“Les clans au pays des Bashi (Bunyabungu) par le R. P. Colle, des Missions d’Afrique. Extrait de la revue "Congo." Vol. ...

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Title:
“Les clans au pays des Bashi (Bunyabungu) par le R. P. Colle, des Missions d’Afrique. Extrait de la revue "Congo." Vol. III (1922), Tome I. Typescript. 12 pages. Jean-Marie Derscheid Collection
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Mixed Material
Creator:
Colle, R.P.
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pp. 337-352
General Note:
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University of Florida
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System ID:
AA00002606:00001

Full Text

Extrait
Vol.III (1922)


LES CLANS AU PAYS


de la Revue "CONGO"
Tome I, pp.337 352.-


DES BASHI


(BU14YABUNGU)

par le R.P. COLLE, des Missions d'Afrique.


mot c
done
Bushi.


lan a
utile


"t' interp6te
do chercher a


dans des sens bien different.
le definir tel qu'il est conqu


Le clan ne neut Stre confondu avec la
treint (chinyamulongo ou chinyabuguma). L'
famille de son pAre et d@ sa mere et de le
nest du clan que de son pare et ses aleux
ternel.


Le clan est
ci,en effect, se
vers; bien plus,
des parfb is fort
represents chez
les banyarwanda,


famille au sens res-
enfant appartient A la
urs ascendants; il
masculins du cte, pa-


moins encore une peuplade ou une race. Celles-
composent d'individus appartenant A des clans di-
un soul clan peut s'6tendre A plusieurs peupla-
eloignees. Tel le clan des banyamwocha qui est
les bashi, les bahavu, les bafolero, les batembo,
etc.


Le clan, tel qu'il est constitute au Bushi, pourrait se d6-
finir : le group de tous les individus qui se r6clament d'mn an-
cetre common, don't ils descendent directement par la ligne mascu-
line seulement. La femrie ne peut transmettre le nom de son olan
A sa descendance; bien plus, elle prend place dans celui de son
maria des qu'elle lui a donned 'An onfant. Deux mots sont employs
pour le dc'signer : ishanja est le clan considered comme tige-mbre
de plusienrs clans; mulala designe le clan issu d'un autre. Ce
dnrnier pent tre lui-m'me tige d'autres sous-clans; en sorte que
la plipart des clans sont en m:nme temps ishanja et mulala.

L'existence des clans est due au besoin de se rappeler d'une
maniere precise le nom ou surnom du premier ancetre et l'origine
commune qui unit entire eux les descendants. Aucune idpe reli-
gieuse, semble-t-il, n'y preside. Les sacrifices, les priAres et
les autres manifestations du culte font abstraction complete du
clan. Le nom du clan est pour nos Noirs une simple carte d'iden-
tit II correspond assez bien A notre nom de famille.


Le nom du clan est parfois
le plus souvent c'est son surnom
cendants. Voici quelques exemple!
bachiko (I), Namuhoye fonda les


(I)- Ba, banya, bene, mis au
"gens de....., enfants


celui de 1'ancetre qui le fonda;
ou celui de ses premiers des-
s : Kachiko donna son nom aux
banyamwocha, de son fils mwooha


d6but du nom des clans, signifient
de. "


II
ici


Le
sera
au




2.


qui faisait rotir (kuocha) la viande pendant la march; Naohahi
crea le clan des badaha; on l'avait surnomm6 mudaha, parce qu'll
avait sans permission video de leur contenu (kudaha) plusieurs
greniers; Kagenyi engendra le clan baziralo, qui prit le nom de
la colline Ziralo que leur ancStre occupa au Butembo avant de
venir au Bushi; les baziranduku furent ainsi designs parce qu'
ils ne mangent nas (kuzira) la chair du toucan (nduku),etc.


Noir, c'est evident,
nicessairement celui


mere desire pour son fils un clan plus
maria. Pour y r'ussir, elle recourra a
aura conqu par vole legitime, elle ira
desire, vivra un jour ou deux avec lui
ter ses prouesses, de maniere A donner
quent avec les hommes de la famille de
pretent d'ailleurs bien volontiers. Le
to porter l'affaire au tribunal indigo:
tent en princine cette infraction aux


appartient A un clan. Mais ce
de son pere ? II arrive qu'une


noble que o&ui de son
un subterfuge. Quand elle
trouver un home du clan
et reviendra au foyer van-
le change. Le cas est fr4-
s grands chefs, qui s'y
maria trompA peut sans dou-
ne, mais les juges admet-
lois du marriage; la femme


sera rarement puine et son comnlice quasi jamais. De ce fait,
l'enfant qui nattra fera de droit parties du clan du pere suppose.
Quo si plus tard la mere de"voilait la verit4 A son fils, celui-ci
pourrait demander de r^int6grer son vrai clan,en presence du chef
qui s'en rapporte pour lors au t6moignage de la mare. Le cas se
prrsente surtout quand ce fils desire epouser une fille du clan
du pere putatif; marriage non admis par la coutume. Dans ce cas
la mere devoilerait sa faute, le fils reprendrait son vrai clan,
different de celui de sa future et le marriage pourrait avoir
lieu.


