De Bout d’Oreille des Colons, au le Systéme de l’Hotel de Massiac, mis au jour par gouli; Belly, Député Noir de Saint-Do...

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Title:
De Bout d’Oreille des Colons, au le Systéme de l’Hotel de Massiac, mis au jour par gouli; Belly, Député Noir de Saint-Domingue, a ses colleagues: Belley, 8p,
Physical Description:
Mixed Material
Publisher:
(Paris), Imp. Pain, n.d..

Notes

General Note:
4-tr-Belly-date?
General Note:
U.Fl.-Mangones Collection extract

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
ILLMC
Rights Management:
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Resource Identifier:
LLMC31469
System ID:
AA00000889:00001

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1' I _~ .i-r ;- -icir


B', ..^,,, -. T-'-!-0-R-L 'E


LE BOUT D'OREiLLE

DES COLON S, N

OU u

LE SY ST TE M.ME

DE L'HOTEL DE MASSIAC,


MIS AU JOUR PAR GOULI.


B E L L E Y, Ddputd Noir de Saint-Domingue,

'A E S COLLE GUES.


a1INI- -


SEST jusqucs dans le sein des Reprdsentans d'un people
libre qcu'u COLON BLANC, Ddputd de VIsle de France, a rd-
pandu cous son nom, une brochure dangereuse et liberticide;
Les absurdit6s contradictoires aux droits sacEds de l'liomme
et de tous les principles que Gouli a mis en avant dans cet
ouvrage, n'accuseraient qu'un defaut de jugement et d'espyit,
si la situation technique et morale de ce planteur indien n'etait
pas connue de ses colldgues ; 1'goisme- qui pervertit tous lea


A.4-.


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eocurs avides, a ferrnm dans le sien I'acces h la morale sublime
do notre constitution, Gouli ne sent profondement que les
speculations nmgricides; son talent politique et mercenaire ne
sait creer un commerce, rdtablir nos colonies qu'anx depens
del'humanitd, il faut,selonlui, sur la terreinfortunee des Antilles,
des fers, des esclaves et des tyrans!! !
En est-il un de vous,, Representans du people, qui ait pu,
sans indignation, parcourir ce libelle assassin de la liberty ?
Gouli a-t-il voulu, par des sophismes adroits, par des seduc-
tions inaidieuses presentees 'a finteret et au commerce Fran-
cais an6antir un principle indestructible violer la declaration
des droits de l'homme, et armer tous les vices de la cupidity
contre la sagesse de vos loix ?
Un rembbre de la Representation national de France s'dlkve,
sans honte, centre un decret qui d6truit l'esclavage des noirs;
cet attentat conspirateur don't la chqine pst bien longue, ne
peut, Citoyens Colldgues, 6tre rejette sur la liberty d'opi-
nions qui appartient a Gouli; c'est a son egoisme c'est a son
inmt'ret particulier qu' ile faut rapporter; car apprenez que
Gouli est planteur lui-meme et propridtaire d'esclaves....
Or, dans cette hypothese, quand mnme il serait possible i
de vous d6dontrer que, pour que les noirs fassent du sucre
et du cafe, 11 faut qu'ils soient esclaves et sous le fouet, ce i
n'est pas h un planteur colon a proposer les moyens de river
les fers de ces malheureuses victims ; son suffrage est ai
moins suspect s'il n'est pas dirige par une faction condam-
inable.


'I










C'est aujourd'hul, citoyens Colldgues, que la- profession do
foi de Gouli doit vous donner la measure da patriotism des
colons propridtaires d'esclaves ; vous aiirez sans doute senti
tout ce qIue ses propositions out do captieux, de perfide; au-
jourd'hui le voile est dichitr ; l'aristocratie blanche des Antilles
dernande un pouvoir legislatif, 'abnugation de la souverainetd
conventionnelle et le droit de fire encore dcs malheureux et
des esclaves.
Quels sont donc ces tyrans inmpereux qui, rivalisant 1'auto-
rite national, repoussent les loixde la R4publique, et veulent
driger leur puissance a c6te de la v6tre ? Quoi! depuis six ans,
c'est vainement que la France s'est epuisee pour ses colonies ?
C'est envainr que ses flottes, ses trdsors ont etd prodigude pour
le salt de ce pays malheureux ? Uin Repr6sentant dn- people
ose declarer aujourd'hui, dans un dcrit imprimd par ordre de
la Convention que St.-Domingue est moralement souverain que
sa constilttion est inddpendante de la ndtre, que le pouwoir 1idis-
latif lut appartient et que s'il veut bien recevoir des conseils de
hl France, il ne dolt jamais en recevoir des loix.
Citoyens CollIgues, Gouli est depute des colonies; si les
dedputds de tous les departments prechalent pour leurs cons-
tituans respectifs, une morale aussi desorganiisatrice, la Rfpu-
blique indivisible serait dissoute la guierre en ddchirerait les
lrmbeaux divis es. Jugez vous-mnlmes si son her e's.e sacrilege
est destrnctible de la Rdpublique!
En dopouillant les faits don't Gouli accuse les homes de
couleur et les. ci-devant esclaves, nous pronverons bien facile-
A







