L'Informateur

MISSING IMAGE

Material Information

Title:
L' Informateur
Physical Description:
9 v. : ill. ; 27-31 cm.
Language:
French
Creator:
Université nationale du Rwanda
Publisher:
Université nationale du Rwanda.
Place of Publication:
Butare, Rwanda
Creation Date:
January 1968
Frequency:
3 no. a year[1976]
four no. a year[ former 1965-75]
three times a year
regular

Subjects

Subjects / Keywords:
Education -- Periodicals -- Rwanda   ( lcsh )
Universities and colleges -- Periodicals -- Rwanda   ( lcsh )
Periodicals -- Rwanda   ( lcsh )
Genre:
federal government publication   ( marcgt )
review   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )

Notes

Dates or Sequential Designation:
v. 1-9, no. 3; nov. 1965-juin 1976.
Issuing Body:
"Revue de l'Université nationale du Rwanda."
General Note:
Title varies slightly.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 02692700
lccn - 78648131
issn - 0019-9885
Classification:
lcc - AP27 .I49
ddc - 054/.1
System ID:
AA00001458:00001

Related Items

Succeeded by:
Etudes rwandaises

Full Text


in or mate ur
de P'Uniersit6 Nationale du Rwanda
























TABLE DES MAT IERES




Chronique,novembre 67 janvier 68

Le Recteur de lvUniversit6 Nationale du Rwanda & 11honneur
par Yvan GAUDETTE, Administrateur-Tresorier de 1'UNR ..........

La Conference de Rabat
par G-H LEVESQUE, Recteur de 1'UNR.............................


....... 1


....... 2


Au "Service des Etudiants".
par Andre LOUIS, ancien Dir. du Service des Etudiants................. .I


Faculty des Lettres
par G-M DION, Secretaire A la Faculte .........................

Faculty des Sciences
par A. Ares, Secr6taire & la Faculte ..........................

Faculty des Sciences Economiques et Sociales
par D. LESSARD,s.g. ,Secretaire & la Faculte ...................


Une
par


....... 7


S....... 9


Les mardis universitaires............................................. 11

A la Facult6 de Msdecine ............................................. 11

En marge d'une Conference sur la Bibliographie africaine le r61e
de 1?Universit6 Nationale du Rwanda dans lv6tablissement d'une
bibliographie g6nerale sur l'Afrique
par A. LEVESQUE, Bibliothecaire de 1'UNR.............................. 12
Communiques de la Conference sur la Bibliographie africaine,
(Nairobi, 4-8 decembre 1967 ......................................... 14

profession offerte aux Etudiants rwandais : la Bibliotheconomie.
A. LEVESQUE, Bibliothecaire de 1UNR ................................... 15


Le problme de interpretation authentique dans la pratique
constitutionnelle rwandaise,
par N. RUHASHYANKIKO, Doyen de la Faculte des Sc. Ec. & Soc. ..............

L'art inconnu
par J. EPSTEIN, Doyen de la Faculte des Lettres............................

Les citations de 1lInformateur : LvUniversit6 dans une society en
voie de developpement,
par J.K. NYERERE, tractction A. Louis.....................................


UNIVERSITY NATIONAL
DU RWANDA


Janvier 1968


Volume II Numro 3









CHRONIQUE


Novembre 67-janvier 68




Rectorat


I Le Recteur de l'Universite Nationale du Rwanda A l'honneur


Apres avoir assist6,du 10 au 14 novembre,& la Conference
organis6e,& Rabat, pour la Fondation de 1' "Association des Universit6s
Africaines ', conference ou il joua un rdle pr6pond6rant, le R.P. G-H LEVESQUE,
Recteur de l'Universitd Nationale du Rwanda,se rendit au Canada.

Il y 6tait invite par le Gouverneur G6n6ral, Monsieur Roland
Michener, pour y recevoir, en compagnie du Trbs Honorable Louis St. Laurent,
ancien Premier Ministre du Canada, de Monsieur Vincent Massey, ancien Gouverneur
G6n6ral du Canada et d'autres Fersonnalit6s, la M6daille de l'Ordre du
Canada, distinction la plus haute de ce Pays.

De son c6t6, l'Universite de Sherbroeke lui conf6rait un
doctorate honorifique, le dixibme qu'il recevait d'une Universit6 canadienne.

Au course de son bref s6jour, le R.P. G-H Levesque a 6t6
maintes fois sollicit6 par diff6rents Centres d' informations. Il fut, entire
autres, l'invit6 des deux programmes les plus populaires de la television :
"Le sel de la semaine" et "Franc parler" .
Il y a lieu de reproduire ici, & 1?intention de ceux qui ne connaltraient
pas le pass d6bordant d'activit6 du R.P. G-H Levesque, la presentation quten
fit Monsieur Jean-Louis Gagnon, grand journalist canadien, lors de missionn
"Franc parler"' du dimanche 14 janvier 1968.

I' Peu dthommes ont exerc6,chez
nous, une influence aussi determinante sur les hommes et le course des
choses que le Pere Levesque, dominicain. Rares en effet, sont les Cana
diens de langue frangaise qui ont aujourd'hui quarante ou cinquante ans
don't il n'ait influeng6 la pens4e et la vie. Combien de fois, ici m8me
A "Franc parler", nous a-t-on dit : je suis un ancien du Pere Levesque...
le Pere L6vesque disait...le Pere L6vesque est alors intervenu...En some,
depuis trente ans, celui qui est maintenant le Recteur (et le fondateur)
de l'Universit4 Nationale du Rwanda, en Afrique Centrale, a 6te
le maitre A penser le plus 6cout6, le plus respect et parfois le
plus attaqu6 du Canada frangais.

Ne & Roberval, en 1903, dans
une famille de quinze enfants, Georges-Henri Levesque fit ses
etudes au seminaire de Chicoutimi. Il en sort en 1923 pour entrer
chez les Dominicains. L'Ordre accepted qutil poursuive des 6tudes
sup6rieures en Sciences Sociales & lUniversit6 catholique de Lille,
en France, dfot il revient, en 1932, comme professeur au Scolasticat
des Dominicains, a Ottawa. Apris avoir enseigne pendant trois ans
a l'Universite de Montr6al, il entire & Laval en 1936 et fonde, deux
ans plus tard, la Facult6 des Sciences Sociales. Les premieres
promotions deviendront celebres. On retrouve au palmarks les noms
de Louis Robichaud, Premier Ministre du Nouveau-Bruswick, du
Senateur Maurice Lamontagne, de Monsieur Jean Marchand et de
nombreuses personnalites qui, aujourd'hui, font manchette dans les












journaux du Canada ou don't les noms illustrent la radio et la
television canadierne...

Llhomme est dune activity debordante.
En 1940, il est aviseur de la Coop6ration des agronomes; en 1941,
il est nomme au Conseil superieur du travail; en 1949, il est
membre de la Commission d'enqu8te sur l'avancement des arts, des
sciences et des lettres au Canada; en 1951, il est elu President
de la "Canadian Political Science Association" ; en 1955, il
fonde la maison Montmorency; en 1957, il devient Vice-Pr6sident
du Conseil des arts du Canada; eh 1960, il fonde et devient le
premier President de la Commission international des sites et
monuments historiques; en 1962, il est elu A la Vice-presidence de
la Society royale du Canada; enfin, en 1963, il fonde l'Universite
National du Rwanda, en Afrique Centrale,dont il dexient aussit6t,
le premier Recteur.
Pendant ce temps, partout, dans tous
les pays, on lvaccueille avec respect. La France le fait Chevalier
de la Legion dthonneur; a New York, "The Institute of Men and Sciences"'
le regoit dans ses rangs; dix Universites lui conferent un doctorate;
il recoit la m6daille de 1? ACFAS en 1959; le Conseil des arts lui
attribue le Prix Molson en 1966; enfin, on lui decerne, en 1967, la
Medaille de l'Ordre du Canada.

Tells a 6t6 jusquvici la vie f6conde
du Pare Levesque que nous aurons 19honneur et le vif plaisir d'
accueillir, ce soir, a'Franc Parler.'


Tout le personnel de lvUNR se joint au public canadien pour presenter A son
Recetur, le R.P. G-H L6vesque, sa plus sincere admiration et pour lui offrir
ses felicitations les plus chaleureuses : les marques dthonneur qui lui furent
manifestoes rayonnent sur ensemble de l'Universite Nationale du Rwanda.


Yvan Gaudette




La Conference de Rabat


Du 10 au 14 novembre 1967, avait lieu, A Rabat, au Maroc,
une Conf6rence tres important qui reunissait la plupart des Recteurs des
Universit6s africaines. Son but. la foundation de l'Association des Univer-
sit6s africaines. Ses promoters: 1lAssociation Internationale des Uni-
versit6s, 1'Unesco et un Comit6 provisoire de Chefs d'Universites africaines,
6tabli ad hoc, des septembre 1963, A Khartoum. Ses mecenes: S.M. le Roi
Hassan II, l1Universite Mahommed V de Rabat et la Fondation Ford.

Les s6ances se sont tenues A l'Universite Mohammed V, sous
la pr6sidence de son distingue Recteur, le Dr M. El Fasi, dans 1'heureuse
atmosphere d'une hospitality vraiment princiere qui invitait tous les par-
ticipants A 17amiti6 et A la collaboration, face aux problmes nombreux
et compliqu6s quails devaient 6tudier et resoudre.











A l~unanimit6,1les congressistes ont tout d'abord d6cide
sur-le-champ de fonder l'Association projet6e. Ils l'ont ensuite dot6e
d'une Constitution en basant leur travail sur un texte que le Comit6 pro-
visoire -raid6 de Mr A.Aitken, secretaire ex4cutif de 19AIU avait m6ticu-
leusement prepar6 lors de reunions tenues auparavant A Addis-Abeba (1964),
A Khartoum (1965 et 1966).

Voici les buts que les Statuts assignment A l'Association:
a) promouvoir les changes, les contacts et la cooperation entire les
institutions universitaires dAfrique7

b) rassembler, classer et diffuser des informations sur l'enseignement
superieur et la recherche, particulierement en Afrique;

c) promouvoir la cooperation entire les institutions africaines" dans 1'6-
laboration des programmes d?6tudes et la determination des equivalen-
ces de titres academiques;

d) encourager le d6veloppement des contacts entire ses membres et le mon-
de acad6mique international;

e) 6tudier et faire connaitre les besoins d'ordre proprement 6ducatif et
autres des institutions universitaires africaines, et, autant que pos-
sible, coordonner les moyens par lesquels oes besoins peuvent etre
satisfaits-

f) encourager lv6panouissement et v1usage plus g6neralis6 des langues
africaines;

g) organiser, encourager et aider des s6minaires et conferences r6unis-
sant les enseignants et administrateurs des universities africaines,
ainsi que d'autres personnel interess6es par les problemes de l'en-
seignement superieur en Afrique.

Le Recteur El Fasi, eminent universitaire et d6jA president
de 1'AUPELF, a 6t6 6lu president de lAssociation pour un terme de trois ans.
Deux vice-pr6sidents lui ont 6t6 adjoints. On a aussi designd les autres
membres permanents de 1'Executif, ainsi aue des substitute destines A rem-
placer automatiquement ces membres peimanents en cas de d6mission ou de
d6ces. Le Recteur de 1'UNR est au nombre de ces derniers.

Enfin, les congressistes ont choisi provisoirement, come
siege social, Addis-Abeba, ou se trouve ddjA les quarters gdndraux de I'OUA.

Lundi apres-midi, le 13, les Auterites marocaines faisaient
heureusement coincider la cloture de la Conf6rence avec une cer6monie solen-
nelle marquant le Xe anniversiaire de l1Universit6 Mohammed V: le tout sous
la distinguee Pr6sidence de S.M. le Roi Hassan II.

Apres la Conference, grace encore A la munificence de Sa Ma-
jest6 et A l'hospitalit6 in4puisable du Pr6sident El Fasi et de ses colle-
gues, les participants ont pu faire une visit 6bleuissante des principles
villes du Maroc, de ce merveilleux pays situ6 aux pieds des months Atlas, en-
tre un desert et deux oceans!

Et puis... il nous fallut bien finir par quitten, A regret,
mais enchants et pleins de gratitude envers des h6tes si magnifiques!

Fiers aussi! L'Association des Universit6s Africaines 6tait
fondue!


Georges-H.Levesque
Recteur

(i)









Au "Service des Etudiants'.


Dvaucuns jugeront peut-tre ces lignes incp-
portunes : pour les etudiants, le sont-elles pas capable de reveiller la suscep-
tibilit6 de certain meneursimp6nitents ?ne peuvent-elles pas leur permettre de
continue & exercer une pression sur leurs camarades ?
Cette malveillance n'a helas? pas besoin d?'tre reveillee :elle continue dvagir.
En outre, lvopportunite ne se'jugei'pas, elle'svestime" :des collogues avis6s et
plusieurs etudiants, representatifs dune majority, sont d'accord avec cette
mise au point qui, en dehors d'un context polemique,nvavance rien qui ne soit
inscrit dans des faits dangereusement deformes par quelques meneurs.

La fin du premier trimnestre 1967-1968 a 6te
marquee par une ensemble de manifestations estudiantines (15-27 nov.), don't le
moins que lion puisse dire eat quTelles furent regrettables, si non encore regret-
tees par la dizaine d'etudiants qui en assurerent principalement l1 nIorganisation".

Les revendications portaient primitivement
sur certain travaux entrepris (partiellement a tort) sur les portes des resi-
dences, sur l1exigence d'un changement de draps hebdomadaire at sur l'exclusion
temporaire et reglementaire d2un interne.

