Revue de la Société de législation. ed. Jacques Nicolas Léger, full run is 1 Apr. 1892 to 2 Aug. 1899-- [asked UMI for ...

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Revue de la Société de législation. ed. Jacques Nicolas Léger, full run is 1 Apr. 1892 to 2 Aug. 1899-- asked UMI for their yrs. 1-4, 1892/3 to 1895/6 will ask Harvard for their years 5&6
Physical Description:
Mixed Material
Publisher:
Port-au-Prince : H. Amblard, 1892-
Publication Date:

Notes

General Note:
4-per-1892-96
General Note:
http://www.llmcdigital.org/default.aspx?redir=31711
General Note:
Annex—Oversize: KGS 327 .D43x; Hollis 001560136

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Source Institution:
University of Michigan
Holding Location:
University of Michigan
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
LLMC31711
oclc - 690018920
System ID:
AA00000843:00032


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Troisifme ann6e No 8 Port-au-Prince. 2 Novembre 1894.


,REVUE
DE LA

SOCIETY DE LEGISLATION
Paraissant le 2 de chaque mois.

Siege social: chez Me J. N. LEGER
46, Rue du Fort Per.

COmITE DE DIRECTION ET DE REDACTION :
MM. J. N. LEGER, Prdsidont
GEORGES SYLVAIN Secrdetaire
A. BONAMY Trdsorier
JUSTIN DEVOT
A. THOBY Membres
Louis BORN
J. J. CHANCY




Sommaire :
Seance Solennelle du 14 Octobre.
Discours de Mr J. N. Lcgei.
Causerie Rapport par Mr Georges Sylvain.
Conference de Mr J. J. Chancy.



ABONNEMENT : I an P. 4/ Le Num6ro P. 0. 40

Adresser 1(i correspondence au siege social de la Socidtd.

PORT-AU-PRINCE
IMPRIMERIE H. AMBLARD
'136, Rue il Centre, 136.









REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION 114
'*'.y.^^-'y,:' .F F FF F F FF F F FF F F F F FF F F FF;F F F//F F /F F F F F,'F F F ,F F FF; I F F


Du 14 OCTOnIE

La stance annuelle de la Soci6t6 qui a-
vait Wi1 longtemps retarilde par la fate
des circonstances, a on lieu le dimanche,
'14 oclobre, avec la solennil6 accoutumnie,
dans la salle du Petit-Thiatre,
L'assistance dlait aussi nornbreuse et
aussi brillante qu'on pouvait to d6sirer.
Les dames y ajoutaient tout le rayon-
nement de leurs seductions. 11 s'agissait,
en eflle, pour elles, d'Otre edifices sur la
nature et I'6tendue de lours droits et sur
les revendications quie leur sexe a suscitees,
de notre lemps, dans les pays civilis6s. M1.
J.. J. Chancy a 6t6 lour houreux cicerone
dans cetle exploration a travers ole riche
domaine de la pens6c conlemporaine. La
stance s'est ouverle, conformiment i 1'or-
dre du jour traditionnel, par une allocu-
lion do Mr Ic Pr6sident J. N. L6ger, sui-
vie du rapport de 31. Georges Sylvain,
sqcr6taire-g6n6ral, sur l'Mtat de la Soci616.
Avaient pris place parmi les membres ac-
tifs presents : Mr P. M1. Apollon, S6crtlai-
re d'Elat dol'Instruction publique, inembre
honoraire, et Mtr C. Preston, ancient com-
inissaire de la ftpnublique d'Haiti a I'Ex-
position de Chicago, meinbre correspondent.

Discours de M3 J. N. Lqger.
3lesdames, Messieurs,
3les colleagues, en me rd6lisant leur Prd-
sident, nr'ont encore procure le plaisirde
vous souhailer la bienvenue.
Volre empressement i repondre it note
invitation est la meilloure marque de sym-
patlhi que vous puissiez nous donner.
Pour continue l'Fetvre colmmenc6e, nons
avons besoin de tout voire bieuveillant ap-
pui. Car, c'est la pressionde l'opinion qui
nous pernettra d'obtenir les r6formes de
notre 16gislation qui ne s'harmonisc plus
avec los progres r6alis6s.
Je ue vais pas vous infliger le supplice
d'un novel expos du but que la sociWt6
pursuit ; vous savez cc que nous d6sirons.
Et, pour mieux r6ussir, nous nous effor-
cons d'int6resser le public au sort de la ferm-
me et d'interesser la femme A nos travaux.


L'ann6e derni6re, Mesdames, nous vous
avions consacr6 notre conference. Aujour-
d'hui, c'est loujours de vous quo nous
nous occupons. Mr J. J. Chancy, don't 1'e-
logo n'est plus 'i fire, vous parlera de
vos droits. II ne s'agit pas, bien entendu
de vos droits sur I'hoinme. Ils sont incon-
testables ; et nul, parmni nous du moins,
ne songe A les disculer. Le conf6rencier,
avec le talent que vous lui connaissez, va
vous demontrer que, malgr6 la magic lde
vos charges, vousn'avez pas la place legi-
limequi vous revient. Elnous serious heu-
reux de conlribuer a fair cosser t'injustice
dontvous 6los les 6ternellesvictimes. Nous
lutterons pour 1'amelioralion do votre si-
tualion juridique. Mais il nous faut lout
votre concours pour triompher do voire'
redoutable adversaire,-de I'hominmi, cet
egoiste insouciant. Avoc votrt appui, nous
attaquerons sans h6siter ta toute-puissance
de la barber.
En attendant, permletez x M. le S6cr6-
laire-Gne6ral de vous presenter son Rap-
port annual. Coomme vous le savez, Mes-
dames, Messieurs, il excelled it vous entre-
lenir, sans vous fair bhiller, des ques-
tions plus on moins graves agites ou rd-
solues dans nos reunions. Vous serez en
insure de constaler les efforts lenl6s et
les r6sultals obtenus.
Et si vous nous trouvez dignes d'encou-
ragement, venez en grand nombre a notre
fete de l'ann6e prochai ne.

C'est done le tour du Secretaire gindral,
charge de presenter le rapport sur les travaux
de la Socidte pendant I'annde 6coulde. La
formine de cette causerie appartient plutot ant
donaine de la fantaisie et s'ecarte, par suite,
du caracterc habitual des publications de La
Revue.
Le rapporteur a pens6 qu'ni une seance, oh
est convi, un public compose en grande par-
tie de gens du monde, le rire pouvait trou-
ver sa place. Sesauditeurs par leurs applaudis-
sements, lui out donn6 raison.
Nous espdrons que nos lecteurs seront du
mnime avis.

CAUSERIE-RAPPORT
Sur 1'&tat general de la Societe de LUgislation.

Mesdames. Messieurs,
Un accident, qui aurait pu avoir les
suites les plus 6dplorables, vient de me










15 REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION


mettre martel en tite : j'ai egar6 m1on
Rapport Quand j'6tais petit, j veux dire
bien plus petit, et que me surprenait se0m-
blable venture, j'invoquais Saint BIGAR-
RETTE,- un saint inconnu au calendrier,
-jusqu'h cc que l'objet perdu efit 616 re-
trouve. C'est encore la pratique en notre
region du Nord-Ouest, oft lleurissent dans
toute leur ferveur les contest de B3ouQu et
de Ti MALICE .
Adonc, apris m'dtre epuise en recher-
ches infrnctucuses, je me suis trouv6 ra-
mene, par une pente insensible, a la naive
coutume d'antan, et en dUsespoir do cause
j'ai invoqu6 Saint Bigarrette. Saint Bigar-
rette ne m'ist pas apparu; mais il ni'a
suggerd l'idee de vous lire tout bonnement
a la place du Rapport solennel que comn-
porte notre ordre dun jour, le proces-ver-
hal tde la seance out jc recus mission de
le radiger.
Et d'aboi,, permettez-moi, magicien im-
provise, de vous transporter, d'un coup
de baguette, anu haut de cette maison do
la rue du Fort Per, que nous avons eu,
il y a deux ans, l'occasion de vous pr6-
senter pour la premiere fois.
MISE EN SCENE. Deux faaleuils
destinds, I'un a M. le President, I'autre,
aux rhumatisants futurs de la So-
cidtd. Puis, deux ranges de chaises pa-
rallbles : les unes, aniindes, joveuses, di-
riez-vous nmme, du noble poi~is de leurs
socidtaires habituels ; les autres, videos,
gardant ccttc physionomin niaise de gens
qui assistant h une conversation sans pou-
voir v prendre part. Enlin, la table,
encomibrec do paperasses, pres de laquelle
si&gent : M. le President, la Sonnette de
M. le Prdsident et .. o. le Secrdtaire.
DE'COR DE FACE : Ic balcony voisin,-
confident muct.
DECOR DE DROITE : une perche mi-
lallique monumental, affectant des al-
lures de potence, quoiqu'elle se content
d'etre,unefois 1'an, un appareil de lumicre
Mlectrique.
Decor de gauche : lamer l aux grandes
ondes bleues ) empourprde des Incurs
du soleil couchant.
Cinq heures. La stance va s'ouvrir.
On est sept membres reunis. Qui sera Jo
huitidme ? Soudain tous les regards se
portent vers la rue, oh une silhouette in-
decise vient d'ctre apercue, glissant le
long des poteaux propices. On s'exclame ;
sept interpellations jaillissent la fIbis.
L'ombre s'arrite, et decouvre les dents
rieuses do Me Solon Menos, qui do bonne
grice, se decide it changer do route ct ai


rallier son pose de discussion. La son-
nette du President a retenti : la scanc
est ouverte !

11REUNION DU 2 MAI 1894.
Soul prdsenls: MM. Lager, Bonamy, Syl-
vain, Chancy, Borno, Brun, Laforest, AM1-
nos.
Pr6sidence do Mr J. N. LEGER.
M. le Prdsident.-Messieurs, le moment
est venu d'organiser definitivement notre
stance publique annuelle. Jo serais heu-
reux que tous les membres prisenis vou-
lussent bien exprimer la-dessus leur avis.
MI. Amedde Brun. Voici comment la
vision do la fete so dresse devant moi :
Dans uno enceinte immense, ayant pour
plafond le d6me libro du ciel, des drape-
ries, des girandoles, d(es tenures aux 6tof-
fes precieuses, aux nuances fines, aux Ions
chauds et rutilanls. Sous le poudroie-
ment dord du midi, un amoncelloment do
toileotes printanieres, do bijoux et do ca-
pote.s fleuries ; et plaques ca et la dans
cette dibauche harmonieuse do couleurs,
dos habits noirs strips de plastrons blames,
et des craines chauves, luisants common des
poinmes en maturity Les regards s'en-
tre-croisent come des lames decombat; les
cmurs fmndent sous 1o sourire, comme la
neigo an soleil. El dans celto joie do vivre,
dominant cet embrasement superb com-
ine une apotheose, la SociWte de Legisla-
tiofi lancerait aux quatre vents do la renom-
mio ses paroles do vWrite et do lumiere !
31. Solon Minos. Pardon qui fournirait
I'aimbroisie?
M. ie Tresorier. Le colhlgue Brun oublic
qu'il s'agit de notre seance aunuelle et que
nous n'avons que P. 1100 en caisse.
,l1. le President. Jo crois plus sage d'a-
dopter pour notre fNle le minme plan que
I'ann6e dernire.
M. le Secrdtaire. La salle du Pelit-Thi-
atro est toujours it la disposition de la So-
cidt6.
J1. le Prnsident. Voilai qui est A mer-
veille Le public sera convi6 fa la seance
et spkcialemenl, les families des Socit-
laires et les abonnus Ai la Revue. Quant
a la date, le dernier dimanclh do Mai,
qu'on pensez-vous ?
M. Louis Borno, rivant.










