Haïti à l'Exposition colombienne de Chicago

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Material Information

Title:
Haïti à l'Exposition colombienne de Chicago
Series Title:
Bibliothèque haitienne
Physical Description:
112 p. : illus. ; 8 ⁰.
Language:
French
Creator:
Gentil, Robert, 1868?-1894
Publisher:
Vve. J. Chenet
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Natural resources -- Haiti   ( lcsh )
Commerce -- Haiti   ( lcsh )
Industry -- Haiti   ( lcsh )
History -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
bibliography   ( marcgt )
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Bibliography:
Bibliography: p. 71-75.
Statement of Responsibility:
par Robert Gentil & Henri Chauvet. Avec une liste de ses produits exposés et des notices de M. Dulciné Jean-Louis.
General Note:
Catalogue de librairie provenant de la république Haiti, p. 107-112.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 17647081
ocm17647081
System ID:
AA00007509:00001


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Full Text











HAITI
A L'EXPOSITION.COLOMBIENNE
DE CHICAGO






THIS VOLUME HAS BEEN
MICROFILMED
BY THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.
































'AMP. NVE. .. XCHENET )ORT-AU-'"RINCE ( 'fAITI )







BIBLIOTHEQUE HAITIENNE


ROBERT GENTIL & HENRI CHAUVET









A L'EXPOSITION COLOMBIENNE


DE CHICAGO

AVEC UNE LISTE DE SES PRODUCTS EXPOSES
ET DES NOTICES DE
M. DULCINE JEAN-LOUIS
Ancien S('iatcnr do la Republique
Vicc-Prcsident de la Commission de l'Exposition haiticnne.


PORT-AU-PRINCE
1MPIl.M1EHIEI V"c J. CIlENET
R., HUE BONNE FOI, 4,
1893.


University of Florida Libiarte




















A SON EXCELLENCE

le G6n*ral HYPPOLITE,

Predidet de la Rdpublique d'Haiti.




... 11 faut que, sous mon Goiuvernenient,
Haiti affirmie sa place dans le concert des
pays progressistes... ,


SParoles du Pre ident Hiyppolite ,n
audience pubhque. I
















INTRODUCTION




Tous les voyageurs qui ont visit la Republique d'Haiti, tous
les rangerss que leurs intrets ont amends dans ce pays et que
leurs affections ont pousses A y r6sidcr de longues ann6es, tous
ceu, enfin qui ont 6crit sur I'ile d'Haiti sont unanimes a de-
clarer que cette terre est l'une des plus splendides qu'il ait et6
donn6 A l'homme d'habiter.
Les premiers, Espagnols qui la virent, la jugarent aussi belle
que leur patrie et lui donnerent le gracieux nom d'Hispaniola
(Petite Espagne);. Christophe Colomb, leur chef, don't on ce-
lebre si grandiosement le quatre-centieme anniversaire, dans un
elan d'admiration, 6crivitA Ferdinand le Catholique et A Isabelle
de Castille:
--- Hispaniola es una naravilla s ( Haiti est une merveille! )
De nos jours, nombre de negociants strangers. apres fortune
faite, continent a rdsider parmi les Haitiens, malgrc tous les
avantages que pourrait leur procurer une situation aisde dans
leur pays natal.
.C'est que la R6publique'haitienne, si souvent critiquee, pres-
que toujours si odieusement d6criee, offre a ccux qui la visitent
ou 1'habitent, les splendeurs de la nature tropical dans toute
leur grandeur et leur vari6et, A tel point qu'on se demand
parfois s'il serait possible de moufir de faim, de misere dans ce
veritable paradise terrestre; c'est qu'elle offre A l'industrie, au
commerce une telle abondance de products naturels qu'il suffirait
de la moitie des efforts qu'il faut au paysan stranger, pour y
arriver en quelques ann6es A la fortune; c'est enfin qu'Haiti
est privil6giee parmi routes les magnifiques iles de cet archipel
privilegie des Antilles, parce que c'est un pays g6enralement sain








6 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

et tellement accident qu'une grande parties de son sol peut
offrir a l'habitant des regions temperees et mnme froides pres-
que l'dquivalent de son climate et de ses products.
Le charm qui se digage de la contemplation des sites iner-
veilleux du littoral et de l'intdrieur de ce pays, la conscience
instinctive d'avoir sous les yeux une nature d'une si prodi-
gieuse fecondite et un terrain si riche en productions minnrales,
ces sentiments sont si vifs que les voyageurs qui se sont le
plus manifestement acharnds contre la nation ha'tienne, les
auteurs qui se sont toujours plu a insulter, a vilipender surtout
la population de la partie-ouest de 'ile, ont 6t6 obliges de
pousser des cris d'admiration devant la beauty de cette magni-
fique contrde.
L'un des 6crivainsqui s'est le plus particuliLrciment fait rcmar-
quer par la rdpdtition et I'obstination de sescritiques injurieuses
et qui, en toutes circonstances, s'est montr-I le plus furicux
detracteur de la race noire, Monsieur Edgard Lasselve, a etd
pourtant forc6 de ceder a un movement d'enthousiasme et de
consacrer a Haiti les lignes suivantes:
(Recemment, un de ses nombreux poctcs, M. Clharles Ville-
valeix, charge d'affaires d'Ha'ti a Londies, l'a salute A la facon
lyrique, d'un vers harmonieux ct qui fait image:
lie aux vertes forts, fille aimable des lots
coquillagessi ddlicatement colories et de son resplendissant soleil.
a Quant a moi, si je ne l'avais pas visited, je ne tenterais pas
de la depeindre, et meme l'ayant habitec pendant de longs
mois, j'h6site encore.
(Au lieu d'une plume trempde dans ine liqueur noire qui ta-
che les doigts et le paper, il faudrair le pinccau de Dia., cc
peintre ordinaire du soleil, imbibe des plus chatoyantcs cou-
leurs delayees sur sa palette lumineuse.
((Enfin, voici mon essai de paysage-marine don't je ne garantis
pas la resemblance.
((Quelque fidele que je m'eflorce de la rendre, ]e n'espere pas
reproduire l'original d'une facon parfaite et sans retouches. Ind-
vitablement il restera au-dessus
a Figurez-vous done, car j'ai besoi que votre imagination
vienne A mon aide, figurez-vous une ile, verte come One

[( ] Les Prime'veres,








INTRODUCTION


Cmeraude s'elevant au-dessus d'une mer bleu-indigo, qui creuse
sur ses c6tes une infinite de petites babies sur le sable d'argent
dcsquellcs viennent mourir des flots indolents.
a De mnime que la mer a creus6 des babies dans la terre, ainsi
la terre, par revanche, a jete sur la mer des promontoires et
des ilets, de tclle sorte que de loin on dirair d'une immense
corbeille de verdure de pres de cent cinquante lieues de tour,
irrCgulierement festonnee et posee sur les eaux, au milieu de
flottantes Delos.
a Trois nuances diversement fondues, selon les accidents du
paysage, dominant : le vert a la terre, l'opale au ciel, le bleu
aux flots.
( A l'int6rieur, Haiti, comme sa voisine Cuba, est h6riss6e de
chaines de montagnes, formies de mornes de configuration
diffnrente.ct de hauteurs inegales s'enfuyant dans tous les sens
et qui ressemblcnt a une succession de mamelles colossales.
Entre ces mornes s'ktendent des savanes, les unes vastes comme
les prairies du continent americain, les autres resserrees comme
les vallons de l'etroite Europe. Au milieu de ces planes, de
ces vall6es, autre jardin des Hesperides, se mrlent dans 1'exu-
bCrante confusion de la creation, des rangers, des manguiers,
converts de leurs fruits d'or; des figuiers aux branches tortues
de sveltes palmiers, plus sonores que les pins d'Ionie; les cannies
A sucre les cafiers, les cotonniers, etc. etc.
L La nature a prodigue ici ses dons en m&re qui donne sans
computer!
(Edg. LASSELVE Le Pays des Ndgres.)
Un des strangers qui ont le mieux visit Haiti, un membre
du Clerg6, qui a cu I'occasion de fire dans nombre de paroisses,
plusieurs tourndes pastorales, Ccrit dans un ouvrage paru A
l'Imprimeric de l'Evechi du Cap-Haitien en 1882, les lignes
suivantes qui montrent que'les pages pr6cedentes ne sont pas
emnreintes d'exageration. ( Relation des Visites Pastorales de
Monscigneur Hillion, Evwque du Cap-Haitien,de 1881 A 1882.)
S.. .Dieu est vraiment admirable dans ses oeuvres! A c6t6
des difficult qu'eprouve le voyageur, il a place une compen-
sation dans la grandeur et la beauty de la nature. Toutes ces
montagnes qut se juxtaposent et s'entrecroisent, .sont d'une
extreme fcrtilit6. Sur leurs flancs s'etalent une riche culture et
de gras piturages, tandis que leurs sommets sont couverts d'ar-
bres vigoureux... Quand nous chevauchons sur la crete des








8 HAITI A L'EXPOSITION CGOLMIBIENNE DE CHICAGO

mornes, nous voyons avec admiration derouler sous nos re-
gards des panoramas que le pinceau le plus habile ne saurait
retracer dans toute la richesse de leurs nuances et de leur ecla-
tante beauty. .

S. Rien de plus admirable que les perspectives varies
qui s'offrent aux regards des voyageurs, tour-A-tour imposantes
et gracieuses. Sur la crte des months, l'oeil embrasse un vaste
horizon et decouvre la mer avec les bizarres decoupures de
son rivage; en descendant, on c6toie des vallCes profondes ;
dans les ravines, ce sont divers course d'eau avec leurs cascades
bruyantes ou leur clapotement r6gulier sur les roches; partout,
sur les sommets comme dans leur profondeur, une v6getation
exuberante tale ses splendides productions ; partout les mon-
tagnes se juxtaposent, et croisent en tous sens, pr&sentant leurs
croupes arrondies ou leurs flancs quelquefois taill6s a pic A une
hauteur qui 6pouvante .
Pour reproduire toutes les pages qui ont td ecrites sur Haiti
par des admirateurs de sa belle nature et de sa prodigieuse
fertility, il faudrait des volumes entiers. Malheureusement, en
Europe comme en Am6rique, on connait ce pays sous un jour
tres d6favorable: on est habitue a le consider come une
sorte de pays barbare, sans industries, presque sans commerce,
sans culture, habits par des ktres d6g6ner6s vivant exclusive-
ment du produit des cafiers plants depuis plus de cent ans par
les Francais, en un mot come une contree sans resources et
appelee fatalement A disparaitre dans un avenir plus ou moins
prochain.
Le mauvais renom don't souffre aujourd'hui la R1publique
haYtienne est l'oeuvre d'une succession d'6crivains exotiques,
avides de renommde et d'argent qui, apres avoir recu dans le
pays l'accueil le plus franc, I'hospitalit6 la plus large, sont re-
tournis chez eux pour recompenser leurs h6tes par les plus
basses calomnies, par les injures les plus grossi&res, et cela dans
le but de se creer un succes facile aupris de naifs lecteurs qui
en sont encore aujourd'hui a confondre Haiti avec la fameuse
ile oc6anienne de Tahiti.
Une occasion s'offrait aux Haitiens de se faire mieux con-
naltre A l'Neranger et d'exposer aux yeux du monde civilisd les
progres indeniables qu'ils ont faits dans l'industrie, ainsi que
les richesses mindrales et vbg6tales de leur sol: c'etait 1'Expo-








INTRODUCTION


sition Universelle de Paris, en 1889. Malheureusement, la R&-
publique etait, A cette 6poque, engage dans une guerre terrible
qui ne devait prendre fin qu'au mois d'aoit et qui emp&cha
Haiti de prendre part A ce memorable tournoi international.
Peu apres cette date, le Gouvernement haitien fut de nou-
veau invite A participer a une exposition universelle, grandiose
par les proportions qu'on se proposait de lui donner, sublime
par l'idee qui en avait fixI la date: le quatrieme centenaire de
la d6couverte de 1'Amerique. Haiti, la fille de Colomb, tait
done invitee A se faire representer A cette imposante manifes-
tation, c'est-a-dire A prendre part A l'Exposition Colombienne de
Chicago, comme on I'appelle aujourd'hui aux Etats-Unis.
Certes, les circonstances dans lesquelles le Gouvernement ac-
cepta de participer a l'Exposition de Chicago 6taient bien d6sa-
vantageuses. Le pays venait d'tre bouleverse par une des plus
terrible commotions qui l'aient jamais remuL: on 6tait au
lendemain d'une guerre civil, suite d'une revolution inauguree
en aoCt 1888. Pendant un an, la Republique avait 6td devast6e:
le sang de ses concitoyens avait coule partout A flots, son argent
avait 6te gaspill6 a l'envi, les campagnes avaient etd d6peupl6es,
l'importation avait consid6rablement diminu6, l'exportation 6tait
devenue A peu pros nulle; enfin, une disorganisation complete
avait rrmplac6 le commencement d'organisation qu'on avait pu
remarquer durant les dernires annees du President Salomon.
Evidemment, en face d'une si facheuse. situation, il y avait de
quoi reculer, et pourtant, il y allait de la dignity d'Haiti de
fgurer A Chicago avec les autres nations americaines, elle devait
au besoin tenter l'impossible pour aller prendre part, avec- hor'
neur, A ce grand concours international.
Heureusement pour la Rdpublique, la Providence, au lende-
main d'une si terrible secousse, avait mis A sa tete un homme
don't le patriotism ne s'ktait jamais d6menti; le President HYP-
POLITE, don't on a 6t6 forc6 de reconnaltre la haute sagesse et
l'amour pour son pays des son avinement au pbuvoir, com-
prit qu'il fallait, cotite que coite, rdpondre A l'invitation que
faisait i son Gouvernement le Gouvernement des Etats-Unis.
Et, malgrd les occupations multiples qui l'absorbaiertt, malgr6
tous les soucis que lui donnait la ferme volont6 de proceder A
la rdorganisation politique du pays, malgr6 les difficulties de
toute sorte qui ont do d'abord se presenter A son esprit, puis-
qu'en some les Haitiens ne sont pas encore tout A fait habi-









10 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

tubs A figure dans une manifestation de cette importance mo-
rale, malgre routes ses craintes, le'President d&cida qu'Haiti
serait represencee 1 l'Exposition Universelle de Chicago. II est
vrai qu'il 6tait soutenu par sa foi ardenre dans l'avenir du pays
qu'il gouverne et qu'il a di se rappeler qu'cn 1881, Ic Gouver-
nement du President Salomon avait organism 1 Port-au-Prince
une Exposition national dans laquelle les artisans et industries
haitiens avaient remportd un succcs remarquable.
1I s'adressa pour mririr cette id6e et adopter une base de
conduite a des citoyens don't il sutfit de citer les noms pour
en reconnaitre le choix hcureux:

COMMISSION 1NTIIRIEURE.

PRiSIDFNT
M. FABIUS DUCASSE, Secretaire d'Etat au Dcpartement des Tra-
vaux Publics et de 1'Agriculture, ancient Dtpute au Corps
Ldgislatif.
VICE-PlREsIDIENT
M. DULCINL JEAN-Louis, ancien Sinatcur de la Rdpublique,
publicist agronome.
MEMBERS
MM. ST'PHEN LAFONTANT, D6put6 au Corps Legislatif, ancient
chef du Cabinet du President Salomon.
JRL-MIE, publicist, ancient D6pute au Corps Lcgislatif et
Constituant, Prisident de 1'Association du Centenaire de
l'Ind6pendance Nationale.
D-" JEAN-JOSEPH, ancien Secretaire d'Etat au Dipartement des
Travaux Publics et de l'Agriculture, autcurde traits judi-
ciaires.
RE\'REND PLIE J. BERTRAND, Supericur du Sdmniiire-Collhge
de Port-au-Prince.
KARNtS GOURGUE, avocat.
F. CAURO, Ing6nieur du Gouvernement.
T. MIRAMBEAU, chef de division au Departement de l'Agri-
culture.








INTRODUCTION


COMMISSION EXTERIEURE
(Aux ETATS-UNIS )
MM. Fi n1-RWicK. DouGI.Ass, ancien ministry des Etats-Unis en
Haiti.
CHARLES A. PRISTON, ancient Secrdtaire de la Ligation
d'Haiti A Washington.
Ceux-ci,apres unexamn approfondi de la question, comprirent
que la mission qu'on Ieir confiait itait ardue a bien remplir;
neanmoins, convaincus quc leur patriotism ne devait pas recu-
ler, its se r6unircnt cn Commission et, apres de nombreuses
stances, finirent par adopter les principles measures propres A
donner A l'exposition hal'tienne le plus d'delat qu'il 6tait possible
de lui donner, vu l'itat actual des choses. Aujourd'hui que les
difficulties ont itd a pen pros aplanies, on ne peut que s'applau-
dir de voir un Gouvernement en butte A tous les ennuis, atou-
tes sorts d'attaques de la press trang&re, prendre l'initiative de
prouver a l'dtranger que, s'il est vrai que parfois la Rdpublique
d'Haiti mdrite certaines critiques, elle a 6td n6anmoins trop ca-
lomnide de tout temps.
Ainsi que nous venous de le dire il etait, pour les Haiftiens,
ndcessaire, indispensable de prendre part : l'Exposition Colom-
bienne, car, si, dans le Nouveau-Monde, il y a une terre que
Christophe Colomb ait pr6f&rec, c'est bien son Hispaniola qui,
aujourd'hui, a i'insigne honneur de posseder les restes du grand
navigateur genois.
D'autre part, si l'on consider l'inportance relativement con-
sid~rable du mnouvement commercial qui se fait chaque annie
entire les Etats-Unis et Hairi, il faut avouer que q'aurait &t6 une
veritable faure, au point de vue economique, que de ne pas fire
figure les products hai'tiens dans cc grand tournoi pacifique.
Et d'ailleurs la situation gdographique de lile est telle, sa posi-
tion entire les deux Ameriques est si avantageuse que le people
haitien avait pour devoir d'adrirmer aux yeux de l'univers, en
envoyant come les autres peoples ses products A Chicago, sa
resolution de roster un people libre, ficr de son indpendance,
un people don't I'avenir est immense, que ce soit le canal de Pa-
nama on cclui de Nicaragua qui mette un jour les deux grands
Oceans en communication ; il avait pour devoir de montrer qu'il
est, malgrd toutes les assertions errondes d'une poignie de publi-
cistes strangers, un people capable de progresser, de prouver








42 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

que, malgr6 tout, il saura remplir la sublime mission qui lui est
devolue depuis que, dans un jour de colere, il a bris6 ses fers,
au grand etonnement de 1'univers, effray6 de cette explosion de
patriotism et d'h6roYsme dans une race qu'il s'habituait A regar-
der comme inf6rieure.
Enfin, Haiti devait prendre part a la grande Exposition, ne
fct-ce que pour attirer attention universelle sur un paysjus-
qu'a present inconnu de la plupart ou, ce qui est encore pire,
mal connu par les autres : l'Exposition de Chicago montrera la
Republique sous un jour nouveau.
II n'entre pas dans le cadre restreint de cette brochure de fire
une 6tude detaill6e de l'histoire et de la g6ographie de la Repu-
blique haitienne; nous nous bornerons a tracer a grands traits ces
deux parties, parce qu'en some avec C. Ardouin et Morcau de
Saint-Mery, ainsi que d'autres auteurs connus, on peut se faire
une just idde de ce que sont l'histoire de ce pays et son aspect
physique: ce que nous voulons surtout d&crire et ce qui interessera
plut6t les strangers qui viendront visiter l'exposition haitienne,
c'est le climate du- pays, ce sont ses richesses minerales, v6g6tales,
animals, 1'etat de son commerce, de son industries, de son agri-
culture; en un mot, ce que nous d6sirons mettre sous les yeux
du lecteur, c'est un apercu dconomique de cette region si riche
qu'on l'appelait jadis la Reine des Antilles et qu'elle ne demand
aujourd'hui que quelques capitaux et un peu de travail pour la
redevenir.
*

L'ile d'Haiti, la plus grande des Antilles apr:s Cuba, est situee
au milieu des Grandes Antilles entire 17 36' et 190 58' de lati-
tude N. et 700 39' et 76o 5 de longitude 0., ce qui lui don-
ne une longueur d'environ 650 kil. et une larger qui atteint
260 kil.; on value la superficie de l'ile entire A 5.200 lieues
carries, c'est-A-dire 83.200 kil. carris, superficie gale A cellede l'Ir-
lande.
L'ile est separde en deux R6publiques: la R6publique d'Haiti
qui occupe 30.000 kil. carr6s, A I'Ouest, et la R6publique Do-
minicaine qui occupe plus de 53.000 kil. carr6s.
La RCpublique d'Haiti qui nous interesse seule en ce moment
est habitue par une population estimne generalement a I.ooo.ooo
d'habitants; cependant, selon une statistique dressee par le clergy
des dioceses d'Haiti, elle depasserait actuellement 1.200.000 ha-
bitants, soit 40 hab. par kil. carr6.








INTRODUCTION


Les c6tes de la Republique sont assez connues pour que nous
n'ayons pas A les d6crire longuement: disons seulement qu'on
y remarque des babies comme celles de Fort-Libert6, du Cap-
Haitien, du M6leSaint-Nicolas, des Gonaives, de Port-au-Prince,
de Petit-Goave, des Baraderes, des Caimites, des Cayes, de Saint-
Louis; etc. etc., qui sont d'une commodity et d'une security re-
marquables.
L'int6rieur du pays est arros6 par une multitude de course
d'eau don't quelques-uns sont considerable, tels que l'Artibonite
qui est navigable sur une bonne parties de son course.
Quant aux montagnes, elles sont innombrables; il y en a qui
depassent 2000 mrtres d'altitude comme le month La Selle qui
atteint 2.715 mrtres. Elles renferment entire elles de vastes plai-
nes d'une telle fertility qu'elles pourraient nourrir des millions
d'habitants.
Haiti forme une Republique. Le Gouvernementse compose d'un
PouvoirExdcutifayant pour chefun "Pr6sident dela Republique,
assist de six Secretaires d'Etat ; d'un Pouvoir L6gislatif form
par un S6nat de 39 membres et une Chambre des Representants
comprenant 95 D6put6s; d'un Pouvoir Judiciaire, former par un
Tribunal de Cassation, des Tribunaux Civils, et des Tribunaux
de Commerce et de Paix.
Actuellement le pays est partag6 en cinq D6partements (Nord,
Nord-Ouest, Artibonite, Ouest et Sud); ceux-ci sont subdivis6s
en arrondissements, ceux-la en communes et ces dernieres en
sections rurales, en quarters et en postes militaires.
La population est en majeure parties catholique: dans la R6pu-
blique il y a actuellement un Archidiocese a Port-au-Prince, ca-
pitale de la Republique et deux Dioceses au Cap-Haitien et Aux
Cayes.
La R6publique d'Haiti est representee A Washington par un
Ministre Plenipotentiaire, ainsi qu'A Paris, Berlin et Madrid, et
par un Ministre R6sident A Londres; elle a a New-York un Con-
sul Gen6ral. Les Etats-Unis entretiennent a Port-au-Prince un
Ministre RBsident et la France un Ministre Pl1nipotentiaire.
L'armee haftienne prdsente, d'apres le dernier budget, un ef-
fectif de 18.867.hommes, chiffre plus que suffisant pour main-
tenir la paix intdrieure du pays. La marine de guerre haitienne
comprenait A la fin de 1889, six navires a vapeur; actuellement,
elle comprend l'aviso le Toussaint-Louverture, la corvette le Des-
salines et le transport la Ddfense; deux canonnieres sont en cons-








li IIAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CIICAGO

truction en France pour le compete du Gouverncment haitien.
'L'Instruction Publique commence A se r6pandre: on compete
cinq lycees, plus de 600 6coles nationals de garcons et de filles,
et dans les principles villes, une foule d'institutions privees.
Au point de vue financier, Haiti est partagee en onze cir-
conscriptions ou arrondissements. Dans chacun de ces arron-
dissements il y a une succursale de la Banque Nationale d'Haiti
don't le siege social est A Paris, mais don't l'ktablissement prin-
cipal se trouve A Port-au-Prince.

