“Moeurs et Coutumes des Babembe.” Territoire de KAMEMBEMEMBE. Fizi. [January 26, 1933.] WILLEMART. 14 pages.

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“Moeurs et Coutumes des Babembe.” Territoire de KAMEMBEMEMBE. Fizi. January 26, 1933. WILLEMART. 14 pages. Jean-Marie Derscheid Collection
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Territoire do KABRunEM
nzI (26.1.1935)



MOEURS et OOUTUES DES B A B E M B E



Nous passerons en revue lea principles manifestations do la vie
intellectuelle, religieuse, social, familiale et mat6rielle des indi-
genes, BABEMBE.

VIE INTELLECTUELLE.

Lee manifestations artistiques des BABEMBE sont tres rudimentaires.
Lee diverse calamities qui ont sevi dans la region (razzia Arabes,
revolt des BATETELA), la forte dispersion des clans BABEMBE, ont amen4
la perte des souvenirs antiques, tant des objets quo des id6es. II
n'existe presque plus dianciens f6tiches, lee traditions so sont effac6es,
lee coutumes so sont modifies.
Lee soules manifestations actuelles dart plastique sont quelques
grossibres statuettes, des masques, des cannes a pommeau sculpted et des
chaises, le tout travaille rapidement et sans grand souci dane un bois
quelconque.

En musique les BABEMBE ne connaisesent quo quelques chants et deux ins-
truments de musique, le LIKEMBE instrument introduit par les soldats et
les boys strangers mais ququel lee BABEMBE ont adjoint une calebasse en
guise de caisse de resonnance, et une espece de guitar monocorde munie
egalement d'une caisse de resonnance. Une seule espece de tambour cons-
titue par une peau tendue par des lanieres sur un tronc d'arbre creus6.
Pas de gongs.

Lee danses BABEMBE sont peu variees. A part quelques pantamines intg-
ressantes don't la tradition se conserve encore dane le RULENGE, reprgsen-
tant par example la capture d'un essaim d'abeilles, une scbne de chasse,
etc.., il n'existe qu'une seule danse, g6ndralisee dans tout 1UBEMBE et
sans grand caractbre. Suivant qu'elle est rythnge par le tambour ou par
un madrier surmonte d'une calebasse, suivant lee circonstances et suivent
lee regions, cette unique danse prend des poms diff6rents, mais rest la
meme.
Lee danseurs, hommes et femmes, tournent en cercle autour des musiolens,
faisant face au centre, les pas sont rythmns par le tambour. Dee chants
monotones sont rdp6tes inlassablement. Un danseur traverse le circle et
aprbs quelques cabrioles d'invention personnelle, starrSte devant un au-
tre danseur ( tres souvent dImn sexe different) en se recovant sur lee
deux pieds a la fois et en avangant le venture. Cela constitute une "invi-
tation". "e danseur rentre dans la ronde, remplace au milieu du cerole
par celui qulil a invite. On a parfois parl6 de v4ritables orgies par
lesquelles se terminaient ces dances, nous pensions quil n'en est rien.
Il arrive naturellement que l'amant dmune femme profits de ce quoe le marl
soit occupy a danger pour appeler sa mattresse... tout come il profite-
rait dtun voyage ou de touted autre circonstance.

Jeux.
Les BABEMBE connaissent un jeu de hasard correspondent au WLOBWEnB"
des UELE et de I'ITURI mais les BABEMBE remplacent lee coquillages par
lee pelures d'arachides. Ils pratiquent 6galement le "BUSALE" bien que
ce jeu soit tres repandu au CONGO il nous a paru int6ressant de rsumoer
les rbgles de ce jeu, car iI constitute un veritable exercise intellectuel,
aussi inthressant que beaucoup de nos joux.




2i




Lee deux joueure se placent de part et diautre d'un bloc de bois
dans lequel sont creusees quatre ranges parallbles de huit cavities chaGu-
neo. Lee deux rangdee extdrieures repr6sentent les "villages', lee int&-
rieures lee "sentinelles'. Chaque adversaire a ainsi see huit villages
et see huit sentinelles opposes a ceux de I'autre. Des grains rounds sont
d6pos4s quatre par quatre dans les vacit6s en quinconce. Les joueurs sent
copendant libres de modifier quelque peu la disposition des grains de
leur camp. Un joueur ramasse les graines se trouvant dans une cavity do
son camp, suivant les ranges de see propres villages et sentinelles en
tournant dans le sons inverse de celui des aiguilles dune montre, d4pose
lee grains une a une dans les cavitsa suivantes. L'adversaire fait de
meme. Le choix du "point de depart" constitute toute la difficulty. Si
la dernibre grain tombe dans une cavit6 garnie; les grains qu'elle oon-
tient, y comprise la derniere deposee sont ramasse&s a leur tour et & nous
veau deposges une a une dans lee cavities suivantes, mais si cotte dernibre
grain d6posee tombe dans une cavity "sentinelle" et quo les sentinelles
et villages correspondents du camp adverse sont garnish, lee grains conte-
nues dans ces deux cavit4s adverdaires sont ramassees et d6pos6es & leur
tour une 'a une par le joueur, dans son camp, en partant de la ea ca&ti
qu'au coup pr4c6dent. Le but esat de prendre ainsi toutes lee grains de
1 'adversaire.
La rapidity avec laquelle les indigenes denombrent par un simple coup
d'oeil les graines de chacune des cavities et pr6voient ensuite ou tombe-
ra la dernibre graine d'une serie de cavities vidges successivement est
rdellement deroutante. II arrive qu'un joueur dispose momentandment des
grains pour amener l1adversaire a lui en prendre quelques unes ce coup
joud par I1adversaire lui amenant un advantage s~rieux au coup suivant.


VIE RELIGIEUSEo

Lee BAB~BE connaissent un esprit supdrieur du bien "KABETSMA PUNBU'
et un esprit du mal "WAMUITU'. Il sera parl4 plus loin des "eeprits' des
sectes diverse. Le BABBEMBE coient a l'immortalite de 1'ane. Apr~a la
mort 1'ame de celui qui s'est bienconduit reside chez "KABETSHA PU& U' dh
elle jouit d'un bonheur complete. Dans le cas contraire elle restera obese
"WAMUITU" oh aucun supplice ne lui a 6t4 rdserv6, pas plus quo la moindre
jouissance. Chez"KABETSHA PUIGU" maria et femme, parents et amis se re-
trouvent. es ames des ancetres rodent parfois autour de leurs ancient
villages; 16s BABEMBE leur font des offrandes qu'ils d4posent sur un petit
autel rudimentaire constuuit au milieu du village.


