Apercu historique sur le Kibumba et le Buhumba. Notes originales J.M. Derscheid, 1926-1927. 4 pages.

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Apercu historique sur le Kibumba et le Buhumba. Notes originales J.M. Derscheid, 1926-1927. 4 pages. Jean-Marie Derscheid Collection
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Derscheid, J.M.
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University of Florida
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AA00001729:00001

Full Text
Notes originals J-M.DERSCHEID
1926427.



Aperqu historique sur le KIBUMBA et le BUHIMBA.



Il y a sept ou huit generations, la region que nous d4signons actuellement
sous les noms de KIBUMBA et de BUHUMBA, etait, parait-il, inhabit6e. Nous avons
lieu de supposed que la fort inf6rieure se'tendait ininterrompue depuis la plaI-
ne de lave (alors peut-Atre bien diff6rente de celle que nous connaissons) jusa
qu'a la zone de bambous couvrant les pentes des contreforts du Mikeno et du
Karisimbi.

Dans cette forget, sans doute hantee par quelques BATWA, vinrent s'4tablir dee
gene venus du L:ord Ouest, du Bwito, sous la conduite d'un certain NYAMGAVU, qui
debroussa une partie du pays ( vraisemblablement au pied du Mont HEHU) et fut
le fondateur du groupement des BAHUMBA.

La collectivite des BAHUMBA a, au point de vue social, subi fort nettemant
influence des conditions gdographiques dans lesquelles elle a 4volu6. Oonfin6e
dans une ou deux immenses clairieres qu'elle a randissait sans cease, sans p
voir pour cela fair tomber la barriere de forests qui l'encerclait et l'isolait
des autres groupcments indigenes, elle s'est developp6e en vase close et ase
membres se sont peu ou point melang6s a d'autres 41lments. Lee indigenes du
DUHUMBA et ceux surtour du KI:UMBA, sont encore presque tous, a l'heure actually
eo sBABWITO, done des BAHUNDE de sang pur.

Toutefois, le nom de BAHUMBA ne s'applique pas exactement a tous lee habitants
de race BAHUNDE, de la region don't nous nous occupons. Apres que lee BAHUMA du
chef NYAMGAVU patent occupy le pays, dtautres bandes de BABWITO vinrent los re-
joindre. Toutefois leurs descendants sont tous d'accord pour reconnattro que
NYAMGAVU 6tait venu le premier au pied du HEHU, et que ceux qui arriverent ult6-
rieurement reconnurent son autorite et celle de ses descendants.

Lee nouveau:: venus appartenaient a d'autres families que lee ABAHUMBA.

Il y eut parmi eux lee ABASHUNGWA, qui se fixerent notamment aux endroits
appeles KABAYA (a 1'Ouest Ou village actuel de BURAMBO) et DULIMBA (au pied
W. de la colline NYARUTAMO, au Sud de BURAMBO) (+)

Vinrent aussi les ABATSDBE qui fond'erent sur la rive Nord du ravin KANYA-
MAGUFA, bien en amount du lieu dit RUTYIN=YA, un village appel4 KIBVUMU;( il nten
reste aujourd'hui plus de traces (++); les ABARUNDI (de pur sang kiknde mlgr



(+) Ces deux villages n'existent plus; il semble que le second se soit developp6 dtailleurs
en ramplagant le premier. La famine de 1917 semble avoir disperse les ABASHUNGIA du
KIBUMBA. Actuellement plusieurs d'eAtre eux resident encore au KISHARI, chez la cheffem
MUHONDE NYAMULISI; quelques uns (notamment un certain BUYANA et son file MITEJ) sontU a t
RWERERI. Je n'ai pu en voir au KITUMBA qu'un seul, le nonmme KINYERE,traraailleur B IA
Scierie de BUDJARI; le phre ae cet indigene appeld RWAN7GO, vit vieux et important b& D- :
RAMBO, tandis qu'il habitat DULIMBA pendant sa jeunesse, et que snn propre pere talte
enco re un habitant du village KABAYA.
(++)Je n'ai plus rencontre, dans la chefferie du KIBUMBA, que deux ABATSHOBE, lee nomads
BISHAHIDU et KARARI; employes par la scierie de BUDJARI; ils habitent maintenant au V 1:
lage de KIGEZI, chez les ABAHARA.




