Samana et ses projets de cession; 1844-91: by A. de Dt.-Mérant, 142p, Paris,

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Samana et ses projets de cession; 1844-91: by A. de Dt.-Mérant, 142p, Paris,
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Paris, Marchal et Billard, 1896

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5-multi-jur-1896

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Yale University
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SA MANA

ET


SES PROJECTS DE CESSION


1844-1891

Par A. de St-MERANT

S ........ Malgrd tous. 1894
Art. 3 Les deux parties contractantes s'obli-
gent a maintenir, de toute leur force, de tout
leur pouvoir, I'intdgritW de leurs torritoires
respectifs, a ne cdder, compromettre ni alie-
ner en faveur d'aucune puissance ktrangdre,
ni le tout, ni aucune parties de leurs terri-
toires, ni des lies adjacentes qui en depen-
dent.
Elles s'cngagent 6galement a ne solliciter
ni consentir aucune annexion, ni domination
6trangere.
Traitd de paix, d'amiti6, etc., entire la
Rdp. d'Haiti et la Rdp. Dominicaine (1874),


PARIS
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE GiNftBALE DE JURISPRUDENCE
MARCHIAL ET BILLARD, Editeurs
LIBRAIRES DE LA COURT DE CASSATION
Mason principal : Place Dauphine, 27
Succursale: Rue Soufflot, 7
1896
Tous droits rdservds




"4
ii
I'7$,
I
I


4 p














SAMANA
ET
SES PROJECTS DE CESSION (1844-1891)










SAMANA

ET


SES PROJECTS -DE CESSION


1844-1891

Par A. de St-MERANT, ,-./ e

Malgrd tons. 1894
Art. 3 Les deux parties contractantes s'obli-
gent a maintenir, do touted leur force, de tout
leur pouvoir, 1'intdgrite de leurs territoires
respectifs, a ne cIder, compromettre ni alid-
ner on faveur d'aucune puissance dtrang6re,
ni le tout, ni aucune parties de leurs terri-
toires, ni des miles adjacentes qui en ddpen-
dent.
Elles s'engagent Igalement a no solliciter
ni consentir aucune anncxion, ni domination
dtrangbre.
Traild de paix, d'amitid, etc., entire la
Rdp. d'Haiti et la Rdp. Dominicaine (1874).


PARIS
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE GENERALE DE JURISPRUDENCE
MARCHIAL ET BILLARD, Editeurs
LIBRAIRES DE LA COURT DE CASSATION
Maison principal : Place Dauphine, 27
Succursale: Rue Soufflot, 7
1896
Tons droits reseryds















11 est inutile de faire preceder cette 4tude d'une
introduction ou d'une preface.
Tout le monde sait que Samana est une langue
de terre formant une presqu'ile d'environ 1000 ki-
lom6tres carries, de 85 kilom6tres de longueur et
de 10 A 14 de larger, et qu'elle se trouve, au
nord-est du territoire de la Republique domini-
caine. La plus grande parties de ses habitants (1)
parent couramment le crdole haitien et un dia-
lecte anglais, particularity 6tonnante qui con-
traste beaucoup avec les regions avoisinantes
of 1'on ne s'exprime qu'en espagnol (2), et qui
constitute un document vivant du passage des
haitiens (1822-1844) et des anglo-am6ricains
(1869-1873).
L'entree de la baie est tres 6vasee. Mais ce qui

(1) La population g6n6rale du District maritime s'el6ve seu-
lement a 6.000 ames. La ville de Samana n'a pas 2,000 habi-
tants.
(2) A la frontiere, A St-Jean, Neybe, Banica, Las-Matas, Ba-
rahona, A Lanavor, et meme A San Cristobal pros de la ville
de Santo-Domingo, on parole beaucoup le creole haitien.







6 SAMANA
en facility la defense c'est que toute sa parties
miridionale est couverte d'un banc d'dcueils qui
manage une passe fort 6troite pros de Punta Ba-
landra, de sorte que, en fortifiant ce promon-
toire et l'ilot Cayo-Levantado qui se trouve en
face h une portee de fusil, on rend impossible
l'acces du bassin. Les vaisseaux qui s'y trouve-
raient seraient complktement d 1'abri d'une sur-
prise de la part de l'ennemi, mais pas des coups
de vent. En effet, un courant atmosphdrique,
tres prononce A cause du systeme orographique
de la contrde, s'y engouffre et produit souvent
de violentes tempetes; les navires ne peuvent
alors trouverun abri que dans le port meme de
la ville de Samana ou dans la baie de Las-Per-
las (appelee aussi baie de St-Laurent), situde
presque en face de celui-ci sur la c6te meridio-
nale.
Santa-Barbara de Samana et Sanchez (Las-
Canitas) les deux ports de la presqu'ile ouverts
au commerce du monde, sont les plus fr6quen-
tes de la Rdpublique dominicaine. Depuis quel-
que temps cependant Santa-Barbara de Samana
est delaiss6e pour Sanchez, qui prend beaucoup
d'extension a cause du chemin de fer (1) qui le
(1) Ce chemin de fer d'environ 100 kilometres de longueur,







ET SES PROJECTS DE CESSION 7
relie a la plaine de la Vega. Les autres points
dignes d'une mention sont: Sabana-la-mar, oii
se trouvent les grandes plantations de figures
bananes, appartenant aux Americains et Santa-
Capuza, remarquable par ses bains de mer et
ses cocotiers.
Les rumeurs de cession, en faveur des Amdri-
cains du nord,repandues dernibrement,nous ont
port h tudier l'histoire de la presqu'ile. Cette
etude part de 1844. Grace a nos relations, nous
avons pu no-us procurer plusieurs documents
inddits que nous livrons h la publicity et h la
meditation des Haltiens don't 1'autonomie est
gravement compromise par la tendance on ne
peut plus marquee du gouvernement de Santo-
Domingo, pas du people dominicain, A consen-
tir des cessions de territoire h des puissances
ou a des syndicats strangers.

est 1'ouvrage d'une compagnie 6cossaise qui en a obtenu
la concession en 1880.













SAMANA

ET SES PROJECTS DE CESSION,
1844-1891






CHAPITRE PREMIER

Propositions de cession faites A la France en 184i. Le
consul francais A Santo-Domingo. Ses actes. Son rap-
pel

Boyer venait d'abdiquer, Herard arrivait au
pouvoir. Le parti de la < Rdforme >>, avait essay,
(1843) de concert avec les rdvolutionnaires du
Camp-Pdrin, de modifier A Santo-Domingo I'd-
tat des choses 6tabli. Cette tentative avort6e
d'ind6pendance, ne fit que fortifier momentand-
ment la puissance des autorit6s haitiennes. Mais
tandis que ces 6venements se passaient dans
l'Est, les d6put6s Baez, J. X. Abreu, Delmonte,
Valencia et Tejera se d6menaient au Port-au-







10 SAMANA
Prince dans le but de profiter de l'anarchie pour
amener une scission entire la parties espagnole et
la parties francaise d'Haiti. Presque tous les de-
putes de l'Est partageaient ces id6es.
Ils virent M. Levasseur, consul general de
France au Port-au-Prince et obtinrent de lui la
promesse formelle de les soutenir. Pour 1'in-
teresser, ils lui proposerent ]a cession de Sa-
mana et ses environs.
Ils farent si imprudents que le gouvernement
ne tarda pas A 6tre au courant de leurs menses.
Mais au lieu d'agir avec vigueur, de demander
le rappel d'un consul qui enfreignait si ouverte-
ment les regles du droit international, il donna
le temps aux diputes sdparatistes de se sauver
et au consul Levasseur de disposer la France en
faveur de la future scission.
II itait bien facile, nous parait-il, de faire en-
t endre au gouvernement frangais que, s'il pretait
la main a un pareil acte, le service de l'indem-
nit6 de quatre-vingt-dix millions de francs serait
suspendue et les relations commercials inter-
rompues : les parties politiques de l'dpoque sacri-
fiUrent l'interet national a leur interet personnel.
En vue des 6venements qui allaient se passer
dans I'Est, le Ministre des affaires ktrangeres







CHAPITRE PREMIER 11
de France envoya A Santo-Domingo M. Juche-
reau de St-Denis en quality de consul. Le gou-
vernement haltien commit une nouvelle faute en
lui accordant l'exequatur.
Le nouveau consul ne tarda pas A devenir le
directeur des conspira-teurs. Tandis qu'il les
poussait a la r6volte, il intimidait le faible gd-
ndral Desgrottes, commandant du department
de l'Ozama. II lui fit entrevoir que la resistance
6tait inutile, qu'Haiti, plongde dans la plus
grande anarchie, ne pouvait le soutenir: il se
posa en mddiateur et regut le 28 f6vrier 1844 la
capitulation de l'autorit6 haltienne (Voira l'ap-
pendice le document no 1).
La France cependant ne se d6cidait pas tout
A fait en faveur du protectorat que les revolution-
naires demandaient A grands cris, mais permet-
tait a ses agents de prater leur concours aux
rebelles. Ainsi l'amiral Desmoges, chef de la
station navale des Antilles, qui se trouvait en
croisiere pros des c6tes dominicaines, ayant ap-
pris qu'un navire de guerre haitien s'6tait em-
par6 des deux go6lettes dominicaines armies en
guerre, < la Josefa > et < la Virgen de las Dolo-
res >, s'empressa de concert avec le consul de St-
Denis do delivrer les deux bitiments insurges.







12 SAMANA
AprOs cet exploit, I'amiral quitta ces parages
laissant en station, a Santo-Domingo et a Sa-
mana, le brick < Euryale > et la corvette < la
NaIade >, don't nous venons de raconter un fait
d'armes. La < Ndr6ide > et le < Genie > les rele-
verentbientot (1844-1845). On parlait alors, avec
enthousiasme, d'annexer le pays h la France
(Voir A 1'appendice le document no 2).
L'Angleterre, cependant, vit d'un mauvais ceil
cette ingerance dans le conflict dominicano-hai-
tien. Son ambassadeur a Paris ne manqua point,
d'ordre de S. M. B., de presenter au gouverne-
ment frangais des observations sur cette inter-
vention trop active et surtout trop matdrielle. Le
cabinet de St-James n'agissait ainsi ni par sym-
pathie pour les Haitiens, ni meme a 1'instigation
de leur gouvernement, mais bien par la crainte
de voir la France s'installer A Samana. Les na-
vires frangais furent done rappelds, le consul
St-Denis disavou6 et remplacd par M. Victor
Place. Celui-ci sans prendreune part active dans
la guerre centre les Haitiens, procurait toujours
aux Dominicains tons les secours possibles.
C'est vers cette 6poque que M. Robert Schom-
burgk, le premier consul anglais, arriva a Santo-
Domingo.







CHAPITRE PREMIER 13
Les bateaux de guerre franqais ne cesserent
point cependant de croiser rdgulierement dans
les eaux dominicaines: la < Blonde ), le < Hus-
sard >, le < Styx >, dTbarquerent meme, assure-
t-on, des armes sur les c6tes meridionales A
1'insu de 1'agent de S. M. B.
Sur ces entrefaites la Junte charge du pou-
voir executif et presidee par Thomas Bobadilla
et Manuel Jim6nez, livrait le gouvernement au
general P. Santana, qui venait d'etre proclaim
President de la Rlpublique (11 novembre 1844).










CHAPITRE II


Les missions dominicaines A 1''tranger. Santana et les Etats-
Unis. Secours donn6s. Rupture des ndgociations domi-
nicaines relatives A la cession de Samana au gouvernement
amiricain.

Tandis que les uns voulaient absolument 1'an-
nexion ou le protectorat frangais, les autres sol-
licitaient des secours aupres des autorites es-
pagnoles en leur promettant de se placer de
nouveau sous le giron de 1'Espagne. Lopez de
Villanueva f6Lt charge officieusement de cette
derniere mission. II vit tout d'abord le consul
espagnol it Kingston (Jamaique), qui s'empressa
de donner communication de ces projects au gd-
neral Ger6me Valdes, capitaine g6ndral de File
de Cuba. Celui-ci rdpondit au consul de ne fair
aucune promesse formelleA l'envoyd dominicain,
de 1'entretenir cependant jusqu'A ce qu'il eut le
temps d'en informer la cour de Madrid et d'en
recevoir les instructions. En attendant il lui en-
joignait de s'efforcer d'avoir des nouvelles cer-
taines sur les 6v6nements qui se passeraient A
Santo-Domingo.
L'Espagne, trop occup6e chez elle, ne pouvait







CHAPITRE II 10
jeter les yeux vers son ancienne colonie. De plus
le nouveau gouverneur de Cuba, le general LUo-
pold O'Donnel avait insinu6 d ]a reine Isabelle II
qu'il ne lui convenait pas d'acquerir de nouvel-
les possessions en Am6rique.
Le gouvernement dominicain ne se decoura-
gea point. Santana envoya des agents (le 11 jan-
vier 1845), au comte de Mirasol, capitaine gen6-
ral de Puerto-Rico, qui s'empressa d'apprendre
A la Cour de Madrid les dispositions d'esprit de
ses anciens sujets. Le comte conseillait de ne
pas enterrer la question d'annexion ou de pro-
tectorat, de formuler tout au moins des r6ser-
ves aupres du gouvernement frangais. Ce conseil
fut suivi. M. Martinez de la Rosa, ambassadeur
d'Espagne d Paris fut charge de les formuler.
Cette declaration diplomatique alarma le gou-
vernement des Etats-Unis d'Amerique. M. Jose
Maria Caminero se trouvait alors A Washington
et travaillait A la reconnaissance de la Republi-
que dominicaine. M. Calhoun, secrdtaire d'Etat,
insinua a M. Calderon de la Barca, ministry
pl6nipotentiaire d'Espagne, que le cabinet de
Madrid, la France et les Etats-Unis devraient
reconnaitre le nouvel Etat, afin de ne pas 6veiller
l'esprit d'independance dans les autres colonies







16 SAMANA
espagnoles des Antilles, ce qui arriverait infail-
liblement si la lutte se prolongeait indifiniment
entire les haltiens et les dominicains. Cette pro-
position fut repoussee. Peu de temps apres, en
effet, le gouverneur de Puerto-Rico, le comte de
Mirasol, le nouveau capitaine gendral de 1'ile de
Cuba, le comte d'AlcoY et le ministry Calddron
de la Barca regurent 1'ordre formel d'dconduire
les agents dominicains et de ne plus s'occuper de
leurs propositions relatives au protectorat, a la
cession de Samana, on h I'annexion (1846).
Inform de cette decision, Santana s'empressa
de depicher en Europe une mission diplomati-
que composee de Buenaventura Baez, Jean Est6-
ban Aybar et Jose Maria Medrano. Elle se rendit
d'abord en Espagne (fin de 1846). Les commis-
saires dominicains y rencontrerent des difficul-
tis insurmontables quand ils firent savoir que
1'objet de leur demarche 6tait de solliciter la pro-
tection du gouvernement espagnol dans la guerre
qu'ils soutenaient contre les Haitiens. Un refus
cat6goriquedeleur venir enaide les portah passer
en France et de 1l en Angleterre qudmander tout
au moins la reconnaissance de la Rdpublique do-
minicaine, si ces deux puissances ne voulaient
pas du protectorat on d'une cession quelconque