VIE SOCIAL.

Lee calamities et lee migrations, la trbs grande dispersion des clans
et leur melange ont amene come dit pr6c6dement une diminution dana les
institutions coutumieres et une evolution de cellex-ci.
Lee chefs, m.ae lorsqu'ils sont absolument coutumiers n'ont dtautorite
que pour autant que leur en confbre leur valour personnelle.

Lore de l'arrivde de l'Europeen, les classes socialee n'euistaient plus,
masia talent remplacdes par des sectes, cells des "MOAMI" surtout, syant
pour but principal acquisition pour ses mambres de biens nombreux. L'a-
mission dane les seekes n'6tant pratiquement subordonn6e qu'su pavement de








certaines valeurs, le moindre indigene pouvait, quand seo moyans Ie le
permettaient acceder rapidement aux grades supdrieurs. Le Hoe M is rendant
la justice a la fagon du juge de l"buttre et lees plaideul8" avaient la
haute direction des affaires publiques, mais recherchaient surtout leur
richesse personnelle. La coutume ne s'est conserve quo jusqu'h l'~chelan
"famille3

Lee BAB&MBE vivent sous le regime patriarcal, lee hdkitages so font par
descendance male directs. En cas de d6ces, lea biens du d6funt, femes
comprises, sont partages entire sea file. Si lee file sont trop jeunes, lea
biens sont g6r6s momentan6ment par leur oncle paternel.

La monnaie coutumiere des BABEMBE 6tait constitu6 par lees BOTSEV pe-
tites coquilles blanches vaguement rondes, d'environ 25 mm de larger, per-
c6es dlun trou central. Les "BOTSHU' 6taient enftil6s en collier.

La terre appartient a la communaut6.

Le MUBEMBE est commergant. Il a vite remarqu6 la difference de prix
d'un mom produit dans deux regions diff6rentes, et s'6tablit intermfdiaire
entire ces deux regions: le cas le plus typique est l'achat de nombrouses
tates de petit betail soit a. Uvira, soit a Usumbura au prix de vingt fran.e
pibce environ pour lee revendre ensuite a KABAMBALE oti on leur on offrait
avant la crise, jusqu a cent francs*.

Lee SECTES.

Lea MOAMI nom des membr6s de la secte.
La sects la plus important est sans contredit cello des "IOAMI.-

onmme il fut expose prec6demment le success rencontr6 par cette secte
directement oppose a toute autorite coutumibre, e'explique par l.6parpilleo
ment des clans, chaque fraction n1'tant plus dirig6e quo par un petit capi-
ta. Tout chef important se serait oppose tout naturellement la seaote
des Moamis.
Le but de la secte est uniquement l accaparement des biens des indigbnes
au profit de see membres. Les deux moyens employes habituellement 6tant
l1admission payee des nouv&aux membres et la justice rendue plus au profit
des "IUAMIS" qu'a celui des parties. A ceux qui leur r6sittaient les U AMI
appliquaient le "MUTSHOMBWEI.
II s'agit d'une cordelette roul6e autour d'un batonnet quo le Moami,
ayant d6cid6 la mort du recalcitrant, envoyait a sea adeptes ayant le plus
de contact avec la victims choisie. Celle-ci 6tait attaqu6e on brousse et
6trangl6e au moyeh du "MUTSHOMBWE". Les indigbnes retrouvaient le cadrre,
portant toujours le "MUTSHOMBWE" au cou. Seuls lees MAMIS du plus haut
grade pouvaient decider de application du "MUTSHOMBWE on conqoit la
crainte qu'en avaient lee indigenes et surtout les non-initi6s.
Ceux-ci sont appeles les "WANDJILI" ou "WASILI" traduction de strangers.
Les candidates Moami sont des "ATSHUKU".
Lladmission dane la secte so paie par des cadeaux important. L'ATSH 8n
devient alors MOAMI dans l'une ou 1'autre cat6gorie: MOAMi J A MUKIJL, oath.
gorie des moins riches. On y distingue deux grades le MMI YA SOTEn, por-
tant une calotte en peau de chevre, puis le MUAMI IA ANGIE, portent wue
calotte en peau de lopard. MOAMI YA BUKABO ou 1'on distingue trois gradaee
MOAMI YA KAIAMBI calotte en peau de chvre avec bordure en herbs tresees,
MOAMI YA SONGE demi calotte en peau de chsvre avec bordure en herbee tre-*
s6aes et MOAMI YA SANGO (igname) calotte en peau d'iguane avec bordure en
herbes tressees. Cette second ctdgorie constitute cell des propridtaires




40


moyens a laquelle s'ajoute enfin une troisieme categorie cell des
MOAMI TA NGCMA, comprenant la cteigorie la plus riche de la socift4
indig'ne. Elle comprend cinq grades: le MOAMI YA MULALA, puis le MOAMI
IA ATSHITI portant la demi calotte en paille surmontdo d'une pointe
(Atshiti) le MOAMI YA KITCHOKA, portant la calotte en peau de serpent
(vipere cornue) puis le MOAMI YA KABANGA portant une calotte on peau de
pangolin, pais enfin le MOAMI YA ANGWE ou moami ya Pindji ou moami ya C hi
(trois noms diff6rents d6signant le leopard) portent la calotte en peau do
leopard.

Diverse tudes faites sur lea MOAMI donnerent d'autres classificatiosB
d'autres noms de grade et parfois mme ana autre hierarchie. I1 no faut
voir dans lea divergences qu'une question de detail, il faut tenir compete
4galement des differences regionales. Mimes remarques pour lee insignes
de grades.

