Les griots

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Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
January 1939
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00008


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Full Text

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358101'bouche de toute la population qui verra bien par la. l'avantagede se marier contre un bedeau.l3 ergeaud qui s'tait ouvert une vieille dame de Saint-Jean,sut long sur son heureux rival, les parents de celui-ci et leurstraditions de famille,Cette vieille tait une de ces personnespour lesquelles, les annales de leur contre n'ont gure de secrets.Privilge du grand ge et de la curiosit fminine, toujours enveil. Avec toutes les histoires imaginables, notre commre sa-vait 'aussi force recettes, prires e' simples qui faisait d'elleune personne prcieuse dans ,la vie de la population. Bergeaudmit profit ses conseils, tout autant que Dieudonn ceux duprtre.Les choses en taient l, quand une amie commune offrit tinbal, dans une friche et coquette demeure, nouvellement cons-truite et l'occasion de l'inauguration de celle ci. Dans la matire on avait fait qurir le prtre qui a baptis et bni la nou-velle maison. A cette crmonie religieuse succdait la partie deplaisirs,oit les parrains' accompagnaient les marraines,li r-geaud et ses compagnons de jazz faisaient la musique aux in-vits,Leurs voix dominaient celles de leurs instruments, etgalopaient dans les airs effrays de tant de vacarme. 1,es couplesallaient tantt en cadence, tantt tournoyaient follement, Descavaliers habiles excutaient avec leurs dames des pas dlirants,Les rires, les causettes, les buveries allaient bon train et faisaientcirculer un grand souffle de joie qui courait sur les ailes du vent,en frlant les longues feuilles et js jupes lgres, sans cesse,tourbillonnantes.Le visage mordor d'Anecia lais! it couler la sueuren abon-dancLes gouttelettes tombaient de son front luisant, aurold'un bandeau rose, comme un flot de perles dissimulessous sachevelure opulente. Son sourire large et franc ou brillaitun filetd'or, tournait la tte air deux amoureux, mesureque la jeunefille tournait sur ses talons hauts. La Musique raclaitde plusbelle, et les voix, mouilles par l'alcool, augntentaieIltle ton.Bergeand est un tnor; L'homme la guitare soulve l'admiratition de tous. Sous ses traits indiffrents, le cour d'Aneciarom-pait d'motion.Ilaurait voulu s'env0Ier pour.ooscr sur les

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LES ci RR l c) 7, SW)lvres du musicien magnifique,le roi de 1.1 fte, Et tandis qu'elledansait, c`est plutt dans les brasde l3ergeaud qu'ellese sent,emporte verson ne saitquel rve.31Et l'heure estvenue (le mettre profit lesconseils de grandePhilena.Le tambourin fait la basse,ronfle et gronde tour tour,Comme unmagicien,l'homme la guitare,debout.de sa plusbelle voix, entonne l'hymne solennelduvood,L'air retentitde sa voix vibrante :rsrtlie munnaine l p mont Tout son tre possdpar le dmon de l'art, tremble, s'agite,Sc soulve avec sa voix lpuissante.Ses yeux ardents (lui laissentl'orbite, refltent la temptede son me angoisse.1-e masquede son visage dfigurpar l'motion devient quasi=effrayant. Unflux nerveux comme un jet de flamme,lui monte jusqu' la tte,On n l'impression d'un homme qui brle.Ses pieds semblentperdre tout contact avec le sol,et la guitare qui dlire parle unlangage presque humain. Le tambourincomplice imitant per-fection l'asster aux septcornes, rpond de la voix de la firedivinit africaine qui monteses chevaux pour se rendre l'ap.pel de l'incantation nmusica)ede l'amoureuxvinc.].'art au se-cours de la vieille religion.L'Olymmpe voodouexlue toute entireest convoque pour ac-compagner sur la terre la divinit puissante qui s'appelle lunomemprunt de marraine lirztrlie. lit les loa en joyeuse proces-sion, font leurrentresous la tonnelle, l'heure o le soleilat-tidi se hte vers les cimes brumeuses desmontagnes lointaines,pour s'y reposer sur ses couches pourpres. Au chant vocateur,plein de nostalgie, exprimant tantt la souffranceet l'espoir,tantt la colre et la rvolte des cours, les r+reuxont rponduavec empressement,car nosvieux dieux africainssont sensibles l'hommagede la musiqueet (luchant.Les lots rclament,les leurs et ntontentleu,rs chevaux humains, Unegrosse femmed'abord,puis une autre, puis un homme entrent aussitten crise.

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360LES filet()l"5Ils se tordent, roulent parterre,gesticulent et articulent des pa-rolesbaroques. Ensuite,des deux mains, ils font le tour des coltvives et distribuent de solides poignes de mains vous dracinerde votre sige,La musiquepoursuit,loquente, sublime. A un chant succdeun autrechant. unalotrx,un autre...La crise voodou que devient manifestement contagieuse dansl'assistance,Celle-ci in(lammc fait chorus avec la musique et,bat des mains au rythme entranette, tandis que les initis repren-nent lesrefrains.Dieudonn son tourdodeline.Il se dplaced'un pied niaiassur.Il tombe, roule surlui-mme.Relev, lesacristain se metpiaffer forme un jeune cheval en apprentis-sage. Grand moi! le sacristain parmi les possds,I.,'honime la guitare triomphant hurle savictoire.Il chante perdrehaleine..,Et Dieudonn qui a retrouv le vieil homme,agit comme les autres. Aneciainterdite,assiste ce spectacle la-mentable,mue jusqu'aux larmes.Et les bruits les plus accablants de courir maintenant sur lecompte dusacristain.Iltrompait,dit-on, monsieur le cur. Etcelui-ci de s'indigner.Il rougitcommeun piment en apprenantla nouvelle que son sacristain s'adonnait en cachette aux prati-quessuperstiticuscs.Comme jadis, Jehovah, l'index courrouc,le prtre chassa de devant lui, son petit protg...AdieuAnecia'.adieu mariagesolennel,maison au bord de lanier, ou le vent apporterait, avec ses effluves odorantes, le chantinfini desvagues,dont l'cume neigeuse court jouer avec le co-quillage,sur le sable fin de la grve.FRANCK LEGENDRE(t x(rait de: Les Voix de la 'r.rre!)

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1, $'S r,R10l -Conte des Griots.NUITS D'HAITI361Jadis,dans ces paysinsulaires, le soir carabedut porter ensoi mainte menace aujourd'hui, les montagnes sontde sereinsvieillards vtus de vert, de mauve, de blanc etd'ombres, les va-guesfoncent et retraitent.Et leurstempraments changeantss'exasprent des jours.Oh; ce rythme des lames: On auradonc vcu pour ne riencomprendre l'angoisse de ces hommes. Or,ils savent tre grands,forts et solidaires sous le dcor somptueuxdes crpuscules.C'est une aprs-midi du dbut de :juin.Sur 11,mer, le ventd'ouest s'est t depuis longtemps.A l'Anse--Pitres, un pcheurnostalgique debout prs de la Caserne etdevant la mer. Un p-cheur revente hier de la Bate, te regard versle Sud-Est. Au soin-met du Morne Blanc aubord du Plateau de Corail d'o l'ond-couvre gauche Grand-Gosier,Dboulaye-et Baguette et au sud-est le canal du ciel etde la nier, un adolescent dpose un normepaquet de noces de bambousW est pas lourd), interroge le canalet soupire. Ces deuxhommes ont dit en mrite temps; labrise.Juste ce moment, l-bas, auxconfins du ciel, de minuscules oi,seaurx blancs ontpris leur vol.Ces deuxmarinsne sont passeuls les voir. D'autres gars, etaussi des enfants, des femmes.,des jeunes filles, ont surprisau mme instant le vol blanc des mi-nuscules oiseaux de la nier vt duciel.Sur le rivage de l'Anse-Cochon, un gosse tout nu,assis sur la carcatse d'un petit coralinchou l depuis trois ans,piait les bats des crabes; il a vu ga-lenient et s'est tout desuite mis fredonner un air lent commepour dompter la menace parla douceur. Perptuelles, A l'ent-bouchure de Praicheur, prsde Saltrou, une grande multressequi empilaitson linge surles galets a vit les ailes blanch:s battrel, mais loin. ABaie-d'Orange, un vieil ivrogne a crids qu'ila remarqu cessursauts insolites; labrise, maman: A la Guil-launi1 nde, un voyageurqui donnait dos, pourtant suSud-Ests'est ,lttst retourn pours'mouvoir du frmissement de l'hori-ron. A'l'j.Moulllage, prs desCayes-Jacmel, une vieille a dit,avoir renti quelquechose rentuer dans l air de l.bas.D'autres

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a6ZIFS Ci1"t1()I'Sont dcette heure comprendre un peu l'avertissement et inter-prter le signe. Car le canai est visible de I abonco:ur o vientmourir ie chant des pins de la Selle. Lee vaste bocal bleu au fondduquel repose La Bate, ile du sel et du latanier. (Oh! cette odeurdu latanier mouill qu'on dbarquait un matin de soleil et ondebleue), est visible (le Bocal) du Morne de la ravine au Diable,du haut de'l'apion d'o l'on d&ouvre aussi les plages lumineusesdes Figuiers, les ctes amorphes de lagon, l'oblisque de Colom-bier. Visible de tous les sentiers des Alpes. des montagnes dnu-des de Marigot, des hauteurs de la Ravine Normande, de Belle-vue, au dessous du Cap Rouge, au dessus de Meyer. Et ce sontces mmes familles de pcheurs et de paysans fatigus et anxieuxqui rvent, les aprs-midi, sur ces chemins libres et chrissent depossder des yeux l'espace bleu arrondi jusqu'au verre de l'hori-zon souffl dans l'eau abondante du bon dieu. Ce sont ces fa-milles de misreux solidaires dans le malheur.A Grand-Gosier, la mer se dresse verticale. Le vent s'y an-nonce par des grumeaux en bandes parallles. (Mais, parfois,l'on se trompe. On attendait la brise:-Qn a plutt l'accalmie. litl'aprs-midi est un assoupissement d'insectes diaphanes).A Saltrou, la brise cume au large pendant trois bonnes heures,tandis que sur la grve l'eau fait des bonds intermittents, plusforte la neuvime lame, prlude rythm que nous connaissonstous. Les excrments du soleil sont rpandus sur toute la surfaceliquide en mtaux fluides et en chlorures multicolores. Une voied'acier implacable s'largit jusqu'au sable. A peine peut-on dis.tinguer le, triangle blanc qui vient de doubler Colombier. Maison le devine d'instinct. Une dizaine de vies humaines en danger,Marchant vers le danger avec une belle hardiesse.Il n'y a rien quoi nous applaudissons plus volontiers que la hardiesse. anous tonne et nous plait,Une jeune femme est venue regarder. Deux hommes sont ve-nus se mettre devarit elle qui l'empchent de voir.")'rois jeunesfilles qui se tiennent par la taille sont arrives sur la berge, Levent a dnou d'un coup la chevelul'e des cocotiers,Quatre pal-mes sont tombes. a a fait un bruit mouvant. On a senti quel-que chose qui est comme la peur dans son sang. On est sur lerivage avec des populations, tendu,v

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ciR1()7'.5361Voici que des espces de btes blanches se sontveilles au\Cbords des rcifs, s'y frottent le dos et la crinireet veulent ygrimper. Des laies cassent leurs forces folles surles caillouxcouleur de chair d'ortolan. 1.1 nier frappe sigueule baveuse demonstre sur ces rochers trs vieux.Siffle violemment. Ut lchela plaie des rochers cil ruine. Utvomit sa colre ou rpand savolupt sur le sable, sur les Cailloux et surles crustacs morts.13t puis, le soleil a sombre sans qu'on s'ensoit aperu dans l'in-cendie teint du couchant. Une dizainede vies humaines auxprises avec le mauvais temps. Lecrpuscule s'est prodigu surtoutes les tendues,Maintenant, il n'y a plus rien ticbleu nulle part. Le triangleblanc disparat et reparat. Unsoupir. Un haut-le-cur. Unsoupir.1..e voilier charg de marchandises neuves,de vies htmi-bles. Un soupir. 'Depuis ce petit quartd'heure, plus d'un mil-lier d'hommes vivent au rythme dela mer.Ils sort encore des,pres, des mres, des fils ceux-l surqui la nuit va venir. heni-mes (le matelots,frres de, marins ou d'armateurs, gossesdechiennes lis de pres inconnus.Ils connaissent enfin par courle drame de la brise.Mais rien ne pourra ctltpcherqu'ils aientpeur de la nuit. Etcomme elle vient, la nuit. trois d'entre euxque la frayeurrend fous dcident de la braver,de courir dedanselle.Ils sont. les trois, noirs avecdes muscles d'un mtal tin-celant.lis se smit dshabills l devant toutes ceshonntes gens.Avec le concours d'autres ivresde dvouement, ils ont tran unpetit canot dans l'eau furieuse.Et puis, ils sont partis la renacontre des camarades.}Hors, comme le soir lesparait de grandeuroriginelle, a nous a pris, ce gest:;comme la fivre, latte, aa fait le tourdu corps. On a mme pu avoirdes larmes auxyeux,Le vent et Il nuit se sontenlasss, innombrables, au dessusdesarbres, au dessus destoits. Le lent, la Mer et laNuit se sontenlasss, innombrables,I.e rve humain, la parole humaine.je-ts dedans, s'y perdent,emports dans un sifflement prodigieux.Tous ces caeurs fervents de paysans,de petits commerants et dematelots sont tides commedes oiseaux domestiques tenus dansla main de leur matre,assurs d'cn sortir tout de mme, inquietsd'en finir avec cette mauvaiseplaisanterie,rit, en somme, ce

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364I F(iIZItl7 3n'est pas une tempte, c'est la brise. Elle n'est gure tn=:liante,gure mangeuse d'hommes, Agou veille,Et les saints, et lesanges protecteurs de ces bouts de planche.Si vrai qu'ils sont arrivs, les rudes types, en n'a pas entendu.Ils ont jet l'ancre dans la nuit, dans la tuer et dans le vent.Ilsont tirsec le petit remorqueur. Chez l'armateur, ils avalentdu clairin que vient leur servir mam'zelle Dayouse elle mme,Ils rptent: ,Mam'zelle Dayctuse, a a t dur, croyeznousn etveulent s'excuser de se laisser servir boire par elle. Mais mam'.telle Daycuse les trouve Si beaux de courage.115 apportent dunouveau. Ce sont des hommes neufs. Tout neufs que la naturevient de jeter dans la cration.Ils portent dans leur voix, dansle ton de leur parole, dans la cadence de leurs propos. une nos;talgie dlicieuse. Neufs comme ils le sont, avec ces papiers qu'ilsont dbarqus, ces balles de cotonnade, ces cartons-rclames, ilssont aussi trs anciens.Ils sont de tous les temps.Ils sont desmessagers qui apportent aux enfants l'invitation des Ports in-connus, la chanson du vaste univers, le mot d'ordre de l'Aven-turc. la Chance de la Jeunesse.Dit reste, la brise n'a t qu'un mol et ample ruban d'air [)leuet d'air blanc, puis d'air de plus en plus gris droul dans i'int-mensit du ciel, de la nier et de la nuit. Heurtant les toits, lesarbres et les montagnes. Le bout du ruban a mis trois heures ouquatre pour arriverGrand-Gosier, tandis qu' l'Anse--Pitres,le souvenir mme de ces froissements et de ces pouvantes s'estidepuis longtemps perdu dans des plaisirs physiologiquestel queparler, dormir, digrer.Au port de Grand-Gosier, trois voiliers s'tirent en balanantmtures et cordages,1,a neuvime vague roule les caillouxcou.leur de chair d'ortolan. Appel ou avertissement? ils partiront,ces hommes inquiets, avec dans leurs voix, quand ils parlentfort, la nostalgie de l'aventure paysanne, Ils partiront l'assautdu mur opaque. Leur gros courage d'enfants libres s'exercegrimer des sacs de 200 livres de caf, en attendant. Etle hal.tement de leurs poitrines, ce mme haltement des porte-faixtrahit maintes graves ranceeurs, peut-tre aussi, de sourdesap-prhensions ou de vagues protestations de leurs jeunescorps pri-vs d'treintes.

