Territoire du Ruanda-Urundi. Résidence du Ruanda. Territoire de Biumba. Rapport de sortie de charge de l’Administrateur ...

MISSING IMAGE

Material Information

Title:
Territoire du Ruanda-Urundi. Résidence du Ruanda. Territoire de Biumba. Rapport de sortie de charge de l’Administrateur Territorial Stevens.A.J.F. du Territoire de Biumba (Ruanda). Biumba, le 12 octobre 1933. Typescript. 22 pages. Jean-Marie Derscheid Collection
Physical Description:
Mixed Material
Publication Date:
Physical Location:
Divider: Reel 4

Notes

General Note:
Hand drawn map appears on p. 20
General Note:
Image digitized from microfilm. Best quality available.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
System ID:
AA00004183:00001

Full Text

TERRITOIRE DU
Residence
Territoire


RUANDA -URUTDI
du Ruanda.
d e BIUiBA.


BIUMBA, le 12 Octobre


RAPPORT DE SORTIE DF CHARGE.
~-----------------------------------
de 1'Administrateur Territorial STEVENS.A.J.F.
du Territoire de BIUMIBA (RUANDA).


Un ra-port de sortie de charge n'entre pas dans la cat6gorie
des 4crits provoquant l'enthousiasme du lecteur; tout ce que 3e
puis espsrer, malgr$ sa longueur, c'est qu'il ne soit pas trop
aride, ni pour rnes chefs, ni pour mon remplagant que je m'effor-
cerai d'interesser ai Territoire de BIUMBA, nid de rochers, ren-
dez-vous d, t-ous d v- rts, brouillards, orages et pluies, Suisse
de l'Afriane orientale par son altitude moyenne de 2000 metres,
mais o) la temperature non d4bilitante compense bien des incon-
vinients.


POPULATION. -
Les Noirs forment, dit-on, une race assez homognne par op-
nosition q la race Blanche,mais se subdiviseen trois catAgories.
Cette restriction s'imposait et j'y trouve, quant a moi, d'Anor-
mes Ocarts d'homoggneit .
Nous trouvons en Territoire de BIUMBA, par ordre d'impor-
tance num'rique :


Le MUIKIGA (p
Ce n' es
URUNDI mais
tout, plus e
science tres
Cet anc


lur.BAKIGA)
t plus lord
un noir plus
nfantin auss
fruste du bi
ien guerrier


Traduction:Homme du Haut Pays (RUKIGA).
inaire MUHUTU peuplant le rest de RUANDA
fort, plus muscle, plus travailleur sur-
i et partant plus cruel, ayant une cons-
en et du mal,et enfin tres indapendant.
est essentiellement agriculteur.


L'histoire sans grand recul de cette region tres accident6e
nous apprend en effet que nul conqu'rant avide d'ttendre sa do-
mination n'est jamais parvenu a vaincre par les armes les chefs
du RUKIGA, defendus non seulement par la valour de leurs guerrier
mais encore et surtout par les marais impraticables separant letr
hautes et froides montagnes. Il a fall la diplomatic et l'inter-
vention europeenne pour reunir ce Haut Pays au rest du RUAIDA
sous une meme monarchie.


Si le MUKIGA
tant loin d'avoir


se rattache au type
en moyenne le front


pcras4 et large, les levres aussi
accentue que le type congolais; en
come une pouss~e vers un "mieux"
cevons, un echelon gravi vers le "
Le MUKIGA partage d'ailleurs
MUHUTU, don't il ne se distingue, c
force et la vaillance au travail,
climate plus rigoureux.


noir grossier,
aussi fuyant,


ii
le-"


est
nez


pour-
aussi


grosses et un grognatisme aussi
un mot, il y a dans cette race
esthetique tel que nous le eon-
canon" europ6en.
ces signes avec son fr~re le
omme dit plus haut, que par la
qualit4s dues certainement an


1933.




2.


Mieux encore que son maria, la femme MUKIGA pr'sente des trats
beaucoun plus affinss que sa congenere congolaise; elle est aussi
nlus r'servye, plus soumise; si ce n'Atait sortir du sijet, onen
dirait long sur ce chaoitre; citons seulement la pudeur de la
jeune fille et la defense coutumiere oui lui est faite d'aaoir
'air ne fut4ce que d'annrouver ses parents agr6ant un orAtendant
qui a toute sa sympathie.


Le MIUHIMA (plur.BAHIMA) vit aux confins Nord du Territoire,contre
la frontiTre de 1'Uganda; peu nombreux, vivant en bonne intelli-
gence avec les BAKIGA, ils s'en distinguent par le language et
physiquement,par les pommettes plus saillantes les rapprochant dlr
type mongolique. Chez eux, la femrme a un aspect beaucoup plus sau-
vage et rude; le type mongolique,y comnris l'obliquits de l'oeil
est tres remarquable chez elle; les jeunes filles, au lieu de pori
ter la coiffure en crete de coq, a la faqon des demoiselles BAKIG
et BAHUTU, se divisent les cheveux en fines tresses oinc6es dansj
de petits tubes de cuivre ou dp bois; ces tresses retombent tout
autour de la tate, mrme devant les yeux; toutes les tresses par-
tent d'une petite tonsure au sommet du crane. Les BAHIMA sont
agriculteurs come les BAKIGA.

Le MUTUTSI (plur.WATUTSI) est un noir aussi,mais combien diffA-
rent des precedents I De tres grande taille, dApassant meme par-
fois 2 mtres,le VMUTUTSI est un noir distingu4. Il a le front
droit, le nez droit et mince, les levres fines, des mains longues
d'aristocrate, une allure fiAre, une le4gance atavique dans la
faqon de se draper d''toffes chatoyantes.
Le MUTUTSI se rapnroche du type abyssin; sa peau a souvent
des reflects bronzes, allant exceptionnellevent jusqu'au rouge et
meme au cafe-au-lait. Ce fut autrefois une race conquArante, des-i
cendue le long du NIL, et qui s'est implantee au RUANDA-UURUNDI.
C'est la race des chefs. Leur sup'riorite intellectuelle les a
imposes. Ruses et diplomats, ils excellent dans l'art de cacher
leurs sentiments a tel point que, meme au course des plus vives
discussions, il est rare qu'ils elevent la voix.
Leur intelligence pourtant est toute relative; il est 4tran-
ge de ne constater chez cette race aristocratique aucune 4volu-
tion dans aucun domaine; nous y reviendrons.

Le MUTWA (plur.BATWA).Pygmees. Tr4s dissAmines. Ils vivent plus
meles au reste du people qu'au Congo; peu de forts d'ailleurs
ici don't ils puissent faire leur repair. Ils ont toutefois gar-
de de leur race l'amour de la chasse et le dedain des cultures;
ils sont surtout potiers; leur nombre est tries restraint en Ter-
ritoire de BIUMBA.

CLANS.- Ils existent en ce sens que les indigenes connaissent 1I
nom de la famille don't ils descendent,mais aucun signe, aucun ta.
touage ne les distingue,et l'entr'aide entire hommes d'une meme
clan n'est Das une regne coutumi^re aussi sacrae qu'au CONGO 11i
y a plutot chez nos BAKIGA l'esnrit de clocher; les homes d'une
colline se soutiennent contre ceux de la colline voisine, les
BAKIGA contre les BAHUTU, les BANYARWANDA contre les BARUNDI.




3.


ORGANISATION COUTUMIERE.-
Celle de tout le RUANDA, c'est-a-dire : de grands chefs
de province ou massifs, tous WATUTSI, seconds par des chefs de
colline,WATUTSI Agalement (A de rares exceptions pres),et sur es
collines,eparpillees, les huttes avec enceinte (INGO) des BAKIGA,
levees au milieu de leurs champs come les fermes d'Europe. Le
village n'existe pas et les tah1weg tracent les limits natu-
relles des chefferies.
Tout habitant de la colline doit au chef de colline des re-
devances en travail (UBUTAKA) et en nature (pois, haricots);


memes obligations envers le chef de province. Les obligations en-
vers le Roi ont Ate remplacees dppuis deux ans par une taxe an-
nuelle d'un franc par hommne.
Les chefs de colline sont les "chefs pour le travail"; A
cbt' de ceux-ci, il est d'autres notables auxquels les indigenes
sont lies par le payment d'une sorte d'intersts de biens prit6s;
ces biens sont parfois de peu de valeur; une houe, une chevre,
un champ,mais le bien par excellence, c'est le gros bAtail bovin;
le preteur est le SHEBUJA et le prestataire le MUGARAGU. Les press
stations du MUGARAGU sont varies et dependent des exigences du
SHEBUJA; elles consistent en travaux divers: labourafes de champs
pour le maltre, reconstruction ou reparation de sa hutte, obli-
gation de l'accompagner en voyage (la richesse de chacun 4tant
Avaluee au nombre de ses suivants), parfois simple corvee d'eau
ou balayage de la hutte, petits travaux pour lesquels le MUGARAGU,
peut de4pcher un de ses enfants.
Le manquement a ses obligations de la part du MUGARAGU pro-
voque la reorise du betail par le SHEBUJA, origine de grandes pa-
labres, car la possession du betail est r element la raison de
vivre de tout indigene du RUANDA-URUNDI; on salue son voisin en
lui souhaitant des troupeaux (AMASHYO0) et le voisin, surenchA-
rissant, vous souhaite A son tour des troupeaux de vaches reoro-
ductrices (AMASHYONGOREJ). C'est tout dire.