CHAPITRE II 17
de territoire (1847). Sur leur rdponse negative,
un agent dominicain partit immediatement pour
les Etats-Unis porter des instructions a M. Ca-
minero. C'est aux instances de celui-ci, que le
gouvernement des Etats-Unis confia a M. John
Hogan la mission d'aller visitor la parties espa-
gnole d'Haiti en rebellion contre I'autorit6 1lgi-
time Rtablie au Port au Prince et d'en faire un
rapport detaill6. M. Hogan arriva a Santo-Do-
mingo, oft l'on s'empressa de lui fournir toutes
les donnees necessaires.a son travail: son rap-
port fut tres favorable aux dominicains. Mais le
President James Polk, A qui il fut prdsentd, ne
crut pas le pays assez riche et suffisamment
peupl6 pour former un Etat independant: il re-
fusa de le reconnaitre.
Depuis la mission de M. Hogan, le gouverne-
ment amiricain 6tablit une croisiere sur les c6tes
dominicaines. Vers la fin de 1847 le brick de
guerre < Purpose >>, commandant Porter, depuis
amiral et ministry de la marine du Prdsident
Grant, vint stationner dans la baie d'Ocoa, ofi
il 6leva mime des retranchements pour repous-
ser les troupes haltiennes en cas d'attaque. Puis
il explore toutes les c6tes et la baie de Samana.
Cependant la France, malgrd sa reponse aux







1 SAMIANA
commissaires dominicains et sa promesse au
gouvernement haitien, admit la b ellig6rance des
revoltes et mnme conclut avec eux un trait d'a-
mitid, de commerce et de navigation (1848).
Sur ces entrefaites la guerre civil dclata A
Santo-Domingo, deux parties s'y disputaient le
pouvoir : les amis du President Santana et ceux
du general Jimenez. Les premiers chercherent
un appui dans le protectorat franpais, malgr6
l'insucces de la mission de 1846, A Paris. Le con-
sul franeais, M. Victor Place, admit la proposi-
tion et envoya A la Martinique son chancelier,
M. Malespine, chercher l'amiral commandant
la station des Antilles, qui refusason concours,
convaincu que le protectorat ne serait point ac-
cept6 en France.
Les actes arbitraires du President Santana lui
alidnerent les sympathies de ses concitoyens.
Voyant que les executions sommaires, qu'il eut
la faiblesse de permettre, allaient provoquer la
guerre civil, il descendit du pouvoir. Jiminez,
son rival, fut Olu president (1848).
En cette annie (1848) arriva dans les eaux de
Santo-Domingo la frigate < Raritan ,, qui prd-
ceda M. Green fils, arrive d la capital domini-
caine vers le commencement de 1849. II 6tait







CHAPITRE II 1U
muni des pleins pouvoirs pour traiter avec le
gouvernement. L'objet de sa mission n'ajamais
transpire. Si M. Green n'eut aucun succes, il faut
en rendre grace au consul anglais M. Schom-
burgk.
Cependant Jimenez ne resta pas longtemps au
pouvoir. Ayant W6t malheureux dans une attaque
contre les Haitiens pros d'Azua, il fut accuse de
trahison et contraint de s'embarquer pour Cura-
gao. Espaillat fut alors nommd president. Mais
ayant donn6 sa admission peu dejours apres son
installation, le general Buenaventura Baez fut
6lu premier magistrate de la Republique (1849).
L'annee suivante (1850), l'Angleterre signait le
traits de commerce, d'amiti6 etdenavigation pro-
pose depuis si longtemps par le gouvernement
dominicain.
Le nouveau Pr6sident rdsolut de demander
1'intervention diplomatique de l'Angleterre, de
la France et des Etats-Unis, dans le conflict domi-
nicano-haitien. Elle eut lieu sans amener aucun
r6sultat favorable aux scissionnaires de l'est.
Alors Baez, voyant qu'aucune nation euro-
ropdenne, pas plus que les Etats-Unis, ne vou-
lait proteger efficacement la jeune R6publique,
rdsolut, apres entente avec le consul anglais,







20 SAMANA
M. Schomburgk, de faire au gouvernement hal-
tien des propositions avantageuses capable d'a-
mener Haiti A composition. Le meme consulfut
charge de remplir cette mission pros le gouver-
nement de Soulouque. II se rendit au Port-au-
Prince et insinua au Ministre des affaires 6tran-
. geres que son gouvernement pourrait reconnaitre
le nouvel Etat qui lui c6derait en retour les terri-
toires comprenantles districts de St-Jean, de Las-
Matas, de Neybe et de Montecristi (1852).
L'Empereur refusal: il continue la guerre.
Son mandate pr6sidentiel ayant pris fin, Baez
descendit du pouvoir, Santana lui succ6da (15 f6-
vrier 1853).
Sur les ddmarches des agents de celui-ci,
M. Marcy, secretaire d'Etat du President Fran-
klin Pierce, se decida A envoyer h Santo-Do-
mingo (1853), le general Cazeneau pour recevoir,
moyennant une redevance annuelle, le bail ou la
cession de Samana. Le gouvernement amiricain
pensait yetablir une station navale pour sa ma-
rine de guerre et un entrep6t pour son com-
merce.L'envoy6 amiricain 6taitporteurd'un mil-
lion de dollars pour payer les premieres annuitts.
Le President Santana concida tout ce que
Cazeneau lui demand. II permit au vaisseau de






CIIAPITRE II 21
guerre amdricain < Columbia > commandant
commodore Thomas Newton, de se rendre a Sa-
mana, ofi le general Mac-Clellan pratiqua des
sondages, reconnut les avantages qu'on pouvait
tirer de cette magnifique baie et choisit les points
qu'on devait occuper et fortifier. Un traits s'en
suivit, don't on ignore le texte.
Le consul anglais, M. Schomburgk, fittout son
possible pour interrompre les negociations. Son
exaltation gagna les officers du vaisseau de
guerre anglais < l'Argus > qui 6tait en rade de
Santo-Domingo, A tel point que des difficulties
s'en suivirent avec les marines am6ricains du
navire < Louisa 'X. Des coups de feu furent
changes sans rdsultat bien grave.
M. Schomburgk informa sans perte de temps
le gouvernement de S. M. B. de ce qui se passait
a Santo-Domingo. Lord Clarendon fit part au
gouvernement dominicain de la surprise que lui
procurait cet acte de cession, selon lui, prdjudi-
ciable aux interets politiques et A l'inddpendance
de la jeune Republique.
Comme le general Santana avait obtenu pen-
dant les negociations de ladite cession la pro-
messe que les Rtats-Unis repousseraient toute
protestation qui viendrait d'Haiti, de France,






22 SAMANA
d'Angleterre ou d'Espagne, relativement A Sa-
mana, plusieurs navires de guerre americains
statioiinaient sur les c6tes dominicaines.
Sur ces entrefaites le consul general de France
pros le government haltien, M. Maxime Ray-
baud, arrive a Santo-Domingo, s'unit au consul
anglais, et protest centre le trait de cession
dominicano-americain. Santana, faiblement
soutenu par les Americains, ceda aux efforts
combines des deux agents: la convention fut
annulde. Cette decision calma les esprits. Com-
prenant alors qu'il ne pouvait point computer sur
les Yankees, il d6picha (decembre 1853) secr6-
tement en Espagne le general Mella avec la mis-
sion speciale de solliciter de nouveau le protec-
torat de la monarchie espagnole ou, A son defaut,
la reconnaissance de l'ind6pendance de la Re-
publique. Le 16 mars 1854, le secretaire d'Etat
des affaires 6trang6res espagnol informa son
gouvernement de la mission de Mella et insinua
au President du conseil que non-seulement le
gouvernement devait repousser tout project de
protectorat, mais aussi la reconnaissance de
l'independance du nouvel R tat. Le comte de San
Luis appuya cette declaration en concluant
que 1'une ou P'autre decision micontenterait






CHAPITRE II 21
les Etats-Unis et surtout les Cubains esclava-
gistes, tres puissants h la cour. Par sa note du
9 mai 1854, le gouvernement espagnol signifia
A 1'envoy6 de Santana la resolution royale. En
quittant 1'Espagne, Mella essaya, sans succ6s,
d'obtenir la nomination de simples agents com-
merciaux.
Cependant l'annee suivante (1855) d6barquait
h Santo-Domingo, M. Sigovia, consul general
d'Espagne, qui accept le project de protectorat
prec6demment pr6sent6 au gouvernement de
Madrid. Maig le congr6s refusa de le ratifier.
Un traits de paix, d'amiti6 et de navigation fut
seulement conclu:
La cession de Samana en faveur des Ameri-
cains bien que rapportee et le project manque de
protectorat espagnol, surexciterent l'opinion pu-
blique contre le gouvernement. Plusieurs points
de la Ripublique prirent les armes, mais San-
tana eut raison de ces movements ; les execu-
tions sommaires et les proscriptions disolerent
le pays. Puis la pression militaire devint si forte
et le recrutement des citoyens distingues s'exer-
qa avec tant de violence A la capital que tout le
monde court s'inscrire en masse aux consu-
lats strangers et surtout au consulate d'Espagne.






24 SAMANA
Santana s'effaca alors laissant le pouvoir an
vice-president de la R6publique, Rdgla Mota.
Le pouvoir du nouveau chef d'Etat fut 6phemere
(1855 1856).
Baez prit les armes et s'imposa (1856). Mais h
peine Rtait-il maitre du premier poste de la na-
tion, qu'il eut A latter centre ses propres parti-
sans. II finit par leur ceder le terrain et s'embar-
quer pour lPtranger (1858).
Jos6 Valverde lui succeda. L'annie suivante
(1859) une revolution 6clata.
Satana, pour la troisieme fois, se faisait nom-
mer dictateur (1859-1861).
Des lors il travailla h 1'annexion espagnole
de concert avec le consul Segovia.
< Preparde en secret, dit J. G. Garcia, Coin-
> cidencias historical, 1'annexion espagnole,
> comme ceuvre d'un parti politique .... eut,
> depuis le commencement jusqu'a la fin, le
> caractere d'une revolution officielle, exiculte
> par le personnel du gouvernement contre 1'au-
> tonomie national du pays qu'il 6tait appeal
)) sauvegarder. Les pronunciamientos parti-
> rent des casernes et des bureaux de places ;
) quand les citoyens vinrent A se rendre compete
> de certaines rumeurs repandues, depuis long-







CIAPITRE II 25
> temps, mais toujours dimenties par Santana
> et ses agents, qui se donnaient comme grants
> del'autonomiepolitique delanation,dont San-
> tana aimait A se dire le libdrateur, la Rtpubli-
> que dominicaine avait disparu du concert des
> peuples libres ..... > (18 mars 19I;1).
En recompense de sa trahison de 16se-patrie,
'Santana regut de la Cour de Madrid la croixd'Isa-
belle II et le marquisat de Las-Carreras(1861).
Malmen6 plus tard par les Espagnols, il mou-
rut de chagrin selon les uns et d'apres d'autres
empoisonn6 par les agents de la m6tropole.
La mort de Santana fit le signal d'une insur-
rection gnd6rale cofitre l'autorit6 espagnole.
Baez, Sanchez et plusieurs autres proscrits
accoururent de l'etranger diriger le movement
insurrectionnel. La Rdpublique d'Haiti se mon-
tra gendreuse et aida puissamment, malgrd les
menaces de l'escadre espagnole stationnant en
rade de Port-au-Prince, les patriots domini-
cains A detruire la domination castillane. Apres
des vicissitudes sanglantes, le territoire fut
6vacu6 en 1865. La meme annee Baez fut Olu
president. L'ann6e suivante le gnderal Jos6 Ma-
ria Cabral se soulevait contre lui et s'emparait
du pouvoir qu'il conserve jusqu'au commence-
ment de 1868.











CHAPITRE III


Cabral et Baez. Nouvelles n4gociations relatives A la ces-
sion de Samana. Propositions d'annexion faites aux Etats-
Unis. Opposition du gouvernement haitien. Le senateur
Sumner au Congres am6ricain. Chute de Baiz.

Sous la presidence du general Cabral, le gou-
vernement dominicain renoua, avec les Etats-
Unis, les negociations relatives d la reconnais-
sance de l'independance de la Republique. Un
traits d'amitiM et de navigation,s'en suivit(1867).
La meme annie, le navire de guerre << Guest-
tisburg> arriva au portde Santo-Domingo ame-
nant A son bord M. Frederic Sward, fils du se-
cretaire d'Etat du meme nom (1867).
Celui-ci charge M. Smith, consul des Etats-
Unis A Santo-Domingo de presenter au gouver-
nement ses propositions relatives an bail de Sa-
mana pour une p6riode de cent ans moyennant
cent mille dollars par an et d'insinuer que les
cinq premieres annuitis, soit cinq cent mille
dollars 6taient A la disposition de l'tat.
Le Congres refusa de sanctionner cet acte de






CHAPITRE III 27
cession ddguisde et le Ministre de la Justice,
M. J. G. Garcia, donna sa admission pour ac-
centuer son opposition. Le gouvernement rejeta
le project. D'ailleurs le president Cabral n'en
voulait pas personnellement.
La tyrannie de Cabral ne tarda pas a indispo-
ser le people contre son autoritd. Au mois d'oc-
tobre 1867 6clata une revolution formidable
contre le gouvernement qui se trouvait ddpourvu
de toutes resources. Dans cette occurrence, il
resolut d'envoyer A Washington, malgrd l'op-
position de plu'sieurs membres du congres, le
Ministre des Finances, M. Pablo Puyol pour
renouer les ndgociations interrompues de la mis-
sion de M. Sward. Les 6venements politiques
se succ6drent avec tant de rapidity qu'ils ne
donn6rent point le temps h l'envoyd dominicain
de n6gocier la cession de Samana. La rdvolu-
tion triomphait le 30 janvier 1868 et son chef,
le general Baez, fut proclami president.
11 est a remarquer qu'A cette 6poque les Ama-
ricains avaient en Dominicanie tres peu d'6ta-
blissements et d'interits A sauvegarder et que
leur commerce avec cette controe Otait tout a fait
insignifiant.
En effet, ce n'est qu'au commencement de 1869







246 SAMANA
que le congres dominicain accord une conces-
sion A la maison Spoford Brothers de New-York
pour l'Mtablissement d'une ligne de bateaux h
vapeur entire les Etats-Unis et les ports de la
R6dpublique dominicaine.
En novembre de la meme annie deux frigates
americaines < Albany > et < Nantasket > depo-
saient A Santo-Domingo, trois commissaires
amdricains : M. Babcock (secretaire particulier
du president Grant), Ingalls et Sacket.
Des commissaires dominicains furent choi-
sis pour s'entendre avec eux. Une convention
fut signee par laquelle la presqu'ile et la baie de
Samana rest6rent affermies au gouvernement
americain pour cent ans moyennant cent mille
dollars par an. Le Senat dominicain (chambre
unique de 1'6poque) ratifia cet acte de cession.
Des munitions de guerre furent donnees en
paiement de la premiere annuity (2 d6cembre
1869).
En vertu de cette convention le soir du meme
jour, les commissaires americains partirentpour
Samana sur la frigate << Albany >. Apres avoir
reconnu toutes les cotes meridionales et orienta-
les de la Ripublique, ils arriv6rent le 4 d6cembre
h la presqu'ile. Ce mime jour a trois heures de







CHAPITRE III :&
l'apres-midi, la prise de possession eut lieu : le
drapeau amkricain fut arbor sur 1'ilot Cavenero
et saluW par la frigate americaine et par le fort
de la ville.
L'opinion publique part accepter de bon gre
ce qui venait de se passer.
Encourage par cet acquiescement tacite, le gou-
vernement prepara 1'annexion de la Republique.
La guerre civil qui d6solait Haiti amena une
tr6ve entire le gouvernement haltien et les sepa-
ratistes dominicains. Cependant celui-1 refusait
obstindment de reconnaitre l'independance du
nouvel Etat. Les dominicains craignaient, vu
1'6tat de penurie oft ils se trouvaient, de suc-
comber dans une nouvelle guerre.
Le 16 fevrier de 1'an 1870 un decret du chef du
pouvoir ex6cutif, qui s'dtait fait d6cerner le titre
de grand citoyen, appelait le people a manifes-
ter par un plebiscite son desir de s'annexer aux
Etats-Unis d'Amerique. Toutes les measures
furent prises pour rendre valuable le resultat du
plebiscite et annuler la volontO des opposants
qui pourraient contrarier les vues presidentiel-
les (Voir h l'appendice le document n0 3).
Le plebiscite s'effectua : le people inconscient
de ce qu'il faisait, vota 1'annexion.








