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Considerations sur le mariage et sur le divorce; Adressées aux citoyens d'Haiti: par M. Grégorie, 2 p. l., 61 p. (Henri ...
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Title: Considerations sur le mariage et sur le divorce; Adressées aux citoyens d'Haiti: par M. Grégorie, 2 p. l., 61 p. (Henri Grégorie, 1750-1831)
Physical Description: Unknown
Publisher: Paris : Baudouin frères, 1823
 Notes
General Note: 4-tr-Gregorie
General Note: HLL-R, For. Tr. G, Hollis 004317457
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Source Institution: Harvard University Libraries
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CONSIDERATIONS


SUR LE MARRIAGE


SUR LE DIVORCE,

ADRESSEES AUX CITOYENS D'HAITI

PAR M.-GRftGOIRE,..
ANCIEN EV SQUE TE BLOIS.











PARIS.
BAUDOUIN FRERES, LIBRAIRES,
RUE DE VAUGIRARD N 36
1823.







9'


IMPRIMERIE DE J. TASTU,
RUE DE VAUGIRARD NO 36.


-A





TABLE.

Page.

CIIAPITRE PREMIER. -lReflexions prdliminaires.
Etat de la question. . . . .
CnAPr. n. LeMariagc consid&dr sous le dou-
ble point de vue du contract civil et du sacre-
m ent . . . . .. 5.
CiAP. in. Des cmpichemens dirimans et
des emnpchemens prohibitifs. . . 13
CHAP. iv. Pour que le Mariage soit valide, il
faut le contract civil et l1gal ; pour qu'ild tr'i
chritien, il faut que le contract soit sanctifid
par le sacrement recu avec les dispositions
requises. . . . 18
CHAP. v. Effets pernicieux du Divorce. -
Motifs de la loi civil qui, dans certain pays,
l'ti autorisd. . . . .. 25
CHAP. vi. Le Divorce est contraire A la loi
dvangdlique. Le Mariage est indissoluble. SI
CHAP. vnII. Le Concubinage et le Divorce
sont une plaie la morale publique et un dan-
ger imminent pour la liberty. Ndcessit6 et
moyens d'y remddier sans ddlai. . . 42
CAP. vm. Conclusion. . 55


FIN DE LA TABLE.


4 d~t~4. t





(.X'SIDEKATIO fNS

SC'R LE MARRIAGE
ET

SUR LE DIVORCE.


CH \PITRE tPREMIEB.
Srleido s |).iliii]naircEs. Elit de i quicltion.


IES FdiES EN JE&LS-CHIllST,

1,[L libertinage europeen, pro-
pagd dans les Antilles, a Laisse des
traces hideuses et des habitudes de
desordre qu'il est essential de dcra-
ciner. Des blancs, esclaves (d'un pre-
jiuge absurd, eussent rougi de s'u-
nir, par un marriage 1gitime, a des
fenimes noires on do couleur; et,





2 SUR LE MARRIAGE
neanmoins, ils ne rougissaient pas
de vivre avec elles dans un concu-
binage scandaleux. Les infAimes Ne-
griers arrachaient du sol natal de
malheureuses Africaines pour les
trainer en Ame'rique et les vendre
comme des bestiaux. La tyrannic
colonial les achetait pour les liver
au regime infernal de l'esclavage, et
souvent pour en faire les objets ou
les victims de sa lubricitd.Quelques
exceptions, qu'il fant admettre, ne
detruisent pas des faits incontesta-
bles. Ils prouvent tout h la fois
Pinconsequence d'hommes qui se
croyaient des etres raisonnables, etla
depravation de ces memes hommes
qui osaient se dire Chretiens.
Le prejuge, qui frappait d'impro-
bation le marriage des blancs avec
les autres couleurs, s'affaiblit pro-
gressivement dans 'Ame'rique me-
ridionale; mais Pabsurditd de cette
opinion, come liniquite de Pes-





ET SlT I.E DIVORCE. 3
clavage, subsiste encore avec force
dans la plupart des iles americaines,
dans la Louisiane et d'autres. con-
tries. On regrette d'etre dans le cas
d'adresser ce reproche a une parties
des republicans des Etats-Unis qui,
des 'aurore deleurliberte, consigne-
rent dans une d'claraLion solennelle
la reconnaissance des droits inalid-
nables de toute la famille humane.
Quand done cessera cette avilis-
sante contradiction -entre les prin-
cipes et la conduite?
Le prejuge qu'on vient de si-
gnaler, ne peut avoir de partisans a
Haiti; mais il est affligeant d'appren--
dre d'une manidre certain,
i". Que le concubinage, intro-
duit par des colons, n'est pas ex-
tirpe, puisqu'on y voit encore entire
les sexes tant de liaisons, qui n'etant
pas ratifies par la loi civil, ni sanc-
tifi6es par la benediction nuptiale,
produisent les effects du marriage, et







SURt LE MARRIAGE


4 '


que les enfans, issues de ces liaisons
ill6gales et illegitimes, sont admis a
hriter come s'ils dtaient legitimes.
G'est favoriser ouvertement le liber-
tinage.
2'. Des marriages, l6galemein
contracts, sont census dissDus p)r
la loi de PEtat qui autorise le di-
vorce. C'est une loi facultative et (Id
tolerance Umais don't jamais ne peu-
vent se prevaloir de vdritables chre-
tiens, parce que le lien conjugal est
indissoluble. Ces deux abus sont en
opposition a la religion catholiqic
que vous avez le bonheur de pro-
fesser; ce sont des plaies h la morale
publique, et il en rdsulte des dan-
gers imminens pour la liberate.
Les chapitres suivans offrironii
les prenves de ces verite's.





ElT SUR LE DIVORCE.


CHAPITRE II.
i' '.r iic c ,onsii.id!c sous le double poini( de vut
du contract civil! t (InI sacremeniil.


LE marriage institud par lec Crea-
[eur, ne pouvait pas avoir une plus
auguste origine.Habitans du globe,
noirs blancs jaunes CuivrFes ,
quels que soient votre pays, votre
couleur et les autres nuances d'orga-
nisation physique par lesquelles on
vous discerne, tous vous avez pour
ancetres Adam et Eve. Ils sont la tige
de la race humaine : de la cette fra-
ternitd par laquelle Dieu veut lier
entire eux tous les hommes. Cette vk-
rite de fait est le rocher contre
lequcl viendront toujours se briser
les pretentions de la sottise orgueil-
leuse.





6 SUR LE MARRIAGE
L'organisation des societes poli-
Liques a necessity Pl'tablissement de
superiorites sociales que l'on doit
respecter et qui sont indispensables
au maintien de l'Etat; mais de toutes
#les dignitis celle d'homme est la pre-
miere, car la nature ne connait pas
plus la noblesse de la peau que celle
des papers et des parchemins. C'est
ici le cas de rappeler que chacun
est fils de sespropres ceuvres.
II est dit dans la Genese quet'hom-
me quittera son pere et sa mdre
pour s'attacher a son epouse (i).
Ainsi Dieu a voulu que l'union entire
le maria et sa femme fuit encore plus
forte que celle qui Pattache aux" au-
teurs de ses jours.
L'Ecriture-Sainte relive les avan-
tages spirituels de la virginity. En
pregnant une chair comme la notre ,
Jesus-Christ voulut naitre d'Line

(i) V. Gcncse, cli. v, v. 2.





