Mémoire du citoyen Morin, commandant militaire au quartier des Verrettes, le 6 November 1893: by, 24p,

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Title:
Mémoire du citoyen Morin, commandant militaire au quartier des Verrettes, le 6 November 1893: by, 24p,
Physical Description:
Mixed Material
Publisher:
Port-de-Paix, Imp. P. Roux, n.d.

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General Note:
4-tr-Morin
General Note:
U.Fl.-Mangones Collection extract

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University of Florida
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ILLMC
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LLMC31440
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AA00001046:00001

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I.'














Jz cItoycn ZMORI N, comma ndant miflitaire ai


quartiCer des Verrettes, le 6 Novembre ,793 (v. s.


JE rends compete a ma Patrie de ma conluite; c'est un devoir
sacr6 que tout Citoyen francais s'impose librement envers elle;
ce n'est plus un dloge de soi-mime ; cest une dette don't on
s'acquitte chacun suivant les circonstances dans lesquelles
Pordre de la revolution lui aura assign un poste ; offert enfin
Occasion de prouver tout son amour et son zeie a la.
servir ; si les malihurs de S#int-Doinigue ont effraye beaucoup
de Francais, il sera vrai aussi de dire, 6 ma Patrie qu'il en est
rested de fidelles a leurs sermens, qui out arrach6 au mallieur le
masque effrayannt dt i essayait en vain de les epouvanter.
Une mialheureuse experience convaincra ais6ment tous cetur
qui auront suivi, les ivenemens desastreux de Saint-Domingue,
que dans les moments les plus apparent de came, Porage ne
tardait pas h s'elever des assemblemens secrets, entretenus par
les Citoyens avoisinans les Bourgs et Paroisses, ont dans les temps
kte la source des cables, des attrotiperens, des parties enfin.
auxquels etait reservee Pexecution des projects contre-revolu-
tionnaires, destructeurs d'un autre part fidelle aux-vrais prin-
cipes, et plus souvent en opposition aux sages et prudentcs
niesurcs des Dl6guds de la Nation, pour 6viter les suites les



h "^


4 ~ ~


M- e.


- t, C








(2)
plus fAcheuses de ces mtmes projects, don't leur activity et leur
surveillance les a dans tous les temps, instruits avec les plus
heureux succs.
Tel 6tait l'tat et situation du bourg des Verrettes le 6
Novembre 1793 [v. s. ] lorsque tout-a-coup je fus surprise d'ap-
percevoir un movement don't 'objet nm'tait inconnu, et don't
j'eusse dA, au contraire, en ma quality6 de commandant militaire,
ctre parfaitement instruit ; bientot succeda une fermentation
nolnnante entire tous les Citoyens habitans de tous les environs,
dont le Bourg se trouva rempli, centre le bon ordre, tous en.
armes projettant une assemble sans m'en donner aucune
connaissance.
Un secret aussi inviolable entire les parties int6ressees h le
garder. ne me laissa appercevoir que quelq ie evenement contraire
a ma religion, et aux principles qui, a la connaissance de tous,
faisaient la base dcdidde de toutes mes demarches. Aussi mettait-on
le plus grand soin a me le faire ignorer.
Enfin Passembl6e fut form6e\ on s'engagea dans de grandes
discussions ; c'est tout ce que je pus en apprendre jusqu'li instant
oi on decida ma presence necessaire ; on me fit inviter de
nmy transporter; et, dans intention de calmer des esprits agit6e
et ramener le bon ordre, je' me rendis h cette invitation, meme
avec le plus grand empressement.
Arrive au sein de cette assemble, je me vis tout-a-coup
entourd de personnel don't l'esprit exalt- ne m'offrait que le
tableau penible d'individus, qui, abandonnes de la same raison
e,t cons4quemment de la riflexion nacessaire au choix des measures
tiles pour la decision des differenteS propositions que Popinion
peut offrir, un instant de recueillement me suffit pour deviner,
dans les figures et les yeux de tous les citoyens animis que leur
intention n'etait point celle de vouloir la paix et le bonheur'
general; je craignis des-lors quelqiue violence sur ma personnel,
e,t jeleur dis a haute et intelligible voix : Citoyens, vos injures
a> et vos propos malveillans ne nmen imposeront dans aucune
a circonstance; s'il vous fatt une victim, pour le bonheur
g6ndral, je puis payer de ma personnel; voilt ma t.te frappds ;
u j'ai vecu en bon francais, et je saurai mourir do mnme >,, Un
silence assez prompt succeda i tonte la ch:aleur envenimde de
1 propose incendiaires. Est-ce done hi, leur dis-je, toute la com-
4r munication que vous pretendez me doiner de vos sinistres projects z
C- i bien, je me retire. "








I w ,, .1 *' .. .. .--- .. ^






-' r .^' s r.) 'rnRr'' .i' .m -- ,; .


SEn effect, jo n" prouval alors "aucule resstaitnce et j
rendis dans mon domicile, oii j'ai rest jusqu'h huit heures du
soir ; mon 6tonnement fut on ne peut plus grand lorsque l'on
m'annonaa la Municipalite, precdd6e de Marttneau, qui, en sa
qnalit6 de Maire me proposal de me rendre au desir de la
Commune, en les accompagnant au lieu de ses seances ordi-.
naires; je rdpondis a cette invitation par un acquiescement
formel au voeu de la Commune, et nous nous y rendimes do
suite. Le came semblait reprendre son empire; mats il n'etait
qu'apparent. Des que le Conseil municipal eut pris sa
place le citoyen Maire pronona un discours don't en
substance il semblait m'adresser la parole. Je n'ai point oubliW
qu'il me dit : pour conserver la paix parmi les citoyens de la paroisse des
Verrettes, et si vsus voulez agir de parfaite intelligence avec
moi, j'esprre pouvoir reussir a la conserver encore; qu'il
), attendait de moi une response qu'il avait tout lieu de croire
conform a ses intentions, qui ne tendaient qu'au bonheur ce
ses concitoyeps ,.
Je pressentis des -lors le pitge que Pon avait dessein de me
tendre, et un instant de r6flexion me sugg6ra une r6ponse en
-ces-termes :-,c-Citoyen-Maire- j'applaudis-a-toute-la-pr-uden -ce
,> et la sa sagesse qui vous a fait heureusement conserver la
, tranquillity. parmi nous; je forme le voeu sincere qu'elle soit
, durable usez-en encore pour la conserve vos lumieres
, vous suffisent vos functions ainsi que vos operations sont
, incompatible des miennes et Pun et lautre, animes du mrme '
n zele et du meme amour du bien dans ce qui peut distinc-
? tement nous concerned, nous pourrons tendre au inm e but ,
~ et jouir du mene honheur de servir notre Patrie ,.
Soit que ma presence en imposat soit que l'on craigntt de
ma part une opposition entire a leurs projects perfides sot
enfin que Pon vouldt me fire eprouver jutqu'l. quel point le
voile 6pais de leur noirceur pouvait tromper ma vigilance je
dirai avec, sincerity qu'ils rdussirent parfaiteinent A me fire
miconnaltre tout le sujet de leur attroupement, et je nai jainais
pu en d6couvrir la cause, qui je pense, n'&tait pas genaralement
manifest6e, mlais bien particulibre a un certain nombre qui
influait sur toute Passemblee; un leger pretexte semblait occasion-
ner tous ces mouvemens; on ?otlait me demanderP arrestation
de Bernard feinte d'autant peu adroit, qu'il 6tait arrtd.e