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0365On a hiss les voiles et tir l'ancreavec des mouvements et desbruits rguliers et drus. Un phbe saisitun lanlbi et, soufflantdedans, en tireun chant d'adieu plus pathtique que toutes lesprires du monde. 0n esten route. `boute la montagne a en.tendu. Toute la montagnea rpondu.,;, lis sont en route saur laprotection de Agou, des saints, desanges et ils ne savent dequelles divinits oublies ou na?tee. Lelanlbi a coul dans lesvalles en un lnugissenient infini,Les boucans s'attisent, Tousces mornes pleins de lottps-garouscouvent des inquitudes etdes misres soigneusement refoules, des dsolationsqui hurlentaussi, et des esclavages silencieusement accepts.Par le lanlbi,par la voix, par la chanson, par le tambour,les mmes messagesd'amour, de rsignation, se transmettrontperdment de la meraux montagneset d'une collinel'autre. Et le corps? soutenezle corps, afin que jamais ilne flchisse.Car, ils ont besoin de toutes leurs forces.Avec lesquelles ilsont pris les avirons et se sont installs derrirecomme s'ils atten-daient anxieusement, douloureusementquelque ordre. Quandle second a en,tianl lecariaau rythme 2.1 puis 2.1 etI -1 com-bin, ils se sont sentis dlivrs: Pas d'ordre,ils n'auront obirqu'au rythme. Le voilier a d'anscomme une couleuvre. Le se-cond a lanc une chanson sans paroles, pourle moment gonfledans son thorax, dans sa gorge, dans ses narines.Une chansonlourde laquelle les autres auraientpu rpondre sans l'avoir ja-mais entendue. La connaissaient-ilsauparavant? Cette chanson,on croirait qu'il l'imi rovise, elle sort dcs planches qu'il frappede cieux morceaux de bois et qui vibrentdans, leurs nerfs con-nects aux nerfs de l'quipage,]lie sort (les voiles, de lame'des avirons et de toutes les poitrines, elle s'vade detoutes lesprisons vaincues, elle monte en uneverve qui fait renifler dejoie les bteliers, Une verve monotone cependantqu'il ne s'agitpas de comprendre, ni d'expliquer,Quelque t' unie qu'il fautprendre pour, un llnisird'enfant,--cl'etifaa,ttou pas tiCnfant,-tun plaisir intense, La preuve est que sans se lasser et sansvouslasserils vous la chantent, la mme chanson Ilend,lntOplusd'ungltrt d'heure'avecune ou deux phraseset lin rythme toujoursrenouvel, enveloppant et riche,; Le voilier,-l'quipa e,la aller,et, au bout du. nit, les toiles, s'accordentaveC`titis vox lourdes,pleines, peine capables d'infl.exion sansun grondi!nlent, unc

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LI3(61 1's r,tt)r7craquement, de tout li corps-de tous ceshommes qui ont engag toute leur vie dans chaque chanson ]courtraduire un mo-ment, une impasse-ridicule]eleur i:d.istencv.Et cette chanson qu'ils improvisent estfort ancienne. Elle aber la nostalgie et l'angoisse d'une jeunessefiance dans la donleur avec la terre fconde et la mer immense.Cette chanson quiemplit si aisment la nuit, elle s'est modifieen mnie temps quela taille des arbustes, la forme des ciw's. le dogmedes houmforts,le rgime des vents et des courants, la fortune desmarins et despaysans. Elle n'a rien d'artificiel, elle n'aheurt aucun systme.Elle est libre.Tout naturellement ils s'abment sur, les rames:l'effort (leleurs muscles s'identifie avec l'envol de la chanson. Etaussi na-turellement ils cessent de rainer, dposent les avironssans separler.Tout d'un coup, ils sont en face du couloir de la Ravine.-au-Diable. L'motion est impossible dissimuler niais inavouable,Tout le bois tremble, du haut du nit jusqu' la queue dit gou-vernail. Et Le vent de terre attrape les voiles qu'il malmenc enun tripotage mouvant, Les petites lames tapotentfurieusementet inutilement le flanc du btiment. Une ou deux vagues s'em-barquent. Une ou deux vagues s'embarquent avec une grandeaisance en giflant de sel les visagcs'dans l'obscurit luisants de cesfanfarons, Qn 'en a eu pour trois minutes d'moi, Le couloirde la Ravine-au-Diable est franchi,L'horizon, d'ailleurs, s'ouvre, tandis qu'clatent en pleinciel lampadaires et boucans. On va pouvoir passer travers lesltoiles.P, :vlorisseai, I.EROYM

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c; rt r c' 'r' .s,Problmes l'Ordre du jour.Y a-t-il une Culure J-{atienneOn ne l'ignore point. (.'opration de la logiquela plus dli.cate est la dfinition, car bien dfinir consisteraitdire ce qu'erl'essence mme des choses. Or communment ilnous faut nouscontenter de saisir les simples rapports qui les lient quand, choseplus grave, nos dfinitions ne sontpas tout bonnement, nomi.nales ou descriptives,En abordant ce sujet; Y a-t-ilune culture hatienne' notreposition est encore plus dlicate; puisqu'il s'agit d'unproblmepsychologique et moral, remarquablepar la complexit mmede son objet. En l'abordant, ceque nous aurions voulu viter,c'est d'y faire une trop large place anotre quation personnelle,en ne demandant qu'aux faits examins les conclusions qu'ilscomportent.Au demeurant, qu'est-ce qu'une culture?[,'objet de la ,question ainsi pose, la situeimmdiatement. Iltic plut s'agir qui d'un problme psychologique et moral, 'l'outeffort de le delalai'cr dece domaine restera absolument vain.Selon nous doc une culture peut tre envisagecomme l'en.8cmble des traits distinctifsou spcifiques des phnomnes bu,nains d'uin groupe nationalou racial dvelopps Par l'histoireet la vie commune,Nous allons essayer par l'examen des faits (lejustifier cettedfinition.Il n'y a, croyons-(tous, ;personnepour affirmer que la psycho-logie et la morale ttvdient autre choseque des phnomnes hu-mains, au sens le plus rigoureux decette expression. On ne con-testera pas non plus tt ue 1 effort le Plus fructueux ralisparnotre poque est la pr?Cision mise 1 bien dlimiter l'objet parti-culier de chaque science, Sans cette prcieuse rgle,la confusionla plus inattendue rgnerait dans le champde nos ctannaissanccsscientifiques,Nous disons d'abord qu'une culture esttan ensemble de traitsdistinctifs de phnomnes humains.Il n'y aurait aucune possi-bilit d'analyser une culture donne, si ellene reposait sur cet

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168LES GRIOTSensemble de traits distinctifs, c'est--dire unensemble de carac-tres qui l'individualisent. I:cartons, si vousle voulez bien, cescaractres, nous rendons tout de suite impossiblecette sciencequi a compt de si minents reprsentants:la psychologie despeuples. Or justement la psychologie des peuples a pourrle demettre en relief, les notes dterauinatrices,temporelles, spatialesqui, individualisent la mentalit d'un peuple.,Les exagrations de la psychologie despeaples cartes, exag-ratici!;s en somme propres toutes les sciences morales etsociales,il est en effet difficile de confondre sous la mme notementaleun franais et un allematul.Cette observation est si juste que tous les grandshistoriens del'antiquit, dHrodote Dion Cassius, ont eu laprcaution denous laisserun tableautrs saisissantde la psychologie des peu-ples qu'ils nous dcrivent.11, n'y a peut tre, aprs des sicles dervision historique que peu de choses ajouter. auxportraits queTacite et Csar nous ont transmis du Germain etdu Gaulois.Nous sommes d'ailleurs en prsence du jeu-naturel d'une facultlogique de l'esprit humain que Bergson a analyse avec une rareittaltrise: la recherche del'unsousle multiple.lividetmneatt, s'agissant de l'homme, dans sa vie soit iltdivi-dnelle $;oit collective,il ne peut tre question, ainsi que nous1`.tvtms lit, que de phnomnes psychologiques et moraux,rele-vant un haut degr de la personnalit, dephnomnes propre-meent humains. L'erreur, mme lorsqu'il s'agitd; phnomnesde ce genre, serait d'isoler l'homme de son milieu, den'entrevoiren lui quel'animal mtaphysique. Au point o en est la science,l'itude de l'homme va ncessairement de la rflexiologie labio-logie, de la biologie la psycho-biologie. Qu'importe enl'hom-nie le fond atavique ou de constitutionnative, on ne sauraitcroire que les brumes du nord mettent autantde ptulance danssa physiologie que l'ardent soleiltropical. L'cole anthroposo-ciologique a bien raison par suite d'analogies qui s'imposentderecourir pour l'tude de l'hunnanit au slectionnismelamarchien.L'individu sans doute seul est vrai, niais de lavrit toute,objective de l'existence.Il est bien entendu que biologiquementil n'existepas deux tres humainssimilaires. La variabilit del'individu dans la race va l'infini. Tout de mme ct de lavrit objective de l'individu, il faut bien reconnatre, lavrit

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I,I.,Stjitit)'S369des relations du genre de la famille de l'espce, Del les traitsgnraux ou spcifiques qui font de L'animai humain untre part 'flans acration,le seul tre qui conscientnantraient lepass, vit le prsent etanticilaz sur l'avenir,-Incontestablement la gographie commande pour un;largepart l'volution humaine. Son rledans la constitution de larflexlologie est notable et celle-ci jointe au milieupsycho-socialdonne toute l'explication de la formation d'une culture,Impossible en effet de s'expiiqucr la vie de certainspeuples del'antsquit'sans l'intervention delaMdi.terrne d,tnsleurcomport5menthistorique.Les civilisations,phnicienne,genne,carthaginoisc,egy'pticnr;e mme, n'ont-elles pis t les fillesdecette mer int rieure?A toutprendre cette nier lumineuse sembleavoir communiqu ces civilisations une forced'expansion, undon. de conqute intellectuelle et morale qu'on ne retrouvepointdans les lourdes et massives constructionsde loi Perse et de laChalde.De ce qui prcde, il rsulte que le milieu est unfacteur intportant de l'volution nationale ou raciale,Nous ne rptkronspas naatnaoinsen commentaires de cetteaffirmation tout ce queles'lluretirs ontavanc sur le rle pal'exemple du continent afri-cainsurledveloppementdes populations quil'habitent.Voyons pluttce que l'histoire nous apprend surl'volution dequelques-unes des cultures intressantes dumonde. Pour cela,nous ne remonterons point auxobscurits de la prhistoire quoi-que la palontologiea aitsoulevavec un rel bonheur uncoin duvoile qui recouvre ces lointaines poques.Puisqu'il s'agit de la civilisation occidentale,il faut bien s','rrroter au miracle grec, car il y aurait. mauvaise graeesa parler desnoirs Kelfins qui les prcdrent dans cettevoie.C'est donc bien la Grce qui nousoffre-le specta.ale d'une cul,turc sur laquelle les renseignements ne nousmanquent pointL-e fait historique le mieux tabli est que toutela civilisationoccidentale est profondment pntre parla culture grecque oumieux par l'hellnisme.L.',art pris au sens le plus gnral duterme et la philosophieont t les traits spcifiquesde nette culture. Le grec a pos sinonrsolu tous les problmes philosophiques et moraux.Chosepourtant curieuse; ce peuplequi, de bonne heure a abord avec

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37O''i 11%V?,1 t,souventune solutionheureuse, les plus hautains problmes dela pense, a t incapable d'une srieuse organisationPolitique.Pendant longtemps pour ne pas dire presque toujours,l'histoirede la Grcen'a t quele rcit de luttes tribales que la mmoirede l'humanit n'aurait pas retenu, sans la puissante littraturequi les a immortalises.A peine sortit, des lgendes plagiques, l'histoire de laGrces'ouvre sur des spculations: des problmes que notre poquen'apasrenouvels,Ioniensde Milet et d'Agrigente, lates d'Ele,Italiques de Samos, volutionniste d'Iphse, physieit,ns d'Ab-d"re, etc se sont donn comme la mission, a cette poque loin-tate, d'puiser tout le contenu dela pense philosophique.N'est-il pas vrai qu'l>lrai;lite d'lphse, fit plus qu'entrevoir uo-tre thorie de l'volution: Que l.eucippe etDmocrite posrentl'ide de la cotistitutit"n atomique (le la matire.' Qu'Euclide deMegare cra notre g ooltttrie spatiale? Qu'Aristote enfin posapour des sicles, les rgles formelles de l'accordde la pense avecelle-mme.Mais cette force spculative s'allia chez le grec une impuis-sance politique des plus tonnantes, OtezRome et la Macdoinele geste grec out peuttre brill sans profit pour les .tiges futurs.Qu'on se rappelle qu'a un moment de l'histoire, la ,Mditer-cane ne fut qu'un lac grec, Les grecs essaimrent leurs colonieset sur les trois contincnts, des rivages de l'Asie-Mineure aux co-lonnes d'Hercule, Malheureusement, ils ne dpassrent point lesfranges ctires mditerranennes, de telle sorte que les popula-tions intrieures chapprent D'action civilisatrice (lu mandegrec, A tout prendre le gnie grec fut un gnie local etn'eut:point le sens de l'Humanit.Mais voici venir dans la houle des sicles, le peuple politiquepar excellence, le peuple ruinait+.Il reprsente tout juste un g-nie oppos atign'ie grec.C'est titi nouvel aspect du gnie hu-main,,. Bergsonet Le Rov ont nettement mis en relief le doubleaspect dit gnie humainl'aspect spculatif et l'aspect pratique.Au premier rpondl'homomipien ,ait secondl'bonmfaber, l'a-nimal raisonnable et l'animal fabricant d'outils.Si en y prend garde, on dcouvre dans l'histoire un rythmetout particulier, une curicuce alternance de ce double aspect dugnie de l'hum,anit, quand par une action plus heureuse la na.

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ile1C) l' 1S371turc n'allie pas la double tendancedans le sens d'un seul et m-nue pttiple. I)crstlne par ex lnl' e neewnteste l'Allemagne ledon de l'observation ou de l'organisationle plus mthodique.Par une qualit de race, sousla peau du savantallemand le plusattache a la vision des choses sensibles. se cache souvent unmta-physicien dont les affirmations dpassent les posbilits logi-ques de l'observation.1lackel, la vrit, est un rveur aussidcid que Nlalebranclie. Les historiens de la prhistoire oassi.gnnl comment au nolithique se sont groupes toutesles d:cou.vertes essentielles de l'adaptation laplante de 17)umanitc pri-mitive.Il semble qu'alors, l'holno faber, l'honimnefabricantd'outils prdominait. D'ailleurs tous nos outils ont leurmodleprimitif dans la nature l'exception de la roue qui est uneinvention essentiellement humaine. Ce qui se raliseainsi dans letemps se vrifie, comme on levoit, dans l'espace.Il est facile & grouper les individus comme lespeupls dansl'une des deux catgories. De huit dixans. Vaucausson ralisait ds merveilles de mcanique et lige decinq ans, les pro.fesseurs d'I dinbourg daignaient se dplacer pour poser aujeuneHanmilton des questions de mathmatiques assez d.licata, tantfut prcoce le gante spculatif chez ce philosophecosai=;.Pour reve6ir aux Romains, les notes dterminatrices de leurculture ont t l'laboration du droit positif etde la jurispru.douce, l'organisation politique et militaire, et l'origine uneconscience profondment religieuse. 1 encore intervient com-nie facteur important de la formationde la race, l'ilifitictice ditmilieu.I.es romains ne furent qu'un peuple de paysans ccln-mand par une aristocratie de ruraux. Properce nousapprendque le snat romain lui>nime n'tait l'origine qu'unetrssei7tifttede cent p:'ltrei dlibrant dans un pr.Cette vie agreste en uncontact permanent avec la nature dveloppe chez le paysan ro.main le don de l'ohctrvatio>i,' le got de l'ordre dont la natureoffre partout le spectacle qui sait bien voir, Ce paysan culti-vateur ralisa cc que le grec avec tout songnie spculatif ne sutpas raliser.Il domina le monde.Il faut arriver l'poque (lela mission tic C:arnade,, ambassadeur de la ligne aclienne pourvoir s'infiltrer Rome le got de la philosophie. Malgr tout, endfinitive, Rome n'a cultiv que la philosophie morale, c'est -dire l'ensemble des problmes de la conduite humaine,

