Les griots

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Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
April 1939
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00011


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Full Text

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_._-PETHRO-A mes aimablesamislliai;re LorimerDenis etDocteurFranoisDuvalier.Chers amis,Il y a quelque tempsdepuis que je suis un& vos ad'mirateurt,respectueux.Quand, au fondde soi-mme, l'onadmire quel-qu'un pour ses oeuvresmorales, intelllectuelleset utiles,confirmespar uneactivit saine et prcise,cette admirationcertainement,a sa raisond'tre. parce qu'el'.t!est alorsfranche et admissible.De fait, fidles vousmmes ,et ceux-lauxquels vous appar-tenez par le sang,par lafamille, par la socitet par la natio-nalit, vous voustes redresss contreles injurestendancieuseset sy:tmatiquta,profres contre tout ce quevous tesintrins-quement et tels quela Divinit Cratrice,guide par l'EspritAr-chitecte, vous aforms dans le seinde vos mres. Cetteattitudede courage, dedignit personnelle, est votre gloire et vcttehonneur. Et elledevrait commander lerespect, l'encouragementde tous les honntes gens ct desquels voussouffrirez que je merange.Certes, l'amour et lerespect de soi-mmeforment le toutn-cessaire l'homme.N'a-t-il pas t cr d'aprs unsystme ana-logue son Crateurqui est absolu en sonIpscitet dans sonpenchant? Il n'y a point, nousvoulons le croire, deprcepte plusgrand et dfinitif quecelui-l pour servir comme unappui laralisation de son volutionspirituelle, morale etmatrielle.A notre point de vue,de philosophie sotrique,la valeurd'une chose quelconques'obtient en remontant sonorigine fort-d'amentale.C'est un procd d'tymologiebas sur l'Oeuvre dela Cration Universelle.Ainsi, l dans la matrice de notremre,l'Esprit-Crateur avait dposdans notre me un germe:lle sen-timent naturel de saprservationpropre.Ce sentiment est doncd'origine divine,et, partant, lgitime.Ce mouvement de l'me setraduit sous le rapportsocial, parle mraintien d'une attitudede correction vis--visd'autrui et desoi-mme, et vice versa. Carl'un impose la nicessir del'autre.C'est, en un mot, le sentimentde la probit, de la dignit.Outre

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pLES GRIOTS523cela, l'Esprit des Esprits a dot notre me del'Intelligence, celleque Sterne, l'crivain irlandais d'ordremotif, a dfini: la facul-t gnrale d'adapter consciemment sa pense desexigences nou-velles. Le maintien, la contenance, l'honneur,la dignit relved'un attribut de l'Esprit qui est celui de la Volont,guide par laRaison et soutenue par la conscience imposant ladcence.La Volont et l'Intelligence, en activit normale,constituentles deux principes essentiels caractrisant cetErre qui est ap-pel mriter le titre de Homme, le Vir bonus.Ces principes sotriques noncs, revenons vos personnali-ts telles que nous dsirons vous les analyser.Ayant acquis des connaissances variesdans la sphre des fa-cults intellectuelles, vos esprits ont fait le gestedu vanneur, afinque la vrit soit dbarrassede tout ce qui lui est inutile, dou-teux, nuisible, hostile mme.Par ce nettoyage vos mois int-rieurs ont gagn, sans filtration, les rayonsdu soleil.Ils sontmaintenant capables de s'panouir. de s'affirmer ayantatteint leplan de leur libert.Cette mancipation de vous-mmes d'untas de concepts errons, tendant faire de votre Race une collec-tivit subordonne, bestiale condition que neconfirment point nila Biologie, ni la Logique, nil'Histoire, ni l'Ethnographie, niaucune chose gnralementquelconque, dis-je, cette mancipa-tion vous a forcs d'ouvrir leGrand-Livre de l'a Nature, l'u-nique, le seul que le Crateur acrit de sa main. La Vrit vraievous a rvl que vous yfigurez au mme titre que tous les autrestres naturels qui voluent dansle domaine de l'Existence o laTerre est la Mre de toutes leshumanits. Ce n'est qu'en appro-fondissant les sciences anthropologiques,ethnographiques, na-turelles et leurs histoires; lapsychologie sociale, l'astronomie etl'astrologie, que vous arriverez connatre ce que vous tes, etpartant cc que le Crateur est parrapport vous mmes.L'Homme est un produit dela Nature, et la Nature est leChef-d'ouvre Universel danslequel les Attributs de ce Crateursont, pour ainsi dire,revtus de divers types hirarchiquesducortex phnomnal.Cela revient dire que voustes desBlancs peau noire, et queles Blancs sont des Ngres peaublanche.C'est l le dernier mot dela Science Universelle.Restez-y.

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524LES GRIOTSCes principes universels etvrais tant poss, quel devrait trenotre Standard et comment yarriver?Ici, nous ne pouvons avoir quel'autorit de ce que nous va-lons, c'est--dire l'opiniond'une chtive personnalit, D'autresplus qualifis apporteront leurcontribution la solution de ceproblme. En attendant, nous pensonsd'ores et dj, en ce quinous concerne, que seul notremoi personnel, s'tayant sur untravail dilligent,prompt,intelligent,etactif, doit nous guidercomme une vritableboussole.Nous tenonscette dclaration denotre observation de laNature. Un arbre ne s'occupe que delui-mmepourne donnerque sonfruit.L'avocatierne cherche pas produire desorangers, de mme quel'Africain ne doit pas ch:r-cherproduire unLatinau lieu d'unAfricain la mesure deson tre.Le Crateura mis un attribut en germedans son me; et cetattribut spirituel est manifestdans saTraditionracial:.Qu'ilabandonnesa tradition,il y auracarenced'un attributspiritueldansla vie del'Humanitterrestre; en d'autrestermes scientifi-ques, il manquera uneVitamine ou unendocrinedans 1: corpsorganique universelde l'Humanit.Cetteide est celledestradition.nalistes;Affaire decabritn'est pas affaire de mouton. Le Messie Chrtienconfirme cetaphorisme: La chvreest l'animal consacr dans les mystresdel'Orient quepersonnifieDavid entour de poilsde chvre.(ISam: 19-13). Le Fils de David ,u de laChvre, c'estlechevreau,animal quiest consacrau Christ surnomm le fils de David. Lemoutonou blierest celui d'Abraham quipasse en Israel lasortied'Egypte. Ce blierest consacr Jupiter, led'Aaron qui difie l'Occident. L'aphorismeafrie+i-queles crmoniesqui ont pour base le Soleil dent ne concer-nent pas celles offertes Jupiter, Divinit de l'Occident. Quandle Fils viendra danssa gloire, il s'assiera sur letrne. Et toutesles nations seront assemblesdevantlui;et il sparera les unsd'aveclesautres, comme unbergerspare les brebis(moutons)d'avec les boucs (cabritsl.--Mat: 25-32).Si David personnifie le Soleil d'Orient, le Christ, le fils de Da-vid, enverra les boucs dans son royaume. Noussommes, commeafricains,marqusdu sceau de l'Orient. A ce titre,il faut crire.,C:hriot, puisque le signe G.est lunaireet setrouve dansla racine

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I ES C0R10TSdu mot Agneau. En effet Ga, dans Galacie, Galile, Gaule,signifiel'Oeilde laLuneque personnifie Jn.-Baptiste dcapitpar Hrode.Ayant gagn notre indpendance, nous devons profiter de cettesituation pour permettre notre moi d'aller de perfectionenperfection infinie, sans nous attarder dans les restrictions absur-des de certaines convenances, dans l'troitesse des cultes sectaireset dans les observances dsutes. Oui, il nous faut unglarge li-bert d'esprit, d'me et de corps,pour redevenir ce que nous f-mes dans un pass trs lointain: une Racevolontaireetintelli-gente,fondatrice de la Civilisation mondiale, civilisation basesur leVrai,le Bon et le Beau.Les tudes en occultisme scientifique et en sotrcrisme, veulentque ce qui estBeau,c'est ce qui est Bon, ce qui estBonest ce quiestVrai.La recherche de ce qui estVrai,c'est ce qu'on peutconstater par les sens naturels ou par les expriences. Nous nechercherons pas donner une explication dfinitive ce que nousconstatons commefait vident,ni ce que l'exprience et l'ob-servation contrles nous rvlent. C'est donc, d'aprs la sciencede l'Occultisme et de l'Esotrisme, d'origine africaine, quenousnous proposons de rpondre la que. tion qui m ,lame un ex-pos scihntifique du Mystre africain:Papa-PethroOccultisme et sotrismeVoudoCana d sans doute observer qu' chaque fois que nous avons prsenter une analyse sotrique sur feuilleton pars,nous noustrouvons dans la ncessit de faire des rptitions incessantes envue de toujours tenir en veil l'attention du lecteur profane, sousles yeux duquel nos crits tomberaient comme par hasard. Qu'onnous fasse cette concession.Lies vocables de la tradition africaine, le Voudo, sont formspar des lettres ou des racines places en juxtaposition. Chaquelettre ou racine est un signeastronomique,ouastrologique,L'as-trologie est gnralement condamne pour des raisons diverses.D'abord, ceux qui la critiquent ne savent pas grand'chos'e de lascience qu'elle reprsente; ou, encore, sont ceux-l mme qui, trop

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u LILL i n n ,iL IIiirru.uiuL ESGRIOTSbien renseigns sur sonimportance dangereuseau point de vuede la disciplinereligieuse,se font commele devoir de la con-damner.Pournous,rien n'est plusconfirmatif de l'sotrismequandunastronome,tel qu'unGalile,un Copernicsoit atrocementperscut,traqu et condamn parle Sacerdoce, pouravoir mo-difi le planisphreastronomique par desdcouvertes scientifi-quementprouves,il est certain que s'iln'existait,en ralit derapport entrel'astronomie et laThologie,le Sacerdoceresteraitindiffrent au renversementdu systme de Ptolme parle savant,Mais,hlas non: la sacreCongrgation de l'Indexcondamna ladoctrine queNewton,Kpler et autres ontconfirme et malgrl'autorit sacerdotale d'unBossuet.L'sotrisme se mle dessymbolismes,desallgories,des apho-rismes,de mythologie des anciensSavants,iIdchiffrables pourles modernes qui ignorentla base sur laquellel'initiation tradi-tionnelle de l'Antiquitprhistorique estfonde.Quand on pos-sde,au contraire, laconnaissance du fondementde cette Ini-tiation on reconnait vite queles Modernes n'ont presqueriendcouvert,et qu'ils marchent surles dbris de ces connaissancesastrologo-astronomiques du sacerdocedisparu.Alors toutes lesprtentions d'une nouvelleReligions'effritent.Ensuite le Sa-cerdoce, un moment donn,tait devenu corrompu pardeshommesayantdes visessocio-politiques,et la morale passaitl'arrire-plan de sa conscience et de sesactivits,Ainsi,dans unbut autre que la Religion pure, autreque la Vrit,ce qui est leVrai, le Bon,le Beau a du treclips, oulid' ou supprim.Or, le fondement vrai, constatablede la Religion universelle,de la Psychologie et d'autresspculations relatives l'Esprit et l'me, est, chez les anciensInitis, l'Evidence de la CrationNaturelle. Et c'est,d'accord avec cela, que nombre de philoso-phes, deprtres,de thologiens s'occupent de l'astrologie commebasescientifique.Mme des mdecins trouvrent dans l'Astrologieun systmede Thrapeutique,une Mdecine hermtique.Dans certainsouvrages,on retrouve les nomsde Gallien, dePythagore, St.-Thcmas d'Aquin etde bien d'autres savants quiont confirm lesdonnes de la science exprimentale et d'obser-vation que constitue l'Astrologiescientifique, Et cette confir.

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L E S G R I O T S_murnmuuutimminuuei527nation est corrobore, son tour, par une bibliographie modernetrs tendue et approfondie critedans toutes les langues de l'hu-manit. Eh! bien, tout cala n'estque de l'Esotrisme scientirfique.Voyons! Quand nous parlonsde l'Esotrisme et classonsceternie dans le cadre de la Science, celane parait douteux qu'ceux qui comprennent que ce motest synonyme de quelquechose dont la nature quivoquerclame le secret absolu. C'estl l'ided'un tas de prtres qui n'ont dela Religion qu'un ver-biarte tendancieux. En Hatiun personnage en haute fonctionjuridique m'a dclarque les mots, occultisme, sotrisme,sontdes termes synonymes de Ouanga;et qu' ce titre, la connais-sance et la pratique de ces choses-l relvent dela loi pnale.Dire encore que ce Haut Personnagea reu tous les grades ma-onniques enHati. Pareilleinitiation rclame pourtant lacon-naissance de l'Occultismescientifique,et sa cl-l'Esotrisme pourla claire comprhension deson symbolisme adquat et d'ordrede la Religion Universelle.Oui, la Maonnerie estuneReligion,une Morale cosmolo-gique,Astrologique,orthodoxe etcatholique,Elle n'a perduson cachet rien que pour avoir t, pendantun certain moment,le repairedes politiciens en conspirationcontre l'tatRoyal. Cen'est donc qu' partir de l'tonnanteet renversante dclarationde ceHaut Personnage, homme apparemmentde grande cultureintellectuelle, et peut-ctre de forte culturemorale (car il en al'air) que jem'explique que les Francs-Maons hatiensrenient leur lit de mort, leur foi maonniquepour obtenir l'entre l'Egliseleur permettantd'aller adPatres.C'est triste, troptriste, condamnablementblamable. Aussi,est-ce un devoir so-cial que de dsabuservos lecteurs,en leur fournissant la preuveducontraire,c'est--dire quel'Oecu,ltismeet l'Esotrisme sontdes sciences la porte detout hommeinistrui7 et moral.Le silenceque l'on rclamedans cette initiation. c'est celui quiintressel'homme illtrou immoral,l.'illtr ne peut compren-dre les spculations d'ordreastronomique.C;'est l jeter vos per-les auxp: n:ceaux. heur l'horanmetrtciirrmentimmoral,c'estun compagnon indigne et qui n'a pas de place auprs des hommesvertueuxdifiant l'Oeuvre du Grand Architecte del'Univers,