L'admission dans la secte se paye par des cadeaux don't l'importance varie
avec la categorie de MOAMI et le grade vise. Ces cadeaux sont partagia en-
tre ceux qui ont recrutd b nouveau venu et leurs supdrieurs en grade.
L'admission nest pas acceptee du jour au lendemain, le candidate doit d's~
bord fire un stage come UATSHUKUU ce qu'il ne devient quo centre paiement
puis aprbs une durde variable suivant see dispositions et see possibilities
pdcuniaires, il pourra accdder au grade qu'il convoite mals encore devr&a-4
il tries probablement suivre la hidrarchie habituelle, chaque promotion dan-
nant lieu au paiement de nouveaux cadeaux. Ce nest quo par l'apport de
tres nombreux biens que le candidate pourrait obtenir d'emblde un grade
ilevd. Ce fait devait Stre plutSt rare puisque la manibre la plus couraste
de se procurer des biens etait de se faire MOAMI.
La cdr4monie dtadmission est restde secrete. Le nouveau MQOAMI doit y
prater serment de n'en rien rev4ler. Les MOAMI d'ordre dlev n'effectuent
aucun travail, ile sont servis par dlautres MOAMI infdrieurs.

Les MOAMI important ne peuvent mourir de mort natureile; quand un MOAMI
YA ANGWE eat malade at no laisse plus d'espoir de gudrison, le moribond a
la poitrine enfoncee k l'aide d'un ;arteau, la tete eat couple "pour rviter
que 1'aie ne so rdincarne dens un leopard". La tfte est conserves dans tm
vase de terre. Ce vase etait ensuite enterrd au milieu du village; une
butte ILUMBI dtait construite mu dessus doe 'emplacement choisi. Le rested
du corps etait enterrd dans un enduhit special appeld MAELO constitud le
plus souvent par une grotto ou caverne fermde par une pierre mobile pour
6viter que lee cadavres ne soient ddvords par les by nes.
La mort du MOAMI YA ANGWE n'est announce que par l'arrivde de see pe-
tits fils dans les villages coiffis de l"ITSHELA (coiffure garnie de nm-
breuses plumes de coq) at tuant A coups de lance routes les chbvres et toun-
tes lee poules qu'ils voient.
Ces chbvrees et ces poules seront consommdes par tous les MOAMI veman e
1'inhumation du ddfunt, les file du Moami no sont pas admis a la cdri oie
de la 8spulture, ses petits fils en sont les gardens.
Dbe que la mort d'un MOAMI YA ANGWE eat connue, tous lee indighnee
portent la lance de for vers le bas, pendant toute la duree du deuil; lea
indigenes ont le droit do se voler entire eux; produits des champs, poule1,
chhvree, etc... peuvent tre pris par n'importe qui. Les membrea do la
famille du ddfunt so rasent la tete et sabstiennent de tout travail. Oba-
cun prend ainsi le deuil pendant un temps d'autant plus long que sa parea.b
avec le ddfunt etait proche.








II serait possible dlentrer dans plus de d6taile concernant la sete
des ooamis, mais lee details variant trop dtune rEgion & l'autre, 11 so
semble peu interessant de lee consignor sans fair la distinction noee-
saire entire coux applicable a un endroit et ceux habituels soulemant
autre part et ceci nous amenerait & des disgressions horn do proportion
avec 1'intirkt quelles pr4senteraient.

BAEUMBIA .
signifie le collier insigne d'une seote portent le &ame no&. Oette
secte est tries rapprochdoe de celle du MOAMI; les membres en sont unique-
ment des femmes. On y distinguait trois grades.
BATUMBWA YA SANGO 4
BATUMBWA YA IBUKE
BATUMBWA YA BISABUA
Les membres do la secte s'entr'aidaient entire eux an toutes ciroonstanoe.
L admission 4tait gratuite mais reserve aux seules Spouses de MlMIa lm.
portants.

KARUNGA
esprit supgrieur de la secte at nom port par la soote.
KARUNGA constitute une secte de long moins nuisible quo celle des MOAMI,
souvent mome on peut lui attribuer d'excellents r6sultate. KARUIDA reprl-
sente l'esprit des ancetres du clan, il done des ordres qui sont toujuers
executes a la lettre. Chaque clan, chaque gros village mSme a son reprin
sentant de "KARUNGA ceux-ci sont appelds UTSHWALI YA KARUNGA. Les etrsn-
gers de la secte sont des BASEMBWA mais ils suivent Sgalement les ordres
de KALUNSA et peuvent dfailleurs participer a se danses.
Les adeptes sont des BATEMBO. Le premier grade est BUNDE ISUKU, le
second et dernier UTSHWALI YA KARUNGA. L'admission come UTEMBO so paie
une chevre environ, 1'admission comnne BUNDE ISUKU so paie encore; enfin
avant de devenir UTSHWALI YA KARUNGA il faut payer le professeur qui sapl
prendra a parler au candidate d'une fagon sp6ciale. KARUNGA en effet quand
il est en function parole d'une voix caverneuse et trbs vibrant. Comme 1 1
est dit plus haut il existed de nombreux UTSHWALI YA KARURGA qui s'entr' .*
dent mais qui sont cependant ind~pendant les uns des autres.
KARUNGA se montre pendant la journde, il se fait annoncer par le MUL
YA KARUNGA (MALE DE KARUNGA) A noter quo pour les non initids KARUfGA
serait une femame.
Le MULUME arrive en dansant st en chantant sans discontinue. 11
porte come insigne un biton en bois blanchi, d4coupd en former de Iae.
DMs que le MULUIME a ainsi annonce 1'UTSHWALI YA KARUNGA, I'UTSBHALI A
KARUNGA du village visit a dej a t6 averti St s'est porter & la rencontre
do son collbgue. LIUTSHWALI YA KARUNGA en function danse en effet sena
s arrater d'un village a 1'autre. On conoeit que le moindre trajet effTee
tug de la sort produise une extreme fatigue et que le remplagant soil le
bienvenu!!! L'UTSHWALI YA KARUNGA, frais et dispos endosse done la tun-
que et le diguisement, regoit s'il y a lieu la "consiine" et continue le
voyage. BientSt arrivent a sa rencontre tous les BOtDB ISUKU et BATEM3 S
avertis par le MULEME YA KARUNGA; tout le cortege sea'~ae au village en
chantant et en dansant.
1'UTSHWALI YA KARUN5A porte un masque special en bois constitud par
un cylindre complete reprisentant deux faces humaines tres stylisoes. 8r-.
mont5 de plumes diverges et terminS vers le has par tune tres grande 3fais
en herbes, des bords de cette fraise parfaitement ronde, tombent jusquik
terre dtautres herbes longues et tres souples. Tout en dansant UTSHUALI
YA KARUN5A donne ses ordres. II peut se turner dens toutes le diree-
tions sans que tourne son ddguisement; de detail provoque d'indvitablee




