Les griots

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Material Information

Title:
Les griots la revue scientifique et littéraire d'Haïti
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Denis, Lorimer
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Port-au-Prince
Creation Date:
July 1938
Publication Date:
Frequency:
quarterly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1. année, no 1 (juil.-août-sept. 1938)-2. année, no 2 et 3 (oct.-nov.-déc. 1939/jan.-févr.-mars 1940).
Numbering Peculiarities:
1. année, no 1-2. année, no 2 et 3 also called vol. 1-v. 2 et 3.
General Note:
Title from caption.
General Note:
Editor: Lorimer Denis.
General Note:
Master negative held by the Center for Research Libraries.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 30497284
lccn - sn 94021825
ocm30497284
System ID:
AA00007290:00001


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Full Text

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LES GRIOTSRevue Scientifique et LittraireJuillet 1938 Mars 1940Filmed for the Ford Foundation Haiti Microfilmine Projeotat Bibliothque Haitienne de l'Institution Saint-Louis deGonzague1987

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N(>. I -VOL. iJtrI [,w ^-cbC!"l',7CIrM13T I; 193k;1 rte A ljePeritidetihfr; lti (ic1CYYket n afvrec et rogittit+".1 a`Tevue Scientifique et C.,ittaire d t 3t,altiI)YE`EE`!Y9CLtIIIrIfiIIOCARI)DrRK+rrrlnlra Iiwurnl s('I.. :11(*I.()IICI+ ii+'iir,I)OIZ'IkAU_i..PRINCCI:(I IAITI )fou, :Ir""s (IL rrpr"luchnnrsrr'is

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SOMMAIRE(. .arl Brouard,--DECLARATION........................... Lorinrer Denis etFranois Duvalier1,(1.Magloire fils-DOCTRINE DE LANOUVELLE ECOLE................carl BrouardII,--SOCIOLOGIE:Le Noir d'Afrique et la CivilisationEuropenne ..................................... Lorimer Denis etDr. Franois DuvalierV,-PHILOSOPHIE SCIENTIFIQUE:La Naissance des Ides Sociales........I)r. J. C. DorsainvilV,-POESIE:Les Griots .....................................Ayda Oudo .....................................Le Tam-Tam Angoiss" .................... Carl Brouardpaysage ............................................Pome ...............................................Mimosa et Naga ...............................Pome., ...........................................Les Angoisss ..................................Cl. Magloire FilsLe Griot ............................................J. B. RomainCcilia ............................. ................Aristide de SabeChanson...........................................Pome.................................................Ph. Thoby-Marcelin.--CONOMIE SOCIALE:Mditations sur la Misre au Sein desRichesses ........................................Dr.Price-AfarsPour une Politiqued'Organisation Ra-tionnelle de 1'Isconomie Nationale... Dr.tienne I). CharlierIL --CRITIQUE D'ARTPtionSavain,un moment de la pein-M1rceltode Sylvature hatienne ......................................II.-NOUVELLE:Ledest ou le Gan-Gan de Iiinche........ CI,Magloire filsX.-SOCIOLOGIERELIGIEUSE:De la Religion base sur les connais-santes scientifiques .........................Athanaselit

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1Vst)biMAlRFX.-POLITIQUEINTERNATIONALE:I sais sur l'Angleterre1938 ........ ......t rancieDurantXIr-_PILXLOLOGIE:,,,,,,,,,,,'I`hodnra IioltyL'criture gray ...............XII._HISTOIRE3Ilorare-Par)lus SannonLa Gnration de18041.11 ...................XIII, -PSYCHIATRIESOCIALE:L.Tvlcntalit ISaiticnne etla PsychiHDr. Louis marstrie., ...................... ............... .XIV.--L;4 CRITIQUE:En marge d'un Livre--Consldra-tionsSeciologiques.....................KIZ)er Georges-Jacob}:V.---PROSE:De nos C)nomatops.... .,.................Hector DenisXVI,_REVUES' LIVRES ETJOURNAUX:I.orunor Denis etanalyss par-... ................,,....Franois DuvalierPROCHAINEMENTPARAITRONT .Maurice1. Des posies et des Pagesde prose par Clatude Fabry,Cassus, Jean Coradin, ChristianWerlcigh, Werner S. Apollon,Clovis Dsinor.12: Uue Etude de Mdecine Sociale parMotice Hall.3, --rUne Etude de Pdagogie parMaurice Clermont.4; Une Etude juridique par H.Terlonge.6: Une Etude Historique par FernandMadiou.ti ---Des Notes sur le Folk-lore parConstant Andr.7.---I)es Contes tir MM. J; B. Cinas et F.Morisscau-Lcroy.8,----Le ter Chapitre d'un Roman de PtionSavain fils.

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LES GIOTSLA REVUE SCIENTIFIQUE ET LITTERAIRE D'HAITIDECLARATIONNous, soussigns CarlBrouard, LorimerDenis, Cl.Magloirefils, Dr, FranoisDuvalier,fondateurs de laRevue Les Griots,organe scientifiqueetlittraire,prenonsl'engagementsolenneldenousvertuer constamment conserver l'Oeuvreson carac-tre scientifique et littraire c'est--dire:10 Maintenir laRevue dansles plus nobles traditionsspiri-tuelles ennous inspirantde la formule du 1er fondateurLouisDiaquoi: En tout,l'Artdoit toujours s'allier laMorale(JulesClaretie.Rponse un Rfrendum littraire) ;2 faire appel la collaboration detouspour chanter le payshatien;3 formuler avec courage la doctrine littraire et scientifiquedu Groupe des Griots afin decontinuerl'Oeuvre de laRevueIn-digne et assurer la prennit de l'intgration de notremouvementdans la littrature nationale.4 bannir systmatiquement la politique de nos activits scien-tifico-littraires en rigeantnotreTribune enune sortede Boule-vard sacr de l'Idalpourpermettre aux Gnrations contempo-raines de contribuer l'laboration d'unePense spcifiquementhatienne;5 tenir dansla plushautevnration tousceux-l qui, mortsou vivantsconstituentlesgardiens de nosforces spirituelles etdont l'axe de la vie intellectuelle peut servir d'enseignement;6 resserrer, dans l'ordre intellectuel, les rapports entre l'Am-riquelatine etnotrecommunaut;70 aider renforcer l'unit de l'ethnie hatienne;8 garder un souvenirternelet mu notreminent Mcne:le Maire RaphalBrouard.Port-au-Prince, le23 Juin 1938.CARI. BRi)UARI)I.ORIMHR I)I:NISCl.. MAGLOIRE FilsDr. FRANOIS DUVALIER

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DOCTRINE DE LANOMME COLE28 J;iil!ct '%l''.I.'rl.;riGain foulait notre sol.Hlas! cen'tait pas seulement sur cette terre conquise la pointe de leursbaonnettes que leurs lourdes bottes marchaient mais aussi surnos ctrtrrs.ken qu'alors en pantalonscourts,nous comprimesque nous tions la gnration de l'Humanit et la mlancolie di-lata nos yeux.Alors naquirent la Troue et la Revue Indigne. Revue Indi-geste, disait-on, de cette dernire publication qui, dans l'ordre lit-traire, comme le Petit Impartial dans l'ordre politique, n'taitqu'une violente raction contre la trop servile imitation blanche.Nous remimes en honneur l'asstor et l'aon. Nos regardsnos-talgiques se dirigrent vers l'Afrique douloureuse et maternelle.Les splendeurs abolies des civilisations soudanaises firent saignernos cceurs. Virilement et glorieusement, purilement aussi peut-tre, nous jurmes de faire de notre patrie le miracle ngre, com-me la vieille Hellade fut le miracle blanc.Aux splendeurs orientales de l'antique Saba, nous rvions deruiler la raison latine, et que de ce mlange conformeau gniede notre race naquit une civilisation intgralement hatienne.Mais cette civilisation originale, o donc pouvions-nous la puiser,si ce n'est dans le peupie.Aussi nos mes inquites s'intressrent passionnmentau folk-lore. A ce moment, tout un monde agonisa en nous. Nosyeuxaveugles et stupfaits s'ouvrirent dans ce tnbreux cachot, onos fronts bossus ne purent trouver d'ouverture et o nos btonsrsonnrent lugubrement sur les dalles sonores de la solitude.Comme Go:the mourant demandait de la lumire,avant quese ferment nos paupires douloureuses, nous voulons voir poindrel'aurore.t"CARL BROUARD

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p1, ES G1l1OTSSociologie:LE NOIR D'AFFRIQUE ET LA CIVILISATION EDROPEENRELa lai d'volution veut que l'lite dechaque gnration, dans sa priode deforte maturit. contribue par son ap-nnrt perfectionner le contenu moralde la conscience collective.M. J. C. DORSAINVIL(Le Problme de l'Enseignement Pri-maire en Hati-1922).D'abord, pour l'emploi du titra; niera: de notre tude, nousnous excusons auprs de M. Georges Ilardy; nous nous excusonsensuite d'en avoir tir la matire dans le documentaire qu'il apubli dans la Revue de Paris sur l'volution socio-psychique despopulations noires de l'Afrique Occidentale Franaise. (1)La courtoisie traditionnelle veut bien avant de vous donneraudience avec M. Hardy qu'il vous soit prsent.M. Georges Hardy est un universitaire de carrire. Sa sciencepuise au sein des Facults de France, il l'a mise aux bnficesdes investigations scrupuleuses sur la pntration historique, so-ciale et psychologiqudes collectivits ngres et marocaines.Il a dirig pendant longtemps l'Enseignement Public en Afri-que Equatoriale Franaise.Il abandonna ce poste de prestigequand il fut appel par le gnral Lyautey au Maroc. C'tait audbut du Protectorat qui suivit l're des conqutes,Directeurde l'Enseignement Gnral, il cra de toute pice l'EnseignementPublic en ce pays (2;) .Il devint ensuite Recteur de l'Universitd'Alger considre comme la seconde Universit franaise commejadis celle d Cartbar;e taitdevenue liecconde de l'empire ro-main.1) Vt^r Revt,, .!c Paris :ui ,1vn1 1937.2) Gaston I3outlrt,41.

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11 'e,!'ltit;sHomme d'action, il appartient aussi ;la =a1,'l,,,li,, tlvniilttnae'erdoma-spirit uals.Vivant dans ces divers milieux hurnains, nourri de leur cxperiencc cultuale ( l) et cherchant par ailleurs les bases de celle-cidans le pass, M, Hardy tait appel brosser un tableau synth-tique des phases stadia'lCles de la vie dt ces groupements. D'oson histoirede l'Afrique.Cette mthodologie en vue d'apprhender le contenu spiritueldes peuples, montre la valeur primordiale de l'Histoire dans touteconnaissance d'ordre ethnognique.N'est-ce pas encore l'histoire qu'il faut demander les lmentsde la ralit psychologique des peuples?Ralit psychologiqueque l'minent africologue essaiera d'extrioriser par des enqutesconsacresl'activit cratrice desindignes. Et son livreL'ArtNgre, l'Art animistie desnoirsde l'Afriqueen tmoigne.Toutcet effort devait l'amener ncessairement embrasser lefait colonial lui-mme dans son ouvrage,Les Grands ProblmesColoniaux.Qu'il nous soit permis d'exprimer notre apprciationperson-nelle sur l'attitude deM. Hardy l'endroit du processus colonial.La'politique qu'il prconise dans lesrelations de la Mtropoleavec les peuples de l'Afrique franaise estune politique de com-prhension, qui trouve sa justification dansla formation histo-rique, la gographie moraleet physique de l'ethnie franaise. Lesanthropologues ne sont-ilspas unanimes reconnatre, que lacomposition ethnique de la socitfranaise est la plus amalga-me des collectivits occidentales,eu gard aux courants raciauxdont elle a t traverseau' cours de son volution plus que s-culaire?D'une part, si l'on tientcompte de sa topographie, de sesfrontires quinesont ninaturelles ni ethniques,de sa faade Sud,large ouverte sur la Mditerrane,la France,carrefour de routesmillnaires, devait, l'instard'Athnes et de Rome dontelle est,du reste, la plus authentiquehritire---constituerun vaste creu-set de toutes les races de l'Europeet de l'aire Mditranenne. Etalors, serait-ce, parceque la France reprsentece brassage psy-chologique que son effortau cours de la dure tend s'vader deI)Shirokogoroif,

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LUS tiltVTSla sphre troite de l'individuelpour s'lever la grandeur del'humain? Et n'est-cepas que l'histoire de son espritpeut trecontenue clans cette formule: la recherchede la clart et de l'ordredans toutes les dmarches de l'activithumaine; et cet esprit quivoudra toujours sesurpasser dans son apprhension des plustranscendantes conceptions, s'largirapour treindre dans sontotal l'ordre universel.Nous comprenonsen cela l'empreintedont elle marqua le 18e, siclepour que l'Europe de cette poqueprt le nom d'Europe franaise du18e. sicle. Nous comprenonsaussi cet intrt dtecter lescomposantes spirituelles des autrespeuples soit pour se les agrgerou pour leur assigner leur missiondans' l'histoire de la civilisation.Ce trait de l'me franaisese perptue, en normes essentielleset permanentes, dans la personnalit de l'minentcrateur dessy:,tmes de colonisation compare:M. Georges Hardy.lita,.Dans les premiers temps de la colonisationdu continent afri-cain, les enqutes portes sur les civilisationsde l'Afrique Occi-dentale Franaise aboutissaient toujours des conclusions syst-matiquement dfavorables la perfectibilitde l'hommenoir. Ala vrit, cela tenait aux tatonnementsd'une science encorekngestation,L'ignorance absolue de la psychologiedes indignes et de leursmoeurs constituait pour la Franceun handicap l'applicationd'une mthode rationnelle d'ducation.Loin de rechercher lacausede l'infriorit de ce cycle culturel dansle manque de vi-gueur d'une personnalit collective, on prtendaitn'y dcouvrirqu'inertie et faiblesse d'esprit (1).D,: l, un certain dcouragement,un certain pessimisme mmesur les possibilits des peuples de l'Afrique noire gravir l'chellede la civilisation (2). Ide qui s'insreradans la conscience uni--Sir Cyril Fox. Directeur du Muse Nationaldu Pays des Galles,les preuvesantrieures de l'intellectualit infrieure,et d'inducabilit consqucrtte des Ngres ont t fortement battues en brchepar les rsultats des testsmentaux.Ila t dcouvert tue quand des tests d'intelligencesont donns.l'affirmation d'infriorit a tendance s'vanouir.(rappel par Waldcmar Kaempffert)2)'I'otap,!r,:irsuitirt ;rrs ensomme que la ra-',noirereprsentat ,)ia-mais tm depre infrieur de l'humanitet que le ngre, selon l'expression d'unauteuramricain,resterait dansles siclesetdes siclesle serviteurdes serviteurs.