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lromain ne fut pas un dominateurquelconque..'onrrne C.loissier1".atabli dans d'inttbliablees tudes le romaind veloplpaentre les peuples soumis et lui unrel esprit de collaboration.En luropc, comme enAsie,comme en Afrique du nord,Romedevint l'inimitable module. Elle cre selon le motsi juste (leMeillet laRornarmia.rjLa consquence historique de ce fait, fut que la culture l'encontre de la culture grecque, devint une cullture unitselle. Nos premiers humanistes furent Csar et Ciccran. 'I'rentya pu nous laisser cette admirable pensed'un si large I' ,bran:Je suishomme et rien d'humain ne doit m'tre ignor.A tegarder de prs le ternie humanus du latin ne correspond pars eaac,tetnent auphilaniroposdu grec, Ce dernier marque plutAt unsentiment lectif qu'un sentiment gnral.La Grce vaincue vainquit ses farouches vainqueurs. Certes,mais ces vaincus eurent .la gloire de transmettre ait inonde cequ'il y avait de particulirement humain dans la culture grecque.Les romains sont intellectuellement les vrais initiateurs des ni-tiens modernes. I nnius, Csar et C:icron firent passer dans lelatin tout le vocabulaire philosophique et moral du grec et parl engendrrent Horace et \rrgil.,Tvlr, A. Meillet, dans son savant ouvrager Une esquissed'unhiisroirede la languelatine nous fait suivre avec une rare matrisecette persistance de l'action de la latinit non seulement chez lesnations de langues romanes, mais aussi chez tous les peuples relevant de la civilisation occidentale. L'minent professeur i laSot'bonne et l'cole des hautes tudes, indique commeun fac.teur dcisif de l'volution et de l'interpntration intellectuellede ces peuples, le maintien durant des sicles du latin commelangue de civilisation.Il souligne un fait, pas souvent signalpar l'exgse historique, ce fait est la facilit relative de traduireles eeuvres matresses d'une des langues occidentales dans uneautre. Pour l'auteur cette facilitvient de ce que leurvocabu.l,tire psychologique et moral issu du latin, reste peu prs lemme danstoutesces langues.Tout de mme ce fond commun de civilsation at-il empchles cultures dominantes de l'Europe de s'undividuiliseri? N'y

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a t-il pas sur ce continent une nie franaise,u ne aineallemande,une mcrusse? Cette dernire questionnous permet de passer ila seconde partie de cette tude.Sous quelque face qu'on tudiel'tre humain, rienne permetde lui poser un commencement absolu.Tel qu'il est donn dansl'espace et dans le temps. Ilest un rsultat,l ;aboutissement d'unesuite de causes que les recherchesactuelles ont en grande partieprcis.Envisag sous cet angle, leproblme de la formation d'uneculture nous conduit l'analyse durle des lments biologiqueset du milieu psyclao-social surun groupe national ou racial.Nankins nous dit etnous rsumons quelque pcu sa pensequel'histoire, le milieu psychosocialne crent rien.lis ne font pasd'un imbcile un homme de gnie,tout comme l'ducation lamieux soigne ne saurait dvclcspperque les possibilits nativesdu sujet auquel on l'applique.Cette constatation vraie pour l'individul'est awsipour lespeuples avec 1.1 rserve que rien n'est plusvariable que latoustitetion gntique d'un peuple.Les familles se diluent. s'puisent, s'teignent dans le temps. La statistiquea nettement tablique pourune gnration donne la proportion desgniteurs estfaible compare la masse totale. Legrand nombre s'ell'ace dansle courant terrifiant de la vie,sans postrit.Il n'est doue pastonnant que les sicles modifientla mentalit des peuples quandils ne les effacent pas de lacarte du nusnde.Devant ce danger, seul,le milieu psycho-social s'ilest bienform, riche de sentimentset tl'idtes nobles peut suppler dansune certaine mesure aux dfaillances desrencontresbiologiquesdouteuses.Sur cette question Karl Pearson,nous donne (les chiffres quifont quelque peu frmir,en face du gaspillage de matire starchiquementhumaine que la nature oprepar gnration pourquelques milliers derussitesqui n'ont mme pas l'avantaged'as.surerla marche de l'humanit dansla dignitet. dans la paix,Pour ce savant sur 100,000 enfantsqui naissent 40"ineu-rent avant d'atteindre l'ge de la procration.10 20r' ne semarientgure ou ne se reproduisent gure.En d'autres termesune bonne moiti de ceux qui sont nr,ne fournissent aucune

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contribution la gtnration suivant. Nt tons que pour :cs 4i1i 50 quirestent,l'auteurne s cet pointsoucie detaire le dcompte des imbciles, des fous, des grabataires de toutes wNous avons dit, dans une autre tude que le peuple baitieu&teit aux 4/5 un produit de ntcti sage.Il ne nous semble pisque cette cc;relusion ait t bien comprise de tous.I.e .rouenient. le mtissage. l'hybridisatu:n ne se ralisent peint au soinde l'humanit qu'entre les races carattres somatiques tres diversifis. l.es nordiques, les Alpins. les mediterrancens d.1'Iurtjpe.tous des vanits de la race europo de en se croisant donnent naissauce des mtis.Certes, nous n'ignorons pas la doctrine anthropologique qui veut que d. toutes les races humains, la racenoire soit la plus stable. On invoque pour expliquer cette sta-bilit l'ide plus thorique que prouve qu'elle serait la premirerace issue du tronc hominien qui a donne naissancel'humanit ,Sur cette hypothse se greffe une tendancieuse explication (luretard simplement historique de la race.Sa prcocit d'volu-tion. remontant dit tin plus de 25,000 ans, aurait dcterminun arrt du cerveau.(;'est inquitant de suivre tous les menus dtails anatomiquesinvoqus pour lgitimer cette thse et dans ce travail de bndic-tin, le plus naturellement du monde. les antliripologucs amri-cains occupent une place de choix.*Celui qui au matin de la cration. s'cria nagure le snateur'I'ilman de Georgie avec un imperturbable lyrisme, mit les sablesmouvants comme barrire aux abmes profonds et leur dit: voicivotre liniite. mit aussi son sceau sur le ngre dans sa peau noire,ses cheveux crpus, ses lvres paisses. son nez camus, son uranei double paisseur, son anatomie dif rente de celle de l'hommeblancn Malheureusement. en dpit de ce beau lyrisme, l'iconographie scientifique, n'a point retenu le nom et les traits de l'ai-niable snateur et le sceau du destin qu'il entrevit sur le ngren'est peut tre dans notre langue qu'une simple question d'orthographe et d'application.Nous disons donc que le peuple hatien estaux 4 5 un produite de mtissage,Il suffit de se rappeler les faits saillants de la traitepour saisirla porte de cette conclusion. En effet, les africains transplantsSt.-Domiligue taient pris sur toute la cte occidentaledu con-

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J 1'c, rt / t5 'r ,s175tinent, de la Mauritanie aux limites (litterritoire de l.oanda.Il est difficile de croire que sur cette longue cuite. les migrationssculairez, imlange des autochtones avec les nouveaux venus,l'iiiflttence particulire dm milieux n'auraient point cr chezces peuplades des modifications profondes, des croisements ,i l'in-fini. L'Afrique est loin d'avoir t peuple par une seule et m-me race. Sur ce continent comme sur les autres, il s'est opr unbrassage millnaire de peuples et les recherches anthropologiquestendent i tablir que l'lioim e y a fait son apparition vue poque trs recule.La civilisation capsienne est l'un des plus antiques souvenirsdes premiers rages,bille est la source primitive des civilisationsegyptienne. Hbraque, abyssine puisque le copte n'est que l'ansien gyptien.Dans tous les cas, la transplantation opre par la traite n'-tait point une transplantation de masse familiale ou tribale.Abstraction faite des informations historiques. l'absence de toutdialecte africain dans le pays suffirait le prouver.A la suite de la sanglante affaire de Praloto. le terrible plan-teur du Cul-de-Sac, le marquis de Caradeux, abandonna St.Domingue pour la Virginie avec ses 1.500 esclaves. On sait quele crole se maintint asseliingtetttp; dans cc groupe de transplants jet au milieu d'une populat.' de langue anglaise.La traite gnralement enlevait 1,cains ait hasard dl larencontre, des transactions des chefs,lmarchs esclaves.Entre le peul silencieux, le congo ptulant, le lourd Quianiba,l'irascible ibo. l'arala aux yeux injects de sang, le ouolof noircomme du jai. le fon indomptable. le Haoussa commerant etcauteleux etc., des historiens nullement proccups d'anthropolo-gie, ont fix pour nous les traits distinctifs, De 150 1791.soit durant 288 annes, la traite transporta, cil proportion va-riable des reprsentants de toutes les tribus africaines parses surla longue cte occidentale du continent.Si les lois de l'htrose gntigtte sont vraies, ce brassage scu ,(aire sur la terre de St.-Domingue de tous ces lments quelquepeu diffrencis, devait forcment engendrer un type ethniquenouveau. C'est une loi de l'hrdit que le produit de premierjet de la symbiose de deux gniteurs diversifis exalte les qualitsou les dfauts de ses gniteurs si leur ligne biologique est bonne

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6Cil1C)TSou mauvaise. Quand, comme St.-Domingue, l'opration s'esteffectue sur le grand nombre, les chances de rencontres heureusesaugmentent en proportion.C'est notre conviction que c'est le mtissage ralit entre lesreprsentants de tant de tribus africaines qui explique l`appari-tion la fin du 18me sicle de la puissante gnration noire deSt.Domingue et la Iorntation dans ce milieu d'esclaves,, d'ungnie de premier plan.Depuis, l'affaissement de notre milieu lasyclto social, son inva,sien par toutes sortes d'influ, nies parasites ne ,ju,tfient que tropcette dchance morale dont nous avons sous les yeux le tristetableau.Pour nouveau que fut le troupe de St.-I)omingue, il ne pouvait tre ethniquement rattach qu' l'Afrique. l,e -ourant vitalen dpit de variations gntiques infinies ne se brise jamais dansla race. Sans doute, les familles s'puisent assez rapidement enligne directe mais elles se survivent par les lignes collatralespara que ces lignes offrent aux variations gntiques titi champplut, vaste.Il se trouvera toujours. au moment voulu un gni-teur accidentel pour revivifier le trne familial appauvri. Au-triment, comme les espces teintes dont la palontologie nousrcvile les fossiles, il y abeau jeu depuis que ihumanit auraitdisparu.('es considrations n'impliquent pas cependant l'ide que lesraces ne meurent point. De combien dc, races l'humanit pr.sente dans sa ronde macabre sur cette plante, n'a-t-elle pas tprcde dans le temps?La loi de l'v
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LES GRIOTS377suprieures, n'a point touch. On sait d'ailleurs que seules derigoureuses mesures d'Hygine permettent aux grandes villes dumonde de maintenir en quilibre leur budget vital.Il tic s'agit point l de vues de l'esprit, mais de faits fonds parles statistiques. Foutes les grandes nations civilises traversentdans leurs vieilles classes une crise marque. Les ethnologuespeuvent loisir, par un optimisme de commande parler de crisede dnatalit, de self. restriction, Au fond ils savent bien qu'ils'agit d'un fait biologique autrement grave qu'une crise appa-rente de dnatalit. Dans notre petit pays qui vit pourtant auralenti, qu'on compte les reprsentants directs des vieilles fa-milles contemporaines de l'indpendance.Vous nous direz peut tre que l`eugnisme pourra parer toutes ces dfaillances'.Il s'coulera bien des gnrations avant que ses promoteursdbarassent l'humanit des produits avaris des matresdu inonde.Quand d'ailleurs les tares les dgnressences s'offrent un hautdegr au sein d'un peuple, rien n'arrte sa dcrpitude, pas mmel'infusion d'un sang nouveau. Le croisement n'chappe tousles alas dysgniques que si les deux gniteurs sont biologique.nient sains,Eh maintenant quelle est l'action du psycho-social dans laformation d'une culture?1'tre humain en naissant, contrairement la virile ide dePton, n'apporte avec lui aucune prformation.Personne notre poque ne croit en l'innatisme. Tout le contenulogique et moral en l'homme est acquis.S'ensuit-il pour c,iaqu'il faille reconnatre la pense humaine un commencementabsolu?Ici, interviennent les droits de la race et de l'hrdit.Enl'homme la famille se renouvelle, mais la race persiste, parcequ'elle reprsente les lments sur lesquels sans croisement letemps a le moins de prise.Nous ne nous arrtons pas revoir, la suite des matres dela psycho-biologie toutes les coordinations organiques et cr-brales indispensables l'veil de la pense et son fonctionne-ment rgulier.Cette tude nous l'avons tente ailleurs non enfaisant appel des spculations hasardeuses, mais aux donnesexprimentales recueillies par un Lhrmit,tc, un G. Robin, etc,.

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Qu'on se rappelle nanmoins que c'est dans cescoordinationsque s'inscrivent en riractrcs ineffaables les traitsspcifiques dela race et les stratifications congnitales de l'hrdit ,Les psychologues de la seconde moiti duXIX sicle, dsi-gnaient sous un terme qui rendait bien leurpense, lemoi bioloiliquc, ce fond atavique, hrditaire de la naturehumaine.C'est bien en effet le moi des dterminations obscuresde larace, ce moi auquel il ne faut pas un grandnombre de coups degrattoir pour rveiller cher, l'hatien le plus infatu de _,acul-ttire occidentale, l'africain endormi.Si nous n'abattons plus le cocotier pour en avoirles fruits,nous gaspillons avec une conscience depahouin, le patriomoinefamilial pour, les plus maigres jouissances. D'autre part, cetin-dividualisme qui hors de l'ide de clan, s'oppose invinciblement la formation d'une conscience sociale, n'est-il pas unhritageafricain? Le courant d'animisme inconscient qui circule tra-vers toutes les classes de cette socit,n'est-il pas un souvenir dela lointaine Afrique? Nous ne parlerons pas de la plupartdenos superstitions collectives, car nous nousrservons de prouverqu'elles viennent en plus grand nombre de notre ancienne m-tropole que de l'Afrique.---I'Jnfin, n'est-ce pas la vanit purilepropre la race noire qui nous pousse n'tre qu'une amusantecaricature de franais,Le moi biologique que nous avons rapidement ,analys im-prime donc ,la culturea couleur, sa tonalit, sa note spcifiquedans le temps, son orgnallt propre. Voil pourquoi, le fratt-ais est le franais, l'allemand est l'allemand et le russe est lerusse.Voil pourquoi l'oeuv're de Goethe ne ressemble pas celle de Shakespeare, l'couvre d,c Renouvier n'a pu se maintenirdans la ligne originelle de la pense de Kant, Voil pourquoi en.fin l'hatien n'est qu'un hybride instable qui n'a une place dci-sive dans aucune classification,Nous ne commettrons pas l'erreur de sous-estimer le rle dumilieu psycho-social dans ,la formation de la culture,1,1reprsente le lent et pnible travail d'interprtation de lanature et d'adaptation de l'espce notre milieu plantaire,Qu'on ise figure ale chiffre astronomique d'tre chez, lesquels leY

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If: sE,klt) I.ti39courant vital a dit stationner pour aboutir ce rsultat. Quevaut l'expriencehumaine, quelest son sens. quelle est sa fin'C'est le secret du Destin.Dans tous les cas, les Mmes bien faites, celles qui se dgagentde ,la masse dgoutante des producteurs de fumier, ne peuventprouver qu'une terrifiante angoisse en face de cette douloureuseexpriencehumaine,Les ceuvres dumilieu psycho-socialconstituenten bonne par-tie,le domaine de la fabrication humaine, fabrication matrielleou morale. L intervient uneactionintelligente etlibre. del'homme.Il s'agit bien entendu de cette libert qui n'est quel'interprtation rflchie des commandementsde IL-nature, laspontanit comme le dit l.eibnitz d'une nature intelligente.Jusqu'ici, nous avonseu enprsence que deslments de laculture rgis par une action dtermine de la nature. A leur tour.les lments du milieu psychosocial sont lesdterminants de iaculture intellectuelle et morale.lis forment un domaine parti-culi'rement sensible aux faussesinterprtationspsychologiqueset morales, aux sophismes, aux erreurs de jugement.Le senti-ment y joue communment un rle beaucoup plus prdominantque la raison.Il suffit, pour s'en convaincre (le jeter un coupd'ail surl'tat actueldu monde.Des idologies qui ne riment rien, dont le moindre effort derflexion lL'nonce le nant, emportent les peuples dans de follesdpenses d'arnement en face de la miser, croissante de l'httmarcit. Le cot de cent torpilles destinies engloutir dans les abi-mes de l'Ocan des milliards de dollars, sans parler des vies bu-niaines, le capital du capital permettrait un petit peuple commele mitre de se lancer, bon gr tical gr. dans la voie du travail etde l'organisation. La valeur (les pertes matrielles de la batailledu Jut.land applique l'amlioration de l'Iiurope tuerait pourdes annes le chmage sur ce vietix wnttnent. Et 4l 're aptes toutcela que l'homme cst un animal raisonnable. Or, il ne s`agit pointde pauvres tribus primitivesarmesde flches et deprvludant l'ore de la foret, l'immuable homicide colle(til fu`stla guerre, mais de peuples qui proclament avec un invn%,ti+l, t,tgueil lotir supriorit raciale.

