Les griots

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Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
July 1938
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00003


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Full Text

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ala victime-la blessurese fermant aussitt sans laisser de cica-trice et cause ainsi lamaladie.A la mort d'un individu,on recherche immdiatementparquel mange, de sorcellerie,un tel malheur est arriv.Les aborignes duSud de l'Australiepeuvent imaginer ditMr. I-iowit, la mortpar accident, bien qu'ils attribuentpresquetoujours le rsultat dece que nous appellerionsun accident auxeffets d'une magie malfaisante.Ils reconnaissent bien lamortviolente, mais mme quandils en sont tmoins ils croient,dansles tribus prs de Maryborough,que si un guerrier est tu d'uncoup de lance dans un de leurs combatsrituels c'est parce qu'ila perdu son habilet parerou viter la lance, par l'effet de lamagie malveillante d'un membrede sa propre tribu.Il aura tensorcel.Nous n'en auronspas fini de citer des exemples.a*Nous avons tch de rapporterle plus fidlement les ides deLvy-Bruhl sur la mentalit primitive.Cette mentalit revt, son avis, un double caractre: elle est mystiqueet prlogique.Notre ambition maintenant serait desrier les objections dres-ses contre cette thse et de tirernotre profit personnel d'une tellediscussion.Pensez donc: Rivet et Boas, le Rv. PreAupiais et Weber,Mauss., Bergson, le R. P. Pinard de laBoullaye, Olivier Leroy,Brunschvig, Raoul Allier et bien d'autresencore ont apportleur contribution personnelle l'tude dela mentalit primitive.La plupart de ces travaux sont pars dansles priodiques quinenous sont point encore parvenus. C'est ici l'occasion d'leverno..tre plainte contre l'inexistence d'une bibliothque nationaledontle but le plus clair eut t de centraliser toutesles publicationsqui ressortissent la psychologie des primitifsdont nous nesommes spars que par un sicle de civilisationet dont nousavons gard-c'est l tout au moins notre avis personnel-unensemble de croyances dsutes et ridicules.Ces croyances join-tes des habitudes mentales originales cause de leurcaractrecollectif-donnent une allure extrmementcurieuse la socit

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hatienne dont nous allons essayer maintenant de crayonner laphysionomiemalgr l'imperfection de notre talent.Pour vitertoute msinterprtation de notre pense, dfinis-sons le termeprimitif tropobscur pour lecommi;n des pro-fanes. Voicice qu'en ditMgr. Leroy: Le termeprimitif qu'on oppose communment celui decivilis n'indique pas en ralitdes tmoinsdes premiers ges del'humanit.Les racescivilises sont aussi anciennes que les races sauvages.Si les premires ont marqu une tape intressantedansla marcheversla civilisation, les autres sont simplement des retardataires.Celles-ci, aussi longtemps que celles-l,-ontquitt leur pointdedpart. Mais sur la route, des occasions, des obstacles, desmalheurs les ont retards, ils ont perdu le nord, et peut-tre nenousrejoindront-ilsjamais... Ils ne nous reprsentent sans doutepas exactement l'humanit telle qu'elle fut son origine; maisde tous les peuples qui la composent, ce sont eux, nanmoins quiparaissent en donner la plus fidle image. (1)Mais puisque nous comptons utiliser les donnesde Lvy-Bruhlen fonction du milieu hatien,la probitscientifique nousoblige, malgr la prcarit de notre documentation- faire de-vant vous le dpt des pices actuellement en notre possession eto se distinguent quelques linaments de la thse contraire etpeut-tre par repoussoir, s'videntera ce qui nous semble tre d-finitif dans la mentalit primitive.Objection du Pre Pinard de la Boullaye. Le Pre Pinard dela Boullaye dans son savant ouvrage sur l'Histoire des Religionsa abord l'tude de la mentalit primitive. S'arrtant particu-lirement la loi de participation, (2)il s'tonne queLvy-Bruhl puisse penser que le primitif nglige entirementlecausessecondes et porte toute son attentionsur la cause mystiqueseule vraiment efficiente.(1) Mgr. LeRoy: Religion des primitifs page 41.(2)P. P. da la ISoullaye: I1istoirc dcs religionspage 207.

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LESGRIOTSSi le primitif ngligeait ce point les causes secondes et n'at-tribuaitde vritableefficience qu'aux seules causes prternatu-relles, on ne trouverait pas admirer chez lui tantde procdsingnieux, il n'eut en aucun domaine ralis aucun progrs quidpasstceuxauxquelsparviennent les animaux.Il reste toute-fois qu' ses yeux les puissances prternaturelles tiennent lieudes causes seconderqu'il n'ra pu encore Jrouurir(1 )et de plusmlent constamment leur action celle des causes secondes qu'ilconnat. Cette dernireopinion luisemblejustifie, parce qu'ellelui fournitle moyen d'expliquerl'insuccs accidentel de ces pro-cds ordinaires et parce qu'il lui semblevidentque des agentsdous d'une efficience suprieure ont toute facilit, soit pour leseconder, soit pour lui nuire,Pareille mentalit est donc faitepour une partd'ignorance,ignorance dontM. Lvy-Bruhl atrs heureusement caractris la cause en signalant l'imperma-bilit des primitifs l'exprience.Le P. dela B. se demande inquiet si nous avons le droit de lestraitertropsrieusement d'impermables, nous qui venons d'a-bandonner,il n'y a paslongtemps, grce aux mthodesexpri-mentales, les croyances empiriques qui marqurent le dbut dessciencesphysiques, chimiqueset naturelles,Mentalit prlogique, dit Lvy-Bruhl,parce que les primitifsattribuenttout ce qui survientici-bas des influences mystiques.Et alors prlogique la mentalitd'un AmbroisePar qui disaitsouvent: Je soigne niesmalades;,Dieu les gurit; prlogiquecelle d'une Jeanned'Arc quandelles'criait: Les gens d'armesbatailleront; Dieu donnera la victoire. Prlogique cette inter-prtation catholiquede l'omniprsence divine. Dans bien d'actesque l'homme commet, Dieu toujours prsent aufond desmes, dtermine pratiquementle choixen un sens ou en l'autre,par un coupde sentiment ou de lumire ou bien il se borne maintenirl'esprit dans l'quilibre qui permet l'estimation cor-recte de tous les considrants; dans tous les cas, son action pourindiscernable,qu'elledemeure, n'en est pas moinsun vritablefacteur desuccs. (2)Objection de Raoul Allier.(1)C'est nous qui sottli'nons.(2) P, P. de laIioullaye.loch citato page 20b.

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1tiltl('TSRaoul Allier dmontre dans sesdeux importants ouvrages:La psychologie de la conversion chezles peuples non-civilisset les non-civiliss et nous queles socits primitives sont em-maillotes dans un rseau de croyancesmagiques qui rglent tousles :'ces dl'zxi:.ter.ie lvi mainc du ib.rc:auju'qu's lz to :ibe.Une telle prminence de la magie dans lavie primitive ne donnepas le champ libra l'exercicedes facults logiques. (1) Le pri-mitif comme le savant devant le faitnouveau, inaccoutum cher-che le pourquoi. Mais contrairement au savant,il trouve la r-ponse toute prpare dans les croyancesde la tribu ;la rponses'insre dans le cadre troit de la commune exprience;elle ne ledpasse pas. (2)S'il est absolument d'accord avec Lvy-Bruhl surl'inexistencedu principe de contradiction chez le primitif, il n'yvoit point lune orientation singulire de l'espritnon-civilis, il n'y a qu'unsimple phnomne de paresse intellectuelle.Ainsi s'expliquedit lui-mme Raoul Allier, (3) sans que nous soyonsamens imaginer des humanits trop diffrentes, le rgne de l'absurde oude cc qui nous parat tel-chez l'homme des socits infrieures.Ce ne sont pas seulement des superstitions juxtaposes et plusou moins nombreuses qui constituent pour nous lamentalit dunon civilis.C'est aussi et surtout une vision gnrale du mondequi, ne d'une croyance spontane au magique, engendre elle-mme des tendances graves la superstition, emprisonne un espritdans cette croyance et qui, issue d'un mauvais emploi de la lo-gique ou plutt issue de ce que l'on a nomm la logique des sen-timents tend entraver l'usage mme de la logique proprementdite et crer ce qui est pour nous la caractristique du non-ci-vilis, savoir son tat paralogique.Objection de Bergson, Au point de vue psychologique, ladmarche du primitif demeure absolument semblable celle ducivilis. Insouciante +tt inapte la recherche de la causalit pourexpliquer l'action de l'inanim sur de l'inanim, (4) elle eom-pntre d'intentionalit, elle imprgne de signification humaineles actes qui se rapportent l'humain.(1) Ci: R. Allia. Psychologie de la conversion: 211.217.(1.)Cf: R. Allier:le non-civilis et nous: chap. Il, 111. IV.(3)Cf. R. Allier: Psychologie de la conversion: Il Page 481.(4) Bergson: les deus sources de la morale et la religion: page 151.