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M:u:rmrati:ul' E s G 12 I O I Sverselle ttt s'installera dans la mentalithatienne malgr la rvi-sion des concepts et les apports incessantsde l'Africologie. Puis-que, de nos jours encore, l'oncroit dans notre milieu faire injuresaux protagonistes de ces questions enremchant la rengaine d'unje ne sais quel retour l'Afrique.Paradoxe qui est en flagrante opposition avecl'esprit de nosdmarches. Par ailleurs, l'histoire n'a pas encoreenregistr cephnomne d'un peuple rompant au gr de savolont avec ledterminisme qui le rattache ses ascendants. C'est sous l'empirede cette certitude que nous avons orient nosactivits vers la con-naissance de nos origines( 1) et de son riche contenuintellectuelet moral pour donner un point d'appuispirituel la consciencecollective de l'hatien encore enchane aux contingences de l'exis-tence immdiate.Les peuples parvenus aujourd'hui la suprmatie dans lemonde se sont toujours souvenus, dans la lutte pour la plnitudede leur intgrit, de leurs ascendants tout en se proccupant dudevenir de leurs descendants(2) Nousne sommes, en effet, queles maillons d'une chane sans fin: tchons au moins que cesmaillons soient solides et qu'ils servent prparer l'avenir en con-servant ce que le pass a laiss de bon (3).Nous allons donc, la lumire des donnes de GeorgesHardy,vous retracer l'tape actuelle des populationsde l'Afrique Occi-dentale Franaise places sous l'gide de la civilisation europenne.Les litesde l'A. G. F.Dans lcs groupementsde l'AfriqueOccidentale franaise, ilexiste une double lite sociale etintellectuelle. La premire, deformation ancienne, est reprsente par les grands chefs des tri-bus et les descendants des monarques qui ont rgn sur des em-1)Il est un tait qui nous prserve des pires extrmits, savoir que l'his-toire tient l'homme mime contre la volont,niais,alors, n'en arriverons-nouspas cecique, dans la mesureo nous nous dbarrassons de l'histoire nousvolatilisons la vie...(RudolphcEuchan)2) Perinde ituri inaciem,et majores et posteros cogitate(Tacite).3) Discoursde M. Alfred Lehon la crmonie commmorative du Ale.anniversairedu Cours d'EthnographiedeLouis Marin.t

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LES GRIOTSpires avant l're de la pntrationeuropenne. D'origine plus r-cente est l'lite intellectuellequi se recrute parmi les agentsadmi-nistratifs prpars dans les t:colesColoniales,Les autorits de l'Afrique maintenuesdans les privilges ontapport une collaboration prcieuse auxcolons dans leur ouvred'ducation de l'indigne, En ce sens,elles soutiennent la com-paraison avec le marocain. On serendra compte plus aismentde la qualit de ce concours si l'on sereprsente que sur toute l'-tendue de cet immense territoirela Mtropole n'a envoyrienqu'un millier de fonctionnaires,soit un franais, dit Hardy, pour13,000 indignes.L'Elite intellectuelle.L'EnseignementPdagogique.-L'Ecole primaire est enhon-neur en A. O, F.Des instituteurs, des indignes y sontprparspour instruire leurscongnres. D'autres reoivent l'Ecole Nor-male de Gor une prparationplus complte allant du Brevetlmentaire au Brevet suprieurmtropolitain.Ces mthodesd'enseignement sont rationnellespuisqu'on s'vertue ::s adap-ter au stade mentalde ces sujets,Exercice dela Mdecine.-L'cole. deMdecine de Dakar fon-de en 1918 prpare desaides-mdecins consciencieux etactifs.A intervalles rguliers, onles met en contact avec unfoyerd'-tudes pour maintenir l'tiagede leurs connaissances mdicales.Des sages-femmes sortiesdu mme centre d'enseignementcontri-buent par le srieuxqu'elles apportent dans l'exercicede leurapostolat diminuer lamortalit et la mortinatalit infantiles,Nous noterons aussidesaides-vtrinaires,des vaccinateurs,agents agricoles qui entrent encontact direct avec les masses pourles aider amliorer leursystme de culture.Entreprises Industrielle etEconomique.Les chantiers deconstruction, les chemins de fer. lesamna-gements hydrauliques,les usines de transformation, toutle per-sonnel de ces services est recrutparmi les indignes.Commerce.Dans les factoreriesdes Compagnies coloniales, lenoir, prposaux fonctionssubalternes, rivalise d'activit etde savoir faire

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8I. FS C,RIOTSavec son patron, le blanc.Il est l'intermdiaire entre le client etce dernier quand il ne remplit pas les fonctions plus prestigieusesde dactylographes ou de teneurs de livres.L'Enseignement Secondaire.Ce degr d'enseignement est encore l'tat embryonnaire, parcequ'on est convenu d'acheminer le ngre progressivement vers uneculture suprieure. On enregistre toutefois l'existence d'un contin-gent apprciable de bacheliers, de licencis, de docteurs en Droitet mme d'un agrg de l'Universit.Dans les Sciences.L encore, les indignes de l'A. O. F. tmoignent de rellespossibilits s'lever la hauteur des disciplines svres de l'his-toire et de l'Ethnographie. Nous mentionneronsles noms deMoussa Travl, Mamby Sidib, Amadou Mapat,Diagne, Do-minique Trao, Paul Azoum, Dim. Delobsom.Peur apprcierleurs efforts, nous prfrons, afin de mieuxasseoir les convictionsrapporter in extensoles propres paroles de l'minent spcialistequ'est M. Hardy: Ondevine quens dansle pays, parlant la lan-,rue, continuellementmls ces indignes, cesontl des informa-teurs prcieux. Ilsnous ont donndj une abondante moisson,une moissonquine peuttre rcolte que par eux. Maiscet apportn'est pas, notre avis, ce qu'il convient declbrer clans leur cas:le fait remarquableet nouveau, c'estleur esprit d'objectivit, c'estIci fermet de leur sens critique, c'estla sret eh' leurs procdsd'investigations;c'est,d'un mot, toutce quifait la valeur de nospropres travaux et caractrise lemouvement scientifique de notretemps. Simple tape sur laroute de la science, mais une tape quicompte. qui autorise d'autres espoirset qui n'a pas t dpasse,qui n'a pas mme t atteinteendes rc/ionscoloniales plus richesJe pass intellectuel.Un prix de 30.000 francsa t cr par M. Jules Brvierpourpromouvoir le progrs scientifiquede ces chercheurs. Noussont-nie,, infiniment heureux notre tour de retenirle nom de Dim.I)cloi,som dontnous avons utilis les travauxdans un Mmoiresur la Mentalit hatienneadress l'anne dernire l'InstitutInternational d'Anthropologiede Paris. Ce Congnreet con-i11,

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irt. l5 ti lt t tt l`:frre est en passe de jouir d'une rputation toute europenne puis-que le Commandant Cauvet n'a pas hsit se servir de l'autoritde son nom dans une Communication d'Ethnognie. (1 )Dans les Arts.L'auteur, aprs avoir signal l'engouement de l'Europe con-temporaine pour l'art ngre et mis le viceu de sauvegarder ces tra-ditions et ces vertus, parle de la grande aptitude des noirs d'Afri-que s'assimiler l'esthtique des Matres Occidentaux. Jusquedans les Ecoles, les adolescents se distinguent par une imitationqui est loin d'tre servile.Les toiles du soudanais Fily Sidib l'Exposition d'Octobre 1929 attira l'attention des amateurs(ou du moins trompa leur perspicacit) qui reconnaissaient ences tableaux la signature de quelques coloniaux humoristes. Lesngalais, lui, se signalera dans l'orfvrerie. Quant aux statuettesde bronze du Mossi, ce peuple, original dans tous les ordres del'activit, inaugura une nouvelle formule d'esthtique par le ma-riage de quelques conceptions personnelles la technique euro-penne.La Musique.Ici, une distinction s'impose, M. Hardy nous met en garde dene pas confondre la vraie musique ngre avec le jazz d'inspirationplutt amricaine. Celle-l est plus riche de thmes et de moyensd'expression. La musique vocale est aussi en honneur chez noscongnres. A la Cathdrale de Dakar pendant les crimonies dela Nol, c'est un chantre indigne qui fait rpercuter les votesdu temple du solennel Minuit Chrtien, M. Hardy qui, djannonce la rvolution que le noirralisera dans les arts plastiques,s'enthousiasme de ses aptitudes musicales jusqu' prophtiserl'apparition d'un compositeur ngre qui gratifiera l'Europe d'uneSymphonie suivant la norme traditionnelle.Dans les Mours.Dans ce domaine, l'volution es,, plus rapide qu'on ne sauraitse l'imaginer. Lapolygamie qui est une coutume encre dans les(1) La descendance des Fout in BnHetin Juil'et'D cembre 36 de la Socitd'Ethnographie de Paris.

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meaurs de l'Afriquetend disparatre pourfaire place la mono-garnie. Les principaux membresde l'lite intellectuelle dont nousvenons de fairetat imitent spontanmentla conduite du Matreblanc. Mais pour ce qui concernela religion elle-mme, ilfautpenser plutt uncertain syncrtisme. N'empchequ'il existed'honorables exceptions. Et cemouvement qui date de1840 estd l'initiative d'une me,Mme Jouvet. Mouvementqui suitune courbeascensionnelle, l'Afrique noire ayantdj fourni dansles ordres plus de 130 prtres.L'vnement sensationnel en l'ande grce1931, fut l'ordination NotreDame da Paris par leCardinal Verdier du Pre JosephPaye, de la Congrgation desPres du Saint-Esprit. Le Rev.P. Paye devant qui nous nousinclinons respectueusement est un natifdu Sngal.Comme dans le domaine de laMdecine, le beau sexe ne selaissera nullementdevancer. Les Congrgations fminines comp-tent un apprciable contingentde seeurs indignes. Nous sym-pathisons hautement avec le Saint-Sigequi encourage chez lengre legot du Sacerdoce. Et ici encore, pourapprcier le com-portement de ce dernier dans unecarrire si hautement morale,nous laissons la parole auRev, Pre Charles qui dans sa Com-munication laSemaine Socialede Marseille,crit: Nullepartla rhabilitation desindignes n'at plus complte que dans ceverdict port sur lesnoirs.Non seulement,il neresteriende laniaiseformuledes noirsmaudits de Cham,maislesconclusionsirrfutables se multiplient de plus en plus depuis 15ans surtout,tablissant l'vidence quele noir estremarquablement dou, trscapable d'atteindre danstousles domaines, les mmes rsultatsque leBlanc, pourvu que les chancessoientgales,Et M. Hardyd'ajouter: Nous aurons unjour des vques africains comme ily a des vqueschinois. Le ct mystique de l'africain a toujourspersonnellement retenu notre attention. Aussi, ne sommes-nouspas trs tonns d'apprendre que dans l'A. O. P. les religieuxnoirs ont enrichi la foi catholique de la profondeur de leur spi-ritualit de provenance toute raciale. Leur foi catholique est ca-pable d'en faire des saints et des martyrs. A ce propos, M. Hardycite l'auto-biographie d'une religieuse dahomenne, la sueur Mar-guer'tte, qu'elle rdigea avant sa mort et les lettres qu'une de sescompagnes, la seeur Eugnie, a adresses sa suprieure, le toutpubli en 1931, avec une prface de R. P. Opiais sous le titre:10

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1.L'SR10TS11Une page de la lgende dore au Dahomey. On y saisit, mmeen dehors de tout intrt religieux. un parfum de mysticisme d-licat, une closion de sentiments nuancs et d'mouvants accents,bien propres faire rflchir sur les puissances de l'me ngre.***La probit scientifique nous impose le devoir de relater lesquelques dficiences signales par l'auteur lui mme dans cettetentative des noirsd'Afriquede s'intgrer dans la civilisation eu-ropenne.L'imitationdes traditions de la vie morale de l'europen de-meure uneffort encoremodeste.Le pourcentage des dchets(inadapts, demi-cultivs, dracins) pose un problme devantla conscience de l'ducateur. Mais,M. Hardy apportera tout desuite la note de consolation en dclarant; c'est dj un phnomnebien rassurant quedans une rgiondu monde o labarbarie sem-blait le plus ancre qu'un tel progrs de l'humanit aitpu sepro-duire en quelques annes.Quant la mthode decolonisation prconisepar la France,nous nous rservonsde l'abordertout en la comparant celle enusage dans les colonies britanniques dans uneprochainenote surl'volution des ngres relevant de l'empire colonial anglais.**Conclusion.Plusieurs motifs ont dict la rdaction de cette tude:1-Nous vertuer toujours renforcer chez l'hatien sa per-sonnalit ethnique tout en l'harmonisant avec sa conscience na-tionale.2-"Prouverles termes de comparaison dans les dmarches mo,raies des groupements de mme formation historique afin demieux prciser notre psychologie collective. Nous ne faisons, dureste, qu'appliquer la mthodede l'Ecoled'Iithnographie de Pa-ris telle qu'elle a t expose dans le Mmoire de Louis Marin au5e Congrs de l'Institut International d'Anthropologie,

