie,
vous supplier d'acoorder la grace a ces malheureux dant le re-
pjntir & Ih reconnoiffance front les garans du zele qu'ils net-
tront t rombatt-e les ennemis de la Colnie.
'Si;nc' Rouanez aine Dupon Milles, Cflt ing, MA-ucinble
L:fuort ain Daumie Daniel Joly Viaud, Cha iteau .J
Rouanez d'Acier Lao t ue Lagroue, Pezc, Baubert, Girad lils
fiLees jPqjif ca'lves, &c. D





7tiIu,,1 -, ra d ,i & t ,dre, i, ., )
auccusi. f..i- d-ndr' C Fr!i. dezI homcs ils avoient nicux
ai.'n i'-.. pi her L- ,c: 's bkioin piIyilues, quc dc s'adrefler pour
les C .iii.. .i d, ', p : ; inc ,; tiit!ultonlcls, ontrc Iiillgalitc def-
quCes Us aivc.ici, L- pro:.,
Q tot.', c ; ref'us difHrn!; is d-; letitrs incendiairus,
des libes lfc 3Farnice des v..i.,.t x Aiklt.As & les bruits d'in-
dIpeindiICce( qui couroient, ,avoij, ilk. pt:ii long. temps repandu
1';,irinme & Ie dil-efrpoir p.lrmi les t C.o.'j die covicur, au point
ju'il a fallu. touee l .a' lpr fcermacc &t de s chefs, pour
cnntenir impi~.tuofitC de leur arince ; quc dctni;.renent encore
.apr '; Ic propo10!Lilns de p.aix fites p:r 4 Icttre dc M. C;raideux,
c,-n i:dind:)tl g encral de la garde nallonJric ui Port--n-Piince,
en d.at du i du coulralt &, dams Iun ;tips oil tout devout
rc Ocourir a faic c:ffcr les malheurs qui aliiip-ni. ceLte Colonie,
!cs n:::l-inter, .inn-s d FPort-au-Prince s 6t.oienj ponr6s a dcs
tY::'s incrrovablecs d 'icrve.CcInce conlrc un d-tichenientt de lar-
mine dL.s citovnS; d6: couleur. qui, fe r"polfant fi.r la f'oi des
p?.or Pll':s i' des tr:uiis a'oi.r tc clhrcher des vivres an, Port-
;i-Prin: cr, enforte que mailre les bomuwsl iilieittions & L.s ctbilot
c'.s VCr!u:: c(:o)isl ce ct.c i'tnt Pircs avor chalppci a la
I;: c.ur t!d: uc ': qii 'le pourfaivoi.-nlt, a ete obclihg ic revrnirau
ctamp fans .apnrtcr les vivres qui vwient t'it pro is.
Qi>e nci:minoins cl d.,r ardent d'une rcIion finre Icur
:atic:.hcricmnt au:, inclr,'is d a MP're -p;trii: & Icturs conci-
toyens, Falpcet d- lei' r patrie 1pret a ciLr rie'i- en cctidre,
eur tonit accuillihr avec des tria:ports t;tll:dlcrciiJe .les priopo-
fitions de pai: qui Ic'ir ont et6 faites par Mi. d. Crdcux,
c(nomandn:t-gcnra'l de ia garden natiomale du Prt-au-Prince
-tv pou rt-paventrta-tune- refnion iong ra+e --dans--l-Prov ir-e -de
i'Oiucft, ils ont irnvi\' toutes les paroiffes de fa ddFerndiancc
concutir iu tr:aiut de p:ix qui dolt avoir lieu aujoud'humi.
En conrtquence, les commniffires des citoyens de couleur,
confidcerant quc la cotlfiance & la iulice font less b ffe eerrlielles
d'lne paix folide & indbranlable, voulant corroborer les difpo-
fitions du coincordat d r t feptembre dernier, & pnurvoir en
msme temps a leur fi'6ret individuelle ont fit leIs demands
fiivantes, auxquelles les commiiTaire ds des cioyens blancs ont
rdpondu, ainfi qu'il clt mentionni it la fin de chaque article,







(84 )
les citovens de couleur en la paroife de la Crolx-des-Bouquets;
gu'il f'ci chanted, d.ns I'cglife decctte paroifTe, io heures du
maiLin, ui'l e Deum, en aaion de graces de noire heurucife reunion;
que IMM. des bataillons de Norwiandie & d'Artois, & des corps
d'ariUlerie de lamarine royale & marchaude, front iriviits s'y
fire reprcfenter pir des d&putations particuliicres; q ie de inIinme
les citoyens, en general, de la Croix-des-Bouquets, du Mirebalais
& autrcs endroits circonvoifins, front inviLts a s'y rendre afin
d'nnir leurs varux aux notres pour le bonheur comnun.
Arrete en outre que le prd ent concordat fera paffT en triple
rniiaute, doit la premiere fera dzpofde aux archives de la mumi-
cipaliit future l t feconde, entire les mains des chefs de I'armee
des ciloycns de coulcur; & la troificme, dans les archives de la
garde n.iionale du Port-au-Prince.
F.iit triple cntre nous & de bonne foi, les joutr, mois & an
quc deffus. Aigne, Fournier Nivard Arnoux Dcmare,
Rodrigucs Dubuiffon, Talazac, Lumley, Sujuzan Ratteau,
Median, Meynardid Rigaud, Guien Baudtmant, Labaftille,
Prudot, Bell'nton, Sollier Papalier, Epoigny, Lauzier Getin ,
Saiit-Bazille, Vidie Camnbre, Mayeur Reuche, Faubert,
Lafleur, Ribie, J. Couftard i Doyon, Turin, Mallac, Renie'r,
' Cffa Saint Laurent Dubois Martin Comle Plaizance,
Cozaram, J. Rey, J. Nagonne, Pierre Rivi're, Pinganncau,
Wokkacein Baumran ,Pellerin Ie baron de Montalembert,
Guoiii-du-Fi-f, Madffotte Duvivier, Bruache, J.,- B. Perrin,
Kerlcgand, Mlonta, Legal, MA. Bofino Foreft J. Demare,
Malnlo, Flic Laborde Boiffon Mefnard, Lan.oumois, Hailey ,
Ofterval, Saiguclonge le come de Lafitte de &ourey, Labaftille
his, Couippd, Court Defcouffa, Raoul Perrini, Pettion,
Degance : Fabre Pinchinnat president ; Daguin fiis recretaire
des citoyens'de coulcur, Gamot, pr~iident, &Hacquet, fecre-
taire des citoyens blancs.

No. L X XV.
Difcours de M. Gainot president des commif'ires repre-
f:entans ls citoyens libres du Port-au-Prince, A Mefieurs
les conmmifJaircs reprefenians 'arme'e des citoyens de
coilreur,
Mols V ,o apportons en des paroles de pax. Neus e venons
NouS vogs apportozs cnia dcs paroles dc paix. Nous me venons-







alfembles, & avoient ht- trouver M. Lapis-Bergaudy pour
le prier de fe mettre h leur t&te, afin de diffoudre les comiths
du Fort-Dauphin & d'Ouanaminthe ; que celuici s'y etoit refulfa
mais que malgrg ce refuse, ils stoient toujours dcides a la mimem
operation, s'ils trouvbient un oticier qui voulit' fe mettre a leur
tete; que li moi, je voulois accepted ce polte C je pourrois etre
affure d'avoir un pari confiderable dans peu de temps; qu'ils
etoient d'ailleurl perfuadds qu'en cas de rdiftance de la part de
ces bourgs, ils trouveroient un fecours certain chez 1'Efpagnol,
qui avoit des troupes pretes p agir, & qu'll n'attcndoit que Ie
moment de fe montrer.
A fa proposition, je n'ai rien rdpondu : mais, volant favor
quel pouvoit etre leur but, je l'ai queftionne en confluence.
II m'a reponda qu'ils vouloient d'abord que le decret dui r mai
fdt accord purement & iimplement par M. le general Blan-
chelande, & non pas par 1'Affeinble general, don't ils ne von-
loient pas plus entendre parler que de comites & Municipalites,
don't ils vouloient la caffation; qu'enfuite, ils vouloient que les
chofes rentraffent fous I'ancien regime, & que la nobleffe fdt
remife dans fes droits, parce qu'ils ne vouloient 'plus etre dans
le cas d'etre commandeds par des malevas (c'eft fon expreflion).
Enfuite il m'a dit qu'ils avoient rcqu des nouvelles de leurs
trees des montagnes, & qu'ils avoient appris que leurs affaires
etoient en bon chemin.
& Quant aut mtalAtres de M. Charpentier, its dtoient trs -blen,
& recevoient foutent des nouvelles & des fIucours de leurs families.
ri~dentes au bourg du Trou & antres lieux. It m'a prefqu'affurd
que M. Charpentier lui-meme devoi &tre au Cap dans rintant
bul ii me parloit.
11 m'a dit de plus, que l'Efpagnol les avoit prdvenus quaufflt.
t6t qu'ils entreroient dans la parties francaife pour les foutenir,
il fatdroit qu'iis arboraffent la coc:.rre blanche & rouge, afin
qu'on les dittinguat, & qu'ils n'euffent rien i rifquer.
J'ai cru de maot devoir de faire patt a M. le chevalier d'Affas
de ces particularitts, en me rdfervant feulement le droit de ne
noinmer perfonne.
Au camp du Rocou, le 13 otobre 179 Signe', BRLCOURVT-
J1'EsT RIE U X.


N4,









N'1 X -X 1 '


Sue' la i,-ciI',i! l .i U p'i- un .ietinliIre, qu il eft nicceltire d c
tn.,iirnii aux tet:ErfTfii titLs d S )ili,-- DoIIingii!e unc i iIrque dil-
tidie p -our iq 'ilts 10iint recoiuiiis, & piliifei; t fee Ieconllloia-
Cliire ,i"LX dLans l- tuinulte des armn-s oti ils Fe font dicidis dc.
, s'Lng .iaglr i Ci s d'attaqu ., taUt pour partlager les pArils
des -citowyens, uc pour aninilnr leur zele & coiifrlver I'ordre;
L'AiLmble genrale dc ILa partie franmoife de Saint-Domingue,
Confidi.rant iue fi Ic bcibin devenoit preffaut, lle cclleroit
de dclibcicr pour agir;
Confidlr.mnt que Yordre dans les attaques augieintela force;
Cotilidliant que des invidus Cpais n'offrent fouvclt que Cs
effects d'un courage flerile, tanidis que, rtinis en corps, ils peuvent
oppoler une rhiltlauce vi&oricuf, rur-tout quand ils font pne6-
tres, comme left l'Affemblee general, de l:l resolution de
mourir, plutot que e cder la place 'i un ennnemi nipiLifable;
Conflidrant que Jes figucs exte~ieurs ifbit uicclhLires pour fe
reconnottre & fe rallier;
Contiderant que le figne diftindif de i'A.ffcirblhe gicnrale de
la parties fraucoiie do Saint-Domingue, eit cel-ii qui rappellera
h tons la douleur dont foii c 'ur ell pnl&r,:d dams ces citconf-
tances dcfa'l h-cufes ,
Confideanti qpe rAfIembln c provinci ile du Nord a- prononc6
Ie Ileilc VOti que IAllemrble dnitr'ale dais fon fn ibleme,
en Ini proeflaut qu' ll e joindroic a elle dans iun (;;s d'aniaqic ;
SConliJd'nrant que ladite Affemblee p.ovinciale conferveroic,
nmnie dans fattaque, les fonftions d'adlr.ininl-Itoni, & qu'il eit
KcifaienicC qu'lle lait une marqu-e diflinfive par'cuiihre-:
A alreVtL & ;ire : r
i. Que chlaque des membres de I'Afemble generale porter
en lance & focus les armes, une &charpe de crepe noir;
O2.. Que :chaque des membres de 1Affemblee provincial
portera, dans les mn8mes circoinftances, une icharpe rouge,
inage du fang don't leur territoire eft arrof6;
3;. Que le pri;ident de l'Affemnble g&nerale avant ite choifi
par les dciLu aflembles, pour diriger & ktablir Piordre rdaIl I
cas de leur reunion, porterA une echarpe noire & rouge afiai
qu'il foit recoinnl &z qu'on obi.iffe h fat voix.
4. Le pr4fent arr.Lu n'aura lieu que pendalt Ie temps qua
P7'ic.Cr j'lq.(ijatie IU. ve


7,






dc roulcur a ?a nouvelle d' n jugement fi prompt, & d'autant
plus atroce que les tiLres de liberty de ce n-gre furent a l'inftant
montrds, & circulercnt de main en main. II part done a ces
braves gens q!'on vouloit les provoquer, les infulter d'une ma-
tierc fi outragecnife, qu 'i cut etc bien difficile de les appaifer
a infantn, quand lolls les oftciers fe fuffent occupy scnfemble
a les contenir. C'Ce dans c.eue fichaufe circonftance qu'un ca-
inonuier de PraloTto,. eivoyc peut etre a deffein, fe prefente a
cheval.fur la place du gouvernement; il fut itcrrogd par un
homine de couleur qu lui dcmande par quel strange nmotii
on a3 oit pendu fon camarade, fans coanoitre foa Atat, fo ddlit,
fins avor rnempli les former judiciaires ? Ce nilrrable repondit
infolemment,. c i flt aufllitt accueilli par trois coups de fufils;
ii ne mourut pas fur-le-champ de fes bleffures, & ii fut porter
dans Ie gouverne-neiat pour y recevoir les fecours ncceflaires.
Sans doute ce nouveau meurtre etoit hialheureux fous tous les
rapports mais on dolt confidcrer que tout avoit ete difpofd pour
le fair comnmettre, Ce second v'nement rcdoubla Y'larine;
la ginetrale rallia la garden national, les troupes de line parurent
pour fe imettre fous les anies : on s'attendoit i une explofiorr
fubite, lorfque M. de Saulnois, fuivi de pluheurs officers &8
fous-officiers des daux bataidons d'Artois & de Normandie', &
du Corps-Royal d'Artillerie, fe prcfente aux chefs de I'armee
qui toient aul gouvernement. La douleur & Ie chagrin avec lefquels
it portoit des paroles de pair, annonqoicnt affez qle fa demarche
ctot inutile, qu'on Ty av\oit in me forcC, lorfque tout etoit dif-
pofd pour le plus granddf-,rJre. II lui fut repondu que l'inten-
tion dcs citoyeus de coulhur n'avoit jamais dd de conmmettre.
( des hoftilitis; qu'ils toient profoudenient affligis de 14 violence
commife fur un canonnic-r de la garden national ,. mais. qu'elle
avoit 6t provoq ,'Ie par le terrible & prompt jugement d'un
ilgre libre, qtu avoit &tC penilcn que dcformais I'armie qui rem-
bloit etrc mena.ce de toni cite, fe contenterot de fe tenir
dans un dat de d.leInfE. Cette ddputation, combine par lay
trahifon, n' itrit pas encore de retour, qu'on vit s'avancer dans
la rue du gonuvcracmenl. un corps de troupes nationales qui
s'air~tert'nt a nu t.eirt;ine dii:tnce, jufqu'a ce que M. de Saulnois
]cs joignit. Elles par'irent alors fe rctirer dans une rue latdra e
let nmouvemene s d'ahrmes reioulaloient toujours ; une feconde
ddputation de MM. Picard, In'god~ant, & Catberinot, procureur,
part au gouvernement. Crc Melfleurs depeignirent avec energies
I'itat affreux de la ville oti tons es prcparatirs de la guerre
civil paioifoienl difpofs ; on leur repondit quc ces preparatifs
nietoicnt aucunement provoques par rlarme des ciloycns de
cQuler ; qu'ils en ctoient. furpris; que dans ce moment its #'at-







(97
39 7
it le moindre vcnement entrinera la tuine to tale di Cul-
ae-fac. Ceft dans ccs ci:coilhianc-s, Ai. le grinr: que votre
proclamation 4du .6 fceptea:bre vi- ntl ;:Jot. r une arrme de plus,
& hlle hrmc bien puil;niltl aux ( ,ic lis de la piofpliit pu-
Llique, en inettant de klur ct:e B'tppr'.nc e ic lIa ..it. ,
Dans ia frume croyuic, c- I. lM ginirall, queIte eldut de la
Coloiie qui voLus cl coniie, ne vous cit pas nimors chliLr qu'a
ious ni-mcs, j lie m'alriterai a difcuitr ni Ic fonds n ia forme
dc volre proclamation.
Elle fuppofe r i la tranquillit. de. ios atteliter' nonobftinb
'iznpullion gienrale qu'ils,. on;i prouvce. Elle ipfiippole, za ue.
les citoyens de co.lleur font r:tffcnblCs pour foutenir les arms
Sla main des pincipcs incoilItitutiiinels, lorfuii l erl nbtoire
qu'ils iv- font valoir les droiks auxqucls 1'Affen.bkc naaiionale a
jug6 a propose de I's appeler, qau arct:-blifflemnnt & au main-i
tien de la tranqu liit publique -branlec dans fis fondcments ;
ainfi aouau maintain de 1obeilTance a ceu! des dcrcts de 1 A'-
femblee ni.:ionalc, f na1ionuns par le roi, qi.i lbnt otfidcelleinint
connus julltu'a ce jour dans ta Colorie. v vou fajvcz, Al. le o-
ncral;, qu'atcui de ces d&crets n'a dti mis a Ch .culioi, nc 'n-
qbf int l teneur de ceax dcs x12 otobre, premier & x i fevrier
derniers.
Votre prcclanmalion fuppofe, 3.: qtue dI fe difpei des citoyerrs
de couleur d?!s leurs dowriciles relpeffii', feroit 'epoque dui
calmc .d:;s la paiide de 1'oueft, lorfqu'elle ne peut etre, au
coniraire, que iPepoqiuc {une infutrL eion des atteliers, & ctele
des vengeances, nozi-feulcmnent contre les ciloyvens de coulcur,
mais encore contre tous ceux qui out Itd fticz dclairds frTics'
vrais interests de la France pour s'unit;i par uin concordat fao-
lemnnel, h une claf'e d'hommes.lilres, que les bicnfaids de ?i
nation appellent plus particAuliceemcnt a la dcfenfe de la
pattie;
4. Si nous parcourons les dcrtcls dc'a Cites, nouso y trou--
verons le jugement de r'Affnemblde national & du Roi eontire
cette inime municipality du Port-a;u-Priiice contre cette meme
Afemblee provincial de l'ouelt, dl'a r'pr ouvie 'anne pece-
.ente ; nous y troiuvons prononcce la fi rfp"enfon des operations
Cie toute AiTeinulee coloni:'le qui fe feroit forinme dans la Co-
lonie par tinite du d&cret du i. ocfibr ; .tnous yr touionis done
par advance l'approbation des pouvoirs ligl1iatitf & excc:tif de la
nation franqoi'e aux bafes de no:r concordat arec les citoyer
de coulet:r; & c'elt avC., tie enIctie coitiance, M.e pntr..
Pieces jijf;f.' tes &c ,









SP. S. Ce negre a ste con:ldmnS k Itre pendn par jugmrnent
dtu 4 au mam!, & a it execute le foir a cmq lieures i de forte
que fon dernier interrogatoire eft fait dans 1intervalle du juge~
ment a f6on cxcculion.



























." - ., '' ' - I


A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONAL.








du ,3 ftvricr 179o, fanaionni p;r le roi le Z,6 da mnime amos
.jui rend criminal de lIfe-nailon tout corp,*, toLte pcrfoniiu.
qui mlettroit a execution une loi national avant quell n'ait
tle Colulne &' promu igueJe lkgalcnmtnt. L'Afnemblce g;intrile n'"
done pu tqe fire fa profefliou de foi en attendant ce dccret, &
rappellcr cnfuite au devoir ceux qui $'eli cdcrteroient. Oui mes
enjfains I'Afimrnblee 8cinerale me ]p. roi tre & eft ff:ltZvement
dlins les pr'incies des ,Jercts de l ',ffmblc; niZtionae fanc-
tionines par le' roi,; c'eft ourquo j'agis de concert iaec elle.
I1 ne pL:ut y avoir que des homes e uis mis du bien public &
inltJl'.s au defordre qui vous ont infiue que des vaillcaux
ctrangqrs inveitiffent nos c5tes, & que Ies btLncs qui les ont
app-'l.s rongent a livrcr, au mo) ci des troupL:s tLraingrL-s, la
Colonie aux Anglois. Si quclq'ues ii:idiids, dans la Colonic, ont
pit enfanter de tels projects, & s'ils font dicouverts ils front
fvi'rement punis. Mhis je puis affirer quie IAfemblde ge'nd -
ale n'a jamais eit I'.l tie de. tr Id C olaonie Jous uine domi-
atdon e'trangere ; elle a envoy, d'tprJs mon apptrobationz
. d, cJncrt avec moi, des avios 6 'tes conmmfjlljires taux iJcs
voifinies, efjipailes & angloifes, & au contilzent des Ai4nlo-
4m cr.iins, afin d'y reclnuer les fecours les pl s prompts
Your ~reinlre tl redolie des efclaves. Les mimes denmandes
ont etd fJ iit s ad ifles Franicf;Jes it 'r'ent. Ci: s vous
dl "lchurs, m.e am.is, que je n'ltyC pas les yeuxs ouierts ? Et
penfti2-vouts qu'un 'eux flitznois qu11 i ancten z ilit.re
com'71 nr mo totuours fidle au rot ( pour mefcrvir des amncinnes
e-.prefl7onrs &) i ji paitrie, ptfl i, je ne dis pas tolrerer
n r tant qu' li reflera une
goltte dfdefn tlans les jrcies ? Non mes enftrns- rliffw e
vou0s, je jits fiz apable de vouZs trooper.
Je rc\ lens a 1'arrete du- so feptemibre c'eft prccif.nlenit feloti
ina Innni.'r de conccvoir, en vue de piotefter eri quelque forte
contrc toutcs les demarches qui ont pu trie faites pour demiander
i rt.voc tion du decret du i 5 mai, que.I'Affemiblce gincrale, dit;
cdats fon preiler article qu'elle ne s'oppofcra pas a Ifex.'cutio
d cette loi, c'eft-a-dire, qu'elle ne fera aucune reprifecntaioo
contre celle execution. Vous me citez l'articleTV des infiru-tilos
du s tn.ars. Je vous le' demand, d' apr's vos propres dccifionsi
eft-itl prnm;s a un citoyen, nmme au reprefentant du roi, d'inter-
prcier les decrets ? Ce pouvoir n'appirtirrnt-il pais exclufivemenit
au corps lcgifnlatir natlio'.l ? Et lorlFqe lAfiemblee national a
leclar Ique la conititulion fianraife ne conccrne point les Colonies,


- -~- r___~_








fera remife au bureau de Police ;& regardd du nommr No't
N. L., commandant de la Providcnce & de la veuve Jean-Pierre
N. L., detenue en etat d'arrelfation par Ia. commifiionprdvo6ale
du Cap,iln'y a lieu a d-libdre,
Qu'ence qui concerue lenommd Duhameau M. L., condamn6
pour trois ans aux galcres, par arret du confeil fupricu de.
Cap, du $ mars dernier, elkl ddcare common avec Ini le bi-
untice de fon arrItd du 8 feptembre, audi dernier; en conf6-
quence, arr~te qu'il fora dlargi des prifons du Cap &S fera enr60'
avec les gers de couleur contre les revolts faifant 6peindre
fa grace de la bonne conduite lu'il tiendra dans le service auquet
iJfera employee;
Qu'en ce ui concern le nomm6 Charles Binaud M. L.,
auffi condanne aux galeres pour troisans pour fai de rebellion
contre une garde armie; prenant en grande consideration la
demand de M. Touzard en fa faveur ; & attend que fon ddlit
pent &tre confid6rt comme l'effct d'un moment d'erreur, & n'eft
pas d'une gravitC a lui former tout accds a la bienveillance de
j'Affembl6e : elle arrete qu'il fera dgaJement ilargi des prifons da
Cap; qu'il fera enr616 avec les gens de fa couleur centre les
revoltes, faifant d4pendre fa grace de la bonne conduite qu'it
tiendra dans le service auquel il fera employ ;
Que, quant aux nomm6s Jolant & Combrellant N. LF, qui font
focus le coup d'une inftru&ion criminelle pour vol d'animaux
elie declare qu'il ny a lieu a d6librer ;
Qu'a regard, enfin, du nomme Armand Q. L., de Logane,
condamn6 atxm galdres pour cinq ans pour vol d'animaux ell
Sarrite qu'il refera e.n-prifon en itat d'atreftation & qu'il ne
vaquera plus dans la ville du Cap attach a la chaine ave; un
inegre..
L'Affembiee charge fon prdfident de communiquer le prdfent
i M. le lieutenant au gouvernement g6ndral pour avoir fon
approbation, l'inviter ale faire notifier de fuite aux Affembides
provinciales, provifoirement adminiftratives, du Nord, de l'Ouet
& du Sud, avec injonfion i ces dernieres de le fire notifier
aux municipalities & autres corps de police de leur aroifdxifi-
went & au confeil-fuperieur du Cap.


v i


~ac~Jr~







( 143)
nant qu'extraordinaire : il femble que l'cngloutiffement feul da
plus brilliant de fesetabliffemens, ail purompre le'cercle qui l'tuit
i la m&tcopole. Charges des interests immenfes du commerce de
France ; accables des malheurs de nos freres de l'Amnrique, nous
avons d'ja cu, Mcflicurs, l'honneur de vous demander la libcrt6
d'en inftruire la mrre-parie; la multiplicity des travaux qui
occupent I'Affcnblee, ne lui permit pas de deiiberer alors fur
cette petition :'nous venons aujoLrd'hui la renouveler; nous
efperons que vous flrez frappes de obn importance; des bitimens
foni forti de la rade depuis I'tpoque mallicureufe de vos d6-
fafires terrible pour la France; faudlri-t-il qu'elle apprenne de
1'tranger les malheurs de fa Colonie ; fes voifins, fes rivaux,
peut-4tre Jul en apporteront la nouvelle. Si une immenfe distance
I'a irire dans l'impoflibilit de les privenir c'eft au moins dans
fon fein qu'exiftent les moyens & la volonte de-les reparer.
Pour nous, Meffieurs, pr4ts a volei par-tout o'i votre int&r6t
nous appellera, nous ne cefferons jamais de refferer les nceuds qui
S uniffailt les Frangais d'Europe aux Francais de Saint-Domingue;
nous avons la confiance que vos pertes apprendront a 'Europe
combien fes nceuds font refpefths & indiffolubles.
Signed, G f L L. E,, Secrdtaire.

Adreffe d Af. Blanchelande gouverneur, pourfolliciter 1'Af
feimble'e generate e de vouloir nous permettre te fire partir
deue Mrifos, pour apprendre d la France les malheurs de
Saint-Domingue.

