Notes sur l’histoire des Bashi (Banyabungu), par le R. P. Colle, des Missions d’Afrique. Extrait de la revue "Congo." Vo...

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Title:
Notes sur l’histoire des Bashi (Banyabungu), par le R. P. Colle, des Missions d’Afrique. Extrait de la revue "Congo." Vol. II (1921), Tome I. Typescript. 13 pages. Jean-Marie Derscheid Collection
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Colle, R.P.
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pp. 662-678
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NOTES SUR L'HISTOIRE DES


BASHI (BAhYABmUGU),

par le R.P. COLLE, des Missions d'Afrique.


Extrait de la
Vol.II.(I92I)


ORGANISATION


revue "CONGO"
Tome I, pp.662.
678-.


POLITIQUE.


Le Bushi est administre par deux chefs principaux : Kabare
et Ngweshe. A c8t6 d'eux se trouvent encore quelques chefs see-
condaires, tals que Bilali, Muzuka, Kakira, considers comme in-
dependants. Mais oes chefs se rattachent aux deux premiers par
la parent0,zet de droit ou de fait dependent de 1'un ou de 1tau-
tre en bien des circonstances. On pout done les rattacher soit
a Kabare, soit a Ngweshe.

Chacun de oces deux chefs regit son pays on toute indepen-
dance : Kabare au nord, Ngweshe au sud. II en est le grand pro-
pri(taire: a lui appartient tout le terrain et tout le gros b6I-
tail. C'est lui qui determine A chacun la parcelle de terre qu'
il pourra cultiver pour lui et les siens; c'est lui aussi qui
distribute A son gr4, ou plutot done en usufruit seulement, cha-
cune des betes A comes.


Le pays est divise en plus
est administree par un "Nahano"
ayant la haute main sur le pays
et A ce titre peout Stre appel('
on le nomme Nakuno (I).-


leurs provinces
* Le grand chef
entier, se r4s
"Nahano". Comme


; chaque province
lui-memet tout en
erve une province,
chef d'un pays,


La province elle-mnme est divisee en une grande quantity
de chefferies et sous-chefferies ou villages, appelees Mashwa.
Les chefs et sous-chefs qui les dirigent sont designAs par le
chef de province d'accord avec le grand chef : ils sont pris le
plus souvent dans la parents la plus rapprochee de Kabare et de
Ngweshe; ce sont les "barwali"; quelquefois aussi ce sont des
favors privilegies "barambo"; enfin un certain nombre d'entre
eux sont les descendants directs des anciens chefs "bajinji". m
principle leur autorite passe de pere en fils; des fautes graves
font seules deroger A ce principle. A defaut de fils ou de pe4it-
fils, les droits du df&nt sont repris par le chef.

Chaque village se compose d'une certain agglomeration de


(I)- Nahano :
de lA-bas
loin.


mattre d'ici -
partout, d'un


de cet endroit precis. Nakuno : mattre
endroit don't les limits s'ltendent au





2.


families, groupies soit autour du chef, soit autour de l'un de ses
suivants plus important, appele mugula. On appelle mugula tout per-
sonnage qui possede (en usufruit) quinze a vingt tetes de b6tail et
une clientele de quatre ou cinq families au moins. Les chefs et
chaque mugula font tous leurs efforts pour dfvelopper leur clientele
par l'appat d'une vache, de biere ou de vivres.


Le chef de province se
ministry personnellement. A
"bagula" en propre.


reserve a
ce titre,


lui-meme un village qu'il ad-
il possede sa clientAle et ses


En parlant de village, on ne veut pas signifier un groupement
do cases avec rues et places publiques,etc.. Le village est une ag-
glomeration de families, sapar*es les unes des autres dans des enclos
de roseaux, au milieu d'une petite bananeraie et de cultures. Les li-
mites du village son donc, a proprement parlor, les limits mmems du
territoire concede' au chef ou sous-chef pour les besoins des clients
qui so sont attaches a lui.

Le garden secret de ltorganisation politique, le lien de ooh6-
sion entire tous les chefs, c'est l'tme des ancetres de Kabare et de
Ngweshe. C'est pour cela que Kabare conserve toujours prbs de lui
le crane de son pred(cesseur et porte sur le front, sans jamais le
quitter, un diademe contenant une parties du corps du d6funt. Ces ames
ancestrales protegent le pouvoir; elles eont aidees en cela par les
manes des h'ros d'autrefois : Lyangombe, Muhima, Kagere, etc.,avec -
1'approbation du grand Esprit cr4ateur, Nyamuzinda.


Des d
en porte 1
parce quo
teur de la


eux grands chefs qui administrent le Bushi, Kabare soul
e titre en toute justice. Lui soul peut se dire "Mwami" (I),
soul il est le descendant authentique et direct du fonda-
dynastie. Ngweshe ne le porte que par appropriation.


Le signe du pouvoir suprfhe
"ishungwe". Ngweshe ne le porte

La function principal des
tires centre toute tentative d'


chez Kabare est son diademe son
pas.


grands chefs
invasion. A


est de protSger les
lapremiere apparition


leonnemi, le chef de la province envahie mene au combat tous ses
mes valides. Peut-il tenir tite, le chef supreme le laisse; mais
l'ennemi gagne du terrain, tout 1x r! re l ve,et le grand chef
vient chef du combat. II dirige en personnel toutes les operations
soe fait aider par un chef de guerre spirituall", le "Murambo wa
"Kashala" individu choisi par tous les grands du pays et consacre
b4ni par tous les plus celebres sorciers et feticheurs.


