Les griots

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Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
October 1939
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00015


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Full Text

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734LES GRIOTSEst-ce immitati'm on survivance de l'poque coloniale?Cetirrespect de l'autorit et cette impatience de la rgle plongrent(les racines si profondes dans nos moeurs politiques, si fortes etvivaces, furent leur emprise qu'ils animrent, trs souvent, lafureur rvolutionnaire.Etranges moeurs, mrxurs dplorables d'une jeune Nation vivantdans le dsordre et dans une sereine quitude jusqu'au jour oelle rencontra un nouveau matre qui lui enleva ce hochet, lalibert, dont il avait mesus. Mais quelle fut, d'autre part, laconduite des Gouvernants? Sur les sommets o les plaait laconfiance populaire, ils s'imaginaient que le Peuple devait trer rdaait, comme l'tait l'esclave,l'atelier.Tournant, leurprofit, la Force publique confie pour la garantie intrieure etextrieure, ils en usrent pour supprimer les droits du peuple etconfisquer les liberts constitutionnelles. En lieu et place de laRgle et de la Loi, rgna le caprice, un capriceplus injurieuxque celui pratiqu par l'ancien matre, car celui-ci avait acquisde ses deniers, l.s droits qu'il prtendait exercer. O tait leDroit? O la justice? Et malgr l'Indpendanceconquise auprix de sa vaillance, (le son courage et de sa bravoure,en quoila condition du peuple avait-elle chang? Son infortune est-ellemoins grande qu' l'poque o il tait vendu par les petits roisngres de sa contre d'origine, ou poursuivi, sous la colonie,parla 'Marchausse? Misre d'un peuple accul par l'injustice, l'indiscipline, misre, plus grande encore, d'une Nation qui n'apas su dfendre son territoire envahi !Au peuple qui n'avaitjamais pu comprendre les bienfaits (le la libert l'poque del'Indpendance intgrale, ce peuple asservi, il faudrait,mainte-nant, si nous enr royons certaines formules, appliquer un ordrenouveau, limitant les liberts au profit d'un ordre social orga-niser, alors que, pai une absence totale d'ducation politique,laclaire notion des droits publics lui chappe compltement. Bl-nions, s'il convient l'Indiscipline du peuple et le dmon rvolu-tionnaire qui le portait sacrifier ses plus zls dfenseurs,maisles bergers de ce troupeau furent-ils toujours degrands saints qui ilfaudrait lever un pidestal de gloirepour leur obser-vance (le la Lui, et leur souci du bien public? Animspar unesprit particulier,
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LES GRIOTSX35se croyaient, la p::upart, au-de,sus de, loi', du::t ils exigeaientdescitoyens, la rigoureuse application.],'ordre nouveau, qu'il faudrait instaurar dans l'tat, devait.en consquence, s'inspirer de directives nouvelles, si l'onvoulaitbien que la Nation rnnsi rve lala; ix in'lia>euauhk au progrs;un mme esprit de justice et de lgalit devrait fcondertous lese't11'a ('t les e oi, delt('('s in dit;(:ue!,'+ n+ !tus n'ava'os point 1(rurm'le dos. l'Idal cenimun qui anima les Pres,pour la conqutede 1'Indpendanc:.d,'Istat nouveau! Ce n'estpas l'abandon de l'Idal (le1781),(lui lit de Nous, drs Hommes libres, c'estplutt son extensionsur des bases plus larges qui ferait (le Nous,un Peuple fort etprospre. 1't c'est en cesens que nous serons un peuple culturelatine, plac comme un phare lumineux dansla mer des Antilles.Qu`on le veuill:, ou non, qu'on s'en affligeou qu'on la tuatt-disse, la Dclaration des Droits constitue la basede toutes nosChartes constitutionnelles, Dans les circonstances particuliresqui ont prsid nos destins glorieux, elle tait l'expressiondesvritables besoins dt notre Socit. Que pouvaientconcevoir deplus grahd, et (le plus rationnel, des Hommes, dont les Anctresavaient surgi la Libert, aprs des :uttes piqueset glorieuses?Prsent par Lafayette l'Assemble Constituante.en France,le projet qui fut adopt contenait les principes suivants: La Nature a fait lc> hommes libres et gaux, les distinc-tions ncessaires l'ordre social, ne sont fondesque surl'utilit gnrale. Tout homme nat avec des droitsna- linables et imprescriptibles, tels sont la Libert de toutes les opinions, le soin de son bonheur et de sa vie, le droitde proprit, la disposition entire de sa personne, deson industrie, de toutes ses facults, la communication (le sespenses par tous les moyens possibles, la recherche du bien-tre et 1-i rsistance l'oppression.Ces droits qui constituent, proprement parier, (les droitsindividuels, taient complts par diverses maximes (lu DroitPublic, la jouissance (les droits naturels n'a de bornesque cellesqui eu assurent la jouissance aux autres membres de la Socit.Nul homme ne peut-tre soumis qu' des lois consentiespar luiou par ses reprsentants.Le principe de toute Souverainet

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ib736(iI<1U"l'JLESrside da. .a atiun. Les ttllsdes doivcut tru librementCon-sentis, Si ces d.laration: reco unissent des droits un Hommeabstrait, nos Constitutions 11816-1843) en dictantque des ta-blissements de siccnr pttb'ic seront crs et organiss dans lesprincipales villes oe la Rpublique.(Art. 3R) .kdmettaieat djune obligation positive de l'.Ftat l'gard des citoyens.Ajoutons immdiatement que les dclarations de 1789et (le1793 renfermaient, ct dus droits ag.tts, des obligationsposi-tives de l'Etat dans le domaine de l'cole et de l'Assistanceso-ciale. La Constitution de 1848, (le la France,est alle encoreplus loin, et a tabli le principe de la protection du Travail(Nou-velle tendance (lu Droit Constitutionnel,par lirkime Guetze-witch).On le voit, les droits sociaux n'taientpas trangers la cons-cience juridique de nos hommes d'tat,pas plus qu' ceux de laRvolution franaise. dais lorsque les individus,les citoyensrevendiquaient contre l'I?tat, des obligations positives,les Gou-vernants trouvaient nu moyen facile d'en ajourner indfinimentl'application, par suite de l'tat d'ignorance otait maintenu leplus grand nombre,Vivant sur la base de la Dmocratie classique, l'EtatHatienlimita son rle des soucis lmentaires de policeet la conduitede la politique exti'rieure, avec la collaborationde Chambresqu'il formait suivant son caprice, jusqu'au jouro l'arrive dunouveau niaitre rit sentir qu'il traitait inhumainement lesMem-bres (le la Collectivit.Et de ce jour, s'introduisirent dans la sphrepolitique desproblmes nouveaux relatifs l'hyginepublique et prive, l'Assistance sociale et l'Education.S'ils constituent une limitation des libertsindividuelles, l'Oc-cupation Amricaine qui s'intalla dansle pays durant la grandeguerre, en suggrant des lois, pour l'application(les mesures sus-dsignes n'avait, cependant, jamaispens faire insrer lesprincipes nouveaux dans la Constitutionde 1918.Etat nouveau, voil, certes,un mot bien sonore!S'il n'estautre chose qu'un,> extension de la Dclarationdes Droits, nefaudrait-il pas craindreque ne surgissent, dans l'applicationdeses principes, (les conflits irrmdiables,entre la Libert illimiteet la limitation sociale de la Libert?

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LES GRIOTS737Mais qu'on ne-,'v mprenne point, la conception traditionnellede la Rpublique a toujours tz* essentiellement politique. Ence:a, elle diffrede laDmocratie so-iale.Cette dernire peutsedfinir: Toutpour lePeuple.La Dmocratie politique, aucontraire,se dfinit : Tout par lePeuple.Dans le systme deta Dmocratiesociale,]e Peuple reoit les bienfaits par en haut;le principe de la Dmocratie politique veut que le Peuple s'accorde lui-mme ses propres bienfaits. En dernierlieu,la Drnocratiepolitique vise esseutie]lrtneut 'a liLertpolitique.elle est essen-tielltment spiritualisteetii dividuali-,te(Voir Barthlemy etPaul Duez, trait (le DroitConstitutionnel13)33).S'il tait ncessaire qu'une nouvelleCharte fttablie dans lesens (le l'ordrenouveau,un grand cueil seraitviter.Si laDclaration desDroitsest bien la gnratrice des droits sociaux,le criteriunt rationnel de la limitation desDroitsdevrait tre leurconformit avec l'esprit de laDclaration. Dans lecas contraire,on ::uracr,non pasun tat deDroit, mais un tat dictatorial.I: idal de l'tat deDroit,c'est la tendances'appuyer surles donnes de l'Intellect Humain. Il exclut tout ce qui est tho-logique, mais aussi, tout ce qui est irrationnel et non conscient.L'homme, tel est ]e but de la Dmocratie; sa voie historique,serait la rationalisation de l'Etat et du Pouvoir.Il est certainque les textes constitutionnels ne peuvent pas englober la totalitde la Vie. Et quand il n'y a pas similitude absolue entre le Pou-voir et le Droit, les Droits de la Personnalit humaine sont insuf-fisammment garantis. Au contraire, si l'identit est parfaite entrele Pouvoir et le Droit, le sens de l'tat de Droit rside prcis-ment clans la garantie des Droits de ]'Individu (Mirkinie Guet-zewitch, 'Nouvelle tendance du Droit Constitutionnel).Ces emprunts que nous faisons l'ouvrage cit, montrent, sansdoute, que dans les Etats nouveaux, ns aprs la Guerre, n'a past cr un Droitnouveau.Mais il a fallu,cependant,considrerla question sociale pose par la crise conomique de la Guerreet par l'exprience menaante de la Rvolution russe. Il y a eu,en consquence, une transformation de la Doctrine des LibertsIndividuelles. Elle se rsume dans lo. l'apparition de la Dfensesociale dans les dclarations nouvelles, 2o, la limitation au nomde l'intrt social, de certains droits entirement proclams ettablis, (Loco citato).