ET SUR 1-E DIYORCE. 7
vierge qui est la premiere et la plus
sainte des creatures; 1'Eglise celebre
les triomphes des vierges chretien-
nes, mais tres-peu de personnel sont
appeldes au cdlibat. La vocation du
plus grand nombre les destine au
manage.
Saint-Paul dcrivant aux Hebreux
exige que le marriage soit traite waec
honne't et que le lit nuptial soit
sans tache (i). Ailleurs it dit que
la ,femme sera sauvie par les
en.fans qu'elleaura mis au monde,
s'ilspersivdrent dans la Jbi, dans
la charity, dans la saintetd et dans
une vie bien rglde (2). Jdsus-Christ
lui-meme, assistant aux noces de
Cana, les sanctifia par sa presence;
mais come le manage n'est pas
exempt de tribulations et qu'on y
trouve des obstacles particuliers an

i() Heb. 3, 4.
'92) Primn. Timn. 2, 15.





8 SIR LE MARRIAGE
salut, un des sacremens de la loin ou-
velle est destine' conf&rer aux 6poux
Ses graces necessaires pour supporter
d'une maniere mdritoire les pines de
leur 6tat, operer leur sanctification,
et pour clever chr&iennement leurs
enfans.
Le sacrement qui leur donne ces
graces n'est pas la meme chose que
le contract. Les riLuels anciens de di-
vers dioceses les disiinguaient par-
faitement. Tels etaient ceux de Colo-
gne, Strasbourg, Wilna, qui conden-
nent la formule suivante pronon-
cee par le celdbrant: (( Je benis, je
i sanctifie je ratifle le marriage
) que vous avez contract. )) Ce qui
suppose que le contract est separable
du sacrement et qu'il P'a preceded.
Cette distinction entire le contract
et le sacrement est dans la nature des
choses. Le contract est une promesse
reciproque. Le contract produit un
lien de conscience,et de plus unlien





ET SUR LE DIVORCE. 9
civil quand il est conform h la loi.
Le contratest soumis aux lois civiles
qui peuvent le regler par des condi-
tions civiles, au lieu que le sacre-
ment est un rite qui conf6re des
graces d'etat aux contractans, si pour
le recevoir ils y apportent les dispo-
sitions necessaires, Line ame et des
intentions pures; mais le rite et la
grace ne sont point un contract. L'E-
glise declare quand il y asacrement.
Elle nepourrait, sans usurper lauto-
ritd civil, prdtendre faire ou ddfaire
un contract, quoiqu'elle puisse en si-
gnaler, en dedmontrer le vice selon les
maximes du droit natural et les
regles de l'Evangile.
Le contract a toujours dtd distin-
gud du sacrement avant le concile
de Trente et avant les lois civiles qui,
ensuite, avaient uni ces deux choses.
Nul theologienn'a mieux etabli cette
distinction essentielle que le cedlbre
Carranza, archeveque deTolede,dans





i0 SUR LE MARRIAGE
son catechisme approve contradic-
toirement par une congregation
du concile de Trente (i). Depuis en-
viron deux siecles cette distinction
entire le sacrement et le contra a
ee't de nouveau prouv&e jusqu'h F'-
vidence par de savans canonistes, et
si I'opinion erronee, qui confond
les deux objets, a semble prevaloir,
et n'est pas encore ddtruite dans cer-
taines dcoles, cela provient de ce
qu'en divers pays catholiques les pas-
teurs etaient, et qu'en plusieurs ils
sont encore simultandment a cet
regard officers civils et ministres des
autels.Mais dans ces derniers temps,
plusieurs gouvernemens ont charge
des agens civils du contract, en lais-
sant aux pasteurs tout ce qui est


(1) V. Commentarios del rever. scfior Fr.Bar-
thel. Carranza de Miranda, arzobispo de To-
ledo, etc., sobre el Catechisnio christiano,etc.,
in-fol., Anvers, 4558, p. 355.





L[-ET SLR LE DIVORCE. 11
du resort de l'autorit- spirituelle.
Le marriage 6tant un des fonde-
mens de la socieLd, et le contract qui
unit les dpoux 6tant la plus impor-
tante des transactions civiles, Pau-
toritepolitique a non-seulement pu,
mais encore elle a du en fixer les
conditions.
Pour tous les sacremens il y a
deux choses indispensables, la ma-
tiere et la forme. La matiere du sa-
crement qui sanctifle le marriage,
c'est le contract. Si un pretre donnait
et si les dpoux recevaient la bdne-
diction nuptiale avant que le contract
ait eu lieu devant Pautoritd civil,
dans Fun et Fautre cas par defaut
de matiere, il n'y aurait pas de sa-
crement parce qu'il n'y aurait pas
de contract valuable, ni de contraclans
legitimes.
Plusieurs fois en France, on a en-
tendu des plaintes de ce que l'auto-
rite publique ne conside'rait le ma-






2 SUR L MA1ARIAGEi 0
riage que come un acte civil. 11 N
a dans ces plaintes ignorance on
mauvaise foi. L'autoritd legislative
n'a dai envisager le marriage que dans
la sphere de ses attributions, dans
ses rapports a la socidte. La parties
spirituelle n'est pas de sa compd-
tence; elle aurait exc'dd ses pou-
voirs, si elle avait status sur ce qui
tent au sacrement, et c'est alors
q u'on aurait eu raison de (lire qu'elle
portait la main a l'encensoir. Mais en
se bornant h ce qui concern le con-
trat, elle est dans les limits de sa
puissance. Ceci nous conduit h parler
des empechemens entire les per-
sonnes qui veulent s'unir par les
liens du marriage. C'est l'objet du
chapitre stivant.





ET MRi LI. DiR, O()CE.


CHAPITRE 1I.
!)s emi)(;(hcmencs dirihiians cl des emipiechemen-
prohibitifs.


SL .s empechemnens dirimans sonlt
ceux qui rendent le contract de ma-
riage nul; les empechemens prohi-
bititfs, sans-le -rendre nul, sans tou-
cher I sa valilite, le rendent seo-
lement irregulier et illicite. 11 serair
superflu d'entrer dans les details des
iins et des autres. 11 suffit de donner
des notions exactes sur ce qui esi
d'une application immediate et plus
feiquente h la society.
Dans le premier ige du. iionde, les
enfaots (d'Adam quoique issues de la
In1me tige, se maricrent entre eux :
c'dtait le cas unique d'une indispeIi-
aibl)Je necessity, qui (cessa Iorsque





14 SUR LE MARRIAGE
la population devint nombreuse. La
loi mosaique, emane'e de Dieu, re'gla
les degrees de consanguinite et d'al-
liance entire lesquels le marriage ne
pouvait avoir lieu (i); c'est un pre-
cepte moral, une barriere qu'il n'est
pas permis de franchir; l'Eglise et
PEtat sont d'accord h cet regard.
Tous les physiologistes attestent
que les races croisees sont commu-
nement plus robustes; de ce faitrtaye
par experience, qui rentre dans le
plan de la nature et consdquemment
dans les desseins de son divin auteur,
on peut tirer des consequences mo-
rales; mais il en est d'autres qui d6-
rivent plus clairement encore des
motifs sur lesquels est fondue la de-
fense d'union conjugale entire les
proches pens.
Les liens du sang 6tablissent entire
eux des relations habituelles, et les

(i) Voy. le L6vitique, chap. 28.