Neus les capitaines & grants, reprefentans le commerce de
France en cette ville du Cap, venons, Monfieur, vous exprimer
-- nmtre- inquituile- fur-les- obAaees-que nous rencontrons-pour-
faire parvenir a nos commettans la nouvelle du trifte iv6nement
furvenu k cette Colonie & qui les intereffe i effentlellement.
Dans 1 embargo, qui a ted mws fur le depart de nos navires,
devenu depuis general, nous navons vu qu une mefure fage,
di4te par les befoins de reinir la plus de moyens de defenfe
polibles; & loin de nous en plaindre, nous avons montre, nous
ofons le dire, conjointement avec nos equipages, le plus grand
Szle pour la chore publique; i als nous avions lieu de nous atten-
dre que F'avis d'un malheur, qui menace l'exiftence de la Co-
lonie, auroil ete done inceffamment a la metropole. Quinze
ours etant ddja couls depuis l'infurrefion & pas un avifo,





S83)
mettre en-urage tonsls es moyens t'.i peuvent cor ,'buer an bhet
heua de tous l.ks cioy-ns qui lout cgaux en dro:
Que j4 rJunion des ci'oy ns de routes ks cl..i spent fcule
ramcn-r Ic c.dme, la tranqiililld fii nicciTires :i la prolperit. tie
cette Coloui, qui fe trouve aujourd hui menacLc des plus graids
malheurs;
.,a Qie Texkcution pon6tuelle & littetale de tous les articles des
dccrets & initrualious de Alfeniblee un.kion.le, farulionnts par
ie oi, pcut f'ele cprcr cette rwunlon dcirablc, lfousjquelque
point-de-vue qu'on lenii'iage:
11 a ete arrt6 : faToir, de 4a part des citoyens blincs, qiu'il
acceptent tous les articles inrLrds au prdeent coacord t;
Et de la part des citoyens de couleur, quc vu ldcc. 'plation de
tous les articles, fans reftriftion. in rcs au pri'Teat concordat,
ils f rciuniront & fe rduniffent en elf:t de cd',.r dfritr-&
d'inteniion aux cl.oyens bl.incs pour r;anmee r Ie calmne'& la
tranquillity, pour travailler de concert a I ex)cutiCo poIlduelle
des dderets de 1'Affemblee nitionale, fan&ionnus par le roi, &
pour employer routes leurs forces & tous leurs ino ens centre
I'enncmi CO;mmun,
A 64e arret6 par MM. les citeyens blancs & MM. les citoyens
de couleur, que, ce jour devcant 6teindre toute efp.ce de haine &-
-de division entire les cioyens ide laColoiie en gCLtr:d, les citoyens
de coaleur du Port-au-Prince qai, par une fiuffe pufi linimit6,
ne fe font pas r6unis a leurs fires de armee, Pfrant coipris
dans 1'amniftie general; que )ijmais reproche aucuunne lI-er fcra
fait de leur conduit : entendant qu'ils participeiLt galement ;ux
avantages que promet notre heureufe reunion contre touts led
perfonnes-& tous les citoyens indiftinttement; -
De plus. que protefion gale devant etre accordce au fcxe,
en general, les femmes & il csde couleur en jouiront de mrmec
que les femmes & files blanches, & que mhmes precautions &
foins front pris pour leur suret5 refpetive.
Arrete que le.prefeni concordat fera figin par rFtat-major de
la garde national du Port-au-Priice.
11 a ete arret6 que le present concordat fera rendu public par la
voice de l'imprefion ; q9e copi ollationmees d'icelui front
envoyees k lAffemblde nationale. au roi, aux 8; ddpartemens,
a tou:es les chamrbrts de commerce de France, a M. le lieutenant-
gen'ral au gouvecinement &S tous autres qu'il appartiendra.
Arre&. que mercredi proch;iin, 14 du present mois, MM. leg
citoyens blaucs du Pon4-au-Prijice fe ruUliront a I'armee de MM,
1








du ol : c'cft le fujet de ma d'peche n0. 13 Jdont le jloln i:i
Ie duplicata; mais e mnal, c'tef q'u les geis de codieur, nimlcs
avec les negres efcaves rcvoltes, font tr s-ifJriclurs, & ils nonit
point d'aulo:itd fur Iks rivolltcs clcs chefs d- Ccux-ci font tons
pris parmi cux, & pas un parhni les gens de coulcur;
Vous voyez, Monfieur, itn apper;t bicn deplorable de notre
pofltion ; les commiffaires de 1'AiTemblce ge'ndrle vons en feront
les details, & je ne doute pas que vous n'employiez tot's vos
moyens pour nous cnvoyec des fecours de troupes, de munitions
de guerre, de canons de champagne d'ariilleurs, don't nous man-
quons :en attendant., nous nous foutiendrons tant que nous pour-
rons. La partic diu fud ell fainee; mais le mal peut ailment
gagner; rlle eft fans tt6upcsi & nous ne pouyons lui n envoyer.
J'efptrc toujours que vous obticndrez du roi l'ordre de faire
paffer en France les troupes d'Artois & de Normnaindie qui font
au Port-au-Prince, od elles continuent a fe comporter avec une
licence demefuree; elles parlcnt aux Affemblees colonials & i
la minicipa!ite d'une manicre imperative.: L'-quipagc dn Borde
eit dans les mnmes principles: le s us & les autres ne font ni.
peu relcnus quc par I'excellente conduit & la fermetC de MM.
Defaldnois & de Grimoard, qui ne parent qu'aax licenses lei
phis atroces.
Jetez done, Monfieur, tn coup-d'oeil de compaflion fur nousi
& fecourez promptement cette fuperbe Colonie, qui eft dans le
danger le plus ident; faites partir les forces les unes aprIs les
autres a mefure qu'clles front pretes i Iarrivde fuccedlivt
tendra le courage; ilefpoir fera le relte.
P. S,. ife joims ici, Monfieur, tne proclamation que j'at
publiee, por fire connottre aurx gens de couklur mes fcntimens,
d'une manire particulilre, fur les decrets de rAffemblhe na-
tionale, & les arretes de VAffembile g6inrale, pour leur fire
fentir qu'iTs s'en 6toient eartes dans les demands infjries dans
leur concordat.' .
-_,N*-. LX V,,
; ], ,. No .: -L X. r-- :.
,ctre tie M. de Blanchelande aue Mlinlre dle la Ma ine ,
dat e du Ctap e z i Oclobre 179 1
epu OM Ie, S x E habia -dAgo & a
DepulS mon expedition uir'les habitations d'Agoult & Galiffet,







(33)

N. L X X X.
Lettrc adreffDe A des Negociants dle Names.
Port-au-Prince, le 27 Oclobre 1J791
M Ei S S i le V PS ,
MassIa o s,
J'ai requ dans ton temps,a laettre que vous navez fait
I'honneur de m'efrrire le 31 Mars, & j'ai faith paffer de fuite a
M. Hamont & au Cap, les lettres ui y ttoient joints. Depuis
ce temps, nous avons etc accables par des ivenemens bien
malheureux, don't le detail feroit trop long a fire; mais voici
en gros & au vrai, la maniere don't ils fe font fuccdes. Par
une cau'e quelconque ( je la crois tr's-compliquCe), les atteliers
de la partie du Nord de l'Ifle fe font fouleves, ont 6gorg
tous les blanrs, don't ils ont pu- s'emparer, & ont ennn
Srduit cette belle & magnifique province en cendres & en
dCbris. Les fuccs queles Blanes ont eu fur eux, ont etC fucceffi-
vement plus brillans & plus confidcrables; mais vous fenter
que de femblables fucces font encore bien mathenreux, puif-
qu'ils ne peuvent avoir lieu qu'en detruifant les ennemis, par
coinfe'quent en facrifiant toutes les proprietes. Ces Negres
avolent & ont encore a leur tete (car il sen faut bien qu'ils
foient encore tons d&truits), beaucoup de Blancs envoys pro-
bablement par les philantropes, & beaucoup plus d'hommes de
couleur libres. D'un autre c6td la plus grande parties des
homes de couleur ]ibreq de cette mime province fe font
on ne peut mieux conduits dans'la circonftance ; is font venus
s'offrir d'eux-memes aux Blancs & demander a ne faire qu'un
corps pour combattre l'enneini commun. Is ont iet bien accueillis.
Voili la position de la parties de Cap, & la maniere don't les
chofes s`y font paIfTes.
Les evenemens auxquels notre ddpendance Atoit expofde
etoient abfolument les memes; mats cependant, avertis k tempF
nous nous en ferions, fans doute, entierement prefervts, i les
hommes de couleur qui y habitent s'dtoictlt conduits come
!a majeure parties de ceux du Cap; mais au contraire, au lien
de fe coalifer avec nous d&s le principle pour combattre on pour
nous defendre conlre 1'ennemi commun, ils ont faifi cet
infant pour s'attrouper en armes centre nous-mcmes, pour,
difoient is ricouvrer leurs' droits & comnie leur nombre
-e o u r r.li con* .









N.. : 'I. .
-N O, .I .
D u p Aodr izpt, dLe'ogane.
Un des membres a faic la motiona ten.ance.i c Ce que Affenm-
blec declaxit:
10. Que les membres qui Ja compofeni appartiennent a I'Af
Temble, &i ne fouit plus les dtputes des paroiffes feulement,
maisles'reprefentans de aI partle francoile de Saint-Dominngue.
0o. Que l'Affembleb declare inviolabilityi de fcs mmbres.
Cette motion appuyee 1Aifembic apres delibrationj a
arrWet la-premiere patrtie.
Sat la leconde, 1'un des membres a demand fi Iinviolabilit6
cmpechoit l'exccution de la loi.
LAffeniblee, apres avoir dkclar6 que l'inviolabilite rdclamde
ge poovoit interrompre,le coUrs de la jutiic ,. a ariet, que les
wepinbres font iuviolales.

N. I V.
Dt 23 .o.t iyT' au Cai.
M. le Prfideat de I'Affemblee general s'etant rcuni avep
nombre de deputis au bureau de la cohinmilion, aprts ddlibnra-
tioii, vu l'urgente neccflit de mettre I'Afrmcblee gnidrale ep
a'tivit' pour avifer aux moyens de' pre"inr &c. arreter le m11
qui fe propage; it a atC arrbte, que l'Affembl4e derogeant h
celui qu'elle a pris a L~iogane, de ne dlibfrer que lorfqu'elle
feroit reunic au nombre de cent niembres, elle deliberera, en
quelque nombre qu ele foit, mais feulement f.ir ce quitouche
.les malheureux evtnemens qui nous affligent dcpuis plufieurs ours.
Un membre a propoitf a l'Affembblee de donner fur-le-champ
avis aux provinces de l'Oueft & du $ud, des malheureux eyV-
nemens qui affligent en ce pprnqnt les environs du Cap ; i a
Ctd arrktd que M, le' Pr4fideit de la Comaillion feroit charge
de donner ces avis.

; .1,; ; : ^.N ,.No. V l -

,DP 24 Ae4t y91 i a; .Cap.
I a 6t6 propof6 d'cxpidie.r romptement plufleurs petits bA
A z







( 87 )
,endant juffice h nos principles, vous cefiez de dcefpprouver les
ns'-rts qnu ont determine nos demarches dans la position malheuj
retfe oa s':l t rouie& & fe trouve encore la Colonie. Nous vous
pri,. d& croire, M. le geinral, que, certalns de votre justice,
voire bone, votre frinchife & voire fernete, nous n'avons ja-
muis eu la mokndre inquietude fur vos bones intentions pour
nolus; que voire minicre de.nous les laire connoitre, nous a
feule alJarmes, & a pu donncr lieu t l'amrrtuma o de nos expref-
fiois. Vous nous parlez d'oublir le p.fl c: 'oubli des injures
Aft, M.'le general, unie des versus que- nous fommes. le plus
jaloux de pro:iffer i fauver notre patrie, meriter .leis loges de
la race contemporaine & future, fut & fera toujours notre cri
de ralliement. MiIs que ne po'vez-vous un moment vous tranf-
porter cjans la malheureufe parlic de Ioueft! vous y erriez les
m.mes malheurs qui afflig:nt celle di noid pres d'eclater; vous
y verriez, d'un ct5, 1'efprit de part, auteur des maux qui
deaolent cette contree nature florifrante ; de l'aure des
efclaves infubordonnds prets i arborer fdtendard de la r&volte,
& vous jugeriez vous-mime de la cruelle impoffibili4e ai no:is nous
trouvons de vous procurer au loin les fecours que vous efp6rez
de notre zdle & de notre courage. Tranquilles dans nos foyers,
forts de notre resolution nous craignons pen-pour nos proprietds
& nos vies; mais, environnis de trois planes confidlrables,
auxquelles, fous tous les rapports, nous croyons nous devoir,
aons nous rendrions crim-inels aux yeux de la nation & du roi
que vous rcprhfentez, de les abandonner dans ce moment de
crife. Que les paroiffes qui avoilnent le nord violent k fon fe-
cours : invariables dans H r6folution que nous avons formee,
de mourir pour le falut de notre patrie, nous nous tranfpor-
terons par-tout oA notre prefence deviendra n'effaire ; tes
pines, les fatigues, rien ne fahroit 'nous effrayer, & nous
aurons la douce fatist'aCion de vous prouver que nous ne me-
ritames jamals la mani:e cruelle don't nous avons toujours et4
traits.
I1 paroit, M. le general, que vous avez dte mal inftruit ful
les evenemens malhe'ureux qui ont eu lieu' a Charbonniere" &
noni au Fonds Parificn ainfi que voias ,noun faites l'lhoineur de
le meander. II eft bien vrai que nos frires du Pdrt-a'-Prince &
de la Croix des-Boiquets, vedxs tourmentes, fe font vns re-
duits a la. cruelle neceflite d'abandonner le fiejor de ces denu
villes & de fe r6fugier fur la montagne de.la Ch.irboniecre
pour fe foufiraire aux perficutions de tout genre, qu'on leur
F 4 '








SUn ngre efclave, armt, nomme Scapin, attach aux gens
de couleur en qualiLt de tambour, attaque dans la rue un citoyeu
d tte tte ville, & veut e defarmer: i lui arrache la garden de
fon fabre. Ce ncegre eft bilnt6t arrete, conduit a la municipality ,
& livre au tribunal pryv6tal, qui inftruit fon process. La fi:rmcn-
tation derient extreme Ile citoycn attaque fifoit fon service de
garde national dans la compagnie des canonniers. Cette com-
pagnie dcmande qu'il foit jlug6 prevotalement fur herer. II
itoit furvenu une d6putation des homes de -couleur pour de-
mander h la municipality qu'il fdt furfis ta I'exdcution du ncgre,
.qu'ils pritendoient ktre libre. En vain M. le maire & plufieurl
municipaux ont employee tous leurs efforts pour foufiraire ce
negre a la celeritc de Vexcution : le n'gre a cle pendu ap rs
avoii et :arrache de force de 'hotel-de-ville; ccte fire f
paffoit t une heure apr s midi.
Sur les quatre heures de relevie, une fcene plus malheureufe
' ekc la fuite de la premiere. Un autre citoyen de cette-ville
paffoit a cheval fur Ia place du gouverncicncit, devant le lieu
od fe tenoit le conitfe d'adminifration des gens de couleur. 11
dtoit aufi de la compagnic des canonniers. II s'eleve entire lui
& plufieurs hommes de couleur, une rixe & il eft aufftt,
bleffT de trois coups de fufil. Rien alors ne peut contenir la
multitude : on crie atx armes on les Fpiind on bat la gencirale,
mialgr- la defense extreme de M. Caradeuc, cominandaut-geiieral,
t auffi malgrd es ddfenfes les plus fortes & les plus reitkrfes
de la part de la miunicipalit. Les citoycns range's en batailte,
impatiens du retard, & animes par le reircntimeiit, fe mettent
en rarche,fans attendre aucun ordre fiipirieur. Cependant la
mnnicip:ilite-qui prevoyoit avec .ffroi les conf4quenees de cctte
imprudence, avoit envoy des commiffllres aux chefs des homes
de co 'leur, pour c\iger qu'ils livraffent les coupables aux tri-
bunaux de juftice. Les commiffaires .avoient rapport que les
chefs des gens de couleur leur aavoient dit qu'ils ne connoif-
foient pas les auteurs des ffaflTnats qu'ils ne pouvoient les
remetire, & qu'ils etoient fikchs de ce qui venioit de fe palmer.
Cette reponfe tranfinife aux citoycns ; loin de les fatisfaire,
allU:ma encore leur colere ; il n'tcouterent plus aucune voix,
ni celle des reprefentans du people, ni celle de leur coniman-
dant, & fe porterent en foule pour attaqic r & difperfer les
mulAtres, & les chaRfer de la ville.
Dans cette extremitd la municipality" crut devoir venir au
fecours des citoyens egares, qui, fans ordre & fans aucun plan,







( ZS )
prononcer, & qui l'a fait infuffifamment peut-htre, s'il exile un
dictct don't on phle & qui n'eft pas conna otficieliement.
Dans ces circonftances, cleft a nous A Icur continue la bien-L
veillance a laquelle ils doivent leur affranchiffement & leurs
propridtds.
Cc a'elt pas affez que les gens de couleur aient fenti que leur
interit dtoit le meme que Ic nStre, puifqu'il s'agit de s'oppofer i
la defirudtion de leurs propriets cormmc des nStres;
Ce n'eft pas affez que dans la parties du Nord, oi eft eI foyer
de lincendie & du mnaffacre, ils aient finall leir courage
& leur zele infatigable: il faut encore qu'ils le faffent avec la plus
entire confiance ; & ceft en affurant dis-h-prefent leur fort
d'une maniire qui les fatisfffe.
Je demand lqu'it foit I'i iftant former une commillion pour
en dreffer l project, & le rapporter dans un delai donnd; & ue
votre arrete roit promulgut, pour que les gens de coultur fafeint
pafter a cette commiflion leurs petitions.
Cette motion livrie i la difcuftin apres mdre deliberation
fl a etc arr&td a I'unanimit', qu'il fera Ctabi une commiflion pour
s'oceuper da fort des gens de couleur libres i laquelle its pour-
ront adreffer leurs petitions; quecette conmmiffion fera tenue de
prdfenter a l'Affemblee fon travail dans le plus bref dMlai;
qu'elle fera coinpofe de fept membres choifis parM. le Prdfident,
qui a a it lftant nommd MM. Legros, Jouette, Congnac-Mion,
Lagourgue, Lariviere, d'Hudicoart & Gonin, qui ont accepted
leur charge.
Arr&te en outre que le prdfent fera imprimn an nombre de i or
exemplaires, don't 6oo en placards.


No. XXX i .

Du 4 Septembre r79i.
L'Affemblce gendrale ayant entendu le rapport de fa com-
mifllon, autgrife les hommes de couleur libres, fans exception ,
A fe.rdeuir paifilement dans leurs paroiffes, & h y ridiger les
peititons qu is voudront fire, tendantes a fixerlcur tat.
Le nom des petitionnaires fera infrit au proccs-verbal de chaque
paroife & ils front autorifes h faire parvenir diretement leurs
p.titirns i I'Affcmblie gendrale qui s'en occupcra incef-'
famment.


__1__~ I~~_








voquera. de nouvelles .Affembles poor pror.der k 1orginifation
leg le des gardcs' rationales.
Vous ne recevrez point les Suiffes parmi vous' dans le cas
qu'il s'en prcleltte, vous les renverrcz avec douceur,, en leur
faifant .tliendre que la.nouvelle Aflemblde Coloniale s'occupera
de lamnlioration de leut fort.
Quand vous fercz d'accord avcc les citoyens blancs de vos
quarters rur la reconnioilTiece de vosdroits, vous vous rculirez
a eux, contre Pennenmi common, en obfervant n'anmolns que
vos detachemnens & companies foient command's par des chefs
notimes parmi vous.'
En fuivant pon&tucllement toutes ces inftru&ions, vos droits
front reconnus; vous ferez heureux, & nous n' ;urons plus a
nous occuper que.de verfer la dernitre goutte de notre fiAig pour
la conservation de la Colonie la mitropole, a qi nous devons
un attachement inviolable & une 'reconnoifo nce Cternelle.
Pour eviter les difcullions & abrCger Ics operations, Vous
exigercz que les citoyens blancs de chaque quarter donnerit
feulement iler adhdfion & leur confentement a 1'excution de
tous les articles, fans rctriCtion, infcr:-; au concordat du
i feptembre entire les citoycns blancs de la garden natioinale
du Port-au-Prince, &la garde national des citoyens de couleur.
Quand vous aurez trait avec vos quarters refpedifs, vous
nous enverrez de fuite copie de votre arr&t4.
Vous trouverez ci-joint un mod-le d'arriet qne vous pourrez
fuivre, & qui fera le mneie effect qu'un autre concordat" que
vous pourriez fire.
Vous ferez aufli chanter un Te 2Deum en adion de graces.


SNo. C X X.

Extrait des'minutes de la municipality de 'lrmie.
LVan ixr loe S OA&obre,Nous homes de couleur du diftri&
de la Guynaudaye, paroiffe de Jdremie, affemblis dans la maifon
principal de Michel-la-Saline, pour ddlib&rer fur les petitions
que lAffemblee aglerale de Saint-Domingue nous permit de
fire par fon arrete du 5 feptenibre de la prefente annee;
Conliddrant que notre conduite eft irrdprochable ; que nous me
nous fommes jamais carts de notre devoir. & que notre zLle a tou-
jours cle & fera fans bornes pour voler au fccours de la patrie c
M






&des renforts de tout c6td i mais, dsle lue tdi martin, il n'toit
encore arrive qu'un dctachement du Mirebalais,:de 6o homes
i chev'al. Le principal corps de 1' rmee, ainfi que la emipagnie
d'artillerie ttoient camps dans I'enceinte du gouvernement,
of il ny avoit pas plus de 300 homes. Une autre companies
de zoo homes occupoit le fort de Belair, & les diff'rens
quartiers de la rue du gouvernement ne'toient en tout que de too
homes. Cette petite armie n'avoit montre depuis fon fdjour
au Port-au-Prince, que la plus grande fubordination & le mail-
leur ordre poflible. Loin de manifefter des intentions hofliles,
die retiroit de tous fes chefs cette confiance que rien ne pou-
voit alterer, parce qu'il eat etd bien difficile de fuppofer une
trahifon dent on ne trouve pas d'exemple. Elle ne fe fortifioit
pas centre des hoftilitis, elle vouloit implement fe precautionner
Spur en impofer; & dds le dimanche au matin, to noveibre,,
M. Rigauld, colonel-general de 1'arme ne croyant plus fa pre-
fence niceffaire an Port-au-Prince, partit pour la province du
fud; deux autres cldefs devoient le fuivre deux jours aprds.
Les chores en Ctoient dans cet stat. Lundi z novembre,
rAffIemblee des citoyens de la Paroiffe fe reunit en quatre fec-
tions; & ,i onze heures prccifes, on annonca que trois fections
avoient unanimement executC les articles VII & VIII du trait
de pair, & qu'elles avoient en confluence rappele les deputds
aux Affembles provincial & colonial. Ce rIfultat dtoit, pour'
ainfi dire, certAn parce qu'il d6pendoit deshonn&tes citoyens,
que rien au monde ne pouvoit fire departir du trait de paix
qu'ils avoient folemnelleient accept & fign&e. ls efperoient alors
que la tranquillity publique ne feroit plus deformais trouble.'
HWlas! lear attente concouroit a leur propre ruine, & fur-tout
it redoubler la'malheureufe coufi;nce qui les empechade s'armer
& de fe rdunir a 1'armee des eitoyens de couleur.
1 etoit onze heures, lorfque quelques particuliers vinrent in-
fulter un negre libre fa&ionnaire de Ph6tel d'itat-major de
l'armee. Des cavaliers de la marechauffle arriverent a propose :
its s'emparerent du negre libre, & le conduifirent a a1: munici-
palit ; ,quelques-uns de fes camarades vinrent fur-le-champ fe
plaindre ant chefs de l'armee de cette rangee violation; ceux-
ci envoyerent plufieurs perfonnes itla municipality, pour laprier
de ne ren prefer dans le jugement du negre. On lui expofoit
que sil n'dtoit pas libre 1 devoit etre jug6 par les commiffaires
a qui il avoit ete convenu d'attribuer le jugement des revoltis
qui s'etoient gliff6s dans I'arnime des citoyens de couleur.
On apprit, pour toute r6ponfe, que cen malheireux avoit
it6 pendu avec la pus grande cedlrite. .. ...... II eft impolible
de edrire la jufte indignation qui.s'empara de toss ls homes '
Pihdcs jiqjficatives, &c. Q








des plus grands avantages danis lecu exiflence polilique. Pour
&claircir *'es doutes injnrieux, iel a manifell' d'avance & de
ltI manicre la plus formelle, Ia foumiflion t LIi loi du 45 mai,
don't I'excution n"'prouvcra aicuni delai des qu'elle me fcra
parvenue officicllement.
Ce decret qui fi.-e conflitutionne'lement les droils des hoInrtu
de couleur libres, rec.cvra, d'.,pr.s les iiipoliions paternr-lles
de 1'ATemblde gendrale en faveur des homes de couleur,
non ies de p&re & inere libres, une extension qui ddit vivement
fixer leur fenfibilitt.
J'aime a croire que le clme va fucceder i des ours d'orage,
& que le refpetl pour les- dccrets de la Naiion, r.ifnioines
par le Roi, qui prdfide aux d&libbrations del 'Aff'emLl'.. generale.,
en impofcra a ceux des homes de coulecr iibres qui p: des
raifonnemens fophiftiques fe font jufqu',a prfent ccarts de
I'efprit & du texte de ces dccrets, don't les plus re'ens rorit
dans tous les cas 1'explication ldgale de ceur qui les prfc'deit.
La franchise & la loyautd de ma cond'iiie oat dui ccnvaincre
les blancs & les hommes de couleur, que je mets ati ring de
mes devoirs premiers, & le maintien des droits liitimes, c6. ;s
& politiques des uns & des autres, & la proscription de toute
rdclama;tiou arbitraire & illdgale.
.C'eft pour prcvenir toute reliftnce criminelle k executionn
de' larretd du zo de ce mois concernant les homes de conleur
libres que jai voulu faire connoltre mes fentimens d'une ma-
niere particuliere.
En confiquence en vertu des pouvoirs qui me font confines
par la Nation ,& par Ie Roi, j'ordonne |-# tous lesihoommes de
couleur libres,_qf i font a&uellement armess-r&renis poui fou-
tenir des .pretentions ihconftitutionpelles &c 4or'Tdes--drets,
de fe retire avec leurs armes dans leurs paroiffes refperives,
d'y coiud6irir a l!a difenfe do la caufe commune, avcc.e. le
don't leurs freres des provinces du nord, du fiud & de la Farte
de 'oueft Jeur doinnct l'exemple ; d'obferver d'apres la volont.
de la Nation & du Roi, l'obdiffance qu'ils doivent, come tous
les autres citoyens de la Colonie-,-auX corps populaires cxirrans.
C'eft ainfi qu ls fe montrerout dignes des bienfaits'du Senat de
la France, de ceux que I'Aflemblie gendrale leur prepare &
.de la proteaion de la force arme que je ne dois diriger "q'at
grd des decrets nationaux & centre leurs infraf&eurs.
Donnm au Cap, le z6 feptembre T79r.
Signed BLANCHELANDE. -


-~-*lll--~----Cr____111111_







amiffaires, da fufdlit trait6 de pai en enter k haute & inttelligi'.
voix leldis citoyens blancs & de couleur fe font donni rici-
proquement les tenoignages les plus iauhcntiqces de rcconci-
liation & aprcs avoir prdte le ferment civique, ils ont tous jurd
de maintenir ledit traiLe dans tout fon contend & de regarded
come qnnemi du bien public quiconque refuferoit de 'exd-
cuter. I I i
Fait fur 'habitation Damiens, lesjour, mois& an que deffus,
& ont les fufdits commiffaires fign 6:
D'Oleyres Leydier Beaudoulx Jean Drouin Graffet,
Hugville jeune J. J. Raboteau Pongaudin, Sterlin cadet,
Savary afne, A. Rigaud, Ciprien Jolly, Lazare Peroden, Marc
Borno, Alexandre Petit-Bols, Pio P. Pellrin, -B. Nivard,
B. Medor, Doyou aine, J. Borno aini, J. B. Paul, E. H. Guieu,
Caradeuc, Cher. Lepinard, A. Ducla, Deflandes, Barbancour,
Piver, Laquinte de Claviia, Poiffon, J. Jolly ils, P. Michel le
Blanc, F. Periffe, Cottin, Louis de Clavin, Jufte Drouillard,
Dupalis, Feneyrol, Darnaud, Dutaud, Sajuzan, Charles Ollivier,
Tiby aine P. Coquillo, J. B. Lapointe BRuvais Avril,
Dufour, Hamon de Vaujoyeux, J L. Alleuet, Camfrancq,
Chaclatte-fils, Leremboure pere, Piccard Pinfon fils, G. C athe-
rinot Vincendon Dutour, Delagroix, Latlloifon cDfvrareux,
P. Pinchnat, Dubourg & Tavet.