L'orgnnisation coutuni're du RUANDA est feodale 4 la base.
Le Roi, l'origine, detenait le pouvoir absolu et ooss^dait tous
les biens, terre et betail; en reconnaissance de certain hauts
faits, il les distribuait aux grands seignevrs et eux-meries les
roDartissaient entire des chefs de moindre importance. Ces dernieri
dans le rayon de leur coiandement, distribuaient encore terres
et betail aux indigenes de la race inferieure, vAritables serfs,
tres corveables. Cette cascade de cessions comportait evidemment
une contrepartie d'obligations; outre l'aide de guerre, s'alignait
une longue listed de prestations en nature, miel, bi're, pois,
haricots, sorgho, nattes et vanneries diverse, houes, lances,
peaux,etc..dont tout le poids retombait comme de just sur le
passif MUHUTU.(Nous avons vu plus haut que ces obligations Atalert
actuellement fort reduites).
Tous ces dons, ou plus exactement pr8ts gages, Ataient Ami-
nemment precaires; tel grand chef ayant d'plu au Roi & raison ou
a tort,-et le tort n'4tait souvent qu'une calorfnie int ress6e-,
se voyait du jour au lendemain de toutes ses richesses. Qu'avalt-
4-il 9 r^criminer, puisque tout n'itait que pret ? Rien.

Ainsi done, l'origine, le petit seigneur ayant distribu6
des biens aux indigenes etait de fait chef de la colline; le
SHEBUJA etait aussi chef administratif,et cette juxtaposition de


r~r r


A A


.w





4.


functions talent


si naturelle


que


les BAHUTU


eussent


mal com-


pris qu'elles puissent 8tre remplies par deux personnel d
rentes. Il en fut pourtant ainsi A la suite de scissions
tage,et surtout apres I'immixion europeenne dans la polit
administrative. Ceci ne laisse pas de crier actuellement
ficult's aux jeunes chefs lettres, intelligent, d&voues
vernement,mais pauvres,et qui ont peine A se faire obbir
ressortissants, attaches surtout au SHEBUJA, leur "maitre
"le b4tail". Nous y reviendrons dans un autre chapitre.


iff4-
de par-I
ique
des dif4
au Gou-'
de leurt
pour


La vassalite pour la terre a perdu son caract~re pr6caire,
car nous n'admettons plus que l'indigene cultivateur puisse Stre
priv' d'un jour a l'autre de ses moyens d'existence; la redevan-
ce,par contre, se paye toujours; c'est 1'UBUTAKA citA plus haut
(de :igitaka: terre); elle est indispensable au jeune s/chef qui
n'a pas de vassaux par qui faire cultiver sf/%$ ees champs.
Il est des cas ou des notables sans commandement achAtent
la terre o' ils vivent au chef de colline afin de se lib6rer de
1'UBUTAKA. Deviennent-ils ainsi r6ellement propri6taires du ter-
rain? Question delicate que celle de la propri6t6 fonci6re dans
ce royaume feodal sous mandate Belge. Mieux vaut racheter chaque
annie au chef en function la corvee d'UBUTAKA pour la modique
some de 13 Frs,soit I Fr.par mois lunaire, ainsi que cel* se


pratique assez col


uramment.


ETAT D'ESPRIT.-On peut le dire nettement favorable A 1B'urop6en
de la part du people. D'abord parce que la dure autorit6 des
WATUTSI les a rendus fatalistes. Un vieux MUHUTU des environs
d'ASTRIDA nous disait sans malice :"Autrefois,les WATUTSI nous
dominaient, puis les WADATCHI (Allemands) ant battu les WATUTSI,
puis vous avez chass4 les WADATCHI ..et aprAs vous, qui va venir
Simple curiosity, mais assez l gitime, avouonstle I
Ensuite parcequ'ils apprAcient notre justice, sans en com-
prendre pourtant toutes les modalites.
Enfin, tout simplement parceque le peuple des WAHUTU est
docile.
Nos BAKIGA, un peu plus turbulents doivent etre traits com.
me de grands enfants qu'ils soht, c'est-A-dire soit par la for-
ce (et j'entends par la la correction paternelle), soit en pi-
uant leur fierte. Avec eux,toute tentative de rebellion doit
etre sanctionnee seance tenant, sinon elle d6g6n6re gravement.
Qu'un chef de colline trop faible se mette a discuter avec ni
MUKIGA refusant un ordre, et voila tous les assistants en rebel-
lion; on s'4chauffe, une flbche part,t voila le meurtre et 1'
intervention militaire.
J'ai toujours recommand6 aux chefs, principalement dans les
endroits les plus"sauvages",d' tre justes,mais trAs s6vrres;tout
refus d'ordre logique et ponder6,et suAout s'il resulte d'un
concert pr6alable,est r6prime par le baton coutumier (bien moins
dur que la chicotte pnnitentiaire,soulignons-le),qui arrtte dans
l'oeuf le movement seditieux et fait dire par les BAKIGA :"Toill
"un Chef"n.Mieux vaut un grand infant fouett6 paternellemat que
cent victims des Lebels r6pressifs,et cela restera vrai aussi
longtemps que nos BAKIGA ne seront pas sensibles au raisonne-
ment; Uls sont actuellement trop mplsifs pour se donner la nelt


no de 1'ecouter.
Mais iis 6volueront.
etre evitee dans certain


Ils
cas


6voluent d6ja
par desmoeyns


puisque la
de pu6rile


free pent
diploma-




5.


-tie :"Ce travail d'ass6chement de marais vous dSpasse? Je voes
croyais plus vigoureux. Faut-il appeler les vrais homes do
l'autre chefferie pour vous montrer? Ou bien :"Va dire A ta pe-
"tite soeur de venir le faire A ta placel"..et les voila travail
lant de plus belle pour montrer leur sup6riorit6. Rien de vaut
aussi comme de les feliciter A l'occasion en flattant leur fore!
et leur intelligence.Ils en rient des heures, plains d'une joie
enfantine. Avec la fermete des chefs, la n8tre double de cos
expedients, une quit' attentive, les BAKIGA arriveront progres-
sivement A un stade d'6volution ou la repression corporelle pour.
ra fair place a des moyens plus en harmonies avec nos concep-
tions humanitaires,mais n'allons pas trop vite I Que ceux qui
d scutent de ces principles en haut lieu daignent 6couter le-mo-
deste avis des Blanos de la brousse en contact direct et quoti-
dien avec les indigenes turbulents I
Nous avons dejA fait beaucoup au nom de l'humanif6 dans
nos Territoires sous mandate: le Roi et les grands chefs n'ont-t-
ils pas perdu leur pouvoir discretionnaire? nEpalement, enlize-
ment dans les marais mouvants,et autres tortures ne sont plus
que souvenir. Le plus humble cultivateur n'est-il pas assure de
recolter ce qu'il a seme, de retrouver le soir sa famille *t sa
hutte come il les a quittes, choses autrefois pr6caires? WNa-
t-il pas e6t par nous secouru,sauve de la mort lors des famines
don't le retour n'est heureusement plus A craindre grace aux dis-
positions prises? N'avons nous pas fait assez aux yeux du monde
et meme de nos detracteurs int6resses pour qu'on no puisse dou-
ter de nos intentions cordialement civilisatrices?
Supprimer le dernier moyen de repression encore nscessaire
pour un temps,serait dans l'esprit du noir le signal de son 6man
cipation; les consequences en seraient incalculables: rapidementj
balay4s par notre faute, nous perdrions le fruit cotteux de nos
efforts tandis que d'autres peuples colonisateurs, moins scru-
puleux d4s moyens, se gausseraient de notre pusillanimity, re-
cueillant en outre notre precieux heritage I
Diminuer progressivement la peine corporelle est bien,mais
il ne fatt pas que I'indigene s'en apergoive,par une trop brus-
que reduction,avant que les temps no soient r6volus.