fron-
de
hom-
si
de-
.Il

et


Chef de pays et chefs de
chez eux,devant la hutte des


province
m.nes, que


sont
se


les juges
tranchent


attitr6s .Cest
tous les procos


(I).- Originairement, M wa'xiJ dosigne le bonnet de peau des chefs
Babembe. Aujourdthui encore ces chefs en sont toujours rev~tus.
Chez les Bashi, ce mot est rested pour designer le chef supreme,
le rol. II en est doe mme au Rwanda, en Urundi, chez les Bafo-
lero, les Bahavu, les Batembo, les Bahunde, etc..N1est-ce pas
une preuve de plus que les chefs de tous ces peuples sortent des
Babembe ? Tous sont du clan Mhrocha ou dtun clan issu du olan
Mwocha. Il n'est pas jusqu'au roi de l' fipa qui n'en vienne,
puisque ces gens le saluent d'une expression que personnel ne
comprend la-bas,et qui caract4ristique "IMwocha taa I": (pOre


3
<
(





'7e


important. Pour les affairs secondaires, is s
le "Murambo gwa olubanja" (le chef des process ;
gements doivent Stre sanctions par les chefs.
graves, ou cells pour lesquelles les accuses je
trait; es devant le chef supreme ou lareine-mere.


par
dans
rer
gens


e
ma
Le
tt


Les chefs sont encore les sacrificateurs en t
rapport au group qu'ils administrent le r8le
la famille. A oux dloffrir les sacrifices des
un malhour public, a procurer les favours des
, a obtenir leur bnediction dans les combats.


dechargent sur
lis mime ces ju-
s affairs trbs
ent l'appel,sont'


itre.Ils jouent
que le pAre joue
tines a conju-
anc*tres & leurs


Il va s
loin celle d
la tyrannic.


a-l s
LS


dire
chefs


que 1'autorit6
do province,et


du chef supiwee
que facilement


do passe de
elle touche


Faisons pour
du Gouvernement.


le
et


moment
voyons


abstraction
coniment elle


de la presence
s t exerce.-


des agents


Le grand chef a sur ses sujets droit de vie et do mort
son caprice tout le monde n'a qu'4 plier l'!chine. II
grA prescrire le chlmage comnlet des cultures et impo
la famine, exiger des prestations en vivres et en tra
miller ses sujets do tous leurs biens, destituer les ch
et martyriser qui bon lui semble. Cependant, si tel es
, telle nest pas toujours la pratique. La coutume, qu
he a suivre le plus souvent, veut qu'il soit mesure da
nces, qu'il recompense tout service rendu, qutil ne de
ch^tie qu'a bon escient et pour des fautes serieuses.


;. De-
peut
)ser
vail,
lefs,
t son
'il
Ins ses
stitue


De plus,
voisins avoc t
ces vell6ites


la crainte de voir
ous leurs troupeaux
tyranniques.


ses gens s'enfuir
:, met toujours une


chez les chefs
sourdine &


Cependant, s'il lui
sonne nose se plaindre;
tres; le fondateur de son
la vengeance des manes.


arrive de
il a dans
pouvoir


faire
les ve
est en


des
ines
lui.


actes de
le sang
Le tuer


cruaut ,per-
des anc8-
attirerait


Les
telle est


ordres du grand chef sont sacred's; ils doivent 8tre ob6is,
la lo.


Los chefs
grand chef peut


de province participant
toujours faire rendre


de ce
c ompt e


pouvoir; mais le
de son employ.


Les chefs ont aussi des devoirs bien precis.


Ils s
autorit ,
distance;
impr^gnGes


ont
Qui
et
de


1
s
il
J
11
'I


es protecteurs nes
e croit ls6, peut
faut reconnaltre
justice et de bon s


de
li
que
ens


quiconque s'est
brement recourir
leurs sentences
.


mis sous leur
a leur as-
sont ouvent


Les chefs doivent a leurs gens des cadeaux. Toute l1ann~e,
les chefs important ont leur cour envahie par des solliciteur's.
Il est de bon ton d'aller mendier chez les chefs. C'est lour fair
grand honneur. Mais les chefs font souvent prolonger le s6jour do
ces solliciteurs pendant des semaines et des semaines avant dtao-


vant
a son
ainsi
d pou
tuer
droit
cherc
exige
et ne





4.


-cAder a leurs d4sirs. La demand se fait a voix basso, a -1I
oreille, soit dat ectement, soit a 1'aide dtun favori, qui fait
grassement payer ce service. Aux chefs, on demand de tout :
vaches, chevres, manioc, biere, viande. Los riches regoivent le
plus, les pauvres ont de la peine a obtenir quelques miettes.


Quiconque
male, laisse to
femmes et ses f
patron, le tute
A lui de les no
marriage. Il rec
pas lourde, car
qu'elles ont ac
de province tou


de ces filles


e


meurt sans heritier, c'est-a-dire sans enfant
us ses biens au chef de province, y comprise ses
'illes. A ce titre donc le chef de province est le
)ur r6guleir de toutes les filles sans soutioen.
)urrir, de les habiller; il les garde jusqu'au
umeille egalement les veuves, mais la charge nlest
cellos-ci peuvent convoler a d'autres nooes dds
%compli ce qui est exig6 par la coutume. Le chef
iche le pavement fourni par le maria au marriage
)t de ces femmes.


