Gazette de S. Domingue

MISSING IMAGE

Material Information

Title:
Gazette de S. Domingue
Portion of title:
Gazette de Saint-Domingue
Physical Description:
28 v. : ;
Language:
French
Publisher:
De l'Imprimerie royale
Place of Publication:
Au Cap
Publication Date:
Frequency:
weekly
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Politics and government -- Periodicals -- Haiti -- To 1791   ( lcsh )
Economic conditions -- Periodicals -- Haiti -- 18th century   ( lcsh )
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
serial   ( sobekcm )
federal government publication   ( marcgt )
periodical   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
No 1 (1 févr. 1764)- no 28 (8 aôut 1764).
General Note:
All published? Cf. Bibliothèque nationale de France online catalogue: viewed May 23, 2006.
General Note:
Pagination sequential: p. 1-228.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 70277036
lccn - 2006229085
ocm70277036
llmc - 31167
Classification:
lcc - F1912 .G39
System ID:
AA00005233:00001


This item is only available as the following downloads:


Full Text
N. !
r
GAZETTE DE S. DOMINGUE.
Du Mercredi i Fvrier 1764..
, JL LEMAGNE ET NORD, '
L guerre^ eft. pour la portion des ngocians qui y mle Tes entreprifes un tems d'orage, d'incertitude, de erile, &; prefque de vertige ; les affaires s'enchanent alors les unes aux autres, t fe fuccedent avec tant de rapidit qu'il ne refte pas Ic.loifir de compter ni avec foi-mme, ni avec fes correfpondans. Le fil de toutes ces oprations prcipites, ne fe dmle bien qu' la fin ; c'efr dans les premiers jours de repos, qu'un ngociant peut connotre Ton tat, vritable. Tant qu'a dur le tourbillon qui l'cmportoit, non-feulement Tes forces le font foutenues, elles paroillbieht mime augmenter ; il ne commence d'en fentir l'pui-icment, qu' mfurc que le calme fe rtablit, &c queleschofes rentrent dans leur cours ordinaire : de-l toutes les faillites qui fe dclarent au commencement de la paix.
L'Allemagne, qui a t le principal thtre de la guerre dont nous venons de fortir cit. auti le pays o le commerce a reu les plus grandes plaies. C'en: Amfterdam que les premires faillites ont clat ; celle des frres Neuville a rpandu la conftern-tion dans toutes les maifons commerantes du Nord, & a t bientt fuivic de plufieurs autres dans la mme ville, Hambourg ne tarda pas en reflentir les triftes effets. Dans le commencement du mal, & pour en arrter les progrs les banquiers & les principaux ngocians de cette dernire place, ouvrirent encre eux une ibufeription dans la vue d'empcher le renverfement de quelques maifons opulentes, dj branles & afin de fup-porter en commun les pertes des uns & des autres. A la faveur de ces mefures, au/ fages que gnreufes, les paiemens en banque qui avoient cefT pendant quelques jours, ne foufTrirent pas pour lors une plus longue interruption : on efproit de voir rtablir le crdit. Le Sr. Fabritius, banquier de la Cour de Dannemarck, setoit rendu en cette ville dans les premiers jours d'aot ? avec
LATIN AMERICAN COLLECTION UNIVERSITY OF FLORIDA


G.
une fomme confdrable deftine en fbutcnr la banque ; mais le nombre des banqueroutes s'en: tellement accru, que ces fecors ic font trouvs iniuffifans. Au 20 aot il couroit Hambourg, de main en main, une lifte contenant les noms de trente marchands jk. ngocians de la ville dans lefquels toient compris fept d'entre les Juifs qui paibicnt pour les plus riches : le montant des fommes dont ils ont dref & produit l'tat furpafTbit de .bien loin tout ce qu'on croyoit avoir craindre. A la fin: du mme .mois, on.comptoit tant Hambourg qu' Amfterdam, cent .dix-fept faillites.
L'influence de ces vnemens a frapp immdiatement le commmerce de Coppenhague, de Stockholm c de Berlin, &y :a cauf des drangemens confidrables ; .011 comptoit au mois de feptembre, depuis le commencement de ces dfordres, deux mille cinq cens lettres de change proteftes, de renvoyes en Sude, dont la plupart toient pour le compte des banquiers Se des jigocians de Stockholm : le Roi de Sude a tabli une Commifion Particulire pour examiner les faillites.de fes fujets &.connotre jes caufes qui y ont donn.lieu.
:L on &re s y 1 'Octobre 1763,
On .a t long-temps fans appercevoir dans le commerce de ..cette capitale, d'autres changemens qu'une grande variation dans le prix des fonds publics, pecafionnepar l quantit confdrable d'efpeces forties du Royaume : mais quelques maifons commerantes de cette ville,..engages dans les faillites de Hollande & du Nord, ont t depuis forces dej-manquer ; on craignoit qu'elles jrten entranaflent beaucoup d'autres dans leur malheur : cependant la confiance, fufpcnduc durant quelque temps s'eft rtablie, ainfique la circulation des affaires.
La mort du Comte d'Egremont, arrive le 1.1 aot, rendit au parti de M. Pitt, l'efprancc de le voir rentrer dans le.minifter. Le 17, M. Pitt fut .mand auprs de.Sa Majefl, &: eut avec lie, au palais de la Reine un entretien de plus de.trois heures ; la charge de Secrtaire d'tat, vacante par le dcs du Comte 4'Egi'emont., lui fut propofe : il ne voulut l'accepter qu' deux ^conditions j la premire, que l'on examineroit fvrement la


conduite de tous les Miniftres qui avoient eu part la ngociation du dernier trait de paix, qu'il regarde comme contraire la gloire de la Couronne, aux intrts du Royaume, peu proportionn aux fuccs des armes de la nation, 6c fi favorable aux Puiffanccs ennemies, qu'il ne leur faudra que peu d'annes pour fe remettre de l'puifement de leurs forces : la fconde, qu'on lui donneroit pour adjoints dans la rgie des affaires, les perfonnes qu'il dfigneroit. Le Roi n'ayant pu fe rfoudre aux changement que ce pian auroit entrans dans les principaux emplois, M. Pitc a pris le parti de retourner fa terre-
Des 14000 hommes de troupes'de terre qui ont defeendu dans rifle de Cuba, il n'en eft revenu en Angleterre que 3500 ; les maladies en ont dtruit le plus grand nombre, la guerre n'en a fait prir que la fixime partie : la mort n'a pas fait moins de ravages parmi les matelots des> VaifTcaux qui ont t employs la conqute do la Havannc.v
France, i Octobre 1763.
Tl a paru la fin de feptembre dernier, une Ordonnance du 3 1 juillet prcdent, par laquelle Sa Majeft ordonne= qu'il y ait l'avenir neuf corvettes- ou paquebots dans le port de Roche-fort deftins porter dans les Colonies les ordres du Roi c en rapporter les lettres de fes Gouverneurs", Intendans &c autres perfonnes employes l'adminiftration. Il partira tous les mois, c autant que faire fe pourra, le 10, un de ces paquebots : l'Officier qui le commandera, fe rendra en droiture l'ife de Cayenne, del la Martinique, & enfuite S. Domingue, d'o il retournera directement Rochefort. Sa Majeft permet que le Directeur de la pofte Rochefort, remette au Commandant de la Marine en ce port, les lettres qui lui auront t adrefTes des diffrentes Provinces du Royaume pour les Colonies, lefquelles feront re-mifes l'Officier qui commandera le paquebot : on fent toute l'utilit qui rfulte de cet tabliffcment pour la correfpondance de ces trois Colonies -, tant entr'elles, qu'avec la France.
Par un des deux Arrts du Confeil d'tat du Roi dattes du t 5 aot dernier, Sa Majeft ordonne que les lettres de change tires de l'ifle Royale, la Louifiane, la Martinique &. S Domingue, fur les exercices 1755, 175^, 1757 c 1758, foient acquic-
A 1


tcs par les TreToricrs Gnraux des Colonies : favoir ; celles tires fur l'exercice de 1755 dans le courant de janvier 1764 ; fur 1756, dans le courant d'avril fuivant ; fur 1757 dans le cou rant des mois de juillet 6:aot fuivans, &c celles tires fur l'excr* cice 1758, dans les mois de feptembre octobre novembre 6c dcembre de la mme anne 1764 : les intrts des coupons de ces lettres, feront pays jufques &z compris le dernier mois qui prcdera celui auquel les paicmens feront faits.
S. DOMINGUE.
De S. Marc 3 le 21 Janvier.
Le Sieur de Champrleury, Chevalier de Saint-Louis, ancien Lieutenant de Roi en cette ville, cil dcd fur ion habitation, le 14.dcembre dernier.
Le 12 janvier, il cft entr dans cette rade un navire de Nantes, nomm le Princc-Claflc, command par le Sieur Anroinc Van-dendreche, charg de 403 Ngres de la cte d'Angole.
Le zo, fur les fix heures du foir, le Bourbon, de Bordeaux, appartenant aux Sieurs Paul Nerac & fils, Capif. Delbreil, a mouill par relche en cette rade,
Du Cap le j fvrier.
On a publi ici, le 14 janvier dernier, une Ordonnance de MM. le Gnral 6c l'Intendant portant tabliffemcnt d'une nouvelle Place au Cap, dans le quartier appelle le Marcage, o fe tiendra dformais le march public pour la vente des denres & autres chofes que les ngres ont accoutum de fournir, ainfi que pour toutes les autres provifions de la ville. L'ancien march qui jufqu'ici s'eft tenu fur la place d'armes, laquelle ne pouvoit plus y fuifKre, vu les accroiffemens que le Cap reoit chaque jour, troubloit lefervice divin, & gnoit le fcrvie militaire. La nouvelle place, fur la demande qui en a t faite par les habitans de cette ville, a t appelle Place de Ceugny, nom qui fera toujours cher la colonie.
Le Sieur Chavitcau, ancien ngociant du Cap, habitant de la Grandc-Riviere, eft mort le 11 janvier, Baniquc, clans la partie Efj"aeno:c, ou il to't all prendre les eaux. Le Sr. Nice las Ciiaret, fils du Sieur Nicolas Charet, Secrtaire du Roi v I^


codant Nantes, cft dcd en cette ville le 23 du mme mois, il y avoit Ordre du Roi de le pourvoir de la premire Place de Confcil 1er-Aflcfleur, vacante au Confeil du Port-au-Prince.
Il y avoit le 28 janvier, dans la rade du Cap, cinquante-deux navires, dont fx de Marfcillc ; huit de Nantes j quatorze de Bordeaux ; quatre de Bayonne ; trois du Havre ; trois de Honflcur; rrois de Dunkerque; deux de la Rochelle; un de S. Malo^dcux de l'Orient ; un de Rochefort ; un d'Amfterdam ; un de Curaao, ev trois du Cap. Dans le nombre de ces navires, il y en a cinq ngriers, feayoir : l'Amricaine de Nantes, Cap. Aicfnard, qui eit arriv cfiarg de 269 ngres de la cote d'Angoie \ le Gdon, de Nantes, Cap. Bczier venu de Guine avec 79 ngres ; la Marquifc de Brancas, de Honflcur, Cap. Godard, arriv de la cote d'Or avec 398 ngres ; l'Intrpide de Bordeaux Cap. Kanon venant d'Angoie, avec 499 ngres ; l'Hirondelle de Nantes, Capirainc Thomas, arriv ici le 26, avec 201 ngres,de la cote d'Angoie.
Le Sr. Boquet, Avocat au Parlement, Snchal du Port-de-Paix, eft mort en cette ville la nuit du 17 au 18 janvier.
Le Confcil du Port-au-Prince s'cant rendu ici en Corps de Cour, pour dlibrer avec celui du Cap fur le Mmoire du Roi du 15 aot dernier, ces deux Compagnies ont commenc de s'al-fembler cet effet lundi matin 30 janvier, L'objet du Mmoire cft d'aileoir de la manire la moins onreufe, l'augmentation des Droits qu'il s'agit de porter jufqu' la concurrence de quatre millions, argent de S. Doniingue pour fubvenir aux dpenfes qu'exige la confervation $c la deflcnfc de la Colonie. On peut faire cette augmentation foit en forant en proportion les Droits dj tablis, foit en tablilfant une nouvelle Impoiition. S. Maj. a bien voulu laiffcr aux deux Confeil.s le choix du moyen le plus convenable : c'efr. une nouvelle confirmation du privilge qu'a toujours eu la Colonie de s'impofer elle-mme, & dont elle effc maintenant la feule qui iouiflc. Le ddommagement d cette augmentation, qui aura lieu compter du premier janvier 1764* eft dj tout acquis les colons tant dformais difpcnfs des corves extraordinaires & du fervice pcrfonncl.
Par Arrt du Confeil Suprieur du Cap, du 24 novembre 1763,


rendu conformment aux Concluions du Miniftere public, 1 foi-difnt Jfuites de la Million de cette ville onttt dclan dchus du bnfice des Lettres-patentes du mois d'octobre-170, concernant leur tabliffement, il leur a t enjoint devuid< le refTort de la Cour dans fx femaines. M. Defm du BuifTon, Pr< ureur Gnral, dont la vigilance eft infatigable.pour le maintic du bon ordre & Pobfervation des Loix, a expof les motifs de f< Conclufions dans un difeours qui runit l'nergie duftile, la v gueur prenante du raifonnement de ces vuesfuprieures qui caracti rifent l grand Magiftrat. Le Public nous faura gr cle lui faii part de ce diicours, de de l'Arrt du.Confeil. .
ME SSfEURS,: Pntrs ds mmes maximes que les Magiftrats fouverainsd Royaume, vous avez leur exemple faifi le moment favorabl de foumettre l'empire de la loi l'exiftence d'un Ordre deven auf puifTant dans l'Etat que clbre dans l'univers Votre pre miere dmarche, fonde fur le droit public de toutes les Nations a t d'ordonner aux Jfuites de votre rclfort l'apport de leur conftitutions : un pareil Arrt annonoit un examen fcrupuleu: de cet Inftitut, ignor fi long-tcms, et'devenu f fameux depui quelques annes. Les fuites de cet examen toient faciles 'prt mger par tout ce qui s'toit paff dans les diffrentes ClafTcs di Parlement, de par l'uniformit des principes & des formes qu rgne dans les Tribunaux. La perfpe&ive allarmante d'un ve nement fcmblable celui arriv dans le Royaume porta fan doute le Frre Langlois lors Suprieur des Jfuites, lude vos ordres; il fe borna dpofer au Greffe deux petits volumes l'un in-12 l'autre in-8. ayant chacun pour titre : Rgula S oc 1 t a t i s Je su. L'un & l'autre ne contiennent qu'ut Sommaire trs-abbreg des Conftitutions de des rgies des aiff rens emplois de la Socit ; on n'y trouve ni l'Inftitut, ni la Bull< d'autorifation ni les Bulles, Brefs de Lettres apoftoliques con cernant les privilges de l'Ordre > ni les Dcrets des Congrga tions gnrales ni les Ordonnances & Dclarations des Gn raux, ni les Oracles de vive voix : cette conduite drifoire & infubordonne, alloit exciter notre miniftere Iorfqu'une mon inattendue droba ce Moine indocile la fvrit de la Cour,


6 ne IaifiTa d'autre moyen que de pourfuivre contre Ton Suc-ceffeur l'excution de votre Arrt. Vous avez mand ce Succe feur pour pafFer des dclarations affermentes fur l'apport ordonn des Conftitutions : fi les dclarations font finceres les Jfuites du rcfTort ont eu en leur poffefHon ls deux volumes de l'Inftitut imprim Prague, &c il y a lieu de croire que le Frre Langlois les a fou (traits aux regards c aux recherches de la Juftfce. Quoi qu'il en foit, il refte pour;confiant > que l'Arrtdu
7 feptembre 1762 n'eft point excut.
Les Jfuites fe font flatts qu'en fe refufant produire leurs Conftitutions ils arrteroient vos oprations, & que leur existence feroit autant prolonge, que l'examen de leur Rgle feroit recul; cette illufion a pu avoir pour fondement l'ordre des pourfuites observes contreeux"en France : ils auront fans doute imagin qu'il n'y avoit que la voie de difcuffion & d'appel comme d'abus ; comme i, outre les moyens d'attaquer un Rgime vicieux & de le dibudrc, il n'toit pas encore d'autres moyens plus prompts de proferire des Moines infubordonns.
II eft de principe que la religion eft dans l'Etat ; qu'aucun corps ne peut exifter dans une focit quelconque, fans tre fournis -aux loix de cette focit ; que la puiffance publique a dans tous les temps le droit de. veiller fa confervation, de pourvoir aux abus, d'examiner, de rejetter de rformer, d'abolir les loix particulires des corps qu'elle a tolrs, & que dans le Royaume, aucun Ordre religieux ne peut avoir d'exiftence lgale, qu'aprs que fes Conftitutions ont t vrifies, quand mme cet Ordre fe trouveroit dj tabli, foit par des coups d'autorit furpris au Souverain., Toit en vertu de lettres-patentes. C'eft d'aprs ces maximes certaines, que les Parlement ont afujctti les Jfuites a rcprfnter leur Inftitut, prs de deux fecles aprs leur entre dans la France; que ces derniers, par une obilfance tardive, mais nceffaire, l'ont enfin produit ; & que les Tribunaux, aprs l'avoir examin & en avoir reconnu les vices, l'ont ab i pour jamais : c'eft d'aprs ces mmes maximes, que vous avez enjoint aux Jfuites de cette colonie de dpofer leurs Conftitutions,
c'eft d'aprs elles qu'ils doivent tre jugs.
La fuite y l'Ordinaire prochain*


?
Na tires en expdition, C dont le dpart paraitprochain.
Au Cap, leZephir du Cap, Cap. Jean DufFourg, pour Nantes ; le S. Louis, Cap. Paul Sarron ; le S. Franois, Cap, l'Artigue; l'Henriette, Cap, Ratas ; la Coquette Cap. Roy, ces quatre navires de Bordeaux, pour le mme port ; & la Guadeloupe de Tifle du mme nom, Cap. Picard, pour Bordeaux.
Prix des Marchandifes de la Colonie.
Au Cap, le plus beau Sucre blanc, 52 1. le quintal; les autres blancs ,43 49 1 ; les communs ,32 42 1 ; les bruts, 14 27 1; l'Indigo bleu, 6L 15 7 1. 5 f ; le cuivr 6 1. 6 1. 10 f : le CafF vieux, 13 f ; le nouveau 14 6 d ; le Coton, 200 2 10 f ; Cuirs tanns, 60 661 ; Campche, 18 20 L le quintal ; Piaftrcs gourdes, 32 pour cent.
Au Port-de-Paix, l'Indigo, 6 I, le CafF ,12F,
Au Port-au-Prince, l'Indigo, 7 1. -
Cours du Fret, au Cap & au Port-au-Prince, tR d.
AVIS DIVERS.
Manufacture de Poteries affermer, confiftant dans un. Four tout neuf $ capable de contenir 50 millier^ de tuiles ; trois Cazes de bois incorruptible, de 100 pieds de long fur une largeur proportionne, defquelles deux ont une galerie 6e un glacis pour ptrir, Se dans la plus grande il y a fx Tours pour faire les pots &c formes: un Bac terre en maonnerie, dont le fond eft carrel. Cette Manufacture eft tablie dans un terrein de 44 carreaux, dont 25 font encore en bois debout fi tu au Quartier de i'Acul, prs la rivire file, dans un endroit d'o cette rivire eft navigable jufqu' la mer. On pourra s adrcfer M. de la Courciere, Officier Suife, ou M. Tardivi, Ngociant au Cap.
On donne avis au Public, que le Navire la Sainte Marie de 400 tonneaux ou environ, 18 canons, &c environ 50 hommes d'quipage command par M. de la Morlire prendra fret pour Nantes Bordeaux ou Marfcille & partira au plus tard au 1 5 mars prochain. Il prendra galement tous les PafTagers qui voudront fe rendre en France. On s'adrefera M. Guillet, Receveur gnral de la Colonie, rue du Confcil, au Cap.
Le Navire LE PRINJTEMS de BorJeaux Cap. Abel Caftaing Tenant de la cte d'Ori avec une Cargaison ic }8o ngres, cfb arriv ce jour dans la lade du Cap.
Avec Permifflon.
AU CAP, DU. L'lMP[UMtU ROYALE.


N. i.
GAZETTE DE S. DOMINGUE.
- Du Mercredi S Fvrier 1764* %-'i:'D Pet ers bourg y le 30 Aot 1763.
L'Accroissement de la marine 6c du commerce fixe principalement l'attention de l'Impratrice Catherine II ; Elle a fait un voyage Cronftad, o elle a employ trois jours viiiter les vaifleaux de guerre, & donner des ordres relatifs aux projets qu'elle mdite : Elle le propofe d'tablir une Commiff on qui fera charge de l'examen &L de la difcufion des Traits de commerce qu'elle a deffein de conclure avec diffrentes Puiflanccs. On afirc que l'galit de traitement pour.toutes les nations, la libert entire dans la concurrence feront la condition fondamentale de ces Traits. Sur la connoiffancede ces difpofitions, des Ngocians de Londres intreis au commerce de Ru/fc ont dj fong tablir un cours de change entre les deux nations.- L'Im-peratrice a Dermis au Chancelier, Comrc de ^voronzow, d'aller faire le tour de.l'Europe. Le 19 juillet elle fe rendit l'Acadmie des Arts 6c des Sciences de cette Ville, aiTcmblc ce jour-l peur la diftribution des prix ceux des levs qui, dans l'examen qu'ils avoient fubi le 11 du mme mois, avoient montr le plus de capacit viiita toutes ls claiTes, afiira l'Acadmie de fa protection-, & admit les Acadmiciens &: les lves qui avoient reu les prix lui baifer la main. Elle vient d'ordonner de btir en cette ville un Hpital pour les enfans-treuvs, qui fera, dit-on auili magnifique que celui de Paris.
L'Impratrice, anime du mme cfprit qUe Pierre le Grand en poilede toutes les vertus, & perfectionne tout ce qu'il a commenc : les tablifTmcns qu'il avoit forms toient prts de tomber dans une langueur qui en aurcit entran la ruine: elle les relve, en ajoute de nouveaux, & rpand par-tcut les bienfaits 6c l'mulation. Tandis qu'elle donne /on Empire le plus grand clat au dehors, elle s'occupe de tous les moyens qui peuvent en affurer Icbonhcur au dedans ; pntre de la maxime de Platon:
B


io
que les peuplesferaient heureux, fies Rois toientphilofbphes. Sa Majeft Impriale qui en fournit elle-mme la preuve, a fait voir qu'il n'a pas dpendu d'elle d'en effayer la vrit fur le Prince fon fils, qui, depuis le i octobre dernier, eft entr dans fa dixime anne : ce Prince eft dj capable de folides &c fublimes Inftruc-tions : l'Impratrice a cherch un fage qui pt les lui donner; pour le trouver, elle a regard la France, malgr le prjug de nos voilins qui ne nous accordent que le mrite de Pefprit, des agrmens & de la frivolit. Elle a appelle fa Cour M. Dalcmbert pour contribuer l'ducation de fon fils : la lettre qu'elle lui a crite de Mofcou le 19 novembre 1762., aprs un premier refus dans lequel ce clbre Acadmicien a perfvr honore plus, s'il eft permis de s'exprimer ainfi la Souveraine qui a daign l'crire, que le philofophc qui l'a reue. Le goiit qu'a l'Impratrice pour les Sciences les Belles-Lettres &l les Arcs, elle l'infpire tout ce.qui l'environne, c par une fuite ncefTaire, mais plus lente, tous fes Sujets. C'eft une diftinUon bien fiateufe pour les Franais, que la prfrence quelle donne leur littrature leur langue fur celles des autres peuples de l'Europe. On crit ptfentement Mofcou des lettres qui font admires a Paris* La jeune Princeif de Gallitzin qui n'a pas encore feize ans, parle parfaitement les langues Franaife, Italienne &c Allemande ; elle ;a traduit en Franais le Drame de Mctaftafio, intitul, l'Isle dserte : cette traduction prouve que l'une Se l'autre languejfont epoint de fineftes qui lui foient inconnues.
De Dresde le .12 Octobre 17$3.
Frederic-Augufte II, Roi de Pologne, lecteur de Saxe, -eft jnort en cette ville le -5 de ce mois, fur les cinq heures du foin. Les principaux Collges ont dj prt foi &. nommage Son Alteft Royale, le Prince Frederic^Chrtien, en qualit de nouvel lecteur de.Saxe. La dfunion qui rgne en Pologne dans les diff-rens Palatinats &C la fermentation qui agite tous les cfprits, .donnent lieu de craindre que l'lection d'un nouveau Roi, n'excite des troubles qui influeront fur la tranquillit du Nord, & peut-tre .de l'Europe entire.


f t
D*Amsterdam le p Octobre 1763.
On n'a point appris ici avec indiffrence la rvolte des ngres dans la colonie des Berbices ; les rebelles ds la fin du mois de fvrier dernier,, au nombre de 3000, y ont exerc fur les blancs 6c les indiens, toutes les cruauts imaginables : les habitans qui ont eu le bonheur d'chapper leur fureur, fe font retirs la-rivire de Timerary,. un des tabliffemens que les tats Gnraux pofTdent dans, la Guyane : cette colonie, qui en-peu d: temps toit devenue trs-norifante c produifoit dj en affez' grande abondance, du fucre, du caff du cacao, du coton, c une. plante, nomme Orellane qui fert la teinture,. & fe cultive peu prs comme l'indigo, eft aujourd'hui tellement dvaf te, qu'il y refte peine quelques blancs. Les premiers fecours envoys de Surinam, des Barbades & de S. Euftache, mirent le Gouverneur de cette colonie en tat de remporter fur les rbelles quelques' foibles avantages qu'il n'a pu entreprendre de pouffer plus loin, fans un renfort qu'il a demand. Le corps de troupes deftin pour les Berbices, fous les ordres du Colonel de. Salve, s'eft embarqu le 8 de ce mois Muiden.
FRANC E.
Depuis plufieurs annes, il n'y en a pas eu d'auffi funefte aux' cultivateurs & aux campagnes, que la dernire. La grle, les inondations., des ouragans furieux, des orages effroyables, ont' dfol diffrentes provinces du Royaume &c quelques contres voifmes.. Ces tems affreux ont rgn depuis le milieu du mois de juin jufques la fin d'aoCt.. Le 25 juin il y eut dans la haute" Auvergne un orage qui fut fuivi d'un dbordement dont les effets mirent le comble aux dfaftrcs qu'avoit cauf la grle. Le 16 la grle ruina 36 villages du Maconnois ,.& fit les mmes d--gats depuis les. frontires du Bcaujollois jufques bien avant dans la Bourgogne. Le 30 en Bavire prs de Munich, les campagnes, dans une tendue de 18 lieues de long fur 7 de large ^ furent ravages par l'imptuolit d'un ouragan extraordinaire-, qui porta enfuite fa plus grande fureur fur la Souabe.. Le 13: juillet il tomba Martiz en Berry une grle dont plufieurs grains pefbient plus de 3 iiv.le mme jour, Ligny en Barrais,,


I z
la grle tomba avec tant d'abondance', qu'elle couvrit la fur face de la terre la hauteur de i o 11 pouces ; les campagnes jufqu'. 8 lieues aux environs de Piney-Luxembourg ont t entirement dvalues le mme jour par un fcmblabje vnement, ainfi ique S. Florentin, <5c i 3 paroiiFcs voiiincs ; 60 Communauts de l'Election de Bar-fur-aube prouvrent le mme jour un fort non moins dplorable. Le 14 juillet on cfuya Grenoble un ouragan des plus violons.. La grle qui tomba Vatan le mme jour, dcruifit dans 28 pareilles, prcfque toutes les productions de la terre. Le mme jour il tomba Bcfanon de dans plus de 200 Communauts de la Province, une grle fi terrible qu'elle n'y a pas faille la plus foible cfprancc d'une rcoite ; il y a eu beaucoup de maifons renverfes ; quelques perfonnes ont t tues par les grains, qui, pour la plupart, toient plus gros que des oeufs de poule de dont plufieurs avoient 5 6 pouces de diamtre, Le 12 aot on a eiluy Bruxelles un orage a (Freux, accompagn d'horribles coups de tonnerre ; il eft tomb enfuite une grle violente, qui a brile dans un inftant toutes les vitres des croi-fes expofes au fud de l'oueft de ruin totalement les campagnes des environs. Le 19 de le 20 feptembre des orages de une pluie confdrable dans plus de 40 villages du pays de Sole, ont fait prir quantit de beftiaux, ont dtruit les rcoltes de maltrait les vignes au point qu'on ne croit pas pouvoir en rien recueillir de trois ou quatre ans.
S, DO MIN GUE.
De S. Marc le 3 Fvrier.
Le Capitaine d'un bateau Anglois, de la Providence, nomm The Tow-Broders ou les Deux-Freres qui eft entr dans cette rade le premier de ce mois, de qui en eft forti le 2 a rapport qu'une golette commande par le Sieur Paul Augreau, arme a la Louifianc, d'o elle toit partie pour le Cap, avoit d'abord t oblige, par une voie d'eau, de relcher la Providence, &e avoit enfuite fait naufrage, il y a environ un mois, fur la cte de la Floride, fans qu'il en ait t rien fauve que l'quipage.
Il y a en cette rade trois btimens qui doivent partir du 1 5


au io de ce mois, favoir : le navire la Julie, Armateurs les Sieurs Paul Nairac 6c fils, Capit.Darcis; le fenau l'Henriette-Catherine, Capit. Crict, tous deux pour Bordeaux ; 6c le navire la Sevr Cap. Paignon, pour Nantes.
Du Cap y le S Fvrier.
Il eft forti de ce port le 31 janvier dernier le navire le Franois, de Bordeaux command par le Chevalier de Queux, allant L'iogane, pour y prendre fon chargement conformment la charte-partie que les Armateurs ont paffe en France. Quelques familles Acadicnncs qui ont t tranfportcs ici, fe font embarques fur ce btiment pour fe rendre%u Moule S. Nicolas, o elles vont former un nouveau quartier, dans une partie de cette Ifie, qui a t jufqu'ic.i prcfqu'cntircment dfertc. On concdera chacune de ces familles un terrein dont l'tendue fera proportionne au nombre des perfonnes qui les compofent & on leur fournira pendant un certain tems tous les fecours dont elles peuvent avoir befoin.
Le Miniftre ayant t inform des dfordres qu'ocafionnoit en France le grand nombre de ngres 6c. cic multres qui s'y accroit tous les jours, il leur a t ordonn tous indiftinctement de re-palfer dans les Colonies d'o ils font fortis ; par une fuite de ce plan, il eft arriv ici des ordres pour ne plus laiffer partir pour France, fous quelque prtexte que ce puiffetre, aucun ngre 6c multre, efclave ou libre ; en confquence de ces ordres particuliers il ne fera plus accord de pcrmiliion pour l'embarquement de ces fortes de perfonnes.
Suite du Difcours de M. le Procureur-Gnral
Dans le R.oyaumc, la foumiflion des Jfuites a mis les Magif trats mme de connoitre, par l'examen de leur Inftitut, qu'il falloit attribuer la Conftitution du Corps 6c non aux membres tous les maux enfants par la Socit ; ils ont fpar ces deux ehofes, 6c par une diftinction aufi fage que jufte, en difTclvan: un rgime monftrucux ils ont conferve des Sujets prticux l'F tat : ici le dfaut de prfentation des Conftitution rend la fois iufpecf.es 6c la Rgie 6c les perfonnes qui la fuivent. Le


*4.
rgime efl fouponn & les particuliers qui sry font fournis, renj, fent d'accufer le rgime en le faifant connotre ; par-l ils s'y vouent de plus en pRis au mpris des Loix & des Arrts ; par-ii} ils s'en rendent complices ou plutt ils fe rendent feuls coupa, bles. Comment efprer de retrouver ds citoyens dans des Reli* gieux qui commencent par mconnotre la- puiffance publique 8c fa voix des Magiirats ? Comment conferver dans le fein de la Colonie, des hommes, qui, lis par des loix.particulires,s'obf-tinent les tenir fcretes-, tandis-qu'ils n'ont p s'tablir dans cette mme Colonie que fous- la condition de les foumettre l'examen des.Tribunaux ?. Les Jfuites, Messieurs vous ont t les moyens de les traiter vec indulgence : les Parlemens ont eu un rgime diffoudre, vous n'avez que des Religieux rebelles punir..
J'aurois pu dire aux Jfuites de cette Colonie : vous n'avez point prfent de Conftitutions vous n'en avez donc point, vous n'tes donc pas Religieux ; j'aurois p leur ajouter, Ci vous avez une rgie, ce ne peut tre que celle des jfuites du Royaume, &: cette rgie a t proferite ; enfin, j'aurois pu leur dire, vous ayez dclar n'avoir jamais vu ni lu le corps entier de votre Inftitut, vous vous tes donc fournis une rgie fans la connotre, vos vux font donc nuls &c abufifs : mais prfrant des principes certains des argu-mens uniquement appuys fur des circonftances, je me borne a ce raifonnement.. Les Lettres-Patentes, en vertu defquelles les Jfuites font tablis dans le RefTort, n'ont p leur tre accordes que fous la condition toujours fubfiftante quoique tacite de faire vrifier leurs Conftitutions; ils n'ont point fatisfait cette obligation, lors mme qu'il leur a t expreffment enjointdela remplir, ils doivent donc tre dclars dchus du bnfice de ces mmes Lettres-Patentes. C'eft fous ce point de vue que j'ai dirig le premier chef de mes Conclufions.
Il eft, Messieurs, une obfervation importante fur le renvoi des Jfuites que je propofe.. Si les Magiftrats du Royaume eulfent t dans le cas de prononcer l'expulfion des Jfuites, de puiffantes con fi d rations auroient pu les arrter ; la-perte de quelques milliers de Sujets, la perte des talens qu'une partie d'ntr'eux poffdent> la perte des enfans que peuvent donner l'Etat x ceux de la So-


cit non-engags dans les Ordres Sacrs, la difficult de la fubfif-tance pour un ii grand nombre d'expatris. Ici toutes ces raifons fe taifent ; on ne compte plus que deux Jfuites :. en les renvoyant en France ii n'y a rien de perdu pour l'Etat ; tant Prtres ils peuvent vivre du Sacerdoce ; d'ailleurs leurs biens font ici aifez considrables pour leur accorder un fort itinraire
Le grand nombre de Collges poflds parles Jfuites en France, exigea des Parlemens, aprs la diflblution de la Socit, de pour: voir l'ducation de la jeuneffe : l'expulfion des Jfuites de la Colonie, vous demande des foins encore plus importans ; ces Religieux ayant, titre de Mifson la defTerte des Eglifes ne peuvent tre renvoys fans qu'il foit pourvu fadminiilration des Sa-cremens : c'eft le fcond objet de mes Concluions que je vais dvclopcr.
La fin l'Ordinaire prochain.
dpart de Navires, depuis le i de ce mois.
La Corvette du Roi la Sylphide commande par le Sr. de Bcaumont, Enfeigne de Vaiifeaux allant Rochefort.
Le navire le Zephir, Cap. DufFour, fils, allant -Nantes.
Le navire la Guadeloupe, Capitaine Thomas Picard, allant Bordeaux.
Navires en expdition.
Le S; Franois, Capitainel'Artigue : la Coquette, Capit. Roy : le S. Louis Capitaine Sanau : l'Union, Capitaine le Gai j ces quatre navires de Bordeaux, pour le mme port.
Le Crutius, Capitaine Delage, pour la Rochelle.
Le Re^etton, Capitaine Bourre, & l'Esprance,Capitaine Brunet, pour Marfeille.
Le Maurepas, Capitaine Robert, pour Dunkerque.
L'Amricaine Capitaine Mefnard, pour Nantes.
Arrive de Navires,
II efl entr dans ce port le 3 fvrier, le navire l'Union de Bayonne, venant de Cayenne, Capitaine Bernard Bomballier.


