Mémoire présenté à la Nation par le Citoyen Verneuil, Propriétaire de Saint-Domingue,...Contre Leger-Félicité Sonthonax,...

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Title:
Mémoire présenté à la Nation par le Citoyen Verneuil, Propriétaire de Saint-Domingue,...Contre Leger-Félicité Sonthonax, Commissaire Civil envoyé à St.-Domingue, Citoyen Verneuil, 40p,
Physical Description:
Mixed Material
Publisher:
ntes, Imp. A.J. Malassis, n.d.

Notes

General Note:
4-tr-Verneuil
General Note:
U.Fl.-Mangones Collection extract

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University of Florida
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LLMC31468
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A LA NATION.



MEM OIR E
Presented A la Nation par le Citoyen VERNEUIL,
Propridtaire de Saint-Domingue, incendid d'une
parties de son bien, pere de quatre enfants en
bas ge, Habitant de la Colonie depuis vingt-
deux ans, & dktenu en ce moment au Chateau
de Nantes
CENTRE '
LEGER-FLICIT S O N TH 0NA X,
Commissaire Civil envoy a St.-Domingue 4
pour y retablir 'ordre & la paix.

Le masque tombe et l'Tomnme est reconnu.

EST-CE au ti-amjlea, oi la Nation a conquis sa liberty ? oh
le regne des tyrans n'existe plus ? oh une grande Nation qui
sent ses advantages, travaille a la perfection des Loix qui doi-
vent assurer le salut de la Republique & qu'elle a jure de
maintenir au prix de son sang, que l'on devoit s'attendre a
voir exercer a Saint-Domingue un despotismne qui n'eut ja- I
mais d'exemple, par un Commissaire civil d legue de la Na-
tion & envoy par elle pour y ramener l'ordre & la paix ?
Cette riche contrce qui dtoit pour la mere Patrie le vrai




.


A-
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,

pactole qui earichissoit son commerce, 8c faisoit nattre 'in-t
dustrie de.ses habitants, n'est bientbt plus quun monceau de
cendres; les ennemis de la France lont en parties dtruite;
les fleaux de tous les genres s'y font. successivement sentir;
mais le plus revoltant sans doute, est l'arbitraire avec lequel
elle est gouvernee, & l'anarchie qui en est la suite. Jamais
*le mot Loi n'y -fut plus souvent prodigue ; & c'est a l'ombre
de ce mot sacred & revere de l'homme de bien que la cu-
piditd s'engraisse des debris fumants de ce qui nous rest en-
core.
Tout le monde connolt les malheurs qui ont precede l'ar-
rivie des Commissaires civils dans cette Colonie; & le Md-
moire que je present, date de leur descent dans la Ville
du Cap.
J'atteste ici l'honneur, que je revere, que tous les faits qui
y sont consigns sont en tout conformes B la plus exacte vetite;
& je porte le defi le plus. formel a Sonthonax & a ses adhe-
rants de les dementir.
F A ITS.
LA Colonie de Saint-Domingre etoit dans une position
difficile a comprendre lorsque l'aviso envoy par la Flotte
vint mouiller dans la rade du Cap, & annonya son arrive '
prochaine. Apres une attente si desiree & don't le retard
cauloit de si vives inquietudes, la joie des amis de la Patrie
fut un vrai delire; tous les Corps constitutes, nommerent au
moment meme des Commissaires. Cette deputation former
par l'Assemblee Coloniale, Provinciale la Municipalite, &
les Chefs de la Garde Nationale, furent envoys cent lieues au
large an devant de la Flotte, & temoignerent aux Commissaires
civils & a tous les Chefs, l'empressement qu'ils av6i'ent de les
voir parmi eux; ils remirent en meme temps aux delIgues
de la Nation leur ArrIet du 27 MIai sur la promulgation de
la Loi dIu d Avril, & celui du mime jour qui appelle les
Citoyens de couleur dans le sein des Corps populaires avec
voix consultative.



A,
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Le 17Septembre la Flotte -parut; son approche ditruisit
pour le moment les projects sinistres de nos ennemis, & re-
doubla l'espoir des patriots; chacun d'eux s'empressa de se
rendre a bords pour offrir des secours a ceux qui avoient faith
abandon de leur bien-8tre & de leur fortune pour voler h 4
notre secours; mais les ordres furent donnes de n'en re-'^
cevoir aucuns, & la Troupe fut consignee bord des Na-
.vires qui les avoient apportes.
- Les Dragons du 6me. regiment furent les seuls qui des-
cendirent ce qui fit nattre a bord du Vaisseau de 1'Etat
I'America une rixe iide'cente entire le Gouverneur c les
Commissaires civils. Cette scene d'clat [ i ],qui fut publi-
que, & qui fut poussee aussi loin qu'elle pouvoit aller, cons-
terna les bons citoyens ; fit disparottre pour jamais l'har-
monie qui devoit regner entire les diffrents pouvoirs, & nous
presagea les nouveaux malheurs don't nous sommes accabl's.
L'apres-midi du meme jour, le Gouverneur-General descen-
dit a terre; le lendemain les Commissaires civils en firent
autant, au bruit des acclamations du people; 1'artillerie deg
Vaisseaux & de terre se fit entendre, & I'on n'oublia riea
pour donner a ce jour la pompe qui etoit due aux dele-
gues de la Nation.
A peine furent-ils arrives, que I'on fit sentir aux Commis-
saires le danger qu'il y avoit pour la chose publique, de laisser
disseminer les troupes qui etoient a leurs dispositions dans
des camps, don't toutes les habitations d'alentour 'toient re-
duites en cendres; que l'on s'etoit servi de ce moyen pour
rendre inutiles les secours des six mille homes de trot:pes
,de ligne envoys par la Nation, & dont le nombre 'toit
plus que suffisant pour reconqu'rir nos propriet.es; que ces

[i] Le Gendral Desparbhs avoit donn4 ordre aux Dragons de des
cendre A terre, les Commissaires pretendirent qu'lls ne le pouvoient
fire que d'apres leur requisition; et, de pretention'en prevention,
ils en vinrent aux injures,





S. .

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troupes avoient e't moissonnees, en parties, par 'insalubrit des
li:ux oh ils avoient ete envoyes, & les boissons empoisonnees
qu'on lear faisoit parven:r; que ces raisons etoient assez pui-
santes pour les engager a fair descendre la majeure parties
de celles qui venoient d'arriver dans la ville du Cap ; que
chaque ci-oyen se feroit un vrai plaisir d'en prendre soin, &
qu'Lane sortie general ne pouvoit htre differee.
Ces representations, toutes sages qu'elles etoient, furent m'-
prisees; quatre on cinq jours apres leur arrivee, chaque batiment
reyut ordre de les transporter au Fort -Dauphin, au Lymbe,
au Port-de-Paix; aucun bataillon ne descendit, & l'on s'e-
forya* de nous persuader qu il toit n6cessaire de enforcer le
cordon de 1'Ouest de la province du Nord; & que sit6t que
les troupes y seroient rendues, 1'on feroit une attaque gd-
nerale : c'toit l'eloigner de huit jours au plus; &c lorsque je
fus enleve de la Colonie le 6 decembre dernier, elle ri'a..
voit point encore eu lieu.
Les discussions intestines que le conflict d'autorite faisoit
naitre entiree le Gouverneur & les Commissaires civil, ne
faisoient que s'accroitre, personnel ne l'ignoroit & notre pc-.
sition en devenoit plus allarmante. Ces derniers, occupy's du
soin de detruire le parti qui balanyoit leurs pouvoirs, passoient
a cabaler, des jours qui auroient ete mieux employes i com.
battle, & mettoient des entraves a toutes les operations.
Le. une Proclamation fut public ; elle accu-
soit le Gouverneur d'avoir dissemine les troupes dans les camps,
le sommoit d'agir, & e rendoit responsible des evenements,
tandis que d'un autre cotd, l'on etoit assured que rien de ce
qui dtoit necessaire, n'etoit pr&t; cette attaque annoncee de
jour en jour, & depuis plus de six mois, que l'on avoit in- ..
teret de ne pas fire, n'eit point lieu; & la Proclamation
des Commissaires n'eut d'autre but que de mettre a covert
leur responsabilite.
Les boisspns empoisonnees, la mauvaise quality des vivres









II
......'' ._ ,-.. i -* .1, .**: .. 0











.alss, & linsalubrite des lieux oil 1'n avoit envoy nos ct-
fenseurs, se coinbinolent pour hater leur destruction.
Les h6pitaux ordinaires ne pouvoient deja plus les con-
tenir, & la mort faisoit chaque jour disparoitre, par centaine,
ceux qui, .laces dans des camps eloignes, ne pouvoient re-
cevoir aucun secours de leurs concitoyens.
La perte de tant de braves soldats etoit attribute, non
sans raison, aux Administrateurs. Avant larrivee des Com-
missaires, le m'me abus ex*stoit. L'analyse publique qui fia
faite de ces boissons perfides, ne laissa rien desire sur Ie
project formed de nous d'truire. Un seul employee, le moins
coupable sans doute, fut arrer~ & emprisonne; d'autses se
sauverent; & le credit des Chefs qu'une denonciation pu-
blique pouvoit confondie, fit qu'un si grand crime rest impuni.
Le 4 Octobre, les citoyens amis de la Patrie se r.unirent,
& formerent: pour la second fois un Club, sous le nom de
Socidtd des Amis de la Convention Nationale, don't l'uni-
que but etoit de reunir nos' efforts centre les ennemis de la
Colonie; demasquer les trattres terrasser les abus, & ve-
nir au secours de nos freres d'armes qui etoient impitoyable-
ment moissonnes dans des hopitaux administres par l'avidit ,
l'insouciance & la ferocity. Nos premiers travaux furent d'un
grand secours a l'humanite souffrante; nos pas & demarches
furent competes pour rien, & nous fames merveilleuse-
ment seconds dans nos travaux par un Comite de bienveil-
lance tire de notre sein. Je ne m'etendrai pas plus au
long duas ce moment sur notre institution voulant me
conformer a l'ordre des dates, j'y rcviendrai bieniot.
Le 6 da mime niois une Flotte fht signalde; elle portoit
la majeure partie des troupes destinies auLx isles du Vent, au
nombre de mille sept cent cinquante homines. Les Ge'nraux
Rochambau, Collot & Riccard quiles commandoient, d s-
cendircnt au Cap ainsi que les Commissaires civil, & troms
cen.s cinquante homes du batailton de l'Aisne. Les autres qui
furent cavoyts dans les diffrreats quatierd de la Province










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'"-~- r;-icg~A*l"c;~`~~~-rl-, ~n~l~F~ulr. h~'*)a,.,,, ,. I~p~q*lb~2 ii..-*i~Cli.l~- ~:iCA. ~,~A~I]~?Cc..rrr li:)i;~ ~lbl~r i.r..~ralr~-gs