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738LES GRJO i SLes tendances socia:as dans ];s d;clruat'+m des Droits s'affir-ment surtout dans les arti"es qui tablissent les nouvelles obli-gation_, des Etats, la protection de :a Famille, l'instruction pu-blique, l'organisation de la vie conomique, la conception de laproprit comme fonction sociale, etc.Nous reproduisons les textes des Nouvelles Dclarations etrappelons les articles correspondants de quelques DclarationsNouvelles :ALLEMAGNE.Constitution du 11 Aot 1910), la I)claration allemande entreautres:Art. 119.-Le mariage est, en tant que principe de la Fa-mille, de la conservation et de l'accroissement de la Nation,l tac sous la protection particulire de la Constitution.Il repose sur l'galit des droits des deux sexes. L'Etatet les Communes doivent veiller la puret, la sant, et l'amlioration sociale de la famille. Les familles nom-breuses ont droit une aide qui compense leurs charge.La maternit a droit la protection et l'assistance del'Etat.Art. 120.-L'ducation de leurs enfants, en vue de leurdveloppement physique, intellectuelle et sociale est le pre-mier devoir et le droit naturel des parents, la collectivitsurveille la manire dont ils s'en acquittent.Art. 121.-La lgislation doit assurer aux enfants natu-rels, pour leur dveloppement physique, intellectuel et so-cial, les mcmes conditions qu'aux enfants lgitimes.Art. 146.-L'enseignement public doit tre organis, sui-vant un plan d'ensemble. L'enseignement secondaire et l'en-seignement suprieur reposent sur une cole primaire com-mune tous.Ils doivent tre organiss, en tenant comptede la diversit des vocations, les enfants sont admis dans lesdiffrentes coles, d'aprs leurs dispositions et leurs apti-tudes, et non la situation conomique et sociale ou la con-fession religieuse de leurs parents...Afin de permettre l'accs des enfants peu fortuns auxEtablissement:: secondaires ou suprieurs, le Reich, le Pays

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fi / U r SES GLet les Communesdoivent prvoir desfonds, notammentdesSecours aux parents(les enfants reconnus abuslsuial'enseignement secondaireet suprieur, et ce,jq(le leurs tudes.Art.143.-L'enseignementcivique etle.travail manuelsont matiresd'enseignement danslescoles.Les lvesreoivent, lorsqu'ils ontsatisfaitl'obligation scolaire, unexemplaire du textede la !Constitution.Art. 151.-Lavieconomique doittre organise con-formment aux principesde lajustice,et en vue degarantir tous, une existencedigne de l'homme.Dansces limites,la libert del'individu doit trerespecte.pourIl n'y a lieu derecourir la conqutelgale, que 1raliser des droitsmenacs, ou poursatisfaire des exi-gences imprieusesdu Bien Public.Art.152.-I.:usure estinterdit. Les actesjuridiques inu-roraux sontnuls.Art. 153.---Laproprit est garantie parlaConstitution.Son contenu et seslimites sont fixs parla Loi. Lapro-prit entra"ne sesobligations.L'usage doit en tre,gale-ment, dansl'intrt gnral.Art. 155.-Larpartition et l'utilisationdu sol sont con-trlspar VEtat,demanire empcherles abus et en vued'assurer toutallemand une habitationsaine, et toutesles famillesnombreuses, unbien ale famillecomportant unehabitation et unecxpluitationcmre pondantleurs be-soins,Art.157.---Le travail estplac sous laprotection Parti-culire du Rcich.Le Reichtablit un droitouvrier uni-forme.Art. 159,La Libertde coalition(grve)pour la dfenseet l'amlioratic"udes conditionsde travail et de lavie co-nomique estgarantie chacunet toutes lesprofessions.'l'otites convention>et dispositionstendant entraver cettelibert sont illicites.l. -La lgislationet l'administrationdoivent or-:art. 1(ganiserla etse moyenneindpendante dansl'agriculture.l'industrie et l commerceet la protgerpour qu'ellene soit.ni crase (lecharges,ni absorbe.

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740I. E s GRIOTSArt. 165.--Les ouvriers et employs sont appels colla-borer avec les employeurs et sur un pied d'galit lafixation desalaires et des conditions de travail, ainsi qu'l'ensemble du dveloppement des forces conomiques pro-ductives.Des dispositions analogues se trouvent dans les cons-titutions de Dantzig (12 Mai 1922) et d'Esthonie (15 Juin1920).reproduisons uniquement l'article 25 de la Consti-tution du second Etat.Art. 25.-L'organisation de la vie conomique en Esthoniedoit rpondre aux principes de justice qui visent procureraux citoyens, les moyens (le mener une vie digne d'unhomme, par (les lois appropries, destines leur procurerdes terres cutivables, un domicile, ic travail, leur garan-tir l'assistance ncessaire pendant la jeunesse, la vieillesseou en ra d'incapacit ou d'accident de travail.POLOGNEConstitution (lu 17 ;Mars 1921,modifie par la Loidu 2 Aot 1926.Art. 1P, 21me alhni ,tant donne l'importance de laterre pour la vie (le la Nation et ;elle de l'1rtat, la Loi pourraen soumettre le Con;merce certaines restrictions.Leslois dtermineront la masure dans laquel'c, l'tat a le droit(le praucder au rachat forc de la terre et d'en rgler letransfert en s'inspirant (lu principe que la structure agraire(le 'a Rpublique (le Pologne doit tre fonde sur les unitsagricoles capal,les (le fournir une production normale etconstituant la proprit individuelle (les citoyens.Art. 119.--L'tat assurera aux 'ves particulirementdous et peu fortuns (les bourses dans les Etablissementssecondaires ?t suprieurs.ROUMANIE (Const. (lu 28 Mars 1923)Art. 17.---L'autorit publique peut utiliser, en vertu d'uneloi, dans le kit des t avaux d'intrt gnral, le sous solcle toute pr cln it immobilire, ayant l'obligation de r-

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LES GRIOTS741parer les dommagescauss la surface du sol, auxbti-nments etaux travauxexistants.A dfautd'entente l'amiable, les indemnits serontfixes par la Justice.Except les cas d'expropriation pour causede salubritpublique, dfense du Pays et travauxd'intrt militaire,cultural, et ceux dicts par lesintrts gnraux directs del'tat et des administrationspubliques, les autres cas d'uti-lit devront tre tablis pardes lois votes la majoritdes deux tiers.Art. 20,2me, alin,t.-Sont biens publicsles eaux quipeuvent produire de la forcemotrice, ainsi que celles quipeuvent tre utilisesdans l'intrt commun.Art. 21,4nie. alina.-Une loi rglera,l'assurance sociale.des ouvriers pour causede maladie, d'accident,etc.De la Constitutionde la YOU-GOSLAVIE (23 Juin 1921) nousxtrayons la remarquabledisposi-tion suivanteArt,27.--1,'Etat s'occupe: 1. (lel'amlioration des con-ditions hyginiques, gnraleset socia'es,, (lui influent surla sant nationale,2(le la protection spciale desmreset des enfants en basge, 3. de la prservationde la santde tous les citoyens, -4.de la lutte contre lesmaladies con-tagieuses aigu, et chroniques,ainsi que contre l'abus d'al-cool, 5. de l'assistancemdicale gratuite et de lafourni-ture gratuite desmdicaments et autres moyens(le prser-vation de la santnationale aux citoyens pauvres.Et de la Constitutionmexicaine,les deux dispositions suivantessontreproduites.Art. 1.-Seuls lesmexicains,par la naissance ou parnaturalisation et lesSocits mexicaines ont ledroit d'ac-qurir des terres, eaux et leursaccessoires, ou d'obtenir(les concessionsd'exploitation de mines, eaux oucombus-tibles minr'lux dans1 i Rpublique mexicaine.L'Etat pourraaccorder les mmes droits auxEtrangers,pourvu qu'ilsdclarent au Secrtariatdes Affaires Etran-