ET SURI LE DIVORCE. 13
families sont souvent dans le cas de
se reunir sous le mnme toit. Si des
jeunes gens alors entrevoyaient la
possibility etflesperance de s'epouser,
cetle perspective pourrait occa-
sioner des de'sordres.:
L'interdiction du marriage entire
parents, en obviant a un mal, produit
en outre l'heureux effect d'etendre,
de fortifier les sentimens de bien-
veillance parmi les hommes. 11i
epoux et une spouse appartenaient
a deux families difflrentes. Par le
marriage, ces deux families se trou-
vent allies. 11 en result des com-
munications amicales entire les mem-
bres qui les composent, ce qui est
parfaitement dans esprit du chris-
tianisme.
Les empechemens dirimans admis
par la loi civil, sont 6galement re-
connus par l'Eglise; mais la loi civil,
ayant abroge certain empechemens
('institution humane, des-lors ils





16 SLR LE _.,Ai;iA(;i
ne sont plus dirimans, PEgli'-e les i e-
garde seulement come prohibitifs.
Dispensatrice des bienfaits de la re-
ligion, elle determine les conditions
necessaires pour les obtenir; mais il
imnporte de se rappeler quo l'autorit'
ecclesiastique ne s'dtend que sur
ce qui est purement spiritual; ce
qui ne lest pas, est par-la mIne
hors do sa compcLence.
Les emp&chemens qui, aux yeux
delaloi civil, ne sont plus dirimans,
etant encore an tribunal de la con-
science reputes prohibits, jusqu'h
ce que P'Eglise, par decision &crite
ou par Fusage, cesse de les soutenilr,
ii est dans Fordre d'en demander ei
d'en obtenir dispense, et come ces
dispenses ne sont presque jamais re-
fusdes, on pent esp'rer que Pauto-
rite ecclesiastique jugera convenable
die supprimer ou de laisser tomber
en desueitude des prohibitions va-
riables, don't la conservation pon'-





ET SUR LE. DIVORCE. 17
rait calomnieusementfaire supposed
qu'elles n'ont qu'un but pecuniaire.
Dansce qu'on vient de lire on voit,
ce me semble, la limited clairement
trace entire l'autoritd ecclesiastique
et Pautoritd civil. Celle-ci rkgle les
interets temporels, la forme du
contract, des douaires, les successions,
la transmission des hedrdites. L'au-
torite religieuse, occupee ( ce qui
concern le salut des ames, parole a la
conscience des dpoux, et leur indique
les dispositions exigees pour recevoir
le sacrement. Des effects civil, c'est-
a-dire sohrux et ledgaux, rdsultent du
marriage conutracte5 civilement; mais
les epoux catholiques, qui n6glige-
raient de recevoir le sacrement, se-
raient pr4varicateurs, c'est I'objet
du chapitre suivant.





SUR LE MARRIAGE


CHAP1TRE IV.

Pour que le marriage soit valid il fant le contract
civil et Idgal ; pour qu'il soit chritien, il faut que
le conlrat soit sanctifid par le sacrcment rccu
avcc les dispositions requises.


LES qualitds de p&re el d(e mere
soni ex trdimement respectable; maia-
quel respect peuvent-elles inspircr,
quand c'est le vice qui les done ?
quand elles no sont hI" co ,_uf e,.-.
par la loi et par la relgiio (jTand -I
par une liaison illegitime, on a pre-
pare des scandals a un enfant des
avant sa naissance? Quel ascendant
auront los auteurs de ses jours
pour lui inspirer de bones mceurs ?
Lui parlcront ils de dCecnce, do
chasCtee, quand il pourra leur op-
poser leur example personnel ?





ET SUR LE DIVORCE. 19
Tres- peu d'hommnes agissent par
principles; la plupart ne sont qu'imi-
tateurs. Vainement vous pr&chez h
un enfant la vertu ; si votre conduit
n'est pas un moddle, il laisse la -vos
discours et suit vos exemples. CCtte
observation s'a(1drsse non-seulenient
aux peres et mL res, mais encore aux
pasteurs, aux magistrats, h tous les
homes constitutes en autorite.
Le mepris public doit fldtrir toute
union qui n est pas legitime, toute
union qui n'a pas reiu le sceau (de la
loi qui en constate la legitimitd et le
sceau de la religion qui en garantit
la saintete.
La religion entoure le marriage de
dignity, le couvre du voile de la pu-
deur, et repousse toutes les iddes
que la corruption voudrait y asso-
cier. Saint Paul ne pouvait donner
une plus haute idde du marriage qu'en
l'assimilant h Punion de Jdsus-Christ
avec son Eglise; et comme tous les





20 SUIl LE 31ARIAGE
fiddles sont unis au pape, chef visible
de P'Eglise, et h Jdsus-Christ, son
chef invisible, ainsi P Q'poux est uni
a son spouse qu'il doit aimer
comme Jesus-Christ aime son Eglise.
Des sept sacremens, les cinq pre-
miers sont pour chaque Chrdtien
consider individuellement, an lieu
que.les deux derniers, le marriage et
Pordre, ne sont que pour certain
Etats considers dans leurs rapports
avec la society. Le sacrement de l'or-
dre etablit des pasteurs pour diriger
les fiddles. Le sacrement de ma-
riage done aux dpoux des se-
cours spirit uels. Ils seraient con-
pables s'ils negligeaient de le rece-
voir; par-la meme, ils cesseraient,
en quelque sorte, d'etrecatholiques,
car cette negligence les rendrait
inadmissibles aux autres sacremens.
Mais ils seraient encore plus cou-
pables, s'ils le recevaient sans avoir
les dispositions nacessaires, C'est un






sacrement des vivacns. Le bap-
thme et la penitence sont appel's
sacremens des n7orts parce que
ceux qui Ic recoivent, 6taient morts
spirituellement, ou par le peche ori-
ginel ou par le peche actuel. Les
cinq autres sont appele's sacremens
des vivans parce que, pour y par-
ticiper avec fruit, il faut etre en 'tat
(Ie grace, sans quoi on commettrait
un sacrilege qui, au lieu d'obtenir
les benedictions de Dieu, attirerait
sa malediction.
Pour les affaires temporelles, on
s'arme de prudence, on examine,
on consulate. N'est-il pas affligeant
de voir -que, dans les affaires reli-
gieuses qui se lient a tous les eve-
nemens de la vie, Dieu soit ordinai-
rement consulted le dcernier ? De-la
tant de marriages auxquels ont prd-
lude le libertinage et la cupidity.
On peut filiciter celui qui trouve la
fortune joint h la vertu; mais la





22 SUR LE MARRIAGE
vertu pauvre est infiniment predf-
rable a la richesse vicieuse, car le
bonheur ne s'achete pas h prix d'ar-
gent. La vertu, appuyde sur la reli-
gion, est la seule garantie de la fidd-
lite d'une spouse et de la somnis-
sion des enfans.
On lit dans l'Ecriture Sainte:
Les parents donnent la dot, mais
e'est Dieu qui donne une fenme
prudent (i). C'est lui qui avait des-
tind Rebecca a Isaac, Sara h Tobie,
Esther a Assudrus. C'est dans ce
sens qu'on a dit avec raison que les
marriages sont conclus dans le ciel
avant de Pl'tre sur la terre.
La sagesse chr'tienne Cdoit done
presider auchoix dela personnel ala-
quelle on veut s'associer pour toute
la vie. Que les futures dpoux soient
instruits de la religion, puisqu'ils


(i) Proverb. ch. 19, v. 14.