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1801F1C/t10TSDe tout ce qui prcde, il d'eoule qu'il n'existe pas de peuple,si primitif soit-il sans culture. Partout o des ltotnnaes ont vcu,ont senti, ont pens, ont .agi ensemble, il s'est eonsttuc une cul-ture. Les historiens de la prhistoire ont raison de dsigner sousce:=vocable, qu'importe les brumes qui les enveloppent, les lon-gues priodes palonrologigtics trunaaines de la plancte.Le problme et nous J'aborderons prochainement, est de sa-voir, surtout notre poque, si la culture intellectuelle et moraleadopte par un peuple rpond aux ncessits de sa vie atttrille, son comportement psychologique, aux antcdents biologiqueset raciaux de son volution.--Ses rserves faites, il y a bien uneculture hatienne.--Docteur J. C. DOkSAINVI1.Aler,bre de la Sorictc d'Ilistaire et deGographie d'lla'i:0

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Problmes.l'Ordre du jour.CROLE OU FRANAIS0-Songeons i notre propre Alsace, ou tlaUlandre oit une bourgeoisie de langue et deculture latine a longtemps fait croire que laruasse de la population, germanique en ralit,se modelait sur son lite,Ds que la dmo-cratie a donn la parole ait nombre, on a vuqu'il n'en tait rien.Andr TlirRIVI(Chantiers d'Europe, p, 46)Avec une facilit toute hatienne, dans sa causerie sur i.'ap-port de la Jeune Gnration au Romati Hatien (1) Max H.Dorsinvilleraille les beaux Messieurs qui prtendent que leroman hatien n'existerait que du jour oit il serait crit en crole.Je ne connais pas les auteurs de cette affirmation catgorique.Mais il nie souvient d'avoir, rpondant une enqute de LalRolcve sur le roman hatien, crit que la vraie littrature ha-tienne (nationale par la forme, humaine par le contenu) ne coin-mencerait peut-tre que le jour o il nous serait permis d'entre-prendre la dfense et illustration de la langue crole,Je pense donc que Dorsinville, s'il entendait, lui aussi, fairepreuve d'esprit scientifique, n'aura pas vouludformer ma peu.se, mais qu'il aura plutt imagin, pour la commodit d'c sonironie, des personnages tranchants,C'tait d'ailleurs son droit, Comme de reprocher ces auteurssupposs, en soulignant naturellement au passagePoutranwde leur proposition, de vo,.1oir reculer pour un temps ind termin l'closion du roman hatien.Mais c'est aussi que Dorsinvillest press et (lue son impatierce patriotique l'aura empch de considror le rle social del'crivain.I3t je ne pense pas que son argumentation y gagne en Srieux.malgr la rigueur syllogistique de cette conclusion: Je suis alorsfond i croire que la solution envisage n'est qu'une pirouetteplus ct moins lgante.( 1 )Voir t aRelve. No, d'r ,9iit-Sept.t}ctobre 1938,

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I. F5 <;R10TsA moins d"admettri,qu'Andr C:hamson plaisante quand ildclare que son aine provenale ou languedocienne... son gniede pote civenol ne peuvent s'exprimer convenablement enfranais.Et Renan aussi, quand il crit que si la science, lapense abstraite poursuivant la vrit, n'ont pas de provinces,pas mme de patrie,,. la posie, la chanson, la prire, le conten-tement, la tristesse sont, par contre, indissolublement lis lalangue de notre enfance>5. A moins d'admettre encore que c'estout fait par hasard que le Midi n'ai-pis donn jusqu'ici laFrance titi grand pote de langue franaise qui se puisse comparer Mistral,..Seulement voil, d'aprs Dorsinville, la question de langue,si elle revt une certaine importance, nous ne devons pas l'exa-grer, et surtout ne pas vouloir attendre d'un patois je ne sais9uelle vertu,lit aussi bien raisonne-t-il comme si une ouvre d'art ne pou-vait avoir d'autre, raison d'tre que de se suffire elle-mme, horsdu temps et de l'espace, dans un absolu de perfection et d'inu-tili.r, Pas un instant, en effet,il ne s'inquite de la misre de.l'crivain hatien qui, tant que les masses ne pourrons lui accor-der audience, ne sera entendu citez lui que d'une minorit res-treinte et d'ailleurs hostile toute production indigne.La thse de Dorsinville impliquerait donc le souci d'une littc'raatre de prestige,-, des fins publicitaita. bien k+,ttendu, sur lespossibilits intellectuelles du ngre ]sa'iaien,Mais je ne pensepau que ce soit l le fond rel de sa pense. A mon avis, il sesera laiss influencer par l'idal;ie dominante, malgr I obscu'rantisme qui la caractrise.t.ar comment ne verrait-il pas (lue le problme de notre lift.rature est avant tout un problme de langue: ou bien on arriverat obtenir que le peuple hatien parle le franaisi mais jusqu'icil'exprience ne permet gure de l'esprer et d'ailleurs, ailtm d'ansle cas o se produirait ce miracle linguistique, le franais se transesformerait ncessairement pour se plier aux exigences denotregnie.., moins qu'il ne devienne nos niasses,comme notrer

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t,Hls'SGRIOTSbourgeoisie, un ustensile de parade), ou bienon doit instruirele peuple en crole et nos crivains criront alors en crole (2).Cette dernire solution, n'en dplaise :t Dorsinville, nie paratla seule possible.Or, nous ne serions pas les premiers procder ainsi. Dans lesPlandi'res belges, on alaiss le franais pour le flamand. LaSuisse allemande emploie aujourd'huile dialectelocal.EnU.R.S.S. de nombreuses langues qui, jusqu' la Rvolutiond'Octobre n'avaient pas encore d'alphabet, ont t levesau rangde langues littraires.Lt il n'est pas jusqu'aux africains qui neprennent contact dans leur langue avec la culture universelle.Vraiment, je ne vois pas de raison valable ;a l'interdit dont onfrappe le crole, sinon qu'on le considre comme une lorme aba-tardie ou patoisante du franais. Et ceci encore me parait erron.Pour moi, en dpit de son vocabulaire emprunt certainsdialectes franais, le crole demeure par ses formes grammaticales(systme de conjugaison et de d:clinaisonl, son caractre aggiu-tinatif, une langue africaine,Dans La Vie des Mots, Mr. Arsne Darmesteter ne nousdit-il pas qu'un peuple peut changer son lexique et sa syntaxe,sans pour cela, s'il conserve ses formes grammaticales, changer salangue? Ne trouveraitFon pas ici une explication pertinente dela difficult d'inculquer le franais au peuple hatien?Et nesommes-nous pas fonds :t croire que ce n'est pas par hasard quela production romanesque hatienne estillisible l'tra g.r?Dorsinville aura beau m'objecter le cas du polonais J. Con,rad (Konrad Korzeniowski) qui difia des truvres magistralesen anglais. il ne pourra me convaincre de l'excellence de son pointde vue, puisque Conrad tait devenu un crivain anglais crivantpour des lecteurs anglais.Quant au cas de d'A,nnunzio, quiproduisit d'aventure, en manire de gageure, un ouvrage en franais, je ne pense pas qu'il constitue une objection retenir,Les crivains hatiens seront les ingnieurs des 3illes hatiennesou bien ils ne seront que des heimatlos littraires, et dans ce der.nier cas, la littrature hatienne attendra encore longtemps lejour bni de son panouissement.P1111.Il'it1II 101WY MARC.1 I IN(2) Je n'entends pas cependant gne nescrivains ievraiettt renoncer totalenient l'expression I ranaise.

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1,r:Sc ltlcO7`3Problmes l'Ordre du jour.Le Protestantismeest Hati (1)1Comme l'espace m'est mesur, jene puis donner ici, mme unabrg de l'histoire du protestantismeen Hati. Je me conten-terai de quelques trains et de brves notices biographiquessuffi-sant faire saisir l'action du protestantisme sur le peupleha-tien.L'histoire des origines est toujours instructive.La natures'est plu cacher les lmentset les principes.Elle fait grandirl'embryon au sein de la mre,elle enfouitdans les profondeurs,des tissus le mystre du principe vital.Taille descend dans l'infi-niment petit de l'atomepour obscurcir le secret de la matire,elle brouillela vue dans les tnbres du passpour nous ravirl'explication denos origines.Aussi,partout o le voileest momentanmentet par inad-vertancesoulev,nous plongeons des regardsavides.Et c'est cequi rend si passionnante l'tudede l'histoire enHati, car l'his-toire, enHati,est toujours une histoire des origines.Et sonintrt dpasse l'intrt local,parce que ds l'on a saisi le modedecroissance d'un organisme particulierquelconque, ona saisi dumme coup des lois qui ontune valeur universelle.Dans l'histoire des originespresque contemporainesd'unelglise nous saisissons; des principesd'explication bonspourl'histoire de toutes ales Eglises.Tel estl'intrt, l'utilit denotre tude.Le christianisme protestantrpond certainsbesoins de l'mehumaine; le besoin de libert,le besoind'examen,Il rpond un sentiment dmocratique profondqui a ses sources danslesprofondeur'de l'Ancien Testamentcomme dans l'enseignementdu NouveauTestament;Ne vous faitespas appeler matre,carun seul est votre matre et vous testoitsfrres.(Math, 23-8).(1) Cette ai3nf,tr.nce a ct prononceau synode de 1'pglisewesleycnne du5 Janvier 1939. Nous avons niodifici un ou deux alinas.

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1, Jt /t / t 3 '1389Il y a des :unes quiont d'autres besoins, Elles ch.rthent lessatisfaire ailleurs,Le protestant demande simplementqu'on respecte ss besoins lui et ses disciplines,D'autre part, le protester;r hatiensent le besoin de contri-buer, avec des mthodes qu'iljuge plus efficaces, la bataillecontre le paganisme haitien, que l'autreglise, 1'l3glise catho-liquc livre sans un succs bienmarqu, depuis plus de trois sicles.Sur la terre de Saint Dominguc l'liglisccatholique n'est pasreste inactive. Les Jsuites, comme les FrresPrcheurs, ont pu-bli'E-vangile, cathchiset chang Vide du divin chez des mil-liers d'tres plongs dans l'abjection de l'esclavage.Ils ont fait clore de belles mes, fleurantbon, comme Jasminou Eustache, Toussaint Louverture au faite desa puissance sesouvint de ses anciens matres et fit soignerleurs intrts mat-riels. Mais ce bel effort laissa quand mme laplus grande partiedes populations rurales dans les tnbres dupaganisme. L'escla-vage n'est pas favorable non plus la prdication chrtienne,Tirs d'Afrique, jets dans les fers, puis dbarqussur la terresanglante de Saint-Domingue. les Noirs gardaientleurs religions-des religions vieilles comme le monde-plus anciennesque leChristianisme, plus vieilles que Romeet que la Grce-i.eurPanthon aussi riche que celui des Grecset des Romains, avecdes grands dieux et des dieux subalternes que les ngrescrolesap-pelleront Esprits, lois, saints, mystres, qui prsident la nais.sance, da vie et il la mort, la sant et la maladie, la pluieet la scheresse, la disette et l'abondance. Qui imposent desdisciplines morales, qui se rvlent 1 leurs fidles dans lessongeset dans les transes. Et, ml au culte des dieux, le culte des an-ctres, car la mort, terrible et mystrieuse, semble confrer despouvoirs surhumains ceux qui ont pass par elle et qui devitkn-tient des sous-dieux.Dieux et anctres, on les prie, on les apaise, on les supplie,etcomme la thologie paenne enseigne qu'ils ont des passions hu-maines, on leur fait des offrandes, on remplit vis--vis d'euxtics devoirs priodiques pour se les rendre propices. Et tout celas'accompagne de rites compliqus, de pratiques touchantes ouodieuses que nous commenons peine tudier de sang froid,

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31, F ,Sr, le Ici 1 ,Slit tout cola est quelque fois nl de magie,-la magie, lere-vers delareligion.---f t qui dit magie, dit choses cruelles, sangui.haires. Tout cela est li aussi des mythes, des symboles, iunefoi quis'exprime par des chants et des prires,L'tude du paganismehatien neprsente pas un simple intrct historigtae, celui de la connaissance de trs vieillesreligionsafricaines, le ngre crole hatien n'estpas uniquement l'hritierdesngresd'Afrique: il a labor les croyances des anctres, ilaimagin de nouveaux (lieux, dcouvertentre eux, des relationsnouvelles, modifi le culte, compos des hymnesnouveaux.Il a os davantage. Selonune rglede l'histoire des relipions, il a fusionns ses dieux et son culte paenavecle Dieu, lessaints et les anges du culte chrtien dansune opration de syn-chrtisnte dont lesuns pensentqu'il faut rire etles autrespleurer,parce que cela tendfausserle sens du christianismedans nospopulations, en faire une chose quine leur est plus tout faitnouvelle.Pourquoi prchez-vous ainsicontre noslois etnos mystres?disait un jour un paysan un vangliste.Dieu n'est-il pas leCrateur de toutes choses? C:'estLui qui acr les lois et les mystitres.--l:t nous nefaisons rien de malen les vnrant,La thologie vaudouesque a associ chaqueloi un saint ca-tholique: la Vierge Marie mmea du suivre la loi commune,De sorte qu'on ne sait pas toujours trs biensi l'inspirationd'unecrmonie est chrtienne ou paenne. Elleest souvent les deux,con-Lille cela arrive dans les crmonies de Villebonheurou dansles messes chantes parle cur catholiquemais ordonnesaux fi.dles par lehoungan,l3tudier cette transformation dupaganisme africainen paga-trismehatien, c'est surprendre quelquechose de la crationdesmythes, de la gense de l+ide du divin,c'est aider clairerlapsychologiehumaine.C'est surtout se mettreen tat de ;vieuxfaire la diagnose des maladies de l'ne,des afkctions deces tour-menes aussi nombreux en Hati denotre temps que les possdasde l'antique Palestine.C'est semettre mme rle mieux prcherJsts-Christ, car l'aphorisme clbrepeut aussis'appliquer audomaine delareligion. savoir pourprvoir, pour agir,C'estcequ'ont compris depuispeu de temps quelques hatienscourageux et quelques trangers syttlpathiquesqui se sontatta-r

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!. l tr, t) 1 n jgis,ths l'tude tic ce paganisme hatien si ridiculis, si anathmautis, et cependant pas plus mprisable que le paganisme du Mikado et des puissants Samouras...Pendant tout le XIXe siccle les lgses protestantes ont t engestation des hommes et en prparation des moyens qui devaientservir l'vanglisation d'Hati, Depuis quarante ans elles mnent, .avec des chances varies, une grande offensive antre le pa-ganisme hatien, dtint le succs parat, somme toute, assur,Il n'est pas mime os de poser ds maintenant la question:Protestante ou catholique, que sera Hati? Car qui gagnerales masses rurales, restera en dfinitive. matre du terrain etl'emportera Bans les villes rnmes.11C'est .au quaker franais litienne de Cirellet,fils d'uti gentilhomme de la maison du roi louis XVl, migr, pass aux 1tatsUnis d'Amrique, puis converti au protestantisme. que nousdevons l'introduction en Hati du Christianisme vanglique.1.a ville des Cayes fut le lieu de ses premires prdications.11 vint en 1llati par attachement pour nous, accompagn d'undbut de la Magistrature du Massachusets, John Ilancock.Ilpassa quelques mois au milieu de nous et out l'honneur depr4-cherdans ce qui est aujourd'hui l'ancienne cathdrale de Portau-Prince.Le t)rsidentPtion lui fitbonaccueil,le reut dner danssa maison de Volant le Tort et luidemanda de lui faire trouverdes missionnaires protestants pour le jeune lrtat qu'il dirigeait.Grellet promit de le mettre cil rapport avec la Socit ,Mthodist.Missionnaire de Londres.Entre temps un capitaine de 1.1 marine marchande anglaise.nomml'\.eyriolds,recommanda chaudement cette Socit au prrident Ption et sechargea d'unelettre (lit Secrtaire dEtat liaibort .. c'tait alorsleministre (lesRelationsExtrieuresinvitant cette Socit tablir une mission enHati.Cette Mission compose de deux pasteurs, Jolinlirurvn etJames CatisdbarquaPort au Prince le 25 Novembre 1817et s'tablit dans une maison de la rite'l',ravcrsire.Le royaume d'1lati recevait la mme poque des instituteursprotestants anglais.