CARACTERE RELIGIEUX DU POUVOIR.- Aux yeux des indigbnes,
le pouvoir de leurs chefs revat un caractere nettement reli-
gieux :


I- On a vu plus haut
famille rSgnante, trouv' au
don't personnel neparle, est
culeux;


que le petit gargon, pere de toute
pied d'un palmier et ne d'un p6re
consider4 come un 8tre quasi mira-


20- Toutes
but d'attacher


les
a ce


ceremonies
pouvoir ce


de la
mmemo


fete du
caractere


"Mubande" ont
religieux;


30- Le chef est le sacrificateur public, a qui revient le
droit de sacrifier aux anc'tres pour obtenir leur protection dansA
les affaires publiques, pour l'heureuse issue d'une guerre, la
fin d'un fl'au, le succes d'un grand procis de tribu. Le sacri-
fice est fait aux m.nes des chefs d6funts, considers come pro-
tecteurs n6s do toute la tribu ;


4- Le diademe (ishungwe) qui concretise aux yeux
la legitimite du pouvoir, est consacrp aux anctres et
tiellement religieux;


de tous
essen-


5- Le grand chef
gine, en qui il depose
sont les "barambo ba K
grands de tout le pays
ticheurs et par le des
premier chef muluzi a


a pres de
moralemen
lashala" re
et sacr6s
cendant au
conquerir


lui deux homes de basse ori-
Lt le fardeuu de son pouvoir. Ce
connus officiellement par les
par tous les plus c6blbres f6-
thentique du pygmne qui aida le
son pouvoir;


6- L'ame de cot ancetre continue A veiller sur le pays.Il
protAge le chef regnant et se montre quelquefois sous la forme
d'un 16opard qui crie mais ne fait de tort a personne,et qu'on
apnelle pour cela le leopard beni "ngwi mugashane". II vient
reclamer des sacrifices. Le chef s'empresse toujours d'y r6pon-.
dre. Le detenteur deo ce pouvoir supreme nest en some qutun
instrument visible odu habite le pouvoir 6mane du premier chef
et consacr6 par les esprits invisibles. Lyangombe, Muihimaetc..
avec la permission du grand esprit Nyamuzinda.


b





5.


La petite histoire suivante dira, elle aussi, combien le
chef est lui-mSme persuade de ce caractere religieux. Un jour
grand chef Ngweshe causait avec sa mare et son frere Albert
Nyagezi, chef d'une province. Albert 6tait chretion depuis qu
ques mois. Au course de la conversation, Nyagezi dit a Ngweshe
"Si tu ne deviens chretien, apres ta mort tu iras en enfer et
"tu seras pire qu'uh esclave, tout puissant que tu sois maintf
nant. Tu ne pourrais garder cette puissance apres la mort quo
tu devenais chr~tien, car seuls les gens qui meurent serviteu:
fideles de Dieu r`gneront 6ternellement."


le


el-

la
9-
Si
rs


Le chef palen, incapable de comprendre ce language, r6pondit
avec col're : "Comment, tu contests quo mon autorit6 survivra
"dans 1'autre monde et que mes anctres la possedent encore ?
"Tu veux que mon pouvoir cesse a ma mort ? Il ne te rest qu'a
me le ravir tout do suite. Ignores-tu cependant que je puis d'un
soul mot reprendre ta province et tous tes biens? -C'est vrai,
reprit Albert, c'est vrai, tu as ce pouvoir, tu es tout puissant
et je respect ton autorite; tu es mon chef et cependant je te
dis que tu ne pourrais m'empecher de rAgner pendant touted l6ter-
nit6, puisque je suis et veux mourir chr6tien I".-

Quelques homes avaient entendula discussion; comme une
trainee de poudre le bruit se rApandit que le chef de province
allait 3tre disgracie et depouill& do tout. Heureusement leur
mere, palenne intelligent, parvint a calmer so- puissant fils.
Ngweshe r.fl3chit et comnrit que le pouvoir don't parlait son
frere n'4tait pas colul don't 11i tait revetu. II lui rendit aus-
sitSt son affection.

Bien jlus, il ut la bonne idle d'aller demander aux mission-,
naires eux-me4ies ce qu'ils pensalent de l'origine et de la na-
ture des chefs. L'exr)lication parut le satisfaire,mais sans It
etonner bien fort, tant etait ancr6 dans son esprit le caractbre
religieux et imrwortel de cette autorit6 regue legitimement de
son pere Luhongeka et consacre par les m nes de ses ancetres et
des esprits invisibles.


ETENDUJE D
est respect-e
sister a. son c
envoy(, es4- ch
corv4es, les c
des troupeaux,
sacrifice publ
ment un travai


trop
chef
stat
lui


r^.crimine
veut fair
ion voisin
obeissent.


C. CE POUVOIR.- L'autorit4 du chef et des sous-chefs
par grands et petits. Aux yeux de 1'indigene, r1-
hef lui intimant 1 ordre, de vive voix ou par un
Lose grave. S'agit-il de construire, par forme de
ases du chef, de lui apporter la dime des vivres et
de se presenter pour un jugement, d'assister a un
ic, de prendre part A la guerre, de fair gratuite-
1 d'utilite g4n4rale, les "bashi" s'executent sans
r, car c'est conform a la coutume. Meme lorsque le
e exabcuter 1'ordre qu'il a requ de fournir a la
e du portage, du travail ou des vivres, la plupart
Les recalcitrants eux-memes finissent par ceder.


L'autoritA du chef sl'tend su
chefs s'arrete aux limits de leur
1'autorite du chef qui peut s'y ex
naire ne vient pas contrecarrer le
que indigene connatt parfaitement


ir tout son pays; well des sous-
' territoire, sans prejudice de
:ercer toujours,mais qui d'ordi-
pouvoir des sous-ordres. Cha-
le chef don't l depend.





6.


II arrive souvent ou'un village est r6gi par une femme.C'est
le cas d'un chef polygamne qui donne A chacune de ses Apouses un
coin de terre A regir. C'est le cas aussi de la mare d'un chef
encore mineur qui fait office de rtgente. Actuellement meme la
mere du grand chef Nabushi regit le pays pour son fils age seu-
lement de 8 A 9 ans, avec I'aide du tuteur et d'un conseil d'
anciens. Il va sans dire qu'une femme ne transmit jamais sa suc-
cession, le fils succdant de droit A son pere. La regente, quel
quo soit son age, a defense absolue de prendre un marl, tant que
son fils est a la tSte du pays.