ET SUR LE DIVORCE. 25
doivent en instruire ceux auxquels
ils donneront le jour; qu'ils en pra-
tiquent assidument les devoirs,
puisqu'ils doivent servir de models
it ]eur famille; que plusieurs jours,
et, s'il est possible, plusieurs semai-
nes avant Ia cedldbration du marriage,
ils se presentent au tribunal de la
penitence pour recevoir les conseils
de leurs pasteurs, et s'y preparer
par les sacremens de penitence et
d'Eucharistie; qu'apres avoir recu
la bdn6diction nuptiale, ils conser-
vent soigneuseinent la grice atta-
chee a ce sacrement.
Le marriage disaiL saint Francois
de Sales, esi la pepiniere du chris-
tianisme; en donnant ai la patrie des
citoyens, a la religion des chretiens,
il perpdtue les adorateurs du Tres-
Haiit. Tout ce qu'il a crde, c'est pour
sa gloire ; toutes les actions des
hommes doivent en dernier resultat
se diriger vers ce but; quand on






s'en dloigne, on s'approche du cri-
me, on arrive au crime.
Ce serait s'abuser etrangement
d'imaginer que le marriage ffit etabli
pour. satisfaire des passions gros-
sieres, tandis qu'il doit seulement
les diriger, les purifier. En se ma-
riant on renounce a la virginilt, inais
non a la chastete. L'adultere n'est
pas le seul crime qui profane Funion
conjugale. Tertullien doutait s'il fal-
lait plus giemir des he'rdtiques qui
blasphcment contre la religion par
leurs erreurs, que des chrktiens qui
d(shonorent le marriage par leurs
impucticitds. Une rdflexion frap-
pante et que je n'ai vue consignee
dans aucun livre, est celle ci :
Adam et Eve 4taient epoux, et
cependant ils rougirent de leur nu-
dite.





ET SUR LE DIVORCE.


CHAPITRE V.
Effets pernicieux du Divorce. -Motifs de la loi civil
qui, dans ccrlains pays, 1'a autorisd,


ROME, rdpublique, exista pendant
cinq cent vingt ans sans avoir vuun
seul divorce. Cette calamity ne com-
menca qu'avec la depravation des
moeurs qui amena la perte de la li-
berte et tous les fldaux du despo-
tisme.
La vertu et la vdrite n'ont jamais
divisd personnel; dans toutes les con-
testations les disputes, les haines,
les proces, il y a indubitablement
vice ou erreur. S'agit-il de divorce?
c'est toujours le vice qui le solli-
cite.
Les affections fixees par la nature
suivant leur degrd d'importance,
3





9.6 SUR LE MARRIAGE
doivent l'etie de meme dans l'ordre
civil. Si le marriage etait dissoluble,
le plus sacre.des contracts serait livre
ta Finconstance des passions et si
des epoux en s'unissant concevaient
la possibility d'une separation qui
d&truirait le lien conjugal, cette pos-
sibilite pourrait en faire naltre l'i-
dCe et ce serait le germe d'une
plaie qui dans la suite de&elopperait
8son poison corrosif.
Le divorce fletrit la sainteLe du
marriage, il renverse la barriere 'ta-
blie par la nature et par la religion
autour de deux .Atres qui doivent
n'etre qu'un. f
Le divorce n'dteint pas la haine
en re les dpoux, il la continue et la
sanctionne.
Le marriage qui avait uni les
epoux, avait uni pareillement leurs
families respective. Le divorce
rnmpt ceLte precieuse et touchante
alliance.





ET SUB LE DIVORCE. 27
La paternity etablit entire les
6poux des rapports indestructibles,
car le marriage n'a pas uniquement
pour but la reproduction, mais en-
core Pintimite des esprits et des
cceurs ; si les titres sacres d'epoux
et d'epouse sont fouls aux pieds par
le divorce, ceux de pere et de mere
sont egalement profanes.
L'indissolubilite du lien conjugal
est le gage sur lequel repose l'edu-
cation des enfans; leur inter6t sur-
tout dans la tendre jeunesse est
d'etre sous les yeux d'un pere, d'une
mhre qui les surveillent. Le divorce
les constitute orphelins de fait, quoi-
que ceux qui leur ont donned la vie
ne soient pas morts. Que devien-
dront ces malheureux enfans? pren-
dront-ils parti pour ou centre les
auteurs de leurs jours? en partage-
ront-ils les preventions et les haines?
iront-ils chercher leur pere, leur
mere dans les bras d'un autre marin,





28 SUI LE MARRIAGE
d'une autre femme? Voyez comment
la turpitude la plus immende derive
(d'un scandal public.
'Quoique les inconveniens et les
desordres resultant du divorce,soient
incontestables plusieurs sectes sd-
parees de PEglise catholique Pont
autorise; alors la puissance civil,
chargee de veiller aux interets de la
socidtd, a dui prendre des measures
pour assurer l'dducation des enfans,
r-gler leurs droits de successions et
le partage des propriedts. Mais re-
marquez :
i.". Que ces lois du divorce sont
permissives on facultatives, car ja-
mais aucun legislateur ne fut insense
au point d'ordonner le divorce.
2. Des faits multiplies attestent
les horreurs et les malheurs enfantes
par cette permission. Qui n'a pas
oui parler de ce recueil hideux oil
sont devoiles les divorces anglais?
La France a vu les memes scandals,





rT SUh ir DIVORcr. 299
d'apres une loi qui facilitait le di-
vorce dans une latitude effrayante,
puisque dans les vingt-sept premiers
mois, a Paris, il yeut cinq mille neuf
cent quatre-vingt-quatorze divorces.
L'incompatibilite d'humeur edait le
prdtexte derriere lequel se retran-
chait le libertinage. Jamais on ne vit
une tell profanation de la pudeur ;
c'est une calamity don't les traces
subsisteront long-temps, malgrd les
soins employs a la rdparer.
La loi frangaise du 8 mai 1816,
qui abolit le divorce, admet seule-
ment la separation de corps; quoi-
que cette separation ndcessaire en
certain cas, soit toujours une measure
affligeante, elle attenue beaucoup
les inconveniens, car elle est rare,
tres-rare, et du moins elle laisse aux
epoux lapossibilitd de se rapprocher,
de rdtablir l'union et l'harmonie
dans leur famille.
Le chapitre qu'on vient de lire ex-








30 SUR LE MARRIAGE
pose les motifs qui ont porter cer-
taines Idgislatures a statuer sur
les cas de demand et d'obtention
du divorce. Apres avoir, suivant la
parole de Jesus-Christ, rendu h Ce-
sar ce qui est a Cesar, c'est-h-dire a
Fautoritd civil, le chapitre sui-
vant developpera sur cet objet les
droits de l'autorite spirituelle, les
devoirs des fiddles et la necessity de
rendre a Dieu ce qui est h Dieu.