Nous avons done actuellement la confl&nce et la considera-
tion de 1'indigene formant la grosse masse du people,

ET LES WATUTSI ? J'ai grande confiance dans le loyalisme de
la jeune generation.
Race plus fibre, fort peu atteinte dans ses prerogatives pap
une ovcupation allemande superficielle,les WATUTSI nous ont ima1
supports a l'origine. Malheureusement pour oux, cos ancient gue.
riors subissaient d6jA,comme l'enseigne l'histoire sous toutes
les latitudes, la reaction de la gloire: ils 6taient en pleine
decadence au moment de l'occupation europeenne. Fain6antise, In-
moralit6. Alcoolisme. Maladies veneriennes. D6genresooneo physi-
que caracteris6e par la deformation des extr6mites : pieds pal-
m6s, mains A six doigts, etc..Insonsciomment,ils se sertent in-
capables d'une action centre nous,divises qu'ils sont centre eux i
d'ailleurs par les palabres pour la possession du b6tail bovln.
Si les vieux notables restent encore pour la plupart attaches
aux vieux principes,a leur Roi MUSINGA de qui leur vient toutes







leurs rtchesses,il n'en est pas moins visible qu'une evolution
rapid se product; les WATUTSI semblent avoir pris leur part
de la situation;la vieille generation se replie dans une r6pro-
bation passive et nous trouvons chez les jeunes 6elments r des
auxiliaires devoues. La reclusion du vieux Roi MUSINGA remplaoe
depuis bient8t deux ans par son fils MUTARA LUDAHIGWA, intelli-
gent, lettre, pro-europeen, catholique, est pour beaucoup dans
ce retirement; de nos 4coles de fils de chefs sortent des secre-
taires indigenes, futurs chefs de colline,qui au course de leur
stage dans les bureaux des Territoires, s'initient aux rouages
de notre administration et en apprecient les bienfalts.
CONDITIONS d'EXISTENCE.-
HABITATION.- WATUTSI et BAKIGA vivent dans des huttes,plus
ou moins grades plus ou moins imperm6ables aux intemp6ries.
Ces huttes (inzu) sont entour6es d'une enceinte (RUGO) oA l'on
pe'ntre par une porte etroite (UMURYANGO).
L'enceinte content souvent plusieurs huttes (surtout si 3*
propri4taire est polygame,car il n'y a jamais cohabitation des
epouses),ainsi que des greniers A vivre isol6s do terre; le b6-
tail (vaches, chevres, moutons) rentre passer la nuit dans oette
enoeinte don't l'entree est obstru6e par des arbustes et bran-
chages epineux. Ces demeures ne sont pas ideales,mais 1'on ne
volt gubre ce qui pourrait les remplacer dans nos regions d6boi-
sees.
Quelques chefs ont fait construire des habitations en bri-
ques crues (faute de bois de chauffage pour les fours),mals por-
tes et fenftres sont des problmes que seules les scieries des
Missions peuvent resoudre.
VETEMENT.-
Ecorce battue jusqu'a former une sort de feutre resistant
et chaud,peuux de chevres et moutons,etoffes blanches ou bario-
lAes telle est la game vestimentaire paralllle aux resources.
La tete reste nue. Le noir n'est pas frileux; ii est meme ex-
traordinaire de voir combien,sous sa maigre Atoffe,il r6siste
mieux quo nous au froid de la nuit.
ALIMENTATION. -
Le MUKIGA est grand mangeur. L'air vif et la temperature
basse necessitent trois repas par jour,alors que dans le rest
du RUANDA, 1'indignne ne mange qu'une ou deux fois quotidienne-
ment. Nourriture: patates douces, pois, haricots, biire de sorgb
(bouillie nourrissante), lait pour les privilegi6s,ta l1'oeea-
sion,viande de bovide ou d'antilope,a l'exclusion de toute au-
tre.-
Le MUTUTSI ne mange au maximum que deux fois par jour, des
memes produits,mais o'est surtout de lait et de biAre de miel
ou de bananes qu'il se nourrit. Aucun MUTUTSI ne travaille ma-
nuellement on Territoire de BIUMBA.

Les travaux des champs, reparation des huttes,ete..laisslnt
encore aux BAKIGA beaucoup de temps disponible pour la ohasseet
surtout pour le bavardage et les rejouissances.Assez ports A
s'entraider,ils se convoquent A tour de r8le pour le labourage
en commun,qui,scande par des champs,avance & vive allure; ce
travail se paye en libations de biare de sorgho ou de bana es.
Ils cultivent assez volontiers,meme sans retribution, les ohapps
des veuves et vieillards de leur colline.




7.


Les BAKIGA sont alertes, enjoues, peu sujets aux maladba.

DEGRE DE CIVILISATION.- Nos BAKIGA ne sont plus des sauvages,8i
I' on extend par I le niveau le plus bas de 1'6chelle social,
puisqu'ils ont progress quelque peu et connaissent la poterie,
l'art de travailler le for (haches, sabres, serpettes, fers de
lance, fers do houes),et la vannerie grossirre. Mais ils sont
rest's primitifs. Tous les products manufactures cites ci-dessus
sont connus d'eux de longue date,et ii semble qu'ayant r6alisa
les progres strictement necessaires A assurer leur vie v6g6ta-
tive,aucun ideal ne les ait pouss6s vers de nouveaux perfection-
nements. Ils n'ont aucun signed d'6criture; nul 16lment artisti-
que,si fruste soit-il ne se revele chez eux, ni sculpture, ni
gravure; citons simplement une fl'te de roseau sans hqnche, &
trois trous,chez les riverains du marais de la RUGEZI.
Qui d'ailleurs les ett diriges? Les WATUTSI venus de la
Haute EGYPTE ou de 1'ETHIOPIE n'ont amene aucun souvenir de leur
pays d'origine; il apparatt que ces hommespen descendants vers le
Sud,aient perdu tout autre souci quo celui des conquttes et de
la vie materielle,sombrant,le temps des guerres pass6,dans la
molesse et la d6bauche;ils n'ont gard6 de la p6riode glorieuse
que la fierte du port,la distinction et la politesse des ma-
nieres et l'art de se draper.
Il est bien caracteristique surtout de constater que,malgr6l
la veneration que les autochtones portent A la vahe rien 5a-
mais ne fut tented par eux dans le domain de la selection; nul
taureau ne fut ch^tre avant notre arrives et,malgr6 leur pr6di-
lection pour la viande qui les pousse jusqu'au vol,ne sont Ia-
mais mangoes que les bates sur le point de mourir de vieillesse.
Pas une b~te,malgre l'inclomence du temps de nos regions, ne
requt Jamais un abri pour la nuitll existed bien des troupeaux
d'INYAMBO (bates sacrees,fort belles et fort v6n6r6es),mais leur
exceptionnelle beauty n'est qu'un caprice de la nature.
Donc,aucun effort vers une amelioration de la vie mat6riel-
le,aucune aspiration artistique.
R4p4tons quo les jeunes elements WATUTSI 6voluent, nous
imitent, s'habillent parfois a l'europ6enne (ce qui leur enleve
touted allure), suivent nos ecoles religieuses ou gouvernemen-
tales et commencent A nous aider come secretaires de bureau on
moniteurs agricoles.


AUTORITE DES CHEFS ET SOUS-CHEFS.- Nous sommes enpleine 6volu-
tion dans les commandments politiques. DMs le d6but,le falble
effectif de administration autant que la logique et la prude
nous ont amen6s A nous servir des chefs et s/chefs en place.
Parmi ces derniers, beaucoup d'61lments sans valour ou epposea
a nos vues devalent etre remplac6s au plut8t; 1'lmination som-
menqa d6s que possible en meme temps que des ecoles poUw fils
de chefs s'inauguraient; cette premiere reorganisation hti~ve ne
fut pas toujours trbs fructueuse, la duplicity MUTUTSI ayant
souvent trompe les espoArs.
D'ou nouveaux remaniements des que les premiers 618ves sor-
tirent des ecoles. Actuellement, nous avons de jeunes s/chefs
lettres, intelligent et d~vou6s A c8t6 d'une selection des vieR




8,


s/chefs illettres,mais de bonne volonte ot d'autant plus ports6
a bien faire qu'ils sentent leur commandement monao6 par les
nouveaux 4l=ments sortant des ecoles et en stage dans les bu-
reaux des Territoires.

