Les griots

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Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
April 1939
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00012


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Full Text

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LESGRIC)Ts581ne sait pas qu'il a des droits garantis.Il s'endort l-dessus. Etles actes faits en son nom ne sont qu.'une apparence.Il ne cherche au,vne amk ioratirn sa condition. 1.e bonheurpromis l'humanit, il t.-pre le trouver dans l'autre monde. Encela, il est d'accord' avec la doctrine catholique.Toutes ces dissemblances ne devraient pont faciliter lu com-prhension entre les deux peuples, entre la race dominante: et lantre.Non seulement nous ne parlions pas la mme langue, mais lestermes n'avaient pas, pour les deux parties, la mme valeur. Etpuis, n'y avait-il pas aussi sur cette terre de St, Domingue, uneconjonction de deux civilisations: la civiEsation latine fille del'antiquit paenne etla Rforme, raction contre lu culturepaenne et la hirarchie romaine: Rationaliste, hritire des idesfranaises, l'lite hatienne, en vouiaivt fortement le dveloppe-nient de l'hommeintrieur,faisait de l'homme sa propre fin; lesdirigeants amricains de leur ct, ne comprenaient pas l'hommesans le groupe. L'Hatienraisonnait,l'Amricainentendait,li-quider ou aboutir, d'un ct se trouvait la puissance, de l'autre,la faiblesse et la ruse. Jamais plias beau gchis ne s'tait vu enpays occup.Comment l'Ami*ricain eut-il pu raliser le bonheur promis. Ilest sans doute parti avec la convictionprofonde qu'il n'a fait quedu bien en HATTI. Est-ce bien vrai?Assurment, il ne se trouvera personne pour nier la grande g-nrosit de f Honorable Prsident Roosevelt? Mais, endfinitivel'Occupation ire fit-.elle pas quelque bien?Il n'est que d'ouvrirles yeux. Nous couchons d'ans son lit,prpar dkurant 19 ans.Ce n'est pas encore la terre promise. Mais sonlabeur aurait pu yconduire si la dmocratie tait, pour nous, la voie largequi mne la LIDERTE, Tous les services publics etmme la garde quiveille sur la vie et Fes biens des citoyens, tmoignentde soi inlas-sable activit.Elle a fait du peuple hatien un autre peuple,amoureux de la paix, dsirant letravail. Mais comme l"hatienn'a pas le mme esprit que l'ancien dominateur,il attend tout del'initiative de l'Etat. Et parce qu'il n'a pudfendre le sol, il subitmaintenant une espce deCapitis dirninutio.Ce vice de temprament lui a faonn uneme servile.Il estdevenu un peuple de fonctionnaires etde solliciteurs. Le dsiruniversel et immodr des emplois publics, a-t-ondit, est la pire

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5R2GRIOTSdes maladies sociales. Elle rpand dans tout le corps de la Nationune humour vnale et servile qui n'exclut nullement mme chezles mieux pourvus l'empr .it de faction et d'anarchie. Elle cre unefoule d'affams capablks de toutes les fureurspour satisfaire leurapptit et propres toutes les bassesses ds qu'ilssont rassasi's,Un peuple de solliciteurs est k dernier des peuples, il n'ya pasd'ignominie par o on ne puisse le fairepasser, (Momtalem-berti. Mais l'Occupation Amricaine estelic l'uniquetausc dece mal? Et ne faudxait-il pas faire entrer en ligne de compte,nostares ancestrales, nos origines serviles et l'abandon de tout freinmoral. Avec l'honneur aurions-nous aussi perdunotre fiert decitoyen.ORDRE NOUVEAUL'Amricain est vc.nu l'imposer. Pour quiveut bien se ra_ipe-ler l'anarchie qui menaait laRpublique, cettet,rve de guerrescivil,cs promettait les plus grands espoirs.Au commerant, elleprocuraitla libertd'couler samarchandise, aux famillesle reposassurant l'ducation des enfantset aupaysan la libert de cultiverson champ.Il ne szraitplus le soldat marronle serf taillable etcorviablcen, garnisondansles rgions lointaines deOuanaminthe.C'tait son tour de chanta. Libert duservicemilitaire, il ne sesoucia point de chasser l'tranger.Cette disproportionentre saconception de l'ide de Patrie et celle dt l''Eliitemontra bien lagrande injustice de base de la dmocratiehatienne, injustice quifaisait des uns lesmatresdes bien,, des vies, de l'honneur,et desautres unvil btail humain, courbantsous le faix avec la rsi-gnation du martyre chrtien. Quecette manire de servitude aitpersist dtt.rant tin sicle, celane prouve pas ecuiicmen,t qu'il yavait eu substitutionde l'Hatien auColon, mais que nous avionstourn le dos iu concepuion sociale quiest le progrs eont;nu etindfini de l'tre humain. Que l'onvoulut perfectionn.r 1: ci-toyen qui venait de natre la Libert politique,du mme coupauraiert apparu l'a famille ettoutes les consquences ncs.air.sde son organisation. Que signifiaitla socit politiquealors quel'o:i d;,'aignait l'as,ociation naturelle,la famille, alorsque l'du-cation n'tait pasdans cesens. Quesignifiaient au -,;unplustous les droits abstraitsinsorits dans les constitutionsalors quela Nation tait prostre dans les tnbres.De ce fait, toute l'his-toire hatienne fournit le plus clatanttmoignage. Malgr les

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LES GRI')TS58rgimes diffrents, royaut, empire, prsidence vie, prsidencetemporaire: en dpit de toutos les protestations qui veu'ent pa-r;ttrc d--sintr.sszs, malgr les doges pompeux des Vertus de nosanctres, apparat l'esprit colon.Est-il tonnant que l'ide dePatrie, n'et pas la mme signification pour l'Elite et pour lanasse?Les Amricains sont venus mettre chacun au mme pas. Ce futsans doute, une forme de l'galit,niais l'galit dans lu servi-tude. Sans leur prsence sur le sol national, on pourrait presquedire que nous avons enfin ralis le droit. Qu'est-ce, en effet quele droit, sinon l'galit datas la libert?Votre Libert est gale la mienne? D'accord, mais vous voulez m'imposer votreopi-nion au nom de l'Ordre social? Nous ne contestonspoiuut'. Neserait-il pas juste que nous discutions ensemble del'opportunitde la mesure hypothtique? Car, qu'est-ce qui prouve que vousavez raison? Et si l'ordre social doit n'treimpos sans une pr-alable discussion n'est-c^ pas dj la plus affreusetyrannie? Aussil'Amricain, en voulant que le Peuple choisisse sesmandatairespi-r de libres lections.avait montr qu'il n'y avait qu'une ma-nire de raliser le droit. Cc qui cr:ele droit ce n'. a p 2s la r, -rition impose dos actes injustes,mais le commandement cons-cient de la part de ceux qui gouvernent etl'acquiesccmen cons-cient de la part de ceux qui sont gouverns?Et c'es,, l, si nousne nous abusons,l'ordre nouveau inetaurr ;,aEst-ce bien ce que nous voulons'Obnubils par 1w doctrinesnouvelle d'aprs guerre, certains esprits, netenant aucun comptede nos origines, voudraientimplanter en Ila'iti le fascisme, lenational socialisme, le pilsudskisme; en unmot tou les principesnc,:.v faux qui saut, enmme temps, des ngation5 de luLibertpolitique? Noua ne savons passi leur adoption, en certainescontres Esuropcnnes. r?:Ipomd des problmesreee;.nous 't' sa-vons pas davantagesi l'ambition Ixllitiquc ne trouve pas,dansjour application un moyen commodede se perptucr ar, Pouvoir.Mais nous ne croyons pas nousleurrer en affirmant que la plupartde ces dogmes politiques nesonit pas entirementinconnus endroit conogtittutic'nnel hatien.lin veut-on la preuve?Com;,id,+rons un montentla Constitution d; 1807.Repousspar les forcesRpublicaines de l'Ouest,Christophe dirposanut deforces imposantes etbien organises, retourne auCals Hatien.

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584LES GI'1(:I'SIl fait publier une Constitution qui lui reconnait la prsidence vie.Il institue, pour l'assister dans lk pouvoir Souverain qu'ildtient, un Conseil d"Etat de neuf Membres. Lui seul, prpareles projets die loi que le Conseil rdige dla manire convenable.Cette concentration de pouvoirs n'est-ellepas dj une formefasciste alors surtout que de tous les principes rvolutionnaires,Christophe ne reconnat au Peuple qu'un seul: La LIBERTE(art. 1 er. Const, 1807).Dans cc Gouveincntent qui est dj la Monarchie, ilrzconnatI'Eglise, mais il nie la Souverainet Nationale. Ets'il ne montepas immdiatement suie le trne, il s'y achemine lentementcar ils'appuie sur un parti unique osont reprsents tous les corpsde l'Etat. Comparons avec le fascisme.I.e fascisme ne s'inclinepas devant la Souverainet Nationale. Il est doet;rinlalement bassur la Force et ne demande pas au Peuple la Confirmationde sonpouvoir de fait, 2e. Il s'appuiesur un parti unique intgr dansl'Etat, 3e. Le fascisme tendau raffcrmiss ment diu pouvoir ex-cutif, expression la plus adquate de l"Etat,4e. le fascisme sup-prime la bataille des ides. Nous pot'rrionsfaire Fa mme com-paraison avec la plupart d'es constitutionspolitiques hatiennes.Mme celles qui s'avrent le plus libral,ne reconnaissent pasexpressment le parlementarisme. D'ailleursen ce qui concernel'Administration tous nos Gouvernementsne se sont-ils pas ap-puys sur le parti unique? Tous peu d'exception prs ont voulula concentration dru pouvoir aveccette diffrence toutefois qu'ilsrendaient un solennel hommage la SouveraineetcNationale endaignant correspondre avec les ChambresLgislatives,Vraiment, qu'avons-nous aujourd'hui envier aux Go,uver-nements autoritaires de l'Europe Moderne?N'avons-nouspasconnu toutes les horreurs de la dictature? N'avons-nouspas vudes civilistes dfendre le Militarismeet des Constitutionnalistcsvioler la Charte Politique? Envoulant un regain de 1'au,torrta_rsme, nous modulons surun thme fort ancien. Est-cel, cettat nouveau qu'ont voulu les hommesde science, les Juristesdel'Europe d'aprs guerre? Ou existe-iiiun autre Etat nouveau?C'est ce que nous aP:ons essayer demontrer,HENRI TERLONGEAncienPrn(rsseur deDn,itC'.onstitu--ttt:nnel ,i 11:,'nl,N,7ttunaf,de Droitde Port-au-Prince