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388l.e roi Chhristophe, trssoucieuxd'tablir un systmed'ensei-gnement primaireeffectif sans tre trop coteux,avait demandconseil au grandabolitioniste \Vilbcrforcequi l'avait mis enrapportavec une Socitanglaised'enseignement primaire priv.la BritishandForeign School Association,dont le sige tait Londres 13oroughRond. (1)Le Conseil decette Socitenvoyaplusieurs instituteurs Christophe. Le roi fit btir danstoutes les grandes villesde sonroyaume des btimentsd'coles ety logea des colesdites Lin.castriennes,du nom de JolrnLancaster, le fondateur de la So-cit.Des milliers d'lvesy furentreus, Ce futle premier essaid'enseignementprimairepublic en Hati. Noussavons aussi queChristophecra un enseignement secondaire quifut remis entreles mains d'un ecclsiastique.anglican et uneEcoled'Jnseigne-mentsuprieur. une cole de Mdecine quifut dirig par le 1)r.Stewart,mdecind'origine anglaise.La Socitlancastriennene voulut pisprendre parti dans lahutte fratricide qui divisait Christophe etPtion. De son propremouvementelle envoyaun instituteur Port-au-Prince. Tho-mas lostwoorthouvritune colelancastrienne de garons dansla capitale de l'Ouest, et seprparait ouvrirune colede fillesquand il fut emport par la fivre.Le prsident Ption qui avait dclarl'cole del3ostwoorthcole nationale, en confia Il direction au pasteurCatts. Doncl'Eglise Mthodiste ds Ces dbuts se trouvacharge d'une rouvrescolaire.lincourage, semble t.il par Wilberforce et Clarkson, laSo-cit Missionnaire Mthodiste fit commela Socit lancastrienne.Mlle envoya dans le royaume de Christophe une missionde deuxpasteurs; Blliott Joncs et\\'illiam \Voodis Elarvey ---celui quidevaittre plustard un historien du gouvernement de Chris,tophe qui dbarqurent au Capdans lecommencement del'anne 1819. Le duc de limonade adressa aunom du Roi unelettre de remerciements au ComitMissionnaire Wesleyen.L'Angleterre montraitalorsun vif intrt pour la jeune na-tion hatienne.1( 1)('et1C Socictc vit o1wu.

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rastDes raisons de santne permirent aux missionnaires du Capde donner leur plein rendement, tandisque la chance favorisa lesdeux pasteurs de PottnattxPrince dont la missionfut couronnede succs dans les campagnes comme dansles villes, et qui fon-drent en 1817 une petite I:glise hatiennetrs vivante.L'arrive au pouvoirdu prsident I3oyer fut dfavorableauxmissions protestantes. Le prsidentse mfiait des Anglais.Ilput prtexte de certains troubles sur lesquelsnous n'avons pis iinsister ici pour inviter les pasteurs de Port-au Prince quitterle pays. Idarvey qui tait rest seul finitpar s'en aller aussi,La petite Iglise de Port,u Prince ne prit pas.Entre lesmains de deux jeunes prdicateurs, Martial Ev.iriste(1)et Char-les Pressoir elle brava la perscution, les mauvais traitements,lesemprisonnements, les menaces de mort qui lui furentprodiguspar les autorits et la populace.Un autre leader parut ait milieu d'elle,un jeune beau-frrede l'ancien secrtaire d'Etat Inlbert, Saint Denis Bauduy.Ayantappris que tes prdications de Bauduy avaient beaucoup de succs,le Comit missionnaire de I,oncfres l'invita venirse prpareru pastoral, Bauduy passa quatre ans en Angleterre et dans lesles de la Manche et tudiasous la direction d'tin ami personnel(je \\Wesley.A son retour en 1828, Charles Pressoir lui remit la directionde l'Lglise aprs l'avoir conserve pendant dixans de dures per-scutions, l3auduy tait un hluinue (fuite vie spirituelle profonde, ditun auteur anglais, d'un esprit doux et de dispositions conci-liant-es. Ce fut sous son administrationque la Socit dnomme e
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lot)11 1(,P1f)1,NVoici le tmoignage que le quaker anglais John C,and1er arenduI'Eglise wesleyenne de Port-au-Prince qu'il visita lorsde son passage en Hati en 1829: Nous avons vu plusieurs (leces premiersconvertis et nous avons convers avec eux, et nouspouvons tmoigner de leur simplicit, de leur pit et de leurzle.Ils forment le noyau d'une petite Eglise franaise qui, bienque trs petite, actuellement quant au nombre des membres, seraibic s'accrotre avec les nouveaux arrangements de ia Mission.Bauduy devait plus tard faire place ;a un missionnaire anglaiset partir pour Jrmie o il fonda l'Iiglise Mthodiste de cetteville.Si John C;andlerparle d'une I-glise franaise, c'tait sans doutepour la distinguer des l33glises de Noirs amricains qui s'tablisraientalors. Les immigrants Afro-amricains avaient obtenule droit de professer librement leur culte.1.1 Anierican I3aptistPree Mission Society avait obtenu les mmes assurances. Boyerdemandait cependantaux uns et aux autresde s'abstenir de fairedes proslytes parmiles Hatiens,Dans toutes les villes oit les Afro-amricains s'tablirent ilseurent un lieu de culte. A Port-au-Prince ils btirent un dificet'glise Saint-Pierre, la o se trouve aujourd'hui la Socit Bi.blique et des Livres religieux d'Ha ti qui a hrit desbiens fon.ciers de cette anciennecommunaut religieuse.Une troisime mission wesleycnne fut encore envoye enlIati, non pas pour vangliser les Hatiens, faire des proslytesselon le mot d1t prsident Boyer, mais sous le mme statut queles Eglises afro amricaines, pour s'occuper des immigres de lan-gue anglaise. la plupart venus des ils Turques. qui Habitaient.la cte nord de l'le. Un pasteur leur fut donn en 1834, JohnTindail.il t'"aut bien marquer (lue l tvuvre wesleyetine garda ce caraetirede mission pour les immigrs de langue anglaise danstoute lapartie orientale de l'le, ilui devait plus tard prendieson rodpendante sous le noie de Rpublique i)otmnicaine. 1.:, ligliseswesleacnnes de Puerto Plata. de Samana, de Sanehex,ne frirontjamais des I glises pour Dominicains, n'eurentpas tic culte en1spagnol. en gnral, et cela jttulu' nos jours,Comme Saint Denis Bauduy n'avait que le titre d'assistantmissionnaire et que 'I'indall tait pasteur. l'Iiglisc hatienne de

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1.t:sCiaga..Port, au-Prince fut placesous la supervision de ce dernier. Uecette poque date dans le fr-thodisnae hatienun dualisme, courcc de laeurts,de frictions pniblespour le sentiment hatien, quia montr Ses traces jusque nagure,car les nouveaux pasteursanglais crrent dans l'Iiglisede Port-au-Prince une section delangue anglaisepour les immigrs de langue anglaise,La vraie signification de latroisime mission wesleyenneestvisibledans cefait que Tindall ne sigeaitpas 1 PortauPrincemais i Puerto Pl;rta, et queson successeur, Bird, commena parscfixer au Cap-Hatien.C"est l'action personnelle de Birdquiallait changer compltement lecaractre originel de la troisimemission.Celui qui devait recueillir les talusgrands succs dans la mis-sionwesleycnne d'Hati,le pasteur londonien Mark l3akerBird, arriva ait Cap-I atienen 1840. Deux ans plui tard legrand tremblement de terre du 7 Mai 1842qui tua 7.000 per-sonnes dans la seule ville du Cap-IIaeien,le fora se rendre iPort-au-Prince.Comme iltait le superintendant du districtd'Hati et qued'ailleurs il devenait lepasteur de l'l:ghse de .Port'au-Prince,celle-ci prit le rang auquel lui donnaientdroit ses services etsestravaux dans l'vanglisation d'llasi; le premierrang.l.es quarante ans de l'administrationde Bird furent l';.ige d'orde la Mission Wesleyenneen Hati.1,,1entreprit et russit plusou moins bien une teuvre scolaire, rve djpar ,lepasteurBrown qui crivait en 1818 dansfine lettre au Comit Mis.sionnaire wcsleyen: Le succs de la Missionsvcsleyenne en I Iatirepose sur l'efficacit de l'cole, Une bonneinstitution protes.tante d'enseignement imposera l'vangiletla classe dirigeanteplus que tout autre chose. Ille crera au Mthodismedes amitissolides parmi les intellectuels et pourra servir aider la Socitquant .l ses besoins financiers,*1l faut dire que Bird cda d'abord :aux sollicitationsdu Con-seil Municipal de Port-au
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t;tt1oTS392il ouvrit un tablissementd'enseignem.ent secondaire,grce uneffort moral et matrielformidable, effort que lepubliciste ha-tien Duracin Pouilh a jugainsi dans son annuairede 1863:L'cole wesleyennc a produit unbienfait immense de safon-dation jusqu'en 1858, en propageantl'instruction alors qu'elletait nglige sous Soulouque,Et nous devons ajouter quede toutes les villes de la Rpu-blique des jeunes gens, qui devaientplus tard marquer leur pas-sage aux affaires, vinrents'instruire dans les coles wesleyenncsde Port-au-Prince,L'o;uvre scolaire de Bird a peut.trcabsorb trop de ses forceslui a fait ngliger un peu l'vanglisationdes campagnes, cepen-dant avec ses conseils et sous sadirection plusieurs pasteurs en-voys par le Comit Missionnaire wesleyencrrent des stationsnouvelles et accrurent considrablementl'influence de la MissionWesleyenne. Nous nommons MM, Cardy,Towler, Hartwell,Baker, Erivel, lldin, Bishop, et avec euxdeux hatiens MM.Othello Bayard et Clairville 1-leureaux.Quel malheur que l'insuffisance des moyensmatriels dontBird disposait, des erreurs d'apprciation des programmes etdesmthodes scolaires et l'indiffrente duComit de Londres, aientamen son entreprise un chec final,Le Mthodisme perdit alors une chance qu'il ne retrouverapeut-tre plus malgr les efforts gnreux du pasteur actuel.,D'autre part la signature du Concordat entrele Vatican et legouvernement hatien tablit dans les villes partir de1860 unclimat religieux beaucoup moins favorable auprotestantisme.Auparavant il n'y eut jamais de montent plus propice auxmeil-leurs intrts de la Nation crit Bird avecmlancolie.La premire Mission baptiste en Hati fut envoye en1823par la Socit Missionnairebaptiste du Massachusetts. Le pas-teur Thomas Paul de Boston,vint Port-au-Prince et fut pr.sent au prsident Boyer. Le prsident conseilla au missionnairela prudence parce que, disait-il le peuplen'avait l'habitude quedes rites catholiques. Unepropagande religieuse trop agressivepourrait occasionner dhs dsordres, Cependantil esprait qu'unjour viendrait o Hati jouiraitde toute la libert religieusequ'on avait aux Etats-Unis.M4

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1,t-'SGRIOTS393Le missionnaire nese fixa pas Port-au-Prince, maisau Cap.latien. Il passa sixmois dans cette ville etretourna aux tats-Unis.Alors une Eglise baptiste indignese forma au Dondon surl'initiative d'tin immigrantde couleur amricain, ArthurD.Wuaring. Aprs avoirprpar le terrain Wuarin` -1i} .^i Sl i't auxl:tats-Unis pourse faire consacrer pasteur, retournart, ; tndonet y fonda une I gliseen Mai 1852.Compte l'I glise mthodistede Port-au-Prince l'liglisebap-tiste (lit Dondon souffrit cruellementde la perscutionque le gou-vernenient de ,Soulouque venait derenouveler contre lesprotes,Itant-s: eniprisonnemeilts, bastonnades,mauvais traitements. Celane l'eutp clic pas de se dvelopperet de prendre une part activel'vanglisation dit Nord.Un grand mouvement ab'litionniistes'tait dessin dans leMassacliusetts en i 845 ,ila suite d'une lettre criteaux baptistesAmricains par les BaptistesAnglais et avait amenune scissionellrre les Baptistes anti-esclavagisteset les Baptistes esclavagistes.Les premiers ftutdrentune socit. la Anieric,an B,aptistFi-ceMission Society quise hta d'envoyer des missionnairesen 1-iar-ti, le pasteur W. Joncs etsa femme (1846). ,Melle Polly Young,Melle. Lli abeth Iloward, puis le pasteurVer, L. nid, sa femmeet sa belle sn ur, ,Molle. lilecta C. l.ake( 1847).Les ,lones se fixrent ensuite Port-de
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3O1l,hst, 1211)'X'.5Une troisime ,Mission h,aptiste tilt londe Jacniel enD-cembre l 845 par lesR,aptistes ,anglais sur les instances pressantesde William Knibb, p,aatii1h Iaiinotuli(Jamaque), un desgrands abolitionistes aiiyiats qui, aid du grand hommed'.tf-faires quaker Joseph Stitrge> obtint 1'abolition de l'esclavageaprs que les Wilberforce, les ('larkson et leurs amis avaient ob-venu l'abolition de la traite.A cette mission de ,J icniel se ratticlhnt les noms des pasteursRosve, dlgu par la Mission Baptiste de la Jamaque, FrancisWebley Flox, Gonier, laapelihofen, 'l'on t.vans envoys par laSocit Baptiste Missionnaire de Londres, de MM. Voltaire etlUatniont Doniond, et enfin du pasteur Nosirel I,hrisson et deses collaborateurs notamment son successeur le pasteur NerviGousse.L'ouvre du pasteur hrisson a t de son vivant le grand succs missionnaire du protesta iltistile hatien, et ralise par unhatien. Un temple et un presbytre JacineL une douzaine dechapelles rurales construites en maonnerie, seize stations de pre.hier ordre, une centaine de stations de second ordte frquenteschacune par un minimum de soixante personnes, des coles dudimanche recevant 505 lves, des coles de la semaine ftgtieiiteespar 436 lves, onze cent quarante neuf membres communiants,six mille croyants dans les arrondissements de Jaciiel, de Saltrouet d. Ieogane, des missionsla Gonve et dans la RpubliqueDominicaine, et une cole normale et industrielle aux portes deJacnael, l'I3cole de Silo.Tels sont les magnifiques rsultats obtenus par ce grand liai-tien en quarante annes d'un ministre laborieux.Des lglisesbaptistesfurent fondes aussii Saint-,Maret 18501, au Trou ( 1880), a Grande Rivire duNord`et souetenues par les Baptistes jamacains. A ces missions se rattachentles i'onis des pasteurs Nie), Boulion, Angus, Kitcliin et d'uneamricaine Melle. Jnlini Straight qui se fixa Sainte Suzanne(1880).1.'l glise baptiste de Saint-Mare sous l'nergique impulsiondes pasteurs Delattre, 1-1.'i>anltre, B. Barris a fait la conqute del'le de la Gonave et de nombreux centres de la valle de l'Arti-bonite et du plateau qui domine Montrouis,d

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s Cite/07 s06Les glises baptistes essaimrent sur le Plateau Centralavecles glises du pasteur Mnard, Saint-Michel,L'glise du Trou partir de 1804 fut dirigepar un jeunepasteur franais qui tudia aux Iitats-Unis et qui rpondant tut appel de Melle. Straiglit, vint se fixer en Ilatipour ne plusjamais quitter sa patrie d'adoption.Cette Pglisc ne tarda pas devenir une Iglise missionnaire comme celle de Jacntclet lepasteur Marc forma tics collaborateurs qui ouvrirent des Iglisesdans d'autres communes du Nord.Une troisime EgILse protestante fut fondeen Hati en 1861par le pasteur J. Thodore Ilolly.Il avait migr en Flati avecune petite colonie d'hommes de couleur dit Massachusetts.Ilse mit sous l'obdience de l'liglise protestante lipiscopale et futconsacr vque de l'l:iglise piscopale d'Hati dans l'Eglise GraceChurch de New Yorlt, cil Novembre 1874,1..'l:glise piscopale d'Hati s'adonna l'vanglisation descampagnes d'Hati et obtint un grand succs tout particulire-ment dans l'arrondissement de 1-ogne, grce l'nergiquedonne principalement par les pasteurs Alexandre Bap-tiste et Paraison,Elle travailla contiti ucilementse donner un clergitzdigneet y a russi dans une grande mesure.Une branche de l'ancienne Lglise SaintPierre survit.rattache l'Eglise Mthodiste Episcopale Africaine, sous le nomd'Eglisc Saint Pattl.Ses dmarches toujours hsitantes parais-sent s'afersmtir aujourd'hui sous la direction du pisteur VanPutten, dans le sens d'une vanglisation des campagnes,lit enfin depuis le dbut du XXnie, sicle deux Iiglises protestantes nouvelles se sont et,tblics en l ati' l'lwglise des Adventistes du Septime Jour et les l glises de Dieu enChrist.L'observance titi Sabbat plutt qu, dudimanche.une inter-prtation par trop littrale de 1`I ritureSainte,causent quelquesfrictions entre les Adventistes et le reste tirs protestants. Maisleur oeuvre morale et matrielle est admirable,11%tint renouvella technique de plusieurs mtiers. enseign partout l'byntl'assistance mutuelle. proclt)n lane`essit:de s'iustrurc.

