Ruanda (Nov.) 1895. Avènement de Mibambwe IV (Rutarindwa). Typescript. 2 pages.
CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/AA00002324/00001
Finding Guide: Compiled guide to all 3 Derscheid Collection microfilm reels
 Material Information
Title: Ruanda (Nov.) 1895. Avènement de Mibambwe IV (Rutarindwa). Typescript. 2 pages.
Physical Description: Archival
Publication Date: 1895
Physical Location:
Divider: Reel 3
 Notes
General Note: Unattributed note
General Note: Image digitized from microfilm. Best quality available.
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
System ID: AA00002324:00001

Full Text
RUANDA
No. 189&


AvAnement de
MIBAMB"E IV
(Rutnrind--n)

I'"ubwami" (rovnt )


De son vivant, RWABUGIRI anvit dAsiPn^ commune arvant Stre
son !uccesseur, son fils RUTARINDWA, oui s'journait au
rumo dn NGERI (Nvyruguru) qu mome-nt de ce*-e decision.
II lui avalt a ce-ete fin fait remettre les insimnes de
, et avalt confiJ ses volont^s aux Abiru,et notamment


Pux chefs BISANGWA (des Ablsigri)r,SEHENE (fr 're de BISANGWA)
Abashambol, chnrdas de veiller a lqur execution et d'aid-r le
asseoir son utorit^. fo)


et MNJGUGU (des
future roi A


A l'oocue de son 'lection,RUTARINDWA oouvait avoir de vingt A vinet-deu
ans;il ^tait dA. mari^ et v&tt a ce moment deux enfants,sa fille NYAMUHESHEi
-PA,et son fils NDANGIRA (parfois rpoelA RANGIRA)
Nous avons vu que RWABUGIRI avait denuis longtemns fait metfre A mort
ce'lle do ses Apouses nui lui avait donn$ Rutarindwa. Comme un Mwami ne poeut
pa 2r? ner seul,d?'prAs Ip costume, il fallut done, pour pourvoir RUTARINDWA
d'1ne eilne-mAore, lui donner une mAre outative,choisie parmi les autres


fenvmes du roi.


RWABUGIRI d(,signa officipllement A ce titre KAN7OGERA, fille


\du grand chef Mwega RWAKAGARA, et elle prit des lors le titre de NYIRAMIBAMBW]
(Mibambwe atant le nomr traditionnel oue devait porter le future mwami).
Cette KANZOGERA, nAe vers IR60, av it elle-mrme d^ja donn6,vers 1883 ou


1884 (alors ou'elle s'iourn-it au BTJDAHA) un fils,nommn MUSINGA,


au ro .


Deux des frAres de la nolvelle reine-mrre, les chefs KABALE et RUHINANGIKO
d4vorAs n-ra l'mbition et le d^sir d'aurmenter encore la richesse et la
pui.ance,rd^. con.id'robles, de lelir clan, concurent certainement dVs cette
Apooue le rto.let de renverser RTJTARINDWA pour fire introniser leur june
neveu M..TNGA, lenuel nn snr i'- -i'n jot en 1-. mins. 3Leirs .-enI. ions
( ,nt - 'ailleurs rendues d'ex cution plus -is e, d'une nort par le m^conten-
tement d'une o-rtie notable de la noblesse Batutsi,longtemps tenue A lAcp.rt
du pouvoir nor 1'autoritA presou'sbsolue de RWABUGIRI, d'sutre nart DPr le
d4sir de naix des populations lasses des guerres continuelles du dernier r.gn,

Caractere de Rarement dans 1'histoire vit-on sans doute se succ6der deux souverains
MIBA"AI1HT IV de caractbre aussi dissemblable que WABUGIRI et son k ritier 14gitime
Rutarihdw. * RUTARINDWA, probblement 1'aine do see fils avec MUHIGIRWA. Malgr6 -
cette dissemblance, RWABUGIRI chdrissait dit-on de fagon toute parti--
uli re le jeune RUTARINDWA, qui, ne vers 1875, n';vait done qu&wie. vwgi+s %Aidr% nafap ..
lorsquAilj prit le tambour .
MIBA2BWE alliait a tuaf incontestable (tout jeune encore il suivit son p're dans-
ses dernibres campagnes, commandant lui-meme plusieurs ingabo et pregnant part personnelle-
ment au combats), a une bonte native si accentu4e qu'elle l'entrainait a comettre des
fautes 41une incalculable gravity au point de vue de la politique du royaume * Oertain .
mauvaises langues ont meme pretendu que la ge6nrosite stupid du jeune mwami n'aurait 4t
qu'une forme de l'idiotie o'u le plongeaient le grand nombre de chiques don't il 4tait parait-
il afflig6; 1 'on a vu que ces parasites exasp4rants venaient a peine de faire leur apparitic
--------------o b" l--------------------------------
"(0) 'Arp, la ort de ' ,' ortun^ monnrue, c-rtains ont pr^tendu au'il
n'avait rs A^t cholsi rar son rDre cor e h^ritier d^finitif, Mpis simnle-
ment n ur d'`enir "le tambour" a tit-re -rovioire, en a -tendrnt o01'un fls
nlus "une de RWATTITPTI devienre w mi. Cette pau vraisemblsble version
semble nvoir ^tA mise en qvant,soit par ceix ?ui d'sirnient just ier l'u.-
suronation do " ITT TNGAsoit per cuux nui -1 contre'ire voii.laent li ornoser
comme or tendant l~gitime un cnrt'in BILEGEYA,soi-dilant fils de RWABURIIRI.