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du Nord, servirent .h remplacer les morts & malades 'dans
les diffirents camps, don't le nombre etoit deja considerable.
Le 13 les Commissaires civils rendirent une Proclamation
pour la dissolution de l'Assemblhe Coloniale & grovinciale;
il eroit ordonn a la premiere, de former une Commission
ntermediaire qui representeroit la Colonie, & dont les Mem-
bres seroient au nombre de.douze; six blancs, & six homes de
couleur; l'Assemblee se conforma a la Proclamation, & la no-
mination de six des siens,. fut le* dernier travail qui terminal
ses Seances, ceux de couleur au lieu d'etre l'ouvrage des
Assemblies Primaires, conformement au texte de la Loi, fu-
rent uomin6s par l'ordre arbitraire de Sonthonax.
11 regnoit depuis long-temps dans la ville du Cap & dans Ia
Colonies entire, des fermentations sourdes, combines avec
piofondeur, & qui furent plusieurs fois sur le point d'eclater;
cabale, don't les Chefs du Pouvoir Executif dirigeoient les
movements, qui avoit pour but l'entier andantissement de
la Colonie, & qui devenoit de jour en jour plus terrible;
nous fumes instruits qu'il rignoit des listes de proscription; que
les plus vertueux citoyens etoient comptss au nombre des vic-
times qui devoient tomber sous le poignard des assassins, &
que les services qu'ils avoient rendus a la Colonie & a la
chose publique, en deconcertant par une fermete sans exem-
pl.e & par une vigilance soutenue, des projects sinistres qui
tendoient h tout renverser, redoubloient la rage des contre-re-
volutionnaires, & ne leur permettoit plus de differer I'exd-
cution de leurs projects.
Les trois Commissaires, instruits qu'ils faisoient parties de
cette liste redoutable, se hiterent de stimuler le people, de
le faire sortir de son engourdissement & de s'en fire
un appui. Puiquenard Albert tous deux employes h
lac Commission furent lances dans la Socidet des Amis
de la Convention Nationale don't ils e&oient Membres,
daals les Assemblses de la Commune & dans tous les endroits
.i les citoyens avoient coutume de se reunir; la, its par-


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vinrent a les electriser. Le 16 & 17 Octobre, cette condaite
fut continLie; le 18. aprIs-midi, la Commune etant assem-
blWe dans 'Eglise Paroissiale, Piquenard s'enipara de la chair,
'fit un discours trbs-court, mais plein d'energie, qu'il teriaina
en disant: nos moments sont pricie.ux, lit deliberation in-
suffisante; aux armes Cito years, aux armes : ce cri de guerre
Sprononce avec force, fat rptiet de bouche en bouche, & chacnqr
court se mettre en etat de defense; a l'approche de la nuit, deux
mille hommes etoient sous les armes, & rendus sur la place;
.des hommes appostes he cessoient de les animer; ce ne fit
pas sans peine que l'on contint lear ardeur jusqu'au lendemaina
matin, en leur representant le danger d'une attaque de nuit,
dans un moment oh nous ignorions l'espece & le nombre
de nos ennemis.
Le lendemain 19, la general fut battue, au point du jour
les citoyens arms se rendirent a leur poste, & demanderent-
a grands cris 1'embarquement des principau\ Chefs du pous oir
exdcutif. Les Commissaires civils remplirent parfaitement bien
le r6le qu'ils s'dtoient impose; plusieurs requisitions parent
faites -a ee sujet, & la conteinance ferme & courageuse des
citoyens qui dtoient au champ-de- Mars, forya les Chefs
h precipiter leur depart; -Polverel qui les accompagna ati
bord de la mer, revint ensuite complimenter les troupes su71
leu r ddvouement h la chose publique & sur la manure dis-
tingude avec laguelle el/es s'tloient c ,nportees; i engaged
les uns t rester dans -leurs casernes les autres d se sdparer ;
& promit defa:re droit sur tous les autres trattres dinone's
par les citoyens.
Le lendemaift o, la Commune assemblee, forma une liste
des noms de tous ceux qui coalises avec le Gouvernement,
etoient convaincus d'avoir oopere a la ine presque total
de la Colonie; elle fat adressee le mime jour h la Socidt6
des Amis de la Convention Nationale, & remise par une
d6putation de six citoyens, au Commissaire civil Sonthona ,
d'apres la demand qu'il en fit, & chez lequel elle resta trois
jours avant d'etre livree a l'inmpiession.







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Le cri general de l'indignation se faisoit entendre depuis
long-temps contre Pouget, Chef de 1'Administration; la
dilapidatiou des finances, l'empoisonnement des troupes qu'il
etoit hautement accuse de favoriser, la rigie des h6pitaux,
& qui etoit telle, que celai qui y etoit conduit se regardoit
cmme un criminal, centre lequel la peine de mort a ie pro-
noncee & que l'on conduit a l'echaffaud,; son entier devouement
pour les auteurs de nos maux, sa rudesse & sa mauvaise foi en-
.vers tous les autres, etoient les raisons qui faisoient deman-
der son embarquement a grands cris. Le Commissaire civil
Sonthonax, feignit. de partager l'indignarion publique ; &
sous 1, pretexte de lui faire rendre des comptes sdvres, de-
manda da~temps, promit tout, & finit au grand etonnement
des citoyens de toutes les classes, par rendre une Proclama-
zion qui le mit sous la protection immediate de la Loi.

Cette liste fut imprim&e au nombre de deux mille exem-
plaires, repandue avec profusion dans toutes la Colonie af-
fichie dans les ParQisses, envoy e en France, -a la nouvelle
Angleterre, & eut toute la publicity qu'elle pouvoit avoir.
,, Ceux qui y sont porres, y sont designs comme des per-
,, sonnes traltres a la Patrie, auteurs des maux de Saint.-
,, Dcmingue, don't les infames projects dtoient de fire egorger
,, les citoyens de toutes les classes, les uns par les autres,
,, & livrer nos proprietes aux emigrds de Coblentz; donee
,, a la Socidtd des Amis de la Convention Nationale par la
,, Commune du Cap les sous-Officiers, soldats, citoyens
de la garnison, & les marines employes dans l'expedition;
presents a MM. les "Commissaires civils, comme des hom-
n mes dangereux, & teints du sang de leurs concitoyens,
n avec instantes, prieres d'en ordonner l'embarquement & l'en-
voi en France dans le plus court delai. Quittons pour un
instant cet objet, 1'ordre des choses me forcera d'y revenir

La Societd des Amnis de la Cwnvention Nationale, don't
les principles sont consigns a la'fin de c'e Mdmoire, No. i, '


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forine des. cityens de routes les: classes, (I ) s'efforyit
de detruire les abus en les denoncant; & son active vigi-
lance etoit principalement employee envers nos freres d'ar-
mes, qu'une destruction jusqu'hlors inconnue a Saint- 0-
mingue, enlevoit chaque jour par centaine; une souscription
fat ouverte pour venir a leur secours; en moins de quelqGes *
jours, elle fat portee a cent cinquante mille livres; il n'y
eut point de citoyen qui ne se fit gloire de concourir a
cet acte de bienfaisance, & chacun d'eux en portant son of-
frande a l'humanite souffrante, s'engageoit A fire le meme
don, les uns pour six mois, d'autres jusqu'au parfait r"tablis-
sement de l'ordre. Ces infortunes, victims de la sceldatesse,
nous etoient envoys 'a pleines charettes, ils furent places au
nombre de douze cents chez les citoyens les maisons ne port-
vant plus les' contenir, de nouveaux hlpitaux furent crdes,
sous la direction des Commissaires nommes par la Societe
& pris dans son sein; les femmes s'empresserent de venir a
leur secours & fournirent le linge & les chemises don't its
S avoient besoin.
F 2.7 Octobre, une Proclamation fut rendue par les Corn-
missaires sur la journee du 19. Les details qu'elle renferme
mdritent d'8tre cqnnus. Elle sera jointe aux Pieces Justifica,-
9 tives de ce Mimoire.
L'embarquement du Gednral Desparbes suivit de prcs ce
manifeste public, & la m&me nuit oh il s'executa M. Di-
nisdal, Mardeial de Camp, & Commandant en second de
la Province du Nord, reyut un ordre par ecrit & motiv&,
de prendre les renes du Gouvernement. Deux jours apres, les
esprits ayant te disposes la ginerale fut battue, les trou-
pes patriotques & de ligne, se rendirent au champ-de-Mars,
& les Commissaires y proclambrent Lochambau Gouverneur-
Gen&ral.
( ).Cinquante hommees au moins, de couleur ou IMmgres libres
enrfaisoient parties, pour la seul ville du Cap, sans computer I'fal
filiation des autres Paroisss. .
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M. Lavaux-, Lieutenant Colonel du setzieime 'rdginette
de Dragons, fat cree Colonel, & Commandant en second
de la Province du Nord. M. Dinisdal donna pour lors sa
de mission, & obtint la permission de .retourner en France.
Nous avions lieu de croire que le bien seul de la Colonie les
diterminoit qu'ayant besoin pour agir d'hommes qui
fussent a eux & capable de surmonter les plus grandes
difficulties, ils avoient use de la latitude de leurs pduvoirs,
( qui n'ont d'autres bornes que leur volonte ) pour notre plus
grand advantage; nous attendimes donc en silence les heu-
reux vffets qui devoient en risulter,
Deux jours apres, ces diffdrentes nominations, les Com-
missaires civils Polverel & Aillaud ,[ 2 ] partirent chaeun
sur une Fregate pour la Province, de 1'Ouest. Leur arrive
i Saint-Marc y fit nattre des ianquietudes & le trouble. Les
citoyens de cette ville instruits de ce qui s'etoit passed au Cap,
& qui leur supposoient des vues sinistres, se rassemblerent
& prirent leurs armes, Les homes de couleur & negres li-
bres joints 4 quelques pompons blancs1, ayant a leur tte
Decoigne, & le Roi de la Grange, (3) precipiterent letCdd-
part, & malgre les forces qu'ils firent descendre des batiments
de 'Etat, leur faite devint indispensable.
Sonthonax, par le depart de ses colleagues, se trouva seal
rev&tu de la Dictature. Les troupes de ligne don't les Officiers
firent successivement denoncis par les soldats & embar-
ques par Soithonax, etoient sans chefs. La nomination h


(2) Voyez la lettre de Polverel du ,. Novembre, date did
Port-au-Prince, et celle d'Aillaud qui en est part le 20, 6crite
de 1'Orient; 1 une et Pautre insirees dans les papers publics, et
notamment dans le Courrier de l'Egalite. Ces deux dcrits devien.
neix curieux par les contradictions frappantes qu'ils renfernient,
(3) Decoigne et Roi de la G.ange ports dans la liste de prgs-
crption, sont les principaux auteurs de to*s les'1 aux de cctf
dependance.