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t3,Carence d'une consciences ethhnique.i.'observation du milieu rvle que l'hatienmme cultiv etsincreest affligdu complexe d'infriorit raciale.L'un (les n-tres un jour nous interpelle pour nousdirequ'il s'explique le sensde nosspculationssociologiques: comme lui, nous sommes biencoinvaincusde l'infrioritde notre groupeethnique,mais enprtendant le contraire nous prouvons notre soucide confrer l' 3a'itien le sentimentde sa pcrsonnaiitt morale.Une notorit de notremonde politiqueet intellectuel au coursd'une conversation met cette rfle.:ion:Dan, l'ordre vgtalcomme dansl'ord 'e animal ouhumain,il existe une chelle devaleurs.Les organismesinfrieursoccupentle bas de l'chelle etles suprieurs le sommet. L'homme noir par je ne sais quelle fa-talit occupe dans l'ordre humain le mme rangque lestres in-fra-terrestres.11 n'est pas jusqu'au terme abyssin pass recem-nient dans notre patois crole, qui ne serve dsigner tout typearrir ou retardataire.Carence d'une consciencenationale.A cette honte de nos origines, il faut ajouter le ddain quel'hatien tmoigne toutes lesmanifestations d'ordre national.L'honnte homme de chez nous qui professe le respect de lui-mme ne lit pas les auteurs hatiens. Un intellectuel de la jeuneGnration a fait la confidence un de nos amis qu'il viten mar-ge du mouvement littraire indigne au point d'ignorer l'existencede la technique du vers-libre dans la littrature nouvelle. Lapra-tique des Georges Ohnet et des Michel Zamacosoccupe tout sonloisir.Il nous fut aussi rapport qu'un bienpensant de notre milieus'tonne que des gens srieux puissentconsacrer leur temps l'tu-de du crole, une matire si vulgaire!C'est de nos jours enfin que le got de l'hatiencommence s'accommoder des produits de l'industrielocale.Il les enveloppedans ce terme de mpris:c baga'lle pays.Carence d'uneconsciencemorale.Que ce soit, en effet, dans sa vie priveou publique, l'hatienne se conforme aux prescriptions d'aucunenorme suprieure, Saconscience morale, vritablefabula rasade l'autre, est videpres-tr

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L F SCi Rl()'l't13que de toute notion de l'thique traditionnelle.Opportuniste,parsystme,pragmatisteinconscient,son attitude psycholo-gique semodifieau gr des circonstances favorables ou dtavora-bics ou suivant l'tat de ses humeurs. Enfin, pour tout dire, lavie de l'hatien contemporain se rvle aux yeux de l'observateurmarque au coin du plus parfaitnaturalisme.Puisque pour celail suffit de se laisser c'ir're (.1) de s'abandonner au cours des cho-ses, de ne pas contrarier la loi d'inertiequi, d'elle-mme, se raliseen tout ce qui est. Le type dechez nous qui l'on propose uneffort dans l'une ou l'autre branche de l'activit humaine, vousrpond incontinent: Laisser yrainin. Celui-l vous reprocheam-rement de consacrer vos veilles et vosloisirs dmler des pro-blmesinextricables:Ce deux jours vivre.Ce comportement social tient du mme complexequi ahandi-cap l'volution des socitsde l'Afriquenoire: le manque devigueur d'une personnalit collective. (2)Et nous noterons pour finirque,lencore,cette comparaison,n'est pas tout--fait exacte car noscongnres font montre deplus de sincrit dans leurs tentatives de s'intgrerdans la civi-lisation occidentale. Parce que en dpit dela culture latine del'hatien, les vieux prjugs, les us et coutumesdu milieu colonialdemeurent si profondment logs dansles stratifications de sonsubconscient que celui qui voudrait s'en affranchir pour se con-former aux valeurs traditionnellesde l'Occident encourrait ce ju-gement: ouap f la France.LORIMIiR DENIS ET FRANOIS DUVUAI,II RMembres de laSocitd'llivoire et de Gographie d'llutiMembres titulaires de l'Institut Internationald'Anthropologie de Paris.Membres titulaires de laSocitd'Ethnographie de Paris.O) Les (ranisCurantsde la Pense Contemporaine par Rudolph IuckenPrface d'l mile Boutroua.(2) I,'ducation seule peut leverl'hatien l'minente dignit d'une viespirituelle.Puisque nous croyons avec Pcstallozi que leschampignons pous-sent facilcmcnt sur lefumier pourvu qu'il pleuve, mais la dignit de l'homme,la profondeur d'esprit.la grandeurdetarattirene naissent pas de la routine,m,nie quand le soleil l'claire.

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Philosophie ScientifiqueLA NAISSANCE DES IDEES SOCIALESIl est de tradition de faire re:iont r aux moralistes duXVIIlme sicle les valeurs politiques et s ciales qui sont les nor-mes des socits prsentes,Cependant les ides ne naissent pas si spontanment: ellesselaissent difficilement enfermes dans ;les cadres d'volution aussirigides.Dans l'antiquit, du jour qu'Aristote avaitpu, par la seulepuissance de l'observation intrieure prciser certaines donnesdep,.ychologie exprimentale, il devait ducoup apercevoir les rap-ports de causalit et de succession temporelle du psychique, dumoral et du social.1,e trait de l'me le conduisit la Morale Nicomaque, la morale Nicomaque la Politique.Mais la science et l'enseignement de l'antiquit,si riches, sipleins qu'ils furent en observationssur la vie sociale, ne pouvaientexercer aucune action sur les masses, parce qu'ils demeuraientleprivilge d'une lite, d'une aristocratie del'esprit. Cicron assissous les platanes des bords du Lris discutaitavec son frre Quin-tus, son ami Atticus du souverain bien, de la justice,du droit, dudevoir, de la fraternit humaine, de lacharit, tandis qu' ctd'eux, des troupeaux d'esclaves dfrichaientles cailloux de lacampagne latine.Il ne pouvait venir l'espritd'aucun membrede la docte runion que ce travail forc,impos des hommes,qu'on croyait d'une humanit infrieure,tait une atteinte tousces principes dont on parlait si savamment.Il a fallu donc lessicles du Moyen ge quiont fait l'ducation de l'me,par la re-ligion, instaur par la foi,une vie intrieure dans la grandemassehumaine, pour rendre possibles certainesrformes sociales etpo-litiques.

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h l' ,M G R 1 o 7"Cette rnovation de la conscience sociale, s'opre d'abord, partapes dans l'esprit d'une lite et souvent c'est parl'approfondisse-ment des problmes religieux ou de philosophie pure que lesquestions sociales se posent. Rien n'objective mieux notre direque le dveloppement de l'esprit europen des derniers temps duMoyen ge la rvolution franaise.Le moyen ge se ferme pour ainsi dire sur la troublante ques-tion de la foi et du libre examen, la revendication par les espritshardis de l'poque des droits de la conscience soumettre l'ana-lyse personnelle les donnes mme de la foi. Tout le mouvementde l'humanisme n'est en somme qu'une revendication de ce genre.L'autorit ecclsiastique le comprit si bien qu'elle ragit avecnergie, parfois avec violence, contre ces ides nouvelles, ces fa-ons hardies de poser des problmes dont la foi offrait dj lessolutions.Cette tendance interroger la nature Aus souvent que larv-lation, demander l'analyse minitieuse de l'me l'explicationd'un bon nombre de faits, tendance qui ouvrait la voie un' in-dividualisme anarchique et dmolisseur des vieilles croyances,avait paru. l'autorit ecclsiastique absolument oppos l'en-seignement du Moyen-ge. La philosophie n'tait plus l'hum-ble servante de la thologie. De cette poque de lutte contre l'au-toritarisme doctrinal de l'Iglise par la revendication des droitsde la conscience; un Loys Vives, un Tlsio, un Campanella, unGiordani Bruno etc., furent quelques uns des plus illustres re-prsentants.-Avec Loys Vives, Tlsio entre autres, nous avonsles dbuts de la vraie psychologie, celle qui se dgageantd'unemtaphysique de pure convention, demande l'observation lessecrets de la nature humaine.'foutes les ides fondamentales de l'humanisme,exprimes avecforce par Bruno, contredisent laconception trique que le moyenAge se faisait de notre monde et dela nature humaine, Le Moyenge avait confess, enseigndans ses coles, l'impossibilit pourl'homme livr ses seules forcesde raliser son salut et cet ensei-gnement eut des consquencesmorales et sociales. L'humanismerelve l'homme de cettedchance; il affirme au contraire sa con-fiance dans notre nature,dans notre volont claire et libre, Le

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1a_.Lt'.SGRIOTSprincipe d'autorit perd son caractremtaphysiquepour devenirspcifiquementmoral. Alorssedessinent, s'largissent,se pr-cisent enfin avec Bacon et Descartes les deux grands courants dela pense philosophique des tempsmodernes:le courant empiri-que enAngleterre,le courant spiritualiste et logique sur le con-tinent.Extrait: Courtes mditations sur des problmes)Docteur J. C. DORSAINVILMembre de l'Institut International d'Anthropologie de Parisi

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PO SIfESLES GRIOTSL-bas, dans les pays mystrieuxd'Afrique, quandpassent lesgriots, hommes et femmes crachenten signe de mpris car ils sontpotes et sorciers et les hommes ontpeur du mystre. Poignets etencolures chargs de ouangas, ilsvont, les yeux pleins de nostal-gie et leurs pas s'enfoncent dans labrousse du songe. Ils chantentl'amour rouge comme la fleur du flamboyant,l'immobilit' tran-ge de la mort. Les loas leur parlenten des rves plus vrais que lerel, le rel n'tant que l'ombre du rve.Quand ils font rsonnerles tambours de guerre, les guerriers rventd'apothose; ils for-ment une caste part. Quand ils meurent leursvmes mauditesne vont point dans les jardins du paradis, et leurscadavres d-poss loin des cases deviennent la proie des chacals.CARL BROUARDAYDA OUEDOAccordez les tambours mystiques; agitez lescouacouas, quebruissent les tchatchas; et que sonne la clochette. Ruisselantedeblancheur, Ayda Oudo s'avance, vtue des couleurs de l'arc-en-ciel. Elle danse et ses sandales courbent peine l'herbe de Guine.Elle danse et ses longs yeux lunaires baignent dans l'hypnosecomme un lac,.. Et sa robe splendide ondoie comme une couleuvreversicolore.Accordez les tambours mystiques. Agitez les couacouas;quebruissent les tchatchas; et que sonne la clochette.CARL BROUARDR

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a:l8LE TAM-TAM ANGOISSEVOEULe ciel est noir,le vent siffle,et les vagues furieuses,balottent a et l le frle boumba,PuissantAgouey,loa la chevelure glauque,aie piti de nous!Si tu nousdlivres du pril,Nous te donnerons un foulard vert,dessiropsonctueux,de succulents gteaux faits Port-au-Prince.CARL BROUARDPAYSAGEDerrire l'ventail du palmiste,la lune s'est casse en clats brillants.POEMEA.nlina, petite femmc-fruit, aux joues couleur de pche, vientt'tendre prs de moi, sur la natte. Le vent berce les fougres aubord de l'eau, lutine les abeilles bourdonnantes, disperse le par-fum pntrant des goyaves, sur le sol crases. Nul lieu n'estplus propice la sieste.MIMOSE ET NAGALes fes de mon enfance ne dansent plus dans les clairires bai-gnes de lune, et les papillons dela Saint-Jeanse sont envols aupays des enchanteurs.

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t,f.i
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20IIQu'ont dit les femmescondamneshors du mirage?Nonla parole qui blesse,Mais l'hymne qui rompt les liens.Les autels sont dresss o la chair des parjuresRecevra le baiser fraternel de l'inconnu.Alors le seigneur-messager conteraLa grimace des accueils.Non lavainepalabre,Ni le Dsespoir qui mordsonmouchoir.IIISur laroute monotone,et solitaire,et nue,La femme en bandeaux recherchesonmessager.Sonchieninsulte les dieuxdu SilenceEtaussitoutes les btes gorges desang,Car les dsirs hurlaient un chant sauvageContre les flancs de ta sombre douleur, Methsab.Qu'avez-vous faitdes impudeursDesrefuset des sommeils salvateurs?CL. MAGLOIRE-FILSLE GRIOTA la mmoire de Paul Ed. GaspardMarchant parmi lafoule, oneut dit, dans un rve,Le frontsereinbaign de tout l'azur du ciel,Convaincuque chanter,c'est l l'essentiel,La lyre en main, cher Gaspard, tu chantaissansCrve!Tu chantais... et le feu du regard dans les soirs,Ta voix o passait ta romantique allgresse,Evoquaient l'avenir, l'ternelle jeunesse,La douceur de lavie etles vastesespoirs!...