Difcours pronounce par M. le Maire du Port- au Prince,
la fitre de la leaure $1d Traits de Paix.
--.. -M- s S XE-U RS,

Qail elft beau ce jour oti nous pouvons dire avee verite que nous
fommes tous freres & ami:!
Qu'il eft beau ce jour odi deux claffes de citoyens, divifls
jufqu'ici, fe mlent & fe confondent pour n'en fare i la verir
qu'une feu'e I
Qu'il eft beau enfin ce jour oil une reconciliation entire,
franche loyale, rapprochlnt Io!Is les coeurs, eteint tout fou-
venir dn pafiT,. & ne laiffe plus voir devant notus que des jo6rs
tranquilles & heureux paffis dans les douceurs de la confiance &
de I am;tile'
Nous fommes done de ce jour frNres & anmis nous fcellons en
ce moment la paix & la r rcociliatioi.
1








IIts fnt tofjours retranchis fur le more de la Selle nous
at.endons d'ici a vingt-quatre heures, le rifultat qu'aura product
notr: proclamaiion.
Notsr pAroiTle jouit jufqu'a prdfent d'une parfaite tranquillicd;
n.l;' aois f.it, en c-is d'evenemens, toutes les difpoitions nd-
clctires pour repouOtfr I'ennemi en cas d'attaque.
Signe, ls Officiers Municipaux des Verettes.
Le i Septembre 179, t *t
"" ....--.-_' j- "
NO. LXXII .
Lettre icrite par les Croveons de couleur de la paroiffe des
ercures alIa Maunici~palite de la meme paro5ife.
MlESS IEUT RS,
-nns vous enveyons ci-inclus copie de I'arrr&t des citoyens du
Mircbalais: quand vous voudrez en figner un pareil, nous noun
rduni;ons a vous, ou autrement chacun gard; ce qu'il a.
Sign les Citoyens de couleur de la paroiffe des
Verretes. -


No. L XXIIL.
PROCLAMATION DE LA MUNICIPAITE DES VERETTES.
4Au. nom de la Nation, de la L4 & du Roi.
La municipalite des Verettes avreu hier au foir un paquet
adrffI h MM. !es officers blancs de laparoiffe des Verettes. Elle
a troui t ane lettre datee.d'hier ifns autre signature que celle
des ci:oyens de couleur de la paroiffe des Verettes, avec une
cope nmn fign6e d'un arr&td pris le dee mcis, en l'glife pa.
roiffiale du Mirebflais entire les citoyens blancs & les reprefentans
de la commune des citoyens de couleur. Quoiqu'une lettre & une
Co;ie non fignces ne mvritent aucune attention ni croyance, la mu-
nicipalite prdfumant que ce paquet lui avoit 6t- envoy# de la part
des gens de couleur de cette paroiffe, qu'il eft de fon devoir de les
ramener aux principles d'honn&tetd & de fageffe qu'ils paroiffent
avoir abahdonn6s, cr&it devoir clur reprefenter que lorfqu'ils
invoquent un decret de la nation, ils doivent fe conformer i tous;
qu'il en exifte un/du 13 ffvrier 170o, doat le premier article
4







& ( 2X6 )
Prince & la Croix-des-Botquets, qui, de part & d'autre ont
en.ovr ici des dp its vers lAffemblIe colonial & les corn-
miffilrcs du Roi. hs font arrives; ils out ete entendus, mais il
n'y a rien encore de determine.
L;,s deppeds du Port-au-Prince ont &tc pris dans toutes les
helfes de citoyens; & i it man grand etonnement, if y en a do
pris dans les bataillons d'Artois & de Normandie, en officers,
foas-o'liciers & foldats. Je vois touj urs avec peine la partie mi-
li" ie', qni d.'vioit abfolument c re neutre en mati&re ciile &
poliogq--.', vA'.ilir y prendre part.
Le rial commence hi gagr:r dans la parie du Sud od les
ko;~-.es de couleur exigentt l'exdcution du conacorlat & du trait
de pai, de la par.ic e louet. II y a en des itcendies & des
afi'jiam;is commis fur tine vingtained'hiibitaions dans les qu.r-iers
de LUogine & des Cayemihes, oil fai envoy les fis fibs fecours
qui fo:.n en mon pouvoir : c'eft-a-dire, des munitions de guerre
& de bouche; car, pour des hom'ues, je ne ptis venir a bout
d'en pouraoir les poftes de la parties du nord ea nombre nd-
ceffaire pour les mettre a l'abri de toute inflate. Les maladies,
la mort, & un pea aurli la mauvaife volonte ou l'indiffdrence
de la majeure partie des habitans du Cap & de la province,
occalionnent I'infu~iFance de mes mnoycns; ce qui eft aufi re-
butaut que dfrefperant.
Les chefs des rivoltcs ont eivoy6 pourr me fervir de leurs
yropres termes) des parlementaires ik 'Altembl' e Colonial &
aux commiffaires du Roi i ils ont cu connoilTance de la loi du
28 feptembre, relative aux Colonies, & demandent en leur faveur
T'excution de l'article IV. Meflieurs les commiffaires du Roi
vous rendront fans doute compete de lear conduit dans cette
eccalion.
M. de Touzard couvre toujours les paroiltes de 'eft do cette
province; il eft entree en pourparler avec les homes de coulcur
quit fe ont rdunis a lui,; i a meme ramene a fes ordrcs un
camp de brigands, s-fait rentrer plufieurs atteliers; enfin, il con-
tjnui a remplir fa million avcc l'approbation gdnerale.
Daprcs e qule jfai en l'honrneer de vous marquer de Ydmeute
qui a fi fiflcitle ici i l'arrive des bime d bti den la Martinique,
envoys par M. de Behalgues, je me fills vu force de fire partir
la Diclon, pour la suretu de fon etat-nmaor, & de !a renvoyer
* fa ifazion, avec le pen d'Cquipage qui a voulu rzfler a bord.
Qlant a l'Eole, t je P1avois tgalemeat congedid, j'aurois craint







(40 )
itablis en cette ville, qui demandent it tre affranchis du droft
d'iubaine.
Cette petition fortemena appuyde,
L'Affemblke confiderant que, dans le moment oi les anglo-
amCricains, & autres Ctrangers tables en cette ville, exponent
leur vie pour la d'fenfe de la chofe publique enl danger,-il
feroit de la deriiire injuffice que leurs biens, i malheureufement.
ils venoient ''fuccomber, devinifent la proie du fife
A arre$& arrete, nprps mdre ddlibtration, que le droit d'au-
baine demeurTra provifoirement fufpendu a i'egard des anglo-
amneicains & autrcs eirangers 6tablis dans la parLic franoif'e de
S.diit-Domingue qui pouroient eire tuds en portant les armes
centre les revoltcs.
Sera Ie pr5fent arrcle prdfcntI a I'approbation de M. le Lieu-
tenant au government gendcal, notified aux Affemblees pro-
vincialcs & envoy aux confcils-fupdeieurs pour y ctre
cnregiftre.


O, X-L I X.
Dui 16 Septembre l79i i
On a mis ux voix fi les capitaines feroient refpiofables
par corps, de fieafion des pafftgrs confignes a letrs boards.
L'Afemble a arrete la negative.
L'Aflenblee a pris enfuite fucceflivement les arrte's firi'ans:
Que les capihaines front refponfables dant eI&qal:'-dvafon,
d'ull o1. pinfieurs paffagers confiRgn's le.nrs boards '
Qu'its front refponfables pendant .trois fois' vingt-quatre
hcures; '
Qne durant ce temps, les Affemblkes provincikles & autreg
corps pppulaires s'occuperont du choix d'un lieu ot feront en-
frmies & gardcs les paffagers fufpef&s, jufqu'au moment de
i--- embarquement pour France .
Que la pine de refponfabilitd'fera de cent portugai'fes-pour
l'evafion de chaque paffager, laquelle peine fera fpppQrtie on-
jointement par Ie capitaine, les atares-officiers 8: l'dquipage ,*en
proportion de leurs grades, gagis'sk 6mdlumens.
Seront les fauteurs de I'cvation punis corporellement, fuivant
la gravity du cas, par jugement de la commillion prevotale.
Sera le pxrfent arretd comununiqud a M. le lieutenant an







C P" )


* ii" m '___" "li '1-- 1 .. -" j 1.

Correfpondance & Proclamations de M. Blanchelande.


:- No. L X.

Lettre de. M. de Planchelazdle ai MAfinifr-e e la Marine
daite'e d; 't Cap e, Septcmbre IT91.

iMONSI E U R,
JE profit d'un bAhimcnt, partant pour la Jamaique, pour
envoyer au gouvernement cette dip.pche, avec prieres de la fair
paffer en Angleterre & de-la en France.
Je vous doiss compete des malheurs affreux que nous eprouvons.
Le it du mois d'aoit dernier, je fus invite par 1'Affemblee
provincial du nord, d'Ctre percent la declaration de diverfes
perfonnes blanches & de coulcur arrjtecs,la veille par des
gardes ou patrouilles militair-s. Par les dtpofitions de ces per-
lonnes, jo fus convaincu qu'il y avoit un project de confpira-
tion, former particuli.renment centre la ville diCap, Frns pouvoir
prkcifiment imagine s'il F'ktoit par des blancs, ghs de couleur,
ou negres libres, ou bien par des cfclaves. I1 6toit qucltion,
la nuit de ce jour, de mettre le feu :i des habitations voifines du
Ca-p, incendiequi-dr-voit 'e rdpiter dans cette ville, & devoit
fervir de final pour affaifinr Ics blincs.
La connoiffance de cet horrible piojet fit prendre des mefures
pour preyenr ces malh'eurs., :
Le 23 au martin, plulicurs habitans de :a champagne fe retir'rent
au Cap, fuiyant lenirt habitations ils rapportoient qiue divers
ateliers eioient en infurre6tion & que tiinbre de perfonnes
blanches avoicnt &t6 tudes ou bicifres par les iicgres.
A ces bruits ioirdonnai.a_ la conp;agnie des grenadiers du
regiment du Cap, & j'invitai lcs dragons p:atriotfe de fe rendre
flr 'habitation de Noe, plane du nord, & a; capitaine de cette
compagnie, de fire les difpolitions qu'il jugeroit convenables
pour fire renter les ateliers dans le devoir. L'Affemblee pro-
vincile de fon cott, envoya des troupes a: cheval & des volon-
tires au haut du Cap distant d'une petite liete de la ville,








( i?8 )
en fareur de ceux qui pourroient Otre vitimes de leur zcle &
de ieur courage. Elle auroit defirC pouvoir 'aneantir a jamais,
& fetendre fur le general des Am ricains; mais cet objet&tant
un point confliutionnel, elle fe propose d'en fire la demande
h la Nation, qui, nous n'en doutons pas, s'empreffera de rd-
pondre a nos defirs.
L'Affemble' gentrale, pregnant enfuite en consideration les
obftaclcs q'avoit rencontres, M. Silvanus Bourne, votre Conful
en cette Colonie, a l'enregifrement de fes Icttres, obstacles oc-
cafionnes par quelques vices de forme, elle s'eft empreffde de
les lever, & d'ordonner 1'enregiffrement derdites letires.
Enfin, I'Affemblee general, toujours animee des principles
de juftice & d'qiuite, qui maintiennent I'union entire deux peu-
ples allies, &S voulant iemplir les vues de la France a qui
fera chere i jamais Ir'poque memorable ot elle a vu folidement
affurce la liberty entire de ce people, qui lui a fourni a elle-
meme 'rcxemple precieux pour recouvrer la fienne, fi long-
temps mcconnue ; I'Affemblee general s'eft hatee.de lever en
faveur des Americains l'embargo que le mallheur des .circonf-
tances favoit contrainte de mettre generaleinent.
Mais celferoit vainement que la Colonie auroit recouvr6 fa
tranquillht premiere, files moyens de rdparer le mal promp-
tement n'cloicnt mis en ufage. L'Affemblee gcnerale s'eft en
confqueqnce determiniee i envoyer pris de vous deux nouveaux
commilffires, MM. de Beauvois & Payau. lsfont munis de lettres
de IA ffcmblcce & du repr6fenrant du Roi.
L'Afnemblhe general lne doute pas un f.eu infl.nt qu'ei les
accueilant favorablement, ous acquicfcerez aux demands qu'ils
font autorifr's a vous fire, & don't la retuffte rejaillira indubi-,
tablement fur Ie commerce que les fujets des ttats-Unis font
avec cette Colonie.
C'eft dans cet efpoir confolant que nous les voyons partir,
& que nous les adreftons aux reprefentans d'une Nation ge/'e-
reufe amle & allicee de la France depuis 178z, eFoque ot
qlle a pleinement recouvre la liberty.
Sizgn c, PoNC4GNON, Prelident,
Cap, 14 Ortobre 7,x1.







( 2.01 )
qi fans pr&tif6ment me refufer, chercherent des excuses qui
me confirmnrent le bruit qui s'dtoit d&ja rcpandu, d'une reunion
de citoyens de coulear a I'Acul-des-Pins. Le retour de M. Fon-
deviolle, major du bataillon, qui avoit &td depute aupres d'eux,
ne me laiffa nul doute. 11 devanqa d'un. iftant I'armre qui
avoit htd compoL:e de deux cents hommes arms, qui paffa dans
ce bourg, & fat carrper fur 1'habitation Efcot, qui touche prefque
Ouanaminthe.
Des le foir meme je crus entrevoir quelques mouvemens
qui m'annonqoient de extraordinaire; je ne me trompai pas.
Monfiear Gerard, commandant en chef ce corps, me fit prier
de me tranfporter a fon camp, ayant Ies holes les plus con-
fiquentes A me communiqcer. J'hefitai de me rendre a fes
follicitudes, attend que jNtois bien avant dans la nuit; mais
confiddrant les citoyens de couleur come des frtres, & me
devaht an bien gcndral je me rendis a fes nouvelles instances.
Rendu aa camp M. Girard me fit part de la resolution
prife par fon armie, de venir prendre pofTeflion du bourg.
Jugeant que leurs d6marches tie tcndoicnt qu'au bien general,
I'ayant pas d'ailleurs des forces i letr oppofr je crus qu'il
feroit danger,eux de fe mettre en mefure ; &, fans coups-frir,
ils s'emparerent des diff6rens poftes etablis pour la sdrete pu-
blique; ils prirent les armes du pen de citoyctis qui component
lea gardes.
Quelqu'affigd que je fuffe de ces premieres voices de fait,
lie le fus davantage lorfue M. Gaillard Djourne, exempt de
la mardchauTffe, vint me privenir qu'on l'avoit ddfarmd, qu'on
s'htoit empare de la clifd dei prifons, qu'on avoit relAche des
negres velilmentement foupqonnds de complots, qu'on s'6toit
empard de toute la poudre & qn'enfin on avoit pris les diff-
rentes pikes de canons qu'on avoit faith preparer, pour an
moins tenir jte aux brigands, s'ils fe portoient jufqu'ici.
Daus infantn, je me fuis renda dans la maifon od les citoyens
de couleur s'dloient r6uni.s : je leur ai reprtfente que le part
violent qu'ils prenoient pouvoit etre mal interpr6te par le gouver-
nement & par I'Affemblde gndrale ; qu'ils me mettoient dans
un Ctat de fouffrance, comme reprifeuttnt le chef du pouvoir
excutif; que loin de les regarder comme ennemis, dtr moment
qu ils- s'etcient raffembles, leur ronduite feroit difaprouv&e par
les lenrs -mmes : ces repr6fentations n'ont produit aucun effect,
pnifqu'ils ont recemment emport6 toutcs les poudres & emmene
prefque tous les canons.







hiftant. Pralotto avot 6td oblige de paffer devant le quarter de
la compagnie de Belair. Lorfqu'il voulut s'emparer du polite dent
nous venous de parler, voulant &carter les foupqons qui I'auroient
fait arrclter fr fIon chemin, it cut I'air de montrer de la nie-
finc lui-m&me & dt'exiger de l'officie'.r que fes foldats ren-
traf;int dati; 1, quarrier pour le laifflr paffer il ne put rien
obtluir; mais i pine ii cut commnenct fon attaque, que cette
compagnic qui untoit pas dopignrc, vint le harceler avec la
plus grande Fo: ce : die lui prit un canon; elle fit rn6mc reflde
maitreffe d ch:lunp de balille, fi elle n'eht tel place dans le
bas de la rue : de plus, I'arrivie d'un corps de troupes nationals,
commander par M. Taillef-r l'obligea de fe ranger en bataille
dans uni lii convenable. Cet indigne otficier, connu par fort
acharnement fut tuw des premiers: it compaguie fut mife en
ddroute apres avoir perdu beaucoup d'hommes, & celle de
Belair fut matreffe de fon pofte pendant toute la unit. Elle re-
pouifa les detachemens qui lui furent envoys; elle pouffa fes
patrouillcs hien avain dans les rues, & ne. defempara que le len-
demain au matin, a caufe des progress de lincendie qui la f6paroit
de routes les forces enemies. II s'6toit manifeltI un quart d'heeir
apres I'attaque de Praloto aux. deix extremitis nord &.fud
de la ville : ce qui eft bien etonnant, .c'eft qu'au meme infant
que le fen prit a Belair, il part auffi a la plus grande extr6mitl
oppofce au more a Tuff, oi ii n'y avoit certainement pas des
hommcs de cou'eur armCs.
11 nous feroit bien difficile A prdfent de depeindre toutes.les
horribles fcenes don't la ville du Port-au-Prince devint le thtitre;
nous voyons que les chefs de la confpiration fe fattoient de'les
arreter- k volont6 puifqu'ils out avond que leur intention
n''toit que d'eugager une affaire g&ndrale pour appeler des
comminfaires de part & d'autre, qui eulrent trait de la confer-
vation des AffemblCes provincial & colonial. Mais pouvoient-
ils ignorer que le part n'&toit faith que des brigands qui medi-
toient le pillage, des troupes de line qu'ils avoient compromises
& livrdes a touted forte d'exccs ? Us alloient livrer les citoyens
i leur ruine & au carnage. Cette conference projete, i ce qu'ils
difent, poivoit-elle avoir l'effet qu'ils defiroient ? Les commif-
faires de la paroiffe auroient-ils pu detruire une decision accepted
par d'autres commiffaires de treize paroiffes, qui iteient' abfens ?
Ncconnoiifoient-ils pas enfin la fermete des citoyens de couleur
qu'ils n'avoient pu ibranler jufqu'alors, & que la presence du
danger & de la confpiration ne pouvoit plus intimider ? Ah i
difons-plutot que la paflion, l'aveuglernent, & des motifs que
nous ddvelopperons ailleurs rendoient les corps populaires en-
neanis du novel Ordre de chofes: difogs qne plut6t que d'y fouf-







( 103 )
rent, don't loin de prCvoir futility pour la chore publique,
j'avo:s lieu de craindre des effLts funicJls; par la d.filuace &
les iniqui'tudes que pouvoit jeter dans les 'fprits S qu'y
jetoit cn effect, fur-tout dans la ville du Port an Prince, la
proximit& d'un camp relti en eial dc guterr ., ni.lgr' les con-
veilions figndes de part .& dautres ; tell a ete la raiion
puffante qui rna determine a rendre ma procl:vmtion tel a
etc mon veritable motif; & d'apres les efforts qme je n'ai ceff
de Fire depuis que je comrmande dans cette Colonie pour
tAicler d'y retablir lharimonme, & d'y concilier les diffcrens
parties, on ne pent raifonnablement m'en fLIppofcr d'autre.
Aujourd'hui, Montieur, vous me faites connoitre que la pr6-
fence des Citoyens de couleur elt ni.-celfaire a la sdrete de
votre quarter: a Dieu ne plaife qpe je m'y oppose. Sous cc
point- de-vue ma proclamation ne peut pas plus les rcg:rider
que tous ceux de leur claffe qui fe rendent journelleinent dans
les diff rens camps etablis pour la defense de la Province du Nord.
Elle ne portoit, cette proclamation, que fur ceux qui pouvoieit
trouble lordre public ; & d's que les habitans de la plhine
Lcclament eux-memes leurs fecours come. neceffaires pour
maintenir ce neme ordre, non-feulement, j'npprouve qu'ils fe
rendent a une pareille requifition; mais meme je 1'ordonnerois
s'il le falloit.
Je vous ferai cependant Monfieur, quelques observations a
cet cgard; je ne penfe pas qu'il foit nicerlTire pour garder
votre plaine que les troupes de couleur foient aufli iionlom'rues
qu on 'affure qu'elles le font, vous fentez comime moi qu'un
raffemblement de 3,000 honlies ou plus, annoncetnt des de-
fiances & penvent caufer des alarmes qui ne peuvent qu'ai-
grir les efprits, & produ-ire les effects les plus fAcheux. .Je ne
vous cacherai menie pas qu'on m'avertit que les Citoyens de
couleu'r ont des vues hoftiles contre le Porf-au-Prince. Ah!
Monfier ne ndgligez rien pour les ramener a la Iiie raifen
je ne leur fais pas l'injure de croire qu'ils font incapablc. de
e'cntendre i faites-leur entire toute lhorreur d'un pnreil deffein,
faites-leur voir combien il feroit pernirieux, qucllc qu'en fit
I.'iflue, & pour cetux qu'ils voudroient oombattre & potir ied-
memes. Tout feroit enfeveli fans difl;.tiol fous les rn;es
de la Colonie, pour la confervaiion de laquelle nous devons
toit facriiier ; deja affez de m.alheurs la defoleit cette bhillante
Colon;e fans y ajouter encore e l eau dfTlalreux d'une-
guerre civil.
G 4











Et pour que cefte corefpondance folf connue de fots les ci-
toyens auxquels elle appariient colledivement M. le com-
nand:int eft pride de vouloir bien re.iettre au ddp)t, ~ fur &
mefure, les lcttres adreffes a la paroiffe, defquelles M. Dela-
meau donnera communication fjns dcpl .ccmnrit a tous les
citoyens tant blancs que de coulc r vou:nn par-la donncr a ces
derniers une nouvelle preuve de nos fentimens de franchise ,&
de loyaute envers eux.
Et proccd iL a la formation de MM. les officers de 1'eat-
major !es fcrutins form's & ouvers, M. Dcmont-Repos, a 'it
proc,:iin comn andadiii-gnCr,1r I, M. Domnc:jor mijor genral,
& M. Duioya aide-mjoi: de la garden national; MM. Domen-
jor & Dutoya ici prfens, out vcc :;ptc.
Arrete que des ce moaniilt il eft crtiirement a la difpofition
de M. le commandant de faire agir, de nmettre en movement
& diriger tooit-s k1s Frces quil jugera convenables & ncceiraires
pour afiurer la traniquillite de a paroil'e.
Arrete appreover a prfefnt, conine dis-lors, tout ce qu'il
fera, aindt que tots les frais qu'entraineront les moyens d ex-.
cution &de dcF:nfc a employer.
Arrete qu'il fra diu aux ordrcs 6mands de M. le commnandat,
pour le bien du service, & la suret6 de la paroiffe, quels qu'en
puiiffent etre les dangers & le peril, une obeiffance poalive ; &
quil refte generalement autorife a mettre en ulage en cas de
defobeiffance toute la f rveritL des ordonnances & qu'a cet
6gard, il trouvera tout appui dans le zcle aftif & courageix de
tous les bons citoyens de cette paroiffe.
Arrete, enfin, que M. Berot rette autorife a fire paffer a I '.
Vivens depute de la paroiffe a 1Affemblee gencrale de la
parties frangaire de Saint-Domingue, P'argent define i cetobjet,
qu'il peut avoir en caiffe.
Anerte finalement qu expedition en forme de la prefente dd1i-
beration fera adreffle tant 1'Affemblee general de la part e
fran;aife de Saint-Doningue, qu'a M. le lieutenant au gouver-
nement-general, come un nouvel homage de notre entict
devouement aux decrets de la nation.








ge rien organlI:- jurqu' ce que j'aye recu officellement let-
inrmtuions po:tant un pIojet d'oiganilition general pour toute
la Colonic.
Prenez done encore quelquc temps patience mes bons amis;
point d'ani;otiti, point de p.afion ; dans peu, auflitbt que les
lois nationles que 'on attend de jnur en jour front arrives,
on s'occuprca de J'organiii:ion d(liniive'e & fItble de la Colonie.
Alors les corps populaires provifoires, at6uellement exiltans,
s'iclipferont devant les nouveanx corps conflitutionnels que la
Joi taiblira. Jlors vous concourerel avec les citovens blancs d
la furmatiion de ces iehrniers corps. La volonmed le I'PPfm-
blee ge'ne'rale efl tlle, & telle efl aitzffi la mienne; placed comme
Sje le fuis ici pour faire obfcrver Ics lois, & pour y rappeler
ceux qui s'n ecartcnt, depuis Je Iirrplc citoycic jufqu'au corps
premier de la Colonie. L'Affemblhe general n'a fait aucun afte
d'orgatifcttion, mais feulement des lois provifoires & de furveil-
lance que les circ:onftances out n.ceflitbes.
Quant au troilimne article, Ii 'Affemblie gcnerale ne parole
que des citoyens de coIleur, ceft parce que fes inquiciudes
Waont pu regarder _ue cette clai;e de citoyens, apres leur prife
d'armes & lkur ralcemblement dans la parties de iOult.
Enfin, vous femblet attaquer la legalit de l'Affeniblhe colo-
iale, exiflante fous le nom d'Affemblhe genCrale. Cependant
tele rie s'eft conflitude que conforimement aux loais nationals,
ul'elle fiit de point en point, & d'apres la promulgation que
j en al faite Ile i t fdvricr dernier. Si des troubles & des 6vdnemens
d6plorables ont retard fa formation,, cela ne fait point primer
le droit queles cToyeins ont en-de- la-former plut3t. IUs fe font
rendus a Leogane, premiere obeiffance au dtcret du 28 mars
e la, apris s'etre conftitues Icgalement, iAs out choifi le lieu
d'aflembl6e qui leur convenoit le plus. Its ctoient libres h cet
igard ; on ne peut done raifonnablement rien obje&er contra
celte affemblde.
V\ous voyez, mes amis, que Je vous parole, ainri qu je veous I'ai
promise en coininenr mt cette letlre, avec la frtanchife & la
modtration d'un bon p-re qui gamii Ifur l'garement de fes enfans.
Puiffent, mon exeml.le, & les raifons que je viens de vous al16-
guer, vous ramecncr t des fentimens de douceur & de paix don't,
fur-tout d:ns des circonftances aulf critiques depend le faint
de la Colonie entire, & par confiquent le v6tre minc. Rendez-
vous avec coifiniace a nme follicitations foyez d'ailleurs bien
perfuadEs que vous me irouverez toujouls difpofd i appuyer vos


---l----~-yCrr -~-r----~_. ?.. _







.. (77)
porte: a Nul ne pourra fous peine d'etre puni come per-
turbateur public, fe prevaloir d'aucun afte cman6 do Roi oude
l'Affemblde national, s'il n'eft revetu des forms prcfcrites par
la Conflitution, & s'il n'a dtd public par las oHiciers charges de
cctte fon&ion ,.
Que d'apris ce d'cret leur affemblde frparde des blancs de-,
vient condamnable quoiqu'on fe plaife a ne leur croire aucun
deffein hfftile i qu'il 'eft pas poflible qu'ils aient miconnu 1I
motif de IA rCunion des blancs, qui n'a d'autre but que celui de
veillex au maintien de leurs proprie6ts & de cells des gens de
couleur contre les entreprifes des efolaves, qui fe piopofent la
deftriftion des blancs & des hommres de coulenr ; qu'il eft
vtonnant que ces derniers ne fe foient pas rtnnis aux blancs a cet
effet come leurs camarades 1'ont fait dans tous les quarters
depuis l'Cap:jufqu'a Saint-Marc;
S, Qiil eft n6to.ire que le ddcret du i j mai, don't il eft fait men-
tibn dans la copie de I'arret6 non fign, n'eft pas parvenu of-
itiellemrent"dans w aColonie;
Qu'il n'appartient point a la municipality ni i la paroiffe de
donner aucuzie adhiiion ni confenterient formel on avce reftrilion
a ce decret,' ennu feulement par' s paperss publics, mais.a Ia
Colonie entire reprtfentde par I'Alemblee generale. d'icelle.,
Iante au Cap; 4det-lefdites mdnicipalites & paroifles fuivront
ce qui fera preferit a cet dgard par ceux qui lui front paffer 1a
ddcret officielieient, apres enregifttement d'icelui;
Que ia municipality voyant ave peine 1'garement inflantane
Aes gens.de couleur de la paroiffe 'gareient avoud par Iefprit
d I'arr&td.d ii' oit dans leqiiel ils reconnoiffent q'ils ne pea-
vent fire valoii h~ntficed d6crit qiapr.s fan arrivte.offciillU,
leur announce qti"lle, ainfi que tite la paroiffe, les- ver-a avec
plaifir abjurer teur erreur & venir fe joindre aux blaucs pour
difendre la caufe commune.
'_, -______t ; . ,1
N.' L XX I- V.'
'Concordat des Conmiffaires de' Id Garde national des. Ci-
toyens Blancs du4 Port-az-Prince avec ceux des. Citoyens
.de coileur.
L'rA mil fept-cent quatre-vingt-oze & e onze du moiso: e
Septen bre., '..