.,.




t,: fl r- .., !,`lr -,







leur emploi fut- touvragS du Commistair civil & 'du Gine
ral Rochambau. [ 4}
Les places de la Magistrature furent ren6uvelles, g& ar.
bitrairement donnees;, le people, ni les corps qui le reprd-
sentent, ne furent consults; & l'intriguant ou celui qui pou-i
vQit faire des sacrifices, cut seul la predfrence. ( 5 )
Les nouvelles desastreuses qui nous parvinrent de diffe-
rentes Paroisses, & qui furent lues I la Socidtd, determine-
rent les citoyens h demander avec les plus vives instances
au Commissaire civil & a Rochambau, une sortie gendrale
Stant de fois promise & tant de fois eludde, sous les prCtextes
les plus specieux. Cernt cinquante habitations detruites depuis
I'arrivie des- dernieres troupes, rendoient notre position
plus terrible que jamais. Les hopitaux dtoient sur le point
de manquer de viande fratche. Les communications avec l'Es-
pagnol interceptees, ne nous laissoient aucune resource ; &
le fldau d'une terrible disette des choses de premiere neces-
site, etoit prt a se Joindre a ceux que nous 6prouvions depuis
si long-temps.
Le General se determina a partir le sur-lendemain pout en-
lever le post d'Ouanaminthe, les Troupes & les Muni,-
tions s'embarquerent la nuit du m8me jour, & il promit qu'au
retour de. cette expedition la sortie gdndrale auroit lieu. L'on
mit a cette escarmouche un apparel imposant par le'nombre
d'hommes qui composoient l'armie, & les bouches a feu qui la
suivoient; elle fat partagee en deux colonies, & si Ja mar-
che eAt edt bien combine, ce poste oh ily avoit tn grand
rassemblement de nigres eut et: envelope` sans coupfdrir;
aucan d'eux n'etr dchappd, & par cet acte de sevdritd qui
) L' on ve -rr.a '
S(4) Lo verra ient6te que cette nomination fut porthe au corm-
pletdans certain Corps, et quels furent ceux qui en thrent pourvis.
(5) Je n'en except qu'un seul,,et ce citoyen, c'esl (Joubert)
nommd- A la place de Procureur-G6neral du Conseil. Sa probit&,
sa)frm-et et e sies dnt&t lui out de tout temps merite F'etime
publique, et ce choix fat gendralement applaud








7fJ7e 'zQL -s (u A. -1 ,^, -N-:













-etoit indispensable, & la frayeur -qu'il eit inspire aux au'
tres, ceux places dans les autres camps eussent eu recourse
a la cldmence de leurs mattres, & tout seroit rentri dans
l'ordre. Rochambau les charge avec sa seule avant garde
compose de huit hommes, sans le secours de son arm'e qui
itoit assez loignie, s'empara du poste, mit les ~iegres ea
deronte, en tua une trentaine & fit quelques prisonniers ; M.
Lavaux qui commandoit la second colonne & qui devoit les
envelopper dans leur fuite, ne part que long-temps apres
'action; cette expedition tant vantee se borna a occuper le
poste don't its etoient maitres. Leborgne, Secretaire du Ge-
neral lit une description pompeuse de cette journde; i y
vante son audace, sa bravpure, ses talents militaires, sans fire
reflexion, que si lon le jugeoit d'apres les fairs qu'il allegue,
& don't it garantit I'autenticite, malgre le titre d'invincible
qu'il lui prodigue la recomprense bien meritee & qui lui seroit
donnee sans doute, seroit une place de' Sous-lieutenant.
Son triomphe fut terni par un evenement qui'eut des suites
facheuses; oubliant que l'inter8t de la..Colonie entire etoit
remis entire ses main-s T-l;succomba sous les loix impirieuset
de la nature, & gota des plaisirs, don't les fruits amers et
douloureux suspendirent ses operations militaires en lemp8-
chant d'agir; a son retour an Cap, sa maladie fut connue.
La sortie gnearale n'eut point lieu, & e salut public fat sa.
crified son incontinence. [6]
Les citoyens instruits des demarches tdnebreuses de ceux
qui cabaloient de nouveau dans les differences Paroisses de
la Province, don't les noms sont port's dans la Liste de dd-
nonciation, & don't Sonthonax avoit promise de purger laCo.
lonie, s'empresserent a demander leur dloignement, & td-
1moigierent aussi leur etonnement sur ce ,g e la majeure par-
.te d'eux avoitrobtenu de lui. des passeports pour se reddrq
dans different endroits de la Colbnie; d'autres n France,
.... r" -i ... ,O ', *

[ 6] 11 ktoit encore couch et lors d'ett d'agir quant noPu
uittAmes le C0a -


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d'autres a la nouvelle Angleterre; ils representerent avec force
que cette Republique etant dafis ce moment la mbre nour-
ricire de la Colonie c'toit 1'exposer fuX coups de .eur
mechancete, & leiur donner la faculty de nous priver de
notre dernibre resource. 11 readit le lendemain une Procla-
mation dans laquelle'il enjoignit a la Commission Intermrn *
diaire d'avoir declarer dans trois jours si ceux don't les
noms qui y sont "portes avoient justement encouru par leur
mauvaise conduite la haine de toute la Colonie, s'enga-
geant a fire executer le voeu qui seroit -par eux pro-
noncel.
La Cormnission Intermediaire, declara, par son Arrdte du
,, I8 Noveibre, que tous ceux qui y etoient dneonces ,
n avoient ijstement perdu la confiance de la Colonie, & qu'ils
n ont sciemment trahi cette Colonie qu'ils etoient charges
, de defendre, & ordonna en meme temps, que dep6t sera
, fait dans ses archives d'un exemplaire imprimd de cette
p Liste. de denonciation, pral'ablenment sign du President
, de la stance W.
Cet Arrete ne laissoit h Sonthona'x aucun subterfuge, it
n'en eluda pas moins cependant 1'execution; mais ce qui re-
doubloit l'tonnement de ceux qui tenoient le fil des &vene-
ments, est la certitude oil nous etions tous qu'elle Ctoit en
parties son ouvrage.
La place d'Inspecteur des Frontieres toit vacant par la
retraite de M. Lamerveillire, Ingdnieur -en chef, qui 'avoit
obtenue de M. Blanchelande, malgre les reclamations de la Co-
lonie entire en faveur de M. Santo-Domingo; cette recom-
mandation ne lui fut pas plus favorable auprs. da Commissaire
Sonthonax qui la donna h. Dufay. Il n'avoit d'autre titre que
celui d'avoir servi tres-peu de temps come Sous-Lieutepdnt
au regiment du Cap, regiment qu'il fut contraint de qaittr
par un marriage qu'il fit malgr'l'improbation de sop Corps,
& celui d'avoir fait la trayersde 'veC les Commissaires.
Massot, ancient Capitaine de Port inscrit sur la lise dcs









-" ". .I .V e9 .
9 1~)ILh










;.4
adnonces, donna sa ddmission; le people entier s'interessa
pour trois candidates, & principalement pour M. Santo Do- .
mingo .qui a troc iperite de la Colonie pour 6tre oublie d'elle;
ii fuit leurd pendant 'quelque temps de Flespoir de lobtenir;
mais Sonthonax aupres de qqi les sollicitations devenoient
pressantes, en renvoya la nomination au General Rochambau,
o qui y playa un Capitaine de Navire, nommd Sautet, arrive
dans la Colonie depuis quelques mois, & n'ayant aucun droit
pour y prtendre; les. rclamations furent vives de la part
du people, .& il repondit une deputation qui lui fut faite
at nom des citoyens, & par crit, quand ai nonmme una
place ell est bien nonmmdee.
Le Borgne, Secretaire de Rochambau, avoit trop bien
mdrite de lui', par la description qu'il fit de l'enlevement du
poste d'Ouanaminthe pour n'&tre pas rcompensd ; il fut
promu a la place de Commissaire des Guerres Auditeur,
place nouvelle dans la Colonie, creee en sa faveur, et don't
les profits sont incalculables.
Accuse par le public four etre agioteur des places, les
vendre & en tirer de gros profits; celle de Capitaine de Port
fut port'e 4o00 portugaises; d'autres i too, d'autres a 50;
cette accusation-, mille & mille fois rdpitee, acquit une sorte
de conviction; les Secr&taires furent dernonces au Club des
Amis de la Convention Nationale & quoique Paccusation fut
vague, puisque personnel ne fut nomme, Delpech, Secretaire
de la Commission, & Leborgne, intenterent une proddure
criminelle dans les formeses- s plus illgales centre Flanet,
I'un de nos Membres : [7 ] faisant lui-meme parties de notre
Socite, il fit a la tribune une longue harangue qui ne con-
vainquit personnel & qu'il terminal en disant : que silesloix
'afr o" ---'-'-------p -p---- --:
V,7 L'affaire denoncee par Leborgne et Delpech fut portee au
cyrminel, et poursuivie h la requite du Pouvoir ex'cutif; Flanet
fut assign6 d'ajournement personnel sns ravoir 6t, de soitou'i;
uoi qu';l ne fut plus au porvoir -du nministre public d'en dis-
continuer Yinstruction; une reconciliation fente et foree la fit i
demeuror \14 6 justice .
Vf







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', ***> vf~f ^^" _.!











215
ne secondoientpassa Venegance, il auroit recoutrr son bras;
la motion fut portee de le rayer du tableau, & apres atvoir
entendu plusieurs orateurs, il fut decide B la majorird quLela
radiation auroit lieu.
Celle de Commissaire aux Classes fut donnde dans le m'~m ,
temps h Albert, dcrivain de Sonthonax.
Une autre de Commissaire Ordonnateur de la Province d.
I'Ouest & du Sud, fit cree pour Delpech, Secretaire de la
Commission; routes ces nominations inattendues decouvroient
le c6te de la cuirasse, & nous nfe flames que trop convain-
cus que tout etant a l'encan, notre entire destruction etoit
inevitable.
Des lettres des different endroits de la Colonie ne fai-
soient qu'accrottre nos vives inquidtudes; celle d'Ouanamin-
the acheva de nous atterer ; elles nous annoncoient que
le poste d'Ouanairinthe avoit etd surprise, I'h6pital egorgd,
.plusieurs personnel de celles qui etoient venues pour le de-
fendre, tuees d lui-meme qui y commandoit, avoit manque d'&tre victime-dS
sa security.
La preuve certain des vexat'ons qui dtoient exercees at
Mole par le bataillon de Dillon, [8 ] le desarmement des
[ 8] Le 2 Novembre, une deputation fut env.oyee au Commis-
saire Sonthonax, pour lui representer combien il 6toit instant d
prendre pour le M61e Saint-1iicolas, les precautions les plus sages i
que ]a garnison en devoit dtre change et remnplace par des:troui
pes don't. le patriotism fut connii.
II repondit que les precautions pour la ville du M6le, se rent,
controlent parfaitement avec celles ddja prises et qui lui. etoient;
presentees par les Amis de la Convention Natiopale ; que touted
les troupes et les Chefs, alloient etre remplacees par des troupes
Nationales ; que 'on accorderoit une tell latitude aux habitants;
qu'ils ne pourroient plus &tre vex's dans la suite par le militaiiae-;
ii remercia la Socidtd du zble qu'elle montroit pour la chose pu.-
bliqiue, I'engagea A continue sa surveillance, et I'assura que la
France ne verroit pas d'un ceil indifferent, combien ses soins a,
voient tte utiles A la Colonie; a notre depart, la garnison nr'aroiV
point etd change, et les abds n'6toient plus. supportables.,







.-. .. ,











habitants, I'empechement d'une sortie combine, qui auroit
eu les plus grands succs, & don't le but fut imparfaitement
rempli; la trahison qui se manifestoit de toutes parts, la mort
de toutes nos troupes, des lettres venues de France par la
:voie de 1'Angleterre, qui*nous presageoient un avenir, que
tout sembloit confirmer, nous faisoit porter nos regards dans
un temps qui n'existoit plus; & le peu d'espoir que nbus
avions de le voir renaitre, augmentoit nos regrets.
J'ai deja dit, que la majeure parties des Officiers des trou-
pes de ligne., avoient 6te forces de quitter leur Regiment,
& que Rochambau & Sonthqnax, avoient nommes quelques-
unes de ces places ; mais ce qui va parottre sans doute strange,
c'est qu'elles furent portees au complete dans un temps, onl
le manque de num&raire etoit tel, que le pret meme, ne pou-
voit &tre donna la troupe & que le peu d'argent qui etoit
versd dans la Caisse servoit uniquement au payment des
principaux Chefs. 9 ] C'est qu'il y avoit des baraillons qui
4toient rdduits a une compagnie, & que le nom.re des Of- *
ficiers excedoit de beaucoup celui des soldats; c'est que cette ma-
rotte ne fut employee que pour y placer d'emble des proteg6s,
hommes de couleur, don't la liberty de quelques-uns pourroit
m1eme etre contested.
Le Regiment du Cap & de Walsh, a qui il fut propose
d'en recevoir en vertu de la Loi du 4 Avril, rdpondirent au
nouveau Commissaire cks Gueires Auditeur, Leborgne ,ui q;
les haranguoit, que cette Loi avoit ere promalguee dans toute
la Colonie d'apresl'Arrrd de l'Assemblee Coloniale du 27 Mai,
& longtemps avant l'arrivie des Commissaires civils. Que la f6-
deration du 14, Juillet la reunion de tous les homes libres,
S& le serment qu'ils avoient prete., ne laissoient rien a desirer
-----. ---- ------- i- ----
S[ 9] Le 28, 29 et ,3o Novembre, plusieurs personnel se rdpan
dirent dans la ville, et cherchdrent dans les Maisons deComnierce '
et chez les particuliers, pour le Commissaire civil Sonthonax, des
quadruples a dix-sept Gourdes; [ elles valent a Saint-Domingue
cent vingt-six livres; ] ii en offroit cent qtarante lives cinq sous;
a'est payer suiYfit moi gdndrefsement le plaisir d'avoir de 'or,




.f 1- .