R. G.




^6,-7))









HAITI

A L'EXPOSITION COLOMBIENNE

DE CHICAGO





PREMIERE PARTIES (*)

HAITI AU POINT DE VUE ECONOMIQUE



CLIMATE.



L'ile d'lIaiti, situee dans les regions intertropicales,
pres de l'entree du golf du Mexique, c'est-A-dire decette
fournaise qui done naissance au Gulf-Stream, devrait
etI:e l'uin des pays les plus chauds du globe; mais diver-
ses causes inlluenii sur la Lemnpiraiure de cette lie, a tel
point, qu'on pent avancer cque c'est I'une des contr6es de
l'Arineique( Centrale qui jouissent du cli mat le plus sup-
p)ortable.
Sans doulte l'6Lranger, 1'Eur1opien surtout, ne peut y
cultivcr Ie sol. mais c'est 1'un des rares pays situes dans
la zone torride o(i il peut, avec les precautions necessai-
rcs, supporterle plus facilement la chaleuret, sinon s'ac-
climater complement, du moins vivre a peu prls dans
les m.mos conditions quc les aborigines.
Si l'on considered lIa direction qu'affecte 'ile, qui est

: Les pages sulvantes sont tirees d'un outrage en preparation, patr MM.
Robert Gentil et Henri Chau-et,








16 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

dispose de I'Est A l'Ouest, on voit tout d'abord qu'elle
est placee sous I'action immediate des vents aliz6s qui la
parcourent dans toute sa longueur; du reste les grandes
chaines de montagnes A peu pres paralleles qui sillon-
nent Haiti prdsentent la meme direction au vent et lais-
sent entire elles de large spaces of I'air peut circuler
librement.: .
Nous avons vu ciu'il est peu de contrdes aussi monta-
gneuses qu'Haiti : presque partout se dressent des pics
6lev6s et des plateaux qui atteignent une altitude consi-
derable. Dans toutes ces montagnes, du moment of I'on
parvient A une hauteur supdrieure A 500 metres, la cha-
leur diminue d'une facon notable; on ne respire plus
qu'une atmosphere tide qui permet A l'homme de dd-
passer un Age respectable et qui donne a la vegetation
un aspect plus s6vere, mais aussi plus vigoureux. A la
verit6, les planes passent pour etre assez insalubles; la
chaleur y est quelquefois torride, sans pourtant s'dlever
A ce degr6 qu'on remarque dans certain pays places A la
mAme latitude; mais l'on peut dire que le climate n'y est
reellement pernicieux que dans les endroits of s'6ten-
dent des marecages. Comme les basses planes forment
une parties relativement restreinte d'Haiti, on peut con-
clure de ce que nous venons de dire que la majeure par-
tie de f'ile est g6enralement salubre.
Parmi les autres causes qui concourent A rendre sup-
portable le climate d'Haiti, ii faut placer. en premier lieu
la grande quantity de forts de toute espice qui y crois-
sent librement, partout of la main de l'homme ne les a
pas d6racindes: ces forts couvrent de preference les cr6-
tes etles croupes des montagnes, elles arrEtent les venls
qui viennent de souffler sur les basses plains, elles en-
levent une grande parties de leur chaleur, et lorsque' ces
vents les ont traverses, ils sont deja transforms en bri-
ses fraiches et bienfaisantes qui rendent l'air plus respi-
rable.
En second lieu, on peut citer I'abondance des sources
et des course d'eau qui arrosent I'ile: quelques-uns
de ces course d'eau sont navigables, beaucoup ne sont
que de minces filets d'eau, mais tous, ils contribuent
a r6pandre dans l'air une humidity suffisante, et








HAITI AU POINT DE VUE ECONOMIQUE


lorsqu'arrive la s6cheresse, aucun d'eux n'est assez
complement tari pour que les habitants et les trou.
peaux n'y puissent trouver un soulagement a leur soif.
D'autre part, il faut rappeler que la saison des
pluies dure ordinairement pros de huit mois de l'annde
et que, meme durant les grandes s6cheresses, la rose
est assez abondante pour permettre A la vegetation
de ne pas trop d6perir. Grace aux pluies torrentielles
qui tombent durant pros des trois quarts de l'annde,
I'air est presque toujours humide, la terre est pres-
que toujours arros6e et, lorsqu'un soleil ardent vient
dessecher le sol, il en r6sulte une evaporation lente
qui occasionne un ref'roidissernent tris appreciable;
par consequent, il est ind6niable que ces pluies qui
tombent, principalement durant la periode des fortes
chaleurs, influent d'une facon heureuse sur la tem-
perature de I'l ..
Enfir, parni les causes. qui rendent sppportables
les grades chaleurs, i. faut mentionner I'6galite .a
peu pres constant des jours et des nuits; meme en
,et, I'habitant ne souffre de l'ardeur du soleil que
de neuf heures du matin a cinq heures de l'apres-
midi; trois heures apres le lever du soleil et envi-
ron, deux heures avant son coucher, les rayons solaires
n'ont pas assez 1d'clat pour incommoder serieuse-
ment le voyageur; et, durant la nuit qui arrive pres-
que sans crepuscule, la chaleur se change en une
sorte de tihdeur fort agr6able.
L'ann6e est lpairagee eh deux grades saisons: la
saison des pluies, aplielee quelguefois hivernage, qui
correspond a uine parties du priitemps, A I'tel et ..
une parties de l'autoinne,. et la saison des schieresses
qui.cutrrespond A' utne parlie de l'automne, a I'hiver
et au. commencement du printlmps.
Le pritnlemps arrive apr.s la saison des sicheresses,
vers avril ; c'est la saison la plls agreahle de I'anne;,
II debute par des pluies 1geres et f6condes qui ra-
fraicliissent 'atmosphlire et qui donnent naissance a
une vigyltation luxuriante; ces pluies qui sont en ge-
nera- des pPuies d'orage sont I'equivalent des giboules
qui tombeit en Europe vers les mois de- mars et








18 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

d'avril; ce sont des grains de peu de duree; ils tom-
bent vers le milieu du jour.
AprBs le printemps qui dure peu, vient la p6riode
des fortes chaleurs, le soleil, surtout dans la matinee,
darde ses rayons avec une grande ardeur ; c'esL alors
que les Europeens sont sujets a certaines maladies qui
peuvent, faute de soins, les enlevsr avec rapidit6, telles
que la fievre jaune et celle qu'on appelle vulgairement
dans le pays la mauvaise fievre; il fautneanmoins ajouter
qu'Haiti est, dans l'archipel des Antilles, l'une des iles
of la fievre jaune ne s6vit que par exception ; jamais,
elle ne s'y est montree A l'etat endemique.
Heureusement aussi, vers onze heures du matin, la
bruise de mer s'elve et vient adoucir les rigueurs de cette
temperature; cette brise s'accroit au fur et A measure que
le soleil monte sur l'horizon, de sorte qu'elle atteint son
intensity lorsque la temperature est le plus Olev6e; elle
dure une grande parties de l'apres-midi, tombe vers le
soir et est remplacee par la brise de terre qui souffle du-
rant toutes les nuits et les rend g6enralement tiedes et
d4licieuses. Durant cette parties de 1'hivernage, les pluies
ne sont pas encore tr-s abondantes: elles tombent d'a-
bord pendant la nuit, puis peu a pres elles commencent
A tomber au d6clin du jour, au moment of la brise de
terre se met A souffler. et elles contribuent ainsi a abat-
tre la chaleur qui. a regn6 durant toute la journee. Apres
ces premieres chaleurs, arrive ce que les habitants ap-
pellent la saison des pluies proprement dite; elle com-
mence g6ndralement vers le mois d'aofit: le vent cesse
brusquement, l'air n'est plus agite par aucun souffle seri-
sible, pendant des heures entieres la chaleur redouble
et devient presque suffocante; ce sont les culmes plats.
Mais, des le mois deseptembre, des pluies torrentielles,
des averses presqu'ininterrompues tombert dans les
montagnes, changent lescours d'eauen de vastes nappes
d'eau quidescendent vers la meravec une incroyable ra-
pidit6, en enlevant tout sur leur passage, en inondant les
values et en devastant merne les habitations. Ces pluies
diluviennes sont accompagndes d'orages terrible de coups
do tonnerre effrayants ; c'est durant cette pdriode que la
foudre vient'exercer ses ravages. En meme temps des








HAITI AU POINT DE VUE ECONOMIQUE


ouragans terrible s'abattent quelquefois sur F'ile et pro-
menent la ruine dans les planes et dans les montagnes.
Les plus furieuses bourrasques se dcchainent dans le
Sud (27 septembre 1810, 13 aofit 1817, 26 aofit 1827) ;
I'une des plus tristem'ent c6lebres est celle du 13 aofit
1831 qui a sevi sur la cote m6ridionale du D6partement
du Sud et a cause des pertes materielles immense, en
faisant perir plusieurs centaines de personnel. Le der-
nier grand ouragan est celui de septembre 1883 qui a
cause de grands ddgbts dans la parties orientale de la Rd-
publique, principalement dans la region des Etangs.
Durant la mime p6riode, c'est-A-dire du mois de juillet
a octobre, les c6tes de l'ile sont parfois visitees par des
raz-de-maree: la mer, violemrent agitee dans son int6-
rieur, vient se briser avec une force irresistible sur le
rivage qu'elle submerge en entrainant ou en broyant sur
les rockers les navires qu'elle rencontre sur son passage.
Le principal danger que redoutent les habitants durant
1'hivernage, ce sont les tremblements de terre qui se produi-
sent d'ordinaire pendant cette saison. Haiti est en effect
un pays d'origine essentiellement volcanique : dans la
plupart deschaines de montagnes qui la parcourent, on
trouve de nombreux crateres 6teints qui temoignent la
nature plutonique de son sol. Sous la domination es-
pagnole, un 6pouvantable tremblement de terre aneantit
la ville de Concepcion de !a Vega (1504): ily en eut un
autre en 1684. Sous les Francais, de nombreux tremble-
ments de terre d6truisirent nombre devilles de Saint-Do-
mingue : le plus terrible est celui du mois de juin 1770
qui couvrit de d6combres la ville de Port-au-Prince et fit
prir plus de cent personnel; ii dura du 3 juin jusqu'au
18. Pendant le XIXc siecle ii y a eu 6galemcnt de nom-
breuses'secousses; mais les plus remarquables sont
celles qui ont renvers6 la ville du Cap-Haitien (1842), et
celles doit les effects se sont tout recemment fait sentir
dans In Rcpublique tout entire (septembre 1887.)
L'hivernage est done A bon droit considerti comme
1'6poque la plus disagreable de l'annie; mais, grace aux
pluies qui tombent durant cette saison, la i.getation se
ranime et peut traverser sans trop de risques la p6riode
des sAcheresses. .
Cette saison commence vers le mois d'octobre: les








20 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

pluies durent encore quelque temps, mais avec beau-
coup moins de force que pendant I'hivernage et, A la fin de
1'annee, elles cessent presque complitement. A partir de
cettedpoque, le temps devient absolument clair et sec, on
distingue les objets a unedistance 6tonnante et l'air devient
de la plus admirable purete: les nuits sont alors splen-
dides, les 6toiles, surtout Venus, brillent d'un 6clat mer-
veilleux, la lune apparait avec une clart6 incomparable
qui replace presque la lumiere du soleil. La tempera-
ture est partois seche et brfilante, mais des brises l'geres
la rafraichissent par intervalles, a tel point que certaines
nuits deviennent comparativement tris froides.
Lorsque la s6cheresse, qui finit ordinairement vers le
mois de mars ou celui d'avril, dure trop longtemps, la
poussiere devient intolerable, le sol se crevasse et la ve-
getation ddeprit; mais, apres quelques semaines, la sai-
son des pluies recommence.
En general, ces diff6rentes p6riodes se succedent avec
assez de regularity; cependant, ii faut remarquer que la
R6publique ne possLde pas un climate uniform: par exem-
pie, ii arrive fr6quemment que, dans le Nord d'Haiti, les
pluies deviennent ripetees et abondantes, tandis que la
secheresse rigne dans le Sud, et reciproquement; nean-
moins, on peut dire qu'au point de vue climatdrique,
Haiti possede deux saisons principles.
Dans les planes, ces deux saisons ne se distinguent
guere que parl'abondance des pluies qui caractlrise I'une
etpar la s6cheresse g6ndrale qu'offre l'autLe: quant a la
temperature, elle est presque toujours continuellement
chaude: elle varie entire + 200, point jusqu'ofi descend
rarement le thermometre, et +350 A l'ombre; il n'y a de
difference que dans les nuits qui sont gendralement tie-
des durant la saison des pluies, mais qui deviennent
reellement froides durant I'autre saison. Mais, a measure
que 1'on gravit les montagnes qui s'etagent en gradins
depuis la mer jusqu'au centre de I'ile oil elles s'6l1vent A
3.000 metres d'altitude, la temperature change complete-
ment.
Deja, au sommet des mornes de hauteur moyenne,
I'ir devient frais, et les nuits sont toujours froides: on
peut meme deja y trouver plusieurs productions que I'on
fe- renconfre generalement que sous des latitudes plus








HAITI AU POINT DE VUE ECONOMIQUE


septentrionales. Plus haut, vers 1000 mbtres, le froid de-
vient pineltrunt; meme au plus fort de I'tdt, le climate est
d'une fraicheur deicieuse durant le jour et les nuits sont
tellement froides que les habitants ne peuvent se passer
de couvertures de laine. Plus haut encore, l'usage du
feu devient une ncessiti indispensable: c'est dans ces
regions 6lev6es que poussent ces forces de chenes, de
pins d'Qccident, de sapins, etc., et qu'on trouve les pe-
chers, les pommiers et autres productions du sol euro-
peen: 1A, le thermomntre descend souvent au-dessous de
+ 100 pour monte rarement au-delA de 25o.
Cette parties du territoire haitien estde beaucoup la par-
tie la moins peuplde, mais c'est lh que les Europeens
pourraient vivre et s'accliinater le plus facilement.





Cf^'^






















PRODUCTIONS DE LA REIPUBLIQUE D'HAITI.


De cet apercu sommaire que nous venons de donner
des differentes sortes de climats de I'ile d'Haiti, on
peut aisement tire cette conclusion que peu de pays au
monde peuvent offrir une aussi grande vari6te de pro-
ductions; depuis les cultures qui ne peuvent r6ussir que
par une temp6ratureexcessivement 6lev6e, jusqu'a cells
qui demandent uie temperature froide, tout vient admi-
rablement sur ce sol privil6gi6. Les montagnes de 1'ile
sont couvertes d'une v6g6tation exub6rante qui est en-
tretenue par une humidity constant; du flanc de ces
montagnes s'kchappentd'innombrables course d'eau qui se
dirigent dans tous les sens et qiii, avec leurs affluents,
couvrent I'ile d'un reseau serrM: entire ces chained s'6-
tendent de vastes savanes que fOicondent les alluvions et
le limon depos6s par les cours'd'eau et qui sont dotdes
d'un humus de. plusieurs mitres d'epaisseur et d'une fer-
tilitL extraordinaire.


I* RWgue Mineral. Ce qui avait attire les Espa.
gnols dans l'int6rienr d'IHispaniola, ce n'6tait pas cette
extraordinaire fecondit6 du sol, mais la certitude qu'ils
avaient de trouver darns les montagnes une foule de mB-
taux orecieux, depuis qu'ils avaient vu les Indiens seser-
vir de l'or pour tabriquer les usternsiles les plus communs.
Ili d6peuplerent I'lle ef oblignant les aborigines au








24 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

rude travail des mines, surtout des mines d'or du Cibao;
quand ces malheureux Indiens eurent disparu, cette ex-
ploitation dut cesser. Les plus riches mines d'or de I'ile
se trouvaient dans la Dominicanie, prisde la Hilera Cen-
tral; mais il s'en faut de beaucoup que les Espagnols les
aient 6puisdes. D'ailleurs, on a depuis d6couvert de nom-
breuses mines de ce metal dans toutes les parties de
I'ile: on trouve de l'or dans tous les filons de quartz qui
sont situes dans les environs de rocs platoniques et dans les
rivibres don't les eaux coulent sur des roches me'tamorphiques,
dans le voisinage des sydnites.
Pour ce qui est de la R6publique d'Haiti, les mines
d'or de Dondon, de Ouanaminthe (section de La Mine), de
Port-a-Piment du Nord, etc.. ont 6t6 autrefois exploitLes.
Outre l'or, le sol d'Haiti renferme une prodigieuse va-
riete de richesses mi.nrales; matheureusement, on ne
les a pas encore mises en valeur.
Les principles sont:
L'argent ( Dondon, Port-de-Paix) ;
Le cuivre ( Terrier-Rouge, Sainte-Suzanne, Plaisance,
Fort-Liberte, Dondon, Saint-Michel de I'Atalaye, Terre-
Neuve, Mole StNicolas, Arcahaie, Les Cayes, Jacmel);
Le fer ( Morne A Beckly [ Limonade ], Ouanaminthe,
Dondon, Plaisance, Quartier-Morin, Terre-Neuve, MO-
le Saint-Nicolas, Arcahaie, Cayes de Jacmel, Anse-a-
Veau, Les Cayes );
L'aimant ( Limonade, Jean-Rabel);
Le zinc ( Port-de-Paix )
L'antimoine (Jean-Rabel, Anse-a-Foleur, Dondon, Bor-
gne, Petite-Rivibre du Nord);
Le mercure A l'6tat natif, principalement au MBle Saint-
Nicolas;
Le plomb, le platine, le sel gemme, I'oxyde de chrome, etc.
etc., dans nombre de localit6s.
On a d6couvert en Haiti beaucoup de gisements de PIER-
RES PRAC[EUSES, telles que le diarmant, I'agathe, I'dme-
raude, le lapis-lazuli, le jaspe, etc.
Parmi les autres productions du regue mineral, il faut
citer:







HAITI AU POINT DE VUE ECONOMIQUE


Le sou fre ( Ouanamintlie, Marmelade, Arcahaie )-;
Le crystal de roche ( Jean-Rabel, Saint-Raphael, Saint-
Michel dn I'Al.alaye, Marmelide, IogAne, Grand-Gmi-
ve, Petit-Goave, Petite-Rivi'rec de Nippes, Pestel, Co-
.rail, Port-a-Pirnent du Sud );
Le mwrbre ( Limbl, Camp-le-Coq, Saint-Raplhael, Dondon,
Valliere, Limonade,, Ennery, Pel.it-Go'ive. Anse-it-Veau,
Anse d'lainault, Tiburon, Les Anglais );
La houille ( Sainl-Miclel de l'Atalaye, li h1lie, Las Cao-
bas, Marmelade, Grand-Gpsier, Anse-i-Veau, Camp-
PNri.i Caye. ] ;
Le silex ( Dondon, Gonaives, Marigot, PAtit-CGoave, Anse-
d'llainault, Petit Trou de Nippes, etc. )
Le quartz ( Saint-Micliel, Jacmel, Anse-t-Venu, CUtoatx.
Le lignite ( Aquin ) ;
Le kaolin ( La Gonave, Hincle ) ;
Les schistes ardoisiers ou argileux, ( Plaisance. Saint-
Michel, Trou, Limonade, C6teaux, PetiLTrou de Nippes).
La craic ( Ennery );
Le taic, lefeldspath, le bitume, l'anthracile, le sel denitre,
le phosphate de chau.', I'ophi.le, et quelques autres varie-
t6s moins importantes.
Tout autour de l'ile s'etendent de vastes marais slants
don't quelques-uns donnent lieu a uine exploitation avan-
tageuse; en Haiti, les plus important sont: ceux de la
Grande-Saline et dcs Gonaives ( Artibonite ), d'Aquin
(Sud ), de J"-Rabel etde la bale de Henne (Nord-Ouest.)
L'intLrieur d'Haiti renferme beaucoup de sources
D'EAUX MINERALES qui fournissent pour la 151upart une
eau remarquablement. caude ; quant aux oaux minXira-
les froides, on en rencontre peu.
Les plus celebres de ces sources sont: celles de
Jean-Rabel, qui sont ferrugineuses et sales; celles de
Terre-Neuve, appelees aussi Eaux de Boynes; cells de
Valliere; celles de Cerca, appeldes Los Pozos. on Lopos
et qui sont sulfureuses;-celles de Port-de-Paix;- celles
de la Ravine-Chaude ( Mirebalais) ;-celles de Boucas.sin
(dept de l'Ouest) apipelees particuliirement Sources Puan-
tes;-celles de Corail, qui sofit sulfureuses;-celles de la


Unlersit) of Fioridsa LUbf2d








26 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Cahouanne, dans la commune de Tiburon ;- celles des
Irois, dans la commune de 1'Anse d'lainault; celles
de-la Grande-Ause, prOs-de Dame-Marie, etc. etc.


11 Rggne V '4ctal. -.Ce sont surtout les produc-
tions vegetales qui font la richesse d'Haiti; on y trouve
les products les plus divers, ceux que l'on rencontre dans
toutes les zones .du globe; les arbres et les fruits de la
zone tempe6re (pominiers, poiriers, pclhers, vignes,
fraises; etc. ), ceux des regions intertropicales de I'Am&.
rique, ceux mmem des zones torridesde l'Afrique yvien-
nent sans engrais, presque sans culture.
Dans les montagnes, on rencontre de nombreuses f6-
rets d'arbres de toutes les essences; malheureusement
bien peu sont encore exploit6es. Presque tous ces arbres
sont utiles, soit come bois de chauffage, soil come
bois de construction et d'ameublement, soit comme bois
de teinture. Ce sont: le gaiac, I'acanou, le cddre, le brd-
sillet, le campdche, IP pin d'Occident, le chine des Antilles,
i'acoumn, le bo'is de fer, le bois de lance, le bois marbrd, le
baume vert, I'dbdier, le sapin, le chene, I'acacia, le noyer,
exc. etc. Dans les regions un p(eu plus basses croissent
toutes sortes d'arbresetd'arbustes fruitiers: le corossolier,
le ca-mitier, l'orang'r,'le goyavier, le papayer. le cerisier,
le sapolillier, le cachimentier, I'arbre d pain, I'avocatier(ou
beurre vg6tal ) le palmiste, le monbin (ou ramboustan),
I'arbre vdritablc, le figuier des Indes, le cirouellier, le cha-
decquier ( ou pal)plemousse ),. le quedapier, la pomme-
liane, le grenadier, I'amandier, le citronnier, le manguier,
le cocotier, le poirier, le pdcher, le tamarinier, etc. etc.
Parmi les arbustes les plus precieux d'Haiti, it faut
citer : le cafier ou cafeier, le cacaoyer, et le cotonnier.
Les principles PLANTES ALIMENTAIRES sont: le bana-
nier, qui atteint parfois des proportions remarquables,
la pomme de terre, le mal'onga, I'igname, le manioc, le main,
le millet, les pois et haricots, le topinambour, I'artichaut, la
betterave, les choux, les carottes, les navels, ct beaucoup
d'autres l6gumes que l'on cultive en Europe.








HAITI AU POINT DE VUE ICONOMIQUE


Los plants OLEAGINEUSES les plus communes sont:
le scsume ( ou hoholi ) le ricin ( ou palma-cinristi ), I'o-
livier des Antilles, l'arachide, le mddeci'ier calthartique (ou
medecinier beni), le sablier dlastique, etc.
Parmi les plants TEXTILES il y a le pile, le pingouin,
I'agau-kcaratas (ou galata ), etc.
Quant aux PLANTES MEDICINALES, olles olffent tant de
vari6tes qu'il faut se contenter de signaler les plus re-
marquables: la rhubarb, le cassier; le s&n le Jdulundraire,
la camomille, la salsepareille, la sauge, la belladone, la gen-
tiane, l'hdliotrope, etc.
Enfin, les arbustes et plants propres a la TEINTURE
sont: le safran, le roucouyer, le divi-divi ( ou libidibi)
l'indigolier le manglier rouge, etc.