Nous avons dit que les jeunes s/chefs sont ordinairement
pauvres; or le people ne respect que les gros propri4taires de
betail; les riches SHEBUJA (mattres de betail) ont sur les col-
lines une autorite de fait qui porte ombrage au june s/chef
politique nomme par le Gouvernemert.
Cette situation devient beaucoup plus grave lorsque le groa
SHEBUJA est en outre l'ancien s/chef d6mis, vieil atrabilaire
qui met tout en oeuvre pour rendre la vie difficile au nouvol
l16ment nomm= par les Blancs; les hommes de la colline sont
pour lui; sa presence dans laplace est une ealamit6. II y a dan
ces cas beaucoup d'nneroie et de patience A depenser par l'AdM
ministrateur Territorial I
En Territoire de BIUMBA,il m'est arrive plusieurs fois de
recevoir des "S.O.S."de jeunes s/chefs decourag6s. Je me suis
toujours rendu a leur appel au plus t8tr6unissant touted la
mise enscne possible de Force Publique et de notables de vol-
sinage. Aux indigenes reunis je rappelais le pouvoir unique du
s/chef nomm6 par nous,ayant seul le droit de commander et de pu-
nir toute justice,montrant par contre un m4pris vertement souli-
gne au parti de opposition. Cela r4ussit le plus souventmais
la paix n'est que proviioire; la seule solution vraie et netted,
c'est le transport des penates de l'ancien s/chef en d'autres
lieux...Jusqu'a present, j'ai toujours reussi a faire d4minager
les ind4sirables de leur plein gre.

Soutenir leur autorit', faire confiance A ceux qui le m6ri-
tent, feliciter au moins autant que l'on punit,c'est la fagon
de s'assurer la consideration et la sympathie de tous les no-
tables ayant un commandement politique; ctest la faqon aussi
de s'assurer un rendement auquel le coup de poing sur la table
et l'amende ne sont jamais parvenus.

MODIFICATIONS AU DECRET SUR LES CHEFFEIRES.-
SNest pas encore en vigueur au RUANDA-URUNDI.
II sortira sous peu,aprF s avoir e6t mis en harmonic aveo leo
us et coutumes de nos regions.

RESOURCES ECONOMIQUES DU TERRITOIRE.-
BIUJBA est un centre conomique indigene.
Les BAKIGA sont des cultivateurs infatigables.Il est plai-
sant de voir,et ce n'est pas exception, des emblavements de
petits pois de DIX HECTARES d'un soul tenant,coupes de ci de IA
par les teaches claires de l'6leusine ou les fuseaux du sorgho.
Produisant au-delA de leurs besoins pourtant considerables,ayant.
par le decalage natural dt au climate rigoureux,des grenirs abon-
dants alors que 1'indigene de la plain est uneperiode de sou'-
dure,un grand traffic se product avec les territoires voisinas
peaux, bracelets, etoffes, petit betail, sel, viennent s'6chan-
ger contre les products de la terre, A moins que les BAKIGA eux-
m^mes n'aillent en famille ou en bandes deposer sur les march
du dehors l'abondance de leurs reserves. Gens aviass et rensel-
gn6s,ils iront droit A la plus forte demand. II en resulte une
aisance relative qui provoque en Territoire de BIUMBA une meil-
leure tenue des prix,meme a l'6poque des recoltes. Le b1tail est




9.


plus cher l'indi gne n'ayant pas d'aussi pressants besoins d'ar-


gent.


II n'y a,dans ces conditions,guere de measures a prendre,sl-
non de surveiller les pretentions des marchands ambulants sur les
marches int4rieurs car,faute de commerce en place,l'indigAne n'a
pas de bases de comparison.
Depuis quelques mois,une mine d'or est exploithe dans le
Territoire;d'autres prospections semblent payantes. Les quelque
500 travailleurs,sur une population de 25.000 MAV.,n'influent
pas encore sur l'4conomie ge6nrale.
L'avenir pourrait nous faire changer d'avis.

SOCIETIES COMMERCIALS ET COMMERCE AMBULANT.-Aux remous des fail-
lites qui secouent pour l'heure le commerce asiatique du RUANDA-
URUNDI,un magasin d'indou s'ouvre et se ferme par intermittence
au poste de BIUMBA. C'est insignificant. Le modest commerce am-
bulant n'a guore d'histoire,et la seule remarque a son suiet vint
d'etre faite.

CULTURES VIVRIERES ET PLANTATIONS DE RAPPORT.- Tout est dit ei-
dessus au sujet dps cultures vivrieres comme poste unique mals
considerable des resources economiques; les plantations de rap-
port,le cafe,ne s'imposait done pas ici comme resource nouvelle
avec autant d'urgence et d'opportunite qu'ailleurs.
On aurait meme pu envisager,puisque tous les territoireb de
moindre altitude poussent a fond la champagne caf6,que BIUMBA,moinr
bien d6signe pour cette culture,se specialise dans les reserves
de vivres don't il a deja la reputation. J'introduirai 6ventuel-
lement cette proposition plus tard,suivant les resultats de nos
campagnes cafe.
En territoire de BIUMBA,ce ne sont que montagnes successive,
d8mes imposants s'6levant jusqu'a 2400 metres,sommets arides ba-
layes par vents et pluses. L'indigene vit au flanc de ces monta4
gnes, cultive en bordure des marais et,faute de place,fait gra-
vir a ses champs des pentes de plus en plus abruptes.Les sommets
d'herbe wourte sont abandonn6s au betail.
C'est dire que le cafe arrivant en ces lieux se trouva fort
embarrass 6.
Les terrains disponibles chez cette population dense et la-
borieuse sont bien rares. Les sommets ? II ne faut pas y songer:
Froid et Ver Les pentes ? Oui,mais il faut enlever un champ aux
cultures coutumieres...et ou sont les 5% maximum ?..et la bonne
exposition qu'il faut ajouter aux autres elements? Sur ces don-
nees,je fis un rapport special a Monsieur le Gouverneur JUNGERS,
tendant A ne pas Stre englobe dans le programme g6n6ral,mais bien
A r6aliser a BIUMBA une champagne qualitative et non quantitative,
ce qui fut ratifi6.
Le cafe chez nous demand plus de soils, les grains sont plus
petits,mais la quality semble 8tre fort %onne A en juger sur de
petites caf6iAres individuelles datant d'avant nos campagnes.
Quant au resultat 6conomique,il dependra de la situation du
march particuliere A ce produit et surtout de la fagon don't nous
le protegerons en BELGIQUE. Le Gouvernement metropolitan devrait
d6s maintenant etablir de legores restrictions sur l'imoortation
des caf6s etrangers,vis qu'il serrerait dans les ann6es A venir
au fur et a measure du d"veloppement de nos plantations. Ce syst&ea
progressif permettrait d'une part A une habile propagande toe faie




130.
IO.


apprecier nos caf6s dans la MWre Patrie,et d'autre part,tenant
compete des marches 4tablis,laisserait le loisir aux importa-
teurs de prendre de nouvelles dispositions.
INFLUENCES CIVILISATRICES.- Le Territoire de BIUMBA n'a gu6re
plus de deux ans d'existence; pr cedemment,nos BAKIGA habitaient
aux confines de trois territoires et ii est probable que les trol~
administrateurs interesses ne faisaient dans nos montagnes au
climat rev~che que les visits strictement n6cessaires; lea Ms-
sionnaires,pourtant si devou6s A leur id6al, n'y ont oonstruit
aucune Mission et leurs chapelles-6coles s'y competent en lben
petit nombre;les commergants enfin n'y furent guare repr6sent6a
que par de rares olercs ambulants. Nos BAKIGA portent done pour
la plupart les peaux A la mode de leurs anoptres et leurs s oet
coutumes ne se sont guere modifies. Ce manque d'6volution eat
evidemment df au manque de voies de p6n6tration; la seule route
eAstante, traversant le Sud du Territoire,et le long de laquelle
se trouve le poste,est considered come un tour de force des in-
g6nieurs.
La reunion en un territoire de cette region "toute en han-
"teur" fut une heureuse innovation,mais ii s'en faut de bean-
coup qu'a l'heure actuelle les consequences s'en fassent d6J&
sentir; arrive dans le territoire i1 y a dix mois,en D6cembre
1932, mon premier effort s'est dirige versles voies de communi-
cations A commencer par une route directed BIUMBA-KIGALI mettant
BIUMBA a 83 km.de la Residence au lieu de 173 pr6c6demment,voie
traversant une zone de cafeieres et d'une valour strat6gique ce*
taine.
D'autres grandes pistes sont en construction ou en pojet,et
S'espAre en ouvrir une bonne parties A la circulation d'ie dex
mois,avant mon depart pour l'Europe.Les grosses difficalt6s ren-
contrees sont les rochers qu'il a fallu faire sauter A la dyna.
mite et le pontage des rivieres torrentielles.

LE MARIAGE MONOGAMIQUE fait des progres sensibles,d'abord
A cause de la taxes de polygamie qui est un remade lent,ensuite
par influence des Missionnaires qui est une operation radicalej
Cette dernibre influence nest cite qu'en second lieuear lle
ne s'est adressee qu'aux chefs et s/chefs et a une tr6s petite
part des indigenes formant la masse du peuple;elle oroTt nhan-
moins de jour en jour.Il est un peu p6nible de voir de braves
meres de famille r6pudiees par leur maria polygame 8tre obligBe
d'abandonner leurs enfants,leur mari, leur foyer,au nom de la
religion catholique; il serait plus human que les polygames puie
sent le rester et que la nouvelle generation seule soit pouss6e
dans la voie de la monogamie,mais c'est la un souhait irr6aliaa-.
ble,les principles chretiens,m^me appliques A nos fr6res noirs,ne
souffrant pas de tels accomodements.


