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This copy of a rare volume in its collections, digitized on-site under the LLMC Extern-Scanner Program, is made available courtesy of the UNIVERSITY OF FLORIDA LIBRARY A.D RE 'S SE SP RON N C.E : E, A L'ASSEMBLL E NATIONALE4t S Sdance da jo Septebre au fbir, Pa les cDipuitd des Paroisses du Ports. au-Prince et de la Croix-des-Bouquets. .'',,:' -r-. .. ?O ,- IMPRIMZI PAR ORDRE DE 'ASSIMBLtE NATIONALzi I a^ - MESSIEURS, Vous admettez dans votre fein les Dpput&s de detu Paroiffes confderables de la Colonie eSaint-Do- Smingue :celle du Port-au-Prince, Capitale de PIfle, & celle de la Croix-des-Bouquets qu- comprend la; laine du. Cul-de-Sac & fes dipendances. A cette Dputation Medieurs fe joindra celle de la Ptovinc - au Nord don't nous avons eu T'honneur de renmeire les dkpCches a M. le Prefident de cetee auguffe Af- femblie. Les circonflances n'ont pas. permits que les Deputies de la Province du Nord parfl-nfiit avec nous. Les c6vnemens qui out dorin lieu a notre d6part prt&cipite n'toient point connus dans le Nord. Cette Province, dans les memes principles que la partic famine des habitans de Sai!nt -Donmigue, ten)do t au mCnme but. Vous les connoiflez ces principes, J front pui- fez dans votre Dccret du 8 Mars, dans s lfages inf- trudions qui I'accompagnent: vos DWcrelt font toute notre force. Quelque vrais que lbieint.les'faits don't nous avofis A vous entretenir; quelque simple qu'en fera le rcit ce n'eft pas fais crainte que nous nous prdfentons"'la Barre de 1'AflemblHe des Repreferi- tans d'une grande Nation. Pleins de refped pour vos lumicres ,pleins de foumillion pour vos Dcres nous reclamons vos bontds. La colonic de S. Domingue, Meflieurs, la plus belie des Colonics Francoifes,impor tai te fous totisles points- de-vue poflibles, aulli intdreffante A la France qu'une grande partie de cet Empire par la valeur de fon fol, la richeffe de fes produ&lions Finduflrie, PatQi- vite de fes habitans; plus encore par ler fidelity & Icur attachment A la Mbre-Patrie & a leur Roi, a ce bonRoi don't avec tousles Fran ois ils adorent les ver- tus : oui, tons les Creoles font Francois, ils cheriffent leur Roi, ils cheriffent leur Patrie. C'eft avec enthoufiafine que nous avons jure d'etre toujours inviolablement attaches A la Nation, de ne reconnoitre de lois que cells decr6tees par ses augu (les eprdfentans. Vous venez Meffieurs, d'entendre la profeffion de foi de la Colonic. C'eft fos cet eten- dard que nous nous prefentons avous. Adoptez-nous, aMilea-.rous comrnme des enfans attaches aleurs peres; ... ,/(3 ) & qui veulent concouri au bonheur gEnCral & carter tout ce qui pourroit le trouble. La Colonie de Saint -Domingue qui formeroit feule tine grande piu face fi la nature ne lui avoit refLufi la jouiitllnce des prmtiiers befomis; cette Colonie, don't les produc2iots lent I'Empire Francois a toutes les Puiffances 6trangdres & les rendent tributar'es, a @t menace de fa perte. Peut-etre eat-il 0t6 faege, peut-&tre la Colonie devoit-elle attendre en paix que la regeneration s'operat ici. Les fruits heureux fe fe- roient faits fentir dans toutes les pofleffions francoifes, & nous en eull;ons joui. La Colonie n'auroit point eprouve les fecoulfes don't elle a et6 agitde. Les pre- miers troubles font nes dans les premieres AiAfemblees; les premieres divisions, de la diverfite d'opinions. I1 y avoit des reforms a faire: elles pouvolent s'op6rer fa- cilenient, parce qu'elles tenoient au grand enfemble que lon recfloit. C'etoit-la la inion de quelques lommes froidement fages qui lifent dans eI livre de la Nature &.calculent les homes; opinion contraire a prevalu. L'on a form des AffemblIes, it s' tablit des Comitsm Les Deputes fitrent nomnes; VoLIu les avez admis dans votre fein; & la Colonic qui ne peut plus etre fiparce de lEnmpire Francois ,y a 6t6 re- prdfentee. La Colorie enfin a cuvert rfes premieres opera- tions par une conduit plus l'gale : ii s'eft former dc Afremblees de Paroiifes ; dans ces Affemblees on a nornrn des Eledteurs charge's de preparer les cahiers de demnandes & d'etablir des plans de reformnes. Leurs inftrualons portoient. qu'ils refpeeroient les Ibis eta- blies, qu'ils n'attaqueroient en rien le regime de Iad- miniffration de la Colonie, qu'ils n'innoveroient rien. Cette. inflitution pouvoit .etre utile en preparant les matieres fur lefquelles vous aviez a prononcer. Cette A 2 4 ( lfeumbtle etok compofde de Dcputis de toutes les Paroites & ofiroit un fc.riibe de quatre-vinrt-deiux perfdonnes. Elle ne portoit pas le caradtere d'AlXEm- blee dCoLorlC d;ta.! Le Mimfle, inform de ces details & des preten- tions des Elekqeurs, envoie un mode de convention, ut ne filt point. adopted ni pour la forme ni pour le lieu o&u Aldcmblie Coioniale devolt tenir fes Scan- ces. Les Quariiers les ParoifTes s'afkemblrent de nouveau. 11 ffut arrete un mode de convocation qui part fatisfaire 1'efprit det ceux qui y avoient mis de linterct. Le nombre des Deputes fut fixed ; le Siege de l'Affemblie citabli A Sain t-Marc une des princi- pales villes de la Cotonie. Je touche, Mefieurs, la parties purement hiflorisue de ce qui s'ell paiTf. Je ne diral rien don't je n aie ia preuve a main. Je n'offre point a I Affemblee, A ch aque titre la ledure de la piece au foutien : nous en ferons le dcpot, elles deviendront pieces de convidion. C'efl fur ces pieces que vous porterez un jugement fur un Corps conffitue AffembiCe g6nerale de la parties Franqoife de Saint-Domingue. Dans Panalyfe que je vais faire, je ne me parmettrai aucune appIication, jene nom- ineral perfonne. Les Depute.s a PAffembtce Coloniale nommer s s Te rendirent a Saint-Marc, lieu de leur Seance. Je ne vous ai point parlk des brigues & des cables em- ployces pour etre inomnni cela eft encore hors de mnon ftijet. L'6uvertnre de rAfnemblIe fe fit avec un faffe &ton- nant. On ddcrcta quill feroit chanted un Te Dc~'eu dans routes les Paroiffes. La Colonie avoit pr&et e ie:rment a la Nation, A la Loi & 8au Roi;$ &fule ride r au de la falle de tAlfl'mblee on lifoit : S,;'-:t-Dotmin2ue, Ia Leti 6'* e Ri :plus bha n lre t:zo.nfi.it notre Jbrce. On *prc'proit dI loiQ les efprits aux opainons que des g~cI inquiets & dangereux devoient ouvnr,. Le Pretident de 'Affemblee fit un dcicours qui indifpllh tous les efprits, meme dans 1PAirmblce qu'il pr,.-loli. I Cette Anfieblke qui ne devout ctre que provifobr ir & purement conflilative mcc anut fs dro:tl & fes mfin-ions. Pour ne trouver auciln obiahcle tfes deffein s, elle exigea des pouvoirs ill;mits ,el le mit tous fes M.Tembres a covert de finviolab;litd; enfin Aliemblee fiibordonne, puirqu'elle ne reprernent.t qu'une Sec- tion de lEmpire Franqois, elle affeda d'e:ercer tous les Droits &, les Pouvoirs de rAflemblee Nationale: comme fi les attributes des Pouvoirs fouverains pou- volent appartenir a d'autres qu'a ceux qui exercent les droits de la Nation dans fa totality ; come fi s'aflimiler a eux, ce n' toit pas fuppofer un empire dans l'Empire, & prdtcendrc a reprefenter une Nation ind6pendant.e & feparee. Centre tout principle, cette Affemblte decritaIque la correfpondance des Adminiflrateurs nepouvoit tre range dans la clafle des fecrets prives ; qu'elle ne devoit pas etre fur-tout myflcrieufe pour les Repre, tentans de la Commune, & qu'en confr6uence les Jettres & paquets a radreffe des Adminilfrateurs,6tant des lettres & paquets milifririels & d'adminiflration, feroient ouverts par le Prdfident-en prdfence de PAf- femblee. Les Adminimrateurs Meffieurs, font les bommes de la Nation & du Roi. Cbargis de gouver- ner a deux mille lieues une Colonie immenfe objet de la jaloufie des Nations rivals, quels inconveniens n'auroit-on pas a craindre fi le fecret de l'Eat etoit; entire les mains & B la connoiffance de tout. le monde. C'efl ce qui eft arrive. Rien n'etoit fecret : les Ad- miniflrateurs ne favoient que par le bruit ou les pa-. piers publics le contrnu des paquels qui leur &toient adrefles. Vpus croiiez, Meffieurs que les correfpon A3 (6) dances paiticulicres Ctoieit plus rerpect:es : il feroit facile d'adminillrer la preuve du contraire. La con- diite que tenoit PAflemblde ctoit imit6e par les Co- mitcs dcvoucs a fes prps prici I qui ne refpe&erent rnmme pas le fccrels des families. Ces Comites etoient comnpotes d'hommnnedtonnis de fe voir agents de la chofe pubfqu-e. UnJ Ddcret mrande M. de Campan, Capitaine de Crenadiers an .Rgiment du Port-au-Prince, Major par interim a Saint-Marc, our avoir refuf6 d'afilter a linflallaton d'une Aflembl4e qu'il ne pouvoit pas reconnotreC pour legale & dans laquelle on ne lu, donnot pas la place que fon rang lut affi- gnoit. II prdfente tine lettre de fon Chef. II efi de- crdte qu'un Olficier-s.neral, Commandant en second de la parties d,. l'ouefl, fera mandd a la Barre de i'Af- femblec pour y rendre compete de la dffenfe faite a M". de Campa;n. (1-7 -:;./. )Dcret qui ordonne que M. le Gou- v.,i,- 'f-NIFal renverra fous huit jours fiirin ba- t'nienLt 'ul oi, les de.x cent quatre-vingts hoinmes dc- reerte arriEvs au Port-au-Prince ; que cet embar- qremtent fe rera en prdfence de deux Commiffaires du Comit:5 de louefl & qu'il ne fera plus recu de re- crues dans la .pa-rtie fran'oife de Saint-Domingue ,juf- qu ce q.fe iAffembnle en alt. autrement d&cidd. Ces reci es etolent composes de jeunes gens neceffaires au lrrdiment don't. le fond diminuoit par les mhortalit6s & ies cnngois acquis. L'Affremble etablit un Comite de Bechercles, & ddcre~e que les comptables enver- ront, dau jour du Dccret au o Mai leurs bordereaux de. ca IfT duiement vifds de POfficier d'adminiflration; & derend a ceux de Saint-Marc de fe d6munir'de leurs fonds, fans 'autorifation de 'Affemblee. (7) (24 Avril.) LAfflembl:ie invite M. le Gouverneur-ge- neral a fe rendre aupres d'elle pour manifcfler fes prin- cipesr& fa veritable opinion. On lui obferve que par fon reftis il ne forcera point a prendre des mefures de- fagreables pour PAffemblee come pour lui; qu'il ne la mettrapas dans le cas de deployerles moyens qu'elle a dalis fes mains. On li marque qu'il occupera dans 1'Affemblee la meme place qu'occupent les Miniffres du Roiparmi vous, lorfqu'ils fe prclentent officielle- ment. C'ef au Reprefentant du Roi que rAffemblIe gP- nerale de la parties fran'oife de Saint-Domilguc don't la con[litution n'etoit pas merne gale parle avec une pareille hauteur. C'efl elle qui oe e compare aux Re- prefentans de la Nation, qui n'ont point d'egaux. Une pareille cdnduite Melfieurs, n'offenfe point M. de Peynier, Gouverneur-general. II penfa qu une demar- die que Ion navoit pas droit d'exiger de lui, pourroit avoir un bon effect. 