Les griots

MISSING IMAGE

Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
October 1939
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00013


This item is only available as the following downloads:


Full Text

PAGE 1

pf-v y4 The Center for Research Libraries scans to provide digital deliver y of its holdings. In some cases problems with the quality of th e original document or microfilm reproduction may result in a lower quality scan, but it will be legible. In some cases pages may be damaged or missing. Files include OCR (machin e searchable text) when the quality of the scan and the language or format of the text allows. If preferred, you may request a loan by contacting Center for Research Libraries through your Interlibrary Loan Office. Rights and usage Materials digitized by the Center for Resear ch Libraries are intended for the personal educational and research use of students, scholars, and other researchers of the CRL member community. Copyrighted images and texts are not to be re produced, displayed, distributed, broadcast, or dow nloaded for other purposes w ithout the expressed, written permission of the copyright owner. Center for Research Libraries Scan Date: January 21, 2009 Identifier:s-g-000003-n5-f2

PAGE 2

ABONNEMENTS:ira;ti-1 an: $3,00tranger":$4,00Le numro:$0.80tranger: $1,00\UME OS 2 et 3etVOLUMES 2 et 3OCT. NOV. DE, C.1939rfiMARZEJANV. -1.19402nte, ANNEPerinde ituri in aciemet majoraset Posterascogitait.L.ESG.RIOTSI,a Revuescientifiqueet Littraired.`?atiPORT-AU-PRINCE-(HAITI)Les textes non dactylographis ne sont pas reus.Un texte dactylographi no devra pas dpasserquinze pages du volume,Directeur: CARL BROUARDRdacteurs en Chef.LORIMER DENIS et Dr,FRANOIS DUVALIERSecrtaire Gnral: CLEMENT MAGLOIRE FILSAdministrateur: FRANCK DURANT

PAGE 3

SOMMAIREPayai.--QUESTION A. L'ORDRE DU JOURPaganisme et Vaudou par Cari llrouard..,............. 6172.-I)OC1 RINE.-Considrations sur nos OrigineshistoriquesValeur (lu Fait Cclonial (laits laFormation de l'Ethnie 1-lai-620tienne par Lorimcr Denis et Dr.Franois Duvalier.<..,........3,-PKDAG0GI G.-Contribution au Problme de l'Enseignementen I-laitiL'Enseignement de la Gographie etde l'Histoire NationalesUn Aspect de la Question parLorimcr Denis et Dr. Franois6264, MYTHOLOGIE.-638Le Livre des Loas par CariBrouard......................5.-FOLKLORE.ueSsdVqoueanScnesL'Aida Oudo pa, LouisDuplessis-Louvcrture.................... 638--PSYCI IOGLNIG.-6.Les Misres et Ractions Haitieulles cilFace dit Racisme BlancMise au point(le la Question par KlberGeorges-)acob........ 6407,-IsTI INOGRAPIII R.-Une Crmonie d'InitiationLe Laver-Tcte dans le Culte Vaudouesque parLorimcr Denis657et Dr, Franois Duvalier...................-8-SOCIOLOGIE..La 1ormation Ethnique et Morale duPeuple li iticn600L'Apport Indien par Dr, J, C, Dorsainvil.,......9,-I l I S'TOLRE.La Question du Mille St. Nicolas parPl((cidc David ............... 00710.-POESI'ES.-I)antbala Oued(l et la Sirs let P Cari Urouard..........., 682Dialogue (les Dieux... dL'n Mensaje il Mundo Americano parDr. Gerardo llouguet68.1Alnnor..........Nigra par Dominique Ilippolyte.................... ................... ....688Pnnles de Guerre par Gaston Criel.....................,..,,.,..,, 090Le Shine, par II(.r.tor Denis.,.................... 693l)ialoogile (le mes Lampes par CI. 7lagloire fils...,695Les fils de Mnelick par j, 13..Ronmain...696

PAGE 4

aston Crtel Poted'Illce de '.rance(Antours-l'tfueelltS)parJ. B. I2ontai17n...,.11,--CRITIQUE 'LITTEIRAIRR,GJ UR,<-Pos tien de la FemnteHattieuue dans leMouvement Fministepar Maurice V, I uhiu...,1 ,,--PR013LEAiA L'ORDRE pU Oal'3..............fui-C0 TOCIOLOGIj RFLIGIrttr. __.1-.1....,..,.7 J14 __ct.c .t(onian de 13oucluiet deMalice par Car,13rouardpr1rr-...........71.3R'Ysteresde Pthro parAQtanascI 1QUE D (RT.-._remture et Peintres Pruvienspar ;tiX\.,,l6.CONTIs I)l:S CRIn717SOC727La 1-gende du MnpouPar Franck Legeudre.Il,)L,I, J' 'l RNA')0'tLrIR--Pnr........ 732MIS;nge,, .tncl...I;tat Nouvcrtuit;,itIi,TerloIItstoire Politlrlud.et C7441imtion par JrntckDurant...,.,,........,175-9zo =rECrItA,cL7dorlnti4 de Charhonett Haiti ParDr. L.A propos d'utlF ll,La Lutte contrele Jiruitpal' AndrLon....tnutervc. ....................................764Chaticoune par Constr.nt'1)1.--C11KO\N"QUE MUSICALIE

PAGE 5

PAGANISME ETVAUDOUA mon PreLA REVUE SCIENTIFIQUE ETLITTERAIRE D'HAITILes passionsde l'amoursontinnes.'L'amour paternel estaussi naturel que les besoins physiologiques.Aussi les presn'usaient gure, ou presque, du droit de vieou de mort dont ilsjouissaient l'originesur leurs enfants. Plus que de la crainte,ceux-ci avaient pour eux une profonde estime. De l naquitlerespect viril de la vieillesse.A. Sparte tout vieillard pouvaitpunir titi jeune homme. L'ingalit socialene vint pas, commele pensait Rousseau, du droit de proprit, mais (le la viepatriar-cale. Les ,premiers nobles furent des chefs de famille,pres de peuples, les ro jouissaient d'un pouvoir absolu.C'est qu'ils n'avaient pas seulement le pouvoir militaire, maisaussi le pouvoir religieux. L'affection filiale cra le traditiona-lisnle et le culte des anctres. Ce sont ces deux sentiments quiassurrent la dure de la civilisation chinoise. La pit filialeest la racine de toutes les vertus. Elle se divise en trois inthnensessphres:1. Celle des soins et des respects qu'il faut rendre ses pa-rents ;2, Celle qui embrasse tous les devoirs enversle prince etla patrie;3. Celle del'acquisition des vertus et de toutes les qualitsqui ontnotreperfection.,,I coutez encore le I-liao-I ing ou Livre dela Pit filiale: cLcprince est lepre et la mrede sespeuples:vous le servirez avecune vraie pit ilialc, et vousserez un sujetfidle; vous dfrerez

PAGE 6

a ceux (pli >;111t'lV'tt' .it'eoy(t1 son-lnis.a 'l',ut (ii 1,is lavathliicezuun untel stkll9ueon(posaitdes tab'ettes {air 1on cl,tatles t;om(le; aeuC e.it 1fine lescassolettes rl):.ullaientlctnts parfumstalithsl',queon faisait lescrmonies, Desmets exquis taient dposscihaqe anne surles tombeau.xEn Grce,tout commeenChine,le pre avait droitde vie etde mort sursa progniture. La runionde quelques famillesformait une 1hratricet de plusieurht,s Drarune tribu placesous la rrardot,n.,..,;.,sl u apres la lgende,Ccrops runitlalohulati,,u del'Att(1ue ci' doefdluz conrabons, Un feu perptuelcouvait slousa cendd frreuoye ol'onfaisait les libations. Certainsjourdse gracieusesor,cuonneslies repasfunerairrstidae npossidaux pes des stles.Seulschefs defamille dephratrit dib,cee tru pouvaient officier."Ime absolupouvoir sur laartpenQrhei lescLoma ns.esanctres taientdiviniss sous lesnomstle fet dorese mnes.u11 sanctuaire tLr.].Ia;,,,..,t,..._vautl'autelun feu perptuelse'l],ynlj)olde limmortatdel'me,lilevait sa flamme.Le matinai'nsi quavantt,eaprs dhaquerepas le chef de famille(l;ca;f A_,tlibations.Les jours fris,1' autel taitno'1(lammttfl.`t lesbrlaitde l'encensLes latins s'attachaientbeaucou lepeurs pnats.\'Oyez l'motionde Catulleretrouvantsa petitevilLa+ de Sirt]rir' son retourde 13vtl,il,;., anu._..--1nucal uonneurplusgrand quelarit, des soucis,Ottau--l'es ]'t1 rrrejetteson fardeau,et que faligus duvoyage. 110,1, vrLare etnous reposerenfin dans notre llt? Ouf,,auprs denotreseul nous paiefie tant defatiguesSlaut,toi du retour du, Belle Sirmio, rjouis.naitreReouisscY_vousaussi, ondes du Laie.l.lez ; toutcequ'il r n rhn..,Avec de seniblises dfirencesces cultes ne resemlent-i [S pasau ntre? Cela 11'Ld'a;tt,fionsccrt""" u (ao11M1]ant,(;ertaines concep-ains sentimentssellnl)ent uielnverss. Si lehoum frM'est pasau CUr do lamaison etiloSe hment leungan n'estpas forc,pre,ilestvnr partoutelafamille. Leclimat nuil'llellade et l'ltadanslic exi exituleqes libatitfneet deolsussetd'huilvin, veut cheznousducuu homme dupeuple ne boitson caf sana enverserpour les

PAGE 7

LES G t: 1 0 1 .S'd.,619dfunts. Dans nos cimetires decampagne, ici; tombes ont g-nraleIni,nt une cavit, o les paysans dposent, certainsjoursdes pistaches et des grains de mas baignant dans del'huiled'u'ive, ainsi que les repas ftl,.raires. Les guds ftent le 2No-vennbre ave"autant d'indcence que dansl'antiquit,les bacccia-n,les. Si dys cultes i i "s, 110t s lai s,'t s aux cultespublics, numesressemblances.Comme Neptune de sontrident,Agouey auxyeux verts dompte la merretentissante.Iris a pass son charpe la belle AidaQudo. Avecson sabre et son foulard rouge,Ilogoun conduitles ;u:rrie sau conzl:at toutcomme 'Arles. Nosmatresses d'eaux sont aussi gracieuses que les naades, C'estque chez tous les peuplesprimptifs, tout ce qui entoure l'homme,tous les phnomnes quifrappent,ses yeux ou ses oreilles, cesont (les rvlationsde la divinit,ce sont desdieux. FlixGtnirancl qui Frdric I ,evie demanda t d'o provenaient lessimilitudes mytholog Bues,simplement (le ceque les formes de l'esprit sontlimites et que l'imagination deshonimnes-surtout des honznies priinitifsr .se na*titdans uncercle re.atiV'etnn(`ilt re;streilnt.\' i l:13,11 ? iiii certains mythes,surtout ceux qui tendentiii,CXlnlicluerles pltuoununes de la na-ture se retrouvent identiques chez tlte peuples qui n'ontpas euentre eux de rapports. Cel.t ressortpa'rticulircintent des pagesque j'ai tenu consacrer, endpitde's Informations encore dis-perses, ;a1,a mythologies des peuplettpritultifs d'Ocanieou del'Afrique noire, Je souhaite qu'une quipe de folkloristestudiesrieusement le vaudou. Un jour viendra oli ce culte ine seraplus qu'un sotiven`n,l a,;t;lit4 41m*,rit t+i v iil,'tttn1 enbrchepar les sectesprotestantes,A ce propos,bien quecatholique, ilnie fautreconnatre que levaudouisint le plus enrag, convertiau protestnnt;sme,nband+lrunedifinitivennelnt les loas, cependantqu'ils font bon mnage avec le eatlnolicisirie. A quoicela tient-ilnie tlemannclerez-vous?A ce que le protestantisne, religion sansdcors et sansmystres, est nulle surl'imaginationet la seusi-bilit, la bndiction des images qui vont ensuite orner leslioimmfirs, la distance qui spare nos prtres des ouailles nuproltariat.

PAGE 8

620tW1J',rd.mDoctrine.l'ES GRIOTSConsidrations sur nosOrigines HistoriquesA nos Grands AmisDmosthnes Simon Sainet Dr. Flix Coicou,L'Hommen'apprend se connatreque par l'Histoire.DILTH'HL"YValeur du FaitColenialdans la Formation de l'Ethnie Hatienne.La Revue LES GRIO`.l.'S que nous avions voulu treune ma-nire de synthse de l'effort hatien dans l'ordre culturelcomptesa deuxime anne depuis la dernire livraison.Les propositions de notre DOCTRINE formules jusqu'iciont suivi la courbe des activits spirituelles de la cotmtumaut.On entend dire qu'aucun principe de .coordination n'aprsid leur oeveloppement. Et ds lors, il nous a sembl utile, toutenmontrant leurs points de suture, de prsenter un rsumde lantaticrc qui en forme le contenu.Dans le volume 2 NTO, 2 des GRIOTS, nous nous sommes ver-tues dgager les origines du n'jouvement intellectuelcontenuporain(I) vers une littrature frar,'lclemcnt indigne.Mouvementque nous Devions fait remonterla parution en 1926 de la RE-VUEINDIGENE(2), Et cheminfaisant, il a t mentionn lacontribution apporte par le Groupe desGriotsdans ses tenta.tives en vue de 'l'laboration d'une Littratureet d'une Sciencehatiennes,Littrature et Sciencehatiennes pour une appr-'hension mthodique de lllonmmy hatien dansses manifestations1) Carl 13rouard a clejir, dansune pane de Doctrineli, expquce quesont les Griots (voir Gs'lrues,a.1: No. 1--No. 1Vol. 1 1939).2) Il convient, eu gard
PAGE 9

