Les griots

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Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
January 1939
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00007


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Full Text

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Ilarl1 an:X:11CtcatrruIL, uun3,rn,Iir: CARL BROUARDR.r:aeteurs en Chef:RIMER DENIS etDr. FRANOIire Gendral: CLEMENT MAGLOIREdniinistratcurFRANCK DURANTIreiind+scient,,tuuuluresot trastouas+tl!ItttLES GRIOTStetcientifqueet£,ittraire dia titous 1s1 trois maluPORT-AU-PRINCE(HAITI)s tcxtcs non dactylagropltbs ma bonr pas reus.a texte daatylagraplv ne devra pos dpassarquinze pogcs du volume.

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I.--DRCLARATION No. 3Pourquoi la renne clanGriotsa t fou-clsCari Brocardil,...-DOCTRINC:Question d'Antirropo.SociologieIII.-1;01 1(1.ORIi sContes et LgendesI V .-ITI'INOGRAPIFIIC:Une tfrntonie en l'honneuLorimer Deniset Dr. FranoisDuvalierllrouard1aa11ala,et Otr el,rannoisDuvalierV.-SOCIOLOGIE JUP.iDICO-REL1Gn:USE:Notre milieu humain, ses transesconfes.s onnclles traversl'Histoire et les las.tituuotts...............Klher Georges-JacobVI,--POLSIE:Po:; cs anciennes et nouvellesSnnct uircyIlkicc FroideTro cpatte.Ce itam voient 1joie i'kllerFdor Rasctlaub ouVl I.---BlBL'1OGRAPI9iI:..:.. Carl BrassardCI. M.agloire filsJ. B. Romain`Gaston Crieldieux duStupreCl. Mngloire filsGaston Criel, pote de 1'Ile deFrance.Cl. MagloireVlll.---SOCIOLOGIE JURIDIQUE.tat Ancien.-'-La Forcea travers notreHistoirePolitiqueet Cettstitutionnellt.II. Tesla:IX-CONTES DES GRIO'rS:La Danse sous la tonnelleNuits d'HatiX.-REI.IGION COMPARUS.PranehLegendreP. MorisseauLerayL'Ame Universelle...AthanaseXI.--MIEDCCINC:Grossesse Gmellaire et TrponrnatoscenDr.Miuricr ArmandXll,-PROBI.EMES A i,'ORDRU DU JOUR:Y a-t-il une culture hatienne.Dr, J. C.DorsainvilCrole ou Franais..Pb, ThobyMarcelinL'hlistoire du Protestantisme en IIatiDr.CotteressoirNotes sur la mentalithatienne.49mc. Y. C. BlnncourtXIII.-LA MUSIQUE:Musique et Danse Vaudouesqueo...Constantin Dusnervztz

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4_____--VIVtcMMMAJR11XIV,--IsR13SQU,S 1'HIS'rOIRI!:Visages de ilutro --l.othla CabanTiromas H, l:cchnndXV.---POBMt3S 13N PROSE'Ci. Megloire filsAo-P, l'bnmme immenseXVI---POLI'i'IQUi: EI' DiP1.OMATII;:Une conceptionoriginale duPanamriw,AuguetcMagloircnianteXV11._POLrI1QUI1 IN1"I?IZ;NATIONALCI:rnnck punmtDvaluationXVIII.PWlLOSOPI11l DUS NOMBRES:Matdatnc 7'hEoclura HailyLas NombresXIX.,--POUR SERVIR A l.1.11STOiRUDEI LWOI.UTION Diil LAPIlNSIIII1IAI11UNNI's :Une mise au pointDr. PriceMarsX:K _TtICHNOLOGlli :Une Invention merveilleuseAndr LionXXi.-VIE COMMUNALE:X X XMon beau Port.au-PrinceXXI1.--NIICROLOGIR. NOTES CT INVOR-MATIONSl.orimcr Deniset Dr. Pranois DuvalierPOUR PARAITRI^lltOCIIAINIAII:NT:I.-Une Importante page de Doctrine de notre DirecteurM. Cari 13rottardet la fin de son tude defolklore.2.--Une tude de M. Andr Lion tE, U 1sur les Merveilles d'Aulnurd'buiet les Miracles de Demain.1.-Des Pomes tic Cazt,ut Criclt l rance), de Aristide de Sabe etc,etc..Sont rests sur les ga1 e:les manuscrits deMM.i:tienn: D. Cltarlier. P.Madiou. Hector Denis. J.13. Romain et toute la correspondance de nos minents collgues de l'institutInternational des idaux Amricains (Section deCuba).Nous nous excusons auprs de ces distinguscollaborateurs.

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3O:LI?S CtRIOTSf.tienterre civile n'tait pus le(t'rwt I ca se pouvait ftsrneer no-ire n7c toilcrtive. Lite apportait l'inutilesluettes. le pillage. Pin-rendie. la destruction denotre cheptel, la dfaite denos con)ncer-anis vincs par les itranaets, bref la ruin:En tout cas.casynip-1t3me tait le tinloicinage d'unedisharmonie. L'tluililnre n'taitpossible que dans une harmonieusesynthse denos traditionsafro lamies, Maisencore. fullaiuil se pencher sur le peuple,pourcapter leurs sourcesxeslointaines surerivance:s.Nousn'avonsque trop mpris lu pense denos trnctItres.C'est la cendre desmorts (lui crie une pairie. Au d:wustics dirtertierucu.unissons-nous pour la cohsion de l'me nationale,Ayons le culte denosglorieux anciires.Qu'unbel ,'p'ort de concorderallie enfin lesmembres de lan o m unaut nationale et dansune magnifiquesynthse unissonsle gnie lutintiti(tentealriearn.Puissent tesformules traditionnellesproxitx'sser dans le sens de l'unitet dupanamirirunistne.C'estpour tu riulisutton de cetidal quemes collaborateurs etmoi avons frond cellerevue.Cari BROUA) D

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l'Es cattDoctrinetoiQUE STION D'ANTH.ROPO-SOCIOLOGIELE DETERMINISMERACIALprtc'e &Jas, dans son dernner ouarauee 1t a drlar que.concerne les originesdu peuple hatien. iln'y a pus deprnhlnae,ici, la formation denotre rIrcxrpenrent crsnsidr dupoini devue anthropologigire ou somatiqueest une rluestir>n poser.entendue et rsolue. Sa physiononiteraciale lut est conf)par lessoudanais, les guinens:les congolais, reprsentantsde la grandemasse, assise de ici dmographiede Saint!)aam+ayue.Mais le problme denos origines pos ences termes n'est pasaussi simple.L'hrdit raciologiquecunditicrnne-1-elle l'hrditpsttcholo-ftiquee On entend dire:existe-t-ilun tr'cport ,Ucnrigue entre lesoma et le :nos? Lu mentalit(communaut de sentiments,depense et d'action)ou encore fa psychologie des peuplesest-ellefonction de leurralit biologique?Ce grave et troublantproblme de la science selonqu'il miri?eolu dansun sens ou clans un autre, orienteratoutes les dmar-hces psychosociales de la coniniun(iuthatienne.Nous allons donc, la lumire de la science,essayer de'cl courbe assigne notre peuplepar ses dterminantes civilisa.trices. 12)paris Antlircapolouique.lit e,vae t;abaudt 1i, professeur de Ufologieexprimentale la Facult des Sciences,r)undanr une enqute des Nouvellesl it feraies sur la thorie de Gobineauenvisage sous l'angledumtissageou(le la puret clos races et de leurcorrewpondancesurle plan moralavec les qualits psychiques,ci soutenu que la men-1)t;'r;riun t:iiii que, 9-,.1k l,ueet Culruir dit Peuple }lacise.i'mpri.mais V. Value191,,2)lratrnde'r. id leslacteuri: rune,mrtissagc. histoire,gographie,etc.3) liponne .iaine enqute in tNuuvciles l.ittir1riix. 11 juillet 1936,

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304t.t,.4' tiRIrtf,stalili n'cst nullementla rsultante d'unerace Pari; elle tient plu-tt aux interactions individuelles,aux influences de l'iducatiun,d la commungsud d'intrt,Jacgttes Soustelle( 1)crvclu4lui, queles prtenduesracesne sont que des groupes de tn(isrelativement stabiliss. (aedcrniera ne sontalorsque des atirigats, produits del'Histoire.D'aprs Ciugono((2) il s'agirait des unitsPolitiques, linuuis-tiques, historiques,culturelles.lin'enest pas moins vraiquechacune de cespopulations reoit deson milieutducation,presse, dirigeants, nourriture)un ensemble de tendances caract-ristiques quisont un aspect essentielde soit unit nationale.Chaque populationest en ce sens, l'hritire desgnrations quil'ont prcde; elleest fille desoit histoire.George Montundorl(Il j, au contrairede rois savants,admetl'existencede l'hrdit collectivepour les grandsgroupes raciaux(blanr. jaune. noiri.Il admet aussiune communaut desenti..monts pour lessous-groupesraciauxavecla participation deslecteurs ethniques.Dans une magistraletude parue dans loiRevue Anthropulocii-que, le Dr.Thooris s'estmontr catgoriqueen, qualifiant d'erreurbiologiquegrave et d'amputationmortellele faitpar un peuplede se sparer deson pass et de renoncer ses origines14),Henri Berr, rsumantlathsede Piftard tin1-es Racesetl'Histoire) admetl'existence de l'hrditbiologique seulement11 ldem, 25 juillet lnitt.2) Idem, ter anfnltt(i3) George Mnntandan--Rpnnsc une enqure in Nouvelle>I.ittrairesirs'52aprincotIti4. t'ai, dit le Dr,Mont,tndan parlantdu Canada.l'oppositionilraux types raciaux,comme curaiteristitluesdes 2ethnies.ne pouvaittare plus teappanteet cnnvaincantr, Talcfrette apposition)a dmontr deplus, en thse genciale.que le fait racialn'est-as seulementun fait d'envi-ronnement, mais, actuellement,un fait d'hrditavant tout: dans unnomedans ImiIictiIoangla canadienneet duypeEalpin ldans rl'ethniefranco aadet necl'exaltation, semblelil, de tous drag,comme si, selon les thoriesmodettesraciales, chacun deces types raciaux affirmaitde plus enplus sescarasteristiques-la race tantencore plus un devenir qu'unpass.C'est l, le faitracial qti ilfaut souligner dansle cadredu fait ethnique gnralqu'estle maintienetl'panouissement del'ethnie franaiseau Canada (Dr. G. MontandanCom-esutticationssur l'Iithme franaise au Cainada).4) Ot, se sparer deson pass est uneamputation mortelle. Unpeupletic peut renoncer impunentent sait histoire dontil estla rsultanteet savoiro il va, s'il oublied'o ilvient,Le principe dela table raseest une erreurbiologique. (A. ry'hoarisRevtte Anthropalagiquractabredcembtti 1936).

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LES Gttioi'Sen tenant compte des caractres volutifs de l'humain. il semisly-rait rmame accorde,'une prdominance au facteur Ristoire, Sansdoute,crit-il, il ye, selon le motclbre.plus de morts que devivants;trais les morts agiesetat soinspar leur sang que par lesides et les institutions qui subsistentd'eux; et cette actionn'apas plus de limites dans l'espace que dans le temps. On pourraitdire que l'Histoire fait lerace beaucoup plus que la race ne faitl'Histoire( l).Voici rsum le problme envisag dansson facis anthropolo-pique. Mais ne semble-t-ilpas relever surtout de la psychologie?Facis Psychologique,--Jollivet Castellott2) dans Croquis Philosophiqueset Scien-tifiques, montre que habitudes, religion,inceurs, littrature, artset sciences sont Ici rsultante des efforts de nos anctreset qu'ilnous est impossible de nous affranchir de l'autorit de l'hr.rlit,gardienne du devenir de la Socit dans letempst 3).La psychologie traditionnelleavec Ribot et son cole ci la psy-chohtpie sociale avec Gustave Lebonont toujours admis l'hr-dit dans sa transmission des caractrespspchiques(4).Auguste Sabattier, psychologue chrtien,se rvlera encorepluspositif en considrant le dlierminisme psychologiquedans sesmultiples aspects,est d'(ibord le rapport de l'hommeet de l'es-pre, de l'individu et de larace, de l'individu et de la collectivit,de l'individu et de la famille.I&dit que m'imporse le poidsirrsistible de la vie de mes anctres,ordure politique qui m'enferme dans ses rglements, coutume qui devientavec le temps,une seconde nature, tradition historique et tmoignage derues1) Eugne Pu ard-t es Raceset 1')listuire in tartace dHl)esni Derr.2) Jollivet e.astellotCroquis I'hilons,tp)tiguesetScienti)iqucs.9) On hrite dos propn)elis physiques deses ascrtdants,de leurs traits, deleurs caractres,de leurspassions, de leurs sympathiesouantipathies;de leursqualits, de leurs ddtatns intellectuels, de leurshabitudes. de la folie, de lamaladie. des tendances morales, dos apprteiatietts duesl'atavisme. )JollivetCasteihitCroquis scientifiques et Philosophiques).4) ].'individu est fils de son peuple. deson pays dont il ne taitqu'exprimerl'essence danssa forme puetieulire. Un hommeparticulier peut lutter commeil voudra, maisil lui est tort aussiintpassble de s'arracher son temps quede sortir de sa peau. Car il appartient ,#l'esprit universelunique, qui est sonpropre dire et sa propreessence, (llegelsAb'arke, XI1, 59).