"'j
Pi`s~:~ri'rB il~i








(4)
Je suspendral un instant une narration accablante par toute
Ia fourberie qui en forme essentiellement la base, pour faire
1'6loge des citoyens Guillaume Vallerai et Gaudefroi LLvequev_
TVallerai en sa quality de commandant du camp Drouin et
Gaudefroi en celle de capitaine de la Gendarmerie out dans
tons les temps manifesto une opinion aussi ferme que constant
pour leur Patrie ; seconds il est vrai par les Corps qu'ils coirn-
mnandaient, rien ne les a 6branle, et leur courage, mis a Pepreuve
dans plusieurs circonstances, a convaincu qu'its etaient dignes
du pr6cieux nom-de Frangais republicans.
Je parties le lendemain pour les Arcahayes; j'entretins Lapointe
de ce qui venait de se passer aux Verrettes ; il m'e fit part alors
de 'ordre qu'il venait de recevoir des Commissaires civil de
venir A leur rencontre, avec bonne escorted jusqu'au Mont-
Rouis, pour les accompagner au Port-auL-Prince.
Cette circonstance flattait infiniment le d6sir que j'avais de
me rendre aupres du commissaire Sonthonax; je parties aussitot
-pour aller a sa rencontre ; Lapointe don't la march ktait
ralentie par son artillerie ne pouvait suivre quc tr's-lentement,
aussi je lui declarai que j'allais me rendre h Saint-Marc; en effect,
j'acc6lrai ma march et me rendis aupr-s du commissaire Son-
thonax, qui fut dans la plus grande surprise de me voir, et me
dit : < Vous voila, Morin, vous vous ktcs sans doute dchapped l la
, fureur des habitats des Verrettes ; car ii re'gne centre moi une
, conspiration en cet endroit *t vous deviez etre' arr&td ,..
J'ai voulu en vain Ic dissuader ; mieux instruit que moi-
nmee il m'assura qu'il, 1 tait parfaitement kclaird sur toute la
trame secrete ; ii nous donna ordre a Gabriel Lafond et a moi,
de surveiller et prendre toutcs les nimsures n6cessaires contre
parties des auteurs de la conspiration qui se trouvaient mnme nch_
Saint-Marc; nous fihes marcher plusieurs patrouilles toute la
nuit avec ordre d'arreter indistinctement tous les Citoyens qui.
seraient rencontrs ; cet ordre, quoique severe en apparence
n'etait qu'unt sage precaution des malheureuses circonstances
et le bon Citoyen ni'a rien A craindre d'une semblable rigueur ,
parce qu'elle ne pese que sur la the du malveillant.
Sur le minuit 'une des patrouilres arreta' un Citoyen muni
. dun passe-port congu en ces terms : (c Le poste des Guepes
) laissera sortir librement les hommnes des bas ", Le passe-port
itait sign' Savary 7 maire la pitrouille it conduire cel indi-


.3 ~


i
*-









vidu devant le Commissaire, qui 'interrogea en lui deman-
dant pourquoi cet ordre 6tait ainsi congu ; il repondit qu'il
avait ordre de dire aux hommes du dohors de ne point se
r6unir, que le coup 6tait manque.
I1 etait done bien vrai que la trarne la plus secrete ct la plus
criminelle s'ourdissait contre les D6lIguSs de la Nation ; j'avais
bien de la peine a me persuader autant de sceldratesse et
Encore moins que ce fit le plus grand nombre qui put dominer;
ce dernier sentiment me rassurait, toutes les ibis que je r6fld-
Schissais et oes--differentes decouvertes qu canoiisaient ma
confiance, month dans tous les temps confirmed que le triomphe
des malveillans n'a jamais-exist-que dans leur imagination ,
que le crime enfin suit toujours un seiltier tortueux qui, tot
on tard-, le met au plus grand jour.
Des le grand martin je me rendis aupres du Commissaire
civil, qui m'entretint du porteur de passe-port, et recus de lui
Pordre d'aller au-devant de Lapointe pour le presser de ren-
trer en ville attend qu'il 6tait d6jh entree onze heures et
midi; indignd contre le maire Savary, que lon ne pouvait se
dissimuler de regarder comme le chef de la trame ecoutant
ce premier sentiment j'ai propose an Commissaire de.
le faire arreter ; mais ce Del"gue de la Nation que la.
r6flexion la plus heureuse guidait toujours avec la plus grand*
sagesse me fit appercevoir que ce' n'etait point encore le
moment; dss-lors je parties pour aller h la rencontre de Lapointe,
que j'ai trouv6 a trois lieues de-distance de Saint Marc je
Pentretins tant de ce qui s'dtait passed aux Verrettes que de
tout ce qui so tramait en cette ville ; son indignation fut
tell, qu'il promit qu'il ferait arreter Savary des son entree;
qu'il croyait qu'il dtait de son devoir d'user de cette measure,
pour la vindicte publiquc et le repos des Commissaires civil.
DAs que Lapointe fut eritred Saint-Marc, ses premiers soins
furent de se rendre aupr6s du Commissaire civil-;-il-ne dcsem-
para pas jusqu'h six lieures du soir et son project d'arrestationr
de Savary n'eut point d'execution i la surete parfaite dans laquelle
nous sessions tous' dsir6 de voir la personnel du Commissaire,
nous faisait ouvrir differences opinions ; les uns lui conseillaient
de partir offrant de Faccompagner, les autres lui juraient de se
battre h mort centre les pertubateurs et les sc6lerats qui oseraient
announcer la plus 16gere tentative contre sa liberty i mais lae








o* l.' .-
^w iilw^ ... i^v. *- < ^ _'- ^i'.^ ^ -








(6)
Comnmssaire civil parfatemnent instrui de tout et qui nc
consultant que sa prudence, don't il faisaitle directeur premier
de ses operations, nous donna le conseilde rester h Saint-Marc,
et que sous huit jours il nous eiverrait des troupes.
Lapointe, sorti depuis une here, rentra che s le Commissaire,
lui annonca que la voiture etait prete, en lui disant que tel etait
Fami de soi-mnme, P'etait aussi de tous les homes; enfin
qu'il fallait partir, sans retarder davantage; le Commissaire
donna ordre h Pinstant de rassembler tous ses effects avec la plus
grande c6lerit6 et de suite monta en voiture. Au mAme moment,
1i furt tire uin coup de canon au fort Belair endroit oppose a son
passage, ct-il continue sa route pour le Port-au-Prince.
La nuit se pass tranquillement; mais le lendemain nous avons
appris que le d6tachement des Verrettes ainsi que les habitans
des has de P'Artibonite s'6taient reunis sur l'habitation Bertrand,
A deux liewes de distance de Saint-Marc, et nous.avons vu
aussitbt les habitans de la ville se transporter sur le Gros-Morne,
qui n'en est l6oignd que d'une lieue; je me rappelai, avec une
joie extreme, la deposition du porteur de passe-port, et je disais
A mes amis le coup est manq'ul, le Commissaire est hours de
leur attaque; ces laches sont effrayes par leur propre conscience,
mais examinons leur march; ils veulent sans doute s'emparer
d'e Saint-Marc et le fortifier; autant que le grand nombre ne
nous accablera pas faisons vigoureuse resistance ; aussitSo
Gabriel Lafond s'est reuni a moi avec quelques-uns de nos freres
don't je prejugeais de la saine intention et nous nous sommes
alors montrts ; nous avons remarquez que les coalisss de la ville,.
sur le Gros-Morne, ont envoy des deputies aux coalis6s des
Verrettes et des bas de FArtibonite, sur Phabitation Bertrand,
ponr sans doute prot6ger leur entree dans la ville; mais
~oit qu'ils eussent voulu agir de ruse., ou que pour le moment
Sous leur fissions obstacle dans leur route nous les vines
s'acheminer dans celle du haut de Saint-Marc, dans le mehme
instant qu'ils recurent les d6put6s,. qui, sans doute, leur en
apporterent 'ordre de distribution; alors Gabriel Lafond et moi,
accompagnes de nios freres, nous house sommes rendus a Pentr6e
de la ville aveclJaplus ferme re.iso6 tion de repousser tous ceux
qui n'y etaient pas domicili6s.
Les citoyens de la ville 4taient tous rtunis dans la grande
ou e du hiaut de Saint-Marc ietGaut2er la t.te, avait le
-- ----'-Lvait, I-