,.rm:unnanti, rmun omiu5r6 21essetn;lelles. Et commenty parvenirsice n'est, qu'en transpor-tant le problme (lu domainelittraireo il setrouvai,tsur leplanscientifique. D'onotre recours aux disciplinesdont l'objetprincipal est lera humain. l'anthronoloeie.lasociologie, l'eth-nagralrhie, ;'hisittte, sac. Itcten nisl'histoire parce qu'elle contientlesul)strut anine de toute connaissancede l'11umain.Cal-,Hionltne, crit Dilthey, n'apprend t se connaitreque par l'His-toire qui serait, selon un mot de liernard Groethuysen, une prisedeconscience.Il n'ypas d'homme tout court, il n'y a quel'hommehistorique,l'homme d'untemps(1). Conformment ce barcme, nous avions considr dansLe Dterminisme Racial(No. 3 vol. 3Griots, 1939) la formation anthropologique dupeuple hatien. Dans notre plus rcente livraison (vol. 4 No. 4-.NTo,1 vol. 1 --Griots) ce dernier a t replac dans son passcu:turcl t L'Afrique. De litnotre thse en vue de l'dificationd'une philosophie de l'1lornntehatien a fonction des donnesethnographiques exposes clans l'Histoirede la civilisationAfri-cainedu savant allemand, le professeur Lo. Frobnius.Toutes ces dmarchesdemeurent-elles endehors (le l'H'unla-nisme du 20me sicle? N'est-il pas adrriis l'heure factuelleqtt.,loin de s'alourdir de principes mtaphysiques ou de notions abs-traites d'application impossible presque, il convient ait contraire,en s'inspirant tics aspir;riirms et .les besoins du milieu, d'labrerdes valeurs historiquesplus en harmonie avec le temprament,le cadre naturel, le -stade d'volution et en un mot tout ce quiconstitue les modalits du moi national et racial ? Ne sont-cefils ces donnes qui ont texposesdans tutnote ale prsen-tation du dernier cahier de Daniel-1;olts:l'Homme de Couleurou Pour un Humanismetotalitaire? Nous en primes occasionpour situer le mouvementspirituel duGroupe des Griots dansle courantde l'hltunanismemoderne.(2)1) L'individu pour 1)ilthey se dfinit par soir pass, et le pass dechacun estle pass de tous, le passhistorique,rt asi l'histoire est1.1 vraie science (le la vie, si toute science da prsent vcu est impossible,c'est quel'iuteiliailrilitn'appiaraitet n'eyiteincpretrospectivenient.(J)ilthey hi Essai,page 77, cite parBernard Groethu'sen),1) Dans fous les domaines de la vie bistorique et culturelle. la con-naissance de notre tradition doit tre lafiert du prsentet constituerune Transition vers l'avenir(La JeuneAlleningne veut le travail etlatiatx.-l'.iel>)reit et 'I'hitsen, Berlin).2) Voir Griots-Doctrine invol. -1No. 4 les Griots,

PAGE 10

622LES G1t107Sfour parvenir ,i de tellesconclusionsil,nus a fallfi,uare dela science historique I lmentde hase (le nosltilmupes investigations. L'Hommehatiednone a t replac clansises .lieuxmd'origine et lesrincippaux cycles de ciilitivsaons liar otirus parlui (les moments dela. dure, N'est-cepas aussi lea concptionmoderne de l'llista)ire quiveut que les rond iod'nsexistence desdiverses formationssociales sintoesoumises intignunevesatiodtaille avant d'essa,vpraP..,aoa..;uv cvncepuonpolitiquejuridi,que esthtiquehilophir,, psoueeliiqg,euse qui leurcorrespondent? Cetllgaexpique nos ratthacsecavec )'ole Histo-rico-culturelle de rr,Ce qui cxliligltraussiiVu1plurcluosele,onnousu,trs del.'EcoledesGriots, le Problme hatienF t +nv-tt t:uut un problmede mentalit.(l)C'est pourquisi ilo aus,est anti-scientifidquee vouloir,commele pensent certains pnhlicistes tr,rouve en dehors (lenous la solu-tion du lroblmheatien Citluta,ue ;,iianle peut tre que spci-fiquement hatienne:puisqu'elle est fonctitionde la mentalit etdes idaux spirituelsde nn+rnt, est: pourquoi eenfin,il est tout aussiant-sciera+..-i..sirtelle-----` -U.,t,t;,-er,seion notre bonplai-nu truc forme rlcrr,utet;iement ;itin groupement humain. Celle-cise rl'nor...et est etroitedltent lieat1degr de mentalitdtaleliuile(2) ]ftil.nilagne tonte l'histoiresde l'Allemagtlede 191!2surtout n,,ltv,gne egalenlent etnotre piraalrr !listereCles obsetinlil.rvaos,es compa-raisons, les analyses-1 et C(Cde vrifier lessystmes, dit MauriceMllioud,uprofesseuredeSSo-ciologie l'Universitddanger decese Lausanatc, ont faitvoir l'illusion..et leb-,:;bus qu'on imposeaux faitsplutt qu'on ne lesen dgage. L'illusion,car l'explication du fait1) Aprs le painle premi biereson (lti peuple.C'est l'ducation, Ins-cription gravesur 'e socle tlc lastatue deMartial inI)antonL'rllint.Iatiau dT, par je Lirie22 Mai 1507 i faesravailleurstTdccinC Publiqueet du Gnie Sanitairein I HlgtueGnrale etpplique-r2) Ilortce croitribi'li'en 1ltilique l'ode toutut desoispe r larforme morale,lesentire est faitepour les rclamer;matis il veut direquemeilleures lois politiqueset socialessont inutiles sicorrompues; il faut donccommencer parrformer les*nltlrqdes lois spcialespeur cela {Gniredence ale Rouie,lilnio FrrctoGrandeur et I)ca-tome V, ll,liubl9clul'AtugustC !loge 10,

PAGE 11

LES C;n1Or''n'tait souvent que le fait ninte, sous un autre nom; le danger,car le dsir de tout rapporter un principe faisait mconnatrel'importanceet jusqu' la ralit desfaits rebelles 'cetterduction. (3)**;Jusqu'ici l'I3onrnte hatien a t considr par nous en foncLion d'un seul facteur hunlainle facteur alfricain. Le problmeett t escamot ;.'ilfallait ramener tout lment constitutif (lela Socit hatienne air primat du facteur africain,I)u reste,l'existence mme de l'Homme hatien ou d'une Ralit .hatiennelie s'explicite pas en. dehors du Fait coloniaL Parce que ce sys-tnie social a confr la nouvelle communaut:1) ses lments de base: territoire et po,pulation;2) sa structure politique, conomique et sociale;3) ses institutions morales (habitudes, coutumes,traditions) ;4) son idologie (prjug (le couleur, mentalit historique)5) les lments formatifs d'une'culture originale lxarce qu'ily ;a, eu superposition de civilisations (.patoiscrole, littra-turcs crole, contes et lgendes de Bouqui et deTi-Malice,fusion des cultes aradas et guinen pour donnernaissance unr religion spcifiquement hatienne: le Vaudou).Si toutes ces propositions se trouvent vrifies, il appert quel'poque coloniale demeure dcisive dans la formation totale dupeuple liati1n et la socit coloniale peut tre considre coma iela matrice d l'Ordre Nouveau issu des guerres pour l'Indpen-dance,Nous,, diso'is mme plusla socit hantienne actuelledans ses dnrlrciies essentielles n'est qu'tui prolongementde lasocit coloniale. On nous objectera que 1804 avait pourbut lerenverseraient de l'Ordre Ancien, mais ici cette 'objection elle-nime forme dj la matire de la thse que nous soutiendronsdans un proche in. expos de Doctrine, savoir que1804 repr-sente plutt une Evolution et non uneRvolution. D'abord, pourqu'il y ait Rvolution, il faut une transformation profonde dansle mens. Cetteoudition est primordiale-(1) Ensuite, toute R-3) Maurice Milioud in Prface de l'quilibre des Nations d'aprsla dmographie applique par Filipo Carli.1) La rvolution n'est pas un tat permanent, elle ne peut devenir unesituation durable. On doit drher le courant dchain de la rvolutiondans lelit paisible de l'volution. A cet gard, l'ducation des citoyensest la question la plus importante (In La jeune Allemagne veutle travailet la paix).

PAGE 12

Lsr.'r; ;.vra:"rr ,e l. ,ver nr g,.v,.dlar.;h;star'ae jus-yu;1 r:, ,,, r,;',tu'rc .rrtenr un prr,duit de kirCOnetf-rcena."1li,t' irqr1r fa uev'):ut:unFranai,een '. IN i'. 1tllalit"Itt' :.!.1: tri e' rieme.TfN: rte :r;,e,'eR",me ont;que e' rteritqu unp I;,Ir,(lut-,'a':opterde, inst;tut:onsdja e:ahres parI autrr,11 ,:-1r,ur e. faire.i:devient :nd:spensa','c de}.,u-II"t, c'. 1., tL;,'n,t;;,r '1ci:: n s' dd Nl'.:dtr. 2',-j.,t-.-au'trl.rna:r; d' !804 a' ,crtlpe.de !'ducation pnlit:pie den,41:,'i, ,; r;,t 11Jle en ce sens de trar,iurillersonOhnous scmmes une Commu-naut de Ngres de 4.000.000 d'individusparvenus peu peu iun certain degr d'homognit ethniqueque le mtgntisme du.cat,Unne.1 d'une srie d'hommesclairvoyants peut transformerde l't",t grgaire de pariasen vecteurs d: progrs social, cono-1111 r. hr9 kaka rapl.orldpar:\.lucillierlit letrnduct,un i.a 5o-1rqllII r,t far d,d n, ''lifirr rc'crs, 4r!nnerd!a h,rmr fr c.:....Vi'f'''"'' "" P'm ,orna,, rdn.,ir irrittrn,6trmer inter: ru renientun peuple,pp'.1nn pnrrm d, r.-ni n.r.'l, c,dutn!t ,'r.l1';arit,.a-1111,,U muii.1 lar non. rpn.t..rru d.'a`TIinr ornait dna Ivimme -' nni,urprnl, Ie .1'u r (a' ii rt','rr' Inrp reriW. mai, au msin+par Un fent nientrlan, l'In..,rrIl trotlu, la voir nu iise,, e:u:age estd-'1 a J"n'' 111rniaKn,' +rni h t;evail et ta paix, pa.vIYI wbh'vt rt'J hir..'ri. ltrrln,-1.,,,.itatulrIIin,rw rr.lrButin dit (.r1h4 nt'rrufjeta ltrl11iiet,"iuffit de prn-Illr,rrtirl"ul11111'la'.n,h' ,l, n",, ra;tr.r'I,t"ttl,Ir,'r Ilat l' rtBrie..n in!finit. tan, l'.-,nti,,'rt'dal. (aire marc du,atiurlet. ,IL .I.r,,:. I,,r;t. n, t...'r la It Ft,nbh'lmIl nl, faut bien ;q.profnndirl'pn blr rnr dr la 'I:mnrrai ir, hm rifle, lut %tlrle, droitsmdu citmen,atl aitn-lit,.d"1"1;, etu,' f:,rn:lt.'t:l1,rqu'il, a ,u gulvv,'nvntplan daim tLrl'"'tt.Ldiriger un l':lat denr'rstilur, u'unl'lalaLu.uh.h` l't l"lu'rn"II:gin'',1.^-n, dr la kes.luUuu Trhr,l,,.lura,tarut Li Co-X',Jtnn 197a ly_(.

PAGE 13


PAGE 14

625inique et eugnique?(,3) Sa;tsdoute l'esprit ne .tnodlo-t-il lama-tire que trs lentement,mais riend'autrene peut la modeler,Les institutionscomme telles ne sont rien de'plus que .des en-veloppes extrieures que la premireexplosion de passion rduiten_poussire, si elles n'exprimentpas ,le degr correspondant devie spirituelle.(4)LORIMERDENIS et Dr, FRANOISDUVA.LIERMembres de la Socit d'l-.listoireet de Gographie d'IIati,1~lentbre. r l'Institut International d'Anthropologiede Paris,lt'ntiares de la Socit d'Ethnographiede Paras.8i 1)r. Price Ml trs.-L'Unit Politique de 1'11e il'llaiti s'est-el!eop-re en 1822 patl t violence ou par le ralliement ides Doavncains1 LtRpublique d',1Ttiti,--Communicationfaitei1l'Tnstitut tl'Tt"r t'oevs i14,t toits1Iistoriques de Sto-l)outiugo in Revtie de la Socitd'l-listoireet de to-l',l,t.tp u d fLtitx.-(Jet. 1937 page 2e \ro1, 8 £v), '27.1) Philosophie tl'1lexntaun ICeyserlitte in La i%ie des Peu ticst't t;;1, mroNov. 1931)rapport par Christian Snchal,Dt+

PAGE 15

626ui.mi cuuuuemrrmtuwnnu L E SGR I O T SPdagogie.UN ASPECT DE LA QUESTIONA la mmoire de Damocls Vieux,Ancien Directeur du vieux Lyce Ption,Contr. ibution au Problme del'Enseignement en HatiL'Enseignement de la Gographie et de l'Histoire Ntionalecsdans nos Ecoles SecondairesConformment notre objectif d'tudes, considrons l'Enseiproblme. Cette ducation morale est conditionnesurtout parlia sensibilit, -connue sous .le nom d'enseignement classique, sedonne particulirement dans nos coles et d'une faon dogunati-tlue. Ce que Paul Valry appelle l'ducation organise, syst-matise,Mais qu'advient-il de l'ducation morale? Celle-ci est dispenseaux enfants de nos coles sous forme d'Instruction Civique etMorale dont l'enscignemient constitue djP;ar luiin me unLa partie de l'enseignement qui s'adresse l'intelligence et des facults humaines: l'intelligence, :a sensibilit et 1.1 volontsans oublier l'hygine du corps. i)'o les diffrentes ducations;ducation physique, ducation esthtique, ducation civique oumorale, tout cela en fonction du milieu social ou humain.ment ltii-ntme, Celui-ci a pour but le dveloppement harmonieuxNe convient-il pas de nous entendre sur le terme Enseigne-gnement tel qu'il se pratique en Hati.des facteursextra-scolaires: poque,milieu social(famplle,classes sociales), milieu politique. Et le cadre deT'enseignementdes Ecoles est gnralement connu sous la dnomination d'ins-De ce bref expos, il dcouleque l'enseignement dit dogmatiqueest tellement largi (le nos jours qu'ilest carsidr en fonctiondes catgories sociales et des races.1)

PAGE 16

L C SCr R 1 U 1 5 t.,irmmmmuinm:;riinuumuuunnniuniraitnFliitmatiuuummuum,627tructionet celui qui vise la formation du caractre, essentielle-nient tributaire des diffrents climats sociaux et humains, s'ap-pelle ducationtout court,au la culture du corpspui prvaut sur la culture morale. Qu'onnous pernctte de soubasser ce point de'vue par l'observation del'minent -psycholug;ue Andr Joussa;a. F 'Ai fait, la conviction quel'intelligence est tout a engendr l'instruction force,la prdomi-nance de l'instruction sur l'ducation, la convictionqu'on rendles hommes meilleurs rien qu' les instruire, qu'il suffit de leurfaireapprendre les mmes choses pour les rendresemblables.Cette instruction force vise plutt fabriquer des diplmsen sries et ne dveloppe pas chez eux la culture au sens hu-maniste vrai du terne, Elle doit cesser de faire apprendre lajeunesse, comme h: fait remarquer Jacques G, Kra.fft, une quan-Quand ces discriminations ncessairesne sont pas tablies,l'enseignement devient sans boussole. Alors, c'est l'intelligencetit de choses et s'appliquer lui en laisser la facult de coin-prendre quelques-unes.Pourquoi avons-rious pos ces donnes de base? C'est parcequ'elles nous aideront bien. srier la question et prendre desconclusions svres mais justes sur l'enseignement en 1-lati.L'enseignement de l'IListoire et de la Gographie nationalesa t un moment donn l'objet de la sollicitude des Pouvoirs(le l'Eta,t.Considrant le peu d'intrt tmoign par les jeuneshatiens et par la nation elle-mmeces lments de base, leDpartementdel'Tnstructir nPublique(MinistreFernandllibbert) sur la suggestiondit Dr.J, C.Dorsainvil,alors Cliefde Division au (litdpartement,les leva au rang de matiresprincipales,L'Arrt Prsidentieldu 31 Aot 1921prvoyait,en effet, une composition d'Histoire aux preuves crites duC.E..l ,, du13.E., du B. S, et duC',E S,C. t (2mepartie) ;Conformment au caractre spirituel de ce texte, l'un de noustitulaire des chaires d'histoire et de gographie dans certainstablissements privs s'est toujours vertu apporter le plusgrand srieuxdansl'accomplissement de cette fonction sociale.Enseignement de la Gographie Nationale,