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1.ESG1 1ti 1119Elle concrtise dans cette attitude-disons-leen passant uneattitude gocentriste bien nette sur laquelle nous reviendronsbeaucoup plus loin.Elle adopte en face de l'imprvu, de l'inattendu, l'explicationla plus aise, la plus courante, celle qui est fournie par les normesde la Socit dans laquelle il vit: l'explication magique. Cetteexplication magique qui calme provisoirement l'inquitude,d'une intelligence dont la forme dpasse la matire, qui se rendvaguement compte de son ignorance et en comprend le danger,qui devine autour du trs petit cercle o l'action est sre de soneffet, o l'avenir immdiat est prvisible et o par consquent ily a dj science une zone immense d'imprvisibilit qui pourraitdcourager d'agir.Il faut pourtant agir quand mme. La magieintervient alors, effet immdiat de la pousse vitale. Elle reculeraau fur e;, mesure que l'homme largira sa connaissance par l'ef-fort. En attendant, comme elle parat russir (puisque l'insuc-cs d'une opration magique peut toujours tre attribu, ausuccs de quelque magie antagoniste).Elle produit le mmeeffet normal que la science. Mais elle n'a que cela de communavec la science dont elle est spare par toute la distance qu'il y adsirer et vouloir. Bien loin de prparer, la venue de la science,comme on l'a prtendu, elle a t le grand obstacle contre lequelle savoir mthodique eut lutter. L'homme civilis est celui chezlequel la science naissante implique dans l'action quotidienne,a pu empiter, grce une volont sans cesse tendue, sur la magiequi occupait le reste du terrain. Le non-civilis, est au contrairecelui qui ddaignant l'effort, a laiss la magie pntrer jusquedans la zone de la science naissante, se superposer elle, la mas-quer au point de nous faire croire une mentalit originelle d'otoute vraie science serait absente.D'ailleurs une fois matressede la place, elle excute, mille et mille variations sur elle-mme,plus fconde que la science puisque ses inventions sont fantaisiepure et ne cotent rien.Bergson va encore plus loin. Ne parlons donc pas, ajoute-t-il d'une re de la magie laquelle aurait succd celle de lascience. Disons que science et magie sont galement naturellespuisqu'elles ont toujourscoexist,puisque notre science est nor-mment plus vaste que celle de nos lointains anctres, mais queceux-ci devaient astre beaucoup moins magiciens que les non-ci-

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120Crklt)TSviliss d'aujourd'hui. Nous sommes rests au fond ce qu'ilstaient. Refoule par la science, l'inclination la magie subsisteet attend son heure. Que l'attention la science se laisse un mo-ment distraire, aussitt la magie fait irruption dans notre socitcivilise, comme profite du plus lger sommeil, pour se satisfairedans un rve, le dsir rprim pendant la veille.Quelle magnifique intuition du philosophe assoupli aujeu desides gnrales:Raoul Allierconfirme ces assertions de Bergson en parlant dela mtallurgie en Afrique dans Les non-civiliss et nous (1) etd'autre part en signalant (2) l'engouement de la foule nioisepour les ftiches africains l'exposition missionnaire de 1925au cours du mme ouvrage,Objection de O. Leroy. Olivier Leroy a consacr un normein-octavo de 316 pages combattre la thsedeLvy-Bruhl.L'ouvrage s'intitule La raison primitive. Essai de rfutation dela thorie duprlogisme. Nousn'aurons pas ici la prtenl-onde le rsumer. Schmatiquement nous rappellerons les princi-pales objections que l'auteur a poses contre la mentalit primi-tive.Ds le dbut, Olivier Leroy tablitqu'il ne saurait exister unecatgorie primitive de la pense au point d'en faire un mode deraisonnement rserv un groupement humain: les peuplessau-vages. Ce serait difier un voiutionni3me tout de mme tropnaf que de croire une transformation graduelle de l'esprit hu-main d'un stade prlogique en un stade logique.Chezles sauvages enclins chercher une cause mystique devantles phnomnesd'un aspect insolite-qui lenierait-il-existe n-anmoins une orientation objective bien nette quand il s'agitparexemple d'assurer les fins pratiques de l'existence. (3)Toutcomme dans les milieuxciviliss,on relve chez degrands esprits des croyances d'un ordre spcial incompatibleavecla rigueur objective de leur pense.C'est ainsi que Descartes,l'auteur du Discours de la Mthode, le pre de la philosophie(1) R. Allier; Le non civilis et nous page 273.(2) R. Allier:Ibidem page 181.(3)Cf. conclusion de Goldenweiser cit par le P. P. de la Ii.:Histoire desreligions Tome II page 194.

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LES GRIOT -'121moderne, a cru fortque la prsence du meurtrier pouvaitfairesoigner la plaie de la victime.Au reste, je dsire ici qu'onprenne garde que ces bandelettesautres partieslongueset remuantes,qui se forment aussi de lamatire du premier lmentdans les inter,,illes descorps terres-tres, y prennent entre lacause, non seulement de diversesattrac-tions telles quesont celles de l'aimant et de l'ambre,mais aussid'une infinit d'autres effetstrs admirables. Car celles quiseforment en chaquecorps ont quelque chose de particulieren leurfigure, qui les rend diffrentesde toutes celles qui se forment dansles autres corps. Et d'autantqu'elles se meuventsans cesse fortvite, suivant la nature du premierlment duquel ellessont desparties, il se peut faire que des circonstancestrs peu remarquablesles dterminent quelquefois tournoyer a et l dans le corps oelles sont, sans s'en carter:et quelquefois au contraire, passeren fort peu de temps jusque des lieuxfort loigns, sans qu'au-cun corps qu'elles rencontrenten leur chemin les puisse arrterou dtourner, et que rencontrent l une matiredispose rece-voir leur action,elles y produisent des effets entirementrares etmerveilleux:commepeuvent tre de faire soigner les plaiesdumort lorsque le meurtrier s'en approche d'mouvoirl'imagina-tion de ceux qui dorment,ou mme aussi de ceux qui sont veillset leur donner des penses qui les avertissent deschoses qui arri-vent loin d'eux en leur faisant ressentir de grandesafflictions oules grandes joies d'un intime ami, lesmauvais desseins d'unassas-sin ou choses semblables.( 1 )Un William James quand ilnous compare des les au mi-lieu de la mer, ou des arbres au milieu de la fret, ces les quise rejoignent par leur base sous les eaux, ces arbres qui danslestnbres du sol entremlent inextricablementleurs racines; lors-qu''il dit qu'il croit avec la solidit d'un dogmequ'il existe unecontinuit de conscience cosmique contre laquellenotre indivi-dualit ne dresse que d'accidentelles barrires onos esprits sontplongs comme dansuneeau-mre ou un rservoir, (2)un Wfl-liant James,n'est-ilpas tout proche de ce primitif pour qui la(1) Descartes PrincipesIV cit par 0.1_croy in Ra;san Primitive pane 27.(2) 0. Leroy lotocitato page 28.

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loi profonde de l'univers sersume dans la loi departicipationmystiques'il faut en croireLvy Brhul.Et que dire encored'un Berkeleys'crieOlivier Leroy, pourqui l'onchercheraiten vain des causesefficientes naturelles dis-tinctes d'unesprit dont l'idalisme ne voit dansl'universsensiblequ'un systme de signes(The whole sensibleuniverse is a systemofsigns)o la causalitphysiquerduite au libre exercice de l'ac-tivit de Dieu est sous la perptuelle menacedu miracle? (1)En quoi ajouterons-nousle P. Pinard de la Boullayeest-il dif-frentdu primitifafricain quand il opine en discutant dela men-talit primitive et de la mentalitmoderneque Dieutoujoursprsent au fond des mes dterminepratiquement le choix en unsens ou en l'autre, par un coupde sentiment ou de lumire, ouqu'il se borne maintenirl'esprit dans l'quilibrequi permetl'estimation correcte de tous lesconsidrants,son actionpour in-discernable qu'elle demeure, n'en est pas moins unvritable fac-teur de succs.Olivier Leroya avanc une objectioncontre lessources o L-vy-Bruhlpuise la matire de sa vastesynthse,sources diversesd'observations de talent ingal.Il y va des renseignements deCatlin qu'il ne fautaccepter que cum grano salis, jusqu' ceuxd'un Junodsur les Bantouou d'unKnud. Rasmussen sur lesEskimod'une valeur inestimable puisqu'il s'agit d'hommes quiont vcu pendant longtemps chez cespeuplades sauvages qui sesont accoutums leur vie, leur langage, leurs habitudes, leurscoutumes. Objection extrmementimportante s'il en fut.Il a port ledbatsur les diffrents terrainsqu'a explors Lvy-Bruhl: raisonnement-principe d'identit, symbolisme, mmoirelangagenumration-Dieu l'me Divinationclair-voyancesorcelleriemisonisme premiers contacts avecles blancs -Techniques (industrie,chasse,guerre) -mdecine.Nous avonsindiqu les nombreuxchapitresqui composent lelivreet signal du fait la richesse de tels apports.Seul nous retiendra le chapitre consacr aux techniques et sur-tout la citation dutravail du R. P. Wickaert:(2)Forgeronspaens et forgerons chrtiensdu Tanganika.1)surBerkeley: consultez JanetLeailles:Histoires de la Philosophiepage 76.(2) 0. Leroy,loto citato page 245.