3OU SAMANA
L'Espagne combattait alors la revolution qui
venait d'eclater h Cuba; 1'Europe etait trop at-
tentive h l'issue de la guerre franco-prussienne
pour turner ses regards du cote de l'Am6-
rique.
Haiti seule protest contre cette annexion.
Elle fit si bien que le Congres am6ricain se laissa
persuader par l'6loquent s6nateur Sumner et le
depute Carl Shurzt que l'annexion 6tait inutile
aux Etats-Unis. Elle fut done rejetee malgr6 les
efforts que fit le president Grant pour amener
l'admission de Santo-Domingo dans la confd&e-
ration 6toilde.
Cependant vers la fin de fevrier, tandis que
l'annexion se votait h Santo-Domingo, les AmO-
ricains, avec 1'autorisation du gouvernement
dominicain, Otablissaient A Samana une station
navale et des entrepots pour la marine de guerre.
En meme temps I'amiral Poor, chef de l'escadre
du Nord de 1'Atlantique attach h la defense de
la nouvelle station les vaisseaux de guerre le
< Dictateur >, le < Swatara >, le < Yantic x et
le < Nantasket >.
La baie de Samana fut depuis successivement
visit6e par l'amiral Lee et le commodore Green.
Pendant un moment, on put croire que si 1'an-







CHAPITRE III dl
nexion 6tait repoussee, les Etats-Unis gardaient
au moins Samana.
1870 et 1871 s'dcoulaient sans incident relatif
h la presqu'ile, quand le 21 novembre le chef de
la station rebut de Washington 1'ordre formel
d'amener les couleurs nationals qui flottaient
sur l'ilot Cavenero. depuis le 4 decembre 1869.
Cet ordre s'executa en ddpit du gouvernement
dominicain. La guerre ayant cess6 en Europe le
gouvernement americain craignait des compli-
cations avec l'Espagne, la France et surtout avec
l'Angleterre. Et afin d'6pargner une atteinte A
son orgueil, il faisait de bonne grace et de son
propre movement ce que les Anglais auraient
peut-Otre exig6 par la force.
II en cofitait cependant h 1'orgueil yankee de
broiler ce qu'il avait adore. Aussi le gouverne-
ment f6ddral, soit par scrupule, soit pour tout
autre motif, laissa A Samana le < Nantasket >
gardant un poste qu'il avait officiellement aban-
donnd.
D'aucuns pensent que cette brusque decision
du gouvernement de Washington fut en parties
motive par le rapport que fit la commission en-
voyde A Samana pour etudier la contree.
En effet vers le commencement de 1871, le







W SAMANA
< Tenessee >, de la marine de guerre des Etais-
Unis, se presenta dans la bale ayant h son board
une commission du congres des Etats-Unis com-
pos6e de plusieurs deput6s, de M. Frederic Dou-
glass et du senateur Weed qui la presidait. Elle
passa deux mois dans la Republique Domini-
caine, reunit tous les renseignements possibles
sur sa population, ses products, son commerce
et sur la question de 1'annexion. A son retour
aux Etats-Unis, elle presenta un rapport an Con-
gres qui rejeta, comme nous l'avons vu, 1'an-
nexion propose et decida en outre le renvoi de
toute autre affaire relative a Santo-Domingo.
Mais en depit du Congras federal qui ne vou-
lait pas d'eux, le gouvernement dominicain et
ses agents n'attendaient que la premiere occa-
sion pour recommencer leur sempiternelle ques-
tion de cession.
Leur attente ne fift pas longue. Vers le milieu
du mois de fevrier 1872 se present, dans ]a capi-
tale de la R6publique, un certain docteur Howe,
natif de Boston, muni des plains pouvoirs d'un
syndicate financier Rtabli dans cette ville. Le gou-
vernement dominicain accept sans discussion
toutes les propositions de celui-ci. Un contract
fut passe avec le syndicate, par lequel celui-ci







CHAPITBE II 33
s'engageait A fonder A Samana un port libre
avec pavilion special: c'6tait eriger la presqu'ile
en une colonies am6ricaine, c'etait en un mot
le protectorat americain sons. une nouvelle.
forme.
La meme annie (1872) le syndicate fut mis en
possession de ses nouveaux domaines (Voir A
l'appendice les documents no 4).
Une revolution 6clata sur ces entrefaites (no-
vembre 1872), le general Ignacio Gonzalez, gou-
verneur de Puerto-Plata, chef de la revolution,
protest contre cette cession. Baez r6sista, il cou-
rut combattre les insurges. 11 fut vaincu et oblig-
a s'embarquer pour l'dtranger. Arrive au pou-
voir, Gonzalez fit tout son possible pour ddtruire
ce qu'il jugeait, a just titre, attentatoire a 1'in-
ddpendance de sa patrie. Le syndicate lui en
fournit l'occasion ; n'ayant pas payd A temps une
annuity, le President Gonzalez porta le congress
A resilier le bail de Samana. Le gouvernement
dominicain rentra en possession de cette parties
de son territoire, malgrd les protestations du
docteur Howe et des autres membres du syn-
dicat.
Vingt ans se sont dcoulds depuis. Les citoyens
des Etats-Unis ont acquis pendant ce laps de
3







34 SAMANA
temps de grands interets dans la Rdpublique
Dominicaine. Leurs usines A ene et autres eta-
blissements sont nombreux. Nous en parlerons
plus loin.













CHAPITRE IV


Ch6rardy et le president Heureaux. Leur entrevue A Samana
en 1890. Promesse do cession. Syndicat americain et
hypotheque sur les douanes de la R6publique dominicaine.
Proposition du ministry americain a Santo-Domingo. -
Correspondance du charge d'affaires dominicain A Washing-
ton. La cession de Sanama au conseil des ministres. -
Protestation et ostracisme du g6ndral Gonzalez, ministry des
affaires etrangeres. Prises d'armes.


On se souvient des demarches violentes de
1'amiral Cherardy qui, rendu au Port-au-Prince
avec une forte escadre, voulait obtenir, du gou-
vernement haitien,la baie du M61e St-Nicolas (1)
pour 6tablir une station navale (1890). On se rap-
pelle, aussi 1'6nergique refus de M. Firmin,
ministry des affaires etrangeres. Cet insucc6s
valut h M. Douglass, ministry resident des Etats-
Unis au Port-au-Prince, son rappel immddiat et
1'accusation de n'avoir pas su nous prendre ce
que son mandant semblait nous demanded de
bonne grdce.
(1) La baie du M61e St-Nicolas forme un port natural de
5 kilom. de long et de 2 kilom. 1/2 de large. Le bassin du card -
nage, situ6 au nord de la ville, est abrit6 et offre de grands avan -
tages: sa longueur est de 1 kilom. 785 m. et sa larger de 594 m.







06 SAMANA
En quittant le Port-au-Prince, 1'amiral Ch6-
rardy, desirant reconnaitre les c6tes de l'ile, en
fit le tour. Arrive pros de Samana, il ne peut s'em-
pecher de penetrer dans la baie. Etait-ce entente
ou simple hasard? Le fait est que le President de
la R6publique dominicaine s'y trouvait et qu'il
fit en personnel les honneurs au marin yankee.
L'entrevue fut intime, cordiale. On se fit des
processes reciproques. Samana fut mise en
avant: les 6venements ont prouv6 depuis que la
baie et la presqu'ile avaient Rt6 offertes au gou-
vernement americain. Cherardy pouvait retour-
ner h Washington fier do son success. Si le M6le
St-Nicolas lui 6chappait pour le moment, il pour-
rait dans la suite une fois installed a Samana,
profiter d'un moment favorable pour s'en empa-
rer (voirledocument no 4 bis).
De part et d'autre, on se mit en champagne.
Tandis que 1'un apprenait h M. Blaine le risul-
tat de sa negociation, 1'autre prdparait le terrain
h Santo-Domingo (voir a 1'appendice les docu-
ments no 5).
Le lecteur sait sans nul doute qu'en 1888 le
gouvernement dominicain, pour unifier la dette
intdrieure et combler un gros deficit, reussit a
contractor en Hollande un emprunt de quatre







CHAPITBE IV J4
millions de dollars. Cet emprunt n'amiliora pas
la situation financiere de la Republique, il ne
fit que 1'aggraver. En 1890 une nouvelle combi-
naison financiere amena Pemprunt de quatre
millions et demi de dollars covert en Eu-
rope. Le cabinet de 1'Ozama parla de chemins
de fer, de routes carrossables, d'aqueducs et
d'une infinite de travaux publics, auxquels ils
Rtaient destines. Les quatre millions et demi
arriverent A Santo-Domingo et eurent la mjme
destination que les premiers.
La maison hollandaise Westendorp, qui avait
covert cet emprunt, obtint, pour garantir le
service des int6rets et l'amortissement partiel
de cette 6norme valeur, une hypothique regu-
liere sur tous les revenues des douanes de la Rd-
publique dominicaine. Une convention fut con-
clue A ce sujet en vertu de laquel Westendorp et
Cie avaient le droit d'etablir une Rdgie & leur
solde pour gerer les douanes en question.
Sur ces entrefaites, des capitalistes americains
gagnes par les amis de M. Blaine et surtout par
le charge d'affaires dominicain A Washington
(voir les documents no 5, V) entrent en ndgocia-
tion avec M. Westendorp pour obtenir le trans-
fert de leur crdance sur les recettes de l'Etat do-







,5 SAMANA
minicain. Ceux-ci s'adressent au gouvernement
de Santo-Domingo pour lui annoncer que leurs
droits sur ses douanes vont 6tre transfrrds a un
syndicate americain de New-York. Ils s'empres-
saient de se d6faire de leur creance, sachant que
les douanes de la jeune R6publique produisent
A peine seize cent mille pesas mexicains par an
et que cette faible valeur ne laisse pas assez de
marge A 1'amortissement des neuf millions et
demi de dollars qui leur Rtaient dus (voir les
documents no 7, II).
Cependant le President Heureaux avait comp-
tW sans les elections qui s'approchaient. Bien
qu'il eft declare ouvertement que son intention
etait de rentrer dans la vie privie, il se prepa-
rait h tout pour se faire rl61ire.
L'affaire am6ricaine ayant transpire, il vit
tout le mal qu'elle pouvait causer a sa candida-
ture : il 1'ajourna.
II fut done rdpondu A MM. Westendorp et Cie
que le transfer etait illegal et ne pouvait s'effec-
tuer, et le President Heureaux, pour calmer l'ef-
fervescence populaire, langa une proclamation
ofi il se d6clarait pret A s'opposer, A tout project
des Amdricains contre la Rdpublique. Triste
comedie! 1 voulait seulement gagner du temps






CHAPITRE IV 39
et faire les elections. C'est en suivant la meme
tactique qu'il ajourna au mois d'octobre 1'exa-
men etla discussion de la proposition formelle de
M. Durham, ministry am6ricain, relative an bail
ou cession de la presqu'ile de Samana (voir le
document no 8), consequence inevitable des
avances faites 1l'amiral Cherardy, comme nous
l'avons vu au commencement de ce chapitre.
Qu'on ne perde pas de vue ces deux questions:
d'une part des capitalistes americains, de con-
cert avec le gouvernement de Washington, vont
prendre la direction de administration des
douanes dominicaines ; de l'autre, le ministry
am6ricain, M. Durham, demand la cession de
Samana pour y 6tablir une station navale.
Les elections faites et le President Heureaux
r6lu, les n6gociations relatives A ces questions
furent reprises. M. Durham revint de Port-au-
Prince A Santo-Domingo, a bord du navire de
guerre << Atlanta >. On commenga par l'affairedu
syndicate de New- York (v. le document no 5 bis).
Afin de sauver les apparences, le gouverne-
ment dominicain nomma une commission d'a-
vocats pour examiner la 16galit6 du transfer du
contract Westendorp au syndicate sus-design6
(voir le document no 10).






40 SAMANA
La commission ne se fit pas prier : son verdict
declara le transfer legal et 1lgitime, contraire-
ment A opinion 6mise par le meme gouverne-
ment au mois d'aofit 1892.
Le syndicate ambricain fut done substitu& a
MM.Westendorp et Ciet aujourd'hui il ala main-
mise sur toutes les douanes de la Rdpublique et
sur leurs revenues, en vertu de 1'article 5 dudit
contract, ainsi coneu : < il sera cr66 h Santo-Do-
> mingo une caisse de Rdgie des douanes qui
> restera chargee d'effectuer la rentree de tons
P les droits d'importation et d'exportation dans
> tous les ports dela 1Rpublique qui sontactuel-
> element ouverts, ainsi que dans ceux qui pour-
> raient s'ouvrir plus tard, come, aussi tons
> les autres droits de douane qui seront 6tablis
> dans l'avenir. Cette caisse g6dnrale de Rdgie
> sera administrde par des d6lIgues nommes
> par MM. Westendorp et Cie ou leurs ayants
> droit. >
Le syndicate tient ainsi dans ses mains la
L
bourse et par consequent 1'existence du gouver-
nement. II participe A la souverainet6 national :
il nomme des fonctionnaires et il a le droit de
refuser et de faire rdvoquer ceux que le gouver-
nement veut nommer ou a ddji choisis.