PAGE 17

C'est ainsi que (et pour te qui concerne l'enseignement de tagographie, but ,utucl die taus dnmarches) nnu:ItVi)n-fruit deautre exprience personnelle, adoptla mthodesuivante:a) familiariser; l ve avLhL tarte;b) rcitation avec dmonstrations;e) exercices de cartographie;d) dessins main levesur le tableau noir;e) relev en couleur de nos diffrentssystmes. hydrogra-(bitlar(:, (nograpltigae etc.. etc.,.L'conomie de cette mthode c'est d'arriverenrayer danscesleons toutevellit (lepsittacisme.Voici que la question des frontires pendante depuis le dernierTrait du 21 Janvier 1921 vient d''tre dfinitivement arrteparle Protocole du 9 Mars1936.Ds lors, ayantreu:la cotscration officielledes Chancelleries, cette question devait treen-visage d'une faon nnil.ttn'ale dans le domainede l'enseigne-,nient. C'est pourquoi dans taos cours et toujoursen fonction dela anthu(luiogie riclcssut^xl,rse nous y accordionstout l'intrtrequis par un problme de cette importance.Mais quel n'a pastnotre tonnement (le recevoir d'un de nos lveset en nma-nire d'exercice cartographique-uncroquis en contradictionflagrante avec les donnes officielles,Notre enqute nous r-vla que la carte rni lui a servi de modleest actuellement envente chez les Frres de l')nstt`nrtion Chrtienne.Latation de cette carte avec d'anepart celle de l'Ingnieur Pktull.'reira (1939, autorise)far le Dpt.), celle de la CommissionInternationale de Dlimitationdes Frontires(approuve), celle(les Routesde la Direction GnraledesTravaux Publics etd'autre part avec le savantRapport Louis Roy Mtuaigat-Tip.penhauor et la nouvelle cartede la Rpublique Dominicaine,nousa rvl de trs graves erreurs.Xous disons erreur, niais ily a n>.me plus, Puisque le tracdes frontires
PAGE 18

caille le nom, de iutiad Trujillo,appellationtoute rcente de laville historique de S'anto-D' nz n.go, Qu'est-ce dire?(1)trilles reprsentes par l'colo Allemande avecRatzel et l'Ecolefranaiseavec Vidal de la lllache. La premire attache un ca-ractre vital au solqui dterminel'Etat, la seconde considrel'homme cunyme un facteur gographique. Etd'autre part, le1)r. Ren lliot ne. va-t-il pas jusqu' dclarerqu'entrepays liraitrophes, il y a, sous lalignefrontire,continuit du sol, et deson caractre, et des maeurs aussi. Etcependant, si l'on s'loigneun peudu tracqu. spare les deuxpatries, les diffrences sontvidentes.L'accentuationprogressive des traits distinctifs lesmet en opposition saisissante.N'est-il pas vrai aussi que plusieurs paysqu'il faut envier,proclame de son ct Andr Siegfried,possdent, dans telle outelle direction, une fentre ouverte surl'infini, sur le possible,sur l'avenir, et cettedirection prend poureux une significationsymbolique, quasi mystique? La pleinciel entre par l dans leslimites (le leurs frontires,(Siegfried-Le Canada---PuissanceInternationale).Du point de vue pnretuentlida;;ulitlue, le fait signal parnous contribue dformerla mentalit; des jeunes Hatiens et ,,ntrainer cette indiffrencegnrale quant l'enseignement dela gographie qui e,t unescience positive. Et l'objectif de ltAr-rt Prsidentiel du 31 Aot1921 dvie par ainsi de son sens,pirituel qui est (lpromouvoir l'ducation civique et morale (lela jeunesse scolaire,de civilisation slave la SorbonneGographie des frontires.La gographie des frontires, dit-il, n'est qu'un aspectde la go-gra+phie politique. L'objet de cette science estd'une telle in1-portance qu'elle a sucit en Europel'laboration de deux doc-tires est tellementsrieux et souch tant de disciplines qu ila fait l'objet d'une nmonogralahie de JacquesAncel, professeurpoint de vue culturel et pdagogique. Le problme desFron-Ce fait grave tant sinnal, envisageons ses consquencesdufous tell{ans cette carte .l laditipcsitirnr
PAGE 19

1;n ce sens, il convientde signalerl'amlioration,Matrielleapport te par l'ingnieur Paul Preiradans ses ouvrages deGographied'Hati. D'abord, la ligne frontirereproduite dansses cartes demeure conformeau dernier Trait (21 janvier 1929)et au Protocole du 9 Mars1936. Nous sommes infinimentheuroux que dans son Aperu Gnralet sous la rubriqueFormationGologique de notre Ile,ilaittitis contribution lestravaux.du gologue amricainWoodring et deses collaborateurs. Sonouvrage fourmille de cartesen vue de l'illustration detsextes.11 y a mieux.L',auteur ya fait figurer des cartes dites partielleso les termes gographiquessont crits en,abrg.Procd lidagogique excellent puisqu'ils'adresse tour tour i l'intelligenceet lammoire, Exploitanttoujours les travaux de Mroodring,il a consacr un chapitrespciall'Histoire gologique delaRpublique d't-laii.(l) Quel'on nous pernlotte ici(le rendre titihommage public notreminent collguela Socit d'Histoireet de Gographie d'Hati,le Dr, Catts Pressoir quidans ses coursa mme innov en portant lesjeunes filles de l'ancienCollgeFminin Bloncourtdresser des cartesgologiquespour toutel'le.Pour revenirn M. Preira, disons queses mthodes sont ab-solument moderneset conformes aux donnesscientifiques deM. Jean 13runhes,membre (lel'Institut,Professeur de Gographiehumaine au Collgede France. Cependantdans son chapitre VIItraitant de l'etIl tt.tgraphienous avons relev ceci:trois racessur la terre de St-IJomingueont contribu la formationdupt ttplthattieu.ttleaffirirat'.,ttt,,t +,.,;l'+lmeit indienconsidr compteune Composante raciale del'ethnie hatiennedemeure encorehypothtique.Par consquent,l) Signaitutsemor,h(. ,i11,1tl:rl.nti71' nlunE C4 mdaire) od Ptreira traite n,lr'nt rallt]ch,inrrir,dela ]a;'tthlique d'] fati.11 y ettulic l't'tlinraplutlaographie politiqueet la gographie rono-mique.h'e+.hnographt. tellequ'illarcmnnit ne rpond nullementauconcept scientifique Puisqu'ils'agit de la ir,rntationdu peuple hmtien dupoint de vue somatiquele termeraciologie humaineiquesergt plus top,]:u ce ens il a eununisles mmeserreurs que lit pkalttrtles auteursfranais de manuelsde gographiegnraleIlitgt4e. tatltr nu+-urenfiottnc.est une romrihuLio neimpoi rt Pastante dans cettebran cime (leI ens `at;ncn t'tit natinal.

PAGE 20

LES c ltf1631tet,dtrnit:e ti est lias encore classique et n'a pas sa place danstin manuel d'enseignement. Enfin les expressionsgens de cou-leur et donoirs,teinte noiredominante,diverses races ne r-pondent it aucune ralit scientifiqueet sontplutt de nature crer de sa couruc Jans ILtsl,rits.t2).1:;tt4i:enseignement tlo l'Histoire,--Eu dehors (je soute considration surl'enseignetnem ait ferdegr, vil delmr, s de lit Valeur et de l'efficience dela mthode p-dagogique employs, nous proclamons ledanger de l'enseigne-tuent congrganiste du point de vueducationnel, Notre posi-tion nest nullement une question dechauvinisme mais se d-finit en fonction n>wnie de l'avenir de ce pays.D`abord, ces instituteurs des Ecoles Congrganistesapparte-nant la nmtimc race que ceux dont nousemes subir l'oppres-sion sculaire et qui doivent se sentirtoujourE froisss dans leurorgueil d'avoir t bouts hors de Saint.Dotningue -par les ancit'ns esclat t s,.'n e,iiuhr.nti mir cite,ni l"ense't;nrinrtt del'histoire, r 4se de ,'duca>iiiti ''k t-in sis t.ttil,it, ait t svsti'nla-tiqucment fauss et dnature par tin rflexe.psychologique ais-n,cnt concevable.Ne rpte-t-on pas constamment, et pourdiminuer la grandeurhroque de l'Oeuvre des GrandsAnctres, que l'pope de 1804ne dot sa iakliss=toc:qu' la faveur de la grave pidmie defivrejaune(3) qui sc eiss,iit dansl'ariue ir viti :ise? N'est-il pas cl(!:anstattion courante que cesmissionnaires viennent ici non passurtout en vue d'unevanglisation niais bien pour prenniser2) ("est dans cet ten.i mepel''que l'un (le lieus prtiticrle toute une col-lection de roches destines l'illustration de sonours ,tir la gologied'llniti. Nous soin nies heureux derendre ici honmiaue l'extrme bien-veillance et la comptence du D)r,LetYrune Chevillier, expert Physicienchimiste, ex.Privat Iaocent de13onn, qui a bienvoulu,sur notre sollici-tation, identifier toute unesrie de roches provenait du Dpartementde l'ouest.3) Consulter irce sujet la Mile tudedt,Dr. Ren Jeanty sur1 arivre jaune Saint-Domingue etLa Maladie (lu Gnral Leclerc, iiiBulletin du Service d'ilygiiie etd'AssistrniccPublique, Mdicaleet Sa-nitaire-Sep. 1939, No. 22, page 23,24 25 et suivantes.

PAGE 21

Influence franaisedans ce petit pays de ngres?'on seule-lient, l'enseignementde l'Histoire d'Hatidevait tre fauss etlnatur, mais il occupa un rang infrieurpar rapport
PAGE 23

de Plormel dans notre enseignement que nous dnonons au-jourd'lhui quant l'action nfaste de l'influence franaise toutcourt devient le danger le plus grave pour l'avenir spirituel dela communaut ngre il']lat:.Cettr ul,rirna,ie, reprsente uneoccupation, un esclavige plusinquitant en un certainsens quecelui de Saint-Domingue attendu qu'elle s'exercesur la cons-ciencc reprsentative dts manifestations de la personne humaineclans sa partie ternelle c'est--direl'esprit, nonpas sur le corpsc'est--dire sur l'individu '(sels,n l)auiel-1np 1. Remarques quela h'ranre elle-mme alors anti-clricalo a'av:t,tt ]pinbesoin detels lmentsnon originairesde l'Ile deFrancene trouva riende mieux que de lesdverserdans les Antilleset les terresd'Afri-que. Puisque cette congrgation a pour mission historique rle-puis Guizotet l'Amiral deRosamel,de perptuer dans les colo-nies et dans les Antilles la prpondrance (le la civilisation [rail-aise sans tenir compte des murs, des coutumes et des tradidonsalespopulations, PuisqueM. G.G. Beslier, apologiste destarissionsfranaises et de l'action catholique de la Francea pucrire:La politique anti-clricale qui svit de nouveau 'aprs1830 dans la France, mtropolitaine resta sans effet aux colonies.M. Guizot avait demand que la jeunesse des Antillesfut ins-truite la franaise; en 1867, l'amiraldeRosamel, Ministre dela Marine, ne craignit pas de prier M. de Laie nnaisde lui four-nir des instituteurs'-dont il avait besoin pourcette fin. M. de Lantennais s'inclina, ce qui marqua une fois de plusle sens mis-sionnaire de l'Esprit franais; il prparases petits frres auglorieux exil (Il s'agit ici de l'abb J. B. de Lhmennais,frreaine de l'crivain qui avait fond St.-Brieucen 1815 la Con-grgation des Frres de l'Instruction ChrtienneditsFrres dePlormel destine donnerl'enseignement selonles mthodespdagogiques de M. de la Salleaux petitsgarsde toute laBretagne).*Conclusion.-D'abord l'enseignement de l'Histoireet de la Gographie Na-tionales revt une importance vitaledans la vie d'un peuple, C'estcet enseignement qui doit contribuer la formation spirituelle

PAGE 24

LES GRIOTSmWlil:irmmn!lit635de notre groupement et son rle devient encore plus essentiel,eu gard au manque de vigueur chez i'Haitien de la personnalitcollective. Nous profitons de cette occasion pour renouveler nosvoeux formuls, depuis 1936 dans une Communication la So-cit d'Histoire et de Gographie d'Hati:a) placer l'Histoire et la Gographie d'ldaiti au rang des nia-tires principales (Franais, mathmatiques, etc.) ;b) la qualit du professeur: celui qui est confie la chaired'Histoire doit se recommander par une forte structuremorale et nationale car au dire de Westermann la vritableducation ne vient pas des livres mais .passe d'homme hotnme.(1) L'effrcacit (le l'actiond'un. matre dpend plusde ce u'il est que de ce qu'il sait. Et si dj les notions-lmentaires et ssentieles t il s al,it (le celles (les frontires)-sont dformes, comment peuvent-elles concourir la for-mation morale et spirituelle de la com>znunaut estudiantine?LORIMER DENIS et l)r. FRANQIS 1)UVAL IER,Membres de la Socit d'Histoire et de Gographie d'llali.magne. (Mmoires du Ghanceilier Prince de Bulow, tome i page 45),(1)Il s'agit ici de l'minent gographie et thologien qui fut profes-bines, des forts et (las rivires dies villes du Nord t du Sud de 1;411e-amour infini du caractre allemand, de la langue allemande, de la posieet de la philosophie allemandes, La troisime partie de son Manuel deGographie, consacre :ll'Allemagne,4t mou livre de chevet.Rienne parie mieux mon esprit que sa description des valles iet des col-1) Daniel m'a communiqu sa flamme patriotique, m'a rempli d'unseur du Prince.