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LES (i12!e)T,`Avant d'entreprendre la fonte du minerai, raconte le P. Wic-kaert, le matre fondeur forme son quipe suivant des principesqui n'ont rien voir avec l'embauchage rationnel de la maind'aeuvre dans une usine taylorise. Ainsi il limine ceux quiont mang du cochon dans l'anne ou dont les femmes sont sus-pectes de lgret. Les haches de ceux qui vont couper le boispour faire du charbon doivent tre neuves et s'imprgner dans lacase du matre forgeron des vertus ncessaires; ensuite on les sous-trait au mauvais sort par des incantations. La veille du dpartaux hauts-fourneaux, le matre forgeron exhibe le niangala oucassette magique renfermant, avec divers talismans, un produitmystrieux qui facilitera la fonte du minerai.Il invoque cettebote sacre et la prie de lui tre favorable. Deux poulets sontsacrifis par des enfants, et l'on asperge le four et l'outillage dusang des victimes. Si au cours de l'opration, se rencontrent desdifficults imprvues, le matre forgeron en accuse les esprits ouencore la vertu des femmes du village. Enfin les oprations ter-mines, de retour au village, on remet crmoniellement en placele ntangala.Nul ne saurait nier le caractremystiquede telle dmarche.LvyBruhl l'a longuement dmontr mais le primitif ne s'arrtepas l,Il va passer maintenant la construction du four. Voiciles dtails techniques relevs par le P. Wickaert.Ce four a la forme d'une tour conique de trois mtres dehaut sur deux de diamtre la base et d'un ausommet.La paroiest de mortier et si, l'argile est juge dequalit insuffisante, onla renforce d'une armure de boisvert.On tche d'ailleurs d'ob-tenir la meilleure argile possible et on la ptrit avec un soin-minutieux.L'paisseur de la paroiest'judicieusement calcul:30 40 cm. labase,15 cm. augueulard.A l'extrieur, unearmature de gros pieux lis entre eux treint cette construction.Dans le bas, on mnage une srie tic couvertures par os'attise 1;efeu et s'extraient, aprs grillage, le laitier et lesscories.La fabrication des tuyres est rserve aux jeunes gensqui lesfaonnent en enduisant d'une couche galed'argile de longuesperches rondes et lisses, poses aux deux extrmits sur despi-quets fourchus. Les tubesd'argile ainsi obtenus en enlevant dou-cement la tige de bois sont mis scher l'ombre. La fabricationdu charbon de bois se fait suivant la mthodeclassique: ce tra-

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124j,(, t'svail se fait avec soin. Les tas de bois sont couvertsde terre surles ctes,dcouverts en haut. Selon que le feu porte tropd'unct ou de l'autre, on ajoute ou on enlve de la terre.Finalementon touffe le feu en couvrant lehaut du tas et on le laisse refroi-dir.Ord;nairement la combustion du bois russit souhait etdonne d .,ssez bon charbon.Le chargement du fourneau est l'affaire du matre forgeron.Du dehors par le gueulard, on lui passe successivement: charbon,minerai, bois selon sa demande. Au fond, il pose les tuyres,une ou plusieurs chaque meurtrire;il commence par la meur-trire mre (nyina) qu'il bouche aprs avoir pos les tuyres,puisqu'il fait de mme pour la meurtrire pre (isi) puis pourcelles desenfants(aana). La couche infrieure est une forte cou-che de charbon; par dessus, il verse sept ou huit paniers de mi-nerai entre deux couches gales de charbon. Le tout doit arriverjusqu'en haut. A la tombe de la nuit, on allume le feu non parle bas mais toujours par le haut; on obtientainsiun feu d'in-tensit moyenne qui grillera le minerai mais ne le fondera pas:c'est ce qu'on cherche.Le forgeron, du haut d'une termitire, examine la marchedu feu; sur son ordre on abouche les soufflets sur telle ou telletuyre et an actionne plus ou ,moins fort, plus ou moins long-temps selon ses indications. l.'opratitut finie, on laisse le four-neau se refroidir, ce qui e%yte liiltiteutM jouais, puis on extrait parla meurtrire-mre: stoticx, latirt, thtii,'n, minerai, Les mor-ceaux de fonte in titi lisalfk,li utlieux soit abandonns avec lesscories(lonmbw), Les bltus slrotgreux, nruiti fer, moiti scorie(mutar) sont mis soigneusement de ette pour tre traits en-suite au creuset....ll est rare, observe le missiotura,tre, que le fondeur ne soit pasmatre de son feu; rare aussi que la fourne sait manque, carainsi qu'on a pu le voir ct des Prcautions *mystiques desassura.,ces contre la malchance, on a su s'entourer de toutes lesprcautions matrielles et positives dont on est capable et toutprendre, l'homme au ntangala tonnait son minerai mieux qu'onne pense. (P, Wichaert).Maintenant a lieu la fonte au creuset. Ce creuset, simple cu-vette d'argile est charg autrement que le four; le minerai est dis-pos en une colonne centrale, enveloppe littralement par une

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vail se fait avec soin.Les tas de bois sont couverts de terre surles cistes. dcouverts en haut.Selon que le feu porte trop d'unct ou de Vautre. onajoute ou on enlve de la terre.Finalementon ctoufle le feu en couvrant le hautdu tas et on le laisse refroidit.Gt t,nairement la combustion du bois teussit a souhait etdonne u ..ssca bon charbon.!.e chargement du fourneau est l'affaire du matre forgeril.Du dehors par le gueulard, on lui passe successivcmtnt: charbon.mititrai,bois selon sa demande. Au fond. il1-ose les tuyres.une ou plusieurs chaque meurtrire;il commence par la tueur-tr.ere mre tnyinal qu'il bouche apres avoir pos lestuyres,puisqu'il fait de mime pour la meurtrire pire(isi) puis pourcelles des entants taanal. La couche infrieure est une forte cutich, de charbon; par dessus, il verse sept ou huit paniers de mi-nerai entre deux couches gales de charbon. Le tout doit Arriverjusqu'en haut. A la tombe de la nuit. onallumele feu men parle bas mais toujours par le haut, on obtient ainsi un feu d'in-tensit moyenne qui grillera 'e minerai nais ne le fondera pas:c'est tequ'oneheisic.cl.e forgeron. du haut dune termincre. examine la marchedu feu; sur son ordre on abouche les soufflets sur telle ou telletuyre et on actionne plus nu nlennl fort. plus ou moins long-temps selon ses indisatn,nsIopration finie, on laisse le tour-teause refroidirce quiexigepl tueunpuison extrait parla meurtrire more.1.161l' ili,rb ,mineraiLes innrseaux de Ionie inutilisable.lit uiheux soit abandonnes avec le_scories Ilombwe i.1 es blocs sptir gicuxmoiti fer. moiti scorieImutarJ sont:sus s,agncucemcntde tbte pour rire traits en-suite au creuset.-.ll est rare. observe le missionnaire, que le fondeur ne soit pasmatre de son feu, rare aus.t que la lournec soit manque, carainsi qu'on pu le voir cit des pr:autions .mystiques desas.urarces cogare la malchance. on a su s entourer de toutes lesprc.tutions malriclles et positives dont on est capable et toutprendre. 1 homme au ntangalatonnait son mineraimieux qu'onne pense.il>. Wuhaert I.Maintenant a lieu la tonte au creuset. Ce creuset. simple cil.veste d'argile est charg autrement que le tour: le minerai est Asie1.. .,' en une colonne centrale, enveloppe littralement par une

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LESGRIOTS125couche de charbon. Ici on allume par le bas pour avoirun violenttirage et le feu est sans cesse activ.Le chef se tient ct arm d'une tige de fer; il piquecons-tamment le bloc spongieux pour voir o en est la fusion, il ti-sonne de temps en temps par la bouche d'coulementpour facili-ter la sortie du laitier, des scories, des cendres. Quand il juge quela fonte est point, il fait cesser la souflerie et sort par l'orificesuprieur un petit bloc de fer compact (_ .)il a de quoi forgerune ou deux houes.La mthodede Lvy-Bruhlconsistera abandonner systma-tiquement de telles donnes techniques qui tmoignent, nul nesaurait le contredire, de l'exercice des facults logiques-ou d'entirer exactement ce qui s'y trouve d'accord avec sa thorie, lescrmonies rituelles prparatoires ou bien encore l'existence de lacassette magique encastre dans le soubassement du four.En rsum le caractre absurde attribu tant aux propos qu'la conduite du primitif est d plutt la lthargie de ses facultslogiques, lthargie due un cadre exprimental troit.Il nes'agit point en l'occurrence, et nous rappelons un point de vuecommun, ici au Pre de la Boullaye, R. Allier et l3ergson, d'unstade prlogique de la pense humaine soit que nous prenions leterme prlogique dans son sens tymologique-un stade antrieur l'apparition de la pense logique, prae-avant; soit que nous leconsidrions en son sens spcial donn parLvy-Bruhl,c'est--dire qu'elle ne s'astreint pas avant tout, comme notre penseau principe d'identit et de contradiction, il s'agit plutt de l'in-capacit de la mentalit primitive, redcouvrir les fois naturellesque le gniede l'hommeblanc a dgag peu peu du cahos etcela de haute lutte (car personne n'ignore les perscutions aux-quelles un Galile, un Pasteur se sont exposs pour imposer leurs contemporains des vrits qui nous semblent banales en cemoment.)Il s'agit de la paresse de l'esprit humain pris un stade de sonvolution, plac dans un cadre donn et considr un certainmoment de la dure, qui se replie sur lui-mme devant l'inconnuet de prfrence interroge les souvenirs des anctres, secoue lescendres de la tradition, s'arrte au futile, au superficiel, au djconnu-pour comprendre sans effort l'inexpliqu, plutt que decrer des raisons nouvelles de croire des choses nouvelles.