Prix des Marchandifes de la Colonie.
Au Cap, le fncre blanc 48 54 1. le quintal ; le commun 40 4J 1. Us bruts 14 17 ], rndigobleu,7a7 1. 5 f. le cuivre 6 I. l f. lecaff nouv. 14 f 6. 1 J f. le vieux, 10 13 f, Je coton, oj 1. Cuirs tanns, 60 66 1. Campche, ij 18 1. le quintal, Piafhes gourdes, 33 pour cent.
Au Port-au-Prince le fucre blanc premire qualit, 48 |. le brut n 1 Indigo, 6 t. 6 1. 10 f. Coton, 1S0J. CafF, 13 f.
A S. Marc y le fucre blanc 4; 50 1, le commun 40 I. le brut, to il I. l'indigo bleu 6 l. to f. le cuivr, 6 6 1. ; f. le caff nouveau ii f. le vieux 10 f, le coton, 170 I. Cuirs tanns de jo jj I.
Au Port-de-Paix l'indigo, 6 6 1. $ f. Caff n 15 f.
Cours du Fret.
Au Cap v6 den. Ic fucre bknc} au Port-au-Prince, 18 dcn. S. Marc 10 den.'
AVIS DIVERS.
N. B. Depuis rtabliffement de la Gazette de S, Domingue on a paru fouliaiter avec ardeur d'.y voir, comme un des articles de l'utilit la jplus gnrale, un Etat des Ngres marons qui font & entreront par la fuite dans les diffrentes Geles de la colonie. M. l'Intendant, pour la fatisfaction du public, a bien voulu y confentir & a donn fes ordres en confquence. L'on aura foin que le nom l'ge apparent, la nation Se J'tampe de chaque Ngte, y fojent fpcifis autl exactement qu'il fera pofliblc.
Le Naviie le. JENNY du Cap, du port de 300 tonneaux command par le fieur Jacques Villeneau prend 'fret pour Bordeaux ; fa charte-partie eft ouverte ; il y a dj plus de 110 banques de fucre d'arrtes. Ceux qui voudront y charger, s'adrcllefont aux Sis. Mefnier frres, Ngociant au Cap
Le bateau nomm L'AVENTURE, du Porc-au-Prince, mouill dans la rade du Cap, du port d'environ 70 80 tonneaux confrruction de la nouvelle Angleterre vendre. On s'iirciTera au Sr. Rivire ain, rue de Pcnthievrc, qui en fournira l'inventaire.
Le fieur MI.N O T Apoticaire au Cap, vu? du Gouvernement diftribuc avec grand fuccs un Remde vermifuge ftornacal pour dtruire les vers des enfans ,' & gu* lir toutes les maladies qu'ils qccafionnent : ce Rcmedc fe conferve trs-long-tems ; il ne purge point, & ne drange point les fonctions de l'eltomac ; on peut vivre a fon ordinaire. Il fe vend en bouteilles de 15 1. & de 60 1.
On trouve chez le mme une Eau Ophtalmique qui fortifie la vue & enlve les tays; une Eau pui appaife fur le champ la douleur de dents j une Pomade fouverains pour les dartres j des Drages Je Keyzcr, Sec.
HABITATION vendre fi rue au quartier de la Mine pacoifle de Ouanaminte, dpendance du Fon-Dauphin confifranc en 6z carreaux quelques bcimens 6c 3 ngres; il y a 50000 pieds de cafF rapportans lefurplus, buis debout. On comprendra dans la vente 1% milliers de cafF en cerife qui font actuellement rcoltes & dans un des btimens. S'adrefTer Madame SclafFer demeurante au Cap, rue Royale
Le fieur LOUBEAU, ci-devant Chirurgien Paris eft ici Correfpondnt du Sr. Daran pour les Bougies; il pnftcde un remde anti-vnrien dont il clt l'inventeur : ce remde fe prend en pilules ou drages, fans exiger prcfque aucun rgime. Si quelqu'un fe trouve dans le cas d'avoir befoin defd. Bougies, ou Pilules, le (leur Loubeau demeure au Quartier-Morin, fur l'habitation du Sr. Lefebvre, dont il eft le Chirurgien.
Le fieur MARIE Imprimeur du Roi, au Cap eft charg du dbit des Pilules antirvn-tiennes du fieur Peyroux.
Avec Permiffion.
Au Cap, de l'Imprimerie Royale.


DE S. DOMINGUE.
te. '^lit^* $)u -Mercredi ic Fvrier 1764..
% ___:_
V j ^ FRANC E.
L s papiers publics ont annonc trois dcouvertes qui doivent trouver place ici ,.puifque l'utilit qui enrfulte Te rapporte particulirement la.marine & aux vovales-de Ion?: cours. La premire cil le dcialement de l'eau de mer ; la fconde la confervation de l'eau douce dans toute la puret ; la troilime > cil une limonade lche & incorruptible.
Le Sr. Poissonnier Confcil 1er d'tat, Mdecin consultant du Roi, Docteur de la Facult de Paris, Protclcnr de Chymie au Collge Royal clt l'Auteur de la premire dcouverte: au mois d'aot dernier, il en avoit fait l'eilai dans le port de l'Orient ; en 14 heures,, il y a deiTal, par le moyen du feu, 1500 pintes d'eau de mer ; 10 tonneaux de bois, en ont procur 80 d'eau douce ; il reftoit favoir (i, en pleine mer, le mouvement du vaifleau n'emp cher oit pas la continuit du feu, indifpenfa-biement nefFaire pour parvenir l'entier adoueifFei-ncnt de i'ean fale, Le Sr, PoifTonnier a excut avec fuccs, en pleine mer fon opration fur le vaiileau du Roi les Six-Corps, fur lequel il s'efl embarqu par ordre de Sa Majefri ; & il l'a rpt enfuite autii heureufement dans la rade de Brclt : Suivant les raporrs du Sr. de Chezac, qui commandoit ce vailFeau de de tous les autres Officiers l'eau de mer qu'il a deifale, s'efl trouve douce, pure, lgre comme l'eau de pinic le la falubrit en eft prouve-pa: l'exprience de pludeurs perfonnes qui en ont bu pendant long-tcms : la. machine deiline l'opration ne caufe aucun embarras dans le vailFeau ; le fervice s'en fait d'une manire finv pic, fins aucune cfpcc d'inconvnient ; l'oeconomic qu'on efl parvenu, introduire fur la confcmmaton des matires combii/-tibles nceflaircs l'entretien de la chaudire de l'quipage iufKt pour donner, du matin au foir, 7^0 pintes de cette eau r dans les befoins prcfTans, on peut en dcfalcr, en 14 heures, ju


qu' looo pintes en fupplant alors le bols & le charbon de terre qu'exige cette augmentation. Le Sr. Poiflonnier doit rpter Tes expriences fous les yeux de la Facult de Mdecine de Paris &C de l'Acadmie Royale des Sciences.
Le Sr. l'Hofte, Chyjnifte privilgi du Roi, poiFde le fecret de rendre Feau pute &c incorruptible; il confervc depuis 10 ans des eaux purifies par fa mthode ; il les a fait transporter alFez loin, mme pendant les plus grandes chaleurs \ il les a gardes dans des bouteilles, des baquets c des tonneaux, fans aucune prcaution ; elles n'ont jamais rien perdu de leur puret ; il ne s'agiroit plus que de leur faire prouver la mer : le Sr. l'Hofte fouponne qu'au paiFage de la ligne, ces eaux malgr leur extrme puret, pourroient FoufFrir une fermentation, mais qui ne diminucroit rien de leur excellence, pourvu que les tonneaux fufFent neufs, &t ne funt pas tout--fait pleins ; il fe fiatte encore qu'elles auraient la qualit d'tre anti-feorbutiques : il n'a pas fait connotre fon procd dans la purification d& l'eau ; ce qu'on en faitjufqu' prfnt, eft qu'elle eft prpare fans lefe-cours du feu, fans aucune addition quelconque, c par un moyen dont l'xecution eft i facile, qu'un enfant., fans exprience, le peut oprer., comme le plus habile homme. Le Sr. l'Hofte en-gage, Surtout les Navigateurs, de faire Inexprience de ces eaux ; il demande pour rcompenfe que chaque Ville Province, Royaume ou tat qui voudra acqurir le fecret de cette purification, s'engage lui donner une fomme telle qu'on le jugera propos : ;alors il indiquera aux intrefes le lieu &C le tems propres pour l'opration. En attendant, il fe fait un-plaifir d'en donner des eflais. Sa demeure eft rue des Boulangers prs .S. Victor.
Le Sr. Faciot en prfervant le Fuc des citrons de toute fer-jnentation, a rufi compofer une limonade fche c incorruptible, dont il fournit actuellement les vaifFeaux Franais, par ordre de M. le Duc de Choifeul. Cette limonade qui eft en forme de poudre, mife la quantit d'une cuillere dans un grand verre ou demi-ftier d'eau, mefurc de Paris, donne une boiion ;aufn falutaire qu'agrable. La livre de cette poudre fuft pour faire 8 9 pintes de limonade, &: fe vend 3 livres, prife au ma-gafndu Sr,Faciot? rue S- Denis, vis--vis la rue du petit Lion*


! S. D O M I N G U E.
Du Port-au-Prince le 8 Fvrier.
M. le Marquis de Sercey, nomm pour remplir la place d'Aide* Major Gnral des Troupes de la Colonie eft arriv ici depuis peu de jours.
Il y a actuellement 23 Navires mouills dans cette rade : Ravoir ; 4 de Nantes, qui font, le Duc d'Aiguillon, Cap. Jean Bellouan ; la Bretagne, Cap. Ren Raphal ; le S.Guillaume,. Cap. Simon Guichet ; le Tigre.* Cap. Jofeph. Ricard, venu du Galbare avec 159 ngres : cinq de Bordeaux qui font, le grand Pierre, Cap. Sargeac; la Marie-Smith, Cap., Guillaume la Croix; le Charles-Joseph Cap. Jean Duman ; le Solide,.. Armateurs les Srs. David Gradls ik. fils,.Cap.-Rozier, arriv ici le 30 janv.. venant de Gore avec 43 ngres &c 250 hommes de troupes ; le Suffisant, Cap.. Lardin : deux de la Rochelle, qui font, le S. Andr, Cap ;.Coindet, venant de Cayenne ^l'Hercule,. Cap. PouVre : deux du Havre ; les deux Amis Cap. Jean Maf-fon &: l'aimable Marianne,.. Cap. Martin CKaillon : un de Quimper,. la Philis Cap..Jean Arme rneuf de Marieille, qui font, le S-Je an-,, dit, le Vendme, Cap.Lieuteaud; la Ville du Port-au-Prince, Cap. Jofeph-Maric Garniere; la.garonney dit, la Trinit, Cap.. Abeille ; le S. Vincent, Cap. Hugues;. la STE. Claire, Cap. Gafpard Rey ; l'Etoile du matin, Cap.. Vigieux ; l'Auguste Cap. Brue ; la Flicit Cap. J. J. Olive ; la Marie-lizabeth, Cap...Claude Michel.
Depuis huit jours-il eft parti d*ci quinze naviresdeftins pour" difterens ports de France.
De S. Marc 3 le u Fvrier. M.Pichot de KerdifienTrmais, Subdlgu Gnral de M. l'Intendant, premier Conseiller des deux Confeils Suprieurs, &Com-mifFaire Ordonnateur de la Marine S. Dominguer eft arriv ici le 4 de ce mois & doit s'embarquer ce foir pour France dans le navire la CicOgne de la Rochelle, Cap., le Poitevin. Il y a: bord de ce btiment, un detachement.de 12 Suifes ; un autre dtachement de 16 hommes, commands par le Chevalier Dillan* s'embarquera far le navire la Mariette Cap,Pcrrier ,quj. doit faire voile dans quinze jours pouj: la Rochelle


Du Cap le ij Fvrier.
Dans la,nuit du 9 au 10 de ce mois, il s'eft dtach'du fommet du morne qui eft au fud-oueft des cazernes de cette ville, un* rocher qui a au moins 32 pieds de long, 28 de large de 1.2 15 pieds d'paifFeur. Cette m a fie norme aprs avoir roul avec fracas nu bas du morne, y a fort-heureufement .rencontr des terres nouvellement remues, Si une mare, dans laquelle elle a perdu prefque tout fon mouvement; elle s'eft releve de l fur une de -fes pointes., qui, s'tant enfonce fort avant dans la terre, Pa arrte de fixe deux pieds, tout au plus, d'une maiion qu'elle auroit crafc, fi elle avoit encore eu un tour faire.
On a publi ici de nouveau le 12 de ce mois, l'Ordonnance fuivante.
Sa Majest tant informe des dfordres qui. font caufs dans les Colonies par des perfonnes qui portent l'pc, quoiqu'ils ne duflent pas la porter; de dlirant les faire ccfTer, Sa Majeft, tic l'avis de M. le Duc d'Orlai s Rgent, fait trs-cxprefFes d-fenfes <3c inhibitions tous Ngocians, Marchands Bourgeois de autres qui ne font pas Officiers des vaiicaux marchands, de porter aucunes armes .ofi enflvcs ni dfensives dans les villes de bourgs de fes Colonies, peine de tro.'s mois de prifon. Permet Sa Majeft aux Capitaines, Licutenans de Enfcigncs dcfditsvaif-feaux de porter l'pc. Mande coordonne Sa Majeft aux- Gouverneurs ,&e fes Licutenans-Gncraux dans fes Colonies, de aux ntendans d'iclles, de tenir, chacun en droit foi, la main 11 l'excution de la prfente Ordonnance, qui fera lue publie de rgiftree par-tout oit befoin fera. Fait Paris, le 23 juillet 1720. Sign, LOUIS; & plus bas, Fleurau. Enrcgiflrile S mai 1721 au Greffe du onJeilSupcr. du Cap.
Une Dame anonyme propofe ces quatre Vers, pour l'infcription de la Fontaine que l'on conftruit dans la Place de Clugny, Incertos hue ufque aditus ignora Juhivit 3 Fcundo qu mine ex dit i * Cette fuite qui pouvuit aifiiment le corri^ci- rcl^nble fou a une n.'i^i^cucc affecte ppur rairepreudre je ..liante, Se ue pas trahile dguifement.


Il
Par deux lettres que le Capitaine Dupuis a crites de Sal les \G Se z6 feptemb. dernier, au Sr. Mark, Ngociant au Havre, on apprend les particularits Suivantes. Le 4 de ce mois., 4 heures du foir, ic Navire les"deux Amis parti de Brefl pour la Martinique Cap. Dupuis, a t pris 50 lieues environ dans l'eft de S. Michel 1' une des Aores par une Frgate Salctine de 24 canons &: 1 80 hommes d'quipage. Depuis le commencement de l'anne les Corfaircs de ce port s'toient dj empars de fix navires Franais, du nombre defquels eft la Complaisance de Bayonnc, Cap. la Maignere, qui alloit au Port-au-Prince avec un chargement de commcitiblc : mais de ces fept btimeris, le navire les Deux-Amis eft le feul qui a t conduit Sal, o il cil entr le 12 feptembre; les autres ont t conduits Tetuan, Safy 6c Ste. Croix de Barbarie. Le Capitaine Dupuis de les gens de ion quipage ont t renferms dans une prifon ils y doivent erre gards jufqu' ce que l'Empereur foit de retour Maroc ; alors ils lui feront prfents, de fnivant fes ordres, ils refieront dans cette dernire ville, ou feront envoys Fez, pour y tre runis aux autres efclavos ; en attendant que l'Empereur ait ordonn de leur fort, on les employ pendant le jour dcharger des barques de faire de l'toupe ; ils font prefque nuds de pour toute nourriture, on ne leur fournit qu'un peu de pain de d'eau. On compte aujourd'hui dans la feule ville de Sal 110 efclavcs Franais.
Ces mmes lettres portent qu'il y avoit alors en croifire dans l'ocan, deux chbecs l'un de 22, l'autre de 14 canons, de dans la mditerranne, huit galiotcs ; tous les autres grands corfaires font actuellement rentrs dans les difTrens ports des cotes de Barbarie, o ils ont eu ordre de conduire leurs captures, pour viter la reprife. L'Empereur de Maroc a fait venir d'Alger un Ingnieur Napolitain, qui y toit cfelave, pour fortifier l'entre d'un port qu'il veut tablir entre Safy & Sainte-Croix lequel fera capable, dit-on, de contenir dix vaifFeaux de 60 canons., de 20 chbecs au-dcfls de 24. Deux mille Maures y travaillent depuis deux mois.
Les Saletins, qui, de tous Jcs corfaircsBarbarefques toient autrefois les moins craindre font aujourd'hui les plus redou-


IZ.
tabls-: avilit l dernier tremblement d Lisbonne, ils ne pou-voient armer que de petits btimens, caufe d'une barre qui tra> verfoit la rade de Sale ; mais les fecomTes de ce tremblement, qui s'eft fait fentir jufques dans la Mauritanie ont ouvert cette barre: aujourd'hui des Frgates depuis 26 jufqu' 38 canons, peuvent aifement- entrer dans la rade de en fortir... Cette facilit permet, aux Saletins d'tendre au loin leurs dprdations, ils les exercent dansles deux mers ; ils ont tabli des croifires fur les ctes-.d'Alger, dans les parages de Tunis, le long des lfles de la Mditerrane les plus avances dans le Levant v vers l'Efpagne de le Portugal, de mme au-del des Aores.. Ils fe font particulirement dclars contre les Franais de les Efpagnols<: les-frgates de les chSecs de ces deux nations qui ont t envoyspour arrter leurs courfey, ne les ont point contenus ; ils continuent leurs pirateries avec la mme audace ; ils.ont perdu quelques petits btimens dont ils font ddommags avec avantage par plufieurs pri-fes confidrables... Ces corfaires s'etoient runis., en aiTcz grand nombre la fin de feptembre, pour faire craindre qu'ils ne fon-geafFcnt entreprendre le fige d Melille.. Dans les premiers, jours d'octobre, on armoit Toulon deux vaifcaux de guerre:& autant de frgates pourieur aller donner la chafFe; cette efeadre devoit tre renforce de deux autres frgates armes dans les ports de l'ocan.
Fin du Dijcours de M. le Procureur-Gnirali. 5e- tout temps la France a t dans l'ufage de confier 1 administration du Spirituel', dans fes. colonies mridionales, des Ordres, religieux, Fous le titre de Million :. que cet ufage ait eu pour principe! la politique ou la-commodit, ce n'efl pas le lieu de l'examiner, & que le nom d Mifron foit fond fur l'loignc-ment des lieux, ou fur l'efclavage des Africains, cela eft ndi fFrenr. Les Capucins furent les premiers introduits, dans ce refFort ; les Jfuites leur fuccdrent en 1704. Le* Lettres-patentes concernant FtablifTment de ces derniers, s'noncent en ces termes : m pour y avoir feulslefbin d tout le fpirituel, cydefFervir les Cures, fuivant leurs conftitutions de privilges, &c. Nous obferverons ici, en pafFant que cette claufe fuivant leurs *i oofticurions 6c privilges eft, de Ja part des Jfuitesun*


infraction manifefte aux clanfes irritantes appofes leur rception dans le Royaume, par le Concile nationnal de Poiffi ; nous observerons galement que le mot de Cure, employ dans ces JLettres-paterrtes, ne peut Signifier que celui d'Eglife, l'ide de Cure entranant celle d'une jurifdiction ecclfaltique, qui n'a jamais exift dans la colonie. Les Jfuites ne tardrent pas manquer, ainfi que les Capucins, de Millionnaires pour S. Do-rningue ; mais plus habiles que les Capucins, ils furent conferver la Million, fans dpeupler leur Socit; ils prirent la mthode d'employer en fous-ordre toutes fortes de Prtres, foitfculiers, foie rguliers. Dans ce moment, ces -auxiliaires font en fi grand nombre, qu'il n'y a qu'une feule EglifedefTervie par un Jfuite: ainfi le renvoi des Jfuites n'occaiionnera, du ct de Padmi-niftration des .Sacrcmcns, que le vuide d'un fcul Prtre, ce qui fera facile ; rparer.
Mais, dira-t-on, l'autorit ccclfiafliquc que les Jfuites exer-oient, cefTcra d'exifter avec eux ; qui donnera les pouvoirs aux Prtres? qui commettra la dcflrte des Eglifes? qui accordera des difpenfes? Je reprends ces objections, & cartant des difcufons auii longues qu'inutiles mes rponfes feront aui fortes que concifes : qui donnera les pouvoirs aux Prtres ? la ncefit. Qui commettra la defferte des Eglifes ? la puhTance publique qui a le droit de veiller au maintien de la religion. Qui accordera des difpcnfs? on n'en accordera point.; c'eft un bien qu'il n'y ait point de difpenfes de publication de bans, Se ce n'efl pas un grand mal de recourir Rome pour des difpenfes de parent. Au refle, Messieurs, cette ceflationd'autoritecclfiaftique, ne fera que momentane, c les inconvniens qui en peuvent r-fultcr, feront auii courts qu'il s font lgers : mes rquisitions, vos dmarches, & les foins du Roi Trs-Chrtien qui nous gouverne auront galement pour objet d'y remdier promptement. Le Ministre public ira jufqu' vous follicirer de demander au Roi que la Colonie foit ponrvue d'un Clerg fculier, attendu les inconvniens & les dangers qui fe rencontrent dans Padminiflration da Spirituel, confie des Religieux ; ces dangers 6c ces inconvniens vous font trop connus, pour les tracer de nouveau vos yeux, Quant aux biens pofeds par les Jfuites, je me borne de-


mander, que l faille &c fqueftration'fubfifte, jufqu' ce qui 1 y ait t pourvu, pa^r qui, &; ainfi qu'il appartiendra.
Ledit Procureur-Gnral retir, lecture faite des Concluions par lui mifes fur le Bureau:
LA COUR a ordonn que lefdites Concluions &c Motifs d'icelles demeureront jointes aux Procdures cncommcnccs contre lefdits foi-difins Jfuites, & a nomm MM.. Du Ferries 5e Le Gras, Confciilers, pour examiner lef.litcs Conclu fions & les Motifs d'iccllcs ; enfembc lefdites Procdures, ce en rendre compte demain, jeudi ; &c tre enfuite, par Elle, ordonn ce qu'il appartiendra. Fait au Cap, au Confcil, le 13 novembre 1763.
On. apprend par des lettres de France, que M. leChvalierde la Feronayc a t nomm Colonel du Rgiment de Forez, la place de M. le Marquis de Chaumont ; tk. que M. de la Croix > CommifFiire de la marine, au dpartement de Rochefort, fis de l'ancien Intendant de la Martinique, a t nomm Subdl-
fu-Gnral 6c Ordonnateur au Port-au-Prince, la place de i, Kerdifien Trmais.. Le Sr. Saulon Ingnieur Gographe des Camps 5c Armes, eft mort Ici' le. S janvier.
Le Sr. Legier, crole de cette ville, y cfl mort le 9 de ce mois. Le Sr. Bruncau, fils du Sr~ Bruncau, ngociant Bordeaux eft mort ici le mme jour.
Arrive de Navires^ Il eft entr dans ce port depuis le S fvrierjufques &l compris le 14, 7 navires: favor, le Gracieux, du Havre, Cap. Gucrard, le 8 : le Soleil de Dunkerquc, Cap. Gaipard Lion le 9 : le Chevalier, de Corbire Cap. Audois, le 9, parti pour le Fort-Dauphin le 11 : le Mercure de Nantes Cap. Cazeneuve le 10 : l'heureuse Paix de Bordeaux, Cap. Franois Suau, le 11 : l'Azie> Cap. Louis Siaftrc, le 1 2 venant de fa Martinique : la. douce Marianne, de Dunkerquc Cap. Sauvage, arriv le 13 venant de la cte de Guine, avec 291 noirs, dont 1.10 ngres, 80 n grens ,. 60 ngrillons ce 41 n-grittes : un bateau, nomm l'Epreuve de Dunkerquc, Cap. Ma-th-irin Brulicr} arriv le 14 de la Cote d'Or, charg de 96 noirs.
SUPPLMENT


.^IKLMENT A LA GAZETTE
Du Mercredi ij Fvrier 1764.
FRANCE. \ T Royi rend u une Ordonnance date du 1 j juillet dernier, Jjar^a-ifercu de laquelle il fera permis aux parensdes jeunes gens de famille qui feront tombs dans des drangemens de conduite capables d'expdfer l'honneur 8c la tranquillit de leurs familles, de demander au Secrtaire d'Etat ayant le dpartement de la guerre de de la marine, leur exportation dans i'Ific de la Dfirade. Ces jeunes gens feront nourris la /impie ration du foldat ; le Commandant leur a/gnera un terrein commun pour le cultiver: en cas de maladie, ils feront reus l'Hpital comme les foldats, Lorfqu'on reconnotra en eux de l'amendement, on fera avertir les parens ; de quand il s'ouvrira des droits au profit de ces jeunes gens, aprs leur changement de conduite, il leur fera accord toute protection pour les mettre en tat de pourfuivre le recouvrement de leurs biens, s'ils vou l'oient, refter dans les Colonies, ou bien on leur laifra la libert de repafer en France. 1
L'cole Vtrinaire tablie Lyon par Arrt du Confeil du 4 aot 176*1 acquiert de jour en jour une plus grande clbrit au'ele doit des fuccs qui ne font pas quivoques. Les levs de cette cole, o l'on enfeigne l'art de conferver les beftiaux, & d'en gurir les maladies,"font au nombre de 80, Le Sr-Bour-gelat, qui en eft le Directeur en a envoy plufieurs en Bour-bonnois, en Auvergne, en Limoufin, en Dauphin de en Bourgogne ; par-tout ils ont guri les beftiaux, de indiqu les moyens de prvenir ou de faire cefter l'pidmie qui a rgn l'anne dernire en France Se dans d'autres contres de l'Europe. Le Sr* Bourgelat a t confuk par le Miniftre de la Cour de Coppen-hague fur les moyens de remdier ce rlau : le fuccs de fa con-ful tation, a dtermin S. M. Danoife envoyer trois de fes fujets Lyon, pour fuivre pendant trois ans, l'cole Vtrinairey les cours d'tudes relatifs aux maladies des beftiaux. Il feroit fouhaiter quedes. levs de cette cole, fufFent engag
0 66


par quelques avantages venir exercer leurs talens dans cette Colonie, o les beftiaux font une partie des biens des habitans, d'autant plus prcieufe, qu'outre leur valeur intrinfque, ils font utilement employs l'exploitation des manufactures.
Suite des Nouvelles du Cap ydu rj Fvrier 1764. On mande du Port-Margot, que le 9 de ce mois la pluie y a t fi confdrable qu'en moins de fix heures prefque toutes les habitations de ce quartier ont t inondes. Dans la nuit du 8 au 9 la Golette la ,Ste. Barbe du Cap, frte pour le Roi, partie le 5 du Moule S. Nicolas, pour aller prendre de la chaux au Borgne, s'eft tarife fur les rcifs qui font entre la Rivicre-Rougc &: le Port-Margot ; il y a eu deux hommes noys. Une Golette Efpagnole, venant du Cap, Se allant Cuba a chou le 9 fur cette cote. Le btiment a fouffert peu de dommage &, l'on en a fauve prefque toute la Cargaifon. Il s'eft perdu une pirogue ; la Barque du Pafager du Port-Margot, charge de fix barriques de fucre a efluy le mme malheur.
Navires en expdition, & dont Le dpartparotprochain.
L'Union de Bordeaux, Cap. Delbreil; le Constant de Bordeaux Cap. Delzollier ; le Mentor de Bayonne, Cap. Berdou-lin, tous trois pour Bordeaux ; les quatre Fils Aimon, du Cap, Capit.. le Moyne ; la Placeliere de Nantes, Cap. MafFon, ces deux navires pour Nantes; le Victorieux, de Bayonne, Cap. Launay, pour Bayonne.
ngres M 4 r 0 n s.
Au Cap 15 dont 11 ngres & 3 ngreftes; favoir : Jean-Baptiste nation Mina, au Sr. Lafontain, habitant au Mireba-lais, pris chez l'Efpagnol, entr la gele le 14 dcemb. dernier : Simon,Congo, tampMONO fur le fein droit,au Sr. Delord, habitant Ouanaminte, pris chez l'Efpagnol, & entr le gele le mme jour: Sacca bois, Congo, tamp fur le fein droitL.. auSr. Bienvenu, habitant l'Artibonnite ,pris TAcul,entr le 14 janv. jEAN,Congo,au Sr. Maucombe,habitant aux Cottelettes tamp fur les deux feins LAMO*E, pris au Cap le 15 janv. Un-Ngre pris au Moule S. Nicolas, tamp fur le fein droit G. LA VON,


ijui n*a pu dire fa nation ion nom ni celui de fon matre, fntr le 17 janvier : Jean-Baptiste Crole au Sr. Franois, b Fort-Dauphin tamp fur le fein droit LOVPS, 6e fiir l fauche G. G. pris Jaquezy,entr le z6 janvier : Pierrot, Crole', fu Sr. Defgoutes, habitant au Limbe tamp fur le fein droit QESGOVTES, pris au grand Boucan, entr la gcolc le 2^ janvier : Jean-Baptiste Congo, au ^Sr, Pechollier habitant lui Morne-rouge, pris au Cap, i 6 fvrier :: Paul, Congo, au' Sr. Hardy habitant l'Artibonnite entr le 6 de ce mois : Pierre, Congo, au Sr. Poil on habitant Plaifance,. tamp fur le fein droit FE. 6c fur le gauche F M. pris l'Acul entr ]c 7 de ce mois r TheLemaque, Nago, au Sr. Couturier du Fort-Dauphin, tamp fur le fein droit P. CHARRIER & au-delfous AU CAP pris au Cap le 10 avec un nabot au pied' gauche ; Pierre Crole, au Sr. de Villers habitant l'Artibonnite tamp fur le iin droit VILLERS, au-defous S, MARC, & fur le gauche DUR* pris l'Acul entr le 1 de ce mois : Rose Ngrel Congo, ge d'environ 60 ans, au Sr. Cuvert, habitant au Dondon : Lise, ^grefle Tiafriba au Sr. faonnais du Limbe entre la gele le 3 de ce mois : Zabeth Crole, au Sr. Thomas habitant au gros Morne, prifeau grand Bafn, entre le 11 de ce mois>
Prix des Marchandifes de la Colonie.
AIT CAP, le fucre blanc, 46 j4 I. le quintal ; le commun, 38 44 1. Ic brut, ij ty 1.
l'indigo bleu, 61.1 y. a7.1, le cuivr, 6 1. io C le cafF nouv. ty f. le vieux, 11 13 f.
le coton, zo os Cuirs tanns, 6o 66 L Campckc, xy 18 1. le quimal.
Piaftres gourdes, 3 3 pour cent. AU PORT-AU-PRINCE le fucre blanc premire qualit, jo 1. Ici autres 30*401;
le fucre brut.n'a point de prix fixe, Indigo 6. 1. io f. 7 l. CafF nouveau 13 f.
Icvieux-, 11 11 f. Je coton, 175 180 1. Cuirs en poil, 36 I. Campcche ij l. le quintal. A S. MARC s le fucre blanc ,45 50 1. le commun, 3$ 40 1. le brut, 10 ni. 1 indigo
bleu, 1. 10 f le cuivr, 6 6 l. 5 l. le cafF nouveau. l'a. f. le vieux, 10 f.
le coton 170 I. Cuirs tanns de. 50 55 1. AU port-I>E-PAiX, Hndigo, 6 6 I. y f. CafF 11 1 ) f.
Cours du Fret:
AU PORT-AU-PRINCE fucre y i& d. le cafF to 14 d. f'indigo, 3 f. cocon 4 f.
Il y a prfenrcmetit peu de denres charger. AU CAP, fucre blanc, 16 d. brut, zo d. indigo, }6 A. cafF, i d.
Prix des Marchandifes de France.
Au Cap, la barique de vin de Bordeaux, 160 i8o 1. laEarinc, 70 7; J,Je baril, Au Port-au-Prince le vin, rjo 150 1. la farine, 76 75~ I-w Majcbandifcs. Icches ont peu .de demanda -