11 fe rendit B S. Marc. Cet home loyal, ce brave Militaire qui a tout facrifie al'arnour de la paix, au defir de la mainntenir, n'a pas eu lieu d'etre content de fa resignation. L'on a lu en fa prefence des paquets intercepts qi lui etoient adrefles ;, y a ete interpelle d'une maniere outrageante. C etoit une vic- toire pour rAffemblee general de la parties francoife de Samt-Domingue d'imaginer qu'elle avoit force le Gou- verneur-general i fe rendre aupres d'elle. Cette vid(oire lui en preparoit d'autres. ( 16 A'il.) En fLivant ce qui s'eft paffl dans cette Affemblee par ordre de date le 26 Avril, elle reut de la Province du Nord un paquet qui contenoit votre im- mortel Decret du 8 Mars, Decret a jamais memorable, D6cret qui afThre le fort des Colonies. Un Decret, Mef- fieurs., rendu, par lesReprerentans d'une grande Na- tion, eft le ferment de toute la Nation. La Nation a A, done jure que nos propridtds mobilibres & immoblie- res feroient refpedes; que ce que nous pofl'cdons 1- gitimement, parce que la Loi & le Prince en font ga- rans, ne feroit plus l objet d'une difcuflion que laraifon ne peut 6tayer. Nos proprit6s font d'un poids immense -dans la balance gdenrale. Si les Etats font des maffes combines plut&t par la nature qui dirige tout. que par les calculus des homes ; fi ces mafles, qui doivent effentiellement exifler pour fe foutenir on fe d.truire nutuellement & faire place A d'autres, influent dans Tordre politique quel vide n'prouveroit, pas cette Alonarchie ft de faux calculs,fi des prejuge ps pls vans lui faifoient perdre fes Colonies ? Dans ordre politique nos propridtrs font inaltdrables; dans Pordre moral meme elles font inattaquables. Votre eternel Dcret qui fait epoque dans la Colo- nie, votre eternel D6cret qui avoit rappel.-la joie & la tranquillity dans tous les coeurs, foit foumisa P'examen de 'Afiembld gdndrale de la parties franooife de S. Do- mningue, qui cependant. a arr6td qu'il vous feroit fait une adreffte de remerctmens. Vous avez fu avec quel en- thoufiafine i, a dt regu dans toutela Colonie, & que des adions de graces ont et rendues a Eternel pour ce fignald bienfait. (.6 dvrl.) L'Affemblee decrete que fon inflallation 'Ara notified au Confeil-fuperieur de la Colonie par deux Commiflaires du Comit6 de 'Oueft qui y pren- dront les places d'honneur, front converts rieus & reconduits par deux de Meflieurs jufqu'A la porte de la falle d'Audience. Cette cdrdmonie a eu lieu. Le Con- fell a fait ce sacrifice a l'amour de la paix, & pour Oler tout pretexte A des efprits dangereux de fire le mal. (o A4vril.) La permanence de PAeTcmblce efT dicrd (9) tee at 'unanimile. LesDdputs, dit le decret, ne font plus les Beprdfentans de leurs Paroifres, mais de toule la parties francoife de Saiit-Domingue.En conic ue nce its n'ont plus de mandates a recevoir de leurs Conlli- tuans; ils ne peuvent etre revoques que pour cafe de forfaiture jugee. Les Membres rapelds co:nnruent leurs fontions. Faite pour prepreerdes plans,cette Af- fembl6e marchoit a 'Imndpcndance de tous les genres. Pour que toutes les branches d'adminiflration gemif- fent fous te defpotifme de cette Affembl&e il eft !dJ- crete que le Prepofd aladminiftratondes finances fts Subalternes & Comptables font des ce moment ibus fesordres, & continueront d'etre aux appointeniens de la parties franooife de Saint-Domingue; que le Commi'- faire, charge de la diredion des finances, fe tranfpor- tera, fous quainzaine, Saint-Marc avec fes bureaux.La plus lIgere reflexion eut fait apercevoir les dangers & les frais 6normes de ce diplacement. Le Decret fut fans effet. (5 Mai.) Cette 6tonnante Affemble, tooujours hors de mefure, confirm le Confeil du Cap, & s'attlibue un droit qui ne pouvoit lui appartenir. EUe confirm les jugemens rendus par ce nouveau Tribunal, df'ered au Confeil-fuperieur de la Colonie de connoitre des affai- res dans rarrondiffement de la Province du Nord. Ce Decret inconflitutionnel peut avoir des effects dange- reux pour les particuliers qui auront. pourfuivi des ju- gemens incompetemmentrendus. La reunion des deux Confeil a mete funefle a la Province du Nord. Nouisde- vons regarder cette reunion comme le principle des troubles don't cette brillante & principal parties de la Colonie a e't fi cruellement agitLe. (8 gMai.) Apris avok attaque tous:les degrees de Ju- ( o10) rididion, cette AffemblIe decrete encore que les Ad- miniftrateurs n'accorderont plus de conceffions. ( 3 Mai.) Elle decrete le retabliffement de la plai- doirie, oubliant toujours, mme dans les chofes bonnes en elles-memes, qu'elle ne peut que propofer. Je vous ai dit, Meffieurs, que votre Dcret du 8 Mars avoit ete requ avec enthoufiafme ; que les Paroiffes en avoient ttmoign6 leur allgreffe & avoient fait des adreffes a 1'Affemblde gendrale de la parties franqoife de Saint-Domingue pour notifier leur pleine & entire ad- hefion a ce precieux Decret, & inviterr a en adopter les principes..La Province du Nord, la Croix-des-Bou- quets d'autres Paroiffes encore lui tdmoignent qu'elles s'oppoferont a executionn de tout Decret qui ne fera pas imane de vous; qu'elles arreteront la promulgation de tout arretd qui n'aura pas dt6 prIalablement c'ommuni- que aux Affemblies provinciales; revetu de la Santion provifoire du Gouverneur-gendral, & terming par ces mots : fauf la dicifion definitive de 1'Affemblee Nationae , & la Sanc7ion du Roi. Cette conduite fage & refldchie de- voit dclairer I'Affemblie gnderale de la parties frangoife de Saint-Doningue & la rappeler aux vrais principles. Toujours loin du plan qui lui etoit trace, elle chercha A jeter des craintes dans les efprits elle interpreta 'ar- ticle IV de votre Decret & de vos infirudions du 28 Mars. Fatigut de tant d'incertitudes & d'ecarts, on fe plaignit hauternent de la conduit de PAffemblee qui fit. une adreffe infidieufe a fes Conflituans. Les Munici- Ealites devoient .tre etablies fur le node de cells de rance en ce qui ne nuiroit point aux convenances lo- cales. L'Affemblle decrete un nouveau mode fans le foumettre a la San6tion provifoire du Gouverneur-g6- ndral : quelques Paroiffes adopterent ce nouveau plan; beaucoup Ie rejeterent. ( II ) (zS AL i.) Par fon Decret du 28 Mai, 1AffcrnbhlIe announce qu'elle attendra que vous ayez fait conr vos dipofitions. Ce Decret, fuivant rAffembl&e . voit tranquillifer cls efprits & ramener la paixo elle le prefentoit comme conforme a votre Dicret. I1 Ieroit inutile de rien ajouter aux observations de l'Affemblce provincial du Nord qui n'ont point et6 affoiblies par le dcveloppenent qu'en a fait IAifembl6e general de la parties francoife de Saint-Domingue. Ceft en vain qt'unf Ecrivain de cette AfTemblee a voilu identifier le D4cret du 28 mai avec celui de votre augufle Affemblie en vain a-t-il pretendu rappeler la confiance publique fir un ade ou tous les principes conflitutionnels font me- connus, & 9ii lesliens ,qui doivent unir les Colonies a la Mere-Patrie, font prefqu'entierement brif6s. Un De- pute de rAffemblee generate ecrivoit fa femme (fa correfpondance eft imprime ): (( La Colonie ei main- , tenant entire la liberate & la fervitude. Si elle eft digne ) d'etre libre, elle acceptera notre Decret du 28 Mai, , & fe confiera t nous pour la perfedion de l'ouvrage, fi elle s'en tient au Decret de PAffemblee Nationale & , aux inftrudions qui l'acconipagnent, elle naura fait que changer de joug, & alors ce n'eft pas lapeine de ) fe tuer pour ne rien faire ). Le mmee jour, 'Athemblee arrete qu'elle adhere au Decret du 8 Mars avec recon- noiffance, en tout ce qui ne contrarie point ls drbits de ld partie franf efe de Saint-Domingue, dej a confacris dans son De'cret du 28 Mai. (4 Juin.) Dans les memes principles 1Affemblee d- crete que tousles affranchiffemens, por! quelque caufe que ce foit,'demeureron t fufpendus, a computer du jour de la notification du prefent ddcrct; que quant aux libertis qui fe trouverit aduellement donnees, foit par teftamentounpar tout autre ade, & don't les demands fe- rodent ordonnancees & non encore homologties, eller demeurent 6galement fufpendues; que quant A cells qui feroient demanddes par ia fuite, J Afemblee gene- raie de la parie fianqoife de Saint-Domingue s'en referve la conmoiflance, pour y etre flatue amii qu il appartiendra. Prenant en consideration les abus reful- tans plus particulierement des liberties qui s'obiennent par marriage, P'Affembl6e fait dfenfe de paffer outre a ia c' iUbration, jufrqua ce qu'il en ait ete autrement ordonne; feront reputes frauduleux & nuls tous les af- fianchiffemens qui, poflerieurement au present dicret, feroient accords contre les rcgles ufites de la parties franoife de Saint-Domingue. La Colonie, MefTieurs, d'apres vos decrets, & pour arreter Ies ecarts de I'affemblee, s'occupoit de convo- quer des affemblees de paroiffes, pour determiner fi celle de Saint-Mare continueroit ou s'il s'en formeroit une autre, d'apresvos intentions : elles font indiquees. Effrayde de cette nouvelle march, dans la crainte de fe voir diffoudre I'affembl6e choifit, dans fon fei'n les cmnifaires qu'elle doit envoyer dans tous les quarters, dans toutes les villes, pour fe faire des partisans. Cet emploi eft donnd A ceux don't les talens promettent plus de fucces. Le Cap efl ddparti A un jeune orateur qui pofsede emiiemment le talent de la parole; tou- jours sur de lui & de Peffet qu'il dolt produire. I1 avoit d4ja ebranle les efprits. Ses colleagues & lui s'dtolent annonces porteurs de paroles de paix & de concilia- tion. Leurs difcours 4toient incendiaires & tendoient a divifer les efprits & A mettre le trouble dans la ville & les dependances. La province du nord clairvoyante, occupde de la chofe publique, enjoint. cet orateur & a fes colleagues, d'avoir a defemrparer du Cap avantle coucher du foleil, de la province, fous quarante-huit hieures, fous peine d'tre embarques. Plufieurs paroiffes ('3) bnt reeftl aux infinuations de ces cmiffaires envovyC pour les fIduire :elles ontrevoque I'afemblee; d'autrcs front ma;intenue purement & fimplemenit; d'autres, la charge de fe