Le chef est consider" come unique prorietaire du terrain
et du gros b(.tail, ou, si i'on veut, il en est le regisseur au
hom de la communaut3; tous ses subordonn6s regoivent de lui le
droit d'en re.colter les fruits. Ils reconnaissent ce droit par:
le pavement r^gulier d'une dime. Quiconque brasse de la bibre,
rocolte du sorgho, des haricots ou du manioc, doit A son chef
une petite part quo la coutume determine; c'est ce qu'ils ap-
pellent "Kurula mwaka" offrir le cadeau du champ. Les paturages
sont communs A tous es troupeaux du pays. Les bergers peuvent
les mener partout in il y a de l1herbe. Tout detenteur de gros
b4tail doit la dime a son chef. Il doit lui offrir I'un des trois
premiers veaux; aussi le sixieme veau qui nattra soit de la vache
qutil tient du chef, soit de I'un de ses jeunes; il dcbit encore
lui porter une cuisse de chaque bate qu'il abat. Les sous-ohefs,
meme les plus proches parents du chef sont soumis A la redevanoe;
mais alors elle s'exerce plutlt sous forme de prestation ou de
cadeaux. S'ils en sort ories, ils enverront A leur maitre la va-
che, le taurillon ou les vivres demands. Brassent-ils de la
biere, une part est offerte au grand chef. De temps en temps 11s
doivent aller lui offrir leurs hommages; ils lui font oce mo-
ment cadeau d'une tate de gros ou de petit b6tail,et de quelques
jarres de biere. En certaines circonstances ils sont tenus A un
cadeau plus important; le grand chef regoit-il son pouvoir ou en-
tre-t-il en marriage, les notables lui offriront plusleurs totes
de gros betail. C'est ainsi que lors de la mise en possession de
son autorite, Katana rout de son once et sousehef vingt vaches
et une pointe d'ivoire; lors du marriage du fils de Nyagezi, les
grands du pays lui constituerent de toutes piAces un troupeau de
septante-cinq tStes de gros bAtail.

INTRONISATION DES CHEFS.- Le chef vient de mourir. Il faut
designer son successeur. Celui-ci n'est connu quo des initi6s,car
pour y avoir droit, il doit Stre ne "nkebe". Aux yeux du vulgaire,
le nkebe est celui des fils qui a eu i'heur de na^itre adolescent,
avec toutes les dents cormees, tenant en mains des haricots, du
sorIho et du lait cailll. En fait, il n'est que l'un queloonque
des fils, autres quo l'atne, que le chef defunt a eu d'une femme
designee par un f6ticheur de la famille Bene rubambo, originaire
de chez Chibondo au Rwanda. L'aln6 so contentera de porter le
titre de "mulezi tuteur du nouveau chef; mais son autorit6 reelle
sera presque pareille A celle de son pupille. Ce nest pas sans
raison qu'on carte 1'altn; le successeur reste ignore, et par la
meme auoune des fermes du chef dAsireuse de devenir reine-mAre
nta intiret A envoyer plus tSt que de droit son marn dans l'autre
monde.

Le defunt est enterre; de suite on a confectioners le nouveau





7.


diad9me, 1'"ishungwe". On a dAtach$ la tSte du cadavre; on 1'a
mise a s'cher au-dessus du foyer, on l'a enveloppee d'une double
natte,et mis le tout A l'interieur d'un grand tambour de bois re-
couvert d'une peau de vache; c'est le "buVIAu", talisman protec-
teur, qui va Stre donn6 au successeur et qui pendra desormais
dans la hutte des ancetres, garden sous pelne de mort par le ti-
tulaire Mwogo, garden du tombeau des chefs d funts. Au moment
d'en prendre possession, l'heritier fait la priere suivante :
"01i mpanga ya Mushema Namuhoye; olamye abana bawe" (tu es le
crane de Mushema Namuhoye -surnom du fondateur de la dynastie -;


donne a tes enfants lon
du tombeau des ancetres
rillon et une g4nisse.
Chirala cha e mwogo; le
Mugabira. Le dpfunt, di


trois animaux von
vache y laisse se
disparatt en terr
pourra grandir et
tera; il mourra d
respectueusement
qui, soul, pourra
des tmmbeaux des
culeuse Kahari.


it d'ei;
s Doti
'e. Voi
vivre
.e viei
enterr
L boire
chefs


igue vie). Et peu apres l'on voit venir
une vache avec ses deux petits; un tau-
Vache et g!'nisse s'appellent Kahari ou
taurillon se nomme Chibanywanyira ou
.t-on, les envoie de l'autre monde. Les
ix-memes vers l'enclos du nouveau chef; la
ts, s'en retourne seule au cimeti@re et
l1 ce uit se dit. Le taurillon dOsormais
en paix; oersonne jamais ne le moles-
llesse ou de maladie,et son oadavre sera
A. La g6nisse,elle, est reserve au chef
de son lait. Notons que soul le garden
voit sortir de terre et y rentrer la mira-


Vers ce temps aussi a lieu la transmission des biens du
d6funt A son successeur. Le titulaire Mushogo amAne le nouveau
chef dans la hutte ou son pr(dicesseur est mort; il le place sur
son siege; autour de lui tous los anciens staccroupissent. Le
garden des tr!sors tale devant lui les bracelets, perles, Itare,
la lance, lecouteau, le marteau, los amulettes, en un mot les or-
nements et instruments du d6funt. Puis il se met A en revatir
son maitre objet par objet, disart leur origine, leur signifioa-
tion, lo ur but; il lui dit alors le nom du taureau reproducteur,
et le nombre des bites A corners qui vont lui etre remises. Bref,
il le met en possession de sa fortune. En m^me temps il lui done
nombre de bons consoils. En r.com onse de sa peine, il recevra


une ou
tient


L deux vaches
sa forction


un petit bout de torritoire.