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528nir.,i,nun;a,iwuuumrmiinuiiLESC?R 1 0 T Si sotrismeLa racine ni rvle l'tymologie dha ce mot, est /Esoter, uneracine qui remonte au grec Estron. Quand on supprime E, ona la racine Asoter qui, lui aussi, remonte au grec Aster par l'-lision de la lettre O.Donc,l'Esotrisme est la science qui traite des Astres. Cettescience, n'est-elle pas la fois l'Astronomie et l'Astrologie quitudient les lois, les mouvements desAstres?Les lois, ne sont-elles pas d'ordrescientifique?Cettescience,si elle n'est pas d'ori-gine du SacerdoceEthiopio-gyptien,il est nanmoins vrai quele planisphre de ce Sacerdoce est le Fondement de leur Thogo-nie, leurThognosie,leur Thologie et leur Psychologie. Leurscience astrolo-astronomique ne doit pas tre prise dans lesenspjoratif,d'Astroltrie, mais d'aprs un systme d'exprimenta-tion, de raisonnementanalogique,dductif,inductif,d'intuitionet surtout d'observation exprimentale d'ordre mdiumnique.LesAssyriens,lesPerses,lesPhniciens,lesArabes,les Grecs,les Romains acceptrent ces Principes fondamentauxd'ordre si-dral;mais modifirent le vocable pour 1"ajuster leur phontis-meparticulier,Il y a donc un fondement universel etune diver-sit de langagelithurgique.Talle est la seule diffrence entre lescultes orthodoxes etcatholiques,c'est--dire vrais et universels.Endfinition,la Science Esotrique est celle qui dnonce lerapport existant entre le signe de l'alphabet-planisphreet le vo-cable lithurgique outhologique.Elle dnonce encore le rapportentrele vocable et les astres, toilesqui sont ses bases fondamen-talesinvariables.Nombreux sont les grands hommesqui nes'occupent titre de religionque de ces rapports entre l'Humanitet le Monde Sidral.Parmi tant d'esprits acadlrmiques,ilsetrouve aujourd'hui d'autres qui s'yralient. Nouscitons une d-olaration deOlmenceau, le Tigre: N'est-ilpasncessaire,dit-il,que les lois de l'homme se raccordentaux lois du Monde, puisquenous sommes toujours ramens des constances de rapports?Pour reconnatre de quoiil s'agit dansun vocable donn, ilfaut que le mot sacrsubisse l'analysesotrique.C'est ce quenous allons faire pour chercherla valeur scientifique du vocablePH-TH-ROayant l'interprtation vulgairePethro-Peter,4

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L E SCR 10 T S',wouv nrur. unmuwrm,rn;u;nuuuun;;nneumi;nnnmuuommmnumnuumo;mnwrmunnm529On comprend sans peine la ncessit de ne pascommuniquerce systme d'interprtation auprofane il'ltr.Car celui-ci finittoujours par difier l'image ou le symbole au dtrimentdu sym-bolis. De l, l'origine de l'astroltrie, de l'idoltrie, etmmel'homoltrie du pseudo-Christianisme moderne difiantale Filsde l'Homme, lorsqu'au contraire il faudraitla dification del'Esprit qui se manifesta chez le fils de Joseph, doudes facultsqui caractrisent le prophtisme.Alors, c'est bien entendu que le secret de.l'sotrisme rsidedans ala connaissance des Lettres qui symbolisent,ri prsententdes Astres des Cieux. Un vocable donn estrduis une seulelettre diteVoyelleMre, tantt une racine compose o figureune consonne. Cesystme remonte la socit acadmiquedesChaldens,astronomes etastrologues,sortis d'Ethiopie et d'E-gypte.Pour justifier, ou mesurer une chosequelconque, il faut avoirun talon arrt: lelitre, pour les liquides; le mtre, pourlestendues; le kilo, pour le poids; et laBible, pour la religion.C'est donc par lia Bible qur: nousallons mesurer !'Orthodoxie dela Tradition Voudo.Les Ecribures ayant t modifies traversles ges pour cacher son origineafricaine,nous aurons des rser-ves faire. Le fond'sotrique de l'Ancien Testament, Mosel'acopi et paraphras. Il`dtenait lesmanuscrits du Temple die sonbeau-pre Ethiopien. Le NouveauTestament n'est que I"i'nter-prtation de l'Ancien sur un planspirituel et moral, au dessus duplan social, civil du Mo'isasme.ATHANASE

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f530LES GRIOTSP .i-S IfocPOESIES ANCIENNESET NOUVELLESLE TAM-TAM ANGOISSEAfriqueDdaigneuse du monde extrieur,et couche sur l'immense Ocan,l'Afrique sommeille.Autour de son corps fauve,elle a lev de formidables remparts,-ctes inhospitalires, ports introuvables-Et les yeux clos, contempleternellementson me,que dompte un climat inclment.LA CROIX-DES-MARTYRSA la Croix-des-Martyrs,les joursque ne rythme aucune horloge sonore,s'coulent calmes, paisiblescomme un ruisseau.La petite glise silencieuse,est toujours l,et le gazon vert,les cretonnes,les paresseux rouges, lentement oscillent.Sur l'cran de la vie,les heures passent au ralenti.LE CANTIQUE DE BO(JKMANDe sombres nuages courent dans le firmamentnoir comme nosvisages. Des sabres d'or et de feu scintillent.Un dieupuissant

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{'""'armomuumiiouuuumima5 i IL E S G R 1 0 T Sroule d'normes pierres sur le dme du ciel.Les grandes eauxsont dchanes et la tempte furieuse tord, dracine lesfiluiersmaudits, les mapous gigantesques.-Sois nous propice, Hogoun Balindjo. Donne-nous le cou-rage de couper les ttes plusnmbreuses que les toiles du ciel, quenos torche_brillent comme un soleilcouchant.Et vous, mesfrres, sur ce sang que nous allons boire, jurons d'exterminer lescolons!CarlBROUARDLE TAMBOURDANSLA NUIT M. Robert Choquettepote canadien.1SOUMISSIONAccomplis donc, ce soir encor, ta fantaisie!Voici ma main, ma main fidle, Posie.Conduis-moipar les champs de cannes, loin du bourg,A l'ombre des palmiers o gronde letambour,O la torche de pin claire la tonnelleParmi l'odeur du baume et de la citronnelle,O les chants cadencs du bruyant barbacoProlongeront au coeur leur nostalgiquecho.IlDANS LES CHAMPSMuse, loin des salons, en pleins champs, nousvoici:Le soir est une charpe en blanchemousseline;La brise joue exquisment duDebussyAu fate des ormeaux ombrageantla colline...Mais, comme il blesse au coeur, letambour qui, l-bas,Evoquele pays des vastes baobabs,O lesNoirs,sous un ciel torride, aubord des fleuves,Pleurent l'affection dont leurs mes sont veuves,

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}532ruanenrnurimoirmimmnumimmiriuunr;uvrnwmam:rmrinncmmrim:nLE S G R1 0 T SIIILE POSTECARL BROUARDDes potes bronzs prouventde la gneO Ngresse! chanter ta souplesse indigneQuand, dans la nuit limpide,auxsonsdel'asstor,Ton corps voluptueuxse balance et se tord;Mais Cari Brouard t'exalteen desverssymphoniques,Troublants commeunvodousur des tambours cniques,Et cependant Cypriset la blonde AstartN'ont jamais fait vibrerson coeur dsenchant.IVFRERES D'AFRIQUEO transplantationl...Noussommes loin des grvesDe l'Afriqueovivaient nos Aeuxautrefois,Les frres dlaisssne hantentpoint nosrvesBien que le long tambournous rappelle leurs voix;Ils gmissentsans cesse aumilieudes tnbres;.L'Ignorance et la Faimleur creusent destombeaux.,,O Ngres qui portezles lumineux flambeauxPourquoi votre silence leurs appels funbres?FOIVMuse, quittons leschamps,regagnons la terrasse;Nous y respirerons,parmi le ventlger,L'arome des crilletset des fleurs d'oranger;Ne nous lamentonspoint sur lesort de la Race.Inpuisable, ardenteet forte, elle granditMalgr les prjugsdu Blanc quila maudit;Au Nouveau Continentsontoile s'allumeEt sa voixmonteauciel commeun refrain d'enclume.DominiqueHIPPOLYTE1

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4LES GRIOTS533ARIEL ENCHAINEau cher AmiDr. Franois Duvalier.Je voudrais entonner ces chansons d'autrefoisCes anciennes chansons dont mon me est pleineCes chansons qui s'engouffrent ple-mleDepuis toujours au fond de moi-mmeElles sont l, ces chansons,Que je chanterai un jourSur le rythme bouillonnantDe toute ma folle ardeur.Je ne sais, ami... Parfois la vague de fondDu lointain des ges roule des chos bruyantsEchos tumultueux dont la sourde clameurRsonne en moi, long eurent, longuement.Si bien que je crois surgir,Telle une boule immense,D'un trfond agitDes voix longtemps enchanes.D'autrefois, des musiques ou claires ou confusesAchventdes strophes d'une ampleur infiniePourtant toujours l'me plaintive du lambiPersiste, mle un lourd son de tambourC'est que pour moi seulementCes musiques chantent... chantentElles chantent tics airs troublantsD'une nostalgie trange.Un soir,j'assisterail'closion soudaineDe toutes ces chansons apprisesdepuis des millnairesMais ce sera un soir d'une beaut sauvageComme l'anctre en connut dans labrousse lointaineD'un geste hroque et brutalAlors:le souffle retrouv,Je clamerai l'hymne triomphalA Ariel dlivr.Les griots et l'AfriqueJ. B. ROMAIN

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k534LI,S GRIOTSGUEDEA Lorimer DenisC'est la Gud modernisequi se trmousse en la rumba;le piston chante, un tambour bat,avec des notes en fusequi portent l'me de Cuba.Elle crache sur l'auditoireun bol de rhum et de piment;ses reins roulent d'affolementet son tignonde toilenoiresurmonte unvisage dment.Chienne en sueur et nvrose,la croupe ceinte d'un lamba,la Gud danse la rumba;et lecourtourne denauseaux relents d'huile et d'atba,Emile ROUMERTAMBOUR RACIALAh! dis-nous ton grand rythmeafricain,ta voix nocturne, conique tambour racial,dis-nous ta servitude et ton souffle cre,Tambour,tambour quirythma l'lan des meutes crpues et nues travers la nuit fatale,tous les tambours de la plus noire Afrique,et que j'treigne de toute mon me ce chantsauvageque tu ddies la terre poignardeet que en moi, secrtement, et que j'adore!Et je m'emplis jusqu' en crever de toutce que tu chantesdans le lourd soir mont de la terre.par del la clairire ombreuse,i

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LCS GR10TS111,11fi, GA,1,:[911535Et c'est ton souvenir et la douceur ingale,Et c'est ton glissement travers la nuit tranquille,et lit cadence guinenneC'est la grande nuitngre etdangereuse,ventilledu souffledes frondaisons.Et puis c'est toi, pauvre ngre,c'est ton bondissement vers la fort nocturne,l'lan souple de tes muscles, comme ces bielles huiles,C'est le cri de toute une race jailli de toi,comme une eau vive,le mystre de la brousse lointaine rpandue en toi.C'est toi, pauvre ngre et ta dchance millnaire,Que tu tranes sur cette terre inconnueA travers des sicles d'amertume.C'est toi, c'est toi, avec ta face obscure et rsigne,et dans tes yeux ton me parseparmi la ruine amoncelle de ta splendeur dchue.Il y a, entoi, unpre dsespoir que peuple lesouvenirde ton Nil aux eaux barbares,de doutes les perspectives illimitesque tu conquiers tongrandsouffle de viede libert,de soleilc'est tous les grains de sable de tes dserts.C'est tonvangile la peau tnbreuse:-Ngre,tu naquis la nuit,Ne crois pas qu'ici-bas ta place est marque au beau soleil(le la joie,Non, non.Le jour, le soleil, ce n'est pas pour toi, pas pourtoiCherche tonrefugeenlanuit,la grande ombre propice aux ombres,Puislorsqu'enfintu aurasparcouruaucycle de vie humainemeurtri, dlabr, vaincu,Tes yeux peuplsde hainessourdes,offre au dernier baiser de ton royal soleil tachair nue,Et meurs!Maurice A.CASSE US

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5;GLES GRIOTSHEUREUSE ET NUEIleureuse et nue,Satisfaite, enchante,Ivre deJoieet (lebeaut,Mordantl'Amour toutes r,ouchc;i,Elles'tireaplcndideclans la chair du soleilqui cuivre ses ttonsdu mtal en dsir.0 belle souverainemajest du plaisirouvre tes cuisses ardenteso gonfle le dsirquartier fumantde l'Amour en dlire,Gaston CRIELPOEMEIls tapent sur lerocles tincelles jaillissent deleur mainIls forgent l'avenira coups durs et prcis,Unlongfrmissementa parcouru la pierreet la poudre du tempsest rpartie auxairspres et rudes.Sa majestse drapedans la rochemais le burin quiassailleblanchit la blessureau gestevainqueurde l'homme,ce bourreau.Gaston CRIEL

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LES GRIOTSfflsri ,.1,,;rmroiiwnunnum.uuma537COUCHER SUR L'ONDE AVEC LA FEMMECoucher avec la Femmesur l'ondedans les enferso tout rougeoiedans les fumes obscuresRubicon sexuelo glissent les vertusd'amour vices.Si l les treintessont pures,le microbe est tude la pudeur ignobleet baise du pch.Le masque arrachla bouche rouged'ardeur rongebrosse la flammefemelledes mielsdu baiser.Gaston CRIELPAIXSans fin, sans froid,sans pain, sans lieu,sans vent et sans amourimmense, simplesans frontiresans horizonla Paix baigneinfini de clartsur la terresans nom.Gaston CRIEL