*
Ille RWgne animal. Haiti presente cet advantage
sur la plupart des autres pays du globe qu'elle ne ren-
ferme aucun animal nuisible et dangereux. A part les caf-
mans que l'on rencontre dans quelques course d'eau de la
Rbdpublique (notamment dans le petit fleuve Estere),
les btlcs savages qu'on y trouve sont: l'agouti, le san-
qlier des Antilles et le cochon marron ou petit sanglier.
Quant aux betes venimeuses, celles qui constituent
un certain danger pour les habitants sont les scorpions, les
araipnedes crabes, les bUtes-d-mille-pieds, I'araignd cul-rouga
et encore leur piqure ne cause-t-elle g6neralement qu'un
16gcr malaise ; mais bien que des voyageurs pr6tendent
y avoir observe quelques especes de couleuvres veni-
moeses, on ne rencontre point dans l'ile ces terrible
reptiles quifont, de la Martinique et de Sainte-Lucie,
par example, un s6jour constamment p6rilleux.
Parmi les animaux DOMESTIQUES, on pout citer: les
brul/', ia lI've desquels s'adonnent les habitants des
planes; les chevaux, qui sont en g6enral de petite taille,
mais dlot la force et I'ardeur sont extraordinaires; les
mules et les cines, qui sont utiles surtout danr- les regions
montagneuses et qui sont extremement solides, malgri
leur chetive apparence; les moutons, les porcs, les cabrits,
qui servent it l'alimentation; les chats, les chicks, qui








28 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

offTenl une grand varidte de races. Dans les 'basses-
cours des habitations, on trouve beaucoup de poules, de
coqs, de canards, d'oies, etc.
Quant aux OISEAUX SAUVAGES, leitrs especes sont en
quelque sorte innombrables; il faut cilerprincipalement:
le flamant, la pole d'eu, la bdcasse, la bdcassine, la fre-
saie, la sarcelle, [e rainier, le chirurlien, le p;cl/eur, la tour-
terelle, le plonecon, laspatule, l'oroloan, la caille, la perdlrix,
le faisan, le paon, ['alourlte, le plwuier dord, in frdqale, le
congra, la corneille, le mrle. le 'nan'fewu ( o mnal-fini),
Phirondelle, l'dmouchct, etc,; dans les bois, on remarque
le colibri, I'oiseau-mouche, l'oiseau appeal musicien, le pi-
vert, le taco, etc.
Les c6tes d'llaili ne sont pas moins riches que I'int&-
rieur des terres en variGt5s animals; elles sont exces-
sivement poissonneuses, A tel point quc la p.clie faith
vivie toute une population de marines qui habitent les
lies adjacentes et le littoral.
En pleine mer, on Irouvela baleine, le marsnouin, le dau-
phin, le requin, le pantouflier ( ou requin-rnarteau ), la
vache marine; plus pros des cilis, on peche le Iulet, l'an-
guille de mer, ie harenfg, la sardine, la crevelte, le crabes,
les 'creevisses, la langouste, les Iuilres et les moles. Les
fleuves et les etangs pullulent de poiRsons et de torlues ;
mais, ainsi qie nous I'avons dit plus haut, plusieurs
( surtout dans le DNpartement de 1'Artibonite) soul in-
festes de caimans.
Enfin, dans cerlaines parties de l'intC'rieumr, les habi-
tants 6livent des abrilles (qui fournissent une cite cL un
miel d'excellente quality.




e- t'.f )" ,



















AG CULTURE, INDUSTRIES, COMMERCE GICNIRAL


Io Agricu'ture.-Sous la domination des Francais,
l'agriculture avait pris un essor remarquable dans la
parties de I'Ouest; alors que les Espagnols de la parties
de l'Est ne s'occupaient que de i'exploitation des mi-
nes et, plus tard, de l'Fl6ve des hestiaux, lorsque les
mines eurent et4 abandonnees, les FranQais de Saint-
Domingue s'6taient adonnds a la culture du sol. Aussi,
vOyons-nous que c'est la colonie francaise seule qui a
reellement. prospert; tandis que I'on y comptait une
population de 650.000 habitants, don't pros de 600.000
esclaves, dans la parties espagnole. trois tois plus vaste,
on ne comptait guere que 125.000 habitants.
Durant le XVII1.e"c siecle, I'agriculture avait fait tan t
de progris d Saint-Domingue qu'en 1789 on I trouvait:
793 plantations de canne a sucre, 3.117 de caf6, 3.150
d'indigo, 789 de colon, 50 de cacao, et une foule d'au-
tres o I'on cultivait les fruits, les -lgumes, les grains
et of I'on l6evait des animaux domestiques; annee
moyenne plus de 700navires francais, monLts par 19.000
matelots, partaient de Saint-Domingue et servaient au
transport exclusif des denroes de la colonies. Chaque
annne, elle exportait 141.000.000 de livres de sucre et
70.000.000 de livres de cafe.. Le commerce general s'6-
levait a la some, formidable pour I'6poque, de pros
de 400.000.000 de lives tournois; les revenues, provenant
des products de la colonie, pouvaient ktre 6vilues a
150.000.000 de livres.








30 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Malheureusement, des que les Haitiens se furent
dmancipes, Lous leurs efforts durent se concentrer du c6-
te de l'art -militaire A cause de l'inquielante perspective
d'une invasion etrangere qui semblait imminetile; a
des 6poques diverse, Toussaint Louvcrtiire dans I'Ouest
et. le Sud, Henri Christophe, dans le Nor'd, voulurent
en vain porter les populations A cultiver les champs;
les tentatives qu'ils firent echouerent par suite des giter-
res auxquelles is t'urent obliges de fire face. Depuis plus
de 80 ans, la Republique d'Haiti a .6t6 si frequenmment
tioublee par les luttes civiles, que jamais le people
des campagnes n'a trouv6 assez.de secuiit6 ni assez d'a-
vantages pour se livrer entierement a l'exploitation des
richesses du sol; aussi les strangers qui, tout d'abord,.
pouvaient se flatter de pouvoir d&velopper, avec profit
pour eux, les productions d'Haiti en y apporlant leurs
capitaux, ont-ils mieux aimn se lancer ailleurs. dans
des exploitations, moins profitable, mais offrant plus
de garanties.
A ces incessantes guerres civiles qui present d'un
si lourd fardeau sur Haiti et I'empechent toujours de
prosperer comme elle le devrait, il faut joindre l'igno-
rance des campagnards, ignorance qui est la conse-
quence de ces luttes fratricides. II faut y joindre aussi
le peu d'encouragements serieux que !es precidents Gou-
vernements ont accords al'industrieagricole, car ils out
tous Rtd obliges d'enr6ler sous les drapeaux nombre de
cultivateurs et d'en faire des soldats au lieu d'en fire
des laboureurs. Enfin, 1'une des causes les plus tris-
tement remarquables de cette decadence, est le mau-
vais ktat et souvent, dans certaines rIgions tres lertiles,
I'absence complete des voies de communication; anCssi,
les plus riches products du sol se perdent-ils sur place
et le peu que 1'on reussit a faire aboutir aux ports de
commerce offre-t-il aux cultivateurs des b6nrfices pres-
que derisoires, vu la difficult et la chlrte du'tiransport.
II faut esp6rer que, le progres aidant, ces causes de
pauvrete disparaitront une 'A une et qu''Haili reprendra
dans le monde la place qu'elle a dedj occupee et qu'elle
doit occuper un jour.
Aujourd'hui, les principles denrees que cultivent les








HAITI AU POINT DE VUE ECONOMIQUE


habitants sont: le cafe, le cotton, la canne d sucre, le riz,
le mats, le cacao, le tabac, et les vivres.
Le cafd a Rt6 introduit a Saint-Domingue par De Clieux,
en 1729. La culture de cette feve r6ussit tout d'abord
dans le Nord (Terrier-Rouge et Dondon), mais elle ne
tarda pas A se propager rapidement dans le reste de
File. Actuellement, le cafe constitute la principal ri-
chesse de la Republique d'Haiti; la production n'en a
pas diminu, d'une faQon trop inqui6tante depuis un
sibcle, mais, malheureusement, on dolt deplorer qu'elle
reste stationnaire, car ii existe encore beaucoup de ter-
rains ofi cette culture reussirait admirablement. Sous
la domination frangaise, la quantity de caf6 exported
de Saint-Domingue s'6levait annuellement A 70.000.000
de livres; en 1863, 1'exportation de cafe est montee a
71.712.3'5 livres; depuis cette ann6e, sauf durant fexer-
cice budg6taire 4887-88 (oh elle est monte jusqu'd
85.000.000 de livres) et celui de 1890-91.( oh elle a et6
de 78.213.445 livres) l'exportation est toujours rest6e
au-dessous de cette moyenne; en .889-90, elle est des-
cendue 56.692.039 livres. II faut dire aussi que,
dans le pays mime, on consomme beaucoup de cafe,
on peut m6me, sans exag6ration, 6valuer la quantity
consomme dans le pays & 15.000.000 de lives par an.
Le cafe d'Haiti, quand ii est bien pr6par', est peut-
6tre le cafe le plus recherche par les consommateurs
europeens A cause de son arome; le meilleur est celui
de Saint-Marc qui trouve au Havre un excellent d6bouch6.
Le cotton a 6te trouv6 dans f'ile par les Espagnols.
La culture de ce produit n'a pris que tout recemment
un certain ddveloppement, par suite des encourage-
ments que le Gouvernement haitien avait eu l'idee d'ac-
corder aux habitants pendant la guerre de secession,
aux Etats-Unis. Haiti export en moyenne 3 ou 4.000.000
de livres de coton par an, sans computer la consomma-
lion interieure qu'on peut 6valuer a 1.000.000 de livres
par an.
La canne d sucre a WtL introduite en Ilaiti des Iles
Canaries, vers l'an 1506; elle s'est propagee dans toute
t'le avec la plus grande rapidity. De la canne a sucre
les habitants tirent en quantities considerables le sirop,
le tafia et le rhum; les products similaires sont prchib6s








32 HAITI A'L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

A l'importation, sauf, d'apres le trait de 1874, ceux qui
viennent de la Dominicanie; inais la consommation,
principalement du talia et.du rhum, est telle dans le
pays que la fR.publique en export peu actuellement; en
1887, on a export 98.958 lives de sucre.
Toutefois le rhum.d'Haiti est fort apprici6 sur les
marches europeens ; ii est certain que si les droits
d'entree sur les alcools etaient moins 6levds dans
les pays strangers, it acquerrait rapidement une renom-
mee gale, sinon superieure a celle du rhum- de la
Martinique ou de la Jamaique.
Le riz d'llaiti est d'une excellent quality, surtout
celui que I'on recolte dans la valle de 1'Artibonite;
mais on en fait dans le pays mmnie une si grande con-
sommation qu'il ne peut pas etre-considere come une
denrec d'exportation; an contraire. c'est Haiti qui iin-
porte le riz de l'Ptranger, notamment des Etats-Unis
d'Amerique.
Le mais vient admirablement partout, meme dans les
terrains qui semblent le plus impropres a la culture; ii
donnerait lieu a une exploitation assex avantageuse, car
it n'est frapp6 d'aucun droit a l'exportation ; nais la pro-
.duction en est insuffisante quoiqu'elle atteigne actuelle-
ment un certain d6veloppeinent, car le mais entire pour
une grande parties dans 1'alimentation des betes de som-
me, principalement des chevaux;aussiest-on oblige d'en
importer d'assez grandes quantities des Etal.s-Unis.
Depuis quelques annees, 1'exportation du cacao com-
mence a se faire sur une grande echolle, purliculir'e-
ment dans le sud do la Rl6publique; la valour du cacao
sorti des ports d'Haiti peut etre estimne, clhulue unnec,
Sa4.000.000 de livres(3.63 1 860en 1887; 4.350.217 en 1889).
Le tabac a 0t6 troupe dans l'ile, lors de sa d vcouverte
par les Espagnols; -il est d'uiie, qlialil. renmarquable et,
bieii pr6par, il .iourrait rivuilisc.r avoc cclui de Cuba;
malheureusenient ( aiu moins pour ce qui s'uagit de la l -
publique d'Haiti ) la culture en est n"glig(' e par les ha-
bitants, aussi I'exportation en est-elle presque nulle.
Outre ces productions dii rgnie v('gital, .le sol ihaitien
fournit une grande quantitdde boisde .inrture et de cons-
truction que les habitants des morntagines coupent et
transportent dans les ports ouverts au commerce stranger.








HAITI AU POINT DE VUE ECONOM[QUE


Les principles especes de bois qu'on export sont: -
lebayahionic, dont le port d'Aquin a export 130.000 livres
en 1889; -- I'acajou, don't on fait une assez grande con-
sommation dans le pays mome pojr la fabrication des
meubles, et don't on envoie annuellemnent a l'etranger de
35 A 40.000 pieds measuree du pays ) [40.536 on 1889];-
le CAMPECHE, qui est, apres le cat', la principal riches-
se du pays et don't on export en moyenne pros de
-50.00).000 de lives par an ( 227.595.803 en 1887 ).


IPI' Idustrie.--Do meme que I'agricuilture, et pourles
nmmes causes, l'industrie jusqu'd prIsent n'a pas pros-
pere en Haiti depuis 1804 comme clle aurait di le fire.
Toutefois, depuis quelqiues anneoes, grace aux efforts
que font les industiiels haitiens (qui, annsi que nous l'a-
vons vu, ont. reported un I6gilime- sicces lots de l'Ex-
position nalionale de Port-au-Prince ( 1881 ), grace
aussi a l'immigr ition lento mais. conttinuelle d'etrangers
et notaminent de (ubains chassis de lour pays par les
troubles politiques, I'industrie nationole commence a se
reveiller, a tel point que beaucoiup d'objels de premiere
necessitd qu'on etait jadis oblige d'iniiorter se fabri-
quent laujourd'liui dans le pays meme.
II y a dans la 1RHpiubliqiued cux F().ol).:n[ES iiportantes
( Port-au-Prince [ Fonderie Nationale, Fonderie du Fort-
Ilet ), des poleries ( Caves, Anse-a-Veau, Port-au-Prince,
Petit-Trou de Nippes ), des briquiteris ( Arclhaic), des
ferblantcries ( Port-u-Prince ), des zsirnes pour la pr6pa-
ration du cafe ( Petionville, Pelit-C;oavc, etc, ) une fabri-
que de choolal (.J(rd!nie) de*s d.isli.lleries (t des l aliriques
de sucre brul dllans lous les ccnii ro iiropnrtl;its, dcs tan-
neries ( Port-au-Prince ), des ',,,l. ..,,;, l dans notinb.re
de localitcs, des con/iseri.es(suritout Porl.-ai-Plrince), des
savonneris: cello de Port-au-PriU ce, ditlruite par I'incen-
die de lcSS, Oct colle d (u;a|)--lulitiein, or voie do forma-
tion.
Parmi l s auitres industries, il Iautsiign' loi r I'dcbiisterie,
la cordiric de pite et do J.ltanier ( C(:6O.ui ), la cordo)n-
nerie et les couf'ecl.ions danis los grande villos, la fabrica-
tion de la toile de colon (surtout duiis I'Art.ibi i ite ), des
hamacs ( Mirebalais, Saint-Marc, Port-Salut, Cltes-de-








34 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Fer ), des chaises (Port-au-Prince, Petit-Godve, Cavail-
Ion), des pipes ( Grand-Goave, Bainet ), des fouets en
cuir(Cotes-de-Fer), des chapeauxde palle (Bainet, C6tes-
de-Fer, Port-Salut), des singles et tdtieres de pite, et
des selles dans les villes importantes, des paniers, des
sacs de paille, des bretelles tresses avec du coton, des
zatles, dans les campagies, des cruches ( Anse-a-Veau,
Cayes ), etc, etc.
Dans les planes, on live le gros et le menu b6tail:
Dans certain centres, on 61ve aussi des abeilles qui
fournissent de la cire et du miel: dans le pays meme, on
fait une grande consommation de cire pour la fabrica-
tion des bougies, mais on en export a 1'6tranger una
quantiteassez considerable (3.000 barils environ par an);
quant au miel, on en consommerelativement pen en Hai-
ti, mais on en export chaque ann6e a peu pres 2.000
barils.
Enfin, une industries qui faith vivre un grand nombre
d'habitants du littoral consiste dans la fabrication d'em-
barcations de routes dimensions (barges et goelettes) et
dans la preparation du poisson sech6.
*
IllI Commerce general. Haiti doit A sa situation
privilegiie au milieu des Gran-les-Antilles et surtout a la
fertility prodigieuse de son sol I'importance relativement
considerable du commerce qu'elle fait avec l'dtranger.
De nombreuses lines de steamers la relient a tous les
pays civilises: chaque mois des vapeurs frangais, amdri-
cains, espagnols, allemands, anglais, hollandais et russes
viennent toucher dans ses grands ports et y d6poser leur
cargaison on, au contraire, y prendre leur chargement.
Une foule de caboteurs haitiens de tous tonnages vont
dans ces ports cliercler les products strangers pour les
r6partir entire toictes les localites de la c6te, et en re-
tour. en revenant de ccs localit6s, ils en enlIvent toutes
les denr6es destineesh ['exportation et vont les accumu-
ler dans les ports ouverts an commerce stranger. En
outre, une ligne haitienne de bateaux a vapeur, fondue
en 1863 et subvention nee parl'Etat, met, chaque semaine,
en communication la Capitale avec tous les ports du Sud
et du Nord de la Republique.








HAITI AU POINT DE VUE ICONOMIQUE


Les grands centres sontrelis entire eux par un service
regulier de posters don't la direction se trouve A Port-au-
Prince; en 1886, le nombre des bureaux 6tait de 31, ce-
lui des lettres rcvues de 233.872, celui des imprimns et
echantillons del81.520, des envoisrecommands de 7.520.
Naguere, vers 1856, la moyenne du commerce total
d'Haiti ne d6passait pas, au dire des statistiques,
P. 8.300.003. Plus tard, les documents officials portaient
le chiffre du commerce annual de la Republique A
14.000.000 de piastres, taut pour l'importation que pour
1'exportation. Anne moyenne, la valeur des marchan-
dises importees s'dlevait A P. 6.600.000, don't P. 2.000.000
pour Port-au-Prince ( P. 1. 906.196 en 1882 ); les Elats-
Unis entraient dans ce movement d'6changes pour
4.000.000 de piastres, la France pour 700.000, l'Angleterre
pour A peu pres autant, I'Allemagne pour 600.000, les
autres Etats pour 600.000 aussi. Quant a la valeur des
denr6es exporties, elle 6tait en moyenne de 7.500.000
piastres.
Mais depuis peu, ce movement s'est considerable-
ment accentu6; le commerce d'Haiti avec l'dtranger
semble vouloir prendre de jour en jour une importance
plus considerable. Pour I'exercice 1886-87, la valeur des
products imports et exports s'6levait A 45.000.000 de
piastres environ; pour I'exercice 1887-88, cette valeur
moutait a un total qu'elle n'avait jamais atteint depuis la
guerre de l'Independance; lavaleurde l'importation 6tait
de P. 7.543.294, 80 et celle de I'exportation de P. 13.250.
307,34 c'est-a-dire, au total, de P. 20.793.602,14.
Mais, c'est en 1889-90 que le commerce d'Haiti s'est
le plus 6tonnamment d6velopp6: ce commerce, avec la
Fra.nce seule, s'est elevdi 86.000.000 de francs.
D'apres des statistiques officielles (Expose gendralde la
situation de la RBpublique d'Haili, 18.0), voici la situa-
tion actuelle de ce commerce:
France .. P. 17.275.000.00
Etats-Unis .. .. 7.732.904.00
Angleterre ( 739.934.36
Allemagne .. .1.412.305.77
Autres pays .. 28.424.93

Total: P 26.188.569.16.








36 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

II faut remarquer que les chiffres de l'exportalion ont
fait defaut pour les trois dernieres categories, de sorte
que c'est le total des .Importations qui est seul porter
dans cette liste, pour 'A.ngleLtere, I'Allemagne et laru-
brique ( autres pays a .
Pour l'anine 1889-90, le chiffre otficiel auquel s'est 6le-
ve le commerce haitien a diminu6 par suite de la mau-
vaise. recolte de caf6 qui a figure, a I'exportation, pour
unchiffre inftrieurde 30 000.000de livres a celui de '1888:
neanmoins, le movement commercial de la Republique
pour l'annee -1890 peut etre value a P. 24.226.758,13
don't P. 14.165.788,86 pour l'exportation et P. 10 060.979,27
pour l'importation.
D'ailleurs, ces donnees statistiques sont certainement
au-dessous de la rdalitd, car. malgr6 la surveillance du
Gouvernement, la contrebande se fait sur une 6chelle
assez grande.
Depuis 1837, la Rfpublique d'Haiti est relive a Cuba
et de [t aux IEtats-Uuis'et a I'Europe par un cable t16-
graphique sous-marin, 6tabli entire le Mole Saint-Nicolas
et Santiago-de-Cuba. En janvier 1891, une portion de cA-
ble sous-marin a mis la Capitale en communication
avec le M6le Saint-Nicolaset, un peu plus tard (uin 1891),
le Cap-Haitien a Wt. reliH au cable qui va du Mole Saint-
Nicolas a Puerto-Plata. Un project d'ktablissement d'un
reseau thelgraphique terrestre a commence A atre mis a
execution depuis la fin de I'annie 1892; ce r6seau
doit relier les principles villes de la Republique entire
elles.
La Republique a onze ports OUVERTS au commerce
stranger: c'est seulement dans ces ports que les navires
strangers peuvent venir dhbarquer leur cargaison et qiie
les negociants strangers peuvent faire le commerce. Ce
sont:
t1 Port-au-Prince (qui, en 1887, a exported 18.435.406
livres de cafe, 8.213,625 Iivres de campeche, 39.881
livres de cuirs, 374.279 de sucre, 314.263 de cacao, 201.548
de coton )
2" Cap-Ha'tien (13.245.717 livres de cafe, 77.464.997 de
campeche, 3.000 de cuirs, 483.151 de cacao)
30 Gonaives (9.448.795 livres de caf6, 27.400.700 de
c.mpeohe, 553.787 de cotton)








HAITI AU PorNT DE VUE ECONOMIQUE 37

4 Jacmel (15.222.388 livres de caf6, 2.150.000 de cam-
peche, 148.549 de cotton )
50 Cayes ( 8.607.869 lives de caf6, 12 421.000 de cam-
peche )
6 Jerdmie (.8.800 02:3 lir:.es de cafl, 21.927,050 de cam-
peche, 534 613 de colon et 1.265.146 livres de cacao )
7o Miragodne (359 389 lives decafi,12.651.450de cam-
peche, 1564 de colon )
8 Saint-Marc ( 1.408.670 lives de caf,, 47.844.450.
livres de camplche, 1.048.273 de colon )
9 Port de-Paix (2.815.51'6 lives de caft,27.312.000 li-
vres de campiche )
10.0 Aquin ( 170.000 livrei de cafl, 19.373.000 de cam-
pcche )
1to Pctil-Godve (7.523.951 livres de cafe ).
Les autres products exports l.aient en 1887; le gaina
( 51.000 lives ), I'acajou ( 33.115 lives ), le bresillet, le
bois jaaae ( 84.725 livr-s ), la goinne de gaiac ( 8.580 li-
vres ), le miel ( 16.335 gallon' ), la cire ( 1.176gallons)
les pelurs dl'oratI:es ( 203.851 lives ), les peax de bceufs
( 421.038 lives ), les cairn tnainds, le pile, la ram ie, les
graines de colon, ( 103.440 lives en 1890 ), les noix de co-
co, le sirop, le rhant, les cores de bw .f.~, la pistache, les
dcailles, les fruits, et beaucoup d'autres articles moins
irnportans.
Outre ces onze ports ouverts, il yquatre ports d'echelle:
.ce soul ceux o. les navies 6trangeTrs peuvent allerpren-
dre seulement leur chargement de retour, en boisde cam-
pchle ou autres bois, apris avoir d6barque leur cargai-
son dans un des ports ouverts. Ces quatre ports sont:

:1 L'Anse d'llainault,
20 Fort-Libertd,
3" Grande-Saline,
4 Port-d-Piment du Sud.