Le4 etudiants internes ayant pass6,en moins
de vingt-quatre heures de la demand police aux injures ecrites, ntobtinrent pas
gain de cause. Ils etendirent alors le .-conflit &a toute l'Universite,meme sur
le plan acad6mique et declarerent,sans preavis, une greve general aux fins
d'obtenir la d6mission du Directeur du "Service des Etudiants".
Ils ignoraient qu'en bonne politique, on cede a la pression d'un superieur ou
dtun 6gal qui vous le demand ou qui cesse de vous accorder sa confiance; mais
on ne refuse pas de continue & rendre service a l'admruniitr& qui se trompe, dans
la gestion de ses propres affaires, au risque de faire faillite...
Les meneurs intimbrent a leur camarade l'ordre de ne pas obtemp6rer A& lavish de
renvoi et, a trois reprises, ils refuserent de se rendre aux.injonctions du
Vice-Recteur agissant, en l'absence du Recetur, en pleine autorite.

Les manifestations prirent de l'ampleur:elles
furent mame grossieres, voire blasphematoires. Aussi, compete tenu de la tension
des esprits, les autorites de 1UNR decreterent la fermeture de l'Universite
jusqu'a la fin du premier trimestre :les Etudiants ne pouvaient guere profiter
des 15 jours scolaires restants. Cette period serait reprise durant la relAche
prevue avunt la premiere session dvexamens,en fin d'annoe :celle-ci ne subirait
done aucun prejudice. Chaque etudiant devait en outre, svengager par ecrit et
avant le deuxieme trimestre, a respecter l'ordre etabli: il est peu de mots
d'ordre enanant de responsables nationaux, dans lesquels l1autorite constitute
nest pas d6claree respectable. Enfin, ltAssociation Generale dcs -.tui- .nts de
l'UNR voyait ses activities suspendues sur le campus: depuis sa foundation, 1vAGEUNR
a eu le tort de ne se mouvoir pirequaexclusivemyent que dans un climat de revendi-
cations, soit envers le Ministere de lEducation Nationale, soit envers les
autorites de 19UNR : attitude peu profitable pour la conimunaute estudiantine
elle-m8me. Devant les rmesures prises par les autorites
de lIUNR, S.E.le Ministre de ltEuucation intervint.Il proposal de ne punir que
les coupables. Il suggera, en outre,dteffectuer un retrait sur les bourses
d'6tudes de lIensemble des etudiants, pour un certain temps.
Encore que, pour ce qui regarded les bourses
gouvernementales, 1'UNR ne soit pas competente les autorites firent remarquer
au Ministre que cette measure rw tenait pas compete des carts sociaux existant
entire les etudiants. Quant aux Ttcoupables,?, les autorites rwandaises etaient
mieux places pour les 6pingler; les autorites 'etrangeresa' preferaient ne pas
susciter des reactions en chalne et cela, d'autant plus que 130 manifeatants sur
165 etudiants que compte l'UNR, autorisaient une measure d'enserble.

Apres trois jours d'hesitation et de
discussions, S.E. le Ministre accept de cautionner foraellement un autre type
de sanctionsproposees par les autorites de l'UNR,soucieuses de collaborer avec
lui : A exception de la suppression des bals, durant toute l1ann6e, le caractere
*'punitifPdes nouvelles sanctions se situait bien au-delL de leur dimension "edu-
cativ .. ,ne serait-ce que parce quelles devaient permettre, symboliquemant,de









rapprocher publiquement les Etudiants trop souvent distant du people qui
paie leurs etudes.
II 6tait decide, en effet, que la prise en charge des residences, de la buanderie
et des terrains de sport n'incomberait plus & des employes mais aux internes, et
cela durant toute l'annee. Q4nt A l'AGEUNR, ses activities demeuraient suspen-
dues jusqu a' ce qu'elle soit a mime de presenter un programme de realisations
culturelles et sociaies qui fasse reelle. ant apprecier. sa presence au sein de
la communaute universitaire.

Deserts, le jeudi 23 novembre, les course reprenaient le mercredi 29.

On trouvera la version que les meneurs
donnerent des faits, dans un texte distribute "'sous le manteau" et intitule
"Historique de la greve". Cette chronique juxtapose des faits authentiques et
des faits mensongers; elle tait tout ce qui pourrait (aux yeux seulement des
auteurs) infirmer d'une certain facon les droits des etudiants a "'la victoire"'
elle pratique largement tout ce qui est reproche a ceux contre qui ils s0insur-
gent : arbitraire, interpretations tendancieuses, absence de collaboration,etc...
Le manque de fierte des auteurs les conduisit A se retrancher sous le vocable
anonyme "Les chroniqueurs'1, et a n'adresser aucune copie aux officers superieurs
de l'UNR. Des indiscretions involontaires, en provenance de Nyanza et de Kigali
renseignbrent ces derniers.


Il nest pas dfuniversites en Afrique ou
ailleurs qui n'ait eu ntaura & enregistrer des manifestations du mecontentement
estudiantin. L2UNR nTa pas achev6 sa cinquikme annee qu'elle en a deja eu
son compete.

Pretendre que tel ou tel detenteur de l'au-
torite incriminee soit incapable de commettre quelques erreurs psychologiques
dans ltexercice de ses functions, serait fort peu honnete. Quant A nourrir
systematiquement, de ces manquements, un proces intentions faisant fi de
toute realisation bienveillante cfest tout simplement malhonnete.
Il est vrai que bien des elements peuvent 9tre mis sur le compete d'une certain
myopie juvenile quvun educateur peut regretter mais qu'il aurait mauvaise
grace d'eriger en grief.
Le respect que 1 2 on doit a une certain jeunesse universitaire rwandaise
exige, pourtant, que lion ne ravale pas le tout a des "gamineries" sans importance.
Tout sentiment de pitie ou de paternalisme contempteur est interdit a lPegard de
celui qui revendique, & just titre, dtetre trait en adultte. Ne jamais se lasser
de lui dire son fait est le meilleur argument que lion puisse lui apporter pour
tenter de le convaincre quton ne le traite pas 11 en collegien ". On ne raisonne
qu'avec un adulte.
En outre, les responsabilites que nombre d'etudiants doivent deji assumer dans
leurs propres families, socialement desemparees, et cells que la majority d2
entire eux devront endosser, sous peu, dans le Pays, nous invitent aux quelques
reflexions qui suivent ;

1) Les manifestations, en elles-m.mes, n'ont
gubre dvimjportance. Bien mesquin serait celui qui seven formaliserait, sur le plan
personnel comme sur le plan professionnel. Par contre,elles meritent que lion
s'y arrtte des quvelles perrettent d'identifier, a coup sGr, certaines erreurs
de jugement pouvant contribuer A saper les bases mnmes dune society en voie de
developpement.Que !ion se refere aux declarations du President Nyerere. Or, cette
society, comme toute autre collectivite, sera toujours suffisaiment exposee
aux cahots provoqu6s par les heurts d'int6rfts incompatible, pour qutelle
tolere des failles graves, dans ses foundations.

2) "Les enfants,-dit un livre celebre- auront
les dents agacees parce que leurs pares auront bu du verjus..."
Que les jeunes generations svirritent des maux don't souffrirent leurs parents
lorsqutun certain mal s6vit -ce mal qui, de colonialism, svest mue,ici et 1a,
en neo-colonialisme- cela se comprend. Mais il est dangereusement anachronique
de projetter ce poison sur des actes et des realisations n'accusant aucune
trace de venin utilitaire.










Quelques chefs avises montrent-assez que les revolutions qui reussissent ne
steffeotuent pas centre des chimeres : ils denoncent des faits, non des slogans.
Ils sten prennent a 1 T "etr nger" ou ils en sollicitent la collaboration dans la
measure ou ce mgme etranger de comporte en corrupteur ou en frere.

3) Les different halos que constituent la
nationalite, l'ethnie, la function exercee, voire lappartenance a une institu-
tion international ou religieuse creent autant de frontieres que beaucoup
traversent difficilement en vue de rencontrer 1'homme qui se situe au-dela.Les
etudiants ne sont du reste pas seuls a eprouver cette difficult. L'exemple
vient souvent de plus haut.
Or lvestime, la confiance, le respect et leurs contraires sont des sentiments
qui ne jouent vraiment qu'au niveau des personnalites. Refuser, conscieiment
ou inconsciemmnent de rencontrer la personnel pour ne se frotter qua ce qui,chez
elle, est de plus common", c'est stinterdire tout fondement pour un sentiment
sincere envers elle. L'estime ou le dedain, le. respect ou le mepris, la
confiance ou la mefiance peuvent alors se succeder a un rythme affolant. Ils
ont pourtant si peu de consistance vraie qu'il serait errone de les prendre pour
des reactions autres que primaires et superficielles.

4) Il est curieux de constater que la
plupart des pierres d'achoppement entire etudiants, dune part, et strangers
investis d'une quelconque autorite institutionnelle, d'autre part, ne sont
guere saillantes chez ltindividu pris isolement : elles decouvrent par contre
leurs angles les plus aigus quand le meme individu est "en group" ou quand il
se reclame dune conmmunaute dans laquelle ltetrenger se voit refuser, presque
toujours, une integration autre que celle quo I? on accorderait
a un instrument interchangeable.
Nous ntavons pas & enumerer ici, les causes, souvent comprehensibles, de cet
etat de fait. Elles relevent, pour la plupart, de la tension inevitable que sus-
cite pour l'individu et la collectivite, ltassimilation difficile de valeurs
chronologiquement, socialement et culturellement contraires, voire, parfois meme,
contradictoires.
5)11 est peu de revendications pour lesquel.-
les on ne recourt pas au droit ecrit sans pour autant en respecter la
formulation ou la teneur. Mais dans le recours au droit ecrit, il imp d'operer une distinction don't les consequences peuvent 6tre capitals pour que
la justice et 1'equite demeurent sauves : tant que l'on interroge les textes
juridiques pour en degager des principles orientes au bien commun, on nabuse
pas du droit m8me si, peut-etreon y recourt a contre-temps. Sty refere-t-on
par centre pour y puiser des arguments polemiques, on comment un juridisme
outrancier, nocif et des plus pervers pour la collectivite autant que pour
individu.
6) Il semble que jusquv' date, lvAGEUNR
ait souffert d'une faute...originelle. Cette association est nee davantage
d'un "argument" que dune "'realite" : du besoin de firee come ailleurs" plutlt
que dlun.-bosoin interne et dynamique. En outre, elle ne stest helav! que
presque exclusivement definie jusqu'ici que come un organe agressif ou
defensif au service de ce que, en passant souvent a c6t6 de l1essentiel,
elle nomme les lldroits" des Etudiants. Lorsque lDon consulate les documents
remis aux autorites, on a vraiment liinpression que le Gouvernement et les
etrangers sollicites pour oeuvrer en faveur de 19UNR, quand ils se prononcent
dans un sens qui nest pas celui des comites successifs de l1AGEUNR, font
mine dt aggression envers la communaute estudiantine; c test a croire que
les mgmes responsables de l'institution passent de 1 aggressionn au "service"
avec une inconscience inquietante...
Si l1AGEUNR avait consacre au moins autant de reunions et de discussions A la
mise sur pied dvinitiatives dventrtaide estudiantines (civiques, culturelles ou
sociales) qutelle nEen-,. conaacre a ses luttes intestines contre les autorites,
elle se serait non seulement epanouie a la plus grande satisfaction de toute
la communaute universitaire mais elle aurait su discerner ses droits vrais et
authentiques; car elle 'en a. La cormmunaute estudiantine universitaire de l'UNR
merite mieux que ce que certain meneurs parviennent A imposer a des comites
qui ne leur servent que trop souvent.de bouclier.
Andre Louis









Faculty des Lettres


Depuis la rentree academique, en octobre 1967,
la Faculty a adopted, sous la direction de son nouveau Doyen, Mr. Jacques
Epstein, le nouveau programme approuve par le Conseil Universitaire, en sa
stance du 29 juin 1967. Une section "'Lettres Modernes" a et6 ouverte pour
les Etudiants de la 2eme et 36me annees.
Mr. Jospeh-Patrick Wilkins a 4t6 nomme Vice-Doyen tandis que le R.P. Gilles-
Marius Dion a repris la function de Secretaire.
Fait important & souligner dans lPhistoire de la Faculte : une vingtaine dV
Btudiants nouveaux se sont inscrits en lere annee, stajoutant aux Etudiants
de la 2eme et 3eme annees ( 8 ) .

Programme et Projets : Le programme souligne
------------------ plus fortement encore
les grandes orientations dejh amorq6es durant les deux dernieres annees.
-La premiere annee est consacree & la formation culturelle general des
Etudiants : Franjais, Lettres Africaines, Philosophie, Histoire, Geographie,
Anglais.
-Un grand nombre d'heures de travaux pratiques (seminaires, laboratoires,
travaux diriges a la bibliothbque) a ete insert au programme dans la propor-
tion suivante : course Travaux pratiques
lere 16 heures 11 h 1/2
2eme 14 h. 1/2 7 heures
3eme 13 h. 1/2 10 heuresdont 3 de
stage pedagogique.
-Le programme des sections du premier cycle (2eme et 3eme annees) correspond,
avec certaines adaptations, au cycle d9etudes tel quail est mis en vigueur
actuellement dans les Universites frangaises.
-Un programme de formation pedagogique n6cessaire et suffisant (2eme et 3eme)
permettra aux Bacheliers de se preparer plus immediatement en vue des
cadres de 1lEducation Nationale.
-Lvouverture dvune section "Histoire"' est prevue pour lvannie prochaine et
sera destined a former des professeurs d'Histoire et de Geographie.