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742LES CRIOT Sgres, qu'ils .e considrentcomme des Nationaux, quandaux dits biens et que, pour cette raison et ils n'invoquerontpas, la protection de leur Gouvernementpour ce qui se rap-porte ces biens,Les Associations religieuses dnommesEglises, quellesque soient leurs croyances, ne pourront,en aucun cas, avoir(le capacit pour acqurir, possder,ou administrer desbiens fonds ni des capitaux p:aessur ces biens fonds.Art. 18,-Les grves seront licites,lorsqu'elles aurontpour but d'op,tenir l'grilibre entre les divers facteursdela production, mettant en harmonie les droitsdu Travail etCeux (111 CapitalArt. 19.-Les chmages ne seront licites,que lorsquel'excs de production obligera suspendrele travail pour,maintenir les prix dansune limite rmunratrice et aprsapprobation de l'Assemble de Conciliationet d'Arbitrage.On le voit, d'uns toutes les constitutlins nouvelles, se trouve laprotection (les droits sociaux.Mais d'oil larovicut:cnt, leurtour, ces droits sociaux? Ils nesont pas une innovation de l'poque actuelle.Ils datent desprincipes formuls et proclamspar la Dclaration des Droitsde l'Ilomnre, mais dont la plupartne furent point appliqus, parsuite d'un mouvement de rgressionde la Grande Rvolution.Ces considration; ne justifientpoint les l;cononristes qui,parune mconnaissance profonde du Gouvernement libre,proposentl'adoption de to,r; lesmoyens. pour crer un Etat tout puissant.Mais cet Etat de leur rve, s'ilne devait tenir aucun compte dela protection des droits sociaux quise trouvent en germe, dansles droits de l'homme (c'est--dire les droitsindividuels) seratune duperie et une chimre, car il aboutirait une dictature plusinjuste et plus humiliante que celle organisepar le Csarismeromain aprs la suppression (le la Libert.D'une manire Irn,ale, les nouvelles constitutionsont essayd'insrer la plupart dcs problmes (le la viesociale dans le cadrede la Constitution.C'est la ratioualisatiou juridique de lavie.Au pouvoir, on trace une limite, et voil cr l'tatde droit.Ist si la plupart (les Constitutions qui ont adoptles nouvellesformules, n'ont pas Pli les appliquer, s'il existesouvent une con-tradiction entre la ralit et le Droit, dira-t-onque la Dmo-

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LES GRIOTS743cratie courtla faillite, ou que le Parlementarismesoit un r-gime dsuet. Rpondrepar l'affirmative serait ignorerque lesNations ont aussi leur crise collective.A ces minutes o les faitsdominent le Droit, la viese dveloppe en dehors des textes, maisil y a toujours possibilit du passagedes principes proclamsaux principes raliss, et les textes deviennent,par eux-mmes,un lment deprogrs. Le fait s'est maintenant revrifiau coursde notre histoire constitutionnelle.H. TERLONGEAncien Professeur l'Ecole Nationale de Droit.(La finau prochain numro)

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744arvrvi.iiiLIES GRIOTSPolitique Internationale.DEVA.LUA.TIONLa Dvaluation de la Livre Sterling de 1931ou Histoire d'une opration russie. (suite)Une des rgles constantes de lapolitique financire britannique, de-puis le dbut du XIXe. sicle, taitqu'une gnration tic devait pas re-porter sur la suivante la charge del'amortissement des dpenses qu'elleavait elle-mme engages.ift con-squence,-1'quilibre du Budget devait,dans tous les cas, tre ralis.Pierre Lucius Je suis Partout11 Aot 1939.A MessieursJoseph Potijolet Georges ClestinUtr observateur averti qui cons'.d&rerait d'une faon vraimentapprofondie la crise britannique (litd'Aot 1931 ne man-querait certainement pas d'en discerner trois ordres de facteursfondamentaux:(l)e 1920 1925)-lo. Un facteur originaire: la poitiquedflationniste d'aprs-guerre (de 1920 1925) et la crise indus-trielle et sociale qui en fut la consquence, 2o. un facteur psy-chologique: In po'itique sociale du gouvernement travailliste de1929 qui branla la confiance de la nation, 3o. enfin: un facteurdtcrnminant: la. catastrophe boursire de Wall Street du moisd'Octobre 1929 et le malaise conomique universel qu'elle d-clencha et d'autre part le moratoire gnral des dettes de l'Alle-magne proclam au mois de juillet 1931 par le Prsident Hoover(1. U. A.).10.L'Angleterre peut bon droit tre considre comme laterre de l'conomie classique ou orthodoxe. Nulle part, en effet,comme chez elle les principes conomiques ternels, immuables-nagure prconiss par Adam Smith, Ricardo, Stuart Mill, J. B.Say et leurs nombreux disciples tic sont plus en honneur. Elle ne

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Inets C RIOTS745se croit vraiment en scurit que lorsque sa monnaie est saine etson budget quilibr, car el:e a le ;;cn:imeat que tout dsqui-libre de ce dernier entrain; invitablement un dsquilibre deschanges. Et l'on peut galement affirmer que unnte l'armatureconomique de ce pays repose principalementsur la sn dit dela Livre Sterling. C'est, en effet, le loyer (leses capitaux placsdans tous les pays (in inonde et aussi le :oyer desoit totn a. t quilui permettent de contrebalancer tous lesans sa balance com-nterciale sculairement dficitaire. 1)e l la ncessit d'une strictediscipline conomique, financire et montairepour le maintiend'une monnaie fdevise) solide et puissante susceptible de luiassurer la direction de l'conomie universelle. De l aussi cettepolitique dflationniste (l'aprs-guerre et la revalorisation (le lalia.re sterling pratique au dtriment des industrielset(le laclasse laborieuse. l'Angleterre constitue donc lepays capitalistepar excellence.2o.Terre de l'conomie classique ou orthodoxe, l'Angleterres'accommode mal de toute politique sociale. Le libralisme co-nomique si nergiquement prconis par les physiocrates et l'colelibrale (dont Adam Sinith, le pre de l'conomie politique,estle chef) est vital pour elle. Tous les mouvements contraires denotre poc)u (socialisme, fascisme, nazisme, communisme, etc.)finiraient par branler tout son systme conomique si jamaisleurs principes trouvaient chez elle, comme jadiscet \.,-(le libra-lisme une application des plus strictes, De l, la rpugncedetout gouvernement dict-ato£ial, de tout systme rvolutionnaire,de toute conomie dirige. DDe l cette politique cle paixet decoopration internationale qu'elle n'a cess (le prconiser. De lenfin cette politique (le la division du travail international qu'ellen'a cess de poursuivre durant tout le cours deson histoire, prin-cipalement au cours (le ces deux derniers sicles et qui luia.assur une position prpondrante dans le mouvement cono-mique mondial. La politique travailliste allait cloue lui tre n-faste. L'intervention (le l'tat pour le soutien (le la classe labo-rieuse accable par ic ciiunage et la plus noire des misresayantentran le dsquilibre (budgtaire et, par consquent,une ^.u;;-nlentation de 10 (lette publique, la crainte de l'inflation,suscitanue forte panique la Cit qui exila sep capitaux.D'o cetexorde d'or et (le devises enregistr cette poque (1931),et la

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1a r,_. .._LES GRIOTScrise conoiilico-financire (aggravation dela crise industrielleet le chmage) qui cnirainal'effaceme+it du gouvernement essen-tiellenient travailliste de Monsieur \laell+m(t'.d au mois d'Aot1931 et la formation d'un Cal unit tl'l'ui+tnNationale (compos(le quatre tavailliates, tltuttre c++ii.rv;ltt ur t.,xh ux libraux).Enfin l'Angleterreest solidairedu reste du monde. Toutesituation conomique universelle, I't titi ou nunvalse, se rper-cute ncessarenv-wsur son conomieessetttlellentent lr,t'(e encoreune fois,sur la division dutravailentre lesnations.1:Aiigle-terre, en effet, s'est faite depuis 1;:;.vil ire 'r 1=,ultlititr du restedu blonde. Ion d'autres ternies, la tuiai++o tiiin ilqui. ce payss'est assigne depuis qu' son exen>p1.le+: alitir-+ paie, duinondese sont vertus se donner un stipirt'sluipelueut intltistriel etmaritime pour arracher ses industrie' ruttout et sa marinemarchande le quasi-monopole dont elles jouissaient dans l'uni-vers, est de placer ses capitaux tant sous formerl'eutprutits qu'elleconsent aux tats trangers ('tf5 'es inlllleli t' ',+stiessionS colo-niales (Dominions ou autres) que sous forme d'investssemeiitsindustriels, agricle3, coiiiiiierciaux, liiiniers, maritimes et bancai-res dans tous les autres pays (lu monde et de s'assurer ainsi degrosintrts et de substantiels dividendes (le loyer des capitauxou de l'argent). Tant que la prospritrgnadans le monde, lebilan de l'Angleterre (des financiers (le la Cit, bien entendu)accusa de gros bnfices, biais aussitt (lue le ciel commena s'assonybrir, les financiers de Londres prirent peur. La catas-trophe boursire de Wall Street du mois d'octobre 1929 fut lepremier grand coup port cette politique audacieuse de larevalorisation de la livre Sterling du 13 Mai 1925. Mais le coupde grce futtrscertainement le moratoire gnral des dettesproclam par l'Allemagne au mois de juillet 1931.Depuis qu'au trait de Versailles du 28 Juin 1919, le Premierd'Angleterre Monsieur David Lloyd George, en parfait accordavec le Prsident des Mats-Unis, M. Woodrow Wilson, eutcatgoriquement refus de souscrire aux conditions de la France(le rduire l'Allemagne sa plus simple expression, ce payssoutenu par l'Angleterre, rsolut de renforcer considrablementsa puissance industrielle et maritime (marine marchande) pouressayer de payer par (les exportations et des services le volumeaccru (le ses importations, prive qu'elle tait de ses sources de