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306semblables qui tetidcnt dans le temps et dans l'espace et largis-sent soc conscience personnelle jusqu'aux limites de l'expriencemorale de l'humanit qui dira les bornes que cet empire exercesur la formation de l'individu et sur le coursde ses destines.L'espce et l'individu, la tradition, qui est l'exprieuce du passet l'exprience d'aujourd'hui qui sera la tradition de demain, sontdes donnes galement positives et inviolables. Leur jeu rci-proque, les actionset les ractions qui en dcoulent, constituentla trame mme de l'histoire,. Nul ne s'isolera impunment de sarare et de son berceau social t I).lndehors de ce pointde t'ue,il seraitbon de corirlaiire lesinvestigationsles plustceniru de la science' urluquestioon.FacisAnthropo-sociologique.---Le Dr. Ren alaartial, dans Race, Ilrdit, Folie reconnat unetette valeur aux lments histoire et psychologie que la dfinitionde la race elle-mme ne se conoit pas sans ces deux facteurs. Puis-que histoire. psychologie. anihropo-hiolovre se sont combines aucours de la dure pocr confrer aux groupes anihrnpntogilluesleurs caractres diffrentiels.Il tt a plus. LesCaractres psycholo-giquessont sipuissants qu'ils aemllent mime. malurt le mtis-sage. domirxer l'atavisn)e(' t,Devant l'vidence de ces constatations, M. Martial s'est deman-d si l'hrdit psychiquecommel'hrditphysique n'a pas sort1)Aupastc Sahaitiet ,ii,, vart('t)orseinvil in Queiqueevues Monteret t ,ditinu.,w2) L'ducation vas plut que leennseniret n'estune f,'iequi annihilela puissance do t hci .lite(l)et. C. 1)rvainvil in V'r,du et Nevrure. page-0').i) (-nsme l'indique la n.m're de nos etudmnotre but esi de leeclseechrrles d
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1t:s tikHit'107substratum dans leschromosomes.Lai pathologiementale nes'expliquerait qu'euintrri+uytnt le pass lointain tirsanuitrnsSi dans les dmarchesde la race. le facteurpsyclacalogie recgiune telle importance, Martialconclueraquece n'est pas i lacouleur deses cbeveux,ni i l'indice cphaliqueque nous reconnaissonsles traits distinctifsd'une race maispar son histoire:cette bis.toire est l'expressionde la force interneque laracered'le, grce laquelle ellea tir sa forme propre del'isolement primitif,puisa atteint et prserv dans lemlange bariol despeuples niaspro-Ares Conceptions de la vie,Quelle conclusionressort de cette enqute'Pour lee anl'hropoloquesd'abord, ilya divergence.D'aucuns(et le plus grand nombre)accordent l'Histoireleo ss de per-ptuerles rit quelsmorauxaumurs de la dure:d'autres toutenle reconnaissantne ngligent pas le facteur Rare.Les psychologues eux-mmessont catgoriques; 17arr
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r;RIQTSrotkyat d tour..l'anglaisI acit&icain, lefranais, etc.. peurrccultseracn5i une ethncpren;ha: que.auxlicncidees de cesnorrrrest'ssentteiles et prccnscnrott'set clansnotreohiectnfaie u njdrer unep(rrctnnlu c'ci11t 'tcre cI'llt' lien.nous dat'rconsKciifl)cciCerparrntestaauc'r (tansl'hisiorrtde sesoriuinest41,Il q u plus. Comme unmcleetplusd'instabilit iljalorntrnoire (c'olulionpouraboutir la laillctede11)15. priccle tau cours delaquellenousnous sommesticartcsdul'avc ilenntrc' destin pouriouer. selonle tutti ch, Fruln'nucs,le rclle d'unecic'iliscNionautrequelu ntitre, il taitnaturelque, d 1instar(lel'aine ou de 114111e (5 ), nous iciierrouimismaintenant 1')tintocrenationalepourdlecterles causesdecrickherde tunare fi proropuerle doutesur icipunsihilitrs alv tout titi1 et de lut peuple pwttil ms,unrIi d,`psctsscntint d'un p uttlc sr.dicrstsrm pat l'abandonde si lang.a1 sa mcncct t,t de la,ns i:n s de samn tssC a:1.LaandnIlnsshniais,dt. X) sritiyu,snet retstI a ucrtp.r du 1tra,l.dlsiict17,.tshil isuluticunc insiVssl(s i7s h lsigieclnirallustian ala:'sydt ln,a Ithnssics m s.,eru.,latin ,pdogittr:1vrd tutu ("5I.I) Ill. AI ic s ras utdc ,tI t scccdu 1ldicu Ss,satsa detinitisun,sesi (riresR e% usltithr po 1eigurt(sta l64) Nous en ns acc v rsi5cist,lue. .ent uncntcnt1t s;pntRiss.tt rt'ilionlins,,n t(cs,in'l l l titi,1 sunna cc avant1tba s kc 1 ctu Is dei demograpille5suctle. tout unIniiitre au passe de1 Afrique.1 os1 sucse Sc1 cuis t (s 1),ttt)'csantsit en lit lait autanti 'est ausv le dis ipGnc .ilaquelle se sssunt t'.'utIii l ,nrtt dis 11,11111r51 nntin Ro/ dans xunlivre sur1 lm rijue. ic gu,eddans nic separe lie trasad5
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L1.1 S C;RWr3 nI3arls tu prochainexposde doctrine ettoujours conformmentci ce quiprcdenousferons l'tudesomaitco hisiorico-cul-turelle des soudanais, des iluinens et clos congolais, Nous tudie-rons* leur comportement respectif dans lit colonie et au cours de laguerre de l'Indpendance.Voil pour un elment cnlthrrt aolottcluc. formatif de la patio,nalit hatienne.D'autre part. nous rraviuagerons lu priode durtuee ale la colonisation. la qualit du facteur humain dont celle-ci per drive. (.u+houcaniers, les Ilibustiers: chasseurs (;u cumeurs (le amer. les habt")tues de la Salpetrire. tout ce tnaynm nais en contact avec le bired'Afrique pouvait-il donner rlais,ar>2e ttune communaut recoin.inondable par la hauteur de lu conscience collective et la grandeurd'un idal spirituel? N'est-ce pus ce lourd hritage psycho-bio(o.nique qui a alourdi noire avancement dans l'conomie mon-diale? (1) hi ces considrations nous amneront il faire tette (l-elaration essentielle que, faute d'une nouvelle orientation ale notrePdagogie sociale en vue d'amliorer cette mentalit d'essence co-loniale et de nous ramener dans Ici liane de noire spiritualit. nouscourons le risque de manquer notre ntissit,o clans l'histoire.Membres de la Nueiuu; d'rlistoire,rtde' C;Gagraphied'1layri,tlerrrbres de t'Jnstrrur intrntptrortrl tl`ilnrbrnp,huiede Paris.Al enrbresdetsrSi.. oud 1hnzr)rtrphie dr,l'.iris.I)..les 2 classes qui tirent l'uuipendaucc: les afuinchis et les anciensesclaves. avaient t partie intgrante de la socit coloniale et en avaient, peu.dant des sicles, subi les ides, les prcjugis et les passions. Cu ides, ces pr-jugs et ces passions s'ta ont tcorpors i leur substance morale: elles ne s'enlibretcnt point et ne pouvaient s'en librer par les -,nt+ayens de violence qui louapermirent de briser les draines de leur szrvitnde corporelle.Libres depuis1804 de la domination politique de la fronce, les llaitiens luttent jusqu`.1prsent contre la domination des ides et des mmurs sur lesquellesa vcu lasocit coloniale. C:omtnenparnn nouspensentetagissentcomice descotonsetenmtncrsPlusnombreuxsont ceux qui ont gard des(linosd'cactiives (C'estnous qui soulignons). jT auts l3eliegarde in Pages dl histoire -1?25).L ORltvll?R IM:NIS et Dr, l'hl,NOIS 1)UVAI.IPR,

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oii.an (le loiigtc et de MaliceCHAPITRE I13ouqui fumait lentement sa pille.Son large chapeau de paillereposait a ct de lui. Ses yeux vagues regardaient sans voir levallon ombreux o coulait un grand ruisseau assez riche en cre-visses. Son frre, Malice, appuy sur un bton, semblait soucieux.La mre (le l3ouqui ba+ssait chaque jour, et la rcolte de masserait ittattvaise.--l3ouqui, dit-il tout ,i coup, je crois qu'il serait bon deprparer une soupe pour maman. Tenez. (il tira une gourde desa poche), allez au march, o vous achterez vingt centimes deviande, dix de giraumont et quinze de vermicelle.l3ouqui partit, s'acquitta assez vite de ses commissions etAssis sur une chaise basse, devant sa case, les jambes croises,reprit le chemin du retour. Le soleil commenait monter. IPas de rponse, l3fray, il acc4lra sa:; marche, L'homme leretourna soudain et vit son ombre qui le suivait.-Compre, pourquoi me suivez-vous?Mais ce n'tait pas seulement la viande que voulait son pour.suivant, mais aussi la vermicelle et le giraumont que le demi-frre de Malice lana par-dessus spn paule.Hlas, les pas de l'hoinine taient toujours dans ses pas. liouvqui qui sentait se resserrer ses fesses, prit la fuite en jetant lerestede monnaie et vint s'abattre tout suffoqu aux pieds de Malice,--Eh bien, Bouqui, qu'y a-t-il? O sont lesonamisslons?---Ouaille, Ti-Malice, versez-moi un grog de fusill. Ouaille,j'ai d tout remettre ,i un assassin qui nie poursuivait, mme,l'argent, hlas;suivait pas pas.-Coiiip'ere, pourquoi nie suivez-vous?Celui-ci semblait sourd. Une sueur froide baigna B,t uqui,--Ah c'est la viande qu'il vous faut.13la! bien, voil.

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Sot, cette heure, il ne passe personne sur la route. C'taitprobablement votre ombre, imbcile. Enfin, j'irai moi-mmeaumarch, Vous,prparezle bain tide pour la vieille.l3ouqui se dirigea versle vallonombreux, y ramassa des brin-dilles q il amassa en un petit tas qu'il fitflamber. Ayant Emplid'eau une marmite,il la dposasur le brasier. Puis, s'tant baiss,il l'venta avec son chapeau,aprs avoirlongtemps souffldessus,Alors,se sentantfatigu,il s'assit,Quandl'eau eut bouilli. Bou-qui saisit vivement le rcipient et pntrantdans l'arrire pice,le vidad'un traitdans la baignoirde boia,La vieille, tenduesur une natte, geignait doucement. Son fils la souleva comme uneplume et la dposa dansl'eau.Les yeuxde la pauvresse s'ou-vrirent, et ses lvres s'cartant, montrrent des dents trs blanches,Bouqui, satisfait, recula un peu:0h! ohldit-il,'.'commetu escontente, maman.Tu veux toncachimbo, sans doute.Attends,attends, et se baissant, il ramassa un coco-pauvre qu'il enfonapresque de, force dans la bouche de la baigneuse.Malicerevint.-Et l'eau chaude?demanda-t-il,--01)1 oh! maman est au bain, et si contente, sicontente,qu'elle nia pri de lui apportersa pipe. Viens la voir.Pntrant dans la chambre, Malice, les bras levsvers le ciel,hurlait-,-Misricorde! Bouqui, vous avez tu votre mre.CHAPITRE; IlPeu aprs, Bouqui prit femme. Un soir qu'il prenait le frais,assis l'ombre d'un sablier, tirant de grossesbouffes de sa pipe,son neveuTi-l3aciuf vint passer. N'aimant point frayeravecBtiuqui, il fit semblant dene pas levoir.Oh! Ti-13oruf, qu'ai-jedonc avec vous?Vousne nie ditespas bonjour,-Excusez-moi oncle, jeu, ne vous avaispas vu.-Et la famille?--Bien, je vous remercie.Dites-moi, o habitez-vous?-Ma famille demeure sous un manguier,non loin de lasource.Pour moi,j'habite sous uncamittier,au bord de la ra-vine.

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Bien,bien, je viendrai vous voir un de tes soirs.I.esurlendemain,par une nuit sanslune, presquesanstoiles,Bouquise dirigea vers 1.1 demeure de soit neveu, pas avant cepen-dant de recommander sa femme de prparer une immense cita{ivdire.Il marchait petits pas. cartant prcautionneusement lesbranchettes. Les lunmignoaxts verts des coucouilles, les barbes blanches du cotUSnnier balanc par le vent l'effrayaient. Une fresaicqui fini le lit frissonner. Un grand corps apparut tout-,-coup,vaguement. Bouqui allongeait doucement la main, IQrsqu*unmagistral soufflet lui enleva quelques dents.lchant unpetqui rsonna contrite tin tambour arada. il prit la fuite en hurlant.Si femme bouleverse lui prpara un ath-saisi{ qu'il avala,aprs un grog de cinq doigts. Le lendemain, il tait devant sacase. la mchoire bande, lorsque `i"i-l3teul vint ,i passer, qui luisouhaita le bon jour d'itn air doucereux. une pointe d'ironie dansle coin de l'ceil.-Bonjour, grogna Rouqui.Vous tes malade, Cher oncle. Pourtant hier, vous tiezbien portant,-----Je n'ai rien... rien.Au revoir, cher oncle. Bonne journe:Adieu, et Bouqui, se tournant vers sa femmequi venait desortit, lui dit; Mfiez-vous de cet animal de TiBteuf,qui sent-l)le, le voir, pouvoir peine craser une fourmi,.C:'est un loup-garou dangereux. Il se change en tigre la nuit,C liAPITR1.:111Bouqui etMilice sechamaillaient sanscesse.Celuici,rsolud'enfinir, couvrit 'l'anteAvline consentanted'une peaude cabripuante,grouillantede vers.I:ilealla passer devant lacase detBouqui.-Oh: oh,),,, Tante Aveline, est-ce bien votas? TanteAvltc,qui donc vous -a fait cc mal.? s'cria 13ouquien se bouchant le nez.-w-Malice, Qui,-Malice! c'est donc un hommebien redoutable, Dornavantje nie garderai de lui chercher noise,Le lendemain, au pipirite chantant,BQugtti courut chezle pr-tendu;, hougan.,

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Compre Malice. ilion cher, oublions nosquerelles. Vi-vons en bonne amiti. Pour fter notre rconciliation,demainnous tuerons maman (titi hougan l'avait ressuscite au momentiie l a mettre en bire i et 'nuits la mangerons; ensuite nous feronsde mme pour la tienne. Le lendemain donc, la malheureuse futhache et mange la sauce malice, Le surlendemain Malice en.ferma sa mre au haut d'une tour, lui recommandant de ne pointparaitre, moins qu'il ne lui chante cette chanson:Maman, maman. die maman, fil corde,ctri MaliceAlntandia, almandiacli Malicefilcorde.Alors elle filerait une marmite qui remonterait avec la nour-riture et la boisson ncessaires.Un moment aprs. l.3ouqui vint.Bonjour, Malice,Bonjour,Bouqui.-. Eh bien, et la chose?',-Quelle chose? Foutez-moi la paix, ou je vous fiche dans lemme tat queTante Aveline,Bouqui se retira tout mortifi et la rage au cocur,Un jour, cach derrire tin gros mapou, il surprit Malice quichantait ait pied de la touaMaman, maman, alli maman, file cordececi" MaliceAlmandia,,almandiciceci Malicefil corde.Awssitt la marmite descendit et Malice la remplit de metssuocculcnts. Bouqui s'en alla, enchant de sa dcouverte.Lelendemain il revint, au soleil devant, et contrefaisant sa voix ilchanta,Maman, marna'n, adie maman, fil cordecti MairieAlmandin, almandincti Maliceri l corde.C'