AVIS DIVERS.
Le navire L'ADONIRAM d'Amfterdam ,Capit. Srcphanus Bouchonneau, mouill atiKl leinent dans la rade du Port-au-Prince, prend fret, pour fon eutre-ponr feulement, Trois jeunes ngres vendre, dont les deux plus grands jouent pafTablemenrdu violon & ifeut la mulque anez bien, fur toutes les clefs indiffremment : ils ont accompagn dans dif. feen Opra qui fe font donns depuis deux ans fur le Thtre du Cap : il y-en a un des deux qui fait trs-Dieu rafer. Le plus jeune joue suffi du violon par mufique, mais foiblemcnt. Comme ces crois ngres pcrdroientdc leurprix en les fparant, ils feront vendus enfcmblc;, s'il ne fe prfenre perlbnnc pour les acheter, d'ici au 24 mars prochain il les fera encric vendre ce jour-l la barre du Sige Royal du Cap au plus offrant & dernier cnchrHTcuti On peut s'adrcfTcr auSr. Taflc qui ils appartiennent, il demeure au Cap, rue de la comdie il a de la mufique & des infhumcns vendre.
On procdera le a j du mois de fvrier, a la barre du Srge Royal du Fort-Dauphin) la der niere crie & adjudication du bail, pour feptans, d'une habitation appartenante la fille mi. neare de feu M. de Carbon, ancien Procureur-Gnral du Confcil du Gap, fcue Roche, fdatte quartier du Trou tablie en hacte contenant 160 carreaux, dont 60 en favannes ,& 100 en bois, debout. La venec des animaux qui depeudent de cette hatte & conGflent en 80 bcr.es, dont moiti cavalincs & moiti cornes f fera le 18 du m crac mois fur l'Habitation.
Faon de battre l'Indigo*
Un Particulier, qui n'a pas voulu fc nommer, nous a fait parvenir l'avis fuivant, qull ne donne pas pour une ide nouvelle, mais comme une pratique qui n'tant pas connue dans tous les Quartiers mritant de l'tre par f fimplicit, f commodit & les avantages qu'elle a fur tout* autre manire de battre l'Indigo, peut encore increiTer un grand nombre de Cultivateur. v
On jeve une Potence un bras, lequel fe dirige fur la cuve, & doit s'tendre jufqu'au mitieu Ta hauteur d'environ huit pieds : ou bien on incline fur la cuve une pice d- bois de quatre pouces d'quarrifTage de manire que l*ixt-rmrt fuprieure rponde perpendiculairement au milieu d Ja cuv, la mme hauteur : au bouc de la pice de bois, ou du-bras de la potence, on fufpcnd une corde qui defeend dans la cuve, & laquelle on attache Ion-
Situdinalcmeot une planche de 10 pouces de large fur deux pieds & demi de long : un pied" e la planche-, du ctqucfjc doit tremper dans la cuve, on y paffe une perche de 8 10 pieds, qui s'arrte pat deux chevilles. Lorfqu'il eft queftion de bacerc l'Indigo, un Ngre tient l'autre bouc de la perche, & la poufTe d'angle en angle, en obfervanc que la planche ne trempe que de 8 10 pouces, ce qui fe fait en allongeant ou en. racourcifTant la corde. Il' faut que la planche foit coujouts agite vivement, mais galement) il n'eft pas n'ceflaire de fuivre le mouvement de la lame il faut au contraire l'attendre au retour, & quand elle s'approche Ja couper en la refoulant ver k bord oppofi:. Cet exercice eft f facile, qu'en une demi-heure on y peut ftyler un NgreL -
La divifion des fels de la plante s'opre auf promptemenc par. cette mthode., que par le, moyen des machines qui ont t employes jufqu a prfent 5 en deux heures. ou deux lleures' & demie, un fcul Ngre fuffit pour.battre une cuve encore cft-il beaucoup moins fatigu que s'il et mani le Buquct : 1 qpconomic de ngres, laquelle eft de deux fur trois, fe joint, on autre bnfice : l'Indigo battu de cette manire, produit davantage! il eft avr par plusieurs expriences qu'il donne fouvent cinq fix livres par cuve plus qu'il ne rcna.quapdy Ton fc tert du Moulin Buquets. :
Avec PermJJion.
Au Cap, de l'Imprimerie Ryaie.


Np. 4-
*9
GAZETTE DE S. DOMINGUE.
Du Mercredi 22 Fvrier 17,64..
//:^ \-li.--:-;-r_,-
'De- Logane le ij Fvrier.
IL -y;*. aueflmetit (3 Navires &-n Brfgancin mouills dans, l rdVde cette villes-fvoir, 4 de Nantes, qui font ,le Hardy, Cap. Clment Hardy, parti le 14 oetb. dernier, arriv le 6 do-l'Elon'or Cap.. Etienne Leray parti le 1i nov. arriv le 19 dc. les Jeunes Cousins Gap.. J. B. Gaugy parti le 11 nov. arriv le janv. le S.. Julien v Gap, P. Leray, .parti le 17 dc. arriv le 12 fvr. N.. B-Le Cap.:de ce Navire rapporte qu'a fon dpart de "Nantes le bruit couroit que les difrrensTurvenus entre la France de la Rgence d'Alger rtoient rgls.' i'de Bayonne, l'heureuse Paix' Cap.Thcrmasla-Salle, parti de Marfeille le 1.3 nov. arriv le 21 janv. 1 de Logane, Le Comte de Ser an Cap. Macarcy, Armt., [es Srs. She de Sheridan, achet a Philadelphie' de deftinpour Nantes ;. de le Brigantin le. Sopha '(Gp., Lonard d Marmon x achet Philadefphie, ce deflin pour Nantes..-
Du Port-au-Prince le ij Fvrier.
La. Chaloupe du.Navire le Suffisant a t fubmerge ces-purs derniers.,, en revenant de la.Gonaye: ,-. oelle toit alle, faire du bois. Trois Officiers de quelques Matelots ont t noys...
De l'ArcaAYE y le ij Fvrier:. 'l La petite-Vrole fait depuis quelque tems des ravagesconfld*-rablesdans ce quartier; elle a jufqu'ici pargn les Blancs mais peu de ngres y chappent : it y a telle nabimtioii o' 1*0*1- en compte ju (qu' 11 qui en font attaqus Jril n eft mortpl fi eu rs4, mais la maladie feule cuie un grand prjudice par l retardement quelle apporte aux travaux que demande d'ans cette faifoii la culture, de l'Indigo-
Du Cap le 22 Fvrier. Le projet de t.a richesse de l'tat a jette cfieuTeufes racines qui'permettent d efprr line grande partie des fruits qu'il.


30
promet. L'ordre &-l'conomie que l'on veut "introduire dans l'adminiftration des finances, ne peuvent qu'augmenter les forces de la,nation, en.rame temps qu'elles en augmenteront.les revenus par des voies qui ne feront plus onreufes. L'Angleterre a les yeux -ouverts fur ces changemens voici ce qui fe lit ce fujet dans une Gazette trangre, article de Paris. > On apprend que le projet de la richesse de l'Etat, a t mitig ; que le nombre u des Fermiers gnraux fe trouve diminu de 14.; qu'il n'y en a^ura dformais que 36, fans controlle ; mais que les droitsinv v pofs.fu-r le tabac ,eontinueront d'tre perus comme ci-devant. Article4e Londres :: ,Ona actuellement en vue.plufieurs projets^ >> tant pour diminuer coniidrablement la dette nationale, que pour tablir un moyen fur de procurer les deniers ncellaires dans le cas d'une nouvelle guerre fans accumuler les emprunts; =>j articles d la dernire importance, &C les plus eflntiels au m bien-tre^dece Royaume : on en eft d'autant mieux convaincu, 11 que l'on fait quel point augmenteroient les revenus de la u France,, fi cette Couromie percevoir par elle-mme les deniers n publics, fans y-employer les Fermiers gnraux eomme elle paror en avoir conu le delein.
On donne ici le prcis d'une Dclaration du Roi, en date du 21 novembre 17^3 concernant le Gadaftre gnral, c la liquidation & tembourfement des dettes d l'Etat.
'Ces diffrens rembourfemens faits la cail des amortiflemens, n'ayant pu teindre les dettes anciennes,- &la guerre en ayant produit de nouvelles, Sa Majeft cherche tous les moyens capables d'oprer, le plus prompeement qu'il eft poffible, la libration de l'Erat le foulgernent de fes peuples^ c l'amlioration-de fes finances : par le compte qui lui a t rendu de tout ce qui a rapport, foit fes dettes, foit l fituation de fes finances, foit la melr leure admini.ftrtion que l'on pourrait tablir dans cette partie fi importante de la fortune publique. Elle a reconnu que la premire teflource eonfi.ftoit dans la diminution c dans l'ordre de chaque partie des dpenfes, & que la forme de la perception d# impts mritoit principalement (on attention ; mais pour ne pas prendre un parti dans une matiete aufi difficile, avant d'avoir diftingu& pef toutes les vues qu'elle prfente, Sa Majeft4


rfolii d'interroger, -avant'tout, le zel & les lumires des Officiers de fes Cours, de de profiter desconnoifTances qui lui feront fournies : jufqu' ce qu'Ellefaue connotre fes intentions dfinitives fur cet objet, Elfe a< jug propos d'tablir un-fonds annuel de perptuel d'amoitinement, affect en entier au rembourfement des capitaux des dettes, tant anciennes que nouvelles ; lesdifpcn iitions fui vantes, tracent le plan qu'Eue veut faire, excuter,, quant prfent, relativement aies finances.--
S. M. veut qu'il lui foit inceiTammenfr envoy par les Parlemens les Chambres des Comptes. & les Cours des Aydes des Mmoires contenant leurs vues fur les moyens de perfectionner de fimplifier l'tabliflement ,,la rpartition, le recouvrement'^ l'emploi de la comptabilit de tout ce qui compofe l'tat de fes Finances, de de donner toutes ces parties-la forme la moins" onreule ; qu'il foit incefFamment procd l confection d'un Cadastre gnral de'tous les biens-fonds di* Royaume-, mme de ceux dpendans^duDomaine:de l'a Couronne, de ceux:appart.e-nans aux Princes du Sang ,JEcclfian:iqucs^ Nobles ^Privilgis, de quelque, nature Se. qualit qu'ils foient, afin d'exclure tout arbitraire Se toute ingalit dans l3repartition des impositions; que j>our acclrer la libration de l'Etat,il- foit^ fait-dans l Gaifle dcs^Am ortiffemens, tablie par l^ditdu mois d mai 1749; un fonds annuel de vingt millions qui feront inviolablement de exclufivement employs rembourfer les capitaux de toutes les dettes antrieures la Dclaration ; qu'il -ne pourra tre mis la charge de l -CaifF des-AmortfFemensj aucun nouvel : emprunt, s'il n'eu fait er* vertu-d'EdiroirLettres patentes- j dument vrifies y peine par- le Trforier del Caife-, d;rpohclre-rtiuemens, concurremment avec les


rembourfemens des Capitaux, fur le premier "Vingtime, elle iigne, tarit le fcond Vingtime dont elle reftraint., quant prfenc, la prorogation au l'janvier 1768 que les deux fols pour, livre du Dixime leiquels continueront d'tre perus jufqu'au. 1 janvier 1770 ; -,t pour l'acquittement des charges extraordi-imites rsultantes de la dernire guerre de des arrrages des rentes -nouvellement cres j elle ordonne que jufquati dernier fptemb,, 1770, il fera peru.un iixime fol pour livre des droits des Fermes, Octrois^ Droits engags de alins, jnentionns en la Dclaration du -3 fvrier 1760, de en outre, que les droits ta* blis en vertu des Edits du mois daoi.t 1758, & de la Dclaration 4$ 3 janvier' 1759 pour le paiement des dons gratuits des Villes, foint perus pendant cinq annes confcutives, au-del de l'poque .finale de la prellation du premier don gratuit : S. AI. dclare que les diffrentes Impositions ci-deffus ne font tablies que prpvifoi-rei"nent ; qu'aufii-rt que par la diminution des dpendes, par celle des. frais de perception., de par l'amlioration d fes revenus, ou autrement, elle fe fera procur des relTburces capables de rpondre aux befoins de l'Etat, fon intention eft de diminuer la quotit annuelle du fcond Vingtime de des autres Importions, mme d'en abrger la dure ; -Elle veut ds--prr jfent, que fur rimpofition;annuelle du don gratuit, pendant les cinq annes qu'elle doit tre continue,-il foit remis fes peuples favoir, la troifime anne un Iixime ,1 a quatrime anne un tiers, &C la cinquime anne la. moiti de ce qu'ils auroienr, payer dans le cours de chacune defdirs annes ; Eue fixe enfuhe les dtails,-l'ordre &:. la forme des rcmbjQurfcmercs avec los;mo.-fLifiations particulires que peuvent

Attirions, porteront les numros des effets exigibles, Se les noms des porteurs. Sa Majeft ordonne qu' compter du jour de l'eii-rgiftrement de la Dclaration celle du 26 dcembre 1750, concernant le centime denier, ait l'avenir fon entire excution drogeant tous Edits, Dclarations ou autres chefes contraires la nouvelle Dclaration.
Le Roi a port trois le nombre des Aide-Majors-Gnraux des Troupes fervans S. Domngue, tablis par l'Ordonnance du 14 mars 1763 : ces trois places font remplies par Mrs. F,.eynaud, Vincent de de Sercey.
Un bateau Anglois qui, fous prtexte d'une permiffon, toit entr dans ce port, y ayant introduit des marchandiies qui le mettoient dans le cas de la contravention a t conifqti au profit du Roi. Ses marchandifes ont t vendues le zo de ce mois, le btiment fera cri de vendu le 2*5, la barre.du .Sige de rAmkaut de cette ville.
Arrive de Navires.
Ait Port-au-Prince > cinq navires, dont deu^ de Nantes, ie Comte-d-Grammont, Capit. Jean-Franois Cofnay, du port de ,250 tonneaux, de le Grand-Carlos, Capit. Fafcaud du port de 300 tonneaux, arrivs le 13 fvrier; un de Marfeille, le Dragon Capit. Pierre Guyot du port de ioq tonneaux, arriv le mme jour ; un du Cap, la Sainte-Marie Capit. de la Morliere, du port de 400 tonneaux, arriv le 14; &: un du Havre, la Paix, Capit. Eyrier, parti le 6 dcembre, arriv le 15 fvrier, les mauvais temps l'ayant oblig de relcher Ply-mouth, o il a reft douze jours.
A S. Marc, le navire le S. Marc, de Bordeaux, Armateur le Sieur Pyronnel, Capit. Calvet, parti du bas de la rivire le 4 janvier:j arriv le 16 fvrier.
Au. Cap y tro.'s ; favoir, la Fidlit de Nantes,Cap. Ha-gant, parti le 17 dc. dernier, arriv le 16 fvr, ; 1a Rus e de Bordeaux, Cap. P. Vauffanges, parti le 4 janv. arriv le 19 fvr. le Jupiter du Havre Cap. F. Renault, venant de Gabingue avec 50 j Ngres Congo^arri d'Europe le 30 mai.i 70 r arriv le 1$ f^v


5?
Navires en expdition, SC dont le dpart parat prochain.
A Logane le Comte deSeran Cap. Macarty, pour Nantes du 15 au zo mars prochain ; le Sqpha Cap..Lonard de Marin on, pour Nantes ,.dans.Ie mme tems..
AuP ort~au-P rince, les deux.Amis., du Havre, de zoo tonneaux Cap. le Sacher des Jardins, pour le mme port ^le grand Pierre, de.Bordeaux, de z 18 tonn. Cap. Sargeac pour Bordeaux,
Au Pon-de^rPaix -, le Dauphin des Sables d'Olonne, de 8o tonn., Armt. IcSr. Douvry,Cap.Pailleau, de relche en cette-rade depuisle 15 fvr.., & devant en partir au premier tems favorable ; le S Roch de Bordeaux, de 3 50 tonneaux, Armt, le Sr. J. Menoire, Cap. Larregny, arriv le 2_3.nov.en ce port, dloil doit partir pour Bordeaux du 20 au z 5.
Au Cp outre les navires dnomms dans la dernire Gazette, les deux fuivans ; la Marchale de Luxembourg, Cap. Sautrel; pour Nantes ; le Lion du Cap-, Cap. Jourdan, auii pour Nantes.-
Morts.
Le Sr. Yves-Claude Olivier deVieux-CKatel, Chevalier d l'Ordre royal & militaire de S. Louis, ancien Capitained?Infanterie, eft mort le. zo janvier dernier, fur fon habitation au Cul-dc-fac.
Le Sr. Marchand, Ingnieur^Ggrphe des camps & armes ^ eft mort au Port-de-Paix le.24 janvier..
Le Sr. Jumelle, ancien Capitaine de Milices, eft mort le IT fvrier, fur fon habitation PArtibonnite,
Le Sr. Carri, Lieutenant de Juge de S. Louis eft dcd dans le. quartier des Ances.
Le Sr. Mils, Ngociant au Cap, y eft mort le 16 fvrier,
N. gres MA.r o n s.
Au Port-au-Prince, trois Ngres ; favoir, Phaton Cor> go, tamp C. MICHEL, de zo 25 ans Adrien & Bossal, auiii Congo, fans, tampe; pris tous trois le mme jour lafron-tkre efpagnole, & entrs la gele:1c. 12 fvrier.
AS. Marc, une Ngrefe Congo -, d'environ z o ans -, tanv-pfur le fein gauche MYMY laquelle a dclar appartenir^ un habitant daDondon, entre, la gele le 19 janvier.


Au Fort-Dauphin? trois'Ngres ; favoir, MigTJEL, Congo, tamp fur le fein droit R X M. lequel fe dit libre, pris Jacquczy, entr la gele le 17 janvier; Cxar, Bambara, tamp fur le fein droit P.P. DE COVRS. & au-deflous BLONDEL, & fur le gauche L. G. H. lequel a dclar appartenir un habitant de la Sa-vanne de Limonade, pris au Fort-Dauphin, entr le 6 fvrier, Se Grand-gout, Congo, tamp fur Je fein droit" au Sr. Lambert Camax, pris chez la Dame de Kjean, entr le 10.
Au Cap fept, dont 3 Ngrenes ; favoir, Rente, Arada, d'environ .55 ans, laquelle a dclar appartenir la Dame Per, d. Cap ,prife au Lirnb, entre la gele le 15 fvrier ; Zabeth, Crole, tampe fur le fein droit B. au nomm Jacques, n. L Charpentier au Port-au-Prince, entre le 18 fvr. Marie-Louise, Nago, enceinte, ge de 37 ans au Sr, Prieur, entre le mme jour.; c quatre Ngres, fii voir, Pi erre,-Crole, g de 30 ans, tamp fur le fein droit G A, & fur le eaucheBOSRY,au Sa Brifac, habitant la Petite-riviere, entr le 16 ; Aubn, Crole^ g d'envi ron 15 ans, au Sr. Caftan, habitant la Marmelade, entre le 17 ; Cupidon Bambara, etamp fur le fein droit L ASS. & fur le lin^auche ELIN. au Sr. Aftlin habitant aux perches, entr le 19 fvrier, & Jean^Pierre, g de n'ans, ayant un bout de -chane au cou au Sr. leChaix, entr le mme jour.
Prix ds Marchandifes de S. Domingue, la Rochelle 9 dans les premiers jours de de'cembre 1763.
Sucre blanc, fconde qualit ; 47. '49'I. le cent. Dito., troinme qualit ,
44 45 1
Sacre brut, 16 341. les autres qualits proportion, .CafF nouveau petit grain, 13 14.f la livre, Dito ordinaire, 1 z 13 f. Dito vieux 11 nf. Indigo cuivr ,5 liv. 5 liv. 5 fols. Dito ml 5 liv. 1 o fols 6 liv. Dito bleu & violet, 7 8 liv* Coton, .170 a 175 liv.


Prix des Marchandises'de la Colonie.
AU CAP, le fucre blanc 48 $4. 1. le quintal ; le commun 38 4+ 1. le brut. 14 17 f," l'indigo bleu, 7 1- dito cuivre. 6 I. 10 f. le cafF nouveau ijf le vieux, lo'.ijf, le coton, t8o I90 I. Cuirs tanns,. 66. 70.1. Campche, ij. a 18 J. le quintal Piafbes gourdes, n pour cent;
Au Porr-a-Princc, :5. Marc & au Port-dc-Paix comme a^l'Ordinanc dernier.
Cours du Fret.
AU PORT-AU-PRINCE fucre xy 18 d. le cafF 10 14 d! l'indigo 3 f cnmn 4.C AU CAP, fucre blanc, 16 d; dito briu r8>d' indigo, ;o ]6 d- caft, 18 a 10 ii..
Prix des Marchandifes de France..
Au Cap, la banque de vin de Bordeaux, 160 180 I. la Farine, 70 a 75 1, le bariU Au Piirt-au Prince le vin. 1 jo'i fo I la fa-rine 70 7j J. Les Marchandes fecbes ont peu de demande
AVIS DIVERS.
Le navkc LE SOLFJL atta&lIemcrK dans la r3de du Cap, Capitaine Lioiv, effc en charge pour Dunkerque, & partira vers le if du mois prochain $ ceux qui demeront y pafler, ou faire charger des marchandifes fret, s'adicilcronc au Sr. Lion au Cap dans fon magafiu, xuc de r'nthievre.
Le brigantin L'AIMABLE, lu Cap arm de 8 canons &t z.a hommes d'quipage, command par le Sieur Feret prcivd fi ci pour Bordeaux, & fixe U date de foi dpart ainfi qu'il l'a tabli dans fa charte-partit au 10 du mois prochain On s'adrcilcraaudii Sieur rercr rue du Gouvernement.
Une Mnifon. fitue au Port au Prince dans la gronde rue, coofiftnt en trois apparremens 'fur le devant, deur.autres trois eu (fines & une cour fur le dtrtiere ..laquelle fe loue 500c l, j>ar an : un Ngre cordonnier, tant pour fouliers homme que pour routiers -femme j Se un Ngre couvreur, trs-bon ouvrier & le tout vendre. 11 faut s'adre/fer au Skur Boucherie, Ngociant. au Port-au Prince.
Un Tcrrcin, bois debout de 6a carreaux, vendre, fitu dans les Hauteurs tu quartier de la petite Anfc prs de l'Habitation du Sieur Fouhcr, peit, born t'efk par la ravine de Sable au nord par leSieur Miilot, & au fud par les crtes des mornes Hu grand;Gilles; il y a dans les hauteurs beaucoup- de bois d amandiers & autres propres au chanonnage : le cabrouct peut aller fur-ce Tcrrcin II faut s'adrefler au Sieur Millot ..habitant a la petite Anfe ou aux- Sieur* le Clerc Si Rcbinet, Ngocians, au Gap
Un Ngre nomm APOLLON de nation Congo tanip D C gros&.robufte, di cinq pieds quatre pouces environ-,, dpendant de l'Habitatiop du feu Sieur Garnier rue Rochcplatc, quartier du Trou ,.eft all maton fur la fin du mois d'aot dernier : les perfonnes qui ces indicariems pourront le faire rcconnokrc font pries d'en dentier avis au Sieur Galibert, ngociant au Cap. ^
M. de Vincent, Aide-Major-Gnral, a perdu la nuit du t8 au 19 du courant, deux grands Chevaux de chaife, bai-orangs, crins.noirs. Si un Cheval brun de mo.uurc : il prie ceux qui pourraient avoir quelque connoiifancc de l'endroit c- ils fetoient, de vouloir bien le faire avertir.
n B On recevra dformais les-avis concernant le Ngres maons, pour lcfquels il ne fera pay que 3 liv.
Avec, .Permijfkon. Au Cap, de l'Imprimer r e R o y a l e..


GAZETTE DE S DOMINGUE.
Du Mercredi- 29 Fvrier 1764:.
. Du Cap le 2p Fvrier.
LA Dilatation du Roi, du 11 novembre dernier a t enr-^ij^eau Parlement de Paris le 1 dcembre; l'enrgiftremcnt en a t fait fans que, de l'tablifTemcnt du fonds annuel de iO millions, on puiile induire que le premier- Vingtime puiflb erre lev au-del de dix annes apres-la publication de la paix actuelle, 6c la charge que le premier Se fcond-Vingtimes tant qu'ils auront lieu j feront" perus fur les rolles acluels que les ellts exigibles porrant intrts,. lcfquels auront fervi former les contrats de conftitution, demeureront entre'les mains du Trforier, pour tre'reprfents & brls lors des procs-verbaux, 6c en tre drefe pfocs-verbal fpar Se diftinct des autres effets rembourfs la caifle fur le fonds d'amortiflement; aprs quoi, l'Arrt porte- : Et fera reprfent audit Seigneur Roi, que la continuation des efforts exigs de/fes fujets par la-prfente Dclaration, iurpaffe de beaucoup les forces du plus grand nombre; qu'ils froienr mme irapolibles ceux que leur for- tune met plus en tat de contribuer aux charges publiques, i leur zele ne devoit tre-anim par la hceilt de pourvoir la libration de l'Etat, -fi. leur courage n'toit founenu par l'efprnce de Toulagemens prochains, 6c dont ledit: Seigneur Roi veut bien promettre d'acclrer l'poque ; quJun.des prin- cipaux'moyens d'augmenter la confiance dans ces promeffes, 6c de remplir des engagemens fc dignes d- meilleur, des. Rois j eft le retranchemonDabfolu: 6c effectif de toutes dpnfe's-qui ne feraient pas vritablement nceflaires, 6c l'conomie dan$ les dpenfes mme indifpcnfblcs ; & fera ledit Seigneur Roi trs-humblement fuppli de renouveller cet gard:, Se de la manire la plus expreife, les ordres qu'il a bien voulu alTurcr.r "fon Parlement avoir dj donns aux perfonnes qui font -la -ttc des. diffrens-Dpartemcns. ; comme aui-de n'accorder
F.


m atictti.Idon,gratlficanon ni perili on, que pou nirvices vritais blemeat rendus. l'Etat, mme d'avoir gard, dans la diftri, buti on des grces juftement mrites, aux. circonftancesarftuellas de l'tat de fes finances, .celui,de fes peuples comme la. multiplicit des emprunt* quiont.,t faits > & fouvent des n deniers exor&itans, eft une des principales fources de l?augmen- tation des charges de l'Etat, ainfi que ledit.Seigneur Roi l'a lui-mme reconn.ii., .fera.en* outre .ledit.Seigneu r Roi t rsrhum->> blement fuppii de ne|ioitpenncctre^qu'il.foit ouvert par la > fuite aucun emprunt ,'s'il ri'eft autorif dans les formes ordi- naircs & rlgals, indifpenfblemcntsneeiTaires pour acqurir n ceux qui prtent, la qualit de .cranciers de l'Etat, & aux dettes contractes.envers eux,.les caraclcEes &: les droits de dettes de .l'Etat.-m A en. outre arrt ladite Cour que pour l'excution du.prfent Arrt, il fera fait an Roi .une dputation en la : forme ordinaire.
Par les lettres-p a tentes du .zt novembre 31763 ,*cn interprtation de>la Dclaration du 2,1 du mme, m ois.,. Sa Majeft ayant |,ug propos de charger des perfonnes dignes de fa confiance,, du foin,de recueillir:,,rte.comparer & .de 'lier-enfemble. les diffren* Mmoires qui lui Jeront. envoys, mme .de. prparer, f dtermination par >les rflexions qu'elles pourront former,, tant fur.ces JVimoires, que furies connoilTnces.particuliercs qui leur feront donnes de.ee qui peut appartenir l'ordre desiinances, a tabli une Commillon o^ui fera compofe les perfonnes qu'elle voudra tonorer de ft>n clioix, du nombre defquelles feront quatre Officiers du Parlement, deux de la Chambre des "Comptes & deux de la'Gour des Aides de Paris : 'ees OommifTaires feront chargs de former les -rfultats des .Mmoires ; on leur donnera les communications nceflaires pour qu'ils puifnt indiquer les moyens les plus propres a:parvenir4tu ioulagement des peuples, par l'ta* bliflmert du jrfteilleiir ordre dans tout ce qui a trait aux dv&'-4-dntes parties des finances, 6e fpcialement par rapporta l'imposition ^ ; la rpartition, recouvrement, ^emploi & comptabilit les deniers. Sa Majeft veut qu' commencer au plu tard >au 1 avril prochain, les CommifTaires s'aflmblent une rois par fmame, rHplus fouvent, s'il dlnceffaire, & qu'meirje que leur rxawaii


fera form fur chaque objet, iFlui cri:foit. r<5n M.Dupleix, ci-devant Commandant des EtabiifTmens Franois" aux Indes- orientales ^ 6c Gouverneur de Pondiehery, eft mortr Paris le i.i< novembre.-
Par une lettre de S.Malo, du* i>8 novembre, on apprend que ls navires d ce portrevenus en.dernier lieu-.de.Terre-neuve ont rapport, que peu de-jours avant d'en partir il y toit arriv une frgate ngl ai f, dont la mini on- toi r de brler tous les* bateaux Franois-, qui y faifoient la. pche... Les ordres* ont t excuts ponctuellement ; del rade o toient es mmes navires^ on a vuiaJrlamme qui fortoikde diferens petits?bamens*auxquels -ls Anglais'avoient mia.le. feu..
Les navires arrivs de Marfeille en cette rade^ le -z-v-.&C 24 de-ce mois confirment la; nouvelle,.que les-diffrent qui s^toienc" levs entre Ja France & la Rgence d'Alger font termins: C'toit: l'objet de.l. raifo**..dont toit charg. M. Je Chevalier deFabry ^. il toit para de Toulon le ^novembre- dernier avec les-VaifToauX' rHippoBOTAME &lLE>Fier } & l Fr^-g^t* la. Chimre,,.pdur fe rendre.en droiture Alger. .M. de Moris de Vertrie continuent de eroi fer contre les Salctins Td'un dans la. Mditerrahne l'autre dans-rl'Ocan.,
On apprend-par de lettres>db France que?, flic la permiiToii que M de Clugny avoit demand de f retirer ,,anencu le mauvais tat de tfan t, le Roia nomm pour luifuccder,M.:Maeon.
On mande d Jacmel que ls plantations", aprs-avoir emiy une trs-longue.fcherefife, venoient d'tre entirement dtruites -par l: chenille: on value la perte a plus de deux millions ; elle-met le comble au malheur d ce quartier qui, depuis-la^paix,, manque de toutes des-ch'o fes ncefTaires la.vie; u
Dans la nuit&: Meynadier ,,Ngocians:du Port-au-Prince, fortant dw> Trc-u-jeremie, s'eft briffe fur les rcifs dir/Vou-patte-large : le btiment & fon chargement confiftntcn indigo &: marchandifes r fches eflimis Sooco.liv. font perdus-* l'quipage t'eft. fauve-.