CIIAP1TRE IV 41A
L'article 12, 20 paragraphe, de la mme conven-
tion, s'exprime ainsi h ce sujet: < quand il y a
> lieu de remplacer dans administration doua-
> nitre un employed dominicain, le Directeur
> de la caisse gdndrale de la Rdgie devra Wtre con-
x sult6 sur la nomination A faire. En outre, le
> gouvernement ne pourra refuser la destitution
> propose par le dit Directeur de la Rdgie de
> ceux des employs dominicains qu'il aurait
> signals comme infideles on incapables.
Le gouvernement des Etats-Unis, a ainsi le
pretexte d'inteivenir a tout propos, dans les af-
faires de la Republique dominicaine. A ce sujet
citons ]'opinion du- journal americain < New-
York Herald > qui devoila dans le temps A ses
lecteurs le but de cette combinaisQn financiere:
< Tout cela, dit-il, fait croire que lesyndicatam6-
> ricain n'est qu'un diguisement ou prete-nom
> derriere lequel le gouvernementdes Etats-Unis
> se retranche pour s'implanter dans la Rdpu-
> blique dominicaine et avoir ainsi la haute
x main sur les affaires intdrieures et extirieures
) de ce pays.
< Gette compagnie deviendra ce que sont de-
x venus, dansle nord del'ileBorneo, lacompa-
gnie britannique et le syndicate belge dans






42 SAMANA
> l',tat libre du Congo (1). Les douanes dorni-
> nicaines une fois prises, le reste (1'annexion)
> ne se fera pas attendre >>.
Le < World x de New-York dans son edition du
13 septembre 1893, annoncait A ses lecteurs que
< le President Heureaux autrefois rebelle aux
> concessions, a totalement change d'id6e grAce
> aux capitaux americains >. Puis il ajoute
en forme de, commentaire: < et, comme il (le
> President Heureaux) devra s'adresser encore
> aux resources americaines, des renseigne-
> ments puis6s A bonne source nous permettent
>) d'affirmer que Samana sera am6ricain avant
> un an >>.
A l'occasion de l'arrivee A Santo-Domingo du
bateau de guerre < Atlanta >, il y eut des dchan-
ges de politesse et des discours prononc6s. Le
President de la R6publique dit, entire autres
choses, aux officers de marine qui lui firent une
visit au palais national: < Je desire que 1'ami-
> tid r6ciproque de mon gouvernement et des
> Etats-Unis soit durable et que la protection A
> nos industries (il s'agit des industries domini-

(1) Ajoutons : et la compagnie anglaise aux Indes orientales.
-- On sait qu'elle procura au Royaume Uni 1'immense empire
asiatique actuel de la couronne d'Angleterre.






CHAPITRE IV 43
> caines) et il'iaddpendance nationalesoitle lien
x qui nous permette de fraterniser dans le si6-
> cle ofi nous vivons >. On pourrait croire que
ces paroles faisaient allusion au trait de rdcipro-
cite commercial qui venait d'etre conclu on ra-
tifid en 1891 et par lequel un grand nombred'ar-
ticles de fabrication am6ricaine 6taient regus
francs de droits on b6ndficiaient d'une reduction
de 25 0/0 dans tous les ports de la R6publique
dominicaine (voir le document no 6).
II n'en 6tait rien. II s'agissait tout simplement
dela cession d6 Samana. Eneffet, quelques jours
apres le project fut soumis au conseil des secr6-
taires d'Etat. Les chefs des departements des Re-
lations Exterieures et desFinances refus6rentde
le signer. C'Utait declarer la guerre au President
de la Republique. Le premier fut oblig-de s'em-
barquer furtivement pour 6chapper A ses coups.
De l'6tranger, il denonga ce qui allait se passer
h Santo-Domingo.
< Le hasard, dit-il, dans son manifeste au peu-
> ple dominicain, me fit decouvrir un secret du
> chef de l'Etat lors d'une visit faite au vapeur
x de guerre americain < Atlanta >. Le comman-
> dant, me croyant au courant de l'affaire, me
> parla de la negociation qu'avait entamde le gd-






44 SAMANA
> neral Heureaux relativement h la cession de
> Samana parl'entremise d'un commissaire en-
> voy6 ad hoc A Washington (voir les documents
> no 5), negociation qui, me dit-il, devait Otre un
> acheminement h 1'annexion de toute la RIpu-
> blique dominicaine. Cette trahison de lkse-
> patrie me surprit d'autant plus que quelques
>> mois auparavant, M. Durham, Ministre resi-
> dent des Etats-Unis pros le gouvernement hal-
> tien et charge d'affaires pros le gouvernement
>- dominicain, avait officiellement fait une pro-
> position relative au bail de Samana qui fut re-
> pousse par le ministere dontje faisais parties.
> II est vrai que le President Heureaux exigea
> (afin qu'aucune preuve ecrite ne restAt, ce que
> personnel ne comprit alors) qu'une reponse
> verbale fut donnee au Ministre americain >.
Quand on pense que c'est le chef de PEtat lui-
meme qui provoqua la formation du syndicate
am6ricain pour r6aliser des millions et qui pro-
posa la cession de Samana dans le meme but,
on se demand vraiment si c'estun gouverne-
ment digne d'6tre pris au s6rieux que celui qui
fait de son pays, une merchandise susceptible
d'achat. It n'a pas meme le pretexte qu'avaient
les autres, l'invasion haitienne, comme on dit a







CIIAPITRE IV 4a
Santo-Domingo. Tout en condamnant la con-
duite des Santana, des Baez et des autres an-
nexionnistes de 1844, on pent 1'expliquer. Mais
que dire d'un chef de nation qui, en pleine paix,
par le soul desir d'entasser des ecus. met aux
enchlres publiques sa patrie et ses concitoyens
Mais laissons les commentaires aux lecteurs
et continuous h analyser on a relater seulement
les faits et les actes.
Quelques points de la Republique prirent les
armes, entire autres les cantons m6ridionaux du
district maritime de Montecristi. Le mouve-
ment menacait de devenir general, dejh Santiago
et surtout Azua se' preparaient a les soutenir.
Cependant manquant de direction et de cohe-
sion, il fut facilement 6touffN. Les hecatombes
suivirent de pros cette repression. A Azua on
peut encore voir le cimetiere que laissa le chet
de 1'Etat de ceux qu'il fit fusiller sommaire-
ment.
Les puissances 6trangfres s'alarmerent des
agissements du cabinet de l'Ozama et des Amn-
ricains du nord. Tout d'abord elles protesterent
centre le trait de riciprocitW commercial qui
l1sait leur commerce d'exportation.
Voici ce que rapporte ia ce sujet le < Matin > do






4D SAMANA
Paris dans son numdro du 15 avril 1893 : < Un
> des rares diplomats accredit6s A Berlin qui ne
> craint pas de parler haut A l'occasion, est le
)> Ministre des Etats-Unis, M. Phelps.
< Ce qui vient de lui arriver explique jus-
> qu'a un certain point le r6le plus effac6, pu-
> rement repr6sentatif que se bornent a jouer
> ses colleagues du corps diplomatique, lesquels
> sont desireux avant tout de ne pas encourir
> les foudres du Ministre des Affaires ktrang6-
> res et les attaques de la press. Au com-
> mencement de 1'annde surgit un conflict entire
> 1'Allemagne et la R6publique dominicaine.
> S'appuyant sur le trait de reciprocit6 qui lie
> les Etats-Unis A la R6publique dominicaine,
> l'Allemagne, en verta de la clause de la nation
> la plus favorisee a elle consentie par le gou-
> vernement de Santo-Domingo, exigea de la
> petite Rdpublique des Antilles qu'elle lui ac-
> cordat le mtme traitement qu'aux REtats-Unis
> (voir le trait en question, document no 6).
< Le gouvernement dominicain resista long-
> temps, mais..... il se resigna finalement a
> ce qu'il ne pouvait 6viter.
< C'est alors que le Ministre des Etats-Unis,
> M. Phelps, intervint officiellement. Dans une







CHAP1TRE IV 47
audience qu'il demand au sous-secretaire.
d'Etat aux Affaires etrang6res, M. Marshall,
il fit remarquer combien il 6tait peu g6ndreux
de la part de la puissante Allemagne de con -
traindre la petite Republique dominicaine a
lui faire des concessions desastreuses.
( M. Marshall repondit sechement qu'il igno-
rait queles Etats- Uniseussent acquisledroit de
protectorat sur la Republique de Santo-Do-
mingo, et que d'ailleurs l'Allemagne s'dtait
bornee A faire valoir des droits indiscutables.
L'affaire en est lh. Aujourd'hui la press ap-
plaudit A la bonne legon donnie a M. Phelps
etespere qu'il ne renouvellera pas son inso-
lente intervention.
< La Gazette de la Croix, apres avoir cons -
tate la mauvaise education des diplomats
americains, se f6licite que le. ministry des Af-
faires 6trangeres, ait montrd assez de facon
cassante et ait su rdpondre sur le ton qui con-
venait.
< L'Espagne ne tarda pas A protester contre le
contract du syndicate ambricain. Voici, A ce
propos, ce que disait le ( New Times >, dans
son edition du 24- f6vrier 1893, sous la rubrique
l'Espagne se prepare d protester. Elle soup -






49 SAM3ANA
> ..,,,' lesAmdricains de voloiir s'emparer de
> Santo-Domingo >.
< Le Ministre des Colonies a requ un t0l6-
> gramme du capitaine gnd6ral de Cuba, M. Ro-
> driguez Arias, d'apres lequel une i:ail,: ef-
> fervescenceregnerait Santo-Domingo Acause
>> des concessions faites a un syndicate amnri-
> cain sur les douanes de la Republique et sur
>> une parties du terriloire national (Samana).
< Le general Heureaux, President de la Rd-
> publique dominicaine est vivement critique
> par l'opinion publique et tout presage une rd-
> evolution. Un navire de guerre espagnol a
> quiltt Cuba pour Santo-Domingo avec la mis-
> sion de proteger les interets des Espagnols
> dans cette R1publique en cas de troubles.
< L'effervescence qui existe dans le people do-
x minicain est d'autant plus grande qu'on croit
> a just titre que le syndicate amnricain aminera
> l'annexion du pays aux Etats-Unis >.
Leministre plenipotentiaire d'Espagne a Was-
hington fut charge de demander des explications
lI-dessus au gouvernement amiricain.
A cette 6poque un grand nombre de navires de
guerre, tant des republiques du continentameri-
cain que des IEtats europeens, vinrent stationner







CHAPITRE IV 49
en rade de Santo-Domingo. Entre autres on re-
marquait les suivants arrives tous presque en
meme temps, le < Boussan >, cuirass6 ita-
lien ; la corvette bresilienne 15 < de M,'i.- >> ;
le a Gneisenau >, frigate allemande venue pour
la question soulevee par le trait americain de
reciprocit6 commercial dominicaine; les croi-
seurs et l'aviso franpais le < Magon >>, ( 1'Ard-
thuse ) et le < Hussard > (1); la frigate et la
canonniere espagnole < Infanta > et < Magal-
lancs >. Tous ces navires suivaient les mouve-
ments des denx frigates americaines < Kear-
sage >> et < Atlanta >.

(1) Les navires de guerre frangais avaient en outre la mis-
sion do prot6ger les citoyens franCais centre les vexations quo
leur faisait le g6neral-Pr6sident: la banque franpaise venait
d'dtre pill6e et plusieurs francais 6taient persecutes.










CHAPITRE V


Monopoles americains : la line de navigation Clyde et Cie, la
brasserie, les concessions de chemins de fer, la loterie. -
Industrie am6ricaine : les usines 2A sucre et les plantations
de Samana.

Devant ces manifestations nationals et dtran-
gores, le gouvernement dominicain rdsolut de
renvoyer a d'autres temps la cession de Samana.
Cependant cela ne change pas de beaucoup la
situation des Am6ricains. Ils sont aujourd'hui
aussi prdponderants dans la Rdpublique domini-
caine qu'ils le sont dans les iles Hawal. Voyez
avec nous :
Les donanes sont entire leurs mains.
La maison Clyde de New-York a r6ussi en
1892 a se faire renouveler la concession du mo-
nopole de navigation entire Santo-Domingo et
lesEtats-Unis: pour unepdriodedevingtans, ses
bateaux seront exempts de tous droits de ton- r
nage, de port, de phares et autres. II est vrai
qu'elle a depens6 environ soixante mille francs
dans les ndgociations qui ont about au renou-
vellement du monopole primitif, mais ces dd-







CHAPITRE V 51
hours ne sont rien si 1'on pense aux bendfices
immense qu' elle rdalisera durant ce laps de
temps.
Cen'est pas tout.Les Amdricains ont aussi une
brasserie A Santo-Domingo, qui leur a cofitt
cher (1). Leurs usines a sucre sont nombreuses
A Macoris, hAzua, A Santo Domingo. Des plan-
tations immense h Samana (2) leur appartien-
nent. Meme il existe dans la capital une loterie
ambricaine au capital de un million de dollars
que le chef de 1'Etat a permis d'installer dans
une de ses maisons : M. Flatow en est le presi-
dent. D'aucuns prdtendent qu'elle fait des tira-
ges mensuels. Le fait est que personnel dans la
R11publique dominicaine pent dire avoir assist
a un de ces tirages, meme vu les billets qui
se vendent r&gulierement A New-York et autres

(1) On dit que plus de 500.000 dollars y ont Wt. employes.
(2) Extrait du 4istin Diario, journal do Santo-Domingo,
no 1313 du 30 octobre 1893: On nous announce de Samana qu'A
a Sabana-la-Mar (bourg situ6 sur la c6te meridionale de la baie
a doSamana) une compagnie americaineau capital do 500.000fr.
commence A 6tablir d'immenses plantations do figues-ba-
nanes (guineos) dirighes par 1'intelligent M. Hatton, don't la
a competence en agriculture est bien connue dans le pays.
( Actuellement plus de 700 hommes (presque 1'effectif do
a 1'arm6e dominicaine) travaillent A jeter bas une fort do
12.000 tar6as measuree agraire de Santo-Domingo) environ
) 762 hectares.







02 SAMANA
villes amdricaines. Serait-ce un grande latroci-
nium, que cette entreprise qui garde un mys-
tore si obstin6 ?
Quant aux nombreuses concessions de che-
mins de fer, elles sont d'une consequence qui
mnrite un mot particulier. Celle du chemin de
fer de Sanchez A la Vega seule appartient a des
Ecossais, toutes les autres sont aux Amrricains,
c'est-h-dire au Syndicat financier administra-
teur des douanes. La concession du chemin de
fer de Puerto-Viejo (Azua) d la baie de Mance-
nille, donnee par le Pouvoir exdcutif le 18 mars
1893 et ratifide par le Congres dominicain est la
plus important.
Les concessionnaires s'engagent a faire com-
mencer les travaux dans 1'espace de deux ans
et a terminer l'ceuvre dans dix, A partir dela pu-
blication de ladite concession dans la Gazette
officielle, sauf le cas de force majeure dfiment
justified.
La voie partira de Las-Calderas, passera par
Azua, San-Juan, Sabaneta et aboutira A la baie
de Mancenille. Elle aura plus de soixante lieues
de parcours et, si 1'on tient compete des travaux
d'art qu'elle ndcessitera, elle cofitera fort cher.
Les concessionnaires peuvent-ils computer sur






CHAPITRE V 53
L'importance du traffic pour une r6mun6ration
suffisante des capitaux engages ? C'est plus que
douteux.Ilestvraicependant qu'unintdrt annuel
de 6 0/0 sur chaque fraction de quatre cent mille
dollars d6bourses (art.7)estgaranti parole gouver-
nement dominicain, mais ils n'ignorentpointque
cette garantie est illusoire, car le gouvernement
de Santo-Domingo dontles lourdes depenses etla
dette publique absorbent tous les revenues, peut
A peine payer l'interit des capitaux engages dans
la construction du chemin de fer de Puerto-Plata
A Bajabomico (seize kilom.); il le peut d'autant
moins que le traits de reciprocit6 commercial
conclu avec les Etats-Unis a diminud les recettes
d'environ trois cent mille piastres par an.
On voit done que, consid6dre au point de vue
commercial et industrial, cette concession de
chemin de fer serait une mauvaise affaire pour
les entrepreneurs. Aussi il faut se placer au
point de vue politique pour la comprendre et
1'expliquer.
D'aucuns pretendent, et c'est bien possible,
que les concessionnaires qui ont ddja acquis
d'immenses 6tendues de terre, dans la baie de
Samana, agissent au nom du syndicate am6ricain
qui gere les douanes dominicaines et le chemin
de fer en construction a Puerto-Plata.