Slesmoyens neeffaires pour fire parvenr stretnent I 'A Tem-
bie rationalle e memoire ci-joint obfervant, au nom de mes
compagnons tiiufornmc, que le peu d'ordre qui y rigne, eft
une fuite des prcica'tions no&trues que nous.avous etc obliges
de prendre de la prL'ci. i:nton qu'il nous a fallu apporter a
la redai;on d':ne adrelfe I'"ont la ddcouverte auioit fans doute
pour nous los fuites Ls plus funeiles. C'eft cc oa'i nons a em-
pechl .de b ien circonlbncicr les fits, & de fairo envifager,
Ious mille a!tres rapports, 'injutiice des colons a notre Cgard,
les torts coniiddrables qu'ils nnus pc rter, & !es maux qu'ils nous
font fouflir. Au Cap franais, ,f 6 otobre 1791. Signi',
. A. M-lli an. -

N. X C I V
S; Declaration des nnmme's Ph. Br', & D. Gigoyen.
Paldevant Taous Jofeph de Laval, habitant au foad de 1'Ifle-a-
Vache, & Antoine Paillieux, ndgociant a'i Cap, Fun & I'autre.
ddputcs Il'AfTfmbldb gindralc de la parties franeaife. de Saint-
Do'ningue iei vertu de la comniflion verbal qui nous a etC
def&iee pa; M. le Prefident do ladite Affemblee, a 1'effet de re-
cevoir une ddclra:iion importance relative aux circonflances af-
freufes. o; fe trouve la Colonic eri. ce moment-, du nommd Phi-
lippe Brc muldtre liLre, &c de Denis Cigoyen, negre libre,
Fun & 1'autre bouchcrs dans la ville du Cap.
Sont compares lefdits Bre & Cigoyten, lefquels ont dit qu'ayant
e lenvoyeS7il y a qu ques ours ,par-M.te lieutenantt-argo
vernemtnt cgd.ral dans le quarter du Mirebalais, pour. y
porter mn. paquet aux gens de couleir libres, affembls en armes
dans 9ct endroit, a 'ceffet deles faire rentrer dansleurs devoirs,
ils ont paffi, pour abrger leur route, par l'efpagnol; qu'etant
arrives dhns le bourg de Hinche, appartenant aux Efpagnols,
its ont cte- arrhtds, d6farmis, & traduits devant le commandant
de ce lieu.. ::
Que ce commandant, don't ils ne fe rappellent pas le nom,
lenr a demand leur paffeport ; q'ie de fuite, ils lui ont repr&-
fentt celui q.ie leur avoir donni M. le gdndral; qu'apr&s l'avoir
lu, il lcu a dit : qu'il ne conroiffoit pas un pareil paffeport,
ams is que s'il eiCt conform a celii qu'il leur a reprerentd, & don't
ils nous nut remlis copic qui fera ci-apres tranfcrite, qui elt le feul
qu'il reconnoit anljourd'hui, ilspafferoient fans aucune difficult,
Apre differenles prices faites h ce commandant par les nomm4i


TS- ;V







( '40 )


No. X C .
Leltre de plujeurs capitaincs marchands a Mjfieurs let
dircdeurs di la chambre de commerce de Saint-IlMalo.
M E SS I E VUR S,
Nous croirions &tre coupables au premier chef, fi nots ne
vous informions pas ds nallieurs qui accablent la parlie fran-
;oife de Saint-Domingue, & de la march que client, a I'6gard
de la mcre-patrie, une Affemblke colonial qui vient de s'y
former centre le voeu d'un ddcret qui defend aux Colonies
aucune efpkce d'affemblee, jurqu'a rlarrivee des commillaires.
Nous nous fommes, en coinfquence, reunis en corps, pour
reprefenter & foutenir de toutes nos forces, non-feulement les
intcrits des places'de commerce, mais encore ceux. de la France
tlit i:re.
Plongds dans la douleur Ia pius profonde, nous vous appre-
nons que le z3 aodt 179 l'infirrc&ion des atreliers s'eft ma-
nifeftee dans toutes les habitations de la plaine du nord, de la.
maniare la plus horrible ; toutes les proprietes de. cette riche
parties de la Colonie ont entitrement et incendiecs, & les
blancs qui voloient i lear conservation "gorges. La ville du
Cap devoit fubir Te m4&iie fort par les negres qutelle content.
Cet horrible complot devoid avoir lieu le four de St. Louis
mais heurcufement que par la precipitation qu"ont mis les
altel.ers de a plane, la ville a &t6 prJfervee, le complot dd-
couvert & dcjoue ; on a,_ e difrHctes -rencontres-& forties,
d6truit quantity de ces exccrables incendialres, don't les ma-
iaeuvres bien ex6cutees ne peuvent itre conduites que par les-
ennemis du rcpos public. Nous favons, a n'en pas dbuter,
qu'il y a parmi ces nmaheureux beaucoup de blancs, d'apres la
capture & la deftrution qu'on a fates de plufieurs qui, pour
'dctre pas counus, fe teignoient la peau en noir. Cette belle
plane eft enticrement devaftee depuis le port Margot jufqu'au
bourg. de Limonade qui, come le refle, a ete en enter la
proic des flanTmes & faute de forces fuffifantes, nous fommes
obliges de nous retrancher en ville., d'en garder les avenues,
tant par des nombreux parties de troupes patriotiques & de line,
que par des palifides qui I'entourent & chevaux de frife, que
par d'autres fortifications qu'exige une crife wlli cruelle.







(130)
a leur execution & tls out demanded fire ileure defdits
articles auxdits corps avant de figner :fur quoi il a itd arret qu'il
feroit remis aux commiffaires des citoyens blancs de ladite pa-
roiffe, une copic des demands & des reponhfs ci-deffs laquelle
leur a dte remife fignee des commiffaires.des citoyens blanks des
autres paroiffes : en confequence, la signature du prefent trait
a dzt renvoyee aprts le retour defdits commiffaires.
Et le dimanche, d3 du mmne mois, a fept heures du mating
les commiffaires des citoyens. blancs Ctant de retour fur l'habi-
tat6n Damiens, & tous les autres commiffaires diant rdunis, ils
ont tous fign6 le present en quatrupLe minute.
Signi, d'Oleyres, Leydier, Beaudoulx, Jean Drouin, Graffet,
Hugville june J. J. Raboteau, Pongaudin, Sterlein cadet,
Savary aine A. Rigaud, Ciprien Jolly, Lazare Perodin, Marc
Borno, Alexandre Petit-Bois, Petion, P. Pellerin, B. Nivard,
Bmn. Medor, Doyon ain J. Borno alnd, Caradeuc, Cher. Le-
pinard, A. Ducla, Deflandes, J. B. Paul, E. J.Guicu, Barban-
cour, Piver Laquinte de Clavin, Poiffon, J. Jolly fils, P.
Michel le Blanc, F. Periffe, Cottin, Louis de Clavin, Jufte
Drouillard, Dupalis, Feneyrol, Damaud, Dutaud, Saliuzan,
Charles Ollivier, Tiby aind, P. Coquillo ,J. B. Lapointe, Beau-
vaCs Avril, Dufour, Hamon de Vaujoyeux, J. L. Allenet,
Camfrancq, Chanlatte fils, remboure pere, Piccard Pinfon
fils G. Catherinot, Vincenfn Dutour, Delagroix, Lathoifon
Defvarreux, P. Pinchinat, Dubourg & Tavet.


L'an fiifept cent q-~atre--vingt-onz-ey & Te dimanche vingt-
troitiCme jour du mois d'o tobre, en execution de Iarticle XIX
du trait de paix fait entire les commiflaires blancs & les com-
miffaires des citoyens de couleur de la province de 'Oueft, les
dix-neuf, vingL & vingt-un du prefent mois & figne ce jour; lee
deputations de la garde national de la paroife du Port-au-
Prince, des bataillons de Normandie & d'Artois', du corps royal
d'Artillerie, du corps de la Marine Royale de i'quipage du
Boree, du corpsde la Marine Marchande, & un nombre egal de
citovens de 1'armhe campee an bourg de la Croix-des-Bouquets,
fe font rendus an Pont-de-Valiere, & enfuite fur l'habitation
Damiens & lecture ayant itd faite par M. le Maire de la
municipalitC di Port-au-Prince en presence de M:Cldry fubftitut
du piocurcur-fyndic de la municipality, & de tous les com-








paroifent trop- onfidrables elles en avertirent fur-le- champ
Its propritaircs defdites maifons & leurs corps-de-garde.
X I.
Les patrouilles marcheront dans le plus grand ordre, en silence,
a au petit pas; elles arrateront tout ce qui leur paroitra fuf-
pe, & le conduiront au corps-de-gardc le plus prochain ou
A' Affembldc provincial.
X I I.
Une patrouille ne fera amnais de. plus de cinq homes,
don't un caporal on brigadier pour la conduire, a moins de cas
catraordinaiae.
X I IIL
Les poRfes, hours de 1'cnceinte de la viIe, front rigls d'aprhs
les circonftances.
XI V.
Le mot de l'ordre ne devra dans aucun cas tre donni
qu'aux chefs & aux commandans des poftes & des patrouilles,
bien connus. *
X V.
Toutes perfonnes qui, apres dix heures, fe trouverent dans
les rues, ares, ifoles & noh connues, front arretdes & con-
dukes an corps-de-garde jufqu'au lendemain.
Sera le prnfent communique i M. le gouverneur general, &c.


NW XXIII. *
Diu A8 ao:t 1791. ,
Un membre a fait la motion de ne point nommer les paroiffesc
come le demandoit an priopinant, mais d'inviter en indral
toutes les paroiffes qui n'ont point encore Aprouv' le fiBau qui
confume la plane du Cap, a fe rdunir & a former un cordon
pour empecher les progress de I'incendie.
Ces motions vivement difcutees, apris longue ddlibrationi
il a dt. arr&td que trois commiffaires de l'Affemble'fe tranfpor-
teroient aupres de M. le lieutenant au government gen ral,
& concerteroient avec lui les moyens de grant, delinvafios


~`~~~-~






Apres diierfes obfervations & mitre dtlibdration I'Affemblde
confiderant qu'cllc ne pcut en inmme temps dilcr les lois & ies
faire exucuter; voulant n6anmoins qu'elles ne reftnt point fans
effect ddfaut d'ex.cution; fur la connoifTancz qt'il lui eft parvenue
qu'il s'eft ilev6 des diflicultis fur I'exdcution de fon arrete du ide
ce mois, dlirant que touts contelfations relatives a cet arrl't
reqoivent une prornpte dcifou & que les chargers on pro-
pri'taires puffent jouir du ben6fice dicelui dans le plus court
dilai po~1qbl. A arreitd & :trrte :
Que les juges d'amiraute front juges defdites conteftations; a
l'eff&t de quoi elle leur d&lcg'ic provifoirement & fans tire k
confpqrunci, toulte -ttiihuion de jurifdilion ce concernant.
Lo dic.iafioas qui s'livcront f:r les affaires relatives anx dif-
poitions de i'airr&t du ?. de ce mols, front porthes au tribunal
d'attribiuion fur un simple a&e.
Elles y front plaid4cs bommaiirenent fur le dire ou mdmoire
ries pr 'cs faxs, .fniinitcre de procurcur, & jujees danslesvingt-
cj'atre heurs, & ce nonobftant toutes lois & oidonnances con-
tr.ires aux difpolitions dn prfeunt; 1'Affemblee dcclarair que la
i:Lceflit iuperieufe des circoultances ot fe trouve la Colonie
IMlige a y dcroger. ,
Les jgemens lerontrendus, aunom de a commifionprovifoire.
'ins frais, a 1'exception de ceux du greffe & d'huiflier, & lefdits
jugei-:ens ieront fans appel.
:'eral prdfent arr&t6 de fuite prdfent cai'approbation de M. Ic
lieuteAnirs a'A gouvernement gdn ral, & adreffe ainfi que celui du
Sd7 ce mois aux iuges de I'amiraute pour qu'il aient a I.enre-
giftrer, a former fur-le-champ le tribunal d'attribution, & tenit
la main a Vexecution du prefent.


NO. XX-XIL .

SDu: Septembre 1797.
Un membre a dit: Meflieurs,on ne s'eft encore occupy4 du .fort
des gens de cou!eur libres; i la vdrit, ils n'ont encore adreffR au-
cune petition aux Afferblees gendralcs, mais on ne doit I'imputet
qu'a leur defaut d'enfemble entire eux; auffi nous ne deven pas im-
puter a toutes leurs clafres es d6marches que quelques-ons d'entre
n, oat faites ea France A un tribunal auquel ii n'apparticnt pas de


*; ;






( 123 )


N"' C XL V TI.
Jettre de AM21M. les commjffaires nationaux dle'gue~ par 1e
Roi aux J/Zes fous le vent de l'Ame'rique au MiniIre
de la Marine.
Au Cap, i9 novembre 7TI.
M s S I E U Rs,
Nous fomimes parties de la rade de Breft le 67 du mois der-
nier, & nous fommes debarques en cette ville hier au foir.
M. de Blanchelande s'eft rendu a board de la Galathee aufli-t6t
qu'il a fu que nous y itions. Une deputation de 1'Affcmblie
gd&rale e la Colonie, & une autre de 'Afferablee provincial
du Nord, s'y font cg-lement rendues.
Nous avons etd fommairement inftruits, par eux, de I'etat
difafireux oi fe troupe la Colonie.
Nous nous fommes empreffis de parottre' devant ces deux
Affembles pour leur.exprimer Igs fenlimens douloureux don't
nous avons etc affe&dss, en apprenant la situation dIplorable de
cette important fe.ion de rEmpire Franoois.
Les membres de l'une & I'autre Affemblee nous paroiffent
avoir diploy6, ainif que M. le Gendral tous les moygns qui
itoient en leur pouvoir, pour s oppofer aux efc aves rdvotes ,
qui maffacrent autant de blancs qu'ils peavent en rencontrer, &
qu ont brdld les bAtimens & les cannes fur la majeure parties
des habitations de la Bande du Nord.
Nous,ne pouvons encore rien affirer de rolitif fur te dCtail des
faits, iufqu'a ce que nous ayons pu les conftater nous-memes, mais
tous ceux qui nous ont parle, s'accordent a dire que les enclaves
Srvoltds font au nombre de.plus de 56 millc qu'ils ont fait
pdrir dans des supplices affreua plus de mille blancsi qu'ilk
retiennent parmi eux un inombre considerable de femmes blan-
ches pour affouvirleur brutality. Quant aux pertes qu'occafion-
neat leurs dcvaftations, les fitpputations les plus modertes les
font monter k 400 millions, argent des C.ptonies.
Rien ne peut offrir un tableau plus affligeant que cette Colonie,
nagu&re fi brillante. La ville da Cap eft le refuge des femmes
c celui des perfonois de la champagne qui ne font as en ctatdc
f .







(30 )
proportion du nombre qu'il en entreri, & en donnant "ca-utrio. i:
niepnrend fur leurs bitimens,hommes, femmes rii e:r.'. :aila-
gers, de n'emporter lFargent & Jes effects d'auc':n _..:ii'.'e1.
:Ar tte en outre qu"il fera air, par les comaliffr::ir.; -,:e
vifite tris-exacte des batimens am momieatd e ckur dr p art, p=r
affurer rexicution de 1'artit&.
Pourront les Affemblies adminifratives de rOueft a u Sud
opermettre aux bitimens amdricains de frtirddes por;s qui ib r.t tIns
leurarrondiifemnt)en fuivant les mcftres auietcs dans le present
arr~td. *-.^
Sera le prdfent arr&td commpniqud M. It lieutenant au g-a'-
cernement g6udral, pour avoir fon approbation, & &a 'Aftembid
provinciale du Nexd pour recevoir foi execution.
--a---
No. X XXVI. '

Du 7 Sepumbre 179g.
11 a 4tt fait lecture d'une requate prdfente i M. le Gniral
par- us grand nombre de Capitaines marchands, & remife par
.M;. le Gni~tal a I Affemblee. Dans cette rqute les Capitaines,
bpres avoir reprdfent qu'ils ont faith ddja vainement deux tenta-
:tives, demandoient I'intervention de M. le lieutenant a'u gou-
vernement g nural aupras de 1'Affcmblde, pour obtenir la pen-
ilfflion d'expddier pour Fiaace deux de Icurs bAtimens qui y por-
teront la nouvelle du ddfaftre de la Colonie. La difcuflion a dt6
ouverte fur cet objet; difirentes motions out dte faites: une,
:entr'autres, pour qu'il foit expddid un avifo afin d'annoncer
-Ia Mltropole la nouvelle de nos calamitis. Apres une tr's-longue
dil.uaffon, il a et atrr< qu'ii n'y avoit rien k flatuer quant a
pr-fcnt fur la petition des Capitaines, & que M. le. Pirfidcnt
fciot part de cet arrhet a M. le General.
c- -- " _: - : .. . .. .- : .

N". XXXVI I.
Da 8 Septambre zi yt.
On a pafT h I'ordre du jour la fixation des penfions 1 allouer
i cetu qui auroicat le maiheur d'&tre eftropie's en defendant les








(8)


N. XI I.

L'Affemblee Generale de tla I artie Fran oifje de Saint-
f)omingue, aux trds-honorables membres cdu Congris des
Earts-Unis de IAm'eriue du Nord d Philadelphie.

Tas-HoWoa BaLzs MAEMBRES,

Les maux de S-:iat-Donningue font leur comble ;bient6t cette
fuperbe contrce ne fera plus qu'un moncean de cendres. Ddjales
planters onI baige de leur fang la terre qua leur fueur avoit
fertilife. Le Cu confiamenc ce moamet les produdions qui
faifoient la ftlkudcur de 1'Empire Fransois. Des principles deftruc-
teurs dc tios proprictis ont port chez nous la flamme, &
armc les bras de nos propres efclaves. La philofophie qui fait la
confolatiou es homines, port chez nous le defefpoir.
Dans ces mornens de defolation nous avons promene nos regards
fur tout ce qui nons environne ; nous a-ons trouvi quelque
consolation en fongeant aux rapports qui depuis long tenps
fubfifent centre les Etats-Unis de IAmcrique du Nord & nous; &t
nous avons alors rdfolu de folliciter de vP s des fecoirs ; &
comptant fur votre attachment 1'Afeneblde generale de la
partle Franqoilk de Sait--Domningue na ppas bala;ice de deputer,
vers vous,pour vous engager de donner a cet infortune pays
des fccours prompts, conlitant en troupes & minimions de guerre
& de bouche, car la famine defoleroit bient6t cette contrde; &
vous n'auriez fiuvi les habitans du fer, que pour les voir fuc-
comber i la faim.
L'Aftembldc gendrale a done cchoifi pbur vous presenter fa
demand, M. Rouftan, l'un des members de notre Affemblee
gecnrale.
11 vons rrmcttra cette lettre de creance av'c l'arrete qui le
nomme, & la proclamaCion faite pour folliciter dcs fecours de
touts ks pnilfances nos voitines.
11 vous remettra saui un a.te de note Contitution, qui
conftate notre carat~ie ligal de reprTefentans du people de
Sainu-Domingue.
./i :e', PA.J oDE CADnuSCr, Priddc:.t..


_ ~__






crtre, I.s s'etoient lircs a un moycn dedeffprant : difons qu'is
avoient 4t6 fl.tttes par les Wgens lubalterncs de leurs periides
deffeinu, d'un plein lfucccs, tandis uce ceux-ci tie demaudoient
que 1'occafion dun pilage affrcux. Plutieuls de( ces miIfrables
'e purl rent auffit t dans toutes les maifons des citoyens lon-
n&tes, qui, n'ayant pu re rallier pour fe joindre a l'armec des
citoyens de couleur, fe renfcrir.oient chez eux pour gardcr au
moins leurs foyers; is en furent impitoyablement arrachds pour
6tre conduits contre leurs amis ; Icrs maifons enfuite furent pillees
& bruiles. P;rmni ces infortunds citoyens fe trouvoit M. le
finechal de Kercado jeune cpoux richec heritier qii requt
une blelTure mortelle la veille du jour de fon depart pour la
Nouvelle- Angleterre,ou ilalloit fe retire avec fa jfene epoufe,
etant du nombre de ,ceux qnc 1'impitoyable vexation forgoIt de-
puis long-temps a fortir de la Colonie.
Notre fuite de cette ville infime n' nous a pas encore permits
de connoitre tons les a&ts de f::rzur & de brutalit6 qtti y ont 4t
commis; mais nous en citerons encore af'ez pour arracher des
larmes at lefeur le plus indifferent. Au milieu des horribles bruits
de guerre & a la nouvelle de Fincendie, les femmes & les en-
fans chercherent leur falut dans la fuite. Une femme de couleur,
d'un age avanceC, nommiee Francoife Payilleau fuyant avec
la dame Reaulieu, fa fille, feune epoufe enceinte de huit mois,
deux fufiliers de la garde-nationale, oiu plutSt denx brigands, ft
prefenterent & nun d'eux, prevenu par les larmes & les prices
de la mere, ne laiflf pas de tirer impitoyablement Con coup,
don't I'amorce ne. prit pas; 'autre aufitot decharge le fiea, &
la ball, trnverfant une main de la mere porte la mort dans le
fein de fa fille, qu'elle tenoit en vain dans fes bras.
Un citoyen -de couleur, appele le chevalier dtu Plan fat
affaffin6 & hach' par ces Cannibiales, quune inrt n'affouviffoit
pas, & qui e. feroient facilement rendus les bourreaux des mut-
Iltres, de leurs femmes, de leurs enfans, de tous les honntes
gens enfil fi la fiite ne les leur avoit dcrobes. Qu'on fe figure
environ deux mille perfonnes do tout age & de tout 'exe, en-
vironnles de fammes & d'affaffins, accourant en foule du c6bt de
la mer pour fe catcher' h bord des navires, qui, ne trouvant pas
affez de tanot .&i de chaloupes, fe precipiterent dans l'eau &
dans les bourbiers pour recevoir une mort plus affreufe que
telle qu'ils fuyoient; qu'on fe reprifente le defefpoir & la terreur
des fermmes 4plordes, qui, i travers mille dangers, & pour ar-
river aux ilTues de la ville, foAt obliges de paffer fons Ie fent
des maifons & des brigands; qu'on faffe I'Cnumration des inno-
centes vidimes que tant de dangers & de cruautes fiparent
de leur s mres & de leurs guides, pour les liver i une mort







( 4 )


N.1L IV. ..