Une femme, come on -1
nel pour entrer dans celui
fant. Elle entrera de memne
sieme maria et se trouvera p
et defenses inherentes au c
elle n'est d'aucun clan; la
peu de chose.


a vu,
de son
dans 1
ar le
%lan de
- femme


quite toujours son clan pater-
i maria des qu'elle a eu un en-
e clan de son deuxieme ou troi-
fait astreinte aux prescriptions
son maria actuel. Mais au fond
sur ce terrain est comptee pour


Un clan peut se sectionner. Un membre le quite pour des
motifs divers qui sont ordinairement l'inceste ou le meurtre sur
un membre du clan. Personne de ce clan ne consentirait A avoir
avec l'incestueux ou le meurtrier des rapports d'amiti6. Le clan
banyamwocha sortit du clan banyintu et se forma A la suite d'un
double inceste des filles de Nalwindi, chef du clan; le clan
bacHko et celui des bahanga sortirent du clan banyamwocha apr6s
quo ses deux ancetres, Kachiko et Kahanga eurent tue leur fr(re,
le roi Ngingiyinga, chef des banyamwocha du sud. Ce dernier se
detacha lui-meme du clan de Kabare par revolte du premier.
Ngweshe contre Kabare son frere a la suite dtun outrage A'son
chien. Le plus ancient clan connu, celui des banyehya ou pygm6es
commenga A la suite de l'union consider6e come inoestueuse du
chef Mushingi avec sa cousine germaine, fille de son oncle ma-
ternel. Parfois encore la division a lieu pour chercher des ter-
res fertiles, cormme firent les infants de Chihanga, devenus oheft
des clans banyintu et basibula; ou bien par le simple d6m6nage-
ment dtun indigene qui suit un chef de clan autre que le sien


Chaque
clan est-il




3.


une terre "trangere et devient ainsi la souche d'un clan
ses descendants separeront du clan original, comme firent
badaha, issues du clan bagessera au Rwanda.


Mais comment se reconnaitre entire eux y
s'y prennent-ils pour tenir unies les innomb
sues d'un anc*tre commun ? Ils ont imagine p
de blason et une devise. Tout home en est i
de l'adolescence; ce sont ses titres de noble
pouvoir perdu, le noyau autour duquel se gro
ses ancetres, les faits historiques qui seul
Ce blason, qu'on appelle habituellement
souvent un animal, quelquefois une plante ou
rarement une pratique ou un geste. Je ferai
que le mot "totem" ne semble pas pleinement
bashi la definition ou'en donnent les sava:
le clan porte rarement le nom de 1'animal ou
mique; le culte que nos Noirs lui rendent se
honneur qui se manifesto par le respect et 1
d4truire ou de s'en servir dans un but utili
tent aucune parentt r`eile entire les membres
Ils l'appellent, 11i est vrai, "mwene wiru" n<
demandez-leur la raison de cette appellation
"nous l'appelons notre parent parce quo notr
lui-meme et au'il nous rappollo la parents q
pour c6'm~me motif quie nous lui donnons le n
1'honorons un neu comrme les chr(tiens revere
et I'appellent J sus,parce que cette image 1


fils et suoets d'u
(mwami) s'appelle,
pas de lui, "c'est
wiru)"; car ils se
parfois a rentrer
des hommages "spSc
raprort do parentQ
de la similitude d
te similitude. Les
plantArent avec la
les badaha aiment


les toits
le chien


de c
A son


.n mmee Sauveur
lui aussi, mw
notre parent"
figurent que
dans le corps
;iaux".- Mais s
Sr'.elle avec 1
[e caract're. F
banyamwocha a
L voracit" du 1
leshuttes des


haume; les pyg
maitre, etc..


. L' an
inrni -


mais
1' ame
de cet
'ils r
e tote
requem
Lttaqu'
chefs
s'att


Comment nos No
rabies lignAes


irs
is-


our cela une sort
nstruit au sortir
esse, la preuve d'un
upent les gestes de
s l'interessent.
"totem", est le plus
un objet inerte,
remarquer cependant
ropondre chez nos
nts d'Europe. Ainsi
de 1'objet tot6-
r 'duit A un simple
'interdiction de le
taire; ils n'admet-
du clan et le tcdm.
otre parent; mais
,ils vous diront


e ancetre l'a
ui nous unit;


choisi
crest


om de notre clan.Nous
nt I'image du Sauveur
eur dit qu'ils sont


Limal totemique des rois
'oi, et l'indigene ne dira
"c'est notre roi (mwaml
du premier roi se plait
animal pour venir r6clamer
efusent categoriquement tott
m, il n'en est pas de meme
rent le totem symbolise cet-
rent les chefs qu'ils sup-
, leur animal totemique;
come la bergeronnette aime


achent


a leurs forces


come


La loi dfexogamie qui d4coule du totem n'intervient que pour
renforcer 1'empSchement matrimonial a certain degr6s de consan-
guinite collaterale sans les empecher tous. C'est ainsi que les
enfants issues de frere et soeur (bazala) peuvent se marier entire
eux; qu'un homme peut marier une femme de son clan des qu'ils
ont perdu le souvenir de l'ancbtre, autre que la souche du clan,
d'ou sont sorties les lignpes de 1'un et de l1autre.