, ar
n ar


II


Parri les biens lrgu s au successeur
il convent de citor les suivants, A cause
de leur signification :


de
de


Kabare
leur


et Ngweshe,
antiquity ou


l- La lance. Elle a
ou Ir Ngweshe. Selon une a
element servi a percer des


aprartenu au Ir Kabare (XVIIe sieele)
.utre version, cette lance aurait seu-
hommes,sans romonter si haut.


2- Le coutelas. II a la
employes pour turner la pate
rappeler comment ces deux fon
ustensiles que des armes. Le
remote pas si loin.

3~- L'arc. C'est un arc
emploient encore les pygme'es
Ir Kabare quand il allait en
Cet arc s'appelle budari (mot
Iurwe.


Lmme origin. Ces
de farine pendant
.dateurs de dynasti
coutelas s'appelle


deux objets sont
la cer6monie,pour
e n'avaient pour
bikamba,mais ne


en tiges de bambous, tel que les
de la grande fort. II servait au
chasse avec sa troupe d9 p ines
pygmbe) et est conserve par eabu-


peut rogir
hi ddit.




8.


4- Un marteau indigene, petite masse de for sans manche,
apDel6 kayundv-e kaluwe ou bien walengera. Le chef Nyiganda le
garden;

50- Un arnneau de cuivre, peasant pres de trois kilos. Chez
Ngweshe, cet anneau s'aTp-elle lulinga Iwa Chilimwentale, le bra-
celet de Chilimwentale, fils du Ir Ngweshe. II 1'aurait pris
dans la pcursuite des Barundi vaincus par lui, au XVIIe siecle
sans doute,et qui 2vaient tented de prendre son pays. Le marteau
et le bracelet, frappes l'un centre l'autre sont employs pour
la divination.

60- Une barre courb(e en cuivre, termin6e par deux boules,
et longue de 75 centimetres; autre relique des premiers Ngweshe.
La 1^ende raconto que cotte barre avait et( achetRe par Mushagwa
indigene de Ngweshe. Devant se mettre en route, il confia ce tr&-
sor a sa femne, qui n'eut rien de plus press quo do la montrer
a Buchinga Ngweshe. Ce chef so l'appropria. Mushagwa l'ayant ap-
pris court chez son chef pour la redemander. Ngweshe rfpondit :
bientSt, hano kashanzi. L'indigene l'ayant ainsi reclame pendant
longtemns et en ay.nt toujours requ la rnmme r`ponse, vola une
vache de Ngweshe et 1'alla offrir A Kabare, son ennemi. Ngweshe,
furieux, aprela son frere Murandikire, son sous-chef Chigwere
et son serviteur Kashosi,et avec eux voulut aller reprendre sa
vache. iais Kabare envoya contre eux Nabuhanga, qui les tua tous.
La barre resta propri.t. du successeur. Lthistoire raconte encore
que le grand-pere du Ngweshe actuel, se trouvant occupe6 se cons
truire un nouvel enclos, tenait en main cette famous barre. Tout
a coup les Banyarwanda firent irruption, so jeterent sur lui et
le massacrArent. II avait eu just le temps de jeter son tr6sor
dans los hautes herbes. Une femme allant au bois un jour la re-
trouva et la remit a son fils. La barre stappelle lulinga chez
Kabare; on a un barre semblable, appelee mulingwa gwa akari.
J'ignore quel souvenir s'y rattache.

7- Une pointe d'ivoire tailloe en trompe do guerre, nom-
mee mulazanshano; elle est conservAe par le chef pygm6e et rap-
pelle come 1'arc le temps oi Te fondateur de la race vivait de
chasses.

8- Une Acaille blanc-neige, nyonga ya e Budzi, image de la
richesse. Autrefois elle avait une valeur de trente vaches.

9- Un tambour, ap'ele Biremera, danslequel se trouve le
crane du chef d4cpde. Chez Ngweshe on n(a conserv", que la peau
de vache qui a ferm" i'ouverture du tambour Biremera des premiers
Kabare, l'ancetre commun.

I0- Une ceinture, appeloe la perle de la reine-mbre (nyonga
ya nwamikazi), ornee de doux tubes en bois et d'un bout d'ivoire
creux rempli d'ingredients magiques,et ferm6 avec une p&te dure
ou sont fix~s des clous en cuivre a large tete. Cette relique a
e6t portee autrefois par Mwanalukanda, reine-mere, femme du chef
Rchirahongerwa verss IS30). Actuellement la reine-mnre, ohe
ngweske, la porte en cr4monie.

II- Un collier de perles sales et vieilles, nommi nyabus-




9.


hawe, ayant orne le cou des premiers chefs.


12- Un bonnet en peau de
rangee de cauries; elle
Barega, d'ou Kabare est


chidessi,
rappelle le
sorti.


sorte de
"mwamil"


civette, orn6
coiffe des


I3- Une 4toffe en pcorce de ficus
de b4lier, que le chef doit rev~tir pour
premier ancetre.


(mulendwe) et une
rappeler l'habit


peau
de son


14- Une peau de
peau; semblable a une
commie talisman contre
bill.

150- Une neau de
Ag4e pour avoir encore
soeur-Apouse du chef,
qui ramassa et 6duqua
vrai pare des ancetres


genette (shambo) fixee sur une autre petite
peau portee par Namuhaye, l'ancStre common,
les coups mortels. La reine-mere s'en ha-


vache qui a 4t" portee par une femme trop
des enfants (emperabura). On en revet la
en souvenir sans doute de la femme sterile
le petit gargon abandonne qui devint le
du clan (voir relation precedente).