Dii a Seprembre 179r.,

,An tc de i'A nembhe gen ral de la parties franfoife di
Sauw-Doningue, conczernant Veymprunt qu'clle jf propo qj
.d ~.4re a l4a Jamaliqte.
LiAfteimblt gcncrale de la parlie franoifce de Saint-Domingue,
informce quc deux cents fucreriesde la partic du nord Ifot incen-
dies & que la divaiation des c.iflyCrcs dans le nord & dans
'oucftleft trts- cofuidtrable evalae a oo0,o: o au moins le riombre
des efclavcs rC\olIcs.
Li celhtion de tous les travaux, & Ics nmalheurs infcparablcs
te 'ctlal de gucrre contiuuelle, multiplit;ut les vitlipes parmi
ceux qui connb.ttent les rlvoltcs. "
.Les plntlcuis incendics qui, au retour du calme, recouvrcront
une p.arie de lcurs ncgres, fe trouveront d&nues des premiers
ioyens de rYparer leurs manufadures & de pourvoir la fublif-
tance de lius nrgrcs.
L'AfTeembIce g'. ndrale coinfidrant lNncceflite de venir au fecours.
de ceux de les d-tfe'feurs que,le courage & le pat iotifiae ont
conduits a l'ildig'cnce, & de dtdommager autant qu'it e1f en elle
les veuvos & ls orphelins, des appuis qu'ilsont p'rdLus avec leurs
peres &S lpurs man-s,
Coniiftdant que la ceiTalion de ; rJvohle feroit a peine tun
bien, ti les, rjIvoI's devenfts fomnms fe trouvoicnt en pioie a la
famine & que ce flcau fT:ra la ite da briganduagce ., de 'fincur-
fion des cfclaves;
Confidcrrt enfin que braucoup de lantcrs rdecns dans a.
Colonie & qu'un plus Cgratd inoibrc qui n'y ont que des reprd-
fentans fns moycnsu cffcftifs & aQuiels, auront di;oit h a follici-
tude de la Colonie pour proccder a la rccditicuoii de leurs ma-
Ilufda6ures.
A arrete & arrkle que, vu 1'inpoffibilite phvfique de fe pro-
curer de France avant cinq ou lix mois, les f-cour urgens d'od
dependent Ie falut & la reftauration de 1i Colonie, elle follicitera,
ces premiers fccours de la n g4n-rofitl de l'Affemblec gfitrale de
] a Jamdaque.
En conioquence eUe done mandement & pouvoirs fuffirans i








le notre Iibertd n'a etc qu'un prelude des foufrances qu'on nous
a fait endurer depuis le .zi diu mois de fepiembre ; nous avons
tt conduits an Fort de Picolct, od 1'on nous a laiffs quarante-
huit beures fans nous donner des vivres. Dansla nuit du ii
ua z23, nous avons it6 transfdrds dans !achapelleide i'hApiitlde
la Providence on nous fommes encore detenus jufqu'a ce qu'il
plaife a nos tyrans de terminer nosfouffrances par notre expul-
lion.
Voil le fort afifreux quo nous font eprouver des gens injuftes
& cruels, qui abufant du titre facrd -de la loi~' bt cru fans
done povo-ir fe avenger fur nous des maux don't nous ignorons
me&m la poflibilite. Lcur vengeance e s'eft pa borne a notre
detention ; une nourriture mal-faine un air putride & vicice
I'habitation d'un h3pital & le mtphytifme des ordures que nous
itions obliges de faire dans 1'endroic minee; voil les dingeti
auxquels noire fante a etd expofe e, aprcs une dire traverfee
dans un clinat brulant, qui demand tant de nieingetient pour
Ics nouveaux arrives. Plufieurs d'eiitre nous ont &t6 grivemnient
mnaljdes & peu s'en ift fall gails 'n'aient fudcombe fous tant
de maux rcunis.
Ceux qni en font les auteurs iprdtendront-ils les ahtor'ifer'
alieguazt le faux pretextc de la fitietc' publiqui ? Diront -ls
qu'elle dcpenddit enticrement de riotre detention e Voudront-
ls par cette foible excuse pallier toute 'la hoirdeur des mau-
vais traitemens qu'i!s ont eCerces fir riousl? .Eh bien qu'ils
fachent que quand mime le bien public" -uroit demand la Ri--
_vation momentance de notre liberty lle devoit cef'.r lorfque
nous avos fourni les preuves de notre Ion- i tle-- & 4te-a- puirel
de nos vy cs; que jufques-l. tls devoient nous regaider coqime
fufpedis & non comme crimiiels, & que'par-la mnee .letu
devoir etpit tout au plus de nous furveil'er, & non -de noui
punir. Mais les colovis vouloient des vi6times, & come 4M
attribuent a nos d~crets la caufe de leur .maux ,.il leux a 'fT4f
doute ete bien doux'd'exercer leur vengeance fur de maljiue-
reux frangais don't les papers & paffe-poris pdrtoieht'I'enprei'n
d'une entire foumillion a vos loix.
Maintenant ils vont nous renvoyer dans nos ftyers ,&'.:& : o.
nous fentons encore heureux de quittet un pays de deflation &
d'injuftice, puifque nous gallons refpirer .e nouveau l'air:.-pu
de la liberty. Mais, Melieurs fous un au.tre rapport cil-i pof-
fible qu'un afte arbitraire de la part des' colons. nous occaflosne
.mpunCment des pertes coqfdrueritcs & iirrparables.







S( 43)

N. LI I.

VD zx Se1'tembre 17it,;
.Metieurs ics Comniifaires nommds pour aller a board dei
frigates angloifes attendues, font ent:r's, & ont dit que M. Af-
fleck, commandant Ilune d'4lles, & que M. Edouard Pr4lidcnt
du Comirn de correfpiondance dc 1Affemble de la Jamnaique,
,demandoient a fe prfenter. Ils fout entrns ayant avec eux M. le
lieutenant au gouvernement general. M. le Prlehdent, ash nora
de PiAffcmble leur a dit :
Nous ne nous fomines pas tromped, Meffleurs lorque nous
avons mis nosre conhance en voire -genro.ilt ; mais nous ctions
loin de croire qu'en nous envoyant des fecours, vous viendriez
vous-mAmes nous dorner des confolatiops.
Vous &tiez trarquilles dans vos royers: cepcndant vous n'avez
pas craint de lcs quitter, pour venir n'ler vos larmes aux nOtres.
Le fpctacle du malher 'i fatiguant pour ceux qui font dans
le came, n'a point effr:iyL voirc ccrur. Vous avez voulu con-
noitre la profondeur de nos plaies-, pour y verfer uit baume
falutaire, par le temoignage de votre fcnfibilitc.
Le tableau que je vous ai faith de nos maux eft encore bien loin
de !a verite.
En. vain vos yeux ont cherchl i fe repofer fur la verdure :
.nos -c6es noircies-par -e feu qui a tout confliun,_ ont pris une
teinte fombre qui ramene i la douleur. L'dcharpe don't 'nobh
fommcs ceints eft I'habi.t de teuil; il nous rappelle a tout moment
la perte que nous avons faite de nos fr&res, furpris, lichement
_aafffin6s par_ -lesrvoltts. _
C'eft la lue-r des fammes que nous delib*rons, & quand la
nrit nous envelope de fes voiles', les armes a la main, nous
veillons autour de notre fantuaire pour en.repouffer 1'ennemi.
Depuis long-temps nos caeursinacceflibles au plaifir, en goatent
aijoura'hui, pour la premiere fois, les doupes emotions, en vous
voyant parohre parmi nous.
Gnereux Infilaires I'humanite a parle.hautement a vos coeurs;
.le premier elan de vos grande Ames vons a entrtains; & vous
avcz c6dd an dcfir de nous arracher a la mort, car il eft ddja trop
tard pour nous arracher i la misere. Quel paralille nous pour-
rions fire entire votre gWn6rofit & celle des antres nations !...






SAprs longuc difcullion & nmire d6liberation, 'Affemblee pro-
vinciale confutiee & ayant nmis fon vcri, a la tres-grande majority
pour I'acceptation des ofres des gens .. couLur; 1'Affemblec
g6ndrale de la paric franqaife de Saint-Domingue reunie en co-
mite general dins la ville du Cap, arrte vu la circonftance,
provifoirement & fans tirer a confluence :
10. Que I'offre des gens de couleur de la ville du Cap fcra
acceptec fous la condition expreffe que leurs femmes, leurs
enfans & leurs proprietes refterontgarans de leur tidlite ;
,o. Qu'ils front intercalles dans ls rangs du regimentdu Cap ,
& qu'ils auront leurs anciens officers lefqaels recevront les
ordies a cot cffet du commandant;
30. Que cet arr&td pris, vula circonftance provifeirement &
fans tirer-a confdquence, ne regardant q-i la dependance dua
Cap, fera ndanmoins adreffi aux autres parties de la Colonie ,
lefquelles ferout libres d'adopter cette mefure de fiirete i elles
jugent les gensde couleurdignes de leur confiance.
4S. Sera le prdfent communique a M. le lieutenant au gouver-
nement g'.udral, notified alAffemblie provinciale da Nord ,pour
avoir fon execution, &tre rendu public par la voice do l'impreftion,
& affichi par-tout oil bcfoin fera.

NO. XV II. :::
Proclamation du 25 A lt r179 ...

Au nom de Saint-Domingue en danger, qu'il foit proclamne,
. voix haute & a fon de trompe, qu'il eft di~endu de tirer
aucun coup d'armes dans les villes fous les pines les plus
graves qu'impofera Ie Corps adminiftratif, -charge de la furveil-
lance dans fon arrondiffement : qu'il foit galement proclame,
que tons negres & mulitres ayent a fe tenir renfermis dans les
maifons; fate de quoi its fe trouveront coapables d'infra&ion
a a loi, & punis en confluence. ...
N-
!+ :'': N 0. X V I I. P :

fDu a6 Aodei 179i.

Un memnbre" a reprWfclte que beaucoup de particulicrs de It
.+ {^ :






tendoent aux plus grands malheurs, mais qu 'il ne feroient point
les premiers a let nCceiter.. MM. Picard & Chaterinot itoicnt
encore as government qu'on Fut averli p.r les cris de phi-
fieurs perfonnes, que Pralotto conduifoit l'equipage de fon artil-
lerie fur un pofte Eminent, fitue au uad & a c6te du gouver-
nement; c'dtoit en effet de la gal rie d'ule mairon tileve don't
il venoit de s'emparer; & tandis qt'une foule de tlmoins furpris
cherchoient i d6coavrir de loin quelle etot la contenance de
ccs affafllns le fen terrible de leura artillerie dlata come
plulicurs coups de tonnerre qui ne furcnt plus interr-ompus
que quand la ville fut i moitik aetruite. I Itoit alors fixheures
du foir. L'6tonnement, bien plus que l'cffroi, s'empara des ci-
toyens de eoulenr; ils furent quelques moments i fe regarder,
a rdlcechir quel 4toit le but e cette formidable attaque; ils
voient bientot qu'elle itoit dirigee fur le gouvernement, ol &toit
le principal corps de leur armee ; mais loin de fuir, ils de-
ployerent leurs drapeacx; & tandis qu'ils fe voyoient eipofds
par les flames ia ine dpouvantable batteries, ils attendoient I'em-
emni pardevant. En effe les troupes de ligne, ddja munies d'une
q.uifition de la municipality, fe tenoient devant leurs quarters,
:d"3tL du gouvernement. Le Corps-Royal d'artllerie ttoit pri-
'.dd' d'une piece forte qui battoit le mur de 1'enceinte oti etoit
l'armie. Its s'avanqoient, efp6rant i tout moment que le feu
de Pralotto feroit les plus grand ravages parmi les ennemis. Us
les voyoient d'ailleurs en trop bonne countenance pour fe mettre
i la portie de fears fuiGls. Heurenfement ils ne le cederent point
a une attaque don't tout le fiucces fut maiique' Les canons de
Pralotto, charges a mitraille & it bculets ramies, places fort loin,
porterent toujours jeurs coups trop haut .andis qu'une: feule
piece d'arillerie des citoyens de coleur autoit fait de grands
ravages parmi les troupes de line, fi le general Beauvais n'avoit
toujours cru qu'elles ne s'etoient ranges en' bataille que pour
interpofer lenrs forces dans urie aggreflion faite par les citoyens
blancs. Cependant, ayant vu que ces laches militaires commen-
;oient i diriger. le fea fur le fanc de Ton armee & 1fr les dra-
peaux de la Nation la voyant expofde a l'arnillerie de Pralotto
par le cte droit, & a I'artidlerie ro ale pardevant, it la rallia
peu-a pen fur les derridres du gouvernement ; i la d&gagea de
deux feux qut bien dirgs l'avroient cxterminee en un inflant,
& la difpofa en retraite, ne laiffint que quatre ou cinq homes
morts & reflant lui--mime dans le dernier peloton qui, par
des chemins strs, fe rendit apres les autres : la Croix-des-
Bouquets, vers le milieu de la nuit.
La necefftW de ne rien omcttre dans les details, nous oblige
n raconter fuccellivenmnt des faits qui fe pafsarent au mneme
Q





























This copy of a rare volume in its collections,
digitized on-site under the
LLMC Extern-Scanner Program,
is made available courtesy of the

UNIVERSITY OF FLORIDA LIBRARY




-- -7. -- --- -


t( oS )
~ioe ious v entendons us appcler vos amis & vos enfans
| ,os faurons toujours appr.cler vos bontes & notre reconnoif-
fance a ceL card fera a'-deTffus de nos expreflions ; cependant
n'-.1s ne pouiions, dans les circonflances otd nous nous trouvon,
w vnayer ainfi que- vous-le ddnircz, un corps d'trmnie an camp
de AM. de Fonmanges, a. Plaifnce. Nous ne connoiffons ni les
c-ufes, ni lcs progris, ni le but, ni les motifs de l'ini.rrcftion
cuq a en lieu dans la province di nord ; quiand mpme nous les
co;nnotrionr pouvons-noes a;b.ulido;jer la .le.iic' de nos per-
fonnes & de nos propric .s, pour alrr! f.Icourir une province
piflante & orgleilleir, qui ayant .1.ifI fur nous & nos forces
tous les traits de la barb:airi- & de liniquitde, fe trouve fans
dn rte expof.e A une jufte puiilion du ciel, & qui, dans 1'tat
d(If'flreu auquel elle fe tr,. ve r:doui!e, brile encore da d':fr
de I:miicr fir noss fes foudres ex::rnmiriteurs' Ne de on s-no::s
pIS r6unir tous.nos clfor:s poe:t la conf rv; :ion d'une autrc pro-
yince, q.in du.noiis, fi elle a t, irijuile envers nous, fe hlite
de rcconnol-re fo;: e':J. ir & de llbjur:r?Que lnousi iolcC un
piys dhommes plantdes fur des piques font rec:lhr dhlorrci-t le
voy':,'ger 'le plus inlrrpid. ? J1o!s-nc o. done vcrfer notre fang
pour la dcirenfe dcnec ,ilUe oa fe tient un'e Areinblc q1i, fe
dit gnrn&ale & qti', atu El de s'aiaccher a t.re jufle croit
in'fl confilcr bcca.uritiu en fe iicttant 'lle-m'-&me aiu-defius de
' 191 ), pour nous pl[6oii:r dans l'o'pr;'re & l'aviliffement;
4'une ville oi le fang de notre fire -Og cric enco re vengeance
d'une ville qui, depuis les mois de ftvrier & mars deriiers,
--4 erp eteax de ii'r.tt indignk!', que le fpetfiacle
revoltant des bourreaux, des ,gi.! s & esro urs; tiue-Tk 4b3 lone
enFin, fur laquelle s'ipp,.Ianiit eI bras de'la vengeance.....
M:i'is quoiI, its font malheureux! ...... I eft ,i beau de par-

Nou1 s ne devons pas, Monfieur le Gneral chercher it aig-
menter 1 nombre de nos enn-mis & a divifer nos force.
lorfric nous fommes mcnaccs de toutes parls ; lorfqu'apris in
corrordat folemnel, rnots nous trouvons r6duits a l'ffreufe n-
cefflii de nousitenir en garde centre route erf'lpc de trahifon4
t& c pe:rfiies lorfque les trouipess rang les a iiffeau
n c'Ais inveliffent les edres ,te Saint-Doningue, & notus for-
cc;Ur (e veiller i la confirvaeaon de la Colonie d la t Merro-
polk. Pli.s inftruit que nons, Monficur le General, yons devez
fAvoir a quoi vous en tenir fur ce qui fe paffe mais noys
a -, -' a Sw *' 3. A ^







*,( Z3t )
vifiter les potles du government, & tous cs lieux qu'lls avolent
fortifies quelque temps auparavant.
Rien ne feroit plus important a Fire connoitre ici que tlor-
rible perfcutioii que 1- part des corps popul.:ircs tilfoit tog-
Jours fouffrir a uic ciafle confiderible de ciioyen quils gra-
tifioicit d'4Ariflocrates on Pompon. blancls ; ils comprcnoicnt
dans cette clefle de profcrits tous les honnetes gens du commerce
de la marine, tous les riches proprietaires & enfin td:s les
vrais amis de 1'ordre & de la loi ; tout ,a ctd mis en ufage pour
les de4onccrter, les Cire foirir de Ia Colonie, & ci diminuer
le nombre c'cft tout dtir:e, en uIi mot, lorfqu'on rappelle qu'un
tribunal de comniinion privoale. qi n'avoit Cte forme que pour
juger les revolts fervoit ces mif6r.;bles pour vexer leurs
llonntes concitoyens. Sur la simple acc'lfaiill d'un propos, on
S les traduifoit devant la commillion prCvtaale, on les emrptifonnoit,
on les forgoit a s'embarquer, on violoit enfin toutes les lois de
la justice & de l'huianitd. i cexiftcra encore affez d'infortunes
citoyens qui attefteront la veriie de ces fails. La Ferfecution
avoit redoublJ centre eux depuis qu'ils avoieTit lovaleient appuye
les demandes des hlommes de couleur & quils avoient con-
courn de toutes leurs forces i conclude un traiii e paix qui
atoit autant louvrage de la juftice que du bon ordre. Nous ne
citerons qu'un trait po r prouver les vrais principes du parii
de Poppofi;ion. M. li':l-b Ouviere qui, depuils 14 niois ctoit
dans la Colonie r.digeoii la feuille priodique connue fous
le noin du Journal tid .Port-au-Pr.nce. Depuis I'entile de
I'armdc des citoyens de couleur, il n'avoit pu s'empecher d'ctiire
un pet plis :librcment qu'aupacavant, & de reliever quelques
mnanceivrcs des cnrties & :des brigands. Cependant il ne ceffoit
d'ufer de lotie l. circonrfpction necelTaite pour ne pas aigrTi
les efprits & provoqu.-r les mal-intentionnes : on jura a perte;
&c s'il ne fit point V'i1ime du foulevement u'on avoit difpof6
contre Iti, c'eft que les chefs de I'arnie prirent 'ouvertement
fon pari, & le iirrent focus leur fauve-garde.
Avant qi'e d'entreprendre'le tccit des malheurs qui'commen-
cerent le z1 no\'eitbre, nous devons fire connotre e veritable
etat de aI',rwe des citoyels de couletr. Elle n'toit pas bien
forte, parce que dcpnis fon entree, la confiance & la loyaute
des chefs ne ponvo;ent prevoir que, par le plus horrible des
forfai.s, on rTfayAt tie porter qu lque infra6lion au trait de paix,
ii qw'o oil mcdit on mal acre general. Cependant, depuisplufieurs
jours, divers express ctoicnt parties pour demander des ftcours
Sc









( 98 )
d-ils votre tuy ti, c'efR avec un profound refpe& pour le reprE-
ent. t du Roi d-ins cette Colonie, que nous remettons fous
fes ycu Iotpof)o, ion des derniers a&es de AflTemblie peeirale
fiearie a, Cap., ;iau volotics de la nation confignees ans les
decrets dc ij lit~s, & qu'au tableau douloureux de notre pofi-
tinjn dipuis fix f:.:;i.is,- S nous njoutons les affreufes confequences
de It gu.rre ti iti- qui va s'allumer, & de la ruine totale de
l'ouLCt, don't la proclamation du z6 feptembre aura accclere Ie
tcrm'.
Li p.rciiTe de la Croix dc's-3ouquets touiours animde dt
mime p-tlriotif:nec, s'eft d.termin-e dans fa fiance du 0o, k
cnvoycr a la rommunme du Port-au-Prince une deputation charge
de lai rprdfeniier Fim.nport:uce de fes engagemens avec les
citoyens de couleur, &: Ics frites terribles qui refulteroient de
la violation du concord it. Notre d':putation dtoit a peine ren-
duc 'en crie villc, qu'elle a reconnu le danger de fa million. TI-
moins d-cs dcfordres les plus alTfieux nos deputies nous ont
rapp-.orzC i>s piroles de fing; affligeant contrafte des paroles de
paix dont ilt a:oi1ent te les porteurs.
Li paroilTe s'eft parliculicrement adreff'e a M. Defaulnois,
pour le fiqpplier de fufpendre 1'effet de la proclamation du z6
fepIlenbrc, jirqu'i ce que nous avons mis focus vos yeux, M. le
ge\.ral, les minltis de not:r conduite & le tableau de nos ca-
hlmi'.s; mais que pent-il au milieu d'une ville oti les michans
d-minr -t par Ia violence, & oi la force publique eft fant

-SI~ -efLenrelre tenps, M. le gindcr;al,venez au fecours des in-
roriuns habSit.ns du Cul-de-fac, pour lefquels votre proclamation'
du 26 feptcmbre fe tro've, par des circonflances qui vous
etoient inconn'es, un atrre de profcription qui prononce. la
ruii cnli"ire d'une Colonie que vuI6s ctes venu defendre & oon-
ferecr h la France. S'il en eit encore temps, M. le, gInral,
retired cette piece dolit l'ex:i.vence pent porter nos maux aleur
comble. Mais poi". oNis-nous efpivrer que nous exiterons encore
lorfquc nos fipplicatinns vous parvic-tdront? De quelle douleur
ne ferez-vous pas fti:i, M. le grienral, en apprenant que le
Cul-de-fli,; en cendres eft un nouveau monument de notre
inviolIble dKliitc aux 1ois conali;utionnelles de la France.






( loI )


VII l.
RIparation d'honneur & de la fortune des Demares, frUres ;
Poihll'n, frLrs veuve Robin, & de fes fits, Renaud, & de
tots autres qui ont perdu par 1 fer & la flamme leui- propridt6
dans linfurreCtion des bl:ncs de cette paroife, fur le fonds pa-
ri fi in, au mois d avril de I'annee dcrnmere.
( .-i'corde'. Attend le vif intlr&t que nous prcnons tons let
citoyens de la paroiffe.)
I X
Atutrement la guerre ci ilc. ( La pzix. )
Convenu qu'il fera ddlivrd une expedition des prCfentes s
rtl-cun des deputies des citoyens de couleur ci-dcffls denomes,
*c q'e le tout fera depofe dans Ics archives de la paroiffe de
la Croix-des-Bouquets.

S No. LXXXI 1I,
Extrait dut re.gilre des deliberations de la paroiffe e ide
Croix-des-Bouquets dui io ocobre 1791,
( M. Hamon de Vaujoyeux & M.'Petit-de-Villers, fecritaire.)
A infantt fe fon't prtfentees MM, Beauvais, Pinchinat, &
autres chefs de l'armee des citoyens de couleur, camps en ce
bourg leflquels, aprcs avoir donned le&Cure a 1'Aliemiblee du
concordat fait entire les citoyens blancs-de cette paroiffe & les
citoyens de couleur le 7 du mois dernier, la proclamation de
.N le lieutenant a gouveernement general de cette Colonie da
16 du mIme mois, de la reponfe qu'ils yont faite & des differences
autres pieces, ont deinande la paroiffe eft darfs intention de
fufpendre 1'effet de ladite proclamation, conformcment audit
concordat; & qu'elle prit line deliberation a cet regard.
La inatiere mife en deliberation, il a edtd fairt l'infant deux
lettrcs, don't une fera adreffle, de la part-de la paroifte, a
MM. les citoyens du Port-au-Prince, par le prifident & le fecrd-
taire de I'Affembl e & l'autre par les rignataires blancs dudit
concordat aux commiffaires de la garde national du Port-au-
Prince, qui ont fign Ice concordat du 1x feptembre, a chaounr
defquels i fera joint un extrait de la prefcnte deliberation,
^ ^








N. C X XI
Extrait des t Regilfres des Delibe'rations de la Paroif'e di
Petit-Goavc dii to OAobre 179.
A l'infant les citoyens de couleur fe font prdrentis I
V'Affembl e.
On a donned nouvelle des ravages commis dans la parie des
Palnes par un aitroupement de negres revoltes, & des maffa-
cres qu'is y ountcommis.
Au nieme moment tous les citoyens s'tant "rendus fur la
place d'armes pour aller au fecours des habitans de cette parties,
la fiance a dec interrompue fans avoir etC fignde.
Et le r oftobre, dix heures du martin 1Affemblee reunie par
continuation de la fiance d'hier, MM. de la Ruffie & Senat,
prdlidcnt & fecritaire dtant du nombre de ceux qui ont march
aux P:alms, on a procedd a la nomination d'un prdfident & d'un
fecrdtaire dans les formes prefcrites.
Par r'fultat du ddpouillement du fcrulin fait dans les former,
MI. Lariou a ete nomme prfident, & M. Dutour fecrdtaire.
A infantt fe font prefentes les citoyens de couleur, &a ont
remis fur le bureau un arr&et don't la teneur fuit: '
L'an mil fept cent quatre-vingt-onze, & le'onzieme jour du
mois d'oiaobre au mainn,
Nous'citoyens de la paroifle du Petit-Goave, habitans de la
plaine de la ville & des mornes, Idgalement convoquds & affem-
bids dans' I'glire paroifliale, aprts avoir fignd les minutes de
1Iaccord FaiL entire les ciloyens blancs & les oitoyens de coulsur,
avons arrete ce qui fruit :
i. Qu'au tlire du concordat paffd entire les citoyens blancs
& les ciaoyens de couleur a la Croix-des-Bouquets, la muncL-
cipalitd fera & demeurera fuprim'e.
' Qu'en conformite des decrets nationaux, & notamment
de celui du 1t oftobre dernier, qui remet tout fur I'ancienpied,
jufqu'au moment oil de nouvelles inftrudions viendrout de
France le commandant pour le roi fera print de reprendre fes
fontions, & qu'en confdquence tous les citoyens promettent
ebdiffance aux ordres dmands de lui.
30. Que tous les citoyeis adreffent i MM. les officers mu-
nicipaux le tdmoignage le plus sincere de leur reconnoiffance pour








'No. XL V I.
tDu z4Setemlire 1791.
Le commiffaire-rapporteur du comitd de confltution a pre-
fente le travail demand dans la fiance de ce martin, qui a hti
arrcte commne fuit :
L'Affemblce general de la partie rranuoife de Saint-Domingue
s'deant fait reprfeenlter fes deux arit&es, en dite des 5 & 6 du
courant concernant les gens de coulenr libres, uefenible la
petition de ceux de. la parie du norJd conquc'en ces terms:
M. le:prfident Meflieurs ii nous elf impoflible de nous
rhuiir pour travailer aux petitions, dans tn moment onl notre
caeur ious fait voler de toutes parts pour la defLi' ,de la patrie
en danger, nous fupplions la fagefle de 1'Affnea'nbe d'avoir I
y fuppleer, en nous prefcrivant un mode de convocation qui
nous facilie !es -moyens de travailler de la manire la plus
lgale & la plus paitible. Nous ofons votis fire cette pricre
avec d'autant plus de confian'ce, que c'etl notre amour & notre
refpef pour elle qui nous y follicitent attant que Ic bien de
la chore;
A arrte & arrete qu'elle autorife les homes. de coulenr
libres, 6tant en champagne pour le autlicoir.mun,;h fe i unir
dans Ics divers camps, a 'cIeiet de ddlib#rcr e) fc6fions de leurs
paro'ffes refpe.ivps, avec la permifion des commandans defdits
camps ,:.aux,,eures qui conviendroat a 1'ordre du service & au
repos necefTiire auxdicts delib'ralions, pour, leur voeu aini
imis par fi6ions, 6tre par, ele tranfiis & fond; daus Ic vaeu
general de chacune des paroiffes; lefque lesle paruiciperont, dans
le plus bref idelai, a I'Affemble gnerale.
Sera le.prifent communique 6 M. le lieutenant au gouverne-
ment.g*riaral pour avoir fon apprqbation, notified tux Affemblees
proviinciales pour avoir fon quxt tion, & en outre &Lre lu,
public ,& affich. par-tout ,o:.befoin fera.
------.. _... ,,,.....
S. No. _X.LV II JI.