6.


surprises parmi leos spectateurs quand aprls avoir dansi quolque tempo
sur place USBBIALI YA KARUNGA s'avance sur ung roupe qui avait 1 'ipree-
sion qu'UTSKWALI lui tournait le dos. Revenonse 1'arrivie 4'UTSKALI
YA KARUNGA, pour les non inities, il s1agit seulement de KARUA. II Se
met a danser entourd des adeptes BATEMBO puis un cercle extirieur est
compose do flames au courant des secrets de la seat. (KATEN1D don't il
est parl plus loin) Les BASEMBWA dansent 6galement mais plus loin oencorT
Tout en dansant KARUNGA donne des ordres en parlant de la fagon sp01iale
d6ja citeo. Les ordres sont rdp6tis pendant touted la danse pus KARUUA
s'en va precidc de son MULUME, soit vers un autre village, ou si la journM6
est assez avanoie, tout simplement en brousse pour so depouiller do son
d6guisement, pour rentrer ensuite chez lui cone simple indigbne.
Le d6guisement de KARUNGA est conserve seorbtement dans les MAZW
cimetibre des MDAMIS.
Anciennement lee indigenes qui refusaient d'exacuter les ordres de
KARUNGA dtaient empoisonnes.

KATENIZ
est une secte semblable a celle de KARUNGA pour lee flames, an ftiw-
saient parties lee spouses de MOAMIS important. es d6taile de oATEfIB
6taient semblables a coux de KARUNGA, le masque 6tait replace par une
coiffure en herbes dissimulant toute la tote et KATENDE n'eampoyait pas
la fagon ep6ciale de parlor, apanage de KARUNGA.

KILANDA
Esprit supgrieur de la secte portant le mme noma Coette soote est
localiseo dane I'OUEST du territoire. Son but est sans nul doute trbe
semblable a colui des MOAMIS l'accaparement des biens au profit de see
adeptes, maine see manifestations ont quelque vague resemblance avec
KARUNGA.
Comme i UTSHWALI YA KARUNGA, le KANYME de KILANDA doit apprendre & par-
lor d'une fagon spdciale, trbs semblable a cell des ventriloques.

KILAMDA a do nombreux adeptes, leur activity est employee surtout b
trencher des palabres.
Une affaire necessite-t-elle leur intervention? Un adept du village
oh habitent leos parties envoie dans les villages des environs le i"AU-
BEMBA". Il s'agit d'un couteau r uniseant lee avantages de la maohette
et de la faucille (muholo) mals garni de fagon spiciale. Un adepte circu-
le dans les villages et appelle see correligionnaires a siAger.
Ceux-ci so rendent en procession a l'endroit fixi; le MULIKI garden
des poisons et fetiches de la secte, porte sur sea 4paules tout un tas de
f6tiches, amulettes, herbes etc.... Il tient dans les dents une peau de
chat savage qui pond sur sa poitrine, mais malgr6 cela il pousse de petits
cris quo les non-inities croient pouss6s par "KILANDA" so trouvant dans la
charge quo porte le MULIKI. II arrive que le MULIKI ne soit pae lANeOurE
et par consequent ne sache "parler" a la fagon de KILANDA danas ce ae 'est
un KANYONYE de la procession qui pousse les petits cris. O'est oe qui aos
porte s croire qu'il agit d'une manibre semblable a cell des ventriloques.
La procession s'avance a pas trbs petits et trbs lents dans le village, qui
a appel6 KILANDA. Les adeptes se rdunissent dans la mason d'mu dele r
at discutent de l1affaire qu'ils sont appeals rancher.
Avant que le KILANDA ne tranche la palabre un habitant du village devYr
entrer dans la secte d'tou premier palement do biens. Puis la voix sp&oi.le
de KILANDA se fait ententre dans la butte ou sont rdunis les initide et
prononce le jugement.




7.


Le plus souvent ce sera le pavement de biens k la parties l1ese6n
reparation de dommages subis, une parties do cos biensa tant naturelle-
ment destine a "KILANDA) Pour les cas graves la condemnation a port
pourra Stre prononc6e. La victim absorber sour place un poison fourni
par le MULIKI et prepare par le MULIKI AU MOYEN DB POISONS qu'il a emporti
La mort eat foudroyantel Lea details de 1'ex6cution sont riglse toujours
par KILANDA donnant see ordres de la hutte ou so trouvent les initideo A
ce moment encore lee indigenes craignent beaucoup lea sentences de ILAMM.
L'admission dans la secte se paye assez cher: 2 chevres une charge de oel,
40 pieces de fer, une dizaine de poules. Le candidate eat amen6 dans une
butte dans laquelle se trouve KILANDA dissimula par un rideau d'herbes
ek d'6toffee. KILANDA toujours invisible au candidate lui tient des din-
cours, puts au moment opportun est devoile. te candidate voit alors
MUKULUNGU corps de KILANDA, c'eat un etre comllhtement informs recouvert
complement de peaux de chat sauvage, portent un masque surmont do plu-
mes et agite d'un tremblement continue. Trbs souvent l stenfuit.., d4ot
nouveau pavement de mali. Ce n'est que quand il aura pu regarder sane
s'effrayer MUKULUNGU que le KANYONYE remplissant le role de KILANDA lul
dira de sa voix naturelle alors que MUKULUNGU nest qu'un homele Par
aprbs et progressivement le nouvel adepte pourra, toujoura centre pavement
contempler le NZEHO form de plumes de poules et de perroquets agenoco
our une carcasse en baguettes, recouvrant des os don't les extr6mit4s seu-
lea sont visible. Contre pavement 6galement il pourra contempler dana
la case du MULIKI 1 ensemble des f6tiches et des poisons de KILANDA*

Pour des fautes peu graves commises au detriment d'un adept on appli-
que au coupable le "LUKAMBA". Une corde eat tout implement tendue au
travers de la porte de la hutte du coupable, quand celui-ci sort il tr6-
buche et bombe. II entend aussitht la voix de KILANDA lui disant quo pour
telle ou telle peccadille il doit payer coci k la victim puis cola a
KILANDA. Effray6 par sa chute et par la voix inattendue de KILANDA, le
coupable s oexcute immediatement; tres souvent se laissait convaincre par
KILANDA et entrait ensuite dana la secte d'ou nouveaux paiements.