La c('remonie s'arr^te 1A. Vers mars ou avril prochain, &
la fete annuelle du Mubande-mpundu, les anctres consults di-
ront si le nouveau chef sera bon, et s'il peut etre conserve.
C'est alors qu'aura lieu la consecration officielle du succes-
seur. Ce jour est donc arrive; on convoque tous ceux qui, d'une
maniere ou d'une autre, doivent y prendre part :

I- La reine-mere (mwamikazi) qui a donnA le jour au nou-
veau nkebe;


2- Une Jeune fille choisie dans la
cela nya ngoma. Cette fille sera des
aux souls jours de lintronisation
1. Hors de la, elle doit vivre dans
y manouait, elle serait chassee du p
Lble seraient tues : nya ngoma porte
et rerrmlit le rSle dy'fpouse sacree,


s noirs
anciens


"echigono
chefs;


cha bajinji


bw


famille Birende, appel6e
ormais la comoagne du
eu de son renouvellement
la continence; que si
ays; son pare et 1'homme
le titre de "soeur du
ou pour traduire la
abo", l'employee du pou-


30- Une femme pygmee


et


son maria nabukumwe,


descendants


au-


thentiques du chef pygmne nabukumwe, don't 1'aide favorisa l' ta-
blissement do la dynasties actuelle. La femme pygmee est l'epouse
et la demi-soeur de son marl; ils sont issues tous deux du meme
p6re, mais de more diff6rente. A elle revient le droit de d6si-
gner la fille de son maria et d'une autre femme, qui devra epouser
le fils qui succedera a son maria, et remplira les fonctions qut
elle meme a remplies (I).-


(I).- Ce r1e d'6pouse-soeur est tres strange et raprelle sans auoun
doute une coutume ancienne.Pourquoi la femme pygmee est-elle 6pouse-
soeur; pourqxi la fille choisie par les descendants des anciens hefs
(bajinji) pour le nouveau chef est-elle epouse-soeur? Pourquoi e astn
cesseur (nkebe) des chefs Basibula (Rushombo-Muvumeletc.),issus comlme
Kabare de Nalwindi, chez les Warega, est-il ne de son p6re et de la
demi-soeur de son pere? C'est que 1'usage des Basibula Atait sans doute.

voir suite page suiv.


d une
chefs


pour
chef,
annue
elle
coupa
chef,
pens P
voir


e de
des





10.


4
jinji.
les baj
I'aide


- Le
On a
inji
des


s descendants authentiques
vu prec'dermment comment Ka
et a etablir sa dynastic ca
pygmees (2).-


des
bar
la


anciens
e a reus
place d


5- Le gardien-chef du cimetiere des anctre
son titre est Maluvumbu.

60- Le titulaire Mushogo, garden des tresor


70- Les sous
baluzi) et autres
aux rejouissances
vestiture.


Au moment


t(s sacrifient c
leur b.n'dictior
present dite, le
Ils ont pour mis
nent lui dire 1'
temns, tell que
force conseils.
"achirohya", il
lul dit alors.


n6s;


Les
tous


invites
entrent


circulaire se
la peau de b5
la tote est 1
collier de vi
poignet ses b
las. Autour d
1' 6pouse-soeu
monie de la d
veau chef;et
cer6monie est


-chefs de la
(abarambo),
et recevoir


qu ils


'ez eiux
. Une vi
s bajinj
sion de
histoire
!a trad
Le nouve


prevoient


aux
ngt
i,
tco
de
iti
au


ne peut prendre


ont
ens


mblable
lier et
e bonnet
eilles p
racelets
oe lui es
r et les
ivinatio
si son r
triple.


revetu les
emblem dans


famille de Kabare-N
invites seulement a
une nouvelle reconn


leur convocation,


manes de leurs ancetr
aire de jours avant la
les plus ancions surto
nseiller le nouveau ch
ses pr.d(.cesseurs et
on la leur a transmise
chef doit 6couter en t


en mauvaise


ornaments ou


part


3 chefs ou ba- p -
5si a renverser' *
le la leur, ave.


Ds de Kabare;


's II

gweshe (les
i prendre part
maissance d' in.- :1.1


tous les invi-. ^-
es, pour obtenir,<..
c(remonie pro-
ut s'amenent.
ef". Is vien- .
des anciens ."
* Ils y ajoutent.
route humility
rien de ce qu eon


habits
Qan V fa e 1


eux desti.


aux autres. Le nouveau chef est la orn6 de
d'une Atogfe en ficus ehtre les jambes; su
de peau, au cou la perle blanche et le
erles; au front son diademe ishungwe; au
de cuivre; en mains la lance et le coute-
t le couple des ygm"es, la reine-mere,
bajinji. Aussitot l'on procede a la o6r6-
n. Il s'agit de savoir ce que sera ce nou-
egne sera heureux pour ses administres. La


1- Divination du
bajinji cognent l'un c
don't ils rebondissent


marteau et du
ontre 1'autre
et resonnent i:


bracelet
ces deux
ndique la


* Les devins des
objets; la maniAre
response.


2- Divination de l'eau bouillante. Un grand pot d'eau est


aussi l'usage chiez les ancStres des Bajinj
tain que le clan de Kabare (Nyamwocha) et
d'un clan plus ancien, a cause de l'union
(fille de Nalwindi) avoc le fils de sa soe
14gitimement de cette soeur,et d'un pere,

(2).-Chez Kabare, ces anciens chefs supply
niga, Nyiganda; le chef pygmpe qui l'aida
les anciens chefs sont : Chilinda, Buruta,
Mamufumbe; le chef pygmee s'appelle Kabamb


i et de Kabare.
des Basibula s'
incestueuse de
ur, lequel fils
fils nature d'


II est cer-
est d6tachA
Namukcoy
6tait n6 1i
une fille-me


ntes sont : Nyibamba, Naru-
est Nabukumwe. Chez Ngwes6e
Mug$remo, Kahere, Musheba,
a.