Une commission, tres active depuis pluiieurs
semaines, a 6te constituee en vue d'etablir un Reglement Interieur qui
permettra une organisation efficace a tous les points de vue. Dvautre part ,de
nouveaux locaux seront mis prochainement a& la disposition de la Faculte,
permettant ainsi organisation des Departements, des Bibliotheques de
Faculty, des bureaux, des sales de seminaires et d'un auditorium de muaique
avec discotheque.
Activities : Des stages pedagogiques ont
-------- et organises par le R.Fr.Dionel
Lessard pour les Etudiants de la 3eme annee. En plus des stages "passifs"',
itals .sur toute l'annee, il y a eu, du 8 au 13 janvier, une semaine de
stage dvenseignement au Tronc Commun (Groupe Scolaire). Ces stages se
poursuivront durant les prochains mois. De plus, les Etudiants de 3eme annee
se sont benevolement engages & donner des course (chacun donnant une heure
par semaine) a l'Extension Universitaire pour des ecoliers ayant reussi la
6bme Primaire.

Parmi les activities de la Faculte, il import
de mentionner la revue "IFUMBA"' don't le sixieme numero est prevu avant
Pfques. En outre, une nouvelle serie intitulel 'Cahier Ifumba" vient d9'tre
lanee : le premier cahier comporte une ~use en kinyarwanda) de proverbes
et de dictons du Rwanda (avec presentation en frangais). En plus des travaux
de recherche pr6vus au programme, des travaux pratiques de recherche ont ete
inaugures pour les Etudiants desireux de recueillir,sur les collins, des
morceaux de la tradition orale Le travail comporte plusieurs tapes :
enregistrement,transcription, traduction et commentaires. Nous esperons que
le r6sultat de ces travaux pratiques paraltront dans les prochains numerous
de la revue "IFUMBA" .









II semble que d'autres projects et
initiatives commencent A se preciser corcernant le domaine cultural et celui
de la formation extra-acad6nmiue : theatre, seances d'audition musicale...
Un voyage information est pr6vu & Gitarama o0 un group d'Etudiants prendra
connaissance du travail aaeompli a lUniversit6 Radiophonique : m6thodes
pedagogiques, instruments de travail, programme, organisation...

Enfin, la Facult6 des Lettres a 6t6 heureuse
d'accueillir Monsieur lInspecteur G6enral de l2Assistance Technique frangaise,
venu constater, sur place, la mise en oeuvre des activities de la Facult6 et de
ses Professeurs frangais. Elle remercie donc lAmbassade de France et le
nouvel Attach6 Culturel de attention quvils portent a l'Universit6 Nationale
du Rwanda et sp6cialement & la Facult6 des Lettres.

Gilles-Marius Dion o.p.




Faculty des Sciences



Decisions du Conseil de la Facult6
---------------------------- a)Projet dvagrandissement des locaux.

Profitant du depart des Dominicains vers une
nouvelle residence, la Faculte des Sciences se voit octroyer de nouveaux locaux
suppl6mentaires. L? aile occup6e actuellement par les Dominicains, jusquA
la grande salle inclusivement, servira de locaux pour un grand laboratoire de
biologie de 66 places, un laboratoire de ccmpl6ments pour la biologie, comprenant
les l16ments n6cessaires a l'etude de la physiologic et de la chimie
biologique : tables de microscope, reserve, piece A 6clairage contr61...
La grande salle des Dominicains deviendra le Secretariat de la Facult6. La
barza ext6rieure sera ferm6e sur toute sa longueur par des panneaux en verre,ce
qui permettra d'augmenter consid6rablement la surface utile de cette nouvelle
acquisition. Les travaux debuteront des l9t6 prochain.

b) Nouveau system dvexamens.

Afin dam61liorer le system d'examens, la
Faculty des Sciences adopta,en son dernier Conseil de Facult6, les reglements
suivants :
1) tous les examens seront des examens 6crits
2) il y aura 3 sessions dvexamens : a Noel, a Paques et A la fin
de l9ann6e.
Les deux premieres sessions compteront pour LO % du total des points et
ltexamen final ,en fin d'annee, pour 60%. Cet examen final portera sur toute
la matiere du course tandis que les deux premiers ne porteront que sur le
tiers de la matiere, i.e. sur la matiere du trimestre correspondent. Un
professeur visiteur don't le course ne se terminerait pas & la fin de lvann6e
pourra donner un examen final avant son depart de lfUNR.
La Faculty des Sciences est heureuse de constater que son initiative en ce
domaine est suivie par d'autres Facultes. Bravo !

c) Comit6 des affaires 6tudiantes -

Un comit6 consultatif des affaires 6tudian-
tes a 6t6 former & la Facult6 des Sciences. Ce comit6 se chargers d'9tudier
tout problem des Etudiants de la Facult6 et il verra A remettreaux autorit6s
competentes)ses recommendations. II est compose de M.M. le Doyen,le Vice-Doyen,
le Secr6taire de la Faculte et de quatre 6tudiants comprenant le Responsable-
Sciences de 19Association des Etudiants et un repr6sentent de chacune
des 3 ann6es. Ces Etudiants sont, pour cette ann6e acad&nique, M.M. Jean-Baptiste
Nkulikiyimfura, Jean-Chrysostome Kazenga, Innocent Sakindi et Janvier Rusizana.

.-s Andre Ares










Faculte des Sciences Economiaues et Sociales


1/' La Facult6 des Sciences Economiques et Sociales
comprend,depuis octobre 1967, trois sections.
En effet, le 31 janvier 1967, la Commission de Reforme des programmes soumettait
au Conseil de la Facult6 un rapport don't les principles conclusions concernaient:

a) l1appellation des sections d6sormais connues comme :
-Section des Sciences Sociales et Politiques
-Section des Sciences Economiques et Commerciales
-Section de Droit et Administration Publicue
b) la redistribution des heures-cr6dits entire les matieres au programme
c) 1iappelation et la description des course
d) les dates dvouverture des sections pour les annees a venir.

Ce rapport fut adopt par le Conseil et il
devait 6tre soumis au Conseil Universitaire, en mars 1967. Ce dernier lVadopta.
En consequence, depuis le d6but de 1Pann6e
acad6mique 1967-1968, la premiere ann6e conserve et conservera son caractere
prop6deutique; la deuxieme annee offre 3 options aux Etudiants tandis que
les specialisations se poursuivront, en 3Gme annee, c'est A dire en octobre 1968.

Pour la present ann6e academique, les 16
Etudiants de 3eme annee ont un programme special dit "de transition", avec
des options particulieres svinspirant du programme de lan passe.

Plusieurs nouveaux professeurs figurent
parmi la liste du personnel de notre Facult6 :
Le R.P. D. Misonne enseigne lThistoire
Monsieur J. L6onard enseigne la comptabilite et les gestions dventreprise.
Monsieur J-H Gill, lvIconomie politique et les mathematiques commercials.
Le R.P. R. Friedli, 1vethique social
Monsieur J. Birara, lteconomie international
Monsieur Th. Nsengimana, la Psychologie social
Monsieur J.G. Brossard enseigne la G6ographie

Sous la direction de notre nouveau Doyen,
Monsieur Nicodeme Ruhashyankiko, le premier Doyen Rwandais de notre Universit6,
tous les professeurs nouveaux et anciens sont heureux de contribuer & la
formation de nos 69 Etudiants.

Depuis plusieurs annees, la Faculte des SES
recoit le plus grand nombre d0tudiants. Voici un tableau statistique qui
illustre cette progression

63-64 64-65 65-66 66-67 67-68

16re annie 13 18 29 33 37
2eme ann6e -- 10 12 17 16
3eme annee -- 4 11 16

Total L la Facult6 13 28 L5 61 69

Total & 1'UNR 51 87 127 130 160

Pourcentage Facult6 SES/ UNR 255k 32% 35% L,7% 43%


La plupart des Professeurs de notre Facult6
ont des travaux de recherche en course. Dans les parutions ulterieures de
1P 'TINFORMATEUR" ,nous donnerons un resume de ces travaux. Pour le present
numero, voici le schema d'une enquete socio-economique et familiale au Rwanda,
du Professeur Gerard SLEDSENS











/ Une enquete socio-6conomique et familiale
est actuellement en course aapres de quelqueS 300 moniteurs des 6coles
primaires catholiques et potestantes rwandaises ( plus ou moins 10% des
moniteurs mari6s du Rwanda, echantillon choisi au hasard, A la fois
dans lespace rural et dans le centre urbain) dans 9 des 10 Prefectures du
Rwanda qui couvrent les six aires culturelles du Pays, a savoir les regions
de Butare, Gitarama/Kabgayi, Ruhengeri/Gisenyi, Cyangugu/Kibuye, Kibungo,Kigali.

La technique employee est interview
dirigee & lvaide d'un questionnaire minutieusement compose ettraduit
en kinyarwanda On y trouve quelques 231 questions relatives aux relations
sociales intervenant dans le menage et la famille du moniteur (vie conjugale et
matrimoniale, vie sexuelle, marriage, chaix de l6poux et de l6pouse,
preparation au marriage : fianqailles, dons, inkwano, indongoranyo,
c6r6monies, palabres entire les families ...); dvautres questions stint4ressent
& la division du travail dans le m6nage,h lDattitude des enfants envers leurs
parents et vice-versa, A education et a la scolarit6; aux pratiques reli-
gieuses; aux problemes complementaires tels que la procreation, le celibat,
le concubinat, la prostitution, la polygamie, le divorce; au genre d9habita-
tion (inventaire d6taill6); a la situation 6conomique du manage en r6f6rence
& 12conomie national; A l'tude des budgets familiaux, au partage du
budget global entire le maria et sa femme, & l9emploi du budget, aux salaires
et autres revenues, aux impots, d6penses (nourriture, habillement,loisirs...),
finalement, A un tableau type de d4penses.

Vingt-deux Etudiants de la Facult6 des SES
de 19UNR ont apporte leur g6ndreuse collaboration en tant quTinterviewer,
pendant les p6riodes du 20 au 28 juin 1967 (pilot-survey ; 2 etudiants),
du 15 juillet au 25 septembre (21 6tudiants) et du 19 au 24 decembre (4 etu-
diants) sous la direction du Prof. G. Sledsens, sociologue.

Malgr6 de nombreuses difficulties, rencon-
trees par les 6tudiants-interviewer (moyens de locomotion, distances -certains
interviewer parcouraient parfois plus de 50 km a pied- rendez-vous manques,
r6ticences psychologiques, etc...), la collaboration de la part des
interviews a 6t6 -du moins & premiere vue- tres 6troite.
II est trop t6t pour parler chiffres; mais impression global est que
cette enquete est une vraie r6ussite tant quant A la technique employee quvau
degr6 de collaboration rencontr6e.
L96tude veut d6montrer que l.individualisme familial large disparait pour
faire place a un individualism familial restreint : crest lPhypoth6se
de travail (distinction entire l'existentiel et le cultural, 19id6al et
le reel). Cette 6tude sera complete par une dizaine de monographies
familiales familiess de moniteurs) dans le sens de "case-studies" ;Elles
Amaneront du centre de Ngoma, A louest de la ville de Butare. '


Le Prof. Dionel Lessard,s.g. effectue
6galement un travail de recherche : sur lvEducation au Rwanda.
Tout dtabord, une etude de la L6gislation
scolaire actuelle est quasi terminee; ce volume sera d'un grand secours -du
moins nous lvesperons- pour les maitres en function et pour les Etudiants
des Ecoles Normales.
Dans une premiere parties on analyse les articles de la Constitution de la
R6publique Rwandaise du 24 novembre 1962, se rapportant & 194ducation. De
nombreux textes paralleles viennent pr6ciser ou 6clairer la teneur de
ces articles.
La deuxieme parties 6nonce les articles de la Loi sur lEducation Nationale
du 27 aott 1966, ainsi que les points correspondents de lArr6t6 pr6sidentiel
du 28 avril 1967 fixant le Rbglement g6n6ral de ltenseignement rwandais Tous
ces textes sont bilingues : kinyarwanda, frangais .











Des commentaires, des notes explicatives
ou des renvois A certain textes alderont les maitres et les 6tudiants en P6dagogie
du Rwanda & mieux connaitre la port6e des lois qui regissent l96ducation dans
leur Pays.
Enfin, la troisieme parties contiendra quelques arrites ministeriels en rapport
avec lv1ducation au Rwanda, tels les status de certaines Ecoles (technique,
international etc...) et surtout les status fort 6labores de lUniversit6
National du Rwanda.
Dvautres etudes viendront compl6ter le
panorama de l'Education au Rwanda. On se propose d0tudier lvhistoire des
institutions (seminaires,colleges, couvents etc...); puis, & la lumibre des
textes que l'on pourra retrouver, de dessiner les grandes lignes d'une histoire
generale de 1'Education au Rwanda de 1895 & nos jours.

D. Lessard,s.g.,Secretaire



Mardis universitaires



Comme les annies pric6dentes, les Conferences
du mardi ont repris et se poursuivront A la cadence de deux par mois :

le 16 janvier : Monsieur Jacques EPSTEIN, Doyen de la Facult6 des Lettres & lvUNR:

LA PHILOSOPHIE et LE MALHEUR : 19OEUVRE de MICHEL HENRY

le 30 janvier : Monsieur Paul ESSEIVA, Conseiller technique aupr6s du Mineduc :

PROBLEMS SCOLAIRES de l AFRIQUE NOIRE

le 13 fevrier : Monsieur Georges ROSSIER, Directeur de project A 19 O.N.U.D.I. :

AMORCE du DEVELOPPEMENT INDUSTRIAL au RWANDA : l'USINE de
PYRETHRE & RUHENGERI




A la Faculte de M6decine


Le Docteur Huys, interniste, et sa famille
est arrive avec le Dr. Parisel, orthopediste, le 5 janvier. Ces m6decins
appartenant & l quipe dynamique de l9Universit6 de Gand resteront 2 mois A
la Faculty de M6decine de l'UNR pour y dispenser leurs course et travailler &
l'Hopital Universitaire.

