Quelques faits diplomatiques

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Title:
Quelques faits diplomatiques
Physical Description:
1 online resource (173 p.) : ;
Language:
French
Creator:
Haiti -- Secrétairerie d'État des relations extérieures
Publisher:
Impr. de l'État
Place of Publication:
Port-au-Prince, Haïti
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Foreign relations -- Haiti   ( lcsh )
Relations extérieures -- Haïti   ( ram )
Genre:
federal government publication   ( marcgt )
non-fiction   ( marcgt )

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General Note:
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Statement of Responsibility:
Secrétairerie d'État des relations extérieures.

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Columbia Law Library
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Columbia Law Library
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oclc - 682712437
System ID:
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SECRETAIRERIE D'ETAT
des
RELATIONS EXTERIEURES


jj


Quelques Faits


Diplomatiques













IMPRIMERIE DE L'ETAT
RUE DU CENTRE
PORT-AU-PRINCE, HAITI


- I


I























FAITS DIPLOMATIQUES











LES RESULTATS D'UNE
POLITIQUE EXTERIEURE


L'annie 1930 compete dans l'histoire politique de notre communau-
t6 a cause des 6vinements qui s'y sont inscrits: l'installation d'un gou-
vernement provisoire selon les recommendations de la Commission
Forbes, la reconstitution des Chambres Legislatives et les elections
presidentielles du 18 novembre. Ils s'accompagnent d'un riveil de
1'esprit public et de la naissance d'une conscience collective. Ils annon-
cent un changement d'orientation dans la philosophies et la pratique
politiques. A partir de ces faits ,une experience s'inaugure et elle s'ap-
puie a des rfgles nouvelles.
La p6riode de cooperation franche et loyale s'6tend sur quinze an-
nies pendant lesquelles un statut particulier a ItC donn6 a l'Etat hai-
tien. Ce statut trouve sa justification dans la Convention du 16 Sep-
tembre 1915, instrument diplomatique intervenu entire le gouverne-
ment haitien et le gouvernement americain pour la determination de
leurs rapports. La pFriode qui suit se definit: la liquidation de la
Convention.
ActualitW d'une formule.
Elle est continue dans la formule: liberer sans heurts le pays de
l'emprise etrangire. La tbche du gouvernement se limited de cette fagon
a reprendre, un a un, les privileges institute par le regime d'Occupation
et son objectif est de reint6grer la nation hai'tienne dans sa souveraine-
t6. Et, des la constitution du Gouvernement, c'est la coordination de la
pens6e et de I'action vers ce but essential.
II faut d'abord se bien pinetrer de la reality international et des
elements d'une situation speciale. Financierement et politiquement
nous dependons des Etats-Unis d'Amerique. Le contr6le financier
est absolu. La force armie est dirig6e par un officer americain et tous
les chefs de district appartiennent au Marine Corps. Les grandes ad-
ministrations: Service National d'Hygiene et d'Assistance Publique,
Direction GUn6rale des Travaux Publics, Service Technique d'Agri-
culture, sont confides a des americains. La plus grande confusion re-
gne, confusion des pouvoirs du Gouvernement et de I'Occupant. Les
limits respective de leurs attributions sont mal definies et la frequence
des conflicts cree, du c6te americain, une tendance aux empiktements.


-1-







Une telle situation comporte, a cause de sa delicatesse, un caractere
p6rilleux. Le moindre fait amine des complications fatales. La solu-
tion nationalist pousse a les rechercher. Mais toute solution n'est
qu'un compromise en politique international et dans l'ordre des re-
vendications territoriales, aucun reglement ne s'obtient par l'intran-
sigeance.

N6gocier.
Le Gouvernement negocie alors. I1 transpose la question de la pla-
teforme nationalist sur le plan realiste; diminue provisoirement ses
pretentions, en ajourne quelquet unes et resume son action a l'essen-
tiel; il decompose le probleme; il pose l'itineraire a parcourir et en
trace les tapes. La striation des questions met plus de clarti dans leur
discussion et elle determine deja un climate spiritual favorable. La re-
prise des attributes de notre souverainetC se fera progressivement. Du
simple au compose, enseigne-t-on en chimie. Des concessions a la li-
quidation definitive: le Gouvernement adopted ce comportement; la
formule appliquee avec mbthode s'integre dans les faits; elle traduit
sur le plan panamericain l'avenement d'une &re nouvelle. La conscience
continental commence a se former; la notion de solidarity interam6-
ricaine se d6veloppe, mais ce developpement ne revit de sens f6cond que
conditionn6 A la g6neralisation des rigles du droit des gens, au respect
des Nations, a leur 6galit6 et a la normalisation des relations intereta-
tiques.
La question haitienne se situe dans le probleme general du paname-
ricanisme qui se difinit une doctrine de paix autant qu'un ideal poli-
tique et 6conomique des Republiques am6ricaines. Ainsi envisagee,
elle ouvre des perspectives de succes. Perspectives de succes qui ne vont
pas tarder a se r6aliser.

Faits.
La politique est une science positive. Elle s'arcboute a la realite:
et les resultats qu'elle fournit sont la measure de son excellence et de
sa ficondit6. La politique exterieure suivie par le Gouvernement de
1930 a 1940 apporte la force de son temoignage a cette 6nonciation.
Elle se compose d'un certain nombre de faits qui projettent leur bien-
faisance sur le plan national. Le memorandum de janvier 1931 de la
Chancellerie haitienne 6numbre et l6gitime nos revendications. La
premiere tape de I'action est d6clanchie. Action de synthise qui se
concentre sur un objectif determine. Elle se difinit avec precision dans
le tilegramme du 4 juillet 1931 oii S. E. le President Vincent reclame
<

-2-








(Votre) Excellence, en vue d'une rapide cessation des effects de la Con-
vention et de l'Occupation militaire>>.
Or, le 5 Aoft, apres un mois et un jour exactement un accord ex6-
cutif est signed entire la Chancellerie haitienne et la Ligation des Etats-
Unis a Port-au-Prince. Cet accord met fin a la sujition administrative.
Nos trois grandes administrations (Service National d'Hygiene, Di-
rection Generale des Travaux Publics, Service Technique d'Agricul-
ture) font retour aucadre de nos institutions.
L'article X de l'accord engage les parties a < parlers relativement aux problImes d6coulant du Trait6>.
L'Haitianisation de ces services se realise le ler Octobre et les n6go-
ciations continent. Les premiers resultats obtenus s'inscrivent com-
me une victoire: ils nous font avancer vers I'independance politique.
La complete independance politique suppose deux conditions: la
fin de l'Occupation militaire et la cessation du contr6le financier. La
second tape comporte deux moments: chacun correspond a un pro-
blime. II faut les dissocier, mener la bataille sur deux fronts separis,
negliger l'aspect le plus irritant des questions et consolider les posi-
tions acquises. Les rapports financiers haitiano-americains presentent
une physionomie special. Ils sont la cause originelle de notre capitis
diminutio politique: le gouvernement carte, pour le moment la ques-
tion financiere et faisant 6tat de la valeur 6prouvie des cadres de la
Garde d'Haiti, il lance un supreme assault pour la liberation politique
integrale.
Depuis peu, la diplomatic americaine s'appuie a un imperialisme
moins tenace. A Montevideo, la VIIeme conference des Etats ameri-
cains consacre le principle de non-intervention. La politique int6-
rieure du President Roosevelt s'oriente aussi vers une democratic plus
large, plus liberale, plus humaine. Le < dissipe
la m6fiance des Ameriques. L'opportunit6 des nouvelles demarches se
enforce .de l'rvolution favorable de la conjoncture interambricaine, du
succes de la conference de Montevideo et de l'efficiency des services haY-
tianises.
Le 7 Aoft 1933, une nouvelle tape est franchise avec l'ha'tianisa-
tion de la Garde d'Haiti, I'haitianisation de l'Administration gen-
rale des Douanes et des Contributions, et la transformation de l'office
du Conseiller-Financier, Receveur-GUndral.
L'haitianisation de la Garde d'HaYti realis6e, notre Gouvernement
recouvre tous les attributes de la puissance publique. Les institutions
hai'tiennes sont specifiquement nationals en ce moment et de plus, le
principle du rachat par anticipation de l'emprunt de 1922 est pose.


-3-







Desormais, I'ceuvre du President Vincent repond A la ligne generale
de sa pensee et chaque realisation s'y ajoute comme son effet solidaire.
La liquidation devient complete par le retrait de la Brigade de ma-
rines des Etats-Unis, aux terms de l'accord du 24 Juillet 1934.
Les trois accords du 5 Aofit 1931, du 7 Aofit 1933 et du 24 Juil-
let 1934 repr6sentent les trois tapes d'une politique exterieure affir-
mde d&s le d6but dans une formule precise et qui en s'executant, de-
gage politiquement la communaute haitienne de certaines entraves A
son developpement social total.

Relations avec les Etats-Unis d'Am6rique.
Une fois liber6 de l'emprise 6trang&re, le Gouvernement haYtien sort
de son inertie diplomatique et il ramasse de nouveaux efforts pour se
lancer dans la voie methodique. La pensee realiste du President de la
Republique saisit immediatement I'importance des relations amirica-
no-haitienne normales et le r6le pr6pond6rant de la g6ographie et de
l'6conomique dans leur consolidation: c'est un faith primordial.
La collaboration haitiano-amiricaine, limited aux changes com-
merciaux et culturels et situde dans le cadre du panamericanisme 6co-
nomique, derive du rayonnement de l'id6e de solidarity continental.
Elle ne peut s'affirmer, cette solidarity, que dans certain actes con-
crets; les rapports economiques conditionnent le proces de vie interna-
tionale et les moteurs &conomiques sont le mobile de l'activit6 gen6rale.
Le gouvernement s'y conforme en concluant la convention com-
merciale du 28 Mars 1935. Elle vient rigulariser les relations des
deux pays.
Le rapprochement s'intensifie et est de plus en plus etroit soit qu'on
le considere comme un r6sultat de notre activity diplomatique, soit
qu'on le rattache a la propaganda touristique, soit enfin qu'on l'ex-
plique a la lumiere de l'inqui6tude europ6enne et des menaces de 1'im-
p6rialisme europden.
11 repose aussi sur l'identit6 des rigles de conduite des Pr6sidents
Roosevelt et Vincent attaches a la Paix et fiddles a une doctrine cons-
tructive, d6rivant de la reality social americaine.

Relations avec 1'Am6rique Latine.
Nous ne dicouvrons pas seulement les Etats-Unis de l'Amerique du
Nord. Nous d&couvrons aussi l'Amerique Latine, cette Ambrique 6prise
de liberty don't l'histoire attachante se resume dans une lutte pique
contre le conquistador.