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126f?S C,RIOTSEn un mot, mentalit primitive,mentalit gangrene d'igno-rance et de magisme,ferme au progrs et la lumire,plongedans la plus profonde obscuritd'o peut surgir parfois le gnienous ne voyons paspourquoi la nature n'aurait pas eutoujourset partout de cesdistractions heureuses mais un gnieisol dontl'action individuelle ne sauraitentrainer la conviction de cesmasses arrires et barbares...Dr. LOUIS MARSMdc. in de l'Asilede P,eudet, Port-au-PrinceProfesseur de Ps!Icbiairie In Facult de MdecineMembru de laSociahldicoPsyholocti lue de Parisil

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LEACfiTSLa CritiqueEN MARGED'UN LIVRE127CONSIDRATIONS SOCIOLOGIQUESMr. Maurice l)artigue vient d'enrichir la bibliothquehatienned'une brochurette de 59 pages:Conditions Rurales en Hati.L'auteur n'a pas la prtention de glaner dans une terre vierge,puisqu'il a eu des devanciers. Toutefois son petit livre est unouvrage de haute synthse et trs recommandable parce quecontenant un ensemble de problmes en rapport avec diversesdisciplines. La preuve en est que bon nombre de professionnelsont t consults: des mdecins, des dentistes, (les sociologues,des agronomes, des chefs de services dans l'Administration. C'estl une louable initiative, et la reconnaissance tacite que toutesles branches de l'activit tant dans l'ordre matriel et techniqueque dans l'ordre intellectuel et moral concourent la cration, l'volution de la Cit. Nous rservons ce point de vue pour leconsidrer en dernire analyse.Tout d'abord, nous devons dire que le livre est bon, malgrla hte de l'auteur de passer d'un point un autre.C'est unapport apprciable la littrature sociologique. Nous apprcionsce travail qui nous prsente un aspect de notre problme rural.Cependant nous regrettons qu'il n'ait pas connu une priode pluslongue d'incubation.Ilaurait gagn en profondeur, dans laforme aussi.Notre crivain n'a pas remu beaucoup d'ides.Nous refusons de croire ilu'il n'en a pas,Il a voulu tout situ-plentent tre trs concis, Mais cette concision est-elle de bonaloi dans une question (lui relve la fois (le l'histoire, de lasociologi(', de la psychologie? Affaire d'opinion, aussi de for-mation.Bien que d'une faon gnrale nous soyons satisfait, nous leserions davantage si, loin de noua prsenter certains faits telsque nous les connaissonsdj, on les avait analyss suivant nosexigences d'intellectuels, la lumire des disciplines modernes

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128Li:.S GRIOTS(le psychologie sociale. Nous devinons le motif de cette attitudede surface voulue par l'auteur. Elle est Clans la conception troptroite, selon nous, (le la mthode globale...Nous faisons remarquer, et cela a toute son importance, quel'aui ter envisage uu problme en voie d'excution, et la rali-sation duquel il collabore.("est la raison pourquoi iln'a pastl'idcs nouvelles, qu'il ne propos,' pas de plan personnel de re-lvement paysan, contrairement aux ains qui se sont penchssur les divers problmes ruraux d'Hati. A ce sujet nous devonsune mention spciale au IJr, Camille Lhrisson pour nous l'avoirrappLl dans les colonne,, de Ilati-Journal.P est absolument ncessaire avant de considrer un pointd'histoire, de sociologie... de jeter un regard rtrospectif pourbien se rendre compte de l'tat de la question.Il faut le rrron-naitre, nos ans n'ont pas t au-dessous de leur tche,eu gard leur poque. Et n'en dplaise quelques jeunes hommes de laNouvelle Gnration, il n'y a pas un point agit dans nos jour-naux et revues qui n'ait t dj considr. Notre vanit (le toutsavoir et de tout crer dans l'ordre hatien doit 'tre attribue notre ignorance (les crivains du pass. Nul doute que nousayonsvolu sur tous les plans.Mais prenons garde de trop ni-connatre....!sNous avons reconnu tout au dbut de cette note l'utilit del'ouvrage. Nous avons eu aussi reconnatre, voici plus d'uneanne; les belles qualits d'homme de science de l'auteur dansun de nos articles parus dans le journal Le Nouvelliste; L'Es-prit Scientifique dans la Nouvelle Gnration. C'estpourquoinous sommes plus ou moins l'aise, l'abri de toute suspicionpour considrer quelques points (le son intressante production.Uautcur a la prcaution de nous direque son tude est unereconnaissance en l'ays inconnu. En raison (le l'allure,de laporte de l'ouvrage, du champ d'observation,et du Mode d'ap-prhension (lesfaits observs, l'crivain n'apas commis uneimproprit de terme. Le mot reconnaissanceconvient l-gamment sa mthode de recherche. N'est.-cepas lui-mme (luiavoue dans son introduction que les rsultats consignsdansce travail ne sont vrais que pour certaines rgionset pour un

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certainnombre d'individus dan. chaque rgion etque, par con-squent,on ue doit pas se livrer trop de gnralisations. C'estnous qui soulignons. Et alors... tluestion (le temprament, nousn'approuvonspas cettefaon trique d'envisager un problme (lesociologie. A quoi tend t"enqut(:? Pourquoi cette tude? Malgrl'avertissement de l'auteur, il nous senahle voir dans le titre mnede l'ouvrage:Conditions Rurales En Hati,une gnralisation.Il nous estinutile de savoir si l'enqute est ou n'est pascon-cluante,puisquenous ne voyons pas--peut-tre, par manqued'intelligence -- quoi elle aboutit. Elle n'apas t faite envue d'une application ou d1'une modificationd'unplan. Elle estplutt d'inforntatiim personnelle.Ce qui est encore d'intrtcapital, si l'ontient compte que gnralise elle pourrait servirausociologue. Au lieu d'tre faite sur desfamilles isoles, elleaurait d tre faite par rgion, Remarquonsque l'enqute at mene sur 25 t"ob ts diffrents (le la Rpublique et couvre8:4 familles.()il aoubli, (le nous (lire la superficie (les rgions,objets de l'enqute et le dnombrement individuel des 884 fa-trailles. Ce sont l des particularits intressantes,en considra-tion de la superficie et (le la population de la Rpubliqued']lati.Soulignons encore que les 25 ponts, ohets (lel'enqute, sont trsloigns les nus (les autres, de conditions climatiques diffrentes.Cette tude quoique sommaire est instructive. Elle le seraitbeaucoup plus si l'enqute tait faite en (les centres vraiment d-mographiques, et sur la quasi-gnralit des populations.Si l'on parcourt avec un esprit de pntration cette brochu-rette attachante plus d'ut titreon constatera que, endpit de ladclaration (le l'auteur (le parler au nota de 884 familles et dequelques coins de la R publique, sa pense embrasse l'unit go-graphiqwe et dmographique. Relisez les pages o ilest questionde Organisation familiale, et Conditions de vie, Alimentation,Budget Familial, Ambitions et Aspirations, affiliations Religieu-ses, Rcrations, Hygine, Service Rural du Service d'Hygineet Assistance Publique, Educaiion Rurale, Population et Migra-tion, Sys,me Agraire,Valeur des Terres en Hati, AgricultureetElovage, Capital Etrangor investi dans l'Agricultureen Hati,Crdit Rural, AideAgricole aux Cultivateurs,Epargne.

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ilL! S G1?IOTSIl se petit que l'ouvrageait contenu beaucoup de vritsd'or-dre gnral. Mais,nous doutons qu'elles aient t tiresdes 884familles.Puisqu'on a voulu envisagerle problme rural d'Hatisousquelques uns de sesaspects, pourquoi s'est-on contentd'uneenqute ,.a*ticlle?Nous avons l'impressionqu'on avait envue la prparationd'un vaste ouvrage desociologie paysanne,et que pour uneraison ou nue autre lapremire ambitiona t mise de ct.Pontnous rpter,nous disons que l'enqutene nous donnepas satisfaction pour n'avoirpas t rigoureusement scientifique.Au lieu d tre portesur (les familles isoles, elleaurait d trefaite par rgion offranttiti certain intrt dmographique.Avant de passer titi autre ordre d'ides gnrales,soulignonscette opinion mise,et qui, d'aprsnous, constitue unegraveerreur sous le rapport (lela psyclio-sociologie:Toutefois, nouspouvons considrerque ces personnesou groupes, reprsentanttut nombre assez considrabled'individus plusou moins pris auhasard traverstonte la Rpublique,constituent deschan-tilluns assez reprsentatifsdu milieu rural.Voil dcouvertle secret du titreet (les conclusions tropgnrales du,livre:Con-ditions Rurales EnHati.Cc., groupes depersonnes observes, prtend-on,constituentdes chantillons denotremilieu rural. Apparemmentpeut-tre.Mais sociologiquementnon. Tout d'abord,l'emploi duterniechantillon s'il est admissibleeu littrature, ilne l'est pas d'aprsnous en tnr(tire d'thnologiesociale,Plusieurs facteursque nous ne voulonspas numrerpour nepas largir le cadre decette note contribuent diffrenciernospopulations. Le paysan(le Jrmiene ressemble pas celui duCapa Le comportementdes paysans duNord pour lesociologuen'est pas lecomportement despaysans de l'Ouest.Un sjourtrs court au Cap, I;;nnnuadenous a permis desaisir (les traitsde tempraunent particulier,aux pu sans deces rgions. Mmele comportement physique(le ces hatienstranche sur leconnpor-teulent physique deceux (le l'Ouest.Le lan gageaussi diffre.