Le 12 janvier, Butare recevait le Dr.
Bekaert, interniste qui restera 3 mois et le Dr. Spanoghe, viterinaire qui
assurera pendant 6 mois la Direction du Laboratoire de M6decine humaine et
vet6rinaire.

Bienvenue aux nouveaux arrivants !


jI HHHH-' HH-











Albert LEVESQUE,
Bibliothecair de. .UNR


En marge d'une Conference sur la Bibliographie africaine....


LE ROLE DE LUNIVERSITE NATIONaLE DU RWANDA DANS
L'ETABLISSEMENT D'UNE BIBLIOGRAPHIE GJERi-Li SUR
Lv AFRIQUE



Du 4 au 8 decembre 1967 slest deroulee
& Nairobi, la Conference sur la Bibliographie africaine, organisee par
l'Institut International 1.fricain de Londres. La plupart des pays afrisains
etaient represents de meme que les grands Centres internationaux de
Documentation qui stinteressent & l7Africue.
Je rends hommage au Minist&re de l'Education Nationale et a notre niversite
et je leur sais gre d'avoir compris importance, pour le pays, d'avoir
un repr6sentant a cette Conference. D'ailleurs le programme que vous trouverez
A la fin de cet article d6montre que notre Universite a tout inter6t a se
tenir au courant de ce qui se fait,actuellement, dans le domaine de la
documentation bibliographie africaine.

Les textes de la Conf6rence et les
d6bats de la Conference seront prochainement publics par l'Institut
.fricain; ils attireront strement attention de tous les africanistes.
Aussi, 1lobjet du present texte nest pas tant de rediger un rapport
relatif au contenu de la Conference que de suggerer certain modes
d'application,pour le Rwanda, en se reclamant des recommendations faites
en fin de session; il imported, en effet, de souligner la responsabilit6
de notre pays et de son university dans collaboration d'une bibliographie
africaine general.

Les representants des bibliotheques
universitaires, appuy6s par les Centres internaticnaux tels que le
CIDESA, le Cardan, lInstitut des Etudes Orientales et Africaines, ont
tous insisted sur 1vurgente necessity, pour chaque pays africain, de
compiler le materiel public sur son propre territoire.

Or, come la publication dtun tel travail
sfavere tres coateuse pour tout le monde une des principles recommendations
de la Conf6rence porta sur la foundation d'un Centre international de la
Documentation bibliographigue africaine traitee sur ordinateur. Ce Centre
presenterait lavantage de pouvoir proceder a la publication d'un inventaire
complete de ce qui se public dans toute lvAfrique et sur l~Afrique; d'autre
part, il 6viterait a chaque pays de devoir se lancer dans la coateuse
venture dune bibliographie national courante.
Cependant, chaque pays devrait sTengager A fournir periodiquement A des
Centres rigionaux le materiel de premiere main quTil aurait compiler
grace & ses bibliotheques, ses chercheurs et ses bibliographies.
Ainsi, la documentation reunie a la fois par les Centres regionaux
d'Afrique et par ceux dEurope et d'Amerique, au Centre international,
procurerait, pour la premiere fois, tous les africanistes du monde, un
ouvrage de references complete et indispensable.

Svil est vrai que le r61e essential de
l'Universit6 est de former des savants et des chercheurs il nest pas
moins important que 1'Universite stattele L la tache difficile de procurer
a ses savants et A ses chercheurs le materiel bibliographique qui leur
est necessaire; cela vaut plus particuli(rement pour la documentation
qui concern le territoire sur lequel est sise cette Universite.









C'est A ce point precis, que se site
le role de ltUniversite Nationale du Rwanda : concourir, par une method
vigoureuse, a letablissement dVune bibliographie national rwandaise,
retrospective et actuelle. ,


Ebauche dfun plan de travail -pBur la comilation dvune Biblio3ra_ e
National Rwandaise .

Peu de pays africains peuvent se vanter
dl^tre dots dune Bibliographie retrospective et courante, cWest A dire
d'un inventaire complete de ce qui svest public ou se public tant dans le
pays que sur le pays. Le Mali et Madagascar sont parmi les seuls, avec le
Nigeria qui, actuellement, ont fait un travail interessant dans ce domaine.
Cette pauvret6 des bibliographies nationals africaines est,en grande parties,
due A la p6nurie de bibliographes experts et au manque de moyens financiers.

I ,W VO & Le Rwanda n'9chappe pas A ces difficulties.
II possede ctuellement quelques bibliographies de base; par example pour
n'en citer Iue deux, ?Les sciences au Rwanda :Bibliographie (1894-1965) ', 5 9
Butare. INRo. 1966, public par Mr. Marcel Walraet et "Essai de bibliographie (W
du Rwanda-Urundi' public a Usumbura en 1959, par J. Cl6ment. viGJ
Ces deux ouvrages, plus particulierement le premier, sont remarquables; mais,
au dire mgme de leurs auteurs, ils souffrent de lacunes. Plusieurs
mat6riaux 6phembres, publies en trs petit tirage ne sont pas rep4rables
que par des cheroheurs, sur le terrain meme.
Le Centre CIDESA, a Bruxelles, se propose par ailleurs de publier
dvici huit ans, une bibliographie complete sur le Congo, le Rwanda et
le Burundi. Cet ouvrage important devrait comporter une quarantine de volumes.
Ce Centre requiert notre collaboration 6troite et il nest pas necessaire
d'insister sur le devoir qu'a l1Universie Nationale de contribuer
pleinement A ce project pour son bien propre et celui du Rwanda.

Aux fins d'elaborer une telle bibliographie
national retrospective, il nous faudrait :

1) Faire un inventaire complete de tous les documents qui se trouvent en
territoire rwandais : livres, periodiques,brochures, theses, comptes
rendus de conferences et de seminaires, rapports de recherches etc...

2) confier ces textes, pour analyse, a des bibliographes et chercheurs

3) Faire part de ces travaux bibliographiques aux Centres regionaux.

Pour effectuer un tel travail, l'UNR
doit pouvoir s'assurer la collaboration du Gouvernement rwandais par un arr6-
t4 ministeriel sur le Dep6t 16gal. Tout document public au Rwanda serait
depose a la Bibliotheque universitaire.
D'autre part, le travail a accomplir necessity un bibliothecaire professionnel
ou bibliographe a plein temps pour une period de deux ans : son travail
consisterait, en plus d'etablir la bibliographie courante, d'amorcer la
bibliographie retrospective par ses recherches diabord au Rwanda, dans les
Ministeres, les Missions, les Centres de recherches etc.. II devrait
4galement aller sur place, 1L ou il est susceptible de rep6rer des ouvrages
sur le Rwanda : en Belgioue, en Allemagne, au Burundi, au Congo et en
Afrique de l'Est.
Un project de cet envergure pourrait colter
cher au Rwanda et a son Universite mais son execution serait la condition de
leur rayonnement A travers le monde des savants et des chercheurs.


Albert Levesque










COMMUNIQUES DE LA CONFERENCE INTERATIONALE SUR LA
BIBLIOGRAPHIE AFRICAINE TENUE AiNAIROBI ,4-8/12/1967


BLOOMFIELD, Valrie ................
BRASSEUR, Paule ...................


BUREAU, Ren6 .......................
CUYVERS, J-B ......................


DADZIE, E.W .......................


DALBY, David ......................
DUIGNAN, P. .........................

DUIGNAN, P. ................. .....
FONTVIELLE, Jean ...................
FREWER, Louis B. ..................

HARRIS, John .....................

JAMES, J. .........................

KOTEI, S.I.A. .....................

LANGLANDS, B.W. ...................

MERRIAM, Alan P. ...................
MEYRIAT, Jean .....................

MUSIKER, Reubem ...................
NDEGWA, J. ........................
NUCE, M.S. de .....................
PANOFSKY, Hans E. .................


WEBSTER, John B. ...


WITHERELL, Julien W.

WITHERELL,Julien W.


S.M.U.H.


African ephemera
Les difficulties rencontrees dans lvtablis-
sement d'une bibliographie de type national:
lvexemple du Mali.
Les services de fiches bibliographiques.
L'information sur la recherche en course
dans les sciences humaines concernant
l'Afrique.
Les services bibliographiques en Afrique
tropical de langue franqaise et principa-
lement au Senegal.
A note on African language bibliography.
Bibliographical control of African
manuscripts and archives.
Computer automation and African archives
Le nom des 6crivains d'Afrique Noire
The provision of raw materials for African
history.
National bibliographies with particular
reference to Nigeria.
The Library of Congress program in
East Africa.
Some problems of Africana library classi-
fication.
The amateur status of national bibliographies
based on Uganda and Tanzania experiences.
A note on African discography.
Service bibliographiques internationaux
et bibliographic africaine.
Bibliographical achievement in South Africa.
Official publications in East Africa.
La bibliographie national & Madagascar.
The role of microform in the acquisition
and bibliographic control of Africans.
The research and activities of the biblio-
graphic section of the Program of Eastern
African Studies, Syracuse University.


..............Bibliographic control of periodical
literature on Africa:an international problem.
............... Bibliographic programs on Africa in
Washington D.C. at the Library of Congress
and the African Bibliographic Center.
Le reseau information du'Secretariat de
Missions dUrbanisme et dtHabitat en matiere
de plaiification territorial d'urbanisme
et d'habitat


SURVEY of current bibliographical services on Africa (July,October and
November 1967


-;P8-8HH IIs-;--;; c


* @











Une profession offerte aux Etudiants Rwandais.


7 LA BIBLIOTHECONOMIE.



A la Conf4rence Internationale sur la bibliographie africaine tenue A
Nairobi en d4cembre dernier,lqs nombreux contacts 4tablis avec nos collgues
biblioth6caires africains nous ont r4v461 combien la profession de biblioth6caire
6tait appuyee,eurourag6e et reconnue dans leur pays tant par leur gouvernement que
par leur Universit4. Les Universites de Dakar, dIbadan et de Kampala ont d4j&
leur cole pour la formation professionnelle des billioth6caires. Sollicitant leur
aide pour la formation des biblioth6caires rwandais, ces 6coles sans exception
ont offert avec enthousiasme leur aide et leur collaboration avec le Rwanda et
son Universit6. Nous les remercions au nom de 1'Universit6 Nationale du Rwanda
et les f4licitons de leur d4sir d'internationaliser leur enseignement au niveau de
1'Afrique.

D'ici peupour promouvoir la culture et r6pondre aux normes de l'4du-
cation moderne, le Rwanda devra songer A l1etablissement de bibliothbques publi-
ques, scolaires et coll6giales, de bibliotheques sp4cialis4es, d'une bibliotheque
national. avec d6p6t l1gal. Pour etre efficaces et bien servir le public ces bibli-
ethbques devront etre dirigees par des bibliothecaires comp6tents. Des maintenant
la bibliotheque de l'Universit6 Nationale aurait un besoin urgent de biblioth4-
caires rwandais. Actuellement il n'y en a qu9un a notre connaissance et il exerce
sa profession A l'4tranger.

Nous consid6rons que cyest le r81le premier de ltUniversit6 Nationale
de fournir le plus tSt possible les 414ments professionnels qui remplaceront dans
un avenir rapproch6 les experts strangers. En ce qui concern les bibliothecaires
et leur formation, vu la presque total inexistance de bibliotheques scientifique-
ment organis6es au Rwanda oi un candidate pourrait acqu6rir une connaissance
approfondie des techniques et exigecres de la biblioth4conomie, nous pourrions
peut-ttre concevoir la formation des biblioth4caires rwandais en collaboration
avec les 4coles europ6ennes et africaines.

Les dipl8m6s de nos differences facult6s et peut etre plus sp6cialement
de la Facult6 des Lettres pourraient apris lobtention de leur diplome & Butare,
faire un s6jour de cinq ans dans un pays favoris6 sur le plan bibliotheques
(Europe ou Am4rique). Le candidate apres 3 ans d?6tudes obtiendrait une maltrise
ou un diplome d'4tudes sup6rieures en biblioth6conomie, cJ.on qu'il sera stagi-
aire en Amirique et en Europe. Pour mieux s'initier A son future travail une
ann6e de pratique dans une bibliothbque du pays d'6tudes stimpose. C'est au course
de cette ann6e qu'il approfondira les techniques de la bibliotheconomie et de la bi-
bliographie dans le domain de sa sp6cialisation. Certains problemes 6tant propres
& l'Afrique nous jugeons utile et mame n4cessaire pour le candidate rwandais
dteffectuer un stage dune ann6e dans une cole africaine de biblioth6caire soit
& Dakar, Ibadan ou Kampala.

Apres cinq ans de formation A l76tranger le nouveau bibliothecaire
rwandais sera en measure de servir efficacement son pays et d'assumer la mission
culturelle que lui assignera sa nouvelle tche.


Albert L6vesque, Biblioth6caire










Nicodeme RUHASHYANKIKO
Charge de course de dreit A ltUniversit6 Nationale du Rwanda



LE FROBLEME DE L'INTERPRETATION AUTHENTIQUE DANS
LA PRATIQUE CONSTITUTIONNELLE RWANDAISE. (1)




I.- C on s id r a t i o n s g n era 1 e s


1.Signification

Le probleme de interpretation authentique souleve les points de sa
nature, ses effects et des autorit6s competentes pour accomplir la tache d9
interpreter.
Interpreter authentiquement un texte clest en d.gager officiellement le sens
qui n'apparait pas ou qui apparait sans exclure, pour autant, la possibility
d'y deceler un autre. Le probleme se pose dans tous les cas oh un texte pr6sen-
te une certain obscurity, une certain ambiguity, une equivoque ou imprecision.
II faudra tirer le texte au clair. II sera parfois necessaire de determiner dans
la serie de sens, tous 6galement plausibles, par la mise en oeuvre d9une
technique donn6e, celui qui doit etre retenu come 6tant le seul valuable A
exclusion des autres.