TEMBWE

II ne s'agit pas ici d'une secte mais d'un moyen employ soit par lee
membres d'une secte, soit en dlautres circonstances pour emp~cher I'aoceU
d'un endroit ddtermin6. II eat us6 de TEMBWE par example en temps d'4pi-
d&mie pour empecher toute communication entire un village sain et une r6-
gion contamin6e. II eat employ aussi pendant tout le sajour de jounes
circoncis dans le ILUKOLE '(voir plus loin circoncision.)

Le TEMBWE est constitute par un cylindre en bois creux attache au bout
d'une corde; 1'p6erateur fait tournoyer le TEMBWE COMUE UNE FRONDE et pro-
duit ainsi un sifflment grave et prolongE. En m&Me temps il rie la d6-
fense momentanee. En cas d pid4mie de variole par example (aboba) il aura
defendu de prendre des bains chauds, toutes relations sexuelles sont inters
dites.
Eventuellement la defense eat suivie de la menace d'une sanction, qui
serait applique par la sects qui utilise le TEMBWE.

MIKABO YA BANIABEMBA

II taut ici fare une distinction entire twois objets diff6rents aux-
quels s'applique le vocable MIKABO:




8.


1 MIKABO (Bukabo au pluriel) significant une cat6gorie de MoAMI.
2 MIKABO YA BANIABEkBA, qui nous interesse pour le moment.
0o MIKABO YA BASOBA don't it sera parl* plus loin.

Le MIKABO YA BANIABEMBA eat un poison tres violent d'origine MUBUTE
et le nom de la secte de ceux qui 1'emploient. Ltentr6 dans cette seote
as paie tries cher, elle est repr6sent6oe dans tout le territoire. Un am-
bre de la secte veut-il assouvir une vengeance il pr6vient un autre adept*,
habitant a proximity de la victim. Get adept administrera secrutremnt
le poison "a la victims.

MUKUKI
sorts de gong, et nom d'une certain danse a laquelle no peuvent par-
ticiper quo les madbres de la sects portant le mSee nora. Nous no pensm
pas 'qu'il slagisse d'une secte a but politique ou utilitaire, mais plutot
d'une assemble r6unie mniquement pour la danse, celle-ci ayant sans doute
pour objet d'apaiser un mauvais esprit? Le MUKUKI eat un trownd'arbre
creus6, pere6 de nombreux trous dane lesquels sont passes libroment des
bftone pendant a l1'interieur du "MUKUKI". Deux homes agitent le MUKUI;
lee batons s'entreehoquent et frappent la paroi du tronc. Le rythme pro-
duit see rend par 1'onomatop6e "Kubulu...Ikubulu..."
Lee danses du "MUKUKI" sont nocturnes, les danseurs nus. II ne nous &
pas tAd possible de r6unir plus de renseignements concernant ces pratiquoe.


NMEEINE et SORCELLERIE.

Dans toutes les mentalites primitives medicine et sorcellerie vont de
pair, quand les remides courants restent sans effect, la maladie est at-
tribude 'a une cause occulte, des maladies differentes pouvent Obre pro-
duites par la mame cause.
Les parents du malade font appeler le BULAKO (sorcier) oiur connattre
la cause du mal.
Suivant son inte6rt, ou suivant I'int6rSt de ceux qui l'ont pay6 &
1'avance, le BULAKO indiquera un MULOSI (jeteur de sorts ou indique un
esprit quelconque, KARUNGA par example. II existed de nombreux "esprits"
pouvant provoquer des maladies, ilse s multiplient au gr6 du BULAKO.
Dana le premier cas le MULOSI incrimin6 aura a subir une 6preuve pour
soe disculper. Dane le second cas un representant de l'esprit cause du
mal, ou un adept de la secte appliquera un remede centre pavement. 81
le remade rested inoperant le patient esadr6ssera a un autre esprit jus-
qu1' la gu.rison.
Pour '1preuve du poison lee parents du malade se rendent de grand
matin a la butte du MULOSI d6sian6 par le BULAKO, ils le r6veillent et
lui font savoir de quoi il eat accus6. Trees souvent, le MULOSI lui-
meme ou see proches, auront At6 avertis d'abori-par un envoy du BULAB.
En ge6nral, le MULOSI accepted un4epreuve qui lui esat impose, sinon,
il perdrait touted consideration. Les 6preuves sont ou bien IS6preuve
du poison ou celle de 1'eau bouillante. Le poison sera fourni par un
sp6cialiste (souvent un membre d'une secte employant le poison) et absorb~
par le MULOSI. Ou bien celui-ci vomit le poison, ce qui montre qu'il 8-
tait innocent, ou bien il le conserve et paiera une indemnity pour r6pa-
rer le mal don't ii est cause, a moins qu'il no succombe. Dans ce oca
see heritiers paieront pour lui.
Li6preuve de 1'eau bouillante consisted a aller prendre, au fond daun
recipient d'eau boutllante un bracelet de cuivre. Si le patient eot
bral6 au brae, il 6tait coupable et paiera, dans le cas contraire, son




9.


innocence eat etablie.

Come partout ailleurs, ces 4preuves donnent lieu a do nombroux
pavements au BULAKO et au fournissour do poison. II suffit g6ndralemant
de payer largement pour eviter I'6preuve du poison ou pour en sortir
sans dommages.
Si un espwit est cause de la maladie, see reprisentants seront appo-
14e et invitesa guerir le patient....contre pavement. En debors des
esprits des sectes d6ja cites, il en exiete dtautres: Mikabo Ya Basoba,
Tshandje et Mukindje entire autres.
Si le "Mikabo ya Basoba" (esprit des ancStres des Basoba, premier olan
connu ayant occupy le Territoire(il s'agit je crois de "Basandje" d'ori-
gins Mubuye) eat incrimine, le remede sera appliqud par un mdeocin Musoba.
Le patient, est muni d'une doiffure special; le m6decin fera chercher ame
certain pierre blanche et l'enduira dthuile; au moyen de la pierre, 11
enduira dbhuile le corps du malade. La gugrison sera obtenue.... ai
"Mikabo ya Basobau" tait cause de la maladie. En tous cas, le m6deoin
sera pay.'
M&me procdd6 si "Mukindje" (esprit des Basimukindje, premiers occupantU
du Nord-Ouest du territoire par oi' sont arrives la plupart des Babambe)
eat cause de la maladie. Le remede consist en un bloc de terre rouge
p6trie avec une huile special. Pour application, ce bloc eat dcooupE
en trenches qui sont a nouveau m6langges d1huile; on en enduit le corps
du malade.
MUme pr6cedg et memes details slil slagit de "Tshandje". Proc6d Aea-n
blable 6galement pour "Mutambala" esprit de la rivibre du meme noa don't
la representation, une sorte de crocodile en argile, eat tries r6pandue
dans lea villages des environs de la Rivilre Mutambala.