Puisque le tdtem rappelle l'ancetre du clan, il y aura done
le totem du clan proprement dit, le totem du clan don't 11 est
issu,et quelquefois m*me le totem de la premiere tige qui leur
a donnA naissance a tous. Bien plus, les indigenes ont coutume
de respecter le totem du clan de leur chef et d'en faire quasi
le leur propre. Il suit de la que chaque Noir peut avoir plu-


sur
que
les


- --- r%


& 0


i


:mes




4.


sieurs totems; et c'est a ce fait sans doute qu'il faut attri-
buer existence des nombreux animaux qui participent de privl-
leges totemistiques. Tels sont : le chien, les fauves (lions,
lAopards, chats sauvages, hyenes), le corbeau, la grue couron-
nee, l'ibis, le pique-boeuf, l'hirondelle, la bergeronnette, le
serpent, le lizard, le cameleon, le crapaud, l'anguille, la
silure. Defense gen'rale est faite de manger ces animaux, quel-
quefois mTrne de les tuer, sous peine de faire une maladie grave
(kuhumana) ou de s'en purifier de suite par l'absorption du
mbande, espece de panache comrnosee d'une infinite des plants
et objets les plus disparates englobes dans une p.te d'argile
s ch4e.


Ce serait un abus que d' nuimiVrer
et quelques clans reprrsentes au Bushi
specifier les totems propres aux clans
parl, ci-dessous.


ici les totems
SQu' il suffLse
des chefs don't


des soixante
donc de
il sera


Les clans issues du pygm6e Mushingi honorent le chien.Il en
est do mSme de tous les autres clans, tous originaires directe-
ment ou ind rectenent du Rwanda. Les ancetres de Mushingi, pyg-
mees deja plus ou noins croises, etant venus eux aussi du Nord-
Est, on peut supnoser que pygmees et non pygmees descendent
d'un clan plus ancien don't le chien 6tait le totem. Nos pygm6es
bruins semblent bien etre, en effet, un melange de pygmees plus
petits avec une race plus forte. Les balega ont pour totem com-
mun l'oiseau ifunzi. Les barungu respectent les poumons de tout
mammifIre (mahaha) et ltinsecte chinorera. Les basibula ne man-
gent pas du ngabi, (grande antilope). Les banyintu honorent le
jirende, espece de chat tigre; (d'autres disent qua c'est le -
rat des roseaux). Les banyamwocha ont pour totem le lopard. La
grue couronn-e est le totem des basambo; le corbeau est celui
des banjoka; la chevre est honoree par les clans aprarentes aux
pygmb.es (badwakazi) par union a des femmes de leurs clans. Les
banyambiriri ne peuvent lancer avec la main le fruit (ntobolo)


du strychnos. Les banyal
s'abstiennent de regarded
ont la meme prohibition;
sortir du lit exactement
avec elle le dernier cou
ment de quitter le trava


Contrair
cune espece d
tatouages, ni
il est vrai,
jets destines
image totemiq
chefs du clan
Ngweshe, en 1
sacrifice est
et aucun embl
tentent d'off
la tombe du f


ugono venerent 1'insecte musheke et
r la plante de leurs pieds. Les barana
de plus un murana marie doit toujours
en meme temps que sa femme et donner
p de pioche aux cultures, le soir au mo-
il.


cement a ce qui se fait ailleurs, nos Noirs n'ont au-
Le representation de leurs totems : n0i statuette, ni
rien de materiel qui puisse les rappeler. Ils ont,
des huttes, des arbres, des pierres et d'autres ob -
au culte des manes,mais ils ne venerent aucune
ue. L'ancGtre y regoit par'ois les hommages des
,par exemple le sacrifice des chefs Kabare et
'honneur du l1opard sacr6 "ngwi mugashane"; mais oe
un hommage des chefs en tant que phres du people,
eme nty rappelle lapresence du totem.Ils se con-
rir de la biere et du miel dans la hutte 6lev6e sur
ondateur de la dynastie.





5.


Les bra
que je sache
L'enfant ne
se pratique
nel. Il n'a
et des clans
l'aider mil
dra des son
brefs le nom
sous-clan, 1
ginel, ainsi


pays
quelq
dira
(pere
manpe
du so
lamba
lamba
devis
oraly


oUi le c
ues exe
: Shamu
muloga
s ni 1'
us-clan
, oraly
(nom d
e : Sha
a ifunz


a I'ouest
toi aul n
wa e mwa
mus imb i,
Bukanda,
le carnas
Shamulega
ne mange
d'ou ils