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Tu chantais!souviens-t'en,d'un accentparfoisgrave,Pourtanttoujoursdivin sur des thmes divers,Le rve, l'idal, l'ivresse desbeaux vers,L'amour mystrieux,ses charmes, sesentraves!...Tes chants transportaient loin, vers un monde dor,Tes pomes disaient la grce des payses,Tes strophes imitaient l'ampleur mme des brises,Tu passais parmi nous pour un barde inspir!...Dis! ce fcond printemps, n'a-t-il t qu'un leurre?Toi! qu'un prcoce fruit, primeur de nos moissons?Et tes chants de bonheur! les suprmes chansonsDu cygne symbolique, l'approche de l'heure?...Bohme, tu lesus... Aussi,lorsque pour toi,La Vie tait pareille quelqu'hymne en dlire,Que pour un doux baiser, elle offrait son sourire,Dj, tu reniais et l'amour et la foi.Quel dgots'empara de ton me si belle!Toi, sifort! quel dsespoir t'envahit soudain!Amer dsespoir fait du brutal lendemain,Ah! le coup nous fut rude et l'angoissemortelle!Quand tes yeux inquiets, errant autourde nousChavirrent au fond de tes sombres paupires;Qu'ils furent pour jamais ferms la lumireDans l'blouissement d'uncrpuscule de Septembre...Quand enfin, cras, vaincu par tessouffrances,7'u t'en fus, emportant en lanuit du tombeauTon rve... notre rve, authentiqueGriot!Nous vmes s'envoler toutes nos esprances...Adieu! puisque la joie apparentedu CuiurPrparait ton essor vers un meilleurespace;Puisque la !gt dont tu lis tacuirasseNe servit qu' cacher toi)mpris, ta rancaur!21

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22t, t' ? i) 1' -'iLe mal estseul puissant, qui mnela bataille.A sontriomphe sr, pourquoidoncassister?...Mieux vaut mourir! alors, drap dans ta fiertTu laissas les chacals dvorer tes entt,ailles.Ton ctrur ne pouvait tre en son isolementQue l'cho des malheursconfis ta lyre,Et ta vie, pote! un douloureux martyreDans ce vrai Sahara d'impossiblestourments.Ta barque, maintenant, tient l'Ile nostalgiqueD'o longtemps, l'existence amre t'exila.Tu peuxavec Diaquoi, les dieuxet les loas,Danser la bachara dans tes brousses d'Afrique...(Les Griots et l'Afrique)Jh. Baptiste RomainCECILIALa musique qui m'inspire estune douce dame crole.Valry LarbaudCcilia, brune fille desbordsde Momunce,Commece crpuscule qui derrire les ivombains palissaient,Reverrai-je jamais cet aprs-midi d'totaCandeur de viergeingnuefleurissaitma solitude?Ccilia, brune fille des bords de MomanceJamais peut-tre tu m'apporteras dans ma solitudeCette fracheur denosvertes savannes,Jamais peut-tre tu ne la parfumeras de basilic et de verveines,..Jamais de crpuseutc nereluiraouton baiserNe luifiticraencore sur mes lvres la saveur de nosfruits verts,

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CiselsComme unbijoude Nara, barde orientalEn tesdivinsha ha,rChante, chanteCHANSON***La divine mousme et ses charmes fatals**Incruste d'or et de pierreries,Sur la mandoline, chante de l'AlhambraBerce, berce**Labrune snoritaet sagrce fline..,*O! toi griot du pays des palmes et des loas,Aurythme des tchatchas,***Incante, incante la griffonneLa griffonne au teint dor de nos champs de masARISTIDE DE SABEPOEMEDans ces tristes montagnesCouvertes de gommiers,Ame errante parmiLa poussire et les roches,Voyageur, ne t'attarde pas!()n y voitla merAu bord de la route,Entre les feuilles,La mer indigoTouteluisanted'cailles.Prends garde au sortilge!On ne regarde pas la beaut...Philippe THOBY-MARCELIN

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h4,tsconomie SocialeMeditationssur la "Misere au sein des richesses"En mmoire de M, M. AntoineetIJenri Adam A4icl,el.*Ceux-lia sont seulsces morts qui ne sontpas aims).TRJsSSEJtI2J.;IVoici lute soixantaine d'annes,1)mesvar 17lorme,avec leverbe flamboyant dupolmiste et la clairvoyanceincisive dupolitique dnona le lsquilibrede la vie hatienneen tablis-sant le paradoxe de notre misreau'sein de nos richesses.C'tait en 1873.Depuis troisans, l'ordre nouveau essayaitde rcdrt'yMer l'co-nomie dsaxe par lesaffres d'uneguerre c;vilt' Iartit nlir ratentfertile en destructionde ptul,ri 'tti, 1,r0dligtteentratifs, fconde en destrueti,>nde vie, lutttutism,,1'y,,,l,.t,lainavienne avait achev ledciroulemellt desuri ,trliti l;iilttt,l ehros avait terininsa carrire Suras les jtailesclr sr, oltl'f +Itiresau nom de la ('onstittitiou dansles rninr,le Palaisde rr il,tiloi util,urcNational.Finie laguerre,1lttin ului".,1,., i, l,iti tuentdes mousquets et l'explosiondes initt'ailies,il;tll,ntIkti n:+epencher sur le bilan de1.1 lonr;'ue bataille.

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! ES C 1;10TStmva,aua imrnrtuwneia 7uen i t t i,amraa25Quelle tristesse! Les champs dserts, la production amoin-drie, la terre goguenarde, panouie sous la plantureuse frondaisondes herbes folles, les changes contract l'extrme, la monnaiequi en est le sine---pervertie par contrefaon, apeure par in-scurit, avilie par inefficience-oscillait entre la nion-valeur ab-moins alatoires et plus rationnelles les oprations de vente etd'achat. Ils provoqurent le retrait (le la gourde par des moyenssaillante du problme ---parce que la plus urgente-en assai-nissant l'instruiient des changes -la monnaie---afin de rendreAlors, les hommes poltitq es bousculspar l'prt des cir-constances, crurent opportun de s'attaquer la donne la plussolueet la malfaisanced'un pouvoir d'achatincertain.C'taitla misre accrue par le clcss ui antenicnt des esprances bafoues,dues, ananties,.'La production indigneinsuffisante pour couvrir les besoinsdu marchintrieur et mal prpar pour' soutenir la concurrencesemcnt formidablesur la vie socialequ'il prtenditdfendre.lilas strictementfinancier manquade solidit et eut un retentis-problme ne ft considr que sous unseul angle et non dansson ensemble.Le redressementn'ayantt effectu que sur letleredressement, il y avaitla marge toute pleine des inluctables:'.,ttonnements,desessais,des tentativs o s'entrechoquent lesintrts privs,et l'intrt collectifht il faut regretterque le malheur des temps voult que ledise. Mais entre l'noncet l'application d'un telprogrammetic d'une monnaie stable, enfin rgulariser le rythme de la vie so-ciale en ramenant les prix la valeur intrinsque dela niarchan-la loyatttx des oprations commerciales, en leur offrant la garan-prtuit qu' des conditions onreuses. Conversion dit papier-ilion-naie en raison de G. 6.000 pour un dollar, Paiement des droitstic douane en or.'l'otites mesures draconiennes,-,'"7t l'ultimeobjectif tait de freiner l'agiotage des changes gzur pendant etmme aprs la priode rvolutionnaire, avait connu des oscil-lations vertigineuses, toutes mesures dont le but tait d'assurerdrastiques. Emprunt sur place ` un taux terriblement lev-le march extrieur ferm par let discrdit de l'tat, le commerceltcal dj appauvri ne pouvait accueillir le placement de l'eni-

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et les coiuptitiolis htllconomique p;11'itllt'Ide la vie s'ell accrut.cites trangersaggrava la criseihnu'nl: tiicitaire,l,e renchrissement'1 sf;'cst p()ttlilllrtieu misre danstoutes les couchesffl'tlr Dlornte quifut le leader.a"spirituel dq faaaverneuiclit.snlnmtvien dchu depuistrois ans,clama la faute il(' ses+idversnires`d'hier cil tirantda la situationdans laquelle oin 'sedbattait l'enseigneitientqu'elle coniportait, savoirqu'aucptne reforme financiren'a de chancede succsdurable si elle ne relnusepoint sur un accroissementrel de nosmoyens d'change.N'est-il pas vrai qu` la dcouvertede l'Yle lapremire chosequi frappa Colomb et ses compagnons ce fut l'abondance delavgtation? Quisquya n'tait qu'une immense fort dont lesarbresgigantesque.,paraissaient tranges par la splendeur deleurstature,la robustesse de leurs troncs, la richesse de leurverdure.O avait-onjamais vu tant de profusions de fleurs l'une sifastueuse et si frachecarnation?De quelle immense cassolettenellementmconnue depuis l're colombienne jusqu a nos jours.En voulez-vous des tmoignages?Faisons un tour d'histo're.Que Hati soitune terre essentiellementagricole, c'est ce dontchacun convient en constatant tout simplementla position denotre 11e entre les Tropiques,la couche arable de notre sol, ladistribution des eaux de surface qui sillonnent notre territoire,les 'prcipitations annuelles qui l'arrosent.Il en rsulte un re-vtement vgtal magnifique dont le pays se prvaut comme dela plus somptueuse parure naturelle.,gable, explicite palesconditions gographiques et les anodesde colonisation' cl; la terred'Hati! Vritbanale s'il eu fut,niaiscomplcic etdifficiles'assimiler,si complexe et si dif-ficile qu'elle a t constammentproclame pour tre plus solenpeuple et pays essentiellementagricoles! VritIlirrfra-Quiapplicablee toutes les poquesde notre vie sociale, elle n'auraitle vertus pratiques quesi elle pouvait s'adapter nos murs et nos habitudes de peupleessentiellement agricole.S banale que soitcette remarque dont lajustessela rend

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LES GRIOTS27pouvait sourire tant d'aromates gnreusement diffuss dans lalimpidit de l'air bleu par la plus capiteuse des brises??eigncr, c'est bien ici l'ouvrage de tes doigtset qui fut sein-blabfe la majest de la premire terre o tu fis crotre desherbes portant semence et (les arbres portant des fruits et quiavaient leur,semence en eux-mmes afin (due l'homme que tucras tonimage rendt grces ta bont et ta puissance. Etc'est pourquoi ton autre serviteur, Christophe Colomb, parti dePalos enAndalousie,le 3 Aot 1492, planta quatre mois plustard, la croix du Nazaren sur l'une des montagnes dans l'une despresqu'les qu'il dcouvrit hautes et belles comme la Roche desAmoureux et qudmerveill d'une multitude d'arbres de milleespces diffrentes et d'une quantit infinie de palmiers parmilesquels montait la chanson des oiseaux, il se souvient du paradisperdu et alors abordant une des anses'o les eaux de la mer--semblait-il ne devaient jamais s'lever et s'tendre sur la plageparce que l'herbe qui 'ne vient pas o la mer est houleuse crois-sait presque jusqu'au bord de l'eau, humblement il se signa etla nomma, VAl_1,1ARAIS0a>, le PARADIS.N'est-ce pas l lu ,)ays devin par Marco Polo d'o il fallaitrapporte, aux soi.vegins d'Espagne ce qui faisait l'orgueil deVenise, matresse du trafic europen-la vanille, l'alos, l'cn-ceils, lebenjoin,lecamphre,la girofle, le poivre, la cannelle, lecubbe, la noix in0scade, le gingembre et la rhubarbe?Mais le malle vr voulut qu'aux richesses vgtales apparentesl'apparence atlrolante des richesses minrales transformt le ca-ractre de l'expdition et de la dcouverte. Parce que au premiercontact deColonib,avec Cuacanagaric, le Cacique du Marien,celui-ci fit hommage Colomb de deux morceaux d'or ouvr etque les aborignessignalrent la prsence du mtal dans lessables des rivi es du Cibao, l'ambition (le trouver de l'or auprix de n'importeduel sacrificedchana chez les nouveaux venusune frnsied'exploration(les gorges montagneuses, des plaineset (les rivires l'Estdc l'le.Qu'importe sidacupidit dchane des Espagnols devait sou-lever la mfiance (lesaborignes. Le choc qui s'en suivit taitfatal.Les indignes sans autresmoyensde dfense que leurs

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2slit-in i um,nilnunmiuu iann!uruumnniuminmmumi,Sc R 10 TS(ches peu dangereuses,ne apurent opposer dersistance auxcompagons de Colomb enrags des'enrichir prestement. Et cefut ainsi que le grandAmiral des Ocans rduisit enservitudeplus d'un million d'hommes cilattendant qu'il les dtruisit sousun rgime d'odieuseoppression cependant qu'iltait persuadavoir sauv leurs mes de ladamnation ternelle. Ne sont-cepas les proprestenr-aes dans lesquels Colombjustifiera son en-treprise devant LeursMajests Catholiques, Ferdinand etIsa-belle de Castille,lorsqu'al s'criera dans uneimptueuse exalta-tion: Que le Roi, la Reine,les Princes et leurs royaumestrsHeureux de concert avec lachrtient, rendent grce notreSauveur Jsus Christ, qui nous aaccord une semblable victoire'et de si grands succs. Qu'onfasse des processions, quon c -lbre des ftes solennelles, que lestemples se parent (le rameauxet de fleurs, que Jsus=Christtressaille de joie sur la terre commeil se rjouit dans les cieux en voyantle prochain salut de tantde peuples vous jusqu' prsent la perdition. Rjouissons-uous,en mme temps tant cause (le l'exaltation de notre foi qu'cause de l'augmentation desbiens temporels dont non seulementl'Espagne mais toute la chrtient recueillera lefruit.Peut-tre: bien, plus tard,'ces derniresparoles prendront-ellesun caractre prophtiquequand Cortez et ]?narre feront la con-qute du Mexique et du Prou etjetteront dans la circulation eumoine d une petite calebasse et les pauvres indiens ne pouvaienttrouver le mtal qu'en lavant les alluvions des rivires aurifres.moment o il prparait son second voyage 1-Iispaniola l'aug-mentation des biens temporels laquelle il faisait allusion nepouvait consister que dans le net produit des indiensvendusou lous comme esclaves,l'augmentation des biens temporelsne pouvait se raliser que parla vente des essences vgtales,les pices et les aromates dont on avait trouv de magnifiquesspcimens Hispaniola. Quant tt l'or, il y tait rare puisquetoute son exploitation consistait exiger des indignes l'imptd'un grelot (le faucon qui tait pratiquement assimil laropenne les masses d'or et d'argentdes mines du continent.Alors, les conquistadores dchanerontsur les ocans la coursedes Ballions chargs de mtauxprcieux. Mais au moment prciso Colomb s'adressait aux souverainsd'Espagne, en 1493, au