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LEGS GRIOTS131Une. expression chez ces nordiques cache des nuances de penseque nous ne retrouvons pas chez nos ruraux. La marche deleur conversation semble se ressentir de l'atmosphre spcialedans laquelle ils voluent. Et nous comprenons, nous autres, cesdiffrences profondes malgr les apparences. Elles s'explicitentpar des raisons d'ordre climatique, sociologique, historique et,peut-tre, tribal, si l'on nous permet de remonter l'origineafricaine de la communaut Hatienne. Si l'on s'en tient la cou-leur de l'piderme qui est phis uniforme, plus standard chezles paysans, si l'on s'arrte leur habillement traditionnel decotonnade bleu,c'est--dire aux couchessuperficielles, nousavouons que le paysan miragoanais ou grand-goavien constitueun chantillon (sic) assez reprsentatif du milieu rural d'Hati.Nous regrettons fort que le problme ne puisse se poser sous cetangle. Il aurait t rsolu de visu.Uij, autre point que nous reprochons quelques-uns des jeunescrivains contemporains, c'est le fait de taire dlibrment lesnoms des devanciers qui ont eu dans le pass envisager laralit hatienne, aprs leur avoir adress des rcriminationspour lemoinsinjustifies. Quand on crit que La ralithatienne se trouve dans la masse rurale, tout comme actuelle-ment l'conomie hatienne se confond avec l'conomie paysanneon ne fait que reprendre une vieille ide. Souponne-t-onl'exis-tence de Le Vieux Piquet par louis joseph Janvier, LesAffaires d'Ilati par le mme auteur o le problme de l'du-cation rurale chez nous est amplement envisag? Les AntnorFirmin, les L. C. Lhrisson,.. ne sont pas rests insensibles cegrave problme.llr. le Dr. J. C. Dorsinvil a fait paratre un ouvrage capitalintitul Le Problme de l'Enseignement Primaire En HatiUn tableau synoptique des coles primaires urbaines et ruralesferme l'ouvrage, tableau que l'autour dnomme La grande PitiIntellectuelle d'Ilati. Voici ce (lue pense le savant matre auchapitre o il considre la question de l'enseignement rural. Ila t clairement dit que la niasse paysanne vgte dans lapluscomplte ignorance. 95 98% (le ces malheureux ne savent ni4

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,u,.,'L E SG It I O T =S132lire ui crire, ne trouvent quedans leur intelligencenaturelle lemoyen d'chapper souvent auxpiges (lue leur tendentTics sp-culateurs de tous genres,depuis le commerant eudenres jus-qu'aux professionnels (lesentreprises rvolutionnaires.Il est juste de dclarer (luedans le problme scolaire,l'or-ganisation de l'enseignementrural est ce qui offreles plusgrandes difficults. Seule unepolitique nationale marqued'es-prit de suite, dcide dans sacourageuse sincrit vaincre lesobstacles. et pu permettredans le temps de russirl'exprience.Nous n'avons voulu riencomprendre. Le danger socialconstitupar cette niasseignorante, ouverte l'exploitation comme l'veil des plus brutales passions,n'a rien dit nos consciencesd'gostes.Dans Pavant-propos (1e l'ouvrage,coutons encore le Dr. Dor-sainvil: Parmi les questions (luiagitent notre opinion publique.financires, conomiques, politiques ousociales, il en est une quidomine toutes les autres, parce queralise, elle permettra deles aborder avec toutes chancesde succs. Rien n'aura t faitdans notre dtresse sociale si, laplace du troupeau inconscientet veule qu'est la grande niassedu peuple hatien, nous ne subs-tituons une collectivit ordonne,susceptible ait moment descrises de penser les problmesd'ordre gnral au moins avecautant de bon sens que l'liteelle-mme.Ajoutons que dans ce livre (le baseo (tes questions connexesont t minutieusement analyses,le Dr. J. C. Dorsainvil a misdes suggestions utiles en vue del'ducation rationnelle, scienti-fique de t,os (nasses.Il n'y a pas jusqu' la prparation desmatres qui n'ait t srieusement envisage.Le livre rvle tuneconnaissance profonde Au milieuhatien, des principes directeursde psychologie individuelle etsociale.:t(...Ilest dplorer que nombre de nos crivains contennpo-nains potassent l'extrme la division destches dans le do-maine intellectuel. Nous reconnaissons l'utilit desspcialistes.Mais, ils sont encore mieux informs quand, la base(le leur cou-naissance particulire il y a toute une armature solidede cul-ture gnrale.

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1 E sci R7t)T 5133L'ophtalmologiste serait le dernier des aveugles s'il ignoraitles autres branches de la mdecine.A la base (le la pdagogie il y n la psychologie...Nous aurions mis fin este note si l'auteur des ConditionsRurales leu llatix n'avait pas avanc une proposition que nousjugeons scandaleuse. Nous la transcrivons pour l'intelligence dela discussion. Il est absolument ncessaire que les hommes del'lite hatiennesortent des livres d'histoire, de littrature ou depolitique trangre pour regarder en face la ralit hatienne.A-t-on rllechi sur la porte d'une pareille proposition et sur sesconsquences dsastreuses Si elle pouvait tre ralise.Dans l'tat actuel de la pense hatienne et nous jugeonsd'aprs les productionss'il fallait dcrter la mise l'indexdes livres ci-dessus, nous attirerions la piti de tousles genssenss.N'en dplaise quelques compatriotes vaniteux,nous estimons,qu'il nous faut, longtemps encore, nous enfermer dans les livresavant de prendre rang parmi les peuplesfortementintellectuali-ss.(1) Nous constatons avec peine que certainsde nos jeunesintellectuels trop enthousiastes, griss de leur diplme, croient,par le seul fait d'tre en possessiond'un parchemin, avoir atteintle summum des connaissances humaines.D'abord une question se pose. Pourrons-nous jamais regarderen facela ralit hatienne Si nous ignorons les notions quiportent en elles les germes de la connaissance, eud'autres termes,les moyens permettant de saisir cetteralit.L'ge de l'empi-risme est dfinitivement rvolu.Nous devons cous arcbouterderrire (les connaissances gnrales etprofondes pour obligerla matire se soumettre, pouserles formes de nos penses.;Lu lieu de demander, t'c qui est un unn sens,qu'on sorte deslivres cl'!'istoire, de littrature... onferait mieux de prsenter-i-)il cr, de mode de parler avec mpris de l'ducation livrc.quc. Jevoudrais bien savoir pourtant oit (ni peut apprendreailleurs que dansles livres.J'ai bien peur que l'ducation non livresque ne soit celle desgens qui ont une ide vaguedes choses dont ils ont entendu parler, mai>qu'ils ne savent pas.P='ofc>seur Just 1 ucas-Championttire, Membre del'Institut, Prsidentde l'Aociation d'Enseignement Mdical des Hpitaux de Paris in leur",prface crite pour la premire dition duTrait de Pathologie M-dicale du Professeur Enfile Sergent,

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34t.PS GR107'Sles moyens de pourvoir la formation d'uncadre d'ducateursrellement imbus de leurs tches en vue d'une diffusionplus ra-pide de l'enseignement primaire sur tout le territoire de la R-publique, puisquecetenseignement primairegnralisseracomme l'infrastructure de la Communaut hatienne. A ce sujetqu'on nous permette de faire une dernire citation de l'minentmatre J. C. Dorsainvil:Si l'enseignement suprieur est une culture de spcialisationscientifique ou littraire, l'enseignement secondaire une culturede formation gnrale, l'enseignement primaire lui-mme estune culture d'adaptation sociale. De l son caractrefranchementutilitaire.Voil qui est net et clair. Et l'on viterait bien de rcrimina-tions, bien de discussions bysantines sur l'utilit ou l'inutilit deshumanits greco-latines si ds le principe on faisait la discrimi-nation entre ces trois degrs d'enseignement.Dans ces conditions, la question tant place sous un jourlumineux, c'est avancer une ineptie que (le demander l'liteintellectuelle d'un pays de sortir (le ses livres. C'est plus qu'uneaphronie, c'est une dcapitation sociale.Le lecteur pourrait croire qu'on n'en veut qu' quelques re-prsentants (le l'lite intellectuelle (le ce pays. Il y a mieux. Onvoudrait ;aire table rase de toute une culture, de toutun hritagelgu par (les matres (le la pense. Pour l'informationperson-nelle de ceux qui raisonnent, nous reproduisons la phrase in-crmllne :Au lieu de fermer nos yeux et de continuer nous complairedans la satisfaction bate d'une culture dsute, artificielle, tran-gre et strile, ayons le courage (le considrer les choses tellesqu'elles sont et de ne pas nous leurrer de motscreux. Ici, n'est-il pas vrai, on perd son sang froid, sa srnit scientifique. Onse montrera mme agressif lorsqu'on aura faire allusion unde nos crivains (le haute ligne pour avoir crit jadisque Da-mien va la Rpublique comme un faux-col un chat,On a oubli de nous dire ce qu'on entendparculture, de nousprouver qu'elle est dsute, artificielle et strile.IE,ni parlant de