(7.)
project, avecunepilce de canon, de proteger I'entrde des coaliss :
ma fermete the rendit intrepide; et a mon example, mes frBres
me disaient, a ma grande satisfaction, c Qu'ils etaient prets a
me seconder" i alors je m'adressai a ceux des coalises don't je
connaissais en parties, que les considerations particulieres, .le
torrent, et mAme la force avaient entratnds dans de pareilles
demarches; e leurs parlai suivant leur caractbre ; vous marchez,
leur disai-je, sous un feu cach6, sous des cendres trompeuses
tout ce que la passion conduit est mal conduit, et bient6t je
m'appercus que les passions se precipitent d'elles memes, des
que Pon a une fois quitt6 le parti de la raison et la faiblesse,
toujours port6e. se flatter, s'avance imprudemment, en pleine
mer, sans pouvoir trouver A s'arreter mais prdsente au naufrage
le plus lIger secours, il Paccepte.
J'6prouvai encore que la ferme resolution, qu'une cpnstance-
qui est vraie, en impose a lPindividu condamne par sa propre
conscience, et qu'il devient aussi subordonn6, qu'il paraissait opi-
niatre lorsqu'on lui. parole le language de la raison; sans aucunr
commandment, aide par mes fr6res qui avalent, B mon
example, entretenu de leur c6t6 un certain nombre de coalises je
leurs donne Pordre d'ob6ir ; renforc6 alors d'un assez grand
nombre, je les rengeai en bataille, a pouvoir les disposer centre
ceux mnme qu'ils attendaient Pinstant avant pour les protdger;
j'avouerai que le coup fut aussi prompt qtu'hardi, mais aussi
fut-il celui de la derniere resource des homes braves qui etaient
sous mes ordres qui auraient pr6fedr dars ce moment etre
massacres plut6t que de laisser rentrer les coalises dans la
ville.
Savary, muni de tous les'pouvoirs, chef de toute la cabale,
organe principal de toute la trame s'a percutde la r6ussite de
mes dimarches centre son attente, et a -dressa Ia parole, en me
disant: a Que le salut de Saint-Marc ILi etait confi6 ,. Saint-Mare
n'est point en danger, sinon dans les mains des perfides strangers,
lui repondis-je avec fermetd et, haute voix; qu' P'instant ils
regoivent vos ordres on tels autres qu'il vous plaira potr so
retire, sinon je vais faire feu, et ce sera sur des moiiceaux de
morts que nous p6rirons. Mon intrdpidit4 et mon- nergie pro-
duisirent tous les effects que j'en attendais; Savary, et quelques
autres s'entretinrent un instant, et dans un quart d'heure nous
vimes les coalis6s, tant des Verreftes que du bas de 'Artibonite,





.


4f j








(8)
s tarrter, retrograder, et prendre une march toute opposee 1
celle de faire leur entree h Saint-Marc.
Alors tous les hlabitans de la ville rentrbrent ; la tranquillity
succEda at tous les troubles, et de suite j'exp'diai un courier aux
Commissaires, au Port-au-Prince, pour les instruire de tout ce
qui venait de se passer et pour leur demander cent cinquante
homines de troupes de ligne, pour maintenir tout dans lordre;
je n'avais aucun commnandement dans la ville, et lon se donnait
de garden de me mettre a mnme de surveiller; ine tranquillity
inquittante et passagere fut Favant-coureur des moyens violent
qui se tramalent secretement pour en chasser tous les francais ..
ailnant leur Patrie, et divoues a se sacrifier plut6t que de la j
trahir.; nies freres et moi nous nous apperQlimes mais'trop
tard, que les chefs des coaliscs des Verrettes et de 'Artibonite,
et un grand nombre ineme de .coalis6s talent entras dans la
ville de Saint -Marc, et qu'ils avaient avec les Ihabitans des
intelligence secretes et qui nous etaient absolument inconnues.
Tous les chefs des coalises se joignirent a toutes les personnel
en place de Saint-Marc, et de tous cotes on leur entendait
dire : C C'est aujourd'hiui que les Agens des Commissaires vont ,
danger ). Le point de reunion tait str lrhabitation des Sou-
liers le nombre augmentait chaque instant ; ce fut en cet
endroit ou Trincart, Toussaint & Grandnmaison fils, rdussirent
h ranger, "dans leur part, une tr6s-grande quantity de bons
Francais que j avais su associer aux miens, et qui, jusqu'a ce
moment, etaient rests fidelles a. la R6publique,
II n'Ctair plus possible de se'r6unir, notre parti devenait plus
faible de moment en moment; tout annoncait que la plus l6gere
resistance de notre part devenait un crime; on se rappela meme
celle que j'avais faite trois jours auparavant i on me prevint
de me rendre chez ]uquet et Martineau ; ce fut moins un ordre
qu'1ine invitation ce qui me ddtermina i ne pas m'y refuser;
ces deux individus 6taient les chefs des d6tachemens des Verrettes,
et je m'attendais bien que ce nie pouvait 4tre que pour nme
rappeler le pass ; cependant je m'y rendis.
Les premieres paroles que Buquet m'adressa, florent : < C'est
a done vous qui vouliez fire feu stur nous,, ? Si vous vous rap-
,, pelez qu'elles furent mes intentions alors ? Elles etaient
de faire tout rentrer dans lordre lui dis-je ignorant main-
;epant qu'elle sont I.es v6tres 'me voici* vous avez la force,
faites








ul.-sl^ ^*-*.. ..
r 'JSat ~j-T*= ~ ~ ~ ~ "' .~I el*-









Taltes de ma personnel tout ce qe vous ugerez h propose i u1
nomm6 Trincart perora vaguement pendant quelques minutes;
mais Savary etant a mon c6td leur adressa la parole 4
(A Amis, ce sont des freres qui viennent se joindre a nous pouf
, briser nos changes, r6unissons.-nous de coeur et d'esprit et
, nous ri6ssirons ,, il sortit de suite, et je laccompagnai jus-
que dans sa maison; j'eus avec lui un entretien assez g6ndral
sur la position de Saint,-Marc mais dans un tres-court espaco
de temps, nous nous apperTlmes trop tard, Gabriel Lafond et
nmoi, de la perfidie de cc traitre qui ne nous avait amend
.dans sa mason que pour avoi-r la satisfaction de nous livrel
lui-inmne h ses satellites qui ayant entoure la mason au
:noribre de plus deux cens tous arms out coinmencd par
apprehender au corps Gabriel Lafond, qui fit la plus nerveuse-
resistance pendant un quart-d'heureav ant de pouvoir le desarmer;
et n'layant pu rdissir it Ie fire marcher ils ont et forces do
Femporter dans la mason d'arr cke Saint-Marc oA ils avaient
recu I'ordr'edo le conduire ; j'avais bien 6t6 averti par Dalignon
que Von projettait de in'arreter et je croyais P'tre dans lo
nme n moment que Lafond; m ais pendant le temps qu'il fit la
plus vigoureuse resistance je im'evadai,
Je me rendis sur mon habitation t la Ravine de Sable, oit
j'ai demeury pendant quelques jours; j'eus occasion de voir
iune granule phrtie des hommies de mon quarter et je mis
tout en ceuvre pour les solliciter A demeurer fidelles a la Patrie;
en etf'et, j'ai rxussi h en ramener a moan parti taut du haut do
Saint-Marc que .d la ville m&ce, et je me vis, en nombre suffisant
Sour mnopposer a la nouvello coalition en pleine assemble.
Si P'dresse est 'art de conduirc ses entreprises d'une maniere
propre h reussir j'eus la joie d'avoir dispose les esprits qui
s'~taienat ranges de mon opinion U me soutenir lorsque locca-
sion; qui ne devait pas tarder, se-prdsenterait apres nous etre
abouch6s dans plusieurs rencontres en tres-petit nombre, sans
approts et par circonstance, je me vis heurcusement a minmp
de voir la disposition de tons mes freres qui nous 6taient rests
fidelles ; et parfaitement instruit de larrivye de Deneux coin-
mnandant militaire au. i M6e accompagni d'un Officier anglais ,
je me rendis t Fassembl6e, o' ii tait impatiemment attendit
parles Frangais qui avaient le project de livrer Saint-Marc aux
Anglais je voyais que les esprits i'itaient point d'accord; j'avaiq