de
e m
Mp e
ora
fil
sie
wa
ni.
sor


inchess familiales qui composent le clan n'ont pas,
, des totems speciaux, non plus quo les individus.
regoit pas, au sortir de l'adolescence, comme cela
dans d'autres peuplades bantoues, un totem person-
et n'aura jamais que ceux du clan don't 11 fait parti
qui ont donned naissance au sien. Crest aussi pour
eux retenir l'origine de son clan qu'on lui appren-
jeune age une formula qui condense en quelques mots
i du fondateur de son clan, ou, stil appartient A un
e nom de l'anc^tre qui le crea et colui du clan ori-
que le ou les totems qui leur sont propres,et le
lan commenqa son existence particulibre. En voici
mples : I Un mulega du sous-clan "ba e chanya"
lega wa e chanya, oralya ifunzi oralya na musimbi
, venu de Chanya (montagne du Bushi) toi qui ne
oiseau ifunzi ni le carnassier musimbi). Un mulega
"ba e chime" dira : Shameluga wa e chime na' e chi-
a ifunzi na musimbi (pnre mulega de chime et chi-
e deux pays du Kivu...) Los bone Nakachuba ont la
mulega wa e Chishari, Shaluhunga wa Nyankuba kokwe,
i oralya na musimbi (pere mulega de Chishari (pays
s volcans), pZ're Luhungu, fils do Nyankuba, merci,
anges ni...). Les ba e Chish6k dissent : Ndi mulega
kera na wa Bukanda wa Mpekera, oralya ifunzi oralya
lya lubaka (je suis mulega de chez Mpekera et de
s de Mpekera, qul nm mange ni l'oiseau ifunzi ni
r musimbi ni le milan lubaka. Les bane-Kasiru disert
e Kasi"u oralya....(pere mulega de chez Kasiru qui
..). Tous ces sous-clans ont le totem du clan Balega
tent.


2-Les mermbres du clan Basibula ont pour 14gende : Shaba-
sibula ou Shamuhand wa Buhunde wa e Kachuchu na Bumera na Boka-
manda, oralya ngabi na njuzi (p're des basibula de Buhunde....
qui ne mange ni l'antilope ngabi ni le chat tigre njuzi. Cette
devise rappelle les pays successivement occupAs par les ancetres
du clan, tous pays situos au Kivu. La devise du clan pygmee qui
s'est alli^ au Dr.cAdent rannelle son origine : Shabunyehya
Nabukango (pIre Bunyehya (pygmre) maTtre du Bukango montanee
au Buhunde);


3
muhugi
je ne


0)Le clan Ba
na chikere
mange ni la


,shoho dit : Shabashoho ba e
mwene wiru (pAre des Bashoho
grue couronnre ni le crapaud


Mwanda, ntalaya
du Mwanda (pays)
, notre parent);


4)Le clan Bishaza dit : Shamwishaza wa e Mpebe na Mun-
gombwa na Nakabeje, e munda mara gavuna muryozo na obuntu buvuna
mudugu (nere Mwishaza du pays Mpembe (au Rwanda) et de Mugombwa
et Nakaheje (deux anciens rois du Rwanda) de la off le lait call-
1p brise la spatule et le brouet brise la cuillere, c'est-A-dire
Mwishaza descendant. de rois et d'un pays riche en betail et en
vivres.
4.-
Ces d!vises sont donc par rapport au totem a peu pr6s oe
quest la l gende par raonort au blason de la noblesse d'Europe;
c'est en meme temps pour chaque Noir un tres court r6sumA d'his-
toire clanique. Cette histoire, nos indigenes adults oherchent





6.


a en conserver jalousement la tradition. Malheureusement, faute
d'.criture, a imesure nu'on s'eloigne de l'origine, les noms et
les gestes des ancetres se confondent, s'effacent; les g.n6alo-
gies se percent; on attribute a un a'eul ce qui est le fait dtun
autre,parce que tons deux ont port' le meme nom; bien plus on
finit par grouper sous un seul personnage les faits de tous ceux
qui eurent un nom semblable au sien. Il s'en suit quo la ou les
indigenes se rattachent a leur premier ancotre par une dizaine
do g^nprations,il faudrait par'ois doubler le nombre. La gn6ea-
logie du roi du Rwanda semble avoir 6tp la mieux conservee,grace
a l'existence d'une caste special, la caste des Bachura bwenga,
qui ont pour mission sp6ciale de transmettre de pre oen fils le
nom de tous les rois ancStres du roi regnant. Cette g6nAalogie
pernet de d4teri-iner avec une certain approximation l'origine
des clans au Bushi ot au Buhavu.

Il semble acquis actuellement que tous les clans sont ori-
ginaires du Nord-Est.- Aussi loin qu'on peut temonter,t6utes les
immigrations ont pour point de depart le Nord du Rwanda, le Ndor-
wa ou le Karagwe. Les nombreux clans venus du Sud-Ouest ne sont
reellement que des clans issues de la tige mere Kanyintu (ou
Nalwindi) et d'autres encore,qui sont venus s'Atablir par la.sui-
te des ages,dans les territoires,et sous l1autorite de Nalwindi.
Je vais essayer de donner icd une id:e du developpement dt de la
march des principaux.