MEASURES GENERALES A PRENDRE POUR HATER LE PROGRESS DE S08 PRIN-I
aC-IES DE CIVILISATION.- Aucours des trois adnees passpes,nlle
aacune ne mest apparue dans l'6difice de ces principes,


Il est par D ntre de modestes propositions relatives


au




II.


RUANDA-URUNDI que jeme permets d'exposer ci-dessous.

BETA IL .-

"Le b4tail bovin est une des plus gandes richesses du
"RUANDA-URUNDI".- Phrase de rapport ou r6alite ? Faisons le
bilan : Toutes deg4nnrees qu'elles solent les vaches donnent du
lait,bien peu,un a deux litres par jour en change de l'herbe
qu'elles broutent dans les prairies d6fendues A l'agriculture.
VoilA une galite. Mettons A l'actif les peaux.mais remarquons
qu'il s'agitsauf accident,des d6pouilles de bites mortee de
vieillesse. Et jetons en contrepartie tout le poids de 'Iablor-
bante besogne administrative et des depenses provoqu6es par les
volsles palabres,la recuperation des impSts,le recensement et
les epidemies I
C'est la plaie de 1'Administration,1'embouteillage de la
Police judiolaire et du Parquet,les millions injeates sous former
de serum sous la peau de ces carcasses I
Les ameliorations profondes sont du domaine veterinaire,
mais il enest d'immediates qui me semblent realisables A pen de
frais :

l.-La construction obligatoire d'abris pour la numit.
Le peu de calories acquises pendant le jour sont perdues.
A resister au froid nocturne,A la pluie surtout; les organisms
debilites par la trypanosomiase n'y resistent pas; le moindre
changement d'habitat ou d'altitude provoque des h6catombes,proeuv
d'un etat de sant6 des plus pr6caire. La graisse n'existe pas
chez ces b8tes.

2.-Pratiquer le chatrage en grand pour la boucherie.
Merveilleuse resource pour l'indig ne,aubaine pour 1'
Est oongolais avec qui le traffic est d6ja amorc6 (SAAK),mais avec
de mis6rables produits.D6veloppement parallele du commerce des
peaux,depouilles d'animaux en pleine vitality cette fois.
C'est avec cette pensee que j'avais, 6tant A ASTRIDA entre-
pris la oration d'une grande voie d'evacuation ASTRIDA-SHABNGUG
direct A travers la fort ou ma route de 80 km.p6n6trait d6ja&;es
successeurs l'ont,je crois, abandonn6e.(ASTRIDA et NYANZA coimp-
tent ensemble pr6s de 200.000 totes de b6tail),

Les deux measures ci-dessus sont faciles prendre;elles de-
vraient pr6ceder les concours proposes par le rapport agricole 06
ne figureraient pour 1'instant que de belles exceptions dues A la'
seule bonne volont6 de la nature.

Enfin,voici une troisieme mesure,ne conoernant pas 1'tjal6o-
ration du b6tail lui-meme,mais bien de son administration :

A intervention da Roi MUTARA :

3.-D4fendre A l'avenir,A tout indigene,d'accepter en gard-
du b6tal de deux maltres. Ceci aurait l'accord g&neraJl.
Et 1'Administration ne subirait plus le contre-coup des intermi-
nables palabres et des haines et vengeances qu'elles provoquent.




I2.
HO U E

La houe est le seul instrument aratoire de 'lindgne du
RUANDA-URUNDI.Et ii en sera ainsi longtemps encore.Le prix d'unq
charrue est prohibitif,et d'ailleurs la propri6t6 est trop
morcel4e et les pentes souvent trop fortes pour en permettre
l'usage.Il n'y a done que la houe.Pas trop mauvaise en soila
houe indigene de for battu a pourtant le d6faut de s'user vlte;
son manche est une heresie dans un pays ou le bois manque pres-
que totalement. Le fer a la forme d'une feuille don't la
tige s'enfonce dans le gros bout d'un manche en forme
de massue.POur que l'ensemble ait quelque fermet6,il
faut que la massue soit assez grosse pour ne pas
se fendre au travail;elle a done un diam6tre de
10 A 15 centimetres,oe qui repr6sente,rien qu'a
BIUMBA,25000 arbres de ce diamntre a abattre
chaque annee en ne comptant qu'une houe & rem-
placer par famille I
Voila une reality qui pese lourd,et qui
constitute une grosse menace pour nos efforts
de reboisement I
SOL UTION : Imposer le type de houe alge-
rienne avec douille dans laquelle s'introdult
un manche mince,une branch de l'arbre au lieu
de l'arbre lui-meme.Et les forgerons indigenes
sont parfaitement aptes a r'aliser ce module oar
ils executent des fers de lance a duuille d'une
fabrication bien plus delicate.

DES IMP OT S .

IMPOT DE CAPITATION.- CAS SPECIAL.
ImpSt du d6tenu rentrant dans
ses foyers apr s une incarceration de plus de six mols durant
1'ann4e en course.

Le Decret du 17-7-31 ne pr6voit,dans ses exemptions (art.5)
que le cas rapprochant suivant :"les indighnes qui proaent n-
avoir pu travailler pendant 6 mois consecutifs de 'ann6me pour
maladie". .
Dans le cas qui nous ocuupe,il y a emp~ohement an travail,
non pour maladie,mais pour incaroeration.Or,l'apurement de la
peine est synonyme d'oubli et celle-ci ne peut plus 8tre tenne
& grief et servir de base & une solution pejorative; l'assuaettil
la considererait come injuste et son retour dans le drolt ehe-
min serait compromise. Je pense que, dans 1'esprit de l'exemption
sus mentionnee,une mgme solution devrait tre prise icl I
Il reste,s'il echetredevable de I'IS et de 'IBetailpour
l'ann6e en cours,mals quid de ces mimes impsts pour l'ann6e
pr4cedente s'il a 6te aussi en prison toute cette ann6e-li ?
Cette question de l'impSt du d6tenu llbere me paralt digne
de l'attention du l6gislateur.
IMPOT DE POLYGAMIE.- CAS SPECIAL.
Impft de poly amie concernant
la veuve recueillie chez un desce ant dnu d t.

II est coutumier que l'indL gne recueille chez lui la




13.


veuve de son pare ou de son oncle d6funt; elle est inscrite
come "conjointe" au livret d'identite de l'intAressA.
S'il est vrai qu'il traite parfois cette veuve come une
veritable Epouse (quand elle n'est que sa belle-mrre ou sa
tante bien entendu),il ne s'agit dans bien des cas que d'une
aide pour subsister,moyennant quelque travail.Ce n'est plus
alors la polygamie,que nous nous evertuons A faire reculer,mais
une disposition coutumiere que nous ne pouvons qu'encourager.
Dans lt'tat actuel des choses,l'aide aux ascendants, qui
est en BELGIQUE sujette A detaxe,est ici surtax6e (IS).
Il devrait tre laisse au collecteur dt'mpats d'appr~cier
les cas d'espgce et de ne pas inscrire dans les "conjoints"une
ascendante A charge qui trouverait mieux sa place,dans le li-
vret d'identite de l'int6resse,par example on dessous de la
rubrique des "Enfants sous tutelle".
IMPOT BETAIL.- REPRESSION DE LA FRAUDE.-MOYENS DE LA PREVENIR.