conformer vos decrets & aux inf ruw'fiomns oui les accompagnoient: c'ctii, dire que jufque-l, elle sen etoit ecartee. Onlze parolifes onl garden le filence. L'Allemblie gdnerale de la par.ie francoife de Saint- Domingue fes partisans, n'ont rieni oubli pour rendrede ces afoemblges oraeufes en carter e citoyen tran- quille & refer maitres des deliberations. Ces exces Font confacrns dans les pieces que nous produifons. Ils ont etd ponds au Port-au-Prince, au point que Peglife, lieu de Iaflemblde, a dte vide en un infant; que les bons citoyens fe font retires, & que la ddlibdration de ce jour a edt prife par quarante ou cinquante partisans de I'af- femblee, don't les noms ne font pas connus en majeure partie. ls n'oserent cependant pas fixer, dans leur de- libdration la continuation pure & fisnple de rlaffemblee; ils arreterent que les voeux feroient portes, par fcrutin, chez les capitaines de difrits, & ique le ddpouillement s'en feroit a I'glife a un jour indiqud. On nomma des commifhaires prefque tous pris dans le comite de cette ville, venIu a I'affemblee general de la partie franCoife de Saint-Domingue. Le ddpouillement des fcrutins fe fit. L'on paf a, fins examen, tout ce qui etoit en faveur del aflemnblee; on compta,comme politifs pour la con. tinuation, les voeux conditionnels, & on livra, a la plus fdvere difcuffion, I'dtat, les perfonnes, les qualitds de ceux qui en demandoient la diffolution, don't la majeure parties furent ddfignes comme incapable de voter, par cela feul qu'ils dtoient centre Iafremblee. L'animofite des partifans de I'affemblde alla plus loin; on ddfkona les oppofans; on leur fit, craindre des outrages ou des malheurs. On s'etoit ddja familiarif6 avec ces exces. Sans jugement, fur le cri du people, un ancient juge, d ( 14 ) petit Goave, y avoit etc dicapit5; cette ville elf ouver-- temcnt devoude a P'alfemblee. Un citoyen connu & eflimn du Port-au-Prince, avoit it6, de la maniere la plus indigne, train par la ville; urf mulatre pendu par les agens du comite. Cecomite etot affemble; prevenu du dJfordre qui devoiitrgner dans la ville, & qoiquo'il cui a peld a lui la police, don't il avoit de pOilIlr ceux qui devojent y veil er par tat, i ne fe donna aucuri foin pour prevenir le crme. Dans un r6cit rapid, il feroit difficile de rapprocher des edvnemens qui fe font vivement fucc6des, & qui ont eu lieu aux memes 6poques; les reflexions qu'ils entrainent neceffairenent, en coupent le fil. J'y mettrai toute la pricifion qui fera en moi, pour ne point fati- guer votre attention. L'affemblde du Port-au-Prince, iont jai eu l'honneur de vous entretenir, a eu lieu le S3 Juin. Elle fut orageufe; rien ihy a et libre que la violence des partifans de I'affemblee general de la par- tie franqoife de Saint-Domingue, qui y vouloient do- miner; ils y ont r6uffi. Le lendemain, les citoyens que le trouble & la crainte avoient ecartes, fe rendirent chez un notaire, & y proteftlrent contre 'affemblee du jour precedent. Cette proteflation porte un carad're bien different; elle ef fignde par tous citoyens connus, don't la fortune & Pltat pouvoientt fupprter le grand jour. Cette proteflation ne fut pas le feul effect des craintes des bons citoyens; ils fe rdunirent & formerent une compagnie de volontaires compofe de la jeunefle la plus active, la plus devoude aux bQns principles & a l'eprit du bon ordre. On comptoit aufli, dans cette compagnie, les citoyens les plus recommandables par leur etat & les plus eftimables par leurs qualit6s. Cette compagnie nomma des chefs.Elle avoit deux deflina- tions : elle dtoit civil & militaire. Elle nomma un prd- fident de fes affembldes; le choix toniba fur moi. Le ( '5 ) ferment que fit cefte corporation, la Icgitime aux yeV. de I'honneur; i eft joint aux pieces. Je vais vous en donner ledure. Sermentprononce'par la companies des volontaires du Port; au-Prince, le z aJillet z0go. < NoU S Francois, citoyens de la paroiffe du Port- ) au-Prince, ici raftemblcs en corps de volontaires, jurons & promettons par les lois de Phonneiur, de ) nous foutenir & fecourir dans toutes les occasions, & de nous rdunir d'efprit, de coeur & d'adions a tous ;) les bons citoyens, qui, n'abjurant point leur Mere- Patrie, adoptent,comme loi facrde &foindamentale, les ddcrets de 1Affemble Nationale, en date des 8 n & 28 Mars, & les infirutions adoptees par ladite Aflemblee. Promettons, en outre, de proteger & de'endre S1'AlTemblee Coloniale de Saint-Domingue, qui fera reconnue par le voeu general de la Colonije en tant SQiu'elle ne s'dcartera jamais, fous aucun pr texte, Sides decrets de 1'Affemblee Nationale, ci-deffus rap- Speles. Pour copie conforme c I' original. Signed, DU COLOM- A. BIER, fecretaire . L'Affemblde gendrale de ja parties frangoife de Saint- Domingue, qai fentoit de quel poids feroit cette nou- velle formation, fi bien organmfe, qui devoit donner. de I'a&ivit6 & infpirer de la confiance, lanIa un d.ecret qui portoit l'aneantiffement de cette compagnie. Ce decret fit fans effect. Par un nouveau decret, l'AfIemble defend aux di- re&eurs des poftes de delivrer aucunelettre ni paquet, qu'apres qu'un mnembre du Comite aura prdfide it ou- ( i6) verture des malles du courier. Par cette precaution, le conMtc Oioit infiruit des paquels adreffds au gouverne- rment & du lieu de leur depart. Par cette operation, le part. des couriers etoit retarded ; le commerce en fbuffroit, & 1'Aflemble pouvoitrdpandre les 6crits qui favorioient fes projects. M. le Gouverneur-genral, con- formdment a vos inftruions, fait la proclamation de la continuation do l'Affemblde, par une majority qui u'dtoit qu'apparente: il compete aufli, come politics, les fuiTrages conditionnels, & quoiqu'il connut parfai- tement les cabales & les intrigues de l'affemblee & de .fes agens, il fe croit'oblige de prononcer la continua- tion d'une affcmblee auffi dangereufe; nais ii declare fonnellement, qu'inviolablement attach aux intdrets de la Nation it ne permettra l'exdcution d'aucun dd- cret de l'alfenmblJe g'ndrale de la parties franQoife de Saint-Domingue, qu 'autant qu'ils auront recu la fanc- tion. Plufieurs paroilk s font connoitre, d'une maniere bien exprime, leurs principles, leur adhdfion avos d'- crets. Leurs arr&tis vous front remis. Malgrd le voeu des paroiffes qui n'dtoient pas dans les principles de 'affemblee; malgr6 les reclamations de la province du nord, cependant elle decrete encore e'dta- bliflement des municipalitts, fur un plan cmbine par elle & cloigne du mode des municipalites du royaume. Le Gouverneur-general quivoyoit avec douleurl'anem- . ble s'dgarer pour ne pas adopter vos principles, public une interpretation de vos d6crets des 8 & 28 Mars don'tt il ne veut ni ne peut s'6carter, & renouvelle fa profef- fion de foi: cet homme loyal, ce brave militaire ne pre tendoit rien changer ai vos d6crets ;il announce ce qu'il fent, ce qu'il eprouve en les m6ditant, ce qu'i croit que tout home honnete doit fentir. L'affemblele e denonce come ufurpateur du pouvoir 1igilatiz; l'accufe d'at- tenter a lrutorite de cette augulle affemblEe; Ie declare C0nvaihncit convaincu d'avoir viold les droiLs de la partic franooife de Saint-Domingue, & exerc6de defpotiihie le plus af- freux. Le ddlire le plus abfllu avoit andanti totes les' facultes de cette aflemblee. M. de Pevnier, Mcflicurs, ell I'iomme le plus simple, le plus dr:it, I irnc nsa atta- chea aux prerogatives de fon ctat, le moins jaloux d'hon- neur, le molns entreprenant. L'Affemblee decr&te que le prepofd I'adminiflration des finances verfera chaque mois, jufqiu'a nouvel ordre, entire les mains du receveur de Saint-Marc, une fomme de 200,000 livres, qui fera a la dilpofition de raffemblie, avec injondion aux receveurs de s'y con- former, Tous peine d'y &re constraints comme depofi- taires de deniers publics. Une ordonnance du commif- faire-ordonnateur, faifant fondions d'intendant, arr&te 1'effet du decret. Par un nouveau dicret, l'aflemblde caffe & annulle I'affembl6e provincial du nord, & declare 'dchu, pen- dant dix ans, du droit de citoyen adif, quiconque n'obeira pas au decret. Elle avoit tenu la meme conduite en decrdtant la fuppreffion de la compagnie des volontaires du Port- au-Prince. Cette affembide prend, fous fa fauve-garde, I'exempt de rnarkchauffde de Saint-Louis, qui avoit ddfobdi a fon chef, en matiere grave. Au-dela de toutes les bornes, fans caradere, comme fans principles, cette affemble ne marchloit que d'er- reurs en erreuirs. Elle ouvre tous les ports aux rangersr. Les prcautions prifes par ce dCcret, font illufoires; f'examen le confirmera. Le commerce des Colonies nierite une grande confiddration. Le teams eft venue oi toutes les difciniuons vont finir entire les cultivateurs & les negocians. Pour le bonheur general, 'ui-ion doit regner entire eux d'une maniere irrevocable. C'efl A Adrefe des Dep, du Port-au-Pin.c;. B cette augufle affemblde A la fixer. Point de commerce, point de Colonies : auffi point de Colonies, point "de commerce. Aujourdhui le commerce intnreur, les changes de royaume A royaume i'occuperoient pas la trenticme parties du commerce national. Ce font les Colonies qui font 'ame du commerce : ce font les Co- lonies qui d'cident des mouvemens de la terre entire; ce font les Colonies qui lient tous les hommes rdpandus fur la fuiface du globe, en fe tranfinettant mutuellement leurs befoins. Si les Colonies regoivent des advances reqoivent les objets don't elles ne peuvent fe paffer, elles doivent auffi le retour de leursprodu&ions.territoriales. C'eft au commerce national a profiter de cet avan- tage, Lant que les Colonies n'eprouveront point de di- fette par le faith du commerce. Cette vdritd eft reconnue aujourd'hui, parce que les negocians font des hommes ilfiruits & fenfibles. Aufli, Meflieurs, jamais le com- mnerce n'a tdmoignd de difpolitions plus heureufes pour les Colonies, que dans ce moment. La progreflion du commerce efl fenfible; il tient, a la verite, a la con- fommation : a tout ii faut un aliment. On n'opere pas fur le neant Que Fon prdfente aux negocians un point fur laterre oii ils puiffent placer utilement leurs fonds its y voleront. D pofitaire de lor, le commerce doit les avances don't les intirets ne peuvent e re pays que par le produit des terres. Cet apperqu, tout foible qu'il eftI vous demontrera que le fort des Colonies & du commerce eft dans vos mains. Cette caufe interef- fante fera portde a votre Tribunal. Vous aurez A juger que les produdions des Colonies font dues de prdfd- rence au commerce. national qui aura rempli fes en- gagemens, mais que ce mcme commerce ne peut fe refufer A ce que les Colonies trouvent chez 1PEtranger ce qu'il eft impoffible que le commerce national lui fournilTe. . (19) Vous venez de voir P'trangei admis dans nos ports; le licericiement des troupes marchoit avec cette der- niere operation : il fit decrdtd. 