Cette operation par laquelle on determine le sens ou la portee d'un
texte peut etre effectuee par n'importe quelle personnel. Mais cette interpre-
tation ne produira pas les effects dune interpretation authentique.Celle-ci
se realise dans les conditions offrant des garanties d'exactitude et rendant
impossible toute contestation.

2.Force obligatoire de ltinterprrtation authentique .

L'effet fundamental de linterpretation authentique, ctest qutelle
s9impose & tous. Cvest la difference essentielle d'avec l9interpretation ordi-
naire qui n'a qu'une valeur relative. Elle vaut ce que valent les arguments
sur lesquels elle stappuie. Elle doit avoir une valeur en elle-meme et non une
valeur extrinseque, cvest-&-dire celle tenant plus & lautorite de son auteur.
Non pas pour dire que l1interpretation authentique peut se passer des bases
rationnelles tr6s slides. Mais simplement que, meme si le raisonnement de
lauteur d9une interpretation authentique presente quelque faiblesse, elle re-
vatira la force obligatoire par la bonne raison quTelle 6mane dune autorit6
charge officiellement de preciser le sens dtune regle de droit.

Ltinterpretation ordinaire ne sTimpose que lorsque la force de raisonne-
ment, l'argumentation, ne laisse plus place & la discussion & tout esprit
lucide. Celui-ci ne peut en effet se refuser & 16vidence.

Ce qui est caracteristique dans ltinterpr6tation authentique, c9est
l'authenticit6 que revet le texte apres l9intervention de l1autorite lgalement
habilit6e. Done, toute contestation devient desormais vaine. On est accule
& sty rallier quand bien meme il existerait des raisons de duuter. Notre
opinion, en effet, est qu9il peut etre possible dly decouvrir un sens aussi
fonda et aussi justifi6 que celui qui doit etre consid6r6 comme le seul vrai
parce que lautorite competente en a d6cid6 ainsi. Mais nous insistons que
l9on est en droit d'exiger des arguments logiquement et objectivement solides.


(1) Au moment oh cet article a 6t6 redig6, le conflict qui oppose lAssemblhe
National & la Cour Supreme & propos de linterpretation des articles 95 et
96 de la loi 6lectorale de juillet 1967, n96tait pas encore n6.
Aussi, le lecteur averti ne sera pas surprise de constater qu'aucune allusion
n'y est faite. C









Ce qui permet un certain contr6le, une certain critique et une adhesion
6clair6e. II faut rappeler enfin que'l interpr6tation authentique a un
effet r6troactif. Le textq doit etre consid6r6 comma n'ayant eu, des le
moment de son elaboration, que 1Dunique et seul sens d6gage.

3. Autorit6s competentes pour interpreter authentiquement .

Quant A l'autorit6 comp6tente pour interpreter authontiquement, cWest
la 16gislation de chaque pays quail faut interroger. Toute tentative de
formuler des regles g6n6rales est vou6e d advance h l]6chec.
Tout au plus peut-on avancer qu9en principle, et selon toute logique, lDauteur
meme du texte est le plus indiqu6 pour declarer en terms clairs et pr6cis,
toute sa pensee.
En pratique cependant, la tAche nest pas plus aiy6e. S'il parait relati' .'i:it
facile quand il sTagit d'un seul home, il peut 6tre extremement difficile
d'6noncer la veritable pens6e, quand il stagit dcun texte' manant d'un group
h6t6rogbne different de formation. Chercher la au Rwanda, tel est
maintenant notre but.


II.- L int e rp r 6 tati o n authent iq u e d a n s
la pratique cons titutionne 1 1 e de
la R 6publique Rwandai e .




1.De l'autorit6 comp6tente pour inte-or6te'. authentiquement :
La Cour Supr&me.


La seule question qui m6rite une attention particulire est la
determination de lvautorit6 comp6tente pou- donner une interpretation
authentique de la loi. Clest que, comme nous ltenonQions plus haut, la
matibre est diff6remment reglement6e dans chaque pmys. II faut donc, po'-,
etre inform consulter chaque legislation.
R6solu dventreprendre 19examen de la legislation de la R6publique Rwandaise,
nous cherchons une r6ponse aux diff6rentes qi-stions cui se posent
naturellement A nous. Quelle est ltautorit6 invoctie du pouvoir dvinterpr6-
ter authentiquement la loi ? Stagit-il dun orgare sp6cialis6 ou dun organe
exergant, en plus, d'autres functions ? La loi iipore-t-elle la regle de la
n6cessit6 de saisie ou pose-t-elle tout simpJemrnnt le principle de 1'inter-
vention dToffice?
Nous esp6rons r6pondre A ces questions dans ls dveloppements qui suivent.

Aux terms de larticle 102 b) de la Constitution de la R6publique
Rwandaise, la Cour Supr8me Odonne linterpr6tation authentique de la
loi 6crite ou coutumibre en cas de silence, d?insuffisance ou d'imprecision
de celle-ci" .
Ainsi la Constitution de la R6publique Rwandaise cree un organe charge
dvinterpreter officiellement les lois. Il convient den dire un mot et
de situer brievement cetorgane dans l2ensemble des organes etatiques
qufinstaure la Constitution de la R6publique Rwandaise.
Celle-ci, apres avoir pos6, come base, le principe de la separation des
pouvoirs, entreprend de le concr6tiser et de le mettre en application. Dans
ce but, elle instaure trois institutions et les qualified & dessein, de
"superieures"
Ce sont : la Pr6sidence de la Republique R-andaise et le Gouvernement.(l)
l1Assembl6e Nationale
la Cour Supreme



(1) Il faut noter en passant que la Constitution instaure un regime
politique de type pr6sidentiel. Le Chef de lDEtat est en meme temps
le Chef du Gouvernement.









Ces trois institutions correspondent aux categories classiques de pouvoir
6xecutif, pouvoir l1gislatif et pouvoir judiciaire.

La Constitution ne se cdntente pas d?6noncer des principles, mais elle
abandonne & la Cour Supreme, instance supreme du pouvoir judiciaire, organisation,
la direction et le contr6le des course et tribunaux de la Republique.
Elle est second6e dans cette tache, par un Conseil Sup6rieur de la Magistrature,
cr66 par la loi. Le D6partement de la Justice (1) ne s'occupe plus que des functions
executives et administrative, telles que 1'ex6dution des jugements, les services
p6nitentiaires, la gestion des credits, etc.,.
Pour faciliter sa tache et garantir 19efficacit6 dans ltexercice de ses nombreuses
attributions, la Constitution pr6voit cinq sections :

1o Le D6partement des course et des tribunaux.
2 La Cour de Cassation.
30 La Cour Constitutionnelle.
40 Le Conseil dEtat.
5 La Cour des Comptes.

La Constitution laisse A une loi organique le soin d9organiser le fonctionnement,
de d6finir les comp6tences de chacune et d'arrbter la procedure applicable devant
chaque section.

Il est done permis de concevoir la Cour Supreme, non come un organe
sp6cialis6 pour interpreter authentiquement, mais comme un organe qui exerce cette
competence en plus dvautres attributions nombreuses et varies. Le pouvoir
dlinterpr6ter authentiquement est exerc6 par la Cour de Cassation, section de la
Cour Supreme. La Cour de Cassation interprete la loi come toute autre jurisdiction;
ce titre, son interpretation ne stimpose que dans certaines conditions que nous
etudierons ult6rieurement. Il important done de prevoir une competence sp6ciale
exerc6e selon une procedure particulibre. Nous le verrons.
Il ne nous reste plus quva analyser,de plus pros, ce pouvoir pour en determiner
la nature et le cadre d'exercice.

2. De la nature du Pouvoir dvinterpr6tation authentique de la
Cour Supreme .

Le pouvoir d'interpretation authentique de la Cour.Supreme est un pouvoir suppletif.
II est cependant personnel. Il sfagit en effet d'une competence don't elle est
investie de par la Constitution. Aussi doit-elle l9exercer personnellement.
Le caractere suppl6tif de cette competence resort du texte meme de la
loi (2) qui ne laisse subsister aucun doute. Son interpretation reste valuable
aussi longtemps qu'une loi interpretative nvintervient pas. (cf. art. 39,26ke alin6a)
En effet cet article dispose que 'tant que n'intervient pas une nouvelle loi
modificative de cette interpretation, celle-ci s impose A 16gal dune jurispruden-
ce unanime et constante."

Lvon peut se demander si cette disposition formelle n'a pas indfment
restreint la competence que la Coir Supr8me tient directement non pas d'une
autorit6 quelconque, mais de la Constitution qui svexprime sans 6quivoque ni restric-
tion.
'Elle donne,-dispose-t-elle- l1interpr6tation authentique de la loi ecrite ou
coutumiere en cas de silence, d'insuffisance ou d'impr6cision de celle-ci.l"


(1) Ce D&partement est actuellement d6nomm6 "Affaires Judiciaires"
(2) La loi don't il sera question toutes les fois quvaucune precision nest apport6e
est la loi du 23 f6vrier 1963, portant organisation de la Cour Supreme, publi6e
dans le Journal Officiel de la R6publique Rwandaise du 15 mars 1963, nr. 6, page 125
et suivantes.








Cette disposition constitutionnelle doit svintegrer dans l'6conomie
meme de la Constitution, s'interpr6ter dans ce cadre et s'harmoniser avec le tout.

Si la Constitution '/rige la Cour Supreme en interpretratrice, elle
proclame en m&me temps la supr4matie de la loi, qui selon ses propres terms,
"intervient souverainement en toute matibre". (art.92) Nous entendons par lA
non seulemient.les explicitations de ltarticle citej qui en ternes categoriques
pursuit! "En aucun cas, les rbglements ne peuvent contrevenir aux dispositions
de la loi" mais egalement le fait quune loi peut se saisir et riglementer tou-
te matibre non r4glee par la Constitution. Or il etait impossible que la Cons-
litution donne le sens de toutes les lois.
De plus il ne faut pas oublier que la primaut6 de la loi est proclamee par la
Constitution qui soumet la Cour Supr8me a son autorit6 (art.105).

Le project initial formulait le passage comme suit! "Ele dit le
droit en cas de silence ou d'insuffisance de la loi 6crite ou coutumibrea.
L'expression "elle dit le droit'he parut pas trbs heureuse aux iembres de la
Constituante qui la consid4errent en outre comme anbigud. En effet notait ju-
dicieusement un membre de la Constituante 'les personnel non averties pourraient
consid6rer la Cour Supreme coinie l6gislatrice supreme".

Pour lever toute equivoque il fut propose la formule actuelle qui
rallia l'unanimit4 des membres de la Constituante. Le m8me orateur soulignait
que ltAssembl6e legislative rest la seule source de lois, mais 6tant donned
que le Parlement est forcement lent, il a semble plus prudent de s'assurer une
certain marge de security, en donnant dl6egation A la Cour Supreme, quite,
pour l'Assembl6e legislative, A prendre d3s measures n6cessaires, propres A met-
tre fin A cette carence, insuffisance ou imprecision". (cf.Doc.nr.44, stance
du 22/5/62)
La Constitution, en .rroclamant solennellement la supr6matie de la
loi, en soumnettant la Cour A 1 empire de la loi, lfa confere A la Cour Supr8-
me que le pouvoir dTinterpreter authentiquement les lois, A d6faut, par l'As-
semblee Nationale de le faire. Les d6bats A ltAssemblee Nationale relatifs
au project de Constitution traduisent, sans discussion possible, les intentions
de la Constitution. La loi sur l'Organisation de la Cour Supreme exprime le
caractbre suppletif du pouvoir d'interpr6ter authentiquement les lois.

Il d6coule des develoi.pements qui precedent que 1'Assembl6e Natio-
nale de la Republique Rwandaise constitute lIautorit6 ordinaire, charge de l?4-
laboration des lois, mais egalement de leur interpretation authentique. Son
interpretation doit avoir primaut6 sur toute autre. Ce pouvoir sera cependant
exerc6 suppl4tivement par la Cour Supreme en vertu de la Constitution. Son
interpretation nest donc jamais definitive.

L'exercice de ce pouvoir ne laisse de poser quelques points d'in-
terrogation. S'exerce-t-il dans le cadre d'un contentieux ou en dehors de tout
contentieux. La Cour Supreme peut-elle interpreter d9office ou doit-elle atre
saisie d9un recours en interpretation en cas d'obscurit6 ou d'ambiguit6? Ce
sont des questions que nous sommes en droit de nous poser. Passons en revue
ces hypotheses.


3. Du cadre de l'exercice du pouvoir d'interpr4tation authentique


A. L'Interpr6tation Authentique dans le Cadre du Contentieux

La Cour Supreme constitute la plus haute autorit6 judiciaire. A ce
titre elle assure la noble mission de rendre justice. Si A l'occasion dtun li-
tige qui lui est defer6, il se pr6sente une difficult dtinterpr6tation, elle
devra 6lucider dvabord le point obscur, ambigu ou insuffisamment reglement6.
Cvest la mission de toute autorit6 juridictionnelle, qu'elle soit superieure ou
inferieure. Elle doit toujours se prononcer sur un diff4rend qui lui est soumis.