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Il tait persuad que sa chansonavait la douceur d'un,cflte.cependant qu'=onl'entendait dans laGuinc, comme it?? Orage'-Aluni'hum: se dit lavieille, ce n'est point lavoix de monfils, A d'autres,coquin.Vainement Bouqui tentad'assouplir son larynx.Ce fut bienpis, Il-revint lelendemain, le surlendemain.Peine perdue. Ce-pendant Malice tait aucourant de son mange.Aussi un matin,que son demi-frrese morfondait aupied de la forteresse, rnarchant doucement,pas feutrs, il luibanda vigoureusementlesyeux et lk+couvrit d'une peau decabri, tout puant.Persuadqu'il tait devenu dansle mme tat que tanteAveline. l3ouquiperdu prit la fuite.biurlantcomme un damn.CHAPITRE IVUn jour, la chasse,Bouqui cassa l'ailed',un roisillon, d'uncoup de fistibal.Il en fit cadeau unenfant qui finit par le tueren jouant.Le lendemain, Bouquivint rclamer son ois+llet.--Commuent, dit lamre, n'en aviez-vous pasfait cadeau l'enfant? :Du reste, lepetit oiseau est .mort.-Je n'en sais rien,remettez-moi mon bien.bien! prenez un mouton sa place et ne revenezplusici,1.e lendemain Bouquirevint,-Mon oiseau,Mais nenous vous avons pasdit hier qu'il tait mort, etn'avez-vous pas pris unmouton sa place?-Je n'en sais rien, monoiseau, il .me fait monoiseau,_Eh bien; prenez un autremouton et ne revenezplus.Ce fut ainsi sixfois de suite.Ce jour-l, le septime jour,Tigre vint passer ets'tonna de la disparitiondes btes.-Hlas! dit la dame, Bouquin?'a tout enlev, pour un mis-rable oiseau demimort qu'il donna monfils,11 ne me resteplus que ce seul mouton quevous voyez...--.Voulez-vous me le donner,madame, et je vous promets queBouqui ne reparaitrajamais plus devant vous,.-Prenez-ledonc.Ayant corch la bte,Tigre le dvora et se revetit,de la peau.Bouqui ne tarda pas,

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Madame,il triofaut 111011 oiseau._Hlas! Bouqui, il ne mereste talus qu'un seul mounez-le.Sans regarder i droite, ougauche, 13ougtti chargea vigou-reuscment son mouton. I-lum.blini' se dit-il, ce mouton estgrascomme un cochon ".il y tri a bien pour deux jours, (,*'est niafemmequi seracontente.Elle se rongera les doigts forcedesucer.lient:.hena.vous lie vous douta pas de quelgros ngrevous tes porteur. l3ouquis'est le gnral "l igre...A ce nom. i3ouqui bondit commes'il avait t piqu par unepingle. Du plus loin qu'il pitt,il cria sa famille qui l.renairleTrais devant sa porte: Fuyez mesamis, vite, vite, ce n'est pasun ratouton que je porte,niais bien un Tigre. Ce futaussittrote fuite perdue.Femme, enfants se suspendirent unmadrier.Arriv d vont la maison. Tigre s'assitpaisibl'mentsur ses pattesde derrire, attendant que lesmalheureux -tombassent commedes fruits mrs.-Papa. papa,criait le dernier enfant de l3ouqut, mes maorisn'en peuvent plus je vais tomber...je tombe.Tigre, d'un coup (le patte lui cassales reins. Ce fut bienttle tour du deuxime, du troisime,dit quatrime enfant de leurmre.Botuqui navr contemplait safamille anantie.Ilfutdvore avec toits les siens.Quelle ne fut pas la stupfactionde Tigre, le lendemain,aprsavoir fait son besoin derrire unbuisson, de voir l3ouqui ressusroitc dtaler toutes jambes.Cari 131 C)UA121)(il kttit're`

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Ethnographie.Une Crmonie enitHonneur deDaniballah(1)laquelle reposent deux c>:ufs, un pot blanc contenant de l'eau etdeux tasses blanches dont l'tule de caf amer et L'autre de cafCette crmonie a ct organisepar une famille hatienne dontles membres sont des adeptes ditVaudou.Descrt`ptron de l'Autel et des Offrandes.r--Une grande table est recouverte d'une nappeblanche au centrede laquelle la mambo dessine une circonfrence avecde 1.1 farinede Prince et de la farine de mas mlanges.Et a porte de lamain se trouve une clochette. Sur l'autel domine unegrandeimage reprsentant le Moise de la Bible,Les rruits.--lls sont de toutes sortes. ahana ( 2), figue, orange, grenadine,etc..Pat sserie.Celle-ci est reprsente par des gteaux. des drages, des pru.ales, du sucre d'orge, des confiseries, destablettes de pistaches, unpain rond. Ajoutez enfin du fromage, des pistaches et du masgrill.Voici une soucoupe blanche remplie de farine de Prince danssucr. Dans urge soucoupea part, la mambl dptzse un morceaude pain arrosed'une rasadede vin blanc,'ctici enfin un verrede vinblanc et une tisseblanche pleine d'eau bnite tenant en[)en>', 'bouteilles de kola, un flacon de liqueur de couleur trolls.parente et non alcoolise.suspensionane tige de basilic.13t13ssotas,--,11 tans la tradition ltaitienue, ectte ccrcnnunie est connue sous le nom de12uxsert 1)arnballahPour e qui rnneertle la teligian de laquelle relve ce rite,,,insulter le 2me. volume des Critwts.,?l1-'auanat est divis en de niultiplts iranchettes.

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l...LSC,l7fr,i'!'S317Les tlrtielcs du dessert.---Riv, au 'lait, vermicelle iu lait, farine au lait. bananes nitresfrites recouvertes de sucre et reposant dans une assiette blanche.Distribution du Ment;.Les bouteilles de kola sont symtriquement disposes.Pain,fromage et les articles du dessert sont placs dans un ordre sym-bolique ou s'alternent. Garnissent aussi la table. des soucoupescontenant des morceaux de pain arross de vin blanc,lit faisantvis--vis avec le chromos de Mose un chandelier portant unebougie blanche. Devant ce chandelier, on remarque un petit rci-pient d'huile d'olive o baigne une mche allumes 31.Sous la table et mme le parquet, la nianibc place une assietteblanche remplie de mas grill addtionn.' de pistaches grilles etde tablettes de pistaches. A l'une des extrmits de cette table ettoujours sur le sol, on voit une assiette -remplie d'autant de mi-clies allumes qu'il y a de membres dans la fiiiiille.Ceux-ci enles fabriquant -doivent formuler leurs demandes au Tout-Puis-santDaniballah.Sur le sol figure truc circonfrence faite defarine de France.L'Office divin,-Le front ceint d'un foulard de soie blanche, la Prtresse de-vient trange,Voici l'extase,lbo la possde, Poignes de mainaux assistants. L'ambiance s'iiiifrrgne de niysti:-e"lbo ou laPrtresse jette un regard sur l'Autel, les offrandes et les bouquetsde basilic et de rose qui embaument l'air. La satisfaction se tra-duit sur son visage dans un sourire resplendissant. Mais elle netouchera a quoi que ce soit, le dessert n'tant pas donn en sonhonneur. Gentiment. Ibo explique: rt l'arrive de l)amballah, ilparlera un langage inconnu des vivants. Lui seul, Ibo pourral'interprter et fournir les explications ncessaires. Ibo qui, dansle Panthon vaudouesque est un mdecin acctiuchetii, donne desconseils aux gestantes (le l'assistance.lit maintenant. c'est Daniballah qui envahit la personnalitde la Prtresse. Ce Damballah est un dieu appartenant la raceblanche.1. 'tranget atteint ici son point culminant, Voici lamamliii qui, par ses manires raffines, voque une civilise de3 iCelle i dyit itre hl'ri.jn e Iraele chef de famille.

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.1. :hu des poignes de main etremercieVieille souche. laierstrlc rnlonieuscmcntpuis s'adresse en unlangage sotrique 1'3s4ui ne comprend rien.nceq.oA l'aidede la tige de basilicimbibe d'eaulie.elaamlaallall cabnite, il asperge !'Autel.la maison et lesadeptes.Saisiss fitla Clochette,il1'al.ite.Iin trois fois et tenantleslaresouverts, il baisel'Autel.Iii ,alors. l tendensuite la sotlcoulaecontenant du pain etdu vin chaquemembre de la famillequien prend un iiorceatt,(-est la Sainte Communion.Deu,ime Phrase del'offlccDDit.'in -l.a communionLcrluinc, Damballalamarmotte desOraisons,excute en silence desgestes ritu(clsamples et majestaietlx.1:t lamesse est dite.LDanmallah va s'asseoir ettmoigne sa satisfac-tion tout le monde.Il se retire.Matresse Lirruliepcrsgcde alors la manib.Nouvelle trans,formation dans saphysionomie et de toute sapersonnalit.1ln'enest pas ,jusqu'lai sciure qui ne soitchange. Se revtissentd'une robe bleue, ellejpa4s4 aux doigtsdes anneaux d'or et separfume. A noter qilirrulie est la Matressequi accompagnetoujours O,amballah.1111.' est d'une gaietfoutre. Loquace. elledit: 4 )aniballah est undieu blanc connudu plus lont.ain des,figea,S'il e pass en Guine,il n'y a pas demeur.Il vous estl excusel'ignoranceulsadi,evenu. rrlitet aile.de tris loin, cede mes protgs puisqueles .anciens sont morts etlnev,)us ontpas dvoil certainsmystres. Vos pchs vousseront t. mis.i amb tlliila est satisfaitdes oil rAidas de1:11e lit en outre quela famille et quegrand biendoit luiarriver. Mais tous les cinqans elle devrarenouveler le devoir saer.1r plie est causeuse ettris coquette.Ses faveurs ne s'adres-sent qu'aux mles.l't'as v:,li ici pou nou.W dam, c pou les11le nz stria p1'sa114.', "tirMtesaames. nais bienpour les lwnnvfl ''.

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Conseils sur la rpartition du Menu.Tout d'abord, Erzulie commence elle=mme enfairela dis.tribu,4ion. Prenant les deux neufs elle en donne un au chef de lafamille et l'autre une dame -de si prfrence qui reoit en outrel'assiette aux Sept mches dont l'huile ex'purge sera utilise Parelle en massage. 11 est expressment recommand de garder intactle menu ainsi que le luminairejusqu' l'aube.Dslors,le chef defamille, aprss'tre tremp un doigt dansdu, vin blanc dessine sur un pan de clture cinq barres reprsentant les cinq annes aprs lesquelles le devoirdevratre renouvel.Erzufie prend ensuite dans chaque plat un rien de menu qu'elleprojette dans la direction dos quatre pointscardinaux. Les metssont 'enfin partags entre les membres de la fantiille.Il en est' demme de la provision de basilic dont une moiti revient auchefde la famille pour la prparation d'un bain ditbain feuilleetl'autre une daine Cie l'assistance.Le jeudi tant le jour consacrMo se, une petite lampe ditelampe ternelle demeurera allume son intention.Enfin, l rzplie exprime une dernire fois sa satisfaction per-sonnelle, celle aussi de Dantballah et regagnel'Olympe Vau-douesque.LORiMRlt DRNIS et Dr. FRANOIS DUVAl.ri4R,Membres de la Socictt,f d'Ethnographie tle Paris.

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SociologieJuridico-Religieuse.NotreMilieu Humainses TransesConfessionnelles traversl'Histoire et les InstitutionsLa rechercha des causes explicatives de l'instabilitde l'hatiendans la voie de l'volution demeure le plus irritant desproblmes.[,'thnologue ou le sociologue reste confondu devant lesriches-ses naturelles mais inexploites de cePays, qui occupe pourtantune situation privilgie, enviable et mmeconvoite dans le bas-sin des Carabes. Eu gard sa position centrale par rapport auxles qui l'environnent, dominant le Canal de lanina, Hatidevrait tre, cri effet, ale phare avanc de la civilisation danscette partie du Monde.Donc le milieu physique, ou mieux la pu iticnn gographiquene saurait tre un lment de suspicion, emore moinsd.'incri-mination pour celui qui s'aviserait (le recher4lher les causes denotre instabilit, de notre pitinement.Quid du, milieu humain? C'est ici que le problme se corsepour revtir un caractre dramatique.Nous croyons avoir dj dit dans une prcdente note que lacommunaut hatienne est une rsultante, pour tre plus expli-cite, titi produit htrogne d'lments ethniques diffrents.Lenouveau groupement, vraie cration artificielle, aura ncessaire.nient affronter des difficults dues des causes tant ethnologiques ou internes qu'anthropogographiques ou externes avantde se constituer en Nation. Groups en corps politiques partirdu 1 er. Janvier 1804, les Hatiens au lieu de s'engager dans lavoie normale de l'volution, de se dvelopper conformment leur gnie naturel, ont prfr s'attacher.aux institutions de leursanciens matres estimant peut-tre que rien de noble, d'lev nepouvait venir du ngre ou du mtis. Et dire que jusqu' ce mo-nient encore nous sommes affligs du complexe d'infrioritraciale.C'est maintenant l'occasion de faire une mise au point pourviter toute quivoque.