-4-








D'elle, nous ignorons tout et c'est a travers Bolivar, Miranda et
deux ou trois autres heros que nous apprenons son histoire. L'igno-
rance de la geographie politique et iconomique des nations du Nord,
du Centre et du Sud Am6rique est un handicap serieux, et aux assises
panamericaines, nos dl6egations mesurent l'&tendue de notre isole-
ment.
Cette situation resulte d'un paradoxe dangereux: En ce si&cle oiu
l'interdependance et la solidarity sont des.lois imperatives, la realisa-
tion de I'autarchie politique est un ph6nomene d'exception: Aussi,
le gouvernement cherche-t-il a sortir .de cet isolement diplomatique,
il pense a la creation de legations dans les capitals des pays ambri-
cains.
II commence d'abord par augmenter le nombre de nos consuls et
61&ve au rang de consuls generaux certain representants consulaires.
Le r6le de ces missions n'est pas tres 6tendu: elles se bornent a faire
connaitre le vrai visage de notre pays, et grace a.leurs informations, la
chancellerie haYtienne note les progres qui s'accomplissent ailleurs.
Elle sent I'insuffisance de cette representation. Elle nous met en
6tat d'infiriorit6 et notre pays reste strangerr a certaines manifestations
de l'Am6rique. Notre diplomatic s'en ressent, nos initiatives, quand
nous en prenons, ne recueillent qu'une adhesion de surface.
La L6gation d'Haiti a Mexico est pourvue d'un titulaire. En avril
1935, le gouvernement nomme deux ambassadeurs qu'il envoie en
mission de bonne volontc dans les capitals americaines. Ils visitent
Mexico, Caracas, Bogota, Lima, Montevideo, Rio-de-Janeiro, Buenos-
Aires et Santiago de Chili. Ces prises de contact ravivent la sympathie
des Am6riques a notre endroit et elles se souviennent de Petion et de
son panamericanisme et surtout du concours s&rieux qu'il fournit a
Bolivar dans sa lutte pour l'indipendance du Venezuela et de la Grande
Colombie.
En 1936, le gouvernement cr6e une Legation a Bogota et a Caracas.
En 1938 il en crie une autre a Lima et a Santiago de Chili.
II se fait representer, en aoft 1938, aux fetes du quatrieme cente-
naire de la foundation de Bogota.
En mai 1939, il d6lkgue une nouvelle mission de bonne volonte
dans les capitals sud-americaines.
Depuis, la solidarity de notre politique exterieure avec celle des
pays americains est complete.

Trait6 des FrontiBres.
La resolution de cette question est tout au merite de S. E. le Presi-
dent Vincent qui l'a toujours consider6e comme extremement impor-


-5-








tante pour 1'6volution des deux peuples qui se partagent la souverai-
nete de 1'Ile.
Le Trait6 de 1929 a liquid, en principle, le reglement. 11 con-
vient d'y apporter des aminagements. Le president Vincent decide
l'entrevue du 18 Octobre 1933 a Ouanaminthe et une solution sin-
cere et amicale intervient qui regle la question.
Le 27 Fevrier 1935, I'accord final est signed et les lignes-frontieres
seront 6tablies de la maniere privue par l'accord:
1) Source du Libon: prendre comme point de naissance du Libon
le point oia s'unissent la riviere Marigoyenne et la riviere des T6nebres
pour former, a partir de la en aval, la riviere de Libon. En conse-
quence, la frontirre ira en ligne droite de la borne, numero 48, situde
au Morne Grime, au dit point de naissance du Libon.
2) Le protocole Lamiel r6sout la deuxieme difficulty.
3) Du point marquis S. P. 4 par la Commission Haitiano-Domini-
caine de dilimitation des Frontieres dans les parages de San Pedro sur
la riviere Macasias, la ligne suit la crite de la cordilliere descendant a
Timba la Rosa, passant par Dame-Jeanne cass6e et le cimetiere au
point 6tabli dans le fort Cachiman. De ce dernier point, elle ira a la
riviere Carizal, laissant Le Camino Real en territoire haitien et suit, en
amount, le course de Carrizal jusqu'a la source.
4) De la source de Carrizal a la Mare Zephir (Lancho de las Mu-
yeres) la ligne passe par la maison de Madame Salomon et de la a
Canada Miguel.
5) La ligne part de Gros-Morne Mare pour rencontrer la gorge
bien definie A Mare Orange; de la a la source Bonite considered comme
source des PNdernales. Les bornes intermediaires seront places ult6-
rieurement.
Le lundi 9 Mars, le protocole est sign a Port-au-Prince.

Reorganisation de l'Administration Centrale du D6partement des Re-
lations Ext6rieures.
Pour coordonner cette politique extirieure si feconde et donner a
notre diplomatic l'6lan d6finitif, le President Vincent entreprend avec
la collaboration de Monsieur Lion Laleau, Secretaire d'Etat des Rela-
tions Extirieures, la reorganisation des services de administration
central du Departement des Relations Exterieures.
Les cadres ont vieilli et meritent des ajustements. II faut de nou-
veaux moyens d'information. II faut organiser le service d'6change et
de propaganda. I1 faut reformer le service de la traduction. II faut


-6-








transformer le service de la Direction Gen6rale, augmenter ses attribu-
tions et multiplier ses activists. II faut career de nouveaux services char-
ges de 1'examen des questions techniques.
Jamais reforme ne fut aussi necessaire. L'arrete du 11 Mai 1939
vient la consacrer, en confirant un statut nouveau et une physionomie
adequate A administration central: il prevoit la Direction Generale
des Affaires Diplomatiques, Politiques et Economiques qui se subdi-
vise en: Direction Generale des Affaires Politiques et Commerciales,
Conseil Technique, Direction des Congres et Conf6rences, Commis-
sariat National au Tourisme, Division Latino-Am6ricaine...
A ces services qui ont de nouvelles attributions, &chet 1'&tude des
questions diplomatiques, juridiques, 6conomiques, financibres et mone-
taires car l'amenagement rationnel des services a pour but de mettre
administration central au niveau des chancelleries &trangeres et de
la doter d'une 6quipes de specialistes. Les resultats obtenus, apris
l'ex&cution de l'arr&t justifient 1'esprit de la reforme. Elle se situe dans
le movement de rajeunissement des cadres en vue de leur adaptation
au progris social. Elle a des rapports avec la riforme constitutionnelle
et politique du vieil Etat haitien et elle marque une advance dans la
comprehension des problImes que posent l'interd6pendance et la soli-
darit6 des nations.
Les relations internationales se sont d6veloppees et ont revftu un
aspect complex. Les questions ne se r6solvent plus sur le plan unila-
teral. Elles presentent entire elles des liens de connexit6 qu'il faut saisir
ou des rapports de causality qui determinent des incidences profondes.
L'6conomique, les finances publiques et internationales, la diplomatic,
la politique, le juridique, influent sur le process de vie g6nerale et le
conditionnent. Le fait social objectif par nature, s'analyse comme la
resultante de certaines composantes, comme un tout organique qui d&-
rive de la constant et des variables sociales. Le caractbre complex du
phinomine social exige, pour la formulation des donnies, la specia-
lisation des organismes et des institutions d'Etat.
Disormais, rationnellement organisde grace a la division du travail,
I'administration Centrale accuse une transformation de physionomie
et une methode d'action don't la port6e pratique s'6vidente dans les
deux conferences qui se sont tenues A Panama et a La Havane.
L'arr&te du 11 Mai 1939 en d&taillant la tache des services admi-
nistratifs don't la creation repondait aux n6cessites nationals et inter-
nationales, leur donne les moyens de suivre l'6volution de la situation
mondiale, de preparer les informations et d'6tudier la courbe de la po-
litique &trangere.


-7-








La section des relations culturelles et la division latino-americaine
imposent, en matiere de rapports, des directives nouvelles, une colla-
boration active entire les institute culturels et une cooperation realiste
entire les administrations et les organes centraux des gouvernements
americains. Elles sont un acheminement vers l'6tablissement de cette
fraternity americaine don't depend le triomphe, en Amerique, d'une
doctrine de progres &onomique et de justice social; par l'interpn&tra-
tion et les changes d'id6es, la documentation et la propaganda qu'elles
favorisent, elles occupent une importance presqu'6gale a la Direction
GUnerale des Affaires Politiques et Commerciales ou au Conseil Tech-
nique.
Le commissariat au tourism diffuse a l'&tranger les efforts accomplish
dans les differentes branches de l'activit6 national, s'attache a mettre
en relief la beauty de nos sites et se depense en initiatives pour attirer
l'etranger, amateur de curiositis. Brochures de propaganda, guide
touristique, notices publicitaires, emissions radiophoniques contri-
buent a faire naitre en faveur de notre pays un courant de sympathie.
Ces travaux forment l'essentiel de la tiche d6volue a ce Bureau
Technique organism en function des elements nouveaux de la vie in-
ternationale et des assises internationales oii se discutent des problemes
pourvus du double caractere national et international.

Contribution au Panambricanisme.
Les effects pratiques de cette politique exterieure conque et execute
dans ses grandes lignes par les services specialists de la chancellerie
6clatent davantage aux Reunions Consultatives de Panama et de La
Havane qu'aux conferences antirieures de.Montevideo, de Buenos
Aires et de Lima.
Le gouvernement actuel, par l'intermediaire de ses d61egues et con-
formement aux instructions, participe a l'dlaboration de certaines no-
tions du droit des gens et traduit la conception haitienne de la neu-
tralit6, de la s&curit6 continental, de la solution des differends inter-
nationaux. II apporte dans.la discussion des points de vue solides.
Aux deux reunions consultatives des Ministres des Affaires Etran-
geres des nations americaines, la delegation haitienne pr6sid6e par S. E.
le Ministre Lion Laleau, prend une part important aux travaux et
fait voter a l'unanimit6 deux resolutions relatives, l'une i la defense
politique du continent, I'autre a la creation d'un organisme sp6cialise
pour l'Ytude *du problime &conomique amiricain, project repris par la
delegation americaine et don't sort le Comit6 Consultatif Interameri-
cain Economique et Financier.


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L'actualit6 de ces deux resolutions tient a une intelligence plus pre-
cise de la reality americaine, a une meilleure comprehension du pheno-
mane d'interdependance. Notre position diplomatique se enforce
tant il est vrai qu'A la II&me Reunion Interamericaine du Caraibe, le
president de la delegation ha'tienne est elu a 1'unanimite Vice-Pr6si-
dent d'honneur du Congres et Port-au-Prince choisie comme le siege
de la IIIme Reunion.

Les succes obtenus par notre diplomatic tant dans ses rapports avec
les nations accriditees a Port-au-Prince que dans ses n6gociations di-
rectes ou par l'intermediaire de ses plenipotentiaires avec les chancelle-
ries etrang&res augmentent notre prestige. Et mme, pendant une p6-
riode, 'l'une de nos legations est assimilee a une bastille infranchis-
sable tant son droit ,d'asile present une security absolue.
Actuellement et avec les cadres don't vient d'etre dot6e 1'administra-
tion central des Relations Exterieures, notre politique exterieure com-
mence s'accorder avec une doctrine international tiree de la vie hai-
tienne: elle aura bient6t ses traditions, ses lois et, par ce fait, I'unite
des directives, en bonne voie, se realisera totalement. L'6conomie de
la reorganisation consacrh e par 1'arrte du 11 mai 1939 se praise a
la lumikre de cet objectif et il faut le proclamer bien hautement A la
gloire de S. E. le President Vincent et au sens avise du collaborateur
qu'il a associ6 a cette oeuvre d'envergure, Monsieur Leon Laleau, Secr6-
taire 'd'Etat des Relations Exterieures: au point de vue de nos relations
internationales et grace a des efforts successifs, nous occupons une si-
tuation diplomatique excellent.