11 ne falloit ni puif- fance ni' force qvi puffent s'oppofer aux difpolitions & aux entresrifes de cette Affemblde. En prononcant Tlamniffie en faveur des deferteurs, on invite les troupes a abandonner leurs drapieaux, & venir Ie ringer ious ceux de 1'Affemblee. Le ddferteur pouvoit s'enr6ier dans les troupes nationals, ou refer citoyen aaif, en fe faifant connottre de la municipality. A Expiration du nouvel.engagement, le foldat de- voit etre gratified d'une 6nceflion, sil reftlit dans la Colonie. L'Affernblde s'&toit mrinagd cette difofition dans la ddfeife fate aux adminiifrateurs, par le decret du 8 'mai-, de ddlivrer aucune concefiTon nouvelle. Cette condqite,Merfieurs, n'a eu d'effet que fur les ddtachemehs du regiment du Port-au-Piince, en gar- nifon aux Ca'yes & -S.;-Marc. Le dernier detachement t e&t eembarque fur le vaiffeaxu le e'opard. Vous avez rendu un dcbret a ce fluet. Un simple interrogatoire que 1on feroit fubir A ce dftachement donneroit de grande luml=res fur la conduit & les projects de 1'Affemblde. II eft iipoflible a'jriaginer les moyeris de f6dudion *emp les- our corrompre le r6gim'eit: diu Port-au- Prince e:pr eres, pr6fens, efperances flatteitfes, tout i it6 mis enhtfvge. Ce beau, ce brave rdgiment.Atoit fur le point de fuccormber, Iox.fque le chevaliexr 46 Mauduit, qui n dto't colonel, ievint dans la Colonie, don't il avoit' t'huit inbis abfent. Aimd du f6ldat, il en con- noilft' le carat.cre. .I s'attacha l dieouvrir les traitres agens de cecomplpt. Tl'peint aux foldats les dangers,la honte attachde'Ata ddfertion' & fait paffer dans leurs coeursles'fentimens de 'b.onneur. I1 en eft plein. Ses Segards dledrifent fon regiment; aulfi le dernier foldat eft-il uwi hohim fur lequel on peut com ter. Nous 2 i~~-~ ..- -r a-'. ,L~dIU~ n~~ItP ~IL-*-C*-~~~~;l-:: (20) devons aufli les dloges les plus marque& anx officers de ce regiment; tous ont tenu une conduite ac~nirable dans les circonflances critiques ouh is fe font trouvis. Is mdritent que cette augufle Affemblee les prenne en confiddration lorfque le moment fera venu d'orga- nifer la Colonie, & de d&terminer les forces niceflaires a fa tranquillit. Nous offrirons .un mdmoire relatifA cet objet : il ell vifd du Gouverneur-g6ndral qui Fa adopted. L'avancement, la prdference qu'il y demand pour tes officers deja attaches au regiment du Port-au- Prince, et une juflice. Le ddfintereffeinent du brave colonel efl bien ca. raddrifd. II s'oublie, pourvu que les officer, & les fol- dats foient.pris en confiddration par l'Affemble. M. de Mauduit, Meflieurs, don't Waslington difoit: (Ce qui , m'etonne le plus dans ce brave & jeuie chevalier n Franqois, c'eft fa modeilie) ; M. de Maduit eft le hdros, 'ange tutdlaire de la Colonie,: tout etoit perdu fans lui. C'eft lui qui a ranimu des efforts tiop relaclids; c'eft lui qui a dit, qui a prove qu'il v avpit plus de danger a s'abandonner aux hearts de PAAfhii6T e G&- ndrale de la parties &c., & des perfides Cornites q'i en &toient les agents, qu't les arrater dans leur nmathe; c'efl lui qui a fauvd la Colonie, en relevant,, .anr, du foldat, & en I'attachant a la caufe des bonsritoyens. Quel fort eiCt dtd le n6tre, Meffieurs, fi partiTfpiration de 'Affemblde les foldats euflent abangonne leurs drapeaux 2 Un mauvais foldat -efl un ,Pialhoirn&te home. Cette troupe ddbandde fe feroit porede a tous, les exc6s; les gens honnetes en euffent tel. les pre- mieres vitiimes. Le chevalier de Mauduit, par fon feul irad&re, a rappeld a 'honneur,des gens qu'on dif- pofoit au crime; il les a rappeles A La fiddlitd qu'ils de- voient Ala nation; auffi eft-i bcni par tous ceux qui ne s'aveuglent point. Nous l'aimons tous. II a requ nos filicitadions. Un home eftimi de Washington, le 16- giflateur, le createur de I'Amdrique, dolt etre ver-, tueux. II eft bien doux pour lamihid d'ajouter une penfee A l'opinion publique. Cependant on vous le peindra comme un traitre, come un fcelerat. Un nouveau decret de lAflemblee Gendrale ddfend de connoitre de Faffaire qui fe pourfivoit 4la jurifdition du Port-au-Prince, centre un des membres du Comite de cette ville: il en etoit alors prdfident. II dtoit, avec d'autres confreres, accufi d'avoir cherchd 'a corrompre les foldats, d'avoir tramn des cables abominables & des projects affreux: les ddpofitions en font foi Ce font fur de pareils hommes que l'Affemblee ouvroit fa main protedrice! Unfecond decret a donnd le meme appui a celui qui avoit le premier prdfide PAffemblie, & qui en avoit fait I'ouverture. Il eft ddfendu aux tribunaux du Cap de faire aucune pourfuite. It wtoit accufi d'avoir. dtd le moteur d'une prife d'armes, dans la rnit du 16 au 17 decembre,dont l'effet devoit &tre funefle a MM.de Vincent & de Cambfort.11 toit queflfon de s'aflirer de leurs perfonnes, pour ne plus trouver d'obflacles A fes projects ambitieux. Les trames ourdies pour fiduire les troupes filrent dirigdes aufli contre i'dquipage du vaiffeau du roi le Leopard en rade au Port-au-Prince, & command par M. de la Galiffonniere, don't le nom illufird par de grandes actions feroit un titre, fi fes services ne le ren- doient recommandable. Les menrbres du Comit6 du Port-au-Prince furent les agents de ce complot: nous vous produirons des lettres de 'Affembkle geridrale. Pour arr&ter tes effects de la fdduaion, M. de Peynier crut inditpenfable de fare lveer l'ancre a ce vaiffl au. 1 donna l'ordre a M. de .l Galffonniere d'appareiller pour le Cap. L'dquipage ref d'obdir, dit fu'il dtoit aux ordres du Comit d aPort-au-Prince c e 'AffenT-- ( 22 ) blee general qui avoit rendu un decret du 27juillet, portant en fubflance que l'officier commandant le vaifieau du roi le Lopard, ainfi que les forces navales alors an Port-au-Prince, feroit requis au nom de 'Phon- neur, diu patriotifnie, de la nation, de la loi, du roi, & pat.iculieri'ment dela partiefranoife de S.-Domingue, de ne point fortir de la rade du Port-au-Pince,jufqu'a novel ordre. Les officers de ce vaiffeau n'&tojent plus en furetC -A leur bord; ils'.recurent I'ordre d'en defcen- dre, & l'euipage, foutenu dans fon infurredion, per- filla dans fa d"fobiffance.. 11 ne fut plus pbffible,Meflieurs, de tolrer les abus qui fe muluplioient. Les craintes des gens honnetes augmenterent. On voyoit dans le vairfeauIe leopard,un ennemi dangereux que Ion pouvoit diriger contre la ville; & peut-etre cela eut-il det execute, (i les coups i'a'roient pu n'etre ports que contre les objets de leur haine. M. le Gouverneur-gnral affembla un confeil; on y examine toutes les pieces qui demafquoient les f&- ditieux : on ddlibdra fur le Farti a prendre pour affurer la tranquillity de la ville. Par les depofitions qui ve- noient de toutes parts aux chefs, par les avis qu'ils re- ccvoient des mouvemens que I'on remarquoit dans la ville, tout annongoit des projects dangereux. L'on a memne fu que fi ces projects n avoient pas et6 executes ?a certain epoquec, c' ef que les moyens n'avoient pas eei bien concerts. I fut arretc que pour prevenir un ddfaflre qui ne d&voit porter que fur la parties fine de la ville, & ceux'dont Ietat & la fortune pouvoient dc- domrnager les fdcldratS qi'on emploierqi t;il fut arr6td Lqu'on safiureroit des pls dFngereux agents de cette p rfidte; ils furent dfi gdc s' M. de Maiuduit en requt lorf;d Ses diffdrens pelfodrs 6ommand6s attendoient que l' frdgate T'En 'ageanffit hors de, la porte du cann, dp "Lcpard, d6nt 6f craignoit le reffentiment t A) (23 ) Iorfqu'il fauroit que fes partifans etoient arretes. La frN- gate appareilla,& lorfqu'elle fut hors de toute attcinte, les pelotons fe mirent en march. 11 6toit. ute lieure apres minuit. Les vents, qui commandant 1'inflant de depart des batimens, n'avoient pas permis une expedi- tion plus prompt. M'. de Mauduit eft inform que la nmafon ou fe tenoit le Comite eft remplie de gens ar- mrs, al nombre de plus de trois cents, quoique la garde n'y fit ordinairement que de vingt homes. II en inflruit le Gouverneur-general, & 1'affure qu'il dtii - pera cet attroupement, s'ilen reqoit Fordre. Le general le lui envoie. M. de Mauduit apprend que Iattroupc- ment atngmente; que de tous co6ts Pon voit dans la ville des gens qul forcent les citoyens A abandonner leurs maifons pour fe reridre en armes au Comitd; que les patrouilles bourgeoifes font de 4Q, o, Imme de So homes; qu'une patrouille militaire de 5 homes a edt ddfarmie; que 1'on announce des projects fur les maga/ins du roi, ouh on veut attirer toutes les forces, afin d'exdcuter plus furement les projects concerts. JI y envoie un piquet fous les ordres d'un capitaine. A infantt Ion y voit ddboucher une patrouille nom- breufe, avec deux fanaux, quoidue la lute. eclairat de maniere A faire faifir tous les objets. M. de Mauduit envoie tous ces details au Gouver- hieur-general, & lui nande qti'ileftinflant de prendre les mefiures niceffaires pour arreter de plus gran;ds malheurs. L'officier, porter des avis du colonel, lui rapport 1'ordre de M. de Peynier de tout fair pour prevenir le mal..Alors M. de Mauduit r6unit les diffd- rens pelotons, parce qu'il prdfume que les gens ddfi- gnes pour etre arr6its etoient au Comitd. 11 prend deux pieces de canons. Les pelotons reunis formoient i 4 hofmres, auxquels fe joignirent: 2 volontaires qui B 4. . t'ctoiet. rendus anx cafernes, fur Yes mouvemens qaie fon voyoit dans la ville. Ce Colonel fe porte vers la maifon qu'occupoient les gens arms. Arrive a 'encognure de la rue, i place fa troupe. Seul il s'avance A vingt pas en avant, & fomme cet attroupement, au nom de Ia Nation, de la Loi, du Rol, & d'apres les ordres de M. le Gouverneur-gene- ral, d'avoir fe diffiper. II reroit pour toute reponfe: Non, non, & une dccharge de coup de fufils, don't it n'eff point atteint. Avec un fang-froid qu'aucune ex- preffion ne peut rendre, il recommence la mmre fom- mation, une feconde ddcharge de coups de fufils & d'efpingoles eft dirigde fur lui. Un Sapeur & un Gre- nadier qui s' toient avaneds lors. du premier danger tqu'il avoit courn, font tuds A fes co6ts: plufieurs foldats font tuds & bleffis derriere lui. Deux Volontaires le furent auffi. Alors ii ordonne a fa troupe de faire feu. Deux parti- fans du Comitd font vidimes. Oi crie,grace.M. deMau- duit aufli gndreux humann qu'il eft brave, faitcef- fer le feu & content les Soldats ;uifquA ce que Yes mat- heureufes vidimes de la fddudion euffent eu le temps de s'echapper. Les Soldats frdmiffoient de rage de voir leurs camarades tuds & bleffds:mais ils obdiffent A leur chef, qui ne permet d'entrer dans la maifon que lorfqu'if la crut evacude. 