Dans le lointain des ages, disent nos Noirs, le Bushi 6tait
quasi desert. Bien peu d'hommes habitaient ces regions couverbes
de forts. Les premiers homes don't on ait conserve( le souvenir
s'appelaient Kanja et Chilenge, tous deux de race pygm6e. Kanja
engendra Nyabuholo, qui fut le pere de Mushingi,le plus olAebre
des pygmIes. Mushingi prit pour femme sa cousine germaine Nak-
wiguraowahole, issue de son oncle maternel Chilenge, frbre de-
sa mere Nganjakafeke, union considr,'e partout come inoestueuse.
C'est pour ce crime qu'il dut quitter son clan. Il prit le nom
de Nabunyehya, do la colline Nyehya migano ou il etait etabli.
D'o u viennent Kanja et Chilenge ? Probablement du Nord-Est, re-
foulVs qu'ils furent avec leurs families sous la pousse d'unme
race plus forte. Quoi qu'il en soit, les descendants do Mushingi
allerent occuper les clairie.res des forts situaes au Buhavu
(N.W.du Kivu). Un premier sous-clan en sortit et occupa le Bu-
hunde, a l'Ouest des volcans Virunga; un deuxie.me clan alla au
Bushi Nord; un troisieme au Bushi Sud. Les autres clans pygm6es,
issues de ce meme tronc, se repandirent dans les forgets de l'Ouest
au Butembo et au Bubembe. Le chef de chaque clan etait alors un
petit roi independent, uni aux autres par les seuls liens d'une


origine commune. L'ens
Batwa,et occupait tout
la poussee de nouvelle
dans lt'oaisseur des f
domaine qu'ils ont con,
De leur ancien pouvoir
vestiture. Chaoue ann6


ermble format la tribu des Banyehya ou
le pays situ. a 1'Ouest du Lao Kivu. Sous
s invasions, les pygmies durent se retire
orets don't ils devinrent les maltres jaloux,
serve avec acharnement jusqu'a nos ours.
ils n'ont garden qu'un certain droit d'in-
e, & la fete appelee mubande, le descendant'





7.


authentique de chaque sousclan py
pays occup Jadis par son anctre
l'avoir b4ni,il lui dit en effet
obwami" (Je te donne ta grandeur,
voir). Le roi du Buhunde reqoit s
jiri et Ngombwa; le roi du Buhavu
pygm4e Nabukumwe investit le roi
Kabamba fait le m'eme chez Ngweshe
pygmees qui donnent l'investiture
tembo. Les chefs de ces clans pyg
pres des rois qu'ils investissent


rgmee transmit au grand chef du
le droit d'occupation. Aprbs
: "Nakuha obukulu bwawe, ogwere
tu possedes le souverain pou-
on pouvoir des pygm6es Shakiyl-
L le regoit de Murohoye; le-
du Bushi, Kabare; le pygmbe
* Je ne connais pas le nom des
aux rois du Bubembe et du Bu-
mn6es resident habituellement


Pendant quo les clans pygmees occupaient le pays, Nashi,
le chef du clan Balega, vint s'6tablir au Bushi, pays de Kabare
et Ngweshe aujourd'hui; Naluniga, chef du clan Barungu,occupa
le Sud du Lac Kivu (S.-E.du prec dent). Tous deux venaient du
Nord du Rwanda, chassAs, dit-on, par Chihanga, roi du Ndorwa.
Leurs descendants occuperent bientit toute la rive Ouest du


Kivu. A ce moment part
ancetre du roi Musinga
'^tait issue d'un ancetre
habitaient les rives d'
avait eu une origine c'


sous la forme d'
peau de vaches.
vache pleine qui
de lI, le jeune
une belle jeune
ta. Lejeune Kas'
fille Londo, c'e


un beau
Pen apr
donna
horame v
fille.
henda s
st-A-di


l1invasion du petit-fils de Chihanga,
au Rwanda. Chihanga, disent les vieux,
nomm^ Kashenda et de sa femme Londo,qui
un lac au Karagwe ka bahinda. Kashenda
leste. Dieu le fit un jour sortir du lao
jeune homime, en meme temps qu'un trou-
.s elles disparurent; il ne resta qu'une
le jour A un taurillon. A quelque temps
it reparattre le troupeau,conduit par
Le troupeau disparut, la jeune fille res-
e l'unit en marriage et appela la jeune
re limon,parce qu'elle 6tait come lui


sortie du limon du lac. Dieu leur fit cadeau d'un vase A lait,
d'une cruche, d'une baratte indigene, d'un arc, de fl~ches,et
les b'nit. Telle est la tradition de 1'tle Kwijwi. On a conser-
V le souvenir do vingt-huit g4n'rations qui srparent Chihanga
de Musinga, ce qui report 1'invasion de son descendant vers
l'an 1300. Ce petit-fils, apnel' Chihanga lui aussi, du nom de
son ancStre, traverse la r-gion des volcans, longea le lac A
l'Ouest, et repassa au Rwanda par le pont de pierres A quelques
lieues au Sud du Kivu. Il laissa au Nord son fils Kahande ou
Kanyirambi, devenu chef du clmin Bahande ou Basibula; son autre
fils Kanyindu le auitta au Sud et alla occuper la vall^e de la
haute Lulindi (ou Lundi ou Lwvindi); ilyprit le nom de Nalwindi
et devint le chef du clan Banyindu. Ses fils Naninja et Mufunda
oprirent possession, le pre-ier de !a clairiere sise au Nord, le
second des montagnes au Nord-Ouest. Ils devinrent les fondateurs
des clans Balinja et Bafunda. Son atn4, Kabuga, resta sur place,
oV on retouve aujourd'hui encore ses descendants.