ET SUIR LE DIVORCE.


CH APITRE VI.
Le Divorce cst contraire a la loi cvang-liquc. -- Le
ALn in ge es indissoluble.


APmES avoir crdd l'homme, Dieu
ne crda qu'une femme; Eve fut son
unique spouse. Le genre human
n'existait alors que dans ces deux
personnel.
Chez les Juifs s'introduisirent ein-
suite la polygamie et le' divorce;
mais Jesus-Christ leur declare que
cet abus fut toldrd h cause de la du-
rete de leur coeur, qu'il n'en fut pas
de meme dans l'origine du mond e (i),
et quand des dpoux divorgaient, il
ne leur 'tait pas permis d'cpouser


(t) Math. 19, 8; Marc. 1o, 5





32 SUR LE MARRIAGE
d'autres femmes ; saint Augustin
Assure formellement (i). Ailleurs,
il prouve que le cas de fornication
de la part d'un des dpoux don't il est
parle'dans l'Evangile, peut autoriser
leur separation de corps, mais non
pas le divorce : car alors le lien con-
jugal n'est pas rompu, et ils ne peu-
vent pas convoler h un second ma-
riage (2). Comme les lois imperiales
autorisaientle divorce, le meme pere
declare qu'elles sont contraires hlE-
vangile, que la rupture du marriage,
permise par ces lois, est defendue
par la conscience, et que Dieu pu-
nira come adulteres ceux que le
monde regarded come innocens (3).


(1) V. S. August. de bono conjugii, c. 18,
n, 2, ou Cap. 28.
(2) S. August. de aduhler. conjugiis, lib. i ,
C. 9, 10 CL ii.
(3) V. S. August., lib. de nuptiis et concupis.
c. to, no i1; et Duguct, Conferences eccle-s.
in-4.; Cologne, 1742, T. I, p. 331,





ET SUR LE DIVORCE. 33
Le pape saint Gregoire-le-Grand
a fortement insisLt sur ce point (i).
Origene est le seal de tous les peres
de PEglise qui se soit relAche sur-cet
article; mais cette erreur, qui n'est
pas Funique dans laquelle il soit tom-
be, ne fut pas accueillie. Les edvques
dclaires et z'les repousserent cons-
tainment, sur cet objet, les decrets
de l'empereur Justinien, et se con-
formerent an precepte de Jesus-
Christ qui de/Jend de separer ce
que Dieu a uni (2).
Les apologistes du divorce ont
voulu s'appuyer de l'exemple de
sainte Fabiole qui, apres avoir di-
vorce, dpousa un autre maria. Cette
citation mnme prouve contre leur
systome, car les monumnens histo-
riques attestent que Fabiole ayant

(i) S. Greg. Magn., lib. it indict. 4, epist.
50, T. II, pag. ui38.
(2) V. Math. 19, 5, ct Marc. 0o, 9.





34 SUR LE MARRIAGE
connu sa faute, en fit une penitence
publique.
Les fauteurs du divorce ont in-
voqud Pexemple de la Pologne oh le
divorce est, disent-ils, autoris6 par
l'Eglise catholique. Cette assertion
a edt dementie par la verification
des faits, et voici d'oh provient lPer-
reur.
Un marriage peut 6tre frappe de
nullite ou par ddfaut de consente-
ment libre, ou parce qu'il aura tde
contract sans dispense dans un de-
grd de parents prohibee, ou par
d'autres causes qui formeraient un
einpechement dirimant. En pareil
cas on declare que le marriage est
nul, qu'il n'existe pas, et des-lors
les conjoints peuvent convoler a
d'autres noces; mais ce n'est pas la
un divorce. En Pologne, comme ail-
leurs et plus qu'ailleurs, il est arrive,
surtout dans la classes opulente qui
n'est pas la plus morale, que des





ET SUR LE DIVORCE. 35
epoux voulant rompre le lien con-
jugal, mais sachant que le divorce
est inadmissible, alleguaient et prou-
vaient bien on mal, par des faits cer-
tains ou controuves, par des temoins
veridiques ou subornds, que leur
marriage 6tait invalide, soit par des
empechemens de consanguinite ou
d'affinit6 qu'ils disaient n'avoir pas
connus plus tot, soit sous pretexte
que leur consentement avait etd ex-
torqud par violence, etc. etc., etc.
Que pouvait et devait faire alors
Pautoritd ecclesiastique? D'aprs les
preuves allegudes, elle prononcait
que le marriage n'existait pas. Mais
ce n'est pas la un divorce, et si
I'autoritd compdtente a dtd trompee,
le crime tombe exclusivement h la
charge de ceux qui. Pont induite en
erreur.
L'un des pontifes les plus illustres
qui ont occupy la chaire de saint
Pierre, le sage et savant Benoit XIV,





36 SUR LE MARRIAGE
diploya beaucoup d'dnergie pour
abolir en Pologne de tels disordres;
ses brefs des annees 1741 et 1743
sur ce sujet attestent son zele dclai-
rd (i).
Supposons meme qu'un tribunal
ecclesiastique, lache et corrompu,
ait prononce le divorce, la religion
ne serait pas complice d'une preva-
rication qa'elle abhorre, comme la
justice ne serait pas responsible d'une
sentence unique, rendue par des ju-
ges prevaricateurs.
Cette reflexion s'applique aux ten-
tatives multipliees de rois libertins


(i) On trouve d'amples details sur cet article
dans 1'Accord de la rdedlation et de la raison
contre le Divorce, par 1'abb6 Chapt de Rasti-
gnac, 80, Paris, 4790,. pag. 257 a 259. Par des
temoignages accumuls it prouve qu'en Polo-
gne le divorce est condamnd par l'Eglise comme
dans tous les autres pays de la catholicit6, ctr r-
fute, Ai cette occasion les erreurs de faits con-
sign6s dans l'Encyclopddie mlthodique et dans
l'Art tde virgfier l's dates.





ET SUR LE DIVORCE. 37
qui, pour assouvir une passion ef-
frende, voulaient divorcer. Trop
souvent on vit des adulateurs services
vendus h l'iniquitd; car le pecheur,
craignant d'etre reprim ande, trouve,
dit la Sain te-Ecriture, des interprd-
tations de la loi selon son desir(i).
Mais afissi toujours ils rencontrerent
des prelats qui, pendtres de leurs
devoirs, opposerent h ce scandal
une gendreuse resistance. Tel fut
entire autres l'illustre saint* Yves,
eveque de Chartres, l'un des plus
grands d'fenseurs des libertds galli-
canes.
Le roi Philippe Pr, voulant r'pu-
dier sa femme Berthe pour epou-
ser Pambitieuse Bertrade, quelques
eveques indignes conniverent h ce
desordre. Yves de Chartres, seul,
refusa d'assister h la celebration du
marriage et declara qu'il ( prdfdrait

(t) Eccles. bh. 32, v. 21.