REVUE DE LASOCII1TIE SEDIZLGLATION 11(
7 7 77777 77 77777 77 77 77-7777 77777..'777 77 #7 7,7 7777 7,777777


0 mois do Mai, doux mois que fttent
les amants!
31. J. J. Chancy. Ne vaudrait-il pas
inieux laisser an Comit6 la faculty do fixer
la date ?
.M. Laforest. El la conference ?
M. J. J. C-.', y. Jo consens ai m'eu char-
ger. Un sujet qui me parail do nature a
intlressor lout noire auditoire strait colui-
ci : les droits do la femme.
M1. le President. .J'aime bien cc titre. La
fenmnu a toujours on le don de nous ins-
pirer.
M. Laforest. A l'ordre di jour, il doit
y avoir encore le discours du P'risident.
M. le Prdsident. Messieurs, je demandlo
grace : j'ai dtjah fail un discours I'aunne
passe.
M. J. ,J. Cl,.,, *. Pas do pitid : Ie Pru-
sident doit deux discourse : le discourse d'on-
vorture et la r6ponso au confdrencier.
M. le Prdsident. Je protest.
M. Laforesi. )Dis 'instant quil y a con-
lestation, il fauL nous rfi-rer au text do,
la loi. Que dissent nos r6glements ? Que
le President pr6side.......
M. Brim. las. ....
M. Laforest. 11 n'y a pas de mais. C'est
la loi : it no peout s'y soustrairo.
Entrue do. M. T'hoby, Bouzon el Viard.
M. Bouzon. Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-
co qu'il y a+?
iM. Laforest. J'ai dit !
11. le Prdsident. Allons Puisqu'il le
faut, j'ouvrirai la stance par une conrto
allocution. Mais epargnez-moi la response
au confdrencier. A quoi bon, d'aillenrs ?
La ftle sera assez longue avoc l"allocutioni,
la conference, Ie Ilapport du Secr6taire.
M. Menos. Oui, parlons un pen du
RLapport.
M. le Trdsorier Boutnil. Surlout, plus
doe salad russe !
J1. Laforest. Avec du sel et du pi-
ment, cola a son chalrmle.
.1. Borno. Messieurs, pourquoi jeler
un voile d'aust6ritl sur une fete consacrde
i la femnme, ce sourire de I'association liu-
maine ?
M. Bouzon. -Du temps tde Soulouque...
3M. Thoby. Oh pas de politique !
M. le Secrdtaire. HItlas oui, je le
confesse, j'ai commnis doux fois le p6ch6i


do trailer sur un ton folatre des travaux de
notredocto Compagnie. C'est ma faute, ma
faule, et tres-grande faute Jo no le ferai
plus.
Pour ma penitence, jo me condamnue
cctte anno it ne pas abandonner dans
mon BTpport le mode grave qui sied au
Secretaired'uno SociYtd, compos6c d'hom-
Dines non 1011 lns eminents que considera-
bles ....
M. MInos. -- 11 so pale notre Itde.
M. le Secretaire.-Je dirai d aboard notre
joie intime e nous i'rouver rdunis pros-
que an complete, aussi resolus, aussi en-
thousiastes qu'au pi nier jour, pour leter
noire troisiemo anniversaire.
Sans done, tous les nOtres ne donuile
pas it l'ceuvre commune la collaboration
active qu'implique lenr adhisiun toute
sponianue oe so reposent-ils trop ais6tnent
sur un petit nombreo do fervents du soin
d'alimenter les discussions liebdomadaires
ot d'.ni mer les colonnms de la Revue. Mais,
en somnnw, notre Association, pour avoir
s;. harder inlacts ses Iradilions et ses prin-
cipes, a conserve du mn&ime coup les syim-
patlties qui la saludrent it sa naissance.
Et la voilit poursuivant Ai traveors lo temps
sa march ascensionnelle Elle s'af'lilie
anx travaux de la Soci6te de LLgislation
compare de Paris, I'lnslitut des avocats
du Birdsil Ia sollicite do participer h l'Ex-
position d'ouvrages juridiques (pi'il a orga-
nis0e en common moraison de son 50e an-
niversaire. -Du Portugal, de la Belgique,
on s'enquiert do son origin, do son fonc-
tionnement.
.Ie la montrerai travaillant sans cesse a
la vulgarisation des sciences 6conomique
et juridique, qui est la raison d'etre de sa
mission, et pretant tonjours au Gouverne-
-nent conmme aux parliculiers le concourse
dlsiitiresse, qui est la forme pratique de
son patriotism.
.le mentionnerai Ie1 discussions et los
eludes enterprises an course dte lannie : la
reorganisalion dates Tribunaux do commer-
ce ; la limitation du droit de I'Etat dans
1'attribution des liens vacant ; la ndcessit6
du cadastre et du systime mitrique A 6ta-
blir en notre pays ; los timbres mobiles ;
la Maison Centrale, la Police ; les attribu-
tions do la Chambre des Comptes : la RP-
forme administrative ; l'histoire (de nos











REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION


Constitutions republicaines ; la question
mondtaire; la comparison do notre droit
civil avec le droit civil francais ; la natu-
ralisation ; le droit successoral des 6tran-
gers; et cette question du meilleur systmeo
6conomique applicable A 1'Etat d'llaiti,
question dans laquelle notre jeuneSocidtd
compete resumer tous ses espoirs do r&-
novation, tous ses roves d'un meilleur ave-
nir !
.Je rappellerai la cr6emonie oucliante
oft it nous a 6t4 donn d d d(livrer A l'un
des brillants champions de la generation
nouvelle le Prix fond6 par nous a l'Ecole
national do droit en I'houneur du laur1at
du concours superieur do droit civil.
De cette continnil6 dans 1'elfort tirant
le presage du success final, jo terminerai
par un acte de foi dans la vitalil6 do noire
oeuvre robust; par une inanifeslation de
large sympathies A l''gardde tous les enfants
de cette terre soufl'ranto, en favour desquels
nos pcres nous ont Iransmis, comme un
dep6t sacr6, lebesoin d'apprendre c! le bc-
soin encore plus imp6rioux d'6tre uliles!
Et la conviction do mon Ame dclatera dans
mes paroles avec un tel accent de sincerit6
que peut-Otre alors vous m'excuserez d'a-
voir donn6 do vos sentiments celtte traduc
tion, bien imparfaile sans doute, mais dui
moms aussi lidele qu'il m'aura 6e6 permits
de la presenter.
M. le Trdsorier. A la bonne heure !
M. le Prisident. -M'est avis, Nlessieurs,
que le plan du Rapport, tel qu'il vient
d'etre esquisse, nous garanlit centre toute
surprise de notre malicieux Secr6taire. II
no me reste done qu'A fixer A 3 heures
l'ouverture do la stance anniversaire.
M. Laforest.-Non pas de fixation. Le
retard est dans nos mceurs.
M. le Prisident. Plus rien n'M6ant a
I'ordre du jour, la stance est lev(e.
x
Ainsi parla le Pr6sident. Mais, Mesdames
et 1Messieurs, apris vous avoir donni leJc-
ture do ce proc6s-verbal, un doute me vient
La seance du 92 Mai a-t-elle r6ellement eu
lieu, ou n'est-elle qu'un rave de mon es-
prit, tourment6 par l'obsession du Rapport
A faire ? Joe ne sais plus Irop, en verite !
St. Bigarrette, St Bigarrelte, voila bien de
tes coups !


Conference de Mr J. J. Chancy.
Mesdames, Messieurs,
Parlor des droits de la femme devant
une assemble d'honmmes et de femmes,
est une tchlre assez scabreuse, une entre-
prise suffisamment t6mdrairc, pour que
je reclame, avant tout, votre plus indul-
gent encouragement.
Comment, en effet, plaire A la femme
en soutenant ses revendications, sans
froisser I'homme, c'est-a-dire celui qui,
faisant la loi parce qu'il est le plus fort,
se montre presque toujours egoiste et
injuste '? Habitue a dominer sa compagne
depuis le commencement du monde, con-
sentira-t-il jamais a renoncer A des habi-
tudes plusieurs fois s6culaires, pour I'd-
lever A son rang '?
C'est ce que nous allons examiner.
Pour cela, nous jetterons un rapide
coup d'oil A travers les siecles, afin de
voir en quelle consideration 6tait tenure
la femme. Puis, nous 6tudierons specia-
lement deux types de femmes : I'ameri-
caine et la franchise. Nous montrerons
pourquoi et comment la premiere est ar-
riv6e, et nous suivrons l'autre dans tous
les efforts qu'elle fait pour arriver. Nous
verrons, par 1'examen de certain arti-
cles du Code civil ou par la constalation
de faits probants, si la femme est auto-
risec a iaire certaines r6clamations. Nous
ferons un tour en divers pays, afin d'd-
tablir les droits acquis ou reclamds par
la plus belle moitid du genre human,
ct nous verrons si elle mdrite ou non le
sort qui lui est impose. Enfin, nous la
nmcttrons en garden contre les exces de
son propre sexes, pour qu'elle puisse se
rendre digne des destinees qui l'atten-
dent.
Dis la consommation du peche origi-
nel, Dieu dit a la femmc : 1'I u seras sous
la puissance de l'homme. ) Les peupla-
des sauvages, de 1'antiquite a nos jours,
sont parties de la pour fair de la femme
une veritable bMte de somme. Nous vo-
yons les l6gislateurs et les philosophies
anciens reduire la femme au servage par-
ce qu'ils lui reprochaient d'avoir les dd-
fauts de 1'esclave. Platon affirmait que
celui qui a failli sera change en femme a
la second naissance. Meme les P1res de
l'Eglise traitaient la femme en consd-
quence. Ainsi, Saint Jean Chrysost6me
eccrit: << Elle est la source du mal, l'au-
teur du p6che, la pierre du tombeau, la
porte de l'enfer, la fatality de nos misc-











REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION


res. ) Saint Gr6goire le Grand dit : La
femme n'a pas le sens du bien. ))
Au Moyen-Age, Saint Thomas d'Aquin
dcdelare que la femme est un 6tre acci-
dentel et manqud. Nous le voyons s'ad-
joindre d'autres thIologiens qui se reu-
nissent avec lui en concile pour recher-
cher, avec toutes les raisons d6monstra-
tives, si la femme a une ame.
Je pourrais descendre les sibcles qui
suivent et vous montrer qu'6crivains,
penseurs, savants, philosophies sont tres
loin d'Itre tendres pour le beau sexe.
Mais je veux fire trove de citations, car
en vous rapportant des opinions si dures
pour la femme, vous pourriez me soup-
conner de les propager en les rappelant,
ou j'aurais l'air de les partager en insis-
tant. Or, je serais vraiment desol6 si de
tels soupcons pouvaient peser sur mol.