PAGE 25

636Mythologie.1 1 S GRIOTSLE LIVREDES LOASPREAIIEk1; I'ART(Ptros)I.Loa fort, loapuissant, loaau bizarre langage,EscalierBouniba, soismoi propice.rrcarte lesobstacles.Aplanis oiesclierrkiiis. Consumemes ennemis commedu charbon, Enseigne.moi l'art (le lescarter et de,protgermes amas.IlVtue de cotonnadebleue, de grandsAnneauxaux oreille.e,s unsourire sympathiqueaux lvres, l'ventaireet ses mulesclaquant sur leparquet, s'avanlce lahaute1et frondeKell Boumba.De sa main droite,elle nie tenddes feuillesmagiques,un jeude cartes,IIIQue cc' soit la ;osescintillantsur les fleurs, lapluie vivifiantequi rjOllit lecour des laboureurs,ou la teniptequi fracasselesarbres ga assitle, ris iaes, -.moi, Scimbi,lnndliso,l'eau nenienouille point.IVle suti SeimmmAiun ial.u.rc use c'1O ZZttiP Ilionfrre,t lesclinenl.pieds mts, j'erresans pie mouillertravcitsleeliqudeVLoa aux cheveuxplats, loa fort,Anmineau visage brunconnllel'corce dtt palmiste,merge de l'ondenistje(le n110ly,resIux ami 1 T;cateembches'niSsui nia ttetes fortes mains,Suis-moi Visasa pas, Bientt je t'offriraideuxcuits dansduriz')""le COmmt' Jasmin.pigeons,

PAGE 26

VI13::ttez les tambours, tamhottriers, Servantes,agitez les coua-couas, et vous, liouncis aux beaux madras, chantez Leiniba Zaou..Minuit sonne l-bas. Le frispousse sou cri lugubre sur un nia-pou gant et le petit malade se tord sur sa natte de jolie.Vite, vite,accourez, LinibaZaout, venezl'arracher des dentscruelles du loup-garou, et sauver du dsespoir la mre.])euxgros cochons te rcompenseront.Vl ICaplnou,puissamtCaplaou,verse titi baume sur la plaie (luironge mes os. Le jour, la douleurnie tenaille, la nuit ne nie voitpoint fermer mes paupires. Eti vain, jenie tourne et retournesur nia natte. Pre, hre, misricorde) Pardonne-mroi.Lorsqueje seraigurie, je tedonnerai enoffrandeun fier dindon, l'en-vergurep}tissante,aux ergotsaigus et longs,VIIIDj la trompette guerrire se mle aux hurlements des coin-battants. Dans d'air embras crpitent' les balles.Impatient, moncheval de guerre hennit et ses naseaux fument. Le silex tin-celle sous ses durssabots,sa crinire flotte auvent. Fer et feu!Volons au combat, Moi, Charles Sans-Peur Louvengou, labou-reurardent,je veux nie baigner dans liarose du sang et mois-sonner des ttes n,;anbruses comme les toiles.IxHarnachez mon noir coursier de bataille. Apportez-moi monsabre effil comme une aiguille et mon pistolet.Ceignez-nmoi `demugi foulard sanglant. Moi, Sans-Peur Cottgouez, l'odeur de iapoudre inc grise et les cris des victimes sont une musique quirjouit mon coeur.XPetite sourcen..tpricl ;-sc etbabillarde, gracieusePanzt u Mazcnniba, comme tu cs belle,lorsque chausse de sandkt-les jaunes,-:vtue d'tui caracobleu et la tte ceinte d'unfoulard rouge, tudanses sous les palmes que berce lentement la brise nocturne.CRI C T S1uidhuni,IIIr,1;,,,,11'M 'l' pua,u,'IV,m;rmnaunAUturori

PAGE 27

638uew,nnuomunammiwiinmimumiiiuu' mpniu uuuuimapnouumup+auimLS CR! Q T SFolk-lore.-SCENES VAUDOUESQUESL'AIDA OUEDOL'Ada Oucdo tait l, tangible manifestation de la ToutePuissance dans une humble servante.Les mots tombaient, violents et solennels, coups de hoquetset de silences, des lvres tle la ngresse en transe.Elle vituprait comme les Yorpors (les enfants des enfants (lel'Afrique)..A chacune des sentences, un frisson d'pouvante secouait l'assistance qui, le front contre terre, murmurait; 'bobolElle disait, dressant la taille, roulant des yeux fulgurant;Malheur vous! malheur, cratures sans conviction, rngats,vos misres ne font que conimencef 1.;.Tout Peuple qui brise ses Autels, tout Peuple qui rejette l'Eil-seiguement (les Anctres, doit prir!...Le Verbe tait sonore comme un clairon,Oui! doit prir,,. Teaeest la Volont d'Agaou.il est des lments qu'on n'extirpe pas de soi, impunment;pas plus qu'un tre il(, peut vivre dpouill d'un organe essentiel.Vous avez aboli la Loi,-elle vous abolira. Mais il y a pis-vous n'avez mme pas eu le courage de vous sparer de nous,lches! brous plus gardez en vous la meilleure place, en affichantaux yeux d'autrui le mpris le plus accablant pour ce qui nousConcerne...Imposteur 1... On l l'a jamais rien fait de grand, jamais rienfait (le beau avec k. mensonge.1.e Temps vient o il vous faudra nous remettre le poids denotre sallg; nous serons sans piti. Adieu!...Elle rit en pirouettant, trois tours sur elle-mme, la ngressebelle (le stature et d'orgueil offens, puis reculonspar une ported`tof{e disparut dans la chambre voisine.TI y avait de la frayeur sur les visages..,Ils savaient quel'A da Oudo tenait toujours parole.i

PAGE 28

LES GRIOTSC'est pourquoi 'e Eloungai se leva tremblant de tous ses nem-bres et, ayant sem le ver-ver et sonn l'aon, --ordouita leplerinage (lu pardon.Il consistait la descente vers la ravine sacre d'o s'rigenttrois palmiers sculaires, avec des psaumes et des lamentationspour apaiser la colre des dieux; l'gorgementdu boue noirdont la mort retardera le chtraient promis...Le Doquon scandait la srnit de la gorge gave d'ombre,a et l, blesse par la fulgurancedes torches aux poings desadeptes partis en files processionnelles du houm'for.La double range de flammes basculait de droite gauche,puis de gauche droite, selon le rythme des pas cadencs celuides tambours et :les chants dou;otneux versl'Impassible, versl'Impossible...Maintenant le Data, le coup, le grond assagoaaient...L adanse pliait les genoux, ployait le dos, jetait les bras en avantet les ramenait vers les poitrines.Cet ensemble musical tait aussi doux entendre que le menuetde Paderewski...Cet ensemble de gestes aussi agrable voirqu'un ballet d'o-pra, cependant que pantelait, sous ladague brve, la victime etque les toiles, en masse, fleur de ciel, luisaient, guetteurs in-fatigables aux vigies de l'Infini,LouisDUPLESSIS-LOUVERTUP

PAGE 29

LESGRIOTSLes Misres et Ractions Hatiennesen Face du Racisme BlancMise aupoint dela question1 la mmoiredg.,Louis Josep)l'-J,lnviret d'Antnor Firmin,fitlutSt3treJL.rt'velitliriutets,u.lesl.fauts ei tltuilits de'lnut rate.1 lberCil il il=J.^\LoJilia question de l'infriorit delaracenoire est le plus irritantdes problmes tlui ,e trouve lamdevant les con,citttees ltu-niaines. Etpersonne,ce noussemlble,ne peut se flatter de l'avoirrsolu.D(sn('grt,phohesit.1'te"J t s,dit puis 'le'sit'ell'cli'l_faudeut des thories l'appui deeur thse.1)'ttutres auteursplus htittt.ains prettttcnt le contrepied des thories souleves pourprouver l'atitdpue tlu noir aux plus hautes manifestationsdel'esit'lpr. Ge:st des dmarches--pour treplus confornies lavrit --indicatrices d'Unemeilleure comprhension(le ce mode(le pensera Un(leuns ttntlitttriotes, l'minentcrivainAntnorl irit'mn antoigi dansles elhats.I)E L'I\JEGALITI. DESRACES l t 1AINESestune rplique aux protagonistes delathse contian'e.Alallteuretiseilleut, la faonittlute de poser leproblme lui fait perdre deson intrtscientifiqueEtici l.e re-proche ne peut s'addresseruniqueulteflt M. lirntin.il s'adressesurfont aux adversaires quiCarrment, t les premiers,avaientpos la question tle l'ingalitales races,Il fallait `ncessaire-nieiat, ptntr lui donner lutaslpect (le vrit, hnerrogerla ttuuvellevenue dans les sciences h mailles:L'r1\'J T1ICJPC,fOGII, Letitre (le noblesse des races quandil n'aura. pas pourcritrium lacouleur ale1 piderme oscillera entrela clolicocphalieet la. bra-'rhyephalie, Les thories proposes,il faut l'1vanet; (.talent Se-tluisantes, faites pour tenterles esprits ,avidesde nouveauts,Et sans crainte (lenous voir taxer d'optimismesimpliste, nouscroyons que Firmin etit la partiebelle.

PAGE 30

Les disciplines nouvelles dont la mthodologie, ont profondnient faonn les esprits, modifi les concepts. C'est nmticuleu-renient que les questions d'ethnies, de communauts, sont abor-des. On poussera si loin la svrit dans l'tude des dissent-tlances d'une mme communaut qu'on parviendra l'nonc dela thorie de l'Ethnos, thorie dgage (le l'examen des donnesdes units ethniques.Bref, en apprciant l'aptitude ou l'inaptitude des races suivantune formule mathmatique, autrement dit, en posant le problmedes valeurs ethniques sous forme d'quation ou d'inquation,c'es, le situer clans an domaine autre que celui de l'ethnologie.La vrit est que chaque groupement ethnique a des possibili-ts, et que ces possibilits sontfonctiondu milieu.]Vautre part, lesconclusions(le la NOUVELLE BIOLOGIEn'ont pas rvl l'infriorit de la racenoire.Donc le problme dit devenir(les groupementsethniques estrduit l'tude des facteurs suivants:1) milieu.2) spiritualit: somme des acquets sociaux-ou degr decoalescence suscept ible d'augmentation hrits des .ni4llnaires.Notre tche ayant un caractre plus pratique, il est superflude nous arrter des. discussions d'cole quant l'ethnognieou l'tude (les originesdes peuples etde leurs civilisations, Nousles rservons l'etiuticien.*s,il n'y a pas (le doute, le peuple hatien a rencontr de grandesdifficults dans soi,volution.lotir en dterminerles causesgnratricesouoccasionnelles,ilest bonde se rappeler t'tatsocial (le St,-Domingue, puisque malgr nous, notassubissons, part le dterminisme biologique,les influences fastes onn-fastes drivant(le l'amnagement mmedu milieu social. Lepass biologique, ;ce acquetasociauxs'imposent dansle tempset l'espace a tout' cotmnunaut. Lesorniresdes promiscuitscolonialesalourdissentnospas,entravent notre volution.L'ha t en noir ou color est toutmontentjugulpar le senti-ment de son infrioritraciale,Il cherche donc s'vader de laralit biologique et sociale. A ce sujet,nous ticpouvons r-

PAGE 31

lister au dsir de soumettre auklecteurs l'opiniondu professeurilellpaolsur un point intressant d'ethnologie.ales tensions raciales, phnomne compliqu, peuvent avoirlieu entre peuples (le races diffrentes; mais elles sont particuliretient dramatiques lorsqu'il s'agit de mtis qui ressentent dansleur for intrieur le combat racial de deux mes ethniques dif-frentes se refusant toute harmonie.A part les facteurs biologiquesagissant surle comportement(le l'hatien,il y a donc les dmarcations sociales ou racialescres par les colons de St.-Doningue. Nous laissons de ctles rivalits (le moindre importance pour souligner fa divisionen classes par les anciens maitres franais de la co' nunaut co-loniale: lesgrands blancs, les petitsbancs, lesmultres et lesnoirs, On avouera que cette sgrgation n'tait pas faite par desgens ayant la conscience d', ii idal conserver et transmettre.St,-Domingue, foyer d'exploitation des ngres, de misres so-sociales, (levait tre tmoin des plus basses promiscuits hu-tnaines. Le noir .sorti (le l'esclavage aimera son frre de couleurqu'il croira suprieurlui. Lemultre grandira dans cette convic-tion,Il sera dorlot, vnr par la ngresse, sa mre qui, dit M.Antnor hirmin,n'aimsna pas seulement l'enfant; elle l'idoltreraet, dans cette race noire dont les facults affectives `sont exag-res et vont parfois jusqu' la btise, elle le fera idoltrer parson frre noir,l'oncle,le tontonlgendaire. Quant au blanc, ilrestera le point (le mire, l'objet de la haine desclasses infrieures.Pour mieux exploiter ces derniresil poussera lemultre contrele noir dans la personne d'Andr Rigaud et de Toussaint ln-verture,Triste spectacle que cette lutte fratricide, gigantesquede cieux hommes dont l'union aiderait la prospritde l'lie!Triste hritage aussi lgul'hatien contemporaindont on dcouvre lecamouflage auxapproches des lections populaires L.Nous allons embrasser leproblpmcsous un nouvel aspect,Notre dmarche ne sera point motiv par des raisonsd'ordresentimental, Nous serons trs objectif dans l'exposdes faitset la soutenance de nos points de vue..1 bien approfpndir l'histoire de notrepays durant et aprsla priode coloniale,ilrsulte que les nouveaux indpendants

PAGE 32

LES GRIOTSacma::m'inarn'enWportcntpas laresponsabilitdu racismeet de ses cons-quences. Langrophobie,sentiment profond chez les blancs etcertains .affranchis, produira ses effets au point que Og, jeunelibre, refusera de comprendre dans ses rclamations le sort desngres assujettis(Vie deToussaint Louverturepar V. Schoel-cher,page 25).Toutel'histoire de St.-Domingue jusqu'laveille des guerres de l'indpendance est tisse de cesfaits re-grettables qui tmoignent de la faiblesse d'esprit d.'unepartie denotre humanit coloniale. Pour le plus grand malheurde lanation hatienne, certains '.ments indignes,, croirontt"tl'iuf-riorit notoire de l'hatien par suite de son ascendance ngroide,Aussi, l'amnagement social et politique de ce pays en. souffrira-t-il, horriblement.L'organisation sociale d'aujourd'hui, crit M. Grardde Ca-talogue, peut trouver des lments de comparaisonavec ceuxd'ayant l'acte des Gonaves. Les grandsblancs vivaient l'in-trieur des terres comme des grandsseigneurs, mais ils sem-blaient toujours tre l provisoirement etbien que le luxe quiles entourait, tait important aucun. d'euxne paraissait appr-cier le paysauquel ils devaient leurfortune.Ils rvaient tous au'Ile et aller s'installer Paris.jour o ilspourraient quitter 1Cette ville constituait leur unique pointde vue, qu'ils soient lis St.-]Domingueou venusde la Mtropole. Puis venaient lesnetts blancs, c'est-.-dire les commerants, les clercs,les ,arti-sans et lescni1ploys.Naturllenuent les seconds etaientjaloux(les premiers, niais leurhainepour leurs connpatriotes plusfor-tuns tait insignifiant quand on lacomparait au mpris qu'ilsmentprouvaientpour les multre; dont beaucouptaient ex:tremeriches.]fit alors tous les trois, grands blancs,petits blancs etmultres se runissaient pour afficher le plus granu uegour pourles esclaves noirs.Ces derniers ont pris leur revanche,aprs ,avoir acquis leurlibert par la force de leurs bras, ils ontalors cr dans la nationnaissante un racismc (le cntrmande(l)bas sur (les notions ju-ridiques nouvellement introduites et parraction contre un im-prialisme (le pea t dont ils avaient subiles atteintes nfastes.1)Ici nous ne sommes nullement d'accord avecle distingu Publicistefranais.