4
De Cnes 3 le i Novembre 1763.
La Rpublique n'eft depuis long-temps occupe que du foin tde rduire les rebelles de Tille de .Corfe : le fuccs n'a pas rj'pondu aux mmres qu'elle a orifes jiifqu'ici, Se aux. efforts qu'elle fait tous les jours pour y rtablir fa pukTance tja tranquillit. rLe Gnral Matra, qui commande les troupes de la Rpublique dans cette iflc,, avoit entrepris lelicge de Furiani, l'un des principaux polies des rebelles ; aprs plufieurs tentatives infructueiifes, il fe. dtermina, le. 1S Juillet dernier,. donner un alut gnral leurs retranchemens ; le oefayantage de fa pofition, Se la vigueur de fa rfiftanec, le forcrent la retraiteaprs.une action trs-viyc qui avoit dur trois heures. Le 2,3 Pafcal Paoli Chef des rebelles, profite de cette inaction,pour l procurer de nouvelles relfourccs ; fur la fin de feptembre, il a convoqu une^ffemble gnrale de la nation^ pour dlibrer fur les mefufes qu'il convient deprendre,en cas que l'on envoie .des troupes trangres dans l'ifle le,i 6 octobre, ilfe feroit rendu matre aAjaccio par le moyen d'une oorrefpondanc.e fecrette .qu'il y entretenoit avec le nomm Maffaria, fi la confpiration n'avqit t dcouverte affez propos pour donner le temps la garnifon de prendre les armes, Se d'loigner de la ville les rebelle? qui'-sen toient approchs, dans Pcfpran.cc d'y tre introduits


4i
par Maflaria. Us ont en mer quatre ehbecs arms, qui ont Uja pris plufieurs btimens, portant .Pavillon Gnois..
Le Gnral de l'Ordre des. Servi tes ayant' envoy en Corfe,. Je fon autorit prive, et fans, l'aveu du .Snat un Vifitelir natif Je cette Ifte >cette dmarche imprudente a attir fur tous- les Religieux de fon Ordre tablis dans les Etats de Gnes, la dif grce de la Rpublique.; il leur a t enjoint.d'en fortjr dans quinze jours ; ils ont obtenu un -dlai de deux mois ? l'expiration duquel le Gnral de ces Religieux ayant.perlift dans le refus d rapelicr Je Vifiteur, l'Arrt de profeription lanc contre eux, a t mis en excution : cri confquenec le i^defeptcmb. dernier ces Pres vacurent les trois maifons qu'ils'.occupoient dans les Etats de la Rpublique. \.
Mon t s..
Dame'Maric-Elizabeth Bobcn., veuve du Sr; Prat Bernon, 'Chirurgien Major des troupes du Petit-Goave, y eft dcde le z 3 janv;
Le Sr. Louis-Daniel Pin eft-moiti 27 janv. fur fon .habitation Ju Quartier de S. Louis, dpendance du Port-de-Paix;.
Dame Charlotte duperie t., veuve du.Sr. PrchalFon deVaufolet, habitant Miragoanne,, eft morte le? 3 fvrier.
Le Sr. Pierre Allis, Crole du Cap, Ngociant au Port-au-Prince, eft mort dans cette dernire viile.le 19 d ce mois.
Arrive de :Navires.
Au Petit-Goave, le Navire l'Hirondelle., de Nantes, Cap. Thomas qui a touch au Cap le: 16 janv. arriv ici le 7 fvr. avec 201 ngres de la cte d'Angoie; il- a ouvert f vente le 16, Se la prefque finie le mme jour.
A Logane depuis le 15 fvrier,le Brigantrn l'aimable Henriette du Havre., Cap. David Maniable, venant d'Angoie, d'o il eft partile2 2 dcembre, arriv le 16fvr. avec 281 noirs*, dont la vente a d s'ouvrir le 24 ; le Navire le Franois d Bordeaux Cap. le Chevalier de Queux, parti du Cap le 30 janv. ayee des' familles acadiennes qifil a dbarques au Moule arriv ici le 17 & la Frgate la Vigilante M. de Beauval, Capit. Gornilaud, revenant du Cap-Tiburon1, arrive le 18 en cette -ttdc, d'o elle doit pa-fler au Port-au-Prince. .


4*
A' Prt^tt-Princ la Sevr, d Nantes ,du port d 2 jo tonneaux Gap. J. Peignon, arriv le 1.6 ; le Bateau les peux Amis de la Martinique-, de 70 tonn. Cap, B. Griteaud ; arriv le mme joue ; leNeptune de Du nker que j de 90 tonneaux Cap. Mundelaers*,arriv le 17; la Corvette du:Roi. la Vigilante, Cap.jCrnillaud-, arrive le 20 ; le S; Julien,,de.Nantes-; Cap. Lecay-; venant ; de Logane.potir prend charge;, arriv le- 22..
Au Cap ,l?Hevreux>, de'MarrdIfe,,Gap.^Iancand;parti le 15 dcemb. arriv .Ie.2Jt-fvrier ; l'Europe, dcMarfeillc, Capir. B. .Granety partil 15 dcemb.,arriv Je* 24.fvrier ; la-Marie-F-RANoiSE;4ulCap',CapitBeaumontj.entr par relche le 16, deftiri pouc Bordeaux.,
NAV-RE&icn.-expdition^
A.Sl Marc ,,,la Julie de Bordeaux, Cap.Dartis vdont le dpart eft'rlx au 16pour lememeport; les deux AMiSjUiHvre,, Gap. Sachet; Desjatainsvenant^ du-: Port-au-Prince..
Au Cdpy ,les quatre;FiLS Amon, ;ap...Pierre Lmoihe;. l'ExpDiTtN^.Cap. Pelletier, & le Lion,Cap.Jurdan, tous; trois du .ap j..pur-, Nantes^; l e Luxemeou rg. Cap,. Sautrel, de Rouen, pour -Nantes ; ;L'XJnio^<, Gap. Boifinot, de S. MaJor pour Nantes ; laiDaME Elonor Cap. Shout .d'Amfterdam pour le. mme. lieu. ; .l'aimable Thrse ..Cap. Fortolis, d, Marfeille ,.,pour l mme ville;; la-Poste y.Cp. Lelivrc-, de Honflenr, pour le* Havre..
NGRE S M A; RO'N SL
Au Ptit-Goave > an Ngre Congo v nomm Pierrot, d'environ 25 ansvtamp CA, qui a dclar.appartenir Boni. JUari d & Yague.
A tArcahaye 3 un jeune Ngre Crole nomm Pierrot tamp fur le fein gauche MAUGER, S: M ARC, arriv de France, dans la Julie, Cap. P. Viaud, l'adrefF des Srs. Shee & Shridan lequel ngre fe dit libre ; un Ngrc nouveau ,. de 25 30 ans, tamp fur l fein droit MULERE.
Au Fort-Dauphin un Ngre Crole, nomm Phjlippotv ans.tampc, lequel dit appartenir au Sr. la Builiere.


CALCUL DE MDECINE,
PI GRAMME.
?U;i., cher *je confie Nature, Le foindifcret de mon individu : Suivons fa marche., elle eft fans impofture ; Repos rgime^ .& tout nous eft rendu. Le bon Argan Croit que tout eft perdu ;. Il cric, appelle c Paris & Salerne, Pour ranimer fon tat knguilant ,*
Le pauvre fot mrite qu'on le berne.;.....
...;.-.sn rifque, au moins,, quatre-vingt-dix pour cent.
Par M. ReverbY.
Lettre .crite L'Auteur .de la Galette.
' L'utilit- MonfieuT-., -pre 1 -plvyfiqae 'fc TagiicvtaKe "peuvent retire ds ebefvatidns ltcorologiqucs faites avec foin dans les djfFrens lieds de cette colonie-., rrterfgagc- vous
prier de vouleir.bicn infrer cette-Lettre dans la Gazette, afin d'avertir les pertonnesanimqs de gojit Se de tcle pour ces connoiaoccs, cjuc je leur faciliterai les moyens 'de faire cs obfervatiiws avec fuccs ,xn leur ffaiiant parvenir ( gratis ) des..inftrumcnsconvenables tels cjue des Baromtres ,Tiicnnomccrc3 & Aromtres., conftrims avec lc-ptus grand foin
& dont -les fubftances opt fa mme dilatabilit. Ces obfervations auroueponr objet la temprature de l'a^r, la-qualit des vents, l'tat du ciel diffrentes;heures du jour -l'abat G-
icment de* eaux de la mer par rapport au niveau de quelque objet dtermin, la quantit d'eau qui tombe du ciel rous les mois, l'tat des rivires, l'abaiilement & hauteur de leurs eaux raifou du lit ordinaire, la-profondeur, la aiine du fbud. la-pefaotcur des eaux de fontaine, c-z.
La million dont la -onr m'a charg, ayant beaucoup de Conncxit avec ces diffrentes parties & m'obligfant de parcourir toute l'tendue de l'Hic fous la domination du Roi;, j'aurai l'bomeut de voir ceu qui voudront bien confacrer quelques memeos du jo;ur dqs Ttcberches partientieres, fc ces-bTcrvarionsimportantes aux .pregris des (ieuces.fc des .arts., dont on peut tirer C A LO N l'aft Ing4nicur-Gographc des camps fc arme*.


......; ............ #. _.......
... Prix des Marchandifes de la Colonie,.
AU PETIT-GOAVE'', le fucre blar*,^ tlcqumat.' le brut, x "it l.' l'indigo blu $7 |, -je enivr ; 6 *" 1.- 10 t le CJtff^naUvca'u'r'i 3 14 C. le'coton I7oi8ol.
AU PORT-AU-PRINCE, le fucre-blancvpreavere qualit > 48 a 50 l. les autres, jo 451, le brut n 1 10 f. x3J,.Lid_igacuU>W4.4of;-b1c-& viokt, 7 l. Caff nouveau, 15C 6 d. a 14 f. le vieux 1 1 f. 6 11 f. le coton, 1.60 16$ I. Cuirs eu poil, 3 j J. Caro. pche, 14 a f l. leo.ui.ntal.* > ; { ...*.
AU CAP, le fucre blanc,-premire qualit ", 5-4 1.' fetondc'qualjt ,'48* JiK commun, 38 44 I le brut ir 17 I indigo bleu 7 I. J: f. .7 J 10 '. cuivr tf.L'c 1. 10 f, cafF nouveau,,.i rf le vieux. .10- n f. coton ^0 .. too.l. Campche"; 16 I. le cent, Piafltcs gourdes .33 pour, cent."
PXiX] des ''Marchandes ; de rf., y. iT: '.
Vin de Bordeaux ,art Port,au>Princc-&. aa .Cap^ iS'c/l. S. N:.c\ 100 f. 'comptant, &
140 L trois mois, r "!'. Farine, au Port-au-Prince commune 60 i. nu>irfac 8o'l. .S. Marc, 70 I. comptant 8
8t 1 trois mois. 'Au Cap, 75 \.
Les. Marchandifes flches ont toujours peu de demande!
.' Coztrs du Fretin \
AU PORT-AU-PRINCE, fucre -, ,18 d. le ajfc 1.0 14 d. l'indigo, 3 f.' coton 4 f. AU. .GAP fucjVbJjXc',; 14 i$.d.. Ibtut V "1-3 'd indigo, 36 d. cafte, .18 a 10 d.
_ AVIS. DIVERS...
Un'Particulier, dc'cetre Vii!e dJlrcioh avoir des graines d toutes les efpccs d'arbres& d arbri'faux, queproduir la'Colbnie, tant dans les cauons-arideSY que-dans les endroits marcageux ; il payera*.ce qui lui fera demand pour ces fortes dVnvois", eu gard la raret ou "'utilit de, l'eforce, j la qualit des graines Se aux fiais de traufport: ceux qui vpuiopflui envoya des gVJlns s"adrciferont kl'Aurear de la Gazette. 'V Le Sr'rBiiis, crmrpcnticr de moulin l'a petite ahfe',- a perdu {'ri ya environ trois femainer, Vft'clicvil ahglois alezan', fans rampe g-dVn Vit 611 fx ans : il prie ceux qui pourraient eo avoir connoilfance, de le lui renvoyer; il promer une rcompenfe relui qui le ramnera.
Trois'maifons fitues au petit-Goave & une Habitation au bas du Tapion d'environ 300 carreaux'-,- avec -io- Ngres, vend te j "le "tout payable en argent, ou en denres du pais / oa rarfien-rfanfpoTts de crances liquides fur Ja fucceliln du St; Thibaut do Pifry. Il faut s'adrerfer au Sr. Dcmp, au prit-Gbave: '' (
Le St. Menot, Apotrcah aurGa'p, s'eft convaincu-, 8t peut-prouver / tant par fon remJt annonc dans la Gazette ru 8 de "mois qire par Touvrcurc des cadavres, que l baumedt Vie', 1er lianes y lc-fimaforjb ,T'huile de pSlrria GhrHti a &c\ -ne chartem les vers des enfans,
?iu'autat qu'ils fc trouvent dans.les gros imefrins ; car s'ils font dans les nrcitiis grles o ft ornement les dtangemeas d lanture ces* fortes- de remdes n'y produifen.t que des effets iouvent contraires aux maladies aufq'ueUes on les applique- On trouve chez le Sr. Menot l'Opiat &' PElixir pour les dents le viai Baume d vie-A: la ;ncruvelle Eau- royale de Paris > pour la bouche, avec des imprims. ,
1 h Navire LE MICHEL ^actuellement m-fa de au.Cap, du' porte 300 tonri. conftfuit S. Milo, murii d fes agrs5cappaiaux nt'cdfatcs pour faire voyage j -vendre." On s'adreffer aux Srs. Courjols & Forftter, Ngocians au Cap.
LGoc)ettc LA MER VILrlE, bVpbrt de ; j 40 tonn. mouille dans la rade du Gap, avec f agrs & apparaux j vendre. S'adrlfer au Sr Gelliberr-, Capitaine, rue Pcntliicvrc au Cap.
Le'Sr. Benjamin Fanir, habitantu Thou', 3 perdu il y aerivirofl j (emaiues un Chcvi.1 entier, d 1 ans', poil gris; tamp a'la cn'ircdirct du rn- dans on'fen lenrcrf, & au-dclfous une tampe efpagnolc, ....... > .
> 'Avec Prmlffwn;.
Au Cap, de l'Imprimerie Royale


GAZETTE DE S. DOMINGUE.
s.^~r~y. Du Mercredi 7 Af^n 77^. Z?i LojV&RES y le ij Novembre
Qyoi^uji ft naturel de penfer cju' la paix le commerce de-l'Angleterre, au lieu de. s'accrotre encorepourroit au con-traire diminuer, l'vnement? prouve que la conjecture n'auroit
le
quantit de marclrandifes fabriques dais Jes trois' Roy la fin d'octobre dernier, dans le feul port de Londres, pour-cette deitination, .il. en a t charg, pendant l'efpacc de huit, jours, pour la valeur de zoo mille, livres fterlings. On efpere que* les arrangemens-auxquels: le. Comte de Guerchy Ambaiiadcuc, de Franco., travaille avec le; Miniilere-,.contribueront ecore-* rendre le commerce plus-avantageux la-nation..
Par toutes les- lettres reues d la -Nouvelie-Yorek jufqu' p> jour, dont'iesdernires-'fonrdates-du 19 feptembre',. Ion apprend que les fauvages continuent-leurs dfordres-& leurs houilits. avec la mme fureur; ils*?ont dtruit tous les tbliffemens o ii ne s'eft pas rencontr des forces capables de les arrter. Tous les pfte,s du paysid'n-haut font entre leurs-mains ; ils n'y ont laiif la vie a aucun Anglois. Un gros corps d'entre eux-s'eit montr ;quatre lieues de Montral ; ils auroient entrepris e lige de cette Place, s'ils n'eufTnt t informs qu'elle toit dfendue par deux Rgimens... Quoiqifils paroifent avoir renonc.au. deifein qu'ils* avoient fur le.ForrBitt, ils n'ont pas-abandonn les environs des Forts Dtroit & Niagara; on craint qu'ils-n'attaquent ces deux Forts,. qu'il n'y apas d'apparence de- conforver, moins d'y faire marcher promptement un renfort qui donne aux Angjois la fupriorit du nombre fut* les:Indiens-'-Le 14 feptembre-, jccux-ci enlevrent un convoi de vivres, deftin pour Niagara; toute l'efeorte; qui? toit de 2.4 hommes commands par un Sergent, lut.maifacre, Jiormis. deux charetiers qui avoient pris la fuite*
G.


)ux Compagnies d'Infanterie lgre., qui toient campes A quelque diftance de l, s'tant mifes enmarhe pour, aller fecourir ] convoi, elles furent attaques., une demi-lieue de chemin., par un corps de fauvages, qui les obligea de fe retirer avec perte de leurs Officiers Se de la plus grande partie des troupes : aprs avoir gorg 16 bufs, Se dtruit prefque toutes les voitures, ils ont emmen une vingtaine de chevaux chargs de butin. Les tentatives mmes dans lef quelles ils chouent., font toujours trs-meurtrier es, S>C ils les renouvellent journellement- Le Chevalier Johnfon travaille avec plus de zele que de fuccs, infpirer aux Iroquois des difpofitions pacifiques ; il met en ufage avec eux les reprfntations, les menaces Se les prfens, fuivant les circonf tances ; quelques tribus de cette nation attaches depuis quelque temps aux Anglois en ont engag dix-huit autres conclure une paix que l'on ne doit pas regarder comme fre Se qui ne difpenfe pas des prcautions qu'il faut prendre contre des ennemis cachs, .qui n'attendent qu'une .occaiion favorable pour fe dclarer ouvertement. L'Alfemble gnrale de la Nouvelle-Yorck .a dlibr fur les moyens de lever la fomme de 50 mille livres fterlings,, deftine aux oprations nceffaires pour s'oppofer au foulevcment des Indiens ; on paroiffoit difpof tablir pour cet effet une taxe .de 10 pour 100 fur toutes les marchandifes qui y feroient importes ; mais on ri'ef point encore inform de la rfolution finale .qui a t prife fur cette affaire. La ruine des tabliflemens voifins de cette Colonie, y,a fait augmenter le prix des terres, de plus de 30 pour ioq.
Ce font les Penilvamens qui ont attir fur toute la nation la fraine oc l'acharnement des fauvages. En 1741, ie Confeil de la Virginie .acquit d'eux toutes les terres 'ouefb, jufqu' la mer du iud>: en jtio9 le Gnral Stanwich leur cda, de la part de la Couronne, tout le pays l'oueft des monts Apalaches, pour les terres de chafle, ne rferv.ant au Roi que des endroits propres la conftru-ftion des Forts; il fut enjoint-en confquence aux Gouverneurs des Provinces., d'empcher qu'il ne fe ft aucun ta-foliffernent fur ces terres ; mais les Penfilvaniens en formrent de fi confidrables fur l'Ohio que les fauvages, irrits de l'in-fta&ion du trait > ont pris la Aache, Se ont dclar cpCils jie la


fticccroient bas, qu'aprs avoir 'chaffe'u extermin les Europens. De VARSOVIE y le j Novembre l/o^j. L'Archevque Primat, Vicaire du Royaume dans ls interrgnes, donne tous fes foins l'adminiflration des affaires & au maintien du bon ordre de la tranquillit & de la furet publique ; Je Grand-Marchal de la Couronne partage avec lui le poids de l'Etat.-Depuisquelques jours, plufieurs Grands du Royaume font arrivs ici pour aiT-tter au Confcil du Snat, qui fe tiendra aprs la S. Martin; on en attend, encore d'autres tant de Pologne que de Lithuanie : quant la Dite gnrale pour l'lection d'un Roi., elle ne. peut avoir lieu.qu'au mois de mars, oii avril prochain. Cependant lespartis fe forment, on lie de coures partsdes intrigues pour ou contre. Jufqu' prfent on ne connot pour concurrens au Trne, que le nouvel Electeur de Saxe &: le Prince Czartorinsky. La Cour de Vienne, eft. rfolue de n'employer que fes bons offices en faveur de S. A. R. l'Electeur de Saxe. L'Impratrice de Rufie a annonc, dans uic Dclaration authentique,.. les difpofitions les plus favorables la libert des fuflVages; elle a mme engage le Primat & les Snateurs prvenir, par leur unanimit dans les Dites, les troubles qu'xciteroit leur diviiion : mais pour mieux atfurer la tranquillit commune?, comme allie c voifine de ce Pioyame, elle fait dfiler vers les frontires un corps- de troupes de plus de 30000 hommes. On dit que quelques PuifTancs fe font dj concertes pour placer le Prince Czartorinsky fur le Trne.
S. DO MIN GUE.
Des Cayes, le ip Fe\'rien Il y a dans"la rade de cette ville onzenavires, un bateau & un brigantin ; favoir, neuf de Bordeaux, qui font l'Alliance, Capitaine la?Ville, arriv le 1 v feptembre dernier ; le GraNd-Mareghal-Dvc de Richelieu, Capit.-la Fargue, arriv le 13 octobre ; la Rozette, Capit. Langoirau, arriv le 10 novembre ; le S.. Pierre, Capit. la Claverie, arriv l 24; la Toison-D'oR, Capit. .Raymond, arriv le25 ; l'Industrie, Capit. Duiac, arriv le 2 dcembre ; la .Prosprit Capit. Auroire, arriv le 3 ; la Nancy, Capit. Marin, arriv le- 25/ ; le S. Matthieu, Capit. Maneftat, arriv le 12 janvier : und Nantes, l'nge-Gabriel,


48
.Cap. Benoit, arriv le 16novembre:un de Marfeille, leMentoi Capit. Daran,.arriv le 12 fvrier : le bateau l'Amiti, de h Martinique, Capit- Jean Ravel, arriv le .16,-. charg de 8 8 ngre .achets la Martinique, o l'abondance Jes .a fait tomber u: prix fort bas ; & le.brigantin l'Anne., achet la Nouvelle-Yord par le Sieur Pl.antard, pour lercomp.te des SieuFs.Rouffau & 1; Maignere, "Ngocians au Port-au-Prince, arriv ici.le 18 fvrier l'adreffe des Sieurs Qoguet Dutruch qui vont l'armer &: 1< frter pour France,
Suivant des lettres del Martinique, arrives par le bateai l'Amiti, &le rapport mme du Capitaine de ce. btiment, ils coit queftion de transfrer le bourg de.S. Pierre au Fort-Royal., pour ne faite qi.'une feule ville, dans .laquelle toutes les.forcer Se toutes les richells de ce^te Iflc feront runies de manire er /rendre la dfenfe plus.fre, Se ja conferyation moins difpcndieufe,
Du Port-au-Prince le 29 Fvrier.
Depuis quelques jours il fouffleici un vent d nord qui (chofe extraordinaire dans cette faifon) a occaii-onn .aujourd'hui une pluie fort abondante. Il v a apparence qu' la mer le temps efl .trs-mauvais. On.arfure que quinze navires partis en dernier lieu, tant de ce port que de Logane, pour l'Europe, font retenus pat ,-les yents contraires v au meule S. .Nicolas Se la Plate-forme.
Du Cap y le 7 Mars.
L'AfTemble des deux Conjils Suprieurs de la.CoIonie, continue fes oprarions relativement l'/ette & la-fixation des .droits, jufqu' la concurrence prescrite par le "Mmoire du Roi 4n 1 5 ilpijt dernier. Par un tarif,,auquel M- l'Intendant .ordonn aux Receveurs des Octrois de fe,conformer pour la perception d'ice.ux, compter du 1 janvier 1764., H parot que les .droits fur Jes denres.qui feront exportes de cette Colonie, ont t arrts & .fixs de la manire fui van ter, Sucre blanc, 14 liy. la barique Crole, .10 liy. la barique de Bordeaux, 5 liv. le quart-.Sucre brut, -iz liv. la barique Crole, 5 liv. la barique de Bordeaux, 2 liy. 10 f. le quart; l'Indigo, 6 f. 6 d. la livre.., 'Gaff, $ den. la livre, Coton, 18 den. la livre ; Sirops, le boucaud <6 liv.jy la bariaue 3 liv. -9 Taffia, le boucaud 9 liv., la .barique


.4 liv. 10 f. ; Cuirs tanns> 15 f. le ct ; Cuirs en poil, 40 f. la banette.
Les autres Droits dont la fixation eft connue, font ceux-ci.
.2 pour .cent, fur le produit de la vente des Ngres qui feront introduits dans la Colonie.
7 pour cent, fur le'prix des Baux--loyer desmaifons des Villes.
24 liv. par tte de Ngres domeftiques., ouvriers ou autres cfclaves des perfonnes domicilies dans les Villes fans diftinc-tion d'ge ni de fexe.
1.2 liv. par tcc.de Ngres domeftiques., ouvriers & autres appartcnans aux perfonnes domicilies dans les Bourgs.
11 liv. par tte de Ngres appartcnans aux Guildiviers, Chaux-fourniers, Potiers, Thuiliicrs autres cxploitans des manufactures de-ce genre-
4 liv. par tte de Ngres appartenans aux Habitans jardiniers., lgumiers c autres failant toute efpce de -vivres :, qui ne s'ex-portet point.
LeS'Eermes des pafTges de Jaequezy, Limonade la petite-Anfe,.du Limbe, Port-margot, l'Acul c autres pafTages par meri, ont t fupprimes : chacun pourra dformais faire tranfportor fes .denres par qui,, de lamaniere qu'il jugera propos..
Arrive de Navires.
A Le'vganC;* le Mentor.., de Bordeaux, 'Capit. Bertrand Berthomieu,parti le 14 octobre 1763 arriv S. Marc le 29 novembre, & ici le 22 fvrier ; le Chaumont de Nantes, Cap. Jacques Tronfon, parti le 17 dcembre, arriv le 24 fvrier; le brigantin l'Aimable-Marianne du Havre., "Capit. Martin Chailloa, parti le n novembre, arriv au Cap le 2 3 dcembre., au Port-au-Prince:le 26 janvier,'& LqganNle 25 fvrier.
Au Port-au-Princey le fenau l'Heureuse-Paix de Bordeaux, Capit. Franois Suau, qui a fitefcale au Cap ; fie le navire le Solide, auffi de Bordeaux, Capit. Georges Foreftier, qui a palf la Martinique.
Au Cap, le bateau l'Epreuve, deDunkerque,Cap. Bruflier, venant du Fort-de^Paix, o il a vendu fes ngres, arriv le 28 fvrier; le navire lsBussac, de Bordeaux, Capit. Pierre Rozain,


fer
parti le 11 janvier, arriv le 1 mars ; ia Belette, deBayon Capit. Girard Jaulery, venant de la Louifiane, d'o il eft pan
5 fvrier, arriv le 3 mars ; le bateau du Roi la Marie, du C Capit. Franois Salomon, venant de la Louifiane, d'o il eft p; le 5 fvrier, arriv ici le 3 mars.
Navires en expdition, SC dont le dpartparotproche
Aux Cayes, les navires le Grand-Marechal-Duc de chelieu, & la.RozETTE,pur Bardeaux ; fie l'Angl-Gabri. pour Nantes..
A Logane le Hardy, Cap..Clment Hardy ; l'Elonc Cap. Etienne le Ray; les Jeunes-Cousins ,^Cap.J. Bapu.Gauj tous trois- pour Nantes..
Au Port-au-Prince y. le S. Vincent,..Capit. Julien Tort pour Marfeille ; la Ville du Port-au-Prince Capit- Jofi Garnier, pour l mme port; la Philis, de Nantes-, Capit, Pont d ortih ,.pour Bordeaux..
Ail Capy l'Emmanuel de Marfeille, Capit.-Guigne, p< le mme port; le S. Joseph, de S.-Jean-de-Luz, Capit. Sej
6 l'Aurore, de Bayonne,Cap. Daraft, tous deux pourBayoni le S. Louis., du Cap, Capit. rArtigue,pour Bordeaux ; la Vu de B1LBA.0, lenau du .Roi, de RocHefort, Capit-Boudet, pt la Louifiane^
M or t s.
Le Sieur Jean Pirret, dit Namur, eft mort Air fon Habirati au Mirebalais, le 11 fvrier dernier, g de. 81. ans:, dont il avoit paile" 70 dans la Colonie..
Le Sieur Franois David, ancien Capitaine-Commandant quartier du Gros-Morne, y eft mort le 23 fvrier, g de 65 ar
La Dame veuve Marchand eft morte le. 24du mme mois, fon Habitation, la plaine de l'Artibonnite..
Le Sieur Pierre-Dieu^le-Fils Desbarres, Habitant aux Verett quartier de l'Artibonni te, eft dcd le 27fvrier,.g de 71 a; aprs 50 annes de rlidence dans le mme quartier, laifTant 1 Habitation confdrable, bien tablie, & fans dettes.
Le Sr. de S. Pol, Chevalier de S. Louis, Capitaine au Rgim< d*Angoumois, eft more S. Marc le z de ce mois.