(7
pour proyver leur soumission a la Loi; qu'ils 4toient prit &
a lestecevoir come soldats, & quils obtiendroient come
eux, du temps & de leur bonne conduite, la nomination
aux places d'Officiers. Cette rdponse sage & ferme ne fut
pas goatle de ceux :qui avoient des inter&ts different, & Yon
va voir ce qu'ils mirent en usage pour se venger de cett
resistance.
Les soldats n'ignoroient pas les brimts publics, & qui toient
tellement accredits, que les mulAtres & negres libres disoieat
hautement dans les rues, que chacune des places q-ils obte-
noient dans les grades infirieurs leur coatoient cinquante Por-
tuga1ses. 'I
Le premier decembre, une .roclamatio in endiaire est af-
fichee a huit heures du martin, o le Commissaire Sonthoiax
feint & cherche persuader qu'il existed dans la ville, une
faction pour s oppposer la Loi 4 4 Avril, sachant que les
citoyens avoieot present la veille a la Muncipalite une Pe
tuition, aux terms du Decret, & rIevtue au -mois de deux
cents signatures, pour qu'elle permit a la Commune de s'as-
sembler. Sonthonax s'y opposa, interdit le Club, redoubla
les patrouilles des homes de couleur, quidepuis la veitle, se
promenoient dans la ville arnes 4de a Aania re la plus af-
fecte, & ayant plusieurs paires de pistolets h- la ceintire.; ce
jour lA, le bataillon en._entier y fut employ-
Les citoyens blancs, allarmAs d'une chose aussi nouvelle'
en porterent leurs plaintes h la Municipalit, qui d&clara ne
les- avoir point requises; elle deputa plusieurs fois aupres de
M. Sonthonax; il donna 'ordre apparent pour qu'elles se re-
tirasseht,: marqua de aI surprise & feignit d'ignorer.qui les
avoit mises en inouvement; malgre cette pasquinade, doni
personnel ne fut dupe, elles continurent le rest du jour &
pendant la neit.
'A peine le'Club dela Socidtd des Amis de la Conventioh
National fut-i interdit, que Sogthonax donna un ,or4re ppr
ecrir, pour s'emparer de la caisse de bienfaisance, qui con-
-C








-f -
m)' '
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*
tenoit h cette epoque de cent vingt-cinq a cent trente mille
livres. Le coup flit prIvu, les Commissaires nomnmes parmi
nous, furent charges de les reclamer ; il avoua I'ordrde donnd r
par crit, pour que les fonds fussent versds dans la caisse
colonial, & consentit, non sans peine, que le Bureau de
Bienfaisance, de concert avec le Tresorier de la Socidte, & -
sous l'inspection des corps populaires, continuassent les em-,
ployer pour le soulagement des maladies. [ 0]
Le de-rx, a six heures du martin, le Rdgiment du Cap
ce qui reste de royal Comtois, un peloton de Eearn, &
les IJragons du seixime R giment, requ ent order e dese
rendre au Champ-de-Mars [ r ii r peine y furent-ils rendus,
que 600 homes, tant Mulitres que Negres libres ou es-
claves, arms de fusils & de pistolets, sortirent de leurs ca-
sernes & furent se placer en face du terrein qu'ils occupoient;
I'on affect de teur faire charger les aEmes end presence des
troupes cui etoient sans cartouches; quelques patriots qui s'y
trouverent, remarquant que leurs gibernes en etoient garnies,
crierent a la trahison, & le bruit s'en rdpandit aussitot 'dans
tcute la Ville : la Municipalite se'transporta au Champ-de-
Mars; un sac plein & port par iun Negre fut arrte Cairou,
Chef du sixiemie Bataillon, Lavaux Commandant de la Pro-
vihnce di Nord, Tle. rclamerent commea un sac plein de bis-
cuits que I'on portoit aux homes de couleur; malgr6 cette
reclamation, l'ouverture en fut faite, par le citoyen Pitard,
Officer Municipal, en functions ce jour a1, qui declara qu'il


So ] Cette vexation rdvoltante fut un coup terrible porter a nos
firres d'armes. Presque tons ceux qui .toi8nt venus A leur secours,
avoient souscrit les uns pour, six mois, les autres, jusqu'aui reta..
blissement de l'ordre, ce qui formoit,dans l'6tat de d6tre.se ou.se
trouvcit la Colonie, une Caisse intarissable pour len malades. L'a-
vi iti qui le suspendit, dtruisit tout, sais pouvoir remplir le but
qu'elle s'6toit proposed.


[ u ] Tous ces different corpss formoienit A peine Soo hom.
aes.



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avoit dtd trouve, non des biscuits, mais 87 paquets de cam
touches.:[ ].
A peine les different pelotons des troupes patriotiques corn
men.oient-ils a se rdunir, qu'ils furent attaques par les homimes
de couleur; le cri aux armes, se fit pour lors entendre, la gene, ,
rale fut battue; ceux qui se trouvoient a portee, riposterent ;
d'autres se rehdirent a l'arsenal, & en tirbrent deux pieces
de 4, qu'ils conduisirent au lieu de 'attaque; ces pieces fu-
rent augmentees apres Faction, d'une troisinme, prise sur la
place d'armes & menee a la rue Espagnole; plusieurs de-
charges furent faites par les hommes de couleur contre les
Soldats du Regiment du Cap, & plusieurs d'entr'eux firent
tuds aux fenetres de leurs casernes; le nombre des blancs
augmentant, ils se retirement, se rendirent mattress, du poste
de la Fossette, garden par dix Veterans des troupes patrio-
tiques; ils braquerent les deux pieces qui s'y trouvoient, dans
la rue Espagnole, & le moment d'aprs, en conduisirent une
dans la rue Saint-Louis; elle fut tiree deux fois centre les
citoyens blancs, ainsi que celle de la rue Espagnole ;les dd-
charges de mousqueterie que nous recevions, & don't le feu
dtoit sans intervalle, forcerent les citoyens A riposter d'ar-
tillerie d'une piece de 4, [ 3] ce qui les determine a se
reunir tous h la Fossette; its amenerent avec eux une partio
des chevaux qui dtoient en vente & prirent le poste Belair
qui command la Ville. [14] Cinquante Dragons & zo homes
du Regiment, ci-devant Rohan-Soubise se port"rent h la
Fossette, ayant M. Lavaux b leur tete; los pieces de canon
y furent ramenees, .& le reste de la journee se passa en
ddputation.

[ 12 ] Ces paquets sortoient de I'arsenal, et il seroit facile deo
#avoir par qui ils furent ddlivrds,
'[35 ] Ce coup fut le seil qui fut tir par les Citoyens blanesl
[ x4 ] Ce Poste qui fait.Ja s iret6 d, la Ville, 6toit sans d6fense
et si les, Ngres r6voltes s'y -fussent presents, ils s'en seroient
rendus maitres spas y troQvet de rdmistance








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.Lar~,* ** -*-*-w -- .----- -





S40




e bebrave Dassas; Colonel du Rdgimaent Ld4 Cap, dBs le
commencement de l'action, se porta parmi les homes de
couleur il s'efforya par ses discours de les faire rentrer dans le
devoir, en leur remontrant qu'ils etoient tromp6s, siduits,
& qu'ils se perdoient aux yeux de la Nation : ses reprsen- i
stations firent inutiles, & au moment oh ii se retiroirt il
re9ut aa milieu d'eux, une decharge qui lui fracassa le pied,
tua son domestique h ses cbtes, & qui auroit fait subir le
mnme sort a Dalban, Major da m8me Rdgiment, si son
cheval ne se fut cabrd dans le moment. Tirons le rideau
sur cette journee qui est le fruit de la seleratesse, & puis-
que le nombre des victims qui y ont pri nous est -in-r
connu, laissons dans l'oubli une recherche inutile & qui ne
feroit qu'augnmenter nos regrets.
Ce ne fut que de ce moment, qu'ne parties de l'intri-
gue fut decouverte; il fat instruit h la Municipalitd, qup
l'ordre avoit etd donned ai uCommandant du Vaisseau de l'E-
tat l'Amirica, par le Commissaire civil Sontonax, d'avoir
a y recevoir les Regiments de Walch & du Cap; & at .
canotier Pastas,-d'avoir a tenir pr8ts tous les canots & I
acons qui sont.a sa disposition, pour les transporter a bord y
cet ordre donned a 'incu des Corps Populaires, dans un temps ,
oh presque routes les troupes envoydes par la Mere Patrie,
ortes nmourantes, ou hours detat d'agir, ne laissoient a
la Colonie d'autre espoir, que le courage &le devouement
de ces Corps aclimatds, qui dans tous les temps ont bien
merited d'elle. [ }

[ 15] L'arbitraire A Saint-Domingue est pouss6 a son comble,
et, si quelqu'un doutoit que cela ftt, cette anecdote, entire mille
autres, serviroit A 1'en convaincre.
Gatereau jeune~ rbsidant au Cap., pour avoir frappe une fille
e cauleur avec laquelle il vivoit, fat puni par la Municipalit6,
de 8 jours de prison; apres y avoir rest ce temps, sans avoir
W t entendu affaire fat reqvoye au Procureur dt Pouvoir ex6-
cutif; il subit un interrogatoire ou ii fut decide qu'il n'y avoit'
rien 4 sa charge, et que la liberty alloit lui 4tre renduei cette i1










- -,-Y------- *











Une requisition fut adressee par Sonthonax au Conseil
de la Commune, & remis' Archambau,. Officer Municipal;
i enoignoit -ace Corps Populaire, d'avoir a dcaseere les
homes -de couleur, pour 6tre dissemins dans les Districts,
auix terms de la Loi, & pour anantir par la, des-a-present
& pour touours, toute corporation.
Le Commnissaire civil se rendit le m6me jour a la Mu2-
riicipalite, oh. il rotiva que puisqu'il avoit perdu la con-
fiance publique ,.il remettoit aux Corps Populaires, don't la
conduite ferme & prudent miritoit les plus grands eloges,
les pbuvoirs qu'il avoit sur les troupes, laissant k leur sagesse
le droit de requdrir la force arade pour 'entier retablisse-
ment de l'ordre.
Lachaise, Commandant-gendral des Troupes Patriotlques,
donna le deux Decembre sa admission. Les Citoyens rdunis,
procd rent te trois, en presence de la Municipalit h la
nomination d'un nouveau Chef, & je fus choisi l'unani-.
mite. J'attendois de jour en jour le' moment ot0 je pourrois
quitter le Cap; mon Habitatiori qui etoit menacee, exigeoit
ma presence, & ces raisons impeieuses m'empecherent .d e
rdpondre h la confiance que mes Concitoyens avoie n-en.moi;
& malgrd les representations de la Municipalite, &: une
second nomination qui fut faite dans 'Eglise & qui con-
firma le premier choix determine par des circonstances ma-
jeures; je refusal la place.
-- .1 'I |
qui en fut instruite, se porta chez Sonthoniax, obtint de lui, dans
une audience particulibre, la prolongation de la detentionr de celui
que la Loi d6daroit libre; une lettre ouverte fu r envoyde au S' -.
nuchal Vergniaud (ce Vergniaud est un juge de la fapon de Son-
thonax) pour le Procureur du Pouvoir exccutif, oi il 1ui 6etoit
enjoint de prolonger sa detention; un des detenus qui avoit va
1'ordre entire les mains du Juge, et qui connoissoit A fond 1'in-
trigue, menaga de la rendre publique et de I'inrer tout au lb9g
dans son journal; Sonthonax en, tut instruit, le manda et tIu
donna l'ordre ppur retire des mains du Procureur du Pouvoir
exCcutif la procedure ; il feigoit de se readre a 6'vidence G
tereau fut mis en liberty,









F_ ... ... .-- ---- .