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5381, E S G 1? 1 0 T SPOEMES1m' pati...c t gnou jou soi;whaf'ltpleinmounesqui t vini di'm au-rvoi.bateau- chauff,l'souf; hou-ou-ou!yo lagu codes,nous lv l'anque.m'pati...la fine-lan t belle nette jou -!,..dimpi lo-a, m'enviem'envie lamb gnou salaise,gnou bon gens salaise,gnou salaise royal-mail,main,m'pasfouti.m'coll fan pays blanc-an,a fait'm cong pays--nette!m'al New-Yohe,m'mang lamb-stew,m'mang hot-dogs,m'bou ice-creams...m'vine en France,m'bou bons di-vins,in'mang camemb, pont-l'vque,m'mang coulommiieracque hodebonsbagailles..,a pas empch'm songdiri-dor.e

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um uaoii-i i,u,murnnaraaurun ioi.im:u,nmuumrime,u^uieuu7unuu,nLES GRIOTSpas mand pou acras, at...et acassan!pra-diri-mls minme-minmec pi raide,m'pito pas pal a:dile mrin couri d'leau...mang zabocaacque mang salaisespas pass doul;hareng-sau qui hareng-saupas cabe ou l;main, coe-ppselvine avec m'rin:m'pral' lan gnou douze-et-demie...Il...boundou-bounn' dou-bapp...... boundou-bounn'dou-bapp......bappe... happe......boundou-bounn' dou,aboundou,boundou,happe...messieurs!mascaron lan pied Laluelou bange si ou rte chita16 ou tend tambou-a-...tand:...boun'dou...boun' dou......houndou-boundou,boundou-boundou-bapp539

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t-.C)o 540nuuunrnnmmnpuurm;ruiiu u,un.ror mu: u w..ireo-,';nL .l Sc R10 T Sest-ce qu ou tand?b', bou',................boun'.. dou,............. ...boundou...Cou l' y-Pape virTi-Fou....si rat tounin,ou conn' a m'ta fait?m'ta val' Bizoton,m'ta prend gnou bon baingne.16 m'fini,m'ta mang gnou bontasso sauce-ti-malice-bon coup piments-m'ta bous gnou bon gens mabi-gnoumabicd,-et pis,m'ta rlgnoutaille cabicha...d'Hati c bon pays ouil (1)Milo RIGAUD(1) L'Action Intellectuelle, Niort, France.(1) Dans ce pome, l'crivain a extrioris avec toute sa sensibilit de ngrele rythme endiabl de notre traditionnel Baha, (N.D.L.R.)er

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L E S GR 1 0 T S'aaaruu mu .ni,;uuPie,niLes Grandes Figures de la Science Contemporaine.Deux Maitres de la Pense FranaiseViennent de Disparatre541En manire d'hommage posthume Lucien Lvy-Bruhl etCharles Blondel, ex-professeurs la Sorbonne et ex-membres del'Institut. (1)Il y a peine cinq mois queLucien Lvy-Brhl vient de mou-rir l'ge de 82 ans. Il a fourni une brillante carrire. Ancienlve du lyce Charlemagne, il entra la rue d'Uilm en 1876, se-cond d'une promotion dont le major fut Salbmon Reinach.L'a-grgation de philosophie passe, il devint professeur aux lyces dePoitiers, d'Amiens, de Paris (Louis le Grand), ensuite .l'Ecolelibre des sciences morales et politiqueset laSorbonne en 1908comme successeur d'Emile Boutroux dans la chaire d'histoire dela Philosophie moderne o il devait s'illustrer s'il faut en croireses pairs.Oyez plutt le jugement d'Etienne Gilson, professeur au Col-lge de France:Si l'on veut connatre la manire franaise d'crire l'histoirede ila philosophie dans ce qu'elle de meilleur et de vraimentpropre notrepays,qu'on lise la Philosophie de Jacobi(1894), ou laPhilosophie d'AugusteComte (1900). Dans unpays o beaucoup font bien, nul n'ajamais fait mieux.Mais c'est plutt ses travaux de sociologie qui devaient l'e ren-dre clbre dans le monde entier.Ds 1909, paraissent LesFonctions Mentales dans les Soci-ts Infrieures,Et de 1924 jusqu' la date de sa mort, il a con-tinu produire des couvres remarquables par leur densit et laclart dont il usait dans l'expos des faits:La Mentalit primitive. 1925-4me dition.L'me primitive---1927.Le Surnaturel et la nature dans la mentalitprimitive-1931,etc,, etc..(1)ocre note a t reue la Rdaction le 15 ruai 1939.

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542LES GRIOTSIlJe sais que des critiques svres ont t adresses sa thorie surla mentalit primitive. Faut-il en rappelerbrivement les termesici?La tche nous en sera rendue facile par ce que nous encri-vions nous-nime dans -le Bulletin de la Socit d'Histoire et deGographie d'Hati en Mars 1936. La Mentalit Primitive sesitue entre deux ples: elle est mystique et prlogique. Pour leprimitif, tout ce qui vit dans la nature, tout ce qui existe est char-g de force mystique: l'eau, la pluie, le vent, les sources, les ri-vires, les arbres, les animaux, les montagnes; mieux qule cella,tout ce qu'il voit pour la premire fois, une photographie, e?sdessins anims en un mot les choses tranges que l'trange puis-sance de l'homme blanc a assujetties son service personnel sontdoues de pouvoir mystique.Un jour, une pidmie d'pizootie ravagea le btail dans unecontre de l'Afrique.Les indignes pouvants allrent confierleur chagrin au missionnaire, mais ils virent pour la premire foisla photo de la reine Victoria accroche au mur,Ils rendirentl'image responsable d'un tel malheur.Il a bien fallu les emp-cher de la dchirer. Les diffrentes parties du corps humain ensont munies: ale cour, le foie,lesreins, les yeux,la graisse, lamoelllie sont censs procurer telle ou telle qualit ceux qui s'enrepaissent. Les orifices du corps, les excrments de toute nature,les cheveux, les rognures d'ongle, le placenta, le cordon ombili.cal, le sang, les divers liquides du corps peuvent exercer des in-fluences magiques. C'est ce qui explique d'ailleurs les pratiquesodieuses du cannibalisme, Mystique, elle l'est encore la menta-lit primitive quand elle considre que mme la forme imprimeaux ustensiles de cuisine, aux objets d"art recle une puissancemystique. C'est pourquoi on ne la changera gure depeur d''-branler ces forces mystiques.Pour 'le primitif, le nom qui le dsigne, les rves qui luisur-viennent pendant la nuit, l'ombre qui le suit pendant le joursontautant de ralits concrtes dont il lui faut tenir compte le longd'une existence prcaire et difficile. Le nom resteune partie dis-tincte de l'individu comme ses yeux, ses membres, Onne pro-noncera pas le nom de l'individu en certaines circonstances:unmalheur pouvait lui arriver,

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eLES GRIOTSrni ruui.i, rior, uiri umunumauini iaemrmni u,i ii n ,reiounit543Dans l'Afrique occidentale franaise, le vrai nom du roi restecach pour viter toute malveillance de la part de ses sujets. Cesderniers lui prtent un surnom,Le rveacquiert une importance objective extrmement grandeaux yeux du primitif.Tout ce quiest vu en rve s'est pass rel-lement et le primitif adopte une attitude qui tmoigne de sa cro-yance profonde en la ralit objective du rve.Par exemplerve-t-il que sa sueur est blesse mort au coursd'un combat? Le lendemain, il s'en va tuer l'assassin de sa sur.Rve-t-il que tel individului a arrachses cheveux pendant lanuit, le lendemain il fera des kilomtres et des kilomtres piedpour.les ravoir.Doncle primitifne considrepas le rve comme une activitmentale d'un ordre spcial survenantpendantle sommeil au coursde laquelle des souvenirs passs ou rcents reviennent la cons-cience et acquirent parfois un caractre fantastiquepar l'aboli-tion du sens critique chez le dormeur, il ne voit pas dans le rveun fait, subjectif qui se passe loin de tourscadre rel,concrtet, non,c'est un fait objectif.La maladieet la mort sont causes par des esprits, des fluidesqui s'introduisent dans le corps. Ces esprits, ces fluides peuventtre envoys par les dieux, les dmons et les vivants. D'originesurnaturelle, la maladie ne peut tre gurie que par la mme voie,de l le grand rle que joue le sorcier dans lus socitsprimitives.Lui seul cornaitles moyens de vaincre les esprits par des incan-tations magiques, des crmoniespropitiatoires. Celan'empchequ'il fasse usage de plantes mdicinales comme drogues ou pur-gatifs mais pour le primitif la conjuration dt mauvais sort parlen'ganga (en Hati, nous disons gangan ou houngan,c'est le m-me mot) est l'essentiel.Par consquent ce qui compte aux yeux du primitif,c'est toutd'abord et surtout le caractre mystique des objetsqui l'entou-rent, leur charge mystique, leur potentielmystique. Ces forcesmystiques ragissent les unes sur les autres par contact,transfert,action distance. Elles compntrent non seulementl'objet, maistout corps, toute matire, toute substancequi rentre en contactavec l'objet. Ce corps, cettematire, cette substance, en bnfi-ciant de l'action mystique de l'objet inducteurparticipe du fait la nature mystique de cet objet: c'est la loi departicipation.

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544LES G R 10 T SLa photo de la reine Victoria emprunte toute sa puissance dufait qu'elle reproduit l'image fidle d'une personne, d'un tre hu-main. Elle participe la puissance de l'l're humain. Elle est doncresponsable de la maladie contagieuse qui svit sur le btail.L'ombre est considre comme faisant partie intgrante de l'hom-me, donc elle participe de sa nature mystique.Peu importent les contradictions auxquelles une pareille faond'envisager la ralit expose, Peu importent les leons de l'exp-rience qui dsapprouvent souvent de teille conduite.On aura beau dchirer tous les portraits de la Reine Victoria,l'pidmie n'en continuera pas moins et les primitifs chercheronttoujours le colifichet malveillant inventpar la malice du blanc,Il y a mme mieux. Si la science dece dernier en arrive sauverles animaux, le primitif reste persuad malgrtoutes les manipu-lations objectives dont il s'est renducompte que le blanc possdeune mdecine, un charme, un sortilge. Le primitif est imperm-able l'exprience.C'est parce qu'il tire ses conclusions d'ind'uctionaussi fragiles,parce qu'il lui suffit que son veil motif dresse devantson. atten-tion la squence de deux phnomnes disparatespour en tablircependant une relation de cause effet: tel leserpent qui tombedevant lui du haut d'un arbreest responsable de l'a mort de samre survenue le lendemain, c'estparce qu'il se base sur de tellesprliaisons, de telles prnotions qu'ilprsente d'aprs Lvy-Bruhl une mentalit prlogique,Le prlegisme ne s'entendpas d'un stade antritiur la logiqueil n'exdlut pas une conduite logigti'individuelle d'ans le domainetechnique par exemple: constructionde four, travaux de mtal-lurgie dans le Tanganika, ilse superpose la logiquecourantehabituelle qui guide la vie pratiquedu primitif.Lvysl3rihla eu soin de le faire remarquerds les premirespages desgFonctions Mentales dansles socitsInfrieuresPa-ge: 79. C'est l cependant la plusforte objectionque ses adver-saires lui ont faite, considrantavanttout le terme prlogisme-prac avant--
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rL E S GRIOTS545La Socit de Philosophie runit ses membres et des invitsenplusieurs fois pour en discuter,Le P. Aupiais,ce vieux connaisseurde l'Afriquelui reprochade fabriquer un primitif synthtique; Boas et Weber firentd'expresses rserves.Le Professeur Melville I-erskovits, de laNorthwesternUniversity(U.S.A.), particulirement comptenten matire de civilisations ngres, rcemment tout en lui accor-dant la grce d'un sourire aimable fit cause commune avec Au-piais (The New Republic Avril 1936-p. 322) tandis qu'unWestermann, africologue de grande envergure, attribue le prlo-gisme du primitif et tout spcialementde l'Africain la prdo-minance de la pense motive.Je ne sais si une nouvelle orientation des donnes en les ratta-chant la logique affective comme le pense Westermann ne serapprocherait davantage de la vrit. Pense motive, pense ex-plosive (Krestchmer) ;loin de se maintenir sur un mode dter-min, elle tablit des relations spontanes entre des faits indpen-dants les uns des autres; une gerbe de faits lie par la communemotion qui les colore-phnomne catathymique--s'loignebeaucoup de la pense causale qui esft une penst statique. Maisl'une et l'autre se rencontrent chez tous les hommes qui peuplentla terre. Cdlle-ci domine chez le civilis, celle-7l chez le primitif.Nousaurions mauvaise grce passer sous silence le grand in-trt que les psychitres ont port aux travaux de Lvy-Brhl.lis invoquent souvent son tmoignage quand il s'agit du. dlirede sorcellerie et d'envotement ou dlire archaquede Wahl.L l'vy-Valensiet Georges Dumas ont signal l'analogie quiexiste entre certains aspects de la mentalit primitive et le dlireparanode.Analogie etnon pasidentit.Certains se sont laiso s abuser par une trop rigoureuse systma-tisation des faits et se sont beaucoup trop empresss d'accepter la lettre les conclusions de l'analyste de la mentalit primitive.L'impressionen ressortnettementen lisant certaines pages dunumro spcial de la Revue franaise de Psychanalyse (No. 1-1934) consacre la pense magique.Il n'en reste pas moins vrai qu'en attirant l'attention sur lesprimitifs il a inspirdes travauxextrmement intressants dansdes domainesdivers: Freudet sesdisciplesen ont galement pro-fit pour mettre jour un nouvel aspect du psychisme humain.