N gre s Ma r o If s.
'Au Petit-Goave, un Ngre., nomme Bernard, crole de la Martinique g d^environ 30 ans, fans tampe apparente, lequel n'a voulu dclarer qui il appartient.
Au Port-au-Prince un Ngre boffai, nation Ibo,; g de 10 25 ans, fans tampe, pris au Mirebalais.
Au Fort-Dauphin, Ngres ; favoir, Franois Tiamba -tamp fur le fein droit A. T. & fur le gauche MACART. au Cap, lequel n?a voulu dire le nom de fon matre, entr la Gele le 25 fvrier; & Achille,Senegalois, tamp furie fein droit M.C. au Sieur Bufy, pris rcul-de--Samedy, entr le 27.
Au Cap, depuis le ^9 fvrier, une NgrefTe 6c cinq Ngres; favoir, Junon, Ngi-etTeCongo, de 13 14ans, fans campe, laquelle a dclar appartenir au .Sieur Tourangeau, prifeau haut du Cap:, entre la Gele le 1 Mars ; Michel, Mina, d'environ 30 ans, tamp fur le fein droit CE, lequel a dit appartenir au Sieur d'Hericourt, Habitant aux Fonds-blancs, pris au Dohdon entr le 1 ; Emmanuel, Congo, tamp fur le fein gauche F M, au Sieur la Motte de Limonade, pris Caracole, entr le 3 ; Hippolite., Tiamba, g de 20 22 ans, tamp fur le fein droit LAVIALLE, auSr. Lavialle, Habitant la Grande-Riviere, pris Limonade, entr la Gele le 4; Ren, crole, g de 30 32 ans, tamp fur le'lein gauche IE, au Sieur la Roche, Habitant Ouanaminte, pris Limonade, entr le mme jour ; & vin Ngre de 16 18 ans, fins tampe, lequel n'a voulu dire l .nation, fon. nom, ni celui de fon matre.
Prix des Marchandifes de. la Colonie.
AUX CAYES, le fucre blanc, 3f jo le cent* Je brut xo L j rindigo4 l. 1. lo F. jlecoton
160 1. : le cafc eft peu cultiv dans ce quartier. AU PORT-AU-PRINCE le fucre blanc, premire qualit 48 fol. les autres, joa4jI.
le brut 14 1. Indigo cuivr, 6 l. va f bleu Se violet, 7 1 CafF nouveau, 14 le vieux i.
1 f. le coton, 16f 170 I. Il n'y a d cuirs, ni caret, nicampchc vendre. A S, MARC, Indigo bleu, Si. 10 f., cuivr, f.i.i Coton. 175 j Ga/F nouveau 11 ij'-f.
vieux. ic : 1. f.
AU CaP, le fucre blanc, jo J+ I. commun ^8 441., brut, t iS I. ; indigobleu 7 I. 7 1 10 f., cuivr, 6 J. 15 f. cafK nouveau, 1 j f le vieux, 10 1} f. cocon, i?oi 100 1. Cainpche, 16 18 Me cent; piaftres J4 pour cent.
Prix des Marchandifes de France.
Vin de BordeauT, aux Gayes, 160 I. S. Marc 140 I. au Port-au-Prince & au Cap 1 ioU ami

jt Cours du. Fret... ,.
CAYES, Sacre brut ,18 10 d,.
PORT-AU-PRINCE fucre., 18 d. le cafF: x. 14A l'indigo., J f. coton 4 f." S. MARC, fucre 18 10 d.- indigo 40 d.- cafF, 14d, coton, 48 d. CAP,.fucre blanc, 16 d. brut, 18 d. indigo, 4d. cafF, 18410 d.
Prix des Denres de t Amrique h Bordeaux >au/ dcetr,
5u6re> premire qualit-, 47^48!. fconde & troiftmequalit,- 41. 4 c 1. communs, 39 I. brut du Gap, 19 j 11, dito, dcLoganne, jo jj 1." CafF ..de S. Doming vert, 11 ( 3 f, 6 dito vieux & infrieur, xo 1.1 /. 6.4,: d la Martinique, 1 j 1. Indigo bien & violet, 7 ; 8.1. mlang C 7 1. cuivr, 4I.1J f. 5 1. 10 f. Coton di Domingac I7f I. idem de l Guadeloupe, 16 j 1 Piaftres gourdes fi yf.jl.jf.it
avis divers:
Le Public" cft'averti J qnepar ordre AirMv l'Intendant j les Gourirs pour le Trou & le Fo Dauphin partiront deux fois par femiine les lundis-fic- jeudis 10 heures du matin & qu reviendront les mercredis & lamcJis pareille heure, .
Le Batccau LA FORTUNE, du port de 30- tonneaux, a&uellcment dans la rade du Ci .vendre ; On.pourra s'adreTer au Sr. Qucrcy-, dans la rue, cVtprs-du Bac.
Une Habitation vendre (jtucs>u quartier du Borgne dpendance du Port dc-Paix, et tenant 64 carreaux arpents, for-laquelle il y-a eu quelques tblifFcmcns; on s'adreiTeraan la Tour, Huiffier au Cap-, rue de Vaudeeuil, pis de la comdie j il en fera bonne-compofitic
Habitation vendre au bourg du haut du Cap prs la rivire ; il y a une manufacture guildive pourvue des ngres. beftiaux & ufteuciles ncflrfircs fon exploitation ; fes b mcnsqui.en dpendent, font de maonnerie-. fic-couverts en tuiles j il* confftcnt en une cj ptincipale trs commode, cu.i(;nc, magafn, remife colombier, poulaillie-r SL cazes ngre il'y a un jardin plant d'ungrand nombre d'irbres fruitiers, une perh favane, laquelle tit aient un terrein plant.en herbes pour les .animaux-, &>unc grande' rozdlicre; cette Habitat! qui eft au partage des.Lfpaguols-, met porte de" faire un commerce avantageux. On-dcman que la moiti du prix dont on conviendra fob paye comptant, &-l'autre moiri.cn une ret viagro; ou le propritaire fera une socit avec l'acqureur dclajjnoiy, & lui en UifTcra gertion. Il faut s'adretTc'r au Sr- de Rochefort > auhaut du Cap., odrau/ Sr* Pmdlromrae d xncurant au Gap rue d'Anjoa
Un Ngre nomm PiERRE crole de Logane fans crampe g d'environ 60 ans S pieds f po*ccsv aflez replet, un peu courb, barbe grife. vifageplctn, mais an peu rid< avec une cicatrice une joue la peau rougetre les pieds gros c mal faits j lequel eftcha penticr,&a ci-devant appartenu au feu Sr. BaiFct, Habitant pres.de l coupe du Limbe, eft al Tjarpn vers le iq juin dernier. Les perfonnes .-qui ce fgrra;crrrent-le fera reconnotre, fo pries de le faire arrter, Se d'en donner avis au Sr. Laborie demeuraut au Cap.-, rue Royal prs la rue de la Providence celui qui ramnera ce Ngre fera recomperif
Un Ngre nomm CUPIDON tamp G L, maigre., d'une* taille mdiocre^ ayant le u craf appartenant au Sr. de Ronceray, Habkant.au Cap-Dame-Ma rie, eft maron depu quelques temps : il t rencontr rArtibonnite, mont fur un cheval poil rouge qu'il a ci lev a (on matre; il porte ordinairemc.it des bottines., & .a deux vefte s ; l'une bleue, l'aut carlattc Les perfonnes qui reconnotront ce Ngre, lequel eft bon-coifinicr;, font pries 1 le'faire arrter, & d'en donner avis au Sr. Rcyuaud Directeur deJa Pofte, au petit-'Goave.
Le. Sr.. F R A N C.O I S B O N A F F O N S', ancren Ngociant au.Cap y .demeurant, n it Gouvernement au coin de la rue S, Pierre a fait l dclaration de fon prochain dpa pour France le S fvrier dernier, ai> Greffe, du. Sige Roytl ; il l'a fait publier & afficher tre fois la porte de l'auditoire & celle de l'Eglifc Pardifialc de la Ville ; il en donne enco; avisa Public, pour que les perfonnes qui prtendroient avoir-quelques a flattes lgler, .c prtentions former conrre lui ayent la bont de" f prfentot dans, tout le prfent mois pall lequel tcmsr il s'embarquera dans le premier Navire.
Avec Permiffion.
Au Cap, de l'Imprimerie R.oyall


N. 7.
53
GAZETTE DE S. DOMINGUE.
Du Mercredi 14. Mars 1764.
:'.') CUp, / I;'fprip'cte la nation, par un effet de la flexibilit qui lui eft /naturelle, s'tant tourn tout--coup vers la politique, les finances, les arts, l'agriculture & le commerce, on a vu paratre une foule d'ouvrages o ces matires font dveloppes, difcutes, approfondies.avec une fagacjt quia tonn lesAnglois mme, nos prcurfeurs 3c nos matres-,dans cette carrire. Il y a peu de nos Ecrivains qui ne fe foie.nt exercs fur quelqu'une de ces parties; aprs la premire impatience qui les avoit fait embrafkr toutes la fois avec une gale avidit on eft revenu, & l'on s'eft fp-.cialement attach l'agriculture : c'eft d'elle que iortent les autres foures de puiftance & de rkhelTes ; elle mritait encore la prfrence par cet endroit, qu'elle a toujours t nglige.. Depuis quelques annes y elle eft un des-principaux objets de l'attention c de la protection du Gouvernement. Dans la plupart des Provinces du Royaume il s*ejx form des Socits d'agriculture Jefquelles ont pour but i'mhoration des campagnes, &l'accroif-fument des manufactures S du commerce,. qui y tiennent immdiatement. Les Membres de ces Socits dirigent leurs obferva.-tions fur les objets conomiques qui les environnent ; placs, en diffrens lieux du diftrict de chaque. Bureau ils font porte d'examiner les diyerfes qualits du fol, le genre de culture convenable chacune les obftacles qui s'oppofnt la fertilit des terres, les moyens qui peuvent y contribuer, les fecours &: Is avantages qu'un canton peut procurer l'autre, ce qu'il faudroic mettre en ufage pour perfectionner & multiplier les productions refpectives, pour leur ouvrir une exportation: favorable, &: pour en faciliter le traniport : ils indiquent au Cultivateur les mthodes nouvelles, moins pnibles & plus fructueufes, fur le fuccs defquelles des expriences ritres ne laiffent plus aucune incertitude ils leur font fentir la nceflit d'abandonner les prjugs
H


54
d'une vieille pratique, Se de fubflituer une routine fautiv( des principes invariables : ils fe communiquent entre eux 1 eu connoifFances Se leurs obferyations particulires* JQans leu aiTembles publiques, ils ont foin de rendre compte des travai qui les ont occups depuis la prcdente ; ils choi/iffent cet circonflance, pour propofer des vues relatives aux intrts de Province, pour annoncer les nouvelles dcouvertes qu'ils s'app. quent enfuite perfectionner ^ c pour jetter par l, dans to! les efprits, le defir de faire les mmes efforts. Ces tablifTemc: infpirent aux propritaires le got des occupations champtre c raniment ce zele patriotique qui porte aux grandes entreprit Plufieurs perfonnes Ce runifient pour encourager, par des'pr <3c des rcompenfes, ceux qui par leur indufh'ie Se leur capaci feront des progrs 6c des dcouvertes dans l'agriculture, l^s' ai $C le commerce. Plus d'un Membre de ces Socits, fur des rr moires envoys aux Minires, a fait approuver Se excuter d projets utiles : e'efr. aux reprfentations des Bureaux d'agricultui
3uc l'on doit la Dclaration du 25 mai j6} portant permifTii e faire Circuler les grains, les farines & lgumes dans tou i'teudue du Royaume, avec exemption de tous droits, -mi de page. Eft-il une fatisfaction plus douce Se plus glorieufe mme temps pour un Particulier, que d'tre ainil le bienfaicte de fes concitoyens Les deux Chambres d'agriculture tabl au Cap Se au Port-au-Prince, permettent la Colonie d'efpi de leur zele, de leurs lumires.&de leurs travaux des ayanta< aufli prcieux.
Le 8 de ce mois, on a relient! S. Marc, 10 heures y.-j m du foir, deux fecoulfes de tremblement de terre, qui ont di chacune 1 5 fcondes. Le mme jour, peu prs la mme heu on en a reffenti au Cap une fecoufTe affez vive.
Arrive de Navires.
Aux Cayes un navire>de Bayonne, nomm lis Dux-j i>u Cap, Capit. Bertrand Dangirard, arriv le 11 fvrier, ap avoir palT la Martinique, o il a vendu fon vin 240 liv. d< il ne trouve ici que 160 liy. Les provifions qui commence! devenir rares-, auroient infailliolmera hauif-, fans l'afti de ce btiment.


55
A Jacmel, le Vicomte deBelzunce venant de Bordeaux, Armateurs les Sieurs Texier, frres, arriv le4de ce mois, avec une cargaifon bien aifortie, tant en comeftibles qu'en marchandifes feches.
Au Port-au-Prince le Jean-Franois, de Nantes-, de 200 tonneaux, Cap. Yves Dubreuil, arriv le 2 ; le bateau le Phnix,. de la Martinique, Capit* Jean-Baptifte Blanc,arriv le 4; le navire la Bonne-Aventure de la Rochelle, du port de 3 50 tonneaux, Capit. Boulineau arriv le 5 aprs avoir paiT la Martinique.
Au Cap, la golette l'Amiti, de la Martinique, Capit. Jean-Jofepn l'Evque, parti de la Martinique le 17 fvrier, arriv ici le 9 de ce mois, avec une cargaifon de pots c formes c ca-nifice ; la Sainte-Anne Capit. Jofeph Barel, de Bordeaux,, partie de ce port le 11 feptembre 176*3 & de Cayenne le 13 fvrier, arrive le 11 mars; le Printemps, de Rouen,. Cap. Nol Befneval, parti de Marfeille le 29 dcembre, arriv ici le 1-1 mars; le Jazon, du Havre, Capit. Jean-Jacques Guerrier, arriv le mme jour, avec une cargaifon de 544 Ngres de la cte d'Angoie; le bateau le S. Antoine de la nouvelle Orlans, Capit. de l'Humeau arriv ce jour, 13 mars, charg de Bray,. Goudron C Ris.
navires en expdition& dont le dpart parat prochain.
Au Port-au-Prince, le navire le Jean-Franois, deNan-tes, pour le mme port ; & la PHiLis,de Nantes, Capit.'Je Pont du Fortin ,. pour Bordeaux. .
Au Cap y deux navires; favoir r le Pere-de-Famitle, Cap. Malefcot,. pour Nantes;. &c les Citoyens,.Capitrle Gallp^pour Bordeaux.
Morts.
La Dame veuve Bonnet, Crole du Cu-de-fac, ef morte le 28 fvrier, dans le mme quartier, fur fon Habitation du Galet.
N gres Ma r q n. s.
Au Petit-Goave, un Ngre Congo, nomm Jean, tamp LORVON, g d'environ 25 ans, qui fe dit appartenir un Efpagnol, pris au Grand-Goave, entr la Gele le -26 fvrier*


Au Port-au-Prince, unNgreCon|o,n6mmjAN-PrEXR: tamp fur le fein gauche A. A g d'environ 15 ans, lequel a d appartenir au Sieur Albert, Habitant au Trou quartier du Foi-Dauphin.
A S. Marc, un Ngre Congo,nomm la Droute, ramp fur les deux feins ABADIE, g de 15 30 .ans, lequel a di appartenir au Sieur Labadie, Tailleur au-Cap, pris dans les moi: tagnes des Gonaves., entr la Gele le 8 ;ma.rs.
Au Cap, cinq Ngres; favoir., Jean, Congo, g de 2. 2 5 ans, qui a dit appartenir au Sieur Dorothe, fur Pllabitatioi des hritiers Somaque, aux Ctelettes, pris Limonade, entr le 7 mars; un Ngre boiTl, d'environ .30 ans, qui n'a pu dir fon nom, ni celui de fon .matre, pris dans les mornes de l'Hpital rntr le 8 ; Joseph Crole,, g d'environ 15 ans, qui a di appartenir au Sie.ur Maubrun, Se qui.eft en effet tamp fur le deux feins MAUBRUN AU CAP, pris la Bande du Nord, entr. la Gele le 9 ; l'Esperanoe, Congo, g de 3 5 40 ans, tampi fur les deux feins D B* ayant un nabot au col lequel a dit appar tenir.au Sieur" de Bray, Habitant la Grande-Rivire, entr le io-Joseph, Crole,g.de 16 8 ans1, tamp fur le fein droit VB appartenant au Sieur Lady, Habitant la Marmelade, pris ai Morne-Pel, entre le mme jour : & la Ngreffe Suzanne nation Foueda, ge d'environ 30 afis, tampe fur le fein droit YS appartenante [a.Dame l'Hormeau, prife la FolTette, entre le 11
Prix des Denres de l'Amrique Bordeaux >le 26 dcemb Sucre brut 32 a 361. le cent ; le blanc, fuivant la qualit, ufqu' 50 1. le plus beau. Indigo cuivr ,5 1. 5 f. 5* 1;. 10 f. lej iutres proportion. Coton, 140 150 1,
Prix des Marchandifes de la Colonie, Aux Cayes SC S. Marc, comme dans la dernire Gazette. Au Port-au-Prince, le Sucre blanc, premire qualit, 501. les autres, 30 48 1. le cent; le brut, 141. l'indigo bleq, 7 1. le cuivr, 6 1. 10 f. avec apparence d'augmentation. Le-Cafte nouveau ,14 f le vieux ? 11 12 f, II jf y a point de Cotons vendre. ....... ....... ......... .:


57
Au Cap > le Sucre blanc, 48 5 51. commun,.40 45 I. brut, 17 .28 1. Indigo bleu 71. 71. 1 o f. CafF nouveau 14 f. 14 f. 6 d. le vieux, 1 o 12 f. Coton, 190 2601. Campclie* i6i8l.Je cent. Piaftres gourdes, 33 34.
Prix des Marchandifes'de France.
Vin de Botdeaux, aux Caycs, 160 1. S/Marc, 226 1. au Port-au-Prince &: au Cap, 180 190 1;
Farine de MoilTac, aux Cayes, 90 I. au Port-au-Prince c S. Marc, 801,. au Cap, 75 1. '
Les Marchandifes fches font par-tout abondantes & peu demandes. *
Cours du Fret.
Cayes, Sucre brut, fS 20 d.
Port-au-Prince Sucre, t S d. CafF, to- 24 d. Indigo, 3 f Coton, 4 f ....
S. Marc, Sucre, 18 20 d. Indigo,40 d. Caff, 24 4$ Coton,4 f
Cap Sucre blanc, 1 ; -x 6 4- brut, xS 20 d. indigo, 30 3 6 d. CafF, ii d.
, I MIIIMBMII || 1 II 1 \ I 1 I I I I
ODE EocCafion du tremblement d terre qui s'eft fait fentir au Cap le 8 mars 176*4, onze heures du loir, *
Par M. RuottE y Subdlgu principal de M. L'Intendant au Dpartement du Cap SC Subfiitut de M. le Procureur-Gnral du Confeil Suprieur de la mme ville.
O
Bjet du culte de la Grce, Jufqu' quand ce peuple infidle,
Fabuleufe Divinit, Sans foi, fans vertu dans le cur,
Pitcndu Matre du Permefle, Toujours tes ordres rebelle, Etre par l'erreur invent} S'attachera-fil l'erreur :
Toi, que tout Pote rclame, Se peut-il que le chrtien fonde
Je n'attendrai pas que ta flamme Sur les vanits de ce monde
Vienne pntrer mes-cfprirs : Son unique flicit r
Dieu des chrtiens, Dieu que j'adore, Doutc-t-il donc que cette vie Vrai Dieu c'eft toi feul que j'implore, Doit tre inceflamment fuivic
C'eft poux ta gloire que j'cris. D'une infaillible ternit \


5*
En vain, par ta roure-puiffance> t ton ineffable bont, Vt il u fein de l'abondance. Sans craindre nulle adverfit}. En vain cette Ifl criminelle D'une moiffoo cuntinuelle Voit-elle enrichir fes gurets : Ce n'eft point ta main fecourabfe,, Ceft un deftin inexplicable
Qui la comble ainfi de bienfaits **
Impie il ofe rulconnotre Sou vritable Protecteur : 11 ignore quel eft (on Matre Sou Roi, fon Dieu fon Crateur f-"Une divine Providence, "Une ternelle intelligence N'cft plus qu'un tre de raifan ; Il ne doit u bonne fortune Qu'aux feules phafes de la lune, Aux tems, aux lieux, la faifon.
Arm d'une jufte vengeance,. Punis ces fuperbes Mortels; Ils abufent de ta clmence Us abandonnent ces Autels : Ta bont leur nit trop propice, fais-leur reffentir ta juftie, Appesantis ta main fureur: Que les effets de ton tonnerre Rpandant l'effroi fur la terre, Convertiffent ces* nulheureu.
Trembler-, Mortels, Pin fiant avance O l'Etemel va vous punir: Bientt de fa toute-pu iifance Vous rte pourrez disconvenir; Bientt les clats d fa foudre fcduifant l'Univers en pondre,. Vous avourez qu'il eft un Dieu Qui, jufte autant que dbonnaire', Matre du Ciel & de la tene, .Peut tour, en tout tems, en tout lieu*
Mais quelle effroyable tempte, Drobanr le Ciel nos yeut, Vient de (e. former fur la tr De ces hommes audacieux l Quels feux du haut de l'Empir, Travcrfant la vorc azure, Tonbenr fur eux de toute part.' Rien n'eft l'abri de la foudre y Des forts, des villes en poudre/ Ift-cc l l'effet du hazaid i
D'un vole pais le Ciel- Ce couvre. Tous les aftres font clipfs r La terre tremble fon fein s'ouvre r Tous les tres font renverfs.' Dj ces fuperbes portiques. Dj ces Palais magnifiques, Sjour du vice & de- l'orgueil Dtruits dans moins d'une minute A ceux qu'a mnag fa chute, N'offrent plus qu'un vafte cercueil
Difie, la Philofophie T'abandonne dans ce moment, L'efprit fort tremble fc dfie JJe (on fy(renie fduifant Tu ne dis plus.d'un ton de matre. Que c'eft le foufire & ic falptre Qui fous la terre s'enfla'mmans Comme la poudre di>ns la mine-,. Sans l'aide d'une main divine Sout la cauf des treniblcmens,
Que vois-j des frayeurs mortelle S-'emparcnt de tous tes efprits : Tu crains, tu palis, tu* chancelles y Tes fns font bientt interdits. Homme fuperbe eft-il poffiblc r La fcoullc la moins- fenfibic -A-peine te larffe 'de-bour Me tromp-je ; eft-ce bien toi-mme,. Qui, niant un Etre fupreme, Faitvle haiard auteur de tout il
Enfin ton erreur eft dtruite ." Tu confeffes un Crateur ; La crainte de la mort t'excite A prier ton Librateur : Tu reconfiois que la matire, Informe, infenblc 8c groflicre,. A befoin d'un premier Agent,. Qui par fa puinance infinie, Lui communique,. ou lui dnie Le repos & le mouvement.
Le Sage fcal eft immobile Au milieu de ces tremblement-,. U regarde d|un il tranquille Le defordre des tmens. Rien ne l'meut-, rien ne l'tonn j La terre tremble, le Ciel tonne> Il nen eft point dconcert Il met en Dieu fa confiance. Et l'tat de fa confeinee Fait tome fa fcciuu.


LOGOGRYPHE,
Jadis le matre du tonnerre, Pour nettoyer les cieux, m'envoya fur la terre; C'eft la que mprifant la voix de la raifon, Dans le coeur des mortels je rpands mon poifon r Le beau fexe doit me connotre, C'eft pour lui que j'ai fait natre Dans certaine occallon Fameufe conteftation
Qui des Hros de la Grce, Mit l'preuve la fageffe. Dcompofez les lettres de mon nom, Vous trouverez par leur combinaifon L'endroit oii le Nocher fait trs-fouvent naufrage ;
Un mtal mprif du fage ; Le produit des travaux d'un infecte volant,
Celui d'un infecte rampant ; L'poufe de Nre., un chant plein d'harmonie,
Ou brille le feu du gnie ; Une Ifle une boilTon <5c le recueil des loix ; ^ Certaine empreinte que l'ge Trace fur le vifage ; Le nom qu'en leur parlant, nous donnons nos Rois; A difFrens mtiers un outil en ufage ;
Une rieur dont la bonne odeur Rpond la Dlie couleur; Les ennemis de la triftefl Et de la fvere fagefe ; Un oifeau dont le cri fauva Rome autrefois D la furpfife des Gaulois ; Un adjectif qu'aux vilains on applique ; La mere d'fepaphus ; deux notes de mufraue ; Ce que montre un fuyard; l'inftrument du chafleur Qui dans les bois raifonne; Ceux qui convient la couronne ;
Le chtiment du voleur : Mais pour le coup, c'eft trop en. dite} Adieu, je me lalle d'crire.


AVIS DIVERS.
Le Public eft averti que le Sr. Sicard Fermier du Bac cette ville, n'exigera l'avenir que fept fols fix deniers-, pour palTage d'un mulet ou cheval'avec fa charge; -3c cjue fur ieboi du Bac du cot de la Petite-ance il va incflamment fai conftruire un Magazin dans lequel feront reues places i gardes avec foin les denres que Fon y voudra entrepofer poi le magazinage defquelles il ne prendra pareillement que fept fo iix deniers pour les deux lacs qui font la charge.
Le Brigantin la Mrje-Franoisl Cap. Saumon, parti 1 15 fvr. du Petit-Goave pour Bordeaux, eft de relche ici depu: quelques jours par incommodits II.doit partir le 15 de ce moi: Il peut encore prendre du fret, & recevra des Paiagers pou Bordeaux. On peut s'adreiTer au Sr. B'aumont.
Le Navire l'e Prjntems Cap..Be,r,neval, venant de Marfeille arriv ici le j 1 de ce mois, la conligriti'on des Srs. le Clerc S Robinet, une trs belle Cargaifon alTortie. de marchandifes d diffrentes efpces ; 6c notamment de toutes ls provifions d Provence. Ce Navire partira dans deux mois au plus tard pour li Havre & Honflcur : ceux qui voudront y paer, ou faire charge des marchandifes fret, s'adreferont aux Srs. le Clerc Se Robinet Ngocians au Cap. LesPallfagersqtiiftprTentcront ,.trouveron: beaucoup de commodits dans ce Navire.
Le Navire le Ja'zon du Havre de Grce, Cap. Guerrier, Ar mateurs les Srs. BgoUen de Maux & Compagnie, eft arriv le 11 de ce mois dans la rade du Cap, venant de la Cte d'Angoie, avec une Cargaifon de 544 Noirs, dont 1.6} hommes, 138 femmes, 5)6* ngrillons Si 45' rigrittes, Tadrele des Srs. S. Foache & Sau< rine, Ngocians de cette ville L'ouverture de la vente de cette Cargaifon, fe fera Samedi prochain., 17 du courant.
. Un Ngre nomm THLEMAQUE, Tonnelier dt fon mtier d'une petite taille trs-mal fait, ayant une cicatrice remarquable fur, un pied, appartenant au Sr. Chevalier Deaiu, eft maron depuis plufieurs jours. Le Sr. Laugerit. Ngociant au Cap qui eft fermier de ce Ngre, prie Jes perfonnes qjfti le reconnotront, de le l'aire arrter, &. de lui en donner avis.
Avec Permijfion. Au Gap, de l'Imprimerie Royale.


GAZETTE DE S. DOMINGUE.
Du Mercredi 21 Mars 1764. Du Port-au-Prince le 14 Mars.
O^SpiVATIONS SUR la FABRIQUE DE l'NDIGO ,
ParteSr. Brevet, Secrtaire de, la Chambre d'Agriculture
du Port-au-Prince.
ON ne doit rien ngliger de ce qui peut contribuer la perfection de nos denres, Se c'eft dans cette vue qu'on prend la libert de communiquer au Publie les obfervations fuivanrcs.
Quelque habile que foit un Indigotier, Se malgr les attentions qu'il aura eues bien battre fes cuves y fouvent il arrive que l'indigo fre dgoutte pas affez parfaitement dans les facs o on le filtre. Quand on les vuide aprs cela dans les caiffes, on trouve une pte molle, qui eft trs-long-temps fcher, Se il en refaite1 plufieurs inconvniens.
On ne peut couper l'indigo aufi-tot qu'ireft vuid ; il faut auparavant le Jaifcr ralloir, quelquefois 24 heuresy pour que l'eau encore mle dans la pte, fe prcipite au fond de la caille, & s'coule par les fentes, quand elle en a, & pour que la fuperficie de la pte fe rafFermiffe par l'action de l'air.
2 Ledeffus des quarreaux fe condenfeSe fe reflerre en fichant, pendant que le deffous eft encore trs-humide ; & lorfquc cedeffous vient lcher, ls quarreaux fe fendent par le bas, puis ils fe brifent en petits morceaux, & mme en pouiiere.
30. Il iurvient fouvent des temps fombresr pendant lefquels l'indigo ne fchant pointr les mouches s'infinuent dans les fentes, Se y pondent leurs-ufs ; il en nat des vers qui mangent l^ndigoj c'eft une perte : il faut retourner les quarreaux, oter les vers ; c'eft un travail long, 6e malgr les foins qu'on prend, fouvent la qualit de la. denre eft altre par ces infectes..
Tous ces accidens arrivent, parce que la pte d^indigo trojpL charge d'eau % ne lche pas" allez vite. On a penf qu'il falloit


6i
la prcfTer, pour eri exprimer prmptement une grande partie de cetee.eau fuperflue ; mais il on prffoit les facs fans prcaution, en les chargeant feulement d'un poids fuffitant, ils ne rfifteroient nas, ils creveroient par les cts ; c'eft quoi.on a depuis peu obvie a l'rtibonitc, de la manire mvarrte.
"Ofiffe*fert d'un coffre' de fortes planches, ferriblable ceux qu'on fait pour.prelief le. manioc^ c'eft--dire, un colFre perc d'une grande quantit de trous dans fon fond c fes cts, par o i' Quelque forte que" foit la charge qu'on met fur la couverture, il ne faut pas craindre que les facs crvent s'ils font bien arrangs dans le coffre ; car. alors la prefon eft gale de toutes parts & la rllftance de mme;
On peut au lieu de poids,empl.oyer le levier,pourp' effer, comme on fait pour le manioc ; mais les poids preffent plus galement.