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Le-4, le Commissaire Sonthonax rendit une Proclama.
tion qui retireroit a la Municipalite les'pouvoirs qu'il lui
avoit donnd, relativement a la force armee, & qui li d-
fendoit de la requerir; adclare par une requisition motivee, la
ville da Cap en tat. de siege, & remet tous les pouvoirs
au General Rochambau; 'ce que Blanchelande n'avoit pu ob-.
rtnir par six mois de ruse & de travail, fut pour Sonthonax
l'ouvrage d'un moment; mais personne,ne prit le chang sur
le but que l'on se propospit.
Les journees du'z dans lapres-midi, 3, 4, 5 Decembre,
se passbrent tranquillement; les citoyens de couleur, mattress
des postes exterieurs, promettoient.chaque jour de rentrer,
& que chaque jour ils dtoient detournes de le fire. Des d-:
putations de tous les Corps Populaires melees de citoyens,
etoient sans cesse en movement; & cette marotte que l'or
f4isoit jouer aux Magistrate du people, fut continue jus-.
qu'au six au martin,
Ce fut dans la nuit de cette journde, a 3 heures du martin,
qu'un nomm6 Gignioux, homme sans caractere public, vint
frapper a ma porte, & me nomma,
Jl y avoit peine une demie heure que j'etois rentre,
croynt que c' etoit une suite de l'alerte que l'on venoit d'avoir,
& qui fat concertEe par Rochambau & Sonthonax, yoir donner
le change; j'ouvris, & ne fus pas peu surprise de voir un home
que je ne connoissois pas, m'avertir que Sonthonax demandoit
me parler. Je rentrai chez moi, pour m'habillr & pour le sui-
vre, en laissant ma porte ouverte; vingt-cinq Dragons qui
etoient en embuscade se precipiterent dans ma chambre,
n'ayant aucun Officier a leur t8te; & sans m'avoir commu-
nique aucun ordre, me forcerent h les suivre. Apres m'avoir
conduit par des rues detourpees, j'arrivai au Corp-de Gard
du poste Rochambau, oh le citoyen Fournier, un de mes
conipagnonS d'infortune & qui y avoit dtd conduit de la m6meo
maniere, ntoit ddja rendu._ C citoyen habite la Colonie de-.
puis dix-huit ans; le bien- tre don't il jouit, fat laisse A la ds






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A-L:
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~,,, ~.. 41) r ~~L1Fur --.- ~.~*C~'*~rrCaJrr~n~3~C"i ~i* r~m*~llr~i r..n*Jr Xv~crir I-t*T"r-~*ar~.~- I`jznN.~llrhe
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position de ses negres; ses papers, ses effects ftarent livres &
l~ke irfidelitd; & une honrmte aisance, le fruit de sotntra-
vtil, fut ditCuit an moment oh il fut arr&te. Un instant apres,
le citoyen Baillio parint, Ie neme Gignioux vint I'avertir que
Gaterau le jeune venoit d'tre assassin ; une pareille announce
fit nattre son soupfon, &il repondit : quie voulez-vous quo ,
j'yfasse, il ajotta, Parent [ 6] vous demand: si Parent mo
demand, rdpondit-il, qu'il vienne me trouver; au m~me
;moment, ilordre flit donna d'enfoncer les portes; se croyant
*attaque par des assassins, il se jetta dans la maison voisine,
se la fit ouvrir, & se sauva dans la rue en criant, au meurtre.
Deux DIragons du seizieme regiment le poursuivirent- & le
Scoucherent en joue ;il se rendit pour lors, fut recondait chez
hlii pour s'habiller; & un moment apres, nous le vtmes pa-.
roitre : quatre heures venoient de frapper; craignant, d'&tre
surprise par le jour nous ffmes conduits tous les trois par
des routes detournees au bord de la mer, & pendant le
temps ph l'on prdparoit les canots, & que nous etions sur
la calle, environnes d'une garde nombreuse, le citoyen Gervais
fut arnend; il travailloit depuis sept ans dans la maison de
Testard Lalanne & compagnie 1ont il avoit la confiance;
faisoit lui-mnime le commerce, & avoit urt commencement
de fortune ; tout cela fut' dtruit en un moment par la seute
volonte de Sohthonax.
Un cannot fut prepare pour chacun de nous, & nous nous
y embarquhmes avec un certain nombre de Dragons. Rendus
a board du vaisseau 'Eole, les soldats y monterent, se mi-
rent en haie,; d'autres s'abouchcrent avec 1 'quipage, & nous
rcpresenterent comme des aristocrates qui empoisonnoient les
vivres d' la troupe & ceux des matelots. Ce trait de perfidie I
ne nous echappa pas; une fermentation soudaine se fit en-
tendre parmi l'dquipage,'& nous ignorons ce qui en seroit
result si les Officiers qui s'en appergurent, ne nous eussent
S [ A I I..i --I -- 7 L ,_. _
[i6] Parent est le nom d'un jeute.hoimme ieye sequel il8 ~oi
tres 1lid.







*?' 4









ii
engages a descendre dans la.grande chambre, & ne les eus-
sent desabuses.
Malgrd le mistere de notre embarquement ,la vile entire
en fut instruite h la pointe du jour; les citoyens se port61
rent en foule h la Municipalit. pour- nous rcldamer ; &.une
< deputation des Corps Populaires & dela Commission inter-
mediaire, se tendit au meme instant chez le Commissaire
civil Sonthonax; lui representa l'injustice de notre arresta-
tion, & le mauvais effect qui devoit en etre la suite: il de-
manda du temps, & les engage a se retire; le soir, nou-
velles daputations des Corps constitutes; leurs representations
furept instantes; il etoit onze heures, lorsque le Commissaire
les assura qu'ils alloient recevoir sa response par dcrit ;' i n'en
fit point, mais il donna ordre au mnme instant "a M. Cambis
de fire partir de force, le navire le acifique, sur lequel
nous fumes conduits,
La Municipality se determiina pour lors a nous envoyer des
passeports & des certificates qui constatolent notre civisme,
notre respect pour les Loix & les services que nous avions
rendus dans tous les temps a la chose publique ; Hous fonies
instruits, sous voile, par les citoyens Lamatabois BRttier ,
Destinval), & Rauzet, qui nous remirent parties de notre
linge qu'ils nous avoient adressds; mais les precautions que
I'on avoit prises, emp&cherent qu'ils ne nous parvinsent.
Copie exact des ordres qui ont dtd adressds au Co'mman.
dan4de la Station au suet de MjAM. Veineuil, Badlio,
Fournier et Gerva's, et d'aprcs lesquels s'est opdrd leur
emnbarquement i bord du Navire le Pafique de Nantes;
cette copie donnde sur la rdquisition fait par ecri, par
M V/erneuil, un des ddtenus.
6 Decembre 179z, premier ordre. Commission national civil.
AU NOM DE. LA NATION.
Nous, LUger-Felicite Sonthonax, Commissaire civil &c. (1)
; I- "*""**** *'*" r-- p.., 1--- --......i.. ~ *,,..^.,,, -^-, -,- ..,,-- ^ r ,- '
[ ] A de tels ordres despotiques, nous opposonl extrait de 14Loi
-u i9 Septembre 1792, relatives aux measures de srtet etra i













Ordonnos a -sier Vu Veraeil, de se' ren e sur.le chmp a
bord'e l'Eo e, pour y dieur~it a notre disposition, jusiu'a'
te: qu'il-Fen.soit par nos autrement ordonne.& '
Requdrons M. 1e Comimandate de la tation de tenir
la main -l'executiop u dupresent. .
S&gzd Sonthonax. Pat M. le ominissaire civil, n De
pech.
SMeme ordie pour Ie. seur Gervais; m'me ordie pour l
Sieur 'Furnier.; m me ordre'poure sleeur Baili o.

Matin c.4 heurer deuxizee ordre, Coommission Nationale chile.
-Rquerons M.: e Commandant de la Statioz' de fire
transporter t :hord da grand d'Alembert, l es sieurs iBailli5
SGervais ,pour y rester 'usqu'apres nos ordres ult'rie rs.
.. S ...1.Z* e, Sonthonax.
Ze sbir o so heures y trroisne ordre. ;Commission Nationale civil
.Requdroris M.le: Cmmandant de la Station dd fair tran;
fErer suite, a board au Navire le Pacifique ,les sieurs Vc -
neuil, Gervais, Fournicr & Bailli. ,
Sigrdi Sonthonax.

quillitO publique etc, Loi qui nios 6toit conniue lors de notrer
enl6vement, ainsi que de toute la Cololie Tforts de 'notre in-
.nocence nous avons3 cru devoir obeir,r..,
Art,, XVL L'asyle du Citoyen est diclard inviolable mkme
au nom de la Loi,. duranit la nuit: eni consequence, aulle per1
quliition.ne pourra etre-faite. dans la liaison d'uwi citoyen d'urf
soleil, i l'atitre, hours le cas d'urr cdupable surtris et poursuivis ern
flagrant. delit, : ... '....
XIX, Hors ;le cas pr~vuy par 'artcle prdeddent., tout Citovere
dpot, on; vo'udroit violer. 'asyle ", est auttoris 4 .ir6sister h, uin,
telle violence, par tons les rqoyens qui sopt en son pouvoir; et
les -auteurs dtne pareille 'tentative ieront poursuivis a la requete
de 1.Acc'usateur public come coupable'd 'attentats i 1a ~ibert?
individuelle, ,
< .