SDuI 15 Septeribre 1 79. ,
'Let&re a 6te 'faite d'une petition de plufieurs anglo americains
C 4








pour dclibrer i part far icelle, a latquele ddlibdration its out
emal!oyd 1c refte de la fiance jufqlu'i di:r lhi'res dii foir.
'ilors ious leS comrnaufircs fe font rtetics & la fiance a Itc
rcmife au lendemain, jicudi .o du pr61ent mois, fept heures du
mati pour i-re tenue fur l'hLiiation DamiuLns.
Lc'; c.)::.illY'ires fe font riunis lefdils jour & heures indi-
qlics fir ladite lIabitation Damiens, & les commissaires des ci-
toyens blancs out continue a delibcrer A part jnflqu'- trois hcures
apr s-midi pour rediger leurs observations.'
Alars s'eItnt ral(embles dans un nmem lieu avec les commif-
faires des citoyens de couleur, ils out remis leurs observations
fur le bureau.
Lecture ayant te faite defdites observations, la difcuflion a
t&6 ouvcrte & continue jufqu'a 1 hLures du foir & la fiance
a dtd remiie au lendemain vendredi fept heurcs du martin, pour
avoir lien fur hi mime habitation.
Auxdits jour & here indiqucs, lefdits comnmiffaires fe font
reunis fir ladite habitation. :
A l'ouverture de la fiance s'eft prfentie M. Picrd come
commiffaire de la paroiffe du Port-au-Prince ; fuppliant M.
Boyer, en vertu ddu dpouillement des fcrutius de l'Alemnible
de ladite paroiffe.
La difcuflion de la veille a etc continue jiufqu'; fix leures dti
foir, & les obfcrvations & reponfes des commitTaires des ci-
ioyncls blancs out tcd radigdes & acceptees par les commifitires
des citoyens de Foulcur, & rcrites en marge des dcimandcs de
ces derniers.
LeTI-urc ayant te Tait t-dc- nouveau tan-t es-Tara ios -&
dcmandes des choyens de couleur, que des ohbervations des
commiffaires des citoyenc blancs mifes en marge d'icelles, & Ic
tout ayant Iet mi'lreCinnti examine & difcute, omme it a t- duit
ci-defiTs il a tt6 reconnu que les dires de MM. les commif-
faires des citoyens de couleur contiennent 'vrite, que leurs de-
mahdefont juftes, que leurs precautions n'ont pour but que la
silret6 publique & individuelle, & ne tcndent qu'a 6ter atix
ennemis du bien public tous moyens de troubleria pix- & la
tranquillity, don't cette Colonie ell privce depuis long-temps, &
don't cile a grand befoin de jouir dclbrmais.
En conf<'quence il a dt arrct de Ia part de AMM. les con-
miflaiies des citoync s blancs, que tous les articles ci-deflis &
des autres parts fonut &t dCemeurelt arrtcs ait & de la nmanicre
qu'ils ont itc accepts en marge de chacun dcfdits articles, &
Squ'ils






Pages
Missing
or
Unavailable







CI ; -
fentiment d'attachement & d'obLifTance qui les porteroientt na-
turellemIcat a aller au fecours de la pro inice, oul 1 Os Lcx oliz
vos jours pour L1 filut public.
Je no voun cache point AMonfeur le Gndrnal, que farnmde
des geis-de couleur a voulu me d ferer, ii y a quelqqums jours,
le commandement ; mais vous pcifez que je n ai pas dii I'ac-
cep:er, mdme pour Ie falut public en peril tat qc je n'y
ferois pas appeli- par vos ordres, on par ceux dol-AlcnIblce
giu'ral ; j'ai pris d'ailleurs totes Les pr 'cautions p Loflib r s- rla-
tivement a notre petit nombre, h notre foibleffe & a notre cl-
pcce de decour:agement qui regne pailmi nous, pour que ilotis
puillons fire face aux iiturretions. Quatorze points du der ilfe
oil fe raffemblent touts les nuits les blaucs de cinq ou fix ih-
bitations les plus voil;nes, un corps-dc-garde de quinze hoinmes
i Santo, un de 30 o Peyrat, a renforcer Ians dclais les premiers
points menaces. -
Vcuillez, Monieur le General, rendre juice a notre ztee,
approu-vec notre conduite jnfqu'i ce moment, la reftiier s'it
ell neceffaire, en nous faifant connoitre vos intentions, & er
nous dirigeant i votre example a la conservation de cette
malheureufe Colonie. Je prends la liberty de vous dftigner
d'avance M. Cornalet, pour occuper la place de Privot a la
Croix des Bouquets ; 'eftime gneirale rl pr pour ui, & ii nous
Simporte d e e meltre a la t&te de cette parties, i laquelle d'ail-
leurs il me paroit jufqu'ici dans le cas d'&tre utile plus que
perfonne ,il dtoit prdecdemment Prv6ot a Jacmel, Exempt au
Port-an-Prince, deflitue de cette dernicre place. par I'Affemblda
adminifrative ; & enfin depuis quelque temps, if eft ici de.
la plus grandeuie uilit, par fon zlIe, ton a&ivitc & fes talens.
I: I e parott inutile, Monfieur le General, que je vous faffe de
nouveau ma profefion de foi ; tant que je vivrai, je ne ferai,
S'efpere dirige que par amour du bien & par mon zele pour
ma patrie.

No., L X X Xi

Lettre de 'M. de Blanchelande ad A. de Jumecourt, ent date
dux 16 OcTobre 179.
J'ai recu, Monfieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur
de m'6crire le 30 du mois dernier, par laquelle vous me ftites







.Jera faite fur-le-clhamp a board dc tous ccnix qul fe tfroiv'ercntl
daus I1 rad:, pour, fur le rapport de la v.l~te, d're l,.t'te ce
qu i1 appartiendra. Ar ^ r C
Decl.ar le prTent arrek common i tous -s ports & villas
de la Colonie. .
Sera le prfent arr.ti communique a M. 1: lieutinart au got-
vernement general, pour avoir ion a.prob.-.ion.
L'Affemblee a depute deux de les miembrcs vers I'An :nble
provinciale, pour iul donner connoilTance de farrte6 ci-dcflus.


N'. X.C N'X X.

VDuz5 Oc obre 179,.
MM. de Cambefort & Ligcard font entries dans Ie fein de
I'Affemblie, & lui ont fait part des pitrlementages de M. Lifgceard
avec quelques ncgres de la bande des brigands, d'aprc'sl pro-
clamation de M. Blanchelajde, don't iia etC porteur. M. le Pri-
fident a remerci, ces Melieurs, an norn de 1AffembIce, & leI.r
a. temoigri le defir queIlle a que .cette demarche vers les rivbltes
procure le bien que M. Elanchelande en attend.


-x No. C
Du s Orjobre 1J.79
;n nienbre du commit des Rapports a dit:


Le cormit conclut~ envoyer des commiffaires, auoqucds vois
douiierez (out poutoir de trailer tirefteement 'avec le conrgcnr
qui fe chaigeroit de pourvoir a vos b.efoins ,.foit la acquitt de
fa dette envers la mdtropole franloife foit a titre de prht i
la partic francoife de Saint-Domingue. Ce pret fera fLit,i arlie
en argent,-s'il eft po;ble-, parties en aarmes & en mmniiions,
& parties en vivres. S'il itoit diterwine par 1'Afemble de de fire
.une demandede d roupes, .le comitd penfe que cette deumancd
dolt etre faite par M. Ic gindral, fir un mimoire de Affenmble ,
les autres objets fetilement approuvds.
On pourra objefter centre renvoi des nouveaux.commifaires';
Li








vll'e avoient fait embarquer leur argent 'dans les bitimeas de Ia
rade; que cette demarche tendoit a fire dvanouir tout le nu-
meraire, & a diminuer I'int&rt & le zele de plufieurs ciloyens
propres a la ddfenfe publigue : en conftquence, 11 a di-r-andu
tte les particuliers qui auroieat de I'inquietude fur le fort de
leur argent, puffent le depofer dans le trsfor public; & qu'a
cet effect la garde du trfolr ftit triple & quadruple.
Un autre membre a derandd quie chaque prtiiculier reftat
libre d'embarquer fon argent, mais fous la conciiion de fire,
au bureau de surveillance, une d6clacation de la quotiuc.
Sur diffdrentes motions faites a ce fujet, & aprrs mret dlli-
bdration, I'Affembl6e general
A arreti & arrete quc les particuliers qtui ont fait eambarquer
leur argent dans les bliaimsns de la rade du Cap, front tenus
de le fire ddbarquer dans les vingt-quatre heures;
u'a d6faut de ce fire far lefdits propridtaires, les capitaines
defdits btimeris ieront tennis, dans les fecondes vingt-quatre
heures, de ddbarqucr lfargent qui leur a ct6 confie, & de le
depofer dans le trefor public.
Le preent arrete fera execute, a pem e e confiscation de
l'argent pour les proprietaires, & de dix mille livres d'amende
cnvers les capitames contrevenans.
Sera en outre communique Miv le lieutenant, &c.
*--------------- I-----i- --- ,
N. XIX X,
Du 27 Aot 17t91.
L'Affemble grnicrale ayant determine, dans ra fiance d'hier,
la formation dc r'.gimens de gardes de Saint Doiingue foldes,
a repris la difcuffion fur I'erganifation de ces corps.
Aprcs longie difcuflion & mure deliberation, elle a arr&td &
arrete ce qui fruit:
O. 1 fera former treis TCgimens de gardes de Saint-Domingue
folds, compof6s de deux bataillons chaque.
0o. Chaque bataillon fera compof6 de dix companies.
3. Chaque regiment de gardens de Saint Pomingue foldes
fera command par un 6tat-major, compofT d'un colonel, d'nn
mawor, d'un aide-major, d'un porte-drapeau par bataillon, de
deux adjudans aufli par bataillon, & d'un fergent-major un
tambour-inaor & un chirurgien-major.
I0. Chaque companies de cent homes fera compof6c d'ua








plus traiter avec vous nous:ne venons plus vous nccn.ord i des
demands : no is venonlS, auii's de l'efpril de jufiice, r. co'ii ;;re
authen,.iiqum.:nt vos droits, vous ena iger a ne plus voir d "i les
cioyens blaiics que des amis, des fir-res auyqiquls la p:.ttie en
dar:g.r vous invite vous follicle de vous rdunir potur lui porter
un-prompt f cours.
Nous acceptons, cnltirenent & fans referve aucune le con-
cordit q'e vou.s nous propfez : des circonll inces mtllhe"relufes,
qge rous connoilfcz fais do-.te nois ont faith hefitei un' iiit:nti
mtais notre courage a fia'-chi tous ks obftacles ; nous avous im----
pofe iklcnce aux petls prj.':gs au peid efprit de do nination.
Que le jur oA le flm.nbeat' de Li raifon Inos a tecl.ir s to s,
foit a jram:is nmmorable! qcil foic ui jour d'oiubli L-oi r routes
les errcrrs, de pardon pour tou:es Is injures; & ne difip. tons
ddformais que d'amour & de zkie pour le bien de la chofe
publiqic !

N. LX XV .L
Lettre e'-rite par M. de Vallerot common randint-n; e'rail des
troupes patIrrioques de _la pa-rie du noorid d/e la province
dui nord, mia gens de couulir reunis au camp dit
Lit.m,e en. dtie dii 12 SejptcmrIe 17.1.

G E N S .DE C 0 L E.U R,
Je fuis etonne qu'apres ta trevc que je vous ai accordce a
1inftant mrme oil je pouvois vous ccr.fer, vous Inayez pas rd-
pond a maa loyautd. Croyez-moi, rentrez d.ms le devoir, vous
&les negres que vous avez forces & frduits. Je veux bien eni-
core, par humanity, vous donner les. moyens de vous fouflraire
aux chatimens que vos crimes cnt menitcs : lifez 1arre'te de
AITfemblie gcn'ra.le rcconnoifez-y .e cara.tire de bonte qut
vos pares & vos proteCceurs vculent bicn avoir pour vous;
rentrez dans vos foyers ; voyez, compare vos. forces, ,vos
royens pour foutenir une guerre dcfattrcufe our le momein.,
mais doat vous ftriez n6cellaireient les vif'mes.


F a







curant, pour fe rend&e au Fort-Royal, apris avoir obtenu, avec
beaucoup de peine quelques matclots du commerce, pour
augmenter fon dquip'tge, qui pouvoit monster, au moment de
lon depart, l homes au plus. Quant t nous, nous fommes
plus tranquilles en ce moment; 16 Peuple p.iroit revenue en pantie
des prevention infames qu'i avoit contre nous & toute fon ani-
molite paroiffoit s'etre fixee fur la Didon, doat les jeunes gens
avoient commis 1 etourd&rie que je vous 1a communiqtte dans
ria premnire de cette rade.
Je reois dans ce moment ine lettre de M. de Grimouaid con-
shandant le vaiffeau le Boree en station au Port-au-Prince.
Cette lettre, fans enter dans des details bien airconftancis, me
peint la position de cette ville fous 'afpett le plus affligeant.
Lcs nulatres & en general les geons de couleur, demandent irre-
vocablement, & avec des menaces formidable, lexecuitien Gom-
plette dut decret du 1- mai. PrefqLue tous l-s colons de cette
parties pour fauver leurs pexfonnes & leurs proprites, fe font
rfaitgs de lea part ; les hnbitans, fculs, de la ville p:roiffent vou-
loir 'y oppofer; & fion ne pronounce inceffamment fur le fort
des geiis de couleur, il faut craindre une guerre civile, qui
eritraiheroit Ia deftrunion total de cette mialheureie Colonie.
Je fais paffer a MM. les commiffaires nationaux civils cette lettre
de M. de Grimouard. II eft aufli en butte i tous les difagrd-
mens & aux perfecutions les plus injufles ; m"is les fentimens
de 'honneur qui nous guide & qui dirige toutes nos demarches
vers le bien public, nous foutient fun & Iautre, & nous donne
It force de refifter aux manx que nous eprouvons.
Le mn&me efprit, en faveur du decret du ir mai, paroft animer
les gens de couleur de routes les parties de 1'ifle, depuis quel-
ques joars; nous venons d'apprendre qu'au quarter de Jdremie
ils ont porte la flamme & 1k mort dans pludeurs habitations. Les
malheurs de cette Colonie empirent toils les jours, loin de di-
minnuer & fi les mulAires suuniffoient au negres revolts, tour feroit
perda fans reffource.
II paroit que la Colonie'veut garder lei mon vaifeau, jnfqu'a
larrivce des fecours demands en France. Je me ref-re toujours,,
Monfieur, ace que ijai eu I'honneur de vous ecrire, pour que
vous vouliez bien m accorder utn conge, & envoyer un capitaine
& un nouvel equipage pour le vaiffeau 1'Eole,
Les braves gets qui font .reflds avec moi, continent a fe
conduire avec la plus grande fageffe & la plus parf.ite fubor-
dination.Je defirerois bien, Monfieir, que, pour er en tcmoigner
votre fatisfaftion, vous vouluffiez bien leur accorder en gratiica-
tion un mois de folde de meme qu e l'equipag: de la frigate
a Prudentee: comrni le norabre eft petit, cetw dCpenfe ne fe-






( rZ9 )
qu'ls feront paraph's des prufidens & rfecrtaires au bas de fac-
ceptation.
Et de La part de MM. les commtmfircs des citoyens de cou-
leur, il a eti declare qu'ils agicent 1'acceptation & les reponfes
mifes en inarge de chacun d&s articles infres atu prClent trait
de paix & c.onfentent par Amour pourla pair & la ir mquillite,
h ce que lefdils articles, tels qu'ils ont et6 accepts foient exe-
cutes felon I ur forme &S teneur, jufqu'a ce qu'il en ait kt au-
trement decid- p.ir les 1dcrets de YAffemblkc national fanc-
tiomins par le Roi & fans que pour raifon de ce confente-
ment on puiffe leur reprocher de s'tre c,:rtls de 1'cfprit des
ddcrets nationaux; que vu la confiliace don't AIM. les citoyens
blancs viennent de leur donner des puives autheniqcines, ils ne
s'occuperont d.f-ormais quie deis m oyens de leur prouver leur
inviolable attachment a leurs interest & a leir borlicur ; que
pleins d'admiration pour ce noble reioulr aux princip s, qui feuls
peuvent opdrer la profpcrite de tonus s Colons, & d.rs T'im-
poflibilite de trouver des erpreflios qui puifent rcndre l's fen-
timens qu'ils, prouvent dans ce fortune moment, ils jurcnt de
faire caufe commune avec les citoyens blancs de verrer la
dernicre goutte de lear fang pour la dcfcnfe de leurs perfonnes
& de leurs proprictcs,& de travailler de concert a l'executio:
poaCuclIe lirterale de tous les 'crets & inflructlons de I'Af-
femblee national, fantionncs paP~e Roi.
I1 eft convenu en outre qu'il fera fait quatre minutes du
present trait de paix' favor une pour etre envoyee a lAffem-
femblbe national, une pour les citoyens blanks des quatorze
paroiffes; lquelle fera dtpofde au greffe de la municipality du
-P,-rt-a,.Prsiee, pn Po- lmrrmee des citoyens de co;delir ff
une pour IV. le general ; lefqueles front toutes fignees par
Schacun des fufdits commif aires & que copie collationnee dudit
traitU de paix fera envoyee a chacute des quatorze paroiffes de
la province de I'Oueft.
Arr&td en.outre, que, tant le concordat dui x1 feptembre der-
nier que le present trait de paix, front imprimes a la fuite
I'un del'autre au nombre de trois mille exemplaires.
SFait fur 'habitation Damiens, ep quatruple, ce jourd'hui zI
o&tobre T79 1.
Le prcfent trait6e e paix ayant 6te prefente ahia fignature, les
commin'iires des citoyens blancs de la paroifTe du Port-aa-
Prince ont obferv~que les articles XIX & XXIII colncrcni,-:nt
plufieurs corps; que les citoyens n'avoient pasle droit d'oLliger
Pieces jittlificatives, &c. I


~as~8""""""""""""""""ssi~-------------








L 'Afeminble charge fon prdtident de fe retirerlardevers M. fe
ficutcnnt an gou'crnceicLt ,gncral, pour lui communiquer le
pr~fcntarret6, avoir ion:ipprob.tion & le fire notifier de fuite
aux Affemblces adminiitr.tivcs de l'Ouft & dui Sud, pour avoir
fon texgution d.ns to.:te 1'etenduc de leur arrondifrement.

Nt LV- ,L VI
S. L I

DT 17 S.titemnbre 179 f. --
L'A ITemblce g,:i"r &k d, !a partic franicaife de S-int-Domingne
inflruite d pris L's tmoi;g:o iges rcndus par M. Dltbiffon iits,
commnianduil. Ie c:imp des MAortets, & autres offlcicis fervant fous
fes ordrcs, du zlcek & dt lemprcelement avec lequels Murc
Chavannes M. L. ; coudamuin par coutuniace par I'airr&t d
confeil fwpiricur da Cap en date d u mars 1 7qr s'ef porter,
dins It circonflance pr:fc:ict, t voler a la d~Crenfe de la choir'
publiquc en d-'nger; &: voual.t lui donner une prcuve lignalde de
fa bienveillance:
A arrktd & arrte qu',ellc :ccorde provilfirement, audit Marc
Chavannes, grIce pi:in.- c it'ftiirc ; qu'elie Ie reintigre dans la
poffeflion de fcs bieiis ; de:r.ltranI qu'elle sh-.rge fes commiffaires
de felliciter, auprs tc 1'Aifembkle national & du. Roi ,-lagrace
ddfiuiiive dudii AMlrce Chd',vuics, du ibcnutice de laquelle il
jouira ds--i-pr!inu.. -
Ardrce en orute qu'clj c 1e rcferve de pirooncer fur les gens
de c.ftleur lihrcs ,-coiHd manes- par-con tx-ac.--par .ledit.arrt .
Dcchlre autorifer en ta.lt que b:-lin cfroit, ie: Affemblics
admini'drativcs & autre. corps populaircs de Saint-Doningue,
ainfi que tous comnm:;n ligie a recevoir au nouiibre tics def:nfeurs de Ia chofe publique
tous les gens de conlcnur lircs, dec.re'ts ou condamnes par con-
tumace dans lcs diff-rcutcs p:rtis." de la Colonic & que leur ztle
engigcra a fire off de l cu;-s l-rvices pour fir Ie compete q.ii
fdrarcadu d, leu .conduldtc 6trc par I'Affemblbc gendrale pio-
noned fur lenr fort.
Arr tc que fon pr fide:t fe rr irera pardevers M. le licutenant
aut gouvernement gclni';.d pour lui coirmmuniquer Ie prdfent
atrelt, avoir Ion npp'roubaion & l'inviter h le faire notifier ai.
Affembldes.provincialcs, provifoiremnrt adminiffratives, qui de-
meurent charges de Ic nolificr aux corps populaires, de police
1 &






Les commilTfires de la Garde Nationale des Citoyens Blanes
du Port-an-Prince d'une part ,
Et les commiffaires de la Garde Nationale des Citoyens de
couleur, d'autre part; iccux fondda de pouvoir par arrAtC de
ce jour, & du 9 Septelnbre prefent mois.
Affembles fur la place d'armes du BoSurg de la Croix-des-
Bouquets, a I'cffet de dlib6rer fur les moyens les plus capable
d'opercr la reunion des citovens de toutes les daffes, &
d'arreter Iks progr's & les fuits d'une infurre&ion qui menace
egalement toutes les parties de la Colonie :
L'Afl'mble ainli comporfe, s'eltaut tranfport6e dans I'gli'fq
pn'oilliale dudit bourg de la Croix-des-Bouquets, pour 6viLer
Itrdeur du Solcil; ii a et& prociddb de fuite, des deux cutes,
a la nomination d un president & d'un fecretaire.
Les commiffdires de la garde national du Port-au-Prince ont
nomme pour leur Prdfident M. Gamot, & pour leur fecrdtaire
PM. Hacquet ; & les commiffaires de la garde national des
citoyens de coulcur ont nomme pour leur Pr fident, I. Pin-
chin't, & ficritaire M. Daguin fils.
Lefquels Pretidens & fccrdtaires out refpetivenment accept
l.-fdites charges & ont promise de bica .. tidldement s'en
acq hitter.
Apris quoi, il a t6- dit de la part des citoyens de couleur,
que la loi faite en leur faveur en i685, avoit CtU m6prifde &
violde par les progres d'un prdjug ridicule a& par l'ufag
abulif & le defpotifine mi ,ilateriel de Fancien. regime ; ils n'ont
jairais joui que tris-imparfaitement do bendfice de cette loi,
Qu'au moment o--ils ort -vu I'Affienble des reprdfentans 4p
I nation fe former, its ont preffqnti que les principles qui
ont dia6 a loi conflitutionnelle de l'ttat, entrainroient neceffai-
rement 1a reconnoiffance de leurs droits qui, pour avoir ed
long-temps miconnus, n'en dcoient pas moins acres.
Que cette reconnoiffance a &t6 confacree par les' dcrets &
inflru6ions dcs 8 & A8 mars 17go, & par pluieurs autres rendus
depuis; mais qu'ils ont vu avec la plus vive douleur que les
cihoyeis blances des Colonies leur refufoient avec obftination
I'exdcution de cs d6crets, pour ce qui les y concern, par
I'interpritation ilrjufte qu'ils en ont faite.
Qu'outre la privation du bn6fice defdits decrets, lorfqu'ils ont
voulu les rclarner, on les a facrifies k I'idole du prejuge en
everisnt contr'eux un abus incroyable des lois & de 1'atioriti
d gouvernement, au point de les forcer d'abandonner leurs
foyers.







( 47 )
inculpations front jolites a la requete qui les content, pout
le tout etre envcyee aux chambres de commerce; afin de fair*
connoitre aux armateurs des places de commerce, le d.grd do
confiance qu'ils doivent donner a des homes qui ont recourse a
des moyens audli odicux pour fe venger de quelques refuse qu'ils
ont effuies dans ces circoaift:uces.
Apres deliberation, le project d'arr&td prdfent6 par le Comitd
des rapports a &th adopted par I'Affemblde.
Sera I1 present arretc remis aux fix Commiffaires qui doivent
partir pouw France avec les autres pieces douc ils front charges.
Seront lefdits Commiffaires autorifds, en envoyant le prrient
arrete, & les autres arretes qui y front relatifs, aux Chambres
de commerce de France a leur crire en mtme-temnps pour dd-
truire les fauffes inculpations des Capitaines.

S N. L V 1.
Diu z7 Septembre 17pr.
SOn s'eft enfuite occup du fot des homes de couleur libres;
condamnes aux galkres & attaches k l chaine du Roi.
L'affemblde confiddrant que le- fort de-ces hommes ne peut &tre
pire que celui de fes camarades, condamnes par coutumace, qui
iont a meme de m6riter par leurs services la bienveillance de
I'Arfembliee.
Arrnte que les hommes de couleur libres, condimnv's aux galerer-
par 1'arret dt confeil fup6ricur du Cap, du Mars r 79 & atta-
ches i la chaine du Roi ; front relaxes de la chaiine a 1infi-ftt de
la notificatioR du prefent, pour demeurer en dtat de simple
arreftation.
SUn membre a demand que les mulatres du fond Panrien
condamn! s par coutumaces, par decret du confeil fiupdrieur Adu
Port-au-Prince participaffent aux aftcs de bienfaiLance de
I'Affembl6e.
Cette motion difcutCe 1'AfTemble a arretd & arrete ;qu'elle
accord provifoiremcnt, aux homes de couleur libres du f.nd
P-arif:en, condanint s par contunace par arr.t du confeil fup&-
rieur du Port au Prince grace pleine & entire ; qu'eIle les
rcintcgre dans la poffeflion, de leurs bies declarant qu'elle
charge fes commiffaires de folliciter auprcs de IAflemnblhe natio-
nale & du Roi, la grace definitive dcfdits homes de .ouleur ibres,
du benefice de laquelleils jouiroutnxuanmoins des- -pr6fent.







( 16; )


No, C V I I.

Lettre de lAffemblee ge'nerale de la parties franpolfe de Saint-
Domingue a M'. 1 Ambaffadeur de France aupres des .
Jtats-Unis d'4me'rique, dt 14 Ocbre ztyz.
MONSIEUR .L'AMBASSAD UR,,
L'Aftemblee general de la parties franr oire de Saint-Domingue
s'eft diterminde a envoyer auprAs'des Elats-Unis deux commif-
faires, pour folliciter un emprunt en marines, bois & autres objets
propres a preferver cette Colonie des fuhies fnceftes auxquelles
a donni lieu la rCvolte des efclaves de la province du nord.
,M. le lieutenant au gouvernement gtnecral, convaincu avec 1'Af-
femblee gendrale des befoins preffans des habitans don't les pof-
fefTions oilt et6 inncndices, pillecs & d'vale'es, a remis it MM. de
Beanvois & Payau, nos commiffaires, des lettres pour votre
exccllence. Nous ne vous peindrons point, Monfieiur Ambaffa-
deur, lutilite don't ii eft pour la Fiance & fa profperite, autant
que pour la Colonie & toutes les puifTinces commercantes,
que les ricbes pliines de la Colonie ne reftent point incultes,
& fes manufaflures en tout genre fans a&ivite. Vous fentirez
trop bien de quel interet il eft pitr la metropole qu'une fi
riche branch de commerce effuye le moins d'alteration pofible,
pour ne pas employer tous vos efforts a la reunfite des demands
de nos commiflaires.
,Nous avons done lieu d'efperer que vous voudrez bienleo
aider de tout votre pouvoir, pour rendre fruiu eure la miffion
don't ils font charges vous fervirez en cela & la Nation Fran-
Soife en general, & la Colonie de Saint-Domingue en particulier.
Signie, PONCIGNoN .


No. CVrIII.

Diu 13 OLobre r~7pr.
Lt'Alnemtci e extraorJinairement remnic Al. le pr.- !i k ourrer
Ia faenc e,








Les habitans de la province, effrayis des calamity don't is
ktolent menacs ont pris le part de trailer avec les homes
de couleur. Les quatorze paroiffes out nommi des commif-
fatres. Les homes de couleur en ont fiit de mnme :il en eit
rifulte un traiti de paix que je joins ici fous le 0u, I qui
rappelle 1'exrcution du concordat du 14 feptembre n. II,
que favois joint i ma dernihre depeche. Ce trait m'a Wt adreff6
officiellement par les commiltaires de l'oueft, avec Ia lettre
cotre n0. II i laquelle 'ai fait la rdponfe inferie dans le
aneme nt*.III.
Le trait lign4,,les gens de couleur out envoy mille homes
ati Port-au-Prince, od ils ont fait le fervice awec les troupes
patriotiques. Deux cents des nigres efclaves qu'ils avoient ar-
mis & emmenCs avec eux au Port-au-Prince, oht 6td embar-
quis fur un navire, & conduits i la C6te-ferme. Je ne fais ce
que tout ceci deviendra : le came paroft rtabli dans cette
province oi chacun fe porte a maintenir les atteliers dans le
devoir. J'aurai I'oi: overt pour parer, autant qu'il fera en
mon pouvoir, anx irre6glaritis,. .... Mais vous devez conce-
voir, MoIuleur, que je dois agir avec beaucoup de circonfpec-
tion, n'ayant fur-tout aucun moyen reprimant de fire refpeter
mon autorit~.