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nl,atires premires (lueconstituaient pour eIel'Alsace, la Lor-raine et le bassin houillerde la Sarre et ses nombreusescolonies,et le lourd fardeaudes Rparations. Larestauration de la valeurde la Livre Sterling en1925 permit l'Angleterrede consentirde fortes a,
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1.cs c R Ors748raliser leurs crances purl'Angleterre.Celle-ci, prise au d-pourvu, t.e put userdu pt.d'vasion de ca-pitaux: l'lvation du tauxde l'escompte qui eut tfatale auxindustries dj profondmentatteintes par une crise Chronique.Irae dut donc recourirun gros emprunt(le trente millions deLivre Sterling,d'aprsM atsieurLouis Baudin Professeur lafacult de Droit de Paris tcl.amonnaie,Lil,r:,irie deMedicis,3 rue (leM(dicis, Paris 1' 5) l.)yir t'.,atierconfronter avan-tageusentent cette iu,uvellerituati.,.t.Les lourdes dettes en partieliquides, la rserve d'or du payss'amenuisant de Plus en plus et lesfacults contributives dupeuple anglaisdiminuant,le budget alourdi par les charges so-ciales (assurance-Ch mtageetc.)perdant sonquilibre,la criseindustrielle et commerciale accentuant encoredavantage le d-ficit dj forntidal '.e de la1 ar,tue commerciale, dficit que necompensait plus le loyer des capitaux et dutonnage,l'augmen-tation de la dettepublique, l'amenuisentcnt du crditrendu plusprcaire par l'exorde incessant descapitaux,la crainte del'in-flation, voil la grande crise que traversal'Angleterre cettepoque, crise qui atteignitson paroxysme au moisd'Aot 1931et causa la chute (lu gouvernementtravailliste de 1929 et la for-mation d'un Cabinet d'Union Nationale,C'est la traditionnelle politique d'quilibrebudgtaire querecourut Monsieur NevilleChamberlain,le Chancellier de l'Echi-quier (Ministredes Finances)et un des quatre Ministresduparti conservateur au Cabinetd'Union Nationalepour essayerde porter remde une situation qui menaaitruine. MonsieurNeville Chantberlain repoussa aussi et d'une faonsystmatique.tout procd emr crique pour n'adopter quedes procds cl, -siques,Il allait tre le grand ouvrier d'une belle oeuvre :le re-tour (le la prospritnationale.De l tout le secret (le son ton-nante popularit l'heureactuelle.Ds son accession aux Che-quers ilrsolut urrgiqucmrnt de combler les gros trous desdficits budgtaires de deux annes de l'administrationtravailliste(1929-1930, 1930-1931), Sur sesinstances,un gros emprunt dequatre cents millionr de livres Sterling futcontract par l'An-gleterre, moiti en France, moti aux Ltats-Unis en vuede ba-lancer ces dficits. Ce but une foisatteint, Monsieur Chaml>cr-lain entreprit alors une vigoureusepolitique d'assainissement fis-

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LESGRIOTS749cal(contraction des dpenses, augmentationdes recettes)etrestaura ainsi l'quilibre de l'exercice1931-1932.Mais restait 'a livre Sterling qui ::e putmaintenir son hautcours au milieu de tout cedsarroi qu' la faveur de procdsempiriques et artificiels: expdition volontaired'or par le gou-vernenient l'tranger, suspension de touteaugmentation ou dutaux(lel'escompte.poursuite des transactions normales(les op-rationsla bourse, etc.etc.et d'ailleurs trs inefficaces carmalgr tout, sa stabilit se trouvait fortementbranle. Mon-sieur Nevi:le Cli:uiiberlaitt l,roposa encorede contraeter tin grosemprunt, appelordinairement emprunt destabilisationduchange, sur les marchs deNew-York et de Paris pour essayerde maintenir le prestige de la Citde Londres dans le monde.Le refus catgorique de la France etdes Etats-Unis d'Amriquede consentir toute nouvelle avancede crdit l'Angleterre allaitprovoqur la plus grandeaventure montaire de l'Histoire.Le 21 Septembre 1931,le Gold Standard Act du 13Mai1925 fut officiellemtnt abrog etla livre sterling devenait aussi-tt une monnaie flottante.Mais le fait original de cette rformefut l'institution du fondsd'galisation de change ou fondsdestabilisation (le change le 15Juin 1932.Le fonds d'galisationde change ou fonds (le stabilisationdechange est un organismetechnique institu par un gouvernementen vite(le contrlerles variations ou fluctuationsde sa monnaieou devise qui a t dtache(ou dcroche) de l'or: end'autrestermes le fondsd'galisation ou (le stabilisation estcr partiti gouvernementqui a abandonn l'talon-or en vue(le con-trler, de rglementer,d'ordonner et de diriger lesvariationsde sa monnaie sur lemarch des changes. La monnaietant d-croche de l'or est sujette auxfluctuations et la merci desspculateurs parfois sanspiti, sans vergogne qui n'agissentqu'aumieux de leurs intrts, sanssouci de ceux de la Grande niassedes industriels et des travailleurs,sans soucides intrts del'tat.C'est ces inconvnients quevient remdier le fonds de sta-bilisation de change.Vot de moyen; financierstrs puissants (des centainesdemillions de livres Sterling,de milliards de dollars ou defrs.)suivant qu'il est institu parl'Angleterre, les Etats-Unis d'Am

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751)LES GRIOTSrique oti la Fr;i,tceilintervient galementsur le march deschangeti et se met acheter()il vendre des devises oude l'orcintre la monnaie-papier suivantque l'une ou l'autre deces op-rations est plusou moins favorable la spculationet par cemoyen finit toujourspar rgulariser la situationen empchantla tuomtaie-Itapirrde baissc r trop basgrce la primetropleve accorde l'oret aux devises trangrespayables enor,ou a la niomiaie papier de a'elzver,trop haut quand la spculationtrouve intrt la. fairehausser au dtrimentde l'or, au pointde vouloirse revaloriser toute chosequi petit contrarierla po-litique du gouvernent'ttet t ut rain.rialenient une perturbationclans la valeur desmarchandises, c'est--diresur les prix et parconsquent porterprjudice lasant conomique dupays.Ce procd trssecret d'ailleurs quivauten dernire analyse la loi de l'offreet (le la demande appliquesur le terrain deschanges.Le surcrot d'offre(le l'or et (les deviseseffectu; par le fondsd'galisation (le changefait dprcierceux-ei au bnficede lamonnaie etle surcrot (le leurdemande lesfait apprcieraitprjudice de lamonnaie.I.'opratluti pratiquepar les htiiiinies d'tatbritanniquesen1931 et dont l'abandonde l'talon-or du 21septembre constituale premier acte,est jusqu'ici la mieuxrussie dans lemonde.Elle a produit lesmeilleurs rsultatsconomiques,Une triple fin, crivaitau mois d'octobre 1936un conomiste(lit Journal Je suisPiutttut--lors de ladvaluation LonBlumVincenttiriol, nst ordinairementpoursuivie par lesgouverne-ments en pratiquantune opration (le dvaluation.Premirement,l'abaissement duloyer de l'argent,c'est--dire desintrts dess'muttes Prtes, deuximementle maintien duniveau des prixinterne ete:xte' ar, en d'.titresternies !'arintrieur, avecceux(lit marchninndia',tr,i,iiitteiue(lesprintenfinl'qui:ilire ,budgtaire.I,'.ngleterreest jusqu'ici le seulpays du globe qui aitpuatteindre cette triplefin.Les 1,'tats-IJnis d'Amrique,avec le Prsident Roosevelt,ontchou en 1933-1934dans leur tentativede restaurer l'quilibrebudgtaire et mrite,d'aprs MonsieurLouis Bauclin(opinionque Je ne partag'1 ;ts d'une f te m t.ttie )la han;;e ries prixqu'ils