En plus de ces moyens occultes, lee Babembe connaissent do ncmbreux
remedes pour lea places at maladies. En voici quelques examples. Pour
les maladies des voies respiratoires, on oncise la peau aux environs des
endroits maladies, et on introduit dans lee incisions une pate form6e
d'huile et de farine reside attache au pilon du mortier. Lee Babembe
appliquent aussi lee points de feu et emploient les inhalations de va-
peur dleau dans laquelle se trouvent des feuilles de l'arbre Burolo.
Pour la fievre et lea maux de tate, lee Babembe emploient lees ven-
touses" ou boivent une d6coction de feuilles de Burolo.
Pour les rhumatismes, ils introduisent sous la peau du membre malady
des fragments de certain racine.
Pour lee derangements Antestins, 1Us boivent du Pombe tide.
La vriole ne peut tre soign4e que par des personnel ayant d6Jh eu
cette maladie.
En plus, nous avons souvent vu de tres grande places, produites dans
lee meilleures conditions d'infection placess par cornea de buffles par
example) so guerir t'es rapidement tout aussi bien que si la plus rigou-
reuse aseptie avai t dt employee. Pour cela lee indigbnes enduisent la
plaie d'herbes hachies.
Habituellement ces remedies sont employee en premier lieu; ce nest
qu'en cas d'6chec que les Babembe ont recourse au Bulako.

11 nest sans doute pas necessaire dtinsister encore pour d6montror un
fois de plus que toutes lea pratiques, sectes et sorcellerie, onut pour
but principal acquisition par les initial s et adeptes de biens a prlA-e
ver our la masse des indigenes crddules.
es sanctions, m&ne I'empoisonnement ou le meurtre, n'ont dtautre rai-
son que de maintenir lee non-initids dans une crainte necessaire pour
qu'ils paienb inmediatement tout ce qui sera exige d'eux.




10.,




VIE FAMILIAL.

Nous suivrons, pour l'expos4 de cette parties, les actes important
des individus, depuis la naissance jusqu'au d"ces.

D~e(u'une femme est enceinte, tout autre quo son maria qui aurait des
relations intimes avec elle, risque fort de so voir attribuer la r6spon-
sabilit4 de tout accident a la mere ou a l'enfant, si 1'accouchement n'e-
tait pas normal. Le maria cease toutes relations sexuelles avec ae ferune
quand la grossesse date de sept mois au plus tard. A partir do ce moment,
la fene est exempt de gros travaux. L'accouchement se fait dans la
maison de la future mere ( voir plus loin que dans lee villages, chaque
femme a sa butte propre). Les homes et les enfants sont rigoureusement
6cartes. Lee femmes seules peuvent assisted et aider les accoucheuses.
Dbs que la m're eat delivree, l'enfant eat lav4 a I'eau froide dtabord,
puis & l eau chaude. La mere et 1 enfant regoivent des amulettes.
Des r4jouissances ont lieu dans tout le village; d'autant plus impor-
tants si le nouveau ne est une fille. S'il stalit de jumeaux, le pere
rest quelques jours & rien faire, et, assis a 1'entr4e de la case de la mab-
re, announce la bonne nouvelle 'a tous les passants.
Quelques jours apxab la delivrance, la mnre vaque a nouveau aux travaux
du manage; ce n'est qu'apres trois semaines qu'elle sloccupera de nouveau
aux cultures. L'enfant appartient au pere, meme si les conjoints sent e6-
pares au moment ou aprees l1accouchement. II restera n6anmoins avec sa
mbre jusqu'a. ce qu'il puisse so passer des soins de celle-ci. Pendant ce
temps, le pere payera une "pension" aux parents ou au nouveau maria de la
mere; puis, l1enfant reviendra habiter chez lui.

Anciennement, si la mere ne pouvait nourrir son enfant, memo aprbs in-
tervention de "Bulako" aucune autre femme n1aurait consent & se substituer
a la mere: cela lui aurait porter malheur car l1accouchement, mal r6ussi,
etait consider come la cause de l'insuffisance de la mbre. En cas de
d6chs de la mere, une parent se trouvant dans les conditions ndcessaires
prenait l'enfant en nourrice. Actuellement, cette substitution se fait
dans tous les cas. be pere doit, naturellement, une forte recompense
la nourrice de son enfant.
L'avortement se pratique de fagon courante; le tabac et le manioo
fournissent le produit abortif.

CIROONCISION et INITIATION.

Nous no parlerons pas ici des coutumes d'origine arabe qui se sont
quelque peu introduites chez lesa swahili musulmans, mais uniquement des
coutumes Babembe.
La circoncision et 1'initiation n1existent, chez eux, que pour lea
gargons. Elle porte le nom de "BUTEMDE".
Le chef de village decide de 1'6poque a laquelle elle doit avoir lieu.
Lea indigenes construisent, dens le village, une hutte sp6ciale appel6e
LUBUNGA, dans laquelle lee enfants resteront quelques jours, sans conteaot
avec le reste du village, exception faite de "NGALIPA1 op6rateur do la
circonsision. -
Pendant ce s6ejour qui durait au moins amun mois anciennement BALIPA
excite les tous jeunes enfants jusqu1a erection et complete degagaeent da
gland. Un nettoyage special est effectu4 ensuite, surtout pour les jeames
gens qui ozt deja eu des relations sexuelles. Pendant ce s6jour, le
village entier et NGALIPA sp6cialement, font ripaille, aux fraia des pa-
rents des future circoncis.
*I




11.