AC











Et la loi precise qu'elle ne peut se pr6valoir de 1vobscurit6, de ltinsuffisance
ou du silence de la loi pour stabstenir de trancher. Ce faisant, elle commettrait
un d6ni de justice.Celui-ci p,avant alors donner prise parties du juge. Nous
croyons cependant que l'interpr6tation de la Cour Supreme dans le cadre du conten -
tieux doit etre distingu6e de l'interpr6tation authentique qutelle est charge
de donner. Si elle veut donner une interpretation authentique a occasion d'un
litige, elle doit bien specifier et user de moyens diff6rents.
En effet il ne svagit pas de l'exercice de mgmes competences. En interpr6tant
authen ,iquement la loi, la Cour Supreme exerce un pouvoir deligu6 et suppl6tif.
Sa decision nest que provisoire; elle est sujette & revision par lAssembl6e
16gislative, seule investie du pouvoir ordinaire dvinterpr6ter authentiquement.
Au contraire, stagissant de statuer, suite a un pouvoir de cassation, ou sur le
fond de l1affaire dans les matieres que la loi soumet & sa competence, la Cour
Supreme exerce un pouvoir propre. La decision est soumise seulement ?ux r&gles
de procedure applicables devant les jurisdictions.

Nous tenons & affirmnner quvelle doit stexprimer clairement et determiner
laquelle des comp6tences elle entend exercer pour les raisons qui precedent
Et Dlon comprendra sans peine cette affirmation, par les d6veloppements qui
vont suivre.

a) la decision de la Cour Supr8me sur pourvoi en cassation.

La procedure habituelle de pourvoi en cassation veut que la decision de
la Cour Supreme en mati&re de cassation n9oblige le Tribunal de renvoi que
sur second cassation. Encore que obligation de la jurisdiction de renvoi est
bien precise et limited.

La premiere condition, c'est que 19arret ou le jugement aient 6t6 casses pour
des motifs identiques & ceux qui ont justifi6 la cassation du premier arret ou
jugement.
La second condition requise, c'est que la jurisdiction de renvoi nest tenue de
se soumettre que relativement A un point precis juge par la Cour Supreme. Le
devoir de la jurisdiction est donc pr6cis et d6fini. Il lui est loisible de ne pas
suivre la decision de la Cour Supreme quand l1arret ou le jugement est cass6
la premiere fois. Et m8me si ctest la deuxieme fois, la decision de la Cour
Supreme ne stimpose au Tribunal de renvoi que dans une certain limited et ce,
dans certaines conditions. Or, il se peut qu'il stagisse de l9interpretation.
Si la Cour Supreme entend donner une interpretation authentiquea cette occasion,
parce que le point paralt dvimportance, elle devra se prononcer dans un arret
s6par6. Et peut-etre, pour etre efficace, elle devra le faire pr6alablement
& la decision de cassation. Faute de le faire, elle risquerait de crier une
situation confuse et de mettre en difficulty, et dans lincertitude, le juge de
renvoi.
Nous ne devons pas perdre de vue le fait que l1interpr6tation authentique donn6e
par la Cour Supr8me stimpose absolument et inconditionnellement aussi
longtemps que le pouvoir 16gislatif nty apporte pas de modification. LDon comprend
que le juge est en droit d96tre informed quvil est en demeure d'obtemp6rer sans
examen et sans discussion ou qutau contraire il ne doit ob6ir que dans certaines
circonstances et certaines limits. Tel est le fondement et la justification
de la distinction qui nous parait abdolument indispensable.


b) La decision de la Cour Supreme statuant au fond .

Certaines matieres, en raison de leur importance ou a raison des parties
en-cause ont 6t6 r6serv6es par la Constitution et la loi a la competence
exclusive de la Cour Supr8me. Cette derniere constitute l1instance qui decide
en premier et en dernier resort. Ses decisions ne sont pas susceptibles de
recours. Elles sont d6finitives et ne sont revocables que dans les limits et
les conditions que prevoit le droit commun.
Il serait fastidieux d06numbrer ici les nombreux cas reserves a la competence
de la Cour SuprGme. Encore une fois, nous croyons que la Cour Supr8me peut
interpreter dans le cadre du litige. Mais en ce- cas, elle nest pas plus habilit6e
que toute autre jurisdiction. Son interpretation ne stimpose pas pour l'avenir.











A moins quvelle ne declare expressement vouloir exercer sa competence d'inter-
prate authentique de la loi. Nous insistons sur la distinction & faire dans
l'exercice des deux comp6tences, car les consequences sont totalement diff6rentes
selon la competence exerc6e.


B. LtInterprDtation en dehors de tout contentieux .

Il nous parait indispensable dv6riger toujours le probleme de ltinter-
pr6tation en un contentieux distinct. Que ce soit a ltoccasion d'un conflict
d6j& n6 ou pour prevenir un conflict a naitre, la question n'a aucune importance.
Le tout est de distinguer. II est incontestable, des lors,que la Cour Supr8me
ait le droit dVinterpreter authentiquement en dehors de tout procks. Elle peut
se saisir d'un texte obscur ou ambigu pour en d6gager un sens, devant 6tre tenu
come le seul valuable, A l1exclusion de tout autre. La lecture attentive des
debats nous ambne A conclure qu'en fin de compete les membres de la Constituante
nTavaient in vue que cette hypothese.(l)

Il est done permis de conclure que la Cour Supreme a le droit d'exercer
sa competence deleguee,en dehors de tout conflict. Dans tous les cas, elle devra
toujours traiter le probleme de l'interpretation authentique dans une procedure
autonome et ind6pendante.


C. Lepouvojirdinaterpretation authentigue dvoffice .

Il est evident que la Cour Supreme a le droit d'intervenir droffice.
La Constitution lui reconnait quand meme un grand pouvoir, meme si ce nest qutun
pouvoir d6l6gu6. Elle est competente pour expliciter un texte don't le sens nest
pas suffisamment 6nonq6 ou don't le sens est impr6cis, mais aussi en cas de
carence.
Il y a dans ce dernier cas, un veritable pouvoir de creation qui d6passe, dans
une certain measure, ltinterpretation. Il nest pas facile de deceler la
pens6e profonde des r6dacteurs de article 102 b) N'y a-t-il pas l& une
grosse erreur ? En r6alit6, nva-t-on pas d6l6gu6 1'exercice du pouvoir l6gisla-
tif ?
L'Assembl6e Nationale reunie en Constituante pouvait-elle deleguer ses pouvoir
de l1gif6rer alors que selon le principle admis, les pouvoirs sont dvattribution ?
Nous ne le pensions pas. Il faut reconnaltre, en effet,que la Constituante avait
precisement pour mission la repartition des competence. Rien ne stopposait a
ce qu'elle porte certaines limitations. Ce nest done pas l1Assembl6e la.ionale
qui a oper6 delegation mais l'Assembl6e Constituante qui institute lVAssembl6e
National come organe superieur de l1Etat et qui determine ses attributions.


D. Lvinterpr6tation authentique de la Cour Suprnme saisie dun_
recourse en interpretation .

L'existence d'un organe charge de d6clarer officiellement le sens
dvun texte, justifie le recours & cet organe. Qui a le droit de recourir au
service de la Cour Supreme ?
Normalement ce sont les pouvoirs publics charges de lvex6cution et de lapplica-
tion de la loi. Ils sont mieux places, pour savoir les difficulties concr&tes
suscities par la mise en application dune disposition. Les particuliers peuvent-
ils introduire un recours en interpretation ?
II faut justifier dvun int6ret. Lvint6ret de la loi pourrait-il justifier
le recours dfun particulier ? Dans la pratique ce sont les jurisdictions
gardiennes de la loi ou le Minist&re public, d6fenseur de la society. Mais il
nest pas exclu que le particulier intervienne pour defendre la loi. Toutefois
nous n'avons pas d'exemple.

(1)A ltappui de cette affirmation, il suffit de se ref6rer aux d6bats de l1Assem-
blue Constituante.Nous avons cit6 plusieurs extraits suggestifs a occasion de
l'examen de la nature du pouvoir dvinterpr6tation authentique de la Cour SuprGme.
Nous ne voulons pas y revenir. /20-







CONCLUSION
La pratique constitutionnelle de la R6publique Rwandaise reconnalt
A la Cour Supreme le pouvoir d9interpr6ter authentiquement la loi.
Ce pouvoir peut stexercer dans le cadre du contentieux ou en dehors de tout
contentieux. La Cour Supr)ei l'exerce, saisie d'un recours normalement effectu6
par les pouvoirs publics ou dvoffice.
La decision par laquelle la Cour Supreme declare le sens ou la portee de la
loi 6crite ou coutumibre stimpose A tous & legal dune jurisprudence unanime
et constant.
Cette decision nest cependant pas definitive et irrevocable.
L'Assemblee Nationale reste lautorit6 supreme en m&tibre d'interpretation authen-
tique de la loi.
L'intervention de la loi pour determiner le sens ou la portee dvun texte, au
sujet duquel la Cour Supreme svest dejA pronong6e, pr6vaut.
Cvest le principle de la primaut6 de la loi et de sa souverainet6.

decembre 1967

##W### ##

















. -. .-




'"ij^Mi^BJJ








a Georges MOURELOS
Professeur de Philooepphie
a i'Universite de Salonique

Luxe, 6 salle 1 'ebene ou, pour seduire un roi L 9

Se tordent dans leur rmort des guirlandes celhbres, A
R
Vous n 'tes qu 'un orgueil menti par les tenebres T

Aux yeux du solitaire ebloui de sa foi
I
N
Stphane MALLAREi C
0
N par
N
U J. EPSTEIN




Le seul but, la valoeur supreme, le
Souverain bien v dans lethique de la connaissance, ce nest pas, avouons-le,
le bonheur de l'humanite, moins encore sa puissance temporelle -% son comfort,
ni mgme le ? cinnais-toi toi-meme V socratique, c'est la conn.L.s-nce obj-ativ;
ello-mnime.'

Tels sont les propos tenus par le professeur Jacqu s Monod, dana sa recent
legon inaugural, au College de France.


Mais les domaines ou la connaissance peut
atteindre llobjectivite sont rares. Sans doute, 1i originalite de ce que dit
Jacques Monod vient-elle du fait que connaltre nest plus consider conine ce qui
peut apporter, sinon la joie, du moins un apaisement.
Nous somires loin de Spinoza, selon lequel savoir la cause d'une tristesse
supprime celle-ci, ou de Goethe faisant dire a Torquato Tasso, dequ dans son
amitie, son amour :A' JPaccepte ma douleur pour la verite quielle enseigne.i'
La connaissance pour nous nest plus jamais serenity, mais tragedie.

Cela nT-st point precisement le problme
que nous nous proposons d1examiner. Le paradoxe de la connaissance contemporaine
peut se resumer ainsi. La perfection technique n'a pas pour autant accru les
regions du savoir oh le chercheur, ie savant, sont assures d'8tre objectifs.
Le travail demeure toujours passionnel, et nous sorrmes encore eloignes,ainsi que
le disait Gaston Bachelard, d'avoir libere la connaissance scientifique de nos
pulsions, de nos te.rreurs,de nos desirs.
Les sciences humaines ne sont pas reconnues conuie objectives par tous. Freud
pretendait, par la psychanalyse, constituer une science authentique de l1humain :
pourtant, & ce sujet, mrme et surtout au niveau des specialists, le desaccord
est frequent. L'analyse depasse-t-elle interpretation ?
Malgre les moyens don't il dispose, l'historien,egalenient,interpretera toujours
les 6venements. C'est un fait que nous somnies tres trial rinseignes sur les motifs
des situations don't nous sonmmes les te6oins, eventuellement, loxr4ue nous y
participons.
La medicine elle-inme n'echappe pas toujours aux risques de interpretation.
Malgr6 tout, si ce que nous designerons come "la marge d'objectivite" demeure
dans les disciplines de la connaissance objective, il existe un domaine d'oaL toute
certitude, a cet 6gard, est exclue : 1' ART .


Nous ignorons tout concernant les origins de
cette technique selon laquelle les homes de civilisation diverse, heterogenes,
ont innove des former, des structures visuelles ou sonores, apparemment inutiles
mais qui, n6anmoins, se sont maintenues.













7^ Georges Bataille, dans son etude sur les
grottes de Lascaux, situait les debuts de 19art aux environs de lPan douze mille
avant I1 ere chretienne. Date incertaine. De recentes d6couvertes peuvent tout
remettre en question, de mime quest controversee la date a laquelle lthomme
a fait son apparition sur terre. Chaque annee, quelque part, la decouverte d'un
nouveau squelette rend plus ancienne cette apparition. Et encore faut-il admettre
la combustion au carbon quatorze pour dpreciser" une date, de meme que cette
combustion pernet souvent de situer un objet don't nous ignorons 1iepoque.
Bataille presume que l'apparition de lPart est liea une tentative magiqie de
surmonter la mort, drassurer une victoire sur le temporel. Ii lie egalement
les premieres representations figuratives feminines a une magie de caractere
erotique. Le perissable devient duree. Yi.3 tout cela demeure au niveau des
hypotheses.


Sans doute, la relation de 1'art & la mort
est-elle concevable et les Egyptiens avaient inseparablement uni Part a leur
sens de l'inmmortali be.
Malraux ecrit qu'ils ont mrme Rinvente" l'inmmortalite. Avant lui, Hegel avait
ecrit, dans son Esthetique ...les Pyramides nous offrent,dans toute sa
simplicity, le tableau de lPart symbolique lui-rmme; ce sont dv'inmenses cristaux,
des forces exterieures creees par Plart, qui abritent quelque chose d'interieur,
mais d'une maniere telle quton a vraiment impression qu'elles ne sont la
que pour servir dvenceinte a cet interieur depouille de ce qu'il avait de
visiblement natural. Mais ce royaume de la mort et de Plinvisible ne present
encore qutun seul aspect, aspect formel du contenu vraiment artistique, celui de
la separation d'avec la vie concrete et visible; c'est un Hadbs, mais ce n'~st
pas encore un royaume anime d'un courant vital et qui, bien qu'eleve au-dessus du
sensible, serait celui de esprit libre et vivant. 1d


Dvautre part, 1'art Hindou, s'il exprime
la penitence et la purification, revele aussi la profusion, nous dirons mime
1' exuberance du reel. Signification strange dans une society don't la religion, la
philosophies ont souvent nie existence du monde exterieur, au nom dOune
conception de l'absolu qui suggere que tout ce qui existe, donc 19 Art, serait
decheance relativement au neant original.