Le clan Barungu, du chef Naluniga, prit peu de devoloppe-
Il fut facilement supolante par celui de Kabare, vomme on
ru precAdemnent. Le clan de Nashi, le chef des Balega, st
it davantage. II se subdivisa en cinq branches : les ba e
*a, tigre mere, occup6rent le Bushi central; les ba e chime
is au Bushi nord et quelques Iles du lac (Shushu),etc.)*les
huba du lac Mokoto; les bachishoki ou bene Nchiko onu ba-
de l'Irambi; les bakasiru du pays des balongelonge actuels,
ns des balinja.


ment.
l'a v
tend
chany
etabl
bakac
bambo
voisi





8.


Lear poutoir fut enleve par
Ils durent se fire les su.ets d
cour de ces derniers une dignit(


les clans Basibula et Banyindu.
es vainqueurs, conservant a la
quelconque.


Le
Kahande,
jour all
dit la 1
ramena A
Depuis c
roi actu
un momren


cue la


clan Bahande
le premier
or guerroyor
-rendQ, pr:t-
sa rmre, qu
e jour, ce c
.el du Buhavu
it donn^ tout


plupart


se developpa sur place. Un desc
anc^tre, le roi Sibula Nyebungu,
au Rwanda; il y fut tue. Un ois
son coeur eat son diad'me dans s
I habitat au Ruhundu, sur 1'ile
lan prit le nom de basibula (I).
en est le chef. Ses ancStres oc
e la c8te ouest du lac, du nord


des Sles.


endant de
voulut un
eau (nyunda)
on bec et let -
Kwijwi.
Rushombot
cupErent a
au sud, ainsS


Le clan des bahande s'allia des le d4but au clan des banye-
hya. Doe Tabunyehya, en effect, naouit Barwa, pere de Kalinta et
Luchiza. Barwa s-'unit a une femme des bahande,et renonQa dis
lors au clan des pygm^e Son fils Kalinta devint le pere des
basibula ou bahnde bene muvunyi au Buhundu; de Luchiza sortit
le clan Bwega. Kalinta fut tu. au Rwanda par Luganzu I vers la
fin du XVe siecle.

Le clan des Banyindu se developpa fortement sur leg rives
de la Lulindi. Ii no tarda pas A se diviser et a envoyer des
families vers 1'ouest et le nord-ouest,vers les regions situ6es
entire le Kivu, la IRusizu et la chatne forestiere. Kiligishe,
descendant de Kanyindu, envoya son fils cadet Mahangwe pros de
la Luvungi; son petit-fils Kahamba donna son nom au clan Baham-
ba,du chef Kabwika actuel. Un petit-fils de Kahamba, Iwamo,or6a
le clan Banyambala (chef Nyamugira) au Bufolero; le petit-file
de Lwamo devint le pere des Bachivula (chef Nakaziwa) au BIszi-
baziba. Los drux filles de Kiligische (Nalwindi) occasionnArent
la creation du clan des Banyamwocha. On ignore d'ou vient le
nom du clan. C' tait peut-etre le surnom de Kiligishe ou celui
de Namuhoye l'une de ses filles,mais plus probablement le nom
de son neveu et maria. Kabare, fils de Namuhoye, quitta la Lu-
lindi avec sa m re, passa la Kadubu, ou celle-oi moururt, et
vint occuper le Bushi; plusieurs families l'accompagnaient,et
furent la souche des clans Bishaza, Banyalugono, Badaha, Banyal-
wizi,etc. Il supplanta les efforts des clans Barungu, Balega,
Bashoho, Banyiganda, Banyibamba,etc. Une revlote de son arribre
petit-fils Ngweshe Kwibuka occasionna une scission. Cela se
passait vers le debut du XVIIIe siecle. Depuis ce jour le Bushi
est regi par deux dynasties, celle de Kabare et celle de Ngweshe
De Nalwindi sortirent aussi, on ne sait quand, les families r6-
gnantes de l'Urundi,et probablement le clan des Bagofa ou Bofq
don't le chef actuel est Naluhwinja, roi des Bahwinja.


Les
core les
nombreux


clans
clans
clans


don't il vient d'etre question furent ou sont en-
des chefs. A cote d'eux sont7venus se placer de
secondaires, issues des precedents ou venus du


(I).-Plusieurs legendes racontent que Sibula Nyebungu est issu de
l'union incestueuse du chef de ce clan avec sa demi-soeur.C'est
peut-Otre pour ce motif que les Banyarwanda appellent les Bashi
"Banyabungfu,gens de Nyabungu,sobriquet equivalent alors &
celui de filss d'inceste".Cette coutume se pratique encore do
nos jours chez les chefs de plusieurs clans au Butembo et Baw
)a. banbe,.Lur successeur ent g6neralement n' d'ure telle union,@


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9.