A la fin du sejour au Lubunga, lee enfants aont rases complbtement,
puis amends en brousse dans une autre mason appel6e LUKOLE et oonstrulte
spcialement. Cette maison esat garnie d'autant de lite, on matete, qu'il
y aura d'enfants .k loger. Lee lite sont disposes tout autour du 1eOle
et superpoads s'il y a lieu. Un lit special, construit prbs de llentre
du Lukole at d'un pieu travaill -appele IAMNO- eat rdserv4 dventuelle-
ment au file du chef de village.
Pour se rendre du Lubunga au Lukole, lee infants marchent lentement,
1 tun derriere 1 autre, le trone en flexion; chacun posant lea mains aur
lee hanches de celui qui le pr6cide. De cette fagon, lea enfants no poeu
vent voir ni devant ni au dessus d'eux.. La file eat conduits par "Ngalipad
masqud et v8tu d'une peau de liopardo Lee enfants ont la tSte recouverte
de 1'ASAMBA, coiffure speciale sonstituZ par de longues herbes attaches
A une line erreo autour du crane.
lie sont ainsai amends au Lukole. Un aide, perch dans la toiture, dver-
so sur eux des recipients d'eau; puis lee enfants sont battus au moyen do
baguette de seusap qui ont la propri6dt de produire de fortes ddmangeaisong
Effrayde par cotte mise en scsne, lee enfants sont ensuite expulses da
Lukole et circoncis seance tenants; un un ils rentrent a nouveau dans le
Lukole, apr'e lloperation, et occupeht chacam une couchette, dans l'ordre
des circoncisions. Le premier circoncis regoit Ie omn d'AOTSHI (Kakosi)o
Tous lee infants regoivent leur second noma l'occasion de la circoncisionu
Dbs quo la premiere operation eat terminde, un aide de Ngalipa, revfiu
de l'Asamba come lee enfants, se precipite au village, orie qu'il eut
"Aotshi", s'empare de toutes les victuailles qu'il trouve et lee emporte
au Lukoleo
Le edjour des enfants au Lukole est actuellement rdduit au strict mini-
mum; anciennement, ils y restaient parfois deux ou meme trois mois. Pen-
dant ce temps, Ngalipa et see aides seont ravitailles par les parents des
enfants.
Aprbs quelque temps, lea enfants, la tete toujours recouverte de l'Asamba
so rendant la nuit au village et annoncent leur prdeence en sifflant. Lee
parents d4posent des provisions pres de la porte de leur utte, leos enfents
emportent cos provisions au Lukole.
L'acces du Lukole est interdit aux fences et a coux qui, pendant la
journ6e, ont eu des relations sexuelles. Le TEMBWE dont il fut parli, est
employed a cat effet.
Pendant la journde, les enfants se prominent aux environs du Lukole,
chassent touted lee jeunes filles qu'ile rencontrent. Lee females ayant
ddja enfant les craignent et lee 4vitent.
Les parents males des enfants peuvent done leur rendre visit et leur
apporter de la nourriture.
La veille de la sortie definitive des enfants, leurs pbre et frbreeatnds
leur apportent des 6toffes, prochdent 'a leur toilette lavagee, nettoyage
des ongles, taille dee cheveux etc...) l'Asamba est jetd en brousee et leo
enfants, v3tus des nouvelles etoffes me dirigent en procession verse le vil-
lage. Ile ont encore le visage cachd, mais cotte fois par un pan de leur
pagne. En main, ils tiennent un baton, insigne de leur situation nouvelle.
La procession march a nouveau lentement commae pour aller au Lukole, lee
enfants prennent la meme position qu'au ddpart. AOTSHI march le premiere
lee autres lesuivent dans l'ordre dans lequel se sont faitee lea operations.
La file eat conduit par Ngalipa.
Les enfants sont ainsi ramends au Lubunga, et sasseyent autour de ocete
construction. La procession est accompagnee de chants. Lee ibres viennmt
ensuite rechercher leurs enfants qu'elles ne reconnaisseent pas, car its
ont toujoure la face cache. Moyennant un cadeau, Ngalipa d6digne & ohaeum
son enfant. Oeux qui n'ont plus leur mbre sont eamneneds par dlautres paredk




12.



Le soir, grande fete, featin et danses.
Quelque temps aprbs la circonsision, lee jounes circoncis doivent avoir
une fois des relations avec une feame vieille et expirimentie.


MARRIAGE
9
Le marriage eat interdit entire cousins au 4me degr6.
Il appartient au pere de reunir la dot de la premiere femme qutil des-
tine 'a son fils.
Le marriage esat souvent conclu avant la puberty de la femme, mais dans,
ce cas, elle continue a habiter chez ses parents. Le marriage eat conclu
quand la dot a ete vere6e entibrement, la cohabitation pouvant durer dijx
depuis longtemps lore du dernier pavement.
La valour de la dot donrmne lieu a de multiples d4bats entire lee intdresse
II s'agit d'abord do so mettre d1accord sur le nombre de mali qui seront
verses, puis la r4partition de ces mali. Ge dernier debat est le plus Ii-
portant car certain mali lee chbvres- par example, ont une valour dix
fois plus grande environ que dtautres. Suivant lee endroits la nature des
mali varie. Au lac, par example, une pirogue sera un mali de choix.
En moyenne, une dot sera de 50 a 80 mali ce qui repr6sente actuellement
de 5 'a 800 Francs.
Si 1'4pouse meurt apres quelque temps de cohabitation, les parents doi-
vent la remplacer ou rembourser la dot. MAee solution si elle esat strike*

DIVORCE

Le divorce est coutumier. II pourra Stre prononce pour incompatibility,
st4rilit6 ou inconduite. Stil y a lieu, les enfants restent la proprit44
du maria nais, come dit au ddbut de ce chapitre, peuvent, sa'ils sont trop
jeunes, habiter avec leur mere jusqu'a ce qu'ils puissent se passer de ses
soins. En cas de divorce, 1'epouse eat remplac6e par see parents, ou la
dot eat remboursee par ceux-ci.
L'adult'ere ne donnera pas necessairement lieu au divorce. Souvent, le
complice esat tenu a dedommager le mari. Comme dit dfj&, il peut Stre ren-
du responsible du d6ces de 1'1pouse ou de Itenfant, si l'adultbre a eu lieu
pendant une grossesse. II devra dans ce cas indemniser le maria pour la per-
to subie et, si 1'6pouse meurt, fournira une autre fame ou rokboursera la
valour de la dot payee par le mari.
L'adultere commit avec la femme d'un Moami ou autre personnau e important
revat un caractbre special de gravite.i
Le maria de la femme coupable rdunissait tus see partisans et attaquait
le village du complicz. Dans la lutte, coelui-ci 6tait souvent tu4. Tous
lee habitants du village 6taient alors astreints a travailler pour le coup-
to du maria d6shonorn jusqu'a pavement dune trbs forte indemnity. Dee
femmes du village etaient prises par le maria et see gens sans paieaent de
dot.