Le movement general des ports de la liepublique a
tL en '1881: a 1'entree, de 792 navires jaugeant 695.194







38 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHIAGGO
tonneaux et & la sortie de 768 navires jaugeant 686.821
tonneaux. En 1887, les ports les plus important ktaient:
Port-au-Prince, avec 266 navires don't 146 vapeurs, A
l'entrke ( 246.014 tonneaux ), le Cap-Haitien, avec 227
navires don't 463 vapeurs (239.257 tonneaux ), Gonaives,
avec 134 navires (111.244 tonneaux ), les Cayes avec
99 navires.

R. G.




""(e@^P ^








HAITI
A L'EXPOSITION COLOMBIENNE

DE'CHICAGO





DEUXItME PARTIES

HAITI AU POINT DE VUE MORAL


II faut avouer que les d6tracteurs d'Hafti n'ont jamais
contest l'importance 6conomique de notre lie bien qu'ils
la connussent imparfaitement; ils se sont toujours com-
plu, au contraire, combine nous I'avons d6inontrh au de-
but de cette etude, a vanter l'abondance de nos riches-
ses naturelles et la beaut. merveilleusement pittoresque
de nos sites. Maisils n'ont ainsi proc6dd que par ruse
de rh6teurs pour se couvrir du masque de 'irnpartialit6
et nous d6crieri plus A leur aise, sous I'apparence men-
songere d'une quite sujette A caution.
II nous appartient decompleter cette exposition d'Haiti
A Chicago, c'est-a-dii'e devaiit I'Univers, par une rapid
historique ethnographique de notre ile, avec preuves A
l'appui 6manant d'homrnes venures qui, par leur loyaut6
litteraire, la largesse de leurs vues, leur g6nie, sont en-
tr6s vivants dans l'immortalitL; nous voulons parler des
Michelet, des Schchcher en Europe, des Wendell Philipps
et des Douglass en Amerique; ces giants qui lais-
sent bien loin au-dessous d'eux, des regions se-
reines oh ils planet, les pygmees contempteurs de
notre glorieuse Patrie.
Le sol d'Haiti, avec son ciel libre et brilliant, avec sa
vegetation puissanteen seve et en robustesse, exhale une
atmosphere vivifiante qui incite .l 'enthousiasme et a l'h6-
roisme.








40 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Des l'origine do notreihistoire, nos fiers aborigines
prfferentla mort ; la servitude; ils se font tuer avec leurs
chefs Kaonabo, dans la Maguana, Koutbanama, dans le
Higuey; et les debris de cetto race indienne,-intres-
santo par leur intelligence, ( a ne ciler que ia reine Ana-
kaona qui fut poete,) plulot que de se soumettre, se
retirrerent vers 41520 dans les rochers et les gorges du Ba-
horuko oi'i, durantl3 ans, comme I'aigle eo son aire inac-
cessible, iilsrCsistlrent. victorieusemen t toujoursaux ade-
lanlados espagnols : I'ltranger dut accorder a -leur chet,
le pieux kacik Enrique,C une paix honorable et le droit
de vivre sans inqui6tude dans le canton de Boya, au pied
des montagnes de Los Muertos (1533).
En moins de trente ans, Loute la population aborigene
--un million d'lioinmes,- a 6tL massacree. On repeuple
File au mnoyen de la Trai.e, c'est-a-dire par l'importation
en Haiti des noirs d'Afrique qui sont violemment arra-
chds a leur sol natal pour servir de betes de some aux
colons.
Durantdeux siecles, les pauvres Africains subissent le
joug ignominieux duL plus inhuanain esclavage, dontnous
tairons les atrocitls, non toulefois sins des protestations
reptees et d'une rare energies (Padre Jeaa, nkgres marrons
laplupart indomptes.) Maisleurs enfants,-les affranchis--
qui ont grand sous le ciel vivifiant et h6roique d'Ilaiti,
sentent leurs poitrines s'enfler aux souffles de LibertL
qui traversent nos large savanes; corome Antee, ils sen-
tent que ce sol qui leur a donn6 le jour en ieur inspirant
la conscience de leur virility leur donncra la force d'etre
des homes, pas sculeinent an point de vue anthropo-
logique mais aussi et surtout au sens philosophique. La
Revolution francaise de 1789 qui renversa, comme dit
Victor Hugo, non la seule Bastille mais routes les bastil-
les, affirmed chez eux les nobles sentiments de leur droit
A la liberty commune.- Alors commence .le martyrolo-
ge sublime de nos IHeros de l'Indppendance; Oge et Cha-
vannes, rou6s sur la place du Cap, ouvrent la glorieuse
serie de ces martyrs, of l'on ne compete pas seulement
des homes, maisaussi des femmes, come celle-ci, entire
beaucoup d'autres, qui, assistant devant Rochambeau au
supplice de ses trois jeunesfilles ,-supplice qu'elle-meme
devait subir, dit spartiatement a ses enfantschancelantes








HAITI AU POINT DE VUE MORAL 41

Courage, mes files, vos flancs ne porteront point
d'esclaves !...
Les ttles couples d'Og( et Chavannes sont attaches a
deux poteaux, I'une sur le chemin de Dondon, I'autre
sur celle de la Grande-lkivibre, come 6pouvantails; mais
elles inspirent plut6t la noble resolution de les venger.
Alors ce qu'une revendication l~gale n'avait pu obtenir
la force armle va le conqucrir.- Ces esclaves courbes
ver' le sol sous un joug infdmant, relvent la tOte, -
os sublime, et se sentent grandir enfin au souffle de
Liberty qui leur vient de nos large planes et de nos
mornes altiers. Une guerre commence sans merci, sans
pitid de part'et d'autre.
Voyez-les passer ces Spartacus d6chainds !
0 sublimes va-nu-pieds, nos aleux, pour vous nom-
mer, ii faut la langue des dieux :

.................. Devant vous je m'incline
Louverture, Capoix, Pktion, Dessaline;
Et, 1'ame debordant d'enthousiasmes fous,
Dans mon humble orgueil faisant des dieux de vous,
Emplissant de vos noms les cris de mon coeur, j'ose
Convier 1'Univers i votre apoth6ose, (1)

Pour c 16brer I'heroisme de vos homeriques epopees,
it faut les strophes lyriques de Pindare:

Tandis que les Franqais dans leurs promptes manoeuvres,
S'dlancent a travers la RAVINE-A-COULEUVRES
Pensant nous briser sous leur choc,
Je vois le grand Toussaint, d6daigneux de leur foule,
Pour barrer le passage au noir torrent qui roule
Se dresser comme un roc !



Je vois enfin, ravi, les idgions altieres
De 1'Adige, du Rhin, du sommet de VERTIERES


[1/ Massillon Coicou. Poesies Nationales.








42 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Battre des mains A nos succ&s;
Et j'entends Rochambeau don't 1'6toile decline
Devant Capoix vainqueur, commander qu'on incline
L'illustre drapeau francais (*)

Mais nous pressentons que l'on peut taxer le lyrisme
de nos poetes nationaux d'enflure dithyrambique.-Ecou-
tez alors ce qu'a dit, d propos du combat de Vertieres,
I'illustre philanthlrope francais qui s'appelle Victor Schmel-
cher, dans une conference faite A Paris, le 27 Juillet 1879,
sur Toussaint Louverture.
Le 'II noveinbre 1803, Dessalines assiege la ville
du Cap, heriss6e de petits forts avanc6s. L'assaut de Ver-
tieres, un de ces forts etablissur1la crete d'un monticule,
merite d'etre raconte.
( Dessalines ordonne au gOneral Capoix de s'en empa-
rer. Ce n6gre, surnommin Capoix la Mort tant il avait
tue d'ennemis dc sa main, march avec trois demi-bri-
gades qui reculent, horriblement mutilees par le feu du
tort. I1 les ramene; la mitraille les dechire et les ren-
verse encore au pied de la colline. Bouillant de colere,
il va clercher de nouvelles troupes, monte a cheval, et,
pour la troisimrne fois, s'6lance; mais toujours les mille
morts que vomissait la forteresse le repoussent lui et ses
brigades. Jamais soldats n'eurent plus que les siens le
nmpris du trepas, ils sont embras6s d'une ardeur home-
rique. II lui suffit de quelques mots pour les entrainer
une quai'rime fbis. En avant! en avant! un boulet tue
son cheval; ii lombe; mais bient6t dg'iga6 des cadavres
abattus avec lui, il court se placera la tele des Noirs. En
avant! en avant! r6pete-t-ilavec enthousiasme. Au mime
instant, son chapeau, garni de plumes, est enlev6 par la
mitraille. II1 rpond at l'insulte en mettant le sabre au
poing et se jette encore a l'assaut. En avant en avant ..
Au spectacle de tant d'imp6tuosit6, de grandes acclama-
tions parent tout-a-coup des remparts de la ville. Bravo!
bravo Vivat vivat crient Rochambeau et sa garde-
d'honneur qui consideraient cette superb attaque. Un
roulement de tambours se faith entendre, le feu de Ver-


* Tertulien Guilbaud. Patrie.








HAITI AU POINT DE VUE MORAL


tires se tait, un officer sort des murs du Cap, s'avance
au galop jusqu'au front des indigenes surprise, et dit, en
saliant:
a Le capitaine-gncrral Rochambeau et l'arm6e fran-
caise envoient 1'expression de letur admiration au gene-
ral qui vient de se couvrir de tant de gloire ,
a L'heureux cavalier charge de ce magnilique message
tourne bride, came son cheval, rentre au pas, et l'assaut
recommence. On peut penser si Capoix-la-Mort et ses
soldats firent de nouveaux prodiges de valeur! Mais les
assi6egs, electrises eux-mmies, ne voulurent point se
laisser vaincre, et Dessalines envoya l'ordre a son lieu-
tenant de se retire.
Rochambeau, come les hommes de grand courage,
aimait les courageux.- Le lendemain un 6cuyer amena
au quartier-gendral des indigenes un cheval caparagonni
que le capitaine-general, disait-il, ( offrait en admiration
A l'Achille-negre, pour remplacer celui que l'airme fran-
caise regrettait de lui avoir tue. )

Tels 6taient les hommes de cette grande Opoque qu'un
barbare civilis6 forcait a s'entr'6gorger.
Cette citation nous dispense de parler longuement de
cette autre epopee de la Crdte-4i-Pierrot ofi les indig6nes
sortirent, commandos par Lamarliniere et lagny, vain-
queurs du g6enral Leclerc, propre beau-tflre de Napo-
1eon Ir. Pamphile de Lacroix, g6ndral litlcrateur francais,
a rendu noblement homage A la valeur des Haitiens qui
combattirent 900 contre 16000 !... Notre historian natio-
nal, Thomas Madiou, a superbement racont6, dans sa
grande Histoire d'Haiti, ce haut fait, digne d'inspirer un
nouvel Hombre.
Le nombre est grand des esprits 6lev6s qui ont su ap-
precier loyalement la valeur haitienue, et, pour conclude
cette revision A grands traits de nos gloires historiques
il nous suffit de transcrire ici le magistral discours de
M' Frederick Douglass qui quelque temps habita notre
Republique, en quali:6 de Ministre des Etats-Unis en
Haiti. Ce discours est bien de circonstance, puisqu'il fut
prononced l'inauguration du Pavilion haitien A 1'Expo-
sition Colombienne de Chicago.
Comme I'a si justement dit Mr J.J. Chancy, Directeur-








44 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Rddac.teur d.u Moniteur d'Haiti, ( ce discourse vrai et en-
thousiaste classe.definitivement le great old-man,-car il
est le Gladstone americain, dans.l'esprit hailien, et le
met imm6diatement a cot6 de Wendell IPhilipps, le grand
panDgyriste de Toussaint Louverture. ,
Nous n'en reprod.iisons pas le debut quirielate les .ir-
constances qui.ont precedd !e travail de .la Commission
exterieure de ['Exposilion hlitien te,- dout P' Douglass
est membre avec Mr Charles A. Prestorn;-Inous mettons
sous les yeux des lecteiiis cette partie pa'ticulieremi eiit
*interessante d'ofi se degage comee la .phiiosophie de la
lutte hlroiquequi nous conquit I'Indepeidancenationale:
a Nous nous reunissbns en ce jour. qui est pricis-
mentl'anniversaire de 'in idpendailce d'Haiti, et ce serait
une impardonnable omission de ma part si, en -ce jour
et en ce lie.u, je ne rappelais cette date nim~oorable.avec
tous les honneurs qui lui sont dus.
( Si I'on considere ce qu'etaient les entours d'Haiti, ii
y a quatre-vingt-dix ans, si l'on corisidere quels ktaient
les anticed'ents particuliers .de ce people, tant dans la
colonie qu'en Afrique, sa longue ignorance obligatoire,
sa pauvrete et sa faiblesse, son manque d'6ducation mi-
litaire; si l'on consider enfin le denumnent des Haitiens
au point de vue des munitions de guerre, et qu'on envi-
sage en retour les forces formidable au double point de
v.ue materiel et moral qui les ont attaques et combattus,
la conquete de leur independance parattra certainemeint
lrun des 6v6nements les plus remarquables et les plus
merveilleux de l'histoire de.ce siecle et, j'ajouterai, de
l'histoire de l'humanit&.
4 Je ne veux pas etablir de comparison d(taillke entire
Haiti et les Etats-Unis. L'i.ndpetidance americaine a 6et
une td'ihedont les proportions 6taient formidable. Quand
on l'etudie, les plus audacieux retiennent leur souffle et
bien des homes braves, se sentant dominds par elle,
out pali en l'6coutant. Mais si herculeenne que fti cette
tache, si terrible que fussent les difficuilt6s- et les dou-
leurs qu'elle enfante, elle n'est rien quand on la compare
avec l'6pouvantable catactere de li gaerre qu'Haiti a di
entreprendre pour conquerir son ind~pendanco et sa li-
bert6. Le triomplhe d'Haiti a 6tL une surprise et un sujet
inoui d'6tonnement pour le moinde entier.








HAITI AU POINT DE VUE MORAL 45

((La guerre de la revolution aux Etats-Unis avait derriere
elle mille annees de civilisation. Les liommes qui la di-
rigeaient etaient des descendants de savants, d'hornmes
d'Elat, de htros. Leurs ancitres etaient des hommes qui
avaient jet6 utn dofi h la royaut6 et avaient sn arracher,
d'un roi armn et hostile. la plus grande declaration des
droits dcl'humanilt qui ait Wtd jamais donnde au monde.
11s avaient les connaissances et ce caractere don't on he-
rite naturellement apres de longupes annies de liberty
civileetpolitique. Ilsappartenaient i la racemaitresse du
globe et les sympathiesdu monde entier etaient avec eux.
((Combien different a et lan guerre de la revolution avec
les homes d'lHaiti! Le monde entier Mtait contre eux.
C'6laient des esclaves accoutumns a se tenir, trerhblants
de frayeur, en presence de leurs maitres haulains. Leur
education consistait a apprendre a ob6ir ai la volont6 des
autres, toute leur religion, c'ktait la patience et la rdsi-
gnation A une rkgle d'orgueil et de cruaute.
Comme race, ils apparaissnient ai inonde comnme les
etres les plus abjects. les plus delaiss.s, les plus d6gra-
d6s de 1'humanit6. Et cependant, de ces honimes de
race negre sont sortis des hornmes braves, des hommes
qui preferaient la liberty a 'a vie, des homnmes sages et
prudents, des iommes d'Etat, des guerriers, des patrio-
tes et des hfros; des hommes. en un mot, dontles hauts
fails permetient de les placer an rang dos plus nobles et
des plus grands de l'humanit6; des honmmes qui ont ga-
gn6 leur independance et leur liherlt en dpit des plus
terrible obstacles qu'aient jamais rencontres la cause
di. droit et ceux qiii s'en font les avocats.
x C'estainsi que, non-seulceien, ils ontconquisleiir inde-
pendance et leir lihertl mais ils l'ont mn inteniei. 1ls n'ont
jamais livre ce qu'ils avaient ainsi obtenu. Ai aiicurn puis-
sance sur la terre. Ce pr6cieux heritage, ils le liennent
aujourd'hui, el, je puis le dire devant le monde enlier,
non point conine Iune parole de dtli mais bien come
une parole de coitiance dans l'inti6gritr du l)euple hai-
tien, cet heritage ils ne le cederont-jamais A personnel.
a On a beaucoup parhl de la saatvage flrocit6 el du ca-
racltre sanguinaire de la lutle soutenue )ar les Ilaitiens
contre leurs anciens maitres et centre les envalisseurs
envoys de France par Bonaparte pour les retablir en es








40 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

clavage. Mais I'histoire impartiale enregistre ce fait : c'est
(lu'il i'y a pas un acte sanguinaire ni un acte de torture
cominis par les flaitiens, durant la guerre, qui n'ait Wte
faith aussi par leurs adversaires. Les revolutionnaires ont
faith ce qui ktait strictement necessaire pour obt, nir leur
liberty~ et lour independance et ce qu'aurait fait a leur
place loul autre people assailli dans les memes condi-
tions.
alls out repondu a la trahison par la trahison, aux em-
buscades par des embuscades, aux armes par les armes,
a une lutle sans treve ni merci par une lutte sans trOve
ni merci, au fou par le feu, au sang par le sang et ils
n'auraient jamais pu conqcuricr leur liberty ni leur ind6-
pendance s'ils n'avaiont pas ainsi lutt6, a toute extremit6
dans toutes les rencontres, a armes opposees, sans fin
ni repos.
aL'histoire cliercherait en vain un soldat plus human,
plus dOgag6 de tout esprit de vengeance, plus dispose a
proteger ses onnemis et. moins portei rendre cruaut6
pour crunaut6 que ne l'6tait Toussaint Louverture. Sa de-
vise, depuis Ie commencemnent de la guerre jusqu'au der-
nier jour ohi il cessa d'y prendre part, fut toujours : Pro-
tection aux colons blanes et pas de repr6sailles pour les
injures. Aucun honiine en Haiti n'avait tl plus loyal
envers la France, envers la I10publique, envers Bona-
parte ; mais quand il fut oblige de se rendre A l'6vidence,
quand il vit que Bonaparte ne fret.ait une flotte et n'en-
vo\ait une armne pnissante on Haiti que pour la conque-
rir et reddire do nouveau les Haitiens en esclavage, lui,
en vrai patriot et en vrai citoyen, se determina h de-
truire ce project en organisant une defense eflicace.
(Ce sera un eternel objet d'6tonnernent pour le monde
que cel clihec des Frlan-ais et ce-triomphe des Noirs.
.alniis peul-etrc on ne vii lutte plus inegale. Le plus
grand capitaine de I'epoque, avant avec lui le people le
plus guerrier du monde, s'tlait mis en tete de subjuguer
les enf'ants m ',pr)isc;s d'llait.i; il n'Opargua, rien, no nogli-
gea auc(uns moylos. si revoltants qu'ils fussent, pour
parvenir a ses fins. Bieii qu'il ail foul aux pieds les r6-
gles qui president at la guerre chez les peoples civilises;
bien qu'il ait envoy centre. la miserable population
d'Haiti une armee bien commandee et bien equipee de








HAITI AU POINT DE VUE MORAL


cinquante mille hommes; bien que la population contre
laquelle Otait envoyee cette arimee f0it bsolument igno-
rante de l'art de la guerre : bien que, par ine tralison,
les envahisseurs aient pu parvenir a capture Toussaint
Louverture et a l'envoyer enchaine en France; bien que
leur 6pee ne se heurldt qu'a des cercles de baril : biep
qu'une guerre de devastation eut ravag6 et desole le pays
deja depuis douze ans, .laiti est restde libre, son ardeur
ne s'est pas dementie et ses braves entants se tenaient
encore daus les montagnes, prets a continueri la lutte
durant un siecle s'il Teult lfllu.
cLorsque Bonaparte eut accompli son finest dessein,
lorsque les ossements de ses intorltuns soldats eurent
blanchi le sol f6cond6 par le sang des patriotes d'Haiti,
quand les debris de sa puissanle arminc fureit t'rop lieu-
reux de s'en retourner chez eux encore vivants, les chefs
heroiques d'HIaiti, en l'annre 1803, d(clarreent I'indd-
pencance de L'ile, et cette inddperidance a tL6 niaintenue
jusqu'en cette annre 1893.
I'exposition colombienne a la Lin d;i 40()0m anniversaire
de la d6couverte de l'Amriiquc., c'est la reaffirmation
solennelle de son existence et de son independance com-
ine nation et la prise de possession do sa place dans la
fraternity des peuples

Ce temoignage d'un seul,-- unus testis, teslis nuilhs, -
ne suffit pas ? Ecoutez encore; nous citeroiis, parni tant
d'autres, un Amcricain tonjours, puisque c'est en Ame-
rique que nous presentons, dans cette louvre, notre
chere Haiti.
C'est en decembre 86'1, a NewYork et a Boston, que
le grand orateur-pliilanthrope Wendell Plilipps, a ainsi
patrl de nous: (*)
a ... Avec cette mtisse informed et d('daign6e (les noirs
d'Afrique qui venaient de briser leurs chains en 179,1,)
Touissaint forgea pouirant la fondre, ot il la dichargea,
sur qui ? SurL la race la plus orgueillense do I'Europe, les


* Discours sur Toussaint Louverture, par Wendell Philipps. Traduction
Fitances. Paris, 1879,








48 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Espagnols; et ii les fit rentrer chez eux, humbles et sou-
mis Sur la race la plus guerriere de l'Europe, les Fran-
cais; et il les terrassa A ses pieds Sur la race ]a plus
audacieuse de l'Europe, les Anglais et ii les jeta A la mer,
sur la Jamaique !... n
Continuons la citation, non sans un intime tressaille-
ment de 16gitime orgueil.
( Nous, Saxons, nous fumes esclaves pendant environ
quatre siecles, et nos anc6tres ne firent jamais un signe
du doigt pour mettre un terme A leur servitude. Ils at-
tendirent que le christianisme et la civilisation, que le
commerce et la decouverte de 1'A merique vinssent rom-
pre leurs chalnes. En Italie, Spartacus souleva les escla-
ves de Rome centre la reine du mnnde: it fut assassin,
et ses compagnons furent crucifies.- II n'y a jamais eu
qu'une seule rdvolte d'esclaves couronn6e de succes, et
elle a eu lieu a Saint-Domingue. Toutes les races ont g6-
mi, A difldrentes 6poques, dans les chaines; mais il n'y
en a jamais eu qu'une seule qui, affaiblie, sans secours,
degradee par I'esclavage le plus lourd, ait bris6 ses fers,
les ait transforms en 6pdes, et ait conquis sa li'beirl sur
les champs de bataille, une seul : la race noire de Saint-
Domingue !...

c Brflez New-York cette nuit. comblez ses canaux,
coulez ses navires, d6truisez ses rails, ef'fcez !out ce
qui brille de l'Mducation de ses enfants, plongez-les dans
la mis're et l'ignorahce, ne leur laissez rien, rion que
leurs bras pour recommencer ce monde... Que pourront-
ils faire en soixante ans ?.. Et encore 6tos-vous silrs que
l'Europe \ous pretern son argent, tandis iu'olle n'avance
pas un dollar a Haiti.
t Pourtant Haiti, sortant dos ruines de la dependance
colonial, est devenue un Etat civilise; il est le seplirme
sur le catalogue du commerce aver nolre pays, el il n'est
infdrieur par l'education et la moralild de .,Ss ihabilants, A
aucune des miles de l'Ocan, Tldien d'Occidenl. Le commerce
stranger prdte aussi volontiers coLfiance d ses tribunaux
qu'aux ndtres.
Jusqu'ici, ce people a d6jou6 aussi bien I'amnbition de
l'Espagne et la cupidity de l'Anglcterre que la politique
mralicieuse de Calhoum. Toussaint Louverture la fit ce








HAITI AU POINT DE VUE MORAL


qu'elle est. 11 fut habilement second dans son oeuvre
par un group d'une vingtaine d'lommes presque tous
noirs pur sang. Its furent grands dans la guerre et ha-
biles dans les affaires, mais non comme lui remarqua-
bles par cette rare conbinaison des hautes qualitls qui
font seules la veritable grandeur et assurent A un hom-
me la premiere place parmi tantd'autres qui, ou demeu-
rant, sont ses 6gaux. Toussaint fut sans dispute leur
chef. Courage, energie, constance-voilA ses preuves.
II a fond6 un Etat si solidement, que le monde enter
n'a pu le dktruire.

