Belgique-Congo en automobile: Bel Oeil-Kivu. Extrait de la "National Belge." 18 mars 1931. 1 page.
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Title: Belgique-Congo en automobile: Bel Oeil-Kivu. Extrait de la "National Belge." 18 mars 1931. 1 page. Jean-Marie Derscheid Collection
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Extrait de la
Nation Belge
18 mars 1931

BELGIQUE-CONGO EN AUTOMOBILE



NiELC IL - KIVU


les BBet-
ceil en autominut ,
de janvier de 'a e tce
prince Eugene de Ligne,
pour se rendre au Kivu.
La liaison automobile Bel-
gique-Congo a pleinement
rdussi et les voyageurs, qui
sont sur le chcmin du re-
tour, viennent d'arriver enr
Egypte. Nous commencons
aujourd'hui la publication
du rdcit de voyage de Char-
les d'Ydcwalle.
Belmil, nuit noire aux gouttes blan-
chbes gielant sur la vitre moir6e. Le
village entire au chateau qui a crd6.
le village.. Une auto ronfle douce-
mcnt- et glisse par unq grille pius
noire qu la nuit. La statue du Mard-
chal se dessine, lunaire/Il pleut dou-
donlent sur la perruque court et le
JaboL Statue mignarde et guerribre
t la fois, d'un soldat mondain, que
'hantait la manie des ailleurs, la frW-
n6elo de viviee, de se battre et d'etre
de son temps. Machinalement on
It* n doit t a la casquette deviant
ee portrait illustre du plus raffind
.yagabonds, portrait inaugur6 en
J tllet 1914, aux premiers debuts
4'uhn disme, devant une court de di-
plomates strangers, de tout un monde
d'Ancien Rdgime, d'un second An-
clen R6gime, en attendant do deve-
nir plus ancten encore
II y a deux phares qui font flam-
Itoyer, les flaques d'eau, coupent
*'un raise blafard les maisons gre-
lottantes. Mons est atteint, la fron-
tibre. La pluie s'est faite plus fine.
Rellmil est ddjh loin. Les douaniers
se frottent les yeux au seuil de leur
eabane.
- Oh allez-vous?
- Au Congo Beige.
- Quand cela?
-.- Tout de suite.
UiU coup d'c , ur les armes, les
apters aux formulas dtranges, dans
t quidtude d'un posted o . lIe pole
fume, I'odeur du paper jauni oh
la vieille plume cendreuse craque. On
refile vers le Sud, dans un petit ron-
flement sourd oh cent '.. enter che-
vaux vapeur m6nent leur bal d'a-
beilles tranquilles. Maubeuge, Sois-
onY, Fontainebleau. Auxerre, Lyon,
oms du Pwssd que le fourmiilement
strange des souvenirs historiques fait
revivrp avec un parfum do monu-
ments etde vieux textes. Cathddrale,
de SX qui avez donn6, par ce di-,
ma ommienant la messe pleine
d#s des voyageurs Avignon ofu
i'ta fr~d,' Mont61imar, Valence.
Al.oti dj k Iodeur change, le cail-
MU .se fait black, la fontaino tide
et e parler cbatat-.. MarsoilleI


A Marseillel R
tour de la voiture ae a vite
cent personnel qu' it 4-prestige
de la bou U, ten-
du, m'accoste av -
- Alors, on rey~n
Avec cet optimfsme magntiffqite du
Marseillais pour qui la Cannebibre
est le commencement de l'aboptisse-
ment de toutes les divagations. Pau-
vre Marseillais, je vous verrai en-
core dans tous les ports et tous les
centres, de la France d'Afrique, sen-
tant I'ail et buvant l'absinthe, trat-
nant la savate comme un Algdrien et,
en Algrie, marquant I'acc'ent com-
me un Provengal Votre Cannebiere,
elle est aussi a Alger, sur le bateau'
qui y mine. Tous les marines en sonf
de Toulon, les' garqons d'Alger ou
d'Aix ou du Cours Belzince. Les
joucurs de bridge sont do nulle
part, comma partout ailieurs. Un
grandissime roprtsentant d'auto:no-
biles am6ricaines promrnc sa fem-
me, son silence, son ddsouvrement
heat, son teint de caramel et ses
shake-hand jusqu'en terre d'Afri-
que. Le bar a des fenitres dans le
style des souks de Tunis et toute Ia
coque se balance doucement, suivant
le rythme suave et troublant que
ddjh il affectait au temps de Tarta-
rin. A bord il y a une fiancee, la
fiancee du bord indispensable et
dnigmatique... et qui s'ennuie sans
succes 'aisant sa crise comme tout
le monde.
Et puis voici Alger, toute trem-
blante dans la grisaille de janvier.
moiti6 en burnous, moiti6 en salo-
pette, parlant francais, mahom6tan,
italien, malgache, majorquais et sur-
tout sabir, petit negre et algerien
Alger qui m'ktait apparue dblouis-
sante en mai dernier, brilant eous
son joug de feu,- la voici di nouveau
aveo son vacarme et ses grincements,
ses parasites et ses tramways qui
vont si vite et prennent de _u-
nants'ddhanch6s. Iei comment 67T
course, ici s'ecroule la pile des tolis
plats que la vpiture engouffre, an
milieu. paje des porteurs, des
qud e %s bieots crasseux. For-
rInuTes, 4 iers, autbrisations, tout
est b&i-. II est quatre heures et il
t fare vite, vite. Cent galopins
extasient devant les petites vaiisese
tix initiales E. L. Pour, comble voiei
ournalistes qui les ont traduites
: par a< Eugene de Ligne * puis-
que c'est sous ea paternelle 6gide
que nous gagnerons le Kivu.
- Le but de votre mission, Prin-