.#*. V ^ *. ., -- 8








( to)
dispose ceux des miens; en consequence 9 les contrarit&s, les'
d6bats, la diversity d'opinions, pr6sidaient & cette assemble ,
et Je prejugeai des-lors de toute la r6ussite de mon stratagame.
Coudelet, Rouleau fils, Chanlatte fils, Lavergne, Mangnac
et Gentil Delisle, furent les acteurs principaux de cette scene,
don't toute la honte, en retombant sur'les malveillans traitres
a la Patrie, les couvrit de la gloire de la reussite. Dans la
dissolution de cette assemble je dirai, avec la verit6 la plus
av6ree, qu'ils se montrerentcomme de bons Rpublicains, fermes
dans leurs principles et dans leur amour pour leur MWre-Patrie ;
aussi eurent-ils la douce satisfaction, par lenrr6sistance constant,
de former Deneux et 'Officier qui Paccompagnait "a s'en retourner ,
sans avoir rien ternmine et bien an contraire, tres-mecontens de
I'opposition qu'ils avaient trovs das ls notre diversity d'opinions.
Mais il 6tait une fatality atiachle a notre destine; nod s la
Voyons tousi et nous 6tions, hours d'dtat d'y opposer une r6sis-
tance personnelle, en raison des Fran ais qui avaient forni6 le
project de liver la ville et de ceux qui etnient rests fidelles,
Ie nombre en etait si diminud qu'il nj'tait plus qu'un part
k choisir celui de feindre pour atte.ndre une circonstaiice
plus heureuse, tell que des forces des citoyens Commissaires
civils, ou enfin de fomenter de nouveaux parties dans des moments
favorables, et dans une autre assembled qui devait se former
apres la nouvelle que Pon recut du changement de Deneux par
le replacement d'un noinum Brisbanne ; inais en ayant &t6
instruit trop tard 7. et come je viens cl"-e dire ,--mon parti
etant consid6rablement affaibli, j'ai pense qu'il fallait tellement
employer la souplesse, .qu'elle pouvait t.romper par une dispo--
sition apparent h s'accoim oder aux circonstances, aux conjec-
tures et aux evenemens imprdvus.
J'ai cru alors que je pouvais mettre eni' cvre centre Pennmi
tout ce que la ruse aurait de plus subtle a me suggSrer, tel
fut le parti don't je fit clioix; je me disais A ]moi-mnme ce
sont des traftres qui livrent le territoire frangais A ine puis-
sance ennemie de la prosperit6 de la Republique 5 dussai -je
ktre d6couvert et perdre la vie je ne trahirai point ma Patrie!
Manager le moment pour une occasion favorable et nous venger,
restons au milieu des traitres:; les tromper est deja un triomphe.
Le rdsultat de cette derniBre assembly e fut d'envoyer chercher
iBrisbanne et de capituler avec lui; ce qui fut en cons6aqencei
effectu4 Qu disir de tons les aristocrates de la ville de Saint-Marc,








(-^*-S-..^-"r'c *^-*~----:,^-*'A- -*^..- -r-- ---;--"" .. "^BPkl








(. 1.
D'aprAs le project que j'avais former de tromper les .taftres &
la Rupublique je me voyais assez heureusement second; nmoa
parti augmentait chaque jour a ma grande satisfaction; pour
me rendre les apparences favorables, j'avais laiss6 mon spouse
en ville; j'avais lev uine boulangerie sous le nom de Rouleau
ils ; lequel -tait attach a mon part et que je considerais
coImme un bon Republicain ; mon spouse entretenait un petit
commerce et tout .me promeitait une rbussite piochaine lors.
q qile j'appris que j'avais et6 trahi-, que Rlouleau, Rouviere et
SVilleneuve, venaient d'etre arrest s et deportees; au meme ins-
tant je ralliai a-ussitot autour de moi le plus qu'il me fut
S] possible de bons Frangais et courus a la Iorte de la ville ; me%
frercs firent mis en etat dcarrestation au nombre de quatre-
; inlgt,; Coudelet se trouva etre un de ceux qui fut train dans les
*. cachots de Saint-Marc et d'aprjs d'aussi funestes trahisons
: je resolus de m'en venger; mon indignation 6tait t s&n comble,
! Lapoilnte et Jumecourt sc presenterent pour passer; mais je
Sleur fis resistance et les reproches les plus vifs; ils me promirent
de se joindre h moi qu~and il serait temps et au premier signal.;
Ie- leur observai que c'6tait le moment, et qu'ils me pretassent
serment ils confsentirent a le preter ; mais ce fut une insigne
fourberie de leur part, et ils eurent la lchete de s'en retourner.
Joe me determinal, malgre C ce contre-temps, pour ainsi dire
sans forces et sans munitions, a ne point perdre contenance, et
quoiiqu'accompagne seulemientdevingt-cing homes; enfin, apres .
Splusieurs pourparler avoc- Brishanne, je Ie sommai de me d6livrer
Coudelet; co qui fut fait sur-le-champ, et je capitulai avec lui:
le principal article do la capitulation fut qu'il ne serait faite aucune
insulte tous ceux qui m'etaient rests fidelles,, et des-lors nous
rentrames dans la ville.
Au commencement de Mai 1794 [v. s.] je fus instruit que
Chanlatte jeune, colonel de laLegion du Port-Republicain, itait
au MAont-IRouLis je me suis emnpresse de me rendre aupres de lui,
et lui tint le language suivant : (c Il n'y .a plus de confiance aux:
hoimnies de ce quarter; retournez-vous en au Port-R6publicain,
et faites moi passer deux cens homes seulement, je vous
r6ponds de rendre Saint-Marc republican ; son intrdpidit le
poussajusqu'au point de mne dire : cc Si.vous nevoulez pas de suite
je-vais faire parler i Lapointe ,; je lui observai que je ne voulais I
point m'en meler et il envoya'chercher Papillau qui commandait
au V s ont-IRouis pourr Fanglais i Papillau lui demnnda s'il avait




I


----- ---









'en reflclchi Chanlatte lui rdpartit ou', s'il n'est pas content'
denies propositions, il me renverra; je le crois trop brave ; alors
Chanlatte expedia Papillauaupres de Lapointe, et m'engagea de
V'accompagner. Rendu aux Arcahayes, Lapointe averti, expIdia
vingt homes au-devant de Chanlatte, soi-disant, afill qu'il ne
lui arrivat rien ; je dirai avec verit6, que dcs quo Chanlatte se
fut entretenu avec Lapointe, ce dernier luii ilt diverse propo-
sitions, auxquelles Chanlatte ne repondit pas autre chose, sinon
qu'il &tait francais, t .qu'il ne trahirait jamais sa Patrie ; qu'il
ajouta, si nous solmmes divises d'opinioiis, nous n en soinmes'
pas moins freres; mais aussi vrai que hard a s'expriiler, il fut
de suite deported. i
Notre nouvelle tactique militaire, rduite en principe a
sembl d(saprouver les ruses de guerre, ayant dans s s conditions
de la guerre avec l'enucmi quoique tacites amen) les esprits
des chefs'militaires at un respect reciproque pour los meinmf es ,
conditions, enfin a ne se fire qu'uune erroro ouverte ; nius
dans lhypothese malhe:reusede Saint-Doiing-ii e 1 /t c particu-
Jlirement dans celle off je me tro!vans entouro doe tir'ti0ses
vendus a Pennemii j'ai cra pouvoir oublier ies ipr incips do '.
bla tactique militaire m)iode.rne pour n'attaclher a cell ancionne, "
oil la victoire remportec par riuse phlitt que par la force, ttai.t
tellenent precieuse aux LacedJiionieiis y qcuils (n inimolaieint
mne plus grande victim oi enfini il 0iait de pribncipe de fire '
du pire que Pon pouvait a son ennemi ,r et que la tronlperie ,
de quelque espece qu'elle ft, etait jEr''inise lorsoue c'dtait le
plus petit noimbre centre le plus grand. ,
Determined a tout fire pour veneer, mtios frees arrhtes, depor-
th outrapgs, et ma Patrie eri iqi vednait de perlre une ville
par la trahison. des Francais (qui avaic n use3s a notre regard de
tons los lstraatagimes. possibles pour nos l rompeor nous abuser
4t nous sirprendIre et nouis recndre victim de ieur systPYne
contraire h la loi de la Nation francaise j.e n'hesitai plus et
ma resolution flt priae ,. des Ie :moment i de tout employer ,
tout sacrifier, pour saisir Poccasion favorable de trahir Bris-
banne et toute son armjne.
Ayant appris que Brisbanne faisaiat des -prcparatlfs pour sortir
Svec son armie centre les soi disait brigands; (ue Lapointe
devait commander une cologne je fuls 1e trouver, et jo lui
nanifestai du mncontentement dc ce que 'on in'avait laisse
ginorer tous ccs prafsr atfs efin d accrct que 'on mettai|