Le systAme des carnets et fiches forme avec les plaques
IC et IS numnrotees,un faisoeau Ae moyens de contr8le auquel
1'ind. gne ne peut guAre chapper.
II en est autrement des plaques d'imp8t de b6tail non nt-
merotees.
Depuis que le system des plaques IB a 6te mis en vigneur,
l'indigene decouvre petit a petit combien il est ais6 de frandel
cet impbt;par les fausses declarations au recensement d'abord
(que le num6rotage n'excluerait pas)ensuite par le facile pr6-
texte des plaques d(posees chez le mattre du betail ou vice-
versa,suivant qu'on se presente chez le MUGARAGU ou chez le
SHEBUJA,ou encore par l'impossibilit6 mat4rielle qu'il y a de
d6partager les bStes de chacun dans un troupeau en pature,le
mensonge se donnant libre course devant notre incapacity de oon-
fondre le fraudeur.
Le d6nombrement du betail effectu6 en Territoire de RUHEN-
GERI par les vetSrinaires A l'occasion de la peste bovine a d6-
montre de belle fagon comment nous etions bernes p.ar 1'indigd n
dans ce domain.
La seule solution radical serait de marquer les bttes au
for rouge sur la fesse au moyen do deux lettres accol6es, U en
URUNDI, R.au RUANDA, plus l'indicatif politique du territoire
(done RK A BIUMBA); cette operation 6tant d'envergureelle nw
serait rep6tee qu'une fois tous les 3 ou 4 ans et le reoensemeni
ainsi effectue resterait la base des impositions jusqutau mar-
quage suivant,les deces et les naissances s'6quilibrant A peu
pros. Le droit de ceder du betail resterait entierainsi que
celui de faire rayer du betail mort anormalement (6pid6mie,fou-
droiement).
Ainsi,plus de recherches vaines,de discussions oiseuses;
toute bete non en r gle apr~s les delais de marquage payerait
double taxe au profit du fond MUTARA ou pourrait 8tre remise
A de Jeunes s/chefs pauvres et meritants.
Mzis le system aurait d'autre consequences reductionn des
vols,les bates ne pourraient plus se transporter A grande dist-a
-ce,comme oelA se pratique actuellement,A cause des indicatifs;
suppression du traffic clandestine avec 1'UGANDA ou le CONGO. Si
les bates staient actuellement marques,oiombien la survellanoe




14.


de la peste bovine serait plus facile (plus de transhumence frau-
duleuse qui ne puisse se sanctionner immediatement),et que de
depenses seraient ainsi economisees I
On pourrait objecter que le marquage provoque une moins-
value de la peau; au ve6trinaire de designer la meilleure place.
J'avais pense au marquage A froid sur la corne,mais ii y a du
b6tail sans cornes;ou sur le sabot,mais le sabot du bovid tom-
be et se renouvelle.
En attendant que cette solution soit etudiee ou qu'une au-
tre soit intervenue,des moyens provisoires,assez efficaces,pe.u-
vent Stre facilement appliques;il suffirait d'une circulaire du
Roi MUTARA distant :
"TOUTE BETE CACHEE SERA,DES SA DECOUVERTE, PREMISE AU SHEBUJA"
pour que les declarations en soient considerablement modifies.
Ceci n'est pas de la theorie; j'ai applique le systhme en petit
dans mon Territoire et il a suffit d'un exemple,d'un pen d'6ner-
gie et de mise en scne,pour amener des r6sultats tout-A-fait 6-
difiants.Je les chiffrerai plus loin.
Cette measure serait non seulement heureuse au point de vue
fiscal,mais elle serait vivement appreci6e par les propriftaires
de b6tail qui ont grand pine a rester au courant des manoeuvres
de leurs clients eloign6s,manoeuvres dont la revelation entratne
des palabres interminables,de sorte que,rien quta ce titre,sans
faire intervenir la consequence fiscal qui en decoulerait naturell
lement,la circulaire du Roi serait la bienvenue.
Cette circulaire pourrait ne faire qu'un avec la reform
propose au 30-de la rubrique BETAIL ci-avant,disposant qu'un
client ne detiendra plus que du betail d'un soul mattre. Que de
balabres seraient ainsi evitees I
RISTOURNE D'IMPOT AUX CHEFS ET

SOUS-CHEFS,

Toute la rtstourne d'imp8t va actuellement aux Chefs de Pro-
vince.
Ils ont la latitude d'en abandonner une part & leurs sons-
ordres,mais je n'ai jamais oul dire qu'ils eussent fait ce geste,
ni A NYANZA,ni a ASTRIDA, ni a BIUMBAterritoires que S'ai admi-
nistres,et ce malgre mes discourse philanthropiques.La raison bien
simple en est que cette ristourne n'est pas un paotole.
Il n'est pas equitable pourtant que le s/chef qui a toutes Its
besognes et toutes les responsablit6s directes,l'important devoir
de la surveillance des cultures et du developpement de la eamapa-
gne cafe,1'entier souci de poursuivre la rentree des impSts, 'en
retire aucun advantage autre que celui de faire cultiver sea champs
gratuitement (UBUTAKA).
II faut qu'il y ait partage.
Mais une habitude prise ne se change pas sans grands m6con-
tentements,et enlever aux grands chefs une parties de leurs modestes
ristournes serait pour eux une grande disillusion.
Mieux vaut refondre la question en y introduisant celle d'um
retribution pour les s/chefs,car une amelioration de la situation
des petits notables est urgente.J'en connais qui abandonnbrent vo-
lontiers leurs fonctions,y trouvant plus de tracas que d'avantage~
(Cas A ASTRIDA).




-1.

On a pu envisager le replacement des ristournes,pour les
chefs (et l'tablissement,pour les s/chefs) d'un salaire fixe;
ce system ne me paralt pas souhaitable: un salaire fixe est vitI
considered come un droitet l'activite qui pourrait en r6sulter
serait phe6mre.
Etant donn^ les reelles et nombreuses obligations des s/
chefs du RUANDA-URUNDI,leurs efforts sont nettement proportion-
nels a l'ampleur de leur commandement;il serait done ogIque que
leurs avantages suivent cette proportion.Le moyen le plus appro-
prie de remuneration est done la rAstourne d'impt ce qui inci-
terait automatiquement les s/chefs a veiller sur thonn tet6 des
declarations et la rapidity des perceptions.
Cette remuneration supprimerait les prestations en nature,
sauf l'UBUTAKA,qui,comme nous savons,repr6sente 13 ours de
travail par homme et par ansoit 13 Frs.pour celui qui veut a'en
li'brer.Admettons que ce taux de I fr.par jour est un peu fort
pour un travail execute sur la colline mgme sans dCplacement du
prestataire,A deux pas de son foyer,et qu'il pourrait 8tre r6-
duit de moitie,soit 6,50 frs.par an.Cette some n'en reste pas
moins prohibitive pour le muhutu qui pr6f6rera de beaucoup sa
acquitter en travaille s/chef n'appreciera pas cette manipula-
fon d'argent qui,en fin de compete retournera aux travailleurs
appel6s sur ses champs;et le s/chef y perdra de son autorit6,
car 1'indigine qul n'a plus d'obligations n'ob6it plus,d'oA dif-
ficultes administratives.Donc UBUTAKA maintenu.
CHIFFRONS LA RISTOURNE.-Elle devrait s'ttendre A tous les im-
pats.Elle devrait Stre fixe et non s'6tablir en % sur in taux
d'impbt constamment variable,les annees de deflation 6conomique
n'ttant pas celles ou les s/chefs ont le moins de pines A se
donner,au contraire.
Ces ristournes devraient 8tre :

Sur I.C. : I franc Sur I.S et I.B.: 0,50 fr.

Les chefs de province toucheraient ltentierete de ces ristour-
nes sur les collins de leur commandement direct,qui est tou&
Jours de l'ordre de 500 contribuables au moins.
Ailleurs,ils toucheraient I/IOeet les 9/IOmes restants
iraient au sous-chef.
Ainsi,suivant l'importance des commandements,les chefs
toucheraient de 800 A 2500 frs.par an,et les sous-chefs de
250 a 750 frs.
(II faut computer que notre province la plus peupl6e compete
7500 MAV.dont 1150 polygames,et 4900 t8tes de betail).
Les sommes ci-dessus,plus 'UBUTAKA, sont suffisantes dans
nos regions sans besoins;dans les territoires ou les besoins
sont plus grands,tels NYANZA, KIGALI, ASTRIDA pour ne citer que
le RUANDA,il y a aussi une plus grande density de population
et de bptail;l'1quilibre est done maintenu.


Voici la fin de mes propositions,mais ce serait turner
court que de terminer ici mon rapport sans avoir men6 mon sue-
cesseur faire le tour de notre bureauau propre comme au fi.
gur6.





16.