4 I







II

.0 i ,;

Sept bDcembre 4 minuit et demie, quatribme ordre; Co mmrisJio
2Wationale civil.
Requdrons M. le 'Commandant de la Station de fair
partir, avant le jour, le navire le Paciflque avec les:sieurs
SBaillio, Verneuil, Gervais & Fournier, & de le forcer de
hiettre la voile, dans le cas oti il refuseroit de le faire;
le requdrons en me e- temps de defendre a bord du Na-
vire le PacizjIue, toute visit des Commissaires de rade;
bien entendu que ledit Navire partira sans aucun permit do
Ia Municipality. Sign, Sonthpnax,
'1ous les ordres ci-dessus, sont dates dur 6 Dcembre,
Nous, Commandant de la Station, devant fournir I tous
les citoyens que nous sommes forces de detenir, ou envers
qui nous sommes tenus d'agir, tous les mqyens qui peuvent
les conduire 'h manifester leur innocence, & tout ce qu'ils
tequierent de nous, lorsque nos ordres te s'y opponent past
nous certifons que la teneur des ordres qui sont dans nos
mains, est conformed a la teneur exprimne ci-dessus. Slnd,
1. Commandant de la Station, Cambis, a
Co ie de la Lettre de .i. To Commssaire Civil, ifaprts
laquelle, j'ai donned ordre au Capitaine du grand d'.4.
* lembert, de veiller les personnes d4tenues d ce board,
n ne refoiyezt ni lettres ni paquets.
Je vous prie M. le Commandant; de donner les ordres
les plus severes, pour que les dhtenus h votre board, soient
tenus au secret I plus rigoureux, & ne repoivent nilettres
ni paquets,
Signed SONTHONAX. Pour copies conforme, Sign6 le Com,.
mandant de la Station, CAMBIS.
Nous, Commandant de la Station, certifions que pendant
le sdjour h bord du vaisseau l'Bole, les MM, Verneuil, Ger-
vais, Fournier & Bailio,, ces Citoyens ddtenus, se sont
comports avec decense & soumission aux ordres que nous
avons et charges dexdcuter.
Sin'e, le Commandant de la Station CAK.A,










,- .

Sbod du yalsseau 1'rE ce 7 Dicembr` t79,
Pour Copie conform a original rest eat tos mains; 4fgnds,
.VBRNEUIL, FpUvNIEN, GERVAIS BA&LLIO.
Le 7 Dicembre, tous appareill tes avec le jour, & eI
io Janvier 1793, ious. touillimes a Paimbpeuf; le soir memex
trois Cavaliers de. la Gendarmerie se rendirent bord; snou
1e quitthmes 1e lendemain, & ils nous conduisirent au Ch -
teau de Nantes oi nous. entries 1b .13, & d'oh j'dcris ce
Memoire.
Nous attendions- avec impatience quelles pourroient etre
ies calomnies'lancdes centre nous, lorsque nons vites e3 23,
dans le Courrier de 1'Egalite, une lettre de Sonthonax,
lue A la Convention Nationale le i8. I7
-Cype de a' Lettre du Commissaire civil Sonthonax de-.
ldgug& Saint-Domingut pour y retablir 'ordre & la paix;
date dui Cap Franpais, i le D6 eembre dernier, a-
dress4d au Ministre de" la Justice lu ie d la Convene
tion Nationale dans la Sdaace dui z8 Jan ier t793.
CITOYSN MINISTRE,
1, Je vous 4cris du milieu de la nuit, apres six nuits bier
) orageuses; les ennemis de la France qui sont en grand
, nonmbre dans cette ville, ont vuulu encore une fois mo-
n lester leursfreres, les hommes de couleur. Ces hommes fe-
, roces ont profit du jour de fa Fete. qui dtoit announce pour
, la prestation de serpent des troupes arrives de France, &
"pour entendre la Proclamation de la Loi du 4 Avril sur
", a regndration de cette nmalhewreuse Contrde :.tous les ci- .
r toyens dtoient rdunis pour cette ceremonie; des gens mal
,,intentionnis, sous pr6etxte que ce rassemblementpouvoit
1 devenir dangereux, se sont ports a 1'Arsenal, en ont pr,

[ 17 3 Nous avons envoy& une VAdresse le 23 Janvier i, Con.01
mention immndiatement aprBs qu'elle nous fut connue et dopt
Ia copies est consignee la- suite de ce M.moire.









I...,


s d -e .' I -'
deux cents fasils & six pikces de canon ,& 'teseat Bpptis
,,sur les. mulatres ~& gns de cblde t Lessclkratsont fai|
plusieurs dicharges,, ils :nt.~ te "ir moi, car is ont in
Stdere de & defaire da'n iommn e qm ne ccherch que la gloire
,, de la Nationu, &8 le It: ur d'une prp;ritd qui^ ne Isont
,,, h charge. T'ai requis les trbiipes & les bons citoyens; les
malveillants Oht &'t mis en fuite ; quatre de lears Chefs
Sont et s'isis, je les fais passer en France sir le vaisseat
Nantais le Pacfque ; j'ai fait rentrer dans la ville les geng
,, de couleur, qui en avoient tei chassis par ces brigands.
0, Je continuerai a prendre toutes les precautions & es me-
I, sues propre4 a remplir dignement ma mission.,
Repondons i detail h cette lettre aussi rimehante que ca
lomnieuse, doait 'atrocitdadroitement conduit, avoit pout
but notre destruction avant de pouvoir nous fire entendre-
& dnmontrons jusqu'" 1'vidence, que le ridicule &hbaffaudage
qui la soutient -st un tissue de mensonges,
J" e vouis cris, dit.Sonthornax, di milieu de la nuit,
ophrs six nuits bien orageuses, L'orage don't il vient de
parler, ne pouvoit exister qu'abi fond de son cpeur bourrele
par es records, tourmenet par l'incertitude des evenements;
sa situation, j'en conviens, devoIit tre penible, ioulouo-
reuse; mais il n'en est pas .moins vrai qie depuis le 30 No.
vembre jiisqliau 6 Decembre jour de notre embarque-
ment, la tranquillity publiqtie nocturne n a edi troiiblee par
aucun evenement; & la security fit mrne poussde I' exc's,
puisqu'il o'y eut contrq l'usage, aucun Sertinelleauxeoins
des jrues.
Les ennelnis de la France qii sont en grandnombre dans
Cette ville ont voulit encore tre fois molester leurs firre .
les hommnes de coideur, Oui les elnemis de la France sont
nh grand nnmbre, sans doute, dans la ville du Cap; mais
personnel ne pourra se persuader que ceux que vous voulez2
designer pour tels, soient ceux don't le civisme ne s'est ja-
1ais d6menti; que ce soiept les citoyeas inarquant 4'i









tieI
,w^^^ ^^4: < ^^>n^





ar


'.9
Club quiVest couvert de gloire par sa fermetd. & ses actes
debieofaisance ;4 x9 ] que 'ce' soien ceux qui, dans les jour-
.ies des 8 19, ont accouru a votre voix, & ont brave la
mort poar assurer votre conservation; que ce soient dLs hom-
mes ganeralenment estimes, consid"res meme, & don't la con-
daite a' toujours &te sans reproches,
,Ces konmres firoces ont profit di jour de la Fdte qit
itoi ,annoncee pour la Prestation de Srmient des troupes
arrived s de France, & pour entendr la Procdamation
,de la Lot du 4 Avril, sur la rdgdnieratin do cetto mal-
heureuse Contr'e.
11 n'yeuit point de F&te aanonce pour Ize Dece nbr,
ii pour les jours qui le precederent ni qui le suivirent; ce
rassemblement n'avoit d'autre but que celui de desarmer &
embarqcuer les regiments du Cap & de Walsh; [ o ] aucunes r
troupes de celles arrives dernierement de France, n'etoient
as. Cap; cells qui s'dtoient rendues auChamp-de-Mars,
connoissoient la Loi du 4 Avril, promuiguce dans la Co-
loie le 27 Mai, & faisoient parties des Federes qui pre-
terent le serment solemnel du 14 Juillet, serment qu'ils n'oat
jamais dementi.
Tous les citoyens dtoient riutis pour eette Cr dltone ;
it n'y en avoit aucun [zx ] & cette verit' est de la metre
force -& de la 'nme fabrique que celle de la fkte annoncee,
& di.: serment civique que devoient preter les nouvelles trou-
pes arrives de France.
jDes gens ma4l-uitentlonnds s sons pretexte que ce rassem nz-
Sblenent poavoit devenir dangereux se sont prtcs a l'ar-
1senal, en out pris 200 fusils ? 6 pieces de canon & so
.sont portds surles inldtres &t gens de couleur. Les hommes
.-"--" --i. --- ^*-- -- -' -J-i I L I --- -- i
[ 19] Voyez la iettre de Sonthonax dans les Pi6ces justificat:es
qui sont A la .suite de ce M6noire.
Soio] Yoyez ce qui en est dit .dans le courant de ce Memoire.
* a ] J'en exceple cependant qleques-uns de vos Satellites,
t ls qu'in L'eborgne, Q ignitOUs etc.



**
*
'


i('"* .-.--"I;I- "~.'~"L-h.


* ^h ,A *;/**




Y-B-- .--





So
de couleur, ( excuteurs fiddles de vos volontis), avoient
deja fait plusieurs dedkarges sur les CiGtyens, lorsque la
.gindrale se fir entendre; quelques Patriotes & beaucoupde
natelots se portreent a l'arserial [ zi. en tirerent deux pieces
de canon, auxquelles ils joignirent celle de la' place d'armes,
& se rendirent dans cet etat au lieu du combat.
Six cents homes de couleur sous les armes,, don't unc
grande parties etoit des esclaves, & qui aux terms de vo-
tre declaration, n'avoient efe requis qu'au nombre de 150o
Le chargement des armes au Champ-de-Mars en presence de
la troupe, de la manire la plus affecte'e. .Le sac rempli de
cart6uches, & que Lavaux, Commandant de la Province da
S Nord, a voulu faire passer pour du biscuit. Les patrouilles
de o5 homes le 30 Novembre & le premier Dicembre,
malgre les rdquisitions des Corps Populaires. Les propose
trop signifiants'sans doute que vous faisiez repandre par ceux
qui agissent en vtre nom, sont des preuves non equivoques,
que la malheureuse journee du deux est votre ouvrage.,
Les scdlrats ont fait plusieurs ddcharges.; ils ont tird
sur moi, car ils ont intirdt de se defaire d'un h mme qZt
ne chercke que la gloire de la Nation S& le retour d'unre
prosperite qui me sont i charge. Quelle rodomontade! re-
tablissons les faits, & l'on jugera de leur veracite. Sonthonax
feignoit de vouloir se porter vers les hommes de couleur d'oit
partoit le feu; Verdier, ancien Privbt de marechausse etoit
a ses c6tes; il fut price par le Conmisaires, tremblant &
demi mort, de ne pas 1'abandonner. La decoration qui vous
distingue, lui rdpondit Verdier, vous met a l'abri des: dvd-
nements; mais I'habit que je porte, fera diriger sur' moi les
coups de fusil; ce que je peux faire dans ce moment est
de vous conduire a vote demeure, & il l'eccompagna effec-

[ 2 ] II peut se fire que les Matelots ayent pris 2co fusils'
c'est ce que jfignore; mais 1'oFr se persuaderafacilement, que des
Robitants qui sont en guerre deptis deux* ans u, "toient sufi&
sammnent arms-








L," `- .- **. =--,~ _-. .._.::.--- -., -, ^- s .... .'













