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Mémoire
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 Material Information
Title: Mémoire
Physical Description: 1 online resource (15 p.) : ;
Language: French
Creator: Barbé-Marbois, François, 1745-1837
Publisher: Imprimé par Mozart
Place of Publication: Port-au-Prince ;
& réimprimé depuis à Paris
Publication Date: le 26 october 1789
 Subjects
Subjects / Keywords: Finance, Public -- Haiti   ( lcsh )
Finances publiques -- Haïti   ( ram )
History -- Haiti -- To 1791   ( lcsh )
Haïti -- Jusqu'à 1791   ( ram )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Citation/Reference: Sabin,
Citation/Reference: Martin & Walter,
Statement of Responsibility: laissé par M. Barbé de Marbois, intendant à Saint-Domingue, à M. l'Ordonnateur; en conformité des ordres du Roi.
General Note: Title from PDF caption (LLMC Digital, viewed on Aug. 23, 2011)
General Note: "Instructif sur l'état des différentes parties de l'administration."
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 747581034
ocn747581034
System ID: AA00008577:00001

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PAR M. BARB DE MARBOIS,

INTENDANT A SAINT-DOMINGUE.l




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l~l~rahrrruci~ urrndnra -l--rrusurarr~rs~ ~r.rrm~c~lmr~r~cr*~rr-- -u~ri~c~lra*crrr -~I--




















N. B. J'ai Id inftruit, c iy de ce mois, que SA lA JESTL
?mautorfoit ufer ds a- prfent duti conge qu'E/le m'avoit
accord pour le mols dAvril prochain.. La frfon deca avancle ne
me permertant aucuu dtilai, i'ai pris pard de fire impnrimer ce
Aimoire done il Itoh necefaire d'avoir phfieurs expeditions, qul
S'auroient pu tre pre 4 temps sil eut fallfa i r copier.




4 .* -















MM 0MI RE

L4f' par M. BARBER I DE MAARBO IS, Intendant a
Saint Domingue, a M. Ordonnateur,, en conformite
des ordres d oi Rot.

I E ROI mn'a ordonn' de ne pas quitter la colonies fans lai'er
a. mon fcceffeur un meimoire infirudif' fur fetat des diffrentes
parties de 1'Adminiiration. Celle des finances me paroit exiger le
-plus de-dctails;vous les-trouverez tous dans les. etats des finances de
Saint-Domingue, pour 1786, 1787 & 788, & je vais me'borner
a vous fire connottre la situation de chaque caiffe, at moment de
mon depart. Vous verrez par les etats ci-joints, que je laife plus
d'un million ei efpces-, non compris les fonds de diverfes caifles
de .fnples depots, tells que ceiles des Invalides & des vacances.
II y a d'ailleiirs des recouvremens a faire avant fa fin de fannee
pour de grades fo mmes.
A ous n'avons point'de lettes (*), J'en at acquitted d'anciennes
pour plus de onze mtiflons. Tout eft paym au cormpant ; nous
avons tin fonds confidcrable en caifre, & beaucoup d'entrepreneurs
ont re;u des avances.
Aprcs ces paper us fatisfaii'ns, je pafTe a queques vues concernant
le compte a rendre en 1790 pour 1789.
11 doit y avoir une jufte proportion dans la repartition des revenues
d'ure province, coni me dans celte d'un royaumne, & Saint-Dominigue
etant la leu e de I'empire don't les finances foient regies feparement,
il eil ncefftire que les Adminiflrateurs forment tous les ans ua
(* ) La reclamation da fliur Artau ct riduitc ai ooooo livres; iil 'y en a aucune
Wire .