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546c?muai unminu,uiIccodW'1pPi1. E S( R 1 O T SNous pensons tout particulirement ''oser et Tabou et auxrflexions sur la psychanalyse infantile de Mme Sophie Mor-genstern.N'aurions-nous pas notre mot dire, nous autres ngres ha-tiens, sur de tels problmes qui se discutent propos de racesd'hommes dissmines dans les quatre coins du monde, il est vrai,mais n'est-il pas tout aussi exact qu'une bonne partie du matrielest tire de l'Afrique dont nous sommes originaitrs?Et trouvera-t-on infconde de telles ides qui veillent la sym-pathie d'un public extrmement tendu? Si de cette portion deterre, tche minuscule sur l'immense plante, nous levons la voixpour apporter notre humble lmoignage posthume un grandphilosophe franais, nous esprons qu'on n'y trouvera ombre depdantisme mais tout simplement la preuve tangible de l'atten-tion suscite par le labeur considrable d'un homme quia voululever un coin du voile qui recouvre le psychisme du primitif,A disparu en cette mme anne Mr. CharlesBlondel dontl'ceuvre fut inspire-en grande partie-par]es travaux de Lvy-I3rhl. Nous devons citer tout particulirementla Consciencemorbideet son petit opusculesur la Mentalit primitive.Ilpassa sa thse en 1906 sur lesAuto-Mutilateurs et devintpro-fesseur de psychologie Strasbourg ensuite la Sorbonne.Ilfit une critique vigoureuse de la doctrine freudiennedansPsy-chanalyseParis 1924. Ce futun reintement, A cela rien d'-tonnant pour qui connait la clart des expossde I3londiel qu'ilfaudrait opposer l'obscurit de certainstextes de Freud lui-mme.La ConscienceMorbide,thse originale sur l'irrductibilitde la conscience morbide lamentalit normale,sonIntroduc-tion la Psychologie collective,sonchapitre sur les Volitionsdans le trait de Psychologie de G,Dumas. contiennent despagesremarquablement enrichies de considrationsfrappes au coin duban sens et rehausses d'un stylenerveux et sobre: Cl,, 13londelfut un crivain de talent.C'est charg de tels dons qu'ilse prsenta la Sorbonneen1935-36 comme successeur demon Matre le Prof. Georges Du-

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YLES GRIOTS547mas et frquenta assidument le nouveau service de Ste. Anne demon autrepatron:Mr. PaulCourbon,J'esprais beaucoup deson passage Paris pour lucider bien des points encore trou-blants dans l'analogie relle qui existe entre la mentalit primi-tive et certains types d'alinationmentale.Mon secret dsir taitde le consulter sur ce que j'ai appel le processus diogmodienqui explicite un autre aspect de l'ide mystique dans les commu-nauts primitives: l'ide deperscution.Or comme le ressortprincipal de l'activitMystiquese trouve tre l'affectivit, com-nie le primitif se laisse particulirement mouvoir par son moti-vit dans le ddale des obstacles que la nature dresse devant lui,il serait extrmement intressant de voir ce pntrantpsycholo-gue crire ce chapitre de la vie motionnellede l'Homme.La Mortne lui en aura pas laiss le temps. Tout de mmedans ce pays magnifiquement organis qu'est la France, la relvecomblera immdiatement le vide. Malgr qu'il en ait, tous ceuxqui l'auront connu et approch commemoi,regretteront l'hom-me du monde affable etcourtois,le savant simple et modeste,tous ceux qui l'auront lu et apprci grce ses nombreuses pu-blications seront fortement touchs de la disparition d'un espritaussi clair et aussi mthodique.A sa veuve plore, au nom de la RevueLes Griots,je m'ex-cuse de prsenter tardivement l'hommagede mon profond res-pect.eDr. LOUIS MARSMdecin Aliniic attach ill'Asile de 13cudet pros Port-au-Prince.Professeur dePstjchidtrie l'Ecule Nationale de Mdecine.Membre de la Socit MdicuPsehla,niquo de Paris.0

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548L1s'S CiR107'SBibliographie.L'ENSEIGNEMENT EN HAITIji(Maurice Dartigue)Un nouvel ouvrage de M, Maurice Dartigue,L'Enseignementen Hati, a t adress notreRdaction. Nous somtnzs heureuxde le compter parmi les livres instructifsparus pendant l'anne.C'est -une contribution des plus srieuses l'histoirede l'duca-tion rurale et urbaine cheznous, de 1804 1938,Bien que l'auteur ait pris soin de diviserson livre en cinq cha-pitres, dont l'es conclusions,(sansdoute pour une meilleurecom-pr,hension du travail)mous croyons distinguer trois priodes.Une priode allant de 1804 1915;une autre toaalisant la drede l'occupation amricaine (1915-1934); une troisime (1934-1938) marquant les changementset rformes oprs dans l'en-seignement.Nous devons, d'autre part,souligner labonne foi de l'crivain,son soucide la vrit historique, A s'enrapporter sa riche do-cumcntation, la priode prcdant l'occupationdu territoire futune priode constructive.M. Maurice Dartigue estun desjeuneshommes du temps pr-sent qui sepenchent avec ferveursur les problmes de ce pays.Il est vrai aussi qu'il se trouveplac, eugard saposition of-ficielle, dans des conditions favorablespoux raliser.Bien que ses conclusions soientparfois trop htives, nul'nesaurait contester sa comptencedans le domaine ducationnel.Il joint cette qualitsa connaissance personnelle dediverses r-gionsde la Rpublique. Hati, critM. Dartigue,est un pays es-sentiellementagricoleet 90% de sa populationpeut tre consi-dre comme rurale. Observationd'une importance capitalepourle sociologue, et qui permettrade prendre des conclusionsdansbien des domaines.Pour finir, M. Dartiguementionnetrois tendancesou concep-tions en Hati en matire d'ducation,La troisime conception

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LES c;R10TS549est, d'aprs nous, la seule scientifique. Non point parce qu'elle r-pond la doctrine de l'Ecole des Griots, mais pour tre plus enharmonie avec nos caractristiques raciales et nationales. Toutenseignement pour tre efficient doit se reposer sur l'histoire et larace si l'on veut que le peuple auquel cet enseignement est destinn'ait point tendance s'vader de son groupement ethnique. Unepareille attitude est recommandable aux ducateurs dont les peu-ples ont t maintenus par d'autres collectivits, volontairementet pour des fins inavouables, dans la croyance d'une infrioritfoncire. (Le terme race n'est pas employ ici dans son acceptionzoologique ou anthropologique. Il s'agit de race biologique qui,malgr les dngations, demeure une ralit pour chaque pays. (1)Tout yen regrettant que M, Dartiguenave n'ait pas pens sou-ligner les lourdes hrdits africaines d'anis notre formation, nouslui donnons acte d'avoir rappel certaines habitudes et coutumesque nous devons la France, notreancienne mtropole, toutechose, d'aprs lui, dont l'ducateur doit tenir compte.A part cette observation et des dtails qui ne nousregardentpas l'auteur a notre entireapprobation.Nous recommandons la lecture de L'Eenseignement enHa'iti.La livraison du mois d'aot de la revueLaServeusecomporteurne tude fouille deMe. Flix Soray, Les FinancessousDessa-linrs, Me. Soray se range parmi lescrivainsmin'nRsqui fonthonneur l'intellectualithatienne.Son tudene manquerapas de retenirl'attention.KLEBER GEORGES-JACOBV(1)I.a notion de race zoologique envisage, somme toute,les donnes del'anatomie seule, la noticn de race biologiqueenvisage les donnes gnralesde tout ce qui constitue le substratum dela vie, (Dr. 1'. Russo, in Essai surle Rle Social de la Race Zoologique etde la Race Biologique in Revue An-thropologique, janv.-mars 1939.

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550L E Sci li IOTSBibliographieMilo Rigaud, Pote du TerroirI. Rythmes et rites.-II. Rites et rythmes.(1)--ll y a en Milo Rigaud un pote d'une sensibilit pure et litmpi-de. DpouLil des conventions, le vers de Milo Rigaud est har-monieux, d'une lgance triste et de bon ton:cesoirtriste,ainsique la neigegrenant son longchapelet blancsur lesrosesdglutinantes des vieux jardinslasss,surle cour de madona thrsaj'aurais dpos ma prire incommensurable,plus abondanteque lafleur dfunte des califes.devantles rosesdglutinantesdes vieuxjardins lasss,exubranteet semblable aux grands cistes ouvertsdansla voluptde cordoue,j'auraisbaista bouche, madona thrsa!(offrande madona thrsa)Chagrin d'amour, ou chagrin sans cause, il les chante en desmots trs simples et berceurs:rentre.je veux voir tonvisagecl plus prs,rentre.je baiserai ta bouche tellementque ta chair sera pour moile baumedes instants quine furentjamais.viens.obis mon appel,(1) ldditions des tAmis de la Posie, Poitiers, France,

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ifLBS Cl I) 'l si-iiari ;IiIiiio:iauPIJll1siun.!:nmean551 mon me dsireuse, loquente,et triste,et mystrieuse; ma voix qui t'appelle et te prie, en secret,de venir en ma vie,un long moment....rentre.il est tard!je te veux sans fard.viens en mon cour chagrin.je t'appelle, silencieuse.viens combler le dsir qui languiten mon cour monotone.(l'appel)Encore que la facture de MiloRigaud ait l'apparence d'trefacile, son art ne s'entache pas debanalit. On lui sait gr de nouspargner cette impressiondu djlu,Il n'est d'aucune chapele.Pote-et potedetalent--alesans(a) ont fait le silence au-tour de son nom. Ils nel'ont pas pris au srieux, parce que,parat-il, ses deux plaquettesde vers: Rythmes et rites et Riteset rythmes ne contiennentpas de majuscules...Mais, en France,la revueAuxScoutes ne manquait pas d saluerle talent dk notreconfrre.A ct d'un Emile Roumer, auvers ample, mais d'undilet-tantisme parfois outr;d'un Carl Brouard, impossible,aux ac-cents d'une sincritempoignante,Mi:lo Rigaudest l'ade nos-talgique. Son vers estprimitif et nu:parce que jesuis un pote,et que la nuit estlongue,et que la vie ment!(pome sans nom)Citons encore:cette nuit dolente,hve,je n'ai pas un maravdis..,et la neige, sur mon coeur,tombe,tombe... coups furtifs,

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552umiimmum;r.uriaounmu;n;t:menu,,:wiinonunomnmraro!raamuurnor,u,,innu,iue1, E S G It 10 T Scomme au loin les ifs pleurentsur les tombesdes vagabonds trpasss...la froidure, en mon cour,a clos tous les souvenirs,et je pleureavecque des larmes de cire.et la neige continue,sur mon corps nu,de faire de blancs ourlets,avecque des gouttes de lait,dans ce soir mauvais,o je m'en vais,flou,retrouver les vagabonds trpasss...(the last one, may be)On reste tonn, Cette atmosphre de candeur et de pximitivitrisquait de dgnrer en purilit, mais l'auteur de Rythmes etRites a su viter cet cueil.Exception faite de quelques exagrations de style, l'eeuvre po-tique de Milo Rigaud est une oeuvre d'art.Paysages vaporeux du souvenir ou contours imprcis de nosclimatts; dtresses bau;,;hes, rythmes de nonchalance et de vague:Won aime cequelque chose de morne et d'inquiet, de doux etd'indfinissable:ce soir,ma langueur tient de la nostalgie,nostos: retour.et algos: douleur,mlancolie cause par un dsirde revenir.., o?de revoir... quoi?nostalgie,translation plus que floue...ma pense, o vas-tu1(rythme du souvenir)

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LESGRIOTSrmummmninnumu!!mmmmuuununnnu!;murnmuuom!iuruumuuun!!uuuouuuuuut!w!mr553Auxcoutes dit de Milo Rigaud qu'ilest extraordinaire...Dans le temple de la Posie, il occupeune place de choix.kIII. Tassos.-Au moment o la question du croleest de la plus brlamte ac-tualit, l'on ne sauraitne pas mentionner ici Tassos, cette autreplaquette de Milo Rigaud dontla couverture porte les couleursde notre bicolore.Ecrit en crole, Tassosest le chant d'un Hatien loign de laterre natale. Un pome o dominent lesimprvus du ton et del'exclamation; une allure simple, mesure,et qui ne coudoie pasla monotonie,01. MAIGLOIRE fils

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e1ES Giy'mu;ur,nniimmmnwouuu,uanum,minwnmiummmmmmuiu,inm554Bibliographie.MELLE F.HARTMANNSecrtaire GnraleAdjointede la Socitd'Ethnographie de Paris1A la Socitd'Ethnographie de Paris,la Sance dusamedi 3juin 1939 prsidepar M. Tauxier at consacre la soutenancede la thsed'Ethnodice de la SoeurMarie-Andrdu Sacr-Coeur,Docteur en Droit, surla La Mre etl'Enfant en AfriqueOcci-dentale Franaise.A l'issue de cettesance, M. AlexandreBenazet,Directeur Ho-noraire au Ministrede la Sant Publique afait l'loge de notreminente collgueMelle F, Hartmann,Secrtaire GnraleAd-jointe de la Socitd'Ethnographie de Paris.Nous sommesinfiniment heureuxde prsenter nosplus vivesflicitations MelleHartmann et dereproduire ci-aprs l'allocu-tion du SecrtaireGnral:N. D. L. R.Mlle FernandeHartmann vientd''tve nommeChevalier dela Lgion d'Honneur autitre de SecrtaireGnrale adjointe delade la Socitd'Ethnographie de Paris, avec33 ans de collabora-tion des oeuvresscientifiques et desassociations d'enseigne.ment.Il n'est pas un de nosadhrents qui n'ait eul'occasion d'appr.cier la collaborationscientifiquede Mllle Hartmann,l'tendue deses connaissances,son incomparablepuissance de travail, sonin-finie bonne grce.Animatrice infatigablede nos travaux,organisatrice des sec-tions d'ethnographie l'Institut et auxcongrs internationauxd'Anthropologie, Mlle Hartmannest vraiment,depuis de nom-breuses annes, l'mede notre groupement.Nous applaudissonsunanimement la distinctionqui vient de lui tredcerne.En dehors de sacollaboration la Socitd'Ethnographie,Mlle Hartmann adploy une remarquableactivit dans les do-maines lesplusvaris de la culturescientifique et del'ducationmorale.