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23Ce fut de cette erreuret de cette illusion d'otipque que mourutla nouvelle colonieespagnole. L'prt descolons 'x11puisa la main-d'uvreindienne impropre labesognetqu'onexigeait d'elle,en tout cas, absolument inadaptable une eitation minire de quelquenature' qu'elle ft.L'erreur initialedes conqurants espagnolsse di montrera de plus en pluscer-taine au fur et mesureque leurs tablissements dansl'le s'accrotront et que leursexpriences en prospectionsminires augmenteront leu s l'aCep-ons en rsultatsngatifs,par contre, le dpeuplementrapide des teates basseset l'obli-gation de pourvoir l'existencedes colons, fera ressortir'l'autrev lence savoirque la richesse cl'I3ispagnola rsidemoins dansson sous-sol que dans la;prodigieusefcondit de la couchearablede saterre. Terrefertile s'il en futou dj lemas etle maniocnourrissaient l'honmae,l'autochtone,o un remarquable spci-mende coton pouvait servir tisser le plusriche habit. Il fallut50nnlnes cae ttonements, la destruction de plusd'un milliond'homme::,. l'aveuglement faroucheet ],injustice douloureuse dontfurent frappsj'es pionniers de la premireheure pour faireclater cette aveuglante vrit,convaincante, cependant, ds ladcouverte, savoir que la terremontagneuse d'l:Jati est esseaxtiellenment agricole,litpuisque, dsormais, la dmonstrationentait faitebdovan,,en 1506, introduist la culture tic la canneti sucre pour tr
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nrauamtanraimtiinuuounnuntuinitnniinuiomtuanuinmiiunarmnrnoaunnopninriimiJ i C; lt 1 C) T S_la fois le et du risque, la tentation ,alel'aventure, la fascina_Que le droulement de faits aussi complexes o :se mlent toutdprir 1:Tispagnola o le mtal jaune se rarfiait aux dpensd'un dveloppement des possibilits agricoles, c'est ce que l'his-Qu' la suite de telles proccupations, les Espagnols laissassentplus d'or dans les terres nouvelles du Continent amricain.des dcouvertes poussait les uns et les autres la recherche de17lissements du nouveau monde, cependant que le mouvementtugal se disputer et disputer l'Espagne l'empire des mers dansla course vers la traite des ngres des ctes d'Afrique aux ta-Et alors, on vit l'Angleterre, la France, la Hollande et le Por-guerrire s'impatientait de respecter l'ordre tabli.des nobles et lissait inactifs maints capitaines dontLxhumeurstabilit de la royaut en Europe rfrnait l'ardeur belliqueusetions,dans la formidable entreprise un moment surtouto lamouvement, c'est ce que nous explique l'irruption d'autres napides, l'audace des agressions et la promptitude des excutionsait enfivr l'imagination des hommes et suscit dedangereusesrivalits l'Espagne qui itficerestaurera l'entente des adversaires. C'est ainsi que la Paix (leles conditions de paix entre les Puissances contaeutales,j leursespagnole. Et lorsque la fortune des guerres d'Europe djcterarestera encore vaguement dsigne sous l'appellationle rq.!artiese dnommera dsormais Saint-Domingue tandis que l'oriftalcgnole. Pour stt' distinguer l'une de l'autre, la partie occide Calel'le, l'une l'ouestla franaise l'autre l'estl'e pa-cle l'hinterland o s'implantera la domination franaise de tellesorte que-,deux colonies se dvelopperont paralllement dansnal'e vers le Port Margot. Et ce sera la pntration progres vefera plus marque-de l'ouest 1 l'est,-de l'le de la Tortue .la terre ferme, dans les anses ,ccessibles de la cte eseptentriio-

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LESGRIOTSRtisw+wiclc en 1497' consacrera en droit ce qui tait un fait tablidepuis longtemps, je'veux dire le dveloppement de la puissancefranaise Saint Domingue.Pendant plus de trois sicles cette puissances'levera au ma-ximunl d'clat et l'apoge de la gloire non point par le rayonne-ment 'des exploitations minires comme l-bas au Prou, aurehausser(les titres de noblesse.dfrachis pouren illuminer lesfastes deVersailles tous, venus de France, apportrent entreprises de guerre en Europe, cadets de fi nnille ambitieux deMexique l'or et l'argent affolrent les imaginations et corro-drent les ambitions, lion point comme sur //les bords du SaintLaurent, de l'l,lildson, du Michigan o ls conditions du peuple-ment dcuplrent les activits roininerciales et provoqurent lesralisations industrielles, ls besoins d'enrichissement mups, Saint Doining-tle une succession d'hor.Snies tremps d'nergie etcuirasss d'ardente volont s'acharnrent dvelopper les. forcesde la terre selon les aptitudes du sol et du climat. Ecumurs demer fatigues de demander l'oc;tu la ranon de leurs dang-reuses quipes, soldats en disponibilits pur rarfaction desSaint Doiningue la claire vision d'une prosprit illimite par la,culture dusol etl'exploitation des industriesde transformationl'histoire, Oyez plutt.agricolee.:-,1t alors en trois siclesde labeur, Saint Dominguecra, agglomra lesrichessestelles qu'ellsblouissent encoreInditatian de la naPucdrs capitauxombreIEstimationen prix1'n1 ycACVailtailan dncapitauxenterres, btlnlentaet plantationsNI1val. en N.ires et enanim,o 'i.5ucrerieaen.blancb,451234.000103.730,000103,7300015uctcricienbrut..,.,,. j.341]50.00001.330,00(1...,...,.01.330001Catittrbx.5t010.00050,200,000..U0,200.O0fi'ot. rnFrt,..,...,...470;:30.000.21,100.000..,21.150.00tIntgoterlca.....o.....,.Ni,.3.30.00002,010.000.,.,...-.92.11101401Guildivcnea..............L...1736.0008051000505.001Cataoteaet,.-i094.000.275.11`10....,..,,-,275.0012 7 5 0Tannerlca,I,3'.140.000480,000..,.,.Polirai chauxbriqueie.-.-,-.^..,............ --rien et potertcs,.-......,,i....374150005,510000...................5310.004Ngre$,anciensetn011-veaux, grands et pel,ita455.0002.500................1,137.(00,000aChevnueetmulets,-14.004400........0,40100....Mites 1cornet,......n,12,000120...1,440.000............. ,..Cj

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7kit'ft:Adu'I"tl0o7sL'""Conversions de la livre tournois en francs etFrancs d'avantguerre-Dollaror $ 0.1875Terrer Bti..'estimation.r_ _,mente et Flan-___ _ttacons1francsSucreries en Marc,451 227.160,50^101.x16;381,60tSucreries en brut841 -ia7.777,7060.622,222,08CatFteries,,,.. 2:$14 ]0,753.0955.500,182,90Cotunucries,0525,629,53. <20.858.850.16Indigotcries.3.0972.7.629,6,991.763.904,51Guildiveries.,,..,'173035,27851320:71Cacaotencs.69$,950,62272-562.70Tanneries3: 158.024,70474074,10Fours3 chaux "Jbriqueteries et'ipot#ries37.114,814,81,Chevaux et16.0001395.013nFtaCorne.{1.37;371.367,17Ngres anciens1;et nouveauxGrands et petits.' 455.0001{Total desricbetses employes 11la Culture_.1275.357.487.50Nous devons ces calculs de la livre tournois en francset en dollarsnon dvalus l'aimable obligeancede Mc, FranoisBenjamin dont la'lcomptenceen ces matires a acquis une juste;notorit.Remarquez que la plus grande richesse de la coloniene rsi-dait pas dans la valeur marchande de sa production agricole, dansses industries de transformation et autres, dans les matriauxde construction et dans la valeur des constructions elles-mmes'nois. N'est-il pas vraique les mmes estimations officielles va-dont l'estimation officielle tait cote 34.000.000 de livrestour-et nouveaux, grands et petits qui formaient l'ossature du tra-luerent 1..137.500,000 livres le prix des 455.000ngres ancienspuissance conomique de Saint Domingue.ment des musclesngres qui constituait, en dfinitive,la grande2.500 livres tournois' Donc c'tait le moteur humain, lerende-vail colonial, leprix moyen de chaquengre tant class les horreursde l'esclavage tel qu'il tait pratiqudans la colonie?Et maintenant, est-il besoin de revenirune fois deplus, surt. r; S (a R 1 C? T Sdollars non dvalus,TotalDollars Or uunfrancsd4ealus101.941351 50,.,.................55.50018.:,80,,,,........20.SS888915,...,.,.81.762.964.11;....,..272.59" 75: ,,..,...............479 074.10(.....r............,,5.640.738,04... .............1.422, 240,00........., .......,..3451141.507,17,64,108.0$1.31123,4r.$.700,o0i:210,048.500.2j

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Lest-il ncessaire de nous arrter sur la cruaut de ce mode d'ex-ploitation de ]'homme par l'homme? Est-il besoin (le condamnernue fois de plus cette abomination des abominations? Tout demme si l'asservissement de la personne humaine en vue de crerdes richesses matrielles a pu tablir la plus grande prospritqu'ait connue l'empire franais d'outre-mer, un tel rsultatnes'est tay que sur la plus grande misre spirituelle et morale quiait souill un coin de la terre habitable, Mais on sait galementque si le ngre trait, comme bte de somme en considration deson rendement animal, n'tait qu'une unit de plus la plusgraii''de, sans douteparmi les lments somptuaires de la for-tune, le ntaitre, riv, postrdans l'amas desjouissances gros-sires, sedgradaitau niveau de l'esclave disgrci.Obnubilation du sens moral, alourdissement de l'intelligence, rtrcisse-nient des mes, scheresseduci5ctir,dbauche etconcupiscencevoil lemoindre bilan del'esclavage, bilan valable pour le,martre autant que pour l'esclave.Et, suprmechtinment,l'appelintemprant du sexe confondit les dsirs exacerbs des chairs,chez le matre et l'esclave, chez le blanc et la ngresseclans lesrencontresde stupred'o est sortiplus oumoins le monde nou-veauauquel nous appartenons plus ou moins.Tel est le legsde ces iniquits sans nombre qui alourdit encoreles dmarches de notre communaut depuis un sicle et demi prs.Quel tableau de plus grandesmisres morales ait milieti deplus grandesrichesses rnathrielles voudriez-vous avoir?Comprenez-vous pourquoiil a fallurien de md ns que laflamme purificatrice, Ja torche vengeresse des incendies pourdtruireces monceauxde pourritureet essayer d'intgrer dansun milieunouveaul'idal de justice et de fraternit humaine quifut jadis prch en Galile?C'est ce magnifiquedestin que nospresnous ont convispar le feret parle feti,,Maisvoyez-vous, rien ne se crede rien.Il n'y a qu' Dieuseul quela Gense octroiela puissance infiniede soufflersur le chaos pour en. faire natre l'univers. Quant nous autreshommes, si haut que nous puissions parvenir dansl'chelle des valeurs, nous portonstoujours ennous-mmes letmoignage de nos originesl'humblecellule par quoi nousnous rattachons la srie de nos anctres.

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st._LHS GRIOTSCette remarque qui n'est d'ailleursqu'un truismedans l'ordrebiologique,wp"'iine la il:m'vritappliplne au dterminismedes faitsociaux.Il est donc banal de rpteraprs tant d'autresquelle monde nouveau, n desconvulsions brutales dans les-quellesSaintDominguedisparut, vint la vie accabl des soucispresqu'id4iititlues. ceuxde l'ancien rgime auquel ilsuccda.On entend dire que le mmemoule, le mme cadre circonscrivitses activits.Etd'abord,il ne pouvait se mouvoir que dans lesmmes couditions physiques: sol, climat, mtorologie.Puis, le dtermi-nisme physiqueprescrivitles matires de sa production. Il n'ytidon.ucavait de chang pue les modalits humainesde cette proOn entend tablir que dans la limite des terreso l'I tat d'Hativenait de se constituer sur les rainesde Saint IDomingue, lesmmes lois qui avaient fait del'ancienne Quisqueya une colonieagricole suprmement prospre obligeaitle rgime nouveau il lib--reavadvelopper les mmes lments deprosprit. Le tdevait donc faire fructifier la canne sucre,le caf, ll'> cacao, lecoton, l'indigo et les industriesde transformation: alcool, sucre,matriaux de construction.L'Etat naissant s'est-ildrob la tche?Ti seraitinjustede le prtendre.Mais si l'on excepte leGou-vernement de Toussaint Louverturequi fut bien un achemine-ment vers l'indpendanceet qui ralisa une situationinterm-'diaire entre l'esclavage et lalibert, si l'on excepte la royautinflexible de Christophe, si l'oncarte ces deux rgimes de li-bert conditionnedans lesquelsl'organisation militaire de laproduction tait une saisissanteanticipation de l'conomie diri-ge, on peut dire que de1804 ce jour, nous avonsvctt pares-seusenment la manire du chien crev qui s'en va aufil (le l'eau--selon la savoureuseimage de M. Tardieu.Canne,,tlsucre, caf, cacao, tabac, coton, seuls produitsagri-coles quilient t gards de l'exploitation coloniale sontcultivs peu ou prou, au petitbonheur des pluies saisonnires'de telle sorte que les bonnes etles mauvaises rcoltes s'alternentait rythme des bonneset mauvaises saisons.

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L E S GRIOTS...w,3sVingt-huit Chefs de gouvernements se sontsuccd en 130 artssans que dansce pays, ily ait eu une politique agricole claire-ment conue 'et fidlement suivie, cependant que les donnes duprohlm^,du ntoindans leurslignes gnrales,restent lesmmes. Ne peuvent-ellespas s'exprimerdans lesternies sui-vantstant donn lesaptitudes spcifiquesdu sol s'explicitant ensa capacit de rendement par l'utilisation bien entendue. de toutesles ressources d'une exploitation rationnelle, soit (lue les pro-cds del'.hydraulique agricole fassentbnficier dela rpar-tition annuelle(les pluieset de la distribution des eauxde sur-face,'soitqu'on tienne compte de la topographiedeslieux et desparticularits propres du terroir, soit qu'on utilise les qualitsintrinsques de la main d'oeuvre indigne, soit, enfin, qu'onadapte la production la routine on aux exigences du marchintrieur et extrieur, tantdonn ces conditionsrunies, parquels moyens peut-on promouvoir en ce pays une productionplus intense et plus soignede la matireagricole?Voil en quels termes, ce tue semble, devait tre pos notreproblme agricole d'o dcoule la solution de notre,problmeconomique.Nous avonsdmontr que l'expriencecoloniale vieille de troissicles n'a ralis laprosprit de,l'ancienne Saint 17ominguequ'en dveloppant au maximum l'exploitation de la terre par lamain d'oeuvre servile. Nous avonsgalement tabli qu'en ordrede valeur l'esclave ngre tait cot comme la plus haute expres-sion de la richesse; puis la matire vgtale et ses transforma-tions industrielles extriorisaient les modalits de la prosprit.On veut lire que le nontl)rerles esclaves que possdait tel grandseigneur tait la principale condition de l'accroissement de son`exploitation en rendementet entendue.Vint la rvolution. Nous avons tout dtruit except les ri-ohesseshumaines, suais le renversementdes valeurs opr st lafaveur de la rvolte, substituale travaillibrel'esclavage. Lenouveau rgimen'avaitle chance de procurer un minimum debien-tre matrielses bnficiaires (lue par un mnagement lia-

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bilement dos de la contrainte et dela libert. j'entends que lecitoyen ltaitien rcemmentpromu la dignit de se gouvernerpce, lespaysans un rgime de violence lgaliselefouet, la bastonnade,, l'emprisonnementvoire la fusillade moins que la mesureue s'tende la manire des Soviets toutesles catgories sociales, moins quechacun ne suit soumis lamme discipline, que l'individunedisparaisse;au profitde lacont-tnunaut et que l'Ettat ne totaliseet n'absorbe toutes les forcescontrainte, c'est soumettre une catgorie de citoyensen l'es-inclus dans cette proposition, Organiser la productionpar lane seraient pas capables de replonger ce Peuple mme dans l'es-clavage. Tl s'agit de savoir de quelle dure peut tre tel ou telrgime de contrainte plus ou moins stricte. Tout le problme estil ne s'agit pas de savoir si, l'occasion, tels et tels aventuriersforme pour les 4/5 d'lments ruraux frustes, est alourdie parune hrdit inultisculaire de servitude et d'ignorance. Mais,Rien n'est impossible dans un paysdont la masse amorphe,grand malheur dont les consquences se sont droules jusqu'nous.Etmaintenant, est-il possibleque l'tat organiselaproduc-tion par la contrainte?dans lesmeurs de, la cgmnnutaut, On glissa tout doucementsur la pente savonneuse du moindre effort. Car, il faut le diretout de suite, la .mort tragique de Christophe assura le triomphedu systme de l'Ouest dans toute l'tendue du pays, Ce fut leCe fut la premire faillite du commandement queds la cra-tion de l'Etat, l'unit de vues fut ce proposanantie par lescomptitionspour la possession du Pouvoir. Lersultat le plusimmdiat d'une telle situation fut que le rgime du travaildansle royaume de Christophe s'opposa celui qu'on pratiquait,dansla Rpublique de Ption.Au Nord, la discipline excessive, A l'Ouest, la libert com-plaisante.Et comme (le ce ct-ci, le libralise nerv aboutissaitpratiquement l'faintantise, l'habitude du laissez-faire prvalutlui-mme.devaittre amen par des mesures appropries obir une discipla?ne collective qui et t la sauvegardede la com-munaut,sociales.