Rwanda. II serait trop long et fastidieux d'en parlor ici. Jo fe-
ral seulement renarquer aue le descendant actual de la tige mere
des clans supplant's dans le pouvoir par les chhfs actuels,occupe
de droit certaines fonctions a la cour de ces grands chefs. Celui-
ci peut s'asseoir sur le trAne royal, furer dans la pipe du rol,
toucher a son diademe (bashoho); celui-la lui donnera sa premiere
femme (banyamnbiriri); d'autres pourront traire les vaches du rol
(banyalugono, basheke, bishaza); seront ses sonciers en titre
(balega ba e chishoki) front les tambours, garderont le orane
de l'ancStre, ou sa lance, ses perles, ses bracelets (bashoho),
enterreront la depouille du chef defunt (banjo ka), planteront le
marteau sacr6 (banyiganda) etc. Bref, ils h6ritent de la function
remnlie A la cour par le fondateur du clan. Il en a etp parl6 A
propos- e la fate de 1'investiture (I).-

Une r artie dos pygm6es don't il a ete question plus haut as
allia aux nouveaux clans et forma les pygmies crois6s (batwa ba-
daha, batwa baloho, batwa bakanga, etc..) plus grands et plus ou
moins adonnes aux cultures, et moins sauvages que les pygmees
purs.

Le besoin de solidarity a pousse les clans A so cr6er des
alliances (bukumbi). Dhs le debut des immigrations il en fut ainsi
Chihanga en venant par ici et en envoyant ses fils (c'est-A-dire
les clans issues de lui) occuper le pays, leur menagea des allian-
ces dans les clans preexistants. A measure qu'un nouveau clan se
forme, il fait de me.

L'alliance se contract par la be6ndiction (mugisho) du chef
des principaux clans. Quatre chefs peuvent au Bushi-Buhavu b6nir
cette alliance : Nashi, chef des Balega, Naluniga, chef des Ba-
rungu, Nalwindi, chef des Bauyindy et Kahande, chef des Basibula.
Eux souls sont, en effet, consid6res comme chefs des clans origi-
naires (mashanja) c'est-A-dire des souches don't tous b-s autres
clans indigenes sont issues. Un chef de clan demand cette alliance
pour ses descendants afin de leur obtenir aide et protection.II
cherchera donc de pr6ference alliance des clans les plus puis-
sants et les plus repandus.

La solidarity qui en resulte se manifesto s'pecialement dana
les circonstances suivantes :

L'allie aide son allied dans toute circonstance penible. Le
voit-il, par example, ecrase sous le faix d'une lourde charge ou
d'une amende onereuse,il l'assistera; ce qu'un home des clans
non allies ne ferait pas. Il n'h6sitera pas A prendre A sa charge
un ou plusieurs enfants laisses sans resources par leur pere d6-
funt ou devenu impotent,des qu'il est de son clan ou d'un clan
alli6 et qu'il n'y ait pas de proches parents pour le faire. Un
indigene ayant abattu une bate et voyant venir un homme du clan
alli6, lui donnera une part avant mme d'en donner A sa parents
ou a ceux de son propre clan. Veut-il construire une case,il de-
vra payer a ses aides une ou plusieurs jarres de bilre; si parnd
eux se trouve un membre d'un clan alli6,il recevra sa part avant
mame d'avoir termin6,et avant tous les autres. Quand un fils est


(I)- Voir Congo, 1921, no de decembre, pp.669 et as.





I0.


mis officiellement en possession de l'h6ritage paternel par la
remise des biens, ctest un allied de son clan qui les lul remet-
tra (kuyambika bigulo) conjointement avec l'oncle maternal du
fils. Un Noir va-t-il en voyage, 11 trouvera facilement le vivre
et le wouvert chez les membres des clans allies au sien. C'est
pour ce meme motif que 1' on trouve presents A l'investiture des
chefs supromes leshef de chaque clan allied qui lui imposent l'un
le diademe, 1tautre le siege, la pipe, le marteau sacr6,etc..
ainsi qu'un 1'a vu plus haut. L'allie remplira encore les multi-
ples offices de paranymphe aux noces d'un Jeune home. Un home
est-il mort dans une case, la coutuune veut qu'on enleve du toit
la pointe d'herbe qui le domine; ce soin income encore A un
alli.. Bien plus, il est d.fendu de verser le sang d'un membre
quelconque d'un clan alli4, memeo la guerre, ou des clans al-
li4s diss`minns dans les guerriers adverse viennent nWcessaire-


ment en contact.
qu'll reconnatt e
lI falsait volont
le clan; et l'ame
le lul ferait sen
humana). Il est b
decoule de cette
specifier ici. Un
punit(A donnoe A u
la famille de i'u
tion ci-dessus. A


en serait


exempt.