< Je T'appellerais Napolhon; mais NapolBon arrival A
l'empire, servi par des segments violas et a travers une
mer de sang. Toussaint ne viola jamais sa parole.

< Point de roprisailles! telle ktait sa noble devise et
la regle de sa vie. Les dernieres paroles adressees ason
fils on France, fiirent los suivantes: ((-Mon enfant, vous
reviendt'ez un jour h Saint-Domingue. Oubliez que la
France a assassin vote pore.
((Je l'appellerais Cromwell. mais Cromwell ne fut qu'un
soldat, et l'Elat qu'il fondas'6crioula sur sa tombe. Je l'ap-
pellerais Washington, mais Ie grand Virginien eut des es-
claves..: Toussaint-LouverLture risqua son pouvoir plut6t
que de permettre la Lraite dans le plus humble des ha-
meaux soumis a sa domination.

Ecoutez maintet.ant cette splendid peroraison qui fut
couverte par les applaudissements prolongs de 1'audi-
toire:

.. < Vous me prendroz sans doute ce soir pour un fa-
natique, parce que vois liscz l'hi.loire moins avec vos yeux
qu'avec uos preju/els; mais dans cinquante ans, lorsque la
,6rite so fera entendre, la muse de I'histoire. choisira
Phocion pour les Grecs, Brut.us pour les Rlomains, IHamp-
den pour I'Angletorro, Lafayette pour la France; elle
prendra \WVashington come la fleur la plus 6clatante
et la plus pure de notre civilisation naissante, et John
Brown comme le fruit parfait de notre maturitL, (ton-








50 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

nerres d'applaudissements ). Et alors, plongeant sa plume
dans les rayons du soleil, elle 6crira sous le ciel clair et
bleu, au-dessus d'eux tous, le nom du soldat, de 1'hom-
me d'Etat, du martyr Toussaint-Louverture ( applaudis-
sements longuement prolonge's. )

*
Les fils d'un tel pere ne peuvent si t6t ddg6ndrer.
( Aujourd'hui le courage au feu n'est nullement. teint
dans l'Fme des Haitiens. A c6lt de lui a grand le courage
civique. Les sublimes vertus du citoyen sont pratiquees
chez ndus avec une abnegation et une grandeur routes
romaines. Et si cela n'6tait pas, verrait-on les revolutions
si frequentes?..
(Quand on a l'Ameenfoncee dans lamatihre, songe-t-on
jamais a s'insurger contre I'autorit6 ou a defendre son
pays attaqud? Cenx-la seuls qui vivent sur les sommets
de la pensDe sont amants farouches de la libertl, du dd-
vouoment et de 1'abnegation; ceux-l seuls ne sont pas
les vils contempteurs de I'enthousiasme et du patrio-
tisme! .
((Le difficile meme, c'a toujoursetd de regler ce patrio-
tisme si exalted et de lui fair entendre qu'il Rtait pr6f6-
rable pour la patrie que le citoven fit toujours pacifique
et tranquille et qu'il etait dangereux pour elle qu'on eit
une seule fois recourse a la force pour la revendication
d'aucun droit et d'aucune liberty.
SMais nousn'avons pas lasagesse des Anglais, lesquels,
depuis 1688, par le Bill des Droits complete en 1701 par
I'Acte d'Elablissement, ont conquis leurs'libeirts les unes
apres les autres, sans revolution sanglante. Si nous ne
l'avons pas, cette sagesse, c'est qu'il est difficile de l'ac-
querir et qu'elle est le fruit d'une longue suite de trans-
formations cdribrales qui n'ont pas encore eu lieu dans
le cerveau de l'Haltien; et que, de plus, nous sommes
des Latiis-Africains vivant par les 17 -2'le degrBs de la-
titude au-dessus de l'Equateur ... Est-ce a dire qu'elle ne
naitra pas, cette sagesse? Si, elle naitra, mais tout le
monde sait que l'enfant s'assagit a measure qu'il grandit
et cue l'hderdite psychologique est autrement difficile A
vaincre que l'hdredite physiologique, que tout progress








HAITI AU POINT DE VUE MORAL


est suivi de reaction, et que nulle part la civilisation n'a
t6 I'ceuvre d'un jouL' ni mme d'un siccle (*) .
Celte sagesse, que prlconise si ardemment notre com-
patriote Louis Joseph Janvier, publicist renommni h Pa-
ris, nous avons l'intime espoir d'etre sur le chemin de
l'acqu6rir. Nous comprenons a l'heure actuelle, apris ex-
periencesdouloureusementfaites, ((que la paix estlepre-
mier de' iintArets ( E. de Laveleye); que ( ricn ne
coute aussi cher que la guerre civil a ( E. Ilerv ), tant
au point de vue materiel que moral. L'esprit s'Oveille,
come dit Janvier, quand le fusil dort.
Aujourd'hui, apris unederniere revolution calamiteuse,
nous avonsun Goiivernement constitutional don't le Pr6-
sident, leg6nral fly-Tpolite, -rdpkte et prove a chaque
occasion qu'il n'est le chef d'aucun part, mais It chef de
la Nation haitienne; et, mettant son programme en ac-
tion, it appelle au service gouverncmental du pays, sans
distinction de clan, tous ceux qui y out droit par leur
intelligence et leurs aptitudes.
ette sage politique porte deja ses fruits: des progres
de toutes sortes out 6et r6alis6s ou sont en voie d'exe-
cution. IHa'iti est aujourd'hni relide i l'urlivcers par le cA-
ble sous-marini;-une ligne tl g'raphique terrestre va
parcourir toute la. Ktdpublique; -le service I.6l3phoni-
que fonctionne depuis pros d'un an a la Capitale; il doit
etre'installe dans les principles villes du pays;- des
contracts sont signs pour l'"tablissement de plusieurs li-
gnes de chemins de fer, qui doivent hater la prospirit6
6conomique d'iHaiti ;-nos'iivieres vont Ltrce endiguees,
deja plusieurs ponis y out 6te construits ld'apirs les der-
niers perfectionnements de la science; la refection de
nos routes est a l'etiide,... etc. Au point de vue moral,
les esprits se meuvent et travaillent: nous avons un Th6-
Atre, une Ecole des arts et mitiers, des ecoles de Droit,
de Medecine, de Pharmacie, de Tle6graphie, etc: une
Ecole normal est en voie de formation...
Des soci6tis patriotiques se soit constitutes, entr'au-
tres l'association du centenaire de l'Independance, la So-
cidtd de Le6gislation ..


* ) Detractews de la race noire, Paris, 1882








52 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

La generation nouvelle, composee d'une pl6iade de
jeunes docteurs, licencies en Droit, en medecine, en
pharmacie, de la Faculte de Paris; d'etudiants aux uni-
versit6s d'outre-mer, 6coles Saint-Cyr. Polytechnique. des
Sciences politiqueset economiques, du Genie, du Conser-
vatoire, etc., etc.; cette g6enration fervente travaille avec
ardeur a la renovation d'Haiti et de la race noire.
L'avenir est a nous!
Oui, si l'on se rappelle que c'est une loi physique ine-
luctable qui veut que tout ici-bas, I'humanit6 come la
nature, sans cesse 6volue, se transform, change, se re-
nouvelle; si l'on se rappelle que les peuples de I'histoire,
les races se sont sucessivement passe le flambeau a
travels les siecles, come les coureurs de la stade ro-
maine,-cursores lampada tradunt; si l'on se rappelle que
les pharaons du Nil, premier berceau de la civilisation,
ont c6ed aux satrapes de la Mesopotamie; que 1'Asie a
cede a la Grace; Athenes i Rome; que l'empire des C&-
sars ceda a l'invasion des Barbares; qu'a notre age I'oc-
cident a vaincu 'orient, que c'est le nouveau-monde, mo-
derne Promitlie, qui 6claira l'ancien continent dece feu
du ciel, I'electricitL; que, dans cette evolution de I'hu-
manite, I'antique orientation s'est manifestement deplacee
pour faire aujourd'hui jaillir la lumnire de l'ouest; que
nous sommes a l'occident; que nous sommes jeunes,
nouveaux, vivaces; nous avons le droit d'avoir foi en
la Providence et de dire avec raison, en fouillant les
perspectives du Temps: l'avenir est a nous!..
Utopie irr6alisable? Irr6alis6e, certes; irr6alisable,
non point.
Pour cela, travaillons.

H. C.








HAITI

A L'EXPOSITION COLOMBIENNE

DE CHICAGO





TROISIEME PARTIES

FRONTIERES DE LA REPUBLIQUE D HAITI
ET
S DE LA DOMINICANIE.


Apris la decouverte de l'Amprique par Christophe Co-
lomb ('1402), les Espagnols resltrent seuls maitres de
I'ile d'Haiti pendant deux siecles. Mais diverse puis-
sances europlennes parvinrent les supplanter dans
plusieurs iles de 1'Arclipel des Antilles ; la France et
I'Angleterre surtoul, representces par des aventuriers
rests fanmeux sous le nom de flibustiers et, plus tard, de
boucaniers, lirent aux Castillanis une guerre acharnne a
la suite de laquelle la premiere nation occupa l'Ouest
de Saint-Domingue et la second la Jamaicque.
Au XVIIc siecle, les Francais s'ctaient ,lablis A la Tor-
tue depuis 1630; muis ce u'est qu'en 1697 que les Espa-
gnols reconnurent la colonie fraicaise de Saint-Do-
iningue.
Les possessions reciproques des deux peuples restlrent
neanmoins sans frontieres pricises pendant pris de 80
ans; pour mettre fin a cette situation qui n'etait pas sans
peril, le gouverneur francais de Saint-Domingue, le
come d'Ennery, passa une convention A Saint-Michel
de l'Atalaye avec le d6legue espagnol don Jose Solano








54 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

pour fixer d'un common accord les limits des deux
colonies (29 f6vrier 1776); les clauses de cette conven-
tion furent ratifies en Europe par le trait d'Aranjuez
(3 juin 1777.)
D'apris ce trait, la ligne des fronti'res partait de la
baie de Maneniille, remontaitlarivireduMassacredepuis
son embouchure jusqu'a sa source, suivait la create des
montagnes de Valliere et de la Grande-Rivibre du Nord
jusqu'au Sud de Dondon, puis la create des Montagnes-Noires
et des Cahoset coupait I'Artibonitc entire Mirebatais et Las
Caobas, en laissantaux Espagnols la valle du Guayamuco
et toute la valley moyennede I'Arlibonite; ensuite elle p6-
netrait dans la region des Etangs, laissant a la parties
francaise une portion du lac Assuei et descendait vers
le Sud jusqu'a la riviire des Pedernales, a l'embouchure
de laquelle elle se terminait, aux Anses-d-Pilres.
Plus tard, lorsque toute l'ile se trouva r6unie sous la
meme domination (1795), ces limits n'eurent, naturel-
lenmeit, plus de raison d'etre; mais, lorsque la parties
de l'Ouest se souleva contre la France et parvint a con-
qu.rir son ind6pendance pour former un Etat libre sous
le nom d'HAITI, lorsque les Francais furent contraints
A ne plus poss6der que la parties de l'Est, les limits du
traitL d'Aranjuez se trouverent completement modifiees.
Les Haitiens, en effet, ne tard-rent pas a porter la guerre
au-dela des frontieres de I'anci3nne colonie et. aprs
des alternatives de success et de revers, ils finirent par
arracher AUX FRANC.AIS toute la vall6e du Guayamuco
avec les villes de Hincle, Las Caobas, Saint-Michel,
Saint-Raphael etc.
Depuis cette 6poque, les territoires incorpores a 1'Etat
haitiei sont toujours rests parties integrante de cet Etat,
et, mime apres la scission operee entire la RMpublique
d'Haiti et la Dominicanie, ils ont continue a rester hai-
tiens. Bien plus, lorsqu'en 1861 les Espagnols eurent
retabli leur domination sur la parties de l'Est, ils. ne son-
g&rent pas a r6clamer des territoires qu'on ne leur avait
jamais enlev6s, puisqu'a partir de 1795 jusqu'a la chute
de 1'Empire francais, I'Espagne n'avait plus eu aucun
droit sur l'ile d'Haiti.
Aujourd'hui qu'on semble vouloir contester a la R&-
publique d'Haiti la validity de ses droits sur des terrains








FRONTIERE DE LA REPUBLIQUE D'HAITI


occupies par elle depuis pres de 84 annees, it est de
notre devoir de montrer d'une facon irrefutable la mau-
vaise foi de ceux qui voudraient fire reculer nos fron-
tieres jusqu'aux Montagnes Noires et aux Cahos.
A cetle occasion, nous sommes heureux de pouvoir
mettre sous les yeux du lecteur un r6sum6 eloquent des
faits, que nous devons a la gracieuse obligeance de l'un
des Ocrivains les plus competents en cette delicate ma-
tiire :

((Le trait d'Aranjuez estconclu le 3 Juin 1777, rendant
definitive la convention signee A 1'Attalaye le 29 F6vrier
1776.
II est conclu entire I'Espagne et la France.
11 est dichird par les conquetes de Toussaint Louver-
ture en 1794, et annual par le trait de BAle enr 1795.
Ce dernier, confirmant les conquetes de l'annee pre-
cedente, rkunit toute 1'ile sous la domination de la
France.
1804. & 1809- Lis Hailiens acquierent leur territoire
dans leur guerre de l'Ind6pendance contre los Francais
qui se retirent et se maintiennent dans la partie orien-
tale.
Cette presence dans la mnme ile do deux peuples s6-
pares et en guerre, done lieu d une frontiere nouvelle
et tout autre que celle qui existait precedemment, dans
ses lignes comme dans sa nature.
Cependant l'Espagne sc remnet en possession de la par-
tie de l'Est d'abord de vive force, par l'expulsion des
Frarcais. en 1809, et six ans apres, pat le traits de 1815.
Elle reprend la colonie et accepted les frontieres telles
qu'elles se trouvaient alors.
(Elle ordonne mmne formellement de les respecter.
On conservera avec eux (P6tion & Christophe) la bonne
harmonies, en respectant les limits des deux pays.) Ins-
tructions du Gouvernement de Porto-Rico a Andr6 Xi-
menez envoy a Santo-Domingo en 1808 pour cooperer
avec Juan Sanchez.
1821 Les Espagnols sont chassis de Sto-Domingo
et I'incorporation a la Republique d'Haiti s'opere, sou-
haitee et demanded par la majority et volontiers accep-
te par la g6neralit6 des habitants de l'Est.








56 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

4830- D6marche de 1'Espagne, r6clamant la-colonie
dans l'6tat ofp elle etait en 1821.
Stir le refus d'Haiti, elle n'insiste pas.
L'lle entire unifiee jouit d'une paix inalterable jusqu'A
la chute du President Boyer. en 1843.
A cette epoque s'ouvre l'ere des revolutions qui de-
chirerent le sein de la Republique et don't la-plus con-
siderable par ses r6sultats, fut celle qui 6clata a Sto-Do-
mingo le 27 fevrier 1844.
Le movement de Sto-Domingo auquel se joignent les
uns volontairement, les autres forcement, embrasse deux
DNpartements plus ou moins pour former un Etat ind6-
pendant, sous le nom de Republique Dominicaine.
Les insurges naturellement se font un programme et
s'organisent comme ils peuvent pour lutter contre le
Gouvernement don't ils se s6paraient et qui voulait'A
toute'force les faire rentrer sous son autorit6'
Le succes au debut d6passe leur attente, grace aux
troubles qui bouleversaient egalement les autres parties
du pays.
Les esprits s'exaltent: les insurg6s ambitionnent bien-
tot de donner au nouvel Etat les memes limits que pos-
sedait anciennement la colonie espagnole.
Ils font alors ce que nous fimes en 1804. C'est la tra-
dition haltienne. Ils mettent dans leur Constitution les
vieilles limits espagnoles, *comme nous-memes dans la
n6tre 'lile entire pour former notre territoire.
Sans doute, ces d6sirs, ces vomux d'une portion de
people soulev6e qui se trace un cadre of sont posees
les bases tidsormais de son organisation politique, de-
mandent, pour etre pris en consid6'ation,- que les armes
de l'insurrection se trouvent assez fortes pour les tra-
duire en fait.
Or, des populations, que le movement dominicain
comptait rallier avec leurs territoires, refuserent de le
suivre, le combattirent, au contraire, avec ardeur, et
contribuerent plus. que toute autre a le refouler et conte-
nir dans la ligne que venaient'de creer les circonstances
et que maintenaient A grand'peine les forces domini-
caines.
Ainsi tenus A distance et A chaque fois forces de re-
culer devant les armies du Gouvernement avant de pou-








FRONTItRE DE LA REPUBLIQUE D'HA'TI


voir reprendre les positions et retranchements du pre-
mier moment, les insurg6s ndanmoins, grAce A l'opiniA-
trete de leur resistance, reussissent entin a obtenir la
paix et la reconnaissance de leur independence.
Un premier trait est sign et reste imparfait, faute de
ratification haitienne.
Un second, conclu et ratifin par les deux Etats, recoit
un commencement d'ex6cution en ses principles par-
ties.
La Constitution dominicaine, notamment, est modified
pour atre en harmonies avec I'article du trait concer-
nant les limits A determiner sur la base des posses-
sions actuelles. .

Aujourd'hui, la ligne des frontieres remote la riviere
du Massacre depuis son embouchure jusqu'a sa source.
A partir du mont Bayaha, elle suit sur un space assez
restreint la crete du Cibao; puis elle abandonne cette
chaine de montagnes pour couper la riviere Libon, af-
fluent de l'Artibonite, et descend vers le Sud jusqu'a Ba-
nica; arrivee la, elle traverse 1'Artibonite entire le fort
Biassou (Haiti) et Baiica (Dominicanie), prend la direc-
tion du S.-O. jusqu'au lac Assuei don't elle laisse la par-
tie occidental b la R6publique d'Haiti, et,'de IA, elle
descend vers le Sud jusqu'aul Pedernales don't elle suit
le course; enlin, elle va se terminer aux Asses-d-Pitres.
Si l'on compare cos frontiires A cclles de l'ancienne
colonie francaise, on voit qu'elles laissent A la lRpubli-
que d'Haiti une parties assez coisidclrable de territoire
avec les centres important de Saint-Miclel, de Hinche
et de Las Caobas.
Tout pres de la frontiere, le Gouvernement haitien a
piac6 une seric de posies destines A la surveiller et a la
garder.
En partant de la Riviere du Massacre, separation na-
turelle des deux R1publiques, on trouve, 6chelonn6s du
Nord au Sud, les postes-frontiires suivants :
Dans 1'arrondissement de Valliere : le fort Belair ou
Biassou, sur la rive droite de I'Artibonite, en face de la
ville dominicaine de Banica;







58 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Dans les arrondissements de la Marmelade et de Hinche,
les postes de Lairien, Perdegale, Los Hily.ero., Los Palos,
Rio-Parlla, Rin.to.uibio, San-Jose, Trois-Bois-Pins, Agua-
hidionde, Mlalnon;
Dans I'arrondissement de Las-Caobas: Cachiment,
Los-Puerlos, Hlcnlh-Lainouleur, Trois-Bois-Piis, San-Pedre
Damc-Jeaune-Cassce, Savane-d-Camp;
Dans l'ai:rondissemeiit de Mirebalais : le poste Gau-
bert qui gard'e le clemin de Mirebalais a Neiba; le pose
Migucl, entire la meme ville et la bourgade dominicaine
de Cercado, grand marcli6 de hostiaux; ce poste garden
aussi la route de Mirebalais a Las Matas de Farfan;
Dans l'arrondissement do Purt-au-Prince : le post de
Fond-Ravet, qui est situ6 au Nord du lac Assuei et qui
surveille le clemin de Cabeza-Caclho : 0 F'onVd-des-Chd-
nes, sur le revers mtridional cdu Pensez-Y-Iien; le Fond-
Bayard, non loin du lac IEnricquillo, sur Ic chemin
qui conclui dans la Do.minicanie; le Palmise-Tempd,
l'un des plus important de ces posted; la Mdrc-Citroni;
le Bois-Tombe; la .Tcrre-Froide; la Mare-d-Quatre, qui pro-
.tige la section de Fund-Verrel.tes entire Tlhom'zeaau et
Saltrou; le Rem part-Hardg, s r le chemin qui conduit
de Saltrou a Las Damas ( Dominicanie.)
Sous le gouvernement du Prdsident Salomon, une loi
('14 septemibre 1882) dctacha les communies de Saltrou
et de Grand-Gosier de 1'arrondissement de Jacmcl; en
vcrtu de cette loi, ces communes, qui garden la fron-
tiere vers le Sud, forment une line militaire, assimilate
aux arrondissements de .4"il classes et embrassant la par-
tie de la Republique comprise entire la region des Etangs
et la mer des Antilles; c'est a Saltrou que reside le chef
de cette line militaire.

R. G.




C l*(r-^ TI
10^W














HAITI

A L'EXPOSITION COLOMBIENNE

DE CHICAGO





QUATRIEME PARTIES.

LISTE DES ARTICLES ENVOYI1S PAR LA REPUBLIQUE D'HAITI
A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO.


Notre exposition ne sera pas aussi 6tendue qu'elle le
pourrait, faute de temps. Nous ne serons pr6ts que
pour nos grandes denrees d'exportdtion: feves, alcohol,
bois et textiles que nous voulons fire connaitre aux
Etats- Unis.
I
Caf,, Coffea arabica. Diverses sortes de la derniere rd-
colte et de la. prochaine, entr'autres:
Cafes de Saltrou, de Mirebalais ( caf6s dor6s ), de
St-Marc, Dessalines, St-Michel, Cap-Haltien, M6le
St-Nicolas, Port-de-Paix, Port-au-Prince, Cayes,
Aquin, etc, etc; cafes Caracoli, dits moka, de Jac-
mel, ( riviere gauche), cafds d'usine (J. B. Vital )
de l'ancienne recolte; cafes en parchemin, caf6s
prepares, polis et assortis des usines Simmonds
( Petit-Goave ), Mont-Fleury ( Port-au-Prince )
etc, etc, de la prochaine recolte ainsi-que les sortes
susdenommees.
NOTA. -La production total annuelle de cette f&ve est 6va-
luWe A cent millions 'de livres environ. La statistique des doua-
ips en accuse 75 A 79 millions et demi exports r6gulierement.








62 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

On en consomme beaucoup a l'interieur surtont pendant le
temps de la r6colte; une quantity notable s'6coule chez les Do-
minicains, nos voisins, par les frontieres. ( )

II
Cacao, Theobroma cacao, de Dame-Marie, de l'Anse
d'Hainault, des Abricots, de JMrminie, ( cacao dit
des Iles), du Dondon, (cacaodu continent), du
Borgne, etc.

NOTA. -La production dil cacao se chiffre par trois millions
et demi de livresenviron. Elle peut etre instantandment double
si l'on arrive a d6truire les rats ct les chauves-souris qui rava-
gent les cacaoyeres.
III

Cotom.-Coton commun ( gossipizun barbadense) en
gousses et nettoye,
jaune, dit sian,
a flos, provenant du Mapou, eriodendron anfractu-
osum ou Bombax ceiba, en gousse,
a flos, provenarit du Fromager pyramidal; ou oua-
tier, etc. Oclrronma lagopus ou Bombax pyramidale,
en gousse,
flos, provenant du Fromager colorado, Bombax
colorado..
Textile Ecorces ct filaments de Bois-dentelle, La-
getta lintira,
( ( ( a Grand-Cousin,, T6te de
moine, Iriumph.aeta lappula,
a filaments dii grand-imahot ou bois de liigef
hibiscns teleluxcus,
Filaments du Pingoin, ou ananas sauvage,
bromeliad pin.goin,
a de.Pite, alois pite,
o 1a mie, Urlica utilis,
( Garatas, Bromelia garalas,


I On verra dans la Ire partie, page 31, de plus amples details statistiques
sur ces products et les suiz.ants.