Ceci pose, voyons comment la femme
americaine, la premiere, est arriveea bri-
ser tous ces arrits de condemnation.
C'est un axiome amdricain qu'aux Etats-
Unis du Nord la femme est reine. Elle
est mnme deux fois reine : reine come
femme, reine par une culture intellec-
tuelle supdrieure h celle de 1'homme. Elle
a plus que des droits, parce que le droit
pour pen qu'il soit ddlini est aussi net-
tement limit : elle a des privileges. Et
ces privileges 'oft d6coule sa liberty
d'allures, elle les a conquis depuis la
guerre de 1'Ind6pendance centre les An-
glais, le fusil it la main, sur le champ
de bataille, oun a assaultt des villas fortes.
Ce sont ces actions d'6clat jointes ai
des qualities rdelles qui valent ai I'ami-
ricaine le respect de tous. Elle est sfire
de trouver en tout home, quel qu'il
soit, un protecteur et un ddfenseur, parce
que l'usage consacre ses immunites qui
relevent plutLt de son sexe que de sa
personnel. Cette universelle deference lui
permet d'aller partout scule, souvent
au p6ril de sa vie. Mais clle y va brave-
ment, avec la tranquille conscience d'W-
tre partout c.hez elle, ct do n'avoir mime
pas besoin de remercier celui qui lui ap-
porte son concourse.
Doit-on done s'Rtonner de la voir choi-
sir elle-mdnme son maria, et do choisir
toujours bien, no relevant que d'elle-mi-
me pour ce soin. Aussi, ce maria n'est ja-
mais un ideal qu'cllc a trouv6 dans les
romans; c'est un 6tre rdel avec qui elle
a souvent faith de longues piergrinations,
qu'elle a tourn6 et rctourn& dans tous les


sens. D'ailleurs edie est pr6parde de bonne
here hi faire ce choix don't on lui laisse
toute ]a responsabilite. De lh l'habitudc
de se livrer a la flirtation don't on dit par-
fois beaucoup dc mial, mais qui n'est en
sonmme que l'antichanibre de l'amour.
Certes, aucune femilc autre que l'ame-
ricaine ne peut flirter avec la nmeme as-
surance parce que la gymnastique intel-
lectuelle de celle-ci lui perinet d( tou-
jours glisser bien vivement encore-
sur cette pente si entrainante. En outre,
l'amdricaine se mariant sans dot, par
consequent ne pouvant pas computer sur
l'argent pour masquer la faute qu'elle
aurait pu commettre en flirtant, so gare
davantage des processes trompeuses do
ses comipatriotes du sexe fort.
Ce n'est pas a tort que j'insiste sur
cette flirtation, car elle est revenue une
institution national dans le ,ays du
dollar. Un ecrivain (1) a pu dire, la con-
siderant dans toute sa pratique, qu'elle
est devenue un droit aussi sacre que les
immortels principles de la R6volution
francaise; qu'elle fait partic de la Dd-
claration des droits qui autorise tout
membre de la Grande Rcpublique 6toildc
a so livrer de son inieux ai la recherche
du bonheur (pursuit of happiness).
Et! veuillez le croire, la jeune fille
am6ricaine tient a cc point at l'exercice
de ce droit, qu'elle refusera plut&t de
prendre un epoux que de renoncer h
cette transition obligee. Elle peut ainsi
refuser impunmient de changer sa con-
dition centre celle de femme mariic,
sans qu'il lui en cofite quoi que ce soil.
Souvent, sachant combien clic est v6nd-
rde et prot6dge, elle abuse de sa situation
pour provoquer l'homnime. S'armant de
sa f6rocc coquetterie, clle 1'enserre dans
des liens inextricables, puts, une fois
qu'il est domptd, impuissant, elle so rit
de sa victim pour voler a d'autres a-
mours.
Au grd de ses caprices, elle peut rom-
pre ses serments du moment qu'ils lui
p6sent trop. Et la loi n'intervient pas
centre elle I1 est vrai, qu'en cc cas, ses
compagnes la critiquent et la blAment,
mais l'opinion, plus indulgente, 1'absout
en disant: c'est une flirt. C'est tout, car
tel est Ic culte don't clle est entourde,
que l'homme qui agit avec le mimc sans-
rnec est 6crase d'indemnitis par les tri-
bunaux, toujours prets ai le condamner,

(1) C. de Varigny. La Femme aux Etats-
Unis.











119 REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION
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ses processes auraient-elles 6td impru-
demment faites. En toutes circonstances,
l'opinion le fl6trit et la loi le frappc de
dommages-intir6ts, non en raison du tort
cause, ou du tort suppose, mats en rai-
son do la position de fortune du dIlin-
quant.
Les Breach of promise cases onu Proccs
o en non-ex6cution d'engagements, out renm-
place aujourd'hui le revolver en Amd-
rique. us font la specialit6 d'un grand
nomnibre d'avocats qui en tirent d'impor-
tants beinfices, grace surtout au concourse
d'lhommes d'allrires toujours Ait 'affit do
ces scandals.
Nous avons dit que l'americaine so ma-
rie presque toujours sans dot. Eh bien,
it d(coule de cette situation que les ma-
riages se font generalement par inclina-
tion. Or, dans cet 6tat do marriage par
amour, lajeunc fille ne pouvant apporter
que son trr isscaiu- et pas toujours -et
le jeune hommc n'avant presq'ie rien a
son tour, il arrive qu'ils dchana.ut leurs
processes ct, par suite de cel engage-
ment, attendant dans d'dlernelles lian-
cailles que les jours de prospirit6 arri-
vent. Je dis d'dternelles fiaucailles, parce
qu'il y en a qui durcnt jusqu'l quinze
ans, vingt ans, Ic future 6poux faisanl le
tour du monde a la recherche de I'argent
uncessaire i son union. Et ces cas ue sont
pas rares.

Voyons maintenant la situation de cette
jeune n ille dans le mlnnage. Va-t-elle' tre
toujours rieuse et gaic, expansive on exu-
birante ?
On no le croirait pas. Elle passe, une
fois dans la vie conj ugale, et sans transi-
tion aucune, des plaisirs de jeunesse aux
devoirs d'dpouse et aux responsabilitds
de femme. Les parents, et quielues rares
anmis sont souls admis au foyer. Celles qui
agissent ditilrenmment, c'est-'t-dire qui
conservent dans le marriage toutes leurs
privautis ant6ricures, tombent presque
toujours.
Ceci nous met oen presence do la rupture
des liens sacres et de la grave question du
divorce, d'autant plus grave que chacun
des Etals de la Confederation a sa proci-
(lure sp!ciale en cotte matiere, laquelle
procedure jointe aux autres, constitute une
vraic bigarrure, sort dt mantcau d'Arlo-
quin faith pour cnserrer les maris come
une camisole de force. La encore le legis-
lateur americain n'a kt6 prdoccupd que
d'une chose: prot6ger quand m6nme la
femme contre 1 home.


Si, dansle marriage, il a clev6 des digues
inexpugnables contre l'arbitraire du mari;
darns le divorce, il a group autour du
sexe aimable, come une ceinture pro-
tectrice, les clauses les plusagr6ables, tout
en niultipliant a l'infini, au d6savantage
de l'homme, les causes de divorce. Ainsi,
dans I'Elat de Kentucky, la feinme ob-
tient loujours Ie divorce en sa faveur par
le seul fait que son mari essaic de mettre
en garde les fournisseurs contre les dettes
qu'elle pourrait contractor, et qu'il leur
done avis qu'il refuserait de les payer.
- Dans d'autres Etats, le fait pour un
honime de cohabiter avec une feinne, de
laisser porter son nomn et de la traiter
come une cpousc ldgitime, est considdrd
come equivalent it un marriage ldgal.
Ceei est une protection accordde it la jeu-
no lille enlevee h sa faminillc. Allant plus
loin, le ldgislalteur a admis qu'une propo-
sition de imariagc, meme non suivie d'xe-
cution, pouvait, dansccrtains cas, donner
a a femme a laquelle elle a td6 adressec
leos drjits et les privileges d'une spouse.
Dans tous cos cas, on la fenuin herite
de son maria occasionnel, ou clle so voit
octroyer de belles soilm'es a titre d'indom-
nites oil de pension alinmentaire, toujours
calculdes d'aprcs la position de fortune
du........ patient, (( la dile pension (lit un
arr(t de la Cour de New-York, n'Mtant
pas sculcment destined h assurer 1'existen-
ce matcrielle de la femme, mats repre-
sentant une amended inflige nau maria, et
du paicment de laquel!e la mort seule
l'exonererait. ))
Co qui le prouvo, c'est qu'il exisle L
New-York un grand nombre de femnmes re-
cevant de la sore une pension alimentai-
re non pas d'un seul 6poux, mais de deux
et imen de trois epoux don't elleso t dtd
tour a tour divorcees, et alors qu'elles
vivent aux depens d'un quatribme marin.
Pourtant, malheur L colui des trois qui
exciperait de cetic heureuse situation d(
fortune pour refuse de servir sa pension
i la femme divorced. Celle-ci n'aurait qu'lt
transinettre a la Cour un simple avis de cc
refuse pour (1que le rcalciltrant flit con-
traint par corps, pour confempt of court,
c'est-h-dire (( m6pris des decisions judi-
ciaires. )) Arretl et incarcere, il a encore
a sa charge tons les frais dt detention,
frais si considerable dans cette circons-
tance qu'il vaut miiux ne jamais les bra-
ver.
11 scrait trop long d'enumdrcr les juge-
ments et les arrkts relatifs aux divers or-
dres de faits que nous venons d'envisa-










REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION 120


ger, mais tell est la sollicitude accord6c
i la femme am6ricaine que nous devons
la marquer en mentionnant un arrRt, ren-
du it y a quelques mois par la Cour de
New-York, ddcidant ( qu'un mari divorce
reste quand minme l'dponx de sa femme,
a moins qu'il nC se remaric en dehors de
la juridiction de la Cour.
Toutes ces measures de protection font
bien comprendre comment la femme amn-
ricaine a pu parvenir a avoir des droits
egaux a coux de l'homme dans presque
toutes les carricres, particulieremnent dains
les professions liberales et dans beau-
coup de fonetions publiques et adminis-
tratives. Le droit de vole mimen leur est
conced6 dans curtains Etats de la Conf&-
ddration.- L'Amdrique est bien la terre
b6nic des femmes. L'Instruction lour est
accordde h tons les degr6s. Dans presque
tous les Etats, les femmes votent aux elec-
tions scolaires; dans plusieurs, elles ont
le vote municipal et dans quelques uns
clles out le suffrage politique au mime ti-
tre que les homes. Dans le Wyoming, 1'6-
galit6 existe centre les deux sexes et aucu-
ne autre preoccupation ne preside "i la
nomination d'un candidate a une fonc-
tion quelconque dans l'Etat, que la com-
petence et la possession des qualities et
des connaissances necessaires.
Voila comment les Etats-Unis sont arri-
ves h produire la plus curieuse personnalit6
feminine qui existed dans les Deux Mon-
des. Elle s'appelle Madame Woodhull-
Blood-Martin, noms de ses trois maris.
Grand'pr tresse de l'dgalit6 des sexes, de
la liberty des liens et... du spiritisme,
clle se maria h quatorze ans an Doctcur
Woodhull qui devait completer son 6du-
cation scientifique.
Mais le docteur 6tant un alcoolique
invdltr6, elle divorea, se fit actrice pour
pouvoir vivre, puis se remaria an colonel
Blood. Pendant ce second marriage, elle
recut uii billet ainsi concu: :( Un home
atleint du delirium tremens vous demnande
instamment a l'h6pital.)) C'tait le docteur
Woodhull, le premier maria qui derivait
ainsi it sa ci-devant femme. Celie-ci, apres
avoir pris le consentement de son second
maria, alla prendre le premier a l'h6-
pital, l'installa sous son nouveau toit con-
jugal ou elle le soigna jusqu'au jour ofu il
mourut. Chose curieuse, dans ce menage
a trois qui occupa longtemps le tout New-
York mondain, et malgre toutes sortes
d'insinuations, ce fut Madame Woodhull-
Blood qui se plaignit de l'infidelit6 do son
mari. Elle demandaauxjuges New-Yorkais