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L 1i S c i 1 0 T SDiinxculturedsute,si tant est qu'on envisage la franaise drivedei disciplines greco-latines, ilest craindre qu'ontait commis(les erreurs graves de jugement.Cultureartificielle etstrile!Nous avortons ne pas la connatre,celle-l. la nous sommescondamns patauger dans notre plateignorance,puisqu'on n'a pas eu la piti (lenous ladsigner,cetteculture artificielle et strile.On ne s'en prend pas seulement cette culturepour sa st-rilit, mais encore pour sonextranit.Par quoi voudrait-on ltremplacer? Paruneautre,sansdoute,qui ne soit pastrangren:de pauvre nourriturenotre esprit avide.Au none(le la logique etau bnficede ces considrations nouscroyons accomplir un devoir en recommandantnos jeunescrivains la rflexion avant toute extriorisation.:i:.laf:t,Nous avons fini de souligner les dfauts du livre quicontientpar contre de prcieux renseignements. Les paragraphes IIIetIV traitant de l'Education Rurale et (les ConditionsLconomiquesnous ont plu infiniment.Si l'auteur des Conditions Rurales en Id'ati se surveilleplusadmet la tolrance quant aux disciplinesne ressortissant pas desa spcialit, on ne s'tonnera pas qu'il soit placen compagniedes rnovateurs, l'avant-garde de la petite arme desalut (lela communaut hatienne. Cart1 a (le la valeur, ila (le l'toffe.Les crivains hatiens doilavoir que c'est du concours (letoutes les possibilits,(leles intelligences que sortirale bonheur de ce pays. Nous avons besoin d'une forte armaturematrielle et spirituelle. Nous attendons encore nospaysans cul-tivant avec science la terre de leurs anctres, nos ouvriers habiles,nos potes, nos philosophes... Nous manquons de vie spirituelle,de l'audace dans la pense. Nous tic lisons pus assez. Nous n'as-similons pas bien.l3ergson ne nous dit rien. La Penseet leMouvant, al,'I vohttivnCratrice qui sont desOuvres dehaute valeur ne sont pas apprcies. Le l)r, J. C. Dorsainvilest unifumiste, disent les pygmes de l'intelligence.Le Dr.Price-Mars est un africaniste (le mauvais aloi, bon refoulerdans sa terre d'origine. MM. IHermann Corvington, Abel Lger,

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IraMaXnp.,r,,.iFS (i'R1t,t;Clovis Kernizan, Auguste Magloire... feraient mieux d'abandos-ner leurs ouvrages de droit international public et priv, descience et de lgislation financire, d'conomie politique ou desociologie strile. Mais alors que cous rclamons cors et crisl'abolition de la vie spirituelle dansun pays ayant peine franchile stade premier de la culture, les pays de civilisation de vieilleroche, plus que millnaire n'auront pas fini de solliciter plusde lumire, plus de livres potin leurs enfants.Le courant civilisateur qui nous emporte nous dfend d'avoirune mentalit rtrograde. Et quand demain l'un d'entre nousaura se pencher sur un des aspects du Problme Hatien il seradans l'obligation de s'adresser nos intellectuels: mdecins,dentistes, ingnieurs, avocats, administrateurs..,comme l'a fartavec bonheur Mr. Dartigue pour la r.daetion deson ouvrageattachant plus d'un titre. Et pourque celui-l soit servi sasatisfaction, n'est-cepas que cesreprsentants de lapensedoivent s'enfoncer davantage clans l'tudefconde et rgnra-trice.Il ne serait pas profitable la justicedistributive que nosjuges dlaissent les codes, la doctrineet la jurisprudence,Nous nous contentons deces rflexions que nous ,n inspiresle beau livre de Mr. llartigue,En leur donnant la formestro-type, sans souci de plaire ni dedplaire dansun milieu d'af-fectivit nous croyons rendreservice la pense.Nous n'avonspas fait que relever les inconvnients del'ouvrage. Nousavonssoulign ses qualits, Aussiesprons-nous n'avoirpas dmrit.hl,Emj?UlsC)Ittrl?-J:Ct)B

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Prose:DE NOS ONOMATOPEESL'instruction toute franaise que nous avons reue laisse, laplupart du temps, un dgot aussi dplaisant que de mauvaiston un fort nombre d'hatiens pour le langage crole. Je n'en-tends ras ici chercher la cause de cette mprise: je me borne ctoire que c'est tout simplement affaire de temprament.En ralit, notre idiome e t des plus attrayants malgr ce quepeuvent lui supposer d'imperfection, cause d'un prtendumanque de comprhension et de clart, ceux qui ne s'y arrtentpas.Il suffit, cependant, qu'on s'y mette sans morgue pour entrouver la quintessence, et, par consquent, jouir de la beautsauvage de l'me africaine.Je compare souvent notre crole un verre colori qui. exposau soleil,rflte aux yeux gays du passant une varit denuances bonnes tre vues de prs. Ainsi les mots, les expres-sions croles gagneraient tre observs en leurs plus intimesnuances, etainsi seulement ces rflexions frapperaient l'oue,tantt dures et ambigues, tantt douces et sonores, niais toujoursd'une telle faon que l'impression qui s'en dgage laisse une vi-bration durable. Cette particularit lui est propre, ce me semble.Ainsi analys. l'esprit crole, tel qu'il est compos avec seslments africains, a une sorte d'attache avec l'esprit franais, parl'tendue de l'ide, la profondeur des penses, l'harmonie dessons; par la richesse et la beaut des expressions nous propres.Htons-nous de (lire que nombre de mots eroie,; sont desdrivs du franais.iPvlais ajoutons aussi que cette dformationqu'ils subissent ne forme pas le charme essentiel de notre crole.Elle y entre plutt comme une menue-monnaiequi, convertie,n'enlve pas la pice sa valeur relle.Des couvres de l'esprit crole, nous pourrons, par exemple,citer la charmante Choucoune, d'Oswald, au contours gra-cieu;., l'joyeuse, toujours jeune, ternellement belle sous

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133sa robe tropicale; les amusantesfables de G. Sylvain, pleines desaillies morales et de boutades naves.Qui lit d'une attention soutenue ces diffrentesproductions del'esprit crole, est tent de se croire avec nous enprsence de l'es-prit crateur franais, si lev, si fini, tel que nousl'ont rvldans toute sa grce et dans tous ses charmesl'aimable fabulistede Chateau-Thierry et tant d'autres auteurs nonmoins clbres.Mais arrivons notre thse hatienne par quelquescitations demots que nous dtachons vol d'oiseaude l'immense gerbe odo-rifrante du langage crole, mots imitatifs qu'on appelle enrh-torique franaise Onomatope,-ou n'atop, rpondrait de sonct notre subtil espritLe mot crole: Voum-Voum, qui dsigne l'insecte bourdon-nant,-ou Bourdon, en franais,-'nereprsente-t-il pas l'o-reilleet l'esprit de celui qui coute, le bruit que fait labte?Le Ra-Ra, ou crcelle, tte laisse-t-il pas entendre, lorsqu'onl'agite, unson perantet aigus'harmonisant bien avec le petitinstrument de chez nous?Et leCric-Crac,que font les arbres tels que le pin et le bam-bou,lorsqu'ils sontbercs par la brise, ne rivalise-t-il pas avecle tic-tac de la pendule?L'eau ne dgoute pas moins:tapi top!LeFlip-Plap,des longues jupes de nos gentilles hatiennes,n'est-il P. comme le froufrou, la reproduction fidle des mou-vements qu'elles oprent en marchant?Quand la chaudire bout, elle fait:ptote-ptote!'le mmeque la bouteille s'emplit:tilou-ylou!Le coq chante: coquioco!La dtonnatior, de l'arme fou fait: udup! et sa rapidit partyan!Le vide retentit:,loura'-doum'!fl tombe de la pluie:roi!Les gaz sortent de l'estomac: rote! rote!Le cheval galope:plcotope-plcotope!et marque: plop!Les canotiers rament:han! han!Le cochon grogne:ton! ton!et est chass;-,hou! chou!Le tcha-tcha fait en notre esprit lebruit frissonnant quipasse...,e

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l,lES GRIOTSW,l139Enfin,les nombreux etsu m-k,mangots de Ivlarcelin tom-tient: pif! pof1 paf!Certes, un grand nombrede mots et de riches expressionsnouspermettent de nous complaire dansune littrature particulire etspciale.Qui donc douterait decette littrature, c'est--dire du souffleidal qui colore et vivifie lapense crole?Il serait bien qu'on la rpanditau dehors, au au moins qu'onl'utilist chez nous malgrles obscurits qu'elle peut laisser.Cesobscurits la rendent plus belle, plusintressante: c'est son ori-ginalit mme.Hector DENISn4