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Loin de nous la pense de prcher le retouraux tribus afri-cailles. Il n'en saurait tre question bienquerien ne nousautoriset Croire que nos masses reprsentant approximativement lestroisquarts(le la population hatienne soient en avancesur tous lespeuples de l'Afrique noire. Toutefois il reste avr qu'ennousagglutinant toutes les institutions rpublicaines de la vieilleEurope, nous avons commis l'errent la plusgrave qui devaitalourdir notre marche durant plus d'un sicle d'histoire. Loind'adopter Itniquenient les dcouvertes, les ralisations ma$-rielles de l'Furole, nous avons prfrnous croire dessais colors, faire de notre liys une Province franaise.t 1Si un Belge ne ressemblerajamais un Franais, la diffrencesera encore plus grandeentrece dernier et l'Hatien, malgr l'opi-nion d'un intellectuel hatien qui n'a pas craint d'affirmer quenos moeurs et notreculturesontfranaises,que seul le sang'nousrattache 3 l'Afrique, Une allgation de ce genre serait admis-sible s'il pouvait tre dmontrquecelui-l descendparthtnofti-ntigtioti7entd'une blanche.Ce n'estpas lemoment, pensons-nous, de faire des rcrimina-tions Nos dmarches sont, j urement scientifiques. Elles tendent la dtection de la vrit, au mpris des doctrines de laine,ouparticularistes.Il serait aussi injuste de trop prendre i partie lesouvriers de notre Indpendancenationale,qui au sortir de leurlutte pique, ont t.ru bon, par une dforntatiott peut-tre de leurejugement, de refouler, de stigmatiser tout ce qu'ils portentenC 11 Noirs dplorons la navet et la simplicit avec lesquelles certains lit.arateurs de elt.,z nous abordent les questions les plus ardues d'ethnologiecultu,IclIe. C'est ainsi que M Dantcs 13eliegarde bien connu la Socit des N,tions pour son talentd'orateurvient de nous canf,ree la culture franaise.par le fait que notre dite intellectuelle parle le franais.C;'est la thse qu'il asoutenue i l'institution Yves 131oncourt dans une confrence sur Race et C:ul-ture.prononce i l'intention des jeunes filles de cettatlissenrent...,-_Nous avonst dsagrablensesu surpris de lire par la suite l'argument qu'il propose d'unpsychologue franais i l'appui de ses dires. Quand M. lnttle 13oirac pense queles franais de son temps ne;drffrcrtt pas de leurs anctres, vu qu'ils Sc serventde la langue rn,nu+ de ces lerniers. l'crivain hatien sans nul effort mentalsaisira l'argumentation pour l'offrir en cadeau a la communaut ngre d'ltati.M. Ilellcgarde qui a toujours joui d'une belle rputation dans certains ntiliettxintellectuels se doit de la justifier a une poque ou les crivains scientifiquesde-viennent plus esigcants.1 es disciplines scientifiques ont leurs normes et leurmthodologie,Notrg, nous reservom en temps et lieu, de signaler la lgret avec laquelleles problmes d'etntolugie et de culture sont considrs par des simplistes tropconfiants en leurs connats'sances livresques.

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eux de grand etd'humain,Cette anomalie d'un peuplequi sesent diminu ausouvenir cle son origine ne peuttre exlahcluequ'en c9nsidration du milieu colonial.Mais est-il vrai que les Fondateurs dela Patrie croyaient aveu-gltnentla supriorit des Matres qu'ilsvenaient de chasserde Saint-Dontingue, autrement dit,acceptaient-ils leur propreinfriorit congnitale au point de croirequ'ils ne pouvaient eux,mmesorganiserle nouvelEtat?Cette conviction que nousavons de notreinaptitude,ne l'avons-nous pas acquise parlasuite du fait d'une dviation de notreidal, engendre par l'in,tronisation chez nous de mythes touttfait trangers notreethnie?Le sociologue qui voudra s'en faire uneide ne reculera pasdevant la lourde tche d'interroger lepass de ce peuple, de 1818nosjours...11 n'y a pas de doute, ces nouvelles donnes sont1 examiner dans toute tude srieuse de laCommunaut ha-tienne,Maisil n'en est lias moins vrai que le milieu humain--de parla singularit mme de sa formation ajoutel'influencepsycho.sociale,fut unterrain propice au dveloppement detout germe mortifre ouparalysant venant del'extrieur. Viruscancreux au flanc du nouvel l3t,at, lesinstituIions rtpuNftcufraes,les croyances clmocrut ques avec lesquelles nousn'avons rien decommun se rvelexont au coursde la dure des ennemis jurs denos massesamorphes, abat,ardies,sacrifiant clandestinement leurs dieux-lares, tantt avec la complicit lu Chefde Section,tantt sous l'oeil complaisant du fonctionnaire tout-puissant.Mensonge est tout cet talagedmocratique,vrai bloc enfarinest ce ngre cach sous les veloursdes moeurs et des coutumesgauloises,Le voile tc:;9abe pour peu que l'on "fassefi de touteapparence, pour peu que l'on s'engage dans les confins de nosmornes. Notre lite intellectuelle elle-mme sera aveugle parla profusion de lumire venant de l'Occident au point qu'il luisera impossible de rpondre sesdevoirs vis--vis de la niasse,Lerobleme hatien est un problme psychologique et moraldont surtout est responsable le milieu colonial,11 ne sied pas de reprendrel'argumentation,vu que le pointest acquis auxdbats, tetl4nt l'affirmationdu mtissage dansleurs Pays d'origirie des 5rlrres formant la clientle de Saint-

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Domingue,Un effet, ducontact de ceux-ci avec d'autres lmentsethniquesnaqutun lment nouveau, vraie ethnomorphose desgniteurs en prsence.Avant de pousser plus avant dans cette esquisse,nous nousarrtonsun montent pour envisagerl'organisationsociale deSaint-Domingue,Nous sommes la veille de la Rvolution Franaise de 1789,Dj le ferment de discorde couvait dans toute la Colonie, dis,,corde existant entre les blancs eux-mmes divissen grandsblancs et petits blancs. Si donc la sgrgation sociale s'estop-re entre gens de mmerace,il est naturel que l'esclave fut con,sidr contnae, une marchandise de mauvais aloi,et l'Affranchibanni de la socit blanche, Naturellement, la classe interm-diaire s'indignera avec raison du traitement qui luiest inflig.Ne ressemble-t elle :pas, sous bien desrapports, la classe doaati-nanteQuelleque soit la couleur del'Affranchi,aussi prs qu'ilse rapproche du blanc, il sera tenu l'cart, parce que la blan-chcur de la peau ne sera pas l'argument suprme, suffisantpourconvaincre le matre d'une galesupriorit.Le problme pource dernier sera un problme de srologie et d'anthropologie. Etcet aspect de la question restera longtemps encore cachaux plusaviss des observateurs.( I l l y a des mtis trs clairs qui, anthropologiquenaent, sontplus prs du ngre que du blanc, comme il se rencontresouventdes mtis trs noirs dont la physionomie rapproche celle dublanc.Doncngres,ils le resteront et._,seront traits comme telsparm me le blanc contemporain jaloux de la puret de son sang,Quant l'esclave, son cas tait rgipar leCode Noir, en at.tendant l'abrogationde cet acte abominableau triomphe de laRvolution.Comme on vient de le faire remarquer sommairement, lesclasses cl-lient leurs statuts juridiques, taient dlimites dansleurs compartiments respectifs. Mais la cloison n'tait pis aussitanche quele ferait supposer l'attitude jactancieuse du Matre,puisque en maintesfois,il tait surpris avec ses prtendus inf-rieurs sacrifiant l'amour au fond des Ateliers. Un tel climat

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114moral tait propre i l'closion de tousles vices.Est la Coloniene manquera pas d'entirer partie.[fille les conservera avec unsoin jaloux pour les transmettre sousforme d'acquets sociauxau second Etat libre et indpendantde l'Amrique.'l'out dans l'ordre humain sera considr par-lasuite en fonc-tion du canon grec. Ce qui est l'expressionnaturelle de notreme sera mpris et mme sanctionn par nos lgislateurs.Avant de suivre l'Ila'itien dans ses ractions, dans ses tenta-tives de reconstruire les cadres, prcisons sa situation ethnolo-gique par rapport aux autres lments de la symbiose dont il estla rsultante.Il n'l u pas de doute que malyr son mtissage biologique. lerameau hatien est plus rapproch del'lment tgrode,Puisque ce niiti-ssagc est acquis, devons-nous admettre les ob-sera'at'#ans du Professeur 11ellpach soulignant chez les mtis lephnomne psychologique appel tensionsracialesou choc dedeux mes ethniques diffrentes, se dramatisant dans la dyshar-monie? Nous faisons nos rserves jusqu' plus ample inform,Mais toujours est-il que le nouvel I;tat qui vient de natre, mal-gr le massacre et la haine apparente des Franais, accordait ungrand prix aux institutions dmocratiques de ce dernier.I,ntconsquence, il adopta le Christianisme, Religion des anciensMatres, et faisait la guerre tout Culte souponn d'origineafricaine.Voici l'explicatii)n de ce comportement singulier.1 es ngres africains, une fois introduits Saint I)omingue,durent rompre avec toutes les anciennes habitudes contractesen leurs Pays d'origine, Le Code Noir prit soin de rgir leurnouvel tat,Dans quelques-unes de ses dispositions, ilfat ilfense aux Noirs de s'adonner toutes pratiques superstatitiuses.Automatiquement, sans avoir eu bsoin d'exprimer leur dsirde conaversiaaia, ils taient endoctrinsmanu militari,ait mprisdes prceptes de l'en elg]lem' Sat de la Sainte l.;glise C'all)ashqueApostolique Romaine. Et si dans l'ordre cca]afessi an]iel, la aaaesure parait choquante, elle est d'une opportunit incontestablean point de vue des intrts de la Mtropole.

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Le Code Noir est donc le premier instrument juridique rgis-santles NgresdeSaint-Doniingue.Il n'est pas ncessaire d'enexprimer le contenu, puisque son conomie se trouve condensdans lesdispositions relatives aux Occupations de l'esclave dansles habitations et les usines, la prohibition des c rpit>nes ri-ruelles animistes. Mais on se demande en vertu de quelle loiiologique allons-nous rencontrer cette mme prohibition dansla lgislation que l'esclave d'hier aura dicte pour rgir sa nou-velle condition? Question difficile rsoudre, d'autant que nosl'res, aprs le geste symbolique consistant arracher la couleurblanche du tricolore franais, avaient jur de combattre ou demourir plutt que de vivresousla domination de la FranmNous nous empressons de dblayer le chaos pour viter touteconfusion, pour ne pas prter .4 nos Pres une pense qu'ils n'a.voient pas nourrie, l;n prenant la dtermination de combattrela domination franaise, ils entendaient prciser que le Franaisne fouleraplus le sol enconqurant. Ils se rservaient d'adopterla langue et les croyances cil honneur.Malgr cette mise au point, nous avouons que la questionreste entire,carune chose est l'adoption d'une langue, d'unecroyance, une autre chose est la dominationspirituelle d'unpeuple par un autre peeuple.Malgr encore les prescriptions formelles, impratives du CodeNoir, l'esclave ne sacrifie-t-il pas, mme irtrieurenaent,sesdieux d'Afrique? Notre rponse ne peut tre que l'affirmative.lit sa foi aux divinits ancestrales se manifestera d'une faonostensible dans la nuit du 14 Aot 17()l mi Bois C antan ofurent runis les esclaves sous la conduite de Bookman, prtre duVaudou. l. on fait venir le cochon nt ir, Une vieille ngressese dresse. les yeux injects de sang.Une chanson douce, mo-liante secoue les assistants qui ramassent 1 11 aussitt le couplet.La prtresse s'branle, pirouette. tire son coutelas, le plonge dansla gorge de l'animal qui vite s'immobilise. Le sang gicle.Il estrecueilli. puis distribu aux Suisses. Ce lut la communion.Immdiatement ils volent en campagne, se ruent en triompha-teurs dans la Plaine du Cap. Les blancs sont gorgssans autre1 t iL.t.iunau; rcntttl. Vici'n'.rt,,,n sans in.1i'cnc qui si{ nitier,l+rar
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forme de protcbLe lutles esclave. sut leurs Maemiere victoire remporte parils la durentd'aprs eux lafoi qu'ils avaitnt en leurs dieux.Pour ceu> qui tenteraient de qualifier de barbares. de basuperstii ontla crmonie ei'dessus rapporte, nousextrayonsdu beau Loure de Monsieur C.eroy. t.tt Religiondes Pritiiitifs, lesliassalr`s suivants.Au kilimaNDjaro, j'ai ct tmoin d'un sacrifice intressant.Les indignes de Marangou. menacs d'une invasion par ceuxde Kibosho, turent un soir, un magnifique blier, et, au milieude diffrentes crmonies, de clients et de prires,ils firent del'animal quatre parts, une pour dieu, les esprits tutlaires et lesmnes. qui fut entirement consume. une qu'ils mangrent, unequ'ils abandonnrent prs del aux btes de la terre et une qu'ilsoffrirent aux oiseaux du ciel, afin nie direntils, que tout ce quivit piit communier avec eux dans une alliance gnrale.Ils en-tendaient ainsi s'associer tous les esprits et :i toutes les forcesmystrieuses et protectrices de leur pays pour rsiste leursentietnis,iwt j'avoue que j`ai trouv cette ide trs touchante littrs leve.J'avoue de mon ct, vu le caractre sacr dont est revtue lapersonnalit tic Monseigneur Leroy, la confession,laquelle ilappartient. que j'aiiirais souponn le grand missionnaire franLais d'ironie .lux dpens des croyances africaines sije n'avaispas lu tout son livre, retenu sa thse et accueilli tiiinie ses pointsde vue quand ils restent dansl'ititraptilatitin.U c livre estcritavek un esprit d'objectivit et d'impartialit, auquelliree de rendre hommage,:kNous venons denoter larrtntintedu Bois Caman oift1.1 premire fois dans le, Annales de l'esclavage ,Saisit'C)otiiiril;ue les Suisses pt%entcrent l'offrande aux esprits,F ri sera tFi;.ton jaur, de mme par la suite, ou pour mieux prciser lapense,les Noirs une fois librs, p nseront ilS lever leurs 'r.is':ine.,la hauteur d'une religion stiprietire, les dbarrasserdes gangs ,,qui les ctinniallt,tent: la magie et le, autres formesstgieratitau,ts'

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La Rvolution Pranai,e triomphe en Europe. Partout il estaffich en grande pompe la dclaration des Droitsde l'1rv1; mmeet du Citoyen. lin consquence de cette dclaration l'esclavagedemeure aboli dans lesColonies. Le CodeNoir devient lettremorte Saint-Doniingue.Entretemps le futur Mat d'llaiti connat diverses commotionspiolitiques.Tout coup un lioninme surgit.Il prend le Pou-voir, elabc.re la Constitution de 1801. 'l'oussaint-Louverturerigine africaine, les ractions du Premier des Noirs seront vio-lentes, Un de ses plus braves soldats,le divisionnaire Jean-Jacques Dessalines fera passer au fil de l'lie les pratiquants duCulte aboli, En agissant de cette faon, le futur fondateur del'Indpendance d'Hati tait en communion d'ide avec le ccnis-tituant de 1801.Toussaint s'tait rvl l'ennemi farouche des dieux africains.Les lois en vigueur l'poque reconnaissaient la seule dominationde la Religion chrtienne. En ralit, Toussaint-l.ouverture fut-ilun grand catholique.' Mme si d'autres le contestent. rien nenous autorise douter de sa sincrit, bien que son moidbor-dant, son avidit dmesure, nous empche de concilier les de-Toussaint ii'accepetera pas une position infrieure. N dans laColonie, il en aura les qualits et les dfauts.Il sera faonnsuivant la potentialit de ses antcdents hrditaires et l'emprisedu milieu psychosocial. En face des pratiques religieuses d'oles officiers blancs. Sur aucun point dit canon grec, le vieuxse rvlera un gnie malgr les difficults qu'il aura r>ncontres.Il exigera toujours de ses officiers la tenue correcte.Il les auraaussi humilis en public en leur faisant injonction de se modeleron ne serait pas fond le dsapprouver. Ne marchait-il pas4isous ledaisen compagnie du Saint-Sacreniertt'noirs et obligations de l'humble chrtien avec les honneurs r-servs au seul ministre du cultecatholique. Le Grand Vision-naire semblait vouloir apprhender toute la somme de spiritua-lit dpose par les sicles dans la Race Blanche pour mieuxcombattre et dpasser les reprsentants de c?t,tedernire.lit dansl'hypothse d'une pareille aspirationde la jjart deToussaint.