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LES C RIOTS751poursuivaient avec une ,i mle tuae:t. ()uant la France, laPrsident kayniand Poincar fut impuissant en 1926-1928 assurer l'quilibre budgtaire, sauf durant la priode 1926-27,priode de dflation outrance et mme aprs avoir rduit lefranc au cinquime de sa valeur (le 25 Juin 1928) il ne put qui-librer ni le budget., ni la balance commerciale du pays qui de-tnettra dficitaire, nonobstant la prime l'exportation que luiprocurait cette dvaluation et qui ne fut favorablement influenceque par la Balance gnrale des comptes du pays constittue parle rendement (le la marine marchande (le loyer du tonnage) lesintrts et dividendes des capitaux placs en pays trangers, sur-tout dans ses immenses colonies, out loyers des capitaux, enfin etsurtout par le considrable apport des touristes (nord-amricainsprincipalement) qui, profitant de la baisse du franc allaient tousles ans dpenser des milliards en France, et mme le Nippon,aprs la dvaluation (le1931 etles manipulations montairessuccessives lie 1933, 1934, 1936, 1937 et 1938 (ces deux derniresannes pour faire face au conflit sino-nippon) ne put ni redresserle dficit de son Lt,dget, nicelui (le sabalance commerciale quin'offrit un excdent qu'en 1935 lesseulsavantages retirs tantl'abaissement du loyer de l'argent, son super-dveloppement in-dustriel, le dumping (le ses exportations qu'il pratiqua (le 1931 1937, enfin le st;rplus de capitaux disponibles qui lui permit lamise en valeur du Manddltoulcou et ses aventures en Chine de1937 qui durentencore.Franck1)UIL\N1)I)ipbon de l'Institut Commercial( suivre)

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Mdecine.A PROPOS D'UNEEPIDEMIEEl .CHARBON ENHAITIGnralits.--C'e,t une maladie infectucuseconnue dsla plus hauteanti-quit. Virgilcen .t fait mention dans le 3e.chant des Georgiquessous le nota de peste onous en tr,nivonstune description quireste tin rhefd'txavred'observation. d'tiologiequ'il en donne,le mode de conta,a>nou (le propagationn'a pas vari depuisdessicles.La fameusetunique de Fessus,par la laine dont elletisse,propageait une infectioncutane pustuleusemortelle d'essencedivine, elleest l'xl.i',at,tytn t;to:.uri it c tht tiangrque fontcourir ;i I'hamut,les l;ru ltd:: eharbin::ie t.Le terne de charbonest employ pour' lapremire foisparIlyppocrate,pour dsigner l'escharenoire encastredans lestissus.Mine fait mention(l'une pidmiede charbon Roineen 59aprs J. C. La s,',inissimeRpublique (leVenise, punissait (lemort les vendeursde viande d'animauxcharbonneux. Cettecon-naissattre anciennedit charbonet surtout lesravages qu'il a eau-('lit souvent inspir laterreur et desmesures lgislativesdrastiques.Rpanduesur toute la surfacedu globe, la maladiesvit prin-cipaletuent dansles rgionso se fontl'levage des bestiaux:Amrique Latine,!'Asie centrale,l'Inde, l'Australie,la Russie,ra France etc.Le charbonn'est pastransmissiblesuivant lesmodes (le con-tagit., habituelsaux infectionsmicrobiennes. Latransmissionse fait surtoutpar la terre souille,et lesdchets des sujetsma-lades. Lesendroits .habitspar les animauxatteints sont dan-gereux: l't::ble,ferme, le champ.Ott cornait l'histoire(lescliatttp; ntaud't'champset tic:tt ,;,t;ttt s dan et'enses deAuvvrgme (1,ras t, 1.t hagt;eanniltir'vi,;ait tansces paysfine lrlt' l'ltl,!t'm'c'dtdt: t'lt 01, rlt; :,, .,,,.t,.P ni j''mua's fixer

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s"n point (le dpart. Pasteur futcharg d'entl,uter ce sujet.;ses investi>ations luiont permis de remarqueren un point duterrain o avaient tenfouis l'anne prcdente,(les cadavres::fuiaux eharbont,eux,de nombreux tortillons deterre renduspar les lont.brics, il en conclutque ces vers taient les fossnveursqui ramenaient la surfacedu solbactrieset spores. L ;,,zetiondu sol rsulte bien del'enfouissement descadavres,nais elletient en grande partie ce fait que cetteopration est pratiquesans aucun soin.D'ordinaire les cadavresavantd'tre enfouis,restent exposs .,ar le solt' sont souvent dchiquetspar leschiens, les bacilles exposs la chaleur peuventse dvelopperet sporuler, On enterreainsi lescadavres chargs despores les-que's sont par la suite remontspar les vers la surface du sol.La propagationpeut aussi sefaire par les limaces, lesescar-gots, les insectes, h-: mouches, leschiens qui ont dchiquetlescadavres d'animaux.Les peaux ainsi que les poilssont trs redouter. Les peauxtanneselles-mmes peuventconserverdes spores virulentes.La viande est parfois l'originede lacontamination,tmoinsles porteurs de viande qui ont prsentles pustules au niveau dela nuque ou de la joue.Voies (le pntration: ('e sont chez l'homtuneet chez les ani-maux U. la voie cutane, 2. la voierespiratoire, 3, la voiedigestive.Pour la voie cutane il fautune solution de continuit de lapeau: plaie, corchure, simple piqre par instrument piquant.Les poussires roi,tenant des spores peuvent produire lecharbon pelnionaire.. Ce mode de contamination s'observe chezles ou-vriers qui manipulent lalaine, leschiffons,les crins.Les poilsd'animaux, qui sont piquants peuvent traumatiser lesni tiqueusesdes bronches et faciliter l'infection. Quant la voie digestive,la question est tris controverse. Le point de pntration variesuivant le; espaces, le foyer primitif d'infection sigepresquetoujours dans le 1harynx, au niveau de l'amygdale, parfoisauniveaudesfollicule] clos et tics plaques de Peyer. Chez l'homme,:1 faut tenir compte du degr (le cuisson (le la viande, qui dtruitplus ou moins le virus.

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754LES GRIOTSLe suc gastrique parait n'avoir aucune action sur les spores,qui, ingres peuvent traverser le tube digestif sans provoquerd'accident et contaminer les excrments des animaux.La hactridie charbouncu;e peut subsister indfiniment l'tatsaprophytique dan, la nature. C'est le type des microbe, aro-bies stricts, l'oxygne libre est indispensable son dveloppementTous les maminifres herbivores sont accessibles au charbon,niais tous ne le sont pas au mme rang. En effet, certaines con-ditions sont requises pour faciliter le dveloppement de l'infec-tion. ].'agent inocul doit avoir une virulence suffisante.Cette virulence l;.,eut tre exalte ou affaiblie par les passagessuccessifs sur les t'nimaux d'une mme espce ou d'espces demoins en moins sensibles. La pustule maligne ne s'observe quedans le charbon clinique de l'liotnme, chez les autres espces lalocalisation typique ne se voit pas.D'aprs les expriences de Pasteur, les gallinacs offrent unersistance naturelle l'infection.Le charbon en Hati.-Pour la premire fois en l936 on entendit parler d'une pid-mie de charbon en Hati.L'a!erte fut donne par i' administrateur du district sanitaire(les Gonaves qui venait de dcouvrir quelques cas isols de char-bon dans la rgion de Desdunes. Le bureau central de Port-au-Prince prit aussitt ses dispositions etenvoya enquter sur place.Plusieurs autres cas ont t dpists et la preuve bactrilogiqueen fut faite par le docteur Giordani du Laboratoire d'HyginePublique de Port-au-Prince.Le charbon a toujours exist en Hatiavec cette diffrenceque l'attention des mdecins n'a jamais t attire sur lescarac-tres du mal et que le plus souvent ils portaientun diagnosticde dermatose sans explication.C'est surtout dans les centresruraux, o l'on fait table rase de tout hygine,que ces cas peu-vent tre dcels, mais vrai dire sans jamais revtirune allurepidmique. Et, le plus souvent cescas gurissent sans soinsmdicaux. Nos campagnards vivent dans la plusgrande pro-niisenit, les notions lcmeutnires il'hygintotalement inronntics,

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LES GRIOTS755ils se couchent parfois mme le sol, autant de facteurs (luiaugmentent les risques (le contamination.L'avarice du paysan lui interdit d'abattre et de brler un boeufatteint d'une maladie inconnue. Au contraire la bte meurt, ildoit vendre sa chair, travailler sa peau, conserver les abts poursa propre consommation, et c'est toujours l'occasion de grandesripailles pour toute la famille.Le charbon tant rare et mal connu eu llati, voyons commentil s'est manifest dans son allure pidmique Desdunes.La plupart (les gen-> atteints taient des cultivateurs travaillantdans les rizires, (les bouviers, (les enfants pataugeant dans laboue (les champs, des bouchers, des tanneurs d'occasion.La localisation des pustules nous indique qu'ils ont t infectspar (les lsions (le grattage. Nous verrons plus loin qu'aucuncas de charbon interne proprement (lit n'a observ au coursde cette pidmie, comme il est (]crit dans les traits classiques.Sur un total (le 44 malades que j'ai personnellement soigns lalocalisation de la pustule tait de i0 la face, 109'o aux ment-bres suprieurs et le reste peut tre rparti diverses rgions ducorps:aine,scrotum, membres infrieurs.L'infection cutane se manifeste par la pustule maligne etl'oedme malin. La puaulemalignene s'observe que chezl'homme, elle estunique.La priode d'incubation dure de trois six jours. Le dbut est marqu par une tacherythmateuse,prurigineuse qu'on peut comparerune piqre de puce, Quel-ques heures plus tardilse forme une vsicule dans laquellese trouve un liquide citrin,rougetre onbruntre.Aprs 24 ou48 heures se prsente la lsion vritablementcaractristique:l'eschare.Il est constitu par une crote centrale de colorationnoirtre.Cette crote est eiltoure d'un bourrelet odemateux,indur et reposant sur une base indure. Tout autour seformentde petites vsicules dont l'ensemble peuttre comparun cha-ton debague;Les tissus s'infiltrent de srosit autour de lalsion t_t l'odnne se constitue. Cet odme est mou etenvahittoute la rgionenvironante;l'infiltration est Wle la face qu'elleprovoque l'occlusirn(les yeux.Lesganglionsragissent,ilssontdoulotieux, tumfis et noys dansl'odnnc. La fivres'allume et atteint 390 40, lacphale estviolente,ou cons-tate du frisson, des coliquesabdominales et souvent de l'inappe-