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Depuis que cette dernire formede l'tat s'est installe ets'est panouie en Russie, ellea polaris l'intrt d'un grandnombre d'intellectuels et (1'111, plusgrand nombre de travailleurs.1Je monde entier -tous assoiffs de justiceet pris d'a-glit. M iis, est-il exact quel-bas, chez les Soviets, la vie 'soifmeilleure et le peuple plusheureux qu'en aucun autre pays? C'estune autre question dont la solution chappe notre comptence.En tout cas, organiser la production la mode des Soviets surnotre terre si dangereusement morcele, Clansnotre communautpaysanne si farouchement attache la proprit individuelle,suppose 1111 personnel apte appliquerla doctrine bolchevisteselonles mthodesmoscoutairesJe ne crois pasm'abuser en prtendantqu'un tel personneln'este lias encoreen cepays.Certes, je connais des colle(-livistes convaincuseal.'o,t-au-Prince,allaisje n'en connais pasqui soient des techniciens de la doctrineavertis et entrans hou esci;.nt.Il faudraitdonc recourir des improvisations hCives et prilleuses moins qu'onue fasse venir lu dehors desspcialistes du rgime-ce quiquivaudrait l'imposition bru-taled'un rgime trangerau milieuhaitien.rune veux examiner,pour lemoment,ni les consquences ni les modalits d'un telvnement, jen'ahpas de got pourles anticipations conjectu-rales...Para leurs, s'il ne s'agit qued'imposer un rime A. dicta-gture en Ijmm l y aquelque chancepour que cette forme de gou-vcrnement participe des traditions de notremilieu etsoit excltt-sivement personnelle, On entend direque toutedictature, scionles normes historiques qui expliquent les dmarches denotrecommunaut, s'panouit et meurt avec celui qui l'a instaure.Ily a eu et il y aura dans ce pays autant (le dictatures que de die-tateurs.Il cil a t ainsi de Dessalines jusqu' nos plus rcentsmonarques. 0m' cc qui nous proccupe en cc moment,ce 'n'est pasla prdominance au pouvoir de telle ou telle personnalit, c'est lemoyende provoquer et de maintenir un accroissement de la pro-;duction et une varit plusaride de produits cultivs, c *estamener la masse des producteurs renoncer '.l'empirisme desprocds dsuets et leur inculquer le got et la technique (lesmthodes rationalises, de telle faon que les rsultats (le leursefforts soient plus conformes aux exigences des consommateurs

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38et soient plusprofitables la dpense de leurs nergies.Une tellediscipline ne saurait doncdpendre des succsventuels ou desmanifestations sporadiques etprcaires de tels ou te1,Chefs deAl'ertUordonns de la politique personnalisteet alimentaire.Encore une fois, est-il profitabled'instituer un tel rgime parrLu es,-1,l'Etat mais doit s'intgrer dansles moeurs, les nades populations et survivre auxmouvements incertainset inca-redressementde la situation.tout une bourgeoisie appauvrie, affame de jouissances,entra-ne par la misre en quatrime vitesse vers les plus plates d-gradations du caractre et de la moralit. Il faut donc un promptnotre objectif le plus urgent, c'est de faire face ala situation ac-tuelle telle qu'elle se manifestenosyeux:une niasse dense, engrande partie dguenille et sous-alimente soutenantmalgrafin de prparer l'avenir par une discipline imposela jeunesse,gage de la prochaine transformationcollective des masses. Maispratique. L'oeuvre de Damien corrige, simplifie,generahseenie parat correspondrecetteproccupation.On devra au sur-plus y joindre une certaine pression pouruniversaliser son ap-plication vigoureuse.Il faudrait agir rapidement dans ce sensl'ensemble dela nation. Unpareil objectif ne peut tre atteintplus ou moins lentement (lue par une ducationsystmatique etEt 1 titre ngations'explique par ceque nous venonsde dire:tout igime de contrainte estparessencephmre. Il s'agit icid'oprerla transformationde nosmasses dans une volutionascendanteversplus de prosprit, plusde confort, plus de bientrematriel-conditiond'un plus haut standardde vie pourNon! mille fois non!la contrainte?est immdiatement ralisable. On veut dire qu'il faut trouverdans les habitudes, dans les meurs paysannes mmes un moyende stimuler la production.Il n'en est pas d'autres, mongr, que deprovoquer et demousser l'intrt du producteur gagner viteet gros. Il faudraitdonc tablir un systme de primes habilement associ la pres-D'abord, retenons que l'action brve doit tre limite ce quiGJ

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cription lgale savoir qu'aucune terre cultivable nedoit trelaisse incultequelqu'en soitle propritaire,sinonla terre seraTelle nie parait titre la mocialite inmdiateaction soc,cduriers trop enclins assassinerles pauvres gensansmaquis de la procdure.A$ialeson, aucune parcelle dudomaine national ne saurait rester va-cante et inculte,Ilfaudrait donc tablir une forme abrge etprompte dejustice distributive de faon freiner lamalveillance des pro-d1dvolue celuiqui -est apte la fairevaloir,et, plus forte rai-a ricole et conomique.1 'bien je rends tmoignage que tan dernier,le Servleeun essai d'applicationplein de promesses.ciblait tre cp, grandepartie conforme a ces destdcra a.t ai vitli Production agricole avait fait Paratre unPian qui me sein-fect des morts oublis.erais qu'il est dj enseveliquelque partdans le cimetire dtsafpartst-il ,rlvenu de ce plan depuis un an. je nesas.'Votidra-t-on me permettre sans outrecuidancetitirclamerl'antriorit cls ides ci-dessus exprimes surte Plan du ServiceAvant que le Service et btison plan et 1'et rendu puouc,''avais en l'occasion d'exposer en Sancepublique du Scnat auCule vue techniquedela matiere et unepointede )on sensso1llimines rrncoittrs surle mme chemin, c'est qu'apparemmentqforniellc de l'heure prsente.Si le Service et moi, nous noustic je viens d'ironceret qui nie semblait etre uncniSecrtaired'l?tat de l'Agriculture, M.vaugues,1 essenee cd'cationestroi,;de telles idesse heurtent aux piresdifficultsapp -rluetqu1lt t4'est peut-tre pourquoidans ce pays o le paradoxelc u' clairvoyance amnentpres(lu'mtaiiiii)ienciau ,ucu,ecationNi. serait-ce pas une manifestationinattendueet CCrou an ede 1a misre au sein desrichesses?duction agricole au pointde vile cl sa va eur marc a ela rpercussion,conomique qui en rsulte surl'ensemble desant de jeter titisimple coup d'ail sur l'tatactuel de notre pro-'leiacloron'jongler avec l'incohrence etle paradoxe, il est ntres-Pour prouver la vracitde l'assertion, a savoir que nousnotre communaut.

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40D'abord,il convientde rappeler que notrepositiongogra-phique oc terre intertropicale, limite notre productionagricole acertaines catgories dtermines de plantes. Mais il faut ajoutertout de suite que la capacit (le rendement de notre sol nous enpermet une exploitation intensive qui compense argment ceque nous en percions envarit et en diversit.Ainsi, la ri-la quantit, Cependant,au dire des spcialistes,nous gardonstion.Il est vrai que pendant plus d'utidemi sicle aprs l'ind-pendance, nous avons t les fournisseursachalands de la placedu 1.littte.La concurrence nousa malheurcuseuieut dtrnsdepuis longtemps en faveur d'autrespays tropicauxruantEvideninient, il pie saurait: s'agirici du volume de laroda..cafe.ttotFnel clc dtstnictioii, c estpar les qualits spcifiques de notresont infiniment infrieurs aux ntrescomme qualits intrinsques d'amine, et de puret chimique?Mais l o notre terroir nousa octroy un privilge excep-ciuiens standard assez bonmarch pour enlever la clientled'outre-mer la suprmatie d'autres alcoolsde jus de canne quiau jeu de la concurrence mondiale n'aitpas encore soumis nosfabricants la discipline de quelquecartel qui et modernis lemode de fabrication et rduit les typesd'alcool quelquess n-Nefaut-il pas regretter que l'inadaptationde nos producteurssur la plupart des produits similaires.ailleurs dans notre voisinage, nous nous rattraponscependantpar la fabrication des alcools drivs de lafermentation du jusde canne, par quoi` nous avons marquune supriorit lgitimepayons le sucre ici un prix suprieur ce qu'ilcote partoutmonopole insidieux du march local, s'ilen rsulte que nousrsistance au point que notre production sucrire hautementin-dustrialise ne se dfend contre la faillite certaineque par leles progrs industriels ont enlev aux terres tropicales le mono-pole de la production sucrire parce que le sucre de la betteravevaut celuile la canne et que par suite d'une production uni-versalise, il, n'est plus un seul pays qui n'aitsa provision decette'denre par l'utilisation de la betterave,si, de ce fait, notreconomie soutient une concurrence au-dessus de nos forcesdela culture (le la canne sucre et des alcools qui en drivent. Sicliesse de l'poque colonialetait faite enplus grande partie par

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AjL.LrSGRIOTS ..e.:41encore un certain privilge de saveur et d'arome spcifiques parquoi notre caf remplit le rle particulier,de bonificateur chezles marchands rompus la pratique des mlanges. Ace titre, nosrcoltes si abondantes eussent-elles ttrouverait tou-jours leurs placements dans les Bourses europennes, spciale-ment au Tlvre qui est leur place favorite.Ne vous semblerait-il pas qu'il devait y avoir dansce paysune politique du caf qui consisterait fairerendre la terrehatienne le maximum de rcoltes cafires eu mme tempsquel'intrt associ la contrainte dtermineraitune amliorationconstante de nos types de caf.Voil qui serait une forme de rationalisation de notre produc-tion cafire. Depuis plus de cent ans que le caf est la raisond'tre de notre Budget et cle toute notre conomie, nous vivonsl-dessus, encore une fois, la manire du chien crev... BonDieu bon...Voulez-vous un autre' exemple aussi probant et qui illustrenotre attitude de perptuels insurgs contre le bon sens?Il rside tout entier dans notre faon (le considrer notreprod ction cotonnire.Vous savez encore un paradoxe que nous avons fait ducotonnier une culture rgionale. Non point que la plantene soitcultivable que dans le _bassin de l'Artibonite, elle croit peuprs partout, dans ce pays, o l'altitude ne dpasse pas 6 700 mtres au-dessus du niveau de la nier et o la saison plu-vieuse na gne ou ne dtruit pas les rcoltes comme dans leNord.Mais pendant longtemps, le coton fut ddaign en certainesrgions parce que on le considrait d'un profit ltypothtigtue,alors que l'artibonitien, constamment, l'associe au riz pour enfaire son principal commerce saisonnier.,.'Brusquenmen.t, une rvolution clata en 1927 lorsque deux bo-tanisteslu Service Technique, MM. Forbes et Barlcer, aprs,avoir dcouvert 2 ans auparavant parmi les cotonniers indi-gnes un type de coton nettement suprieur la varit com-

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42mure cote auplus bas prix surles marchs,slectionnrent la1ton sui generis.oLe produit nouveause caractrisait ainsiqu il suit.plante nouvelle pouren faire un type ecForce: trs rsistante.Couleur: lgrementcrme.veau iuoduit se rvlaientsplenchles.epectives rie prix taient aussi grillantes queles qua ts u1,ou-l',., le sea-island mme sur le marche amricainr Et les pers-coton F orbes l3arlcern'avait-il pas toutes les chancesde remplidsastre dont nous verrons la causeplus loin. n tonas,ede queniaa11et11f 't fut fra' .le producteur amricain.G est uniioa1,qbrut en 1902 est descendu en1922 2 millions, on comprendraenseue le sea=islandde 40 millions et deuil depoids5' 1'ai e7Tetre accueillie avec la plushaute satisfaction dans lesfilatures.tue la dcouverted'un coton de type supLeurd 1 11,devait treau aen 20 ans,le sea-island amricain adcru d'une faonformi-levaitd't nt 51us fconde en teaus1?e telles quaeland amricain et presqu'auniveau du sahelgyptien. L'aubaineltlts merveilleux quele mettaient-au-dessusde la varitsea-is-1't"velte plai.te, sa culture intensive danstous' les centres de pro-13arlcer an coton commun et la diffusion systmatique(le la nou-notre conomie agricole: la substitution graduelleduor sesqu'une double tactique fut indique polir le relvementrapide der1et 40 cents. soit 75 centimes et 2gourdes la livre.seincoton Savannah et Manchester furentcots entre 15 cents.TibleraitN'est-il' pas exact que les spcimensenvoys la Bourse auduction,Eh! bien, il y a huit ans quela de 7ouvertc a etc faite. la palabre. Le temps passe, la misre svit, notre double pro-Depuis huit ans, nous en sommes aux ttoindements, auxressais,duction rafire.et cotonnire reste stationnairel...t-,parl-je d'iuuobilit et en quel discret mensonge sein u ui Ne11utiii!'>;n'u1aiLongueur: 'lunllul.Texture:''soyeuse,lisse et souple.-moufY?ma pense? Qui de nous n'a pas entendu dire que le.ln mexicain aurait envahi notre territoire? N'est-cePas ce coloptre l'anthonomusgrandis, le farouche destructeurde la gousse du coton qui, clans l'espace de 40 ans a fait dcrotrela rcolte du sea-island amricain ,au rythme affolant de 2,000.000