de so prononcer sur l'dgalitd des devoirs do
lidelite pour 'hommne come pour la fem-
me, et, une second fois, elle obtint le di-
vorce en sa faveur.
Redevenue libre, elle d6fendit 1'6galit6
des sexes dans un journal qu'ellc fonda,
dans plusieurs ouvrages et dans une scric
de conferences trds applaudies, faites dans
toute l'Amnrique. Suivie partout de foules
consid6rables, sa popularity devint 6nor-
me, et on peut la consider aL bon droit
come ayant aid6 plus que personnel a la
reaction qui so fait un peu partout, aujour-
d'iui, en favour des droits de la femine.
Cette situation que Madame Woodhull-
Blood est arrivdec a occuper grace a son in-
telligence et son activity toute juv6nil, la
lit rechercher par un riche banquier de
la cit6 de Londres, Monsieur Thdodore
Martin, qu'clle accept pour sonil troisi6me
maria. Elle vit depuis des anndes avec ce
riche 6poux, et sous ce principat clle a pu
poser sa candidature a la presidency des
Etats-Unis.
Une seulc personnel peut-elle r6unir des
titres si divers et des qualitLs si remarqua-
bles, qur.nd surtout cette personnel est une
femme ? Vovons plut6t : doctoresse en m6-
decine, actrice, journalist, conf6renciwre,
candidate a la presidency de la Rdpubli-
que, trois fois spouse ct une fois installed
centre deux maris don't l'un ne l'dtait plus
et don't l'autre allait cesser de l'dtre. El
vdritd, il n'y a que le yankisme pour offrir
un pih6nomene st curieux entire tant de ph6-
nomdnes ddjL incoinprdhensibles.
Cependant, cette constatation ainsi que
cells presentdes avant, s'cexpliquent par
les excellentes qualitds de l'amenricaine. Su-
pericure au point de vue intellectual a son
congenere du sexe fort, elle s'est toujours
montrec au moins son gale dans les cir-
constances les plus difficiles de la vie na-
tionale, depuis la guerre de l'Ind6pendan-
ce jusqu'it la guerre de S6cession. Son in-
telligence, son abnegation, sa vaillance,
ses charges enfin, tout concourt it lui don-
ner les droits primordiaux au respect et
a l'estime publics. Si beaucoup de pu-
blicistes essaient de rdagir centre cette pre-
ponderance ; s'il y en a meme qui vont
jusqu'a dire que l'amidricaine devient enm-
barrassante par les attentions qu'clle pro-
voque -- car elle reclame -ouvent avec
d6dain les droits de son sexe, pour pen
qu'on les oublie-eh! bien, un autre pu-
bliciste, Monsieur Bryce, leur rdpondde
facon peremptoire : <( Le monde est a ses
pieds. La socidtd semble organisee en vue
de son agreement. PNre, mere, oncles, tan-











121 REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION
q# f ^~y^^;ay ^^ A'd'j figs i I -i~a.^


est, amis, subordonnent leurs convenan-
ces et leurs gofits aux siens. )
Ddcouvrons-nous done avec respect de-
vant ces grandes dames et traversons P'o-
ccan pour aller voiren France et aillcurs
les droits octroyds h la femme.
X
Dans cette contrde, e'est la Rdvolntion
francaise qui posa srieusement, avecSieyes
ct Condorcet, le principle de 1'6mancipa-
tion de la femme. Mais cet l6an de justice
cut h subir un temps d'arrct si marque,
sous le premier Empire, qu'on peut dire
avec certitude, cu egard aux consequences
pratiques des principles pos6s par la
grande Revolution, que les droits de la
franchise seraient aujourd'hui considdra-
bles, sans l'apparition de Napoldon.
Dans los discussioUs du Code civil, sons
le Consulate, le grand capitaine r6pondit aux
velldites d'affranchissement de la femmine,
palr cetle parole de galanterio loute mili-
taire: ((11 y a line chose quli n'os pas fran-
,auisI, c'est qu'une femme puisne faire co
qu'il lui plait. La nature en a fail, note
enclave. Donndc it 'homine pour qu'elle luii
fasse des enfants, cllo esL doon sia propri-
6t1, come [l'arre fruit est coidle di jar-
dinier. Son obligation, c'est la d6pediance, la
soumissionl.- ) lRenchdrissant sui cos coin-
siddrations, il insist vivemient dans les dO-
bats du Conseil d'Etat, pour que le inaire,
en rappelant Particle fonidainental : La fern-
me doit obdissance a son inari, filt revOtli
(l'nn cosltuie hion iimposant ot prituin ac-
cent soloi1uel ; que la decoration de la salle
Kit tres austere, afin de donner iin carac-
1tre terrible a cetle maxime qu'il craignait
toujours do ne pas ponvoir fair graver as-
sez profond6menelt dans lecoiur de lit femeii !
On comprend done qu'il s'ollusquat toni-
jours, et si fort, Ide voir les lfemmes s'oc-
cuper des affaires do 1'Elta. Plus de cent
fois it eut a reprocher rudement A Madame
de Slail de trop s'en interesser. 11 est vrai
qu'il noe parvint jamais a changer I'opinion
do celle qui avait ecrit que les fennmmes elant
les judges d6sinteress6s des conmbats de la
vie, elles repr6sentent, dans l'ordre politique,
le caur et 'bhonueur. Et comment les blA-
iner do suivre les afiaires publiquos dans un
pays ofi, de par la politique, oi lour cou-
pait la tite ?
L'attitude gardee par cette feoinme si su-
p6rieure a caus6 toutes les persecutions
qu'elle a endures de la part do Napoleon,
et assure pendant ce long rogne, le joug de
la femme.
Oh elle fut assujoettie i cc point qu'elle
no pourra plus lever la tote lu'au beau 1ii-


lieu du second iiepire, quelque plaidoyor qui
ait 6lt fail en sa faveur entre-temps par
Fourier, Mesdames Joarnne Dervin et Jeanne
d'lldricourt, dont les polOmiques avee Prou-
dhon sont restdes c6iebres. Mais cc beau
moivenient qui prend aiijouird'hui le noin de
n movement f6ministe ) ne va plus s'arreter.
Nows venous de voir une femme fire la
premiere entaille fi a forteresse, quoiqu'ello
tft gardhe par le plus grand capitaine des
temps moderns eh bien, c'est encore une
fernme qui va fair les nouvelles entailles qui
cloivent perioettre d'arriver i la brOche. Nous
nommons Maria Deraismes, et nous nous ide-
couvrons en minme temps devant sa tombe,
car elle est more dans touted I'dclosion de son
talent, dans touted sa combativite intellectuelle,
a l'Age oft la femme ose tout (lire.
La renaissaicode la revendicationdes droils
do la feimmne est dfte a Maria Deraismes seule.
DOs 1866 elle provoquait une peliLion en fa-
venr de I'dleclorat des femnmes aux tribu-
naux de commerce. PIlus tard, elle deman-
dait la revision do code civil au point de
vue deos droits de la femme, dans in elo-
quent discours. Elle n'avait janais cesse
de protester, depuis lors, conlre les iniqui-
tOs quie'ccablent son sexe.
Fonemim ai cour dlev6 et de grand talent,
sa parole extr6iemnent facilh et Itrs per-
suasive a toujours pornl. L'audaco et la sin-
cerite qu'elle inetlait iA la rechercho do la
veril et dtie la logique ont faith son plus
grand success. C'est grace ia son ('nergie, a
la persivdrance de ses efforts, A sa foi ar-
dente dans la justice do la cause don't ell
avait pris la defense, que la question femi-
niste s'est definitiveient imposoei I'attention
do tons, en Fraice,m ime Ai colle des ponvoirs
publics. Les services itinoubliables que Maria
Doraismes a rendius 6 la cause du l)roit des
Fel0mies y attachent son norn d'ulne lacoit
indeldlibile.
A co grand nom de femme, ajoutons coux
qui out suivi oil suivelt encore cee mouve-
ment de renaissance. Voici Mesdames Pognon,
L,0don 16iquet, Wiggishofl, Hammer, Reiguelt,
de Morsier, Dogolot, itubertine Auloere,
Scihmahli, Leonie Rouzade, 1Marcil, de Gran-
phrO, Vincent, P'aule Miike, Sv06rine, Yver.-
II faulciter, en dernier lioneu, les plus savaules :
Mie Clemience Royer qui a traduil et com-
inonte i arwin, Mme Edmond Adam, journa-
liste, romanciere, philosophe, auteur edolbre
don't on n'a plus a lfaire lelogo. .'en passe,
lie seraiit-ce, que pour citer quelquecs nonis
d'homimes don't les plus celMbre- sont Victlor
lHugo, Schllicher, Ernest Lvgouvd, otdont Iet
doyen est Monsieur Ldon Ilicher qui combat
depuis trente annees, dans tous lesjournaux










REVUE DE LA SOCIETY, DE LEGISLATION 122


de Paris, et dans un journal fond6 par lui :
(( Le Droit des Femmes, 1) en vue d'oLbtnir
l'dmancicipation de celles-ci. C'est lui qui
fonda, l'Association pour le Droit des Femmes
revenue aujourd'Iui la Ligue f'ancaise.
Partout dit-il, la femme eAt d "' ''q. ; .'.',
sacrifice. La loi fait d'elle Ine mineure r;
les moeurs en font prcsque ueo esclave. ius-
qu6 devant lI travail, cotte supreme r des-
site du pauvre, ell retrouve, pour en soaif-
frir, I'infdrioritL do son sexo : indgaliit dans
lo choix des professions, indgalitl dans le
salaire. .....
La femme, pas plus que I'honimo, ne peut
&tre opprinm6c. Elle n'est pas lne chose, ello
est uno intelligence, uii conscience, un
esprit, une raison. L'urislocratie du sexe
n'estqu'un vieux dh:fri do l'aristocratie dui
sang. Los prdjug6s de sup6riorite oi d'in-
firioril d'un sexe sur l'iautre doivent dis-
paraitre, come out disparu les :.i.' '-. deo
superioril6 oi d'inforiorit6 des classes !
Pour rdaliser ces principles, Monsieur Ii-
clier cominenra par rclamrier pour la feni-
me les droits civils. Alin d'avoir les miaris
avec lui, il so born t n'. 1,,- ... r qu( la
situation civile des. femmies non marines,
c6libalaires on veuves.
1! rdiigea, dans co bul, la proposition de
loi suivanto
Article premier
Sont abrog6es toutes les dispositions 16-
gales qui excluent les femmes du droit dio
servir do t6moins dans les actes p, blies
authentiques on privies.
Eu consPquence, I'article 37 du Code civil
est inodifid ainsi qu'il suit :
Art. 37.-- Les temoins produits anx actes
de !'Etat civil devront etre ag6s de vingt-
et-un ans au iioins, parents on antlres
ils seront choisis, sans distinction do sexe,
par les personnel interessres.
Art. deux
Les articles 402, 403, 401 et 442 du Code
civil sont rernplaces par les dispositions sui-
vantes :
(( Art. 402.- Lorsqu'il n'aura pas 6tecliosi
an miner de tuteur par le dernier mou- -
rant de ses pero et mere, 1.1 nomination se-
ra file par le conseil de famille, qui devra
choisir parri les ascendanis oi les ascen-
dantes du degree le plus rapproch6, sans
distinction entire la line paternelle et la ligine
maternelle, et sans que l'aioul nit pluIs de
droits que l'aieule i la iferfrence du conseil.))
Art. 403.- A ddfant d'ascendants et d'as-
cendantes du premier degr6, la tutelle pas-
sera de plein droit an survivant des ascen-
dants et ascendantes du degr6 supdrieur. Si