". .



leur nom qui pourrait faire croire a des im.,i-res venus du Sud) qui batirent iU. -;.
village dit MUSHUS-iHE sur le Mont de ce nom c n ordiure u ,RUIARE plaine de lave);
le temps a completement balaye village et habitants.

Vinrent encore les AMAHUMA, don't certain s'arreterent a KILOZI (pris de 1 ao*
tuelle Chapelle-ecole du KI~BUBA), mais don't le plupart pousserent plus au Sud,
vers le BUHUJMBA et le RWERERI; les ABARINDWA qui avaient leur chef propre, mais
reconnurent l'autorit, du chef des BAHUMBA; ces ABARIIDWA 6taient conduits par
MUNGUNGU, qui quitta 1- Bwito pour venir s'etablir au bord meme de la grande
fort, au pied du MIKE7C, 1a ou il avait decouvert un marais et une source
(le marais KIKERI). C'est depuis ce temps que lee habitants du KIBUMBA monteint "
au KIKERI pour puiser d,- ieau et fire boire leur b6tail. Le file de MUNGU .U
WMJLIIDWA, done son norm 1 la ramille entire.



GUERRES AVEC LE RUGARI. A 1'epoque oh ti:AARA etait chef du RUGARI, il chargea u.n
de see asa.ux, SHAMUHIMA, de conquerir le KIBUMBA. SHAMUHIMA, qui r4sidalt au
BISiHOKO (Sud du RUGARI) fut arrett dans son expansion vers le Sud par un uihr~ab
nomme 3INYERI Les Bahumba et les Basinga du RUGARI convinrent alors de choiafir
come frontier la line jalonn-e par lee collins NYAKIBUMBA -GASINGA-KAPFUMU.S-.
Par la suite de nouvelles escarmouches eurent lieu et les BAHUMBA reculerent leur
territoire jusqulau ra-.irn du BUKOTI, qui de nos jours encore est la limited entree
leuro possession et le RUGARI.

ARRIVE DES BATUTSI AU KIBUMBA. Sous le regne de BUSHAMA, arribre petit file d
NYAMGAVU, les premiers Batutsi s'infiltrerent dans le pays. II semble certain
que les bands armies du Mwami du RUANDA n'ont jamais ose s'en prendre ouvertesmaW
aux rudes montagnards BAHUMBA. Le KIBUiMBA rest toujours en dehors de la zone
dominhe de fagon effective par leg Hamites, qui prefererent user de diplomatic..
envers ce petit noyau de 3AHUNIDE rreductibles, alors qu'ils s'ltablissaient en.
maitros au BUGOYI, au BIHAYI, au AISIGARI, au DJOMBA. Les chefs ABAHUMBA & .! +
verent toute leur autorite sur la contree; mais on vit s'etablir a cSt6 d'zux iric
sorte de resident mututsi representant du Mwami, don't les functions devaient s W
doute se rapprocher bier plus de cells d'un ambassadeur ou dtun espion, que dt!
gouverneur. Lee offrandes qui furent envoyees par les soins de ce d 14gui, a la-
cour du Mwami, de temps a autre pour le moins, semblent bien avoir 6t4 plutft 4 e
cadeaux destines a maintenir des rapports de bonvoisinage plutSt que des pr ee ta
tions regulieres constituent le tribute d'une province reellement ritachde au
royaume. Un 6tat de choses tout analogue existait encore tout recemment au GISbU-M '
RI, d'ou chaque ann6e on envoyait a MUSINGA un important cadeau.

Le premier de ces BATUTSI etait SEKIRABIRWA appartenait parait-il au clan.-
Abakono. Lui succed'rent son file 1ULEMERI (qui etait encore en vie en 1920)-.
puis BONDJI, puis enfin BIGIRINKA, vui assist a 1'tablissement de ltocoupatin. i
europeenne (1905), sans quitter le pays. Depuis ce temps, lee BATUTSI du I9
BA ont perdu toute influence, pour autant qulils en aient jamaia eu danse 1. 'e '
(BIGIRINKA habite encore actuellement au village de BURAMBO, et sa fille sNYAUW i
est l'une des spouses de SURUMWE.)