Aporqr de I'app[ieat'on du revenL pujri!c. Des vies peut.4tre trop
hornees m'ont empechc de publier ce tableau fes annees prccdenites;
iais enfin, pulque ce travail dolt, jufqu'i n certain point, fervir
de guide pendant Ie course de I'annie, je crois qu'il fera utile de le
mettre aufi onus les yeux du public : on y verra pour quelle fomme
cheque branI il4 de lAd iininitration efl employee dains is depenfes
de ta coclCnie. On jugtra fi ioi reveCIu a dt r6parti dans tlne nielure
con vcnable entire ceux qui adniiniflrent ta juil ice, ceux qui font
charges de la dcfenle de Ja focietp, ceux qui tkinnent les renes de
FAdminiftrition & leurs ifbordoii sc.,. On connoitra les ommes
aflign.is aix outvrages nouveaux, aux entreprifes colonies, aux
traviiux d'entrctien & de conservation ceux d'utilite, ou m me
Ad pur ornement ; & peut-etre verra-t-on avec quedque a tisladlito
tout ce quon peut faie atvec des mloyens bdrnis, lorlquaucune
portion n'en efi diverLie au profit des individlus.
Je ne ferois pas d'avis d'admittre des articles de depenfes imprevues
daii5 ce table parce qu'ils font inutiles-Jorfque 1 Adminiftration a
confaininent un t fonds confidcrable en relfer rve; d'aitlleurs it ya de
J'inconvlpienti aannoncer aini qu'it peut frvenir des depenles ncn
prevnues, & c'efl donner aux gens qui tirent parti de tout, un pretexte
pour fire naitre des depenfes de cette nature, ou multiplier toutes
fortes de demands indimcretes enfin s'il fur-ent' des dcpenes ou
des non-vale urs imprevues,ellesdoivent etre batl.ncee. par des-econo-
inles, memee par des amcfiorations & des rece ttes imprivues &
cet article me paront ne pas devoir trouver place dabm r'tat des
finances de Saint-Dmningue.
Nous approchons de a fin de fannre,& i& imported que je vous fafle
connoitre ce qui .seft pcatiqu, en decembre 1788, rLuativemciet aux
appointemens, fournitures & otdes d'ouvrages publics.
11 eft d'ufage dans a pltupart des competes, que ies deux dernlers
noois de 'annce pour les appoiptemiens & diverfes autres depenles,
foieict acquittes au commencement de fannie lfivante & je ne
crois pas qu'on put trouver irregulier de ne porter au compete de
I789 que les depenfes effedtives ; mais cdmrne fai tachc de fire
payer ceux qui nous devoient, il ne fa loit pas qu'on puft dire que
nous portions I notre credit ce qui n'dtoit dj'i plus a nous. C'Oft
pour privenir cet inconvenient, qu'aux approaches de a fin de
fannie dn 'ai regle & qu'on a arr&te tous les decomptes; on a pref'i
chacun de fe faire payer, on a flimule ceux qui 6toient en retardc
de retirer les fonds qu'tls avoient au trdfor, on a ,menacl k







r&calctrans, & On eft parvenu enfin a folder les dJpenf;s dIe n'
fi copmplctemellt, que les talks "que a i ps a public, 1
font de vrais comptes de caill, nie sdccarterONi pint dt(, cmplt
d'ordre que je luis parvenu a fire rendre d'anui1e en i:n1.*c.
Celui'pqui public tous Jes ans le compete de Ion adminiiir :ion, a
un nmoyen bien puiitant pour la rendre refpeu6abe, s'il a i 1 julkc;
mais aulli ft tacice eft bien difficile fi toutes fes operations ne
peuvent pIAs foutenir le phis grand jour. D'un autre cote, Ie bon.
Ctat des finances eft lune des bates es plus fircs de I'ordre & de it
tranquillity generate & aucun ouLvernementf ne fera tented de
commettre line injiftifce pUblique, quand eles leront dans un tat
floor iflint.
C'efl auff lorfque Ie revenue public eft bien adminiftre, que Ta
diminutionn, loin d'dtre defir(e, el: tin mnaleur gcn ral & fai con-
fervat ion n'eft pas ioins avan taeufe a ceux L qi y contribuent,
qu a Souverain qUi en flit ijapplication. Rien n'eft plus propre a
propager ces p~rincipes & le bien qui en refulte, que la publication
d'uin compete de recctte & de depenfe ,& je crois que vous ne
balancer'z .pas A le rendire quoiqu'it ne dove ctre qu'en parties
celui de vote admimitirItion.
Si vous le rendez, ii iera tel fans doute, qu'il n'y aura pas un
citoyen qui tie puifle en ven;-iier chaque article; ti chacun n'et pas
ig.ilement a portce de fire cette veriication, ies comptables y
fliUpperont : ils out tous Ie plus grand intert relever es inexadi-
tudes qui tpourroient s'y trouver. J'ai rendu juilice aux bons je
n'ai point fait grace aux autres, & je crois qu'il elt necefTire de
in fli mc,:lgr aucuns de ceux qui fe front ecart6s de la regle. On
ne pour done en general, les croire difpof6s A pafler vos erreurs
fouis filtence; & comnme chacun d'eux trouvera te reliftat de ion
compete )airticuiier dans votre etat general, ii pourra juger s'il eft
exact ot nioi, & je luis periuad tous A relever les incxadcitudes, s'il y en a.
La colonies a pris Thabitude de voir fon coinpte annual : c'eft
tine ,ette qu'i taut qu t-Adminitrateur acquitted ; ceft delormais
un de fes travaux ordihaires & ii mle femble que fi vous diftfriez
hfeulement quetque temps au-deli de cedui qui eflt nceftaire pour
le publier, chaq'ue citoyen auroit droit de vous dire : Vous n/iget
un de vol Yd0 evoirs .. .t.
Vous coninoiflez auffi ie prix de la publicity* de routes fes ope&
ration contracts marches achats : ils fot la tauve- garden
A* iij