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1%,1, l' :sr, R I f ,1 sIl y a quelques rserves faire sur l'abus de l'motion pro-voque et de la contagion des motions dans les mthodesdeslglies de Dieu.En rsum depuis plus d'un sicle l'l:glsc Mthodiste s'estadresse surtout la bourgeoisie et aux classes dirigeantes, a tendune couvre scolaire dans l'enseignement primaire etdans l'en uigttctnent secondaire esprant par l'influence acquise ag,r sur lesautres classes. A un moment donn elle y a russi dansune settaine mesure.Les liglises baptistes, sans se dsintresser des villes, o ellesont conquis de brillantes units, ont fait porter leur effort sutles campagnes et sont arrives tre les parts florissantes, les pluspopuleuses liglises protestantes d'lla"iti.1. Iiglise I3pi=eopale etl'l:glise Adventiste ont plus que toutes les autres avanc dans lasolution du problme que pose la cration ncessaire d'un clergindigne et d'un enseignement de la thologie.Contraries dans leurs efforts par les faveurs (le tout.s sortesdont jouit l'lglise Catholique Romaine -il faut signaler ,d'a-bord la fraction importante du :Budget que celle ci absorbe_ _par l'espce de monopole que les Congrganistes ont en d: l'ot-seignement primaire et de l'enseignement secondaire, ne vivantdepuis longtemps que des contributions volontaires ou des tub=sides des Socits missionnaires trangres. les fglises protestantestl'ldati ont ralis malgr tout une belle exprience religieuse.C"taitdevenu un proverbe t un moment donne que le protestant hatien tait honnre, qu'un pouvait lui faire crdit demoralit prive et publique. A partir du gouvernement de Sa-lomon nos chefs d'l-tat ont lait un large emploi 'des protestantsdans l'Administration, dans l'administration cicitartir. surtout.C'est ereere un 1`rovetl'e dars nos eanthagno que 1: protestanttrnte ..cul dehv.e vraiment Co l'action et de l'.nalsrie (LIVaudcu. Si vous voulu titre librs des lois et dus niv' ores,faites vous protestant.>1.e protestantisme hatien a lait natre de belles et d gradesmes, que ne dsavouerait pas 'l'olsto, le prdicateur de la Ynonrsistance au mchant, tel cet i istituteur capais qui lut un jourfrapp, outrag par le pire d'u,ti lve qui il avait administrune juste correction. et qui n'osa pas communier tout d'abordparce qu'il avait sur le cour son agresseur.Il alla enfin le trou-

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ver.l,'114 ,;-1C voyant venireut tout d'abord peur, pensant ,iune vengeance tardive. Mais l'instituteur lui dit: ctJe viens elleoncilieravecvcus.,l'ai besoin de communieretle ne puispas ttle rendre la Table Sainte avec les selltinlcnts que .l'cprtutvais pour vous. lit l'agresseur fondit en larine%.Par son .action sur le Vaudou et les J't'lles delensesque ttcalte entrane, par la sobrit que les pa,.teuis ret,in' iiand.nt. leprotestantisme hatienailitlicirel'conomie liaiti.ntie,dvitncplus de scurit la vie dans les campagnes,propage l'instruc6Lion primaire, aide augmenter la production. extitl'nlulation des curs catholiques comme La V llte: et par la Suc dt#Biblique et la Socit de Propagande rpand la connais,ante desIicritures.Par les rveils qu'il a provoqus dans les masses comme celuique dirigea Sadrec Ilippolyte et celui que dirigea le jeune CharlesPressoir, le petit-fils du premier de ce nom. il a montreque lepeuple hatien est accessible comme tous les autres aux grandsmouvements religieux de masse,Aujourd'hui toutes les Iigliscs protestantes se iictournent vers,les niasses rurales, aides d'ailleurs par un nombre apprciable deconvertis revenais de Cuba,Les Ivglises Amricaines qui avaient pendant 1ongteinti i;nor Hati semblent vouloir lui montrer de l'intrt.Qu'il y ait des dfaillances, qu'il y ait des erreurs, qui s'e:itonnerait? Les Iiglise:, sont avant tout de.: entrepri;s de -110ralisationd'hommes corrompus. lit on ne se dpouille rais ,ais.ment du vieil homme,leur volution rose vil grave rrciblla'.. celui tee leur autunomie,Ales ont besoin du b.ccourr moral et matirid de, \licsionstrangres. Mais il faut qu'elles puissent aussi faire n,,tndrt lotirpropre voix. dcb,attree elles-mmes leurs problmes. inspirer desdirectives et dessolutions,n'tre pas de purs instruments entreles mains des Missionnaires. Cela est ncessaire aux meilleursintrts (le l'vangile. It cela dcplnd aussi beaucoup du tact etde l'esprit fraternel que sauront montrer ces missionnaires.Dr. CA'T'TS PRls"SSt)llt.ProfesseurdePhilnsr,phisau1.}k ettNational de Poriau.Prinny,5err.tairc Carrnl de la Socit d'1hstoire et de Gographie d'Ilar,'.

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Religion Compare.L'AME UNIVERSELLE'I"Dans nos spculations st)triyucs, le terme Vie est synonymedu vocable Ane. De mme(lui: l'ovuledonne lachairou corpsorganiqueau spermato germe pour constituer le fa tus: de mmeaussi,paranalogie. la Vie fournit laLumiresonenteloppeprotectrice. Ainsi donc, la Lumire a pour chair l'Ame, c'est-.-dire la Vie Universelle.Cette chair ou corps t \rie t\me idiffre du corps organique(lachair anin.,ale'tparce que cette dernire, n'tant autre que lamatireaitalise. est morteltc. tandis que celle-l tVieAine),tant d'origine de la substance cratrice Divine, est immortelle.Ait rsum, c'estl'Aineelle mime qui tientlieu decorps cetteLumire que le Christ personnifie.Lesang analogiquequi entretient l'me inanaatrielle, c'est laLumire qui, elleaussi, estinimatr"telle. Toujours aux point devue de la comparaison,l'Awetant lecorps,la Lumire est lesang.A ce compte et logiquement, le Christ a pour enveloppe ouchair la Vie qui, elle-mme, constitue une nourriture,une t'itamilletraie qui anime l'appareil ou l'organisme matriel destres lmentaires vivant dans le plan de ['Existence naturelle.C"est, d'accord avec cette thse, qu'il est dclar que le Crateurvit en nous-mmes par son Fils.Si lecorps rlcrChrist (\'ie-Lumire) vit en nous-mmes comme tre naturel, cela n'impliquepas que l'lispffi duChristsoit aussi en nous. Celui-ci.l'Espritdu Christ. vit en lui-nmme seul et se trouve dans le cour(+atcnsmique attribu la plante Mercure, fils du Soleil.Notre objectif, c'est de mous purifier corporellement et morale-ment, pour nous mettre en harmonie avec ce courant cosmiquechristique, afin que 1'Esl)rit du Christ puisse s'appuyersur lecorpschristiqueen nous et se manifester. Le plan de l'Espritdu Christ est videmment en dehors, au dessus de celui quiestnaturel: c'est -di e que celui-ci est au,dessous du plansuper,hyper, surnaturel.Quand nous parlons du Surnaturel,il

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LIS tililt) l".S399s'agit du plan des causes secondes o est manifest l'Etre spiri-to-psychique posthumequ'on clbre l'l piphanie. Observezle prfixe:f pi(au-dessus).Cet Etrc Posthume, I sprit-Vie-Lumire, est immortel, ayanttdpouille de ses restes mortels.L, il a pntr dansle Ro-yaume de l'Esprit du Christqui rgit ce courant cosmiquecons-tituant le plan des causes secondes dont les effets, d'ordre objectif,sont des phnomnes et des manifestations perceptibles nossens,1.1 mission de 1'1,sprit du Christ, c'tait de rvler ceplansuprieur celui de la Lune, de l'1"sxistence purementcorporelle.et partant mortelle.La thse fondamentale du Christianisme est la dification de1'Llsprit, de la Vie, de la Lumire, sansaucungard du Corps,except ce qui revient celuici naturellement. C'est l'Esprit duChrist qui dclare: Je suisla Lumiredu monde.Je suis la Vie et la i iisurrection. Car nia chair (vie) est vri-tablement une nourriture, et mon sang (lumire) est vritable.mentun breuvage.Celui qui mange (ait figur) ma chair(Ame) et qui boit(aufigur) mon sang (lumire) a la Vieternelle;et je le ressusciterai au dernier jour (Jour d'agonie).(Jean-VI, 7 F, 55),L'Air qui charrie la Lumire et la chaleur du Scalei1 constituelanourrituredel'Aine,dir la Vie. Le Painde Viequi indiquela Chair du Christ est un pain ar. vent par lelevait)et cuitau feu (Mati. 13: 32.)Tout cela se fait sans aucune rransu bstantiation, parce quel'lisl)rit du. Christ n'a pas de corps humain, de corps matriel,l.'l:isprit du Christ est reprsent parl'Xislarit deVin. Cevin,ne doit pas tre dusana,parce que l'Esprit n'.a pas de sana humain. ni aucun autre corps que l'1-isprit lui-mme.Plus loin nous reviendrons sur cette thse.Revenons au Domaine luno-terrestre auquel .appartient. rotgralement, notre organisme matriel, mortel: parce que, cet orga,nisme ne petit pas gnrer la Vie. C'est le contraire qui est vrai.La Vie donne la Vie au corps: plutt prote la vie au corps.Quand la Vie reprend ce qu'elle a prt d'elle-nme, nous soin.,mes enprsence de la Mort ducorps physique.S'agit-il de la Mort-le trpan---, cc phnomne provient del'cchappenient, de la libration de ce principe Vitiniine-Luniire

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400I.liS GRIOTSdes liens ou entraves atomico-mollculaires,c'est--dire de lamatire organique et inorganique dontest composnotre corpsanim et lmentaire. i4 il s'agit donc dela mort de l'hommenaturel, animal.Cependantilexiste encore une autre mort,d'ordre spirituel, qui n'estqu'une prit'utit.n de vertuset de grcesdivines. Chez le Prophte, cesdeux cas co-existent:La libra.tion de l'Irspr t-Vie-Lutniirc Christique tant accomi'lie, il nerestaitplus que1'hoti,me-prophiiedans sa nature matrielle.Celui-ci,puispar les tortures, abaissa la tte et rendit l'ne(Jean: 19.30). Pourvu que l'on comprenne le mystre de lapossessionspirituelle, ces deux ordres de mort sontsimples saisir: l'Espritpossesseur s'vade et abandonneson sujet qui, son tour,meurtd'puisement.de,meurtrissures.Lecorpsnaturel de ce prophte retournadans le Royaume(Ra) minral oit doit descendre la n,*,crose (Ne) du corps Bolhuitain (h).Ce que signifie le vocable: Ra=Ne 13o:Rym'(Ri)duNant(ne) auquel appartient le corps ou hody t'i3o) hu-main (h).Papa Ra-Ne-I3oest surnommMitre du Cimetire, il apour assesseur Papa-Gud. Ce mot uGud signifie voir.pier.
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rt,1 p5 c;;1()%,S401Au courant de la semaine sainte, nos ncropoles sontvisitespar les GudsOu-Sou,Guds-Mazaca, Guds-Vie. Lesfemmes e(lucds sont celles qui, de loin, regardaient(guet-taient) le Messie en souffrance sur laCroix.L'une d'elles, Sa-lomu, tait proccuperegarder la nudit duMessie.A ce titre,elles est appeleCud-Nu.En cette douloureuse occasion, setrouvrent plusieurs femmes Guds.Ce mot africain signifie Prophte. par extension(le t'oir. d'ob-server, d'pier. synonyme de guetter.Il y avait l plusieurs femmes qui regardaient (guettaient)deloin, entre lesquelles taientMarie Magdaleineet Marie, mre deJacqueset deJoses: et la mre des fils de Z,bd (Malt.:27-55 ).Marie, la mre du Messiecrucifi,portait un costume de deuil:un grand voile blanc (sou) perc d'une ouverture(ou) pour lepassage du visage. A ce titre, ellerpond au vocable Gud-Ou-Sou, Magdaleine (Ma) est celle qui se chargead'unie casserole(ci) en terre contenant des huiles et des essencesaromatiques (z),pour embaumer le cadavre (ci).Ces essences aromatiques sontappeles test en parlerafricain,mais zith enhbreu.Donc,Magdaleine (Ma), port it des drogues aromatiques (za)danscite casserolet ca) .lie,inifie Cicttl-4"1 a'/,aca,l.es enfantssont dsignsVi en tes.africain:et la mre qui conduisait lesenfants (Vi) deZbd,est celle qui personnifie C,udVi.Aprs que le sabbat fut pass, MarieMagdaaleine. (MalMarie, mre de Jacques, et Salom achetrentdes drogues aroma-tiques (z) pour venir embaumer le cadavre (ca).Marc: 16 1).Jacques et Joses sont les premiers fils deMarie avec Joseph.(Luc: 8-20).Aprs lamort,an est en prsence dela Rsurrection ou l'-inancipation de l'Anie hors du corps et de sonactivitindpen-dante posthume. Cette libration de la Lumire,fille de l1Usprit.est ce qu'il nous faut entendre parl'expression Rsurrection,en parlant du Christ. Le corps duChrist, en effet, gte le catho-licisme romain glorifie et exalte sous levocable de fte-Dieti,c'est--dire leCorpus-Christi,n'est point de la matire orga-nique, niinorganique,mais bien la Vie qui vivifie l'organismemarrciel. Or, cette Vie universelle sigedans le Soleil qui touchesa maison d'apoge entrejuin-juillet.