S(, 3)
On tout envers moi que j'avais des proprietis a defendre et
que d'ailleurs on devait me connaltre.
Lapointe deja la dupe de mes expressions, fit part a Bris-
banne du reproche que je lui avais fait et ce dernier me fit
faire Poffre d'un brevet de Sa Majest6 Britannique ; je craignis
alors de m'Atre trop avance; je lui fit response que j'.tais on
ne peut plus sensible a P'offre honnete qu'il venait de me
fire que je ferais en sort de le meriter, et que je ne Pac-
cepterais qu'apres lui avoir donned des preuves de ma capacity.
Quelques momens apres Brisbanne me rencontra ete-retitera i
ses offres; surprise de le voir persister, je ne pus me tirer do
'embarras oui il me mettait qu'en lui disant que j'aimais A
monter A cheval, et que s'ilvoulait je le conduirais par-tout ;
ce qu'il m'accorda a ma grande satisfaction. Me voyant par
ces functions plus a mine de prevoir, de juger ses operations
de combine les miennes en consequence, et de rflIchir abu
moyens de trouble, contre-carrer et fair echouer infin toutes
ses operations militaires, sans qu'i put: meme me soupconner.
L'armde fit march de route; j'eus alors occasion de m'en-
tretenir avec Cristoplhe, Blanc Casenave et Guy qui etaient
de Pautre bord de la riviere ; je leur fis-part de tons mes
projects ils me promirent de trouver en eux de bons freres qui
an'aideraient de tons leurs moyens lorsqu'il s'agirait de la
R6publique en d6jouant Pennemi.
D'apris ce premier moyen assure je fis la proposition I
Brisbanne et h Lapointe de fire inettre bas les arms aux
cultivateurs arms, et de les fire rentrer chez les proprietaires
qui ktaient sous les ordres de Guy ; elle fut accueillie avec
autant d'empressement par le Commandant que par tous les
Colons qui coinosaient Pariee.
Voila done Brisbanne ainsi que tous les- aristocrates sous ses
ordres dans" la ferme confiance que j'executerais mon project;
des-lors plus d'attaque offensive; des-lors plus 'de poursuite
contre la Republique'; je. feignais de me donner de grands
mouvemens; j'annoncais de concerter de grands moyens, de
parfaite negotiation et je voyais, avec joie, que Lapoiinte__et
gendralement tous les chefs applaudissaient a tous mes pr'paratifs. i
Brisbanne se decida. selon mues vues ;iil placa-un camp A la
Petite-Riviere et le reste'de son arine passa de Pautre c6te,
Apres quelques jours de repos, et d'une assurance entire quo
Brisbanne 6tait rentr .4. Saan't-Marc, et dans une security par.






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( 14 )
fate, 7ai cru pouvoir me determiner avec Cristople, Guy et
-Casenave, a commencer notre negotiation. Tout fut dispose et
arrete ensemble dans le secret le plus inviolable. Nous elmnes
pendant la nuit tous les moyens de nous entretenir; et d'apres
tous les renseignemens que je leur avais donn6 pour agir de
concert avec Tonne qui commandait chex Perisse, ils le pr6-
vinrent de se mettre en marcle ; il s'y rendit.
II est facile de concevoir quelle 6tait ma grande satisfaction dans
la direction de toute cette affaire-; tout rdpondait avec Ie plus grand
su1cces a tous mes desirs; et je dirai, a la louange de mres freres, que
tout ce queje prescrivaissecretement, etait ponctuellement execute.
I1 nm'tait essential de ne point abandonner Brisbanne, parce
qu~& je me niettais a meme de m'instruire de tout, et de diriger
nics operations' secretes i en consequence, Gautier fut choisi pour
aller prendre possession des Gona'ives ; co ftt dats la -nuit du 4
au 5 Septeirbre, Pan deuxieme; j eus soii d'en instruireToussaint
assez A temnps pour lii faciliter une libre entr6e dans son camp,
lenvelopper ct l'arreter et de suite il march contre le camp
de la Petite-Riviir"e o' tout etait tranquille, sous les fausses
apparences d'un traitc de capitulation avec Brisbanne; ce coup
fut frappe avec toute Pintelligence de ceux qui, de concert avec
moi, s' talent entendu avec Guy et Blanc Casenave, qui eurent
pour tous les prisonniers le plus grand m nagenient, connaissant
leur bonne volonte a se ranger sous le drapeau de la Republique.
A peinc etais-je arrive a Saint-Marc,_que le g&ndral Toussaint
dcvanca execution du project concerto entire nous ; ce qui
an'empeclia d'avoir le temps de me fire un part ainsi que j'el
4tais d'accord avec tous mes freres. Instruits de notre intelligence
je vis do suite Brisbanne dispose i sortir sur le champ de
Saint Marc pour aller au camp Caumont je Paccompagnai
par tout, et le voyant decide a se joindre-aux habitans des
Verrettes, qui etaient alors sous la domination espagnole, malgr6
qu'il en fiit environnd, jelui observai que peut-etre avec plus
de reflexion il abandonnerait un project quipourrait avoir pour lui
des suites funestes, ct je dis aussi hautement qu'hardiment, que
tous ces iabitans etaient d'accord avec les brigands; car c'etait
ainsi que Ponn fomrnait les PRipublicains et qu'il devait se
mdfier de leur perfidie; et, dans le meme moment, je jettai les
yeux sur mon sabre, en regardant Martineau d'un air menaaant,
qui 6tait maire des Verrettes, et l1 plus enrag6 royaliste.
Bjsribanne ajouta tant de fois a ces hardis propose, qu'il entra








^T, i", -#4*,








(i5) ".
dans urt~e grande coTlre centre les habitans des Verrettes, qu'il
leur donna ordre de promptement sortir de sojn camp, en leur
disant : a Allez done augmenter le nombre des brigands; allez
les repousser, puisque vous les avez demands ,,.
Ces habitans, ex6cutant 'ordre de Brisbanne sans r6flexionr
et sans consid6rer que de ne pas chercher 'a se justifier, c'dtait
confirmer ce que je venais de dire sur leur conipte, Brisbanne
fut si fort irritd, qu'il leva son sabre sur eux, en les forcant,
malgre une trts-grosse pluie, de s'eloigner de sa presence,; de
sorte que dans ce grand nombre meme, il se trouva les plus
enrag6s royalistes des Verrettes, don't plusieurs, il est vrai,
avaient voulu ensuite parler a Brisbanne, qui s'etait opiniatrement
refuse a les entendre, les repoussant avec la plus grande violence.
Satisfait de voir une division aussi complete entire les esprits,
j'ai cru devoir profiter de cette occasion pour un coup d'hardiesse
assez hasardeux; je n'avais pu voir Desroseaux et Dejanot tres-
bons rdpublicains et du secours desquels j'aurais eu le plus
grand besoin ; je me mis en tete d'agir seul, parce que j'avais
6t6 ddj' trahi dans le courant d'Avril 1793, ce qui m'empccha.
de mettre personnel dans mon secret ; j'entrai dans la ville de
Saint-Marc; je me portai droit a ma boulangerie; j'ai pris
avec moi six negres, auxquels j'ai announce qu'ils connaissaient
l'intention dans laquelle j'etais de les rendre libres, qu'ils eussent
a me suivre a'vec confiance; ils se sont arms chacun d'un baton
seulement; de-la j'ai 't6 joindre Pierre Paittauty et Perisse et
nous nous sommes portes au quarlier des dragons angla~is, qui,
ayant etd surprise, ont tellement etd saisis ie peur, qu'ils out
tous pris la fuite a lPexception de six qui nous ont accompagn6s;
et dans ce moment se sont reunis a mon part les.deux Bordures
Query, les trois Mathurin, Tonnelier, Dubois Barthelemy,
Thollevy, Couquia Oge ~ enfin nous nous sommes trouv6s au
nombre de vingt-deux.-
11 faut nous porter au poste des Gu.pes, leur ai-je dit et aa
fort Sainte-Claire ; la nuit protege notre entreprise c'est de
'cnnemi exterieur que Pon croit avoir seulement a craindre;
marchons les surprendre, les disarmer, augmenter notre part
et chasser les royalistes de Saint-Marc tous applaudirent
unanimement, et nous continuames notre route.
Arrives au poste des Guepes, nous reusshnes a d6sarmer la
garde de ce poste; nous nous 'sommes ports an fort Sainte-
Claire ., les hommes de garde au nombre de cent cinquante