-9-












EXPOSE GENERAL DE LA SITUATION
(Annie 1938-1939)


Son Excellence Monsieur le Prisident de la Ripublique:
Monsieur le President,
J'ai l'honneur de soumettre a Votre Excellence 1'Expos6 des diverse
activities de la Secretairerie d'Etat des Relations Ext6rieures pour l'exer-
cice 1938-1939.
Cette Secr4tairerie d'Etat croit avoir travaill6 avec succes au main-
tien des excellentes relations qui existent si heureusement entire la Re-
publique d'Haiti et les divers pays qui y sont represents ou ont traits
avec elle des questions particulieres.
Relations avec 1'Allemagne.
Le 24 D&cembre 1938, la Legation du Reich Allemand s'est
plaint d'un dessin figurant sur le num&ro de Noel du Journal < Reveil>. Monsieur Kaempfe profitait de I'occasion pour dire que son,
pays n'avait aucune intention de conquEte sur le Nouveau Monde. Le
Dipartement exprima ses regrets a la Legation du Reich tout en lui
donnant les apaisements necessaires. Un avis fut public I la date du
26 Decembre dans lequel le Gouvernement de la Republique rappelait
aux journalists qu'il n'entendait pas que soient un instant troubles
les excellentes relations existant entire les nations 6trangeres et lui.
Importation provenant du Protectorat de Boheme et Moravie.
Le 31 Juillet 1939, il a 6tC notifi aI la Secr6tairerie d'Etat, par
1'entremise de la Legation du Reich, que les importations provenant
du Protectorat de Bohime et Moravie devaient ftre payees en devises
libres et non l'aide de l'aski allemand. Cette decision a Wte portie a la
connaissance du Departement du Commerce.

Navigation dans les ports et eaux de Dantzig.
Statut de la navigation aerienne en Pologne.
Par note du ler. Septembre, la Legation susvisie a fait part de l'a-
vertissement donn6 par son Gouvernement en ce qui concern la Na-
vigation dans les ports et les eaux de Dantzig. Les terms de cet aver-
tissement ont Wte communiques au Service competent.


-10-








A la meme date, la Legation d'Allemagne transmettait un avertis-
sement pour la Navigation adrienne en function de la guerre en Polo-
gne. Une nouvelle note du 5 septembre indiquait les zones dangereu-
ses a cause des mines qui s'y trouvent. Ces deux zones sont comprises
a l'entr6e sud du et i I'entree sud du D'autre part, le Gouvernement du Reich Allemand a invite le Gou-
vernement a participer a divers Congris, entr'autres celui de la Tiber-
culose qui ne put avoir lieu en raison de la Guerre et celui de l'Ensei-
gnement Technique de Berlin.
Monsieur le Docteur Louis Roy fut delegu6 au premier et 1'Ing&-
nieur Marcel Villard au second.

Notification au Reich Allemand de la neutrality haitienne.
Le 19 septembre, cette Secr6tairerie d'Etat faisait part a M. le Doc-
teur Walter Kaempfe du decret du 14 septembre 1939, proclamant la
neutrality de la Republique d'Haiti dans le Conflit actuel et annongait
la publication prochaine de ce d6cret au Moniteur. Par note du 28
septembre, la Ligation du Reich informait de l'6largissement de la
zone dangereuse A indiquee a la sortie sud du <.

Intervention du President de la R6publique d'Haiti dans les Bv6ne-
ments Germano-Tcheques.
L'initiative que prit le President de la Republique d'Haiti, simulta-
nement avec d'autres Chefs d'Etat du Continent, pour amener une
entente entire les Gouvernements Allemand et Tcheque n'a pas mal-
heureusement about. Le Gouvernement Allemand, par l'entremise de
sa Ligation en Haiti, a fait part de l'annexion de la Tchecoslovaquie
et de son Protectorat sur la Boheme-Moravie. II a 6tC pris simplement
note de la communication faite A cet .gard.
Le Gouvernement allemand a Igalement fait savoir que la nouvelle
loi douaniere allemande entrait en vigueur le ler. Avril 1939 et qu'a
partir de cette date les frontieres douanieres entire 1'ancien Reich et les
pays ou territoires indiqu6s dans une pr&cedente lettre de la Legation
d'Allemagne 6taient abolies. Le Gouvernement du Reich informa en
meme temps que < rfglement douanier tch&coslovaque, ainsi que la frontiere douaniere
entire le Reich et le Protectorat, restaient en vigueur jusqu'a nouvel
ordre> et qu'en consequence tectorat se ferait, comme par le passe, selon les principles du traffic com-
mercial haitiano-tchbcoslovaque>. I1 a 6te pris acte de ces communica-


- 11 -







tions port&es a la connaissance des Services interesses. Le texte du
trait~ politique germano-lithuanien du 22 mars 1939 sur le rattache-
ment du territoire de Memel au Reich Allemand a 6t6 remis au Depar-
tement par la Legation du Reich.

Mort de M. de Rath.
A l'occasion du meurtre, a Paris, de M. de Rath, le Ministre d'Ha'iti
en ladite ville ne manqua pas d'exprimer les condolkances du Gou-
vernement tant au Comte de Welczeck qu'a Monsieur le Ministre des
Affaires Etrangeres du Reich. Monsieur Fouchard a Berlin, agit de
meme aupris de la Wilehmstrasse.

Declaration du D616gu6 Bellegarde k Lima.
Une declaration faite a la 8&me Conf6rence Panamericaine de Lima
ayant cause en Allemagne une reaction peu favorable, le Ministre
d'Haiti a Berlin a Wte inform que cette declaration, succinctement re-
latie, risque de paraitre violent, mais qu'a la veriti, elle ne faisait
qu'appuyer celle du President de la Delegation d'un pays ami et ne
contenait rien d'injurieux pour l'Allemagne, quoique a l'encontre de
1'idoologie qui privaut dans le Reich.

Relations avec la Belgique.
Monsieur Paul B. Verstraeten a Wte adjoint a la Legation de Bel-
gique en Haiti a Mr. Robert van de Kerchove d'Hallebast, en vertu de
l'Arrft6 Royal du 10 Novembre 1938. I1 est a noter qu'en d6cidant
d'adjoindre a la Ligation de Belgique en Haiti et autres pays du
Centre Am6rique M. Verstraeten, celui-ci aura pour mission particu-
liere de rigler, en liaison avec M. d'Hallebast, sur une base plus stable,
les relations commercials existant entire la Belgique et la Republique
d'Haiti. La meme Convention, signee il y a quelque temps, regit nos
relations commercials qui n'ont pas cess6 d'etre bonnes avec ce pays.

S6jour du ((Mercator) dans les eaux nationals.
Le passage du navire-6cole et I'accueil fait aux cadets de
la marine belge ont donn6 lieu a de belles manifestations d'amiti6 entire
les deux pays. Le Directeur et le Secr&taire de l'Association Maritime
Belge exprimerent a la date du 19 Mai, leurs < connaissance pour la grande hospitality reserve aux Officiers et Ca-


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dets du Mercator>. Le Ministre d'Haiti a Bruxelles a particip6 aux ce-
remonies auxquelles a donn6 lieu la Fite Patronale de S. M. le Roi
des Belges.

Intervention Beige au sujet de la clause d'achat des sacs Frangais.
Le Ministre de Belgique est intervenu pour signaler que des orga-
nismes haitiens exigeaient a l'exportation du caf. 1'ensachement de
cette denrhe dans des sacs frangais au prejudice des fabricants de sacs
belges. Cette Secr6tairerie d'Etat fit connaitre les terms de notre enga-
gement a cet 6gard vis-a-vis de la France et observa que l'acquisiltion
de 250.000 sacs restait a la libre concurrence. La place important
occupde par la Belgique dans la furniture de sacs fut rappel6e en I'oc-
currence.

Relations avec le Chili.
Une Conference sur la Coopiration intellectuelle s'est reunie a San-
tiago de Chili du 6 au 12 Janvier 1939. Le Consul d'Haiti en la dite
ville y a repr6sent6 le pays avec distinction.

Tremblement de terre au Chili.

Le Chef de la Chancellerie ne manqua point de cibler ses condolkan-
ces au Gouvernement du Chili A 1'occasion du seisme qui desola dans
le course de cette annie une region important du Chili.

Conflit Hispano-Chilien au sujet du droit d'asile.
Sollicite d'appuyer le Chili dans son refus de livrer a l'autoriti es-
pagnole les rffugis du parti adverse asilks a l'Ambassade de ce pays
a Madrid, la Secretairerie d'Etat, tout en faisant observer que le Gou-
vernement HaYtien n'avait pas ratifi la Convention de Montevideo
sur la matiere, accedait cependant.au vceu formula par le Chili en l'oc-
curence, afin de donner a ce pays ami une preuve de solidarity panam&-
ricaine. Le Gouvernement Chilien a vivement remercie.
Diverses personnalitis haitiennes ont 6t6 decordes de l'Ordre Natio-
nal Chilien <>. Le 30 Aoft 1939, MM. Abraham Or-
tega et Joselin de la Meza, Secr&taire d'Etat et Sous-Secr&taire d'Etat
du Chili ont t6i d&cores de l'Ordre National RITE>>.


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Relations avec Cuba.


Asile accord par la L6gation de Cuba A un r6fugi6 politique.
La Ligation de Cuba a fait part, le 16 Novembre, conformiment
a l'usage international, de l'asile accorded a un refugie politique haitien.
La Secr6tairerie d'Etat fit savoir que la Republique d'Haiti, quoique
signataire de la Convention sur le Droit d'Asile don't se pr6valait le
Gouvernement Cubain, ne l'avait pas ratifiee. Cependant, cette Secre-
tairerie d'Etat informait en mEme temps ladite Legation qu'un unique
souci de courtoisie et les excellentes relations entretenues avec elle For-
tait le Gouvernement a laisser les choses en 1'6tat.

Affaire Felix Alphonse.
Il y a aussi lieu de noter qu'ayant, depuis quelques annies, introduit
une reclamation en faveur des hiritiers de Felix Alphonse tu6 par un
soldat cubain, alors que celui-titait detenu, un arrangement est enfin
intervenu, grace a I'esprit d'equit6 du Chef de la Diplomatie cubaine.
Mr. Campa a fait savoir au Secretaire d'Etat des Relations Exterieures
qui avait eu a l'entretenir de la question a Panama, qu'une valeur se-
rait bient6t inscrite au Budget cubain, en vue d'une indemnity accordee
a titre exceptionnel a la mere du defunt.

Creation A Port-au-Prince d'une filiale haitienne de 1'Association des
Ecrivains et Artistes AmBricains.
A la Havane a 6te cr6Be par Monsieur Pastol del Rio une association
don't le but est de promouvoir les changes culturels entire -les intellec-
tuels du Nouveau Continent, en vertu d'une resolution de la Confe-
rence Interamericaine de Conciliation de la Paix, tenue en 1936 a
Buenos-Aires.
Sur 1'aimable convocation de Monsieur Ricardo Sarabasa y Gon-
zalez, Charg6 d'Affaires de Cuba a Port-au-Prince, les bases d'une fi-
liale haitienne de cette association ont 6t6 jeties ici le 28 Janvier 1939.

Emigrants haltiens A Cuba.
Le rapatriement de nos travailleurs a Cuba continue a s'effectuer.
La Secretairerie d'Etat propose que soit fait aux citoyens des autres
pays un traitement identique a celui que regoivent nos nationaux dans
ces pays. Les ressortissants des Etats strangers ne devraient, en effet,
ftre admis en Haiti que dans la measure ofi les citoyens haitiens sont


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recus dans ces pays. La Secr6tairerie d'Etat des Relations Exterieures
a mis la question A l'6tude. Elle fera 1'objet de developpements ulti-
rieurs.

13 Octobre-Jour de la Culture Ambricaine.
Sur la suggestion de l'Association des Ecrivains et Artistes Ameri-
cains, le 13 Octobre a 6t6 declare Jour de la Culture Americaine. A
cette date, le Secretaire d'Etat des Relations Exterieures, s'unissant aux
manifestations qui eurent lieu dans toute l'Amerique en vue d'inaugu-
rer cette date, fit une allocution a la radio.