sivement chez Rochambeau; Je crois ainsi que lui, & pour
me servir de ses expressions quc la gloire de la Natiot, &-
la prospiritd d'une Colonie qu'il achieve de detruire, lisont
d charge; & ce ne sera sfrement pas les raisons qu'il met-
tra en evidence pour obtenir d'elle une recompense.
Jai requis les Troupes &" les bans Vitoyens les mal-
veillants ont dti mis en fjiite quatre de leurs chefs ont
itd saisis; je les fais passer en France sur le vaisse
Nantais le P ciFi' vr De queles Troupes veut-il parler1
Les Rdgiments du Cap & de Walsh, etoient temoins, ac-
teurs 6mme de ce quivenoit de se passer; il n'y a pas d'ap-
parence qu'ils eussent &t6 requis. Les gens de couleur suivant
Sonthonax, avoient tde chassis de la Ville; il ne restoit
done a sa disposition que 8o' Dragons ou environ, du seixi&-
me Regiment, [ 23 ] une compagnie de Royal-Comtois, un.
foible d6tachement de Beam, & une compagnie du Regi-
ment ci-devant Rhoan-Soubise; les bons Citoyens don't it
parole, ne pouVoient 6tre que ses satellites & il n'y a pas
d'appa.ence qu'une poignee d'hommes rdunis, eussent-ils etd
requis d'agir, ( ce qui est centre toute veite ) ayent pu
mettre en diroute un grand nombre malveillants qui, sui-
vant lui, venoient d'expplser de la Ville,les hommes de cou-.
leur et beaucoup d'esclaves auxquels ils s'etoient joints,
Quatre de leurs chefs ont ete saisis dans leur fuite.
II n'y eut d'aure affaire que celle du deux; est-il croya-
ble d'imaginer que poursuivi & saisi, j'eusse dd reltch pat,
Sonthonax :pourquoi done avons nous iet arretes dans la
nnit du 6, a trois heures du martin ? (Voyez la copie des
ordres de Sonthonax, signs Cambis).
Comment un brigand arrEt4 le z, a-t-il pu &tre nomme
le 3, par ses Concitoyens, Commandant-GeneJal des Trot-
pes Patriotiques, en presence dela Municipaliti ?& comment
stir le refus qu'il fit de cette place, reoat-ii des instances de
cc, Corps Populaire pour accepteder.
S[ a5] Les autres Btant malades ou morts,
iv


"-' z' *












Comment assista-t-il jusqu'au 5 au soir tours les seances
qui se tinrent & contribua-t-il de tout son pouvoir a re-
tablir I'ordre, don't la demeure est 4 jamais detruite dans ces
countries, & que des hommes profbnds en m~chancete em-
Spechent de reconstruire?
Comment Sonthonax ne s'est-il pas rappell6 qu'il me dd-
livra, le 23 Novembre dernier, un ordre motive (ordre in-
'd dams les preuves de mom Mdmoire f) en raison des ser-
es que j'avois rendus a la Colonie, pour me faire payer
trois annees de pension qui m'etoient dues, malgre l'op-
position marquee de Pouget, Directeur des Finances ? L'acte
dejustice qu'il fit alors, dpose dans ce moment centre lui.
Comment pourra-t-il persuader qu'un homme d'honneur
fig de 6o ans, habitant depuis vingt- deux ans la Colo-
nie, Propridtaire; n'ayant jamais contract un sol de dette,
incendid d'une parties de son bien, pere de quatre enfants
en bas age, qui donnent les plus, grande esperances, ait
pu en moins de sept jours, perdre le fruit d'une vie passee
sans reproches, & devenir tout-a-coup un malveillant, & le
chef d'une troupe de brigands.
11 finit enfin sa let e, en disant: :faifalt rentrer dans
hi Ville les gens de couleur qui en avoient tet chassds par
ces brigands ;je continuerai caprendre t. ztes les precautions
4 les moyens praore a' remplir dignement ma mission.
Je conviens qu'ils rentrerent au Cap le 6, dans la matinee;
mais ne pourroit on pas lui demanded, pourquoi en sont-
ils sortis?.. .... Pourquoi leur expulsion simule fut-elle
prolongee jusqu'au 6 ?..... Repondez ? ......
Ici ke masque tombe et l'nomme est reconnua.
G 0 N CL US IO N S.
1x FItritlanrs mon honneur, par une calomniemm&ham-
ment controuve & rendut publique par tous les moyens
possibles, je demand B la Nation entire, tant en mon.
som personnel, qcu'en ceui de rnes compagnons d'infortune,






relid u
I~v.." 17











53
une reparation authentique, egale s'il est possible a l'offense,
& la seule qui soit digne de Citoyens libres, est t'anean-
tissement de l'homme puissant qui 1'a lance, qui en est I'au-*
teur &6 qui a forge nos chaines.
2,. Enleve presque nud i ma famille don't je suis l'unique sou-
tien ,h mes biens que mon absence peut finir de dtruire ,je de-
mande en mon nom & en celui de ceux ci-dessus designs, a
8tre dedommagds par tous les moyens que la Nation croira di-
gnes de sa jWistice & de la grandeur de la R6publique.
lAu Chdteau de Nantes, le 17 Janvier 1793, 'an second
de la Republique Francaisa.
VERNEUIL.



PIECES JUSTIFICATIVES,

A l'appii des faits consigns dans ce Memoire.
__ --II I I [ i il i I i I r"
( N IJr. )

Principes fondamentaux des., ocie'ts des-Anzis de la Conven-4
tion Nationale, formant les Clubs de St. Domingue don't la
SociMte du Cap est la" Mbre Fondatrice, adresses a tous les
citoyens de la Coloniie. (. )

Frbres & Amis, une Societ' d'hommes libres vient de se former; le
salut de la Colonie, le bonheur de tous les Colons, sont les bases prin-
cipales du but qu'elle s'est proposed ; mais les ennemis de la Patrie qui
cavent .que les Assoem.bes pu Socikies Populaires sont de redoutables
surveillants de leurs trames contre-revolutionnaires, ne manqueront pas
de repandre .les calomnies les plus atroces contre nous ; ils disent peut-
htre dejk que nous sommes nous-mimes des ennemis de l'ordre des loix,

( i) L'on se souviendra de la fayon arbitraire avec laquc'le .nous avons tc
enlev6s,& que le secret rigoureue que 1'on a exer6c centre nous, ne nous at
paa permits d'avoir aucune autre piec ; & que nous ne devons qu'au hasard cells
que nous pr6sentons au Public,


IH ,_ -w-- ; ,.-~ i ~wS-t **









I

34
et de la paix; ils ne tarder-ont pas 5 nous supposed !'intention deperp& .
tuer les haines, de rallumer avec 1etincelle de la discorde, le feu de la
guerre civil ; d'exciter les esclaves a la rdvolte et d'incendier les pro-
prieces. II leur importera de nous attribuer leurs exicrables complots &
leurs forfais; mais nous ne redoutons rien de leur part, nous sommesdeci-
des p'rir plut6t que de renoncer au but que nous nous sommes proposes,
Ic salute de la Colonie,
La publicity de nos Seances rdpondra d'aillleurs de nos sentiments; &
de nos actions; nous saurons toujours placer la trahison k c6te du trat-
tre & la calomnie a c6td de 'infame qui l'aura forge.
Personne nest admis parmi nous s'il est entachd d'itcivisme ; et le
premier acre de chacun des Membres de, la Socied est de jnrer d'etre
fiddle a la Nation, de maintenir de tout son pouvoir l'egaliti entire tous --
lestitoyens, et d'executer les loix decreties par I'Assemblee Nationale,
relativement aux 6v6nements arives a Paris, ie o aouit dernier, et cells
que pourra decreter la Convention Nationale.
Nous declarons que nous ne regardons comme nos ennemis que ceux
qui le sont de la revolution Francaise.
Nous leur jurons une haine implacable.
Nous jurons de transmettre cette just haine k notre posterite la plus
rculee tant que le glaive de la Loi u'aura pas excermine le dernier des
conspirateurs.
Nons jurons enfin, amiti6 & concorde a tous les hommes libres dignes
par leur patriotism dWetre appeals nos frercs.
Voila, Freres et Amis, les sentiments qui ue cesseront de nous ani-
mer; venez a nos Seances vous convaincre de leur sincerity ; venez verser
Sedans notre sein vos plus legeres inquidtudes; venez y fire eclaircir vos
ruoindres doutes; cette confiance mutuelle et inalterable entire vous e;
uons sera le stir grant de notre felicit6 commune.
Four cope : au Chateau de NanteS Tan 2 de la Rtpublique i
le 24 Janvzer 1793.
Sind$ GERVAIS, FOUNIER, VERNEUIL BAILLIO, june;


















,, 7 :-.;a _- f," ., '_. --" ,..u- _._.'. .. .F... -' ,... .
': = 5t^^-^" "^- I-




-1-is'


(NQ IL)
Extrair du Courier de 1'Egalird, N 247.
Lettre des Commissaires civil Polverel et Ailhaud ddl'gue
i Saint-Domingue, en date du 14 Noveibre 1792, et dolnt
les contradictions peuvent servii a fire juger 1'esprit qui les
dirige.

'N os premieres nouvelles ont dCr apprendre h la Convention que t
volonit Nationale commencoit a triompher des efforts des factiedx. Au
Cap, au Prt-au-Prince, ies Patriotes forment la grande majority,; e
nous n'aurions que des details consolants a donner 'a a M6tropole, si'l
Ville de Sains-Marc ne renfermoit pas des agitateurs, qui dernidremenc
encore ont pense trouble l'ordre, & provoquer 1'effusion du sang.
.L'indifference avec laquelle les habitants de Saint-Marc on.t requ la nou-
.velle des veknements de la clebre journey du to Aouc nous a prove
la necessity de -nous y rendre.
Les premiers ordrcs que nonisavons di.n.fn'of. t pb nt e'e exicutO. Deu
aristo'crates principaux nous-ont ete dinonces, leir nom estDecoigne ,et
Roi de la Grange ; nous avons voulu les renvoyer en France, Ie Peupid
s'y et oppose ; & malgre les secours que nous avons requ des *equipages
des Fregates qui etoient dans le Port, nious n'avons pu fah'e executer
F'ordre du depart de ces malveillants. Dc 'Saint-Marc ndus no'os sommes
rendus au Port-au-Prince ; cer4ee Citd nous a oftfr tifiaspect plus cbnslalnt,
les bons principles y dominant; & si les Patriotes y ont cohi5attu leurs
Sfrdies, ce n'a dd que-lorsque leurs chefs les trompoient &les egaroient;
les dissentiments qui one eu lieu entire le Port-au-Prince & la Croix des
Bouquets s'dteint seusiblement, & nqus efperons que nos soins & notre
fermete acheveront de d&racincr les germes de disc9rde dans cette contree,
trop lbig-temps trouble & 'dechiree
Idem 150. Lettre du Conim7ssaire civil Ailijaud, dateJ de I'Oricnt,
le 20 Decenle 1792.
.Je mempresse de vous announcer qie j.e sui part du Port au-Printe
le 20 Noveimbre dernitr sur la fregate la Surveillante vous &es informs
par les dipeches du Z8 Octob; des troubles qui s'y sont passes le i
doi mnme mois & jours suivants; mais la tranquillity n'a pu tre retabli.e,
malgre l'avantage remporte au pose d'Ouananminhe sur les Noirs revolts.
Quelques facticux coutinucnt de souffllerl feu de la discarde. Le Citoyea


'V~.- ~ -S


-'-I"




- ,, ,.*q.ftw- I.--


Sonthonax qui etoit rest au Cap a vu son autorite mepnIse au point que
non seulement il a desesper' de faire le biln, mais quil a su qu'il avoit
&t6 question de le fire -embarquer. Nous avons a notre tour eu le chagrin
Po!verel & moi, de voir que le m6me esprit d'insurrectiort se faisoit sentir
dans la Province de l'Ouest, & qu'on a voulu meme nous retenir de force
a Saint- kilarc.
* Le notbre & la hardiesse des malveillants augmentent, & les moyens
de repression diminuent, ce qui rend 1'etat de Saint-Domingue tres-
allarman t.



( N9. II. )
Extrait de la Gazette Naticnale, out Moniteur Universcl n, 2z
;du Mardi 22 Janvier 1793.