( 16 )
ont voulu fare quelqte resistance neanmoins nous les avons
forces de nous rendre les armes et de rentrer dans leur corps- i
de-garde d'en former les portes, s'ils ne voulaient pas Atre
egorges ; il y en cut qui eurent la presence d'espri, do me
demander s'il fallait 4tcindre la chandelle et nous leur en
donnines 1'ordre qu'ils execut6rent ; nous avons successi-
vement desarme plusieurs patrouilles. Le coup de canon
d'alarme s'est fait entendre de toutes parts tous mes frsres,
amnimes de leur success moins occupies ainsi que mnoi de leur
vie que de leur vengeance, criaient : Va.incre ou mourir ;
niarchons au point de pierre ;.nous y avons courus.de suite ; j'ai
trouvd la garden rcanice en bataille; on me crie qui ive, patrouille,
cu avancant t granids pas avec quatre homines ; le second de
fJoubert a advance; c'est a Joiibert le commandant auquet je veux
pdeTl ai-je hardiment replique ; Joubert a avance et je lui ai
jautement dit, en Ii ,mettaiit la main sutr l'paule vivez pour
votre Patrie et retirez-vous; je me suis mis ~i la tete du. deta-
leincent, et de suite en march pour enlever le fort Bergeat. '
Nous etions djea arrives dans le fort; inais je me suis appcrui
que je nn'tais pas assez second pour une tentative aussi vigou-
Y'Cuse, ct c:apris une conference assez court avec mles camlarades ,
,nous avons arrete de sortir de la ville, de fire route pour les
hauts de Saint-Marc, pour diffircjltes expeditions don't je vai:
rendre compte dI succIs.
II ctait interessant pour nous et pour river l'ennemi de cette
precicuse resource, de nous rendre nmatre de la p!ar: re ; nous
nous y sommes ports, et la garde, compose e de iouze (lommes,
6tant venue pour nous reconnaitre, nous Favons enlev6e et de
suite nous nous sommes ports au poste (le Plhabitation Piv.',r
que j'ai emporte, quoiqu'il fit garden par trente-six espagnots; ,
de-lh nous avons fhit meine expedition chez le Raye; ce poste
dtait conlid L des )royalites dont la rsitance n fut pas t'rs-
opnimatro ;. je n e'tais canipe chez Massotot a trois lieuos de
distance de Saint-Marc lorsqu'entre onze heures et midi ntus
fimes rencontre d'un commandant espagnall niomm Vilanova,
qui avait vingt-cinq homes pour son escorted, qui faisait route
pour St-Mlarc; nous Pavons contraintde se rendre h nous, etsuivre
notre route.; d'apres nos ordres, nous les fimes tous prisonniers.
Notre expedition, suivie avec la plus grande vigueur ,.a cause
pIne allarme ginrTale parmi tous les royalistes j le plus grand
d.dsordrc





I. -1


-_... ,,- *.' -.- .-- ,. ,,-. ... -








( 17 )
Cd6sordre scest neil Jans tous les camps assis aux environs de 1:i
ville de Saiat-Marc, et dans la nuit du 5 au 6 Septembre. 1794
[ v. s. ] lnous en avons fait clever on dissoudre au nombre do
sepjt, It pout de l'Est'reo, le bacq d'en bas, Dubuisson ils s
i1olete Bertrand Dessouliers et Caumont; tous ces camps oni i
gencralement etC abaudonnis a notre grande satisfaction.
*On no pent plus rivoquer en doute queoBrisbanne et tou .
les royalistes, vils adullteurs et traltres la Patrie, qui entou,
raient cet esclave du tyrai Britannique, se fussent d.clar6s no
plus cru(Is eminiiis; i mioven do nous reidre victims d(
euirs re-ssentimlens etiit bion dans Icur cosur mais sann
!appilicati;n et sUis ac;illll eifer ; pour satisfaire leur rage et
Qleur ven.':E'ancC u;, gliiuerre ouverte ou offensive leur 6tait:
sans ucmne ressoui'c u LI; seule pouvait Ctre rCserv6c t unie
airie iiiiral c auoant (ue vile .celle do rcndre moln pouso
victim des circonstances ; ce fat h Dessources seul que le
trioimpie tcen slr" etait rIserve, pour achever de le peindre
aux ycux de tous ses concitoyens mi(me traitres coimme lui B
la Patric et (d tous ses firers fidelles. mon parti ce fat lui
seul qui ufat le iloteur prieiier i'un cons:il aussi tyrannique
qt'inhitinain, l'exctaionl lui on fut confine et du 7 au 8 da
mnemne nois il -,oua la satisfaction ainere de satisfaire touted
.sa vengeaance en Ila falsant reporter.
Ce nouveau chagrin no fit que riveiller toute ma colere
contra des concitoyons aussi injustes qu'ils etaient coupables
cnvers la France-; alors nous nous soimmes joints i Cristophe,
Guy et Blanc Casenave; ct dans tous les mouvemens du
dehors qui alarmaient la ville, nous avons crn devoir en fair
l'attaque; le 7 a euatre heircs apr's-midi a la tete de ima
colonnre ; j'ai entree dans la ville, et Guy en fit autant de son
cote; mais ious Ctant meme deja trop avanc6 l'un et l'autre,
nous f'uimes avertis .que le centre de notre petite armee ne f
A "
m ontrait pas la meme resolution ni .la mnme vigueur que
nous; nous crimes d'abord que notre opiniatrete notre cong-
tance, notre fermiet6 et notre d(vouement leur servirait d'exem-.,
pie et que la troupe obbirait; mais avertis de nouveau d'ul _
refuse former, d'avancer et d'obeir nous primes la resolution de \
sortir, nous tant d6ja trop avancis mais tranquillement err
prot6geant notre sortie et dans le meilleur ordre ; ce qui so
fit sans aucune poursuite de la part de la garnison de la ville,.
C




I'
.. -. ,. .









( i8)
Contraints par toutes les circonstances imperieuses de renoncer
dWsormais a aucune tentative, accabl6s d'inqui6tudes de P'ttat
de mon spouse, j'ai totalement abandonnd, par de nouvelles
xrflexions, tous mes projects de vengeance, pbur le moment
seulement; je me suis retire dans mon camp de reserve chez le
Raye, oh j'ai rested, pendant quelque temps, a mediter une
niouvelle attaque centre Saint-Marc; enfin, le 8 Septembre 1794,
mes frAres d'armes et moi, qui avais alors le comlmandement eni
chef, avons dispose nos troupes pour lattaque projetee sous
peu dejours- de maniere A nous mettre a imo (Iw resifter a
toutes les entreprises de l'enneini renfermir dalis Sai t-Marc.
D'aprbs nos dispositions et tous nos preparaUii-; j'ai idonn-
Pordre de la march, apres avoir pris le com li;nii e icnt de la
colonne droite; Plarmec fit route, t.ant diu cote de Ia colonne
gauche que de celle du centre, pour avancer conir' .~ nciii et
le battre. L'attaque ayant dija~ 6t fair par :. c:lo:i'n", dJpuis
quelques mnomens, avec un fet ties-soutctrnu, j- ij1_` cn mie peut
plus surprise, au moment me me o,, de part et d' ::., (n allait
donner une attaque general, d'appcrcevoir qi e I fi',u de ma
colonne ne r6pondait point avec autant do vign'ueur que jo 1'eusse
desir6; que inme il ne tarderait pas, cdapres touLt ce que je
pr6voyais dhji, a mianquer meme dansle moment l l ...us p] rille.x;
je remis le commandement au premiior coaIRrana;,:t es mloi ,
pour ranimer le soldat par mnon exeile t li donncr 1e7 I 'Pecon-
ragementi ce qui.sembla me r.' nssi: pendant In moment : de-la je
mne mis A la tete de six hommcs braves ii s'en rejoignit encore une
Vingtain'e, et ayant former une embuscadc, nous filnes le fen le
ilus ardent le pius prompt et le miciux soutr'Vu, a poIrte
menme de 'ennemi j; a done orre de tirer '~ la ceinture, et
le voyant perdre countenance doe c ct, je criais hate voix
de le cerner, de Penvelopper, malgre quce cela hit iors de notre
pouvoir; mais celt k rse servit mon1 projet, .qui q tait de lui faire-
Jacher pied et avancarnl to ours, jitais arrive I habitation
IDessouliers; je parvins c faire rentrer la tote de la colomne droite
dans la ville, ct a 1'instant je ime portai a la colonne du centre,
que j'avais cru inexpugnable par sa position j)'ai trouvi Louis
Bordures seul A la piece de canon, et dclja le drpceau national
&tait A la barrier de Pivcrs; j'avais bier ordomni le dploiement
des troupes pour Pattaqu e g'ni'ralw, rrmais la position et le terrain
les avaient tellemcnt cnlpeches cjo mai-ncsavrer qu'elles so
trouvaient dans une division total je me suis avise d'un stra-