Bourses Jose Marti.
Au course de la presente annie, 1'Universite de Cuba a eu la courtoi-
sie d'offrir, par l'entremise de la Secretairerie d'Etat des Relations Ex-
terieures, deux bourses d'Etudes a 1'Universite d'Haiti. Ces bourses
ont 6t6 reparties entire deux orphelins de sexe different. Les deux b6-
nfficiaires de la bourse furent tres bien accueillis par les autoritis cu-
baines. Ils se trouvent actuellement a l'Institut Civico-Militar Jose
Marti et fort satisfaits de leur s6jour a Cuba.

Relations avec la R6publique Dominicaine.
Inaugurution de 1'Avenue Fabre Nicolas Geffrard.
Nos relations avec la Republique Dominicaine se sont sensiblement
amiliorees au course de cet Exercice qui s'ouvrit sous d'heureux auspi-
ces. L'inauguration solennelle de l'Avenue Fabre Nicolas Geffrard 5
Ciudad Trujillo en est une preuve evidente.
L'an passe, au mois de Novembre, le Gouvernement Dominicain
voulut magnifier, de fagon non equivoque, devant l'Histoire, le con-
cours prte6, par Fabre N. Geffrard, President d'Haiti, au Peuple Do-
minicain et en particulier aux nobles et iminents patriots Francisco
del Rosario Sanchez et au Gendral Jose Maria Cabral, a une heure cri-
tique de 1'independance de la nation dominicaine. Ce fut, A cet effet
qu'eut lieu la cir6monie d'inauguration de cette Avenue.

Voyage a Ciudad Trujillo du SecrBtaire d'Etat des Relations Ext6-
rieures.
Le mois suivant, le 6 Decembre 1938, conformement au disir de
Monsieur le President de la Republique, le Secretaire d'Etat des Rela-


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tions Exterieures se rendait en R6publique Dominicaine, pour y dis-
cuter avec son Collegue Dominicain, Son Excellence Monsieur Arturo
Despradel, les bases d'un Modus Operandi appeal a fixer, de maniere
definitive, le statut des emigrants haitiens en territoire dominicain et
celui des migrants dominicains en Haiti, conformement a l'Accord du
31 Janvier 1938 conclu A Washington entire les deux pays.
En depit des laborieuses et longues negociations qui suivirent cette
entrevue, celle-ci s'est revelee fructueuse.
Le Modus Operandi a 6t6 sign, le mois dernier, par les Plenipoten-
tiaires des deux Gouvernements et ratifi6 par les Chambres Legislatives
des deux pays le 25 Novembre dernier. Les deux Gouvernements et
les deux Peuples comprennent qu'il est de leur interft le mieux congu
de ne point s'6carter des normes de la g6nereuse politique de bon voi-
sinage, que, sous 1'egide du President Roosevelt, les Republiques des
Trois Ameriques se doivent de pratiquer les unes envers les autres, avec
bonne foi, probity et sinc6ritL.
Le mEme mois, a l'une des s6ances de la Conference de Lima, les
delegues d'Haiti et de la Ripublique Dominicaine se sont donn6 des
gages du desir des deux pays de vivre en bonne harmonies.

Transaction intervene au sujet des indemnit6s pr6vues dans 1'Accord
du 31 Janvier 1938.
Malgre un climate si favorable, restait encore pendante et incertaine
entire les deux Gouvernements l'epineuse et delicate question de la dette
dominicaine &tablie par l'Accord du 31 Janvier 1938, (article 11,
8&me alinia) intervenu entire les deux Gouvernements, A la suite des
malheureux evenements survenus en territoire dominicain, au mois
de septembre de 1'annee precedente.
Le Gouvernement a pense qu'il serait d'autant plus ais6 de travailler
a amiliorer la bonne entente entire les deux pays qu'il aurait 6t6 mis fin
le plus t6t et une fois pour toutes, aux versements des annuities. Ces
versements devaient forcement evoquer pour I'une et l'autre parties a
1'accord du 31 Janvier 1938 des souvenirs pinibles ou douloureux.
Aussi les Gouvernements haitien et dominicain s'entendirent-ils pour
trouver un terrain d'entente, grace a leur haut esprit de conciliation.
Dans la matinee du 16 fevrier de cette annee, le Cabinet se presenta au
Senat de la Republique et obtint le huis clos. Le Secretaire d'Etat des
Relations Exterieures fit un expose de la question, a la suite duquel le
Grand Corps vota une resolution autorisant un accord transactionnel
au sujet des versements .incombant au Gouvernement Dominicain.


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Cette resolution fut,'quelques instants apris, adoptee par la Chambre
des D1putes.
Un accord fut negoci le jour mnme entire cette Chancellerie et la
Ligation Dominicaine, aux terms duquel le Gouvernement Domini-
cain s'engageait a payer immediatement au Gouvernement Haitien
la some de 275.000 dollars. Cette valeur devait 6teindre la creance
du Gouvernement Haitien sur le Gouvernement Dominicain. Le soir
meme, l'Assembl6e Nationale se reunissait pour ratifier l'Accord. Le
Ministre Dominicain en Haiti, alors charge d'affaires, remettait dans
la meme soiree, 'la valeur susdite, en un chique sur la National City
Bank. Ce chbque a 6t6 passe a I'ordre de la Secr6tairerie d'Etat des
Finances, apres que quittance eut 6t6 donn.e.
Cette valeur, affected aux colonies agricoles et aux ceuvres sociales,
n'a pas tard6, come chacun sait, a porter ses fruits. Ces colonies agri-
coles permettent de fonder sur leur avenir de r&confortants espoirs.
Contrairement a certaines critiques, le Gouvernement a done sagement
agi en employant les fonds a la creation de colonies au lieu d'en faire
une distribution qui n'eut que faiblement soulag6 les victims.

Presence en rade du Cap du G6n6ralissime Trujillo Y Molina, Chef du
Parti National Dominicain.
Le 2 mars dernier, le Generalissime de 1'Armie Dominicaine, l'ex-
President Trujillo, accompagnant Mme. Trujillo et son fils, qui de-
vaient s'embarquer au Cap pour l'Europe, arrivait dans la rade de
cette ville A bord de l'aviso de guerre >.
Le Secr6taire d'Etat des Relations Exterieures ne pouvait laisser pas-
ser une telle occasion, tout en diferant aux rigles d'usage de courtoisie
international, de priciser avec cette haute personnalit6 de la politique
dominicaine, certain points encore en suspens, des relations haYtiano-
dominicaines. S'itant rendu au Cap, il fut regu A bord par Son Ex-
cellence le Generalissime Trujillo avec qui il eut une longue et cour-
toise conversation. L'ex-IPresident Trujillo laissait la rade du Cap le
soir meme. Arrive le lendemain dans la capital voisine, il cabla ses
remerciements pour l'accueil don't lui et les siens avaient 6t6 l'objet.

Entrevue de Cercadillo.
Douze jours apres le passage au Cap-Haitien de 1'ex-President do-
minicain, Monsieur le Pr6sident de la Republique se rendait a la fron-
tiire Sud, A Cercadillo, oit il eut une entrevue avec le Generalissime
Trujillo. Jamais, en raison des circonstances, rencontre ne fut plus
opportune. Elle permit au President de la Republique d'Haiti de se


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mettre d'accord avec l'Ancien Chef d'Etat Dominicain sur la conclu-
sion du modus operandi, privu par l'Accord du 31 Janvier 1938.
Au course de cette rencontre, LL. EE. Vincent et Trujillo ont minu-
tieusement envisage toutes les questions pendantes entire les deux Gou-
vernements et sont tomb's d'accord sur les solutions rapides et efficaces
a y apporter. II a 6t6 confirm que le Modus Operandi sus-vis6 appel,
a determiner, de fagon nette et precise, la situation des migrants de
l'un et l'autre pays serait sign, sous peu, lors de la visit, faite depuis,
de Son Excellence M. Arturo Despradel, Ministre des Relations Ex-
tirieures Dominicain; que la situation des travailleurs ha'tiens dans
les usines sucrieres dominicaines et les plantations serait difinie bien-
t6t; que les interfts de ces travailleurs seront d6fendus par des Com-
missaires speciaux disignes par le Gouvernement Haitien A chaque p6-
riode annuelle d'embauchage. D'autre part, des measures de caractere
international furent aussi decides ayant toutes pour but de faciliter
1'application int6grale de la politique de bon voisinage 6tablie par le
President Roosevelt entire les 21 Ripubliques du Nouveau Monde et
la mise en pratique des principles superieurs qui ont domino la Confe-
rence Interamericaine de Lima. I1 s'est d6gag6 de cette entrevue que
l'avenir des relations entire les deux pays peut d6sormais &tre consider
avec confiance et que la rencontre des deux hommes d'Etat sera le
point de depart d'une politique franchement orient6e vers la paix si
necessaire a leur developpement moral et 6conomique.
L'exemple de bonne volont6 donn6 par les deux hommes d'Etat,
est comment en ces terms par le Journal Dominicain
du 15 Mars dernier: < dans File et meritera sans doute les plus favorables appreciations,
surtout en un pareil moment qui rend si n6cessaire la solution des pe-
tits problems de l'Amerique, afin que chacun puisse concentrer son
esprit et appliquer tout son came aux autres grands problemes don't
I'effet troublant, au lieu de s'attinuer, va en augmentant, avec l'emploi
de l'illgalit6, de la force et de la diplomatic armie pour la satis-
faction d'anciens et coupables appetits>.
Diverses demands d'extradition ont 6t6 produites aupris de ce Di-
partement par le Repr6sentant de la R6publique Dominicaine a Port-
au-Prince. Le Gouvernement Haitien s'est toujours efforc6, dans tous
les cas qu'il eut a considerer, a faire montre de la plus entire impar-
tialit6, et de satisfaire, dans toute la measure du possible, a ces diffe-
rentes demands de la Chancellerie Dominicaine. Un trait d'extradi-
tion pr6pare par cette Chancellerie a 6te soumis au Gouvernement Do-
minicain pour son approbation.


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Route Internationale.
Les travaux de la Route Internationale se sont normalement pour-
suivis. Un Membre Commissaire permanent a 6t6 nomm6 a la Com-
mission Haitienne de Delimitation des Frontieres, en replacement
de M. Louis Roy, appel6 a une autre function.

Emigration Haitienne.

M. Luis P. Green a exprim le desir par l'entreprise de la Legation
d'Haiti a Ciudad Trujillo d'embaucher des travailleurs haitiens.
Le Gouvernement s'est adress6 A la Chancellerie dominicaine pour
que routes garanties soient accord6es en la circonstance. M. Despradel,
apres avoir consult le Departement Dominicain d'Immigration, fit
savoir que routes les measures n6cessaires seraient prises pour l'execution
de l'accord 6ventuel avec M. Green, repr6sentant des centrales <(La
Romana> et <(Santa Fe>. II a 6t6 arrft6 que le transport des journaliers
s'effectuerait par la voie maritime tant A l'entree qu' 'la sortie. Le
choix du port d'embarquement a 6t6 laiss6 au Gouvernement Haitien.

Relations avec 1'Equateur.