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LES GRIOTSu'm'usuii.icmirumnnuuumw'ei inunumimnm:wiuurruinm.uuin auuu;555Ancienne lve de l'coledu Louvre et de l'Ecole PratiquedesHautes Etudes, MlleHartmann a obtenu,en1923, le titre dedocteur del'Universitde Paris, avec une thseremarque surl'Agriculture d,7ns l'ancienneEgypte,L'anne suivante, ellerecevait le prix Saintour de l'Acadmiedes Inscriptionset Belles-Lettres, qui consacraitdfinitivementses mrites scientifiques.Dans le domaine socialet ducatif, Mlle Hartmanna publi denombreux mmoireset articles de revue dont l'action bieafaisntes'exerce efficacementsur de nombreuses familles franaises,Nc,us signalons son titre dePrsidente de la SocitLes Por-teurs de lauriers, et c'est pourquoinous prions notre distinguecollaboratrice de bien vouloir joindre ces glorieux rameaux letribut die nos complimentsrespectueux et de notre confraternellesympathie.A. B.

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556rnraruruumianumiomuuurnuumiouriimi"""'ii.mnwiiiniunntmuuuuuuumrnL, L S G R 10 T SUrbanisme.LA RECONSTRUCTION DE LA CITEUN ASPECT DU PROBLEMEUne chose frappe celui quivoyage travers notre pays. C'estl'uniformit d'aspect que prsententnos villes et l'cart consi-drable quis'tablit l'avantage de la Capitalesur lesprovinces.Stationnairedans son volution,au lendemainde sa naissance,l'Urbanisme y a depuis longtemps subiune rgression d'ente sousl'influence de facteurs d'ordre politique,conomque et technique.Le fait est patent que plusieurs vidilesne se sont pas releves deleurs ruines, certaines sont dj descenduesau rang de bourg etd'autres ont atteint une telle dcrpitude qu'onpeut dired'ellesqu'elles ont vcu.Il suffit, pour s'en convaincre, de jeterlesyeux sur leur plan de fondation et l'on verracommentle tracinitials'estaltr au point qu'il est parfois mme impossibled'enprciser les traits.L'effet lamentable de cette triste peinturepa-ratra, mme aux plus sceptiques, moins abstraitau cours de cerapide expos, assez sommaire dureste, qu'on pourrait appelerle Curriculum vitae de ces villes, Sansmme entrer dans les d-tails, noussignaleronsles tapes d'un mal techniei1ququ, paragnralit des symptmesa constitu une pidmie minifeste parla ressemblance et caractristiquepar l'analogie des cas.En rgle gnrale, on distingue trois phasesdans le dvelop-pement de nos villes, refltant des priodes distinctes del'histoirenationale.C'est d'abord la Fondation, correspondant la priode colo-niale.Ici c'est un trac rectangulaire, lesrues y sont diroites, lesmaisons alignes et les angles saillants,Il y a au moins une placepublique voisine de l'gliseou des difices du Gouvernement. Letout est entour d'ouvrages de fortifications.On retrouve plusou moins ces vestiges qui, une priode ultrieure,dj dans desvilles de second ordre, ont t rduitsen maint cas un bloc.A une date plus rcente, pendantla priode Hatienne,un faitsingulier a fix lenoyau de la cit.L'dification sur la placepu-

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LES (iRLOT5' ru,i,nnu557bliyue d'un autel de la patrie au milieu duquelse trouve un pal-mier. Quelle s'appelle La Place Champ de Mars-Savanincdu Gouvernement ou plas simplement Gouvernement elle aconstitu la cellule, sige officiel des ftes nationales, autour delaquelle les bureaux publics ont t tablis. Ce trait est commun toutes les villes.La troisime priode s'tendjusqu' nosjours, caractrise parle dveloppement fantaisiste de la ville-voir mme l'altr?.tiondu plan initial.Et, que ce soit la consquence d'un inc:ndie,d'une inondation ou du caprice des autorits de la rgion, l'Ur-banisme s'y trouve le jeu de la fantaisie ou des intrts de chacun.La voie publiqut est devenue une partie du domaine priv: lkscltures se sont avances sur la chausse et, pour simplifier le pro-blme, un jardin a fait d'une ancienne rue une impasse,Quoi qu'il en soit, notre but n'est pas de dpeindre ce que toutpremier venu peut voir, mais plutt de faire ressortir la part d'in-flu.encedes lacunes d'ordre technique danscelaisser-alller dont lesconsquences conditionnent encore l'arrt d'un dveloppementqui aujourd'hui ncessiterait une onreuse destruction.Ici noustouchons aux donnes premires du problme qui relvent dudrainage et de l'assainissement, Pour en faire ressortir les nuancesexactes nous esquisserons un aperu rapide et global des caract-ristiques gographiques qui composent la topographie de cesvilles.=Deux cas se prsentent gnralement. Ceci a trait surtout auxvilles de premier ordre et qui sont ctires. Elles se trouvent, ouentirement dans le dbouch d'une valle, occupant alors la par-tie qui s'tale en pente fort douce vers la nier, Les Cayes en sont, cetgard, un exemple typique.-ou dans la position d'un livreaux trois quart ouvert dont une moiti, peu prshorizontaleest soumise au rgime des premires-c'est la basse ville-et l'au-tre moiti plus incline se relve suivantl'angledont elle-grimpe leversantdes collinesavoisinantes-C'est la, hauteville.Dans l'un et l'autre cas, la ville, cause de notre systme oro-graphique est voisine d'un fort cours d'eau quand elle n'est pastraverse par un important ravin rgime torrentiel.Alors, ence qui concerne l'coulementdes eaux de ruissel-letncnt, elle faitbarrage, jouant dans le thalweg lerle d'un bouchon dans un

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01558r,I'.S GRIOTSgoulot de bouteille. Ce barrage se trouve renforc,pour la basseville, par la route nationale qui en raison des faiblesressourcesmises au service de la technique reoitrarement le drainage voulu,Maintenant on devine le drame quia lieu,L'eau qui rienne rsiste, l'eau arrive avec sa force et son prestige d'lment,charrie, brise, creuse,mais aussistagne! Et c'est l son plus grandmal,Dj dans la plaine haute, ellea pu se grossir grce aux tra-vaux quotidiens du paysanqui au grde ses besoins, est un petitingnieur pratiquantsur une chelle restreinte irrigation et drai-nage d'une faon irrationnelle.Arrte aux portes de la ville,elle a reu du renfort desgorges des montagnes voisines et,em-pruntant d'autres chemins que ceux rservspour elle par le cita-din,-bien que suivant la loidu moindre effort-ellea atteintson ennemi sur les positions o il s'yattendait le moins. Puiselle est partie emportant dubutin, laissant des victimes.aprsavoir fix aux avant-postes,pour l'armistice, tout son cortgede cruelles sentinelles quisont mares et marcages.Au nombre des blessset en tte de liste se trouve L'Urba.nisme qui, en l'occurencejouera le rle d'un deces grands ma-lades reprsentantune contagion; illustration singulirede l'ef-fet devenu unecause, L'assistance socialea t impuissante luifournir les secoursncessaires et,son cri de dtresse, c'est le palu-disme et ses suites. Donc,c'est l'ennemiau sein mme de la fa-mi,Ule. Qu'en rsulte-t-il?Les citoyens les mieuxfortuns aban-donnent la ville natalepour aller se fixer dans la Capitaleodj de multiples raisonsles sollicitent, Et laCommune en ptit.Ainsi meurent les villes.Port-.au-Prince,surpeuple par cetexode intressantse dveloppe, s'aggrandit,s'embellit au dtri-ment des provinces.L'Urbanisme,solidaire de l'tatsocial, car iltient les sccretsde la parure de la vielleet, ce titre, fait partiepresqu: (lu lu:ec,prsente les plaies plusou moins profor,,les dontla dserticn etl'abandon sent lacause.Et pour rtablir,rparer, ou guriril ne faudra l'ouvre nid'un jour, ni d'unegnration,28 Mai 39.L. DALENCOURIng. Civil

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1, 1:SC R1OTS559ChroniqueMusicaleMUSIQUE VAUDOUESQUEPour mes excellents amis Christian Werleigh et Louis MerciercNotrr: Pavs avec ses airs vaudouesque5. ses sitesmerveilleux. ses paysages et ses lcl;endesest pour nosartistes, potesou musiciens, une source inpuisabled'inspirations originales.PlacideDAVIDDans notre prcdente tude, (1) nous avons amplement d-montr et l'appui des faits-.que la Musique et les Danses vau-douesques sont lies la vie sociale, intime, du peuple hatien.Qu'elles sont purement et d'une faon manifeste d'inspirationafricaine, pour avoir t gnralises dans l'Lle de Saint-Domin-gue, ( cette poque Colonie), par les diverses tribus arrachesdu Continent Noir et jetes, tel un vil et mprisable btail surnos plages captivantes,Dans la suite, ces mmes Hommes, esclaves, se rendant raisonde la grandeur de la Libert, du prestige de l'Indpendance, duprix et de la force d'action de l'Union, firent un retour confiantsur eux-mmes et rsolurent de briser leurs lourdes chaires.lin effet, soutenus par le Dieu des armes, stimuls par leurcourage indomptable, la suite de lutte bien menes, ils finirentpar dominer leurs cruels oppresseurs, Le premier janvier 1804,triomphalement, ils proclamrent une Hati libre, indpendante,dsormais matresse de ses propres destines, Une Nation nais-sait cajis la Mer des Carabes.Le temps a-t-il altr ou dracin cet apport africain? A-t-ilassombri ou touff les manifestations ancestrales de l'me ha-tienne, cette intimit raciale qui l'attache aux rvlations curieu-ses de l'espritguinenquant l'art?Regardons autour de nous. Fouillons.(11 Les Griots: V,,lume 3-Page 411.

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5G0uitLESGRIOTSIl est certain que la Musique vaudouesquepossde son carac-tre propre, sa formule particulire.C'est du renouveau dansl'ensemble. Ce trsor cach, il importede le dcouvrir, de mettreen vidence son essence,de l'affirmer, die faire valoir ses sensa-tions relles et ses traits positifs puisque ses nuancesnettementexprimes sont conformes aux rgles svresde la grammaire mu-sicale.A mon humble avis, mon excellent amiPlacide David, histo-rien averti, un esprit cultiv qui s'estspcialis remuer les cen-dres de notre pass hroque, reste biendans la note juste lors-qu'il avance: Notre pays avec sesairs vaudoucsques,ses sitesmerveilleux, ses paysages et ses lgendes est pour nosartistes,potes ou musiciens, une source inpuisabled'inspirations ori-ginales.Nos compatriotes qui jugent autrement se laissent envelopper.A la remorque de nombre d'exotiques mal informs ils sem-caNnaissen't eux-mmes.Vagues et pusillanimes,ilissuppri.ment cette haute maxime de Socrate, Connais-toitoi-mme, etindirectement, se rangent sous la bannire de ces amateurs nonattitrs qui prennent plaisir s'tablir sur un terrain o ils mar-chent en aveugle,Heureusement, l'erreur elle-mme est un enseignement.Le 11 Mars 1939, avons-nous lu (1) M. Franois de Mont-brial qui a vcu au Japon, a parl de l'me japonaise,Il a rec-tifi un grand nombre d'ides fausses qui ont malheureusementcours en Europe sur l'volution nippone.Il croit comme Jac-ques Bainville et Rivarol qu'unpeuple ne se conserveet ne s'ac-crot qu'en demeurant fidle sa loi d'origine.I1 serait bon et avantageux pour plus d'un, de s'arrter et demditer profondment sur ces apprciations sorties du cerveaud'minentsciviliss. Le miracle de leur conversion ne tarderaitpas s'oprer.Le beau mouvement de rhabilitation, l'enthousiasme mcmequi, ces jours-ci accueille nos airs vaudouesques attestent que lavrit ne tardera pas percer. Cette musique intresse avec pas-sion nos compositeurs et artistes des deux sexes les plus autoriss.Es s'vertuent avec persvrance, un entrain digne d'attention(1)Rcvucl-rontires---10avril 1939--page 254.