(6)
de I'Admniifrniteur qu'on pourroit tenter de tromper & en
rtlime temps un bouclier centre jes attaques des malveillans qu'on
reduit au filence en leur diilmt : VKi, Ioye, examine'.
11 et flicht ux de sexpofer au mecontentement gneral de ceux
que ion contr1iint a s'acquitter,; S;, nanmoins, s'1l meft permits de
vous donner tin confeij, c'eft de ne point mollir fur cet article: le
dfivantiage i e e tter feut contre une multitude de mecontens, n'eif
rien aupres des maux de toute efpice qui accompagnent le ddfordre
des fiu;nce,.s; Sc s'i tfaut que quefqu'un fouffre, it vaut mieux que
ce foit ,'Adminifr.tetir que toute la foci"te..
La rdfif:mnce de ceux que ,'ordre importune eft vigoureufe,
conflante, & fouvent ifs emb arraflent Ie chef des finances; its fe
figuent pour fire un effort commun, tandis que ceux qui approuvent
les mefures prifes pour le rctablifiement de I'ordre, ne manifeflent
leurs fentintns par aucun figne exterieur. Je dirai cependant, pour
votre encouragement, que ces embarras font amplement compenf6s
par les avantlaies de toute efpece que procute un attachement/-inva-
riable Ia a rcge, & la force qu'un Adminiflrateur fe donne a Iui-
lnmme lofqu'ii peut toujours repondre aux folliciteurs : Je n'ai fait
d'exception en fwcur de perionne.
On s'eft plaint de mes refus; on m'a trouve trop rode, trop
inflexible. Mais croit-on que je pufle done difpofer d'un bien qui ne
m'appartenoit pas! croit-on que j'euffe pu pourfuivre fans mcna-
gement un comptable infidele, apres lui avoir demandI la moindre
complaifance ? Aurois-je eu le courage de ie traduire devant les
tribunaux, & de feur dcnoncer 'infidit, on m"m"e 'linexalitutde
de fes livres, de fes bordereaux, s'it efit pu me reprocher d'avoir
ufe de nmon influence fir 1ui, en faveur de mes amis? Comment
aurois-je ofl diftribuer ia iouange aux uns & le blime aux autres,
fi j'eule ditd obligec d'un feul d'entr'eux ? N'elit-on pa.s dit avec
fondement que j mew vengeois de ia rdfiflance 'des uns, & que je
recompenfois la foumifllon timidei& coupable des autre.s ? Mais je
puis, julqu au deiern jour, m expliquer fur eux tous avec Ia meme
liberty que par le parle. Cette inflru6Lion rmmee, i dele eft connue,
doit encore ftipper les mauvais comptables de terreur, & fervir
d'encouragement aux autres. Faites que mnon depart ne prouve pas
ce qui a te dit bien vnt ; Qu'iI ie faut a un mauvaeis comptabe
ih Saint-Domingue, que ga encr ht temps pour ne jamais payer.
Je fais, Montieur, que vous ne fouffiijrez jamais que eon prete
dircdlement ou indiretement les fonds publics aux nombreux de-