,.- Demandez cela nrion ami que
v�ici; il est mieux au courant que
*me...


C
i allez done leurd4m a revoiu
de ma part... Ia
Alger - est loin, BUdah ausaL Un 4
Stcurnant porte une panertjA
nonce mille kilombtres poukr
16a. mille sept cent cinq 4
Adrar, trois miYI-tffiAtre C8 06 f
Gao. CTest done dedx pas 4S4e
Ions toujours juaqua' .3ano. -Onrt-
apres. Puisqu'on a bien bien fit Be-
loeil-Marseille en unt, journde .Lsera
& Gao dans cinq jours.
Gao a dtd gagnde, Fort a ussi,
et la frontiere belie, pa-
rence d'acierdu Lach p Ie
m6me mois lea chanmpi 5-
saient dans les mousses ut
Alger a frissonnd dans us
boueux; El Golda encor id
le matin parmi les cris des
chameaux porters de eg-
gan, dernier blokhaus im-
mensit6 nue, s'est '-veill 0ot.
tant les yeux par une n ciale.
Mais le feu prenait dj&h daia
vers midi. Timmimoun ro dor-
mait vers trois heures �a mdridienno
6ternelle et, sur la piste du Tanes-
rouft, le sable s'est fait si meuble,
comme du mercure, qu'il semblait
que le feu I'avait transform en une
vapeur 6crasde. Quand nous tou-
chions Niamey, les impermdables
ayaient t peine regan6 les fontes do
'auto et "I-Tou n rtaient encore
traces 'e b 1 e Bourgogne..
Ciel mouchet se du Sahara,
braise morte et e Nigdrie, tor-
nades sbches et i1Xtes du Tchad,
fournaise parfunid e la premiere
fort congolaise, je tenterai de Ie
d6crire apres tant d'autres. Car nul
sentier ne demeure qui n'ait &t6
battu. Les cailloux du desert portent
dans la nuit, la marque fratche des
dernibres roues et la terre charbon-
neuse de la Haute Volta ou de l'Ou-
banghi-Chari craque sous le poids
des camions dernier module. On n'y
va pas en manchettes et deux fois
sur trois les nuits s'y passent & la
belle 6toile, roulds dans ]a couver-
ture, au milieu du sabbat des mous-
tiques. On n'y risque pas grand'chose
non plus, malgr6 les r6zzous qui han-
tent la region de Colomb-Bdebchar et.
les ornierea effroyables do Nigdrie
anglaise, terreur des resorts et an-
goisse des passagers. Entre Marseille
et Alger les racontars allaient leur
train. Une mission partait pour le
Hoggar avec des autos pourvus d'un
grand luxe do chatnes, de cbles et
dom pharmacies. II "ouralt des bruits
sinistres. Un officer 6tdit rentr6 de
Tombouctou, la langue noire et son
boy dtait ficel6 d l'arriere de la voi-
ture, car il aurait tu6 pour avoir de
l'eau. On paria souvent en course do
route de X a langue noire de la mis-
sion X. qui partait pour le Hoggar..
Tartarin n'est point mort, maits
nous avons gagn6 le Kivu sans des-
cendre de voiture. La vedette qui
fai le service du lac a touch 1e
bAo 1t6t, apportant dee nouvelles
d' jee e I'lle d'djury dort dans
1l ". segment innombrable des ei-
le,^ ptlit s'est faite bleue et
4^ppelle de ses trois p6ofnts
Sard , onie mystdrieuse des
1toiles, 'ulue Ie flot vient frl~.
pr dou ' r , sous le regard
vigilant n t Sud.
Charles c'YDEWALIX




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