II y trouvera les tableaux muraux suivants :

-un TABLEAU SYNOPTIQUE des groupements politiques et de 1'agri-
culture,donnant pour tout le Territoire,et par province,le nom
des s/chefs et des collines,et par colline,le nombre de MAY mo-
nogames et polygames,le nombre de totes de'betail, le r6sultat
des campagnes de reboisement, manioc, oaf6,etc...(Pas de petits
cahiers epars,un seul tableau devant les yeux).
b- une carte politique.
b- une carte de la champagne cafe6avec un panneau de feuilles
d'herbier indiquant les meilleures plants intercalaires pour
les cafe'ires.
b- un tableau des observations pluviombtriques depuis la for-
mation du territoire.
- un r8le des juges au tribunal indigene.
- une liste des secretaires indigenes, age, date d'entree en
fonctions,specialite, cote de n*rite.(Parmi ces secr4taires,
sont partivulierement bien forms des moniteurs cafe et re-
boisement et deux constructeurs de routes)
- un tableau designant chaque province un our fixe pour venir
payer ses ipots.Un jour fixe est un stimulant; le Lundi est
reserve a la province englobant le post pour que des indi-
genes des confines n'aient pas a se mettre en route das la veil4
le qui est jour ferie. Le nb.de province depassant 5,deux pe-
tites provinces sont d4signees pour un meme Jour et choisies
aux extremes opposes du territoire afin que des ind. gnes n'en
ayant pas 1'occasion,puissent se rencontrer au poste pour mieui
se connaltre et jeter les bases d'vventuels changes et transac-
tions diverse. Le Samedi est reserve A la mise A jour, clas-
sement et besogne de recapitulation.
- un avis de reunion mensuelle des notables (25 de chaque mois).
Obligatoire pour les chefs, facultatif pour les s/chefs. SU-
jets traits: Communication des ordres de administration,
rapports des chefs (situation de agriculture, reboisement,
routes, rentrie des impSts, deg^ats des sauterelles,etc..)Sug-
gestions. Directives.Les initiatives prises sont examines et
eventuellement 4tendues au profit de chacun.Les possibilities
d'execution sont 4tudi6es en commun de sorte que les ordres
donnes ne doivent Jamais Stre annules par la suite.Les f6lici-
tations en public sont largement octroyees et sont d'un effet
considerable sur ces fiers WATUTSI. ON OBTIENT BEAUCOUP PAR'
EMULATION.-Les premieres reunions furent timidement suivies,
elles sont tres courues.
Les presences et les decisions prises sont consign6es dans
un registre don't je n'hesite pas A transcrire idc le r6sum6
d'une des dernieres seances malgre son etendue; on aura ainsi
le climate de ces pr4cieuses reunions; aussi bien,elle traite
de questions trAs interessantes pour mon successeur.
--------------------------------------------------

REUNION DU 25 ABOUT 1933.

Chefs presents: Tous,sauf LUTAYASHAGA,remplac6 par
RWAMANWA.
Sous-chefs : 40 environ.




I7.


Decisions Rrisese


I.-Les S/Chefs r4uniront tous les homes de leur colline pour
leur faire les trois communications suivantes :

A.-SOINS MEDICAUX.- Les indigenes atteints de maladies end6mi-
ques (pian, syphyllis) doivent se rendre obligatoirement A la
visit du m~decin chaque semaine,jusqu'a ce qu'il les ren-
voie.Ceux qui refusent d'aller chez le medecin seront punish
de prison; si ce sont des enfants,les parents auront une amen
de.Tous ceux qui ont du plan et ne se font pas encore soi-
gner iront se presenter au Medecin BIJUMBA, A BULIMBI ou
a KARWA.
(Considerations developpees: Un malade communique ses maux
a sa femme et A ses enfants.C'est l'avantage du s/chef dtavot
des homes en bonne sante pour le travail. Incapacit6 de tra-
vail gale famine. Une piqure ne guerit pas).

B.-MEURTRES DUS A L'IVRESSE.-Jusqu'a la fin du mois de Septembre
il est defendu de se reunir en group dans un rugo pour boire
du pombe (biere).Qui veut,boira soul chez lui.(Note:inspir6
dps lois belges.Considerations developpees: On vient de ren-
trer le sorgho:fabrication biere bat son plein; indighnes
privAs depuis la saison seche s'enivrent; si r6unis,batailles
et morts d'hommes.Dans un mois la "soif" sera apaisae).
APPROBATION GENERAL.


C.-RENTREE DES
les s/chefs
en rigle car
qui cacheron
leur SHEBUJA


IMPOTS.- Les impots ne
aviseront les hommes qu
les retardataires vont
.t du betail risquent de


rentrent pas
'il est temps
Store mis en
le perdre au


assez V,
de se i
prison;
profit


*


II.- RECENSEMENT.-
Nous estimons que les fiches presentent des erreurs; des
hommes sont morts,d'autres ont change de colline, les uns ont
acquis une deuxieme femme, d'autres ont requ ou perdu du b6-
tail.Il ya eu des oublis et des changements de s/chefs.
Chacun de vous va done aller prendre les fiches de sa ool-
line et les examiner et nous fera part de toute ses remar-
ques.
En outre,il en profitra pour dresser la liste des retar-
dataires A I'impt8,ce qui sera pour chacun d'un grand se-
cours.(VIVE SATISFACTION DES SOUS-CHEFS qui se mettent au
travail des l'apres-midi.Ils resteront a BIUMBA 2 ou 3 Sours
s'il le faut).

III.-PALABRES BETAIL.- Nous n'admettrons plus qu'1 l'avenir in
home devienne mugaragu de plusieurs shebuja oar ce sont des
sources de palabres;toujours,les botes du shebuja prefer
proliferent,et cells de l'autre maltre periclitent ou sont
atteintes de sterility. Donc,avant de donner des b^tes a
un serviteur,on s'informera s'il est dej% mugaragu. Nous no
voulons rien changer a ce qui existe actuellement,mai nous
conseillons vivement,chaque fois que celA sera possible, qui
un mugaragu ayant deux shebuja,cede tout le betall d'un mat-
tre A son fils ou A an proche parent. Beaucoup de palabres
seront ainsi evitees. VIVE APPROBATION.


ite;
mettre
ceux
de





18.


IV.-BECENSEMENT BETAIL.- Malgre tout ce que j'ai dBja dit et
reptet a ce sujet,il reste encore beaucoup de b8tes non d6-
clarAes.Voici ma toute derniere decision: les fausses d4-
clarations pourront Stre rectifiVes jusqu'. fin Septembre.
Par la suite,tout betail d6couvert en sus de cell Indi-
que au livret d'identite sera consider come bbtail sans
proprietaire.
(Considerations developpees: Que fera,le faux dlclarant,p
qui l'on volerait du betail? Sa palabre est perdue d'avance.
Et si quelqu'un vient reclamer ce betail en trop quels aR-
guments pourra opposer le propri6taire en faute ? Aucun.
Done de malins alabruers pourront parfaitement recevoir le
betail non dVclare moyennant payment immediat de l'ann6e en
course I Enfin,il est possible aussi que le Gouvernement
prenne des measures pour deceler le b6tail cache de tout le
RUANDA-URUNDI. Alors ce sera la catastrophe pour les faux
dAclarants.(Consternation dans 1'auditoire oompos4 exclusi-
vement de fraudeurst) Pour sauver la face et encourager les
declarations nous disons que,sans doute,les notables ont oru
que les jeunes bAtes ne devaient pas 8tre recensees; c'eat
une erreur;qu'ils les dpclarent done avant fin Septembre et
nous serons d'accord). Note: Nous verrons ci-dessous les r6-
sultats a fin Septembre.

V.- GITES AUXILIAIRES DE SOUS-CHEFFERIE.- Felicitations g6nerale
(il faut toujours finir par les f~licitations)aux s/chefs du
Territoire pour la rapidity et le soin avec lesquels les gt-
tes auxiliaires ont 4tq 6tablis.
(En effet-suggestion de Mr.SYNAVE-nous avions invite les
s/chefs,a la reunion du 25 Jin,a 6tablir chez eux des gttes
auxiliaires comnrenant une enceinte carr6e de 1 0 I5m.de
c8t' contenant deux huttes et un terre-plein pour la tente.
Voici en deux mois,tout le Territoire dote de ces gttes).
Avantages :I.-Ne plus fixer d'etape a l'avance.
2.-S'arreter n'importe ou pour palabres ou autres
raisons sans tre distrait par l'obligation
d'atteindre un gtte eloigne avant la tomb6e de
la nuit.
3.-Ne pas passer toujours aux memes endroits.
4.-Tenir tous les s/chefs sur le qui-vive.
5.-Faire profiter du salaire de portage (tr s re-
cherche ici) tous les indigenes du Territoire.

--------------------------------------------------------

Ce qui est dit,dans la reunion resumee ci-dessus au sujet
du recensement du betail,n'est que la continuation d'une poll-
tique ^nergique mise en oeuvre des la mi-juillet et concernant
le recensement et la rentr4e de tous les imprts.Jusqu'alors,une
certain latitude avait et6 laissee; beaucoup de chefferies
occupies a 1'am nagement des no-velles pistes dans le Terri-
toire ayant eu des dElais pour se liberer de leurs obligations
fiscales.
Les rAsultats de cette politique furent considerables; en
Septembre,nous avons rentre en IB plus du quart du nombre de
tetes recensees.
Voici la progression :







JUILLET :
ABOUT :
SEPTEMBRE:


Capitation:


1665
2831
2520


Polygamie:


265
657
627


B tail:


...et nous sommes A la fin de 1'annee,en periode de soi-disxat
'puisement de la matiere imposable.
A cette cadence,nous serons bien prs'd'avoir fini tous
les impBts de 1'annee en course fin OCTOBREtout en ayant 0 En-
tinu4 jusqud la derniere ournee a recup6rer les imp5ts en re-
tard de 1anneQe prceddente.
SEtceci,tout en preparant une nouvelle amelioration des
rentrees IB pour 1'annie 1934,par la declaration,inscrite aux
livrets d'identite,de tout le jeune b6tail ne en 1933.