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s756LS (;RI )r5tence et de la constipation. ;,es joues sont tumfies avec fortedpression malaire, les lvres gonfles et projetes en .avant. Dela bouche entrouverte coule une salive filante, le cou est normepar suite de la raction ganglionnaire et l'odme petit s'tendrejusqu'au thorax. Les cas que nous avons vus ont volu sanscomplication notable, Ver, le 15e, ou le 20,. jour nous :,vansnot la chute de le. crote pustuleuse, l'eschare en se dtachantlaisse une ulcration profonde o s'tablit une suppuration plusou moins abondante. L'ulcration se comble peu peu, laissantaprs elle une petite tche blanche.Les autres formes de la maladie, eharhon gastro-intestinal,pulmonaire,septidtnicsecondaire,troublesnerveux,coma,convulsions, attaques pileptformes ,m apoplectiformes, para-lysies ascendantes aigus n'ont pas t observes.[`n cas, cependant doit ri tenir notre attention pat' ses mani-festations et sa localisation,En voici l'obs,;reationSt. Pierre le... 25 ails, originaire de Desdunes, vient consulter l'Hpital (les Gonaves pour des douleurs de la gorge avecinflammation au menton et aux faces latrales du cou. Ces dou-leurs sont prcdes (le cphale intense, de fivre, de vomisse-ments et de courbature.La face prsente un aspect proconsulaire, les yeux sont sail-lants, la dyspne est intense. Le voile du palais est rouge, hy-pertrophi, le larynx et le pharynx infiltrs cl'oedme et notreimpression premire, est que nous avons affaire une anginede Ludwig. L'angoisse respiratoire est extrme. Lepassage desaliments dans l'czsophage est entrav au point de refluerpar lesnarines. Notre pronostic est trs sonibre, Cependant,en pr-sence (lela notion d'pidmie svissantau lieu d'origine (lupatient, nous pensons tout de suite une localisation du bacille(le I)avaine au niveau de la gorge. Sans tarder,nous injectonspar la voie intraveineuse du srum anti-charbonneux la dosede 50 a Le lendemain nous constatonsun mieux apprciable,l'inflammation externe (lu menton et des faces latralesdu couavaient rtrograd, Nous tions biensur la voie du traitement.Une 2e. injection de 50 ce. amne la cessation de la douleurauniveau de la gorge en mina tempsque la rsorption quasi totale(le l'tedme inflammatoire. La clyspliagie et la dyspneont cess.

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Lt.saRIOTS757l'ne 3e, injection pontet au malade (le se lever, (le causer avecses voisins de lit en mme temps qu'il retrouve son sommeilhabituel. I;n prsence de cette raction heureuse nous diminuonsla dose de ntuti:et t"ujur17,11-t; ad 1. maladeguri quitte]'hpital.I.e srum que ornsaVola t tp'oy 1i uveoait de .Mulford Bio-logical la lloraturiesW. S..L. ).Il est excellent,son efficacit(lu resta est prouve par les brillants rsultats que nous avonsohteuus avec nos malades, Le srumdoittre administr trstt et dosesuffisante,le diagnostic une fois port. Les injec-tions Peuvent tre faites ou par la voie intramusculaire, souscutane,ou par la voieintraveineuse.La majorit de nos ma-lades i reu ses injections par la voieintramusculaire, la zonefessire, un travers(le doigt en arrirede la partie suprieuredu grand trochanter ou dans la zone de Barthelenty.l,a voie cndoveilteuse a t utilise pour les malades ltospita-liss.lilie permettin evautage immdiat : c'est son introductiondirect dans le torrentcirculatoire.Quantla voie sous-cutaneil faut un dlai de 10 12 heures pour que le srum atteigne lesvaisseaux.Entre temps le bacille du charbon se multiplie sirapidement qu'un cas pronostic favorable peut tre convertien une infection srieuse avec peu de chance degurison.rStatistique:eDcs ................................................4Nombre de malades:Enfants ........................................... 20Adultes............................................ 18Vieillards6Nombre d'injections :Enfants ................................................ 50A ialtcs............................................. 70Vieillards ............................................9soit un total de 3.300 ce. de srum anticharbonneux. Ladoseinitiale pour adulte tant de50 cc,et de 25 ce. pour les enfants.J .C8 dcs nots ;out survenus avant l'administration (lu srum.Mesures sanitaire.-plus (l'unecentaine de cari tisses d'animaux ontt rpres etbrles parnotre rciui:tliiin sanitaire en collaboration avec leService vtcrinsirede I)antirn..'incinration une foisfaite,C

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758LES GRIOTSnous pracdnnst l'enfouisscnientdes dchets pour prvenirladissmination des spores, trs rsistants la chaleur et prveniren mme temps toutecontamination ultrieure.A ct de l'attaque directe de lamaladie par le srum anti-charbonneux nnu; avons pris lesdispositions suivantes qui nousont permis de jugulerl'pidmie.lo.Vaccination mthodique du cheptel(celle-ci a t ralisegrce au Service Technique (Sectionvtrinaire).2o.Une collaboration troite avecla Garde d'Hati pour d-pister tous les cas de charbon humainrfugis dans les bois.3o.L'n service de dsinfection sanitaire auxendroits souillson supposs tels.au.l ferniettue provisoire des abattoirs.5u.t; t;tblissenicnt avec le concours (le la Garded'Hati d'uncentre d'isolement des maladeso ils ont t suivis et soigns.(m,Ravitaillement en produits alimentaires et autres,dansle centre (le I)esduns de la populationatteinte du mal.70.Le rtablissement du servicevtrinaire avec inspectionmensuelle (lu gros et menu btail.Grce ces inesurcs nous avonscirconscrit l'pidmie dans laseule rgion (le Desdunes et arrt dfinitivementdans un tempsrecord, son volution.Bibliographie.-:Arloin,g 8, Thevenot : article charbon, in Encyclopdietndieo-ehirurgicale..Rapport annuel du Directeur Gnral duService Nationald'] lygiene et (I'Assistance Publique.Dr, L. ALCINDORMembre de l'Amcrican Public licalthAssociation (Section d'Epidmiologie)Mdecin de l'Assistance Publique.s

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4Technologie.LA LUTTE CONTRELE BRUITLe bruit est '.ni vritable assassinde tonne pense, a dit legrand philosophe Arthur Schopenhauer.Isn gnrai,tout le monde n'est pas un philosophe (lentlesides valent la peine d'treconserves. Maisle bruit tue nonseulement de prcieuses penses naisnuit la sant, car ila uneinfluence nocive ,,enblablecelle de la frayeur et de la terreur.Il y a quelques annes, (les savantsdes Etats-Unis ont dmontrque le bruit augmente la pression du sanget l'activit du coeuret qu'il petit porter une atteinte srieuse ladigestion.Un bruitfort et qui persiste comprometsouvent la sant de faon irr-parable, Mme lorsqu'on dort, le systmenerveux peut treexcit par le bruit.La surdit est la pire consquence d'unbruit persistant. Dansles mtiersbruyants,il y a souvent de 2060, et mme 80 pourcent (les travailleurs (lui sont durs d'oreille, rsultat (le ladestruc-tion graduelle du t;ssu nerveux auditif. Desbruits lgers, mme,occasionnent une diminution de perception quiaugmente les ac-cidents de la circulation et de l'industrieet, chez les travailleursintellectuels,une diminution de la concentration. La tensionmer-yeuse constante que causent les bruits stridents rsulte ventuel-lement en tint efficacit moindre, ainsique l'ont prouv les in-vestigations des laboratoires des Etats-Unisdans beaucoup demtiers, De plus, ie bruit poussesouvent les gens des effortsinutiles:les dactylographes dans un milieu bruyantfrappent lestouches avec plus de force qu'il n'enfaut.Etenfin,l'puisement,l'excitation et lateeurasth'nie sont les consquences gnrales(le la tension nerveuse que cause l'effortcontinu (le surmonterl'influence dit bruit.Ainsi, l'attnuation (lu bruit estun problme conomique enmme temps qu'un problme (le sant. De plus,c'est un problmetechnique. Les ingnieurs sont convaincusque 90 pour cent aumoins (les bruits industriels pourraient perdre lamoiti de leur