*4 SAMANA
Il leur est accord par l'article 13, en toute
propriete, quatre miles cars de terrains arables
par trongon de dix miles de voie construite,
et sur cette terre devront s'6tablir des immigrants
americains.
Ils ont en outre la faculty de mettre en exploi-
tation (art. 28) une ligne de bateaux et de remor-
queurs A vapeur, sous pavilion dominicain, des-
tin6s au cabotage de la Rdpublique, sans computer
le droit qui leur est reconnu de pouvoir crier
de grandes lignes de navigation sous pavilion
americain (art. 26). La construction des docks,
quais et autres ouvrages necessaires A l'usage
du chemin de fer constitute un privilege exclusif
(art. 35).
Le point de vue politique de l'entreprise est
tres bien d6montr6 par Particle 28. II est dvi-
dent qu'une ligne c6tiere de bateaux A vapeur
ne peut faire ses frais dans la Rdpublique domi-
nicaine et qu'elle aurait besoin d'une forte sub-
vention come la ligne des bateaux haltiens.
Or les concessionnaires n'ont aucune subvention
et savent de quelle fagon elle serait service si le
gouvernement s'engageait Aleur en accorder une.
Ils ont done pass outre sur les considerations
d'argent parce que leur but est de devenir mai-






CHAP1TRE V 55
tres de la voie maritime afin de pouvoir imposer
leurs conditions a 1'Etat dominicain en cas de
guerre civil : ils refuseront ou accorderont le
service de leurs bateaux suivant que le gouver-
nement de Santo-Domingo favorisera ou atta-
quera leur politique annexionniste.
L'article 29, rejetW par le Congres, venait ren-
forcer l'article 28 : < le carbon de terre, y 6tait-
> il dit, import des Etats-Unis par la compa-
> gnie pour son usage, pourra 6tre vendu, a tout
>> bateau qui, par necessitW de combustible, tou-
> chera dans les dits ports (d'Azua, de Las-Cal-
>> deras ou de Mancenille). En aucun cas, ce
> carbon n'aura a payer aucun imp6t. > (1)
Le Congres a vu dans l'article 29 1'intention
d'accorder, sous le manteau de la compagnie, le
dep6t de combustible tant desir6 aujourd'hui
par le gouvernement des Etats-Unis pour sa
marine de guerre.
Le pouvoir exdcutif, qui a consent cette clau-
se, pouvait-il se miprendre sur sa portie ?
Le rejet de cet article (29) carte momentand-
ment le protectorat americain tant redout6 des
Haitiens, mais l'6tablissement des docks et des
(1) Il existe d6jA un depdt de houille A Samana appartenant
A la Compagnie Clyde et Cie (de New-York).







56 SAMANA
douanes americaines, dans la baie de Mancenille
va cr6er pour leur gouvernement des dangers
d'une autre nature. Leur commerce d'exporta-
tion sera gravement atteint: tous les cafes (1)
des districts avoisinant cette locality passeront
la frontiere, ce qui diminuera d'autant les recet-
tes de leurs douanes.
Mais c'est 1l un mal auquel ils pourront tou-
jours remedier, soit en redoublant de vigilance
soit en adoptant des measures lib6rales en faveur
des producteurs de cette feve.
Les conflicts qu'engendrera cette concession sont
d'une gravity don't on no se doute point en Haiti.
Ainsi la compagnie, par les articles 24 et 30 a le
droit d'amener quantity d'6migrants sur la fron-
tiere. Le gouvernement dominicain vent par lh
mettre F1'tranger et surtout les Americains du
Nord (si rdfractaires a Passimilation) entire les
deux Etats dominicain et haitien, afin d'int6res-
ser ceux-ci directement A la question des limits
encore pendante, d'apres les Dominicains: les
Etats-Unis d'Amerique, don't les concessionnai-
res resteront les ressortissants, y trouveront

(1) Dans la RWpublique dominicaine les 100 livres de caf6
paint A l'exportation 0 fr. 75 pour tout imp6t, en Haiti la m6me
quantity de cette denr6e acquitted A sa sortie 3 fr. 86 2/3 or am.







CHAP1TRE V 01
un pretexte d'intervention A 1'6poque du regle-
ment definitif du trace de la lighe de demarca-
tion qui spare les deux ]Rtats, de 1'ile d'Haiti.
On connait A Port-au-Prince l'opinion du Pr6si-
dent Heureaux sur cette grave question des fron-
tieres.
Or dejA les Americains ont acquis des ayants
droit de M. Jose Caminero pare, une concession
accordee en 1890, en vertu de laquelle ils < auront
> la faculty (nous citons le texte official) de navi-
> guer sur le lac Enriquillo et sur 1'Etang sau-
> mdtre(appele par les Dominicains Laguna del
> Fondo), d'exploiter les richesses naturelles
> qui se trouvent sur leurs rives et ce, pendant
> la durde de ladite concession (99 ans). Les
> denrees et autres products des 6tablissements
>> agricoles ou industries A 6tablir dans ces
> localities, seront exondr6s de tous les droits
> de douane et de tout octroi municipal (voirles
> documents no 9). >
Le gouvernement dominicain n'ajamais exer-
c6 de jurisdiction sur l'Etang saumdtre (1). De
quel droit peut-il donc donner une pareille con-
cession ? Le silence du cabinet de Port-au-Prince
(1) Cet Etang se trouve en territoire haitien et a d6pendu
toujours de la Republique d'Haiti.







00 SAMANA
A ce sujet pourrait faire croire que les droits du
gouvernement Haitien sur ces regions sont con-
testables. II est temps de dissiper 1'erreur.
Les Haitiens peuvent accueillir les protesta-
tions d'amiti6 et de sympathie de leurs voisins,
mais qu'ils n'oublient pas leurhistoire, nous
entendons celle de Samana.
C'est le cas de crier A tue-tate au gouverne-
ment patriote du President Hippolyte : Caveant
consules !












APPENDICE


DOCUMENTS OFFICIALS INEDITS RELATIFS A SAMANA ETC.


No 1. Capitulation.
Aujourd'hui 28 fevrier 1844,an 41e de l'ind6pendance
et 2e de la rdg6ndration, par la mediation de M. Eus-
tache de Juchereau de St-Denis, consul de France
(A Santo-Domingo), et en presence des membres de la
commission d6sign6e par la Junte charge du gouver-
nement etdes Commissaires, du general Desgrottes,
commandant de la place de Santo-Domingo et charge
par interim du d6partement, soussign6s, a WtA arrRt6
la prdsente capitulation :
ART. 1 Les proprietis 16galement acquises pen-
dant administration haitienne soit par des HIaitiens
ou par des Dominicains sont garanties.
ART. 2. Les families seront respectees et protg6ees.
ART. 3. Les officers et les fonctionnaires civils sor-
tiront avec les honneurs de la guerre.
ART. 4. Les adieux des particuliers se front sans
trouble l'ordre public.
ART. 5. On promet reciproquement d'observer la
franchise et la loyaut6.







OU SAMANA
ART. 6. Dix jours sont accords aux officers, aux
fonctionnaires et aux simples citoyens qui voudraient
quitter le pays. La Junte delivra des sauf-conduits.
Aux autres citoyens et aux autorit6s militaires et ci-
viles, il est accord un mois pour laisser 1'arrondis-
sement h partir du 10 mars prochain.
ART. 7. Les armes des troupes composant la garni-
son de Santo-Domingo seront donnees au consul fran-
cais pour itre remises aux regiments haitiens au mo-
ment de leur depart. Les officers militaires conserve-
ront leurs armes : ils sont dispenses d'en faire la re-
mise an consul francais.
ART. 8. La Force et I'arsenal seront 6vacuds immd-
diatementaprs lasignaturede laprisente capitulation.
AnT. 9. Le trdsor et les archives du gouvernement
seront remis A la Junte, qui est chargee aussi de rece-
voir les comptes, donner d6charge, payer la solde ar-
rieree h la troupe et les appointments dus aux fone-
tionnaires de tout ordre et les dettes que l'administra-
tion haftienne aurait contractdes.
ART. 10. Vu I'heure avanc6e, il est convenu de ren-
voyer, au lendemain 29 fevrier, A huit heures, la re-
mise de la place.
Fail en double expedition A Santo-Domingo, les
jour, mois et an, que dessus.
La commission nommee par le general Desgrottes:
Sign6 : Ponthieux, Le Doyen Doucette, DWo Ihrard,
Paul Jean-Jacques, Auguste Bernier, L. A. Roy.








APPENDICE


La commission nommee parla Junte :
Sign6 : Caminero, Cabral Bernal, Manuel Aybar,
Vicente Celestino Duarte, Pedro Ramon Mena, Abren.
Approuv : Le gdndral commandant la place Santo-
Domingo, charged par interim du ddpartement, signed :
Desgrottes.
Approuv6 : La Junta de Gouvernement, sign: Ra-
mon Mella, Francisco Sanchez, Joaquin Puello, Echa-
varria, Wenceslao de la Concha, Castro y Castro, Re-
migio del Castillo.
Vu et scell6,
Le consul de-France, signed: E. de Juchereau de
St-Denis.
N 2.
Dieu. Patrie. Liberty.
Rdpublique Dominicaine.
Quarter g6ndral de Bani, 14 avril 1844.
Le general Santana au citoyen Tomas Bobadilla.
Tres cher ami,
Par ma lettre a la Junte executive datee du 14, vous
verrez que les Haitiens ont attaqu6 hier le Maniel et
bien que jusqu'i present je n'aie pas de nouvelles, je
suppose qu'ils s'en sont empares. J'ignore leurs pro-
jets, je thcherai de les p6ndtrer et d'agir en consd-
quence. On m'a affirmed qu'ils sont suivis d'une foule
de Dominicains.
Ces bourgs ou villes ayant tomb6 aux mains de Hal-







tZ SAMANA
tiens, ils nous front la guerre a nos depens, tandis
que nous nous ruinons a clever des retranchements
qui demandent beaucoup de soins et de fatigues, tra-
vaux tros p6nibles pour les notres qui n'y sont point
accoutum6s. A mon humble avis, la victoire sera d'au-
tant plus incertaine que la lutte se prolongera.
Si come il a Wte souvent question, nous rdussissons
a nous procurer un appui A 1'dtranger (1)..... videe
dans l'original).
Vous comprenez facilement mon allusion. II faut
bien se p6ndtrer, que de lI depend notre triomphe. -
Je vous prie de me repondre relativement A cette
question et si par hasard elle n'avance pas, faites-la
aboutir par tous les moyens possibles : notre cause, le
bien-6tre du people, tout y est subordonn6. Je de-
meure avec toute ma consideration.
Votre devoud ami.
Signed : PEDRO SANTANA.
Enfin elle (l'histoire) dira que tu as Wtd le seul
, membre de la Junte Centrale Executive qui, avec
, une honnetet6 A toute 6preuve, s'est opposed a la ces-
, sion de la presqu'ile de Samana, alors que tes en-
, nemis par lachet6, bassesse et infamie voulaient sa-
crifier le bien de la Patrie pour sauver leur intdret
, personnel. L'opposition A l'alienationde la presqu'ile
, de Samana est le service le plus important que tu as

(1) II veut parler du project d'annexion ou du protectoral
franais don't il 6tait question a cette 6poque.








APPENDICE 5
, rendu au pays et A la revolution o. (Parole de Juan
Ysidro Perez a Duarte le 25 d6cembre 1845, extraites
d'unebrochure publide a Santo-Domingo en 1894 sous
larubrique de (< Monumento a Duarte o.

No 3.
Dieu. Patrie. Liberty.
Republique Dominicaine.
BUENAVENTURA BAEZ.
Gindral de division, grand citoyen et
President de la Ripublique.
Considdrant que les manifestations faites par les ha-
bitants de la Rdpublique dominicaine partiellement et
sous toutes les former pour d6montrer leur ferme re-
solution de s'unir aux destinies de la grande R6publi-
que de 1'Am6rique du Nord, exigent que le gouver-
nement dicte des measures Idgales pour s'assurer que
leur d6sir dmane vraiment de Ia volont6 national ;
Considerant que les municipes, Otant les repr6sen-
tants 16gitimes des localitis, sont appeals & recevoir le
libre vote des citoyens, quand ceux-ci r6solvent par
plebiscite les hautes questions desquelles depend l'a-
venir de la nation;
Le conseil des secrdtaires d'Etat entendu etl'autori-
sation du Sdnat de la Republique obtenue;
DICRaTE:
ART. 1er. DMs la publication de ce decret, des cornices







04 SAMANA
populaires seront ouverts dans toutes les provinces et
communes de la r6publique, afin que les habitants
puissent exprimer formellement leur volont6 de s'unir
A la grande Republique des Etats-Unis d'Am6rique et
de s'incorporer dans celte confederation.
ART. 2. Les maires et juges de paix, repr6sentant
leurs localites,ouvriront dans chaque commune un re-
gistre destine A l'inscription des noms et des prdnoms
des votants.
ART. 3. Le plebiscite termin6, les maires Le les juges
de paix certifieront dans les meilleures formes, que les
noms apposes aux registres par des individus ne sa-
chant ecrire, sont r6ellement les noms des citoyens qui
ont pris part au plebiscite.
ART. 4. Les proces-verbaux de rotation de chaque
commune seront faiLs dans les formes reconnues par
la loi et remis sansdelaiaux gouverneurs civils do cha-
que province et district qui sont charges de les faire
parvenir au chef de l'Etat par l'intermediaire du Mi-
nistre de l'Interieur.
ART. 5. Les plis contenant les proc6s-verbaux sus-
mentionnis seront remis cachet6s des sceaux de la
province et de la commune d'oU ils proviennent ct ce
afin d'6viter que 1'authenticitd des pieces soit mise en
doute.
ART. 6. Le present d6cret sera imprim6 et public, a
la diligence du Ministre de l'Interieur.
Donned a Santo-Domingo le 16 f6vrier 1870, an 26o







APPENDICE 6i
de l'1ndependance, 7e de la Restauration et 3' de la Rd-
g6neration.
BUENAVENTURA BAiZ.
Par le Prdsident,
Le Ministry de l'Inttrieur,
Sign6 : MANUEL MARIA GAUTIER (1).
Le Ministre de la Justice et de l'Instruction publique,
Signed : FELIX MARIA DELMONTE.
Le Ministre des Finances et du Commerce,
Signed : RICARDO CURIEL.
Le Mlinistre de la Guerre et de la Marine,
Sign6: Jost HUNGRIA.
NOTA. Ce pldbiciste fut sanctionn6 par le Sdnat
de la RIpublique le .17 mars 1870 (Voir lois et actes du
joug dominicain, Garcia, 6diteur A Santo-Domingo).