I









~d.
44


- A


A


3





II.


mis sur
sauf le
le sens


le feu. Quand
chef, inspect
et y lisent la


elle commence a bouillir,
l' fbullition. Les devins
reponse cherchee.


tout le monde,
en comprennent


3- Divination des entrailles. Devant la case on amAne un
bller noir, d'un an, issu d'une brebis sacree appelee Nyabu-
lambwi, sortie come la vache du sein de la terre. L(animal
est tu4 d'un coup du coutelas bihamba passe a travers la nuque
et la langue, ou bien plant, dans la poitrine de maniere A per-
cer d'un-coup le coeur tout enter. On le depouille de sa peau,
on ouvre le venture, on lave les entrailles sans les deranger,
1'on regarde,et on tire 1'augure touchant le nouveau rAgne. Si
les augures sont favorables, on pursuit la cr6emonie; sinon on
l'arrete, et le nouveau chlef est rermplace par un autre (I).-

Les aigures se sont prononc'es en favour du nouveau chef.
On va done lui donner son poutroir.

Le chef pygmie et sa fermie-soeur pr\Sparent un melange de
terre blanche, de farine et d'eau. Ils en frottent A tour de
r^le le chef au front, a la poltrine, et au venture, lui crachot-
tent sur la tote un peu de salive, ce qui marque ici la b6n'diM-
tion,et lui souhaitent une abondante prog'niture, sant,' bonheur,
nombreux trou'seau et riches reclotes. Puis ils ajoutent :
"nakuha obukulu bwawe, ogwere obwami; ntaye mwami wakuimanga :
"je te done ta grandeur, tu as le pouvoir supreme; pas un rol
"ne pourra te vaincre." La femme ajoute : "ayore wakalihire,
ntaye mujinji okulashiraga e malanga : sois severe, pas un an-
"cien chef ne te frappera au front."

Apres cela, le chef quite son siege et va s'accroupir par
terre pendant que le principal descendant des anciens chefs
Nyibamba, vient prendre sa place. D6s qu'il y est assis, le nou-
veau chef se live, bouscule Nyibamba, qui cede de suite le sidge
et va se remettre A ses cttes, par terre, en disant : orashukaga,
okuankulaoku ntebe, naye muluzi walenganya, naye bwacha omurera
na mnunige; eri akakulenganya, eri akaba murambo, nga akulen-
ganya akuankula bwacha omunige naye".- Avant de te laver, que sl
quelqu'un menace de prendre ton trine,et que ce soit un prince
de ton clan qui to trahisse, de bon matin fais-lui la guerre et
tue-le; que si le traltre est un sous-chef et qu'il te trahis-se-
et te menace, hate-toi de le tuer aussi."


yeux


Ces
des


deux cr'monies
Bashi, le chef


montrent d'une maniAre frappante qu'aux
supreme n'est qu'un simple mandataire.


(I).- Le replacement du chef nest pas un fait i:
mourait le Kabare Byaterana. Son fils Kabi fut l1
six ans sous la regence desa mIre,femme cruelle.
faisait la fete du renouvellement de l'intronisat
consultres se montrerent d'favorables. Kabi fut cl
son frere Rubaganda. A la mort de ce dernier,en I
sa cachette et essaya de reprendre le pouvoir. On
bien plus, un jour II disparut avec sa femme et s
rumeur publique veut qu'il ait t6e massacrA avec
qu'il en soit, depuis ce jour, aucun des cinq n'a


noui. Vers 1890
u.Il r4gnait depuis
Comme de coutume, on
lon,quand les augures
hasse et remplaW6 par
919, Kabi sortit de
ne le lui permit pas
es trois enfants. La
sa famille. Quoi
reparu.


1~




-1 -12. -


II tient son pouvoir des ancetres protecteurs consults par 1es, ,
devins, qui veulent bien renouveler son mandate pour un an par
l'entremise des chefs plus anciens et des chefs aborigines.


Cependant ,la


fenne pygm ee


s est
- -1 A


empar6 e
' i -


qui a servi a la divination, y a jete lae a
mals et aussi de la farine d'l1eusine, qu'un
dans la grande fort d'ou Kabare est sorti,e
dure. Elle a cuit aussi une parties du belier
devant les bajinji dans la hutte du chef def
pate et viande avec le coutelas et la lance.
bamba prend avec la pointe de ces armes une
de viande, la porte a la bouche du nouveau c
eyi ngoro ya e mwami wa e Bushi; wakushimbe
orabale, na engoro na itumu lyayirakwo omunt
"las de chez le roi du Bushi; celui qui to s
"aide-le du coutelas et de la lance qui a tu
les personnages qui ont Ats en scene jusqu'i
sacr4 avec le chef. A lui le coeur du blier


de 1'eau
farine de
i est alle'


t en
,et
Punt.
Pui


fait
a d6po
Ceux-
s le c


bouchee de
hef en dis
omu ishwa
;u. "Voici
uit dans t
w un home
ci mangent
.


bouill ant
sorgho, de
acheter
une pate -
s6e le tout ..
.ci ooupqflnt
,hef Nyi-
pat6 et


ant
lyawe
le coute-
on pays
," Et tous
ce repas


: '


Tout de suite ie; aut's b
chaque sous-chef a amen6 une bot
ou brlier. On en tue une dizaine
cesseur. La viande est divisee e
portance du destinataire; on y a
du b61ier et de pate,et on envoi
sents et absents. C'est la marqu
aussi, son pouvoir de vassal. LM
preuve que sa d chance estb proc