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eunrnucun uiim u!iru;uu uuu i uu: uiouau .ncarLES GRIOTS585Politique InternationaleLa Dvaluation de la LivreSterling de1931 ou Histoire d'une OprationRussieL'indpendance conomique de la GrandeBretagne repose sur une monnaiesaine et unbudget quilibr, tel est le principe sculaire dela Cit.Grard Bontellau, le Document, Mai 1938.De mme qu'en politique, l'Anglcterrepossde tune parfaiteUradition conomique. Quatre principesessentiels la dominent:Io. SesInstitutions Bancairesles plus importantes du Mondedont la Cit de Londres constitue l'Armatureprinciple, 2o. lapossession de la premire Marine Marchande duMonde qui aassur pendant des sicles l'Angleterre la premireplace dansle mouvement commercial universel, 3o. le dveloppementtrspouss de sesIndustries extractives et de transformation, 4o.enfinla politique de Contrle des Matires 1?,emires qui, mon hum-ble avis, est l'origine du conflit international actuel.La premire puissance de la plante passer d'une civilisationessentiellement agricole une civil6sation ind'ustrielle, l'Angle-terre au cours du sicle dernier profitant aussi de la primaut desa marine marchande a amass une immense fortune partout dansle vaste monde et effectu une norme accumulation die deviseset de capitaux qu'elfe a investis presque dans tous lespaysdumonde, avec et y compris son immense empire colonial. Etcescapitaux Lui rapportent de trs copieux bnfices qui, combins ceux de sa marine marchande (le loyer de son tonnage) com-pensent avantageusement encore de nos jours le dficit die sa ba-lauce commerciale et le dcllin de ses indus!triies.C'est cette po-litique qu'on a appele la divisiondutravailentre les nations.La guerre aPlait profondment branler urne situation aussimajestueuse. Ses finances taient obres, la circulation fiduciairedmesurment gonfle par lies missions massives de papier-mon-naie pour les besoins de la grande tourmente, son crdit national,

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4s586LES GRIOTSintrieur etextrieur,fortemententam,ses industries quasi-ruines, le chmage des plus ngoissants. Son commerce dclinaitet au surplus la livre sterling se dprciant die plus en plus ajou-tait l'aggravation du pouvoir d'achat de la masse et l misregnrale.La paix revenue, les hommes d'tat britanmiqucs avec ce sensaigu des ralits qui les caractrise, se murent au travail et entre-prirent d'apporter une solution efficace la dsastreuse situationconomique que confrontait lewr pays.Considrant donc l'volution industrielle universelleetlaforte e ncurrence que subissait leur marine marchandie de la partdes principaux pays du monde, ils ralisrent vite qu'ifs ne nour-raient redonner nouveau leur patrie sa spicndieur passe etrsolurent d'assurer nouveau lia Cit de Lond es sa place depremier march de capitaux du monde et d'a,rracher aussi auxBanquiers de Wall Strcet (New-York, U.S.A.) le rang que siavantageusementils lui disputaknt.Ils pratiqurent donc une politique d'assainissement de la cir-euUaticon fiduciaire, et la lourde dette de papier-monnaie liqui-de, labor: ent un vaste programme d'quilibre budgtaire.Puis, en vue e restaurer le crt extrieur du pays qui semblait tout jamais compromis, sur les instances du Chancelilier del'Eehiquier (Ministre des Finances) Monsieur Staniley Baldwin,Ancien Premier Ministre, i s rglrent et conciliurent en 1923 unaccord rglement des dettes de guerre a,oec les Etats-Unis d'Amri-qv.e. En d'autros termes, ils pratiqurert ce qu'on appet,Iie en co-nomie politiqueet en scienceet lgislation fin unci re une politiquede dflation; dflation montaire et fiduciaire uu retrait du papier-mon,naie et des billets non garants, dflation budgtaire ou con-tractioii des dpenses jusqu' la limite compatible avec les res-sources du pays et dflation de crdit ou stabilisation du crditde la nation. On sait que par le rglement de 1923 l''Angleterreobtint de son crancier, les Etats-Unis d'Amrique, le traitementle plus onreux, une rduction des dettes de guerre d'ans les pro-partionisde30;i seulement et unie diminution de 5 3 du tauxde l'intrt alors que quelque temps plus tard l'Italieet la Franceen obtenaient respectivement une rduction de 55 et de 50(; surlie montant global de leurs dettes et un abaissement respectif die5 2. 5 et de 5 2, 85 de leur taux d'intrt. Mais le crditbritannique tait tout jamais restaur dans le monde princi-

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L E S G R 1 0 T Su na,an:nu.n IJ'iIt rp5 87paiement sur le march crancierde New-York.Des mesuresaussi rncrgiques n'aillaient pas tarder produire leurs bienfaisantseffets sur la valeur delu livresterling.Celle-cine cessaen effetde monter et si elle connut une clipse lors dhi premier avne-inent du gouvernementtravaill'iste, d"aiileursphmre de 1924elle continua de orotre progressivement jusqu' la parit d'avant-guerre au point que ce fut unvrai tsiompl!e pour la Cit quand,le 13 Mai1925, le gouvernement annona Pa promulgation duGold Standard Act quiconsacrait officie,llament la valorisationdie la livre sa paritd"avantguerrec'est--dite 7.332 mg., d'orfin.Si, surle plan financier, le skds decettepolitique fut clbreavec une indescriptible joie et permit de reconstituerdies fortunesassez rondelettes et de raffermir le prestigede la Cit deLondires;sur leplan conomiqueet social la mesurese rvladsasbreuse.Dans la pense desesauteurs, eneffet, unetelle politique de-vait avoir pourpremierrsultatd'abaisserle tarifdes prix etd'alllger ainsi leschargesdes industriels afin de permettre ceux-ci deconqurir leur place dans le mouvementcommercialinterna-tional, Un telrsuiaat, pour treobtenu, impliquait dionc nces-sairernant l'abaissementdu tarifdes salaireset une stabilisationdes cours sur lie march local, en d"a.utries termes, impliquait l'a-d1hsion de toutes les classesde lanation. Or prcisment, lestrav.aillleurs,les syndicats de mineurs, ls Trade-Unions s'oppo-raient systmatiquement contre toutemodification dlu niveau deleur saillaire et organisrent grves sur grvesdont la grve gn-rale de 1925,an vue d"imposer leur volont aux patrons. Ceux-ci dans l'impossibilitdh soutenir la concuirrenoe trangre tantsu: les marchsextrieursque sus le propre march local, durentrenvoyerun grandnombrede leurs travailleurs, ce qui affaiblis-sait lapuissance conomique du pays, enaggravantle problmedj insoluble du chmageet en, accroissantle dficitdj alar-mant,de la balance commerciale.D'o une premire sourced'exodes de capitaux et de devises.Car, en effet, il est de prin-cipe queles marchandisesse paieniten dernire an.,Iyse par liesmarchandises.Et comme l'Anglieterre dpend diel'extrieur pourla plupartdes matires premiresindispcnsabls ses industrieset dans une certaine mesure pour son allim,entaition, ne pouvantpayer sesimportations par sesproduits manufacturset son char-

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1 FS C,R10TSibon, sa monnaie d'change parexcellence, considrablement ren-chrie par les charges sociales etfiscales, elle dut payer en deviseset en capitaux.Au dficit de la balancecommerciale dj trs alarmant dvaits'ajourer une autre cause par desmoins dllsolanrtts.La priodede transition. Toutes les conomies,dlabres par la guerre sereconstituaient. D'o une forte demandede capitauxet une SUT-lvation du taux die l'intrt dont laCit tirait un profit diesplus lucratifs. Aprs qu' la faveur dela stabilisation die 1925la livre Sterling fuit devenue monnaierefuge, des Banquiers de letCit purent trs dignement titrer parti d'escapitaux quo les pays monnaie flottante ou dprcie envoyaient I.ondltzs.i\ laisquand survinrent les stabilisations du franc en1925, de la livreen 1927, du belga et du francsuilsse, ls marchs continentauxs'iitamt raffermis, les financiers rie Londrespour ne paspuisertotalement leurs rserves, empruinitaient court terme suerles mar-chs de Parisprincipalement, de Rome, de New-York des tauxminimes pour prter aux pays qui en faisaient de grandcde-mande (I'Ail,emagneprlnci-pailement) des taux plus levs.D'o unie seconde source d'exode & capitaux et de devises.L'erreur del'Angleterre,c'est aussi l'erreu,r du gouvernementtravaililistie de 1929, lequel par ses extravagances sociales,allaitaggraver la situation liscale, obrerles finances de la nation etsusciter une crise de confiance et wn expatriement volbn,tairediecapitaux si considrables qui constiturent pour ainsi dire un coupde grce pour une situation qui dj menaait ruine.Le krach de Walil Street du mois d'Octobre 1929, la criseamricaine qui s'enxafivit, et le moratoire des d'tiut+es de guerreallemandes de 1931, et leurs rpercussions profondes en Angle-terre, ayant port les autres pays raliser leurs crances surl'An-gleterre, la Banque d'Etat de ce pays, dans l'im,possibilrat d'leverson taux d'escompte dplorable pour ne pas compromettre toutjamais la situation industri'elle du pays, dt contracter un lourdemprunt extrieur pour faire face ses engagemeaits.Et l'Angieterre dut abandonner l'talon-or(1,2 21 septembKc1921) et eonta?acter un pros emprunt en France et aux Etats-Unis d'Amrique on vue de stabiliser szs finances.FRANCK DURANTIipl:m' Je l'Institut Commercial,