.iES lettres de Saint Domingue du mois de Novembre, apprenoient que
la tranquifIite regnoit au Cap; ce calme heureux a &t6 de peu de duree.
Une lettre du 3 Decembre insrede dans le PaTriote Francais announce les
nouvelles les plus affligeantes ; les gens de couleur, forts de la partiality
que M. Rochambeau & la Commission civil, avoient montre's pour eux,
apres avoir long-temps provoqud les Citoyens & les Troupes de Ligne,
ont fini par braquer un canon de champagne & faire fen sur le Regiment
du Cap; ce fut le signal d'an affreux combat ; on faisoit dans les rues
des decharges de mousqueterie.; D'assas, _Commandant du Regiment du
Cap, eut la cuisse case & cette horrible journke compta plus d'une
viccime...
Les gens de couleur s'emparerent d'un canonde dauze livres, enle-
verent cinquante chevaux exposes en verite, & sortis de la Ville, ils
se rendirent mattres du Fort Belair qui la domine.
On ignore par quel ordre & par quel motif les Troupes ont garden
dans cette affaire unre froide neutralit ; le soir la Commission civil prit
des miesures pour rtablir la tranquillity publique quine s'est pas troublIe
de la nuit..
i le Fort de la bande du nord fut inquite 'a Ia pointe du jour par les
ctdaves en revolte,
t

8


-I -
EL c~U'4- n,_dfh ~ -'3 -4. ,JSsr'
~ij ~ -,. Lr ~u '
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-4.





1'- w -~lJ


37
_______________3y~s l~rW ____I
( N. IV. )
Extrait d'une Lettr edu Cominissaire civil Sonchonax a la So-
citd des lAmis de la Convention Vationale, s~ante au Cap,
en date du 16 Novembre 1792.

1 E Commissaire national civil, instruit que des gens mal-intentionni s
et ennemis de toute espbce de regime libre cherchoient a persuader au
People que la Proclamation d'hier etoit dirigee principalement contre les
Socidets Patriotiques; qu'elle accusoit notamment celle des Amis de la
Convention Natiouale, d'avoir excite les scenes scandaleuses qui out des-
honord la journey du 14 de ce mois.
Declare qu'il seroit injuste d'attribuer h une Association, don't la tres-
grande majority est composee d'hommes probes & pleins de patribtisme,
des delits don't les auteurs ne peuvent etre que des ennemis tres-directs
des Societes Populaires, et sur-tout de ce qui peut tendre 'a sauver la
Colonie. '
Declare quelplein de respect pour les droits sacrds que la Constitution
garantit a tous les Franqais il protigera toujours celui de s'assembler,
de discater sur les affaires publiques, pourvu qu'il soit exerce selon les
regles dcablies par la Loi. Signed Sonthonax. (i)


( N V.)
Extrait des Registres du Contt61e de la Warine Saint-Domiingue.
Louis-Frangois-Rene Verneuil, A M. Sonthonax, Commissaire National
Civil.
MONSI UR,
J'ai lhonneur de vous rdpresentgr que d'apres IPexposd que je vous ai
faith de mes services, il m'a dtd accord pour recompense une pension de
six cents. livres tournois qui depuis trois ans ne m'etoit pas payee ; que
vous avez bien voulu donner ordre a M. le Directeur General des Fnian-
ces, de m'en continue le payment, sur les fonds de la Colonie ; & que .
m'etant presented au Bureau des fonds, a cet effect M. Naudoc m'a exibe
un ordre.de M. Laluzerne, qui supprime toutes les pensions payees sur Ies
fonds de la Colonie,et en renvoie le payment en France; je.prie de nouveaI
M. le Commissaire National Civil, de vouloir bien nonobitant la missivd

(i) L'antantissemenltdu Club, du premier Decembre dernier, & l'ordre donn6 I
la Municipality d'cmpechcr le ra:sembltmcnt de la Commune en cat une preuve,










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de M. Laluzerne, en ordonner lepayement ,sur les fonds de laColonie, vu
S,, l'impossibilite o~ je me trouved'en etrepaye en France, salur.Sign6 Verneuil.
's1 Vu 1i. une Petiton de M. Verneuil du jour d'hier, par laquelle it
demand a etre paye d'une pension de 600 livres tournois, sur le tresoqr
public de la Colonie.
2a. Notre decision Ctantt ensuite;
Nii 5 3'. Une lettre du Ministre Laluzerne qui defend aux Admiistrateurs
. de faire payer aucune pension sur les fonds Coloniaux
4. La Petition ci-dessus;
Considdrant jue la pension de M. Verneuil, ayant pour cause des.ser-
vices rendus dans la Colonie; qu'elle est d'ailleurs tres-modique, & que
dans 1'dtat de ruine oi se trouve sa fortune il n'a pas le temps d'attendre
les Jenteurs des formalities exigees dans la metropole, pour le payment
de sadite pension avons ordonne et ordonnons., que notre decision d,
jour d'hier, sera execuree selon sa forme et teneur; en consequence le
Si Sieur Verneuil sera payer de sa pension sut les fonds de la Colonie sans
autres formalities que celle de la presentation de son brevet.
Au Cap, le 13 novembre 2702 ,.Ie Commissaire National Civil. Signed
I --So-nthonax ; plus bas est ecrit, soit enregistrr au Controle pour etre exe-
cut le _53 novembre 1792. Signi Pouget, enregistre au Contr6le de la
Marine, a Saint-Domingue, le 23 novembre 1792.
Collationnl par nous Contr61eur de la Marine, a Saint Domingue.
Signed Larcheveque Thibeaud.
Vu par uous Ordonnateur et Directeur General des Isles sous le vent.
Signed Pouger.

i. ( N0. VI. )
COMMISSION NATIONAL CIVILE..
I opie de 'Ordra donned par M. Sonthonax Commissaire civil,
au Citoyen Santo Commandant le navire le Pacifque ., i
board duqual nous avons e'L embarques.
SN ous Liger Flicitd Sonthonax, &c,
II est ordonne au sietr de Santo de conduire en France, h bord du
,anavire le Pacifique, les sielrs Verncuil, G rvais, Fournier & Ballio,
pqur les remettre a MM. les Ofkiciers Municipaux de la ville de Nantes.
SPrions MM. les Officiets. Muncipaux de les faire conduire sous bonnie
4 sOire garde a Paris pour y ctit detenus a! a disposition du President
4e la Convention Natdonahle, & dui Ministre de la Justice.











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!:' Au Cap, le 6 D&embre 1792, sign, Sonthonax; Et plus has-.
par M. le Commissaire national civil, signed Delpech.
Ordre du Commandant de la trade confbrmement da la rcquid
sition de M. le Commissaire national .civil, en date du 6
.Decembre 1792.
II estordonne au capitaine du navire le Pacifique, de partir sur Ie
champ de la rade du Cap, apres avoir recu a son board MM. Baillio,
Verneuil, Fournier & Gervais ; ce navire partira sans permettre aucunr
visit a son board des Commissaires de rade ,et sans atteudre aucun pernis
de la Municicipalit6 ; a bord du vaisseau I'Jole, le 7 dicembre 179z,
k minuit un quart. Signd Cambis.


(N". VII )
PROCLAMATION
P RO C L -4 M-4 2V T O IT
AU NOM DE LA NATION-.
Nous ETIENNE POLVEREL LEGER FfLICITE SONTHONAX ET
JEAN ANTOINE AILHAUD commissaires Nationaux-civils, dd-
ISguds aux miles FranFaises de l'Amdrique sous Ie vent pour,
y rdtablir I'ordre et la tranquillity publique.
Aux bommes libres de ]a parties Frangaisede St.-Domingue;
r a tous les volontaires nationaux, soldats de ]a garde-na-
tionale troupes de ligne et matelots employes dans
'expedition.
CITOYENS,
Vos plus grands ennemis oient au milieu de vous: ils n'y sont plus;,.
vous en voilA dilivres 'a jamais. Ceux qui avoient excite au protege la re-
ii volte de vos esclaves; ceux qui avoient fait egorger vos peres, vos freres,
vos spouses ,vos enfants, bruler et devaster vos proprietds; ceux qui,
charges de diriger la force publique contre les brigands, la tournoientcon-
tre vous-memes; ceux qui revdloient aux brigands le secretde vos forces
et de votre-foiblesse ;le lieu, le jour, le moment des marches et des at-
taqu'es projettees; qui leur disoient: c aujourd'hui vous devezfuir parce
que votre defaite seroit inevitable; demain vous pourrez nous attaquer ou
nous attendre Ae pied ferme parce que vous serez stirs de vaincre; V
teux qui faisoient distribuer aux brigands les armes & les munitions de
guerre et de bouche que la mctropole vous envoyoit pour votre defense ;
ceix qui nct fait perir lestrois quarts des troupes qui sont venues a votre
sccours, soit par 'insalubritd des liebx oi ils les ont porties, soit par











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I'inaction oi ils les out fait languir ; soit en les disseminant sous le feu des.
brigands a de trs-grandes distances les unes des autres, sur des points oh
dies te pouvoient pas se sdcourir mutuellement et oh les brigands
pouvoient facilement les couper; ceux qui ont laiss6 quelquefois pendant.
plus de quinze jours les camps sans un mot d'ordre commun, qui pht leur
servir de signal de reconnaissance; ceux qui ont si loog-temps fomented
4 les haines, si long-temps souffle le feu de la guerre civil entrC les diff&-
rtntes classes d'hommes libres, pour qu'ils s'dgorgeassent entr'eux, pour
les empecher de se ralier 'a la defense de la cause commune; ceux qui ont
voulu vous armer centre nous-memes, parce que notre mission & notre
vceu imperturbables etoient de nous ramener tous h un centre d'unite,
sans lequel la colonie ne peut jamais renaltre de ses cendre; ceux qui
fondoient des espirances de contre-revolution en France sur tant de cala-
nmitrs,sur raniantissement de la colonie, sur la ruine du commerce Fran-
cais ; &u qui, encourages par les succes iphemeres du traitre Behague,
se flattoient d'arborer bient6t le pavilion blanc 'a Saint-Domingue, et de
vous courber de nouveau sous le joug du dispotisme...... Ces hommes ne
sont plus: les uns vont subir er France le jugement de la Nation et la
colonie sera vengie; les autres fuyent dans des terres etrangeres ; ils y
subiront la peine inseparable des sceldrats demasquis; la honte et le re-
snords. i
Citovens, nous venons de vous donner pour Gouverneur M. Vimeur-
Rochambeau qui a long-temps combattu pour la regeneration de FAme-
rique septentrionale zid defenseur de la revolution franchise home
cher a tous les bons patriots.
Les chefs et les officers qui doivent remplacer dans l'armee les traltres
tt les deserteurs, seront choisis parmi des militaires dontle patriotism
et la loyaut sont 'a l'preuve.
Gouverneur et gouvernes chefs, officers eT sldats, nous allons disor-
mais ne fire quc'une seule famille, aspirant tous au meme but, le salut
et le bonheur de la colonies.
Surveillance de votre part elle est ndcessaire chez des hommes qui
veulent conserver leur liberty. Nous 1'appelons sur nous-memes ; qu'on
S aous presete le miroir ce ne sera jamais envain ou nous dissiperons
les doutes, ou nous profiterons des conseils qu'on nous donnera. Les pou-
1 voirs qui nous ont te confines, par cela mmee qu'ils sont immense,
nous sounmetrtet a une responsabilite terrible; nous n'avons pu les ac-
cepter que parce que nous &tions surs de ne vouloir jamais en abuser.

A NANTES,
Del'Tmprimerie d'A-J. MALAssis,jimprimeur-Libraire du Departement
place du Pilori, NQ. 2.



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