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dportationciu Premierdes Noirsune ftiisaccomplie,s'ouvre l're du dsarmement gnral.gnr.atettr des luttes man-cipatrices.L'indpendance nationale estproclamce.Ds lors,nos Pres avaient-ils consenti n'..dtspterdes liuropens quel'einstar du Peupleurs inventions tIpour. ;alconforts,,..rs',arcbouicr leur patrimoine spirituel'Ont-ils tJaponais,dvics. comme pensent des crivains trangers,de l'axe de leurvie?Si l'on songe, de l'indpendance nosjours. au nombre (lelois d'interdiction frappant l'indigne dansl'exercice dit culteafricain, si l'on fait la numrationdes cas d'infractions jugs parnos tribunaux, on admettra que cepetilple a vcu et vit encoredans une vritable transe confissiannelle. Souhaitonsqu'on parvienne le tirer de l'aventure.Nous avons dit que Dessalines avait en horreurles pratiquessuperstitieuses d'origine africaine et quec'est avec une rigueurinouic qu'il frappait les contrevenants.A la vrit. il ne fut pasle .settl ragir contre c,s procdsbarbares (le l'Africain.Luiaussi, Christophe, il se htera de s'c.n dbarrasser enlevantladignit suprme le Catholicisme romain, serservant l'autoritpapale de confrer le rang et l'autoritclsiastique aux prtresqui se trouvaient dans sonRoyaume.A partir donc de 1,804, la Nationhatienne aura offert lespectacle le plus troublant aux sociologuesamricains et etrro-pons. Elle aura combattre sur deuxfronts:I o. contrel'homme blancpourla sauvegarde (le la libert lel'hommenoir,2o. contre les religions d`essenceafricaine pourle maintien dela plus lause spiritualit, le catholicisme romain, rsultatdes sicles de civilisation auxquels .sotie pat sentisles re-prsentcrnts de lit Grande Racehurupctitle.On nous excusera de reproduire deuxarticles de la Constitu-tion Rpublicaine de 1806:Article 27,-Aucun blanc. quelle que soit sa nation, ne pour.rimettre le pied sur ceterritoire titre de matre oit de propri-taire.il 1Ni, t), Klek user. t."Attique ,Voire

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Article 15.-LaReligioncatholique,apostolique et romaine.tant celle de toits les hatiens, est la Religion de l'1` tat,Billesera spcialement protgeainsi que ses1iinistres.Voici maintenant quelques unes des dispositions du Codepnal dontune sera modifiepar la suite par le Dcret-l,cii du5 SeptembreI S 35, lesquelles dispositions sanctionnent les pra-tiques superstitieusesArticle 105. -'f'ousfaiseurs de ouangas,capoulatas, vaudoux,donipede. iiiacsand,als et autres sortilges seront punis de trois six mois d'eniprtst?rinement et d'une amende de soixante gourdes cent '`incluante par le tribunal de simple police. et cri cay dercidive, d'un .riipristintiement de six mois ki deux ans set d'uneamende de trois Lents gourdes mille gourdes par le tribunalcorrectionnel. sans prjudice des peines plus fortes qu'ils encourraient raismn des dlits ou crimes par eux comiiS''s pour prparertiti accomplir leurs malfices.pri. 26 et sitiv.. 30. 38.tues danses et autres pratiques quelconques qui seront den,atLLte a tintretenir dans les populations l'esprit de ftichisme ettic superstition seront considrs comme sortilges et punis desninies petlii'i,Art. 'ltl".Les instrtrtitents, ustensiles et Costumes servanttiti destins ;i servir aux faits prvus aux deux articles prcdents(l ). seront de plus saisis et confisqus pour tre bruts ou d-t ruits.ln se perdant en cc labyrinthe, vrai tour de l3abel ou la con-fusion frise mme le bon sens. le legisl,ateur hatien s'est rvlignorant des notions lmentaires de l'ethnologie religieuse. Pourmieux le confondre devonsnous recourir l'autorit de Mgr,l.eroy qui dans son livre La Religion desPrimitifs,a lev lescroyances africaines la dignit d'une Religion? 1:)'.apr5 Mgr.l.eroy. la religion serait l'ensemble des croyances, des oblig i-tions et des pratiques par lequelles l'lianime reconnait le mondesurnaturel, s'acquitte envers lui de ses devoirs et lui demande son(1)il',agitde l'artidc 4115. et de l'artide dti quenous n'irons pasreproduits et qui punit .toutes muses iatsant maintenantl'objet dentiuaelle discipline scientifique enEurope. en r\nterique, en Asiepetit entre mente dans l'Afrique flan.clta.

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istuttce cent l une dfinitiontrs large pouvant catnpten'dre un grand n&'iitble deconfessions. les plus primitivescomme1lu voluos Avantd'y liarvenir, l'auteur s'est pli turc dis-tspcpline scientifirlae des plus svres.Comme du reste elle se ren-contre dans toutes les croyances,la magie et les pratiquessupets-titieuses ont t limines ettudies sparment,L'article 9 de la Constitution envigueur t 1()35 t dclare quetous les cultes sontlibres. Chacun a le droitde professer si reli-gion et d'exercer son culte pourvuqu'il ne trouble pas l'ordrepublic.La Religion catholique professe parla majorit des hatiensjouit d'une situation spcialedcoulant du concordat existantentre le Gouvernement Hatien etle Saint-Sige tlpostolque.A la faveur de cet articleconstitutionnel, nous rclamons lebnfice de la discussion.;Maisons tout d'abord remarquer quede l'arrive des negresdans cette Ilc nos jours, la situationn'a pas chang, au pointqu'on est oblig de prendre, pendant toutle cours de notre tra-versebisterique, des mesures coercitivespour refouler ce psq-chisnre pervers, d'aprs tes uns,de l'Hatien persistant, malgrla bonne foi de nos religieuxdans la reconnaissance de sa filiationspirituelle avec les dits animistes.Tous les Cultes sont libres proclamela loi fondamentale.A la lumire des donnes admises parl'orthodoxie catholique,nous allons dfinirle Culte.I.e Culte est l'expression de notredfrence au monde sur'na>turel, dfrence se traduisant parles actes extrieurs: prires, riteset crmonies.Au bnfice des conclusions de Mgr.I eroy, nouspour la Culte vodouesquela dfinition ci-dessus.:claironsNotre minent Compatriotele Dr. Price-Mars,n'a-t il pasdu reste lucid la question dans sonLivre Ainsi Parla l'Oncle,Le \Todou, conclut-il, est une rvlil;isirt. Nous nousr.allh ns sonpoint de vue'pour laraisonque le vodou avec son organistimsacerdotale,reprsente, il estvrai,par des ministres incultes etilltrs, a son dogme et sa morale.l.e Constituant hatien, aprs avoir reconnu la libert de tousles Cultes, pose immdiatement,dans le mmearticle,une res

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1,Is; (,RI()I331traction: chacun a le droit de professer sareligion pourvu qu'il ne4Pour justifier l'interdictiondu Vodou hatien, le hgisiateurfait tat de l'ordre public.L'ordre public, pensons-nous, ne sau-rait ici entrer en lignede compte, vu que le culte vodouesquere>vint en notre Pays uncaractre purement familial.Les crmoniesV&)l Dit nous en stimules enl'an (le grace 1939 maigre uessicles d'enseignement -sh,morale cbyrtienne, lLescroyances an-naistes survivent encore aumpris du glaive conarnnatt arcduJuge Correctionnel.Si l'on pouvait nieconvaincre que le Vodou constitue unh;findicala l'volution deilion Pays. je n"hsiterais pas demanderpour les 95/l00de notre population un peu plusd'vanglisa-don chrtienne, lit l encore,il faudrait bien surveiller les51100dans la crainte d'unecontamination.t7fait tat dans cette tude, ont tabrogs par le Dcr..t Loi du5 Septembre 1935, dont voici la teneur:Art. ter.----Sont considrs commepratiques supersttiGt s:'l-les crmonies, rites, danses etrunions au cours ch-st1uA1sse pratiquent, enoffrande de prtendues divinits,des tiacri1isde btail et de volaille: 2-1efait d'exploiter le public en faisantaccroire que, par des moyensocultes, il est possible d'arriver soit changer la situation defortune d'un individu, soit le gurird'un mal quelconque, par desprocds ignors par la science ndical.e,' 3-le fait d'avoir en sa demeuredes objets rabalistigttsservant i exploiter la crdulit oula navet du public.L'article 2 du mme Dcretprvoit une condamnation de sixmois d'emprisonnement, et uneamende` de quatre cents govrJescontre utovt individuconvaincu des dites pratiquessupersti-teuses.1.c articles 4115 406 et 407du Code Pnal, dont nous avonsd'laveinti et plus de dcence.trcs p,tSi nous avons mien assimil lamatire juridique .i l'l;cole tiationale de Droit et bien retenu cequ'on entend par ordre publieen [)soit Pnal ou interne,nous nous croyons en mesure aie direque l'exercice du Cultevodouesque est moins contraire l'ordrepublie que le spectacle ahurissant de nosbacchanales en pleinerue de Port-au-Prince.Ce n'est pas que nous soyons contre cesdernires. Mais nous rclamons dela part de leurs membres plustl?l.as l'ordre public.)

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ont lieu dans les villes i l'intrieur des maisons:dans les cam-pagnes et les plaines, il'air libre, sous les tonnelles et dans lerespect rvrentiel des lieux saints. Donc aucune atteintemoraleou matrielle n'est porte au droit de la socit. Le lgislateurcommet une lourde faute cil voulant pnaliser des actes qui neeconT,tituent puis un danger immdiat ni mdiat pour la socit.Les lgislations, crit Me. J. J. Lon Vieux, sont des rsul-tats ncessaires d'observations portes sur les activits physico-psychiques individuelles et sociales, Elles ont pour objet larpression de faits dommageables et l'adquation des droits. Ellesne S'expliquent point, lorsqu'elles tendent itlimiter ou paralyserla suractivit de l'homme, l'introspection de l'esprit dans lesgrands dpartements du monde surorganigtie.Par les lignes qui prcdent, on voit bien qu'il existe une l-gisl,ation sur le Vodou. On peut dire aussi qu il existe une ju-risprudence et une doctrine y relatives. Le nombre de nos dci-sions judiciaires tale la misre morille de ce peuple. Quant auxdoctrinaires, ils s'appellent ,Moreau de St-Ml ry. llannibal prie,Antoine Innocent. Eugne Aubin, Drs, l,on Audain, T:li; I.b4-r sson..I. t:. Dorsainvil l) priceMars, l'iaiiois Duvalier etI.oriiner Denis, etc, etc;. Citons i part, d,cux minents Amricainslerskuvisth et Sealarook dont les livres sont de vraies sourcesd'information pour les trangers. Nombreux sont aussi les pam-phltaires trangers qui ont crit sur notre Vodou. Malheureu-sement. ils lurent plus proccups dire de nous du mal qu'faire nmvre des bndictin. Lis Hatiens. de leur ct, perdirentleur sereiiir; en prisme de i',attitude peu scientifique de leurs ad-vers,aires.C't,s derniers en effet.e mime du reste le lgi=lateurbaitiene'nlctttlirent le vrai euli. africain avec ses corrullaires:la 111.1yie,a.iiythrrtllanie. lrsvl'.rstitions.IlannibalPrice ap tlvlaisseLi halite pourwivre ces crivains dans leurserre-lits:Il .tf.'1iu la venue loti Dr. price-11vlars pour exprimer la111-111M et 1`ali g1 tde ses vieilles scories. Le Vodou devient unereligiton,I.t irnirtlu'il est unereligion. on ne voit paspourquoion ne puisse demander la levedes interditsqui le frappent. Si cause (lei'a'bsettce d'eue Corps sacerdotal clair,nous tee pou.vous leiuetuCi sut le mme plan que le Christianismeacrtrellement( l)I?riec.41,irs. 4`,insi perla1 ond.

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1t;5 (,Rlr7TS333volu,il ne s'ensuit pas qu'il doit tre considrcomn)e d'essenceinfrieure. Les lecteurs nie pardonnerontd'en appeler une foisde plus l'autorit de Mgr, Leroyr...les populations sauvagesactuelles, arrtes dans un degr d'volutionsociale et religieuseinfrieure, vous reprsentent peu prs ce qu' t toute l'Hu-manit primitive.*Si donc vous pouvez surprendreen ces natures incultes l'ex-plichrion de leurs conceptions religieuseset de ce qui s'y rattizlhc,vous aurez du mme coup, l'explication des religions quise pr-sentent nous comme les plus perfectionnes, LeChristianisme,par exemple, dans sa forme prsente et la plus nettement dfinie-qui est le Catholicisme---le Christianisme sort,par le travail'dune volution insensible et sculaire, deses humbles -formes re.ligieuses qui ont emmaillot l'humanit son berceauet dontelle tend se dbarrasser mesure qu'elle grandit.Nous croyons avoir expos,en ternies clairs. la situation so.ciale et religieuse de la Communaut hatienne, lafaveur deslois rpublicaines empruntes la France. Nousne pouvons pr-voir quant prsent ce qui en sortira. Du moins,il est souhai-ter que, par une meilleure comprhension du problinme,on laissece peuple en face duAfissionnaireCatholique ouProle.4ttnnlquiprouvera lui-mme l'efficience de son procd de conversion.l(.J Blil2 Gl ORC1 S-Jr'tCOBtExtrait rie l'Ethnie Haitcnne)Cette tude u t reue le 1er fvrier" 1938,

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tes ancrr,nes et nouvelles:SIXAINLe soleil s'v.5t voil deples char n1....Ses rais. pour arriver jusqu'nous, sen7hlentrivoir travers l'ocanpris,Les harpesDes rameaux ccr/7ricit'uxnxctrnattrent ensemblelievaguesaccords, dans les arbres frileuxIl pleuvra ttsur les chemins pierreux.POEMEUn jour. nns dpouilles mortellesretcurneit7nt laterre maternelle.De nfes atomes disperssSuri,liront une rose auctt"urde l't,de frles clochettes,Ici cassolette balance d'une tul7reue.ANTILLESPags charmeurs, Antillesde saphir,AJartinique, lies Turques,les Grenadines,Hati.170177s chantants et qui :sonne?C0171177e des grelots d'Or.et qui bercez d{,aucementconm?e un hamac,Antilles: Antilles d'or.vous tes d'odorants bouquetsque bercent sur la mer, les centsMiss. les de saphir,o la lune baiane d'artrcntles palmistes,cependant que l-bas rsonne,sourd,le tan?-tam.