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Gad1.11N11589POUR ECRIRE LE CREOLEDans la controverse souleve autour de la questiondu crole,l'argumentsuprme auquel semblent s'accrocherdsesprmentles adversaires de l'Enseignementpar le Crole est l'absence d'uneorthographespciale.A lesenttindre, on est tent de croirequ'ils per 'ent que l'or-thographe est antrieure la cration de toute langue; que lelangage parl n'est en quelque sor: e que l'instrumentaton de laparole crite qui aurait elle-mmeprexist de touttemps, au lieudie n'tre quela reprsentationgraphique de l'imageauditivecre par la parole.C'est pour rpondretant ceux qui soutiennent cet argumentdans l'ignorance sincre des rapports rels qui existent entre laparoleet,l'criture,qu'aux pdagogues qui s'en servent pour ca-ehor les vraiesraicoi; de leur h ti;lit -, .nvc'rs la nouv<'lie m-thode,que nous nousdcidons donnerpublicit notre thoriede l'orthographecrole, sansavoir eu le temps d'y mettre la der-nire main.L'criture tant la parolece que la forme est aux sons, toutsystme orthographiquenepeut-tre qu'une reprsentation ap-proximative du langage parl; et seuls les maniaques entichs deprcisionmcanique peuventrver encore d'une criture serrantde prsla parole comme une peau.Les languesmodernesnousprsentent deux systmes orthogra-phiques: le systme phontiqueet le systmetymologique. Cesdeux systmesprsentantchacun desavantages et des inconv-nicnts; il convientde lesrapporter au crolequi nousoccupe, etde chercher distinguercelui des deux qui offrele plus d'avanta-ges, en tenantcompte des origines du crole et desbuts que l'onpoursuiten voulants'en servirpourrpandre dans les masseshatiennes les notions indispensables au progrs social.Si l'on considre les chosesd'un point de vueabsolu, l'on seratout de suite sduitpar les avantagesqu r)rsente l'orthographe

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U590n r ^ m n n n u n n ,i .ix n inrxumo-;m,xuwrauiuniu,cumxxm L h S G R I O rSphontique: elle simplifie la lecture etl'criture, et facilite dansla mme mesure la tche du matre etde l'lve.Cela est bien vrai.Plus de fautes d'orthographe, et touspremiers!C'est dj moins vrai.Et l'on nous cite aussitt l'exemple deslangues espagnole etportugaise; et puis l'espranto, et puis levolapuk.Oui, sans doute, l'orthographe phontiquefacilitera la lectureet l'criture du crole, maisfacilitera-t-elle la comprhen(.ion ducrole crit? Il est permis d'en douter, il est mmepermis de croirele contraire.Disons tout de suite pourquoi.Le crole ayant hrit du franais un assezgrand nombred'homonymes, et cet hritage ayant augment parsuite des di-verses sortes de mutilationssubies par les mots qui passent dufranais au orole-.beaucoup de mots franaisn'ayant plus pouxquivalents croles que leurs propres racines,-l'orthographepho-ntique est fort susceptible de crer des quivoques etde rendreinintelligibles des textes que l'orthographe tymologiquelaissetout fait clairs, parce que cette dernire, en conservantautantque possible chaque homonyme sonimage visuelle premire,liai restitue un sens distinct.Quelques exemplzs feront mieux saisir -la diffrence: le motba--nous avons affaire une langue non crite-possde sixsens diffrents, il quivaut : donner,barre, bah, bas(pice d'ha-bil.lement),bers(contraire de ha-ut), etbt,Le mot ca !n possde six aussi:chez, capable, car, cas,quart,et qu'a (contraction dequi va)Le motcapen possde quatre:cap, cerf-volant, cpre, qu'ap(contraction dequi ap).Par ces quelques exemples, on peut voir l'un des inconvnientsprincipaux de l'orthographe phontique, au moins en ce qui con-cerne le crole.Sans aucun doute, l'orthographe tymologique prsente elleaussi des inconvnients dont le plus signal est qu'elle rclame unlong apprentissage. On lui reproche comme un vice particulierle caractre superftatoire de certaines lettres, et il se rencontrepriodiquement en France mme des esprits assez pleins d'un zle

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LES GRIOTS591phiianthrrpique pour la remettre en question, sans se soucier del'Histoire.1l est vrai que l'orthographe tymologique alourdit parfois lamain du scribe: mais faut-il vraiment s'en prendre l'ortho-graphe, si l'esprit du lecteur, au travers des lignes, chemine troplentement au gr de son dsir? Nous croyons pouvoir rpandrenon, sans trop nous soucier d'exposer les nombreuses et judi-cieuses raisons fournies par les spcialistes, et qui ont abouti l'laboration et l'adoption de la mthode dite globale, mthodedont la failllite, en Hati, ne doit pourtant pas ncui paratretrange.Ils nous enseignent, en rsum, que nous lisons non pointsyllabe par syllabe, mais plutt mot par mot.Nous lisons mme une, phrase d'un seul coup d'o:il, selon notrecapacit individuelle de perception.Et, bien avant tous ces spcialistes, Bossuet lui-mme, n'avait.il pas opin contre ceux des lettrs de son temps qui inclinaientvers l'orthographe tymologique qu'on ne lit point lettre let-tre, mais la figure entire du mot fait son impression sur l'o:ilet sur l'esprit, de sorte qua, quand cette figure est change consi-drablement tout coup, les mots ont perdu les traits qui les ren-dent connaissables la vue et les yeux ne sont pas contents.Maintenant, passant du gnral au particulier, nous dironsque, peur crire le crole, l'orthographe tymologique prsente desavantages indiscutables.Les mots croles venant, pour la plu-part, du franais, il ne faudrait pas inconsidrment les violen-ter dans l'aspect sous lequel ils se prsentent l'esprit des gensqui savent dj lire, les monder en quelque sorte, sous le prtextetrop peu justifi de rendre l'criture plus facile,1,'orthograplie tymologique, en conservant aux mots croles,dans la nteyure du possible, leur aspect originel, les aide conser-ver leur image auditive actuelle, la redresse mme, et les empchede se wrrompre d'une manire dfinitive.1:t puis, si le but immdiat de l'enseignement par le crole n'estpar, lscisment d'arriver l'enseignement du franais, nous de-vun' songer mnager aux lves qui auront parcouru le cyclede l'enseignement vernaculaire l'accs des tudes primaires sup-rieures et secondaires.

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791112 SGRIOTSOr,seule l'orthographe tymologiqueleur permettra d'aborder,aprs une priode de prparation spciale,ce cycle d'tudes parlequel ils pourront,en attendant le complet panouissement ducrole, se familiariser avec lesoeuvres les plus hautes de l'esprithumain.En outre, l'orthographetymologique permettra ceux quisauront lire le crole de comprendre lestextes franais qui seront leur porte, tandisque l'orthographe phontiquene serviraitqu' renforcer autour du PeupleHatien ces murailles quisontle fait des circonstances historiques,mais o l'enseignementde lalecture et de l'criturepar le crole, selon des mthodesration-nelles, parviendra ouvrirune large brche.C'est dans cet espritque nous prsentons au public,dans uneforme que nous comptonsamliorer progressivement,les rglesqui nous paraissent devoirrgir l'criture du crole.Lorsque,plus tard, il s'agira depasser du crole au franais,on n'aura qu'les retourner en quelquesorte, pour permettre l'lvede recons-tituer lc:s mots franaisen partant du crole.ORTHOGRAPHECREOLEI.-Les mots franaisen dard, are, art fonta en crole.Exemples: regard,canard, gare, phare,part, dpart, qui font:rega, cana, ga, pha, pa, dpa,2.-Lesmots franais en as,at, t ne changentpas.Except: plat,mat, rat, chat, qui font:plane, mate, rate,chatte.3.--Lesmots franais en aine changent pas nonobstant leson donn ai.Exemples: balai,vrai, bai.4.-Les motsfranaisen ax, ais, aitne changent pas, no-nobstant leson donn aie,etc...Exemples: taie,craie, baie, biais,mauvais, dirait, portrait.Cependantlait fait laite,fait, dans lesens de natre et trefait, devient faite.5.---Lesmots franaisenet()ne changent pas, nonobs-tant le son donn et.Exemples:navet, secret, bouquetqu'on prononcenav, secr,bouqu.r1

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fQLES GRIOTS6.-Les mots franais en ts ne changent pas, nonobstant leson donn ts.Exemples: fort, intrt qu'on prononce for,intr.:abcs, procs, progrs qu'on prononce abc, proc, progr.7.-Les mots franais en eu, eue, eux ne changent pas, no-nobstant le son .Exemples: bleue, queue, deux qu'on prononce bl, qu, d.Cependant on peut crire bl, qu, d selon le but qu'on sepropose.8.-Les mots franais en ne changent pas; le participepass est d'ailleurs la forme gnrale adopte pour les verbes en'er, ir, ire, aire, ure.9.-Les mots franais en er, ez ne changent, c'est--dire:les substantifs, les adjectifs en er et les impratifs.Exemples: boucher, manger, lger et lies impratifs.10.---Les mots franais en eur, cure, eurre ne changent pas,ou bien l'on remplace eur, cure, eurre par Mais les motsen euse font se,11.-Les mots fi 'nais en air, aire font ai.Exemples: l'air, cliir, chaire, notaire, qui font: l'ai, clai, chai,notai.12.--Les mots franais en er (re), re, erre font .Exemples: fer, amer, frre, terre, qui font: f, am, fr, t.13: Les mots franais en aille mouill font i. Cependantil vaut mieux conserver leur orthographe au noms propres.Exemples: fille, bquille, famille, anguille, qui font: ri, bqui,fami, angui.Ecrire par contre: Camille, Antilles, Capotille.14.-Les mots franais en air, ire font i galement.Exemples: avenir, cire, tire-bouchon, qui font: aveni, ci, ti-bouchon.15.--Les mots franais en yr, yre font y.Exemples: martyr, lyre, qui font: marty, ly.16.---Les mots franais en i, ie, is, it ne changent pas,-except cabrit, souris, qui font: abrite, sourite. Le participepass, comme nous avons dit plus haut, est la forme gnraleadopte pour les verbes.