la concurrence se trouve etablic entree plu-
sieurs bisaieules, le conseil .de famille sera
apple a faire un choix, lequel aura lieu sans
distinction ni prrdfrence entire la line
paternelle et la ligne maternelle, ni supre-
tuatie d'un sexe sir 'autlro.
Art. 40J4.- Les femmes marines, autres
que la mire et les ascendantes, ne pourront
Otre tutrices, subrog6cs-tiutrices on cnirttrices
sans 1'autorisalion de leur mari ou de justice.
Art. 442.- No peuvent etre ni tutours ni
membres des conseils de famille : to les mi-
neurs, except !e pere ct la mire : 2" les
interdits ; 3 tous ceux qui unt avec le mi-
neur un proces dans lequel l'tat do co uni-
neur, sa fortune on une parlje notable de
ses biens sont comprontis.
En 1888, M. Ernest Lefevre !presenlaceite
proposition dle loi la Chambire. Siir un
rapport sommaire de M. Colfavro, au norn
de la I2c commission d'initiative narlemen-
taire, clie fut prise en consideration et une
commission special fut nournde pour 1'exa-
tnen.
En fdvrier 18Y), M. Colt'avr;I, au nomr de
cette dernicre commission, deposit un rap-
port dIfinitif.
La let.isature prit fin, sur ces entrefaites;
la proposition r tait caduque.
M. Georges Martin la reprit alors au Lux-
embourg. Ilus du tiers des senateurs a-
vaient sign avec lui. On no1mina, aii aus.i
uilo commission ct un rapporteur, M. Cazot.
Mais M. Cazot n'a pas encore d6pos5 son
rapport.
La question en est la.
Ces mines revendications, et bien d'au-
tros encore, sont 6nergiquenient soulenues
par les femmes elles-mmres. L'une d'elles,
Madame Maria Pognon-encore une Maria-
membre active et tres intelligente de la
Ligue franchise pour le droit des femimes, a
eloqueminent formula, t'anide derniere, les
reclamations tde son soxe. Dans uu rapport
precis, elle a demanded la creation de maisons
speciales d'oducation pouvant permeltre aux
jeunes filles do se pr3parer aux examons
universitaires le pouvoir pour les femmes
d'6tre tultces et d'61ire t6moins dans les actes
publics ; le droit pour elles d'administrer
leurs biens personnel, de percevoir et d'em-
ployer A lour grd le produit de leur travail.-
An point de vue civique, pour no pas dire
politique, Ml"o Pognorn exige quo le suffrage
soit universe dans le sens propre du mot,
et non pas unisexuel combine il l'est, declare-
t-olle ; et que partout of so trouveut, dans
le code, les mots : Citoyens on Fran.cais, ils
soient indistinctement applicables aux deux
sexes.












.23 REVUE DE LA SOCIETE DE LEGISLATION
i'%^^{ ^^^^^^;AJ^^???;aA^^-,J;^^^^ ##Z^je^fr^ ii


Une aulre'femme, bien plus pratique que
la precedente, Madame Henri Schinahl, a
fond6 une association du nom de I'Avant-
Courr'ire, don't le programme est limit aux
deux points suivants: droit, pour la femme,
de servir de temoins dans les actes publics
et privds ; droit pour la femme marine, de
toucher elle-mmre le produit de son travail
et d'en disposer librement.- Cos reclama-
tions que pursuit actuellement Mme Schmahl
devant le parlement 1' i,.. ,is sont tellement
modestes et raisonnables qu'elles sont ap-
puiyees par tous les jouriaux, on France.
D'ailleurs, elles paraissent si pratiques qu'el-
les sont, on pent dire, imniediatement reali-
sables, d'autant plus que ces rfformcs exis-
tent ddja on Angleterre, en Dancinark, on
Italic et en Russie.
Le droil pour la femme marine do disro-
ser librement du produit de soi salaire, s-*ns
le conser.emnent de son mari ou le secour.-
de la Justice, vient do fire r n grand pas
grnice a Messieurs les d(puteis Louis Jour-
dan, Dupuy-Dutemps et Montaut qili out
pr6sente une proposition de ioi dont le but
estle protegor la femme centre certain abus
de la puissance marital Voici le tex!e do
cetto proposition, tres pratique .
Article 1. -- Lorsque le maria met, par
son inconduite, les interets dou menage
en p6ril, la femme pent, saus demander la
separation do biens, oblenir de la justice le
droit de toucher elle-mitnme les products de
son travail et d'en disposer librement.
Art. 2. Cette demand est porlee par la
femme au juge de pai\ du domicile du mart
Art. 3. En cas d'absence, la femme peut
en outre obtenir du jugo do paix I'autorisa-
tion de saisir-arrOter et do to'ucher des salai-
res on des 6moluniiiets diu mari une part en
proportion de sa charge et du nombre des
en fans.
Art. 4. Le maria et la femmnie soont appe-
16rs devant le jugo de paix par on simple bil-
let d'avertissenmeti. di grelfier dl la justice
de paix sur paper libre, en la forme d'uno
letLre-missive recomimand6e a la post.
Art. 5. Le mari et la femme doivont
comparaitre en personnel, saute' le cas d'ein-
pchemcnt.
Art. (i.- La signification du jug-ement an-
torisant la ftemme a toucher une parties des
salaires ou omoluients du maria vaut saisie-
arrLt quand elle est faite a la fois an ma,'i et
au patron, ou debiteur d'miulnumeuts.
Art. 7. -'.ousles jugenients rendus cn ces
matieres sont essentiellement provisoires. Its
sont exdcutoires nonobstint opposition on
appel.
Art. 8.- Les actes de procedure, les ju-


gements et les significations pr6vus par la
prisento loi sont dispenses des droits de greffe,
do timbre et d'enregistrement.
Cerlains publicists pritendent que c'est
an chef de la famillo, charge d'en conduire
les aftaires et d'en gercr les interests, que re-
viont Il salaire do la femme. Ils ajoutent
qu'il ne restera plus lien do marriage ni do sa
famille, si la temmeo peat disposer a sa guise
de son gain, s'il n'y a pas un tr&sor com-
mun don't la garden rest confide cc qu'oa
appelait autrefois la tte do la communaute.
L'objection est vraiment trop facile. Com-
mient le maria pourra dissiper an cabaret on
dans la debanche, son salaire et celui de la
femme, tandis queo celle-ci et ses enfants
mourront de faim! Quand la femme est oblige
de quitter le foyer poar aller travailler, c'est
que le salaire do 'homino est insuffisant aux
besoins de la fanmille. Alors, de quel droit
emploierait-il A ses besoins propres un argent
qu'il n'a pas .;.' ? Outre l'indelicatesse de
la chose, n'y a t-il pas inhumnanite a trailer
ainsi in etre, sous lo seul pr6texte qu'il e-t
le plus fable. La femme travaillant on pout
reparer les briches faites dans le moinage
par son maria, on pour se procurer un bien
6tro qu'il est incapable de lui donner, on pour
avoir le pain de ses enfants, doit etre pro-
tegee par la loi. La soci6td a le devoir de la
garantircontre le gaspillage et les exactions
do son maria.
En Haiti surtout oum nous voyons tant de
mari.- se dirober aux devoirs les plus el6-
mnltaires de solidarity ,onjug do, nous au-
rions voulu voir accorder A la femninme le droit
de retenir a son profit et a celui de ses en-
fants, le tiers, memen la moiti6 du salaire on
des emoluments de son maria. routes les fois
qu'il serait prouve qu'il nie renplit pas ses
devoirs de famille. ...
On pout reclamer avec la mome justice l'&-
lectorat et 1'eligibilit6 des feumnes aux tribu-
naux de commerce. Celte reforme que pour-
suit si activement Madame Vincent, est telle-
ment just que le S1nat frangais vient de
prendro L'initiative deo la traduire partielle-
ment en loi. En offet, ne voit-on pas ;a femme
aujourd'hui, clans tons les comptoirs com-
merciaux ? Les comptables et les chefk de
caisse noe sout plus rccrules quo dans le beau
sexe. La femme, dirigeant d'imporlantes mai-
sons de commerce, personnel ne pent drfen-
dre inieux qu'elle ses interets on ceux do sa
corporation. Aussi, co vote du Senat qui per-
met aux lemmes de participer aux elections
des juges consulaires a-t-il 0t6 bien accueilli
par elles. Elles se contenterontde choisir leurs
d6fenseurs en attendant qu'elles soient eli-
gibles, los homines, declarent-elles, ne de-











REVUE DE LA SOCIETEI DE LEGISLATION 124
r lA A^A A A A; A A A A A A A A A A A lA A A A A A A A AA Fl A A A A A A A A A A A AA A')' A A'A'AA A // A A/A .


vant pas s'estimer quittes pou- cola, attend
qu'elles r&:lament d'autres droits et qu'ellos
prteondent remplir d'autres devoirs.
CGtte attitude doit etre approuvde, imais
A la condition quo los femmes so nettent en
garde control los exagrations et los declama-
tions sonores et inutiles. Qu'elles fasseant la
FAddration des forces f6mininos on vun de
l'effort common qui est indispensable an suc-
ces, co sera tres bien. Certes il y a beaucoup
A fair en taveiur de li femme. II ',' a mime
tant A fair pour clle que nous liii conseil-
lons de stimuler le zile du sexes fort pour
que la barbe n'abuse plus do sAi Ioute-puis-
sance en maintenant la femme dans la tu-
teile la' plus injuste. Qu'elle force I'hoinme
a ouvrir avec elle le corie civil oi'i la m nre
n'e\iste pas, oil la votive figure o peino et
ou l'epouse est une chose, line proprideA, cc
sera encore mieux, car co sera dans 1'interet
de la commnnatt6.
All! retenons co mot do communauti6.
Vons le savez tons, la communault est le
regime sous lequel vivent ._ .' ii' 1. i .,' les
epoux. C'est cetLe rAgle qui regit presque
to-us les marriages. Ehli bion, dans ce royau-
me oh tons les biens sent cornmuns, c'est
pourtant te mari sent (qui administre exclii-
sivenient, mmie si ces bins sont particuliers
a la femme. En vertu de P'article 1422 du
code civil francais, cc mari peut venidre tons;
les immeubles sans la participation do sa
femme, et disposer des meubles et antres ob-
jets mobiliers a titreabsolument gratuil, tindis
que la fomme ne petit disposer de rion, pas
mitme de ce qui lui appartient, sans I'autori-
sationdu chef de It coimmunautu. Toutes les
voies de la raison lni sont fermides dans to
cas oft elle votdrait obtenir rdparation dos
torts a e0e1 causes par son seigneur ol inaitre.
Comment s'y prendro, en effet, puisque, pour
demander la protection de la loi, it faut A la
fenine I'aulorisation do son maria, c'est-A-dire
de celui qui trone en toute royaute, excrgant
des pouvoirs sans limits. Cependant, ello
peuts'en passer, mais quelle vie m6nera-t-elle?
En conscience,' Messieurs,' y a-t-il nll
pouvoir plus excessifqueo celui ainsi oxerce
par Inons, si abusivemont, A l'otnbro (dn
code civil ? Tant pis pour ir)tre femine, tant
pis pour nos enfants si, par notre prodigalitki
car vous avouere/, avec tmo, Messieurs, qiu'il
y a des inaris prodignes-lant pis poureux
si leurs biens sont dissipes La loi dit A la
femme: consume- toi de chagrin on va man-
ger le pain du d6shonneur et de la lionte.-
Elle diL aux enfants: Allez mourir de faim
ou vivez dans le vagabondage en attendant
que le bagne et l'Achafaud vous rdelament!
Ce regime de la communault, i'est-il pas