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110rqJr1Revues, Livres et JournauxLa Guerre Bactriologique est Pratiquement ImpossibleDans la Revue Moderne de Mdecine et Chirurgie(No. Mai3R) le 1)r. Flix Rgnattit a consacr sa chronique au problmede la guerrebactriologique.Aprs avoir fait l'historique (lespidmies (pliont,au cours des ges, handicap (les armes encampagne,l'minent savant conclue l'impossibilit actuelle dela guerrebactriologique.Mais, ajoute-t-il, on ne saurait pr-voirl'avenir.Il a bas son argumentation sur des notes (paruesin Illustration No. 12 Mars page 271) (le deux mdecins del'armefranaise,les 1)rs. gnral Ronlieu et ProfesseurVincentet (le M.Vlu,commandant vtrinaire.Le trachome chez les noirsNotre grand concitoyen et ami, le I).r. Flix Coicoua tudidans Les Annales de MdecineHatienne,les diverses modalitsde cette entit morbide. Aprs avoir rappel brivement lestra-vaux (le Xogttchi et envisag les conditions favorablesau d-veloppement du I3aeteriunlGranulosis,l'minent Mdecin-sp-cialistepose, la suite de Schousbo, le problme (le la rsistancede la race noire au trachome. De justesremarques ont t faitesgalement par ,ce mme auteur(Schousbo)au sujet de l'in-fluence raciale de cette infection. Il a surabondammentdmontrquecertatte;races sont plus sensibles que d'autres cettemaladitenoyaztl lusa.l.otai la mme conclusionen observant cequi se pas.' e;ili!t%ltn effet, malgr les multiplescauses decontagion qui existe dans ce pays le trachomey est relativementrare. Depuis 50 ans une immigration delevantins,dsigne dansle patois hatien sous la dnomination desyriens,par vague suc-cessive,envahit Ila.ti. Ceslevantins,tons (les commerants, sontcent pour centtrachontateux.De par leurs occupations,ilssont en perptuel rapport avec la populationindigne.1,a ma-jorit (le cette population indigne achted'eux.I.e reste ena

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LES GRIOT-s ,-_14114,leur sert ou comme connaisde magasins oucomme person-nel domestique. Aveccette dernire catgorie d'employs lesrapports sont des plus intimes. On devaits'attendre trouversinon tous ces employs maisau moins b' plus grand nombreatteint par la maladie puisquecette classe de travailleurs hatiensavec ses mcrurs frustes font peu decas de la prophylaxie dic-te par l'Hygine. Cependantla propagation des germes infec-tieux est loin d'tre en rapportavec ce contact incessant quoiqueles causes de traumatisme desmembranes protectrices de l'ceilne font gure dfaut. Les grands vents qui soufflentsur le paysvhiculent assez de grains de poussiresacres qui prennentrefuge dans les cul-de-sacs conjonctivauxet la forte rverbra-tion provoque par l'ardent soleiltropical suffisent assezpourirriter les membranes de l'oeil et ouvrirla porte large au germedu trachome apport par les doigts,les tissus et autresob-jetsqu:II sontmanipuls. En outre, les affectionsocculairespar bacilles de Week, par les gonocoques etpar d'autres germesinfectieux sont courantes.Pourquoi le trachome, malgrsesmultiples facteurs (le propagation et lemilieu propice qui s'offre lui demeure-t-il une affection relativementrare en Hati ? Noussupposons que c'est la rsistance spcialeque ce germe ren-contre chez le ngre. Et le fait par Schousbod'avoir signalplus d'un noir atteint par le trachomene petit en rien affaiblirnotre thse. Comme nous l'avons observ ici,en Hati, ceux quisont infects sont le petit nombre et par consquent desexcep-tions. Nous sommes arriv ce rsultat, aprsavoir tabli unestatistique dont le taux petit tre valu environdeux pourcent.Nous aimerions voir le savant mdecin porterun jour sonenqute sur les descendants issus du croisement des levantinsetdes hatiens. Quel est le degr de rsistanceou de sensibilit deces nouveaux mtis vis vis du microorganisme? La maladiese manifeste-t-elle un degr plus accentu, identique ou moin_dre chez ces derniers.Ce serait peut-tre intressant (le connatre les modifications,d'ordre biologique apportes par le mtissage au problme ainsipos (Concernant la thrapeutique nouvelle et tout faitper-sonnelle propose par M. Flix Coicou, consulter les Annales deMdecine Ilatienne (No. 3 et 4 Mars, Avril 38).

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14.2_.LFS GRIOTSLa Valeur Vaccinale du B.C.G.Dans le mme numro, notre distingu ami et collaborateur,le Dr. Constant Andr tudie, la lumire des investigations lesplus rcentes de la science, la valeur du B. C. G. dans la vacci-nation anti-tuberculeuse du nouveau-n. Nous donnons sa con-clusion:De tout ce que nous venons de dire, il ressort nettement quedes doutes planent dans le inondescientifique actuelsur larelle valeur prophylactique du B. C. G. appel pourtant rendredes services minemment louables l'humanit souffrante en en-travant dans une large mesure l'extension,,de la tuberculose, flausi redoutable.Malgr qu'il en ait, on ne continue pas moins l'employerdans nombre de Maternits europennes. En attendant que cettevaccination soit connue dans notre milieu o la tuberculose faittant de ravages, concluons avec M. Lignires (in Echos de laMdecine, No. du ler Fvrier 1931) : La dcouverte de Calinetteet Gurie reste avec son importance, mais avant de la gn-raliser,ilfaudrait pouvoir la rendre absolument inoffensive.Elle n'est pas encore au point.Prophylaxie de la Syphilis en FranceSous ce titre M. Robert Sorel a montr dans une substantielletude l'immense effort accompli par le Gouvernement franaisdans la lutte contre la Syphilis. En voici la conclusion :La propagation des maladies vnriennes a continu sanschangement pendant de longues annes; on avait confiancepouren limiter le nombre (les cas dans les agents de la police desmeeurs.Cette faon de procder avait un rsultat, la policecharge d'arrter les dlinquants commettai tdeux violations dela loi 1 elle exerait illgalement, la mdecine, 2. elle violaitla loi garantissant la libert individuelle en sequestrant desper-sonnes n'ayant pas pass en jugement. Les monuments publics,les lettres administratives portent imprime la devise rpubli-caine: Libert, Egalit, Fraternit et les gouvernementssucces-sifs qui se rclament de la libert continuent agir comme .l.sdictateurs en faisant squestrer arbitrairement sans jugement,sans dfense une catgorie d'individus mis hors la loi.

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1qrLES C RIOTS`rfiCependant cette exprience plusieursfois sculaire n'a donnaucun rsultat, la syphilis, la blennhorragieet autres maladiesvnriennes continuent se propager, les hpitaux spciaux con-tinuent tre pleins, les mdecinsspcialistes publient des tra-vaux bass sur une grande exprience. Malgrcela, les agentsdes mceurs continuent jouir dunime prestige.Quelques sociologues, quelques hyginistes,quelques syphi-ligraphes ont menune campagne contre cette faon d'agir. Lespremiers esprits qui ont pensque le proverbe aune place pourchaque chose, et chaque chose sa place avait du bon, ont pr-conis cette chose simple; les malades doiventtre soigns parles mdecins et les voleurs arrtspar la police.Malgr cet effort, seulement depuis environvingt ans, on com-nlence appliquer ce principe. Les chiffresque nous rapportonsrendent compte de l'activit dployeen Angleterre et en Franceet des rsultats obtenus. Chose curieuse, les rsultatsheureuxsont les mmes en Angleterre, pays o jamais la prostitutionn'at rglementee et en France,pays de policier.C'est que lamthode scientifique applique pour les soinset la prophylaxiedes maladies contagieuses doit donner les mmes rsultats.Lastricte application de ces mthodes a fait diminuerles cas de sy-philis priino-secondaire de 31, 27cen 1930 18,9% en 1935 enFrance et en Angleterre de 2, 28pour 10.000 habitants en 19311,47 en 1935; le nombre de dcspar paralysie gnrale taitde 1.780 en 1914 et (le 723 en 1934.Ces chiffres qui portent sur un grand nombre decas observsdans les centres de traitement en Angleterreet en France et surplusieurs annes, indiquent d'une faon fort netteque l'on pour-rait arriver une diminution considrable de la syphilisenquelques annes en confiant cette besogne (les mdecins sp-cialistes et non des policiers.En Angleterre, et depuis vingt ans, eu France, le nU;tlistred'Hygine considre les malades comme gaux; on attire lesnia-lades par la manire amicale de les traiter etnon en les me-naant de la prison. Les prostitues en Angleterre sont traitesexactement de la mme manire que les autres malades. Les sta-ti;:tiques crites plus haut montrent que c'est la bonne manire.Dans ces deux pays on a centralis les secours et les indications