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594S GR1O.1'S17.-Les mots franais en os,ot, t ne changentpas.-except pot,sot, canot, trot,qui font:pote, sotte, canote,trotte.18.---Les mots franais enau,aut, aux,eau ne changentpas.19.-Les mots franais en u,ue, us, ut nechangent pas.Cependantplus,quand la consonnefinale se prononce,s'crit:plusse.10.-Les mots franais en ur,ure font u.Exemples:mur, sr, nature,lecture,qui font: mu,s, natu,tact u.21.-Les mots franais en ou,oue, ous, out, oux nechan-gent pas,-exceptbout,debout,doux (sucr), touxqui font:boute,deboute,douce,tousse.22: Les mots franais en our,ours font ou.Exemples:pour, jour,secours, toujours,qui font: pou,jou,secou, toujou.23.-Les mots franais enoi, oie, ois, oix ne changent pas.24.-Les mots franais enoir, oire font oi ouou, se-lon prononciation.Exemples: noir faitnoi ou nou;l'armoirefaitl'ar-moi oul'amou.25.-Les mots franais en or nechangent pas.26,-Les mots franais enord,ore, ors, ort, orpsfont .Exemples:bord, encore,mors, fort,corps,qui font: b,enc,m, f, c.27.-Les mots franais enetfont cite quandle t seprononce en crole.Exemples:net,jouet,rivet, bouquet(bosquet) qui font:net-te, jouette, rivette,bouquette.28.-En rgle finrale lesadjectifs et les noms d'animauxenat,et, ot doivent prendrela forme du fminin franais ergcrole, toutes les fois quele t final se prononce.Exemples: fat, rat,chat, prt. sot, caret,ravet, mulet,net,complet,qui font:face, rate, chatte,prte, sotte,carette, ravette,mulettke, nette, complte.29.---l,es mots franais enblc, hrefont b.Exemples:capable, libre, faible, dcembre,comble,octobre,qui font: capab, lib, faib,dcemb, comb, octob.

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L E S GRIOTS5()530.-Les mots franais encle, cre font c.Exemples: miracle, sucre,sicle, l'encre, oncle, ocre.qui font:mirca,suc,sic,l'enc,n'ont, oc,31,-Les mots franais endre font d.Exemples: cadre,cdre. cidre,poudre,l'ordre,qui font: cad,cd, cid, poud, lord.32.---Lesmots franais enRe, fle, fre, ffre fontf.Exemples: rafle, pantoufle,souffle, fifre, coffre, goinfit,soufre,qui font: raf, pantouf,souf, fif,cof,goinf, souf.33.---Lesmots franais engle, gre font g.Exemples: rgle, ngre,tigre, maigre, l'aigle,qui font: rg,ng, tig, maig, l'aig.34.-Lesmots franais enple, pre font p.i font:Exemples: triple, peuple,souple,lpre, propre, pre, qutrip, peup, soup, lp, prop,rp.35.-Les motsfranais en tre, fontt'.Exemple: matre, multre,litre, mtre, l'autre, contre,chantre,cintre, poutre, quifont: mat', mutt',lit', mt', f'aut', cont',chant', tint', pout'.36.-Lesmots franais en ttrefont t:.Exemples: battre, lettre,omettre,quifont:batt, lest, omett.37.-Lesmots franais en sme,sque, sthme, ste,stre fonts' .Exemples: miasme,l'asthme, triste, ministre,cadastre, mons-tre,reste, casque,qui font: mias',l'as',tris', minis', cadas',mons', res', cas'.38.-Les mots franais envre, font v.Exemples:cadavre, lvre,livre,pauvre,poivre, couleuvre,a''uvre, qui font:cadav, lv, liv, pauv,poiv, couleuv,z'uv.39.-Les mots franais enndre font nd'.Exemples: cendre,tendre,palissandre,qui font: tend', tend',palissand'.N.B.--1l en est demme pour tous lesverbes franais enndre.40.-Lesmots franais ennple, ngre font ng .Exemples: angle,tringle,ongle,pingre, congre, quifont:ang', tring', z'ong',ping', Gong'.

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54.'aanmm,nouaaunumn,ul imrJn i7 nnnri ii,.A L GS G IZ I Q T S41.---LeS motsfranais en al,cl,il, o!,e(c1,aJle,hangentfPaselle,encille, ollc, cuit,cuille, entre, onne, un,,crole,En gnral, :les motsqui ont la mmeprononciation peuprs en crole et enfranais ne changent pas.eu tantfor-uo,,,,42---Nasalisation.Les sonsa, e,d'ud'unenasaliss quand ilssont immdiatementasuivismontagne;ots tels que:banane, femme, pdans les ma-on ennemi,saignant; l7]Cn]e, Peinesd'mer;`ir+enipremer,sen, g,Germaine,rgne,peigne; homme,l'aune, colonne,Cologne;scne,alun, aucun, aucune;jeune, jeunesse;--l'on doit con-server cesmots l'orthographefranaisen dpitde la pronon-t les motstermins par le sondarCePenciation en crole._en franais doiventtre termins encrole par in,lorsque ceson est prcdd'une nasale.Exemples: gn,men, peign,saign, baign,beignet, pro-men, tran,grener,feront. gnin,menin,peignis,sagnin, bai-gnin, promernn, fratnir,,,r,.,,,....'Cas particul'icr:poignet, poignard,motjen,feront:polgnette,onononcent: poJJ-finette, p'i'ls se pru,mojcn; mnllgr qpoit/nagna, mon-yen,l crnre: n'apoint'pournan-poin,pbas la-,, mal-JJ faut encoreconserver leurorthographe ,donne aavant et aprs lesnasales. Ecriqu'ont.nnlc sondr ,reun pouir QUOpoursignifierl'article lid delt conservroe avanl.e cvatirbeancouyhlmlotts conlnienantpar zincvoyelle, ou le as:Col a(la Jiaisou devant1e.5 mots plus souventusits au plurielvr1 et z de ces motsper une.rpa,GOllletll, de, s,(1Yrtlihrfal>ll,l (tliri('alIIJ{14, t'thruifltlt,C'cspril't1(S. l'orage.l'honneur,/titi.`:, Z'Oie. etc...f'C)h,% Jl1JHc,f,,NU',e,., ,,pane'l'1,11CIl1CJll l'9 f1(1(",l',article indfiniouinzede la nationenC,ilt:r3`heon., tz"fn,e,0 mtlt$x :1prtJI111e alllactt,nlllro,(buts 1''...MiesCliCtlr, JJ'fi/l,li(t, nl'J tllsi iiiiJ1N11( l',1ti(t14` (1(' U11ou ChtltTal't .Liriret du!1 C'ICfu finif( 1111,dMO (..,eti,d.3titie 4i SrructMit 'te .,htl'4rn IA4t. lt,,mJ}l''Ih1Il,k. ,1111,1(il yclllJJllbniiGrli'. tilt]+'tn1lil,ll1.1 ,lla`111'u.t,i''tc%

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LES GRIOTSprciser les rapports qui peuvent ventuellement exister entrelesmots d'une phrase.Tantt, deux mots qui se suivent forment un nomcompose,tantt, le second mot n'est que le complmentdterminatif dupremier. Le mot l- n'tant que la forme abrgde l-sert tantt comme adverbe de lieu,tantt comme particule d-terminative. Les pronoms personnels indiquent parfoisla pos-session.Nous croyons que le trait d'union est le signeorthographiquequi convient pour dissiper l'quivoque possible.Employer le trait d'union:a) pour unir: moin, m'nous,n', li,l', yo,aux substantifsqui les prcdent, toutes les fois que ces particules servent indi-quer la possession.b) pour unir ces mmes particules auximpratifs dont ellessont le complment indirect.c) pour unir: l, aux mots quiles prcdent, exceptquand l est adverbe de lieu.d) pour unir les deux parties d'un motcompos.45.-Mots composs.-Deux mots qui sesuivent forment unnom copos:a) quand le second indique lamatire dont le premier est fait.Exemples:chapeau-paille, caye-le. tab-cajou, chane-l'or,cuill-f .b) quand le second sert prciser le sens du premier.Exemples:fernelle-chin, mle-pigeon, pied-bois,mas-moulin,pitimi-paille.c) quand ils servent indiquerla partie logiquement indpen-dante du tout reprsent par lesecond.Exemples:pied-tab, queue-choual, tte-chaise,planche-cabane.d) quand le second indiquel'usage ou la provenance du pre-mier.Exemples:clef-porte, couteau-cuisine, sac-caf(vide),mari-got-Jrmie, morne-morne.46.-Pluriel.-Le plurielse forme de lamme mannirequ'en franais, en ajoutant un s.Cependant les mots qui seterminent par une apostrophe prennentla marque du plurielaprs l'apostrophe, mmesi l'apostrophe se trouve aprs un s.Exemple: deux mas's.