38 SUR LE MARRIAGE
)) d'etre jete dans la mer, avec une
n meule au cou, plutot que de pa-
)) raitreautoriser par sa presence une
, alliance criminelle qui scandali-
) serait toute P'Eglise (1). ))
Ici s'intercale tres-naturellement
le souvenir du divorce de Napoldon,
colored de nullite par une prdtendue
officialite, on tribunal temporaire
cre6 pour cet objet. Les officiali-
tes, source primitive d'inquisition,
avaienedtd abolies par la loi franchise
des 7 et 11 i dcembre 1790. Elles oni
ete retablies nominativement par des
6evques sans intervention d'aucune
loi et de'cret executif. Celle don't il
s'agit ici prononca la nullite du ma-
riage du potentat don't elle 4tait Pins-
trunient. A son second marriage, as-
sisterent des edvques, des cardinaux,
tandis que d'autres cardinaux, d'au-
tres edvques refusdrent d'y paraitre.

(2) V.Ivon, Epist. i5.





ET SUR LE DIVORCE. 19
Au nombre de ces derniers est celui
qui en ce moment vous adresse la
parole; apres avoir, come sdna-
teur, vote, lui quatorzieme, centre
ce divorce, apres avoir declard an
president que si le tirage an sort
amienait son norn hours de l'urne pour
composer la ddputation qui devait
assIlter a ce nouveau manage, il n'i-
rait pas, il refusa inme les billets
qu'on offrait a chlaque membre pour
xoir la cermonie. Ces faits sont
d'uine-1notoridtd connue de tous les
membres qui composaient le seat.
Sije rappelle qu'alors, come dans
loute ma carrier ecclesiastique el
politique j'obeissais a ma con-
science, ce nest pas dans l'intention
d'etablir un con raste facheux entire
la conduit d'un dveque assermente
et le tribunal qui avait prtononce le
divorce sous couleur de nullite, et
qui etai uniquement compose d'ec-
clesiastiques opposes au serment.





4o SUR LE MARRIAGE
Sans vouloir anticiper sur les sen-
tences du juge 'ternel devant lequel
nous devons tous comparaitre, agis-
sons de telle sorte qure la justice et
la charity president h toutes nos ac-
tions, dussions-nous ne pas obteuir
la reciprocitd; ce sont lI deux bous-
soles quine declinentjamais; mais.on
me permettra sans doute de rappeler
qu'au milieu du d6bordement qui,
d'apres la loi du divorce, rompait les
liens les plus Idgitimes, les ecclesias-
tiques qui oserent s'opposer au di-
vorce par leurs actions, leurs dis-
cours, leurs dcrits, furent surtout ces
dveques appeles constitutionnels.
Les mandemens publies h cette oc-
casion valurent h plusieurs les hon-
neurs de la prison et emme 1'cha-
faud, ce qui n'amortit pas le zele
eclaird et courageux de leurs con-
freres, puisque dans leur concile
national de 1797, en presence d'un
gouvernement anti-chretien et per-




ET SUR LE DIVORCE. 41
sdcuteur, leur decret sur le marriage
porte ce qui suit:
Art. 3. L'Eglise gallicane demeure
inviolablement attachee a la doctrine
dvangelique et h l'enseignement de
P'Eglise universelle sur l'unite, la
perpdtuitd et l'indissolubilite du ma-
riage.
Art. 4. Jesus-Christ ayant institute
un sacrement pour sanctifier l'union
conjugale, c'est un devoir pour les
epoux catholiques de le recevoir;
et ceux qui ne 1'ont pas encore recu,
doivent s'y preparer au plutot.
Art. 6. Les dispositions ndces-
saires pour recevoir ce sacrement
sont d'etre suffisamment instruit des
mysteres et des devoirs -de h reli-
gion, et d'etre en dtat de grace.
Art. 7. I1 ne peut etre confdrd aux
personnel divorcees, etc. (1).
(t) V. canons et d6crets du concile national
de France, tenu A Paris en Pan de 1'6re chrd-
tienne 1797, in-12, Paris, 1798,p. 146 et suiv.





SUR LE MARIA GE


CHAPITRE VII.

Le Concubinage et le Divorce sont une plaie A la
morale publique cL un danger imminent pour
la liberty. Ndcessild et moyens d'y remedier
sans delai. 4


LEs desordres don't on a trace le
tableaun dans les chapitres precedens
sont des attentats contre les moeurs,
attentats que reprouvent egalement
la nature, la raison, la religion et
consequemment l'int6ret public.
Un celebre auteur paien, Plu-
tarque., disait qu'il serait plus aisA
de batir une ville en Fair que d'or-
ganiser un Etat sans religion.Certes,
mes freres, chez vous elle est res-
pectee; on sait que les hommes de
couleur et les noirs aiment la pompe
des solennites catholiques et des c&-






remonies religieuses; mais, suivant
expression de P'Evangile, l'arbre
doilt tre apprecid par ses fruits. Le
culte exterieur c'est le feuillage. L'a-
doration en esprit et en verite, la
pratique de touLes les vertus cuhi--
tiennes voilh les fruits coInomn
voila le principle; l'Evangile plait
quand il instruit, mais les passions
se regimbent quand il exige le sacri-
fice de penchans desordonnms ct
d'inclinations perverses.
La pi6td sincere et les bones
mceurs, indispensables an bonhe r
de chaque famille,sont par-lhj me'iu
necessaires au honheur de la nation
qui est la grande famille. La pie't et
les bonnes noeurs sont les garanties
les plus certaines de la stability des
Etats et du maintien &e la liberty.
publique. Tous les monumnens de
Phistoire attestent cette vdrit6 si
bien etablie par le pape Pie V 11
dans la* lelre homelie preche, ie





44 SUR LE MARRIAGE
jour de Noel 1797 a sa cathedrale,
lorsqu'il etait eveque d'mnola : Que
les moeurs soient pures, les lois se-
ront ponctuellement observers et le
code des lois pourra 'tre simplify;
mais ftut-ilceit fois plus volumineux,
elles seraient violdes par des infrac-
tions sans nombre chez une nation
qui serait gangrenee de vices : c'est
le cas de rappeler ceLie maxime d'un
ancien : .A quol servent les lois
sans les mnwurs!
Toutes les vertus ont entire elles
une sorte de consanguinitd, mais
aussi toutes les erreurs tons les vi-
ces ont entire eux une affinity qui les
rend plus dangereux; ainsi le liberti-
nage a pour cortege habituel les se-
ductions de la vanity, les prodigali-
tes du luxe Ples folles ddpenses ; il
content tous les germes corrupteurs
qui progressivement amenent la de-
gradation physique et morale. Cette
calamity est visible chez l~ pliupart