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de livres par an? Malgr les mesures draconiennes qui ont tprises sur le sol de l'Union pour combattre cette calamit, onn'est parvenu qu' des rsultats peu prs ngatifs dans ce pays''est cette cahommes entreprenantset sttper-nergiques. Lt ctastrophequiatfi,`aitfondu sur nous! (,)u'adviertdrai-il de nouspauvres chiens ,c revss` Allcttas-ttous tre rduits devenir ceje tic sais quoi qui n'a plus de ttotn dans aucune langue?et nossquelettes dcharns offriront-ils l'appt ddaign de leurs car-_r:psespuantes l'apptit insatiable des vers?s>'ut-tre, n alarm-je outre mesure puisque lesservices coin-ptenti ,m'ont liasl'air d'treextraordinairement inquiets.12En effet, unsimple entrefilet dut Bulletin mensuelpubli parl'Office de l'Agent fiscalau moi de Fvrierde cette anne relateque la prsencedu charanon mexicain en Hatimenace l'itn-portance future du coton comme article d'exportation. Un peuplus loin, la Section d'Entomologiedu S.N.P.A.iSJornme que lecharanon mexicain (le la gousse du cotonnier a t trouv aupont de Mira} l3erquin, des gousses perces ont t ob-servesau C e', :+besruisscaux et au haut de Miragone. Parcontre, dans lre ion de l'Arcahaie, l'examen des gousses n'arvl aucune trace d'infestation.Puis, l'entomologiste rendcompte cls mesures (le quar?i:ntaine qui ont t prisesconjointe-tuent par les Dpartementsde l'Agaculture et du Commerce pourconsistent dans lacniltclier`la propagation de la maladie et (luistrilisation des sacs de transport des gousses et_ graines detoton d'une rgion uneau4(c.Je suis anxieux, de savoir si tout l'effort d_u S.N.P.A. s'estarrt ou ne va s'arrter que ll N'y a-t-il plus rien faire?usqu'a prsent du moins, aucune autre 'communication ne,tous a t faite exceptla publication des Arrts du Gouverne-n nt dictantles mesures de quarantaine ci-dessus mentionnes.t)t, la question nie parat d'uneexceptionnel)e gravit.Si, comme je le prsutnc, les 3/5des terres de ce pays sontproprest la culture (lu coton,si cette matire premire est enconstante demande sur les n rchstri.ngers, si d'autre part,notre planteindigne, robuste et rustique crot, se dveloppe etfructifie en tnoii s de trois ans,il nie semble qu'il y a l uneerspectived'avenir pournotre pays (lue la maladie qui mena-pcerait la destructionde noire coton devrait tre consid e1

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'l ji,l1,1comme le plus grand flau qui se Lt abattusur notre conomie.C'est pourquoi nous voudrionsqu'un peu plus (lel entire ftjet sur lamatire parles spcialistesqui s'ur,occupent.Ne peut-on attendre autre chose que lesilence deM. Autlantdont les brillantes tudes sur l'hivernage enIlati de la elle-aille du cotonnier (l'Alabama argilaceailubner)dnotent la cu-riosit avertie d'un spcialiste dgag desdoctrinesd'cole? Etne semble-t-il pas qu'in propos du charanonmexicain il y aitdes questionspralablesqu'il conviendraitde rsoudreafin cl'em-brasser toutesles donnesdu problme?Ainsi, lesnmoeurs, le dveloppement, le cyclevital du charan-on de la gousse ducotonnier sont-ils exactement les mmesque ceuxobservsaux,L'tatsgis ,rysalidecorrespondantau cocon dupapillon, Cette mtamorplu sc dttre.,.trois cinq jours. Alors,il,

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la transformation enadulte est opre et an1)outde cinq jourscommence la production d'une nouvelle generattott,=-Les conditions, climatiques dterminent des variationsconsi-drables dans la dure des divers tatsnais cil gnral,il fautune moyenne de deus trois semaines pourque te charanonde la gousse basse de l'tat ovulaire celuid'adulte. (I)Il rsulte de ce quiprcde que, aux Etats-Unis,l'volutiondu charanon (le la gousse seffectue dustade ovulaire celuid'adulte en trois ou quatre semaines aumoment o le cotonnier.bien desJ(luefructifie. Et encore cette dernire oprationnuances, Non seulementla fructification varie selonles rgionsallant, grossomodo, du 13ud an Nord, dans l'airedes cotonneries,mais la saison galement s'chelonneles premiers jours du prin-temps ccu c del't. Ce qui nousamne remarquerque sui-vantlesclimatset les rgions, lessemailles se faisant dulerMars au 20 Mai, les premires fleursapparaissent du 15 Maiau 25 Juillet. Les premirescapsules se montrent vers le 15be aurMai au Sud du Texas les derniresvers le 15 Septem.Nord de l'Arkansas.(2)Tl se conoit bien quedans ces conditions-l l'insecte dont lad'existenceoscille entretrois et six mois parvenu l'tat adulte la'fiu de l'anne,hiverne dans les bols se cactantdans les intersticesdes arbres, dans les dtritus, dansles bti-i-ments des fermes, partouto il Peut rester inerte, sans nourrture jusqu'l'approche de la bonne saison o il reprend ses ac-tivits.Mais pareilles conditionsclimatiques sont introuvables dansnotrepays. Ici, le charanonn'a pas craindre les rigueurs ine-xistantes de l'hiver et doitredouter, aucontraire,les fortes cha-leurs qui dtruisent seslarves promptement si, d'aventure, pourun motif ou unautre, celles-ci jonchentle sol.Or, c'est art ]rois dejanvier qu'on a officiellement annoncuvertedu charanon dans lescapsules du cotonnier, jac-coanlien.J'entends (lue unepoque o dj la cueillette duD. Tlunter l.ntomologist in chargeblem b;11TilPr.roeev(I) The Bol 1and 13. R. Coud,lsntomologist,Suthern Field-C*of) Insect InvestigationBureau of Enton.olgy.(g) henry Leonte. Le ColonParis 1000.

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coton est active ailleurs, dans J'Artibonite et surle plateau eentardivement que ceux des autres regmr7ns et e c.tarauou trouve-t-il dans ces diversit is rgionales su, li,)ses une mada:it ad-quate de dveloppemneit ou bien encore quand il a t dcouvert,tait-ce vraiment'l'poque de sa premire apparition sur le solhatien ayant t peut-tre transporte de a province orientale deCuba?tral, par exemple, les cotonniers jacmliens f;uctifient-ils plusprvaloir que contre la dssintn :fionvolte -deltamalad e,age et lepersonnel capables de cousrenseitaer?Sauf l'Arrt de',quarantaineinspiz' par lui ete u'Ail',Ioobservations etles; vas mthodiques detechniciens avertis. LLa.Sectiond'Entontolot ie de Damiensne possde-t-ellpas l'otttil-Enfin, toutes ce questions fontdes ma urs de ce destructeurde la etlpsule du cotonnierun problme complexe d'entomologieet d'agronomie loG les digne e susciter l'exprimentation, lesfoires tantdonn, que l'aire dedplacement de ce colopre sesignale parpeu et30 kilomtres l'heure parvent favorable.rigoureusemententrel'insecte, elles inc paraissent bien ala-se *mander pourquoi il aurait t empch de pulluler dans lesautres cotonneries en admettant l'hypothse qu'ilaitpnSahinotre pays depuis plusieurs annes.Quant aux m `ures de quarantaineque l'on a prescrites siBeaucoup de gen,, prtendent qu'il est connu ici depuis troisou quatre ans.Si cette dernire hypothse avait quelque fondement jem'empresse 'd'ajouter que rien n'est plus dlicat que de dcider r,.de l'identification de l'insecte elle ferait suppu er que lesdgts de l'anthonotnus grandisseraient limits dans notre pays.Car,enfin, si on le rencontre Jaeniel en janvier alors que noussommes en pleine rcolte dans le reste du pays, cela supposeque ou il est inconnu hors de Jacmel ou bien la fructificationpills htive des plantes ailleurs a pu les soustraire (les atteintesdu` charanon tant donn que c'est l''tati,arvaire qu'il est leplus redoutable puisque c'est la larve qui dtruit le jeune duvetdu coton. Si la capsule du cotonnier estsa principale nourritureet qu'il ne puisse se dvelopper bien que l, ily aurait lieu deJJatuten est; muet.

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07'Sen sont si mouvantes qu'elles ont inspir M. Antoine Zischlcale seul nonc indique le dramatique intrt.,.un livre, LAGUERRE SECRETEPOUR LECOTON dontmoderne. Empruntons quelcties donnes documentaires cetteJe voudrais que chaque hatien soucieux de ses respoiisabilitesde citbyeii'se pencht sur ce tmoignage du mcanisme du mondeattachante nmonograplie.Cefut d'abord_la;,G,rande Bretagne qui dtint pendant longtemps le sceptre de la souvCrainet en cette matire par le dve-loppenient prodigieux de son industrie des cotonnades.Sansest absolument impropre la production d'un seul cotonner,doute, le sol des I1es Britanniques, de l'Irlande oii de l'Ecosseperfection enperfection, la fabricationdes tissus grandit, s'pa-tisser lz coton et transforma l'industrie qui en drive. Ds lors, demais, c'est en Angleterrequ'Arkwvriglitinventa la machine ades filatures qui inondrent le inondeentier des cotonnades art-rouit, prospra, et, Manchester, Lancashire devinrent les centresglaises. Ily a 35 ans en 1900 la Grande-BretagnepossdaitAujourd'hui, la concurrence en a dcru et renvers la proportion.55.165.000 broches contre 84 millions dans le reste de l'univers.dans le monde entier. Puis, ce fut en 1912 le chiffre colossal de49.727.000 broches filer, presque 50% des 1,05 millions existantMais, quand mme, entre 1773 date du foiictionneirient de la pre-de la plus grande suprmatie de l'industrie` anglaise, prs d'uninire usine filer et tisser quefonda ArkivrigLtt 1912,.datetre le Coton polistandis que Liverpool et Manchester taient lesavec ses cotonnadeset le Laiicashire pouvait bien se vanter d'-sicle etdemi,la Grande 13retagncdominales marchs du mondeprincipaux rgulateurs des ctes de l'or blanc...Sans doute, les Etats-Unis veilla ent,,,N'taient-ils pas les :plus grands producteurs du coton dude leurs hommesd'affaires,la farouchenergie deleurs manu-monde grce leur,iitmiense territoire, la prodigieuse hardiessefacturiers, Mais la Grande Bretagne avisedu danger de la con- grands renforts d'argent, d'ingniosit et d'audace le superbecurrence et soucieuse de garder l'hgmonie des i'i:rrcl s, difia

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LI ,SGP1()TS 'l'r',,di;wztuiphnaalnlailttai111unnitugpptl7irogg11itl01Pourquoi,, l'Institut ne nous a-t-il pas donn une consultationsur le problme? La Section du coton rorbes-13arkee n'aurait-elle rien nous dire?D'aucuns prtendent que le coton slectionn est moins rsis-tant la maladie que la varit commune. Serait-ce vrai? Maisalors, quelle serait l'utilit des efforts bien timides encore mongr que nous faisons pour la di:ffusiou de ce produit? Faudrait-il renoncer l'espoir qu'une impulsion vigoureuse donne laculture intensive du coton slectionn couvrirait les 3/5 de nosterres et que'eq peu de temps notre conomie en serait totalementtransforme?L'une des donnes du problme, c'est que dans ce pays dontla plus grande partie est en montagnes plus ou moinsleves,composes de terres grasses, rocheuses ou calcaires, propres plusou moins la culture de denres diverses,les valles et les cteaux se succdentet se particularisent l'infini.Mais toutesles plainessches, telle que celle de l'Artibonite infrieure, telleque le plateau central, la valle du Cul (le Sac, toutesles plainesctires conviennent la culture du cotonqui, d'ailleurs, croit l'tat sauvage un peu partout.Il est autochtone, robuste ets'acconlmode des conditions primitives de notreoutillage et de latechnique de l'agriculteur hatien galementprimitif. Quel mner-veilleux instrument de richesse nationalen'offrirait-il pas si parsuite des qualits intrinsques d'unevarit de cette plante in..digne, on pouvait arriver intensifier saproduction en mmetemps que les marchs extrieursinforms que les aptitudesspciales de notre terroir nousoctroient le privilge d'offrir unedenre spcifique par la finessesoyeuse, la longueur et la rsis-Dtance de ses fibres?Puisqu'en trois ans lecotonnier peutdonner:le maximumde sonrendement, on pourrait aisment prvoir,une limite de temps pourraliser une plus-value magnifiquede la production et un redressementrapide et significatif del'conomie haitienne.A pion gr, plus que lecaf, denre de luxe, dont on peut sepasser, plus que la bananedont la consommation peut tre res-treinte, l'avenir ducoton slectionn est illimit.C'est ce dontsont avertis de grandspays comme les Etats-Unis, la GrandeBretagne, le japon,la Russie des Soviets qui poursuivent avecclairvoyance et tnacit unepolitique du coton. Les pripties