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ment qu'il est un calomniateur, et peut-htre plus criminal en-
oorc;... ses habitudes avec les colons, ses pareils, ennemis-
n6s des principles frangais, et pour lesquels la liberty et I'd
galitd sont des triess de raison, identityd frappante de sa doc-
trine perverse avec celle do ces homnies qui ne voient de bon-
Iheur sur la terre que dans l'esclavage et le malheur de leurs
semblables, tout prouve que le colon Gouli est leur complice,
et qu'il s'est charge d'imprinier et de glisser dans le gouver-
nement et jusque dans le temple de la liberty, je poison spd-
cieux don't Pintrigue active et devorante des colons veut sur-
prendre la convention elle-mmre.
On vous dit Lgislateurs d'un people libr' on ose 4crire
que votre decret sublime du 16 pluviose est desastreux ,impo-
l itique et barbare. Les colons publient sur les toits qu'ils le
front rapporter. (1) Vous avez rendu la liberty & deux millions
d'hommes, arrach4s par la cupiditdi leur patrie, vous avez
brise leurs fers trop appdsantis, les instruments de leur mal-
heur, do leurs supplices!..* Un home un tigre qui s'est
vingt ans acharn6 a torturer des Africains a l'isle de France,
qui a fait son bornheur aux d6pens des sueurs et du sang de
ces infortunl s cet hoinme s'leve aujour'dhui centre le jour
heureus que vous avez fait luire. pour le malhetr sans ap-
pui, il,veut arracber cette palme, glorieuse au genie de la
li'bert4, et sa dangereuse avarice Jtui a. fait perdre de vue vosi
principles et ses devoirs.
MMiiir nn11 i 1**-in 11*iin----**--------~ -- -------- -'------ ----*-"
(1) Je suis instruit qu.'i .se fabriqne chez Page Br l cty ctompices une p'i
tllion qui doit, selon eux frappcr do inmort ~ luibert6d que vous avez rendue Aux










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*A. A;. ." 4


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QuI n'est pat soulev6 d 'ndigniatioi et de pitro er I sant I-
portrait bisarre que& Gouli fait des i16irs; est-ce ei effet
*'
un home que ce colohn a Youl peindre.... oui citoy e
C est un homime, un home sanis videos car s'il a eu
depuis deux siecles ceux de ses oppresseurs il y a long-tems
qu'ils n'existeraient plus Mais cet home abruti par l'escla-
vage, le ,fouet sans cesse suspend sur sa t6te, ramend a
Tenfance par ce cliAtiment honteux et cruel qui degrade
I'humariit4 et la pudeur, cet homnie nest pas insensible;
son arne fedtrie, morte h l'esperance fat long-tems dans le
ddcouragement qu'inspirent les tyrans heureuK et cruels Bient
souvent j'ai essuid en secret la larme amre' du maliheur aux
abois l'essort d'une pensde 6nergique coiduisait stArcemen
a.la mort I'esclave qui osait 1'exaler!.. et leurs oppresseurs vien-
nent ici les assimiler ~ des brutes et leurreprocher d'avoir des anes
sans physionomie... Ah! Gouli toi, qui ose ainsi profaner la na-
ture, tu .prouves, bien. que c'est ta phisionomie qui est sans
ame!
Croyez-vous citoyens colleagues, que la nature soit injuste;
qu'elle ait, ainsi que l'affirment les colons, form des homes
pour etre les esclaves des autres. Ne voyez-vous pas dans cette
indigne assertion, la rnesure des principles de'ces horribles de-
predateurs de l'espce humane ? Je. suis nd en Afrique moi.
Amene dans, 'enfance sur le sol de la tyrannie, j'ai, par mon
penible travail et me.s sueurs conquis une liberty don't je jouis
honorablement depuis trente ans en cherissant ma patrie.
Les bourreaux des Noirs meentnt impudemmeut, lorqu'ils
osent assurer.que ces homes opprimds sont dos brutes; s'ils