No 4
Dieu. Patrie. Libert6.
Rlipublique Dominicaine.


BUENAVENTURA BAEZ
Gindral de division, grand citoyen et President
de la IRpublique.

Au Sdnat ( Consultdr ).
Ilonorables 1dgislateurs, aux temps d'embarras pour
(1) Le memo qui fut vice-president de la Republique en 1891,
lors des rumeurs de cession de Samana.







)0 SAMANA
le gouvernement et d'angoisse pour la Republique,
vous vous 6tes occup6s d'une measure que les circons-
tances paraissaient nous imposer comme seul moyen
de salut (1), measure que toute la population adopta a
l'unanimit6, donnant ainsi une grande preuve de bon
sens, de son amour pour la patrie et de l'honneur que
lui inspire le seul souvenir du joug ignominieux de
l'Occident (lisez Haiti) que vous avez d6truit avec
tant de gloire.
Heureusement pour nous, notre situation a change,
mais bien que la cause qui nous fit prendre une rdso-
lution supreme n'existe plus, le gouvernement,attentif
aux progres des temps et aux exigences de notre 6po-
que, acru plus conforme aux idWesdu people domini-
cain et a la civilisation de traiter avec une compagnie
qu'avec le gouvernement dela Rlpublique 6toilee, avec
une compagnie quicouvre de son pavilion la presqu'ile
et les mers avoisinantes, y repande For, cree des int6-
rats immense, 6tablisse des entreprises colossales et
amrne par ainsi dans notre pays la paix, l'abondance
et le progres.
Ce serait vous olfenser que vous expliquer le grand
interut qu'a pour nous cette convention et le zile
qu'ont mis h la discuter les commissaires charges de
l'etudier : elle attend votre ratification et la sanction
du people.


(1) Allusion an decret d'annexion de 1870.







APPENDICE 0't
LUgislateurs, I'heure a sonnd oi la (( Primada de Co-
lon ), hier encore inerte et ensanglantee par l'invasion
des vandals (lisez IIaitiens) et par des guerres fratri-
cides, doit remplir les glorieuses destinies qui lui sont
devolues. De votre decision et de celle du people dd-
pend notre sort. Quanta moi, j'espire que vous la ju-
gerez, comme vous le faites toujours, avec votre impar-
tialit6 accoutumbe.
J'ai l'honneur, etc...
BUENAVENTURA BAEZ.

Palais du Gouvernement. Santo-Domingo, 2 janvier
1873.
II

Convention relative au hail ou cession de la presqu'ile et
de la baie de Samana, etc., etc.

Entre le gouvernement delaRlpublique dominicaine
reprdsent6 par M. Manuel Maria Gauthier, secretaire
d'Etat de l'Interieur, de la Police et do l'Agriculture,
charge par interim des Relations Ext6rieures,son agent
diment et pleinement autoris6 a l'effet, d'une part;
Et d'autre part, MM. Samuel Samuels, T. Scott Ste-
wart et Burton N. HIarrisson, agents de la compagnie
qui s'intitulera, a l'avenir, Compagniede la baie de Sa-
mana de Santo-Domingo, 16galement autoris6s, a 6td
convenu etarrOte ce qui suit:
ART. Ier. La Republique dominicaine, par la prd-







00 SAMANA
senate convention, decrdte : que, dans le but d'augmen-
ter le commerce de la Republique, d'6tablir des com-
munications maritimes avec le monde exterieur, des
chemins de fer et autres travaux d'utilit6 publique et
de procurer au moyen de l'immigration ktrangere un
point d'appui an gouvernement dans le d6veloppement
de l'agriculture et du commerce etc. etc., pour de tels
motifs, MM. Alden, B. Stockwelt, Samuel G. Howe,
Paul N. Spoffort, Fred6rick Schuchardt, Samuel L. M.
Barlow, T. Scott Stewart, James P. Scott, George M.
Pullman, C. K. Garrisson, Samuel Samuels, John Ste-
wart, Henry Clews, Olivier Ames, 11. W. Gray et leurs
co-associes, successeursou ayants droit, se constituent
en un corps politique comme une communauld sous le
nom de < Compagnie dela baie de Samana de Santo-Do-
mingo La dite compagnie aura sous ce titre une
existence perpetuelleetun sceau unique pour sceller tous
ses actes. Elle possddera les memes droits, privileges
et pouvoirs qu'ont les corporations ou socidtes anony-
mes aux Etats-Unis d'Amdrique. Le capital social sera
de 800.000 piastres en monnaie amdricaine, divis6 en.
8.000 actions de 100 dollars chacune; il est facultatif
a la compagnie d'augmenter son capital et le nombre
des actions. Elle a le droit, le pouvoir et l'autorit6 de
fixer, selon l'importance de ses entreprises, la valeur
du capital convertien concessions et en propriet6s on
d'dmettre des obligations on actions payables integra-
lement; toutefois aprcs la premiere evaluation qui se








APPENDICE 69
fera, le capital n'excedera pas 20 millions de dollars et
les actions 10 millions.
L'article 11 comprend (1) l'organisation dela compa-
gnie : un directoire de 21 membres, administre ses in-
terkts. Tout citoyen dominicain ou americain, tout res-
sortissant d'une nation etrangere peut Wtre membre du
Directoire. Pour en faire parties, il suffit d'etre action-
naire. La compagnie s'organise interieurement selon
ses lois ou status. Les 21 directeurs se divisent en
3 groups de 7 membres chacun. Le premier group
sera Mlu pour 3 ans, le second pour 2 ans et le troisieme
pour un an. Le.tiers des membres sortant est remplac6
au fur et a measure par un nombre 6gal. Le siege du
Directoire peut 6tre dtabli h Samana, a Santo-Domingo
ou dans une ville quelconque des Etals-Unis. Les 6lec-
tions se front au scrutiny de listed.
L'article III octroye a la compagnie pleins pouvoirs
pour acquerir toute espece d'immeubles et de meu-
bles. Elle pourra mnme faire des cessions de ter-
rains, si bon lui semble, d tout Etat ou personnel qui
lui en fera la demand.
L'article IV accord A la compagnie on a ses ayants


(1) Nous r6sumons on citons les passages et les articles les
plus important. On trouvera la convention, dans le Recueit
des lois et actes de la R6publique dominicaine public par
Garcia A Santo-Domingo, tome 5, p. 292, Ire edition offi-
cielle.








7(' SAMANA
droit les memes privileges et avantages que la conven-
tion du 29 novembre 1869, relative a Samana, accor-
dait au gouvernement des Etats-Unis, c'est-A-dire le
droit de construire des ouvrages militaires de defense
tant sur la terre ferme que sur les iles ou ilots de la
baie.
L'article V delgue A la dite compagnie les pouvoirs
executif, legislatif et judiciaire dans toute l'6tendue de
ses domaines : les fonctionnaires que le Directoire
viendrait A nommer sont done sous sa d6pendance
immediate. Celui-ci peut avoir aussi A sa disposition
une force armee, une police, il peut lever des impdts,
taxes et autres droits fiscaux.
L'article VI se rapporte A la marine marchande et
de guerre que la compagnie peut entretenir.
L'article VII est relatif aux mines et A la concession
faite A la maison Funhhouser de New-York pour l'6ta-
blissement des lignes des bateaux.
L'article VIII permet l'etablissement des banques
d'6mission et autres 6tablissements financiers.
Les articles IX et X sont relatifs aux chemins de fer,
lignes teligraphiques, canaux, etc. Toutes les pro-
prietis de la compagnie sont places sous le protectorat
des Etats-Unis (textuel).
Les articles XI, XII et XIV ont pour objet la ratifi-
cation de la convention et la solution des conflicts qui
peuvent naltre entire les contractants.







APPENDICE 71
Les articles XIII et XV n'ont rien d'interessant.
Signed: MANUEL MARIA GAUTIER, SAMUEL
SAMUELS, T. SCOTT STEWART,
BURTON, N. HARRISSON.
Pour copie conforme : le Secrdtaire d'Etat de l'In-
tMrieur, de l'Agriculture et des Relations Extfrieures,
M. MANUEL MARIA GAUTIER.
Santo-Domingo, 31 d6cembre 1872.
NOTA. Cette convention a Wte ratifide par le Sd-
nat le 3 janvier 1873.Soumise au referendum, le peu-
ple la sanctionna.
Ill
Proclamation du president Baez.
Dominicains, en traitant en 1869 avec le pouvoir
executif de la Republique des Etats-Unis, votre con-
cours ne me fit point d6faut. Je me souviendrai tou-
jours, avec plaisir, que vous avez partage mon opinion
a l'unanimit6.
GrAce A la Providence qui dirige si visiblement les
destinies de notre Patrie, cette measure extreme (lisez
l'annexion), que des circonstances nous imposaient
alors, ne fut point consomme. GrAce a elle, au lieu
de nous unir a un Etat, traitant aujourd'hui avec un
syndicate de capitalistes et de banquiers amdricains,
nous pouvons convertir la presqu'ile de Samana en un
centre commercial qui deviendra si riche et si produc-
tif, que l'abondance et la paix, le progres et la civili-
sation pour notre pays en seront le rdsultat.








14 SAMANA
Dominicains, il ne peut 6chapper h votre penetra-
tion que Samana, si avidement convoit6 (1), est cepen-
dant presque inutile pour nous, people encore enfant,
pauvre et batailleur par n6cessit6. En transplantant,
d Samana, de grands intirdts americains, nous forcerons
par la la RBpublique jtoile at difendre le territoire oil
ils se trouvent et, par suite, d protiger nos personnel,
nos biens et le rest du territoire.
Ce but politique, bien plus que la perspective d'un
avenir prospere, a port le gouvernement A consentir
cette cession qui, ndanmoins, ne deviendra un fait
accompli qu'apres la ratification du people, le v6rita-
ble souverain .. . .

Concitoyens, voici la convention qui, selon le gou-
vernement, est appelde a rdsoudre imm6diatement le
probl6me intdressant de votre bien-6tre et de votre
tranquilliLt futurs. Penetrez-vous de son veritable es-
prit, des bons r6sultats qui en resulteront etjugez-la
avec came ; que votre decision soit personnelle, spon-
tande et libre de toute pression.
Ayez confiance dans le gouvernement, que vous
vous ktes donn6 pour vous mener au bonheur et
maintenir la paix : votre dignity ne sera point amoin-
drie et notre territoire, d I'avenir, envahi (allusion a
Haiti). Rappelez-vous que la pensde intime du gouver-

(1) Lisez (( si honteusement mis A l'encan ). En effet ce
sont les Dominicains qui ont toujours fait des offres de ces-
sion de territoire.







APPENDICE 73
nement, a etd de forcer par lae nos voisins (lisez les
Hantiens) a respecter nos droits de people libre, arbitre
de son sort et souwerain primitif (?) de ce territoire,
don't les tires irricusables (?), lui ont t 16-gu6s par
'ses glorieux ancetres.
Santo-Domingo, 4 f6vrier 1873, an 290 de l'Ind6-
pendance, 9g de la Restauration et 6e de la Rdgdndra-
ration. BUENAVENTURA BAEZ.
IV
BUENAVENTURA BAEZ,
Gdndral de division, grand citoyen et Prisident de la
Rdpublique.
Consid6rant que par le plebiscite du 16 fevrier 1870,
toutes les populations de la Rdpublique manifesterent
solennellement lour ferme volont6 de s'incorporer
dans la confederation de l'Am6rique du Nord, propo-
sition jouissant alors d'une grande popularity et d'une
sympathie gnerale ;
Considerant que la circonstance extraordinaire qui
nous a fait recourir a cette measure extreme n'existant
plus, il nous faut cependant pr6voir l'avenir et pr6-
parer les moyens d'exploiter les richesses naturelles,
pens6e qui a portl le pouvoir executif a consentir le
bail (lisez cession) de Samana i un syndicate de capi-
talistes et banquiers des Etats-Unis d'Amerique ;
Considerant que, malgr6 les grandes facult6s ac-
corddes par l'opinion national (?) au gouvernement
pour tout faire, celui-ci n'a pas voulu mettre a exd-








'14 SAMANA
cution ladite convention syndicate tant que les popu-
lations, par un plebiscite regulier, ne l'aient ratifiee,
bien qu'il s'agisse d'une compagnie particuliere crke
sous les auspices du gouvernement dominicain (1) et
depourvue de tout caractere politique.
DECRtTE :
ARTICLE I. Sont convoquds a partir de cette date
tous les habitants de la R6publique afin de se pro-
noncer devant Pautorit6 civil de leurs localitds res-
pectives pour ou contre la convention relative au bail
(lisez cession) de la baie et de la presqu'ile de Samana,
signee le 28 dicembre de Fan pass.
Les articles II, III, IV, V et VI d6terminent les forma-
lirts a remplir pour rendre regulier le plebiscite.
Santo-Domingo, le 4 f6vrier 1873, an 29e de l'Ind6-
pendance, 9e de la Restauration et 61 de la Reg6ndra-
tion. BUENAVENTURA BAEZ.
Par le president.
Le Ministre de la Justice et de l'lnstruction publique,
Sign : FfLIX MARIA DELMONTE.
Le Ministre de l'Intdrieur, de la Police, de l'Agriculture
et par interim des Relations extirieures,
Signed : MANUEL MARIA GAUTIER.
Le Ministre des Finances, du Commerce et par
interim de la Guerre et de la Marine,
Sign6 : RICARDO CURIEL.
(1) Erreur capital. Les articles 1 et 5 de la convention sont
clairs et disent le contraire. Voir aussi la proclamation du
President Baez du 4 f6vrier 1873.