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LES Gtl'OSLes mots termins par s, x ou zne changent pas.N. B.----a)hour rduire l'quivoquecre par l'existence d'uneseule forme en crole pour les pronomspersonnels de la premireet de la deuxime personnedu pluriel, Ecric: nous, pourlapremire personne, et n'ous pourla deuxime personne.47.Syncope.---La syllabe re dansle corps des mots tom-be: jarretirefait jati,puretfaitput, lrglretfaitl( 1,etc...Conserver
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[ 11 1 U 'l',SL E S599Philosophie des NombresLES NOMBRES (suite)Gographie, Psychologie et Hirarchie des NombresIl est remarquer que les lignes pr-minentes que, par uneinterprtation sotrique du texte mosaque, nous avons dcritescomme consolidant les fondements de la terrefiguraient en mmetemps la direction d.s pnints cardinauxcls de l'orien,tationphysique; et la Croix symbole de l'orientation spirituelle. Faitsloquents o se discerne l'vidence intuitive que le mmeGniequi a affermi le inonde sur ses bases a donn lia science seslois, la morale ses directives.Les Nombres, forms eux aussi des ligmes-clsde lia Cration,participent des qualits inhrentes leursorigines. Diu ct lin-aire des qualits idographiques, duct gographique de la dif-frence d'essence et d'tat; carmalgr l'identification des septpremiers nombres avec iks sept joursde la Cration ii ressort dela narration mosaque que tousles sept Wont pas _t formulssur Pe mme plancosmique. D'aprs le texte, les trois premiersse sont drouills sousle rgime de la lumire primitive et lesquatre autres sous le rgimede la lumire solaire.Il nous sembleque cette inaugurationdes trois premiers nombres sous unelati-tude intermdiaire entrel'ternit absolue et le temps sidral estl'indice d'une distinction qui nes'tend pas jusqu'aux autres.Distinction d'essence parce quegnrs sur un plan suprieur;de d'ure parce que couls l''chelde d'une ternit relative com-parable celle des ges gologiques.Il y a chez lies Nombresdes effets d'hirarchic et des caract-ristiques individuelles oucollectives qui friseit la personnalitconsciente. Quand cen'est pas leur conformationidologiqueou Petur ambianceclimatique qui nous en dclentl'a psychologie,c'est des textes aridesdes vieux axiomes ressasss ques'chap-pent parfois des lueursrvlatrices.Prenons par exempleles Nombres-Premiers.Indivisibles,sinon par ettx-m+?nfesrespectivement ou par l'unit, ilsfont l'ef-

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ELE,SC;R.Ifit d'une nob:csse qui n'entend tre juge que par ia eonci'ncecu par le roi.Incidemment, c'est des rangs de cette noblessequ'est sirti le Nombre-rvolt. Citons aussi les quotients p-riodiqu.s qui rees mblent des fins d: n. n r e.v;sir: les fractionsirrduetibics qui sont comme des refus catgoriques.L'Un:&,seulepuissance devantlaquelle:s'inclrY.nent les Nom-bresP"ntiers,ds qu'on entreprend de la dfinir on se sert enprsenced'un nombre imprial.11 n'y a proprement parlerqu'une seule unit,intgrale,absolue.Il n'y a pas de reprduc-tions ou de multiplications relles ou possiblles d'e l'unit parceque l'tymologie mme du mot exclue l'ide de pluiralit.Il y aplutt des manifestations redoublesde l'unit. Ainsidans 4, 6,il n'y a pas quatre unilts ou six units mais quatre ou six mani-fistations de l'unit.C'est donc l'unit qui cre les nombres enmultipliant ses manifestations en rapport avec les circo,nsta,nces.Sa souverainet est encore apparente en ceci qu'elle ne peut treassujettie la rgle des puissances.Il est des oprations auxqutlks ellle ne se prte qu'en collabo-ration ostensible ou implique avec le zro, symbole de l'ternit.Tel tin Souverain qui dans les occasions solennelles revtsesinsignesroyaux,elle accumulases cts ternits su,r ternitset fait face toutes lessituations. Quand onen vient sous-traire l'unit de l'unit (soit1t de 1)elle s'efface et nouslaisse sa place le symbole de l'terniit, signe deson empire im-muable.Le Nombre!)eux ala distinction d'tre le seul dont lasommeet le produit soient gaux. Infrieur en cela l'unit que lapro-gression gomtrique ne change pay, ilest suprieur aux Nombres'premiers que cette progression fait changer.Le Nombre Trois est un Nombremystrieux.Il appartientau groupe qui antidate le Soleil; mais quoiquenous ayicrns en-tendu dclintir son nom la fin du troisimejour aucun gestedu Crateur n'en avait dcrit les contours commece fut le caspour l'unit et le binaire.Cependant,si les projectionsradieusesoui s':'bappentde tout foyerlumineux est, conformment lathorie que nous avonshasarde.une configuration panopliquedes lignes et figures lmentaires delagomtrie,alors ce Nom-bre mystrieux devait vraisemblablementse trouver en ses mo-0

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u,r,u,iGO1LES GRIOTS"monts de contraction l'incidence des lignes-cl'&s, et ses heuresde manifestation dans l'aurolequi encerclait leurs extrmitsrayonnantes.I1 estle seulqui dans la squencerguilicredes Nombres soit la fois le suivant ordinal etla somme d'e ceux qui leprcdent.Il semble former avec eux unefamW.e de Nombres car il en pro-cde et les contient. Composde deux hmicycles verticalementsuperposs ses extrmits sont constammenittendues dan; la di-rection de I'unk et dru biinaire commes'il les couvait du regard.L'imagination en veil sedemande si, referm, il ne seraitpointle Tabernacle o se reposentde leurs travaux lesNombres-Fon-dateurs... Ses contours,reprodluits horizontalement sine une sur-face quelconque, ontl'a forme d'un oiseauqui plane dans lesaiirs... A mditer susles perspectives in-finies que cesvisionsentrouvrent, notre me endevient toute songeuse...Mme. THEODORAHOLLY,Membre de la Socitd'Histoireet de Gographied'Hati.

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t LBS (,R!OjTechnologieUN ME' SSAGE ORIGINALAUX HOMMES DE L'AN6938LA CAPSULE DUTEMPS,Lettre Significative nos DescendantsPuisse cette Capsule duTemps reposerbien. Lorsqu'on l'veilleradans 5,000 ans,puisse ce qu'elle renfermeconstituer un donappropri auxYeux de notre descendancelointaine.Telles sont les paroles qui, midiexactement,au momentde l'Equinoxed'Autommne,le 23 Septembre 1938,furenit le si-gnai de l'envoi d'une lettre nos inconnus dans 5,000ans d'ici.Bienentendu,cette lettre n'est pasune lettre ordinaire, C'estune capsule en forme de torpille,faite d'un alliagemtalliquespcial,ayant 2.30 mitres de long, vingtcentimtres de diamtre,et pesant 363 kilogrammes,1.1 poste o la pluslourde de toutesles Lettres a t expdieestl'cmpllacemcnt dupavillon\Ves-tinghouse la future FoireMondiale de NewYork, et l'expdi-teur est cette mme socit quis'est impose lia tchede haute res-ponsabilit de prserverpour la postritune coupe trnsvrsalede notre vie. Cette lettren'a pas t envoyeau loin, mais seule-ment une distancetic quuve mtresde profon,1.ur ?a-nsle sol.Mais, dans unautre sens, ce seraun !ongvoyage,car ce n'estqu'au bout de 5,000ans que lelourd'rceptacle,sera dterr.Si nos anctres d'ily a cinq millnairesavaicnit eu suffisam-ment de prvoyance pourlaisser un trsorde renseignementscompact comme celui-cisur leur civilisationet leur culture, nosarchologues neseraientpas obligs dese plonger laborieusementdans tant de recherchessouvent futiles et eonjcctuvraleslorsqu'ilsessayent de dpeindre l'hommede ces tetnps-,.Mais mme s'ids

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4LES r,llnl's603avaient voulu expdierune lettre de cc genre, cellene serait jamaisarrive jusqu' la gnrationprsente, Le temps auraitdtruittous les piservatifs de cette re.La capsule qui,au son symbolique et solennel d'uneclochegigantesque a disparu lentementdans le sol le jour de l'Equinoxed'Automne de 1938,ne sera pas dtruite par lesravages dutemps, Car elle est faite du meilleurmatriel qui soit, le Cupa-loy. De tous les outils dontse servaient les anciens,ceux quitaient de pierreou de cuivre sont les mieux prservs.En plusd'un pourcentage lev decuivre, le Cupaloy renfermedu chro-nmium et de l'argent. Sa rsistance la corrosion gale celle ducuivre pur, et en le traitantpar la chaleur une temprature d-passant 430 degrs Celsins,on peut lui donner la trempe del'acier.Il rsistera toujoursaux effets de l'eau de mur quipourrapntrer dans le sol du New Yorkd'aujourd'hui pendant lescinq millnaires suivants,parce que les produits de la corrosionet des ractions lectrolytiquesavec les sels dlu sol laissentundpt sur le cuivreau lieu ude le range-r.La capsule de Cupaloyse compose de six segments de fonte,tous visss ensemble sur des garnitureset brastis. Les joints sontlisss et brunis, de sorteque l'extrieur de la capsule formeunesurface continule. Lorsque lecontenu de Inlettre la postrita t dispos l'intrieur, la dernire section de lacapsuile a tcontracte sur des fils en pointe,pour former ainsi un joint par-faitement tanche. Une enveloppeen verre rfractaire la cha-leur, scelle, couverte de ruban deverre et embote d'ans dlu mas-tic impermable, a t place dans lacrypte initvrieure de la tor-pillle de cuivre. Tout l'air ena t vacu, et remplac par del'azote pour viter toute avariepar la rouille ou l'humidit aucontenu du grand cylindre de verre.Sans doute, nos dkscendants de l'anne 6938 qui cc petitmuse dans une coquille indestrnictibleat ddi, seront-ilsavides d'tudier la documentation dece que faisaient leurs aeux,et de ce qu''iils classaient au premier plan de leur civilisationetde leur culture.Peut-tre en ces temps-l le but ultimede latechnologie aura-t-id t ralis: un ordre meilleur &la socitet la disparition de la perptuelle menace de la guerre.Maispuut-t;re rien n'aura-t-il chang fondamentalement pendantces5,000 annes.