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LESGRIOTSn uiru.woar.n,imrn?owmwumiii,imairn,iouumiorimm;munnwmmunnmuumnumu,561d'en fixer l'esfrontires,de mettrejour son sens rel, pour avoirsaisi que ses ressources multiples appartiennent cet art commun toutes les nationalits, s'tend leurs modes de vie et dont lasensibilit est sujette au raffinement, la perfection, en un mot,aux formes mthodiques qui conditionneraient leur plein rende-ment,La Musiqueaujourd'hui nous possde tous et tout entierscrit Camille Bellaigue. Or, comme nos airs vaudouesques trans-frentl'vidence,s'adressent ceux qui se sententl droit de vi-vre, de souffrir, d'aimer, on conoit aisment qu'ils traduisentavec tant de clart les manifestations de vie d'un peuple, Lessources d'inspiration sont dfinies, il en est de mme dei'la cairac-tristique des ,diffrenms airs en commuwnion intime avec nous,descendants de noirs tirs die l'Afrique. Quoi de plus.niaturel quenous ayons ,conserv si prcieusement les traditions ancestralesavec la mme sincrit d'motions qui ont tante agit nos Pres?D'autre part, la Musique vaudouesque est bien loin d'tre bru-tale. Elle ne froisse pas la morale. Elle occupe une place sympa-thique dans notre riche et intressant folklore.IIContemplantles scnes journalires de cheznous,on ne sau-rait nier que le grondementagrable, bien cadenc del'Asstorsous l'agilit de doigts extraordinairement exercs, entrans, nefasse les dlices, ne recreille le bon sourire d'une compagnie et nemette en feu tout notre tre?Que nos airs vaudouesques en gnral o russelent tant d'ac-cords mlancoliques pntrants se pliant l'expression des nuan-ces les plusdlicates,ne s'adressent point aux profondeurs de nossens?Par consquent, vu son caractre social, son emprise sur lesnerfs, cette musique se rvle incontestablement humaine, fouleet ne saurait s'mouvoir dans le vague.IIIJustin Elle,ancien lve du Conservatoire de Paris un desplus grands noms de la musique hatienne et de la musique n-gre, une toile de premire grandeur dans notre ciel artistique,

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562wr,orm irii,ir ni;nuuimi oiui.suiiuiuionnmm nuuiiiuinuniniJ E S GRr' T Sselon Luc Grimard, dployatoutesa sciencede compositeur,afin d'arracher nos chants vaudouesquesleurssecrets. Qu'onne se mprenne point, ils enont! Ses essaisont t fructueux, siPion juge par leso:avres nombreuses et dignes d'apprciationqu'il a laisses.Artiste, ayant tudi la GrandeEcole, sous la Directiondemusiciens ,clbres, il auraitpu se complaire grandir en culti-vant uniquement les Matres donts'hon.oren,t e't s'enorgueillis-sentl'Art musical tels: Beethoven,Chopin, Mozart, Schubert,Mend:lson, Schumarn,B.i icoz, Naydn r.ttant de nonesVJus-cres qui ont pass l'immortalitet ont assur la pleine volutionde la Musique.Ds que Justin Elie foulale sol natal, son beaupays o laverdure brille comme l'meraude,il se sentit aux prisesavec unesensibilit nouvelle,un parfum du terroir, des impressionsd'unnouveau genre qu'irrsistiblementillui fallait exprimer.Et,la forte culture de l'inoubliablecompositeur, ne reculantpas de-vant les excursions locales,runissant lies trouvaillesd'o se d-gagent l'originalit la pluspassionnante, arrivapar trouver legenre spcifiqued'une musique vraimenthatienne, gain prcieux,bien combin s'adressantaux dillletantes.En effet, Elle s'taittellement familiarisavec les rythmes etles modulations vaudouesques,il s'en tait ce point imprgnque toute sa pense musicales'en ressentait. Del, cette saveurd'originalitque lemonde musical d'outremer trouva dans sescompositions.Les Lgendes, Cloptreet les deux Concertossont tout entiers de cette inspiration.Placide David, dansune substantielle tudeJustin Eiieet leFolklorc hatien priSenteune appr!cia,tion tenditueet l'ceuvre locale ducompositeur enlevtrop tt lamusiqpoint suuehatienne.Trs riche,e travail en raison del'eurythmie dlesa forme,s'affirma incontestablementdu renouveau.Et tout en contri-buant haut/er l'artiste,ilrvla les multiplesreSsou+rcl5,lessublimes conffidc,nccsdu genre vaudouesquc.Du nombre des Mlodies,d'inspirationlocale, nous dtachons:Chant des Iloussis.l.a mort de l'Indien.

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564i E S C R 1 0 7' SVoil quelques aperus sur l'o.uvre locale de notre musicienqui mourut aux Etats-Unis.Maintenant que la voie est ouverte, nos artistes n'ont qu'persvrer, explorer avidement afin de mettre en lumire cettesensibilit qui dfinit tant nos chants vaudouesques.Dans le mme ordre d'ides, nous accorderons bonne place autalentueux compositeur, notre compatriote Franck Lussgue. Sespices, portent l'empreinte du terroir.Il a travaill, a pu dcou-vrir et harmoniser nombre d'airs populaires. Ses Bacchanales t-moignent de beaucoup de vie et nos passions personnelu sontrendues sans excursion au dehors.Pour conclure, nous ne devons point perdre de vue, que la dif-fusion d'ides saines prpare la rgnration des collectivits quicherchent leur vraie place au soleil, comme on dit communment.Abjurer ce qui est soi est une honte.11 importe de ne pas sacri-fier les droits de la vrit et d"intrrogeravec confiance l'avenir.En nous efforant de faire le jour autour detout ce qui est n-tre et nous intresse, nous ne faisons que mieux comprendrenotreHati, projeter une vive clart sur l'ensemble denotre vie et ainsi,dmontrer par des faits, les exagrations stupidesauxquelles ona recours afin de restreindre autour de notre pays, sympathiesetrespects.6ConstantinDUMERVE

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L E S GRIOTSeu;uonuemmiiannmriiorr.rr,purncianiauia,ouneuminuuuom!muonmwinI;' Ji';miiuContes des GriotsFRAZILUS565A EnfileRoumer, cetautrepaysan.Il est facile d'accder au moulin, par un dtour o s'ouvre unpetit sentier, lequel vous y conduit directement, aprs un quartd'heure de marche.Vous avez laiss la voie carrossable, baigne de soleil et depoussire, o coulent, sans cesse, pitons, cavaliers, btes de char-ge. les lourds cabrouets boeufs, et aussi les autos et les camions;toute lia vie de la plaine qui circule vers la ville.Le chemin o vous vous engagez est troit et boueux; uneboue couleur de cacas. Des flaques d'eau verdtre y croupissent, et l, avec dessus, des gteaux de limon d'un vent plus tendre.Un peu partout, dans la terre noirtre, molle, les sabots et l'espiedls ont marqu des empreintes parfaites.D'accortes petites paysannes, la robe retrousse sur les reins,les mollets bien forts, suivent des btes charges de canne sucre.Elles rient aux clats, entendre quelques bonnes blagues sapes;et en mme temps que leurs seins tout ronds sedilatent sous lecorsage peu serr, leurs dentsblanches jaillissent de l'crin viola-ce de leurs bouches 'lippues. Elles vont au moulin qui aura ttfait, d'engloutir entre ses gueules dvorantes, cette immiense pro-vision; il n'y a plus qu' les suivre et faire du chemin avecelles.Un bonjour respectueux vous fournira l'occasion dietailler unebavette...Vous croisez aussi, chemin faisant, des btes vide, qui vien-nent de dposer leur fardeau et s'en vontrecharger.Et, sur legrand'route, lie cabrouet que vous avez rencontr,roul'an't pni-blernent, m,a%r ses quatre boufs, sa masse et sesbarils de sirop,en revient galement.Il apporte en ville, lia liqueur extraite etcuite point.O gnie malfaisant de l'industrie, le siropbrun si doux, vavous donner le tafia qui vous brle la gorge etles entrailles, etvous fait tituber le plus solidegaillard parmi nos porte-faix lDj, vous entendez, coupe par leclaquement de son fouet,la voix imprative du conducteur,assis, sur le timon, et qui fait

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5"LEST GRIOTSaller ses btes de trait dans un mouvement assez rapide de car-roussel. Bientt, vous le verrez, l-haut o il est perch, commeun dieu prsid,ant au labeur des gens et des btes. Son longfouettourne aussi, avant de frapper, dans un geste magnifique.-En'nous! en'nous! en'nous... crie-t-il.Les eyilindres galement tournent en offrant, sans cesse, leurslvres voraces aux bouts de canne qu'ils happent; ils ont grand'-faim, toujours, A ct, la bagasse entasss forme un monticule:ce que le moulin a mang depuis, et i1 ne se rassasie jamais!Un va et vient besogneux recouvre le manoir. Comme unbton que ,l'on prsente la gueule d'un lion, les jeunes gens don-nent manger au moulin, et chantent un hymne au travail. Plusloin, sous le haingard dcouvert, les femmes tout saupoudres defume, font la cuisson et entament le refrain. Beau labeur gai!L'odeur de jus de canne embaume l'air: la bonne senteur!Le timonier crie s'es btes, qui hlent...Les btes vont en tourniquet.Les lvres d'acier pressent voracment la canne. Et le moulinpive le jus.Gare vos mains, beaux serveurs nonchalants, qui se laissezbercer par la musique des voix!Le vesou cendr coule par un canal de bambou.Les femmes cument le sirop brun dans les larges chaudiresbouillantes,Et les senteurs, et la musique des voix, et les gens, et les btesqui suent et qui peinent, dansent la joyeuse ronde du travail,aux figures multiples et compliques, et vous content, dans leursgestes, dans leur parler, dans leur rire, dans leurs chants et dansLeur regard large et franc, tout un pome de l'effort, chaque jourredit et chaque jour, plus beau!Une muette admiration vous saisit lagorge; puis de la piti...A l'arrire plan, par del cette ligne de cocotiersqui suppor-tent de lourdes grappes on dirait les rois deia savanne, lesbras chargs de prsents et sur l:perron de la plus minusculedes trois maisonnettes, le vieux que vousvoyez assis, sur sa chaisehaute, et qui contemple le ciel travers la fumede sa pipe, estbien le matre de l'habitation. Sontemps lui de peiner a fini.7

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L E SG R/ T S onnnmuuouiinucenumuu,orwuvwnuoturmouuuuuuniu.uma;mmnumuummomm!unuu56711; se contente de regarder faire lies autres. Son bton et sa pipesont aujourd'hui les compagnons les plus chers de sa vieillesse.Son fauteuil est le trne, d'o il considre ceux-l qui le conti-nuent, qui Le remplaceront quand il ne sera plus.L'hospitalit du campagnard est proverbiale: bon souper etbon gte. Le mme qui, hlas! la veille du march des bourgs,ou le vendredi soir, la ville, se trane avec ses provisions surleperron d'es maisons.Il vous recevra, le sourire aux lvres, 11e matre. De la bonho-mie sur ce visage outrag par les ans, o vit une barbe hirsute;die l'afracheur,dans cecoeur, que delongues annes, courb sousle soleil brlant, face la glbe, n'ont pas pu desscher; quelquelumire encore dans ses yeux ternes qui ne portent plus trsloin.Et, tandis qu'il prend un vritable plaisir vousentretenir desa vie passeseraconter,la viieillllesse sent qu'elle ne p6rirzpas touteentire!-wne toutepetitefemme, vtue de grosbd!eu, vient vous offrir, en esquissant unegnuflexion polie, latasse de caf fumant et lie verre die vesou. Un mignon petit corps,form dans le grand air et lie travail, seLaisse deviner sous lavareuse quelconque. Et leregard' sduit, enverra plus d'un. mes-sages cette serveuse qui setientdebout devant soi,ailors quevous dgustez posment...L,e pre Frazilus est un impayable conteur.Et il vous enrre-tienddra jusqu' la nuit, si vous ne voushtiez pas de prendrecong.--Je suis lepre de I3onadieu.Bonad'ieu est ce magnifique gaillard qu'il' vous adsign dudoigt, ml aux travailleurs. Un hommede la trentaine, peuit-tre; on ne sait jamais trop, avecles paysans. Le milieu cham-ptre vous conserve un hommefrais, longtemps, nais, c'est pourl'accabler davantage, sur ses derniersjours. En corps de chemise,le pantalon retrouss au genou, pourla libert de ses mouve-mentts, Ll est tantt ici,tantt l, mettant la main la besogne, ct des hommes de peinequ'il' a embauchs; ct de sesdomestiques.Aujourd'hui, Bonadicu a succd FraziLus, d'ans l'adminis-tration de l'habitation. Et ils'en tire.Cependant, le vieux estencore l'o il quiregarde et ta prudence qui conseille.Suer cette

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r,rsGRIOI'Sterre classiquede la routine,l'exprience est sainteet remplace entout, la science.Bonadieu habite avecmoi, ici. La grandiemaison est sademeure. Dieuaidant, mon fils estintelligent, actif, etje puismourir sansregret:mon moulin--1 orgueil def habitation -tournera encore,aprs ma mort, commeil a tourn depuissilongtemps.On continuera dire, quand je neserai p:Jus de cemonde: je faisrouler ma canne,chez Frazilhus.Lemoulin est certainement unesource de revenus:il estaussi,une source devie, pourmoi.Une grande habitation,commecelle-ci, sans son moulinest une chosebien triste.Voyiez-moitout ce mondequi se dpense; onprend un plaisir rienqu' re-garder cela.Il y a longtemps queje serais six pieds sousterre,si, chaque jour, je nevenais retremper maviefaiblissante, cettevie jeune, active,enthousiaste, qui couleintensment autourdemes membres las etde mes cheveux blancs.Une femme apparat surle seuil de la maisonvoisine: unventaire plat la main,elle jette du son, diemais, une pouleet sa nombreusecouve.Depuistrois ans, Bonadieu s'estmari la fille de Fs Do.Fx Do est un notablede la section voisine.Capitaine de l'an-cienne arme hatienne,ilraconte qu'il s'est battuplusieurs foiscontre lescacos.Actuellement,Dorcius est tout ses champs.Depuis le dbarquement del'Amricain,il n'a pas fait unseulcoupde fusil.Mais,il peutencore.quelquechas:...Le tigrevieillit, mais pas ses ongles.Michant garon, Do...On n'est pasfch de vivre en paix dans leschamps, jevous assure.Jadis, c'tait, n'en plus finir, despatrouilles inces-santes, qui vousenlevaient vos occupations, pour vousenvoyer,loin, tr9 loin.I1 fallait choisir: viv_ cach dansles bois, ou sebattre, chaque semaine, devantOuanaminthc ou ai1'aleurs, pouron ne sait quini quoi. Vous tesbieenheureux,jeume's gens d'au-jourd'hui qui ne connaissez pas cestracasseries,-C'tait pas pourvous, de l'aviil'le. Vous aviez des brevetseclieutenant,de major qui vous dispensaient duservice,et qu'unparrain vousprocurait,ds le berceau. Mais depuis la quator-zime anne, tout jeune paysan taitarrach sa famille, etenvoy engarnison,quelque part,