PAGE 33

Ils avaientpu se proclamer gaux avec les autres hontnnes et ilsse rendirentcompte bientt que cette mesure tait insuffisanteparce qu'ils se crurent aussi suprieurs ils inventrent leurusage un ohauvinisni(le couleur dont nous pouvons apercevoirles nnanifestation,tout le long de cent trente cinqans de lutte,en vue et rote patrieintgralen,(2)Le mme auteur ajoute: Un crivain de-bonne foiet un pa-triote lucide, M. Frdric Marcelin, n'hsitaitpas crire en1896: Nous ne sonlnies pas affranchisde l'hritage que nosmatres nous ont laiss et la robe deNessus qui pse sur nospaules n'est pas tisse, malheureusementque de la frire decocomacaque... La divisionentre ngres etmultres, divisionortr;rade quifit le malheurcomhnaun,est encoreun plus tristeles dl'gepoquecoloniale Elles tit,a pesuroute notre hsoire,tantt proclame, tantt nie, agissanteet nfaste quand m,me...bNous disons donc, que les prjugs denos anciens matres sontcauses gnratrice? de nosmisres internes,et causes occasion-nelles (le l'attitude rservede la majoritdes hatiens au cours(le notre viede peuple. Alorsque les reprsentants (le la racecaucasique ont tout fait pour crer chezeux le complexe de su-priorit, ils ont tout misenouvre pourfaire natre le comlexpelfitinrorit chez les ngres,en felcifiant lesdonnes de l'his-toiret A. lhiia prstoreIls gardtlid.eroneuratttue ngativequant auxpossibilits du ngre, malgrles rvlationsde l'ar-cho!ogie,la!fart contributive du Nigritien la civilisationnditntcriaitennne,Et] manirede tmoignage(le ce (lue nousavanons,relative-ment l'oruilublgeuancon matis e1,xcusera ce reproduire ces.passage; suggestifs, puissclansLa Plialange, ditiondu 26A1939o:tales esprits nnitentifsse rendentcompte que l'aveid-nres valeurs occidentalesne se trouve ni dans une prtenduesuprioritde la race blanche ni dansun classement incertainll'bteunianit entranches varies.La leon(le l'Asie, desphilosophesitidous, (les penseurs chinois,l'enseignement du Japonnous ap-partent le tmoignage d'une vitalit,d'unerecherche,d'un besoin devrit onu,us retrouvons des tendancesqui ne manquent

PAGE 34

ni (le noblesse, ni tre grandeur, ni d'abngation; lalittrature,la musique, l'art de; noirs, mettent souvent en vedettel'essentiel(les tres et l'essence des choses; leur famille, leursocit, leur'humFtnismc ou nous pou-culte atte ignent parfois ce caractre dvons puiser le sens del'harmonie, du symbole et du rythme. C'estpourquoi si les europens constatent chez ces peuples itnorgueilbless et unemfipnce salutaire, loin de leur portergrief, ils sedoivent de danserleurblessure,(le les guriret (le les sauver,A Part le ton kl'apitoienient des passagesci-dessus, nous enapprouvons tout le contenu,Nous rendons aussi tmoignage l'impartialit de llcrivain.Existe-t-ilun t'acisme ha tien?. En(Vautrestermes, le peuplehatien entretientille eentiment de la x.enopnobte tLe ngre hatien, empressons-nous de le (lire, 'l'apas le prelugede_race. Il n'a que le sentitiiuitde son prestige et (le sa dignit,A ce propos sa reconnaissance tte serajamais assez grande aux'avoir compris, pour laFondateurs (le l'jmlpendance hatienne dsauvegarde de leur oeuvre,la ncessit sinon(te soumettretc i ou-vel l at aux rgles xnlasiques,du moins de prendre des nie-sures de restriction quant l'octroi aux trangers de la nationalithatienne.=Sans leur prvoyance l'oeuvreaurait t compromise.Totssaint-Couverture, Dessalines, Christophe,Fabre NicolasGefrard... demtoreront les dfenseursintraitables des intrtsmatriels et moraux de la nation. Est-ce dire que nos premierschefs difiaient. une muraille de Chine entreles hatiens et lesressortissants (Les pays blancs? Seulel'histoire constitutionnelledu pays perniel,tra de rpondre. la question.Il est regrett,ahlo pour le moins (leconstater que des ennemisjurs de notre patrie pour servirleur cause ou justifier leur ngro.hobie tournent le clos l'histoire,prtentdlibrment Des-psalines, Ciihrjjstoplte desintentions qu'ils n'avaient pas, Lesmesures de cc9rcitionqu'ils durent prendre parfois contre des--s de cestrangers taient unerplique aux menes subversivederniers. Ils ci9n,tituaient, eneffet, des lments (le trouble pourle pays, mditaient la pertede l'indpendance chrement con-quise.Il fallait en ces temps lavoir une main (le fer, l'toffede chef pourconjurerle danger(lui menaait nos rives. Consrient(le ses lourdesresponsabilits,Dessalines s'arcbouterala rsolution unanime (le son peupleet tous sesnobles sentiments

PAGE 35

L'I;tl!IIIIU IL'.:'.L, .Ifla iif,0001il111' IctI,lit dfllimam lnII IInILMI., .nIl.. G S C R I'iS. l'endroit de ses frres rcemment mancips exploseront Clansla constitution de 1805.Aucunblanc,quelle que soit sa nation,ne mettra lepied sur ceterritoire titre de matre ou de propri-taire et ne pourra l'avenir y acqurir aucune proprit. Cettedisposition de notre premire chartre tmoigne d'une granite'intelligence, dune haute comprhension de la nouvelle situationsociale et politique de l'Ile, Dessalinnes ln'a pas la mmoirecourte.il s'est rappel la division en castes de l'ancienne ColoniedeSt.-llominguc, o la possession de la terre confraitaux blancsle titre (le matre et de propritaire. Dans l'esprit duLibrateur,accorder le droit de proprit aux trangers tait reconnatrelasurvivance d'un tat de choses pourla disparition duquel outavait conibattu.On sait que pendant prs de deux sicles,les ngres de Saint-Dominguevautraientdansl'esclavageaveccette pense que leblanc tait ls vrai matre, le seulpropritaire,Il fallait toufferce conpplexe d'inf.iorit du noir. Si l'onse rappelle, l'poque,la faib'esse dni)graphique du han^s peineun demi milliond'habit antssi l'on tient compte de la puissanced:'expansiondu blanc, ayant dj en mains des,.ressources conomiques im-menses, on jugera du sort qui eut t faitaux indpendants.'Ceut t le refoulement des anciens esclaves, laconhronission(le l'ceuvre (le lalibert,L 'historit n tiendracompte Dessalinesde ses belles qualits de chef. Ilse souviendra que l'histoire estune ralit vivante, ayant dc3 rgles auxquelleson doit se plieravant (le l'aborder,Comme il s'agit de juger tics hommeset (le leurs actes, un nesabrait impunment sous-estimerla connaissancedu milieu psy,cho-social, les antcdents gnrateursdes faits interroer oug expliquer.1 st-il vt`ai que Dessalinesinterdisait l'entre du territoireauxblancs? L'article 12 tIc la Constitutiotimpriale de 180,5 dontnous venons (le vider tout les contenuhistorique est le formel(lnacnt tle cette prtendueinterdiction.l.a pense de l'iwmpereurse prcisera dans l'article 13 decettemme constitution ; L'articleprcdent ne pourraproduire aucuneffet tant l'gard des femmesblanches qui sont naturalissehatiennespar le gouvernement qu' l'gard desenfants ns ou

PAGE 36

1-iM,14 i;uia.uiuatamnrwti7m;ennit6i7natred'elles. Sont comprisdanslesdispositio''ns du prsentarticle, les Allemandset Polonais naturaliss par le gouverne-ment.Des enseignements inyportantsse dgagent de icetarticle,D'abord les hatien" n'ont jamais pens,contrairement aux all-'gations cicrivains intresss, vivreen vase clos. Ensuite larputation de bla tcophobie donne Dessalinesdemeure sansbase scientifique.Notons que la naturalisation hatiennepouvait tre octroyeaux femMEesblanches gnralementquelconques, aux allemandset polonais, et qu'en cette qualit, ils jouissaient du droitde pro.prit.Sous le .premier empire, les hatiens n'taientpas diviss encatgories. Aucune distinction d'origine ni de classe.Les ci-toyens hatiens sontfrres, proclame laconstitution, et il ne peutexister d'autre titre, avantages ou privilges,que ce qui rsultencessairement de la considration en rcompensedes servicesrendus la libert et l'indpendance.Voil pour l'dification des contempteurs de l'oeuvre deJean-Jacques ]Dessalines:Avant d'entrer plus fond dans notre travail, arrtons-noustut moment pour examiner un grief adress Dessalines, alorsGouverneur Gnral de l'Etat d'Hati.On se souvient du Dcret pris au Quartier Gnral desGonaves, le 22 fv.riet' 1804, ordonnant le massacre des franais.Quelques historienspassionnsvoudraienttaxerde barbariecette mesure de vengeance. Je ne pense pas que nouspuissionsen tre juges, On poussera sa lgret jusqu' voir dans Vexcution de nos anciens bourreaux une diminution (le l'Acte del'Emnancipation.Si cette faon (le juger pouvait tre admise,ce serait, en vrit, la condamnation de toute l'humanit blanchedont on ne saurait pourtant mconnatre le gnie civilisateur,les vertus d'abngation et de charit. Napolon demeure grand,mai:gr la captivit (lu vieux Toussaint. Les crimes commisauCottgo l3elge, en Egypte et dans l'Inde ne sauraient non plusfaire chec labonne rputationdes belgeset des anglais, Nousavons le ddain des opinions faciles, le mprispour tous ceux quirefusent (le se souncttre auxdisciplines del'esprit.

PAGE 37

64810hT GRIOTS1'atu l'infornt ition denos lecteurs nousreproduislonses cieuxet7nsidrt'ans et jarticie dl)du:uctunrntonts:ai"t,Considrant qu'ilreste encore dans cette le ditspersonnes quiont contribu, soitpar leurs critssoit par cuiscn,acusatios ,faire noyer etsuffoquer, assassineret pendreou ;Fusiller plus de60.000 de nos frressulose gouet de Rocha bvernement inhumain de Leclercm eau;Considranttqueous ces homes quiont dsh'oorla natureil,humaine par le zleavec lequels ont rempli lffioeur oce de dnn-ciateurs etd'excuteurs,doivent tre classs parmiles assassins,et livrs sans remords au glaive d la jtieusce;Dcrte ce quisuit:Article 2.-,-Avnnfao...,"+=u,tau"rn aun individu(comme il arrivesouventque plusieurs peuventtre innocents,quoique fortementsouonpgne.,)e nous ordonnons chaque com-mandant de prendretoutes les informationsincessares dans lesrecherches despreuves,et surtout de neafps conondre les rapports justes et sincresavec les dnonciationsqui sont souventsuggres par la hainet lea malveillance.il n'est passans importance de faire remarquerque les historiens -ceux (lenotre connaissanceciiste monstentet---c conndet apporter l'ordre dumlassactesasn$e soucierdsoeumettreles pices n l'appuipermettant d'avoir unevue gnrale sur ladcision,Il est dleporr une pareillh'de de mtonvetonqui ne satisfait nullementiaux exgencesl lbi(ea prot scientifique.Flu depteurantil est bie',n temps dlaguler cettegende tendant faire accroirenue Dessalnes futun l)hf.ncophobe( I), QuantitChristophe dont;e gouvernementne manqua pas d'attirerl'ad.ntiration (les trangers,ilfut l'un denos chefs ti'rtat com-prendre la ncessitd'une collaborationavec le blanc, Sou ad-ministrationcil tmoigne amplement.Nous n'avonspas besoin depasser enrevue l'histoirede tousnos gouvernement;pour ruinerla thlseeur attribuantnue cott-ception raciste duOUoirpV,1) RappelonsqueDe-salia(lenesvaitconfi 1'admirtistrltiQ,nparticulires Conaves un ;,lune franais,Villet, qui jouissaitde sa syrupatltie,

PAGE 38

,i E S C R t C T S:unuurnrriauuu;iuiamunnunmuan,nnuuui aIj!!IIumnnmmmninunauuaAlors que le jeunet'bat offrait son allgeance aux ressortissantsdes pays blancs, ces dernier.; lments retranchs dans leur com-plexe de supriorit le couvraient de leur mpris et de leur hante.Quel eut tdonc, dans unepareilleatmosphre, le sort de laRpublique sous Charles X, si Dessalines n'avait fait procder l'extirpation de cette plaie sanieuse que constituait la prsencedes immols du 22Fvrier150+? Ne nous porteraient-ils pas lecoup le plus terrible en allumant l'incendie dans notre Patrie?Profitait de l'appui de nos ennemis internes, de cesfranais,dignes mules des Leclerc et des Rochambeau, Charles X n'eutqu' mettre en branle ces faibles armes d'alors pour nous placersous son giron.Dessalines avait prvu...C'est l le mrite ou la Gloire desGrands Idonlmes d'avoirla vision de l'avenir oul'avenir dansl'esprit. Eclair de gnie, noussaluonsen lui le pre de la Nation.Avant de passer un autre ordre d'ides, -rappelons que nosanctres, malgr le souvenir encore rcent des crimes de Cara-deux... ne cultivaient pas la haine des blancs; qu'ils leur accor-daient non seulement l'hospitalit, mais encore l'allgeance ha-tienne.L'article 14 de la Constitution imprialedispose: Touteaccep-tion de couleur parmi les enfants d'une seule et mme f4nille,dont le Chefde l'Etat est le Pre devant ncessairement cesser,les Hatiens ne seront dsormais connus que sous la dnominationgnrique de Noirs.Si cet article est rdig au irgpris de toutes normes scienti-fiques, iln'cit. estpas moins vrai qu'il demeure signaltique d'unsentimentde grande noblesse.Au sarplus,ne serait-ce pas verserdans l'exagratioi que d'exigerde Dessalinesautantd'espritscientifique qu' certains conducteurs de.peuples du'20ne sicle?Les dmarchesdes hommesd'tatne sont pas celles .des savants,bien quetous ils concourent l'avancement de l'humanit.Ironie des choses lDessalines et certains de ces Chefs euro-pens appartenant deux poques, deux races diffrentes, ayantla ntnte conceptiondu Pouvoir!(2) Mais Dessalines fut plus2) En faisant cc rapprochemient, je n'exagre nullement.Si on vaau fond des choses, on constatera que le paternalisme demeure la lot dansl'Allemagne hitlrienne.