*3
Du Cap le 21 Mars.
A fis h. Mrs. les Habitans Sucriers. Les avaries que les Habitans prouvent fouvent fur leurs denres lorfqu'ils Jes chargent fret pour leur compte ou lorfqu'ori dcharg les banques aux Embarquaderes, ont pour caufe un vice qui fe rencontre alTez ordinairement dans la faon des banques. Il faut que les fonds foient placs de maniere.que leur bout rponde l'endroit'o les cercles font lis. Une rgie confiante qui s'obferve dans l'arrimage des VifTaux, eft de mettre la, liure des cercles en haut ou en bas. Les Tonneliers blancs en confquence,. lorfqu'ils montent des banques ont foin de mettre le bout des fonds vis--vis la liure.. Les fonds, par ce moyen fe trouvent droits dans une poftion verticale ce qui met les banques des rangs infrieurs, en tat de fupporter la charge des rangs fuprieurs, fans s'affaiflr. L'intrt des Habitans qui fe fervent de tonneliers ngres, doit les porter donner leur attention, pour qu'ils fe conforment une rgie d'une aufli facile excution.
Le mot duLogogryphede la Gazette prcdente, eft Discorde > dans lequel on .trouve ; roc > or, cire, foie^doris, ode, corfe, cidre, code, rides, lire, fei, rofe, ris, oie y iordkle, io, r >.Ci > dos, cor, rois, corde.
Morts.
Le Sr. Guillet de la Ponchonniere eft mort au Fort-Dauphin le:8 de*cc mois. Le Sr. Claudel-Philippe d la' Motte-d'Arfonval de Courcelles, ancien Capitaine de .Cavalerie.,..& Commandant du quartier de l'Acul, y eft dcd fur foii Habitation, le ij 9 g d 54 ans.
. N gres M a-.r o n s. ,. .
A'Arahayt, un Ngre;tamp G. LE&L, S. M^a-rc;kv'c* une utr,!tamp 'qu'on' rie petit' ;diftptter. '' AU Fort-DrpJw, mi Ngre1 mondorgc, nomm' Jasmin tamp fur le fein droit CH., g d'environ .'25 ans, lequel n'a voulu dire le .nom de fon matre, pris Maribaroux, cntr'la geole; lc'ro mars; un Ngre crole, 'nbmm''Bapf isite, 'tamp fur le fein droit DUCASSE, & audeifous, au Cap;, g d'en*-
1


viron 2 5 ans pris Banique, entr le 11 ; Pierre Crole, tamp fur le fein droit, G. VTLLARS, g de 30 ans, appartenant au Sr. Villard, Habitant au Dondon,pris dans la partie Efpagnole, entr le 13 ; un Ngre Congo, bolfl, g d'environ 20 ans lequel n'a pu dire ton nom ni celui de ion matre > tamp fur le fein droit, P.ROLLAND, pris aux Fonds-blancs, entr le mme jour.
. Au Cap 9 quatre Ngres ; favoir,Guillaume, dit Jason, Congo, d'environ 22 ans, tamp fur le fein droit, COURADIN, appartenant au Sr. Nicolas, Habitant la Grande-riviere, pris au Moka-neuf, entr le 12 mars ; Jacques, Crole de 36 40 ans, tamp fur le lein droit, DCOURT, ayant un colier de fer au col, lequel a dit appartenir au Sr. Jolph, Habitant la Marmelade, pris au Trou entr le mme jour ; Jacques, Tiamba, d'environ 14ans, tamp furie fein droit, COCHON, lequel a die appartenir auSr. Baftien, Habitant au Port-margot, pris la FofTette, entr le 16 ; Jean-Baptiste, Crole, g de 20 25 ans, tamp fur le fein droit, N.R. & fur le gauche REY, appartenant aux mineurs Rey, Hahitant au Grand-boucan, pris au Cap, entr le 17 ; tune NgreiTc, Congo, nomme Catherine, tan> pe fur le fein droit IV., laquelle a dit appartenir au.Sr. leChaix, demeurant au ap, prife au marcage, entre le 16 de ce mois,
ARRIVE de Navires.
A Logane le bateau le Duc de Pinthievre, de Bordeaux Capit, Jean Huneau, parti le 9 dcembre dernier, arriv le 7 mars.
Au Port-au-Prince, le lenaut la Marie -Magdelainz, de Cherbourg, du port de ioo tonneaux, Capit. Jean le Fevre, venant de la Martinique, arriv le 12 ; le navirele Thezee Capit. Andr, de Marfeille, parti l'un des premiers jours de janvier, arriv le 14 mars. La Vigie faifoit ce jour-l lignai de plulleurs voiles.
Au ap, fix btimens ; favoir, la Ste. Genevive dire l'a Concorde de Marfeille, Capit. Jofph Daniel partie de Bordeaux le 24 novembre f & de la Martinique le 5 mars, arrive


ici le 14; le Lis, Capit. Boinard, de Bordeaux, parti de ce port le -6 fvrier, arriv ici le 16 mars ; la Perle de Marfeille, Cap; Villaquier, partie le 19 dcembre, arrive le 16 mars ; la Chrie, de Bordeaux, Capit. Jean Bonnet, partie le 18 fvrier, arrive le 18 mars; le Csar, de Bayonne, Capit. Jean Lemire, parti de la Loiifiane le 1 fvrier, arriv le 18 de ce mois ; l'Esprance, de la Rochelle, Capit. Jean-Baptifte Varin, parti de la Louiiiane le 15 fvrier, arriv le 18 mars.
f$af 1res en expdition, SC dont le dpartparotprochain.
Au Cap, l'Entreprenant, de Marfeille, Capit. Patot pour le mme port ; l'AgLA de Honneur, Capit. Prudhomme, pour le mme port ; 6c l'Hercule de Bordeaux, Capit. Couftand, pour le mme port.
Prix des Denres de VAmrique a Bordeaux, dans janvier. Sucre terr, fconde forte, 48 fol. troisime forte 44 461. petit
fucre,41 42.I. ttes, 3 5 36 L communs. '37 a 40.1. Sucre brut, de Logane 3 6 3 7 L du Cap, 34 3 5 1. de St. Louis,
Indigo bleu Se vojet, 8 1. fin cuivr, j l..iof beau cuivr 5 1. 5 f.
cuivr ordinaire, 5 1. 5 1. 2 CafF de S. Domingue, fin, 13 f. beau, marchand, 11 f. 1 f.
6 d. ordinaire, 1 o f. 6. 11 f roux, 1 2 f. 6 d. 13 f. Cette qualit eft recherche. Coton, 160 170 I. \
Prix des Marchandifes de la Colonie.
A Logane Sucre blanc, premire qualit, 45 48 1. les autres ,30^42!. brut, 22 L Indigo bleu & violet, 71. cuivr, 6 1. fSl. .iof. caff nouveau, i4f. vieux, 11 12 f. coton. 170 1.
Au Port-au-Prince, le Sucre blanc, premire qualit 50 I. les autres, 30 48 1. le cent; le brut, 24L l'Indigo bleu, 7 1. le cuivr, 6h 1 o f. Le CafF nouveau 14 f. le vieux ,11 12 f.
Au Cap le Sucre blanc, 53 541. commun,40 45 1. dito brut, 24 26 1. Indigo bleu 7 1.. dito cuivr 61. 5 6 1. i o f Caff nouveau 14 f. dito vieux, 1 o 13 f. Coton 15)0 200 1. Campche, 15 iS L Pkftres gourdes, .3 3 34. pour cent .


6 \
Prix des Marchandifes de France.
Vin vieux, Jacmel, 200 I. nouveau, 180 1. Farine de MoifTac, 90 I. Je buf, 100 1., payable au premier juin. Au Port-au-Prince le vin, 180 1. la farine de Moilfac, 90 1. au Cap, le vin 180 1. Farine 66, 71-
Cours du Fret.
A Logane y Sucre, 18 d.. CafF,.20 24d. Indigo 3f.Coton, 4 f Au Port-au-Prince, mme prix qu' Logane. Au Cap, : Sucre blanc 15 d- brut, 18 2.0 d. Indigo 3 .f. CafF, 18 20;
Un Po'te du quartier de Logane, dont le porte-feuille eft plein, vient d'en tirer les vers fuivans pour preflcntir le goiit du Public fur les fruits de fa veine.
pitAPHE de M. le Chevalier de Sainte-Croix mon
au Cap le 18 aot 1762.
Du brave Sainte-Croix, voici ce qui nous refte. Nul mortel ne fubie un plus malheureux fort : Lui qui dans les combats fut affronter la mort, Succombe la rigueur de ce climat fnnefte. Quoique d'un fang illuftre, il fut tou jours modefter La bont dje fon cur, fon aflbilit, Nous .le faifoient aimer, avant de le connotre;. Auii perfonne encor ne fut tant regrett, Ni rie mrita plus de l'tre
r Eft-ce l l'effor d'une Mufe nailfante ,.ou la production d'urr talent qui eft fon apoge? Dans l'incertitude, on doit croire que l'Auteur ayant pris fans choix une de fes.pices, n'a pas mis la main fur la meilleure, quoique vraifemblablement il n'en ait pas dont le fujer foit plus heureux. t
AVIS DIVERS. ; Le Sr. Caffabonne donne avis au Public, qu'il arme fon Bri-gantin pour la Louifianne : ceux qui voudront fretter s'adref feront audit Sr. Caffabonne, chez le Sr. Rolland, Md.'JFcrbln-tier. Son dpart eft fix du 3 au 5 avril prdchaihv "v v"


Le Seur Salomon Davy donne avis aii Public, qu'il une Pharmacie "ambulante vendre, laquelle contient neuf.,, tant rfacons que bouteilles de chopine, treize pots, des phiolcs & fix tiroirs, le tout rempli de diffrentes drogues bien conditionnes & bien aiTortics. Il fait une Empltre excellente pour gurir les ulcres calleux, chancreux, &. cunOpiatpour les fivres tierces, double-tierces, quartes Se autres. Le prix de l'Empltre eft 30 1. Ja livre. Le prix de Ja dofe d'Opiat, fuffifante pour emporter la fivre, eft 15 liv. Le Sieur Davy demeure chez le Sieur Renou, Chapelier, au Cap.
Le Sr. Etienne Pcrc, Ngociant au Cap, donne avis qu'il lui eft arriv le navire le Csar, de Bordeaux, Capit. le Mire ^venant de la Loiifanc d'o il a apport une cargaifon de Dois nllbrtis ; ce navire partira dans le courant.d'avril pour Bordeaux, il prendra du fret Se des paiiagcrs pour ce port : les perfonnes qui voudront y paffer, ou faire charger des marchandifes, s'adrefe-ront au Sr. E. Perc.
Les Srs. Apil Se Caftillon, Chirurgiens de Paris, levs de M. Aftruc, pour les maladies vnriennes, Matres en Chirurgie au Cap, continuent de traiter avec fuccs toutes les maladies de la Vcific Se du canal de l'Urtre. Us ont, pour, le traitement de ces maladies, des bougies de toute efpce, qui guriient, fans rhettre le canal en fuppuration, Se fans caufer aucun accident. On trouve chez eux des Bandages laftiques l Noix, pour hommes, femmes Se enfans de tout ge. Leur adrcoleeft rue de Vaudrcuil, au coin de celle de S, Franois Xavier, au Cap.
Le Sr. Armeric, Danfcur de l'Opra de Paris arriv depuis, peu au Cap, va y tenir une Salle pour les perfonnes qui voudront apprendre danfer ,& ira montrer en ville, un prix raifonnable Sa demeure eft rue du Cimetire, chez le St. Renaud, vis--vis le Sr. Rigaut, Ngociant. *
Le Sieur Nupied., Huiffier au Forr Dauphin a perdu nu commencement de fvrier dernier un Cheval de 4 ans, bai clair, crins noirs tamp la cuilTc du montoir PC, ayant uneqrcille couche : les perfonnes qui ces indications pourront le faiie reconnatre fon: pries de lui en donner avis; ii on le lui renvoie il promec une rcompenfe a celui qui le ramnera
Le Sieur L.. MOREL demeurant fur l'habitation du Sr. du Poey, au Trou donne avis Mrs. ta Habitans, qu'il a imagin une Machine par le moyen de laquelle avec fix bufs au plus, or> peut faire marcher deux moulins fo.us un mme comble : le mccanifme de cette pice ^pple la lenteur des animaux Les perfonnes qui voudront quelques claiicifTcinens, auronc k honte de loi adieiTer leurs lettres franches.


61.
Le Sieur Je Chafee, Habitant au tond de l'Hlc--VacHe. a Eair mettre au Bureau foir qu'if y ait eu erreur dans J'adreife foie qu'elle aie t mife dans un autre paquet que celui du Cap, elle n'eft point parvenue a fa destination. Le Sieur Chalet prie les. Directeurs des Poftcs, do. rrifer fi parmi" Tes lettres de rebut, il n'y en auroit point pour le Sieur Laugerie, ou pour quelqu'un d'un nom approchait de celui Ja. Si Ton dcouvre ce paqties la petlunne entre Jes mains de qui il fc trouvera, cil prie de lut en. donner, avis ou-de l'adrcilcr directement au Sieur Laugerie au Gap
La Dite Brunei-, demeurant au coin de ht tac 7 liv 10 fols.
D.ns la Gazette do 8 fvrier le Sieur Mcnot, Apotitaire au Cap- a annonc un remde vermifuge, propre non feulement dtruire les vers des enfans, mais encore a. gurir toutes les maladies qu'ils occafionnent. Dans la Gazette du 19 du mme mois, pour acqurir fo remde la prfrence fur le baume de vie,les lianes, lellmarooba, l'huile de pal ma Ghrifti, &e. H a affur le Public que ceux-ci ne chaffoient les vers des. enfans, qu'autant que les vers fc trouvaient dans les ros inteftins & que dans les inteftins- grles > ces derniers remde produiraient des effets contraires ce que l'on pou voit s'en promcttic : il a appuy cette aflerribn fur l'ouverture des cadavres &.fur l'exprience de fon remde. Il nous at adrell ce fujet un petit Mmoire, de l-part d'une per tonne de la mme profeflion fans-doute r
3ni ne s'eft pas fait connotre, dans Icquchon fou tient que l'expofiton que fait le Sieur Mnes, e l'action des anrivermineux eft ab fol u ment dfctueuf, 1. parce que, s'il en teit ainfi, les clyfteres feroient la meilleure manietd'admi'niftrer ces remdes. ce qui eft contredit par l'exprience ; t". parce que les vers epue le Sieur Mcnot a pu voir dans les gros inteftins, n'toient venus l-que par le mouvement periftaltique des inteftins ,. ou par l'effet des purgatifs aprs leur mort, ou peu auparavant. Les A trrhd mimiques ajoute enfuite le Mmoire, peuvent, fc rduire .cinq genres, qui font les huileux ,.les amers, lesacides les mercuriaux & les purgatifs en gnral ; or de quelque nature qu'ils foient, leurs effets fe borneront.toujours aux premires voies car, fans les palier tous en revue, ayant feulement gard leurs vertus ehymiques, qu'Us foient alcalins, acides, abforbaus, flec ils auront chaag de nature en arri-Tant aux gros inteftins} s ils font alcalins, avec les (ucs>hoi!eux ils contriburont former de la bile, qui rue elle-mme les vers. Une tude rflchie fur les diverfes manires de tuer les vers, m'a fait imaginer tm Amalgame des cinrf anri-vermincur ci-dtiTus' qui m* toujoor ruili^p Eutupe, & que je rendrai public aprs qu'un plus long ufege dans ce pays-ci, m'aiin aJTuriqu.pj'aj atteint la proportion des repu'des convenable.au climat.
Affurmenr rien u'empdioit l'Aureoi de cc.pcrit Mmoiredc fe nommer il cft'irs-perniis de n'tre pas di.'lavis de fon Confrre, & de- le dire tout haut* d'ailleurs les raifonsquil Portent djfreret l'annonce & Pufage de fon remde dans ce pays en donnent un prjuge trop avantageux, pour ne pas faire dlirer au public de connotre la main de qui il peut attendre et nouveau fecours contre une maladie qui enlve une infinit, d'enfans.
Un Bateau Bermudin, du pprt de 40 tonntoux nomm LE'DAUPHIN avec fes agrs R'apparauix ceifajrs, vendre. 1.1 faut s'adreffee au Sieur Fauis*.
Avec Permiffion. Au Cap, de l'Imprimerie Royale


N. 9
GAZETTE DE S. DOMINGUE.
.'; : Du Mercredi 28 Mars 1764.
. FRANCE.
LA JDmitation du Parlement de Paris ayant prfent au Roi, le 8 dcembre, les Remontrances dont les objets avoient t fixs par l'Arrt d'enrgiftrement de la Dclaration du 11 novembre prcdent, Sa Majeft y a fait la rponfe fuivante.
Je fuis fatisfait de TobilTance &du zele de mon Parlement. Je vois avec plaifir que fes Remontrances n'ont pour objet que le bien de mon Etat, &c j'attends avec impatience le moment o je pourrai faire ccfler une partie des importions; pour l'acclrer autant qu'il eft poflible, j'emploirai toutes les ref fources de l'conomie.
Le 12 dcembre, le Premier Pridcnt fit rapport aux Chambres aflembles, qu'ayant t mand Vcrfailles par le Roi deux jours auparavant, Sa Majeft l'avoit charg d'informer la Compagnie, qu'elle avoit nomm les Membres du Parlement qui afffteroicnt la Commiflion, & ordonn qu'il feroit remis les Procureurs-Gnraux dans les Cours Souveraines, les instructions & clair-cilTemens dont elles pourroient avoir befoin pour drefer fur les impts, les Avis & les Mmoires que Sa Majeft attend de leur zele & de leur fidlit.
M. Bertin, Contrleur-Gnral des Finances, ayant demanda au Roi la permiiionde fe dmettre de fa Place, 5a Majeft y,a nomm M. de Laverdy, Confeiller au Parlement de Paris, &ra rtabli, en faveur du premier, une Charge de Secrtaire d'Etat oui avoit t fupprime. Le nouveau Contrleur-Gnral a obtenu Je Sa Majeft, qu'il conferveroic & Charge de Confeiller au Par-lement.
Le Cardinal de Bernis eftarriv Veriaillesle 5 janvier : il a eu l'honneur de faire le mme jour fa rvrence Leurs Majefts & la Famille Royale, c le lendemain il eft reparti pour retourner la mme campagne o il toit.


7 -
S. DOMINGUE.
Du Cap le 28 Mars.
L'AfTemble des deux Confeils Suprieurs a termin fes fances le de ce mois, par la lecture Se publication de quatre R-gtamens, dont on donnera la fubftance. L'un de ces Rglemens, divif en cinq titres qui contiennent enfemble vingt-cinq articles, concerne la aiftinction des Offices des Procureurs aux Confeils Se aux Jurifdictions des deux ReiTorts, Se un ordre uniforme &C certain tablir dans la forme Se dans l'exercice defdits Offices,
Titre I. Tous les Offices de Procureurs, tant dans les deux Confeils que dans les Siges infrieurs, demeurent .fupprims, compter de ce jour. II y aura l'avenir des Avocats aux Confcil* Se des Procureurs aux Siges infrieurs, lefquels pourront continuer leurs fonctions, chacun dans le Tribunal qui leur eft fix, jufqu' l'en rgi ferement de leur nouvelle commiilion. Les Offices d'Avocats aiix Confeils Se les Offices de Procureurs aux Jurif dictions, ne pourront tre poifds par la mme perfonne, ni concurremment avec ceux des Notaires.
II. Les Avocats aux Confeils feront feuls toutes les procdures &e instructions en caufe d'appel, Se plaideront dans les Coufs ; ils ne pourront s'aiTocier entre eux, ou avec les Procureurs des Jurifdictions, fous peine de defKtution :. le nombre en fera fix fept dans chacune des deux Cours, Se ne pourra tre augment qu'en vertu d'un Arrt de chaque Confeil en fon Reflort, Nul ne fera reu, qu'il ne foit Gradu. Les Avocats prcderont les Notaires Se les Procureurs dans les crmonies publiques : ils s'aifembleronr quatre fois l'anne au Parquet, au jour qui leur fera indiqu l'eifet d'examiner les abus introduits dans le Barreau.
IIT. Les Procureurs aux Jurifdictions, y initruiront 6cplaideront feuls ; ils ne pourront s'alToier entre eux : le nombre en fl fix onze dans la Jurifdiction du Cap, huit dans celle du Port-au-Prince, fept dans les "Jurifdictions de S. Marc, de S. Louis Se du Fort-Dauphin, &: dans les autres,- cinq. Nul ne pourra tre reu Procureur dans une JurilHiction, qu'il ne foit Gradu, ou qu'il n'ait t trois ans Clerc, Se dans ce dernier cas, qu'jl n'ait fubi examen.


IV". Les Avocats & Procureurs qui s'abfenteront plus d'une anne, mme avec cong, ou qui s'abftiendront de leurs fonctions pendant ce temps, feront privs de leurs Offices : ils ne pourront s'abfenter plus de trois jours du lieu de leur rfidence, fans avoir obtenu la permiffion de leurs fuprieurs, favoir; les Avocats, du Prident ou Doyen de la Cour, ou du Procureur-Gnral; Se les Procureurs, du Juge ou du Procureur du Roi,
V- Les Avocats font, pour leConleil du Cap,Bourgeois,Doyen ; Gailhac de Serigas, Chiron, Monceaux, Daugy, Boiflcl c Trc-moler.
Pour le Confeil du Port-au-Prince, Terrien, Doyen ; Bonnard, Couder, Dumenil, Michel, Morel.
Les Procureurs aux Jurifdictions font, pour le Sige du Cap, Creton, Doyen ; Deligny, Gaubert de la Haye, Moncl, Arnoux, Pothier, Menude, Beaujouan, Amboide, Crofnier, Robert.
Pour le Sige du Port-au-Prince, Hogu Martin, Andralt >, Bonnel, Maccl, FelTard.
Pour le Sige du Fort-Dauphin, la Rivire, Piquais, Mon-chinet, Minire, Chervelle, Wolf, Mayeur.
Pour le Sige du Port-de-Paix, Villenifan Chteauneuf, Va~ renard, Morel, Btard.
Pour S. Marc, Lucas, Mazure, Turville, Laborde,Duponr, le Bon, d'Anbonneau.
Pour le Petit-Goave, la Briere la Nouillercs, Ducan, Pageor.
Pour Jeremi, Stival, Bayard, Jahan.
Pour Jacmel, Odes, Auzanet, Dutel.
Pour S. Louis, Bertrand, la Fromque, Panon, Cherel, Maurice, Girard, Berault.
Le nouvel tablilment que les familles Acadiennes ^froenr au Mole S. Nicolas, ruffit aufi-bien qu'on pouvoit l fouhitcr. On eft dj parvenu conduire l'eau au milieu du terrein dejUn aux plantations. ; il s'eft fait jufqu' prfent vingt-cinq mariages': l'air eft fort fain dans ce quartier. L'ardeur des Acadiens pour le travail, la fatisfaction qu'ils montrent, .& la fonte dont ils jouiffent, font efprer que ces premiers commencemens auront les fuites les plus heureufes.


Smvunt des lettres d France, M. Magon nomm Intendant de cette Colonie en la place de M. de Clugny > eft parti de S, Malo Je 14 fvrier, pour fe rendre Breft, ou il devok s'embarquer inceflamment.
Arrive de Navires.
A Logane le Saint-Jacques, de Marfeille, Capit. Pierre Donujon, parti de Marieilie le 19 dcembre 1763 arriv, le 16 mars.
Au Port-au-Prince, le Triton, de Bordeaux, du port de 350 tonneaux, Capit. Matthieu Paillet, arriv le 16 mars.
Au Cap y vingt-huit Navires depuis le 20 jufques 8c compris le 16 Mars, favoir ; le zo, laNanette, Capit. Paul Renaud, de Bordeaux, parti de Cayenne le 6 : le 21 Mars, trois, qui font le Charles, de Marfeille, Capit, Laurent Touiiguau, parti le 24 janvier; L'Aimable-Thekese, de S. Malo, Capit. de la Grand-Riviere, parti de Cayenne le 7 mars; & la Jeune-Comtesse-d'egmont de Bordeaux, Capit. JeanSenac, parti de Rochefort le 19 fvrier : le 2 2 mars, quatre, qui font la Reine-pe-France, de Nantes, Cap/Nicolas Pellard, parti le 16 fvrier ; le Robuste, de Bordeaux, Capit. Jean Meymac parti le mme jour ;. le Lowendhal, de Nantes, Capit. Pierre Rairnbaud, parti le mme jour; Se le Boute-en-train, de Dunkerquc, Cap. Jean-Baptiftc Julbin, parti de Cayenne le 7 mars : le 23 y. cinq Navires qui font l'Aimable-Marthe du.Havre, Capit. Barbet, parti le 19fvrier; la Julie, de Nantes, Capit. Prudhomme, parti le i^vrier de la Corognc, o- les mauvais temps Tavoient forc d relcher; le S. Domingue, de Nantes, Capit. Olivier Maillard, parti le 20 fvrier ; la Brillante, de Nantes, Capit. Jean Fradin, parti le 16 fvrier ; Se le Casque, de Bordeaux Capit. Thomas Bolios, parti de Plfle-d'Aix le 17 fvrier : le 24 mars,, quatre Navires, qui font le Prince-de-Turenne de Bordeaux, Capit. Giraut Imbert, parti le 21 fvrier; la Constance, du Cap, Capitaine Dubourg, parti de Bordeaux le 17 fvrier; le Stanislas, du Havre, Capit. Bernard:Germain, parti de Plymouth le 2 2 fvrier ; & le Marquis^de-Brancas de Honfleur,. Capit. Jean Halley, jparti Je 18 fvrier ; le 25 mars, fept Navires, qui font leDavip,


de Bordeaux, Capit. Renoulleaupaarde Rochefort le ^fvrier ; l'Aimable-Marie de Bordeaux, Capit Canonicr, paru le 17; la Dordogne, de Bordeaux, Capit. Pierre Boyer, parti de Ro> chefort le 19 ; l'Atlas, de Bordeaux % Capit. Charles Alexandre, parti le 17 ; le Saint-Michel de Nantes.* Capit. Boureau de Vaumulon, parti le il ; la Marie-Joseph, de S. Malo, Capit. Michel du Bois, parti le 17 ; Se le Missoury de Bordeaux, Capit. Robert la Colle, parti le 11: enfin, e 6 mars il eft entr quatre Navires, qui font la Gloire de Nantes, Capit. Jacques Berthome, parti le 11 fvrier; le Poisson-volant, de Bordeaux, Capit. Pierre Hoftein, parti le 17 ; la Gloire, de Bordeaux Capit. Franois Tenais, parti de Cayenne le 7 mars ; Se la Constante du Havre Capit. Franois le Penlu, parti le iS fvrier.
NAVIRES en expdition > <5fc dont le dpart parotprochain.
Aux Cayes fept, dont cinq pour Bordeaux qui font lAlliance, Capit. Laville; la Rosette, Capit. Langourau; l'Industrie Capit. Dtilac ; la Nancy Capit. Arnaud ; &: le Saint-Matthieu, Capit. Maneica : un pour Nantes, l'Ange-Gabriel, de Hambourg, Capit. Benot; un pour Marfeille, le Mentor Capit. Durand.
Au Port-au-Prince, la Vestale, du Port-au-Prince, Cap. la Place, pour Bordeaux; le Saint-Andr,.de la Rochelle, Capit. Coindet, pour le mme Port; l'Auguste, de.Bordeaux, pour ledit Port/'
Au Cap y l'Asie, de Marfeille, CapL%Piaftre,6c l'Aimable, du Cap,.Capit. FelTt,pour Bordeaux ; le Soleil de Dunkerque, Capit. Lyon, pour ledit Port. .
Morts
Le Sieur Antoine Ablart, dit Dupuy, natif de Blaye, Ha* Citant au bec de la Baye des Baradaires, o les Anglois-, pendanis la-dernire gtierre, lui ont enlev 16 Ngres, Se l'ont rduit fa feule terre, eft mort le% mars au Petit-lTrou:, quartier de Nipes, g de 81 ans, d Le Sieur Antoine Pourre, Capitaine du. Navire l'Hercule, te la Rochelle, eft mort au Port-au-Prince le 18.


Le Sieur la Toifon du Frefne, ancien Aide-Major des Milices, eft mort le 10 fur fon Habitation des Varreux quartier du Cul-de-fac.
Le Sieur Jean-Baptifte le Roux, eft mort le 17 fur fon Habi. ration aux Vafes, g de 68 ans.
N gres Ma r o n s. Al Petit-Goave une Ngrei, nomme Marie, Congo, ge d'environ 1 5 ans, fans tampe, laquelle n'a pu dire ni le nom ni la demeure de fon matre, entre le 11 mars.
Au Bourg-Jeremie, un Ngre Mondongue, nomm Samson, g de 2 5 ans, tamp BERTRAND BOURQUET, entr la Gele le 1 2 de ce mois.
Au Fort-Dauphin., un Ngre Congo nomm Jupiter, tamp fur le fein droit TYRIN. IB. lequel a dclar appartenir au Sieur Turin, de la Pctite-Ance, pris Jacquezy, entr la Gele le 18 dudit mois : un Ngre Arada, tamp fur le fein droit MOCAR, appartenant au Sieur Alocquart, du Cap, pris Jacquezy, entr le mme jour.
Au Cap, trois Ngres, favoir : Gilles, Adia, g de 16 ans, fans tampe apparente, lequel s'eft dit appartenir au Sieur Mor-and, Ha ni tant.;.aux Mornets pris au Cap, entr la Gele le 21 Mars; Henry, Congo, g d'environ 30 ans, appartenant au Sieur Blay, Habitant au bas Limbe, pris la Fofette, entr le 22 ; un jeune Ngre boflal, g de 1 2 14 ans, fans tampe, lequel n'a pu dire la nation, fon nom, ni celui, de fon matre, pris au Cap, entr la Gele le 26 : plus, une Ngrefte nomme Thrse Mina, ge de 5 5 ans appartenant la Dame le Bourdais, Habitante au Grand-BoUcanyprife au Cap, entre le 21 dudit mois; & un Multre nomm Louis Duval, g d'environ 26 ans, fe difant d la Martinique & libre, fans aucune tampe, pris la FolTette, entr le 24 mars. Prix des Denres de l'Amrique a Bordeaux, le 20 janvier. Sucre terr, fconde qualit, 47 a'jol. troifeme qualit, 43 4jl
petits fucres, 40 41 1, communs, 33 3 5 1. Sucre brut de Logane, 33 34 L du Cap, 30 311. de Se Louis,
17 29 1.


Indigo bleu & violer, 81. fin cuivr, ; 1. o n beau cuivr 5l.a5l.6r.
Caff de S. Domingue, fin 13 f. 13 f. 6 d. beau, marchand, 11 f. 6 d. 12 f. 6 d. ordinaire &: vieux, 10 f. 6 d. 11 f. roux t
11 13 r.
Coton, 140 145 1.
Sucre de la Martinique,fleuret, 50a 51 1. fconde qualit,46 a491. troileme qualit, 41 4* 1. petits fucres, 38 40 1. communs, 35 36 1. ttes, 33 341. ,
Cafe lin, nouveau 16 15 f. 6 d. beau marchand, 14 14 f 6 d. ordinaire, 13 13 f. 6 d. vieux, 12 13 f.
Coton ,135a 140 I.
Cacao, 15 1.
Cannefice, 40 1.
Prix des Marchandifes de la Colonie.
Aux Cayes, Sucre blanc, de 3 5 501. flon les qualits ; brut, 221. Indigo, 61. k6'l. 1 5 f. Coton, 180I. Caire, 14 f.
A Loganey Sucre blanc, premire qualit, 45 48 1. les autres, 30 a42 1. brut, 22 1. Indigo bleu & violet,7!. cuivr, 6 L 6*1. 10 f. CafF nouveau, i4f. vieux, 11 12 f. Coton, 170 1.
Au Port-au-Prince, Sucre blanc, 50a 52 h commun, 30 421, brut, 25 1. Indigo bleu, 7 1. 7 1. 10 f. cuivr, 6l. 10 f. 61. 15 f. CafF nouveau 14 f. vieux, 11 C 6d. Coton, 1701.
Au Capy Sucre blanc, 53 55 1. commun, 42 45 I. brut, 25 28 1. Indigo bleu 7 l, 7 L 10 f. cuivr, 6 1. 5 f. 6 1. 10 f. CafF nouveau 14 f. 6 d. vieux, 11 13 f. Coton 200 1901. ampche, 16 j8 1. Piaftres gourdes, 33 34 pour cent.
Prix des Marchandifes de France.
Vin, aux Cays, 180 200 1. au Port au-Prince & au Cap, 180 L il diminuera. Farine de Moiffac, aux Caves, 100 Ii au Port-au-Prince, So^ol.. la farine commune 66 1. au Cap, 72,1,
Cours du Fret.
Aux Cayes, Sucre, 20 d. Indigo, 3 f.Coton, 4f. Au Port-au-Prince ,' Sucre,' T 8 d. CafF, 20 -^4 d. Indigo, 3 C Coton 4 f. Au Cap, Sucre, blanc, 15 cL brut, i&d,: Indigo ,30 d, CafF, 16 d.