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4s7GCiLESGRIOTSintensit et pargner ainsi l'oue de beaucoup (le jeunes ouvriersdans les ateliers de chaudires ou dansfilatures de coton.Mais les ingnieurs se sont heurts (le nombreusesdifficultsdepuis qu'ils ont commenc la lutte contre le bruit. Il y a peinesix ans des techniciens de phontique ont tabli une mesure del'intensit subjective (le l'impression du son, Leur talon est unson peine perceptible de 1,000 vibrations parseconde, intensitzro. Leur mesure est le clecibel aux Etats-Unnis et le phondans la plupart rles autres pays; les deux mesures diffrent trspeu l'une de l'autre. Ce mme bruit talon de1,000 vibrations, sion l'augmente jusqu' la douleur, a uneintensit de 120 deci-bcls ou Irhons.L intensit seul: ne dtermine pas la farce du son, niais lacombinaison de s't frquence et (le son intensit. Si deux sons defrquence diffreu'' e,rit la mme force, celui qui a le moins devibrations, c'est-;-dre le plus bas, est gnralement celui qui ale plus d'int'. si'sa source et qui exerce le plus de pressionsur le tympan. Cette pression estminime au seuil de l'audition, savoir 1/5 millionime (le gramme par cm2 pour le bruit talon.Mais si on en augmente la torrce (le 0 120 dcibel, au seuil (le ladouleur, ce mme son exerce une force sur le tympan de 3 grain-mes par cm2, environ 15 millions (lefois plus grande.Tout bruit est situ un point quelconque entre ces deuxseuils: 10, cbuclu tenients et le tic tac d'une montre; 24, lesbruits mnagers usuels; 30. le bruissement des arbres; 40, lesbruits de bureau cri moyenne et le dchirement (lu papier; 50,la machine crire et le bruit de l'aspirateur; 55, une rue tran-quille; 65, une auto en moyenne; 75, un camions moteur; 85, une chute d'eau; 90, un mtro; 97, un marteau river;entre 100 et 110, lcc cornets d'auto; 120, une hlice d'avion, et 140, le matit parleur le plus puissant.Un son est le rsultat d'une vibration quelconque. Cela veutdire que souvent le bruit est l'indice d'une dfectuosit mcanique.Un moteur bruyant indique une efficacit infrieure et s'use plusvite (lire celui qui fonctionne sans bruit. Voil une autre raisonpour laquelle les ingnieurs combattent le bruit partout o ils letrouvent: pour augmenter la dure et l'efficacit des machines.Et dans ce combat tous les moyens modernes sont mobiliss.0

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1CS CItIOTS761l.a lumire, par txculp'e,outre sa full, clcrnirre application,l'oeil lectrique,].es ingnieurs Westinl,>ltousequi se consa-crent aux recherches l'utilisent prsent pour mesurerla crois-sancedes mtaux sous le becardagetl'tnt faiseur de bruit parti-cu:icr, rcemmentparu, la soi-disant nlagnetu-striction.Cettemagnto-striction est la propritque possdent les alliages defer et les alliages ;magntiquesde s'allonger et dese raccourcirdansun champ lcetro-ntagntigtie,comme dans la plupart desmachines lectriques qui emploientun courant alternatif quimagntise d'abord le fer, baisle dmagntise. Le changementde longueur provoque des vibrationsqui, d'abord, crent demi-nuscules ondes pression dansl'air, quel'on entend commeunbourdonnement,et qui ensecondlieu diminuentl'efficacit dumoteur. Lu consquence, les ingnieurset les mtallurgistes sont la recherche d'ttn mtalsans bruit pour lesmachineslectriques.En voil pourquoi ona imagin cet oeil lectriquepour mesurerles changements de longueur infinitsimauxdans les bandesd'essai (les nouveaux alliagesmtalliques.Ces bandes reposentsur unsystme de roulements billesentrede lourdes barres de cuivrepour diminuer le plus possiblel'influence des changementsde temprature extrieure. La forcemagntiquede :a terre et les autres champsmagntiques sontneutralisspar unsystme (le bandes de mtalet de bobines. Lapartie principale de cet appareilmesurer estun rouleau minus-cule, pas plus grand qu'uneaiguille repriser, l'extrmitduquel est attach un ntironr quitic dpasse pas 9 m/m. Si unebande essai placesur le rouleauest magntisepar courantdirect et ainsi allonge,un rayon delumire dirigsur le petitmiroir est rflchipar une photo-cellule divise, qui enregistre (lecombien le rouleau tourne cause de l'allongement de la bande.Au fur et mesure que bouge le rayon de lumire, une partie dela cellule enregistregraduellment plus de. lumireque l'autre,traant la dviation durayon qui peut tre aussi minime que1/100 de m/m une distance d'un nttre. En actionnant un gal-vanomtre, la photo-cellulegrossit cent fois ces lgres dvia-tions, et les rend ainsilisibles,])ans le mme laboratoire(les ingnieurs travaillent une. sortede cerveau lectriquequi, ventuellement, mettra en drouteune autre source de bruit: las vibrations (les rotateurs, les parties

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762r.;unun,r,;tourbillonnantes des lectromoteurs etdes gnrateurs. Ce cer-veau est un vritable robot quisent et qui voit le dsquilibrerotateur qui peut tre aussi minimequ'une goutte 'l'eau dans unirateur ou dans les moteurs demachines laver, et aussi lourdaspque 7 kilos dans lesgrandes machines. ('e balancierdynectri-que a dj tappliqu(le grands rotateurs pesant 2,200kilos,faisant de rapides calculs et (parguantainsi bien des heures derecherches infructueuses pour trouv(rla cause (le poids dplac.Le dsquilibre est premiercousin (lubruit. Ln augmentantla vitesse, par exemple plusde 10,000 rvolutions par minutedans un aspirateur, un rotent eudsquilibre est non seulementbruyant mais il cre une force norme(lui se transmet commevibration d'autres parties de lamachine, l'itnnieuble mme etaux nerfs des mnagres ou destravailleurs. Pour surmonterla menace de ces vibrations, le cerveaudu robot balancier estmuni de courants lectriques et magntiqueset de lumire d'unStroboglow. Des vibrations aussi infimes que1/2000 (le m/mpeuvent tre perues et traduites en courantslectriques, trans-mises un amplificateur et analyses par cettonnant cerveaude fabrication humaine, qui calculeo le rotateur est en ds-quilibre et quel poids il faut pour le remettre enquilibre. Lalumire (lu Stroboglow qui jaillit et qui disparatautomatique-ment avec chaque rvolution du rotateur,fait paratre le pointde dsquilibre comme s'il tait immobile et lerend ainsi visible.Les dcrets municipaux contre le bruit, contreles cornetsd'auto beuglants, les radios par trop glapissants oumme leschiens qui aboient ou les portes qui claquent sont le contmenc(e-ment seulement d'une campagne universelle contrele bruit.Ilfaudrait tuer le bruit avant mme qu'il ne naisse. Les coups as-sourdissants du marteau river, l'une des dissonancesles plusinsupportables (le la vie moderne dans les villes, pourraienttrelimins seulement par une construction d'acier meilleure,savoir, par la soudurearc lectrique.11 y a quelques mois1,000 tonnes (le traverses et de charpentes d'acier ont tfusessans bruit pour construire l'Hpital de Femmesde Pittsburgh 13 tages, en s, servant d un nouveau procd Westinghousede soudure par courant alternatif,Les bruits extrieurs peuvent tre carts par isolement amor-tissant les bruits et mme par le conditionnement de l'airqui,

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tout en produisant de l'airfrais et dhumidifipour les habita.Gons et les bureaux,permet de fermer les fentreset les portespour empcher le bruit d'entrer.Mais comment dcauvrirla source d'un bruitet l'analyser afind'en venir bout?Il y a un autre robot,une sorte de percepteurde bruit qui mesurenon seulement la force d'unson mais qui lespare en ses diversesparties, et quimesure la hauteur et l'in-tensit cl chacune(le ses partiesconstituantes,Cet analyseurressemble aux anciensradios avec leursinterrupteurs,cadrans,mtres, condenseurs,transformateurs et leursquatre tubes, etii agit commeeux,Mais alors que le radiomoderne a un filtreurlectrique, l'analyseuren a un mcanique de 7,000vibrations laseconde,contre lequel la frquence detout bruit est quilibr.Le cadran dcibel indiqueles bruits frquencespcifique, etenregistre toutee qui contribue au bruittotal d'une machineoud'un vhiculequ'on examine.Les oreilles ultra-sensiblesde cet appareil mesurer ont djmis jourbien des bruits oui garentdans les tramways,lestrains, les avionset leslectromoteurs,et elles ont souvent misle doigt sur la plaie.On a constat ainsique le bruit de sirned'un nouveau tramwayen marche et grande vitesseprovenait(le l'air se prcipitant dansles ventilateurs dumoteur. L'analy-seur a enregistr la frquence(lu bruit et a montr qu'elletaitgale au nombre de rvolutionsdu ventilateur multiplipar lenombre cls ailerons.Une inspection serrea rvl qu'il n'yavait pas suffisammentde place entre les aileronset la membrureextrieure en mtal.C'est grce ces analyseursque lesmnagres peuvent fairemarcher sans bruit la plupartdes appareils frigorifiqueslectri-ques, les laveurs, 'es repasseurset les aspirateurs.Ainsi, lalutte contre le bruit faitdes progrs danstoutes lesparties de la vie moderne,avec l'aide des moyens les plusing-ui iix et les plus compliquscl la science et des ingnieurs,etil r'rd#ainsi nos biens,notre sant et nos nerfs.ANDRE LION, NewYork.Writer on TechnicalSubjects.Tt