PAGE 39

ment des ngres que les Etats-Unisd`Amrique, Et pourtantles blancs de ces Etats ne cachent pas leur tendance prserverdu mtissage leur unit ethnique, N'tant pas niattre (tu oerotitcment (le l'histoire,nous ne pouvons savoir s'ilsy parviendront.Toutefois, nous ne. faisons que signaler tni fait.Pour leunplheur de notre conmmlw.taut, deux courants s'affir-nient, s'opposent ii rductiblement. L'un tend refouler en nousla ralit psycho-biologique, en un mot nier nos origines africailles; l'autre se rclame de ces dernires tout en reconnaissantl'apport si minime soit-il, des peuples gallo-latins.Deux des litre3, la suite du Docteur Price-Mars, verrontleurs cxuvres frappes d'anathme pour s'tre penchs sttr lesdonnes de l'liistoire et (le la prhistoire en vue de percer lemystre entourantles civilisationsngro-africaines.Dire quetous ces efforts sont aussi faits pourconfrer une valeur auxngres cl'ITah.i, pour les dbarrasser du complexe (l'infrioritentretenu par les colonisateurs europens.L'obsession racialeet l'vasion raciale voil les termes qui localisent les deux ten-(lances que ixnous venons de signaler, et qui expliquent pour lemoins le grand draine hatien.T'otir autre part, nous demandons acte de notre dclaration (litenom,, tueprofussnns tas (le prjug derace. La questiontantdlilaa't', il est lion dt' la situer.humain pour tt'a.vir jamais profess la hainedes autres races.l,a conception dessalinienne estdonc une iontribution l'1hu-nl anis me.0n )arle, ces jours, d'obsessionraciale.lit des journalistess'oublient jusqu' rapetisser le problme, mettre sous le comptede l'obsession raciste les vnements (les16 Avril, 22, 23 Sep-tembre 89. N'est-ce pas soulever le voile (lel'ternel antagonisnlcde l'poque coloniale, divisercriminellement les enfants d'unemme Patrie.Bref, l'appel de la race demeure une vrit pour les peuples.Malgr la protestation (les hommes d'ltat, lefait brutaln'chap-pera nos lasagacit-des bbservatcurs.Aucunpays du globeale petitafficher la prtentiond'avoir plus taitpour t avancetin cr)nfuntl la fiert (lue nousavons denotre race avec unat'tllitttcttt de ltlatigiu(phobie (le mauvais aloi.

PAGE 40

LESiR 10 T Sanuuuminniupnminuuwuuu m unwnmunninainmarimini oamumcuinummminimun651Dans notre ligne de conduite,loin d'accomplir une mauvaiseaction nous crons chez notrepeuple des ides humanistes.,Considrons l'attitude de \lustaphaKmal,un animateur (lel'anthropoltogie, dont M. Eugne Pittard asalu tout rcemmentla mmoire en termes mus.1_es origines pr-historiqueset historiques de la raceturquen'avaient pas manqu de fairel'objetde la srieuse attentiond'1\ttaturl..,l es civilisations palolithique etnolithique l'avaientbeaucoupproccup.l)'o sa passion pour l'archologie..AussiPillard a-t-il signal en largesfresques ]a part directe, la partminente, prise dai's cetlan versune meilleure connaissancelat did'eens:\n,atolie par lePrdel'histoircprini.itive deltblique.RpChaque foisqu'une trouvaille intparutlatctait ralise, atta-ie cesturiz se taisait donner un rapporta son_ sujet.1:tt chacune adcouvertes enregistres avec joie,ajoutait Gtses propres mdi-tations au sujet des origines(le soit peuple,Il avait de celui-ci,it usde ses hautes qualits uneestimeparticulire.il en avapendant la guerre alel'indpendance. Venului-11d'un milieuie et d'ind'nergservesissait tes r(le petite bourgeoisie, il connala l)opulttti m de sa Patrie,fut-elle de trsence po cdes miltelligpetite extraction sociale, commeles paysans anatoliens.Lesgrandeurs du po++-Ilittite,Saldjoulc, Ottoman-(cequ'ellesctmtcnaie)lt de t tititlttcs) --taient pourlui la garantie de lave-nir brillant qu'art pouvaitesprer de la Turquie nouvelle.Etulire auxs'il avait donn, c'.mnte jel'ai (lit, une attention particstrlees ancc'cst parce qu'a estimait, avecraison, queHittites,de ces hommes avaient putreles initiateursde la grande civi-lisation nolithique.., reliequi a compltement bouleverslemonde pr-historique del'Eurasie et,plus tard, du monde(1)entiei',(,'insouciance haitienne attrait qual'h cesdmarches cl hautetic m)*,tiqueraciale ouciobsession raciste.iritualits,pis-'euittartl, je nie suA plusieurs reprises, ajuteleu ne ltretemt avec Attatutk,(le cesprofondes transforniritions so-ciales,t2) et ale leur tetntissennent surl'histoire (le la civilisation,cars 1939.JanvierolouethA,g qropn1) Revue,21 Il'agit (le l'etlmomorpliose desHittites du 4e. millnaire devenusles titres d'aujourd'hui.

PAGE 41

LES GRIOTSro, enne primi.ive,il est trs prubabte que ce sontdes groupesanatolie ss r. olitl:iques qui ontapport en Europe cette nonvle civilisation.>Ce n'est pas pour rien que nousfaisons ces citations. Messont de grandeimportance pour les lites de notre pays.Pour ce qui a trait nousautres, fils de t hase, souhaitons que:es travaux de nos ethnologues nesoient point paralyss par '.esi,hscurantistes en:rots d"ignorance.Nos cadets quiand:ssent,denseurs du patrimoine ancestral, ypuiscrr:-st des ides de no-h:ezse et de dignitD'aucuns y trouver,)::,,, peut-tre, redire.liais la conviction nous reste que les ducateur; auront leur c:;'ianimit presque de la jeunesse frmi.:_Four avoirconnu le dshonneur une heure fatidique'-de notre existencede peuple, l'intgration d'une mystiqueraciale et nationale nousest indispensable pour secouer notreapathie.Maintenant, nous allons essayer de faire lepoint autour decette querelle de race,Les trangers de race blanche ont-ilstoujours rpondu notrebienveillance?, Loin de se pencher en intellectuels sur nosdiversproblmes, de les comprendre, de saisir surtout toutela richessede'notre culture, on aima mieux dcrochernotre intention despamphlets de toutes sortes. D'o l'intervention de nos^::b":-ciste;;et la justifii
PAGE 42

aise -cra et maintint la division parmi les enfants d'Hati etelle divisa le pays avant de diviser l'ale,D'accord avecl'influencetrangre et tout en s'vertuant garder une solide prpondrance, elle dissocia la longue nosforces, elle affaiblitle pays avantde le livrer, croyant servirses propresintrts, la main mise trangre.Aprs avoir dtourn le cours de notre histoire, elle en altrale sens en dformant la physionomie des acteurs, 1\latresse in-contestable (lescc:les, elle dshatianisa l'Une hatienne, ellerussit ce tour de forer de la rendre toute franaise; elle lui ap-prit mpriser ses hros nationaux et j'entends encore le TrsCher Frre nous (lire au lendemain ales ftes du Centenaire denotre Indpendance nous, les pauvres petits enfants que noustions: VotreDessalines, il est en train de brleren enfer pourcommis.(])tous les crimes qu'il aAprs quoi, peut-on s'tonner que des hatiens rcitent lesleons qu'ils ont apprises de leurs ducateurs? Avec une telleformation d'esprit, c'est bon droit qu'on suspend son jugementsur la viabilit (le ce pays.Notre commerce accapar par les trangers, l'appel que nousavons fait dans le pass des missionstrngres franaises pour,notre arme et notre lyce, les diverses entreprises des compa-gnies en Hati' bien avant 1915 prouvent que la nation hatiennen'eut jamais manifester de l'hostilit l'gard du blanc. -Malgrl'ouverture de notr( lgislation, nous enregistrons peu d'unionsentre blancs et ngresses. Nous n'ignorons pas les rflexionsdiscourtoises des premiers au sujet de notre race quand d'aven-turequelques-uns des ntres poussent leur tmrit jusqu' soi-liciter la main de leursfilles,L'tranger en ITaiti, quelle quesoit la prcaritde sa fortune, est un tre hautain.Et cette liau-tainet estla con' quence de son sentiment de suprioritque luiconfre la couleur de sa peau.D'une faon gnrale, les blancs en Ilati vivent replis sureux-mmes. Leur nombre s'augmentant (le plus eu plus, ils ra-lisent une sorte de concentration clinique (endogamie). Il est craindre (le la part dir puissances dont ils relvent la mise en31 Christian \\'erleiglc in ].'Information du 11 Juillet 1930])cnis-t)uvalieren R(pcnse sc l'Enqute du Rveil,

PAGE 43

654teuvrt rel rinC"},cil.nnAvantde clore ccchalpitrreproduit onl`orge edj 'citairet' eLESGRt pour prciser un pointa ennstitttti ,n impriait-,L:n tteiale1805Toute acceptation de couleur parmi les enfants d'une seule etx1u `.'ea,t l'ita.c.l,tit,ta del)essa'.i:c ce;; 'gifrant ainsi, aprs''adm:-sion l'article 13de la mmectm titutiondes blancs sous la dnomination gnrique de noirs.mme famille dont le Chef de l'Etat est le pre devant nces-sairement cesser, les Hatiens ne seront dsormais connus quert*.r avait C tttpri.que riel e'e cohrent, de durable ne pouvaitt,'l1ati, l,arven=: l`assini fanon,l'absorptiondeslmentshatien, de races diffrent. furent sa proccupation. L'Eml;eCrer unent;.tique.t 1 lraliser l*uni'in de tr,tt, les enfantsa nat:+ ualtt haitienneteuvre sans a soudure des diverses souches ethni-'i:c'est--dire une collectivit ayant une conznlunatttdues +:u i,.t} s, Sans le savoir l'Empereur a voulu crerune race':e vi,r et de sentisuezlts,t2)e1s, 4 ms, n ,,airue celles, qui les ont prcdes t1zriendie cohrentr,e ;rt,atr, h tt traar leur transformation en prxntriationde ntnte senti-mr-nta+Lq lentmilieu desquelles ellesvivent,soit d'empehercc teatI tl'Rutio,sur le Rcile s,Yrial de la RaceLc, l+y a,i.et de laRtt.I i, l +,.tttmMarsitt Re a' anthrc,p,;l++s iquslanvier-19,9 i,2t Si;e, modes de sentir ancestrautine se conservent Pas dans uneracrttquclr,,,,e. il est vident eus1auncaractcrc.sacre et vctterabie devant lequel nous de-v+ns pie tsement u,eus incliner tous du plus humbleau pluspuisant,-tI)r.Prtce-:Bars, LA DIPLOMATIE, HAITIElE. ET L'l\Iti I'E -lrA\C",i:tt7til\IC:II\IE(1S5S-1SG7) in Revue de la ;c,cit d'llist-ire: de t,cc+graphie d'Ilaiti, Janvier 1939,aau, ,ta zsatconstitue par une fiert de race etune aspiration vers la plus hauteforme de vieuntir nous t,que puisse ambitionner un peuple, et, ainsi, elle acquiertd1)L oncpourfragile que soit cette mystique ellee tt.!%1pe nornla eans le rang des pays cmtliseseAuguste 1la-gloire. Le Racisme dans notre Histoire in (cLe}tlatin> du 12 tact, 193:+par dsertic,n---il ne s'ensuit pa, qu'elle soit dcharge du devc ir l nralde tout Etat d'avoir des comportements,une tenue, une discipline quipuissent lui assurer, enfin et dfaut de la place exceptionnelleque luieiit value l'uvre e\ecptionnelle de la rhabilitationmorale de toute unerate unelac1dI1 ;fiais si la missiond'Haiti, titred'humanit noireest pure--

PAGE 44

Tout le long de notre expos, nous nous sommets gard del'emploi (le termes susceptib;es de tnsintetprtation.AFolontai-renient nous avons refoul le sentiment de notreorgueil blesspour rester dans le cadre de notre sujet. L',arguntent de raison,nous croyons l'avoir apport, aprs l'examen lucide des docu-ments. Nous rclamons de nos contradicteurs cette attitude se-reine, si vraiment elle facilite la recherchede la vrit.La probit, la loyaut demeureront un point d'honneur pourl'crivain, Nousavons fait 'e dptdes pices,nous avons re-connu la raceblanche (les qualits aussi raresque belles.,Maintenant nous sommes en droit (le tirer les conclusions sui-vantes :.a) Le peuple haitien,de l'Indpendance nos jours, malgrles obstacles rencontrs, a donn des preuves de son dsirdecollaboration en ouvrant ses portes aux nations detoutes races,(3)b) A aucun moment de l'histoire,il n'affirma unprtenduracisme (lui n'aurait t du reste que prjudiciable sonvolution.Le peuple hatien, en, dpit des doctrines de haine, confiantdans la primaut du spirituel, continuera cette mme ,poli-tique cl'entr'a.i(le (lui l'a toujours caractris,3) Notre collectivit se caractrise par un intressant mariage deraces, donnant les types les plus surprenants. Un fond noir panach d'unegamme infinie (le nuances, variant du brun trs fonc au jaune trs ple,et dont on se demande quelquefois si elles sont changeantes ou si ellessont fixes.Bien des gens qui ne s'arrtent qu'aux apparences et ladure de leur vie personnelle se dsolent de cette bigarrure ethnique, yvoyant la cause de nos violences passionnes et d nos divisions parconsquent de notre faiblesse nationale. Les uns, se rclament bien plusvolontiers de l'anctre africain, les autres de l'anctre europen et lesindiffrents ne se rclament, ni de l'un, ni de l'autre. On en a faittme question pineuse laquelle, croit-on,ilest impossible de touchersans irritation, Peut-tre, n'y a-t-il eu jamais personne en parler avecune entire bonne foi.-(1)r. Clovis Kernisan in La Vrit ou La Mort.)