11 ordonna a fes Soldats de fe faifir des armes abandonnees par les fuyards. On trouva beaucoup de fufils, de piffolets, trois efpingoles; 3 perfInnes dtoient encore enfermdes dans cette maifon. M. de Mauduit les met fous la fauve-garde de rhonneur. Les Soldats les conduifent aux cafernes oU elles ont paffi le refte de la nuit. Voila, Meflieurs, lericit fidlde de l'dvnement qui a eu lieu au Port-audPrince dans lanuit du 29 au 30 Jui.l let. En vain les ennemis de la vtrite les ennemis de M. de Mauduit voudroient le calomniler,iisn 'aii c:ront point ces faits. Ils publient que ce Colonel avoit. dtes projects deftrudeurs. C'eft avec cent huit hommcs qu'il en attaque quatre cent retranches & arms. Deux hom- mes font tuds par le feu de la troupe bien fervi; tn plus grand nombre de Soldats font vidimes d'un feu mat dirige par des gens peu accoutumds au maniiement des armes. M. de Mauduit avoit deux canons qui n'ont effraye que par leur bruit. Its n'etoient point charges pour etre meurtriers. C'ktoit l'intention de ce Colonel, qui n'a point attaque, ui n'a point tire le premier. II ne vou- lo1t point de vidimes: ii vouloit difliper un attroupe- ment devenu dangereux, parce qu'il &toit dirigd par des fceldrats qui vouloient profiter du dcfordre. Ces hommes atroces, pour irriter les efprits, annoncerent que la ville devoit etre livree au pillage. Us n'ont pro- duit que le decouragement, & il n'y a pas eu de pillage. Us ont ofl lachement calomnier la Troupe & leur Chef: leur calomnie eft retombde fur eux. La ville, inquete auparavant, toujours agitee de craintes, eft rentree dans le came le plis profound, par la fuite des auteurs du ddfordre. La proclamation que le Gouverneur-gdneral fit le lendemain, auroit ramend la fdcuritd ; elle a etd trouble par la dCclaration de guerre de l'A~ emblee de la partie franqoife de Saint- Domingue, don't ii avoit prononcd la diffolution, ainfi que celle du monflrueux Comite du Port-au-Prince. La deftrudion de cette Affemblee etoit le voeu de tous lgs honnetes gens de la Colonie. Tandis que cet 6venement s'opdroit au Port-au- Prince, fans s'&tre concei-te, la province du Nord faifoit des difpofitions qui tendoient au meme but; elle envoyoit douze Deputes pris dans tous les Corps, pour offrir au Gouverneur-gen6ral force, appui, & te ( 2 ) cer d'urer de 'autorite & des moyens qu'il avoit dans es mains, pour y parvenir. Cette deputation annonooit le depart d'un corps de troupes patriotiques & d'un detachement du regi- ment du Cap, fous le commandement de M. de Vin- cent, qui devoit attendre des ordres aux Gonaires. Je vous ai dit, Meffieurs, que les prdparatifs pour opdrer la diffolution de 1'Affembl6e gtndrale de la parties frangoife de Saint-Domingue, fe faifoient a deux points dloignes fans avoir etd concerts. Dans le nieme temps, 'on difpofoit, au Port-au-Prince, Urn ddtachement de troupes patriotiques & rgletes, .qui devoit fe porter a Saint-Marc. M. de Mauduit devoit Ie commander; on l'avoit demand, parce que le fort de la Colonie repofe fur lui. C'eft dans ces circonflances, que le vaiffeau le Leo- pard partit du Port-au-Prince. On 'croyoit qu'il faifoit voile pour France; il alla s'emboffer a Saint-Mare, de maniere decrafer toutes les forces qui auroient pu le porter du Port-au-Prince fur cette ville, par terre & par mer. Le Miniffre a dt vousfaire parvenir les details relatifs a ce vaiffeau. SL'Affemblee gendrale de la parties frangoife de Saint- Domingue cria auxarmes; elle invitatoutes les paroifTes a fe reunir. Je vais vous donner connoiffance des lettres & proclamations. Seance du 3z Juillet. L'Affemblde gendrale, tranfportde d'une vive in- h dignation aux nouvelles affreufes qu'elle vient de recevoir du Port-au-Prince, & pdndtrde du fenti - t ment le plus jufle & le plus profound, iure de venger Sle far g des braves citoyens centre lefquels 1'exdcra- ble Mauduit,avoud par le traitre Peynier & par fon ( 27) n infernal conlfeil, a old enfin turner des arms der- t tinees A ddfendre les habitans de cette ile. Invite ati nom d1 P'honneur & du falut de la V patrie en danger, toutes-les paroiffes de la parties v franqoife.de Saint-Domingue c T'accourir trcs-promp- n tement au fecours de leurs freres du Port-au-Prince n qu'on gorge. n Declare le come de Peynier & les fieurs Mauduit, n Coufiard, Cournoyer, la Galffonni&re & la Mer- a veillere, traitres a fa Nation, ennewis publics, &, P come tels, les profcrit. n Ordonnre A tous les citoyens de la parties fran- qoife de Saint-Domingue, de pourfitivre, outrance, i les infAmes auteurs des maffacres horribles qui plon- S.gent la partle franqoife de Saint-Domingue dans le " deil.i n ,Fait en Affemblee gend6rle les jour, mois & aa n que deflis n. SigneT. MILLET Prdfident DE PONS, vice-Prdfident, &c. .Saint-Afarc, 3 Juillet. Mellieurs & chers Compatriotes, a Nous vous prevenons, au nom de IAffemblee a gEndrale, que la confpiration contre la parties fran- Sqgoife de Saint-Domingue a dclatd au Port-au- ) Prince, la nuit du 29 au o3 de ce mois, par laffaf- i finat din grand nombre de citoyens, ordonnd par a le comte de Peynier, executedd par le colonel Mau- a duit. Songez a vous, & compete fur Pinebranlable a fermetc de vos Reprdfentans. Rendez-vous au Cul-de-Sac en armes, le plus o6t a que vous pourrez. > Nous'fommes, avec les fentimens fralernels que v la douleur reflerre encore, Mefflieurs & chers Compatriotes, Vos trcs-humbles, &c. Signed, T. MILLET, Prefident; DE PONS, vice Preri- dent, &c. Sr Juillet. Proclamation de PAfembtde generate. ( Au nom de la Nation, de la Loi, du Roi, & de n la parties frangoife de Saint-Domingue en peril, STIoutes les paroifes font invitees & preifdes de fe . rdunir fur-le-champ, pour venger les affaffinats qui a viennent d'ctre commis au Port-au-Prince.. L'horrible conjuration a eclate. Les execrables- Peynier, Mauduit, Couflard, la Jaille, &c...., re baignent dans te fang. Que les bons citoyens cou- a rent aux armes *. Union, Clerite, Courage. v Les points de ralliement font, Saint-Marc pour 4 toute la parties du Nord & les paroiffes adjacentes; n Cul-de-Sac pour le Mirebalais, Montrouis les Va- , fes, Arcahay e, Boucaflin & ddpendances; Ldogane , pour la parties du Sud t. Signed, T. MILLET, Prefi- dent, DE PONS ,vice-Prdfident. Siance du z Aout. A L'Afeniblie dbckte incomp"entee fditieufe,. * attentatoire, taut aux dicrets de rAffemblee natio- nale, qu'aux droits des citoyens de la parties frai- v soiie de Saint-Domingue, la proclamation men- Srfongtre & defpotique le fieur conite de Peynler w a olE pubiier, le 29 juillet dernier, centre leurs , ReprcfentansG & qu'il n'a rendue que pour autorifer A les afallinats qu'il premeditoit de faire executer fur n les citOyens danJ la nuit fuivante, par le colonel , Mauduit; declare que ce nouveau crime du hieur Scomte de Peynier eft d'autant plus puniffable qu'il i 'a commis au mepris des ordres du Roi, que lui tranfmettent les dernieres ddpeches du Miniflre, en a faveur des citoyens, des municipalities, & fur-tout de 1'AfemblIe general des Reprdfentans de la a parties francoife de Saint-Domingue. -Ordonne er a confdquence, de plus fort, executionn de fes.d6- n crets des 31 juillet & 2 de ce mois, qui profcrivent n & deflituent ledit fieur de Peynier ; & fera le prdfent Sd6cret imprime a la fuite de ladite proclamation, < ) envoy dans routes les paroiffes don't le fieur de i Peynmer a ofd fouler aux pieds le droit le.plus ,, facre '. Fait en Affemblee general, fTante a Saint-1l\c, lefdits j6ur, mois & an que deflfs. Signe', r. MILLET, Prdfident; DE PONS, vice-Prfident. , .Scance du z Aowt. L'Affemblee gednrale, confidcrant I'horrible tra- : lifon dont'le comte de Peyniers'eft rendu coupable n envers la parties franqoife de Saint-Domingue &.n- n vers la Natio. entire, par les meurtres & les aut1re excis lachement commis, par fes ordres, fur les i citoyens du Port-au-Prince, & don't le but eft au- i jourd'hui bien'manifefld par la decouverte de 'aF- a freufe confpiration qui fe tramoit d'un bout de n cett e tie 'autre, pour operer une cpntre-rivo- V- lution; : : :, ,i ., :: : ,: ... . .- , (30) V Confiderat .que les attentats du come de Pey- w nier devienrient plus odieux, d'apre's la connoiffance j que iAftembIde vient d'acquerir de la lettre du come de la Luzerne, & des autres dcdpches apport6es aux n Cayes par la corvette le Serin lettre & ddipches ) qui prouvent que les horreurs commifes au Port- n au-Prince n'ont etd prdceddes. d'auculns ordres qui n aient pu autorifer le fieur de Peynier a prendre des a mefures auffi fanguinaires & auffi defatlreufes que a celles qu'il vient deffeduer dans ladite ville ; Confid&rant enfin que fa f&te a dtd profcrite par D le decret de 'Affemblee du 31 du mois dernier, en, haine de fon abominable conduite; ) Ddcrete que ledit fieur de Peyynier eft & demeure deftitud, par le feul fait, du gouvetnement de la o paltie frarihoife de Saint-Domingue: Fait ddfenfe a qui que ce foit'de lti obi'ir en cette ) quality fous peine d'etre rdpltnd complice de la a ghifon; & attend que le fieur, de Vincent, qui tvroit le premier lIi ficcdder au gouvernement, u eft devenu Iun de fes fauteurs & complices, pat ia C coalition avec lui & avec les autres'ennemis de la n parties franqoife de ,Saint-Dorniilgue; attend aufi o que le fieur Couflard, appeld A ce polle au defbaut * dufieur de Vincent, elt un des infimes confcillers a 'du comte de Peytier, & comme tel, profciit, & que a lesautres Officiets fupdrieurs qui v;?ennent apres lui. i f6titjultement fufpeds, PAffemblee declare, a Funa- t imhnitd, queA ecomniandement gierarl dc fa pait.ie v franiqoife de Saint-Domingue effi&'demnure d6volu Sprbifoirerrient, & ufqu'i