7-
mandeurs qui ne cefleront de vous aafllir, jurqu'a ce que vos "ifpo-
fitions negatives foient bien Ltablies; mais vous aurez A vous garantir
d'un autre Mcueil encore plus dangereux. Ce que je vais dire ne
regarded point le trdforier, don't f'exaditude & f'ordre me font c6nnus;
mais fi amnais un comptable, charge de manienens auw importaiis,
fe permettoit de prkter des fonds de ta caiifie, de faiire des advances
a ceux qui font appoints par le Roi, de mettre leurs billets A la
place des fonds qu'it doit avoir, malheur A F'Adminiftrateur qui
aura fotuiert que t'on envahiffe de la forte cette portion important
de foin autorit&! Le comptable ceffe des ce moment d'ctre dans it
dependance; it s'eft cree de nombreux partifians, & ii jamais on veut
porter la lumiere dans fes operations it ralliera tous fes debiteurs,
en Ieur dilant : L'Adminftrateur nie prnfje de computer .es fmn ^que
j'ai reCts : it fut que rous me rendieZ ceux lue je vous ni pre's. Alors
vous aurez en tete une multitude de detradLeurs intcrefifs a con-
damner toutes vos operations. Tandis qu'ils lIeveront de tous c6tes
des clameurs contre vos ifverites inouies, contre vos innovations
dangereufes, les citoyens amis de fordre garderont le filence, &
fe borneront a vous plaindre ; vous ferez feul, & une 4ois entame,
il vous fera bien difficile de regagner le terrain que vous aurez
perdu. On s'efforcera de reculer la reddition des comptes jufqu'a
une autre administration & les maux qui en refulteront ne peuvent
Wtre apprccies que par ceux qui connoiffent que je n'ai fign6 les
comptes de 1773 qu'en 1786; les fuivans jufques & compris
1782 font en r&gle. 11 en eft de 'ipme de 1786 & 1787;
iegard de celui de 1788 il eft pret a etre figne.
Encore un an & demi, & cette comptabilite important fera ter-
rminee. Elle eft jufqu'A pre'fent, pour ainfi dire, envelopp6e d'un
voile; chaque compte augmente Ie debet apparent du dernier treforier,
& celii de 1783 ie conftitue debiteur au Roi, de 43,o03663 i liv.
7 f. 9 den. inais ce debet fera reduiti finon en totalite, du moins
tr-s-confiderallement, par le reifutat de fes comptes avec les autres
caiiles : on ne faiura a quoi s'en tenilr fur la Jituatiornenvers le Roi
qu'a ia fin de cet immenfe travail & vous y touchez.
Vous fentirez, comme je fai fentie, la ncceIlite de tenir toutes
les parties des finances dans vote main : rien tne vous porter a. vous
departir de ce principle. C'eft la pratique contraire qui a ete la caufe
du de'fordre qu'll a -et ii difficile de repreer Pas une feule Ordoii-
nance ne doit etre faite, fi ce n'eft par vous, dans les departemelns
du fud & de 1fouefl; & quant A ceiui du uord, maintenez ftridet
Aiv








(8 5)
ment ia regle de fire 'enregiftrer en votre blireau des fonds du
Port.-at Prince, toutes cells que Fordonnateur aura dtd par vous
auitorif6 a fire; ne croyezpas quili en rcfile pour ous an plus
,r:,ind tr.vail (je fais afiez que vous ne le craignez pas); mais d'ail-
le.ur cette march tend :dimintur la correfpondance & un dAtail
qui efd in'fini, qui'nd on ne tient pas la tcte de tous lies fi[s qui font
iI ouvoir la iacliin le ile a finance. Tout fera perdu iprfqu'il y aura
Ink !ilihltituide d(ordoinnatLiurs en matiere de fonds.
Une obfe 'viin vous fera encore fentir i'utiIite infinie de cette
march(c. Deux jours apr'x; avoir requ le congi que j'avois demand
t S. Majelt0 j'ai eu drefte les 5tats de la situation de Ia colonie, &
dans une forme ii certain & fi prccife que j'ai au mIlme inflant
provoqu,, de la minlire ia plus pretluante, une verification de la
part dts c linire' dagriculture : j'efpere qu'elles la front, mais ce
nti pai i' -. ; it vous Importe d'en fire tnne vcrale de vote cte,
& leS Iordcriati, de ft.maines m'annoncent que vous trotverez des
foiIds encoe -plus confid'raibes damts les caifles, an moment o 0 votre
admninifiraition conimencera, qu'iI n'y en avoit au premier de ce mois.
Je doi, rendre aux comptables un temoignage que tous out marite;
au zo odobre,, j'avois les'bordereauxC de tons les trimneftres fims
exception; &, c'et une chofe remarquable, puifque ,'etat de fit nation
eft fe r(ldihtat de plus de quarante comptabilites.
Je laifRlirai des abusA reformtr ; ne leur Laites aucune grace. Vous
exciterez, je ie. fais, des plaintes & des murmures de Ia part de
ceux qul profitoient du dcfordre. Elles tiendrojit Popinion genlerale
fufpendue pendant qudque temps, & ie public, ce juge intcgre des
judges euix -inmes attendra. pour porter fes decisions, que" le
rdforrmes aient produit Ieur effect. Si Ia confufion uccedoit a ia con-
fulfiol, fi des abus d'un autre genre, oil dguiies fous utn autre formne
fe glifloient 'i la place des anciens, tes decrets de l'opinion piullique
colidamineroirnt Ie rformnateur. On jugeroit avec raifon que ce
n'ctoit pas la pleine d'aneantir de an iauiseitabli(fbm'1ns pour les
remplac ruipr des inflitutions aulli vicietufls,-&-de flvir centre les
Ipoliateuri dc la chofe publique), pour leir donner des fuccefkur'i
aufli coutpablesi. Cela ine peut arriver fous votre a3dnhitil ration;
mais fi, couime j'en fuis d'avance certain, les effet: co'rRipondt'nt
coinmplcteiriUnt aux mefures que vous prendrez fi ,iiHncc'aie
en eft ie rc'iliat, fi Iordre & les avantag&Ls l.atans qui l'lco-
pagnent, viennent frap per les yeux de plus o a ne point fe
voir des pins intreics Ale combattre, 1es dctradeurs fe tiairont,