,.121;.: A


17


II


1; \


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4' *- 14 ;









(19)
tagnme qui nous aurait singulibrement favorss, si j'eusse &td
parfaitement second je me suis fait remettre le drapeau; j'ai
mis pied a terre, accompagne seulement de deux homes, Bois
Feuilleet t Keroire; je lai port au centre, a portee dul coup de
fusil de la tranchie de Pennemi, et malgrd le canon de dix-huit,
qui tirait sans decesser, j'ai place le drapeau sur une petite
ee6vation entouree de haies, avec ces deux braves frangais aa
pied, qui repondaient continuellement par des coups de fusil au
canon de l'ennemi qui observa tellement ma conduite, qu'il
craignait 'uie embuscade a Plcntour de ce drapeau.
En effet, mon project avait re P damener une parties de Pennemi
a venir nous enlever ce drapeau, pour Penvelopper et tomber
dessus, par la manceuvre quo je m'etais pr6paree en consequence.
Je me suis appercu que la colonne gauche se d6garnissait
do troupes et que le signal de deploiement qui avait 6t6
donned A la cavalerie de se mettre en bataille visra-vis Pen-
fncmiH afin te profiter de notre sup6riorit6 pour le deborder,
avait te mial execute et que cette parties devenait la plus
faible ; un grand nombre se divisant ou ne concevant pas la
mancxeuvre oLrdconr e alors j'ai entrd en col6re j'ai ramen6 ,
rcjoint et ralli' toute cette cavalerie menacant les fuyards
et sans aucune infanterie j'ai forc6 de marcher et suis entree
en ville protege par la colonne droite deja avancee et nous
nous sommes trouvi~s avoir repousse l'ennemi 'a plus de la moitid
de la ville l Pactivit6 Ja plus soutenue jusqu'h ce moment avait
suivi toute nos operations.
Le 9 je pris la colonne gauche pour achever d'expulser
I'ennemi dans ]a parties de la ville qu'il occupait encore, et
rnalgr6 la fr6gate qui y etait enbossie, j'ai soutenu le feu
depuis cinq heures du-imatin-jusqu'~ neuf heures ; Desguespes-
Janin qui etait dans le centre a 6prouve le meme feu maia
voyant que FAnglais y avait porter toutes ses forces et presque
tous ines homines blesses l'ennemi a. la veille de s'emparer
de nous j'ai cried a P'assaut que la bataille 6tait a nous,
afin de ranimer le courage pour faire le dernier effort; Pennemi,
4i porter du coup de pistolet, a semble 1Acher pied ; j'ai donn6
ordre- aux blesses de se retire et voyant que je n'dtais paS
second par les autres colonnes j'ai crains de me trouver
engag6 cette. r6flexion joint au peu de secours que m'of-
fraient les autres colonnes, i e forSa a me d6cider, malgr6 moi,
A ne ps sacrifoer tou ceusx qui etaient sous es ordres en


- -41-


c ~--~10~--.. .-~~. r:










consequence, jordonnal la retraite aprbs avoir fait mettre le feti
1 toute la parties en notre pouvoir.
Le lendemainj'ai Ite au Mont-Rou's fire arborer le Pavilion
national, ainsi qu'au camp Mary; et l. surlendenlain je
rej.oignis P1arme et j'ai eu la douleur d'apprendre que le fort
]Belair avait Wt6 repris et que Toussaint Louverture, qui corin-
3iandait en chef Parmee et qui t ait camp chez Lacombe,
avait fait retraite des le martin a six hours; j'ai garden mon
camp avec' Guy et Cristophe jusqu'h six heures dii-soir -et
nous nous sommes retires aprbs la certitude que la droite avait
entierement abandonn6 et la retraite ftt g'n'rale ; cette
expedition fut totalement riduite a corivaincre notre ennemi
qu'il devait son salut h la reprise de Belair; mais indepen-
danm'ent il fera malgrd notre pen de success lloge le plus
parfait de la bravoure de lintellige.nce et de la sagicite de
nos troupeceet de tous -les chefs tant dans les preparatifs et
dispositions adroitement combines que par la conduite que
nous times par notre activity pendant tout le temps de 'attaque
et des manoeuvres. Nos ennemis diront avec justice, s'ils le vculent,
que Pamour seul pour les enfans de la R6puiblique leur a remis
une parties de la ville de Saint-M"arc, qu'ils out gnrdee dix jours.
Tel est 6 ma Patric Faven sincere de mon devoueinent
si la victoire remportie par la force est Fouivrage du soldat,
la n6tre n'eut td quoe celui de notre fermete ct du sacrifice
que mes freres et moi eussions fait do bon cmur pour te venger
des Frangais traitres et parjures; nous n'avons rien-pargn6 ;
nous avons tout n15s en oeuvre centre nos ennemlls colmmuns *
nos efforts out ete ceux de la vigucur do ]a lardiesse et du
courage; mais que peuvent des chefs onand leur moyens secon-
daires sont epuis6s au point de no ipotvoir soutenir leurs efforts
avec advantage, ayant consonllnie out S les lemunitions que nous
avions su nous procurer par des moycns p'cuniiaires.
C'est an pied de ton Antel sacred que je jure de defendre le
territoire Francais tant que mon bras pourra lever le fer
mneurtrier sur la tc(te d'un ennnemi arrogant. Aussi fer de tes
bienfaits quo do tes triomnphes, je JiU dirai que le plus grand
bien du Peu ple, cest la Libertd quo sans la Liberte le bonheur
est banni des Etats que la Ip i blique' aneaise m'a enfin
appris que le droit de la d6fendre et de ]a naintenir est le
*plus sacred de mnes devoirs.
Signed MORIN.









z-^^M^^""*L;-`C -qrr *; -r^-- ----l
Z '~~:_s~,,~;~-; ~-;?


Liw~ii' UIYrc-i-- .












PIECES JUSTIFICATIVES.


Au Nom de la Republique franchise, une et indivisible.


Ordre de service pour le citoyen zMorin commandant /a
colonne de gauche.

L E Citoyen commandant la colonne de gauche se mettra en marche,
a huit heures du soir, pour se transporter sur la ville de Saint-Marc,
pour 8tre pret, a la pointe du jour a attaquer au signal du coup de
fusil ou canon qui partira de la colonne du centre, commander par le
major Cristophe ; il est enjoint au commandant Morin d'avoir a.prendre
telle position et de mettre h execution toutes les maniceuvres que sa
sagesse lui dictera pour parfaiternent r6ussir a son entreprise, sous
peine de subir la severity des lois, et de rdpondre de sa tete du pen de
reussite qu'il en resulterait.
Fait an quarter general, chez Quilloi, le x3 Septembre 1 794, 'ail
troisieme de la -Rpublique fran aise.
TOUSSAINT LOUVERTURE.
SI E T, aide de camp gdndral.

Quanier general, le 17 Septembre x794.
Je viens, Citoyen d'apprendre a l'instant et par un express, que
Buquet et Lapointe sont arrives au Morne-Louis, avec canons et infan-
terie, pour secourir Saint-Marc et marcher contre nous; j'ai 6crit .t
Guy et Blanc', pour qu'ils vous donnent cent cinquanIe homines pour
que vous leur interrompiez passage par les embuscades. Je me repose sur
Vous. Le citoyen Bivet vous salue.
Sarit.
TOUSSAINT LOUVER TUR E, general de I'armee.
B I a E T, aide de camp general.
Et tache de ddrouter cette compagnie, qit'elle ne traverse point.