-i
'

"









Le chef Muhumba au pouvoir, lors de 1'arrivie des Blancs, tait BURUNGAW i
6me successeur de ITYAMGAVU. Ce chef, come ses pr4decesseurs, avait la r6p. .
station d'etre tres dur pour ses sujets -" Dans le pays" -disent les rapports
officials de l'poque "les meurtres ne se comptaient pas." Ndanmoins ce
pouvoir fortement etabli ne laissait pas d'avoir une heureuse influence au point
de vue de la prosperity de cette province, et nous voyons plusieurs families
6trangeres venir s'etablir au KIBUMBA, sous la puissante protection de BURUNGA.
C'eat notamment le cas de plusieurs Balera du clan des Benayuhi, SEBISOKO, SEBAMWI "
etc..-

DIautre part les Bahumba, sure de l'impunit6 se permettaient nombre d1inour-w
sions sur les terres de leurs voisins, qu'ils razziaient chaque fois que l'ooccCA .
sion s'en presentait.



SEPARATION DU BUHUMBA. Vers le Sud, les chefs du KIEBMW n'avaient pas tard i ] '
-- ,= ,,, __ ,,, .
traverser la foret et a s'etablir dans la petite region qui porta desormais le
nom de BUHUMBA. Is la neuplerent de Bahunde du clan des Abahumba. auxquels se
melangerent d'autres indi$'nes, Bahutu parlant le Kinyaruanda. A 1 4poque ohi le
Mututsi MULEMERI etait au Kibumba, le chef Muhumba BUSHAMA, sans doute trop o cu-
dans le Nord de see terres, delegua un certain SHAMAHARAGI fils de SHAKAMONE.
(Muhunde de la famille des Abahumba) pour gerer en son nom le BUHUMBA) A -Shmm-
haragi succederent son fils GUNZI puis so- petit fils BINEYI. Celui-ci, hoaime
astucieux, sut profiter habilement en 1900-1906, des difficulties de la d6limita-
tion de frontiere (cette region etait alors territoire contest entire 1'Etat du, .
Congo et 1'E. Africain Alleand) pour se liberer de la tutelle du chef du KIDIBA
en s'appuyant sur RWAKADI:I, le chef mututsi du 3UGOYI.

En 1911 la Commissio'. de dilimitation Belgo-Allemande, traqant la frontiere
definitive, la. fit passer a travers le BUHU~S BA, don't 2/5 restbrent territoire corn.*
golais. BI:EYI per-it de la sorte une vingtaine d'hommes qui resterent dans la ,
parties allemauade du BUHUMBA (e tre la frontiere et la chain MURIBA-TSHINOGO) la-
quelle fut desormais rattachee su RWZLERI. i

BINEYI sur habilene -t catcher aux autorites Belges les liens de vassalite qui
ltuniosaient au chef du KIUMITBA, alors DURLUNGA (et cela, d'autant plus facilement
que ce d ernier evitait a cettc epoque tout rapport avec les Blancs et slenferma~t ;
dans une farouche xenophobie). .Le BUHUMBA fut, par consequent, reconnu come
chefferie d4parT-.

Plu- tard, BINEYI fut force de reconnaitre lbh4gemonie du file et successeur
d1HAKISUMWAMI, tout ern se promrnttait n son for int rieur de guetter toute occa-
sion favorable de se coustraire derechief cette autorite.



Juoqu'en 1912, le X_UMBA rest un repair de pillards dt son chef BURUNG, .
refractaire a toute tentative de pacification. Les caravanes indigenes suivat
le chemin Rutshuru-Ngon~a taient frequemment devalisees leur passage 3. travels
cette province.
,-
Un :messager de 1'Et.a aya -t t' attaque par les Bahumba en 1912, la 'cheffie j tte,
fut occupee militairenent. Les coupa les echapphrent a la repression, miis le." 2'i
vieux chef scbia s'assagir, et fit disormais de frequented visited au posters
de Rutshuru. ;

II mourut paisiblement, on 1915, au village de jMURINDI, ou see enfante me




4.


montr'brent en 1926 ea to.'. ari lees 7 fils quI'il laissait apres lui, on elut
HAKISUMWA :I pour lui -ucceder.