AVIS DIVERS.
Deux -Habitations conciguci vendre for l'une defquelles il y a une marfon principal, forr belle, avec une galerie une euifine, deux cazes Ngres, &c une indigoterie, fituw J'unt au>lieu dit la Marc -des Calumet* \ l'autre, la fvtarc des Bois-blancs, quartier du BoucaiTm. 11 faut s'adreiler au Sieur Levquc, l'an Habitant de ce quartier i il en fera trs-bonne compofition.
Le Sieur Simon Gollin, Habitant Maribaroux Excuteur framentairc du Sieur Gnillt de la Poudionniere, prie les perfonnes qui H eft d par cette fucceffioo, de fc prefenter & de lui faire connotre leurs titres de crance, afin de pourvoir leur payement, autant Le Sieur Druneau habitant Maribaroux a perdu une nrule tampee fur la croupe du Cot du moncoir DR Je plus bas D v, ladite mule ayant le bout du nez blanc : ceux oui en auront connoiance Ibnt pris de lui en donner avis nu chez le Sisur Bu dan, Gatacolej ou chez le Sieur Sentey Limonade ; on rcompenfeca celui qui l'aura trouve.
Depuis le mois de janvier dernier, le Sieur Lcbrc, RaffincuT chez le Sieur Thomai, Habitant au quartier de l'Arcaliayc, a perdu deux cavalles, fune poil gris l'autre poil rouge, campes toutes deux LB, ayant leur fuite un muleton, une petite mule fais carnpc, de puil brun, gee de fept huit mots & un mulet noir g d'environ quatre ans, tamp CD, avec une autre tampe renverfe, LAGANE. Ceux qui auront quelque connotf-fance de ces animaux, font pris d'en donner kv-is au -Sieur Cboloux Dhc&cur del l'ode Se Ngociant l'Arcahaye > il y aura rcompenfe.
UnNgre Mandingue ,g d'environ 17ansf ayant de grands yeux, tamp C AZENAVE, eft maron depuis le 14 janvier dernier. Il appartient au Sieur de la Guitricre, Directeur de la Pofte au Gap-Tibuion, qui prie les personnes qui le rcconouont r de le faire arrter, Se de lai en donner avis.
Deux NcgriTes,4'une A fada, nomme ZABET, d'environ /o ans, l'autre Crole, nomme RA"NC,OISE. d'une jolie figure ayant le vifage rond Bc fort noir, ge d'environ 10 ans, portant un enfant mle la mammecle, k un collier de 1er au col, t&mpcs tontes itvt DLSGOUBLAN font fugitives depuis, quelque temps : ceux qui les reconnokicmr, font firis d'en donner avis as Sieur Rtynaud Directeur de la Pofte au Petit-Goave.
'Un Negrc Crole, -nomm LOUIS, fils de ta nomme Marianne, Ngrcfle demeurant Belairdans les hauteurs du Port-au-Prince, g d'environ je ans, tamp P. D. T. haut d ; pieds., ayant la jambe bien faite & velue, ainfi que le corps & les yeux rouges, l dfanc libre, eft maron depuis trois ans. On prie ceux qui le reconnotronc, d'en donner avis audit Sieur Reynand.
Une Ngrcflc Crole, nomme MARIE-ROSE, ayant la peau fort noire & marquede la petite vtok, eft rnerom* depuis un Mois ; cette Wgicfle appartient au Sker Plumean, Chirurgien au Cap -qui prie les perfonnes qui la reconnatront, de lui en donner avis.
Le Sieur Marie, Imprimeur du Roi an Cap vient de recevoir de Paris un nombre d'exemplaires du Calendrier de la Cour > dit Coleaabat, pour l'anne 17*4. Ils font relis de faon a fatisfaire les diffrens gots.
Graines de rave ,.rady. perfii, cfrou-pomme laitue d'hiver, kituc romaine bitue royale chicore firitte, chicore fauvage, ofcille, panais navets, cerfeuil, betterave, bette blanche t poireau fcbrfohcrc, crcflbn frif carotte, ctlcry, fififis 6c fatriette le tout vendu enfembleott fparmeat. Qn-s'adteffera au Sieur Leblanc, llmprimeric Royale* .
Avec Permiffion.


77
GAZETTE DE S. DOMINGUE.
;'"";t"*;\ Du Mercredi 4. Avril 1764.. i .'? 1
FRANCE.
IjAji^uri Arrt du Conleil d'Etat du Roi, du 5 novembre dernier, concernant les charte-parties d'affrtement paflees avant la Signature des Prliminaires de la Paix, pour les Navires expdis aux Colonies Franoifes de l'Amrique, Sa Majeft ordonne que lefHitcs charte-parties foient excutes par rapport au prix du fret qui y eft ftipul, fans que les AiFrteurs piullent prtendre aucune diminution ni rduction cet gard; mais qu'ils ne foient tenus de payer comptant qu'un tiers du montant dudit fret, Se les deux autres tiers en papiers de commerce, autres que ceux du Canada, aux chances de iix mois pour l'un Se de deux mois pour l'autre.
Le Dcret dcern au Parlement de Touloufe, par Arrt du 17 dcembre 1763 contre le Duc de Fitz-James, Pair de France, a t annull par un Arrt rendu le 30 du mme mois au Parlement de Paris, toutes les Chambres aflembles. Voici ledifpc-fitif de cet Arrt. "Notredite Cour, toutes les Chambres alTem- bles, fuffifamment garnie de Pairs, en vertu de la convocation ordonne par l'Arrt du jour d'hier toujours exiftante &: eiTentiellement Se uniquement notre Ccur des Pairs, a dit Se dclar que par Arrt du Parlement de Touloufe du 17 dcembre de la prfente anne 1763 il a t incomptemment dcrt contre le Duc de Fitz-James Pair de France, Se en cette qualit, jufticiable de notre Cour des Pairs feulement ; en confquence dclare ledit Dcret Se tout ce qui s'en *ft 53 enfuivi,.ou pourroit s'enfuivre, nul : fait dfenfe^, Sec.
Le Parlement de Paris a enrgiftr, le z 1 janvier, une Dclaration du Roi du jour prcdent, par laquelle Sa Majeft ordonne que la Dclaration du xi novembre dernier fera excute flon & forme Se teneur ; impofe un filence abfolu fur ce qui s'eft pafT jufqu' prfent relativement aux objets qui ont donn lieu
L


78
la premire Dclaration & fait dfenfes toutes perfonnes, mme aux Procureurs-Gnraux, de faire &c continuer aucunes pourfuites ce fujer, pour quelque cauf & fous quelque prtexte que ce puiife tre. *
Marie-Eiizabeth-Louife-Antoinette de Bourbon PrincefTe de Parme, Infante d'Efpagne, ArchiduchefTe d'Autriche, eft morte Vienne, de la petite vrole, le 27 novembre dernier, ge de vingt-un ans dix mois & vingt-fix jours, ne lailant qu'une fille e d'environ deux ans. Les premiers accidens de cette maladie n'annonoient rien de funefte, & ne font devenus dangereux & mortels que par une faufle couche qui, ayant entirement puifles forces de cette Princeifc, a empch l'ruption de fe rtablir. L'Archiduc fon mari s'eft enferm avec elle des 'inftant que la petite vrole s'eft manifeste, tk. ne l'a pas quitte jufqu'au dernier moment.
Frdric-Chrtien Lopoid, Electeur de Saxe, eft mort Drefde le 17 dcembre dernier, le troifieme jour d'une petite vrole qu'on avoit prife d'abord pour une bullition peu dangereufe, g de quarante-un ans, trois mois 5t douze jours. Il avoit t mari le 10 juin 1747 la fur de l'Electeur de Bavire. Frderic-Augufte Prince-Electoral de Saxe, g de treize ans, iuccede aux Etats du feu Electeur fon pere.
S. DOMINGUE. Du CAP-TiBURON le 7 Mars.
Il y a long-temps que l'on fouponnoit une mine d1or dans les doubles montagnes de ce quartier : depuis prs de quatre mois, on a redoubl de foins pour la dcouvrir ; on afure que les recherches faites jufqu' prfent ce fujet, non feulement confirment la ralit de cette mine, mais encore font croire qu'elle pourroit tre abondante-
Les trois fources d'eaux chaudes minrales qui font dans les hauteurs & douze lieues du Cap-Tiburon, commencent tre fort frquentes : les effets qu'elles oprent journellement, y attirent de toutes parts des malades. La premire fource eft la plus abondante & la plus chaude, il n'eft pas pofiblede tenir la main dans l'eau qui en fort : la chaleur de la fconde eft telle qu'on


ne la peut fupporter que cinq fix minutes : quoique le degr de la troifieme foit plus modr, il eft difficile de la fournir plus de douze minutes. Ces 'diffrentes eaux ont t employes avec fuccs pour la galle, les dartres, le pian, les obftructions & autres maladies de ce genre i contre lefquelles tous les remdes ordinaires avoient chou.
Du Cap y le 4 Avril.
On a appris, par des lettres de la Martinique, que le VaifTeau du Roi le Brillant de 64. canons, toit arriv Sainte-Lucie le 17 mars. M. Magon, nomm l'Intendance deS. Domingue, eft embarqu fur ce Btiment, &. doit arriver iriceflamment au Cap. '- '
Le Chcbce dit Roi le Rus, command par M. Daniel, eft arriv en cette rade le 1 de ce mois; il doit refter dans la Colonie, (3c eft deftin empcher le commerce interlope : il toit charg de plufieurs effets appartenans M. Magon nouvel Intendant de cette Colonie.
On a publi ici, le z6 du mois dernier, une Ordonnance de M. l'Intendant, portant tablifement de trois chanes auxquelles feront attachs les Ngres marons des diffrens quartiers de la Colonie. Les Ngres marons toient vendus ci-devant un mois aprs leur dtention dans les Geles, lorfqu'ils n'avoient pas t rclams ; les Matres pouvolent les retirer dans l'an 6c jour;, aprs l'anne expire, il leur reftoit feulement le droit d'en rpter le prix pendant cinq ans. Cet arrangement entranoit plu-iieurs abus ; la vente occafionnoit des frais, & augmentoit la difficult de recouvrer les Ngres; la ngligence ou l'infidlit dans l'indication des tampes, mettoit fouvent obftacle la rclamation ; enfin!) les efclaves fugitifs perdoient l'habitude du travail dans l'oifivet des prifons & au lieu d'une punition y trouvoient le repos. Ces confidrarions ont dtermin M. l'Intendant remettre en vigueur l'article z6 du Rglement du 3 1 juillet 1743 > par lequel il avoit t ordonn que les Ngres fugitifs consigns dans les prifons, & non dclars dans le mois, feroient attachs l chane pour tre employs aux travaux des fortifications, ou autres travaux publics; & pour rendre


8o
l'excution de cet article, encore plus utile au Roi, moins on-reufe aux Propritaires des efclavcs, 6c plus commode pour le Public, il y a t ajout quelques difpofitions.
Suivant la nouvelle Ordonnance, les Ngres fugitifs ne feront plus vendus ; mais immdiatement aprs leur conduite, ils feront attachs la chane, 6c continuellement appliqus aux travaux publics. Il fera tabli trois chanes, la tte de chacune desquelles fera un Conducteur Blanc; Tune, au Cap, laquelle feront, conduits les Ngres marons pris dans le reilrt des Jurif dictions du Fort-Dauphin 6c du Port-de-Paix ; l'autre, au Port-au-Prince, o feront conduits les Ngres pris dans les Jurifdictions de S..Marc,.du Petit-Goave 6c de Jacmel ; 6c la troifieme, S. Louis,, laquelle feront attachs tous les Ngres marons,pris dans la partie du fud., quinze jours aprs leur' dtention. Les Ma-tres pourront!en tout temps rclamer leurs Ngres fugitifs, eu juftifiant de la proprit, & ,en payant les frais de capture 6c un mois de nourriture la Gele. Les Matres domicilis dans les Villes du Cap, du Port-au-Prince 6c de S. Louis, qui voudront punir leurs ciclaves, pourront les faire mettre la chane, fans payer aucune rtribution.
Arrive de Navires.
Aux Cayes y la Golette la Marie-Plagie de la Martinique Capit. Jean-Nol Barregue, charge de pots 6c formes & de cafTe, arrive le 17 mars.
AL eoganey cinq Navires; favoir, laNouvelle-Helose, de Nantes, Capit. Nicolas Lacour, parti le 16 fvrier, arriv le 24 mars ; la Julie de Nantes, Capit. Joachim la Barre, parti le 16 fvrier, arriv le 24 mars; les Deux-Surs, de Nantes, Capit. Cfar Pichon, parti le 16 fvrier, arriv le 16 mars; le Rebecca de Bordeaux, Capit. Jean Drouet, parti le 17 fvrier, arriv a S. Marc le 15 mars, 6c Logane le 27 du mme mois; le Comte-dc-Clare de Nantes, Capit. Etienne Fourneau, parti le 21 fvrier, arriv le 2 8 mars.
Au Port-au-Prince y huit Navires ; favoir, la Chrie, de Bayonne, du port de 250 tonneaux, Capir.. Pierre Bonnet, arriv le 22 mars; le Croissant de Bordeaux, du port de 260 ton-


Si
neaux, Capir. Pierre Bourguet, arriv le mme jour ; l'Hlne, de Marfeille, du port de 300 tonneaux Capit. Jofcph Aycard, arriv le 13 ; le Gavillan, de Nantes, du port de 100 tonn. Capit. Jean Giraud, arriv le 15 ; la Nouvelle-Marguerite, Je Nantes, du port de 250 tonneaux, Capit. Jacques Brochard, arriv le mme jour; la Sainte-Anne, de S. Malo, du port de 250 tonneaux, Capit. Pierre Vincent, arriv le z6 ; l'Arti-bonnite de la Rochelle du port de 260 tonneaux Capit. Andr Boulineau, arme Rochefort, venant de Cayenne, arrive le 26; 6c le Saint-Jean-Baptiste, de Nantes, du port de 300 tonneaux Capit. Pierre le Roy Bochandierc, arriv le 28.
A S. Marc, cinq Navires; favoir, la Fidelle, de Bordeaux Capit. Mur, parti le 17 fvrier, arriv le 14 mars ; la Providence, de Bordeaux, Capit. Dubergier, parti 6c arriv le mme jour ; l'Aima ble-Jeanne, de Bordeaux, Cap. Courniot, parti le 19 fvrier, arriv le 27 mars; le Printems, de la Rochelle, Capit. JeanElieGiraudeau, parti le 17 fvrier, arriv le 27 mars ; & le Davi de Bordeaux Capit. Ren Renoulieau parti le 10 dcembre, relch Rochefort, reparti le 20" fvrier, arriv au Cap le 25 mars, 8t S. Marc le 29.
Au Cap, depuis le 27 mars, onze Navires; favoir, deux de Bordeaux, l'Achille, Capit. Hilaire BoilTon parti le 24 fvrier, & les Six-Freres Capit. Feuillerade, parti le 19 fvrier, arrivs tous deux le 27 mars; la Fidelle, du Havre, Capit. Emmanuel FofTe, parti le 19 fvrier, arriv le 28 mars, reparti pour S. Marc ; le Louis-Auguste, de S. Malo, Capit. Honor Amelin, parti le 17 fvrier, arriv le z 8'mars; la Diligente, |du Havre, Capit. Charles Poifon, parti le 14 fvrier, arriv le 28 mars; la Victoire, de Dunkerquc, Capit. Grard Morel, & le Mars, du mme Port, Capit. Jacques Scyfwcrds, partis de Dunkerquc enfemble le 16 fvrier, 6c arrivs ici le 29 mars; la Flore, du Havre, Capit. Jofeph de Glos,parti le 20 frvrier, arriv le 30 mars au Cap, d'o il a appareill pour Logane; le Rus, Chebec de Toulon, venant de Brelt, Cap. M. Daniel, parti le 1 mars, arriv le 3 1 ; le Messager, de la Rochelle, Capit. Jofeph Toucher, parti le 20 fvrier, arriv le 1 avril;


8i
Se les Deux-Amis, du Havre, d'o il eft parti le 20 fvrier, Capit. Adrien Deshays, arriv le z avril.
navires en expdition, SC dont le dpartparotprochain.
Au Port-au-Prince le Brigantin le Tonnerre, Capitaine Edelin, partira du 5 au 10 de ce mois, pour Nantes ; le Navire l'Hercule, de la Rochelle, Capit. Saint-P pour la Rochelle,
Au Cap, fept Navires; favoir, les Bons-Amis, de la Rochelle, Capit. Durant, pour le mme Port; le Doyard, Capir. Arrault ; le Conflans Capit. Lefcot Se la Marquise-de-Choiseul Capit. Navarria tous trois de Nantes, pour le mme Port; la Marquise-de-Brancas Capir. Godart, Se l'Agla, Capit. Prudhomme, ces deux Navires de Honflcur pour le mm Port; Se l'Hercule, de Bordeaux, Capit, Confiant, pour Bordeaux.
n gres Ma r o n s.
A S. Marc, un Nc^re Crole, nomm Jean-Francois, Y d'environ 25 ans, tamp fur les deux feins D.M., appartenant la Dame Kergent, Habitante au quartier Dauphin, entr la Gele le 30 mars.
Au Fort-Dauphin trois Ngres ; favoir,Etienne, Congo, tamp fur le fein droit P DVPN., Se fur le gauche V. G. E appartenant au Sieur Dupont, Habitant l'Artibonnite, pris dans la partie Efpagnole, derrire les montagnes de l'Artibonnite, entr le 22 mars; un Ngre nouveau, tamp fur le fein droit INGRAND S. MARC, lequel n'a pu dire fa nation, fon nom, ni celui de fon Matre, pris dans la partie Efpagnole, entr le 24 mars; Se Jacques, Crole, tamp fur le fein droit I. L Se fur le gauche JUCMAN, appartenant au Sieur Jucman, de TArtibonnite pris la grande Garde Efpagnole, entr le i(> du mme mois.
Au Cap, deux Ngres; favoir, Toni Coueda, ayant une jambe de bois, tamp fur le fein droit PL, & fur le gauche BORY, appartenant au Sieur la Plaine, Habitant au Limbe, entr le 30 mars ; Se Jacques, Arada, g d'environ 32 ans,


83
appartenant au Sieur Dupont, Habitant au Morne rouge, pris au Bois de l'Ance, entr la Gele le mme jour.
Prix des Marchandifes de la Colonie.
Aux Cayes Sucre blanc, 35 50 1. brut, 211. Indigo, 6l 61. 15 f- Coton, 180 1. CafF, 141*.
A Logane, Sucre blanc, premire qualit, 46 48 1. les autres, 36 45 1. brut, 24 25 L Indigo bleu, (S 1. 15 C. 7 1. cuivr, 61, 5: 6 L 1 o CafF nouveau, 14 f. vieux, 11 12 f. Coton, 1CT3 L
Au Port-au-Prince, Sucre blanc, 50 liv, commun 36 481. brut, 25 1. Indigo bleu, 7I. 7 J, 10 f. cuivr, 61. 10 f. 61. ij f. CafF nouveau, 14 i. vieux, 9 12 f. Coton, 170 1.
A S. Marc, le prix des marchandifes de la Colonie, ainfi que de celles de France, y eft incertain ; la concurrence de cinq Navires arrivs prefque en mme temps, n'a pas encore laifle aux Capitaines, ni aux Habitans, celui de fe dcider refpectivement.
Au Cap, Sucre blanc, 54a 58 1. commun, 44 48 h brut, 17 30 L Indigo bleu, 7I. 7 1. 10 f. cuivr, 6 1. 6 1. 15 f. CafF nouveau, 15 C vieux, 11 1 3 f. Coton, 180 190 liv. Gampche, 15 18 I. Piaftrcs gourdes, 33 34 pour cent.
Prix des Marchandifes de France.
Au Port-au-Prince, Vin vieux, 180 liv. nouveau, 150 liv. Farine de MoifFac, 80 1. Savon, 50 1. Au Cap, Vin, Sol. Farine, 66 701.
Cours du Fret.
Au Port-au-Prince, Sucre, 18 d CafF, 20 .21 d. Indigo, 5 f Coton, 4 f.
Au Cap, Sucre blanc, 14 cL brut, 16 18 d. Indigo, 24 A Caff, 18 d.__
Le mauvais tat de la fant de M. Ruotte, Subdigu principal obtenue.


$4 _
AVIS DIVERS.
A vendre, deux Emplaccmens fur les cinquante pas du Roi au quartier de l'Acul, fur Jefciutls il y a une grande Caze de 60 pieds de long fur xo de large divifee en plufieurs chambres planchcs > avec une-chambre haute, btie fur un baflni de maonnerie fervant de cave, & une cuine de fourches en lerre le tout bien entour. On s'adiellcra au Sieur Turin Bauvoifin Ngociant au Csp rue deTenthivre.
Un Ngrc, nation Tapa,tamp LEBRAY, eft maron depuis un an. Ceux oui l re-Ctinokront, font pris de l'arrter, & d'en donner avis au Sr. Lebray habitant la Petite* Ance. ~ ,
A vendre une Maifon fitue au Cap au coin des rues du Confeil Se de Vaudreuil btie fur un emplacement de 60 pieds quarrs, confiftant en trois chambres en bois, paliffadces de travers, fur feuillage Je maonnerie, une galerie fous laquelle font deux cabinets l'un en bois, l'autre en maonnerie, une cuifinc trois cabinets &c une Cour carrele le tout couvert d'eflences & entourr de murailles, Il faut s'adrdfer la Dame Veuve Fouczon dans ladite maifon,
Deux Bateaux Bermudiens vendre, l'un du port de 60 tonneaux& de dix canons, dont il y en a dix pices bord dix pierriers des coffres d'armes garnis de lufits, piftolets & coutelas, pourvus de tout ce oui eft ncenaire pour la guerrx ainfi que de tous fes agrs Se aparauz, fortanc de carenne & pi et faire voile : l'autre BJteau du port de 36 40 tonneaux eft propre pour le cabotage & n'eft pourvu que d>;s agrs nccljircs ce commerce. Ces deux Bateaux font fins voiliers, notamment le plus grand. On s'adieflera au Sr, Lefebvre, rus du Gouvernement.
A vendre un Emplacement de foixante pieds quarrs, (tu au Ct,p au coin des rues de Vaudreuil Se des trois vifages avec deux chambres qui font face la rue de Vaudreuil, $1 deux cabinets dans la Galerie, Cet Emplacement appartient au Sr. Meillac habitant la Grand'Riviere. Il faut s'adrelTer au Sr, Lavitle, Ngociant au Gap, au coin des rues de Saint Jean &c du Gouvernement.
Deux Ngres nouveaux, Congo, ctamps fur le fein droit I. G. apartenant au fieur Jesn Chailleau Habitant Plaifance font marons depuis quelques jours j il prie ceux qui les tu connotront de les faire arrter, & de lui en donner avis.
Un mu'et fous poil brun, dj vieux, bkjfur je garot, marqu du ct du monroir d'une tampe, dont les lettres paroiflent tre F. C. ayant ci devant appartenu auSr. ChirOn eft fotti de la favanue do Sr. PafTorieux Chirurgien la Grandc-Riviere, 6c s'eft gar il y a quelques jours. Les perfonnes qui auront cormoinaiice de ce muter, font pries d'en donner avis au leur Paiforieux, ou la Dame veuve Baflccavc au Cap rue du Palais.
On a trouv, il y a trois jours au bord de la mer un Ballot No. t. marqu I. G. Pour le conferver qui il appartient. on l'a tranfport dans le Magafin de la Maric-Iofcph, de S Malo, *ue Notre-Dame. Ce Ballot fera remis la perfonnequcn reprfeutera la facture aprs la vrification qui en fera faite. Il faut s'adreflr au Sr. Dubois, Capitaine de ce Navire.
Le Navire l'Artibonnite de la Rochelle, Capit. Andr Boulineau, partira du Port-aa-Prinr: pour la Rochelle, dans les premiers jours de mai. Ceux qui voudront y pafTcr, ou charger c': marchandifes fret, s'adreiTcront au Gap, aux Srs. Mefnier, frres : S. Marc, au Sr JJulVit de Chatelard : & au Porc-au Prince, au Sr. Beauchamp.
Un Ngre Congo, nomm Alexandre, tamp fur le fein droit L D B, & PAQUET gde z$ ans, d'environ 5 pieds ayant le viiagc rond de petits yeux, les lvres un peu erolTc.il corps fort mince, afterant debienparler franais, parlant un peu tfpagnol, fe dilant lihrc, Cordonnier de fon mtier, eft maton depuis le x2 fvrier dernier. Les perfonnes qui en aurnj connoiuancc, font pries d'en donner avis au Sr. Paquet, demeurant au Fort-d.auphiu. Celui qui le ramnera fera rcompenf.
Avec Permifflon. Au Cap, de l'Imprimerie Royale.


GAZETTE DE S. DOMINGUE.
Du Mercredi ii Avril 1764. 1
j- y" FRANCE.
L titre &' les fonctions de Chancelier ayant t reconnus infparables de la perfonnc de M. de -Lamoignon l'Edit portant cration d'un Office de Vice-Chancelier en faveur de Al. de Maupeou a t retir.- M. deMaupcou n'aura que le titre de Garde des Sceaux.
La Dclaration du Roi > donne Verfailles le if mai 1763, concernant la libert dii commerce des grains, a t enrgiitre au Parlement de Paris le 2 2 dcembre fuivant. Par cette Dclaration, Sa Majeft permet tous fes Sujets, fans exception,.de vendre & d'acheter toute efpece de grains c denres dans l'intrieur du Royaume, d'en faire des magafins, &c d'en tranfporter d'une Province dans une autre, fans qu'ils foient obligs de faire aucune dclaration, de demander aucune perrrufHon, ni de payer aucun droit quelconque pour cet objet.
Par un Arrt du Confeil'd'Etat, du 2 janvier, le Roi permet la fortie l'tranger des mmes grains, graines & grenailles, des fves & autres- lgumes, par tous les Rorts du Royaume in-diltin&emen.t.
Le VaiiFeau a Ville'-de-Paris, de 92 canons, conftruit Rochefort, a' t lanc l'eau le 18 janvier.
On afTure que le Roi, en confqunee d'une convention avec ^Rpublique de Gnes, fera pafFerdans l'Ifle de-Corfe un fecours de cinq fix mille hommes pour y foumettre les rebelles. Ces Troupes, la plupart trangres, feront-commandes par le Gnral Lukner, Officier Allemand attach depuis peu au fervice de France ;. on'ajoute qu'elles dvoient tre tranfportes ce printemps dans l'Ifle de Corf, bord des VaifFeaux Gnois.
On a annonc prcdemment, dans la Gazette du 29 fvrier dernier qu'une Frgate Angloife avoit t envoye Terre-neuve, pour y brler tous les Bateaux Franois qui y faifoent
M


la pche. Cette nouvelle n'eft pas exacte : la fuite d'une difpUtc qui s'toit leve entre des Pcheurs Anglois Se des Pcheurs JFranois, les premiers ont effectivement brl quelques-uns rjc nos Bateaux qui toient Micuielon ; mais il n'y a pas d'app^. rence que la Cour de Londres, ni mme le Gouverneur de S. Jean aient aucune part cet vnement.
Le fecret des Anglois pour fe rendre la balance du commerce de plus en plus avantageufe, eft: de fournir tout l'tranger, Se de n'en tirer que le moins qu'ils peuvent, pour leur conforn-mation particulire. La Socit tablie Londres pour l'en, couragement du commerce, des manufactures Se des arts, a pour but principal dans les prix qu'elle propofe de procurer au commerce de nouvelles branches, Se a l'induftrie nationale de nouveaux objets de travail. Il y a en France des bufs, du beurre Se du fel : cependant l'Irlande eft en pofliion d'approvifionner de buf Se de beurre fal nos Colonies, Se nos VaiiFeaux pour les voyages de long cours. Perfonne n'a encore entrepris de conferver la Nation l'argent que ces approvifionnemens incertains Se prcaires, en font fortir. Il femble "que c'eft des Ngocians, qui ce mal doit tre plus fenfible, que devoit venir l'ide du remde : un Militaire leur en enlev l'honneur, M. le Chevalier Turgot, Gouverneur de Cayenne Se deGyanne, AfTo-ci' l'Acadmie Royale des Belles-Lettres de Can, a propof trois prix pour l'anne 1765. Le premier, de 500 livres, fera donn celui qui aura fal aux moindres frais pojfibles du buf qm) pour la qualit y puiffe foutenir dans nos Colonies la concurrence avec les bufs d'Irlande ; le fcond, de 400 liv. celui qui aura prpar > avec des bleds de la Province, des farines auffi bonnes pour le tranfport dans nos Colonies, que les farines Angjoifes ; & le troifieme de 300 livres celui qui aura prpar & fal des beurres auffi bons que ceux. d'Irlande.
S. DOMINGUE. Du Cap y le 11 Avril. ML MaufF, Aide-de-Camp de M. le Comte d'Eftaing, nouveau


Gouverneur-Gnral de S. Domingue, eft arriv en cette Ville je 8 de ce mois, par un Navire de Bordeaux, parti le i de la Martinique : il a laifF dans cette Ifle leVailTeau le Brillant, qui devoit de l fe rendre la Guadeloupe, Se faire enfuite voile pour S. Domingue au commencement de cette femaine. M. le Comte d'Eftaing, M. Se Madame Magon, M. de Portail, Ma-rchal-de Camp, Directeur-Gnral des Fortifications, M. de la Feronaye, Colonel du Rgiment de Forez, Se plufieurs autres Officiers, font embarqus fur ce VailFeau.
Avis fur le Coton,
On fabrique aujourd'hui en France des toiles de coton de toutes les efpeces, Se femblables celles des Indes, depuis le garas jufqu' la moufFeline.
Nos Colonies, 2c fur-tout celle-ci, devroient cooprer des manufactures fi utiles au Royaume, en cultivant de toutes les efpeces de coton que nous avons, Se nous en procurant d'autres, s'il en eft qui nous manquent : car dans les Indes on ne fabrique pas toutes les difFrentes toiles Se tofFes que nous en tirons avec la mme efpece de coton. Il eft vifible que le garas eft fait d'un coton grofier, & la malemole d'urxautre plus fin, quoique galement iouple. Les guines Se les percales, qui ont la mme fermet, mais tant de difFrence dans la finefle, ne paroifTnc pas fabriques non plus avec la mme efpece ; il en eft de mme des bafins Se des diffrentes fortes de moufFeline : il y a des toffes dont la couleur indique qu'elles font faites de coton de Siam. 11 fuit de l qu'on ne pourra efFayer de contrefaire en France toutes les toiles Se tofFes des Indes, que Iorfqu'on aura de toutes les efpeces de coton cjiu'n y emploie, bien diftinctes les unes des autres, Se non pas mlanges dans les mmes balles.
La culture Se l'examen des difFrentes efpeces de cette plante ont toujours t fort ngligs ici ; peu d'Habitans favent combien il y en. a & en quoi elles diffrent.
On defireroit que ceux qui ont ces connoiffances, daignaffent les communiquer au Public, dcrire exactement chaque efpece par fon port, fa couleur, fon corce, fa tige, fes feuilles, fa rieur, la goufle, fa graine, Se fur-tout fon coton, s'il eft plus gros ou


n
plus fin, plus long ou plus court, plus rude ou plus foyeux, plu. laftique ou plus mol ; bien remarquer ce qui peut conftater Ici efpeces oar leurs diffrences ; dire s'il y a quelque efpece plu: difficile a cultiver que les autres,celle qui rapporte le plus, celle qui donne le moins de en quelle proportion de quantit, laquelle eft la plus aife nettoyer, & en quelle proportion de temps avec la plus difficile, le rapport par quintal de coton brut, del quantit du coton net de fpar de fa graine, le produit de chaque efpece dans une quantit de terre dtermine, par exemple, cent pas en quarr ; enfin y ajouter tout .ce qu'on croira utile de avantageux fur la culture de l'apprt de cette denre, la nature du terrein, de l'expofition qui lui convient.
Nos Habitans cultivent les cotonniers, fans rgles; plufieurs mlent les diffrentes efpeces dans les balles ; mais la plupart ne jj'attachent qu' celles qui donnent le plus de denre, c qui font les plus aifes nettoyer, fans beaucoup d'gard pour la beaut de la finene : la raifon de cela, c'eft que s'ils cuki voient, dilent-ils, les plantes qui donnent le coton le plus beau, mais qui cote le plus faire, parce qu'il eft le plus difficile nettoyer, de qu'il rend le moins, ils ne le vendroient pas plus cher que l'autre.
Ce prjug eft draifonnable. Si on diffrencioit exactement les efpeces, de qu'on en envoyt par elTai un ballotin de chacune un habile Manufacturier de Rouen en voyant leurs diffrences, il ne tarderoit pas en offrir des prix proportionnels de rcfpectifs aux peines qu'on auroit eu les cultiver & les nettoyer : car l le prix du coton influe beaucoup fur la valeur d'une toile groffiere dont la faon cote peu, il n'en eft pas de mme l'gard d'une toile fort fine, o la main d'uvre furpafede beaucoup le prix de Ja matire, quel qu'il foit,.& o il eft important, pourruilir, d'avoir les plus belles de les meilleures matires.
Les diffrences qu'on fait en Europe fur les prix des laines de chaque pays, & fur celles qui fortent de la mme toifon, font de iurs garans de celles qu'on fera un jour fur les prix des cotons, lorfque les qualits en auront t bien diftingues.
La Chambre d'Agriculture du Port-au-Prince invite MM. les Habitans cultivateurs de coton, lui faire part de leurs lumires iiir -ce qui eft contenu dans le prfent avis, de d'adreffer leurs


crits au Sieur Brevet, fon Secrtaire, au Port-au-Prince : elle aura foin d'apprendre au Public les noms des perfonnes qui il fera redevable des connoifTances les plus utiles cet gard : fi toutefois quelqu'une vouloit relier Auteur anonyme, elle n'auroit qu' le mander au. Secrtaire ; fon fecret eroit gard trs-fcru-puieufement. Sign, Brevet Secrtaire de la Chambre d'Agriculture du Port-au-Prince.
Arrive de Navires,
A Jacmel, le Navire le Hardi, de Marfeille, Capit. Cla-velly, parti le 4 fvrier, arriv le 28 mars; le Bateau le Postillon, de la Martinique, Armateur 8c Capir. le Sieur Laman, venant de la cte d'Efpagne, charg de bourriquets, arriv le 29 mars.
Au Port-au-Prince, le Brigantin le Cheval-marin, de Honflcur, du port.de 90 tonneaux, Capit. Guillaume Martin, arriv le 9 mars ; le Navire la Bonne-Socit, du Havre, du port de 70 tonneaux, Capit. Thomas le Comte, arriv Je 30 du mme mois ; le Senaii la Reine-des-Anges de Dunkerquc, du port de 150.tonneaux, Capit. Jacques Herpin, arriv le 3 1 ; & le Navire l'Aimable-Julie, de Nantes, du port de 180 tonneaux, Capit. Etienne Dangla arriv le 1 avril. Le 4, au dpart du Courier, il paroifToit deux Navires au large.
Au Cap y onze Btimens depuis le 4 avril ; favoir, le Jean-Bernard, de Nantes, Capit. Franois Thomas, venant de la Louifiane, d'o il eft parti le 16 fvrier, arriv le 4 avril; le Duc-de-Niver.nois de S. Malo, Capit. Franois Petit, parti le iS lvrier;, le Neptune, de Toulon, Capit. Morgan, parti de Marfeille le il fvrier; le Pittre, de Nantes, Capit. Joubert Marinire, parti le 1 mars; le Thophile, de Nantes, Capit. Paul Bellouan, parti le 24 fvrier;- la Princesse-de-Conti de Marfeille, Cap. Auguftelcard, parti le 13 fvrier; l'Aimable-Adf.lade, de Dunkerque, Capit. Pierre Auguier, parti le 21 fvrier, ces fix derniers Navires, arrivs le 6 avril ; les Trois-Mariannes, de Bayonne, Capit. Jofeph Larregny, parti le 28, irriv le 7 avril ; le Mesn- de S. Malo Capit. Franois Ja-lobcrt, parti de France le 10 mai dernier, venant de la cte d'Angoie, charg de 606 Noirs, arriv le 7 avril ; le S. Antoine,