PAGE 45

ruammmmuimin nrirriuuu i ir muiiiiununuuuinnnn+uoiuuuuum um.nmuui65 6uUMILES GRIOTSdj Il n'admettra aucune doctrine de supriorit d'une race surune autre race ni celle plus extravagante et anti-scientifiquede l'infriorit foncire de la race noire.(-l.)En dfinitive, ou conviendra que seuls l'orgueil ,de race, lesentiment de notre prestige et de notre dignit nous ont pargnsdu ricanement de nos enurituis, ont sauvegard l'oeuvre denosanctres.Klber GEORGE, S-JA,COktl4) Or, l'hatien, dans l'mede qui les vnements historiquesde l'fn-dpendance nationaleont incrust jamais lesdeux notions de libertet d'galit s'irrite sournoisementou se cabre violemment evnt toutce qui semble inspir par une ide(le supriorit raciale,Qu'il s'agissedu paysan frustede l'homme du,peuple du bourgeoisou de l'intellectuel,la raction est invitable, (Dr,Clovis Kernizan. Loco-citato),

PAGE 46

L L S G R 1 0 T$ mnnuummuam;,i ., n U'. iU n;um 7 ii wriinr'J(-57Ethnographie.UNE CEREMONIE D'INITIATIONLELAVER-TETE DANSLE CULTE VAUDOUESQUE (1)Les Articles.Riz-blanc cuit dans du sirop, vermicelle, drage, orange) sa-potille, figue, kola, orgea et autres liqueurs fines, pistaches, ro-roli, rakis grill, un mouton, bougies, huile d'olive, lait; choco-lat ait lait, caf, encens, benjoin, une cuvette remplie de vin blanc,L'Autel.-Sur l'Autel garni (le fleurs et de fr't:ts, brle une lampe. icil'huile de palmacliristi est remplac par l'huile d'olive. L'apparte-ment ose droulel'office est illumin ses quatreangles. Re-pose devantl'Autelune cuvette en porcelaine lihtncheet conte-nantdu vin blanc.La Crmonie.-L'an de la faucille possd du Papa, Simbo(2) salue tla tteincline vers le sol et les mains interposes l'une sur l'attirera-lisant par ainsi une croix en forme deT.(3) Les adeptes deboutrpondentpar le mme geste.La maison est aspergeaux quatrecoinscardinaux.Il rpand aussipar poignes:mais grill, pis-tache, roroli, bonbons et drages.1) Le laver-tte est une crmonied'Initiationaux mystres du vau-dou.C'est par cette crmonie que le benjamin de lafamille entre encetil"A pdiliarrearapport avec les esprits protecteurs du groupefammoment (et d'aprs une philosophie de cettereligion) le nophyte devientclairvoyant. L'instrument dont ilse sert pourfaire valoir ce don estune bougie consacre. Et au cours de l'invocationsuivant que la flammetic cette bougie oscille droite ou gauche,la prdiction sera bonne oumauvaise.2) Le Papa Simbo correspondau Saint Christophe du CalendriermainR.o8) Cetteinterposition des mains, au contraire de celles observes aura-vraiment lelidgseou, racours des autres crmonies du culte vauphique (lela lettre T.

PAGE 47

Pour se lntrifi4r le Patriache s'intlargne, au pralable, defume d'encens, de benjoin, puis se ravt les mains avec du savonet les parfume. C'est l'invocation l'esprit Suprieur devant lacuvette remplie de vint blanc. Et ensuite, au-dessus de la tte durcipiendaire incline sur la cuvette, l'officiant verse de l'eau et`lui fait (les ablutions avec du vin blanc. Ceci ralis, il appliquesur la tte du Nophyte titi bandeau de toile blanche. Les adeptes,dans un pieux recueillement, tieiinent leurs bougies allumes.Le Saint Sacrifice.-L'agneau pralablententdcrott, est purifiet parfum L'ambiance transpire un dynamismemotionnel',li alors,le1MlaitredQ crmonie, transfigur,saisissant d'un gestepreste, un normecoutelas, le plonge dans les entraillesde la victime, Le sangjaillit et est immdiatement recueilli dans un vase.Seconde invocationau cours de laquelle le Prtre et lesAdeptes absorbent quelques gorges de liquide sanguin.C'est la communion,L'animal tend'tsur le sol est enjamb tourtour par lesmembres del'assistance.Il est ensuite tlpc: le pieddroit estdestin,attx pauvres,et les autresparties serviront auxdiffrentss'en servir,.plique au nouveau-baptis la valeur de la bougie et ta, faon derepas.Aprs quelquesinstantsde profondsilence, lePatriache ex-Tabou.-Les nten ybres de cette famille devront se garder formellementde se nourrir de la, viandede mouton.cit, se tlominient hanchons, Dans leur culte, le chant, la danseservants qui ne sont autres que des esprits mineurs. Leurrepasest diffrent: il consiste en du riz blanc cuit dans du 'sirop, Lesmembres (le la fanZillc, en mme temps membres decette so-L'Esprit Simbo, dans le Panthon vaudouesque,a aussi sesNotes fournies par le Patriache.-et les boissonsalcoolises sont fitertlit:,,

PAGE 48

LESGRIOTS'A659L'Esprit protecteur ou Simbo a pour devoird'intervenir toutesles fois qu'un membre de la secte se trouve auxprises avec lesdifficults de la vie. Et enfin, mention capitale, cettecrmonieconfre au nophyte la facult d'tre envahi parl'Esprit.LORIMER DENIS et Dr. FRANOISDUVALIERMembres dela Socitd'Ethnographie de Paris

PAGE 49

660onrmriirnnnilpiu!rmuunrimauunrnuumm'muruni,ummnuumuIIliioinuluwmn,a LL S CR 1OTSSociologie.La FormationEthniqueet Moraledu PeupleHatienINDIENL'accord est loi,, d'tretaitde laentre :es Historienssur le chiffreportent cePopulation d'llati,au tnonicul de ladcouverte, Les unschiffre troismillis'ondmesl,es autres s'arrtenttousl'estimatialbeaucoup plus modested'un milliond'indiens. Dansles cas, .a;tuestiOll neIlous intresse qu'l'gard decer-taines clductioltsque nous allons tireclrans cette tude.L'le d'Hatitait loin,au n1onlent de !adcouverte, d'trehabite clanstoutes res partie,.St, ATenat,t,unes apprendque laliopulation indiennese caiuoilnaitlittoral etsurtout POU de distance duque les nlontagJeSetl'intireur de file taientdserts.Llle vue 1-tt'(1Sncctive(ILlaC{5o'1'a1confirme le direde cet ol)servateurA.aurifre du Cibao,toutes 'es bourgadesindiennes,'"li'aquimno, Yaguana-':l illurnn.111eI1t11711CeS, II1al;1JU111IIOi11111Ce.,w,`yguey et toutes cellesase trcxivaientsur le littoralou Peu (le distancecle11c(lerJcr.seuls les massifsInontagneu imp(lrtants,,eCthAintorie,leiole Bde grandscours d'eau, l'Artil)onitcs,iCli C1CS n01713naotioua, etc"avaientparticuliers..1 vrai dire,la ct>nclttteavec ses svices,fora bienttlesespagnolendiens se r fnh#el daslesmontagnes les p'.usinaccessiblesd'elle.L?ne telle populatioii,vu d'ailleulest:a assez col7si-clral>les quisparaient litsbourtlrsgaes, lieitpouval'as tre tI.Sn1o11ibreuse. C'est notre avisune grande concessiond'admettreque les Indiens fussentun million01, ne dtruitau momentde la dcouverte.pas en montsd'un:quart delsd'hommes rpandusdansIle1outagneus(ecleliilmillion,excessieMentboise et o abondentles ressoutCes natuellres,Que valaitcette population indienned',1Iati ?

PAGE 50

LE S G R10 T Saiiunnr.uninnuiusmuummumom,numuunnnpmmunnmuununimtmmuumrounuumnnnuiu661Une hypothse assez envogue ces temps-ci, affirme que lesChms d'I-laiti, comme les Indiens de Cuba et de la Jamaque,n'taient qu'une division de illaya-Qu'ich, attarde sur la routede l'migration vers le Yucata, et le San-Salvador.Les auteursqui soutiennent cettehypothse, sebasent sur unedouble srie de faits.lo. La parfaite ressemblance physique uetous cesindiens, Le illaya-Qu'ich4, le t'pe mode, est ttn indienbrachycphale, de petite taille, au teint brun, la pommettesaillante.2o. Les rapportslinguistiques; lesmmes racines seretrouvent peu prs dans les idiomes de tous ces Indiens.Quel que soitle sortfait cette hypothse, il faut <gionsitt.salubles,surtout aprs lafondation d'Isabella forentterriblement mal-traitspar ces fivres. Qun'ignore pas d'ailleurs que ces pidmies annuelles contriburentbeaucoup pousser les Espagnols abandonner Hispagnola pourles plateaux plus salubles duconkrrett lesreifnsranaMe ilue et du Prnu.Plustard, tes

PAGE 51

nluumraaunuuuuunnnimu:,nuau.u:uauonmunouumnnuumimmes difficults, mais leur tettacit eut raison eu partie (lel'insalubrit (le la ciste,Ils utilisrent argentent le feu dans ledfrichementde la colonie.Quant aux pauvres indiens, ils n'avaient aucun moyen efficacede lutter contre ces fivres qui les minaient.Sur l'action nocive de la syphilis dans la population indienne,le chroniqueurespagnol don Ruiz de Isla nousfournit les meil-lettresprcisions. De lsla affirme en outre que Il reviviscencede lasyphilis enEurope estbien la consquence(le la, dcouverted'1Iispagnola.Selon cet auteur, les compagnons de Colomb contractrent lamaladie, dsson secondvoyage par suite de leursrapports licen-cieux aveclesIndiennes, Martin Alonzo Pinsonen fut une (lespremiresvictimes. De retour enEspagne, ils y propagrent'Iemal. En Italie, lors des expditions de ('hallesles milliersde femmesqui suivaient l'armeespagnole c )ffl; atinrent lesfranais qui :euar tourrpandirent le malau del des,Alpes.De l sans doute, lenoin de mal italien, de mal tt,lltolitatr donnparfois la syphilisMins par les fivres, appauvris dans leur tsistanceorga-nique par lav-ro:e, les indiens succombrent rapidement auxtravaux forcs utxquels les assujettissaient les; Espagnols, Ladisparition(lela race indienne s'explique doncautant par lacruaut des espagnols que par l'tat pathologique (lecette popu-lation. Un quart (le sicle aprs la dcouverte, ilne restait d ;usfile que quelques milliers d'indiens poursuivispar les dogues etpar les chasseurs d'esclaves, Oexnnelin, (lui mena la vie, tanttde boucanier, Tant. t (le flibustier St, i)omingtieplus d'un sicleaprs la conqute espagnole, affirme qu'on trouvait cette poque,sous (Ittelques rochers, des cavernes votes toutes rent),plies desossements (le ces peuples tt assacrsEn 1500, en excution d'un ordre dela courd'hslt^gue, legouverneur NicolasOvanrlo, fit dmanteler les villes rlel'Ouestd'Ilispagnola, Les historiens n'ont donn qu'uneraison cettemesure extrme, le cotnti,erce illicite (leces villes avec les llol-landais. La cour d?'Pspagnen'a-t-ellepas t conduite cettedcision pour des raisons aussi des utt pulal-kte, car les villesdmanteles,BBr,h alfa,Santa Mariaale1':tguana,taient bties dans des rgions qui jusqu'ici,sontd'orle

PAGE 52

LES tD 1 COr, .S"3u:alubr t notoir'. Dans tous les Cas, toutela partie occidentalei-d'I1is}ragnola fut tIbaridomrc.3.aptittutettse nature troprit tes droits. cou gant de ttouv&rzuile son e-xlibrantecale> rep;1vgtationles endroits clefricltcs. La utt sle; aient nagure lesueles grogne,us etdJpWenclt.:ants joyeux d ,s Indiens, lie s enteitittcnts clos sangliers et lesmugissements dt s taureaux sauvages.Cet abandon :aura plus d'un siic.e.Inutile d'ajouter que lesorcs et boeufs surtout,introduits dans file par lesuxim, panase multiplirentlrrodigieuseinent sur ceterritoireCastillans,que seuls de hardischasseur, esp l;r:u3 et desindiens errantsnt encore abat dcr.ieosaL'extinction complte de 'a raceindiennen'eut, parat-31, lieuque clans lespremires dcades (1111L &ine sicle. et i, dan'montagneux de l'ouest (lesgroupes de ces malheureux,sifsles masavaientpu 'S'yrfugier, chappant ainsi la dure servitude es-Ataicnt asseznombreuxau]tahorftct:et sur les con-IlsIgnole.treforts de laSelle. f1 ces dbris de la a aceindienne d'1 Iati taienttetfi',tnornnne race aussivenus s adjoindredesrel)rseutattts ddes noirsimports d',Afrique,r1lsc5 coloniesansEn effet, en 1503, l'excml:le du T u'tttga1t ; a I1i41rauiola, lespremiers noirs d'1lfrique.prdcesseurs En ;l52Z,ils oseront se revuntilte du gouverneurDot Diego Colotb,fils de l'amiral etgagnrent les bois,l 1 (?part de sangnouveau ne devait paspourtant sauver larace ntdunne,Elle taitIrrmdiablement condamne parsestares disharailre.I.es premiersboucaniers franais,chassantleopds et latit s flzmr SesGrandsle sanglier etle 1.rul`eattsIV.I,SavRnflrandc', eurentsouvent l'avantagede capturer (lesin-diennes dont i'. rrfaiRttiettt leurcompagne. Ellestaient selon leide leurs compagnons (lentisere, les cnt-les mois. Ovandolui-ntcmc dut convenir tluela colonie rte ga-gnait rien recevoirdes htes aussiincommodes. Le puissantCharles-Quint par un ditparticulier dfenditd'introduire dansl'le de nouveauxafricains. Cependant cm1517, l'instigation (leLas Casas, cet interit le lev et latraite recoinntena.Toute-fois les nouveauximports ne furent pasplus sages que leurslter sur l'habitationdprims que les Indiens.lis se ievr tctcrtrent leur suite dansl Irspagne nrtf oc uiSUaussi]Hais ces africainsn'taient pas des tiresaussi soumis,1 a, tt et secouantl'apathie

PAGE 53

LES GIt:)uut d'un auteur que des louves qui leur apportaient dans leursment, indien, n'a fourni aucun apport srieux 1 la formation']arcs le tuai qui, tt 011 tard mettait fin leur vie d'aventures.Les considrations prcdentes font positivenxent voir que l'lethnique du peuple hatien.primitifs habitants d Ifstti,observations faitespar lesanthrctpologist(s sur les Mayas-Qtt'ich, les Indiens d'Amrique quise rapprochent le plus desI,guenant'ota, les .lnacaona, femmeset fi'ies de rois, formaientdes exceptions. Nous avons pour garantde notre affirmation lesgnique, Plastiquentent, la race indienne n'taitpas belle et lesIiitteila race laplus endurante ne rsistepas, mal d'autant plusgrave qu'il s'attaque la descendance, dont il dtruit la force eu-(lesdgnrs.Ils taient communmenten proie un niai att-Tncoi establement, les Indiens d'Hati, taient physiquementCela est-il un bien ou un mal ?amontre aucune aptitudeparticulire.A la priode pr-colombienne, l'encontre de nom-breuses tribus d'Amrique, il sortait peinede l'ge de la pierretaille. Sa sculpture tait informe, grossire,ses statuettes grimaantes sans souci (le la beaut. Sur toute l'tenduede l'le\Ioralentent l'Indiead'T-'aiti n'avit'W conserve 1108 yeux que la valeur d'uneexprience dont cer-pp1)osc an, une fulgurante clart.La concu-t


PAGE 54

LES GRIOTS'114',itarnniurarIII?I iuwitmuiinme;Unnumn665tainslmentsdevaienttreprofitables lacolonisationultrieure.Rien n'at plus bril.ant que les dbutsde la colonisationespagnoled'Hati, larace traversait l'une de ces crisesd'nergienationale qui laissent toujours des traces profondes dans l'lhis-toire. En peu (l'annes, ics a ti.,-ztn., >lfrlcl"cnt une portionnotableduterritoire, exploitrentses minesd'or, crrent desroutes et fondrent des villesflorissantes.Sur toutle,littorald'Isabel'.a
PAGE 55

