Extrait de R. P. Pages, "Un Royaume Hamite au Centre de l’Afrique," “33. Mibambge III Sentabyo.” 1933. 2 pages.

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Material Information

Title:
Extrait de R. P. Pages, "Un Royaume Hamite au Centre de l’Afrique," “33. Mibambge III Sentabyo.” 1933. 2 pages. Jean-Marie Derscheid Collection
Physical Description:
Mixed Material
Creator:
Pages, R.P.
Publication Date:
Physical Location:
Divider: Reel 1

Notes

General Note:
pp. 145-147

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
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System ID:
AA00001757:00001

Full Text
Extrait de R.P. PAGES11 txn Royaume Haraite au Centre de 1^Afrique, p. 145 147 1953._, -
33. Mibambge III Sentabyo.
Aprs Kigeri II Ndabarassa, rgna Mibambge III Sentabyo. Il eut pour mre une Mwega, Nyiratamba, fille d'un certain Sessunga.
Il reconquit, croit-on, le Buganza et le Bwana-Chambge, que les Banyagissaka aux jours de leur prosprit avaient russi dtacher du Rwanda.
Sous son rgne la variole fit son apparition. La population fut dcime comme elle devait l'tre plus tard sous le
(x) La srie des oracles sibyllins pits;j Nyirabiyoro est loin d'tre close. La visionnaire fit encore allusion Nyantaba, l'homme la balafre (lui aussi devin) et sa tin uialbeureuse; Kutalindwa que devaient supplanter Kabale et sa sur Nyirayuhi; Musinga, le roi actuel et ses deuils rpts.
Plusieurs des enfants de ce prince sont morts en bas ge; le sjour de Nyanza passe pour tre mortel ses hritiers d'o la croyance populaire qu'il les fait lever au moins durant leur premire enfance en dehors de la capitale pour les soustraire au sort nfaste qui les attend : On entendra, fait-on rpter la Sybille, des cris et des pleurs de mres endeuilles, sur les collines voisines...
11 n'est pas difficile aux bardes de fabriquer des prdictions et d'ajouter de nouveaux anneaux la chane prophtique.
Le thme le plus fcond sur lequel ils aiment faire parler Nyirabiyoro est celui de la pntration europenne. Un jour viendra, lui fait-on encore dire, o les collines se couvriront de lacets (ou ceintures, pour dsigner les chemins) et ceux qui les traceront s'en ceindront aussi les reins.
L'allusion et le jeu de mots deviennent transparents quand on sait que le mot ceinture en runyarwanda sert, en effet, dsigner encore les routes traces par les Europens, en pays de colonie. (Lmusi imisozi yakenyej' imishumi na banyirayo bakazirik' indi, uzabishoboz' iki ?)


rgne de Lwabugiri-Kigeri et Kimanuka son frre mourut. Sa sur Nyiraburo put en gurir. Le flau atteignit enfin le roi lui-mme qui y laissa la vie.
Pour un monarque hamite une mort pareille tait trop banale et trop commune.
Aussi les gens de Cour ont-ils transform son trpas et ennobli ses derniers instants, en lui attribuant un dvouement hroque imaginaire.
Mibambge III n'est pas une victime ordinaire de la variole, disent-ils. C'est lui-mme qui alla au-devant de la contagion, qui la contracta volontairement en s'inoculant du pus de varioleux. Telle est dsormais l'opinion admise. Le souverain donna sa propre vie pour sauver ses sujets (*).
Ce noble sacrifice marqua la cessation du flau.
Mibambge III est depuis lors class parmi les Librateurs (Abatabazi).
Le modeste souvenir que les annalistes de la Cour ont gard de ce prince et le genre de sa mort laissent supposer que son passage sur le trne fut de courte dure.
Nous pouvons ajouter que si le prince s'tait rellement
(*) Cet exemple pris sur le vif claire une fois pour toutes la question des Librateurs et donne la clef des Lgendes dont ces hros font l'objet. Les annalistes officiels (qu'on me pardonne ce nom pompeux !) n'ont pas voulu que leurs princes soient assimils au commun des mortels, jusque dans le vulgaire trpas. D'o la cration de termes -spciaux (comme gutabara aller au secours, partir en guerre), pour annoncer le dcs d'un monarque.
Les chroniqueurs attitrs ont pouss plus loin le respect de la dignit royale, devant les coups subits de la mort, en transformant en hros, en victimes volontaires, en vrais sauveurs les rois tombs dans les conv bats ou dcds des suites d'une pidmie.
C'est pour ce motif que le glorieux titre de Librateur a t dcern nombre de personnages qui n'avaient fait que payer tribut dame Nature.
Nous citons ici pour mmoire, parce que nous n'aurons plus l'occasion d'en parler, les noms des trois autres Librateurs ou Libratrices : Nya-nzige, fille de Ruganzu II Ndori; Binama, fils de Yuhi I-Gahima, tu par les Barundi, dans le Busanza, et Buhura, lui aussi de race royale, grand-pre du gnral Biyenzi. Buhura prit les armes la main dans le Ndorwa. Sa mort fit cesser la peste bovine qui dcimait les troupeaux.
vaccin il se serait immunis au lieu de succomber au flau dont il fut la victime entre les annes 1780 et 1790.