APPENDICE


N 4 bis.
Extrait de la Gazette officiellede Sto-Domingo du
1t juillet 1891, no 881, relatif A Samana.
Plusieursjournaux ambricains (Etats-Unis d'Am.).
et europeens, les premiers dans le but de servir les
interets de leurs nationaux, les seconds alarms et
pousses par 1'antagonisme, ont parle, comme d'un
fait accompli, quand il etait a peine initid, du bail de
la baie de Samana ou d'une autre parties du territoire
dominicain dans ce district, au gouvernement des
Etats-Unis de 1'Ammrique du Nord.
Pour produire telle affirmation, ils sont parties de
la negative du gouvernement d'llaiti d'affermer ou de
ceder le mOle St. Nicolas, qui, d'apres ce qu'on dit,
avait 0t6 promise (?) par le president Ilyppolite avant
d'avoir Rtd constitutionnellement Mlu chef de l'Etat, et
de la visit que fit a la baie de Samana l'Amiral Ch6-
rardy et de 1'entrevue qui s'ensuivit entire lui et le
president Heureaux.
Ceux qui, en presence des difficulties survenues
dans les relations entire le gouvernement Haitien et
celui des Etats-Unis relativement A la question du
mOle St-Nicolas, ont cru prdferable, plus convenable,
ou plus commode et propre A la marine des Etats-
Unis, un d6ept dans la baie de Samana qu'au m6le
St. Nicolas, soit par rapport a l'importance de notre
baie, soit parce qu'on nous croit plus portes au pro-








76 SAMANA
gres (?), plus civilises que les HaRtiens (?), et moins
preoccupis contre l'Ntranger que nos voisins (?), ont
6td guides par leur proprejugement.
Et ceux qui, ayant pris comme point d'appui, Ien-
trevue de l'amiral Cherardy et du president Ileureaux
pour supposed une entente quelconque sur celte ques-
tion, croient 6tre adroils, subtils, n'ont Wtd qu'extr6-
mement ldgers.
Ilest possible que l'amiral Chlrardy,ait pumanifester
et exprimer sa joie de la reception cordiale qui lui a Wte
faite a Samana, ou se trouvait de passage pour Puerto
Plata et pour Montecristi le President Ileureaux...
Nous sommes habitues a accueillir et A traiter conve-
nablement, jusqu'ofi nous le permettent nos forces,
tons les strangers de distinction qui nous honorent de
leurs visits.

Elle est fausse la nouvelle qui announce que le Gou-
vernement dominicain a fait des offres aux Etats-Unis
relativement au bail ou A la cession de la baie de Sa-
mana, ou de toute autre parties du territoire, do mme
qu'elle est sans fondement l'assurance donnde que le
Gouvernement desEtats-Unis a demand directement
ou indirectement une station quelconque sur notre
domain (?) (1)...


(1) Voir le document no 8, dans ce meme appendice.








APPENDICE


N 5.
I
Code teulgraphique confidential servant a la correspon-
dance secrete du Prisident Heureaux avec son charge
d'affaires t Washington dans la question de Samana
et du syndicate americain (1 (Traduit de original


espagnol).
Abedul.
Alforja.
Almendro.
Amable.

Amador.
Amadeo.



Arturo.

Antonio.
Aurora.
Amparo.
Anibal.
Anillo.
Anteojo.
Alicia.


Cession accord6e.
Cession refuse.
President Ileureaux.
Ministre des Finances dominicain,
M. F. Sanchez.
Secrdtaires d'Etat.
Manuel de J. Galvan, ministry pl-
nipotentiaire dominicain A Was-
hington et plus tard a Madrid.
M. Ilarrisson, president des Etats-
Unis.
M. Blaine, secr6taire d'Etat.
Congres dominicain.
Gouvernement dominicain.
Gouvernement des Etats-Unis.
Syndicat americain (de New-York.
Baie de Samana.
La press dominicaine.


(1) Ce document prouve quo la cession ou le bail de Samana
se n6gociait.







78
Ana.
Bizcocho.
Balandro.
Bolero.
Berengena.
Binoclo.
Arrayan.
Caimito.

Toronjil.

Guandul.

Cahuasa.
Dividivi.
Batatas.
'Chicharos.
Maguey.
Mangle.
Javilla.
Zabila.
Guasima.
Cajuil.
Guayaba.
Sapote.
Catey.


SAMANA
La press americaine (Etats-Unis).
J'ai donn6 caution.
Congres.
$ 50.000.
$ 100.000.
$ 150.000.
S 200.000.
Gouvernement envoie autorisation
pour organiser le syndicate.
Ministre des travaux publics (M. Ale-
jandro Woos y Gil).
II faut des fonds pour d6penses pr6-
liminaires.
8 10.000.
8 20.000.
$ 25.000.
5 0/0.
10 0/0.
15 0/0.
20 0/0.
25 0/0.
Moiti.
Troisieme parties.
Quatriume parties.
Le Congres a ratified la concession.
J'ai dpnonce mines de fer (expression
conventionnelle don't on n'a pu sa-
voir la signification).








APPENDICE 7

Hajancha. J'ai dinonce mines de carbon (meme
remarque).
Pomarosa. Au nom de qui faut-il demander la
concession definitive du syndicate.
Feldespato. Gouvernement exige des modifica-
tions fondamentales.
Pizarra. Gouvernement demand des modifi-
cations peu importantes.
Cocuyo. Gouvernement ambricain prate son
appui moral a l'entreprise.
Rabalo. Le syndicate est organism sous la di-
rection de M. B... (Antonio).
Manzanas. Pouvez-vous accorder aux co-asso-
cies... ?
Remolacha. 1 faut venir a Santo-Domingo avec
despleins pouvoirs pour trailer d6-
finitivement.
Platanos. T616graphiez la march des n6gocia-
tions.
Cabullas. Informez M. Manuel de J. Galvan de
l'affaire en question.
Garganta. Vous pouvez faire traite pour les
fonds pr6liminaires.
Clavel. Envoyez-moidespleins pouvoirs pour
ktre a mime de traiter...
Jasmin. Importe que tout soit faith secrete-
ment.








80 SAMANA
Rosa. Ma correspondence vous donnera
des 6claircissements.
Santo-Domingo, 12juillet 1891 (1).

II
Santo-Dorningo, 23 juillet 1891.
M. FRANCESCO DE P. SUAREZ
Charged d'affaires dominicain d Washington (2).

Cher Monsieur et ami,
Depuis votre depart, c'est la premiere occasion qui
se pr6sente pour pouvoir vous donner des nouvelles
de mes d6marches relatives A l'affaire don't on m'a
charge. En le faisant aujourd'hui, j'ai la satisfaction
de vous annoncer quo nous pouvons computer sur l'ac-
ceptation de M. Toronjil (lisez Alejandro Woos y Gil,
ministry des Travaux publics), et la cooperation active
de M. Almendro generall Ileureaux, Pr6sident de la
IR6publique dominicaine).
Dans une entrevue que nous trois avons eue chez moi
quelques jours apres votre depart pour les Etats-Unis
il futconvenu que,vu certain articles publi6s dans( las
Novedades ,, journal de New-York et I'attitude de la

(1) L'original meme porte cette date. Cet original ainsi que
toute la correspondence qui va suivre sont au pouvoir de 1'au-
teur.
(2) Nota. Traduit de l'original.








APPENDICE 61
press de Santo-Domingo, notre project resterait encore
secret pour un on deux mois tant aux Etats-Unis qu'i
Santo-Domingo. Veuillez lire les articles marques &
l'encre rouge des deux journaux que je vous expedie.
Ce meme jour il fut aussi convenu et arrWt6 entire
nous sur la recommendation express de M. Almendro
(lisez president IIeureaux), que pour le moment F l'ex-
ception de nous trois, personnel, absolument personnel,
ne devra avoir connaissance de notre project, et apres
sa realisation, des m., ,. ',. employes pour sa rdussite.
Au fur eLt measure, et en temps opportun, on infor-
mera, en ayant-soin de les interesser pecuniairement,
les colleagues de M1. Toronjil (lisez ministry des Travaux
Publics), qui sont des personnel sur lesquelles nous
pouvons d'avance computer. Nous sommes certain d'a-
voir le vote favorable du grand corps (lisez le Congres
dominicain) pour la ratification de la concession, mais
il faut que tout soit fait avec discretion et habiletd.
Relativement aux modifications qu'il faudra intro-
duire, elles ne sont pas nombreuses et importantes.
Je vous en parlerai dans ma prochaine lettre.
II convient que vous ayez present que, outrelenombre
d'actions A partager entire les coopdrateurs, quand la
concession sera octroyde (1), it est indispensable de
fire deux classes d'avances de fonds: Ia premiere com-
prendra les ddpenses prdliminaircs pour faire face aux

(1) II s'agit de la concession du Syndicat. Voir le document
no 5 bis.








82 SAMANA
frais qu'entrainera les acles relatifs h la formation du
syndicate et la second tous les ddbours a faire pour
l'obtention de la ratification da Congres. Les fonds pour
l'une et l'autre categories de depenses seront envoys
en esp6ces sonnantes et en quantity respectable.
Si vous voulez avoir tout de suite l'autorisation pour
constituer le Syndicat, il faut mettre a ma disposition
le plus t6t possible les sommes destinies aux frais pre-
liminaires. Je crois que Arrayan (lisez 8 200.000) suf-
firont. II en fut question dans l'entrevue don't je vous
parle au commencement.
Je vous prie de remarquer que vous recevrez cette
leltre d'ici a 15 jours et que j'aurai votre reponse seu-
lement un mois et demi apres mon entrevue avec
M. Almendro (lisez president HIeureaux), c'est vous
dire que s'il vous est possible d'envoyer par le cour-
rier les fonds demands plus laut, je pourrais obtenir
immediatement F'autorisation qui vous est necessaire
i la formation dn syndicate. N'oubliez pas de me dire
au nom de qui je dois la demander. Envoyez-moi di-
rectement la valeur afin d'dviter dans le public des
commentaires fAcheux pour nous.....
Votre devoud serviteur et ami,
X.
Ill
The Hoffman House. New- York, 23 juillet 1891.
M. X, avocat A Sto Domingo.

Cher Monsieur et ami. Je n'ai pas cru n6cessaire de








APPENDICE 06
telegraphier mon arrive, supposant que le cable an-
noncerait l'entree de 1' ( Awance )) New-York.
J'ai 6crit & M. Manuel de J. de Galvan (1) pour lui
communiquer nos affaires.
Je crois fermement que le succds couronnera notre
travail. Mais je ne puis rien faire tant que je n'aie re-
cu une copie du project laiss6 entire nos mains.
Demain samedi, je pars pour Washington afin de
presenter mes lettres de crdance au d6partement
d'Etat.
Votre d6vou6 serviteur,
FRANCISCO DE P. SUAREZ,
charge d'affaires.

IV
Sto Domingo, le 10 aoct 1891.
M. FRANCISCO DE P. SUAREZ,
charge d'a/faires de Sto Domingo a Washington.

Cher Monsieur et ami. J'ai eu le plaisir de recevoir
votre estimable lettre du 23 du mois pass, par laquelle
j'apprends votre arrivee h New-York et votre depart
pour Washington, ofi vous deviez presenter vos let-

(1) M. Galvan, ministry pl6nipotentiaire dominicain h Was-
hington, 6tait parti ce mois pour Madrid. Assur6ment sa mis-
sion t Madrid consistait a d6mentir les negociations avec les
Am6ricains, relatives A la cession de Samana, dans le cas ofl
elles auraient transpire.







84 SAMANA
tres de crdance comme charge d'affaires. J'espere que
vous obtiendrez un plein succes.
Me rapportant maintenant a notre project, je crois
que ma lettre du 23 du mois expire vous sera d6ja
parvenue et son contenu pris en consideration.
Depuisj'ai vu plusieurs fois M. Almendro (lisez Pre-
sident Heureaux) et M.Toronjil (lisez AlejandroWoos y
Gil) (1). Dans notre derniere entrevue ils ont rdsolu
de commencer le plus t6t possible a traiter l'a/faire.
Bient6t vous en recevrez des nouvelles et pourrez agir
de votre c6tl.
Ce don't je puis vous assurer c'est que le project a et6
accueilli avec enthousiasme par les deux personnel
susnomm6es et qu'il continue toujours a 6tre tenu
dans le plus grand secret, car de notre discretion dd-
pend la r6alisation.
Hier M. Toronjil m'a dit de vous accuser reception
de votre lettre. Je vous remets sous ce pli la copie du
project, que vous me demandez...
Votre d6vou6 serviteur et ami.
X...
Y
Washington, le 8 aoAt 1891.
M. X... avocat A Sto Domingo.

Cher Monsieur et ami ; ma lettre dtait ddjA cachetle
quandj'ai recu votre intdressante communication du
(1) Actuellement (189'-95) charge d'affaires do la R6publique
dominicaine pros le gouvernement des Etats-Unis.








APPENDICE 60
22 du mois pass. Par elle je constate avec grande
satisfaction que nous pouvons computer avec le con-
cours efficace et actif (1) de M. Almendro (le President
de la Republique dominicaine) et Toronjil (le ministry
des travaux publics de celui-ci), concours indispensa-
ble pour mener a bonne fin le project don't vous m'avez
parl6.
Votre recommendation d'etre circonspect est inutile
carje comprends que de pareilles negociations deman-
dent la plus grande reserve jusqu'a ce que la mau-
vaise impression produite dans le pays (Republique
dominicaine) par des publications faites sur ladite
cession de Samana ait Rt6 complitement d6truite. En
attendant j'ai fait r6futer ces assertions par quelques
articles publids dans la, Novedades et la < Tribune a
de New-York.
Je vous renouvelle ma demand d'une copie dupro-
jet qui m'est absolument n6cessaire. Je vous prie de
me la faire tenir par le retour du courier.
Comme vousje crois que, pour aller vile et reussir
bien, it faut pouvoir disposer de ce qu'on appelle
( promotion fonds et bien qu'h premiere vuearrayan

(1) Remarquez cette tactique : lePr6sident Heureaux envoie un
charge d'affaires aux Etats-Unis pour proposer la cession de
Samana et provoquer la formation du syndicate qui g6re au-
jourd'hui les douanes dominicaines, mais pour cacher son jeu
pr6voyant que la correspondence peut 6tre connue un jour, il
se faith 6crire sous le covert de X... comme si les proposi-
tions venaient des Etats-Unis.







00 SAMANA
(lisez 8 200.000) me paraisse un peu trop, A moins que
ce chiffre ne comprenne tous lesfrais prdliminaires, je
crois cependant pouvoir convaincre le monde que j'ai
en perspective de la necessitM de faire les ddbours en
question.
Je dis simplement ((je crois pour la raison que
je n'aime a affirmer que ce don't je suis certain. Cepen-
dant les personnel A qui je pense proposer l'affaire
sont intimes de M Antonio (lisez Blaine, secr6taire
d'Etat) et si puissamment riches que pour elles ar-
rayan (lisez 8 200.000) est une bagatelle, je reussirai,
a les fire entrer dans l'affaire avec l'aide de M. Anto-
nio (lisez Blaine), aide que je suis siir d'obtenir (que
estoy seguro de conseguir).
Vous me connaissez suffisamment pour savoir que,
si je ne suis pas trop intelligent, je suis par centre te-
nace, 6nergique et actif. II faut, par consequent, que
les difficulties soient grandes et nombreuses pour que
mes n6gociations ne soient pas couronn6es de succes.
Assur6ment I'appui moral du gouvernement est un
auxiliaire tres puissant, mais vous savez aussi, cher
ami, que tout le monde est m"'/'."i '. comme disait le
Colombien et qu'il me faut des resources pour frais
de voyage et de representation . .
Votre devoud serviteur,
FRANCISCO DE P. SUAREZ,
charge d'affaires de la Ripublique
dominicaine t Washington.