666.,__LES 'GRIOTSque le bourg de Saut-de Goave(St, jean de la 11aguana, n'taithabit que par des mtis des deux races.Il en don(je d'eux la description la plus surprenante.Ils ont(lit-il le fond des yeux jaune, sont hideux voir,de mauvaisehiunmeur, traitres et capables des plus grandscrimes. On voitajoute-t-il aujourd'hui plusieurs endroits dans l'Amriqueuni-quement peupls de ces gens-l. En gnral, ils proviennentd'espagno,s et de Portugais quis'prennent volontiersdesfemmes noires indiennes, Le mtis dcrit ici par Oexmelin estle zanibo, et non le multre comme il l'appelle, suivant la vieilleappellation castillane.Il n'est point douteux que le sang indiense perptue dans 'tnecertaine proportion dans quelques rgionsde la rpublique dominicaine, niais l'ethnographe ne sauraitadmettre une semblable conclusion pour Hati, La colonisationespagnole garde donc pour nous la valeur d'une exprience co-nomique etsociale, sans aucun(:influence sur laformationethnique du peuple hatien,Elle est, pour nous rpter, cepoint de vue, aussi mgative que l'influence indienne.Docteur J. C. J ORSAINVILMembre de la Socit d'llistoire et de Gographie d'I3aiti,Ilemltr4 del'institutInternational d'Anihropologte de Paris,f

PAGE 56

LES GR10TSHistoire.I667I)s le lendemain de l'Indpendance nationale,Hati tait unchamp ouvert aux intrigues et aux rivalits des reprsentantsde la ],rance et de l'Angleterre. Nousavons marqu ailleurs(l)quel rle trop souvent nfaste ils eurent dansnos dmls avecles gouvernements de Louis XVIII, de Charles Xet de Louis-Philippe. Notre diplomatie, inhabile et dlttive, tait constani-ment ballotc, joue et brime. Elle avait tout l'air d'un mis-rable pot de terre entre deux pots de fer.Cette situation, quidura longtemps aprs la chute de 13c;)er, n'a pas t sans laisseraux Hatiens le Sentiment trs net (le leur faiblesse et le dsird'une puissante amiti extrieure.Aussi, quand, aprs la Guerre de Scession, le gouvernementfdral, libr de l'opposition sudiste, eut cr une lgation itPort-au-Prince, ce fut, dans notre capitale, une manifestation (lejoie sans prcdent. La nomination d'un agent diplomatiquesignifiait la reconnaissance officielle de notre souverainet parla plus grande Rpublique (lu continent. Elle signifiait surtoutque, devenue membre de la grande famille panamricaine, ] faititait comprise dans le cercle de protection de la Doctrine de\1 ouro.La soire du jour ( M. Pelle remit :ses !ettres (le crance auPrsident Geffracc: fuit,inarc1uce par (les rjouissances enthou-siastes,Les habiututs'flespontanment,illtt-minrent les faacics de, leurs maisons,Pair ces manifestationsils tenr+tent en outre rendre hommage ,a la nation magnanime(lui ventait de jouer son existence pour abolir l'esclavagetcr souterritt ire,Des relations internationales ne pouvaient tre inaugures sousde meilleures auspices, 11>otutant, un esprit averti et perspicace(1) Voir Le Ten:ps-Revtce cle juin 1933: Les ngociations sousVoyer en 1825.

PAGE 57

66$'""'" LES GRIOTSeut pu, ds ce moment, dcouvrir notrehorizon unpoint noirqui tt ou tard (levait fondresur nous en orage. Il s'agissait du\l'lc St, Nicolas qui, depuislongtemps dj, tait l'objetdesconvoitises des :Etats-Unis.Leurs hommes d'tatlaissaiententendre l'envi que c'taitle lieu le plus propice pourl'tablis-d'une base navaleamricaine. Ilvre trs sret formidablementprotg par la nature, le \ileoffrait enzotc l'avantaged'trela principale cl du Go.fe duMexique et du bassin desAntilles.Dj vers 1846,sousla prsidence de Rich,un lieutenant demarine du nom (le Porter,devenu plus tard amiraldela flotteamricaine, avait accompli cheznous une missiondemeure long-temps mystrieuse. Il parcouruttoute File et, de retour Was-hington, dposa au i)partenPentd'Etat un rapport dtaillsurles possibilits minires etstratgiques du pays.Dix ans plustard, sousl'Empire,un certainGeorges B. Mac-Clel:and (futur major-gnralde l'arme amricaine),assist (leplusieurs ingnieurs, dbarquaiten Hati, M. Pierce tait alorsprsident des Etats-Unis,M. Mac-Clellandse rendit dans l'Dtatvoisin et entratin pourparlers avec lesautorits dominicainespour la cessiondeSamana, Il fallutalors les protestationsner-giques des reprsentants(le la irance, de l'Agleterrcet de l'Es-pagne, pour empcher laconclusion de l'affaire,Le rapport que M.Mac-C'lelland adressa Jefferson Davis,secrtaire d'Etat de :a(guerre, et ujrotaitce passage significatif:Il faut observerque les villes maritimes(le la Rpubliquuehatienne possdentdes ports de beaucoupsuprieurs ceux de la Rpublique dominicaine,Celuidu MleSt. Nicolas est, de par sa position,celui (lui ;mous intressele plus,puisqu'ilcommande lapasse du veut, d'une faonplus complteque labaie de Samtuiane commande lepassage de la Mona. Ceport est tellement connuque j'ai peine besoinde rappelerque c'estuu abri excellentpour les grands navires,et que, sous la do- mination franaise, iltait srieusementfortifi...Reprisesen 1866, les ngociationspour la cession de la baiede Samana chourentencore urne fois, lasuite du grosscandaleque l'affaire provoquaau Snat atnricain.Le Prsident dominicainBaez, profitantde l'occasion despour-parlers, avaitpropos,moyennant une forteindemnit, l'an-nexi,n; (le touteta partie de1,e Congrsrepoussa avec

PAGE 58

LESC RI i O T S669indignation une telle offre, non salisils le mritaient, les ngociateurs...IlLe gros retentissement qu'eut cette affaire dans la presse cou-tinenta'e et europenne intimida l'OncleSam et calma lesardeursde son imprialisme naissant, Des annes passrent. On sem-blaitrevenir, en Hati dumoins, de la forte motion et de lamfiancequ'elle avait provoques,quand, en 1883, nous nouschargions nous-mentes de rveiller les convoitises de notre puis-sant voisin.Il y avait alorstaie htt'.ta`ttcd'ann4es qrcdeux factions pre-ment hostiles divisaient en deux Camps laRpublique:les lib-iaux et lesnationaux.Elles en taient venues aux mains dansles rues de Port-au-Prince le 30 juin 1879. La dmissionduPrsident Boisrond Canal ; l'exil de M. Boyer ]3azelais et desespartisans furent les premiers d'une srie d'vnementsqui abou-tirent l'accession de M. Salomon jeune la premire tnagis-t;rature de l'Etat, Les nationaux quicherchaient un chef de l'en-vergttreAu leader libral Boyer llazelais,trouvrent leur homme(Jans l'ancien ministre des finances deFaustin let'.Il faut bient'tcutlnailrc qu'ils n'avaient pas ma'cht)isi.A une solide culture,M. Sultttnon jeune joignait une grandeexprience des choses dumilieu.iit vingt -annes d'exil avaient encorelargi le cerclede stconnaissances. Mais, sans qu'il y mit unevolont cons-ciente, iltait demeurl'ennemi de l'ancienparti geffrardiste(l'ail tait venue la grandemajoritdes libraux. Son pre avaitt fusill en 1863 et lui-mmefrapp d'un ostracisme implacablequi dura jusqu'en 1879. Pour quiconnat la tnacitdes hainesclosesdans le champ (lela politique et qui lui donne trop sou-vent chez nous le caractreimplacable de la vendetta, il sembleranaturel que Salomon se rappeltbien tocs ceux par qui, directe-l'rt et qutucnt ou indirectement,lui et les siens avaient souffeinourrit contre eux des desseinsdevengeance. Cet tat d'medu nouveau Prsalcntchappaaux libraux st' mpretulantsurla forcerelle de leur parti, et tout enflammsde lalutte armequ ils avaient soutenue Port-au-Prince et aux Gonaives, ilsvirent en Salomon le continuateurde Boisrond-Canal, c'est--dire

PAGE 59

670l'enneniqu'il fallait combattreet craser afin d'arriver lavictoire.., M[aintenantm1';1v a 'tc,ni, e avecavantage, Salomon, partsoi, ne devaitpas demandeturreux quecette occasion qui lui taitofferte de prendre enfinsa revanche,.,C'est ainsi donc que son gouvernement,tout son dbut,corn-portait en puissance lednouement d'un dramereu commetrnlourd legs deon prdcesseur.1,1 devait craser dfintiverirentau disparailre piteusement.La lutte s'annonaitpre et sansmerci.En 1882, Saintt-,.Mare,une premire passe. Une insurrectionbazclai.iste yest touffe dans lesan. Qguarante huit cortdam-natrons la peine demort, Quatorze d'entreeu.,< sont excuts Sa r,t,llarcet quatorzetaures aux. Gonaves.L'anne Suivant-z, le27 mars,l3azelaiset unecentaine desescompagnons dbarquaient Miragoneet s'en emparaient.La anouvelle de cet vnementclata commeun coup de tonnerresous notre ciel etsecoua le pays d'un bout l'autre d'une vio-ente commotion.Jamais le gouverruurentdeMi, Salonlon jeunene connut d'heu-res plus sombres, Le Prsidentn'ignorait pas queplusieurs villesrongeaient leur [reinet taient prtes se 1110;ttrc en rbellionil n'ignoraitpas qu' Port-au-Princes'ourdissait uir.coup(le mainqui serait peut-trepour lui un coup de grce.i1'.ais, ce qui taitplus grave: le bruits'accrditait de plusen plus que les insurgss'taient assur leconcours matrieldu gouvernementbritan-nique contre promesse(l'tute concessionde la baie du MleSaint-Nicolas-Il n'en fallaitpas davantage pourfrapper de stupeurle mondegouvernemental, Oneut dit qu'y,ces heures-l lasagesse et laraison patriotiquetaient aboliescitez I lJaitierrdmetteet qu'un vent dee soufflait sur lepays. Le PrsidentSalomon jeune,d'oartlitsaireSi avis et si matrede soi,se laissa emporterpal-le courant. Quand illui sembla horsde douteque la ville defrutie allaitsuivi=e l'exemplede Miragone,ilcrut que ce(levait tre le Signald'un soulvementgnral dansle Sud etdans l'ouest etccrosqut>nnr;rntrle sou renversement..a foi solennellementjure devantJ'Assenmble Nationale, uil,rosaauprs du ministreamricainune dnr'arche d'uncaractre abso-lumentgrave,

PAGE 60

longtemps ignvre du pays, cette dmarcheavait pou' objet'le de lapourrait-otn le sttlaposer? -une offre de cessionde 7Tortue la W publique toile contre certains.avantages pcu-iiiaires et de protection extrieure.Il faudraitremonterjusquPtion, dans l'hypothse, bien entendu, o l'ontiendrait pourvrai;.je trait sec' t qu'il aurait sign en 1808 avecNapolon ler.ilfaudrait remonter jusqu Ption pour trouver,manantd'un chef (le gouvernemeait, un projet queaffectait aussigrave-ment la souverainetnationale.Il v avait l plus qu'une violation d'unprincipe constitutionnelconsacrant l'incessibilit du territoire; il y avait une renonciation'.indpena une tradition tutlaire lgue par lesfondateurs de l(lancenationale,comme la plus forte garantie de cetteindlpeli-dance.Le diplomate amricain, vf. J. TerrerLangstone, s'tait em-press
PAGE 61

raliser n'auraientpas manqu, soit sur lesctes d'Afrique,soit dans lessoitdans le suddu hat:ifihue... jusqu'ici, l'n'a profit d'au-Antilles,cune de cesoccasions, et il y a peu d'espoir devoirleCongrs,-qui,en dernier ressort, doit tpnclh'er la questiond'une pareillejuridictiontransmarine,-accueillir favorablement une acquisitionde territoire telleque celle proposeper Soli,l xeellettce, Dans tous lescas,et en ne laconsidrant que sous son aspect purement politique,ce gouvernementn'est pas dispos(is nnprepared) accepte' les propositions sansse soir'intermettre aux dsirs que le Congrs et le peupledes Etats-Unis, parlnndiaire du Congrs, peuvent trouver bon d'exprimer ce sujet, Eu cequi concerne la suggestion plus matrielle que lacession propose doitteindre les rclamations: pcuniaires des Etats-Unis pendantescontrelale gouvernement d'Ilaiti, je ferai seulement remarquer que,commepremire proposition, c'est une question soumettre au jugementfinal'ide que cc gouvernement(lu Congrs et elle impliquerait naturellement lassume la responsabilit de rgler ces rclamations avecles fonds dutrsor public.Ce serait sans doute embarrassant pour le prsident Salomonsi sagnreuse proposition tait dans sa forme actuelle soumise auCongrs ;enconsquence,ce gouvernement ne peut convenablement(properly),rien faire enl'espce,`_moins que la proposition n'arrive par les voiesdiplomatiques ordinPires, de faon faire que sa soumission publique l'examen duCongrs soit un procd ne comportant aucune rserve inter-nationale,je suis, etc,.,(Sign) Y'red...Sous une forme polie, la rponse du secrtaire d'l:.tat tait unrefus catgorique. C'est qu'il n'entendait point s'engager dansune nouvelle aventure. Lescandal de Samana n'tait pas encoreoubli.,Mais, en Hati, la situation du gouvernement, n'tait rien demoins qu'angoissante. Chaque jour, il voyait surgir devant luide nouveaux obstacles.,. Son crdit tait branl et toutes lesressources(le l`Etat allaient droit aux dpenses onreuses de laguerre, Une dette flottante (le plus de sept millions de piastresil tait d rien qu' une seule maison.,. une valeui,1, :5ors'appesantissait,,tirles charges dj troplourdes...xante-iluinzc mille dollars, En un mot, tout exprimait 1 gneet mme la faillite.(])(15 Extrait d'une brochure de M. Callisthnes Fochar1f (ministrfinances en1883), Voir: Hati par L. G. Marcelin, pagc 7.

PAGE 62

ne;uuin, mnu n,.nnie roi deGrce.e,,.ranctredeinils, mBucdeuda de Aguirr, Grantdu consulat d'Espagne.AraSuded.eTwcedy, consul deNorvge et'Hermann Peters,consul-gnral des Pays-Bas.S'il tait dict parun,sentiment d'humanit,cet ultimatum nerespirait pas moin5l'arro ance et mmel'impertinence, en mmetnon feintede la part desilittemps qu'il laissaitvoir une hos