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inLL.S( R1O I SI.VGU}Quuls sont les objetsqu'illlS trK,dtveront pourreprsenter la ci-vilisation de 1938 danscette coquillemtallique d'une duretinoue? La place tantlimite l'intrieur dureeptaul-e en verre,il ne pouvait trequestion d'objets volumiuneux,ni de fluides aude substances qui sedcomposeraient en liquides ouen vapeurscorrosives. Pour prparer etrassembler le contenude cette co-quille de connaissances,Westinghouse s'est adress ceux quifont autorit dans tousles domaines et, avecl'aide d'archolo-gues, il a fait lechoix dlfinntif de ce quidevait tre plac dansUe tube. Et voici ce que,dans 5,000 ans, nos descend'an'tstrou-veront comme legs de cetteanne agite de 1938:D'abord, il y a environ trente-cinqarticles d',uin usage courant,depuis le couteau ouvrir lesbotes en fer blanc et un chapeaude femme (mode d'automne,1938), jusqu' un appareil pho-tographique minuscule.Ensuite, il y a dIes graines scellesdansdes tubes en verre o l'air ne peutpntrer, dans l'espoir qu'clllcsgermeront dans cinq mille anis, commeon k dit des gratinesdebl trouves dans les Pyramides.Les archologues de 6938 trou-veront non seulementdu bl mais du froment, de l'avoine,del'orge, du riz, des gousses de soya,des betteraves sucre, descarottes, de lalfa, du lin, du coton etdu tabac en graines. Troi-simement, ils dcouvriront unassortiment d'aune quarantainede t$ssus et de textile ordinaires, sousforme de morceaux, d'-chan.tilllonis et de file.Chaque article a t envelopp dans lepapier de chiffon le plus rsistant, soigneusementli avec du filde lin, et muni d'unie tiquette descriptivecrite en encre perma-nente sur du papier spcial.Les objets les plus lourdts ont tplacs au fond, les plus lgers suit le dessus,lais le ccxur mm,e: du contenu de la grande torpille,vritablecoupe transversalede notre civilisation et de notre eulllture, cesont les trois bandes de nouvelles et1-es quatre bandes de micro-fi,lm, y compris une encyclopdie d'une longut-ur de 335 mtres,qui ,comporte plus de dix millions de mots et mille irliustratiomson micro-dossier qui quivaut plusde cent volumes paisfinement imprim;,, Les caractres se lisent facdemcnt l'aided"un petit microscope que renferme la capsule, ou au moyen deprojecteurs; les diagrammes et les instructions ncessaires pourleur construction se trouvent sur les bandes, Le savant du soi-xante dixime siclequi lira toute cette documentation mettra

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L ES GRIOTS605Peut-tre un an la finiret aura sans doute besoinde plus dedix ans pour digrerce trsor de connaissancesaccumules.Mais comment lira-t-ilet comprendra-t-iI lalangue de sesanctres depuis longtempsdisparus?Trs facilement-parceque cette bibliothqueen miniature en petits rceptaclesrandsen al'uminittm commencepar donner des indicationspour la tra-duction et la prononciationde 1"angluis moderne,et continuepar un Dictionnaire Classiqueet un Dictionnaire d"Argot,Deplus, il y a une reproductionde 1W Fable du Ventdu Nord etdu Soleil en vingt langueset l'Oraison Domi!nicacen trois centslangues.Suit toute une sectiontransversale de notre viequotidienne,ainsi que denos arts et de nos sciences. Deslivres tout enitierssont reproduits, e.g les cataloguesde certaines maisons importan-tes, le Wonlyd AQmanacet trois romans coninius. Denombreusesparties de l'EncyclopdieBritannique servent d orire les arts etles sciences. Le mondede l'avenir trouvera dsmicrophotogra-phies de tableaux clbresde notre poque ainsique ds exem-plaires dies compositionsmusicales les plusconnues de notretemps. Environ quatre-vingtsmagazines populaireset grandsquotidiens, et des i'nd'icateursde chemins de fer et denavigationarienne de toutes les partiesdu monde ont t microfilms.Le sommaire des scienceset de 11nid(utstrie occupe plusd lamoiti de cette bibliothqueen miniature, avec des descriptionset des renseignements dtaillssur tout, La religion, la phuloso-phie et l'instructionont des sections spares. Nosus pet cou-tu.mcs, nos foyers, nos bureaux,nos fabriques sont dcrits endtail ainsi que la T.S.F.,le thtre, le cinma, lessports, lesjeux et autres divertissements.A l'exception d'un exemplairede la Bible, un seul l'ivrevri-table est renferm dans la capsul, savoir, un exemplaire duRe.gis;tre des Archives de la Capsuledu Temps, qui reprsentecequ'il y a de plus beau comme impressionet reliure modernes.Ilcontient tous le_, renseignementsqui guideront les historiens fu-turs l''enidroit o la torpilleen Cupaloy aura t cache prndantcinq millnaires. Des exemplairessimilaires de ce l'ivreonit tenvoys aux plus grandes bibliothques,aux muses et d'au-tres tablissements soigneusement choisis, dansle monde entier,avec l'espoir que l'un d'entre eux au moins survivrapour ap-prendre aux savants de l'avenirce que renferme la capsule, com-

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606LES GRIOTSment on peut la trouver et la tirer du sol lorsquel'heure aurasonn. L'emplacement exact du puits ternel, l'endroito setrouve enterre la capsule, sa latitude et salongitude, est unemesure suffisamment exacte pour retrouver unepice de petitesdimensions sur la surface de la terre. Des instructions y figurentpour trouver la capsule l'aide des meilleuresmthodes de pros-pection lectro-magntique, mthodes grce auxquelles on d-couvre la prsence du ptrole, de l'eau ou desdpts de minerai.L'homme de l'an 6938 aura-t-il besoin de ces instructions;n'aura-t-il pas sa disposition de meilleurs moyens techniqueset scientifiques que les moyens imparfaits de notre poque, lors-qu'il commencera dterrer cette bibliothque et ce muse con-centrs? C'est probable, mais personne ne sait...Il y a d'es mes-sages dans la capsule adresss pair les clbrits d'aujourd'hui auxgens de l'an de grce 6938. Dans son message, l'un de ces hom-mes demande la postrit s'il se produira dans l'avenir un ra-lentissement du dveloppement scientifique, Et ce soupon sem-ble indiquer la vague possibilit d'uin mouvement de recul pourla technologie et la civilisation.D'autre part, le savant qui regardera dfiler devant lui pendantun quart d'heure la bande de nouve'llles, l'aide de ce projecteurdsuet construit d'aprs les donnes des anciens de 1938, prou-vera peut-tre une dception au sujet de la culture et de la civi-lisation du vingtime sigle.Car, en plus de discours de paix,de revues de mode, dz sujets de sports, il verra le simulacre de laguerre et le bombardement de Canton par les aviateurs japonais-sombre tableau dz notre civilisation!On pourra voir l'a Capsule du Temps pendant la Foire Mon-diale travers un priscope, et il sera expos des duplicata detous les objets qu'elle renferme. Lorsque lia Foire sera finie, dela poix et du bton seront verss dans l,e puits et la capsule atten-dra son dterrement futur.Il ne faut pas croire que des vandales iront la dterrerpour enexploiter le contenu. Cela n'en vaudrait gure la peine, et co-terait plus que ne rapporterait le mtal de la capsule. Quel estle larron qui s'aventurerait couler un caisson ou geler le solavec des tuyaux saumure pour rcuprer 363 kilogrammesd'un alliage de cuivre?ANDR LION, New-York,\Vriter on'I'echnical and Scientific Suhjects.

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LES til2lO 'sVie CommunaleMON BEAUPORT-AU-PRINCE607DEUXIEME PARTIEPlace Ste.-Anne.Nousretrouverons le mme art'l'ord'on-nance de la Place Ste Anne, quiest unpeu,l'oeuvrede Mr. Ra-phal Brouard. C'est lui que l'on doiten effet, les parkinso-nias aux ombrelles jaunes,pareilles auxjonquilles,qui bordentsomptueusement lachausse,l'installationde nouvelles lampesautour du kiosque de la Place,et du monument de MonseigneurBeauger, et enfin les largestrottoirs btonns quicourent en m-andres,des deux ctsde ce tronon ennobli dela Rue St-Hono-r.Il est dommageque la sollicitudedel'Edil'it ne se soitpastendue, au cimetireSt-Anne,os'entassent,abandonnes,aumilieu d'une vgtation folle,tant de tombes illustres.On ne peut tout faire l'a fois, nie reprend l'IngnieurNi-dal, plushrisson quejamais.Nous avons un projet l'tude,et qui serait dj en voied"excution si malheureusementlia Com-mune, n'avait dt se dpouiller decertaines taxes en faveur del'Etat... mais ce n'est que partieremise. Et puisc'est tellementexigu ici, et les morts doivents'y sentir tellement l'troit,quela seule solution adopter,est peut-tre un dmnagement.Ilfaut dsaffecter le Cimetire deSt.-Anne, et alignerses marbreshistoriques,en quelque dcor plus digne d'u glorieux passqu'el.lesvoquent. Je parle bien,quand je m'coute, ne trouvez-vouspas,>?Ppinire Chabaud.-De la PlaceSte-Anne,nous nous ren-dons au CimetireExtrieur,mais en faisant un petit crochet laRuelle Chabaud,o pour l'embellissement desesparcs, et pourn'tre pas prise audpourvu,quand il convient de rajeunirsesparterres,la Commune, longtempstribuitaire de Damiensefait prparerdes ppinires varies... Des plants derosiers, debougainvilliers de paresseuxrouge deparkinsonias,d'hibis-cus, de crtonne gavs d'eau et'de fumier,bourgeonnent rasde sol, sous l'ail d'un surveillantobsquieux,et retors, qui fai-D