opinion incertaine fe fixera: ceux qui prCtendoient ttre dcc. vic-
times innocents mInaheureufes, fe retront de Ia fccne; on
verra que iordrc a fuivi ieur eloi:nement, & le process fe trouvera
jiuge paIr ceux nwcmes qui n'auront pas eu Ie 'oilir dd'el examiner
jes pieces.
Je me fItis fouvent dlemandd q tLl e tt td mo1n frt dans I's circonl
tances atduleles, fi j'eufle prie 'r i'ilcreencc e la i vivrite; a' iur-
d'hui que la France ne pcut, comme autrefois, S ire en p:i:ltie Ic.L
fonds de la depend de e Saint-Domingune ma situation feroit tefl L
que je dois mapplaudir A j mais, d avoir prefer a un repos pain:ier,
le maiitien de lt regle & de ia loi.
Je vais prefentement patflr A quelques operations particulibre.s
ainfi qu'elles s'offriint A ma plume, & vous ferez d'autant plus
port A excufer le peu d'ordre qui r'gne -dans cet crit, que 'Admi-
niflrateur i'eft jamais plus occupy qu'au moment oiu fol depart va,
pour ainfi dire, faffranchir de toute occupation publique.

A7pprovifionnemens.

Les operations de I'Adminiflration fe font reffenties de la crife
qu'eproiouoit la colonie a Fi'gard des flubiitances. Plufieurs quarters
manquerent de farines en mars,, avril, mai, juin & juillet, & ii ftaiut
en envoyer du Port-au-Prince au Petit-Goave, A Jeremie & aux
Cayes. Les magafins du IRoi, Cpuils par d'autres avances, fe trou-
verent enti-rement denues au milieu de juillet, A fel'poque de la plus
grande clerte c au moment ou les capitaines de navlres nous annon-
;oient une augmentation de prix, & oi lees Juges de police nous
faifoient preflentir une nouvelle diminution dans le poids du pain;
c'eft dans ce moment difficile que M. de Vi-ncent & moi fimes
acheter au comptant, des marines A 3 2. & menme 150 liv. pour
les livrer au public A i2o liv. Les prix tomberent fucceffivement,
fe po'ds d(u pain flit angmentd, & cette circonflance a encore prouv6
que le fonds de rCferve eft un retranchement oi F'Adminiflration
peut attendre les fpdcUiritcurs de pied ferme, & centre lequel tous
leurs efforts viennent cchouer*
Au relie, cc-tte nmufi re title, dans te cas d'une exceflive cherte,
ne doit dCre em(ploy&e lqu'avec circonfpecition; fi Ie commerce
qui vend queL!'queefois a perte, n avoit jamais la chance d'un prix
confiderable, s'il avoit toujours A craindre de uhtter centre l'Admi-
mifvration arnce des fonds de ft'pargne, il fe I dcourageroit biebtt,


% I







( to )
il ralenitroit fes expeditions; & des difpoftions fates pour emp&cher
f'extrdme cherte, produiroient infailiblement la ditette.
It y a en ce moment dans les magafins du Cap & dans. ceux
du Port-au-TPrince, des marines pour plus de 300,000 liv. Elles
font deftinees A donner des fecours au public, en cas que les
accaparemens occafionnent une dilette pendant I'hiver; mais ia chofe
ne fera probablemenlt pas neceffire, parce .que i'effet d'une pre-
caution prile A propose, elf d'emptcCher le mal meme auque on s'etoit
propof' de remidier. Une limplle augmentation de prix ne me part
pas devoir dtre in motif lflilftnt pour en liver au public.
Nous venons de nous occuper d'une prolongation de deux mois
pour I'importation des farines etrA.ngres, & i'Ordonnance a &t6
enregiiree Ie 23.
Quelques maifons de Bordeaux ont fait des envois affez confi-
tlerables, mais qui n,'gaalent pas le quart de lapprovifionnement
de la colonies. Je vois avec une vraie peine qu'elles ne procureront
-qu e de fa perte aux armateurs.
Vous ferez bien de. fire vendre des farines des que le befoin
fe manifeftera ou d'en envoyer dans les quarters. L'ipprovifion-
nement feroit d'ailleurs trop contiddrable & eiles ne fe garderoient
pas. Vous favez combien je repugne a courir le rifque de voir des
articles aufli precieux fe githr, fans que les homes en profitent.
Ces marines ne content un prix compenlant t'autre, qu'environ huit
gourdes.
Mettez le plus grand foin a fire cultiver des vivres de terre.
M. le Comte de Peinier & moi, penfons de m me' a, i-gard de
la difette fur Jes habitations : n"epargnez rien pour la privenir.