ET SUR LE DIVORCE. 45
des peuples europeens, si fiers, de
ce qu'ils appellent leur civilisation.
Cemot,dans son acceptionve'ritable,
present le developpement theori-
que des facultes intellectuelles, mais
plus encore celui des vertus prati-
quees dans le degrd le plus eminent.
En considerant l'homme sous ce
double rapport, quelle enorme dif-
f6rence on apergoit entire ce qu'il est
et ce qu'il pourrait etre Malheureu-
sement on s'occupe beaucoup h per-
fectionner les dons de l'esprit, et
tres-peu les qualities du coeur : il en
resulte que les talens qui devraient
seconder le triomphe des bonnes
mocurs, deviennent souvent des ar-
mes centre elles.En Europe n'avons-
nous pas le spectacle frequent des ta-
lens les plus distingues qui sont
avilis par des bassesses adulatrices
et par l'infamie de la conduite per-
sonnelle ? Quelques exceptions suf-
firaient-elles pour dementir une as-





f40 SUR LE MAR[AGE
sertion don't chaque jour offre de
nouvelles preuves? On a porter au
plus haut degrele courage militaire,
si respectable quand il soutient la
liberty, si execrable quand il la ren-
verse ; mais oil trouve-t-on le cou-
rage civil qui toujours came, in-
flexible, disinteress repoussant les
caresses et bravant les menaces, les
persecutions, sacrifice la fortune et
les places plutot que de sacrifier
l'homme et sa conscience a l'iniqui-
td? Une remarque frappante pour
les esprits les plus vulgaires c'est
que les-peuples font de grands pro-
gres dans les sciences et les arts,
mais beaucoup moins de progress
dans les bonnes moeurs; leurs vices
out un aspect moins hideux et des
teintes moins revoltantes, mais ont-
ils change pour -cela de nature?
l'hypocrisie serait-elle une vertu ?
L'organisation des gouvernemens
a pour objet de substituer la force





ET SUR LE DIVORCE,. 47
morale a la force physique, et celle-
ci doit etre constamment subordon-
n6e a la premiere; mais depuis que
les deux plus grands machinistes
du temps moderne, auxquels on a
prostitute le rtom de Grand, Fre-
deric II et Bonaparte, avec des mil-
liers d'hommes out fait des milliers
d'automates, trop souvent la baion-
nette a remplacd la loi, le bruit du
canon h fait taire la justice. Plusieurs
peuples spirituels, aimables, geans
dans la carriere des armes et des
sciences, pigmees dans la route de
la vertu, sont actuellement sans
6nergie de caractere et marchent vers
la decrepitude.
Haitiens, voilh le fleau qui vous
menace fleau plus redoutable que
ces fievres contagieuses ou non con-
tagieuses qui, par une invasion sou-
daine, out plusieurs fois ravag4 di-
verses contrees du Nouveau-Monde.
Prevenir le mal que l'on craint,





48 SUR LE MARRIAGE
extirper le mal qui existe, telle est
la tache qui appelle le concours si-
multand des magistrats, des pas teurs,
des citoyens. La nature- et la grace,
filles duTres-Haut, vous ont dots
d'heureuses dispositions, mais le ter-
rain le plus fertile ne produirait que
des ronces, s'il restait inculte. Ce
n'est point ici le cas de disserter sur
tousles devoirs qu'imposentles qua-
lites, ou, pour m'exprimer avec plus
de justesse, les dignites de citoyen
et de chrdtien : circonscrit par la
nature de mon sujet, je me restreins
h rappeler que la licence est l'enne-
mie du bonheur dans cette vie et
dans l'autre; l'adversaire le plus re-
doutable pour la liberty, c'est le li-
bertinage; il a introduit et pour
ainsi dire naturalist le concubinage
qui souille encore la plupart des
Antilles. En se rappelant que ce vice
h*onteux et ddgradant par lui-meme
a etd le funeste rdsultat du system





ET SUR LE DIVORCE. 49
de Pesclavage, cette consideration
est un motif de plus pour Pabhorrer,
pour rompre sans delai un com-
merce impur, saufh remplir toutes
les formalities voulues par la loi pour
legitimer le contract et mdriter par
la penitence d'obtenir le pardon et
peut-etre le sacrement.
C'est ici le cas de rdclamer avec
instance, avec confiance, l'inter-
vention de Pautoritd supreme.
1o. 11 parait tres-urgent de reviser
dans le Code civil les articles con-
certant la legitimation des enfans
naturels et le partage des hereditds,
de manikre que les avantages exclu-
sifs, reserves aux enfans Idgitimes ou
legitimds par subsequent marriage,
soient en mrme-temps une digue
centre le desordre des liaisons crimi-
nelles.
2. A Haiti la religion catholique
est celle de la presque universality,
la seule qui ait le culte public. Ainsi
5





5o SUR LE MARRIAGE
l'abolition du divorce serait une me-
sure concordante aux principles re-
ligieux. DRs h present qui veut agir
en vrai chretien doit renoncer au
divorce.
5. Se soumettre aux lois, avoir
une conduite irrdprochable, est le
devoir de chaque citoyen; mais ce
devoir oblige plus etroitement en-
core les hommes constituds en auto-
rite, tons les fonctionnaires publics;
chacun d'eux Lrant charged par 'tat,
dans la sphere de ses attributions,
d'appliquer les lois, de maintenir
l'ordre, ils doivent 4tre, par leur
example, la loi vivante. Cet exeni-
ple contribuera puissamment a
dompter la fougue de passions re-
belles, h purer les moeurs natio-
nales, en sorte que le divorce, ne fit-
il pas memrne abrogd ldgalement, le
soit de fait; l'ascendant de l'opinion
publique viendra au secours de la
pudeur qui embellit toutes les ver-





ET SUR LE DIVORCE. 51
tus. Alors diparaitra ce honteux
concubinage don't il faudrait, s'il
etait possible, effacer mmoe le sou-
venir; alors le marriage, ldgitime et
chritien, toujours honorable et res-
pectable, sera vraiment honored et
respected. Puisse se rdaliser, dans le
Nouveau-Monde, ce voen que for-
mait saint Paul dcrivant aux Ephd-
siens : Qu'on n'entende parler
chez vous d'aucune impurete,
comme on ne doit point en enten-
dre parler parmi les saints (1).
Dans les chapitres preeddens on a
prdsentd quelques observations sur
la necessity de mettre plus d'accord
entire les lois civiles et les regles ec-
clesiastiques concernant les empe-
chemens dirimans, prohibitifs, les
fiangailles, etc. Espirons que les
autoritds compdtentes s'occuperont
ah tablir cette precieuse harmonie;

(i)Ephes. 4, 3.





52 SUR LE MARRIAGE
vers ce but doivent etre diriges les
efforts des pasteurs dignes de ce nom.
L'Eglise n'a pas la prdtention de
commander impdrieusement ni de
subordonner h ses usages le pouvoir
politique anquel seul appartient la
force coactive; inquisition, les dra-
gonnades, les violence de toute
espece sont des measures pdieuses
et contraires a Fesprit de PEvangile.
Prier, instruire, exhorter avec pa-
tience, douceur et charity, voilh des
moyens qui, triomphant de l'erreur
et du vice, ont fait tant de conquetes
au christianisme, et ces moyens qui
ont dte si efficaces pour l'tablir le
seront toujours pour le maintenir.
Jdsus-Christ, notre divin maitre,
etait, dit l'Evangile, puissant en
euvres et en paroles devant Dieu
et devant tout le people (1). Les
hommes revetus du sacerdoce doi-

(i) V. Luc, 24, 19.