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764LESGRI07 SChronique Musicale.CHOUCOUNEMusique de Michel, Maulart MentonParoles de Oewald DurandAu cours de cette anne sera clbr ic centenaire d'OswaldDURANI). Le Pays entier s'assoric ra aux manifestations quise drouleront dan.; sa ville natale et Port-au-Prince, car poteunique en son genre, il sera toujours grandi et entour par lesgnrations.Il demeure une gloire hatienne.a CIi0UCOUNE c you Marabout,a Z'yeux li clair con' chandelle, Li gangnin tt deubout...a Al il si Choucoune t fidle tNous rt causer longtemps...Jusqu' zozeaux lan bois t parait' contents 1s Pitot bli a c trop grand la peine,Car dinpi jou la dK pieds moins lao chane.OSWALD DURANDBeaucoup comiaiss(ut Oswald I)urand, auteur (le cette char-mante posie locsle, mais beaucoup ignorent l'auteur de la mu-sique qui n'est autre que Maulart Mouton. C'est la nouvelleOrlans qu'en septembre lb-55 prit naissance Michel MaulartMouton de pre hatien et (le mre amricaine,Entr en Hati, tout jeune, il apprit le solfge et eut pour pro-fesseur de piano Taureau Lechaud, virtuose de talent. Et, commesur tous les esprits suprieurs, sur tous les peuples ayant le senshumain, l'art exerce une forte sduction. Maulart Mouton lit derapides progrs, prfiguration des qualits insouponnes devantsurgir lui jour de ce cerveau bien dou. A uu certain moment,Mouton voulut tre disciple d'Esculape, mais son tempramentd'artiste tant tout fait incompatible avec le bistouri, il(ltabandonner la mdecine.Or, en ce temps-l, les amis s'apprci;aient cordialement. L'hy-pocrisie, l'gosme n'taient point tu'nnai; courante. Les foyerstaient constamment gais. Le piano ne rempli,sant point le rle(l'un meuble inttrile, dans plusieurs faur'll.'s le petit suy piedI

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LES GRIOTS765du jeudi tait une rgle et 1. samedi suivant, le grand bal runis-sait de nombreux amis dans une salle bien conditionne. Cesrunions taient empreintes de la plus franche cordialit et durespect rciproque rclam par l'ducation,La gaiet rgnait partout, crit Candelon Rigaud. Le Qua-drille, la Valse et la Mringue taient en pleine vogue; on dan-sait notamment les 1.ANCIERS, le BEAU DANUBE BLEU,la VALSE DES ROSES et toutes danses exquises au cours des-quelles le cliarm: et les grces (le la femme s'panouissaient l'envi.Les pianistes s'appelaient aussi Maulart Mouton etToureau Lechaud, deux grands musiciens et deux artistes trsdlicats,J. T. Muzac, Eugne Vieux, Ernest Cinas, Amilcar Johson,Edmond Barthe, Dmosthnes Mathieu, partageaient l'amiti deMonton, musicien attach l'aimable compagnie.Sur ces entrefaites, Oswald Durand venait de produire Chou-coune (1884).N ailCap-hatien le17 Septembre 1840, leBarde mourut Port-au-Prince le 22 Avril 1900.S'il a chant nos Payses sur un rythme cher Ronsard,Hugo et Sainte Beuve, les iambes de ce beau multre aux hr-dits paternelles languedociennes eussent plu Andr Chnieret Auguste Barbier. Oswald Durand, poursuit Louis Morpeau,aura t le plus ltaitien, le plus naturellement afro-latin, le plusoriginal de nos potes pour avoir su chanter nos fastes et pleurernos misres, sentir et, sous une forme souvent heureuse, pitto-resque et colore, exprimer le charme prenant du Pays, son me.Sorti du cachot o il avait compos Choucoune et pour mieuxfaire sentir et rendre le chef d'ceuvre dont la grce d'expressioncrole charme tant, le barde s'adressa tout naturellement Mau-lart Mouton pour une adaptation musicale.C'est Bourdon, si cher mon ami Flix Viard, dans la so-litude, que le pianiste alla chercher l'inspiration. L, au milieu(les bois, seul :seul avec la nature revtue de sa frache robeverte toujours seme (le fleurs et baigne (le chauds rayons tro-picaux, seul seul avec les tui-tui des petits Zozaux, Maulartlaissant libre jeu son inspiration passa la journe du dimanche composer, et le lundi Choucoune tait chante.Ce fut un vritable triomphe pour l'artiste.Dj, Choucounetel'e une trane de poudre gagna du terrain,Oswc,Id prenaitf

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766Iltl1l1,11l!11 tp41111i VII J III 1111I!LES GRIOTSplaisir fredonner l'air si aimable, et ds qu'un ami venait lui,son sourire l'accueillait en ces ternies : As-tu entendul'air deMatilart? As-tu entendu Choucoune, la mringue la node?,Et maintenant, quelle est la valeur musicale de cette produc-tion crole? Un chef d'oeuvre en son genre, Une riche trou-vaille. Forme bien grammaticale. Elle est deux temps. Dansson originalit, je la crois la plus hatienne de nosmeringues,L'interprtation ne doit pas tre vive, force, froide, niais dou-ceureuse, (rythme proportionn).Pour qu'en sorte l'effet complet, il faut que la cadence soitnettement dtermine et l'excution mthodiquement bien ren-due. On peut les compter ceux qui excutent point Choucourte 1En effet, ds que l'hatien entend les premires notes de Chou-coune, li balanc en place, se sent de vives inquitudes commedisait l'autre, au radius et au cubitus, en un mot, il oublie lespetites misres de l'existence.D'autre part, Choucoune a t interprte Paris pour la pre-mire fois une rception en l'honneur de Me. Antnor Firmin(1901), en Allemagne, aux Etats-Unis (concerts panamricains)et le rythme plait passionnment aux dilettantes d'outre mer.Maulart Mouton ne s'arrta pas l.Il crivit Souvenirsd'une Valseuse, L'Absencevalse, L'Amour et l'argent,qui furent bien got du public, la Polka des Tailleurs,, ddie son pre tailleur de profession, L'Insouciant, quadrille trsanim.11 mit en musique des vers de Lucincourt Rose et deSolon Mnos.Aprs un sjour Port-de-Paix o il fut toujours le bienvenudans les salons, Mouton regagna Port-au-Prince. Le 11 Mai 1888son me d'artiste alla dans l'autre monde.Oswald l)urand son tour mourut Port-au-Prince le 22 avril1'.)06 dans les bras de son excellent ami le docteur EdmondIleureaux,Sesfunraillesnationales imposantes eurentlieu aux frais de l'Etat. Le cadavre fut expos la Chambre desDputs (23 avril 1906).Quant la ma-about aux z'yeux claire coin' chandelle, ellemourut tout rcemment le .0 octobre 1924,,Nous extrayons des Annales capoises les lignes suivantes:Choucoune est morte, L'hrone de notre barde national, cesr

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767/.S GRIOTSgrandpote dont l'une des ruesdu Cap porte le nom etqui taitgnralement 'vnr partoute la jeunesseintellectuelledu PaysrCHOUGOUNEvient (le s'teindredoucement dans lapaixdu Seigneur laPlaine duNord, hue (le sa naissance,le vendredi10 octobredans sa 74me anneprs (1924).11 n'y a pas de douteque siOswald Durandtait encorevivant,sa premireimpression serait de luiadresser un suprmeadieudans une bellelgie.Plusieurs jeunes potes,admirateurs de l'auteurdes DiresetPleurs,savaientaller l'interviewer pourrecueillircertainsecret del'illustredisparu,niais malheureusement,la pauvreC'hnucoune avait 1-rducompltrment la mmoire surle souvenirdes choses d'antan.objet d luit curiosit.Paix son me !Oswald Durand, MaulartMonton, deuxfigures haitiennesque nous devonsaimer,grandir!Au temps prsento la modeprescrit ceux qui sontattels son char unelgitime adulationpourles modernes, maisaussiun injuste etsystmatiquednigrement des anciensmaitres, ilimporte malgr tout,de rendre un sublimehommage tousceux qui, dansleur sphre d'action., ontenrichi la culture hai-tienne.ConstantinDUMERVEw