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40Cxltl(ilsAinsi l'organisme 1luniain, la suite de la libration ou del'mimancipation de la Vie, estnaturellement et Litaleillent assu-jetti et condimii. a laputrfaction, a la d -`.1grel;atton et ladispersion, la Vie C"hristirlue ou le,Corpus-t;hristi en luil'ayant abandonn.11 ne faut pas confondre la Vit, etl'Isprit du Clirist. Ce pro-cessus, au moyen duquel lat're Christique se dgage des liensmatriels de l'organisme, est appel (Agonie.Cette affirmation ou thse de l'I sotrisiia4africain n'a pointmanqu de scandaliser certains membres dusacerdoce, tantdonn qu'elle arrive la conclusion que; lo. leChrist ri'st pasmort pour le salut du monde et poureffacer le pch d'Adam;2o. le Christ vit cri tout tre tirant.Nous aurons revenir plus loin sur la premire objection.Ence qui concerne la seconde, leChrist n'avait il pas rpondu eneffet par cette affirmation chie Dieu est partout et entout?I:t encore: Je vous dis, en vrit, qu'on tant (lue vous avezfaitces eho-aes l'tir) (le ces plus petits (le Riesrcr't-s. vous Ille les avezl'ar-s. tMatt.: 26-401.Par le mystre de la rsurrection. -qui n'est qu'''le trruisitin-l'Anieml.uniii-re passe du plan naturel lit corporel, art planspi-rito i)sychique d'f-sprit-Vie posd)tinme.1W, on est parvenu cestade de l'volution o la Vie-lumire se replie sur lUte mme etconstitue ce que nous dsignonsSoleil,{"est donc bien auniveau de ce dernier plan qui s'lve au dessus de celui (lel'Exis-tence Naturelle suGhuiriie. que se manifestel'llme Universelle.Ce niveau :suprieur. en somme, constitue la sl)h-re ori-vitaleoul'Astre des astres domine. Cette lltoile=Mre. (Ie outra systmesoli,-tylancaire, est difie, chez les ligyptiens. sous le vocable'I'ath. Elle est notre Divinit (,'riatrire.Lille est symbolise parle S11RPI,N`['-[),A du culte Voudo, par cette couleuvre,tin-celante et rutilante, personnifie par David. 1111( est encore celle:que Mose lvera dans le dsert.Nous qui sommes initis dans les sciences occultes africaines,nous valuons vers le Centre, notre Patrie dernire, que nomsin-voquoais par le vocalilc: AB13Au(110.1.4HO qui, littralement,signifie: Notre Pre (Abba) d'o rayonnent la Chaleur (Cho)et la Lumire (1.) trs haut t llo1. C'est le Dieu 'l'rs ilautde MI,1,(;ll[;'!,1JDUC:1I.lit nous puisons notre justification

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l.ESci ttOi 4anadans cette dclaration: Alors,Jcs rlustrs luirontt I,) compte leSoleil(Clio) dans le royaume deleurl'ret 11bba ), (Matth,:13-43 ). Le Messie s'criera:Al313,1 Mon Pire.(Marc-14-36).Dans cette formule. Abbareprsente tout le Soleil, fondnoiret photosphre: Chu, la (;haleuraVie, etI. il I.uniire synonymeduFils,Ce ltils-l,umire ason analogie dans la pilarisationlumineuse d'une pile lectriquedont les deux lments, positifet ngatif, sont reprsentspar la racine double AB-BA, lit c'est3 cette analogie qu'allusionest faite dans le passageque voici:Car comme lel're(Abba) ressuscite lesmorts et leur donnela Vie (Cho), de mmeaussi le Fils (L) donne la Viet C:ho )ceux qu'il veut. La racine110n'est qu'un adjectif quiex.prime 1.1 hauteur i laquelles'lvent lespro,iectiorts proiubrun-vielleslumineuses.Ce que, en dfinitive, le lecteurdoit retenir (le ces spculationssotriques, denotre Tradition raciale, spculationsqui con-duisent au Serpent-Da,le Serpent des serpents, c'estqu'ils'agit, non pas duserpentipso-facto,trais du Soleil,centre uni-versel de Calorique.qui communique la Vie, dansle Domainede l'I aistencc Naturelle (J`nivcrsellesublunaire, tous l,s tres,lmentaires ou autres gn"ralentcintquelconques, 1csfaisantvoluer par la ltttnire qui donnele mouven),'f t etl'Intclliyvnc'e,vers le plan de laVie hterm'lledont il est la Source Inpuisable.A'l HANASI?

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.l041,F,5'CtstfMdecine.Grossesse Gmellaire et Trponmatoseen Hati(1)Sur 3.913. accouchements faits dans mon servicede CliniqueObsttricale de l'cole de Mdecine de Port-au-Prince, d'octobre1934 Octobre 1935, 80 grossesses gmellaires sontrelevs.Le pourcentage de la gmellitiDiL tMiternt d; l'ilupitilGnral est donc de 2.04%.Cette statistique dmontre que la grossesse gmellaire estplusfrquente dans la race noire vivant en l.4ati que dans les paysde race blanche. Elle est deux fois plus frquente.13n France, le pourcentage des jumeaux est de 1,0:1 1.1Dans la rgion Bordelaise, elle est de 0,7`%. En Savoie, Jura,Vosges, Bretagne,elle est de 1.2!',En Allemagne, elle est de 1.3, en Suisse 1.25, en PaysBas1.36, Danemark 1,42, Bulgarie 1,43, Sude 1.50, Par ailleurs,nous relevons aux Etats-Unis1. `.; en UruguayI .09 (, auxNouvelles Galles du SudI,047(%.Caractre de la Grossesse Gmellaire,Les grossessesdoublesvoluent rarementterme,En se ba-sant sur le poids des faetus leur naissance, le terme est atteintdans 41.25% des cas. Nousconsidronscomme accouchement terme, tout accouchement se terminantpar la naissance d'unenfant pesant 5 livres 380 sans tenir compte du poids de l'autre.La livre amricaine vaut 480 grammes.Dans58.75 %de nos observations,l'accouchementest prma.tur:1.9 enfants psent 4 livres 400 ou lgrement plus, 47pesaient moins de 5 livres amricaines.Le Lorier adiiietcommepoids moyen normal des Jumeaux terme, enEurope, 2 kilos 500 gr.dans69l des cas,1l existedoncun gros cartde poids li la prmaturation.heut.trc,faut-il envisagercertainslments qui pourraient expliquer lararet de l'accouchement ternte et le petit poids des enfants sn1-lai"ti.(I) 'l'rponr,rnatoseanaladic lie i une infection. syphilis ott pian.

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1) La paysanne ou la femmedu peuple qui constituantcilgrande partie la clientlehospitalire ne s'arrtentde travailler aucun moment de lagrossesse. Or la grossesse gmellaire,plusque toute autre, rclame le repos.2) L'alimentation exclusimernentvgtale et fruitariennedeces femmes, alimentationpeu riche cil protides,est certaine.ment insuffisante au dveloppement terme des deux foetus,Ce sont l3 descauses prdisposantes l'arrt del'e'volutionde la grossesse gmellaireque l'on doit retenir mais ellesne sontpas suffisantes pour les provoquer sifrquemment.Sexe des. umeaux,Les Jumeaux sont demme sexe 46 fois-30couples de gar-ons-A b couples de filles.Ils sont de sexe diffrent,37 fois.55n de grossesses gmellairesse terminent par la naissanced'enfants de mmesexe et 45'd'enfants de sexe diffrent.Ce pourcentageest l'inverse de ceux desauteurs amricains etEuropens qui constatentla frquence plus grandides Jumeauxde sexe diffrent,Prsentations,LesPrsentations observessont les :,uivantes ---sur 35accou.chenlents gmellaires,on relve 54 accouchementsen sommet et16 en sige.Des 54 sommets, 21 fois,les deux prsentations taientde tt,-bien flchie-5 fois lepremier ftvtus se prsentette en bas, ledeuxime est en sige, 7 fois,le fcetuss'engageen sige. Deuxfois, les deux fcetusse prsentent en sige.La Piscntatrn durvntmet st la rgle ici et s'obfxrvedans78.51ldes cas.1?lit/ 'anca,La dlivrance est ordinairementunrpk mrairepour les deuxjumeaux, On trouveun placenta dans 6111 descas,Il y a deuxplacentas seulement dans 38.5%.I1 existe plus de grossesseuni.vitelline que de bivitelline,ce qui est encore l'encontre d:ss.wiat,es trangres. D'aprs LeLorier, on relve unemoyenne7r,.r 1,tcssesses doubles avec deux placentas-pourStras..,I,t moyenne est encore plusleve, 85;x,,

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.ftalr&,s cas,,.es grossesses uniplacentairesse voientdans 30`enFrance,et dansIV,r enAllemagne. Noussommesloin delocales qui sontl'inverse decelles de cesau.nos observationsla ri glela bivitcllinwtours. La Grossesseunivitelline est ici.l'exception.l.a grossessedouble en1-la ti est ordinairementunit)1!c(line, nmonochoriale.Elle est rarementbivitelline,bichoriale.Henmorrayes tic luDlivrance.l'es dlivrancess accompagnentd'b morragicdans 29,4`des cas. Leshmorragies sont liessoit une insertionvicieuseduplacenta.soit l'inertieutrine compliquantla surdstensiondel'organe;elles disparaissent l'occasion d'unethrapeutiqueebellessimple laquellej'ajoute dans les cas r.l'injection infraveineuse d'l-Typopliyse.Mortalit lotate.l.a mortalitmaternelle dans nos80observations,est nulle.Parcontre,la mortalitfcetale estconsidrable.Vingt-huitenfants meurent surcentsoixante.28/160, soit une moyenneinorme de I6.6(,!.Ce sont ordinairementdes prmatursquiquinaissent morts, ou meurentdans les heures oujouas,lanaissance.Par rapportla mortalit infantiledj levedans ce pays t78I5, les neuf premiersjours), celle observela suite d'accouchementsgmellaires, est plus dudouble, malgrque les enfantssoient soumisexclusivement l'alimentationmaternelle.Hrdit.Tels sont les caractresde la grossesse gmellaire enllati quiaffectent un aspectclinique et une volution propres.Peut-on entrouver lesraisons?Les grossesses doubles sontdues la fcon-dation par deuxspermatozodes,de deux ovules libressimultanment par la rupturede deux follicules dedeGraaf, d'o ledveloppement dedeux oufs avenirindpendant et souventparallle dans la cavitutrine. Chaque cvuf contient unfo:tuset ses membranespropres.Ce sont des grossesses deuxplacen-tas,ayant.chacun une circulationindividuelle.Elles sont ditesbivitelli:nes et lies l'hrdit que l'on relve dansles antc-dent;des femmes ou de leur gniteur.Bar constate 70 grossessesbivitellines sur cent grossessesdoubles. Ahlfeld en trouve74.

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Dans ma statistique, le pourcentage est seulement de 3$.5 .1.Ce nombre restreint concide avec les atttcd'ents hrditairesaussi restreints et correspondants. tm;+igni.,il d'unerelation decoi. effet sur laquelle a tant insist Pinard. Nous ne trouvonsl'hrdit de gmellit, dans les observations rapportes,soitdans les antcdents de la mre soit dans c ux du conjoint quedans32.3'.1des cas, 1. accouchemrttt de ces rares grossessesbvi-tellines observes ici, chez des femmes saines,' indemnesde touteatteinte syphilitique, ou pianique donne naissance d:senfantssouvent de sexe diffrent, de poids moyen, exactement superpo-sables aux jumeaux amricains ou europens.Leur courbe depoids est seulement influence par la qualit et l"importancedela scrtion lacte qui doit tre complte parl'alimentation ar-tificielle, en cas d'insuffisance de lait maternel, C'est ici. comme,par ailleurs, un simple problme dePuriculture.On observe, en llati, surtout des grossesses gmellaires>uni-vitellines, uniplacentaires, monochoriales, grossesse pathologique,grossesse donnant naissance des jumeauxqui relveraient d'unemonstruosit dont le terme ultime est reprsent pardes ju-meaux adhrents ou monstre double,la fusion commenant i semanifester ici du ct des membranes fatales. (Le Lorier.Ces grossesses gmellaires sont d'origine trponmique: sy-philis ou pian. Nous relevons. en effet.la trponntatt'se sz-rologique dans 40.92V, des cas rapports, Ces examensde sangn'ont t faits qu'une seule fois sans ractivation. c'estdire quec'est un pourcentage minimum. La ractionemploye estleKAl1.N. e=lles ont toutes t faites au Laboratoirecentral del'Hpital Gnral.Deluca et Vidacowitch, de Buenos-Ay e considrent ces gros-sesses gmellaires commeprovoques r.+l.: fctc;tdation d'uneseule ovule par un spermatozode 'lus, queues,anomalie mor-phologique releve trois fois plus souvent chez leshommes at-teints do syphilis que chez ceux qui en sont indemnes.La seuleprsence de ces spermatozodes bicauds lxrtnettratl,d'ailleursde poserie diagnostic de syphilis, d'aprs ces auteurs, enl'ab-sence de la raction de Kahn oudu 13ordet-V'assermann.La fusion de ce spermatozode pathologigtc--e del'ovule vacrer l'auf qui se subdivise en de ndiubreusescellules constituantlai morula puis la blastula. Mais au lieu d'observerla prsence

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Li Sc 111ciTSd'un seul disque embryonnaire, il s'en forme deuxet dans cha,cnn se trouve U ."C ligne primitive distincte. C'est ainsi que dansle dveloppement de l'uf. il n'existe qu'un seul placenta, qu'uneseule poche amniotique, et du ct du foctus, il petit persister desadhrences, type de jumeaux adhrents, les frres siamois.A la naissance de ces jumeaux, onai rsoudre de vritablesproblmes de pathologie infantile. Cesont des nouveaux ns,prmaturs, vieillots, respirant mal, prsentantdes troubles di-gestifs que l'on arrive difficilement vaincre,une rate augnten-tce de volume.I,, mortalit de ces nouveaux nsest trs levemalgr la prcocit du traitement.Il faut surtout traiter les mrespour viter que la trponma-tose n'influe pas sur leur grossesse enprovoquant la gntelleitunivitelline avec les suites dplorablesque rapporte cette statis-tigve et dvelopper le nombre de cliniquespr et postnatalesqui nous ont dj rendu de grands services.Il est Conclure.I -La grossesse unlellaire est rleux foisplus frquente iciqu'e'n Europeet auxUtais-Unis.2 4'ete frquence est en rapportavec le nombre considrablede grossesses univitellines.Par contre la grllellit hrditaire,estrare dansla racenoire.3--C.'es ttrvssesses univitellinessont pathologiques et rloii+entlire Considres Connue telles cause des a4'ortem'nts frquents,des acrc unc'nhents prmaturs, la naissancedes enfants malinrtreset vieillots.4---1,u '1 rpon,uazose tstlphr7isou pian) est releve dans lesantcdentsdecesfen>mes, mres de itueauxplacentatinic'i-tellinsa prsence est confirmepar la raction de :Cahn dans lesang1:5-Celle frquence de la grossesse gmellairee/?,'z, les fenlnlfissyphilitiques ou pienique+s doit la faireconsidrer Commecon pli-cationsOIC'ufuires dela sgphilisoudu pion etimposer un traite.ment spcifique qui en diminuera le nombre.6-En dehors mme d'une ractionsroloztique. lagrossesseunivitelline signe la 1 t'po,matoseet ncessite un truiterllent(lelaMre etdes :Jumeaux.Maurice ARMANT)Ancien Interne des Jic,pitauxde Paris

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w409Problmes l'Ordre du jour.Notes sur la Mentalit HatienneCe qui m'a souvent frapp, c'est la cr Mulit du noir, conceptenfantin que j'obs}rve dans la race hatienne, n1me dans la classe?instruite.C'est pourquoi retrouvant cette crdulit dans toutesles couches sociales, je la qualifierai de raciale,'A propos, on est quelquefois surpris de constater ehrr des intellectuels des anomalies inexplicables si ce n'est par l'originemme de la race, c'est-i-dire par l"lment noir.Comment expliquer, en effet', qu'un esprit forme clasique.,ment, ayant parcouru un cycle complet d'tudes, puisse croire l'invulnrabilit d'un chef de bande? Au pouvoir mystrieuxd'un houngan?Les gens du peuple, les gens de culture moyenne (j'entendspar culture instruction? croient sur parole n'importe quelle noe,mit: o di moins.., (c'est ce qu'on dit 1. Encore cetteautre ex-pression savoureuse: c'est pas t/o r/o non, c'est nioin mmnme quiou li...Cette affirmation doit suffire...Grande facilit admettre a priori comme vrit tout ce qu'onlit, Tour l'Hatien lisant, le livre a un caractre d'absolu ind-niable. Or, on lit beaucoup en l-.lati.Quelles sont les sources d'informations? Les livres amricains,les livres franais, revues, journaux, magazines des deux paystee paraissent plus particulirement nombreux,On accepte totalement, avec un engouement presque juvnile,cc qui vient d'Amrique et naturellement les livres et Icur con-tenu,Certes, il y a une littrature, un art, des savants aux R-U,mais le peuple amricain, lui, est un peuple jeune formd'l-ments aussi complexes que les ntres. Son homognit est r.cent(, et, s'il a pu se crer tint, personnalit originale analgr desapports trs divers c'est que, bnficiant de circonstances trs dif-frentes de celles o nous avons volu, il a pu disposer de m-thodes d'investigations et de contrle que nous n'avons pas. Or,les livres amricains sont, en grande partie, d'origine rformiste,crits le plus souvent avec un esprit sectaire o dominent cers