plutat le rgimne do 1'iniquit6. El? comment,
envisage.ant ce d6shonneur et cette honte, ce
vagabondage ot les crimes qui en resultent
solvent, no pas Miever la voix, en cesiecle
de justice, pour reclamerla protection 16galo
de tous ces faibles centre ce tout-puissant ?
Et de co que la feinmii soit considiree come
inlfdieure a I'ihornIe, fatt-il qu'elle devienne
I'dternelle exploitde, et ses onf'ants les per-
pAtuels maryvrs !
D'ailleurs, I, femme ne nous serait-elle
pas prsenteo comino frappio d'inferiori[l
native afin d'avoir plus do raison do la do-
miner? En somnme, es-elle si inaple que cela '?
Que de i ,,iil., ne vivent quo par son tra-
vail, que do nminages ne prospArent que par
seS cormbinaisons d'ordre et d'economie, quo
deo iaisons de comnlmerce ne se sonioniieiint
que par ses operations sages et prevoymines !
11 nous semble qu'elle a assez do savoir
faire pour qu'elle admiinistre les biens com
muns, do concert avec son maria, et pour que
celni-c;, sans sa participation on son con-
sentement, ne puisse.en disposer, surtout en
faveour d'uno concubine, come cola se fait
assez souvent, sons Fl'il protecleur du code
civil !
On pourra objector que la feornie mottra
tonjours opposition a la vented de son hien
par son maria, ce qui jettera la zizanie dans
to menage, la rupture mienme. Oui, si la ne-
cossit6 do la vento n'est pas demonttree. Mais
non, mille fois non, si Ie sacrifice doit r6d
pondre a tin besoin pressant on a a sauve-
garde d o I'liounoutr familial. P'rejutger de la
sorto, c'est ignore etiriemenit la femme,
c'est miecoinaihre e;rangement sa bontA de
coeuir et sa grandeur d'imine proverbiales. Qui
no sailtdone pas que I abnegation est femme,
et le sacrifice ino vertu exclusivement f6ei-
inle !
Le 'ode dit : U Le maria pout vendre ou
donner Ious les bions de la communaiit. )
Dieu sait si coerains maris so font prier
pour vendre on donner. II y en a qui arri-
vent ia vendre plusieurs fois Ie mnobilier,
avant la chance do trouver do ces femnies,
si aptes tau travail qu'elles reinplacent les
nmoubles chaque fois qu'ils sent vendus. Ace
sujet, Monsieur Legouv6 rapporte dans une
de ses brillantes causeries, que Ic maria d'uno
panvre onvridre avait ainsi devalise jusqu'a
cinq fois sa pauvro chambre pour aller men-
bler cello d'une auere femme avec laquelle
il vivait illicilement. Puis, un beau jour,
I'ouvriere, c'est-a-dire I'epouse, regut de la
femme illigitime, une lettre commengant
ainsi: < Madame, il m'est arrived hier un
grand chagrin, j'ai eu le malhcurde perdre
voire mari. .











REVUE DE LA SOCIETEI DE LEGISLATION


Ah grace a la prodigality des hoinmes, que
de femmes ont ainsi le mallieurde perdre
les maris des autres !
Ceci nous amine a considdrer la situation
l6gale faite A chacun des conjoints dans cos
mAnages atrois. Oh! nous n'allons qo glis
ser la-dessus. Cependant, nous on dirons
assez pour fire voir combien les droils a la
justice soont sacriflls au dAtriment de la fern-
me, et A quell ignominie on la ,vouo.
Envisageonsle.s deux cas qui se presentent
toujours: Dans le vas le plus ordinaire,
I'homme, tout en restint li6 legitimement,
formo impun6ment des liens illegaux, tou-
jours au prejudice do sa famille. Les mcurs
lui permettent cotte conduite, la loi no le
frappe que bien rarement, et de fa a(n deri-
soire. C'ost done en touto quietudeo qu'il pent
mener ce train do vie. Voici maintenant la
femnme roimpant les noeids sacrns du maria-
ge. Si, le -aisant, clle n'est guidee que par
Ie plaisir on lalgereto, je dis tout de suile,
rien n'est comparable A co crime., Que l'in-
fidele soit chitike sans pitid Mais n'y a-L-il
pas lieu de faire une distinction lorsquela
foinme est portle, par la conduit exdcrable
de son mari, A manger le pain dr ddshon-
neur et de la honte, parce quo celui-ci lui
retire lo pain lgitime pour l'apporter an
dehors? Doit-on la frapper d'une 6ternello
reprobation parce qu'on la voit chercher dans
l'ordure, par la cruelly necessi e do vivre,
sa pitance ct celle do ses infants abandon-
nts par leur pere? N'est-ce pas dans ce'cas,
on jamais, qu'il fant so retourner vers
les homrnes et leur rappeler cette pa-
role toute de charitA et de ju-tice : Que ce-
lui-la qui n'est pas coupable lui jetto la pre-
miere pierre !
Vous voyez done dans quel ahime de mi-
seres et d'abjection peut tonber la femme,
grAce A la prepotence de l'homme qu'on
trove jusque dans les questions de cons-
cience, voire mAme dlans les questions de
domesticitA, e'est-A-dire la ofu l'intervention
de l'Apouse soule est comprehensible.
Ainsi, le maria n'est-il pas de la mmie re-
ligion quo sa femme, il elAve ses enfants
avec sa foi Ireligieuse, lui fait inculquer les
principles de sa morale religious sans qu'il
ait besoin de consulter sa femme, et sans
qu'elle ait le droit do protester. N'est-ce pas
exorbitant d'arracher ainsi a une mnre l'arme
Est-ce tout ? Non, car nols autres homes
nous voulons avoir des droits exclusifs dans
la maison. Nous voulons, nous-mimes, ren-
voyer les domestiques, grave question qui
jette si souvent la discorde dans les mAnages
et qui a donnA lieu tout dernierement A


Paris, a un prfoc"s en separation. La cin-
quibrne chambre du tribunal civil de la Seine
devait ddclarer qui, du mari ou do la fern-
me, a le droit de renvoyer une domestique.
Est-ec Morisieur? Est-ce Madame '? En bien,
Madame a At. condamnee par un jugement
-out un jugemeni, avoc attend, dontIje vous
rapporte i:i le plus decisif parce qu'tl est le
plus interessant :
Attend que si la femme est parfaitement
fondee a vouloir avoir la haute main dans la
direction de son manage, si cile est en droit
d'exiger de ses homes I'obeissance la plus
complete et la deference la plus absolute, son
droit est forcArient limited par celui du mari
qui, en ddtinitive, e.t le chef de la commu-
naute, et qui n'est pas tenu decoder A ce qu'il
a des raisons serieuses do considerer coolume
un simple caprice do s:a femime...
Chef de la commnunauilo! Quelle raison pA-
remptoire Co titro rdpond A tout. C'est le
fameux mot do Moliere: Tarte a la crme.

Examinons comment la femme franchise
est arrive A cot elat d'inferiorite.
Nous avons vu la grande liberlA laiss6e,
dans l'Amerique du Nord, aux jeunes filles.
En France, au contraile, elles no laissent pas
letours mAres ou pl UtAt leurs meres no les lais-
sent jamais. A ddfaut doe la mnre, une gouver-
nante on une autre personnel de conflance,
mais de toute conliance, so voit toujours avec
elles, A l'occasion. D'ailleurs. elles nie vont pas
souvent dans Io monde. On les voit rare-
ment mine aux spectacles. Et tou los les prt-
cautions sent prises pour quo certaines conver-
sations ne soientjamais tenues devant elles.
Sans doute, la jeune fille est libre en A-
modriqie parco qu'on lui laisso lo loisir do
chercher et de choisir son mari, vu qu'elle
n'a pas de dot. En France, la femme etant
considdree commne un passif, il faut gAndra-
lemient que la demoiselle achtle son maria
si elle ne veut pas resier vieille fille. Si
elle est nde de parents riches sous la ton-
dresse desquelselle ost hahituie A vivre, la
dot lui sort A continue dans le marriage le
bien-etre qu'elle avait chez ses pere et
mere: elle lui pernmet en oulre do prendre
un part, selon ses qualities et ses m6rites,
sans avoir A s'arreter A sa condition de pau-
vrelA. Cetle consideration de pauvret6 est
tellement important que nous voyons le
Gouvernement intervenir dans le marriage
des sous-officiers franc.ais, par un iAglement
d'administration auquel it est tenu s6vere-
mient la main. En vue d'ameliorer le sort de
ces sous-olliciers et de leur assuier une po-
sition qui leur permette de porter digneinent
l',pde, il leur est formellement prescrit,











REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION 12
. / .*/ ...* / / .* / / .*," / .* .. ,'.'/ ** *.' **' *./ .* *-",** *' *.''-" ./ ." *' / /


sous pine d'etre chassis de l'armie, do
n'epouser que les jeunes lilies qui leur ap-
portent elfectivement une dot de trente millo
francs.
Cependant, pour trouver la veritable cause
do l'etat d'asservissement l-gal de la fran-
qaise it faut remonter bien loin. On verra
que le sentiment dominant, general, etait do
la considered come un etre tout a faitin-
complet. On no s'occupait pas de la femmne
parce qu'elle etait considered commune infe-
rieure, et elle est resteo inferieuro parce
qu'on nle s'occupait pas d'elle. -On tournera
longtemps dans cecercle si on ne lo brise pas.
Auguste Comie, lo chel de l'ecole positi-
viste, ainsi que Proudhon, ont longucmenil
dissert6 sur l'infdriorite de la femme au point
de vue intellecluel et physique. Les argu-
ments de cos philosoplies reposent sur des
fails historiques et surtout sur la nulliltdes
enlreprisos f6minines, abstraction faite, mais
A tort, dos milieux dans lesquels vivait la
lemme, des traitemnens qu'elle recevait et
du peu d'instruction qu'on lui donnait. Est-
il done 6tonnant qui'ils la trouvent inferieure
quand ils ne la voient que dans la condition
obscure que luni a cri6e l'homine? Mais it ost
souverainement injuste de dire quo cotte in-
firiorite estdo naissance quand elle n'est quoe
le r6sultat d'ene flcheuse influence. Com-
ment pciit-on dire qu'un Otre condamnitoute
sa vie it l'tat sauvago n'est pas susceptible
de se civiliser?
.'insisterai plus loin sur ces reproches aflin
d'en dtmontrer l'inanit6, par des fails, quand
j'aurai a parler des droits do la femme 'al'ins-
truction. Cloturons ce chapitre, et resumons
nous en disant qu'ea: France, le pays d'Eu-
rope o ilt y a le plus d'dgaht6t, it y a, pourt
la femme le moins do liberle. L!, elle n'a
presque pas do droits, elle ne jouit que de
quelques concessions gracieuses qui lui sent
faites. Pour elle, la vie familial n'est que la
vie de d6pendance. En un mot, lois, rt'gle-
inents, police, tout l'oppriine et contribute de
plus en plus i 1'enfoncer dans sa glihennede
iniseres.
*
Pour bien so rendre compete de lI situa-
tion faite A la franchise, it nous faut fair
urr tour en divers pays. D'anord Iraversons
la Manche pour voir ee qui se passe en
Angleterre relativement aux droits de la
fenmme.
Dans le pays de I'habeas corpus que tu
aies ton corps, est la loi fondamrentale en
Angleterre- le respect do la femme est
poussee au plus haut degree. La protection
16gale on extral6gale couvre la femme plus
que partout ailleurs. Cette protection est


rummo l6gendaire quand it s'agit de repri-
net' les seduclions de l'homme.Elle ne con-
nail pas de limits ; elle vajusqu'a admet-
tre la recherche deo la palernit6.
Marine, la femme anglaise pent disposer
de ses biens ; mere, ello est tutrice do ses
enfants ; citoyenne, elle est electric pour
les conseils municipaux et g6niraux et 61i-
gibla pour los conseils de I'Assistance pu-
bliquo ; ouvriere, dans le manage, elio em-
ploie son salaire come bon lui semble.
Elle a en oulro le droit de contracler.
d'acheter et dC vendro come si elle otait
cdlibataire,
II y a nieux, la fenime marine que son
mari maltraite peut poirsuivre l',poux de-
vant to tribunal correcLionnel, pour coups
et sevicces, et demander en mlen temps an
ragistrat, do prononcer la separation de
corps, separation que ce magisltr" piononce
bien solvent sur I'houre, sails aucune en-
quLte. Et, privilege exorbitant pourV la fem-
me anglaise, si, au contraire, c'est lo maria
qui se plaint de coups et sevices inIligis
par sa dure moitid -- car les fenimes donnent
parfois des coups A leurs maris I'6ponx
n'a pas le droit do requinrir cette separation
de corps si sommaire.
Gependant, c'est ia la suite des luttes les
plus persistantes que les files d'Albion sont
arrivees a miriier tant de soins. Les fem-
neos se sont groupies et organisees. Elles
so sont distribu6 les. r6les et les respousa-
bilites ; puis, lo plan d'aclion une lois ar-
ritt, elles en ont entrepris l'ex6cution avec
1'opiniAtrete qui caraclerise le sexe faible.
Elles onf livri6 bataille pendant vingt ans
pour 6tre admises i faiie leurs etudes medi-
cales an British Medical Association. Elles
ont mis presque le meme temps pour a-
voir le droit de disposer do leur fortune
personnelle dans le marriage. La question a
eto portle dix fois devant le Parlement an-
glais el dix lois elle a Wt6 rejetie. La victoire
no leur resla qu'aprits une champagne de
quatorze anndes, dirigee par un comit6 de
dames et ayant coit6 pros do quatre mille
lives sterling.
A la suite do ce succus, commenga en
1883, la luite pour la tutelle de ia more.
Elle dura trois ans, et depuis 1886 le pere
anglais ne petit plus, par .;a seule volont6,
exclure la more de la luitelle de ses enfants
ni mettre un stranger A sa place.
Elles sont innombrables les socieles qui
existent actuellement en Anglelerre pour les
revendications des droits do la femme,.y
compris les droits politiques. La precision,
la clarle et la logique avec lesquelles elles
sont dirigdes augurent d'autant plus do leurs