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PARTANCEEmbarquons-noussur le paquebot R&ve.Madagascar, le M11ozambique. l'le de Zanzibardfileront sous nos yeux.Nous ferons escale Nossl13,o les cocotiers courbsr ar le vent du largenous enchanteront:ainsiqu' Djibouti.ou des somalis se promnent nonchalamment,les cheveux rougis avec de Ici chaux de corail.Carl BROI.IA,RDSANCTUAIRESEtranger. je veux cire ion guide,hors de tes ngateurs,et en marge des apostasies.() homme las du sable des chemins,des siestes et des entreties.i que lu refoules ton secours,Nonchalance des bras et de l'appel.je ne suis pas l`interprtaieur des sicles.chagrin des temps loquparodie sans majest.Aurole des parures compltes.et peu prs d'un sourirertrospectif.la valse ternelle berait les bras ivres.Cl. zM AGLOI R l: filsRIVIERE FROIDEA la mmoire de PROBUS BI.OTIndolemment couche au clair azurDans la verdeur des frondaisons magiques.Elle sonate. en sa beaut ferique.Sous le crlstrscule: opale etorpur.

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Et sonsite tailledansriesracbersBaignd tinflotiminanserielumi3rllluririne avecla colline entireAngihaau. St-Roch. ses lianespwachs.Quand l'horizon s'empourpra et quele paixLa paix desvoixemmuri+essousla pierre'Qtarbe plus dense en i'troit ctmetireCachesous l'ombrzdu feuillagepais.I.e cruorqu'unrjr-andmalpoursuit, sans tretour,S'y perd cle reuarie en rouerieIlu.r charmes rie l'heure exquise et bnieQuiseparfumeaux jardinsrl'alenftour.Que de fais. seul. jr m'oublia m'asseoirsur le blanc galet quanti le bois se voileConfient airVent, s'ombre. l'toileLes pleurs de ma jeutwesjse ::nrsespoir!de fois trompant les transes (les nuitse m'enfonceen ses fourrs solitairesY promenantmon dms lrr§rittaireToute charge d"impassibles ennuis!La chute pleure Lui nocturneenchantElle s'panche en noies mtalliquesDverse un flot tel de claire musiqueQu'on peut en mourir certains soirs d'tSous l'invisible archet de hauts bambousBalanant leurs cimes chevelesChantent ensemble aux ombres dsolescomplainte: icampassiblen7ent debout.(LesGriotset l'Afrique)Jn.-13. ROMAINIls voquent tout un pass lointainEndormi dans le fond bleu du silence.lit dans leur hgiime aux douces remembrancesNostalgiques. liant les soirs africains.

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QUESTION D'ANTHROPO-SOCIOLOGIELE, DETERMINISMERACIALLe l?r. l'rtce: ltrrs. danssean derrtrer trttcraaef 1 r u dclarque,en ce qui concerne les rrriyirtes du peuple hatien,il n'y a plis deh}prcrltme.Ici, la tonnai ton denotre31ructpvnxte171ccnxstdrt'du point deVue anthtopolcrcnque ou somatique est une questionpose. en..tendue et rsolue. Sc' phtisiornomie racialelut est confre par lessoudanais, les guinens, lest ontiolcris, rtrprs irrtcrnts d ici grandenrctsse. assise le Ici dmographie de Saintbl nrrrintttu.Mais le problme de nos rrrittirres posen ces termes n'eyst pasaussi simple.L'hrdit ratiologigue rc,ndrticinne-t-ellel'hrdit psycholo.gigue? On entend titre: e. ste,t ilun rapport gnrique entre lea et le nous? l'a mentalitt y'trmi>zunautde sentiments, lepense et d'action t ou encore la psychologie(/es peuples est-ellefonction de leur ralit hioloaiquc?('e grade et troublant problme de lascience selon qu'il estrsolu clans un sens ou dansun autre, orientera toutes les dmarraches psycho-sociales de la comnrunatilhaliennc,Nous allons donc, ci la lumire deIci science, .ssutter de saisirla courbe assigne notre peuplepar ses dtcrrinuntes iicrltsa-trices. (2)Facis Anthropologique.£ tienne Rahaud t i t.lprtriesscur de 13icrlogie exprmentaleIci Facult les ,Scienccw, rpondantune enqute des NoruccellesLittraires sur Ici thorie le C obineaueneisaae sous l'angle (lumtissaite ou de la puret desraces et de leur correspondance sur'le Plan moral avec les qualits psychiques,a soutenu finie Ici men11i'tarrn titan 1ahniquc 1 x 1ilire et Culture tiu PoupleT1utien.lnapri.mcrie 'V, V;tl m1 q vi.1Fntendera,.ilet taktrurs:rate. nattissac.histoire,gicagrnplrie, etc.3) Rponseune engncta inZlxNouvcllos 1.!..aresz, 11 juillet 1936.

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l ROMPE TTE(l jr rompette, trompette sombreen tes appels de mortque l'un change les airsque l'on voitla daitque l'onbouche les yeux tu aueale ruttllanteet qu'un *su,stng d'ivressepleurant clans tangrand rirerappelleles beaux airso l'on chantait lencctre.ses yeuxdoux, son ctrurblancGaston CR/liLCI. QUI, VOIENT I.ES PO 'I'I SSi vous saviez ce que nous voyons. nous les potes, les paysa-ges sans nom pleins de musiques et le couleurs. deparfums. despomes fait homme, les matires de sana le liqueur et de Peu,des souffles de pur azur, des rives raliss, des ocans inouis etsplendides, des joies et les douleurs, des tristesses, les ormes, dessensations si puissantes si lourdes et si longues, si belles. siim-menses, que la terre crverait si elles'approchait de ce secretroyaume.pays interdit, banni des pitres hommes, tabernacle clatantet terrible que nous seuls ,pouvons renfern er,L, les lments sont en nos mains, nous jouons de vos peurset baignons dans l'Atroce. le ?,ait de die etl'Eternelle Grandeur.Gaston CRIELMALDORORDans l'ombre glissante de' la nuit,l'Immense silhouette envahit les tnbreset s'enfuitsousIcilune.11Nous crnnrnenons dans ce nunierxt la publicationd'unesurie de po--nies indits de notre distingucollaln,retcur,AR. (;astonCiriel,l'un ds toutjeunes et des mien). dous des crivains de l',aprs' uerrc. On y lira plus loinla.-)ote bibliogre phiquc consacre son dernier ouvrage par notreSecrttaircGfnral.(I.. D. et TV. P.)

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Un Azur titubanttran par des forces nzutstrieueecharroie cent et mille masquesd'Jnn,neur. vrit, amourqui ricanent et qui pleurent cris ;i(at t's et sans tanne.Par un tourbillon tuerd'inza)zondes croules 3 trandiffiuluentesdes pus saiiqlatils vaporsdes lambeaux radieuxles crachats hideuxles chancres plus glorieuxdans tune odeur d'enfervont reppinalre MaldororCadavre Vivaceplus qu'aucun triste humain.Casson JJ J I
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Fdor RascalaubonLes Dieux du Stupre.1 es fils de l)hu vircnt que les filles des hommes taientbelles, et ils enprirentpourlemmes,parmi toutescellesqu'ilsclloisiren'homme Ii'eatque clairI".1'i Il?ttii?, tirltcsrte,la lvre moustachue de l'homme remua.Il prit la parole'et lit.-Ton me,I dor Rascalaub,cupiscentes.,,nid ttatix Il;5ititis conN'ouvre point ta bottelle, chacal, et laisse-moi continuer'Ton me, ai-je dit. est assujettie aux passions con(upisc'en'tes.Biles manentde tes yeux, de tes yeux voils d'Oriental; etde teslvres. tes lvres lippues.inassouvis de luxures,Les mains, les gorgesdvoiles, lesventres, les acadmies fangoureusrec (et les gorgesdvoiles, et les ventres, et les mains)des femmesde Nescay ne t'ont pointrassasi de leurs volupts`amres et monotones!lit tu rves,brute; tu raves. insens'de sensualits sanguineset dottloureuses.1. homme se tut.Ilt I'on pied nu %'csr pos Sur mieniu: iv 011, tit)URJvt.
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140Et les m.tles en rut s'en vont. lala nuit etc leurssoliloques lugubres.Jans les yeux, peuplant'lais les dieux, les dieux Libidineux et voraces, ontasntent faim de chairs lascives et de luxures inditiI,'hontnae se mit ,i rire. Ensuite, il se tut.mais salvre moustachue remuaencore.Il ditsf dor Rascalaub, la science de Nabuton..\Ierevoye leder-matologue serait impttissante te gurir des maux horribles, dontsouffrent les femmes d'Iguaalaba.Cependant, tu redoutes la vengeance des. dieux libidineux, quihurlent, hagards, parce que mcontents de tes abstentions.Alors, fais ceci.Entre dans ta cabane.Prendsta besace.Arme-toi de ton bton.Chausse tes savates.Vts ta tuniquelime,Et, voici, vas!V1.'I;terttcldit.I cuis pch efit int,rme?C,l;Nl Sj?Long: ec chemin, dsol et long.Il est jonch d'pines, de tessons de bouteilles, de panicauts.Et, des deux cts de la route, s'lvent des chaumires.N'y entre pas.Des hommes paratront au seuil, et t'appellerons.Branle la tte, en signe de refus.Vas, et hte-toit

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PAux premirestoiles,voici, tri arriverasaux portesde la villede Malaubey, extnu de suit. cet d. faim aussi), le vtenacntblanc de poussire, et les pieds enstnglailts,Ne connais pas encore les dlices du kief,Entre dans lville.Vil+l s ra.tettc alla coucher avec lui).t;ii sl?Et apaise la faim des dieux.VIIIsOmnc animal postcutuin triste.).UCRT?r.:1Mais, contradiction!Voici que tudis dies paroles amollissantes.Et tu crains la colre des dieux obscnes!Les dieux de la Concupiscence sont insatisfaits, Fdor Rasca-laub, et ta chair est un brasier ardent.Alors, fais ceci.Des fleurs de kadsura, hte-toi de prparer un bouquet.Sois hroque.Et n'aie pis peur de la Souffrance.Ft connais l'apathie.Et, voici, tu appelleras, la rescousse, la science de NabulMerevoye_l -l't rnmatologue,CI.Miltil.O1R13 fils

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342Bibliographie.GastonCriel, Pote de1111ede-FranceI.e no synmbtrhme desrtxrioli,e. evadc d'unetechnique sentendeuse et lrotde. rejointla 1o4ttgne tnajestucusedes montresac ltte cddlouet horscc lieux( 1 tdu SYtnbtllisllle.li es,w,(:ivli tion negre. tendancentetaphysrque. est mystiqueet magique.t2tle rave est netre, et nouscrons. sol'Iwtrangedh,eommetrique.notremonde d"attitudeset depossibilits. Comme ditSaintPol Roux:*l.a Mmoire. c'est lesautres:l'imagination,c'est nous.Au deldes cadres solennels et troits.seule compte notre vieample, surcharge d'altruisme etdefaims,o nos sens effleurentun bonheur sans liens: car,conscient du fardeau de notredestin,nousretrouvons, clairvoyant,dans un monde sans limites, ethors de toutdidactisme,l'essencede notredouleur.Nous saluons avec sympathieM.Ciast:on:riel qui a bien vou-lu nous faire parvenir deLille 1Fra.nce) saplaquette. Gris, parueaux ditions de LaHune. Il crit:Plong dans mon tunnel j'en tdxe lesmurailles.I)'int.'isibles mains nie bal' rirent etm'outragent.Leurs voixme raillent;ie ne leur cderai pas.J'irar jusquttu bout t'atteindrai montoile(lui scintille l bas-Ailleurs-Dans mon espace amorphela mat=hinee bat sans liesse, moteur fler toujoursplus poignant.enli (les oncles rletie.olation, prt Craquer sous la Vague(Van? t'rtpnie pour lancer le sens (je la nanti.lit encore:Celui.l qui veut saisir k parfum de notreFleur Sacra': vogeyleple et tremblant. les yeux det"eu, chet'eux etu.s it'rrrpitcs. hurler.sourire en ses traits convulss. shunter,btuttli'. partir vers unefte. tonrber frappant le sol (le son ttrrps 11u sot 't1.A'ciinnt ttiaantiatdt1y1Mali rnic.tL Y41tt% th)tt4ttt..