Hattes fur la Gonave.

Des trois grades iles dependantes de cette colonie, la plus
conlfidrable n'a point ete aliene ; elle eft auffi dtendue que
quelques-unes des iles du vent qui ont des gouvennemut -i pTrticu-
.iers, & c'eft une pofl' fion .pricieule de Saint-Domingue. M. de
ViIaire, Dire~eur gienral par interim, en, a fait ie tour, & fa
vifitle interieurement, non fins fatigues & de grades dlficuItis;
d'apres fes rapports, on dolt beaucoup de reconnoiffance aux
Miniflres qui out riefift aux demanded reitories 8& pielantes qui
leur en ont ete faites. L'Adminiflration n'a pu y fire qu de foibles
effais, & deja cependant elke en reCoit le prix; diee y- emploie ua




K>







( It }
atelier de 5o negres, & le produit de ft'tablifement en bois Je
Schauffage & de 'conftrudion en pierres, &c. eft 6valu ai 3e6 ou
40,000 liv. Ce n'elt pas atliz, eu egard aIux lmyens mais ce
fI revenue n'a ete' auffi peu-confiderable, que pyarce qu'il af tllu occuper
Ies ngres a diverles conftrudions, ouvertures de chemins & autres
:, travaux' non produlifs e eux-nm m'es, (qjoiqiu'i s Iiient nKcciriires
pour obtenir les produdions; eies ieronwt btI)ucoup plus confidc-
Srables d'annee en annee. Puiffe cette belle pof"li'ion ne jnmt;-i; atre
Sabandonnee aux folliciteurs qui ne le latiferit pas de ha demander,
|& que nous n'avons. dcartes qu'at force d'en reprdenter fiutilitd!
J'avois un project pour y etablir des hattes; ii n'eft pas rCdigc,,
S& ii y a peut &tre des objedious fobides : je ne puis que vous
indiquer nos vues. Adminitfrateur & colon a la fois, Ies v6tres
front appuydes fur plus d'exxp'rience.

Fonds de referee.

M. Ie Comte de Peinier eft d'avis, & je crois que vous penferez
de mme, d'accroitre jufqu'a environ 1,5oo,ooo liv. fe fonds de
riferve. La. circonftance 'exige. Nous n'avons en ce moment
qu'environ 1,200,000 oiv. en efpeces, y compris kIs fonds des
Invalides & les conlignations; c'eft affez dans les temps ordinaires,
mais dans ia conjonture prefente, je regarded cette 6pargne comme
foible; & cette folblefle vient du payment de 800,000 !iv. fait
depuis peu de mois au fieur Artau, de 20oo0ooo iv. pour ia foffette,
& je croyois, en vdritd, en ordonnant ces depenfes, diflribuer la
fubftance mAme de ia colonie.
Faites toujours mettre fous ia cle du Controleur & fous celle du
Treforier, les fonds que vous prefumerez devoir etre long-temps
fans emptoi, conformement A mon Ordonnance du 8 aouit 1788
J'en ai ftit tirer oo,ooo0 liv. depuis peu de jours pour tre
envoyees an M61e & au Cap. Vous pourrez, je penfe, fire rentrer
une fomme egale dans cette caiffe, ie Treforier ayant depuisfit
ptufieurs recettes afez confiderables, don't au refle il fera attentif
vous rendre compete.
Un Adminiftrateur peut montrer beaucoup d'argent dans ie tr for;
& cependant laiffer ion fuccefleur dans de grands einbarras; miais
s'il n'y a rien' paycxr, fi toutes les dettes font eteintes, (je ne
parole pas de la reclamation du fieur Artau), ia caiffe de reserve
eft un des meilleurs fympt6mes du bon tatAe. la finance: ainfi,



, '!







( 2tz )
ei vous invitant en accrohtre ie fonds, ou dcu mo1ins A le main-
tenir, je fuppoe que q e fera toujours ins failfer aucua payenitnt
en Ifoufrance.
Logemncls 'ds Offciers d'Aminifration au Port-au-Prince.