au Ruanda don't les habitants ne savaient pas encore comment s'en guerir.
Toujours est-il que le jeune souverain avait 6t6 sans peine reconnu a. son
avbnement ; MUHIGIRWA, le seul de ses freres qui fut assez energique, assez
puissant et assez age pour pouvoir par lui-mnme lui dispute avec qielque chance
le tambour, s'6tait au contraire declare son plus ferme soutien. MIBAMBWE, come
he dit Monseigneur Classe, echo de la tradition populaire, " utait tries aim6 a cause
"de sa bravoure, de sa belle prestance et de sa bonte. C'etait un vrai prince royal
"(umunyeginya) dit-on encore maintenant. L'annee pendant laquelle il regna fut une
"annee dtabondance, fait 'a porter A son credit car il ne faut pas oublier que le roi
"est sense tout donner au pays, pluie et soleil, recoltes et bbtail, paix et guerreo
"tres populaire il no tua meme personnel a son avenement, chose rare dans les annales
" du royaume."
La repugnance si marquee de MIBAMBWE IV a verser le sang peut paraftre aux yeux
d'un Europeen une remarquable vertu, contrastant de fagon heureuse aveo les cruautes
alors a la mode. Les lemons de l'histoire nous d4montrenr malheureusement de faqon
peremptoire qu'une telle douceur n'est pas de mise a une epoque de moeurs encore
brutales et presque feroces, dens un pays ou la vie n'ttait point considered come
un bien de grand prix, meme dans les plus hautes castes de la socift6 et ou la valour
apparent des existences humaines venait dtltre obnubil6e par vingt annres de guerre
particulierement sanglantes. Pour maintenir dans le royaume l'unit6 et l'autorit6
indispensable a l'ordre social et 'a la prosperity des populations, il fallait de
toute evidence une main% de fer n'hesitant pas a broyer les intrigues des grands chefs
turbulent et ambitieux, 'a chatier la fourberie de courtisans sans sorupules et au
besoin A touffer dans leur germe les tendances seditieuses par quelques examples
salutaires. RWOGERA, souverain relativementpacifique, RWABUGIRI, roi guerrier par
excellence, l'avaient bien comprise, et ce qui sous leurs regnes peut nous paraitre
des actes de cruaut6 inutilement raffin6e et inhumaine, avaient au moins comme avan-
tage de frapper fortement 1'imagination du people et de fair r6fl6chir lea ambitieux
tents de conspirer a leur tour contre le pouvoir 6tabli. Aussi verrons-nous le
manque de fermete du nouveau roi le laisser sacrifier ses plus fermes soutiens, prd-
parer sa propre pefte, rejeter le pays dans une ere de guerre civil, de partage,
d'anarchie et d'abus excessifs, et compromettre en un mot la plupart des progrbs r6a-
lises au course des precedents regnes.

Perte des provinces Sitot la depouille mortelle de RWABUGIRI ramen6e au cimetibre
r6cemment conquises, sacr6 de RUTALE, l'armee de la RUZIZI avait battu en retraite
vers l'interieur du pays, sans doute pour assurer s'il le faI-
lait par la force l'avenement du nouveau souverain. A la nouvelle de la mort du
conquerant, ses nouveaux sujets banyabungu et bahavu se revoltbrent en masse. Lee
chefs qu'il avait laisses dans le pays annexed, les petites �arnisons de guerriers
banyarwanda, n oserent pas tenir tete a l6ebellion et se haterent de repasser au
Kinyaga. Ii fut impossible d'evacuer assez vite tout le b4tail don't une bonne partie
fut repris$ par les bashi ("barbares"). Meme les deux spouses (TSHAJiKNYTWA et MUTAMU)
qui occupaient les residences royales de l'ile IJWI durent devant 1'4meute s' jeter
dans des pirogues et regagner au plus vite le Ruanda. D e nombreux trainaz& furent maa
En apprenant ces desastres, MIBAMBWE se promit de reconquerir bient6t les terracreO
toires perduso nous verrons comment les debuts de l'occupation europ6enne devaient
l'empecher de mettre ce project a execution. Pour le moment dtailleurs de multiples
soucis de politique interieure retenaient toute attention du jeune mwami.




University of Florida Home Page
© 2004 - 2011 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated May 24, 2011 - Version 3.0.0 - mvs