LISTED DE- ARTICLES EXPOSES


NOTA. La culture du cotton common a diminud chez
nous depuis la baisse survenuLe a la suite de la crise de la guerre
de secession et plus encore par l'obligation de fire de fortes
cl6turcs dans Ics planes et les abords des villes, oi elle trouve
des facilities de transport. Avec le prix rmnundratenr du jour et
tin reglement enmpchant le vagabondage du b6tail, il ne faudrait
pas plus d'un an pour la reliever.
Le coton flos fourni par les trois varidtrs de Mapou, de la fa-
mille des Bombacies, que nous venons de nommeir, 6tait autre-
fois en grande demand dans la chapellerie pour remplacer le
poil de castor qui alors 6tair dj:a rare. On s'cn sort en ce mo-
ment en Europe pour rembourrer les habits militaires et autres
confections. Le tronc transform en pirogues suffisait a la navi-
gation tant intericure qu'cxterieure des Aborig'ens de 'lle ; il
sert encore a construire des canots dans lesquclles les HaTtiens
d'aujourd'hui ne craignent pas d'aftronter le canal du Sud. C'est
pour cet usage principalement que ces arbres sont cultives A
Dame-Marie, aux Abricots, A l'Anse d'Hainault, etc, et ces points
peuvent fournir le coton flos en bonne quantity.
Les cords faites avec l'dcorce du Fromagcr rouge ou Mahot
rouge, Bombax colorado, sont d'une grande force Ct d'une grande
solidity ;elles durcisscnt A; I'cau douce; nous sommes en train
de les 6prouver dans l'eau sale.

IV


(C
(C


Acajoll, Swivh'inia.


- Exposition casi complOte
CainpCeche, hemnalo.l:oylon camperhianum d'A-
quin, '2 a 3 bills
( <( Fort-Libert6 ( Nord) (( r
U Arlil)bonil.e
k < lort-de-Plix
( Tiballuro
(R Q Anso-a-Vcau, etc, ltc.


Maloh/olni, do Tibiiironl ( Iorit vicrge )
( ( 'ile ldo li ( iia ive, inou-
clietd, ,o d( (1 'l laniii es,
a v. I'lle (1o Ila T'rluc ( Iour-
ches ) etc.


Essencies dec l)oi.4 diveric rcclhecreluc .








64 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

CMdre odorant, cedrela odorata, acajou A planches,
ChOne des Antilles, Bignonia arborea, ( article tri's com-
mun, tris precoce ),
Ebene noire, Ebune d'Orient, Acacia Lebbek, ou Ebenus,
a verte, Biq(nonia Icucoxylov,
Bois laitcux, Taberna montana ( Bois laiteux franc ),
Tavernon . . .. . .
Bois marbri, Feroi ferolia, ferolia variegata,
Mancenilier, Hippomanc mancinella,
Govavier marron, Psidium pomiferum,
Caiinitielr a Chrysophyllun oliviformc, c. argentium,
a franc, C. caimio,
Bois Gaiac, Guayacum officinalc,
Bois d'Ortie, Urtica baccifera,
Bois blanc, Piper scabrum,
Arnandier, A mygdalws vfulgaris,
Grategal A large feuilles (Bois de lance), randia latifolia,
Gardenia acultcla,
des naies, Raidia dtonclorum,
Bois de rose, Ehrllia 'fr.licosa,
Acoma on Acouina ( .MlasLic ), Sideroxalumn maslichoden-
dron, Hltmalium racinhosunm,
Bois clhatudllo, Marie-Ualante, Cinchona floribunda,
FrOne amler, Simarouba 'exclsa,
Cypris, Cupressus conn miiis,
Bois d'oranger, de citronnier et do painplemousse
( shaadeck o t clIadoc (1) (chadeca, c. dicumena);
boisfourni par Il'or)iinger, citrus aurantliim, le ci-
tronnier, le limonjier, c. limonnium.
Raisinier du board de la iner, cocoloba, mangle rouge.

Diverse denrcmcs dc second ordre.

V

Pistache de terre ou Aracihide, arachis hypoyca,
Gingembre, Zingeber of'icinalis, atnomum zinleber,
Houcon, Bi.va orellana,
Sesanme ( Gigiri ), Scsatium, ol/icimle,


( 1) Nom d'un capitaine angles qui a apportd cc fruit en Haiti.








LISTE DES ARTICLES A EXPOSER


Millet common, Milium vulgaris,
a a panache, Milium africana
Mais, zea Mais,
Haricots, Phlscolus iudgaris
Curcuma ( Safran des Antilles) Curcuma lonya,
Miel, apis melhlfera,
Cire jauue, blanche, cierges d'Eglise,
Peaux d'orange.
Noix et Gomme d'acajou, anacardium occidental,
Palma christi, Ricinut communis ( grains et huile ),
Gomme de gaiac, Guayucum officinle,
a de LBie-a-ondes ou Bayaonde (succ6danee de
la gomme arabique)
( de L'Arblre a-pain ( Arlocarpi incisa )
du gulta percha ou du caoutchouc)
d dite du Copahu, provenaiit du Bois-Coclion,
Croton oriianUifoliiin,
a du Gominier r(ng", e1t )blanc, Bursera gonmmnifra
( du Figuier mandit, galiplot,
Tabac de B3inet (Goialta), Nicoliana labacium, en an-
donilles et en feuilles,
o( ( Monlt-lRouis, en cigares de SI-Marc,
k( .; ros-h- orne, en allouilles on cialroll ts,
Amidon tire d(t Manioc amiur, Jatropha manrihot
Pain de cassave tiir ( (
Peaux de caimains.
NOTA. ToLs les i:ticlcs ci-dessus dcsigncs pcuvent ctre
exports en grand, si I'on en Lait la dcniadc.
Prodeitis aliineintaiirei
Sucre de canne, saccharum of/icinalis, de (' ;ornman,
( I. Proph6te) commune de Port-au Prince
a brut
0 concert do ILascailiobls,
Iliz oriza saliva, de I'Arltiboiite bIruI ct d6paill6,
lIiz brut ct sec des monies,
Haricots divers ( d('j cit6),
Bananes, Musa.
Manioc doux, -Janiphia utilissima,
Pains de cassave tiirs du Manioc amer.








66 HAITI A L'E\POSITJON COLOMDIENNE DE CHICAGO

Diff6rentes sortes de millet,
Mais,
Petites huitres d'Aquin en saumure,
Truffes blanches do' l'Artibonite,
Champignons noirs ( djon-djon ),
Vinaigre du pays,
Ananas
Mangos ( En coifitures snches & liqluides etc
Oranges
Citrons, etc, etc.
NOTA.- Le commerce de nos vivres et produits alimentai-
res principalement les fruits, attend I'ainlioration de nos routes
et 1'et.tblissement de nos voices ferries pour sc developper et
devenir l'un des grands facteurs de cctte brancihL d'Exportation
et de traffic.
VII
Plalitics aLroiatitiqucs et ed c diciamle

Sauge du Porl-de-Paix ou Cascarille, Clulia cluieria,
The du pays ou des Antilles, Capraria bifiora,
Anis etoile, Illicitiom auisalam,
Absinthle, arnoise aiii're, Arllhemisia absinlhiunm,
Petit Bau me, Hediosmum niuanus,
Grand Baume, H. arboresceas,
Fleurs d'orangers,
Grande Sauge, Salcia occidentalis,
Melisse des Antilles, Clinopodium ruyosa,
Petite Idlisse, C. capitanum,
Laurier cannelier, Laurus cinnzmnoinum,
Mal'aguetle, Alyrilus pimenla.
Sureau, Sambucus virgiiiiana,
Canneficier, Cassia fistula,
Ascl6piade de Curiai:ao, Asclepiaclcura.sanvia,.
Ascltpiade g6anle, A.yiglant'a,
Corde a violon, Cuscula americana,
Lobelia, Lobelia in/laao; L. syphilitica,
Chien4ent citronnille, Andropogon cilralum
Grand Basilic, FI'ancbasin, Ocynum americanum,









LISTED DES ARTICLES A EXPOSER


Vetiver, Vetiveria odoratissima,
Laurier camphrier, Camphora officinalis.
NOTA.-Cc paragraphe scra beaucoup plus 6tendu. Lcs offi-
cines peuvent trouver ces plants en quantity en Haiti, si elles
en font la demand.
VIII

Plan.tes curicuIell et u tiles
Figuier a gondron,
Bois massepin, .ou bois Iled,
Bois Mallet .... nonvellemeit ddcouvert par Mallet,
Bois ramon, Trophiq americana.
Z'yeux bourrique, Dolichos allissimus, Alcuna altissi-
ma, ( jequirity),
Sablier dlastique, Hura crepitans,
Sucrin, pois doux, Iga vera.

NOTA.-Le Figuier a goudron en fournit aux cultivateurs en
quantity; la substance provient du fruit mnme de l'arbre; c'est
le brain des .pcheurs de Bainet, C6tes-de-Fer, etc.
Le Bois-massepin fournit un fruit ddlicieux ; il sert d'abri aux
arbustes delicats: cafrs, cacaos etc.
Le Bois-Mallet donne une teinture -qui mdrite l'attention des
industries de cette branch.
Le Bois ramon, nourriture excellemment fortifiante pour les
chevaux, sert d'abri aux cafiers.
La quatri&me plante fournit une bonne teinture et est utilisle
en mddecine.
Le Sablier elastique renfcrme toutes les propridtes des meil-
leures plants de sa famille ( Euphorbiac6s. )
Nous reviendrons sur les particularit6s interessantes de ces
arbres.
IX

Mi ndrau x
FEchanlilloi de clarlhon de terre du Camp-Pirin, more
du Sud;
S( (c ( ( de Las Guamas,
Chromate de fer de l'lle-a-Vache,








68 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

Ocre rouge, jaune, grise, etc. de Nippes.
Terre A foulon ou terre savonneuse (savon mineral)
de Jacmel.
Calcaires A ciment de Nippes.
Quartz micacc.
.Etite ou pierre d'aigle de la Grand'Anse.
Minerais de fer aimante -Adu Morne A Beckely (Li-
monade).
Coquillages divers.
Ecailles de caret (Tortue).

X

Eanx thermales

Eaux sulfureuses de l'Arcahaie ( Source Puante )
a u de Jacmel a
a chaudes et froides de Cerca-la-Source,
a minerales de Port-a-Pim'nnt,
< bitumineuses de Dame-Marie, etc: etc.

XI

Echanitillons de I'lndustrie Nationale

Plusieurs articles d'orf6vrerie.
Quelques articles de sellerie, (selles, mors, sangles,
dperons, trierss)
a cordonnerie (bottines, bottes).
a tannerie, ( peaux preperies au dividivi, au chene
noir, etc, etc. )
Deux canots ( ou pirogues) primitifs faits de troncs de
Mapou et de Fromager, tels que les construisirent les
anciens Indiens.
Un cannot moderne, en regard des pirogues.
Echantillons de tissu, bois, terre cuite, teints avec le
bois Mallet.
Une voiture en bois du pays (tres solide).
Deux hamacs creoles en cotton et pite.
Un hamac en pite.








LISTE DES ARTICLES A EXPOSER


Harnais pour betes de some (tLtibres en pitte, cordes,
lignes, sangles, etc, etc.)
Cordes en pite, en mahot ( Fromager colorado ), lata-
nier, etc.
Distillerie- Alcool pur, rhum, tafia, rape blanche, li-
queurs douces, etc, etc.
Exposition des grandes Ecoles de demoiselles.- Tra-
vaux de lingerie a i'aiguille, au crochet, etc.-
Echantillons de dessin, peinture, etc.
Diversarrticlesde toilette. Toilette de ville, de nocesetc
Ebenisterie.-Divers articles faits au tour en gaiac,frene
etc; divers petits meubles.
Curiosites.-Un harmonium fabriqu a par un apprenti
qui n'a jamais eu de maltre ( MI Chs. Fontain, organiste
de la Catlidrale.)
Un violon de m6entrier fabrtqu6 par Mr. DNcimus aussi
un apprenti sans maitre.

XII

Curiosit&s Historiqueu

(Euvrer d'art: Buste de Toussaint Louverture par La-
forestrie
Portrait d'Alexandre P6tion- Colbert Lochard pire.
Epee de Toussaint Louverture.
Ancre de la caravelle aSanta-Marian que mnonlait Chris-
tophe Colomb et qui fit naufrage sur les c6tes de Limo-
nade dans la nuit du 24 DNcembre 1492.























BIBLIOTHIQUE HAITIENNE


ST-MiERV ( Moreau de ), S;iint-lDominue 2 vol.
-Description de la Partle EIsp'lnole de
Saint-Dominingue .. .
Ani)ouIN (1.), Etudes s ri I'liistoire d'llaiti 41
STr-''Ii;Riv ( Lepelletier), SL-Do iniiinle.- La .
question lhalienne . .
PRADINES /l iliitait), Recueil des Lois c
Actes du Gotiverne ient d'lhiiti 6
-C(:ode civil, Code de proci,dturl civil et de
commerce et C.oded'insl.iiciion criininello .. 3 n
LACROix ( Pamphile do), Me noiro sur la 1l1vo-
lution id( SI.-Do ingne .. .. 2
1.ACOSTE ( Clagnonll ), Toiissaiiilt-I.oivOrlul'e .. I .
FIRMIN (A), De I'Egalit6 des races hiiuinaiis 1
DELIZAGE ( P. ), Ilaiti en 1886 .1 >
ETIENNE ( L. D. ), De la procedure civil deviant
la Justice de paix- . 1
BERGEAU (E. ), Stella . .. .. 1
DE DELVA, Considdrations sur l'arim(e lifienne 1 1
JANVIER ( L. J.), La Riepublique d'Haiti et ses
visiteurs. . I D
Les Constitutions d'Haiti, '1801-1881.. 1 a
Les affaires d'Haiti, 1883-1884 .. .... 1 ,
- Le vieux piquet ... ..... 1








72 HAITI A L'EXPOSTTION COLOMBIENNE DE CHICAGO

DUBOIS (F. E.), R4volution haitienne de 1843, 1 vol.
Code d'instruction criminelle .. ))
MOLINARI (G. de),. Panama, Martinique, Haiti. .
EDOUARD ( E. ). Rimes laitieinnes. 1 4
- Pantheon haitien. .. 4
- Recuil des Lois et Actes du Gouvernenment
d'Haiti. .... .. .. .. 1
- IHaiti et la race noire .
PAUL ( Ed ). Les causes de nos malheurs .
BinD ( M. B). L'llomnme noir de I'Independance
d'Haiti .
FERNAND (A. ), La VWrit6 au public 1
LEGITIME (F. D.), Une annde au linistr:e. ,
- Programme de Gouvernement...... 1
- Lettre au D' A.udain. .. .. 1 ,
- La nation ou la race ha'lienne 1 ,
- La propriet6 fonciHEre en Haiti. .. ,
- Industrie suc''i0re et une solution 6conomique '4 ,
- La voie, la v rit6. et li. vie ... I
GUILBAUD (T. ), Fenille au vent ... 4
- Iatrie .. ... 1 ,
DOnsINVIL (J.-B.), Essaie sur I'esclavage 1 ,
ST.-ARMAND (J. ), (Code rural. I
TrIonB (A.), Questions polltiques. .. I
-Questions A l'ordre du jour .1
FErLI (Joseph), Deux mots sur l'instruction
publique. . .
PRICE (H. ), Pourquoi cette guerre. ... 1
SALOMON, Adresse al people et a l'armne. 1
-Protestation. Une defense .. 4. '
CHARLEVOIX, Hisloire de l'ile Espagnole et de
St-Domingue (2 cares) .. ..
ALEXANDRE (J.B.H .).Lapatrieetlesconspirations 1 I
WILLIAM (D. Massillon), L'Invasion ..... 1 4
DESROCHES (Charles), Matieres a r6flexions
pour les revolutionnaires ..... 4. >
DUROCHER (J. ), Simple lettre A Mr Manigat 1 ,
HILLION ( Mgr. ) Lettre pastorale et mandement. 1
-Oraisor.fun~bre de Mgr. Guilloux .
KERSUZAN ( Monseigneur, ), Oraison funebre de
Mgr. Million . .








LISTED DES ARTICLES EXPOSES


LAFOREST & SYLVAIN, Le 'Thompsonisme vol.
JEhEMIE, Une couite gestion .
-De 1'Education popunaire. .... .
--Inauguration de I'Association du Centenaire 1
-Deux conferences sur le christiinisme .1
MULLERY (Me), Catlhlismie dllmentaire de pro-
cedure . 4
-Mahuel de la Justice de paix .. 4
MATHON ( M. E.), Revolution de 1888-1889 -1
LIcGER ( J. N.). Recueils des Traites de Conven-
tions . 1 1
-Haiti et l'Instruction publique. .... .1
LAMOTHE (S.), Ulie justification. .. ..
SERVINCEMT (T.), Guide de l'officier de I'ELat
civil d'Haiti. .....
HEilAUX ( Ed.), Considerations politiques. 1
CAANCY (J. ), Conference du 23 Octobre .
- L'article 7-riponse a M' Bouzon .. I4
VIAAID ( Ducis ), Almanaclh-Revue. .
ETHEART ( L. ), La veriti R M' Vouillon. .
GUERRIER ( M T.), L'avenir national 1
FOUCHARD ( .), Ma conduite politique et ma
gestion financi re . 1 ,
DoMINIQUE (.1. L. ), Cours de procedure civil 1 ,
CHANCY (Em.), L'annde politique et parlementaire 41
-Ind6pendance national d'llaiti .. .1
- Pjur l'hisloire. . .
GIELLIERl(D'r oche), Haiti, son passe, son avenir 1
- Histoire d'Haiti . I
-Haiti Etudes Economiques .. .... 41 a
-La politique a suivre . 1 I
--M_ Charmalit et son part devant I'histoire .. 1
GUILLOUX ( Mgr. Alexis), Observations. La
question du marriage .. .
-Acta et Satuta Synodi, primx dioceisanx por-
to-Principis, etc, etc.
DOMINGUE ( Jules ), La Tortue et La Gonave I.
ROBIN (E.), Apercu sur l'Histoire d'Haiti 1 ,
PRICE (H. ), Rapport sur la Confdrence inter-
nationale americaine ; .. 1








74 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

MATHIBU ( Th), Discours des membres de I'U-
nion chrdtienne . .. vol.
SCIIorLCHER (Victor), Conf6rence de Toussaint
S Louverture . I
CHAUVET ( Henry), La Fleur d'or .1 .
BLOT (St.-CAp), Discours A I'occasion de la re6-
lection du Gendral Salomon .. b
LESPINASSE (Beauvais), Histoire des affranchis. I D
BATTIER (A. F. ), Sous les bambous .. 4
BOWLER (A ), Une conference sur Haiti. .
-Etudes 6conomiques sur Haiti .. I
JN.-BAPTISTE J. A ), Questions sur le concor-
dat religieux . 1
LHERISSON ( J. ), Myrtha. .. .
MARCELIN (Frdddrique), Questions Haitiennes 1 ,
DEHOUX ( Dr J. B. ), Rapport au Gouvernement. 1 ,
MARCELIN ( L. J. ), Haiti, ses guerres civiles. 1
VASTEY ( LIonce de ), R1flexious politiques i
Histoire d'Haiti .
JOHNSON, (Oexmelin et de Iassane), Histoire des
Flibustiers et des Avanturiers 1 >
REGNAULM ( Elias), Histoire de tous les peuples
( vol. concernant les Antilles. ). .. .
JusTIN ( Placide ), et BARSKETT (J.), Histoire
d'llHaiti . 1
BEAULIEU ( Paul-Leroy), Colonisation chez les'
peoples modernes . D
NICOLSON ( N. ), Essai sur l'histoire naturelle de
Sain t-Doiningue . 4
BONNET ( Guy Joseph ), Souvenirs historiques I4
DUPONT ( A. ), Annuaire d'Haiti (ann6e 1878) '1
Documents diplomatiques ..... 4 .,
(Le Prtsident Salomon devant Haiti et lesEtats ,
E Etrangers. . .
La voie de la Patrie, r'plique aux Voix de I'Exil 1
( Le cas de M. Janvier .
a Statuts de l'Ecole libre de :droit. .
a La v6rit6 sur l'aflaire Rigaud ....... 1 ,.
" Recueil des conseils pratiques sur 1'enseignement
scolaire . 1








LISTE DES ARTICLES EXPOSIS


a Actes de constitution de la Socic'td de Sciences
et de Geograplie d'Haiti .
Project d'une ligue de l'Enseignicment
SMIanuc l do TIhologie dogmaitiqlue
a Examens Trinmestriels et privI's du Lyc6e Na-
tional
L le Pays-- leflexions extraites du (L Moniteur r
a an Procbs criminal, vol de inandals commis
au prejudice de Banque Nationale d'llaiti.
STl'e LUnited States on the Republic of' llavti 88-90


JOURNAUX

Le Moioileu HIailien ( 1859 )
Le PeVuple
Le lReveil
Le Civilisatleur
Le Coaslillution.nel
La Voix du peuple-- (Cayes)
Le Ralliement
L.'Union palriolique
Le AIlional
I'Avant-Garde
La Nation
Le Courrier-d'Haiii
L' Union
La Vlritde
La Paix
La Voix
L,'Opinion Nalionale
La Liberld
La Justice
Ls Bigailles
HIaili-il/ustrd'e
Hailli-Bulletin
Recvue-Expres
Haiti-Co mmerce
L'Ordre
L' CEtil
Le progres


HA.ITIENS

La Ddmocratie
Le plaido!icr National
La Tribune politi(ute
L'Eclair
L'Emulation
L Re/'orme
Le a-'ys
Le Drapea National
La lRerue Sociale
La Gazelle Agricole
La Gazetle des Tribunaux
Lo Sp)el(cteur
La J)et'ens3
l a Gazetle Parlementaire
I'Impartial
Les Noiuelles
La Semaine
Le Commerce
La Redpublique
L'Intranisileant
Le Moniteur da Commerce
Ie Combat
o TemIps
Le Trail-d' Union
L'Argus
Le Droit











LISTE DES ARTICLES EXPOSES


CATALOGUE No .


LISTE DEFINITIVE DES ARTICLES EXPOSES
ET DES NOMS DES EXPOSANTS.

Groups I et II

EPOQUE COLOMBIENNE


S1- Une ancre authentique de la Santa-Maria, expose
par le 'Gouvernement d'Haiti :

La Santa-Maria fut choisie par Christophe Colomb parmi ses
trois caravelles pour etre la capitana ou vaisseau-amiral. Ce navire
celebre entire tous, 6choua par la negligence du public sur les
c6tes de Limonade, (petite ville situee ; trois lieues du Cap-
Haitien ), dans la nuit du 24 Ddcembre 1492.-Ses ancres af-
firm6es et confirmees par la tradition et I'histoire, 6pagnees par
le temps, sont arrives heureusement jusqu'A nous; elles ont la
forme des ancres d'or qui d6corent les arms de Colomb ; celle
que nous expedions est accompagn6e de pieces certifiant son
indentitd.-

2-Une collection de dix-huit caries continues dins
les deux volumes du I1. P. Francois Xavier de Clarle-
voix, intitul[s : < Histoire de 'lle Espagnole ou de Saint
Domingue. Exposant : Gouvernement haitien.
Ces cartes, dressees en 1730 par le sieur d'Anville, geographe
ordinaire du roi de France, figurent:
io Carte des lies de 1'Amirique et de plusieurs pays de terre
ferme situes au-devant de ces Iles et autour du Golfe du Mexi-
que, dressee en Mars 173I.
20 Carte de 1'Ile de Saint-Domingue avec parties des miles voi-
sines, dressee en Octobre i85o.
30 Carte de 1'Ile espagnole ou. de Saint-Domingue represented
suivant les anciens 4tablissements des Espagnols, dressee sur
Oviedo et Herrera avec les armes des etablissements espagnols et
les armes de Christophe Colomb, en fevrier 173 1.