ce qu'il en ait autrement dt pourvu parole Roi, a M. de.Fierville, aduelle- ) ment Commandant-Particulier de la ville des Cayes, don'tt le patriotifine s'eft fait connoitre, fans equivo- * que, dans les circonftances crtiques o& fe trouve (3i) I" cette Colonie, 'invite A fe rendre -fans d3lai aupr's . de I'Affemblke gdnerale. Enjoint aux Gardes rationales foldies on non v foldees,& a tous autres, de quelque clafle & con- n edition qu'ils foient, de le reconnoitre en cette qua- R lite & d obdir A fes ordres; & comme le fieur Peynier n a dans fes mains une parties des forces de la parie u franooife de Saint-Domingue, 'Affemblee gdnerale, voulant dpargner, s'il fe peut, le fang des citoyens i qui.fe reuniffent, de totites parts, pour exercer les jufles vengeances dues a ceux de leurs freres qui ont a dtd les vidimes de fa fureur, ddcrdte que copies collationndes de a lettre du come de la Luzerne & -i des autres d6epches apportdes aux Cayes par la , corvette e Seritn, & don't les originaux font itmbes n au pouvoir du comite de Peynier, par la difperfion & la fpoliation du Comite de rlOueft, auxquels its avoient etc a'dreffs pour lui etre remis, lui fetont, furabondamment & fans delai, adreffls, pour qu'il ait, A infantt de leur notification, d6farmer les t troupes qui l'entourent, jufqu'A ce" que M. de Fier- ville en ait pris le command 4ement; finon, & faute a par ledit fieur de Peynier d'obdir au prdfent ddcret, SP'Affemblee declare qu'elle laiffera aux bons citoyens Squi bruflent'de voler au Port-au-Prince, & don't le > nombre s'accroit rapidement, la liberty de pinir , a par a voie-des armes, les enormes forfaits qui ont n etd commis par Ie fieur dePeynier, & qui le rendr6nt, ainfi quef fes fauteurs & coherensoa jamais execrablE a A toutes les Nations. a Sera le prdfent ddcret apportd a M. de Fierville, a par ceux de MM. les Citoyens des Cayes, don'tl e courageux patriotifme a prouvd a PAflfembide la a connoiffance des prdcieufes d6peches venues par -P /e Serin, lefquels elle nomme fes Cornmifaires A cet; (32) v effect; fera en outre ledit dtcret notified au fieur ti n Peynier, imprimI, public & affiche dans toute la 3 partie frangoife de Saint-Domingue :. Fait en Affemblie g6nerale A Saint-Marc. Signi, T, MILLEt, Pr'fident; DE PONS, vice-Prdfident. M. de Vincent etoit aux Gonaires a la t&te des troupes patriotiques de la province du nord & du dAtachement tiu regiment du Cap. Ses ordres portoient quil fomme- roit 'affenmblee d'avoir a fe diffoudre, & que, fur le refus d'obdir, i feroit marcher fa troupe. Cette nigociation traina plufieurs jours, & donna lieu aux lettres que nous depoferons. M. de Vincent dclara qu'oblige d'obdir aux ordres qui lui avoient iti donnds, ilalloit marcher. L'affemblde s'embarqua fur le Lopard, qu'elle nomma le Sauveurdes Franqois, & fe fit efcorter par le ddtache-. ient en garnifon A Saint-Marc, qu'elle avoit fWduit. Elle announce fon ddpart A toute la Colonie, dans une lettre don't nous fommes porteurs. Les proclamations, les cris d'armes de l'affemblde don't je vous ai donned lecture, firent l'effet qu'elle en attendoitdans diff6rentes paroilles, & remplitd'indigna- tion les quarters qui n'adoptoient pas des principles auli d6faflreux. .A Ldogane on forqa la poudri&re; on fit des prepara-. tif d Au petit Goave, le meme vertige produifit les m&mes ffets. Aux Cayes il furent plus violent. Les r6cits exa- g6rds de l'Fvnement de la nuit du 29 au 30 Juillet, les proclamations incendiaires de I'affemble gsntrale, ai- griret les efprits au.point que tout fiut davis le ddfordre. On y arreta de prendre les armes de courir au fecours des matheureux que 1'on gorgeoit au Port-au-Prince. La ville des Cayes avoit long-temps manifeftl des prin- cipes C 3.3 ) cipes ages & moderes : elle avoit contrarie ceux de 'alfemblie g nerale. 11 le forma, tout d'un coup, dans cette ville, un club, don't la composition n'etoit pas heureufe. Ce club en impofa, par des moyens tran- chans, aux citoyens honnctes & paifibles qui fe reti- rerent, garderent le silence. Ce club devint 'arbitre des deliberations & PIappui de l'affemblde dans cette parties de Iile. II y fut decid, que Pon s'empareroit des fettres contrelignees du gouvernement & de I'adminiflration. Urie lettre adreflTe a M. de Cauders, ancien major du regiment du Cap, home eflim6, retire fur fes terres, p&re de famille, fut la cafe de fa perte. Deux cents perfonnes fe tranfportent chez lui; mettent le feu a deux pieces de canons; pillent fa'maifon, fes meubles; ie faififfent de lui & le trainent aux Cayes comnme un cr- minei. Le prerrier cri fit de le pcndre. Des perfonnes fages reprdfentent qu'un citoyen ne peut ette execute ,fans un jugement qui ordonne fa mort. La fureur qui avoit paru s'appaifer, fe ranime. II eft perce de plufieurs ballet, fa tite couple & port6e dan, toute la ville, & avec affedation fous les fenetres des officers du regi- ment du Port-au-Prince, d6tachds aux Caves & d6te- nus prifonniers, poor avoir voulu s'oppofer a la defer.- tion de leur troupe fidikte par les agens de 'affemblee gendrale. Je va's donner ledure d'une lettre de la com- mune des Cayes, qui en fera connoitre Pefprit & les difpofitions. Cayes, cec Aodt 790. NOS CHERS CONMCITOYENS, N Nous 'vous donnons avis qu'hier a huit heures X un quart du foir, nous avons rcompenfd, fur la ., place d'armes, M. Cauders des bonnes intentions a qu l av6it pour nous. Sa correfpondance, qu'on eft Adreffe des Dep. du Port-au-Prince C M a memo de lire, va nous prouver combien il nousA is dtoit attached. n Nous dcfirons, chers Concitoyens, d'apprendre c que quelques ames charitable nous debarraffent de s trois a quatre tetes qui caufent nos maux. N'Xpargnez ) rien : nous avons ici cent mille lives a votre difpofi- ' tion. Nous avons Phonneur d'&tre tout a vois. > Sign', BERGOBSO OM,1 s ,cretaire de la Commune. SA Mffieurs du Comitd provincial du Port-au-Prince)). Dans le nombre des paroiffes qui ont proteftk centre I'affemiblde gdndrale, don't les protestations font jointes aux pieces, on doit citer celle de lArcahaie & de la Croix- des-Bouquets. La premiere a remis des lettres intereffantes qui font connottre le gdnie &les principles de Paffemblde gnderale. La Croix-des-Bouquets, don't deux d6putes font ici prdfens, a envoy un corps de troupes patriotiques a M. le Gouverneur-gindral, pour raider a diffiper tes refles du defordre. Dans tn recit auti rdfervc qu'il a 6te poffible, vous avez vu la Colonie dans fes diff6rentes positions depuis qu'elle a conqu le deffein d'avoir des reprdfentans dans cette augufle affemblee. Vous avez vu fe former les af- femblecs qui ont preddd l'affimbl6e gdnrale de la partie francoife de Saint-Domingue. Dans fon organi- iation elle devoit ctre provifoire & confuhtative, prepa- rer, vous offrir les plans relatifs A la Colonie. Nos be- foins nous, donnoient un droit; nos-vceux nous don- noient un titre pour participer A ta regeneration de ce bel empire. La Colonie devoit n6cefiTirement occuper vos foins. Nous avions confide ai affemblee gdeirale ce prd- cieux depot. Vous avez vu fes pretentions, fon or'gieil. Comn- poee de citoyens don't le caradlere dtoit trace vous 'avez vue en adopter tin tout oppofI.- Simple AlIeLt- blde de province, el!e a rendu des ddcrets; elle a ab- forbe tous les degrds de juridiion, envahi tous les pouvoiis. Le Reprdfentant du Roi, d6pouillt de obn ar!torie; les Tribunaux fans vjgueur. Cette Alfemblee a autorif uin Tribunal fuperieur, illegal dans fa for- mnation, a rendre la juflice; elle a fouffertque le Co- mite du Port-au-Prince, 1'eNecuteur de fes volontes & de fes ddcrets informant en maticre criminelle; elle tendoit a concentrer dans fes mais un defpotifme bien plus dangereux pour la Colonije, clue celii fous lequel elle g6miffoit auparavant. Enhardie par les premiers fuccs de folles pretentions que l'on regardoit come 'effet de 'amrour-propre enorgueilli, elle a tout ofd; elle a meconnu la puifancc de 'Aflemblde des Reprd- fentans de la Nation, don't elle a foinmis les decrets a une nouvelie revision, meme apres la fandion; elle a appeld 'Etranger dans n:os ports, licencie les troupes, augmented la pale du foldat, pour le f6duiie; elle s'efl permits de divertir les fonds de la Colonie, don't les def- tinations font'fixes; elle a debauche P'quipage du vaileau du Roi le Le'opard. Les lettres de 1'Airemblt e a cet equipage, le secret q.i autorife fon infurredion font au nb'onbre des pieces. Vous y verrez auffi les dd- pofitions des foldafts, les manoeuvres pratiquees pour, les corronrpre. Des membres de I'Affemblee general y font inculpes ; fes agens, rdpandus dans toute la Colonie, y entretiennent le d6fordre infpirent des craintes, &, par de fauffes apparences, fdduifent ou intimident les gens fans m'fiance. C'eft par l qu'elle a obtenu apparente majority don't elle fe targuoit.. Si nous ne nous etions pas imp ofe, Meflieurs, la loi de ne vous prdfenter que ce don't nous avions la preuve odrite, nous pdintrerions dans le fein de cette C' -. -: : ( 36) Affemblde; vous y liriez, en caraileres bien expr.iiis, tous les 6garemens du coeur & de 'efprit ; vouts y ver- riez meconnoitre la Nation & l'autrit de fies reFrec- tables Reprdfentans; vous v entend;iez ine voix forte proferer ces cris ddchirans, ce blaf~plime: La France n'efl point notre mere, c'eft tine maratre ; it elI lemp de marcher i I'ind'pendance ; une Nalion voiline n'attend que I'expreftion de nos vceux. Ce b: Iu s'efl g6neralement rcpandu & pent-tire etil- parvenu jufqu'a volts., L'Affemblde de la parties francoife de Saint-Doniin- gue a-combld la mefure par frs proclamations, tar les cris de guerre. La conduit du GoLuverneur'-gi'-,ral, qui n'a point de reproches a fe fire, n'e'it-er ; pas tdi didtee par les circonflances qui l'ont force d'agir, cettlC Affembl6e devoit-elle prononcer des profcipiions, rettre des tetes prix, inrfpcr !e crime? Devo l-elle mettre les armes ala main a une Colonie qui trouvo't fon repos dans un moment de crife ala vALFil, m1's que la prudence dui Chevalier de Maudiii. a rendu le moins flnefle poflible. I'Affembl'e pre'entee e come de 'Peynier commei un feclcirat devoue A a nmortf-CeX... brave nulitaire, ce General qui a tououors bien corn- batin qui a ete lmule- & le camarade d'arrnes de Suflren, verra la mort avec plaifir, fielle ell utile a la- Nation. Les braves Ofriciers comprise dans a profcrip- tion portent Ie m^lm.n cartdre. Fiddles I la aNation, iu la Loi & an Roi qu'ils ont toujoirs ,gndreufenent f iv;,` ils lie haiffent qie les traitres. L'Aflemblee glreirale a fait a la Colonie tmn ial ir- reparable, en s'6cartant de fon objet. Placee entire la Colonie & les reprefentans de laNation, elle a renonce a la p.lus,belle prerogative, celle qui flatte le plus des' coeurs vertueux, celle de participer, de cooperer aux ravaux des gdnies bienaifans, des genies tutelaircs qui (.37 s'occupent a rendre e people Franoois le people e plus heureux de la terre, F.bos la protedion de la Loi, que le caprice ni lintcret ne pourront plus altcrer, & don't le credit des grades places ne poirront plus abufer, parce que les i6giilateurs veilleront fuir le people. Nous avons, Meffieurs fidcleent' rapport les faits. L'examen des prices en rappellera d'autres egale- ment proiuvs. Nous penfons que e e principC du niml toit dans l'Affemblde gndrale de la parties franqoife de S.