Cependant
dans touts les
pour proclamer
cette scene qui
"mpundu" -


En mmeo
aux semaille
la fete des


la foeme pygm6e e
directions des y
a tous los vents
a donned son nom


temps le chef fait
du sorgho. La fete
emailles.


t
e

n
j
e
.e
e:
h-%


es sont abattues. Dans ce but,
, qui un taureau, qui un mouton
le rest est offert au sue-
parts proportionnees a l'im-
oute un petit morceau de viande
cette part aux sous-chefs pre-
qu'on lui renouvelle, a lui.-
n priver, par contre, est la


L.Le. .

st sortie; elle se met a lancer
,ou you joyeux (abanda mpundu),
le pouvoir du successeur. Cest 6 "
a toute la cer6monie du "Nibande- '


dire partout quton peut proc6de~r :
de 1'intronisation devient ainsl"
+ ; -


Los princes de la famille du
qui no descendent pas des anciens
aussi, amen's & la fete, apportant
vivres ont 4t* prparSes chez les
d6funt. DEs que la distribution es
seurs sorent de tous les coins; 1'
pendant deux jours et une niit. Le
ses notables viennent un a un deva
nouveau chef,et passent eon silence
per a sa benediction.


chef (Baluzi) et sous-chefs
chefs (Barambo), se sont, eux
farine, bibre et viande. Les
femmes laissees par le chef
t faite, les tambours et dan-.
on mange, 1'on boit, l'on dans. ,
menu people des environs avec
nt la case ou se trouve le '
pour le feliciter et partici--


S. ... .*
- ', .i "-i




,


Au soir du deuxieme jour,
retire chez lui avec sa femme
ceremonie est termin.e.


le nouveau Kabare ou
spouse ou sa premiere


Ngweshe
femme;


Ce qui
Ngweshe, le


prnc'de indique ce
grand chef du Sud,


qui so
c' est


fait
un peu


chez Kabare.
L different.


Che z
11 nty


la
la


>




I


T





13.-


a pas chez lui do soeur-epouse, ni de tambour au crane; le ren-
versement du trone est replace par l'imposition d'une plume
de toucan; le chef pygrmne qui l'aide appartient a une autre
famille. On n'y fait pas non plus de diademe. C'est que Ngweshe
n'est pas au fond le chef dG toute la tribu. Au XVIIe sib6m (1)
au plus tard, le oetit-fils du Ir Kabare, appele Ngweshe, so r6-
volta centre son pere, alla occuper le sud de son pays et d'y
fit chef ind"pendant. Voici comment le rapport la legende.

Kabare 4tait all4 consulter le devin pour savoir ce que so-
rait son regne. Le devin lui fit cette reponse : Si jamais ton
fils Ngweshe / / j ,/ /,l allait au mont Mumbili,
il y deviendrait grand chef. Ngweshe en ayant eu connaissance,
s'enfuit de suite au Mumbili avec un group de suivants. Kabare
envoya a sa recherche son vassal Kabamba, chef pygmee. Kabamba
raprela Ngweshe, qui le suivit sans recrimination. En route, le
fils de Kabare voit voler un toucan. II dit A Kabamba : puis-je
tuer cet oiseau ? Le pygme refuse net; mais Ngweshe lance quand,
meme sa fliche,et l'oiseau tombe mort. Kabamba le ramasse;
Ngweshe veut le lui prendre; le pygmee lui dit : laisse, cl'e
l'oiseau sacred de Kabare, ton pere. Ngweshe le supplies de lui
en donner au moins une plume. Le pygmee y com ent et lui en
pique une plume dans la chevelure. Sur le champ Ngweshe s tecrieZ
a pr(sent je suis grand sous-chef de Kabare..et il fait battre
le tambour. Kabare l'entend, apprend ce qui vient de so passer;
il court do suite enlever tous les biens du chef pygmee, pour
le punir. Kabamba jure de se venger. II va chercher de la terre
blanche, vient pres de Ngweshe et dit ; je t tavais fait seule-.
ment sous-cheg eh bien, je te fais a present chef supreme
(mwami) et ilfrotte do terre blanche. Depuis ce jour Ngweshe
est rested chef ind6pendant.


L' intronisation, come


de chaque nouveau chef.
elle ne vaut quo pour un
saison des pluies, vers T
v41e. La c'rmonie du Mul
augures redisent chaque
ritA du chef rignant ou
C'est la grande fete du


Tout
an.
miars
band
fois
s'il


on l'a
efois,
Eneffe
-avril,
e est r
s'il y
faut 1


pays.


vu, de fait apr6s 1'6lection
il imported do remarquer qut.
t, au debut de chaque grande
le pouvoir doit Stre renou-
beprise toute entire, les
a lieu de proroger l'auto-
.a porter sur une autre tete.


La croyance populaire veut que
d'h4ritier. Le grand esprit y veill
done pas si le trine peut tomber en


le chef ne pout manquer
e. La question ne se pose
quenouille.


arrive
.d mmeo,
puisse


que
et
le


l'heritier
regnera sous
fire seul.


est
la


mineur.Dans
direction de


ce oas, 1il sera
sa m&re, jusqu'&l


(1).- Je pense pouvoir remonter si haut p
la tradition a conserve le nom do treize
que plusieurs noms ont et6 oubliesA cause
table des homonymes. La coutume veut, en
nom d'un aleul qu'il veut honorer. C'est
porte le nom de son aneetre Weza,et l'on
qui ont port le nom de Kwibuka.


arce qu'au Ngweshe aetuel
ancetres,et il est certain
e de la confusion in6vl -
effet, que le chef porte le
ainsi que le Ngweshe aotuel
eonnatt trois de seos aleuxI


Il
i quan
qu' il


elu
ce


.

j -


V


*" -.
* .