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6081,GRIOTSsant la part du feu, asubrepticement utilis unebande du terrain son profit personnel et ycultive des aubergines et deschoux.-Petit poisson, deviendra grand,fis... je aimable en dsignantdu doigt les jeunes pousses.-Du dj lu dans la Fontaine,retorque sans piti, l'IngnieurCommunal, qui est dcidment d'humeurmassacrante.CimetireExtrieur.--Pour ne plus me faire attraper,j'adopteun silence conrardin queje suis dcid ne rompre quedansles cas extrmes, et qui fait demoi, au milieu des tombes du Ci-metire Extrieur, un mort enpermission parmi les morts em-murs, pour rpter avec notredlicieux Lon Laleau, un mote'Lbre.Je suis tout au srieux du rle,nonobstant, le grotesque decertains monuments funraires tel dans sapatine rouge--brique,le buste arrogant et moustachu,pos au haut d'une colonne,comme une tte porte aubout d'une pique, qui merge, avectant d'inutile vanit et demauvais got, au-dessus des croix etdes dalles environnantes, et tel encore cegratte-ciel arrt au troi-sime tage de son ascension architecturale, par unedcision del'Administration alarme par tant d'encombranteoseentation.Je ddie quand mme en passant, und'emi-sourire trs chaste, l'pitaphe, qui s'entte nous apprendlce queMlle. Ad'ladt-X dcde l'ge extra-canonique de 76 ans a su,jusqu'au, bout,prserver des dents de la luxure, son petit corpsvierge, et quidt, j'imagine, tre adorable. Elle doit aujourd'hui le regretter.Prs de la chapelle, une dalle grise, et que le temps commence dceler, porte un nom et qui suffit nous faire rver: Panpan.Une date l'accompagne, mais nul prnom qui claire notre curio-sit...Panpan,une onomatope, de marteau enfonant un clou,comme rataplan rappelle le son du tambour. Nul ne sesouvientaujourd'hui dePan pan,et il serait tout fait retomb au nant,sans l'expression courante:faire le urand pan panqui est dansnotre crole l'quivalent de l'expression franaise: secroire leyrandmoutardierdu pupe.A quelques pas de Par: et dans l'enclos rserv au clerg,une tombe sans inscription, mais sur laquelle, chaque jour, desfemmes pieuses ou crdules viennent se recueillir, disparait sousles ex-voto et les fleurs.C'est la tombe miraculeuse, dit-on, duPre Labrousse, qui de son vivant se fit pourtant une solider-

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L E SGRIOTS609putation de bourru... Aujourd'hui sa lgende l'apparente auxsaints du calendrier; il ne saurait pleuvoir sans sa permission.Fianailles, mariage, naissance d'hritier ou promotion de fonc-tionnaires, c'est son intervention qu'on rapportent invariable-ment, l'vnement heureux... On a beau tre sceptique, une fer-veur aussi gnrale, ne laisse pas de troubler, et c'est, moiti con-fiant, moiti me ralliant moi mme, qu'en passant j'implore duthaumaturge, qu'il fasse tomber dans mon escarcelle, ls militionsdu gros lot de la Loterie Franaise. Mais vous verrez qu'il nem'exaucera pas.IIbLE PARC DE L'HOTEL DE VILLEOn pourrait consacrer tout un chapitre---nostalgic malgrtout, puisqu'il faut toujours qu'un regret accompagne, quandelles s'effacent, laides ou belles, les choses qui nous furent fami-lires,-un long chapitre aux vieux quartiers de misre, pittores-ques et sordides, puant au soleil, la vase et la mare,qui de la Sa-line Martissant en passant par les malodorantes pisquettes, etle Fort St-Clair infest de tanneries, bordaient le littoral dePort-au-Prince, de l'entassement grgaire de leurs taudis lpreux,somms d'aissantesou detles, moisies par l'humidit, ou mou-chetes de rouille.Il y grouillait dans une prostitution mal rtribue etpouilleuse,une humanit inquitante deviragos et de fiers--bras, en margede tonte dlicatesse et de toute hygine, demi abrutie par l'al-cool, les privations, les veilles et subsistantde rapines, de lapche et de petits mtiers faciles.On voyait immanquablement devant chaqueseuil, des coqsde combat, tirant sur l'attache, exasprs parles ardeurs de miditombant dru sur leur tte ampute de lacrte, et sur le cou et lcscuisses soigneusement pils, pourn'offrir aucune prise au becdel'adversaire,et tanns auvif,par des vaporisations quoti-diennes au jus de gingembre.De jour, c'tait la vie au ralenti,dans la lassitude des reinsdlicieusement meurtris par lesexcs de la, veille, avec de longuessiestesronfleuses,dans d'troits hamacs en tiras bleu, suspendusaux galeries, et que les piedsdpassaient calleux et crasseux, et

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(10n1IS' C,C1C)l'Spuis au rveil, &s parties de cartes joues quatre, sur des bancsplacs en croix, les flnes sans but, de loupen peine, et les sta-tions anxieuses devant la nier, jambes carteset les mains en-fouies dans les poches, dans l'espoir dedcouvrir l'horizon, lafume en panache de quelquetransat inespr, charg de touristes,opulents, amricains et continents, quiproposer des fredaines, des dancings pangnoles,ou bien au prix fort, les brimbo-rions de l'industrie locale:savates en cuir tress, sacs mainenpite, et sabres en gaac.Mais la tomb du soir l'animationreprenait, et commeunefte de lucioles, des quinquetsaux flammes tires, s'allumaientsur toute la ligne, clairant les ventairesdes marchands de pis-tache et de mangues, et les cuisinesen plein air, tenues par d'adi-peuses matrnes pres au gain etservant au plus juste, des por-tions chaudes sur du papierd'emballage, ou despages de vieuxmagazines, illustres de vedettes.Il n'tait pas rare, pass lesminutes, d'y rencontrer devantlefeu des fourneaux,une jeunesse dore, sentant bonle coty etl'Houbigant, et sangle dans d'impeccablessmokings, gloires desbars idePort-au-Princieret de Bellevue et, mangeantavec lesdoigts, des fritures proltaires,arroses de sauces l'emporte-bouche, qui leur mettaienten eau, les narines et lesyeux,Ils se laissaient docilementprendre l'entrainet l''aube les sur-prnait, l'o:illet toujours la boutonnire,mais dpouillls detou-te aristocratie, buvant cte cteavec des partenairesen guenil-les, un caf brlant dans desgobelets mal rincs.Les tambours des tonnellesde danse et les platulencesdestrombones, le tapageen crcelle des brosses descireurs sur leurcoffre, les clochettes des confiseursambulants, avec leurstridula-tion de cigale, le rire chromatiquedes femmes chatouilles,lesclats de voix intermitentd'es querelles, lesrumeurs de la foule,et tout proche, et commeen solo, le clapotis desvagues, rali-saient confondus, un immensechaeur chantantd'une posie ani-male et vnneuse, qui laissaitcomme une suie l'me.Tous ces vieux quartiersborgres ettoute cette canailleen per-ptuelle brit, accusaientpar leur pittoresqued'Afriquesau-vage, une hideuse verrueau visage de Port-au-Prince,et l'on s'-tonne aujourd'hui qu'aitpu tre tolre si longtemps,cette lie0

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aaOTS--LESCRIremonte en surface, ettale comme plaisir aux yeuxde l'-tranger.Le premier coup de piochede dbarras fut donn parl'Admi-nistration de Mr. Charlesde Delva qui dota notrecapitale, d!eson imposantHtel de Ville, et qui, cet effet, procda aux ex-propriations ncessaires, sanstenir compte des murmures...maisla sompuueuse architecturede l'difice, ne fit querendre plus sen-sible, le spectacle lamentabledu dcor environnant.A Monsieur RaphalBrouard revient son tour,le mrite depoursuivre, avec c'ert'es,toute l'humanit compatibleavec l'int-rt public, maisaussi une fermet sansfaiblesse, l'oruvre desalu-brit et d'esthtique.de dbarrasser lelittoral le Port-au-Princede la sordidit desbicoques, des baraques etdes huttes qui l'en-veloppent comme une gangue.Les dmolitions sesuccdent, un rythmequi s'accentue aufur et mesure queles disponibilitsde la Caisse Communale,permettent dedsintresser quitablementles expropris.9nIIICroix des Bossa[-es.-LaCroix des Bossalessemble devoir trel'objet de lasollicitude laplus immdiate del'aministrationCommunale,qui compte substituerau marchactuel' ciel ou-vert,un march avecde lanrgeshangarsd'abri aux angles.C'est l'architecteJeanton,dont on connatle got sr, et lesoucidu parfait qui seracharg destravaux.En attendant onprocdesous les ordrescomptentes del'Ingnieur Fquire la rfectiondu tronon de ruequi s'tend dela Rue Rpublicaine la fa-ade sudavedu marchprojet,et qufaitprollaoCngementhapelle decStetronon dela rue asphalte,quiigrimpeFranois et qui estdj t'eeuvre deMonsieurBrouard.C'estdu beau travail.Place St.-Antre.-Nousnie savons pasencore quels sontlesais,projets d'embellissementqu'on excuteraaC trSt.-Liou-Fortmaisle marchaux herbesqui s'ytena,St.-Clair,ainsi que ledbarcadre quiservait au dchargementdesbarques,transportant dusable demer,desmadriers,du bois brler et descorces de mangue.Le remblaides parties basses,4