APPENDICE


VI
(Privee.) Washington (D. C.), 24 aoit 1891.
M. X..., avocat, A Sto Domingo.
Cher Monsieur et ami,
J'ai eu le plaisir de recevoir votre intlressante let-
tre du 10 du courant, ainsi que la copie certifiee du
project (voir document n 5 bis). J'apprends avec plaisir
que le gouvernement dominicain est toujours dispose
A accorder ce que vous savez.
De mon c6td,je puis assurer que le succbs sera com-
plet si toutefois je ne suis point abandonn6 par le Pr6-
sident Hleureaux an milieu des n6gociations.
Mais il ne faut point se hAter. II est indispensable
de proc6der avec beaucoup de tact et de discretion
afin que nous ne trouvions point de difficult6s a sur-
monter dans l'interieur de la Rdpublique dominicaine,
difficulties que pourraient nous susciter ceux qui veu-
lent la mettre en coupe reglee (?).
Comme je vous l'ai deja dit, dans une de mes prd-
c6dentes, tout notre monde est absent pour le moment :
les uns sont en villegiature, d'autres aux bains de
mer, la plupart en Europe. En attendant je vais tra-
duire en anglais la copie du project que vous m'avez
envoy ee. . .
Votre d6voud, etc.
FRANCISCO DE P. SUAREZ,
charge d'affaires de la Ripublique
dominicaine d Washington.







SAMANA


VII
Santo-Domingo, 28 septembre 1891.
M. FRANCISCO DE P. SUAREZ,
Charge d'affaires de la Republique
dominicaine a Washington.

Cher Monsieur et ami,
Votre estimable lettre du 14 du courant m'est bien
parvenue et j'en ai pris bonne note . ..
Je vous recommande de faire en sorte que tout le
monde croie que l'affaire est une entrepriseparticuliere,
car vous savez combien ces populations-ci sont jalou-
ses de leurs droits et de leur autonomie (y a salve Vd. Jo
celoso que son estos pueblos en todo lo que se refiere,
a sus derechos autonomicos) et que grande serait 1'at-
teinte que le pays et surtout le gouvernement en res-
sentiraient, si une affaire (asunto), qui doit ktre pure-
ment privie (?), apparaissait comme officielle !
Arrayan (g 200.000) pour aurora (le congress domi-
nicain) et Javilla (20 0/0) pour tous y compris vous et
Amadeo ministrye pl6nipotentiaire dominicain a Ma-
drid), me paraissent des conditions acceptable .
Votre ddvoud serviteur,








APPENDICE


VIII
New-York, 23 novembre 1891.
M. X... avocat A Sto Domingo.

Cher ami,
L'Ozama est arrive et ne m'a apport6 aucune nou-
velle de vous . . . .
Almendro (lisez le president) ne m'a pas 6crit non
plus ; mais sa derniere lettre est satisfaisante. Je crois
que les affaires peuvent s'arranger selon nos d6sirs, si
Gonzalez et Toronjil (lisez le Ministre des Travaux pu-
blics) soutiennent le Pr6sident.
Une fois que les choses seront bien disposes, je
verrai M. Blaine poire lui demander des recommanda-
tions pour ses meilleurs amis (1) . .
Votre devou6 serviteur,
FRANCISCO DE P. SUAREZ,
charge d'affaires de la Ripublique
dominicaine d Washington.

(1) Apres avoir In ces extraits, le lecteur ne conservera plus
de doute sur la v6racit6 de tout ce qu'on a avanc6 en 1891-1892
sur la formation du syndicate americain et la cession de Sa-
mana.







SAMANA


No 5 bis.
Bases pour la formation du syndicate au capital de
15 millions a 20 millions de dollars (envoy6es le 10
aofit 1891 au charge d'affaires dominicain A Washington).

PRIVILEGES.
Garantie de 6 0/0 sur le capital;
Garantie pour l'entreprise : les revenues des douanes
de Montecristi, de Puerto-Plata, Sanchez, Samana et
de toutes celles qui seraient cr6ees dans la baie de Sa-
mana;
Administration des douanes susmentionnees sous
l'inspection etla surveillance d'un comit6 composed de
trois membres hla nomination du gouvernement domi -
nicain, du gouvernement des lRtats-Unis et des mem -
bres ou actionnaires du syndicate ;
Privilege exclusif pour la construction du chemin
de fer central, c'est-A-dire de Sto-Domingo a Santiago
on a la Vega et de la a Montecristi, Puerto-Plata et
Sanchez, ou tout autre point situd dans la baie de
Samana ; (le syndical fera tudier la ligne A 6tablir
entire Sto-Domingo et Port-au-Prince et si elle est
praticable au point de vue 6conomique, le gouverne-
ment dominicain pr6tera son appui moral a l'entre-
prise afin d'obtenir du gouvernement Haitien les
concessions ndcessaires, pour mener a bonne fin l'exd-
cution et l'exploitation de la susdite ligne):
Cession de 300 hectares de terrains (4 caballerias







APPENDICE U1
de tierra) en toute propri6te absolue par chaque mille
de chemin de fer en exploitation ;
Franchise a l'importation de tout le materiel rou-
lant etc., etc., des materiaux pour quais, points, ma-
gasins, usines A sucre, a cafe, etc., etc., appartenani
au syndicat;
Franchise pendant dix ans des mat6riaux de cons-
truction, maisons toutes faites, animaux, provisions
etc., destines a l'usage des colons ; pass ce laps de
temps, paiement de 50 0/0 des taxes actuelles sur les
dits articles pendant quinze ans ;
Faculty d'6tablir des lignes de bateaux a vapeur,
tant pour le service de cabotage que pour le traffic
international; privilege exclusif pour la navigation
dans la baie de Samana;
Droit d'dtablir des quais, magasins, d6p6ts pour
son usage particulier et celui du public dans tous les
ports de la Republique. . ;
Privileges pour l'Ntablissement d'un cable direct
entire Santo Domingo et les Etats-Unis, des t6a1graphes
dans l'interieur de la R6publique ; etc., etc., et des
telephones entire la capital et les chefs-lieux des pro-
vinces.....
Concession, en toute propriety, des mines de char-
bon, de p6trole, de cuivre, d'or, d'argent et autres que
le syndicate decouvrira dans les terrains ced6s par le
gouvernement;
Exemption du service militaire accorddeauxouvriers








;0- SAMANA
nationaux employs par le syndicate, except dans le
cas de guerre dtrangere ;
Soumission de tout diffdrend survenu entire le syn-
dicat et la Rdpublique dominicaine a un tribunal arbi-
tral compose de trois juges, don't deux seront nommes
par le gouvernement dominicain et le gouvernement
des Etals-Unis et le troisieme par les deux premiers
juges, ou dans le cas de d6saccord par le Pr6sident
da Bresil, du Mexique, du Chili ou de la Rdpublique
Argentine;
Durde de la convention : 99 ans (la garantie de
l'int6rit cessera A partir de la 25e ann6e) ;
Concession an syndicat de tous les droits et privile-
ges accords a Westendorp et Cie et aux entrepreneurs
du chemin de fer de Sanchez a la V6ga, a l'exception
de la Rdgie gindrale des douanes A laquelle est substi-
tute administration tripartite des douanes de Monte-
cristi,'de Puerto-Plata, Sanchez et Samana et 6 0/0
d'interkt annuel;
A l'expiration des 99 ans, entree de l'Etat en pos-
session des 6tablissements quelconques, chemins de
fer, til6graphes, constructions etc., etc., sans frais,
ni indemnity au syndicate qui, cependant, restera pro-
pridtaire de tous les immeubles fonciers et non fon-
ciers, ainsi que des mines, sauf h partager les bdn6fi-
ces de celles-ci avec I'Etat ;
Exclusion de toute autre compagnie, sociRt6, syndi-
cat ou entreprise A partager les privileges accords







APPENDICE UO
maintenant au syndicate de New-York ; mais d'un au-
tre clt6, reconnaissance audit syndicate de tous autres
avantages ou privileges que les municipes on le gou-
vernement viendraient A accorder A une autre com-
pagnie;
Durant les vingt-cinq premieres ann6es, franchise
accordee an syndicate de tous les droits de timbre,
d'enregistrement, de paper timbre etc., etc.

OBLIGATIONS DU SYNDICATE :

Racheter routes les dettes de la Ripublique provenant
des emprunts converts par la maison Westendorp et
Cie d'Amsterdain, etc., etc. (il est entendu qu'a par-
tir de la publication de la present convention, le
gouvernement de IHpublique dominicaine nest plus res-
ponsable du service des intirets et de l'amortissement
des dits emprunts, etc.) ;
Construire les chemins de fer suivants:
De Santo-Domingo A la Vega on A Santiago,
De la baie de Samana on -
De Montecristi ou -
De Puerto-Plata A Santiago;
Faire son possible pour obtenir du gouvernement
des Etats-Unis la franchise des droits pour le tabac et
le rhum dominicains;...
Prater son concours efficace au gouvernement do-
minicain en cas de crise 6conomique ;
Coopdrer moralement et materiellement en cas de







U4 SAMANA
guerre etrangere avec une puissance etrangere a la de-
fense de l'autonomie de la Rdpublique et au triomphe de
tout droit alligud par le people dominicain;
Couvrir les emprunts sollicites par le gouvernement
A 6 0/0 par an, avec la garantie des revenues des doua-
nes de Santo-Domingo, de Macoris et d'Azua;
Se constituer dans 1'espace d'un an, et commencer
le chemin defer etc., dans 48 mois a partir de la date
de la promulgation de la convention ;
Donner $ 200.000 pour garantir sa prompted constitu-
tion ;
Publier aux Etats-Unis un journal destine a la pro-
pagation de tout ce qui est favorable au prestige et au
progres de la Republique dominicaine.
NOTE DU RtDACTEUR OFFICIAL : (L'auteurdu project fera
tout son possible pour obtenir que l'intdrkt de 6 0/0 par
an soit garanti collectivement par les Etats-Unis elt la
Republique dominicaine, ou tout au moins que les
Etats-Unis garantissent seuls un interit annuel de 3 0/0
sur le capital de 15 millions de dollars (1).

(1) Le syndicate am6ricain a Wt6 purement et simplement subs-
titu6 A Westendorp dans la r6gie de toutes les douanes domi-
nicaines. Et les propositions dnum6rees plus haut out faith I'ob-
jet d'un contract ou concession de chemin de fer analyse au
chapitre V.







APPENDICE


No 6.
Trait6 de r6ciprocit6 commercial avec les
.tats-Unis.

RtsuMt.

Les products americains sont divises en deux clas-
ses.
Les produitsde la premi6reentreront francsde tous
droits dans la Rlpublique dominicaine ; ceux de la se-
conde, avec une reduction de 23 0/0.
Les denrdes dominicaines suivantesjouissent l' en-
trWe aux Etats-Unis de toutes franchises: les sucres du
no 10 auno 10 (qualifies d'apres la graduation hollan-
daise), les molasses, sirops, etc., etc.;
Le caf ;
Les peaux de toute nature et de toute quality, ex-
cept6 les peaux de mouton avec toisons.

PRODUCTS AMERICAINS.

Articles recus francs de droit dans les ports domini-
cains:
Animaux vivants ; viandes de toute quality, except
les viandes fumes; maYs en grain, farine de mais et
amidon ; avoine, froment de toute espece en grain et
en farine; foin et toute espece de fourrages; arbres,
plants, boutures, semences, etc.; huile de coton et pA-
tes de graines de coton ; suif de toute espece et huile







VO SAMANA
pour machines; resine, goudron, ter6benthine; engrais
naturels et artificiels ; carbon mineral ; eaux mind-
rales naturelles on artificielles ; glace artificielle ou na-
turelle ; toute espece de machines y compris les machi-
nes a vapeur et leurs ustensiles et accessoires ; mat6-
riaux de construction et materiels de chemin de fer;
fer et ferrailles de tous genres ; zinc en tous genres;
cuivre en lingot, en clou, en planche, tube de cuivre
ou de plomb ; briques de toute quality, ciment, chaux,
pierres artificielles, marbres, carreaux & carreler et pa-
ver, moulins A vent; fil de fer ou de cuivre ; fils tWl-
graphiques de toute esplce; bois de construction en
tous genres ; articles de tonnellerie et objets similaires;
matdriaux pourla construction des navires ; canots et
aecons ; mobiliers (ld'coles, y compris livres,journaux,
imprimis, paper de toute espece et quality ; encres de
routes couleurs et de toute espece ; materiel d'impri-
merie ; sacs vides a sucre ; monnaie d'or et d'argent,
or et argent en lingot.
2 Categorie.
Articles admis avec une reduction de 25 0/0 sur tous
droits.
Viandes non comprises dans la Ire categorie et pro-
duits de toute esp6ce except la mantegueou saindoux;
beurre, fromage, lait condense ou autre; poissons sa-
16s, sees, fumes on autres ; fruits et ldgumes frais, sees
ou autres; machines en fer, acier, on autres non com-
prises dans Ia premiere categories ; tissus de coton,








APPENDICE 97
tissus de colon et de fil (ou autre fibre) ; fil h coudre,
on tout ouvrage en fil; bottles et souliers de tous gen-
res ; paper fin et ordinaire, A cigarette, carton de tous
genres ; fer-blanc enfeuilleettous articles en fer-blanc;
agrds pour vaisseaux, cordes, cAbles de toute espkce,
rmeubles et tous ustensiles en bois A usage domestique;
bois manufactures pour maisons.

NO 7.
Extrait du m6moire des ministres des Finances
et du Commerce (Recettes).

CAJA DE RECAUDACION (Caisse de rigie du syndicate .
Ha sido regular su movimiento en el transcurso del
ano, y sus operaciones desde el dia 10 de Marzo, fecha
de que data su nueva instalacion, dan el siguiente re-
sumen:
Rentas recauda-
das. . .8 1.790.339.55
Valores entregados:
Servicio de los em-
pr6stitos de 1888 y
4890 . g 463.378.11
Id. del Presupues-
to . 820.000.
Id. de la Caja de
Rlecaudacion. 35.000.
Intereses segun
contratos . 35.948.87








SAMANA


Descuento de pa-
gards y comision por
traslado de sumas .
Entregas a Cosme
Batlle a cuenta de
$80.000. . .
Id. a cuenta de
otro contrato .
Id. a la San Do-
mingo Improvement
et Ca a cuenta del
contrato No 32 (Syn-
dicat americain). .
Id. del id. No 31.
Comision 1/2 0/0
por recaudacion ..
Id. sobre el pago
del Cupon .
Deuda Extrange-
ra, enLregas .
Por concesiones
id.
Derechos perso-
nales id.
Efectivo entrega-
dole en pago de in-
terds segun contra-
tos No 33 .


33.540.30



48.604.15

20.000.





60.000.
193.567.93

8.951.70

1.426.35

45.358.96

46.754.10

270.50


25.000.








APPENDICE


Sumas por entre-
gar del servicio del
Presupuesto :
En Pto.Plata 50.
Moca. 49.05

Balance a s. c.
segun cuenta desde
el 1 de Marzo has-
la el 31 de Diciem-
bre 1893 . .


99.05


2.637.63

5 1.815.438.60 8 1.815.438.60