27 REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION
YFl F Fl F il F I; F F F r/.Fl F; ly i F'llyli; 1FF FF; IF; F'FF.-F: F' ': F' i F FF.F F1 F F F FlF F/ Z F F F F F !


success que nous voyons, tonjours vaillantes,
a la 16te do cc beau movement, Mesdames
Bright et Elmy don't to travail, 1'energio et
la gendrosit6, le sens pratique et les con-
naissances juridiques provoquent I'admira-
tion mIme des adversaires.
Ln Russie, la femme marie dispose aussi
do ses biens ; elle vote pour l'dlection du
conseil municipal si elle est propridtaire. Le
code russe a .liet daUs une certain measure
la recherche doe la palernitd Maride, la
russe a 1e droit d vendIre, d'acheter et do
fair Loutes sortes d'op6rations financiers
et commorciales an umiime little quo los
hommes.
La lutte pour l'admission des femines rus-
ses a I'ensoignocneat sup6riour est anjour-
d'Iui des plus vives. Cola s'explique p:r' les
r6sultats qu'.dles ont obtenus dans les lfacil-
tls 6trangeres, surtont, notamment A Paris.
Ainsi, il y a tcluellement A St P.lAorsbourg
132 femmes minlecins don't le pins grand
nombro occupoent des functions t'.'s imor-
tantes, oxigeant autant de scien:: quo de
talent. II y en a qui soiit interest dans les
hdpitaux, mndecins des bureau de bienfai-
sance, chefs de laboratoire, imdelius en chef
do iiaternite. On en trouvo imintm quelques-
'ines danus certain h6pitaux militaircs.
Nous devous ajouter d'apr0s les journaux
russes que I'activitd prolessionuell de ces
ftenimmes rnidecius est au-dessNusdo tout dloge,
car elles re'uplissent l[nus 'oiicltions d'iunne
fagon irreprocliable.
Ea Italic, ea Suisse, en Suedo, en Dane-
in;ark, les t'emiiles out Ii plup irt des droits
octroyds 6i l.t Rlusso at it I'Anglaise, et biera
plus de droits certainemeat que la franwaise.
La t'fmine haitienne sciile ost bion moins
trait.e quo la francaise. Gardionne do foyer
dans le seas le plus absolu du mat, on l'y voit
jouer geniraloment des roles bien au-dessous
de ses merites et de se,, ,,ertus ; ello s'y livre
souvent, et sans rlpit, aux labeurs los plus
durs, contrairement A ce qui so passe aux
Etats-Unis du Nord surtout, oei Il'hoiiii so
reserve toute la peinu et laisse autant que
possible A sa femmun le travail qu'elle venut
faire ou q',ell0e ail avcc plaisir.
Dans le consoil de la finille, la inimme ha'i-
tienne est considered comme la quantild la
plus negligeable qui existed. I1 est inulile d'in-
sister sur sa situation, car il sernble qu'elte
r'a droitairien. rnis Ai rienlerien. selon 1'ex-
pression francaiko ;ainsi le voet I" seui;neur
hailion. Pourtiant la fenmme haitienne est la
plus d6vouede d toutes leos feimes ;. sa vertu
nie ld code on rien 6 celle d'aucunee autre fCm-
nme ; ses sacrifices n'ont pas do. limits.


A--elle ce sort, parce que Montesquieu nous
apprend dans son <( Esprit des lois ) (1) que
los femmes des pays chAluds doivent tre dans
la idpendance, car la raison ne pouet !Cur
prooumer dans lenur vieillosse uin empire
que la beaut6 ne leur availt pas donn.6 dans
la jounesso memo? > Mais Montesquieu est
coutumierde ces raisonnements. N'est-ee pas
lui qui nous rapport dans ses belles lett'es
persanes, los vives complaints d'unejoune
inari6e a sa m6re, parce que son imari no
l'aimait pas, puisqu'il no voulait point la
liattre.
Quoique puisse penser Montesquieu, jo
crois quo nmon pays ne 1 .**--.*'i rdel-
lCmenut (que to jour oi la fenimme haitienne
aura des droils on rapport avc ses devoirs
moraux, et ott elle pourra faireo eltondre esa
voix mediatrice, avec autorilt. A considdrer
la stlrilit6 de nos .ll.'ii- depuis pris d'un
sieclo, cette femmo noe doit-elle pas (tre la
suprmeo espdrance, le dernier asile ou nous
devrons aller chorcher to remnide anx maux
que nons avons cres ot quo nous sommes
impuissants a gudrir '? Cet ange tutdlaire,
mieuiix clairi, plus autorise, n'est-il pas ap-
pel6 A etablir definitivement le rugne de la
conciliation et de la reconciliation?
Dans. c pays oI I'on no connait qie la
vie du foyer, il imported de Ifire uno non-
velle situation A la femme. Cola s'impo a
d'autant plus quo tout le profit en reviendra
au sexo fort. All souls, peuvent lo coil-
proedre, 'eux-lI qui, ayant etl habitnes auix
conseils 6clairds d'une femino, out e mail-
lieur d'on etre prives Vivant alors sans es-
perance et suns appi ; s'abiulanlt do plus on
plus dans les profondours d'uno douleur que
rien n pou110 rra plus comblOr; so rppelant
sans cesse l's jours sombres au milieu dIes-
quelles la vaillanite compagno di foyer ra-
uniait toujours'le courage abatti, pout-on
avoir et6 mari et ne p is proclamer quo
'haliatienne a trop de qualit6sde c(euret d'oes-
prit, qu'elle est, en un imot, trop superieu-
re a I'homme pour que celui-ci no s'enm-
presse de la retirer do l',tat d'asservisseinent
ou elle so trouvo ? .
A la suite de ce tour en divers pays, nous
devons chercher a savoir comment et poin-
quol la femine est traitee de la sort.
Nous avons vu, dds to d&but de cette con-
ftrence, on (qelle consideration elle a k6t
tenue ilans les temps les plus re'cl6s A tra-
vers. les sibeles, it semble qu'elle est con-
dammino triinoer sans cesse le bonllet du p6-
chi'6 original, altachL e 6 son martyre come

(1) XVI. ch. II.











REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION 126
y/; ; A A A AA AA I A A A A AA A A A A A4'A A A A A A .f^ AAA AAA AAA AAA AAA ^7 AA^ AAAY


Sisyphe A son rocher. Peu do pitil pour elle,
souvent point de justice, parce que
les uns disent: Dieu a cre6 la femme pour
airner, c'est son seul r6le ici-bas. D'autros :
La femmne a besoin d',tre dominie, et n'est
heureuse qu'A ce prix.
Ces deux ecoles d'amour et de tyrannie
sont d'accord pour refuser jusqu'y l'ins-
truction A la feimme. De la 1'incapacite
mentale qui frappe la femme d'uno sorte
d'ostracisme, incapacity qui ne saurait 6tro
native puisque les faculties feminines sont
paralysees. Aussi, doit-on fair ses reserves
quaiid on consider la thdorie de l'inecapa-
cit6 g6uiale de la femme protcs'sdo avoc tant
do talents, par Lomnbroso, lo c6lebre savant
italien.
Comment il n'y a pas do femmes do gei-
nie? Et Madame do Sdvigun, et M no. doe
StaMl, et Georges Sand, dans la litteratureo ;
et Marie-Thdir6so et Catherine de Russic
dans le gouvernement des nations ; et \i "'
Mars et Sarah Bernhardt dans Part th6ditral
le plus eleve'? Lombroso repond (que toutes
les fomines don't on a pu dire qu'ellos
avaient du g6nie, ttaient des hoinmes. Cela
parait curieux. Ehbien, it ajouto quo Geor-
ges Sand avait la voix d'un home et por-
tait volontiers Ie costume masculin; que
Mme. de Stail avait loe visage mascidin,; qtpe
Marie-Thertso et Catherine de Russie ont
en aes homes commne consoillers ; que Sai-
rah Bernh.ardt est caracteristique par la vi-
ri!it6 de sa mandibule, c'est-h-dire dc sa mlt-
choire inflrieure, qui prond minme la forme
d'un sabre recourb).
On no pent pas croire tides demonstrations
si savantes, et it n'y a rin d(lire centre un
tel parti-pris. Cepondant, r6pliquent avoc
raison les repitsentants du sexe faible, si les
fenimes de gunie sont plus rares quoe les
homes de genie, c'est parce quo les hoem-
mes ont tout fait pour empecher les tclosions
du genie f1minin; c'est parce que depuis
des siecles, ils n'ont pas permis a la femme
de laisser croitre son intelligence dans des
milieux favorables an.diveloppeinent (Id
son genie. Et une dame qui a beaucoup lun
Darwin rappelle, a propos, que Lous les
6tres, dans le r6gne animal, comme dans
le rogne v6getal, s'accommodent aux condi-
tions dans lesquelles ilssontoblig-sdevivre.
Cette mrme idWe est inagistralement deve.
lopp6e par Stuart Mlill dans sa brochure :
l'Assujettissement des femmes. Le philoso-
phe anglais soutient que l'inferiorite de la
femme n'est pas d'ordre naturel ; qu'elle
est le risultat d'une absence d',ducation
poursuivie durant des sikeles; que partout
o4 les femmes peuvent librement entrer eon