Le Gouvernement confia la mission a son Agent a Quito, de remet-
tre la Decoration Nationale < de hautes person-
nalitis equatoriennes, parmi lesquelles Son Excellence Monsieur le
President de la Republique de l'Equateur, le Docteur Aurelio Mosquera
Narvaez et au Ministre des Relations Exterieures de ce pays ami, Son
Excellence le Docteur Julio Tobar Donoso. Les ceremonies qui eu-
rent lieu en la circonstance furent I'occasion d'une manifestation de
sympathie de la part des illustres bineficiaires de l'Ordre National qui
exalterent la Republique d'Haiti.

Manifestation en l'honneur de P6tion et de Bolivar.

Nous devons au VWnfrP Fondateur de la Republique, le Prisident
Alexandre Petion, l'honneur d'appartenir au cycle des Etats Boliva-
riens qui congurent l'ideologie panamericaine don't on connait les rCa-
lisations d'ordre pratique et constructif. Aussi, cette Secretairerie d'E-
tat a-t-elle vivement appr&ci le geste fraternel de la Soci&t6 Boliva-
rienne de I'Equateur qui, dans un cordial elan de reconnaissance, vou-
lut bien associer la mimoire d'Alexandre Ption a celle de l'Illustre
Liberateur Simon Bolivar, a l'occasion du Jour anniversaire de 1'In-
dependance equatorienne, le 10 Aoft dernier.


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Le Consul G6neral d'Haiti a 6tC charge d'exprimer A la Societe pr&-
citee les sentiments de profonde reconnaissance du Gouvernement Hai-
tien. Des discours furent prononces A l'occasion de cette manifestation
au course de laquelle .le G6neral Chiriboga, President de la Soci&te, prit
la parole, exaltant, de facon remarquable, la gloire de Petion.

Mort de son Excellence le Docteur Aurelio Mosquera Narvaez, Pr6si-
dent de la Republique de 1'Equateur.
Des que lui fut parvenue la triste nouvelle de la mort du President
Mosquera Narvaez, le Secr6taire d'Etat exprima ses vives condoleances
a son Collkgue, le Dr. J. Tobar Donoso.

Relations avec 1'Espagne.
Reconnaissance du Gouvernement Espagnol.
Le Gouvernement Haitien a reconnu de jure le nouveau Gouverne-
ment Espagnol le ler. Avril 1939. Le Comte Jordana repondit a la
communication faite A cette occasion.

Convention de Commerce avec 1'Espagne.
Les instructions avaient Wt6 passes, peu avant la guerre civil d'Es-
pagne, A M. Leon R. Thbbaud, Conseiller Commercial pres la Liga-
tion d'Haiti a Paris de se rendre a Madrid aux fins de negocier un
Accord Commercial avec l'Espagne. La guerre civil qui 6clata peu
apres vint faire obstacle A l'execution de ces instructions. Monsieur
Abel LUger, Ministre d'Haiti a Paris vient d'etre charg6,.conjointe-
ment avec M. Thebaud, d'entamer les conversations, en vue de cet ac-
cord, avec l'Ambassade d'Espagne a Paris.

Relations avec les Etats-Unis d'Am6rique.
Le 14 Novembre 1938, presqu'au debut de cet exercise Son Excel-
lence Monsieur Ferdinand Lathrop Mayer voulait bien communiquer
A la Secr&tairerie d'Etat des discours prononces l'un par M. Cordell
Hull, Secretaire d'Etat et I'autre par le Sous-Secr6taire d'Etat, Mon-
sieur Sumner Welles. Ces documents de premiere importance merith-
rent la plus serieuse attention. Elles donnerent 1'occasion d'affirmer
une fois de plus I'attachement de la R6publique d'Haiti a la cause du
Panamericanisme et sa volont6 de collaborer au besoin A 'la defense de
l'Ordre Panamericain. La lettre du Secr6taire d'Etat des Relations
Exterieures en reponse A la communication prfcit6e est publi6e ici en
appendice.


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Mission Militaire AmBricaine en Haiti.
La necessity s'6tant fait sentir de completer d'un nouvel officer la
mission americaine en HaYti, la Secr6tairerie d'Etat s'en ouvrit A la
Ligation Americaine le 26 Janvier 1939. Par ailleurs, le Departe-
ment de la Guerre des Etats-Unis, etant donn6 1'etat de sante du Co-
lonel Samuel J. Heidner, exprima le disir de designer une autre fonc-
tion a celui-ci. Pressenti a cet 6gard par la Legation Americaine, le
Departement fit savoir que le Gouvernement acceptait de renoncer au
preavis de trois mois privu a l'article 7 du Contrat du 7 septembre
1939 sign avec les Membres de la Mission. La nomination du Co-
lonel Weems suivit cette renonciation. Le Colonel Bessette fut choisi
pour completer la mission conformement au vceu formula le 26 Jan-
vier 1939.

Compromis n6cessit6 par la creation de la caisse d'Assistance Sociale.

En raison de la creation de la Caisse d'Assistance Sociale, un com-
promis intervint entire cette Secretairerie d'Etat et la Ligation Ameri-
caine. Aux terms de ce compromise les recettes a tirer des sources in-
diqu6es dans le d6cret-loi du 9 Dcembre 1938, autres que celles de
la Loterie Nationale, des revenues communaux, de dons, y compris le
pourcentage sur les appointments laisses volontairement par les fonc-
tionnaires don't le traitement est fixi par la Constitutionf seront depo-
ses avec les fonds gendraux du Gouvernement. D'un autre c6te, I'as-
surance est donnee ati Gouvernement qu'il pourra en tout temps ob-
tenir des credits extraordinaires avec I'approbation du Representant
Fiscal, pour les fins 6noncies dans la loi et jusqu'a concurrence des
nouvelles taxes 6tablies par celle-ci.


Notification de la Constitution, par 1'Association des H6pitaux Am&-
ricains, d'un Comit6 des Relations Latino-Am6ricaines.

Le 21 Mars, la Legation Americaine eut A faire part de la consti-
tution par l'Association des H6pitaux americains, dfiment autoris6e
de son Conseil d'Administration, d'un Comite des Relations Latino-
Americaines appeal a aiderer, conseiller et aviser les administrateurs
d'h6pitaux, les Departements de la Sante Publique et toutes autres
personnel interessees au maintien et aux travaux de l'Am6rique La-
tine>. Cette Secretairerie d'Etat n'hesite pas, vu son importance, a
faire mention de cette communication transmise par la voie ordinaire
au Service interesses.


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Le President Franklin Delano Roosevelt, proclam6 citoyen des trois
AmBriques.

Le Senat de la Republique et la Chambre des Deputes ayant vote
par acclamation, en conformity du vceu du President de la Republique
d'Haiti formula dans Son Message du 19 Avril 1939, une Resolution
aux terms de laquelle l'une et I'autre Assemblies reconnaissent solen-
nellement les services rendus par le President Roosevelt a la cause de
la Paix et de la Justice Internationale et le proclament citoyen des
Trois Ameriques, Monsieur Ferdinand L. Mayer a 6t6 pri6 de porter
a la connaissance de son Gouvernement l'hommage si 16gitimement
rendu au Chef de la Nation Am6ricaine. A cet effet, cette Secretairerie
d'Etat fit parvenir a M. Mayer avec le Message du President de la Re-
publique, la r6ponse des Presidents de la Chambre et du Senat et la
Resolution pricitee.

Neutrality am6ricaine dans le conflict europ6en.
Par note du 6 septembre, la Legation Americaine annonga la pro-
clamation le 5 septembre par le President des Etats-Unis d'Amerique
de la neutrality americaine. Un resum6 de cette proclamation don't le
texte parvint dans la suite a ce D6partement, fut annonce. Accuse de
reception a RtC adress6 de la note susdite. Le 21 Septembre, la neu-
tra.lit6 haitienne a 6t6 port6e a la connaissance de la Legation Ameri-
caine.

Service d'experts am6ricains au Gouvernement.
Cette Secretairerie d'Etat prend plaisir a noter l'empressement mis
par le Gouvernement Amiricain A mettre a la disposition du Gou-
vernement Haitien, toutes les fois que ce fut possible, le service de ses
experts. C'est ainsi qu'ayant desire avoir le concours d'un expert en
agriculture, il a 6t6 propose au Gouvernement qui I'a accept, celui de
M. Thomas A. Fennel, Chef de la Division des opIrations du Centre
National de Recherches Agricoles qui < administrative en matiere de culture tropical et a acquis une semblable
experience dans les services agricoles du Gouvernement Americain>.

Changes d'Etudiants.
D'autre part, la Legation Americaine eut a informer que son Gou-
vernement 6tait prft a proc6der a l'6change des etudiants, d'institu-
teurs et de professeurs, comme 1'envisage la Convention pour le dave-


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loppement des relations culturelles interamericaines. Ladite Legation
formula en mrme temps le vceu que le Gouvernement Haiti fft bien-
t6t en measure de commencer de tels &changes et de recevoir 6galement
des etudiants des Etats-Unis. Cette Secretairerie d'Etat fit part de ces
dispositions du Gouvernement des Etats-Unis a celle de l'Instruction
Publique. Cette dernibre transmit, en consequence, une liste de cinq
6tudiants choisis au concours pour les fins visees par ladite Conven-
tion.

Attachement aux principles Panamericains.
La celebration du Jour Panamericain, la demarche du Gouverne-
ment Americain aupris de MM. Hitler et Mussolini furent l'occasion
pour la R6publique d'Haiti d'affirmer, par l'organe de Son Chef, son
attachment aux principles du Panamericanisme et au maintien de la
paix.

Renouvellement du Moratoire.
Le 8 Juillet, 1'instrument par lequel fut renouvel le moratoire re-
latif a 1'emprunt de 1922 a 6t6 sign a la Secr6tairerie d'Etat des Rela-
tions Exterieures. II y a lieu de souligner la preuve de bonne volont6
et de comprehension donnie en la circonstance par le Gouvernement de
Washington.

Action AmBricaine dans 1'Antarctique.
Le Gouvernement des Etats-Unis a port i la connaissance du Gou-
vernement I'intr&ft qu'attache le Gouvernement Americain aux re-
gions antarctiques et que des fonds ont 6t6 votes pour une expedition
dans ces regions, commander par le Contre-Amiral en retraite Richard
E. Byrd. Le Gouvernement Americain annonga son intention d'6tablir
dans I'Antarctique des 6tablissements permanents ou semi-permanents
sans lser les droits pouvant appartenir dans ces regions a d'autres
Republiques Americaines.

Decision des Etats-Unis de conserver aux naturalists suivant le
D6cret-Loi du 29 Mai 1939 le contingentement r6serv6 A leur pays
d'origine.
Donnant suite aux instructions de son Gouvernement, la Legation
Americaine fit savoir que son Gouvernement entendait soumettre au
meme contingentement qui leur serait applicable s'ils n'avaient pas
change de nationality, les strangers qui auraient acquis la nationality


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haitienne conformement au Decret-Loi du 29 Mai 1939. Ainsi l'Ac-
cord regissant l'entr6e aux Etats-Unis des haitiens fixes en Haiti n'est
pas applicable aux naturalists pr6vus par le d&cret-loi susvis6. Les
Legations ou Consulats ont 6t6 charges de prevenir de cette decision les
naturalists de ladite cat6gorie.

Foire de New-York.
Le Gouvernement n'a pu donner suite a son desir de participer a
cette Foire avec l'ampleur qu'il aurait souhaitie, vu les faibles credits
mis a sa disposition. Sa participation a 6te assez restreinte; MM. Abel
Lacroix et Numa Rigaud ont ite deligues en l'occurrence.