.Dans la parties de 'eft de la province da nord, les gens de
couleur fe font aufli cantonnes i part, & ont auli mnanifeftR des
prhtentions come ceux de la province de roueft ; & quoique
les habitrns des cinq paroiffO diu Fort-Dauphin environss
aaent acqulefce' a leurs defirs dans l'ej'perance de fe re'u-
lir a eux centre lesi ndgres en revole, il ne font pas moing
teffes fepare's ce qui augmente infiniment les inquietudes. Ces
gens de couleur defirent que l'Affemblie colonial approve
leurs deman es ; ce qui eft de toute abflrdit6. II y a cepen-
dant environ cent trente homes de couleur qui ont rejoint les
blancs7 Je vais fire des efforts pour y fair parvenir des fo-'
cours.
Deputs quinze ours nous avons en de grands advantages fur
les revolths; dans d'autres parties de la province on value a i
fix cents des leurs tuCs. J'avois envoy M. de Touzard avec
une divifioi de cinq a fix cents hommes, au Port Margot : it
les a arraque's dans le Limibe, d'oi ils iout dt dd'loges avec
bIeucoup de perte.







( ,,o )
mant~s, ou qui Imaneront de ces corps mnconftitntionnefs,
Pcront dtil res nals & leur diffolution f'era operde conime ii
fera. dit dans les trois articles fuivant. ( Accepte come ilfera
dit d.ans ls trois articles ci-aprIs ).

V 1.
Pour eviter le dciordre & f'anarchie ii fera fubftitu a
chaque M:'nicipalite de la province de I'Oueft, uh bureau de
police, qui, provifoirement & en attendant les nouveaux plain
d'organifation de l'AiTemble national pour les Colonies,
exercera les rointions attributes aux Munici~alites leIcqel
bitreiu de police feta compof' de membres choiis parni les
Citoyens blancs & de couleur.
( Convent et ces terms:
< Les Municipalites exiflantes fubffileront provifoirement,
, jufqua ce qu'elles ayent etc rernplacees par d'auitres, E la
v formation dcfquelles toas les Citoyenis a6tifs indiflinttement
, front appeles, en vertu d'unc proclamation que M. le General
s fera hivrie de faire i cet effet dans Ie delai dun-mois ; &
: les CiLoyens de cotlieur auront nea'moins, des-i-prcfen:, la
- faculty de ft fire reprcrenter aux Municipalitds exill:ates ,
ainli qu'anx autres etablillemens qut en tiennent lieu ,. en
SUes fubordonnnt i la nouvelle affembl&e colonial on aux
n nouvcaux plans d'orgauifiion que nous attendons de iAffen-
W ble national ; & les afes defdites municipalits i'ou es
c corps qui en tienuent lieu, valideront iufqu'a l'epoqae o. ils
front remplaces par d'autres, A la referve neanmoins des ates.
U qu-anroite.i port .tteintLe aux Jiois des Citoyens de couleur,
Sulfquels ds-ti-prkfcnt font dechl:s nuls & de nul effat .)

V IL
Ies affeimbles "provirncichls & adnmi!iftra.tivcs, n'etant point
d'uce neceffitc urg,:iite & i:lfpenfable, on attenrira pour leur
formation I'arrivec offici-,le des nouveau,: plans d',rg.anifti~io
fufdits; biii -lii ruenda que les difpofitions du prkeent article
it dii prcct..i.. ., n'iuroatt leur effect qu',utiant qu'ine nouvelle
.:iTfemblie colnl de lcg.le, coniltutiominelle & representative
de toutes le; clercs des Citoyens adtifs, ne po':rroit en fe
rcnfinmant d ir; I.:s bornies d.:; pou'oir;, qui lui font on front
d 46ias par .is iz:M, aioniaux;, dermir e mIode d'orga-







( 4"rL
Li finte de M. de Rouvr.yv ruarichal-'de-camp, comnr.nd'tnt
kes troupes pairiotiques d, 14 ?;rtie de 1'eft d6 i. pro.vt ic;., ne
lai ayant plus pfrn:is de conLiluer de comnmandcr d.is cette
parcti j'ai nomint a fa place 'l. Ie chevalier dAffas nmiaor
du regiment du Ca:p.
1: no;is efq arrive trois frigates angloifes, aux ordres du con-
rddore AfMight : elles nots ont ;:pporie cirq cents fulils, ds
ca.uniiions de guerre & des vivr.:s en r trs-pFtie qu1intit, i;isi
noi deis hominns qui CLtoti:tle fcours 'J)!t lnous avioas le plus
b-lnb : cll-s-m'mesl ne pvuvent poi at agr oifculivement, de
inr;::r.r qur leur f.:cours eft a--pu-pr&sis Dcux de ces fc-
g^tes ptr Lront &cmI.in ppur l'Europce; jen profile pour vous
firee pa.lier cet Ict r te, & Ics duplica.:L:s des i1umtros 148, I49
& 1 0.
&h Tyo.
Je n'ai point recu de nouvelles, ni de la Havanne ni des
Etats-unis, ni de San-Domingo, a une fecotde lettre que fai
ecrite a Donm Joachimr Garca daipr s unc r-_ponfe, eqivoque
qu.'il m avnit faite fur les fecours que je lui avois d,.imands.
Je vous rendrai coroipte particulidremcnt de notre correfpcn-
dance, lorfque faurai reuu fa dcrnicre rx'ponfe.
La province 'Ic l'ouef s'elt vue au inolcnt d'dprouver les
Inlmcs n'aIhcurs que celle du nord; im is; 13, ce font les gens
de couleur a dccouvertqui avoient joint a eux quclques aieliers,
&, q.ai out demand *, a main armie I'execution des ddcrets de
IAik-mblee national rendus en leIr faveur. La commune da
Por,-na-Prince a ete oblige de capituler aprts des foitics
mal-.:ureures & quclques h.biutaions incendidcs. Le concordat
eit ir.:peratif & c.ige:!nt de ]a part des gea ns e cou.eur. Tous
lcs -aric:s-ont accept -- --
Lt paroif'e du Alitiebblais a parcnllcment paffi un concordat
avCc !es ge'ns d code(: tr, L qui pa-rott plus fuge. Lorrqne j'anral
A a Idifpofition ces diffireutes pieces, e n 'emprelerai de vousi
les trarf-nettre.
J'ai demdrnnd des fecoiirs aux hommes 'de couleur du Mire-
bhis; fje les ai engag s P fe porter en pins grand nombre
pofblile a camp de M. de Fontanges, dans la parties des Go-
n.fives. Cot oicier-gineral a dte grievement br'eff d'une balls
a IlYp.Iule. L
LU p:artie du fEid t et encore tranquillc.
J'ofarois croire que Ic decret du I5 mni occalionne tous les
rnt!x qm sopc'lent ici.
'o*'s jngere2 Mlonllcur, combien let fecours qne jevous at
de maindcs


ir~r~--~--~ ---rllr --c--r--








(oujours beaucoup fur votre prudence e vote roderation poor
temperer lanirmofte des efprits. Vous pouvez montrer cette
lettre & la.prccedente aux chefs de larmnie de coulcur; je les
exhorte au nom de la Patrie en danger a fire quelques
sacrifices nomentancs pour le bien common. &, pour ne leur
laiffer aucun doute fir la purete de mes intentions, & fur nma
ferme rifolution d'appuyer toutes leurs demanides lorfqu cllec
front juftcs & conformes aux decrets nationaux fin.iopnnis pay
le Roi,, je vous prie de leur communique la copie de la
rcponut tie j'ai faite deriiicrcmcnt a leurs fteres du Mieba;lais,
& que je joins ici.
Signed' BLANCHELA NDE.
n- l-lip ni n n -nII
No. LXXX V.

LZetire e M. Defaulnois, J Al. de Blanchelande en date
du 16 c0olobre 179 .

MONSIEUR LE G k W RAL,
II me paroft que les honnetes gens de la ville lAffemblee
administrative &la municipte fententla faiite qu'ils ont faite
ae laiffer annullerle concordat avec les gens de coii!eur.
Car depuis quatre a pinq ours l'ol eft eltre en pour parler
avec eux; de Caradeux leur ayant ecrit lui-mirme, lai qui-
etoit fi oppofe au concordat, lui qui, reuni i d'autres, a pour
ainfi dire ameute le peuple & nos foldats centre eux, pour en
favorirer la cafation & marcher contre eux, malgre mres opinions
ik fortement montrees contraires, & dnt il avoit tire part pour.
mne fire fufpe&ter de les favorifer.
En confequence les mulatres ont envoy une deputation de
quinze a vingt, pour demander des vivres & les efcorter.
Le people & les foldats, ameutes centre ux propofoient de
les pendre a la municipality, &, aulieu de vivres, de leur en-
voyer des boulets. Mille autres inve~tives & quelques coups de
batons ont etd difperfes injuftement fur eux par des foldats;
mrais par la prudence des mulntres cela n'a pas eu de fuite
ficheufes., & ils fe font retires de la ville avec' la promeffe
giuon leur en enverroit dans 'apris midi.
IUon a charge plufieurs cabrouets de fariue, de nantegrc, vin,
Wuile chandelre, &c., pour faire pafler a lear camp. Pour en




I 1


Noaenmbre apris midi, ayant. a fon board MM.'les Commiitires
civils envoyes par Sa; M~jefi dmns ceLLe cotloie pour y rctablir
l'crdre & la tranquilliti pilblique.
M, de Cambi conmmndant cette oicfgate, nm'a remis les
d~pech s dont vous I'aviez cb.lrg pour noi.
.MM. les Comnmiifaires m'ont done communic. tiofn de leur
comnmiifon; & d'apr les diois l dui p:1.ruraphe 17 du
memoire du Roi pour leur fervir d'iillruition je me fuis oceup6
de fiir ue l procl ma:ioin, don't je joins 1ci dts excmplaircs : je
vals la fire' coroitre dans touted 1 colonie.
Je penfe que r'arrivce de M1M. les Commifliircs civils, don't
ils vous fi;ro':t part fatis doute, yrod::ir4l dcs ef'eis falutaires :
rien n'eft plus a defir.:r. Je croni avlli q',I les circonfiances
favorables qui pourront fe pr6fcnter pour ceipdre tous les ref-
fentimens que le Fpaffi auroit pu fair-" naire, n'echapperont pas
ia leur zdle noh plus q';'atx Membres de I'AffemblDde colonial,
& qu'ifs s'cn'pretfTront les uns & 1'.:s autres a esa faifir afiu de
f-ire difparottre toutes le.s traces 'anncienits ivi:vions qui n'ont,
que trop nui & qui nulfeut encnre a I. ftliciiC piblique.
J- rem.-;ttrai Mlnfieur, infl'.immnnent a M I. :les Coimmif-
faires civils.t lec memoire fur mon admirift-ration a Saint Do-
miigne afin de les me;itrex au fait de ce qui s'ec! payflf & de
1.1 vraie lituaiioi de l.'colonie' au moment de eour arrivmc. C'ft
d'.llleurs tn eCpof! d- ma conduite dcp.'is Ie :i6b oil j'ai pris
les ren.s d-i go:'lVine.entei JC cttile il1. J'avrai'"honneur, Mon
fieur, de vous en ;iaJrecffr d.-s exemplaires. Cetlte recapitula-.
tion de ma correlfpondince avec Ie "Jini'irl', 'n s pri ntera
p'irilcu;lilreTcn:t Ie tab cca. des evcnemens :je defire qu'il vous
foit agieble.

P. S. Je reoits a .lnflant une lettre de la ATnicipalite din
Port au Palic , .1 ont je v;aiis j.i.i1dr' j .i nle cO. iC; ia vCrie de
fol coil;ei m'eft affirn4e fins il'ti il -:r M. die Siulnois.
11 y. a f.tis moue tln.L tnm.,1iiition frpdr'ui.r prroiince foif
r.t(c tic.mll.:rc1 .l 'e colomL- InI p .y nj.p er fa del ir" t'ioin talee elle
doit d6iln (l rouvnert ts c.i ;il.cs dals tons :Is nc'res Une
lueir ,d'efpoir occafionn pr I.-rr:.'e de' Comn- inl.ircs civil,
fivbloit 'devoir ;a lo,,ir n1e i'nr i-:l d,- & n's i&stleines ; cette
fvisf ;1o.. di ,.on :nt Coe iroave cell:n1-'c. to;,!:.t & d'au-
tant l':, qe notre pofi;ioni dfilns I.1 province du nord, & la
nu!lit' de nos moyens, inetmeni n'bir.mle au dit.!r que jaurois
de voler au Lcours dts parties dJfo!cs : mais ii faudroit des
SP







C 14)
eaptaine,. d'un lieutenant, d'un fous-lieuten3nt, dl'm fourricr,
quatre fergens, huit caporaux, hinit appoints s, deux tambours ,
a de foixante-quatorze ftifiiers.
1o. L'une des dix companies formant le bataillon, fera le
service des canonniers.
60. L'un des deux adjudans fera choifi par le colonel pour
fire le service de quartier-maitre-tr'forier.
7. Engagement fera de trois ans, avec faculty de fe reti-
rer au bout d'un an, en fourniffant en replacement an home
agree du capitaine de la compagnie a laquelle on tera attached.
80. Le prix de l'engagenent fera de rzo liv. 66 liv. front
comptees a I'inflant oil l'engagi fignera fon engagement.- 54 liv.
- froat mires en maffe.
Appoilntremens. m
9o. Colonel, .. . 0 o,O00 liv.
Major, . . 6,600oo
Aidc-maijor, . 3,300 li.
Adjudant, . ,400
Sergent-major ". . 70
Chirurgien-major, z,ooo
Tambour-major, . 70
Portedrapean, . . . ,ooo
Capitane, . *. 4,o o
Lieutenant,. ... ,000
Sous-lieutenant,. . ,400

Sergent, . . 5oo
Capor l, ......... 4oo
SAppoint6, .: .. 3#0
Tambour, .* 3o
Fufilier, .. . ooi
Armement.
xo'. Fufil, bayonnettc, briquct & giberne.
Habillement.
11o. Habit de coutil b!nnc, collet rouge & parement noir;
bouton blanc, fur lequel fera dcrit Saint-Domingue; gillet &
pantalon, guetres en coutil audi ; chapeau i 1'angloife round,
avec panache rioir & blanc.,
D. rapeaux.
ti0. Premier drapeau'bliunc, les cravattes noires, rouges






$ &


t lu ai crite ; i mina mande q,'il all.it rafl'mner lers tronpec
fur la frontierec, .& qu 'a re t; de.; ordres de f.n FSii-'Ir.-, iI 's
feroit entrer dmis la partie fianoilfe : mats feccours f-ra b-ien
mince. Dejh les Am-vric;ins en trade dtC cUcte ile, v n'.;ok.it
gncreuifement offcrl i o liommiesi qute j'i a;t.ept.s, & qui fe con-
duifent parf;itenicr t 'iicn.
L'AfTemblee gindrale confiderd.nt que la Coloiic etoit d:mns 14
plus grand danger, & particulieremrnot la parties du Cap, oA Ics
ateliers Ltoient ea revolte ouverte, & jugeant qu'il ctoit inflant
d'ufer de tous les mobyens propres a arrcter les manix qui la dc-
vaftoient, & don't les progress ffe manifeftoient de la manitre la
plus affreufe ;.'Affemblee gei'erale dis-je, fur 'offre que firent
les gens de couleur de partager les perils & les fatigues des
troupes patriotiques &, de line, a'accepte leur fecours : its out
laiffI pour garails de leir fididlit leurs femmes, leurs enfans &
lears proprietes.
Cette difpofition, fige affrlrement dans les circonf(anccs od
nous fommes, me donna l'efpoir de reduire les rcbelles quand
nous pourrions marcher a eux. En effect, ces honmmes de couleur
font craints des ncgres, connoiffent Ieurs allures, & font capable
de detourner leurs proerts; its font aulli d'un grand foulagement
.pour les troupes de ligne & patriotiques.
Js n ai difpoft aufli-tic : fen ai relandu dans tons les ports &
fur-tout daus Ie morn'. qui touche au Cap i je conserve en ville
la nialeure parole de ces homes pour les avoir ati b-ifon.
La marine royale ni'a propofl d'occOtper un pofte fur Ie morne
St.-Michel; j'y ai confenti. Elle fert avec le plus grand zeleI,
& elle eit on ne peut pas plus tile.
Quoique Ie Cap foit tolo'.:rs l'objctprinci-p:ade rmes follicitudes,
les provinces voitines ne laiffent pas que de m'inq.ile:er vivement,
& je cherche i venir leur fecours ,plusen munitions dc guerre
& de bouche qten homines; mais les moycns ite manquent.
L'Afeminblde general m'ayant invite de nonmerM. de Rouvrai
nmarecha,-de-camp, commandant des troupes patriotiques de 1.
parties de F'eft, de la province dii nord, je lul ei ai' expedii la
commnifion, & en meme temps je lui ai domnn te tcomnmandemcnt
,de 5o homes de troupes de ligne qui f trouvent flans cette
parties. -II doit, avecces forces, former un-corps d'environ 50o.
homes, dor I'emploi eif d'cnirpepher que f'inifa.rredion fe com-
minique dans ta. par.ie du foit Dau;phin 'Ouiuaniiihilie, &c.. ;
&dLans Ie cas que Is circonflances Jui permiltllut de fire quelqaue
fortie offensive., de n point en ngliger I'occ-.aon.
\ ^ f:.4


8~gp~ ~-I~---------- ~_








part de nos d6marches au fujet de la n6goc;daion que nous
avoais elAmin-C. Nous allows, Mlonlieur le General, vous tracer
lnoti rondid;ic depuis c'.te- tpoque.
N14 rRc..i ,t p-rfoinc dde la mnonitigne nons avons, par un
imerinedi;ire, f.it p,fl.r ine leatr. qui avoiL pour but d accela
cier ine riponiif dr leur part, & de lcs tranquillifer con;re leI
cr-intes jq !- de Indchaus efpriis auroient pu ]eur avoir fuggerees.
Cclui par 1cquel nous leir avious fait p'fler la proclamation
de M. Ic Gouverncur- gin.ral nous affura qu'il lks avoit faith
paffer a ieur chef pr-incip:, qui 6toit a la diflance, a ce qu'il
lui avoit et& dit, d'une journ6e de chemin du lieu de lear raf-
fenwblement, & qu'il ne pouvoient pas prendre fur eux de
nous doiner aucnne rdponfe definitive.
Le mime home nous a fait prcffentir que leur de'r toi
fexec.ution du decret du Mai, avec lextenfion prornife.
par I'Affemblde gdnirile & le r.prdfentant du Roi que cs
feroit un moyen de fixer leurs doutes & de calmer leurs in-
ie'tudes. ,
II nous apprit aufl que les gens de lamontagne n'&tolenl
cxa&tement que fur la difenfive, & que les habitans proprid-
taires ont fqu gagner fur les montagnards de ae fe porter h
cucun a&e hostile.
SNous attendons, M. le Gendral, le retour de l'miffaire
envoy i leur chef. Comme depuis hier midi jufqu'i ce matin,
il a fait, une pluie considerable c'etl fans doute ce.qui aura
retarded lenvoi, & qui nous prive de connohre leurs voeux.
Les peines, les fatigues, la vie mLme, ne front rien pour
nous, fi nous pouvons procurer la reunion que M. Ie Gouver-
neur '& vous M. le Gnd6ral, defirez fi ardemment.
Signed, Laforet? aind, & Rouanez, fils.


No. CXXV I I."

Lettre de M. d Aff'ras J MM. L.forb afnd, & Rouane, fis,
iau campt diti Roucou Olobre z17t neuf hcurcs da
martin.
J'ai recu ce mating, Mefieurs, votre lettre date du 5 Oatobre
c'eft touours avec un nouveau plaifir que fapperqois le zele
que vous mettez a, remplir 1'objet don't vous etes charges.
iyu ave bien Lait d'dczire iue feconde fois pour accilgrer








Nous urcrons de vos bienfaits. Les ours que vous nous coa-
ferverez rie front pas affez longs pour fuitire a notre recon-
noiffance : nos enfans en garderont le fouvenir.
La France rCgdnlree n'avoit amnais pu croire A des refultats
auffi facheux elle rt'a pas penfe a nous en garantir. De quelle
admiration ne fera-t-elle pas frnppee quand elle appren-
dra que fans vous nous n'exifteriots bientut plus pour aucunb
Nation t
Le Commiffaire de 1'Affemblde g6nCrale de la pantie rran-
s;oife de Saint-Domingue, que nous avious depute vers vous,
nous a dej;i annonce tout ce que vous faifiez pour nous. Reccvez
les aflurances de notre attack ement & de notre fenlibilit .
M. le lieutenant au gouvernement general merchant avec
'ious dans La plus grande intelligence, eft tellefent attache aux
iittircts d ntre pays qui part nore, & notre jole de vous voti
ici, & ,notre gratitude des fecours que vous nous portez.
Medieurs Affleck & Edouard ont temoign6 A l'Affemblke leur
fatisfaftion fur l'accueil qu'on leur faifoit, & ils ont pris place.


N. LI V.
Dut sZ Septembre 1791.
L'Affrembnec le n&ale deliberanL fur la premiere partie des de-
ntmades confignees dans la petition de Mefficuts les Commif'aires
d'e I'Aflemblde provincial & provifoirement administrative de
I'o:etl;
ConfidCrant que par fon arr&te du so de ce mois elle a statue,
autant qu'iL 6toit en elle, & d'apr les difpoltiones dcs dcrets
de la Nation fanlionnes par le Roi, fur 1'etat des homes de
coideur libres, '
Arrete qte M. lieutenant aur gouvernement general de-
meure mvitue a fire une proclamation interpretative de I'arr&et
de I'Affemblde g6nerale en date du to de ce mois, laquello
puiffe rappelcr a leut devoir ceux des hoimnes de couleur libres
qui pourroient les meconnoutre.
Denicure pareillcmrente invite M. It lieutenant an gouverne-
mernt gciihral dc notifier ladi.t proclamation aux Aftembies
'dimniaiflratives, pour tre par clles notifides aux Corps popu-
laire & civil; & en outre re luc, publi6e, affichte & imprim.ec
4r-tout otr befoin fera.







0o homes quilA detinoit au camp du Borgne, at endu la plus
grande importance du pote qu'occupe M. Vallerot.


N'. C I V.

Du 7 O "obre 1791
Les commifnaires envoys aupres de M. le general, fonf
renters & ont fait part a i Affemblee que M. e geqrral demande
qu'il foit adjoint a chaque commandant des colonncs qhi doi-
vent marcher confre les n.gres, deux'commiffaires de 'Afcm-
blee, pour 6tre prdfens au parlementage que l'on fuppofe devoir
avoir lieu avec les rvolths.
L'Aifemblec arrete qu'il fera nommrn quatre c6mmniilaires,;
fur-le-champ, MM. Gauvier, Gault, DorC, & Dubourg-Lalotbere,
ont etV choihs pour fe rendre aupres de M. le general, & de la a
leur destination refpefive.
M. le general a donned communication ~ FAftemblee, d'une
lettre des citoyens de couleur d- Saint-Marc & ddpendances.
ainfi que du concordat & autres pieces y jointes.


No. C V.
Dit z Ociobre z7y1.
Le rapporteur du comite de finance a hait un rapport con
cernant les inftruaions i donner auxcoHmmiflaires delAffernmbbe
pour les ttats-Unis de rAmerique & propofe un project d'arrete,
qui eft adopted come fuit:
L Affemblee general de Lh parties francoife de Saint-Domingie,
apres avoir entendu fucceflivement les rapports de fes comites.
agriculture, de commerce,, militaire, de fuibitance & de
finance;
Confidrant les motifs qui font decide a nommer des com-
miflaires pour aller foliciter des Etats-Unis ks fecours de-
-venus neceffaires a ]a reparation duune-partie des malhlurs que
la revole des efclaves a multiplies dans l Colonie ,
A .arrkte & arrete ce qui fuit:
MM. Payau & de Beauvois, conuaniMfaires de FAffemb'ee ,fe
* . -- ** '; *


r"~








Confidrant que ce n'eft pns dans un temps de troubles, da
onfufion & derevolte, qu'elle peut s'occuper de 1'objctde cette
motionn,
Coriderant que fes arr'tes des T 6, 14 & o& fcptembre d.r-
mier leur out tc6 infidieoufement interperitcs ;.
Confiderant que les hommes de couleur & negres libres out
ctei snchamment excites a des opinions erronees iur les decrets
nationaux, & notamment fur celui du i Sn ai., qui 'a jamais
tte officiellement envoy dans cette Coloonie
Confidrant qu- .le decret conftitutionnel de "Affembl6e na-
tionale conftituante du 24 feptembre dernier ne peut maiaquer
de defliller leurs yeux & de les ramener leur devbir ;
Et dans ce cas voulant les prendre fout fa fauve, garden
fpeciale:
A arrete & arrfte :
.t. Qu'elle ne s'occupera de l'etat politique des lhonimcs de
couleur & negres libres, qu'a la ceffation des troubles occafion-
nes par la r6volte des efclaves, & quapres que Icfdits hommles
de couleur& nigres libies, reitris dans leurs paroiffls refpecicves
fous lautorite de Affemblee g6n6rale, out renis dans les di-
vers camps, fous- les ordres du reprefentant du Roi auront
cooperde avtc les citoyens blancs a rainener l'ordre & la paixdans
la Colonie;
zo. Que les hommes -de couleur & nc-gres libres front tenus
de fe conformer au precedent article, fous pcine d'etre pour-
fuivis & jugcs par les tribunaux, commune fiditieux'& pertur-
bateurs du repos public;
;0 Ordonne que tous les projects & plans rdcja propofts con-
cernant 1'6tat politique des hommes de couleur & negres li-
bres, feront remis a fton comite de conflitution pour lIi pr&
center fes vues auflr-tOt que la tranquilti Ietablie permettra
de s'occuper de cette question.
Declare l'Affenible general, qu'elle maintient de plus fort
fes arrteis des 6, & 34 feptembre dernier : en confrquence,
autorife de nouveau les hommes de couleur & nbgres libres de
chaque paroiffe a lui presenter leurs petitions qu'i leur'
fera loilible de fair parvenir par un d'entre eux, choili parmi
les propritaires nes de petres & meres libres, lefquels pourront
zefter dans le lieu de la refidence de I'Aflemblde gen6rale, pour
y fair tells autres petitions que I'inter&t defdits homes do
couleur & negres libres femblera exiger;
4. Qu'elle accord amnriftie generate aux homnles de cou.








pot combattre Tes ennemis du bicn public; a Pappui de quoa
nous envoyons ci-joint le iertficat de M. Meuller, capitaine
de notre diftri;ft
Avons arrjcie & arretons unanimement, que tdutes nos peti-
tions fe bornent a nous en rippoirter & conformer a tout ce
qui fera dcidd & promulgue pour 1'6tat civil de nos freres des
autres quartiers de la Colonic qui Ont bien m rite de la, patrie.


No. C X X.

Extrait des regifres des diTibe'rations de la commune de
Saint-Lbuis.