II ne faut pas oublier que les Hebreux qui
niaient l'inmortalit6 de iv'me avaient banni lPart figuratif et cree 1'horreur
de l'Idole. Pourtant nous lisons dans l'Ancien Testament les splendeurs
du Temple edifie par Salomon. Peut-Atre slagit-il d'une symbolique : la nostalgia
du Paradis gaspille par la curiosite de l'humain. Le lien de l1art et de la mort,
stil ne peut 8tre nie, ne saurait totalement expliquer la technique, 196vocation
quest l'oeuvre dart puisqu'on peut proposer que l9obsession de la mort attire
vers la torpeur, la tuerie et interdix dLonc cette symbolisation quest la
representation, par l9objet ou la suggestion par le poeme.



Pourtant, il est ind6niable que le theme letal
se trouve dans Ivepopee, la tragedie antique ou contemporaine. Mais cela ne
r6sout guere le problem. Peut-etre represente-t-on theAtralement, litterairement
la mort, non point par pessinisme come le pretend Nietzsche, non pour liberer
une aggressivite qu'on nose affirmer par des actes ainsi que le dit Freud, mais
parce qu'elle demeure I'exp6rience ultime sur laquelle nous ne saurons jamais
rien d'exprimable.
Alors la representation de la mort serait regression, retour L l'inerte et, ici,
nous pourrions envisager de donner raison a Freud qui voit dans la vie un long
detour vers la mort. L'art est compensation pour tenter loubli de ia destruction.










Il serait facile de multiplier les inter-
pretations relatives a la genese secrete de l'art, conditionne dans son histoire,
come le dit Georges Mourelos, par un triple d4terminisme :
-le determiAisme sociologique : la society propose, exige meme
certaines formulations
-le determinisme morphologique : l'artiste est tributaire des
formes de son epoque, de son
milieu, qu'il les metamorphose ou s'y oppose totalement.
-le deterninisme psychanalytique : c'est au niveau de l'incor.-
scient que doit etre trouv6e
la surdetermination qui,en definitive, decide de toutes les
autres.
M is le schema de Georges Mourelos, essential, nous permet-il d'expliquer lvart ?


Claude Levi-Strauss, dans introduction
de son ouvrage 'le Cru et le Cuit", considere qu'un seul art est valuable : la
musique. Cvest meme, selon lui, l'art absolu Il critique dtailleurs la peinture
contemporaine; selon lui, elle nest qu'un jeu decoratif.
En droit, n'importe qui peut devenir poete, mais n'importe qui ne saurait 8tre
musicien. Carlyle ecrivait au sujet de Dante : I' The spokesman of ten silent
centuries. I H61lderlin demeure -affirme le psychiftre frangais G. Laplanthe -mun
des plus grands poetes du monde. Pour certain, le prestige de Rimbaud, de
Mallarme, reste sans equivalent. Et, apres tout, Claude Levi-Strauss aurait-il
jamais conqu ses it'Mythologiques", svil n'avait connu Shakespeare, Racine ?
L eQthnologue, 'a vrai dire, pose un problme quail declare lui-meme insoluble.


Comment devient-on musicien ? Si la plupart
des societes connaissent la musique, la polyphonie, rares sont les genies
musiciens. Je me limiterai a un seul example : Frederic Chopin
De tous les arts, la musique est celui qui depend le plus d'une tradition puisou''
il ne represent rien d'objectif. Nous connaissons les influences subies par Bach,
Mozart, Beethoven. Or, avec .Chopin, une utilisation neuve, insolite, du materiel
musical, apparait. Influences polonaises ? Certainement. Mais Ilexplication
est insuffisante. Chopin demeure le plus grand musicien polonais. Il est interes-
sant de se rappeler qu'il admirait Mozart et jouait chaque jour, de Bach, 'le Cla-
vecin bien temper ..."comme on prie".
Certes cela nous fait percevoir differemment son art, mais ne l'explique pas
de fagon exhaustive.
Ainsi voyons-nous que i'art nous demeure stranger dans sa manifestation originelle
lorsque nous voulons retrouver celle-ci au niveau de la creation individuelle.


L'art manifeste une autre enigme.Platon
exila lI poete de la Republique parce que, selon lui, la beaute n'apparaissait
jamais dans ITart. Affirmation singuliere & une epoque de perfection formelle,
d'apres certain, sans equivalent. Le beau cqest l'Absolu. Tout objet n'en est
qu'une copie et la peinture est alors une imitation d'une copie.
Dvautre part, le m&me home ne peut pas connaitre toutes les passions. Le
poete pique ou tragique est donc un Lystificateur. La Republique organisee a
partir de la Verite n'a nul besoin de lui.

Mais tous les auteurs n'approuvent pas Platon. Schopenhauer pense que par
I'expression artistique, la creation atteint l9idee ainsi que le developpa Hegel.
Heidegger estime que lart revele la reality travestie par la banalite quotidienne.
Sarte situait lart dans i'irreel d9o0 son pouvoir fascinant. Mais, plus tard
il a declare, concernant les techniques romanesques, que toutes etaient des
truquages. Et quel sens a lvart dans un monde oh la famine, le massacre sont
encore souvent des institutions ?
Dans "L'Espoir"' un personnage de Malraux dit :" A c6te des teaches de sang sur le
mur, les toiles ne tiennent plus.d' L'oeuvre se degrade, est monnaie de IlAbsolu.
Ainsi valsur-et beauteydamourent-elles relatives. Et a plus forte raison, concernant
les preferences: Conrad detestait Dostoiewsky, Roger Martin du Gard detestsit
Balzac. Tolstol a consacre un livre entier pour demontrer que Shakespeare n2etait










qufun niais et il etablit sa preuve sur l'incoherence total, d'apres
du Roi Lear"'. I
Pour Simone Weil cette oeuwe est une des plus grandiose de la literature.
Recemment une 6tude indiquait le role decisif de cette tragedie dans le
theatre, le lyrisme et le cinema contemporains.


Lfepoque actuelle est d'ailleurs une mise en tu.j
question de l'art qui va jusqu'5 la dislocation. L'artiste non-figuratif est
peut-etre de mauvaise foi puisqu'il nie Dlart au moment ou il veut itimposer
par la violence. Violence que 19on peut considered conmme regression ou conmme
vision d'un monde qui parvient a l'absolu par le desespoir. On pourrait Fairee
des remarques analogues sur la mrusique, la poesie. Et nous retrouverions ainsi
la relation origin destruction."


Mais I1art demeure inconnu sur un plan
encore different. Nous ne pouvons jamais acceder a l'oeuvre elle-meme. Nous
avons de lvart grec une vision erronee : les statues etaient peintes, les
temples barioles. L? art nous apporte un passe faux, puisque nous percevona
un objet present, prive de sa structure temporelle, spatiale meme.
Concernant les nouveaut6s, nous protons & ce que nous lisons, A ce que nous
6coutons, a ce que nous percevons, un sens different, selon notre situation,
nos problImes.

Dans n'Le chef d'oeuvre inconnu" Balzac
d6crit la tragedie de l'artiste qui, depuis des annees, travaille A un tableau
qui represent l'absolue reality d'un corps feiiiinin. Il consent a montrer ce
tableau surcharge de details infinis qui le rendent indechiffrablemonstrueux*,
a Porbus et au jeun* Nicolas Poussin. Reste seul, le peintre se 'suicide,
apres avoir brtle ses toiles. L'artiste n'est jamais reconnu.
Proust qui appreciait Balzac s'est sans doute souvenu de ce recit lorsque le
narrateur du "Tempo perdu" dechiffrant Tristan et Isolde, slinterroge sur
la signAfication O'un art qui ne doit sa valeur qu'a la perfection technique,
celle-ci degradant lloeuvre. L'artiste alors transformerait son art en
desespoir et vice-versa. C'est le theme de Mallarme qui, par la poesie, dit
Sartre,tient A distance l'univers qu'il meprise et cree une oeuvre decisive
pour les autres mais peut-8tre meprisee par lui, puisque liee A l'Univers, et
que toute perfection nest que la consequence, la chute d'un hasard.

Il y a davantage. Et cest sur cet example
que nous terminerons. Dans son roman "Le Docteur Faustus" TkOnas Mann
reprend le theme du pacte demoniaque. Adrien Leverkuhn aura vingt ans de genie
createur, a une seule condition : "Tu n'aimeras pas" Adrien trouve la condi-
tion derisoire. Il accepted. Pacte reel, symbolique. Adrien devient le plus
grand musicien de sonjtemps..(. Dans ce livre, Thomas Mann, ainsi que le fait
observer Georges Lukacs, a realise sans doute letude la plus valuable sur la
creation.) L'amour est done refuse A Leverkuhn. Ses amities, ses affections,
son authentique passion se terminent de fagon catastrophique. Il invite tous
ses anmis pour leur faire entendre, au piano, I'interpr6tation de sa dernibre
oeuvre inspire par l'Apocalypse. Adrien est meconaianable. Il est devenu fou.
Art sacre, art demoniaque. Art fonde sur le refus de l'Autre, mime s'il
stadresse A lAutre et, peut-etre, parce qu'il lui est destine.


Nietzsche qui aurait inspire le personnage
de Thomas Mann predisait, au debut de sa meditation, l'aneantisserment de
Dlart. Il ecrivit, avant sa folie, : "L'Art nous a ete donn6 pour que nous
ne mourrions pas de la verite." A supposed que ltart puisse nous proteger de
la verite, celle-ci est-elle absolue ? Et ntexiste-t-il pas au moins une
verite : celle de lart ?
Mais comment la connaitre ? Et la verite est-elle n6cessairement meurtribre ?


Jacques Epstein.












SLES CITATIONS

DE l? INFORMATEUR


AL2Universit6 dans une soci6t6
en voie de developpement .

par, Julius K. NYERERE (1)



(...) Je pense que la recherhce pure peut
8tre un luxe dans une society.
Peut-6tre suis-je incongru de poser une telle affirmation A occasion d'une
assemble universitaire, mais je dois la r6peter quand des Otres meurent
parce oue les connaissances acquises ne s'epanouissent pas en application; quand
les services sociaux et publics indispensables ne sont pas accessible & tous les
membres d'une collectivist, on doit dire alors que cette societe-lA utilise
mal ses resources si elle sTadonne a la recherche pure pour son propre compete.

(...) On trouverait un refus valuable A mon
affirmation dans le fait que, traditionnellement, 1iune des functions importantes
de l'Universit6 ait toujours consisted dans la recherche du pur eavoir d'un
savoir portant sur ce qui existe ou qui existera,au- seules fins dyen connaitre
davantage. Une grande parties de lvamelioration de ia condition humaine, en effet,
est le fruit de travaux effectues dans des Universites qui, apparemment n'etaient
guere preoccup6es par cette mgme condition humaine.
Je crois savoir que les scientifiques distinguent deux categories dans leurs
recherches : la recherche pure et la recherche appliquee. La premiere relive
normalement de lJUniversit6 tandis que la second selabore dans les Centres
industries et agricoles.
Les economists, par centre ne semblenet pas faire cette distinction; pourtant,
la lecture d'articles consacres par certain economistes A des estimations
toute theoriques et relatives & des facteurs incommensurables, une telle lecture
vous ccnVainc de ce que, pratiquement, on opere cette m8me distinction 1 Les
homes et les femmes qui s'attachent A la solution de probl&mes particuliers
dvordre technique ou sociql, peuvent utiliser et d6velopper parfois ces
donnees theoriques apparamment inutiles : il en result un immense progres pour
la comprehension de problems urgents aussi bien pour la personnel que pour la
communaute humaine.

Par consequent, je ne doute pas un seul instant de importance que revet, pour
lqhumanite, lvoeuvre qu'accomplit lUniversit6 en elargissant les frontieres
du savoir. J'irai meme plus loin j'affirmerai que les Universit6s des pays
en voie de developpement doivent aussi apporter leur contribution au monde, dans
cette direction. Dans nos jeunes regions, nous n'avons pas le droit de cr6er des
institutions du haut savoir qui se borneraient a recevoir. Elles doivent aussi
donner.

Cependant, come partout, il y a des
priorities : nous devons veiller a l'avenir immediat, au present d'aujourd'hui
nous devons assigned a 1lUniversite qui relive dune soci6te telle que la n6tre
ce qui, pour le monde don't nous sommes une parties, est presentement le plus
utile. Je suis convaincu que des Universit6s existant dans des pays comme
la Tanzanie ont, pour le moins, des tAches plugayrgentes qui solliciteront leurs
resources humaines et mat6rielles. Je ne crois quTelles puissent, au stade ou
elles se trouvent, se consacrer & ia "recherche pure" et au "savoir pour lui-mnme'm
sans negliger d'autres functions qui sont presentement plus importantes.


(1)Extraits du discours que le President de la Tanzanie fit, le 27 juin 1966,
a l'occasion de louverture de lassemblee g~nerale de lTEntraide Universitaire
mondiale, a Dar-es-Salaam. Traduction A. Louis, a partir du temxe anglais
public dans ?Presence africainea nr. 61, 1967 .