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612enir les infiltrationsd'eau detvrapidement,pour prs y poursuimer, etobtenir l'alignementavec lelittoral qui borde leParc del'Htel de Ville.Quand la Place seraamnage, elleoffrira avecune promenadeagrable un coupd'ilmagnifique,que gneralaReinboltalbti, et donteledpt enrachatserait troplonreuxpouroeinbolt yCommune.A titre desuggestion,nous ajoutonsque lalourde b tisss*edsiparerait moins le site,si des ouvertures ytaient pquettesides motifsaccessoiresd'ornement,lui enlevaient sonaspectsgsif de gole.FortSt.-Clair.-Au FortSt.-Clair,on projettegalement desubstituer comme la Croix desBossales,au marchactuel ou-vert auxintempries, des vasteshangars qui s'aligneronten ran-ges parallles auhangar duMarch-au-poisson.Au Sudle terrain at soigneusementnivel, et bord deplan-tes d'ornementqui en font dj un parcmodeste,mais bien en-tretenu,que les gaminsdu quartier prennent sureux le diman-che de transformeren land defoot-ball.Parc de l'HteldeVille.-Mais la plusheureuse ralisationde MonsieurRaphal Brouard, etqui,comme unvisage de fem-me, met commeune moucheassassine au visagede Port-au-Princec'est certainementle Parc de l'Htelde Ville.Je suis pour ma partd'avis qu'on revienne sansdlai l'ap-pellationpremire:Place de laLibration,en y ajoutant;Et dela reconnaissance pourrappeler comme ilconvient la part gn-reuse quel'esprit de justice duPrsident Roosevelt et ce purtriomphe du patriotismeet du droit quefut la journelibratricedu 16 Aot 1934.En attendant l'actede baptme qui dgage sarelle et sa seulesignification,on ne se lasse pasd'admirer c'e petit joyaude ver-dure, mignon etpimpant,comme un rve depapillon,ou quel-que jardinenchant de fe.Il s !,tire vers lamer,en un vasterectangle bord sur toutleprimtre d',un largetrottoir btonn, qui invite la promenade,et quioffre,tous les dix pas unbanc propice aux haltes.D'unetonalitdiscrte,mais laquelle a prsid ungotsr,ennemi du14014

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LES GRIOTSvinw irmac^u613rococo, il marie le rouge sombre au vert le plus tendre.On estdlicieusement impressionn paT ces massifs d"hibiscus mergeantdes pelouses, comme des boues rouges sur lla mer, ou blottis auxcoins, l'ombre de vaporeux parkinsonias, dont les feuillagestouffus se rejoignent en dme.Il y manque peut-tre des fleurs; et l'on songe la fte queserait pour les yeux, une rose panouie la pointe d'une longuetige souple, arque comme pour une rvrence. Et commeje m'enaffligeais.-Des fleurs, railla l'Ingnieur Nadal, Monsieurle journa-liste rclame des fleurs. Ne vous gnez pas,prcisez vos prf-rences.Gloire de Dijon, American Beauty, rosetrmire, gar-denia, tulipe ceillet, faites un choix. Vous ne savezdonc pasque cette vgtation que vous avezdevant vous, tient dj duprodige. Nous avons labour la mer, car moins d'un pied sousterre, on trouve ici de l'eausale. Tenez, rien que pour les hibiscuts, nous avons d nous yreprendre plus de quinze fois,avant d'enregistrer un succs, etcolla, malgr remblais, drainages,amendement, et tout le bataclan.Des fleurs? ah! non, il faudrarepasser.Et c'est vrai que le Parc serait encore l'tat de projet, si l'onavait prvu toutes les difficultsrencontres, et surtout sans latnacit de M. Raphal Brouard, et savolont de fer.Il a fallu d'abord construire plusde trois cents mtres d'-0goues, et rparer les vieuxgouts, qui datent de Berline, pourl"vacuation rapide des eauxdvalant de la ville haute, la sai-son des pluies.11 a fallu encore battre despiex sur toute l'-tendue du terrain pour luidonner de la consistance, et & peurde la catastrophe quiaurait pu rsulter dies infiltrations,compl-ter les travauxd'assise, par une paisseur d'un mtrede gravois,soigneusement tass au dam.Enfin pour plus de sret, et pourprvenir les fissures en casd'affaissement on a d encore armer lebton des trottoirs.--Des fleursproteste toujoursNadal, vous vous croyez donc Ptionviile?Le mtier a sans doute sesrisques, mais je ne vais tout de m-me pas me faireboxer par ce jeune sportif,cramoisi de colre.,.1et je renonce lchement auxfleurs.-C'est beaucoup mieux, sansjasmin, fis-je conciliant.c.

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614L E S GRIOTSEt pour sauver la face j'arpente les mainsau dos, l'air dtach,et d'un pas qui crisse sur le sable, l'alle centrale duParc quis'ouvre dans l'alignement de Lporte ouest d'entre de I'Htelde ville. On y dcouvreun petit solle inachev et qui semblequand mme attendre, un buste de hros,ou peut-tre bien sastatue questre, et l'on s'tonneque tour ne soit pas dj en placeet qu'on oblige si fcheusement l'histoire faire antichambre.Au milieu de l'alle,une quipe travaille la prparation d'unvaste miroir d'eau, o les dimanches--maisne le rptez pas en-core-on viendra voir descygnes blancs, nager sous l'o:il amusdes naades et des tritons.Le Parc s'ouvre en deux alleslatrales, dcoupesen hmi-cycles, qu'clairent discrtementle soir, des ampoules piques des candlabr.3 nain;,et qu'on ne voit pas, coiffes qu'ellessont de rflecteurs conques, qui projettenten nappes rondes,la lumire sur le sol. Desbancs s'y adossent, toujoursoccupspar des rveurs anonymes, gotanten silence la douceur vesp-rale, et d'autres fois dormantdu sommeil du juste, maisdrapsde dignit, le front pudiquementappuy sur le bras, dansunebelle attitude de prire.Le soir le Parc estune ferie, dans une dbauche delumirequi tombe de hautes lampesjuanell'es, et qu'heureusementtami-sent comme un voile, les feuillesen aiguilles des parkinsoniasplants en bordure; l'heureest si be!Ie, qu'on s'attendrit dela sa-voir fugitive. Est-ce cause de la mer proche,ou des phares desbateaux quai? Onne sait, mais il flotte d'ans l'air,une mlan-colie de dpart, venue l'ondirait du Large,avec le vent marin etqui ressuscite, trs doux,l'moi d'adieux ancienset de tout pe-tits mouchoirs agits despasserelles, par des doigtsqu'on adorait.Mr. Brouard peut trefier d'avoir dot Port-au-Prn'nce,de cebosquet charmant auquelil ne manqueque le chant du rossignol.C'est une petite merveille,cisele avecun art exquis qui donneun frmissement aux choses.(i.x1rail(ici Malin)XXXr

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AsI. Ii SC? R 10 'I' Suii,r n uni niuu u unrvn wiIIIunumnnr.anmwnmnmNG 15TABLE DES AUTEURS ET DES PRINCIPALES MATIERESPUBLIES DE JUIN 1938 A SEPTEMBRE 19391.Bibliographie('1. Magloire fils, Klber Georges-Jacob2.Contes:J. R. Cinas, F. Morisseau-Leroy, FranckLegendrei,3.Critique d'Art:Marcello de Sylva4.Dclaration: Carl Brouard, Ci. Magloire fils, LorimerDenis, Dr. Franois Duvalier5.Doctrine('art Brouard, Lorimer Denis et Dr. Fran-fG.Economie Socialeois DuvalierDr. tienne D. Clharlicr, I)r. Price-Mars7.EthnographieLorimer Denis et Dr, Franois Duvalier8.Folk-lore('art Brouard, Dr. C. Andr, Ilector Denis9.Histoire1I. P. Sannon, Thomas 11, Lechaud10.La CritiqueKlber Georges-Jacob11.La MusiqueConstantin Dumerv12.Les Grandes Figuresde la Science contem-poraine1)r. Louis MarsI13.Mdecine1)r. Maurice Armand14.Mdecine SocialeI)r. Moricc Hall15.Nouvelles('i. Magloire fils10,Pages HatiennesDr. Flix C'oicou17.PhilologieMnie. 'I'hodora Jlolly, Christian 13eaulicu18.PhilosophieScientifi-queDr. J. C. Dorsainvil19.Pomes en Prose('I. Magloire fils20.PosieCari Brouard, Gaston Criel, Aristide deSabe, J. B. Romain, Ci. Magloire fils,Pascal Andr Cassus, Claude Fabry,Pli. 'fhnby-.Marcelin, 'Maurice A. Cas-sus, Dominique iiippolyte, En;11e Rou-iller.021.Politique et Diplomatie: Auguste Magloire

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616LES GR/) 7'S22.Politique Internatio-nale; Franck Durant23.PourServir 3l'his-toire de l'Evohytion dela PensehatienneI)r. Price-Mars29.Problmesl'Ordre duJour:KlberGeorges-Jacob, I)r. J. C.Dorsainvil,Dr. CattsPressoir,Pli. Thoby-Marcelin,Mme. Yves Bloncourt.26.Problmesd'Ethnolo-gieKlber Georges-Jacob26.ProseIlector Denis27,Psycltitrie SocialeDr. Louis Mars28.PsychogrieDr. J. C. Dorsainvil29.PsychologieEthniqueet IlistoriqueLorimer Denis et Dr. FranoisDuvalier30.Religion CompareDr. Arthur ITolly31.SociologieLorimer Denis et Dr. FranoisI)uvalier32,Sociologie juridiqueH. Terlonge33.Sociologie Juridico-ReligieuseKlber Georges-Jacob34.Sociologie Religieuse:Dr. Arthur Holly35.TechnologieAndr Lion36.UrbanismeL. Dalencour37.Vie CommunaleXxx0