Passage en Haiti du Chef de la Division Latino-AmBricaine au D6-
partement d'Etat Am6ricain et de Madame Duggan.
M. et Madame Duggan ont voyage en Haiti. Les courtoisies d'u-
sage furent reservees a ces distinguish visiteurs a qui un lunch a 6ta offer
par Monsieur le President de la Republique a sa residence de Kenscoff.

Project AmBricain d'unification des Accords Am6ricains relatifs A la
Paix.
Mfi par les difficulties que present la consultation dans les moments
d'urgence ou de crise, de nombreux traits visant i des fins souvent
identiques, le Gouvernement des Etats-Unis a pens6, dans le but d'ob-
vier a ces difficulties, a l'unification de tels traits. A cet effet, par 1'en-
tremise de sa L6gation a Port-au-Prince, ce Gouvernement a soumis
un project d'unification des traits susdits. Le project en question fut
remis a nos delegues a Lima en vue de sa discussion a la 8eme Confe-
rence Interamericaine. L'accord de principle du Gouvernement a 6te
donn6 audit project.

Relations avec la France.
Le 23 Mars 1939 ont Wete changes les ratifications de 1'Arrange-
ment conclu en 1931 sur les conditions de 1'echange des imprimes
par la voie postal. D'autre part, selon entente arrftie le 28 septembre
1938, entire la Legation de France et cette Chancellerie, les journaux
et revues de langue frangaise ont ete dispenses de la formality du cer-
tificat d'origine conditionnant la reduction des droits que leur consent
la Convention Commerciale franco-haitienne. (V. Moniteur du 13
octobre).


-24-








L'execution de l'Accord du 24 Juin 1938 a occupy une place im-
portante dans nos relations avec la France. La Commission Mixte
prevue par cet accord s'est reunie une fois chaque trimestre. Proces-
verbaux ont 6t6 dresses des reunions de cette Commission.
Apr8s une annie d'execution, la Commission a pu constater
que les deux parties se sont loyalement efforc6es de sastisfaire le plus
possible, aux desiderata de 1'accord. La question de l'achat des sacs
demeure l'une des plus 6pineuses. Sur 200.000 sacs que la Conven-
tion fait l'bbligation d'acheter en France, seulement 77.000 environ
l'ont Wte dans ce pays. II est a regretter que les exportateurs qui se
montrerent si anxieux de voir arriver a la conclusion de la Convention
du 24 Juin ne mettent pas plus d'empressement a satisfaire a une de
ses clauses importantes. Plusieurs pretendent que ces sacs depassent de
20% les prix du march mondial, en excluant ceux au prix exception-
nellement bas de l'Inde, alors que du c6te frangais on se fait fort de
prouver le contraire. L'exclusion des sacs de l'Inde donna lieu a un
accord intervenu le 22 Mars 1939. En ce qui concern l'expFdition
sous pavilion frangais du caf6 destine a la France, le deficit est d'en-
viron quelque 9.000 sacs. Ce deficit pourra sans nul dnute etre com-
ble grace a la decision visant a porter les expediteurs a executer la clause
du pavilion en subordonnant l'octroi du visa par la Chambre de Com-
merce du certificate d'origine afferent a leurs envois, au souci qu'ils au-
ront eu de satisfaire au contingent qui les concern.
II a 6t6 possible durant la susdite periode de satisfaire a I'obliga-
tion faite aux Services de l'Etat d'acheter une moyenne de un million
de francs de marchandises frangaises. Ce resultat est dO en grande
parties A certaines commander exceptionnelles.
II est a souhaiter que les Services auxquels il revient annuellement
de faire des achats important de marchandises ou products et qui dis-
posent de credits en consequence, ne percent pas de vue la necessity
de venir en aide au Gouvernement dans l'execution de l'accord. Cette
necessity de donner suite aux provisions de l'accord du 24 Juin 1938
a fait l'objet de diverse circulaires de ce D6partement. L'attention des
Services a Wte appelee tant sur les effects que peut avoir notre carence
que sur I'avantage qui peut resulter pour notre commerce de nos achats
dans la proportion determine. Des licences ou des contingents sup-
plkmentaires pourront etre alors, dans ce cas, reserves.

Ecole Normale Sup&rieure.
La Guerre a oblige a surseoir a la creation d'une Ecole Normale
Superieure prevue par Arr&td du 24 Mai 1939 et don't le fonctionne-


-25 -







ment devait ktre assure par un personnel recrut6 en France. Le D&-
partement s'entremit a plusieurs reprises pour arriver A un engage-
ment aux fins privues.

Cotons perl6s frangais.
A la date du 26 Novembre 1938, un accord est intervenu avec la
France au sujet des cotons perl6s qui avaient 6t6 compris dans la Con-
vention A la liste B, paragraphes Nos. 3103, 3104 du tarif douanier
haitien. Or, les droits prevus dans ces positions du tarif concernent
les cotons a trois bouts ou plus qu'exportent ici d'autres pays que la
France qui ne vend que des cotons a 1 ou 2 bouts (tarif 3101, 3102).
L'accord intervenu range sous ces dernieres positions du tarif les fils
de coton, envisages dans la Convention.

Extension A d'autres pays de la clause de la nation la plus favoris6e.
Le Gouvernement Francais montra quelque desappointement du
fait par le Gouvernement Haitien d'avoir appliqu la clause de la Na-
tion la plus favoris6e aux pays avec qui ont 6t6 conclus des traits
commerciaux bases sur cette clause. Le Gouvernement qui adopta
sans reserves a Montevideo le principle de la clause de la nation la plus
favoris6e se vit dans l'obligation d'agir ainsi et d'accorder aux Etats-
Unis notamment, les d&taxes A l'origine reserves a la France seule. Le
Gouvernement Frangais, pour obvier a la concurrence qu'il estime de-
voir resulter pour ses products de l'extension de ces detaxes aux mar-
chandises americaines demand des compensations. En consequence,
il a 6t6 convenu que, inscrits ou non, les products francais de la liste C
jouiraient de la d6taxe.

Manifestation de la pensee haitienne h Paris. Activities du Ministre
d'Haiti.
Sous les auspices du < et la presidence du Ministre
d'Haiti en ladite ville, a eu lieu, en Sorbonne, une manifestation de
la pens6e haitienne au course de laquelle des pieces d'auteurs haitiens
furent dites par des artistes de talent. M. Paul Courant, I'iminent
confirencier de contribua au succes de cette manifes-
tation. II a It6 demand au Ministre d'Haiti a Paris de le remercier,
lui et les talentueux artistes qui pr&t&rent leur concours en la circons-
tance.
Le Representant A Paris de la Republique a particip6 A de nombreu-
ses receptions, don't un banquet a l'H6tel Crillon en sa quality de Pr-
sident du Comit6 France-Amdrique.


-26-








Convention sur la cooperation intellectuelle du 31 Octobre 1938.
Le Ministre d'Hai'ti a Paris a sign cette Convention au nom du
Gouvernement. La ratification de cet instrument est envisage.

Felicitations A M. Georges Bonnet l'occasion de sa nomination dans
l'Ordre National Honneur et Merite>.
Le Secretaire d'Etat des Relations Extirieures a cable ses felicita-
tions a M. Georges Bonnet a l'occasion de son elevation a la dignity
de Grand-Croix .

Intervention de la L6gation de France en vue de la prohibition 6ven-
tuelle de divers films.
Les films < (allemand) et < (am&-
ricain) ayant 6td signals comme presentant un caractere nettement
disobligeant pour la France, le Departement a demand au Service
competent d'en empicher la projection, le cas hcheant. L'intervention
de ladite Legation a eu 6galement lieu au sujet du film leurs a l'Operas et d'un autre tire du roman de Guy de Maupassant
<.

Relations avec la Grande Bretagne.
Le Ministre d'Haiti a Londres a pris part en quality de Chef de
Mission a un service funebre cel1bre a la Chapelle Royale de St. James
Palace, en souvenir de la Reine de Norvege dicedee a Londres au mois
de Novembre 1939. Notre Representant a assist au premier lever de
I'annie 1939 de Sa Majest6 le Roi George VI et a la premiere cour de
LL. Majestis le Roi et la Reine d'Angleterre, ainsi qu'a diverse autres
manifestations.

Relations avec le Guat6mala.
Diff6rend avec la Grande Bretagne au sujet de Belize.
Le 6 Juin 1939, le Gouvernement Guatemalteque notifia a cette
Chancellerie le different qui le divise d'avec celui de la Grande Bre-
tagne et di a l'inobservance par le Royaume Uni de la clause de com-
pensation, article 7, de la Convention du 30 avril 1889, dite de Li-
mites entire le Guatemala et Belize.
Cette Chancellerie fit savoir a Son Excellence M. Carlos Fernandez
Cordova que rien ne saurait mieux traduire l'opinion, requise en l'oc-


- 27-








curence, du Gouvernement Haitien sur cette irritante question que.le
vif plaisir avec lequel il eut enregistr6 I'accord equitable qu'il sou-
haite ardemment voir intervenir entire le Gouvernement du Guatemala
et le Royaume Uni de Grande Bretagne a propos de B6lize. L'assu-
rance fut exprimee a cette occasion de toute la sympathie qui unit
Haiti au Guatemala.

Relations avec la Hollande.
Le Gouvernement des Pays-Bas a communique un avant-projet de
Convention relatif a la protection des monuments et d'ceivres d'art
au course de conflicts arms. I1 a 6t6 demand en mnme temps si le Gou-
vernement serait pr&t a participer a une Conference projet6e pour la
discussion du project de Convention en question. Cette Secretairerie
d'Etat rappela son adhesion au Pacte Americain Roerich ayant un
semblable objet et fit savoir que, le cas chantn, son representant con-
sulaire a la Haye ou a Amsterdam serait d&l6gue a cet effet.


Denonciation de la part de la France de la Convention relative au
regime des navires de commerce ennemis au d6but des hostilit6s,
signee a la deuxieme Conf6rence de la Paix le 18 Octobre 1907.
Son Excellence le Ministre des Affaires Etrangeres des Pays-Bas a
notifi6 la d6nonciation susvisee appelie a sortir ses effects le 13 juillet
1940. Cette Chancellerie a pris acte de cette decision de la France.

Relations avec 1'Italie.
De favorable qu'elle 6tait, la balance commercial haitienne avec
I'Italie est devenue deficitaire. La Convention Commerciale Italo-
Haitienne a depuis longtemps cess6 de r6pondre aux interets respectifs
des deux Pays. Cette Secr&tairerie d'Etat a donc, le ler. Avril 1939,
renouvel6 au Ministre d'Italie en Haiti son desir d'envisager les terms
d'une nouvelle Convention. II est a noter que ce pays a 6tabli centre
nos products un systeme de contingentement contraire a l'accord italo-
haitien.

Nouveau Statut du Royaume d'Albanie.
Par 1'entremise de la Ligation d'Haiti a Rome, le Gouvernement
Italien a fait connaitre au Gouvernement le nouveau statut du Royau-
me d'Albanie.


-28-








Relations avec le Perou.
Remise de la Decoration Nationale Honneur et M6rite A'des person-
nalit6s P6ruviennes.
Les distinctions suivantes ont 6t6 accordees dans 1'Ordre < Peru> par le Gouvernement de ce pays aux personnalites haitiennes
ci-dessous design6es:
A Monsieur le President de la R6publique: Grand'Croix avec bril-
lants.
Au Secretaire d'Etat des Relations Exterieures: Grand'Croix.
Au Directeur du Protocole: Grand'Officier.

