Generalites 1897. Fondation de la Mission catholique de Katoke. Typescript. 2 pages.

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Generalites 1897. Fondation de la Mission catholique de Katoke. Typescript. 2 pages.
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GENERALITES
1897 .


Fondation de la
Mission catholique
de KATOKE



















La traite des esclaves
au RUANDA a la fin du
XIXe siecle.


Le 12 novembre 1897 Mgr Hirth venant de la Mission de
K.MOG.. (Bukumbi), fonda une nouvelle station a KATOKE
a proxilite de NYARUBUNGO, la capital de KASUSMBA, le roi
umuhinda de l'Usuwi oriental Outre 1'evangelisation des
Baskiuwi, le Pr41at avait surtout en vue de se rapprocher
autant que possible du Ruanda, la region la plus peuplie
de son Vicariat. La penetr-tion dans ce dernier pays ne
s'averait pas facile. La renomme6 guerriere de RWABUGIRI,
mort pourtant depuis deux ans, faisait encore trembler au
loin tous les peuples voisins. De plus les gens de l'Usuwi
se faisaient l'cho d'une 14gende du Ruanda. qui parlait
d'un envahisseur venant de l'est pour detruire le royaume;
nous avons vu qu'une legende semblable, au Buganda, avait
co^te la vie a l'6v^que anglican Hannington. Mgr Hirth no
negligea toutefois rien, des cette epoque, pour se documented
sur ce fameux pays, notamment par l'intermediaire des trafiquanhts
d'esclaves Bashwi. D4eja en 1895 et 1896, alors qu'ils 6journait
encore au Bukumbi, Mgr Hirth leur avait rachete pour les recueil--
lir a son orphelinat un certain nombre dtenfants Banyarwanda, et
les avait interroge soigneusement sur leur pays.

Le moment est venu de dire un mot du traffic des esclaves au
Ruanda. Les Banyarwanda, et principalement leurs rois et leurs
chefs ont toujours 6prouv6 une invincible repugnance pour l'escla-
vage, et de fagon generale pour touted forme de perte de la liberty
individuelle. Les prisonniers de guerre eux-memes, lorsqu'ils n1f-
taient pas massacres apr"s le combat, etaient r amenes au pays oh
leur sort n'avaient rien de particulierement penible; ils ne tar-
daient pas a tre confondus dans le reste de la population et 'a
jouir des memes droits que les autochtones. Souvent, lorsqu'il
stagissait d'enfants, ils etaient adopts par quelque notable ou
quelque chef, e t prenaient place desormais 'a son foyer. Now avons.
vu que dans certain cas ils finaissaient msme parfois a recevoir
des commandments important ou meme la main d'une princess de la
famille royale.

Lorsque vers 1885 le chef esclavagiste RUiMALIZA, traitant avec
les wnvoyes de RWABUGIRI a. KIMBAGIRO (Impara du Sud) voulut organiser
la traite des esclaves de fsgon reguliere et en grand, il se heurta
a un refus formel et 'a des menaces de guerre.

Toutefois, comme pour tous les potentats africains de cette epoque,
les cotonnades, les verroteries et les autres objets d'importation
Luropeenne et Arabes %t n'avaient pas manque d'exciter la convoi-
tise des rois et des grands chefs du Ruanda, depuis le aillieu du
XIXe si'cle Le roi YUHI III GAHINDIRO, vers 1840, avait t' le
premier a pouvoir acheter d'ailleurs a des prix fantastiques, quel-
ques metres d'6toffe a ses voisins du sud-est. Ltusage ne sten 4talt
pas encore repandu, m&me chez les plus grands chefs sous le regne de
son petit-fils, et R. BUGIRI etait le soul A sa Cour a en porter cou-
ramment; les perles de verre s'6taient neanmoins introduites plus vite
et en plus grande quantity, mais restaient d'un prix presque inaborda-
ble. les Banyarwanda eprouvaient d'autant plus de difficulties A lea
acheter q~'ils manquaient presque completement de h'article d'4chang.
habitual, I'voire2








Cela amena peu 'a peu quel-ues chefs moins scrupuleux a
se laisser tenter et 'a ceder un certain nombre d'esclaves
en troc. Sans jamais approuver ouvertement cet odieux traffic
R ABUGIRI avait ferm6 les yeux, 'a condition que ses sujets lais-
sassent ce negoce 'a des strangers auxquels d'ailleurs il6tait
interdit de circuler dans le pays avec ou sans armes, endeh-rs
d'une ou de deux routes principles; 1'entree du Ruanda restant
fermee aux Arabes et aux Swahili, ces traficants 6taient presque
tous des sujets du roi de l'Usuwi, avec qui le mwami entretenait
de bonnes relations. Enfin l.s esclaves ne nouvaient 8tre achet6-
qu'end eux outrois localities; le soul march6 d'exportation" 4tait
etabli sur la route de I Usuwi, a RUKIRA (Gisaka). Les quelques
enclaves provenant des provinces septentrionales, 4taientreunis
a KIVUMU (Marangara) avant d'etre diriges sur RUKIRA.

La traite ne prit neanmoins guere de developpement, sauf peut-Stre
verse 1896, 'a la faveur des troubles et des guerres civiles qui sui-
virent l'avenement de MUJINGA; en certaines provinces enfin, il arri-
va que la famine sevisse de fagon si affreuse que des malheureux se
trouvaient obliges de troquer leurs propres enfants contre des pro-
visions ou quelques tetes de petit b6tail (des faits semblables se
sont d'ailleurs r6petes sous occupation Europeenne, lors des gran-
des famines tell que celle du Mulera 1904 et du Bugoyi 1917). Quoi-
qu'il en soit, le commerce des vies humaines n'a jamais connu chez lea
Banyarwanda l1importance qu'il avait encore recemment chez certain
Europeens dans plusieurs de leurs colonies africaines.