@0










(...) Il ne faudrait pas que llimportance
que jtattribue A certaines priopites en vienne A entrainer la suppression de ce
qui existe dejA. Dans une region en voie de d6veloppement, comme ailleurs, une
University n'aurait aucun draIt A son titre si elle ne contribuait pas a la
formation de ceux A qui il a 6et donn6 de r6fl6chir on doit 6duquer ces intelli-
gences; on doit aussi les pr4parer. Pourtant, que cela soit dans la recherche A
promouvoir ou encore dans la composition des programmes, les besoins de notre
pays doivent constituer le facteur determinant quels sont les problems
apparent6s a la discipline en cause ? quels sont les obstacles susceptibles de
handicaper la r6alisation dtune fin dinteret national ? comment les surmonter ?
y a-t-il une technique appropriate permettant d'atteindre les objectifs fondamen-
taux de la society ?
VoilA le type de questions auxquelles une university doit preter attention. Dans
ce domaine, professeurs et etudiants devraient cooperer avec le Gouvernement et
le Peuple.
Certaines personnel, indubitablement, contesteront lTaffirmation portant sur cette
collaboration entire l'Universit6 et le Gouvernement. Elles diront que la tache
de ltUniversit6 se limited & ltexpose de la v6rit6 et qu'elle doit ignorer les
autres imp6ratifs, les abandonnant & ceux qui, en dehors de lUniversite, en
accepteront ou en refuseront les consequences pratiques.
Cela reviendrait A dire que l1Universit6 pourrait et devrait vivre en divorce avec
la society. Cela impliauerait aussi qu'il y a automatiquement un conflict ouvert
avec le Gouvernement que le Gouvernement ne serait pas concern par la v6rite I
Ma conviction est que cette opinion est fondue sur une demi-verit6 et ouvelle
comporte de grands dangers et pour la Societe, prise comme tout,.e pour ltUniver-
sit6 elle-m6me.
J'admets parfaitement que la tache dOune Universite consiste A etre attentive
& la verit6 et que ses membres se doivent de ltexposer comme ils la voient, sans
tenir compete de ce que cela peut entrainer pour eux-m6mes. Mais notez bien
ltexpression sans tenir compete de ce que cela peut entrainer pour eux-memes V.Je
ne pense pas qulils peuvent le faire sans tenir compete de ce que cela peut
entrainer pour la Societ6.
Une Universit6 qui maintiendrait des oeillbres a ses professeurs et & ses
Etudiants ne servirait ni la cause du savoir ni les interets de la society dans
laquelle elle existe. Par centre, essayer d'aborder objectivement un problem
particulier et y appliquer une methode scientifique en vue de ltanalyser et d'en
traiter, clest tout un. Au contraire, aller jusquva affirmer que les incidences
pratiques sont negligeables, est absolument different. Ce que nous attendons de
notre Universite c'est, A la fois, une objectivity int6grale dans la recherhce de
la verite et un engagement effectif envers notre society un desir de la servir.

(...) II est hors de question, je pense, de supposed que la society pourrait
prog.'esser dans l'erreur, ou encore, que la v6rit6 serait A ce point depourvue
d'importance quton pourrait l'ensevelir dans les pages de livres, savants certes,
mais ignorants dtun people qui sastreint a reformer ses conditions de vie.

De fait, une Universite dans un pays en voie de developpement doit diriger la
pointe de son effort vers des sujets interessant. imm6diatement la Nation dans
laquelle elle est 6tablie ; elle doit tenir compete du people de cette Nation et
de ses objectifs humans. Cela est capital pour sa propre survive; c'est cela
qui,sous le seul angle de la vie et du developpement national, justifie les
prel6vements consid6rables effectu6s sur les resources de la Nation. La recherche
universitaire et, en particulier, les forces vives des chercheurs doivent etre
ouvertes sur la communaut6 par laquelle elles doivent se savoir concernees.

La recherche appliquee, some toute, nest qu7
un aspect du travail universitaire. Dispenser la connaissance a des etudiants ou
& d'autres membres de la society est tout'aussi important. Il ne suffit pas
cependant d'enseigner des faits. Les etudiants doivent apprendre A penser
scientifiquement; ils doivent etre initi6s A analyser les problhmes avec objecti-
vit6 et A appliouer les realities don't ils ont Ate instruits ou don't ils connais-
sent existence en function des problemes auxquels ils seront confronts plus
tard. Pour autant qu'une societe se trouve au stade dun changement accl6ere
- c'est la definition m8me dune society en voie de developpement il nest
guere rentable de donner aux etudiants des r6ponses aux problemes du jour le jour.
Ceux-ci ne sont utiles que come un tremplin dtentrainement; la valeur de












education universitaire ne s'e rivelera r6ellement que beaucoup plus tard,quand
les mgmes homes et les mtems femmes auront a. se mesurer avec des situations
deseureea jusqutici iasoupgonnees.
Encore une fois, le problem reel de nos
societies est dune autre espbce.
Les Universites du monde entier ont pour tache de stessayer a l'@ducation et
a l'6panouissement des intelligence de leurs etudiants. Les Univeraites
des pays en voie de developpement en ont encore une autre qui est, en quelaue
sorte, plus ardue.(...)

La bibliotheque, les residences, les sales de lecture etc..., qui s'etalent
sur le campus ont et6 conques afin d'aider les etudiants a y travailler
consciencieusement, en concentrant leurs forces sur 1etude et la r6flexion.
CTest parce que nous avons besoin de la jeunesse pour cette tAche que nous
avons fond 1' 'University College" et que nous lui avons consacre une part
impertante du revenue national.
Mais quiconque, partant de ce campus, se dirige vers les villages avoisinants5
quiionque parcourt le pays vers Dodoma ou vers Pare Hills constatera le
contrast entire les conditions de vie, ici, et celles dans lesquelles vit
la masse du people.
Or, le but A atteindre, en creant cette Universite, est pr6cism6ent de faire
notre possible pour transformer ces vies,opprimees par la pauvrete.

Nous ntavons pas construit des gratte-ciel, ici, pour que seuls quelques indi-
vidus privilegi6s puissent developper leur propre intelligence et pour que,
confortablement installs, dotes dtun stimulant intellectual, ils ne meublent
leur temps de travail et leur temps de loisir quten ne seinteressant qu'?
eux-m8mes.
Nous avons tax6 le people pour construire cette institution afin que ces jeuens
homes et femmes puissent un jour le servir efficacement. Il ntya pas d'autre
justification pour cet appel ecrasant adress4 & de pauvres paysans.


Comment le sens de cette responsabilite
pourra-t-il 8tre maintenu vivant pour toutes les generations d0etudiants qui
se succ6deront ici ?
Comment pouvons-nous faire en sorte qu'ils demeurent -ou deviennent- conscients
de leur devoir de participer activement A 12 elimination de notre pauvret6
national de telle sorte quails considbrent les eondi-tions qui lear-sont faites
come temporaires, dans leurs vies, et non pas come queque chose qui le.r
demeurerait dG ?
Tout cela, au fond, nest pas une question de
batiments; ceux-ci ne sont qu un support materiel pour plus dtefficacit6. Le
vrai probleme consiste & promouvoir, & renforcer et a orienter des prises de
positions sociales qui conduiront & l'avancement de notre society. Cornice ie
ltai d6ja dit, de pauvres societ6s comme la n6tre ne peuvent justifier les .
depenses encourrues par une Universite -de quelque type qu9elle soit- cue si
elle suscite un authentique d6veloppement de notre people. Les batiments ne
posent vraiment une question que parce quTils peuvent introduire un facteur
supplementaire de division entire les 6tudiants universitaires et la masse qui les
a envoys 6tudier. Pourtant ils ne doivent pas avoir necessairement cet effet.
Infiniments plus subtils et beaucoup plus difficiles A estimer sont les motifs
qui determinent reellement les 6tudiants a se considerer soit come une parties
integree d'une society sans classes, soit, au contraire, commune les membres d'une
l61ite alienee.

Dans nos soci6tes traditionnelles, chaque.
membre 6tait foncibrement conscient de son appartenance A la communaut6 -de ses
responsabilit6s envers les siens aussi bien que des responsabilit6s de ces
derniers envers lui. Tous les individus vivaient le meme genre de vie, une vie
austere ou la necessity de coop6rer stimposait conmme stimpose un fait. Les
institutions sociales favorisaient cette mentality d'interdependance qui faisait
parties de lfambiance dans laquelle chaque enfant grandissait.
Maintenant, par contre, nous arrachons nos enfants au cercle des leurs pour leur











donner 1iopportunite de suivry un enseignement secondaire qui, du reste, ne
stimpose pas pour chacun d'entre eux. Plus tard, nous commettons encore un
choix plus restreint et no)4 les envoyons A l'Universit6.
Cette manibre de faire ne nous a que trop souvent conduits & sortir Dlindividu
de sa communaut6 tout en lencourageant, simultandment, & s2astreindre a un
advancement tout individual : c'est en tant qu'individu qutil se sent contraint;
c'est-lui, et lui seul, qui apprend, qui lit, qui b6enficie de la chance d'avan--
cer.Cela est inevitable. Chacun d'entre nous est pourvu d'une intelligence dif-
ferente; en outre, la complexity dVune society moderne requiert des comp6tences
fort diverse, exigeant elles-mnmes un apprentissage individual diversifi6.

Mais comment pourrons-nous, A travers cette
course & la responsabilite individuelle, prot6ger,en m8me temps,les personnel
contre la pr6tention qu9elles auront de se consid6rer come des 8tres privil6-
gi6s qui s'attribuent le droit de formuler de fortes exigences A la society, en
retour des competences quvelles daigneront mettre a sa disposition alors meme que
cette soci6t6 est incapable de les leur fournir ?
Que peut faire, en particulier, une Universite pour stassurer que ses etudiants
se considerent eux-memes come des 1apprentis au service" ?

Dans un pays en voie de d6veloppement, ctest
la l1une des t&ches la plus vitale et Ja plus difficile.
Pour un petit nombre dtetudiants, cet apprentissage sera presque inutile : ils
trouvent normal de travailler avec leurs-.oncitoyens dans le cadre du "Service
Na4-ional", dans des postes retires. Mais ce nest helas t pas le cas de tous. Il
existe, en tous les cas, pour tous les 6tudiants, la tentation de se considerer
come un group invest de droits mais sans responsabilites. Nous avons vu
de nombreux etudiants revendiquer des conditions d'etudes, toujours meilleures,
des avantages toujours augments. Quand surgissent les appeals au Service National
ils demandent d'etre traits differemment des autres, non point pour donner
davantage dveux-memes, mais moins .
Ce qui est., en outre, plus grave, cest qu'ils se comparent individuellement et
collectivement aux etudiants des Universit6s des pays developpes; si leur
condition est alors moins bonne ou si leur bourse dvetudes est plus modest, ils
6prouvent un certain ressentiment. Pendant ce temps les masses oontinuent de
vivre avec un revenue annuel, et par tete, de 20 Livres. (1)


Une Universite situee dans un pays come la Tanzanie doit savoir computer avec
ses problemes; elle doit avoir present ladage :'Medecin gueris-toi, toi-mnmeig.
STil est vrai que seul un effort coordonne pour le developpement pourra conduire
A la transformation des pays en voie de developpement, il est non moins
incontestable que los Universites de ces pays, leurs professeurs et leurs
6tudiants, doivent, pour cette meme t&che, unir leurs efforts A ceux de la
society.
Cela ne pourra se faire que si, hommes3et feimes, les universitaires reconnais-
sent leur identity fonciere avec.epurs compatrioteso cela npe pourra Ze faire-que
si les universitaires se replongent dans les collectivies,dvot ils sont issues,
pour les transformer.

Il y a bien des manieres pour restaurer ou
resserer les relations entire etudiants universitaires et autres membres de la
soci6te ; camps de travail, chantiers de vacances, Service National,volontariat...
constituent autant de voies valables pour contribuer a la solution du problem.


(1) 20 Livres 6galent approximativement 5.600 frcs rwandais.-La bourse mensuelle
accord6e par le Gouvernement rwandais a ses etudiants est, mensuellement de
4,500 frcs rwandais.-Au Rwanda, le revenue annuel et par tete est de 4,300 frcs .rw.
environ. (Note du traducteur)










Il restera autrement toujours une difficultY, a moins que toute l'athmosphere
de l'Universit6 soit celle de prestations reciproques entire tous. ses membres;
a moins que, en d'autres term l'attitude dominant soit celle que command
le sens de la responsabilit6fenvers la society.
Mais que cela ne se fasse pas avec l'id6e dT aiderr les pauvres". Cette
arrogance nta pas sa place en Tanzanie, en aucun cas. Il doit plut6t sagir
de la volont6 de travailler,en autant quail a quelque chpse A faire, 4ux c6tes
et avec la communaute, jusqula ce qu'il nV y ait finalement pas plus de
difference entire un licenci6 et un illetre qu'il n9 y en a entire le menuisier
et son compagnon, le boulanger.

Licencids et illettres aoccpteront des lors leute t~ches respectives come
distinctes et comme constituant des demandes.'diverses a leur endroit en tant que
repr6sentant, chacun L sa nianiere, les parties d'un m8me tout.


Dans un pays en voie de developpement, le -6le
d'une Universite doit contribuer a susciter des id~es et de la main dtoeuvre, a
servir afin de faire progresser une egalite, une dignity et un developpement
toujours plus human.

J.K. NYERERE










ne donnez pas
tant que vous nttes pas sir
que ce que vous donnez
tombera dans un cosur.

ne demandez pas
tant que vous n?5tes pas str
que ce que vous demandez
peut vous 8tre done .

mefiez-vous de toute generosity,
defiez-vous dfou qu'elle
vienne.

le don de soi.est encore une
forme de suicide.



tchicaya u tam'si





mhHi lltif
1ii 4ii j, 1 171 1,



L'informateur de lUniversit6 Nationale
du Rwanda
Secretariat G6neral de 19UNR
Butare, B.P. 117 (Rwanda)