Vacance A combler A la commission de codification du Droit Interna-
tional, A Washington.
En rappelant I'interpretation nouvelle que, aux terms d'une R6-
solution issue de la Conference de. Lima en dicembre 1939, l'Union
Panambricaine a donnie a 1'article LXX de la Resolution de Montevi-
deo concernant le choix des Membres de la Commission de Codifica-
tion du Droit International a Washington, D. C., le Gouvernement
Peruvien a sollicite I'appui du Gouvernement Haitien, afin que son
candidate, M. Ulloa, succede a feu Victor Maurtua, dc6dc, Membre
Peruvien a ladite Commission. L'appui sollicite a 6t6 promise. Le
Ministre d'Haiti a Washington regut des instructions en consequence.
A la Conference de Lima, les dil6gues de la Republique d'Haiti fu-
rent 1'objet des attentions les plus flatteuses de la part du Gouverne-
ment du Perou. Le President de la Delgation a 6t6 decor6 de l'Ordre
<.

Relations avec la Pologne.
A chacun des actes de l'Allemagne qui detruisait sa souverainet6,
le Gouvernement de ce pays n'a pas manqu6 de mettre le Gouvernement
Haitien, aupres duquel il est represented, au courant de ses protesta-
tions. II a ete, chaque fois pris note, des reserves du Gouvernement
Polonais.

Relations avec le Saint-Siege.
Le 21 Novembre 1939, la Nonciature Apostoloque fit part a la
Secretairerie d'Etat de la protestation du Saint-Siege a l'occasion du
decret-loi italien defendant aux citoyens du Royaume et de l'Empire
de se marier avec des personnel de race differente. II a it6 pris acte de
cette protestation.

29-







Caisse d'Assistance Sociale.
L'Arrft6 publiC en D&cembre 1938 disposant qu'un pourcentage
serait preleve sur les salaires ou appointments de toutes personnel
relevant A un titre quelconque du Gouvernement, a ete officiellement
porter le 5 Janvier 1939 a la connaissance de la Nonciature Aposto-
lique. Le Representant du Saint-Siege, s'associant au but poursuivi
par le Gouvernement en percevant ce pourcentage, donna son adhesion
aux terms de l'Arrit6. II a Wte cependant convenu que ce prelevement
ne s'appliqueraient pas aux institutions de bienfaisance qui, comme le
Grand Seminaire de Saint-Jacques et l'Ecole Apostoloque, subsistent
a l'aide de concours charitable. Depuis, ce prelvement a fait place
a la contribution volontaire des salaries de 1'Etat a la Caisse d'Assis-
tance Sociale.

Mort de Sa Saintet6 le Pape Pie XI.
A l'occasion de la mort de Sa Saintete le Pape Pie XI, le President
de la Republique et le Secr6taire d'Etat des Relations Exterieures en-
voyerent a Rome un message de condoliances. Le Ministre d'Haiti
a Berlin, Bruxelles et Varsovie presenta ses condoleances aux Non-
ciatures 6tablies dans ces trois Capitales. Son Excellence Monseigneur
Maurilio Silvani remercia vivement des marques de sympathie don-
nees en cette pinible occurrence et pria d'6tendre ses remerciements aux
Representants qualifies de diverse institutions nationals.

Elevation au Tr6ne Pontifical de S. E. le Cardinal Pacelli.
Dans le conclave du 2 Mars 1939, Son Eminence Monsieur le Car-
dinal Eugene Pacelli a ite elu Souverain Pontife. La Secr6tairerie
d'Etat, des qu'elle fut officiellement informee de I'elevation au Tr6ne
Pontifical d'un Pr6lat aussi eminent, ne manqua pas d'en exprimer sa
satisfaction A la Nonciature Apostolique.

Relations avec 1'Uruguay.
Le Gouvernement a remis des decorations <>
de hautes personnalites uruguayennes.
Le Ministre d'Haiti a la Havane et a Mexico a fait part d'une com-
munication de son Collegue de l'Uruguay a la Havane selon laquelle,
par d6cret No. 2391, promulgu6 le 3 Juillet 1939, la decision a 6te
prise de conferer la denomination < une rue de Montevideo. La
Secr6tairerie d'Etat, en faisant part de cette decision A l'Administra-
tion comp6tente a sugger6 qu'une pareille decision soit prise en l'hon-
neur de l'Uruguay.

-30-







Retrait de 1'Uruguay de la Soci&t6 des Nations.
Par 1'entremise du Ministre de l'Uruguay a Mexico, le texte du
discours prononc6 par Son Excellence M. Alberto Guani, Ministre des
Relations Extirieures de l'Uruguay A l'occasion du retrait de ce pays
de la S. D. N. a it6 transmis a la Chancellerie qui fit savoir qu'elle
avait accord sa meilleure attention a ce document et noti les argu-
ments employes dans la circonstance.

Cour Permanente de Justice Internationale.
Le group national de la Cour Permanente d'Arbitrage ayant d6-
sire designer aux prochaines elections a Geneve un juriste haitien pour
combler 1'une des quinze vacances qui se sont produites a cette Cour,
la Secr6tairerie d'Etat a sollicit6 a cet effet l'appui des Gouvernements
de l'Argentine, du Salvador, de Cuba, de Panama, du Venezuela, de
Costa-Rica, du Chili, de la Grace, du Honduras, du Mexique, du Ni-
caragua, de la Ripublique Dominicaine, de la Colombie, du Guatemala
et de l'Uruguay. A cette occasion, la Secr6tairerie d'Etat a fait savoir
que la delegation haitienne serait pr&te a voter en faveur du candidate de
ces pays a charge de reciprocit6. L'appui de la plupart de ces pays a eti
obtenu.

Cour Permanente d'Arbitrage.
Monsieur Constantin Fouchard, E. E. et Ministre Plenipotentiaire
de la Republique a Berlin, Varsovie et Bruxelles, a Wte d6sign6 pour
succider, comme Membre du Groupe Haitien, a feu M. Emmanuel
Etheart.

Union Panambricaine.
Cette Secr6tairerie d'Etat, dans le but d'appuyer ses demarches en
vue d'obtenir du Gouvernement Am6ricain qu'il mit 5 la disposition
du Gouvernement Haitien les services de certain specialistes, a pri6 le
Directeur de l'Union Panam6ricaine, M. L. S. Rowe de s'entremettre
Scette fin. M. Rowe d6fira volontiers a ce vceu de la Secr6tairerie
d'Etat a qui il fit tenir certaines precisions.

Commission Interambricaine des Femmes.
Madame Constantin Mayard a Wte designee pour &tre Membre hai-
tien de cette Commission en lieu et place de Madame Tiligny Mathon,
dimissionnaire. La L6gation d'Haiti a Washington a Wte convide le
28 septembre i aviser le Conseil Directeur de l'Union Panamericaine
de cette designation.


-31-







HuitiBme Conference Interambricaine.
Le d6but de cet exercise a WtC marqu6 par la participation ha'itienne
aux importantes assises de la Huitieme Conference Interamericaine qui
se tinrent a Lima du 9 au 27 D&cembre 1938, conformement A la R&-
solution approuvee a la Conference de Montivideo. La D1iegation
ha'tienne compose de Monsieur Leon Alfred, President, MM. Danths
Bellegarde, Clovis Kernizan, Albert Etheart et Edmond Sylvain, mem-
bres, de M. Xavier Kieffer-Marchand, Conseiller; de MM. Jacques
Antoine et Mauclair Z6phirin, Secr&taires, s'acquitta de sa mission A
l'entiere satisfaction du Gouvernement.
Le President de la Del6gation, M. Leon Alfred, fut design, con-
jointement avec Leurs Excellences MM. Henry Norweb (Etats-Unis),
Hildebrando Accioly (Brisil) et Banjamin Cohen (Chili) pour faire
parties de la Commission de Coordination; Monsieur Dantes Bellegarde
fut designd comme Vice-President de la Ve. Commission charge de
1'6tude des problemes ayant trait a la Cooperation Intellectuelle et au
Desarmement moral.
La VIIIe. Conference Interamericaine de Lima a reaffirm6 la volonte
des 21 Republiques de cet hemisphere d'orienter leurs relations com-
merciales suivant les principles de 1'igalit6 de traitement pour tous, I'a-
baissement des barrieres douanieres en vue de faciliter et de develop-
per entire elles les changes de marchandises. Des deliberations de la
Conference sont sorties, entr'autres recommendations et resolutions:
1.-une nouvelle procedure de consultation interam6ricaine, laquelle
a Wte mise en execution et a prouv6 son efficacity plus t6t qu'on ne le
pensait peut-ftre A la recent Reunion des Repr6sentants des Ministres
des Finances qui eut lieu a Guat6mala au mois de Novembre dernier;
2.-une declaration des principles de solidarity continental ameri-
caine, la declaration de Lima. Cette declaration precise la d&termina-
tion des republiques americaines de presenter un front commun centre
toutes les attaques ou activitis venant de l'exthrieur et susceptibles de
menacer la s6curit6 des institutions democratiques 6tablies dans l'hi-
misphire occidental.

Le President de la Delegation haitienne prononga au course d'une des
sessions plInieres de la Conference un discours oiu fut rappel6e avec
bonheur la place qu'occupe la Republique d'Haiti dans I'oeuvre pana-
m6ricaine don't le Chef de la Nation Haitienne s'est riv616 ftre un des
principaux artisans.


-32-







Conference de Panama.
Dans les derniers jours de septembre 1939 et conformement a la
declaration de Lima, une reunion consultative des Ministres des Re-
lations Extirieures des diverse Republiques AmBricaines etait convo-
quie a Panama. Mr. Lion Laleau, diment design par ses functions,
y representa le Gouvernement Haitien, La Delegation d'Haiti a la
Reunion Consultative y apporta sa loyale et habituelle cooperation.
Dis 1'ouverture des d6bats, le Secretaire d'Etat des Relations Exte-
rieures s'attachait A priciser, en la circonstance, I'attitude de son Gou-
vernement et le fit dans une declaration publiee a son retour. L'action
de nos de1lgues s'y concretisa meme sous la forme du d6p6t de trois
propositions don't l'une d'elles, plus particulikrement, fut I'objet des
eloges du rapporteur de la sous-commission chargee d'en connaitre.
Cette proposition fut votee A l'unanimite. Dans les actes des sessions
preliminaires de la Conference, on peut lire ce qui suit concernant la
declaration sus mentionnee:
publique d'Haiti a fait une declaration qui indique la position de son
Gouvernement en face du conflict europeen. L'int6ressant document
reflete noblement la pensee ginerale de l'Am6rique, car il s'y trouve
reiteres les sentiments de solidarity, de paix et de cooperation etroite
qui honorent certainement la nation qui les adopted .

La question des r6fugies IsraBlites.
Diverse decisions ont e6t prises relativement A l'admission ici de
cette catCgorie de rifugies. En Janvier 1939, le dep6t a 6t6 exig6 de
cinq mille dollars dans une banque d'Haiti, pour que le refugi6 fit
admis A y entrer. Cette valeur demeurait la propriety du deposant.
Une loi est venue depuis fixer les conditions d'admission. A partir de
la guerre, l'ex&cution de cette loi pour des motifs d'ordre superieur est
comme suspendue. Le visa n'est plus accordI aux refugies. Seuls ceux
qui se naturalisent conformement au Decret-Loi du 29 Mai 1939
sont admis a entrer en Haiti. Des formules de declaration d'intention
de se naturaliser, de proces-verbaux, d'interrogatoire, ont e6t envoyees
aux Consuls de nationality haitienne, seuls charges d'intervenir en ma-
tiere de naturalisation. II a ete demanded aux agents d'informer tous
ceux qui ont et6 autorises a entrer en Haiti anterieurement a la decision
de restreindre cette entree aux seuls naturalists, que le Gouvernement
se reservait le droit de faire appel a leurs talents particuliers, s'ils en
possedent A des conditions i 6tablir. La question des refugies et des
naturalists n'a pas manque d'augmenter dans une sensible measure la
correspondence ordinaire des services de cette Secretairerie d'Etat.