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144,,,sf; ia i O'r sgnrales et dcentralis les soins individuels d'unefaon lieu-relise. Esprons que l'espritscientifique triomphera de la rou-tine.Parallle entre les Etudes de Mdecine en Amrique et en FranceA l'heure o chez nous Ion se livre des discussions sur lasupriorit on l'infriorit de la culture anglo-saxone nu greco-latine, nous nous empressons de reproduire un extrait (lu dis-cours (lu professeur Soudille, prononc la sancede rentre del'Ecole de Mdecine de Nantes :aies mthodes amricaines, dans leur ensemble, consistent, ausortir des tudes secondaires, faire subir l'tudiant unde 4 5 ans dans les Facults de Mdecine. Les deuxl;,eres annes sont uniquement consacres l'tude des l-ments dits de baseanatomie, histologie, physiologie, pharma-cologie, physique et chimie biologique. 1)s cette priode, cepen-dant, (les cliniciens enseignent au moment de l'tude de chaqueorgane ou de chaque fonction, l'intrt qu'ils comportent aupoint de vue pathologique ou thrapeutique. Les 3e. -le. et 5e.annes sont rserves aux pathologies externe et interne et auxspcialits, tudes la fois thoriques et pratiques, puisque l'en-seignement se fait avec l'aide de malades choisis avec soin, etque les lves peuvent tre admis comme stagiaires clanscertainsservices d'hpital. Mais ce n'est qu'aprs avoir satisfait desexamens prliminaires qu'ils seront vraiment admis prendre l'hpital, pour une priode (le deux annes taie part active dansl'examen et le traitement (les malades, c'est le post graduatestage, sanctionn lui-mme par des examens qui leur donnerontle droit d'exercer la mdecine en clientle et l'hpital sous leurpropre responsabilit.Chez n
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.;amunnwuiamrI'l 'des donnes thoriques dont, pourbeaucoup,nous savons l'ex-trme fragilit et la dure phmre; il risque de ne plus voirles faits qu' travers un prisme dformant. Pour celui qui con-tinuera la carrire hospitalire et restera (le longues annes en-core au contact de ses Matres, il lui sera ais de complter, sonbagage clinique et la solide base biologique reue lui faciliterales travaux personnels derecherches,si priss l'tranger, quilui asureront un brillantavenir. Maispour les autres qui, ausortirdu post-graduate stage, devront se lancer seuls dans laclientle, on se rend facilement compte (le leur embarras oudes erreurs possibles.Notremthode,aucontraire,nous place ds ledbut,et toutle temps de nos tudes, devant le faitmatriel:le symptme, lalsionanatomique,le troublefonctionnel,l'volution morbide.Vous les observez directement sur lemalade,avec vos yeux,vosoreilles,vosdoigts,ces instruments naturels toujours votredisposition etqui,bienconduits, conservent,malgr toute lacaustiquepsycho-mtaphysique,une valeur indiscutable.Cen'est qu'aprs cet examenmacroscopique,qui dj en dit long,que vous utiliserez lemicroscope,les instruments de prcisionles mthodes (lelaboratoire;ils sont le complment de l'examenclinique, ils aidentleprciser,quelquefois le rectifier, ja-niais le contredire.Voici doncdeuxformations mdicales en apparence trs dif-frentes,sinonopposes.Continent kconcilier?Nous sommes justetitre,fiers de nos mdecins. Les amricains, de leurct, prsentent chaque anne des statistiques d'un tat sani-taire sans cesse cuprogression.Qui a raison? Tous les deuxcar, enralit,si les formations sontdiffrentes,c'est que le rleprofessionnel du mdecin amricain diffre totalement de celuidu mdecin franais, ainsi d'ailleurs que les organisations m-dicales etsociales dans lesquelles ilsont, l'un etl'autre,voluer(l)Toute l'organisation amricaine converge vers un double but:une race forte et belle, un maximum de libert et d'agrmentdans la vie. Pour la race, il faut, chez l'enfant et chez l'ado-lescent, un long sommeil, une nourriture saine et copieuse, des(1) C'est nous qui soulignons.4PLI

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140J 1'.rc;RIOTclasses courtes, des jeux abondants. Toutl'enseignement primaireet secondaire est sacrifi et retard, si bienquel'tudiant arrive,de 1820ans, la Facult avec un bagageplutt lger. De l,la ncessit d'au moins deux annes debiologie prparatoireavant d'aborder la mdecine proprementdite. Nous nous ton-nons? Mais c'est l sans doute le secret de sibelles jambes quel'on voit clans les rues et les avenues de New-Yorlcet qui fonttant rver Duhamel... La libert, l'agrmentde la vie ne peuventse trouver que dans unelimitation des heures consacres auiNous tenions mettre sous les yeux de nos compatriotes cettemanire rationnellede considrer put problme (leculture, Ici,comme chez les Maya, que le prix ne soit al'aune de ila fortune,mais alors srieusement apprcie etcontrle.La condition du succs de cette conception, c'est unetrsgrande richesse. Pour la moindre affection toutela machinescientifique dclenche, chaque organe examin pardes sp-cialistes, chaque tumeur analyse, titre, passe au microscope,injecte des aniniux nombreux et varis.Tant que la charit,les fondations, les revenus hospitaliers assurerontle rythmeactuel, la machine fonctionnera l'agrment de tous.Mari's lejour o une crise conomique svre limitera les moyens finan-ciers de tous ces centres, le travail en quipe pourra bien devenirle travail la chane. (Le Consultant duPraticien, 'Mai 1938No. 121).travail. Aussi les amricains sont-ils en train decopier, pour laimdecine, l'organisation industrielle qui leur adonn la supr-matie du commerce inondial.L'admirable est que tout le monde semble satisfait.Le tra-vail en quipe des mdecins Four actifqu'il soit pendant untemps donn, fragmente laresponsabilit ou la concentre enquelques mains Habiles et puissantes; larptition d'actes sem-blables, le travail en srie, accroissent lerendement et chacunpeut ainsi passer un certain nombre desoires oit bon lui semble;le Week-end Long-Island ou Atlantic-City. Les malades,eux-mmes, dans ]Impossibilit qu'ils sont de sesoigner dansdes appartements trop troits, acceptentl'hpital pour le moindremalaise et se croient plus en sret de passer en plusieursmains.Les, pauvres sont soigns comme des riches et cesderniers paientsans compter.Seule, la classe moyenne est prouve t moiins,

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t7lien aiim' mieux isppo er les deux cultures ;cmmgI( sa mue ('tgreco-latine pour.ensuite,proclamer ;i grand fratiasrl'infrioritde l'une sur l'autre. Cette mthode mi et pas 4 ietititlue.0LBulletin du Service d'Hygine.Cette revue est dite par les soins de noire minent collabora-teur, le I)r. ltula Lson, Directeur Gnral dit Service d'Hygineet d'Assistance Publique. Le dernier numro (dcembre 37 etmars 38) est les plus intressants. t)im y lit notaumment:Syndrome maniaque et croyances vaud+miques par Louis Mars.Nomenclature
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En outre, les poulets clos avaient moins de vitalit. Le nom-bre d'adultes pour 1(_X) closions fut de 66,6, puis 45,4 33,3, 25,enfin,0l Le rgime carn est aussi un facteur interne de dpopula-tion chez les humains,l.a baisse de la natalit suit l'abus durgime carn. Comme ce dernier. il se produit d'abord chez lescitadins tic elaast riel e,,1.'pois chex les ou-vrers; il s'tend actuellement la classe paysanne.La mentalit s'adapte aux habitudes alimentaires. Les poules,comme les hommes, habitus la viande, ne peuvent plus s'c.passer et le rclament nergiquement.Il en est d'ailleurs de m-nie pour l'alcool, la morphine et tous les lmiso s sociaux (Dr.Blanc).Ne faudrait-il pas de ce chef expliquer la grande prolixitdeshatiens et aussi des populations africaine et asiatique?Mais tiiiequestion se pose. i,esexpriences du .professeurl-loussay sont-elles concluantesart point d'emporter notre totaleadhsion? Puisque l'on a en vue l'humain,ne -vaudrait-il pasmieux choisir titi animal dont le mode de viese rapproche decelui de I' paume? Lv% poules se nourrissent de gramineset riesont pas tics carnivores.Nous serionrt itinuent heureux ,lv couuaitre lepoint de rocde notre distingu colbth'tateur et ami le 1)r. Camille 1.hrissonsur une question tutssi imp:trtaute.Pour limiterla plthoremdicale.Sous ce titre, le Dr..1gricolaInformation Mdicale No. 20mai 1938) commente les points de vue mis cet gard par M.Scrltumpf-I'ierron et publis dansLa Clinique.Voici sa conclusion qui ne plaira certainentetnpats aux prota-gonistes lit lenministne eu 1laitis je ne verseraiaucune larme hy-potrite sur la din lntuion du nombre des tudiantesen mdecinecar j'appartiens rote' ieille cole qui a toujours pens tlue lafemme tait faite pour rester art logis et s'occuper desenfants etdes domestiques plttt.3t que de maire +lt s diap;unsticsmdicaux.(pendant, connue nous cuntptiuts aetuellernettt parminous desfemmes-utiecins de haute valeur, jene serais pas fch que leconcours tl'ettre lacrtuettr leurs sentbiables de rvlerleurs,dualits.A-1

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L'es faux arri&rbs.Dans l'Esprit M6(tical, le Dr.Siilbert-Robin, ancra chef deCliniquei. la Facult deParis, nadecin-assist nt l'Hpital La-riboisibre, individualise tee principauxtypes cliniques de cetteentit morbide.l1 les tudie sous les -dnominationssuivantes :les maladroits de l'iutelliKence,l'obnibulation.,pileptique, lesntendauts-muets, la surditverbale, les arrirs affectifs,lesinfantiles affectifs.Problane intressant plus d'untitre et dont ceux quis',c-cupent de mdecinescolaire peuvent en tirer leplus haut entei-gnetnett.Laritaaer l:)E,i\1IS etDr.FranoisDUVALIER