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L E S(I t I ()T J5 69Maintenant, il n'y a que les tax,cs, sans quoi un travaill2urdes champs viverait content. La vilet desprix des denres tuel'espoir, par-dessus le march. Ce quel''on produit ne vautrien,et il faut toujours payes quelquechose l'E+tat. Chaque anne,davantage. Et, chaque anne, a baisse,L'Etat est uni: sangsuequi boit tout le sang du pays,Deuxenfances, joyeuxet bien portants, gainbadcntdans lacour, et reviennent, dela direction du moulin. Leur chemisevole au vent, pour que l'air pur baignegn(xeeustment tout leurpetit corps, et dilate leurs jeunes poumons.Les hommes qui ont russi onttoujours un sermon prt surl'effort. Carnegie a fini en moraliste.Bonadieu adeux enfants. Bonadicu est unfils chanceux.Je l'ai mari; et il dirige aujourd'hui, unevaste habitation. Jen'ai pas eu, moi, des dbutsaussi faciles. Que nonl bon Dieu.D'ai'lLeurs, je n'ai pas connu monpre.C'est vous dre que jen'ai jamais recueilli, un seulcentime d'hritage,tin m'a tou-jours parl des terres de monbisaeul, don du prsident Boyer.Je n'en veux rien savoir. Unhomme travaille et achte sonbien.Elev par mon oncle, j'aibien t oblig de piocher dur,ds mon plus jeune ge.Et de cet oncle, un seulsouvenir mereste: cette pipe. Qui vousdira son ge? Mon oncle ad l'avoiracl ,,ite, bien avant nianaissance; car, je lai toujours connuetelile; plusieurs se sont casses, etont laiss crllle-ci intacte.Au-jourd'hui, un ne trouve gure, enville, d'aussi bonne marchan-dise. Les grands habitants onttous possd des pipes,de cettequfallit suprieure. Maintenantl'argent est rare, l'on Sc contentevolontiers de son cachimbo.Le fumeur invtr qu'estle paysan FraziLus, frappedouce-ment la chaudiredle sapipe, dans le creux de lamain,, pour l'endgager de la cendre tide.De ses souvenirs teinits, id en remueaussi la cendre. Bourrede tabac hach en petits morceaux,lacompagne chrie deFrazilus, ses lvres, attend lebaiser du tison.lit, n'interrompt pas sonrcit:-J'ai commenc par garderde la volaille, des pourceaux;ensuite lies baeufs etles chevaux titre decheptel. Des temps,j'ai travaill pour compted'autrui. Ayant consenti desvresconomies, j'ai runi, unjour, quelque argent.Un, lopin deterre. Pais cela amarch tout seul, Dieu,les saints et les morts

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570eo-:'uituir'r,uhoiiuionuo'erraiaidant, Mais, ce moment-l le travail rapportait! Bon vieuxtemps qui ne reviendra pas!Le ventsoufflesur le champ de cannes hautes qui s'tend auloin, jusques sur les pentes des mornes voisins. Le vent fait deshoulesrgulires cette mer de verdure, scintillant au soleil,Voyez-moi tout ceci, fruit de mes travaux, tmoin de mesefforts. Tandis que tous Tes hommes ingambes migraient versCuba, moi, je restais au pays pour labourer la terre, et fairetourner le moulin. Combien de vi jo possdent aujourd'hui,une habitation comme celle-ci!Dans la force de l'ge, j'avais appartenu trois escouades;et nainnie maniaitla houe et la machette mieux que moi. Leshommes me jalousaient d'tre toujours le premier ait bout die l'aligne. Les femmes me complimentaient, pour mes vigoureux etactifs biceps.Des membresgrles et flasquesse laissent voir, sans aucunehonte, la place des bras qui ont vcu leur temps et donn leurmesure. Une chemise de grosse toile, que l'on devine avoitr trouge ou rose, quelque peu dbraille, dcouvre une poitrine os-seuse, la placedu torse opullent qui faisait l'ad'orattion. descom-mres.-A ce moment-l, manquant d'hommesque J'exode versCuba en.trainait, loin de leur terre, les femmes venaient l'es-couad'e, et mettaient la main la besogne,avec nous.Les fministes paysannes gagnent leur mdaille,conquirentleurs droits, sur le champ d'honneur.-De l'eescouade, je garde un souvenir trs cher.Les yeux du vieillard s'illiuminent aussitt,des visions dupass qui projettent un peu de lumire,sur ce terne miroir,Les images d'un pass vanoui, ressuscitentdans son me enrgourdie, par les ans. La terre quiouvresesentrailles chaudes,au bruit des voix et du tambourin, Les brasvigoureux, qui frap-pont avec le fer,sanspiti, cette nout^.r6ce deshommes. La terrequi saigne; la terre qui transpireen fume sa douleur matier,telle.Ses gmissements ne sont point entendus.Son ngoisse, mprise.Et les chants des laboureurs,tantt joyeux, et qui s'lventcomme une action de grce, tantt tristes,et qui se rpandentcomme une liamentatlon, vers quelque dieuinconnu, recouvrent

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rLES GR/Ors571les plaintes de la terre, meurtriepar s.s propres fils, r%:on la dureF!oi du travail.Tu mangeras ton painaux larmes de ta mre!C'est en laprostituant, homme maudit!que tu te nourrras.C'est sans doute, parce que le travaila t maudit, ds lie prin-cipe, qu'il est demeur le champ d'exploitationdes socits mo-dernes.Ti coune tait aussi de l'aescouade. Ti coune, c'est lamre de Bonadieu. J'ai peut-tre,connu dans ma vie, une bonnedouzaine de matresses, avec qui, j'ai vcu plusou moins long-temps. Deux, trois ans ou plus, Mais celle-l, tait la femme de lamaison. Je dois sa coitFaboration dvoue de possderce bien.C'est pourquoi, je lui ai fait lever cette haute et magnifiquetombe, au cimetire proche.Un geste du doigt. Des blancheurs au milieu du vert,nonloin.Moi, je reposerai, bientt auprs d'elle, dans ma cave queje fais moi-mme construire.LI ne faut plus laisser grand-chose faire, aux enfants. Les gens d'aujourd'hui n'honorent pas suffisamment les monts. Votre serviteur a fait les a'(euoirs d'e tousses morts; il leur a pay ses dettes sacres, et peut partir pour liegrand voyage, sans craindre d'encourir de reproche.QueFle me satisfait-21, quel courage, devant l'invitable!--A l'escouade, tous les hommes taient aprs Ti coune.Mais voici comment je me suis rendu bien compte, que je pour-rais me faire prfrer, d'entre tous mes compagnons.-Lorsque les commres se disaient tout bas: on dit deFraze qu'il fait travailler ses champs, la nuit, par des zombys,et qu'il a un pacte de prosprit avec le diable, Ti coune sedressait, toutes les fois pour me dfendre. Des disputes souventqui s'envenimaient. L'cho me fut naturellement rapport. Lesparoles une fois prc'nonees, s'envolent, et bien fou celui quiprtend les cacher. De mon ct, pour entretenir la sympathie,je Fui faisais des cadeaux. De temps autre, un beau rgime debananies, de mon jardin; une charge de mangues, parmi l'es pri-meurs; ou d'avocats, qu'elle allait vendre au march pour seprocurer de l'argent, car Ti coure tait pauvre, niais laborieuseet Honnte,

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5572l,,,11 r,:I-Je regrette bien de ne l'avoir pas pouse. Lemariage n'-tait pas bien frquent en ce temps 1. Cela se voyait la ville,de prfrence.Ce n'tait pas prcisment unebelle femme dr visage; maisgrassette, joviale, et une femme tout de bon pour fairealdir votretravail, mme en votre absence. Elle s'est dpenseautant sinonplus que moi, pour arriver constituer notre bien.Ses regardssemblaient se fixer sur quelqu'invisible image,tandis que Ses mains essayaient de saisir, comme pour la dcrireune formequis'vanouissait..-Or, cette femme m'aimait uniquement parce qu'elle voyaitenmoi, un rude travaill--ur. On bavardiait de temps en temps.Mais,elle nevoulait pas entendre parier d''amour. Et, commeon m'avait fait la rputation d'tre un fidle de satan, j'ai vitecompris que cela lui causait quelque inquitude, Un jour, vou-lant en avoir le coeur net, elle m'aborde. Je me souviens de cejour, comme si c'tait d'hier. A lia lisire (lie mes champs, o jevenais d'arracher lebois-patate,pour mes pourceaux,Ayantlonguement radot, cille me dit enfin ceci, tte baisse: Dis-moila vrit, Fraze, tes-vous rellement un dmon, la cause pourlaquelle, les valeurs craignent d'aborder vosplaces,Un silence pesa un instant sur la conversation. Le motheureux me vint enfin aux lvres: si le fiable taitmon ami,liu dis-je, les yeux dans lies yeux, je n'hsikraispas lui dernaui-der de m'obtenir la faveur que vousme refusez, depuis deuxans...Le vieillard conclut par un geste etse tut.Expliquant quela force de son argument lui avait conquislie cceur de sa belle, aupoint que leurs deux personnes troitementSerres l'une contrel'autre, leurs mes perdues se sont envolesvers lts nigionts dubonheur,..Un pieu de salive coulait danssa bouche,lit a semblsiroterle souvenir de cet instant heureux. Lafume de sa pipe sortaitnonchalamment de ses narines,comme d'une paire de chemines,dont lie foyer intrieur s'est teint.Et la fume, ombremlarnco-lique, s'vanouissait, d'ans l'air;et le souvenir se dissipaitversles contres obscurcies du pass, d'oil tait revenu,

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LE S G R 10 T S! u;ra! u u m m!enumu i! uu!i .uu!amun!uu!n;!nuwugmnlnuunnu!!nneunmunm!nnnm573Les btes allaient toujours en rond.Les gens palabraient inlassablement.Le travail continuait.lie soleil qui baissait l'horizon, jettaitsur les btes, les genset leur travail, les rayons d'or bnisquipartaient dleson courde flamme.FRANCK LEGENDREExtrait de: Les Voix de la Terres.

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574LESSociologie juridiqueETAT ANCIENHistoire Politique etConstitutionnelleLE CHEF DE L'ETATSi haut que l'onremonte,que l'on soit partisan de l'une desdoctrines dlassiques proposes pour lgitimer le pouvoir-droitdivin ou Droit Divin providentie'1 ousurnaturel;droit de 1'vo-liwtion historique, n.ul nepeut,avec certitude dire pourquoi unhomme commande unautre.La raisonmme,dit Faguet, exigequ'un tre n'obisse qu' sa lloi, puisque s'il obitunie loi tran-gre, il est transform en chose et n'a pllus d'activit propre.Conserver lia vertu die l'activit individuellle dans l'encadrementsocial en faisant que chaqueindividu,recevant un ordre, nereoive que le sien et sache que c'est le sien en effet qu'il reoit etqui, parti de lui, lui revient, c'est quoi vise la dmocratie.C"est tout sonesprit,toute sa moraleaussi.Nous dirons gale-mentqu'en.vertu due nos origines la dmocratie tait pouir nousune ncessitinluctable.Et s'il existait une contradiction cer-taine entre cette forme parfaite de gouvernement et nos antc-dents historiques, le fait indniable est que nous venons d'uneRvolution qui avait impos des principes l'a lumire desquels,la Nation dut sa naissance. Considre cettehauteuir,l'oeuvredesAnctres est sans doute glorieuse.Elle set ,k mme parfaitesils avaient su dvelopper l'activit individuelle dans le cadresociaal, s'ilsavaienit en un mot, insitauir le rgne de l libert dansl''Ordre. Ne serait-ce pas trop luidemander.On n'e dira pointqu'il heur ait manqu l'nergie ncessaire pour raliser ce granddessein,mais il leur aurait fallu avoir aussi le concours de tousl'esattards,de tous les inadapts qu'avait vomis suit cette terrede St.-Domingue le honteux trafic du btailhumain,Consd'-rant t'existence des forces sociales, lepouvoir,le pouvoirConsti-tuant, t,rins qu'il, ne voult faire oeuvre vaine, se trouvait dansla ncessit de proclianier la Rpublique, Mais une Rpubliqueassez originale o tout tait faire;dvelopper l'instruction et.