78 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

4 Cartdede l'Ile. espagnole sous le nom indien d'Haiti, ou
conmme elle tait possedLe par ses habitants naturels, lors de la
d6couverte. avec les premiers etablissements des Espagnols (Terre
des caciques), armes de Coloib, figures de Zni ou Mabouya,
de la facon des anciens Insulaires-dessin d'une figure trouIvee
dans une sepulture indienne, dress&e en Mai 173I.
5' Carte de a partie'de Saint-Domingue habitee par les Fran-
.ais, dressie en Janvier 173 r.
6" Plan de la ville du Cap A la c6te septentrionale de Saint-
Domingue. Vue du Cap-Francais.
7 Plan du Cap-Frainais et de ses environs : 2m vue du Cap.
So Plan de Leogane et de la Coste, depuis 1'Ester jusqu'au
Cul-de-Sac.
9 Plan du Petit-Goave et de l'Acul.
Ioo Plan de la rade du Port-de-Paix, a la c6te septentrionale
de Saint-Domingue.
11 Plan du Cul-de-Sac de Loogane ou de Port-au-Prince.
120 Plan de l'Ile-a-Vache ct du fond dc la Grande-Terre.
Plan de la Baie et I'Ile Saint-Louis.
13o Plan du Port de Bavaha (Fort-Liberte) A la c6te septen-
trionale.
140 Plan de la ville de Santo-Domingo.
5" Carte particuliere de I'Isthme de Panama, golf de Danien,
c6te de Carthagena jusqu'a Sainte-Marthe, dresscecn Avril 1730.
16o Carte particulieve du Gouvernement de VrniezuIlat dressee
en. Juin 173o.
170 Plan de la Baye de Carthagena des Indes, dressLe en
Avril 1730.
18 Plan de la Vcr.r-Cruz, port du Mexique.

L'ouvrage qui les conticnt est auissi, sous tous les rapports,
bien digne d'interet ct d'attention.

3-Une pierre sculpt(e representlant -L ialre ell';llits
appuyds sur n tn trone tld'rbhe q'ils sem ilenl oul.onir:

La pierre a servi dc hnitier pendant des siecles Ai I'l'glise de
Jertimie et a ttdc rieliu'e anix Abricots; clle a toujours dle re-
connue comme provenant des Caraibcs. ExposiNt: Gouverne-
ment haitien.








LISTE DES ARTICLES EXPOSES


Gr:'ocij:e II

EPOQUE COLONIAL

Exposant: AMUSEE DU SEI.MINAIRE I Une epde de
Tous-aint Louverture

Exposant: GOUVERNEMENT D'HAITI.-Un Buste de Tous-
saint Louvertur'o,-Une Photographie de To:.ssaint Lou-
verture,-Un Portrait d'Alexandre Pktion, par Colbert
Lochard -Un Portefeuille de Toussaint Louverture,--
Recueil des documents relatifs a la reconnaissance de
I'Ind6pendance d'Hailti publics et conlenus dans I'ouvrage
de Monsieur Emmanualilcl Chancy: (( I'Indcpandance
d'llaiti. ,

Groi|pe IV



ECIHANTILLONS DE L'INDUSTRIE NAT'IONALE

SELL, RII

E.cpo'sant: M. P UL JEAN-JACQUES --1 ct 2 U n pair
de sellers.

Exposant: M. ANTOINE IROUI'LE'TE 3 -Demx pailres de
mors- Deux paires d'tlriers Deux paires d'dperous

E.cposanl: NAPOLEON MERCIER Rue du Hazard, \o175,
Cap Haiticn 4 -Une selle a femmne de luxe

Exposant: NI. MIL'FORT Port-au-Prince. TAN.NEIUE:
1 Deux cuirs blancs tannis avec I'tcorce dc chi-ne
noir -2 Deux cuirs rouges tanns avec I'cor'cc du
nianglier rouge 3 Deux cuii's gris tainns avec I'-
corce de divi-divi.

Exposant: M. T. GUILLAUMETTE Cap-Hailien PEAUS-
SERIE: I peau de chevre cirde I veau ciree I








80' HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

porc 1 chevre rayee- -" veau blanchie--1 chagrin
-1 veau rayde 4 de chevre ( naturelle) Un parche-
min animal Une feuille de parchemin I peau me-
giss6e 1 de choix 1 de mouton -- maroquinie
-- 1 de chagrin 1 de chevreau -4 maroquinee -
de veau 1 imperiale 4 imitation de cuir de
Russie-1 de veau hongroyee (naturelle)--1 de ch6-
vre chamoisde 1 color~e ( naturelle)

RHUM

Exposant: LOYER BARAU Port-au-Prince 1513outeillos
de Rhum.
RHUM, CLAIRIN

Exposant: BAIBTANCOUIr &S Cie Port-au-Prince.
24 13ouleilles de Rlium No 5- 1 Quart de iliumn No 5-
2 Quarts de rhum extra I Quart dc Clairin

Exposanl : .E. GARCIA. Port-au-Prince. -- 12 Bouteil-
les de Bay-Rhuim.
SIROPS, LIQUEURS DOUCES, COCKTAIL, BITTER.

Exposantl: PAuL ROMnAIN, Gonaives. 4 Bouteilles de
sirop d'Orgeat-- 3 bouteilles de si.op- Corossol 3
bouteilles de sirop Grenadille 2 bouteilles de sirop
Ananas 2 bouteilles Anisette 2 bouteilles. Novau -
bou.leilles .Vaniille 10 bouteilles Cocktail -- 12 bou-
teilles de Bitter.
Exposat : D. LAMBIERT, Port-au- Prince.
3 Bouteilles Eali-de-Vie de Cirouille- 1 Cruchon Eau-
de-Vie de Cirouelle
Exposant: DUPREnv[LLE LEROV. Cap-Haitien, (llaut-du-
Ca p)
6 Bouteilles extrait de Cilron sucrV vertt :iaturel)
6 Bouteilles extrait de Cilroi) 11011 sIIere do do1
Exposant: Louis DUPiN. -- 1 Dame-Jeanne de Bitter
du Cap-Haitien








LISTE DES ARTICLES EXPOSES


LIQUEURS, SIROP, RHUM.

Exposant: MADEMOISELLE T. H. LUCAS,-Port-au-Prince.

4 Bouteilles Creme de Monbin 5 Mascis- 5 oun-
teilles Creme de Mdlisse 4 Moka 3 Angdlique 4
Coriandre 3 Mille essences 4 Cacao 4 Parfait-
amour 3 Menthe 3 Ananas 3 Roses 2 Genievre
- 4 Rhum Haiti 4 quartaul 2 Anisette.

RHUM, CLAIRIN, LIQUEUR, SIROP.
Exposant: S. M. PIERRE, Port-au-Prince.
14 Bouteilles de Clairin i' Rhum Abricot -11
Rhum blanc --11 Vieux Rhimn

Exposant: PAUL ROMAIN, des Gonaives 1 Creme Abri-
cotine 4 lIoses 1 Anisette Sirop Gingembre I
cremne Gingembre 1 Noyau '1 Vanille Cocktail -
1 Bitter

Exposant: B. PROPHETE, Port-au-Prince '12 Bou-
teilles de Vieux Rhum 12 Rhum

CORDONNERIE.

Expos nt: M. .ALEX.BIENAIMrE, Port-au-Prince -1 Paire
de bottles pour daims 1 paire do bottines clevroatt --
- 1 puire lige chcvreau et vernis
Exposant: Georges fils, Port-at-Princc paire de
bottines chevreau -1 paire de chevreau et vernis 1
souliers pour hommes-1 decouverts

Expopall: ELIA SCOTT, Cap-Iailien 3 pairs de botti-
nes pour homes 2 paires pour dames

E.posant: MiAISON CENTRALE 1 paire de bottines
vernies et peau de chwvre I paire tige chevreau et
bouts vernis 1 paire de bottines satin, bouts vernis.








82 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

EBENISTERIE, TOUR, etc.

Exposant: PHILOGENE, Port-au-Prince.-- Une armoire
ordinaire (imitation de l'Ebene)
Exposant: STANISLAS MADOUR. Port-au-Priice. Une
armoire en acajou Un lit en acajou Une table de
toilette en acajou (sans glace)
Exposant: MONSIEUR PICKRING 1 armoire.
NOTA L'armoire de Monsieur Pickring prbsente par incrusta-
tion les armes, emblkme et devise de la Republique d'Haiti, le
nom du Chef de 1'Etat avec des rosaces et autres dessins for-
mis par un grand nombre de morceaux de bois recherches de plus
de quarante essences diff6rentes.
Ce travail qui atteste d'nn c6te la richesse de nos forces, de
l'autre, 1'habilet6 patient et ing6nieuse du maitre qui a su en
tirer si bien part, attirera assurement attention des amateurs.

Exposant: MONSIEUR PASQUET, Port-au-Prince 4 Urne
enbois de gaiac 6 Paires de Bilboquets en bois de
gaac 2 Paires de Chandeliers en bois de gaiac -
4 paire de crutches en bois de gaiac -2 paires de mor-
tiers en bois de gaiac 8 paires de ve~rres et leurs caba-
rets en bois de gaiac, de frine,. etc.--4 paires de gobelets
en bois de gaiac 5 paires de Rosaces en bois de gaiac-
3 paires de verres en bois de gaiac 8 paires de Boites
A poudre pour toilette en bois de gaiac paire de
verres avec couvercle en bois de gaiac.
NOTA Les coupes faites avec le gaace et le frene ne sont pas
seulement utiles au point de vue dconomique pour les usines,
les 6tablissements, les communautes ol le nombre de verres a
employer en rend I'emploi tres-cofiteux, elles comportent routes
les propridtes de la plante qui peuvent Ltre utilisees au besoin.
EXEMPLE: L'eau, s6journee pendant 12 heures dans la coupe en
gaiac, est apiritive et fortifiante, et peut etre salutaire dans divers
cas de maladies rhumatismales ou herpetiques. On sait que l'd-
corce du frene, out'e ses autres vertus, retire on dilinue la pro-
printe enivrante des boissons alcooliques

L'eau, sejourn6e 12 heures dans un vase, fait avec ce bois,








LISTE DES ARTICLES EXPOSES


preserve del'ivresse et les boissons fortes y percent leur force
malfaisantes. Le tabac enfermd dans des tabatieres en cedre
et en gaiac est agreablement aromatis6. -


Exposant: MAISON CENTRALE Port-au-Princ 1I Paire
de chandelier en ga'ac.
Exposant : SOLON KINGSCOFF, Port-au-Prince, I paire
de verres avec cabarets.
Exposant: MAIGNAN, Porl-au-Prince, 1 tabatiere en
acajou.

CHAPELLERIE RURAL


Exposan: GOUVEIINEM\ENT D'IIATI, 8 chapeaux de
paille de Panama ( imitation. )

TISSAGE


Expo.sant : ALONCI: CHATEAU, Port-Salit, 24 aunes de
tissuts pour sargles,
E.po.ant : D. Jo.:tr-P, Port-au-Prince. 3 Hamacs.
E.posant : J. A. C. (CHAniAIs, Port-au-Prince, 4 paire
de bri Ies tiss.rdes, -i p tire de sangles tisserdes,-'- pai-
re de bretelles lisser- s, I hamac tisser6,-2 aunes de
tis.-; p)our sangles.
Exposat : D. (CAssIUS, 'Port Satlu, -1 teliere en pitte.

POTEI 1IE



Exvposant : LEU GouveI N-NT' HfAITIEN, '12 Pots en
terre pour janlins.
Exposant : 'Petite-Biviere-de-Nippes. 7 Cruches.








81 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

BROSSERIE

Exposant : PEIMIER, Port-au-Prince, I paire de bosses
pour chaussures.

CHAISES

Exposant: I Fauteuil du pays, 6 Chaises pour jardins-
Exposaat: SEYMOUR LAMOTHE, Port-au-Prince, 2 Chai-
ses a fond de rotin.

ORFEVRERIE

Exposant: J. E. GARCIA, Port-au-Prince, 6 Epingles
pour cravates portant des initiales (or et argent)-5 Bro-
ches Or et Argent, 20 pieces diverse d'orfivrerie en-
fermdes dans des. tuis, 1 piece detach6e.
Exposant: F. MINGUAL, Petit-Godve, Les Armes de
la Itlpublique d'Haiti (En dcaille et or)

MODES, COSTUMES, TOILETTES, etc, etc.

Exposant : SAGES JOSEPH, Port-au-Prince, Comiplet dia-
gonale double en soie.
Exposani: TEMPLIER, Port-au-Prince. 1 Habit mili-
taire I Pantalon miltaire 1 Gilet rnilitaire -
Exposant: MADEMOISELLE AGLAE CHENIET, Port-au-Prince
- I Robe de mride (faille blanche) avec voile, cou-
ronne, etc.-

Exposant: MADEMOISELLE LOUISE JN-LOUIS, elive des
soeurs de St-Joseph.
4 Sachet -peinture sur satin -

EXPOSITION DES ECOLES DE DEMOISELLES.
E.xposnt: PENSIONNAT NATIONAL-MME. A. DELGARDE.
1 Taie d'oreiller brodde,-- Motdchoir de poche--1 pa-








LISTED DES ARTICLES EXPOSES


nier renfermant des fruits en cire-4 corbeille dito.
E.xposai : INS rTUTION DE VVE. B. LlPINE. Port-au-Prin-
cc. -2 Paires de souliers pour b be 1 pair dessous
pour album 1 Pelote pour 6pingles 4 Robe pour
b6eb -1 Voile de dodine fleurie I Robe de b6b6
au crochet --1 Robe de beb6 en mousseline aussi brode
- 1 Corbeille en torchon 1 Petite de beb6 1 mou-
choir de poche brod. -
Le Torchon est le fruit spongieux de la Momordica operculata.
On en fait ici une grande vari6t6 d'ouvrages d'agr6ments.

Exposant: PENSIONNAT DES S(EURS DE SAINT-JOSEPH
DE CLUNY. Port-au-Prince.

Ouvrages de MESDEMOISELLES NOEMI HIPPOLITE ET J.
FAINE 1 Coussin broderie russe. 1 Mouchoir de po-
che brod6.-
1 Couverture pour fauteil amricain ouvrag6e par MA-
DEMOISELLE M. J[EROME -1 Chemise pour demnoiselle
cousue par MELLE. SVLVIA GARDIfIE 1 COlVertuLre
pour fauteuil americain ouvragee par MELLE. ELUiONORE
DELVY 1 Couverture pour Canap- ouvrag6e par MELLE.
ELEONORE DELVY -1 Sachet peinture sur sole faite
par MADEMOISELLE EPONINE JN-LouIS 1 Sachet peintu-
re sur soie faite par MADEMOISELLE MARIE MENOS I
Paire de rideaux au crochet brodee par MELLE. CASSEU-
LE TlHOMAs 1 paire de rideaux au crochet brodde
par MELLE. BELZIRE BASTIEN -I Tapis pour table ronde,
ouvrage de MELLE. LOUISE DORVAL 1 Jupe en soie
festonn6, ouvrage de MELLE. SYLVIA GARDERE 1 Robe
de beb6 (peinture sur de la soie) faite par MELLE.
CLAIRE ST-ARMAND.-

NOTA -II est bon de signaler A propose des peintures sur 6toffes
sole, satin, que les demoiselles des Soeurs excellent en ce genre,
au point que l'on prend le travail de leurs pinceaux pour ceux
de l'impression m6canique
LUTHERIE
Exposant : CHARLd E FONTAIN, Porl-au-Prince, organiste








86 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

de la Cathedrale Un harmonium fabriqu6 en bois du
pays par un luthier qui n'a jamais eu de maitre.
Exposant : DECIMius FR.AN(,g:CEU Jacmel-- Un violon
de menestrier un violoii de maitre.
NOTA. Monsieur Decimus Francocur, ouvrier sans maitre
et d'une intelligence rcmarquable, avait fabriquet il y a quelques
ann6es, sans les outils de la profession des petits violons pour
des marionnettes, en suite pour enfants et depuis cinq ans, il va
toujours de l'avant en faisant des violons pour les menestriers.
Suivant un sp6cialiste competent en la matire, Decimus Fran-
coeur ne devait pas s'arrkter a 1. En effect, djai il fait des violons
de maitre.
Curio.iAts diverse

Exposant: O RPIILA DOUAAIIN Port-au Prince 1
grande couronne en torchon.
SExposant: MADEMOISELLE AGLAIE CHENET Port-au-
Prince 2 bouquets de floors en torchon et fleurs de
mais naturelles 2 tableaux fa(conn6s en li\ee.
Exposant : DIEPAR'rEMENT DE L'AGRICULTURE : Une boite
de feuilles textiles ( plante inconnue )
Exposant : Mr PICKRING Gonaives Un tableau en
bois ( carte d'Afrique )

Production~ dut iol d)'ait1i.

PTODUITS ALIMENTAIRES.

Exposant : LE DEPARTMENT DE L'AGRICULTURE I
caisse d'arrow-root, 'I pu3tit sac d'haricots blancs, -1
sac rouges, 1 sac pois congo, sacpois incoinu, -
3 sacs famine de mais, -1 sac pois noir, -1 sac petits pois,
3 Rapwdoux sucree concret)- 4 petit sac d'arrow-root,-
I sac de pislache de terre. Ajachis Africana
NOTA-Lapistache peut devenir un bon produit d'exportation
si onen multiplielacuhture ;ellene demand qu'un bon labour pour
bien venir dans toutes nos terres. Nous n'avons pas cru devoir
envoyer des 6chantillons de son huile ni de celle du coco, du
ben, de l'avocat, du ssasnme, etc ; nous n'avons pas encore de
machines modernes pourl'extraction des huiles ni des usines qui








LISTED DES ARTICLES EXPOSES


en fabriquent, malgreque les matieres premieres, les fruits olea-
gineux sont si abondants dans le pays.
4 -Sacdo pois de souche couleur,-1 sac de mais pul-
veris6, -4 sacde jijiri(sesame d'orient ) 4 sac de riz,
-1 sac farine de banane,--1 sac Epis de mais, 1 sac
de fruits du Bois massepin (plante 16gumineuse curieuse.)
-4 sad de feuilles du cirouillier, sacde fruits du sucrin-
NOTA. Le Bois-masse-pin est en tout semblable au Guan.
go. Nous pensions avoir eu dernierement cet arbre de la Jamai-
que qui avait requ des plants de l'Afrique, et d'avoir contribu6
A le repandre A Jacmel. Mais dans une excursion dans le Sud
nous l'avons trouv6 en quantity au Corail dans l'arrondissement
de la Grande-Anse, ou il joue son r6le de plante agidable et
utile au point devue de l'dconomierurale ;croissant vite, ilamer-
de les terres us6s, par son ombre, ses feuilles et ses fruits, fer-
me celles-la la nuit, laissant tomber les rosees sur les arbres
qu'il abrite, fournit une bonne nourriture aux chevaux, nous
'avons deji dit, aux bceufs, aux cochons, etc L'homme lui-
meme, les enfants surtout ne d6daignent pas ses fruits sucres.
Le sucrin ou Pois doux ( inga vera ) joue le meme r6ie de
bon amendment et de tuteur d'arbustes que le pr6c6dent, ii
est surtout celui du caf6. C'est un bon bois de chauffage.
Nous avons A signaler une autre plante don't on verra le tronc
dans la collection Cauro : c'est le Cirou6llier ou prunier d'Espa-
gne, Spondias purperea de Linnee. Disons plut6t avec Tussac
spondias Cirouella pour ne pas le confondre, comme beaucoup de.
botanistes, avec le Monbin batard qui a etd aussi baptism sous le
nom precedent. II est facile de les distinguer ; sauf un air de fa-
mille, ils sont diflfrentsd'aspectt ede forme. Le tronc du Cirouel-
lier est moins rugueux que celui du Monbin batard. Les feuilles
sont impaires, au contraire de celles de l'autre, elles sont plus
petites, plus caduques et d'un vert plus tendre. Ses fleurs sont
purpurines; elles poussent presque en meme temps que les
feuilles nouvelles; les fruits sont forms instantanement on dirait
aussi en mee temps que les deux autres. II ne faut pas le con-
fondre non plus avec le Ciroyer, Rheedia laterifolia qu'on appelle
6galement prunier d'Espagne.
Le cirouellier, entr'autres propridtes mddicinales dejA bien cons-
tatees et experimentees, doit ktre consider comme un bondesin.
fectant. Nous avons decouvert qu'avec le )us de ses feuilles vertes
on peut conserver de tres gros insects dans leur 6tat nature








88 HAITI. A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICACO

Ainsi nous avons pu arrkter la putr6faction dans des scarabees du
cocotier les plus gros du genre, que nous avons trouv6s dans un
champ, rien qu'en les baignant de ce liquideA d6faut d'autre an-
tiseptique. L'expericnce peut etre 6tendue a de plus fortes pieces
A d'autres objets, essaybe sur des sujes plus important. En atten-
dant, les chasseurs, les collectionneurs, les savants nous sauront
quelque gr6 de cette communication. Notre pays est plein de ces
sortes de plants; c'est peut etre l'une des causes de pr6serva-
tions qui a eloign6 de nos c6tes des epid6mies qui, A deux pas
de nous, ont d6cimi les populations.
1 petit sac de safran(plante tinctoriale ) I sac Gom-
mier, sac de Rocou, 2 sacs de graines de paima-
christi.
NOTA. -Le Rocou et le Palma-christi, etant une culture aussi
facile que peu coateuse, peuvent etre offers dans des conditions
convenables et pour l'achecteur et pour le vendeur.
Exposant : ODYSSEE COLAS Jacmel.--2 saas peaux d'o-
ranges.
NOTA. Les peaux d'oranges de Jacmel tires exclusivement
du Citrus aurantium ( orange sure) sont bien prisees dans le
commerce evterieur.
Beaucoup de localitds pourraient en fournir de la meme qua-
lit6, entr'au:res Gonaives of la plante est aussi abondante qu'i
Jacmel.
Notre exportation en sucre de cann2 n'est pas bien important;
elle s'6leve A 70000 livres. La production esten parties consom-
.mee en sirop, rapadou, convertie en rhum, tafia, etc. Au-
cun pays ne produit la canne A sucre avec autant de facility et
dans des conditions economiques aussi favorables quele n6tre ;
elle vient partout sans future et sans arrosage. Nous en avons
des pieces dates d'un sikcle qui produisent encore bien. -Elle
est aussi plus pr6coce ici qu'en d'autres endroits ; elle est bon-
ne a couper dans i4i 15 mois et lesrejetons dans9 i o mois. -
On gagne donc 3 mois sur un grand nombre de pays produc-
tcurs et mrme sur les iles qui nous avoisinent.
Plante- aromatiques, m&dicinales, etc, etc.
1 Sac de velivert, I sac de Mdlisse, 1 sac de
Crin vdgdtal I sac de Ronarin,- 1' sac de Balizier, -
1 sac de Graines de Rdglisse, -4 sac de langue-chat.
NOTA. Les feuilles de langue-chat qu'on emploie journelle-








LISTED DES ARTICLES EXPOSES


ment ici en fusion centre l'asthme jouit encore de plusieurs au-
tres proprietes. On les cultive dans les Antilles Espagnoles pour
aromatiser le tabac.
I Sac herbe A collet.
NOTA. -Puissante contre le prolapsus de 1'anus.
1 Sac crin vegetal, 4 sac d'absinlhe franc, 1 sac
de gingembre, 4 petit bocal fbves du sablier.
NOTA. Le sablier 6lastique, hura crepitans, est encore un
arbre qui restitue a la terre, avec usure, les substances qu'il lui
enleve; sescendres ou ses feuillessontles meilleursamendements
que l'on peut procureraux terres uses, appauvries de potasse ou
e chaux. Nous avons eu le bonheur de decouvrir, dans le suc
qui decoule de son tronc ou de ses branches, de la benzine ou
une substance analogue. Elle enleve la graisse sur les etoffes tout
comme la benzine ?olas. De plus, il partage avec l'Euphorbe,
le chef de sa famille, la pr6cieusc propriet6 qu'on lui a decou-
verte depuis deux o0 trois ans, si notre memoire est fidele,
celle de preserver de la rouille, le fer er l'acier, alors nmme
qu'ils soient tremphs dans l'eau de mer on qu'ils y soient con-
tinuellemeht exposds. C'est ici un arbre tres branch et tres cor-
pulent, pouvant fournir son suc enabondance. Venant bien par-
tout dans toute espece de terrain, on dirait qu'il content en lui-
meme tous les elements n6cessaires i son developpeinent.
4 Caisse d'Ecorces de Manglier du Cap-llaitien, -
4 Sac de cacones,-- sac de quiniquier bo:iduc, 1 sac
de Yeux de bourrique, 1 sac de awari.
NoT.A.-La liane a cacone, ceil on yeux de bourrique, est celle
parmi les plants ci-dessus nominees qui attire le plus attention
des hommeI de science. Des medecins digaes de foi, des savants
relatent, sals se l'expliquer cepend ir, des gudri;ons d'hi6moro'
des operdes par une certain quantity de ces gro;ses fives enrou-
Ides autour des reins du malade.
1 Sac de feuillesMonbin batard,- '1 sac de Bois de
soie I sac de Petit-Bauine, sac de Semen contra
NOTA. Le semen-contra qui est repute come grand vermi-
fuge est aussi recomnmand par nouscomme un insecticide puis-
sant auquel les punaises ne peuvent resister. On peut se servir
pour cela de l'alcoolat, de l'essence, des feuilles don't on frotte
lesendroiss infestss ; on les broie aussi dans l'eau pour arrose.
fr6quemment l'apparcement.