DECES

I1I a ete parld deja des coutumes spiciales aux Moami importants, dans
cette circonstance.
Pour les autres indigenes, ou bien le deces parait nature ou bien le
"Bulako" est invite a en designer la cause.
Le cadavre est 6tendu sur une natte, les mains sous la tete. Liinlm'.
tion se faith tres rapidement, souvent a proxiaite du cimetibre special ds
Moami.








Si le deces a ete cause paf une maladie contagious ou repoussante
(lepre, variole....) le cadavre est abandonn4 en un endroit desert; lea
oiseaux de proie se chargent doe sa destruction.
Lee parents du dfunmt so r4unissent at prennent le deuil. Festina
et beuveries ouvrent le deuil.
La succession est ouverte aussitSt et les biens du defunt sont attri-
buds come dit precidemment a seas file. Si ceux-ci sonttrop jeunes, le
fr'ere du defunt gerera lea biens jusqu'~ ce que lee hdritiers puissat en
prendre possession. Dans les biens a partager sont comprises lee flames
du d4funt. Lee enfants qui naitraient de lloncle des h6ritiers revism -
nent a ceux-ci dans la suite.




VIE MATERIELLE.

Habitation. La butte des Babembe eat ronde construite en herbes, le toit
so prolongeant par des parois verticales. Une seule ouverture y eat pra-
tiquee* En montagne la butte dtait partiellement enterroe, afin de pr4seem
ter moins de surface au vent. L'int4rieur est divise en deux parties;
l'une sert de "chambre a coucher" 1'autre sert a. tous lee usages.
Un plafond en branchages reserve, sous le toit, une sorte de grenier
ou seront conserves les provisions: bois, nourriture, etc...
Le lit est constitu4 par une natte en matete supported par quatre pieux
en bois, un rondin appel Waseko sert d'oreiller.
Dans un menage, chaque femme a sa butte ou elle habite avec ses enfaAts.
Le maria polygame se sert de chacune des huttes alternativement.
Le soir, la lumiere eat produite par le feu de la maison par la toohbe
resineuse "kasuku"
Le village est constitute par deux rangees parall'les de buttes. Au
centre une "barza" butte plus grande a deux ouvertures places dans la
direction des rangees de maison et servant de lieu de r4union.-
A l'ext6rieur de ces ranges des "greniers de provision" sont disposal
derribre lea maisons. Ce sont d(hnormes maniers en herbs lies (maeme pro-
cedd que pour lea buttes) reposant sur pilotis et don't le couvercle amo-
vible, en herbes 6galement, remplit 1'office de toit.

Alimentation. La base de l'alimentation des Babembe est le "Bukali' prd-
pare avec k farine de manioc. Ils consomnent 6galement volontiers le
mals grille ou cru, le manioc cuit a l'eau ou sous la cendre, ou cru, lea
patates douces preparees de la meme fagon. La viande eat un plat rare; le
poisson est tries courant au Lac* La boison pr4f4rge eat le Pombe de bana-
nes, prepare par fermentation.
Les bananes vertes sont enfouies pendant environ 5 jours en terre, puls
leur jus eat melange4 des grains de sor)ho rillges et moulues. Le
pombe est alors conserve quelques jours dans des cruches en terre. 11 est
consonum froid, sauf quand il est employ comme remade pour le ddrangement
d intestines.
L'usage du tabac a funer est tres r6pandu. Le chanvre eat employ Ag0-
lement. Avant les repas, les Babombe se lavent les doigts de la main drol-
te. 1es adults puisent a meme le plat common, masle la part des enfants
est donnee a chacun pour 6viter des disputes.

Occupations.
Agriculture. Dans la preparation des champs, le defrichement et les semis
sont faits par les hoanes, les femmes ayant a debrousser le champ, a i*
hour et a l'entretenir. La r4colte est faite par les feimes et lea eQ-
fants.




14.



Elevageo Peu repandu. Int6resse surtout le petit betail, lea oanards
at lee poules.

Chasse. reserv4 aux homes. En saison sache lee feux de brousse sont
employs pour rabattre le gibier vere un trs" long filet qui bordent le5
chasseurs arms de lances.
En autre temps, la chasse se fait par group (traque) ou par homes in5d
14s. La lance est la soeule arme employee. Dee chione sont employs soit
pour suivre le gibier soit pour le faire sortir d'un fourr6 oh le ohaeur
ne peut entrer. Lee Babembe emploient aussi lee pieges habituels: trou
profound et 6troit sur le passage du gibier, last placed a terre ou pendu
entire des branches, lance courts fichea en biais sur lee pistes habituolle
des cochone sauvages. Le gibier appartient au chasseur qui 1 '& abattu, on
au propri6taire du piege. oDas la chasse par groups, le gibier appartient
au propridtaire du filet, qui partage le butin ave lees chasseura.

PSche. Pratiqude seulement au Lac Tanganyika. Plusieure moyens sont employ-
478 filet immergO entire flotteurs est ramend a la rive, la nasse, la lignS
avec hamegons gamis de plumes blanches come apptt, enfin un pikge origi-
nal constitud par trois morceaux do matete assembles aa triangle eI .ter
vant de flotteurs. En dessous pendant quelques cordes r6unies entire elles
et formant un filet qui so pr4sente comme une poche. es herbee queloom-
ques aont attachees 9a et lA dans ce filet. Lees movements de 1'eau font
bouger ces herbes; le poison serait attire par ces harbee et "jouantm
a proximity, esaccroche par la tate ou lee nageoires dans lee mailles du
filet.




FIZI, le 26.*I. 1955

WILLEMART















I
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