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LES GRIOTS','u !i u onuoi,ruin iu uuimir .miirmi iiruuomi,mrmnniin a at uom5 75par la voie de la presse, former l'opinion publique. Eh bizn,grce l'habilet de P,tion, la longueet fructueus administra-tion de Boyer, cette tape fut franchie. Et si lepeuple avait drmultiples intrts communs aprs la 'reconniaiseincede l'Indpen-dance, il eut joui, depuis lors, de la Paixet de la Stabilit Poli-tique.St. Thomas a ditque le pouvoir considr d'ans son essence,le pouvoir abstrait, vient de Dieu. IQ a ajoutque c'est au Peupled'-en dsigner les titulaires. Pour avoir la paix, le Peuple hatienne fut pas libre d'carter les militaires die carrire.Tells s'imposaient.S'ils n'taient pas les lus du Cilel, ils n'a-vaient pas davantage la comptence ncessairepour lucidr lesproblmes complexes issus de la ralit mouvante de la polLique.D'o Ja politique de doublure. Elle consistait choisirpourta prsidence un chef populaire, cultiv, peu ou prou,mais servipar des collaborateurs dvous et dsintresss.Mais imaginez un Chef d'Etat recevant des confidences desesfamiliers.Il apprend que les Ministres, en proposant teillesme-sures, veulent le supplanter, que le dput ou le snateur, et i, telle loi, veut renverser son Gouvernement, Quelle serala raction d'un esprit peu cultiv en prsence dlc toutes les intri-gues &T Payais, des dnonciations, des brigues, des calomnies, d'esflagorneries et des adiulations?Il voudra en faire sa tte et ilfera mal.Il, voudra gouverner et il sera omnipotent. Et malheur l'immpru,dent qui tentera de le ramener lia raison.tonnez-vousaprs cela, que le pouvoir ait t absolu? Nous avons parcourutoute la gamme des dictatures.C'est une symphonie que nousavons chante sur tous les tons. Peut-tre, mme qu'elle est ina-cheve. Au tableau ajoutez l'esprit d'in discipili,ne et d'impr-voyance, tares de l'esclavage, l'absolutisme, consquence des dog-mes religieuxde l'Egl'ise Romaine, et vous constaterez que liergime personnel du Chef d'Etat Hatien trouve un terroir pro-pi-ce son volution ailors surtout que l'action politique des partine s'inspire d'aucun principe certain.On le voit, I" E'ducation populaire s'impose. Elle permettra !'. lticteur de dmler les fils inextricables que l'lu embrouille dessein pour assurer sa suprmatie.N'allez pas croire qu'il ait jamais exist en Hati de vrais partispolitiques? Ce sont des bandes famliques que l'on peut distin-

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uv`576rLrS GRIC)'T 'Sguet par la couleur de leurfanion. Aucune sincrit, tout l'efforttend la conqute du Pouvoir. Commentle pouvoir personnelneS'imposerait-il pats. Et prcisment ce rgime autoritaire faitque l'on manque assez souvent de tolrance.Le Chef de l Etiat n'admettant aucuncontrle, les partis n'ontjamais puaspirer conqurir lentement le pouvoir. Mais parcontre, l'opinion tant variable,liavrit d'hier peut devenirl'erreur de demain.Et c'est cette mme force qui conduira les ad'versaitesdu Gou-vernementau Pouvoir. Nous adirnirons, envrit, la beaut duparadoxe par lequel on a voulu montrer, autrefois, quele PeupleHaitien rencontra le despotisme chaque fois qu'ilcourait aprs lalibert. Le fait n'est pas sirlie et on aurait beaucoup gagnersi l'an se mettait tudier ce problme complexe quin'est d'ail-leurs point particulier notre Rpublique. On aobserv en effetque dans toutes les RpubliquesIbero-Amricaines, statuts poli-tiques et conditions sociales s'opposent.Par l'entremise des ses prfets et gouverneurs, le Pr&si;dlentdi-rige leslections,appuie tel ou telCandidat,impose mme sonsuccesseur.Il est le suprmelecteur.Les Assembles reprsenta-tives deviennent de vritables insti luttions bureaucradiques,dpu-ts et snateurs acceptent les ordres du Prsident. Les Chefs et liesoligarchies changent, mais le rgime avec ses vices sculaires sub-siste(LES DEMOCRATIES LATINES DE L'AMERIQUE).Quant aux paeds, voici ce qu'en pense l'auteur A ce systmecorrespondent des groupespalitiques sans programme, on ne luttepas pour le triomphe d'ides, mais pouraellui de certailnis hommes.Les termes consacrs perdent leur signification tradi,,tionmellle111Et ailleurs Aucun i'ndgrt commun, parfois, pats mme celuide lia Patrie, ne peut les rconcilier.Chaque parti dfend unChef, un intrt, un dogme, d'un ct, il considre lies siens miil--sionmaires de culture et de vrit, de l'autire, ses ennemis impurset mercenaires...Le parti dominant aspire annihiler ses adverrsraixes, raliserl'unanimit complte de la Nation. C'est par la violence que lespartis peuvent sortir de l'ostracisme o les tient la faction aupouvoir et c'est par le mme moyen qu'ils y retournent (LESDEMOCRATIES LATINES DE L'AMERIQUE),

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LES GRIOTS577On a fait le reproche l'Arme de D'Indpendanceintgralled'avoir t au-dessous diesa mission. O aurait-elle puis desprincipes d'honneur, alorsque les citoyens n'avaient p::int dievertu, alors surtout, que c'est le civisme dies citoyens qui alinintel'arme!Une arme est en principe,un groupe d'hommes irresponsables.Comment ne voit-on pas qu'elle tait plutt,notre anciennearme, l'instrument des forces sociales qui montaient D'assautdu Pouvoir. Au fur et mesure que le sentiment de la libertpntrait dans la conscience de l'hatien, il avait d'autres aspira-tions. Gn dans son action pair les causesque nous avons essayde dgager ci-dessus, l'hatien recourait la violence, la turbu-Dence rvolutionnaire.Car sil'a dmocratie tend' un but, ed!le irnplliique un choixconscient participant die l'intelligence humaine, Io. Commande-ment conscient de la part die ceux qui gouvernent, 2o. acquiesce-ment de l'a part de ceux qui sont gouverns. D'o ducation po-puliai'rie, mais urne ducation ordonne car l'ordre n'est pas incom-patibDe avec la Libert, sans quoi il n'y aurait de socit possibleque sous la tyrannie.En fut-il ainsi toujours; est-ce bien lb mthode que nous avonsadopte avant 1 Occupatdon Amricaine?L'OCCUPATION AMERICAINEEn pendant l'honneur en 1915, la Nation avait tout perdu:foi dans les ides qui firent de Nous un Peuple libre, foi dans lepass, lies luttes et les sacrifices voulus par les Anctres qui com-battirent dix ans pour la Libert avant de conquniir l'indpen-dance; foi d'ans les Vertus de 1a Race et la perfectibilit del'homme noir transplant St.-Dom,ingue pour des fins gostes;foi dans la fiert pet la grandeur de l'a Paitnie.L'poque dessal&-nienne tait surplombe. Nous tions lli merci des hommesd'une autre race. Et si nous avions cru l'union sacre, les faitsse chargeaient de mous en donner le plus formel dmenti. Pourdfendre le sol, contre l'envahisseur, notre arme lia meillieure taitnotre volont, mais elle s'tait mousse aux ressorts tendus duPouvoir absolu.

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Y578rnn:u!rr,Ctln'^r.,:.LES GRIOTSDans les luttes striles et les dsordres rvolutionnaires,nousavions dsagrg les forces sociales. Et quand il avait fallu rfor-mer le lien, l'arme elle-mme, l'a; raz de l'Indpendance s'taitrvle veule, faible et impuissante. A nos hai!neis, nos passions, nos rancunes, nous avions tout sacrifi, mme l'ide dlc Patrie.Et qu'est-ce que cette frnsie qui poussait chacun la conqutedu Pouvoir pair le moyen de la force;ce violent dsir de monter un rang social plus lev, d'acqurir dies richesues,de la puis-sance, dru faste?N'est-elle pas urne maladie mentale,une crised'anrivisme lEt pour atteindre au fate des honneurs,ne fallut-il' pas con-sentir l'avance jeter le voilesuer les injustices qui se commet-taiennt cependant au Nom de la Libert? Hlasdes hommes dhprincipes, des tribuns que l'on avait accoutumdie placer au-des-sus de tous les tyranneaux qui se succdaient au pouvoir suprmeavec une acclration, toujours accrue, ne d'diaignr'ontpas de sefaire grand Electeuren appuyant tel ou tel Candiidhit? Pour lecoup, l'unit fut rompue au profit de l'lecteur. Etlui, ['terneltroupier qui avait pass sa vie dans lescamps, qui veiillaint l'or-dire intrieur et la scurit extrieure,se mit en tte die faire etde dfaire les Chefs d'Etat. Non qu'ilentrevit seulement lia pers-pective de se libr4r de la servitudeMilitaire, mais l'occasionn'tait-ellle point offerte de montrern-uAssembles politiquesqu'il tait l'unique et le vritable Sor +eim,.C'tait la ranondes lections officielles. Si le Souverainavait manifest sa volontaux poques constitu,tionnel'les, il monitrait,par les rvoltes can-tinues et rapides qu'il se moquait dela volont edu pays lgal.De cette hypothse, les lw,atians d'Orz.steZa,ir,or, de Davil'imarThodore et de Vilibnun GuillaumeSam sont la meilleure illus-tration.C'tait l'a,niarchie,Infandum reg:7a jutes.Mais l'Occupation Amricainemettait en prsence deux Peu.piles, deux dmocraties, deux tempramentsdiffrents,(A) -Les Crateurs de la NouvelleAngleterre s'taientarra-chs d'un foyer hrditaire Paresprit de rvolte moraleou d'a-venture commnaerciale, ils avaient dcidd'en constauiireun nou-veau. Fils du mouvement c'est lemoment qu'ils incarnent. En1787 ils formrent treize Etats. En1926 ils auronttroente cinqtats de glus,e

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4"""u n 1111111 o mmirinomm ut inuumL E S G R 1 0 T 5579La vie de ces nomades a connu au. XIXme.sicle trois phasessuccessives. D'abord le squatter sans souni maiillle qui part seuil,dboise, dfriche, vend son lot et vaplus loin.Puis, le fermierqui, avec un peu d'argent, btit, sme etrcolte jusqu'au jouro, plus riche, il trouvera mieuxaillleurs. Le Capiitailis.e enfinqui organise, exploite et dlemain trustera(Devant 1!'obstacdieAndr Tardieu) Farouches pour tout cequi a trait la Libert,les Anvricaiins availemt uncertain moment, considr qu'iltaitprfrable de rompre l'Union Fdrale pourconserver la Libertde chaque Etat.Sur l'es terres de l'Amriquequi, au moment: de l'immigrti-on.formait des forts vierges s'lventaujouird'hu de nombreusesconiuructions et le dveloppementdes villes est immense etpr-cipit.'Et nous? Arrachs deslointaines terres d'Afriqu!e etarrivsen Amrique commeesclaves, nous constituons uneNation issued'lments htrognes qui se sontforms sous la colonie. Notreprincipale qualit n'est pas lieMouvement. C'est aucontraire,une in'erti.e, un amourdu repos qui s'affermitds que lies premiersbesoins sont satisfaits.Imprvoyance et servilitsmesont les traits gnreuxdiu Peupleilltr et sensuie!l. Quant l'lite: elle est souventarriviste et cetteparticularit la rend'opporbunis,te.Elle s'accomod'e de toitslesrgimes. Son lvationd'ans la socit, elle nel'attend pas d'unaction ou d'un effortpersonnel, mais del'Ettat, le grrind pour-voyeur.Hritiers des ancienscolons nous en avonsl''esprilt.Avec legot des jouissancesmatrielles, Nous avonsacquis un sd,znta-risme et une routineincompatibles avec leprogrs sociall. Noscolres violentes setraduisent en actes dedestruction. Et sur laruine des Ancienneshabitations, nous coulons encoreune viepaisible sans penser amliorer lesconstructions qui abritent l'avie fanmiliadle. Quiant la plupart desvilles, sauf Port-au-Princela Capitalle, ellesn'ont pas sen9iblemenitchang depuis le rgimecolonial.Et si l'unions'tait faire en 1804la sparation de l'Eta't endieux ou troisSouverainets indpendantesavait dfinitivementprouv que l'unitn'avait pas suivi l'amme trame.

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,io uuuuumuumuruuuumuuuunru?immmnun uummummniuunauiunnuuwmuarunmG L SGR I O T S5 80(B)-La dmocratie hatienne ,reconnat comme a dmocratleamricaine lie principe du suffrage universel et de la souveralinetdu Peuple, maits alors que celle-ci a pris de multiples pro-,cautionspour empcher la majorit d'opprimer lia minorit, celle-l laissel'individu sans dfense contre les abus diu pouvoir. L'amricanest souverain pair droit de naiis mince et il a. apporu en dbarqutsntduMay Flowertoutes l'es institutions de son,a.ys d''origine, leJury, l'habeas corpus,et quelques autres 1ibert;l'Hatien, aucondlraire, est eouv'rrain par droit de conqute.111 a en4!ev, en unjour, par des luttes piques, tous les droits oc toutes les libertsque liai refusait lia France Coloniale.Avant l'Indpendance, l'Amtlriicaiin avait des dlroits.Il a li-mit ceux du Pouvoir Central.C''est au contraire l'tat qui adtermin les droits de l'individu en Hai,ts.La: sparation desCommunes sont une cration artidiciiedilie de lia, Loi. Les Amri-cains n'ont eu qu'une constitution de heur indpendianc'e ue jour;lie dnombrement des eeuvres simiDaires rpublicaines, imprialeset royales s'lve en Hati seize constirtutions, sans compter lieslois conitituti,onnel'les de 1859-1869.Autres particularits remarquables, les quarante huit Etats del'Union n'attendent dru Pouvoir Central, ni dcorations,ni dl-plomes, ni faveurs, ni fonctions, tandis qute l'actionde l'Erathatien s'tend' du centre lia priphrie.Pair lies gendlarmes, lescontributions, les agents de tous rangs, l'Etaitexerce une sur-veilll'anice qui empche le dveloppement des organismeslocaux.C'est une PROVIDENCE qui veillesur tous lies actes de la viepublique et prive et le Chef de la Nation, Prsident,empereurou Roi, est tenu pour une moiti de Dieu,.('C)-Mais la, maTquc caractristique desdeux tempramens;est encore plus sensible.L'Am:ricain a le sens social de l'avie.Il s'unit,se groupe, transige, quand' odla est ncessaire,pourmaintenir l'union ou l'association.I1 est optimiste et cetitepar-ticuliairit de son temprament lui dbnneun orgueil maladilf de l'avir.Il court sa chance et aurait dsirtrouver it conserver liebonheur sur l'a terre.L'Hatien est ddaigneux detout groupement. Passif et rsi-il subit toutes les i'njusuicessans aucune raction.Et, sansles quelques rvoltes qui marqurent lecours de son histoire, onpourrait dire qu'il manque de reflexes.Tenu dans l'ignorance, il0p