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t,ls citttci1NMais voici l'instant nu, oit surnage la quotidiennet desheures.e jour se erre lute, et sans fin, je hale le fardeau de toute macr.Si les heures taientcelles du rve,d'.un soupon de rv.'e.combienle (;rand Sommeil serait lin)picie.S'vanouir lentement cttt royaume ds Meurs, c'est survivreencadavre sur lu terre des hommes.l,imit.cr lespossibilio s de nossens, et restreindre le champ denotre u1ivers,c'est mconnattre l'essentieltic la hu,C'estpar sri aisancede cration,et par son don magiqued'vocation,que lepote forgel'motion ternelle,--et gurisseu{se.11CI. rMGLOllti: filsPourquoi toujours se pencher vers le fruit aill?Je raqunne si pur danstaonnimbe clair.'/)e moi s'carte laronfle;je deviens si grand sansma terre si basuture./)ans le plat du midi, une grisaille pesante et morneserre monide et mon uvur.lit, frissons lucides;Il reste dans la main une plume frac-he, un cheveu brillant.Puis. cration des horizons futurs, phase subtile de l'hommefraternelCrons le Paradis, marchons tdans* notre terre promise: prenonstous le cheveu d'or et Ici plume rose, puis donnons-nous la main.Intimits combien chres et relles (n'a-t-on pas crit que lebnheur est le dialogue avec soi-mme?) ;et visages de nos con-victions latentes. l'on ne saurait mconnatre M. Gaston Crielune lumineuse sensibilit et authentiqueGrce i l'intensit del'image, il nous apporte sort exprience pour nous aider noussituer et nous retrouver. Il y russit.C:ou.sons de calme la comdie hilare; le masque joyeux. allonsaux affaires dumonde.t t r.l eurpl,,ici5utisseuscn;taus !e sensque lui donneM. l'ernand(,tegh ,tans %or),rmxnrcnraucsur .lndu l)ruelle. F., ti.

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Sociologie juridique,itat AncienLa Force travers notreHistoirePolitique et `;onstitutionnelle,.,Si notre dessein tait de montrer l'injustice del'occupationAmricaine ou l'inaptitude du NOIR au self C;cruccrr mrizl, 1.1Mangue cxprimcnta,itin politique pratique au cours d'unsicleconstituerait un fiagrant-dmenti toutes lesargumentationsqu'il faudrait irvctater pour justifier une thseabsurde et iltoaBique. Une rcente documentation atteste quela race noire, simprise aujourd'hui, a contribu au premier progrsde l'launinanit.On atrouv,en effet Aurignac KUAUTE,GARON-Nl?x des squelettes ngrodes dans certaines cavernesd'lEUROP .tRevre le Temps 17 juin 1936 aCpoquepalolitique,dira-t-on? D'accord. Mais cela prouveque chaque race a sescaractristiques propres et que l'homme, entant qu'tre, possde le don deperfectibilit indfinie, Le mmereproche pourrait sans doute tre adress si noustentions de rap-celer cette place la glorieuse histoirede 1`Tahiopie.,,Mais imaginerle noir, vivant dans les steppes de l'Afriqueen lutte perptuelleavec les tribusvoisines.C;onsidrezle, pr.i-=onnier deguerre,condamn aubanisseanent,livr aux trafi-quants et rduit enesclavage,lit, par un autre effort de la pense,souvenez-VOUS qu il est souvent l'esclave particulierdes princesqui le donnent ou qui le vendent quand la fantaisie ou le besoindicte leurconduite,reportez votre esprit aux trois sicles d'hor-reur vcus par nos Anctres sur cette terrede SaintDominguedans une socit fonde sur l'in justice. quelle race direz-vous,eut ptir davantage de l'empriseale la force? Les guerres de race,les querelles de tributribu, les chassesl'homme ont en effet,dvast l'immenseCONTINENTNOIR, Se dfendre conti-nuellement contre lesvoisins,testrangers,les Rois, les Tribus,voil, quel a t le sort de l'homme noir en Afrique, Depuisquelle lointainepoque?N'est-ce pas l'amertume de ces souf-

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fronces quiarracha, un jour, ce cri lamentable une pauvrefemme noire.t Gonune ilserait bon, dis,iit-elle, de pouvoirdormir sansrver quequelqu'un vous poursuitavecune lance?Et cet tat d'hostilit continuelle nous fonna un tempra.ment particulier,Il en rsulta ds instincts guerriers trs puis-sants. Iisi l'esclavage dura des sicles Saint-Domingue, le n alne provient pas de la lchet ou de la veulerie des niasses noires,mais d'un systme de pondration o il eut t suprmement-itn,prudent d'admettre dans la colonie une force noire gale' ousuprieure aux troupes blanches, forcepouvantcompromettrei couvre de la colonisation,Gnedans sonaction, subissant l'emprise d'une force sip-rieure etorganise,vainement la racenoireservolta-t-elle? (Con-damnes l'insuccs, toutes ses entreprises l'exposaient mort sans grandeur. Mais un homme parut: il eut l'intuition duparti tirer d'une bonne organisation des forces latentes quisetrouvaient en prsence clans la colonie. De l'avoir compris, eran-dit, nosyeux,le gniede TOUSSAINT 1.OUVERTURE.En formant des troupes rgulires et ordonnes, en apprenant ses frres et compagnons d'infortune vaincre les Anglais etles Espagnols, il leur insuffle confiance en leurs possibilits. Enfaonnant des chefs, il cre l'lite de lanation.A ce point devue notre admiration pour Toussaint Louverture s'amplifie detout l'effort que doit faire l'esprit pour remonter le cours desges et revivre en imagination une poque o l'homme intelligentexerait sa domination sur ses semblables comme il asservit lesanimaux ses besoins personnels, llevez Toussaint dans uneaurole degloire,placez-le, s'il vousconvient,comme eussentfait les Romains, au rang des Dieux-, pour nous, haftiens,ilparat certain que la rvolte de 1803 eut abouti un lamentablechec ans l'organisation praJ -blt assure par ce gra!ttd gnie.Notrevictoire?c'est sa grande pense diffuse, c'est s:i tactiqueadmirable.La force qu'il sut organiser n'est certainementpass la mmechose que,le droit. Elle tait seulement destine nous permettrede jouir des bienfaits de la libert. Garantie du Droit, la Forceaurait d servir seulement assurer la paix intrieure' et l'a scu-rit extrieure: confie des hommes violents, elle s'avra tyrannique lorsque les citoyens, rclamaient la justice.

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Nous venons d'uns grande histoire.lt le moyen employMais ce principe lui mme se rvlerainefficace s'il n'est pasappliqu pourassurer laLibert.Libert'Mais libert dansl'ordre et la Paix.I-hlas:l'lite qui avait conduit l'Indpendance crutqu'iltait plussage de donner despouvoirs absolus Dessalines,Ce ne serait pas un bien grand mal si devaientprdominer lesternels principes de Justice: ilsformaient l'Idal pour lequelon avait combattu. Laconstitution de 1805 rpondait'elle i deriels besoins? Ou si l'on devenaitconvenir d'un pacte, ne devait,elle pas s'tayer des ides essentiellessur lesquelles on tait pleine-ment d'accord. Notammentl'abolition de l'esclavage, l'exclusiondu blanc du Droit de proprit, le recours aux armes aupremiercoup de canon d'alarme.Pouvoir alise-lu,'Comment Dessalines, mme s'il fut pluscultiv, ne serait-il pas devenu tyran?Personne n'entreprend l'inmpcssible et par consquent onn'entreprend pas mme d'abolir la tyrannie quand on n'en a pasle pouvoir x. Par bonheur, la Nation tait sur le pied de guerre.Elle n'avait pas dsarm, elle surveillait l'cnutemi sculaire quine devait pus reparaitre sur nos rives. en consquence que pOOu-vait la volont unique de Dessalines contre la volont concur-rente ou individuelle d'u Ption,d'uan Christophe et des autresChefs des Divisionslitaires?Ah: ces forces latentes quiavaient gverroy' dix ans pour conqurir 1.1 libert ne pouvaientpas revenir soudain au repos aprs les violentestemptes rvo-lutiont. `de Saint-Domingue. Le malheur de Dessalines estde ne l'avoir point compris.Cette opinion ne ,justifie point,croyons-nous l'acte du Pont-Rouge, mais comme la NATIONtait ne la tteen bas, on n'eut pas le courage de pratiquer leredressement ncessaire et de revenir la position normale. Cettechic d'autorit.pour jouir de la libert etdes Droits de l'hommne fut laRvolte.Rvolte contalessurvivances fodales, les privilgesinjustifis,le principe monarchique qui avaitcourb les ttes sur les terresincultesde Saint-Domingue et fabriqu desthories pour justifierl'esclavage et l'exploitation de l'homme parl'homme.Le procd d'ducation, la mthodeconvenable, s'il faut tenircompte des origines de la Nation. seradonc l'ordre ou lepr;n,

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rmarche incommode dtermina laCongestion des cerveaux etI`avcuglemeilt gnral.Il tait. sans doute. ailste etlgitimcderclattier pacifiquenlant les droits violset nietontlits par les gouvtrnements. mais oncrut qu"l tait bien plusfacile de les obtenirpar le recours aux armes.L'inscurit facilita l'accession aupouvoir d'hommes violents quibrisrent la rsistance par lasuppression des lites et on cil arrivainsensiblement mpriserle frein des lois.La forme de Gouvernement laquelle on s'arrta. la Rpu-blique, que voulurent les premiers constituants.vue distants.mrite le respect et l'adiliration.Elle tait d'ailleurs la seule formecompatible avec nos orile dessine notre lbysiolionlie.voir compris n'est pis le moindretitre cle gloire dePtion. Chaque peuple, crit AndrTardieu. obit un, loipropre de formation.Sa constitution physique, le sensde savie morale. la substance de ses conceptscollectifs. le volume ;eson rendement dessinent sal'ilysiononlie.Sortie de l'actiongrce aux idesgnreuses proclames par lagrandeRvolution, l'lecteur !hatienn'ignorait lias que salibertconfisque par d'atroces tyrans et pardes nationsde proie taitaincreslvstiuir il tait ie affreuse injustice.Pour la conquruiu inotrrir sur lesol qu'il avait ensemenc de st'nlabeur.lit latformule lapidaire Au premiercoup de canon d'alarme les villesdisparaissent, et la Nation estdebout est un tirait de gnie rsu-mant admirablementle concept c olleiti1 id i1 tune Ctinlilltinatite.Ayant vcu sous la menace et lactontraiiit, il iia pas le senssocial de la vii. Pour s'unir. il ne segroupe pas. Lent s Ciliiiuvoir il n ',a jamais eula passion des id.', al}itraltCS lit?xnsceS parla grandeRvolution.1 ihert1revaiitleil a loribien ttitiprisles avaitll}tes delanlihysique.l)'aviiir et tenu dans las.rv'tu(L d pt4 th'. taillHaires. lui permettl en apprcier les liient.ilts.`\lais (lue rel)r%entelit pour tinelcetettt moyen.et llla lt)uveraiet tt touslespmriniipede la R i+ !loiaternitf,rl l'.lil4aise'Il ne se char! e pas de ttxt iylltlreIlitlt' rt'stiti(liitreti"1.'la'estendort sur ses di,?its.lurst++lt abstraite.ll s

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aristocratie naturelle qui se trouve au sein de toute socit,l'litein rencontre mme ,i l'aurore del'indpendance qui aurasoin des grands intrts nationaux.D'o un dveloppement exagr de l'individuclisme.it dans l'isolement,il n'a pas etil ne peut avoir le senssocial.lit si l'on ne peut passer sans transition durgime co-lonial l're de libert, si la loi de Bayer met des entraves salibert physique au mpris de sa libert civile, il s'ingniei lacontourner. Par des conomies lentement ralises.il acquiertune portion de terre pour se librer de sa condition servile.Ses premires dificults avec l'lite viendiront d'une ingalerpartition des terres cultivables. Sans doute. ses reprsentantsont, dans un bel lan, dfini la libert, la sret, la proprit.Mais que valentceschoses abstraites pour l'lecteur qui, venantd'une antique servitude. ne possde rien en propre. Cela tant,comment peut-il acqurir le sens de la tradition, fondement del'ordre sociale Ce n'est pas du rgime colonial qui gnait pluttl'closion de ces biens sociaux.On lui a dit de voter pour des reprsentants. Si! a conquisses droits en un seul jour, son esprita t,par contre, obnubilpar cette profusion de umres.Souverain il n'a pas eu re-connaitre des droits au pouvoir.C'est l'tat nouveau qui lesfixa. Au commencement tait le 'Verbe de l'l tat. `Il tait eni)essalines que ses compagnons d'armes levrent au Pouv(%irSuprme lui donnant ainsi une valeur absolus contraire auxprincipes rvolutionnaires au nom desquels tin avait c:irnbattu.('e fut une erreur d'aiguillage. 011 sc ressaisit bien vite en pro-clamant la Rpublique.Que 1 l-t,lt soit une seu`e tt {iu a mille ttes, il exerce surle Souverain sujet et C tiilc'n. l'arbitra re le plus ab' lu. Et l'tectour ne p. ut se plaindre. PPeupic mineur. n'av,int pas le sens d,'transaction:, l'lecteur li.lii'e'e revu:te (,lits 1'Cippr stiion pourret,'mlier sous une ts r.i::nie pire (lue la prcdente.QtC est ce,pour l'lecteur haitien. que l e\ei'ire du droit de Souv.'rainete'Un simple prtexte boinbar,e et i ripaille qui fournit afleur l'occasion de prlever une large prelielide sur son reprseniupier, l'ehteur p:t,xer,i sa vie dan, la s,,rv lu.le miutaire.I mprisonn.bastonn, livr i la intrci d'un Cienval d,= Barrire

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on de fortune, il est aussi la force qui assure le succs de tous lesCandidats aux fonctions lgislatives. Jamais ligible. il est l'axeet le suppt de toutes les combinaisons qui donneront le pouvoir quelques-uns. Et les reprsentants qu'il lira, feront des loispour le dpouiller sans restrictionsde sa fortune,de sesbiens etparfois de sa vie.A vivre sous ce rgime. il sera pessimiste. Subissant les abuse pouvoir et ne pouvant se plaindre, il devient le jouet desels mcontentsqui le poussent larvolte,Et avec la no.confusede la libert,il subira l'emprisede tous les dictateurs.Sous prtexte de dfendre les droits individuels. ils viendront, leur tout assurer un pouvoir personnel. Son ignorance est lasource de sa misre, maisc'est misred'un grand seigneur, mi.sred'un Roi quitient une carte lectorale. objet de trafic et d'untruquage gnral et universel.LWorsque, d'aventure, quelques citadins sollicitent son con-cours. pour la conqute du pouvoir, Il le donnera sans aucune.ment esprer une amlioration sa condition, ni prtendredonner dos directives sonreprsentant, Non seulement, aucuneducation politique n'a prpar l'lecteur sa fonction, mais quellu tiendrait compte de sa condition pour l'lever un degrsuprieur de l'chelle sociale.La diffrenciation est donc forte entre l'lecteur etl'lu.Donner celui-ci l'accs de la tribune, c'est non seulement renoncer pour soi-mme au pouvoir et aux honneurs, niais semprendre trangement sur le sens de son propre intrt. l'ouun conflit permanent entre le droit du Souverain et l'intrt deson reprsentant, conflit qui permit de multiples causes, er.pliquerait l'ignorance sculaire de l'lecteur. en dpit d'une longuepratique de la dmocratie.1,a dmocratie hatienne souffre d'une injustice de base. C'omnient le pessimisme, qui en est la consquence. ne conduirait ilsl'lecteur et le citoyen au dsespoir, la faillite. et t l'abmel'l 'I:l,UIl a sollicit et obtenu le vote. Au commencement I'lcteur ad tre souvent aiddamsur, choix par les dlgus militairesainsi que le conseillait d'ailleurs Christophe dans sa rnrnorablecirculaire. Rien d'tonnant. Il n'a pas fait l'alsprentissage de lalib,rte politique. Une carte lectoraleest-elle.pour son esprit