PESTE BOVINE.- Malgre la menace de l'Ouest (Tenit.de RUHENGERI)
du Nord et du Nord-Est (UGANDA) aucun cas ne s'est d6clar6
dans le Territoire de BIUMBA apres 6 mois d'unetelle ai-
tuation,toutes precautions ayant t? prises d'initiative
avant lar6ception des instructions officielles.

SAUTERELLES. On leur fait a BIUTMBA plus de mal qu'elles n'en
font.Pratiquement,aucun d6gats enregistr6s et par contre,
extrayons de notre cahier de surveillance les chiffres suil
vants de destruction operees : Mois de Janvier 1933 :
17,5 TONNES; F6vrier : 24 TONNES 1


REBOISEMENT.-Ceci est l'apanage de Monsieur 1'Agent
SYNAVE qui des avant mon arrive avait r6alise
durables reboisements d'eucalyptus et mimosas.


Territorial
de consi-


PARC ARBORETUM.-Non satisfait de ces beaux resultats,et dana un
but d'enjolivement de BIUMBA,son project d'un pare aabore-
tum de 2 hectares fut realis6 par Monsieur 1'Agent Agricr -
le VAN HOONACKER. Toutes les espdces d'arbres et de flours
vivant A nos altitudes y seront representees. On y trowve-
ra aussi un terrain de tennis.


CAMPAGNE CAFE.-Le programme se d
retard; il est encore trop
Pour l'instant,les cafeiers
des(et ne sont nas attaques


6veloppe partout sans accroc ni
t8t pour parler de r6sultabes
poussent,n'ont as I'air mala-
Dar Ie cut-wo '.a


ROUTES.- Frappe par le reseau deficitaire du Nord-Est du RUANDA,
T'ai cherche des raccourcis et rapproch6 consid6rablement
la Residence (KIGALI) des trois postes du Nord (RUH NGERI,
BIUMBA, GABIRO). Tout l'honneur en revient aux braves
NAKIGA qui se sont attaques A la pierre de nos rudes montai
gnesl Je les ai,il est vrai;aid? par la dynamite.Un petit
croquis au 500.000e figuiant A la page suivante aide &
suivre 1'4num4ration ci-dessousbilan d'une activity de
8 mois :

ROUTES NOUVELLES DU TERRITOIRE DE BIUMBA TERMINEESEN COURSE,
EN PROJETr. ..

I.-TERMINEES.-
a,,- iste TSHURU-MUGINA.Etablie en terrain facile du


19.


1159
4054
EmST




20. r

1/2/33 au 12/2/33. Desservant chapelle-ecole et exploita-
tion mine d'or MINETAIN IO KM.(partiellement empierr6e).
b.- Grande piste automobile BITIA-KIGALI. Au total 83 km.dont
45 km.en territoire de BIUMBAen terrain rocheux.Etablie
du 25/2/33 au 9/5/33 date du ler passage.(Piste empierrbe)
L'ancien circuit obligatoire KIGALI-GAHINI-BIUMBA est de
173 km.




21.


c.-JONCTION TUMBA-BUKINGA.(env.7 km.) Raalisant avec la grande
piste ci-dessus,un raccourci KIGALI-RUHENGERI de 127 km.
et une nouvelle route BIUMBA-RUHENGERI evitant le marais
de la TSHOHOHA frequemment inonde et impraticable.
(Ne sera ouverte que fin Octobre apres dynamitages de
rochers dangereux).Piste empierr6e.

2.-TRAVAUX EN COURSE.
a.-Piste BULIMBI-GATSIBU.-(Env.20 km.dont 18 en Territ.de
BIU1MBA).R6alise la jonction BIIUBA-GABIRO. (Granda utility pour
service medical; realise une route strategique parallele A la
frontibre depuis RUHENGERI jusque NYAKATALE et KAKITUMBA).
Commencee fin juillet. Ouverture probable: 15 Novembre. Sera
empierree. Grandes difficulties: rochers, pentes, points nombreux
sur rivibres torrentielles.

b.-Piste A petite section BIUMBA-ZOKO-vers KIGALI. Au to-
tal 65 km.dont 35 km.en rerrit.de BIUMBA,et se raccordant la
route MOHAZI Nord don't la parties Sud est termin6e. Celle-ci ser
la vraie route directed BIA-KIGALI.

3.-TRAVAUX EN PROJET.-
Dans Nord-est du Territoire : Piste GATSILIMA-MUKANIGA se
raccordant a la route anglaise vers KABALE. Faisant suite aux
travaux BULIMBI-GATSIBU, cette voie ouvrira un circuit touris-
tique trks interessant puisque la route KABALE-RUTSHURU est
terminpe depuis peu; il y aura environ 15 km.en pays accident.
Je ferai le piquetage...et mon successeur le reste.


ACTIVITY JUDICIAIRE.-

BIUTBA nest pas un territoire a petitess affaires".
La raison en est bien simple : pas de march, pas de commerce
asiatique,pas de movement au postedonc aucune occasion de
commettre les infractions du resort du Juge de Police; sur les
collines,il ne s'en produisait guere qu'au moment de la r6eolte
du sorgho (ivresse,coups),mais la encore,j'ai pris les devants
en supprimant les libations en commun pendant les mois les
plus critiques, Juillet et Aoft. Ainsi, et bien qu'AUCUNE PLAIN
TE N'AIT ETE LAISSEE SANS EXAMENle Juge de Police de BIUMBA nE'
eu a examiner que 7 affairs en dix mois,dont 4 seulement ont
necessity des condemnations.
Par contre,l'activite de l'Officier du Minist6re Public
a 't' plus considerable. Voici un tableau comparatif :

Ann6es 1931 et 1932: POLICE: II affaires.TRIB.TERR. 4 affairs
10 mois de l'annee
1933 : POLICE: 7 affaires.TRIB.TERR.29 affaires

De ces 29 affaires, 17 ont 6te traitees personnellement
par moi,les autres par mon adjoint,Mr.SYNAVE,commissionnm comme
Juge de Police et O.M.P.


Les motifs de ces affaires sont :




22.


Assassinats ........... ..........******************* 2
Meurtres ......................****** .** **********
Coups et blessures volontaires ..........**********..4
Coups et blessures involontaires *............*.....*I
Vols qualifies .......................... *
Vols d'or./Art.27.Dt 20 Avril 1928)................. 2
Destruc.materiel (3I.CP.II)......................... I
Escroquerie.(27.CP.LII)..... ...... ..k.. 8........... 2
Chanvre a fuumer (art.3.OGG.Ier Mars 1903)........... 2
D4nonciations calomnieuse (I7bis.CP.LII)............ I

MOUVEMIENTS POLITIQUES.-Au course de 1'annee, un soul s/chef (BI-
ZURU T G ASEKE) a Ate nommn sur une colline sans titulaire,et son
choix,s'est r~v41, tres keureux.-Nous avons arret6 prAs de la
frontiere de 1'UGANDA un certain NDUNGUTSE,pretendant au tr8ne
du RUANDA,qui avait provoque autrefois quelqu'agitation. Ses ti-
tres sont problematiques et son arrestation n'a pas impressiomnn
la population.I1 se faisait appeler SEMARASO (Pare du Sang). II
est actuellement libre mais surveill6.

RELATIONS AVEC CHEFS ET SOUS-CHEFS.- Ainsi qu'il en fut dans les
Territoires de NYANZA et d'ASTRIDA,je crois avoir leur confianee
et leur sympathie.
Chefs et s/chefs m'ont donn4 la measure de leur devouement
pour les travaux routiers (on ne fait pas CENT KILOMETRES de
route dansla rocaille sans bonne volont6) et pour la rentr6e ao-
clAr4e des impats, deux domaines ou' l'on rencontre souvent beau-
coup de negligence.
Je suis tres satisfait des chefs et s/chefs du Territoire
de BIUMBA.

LES EUROPEENS."CLIMAT" DU POSTE.-
Je tiens d rendre homage a l'activite de Mr.L'Agent Terri-
torial de Ire classes SYNAVE,candidat administrateur,qui gbra
seul le Territoire pendant de longs mois et me 16gua un hritage-
dans deficit; a Mr.l'Agent Agricole VAN HOONACKER,toujours d6-
voue6 sa tache,malgre la particuliere aprete du climate.
On travaille a BIUMBA sous le signe de la bonne humeur et
de l'entente cordiale.
Ceci sera le mot de la fin.-


Qu'il me soit permis de formuker le double espoir de lais-
ser le Territoire de BIUMBA en bonne voie de developpement et
d'organisation....et d'y revenir apres conge au moins pour une
ann^e encore afin d'y terminer les travaux entrepris.

L'Administrateur Territorial
de 2&me classes,


(s) STEVENS.ljIW'.A.J.F.