-Domingue, que fa dcfrutdion 6toit neceflairc. Elle a effrayd les efprits par fes dipofitions, par ce ge- nie dominant & interieur qu'il etl dilTicile de peindre, parce qu'en le ddfavotant, clle en effacera les traits, don't rempreinte eif cependant durement giavee dans nos coeurs. Elle a merit6 de perdre note con- fiance, & d'etre diflp6e. Cc pendant, Meffieurs, :vous avez prnnoncer fur nos freres. Avant de nouis hair, avant d'etre divifcs d'opmion, its etoient nos anus; ais font colons commune nois, pires de families; nos voeux les plus ardens fi:it que Il Colonie ne, afi plus qu'une Tfamile &-knt vous deviendrez les chef~i ap t s en avoir ete les arb tries. Co!mme eux tloin de nos foyers, la volonte de nos conflitua,:s nous a fait 7n dcvoir d'un dcpmrtpr.'cip te & de' foff anices mulplles. ,'os pines '.!:vikndront Four 1nous un fujet dejoie f i la Colonie n'efC plus Sl'fvir.e en f~dons~ fi lu ioion fe r61.abfit fot trou e tace ,de haine eft effacee. Du igemient que vous allez porter dcpe d:, ce hlen prtci-ux. isr confttuans, Meffilcurs, dans les inflrwclions, dans les pouvoirs qu'ils nous ont donnes, ont mis ie fceau a noire b'onieur, en nous procura rnt Phoim'eur de jurer acette atgn fe Afleibbkce, cn !eur.s hi s, aix nOtrcs, que nous fnmnies. Frangois inviolablemeni C3 S ; ( '38 ) * attaches A la Nation a la Loi, at Roi; que les decrett emanes de vous, fandionnes par note bon Roi, front les feules lois quie nous adoplerons, auixquelles nous ob6irons; que nous defirons,que nous foupirons apres la regeneration que preparent vos coeurs gene- reux & bienfaifats. La Colonie, Meffieurs, qui a tc6 effrayde de l'idc d'un changcment:de domination, qui a craint d'etre f6pare de fes Icgiflteurs vous jure, par notre organe, une foumiffion, une recon- noiflance fternelle. Sign', A nNAULD, TP.OTTIER, LAJARD, Diputds du Port-au-Prince; DAUL1NAYV DE CHITRY, HAMON' PE VAIVJOYEUX D6putes de la Croix-des-Bouquets, r - -I (39') 2 T.aA rrT des regSist rs des ldligrations de la yaroisse cdhi Port-au-Pri /ce. SI - L'AN mil fept cent quatre-vingt-dix, & Te ieuvilene jQur du mois d'aoit a dix heuies du mstiu les citoyens do la paroif'e du Port-au-Prince, extraordinairement & rega- Sguhiirement aflmenbls en Ieur eglife paroilliale ont pro- pofe pour leur prdtidentr Ic psu ancient d'Age, vu iab- f ence de M. e i argniller. M. Kenfcoft pere, s'etant trouv6 le plus ancien f'aprbs l'interpellation faite par l'aflemnblde, a et" reconu prtlident de droit; M. Kenfcoff ayant reprd- fcntd qu'il ne pouvoit remplir celte place, M. Sainmartin aine s etant t'ouve aprcs lui le plus ancien de i'aflemblee, if a det nomlnd pour pr;fident, & il a nomme M. Pacaud pour fecrtaire. Sur la proposition fate par Ie prdfident, de favor s'ir feroit neceiraire de noinimer des dputcs aupres de Aflfnmble6 nationate, a 'effet de fair conno1tre les troubles qui fe font eieves dans cette Colonie, & notamment dans la ville du Port-au-Prince depuis existencee de l'AffemblIe generale, fdante a Saint-Marc, ii a ete arrete que ,.pour donner fon avis fur cette queftien, ceux qui voteroient pour F'envoi des depitr's, Fpa eroient au cote nord de l'glife ; & ceux qui voteroient pour la negative, pafleroient au cote fud: ce qui ayant Ite fait, il a ete reconnu que la prefque totalit& Sides citoyens etoent pour envoii des deputies; en conf6- quence, ii a et arrete qu'i en feroit nomme. Sur la proposition fate, par M. Ie president, de favoi quel feroit te nombre des deputcs a envoyer en France ,dans quellc cIafe ixs feroient eIus, & M. Ie president ayaut re- prefentd qu'il lui fembloit coivenable de chloiir entire quatre & fix, ii a ete arrete a Iuna!f & par acclamation, Squ'il en feroit nomme quatre 'q(u roicit choifis parmi tons les citoyens eligibles, & q. .cs firas de cette de- pmtation ferowtnt fupporas par aroilo .. ( 40 ) Le choix de MIM. les commiffaires fcrutateurs, ainfi qiue le nombre, ayant etr laifM ah la difpofition de M. Is pr6fident, ii a cru necelfaire de les porter au nombre de ix, & a nommi n MM. Grandmaifon, corfeiller; Le chevalier Volant, habitant; Girauit curateur aux fucceffions vacantes; Gaudin, negociant; Lenud idem; Bourgenot, marchand tapifier. Apres le dipouillement dri fcrutin, iI a ti reconnu que Arnaud a rduni deux cent quarante-fix voix; Trottier, deux cent trente-trois; Picard deux cent treize; Lajard, idem ; Chachereau, dix-huit; Le chevalier Volant, feize; Benoit, quatorze ; Girault, onze; Sainmartin ane', fix; Pidmont, cinq; Maflc qunatre; La Marnitre, icdem; Alleinand aine, idem; Lefrancc trois; Dumouftier, deux; Pele, idenm; Pacame, Idem; SDarae, ine.; Poupin ide Touron a'ie idem; Et qu'il refulte de ce d6pouillenent que MM. naand, Trottier Piccard & Lajard font nommins, pour aller en France: i a eto arrete qu'il feroit envoy a chacun d'eux (4I deux deputies pour les prier de ddclarer s'ils acceptoient la mimion qui leur eft confide & qu'en cas de non accepta- tion de leur part, ceux qui out rduni le plus de voix apres eux rempliroient cette miffion. M. le president avant propofe a I'Affembloe la quefion de favoir iI les citoyens veulent ou non rappeler leurs de- putes a I'Affemblee general de la Colonie, il a et6 oh- lerve, par plufieurs citoyens, que M. le gouverneur-ge- naral, ayant difbous, par La proclamation du 29 Juillet der- hier, ladite Afeinblee les deputies fe trouvoient rappelcs de droit; cependant d'autres citoyens ayant penfe qu'en- core que M. le Gouvernbur-g ndral edt prononce la dillolu- tion de I'Aflemblee general cependant il convenoit & il appartenoit A la paroifle de rappeler & revoquer fes deputies : la matiere mife en deliberation il a &6t arrete que, pour donner fon avis fur cette question, ceux. qu voudroient rappeler leurs ddputds A l'Afiemblde generale de la Colonie paikeroient au c6td nord de l'glife ; & que ceux qui ne le voudroierij pas pafferoient au co6t fud, ce qui ayant ete fait, ii a dtd reconnu que la totality des citoyens 'toit pour rappeler leurs deputies A I'Aflemblee gdnerale Sde la Colonie; en confiquence ii a 6et arret6 qu'ils 6toient & demeureroient rappeles: t l'effet de quoi la prdfente de- liberation leur fera notifide. Plufieurs citoyens ayant reprdfenti L jeI president, 4qu'its croyoient neceflaire de manifefter leur adhifion & cell de tous aux proclamations de M. Ie Gopverneur-ge- ndral, des 29 & 30 Juillet dernier., centre l'AffemblIe gc- ndrale fdante a Saint-Marc, & Ie Comit6 provincial de 'oueft; M. le prdfident ayant mis la question en ddlibe- ration, il a etd arr&8d l'unanimite que tous les. citoyens adheroient auxdites .proclamations de M. le Gouverneur- general. L'Aflemblde a enfuit arr&et qu'il feroit adreflT a M. Ie Gouverneur-gendral, des remercimens fur la conduit prudente & ferme qu'l a manifeftie pour operer la tranquillite dans la Colonie, & particuli&rement dans cette vile, & qu'il feroit i pri de vouloir bien continue fes mdmes foins & furveillances; Tq'a cet effet M. Te president fe rendroit aupres de M. le Gou- verneur general, pour remplir, h cet dgard, Ie von de 'af- fentblce, & qu'il fe feroit accompagner par trois perfonnes q'il choifiroit, lefquelles ont cit MM. 1 homin, Chambel- .an & Michateau. M. le Prdfident a propofd 1 r'affemblde de donner des inf- trufions a MM. les ddputis de la paroifl', & la proposition syant &td acceptie, le6A:re a dtr faite par M. Ie pef(ident d'un project d'inftruations remis par un des membres de 1'aflemblIe; lequel project ayant etJ difeutr, ii a det d6finitivement arrete, ainfi qu'il fuit: 4, Nous, citoyens fran;ois de Ia paroife du Port-au-Prince, *> extraordinairement & rdgulierement afnlemfes dans I'glife, a lieu ordinaire des ddlibdrations, apres avoir pris en confide ) ration I'dtat affreux dans leque! fe trouve la Colonie, & la , perfpelive effrayante que lui preparent les decrets de la. Sibi-difante aflemblee gederale, f ate a Srint-Marc; apres n avoir normni MM. Arnaud, Trottler, Piccard & Lajard, n ddputes extraordinaires aupras de i'Affemblie national & s du Roi, pour faire connottre les alarmes des bons Francois W qui habitent Saint-Ddmingue : n Nous recommandons particuiierement a nos deputies de " mettre fous les veux du Corps Idgillatif de ta Nation & de " fa Majefie la march d'abord irreguliere & enfuite cri- n minelle de ladite aflemblee. IIspeindront les anxilr&s des Colons de Saint-Domingue; t ils diront que I'afTemble'e gdnerale ofant marcher d'un pas ,, igal avec IAflhmblee national, a efiefteu, autant qu'il n Ctoit en elle, le def lin qu'clle n'avbit d'abord que manifefli , contre tous Ies principles politiques qui fondent la foci&td, Sen s arrogant prus de pouvoirs, plus d' utorite que nen a , donned la Ntion fiancoife a fes reprCferntans. m Us diront que cette aflembi!e gindrale a rendu des dd s crets, lorfqu'elle ne pouvoit qua propoter des plans pour s fair participer ta Colonie au bicnfait de la regeneration. IUs diront qu'elle a declare fes membres inviolables & * indtpendans de Ikurs conftituans, appliquant follkment n tnte Contrie dans laquelle le falut public, loin d'etre et. _, 43 ) ; Jnger, fe trouve garanti par Ta ptuflance rcecrllHe d in peupcl qui doit fa liberte a fon 6nergic, La io' con;L:ic; n appliquant, difoirs-nous, A unee tlle clntrL; ds p.i. cyes que des circonflanccs d'lin dager iniminent ort pi Lire adopter par i'AlTcnb!.e nn:trioale. lis diiront qunclie a iac:;-ti un t0Ls p.rcieUx h mnander , fdes officers publics pour les humi iii1r L c: h C:1C i r'-i e , vanity; que non content de poitcr, par de .lics dima5n res, , le relaehement danrs la partic c Iact:inlrr'tio: pubit liue, 1, qui interefle le plus la hlirctr e :oe us, e!!l a chercbdc A L1ire Smleprifdr 'auturit6 don't le lo i a confide j'c:evcic' e ai Io , reprefentant, dans I'inteition d'abforbc.r toub Ics p'ouvoirs , & de tyrannifer la Colonie. .