IL convienit d'Jtablir Ie bureau de la guerre dans les pieces qui
font en bas du nouveau batiment, & de tout donner au Commiiaire,
a exception d'une chamnbre de bureau de ia marine & des deux:
cabinets attendant. Je penfe aufi qu'it faudral fire conftruire par es
/Egs t/u Roi, des cuiiines & decharges pour le Commiflaire. Le
baitiment kra paye dans fept ans, par I'epargne que nous faifons
des loyers.
Ch/min de Jacmnel,"

M. le Comte de Peinier fe propofe de determinier le chemin de
Jacntl, & je crois auffi qu'ii convent l-e s'en occuper, dL le
colmmenIIcememntI de i'annee prochaine, fi la fiifon 1 I>er-met. Volus
ferez dans obligationn de fire venir pour les travaIieurs des ttntes
du Cap; nous n'en avols plus ici: on penfe que I'ouverture de ce
chemin a te I'epoque & ta cauile de'la crdatiot de divers ctablif-
femiens, don't le event paflra deux millions; ia vateur des teries
voifines a tierce.
Cure Prr.

ON nrous propose de convcrtir Ic Cure-port en tn ponton &
d'en tirer un loyer de 9 A I o mille livres, le iicrt:ikr d~emliur.,nt
charge de tous les frais; c'eft a mon avis lei kul in de d ortir,
fans grande perte pour le puIlic, d'une niaLtivulie ent.]prii. i~otIs
en avons ecrit au Miniflre & a.chole, en attelid0t, plouirr.t ctire
A *
nuurie & prepare pour donner .a ce plan ion execution, quand
les ordres arriveront.

Port-'u-Prince Cap,

JE ne dis en des divers travaux qui s'executent au Port-au-Prince
& au Cap; les premiers front fous vos yeux, & vous connoiitz fes
autres: je n'ai a cet regard rien a vous rappeler. On les fit avec
adivit6 ; les payemens font non-feulement au courantfii y 4 mamine
des avances. .






-T f il ...
S! vous faltes fire des remblais ait magafin, commc, je mce Iitols
propose, le fieur Lunlcy, dckbiteur au Roi, poursoit co ren chalrg,
& ce feroit pourlui un moyen plus facile de s';Icqultter. It ett dbiteur
come caution, & c'eft ce qui m'i e11ngage dpuis quatir an ; a lu
accorder des trrmnes, ii I'cchliance defqqucls ii ,1 payc pon .clulltem nt.
Fontaines de Saint-AAlrc.
DES fontaines ont ,te promises a Saint- Marc, les canaux en fointe
y font deji envo)es:' if inporte der miner" ces travaux.
Leogaine, Jerenie, Jacimel, Petit- Goave, &c.
ON pourra donner des fontailies ;i Logane auflitot qu'on uilra
recouvrC une parties des anciens droits iir les ngres & fur iks
maifons. Je vous invite a'en ufi-r de mne pour les autres villes;
c'et le move dtie prvenir des maladies & de lauver ia vie i beau-
coup d'hommes.

Chemin royal de communication.
CETTE entreprife touche a if fin; les voitures conmuniquent dcu
Cap au Port-au Prince. L'embranchenment don't on s'occupe achIvera
de determiner tous les voytageurs fur cette route, plus court & beau-
coup plus belle. Il imported de s'occuper de la reparation de toutes
ces communications nouvelles. L'embrancbhement qui doit iier le
quarter de la Milarmelade a la grande confimunication eft fivi avec
afiidJiite, & les retards qu'eprouve la r6partition du Chemin royal,
prouvent qu'i t prudentt de s occuper le plus t6t poffible du foin de
fire reparirr les notuveaux chemins, if convient donc des ce moment
de fGidre rpartir fembranchement qui, dans le quarter de Plaif. nce,
doit lier la nouvlle communication avec la "Marmnelade. Plulieurs
habitanm des hauteurs de la Ma:nelarm de exporteront ieur carl par ce
chemiin,. qui eft d'une utilidt bien reconnue poir tout le quarter,
Les habilans de Plaiiance & des Gonaives font fatiguedl es tongues
yprtions de la nouvelle communication qu'ils ont i entretenir ; ils
ont rcellement moins Lefoin du nouveau chemin a repartir que les
habitans de la Marmelade, puifqu'ls peuvent aller au Cap & au
Port-au Prince fans prendre ce chemi; au lieu qu'il eft ablolument
mDceldaire -aux liabitans de la Marmelade q(ui out del aies dans
l pari de 'oik & a Prot au-Prince.
&* .' *