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1Fi' ciItltal`%tains .onccpts, certaine mystique, que la Vritabsolue ne doitpas acceptersansle contrle de fa Raison universelle. c'est.:t-diredgage de toute influence.Je ferai la mime rflexionsur leslivres et journaux franaisqui sont ici foison et oie domine l'influence catholique.Sans vouloir entrer dans des controverses oiseuses et par suiteinutiles,je ne faisque remarquer trs simplement que nous ac-cueillons trop souvent sans contrler et sans approfondir ce quinous vient de l'tranger.L.'iniitation n'estpas toujours un esclavage, mais il fautse pntrer tout d'abord de l'esprit qu'on veutimiter.Dans un prollme d'une importance telle que celui dz la cul.turcha`itienne, il m'a sembl qu'if tait particuliirement intressaut de relever ce penchant excessif .x la crdulit,lorsque l'heure sera venue d'envisager dans quel sens orientercette culture, je crois que ce point devrait tre tudispcialement,Montaigne voulait que nous fassions passer toutes nos ides parl'limine de notre jugement, ajoutons que nous devons passerles ntres au crible de la Raison. Et, pour finir, rappelons le motde Fibre, le savant entomologiste:Mi foi dans l'imprimerie est mdiocre, je prfre assister di-rectement aux faits,Avant de rien affirmer, il me faut voir, cequi s'appelle voir, c'estpluslent, plus laborieux, mais c'est aussiplus sr.Madame Yvcc Clainvitle15f.t?ti(t)URT1,1)tpln,' de l Etuh Narmulc de Ccrsurllcx

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11c t,1%1tiI s411La musique.Musique et Danse VaudouesquesPour mon ami 1 oritncr t)lSlSaN''ayons pas lmnm1,nos crrntumcs an-tcstralcs, (1e noue follte si orit,inal, de lavie courante de nntt. klassc 'i'ysanne si pit-toresqucz'Dans cette tude, nous restons Purement et sinaplellleut datesle domaine musical.I.a'Musique Vattclouesque, illustration vivante (letoute listerace, lie par atavisme et d'une faonvidente.1 la vie incline dupeuple ha d'n, mrite d'tre bien comprise et approfondie afind'tre plus einie.Cette musiquesublime agrmente par la danse du ninle nom.eut si-part d'action agissante dans nos grandes luttes piquesmais glorieuses pourl'indpendance,car, aide morale soutenue,puissante, ellelectrisa,ranima le courage indoniptible des filsdu la Libertci maintint fermementcet esprit de cohsion quidevait aboutir au succs dfinitif.Les ml(o!lies aux nuancessi varies,toujours pleines de na-turel prenant et qui enrichissent nos airsvaudouesques,n4 ira.duisent-elles pas hautement l'tat d'me d'un pe,ttl+le'te d-crivent elles pas son individualisme propretl,'aspeet dominant de la forme musicale, c'est sort. ils la dotsleur nettementmarque, Douleurpour d'infortuns humainsd'avoir tote arrachs du Continentafricain.douleur (le connatrees rigueurs de l'esclavage.C','e,5tpourquoi,cet mlodies (laitsl'ensemble, sont tanttplaintives,tantt contemplatives.Cen'estqu'aprs le triomphe. qu`elles prirent cette allure saulillante qui exprime tant la joie.Le rythme vodouque,met en relieftout ce que l'ctre humainrenferme et dploie(lepassions vraiment naturelles parfois trollexcessives. <;fl est tellement persistant qu'il se maintient nlnlelorsque les chansons rituelles sont formes de plots cxclusivenirntcroles ou se ds'eloplaent, sur une mme suite d'onomatopesiniIltelllglbi.' `',

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412Notre musique vaudouesque. idole de la m.sse, est tout-.-faitd'essence africaine. Elle a t fixe par les groupes et sous groupesethniques arrachs de la malheureuse Afrique et jets sur notresol par les ngriers de triste mmoire. L'on saisit bien notre soumission ravissante aux sublimes inspirations vaudouesques, notreenthousiasme excessif i rpondre au grondement clatant desassflors coniques.(chez tous les peuples, l'ne antique ne se dplace jamais. Mlledemeure. La communion d'ides ne s'efface pas etne se laissepoint altrer ni touffer en obissant aux exigeances :les capricesnouveaux, quelquesoit leurprovenance.Ait contraire, les tra-ditions rajeunissent la ralit historiqueet situentla vraie posi-tion (l'un peuple dans le cours de sa formation.l.a Musiquevaudouesque estsensible au paroxysme,Ellemeut, s'tend et inonde l'r'tre humain. Art vritable du senti-ment, elle prsente son caractre social en crant des motionsprofondes et dfinitives. D'ou sa popularit.son pouvoir ruagique, e,,,)force irrsistible de contagion. Elle agitsur la niasse.File a son secret. Les exemples sont jouriial:crs.Par consquent, conditionnant ainsi la vie d utie l1tivit.il importe de fixer les heureuses trouvailles afin d'entarer ce quel'on appelle le beau n7t1.,ira1. Tout profit pour l'arthatien.Il:A la musique vaudouesque se rattache le Vaudoudanse lo-cale auteur de laquelle vu faittant,de bruit, faute d'inftirnia-tions, ale recherches s"rieuses et consciencieuses,<
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L I S(lt l t > l .S4"valse ordinaire. alors c'est presqu'exclusiventent la danse despaules. Le Vaudou, poursuit J hramne ,Mns, est tellementgracieux, que certaines sectes ne dansent que des ronds yanvah u(valse lente) :its paules, les reins voluent dans un mC;nic niou-vement d'ensemble. Comme partie intgrante, apparat un rondqui est donn sur mesure binaire, c'est le ktC:arabinier danse trsgaie.L'air du vaudou est 3,4 et rcvt parfois un caractre lugu.bre. Son mouvement, celui du yanvalou, est exactement le mmeque celui de la valse lente. Le vaudou est dans au son de troistambours ou asstors accompagns de battements des mains etdit atchatchas.Le Congo et le Dompctro ou Ptro sont deux temps, d'unmouvementun peuvif.Ils ont presque la mme forme ryhmi-que. Le Domptro n'est dans gnralement que sur deux tain.bours, taudis qu'uneSocitde Congo bien organise peut coin-prendre jusqu' sept tambours,Tous nos airs populaires sont un seul couplet. Pour lesdanser, on procde de la faon suivante: un chozur de danse tou-jours dirig par une chanteuse qui porte le nom de Reine. Lesfiymnopdies institues par Lycurgueen l'honneurd'Apollon etqui se dansaient Lacdmone avec les chocurs`en musique,taient conduites par un danseur qui avait le front couronn defeuilles de palmier, Cette reine improvise un chant. Ds qu'ell:eest sur le point de l'achever elle fait signe au chur pour que ce.lui-ci en lasse la reprise, puis ellebrodeselon les ressources de sonimagination. lit cela continue jusqu' ce que l'air soit trzmplacpar un autre eu jusqu' la fin du rond. De l nais sans douteleur monotonie,"t"oujours, propos (lu Vaudou, notes dtachons les lignessuivantes parues dans le Nouvelliste des 24 et 25 lvrier courantou, dans une charmante causerie radiodiffuse par le Cirand Postefranais P. T. T., Monsieur Gco. Charles donne avec ptccisiunses impressions les plus larges sur le Vaudou. C'est un "songerquipat'le. Il est de bonne foi, et les considrations qu'il prseuesont irrfutables,<:l e longs tambours, dit M. C:ieo. C harlcs,dil en est de troisso.rtcstremblent, bourdonnent et rettvntissent an loin sous l'ac.tion des mains lentes puis frntiques.

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411rts ciJ.Ir)l',Le Plus grand des tamboursqui use giganltesquese nommeA sitor.'.'air 'attdt u quesous illei entendrest Si vci.Cateur que, malgr l'absence dostambours rrxinitils, di{sconques,deS ferrailles, des Clhreurs,il conserve toute samagie. L'ilteailta-lion comincnec...un negro gigantesque chanterapar lasuite...cA ct de tels airs demagie,n trouve encore des mlopeset d
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Z,outs GtxlartVISAGES DE IEROS115Ils furent six divisionnairessigner ,l";agite <'ii l'indpendance:Christophe, Ption, Gefrard, Clerveaux, Vernet, Gabart. SurChristophe et Ption maintes fois s"est penche, admirative etrespectueuse, la critique des descendances. Presque un mconnu,Greffrard fut le stratge habile qui mena dans le Sud, la guerre delibration. Clc,rvcniuxct Vernes, des vtrans dont les noms bril-lent en toutes rencontres oit l'on se heurta l'ennemi.Est Gabart.Visage inquitant d'adolescent, lieui,.nantcolo-ncl vingt trois ,ans, gbn'ral de division vingt sept, et quimeurt ia vingt neuf ans, commandant l,a premire division del'Ouest. Compagnons d'armes et de gloire, utnis par unemalgr la diffrence de l'ge, Gabart et Dessalinesgravissent ensemble les grades. L'ais aura toujours dans l'en-fant de couleu le fils d'lection, une confiance illimite. Le d-voueraient du cadet sera toujours sans une fissure, sans une om-bre, absolu. Au sommet de la puissance du chef le camarade leCutoie comme aux jours lointains. Quand il parle la compagnede l'ami glorieux, il l'appelle sa saur. Ma saur, lui dit Crtbartquand il lui annonce, lors du dsarmeraient gnral, la ruptureavec les franais: nia saur, les brigands ne sont plus l'ennemi,ce sont nos frres,1-.1cette fraternit de Desrahnes et de Ct,:'rt Fi mort seulebrutalement la brisera, emportant deux nitl'urne fun-raire... C:'est que rarement on en vit ce point s'apparenter,1',1rnmi les forgerons de l'pope, Gabart serait l'mule de Chris-toplle s'il n'tait le fal, le lige du seul Dess,alintes.Si, comme lefodal du Nord, on ne peut dire qu'il a l'amour du sang, il sein.laie cependant qu'il prouve une joie morbide dans les ftes dela mort:' Partout o passe cet blouissant mtore, trois signesmarquent la trane fulgurante: L'incendie,I.hrosme, lemassacre.1,1 triple signature fatidique, Gabart l'appose, soit qu'ilcombatte sous Toussaint, dans le Sud Rigaud, ou dans leNordMoyse, soit qu'il rsiste 1 l'inv.assion de I;eclerc; soit qu'avec"Ct tes (Iy Is i' aire.

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416LEUGRIOTSDessalines il traque les indpendants durant le dsa,riwment g-nral, soit qu'il mne la guerre de l'indpendance ou la campagnede Saint1)omingue, Que ces trois traits se rencontrent aussidans le signe de Dessalines, ainsi s'expliquerait peut tre lacon-jugaison de lettr;i destlins.Sur l'horizon de l'histoire, l'toile de Dessalines, dj depremire grandeur, ,,e soude celle de Gabart, ds Juin 1799 dansl'a guerre du Sud, Surnomme Vaillant cause deson courage,Gabart commande un bataillon de la quatrime demi brigadevoluant sous les ordres de Dessalines, Au Grand-Gove, le 15Aot 1799, il s'wroche seul au champ de bataille quand Des-salines attaqu par Rigaud, raubert l'aile droiteet 1gaucheGeffr.ard, voit1'krme replier sous l'assaut sudiste. Au sigedeJacmel, c'est lui qui, sous le feu de L'ennemi, achve les fortifi-cations que Tou:isaint lve sur le rivagecoupant toute comntu-jtication entre lai place et la nier. ]a mme invraisemblablebra-'our.e, il la mon; sera devant Aquin, en Juillet 1800, quanddans7ne mle sauvallc il fonce sur l'artillerie dti Rigaudet sur 1F2s15ices cloue les t,ervints, signant ainsi,comme dsormais illefera partout, le ;twtnglant exploit.Eteinte la gu,2ce civile, et la quatrime caserne Satt-Marc,son commandant cutc de Dessalines, promne dans l'ennui del petite ville 1116notone, sa nostalgie d'e batailles.Quelle exul.Cation lorsque en octobre 1801, le gnral Moyseinsurg dansle Nord,,abart 7rt avec Dessalines, pour lccprinierla rvolte .iPlaisance,La rcpression est de l'extermination, Auxfeux desalve succdent la baonnette et !te sabre. Lejoli village, joyauunique, est un sanglot qui monte d'un lourdruisseau rouge, Cia-bart a pass l!Le geste lui vaut d'tre ct ;du vainqueur, Flricourt, oitToussaint reoit la soumission dhson malheureux neveu, .MaisbietItt les destins prcilaitent.L'criseur de Moyseest assaillipar les troupes de Bonapart, Saint Dominguebruit de millechorts obscurs ou eclata,nts, Dans lamle terrible, l'adolescentclair est un rapace panoui dans lesremous de la tempte, EnFvrier. 1802, quand 13oudet djrepouss par lui, s'avancecn-care sur Saint-Marc, il encre avec l3azelaiset Dessalines dans lasomptueuse maison du chef noir, De leurs mains,ils y allument0

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1`.136 GRIOTSsl`incendiequi,avant leur retraite sur laPetite Rivure, fera deS.aint-Marc un gris tapis decendres.Le signe deLouisGabart;Press par l'ennemi il ne peut l'inscrire ni dansla Plaine del'A'rtibcnite.ou il se trouve avecToussaintaprs la retraite duPont de l'Ester devantRocliambeau,ni 1.nnery,ni Marnie-lade,L'autre marque de sagriffz,lemassacre,il espre l'appisersur le gnral Desfau.neaux-quise concentre Plaisance.reculedevant des forces suprieures: s'acheminevars laCrte Pierrotpour recueillir Lamartinire.,Aux Cahos,rgion sinistre sur laquelle s'oppres-,i,terribilitde l'heure, Gabart sombre, mdite devant unToussaint craspa`f le sentiment de ladfaite,en route biontt pour la reddition1Necl,erc;achemin par le destin versle Cap,vers l'exil, vers lamort,.Broye la tte puissante. Leclerc, pour achever l'uvrc,-pressele dsarmementgnral,Dans la lutte sacrilge entrecetix quiacceptrent lasoumission,provisoire et les rvolts irrductibles,de beaux nomss'effaaient,toiles teintes dans la nuit lourdeLaniartinicre,CharlesBelair,et la belle crole hroque, SaniteComme il traquerait desfauves,Louis Gabart traque les.indpendants.ans-Souci,Petit Noel, fusillant sansrpit,et sansrpitincendiant,On suit la trace du svelte adolescent par les ca-davres et par les ruines,De ces ruines une flamme libratriceest monte, gagnant deproche enproche.Du ctdePort-de-Paix s'entenddzj le cli-quetisde l'pedeCapois.D'un mme regard Dessalines et P-tion ont mesur ledevoir,Il faut jeter le masque et passer aucamp del'indpendance.Gabart estprt,Gonaves devint luiestuneproie opulente.Il l'offre saquatrime,Sous le feu labrigade recule endsordre.Gabart la ranii:n+', l'insulte, l'exhorte,la suplylic. Et quandarriveDessalines,accouru au secours ducadet en danger, l'autrelui offrecomme souhait de bienvenue,toutela ville en flammes.,,Et le grand rire rauque delain, l'treinte paternelle; bientravailil,fils!Mais dj, sur touteterre hatienne, la clochede sang asonn-i''h"urcde la leve pourl'indpen,dance.Saris Souci dansleNord,a t gagn parPtion,Cang est debout dates la rgionde Logane. Geffratddans le Sud,a inaugur sa campagne ini-