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49XttOTSempire du coton o la production, letransport, les industries''une po-ossature dtransformatrices s'entreililent pourformer lirclainique de haute envergure faite tout la fois de robustevoyance et de tranchanteexcution. C'est ainsi qu'elle a acca-iitresottrt; enAfrique et en Asie, sur cieux Continents,des terrld'une impressionnante tendue afind'en faire ses centres de cul-ture cotonnire, Entrel'Afrige et l'Asie, aprs avoir assurlalibert de mouvement de ses flottes enjetant son emprise sur lecanal de Suez, elle a exercson protectorat surl'Egypte en caricu-ts stant lesprtentionsde la Franceet en bafouant les 4lrolesrerlaires dela Turquie.Alors, sescapitaux ont faitprospimmenses 1Alantations del'Egyptc, dol dti Nil. Et poussantplusr leles suavant vers lesud et l'Ouest, elle a allong ses tentacuudan dontle territoiredpasse celuidq, l'Europe centrale.SoM. Zisehlca fait remarquerqu'uneseule,,province du Soudan,est plus grandeque l'Allemagne.L, 6.000.000 dele Kadorfan,tffira-ceNgresdirigspar 300fonctionnairesdu Colonial OALanilvaillent pour la gloire etl'panouissement des Magnatscashire.'blouissementLe Soudann'est-ilqu'une terre dessche par ldu soleil? Le gnie auglasdressera sur le Nil Assouan unue barrage de 40 mtresde haut sur 2 kilomtres deantesgiqglarge pour que les crues du fleuvedistribuent yolont cl'botitinesol soudanais eutditattles bienfaits inestimables dela fconbras d'incandescence.s la politique anglaisede production du coto;rqui Sc con-rte dans l'activit de la toutepuissante l3ritish GrowitigCottoncAssociation multipliera sesexploitationsdans l'impressionnanteLa-Dans l'ouestd'Afri,que.tendue despossessionsanglaiseslegos sera la Mtropolecotonnire du Nigeria tandis quedansrance au Caire,ui part duCap de DonnespnehqomogblocZones cl'in-lilCeses,onoles Protectorats, lesDominionss l,esdanartout ont l'on trouverades terres propres la produc-fluence>prmetife'supcobjelles Viseront utilises scionll'or blancid,etonhi're.industrie clu Lancasomouvoir et de soutenirlde prIldateauxbneoteins de fer dans leNyassaland.hemcAlors,r le lac Nyassaet sur le Zamiaze pourdiriger lesfluviaux sucargaisons vers les portsdel'Est-tottl cela tmoigne delatil'on,oitaexpmme pense dedomination et d

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50maU GRIo TSC'est encore la poursuite desmmes objectifs qu'en Asie,dans l'Inde, les eaux de l'Indus serontcaptes grce au magni-fique ouvrage tabli en barrage pour arroserles dserts du Sind.De Sukkur Idyderabab deux millions etdemi d'acres serontmis en culture. L'importance du barrage esttelle que 9.000 ki-lomtres d'normes canaux tels d'immensesfleuves, 58.000 kilo-mtres de canaux de moindre calibredispenseront les eaux pro-pres la mise en tat de ce qui futjadis un dsert redoutable.Toutcela est fonction d'une politique d'autarcie dontla fin ultimeest de soustraire l'industrie anglaise autrefois matressedes inar-chs la concurrence de plus en plus pre des pays commelesEtats-Unis qui sont tout la fois de grands producteurs decotonet de grands manufacturiers de cotonnades.Que les Etats-Unis soient jusqu' prsent le pays qui ait leplus intelligemment associ sa formidable puissance de produc-tion cotonnire sa magistrale capacit industrielle, c'est ce queproue le mouvement des statistiques.D'abord, l'immense territoire de l'Union Fdrale favoris parla curieuse multiplicit des climats les plus divers, offre dans lazne ctire de l'Atlantiqu.les conditions les plus favorables la culture du cotonnier. Douze Etats dont la Gorgie, le Texas,les' 2 Carolines, la Louisiane, l'Alabama, le Tennesee, l'Arkan-sas, le Mississipi, la Floride, le Kentucki et le Missouri cultiventune surface de 30.140.000 acres sur les 74.700.000 astres que.pos-cde le monde entier en coton.Par ailleurs, jusqu'en 1923, l'industrie cotonnire amricainese chiffrait 785.000 mtiers, 37.409.000 broches donnant unrendement de 6,800.000.0,00 yards carrs, ce qui signifie que nonseulement la production` cotonnire, amricaine pourrait, elle'seule, fournir les 4/5'du march mondial, irais l'industrie fd-rale sature de produits transforms dborde (le beaucoup `laconsommation des 122,775.000 habitants de la grande Rpubli-que. C'est pourquoi 1a politique commerciale des Dtats-Unis a tconstamment proccupe de trouver et d'assurer les marchsextrieurs pour l'coulement des produits de son industrie co-tonnire. Cette proccupation est la base de son imprialisme

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tconomique et forme l'un des lments fondamentaux de ce qu'ona appel un moment le dollar diplomacy. Elle a eu pourprin-cipal bjectit nion seulement de suivre et de protger le capitalamricain avide de placementsavantngcux`pendant les annesqui ont prcd la guerre 1914-1918, mais aussid'ouvrir le plusgrand nombre possible de marchs la consommation des pro-duits amricains dont les tissus, lescordages,les sacs sontesti-mes juste titre parmi les "plus intressantes ralisationsdel'industrie n,ipricaine.Aussi bien la politique d'expansion conomique qui a dominle State Depar-anent pendant ces 50 derniresannes et qui adonn une inj.erprtation nouvelle la doctrine de Monroe de cect-ci de notre hmisphre a-t-elle soutenu, en mme temps, laa'doctrine de la libert des mers et celle de la porte ouverte, c'est--dire la politique de la libre concurrence, notamment en Ex-trme,Orieut o le march chinois devait offrir la consomma-tion de ses 400.000.000 d'habitants un coulement presl(u'illimitaux objets manufacturs des usines amricaines...Cependant, les Yankees ne pouvaient pas prvoir queparmiles rivaux qu'ont suscits les progrsindustriels, un pays for-midable, le Japon, allait entrer en comptitionavec eux, appor-,tant ;;,r;tns la lutte une dterminationincisive et opinitre de'il soit et de quelque,ct quil vienne.vaincre l'adversaire quel quSur quels lments le Japon taie-t-ilses ventualits de tri-omphe?D'abord, sur le perfectionnementextraordinaire de son ou-tillage industriel le plus moderne, le plus up todate qui soit.Aprs avoir demand l'Europe et l'Amrique les machinesdont elles se servent pour le tissage etla filature, le Japon en aoeuvrIdesmodles meilleurs pour un plusintensif rend'enat ltmcanique. Il a multiplien vitesse le nombre de sesmtiers,dcuplla quantit (leses broches au point que saprodttctionconfronte les marchs mondiauxavec une promptitude d'offre,une assimilationdes habitudes et des gots locaux, unerapiditde livraisonqui galentou dpassent celles (les plusvieux paysproducteurs. Mais l'autrect redoutable (le la comptition ja-

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6cuirriumruui;aunumian,a,;nan;nrvaPrYettaa=u+'s;t"v';'ii r ,.' nklronaise rside dans le mode unomiglrc dttson travail. La Maincl'neuvre nippone est d'un exceptionnel bon march. M, Zisehlea,fait remarquer que le Tapo.n utilise dansses filatures des jeunesfilles et des enfants. uatre-vingtspour cent de ses ouvrires s'a-vrent capables de conduire i'ingt mtiers la fois.Une employe des Mitsui est arrive ce record de tendre-_Dhuit mtiers.Les deux quipes des usines japonaises travaillent 28 jourspar mois, elles font J 22 4,134 heures de travail par semaineavectrois repos de-15 rniiirrtes par jour,Le salaire des ouvriers dpasse en modicit celui de n'importequel pays industrielL o l'idalaiurirain vise associer lamain d,'ceuvreau capital, l'ouvrier l'entrepreneur de telle sorteque le tr1vaaleur participe au bnfice cdel'entreprise,tel le m-canisme institupar les Usines Ford, par exemple, l o la ra-tionajisation ou le taylorisme discipline la production de tellesorte qu'il y ait une, juste proportion de temps,' d'attention, dexorces aepensees au service d'un meilleur rendement-de l'outil etde l'ouvrier, l o la lutte pour l'obtention du plus haut salaireamne des conflits sanglants entre le capital et le travail detellemanire que le sort mme de l'entreprises'en trouvemenac, aujapon, le fantastique peuplement d'une terreinfiniment troptroite pour le nombre sans cessecroissantde ses habitants,en-combre l'avenue dti travail d'une masse innombrable demeurt-de-faim dont le souci le plus immdiatest encore de trouver un bolde riz et un endroit o se coucher,Alors,o donc y a-t-il unterme de comparaison' entre l'ouvrer anglais on amricaindontle standard of living rclame un iprmintun de bien-treque l'E-'tat sefforce de lui octroyer par nu lgislation socialeapproprie'et louvrier nippon rompu depuis dts millnaires la mystiquecommu:,antairie duR:okxa notamle travailpour l'Etat etdj vou au sacrifice 15t,r la grandeurrayonnante de l'Empire,sans soucide sa, personne propre, comment tablirun narall-arsme entre ces cieux types d'ouvriers? N'est;ce pas assezsi 7ni-'ficatif quon ait pu concrtiser le symbole en opposant la lutteduriz contre la viande?.Par ailleurs, la structure mme de l'Industriejaponaise revtune forme qui larend particulirement apte dfier sesrivalesoccidentales.

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1lSGlil() TS;, rr;u,cun6Elle est lie et se dveloppe selon un systme de concentrationqui en fait un prototype (le l'conomie dirige. Non point quel'Etat intervienne de faon factice dans l'intrication des intrtsparticuliers pour leur imprimer tel essor dtermin vers tel ob-jectif atteindre, mais oveut (lire que toute l'industrie se trouveconcentre entre les mains de toute une petite oligarchie coin-pose de quelquws, grands seigneurs.Deux importantes Firmes se partagent l'empire des affaires-les Mitsui et les Mitsubishi.Deux Fituies, deux Familles: Mitsui et Iwasaki.Si vous ajoutez ces noms ceux de Suniitora, Yasuda et O1cu,ravous aurez synthtis la puissance oligarchique qui rgit la for-tune publique du japon,Les conomistes jan-onais ne prtendent-ils pas que les Mitsuipossdent 1/200e de la richesse nationale et en contrlent 1/40e.,les Mitsubishi 1/200e, les Yasuda et les Okura les 1/100e. cha-cun ?La richesse nationale tant value 85 milliards deyen, onpeut estimer que les Mitsuien possdent .2 milliards, les 11litsu-bishi un peu moins et les Sumitora un milliard. Etant donn untel systme de concentration de la richesse, les indvidus qui in-carnent de telle puissance d'argent, sont forcment matres dela politique autant que 'de l'conomie du pays. Il se conoit ais-ment qu'ils dirigent l'une et l'autre vers (les destins ambitieux,voire dmesurs.En fait, l'expansion politique du japon s'tend peu prs surtout le continent asiatique imposant la paix japonaise bon grmal gr aux 400 millions de Chinois, liminant ici et l l'influ-ence occidentale en Extrme Orient avec une mthode et unenettet de vues devant lesquelles on ne saurait que s'incliner.Mais la chose la plus renversante, c'est que l'expansion conomitlue du Japon dpassant la zone des influences polt:tiques s'estattaque non plus seulement l'Asie maie l'Europe, l'An-i;tluc et ailleurs avec une vigueur alarmante.L'industrie nippone s'est enhardic' se mesurer ses rivalesdans leur propre pays et ose ninie les dfier dans leurs spcia-lits les plais prouves.Elle pntre les Colonies des talus vieilles puissances europ-ennes pour disputer aux Mtropolesl'hgmonie du commerce

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,-J:GRIOTS-nc-----et malgr l'artific desbarrires douanires, ellesupplante oueupleslesimpnesaprtend supplanterdans leurs proprCS do'or du ngoce.llnbiltas clans llluses prputsEt parmi les industries nipponesqui vont avec le plusde succs lacorrlucte des inarchcsmondiaux, l'industrieCotonnire estla plusagressive.Oyez. Le Japoncomptait:ConsommationAnneNombreNombre dede coton brut.Capitau>/"':.1010d'usinesbrochesBa1121de 5,001000944.25019.998.900.0002'.719101281;197.41572.057.1741.567.71531.000.000.000004.00015.945.000.00094624618..10232361933env.52.000.000.000Tel est le prodigieux essor del'industrie cotonni'e japonaise.Nous ensavons quelque chosecle ce ct-cide la Mer desn-tilles, nousqui,il y a 30ou 40ansn'entenccions parler de l'Enmpire (lu Soleil levant quepour suivred'un regYsidistant et cuui neusit,'qnrieux ses luttes tranges avecle gant moscovnous arrtions quehtivement sur ses disputeset ses rhicaanesavecles Chinois.r-couMais, voicique lepercementdu Anal de Pannaen raccissant les distances,nous a misen rapport avecVice peuplefan-meiilirasmptastique. Voici que la guerre mondiale aavivsonpolitiqueetconnni:que et, en moins decieuxans, soit directe-tuent sq t indirectement en empruntantle truchement du terri-toirede' UltionAmricaine, il a jet ses cotonnades sur notremarch av`cune rapidit,une dcision et une fougueimpres-sionnantes. Notrecommerced'importation qui fut nagure et1-1core peu,trs accaparpar les Etats-Unis de l'AmriqueduNord cstpre71ilnt attir parl'industrie nippone.Ainsi le Japon, s'est plac le deuxime pays,d'onousi1n--,yportits nos marchandises avec lin pourcentage (le27, 667e' dela totalit d4,nos importations venantaprs lesEtats-`Unis cots44,97cj1pour les 7 derniersmois de notre exercice'budgtaire1931-35:On prendra la libert de remarquer que l'ii7iportatiou japo-naise tait inexistante il y a 10 ans et qu'elle a dtrn lapr-pondran:eainricaine qui s'exprimait prs de 80,'c=.Il a t j istcment signal que les ii trchandises nippones of-fertes la consommation de nos masses sont infrieures scelles