Le
ire
air
de
tir
ien
all
e c
n a
n d
lor


guerrier .vitera done de
de son clan ou des clans
ement, 11 commettrait une
l'ancetre, oui en est le
en lui envoyant une malai
d'autres cas encore de 1;
lance clanique, il serait
onsequence curieuse qui e:
1i `lA quelconque qui insul


es
s


quatre chefs de clans
qu'un autre encourrait


L' insult


lui est permise


terrass
allies
faute
protec


er tous ceux
. Que s'il
grave contre
tqur attitr6


die mortelle (
a solidarit' q
trop long de
n decoule est
terait ou maud


ui
les
1'im-
iralt


don't il a Ate ques-
un chatiment, lui
a titre d'allie.-


Que si 1
clans du Kivu
apart iennent
triarcal. Le


'on so demand A quel cycle il faut relier
, on peut r'pondre, semble-t-il, que tous
en meme temps au cycle matriarcal et au c
cycle matriarcal pourrait se prevaloir :


le
oes
ydl


10) de
Rwanda avec


1' existence
une certain


de la soci'te secrte
extension au Bushi et


des imandwa
au Buhavu;


2) du culte des ancStres qui forme la base meme du culte
indigene;

3) des honneurs donn's au crane du grand chef Kabare;


40) de
tige arquie


la presence dans
en cuivre apnelpe


la crAemonie d'intronisation de la
mulinga;


5) de l'existence de la serpette
l'arme propre des habitants du Kivu,,et
en forme de croissant;


qui est pour ainsi dire
le tatouage des homes


6)
ce cycle
betes A


du respect d
: le lzard,
cornes;


.ont
la


on entoure
grenouille,


certain animaux
le cameleon et


propres
surt out


7) de la
le jour
forme de


L croyance que les
au chef actuel du
ver cadaverique d'


manes de la
clan royal,
abord et de


reine-mere, qui a
me degagent du corps
serpent ensuite;


s
clans
e pa-


au


donned
sous


&
lea




II.


80)
dans une


de ce que le cadavre du grand chef doit tre enterr6
barque.


Le cycle patriarcal a lui aussi laiss6 bien des traces :


I- la fete du mbande,
voient renouveler
et ou la voix des
re sera f(conde ou


2) le titre
tement le
ris( de t
cement de
s5parent


sorte de f$te
leur autorite
auspices doit
non ;


du chef apoele le "
descendant. II est
oute fecondation; c
s cultures vivriore
"a toro" a certain


de printemps, o' les chefs
au nom des premiers anoStres
dire que cette annAe la ter-


mwimo" successeur ou plub exac-
en effet le reprlsentant auto-
'est lui qui autorise l'ensemen-
s; par son ordre les Apoux se
s epoques;


30- la succession paternelle est absolue dans tous les clans;


40- il subsiste quelques rites phalliques, tel ce
dans deux courges minuscules a goulot et toujours
que les homes maris peuvent souls employer;


remAde enferm6
juxtaposes,


5- le totem clanique est general, malgre l'absence de la cir-
concision;


60- il nty a pas d'initiation
filles y sont soumises en
soci.tA des imandwa;


propre
quelque


aux gargons, seules les
sorte en entrant dans


7- le soleil est consider par tous- come le mattre (nahawabo)
de la lune.

On releverait sans peine d'autres indices pour chacun des
deux cycles. Lequel predomine ? Il strait malaise de le dire.
On pourrait peut-8tre supposed que lors des invasions, les clans
venant du nord-est appartenalent davantage au cycle patriareal;
leur contact avec les peuples venus du Sud, ou l'el4ment ma-
triarcal semblait pr'dominer,aura augmented encore ce qui leur


manqua


it de ce cycle et aura produit le melange


actual.


On


re-


trouve plusieurs traces de 1'action des clans du Sud sur les
clans du Nord. Sans approfondir beaucoup la question, on remar-
que qu'apres 1'invasion de Kanyindu sur les confins de 1'Urega
occupy par les clans du Sud, ce fut une femme appelee Namugamun-
bondo qui devint, au dire do plusieurs l16endes, la transmet--
teuse du pouvoir,ce qui la fit surnommer la faiseuse de rois,
Nabami". C'est encore deux femmes "Lukabura et Namuhoye" ,que
1 on retrouve a la source du clan Banyamwocha. Le clan Basibula
de Muvumyi est sorti du clan Banyehya par une fille du clan
Sibula. Le souvenir de la premiere mere du clan Banalugonovsorti
du clan Bishaza, de la premiere mere du olan Banryambiriri sort'.
des Banyiginya; de la premiere mere, feme pygmne qui donna nala-
sance au clan Babishi, sorti des Bakangaet d'autres encore, Onp-
firme cette hypoth6se. C'est peut-etre a la suite de ce melange
que la loi d'exogamie a perdu de sa rigidit.e

Par tout ce qui precede on a pu voir quo les moyens imagi-


la




12.



-hAs par nos noirs furent des plus efficaces pour conserver le
souvenir de leur origine et de leur parents Aloignbe, pour for-
tifier le lien social sur la base do la famille et pour se trou-
ver les soutiens siutiles au milbu d'une barbarie qui, sans oela,
aurait bien vite ruin toutes ces populations. Puissent-ils bien-
tit se grouper tous dans la grade famille chrftienne sous It
Agide de la Croix.


P. COLLE,
des Peres Blancs.