9 -
de Bordeaux, Capit. Louis Bouyris, venant de la Martinique, arriv le 8 avril ; & la Jeanne-Elizabeth de Bordeaux, Cap, Pierre-Elie Martin, parti de Bayonne le 16 fvrier, arriv le 9 avril.
NAVIRES en expdition, SC dont le dpart paroi t prochain.
Au Cap, les Deux-Belles-Sceurs, de Dunkerque, Capir. Bachellier; la Gracieuse, de Bayonne, pour Bordeaux, Capit. Lardin ; le Dirkt-Polonia Capit. Barents, pour Zlande; Se la Sainte-Anne, de Bordeaux, Capit. Borcl.
Morts.
Anne Langoulan, poufe du Sieur Jean Daniel Bell oc, Mdecin du Roi au Port-au-Prince, eft morte en cette Ville le 30 mars.
N gres Ma r o n s.
A Jrmie deux Ngres, l'un Crole de la Martinique, g d'environ 30 ans ; l'autre, Sngalois, g d'environ 60 ans, tous deux fms tampe, entrs la Gele le 19 mars.
Au PetLt-Goave, un Ngre nomm Cirus tamp fur le fein droit R, Se fur le gauche YIB, Se au defTous ROSE, appar-tenant au Sieur Blanchard pris dans le quartier de Nippes, entr le 26 mars.
Au Fort-Dauphin une vieille Ngreie nomme Louison, fans tampe, laquelle n'a pas voulu dire le nom de fon Matre, prife aux Perches,entre la Gele le 29 mars ; un Ngre Congo, nomm Pierre tamp for le fein droit RINAVD, appartenant au Sieur Tiard, pris la Mine, entr le 31 mars.
Au Cap une Ngrefle Nago, nomme Janneton ge de 40 42 ans, tampe fur le fein droit AG., appartenant au Sieur Gautier, Habitant au Dondon priie la Petite-Ance, entre le 3 avril; un Ngre Crole, nomm Jean-Franois, g de 12 13 ans, fans tampe, appartenant au Sieur Chabannes, pris au Dondon entr le mme jour ; un Ngre bofFal qui n'a pu dire fa nation, ion nom, ni celui de fon Matre, tamp iur le fein droit "W, pris dans les mornes du Cap, entr le 5; un Ngre Mondongue, nomm Jean, g de 243ns, tamp fur Je fein gauche S., appartenant au Pere Coutiaux, Cur de la


91
plaine du Nord, pris la Fouette, entr le mme jour ; un Ngre Bambara, nomm Mars, g d'environ 36 ans, appartenant au Sieur Ructigny, pris la Fouette, entr le 8 avril.
Prix des Marchandifes de la Colonie.
A Logane y Sucre blanc, premire qualit, 4c 48 I. les autres, 3 6 a 42 I. brut, 15 161. Indigo bleu Se violet ,61.15F. 71. cuivr 61. 6 L 15 f. CafF nouveau ,13F vieux, 11 12 F. Coton, 165 1.
Au Port-au-Prince, Sucre blanc, premire qualit, 52*541. commun, 36 48 1. brut, 26 1. Indigo bleu, 7 1. 7 1. 10 f. cuivr, 61.10f. h. 6 F 15 f. CafF nouveau ,14 F vieux, 1 2 f. 12 f. 5 d. Coton, 160 1.
y^/z CfljP, Sucre blanc, 58 59 I. commun, 46 50 1. brut, 27 30 1. Indigo bleu 7 1. 10 f. cuivr, 6 1. 6 1. 1 5 f. CafF nouveau 1 5 F 5 d. vieux, 12 f. a 13 f. 6 d. Coton, 190 200 L Piaftres gourdes, 34 pour cent.
Prix des Marchandifes de France.
A Jacmel, Vin de Provence, 120I. payable dans trois mois, du jour de l'achat. Farine de MoifTac, 100 1. au mme terme.
Au Port-au-Princey Vin vieux, 180liv. le nouveau, fans demande. Farine de MoifFac, Sol. commune, 60 1. Savon, 50 1. Les marchandifes feches font toujours en trs-grande abondance.
A S. Marc, Vin 150 2001. Farine, 70 80 1.
Au Cap y Vin, 170 180 1. Farine, 66*701.
Cours du Fret.
A Logane y Sucre, 14 16 d. CafF, 20 24 d. Indigo Se Coton, 3 f.
Au Port-au-Prince y Sucre, 18 d. CafF, 10 24 d. Indigo, 3 f. Coton ,4F
Au Cap y Sucre blanc, 14a 15 d. brut, 15 16d. Indigo,, ;o24d. .CalT, 16 18 d.____
AVIS DIVERS.
Le Public eft averti que le 16 du courant, il fc vendra fur l'Habitation de feue Dame veuve la -Combe. au quartier Morin, des meubles meublans de toute cfuce, une duife roulante, des chevaux de ebaife & de Telle, & autres effets.


y.
A- Vendre, r* une Habitation ft u ce dans les; bas-du quartier de TArtibonnite, paroi(fc de S. Marc coufftant en 60 carreaux de terre j xp. une Hacte fitue dans le mme quartier' de itoo pas quarrs de trs-bonne terre, avec l'eau nccffaiie pour abreuver ls animaux-, fur laquelle il y a cent btes cornes, cent btes cavalines, dix. mulets Si cent moutons. Il faut s'adrelTer au Sieur Pierre Chauvreaux, Habitant dans les bas dudit quartier de l'Arti-bonnire, qui l'un & l'autre terrein appartient;
A vendre, une Habitation d'environ 400 carreaux, dont le quart eft. en plaine & fufceptible d'arrofement, fitue aux Abricots, quartieT de la Grande--Ance, 1100 pas d'un embarca-daire, o l'on peur facilement tranfportcr fes denres par la rivire ou par des cabrouetsj il y. a fur ce bien une maifon principale trs-commode, des magafins, des indigoteries Scdcj glacis pour l cafF Cette Habitation efl- propre toute efpece de culture; on y peut fur-tout tablir une belle fuercrie avec un moulin. eau : 80 btes cornes, i btescavalincs &. dix ngres y font attachs & fetont compris dans la. vente. On s'adrelTeta au Sieu-r Bureau, Notaire, la Grande-Ance.
Le Seur Rinaud, Chirurgien, demeurant au quartier Morin ftir l'Habitation du feu Sieur Defgjcreaux, fera procder, le mardi 17 de ce mois, fur ladite Habitation-, la vents de fes meubles &l effets, tels que lits, armoires, chaife routante", chevaux' decbaif Se de felle, armes, argenterie, bijouterie % il vendra aulfi fa pharmacie, qui efb confdrable.
Le-Sieur le Fe-vre, demeurant rue& prs de l'ancien Gouvernement, vend les Ngres, les pots & formes, morue 8c antres marchandrfesqui compofoient ta cargaifon d;uue Golette venant de la Martinique, actuellement dans la rade du Gap.
Deux Manufactures vendre, litues la Petite-Ance, l'une d briques, l'autre d gui! dive, avec vingt Ngres, fur lefquclies-.il y a une maifon principale Si un magafin, Il faut S'adrelTer au Sieur Grandin, Habitant l'cmbarcadaire del Pctite-Ance -y ou au Sieur Roux, iMagafnier au mme lieu.
A vendre des Ngres Serruriers Si des uftenftes de forge, On s'adrcfTera au Sieur Durand, Forgeron rue neuve, au Cap..
LE Navire LE BOUTE-EN-TRAIN, de Dunkerqu-e, trs-finvoilier,. d ri canons 2c 3& hommes d'quipage, actuellement dans la rade du Cap command par le Sieur Jean. Baptifte Julbin eft en charge & fera voile pour Dunkerque dans le couraut de mai prochain. Ceux qui voudront y charger des marchandifes fret, s'adrefferont audit Sieur Julbin, chczTe Sieur Julbin, fon hre rue de Vaudreuil.
Une Ngreile. Sngaloifc, nomme VICTOIRE, marque^u defbu de Tcril droit, d'une efpece de brlure eft maronne depuis fx mois : ceux qui en auiont quelque connoifance, font pris d'en donner avis au Sieur Ducros, grant l'Habitation tfu Sieur Bordes, au Bonnet.
Un- Ngre Crole de ij 30 ans. ayant une cicatrice fur une des joues, tamp fur le fein droit, d'une main & fur le. gauche MLNARD eft maron depuis le 11 novembre dernier. Le Sieur Romieu Habitant la Marmelade, a qui ce Ngre appartient, prie les perfonnes qui en auront connoiffance, de le faire arrter, Scdclui en donner avis,
Le Sieur 'Delon, Teinturier, arriv depuis peu en cette Ville, blanchit trs-proprement Jes bas de foie, auxquels il Icait donner feur premier luftrc, fans en altrer la qualit ; il prend jo fols par paire de bas. Sa demeure eft rue Efpagnole, chez le Sieur Servet.
Le Sieur Jean-Louis Breavin, natif de la Rochelle-, aprs avoir t quelque temps Raffineur dans cette Colonie, s'eft embarqu pour la courfe, pendant la dernire guerre, dans un Btiment appartenant au Sieur Brandaye, pour lors Ngociant au Pori-au-Prince : comme on ignore ce qu'il eft devenu, ceux qui pourroient en ft;a,voir des nouvellesr. font pris d'en faire part au Sieur Profiuon l'Amricain ux Cayes.
Le Sieur Vaille, arriv depuis peu en cette Ville, enfeigne crire, l'Arithmcrique, tenir les Livres en parties doubles, & la Gomtrie thorique 8c pratique ; il piend des Penfonnairci: fon Ecole eft rue du Cimetire, vis--vis ii maifon du Sieur la Bourdcttc, Chirurgien.
Avec Permiffion. Au Cap, de l'Imprimerie Royale.


N. il
93
GAZETTE DE S. DOMINGUE.
\ Du Mercredi iS Avril 1764.
t'T des arbres du Pays, fur lefquels on pourrait enter avec Ifprance de fuccs 3 des arbres fruitiers d'Europe.
LE Pcher c l'Abricotier de France pourroient rullir fur l'Abricotier du Pays. L'Amandier, dont on fe fert pour le Charronnage,pourroit aulTi donner des fujets trs-propres pour conserver ces deux efpeces: elles fc greffent en Europe fur l'Amandier: celui du Pays donne fon fruit dans les mois d'avril 6V de mai; il a le got de l'amande amre. Cette graine qui cil: trs-olagineufe demande tre mife promptement en terre \ autrement elle ne germe point.
Le Cerifier du Pays donne du fruit t des fleurs dans prefque toutes les faifons. Les difFrentes efpeces de Cerifier de France, pourroient y tre entes avec fuccs.
Le Brignolier du Pays donne dans les mois de novembre dcembre, janvier&: fvrier, une efpece du prune allez agrable au got. Il pourroit tre trs-propre multiplier par le moyen de la greffe des difFrentes efpeces de prunes de France.
Le Ciroueilier, qui vient de bouture y pourroit aufli tre employ utilement.
Le Pommier d'Acajou parot tre le fauvageon dont la nature correfpond le plus celle des Pommiers &: des Poiriers de France ; aprs le Pommier d'Acajou, les arbres du Pays qui ont le plus d'analogie avec ces deux efpeces font le Coroffoiier, le Pom-micr-canelle le Cachimantier qui pourroient auffi trs-bien recevoir les Pchers &c les Abricotiers. C'eft en multipliant les eflais fur ces difFrentes cfpccs que Ton peut arriver des dcouvertes aufi fres qu'utiles.
Le Pays produit un Noyer qui vient trs-haut & trs-grand ; les fleurs & le fruit qu'il rapporte dans les mois de juillet, aot & feptembre ont beaucoup de rapport avec le Noyer de France.
N


Les noix qu'il donne tant fort huileufes, veulent tre mifes en terre promptement.
La conformit qu'a un arbre de ce Pays, avec le Chtaignier de France, lui en a, fans doute, fait donner le nom. Il feroit facile d'en lever de jeunes plants dans les bois, & de les difpo-fer par-l recevoir le Chtaigner & le Marronnier de Fance, On peut encore femer des chtaignes & des marrons de France. Entre ceux que l'on apporte, les meilleurs pour cet ufage, font ceux qui tant jettes dans l'eau, vont au fond. Tous les noyaux, &c en gnral toutes les graines qui furnagent, doivent tre re-jettes ; cette rgie n'eft pourtant pas fans exception.
L'Orme de ce Pays a le tronc & le fruit du Meurier de France. Il y a lieu de prfumer que cette dernire efpece greffe fur la premire, rpondroit aux vux de l'Agriculteur ; cette cfprance eft fonde fur l'exemple du Meurier blanc qui, quoique -beaucoup plus dlicat, rufit trs-bien dans cette Ifle : au refte les Meuriers fe multiplientaifmentde boutures, ou plants ^enracins. L'Orme, dont on vient de parler, donne du fruit en tous tems. Il faut le cueillir lorfqu'il a noirci fur l'arbre ou le ramafFer, lorfqu'il eft nouvellement tomb terre, &i le caffer avec un marteau. Ce fruit renferme quantit de femences trs-lmblables aux grains du petit mil, appelle chandelle, ou queue de rat. Cet arbre vient trs-vte, mme dans les plus mauvaifes terres, moins bien toutefois que dans les bonnes.
Le moyen le plus fur de hter la germination des groffes graines, &. furtout de celles noyau, eft de les mettre dans du fable de rivire, que l'on entretient toujours un peu humide ; on tient ces graines couvert, on les vifite de tems en tems ; on en change le fable, lorfqu'on s'apperoit qu'elles y chancifFent. Ds qu'elles ont poufF leur radicule, on en rompt le petit bout. Cette opration les empche de poufFer leur racine en pivot, & les force a former des racines latrales qui afFureront le fuccs de l'arbre : lorfqu'il eft tems de le planter la place qu'on lui defline, lorfque les graines ont germ, &c font fur le point de poufFer leur plume, on les met dans des planches, ou des caiffes, & on les y arrofe bien. Il eft bon de les mettre l'abri du foleil & du grand ven.t, lorfqu'on les met en terre, jufqu' ce qu'elles ayent


pouff leur plume, & qu'elle foit un peu fortifie. On doit tenir la terre humide, mais viter avec autant de foin l'excs d'humidit. La terre trop arrofe forme de la boue qui eft encore plus nuilible aux plantes que la fcherefe.
Quant aux menues graines, il convient de les femer fur des planches bien ameublies, de les recouvrir de terre bien meuble, & mieux encore de terreau bien pourri, de les arrofer Se de les abriter. Lorsqu'elles font leves, Se font parvenues la hauteur de S i o pouces, on les tranfplante au piquet, comme des laitues, un pied de distance aprs avoir pris la prcaution de rtrancher un peu de la matreffe racine, ou pivot, afin que ces jeunes plants pouffent des racines latrales, Se ruffiiTnt plus finement, lorfqu'on les lev de la ppinire pour les planter demeure.
Cet avis, tout utile qu'il eft, feroit peut-tre perdu pour la plupart des Habitans, fi la perfonne qui le propofe, n'oflroit pas en mme temps le moyen de ralifer les effais qu'elle indique : la Colonie en,eft redevable M. Fournier de la Chapelle, ancien Procureur-Gnral du Confeil du Cap, Confeiller honoraire des deux Confeils. On fait qu' un grand fond de connoiifanccs fur tous les objets qui concernent l'agriculture Se l'conomie champtre, il joint un mrite plus rare, celui de les communiquer, Se de partager le rfultat de fes tentatives & le fruit de les dcouvertes, avec ceux qui les lui demandent. Dans une lettre qui accompagnoit fon avis aprs avoir obferv que les Habitans de la Louifane fe font procur prefque tous les fruits d'Europe; que le pcher, l'abricotier & beaucoup d'autres arbres fruitiers, trangers leur climat, y ruffiffent trs-bien en plein vent \ que la difFrence de la temprature, moins chaude l qu'ici, Se par cette raifon peut-tre, plus favorable la culture de ces arbres, ne devoit point faire dfefprer du fuccs; que dans les quartiers de S. Marc Se du Port-au-Prince, on avoit appris la terre produire des artichaux auffi beaux Se. auffi bons qu'en France, Se qu'enfin on ne voit pas pourquoi les autres plantes Se toutes les efpeces d'arbres fruitiers n'y yiendroient pas auf bien. M. de la Chapelle ajoute : il faut au moins le tenter. Les foins fe donner pour y parvenir, formeroient un genre >' d'occupation auffi utile qu'agrable bien des Colons ifols fur


leurs habitations. C'eft dans cette vue, &: pour me rendre utile mes Concitoyens que j'ai fait venir des pchers ^ des abricotiers, pommiers, pruniers, mriers noirs, noyers chtaigners & ma-" roniers francs, de Nantes <3c de Bordeaux : je les ai fait planter "au/i-tt, ils ont prefque tous repris 6v pouff des jets vigoureux qui me. donnent la plus grande efprance du fuccs. Le moyen le plus prompt & le plus certain d'en conferver les efpeces, feroit -de les enter fur des arbres du pays qui leur fufTent analogues; 'je me propofe de le faire : mais comme le quartier que j'habite a eft abfolument dnu de bois, il feroit defirer que quelques amateurs d'agriculture, rpandus dans les diffrens quartiers de la Colonie, vouluflent bien concourir l'excution d'un projet v> qui tend au bien gnral. Je fournirai avec plaifr des greffes ou des cufTons ceux des amateurs d'agriculture qui voudront tenter des cllais.
L'utilit de cet avis ne fc borne pas Pamufement du cultivateur, la fatisfaction du got, railbrriment d'un deiFert, il influe jufques fur la population de la Colonie ; elle n'acquerra le nombre el'habitans dont elle eft fufceptible (ce qui ne s'tend pas auffi loin qu'on pourroit croire ) qu'autant que les Propritaires trouveront autour d'eux au moins une partie des agrmens qu'ils vont chercher en France.
Arrive de Navires.
Aux Cayes y la Flicit, de Nantes, Cap. Conain arriv le 28 mars charg de comeftibles ; la Manon de Nantes, Capit. Larrod arriv le 31 mars charg de comeftibles Au Petit-Goave 9 le Poisson-volant de Bordeaux, Cap. Hoftem, parti le 17 fvrier, mouill par relche au Cap le 16 mars, parti de ce dernier port le 30, arriv le 2 avril.
A Logane y la Brillante, de Nantes, Capit. JeanFradin, parti le 16 fvrier, arriv au Cap le 13 mars, 6c Logane le 1 avril ; la Gentille de Nantes, Capit. Pierre Viau parti le 1 mars, arriv le 7 avril ; le Corbeau de Nantes, Capit. Pierre AHain, parti le 20 fvrier, arriv le S avril.


97
Au Port-au-Prince la Gloire, de Bordeaux j du porc de 350 tonneaux, Capit. Jean-Franois Tenais, venant de Cayenne &du Cap, arriv le 4 avril ; l'Aimable-JeanNe, de Bordeaux du port de 300 tonneaux, Capit. Couiicot, arriv Te 6 avril.. :
Au Cap, deux Fltes du Roi; le Danube, command par M. Fabre, parti de Cayenne le 29 mars, arriv le 15 avril; & la Normande, commande par M. Daubenton, partie de, Cayenne le 25) mars, 8c arrive le 16 avril.
Naf ire s en expdition.
Au Petit-Goave l'Hirondelle, de Nantes, Cap. Thomas, partira pour le mme Port, dans le courant de ce mois.
Au Port-au-Prince, l'Etoile-du-Matin de Marfeille, Capit. Vigrenx; la flicit, de Marfeille, Capir. Olive; le C 0 m t e- d e-G r a m m o n t, deNantcs, & l e S u F Fis a n t de B o r d c a u x, Capit. Lardin chacun de ces Navires pour leurs Ports refpectifs.
Au Cap, l'Intrpide, Capit. Allard 5c le Printemps, Capit. Eilanfan, l'un & l'autre de Bordeaux, pour le mme Port.
M o r t s.
Le Sr. Cotin de St. Lger ancien Capitaine des Milices, eft mort le 8 de ce mois fur fon habitation du Cul-de-Sac.
AL de Roftaing, Capitaine au Rgiment de Boulonnois ct mort au Cap le 11 de ce mois.
N gres Ma r o n- s.
Au Fort-Dauphin, un Ngre'Crole, nomm Franois, tamp fur le fein droit ME en trois endroits, pris l'Efpagnol, entr la Geoie le 10 avril.
Au Port-de-Paix, fix Ngres & trois NgrefTcs; favoir, Francisque, Congo, ayant la.peau rougetre, tamp d'une S fur le fein gauche, lequel a dclar appartenir au SieurBouron, Habitant l'Artibonnite; Pierre, Congo, tamp fur le fein droit CD, haut de4pieds 6pouces, lequel a dclar appartenir audit Sieur Bouron ; Jean, Nago, tamp fur le fein droit L D. & fur le gauche BOVRON., appartenant audit Sieur Bouron ; Pierre, Congo, tamp fur le fein droit RL, ,& fur le gauche El,


98 ..
d'environ 4 pieds 7 pouces, lequel n'a voulu dire le nom de fon.
Matre; Michel, Congo, haut de 5 pieds, appartenant au Sieur
Morin, Habitant aux Gonaves ; Jean-Baptiste, Arada, tamp
fur le fein droit BERSIN, & plus bas, AU CAP., appartenant
au Sieur Touloufe, Habitant la Trouble, quartier de Plaifance;
Magdeleine, Crole, tampe fur le fein droit AP. appartenant
au Sieur Bouron ; Zabeth Congo, tampe fur le fein droit
*RADINE, appartenant audit Sieur Touloufe; & Vronique,
Ibo, laquelle a reu un coup de fufl qui la met en danger de
mourir, appartenant audit Sieur Bouron ; tous leiciits Ngres &
Ngrefles entrs la Gele le 10 de ce mois.
Au Cap3 huit Ngres; favoir, Louison, Congo, appar* tenant au Sieur la Salle, demeurant au Cap, tamp fur les deux feins BONNET., pris au Morne-pel, entr la Gele le 10 avril; Louis, Bambara, g, de 24 ans, tamp fur le fein droit B, lequel n'a voulu dire le nom de fon Matre, pris au quartier Morin, entr le 12; Pierrot, Congo, appartenant au Sieur Belair, pris au Limbe, entr le 13 ; Alexis, Crole, g de 30 ans, tamp fur les deux feins AD, appartenant M. de Charitte, pris Limonade; Joseph, Mina, g de 16 ans, tamp fur le fein gauche IBQ, appartenant Chabouray,m. 1. au Bois de l'Ance; Jean, Crole, g de 20 ans, appartenant M. de Charitte; Pierre, Congo, g de 30 ans, appartenant la Tortue, n. 1. au Cap, ces quatre derniers Ngres entrs la Gele le 15 avril ; & Csar Bambara, tamp fur le fein droit C. P, appartenant au Sieur Herfre, demeurant au Cap, pris la Bande du Nord, entr le 16 avril.
Prix des Marchandifes de la Colonie.
Au Port-au-PrinceSucre blanc,.premire qualit, 55 liv. communs & ttes, 30 a 50 I, brut, 27 28 1. Indigo bleu, 7 1. 10 f. cuivr, 6l. 1 o f. 71. CafF nouveau,14F vieux,12 f. 12 f. 6 d. Coton, 170 1. Cuirs, 9 Lia pice.
Au Capy Sucre blanc, f6 60 1. commun, 44 48 1. brut, 28 301. Indigo bleu, 7 1. iof.8 1. cuivr, 6l. 10 f 71. Caff nouveau, 16 f. vieux, 12 13 f. Coton, 190 2001. Piaflres gourdes,33 34 pour cent.


Prix des Marchandifes de France. Au Port-au-Prince, Vin vieux, iSol. Farine de MoiiTaC, #o J- commune, 6o 1.
Au Cap, Vin vieux, 200 1. nouveau, 156 1601. Farine,
7o 75 F "
^ Port-au-Prince, Sucre, 16 18 d. CafF, 10 14 d. Indigo, 3 Cocon ,4F .
Cc70 Sucre blanc, 14 d. brut, 15 |i6 d. CafF, 16 18 d. Indigo, 24 30 d.
ODE SUR LE RETOUR DE LA PAIX, Par M. D. R**** C. P.
J'Entends mille cris d'allgrefle j Le Ciel eft fenfblc nos vux ; Plus de crainte plus de trlftefle, Nos citoyens vont vivre heureux. La Paix reparot fut la terre Ecarte au loin l'afFreufc guerre Et des crimes tumultueux Foulant de tes pieds l'arrogance A maintenir fa bienfaifance Porte fes dcrs vertueux.
Grand Roi, de tous les Rois l'exemple Pre chri de fes enfans, Pour qui chaque cur eft an temple O brle an immortel encens, O du fentimenc le langage Toujours conferv d'ge en ge, A prvenu jufqu'aux erreurs, Sans rertentir de l'impofture, Etant guid par la nature, Les vifs accs ni les horreurs.
Aimable & belle enchantcrcffc, De oui la fenfibilit, L'affection la jufte ivrefle Raniment la focit, En ce jour, 6 recounoi(Tance Dmontrez toute l'importance Du bienfait que nous recevons. De LOUIS admirons l'ouvrage Par fes faveurs rcconnoiflbns Quelle eft la conduite du Sage.
La rage la fureur flchie. Chantons les vertus du Hros % A fon pacifique gnie Attribuons notre repos : Muni de norre confiance, Qu'il teigne toute vengeance, Donc il apprend triompher: Plaons au Temple de la Gloire Cette Paix, ta feule victoire Qu'un Roi citoyen doit aimer.
Il reftrainr fon impatience, N'coute que l'humanit} Il n'opofe que la clmence A l'indifcrettc avidit: Auffi libral que propice, Par un vertueux facrificc Dlirant couronner la pat, Il fait oublier nos allarmes Le tumulte effrayant dsarmes Et nos malheurs par des bienfaits.
Vous Rois, que la paix vous uniflej Suivez (es droits des Nations, Ec fur un barbare caprice Ne rglez point vos actions; Faites retentir nos retraites, Mon de ces douleurs inquites Qui du monde font le tombeau, Mais de ces plaints dont l'image De l'innocence heureux prfage, Nous rappelle notre berceau.


100
La vritable politique,' Dans les moyens de ruflir, N'a pas befoin de voie inique Pour s'iaycr fc foutenir : Par des vertus vertu elle-mme 11 Je s''cvc au ton fuprme r Se fou tient, s'opre f meut, Et fubfiltant p3r la juftice Elle n'emploira point.le vice, Pour maintenir ce qu'elle veut.
Sage elle fera modre Dans tes eau fes dans fes objets, P ir la prudence tempre, Fera le bonheur des Sujets ; 1 La juftice la temptance, La force unie la prudence Sont fes Caractres rels : A tous ces traits reconnoiifable La fauffe fera moins durable Malgr fes dcours criminels.
' D'une autorit bienfaifnte, Support de la flicit, Adorons la fourec touchante Source de notre libert, A nos yeux toujours refpeclable, LOUIS nous parot plus aimable, Par fon horreur pour les excs, Que de l'tendre hors des limites Que la temprance a preferites Pour lgitimer les fuccs.
Il rgne en Matre il fa inftruire. Prvenir les fatalits f Seconder les fons de ma Lyre, Pour clbrer des vrits : La pnix le conduit le prcde Ec d'un clat qui tout cde, L'air devient plus doux, plus fran ; Partout rpandant l'abondance Le Peuple retrouve une aifance Digue du cur du Souverain..
* On facrife ici l'exactitude des rgies de notre Verfifcation la force de la penfee.
t L'extinction des foi-difant Jfuites, a teint pour jamais dans le Royaume, leur Doclrins excrable & meurtrire dont l'objet nctendoit qu'au renverfement de l'Etat, en enfeignanr, pour fervir leur ambition, des maximes contraires la furet des Rois, & l'indpendance de Couronne.
AVIS DIVERS.
Le Sr. Monceaux Auteur de la Gazette, dont il a le Privilge, ayant pris des arrangemens avec IeSr. Marie, Imprimeur, ce dernier s'eft charg du foin de recevoir les Abonnemeos, de distribuer & envoyer les Gazettes, & d'entretenir des corrcfpondances pour les Nouvelles, tant dans les difFrens Quartiers de la Colonie, qu'ailleurs- Les perfonnes qui voudront s'abonner la Gazette ou y faire infrer des Mmoires, Ouvrages, Avis & Nouvelles font pries de s'adreffer au Sr. Marie, Imprimeur brevet du Roi au Cap, qui pour la commodit du Public recevra des Abonncmens pour trois mois jo livres t Se pour un mois il livres.
Le Procs-Verbal de l'Aflcmblc des deux Confeils Suprieurs tenue au Cap, pour rgler J'Impoficion de quatre millions fur la Colonie de S. Domingue en excution du Mmoire du Roi du ijaot 116 j eft imprim & parot depuis fix jours dans le Public. Suivant le plan de Rpartition kproduic rotai desdroics monte a 4019750 livres,.dont les droits de forciecom-pofent plus des trois quarts. Ce Procs-vcrbal,conteuant 5.0 pages in-quarto, fc trouve au Cap, chez le Sr. Marie Imprimeur du Roi.
Le Seigneur Dom Gafpard Commandant des Frontires Efpagnoles, a perdu une mule brune, faite la felle & la charge un cheval favinc petit & entier & une jument, dont U tetc eft blanchtre ; ces trois animaux tamps G D L. Icfquels il croit lui avoir t vol?. Il pf'fi ceux qui en auronteonnoiffance, de lui en donner avis, mme de faire arrter tout Ngre oui fe prfenteroit pour vendre quelqu'un des animaux de cette tampe fans une permilfion par eenc du Seigneur Dom Gafpard.
Au Cap, de lImprimerie Royale.


Full Text