Aujourd'hui Samedi huit du mois d'Otobre mil fept -cent
uatre-vingt-onze, dix heures du martin,
Les habitans citoyens blancs de cette ville, quarter & pa-
roife .de Saint-Lous en confdquecne des Ictttes circulaires
qui lii ort et6 adreffdes en date du du prefent mois, par
Mfeierieurs les ch:oyens de coulcur affembl1s a la baye du Merle,.
& a leir invitation fe font af'fmblJs dans I'glitfe paroifiale de
ett.e ville PVeffet dc prendie connoiffance des pieces qu'ils
ont a leur communique, & reccvoir leurs petitions, & de fuite
your former ladite affemble d'une maniere lcgale, a laguelle
ont aflitle Mefficnrs les coinmilTTires 6nommIs par le confeil-ge-
id6r;l de Ia commune des Caycs : it a ete unanimement arrft6.
quil ferolt nommnd un Prcfident & un fecrtaire par la voice des
fcrutins, lefqnels ayant Et6 faits & fur-le-champ remis & dd-
ponills par VM.. Rinaldi & Philippe .da Pas, nommes com-
niffaires ad hoc, M. Mongin a ete nommi a la majority prdfi-
dent .& M. Pinon a 6td nomme fecrdtaire de la prefente
affembl'c ,e lefqucls dits fieulrs Mongin & Pinon ont accepted les
charges aL cux dfireCes,. & out prete leur ferment cs-mains de
I'Affemblce te s'en 'bien &4 fidleinment accquitter.
Alors AMclieurs les citoyens de -conleur, an nombre de fi:,
ont donnd le erc, 1 d'un proces-verbal par eur drefth le 5
de ce mois, la baye du Merle, lequel leur fert de pouxvoirs;
1. Du concordat paffl h la Croix-des-BEo-qucs, Je ii dua
mois dernier entire les citoycns bl.ncs &.les citoyens de couleur
du Port-au Princc;
;o, D:'ui lcltte a eiu adreflce par les pr6dilent & officicrs






( ;77 )
Les trails arrachs par l force ou la perfidcle, ne peuvent
avoir qu'un fuccs paffager; & Ie retour doitLtre terrible.
L'Affemblge g Pnirale vous avoit trace une route plus heu-
reufe & plus sure. C'et dans le fein de fa juftice, de fa bonte,
que vous deviez voler & vous rdunir.
Ceffez d'in'voquer aveiglmirent des lois 6teintes, qui vous
portoient les coups les plus rigoureux.
Ceffez de croire que le fage fCnat de la France, que le Roi,
que le people franoois patifflet approuver un moment le d4-
fordre & le crime.
Craignez plut6t la juffe fe'verit de cette Affemblee augufte,
don't les fentimens & les decrets ont &t calomnieufement inter-
prdets. .
Craignez 1a terrible &:jufte vengeance d'un people enter ,
don't tous es interests ont t fi cruellement outrages! Craigiez la
terrible & jufte vengeance d'une colonio tombee en un infant du
fatte de la profperite dans toute la profondeur de l'infortune I
Craignez, enfin, 1'eclat de cette chute, & le refTentiment inevi-
table de routes s puiftances qui nous eivironnent, qui ontles
M* mes interests que nous!
Tremblez fur-tout que vous ne foyez reconnus & jugds
combine les auteurs on les complices de tant de malheurs & do
forfaits.
Le jour de la clemence n'eft pas encore pafT; lAfT'emblee
g6nerale vous ouvre fes bras proteaeurs: venez-y dtpofer vos
-chagrins & vos efpirances.
Comptez entierement fur fa loyaute' & fa bicnfaifance mail
comptez aufli irrevocablemeit fur toute fetendue de fa juflicc
Sc de fa fermetc.







J'i.ee ' f ",,&







(* o 8 r


N C X X X V I.

Petition des homes fc couleur du Cap.
D u I uvenu're 27 ^ *

M. I P R SI E NT & E SSIE R S '-

Occupes de la dfenfe d, la pro inrce, delr:nt Ie conrcours des
paroiffes, nous n'avons pu rcpondsrc ph s 1St aux V Aux de vos
arretes qui autorilfocnt nos p.tiiions.
Nous pitons IAffemblce general.: d. noas fair jouir rr i-foi-
rement du bnit'ice du dccrel d li mai, & de 'Fii..;nldr. fr zo:s
ceux de nos freres qui n'y participcnt pasi c'eft Ie bicni.rkir ir:
nous lui demndons ; nous ne gouterons tout le1 pixi de niri :-
bonheur, qu'autant qu'ils en jouiront avec nor.s. 3! flrt iio.t
frdres, nos amis, nos compatriots : po!rrions-no:Is etic hiureiux
fiis eux ? Ah! plut6t que les nceuds lcs plus : ri,-s qu.'une'
harmonie digne de la rigcneration des Franqois cin-entLe par
un oubli univerfel de tous les torts que cls circ',:itbTccs unt'
caufds, reuniffent d6formais & les pircs, & les r:laf.;s,- &-Aes
freres; qu'une faLisfation general en 1ternife l'heur-ei& dt uce
cpoque.
Suivent les signatures.


Pikes


~I --,I- -








Enloint, an fIrplus, l'Affembhbe gcnMrate aux nmnii:pail's,
corps popj:'ylircs &c conuinaiudauns, de it porter *aucun tro'bte
ni en.pcli.:mint a kuis Alffcnblecs pour cet efcli nifnie, & ies
prolf._r, pcir quelcmnillion de Icur voeu pairvienne liLitrc aeit
le plus pro:;:plemneni poslble.
Sera le -yrelcnt comnmu:tliqu6 a M. l*- lieutenant 2u go"vcrne-.
mn-t gitLir:a pour avoir Ilod i pprbaiion, potifid aux AfiVm-
bllcs provinci".les & aux inmunicipl;itts & a:u.tris corps .op:Ilaircs ,
pour tioir fon execution, & en outre Vtre lu, public & afliclh
par-tout o01 befoin fera.
.-- --:,..- - ----1 < .- --r-n-
No. X XXXV
Diu 7 Septembre ur7pr.
Un des fecreitaires a donnS le&trre d'une <.dreffe de diff&-
rens capiaines Anglo-an~ricains, dans laquelle its demandent
la permilfion de fortr du port, les uns pour aller faire le dibit
de leurs cargaifons au Port-au-Prince, les autres pour sen retour-
.nEt a la.Nouvelle-Angleterre.
L'Affembl 6 grntrale confiderant que les Anglo-americainsfont
des strangers qui viennent avec confiance commerce dans nos
ports; & que l'embargo gin6ral ordonne dans la Colonie feroit
a leur 6gard uue violation manifefte du droit des gens, s'il n'avoit
iti commander par la neceflit;
Confiddrant que d&s le commencement des troubles elle a
cnvoy1 des commiffaires a la Nouvelle-Angleterre, pour lui de-
mnnder des fecours d'hommes, des armes, & des vivres ;
Confid&rant que cette mefure peurroit cchouer par l'excution
rigoueufe -de ibn arrete fur l'embargo ; & defiant adoucir lim-
pretlion fc;heufe qu'il auroit pu caufer a la Nouvelle-Angle-
terre;
A arr6te & arrete, apres mdre deliberation que les trois capi-
tainesqui ont demanded lapermniion d'allerdcbiter lears cargaifons
au Port au-Prince auront la liberty de fortir du port mais en les
invitant fortement de fe rendre I'ln au Port-de-Paix, & les
deux autres au Fort-Dauphin, pour y fair la vente de leurs
cargaifons
Que Ics capitaines qui defirent de retourner h la Nceuvelle-
Anglcterre en auront la liberty, mais ainfi qu'ils 'ont Fropof ; de
jnanire qu'il ne fortira des batimens americiins de la rad e, lqu'







( 88 )
fairft cprouver. I eft bj n vrai qu'attaqu's dans lems retraltes,
Ms Fe fInt vus r3duits, pour Lfuver lears jours, a iepindre le
f.,ig .d srau;pis, q ilis out to'u ours regLar.n.s & regardent en-
cor corrie lcirrs fri.s & leurs i C:rit.bles .mns ; mais ii eft de
toute I'l It. quils ayent fouleve des cfch.Les : de tells prin-
cip's, PM. 1i, i ncral, ni. font pas connus d'etx; & c'eft fas
-d,'rte eacor un trahi de wiliiiuiie des eninemis du Lien public.
II fl encre -i .,1 ,rti q ie i-des 'Tcl. tv s out profit du pen de
termps qa'i d ir" lt dii'ion entire les blancs & cur, pour fe
r' riir & fre ir ntfpi)r. -c fir pr'tieurs h:bitatios qu'ils oit de-
v.'L1s: 11 eft 'ien vrai qli ot fuivi al; rme de couleur jufqnU'i
la Croi-ds. B1o zqt'ts, q.,e les citoyens de couleur les y out
r;.i,:.',n "+. Is y obf., r; nt mih, Ie came rt;'al; ltunion la
pl. tL r,'. -11- O.'- e en;trec ILs deux pa'tCs, ainfi que vous
lavez di, *or p'r le co'-'ordat entree la'grde national du
Port-:-PK" t,: s c;toye..s d. cotietir, a bienltt fait ceffer
ces V.',rtdr',i; & I.i,'.:i.t, oni bientot,. M. le general, notre
itdni! .wt-iera de Iti ilc. ces horreurs, & de fire rentrer
le re'Ile d.ins lear .d, or.
S'.';., ls r' prif:..'lans de la conunane des citoyens de
co'ie-ur dt. h"icircb lais.


No, LXV I X.
L.:r: de .. de J,,'. :r'ourt ,J ,1. de Blanchclande en date
tld 30 SJe)in.'imbe 1791.

tMOw SIAEUR E GN'i rAL

Noi-,s fo ines (l'pi;min mrois d.ns nn' ilat de crife difficile
vn''-: e,.pF: 'E. En h.it : 1 !I,' Ie .' I mat in.tenlik'"nnes du Port-au-
'riice, la n'ti-ce ~"d-s-i-mmes di? co: leur, aux pri.cipes de
tL-';ic; .:,- d'T p.i. q;i font p-r:ni nous ; mciiac's de tous cotes
P' 1.,:S .:ce.'v-r i~ n'a p'iS il.oins F.1ll potu;-C O's .ituver jufqu'a
ce o:iciut que le. rli.-' I'tiuellen.ent di dc'f-is long-temps
i la fti, c'n lui:e de a p:;r-,ilTe.
A laiii du m:-;s dcrnicr, pr$cit:fment a ip.oqueoi ont eclat6
le, nmAlichir. du Nord, I fol.pqons auxquels dqrInoient lieu les
AffemblEcs des gens de cnuleur du Port au Prince ont faith
e:laircr de pris cur cond::itc; &I foit effetivemiient quc l'on iCt
t QwV daurs les umifons de quelques-uns des amas de cnrtouches


------I' ~I1cll""c"~l*"--~n~FI~-- I1I







(S i )
eutre reconnu que leur prilc d' rmcs tiendra ijufu'a :t .tircnt
oil les d:crets de 1Affen:blce national Iro!nt pohFti'lcm nt
& formellement exw.ulcs ; qut'en cciftquence les ?rin-s ,
c:inons & muniions de gucrre eln'ri-.s pendant les lcombiu
qu'i ollt etu lieu reflerou en la pol. II.:on ide Cr-tx 1.t' out er
le bonihc:r d'etre v;:inqueiirs ; que cepcndnt les pril.i;icrs
( ii oiutrois i (n eit.) foient rinis en libcrle de part &.
d'autre. ( dccepte')
VI I.
Demandenttlefdits citoyens dLe codlcur, que colformcient
a Ia lui du ir fi.rier dcrtier, & pour LiM r alticun dotite
fur ia linccrit4 de la reunion pr.s de s'ophrer, ioatLe profcrip-p
tions CLffell, & foient rdcoqu(cs dl's *e monient ; lue touts
les perfonnes profcrites, dJcr&dees, & contre lefqul, I.; i; feroit
intervcnu dcs jugemL.is 'ou condamnations quclcolnq.L.s pour
raifon des trouble's furvenus dans la Colonic dicpnis 1,: corn-
meniccenti die la revolution foient de filite rappeltes & mile
focus Ia Frotctdion facr,'e & immediate de tous les cicyen-s,
que ri-pIrionl folemnel & authefitique roil faite i leur hlbnciur,
qu'il loiL pourvu par des moyeni convenab!es aux indenmites
qu'. niccflitent leur exil, leurs profcriptions & les 'dcre ls .dc
cernes con.r'eux ; que to.iies contifcations de leurs bins foicut
levees, & que rellitution Icur foi ffaite d tous les objets qui
lek.r ont 6te, iIlevis, foit en exicution des jugemens prononcds
contr'eux, foit a main armi c ; demandant que le prlf.Tit article
foit ftri.tement & religieCiufment obrfrve par tous les citoyens
du rellort du Cotecil-rluperieur de S.iint-Domiingue, & fur-tout
a l',gard d!s _fieurs_Poi fo,_De -marzs les fir-cs-RegnEau1l- &
antres comprise au mnime jugement que ceux-ci, ltoIS Is lh :bitans
de la paroiffe de Ji Croix-des-Eocquets de meme qt':1 l'dgard
du ficur Jean-Baplifte la Pointe, Ihal'iiint de I'Arcah:iye centre
Icque i. n'ell intcrvenu un jiginent f'vire que p.1;ir une f!ite
de perrecutions exercees centre les citoyens d. co:dlcur., & qti,
profrlit par les citoyens de Sjqit-M.irc & de rArcahiyc Wna pu
fe difpenfer d'employer une -;lfte d6fnfel centre quhlqu'un qui
vouloit 1'affalliner, & qui l'at'ai.Enoit en fcet; fe rifcivant lcs
citoyens de couleur de fire, dans un autre moment & envcrs
qui it appartiendra, toutes protefla.ions 8c recl nations reliaives
aux jugemens pronorces centre les lieuis Ogd & Chavamies ,
& autres compris dans lefdits jugeme~ls ; r'g.arld int dis-a-prflent
les arr6ts prononcis centre les fufdis lieurs par le confcil-fit-
Pikes juflifi'atives, 6&c, F


4 4


--L CI~-- -- --"-








4* .. Autre, fans date, re4ue Ic T8 novembre..
4 4 Difcgurs des Commiffaires de Saint Domingue, t
SI'Afemblde Nationale, le 3 novembre 17r91.
43. Lettre des mrmes Commiffdires, a 'Affemblde Ntio'
S nale, du 6 dkcembre.
S44. Petition des Propri&taires de Saint-Domingue, refidant
a it Paris', du 9 ddcembre.
S4. Lettres des fieurs Paulian, Tefrier, & Colettes; fe
*: difant Depuits du d6partement du, Sud de Saint-
SDomingue, du 8 d6cembre.
46. Lettre des Commiffaires de la Garde Nationale da
Port-au-Prince, du 24 feptembre '791.

Liaf. E

N, 47,r AdrefTe des citoyens atifs de la Rochelle ,du 3 novembred
48. Antre des negocians de la Rochelle, du 3 novembre.
S49. .Autre des 6fficiers municipaux de Bordeaux, du 3 no-
vembre.
Sfo. Autre du dire&oire du department de la Gironde, du
3 novembre. .
yi. Autre du dire&oire de diftri& de Bordeaux, du i no-
vembre.
1,t. Lettre. des deputies .des ciroyens alifs de Bordeaux, du
'" I 'novembre.
-. 13. Lettre d" direfoire du d6partement de Lille & Vilaine,
.dut-rt-novebr;r-.----- ------- _
S4. Lettte des officers mnunicipaux de Bordeaux, du 14
nbn6eribte.
i$. Adreffe des cioyens de la Rochelle, du t, novembre.
c."Lettre de qu&elqies, citoyens de Bordeaux, du 17 no-
vembre.
57. Ant-e du dire&oire d diftriC de Cherbourg, da zt2
S novembre.
58. Autre du cqnfeij d. d6partement de I'Hrault, du v
d&cembre.
S9..Adrefle -di comrn'erce de Bayonne,du 3 decembre.
6o. Autre du commerce d'Orleans, du I dceembre.
di. Lettre du fieur Lagacuzere, jeune, de Bordeaux, du t
ddcembre,
da. Adreffe des citoyens. de Honfleur, du 8 ddcembre,
63. Autre des ciioyens du lavre, du 8 decembre.





( 3, )
quCe MM. G. Lavaud & companies,1 eurs comminflonnaires, s'ctoient
adr.:Ts au capitaine Fournier, commandant du nav ire le Triuan
de Eo:dcaux, qui leur ;avoi dit qu'il ne vendroit qu'au conmptant
que, dans cette ciconflance, il prioit FAl'Aem ble' d'arrdter que
le fieur Fournier, commandant le navire le Triton, de Bordeaux,
feia tcli de livrer a MM. G. Lavaud 8c compagnile les vitres
niccef'ires anx habiaris du Borgne fous la foliditt refrpdive
de chiacu'n d'eux.--
L'Affembtlee, een guard a la circonftance, arret qe que e ieur
Fournier commandant le navire 'e Triton, de Bordeaux, fera
i.enlu de fournir a MM. G. Lavaud & compagnie, comniliaon-
haires des habilans du Borgne du vin & de la fariue, juflqu'a
la colicurrence dune fomme de fix mille fix cents lvres, payable
en trois mois & fous ia folidit de tous les habicais de la
paroiffe.
Serale pr'fcnt arrete notified a lAffemblee provincial du Nord,
pour avoir fbn exdcution..,-


N 0,. XL I
Du t12 Septembre 1791.
,XLAftemblee g.-ndale confiderant la neceflit de balancer les
recettes a& depcufes publiques:
Confiderant que la ddvaltation de la parties du Nord diminue
de moiti. la perception g6:irale des droits d'exporiation des
denrces, tandis que les circoiitinces multipliert Ics d&penfes
I la charge de la partic fran;oife de Saint-Domingue ;
Confidrant que les planteurs, dans telle partie que ce foit,
de Saint-Do:migue don't les proprictes n'auronii point et la
proie des flammes jouilon de la plus-value de liirs denrnes,
A arrel'de& arrete provifoirement, & attend les circonftances:
A R T I"C L E P E M t.
Le droit d'exportation fur le ea' fera peru par tous les re-
ceveurs de I'olroi, a raifoni de 37 liv. to fols par miller.


Le meme drolt furicls fucres ek inx6, favor, fur i is fucres
Cz






( iz; )
aifation qui convent aur fufdites Munci"paliLts & AfTemblCe
provincials & adminiftratives.
( Accept en ces terms :
Les paroiffes qui ont envoye des deputIs a 'A1tffebl'e
provinciale & provifoirement adminifrativc de I'Oucit les
Seireront fans dlai neanmoins tous lses Aede la.dite
SafTemble fubiifteront provifoirement tels qu'i's e:itlent
aqtucllement darts chaque lieu, en attendant l's nouvcaux.
x plans d'organifolion qui doivenit etre envoyCs par Ai.Tembl&e
a uationale, ou ju u'a la d&ciE(on que. port.rai cet egard la
i* nouvelle alfcrfblee coloniale, a lar tifrve neanimIoins des a&es
Squi auroient porte attcinte avx droits des Ciuoyens de .o:1eur,
lefquels font dc.s-a-prefeit I dclarcs nuls &; de nul eflet.)


Les Ctoyens blanics de trutes les paroilifs di l'Ouetl, rap-
pelleront leurs d'puts a 1'AITemblce colonial; revocqurout
leurs pouvoirs '& rfipplicrount M. le G.icral d'op)rcr l. diffo-
cution de cette affemnb.,e, fi inieux elle n'aime prononcer fa
diffolution.
SAtcceptc e avec Ia condition, qne les aftes de ladite affem-
Sblede f'ibfifteroirt provifoirement & front foujis en definitif
Sa a cirfion de lAffemblee naionale, a la rifervei de ceux
qui auroient porte atteinte aux droits des Cloyens de couleur,
Slefquels font dcs-a-prcfcnit dclar~s nuls & de nul cffet )


M. le Gindra fera price par MM. Ics Commifrlires blancs s
* de co'ileur reuiis des qluatorze paroiffes de ja province de
i'Oueft, de fire dans un mcis a comptcrde ce jour, ue
proclaIatliotn, portant convocation des affcinbl,.e .paroiflia es,
auxqu.lles front appeals 'tous les Citoyens aftifs indilftinCie-
nent, aux terms de l'article IV des inflru&tlons du i l Mars
179o, a leffet de nomimer des deputies a la nouvelle affemblei
colonigtee lefquels front invites a fe rendre a Lnogane, pour
y determiner le lieu le plus flvorable aux faces de ladite
affemblee Acce pte').
Se X. .
Les Citoyens de couleur fe reuniront avec les Citoyens blanucs








SN. L

DiI 20 Aoat fr9. .
L'Aflemblie ginerale de la parties franqoife de Saint-Domingue,
apres avoir ddlib6r6 pendant quatre flances,
A arreit & arr&tc:
AR TIC LE P REM I BER.
Qu'elle ne s'oppofera point aIexCultion de la loi du t1 mai,
Concernant les homes de couleur libres, lorfqu'elle fera connue
ofiiciellement.
I I.
Declare que, voulant donner aux hommes de couleur libres,
ads de peres & m&res non libres, & qui ne participent pas an
binefice de ladite loi du qy mai, une preuve non 6quivoque
de la bienveillance qu'ils ont mirit6e par lerr empref ement a
difendre la cafe publique le fe propofe provifoirement, avec
rapprnbation de M. le lieutenant au gomnvrnerrent general &
dfinmiivement avec l'approbation de 1'Affembl#e national & la
fanOtion 4u roi, d'ameliorer leur etat auffit6t aFres la promul-
gation de ladite loi; intention qu'elle a dja manifeftde par fes
arretds des 6 & 14 de ce iois.


Dclare en outre, l'Affemblee gnedrale, qu'elle denonce h la
nation franqoife, comme traltres a la nation, h la loi & au roi,
les hommes de couteur libres, qui, auffitot apres la promulga-
tion du prdfent arr&:l, ne voleront pas h la ddfenfe de Saint-
Domnigue en danger, & qui, tranq-illes fpeftateurs de fin-
cendie & des afflaflnats, voudroient jffifier leur inaCtion par T
doute fur les intentions de i'AffemblCe gdn6rale.
L'Affemblde charge fon president de fe retire par-devers
M. fe lieutenant au gouvernement, general pour lui communi-
quer le prdfent arretC, avoir fon approbation, & l'inviter de le
fair notifier de fuite aux Affembl.es adminifiratives, qui de-
meurent charges de le notifier anx m'nicipaliths, corps popu-
laires & civils, & le faire lire, imprimer, publies & alicli.
par-tout o& befoin fera,







(t4)
ayant eu connoiffance de la capture faite du nommC Jean-Baptitle
Cap, 'un des chefs des revoltes & que le nommn Jean negre ,
commander fur I'habitation Chaperon de la Tafte, fitu6e derriere
les P&res de l'Hppital de cette vilie infenfible aux infligations
perfides dudit Cap, avoit non feulement prlferve de leur
influence & de la rivolte prefque g6ndrale, l'attelier a la tete
duquel ii dtoit place mais meme avoit denonca fur-le-champ
ledit Jean-Baptitle Cap & que ce n'eft qnk la faveur de ladite
denonoiation que ce dernier a etc pris
Confiderant qu'nn tel example d'attachement & de fiddlit6
envers les blancs ne fauroit recevoir une recompenfe trop
cdlatante
Confidrant qu'il efl important, dans la circonftance oi ft
trouve la Colonie, de prefenter cet example come on modIle
-au refle des ateliers, & cette rccompenfe comme un vehicule &
an encouragement a ceux de fa cafte jufqu'a prefent reftes
fiddles centre le danger de la fidu&ion:
A arrCte & arr-te que Ie nomme Jean, negre, commander
de l'habitation Chaperon de la Tafte, fera affranchi au nom de
Saint-Domingue ; que la nomination fera prononcde par M. Ie
president de l'AffcmblWe gdndrale, dans la lance augufte qu'clle
doit tenir le jour de fon inflallation, en prefence de M. le lieute-
tenant an gouvernement general, de tons les corps civil & mili-
taires, & du plus grand nombre poffible dn people;
Qu'il fera frappi une medaille en argent, portant pour inf-
cription :
D'un ctd : Jean s'efl devoui atu Blancs le premier Sep-
tembre 179 .
De 1'autre : Saint Domingue a aifanchi CA penfionnd JTean,
Ze 4 Sepetmbre t'79.
De laquelle niedaille ledit Jean fera dcore foudain apr&s
I'affranchliiement.
Qu'elle gratific en omtre ledit Jean d'une penfion viagere de la
fomnie de 3ooliv.; qu e e fieur Lambert, reprefentant le pro-
pridtaire dudit negre, fer. invite de fe trouver au fein de I'Af-
femblde gin6rale, le jour de fon installation pour fexvir de
patron a un negre qui a fi bien mrie6;
Que la Colonie indemnifera le propridtaire de la valeur du
negre s'il I'exigc;
Que Ie prdfent arrcte fera prefente I'acceptation de M. le
lieutenant au gouvernement gn6ral, notifi6 aux Affemblees pro-
vincia'es, pour ctre imprimt, lu, affiche & public par-tout oi
befoin feta.









bonheur; qne chacun a fail le farifice Je Ton opinion 1'nte'rt
general; en confluence il a propol Ie ferment fuivant:
a Je jure fur I honncur, & au norm du falut de la Colonic
en danger de me rcunir d'efprit de ceur & d'intention
? avec nmes colleagues & d'enfcvelir dans une nuit &ternelle les
difcufflons qui out pr&cdde lotre ir:ffemblement .;
Cette motion a 6te fortement appuiye; la neceflit du fer-
ment a etc dJvcloppee par diflfrens oratctorss & aprcs dclibIration Ie
feiwent a etl adopt a l'uniauiniti & chacun des hmembres Pa
prononcd.
n r -
No. II.

Du p Autr 171 d Ledogane.

tLe cominifTaire-rapporteur de la commifol nominee ce matn
a, fEit le rapport de fon travail, qui a ctd accept en ces tcrmes:
L'AITfmblee conflituee purement & implement, apres avoir,
dans les fiances des f 6 & 8 de ce mois, difcut4 les bafes
conflitutionmelles, a arrtd & airrte, a a majority de foixante-
fept voix centre quarante-fix, qu'elle e conflitue legalement,
en vertu des pouvoirs de fes commettans, Aifcmbl e geiniracl
de la parie fran.oire e Saint-Donmingue.
L'Aifemblec, aini conftiiude, ne voulant liter aucun doute
fur la purcti de fes intentions & de fes principes, jufqu'a ce
qu'ellc ait pu les manifefter plus formellement en s'occuIp:wnt
de la conflitution de Saint-Domingue, declare que, Saint-Dos
mingue' tant portion de lEmpire Franqois, elle rcconnott qu'k
1'Affemblke Nationale fetle appartient irr&voc ablemtnnt de pro-
naricer fur les rapports poli:iques & commerciaax qui uniffent
Saint -Doningue ,la France, d'apres les plans qui front pre-
fentcs par 1'Affemblee g5n6rale.
Declare, en outre, quille met fans f fauve-garde, & fous cell.
de la loyauit des citoyens, les creances, tant des negocians de
France que de cctte ife; qu'elle miintiendra l'obfervation des.
kpis qui en affarent les palemens dans toute leur vigueur, &
q13elle provoqucra h cet cffet toute finflue.ce de l'opinior &
te. ta force pubiiq:e.