90 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBfENNE DE CHICAGO

-1 petit sac fleurs de Sureau, I sac de Lobelia, -
4 sac de pois-puant.
NOTA. Le Pois-puant, Cassia occidentalis, rend de grands
services a la midecine ; ses racines sont toniques, apperitives et
febrifuges. On se sert de ses graines come succidand du cafe,
don't il est loin pourtant d'avoir la saveur et l'arome, mais c'est
unadjuvant qui vaut mieux que la chicore, le pois chiche ct les
autres plants que l'on y ajoute pour en augmenter le volume.
1 Petit sac cellulose amorphe du coco, -4 pctit sac
do fibres du coco.
NOTA. Les fibres du fruit du cocotier servent A fair de
cordes solides qui rCsistent A l'eau douce et A l'eau-de mer ; ils
sont aussi d'usage dans la filature ; on en fabrique surtout des
tapis de pieds qui durent longtemps. La cellclose amorphe a 6t6
decouverte par l'amiral Pallu de la Barriere et appliquee aux na-
vires de guerre pour attenuer la force des projectiles. On a de-
mand6 dans le temps que ce blindage futen usage aussi A la marine
marchande, aux Transatlantiques surtout, pour preverqir on atte-
nuer l'effet d6esstreux des abordages. Cette substance don't on dd-
barasse les fibres du coco est doude d'une 6lasticite incompara-
ble. Cette nouvelle application de la collulose serait d'autant plus
profitable qu'aucune d6couverte, aucune invention d'engin de
guerre ne viendrait la paralyser.
--1 Sac de citronnelle 1 Sac de figures A' goudron
plante curieuse et utile.
NOTA Le galipot, fourni par le fruit de notre figuier A gou-
dron a plus de consistance que la resine du Ficus paludosa avec
lequel il a exterieurement une resemblance parfaite. Ce fruit
pulpeux, charge de petites semences crouteuses, s'ouvre quand ii
arrive A maturity en quatre parties, reste quelque temps suspend
au pddoncule et puis tombe en quantity sur le sol. Alors on le ra-
masse et 1'on retire le galipotA l'aide du feu. Aussit6t qu'il esten-
flamm6, le liquid sortdes flammeches, se refroidit et durcit ins-
tantandment. Outre le calfeutrage, le goudronnage des cordes, et
toutesle'sautres operations oh l'on emploie le goudron de houille
ou de bois il peut servir A enduire tout ce que l'ont veut rendre
impermeable A l'air et A l'eau : des caisses des.6toffes etc. Il tient
lieu de la meilleure colle forte'que l'on puisse trouver. C'est un
arbre de 3egrandeur don't l'etat natural se resume ainsi: Habitat :








LISTE DES ARTICLES EXPOSES


les ravins, les rebords des mornes et des eaux, des arbrespourris.
Floraison-avril. Les calfalsajoutent au goudron produit par les fi-
gues du sable fin, quand ils ont des trous ou des voies d'eau A
boucher ; ceux qui veulent preparer des caisses impermeables
pourraient en fair autant.
NOTA. I serait trop long de s'appesantir sur les propridt6s
m6decinales de nos planes. Depuis nos arbres de premiere gran-
deur, le mapou, I'acajou le cadre jusqu'aux mous ses, au lichen
au chien-dent, tous contiennent des substances m6dicanentcu-
ses, la plupart ddj.i analyses. classes et en usage dans la prati-
que midicale. Parmni lei arom.tes, no; these ( saug2 du Port-de-
Paix ) l'anis 6toile, le gingembre, le grand et le petit baume mn-
ritent une mention particuliere; ces plants viennent partout
except les deux Baunes qui aiment les terrains humides ; elles
peuvent bien remunerer ceux qui les exportent aussi bien que
ceux qui les exploitent ; elles viennent d'elles-memes presque
partout, au deli des besoins de la consommation interieure et se
d6ssichent en pure perte.
METAUX ET MINERAUX.

E.xpos.tl : DLiPARTEMENT DE L'AGRICULTURE. 2 Blocs
de Minerais ( gypse,) 1 do hematite rouge, 4 dohouille
( maigre), Oxyde defer, -- doArgile shisteux, do
argile smnectique (terre A foulon, )-- do houille tres grasse,
-2 do Minerais cuprif.re, 4 do PNtrification, 4 do
Lave, do Quartz cupriftre, -- I do Macashite, Sili-
cate de chaux. 2 Paquets de Ciment natural, 4 do
Ocrejaune grisatre, -8 do Terre de Sienne, 1 do Ocre
rouge vif,.-- 2 do Ocre rouge carmin.
6 Blocs dePierre AplAtre,-4 doBoite Ocre rouge, -2
BlocsS'; gemmi de Thomaneau, -5do Minerals de fer- 3
Gypse, 1 Baril de gypse, I petit sac de fer en boules
E.xcpoSLt : D'. A. DESEIRT Salinw prive'e 2 barils sel
ni.rin.i
4 ECAILLE DE CARET (TORTUE DE MER. )
I caisse, 14 defenses de lamentin.
1 Petite dame-jeanne d'eau thermale dite St.-Louis de
Cerca La Source,--1 do St.-Joseph (chaude, I do froide)
NOT : La mine de Charbon du Camp-Perrin est aussi
considerable en profondeurqu'enktendue; on value A un chiffre








92 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

6 ev6 les richesses de cette nature que nous avons en reserve.
Leur exploitation A proximity de la belle et vaste baie de Saint-
Louis promet au D6partement du Sud, dans un prochain avenir,
des 6elments nouveaux et puissants de travail, detraficer de pro-
sperite. Les d6potsde carbon qui y seront tablisseront dans une
situation exceptionnellement avantageuse ; ils auront des sources
d'alimentation A quelques heures de distance.
Le Chromate de fer est abondant A I'lle A Avache pendant les
temps pluvieux. La mine de fer du Morne a Bekely A et& quel-
que peu exploit6e A 1'epoque colonial. Un sp6cialiste A trouv6
une analogie entire ces specimens et le fer de Suede.
Les terrains d'ocres, terres de sienne et de ciment de Nippes,
Torbeck, Dondon, etc, sont tous d'une etendue qui peut r6pon-
dre A une important exploitation.
Les gisements de quartz et de gypse de Grand-Goive sont di-
gnes d'attention..On affirme qu'il se trouve dans le lieu une im-
portante mine de cuivre.
Notre section de coquillages rares pourrait-etre des plus riches
si nous avions, plus de temps. Nous avons complete n6ammoins
le plus possible la collection des coquilles de lambis : ( genre
strombe, aile-d'aigle, pterocere, et'c, etc,. de maniere Aen mon-
trer desplus petites come des plus grandes dimensions ; ils ne
sont pas seulement blancs A l'exterieur et roses a l'int6rieur com-
me ou les d6crit, mais pards des couleurs les plus varies ; ils
ornent nos parterres d'une facon tres original ; 6burn6s et na-
cr6s par la nature, leur poll, leur finesse, Icur forme, leur des-
sin colori6 de main de maitre les font trouver place A c6td des
plus jolis bibelots des salons et des boudoirs ; come l'un des
plus curieux et peut-etre le plus gros des molusques conchilife-
res, ils sont le complement necessaire de tout bon cabinet
d'amateur.
Les p&cheurs s'en servent pour toute espece d'avertissements
et de signaux, les sons qu'ils savent en tirer sont plus puissants,
plus percants que ceux des sifflets des machines a vapeur; on
les entend A plusieurs lieues A ia ronde.-
La peche dela tortue est de plus en plus restreinte sur nos ri-
vages par faute de pdcheurs. D un autre c6te la contrebande er
la pche illicite, dificiles A combattre pour ce produit, nous enen-
levent de routes parts ; la quantity passee en douane, I'an dernier
est insignifiante.
On ne peche guerre plus le lamentin. Si l'on tirait part de









LISTE DES ARTICLES EXPOSES


sa peau, de ses os, qui sor,t tres peasants, etc, etc, les pcheursdes
c6tes de Saltrou dans le Sud, ceux de l'Acul et d'autres pointsdu
Nord pourraient s'y adonner et augmenter leurs revenues. Les
defenses peuvent fire du noir d'ivoire oh tout autre noir et
autres articles de valeur.
Les eaux thermales de Cerca La Source ont &t6 assmilees a
celles d'Engien-les-Bains.
Notre exposition mineralogique n'est pas bien important et
nous n'exposons pas pour ainsi dire dans cette section ; nos mi-
nes, verges de toute exploitation, nepeuventpas nous fournirdes
6chantillons propres a concourrir avantageusement avec les pro-
duits similaires es autres pays. Ces 6chantillons sont pris a fleur
de terre et nous en envoyons quelques uns pour notre pavilion
particulier.
C.AFE, COTON, CACAO, ET AUTRES
CAFI
E.cposant: M.J. MASSONI-- Petite Montagne, Mirebalais
1 sac caf6.
Exposant: S. PHILIPPE Savannette idem 1 sac caTf
Exposant : PIhI.aE INE- Petite Montagne id. I sac caf6.
Ex.posant: DEPARTMENT DE L'AGRICULTURE Bel-air
Saltrou 2 sacs card--Pichon -Sal trout 2 sacs caf6 Grand-
Gosier Saint-J an -- 2 sacs cafe Collines des Chdnes,
Saint-Raphael 1 sac carf Savannetle, Mirebalais- 4 sac
caMf Petite Monlagne, Mirebalais I sac caf! Petite
Montafne -Ca.jes sac ca'6- Torbeck- Cages I sac cafc
Torbeck-- Cavaillon I sac cal'--Plaiue Cdleste-Grand-
Bois I sac cat'' Montalais Graud-Bois I sacs caf6 -
Bases- Mirebalais I sac caf6-Coupe Mardigras Mireba-
lais I sac call'-Genipaill-- Grand-Bois I sac catf.
Exposanlt: No --J. 13. VITAL Jacmel 1 sad caft -
No 2 Jacmiel- 1 sac caf6-No 3 -Jacnel- i sac caf--
No 4 Jacmel-- sac caf-- No 5 Jacmel-- sac caf--
No 6-Saltrou-- 1 s;ic cIfl- No 7 Jacmel-i sac saft -
2 sacs catl' e la pi)rseIite r6colle.
Expos(it: MM1. S I.~IONDS FRERa S Petil-Godve 2
fits cafe provenaint des usines centrales
Exposanl: AlIIONI)ISSE.MEINT DE IASCAHOBAS 4 petit
sac d'anidon )no '-1 petit quarl de cacao 2 sacs de
coton blanc.








94 HAITI A L'EXPOSITION COLONBIENNE DE CHICAGO

Exposant: COMMANDANT DELA COMMUNE ST-LS-DU-SUD-
2 sacsde coton du mapou (colon flos.)
Exposant: DEPARTMENT DE L'AGRICULTURE- Corail -
I sac cafe.
Exposant: J. B. VITAL, Jacmel-1 sac cafe.
Dxposant : DEPARTMENT DE L"AGRICULTURE, ort-au-
'Prince I sac cafe Grand-Bois No 28 1 sac caf.-
Grand-Bois No 29-4 sac cafe-Mirebalais No30-1 sac cafr.
Exposant: A. MONFLEURY, Port-au-Prince- I boite cafe
nettoye-1 bolte caf6 en parchemin.
Exposant: BARBANCOURT & Co 2 bocaux cafe moka.
Expasant: 0. FRANCIS ET T. AUGUSTE, Petion-Ville -
1 bail cafe fin vert-412 haril caf6 fin vert.
Exposant : DEPARTMENT DE L'AGRICULTURE, ValliBre -
I sac caf6 fin vert-Grande-Riviere 1 sac caf6 fin jaune -
Marmelade-1 sac cafe- Milot-- sac caf-- A cul-du-Nord
'1 sac cafe plat-Limonade sac caf--Sainle-Suzanne-
4 sac d'amidon Port-Margot-- sac cacao --Plaine du
Nord -1 sac cacao--Petite-Ause- 4 sac cacao.
Exposant: SIMMONDS FREIIES, (Ateliers) Petit-Godve -
7 oacs cafe
Exposant: DEPARTMENT DE L'AGRICULTURE -'I ballot
coton de Gonalves -1 boite amidon de manioc du Port-
Salut.
.Expo.ant : BOLIVAR PIERRE LOUIS. Bainet 4 petit
sac de tabac en feuilles,-2 andouilles de tabac pressed.
Exposant : SAINT-JOIES, DES COTEAUX.-2 quarta.its de
miel ---1 meule de circ jaune --- 4 do de cire blanche.
NOTA-Les caf6s de Saltrou, de Mirebalais, de Saint-Marc,
des Gonaives, des Grand -Bois de la prdsente recolte captiveront
attention des amateurs par la beauty du grain. Les dores de
Saltrou et de Mirebalais peuvent figure A c6td des fins jaunes
les plus renommes des autres provenances, ils rduni.sent a
l'eclat de la couleur un go6t et un arome des plus agrdables.
Sous ces deux derniers rapports, ils ont pour concurrents ceux
du Mole-Saint-Nicolas, de L6ogAnc et de quelquce autres loca-
litds.
On connait d6j\ assez generalement les propri -ts the-
rapeutique, physiologique ct hygienique du caEt cru on torrefid.
Nous y avons d6couvert une nouvelle que nous avons ddL6t
signalee ailleurs: c'est un insecticide puissant; r6duit en








LISTE DES ARTICLES EXPOSES


poudre et mouill6, il preserve le plant, le fruit ou l'objet
quelconque don't on l'induit, des ravages des fourmis. Depuis
1 extension du Caf6 dans notre Ile, cet insecte s'est beaucoup
moins multipli6 en effet dans nos campagnes; ii n'est plus
un fleau pour les plants et le b6tail, u:e.cause d'effroi et
de ruine pour l'Agriculture. Autrefois ses invasions 6taient
aussi redoutees que celles des sauterelles en Algerie, dans
l'Orient de l'Afrique et d'autres contrees agricoles.
Les Espagnols de l'Epoque Colombienne fur-nt amen6s a
implorer pour les conjurer la puissance divine par des messes
et des processions, en mome tefnps que cell de la Science.
Ce ne serait pas done l'un des maindres bienfaits du Caf6,
si nous lui devions d'en &tre pr6serv6s de nos jours.-
Le Cafier vient dans routes no; terres v6g6tales ivec plus
ou moins de soins. M is il prospcre plus vite et coite moins
de peiaes dans les terrains vierges, dans les terres ou profondes
ou a sous sol permeable.
L'evaluation du terrain qu'occupent nos denrees est polir
plusieurs raisons l'une des operations cadastrales les plus diffi-
ciles et les plus incertaines en Iaiti.
La propriety est morc-llee r .l'infini. Le terrain est accident en
tons sens et des plantations diverse se trouventdans tousses plis,
dans des ravins a peine perceptibles a certaines distances.
La promiscuity de diff&rentes denries sur un meme terrain
par petites portions, encourage par la facility avcc laquclle
elles viennent touts ensemble et 6galement bien.
Ceux qui connaissent le pays comprendront bien et bien vile
tout cela.
Cependant nous avons sous ls yeux un calcul d'oii il r&sul-
terait que la surface occupde par nos cafeircs seraient de 5.000
carreaux ou 8 mille acres environ.-
CACAO-La facility avec laquclle vient le Cacaover dans la
lupart de nos tertains est incroyable. Ainsi 1'on doit encourage
la plantation des sortes les plus precieuses, en meme temps
qu'on fasse bien soigner celles qui s'y trouvent en ce moment.
La bonne rCmunnCration stimulant et attirant les travailleurs,-
les lieux de production .du Cacao sont de beaucoup moins
peupl6s que ceux du Caf6,-- les planters avec un plus grand
contours de bras, pourraient produire dix, vingt fois plus que
la quantity que nous livrons au Commdrce.
II est A remarquer pourtant que le Cacaover pour prosp6rer








96 HAITI A L'EXPOSITION COLOMBIENNE DE CHICAGO

exige des conditions de terroir et d'exposition ditficiles A r6unir.
II faut que le jeuae plant soit abrit6 centre les vents .et le
solel enfin que le terrain ne soit sec ni trop humide, qu'il
soit profound, que l'eau soit pros du sol pour que ses'racines en
soient toujours rafraichies. Le Cacaoyer fournit des filaments
slides. Its proviennent de 1'6corce des gourmands que l'on
retire de l'arbre et nos campagnards en font des cordes. d'un
usage assez durable.
AMIDON L'Amidon tire du manioc amer sert aux blan-
chisseuses sans addition d'aucun autre empois et-il peut en
servir quand on emploie des substances moins consistantes.
Cet article peut ktre l'objet d'un commerce facile et lucratif.
ARROW-ROOT L'Amidon extrait de .l'arrow-root sert de
nourriture aux nourrissons et aux malades. -
COTON La consommation intrneure absorbe notre cotton
commun et l'exportation en est rdduite A un million de livres en-
viron.
Nous n'avons pas grand'chose A ajouter aux notes ddja 6:en-
dues que nous avons donnees sur nos Cotons flos et autres
textiles. Seulement nous signalons leur grande abondance, la
facility avec laquelle ils viennent partout, toutes choses faites
pour tenter et pour rdmundrer largement les agriculteurs, les
manufactures de corderie, de filature, de papeterie, etc, etc,
ouvrant aux uns un champ f6cond d'exploitations et oflrant
aux autres des matieres premieres pr6cieuses dans les meilleures
conditions du monde. Notre coton commun vient dans nos ter-
rains les plusarides. Les autres cotonsau contraire ne prosperent que
dans les terrains frais; les arbrcs qui les produisent n'entrent
en rapport qu'apres un grand laps de temps, mais ijs durent
sinon 6ternellement du moins la vie de vingt generations, ce
sont des arbres de premiere grandeur.


Indiustric Nationale'

Expqsant: TItIZAN AUGUSTE, Anse-d-Veau.- 12 pots en
terre poir jardins 7 crichos en Lerre.
Expo.Ranl: JEAN PIERRE JEAN, des Cayes 6 paniers
en liane a panier, 'Bignowiia saarmentosa
Exposant: A. BROWN, Port-au-Prince, I Encadrement
dore.








LISTE.ES _AzTICLES EXPOSES 97

,PATES ALIMENTAIRES
Exposant: 1M..NEUDA, Port-au-Prince 1 table A vitres
coatenant: Veriinicelles, Macaronis de tous genres.
Beasux-Arts

Exposant: E.. LAFORESTRIE, Paris-1 Statue en marbre
Exposdnt: WAThO,,: POrt-au-Prince- Des tableaux re-
presentant: Panoramas de Port-au-Prince Palais Na-
tional Chambre des Dsputs-- Cinq Ministbres -
Banque Nationale-Marche central- Douane et depen-
dances-Eglises St-Joseph -.Ste-Anne Eglise Anglicane
(Bird) EgliseSt-Louisde Gonzaguet-P'. Sdminaire coll ee,
tWharf B. Rivibre -.Flotille haitienne Cinq villas:
(Salomon, .Haentjens, B..Prophkte, Lafontant et -Cameau)
Panorama de Milot et duP.alais de.Christophe- Vue gnd-
rale de la Citadelle- Batterie de la Citadelle Batterie
du. Moile-St-Nicolas-Panoramas des villes du Cap, des
Gonaives, de Ja~gm.el, des. Cayes et de Jtdrmie.
Vue ga6nraje de l'usineli Cafe de Petit-Goave-Vues du
Pont de M,)mance, de la Cathddrale et de I'lHspice
du Cap.
1 grand portraitdu Clhef de I'Etat.

PRODUCTSS ,PHARMACEUTIQUES.

Exposant: MELLR .SOPHIE PERCIN-Inventeur,- 1 cais-
se 12 pobans d'onguehit aiti-fistileux, avec tous les
papers necessaires.
1 caisse d'Ecorce de Quinquina.

ESSENCES FORESTIEES

MUSEE DU PETIT StMINAIRE ET DES GONAIVES

Exposal: R. P. PICARDA, Port-au-Prince collection
de 28 blocs de bois.
DE M. PICKRING, Gonaives 1 collection de bois aux
numdros 1-- 1 bis --3--7-14--12--19--23--24-27--30--18.








98 HAITI A L'EXPOSITION COLOM BIENNE DE CHICAGO.

BOIS DE TEINTURE

Nous avons dUjA note. pour les bois de leinture le
Campeche de diverse provenances; nous y ajoutons:
2 billes presque seculdires de la Granide-Riviere-
du-Nord.
NoTA- Nous avons choisi quelques billes de Camp&che -vo-
lumineuses et bien charges de teinture comme cliantillons des
qualit6s que nous pourrons exporter-- enr abondance quand nos
moyens-de transport nous permettront d'exploiter -nos riches
forts de l'intdrieur. Nos coupes jnsqu'ici soiht bornees A cells
qui se trouvent a court distrarce des yilles, des: rivages de la
mer ou des rivibres riavigables et-qui ne .contiennent plus ou
presque plus des arbres en complete maturity.' Cependanr ceux
quiveulent avoir.des cargaisons pareilles aux dchantillons exposes
peuvent des maintenant'en trouver s'ils en font specialement la
demand.
L'exportation de cette denr6e qui .est annuellement de cent
soixante dix millions de livres environ's'61evera au quintuple et
la quality en sera dix fois meilleure quand nos chemins de fer
projects seront 6tablis.

BOIS D'IEBINISTERIE, DE TABLETERIE, DE MARQUETERIE ETC.

Il a ete port dans le premier apercu Acajou, le Ccdre le
Chene, le Dame-Marie, les Ebenes verte et noire, le Mancenilier,
le Bois de Rose, le Frene, les bois d'oranger, de Citronnier,
de Chad4quier ou Schadechier (Citrus chadeca, ..dccunmei ou
Barbadense) etc, etc.
Nous ddsignons specialement i
i bille d'acajou de forte dimension, expose par lI Mus6e du
Petit Seminaire.
Plusieurs billes de mangliers rouge, gris et noir, etc. etc.
Nous avons des mangliers cn abondance. La variedt noire qui
approche du.Conocarpus erecta, (manglier gris, mangle bouton )
est un des plus beaux bois que peuvent ddsirer les edbnistes.
Nous leur recommandons les divers echantillons exposes.
II en est de m6me du Bois mulAire, Pantbaclethra filamnentosa,
du Bois de rose, cordia gerascanthus etc.




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