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suri .l.;te. autreclicsse qu'un objet de trafic?Il la iet auxlci,res.Et savaleur subit les variations deprixde toute matchandise.Au faite des honneurs. l'ludevient soudain conservateur etadversaire du peuple. Tournantle dos a toutes ses prt+nlesses.il est le jouet de la ralit mouvantede la politique. Jeu macabre,ais une suggestion de Christophe devaitelle se gnraliser etdevenirune rglenormale et fixe?Cependant l'exprience russit.I,a Souverainetne put jamaissemanifester.Le peupleabdique. Les lectionsdeviennent of-ficielles et sur toute la ligne.Quelle conception l'lit a t-il dugouvernement? Sur la sceneou il volue, ses i(,lrs sUr cepoint particulier, ne sont.,)atsbienprcises. Le s*ieil ltttanntc reparatdans les limbes de son esprit.A son insu, les survivancescoloniales fondes eir les idesd`otnnipotenee de l'tat,dterminent la plupart de ses actes.Sans doute les gnrations dontil est issu, ont ete liter encoreasservies par laforce,mais laforce seulepeut elle prsider augouvernement des socits lhumaines,La servitude? L'lecteur lasubie puisqu il n a Point echappeaux rgles infaillibles de la lutte pourl'existence, mais il a appor-t dans cette lutte de3il nlents nnluveaux i,su, & sa prtaPrespiritualit.lit l'idal de justice ai de libert rpourkquel il acombattu *constitue une farce puissai.tequi dborde l'animalit.r l'efl'art et par l'action. il aassur letriompha du droit. itl'lu refuse de considrer tout cela.1, ullus+tice cttnaiste a ale pasmitrelesmmes avantages a tt,u4 les nttrnnlaresde la collet,tttitr.I,a rauissance d'tin haut idal est inca+ntestable.e de la Nation.dais il ralit est !tien tliilcrenteincitpts retotlnus dans les actes.!Aussi l'dtu s'attarde t--il dansun trange ctnservatisine.les attt's stnlt en perptuelle contradiction ave les principes. Ne lui parlez pasde droit des lec-teurs?I,'intert n'est-il pas suptrieur au droit!Ilcilarrivemime confondre les &u ynotttiis.Il lait ses propres affaires.!.D'o un dsaccord entre la volont de laNation et celle de sesreprsentants. N'attentiez pas de l'luqu'il proteste contre lesintrusions de Pliai dans la vie des lctteurs: luimme n'a jamaisivns dfendre ses droits contre i.' pouvoirenvahisseur.S'ila bien ctlnlptissia mlmissioin.c'est qu'il est souverain, aussi solive,

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15tnain que le Chef de l1 tat qui,Lui. dtient la force. Alors quel'attelage deux itnpaiquecollaboration, il se croit seul .aptefaire avancer la voiture'Son ambition venant au secoursde son dsir, l'lu devientaltruiste. Au lieu d'observer lesrgles protectrices de l'individualisme, il propose et vote deslois cneombrintes qui invitentl'l:tat chasserchez les autres.lit ston mandat ne peut patijouir de la libert consacre.Isol,il e,t le jouet de, tous lesfonctionnaires du rgime. De iibcrte,point. De garantie pasdavantage,Et ceciest une remarque faitedans toutes les Rpubliques Ibero-Amricaines.e ST.ATUT'S politiques etconditions sociales s'oppcascnt:ceux-l proclament l'galit et les racessont diverses. le suffrageuniversel et les races sont illettres,la libert, et le despotes im-posent leurs pouvoirsarbitraires .Nos premiers lgislateurs, nospremiers constituant% loigndes affaires publiques sous lacoloniese sont griss dessophismesde Rousseaurptant l'envi certaines fornruacsvdcset potnwpenses:La toi est l'expressit.rn tic la volontGnrale. la Sou-,t.erainet rside dansl'Unioersulitedes citoyens.Comme si lamoyen d'expressionde la souverainetne de.nraletlo,gvonvoitpas tre conformelaraison!Comme si la volontr gnraledevait ,treinfaillible'lit le moyen defaire que concordent lesdeux volonts a toujoursti le contrle des actes officielscto.;,=trle assur par la grandevoie dc l'opinton.par lapresrc quis'entoure de mystres et de secret auxpoques de ractions anti.dmocratiques.Mais l'lccteur necomprit pas souvent o se trouvaitl'enjeude la bataille.Il perdit la libert politique parsuite de l'tgnoorance sculaire ole tenait son mammaire quicroyait ainsi per,pcuer son triomphe,L'INDE PI:NDANC;ti. L)E L'ELUQuelque signification quel'on donne a l'lection, qu'ellesoitun mandat donn ou unsinople choixfait par l'lecteur, il paraitcertain que le reprsentantdoit pouvoir parler et agit avecind-pendance. Voulantd'al+.rrd par .lui-mme, ilne pratique pastoujours le dsintressement. ,aractristique des hommes publics.L'intrt et l'loismc rvorisait sonambition, ilnglige son

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G RiO7'devoir pour se ranger sous la bannire de ceux qu'il est, cepen-dant, charg de contrler. Car tout lu est candidat la rlec.tion,Aussi son action sera nulle etla Rpublique marcheracomme elle peut, vers tous les cueils, clins l'injustice et dans lesang. Que la frquence et la priodicit des guerres civiles aienttran la Nation dans l'anime O la trouva l'Occupation Atne.ricaine, que la libert politique n'ait jamais t comprise. quidonc s'en tonnerai Qui? Sauf les ternels bnficiaires d'unrgime que nous croyons prim.Les guerres civiles! les abhorrer, c'est aujourd'hui faire preuved'un certain esprit critique et sagace. Sans doute, le droit cons-titutionnel ne peut pas davantage les approuver, -mais ceux quivoudront remonter aux causes de nos liou]o\rsenients sociauxne manqueront pas de constater qu'elles taient souvent le re-dressement necessatre aux despotismes introniss grce au con-cours des esclaves volontaires.cartons la priode du dbut de l'Indpendance et considronsl'lu partir du Gouvernement de Rich. Le conseil d'Etats'est mu en snat.Il en a pris le titre, les fonctions, les attri-butions et les pouvoirs. De quel droit? On ne le saura jamais.Mais le mme Snat Rpublicain lsrpare Il constitution de 1846,nomme la Chambre des, Reprsentants Art. 191 dispositionstransitoires. Puis devenant soudain monarchiste, retiise la cons-titution de 1ffl pour proclamer l'Irmlaire. La majorit desesMembres trouvent, au surplus, le moyens de se conserver durantune longue dcade, pour revenir Rpublicain avec Geffrard,Quel haut espri de conservatisme et quel noble exempledevertu civique dansin E.,tatn'ayant par cinquante sixans de viecollective? Il est enore des gens qui s'en vont rptantque nousformons une mbre de Nation Une poussicre d'hmmmese, Quenous manquons de courage civique, de foi patriotique, de probitet de dsintressement, Grands Dieux., quelle colese seraientforms des hommes de ce mrite si i'Elitese souciait si peu de satche et si elle en tait arrive ce degr decorruption qui fit lafortune des dictateurs.Rpublique gale ducation populaire.Et si l'lu n'est pointpartisan d'une libert principe qui affaiblitl'individu et tyran.nise tous. les individus n'appartenantpas au parti de la majorit,il avait cependant la rigoureuseobligationd'lever et de perfec-

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tionnerlemoteur c'est--dire, lecitoyenen lui clonant par desloisprotectrices,la conscience de l`intrtpublic etde la Sou-verainet Nationale.Il n'est point dercriminer. Mais qui ferajamais le dcomptedes dfaillances de l'lu, dfaillances qui amenrentpar des voiestortueuses et indirectes, la grande honte Nationale.H. TS 12t_ONCliAncien Protrsseur I'L' utrNationale dr Droit dePort-au-Prince

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La Danse, souslaTonnelleranquillc, ainsi qu'un bouddha assis sur ses derrires, le.onstructions domhient la bourgade, comme au :doyen.a tour des seigneurs foulait orgueilleusement sespieds354Conte des Griots.tonne, contemple avec une pare se infinie l'horizon bleu,lespetit bourg de Saint-Je,,m dit Sud, aubord de la !netqui mrsu-nuages cotonneux qui signent dans le cielserein, des arabesquesaux contours bizarres. Aucour des flotsazurs, dans la merproche, l'ile-v ches'alcnge.s
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Un bouquet lli. ces ftll,itt ','ables taient assemblescet aprsididmdeinlailche, a luirr,iltnlclreenviron du bourg, sur lechemin qui conduitllaaquelle estcomma. 11navant-posredu village.?.af'tuaitabrite sous une tonnellede feuillesde cocotiet qui la:uissaicnt ainiablcll7cnt,lorsque let de la nier venait promener par l.son souffle humide etparfu.lll.1. soleil qui tait encore bien hautdans le firmamentclatant, regardait curieusement lafte, t travers les mailles de latoiture ajoure. Etses mille yeux indiscrets et esaigles sautillaient gainlent sur les visages souriantsdes danseuses.
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d'hu collaborait l'ornemer:tation de la chapelle, et dirigeaitle chaur. L'ide de lui choisir un poux ne tarda pas se raliserdansl'espritde sonprotecteur, qui, encela; tait aussi habilequ'un toutautrehomme. Quoi de plue simple, que d'lireparmi les gensd'glise, le mariqui convienne la belle AnecialQn st bientt, partout, que de parla saintevolont du chefcout de la paroisse, Anecia devra pouser Dieudonn, le sacrs-tain. Per9onne n'oserait en remontrer. Pas mme Anecia quece dcretindignait. Quand' le prtre avecla satisfactionde se voirtoujours obi, lui caressaitles cheveux qu'elle avait fins et noirs,la pucelleavait presque envie de lui rpondre: que votre saintevolont soitfaite surla terre comme en 11m')n ctxttr...Anecia tait bouleverse plus que personne. Que dire en effet, Bergeaud.le musicienqui avait dj captiv son cour et quiavait obtenu des assurances de sa part. Voil que des circons-tances indpendantes de la volont de la jeune fille ont surgitout coup.iinnient faire!Bergcaud, chaque fois qu'il revenait de seschamps, l'levoisine, faisait sa premire visite Anecia. Le vendredi, quandson canot se rendait aux Cayes, Anecia, avait, toute choisie, lameilleure place. Comment s'excuser auprs d'un amoureux aussiempress, surtout lorsqu'on lui a laiss longtemps caress unrve cher.Cet tbomme,avec sa guitare la main, tait beaucomme un dieu,Il savaitdiredes chansons qui chatouillaientla sersibilit..cles jeunes filles. Aucune partie de plaisirs ne rus-ait sans saparticipation,Dans son genreaussi,il tait unhomme important du village.Anecia aimait prof ondnaen t--c'tait au iyilieude ses angoissesqu'elle s'en rendit comfitc-l'hoilame;' la guitare.Celui citait encore, chose assez rar:'cher un n?usitien, un infatigable travailleur. Revenu de Ci(bba'ec tptelgt%esdollars pniblement amasss, il s'ingniait t;boicusementles fairefructifier. Son.canot faisait lacelc;,,t lestransports.,'ees cotonniers a 1,110-avaches pronivti lientdantes rcoltes.'f'out lui russissait en son1n1e, forsun cur s'tant mis au travers de la roue du succs qui tournaitpour lui. De Cuba aussi. il av,;jt rapport sa guitare. tettearmede sduction dont les flches blessaient mortellement lecn:ur/jeunes filles.

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l.ESC;kicJ'! S,.. .357Un souvenirobsdant, aussitenace que le rnadsr,pour.chassait sanscesse, la belle .Anecia, Ce soir.l veilledliS,eaant-Jeaiin, .mnait,l3ergeaud,sa guitare la main,tait venu en coin-aidgnepe ses copains chanter la srnadesous sa fet,C'nreavaitt sa dclaration d'amour.Et la voix qu'elle perut cettenuit,l, de son lite virginalet tide, les paroles qui frapprent la l)ortede son cour, o l'cho lesperptuait encore, troublaientirrsis-tiblenment soli me ingnue.t Chri c's Pou qui aOu p fait l urina SouiTri.-Dans cette situation dlicateet passablement embarrassante,la jeune fille n'avaitsu dire ni oui, ni non; sauf, toutefois,monsieur le cur, dont, quoiqu'elleen ait, elle n'eut os discuterles volontMis.as, en prsence de la demoiselle, les yeux deBer.geaud se chargeaient derelprochcs,RSous leur srnitapparentel'orage y roulait, ;niais firementcontenu; comme, lorsque malgrl'clat du soleil quine laisse prsager nulle tempte, letonnerregrandedanlil,se cele plus beau.L'histoire du trioamoureux occupa bientt le bourgtouten#ier etles alentours aussi.Le monde hlas.' n'avaitpointabdiqu sa curieuse manie dechoisir et d'imposerses prfrences.Mais nul ne songeait douterdit succs de Divudonn.Or, monsieur le cur, malgrsonallure lente et mesure,quecommandaient une respectable bedaineet une barbe solennelle(le -lire conscrit avait pourtantla dcision prompte, Parsonordre, en effet, un terrain avait tachet lion loin de la-plageargen rie.lit les poteaux, comme parenchantement, sortaientde torr; dans l'endroit o, la veille,rgnaient les ]halliers touffus.l,es roches blanches tires du fondde larr._,s'.,moncrllaaitpour former depetites lpyranlides. L, sortirabientct, la demeuredu couple.1.e prune, qui avait l'il tout.songeait le datedu mariage.Il aura l'occasion d'talertoutes les pompes d'unecrmonie; fastueuse,avec diacre et sousdiacre;quelque choseId'indit faire bondir le cceur 'l'Anecia,et venir de l'eau la