Le j eune chef, :hor zie o'.-l ..'.ur.. -tlligence ouverte, d'une tenacity peu coau
na, d'une vigtuur ph- sique xcption.s-ll, avait beaucoup d'ascendants sur sea
sujets. Les rapports oificils ie cottc edoque vai-tert son devouement aux Belges et
le decrivent cors s' effora--.0t ie doninr.r satisfctlon a 1'Administration et de fire
rener 1'ordre dans : -a rovince. Le fait est cue celle-ci etait tres rrospere
lorsque s'ouvrirent, e:- 114, les :ostilitSs.
et
La guerre porta .alheurcuseent un coup fatal au developpement 4conomique/social
de ce petit grou-e.r.et.:. "es r quisitiors ,, sans cease renouvel6es, de vivres et
de rorteurs pour les trcupes cames3 eon grand nomire au sud de la chefferie (NYAEA-
BANMA (Kibali) It.it 1 ri--e -eJ '1Etat-- ajor) iam:en'ent ,-rduellement, en 1915, La.
desintegration total de la c -.fferie, les in nes allant se refugier au KISHARI
au BUKUMU, au AI"EROIY-ZE pour se usctrairc L cess charges toujours. croissants.

La terrible fine de 1917-1918 s'abattit alors sur toute la region au N. du
Kivu, et le Kibumba fut earticul- ierement prouv par ce fleau. Immediatement aprbs
se succederent des 2pid.ies de ;-rippc espagnole, de variole, de meningite cgr6bo-
apinale, qui acheverent de ruincr comppletement cette malheureuse province et de -
disperses ses habitants. L- pays 'tait presque desert la fin de 1918 ct en 1919
les err.iers i.-ldi~rnes aval"ent migre a u RWELERI.

A rar'ir de 1920, les 3aihumba co.rmmcnr'rnt a rCe venir un a un sur leurs ancien-
nes terre- et U recultiver le sol. iiTanmoins le cher HAKISUMWAMI se rendadt fort
bien compete que c'en 6tait fait de la puiss-nce et de la prosperity dlantant A
peine un dixieme d la population avait survicu la tourmente.

Le chef, d6courage, :oJlifia sensiblement son attitude vis a vis de 1'Administra-
tion, qu'il co-siderait come responsible, en parties tout au moins, de ces catastro.:
phes. Sa mauvaise volonte semble avoir 4te due, a cette epoque, a influence que
prirent sur lui qu-lques vieillards de la cahefferi, refractaires a tout progrzs.

Lea choses s'envenim=rent en fevrier 1925, lors des premiers travaux de la
construction de la route automobile Ru.shuru-Ngoma. Estimant ue sa chefferie 6tait
encore trop incompletement remise des epreuves de 1914-1920, HAKIZUMWAMI refusal
d'apporter son corcours dous forme d'6quipes de travailleurs, a cette entreprise.
L'Administrateur Territorial, I'-yant convoque vainement, ordonna son arrestation,
et il fut condamne par le tribunal de police. Apres avoir subi sa detention, l'ob-
stine Muhumba renvoya sa m daille de chef et alla se refugier du Bugoyi, dans la
chefferie de RWAKADIGI, oth les Batutsi lui donnerent des terres. 80 indigenes,
soit a peu pres le tiers de ce qui restait de la population du ibumnba, suivirent.
leur chef dans cet exil.

A la fin de 1925, HAKIZUiW#AMI, capture par trahison, fut livr, 1ar le Ddlgu- !6
du Territoire de Kisenyi au tribunal de Rutshuru, qui le condamna a etre relegu
Reconduit a Kisenyi sous bonne escorted, pour y etre embarque a destination de
Kalembelembe, il parvint a y 4chapper a la surveillance de ses gardens.

HAGIZUMWAMI vit d;puis lors au Rweleri, protege et cache, croit-on, par lee
fils de RWAKADIGI. i




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