jlow









(6)
iJ'ont pas les vces de 'Europe, ils ont les vertus de la nature ;
c'est en leur nom, au nom do tous mes fr4res qui sont
des atres sensibles reconnaissans ,. qui tous se sont ra.
nimes Faccent inesperd du bonheur et de la liberty que
j'invoque le maintien de vos loix bienfaisantes; elles sont, je
le sais, 1'cffroi de leurs tyrans. Vous avez frappd de inort leur
avarice, leur cupide- cruaut6, mais vous avez rendu h la vie
liumaine, an bonheur, des hoinmes infortunds que les colons,
ainsi qiue T'aueste Gouli, ont depuis long-teins ranged parmi
les animaux et qu'ils traitaient avec plus d'inhumanitd,
Ne croyez pas, citoyens colleagues, les impostures dbnt Gouli
a 4taye ses principles infA.mes et corrupteurs. Si quelques ci-
toyens de couleur, grands planters et proprietaires d'esclaves
se sont, par iutiret common, reunis aux colons pour trahir la
republique et vendre de concert divers points de St.-Domingue
a la puissance ennemie qui protegeait l'esclavage, la masse
des homes do. couleur et des ci-devant esclaves est d6voute
-par reconnaissance et par devoir a la rdpublique francaise. Est-il
niwme possible que cela soit diff6remment, puisque le sort des
noirs depFend de la prospdrit4de la France.
11 existed d'ailleurs centre ce tissue de mensonges, des preuves
mnatdrielles di contraire. Ce qui prouve que Gouli est un 6cri-
vain partial et corrompu c'est qu'il ose affirmer des faits pas-
ses dans une colonie oh'il n'avait jamais mis le pied en ktant
a 4000 lieues, et de laquelle il n'a eu des renseignemens, que
sur les rapports infideles des colons planteuts, trop astucieux,
trop faux, pour jamais rendre un fait veritables, quand ii est,
surtout contraire a leurs intdrkts,







9




?7)
OL1, je I'atteste, ce cqe les Anglais et les Espagnols posse-
'dent de la parties francaise de St'-Domingue. leur a ete. livr6
par les colons de toute couleur, propri6taires d'esclaves. Les
blancs surtout, dorninateurs nes, ont employ ]a perfidie et la
seduction pour entranrier dans lear rebellion les propridtaires
de conleur don't I'Ame intdressde, s'est ouverte a leurs insi-.
nuations criininelles.
J'atteste a.Js: que si les Anglais n'ont pas rdussi a s'emparer
de tout St.4l )oniugue, c'est parce que les noirs devenus libres
et fraic::Is, out fait an rempart do leurs corps a cette invasion,
et d:feundent avec intrrpidit1 les droits de la rdpublicque. I est
s$r que si ces braves patriots avaient des armes et des mu-
nitions, les Anglais et les traitres colons arroseraient tous de
leur indigne sang, cette terre que leur presence souille trop
long-tems.
L'vdnement du Fort-Dauphin est une vengeance des Espa-
gnois et le prix de la trahison de ceux qui ont peri. Ils s"dtaiens
mis sous la protection de S. M. Catholique contre les entreprises
de la France, mais les traltres sont inconstans is ont appeals les
Anglais don't le gouvernement leur semblait plus convenable ,
les Espagnols instruits de 6ette perfidie, les out livres au Tfe
-des assassins' Ceux qui les ont egorgds sont des royalistes, mis
en insurrection par l'assemblde colonial du Cap en 1791.
Gouli! homme sans principles etvendu la-faction des planters,
tes anis et tes complies, je t'avais d ja jugg aux jacobins, lors-
que le trois thermidor, je te voyais assis aux pieds de'Robes-
piere; tu le flagornais si.grossierement, qu'il fut oblige de re-










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pousser publiquement tesbasses flatteries par son mdprls et so
reprobation! Ta t'en souviens Gouli, tu derandais ,ce jour,
/ une seance extraordinaire pour le lendemain, parce que Robes-
pierre voulait denoncer Ia conspiration qui se'tramait ( disait-
il ) contre lui et la liberty.

Aujourd'hui tu achbves de d4ciler ton Ame vile et la eor~e
eruption. qui to guide.
Je termine., oitoyens colleagues, en vous proposant le proiet
de. ddcret suivant.
ART. I. La loi du 16 pluviose qui abolit fesclavage dans le-
colonies franaises, sera incessament envoy6edans tous lesenr-
droits ot elle n'a pu etre encore promulguee.

ART. II. Les comitis de gouvernement sont charges de pro
: poser un rglement general de culture par des mains libres.

ART. III. Le people de Saint-Domingue qui, au norn
de la liberty, arrete les progres des traftres colons et des
Anglais, sera promptement secouru. Le commit' de salt
public est charge des mesurt s h Aprcndre pour 1'execution de,
la present 1oi.

BE L L E Y.



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De' 1rimerimerie de P Ax i, Passage Honor..


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