Au Camp Lacomme, ce 17 Septembre 1794.
Toussaint Louverture azu citoye l Morin ,
Citoyen, j'ai ecris a Blanc Casenave pour vous envoyer encore des
homm es j'ai marque au citoyen Guy de vous donner des cartouches
suffisantes pour votre colonne.
Salut.
TOUSSAINT LOUVER T'UR BE-. _
Je ne peux sign, vu que je suis bless a la main,


-L -- -
rTi -~ ---~-1L
iii









( 22 )
Le L1 Septernbre 1794, Fan troisi8me de la Republique franpaie.
Toussaint Louverture A .Morin, chef de bataillon,
Je viens de recevoir votre lettre, et attend tonjours les Citoyens de
l'autre board. Hier j'ai appris que Savary etait du cote de la Saline ;
j'envoyais de suite Jean Labe avec quelques honmmes pour me P'arreter;
il a fait ses efforts, mais il a n'a pu passer de suite a cause dela pluie.
Ce matin come il passait, Savary s'est presentait avec une cinquantaine
d'honnes a fait fbu sur eux; il s'est nuini de tous ses effects; j'ai
envoy de suite ordre h Decotte de les prendre par le derriere; j'ai
envoy un fort detachement le joiadre avec Jean Labd ; lesquels vont
les cooper par derriere. Aussi je verrai comment il se tirera de son
impertinence.
J'apprends a n me--eplu-fier a personnel.
Salut.
Le citoyen Biiv't vous salue.
TOUSSAINT LOUVERTURE.

Marmelade, le 14 Vendemiaire, fan troisiepie de la Republique franjaise,
Toussaint Louverture a Morin ,


J'ai requ avec un sensible plaisir votre lettre, et j'en ressentirais
encore davantage si le Gouverneur guenral peut rdussir a fire retire
votre spouse du. Mole; la lettre que vous lai ecrivez cet Cgard est
trks-bien dite et Dieu veuille qu'elle est le meilleur success.
Je vous prierai, cher Citoyen de me fire part de tons les mou-
vemens de l'ennemi, ainsi que de routes les nouveautes qui pourraient
y avoir dans vos parages. En attendant je n'ai pas besoin de vous
recommander de bien surveiller, votre devouement pour la Mere-Patrie
et votre patriotisnie me sont de suirs garrans pour repondre t la con-
fiance que j'ai sur vos talents.
Veuillez me dire si vos Deputis sont de retour .du Port de Paix;
je vous desire bien de la sante.
Saltt, en la Patrie ,
TOUSSAINT LOUVERTURE.

Gonaives, le ni Frimaire, 'an troisikme de la RWpublique franchise,
Toussaint Louverture a Mrorin ,
J'ai recu votre lettre avec grand plaisir ainsi que votre excmplaire,
sequel j'ai fait passer.
Salut. '
S P. S. Je viens de donner ordre a tous les Citoyens de Saint Marc
de se rendre au camp d'Aquin pour y prendre mes ordres, se reunir
a. leurs freres, a celle fin de defendre les ennemis de la Republique i
V0vs tes un des premiers et necessaire ;'veuillez vous y rendre.
'Jy'OUSSAIyN' FL UV 1UF ^ti


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(23)
Au Diamant, ce it Germinal, Ian )' de la RWpublique fzaapise, une it indivisible.
Toussaint Louverture commandant general du Cordon de
l'Ouest, z Morin, commandant du camp Rouleau. .
J'ai requ votre lettre; je donnerai ordre a Vallere pour qu'il donne
ordre & tots les Citoyens du Mont-Rou'is, du Canot et des Roseaux;
ayez a vous joindre de suite, tAche de fire de bonne besugne; .mes
deux pieces sont rendues au Platon ; je suis a travailler le cheiin ;
j'espere qu'avcc 'aide de Dieu et de nos bras, peut-etre que nous
parviendrons a notre desir ; je ne vous envoie que deux feuilles de
paper, n'en ayant point. Salut.
TOUSSAINT LOUVERTURE.

Au Diamant, ce 24,Germinal 'an 3c de la R6publique frangaise une-'et indivisible.
Toussaint Louverture c MAorin, comiandantdu camp Roulreau.
J'ai recu votre lettre; je ne puis vous envoyer de troupes, le cordon
oiu vous etes il y a beaucoup d'hoinnes ; si vous en avez besoin, vous
pouvez en demander a Guy ou 'a Cristophe Mornet.
Bon courage salt.
TOUSSAINT LOUVERTURE.
Je suis pret a donner le coup tachle de donner. une fanusse attaque
vous prendrez du cordon la munition que vous avez besoin; vous ea
dentanderez h Guy ou a Cristophe avec les homes que vous aurez besoih~,
je ne puis vous envoyer que dix paquets de cartouches.

Le 2.6 Germinal, 1'an troisime de la R'publique franjaise.
Guy commandant Morin offlcier francais.
Mon cher Morin, je n'ai pas une goutte de tafia ici, j'en ai envoy
cherche ; je te conseille d'envoyer tes blesses h l'hipital.
Je viens d'apprendre que le Morne a Diamant etait pris, que notre
armee avait replied pour plus grande suretv ; j'ai envoye d'autres
dragons au Gros- Morne : si cette fAcheuse nouvelle se confirm je
serai oblige de faire retraite. G UY.

Au camp d'Aquin, ce 28 Germinal, 1'an 3e de la RMpublique frangaise, une et indivisible.
Toussaint Louverture a Morin
J'ai requ votre lettre et votre proces-verbal; 1'evenement malbeureuxr
qii m'est arrive an Diamnt est le trait de la trahison la plus abomi-
inable ; voilh conine cela s'est passe j'etais a ecrire lorsque Pon est
venu me dire que les, ennemis s'etaient einpard d'u'i de nos forts;
ik'.atres qui 6taient venus me voir, partir sur-le-champ pour aller avec
sa troupe pour le prendre d'un cite, et moi je me i;endis de suite
avec une parties de ma companies Sans Culoes et ar'i've a u fort,


1




-- i.-- --- -. -- -..^., .... -wV-.- __






come les fortL du BJocos et Bclair faisalent un grand feu sur nous ,
je ieur fit risposter cinq coups de canon; a peine' cela fut fait qie les
.ennemis dtaiei.t dans Ie fort, sans_ que nois nous en apperc'mes ; la
troupe surprise se mit en fuite ; ie manquai mimnie me trouver engage ;
c rallial Ic pen que je pus, et fut pour .Ies repousser; mrais ils avaient
repliede ; les troupes dui Gros-Morie tant toute sparties, Ie crus prudent
de me retire et l'armiee du centre aussi cela ne fait de rien, ua
bon et vrai PRepublicain no dolt pas se -dcicoutrager.
Sal ,lt.
Faisant pour le _general T O USS A I N T LOUVERTURE.
S.. -.. .G u-Y Bn RE secrdtaire.
--"r~-------' *' .' s ra i..---- .
Au camp Janin, le .8 Germinal, I'an de la Republique frangaise, une.et indivisible.
A sept heures du martin nous soussignds alorin Montauban,
Gresseaux, certifions que d'apres les ordres qui nous ont etd dClivres
par Tous aint Louverture commandant en chef, nous nous sommes
transported sur la route du Port-au-Prince; vous avons intercepts les
communications l'espace de trente-six heures :le 25, nous avons arrtees
les charroyeurs qui apportaient des vivres des habitations a St-Marc.
Interroge. R. Les bananes sont "a quatre pour un escalin : le 26 suivant,
a six heures du matin, .avons. arrctd un hormme venant du Mont-
ou'is qui faisait route franp .trier ; un quart- d'leure apres ,
avons arrites quatre autres sortant de Saint-Marc, faisant route pou~
le Mont-Rous mnoutes et a ]a course ; a neuf heures, avons arretd un
homme. Interrog4. R. Je viens des Arcahayes. D. Y a-t-il quelque
chose de nouveau. R. Non, si ce n'est que des bates a comes qu'on
conduit des Arcahayes a Saint-Marc; i peine avait-il acheve le mot,
qlue nous fimes servi d'un feu de file riourri; nous leurs rispostCmes
egalenent; le feu fut engage, 1'espace d'un quart-d'heure, vigoureu-
sement ; ai coupe la ligne de leur detachement ; un parti s'en est
retourne d'ou ils sortaient, ainsi que les -bestiaux t environ une
quinzaine de royalistes qui s'etaient sdpar6s du gros. du detachement;
nous les avons poursuiivis jusqu'a la porte de la ville, suivi d'un feu
roulant; ils se sont battus en retraite en montrant leum talons :
quant au d6tachement que je commandai d'une comipagnie d'infanterie1
nous nous en sommes retournes en cavalerie.
Fait et clos conforme a original.
MORIN.

JouLEAU lls, secretaire adjoint, faisant pour GRESSEAUX et MONT4VTBA? f










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Sov-dc l' .-- *i E. R ii.o x