lutte aved les hoinmes, elles 1'emportent
par I'ingntiosit6 de I'esprit, par la vari6te
et la finesse des aperous, par un gott de
travail plus vif et plus patient. Elles sont
pour le moment les victims de fatalities h6-
reditaires. II no leour faudrni qu deux on
trois siecies d'une education bion dirig6o
et liberal pour ieconqukrir tout au moins
l'6g.lit6, sinon la supr6matie.
Certes, quand les corveaux feminins au-
ront hcrit6, par atavisme, des aptitudes an-
costrates, ils seront aussi propres que ceux
des honimnes A recevoir les impressions les
plus ardues. Sans avoir A tenir coilpte de
ccotto espraeice, n'a-t-on pas remarque quo
la philpart des horines qui so sont rendus
illustres, tlnaient beaucoup plu-s de leur
mire que do leur phre. De tell sort qu'on
pout dire, d'une atgeon absolute, qu'ils ont pris
le genie dans le lait do leur inmre.
Voila pourquoi la femme, cc-4iante dans
.soes tacnites iutellectueiles, rclame partont,
aujourd'hui, son admission dans les Uni-
versit@s, a e6t6 des hommies. Ello a rtussi,
dans plusieurs pays, A s'imposer 1Cgalerent;
dans d'autres, comme en France, elle so
voit toldroe soulement dans le haut ensei-
gunement. Oui toldere, car elle on est sou-
vent exclue, et sans recours, (u mnoment
quo t'exige to caprice de 1'ctudiaut du sexe
fort. C'est en vain que colle-ci contribute a
la gloire artislique, scientifique et litteraire
de son pays par la part immense qu'elle
prend dans los oeuvres d'instruction et
d'education, d'histoire et de philosophies, de
gdographie et de voyage ; e'est en vain
qu'elle arrive a un rang siip6rieur dans
chacune do cos branches, ello n'aura jamais
les hoineurs nileos dignitds qui s'y rattachent,
parce que femme. Chaque home, selon le mot
de Mine. Schlmall, no doit-il pas frdmir quand
il reflichit queo c'est ainsi quo la loi qualific
sa inmre? .....
Et pourquoi cette exclusion ? Parce quo,
depuis Molirce
Nosperes, sur ce point, dtaientgens bien senses,
Qui disaient qu'ane femme en sait tonjours assez,
Quand la capacity de son esprit se hausse
A connuitre un pourpoint d'avec un haut-de-
[chausse (1).]
Pourtant, il r6sulte d'observations faites
depuis la creation d'ecoles normales et de
lycecs (le jeunes files quo los faults d'en-
tendement, de jugement, de raisonnement,
sont trs puissantes chez la fenine. C'est la
possession de ces facult6s essentielles qui
expliquent les succ6s croissants des jeunes
files qui so livrent A l'6tude des sciences. II
faut rejeter bien loin, et comme absolument
fausse et ddmodde, la .croyance quo le cer-
veau de la femme n'est pas fait pour les sp&-
(1) Moliere. Les Femmnes savantcs.










REVUE DE LA SOCIETY DE LEGISLATION


culations abstraites. Les r6sultats de tous les
jours prouvent Ic contraire. MWme dans F'-&
tudo de la medecine, du droit, do l'histoire
naturelle, voire des sciences mathematiques,
la femme rest souvent superieure a l'homme.
On no compete plus les doctoresses en
droit et en m6decine. Une jeune am6ricaihe,
Mcllh. Bcrthe Lamme, de Springfield, vient
de conquerir, ai l'Universit6 dc l'Etat de l'O-
hio, son brevet d'ingenieur electrician. Une
autre don't la scwar est doctoresse en mide-
cine, Mile. Dorothea Klumpke, a obtenu, ai
Paris, aveoc toutes boules blanches, le titre de
doeteur es-sciences n athematiques. C'est la
premiere femme ayant mnritd ce titre envie
de beaucoup de savants et encore avec les
Mloges du jury d'cexamen compose des plus
6ininents inaitres francais.
II faut done instruire la femme pour qu'elle
puissc s'clever a la hauteur de son maria, le
comprendre, l'aimer raisonnablement. I1 faut
l'instraire pour qu'elle puisso dirigor ses en-
fants de maniere a 6tre utiles a la Patric. I1
faut l'instruire pour qu'clle no s'ennuic pas
au foyer, cai on no s'ennuie jamais quand on
salt lire, car 1'ennui est l'origine de bien (tde
vices et do ddfaillances. Ouvrons large les
portes do toutes les icoles au sexe aimable
parce que instruction 6tant I'ennemic d( la
coquetterie, la femme instruite no ruinera
jamais son maria. Enfin, l'homime sera toujours
mcilleur, sortant d'unc femme meilecure.
Me voil, Mesdames et Messieurs, arrive at
la fin do ma tache. JC vous ai prCdsnt6 et
combattu le mieux que j'ai pu toutes los ini-
quitds qui enveloppent la femme. II me reste
a la meLtre on garde contre ses propres excess
ou plutSt centre la dangereuse illusion qu'clle
se faith d'avoir des droits politiques. Al tous
les droits, Mes(lames, mais jaminai des droits
politiques!
Certes, les femmnes sonit aussi int6ressdes
quo les homes au bon government des
socidtes, mais a quels moyens peuvent-elles
recourir pour 5ter des mains puissantes det
I'homme le gonvernail de l'Etat? Je no dirai
pas, come un publicist contemporain (1) -
car il n'est pas aimable qu'il y a assez de(
sources de deraison et de dcsordre sur la
plantte, sans que l'on songe A en augmenter
le nombre, en crdant les femmes 6lecteurs
et ddputds. Mais je dirai que la femme poli-
tique sera moins femme, elle no plaira plus.
Jetee dans la bagarre des parties, elle sera for-
coe d'y laisser son sexe, car elle no sera plus
qu'une adversaire en presence d'autres ad-
versaires. Elle sera traitte, en consequence,
la politique ne respectant pas les c6lebrit s
les plus incontestables, n'accordcra pas plus
d'egards au sexe faible. Et puis, conc"vrnit-
on la femme dans un parti politique tandis
que son mari serait dans un autre? Ne serait-
cc pas la dissolution de la famille, la fin duI
monde ?
Dailleurs la fernmne rb'lamo des droits ipo-
litiques, par curiosity, common i'enft'ant de-
*(1) M. Ledrain.


made un hochet. PNs qu'elle aura gotti de
cette inixture ell y renoncera sutrement
pour retourner a ses rubans el it ses aiguil-
los. Ses droits Ai la beauty ettant anterieurs
eL sup6rienrs i louns los antres droits, elle
sacriliera tout pour les maintenir, de mime
que Minerve, dIesse delai sagesse, cessa do
joue' dtie la fl0tc e jour oil se contemplant
dans le miroir de l'eau, elle s'aper(ut que
ses joues gonfldes l'enlaidissaient.
Si la femme veut remplir les functions
politiques pour prouver qu'elle est I'egalode
I'honme ello enfonce une porte ouverto la
fenine n'est pas infericure Ai homem, olio
est dissemnblable Ai I'homme. Voila tout. Son
rdle ttant distinct- dn sien, il n'y a pas do
comparaison a etlablir entire eux. Us sont
6ganx intellectuellerent, et sielleest inii rieure
a l'homme quant aux organs du Inouve-
mont, elle est superieure l'lhomine en force
generatrice. D'ofi compensation.
Lorsque Dieu crda la femmnie, il la prit au
c6t de l'ihoinme pour qu'elle lui flt egale.
Seuluinent deux sommes pouvent etre egales
tout en Rtant formees de facteur.s dilfirents.
II est done impossible aux memnibres des deux
sexes d'accouiplir la mnime besogne, et a la
femme surtout de s'atteler au chalr do la po-
litique, car a dit tine descendanle d'Eve, la
feinine qui sortira du gynrice pour se rendre
au forum, pleurera comma le Ronmain vainen
sur les ruines faites en son absence. Et que
rapporlcra-t-ollo a son foyer d6truit en coin-
pensation de cet orlieux ...i ii;.- le souvenir
des cu pdifs hlieu ri6es, des rancunes .oulevees,
dlescornpromissions aicepl 'ieset le maniement
de tout !o lingo sale de la vie pub!lique.
Et vons iriez vous joter dans cetio tourmi,nte
o'l I'lionme lui-imnine se perd le plus sounvet,
si fort soil-il, si puissant se croit-il elre! -
Gardez (lone oes graces, continued iIt ecovoir
no'honiinages et laisspz nous los coups.
Comment assises in faCite des grandeurs
surlhuaines oft vous ont places vos charges;
entourdes d'une aurdole de b)eautd plus lumi-
neuse queo cello de loules les couronnes de
la terre, et semiblab'o sculetnent Ai celle des
aniges; pouvant tout obtenir par les sourires;
avoir A sa dispo.sitiou les armes les plus puis-
santes : des lanes qui ne s'dvanouissont
jamais eire Asp.tsie pour coiinduire des Peri-
cles ; Lire Eg6rie pour conseiller des Numa;
tTre Omphaino pour dompter des Hlercule :
fire des Louverture, des Dessalines et des
POtion, el aspire La descenldre jusqu'a des
Tdroigne de M.1ricouit oil des Louise Michel!
Non, Mesdanmes, restez dans votro royaunie
pour y exercer le droit iaco.imparable d'etro
femtme, atin de rdgner encore et do regner
toujours sur les coeurs.









HeanIes honoraIres ede la Soc~itt -


S. Ex. le PII';sIDENT do la Rl publiquec (Pr6sident d'honneur de la SociWte)
Mr P. M. Apollon, Secr6taire d'Elat do l'Instruction Publique.
S. U. Saint-Armand, Secr6taire d'Etat des Travaux Publics.
Mr Ch. Weyman.

Memnbres correspIondanits :

MM.
Delord Etienne, Doyen du Tribunal Civil du Cap-IIaitien.
A. Jean-Pierre, -- -- de Port-de-Paix.
T. Pelissier, ..- ---- des Gonaives.
St.-Louis Alexandrd, ---.. -- --- de Saint-Marc.
Maignan, --- -- -- --- I'Anse-a-Veau.
DWpas M6dina, ---- -- -- -Jermie.
Vilaire, ---- des Cayes.
By, ---- -- d'Aquin.
E. Bellande, ---- -- de Jacmel.
Alfred Box, Ministre Plenipotenliaire d'Haiti a Paris.
D. Delorme, -- --- Berlin.
J. B. N. Deroches, Consul d'Hlaiti n Bordeaux.
Louis Jh.-Janvier, Secr6taire de la Legation d'Haiti A Londres.
A, Poujol.,ancien --- -- -- Santo-Domingo.
Gragnon Lacoste, C.onsul honoraire d'Haiti A Bordeaux.
S. Viard, --- ) St-Etienne.
Hoeylaerts, --- Bruxelles.
C. Preston, Ancien Commissaire d'LHaiti a l'Exposition do Chicago.
C. Villevalcix, Ancien Ministre d'llaiti Paris.
C. Laforestrie, -- --
P. Latortue, --- --- ---- Londres.
B. Sylvain. Secrutaire de la L6gation d'HIaiti A Londres.
MM. Labibou, ancien Comnmissaire du Gonvernerment, Robert Lafontant, avocat. L.
Lefevre, publicist, (Jacmel), Ernest Adam, juge au Tribunal civil (Aquin), Cdlicour L0on,
substitute du Commissaire du Gonvernement, Ed. Convinton, avocat (Cayes), Grandoit,
d6put6 (Anse-d'Haynault), A. Chiri6, Commissaire ,dl Gouvernement, C. Chassagne, avocat
(J6remie) Provost, Commissaire du Gonvernement, (Anse-A-Veaul, David, Commissaire
du Gouvernement, Saint-Cdme, avocat (Saint-Mac), E. Desert, avocat (Gonaives), Alfred
Henriquez, avocat, Turenne Sylvain, substitute du Commissaire da Gouvernement (Port-
de-Paix), T. Guilbaud, avocat, dirceteur de I'Ecolelibre de Droit, J. Adhemar Auguste,
avocatC. R. Durand.Substitut du Commissaire du Gouvernement, (Cap-llaitien).

AGENTS IDE LI REEVBUE :

( Autres que les membres correspondants. )

-7MM. Marius Jean Simon, Senateur [ MiragoAne ], Jh. Lacimbe, ancient d6put6
[Logipne], 0. Tessier, Officier, do I'etat civil [Petit-Godve], B. Giuvain [Grand-Goaive],
J. B. Durand, [Aquin] Michel Desquiron, [Jirimie].
S'adresser, pour tout ce qui concern la Revuc,ten province et A l'dtranger, aux agents
et aux membres correspondents.


Ageneeeentrale a 'Pari .


Bureaux de La Fraternitd, 50, Rue de LiIIe 50l