ET SUR LE DIVORCE. 53
vent etre puissans en paroles, (( car
) les levres du pretre, dit un pro-
) phkte, seront les depositaires de
) la science, et c'est de sa bouche
) que Pon cherchera la connais-
u sance de la loi, parce qu'il est
P l'ange du Seigneur (i).)) Ils doi-
vent etre puissans en oeuvres, parce
que leur conduite doit retracer aux
yeux des fiddles la vie de Jesus-
Christ, celle de ses ap6tres, de ses
disciples. Les pasteurs, vouds au ced-
libat, doivent etre des models
non-seulement de chastetd, de dd-
cence, mais encore de bonte, d'hu-
milite, de franchise, de douceur, de
ddsinteressement. C'est h nous spd-
cialement, ministres du Tres-Haut,
que s'adresse cette parole du Sau-
veur : ( Mon royaume n'est pas de
, ce monde (2). Malheur h celui

(i) V. Malachie,a 7.
(2) Jean, 18, 36.












54. SUR LE MARRIAGE .
) qui, dans ses augustes functions,
) chercherait autre chose que la
) gloire de Dieu et le salunt des
aines! ))








CHAPITRE VIII.

Conclusion_


JAmS un ange, envoy de Dieu,
purifia les levres du prophlte Isaie,
en leur appliquant un carbon ar-
dent; veuille le Seigneur purifier
de meme mon coeur, mes lkvres el
les v6tres apres la lecture de cet
ecrit que j'ai redige avec repu-
gnance; mais h Ploccasion duquel je
rdpiterai ce que saint Jerome dcri-
vai a saintePaule, vierge chretienne:
J'aime mieux ne pas epargner
ma honte que de vous epargner
une verit.
I1 se pourrait que, dans le nom-
bre des coupables signals par cet
ouvrage, quelques-uns s'efforcassen t





50 SUR LE MARRIAGE
de le decrier, en disant que j'inculpe
tout Haiti sans exceptions. Vous
ne series pas dupes de ce mensonge;
vous n'y verriez qu'un detour de
l'amour-propre irrite. Loin de gend-
raliser le reproche, je le restreins aux
coupables. Celai qui s'en trouve-
rait choqud.serait par-lh meme son
propre accusateur. 11 n'est qu'un
moyen tolerable, mais honorable
en meme temps, de refuter cet ecrit,
c'est de se corriger et de reparer le
scandal.
A u surplus, des relations indubi-
tables attestent qu'il y a progressi-
vement, dans Haiti rendu a la li-
bertd, une amelioration sensible
en tout ce qui concern l'instruction,
la decence, les bonnes moeurs et
I'activit6 au travail qui est le garden
des moeurs. C'est l4 l'heureux pre-
sage que Haiti, consider jadis
comme la mntropole des Antilles,
pourra reprendre, avec plus d'eclat





ET SUR LE DIVORCE. 57
et de gloire, un titre qui alors lui
sera ddcernd par la vertu.
La plupart des autres iles qui
forment les archipels de l'Atlan-
tique, sont encore souillees par l'es-
clavage et par le concubinage. Ce
nouvel dcrit, consacred la defense
des principles de morafite, yproduira
sans douLe quelque bien, s'il peut y
circuler librement.
Dans quelques centaines de libel-
les, on a menti sciemment, en dd-
bitant que les amis des noirs etaient
les ennemis des blancs; qu'ils vou-
laient bouleverser les Antilles; qu'ils
appelaient les poignards sur le sein
des colons; tandis qu'au nom de
l'Evangile et par les considerations
meme del'interet des colons, on les
conjurait de cesser enfin le com-
merce infAme de la traite, d'adoucir
les rigueurs envers les infortunes
Africains, et, par la voie douce de
I'instruction religieuse, par une mar-
6





D0 SUR LE MARRIAGE
che graduelle, de preparer P'heu-
reuse epoque ou nos freres africains
rentreraient dans la plenitude des
droits imprescriptibles qu'ils tien-
nent de la nature et de son auteur.
A nos rdclamations, on rdpon-
dait par des cris de fureur, en ri-
vant les chalies, en aggravant le
joug. Elle est donc bien s.tupide et
bien atroce cette avarice qui petrifie
les consciences, qui rend inaccessi-
ble aux douces inspirations de la
justice, qui change certain hom-
mes blancs en tigres, a Flgard de
leurs semblables, pace qu'ils ont
l'6piderme noir.
11 est predit qu'un jour la liberty
luira sur les Antilles et que les rayons
de l'astre du jour n'y tomberont
plus siur des fers et des esclaves.
CetLe prddiction,pleinement vdrifide
chez vous, s'accomplira dans les
autres iles ; mais les coeurs sensibles
appr6liendentqu'uLne revolution, qui





ET SUR LE DIVORCE. 59
pourrait s'operer sans effusion de
sang, ne s'effectue par d'affreuses
catastrophes. Si ce malheur arrive,
ne croyez pas qu'un repentir tardif
arrache aux oppresseurs Paveu de
leurs torts. L'imposture, tant de fois
repe&tee, tantde fois refutee, esttoute
prte. IIs accuseront les philantropes.
Si quelqu'un osait dire que Pau-
teur veuts'immiscer dans Padminis-
tration d'Haiti, voici sa reponse :
II ne pretend s'immiscer qu'a pu-
blier la justice et la charity; mais il
se complaint dans lesperance que les
autorites eccldsiastiques et civiles
agiront de concert pour reprimer les
desordres sur lesquels on appelle
leur attention. S'il connaissait un
moyen plus persuasif de stimuler
leur zMle, il s'empresserait d'en faire
usage. L'autorite qui donne des con-
seils et des ordres est de leur res--
sort; lamitie se borne ah presenter
des avis, et Pacception de ce mot




00 SUR LE MARRIAGE
exclut toute notion de superiority.
Vous connaissez celui qui vous les
adresse; son attachment invariable
ne laisse aucun nuage sur la droi-
ture de ses intentions.
D'apr6s cela, que des ndgriers, des
colons poursuivent le corn's de leurs
calomnies; que, dignes imitateurs de
Bertrand-Molleville, ils vomissent
de nouveaux libelles contre un hoin-
me auquel du moins ils ne peuvent
reprocher d'avoir jamais courtise la
puissance, ni d'avoir jamais recher-
chd la for tune, les titres, les emplois,
les dignites, etc. On est bien fort
quand, degage de vues d'ambition et
de cupidity, on n'aspire qu'h faire
du bien h ses ennemis et a ses amis.
Haitiens, jusqu'h ce que pour moi
s'ouvre le tombeau; tant que mon
Dieu permettra que ma faible voix
retentisse sur vos rivages,je ne cesse-
rai de faire entendre les divins ora-
cles,de'vous crier que l'union entire les








ET SUR LE DIVORCE. 61
couleurs, que la justice, la droitu-
re, la bontd, le travail, les mceurs
pures, la pidte, sont les sources
unique du bonheur des famil-
les de la prospdritd des peuples,
de la fdlicite dans cet ordre future
qui est placed au-dera des bornes de
la vie, oii les hommes de toutes les
couleurs, tous fr6res devant leur
pere commun, seront jugds, non
d'apres les nuances corporelles que
l'ceil human apercoit, mais d'a-
pres leurs oeuvres compares aux
maximes immuables de l'Evangile.


FIN.