t 4 Bt -


Auditire Prifons du Port-de-Paix.
At fe Comte de Peinier eft d'avis de terminer cette entreprle;
& vous & moi fommes du mme fcntinent. Je vois que lek avances
faites aux entrepreneurs, laiflent aujourd'hui peu a leur payer.
Cayes ~ autres lieux de la Cobonie.
Nous avons commence aux Cayes une fontaine publique, &
notre A fire fire la conduit en canaux de bois ; Iais tn premier eflai
nous fait revenir aux tuyaux de fir could don't la dem.mde eft iite
en France i & je crois qu'i faut en ufer de imem potur toutes les
autres fontaines de la colonie. Vous obferverez que par-tout ou fe
local a pu ie permettre, nous nous' ommes attacks A donnler une
portion de i'eau A ia trade, c c'eft un objet de dcpenlfe peu confi-
derable, lorfqu'une fois les eaux font conduites jufilue dans les
villes.
Points.
SLE s fonds pour le point de 'Artibonite montant A plus .de
3o00,000 iv. lont a la dilpdfition de 'Adminiftration : les plans
de cette important conflrutlion font fits; M. de la Mervdtllre
eft au moment de fe rendre fur les lieux. Je uis, coC:me M. le
Gouiverneur general, d'avis qu'on ne diflere pas plis long, temps
-,- fire jouir les habitats de ce grand advantage : chaque jour de
celai leur occafioine des pertes ou des privations; & cette fomme
confidrable eft reellement oifive & morte pour eux, car ii n'e faut
pas confondre fa nature de ce fonds de I'pargne. Je n'ai pas
befoin de vous dire que les 1,2oo,ooo liv. que nous avons en
caiffe, ne -comprennent point ces 3o,o0oo lives.
Je n'entre dans aucuns details concerniilntles points don't la depenfe
eft affignde fur la caiffe municipal; je me borne A vous dire qiue
ceux de I'Arcahaye paroiflent M. le Comte de Peinier Cpmme 1 a
mnoi, les plus important a fire. M. de Vignier contributTr.-par
une fomme de i -0ooo iv, a la conftrudlion de celui qui flra pres
de fon habitation.

E N lifant cet dccrit, }e dernier adEe de mon adminifiration,& 8&
dans lequel j'en rappelle les principle s,yous vous direz peut-tre









qu'aprts tant de rformes, i ne pourra refer des parti'ans A ceful qui
es aura, exccutees fans management. Raflurez-vous, il lui en.refkrcl
de nonibretix: ce font tous ceux qui n'auront point lcprouv fes
refus ou fes f"verits; 'ceux qu'il n'aura point ite oblig de pour-
fuivre pour leur fire rapporter les depouilfes envahies fur le
tr6for public; ceux en un mot, qui, Joiuff iiTt en paix dks fruits
de 1'ordre & de i'6conomie, reconnoitront avec joile, par uin
experience de piluieurs annmes qu'il ef it:bli fur une )1.1C
inbrainable.
SSi cependant ceux qul s'inginient a embarraff(r li maiche d'unt
'Adminiftrateur, & A repandre des degouts fur tfes opcrationsl
peuvent trouver quelque fatisfadion A apprendre Ie fucc6s de leurs
efforts, qu'Jls fachent que celui qui eft anime de amour Ie plus
ardent du bien public, ne peut tre afiez impaflible pour s'avancer
avec indifference & tranquillit, dans une route qu'ils silent d'ecueils:
qu'ils jouifent pleinement de leurs advantages en apprenant qu'll
n'eft pas inacceffible A leurs efforts, & qu'ils mdfent quelquefois de
a'mertume A fes travaux; inais qu'iis examinent en mime temps,
s'its ont un feul infant arrete fa march dans la carriere qu'il a
parcourue; & fi effe a e6te invariable & ferme, qu'ifs ne s'attendent
pas qu'elte puiffe jamais changer.
Si f'homme public nobtient pas aujourd'hui f'approbation general,
il f'obtiendra demain; fi demain elle lui eft refufee, elle ;ie e fera
pas toujours; ou s'il doit y renoncer pour jamais, fi mrme on
refuse A fa tombe les temoignages qu'il n'a pu obtenir vivant, du
moins ii aura v6cu en paix avec lui-meme, & c'eft un bien don't
it n'eft pas au pouvoir des hommes de fe river.

Sera le prefent AMelnoire depof' au Contrdle de la Marine.' Aa
'Port-au-Prince, le j25 oaobre 1789. Sign BARB DE MLARBOIS.

Depofe au Contrtle de la Marine. Au Port-au-Prihue, le 2f oLdotre
r1789. Signed DESCHAMPS.




lmprimi par MozA RT T, au Port- au Prince, iie Saint Domiingue,
le 26 Ofobre 1789; & rciipriind depuis A Paris.