- is diront qu'ia Farrivee des dcRcrts des huit ving -hUit ', Mars, la Colonic entire Icsa regards comnce la ba!e de la regen6ration colonial, & qu'clle a, en confciqiciice, ma- n niteftd foi vo dte fe founiettre a leur txdcution; mais que I'a- enmbIe geneale feignant d'obtempcrer a cetteacclama- Stion pubiique, a promulnm u un dcrcit i premier Juin, qui n refireint tellement ceux des huit& vingl-huit Mlars, qu'elie les a rendus vains & derifoires. ,> Is diront qu'en vain plafieurs paroiiTes dela Colonie, fe ,, ralliant avec confiance aux dicrets des hiit & vingt-huit Mars, n'ont confenti a la confirmation de T'aflT blde ge- e ndrale, qu'en Ini impofant I'ob,'iation de fe conformer ,, litternlement A ces deux dderets; qu'en vain d'autres pa- rifles mienx eclairees fir les vues pe:verfes de cette allTm- Y, blde, en oht prononed la diffolution; que I'airemblc gnde- n nerale a miprifd toutes ces considerations, & n'a pourfuivi qu'avec plus d'audace fes defneins criminels. ,, ls diront qu'elle s'eft fervie, avec nne abominable adrefle, d du divouemlent du commit= du Port-au-Prince, pour fiduire le regiment qui y eft en garnifon, ainfi que les tquipages ,, du vaiffeau du Roi le L'opard, & des frigates mounilees dans Ta rade du Port-au-Prince. ,, Us diront que I'honneur qui fut toujours Il'tendard dir , regiment du Port-au-Prince, lui a fait rejeter, avec mdpris, n les ddmarch.s & les offres ded cinenmis du bien public; que ( 44, ) l__ 4quinpage-ndu-afla,_duRoi -Leopard s'eft fouille par la plus complete des trahifons en fe rendant fous les 5s orcfres de I'afeinbl6e gdn&rale, declare traltre A la patrie par le reprefentant du Roi, a Ia requifition de la province ) du nord', de la vile du Port-au-Prince, de la paroifle de l ia Croix-des-Bouquets. ., Ils diront qu'apres avoir divife les citoyens du Port-au- : Prince, par les inftigations du comite de cette ville ; qu'a- p pres avoir Echoue dans fon plan de ftducdion a i'gard du Sr6gimnent du Port-au-Prince, elle a conqu le project exe- cable d'armer les citoyens centre les citoyens; que ces menues fourdes, ces trames criminelles ont donned lieu a i J'6vdnement funefte arrived en cette ville le trente Juillet <" dernier. :. ' 4 ITs diront enfin qu'elle a comble la mefure de fes iniqui- s. tes, cn operant la defe&tion du ddtachement des troupes . rdgi es en garnifon A Saint-Marc, en forcant lesfoldats de . ce d.tachecnent de prendre les armes centre lers conci- , ttoyens, & en jetant plans des cachots leurs officers qui, M plus attaches n lcur honneur qu'a leur vie, n'ont pas voulu - particlper au crime dans lequel I'aflembl6e avoit entraine ,. prefque tous leurs foldats. i, Nous recommandons au furplus a nos diputds de mani- s, fefier a l'AfTmnibl; c national & au Roi notre parfaite ad- n h6fion aux dccrets des huit & vingt-huit Mars. 5 Nous arritons enfin que M. le Gouverneur-gednral fera fupplid de fihire partir nos d6putds le plus tot poffblc, fur Siune corvette du Roi, s'il peut enidifpofer ,. L'aflemblde a arrete enfuite qu'il feroit remis I MM. les : dputes, allant en France, expedition de la prdfente d6libera- ration; laquelle fera, al furplus, imprimi aux frais de la pa- roiffe, au nombre de mille exemplaires. Et a l'inftant font arrives a I'aflemble2 MM. les conrmif- faires envoys aupres de MM. les deputds nommes pour France & ont dit que MM. Arnaud, Trottier & Lajard, acceptoient la mifflon, & que M. Piccard eft abfent. S(45 ) Fait & los les jours & an que d Ifautre part, & ont oes paroiffiens figue. Certified conforme au regiftre des deliberations dela paroifie. Au Port-au-Prince le douze Aoik mil fept cent quatre-vingt- dix. Signed, SAINT-MARTIN, 'and, pre/idem; PACAUD, Jecrhtairc. ExrTuI rT des registres deas adlibdrations de la Pa- roisse dcf a Croix-tes-Bouquets. L'A N mil fept cent quatre-vingt-dix, Ie dimanche huit aoit, illTe de la grand'imefe paroifllale; MM. les habitans & citoyens de la paroifle de ta Croix- des-Bouquets s'etant aflembles en I'glife paroiffial, fur I'invitation a eux fate par M. Hanus de Jumecourt, en fa quality de capitaine general des diftriAs de la paroifl'e; mefdits fieurs les habitans & citoyens ont nommd par ac- clamation M. Digneron, habitant, pour preiider L'Affemblde, & M. Bernanofle pour fecr&iaire. SL'Aeflmblee paroiffiale, pregnant en consideration Fin- tention de MM. les citoyens-pacriotes du Port-au-Prince, a decide unanimement, que M. Daulnay de Chitry & M. Ha- mon de Vauloyeux partiroient de fuite pour France, avec MM. les deput-s de la ville du Port-au-Prince & des. autres paroles de la Colonie; qu'a cet efl'et, il fera done aux- dits deux deputies de cette parolfle, des pouvoirs particuliers & en forme, pour rendre coinpte a l'Affe:nble Nationale & au Roi de la position affligeante oh fe trouve la Colonie, & porter les vceux des bons citoyens.' 2'. Qu'attendu que M. Daulnay de Chitry remplifloit A le paroitle les fonftions de major general des difrrils, & que, dans les circonftances a&uelles, cette place eft d'une importance infinie, ii a dte procedd de fuite A fon rempla- cement, & M. Leftage aind a renni tons les fuffrages; 30. Et come M. Leftage aini rempliflbit la'charge de ( 46) eppitaine dn diffric- des Varreux, ii a Ct6 arr3te que ft dilh-iit des Varreux s'afic:blera pour nonimer un capiraire, au lien & place de morndit lieu- Lefiage. 4. MM. cls capitaines & officers de diftrits ont renda compete de Icur traifport fur difierentes habitations, don't les citovens avoient nmarqu6 jufqun' present peu d'empreflement A fu rcndre aux atilmblies de parofl'e & dc diftrii : tous ont promiis de concounrir U la fcurit, de la paroifh,& au fornmu- A.-ii:c arretc nu Port-aui-Prince par MM. les comnmilaires de ia co'lciiaLtiot. ..... ' ". 11I a at nrrctc cn outre quil fera nonini & choif uin o6i'ier de plus par chaiuc dift -1d de la paroiilt. 60. MvM1. ics coycens de ladite paroii'e Qnt de nouveaut pF,.-it fermcnt d' tre fidclcs ia a Nation, a la Loi & au. R1i; ('ob-ir aux ordres de MM. les officers de difitits, & de concourig an bien gndralJ & ii maintenir la tranqnillit6 pdiMquc. 7 M. Proquat, come capitaine des difiril's du hourg, ti :idra fa mamn a ce quo tons ls Ccitoyeus adtifs & dom iciles aidiot hour; frl'cnt Jc fcrvie dcs difriEts; & ii a rE arrnet q cl tous ceux qui s'y retuferoicnt feroicnt expuli.s du bourg, & re^a,'des come perCtrbateurs du repos public. * 8I. i! n t de plus arr&ed quc ?MM. ics ornicers des diftrifts d inb pF;roile redigeront les ponvoirs qui vont etre confics, arn: mmnibres de fa ddputation qui va partir pour France. Fait, clos & arreei en airemblue paroifile, lcfdits jour, mois & an, & ont tous lefdits babitans & ciroyens fignd. Amfi fi, n1 Digneron, pridrt; HI-anus de Jainacourt , c:apttLame general; Lathoifln des Varreux ,.uV. Drouillard, aind; Bailiy, Bonnet ,tFafty, Travers, Dauliay d e Chitry, Terrclouge, I Bachele:!e, J. Cnnicre, E. Faure, Al- v. 'sS, Aubiln Duhamel, J_. until de Manneville ; GlIaue, J. GiIla'd., Lacomme, Fournier, .. L. Laniaigneze, Adam, Ileaugnil, Berve, de Parage, Jolly, C. la Mothe, MWril- eC1, aind; Martin, Picq F. Faurts, Turb6, Ia Marre, Thomias de la Turbali ;e. Foureiad, Lemncilleur, Brand, Darge;r, de Vczins, Wal'e., Pomnes; Bafqlue, Ludot, Dural, Lullaid, Sarret, Robin, Lcboule, Villeneuve Gardon, S47 ), Nazaret, Badaud, Trublet, Dugu,, PerochArs, Langlois de Barville-,Cafiar-de, Thuet j., I-ullouta, de la Ville-obert, Couifard ,'uchemin, S.-Vifor, Drouilard de la Regnire; J. d'Efpinofe, DabedeiIhc, Seignoret, Robardet, Haifaut, J. Lefiage, Dubreilh, d'Eftreez, aine; Lefievre & Berna- nofel, jecretaire. Snivent les pozivoirs donnds par MllM. les officers des districts. L'AN mil fept cent quatre-vingt-dix ,.Ie huit aoAt MM. les capitaines & officers des diftri&s de la paroif's de la Croix-des-Bouquets, quarter du Cul-de-Sac, Ifle St- Domingue, s'itant alrembids, au deir' de l'arr&t6 pris ce jour, en I'affemblee paroiffiale, a I'effet de donner des pouvoirs a MM. Daulnay de Chitry & Hamon de Vaujoyeux ddputis nommds par la paroiffe, vers l'Affemble Nationale & le Roi ; mncidits fieurs les capitaines & ofliciers, juftement alarmies des troubles,qui d&chirent dans ce moment la Co- lonie, & la deputation de M M.Daulnay de Chitry & Hamon de Vaujoyeux vers I'Ailembl~e Nationale & le Roi ayant pour objet de peindre la situation auffi cruclle qu'alarmante oi fe trouve la plus riche de-fes poffeffions d'outre-mer, & combien les bons citoyens & vrais patriots de cette contrie auroient befoin de fon fecours pour ramener i'rdre, la paix, & pr- veiir 'effufion de fang pret a couler, imeidits fieurs les capi- taines & officers des diftrits donnent, par Ie prdfent arrece, touspouvoirs mefdits fieurs de Chitry & HamondeVaujoyeux afin de reprdfenter ligalement la paroiffe dela Croix-des-Bou- quets aupres de la mere-patrie, pour Ja bien pientrer de la situation alarmante ou fe trouve maintenant la Colonie, & avifer aux plus prompts moyens de la fair cefler; & front les prdfens pouvoirs annexds a Ia deIlibration de la paroiffe, .de ce jour, pour.y avoir recours au befoin ; autorifant IM. Bernanol'e, ecrdtaite de I'affemblee, A en delivrer touts (48 ) expeditions nd~efraires a MM. de Chitry & Hamon de Vau- joyeux, pour leur valoir aupres de I'AlembIe'e Nationale & du loi; & ont mcfdits fieurs Ies capitaines & officers de diftri&s figned Ainf figd, Hanus de Jumdcourt capitaine general; Turbd, Lamarre, Seignoret, Proquau, Beaugu'il, J. Leftage, . d'Efpinofe, d'Efireez, aind; Travers, Wafle, V. Drouil- Iard, amin;Ia Bachelerie, Villeneuve & Drouillard de la Regni&re. Collatiqnne & ddlivri par nous, fecrdtaire fign. Signed Bernanoffe. fufdit & fouf- 1-.. i. i i: -:; -:t: I .. .. ;. i - rt i i. r r i. 'r u, : .i.. ,. .I A PARIS, DE LIMPRIMERIE NATIONAL. 1__~_1_11_1__1~___~O_____U__II___~---P- :h' ~ 1~; 'Z . r t rE ti' :; '~e |
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