-33-







La r6organisation du D6partement des Relations Extbrieures.,
Cet exercise a 6t6 spicialement marque par une reorganisation de la
Secr&tairerie d'Etat. La Chancellerie 6tait quelque peu d6bord6e par les
multiples exigences de la diplomatic moderne. Les cadres, rests 6tri-
ques, arrivaient difficilement A embrasser les nombreux aspects de la
vie international. D'autre part, les progres constants du Panam6rica-
nisme reclamaient une cooperation plus efficace, une observation plus
attentive de la politique continental americaine. C'est pour ob6ir A
ces imperieuses considerations que fut pris un Arr8t6 A la date du 11
Mai 1939, reorganisant la Secr6tairerie d'Etat des Relations Ex-
terieures. Aux terms de cet Arr&t, l'Administration Centrale de cette
Secr&tairerie d'Etat a 6t6 divisee en differents Services qui comprennent:
1.-La Direction Generale des Affaires politiques, diplomatiques,
iconomiques, le Conseil Technique et la Direction des Congres, Confe-
rences et Relations Culturelles;
2.-La Direction du Protocole;
3.-Le Service du personnel et de la correspondence generale;
4.-Le Service de la Comptabilite;
5.-Le Service des Archives et du Materiel;
6.-Le Commissariat national au Tourisme et
7.-Le Secr6tariat Particulier.
Les fonctionnaires sont: Le Directeur General des Affaires politi-
ques et commercials, le Conseiller Technique aux Affaires diploma-
tiques et contentieuses, le Conseiller Technique aux Affaires &conomi-
ques et financieres, le Directeur et le Sous-Directeur des Congres, Con-
ferences et Relations Culturelles, le Chef et le Sous-Chef du Protocole,
le Chef du Bureau du personnel et le Chef de Service de la Correspon-
dance generale, le Chef du Service de la Comptabilit6, l'Archiviste, le
Commissaire au Tourisme et le secr6taire particulier.
Un bureau annexe charge de l'&tude des affaires americaines a 6t6
institu6 A ce Departement, A la fin du present exercise, et est appeld
a rendre plus fructueuse l'ceuvre de rapprochement inter-americain de
cette Chancellerie. Djai la nouvelle organisation commence a'donner
des resultats encourageants. Le President de la Republique a eu,
l'exercice dernier, a indiquer de remarquable fagon, les fins superieures
d'une telle organisation et les espoirs qu'elle autorise. La Secretairerie
d'Etat travaille actuellement A l'6tablissement de fichiers appel4s a ktre
d'une utility capital pour la bonne march de ses Services. Cette r6-
forme, par dessus tout un acte de bonne volont6, est loin d'avoir at-


- 34-








teint l'ampleur desirable. II n'en demeure pas moins qu'elle constitute
un acheminement vers un fonctionnement de plus en plus efficace. II
convient a cette place de signaler que le personnel pris, dans 1'ensem-
ble, a fait preuve d'un reel devouement i la tiche et d'une parfaite
comprehension de l'aeuvre A laquelle il est appel6 a collaborer.

Conventions sanctionn6es au course de cet exercise.
Les Conventions sur le traffic de l'Opium de 1935 A 1936 et celles
relatives a la suppression de la traite des femmes et des enfants et A la
repression de la traite des femmes majeures, ont it6 sanctionnees par le
Comit6 Permanent de 1'Assemblhe Nationale le 26 septembre. II a ete
demanded au Service competent de cette Chancellerie de faire le n&ces-
saire pour que soit effect le dep6t des instruments de ratification.

Du ler. Octobre 1938 au 30 Septembre 1939 la R6publique d'Haiti
a 6t6 invite et repr6sent6e aux manifestations internationales sui-
vantes:

1.-Conf6rence diplomatique sur la Cooperation Intellectuelle reu-
nie a Paris le 30 Novembre 1938. Dilegu6 d'Haiti: Mr. Abel N. L6-
ger, Ministre d'Haiti a Paris;
2.--6me. Congres Biennal de < tion> tenu a Toronto (Canada) du 19 au 23 septembre 1939. Del6-
gues d'Haiti: Drs. Rulx LUon et Jules Thebaud;
3.--4me. Congrbs d'Odontologie, tenu a la Havane du 4 au 11
Fevrier 1939. Del gues d'Haiti: Dr. Jules Thebaud, Dr. M. Rou-
main, Dr. H. Holly, Dr. Paul Sejourne et Dr. Ed. Denis;
4.-Congres International de Ridacteurs en Chef des Journaux et
Revues frangais, tenu a Nice du 19 au 21 Mars 1939. Del6gues d'Hai-
ti: MM. Roussan Camille et Ernest Chauvet.
5.-Assembl6e Culturelle Panamiricaine, tenue A Washington en
Fkvrier 1939. Deligu6 d'Haiti: Mr. Elie Lescot, Ministre d'Haiti aux
Etats-Unis;
6.--2me. Conference Library Association>, tenue a Washington les 23 et 24 F~vrier 1939.
Delegu6 d'Haiti: Mr. Elie Lescot, Ministre d'Haiti aux Etats-Unis;
7.-CongrBs International d'Agriculture et de la Pche, tenue a
Liege les 22 et 24 Juin 1939. Del6gues d'Haiti: M. Pierre Liautaud
et M. P. Charlier;


- 35 -







8.--llme. Conference de l'Union Interam6ricaine contre la Tu-
berculose, tenue A Berlin du 16 au 20 septembre 1939. DelIgue
d'Haiti: Dr. Louis Roy;
Cette Conference n'a pu avoir lieu en raison de la guerre.
9.-ler. Congres Panamericain de 1'Habitation Populaire, tenu a
Buenos-Aires du 2 au 7 Octobre 1939. Del6gue d'Haiti: Dr. F. Tron-
g6, Consul General d'Haiti a Buenos-Aires;
10.-Congres et Exposition de la Volaille, tenu a Cleveland
(Ohio) et a Washington D. C. du 28 juillet au 7 aoft 1939. D6lI-
gues d'Haiti: MM. D. Estim6, Secretaire d'Etat de l'Agriculture et
Jules M6nos, Conseiller Technique;
11.--Courses aeriennes de Miami, d6roulees a Cleveland (Ohio)
du 2 au 7 septembre 1939. Delegue d'Haiti: Lieutenant Ed. Roy.
12.-Conference Interamericaine de Neutralit6, tenue i Panama du
24 septembre au 4 octobre 1939. D616gues d'Haiti: M. Lion Laleau,
Secretaire d'Etat des Relations Exterieures, Mr. Raoul Lizaire, Con-
seiller Technique et Mr. Max Dorsinville, Secretaire traducteur de la
Del6gation;
13.-Congres am6ricain de Cooperation Intellectuelle. D6l6gue:
M. E. Vergara Robles, Consul General d'Haiti a Santiago de Chili;
14.-Conference de Montreux en vue de reviser la Convention de
Lucerne de 1933 sur la Radiodiffusion et 6tablir de nouvelles attribu-
tions de frequences aux stations europiennes. D6legu6: A. Addor;
15.-llme. Congres Postal Universel A Buenos-Aires. Delgue:
Dr. F. A. Trong6.

Tourism.
Le Departement n'a pu envisager la proposition faite par l'entre-
mise de l'Office National du Tourisme de donner i M. Louis Mercier
le titre de Conservateur des Monuments Historiques, function que le
Gouvernement n'a pas encore 6t6 en measure de crier.
Sous la reserve d'un contr6le efficace des fonds devant en provenir,
l'acceptation de principle a it6 donnie a 1'livation de $1.50 a 2.00
du prix de la location des voitures et des chevaux faisant le trajet de
Cap-Haitien-Milot-Citadelle.
La Secretairerie d'Etat a, d'autre part, distribu6 de nombreuses bro-
chures de propaganda. Elle a soumis a 1'approbation de l'Assemblhe
National le Decret-Loi, entr6 en vigueur, sur l'organisation du Tou-
risme. Le Secretaire d'Etat des Relations Exterieures, dans l'intiret


-36-








du developpement du Tourisme a accept de faire parties du Comit6
form au Cap-Haitien, en vue de l'aminagement, dans cette ville, de
la Place Roosevelt et de 1'Avenue du Cinq Juillet.

Parc Vincent au Cap-Haitien.
L'Office National du Tourisme ayant sugger que la Direction
Generale des Travaux Publics flabore un project d'achevement des
travaux du Parc Vincent, la Secr6tairerie d'Etat a fait part de ce voeu
au Service competent.

Suggestions jug6es immediatement r6alisables par 1'O. N. T.
L'Office National du Tourisme ayant fait d'heureuse suggestions
relatives aux voitures appeldes a transporter les tourists, leurs conduc-
teurs, les hotels, cette Secr&tairerie d'Etat en a recommande la realisa-
tion au Departement de l'Interieur. II convient de signaler qu'une
lettre du Consul d'Haiti a Colon (R. P.) content de justes remar-
ques et d'utiles suggestions que le Departement s'est empress de faire
connaitre aux Services interesses.

Entretien de Monuments Historiques au M61e Saint-Nicolas.

Ayant appris I'6tat d'abandon dans lequel talentt laisses les int6-
ressants vestiges historiques de la Batterie Valliere, du Fort Georges,
du Fort Polygone, du Fort Morne-a-Cabrits situes dans l'Arrondisse-
ment du M61e Saint-Nicolas et la presence en plusieurs fois de riches
visiteurs en croisiere dans leurs yachts, le Departement signal le fait
a I'O. N. T. Aux derni&res et toutes r6centes nouvelles, il a.ft r&con-
fortant de savoir que la suggestion d'employer les condamnes de droit
commun a l'entretien de ces monuments a 6t6 adopted et que ceux-ci
offrent a cette heure un aspect decent.
II a 6t6 repondu a diverse questions poses de l'exterieur au sujet
du tourism national.

Affaires Commerciales.
La maison Lipton, de Londres, a fait part a la Legation d'Haiti en
cette ville que des oranges sires de provenance jamai'caine commen-
cent i arriver sur le march londonien et que si nos producteurs desi-
raient en expedier sur ladite place, ils devraient faire leurs offres le plus
t6t possible. La Chambre de Commerce d'Haiti, le Departement de


-37--








1'Agriculture ont requ communication de cette int6ressante informa-
tion par les soins de la.Secretairerie.d'Etat des Relations Exterieures.
Le Vice-Consul d'Haiti a-la Romana a signal qu'il y aurait lieu
d'entreprendre un movement de propaganda don't pourrait resulter,
dans sa locality, un march en faveur de certain de nos products. Le
D6partement du Commerce a 6t6 informed de cette possibility offerte a
nos denrhes. La Chambre de Commerce a 6t6 igalement avisee.
Monsieur Leslie Springett a 6te invite a adresser un rapport d6-
taill et circonstanci6, avec pieces a 1'appui, sur les activists qu'il pour-
suit au nom du Gouvernement en vue, notamment, de promouvoir la
vente, sur le march des Etats-Unis, d'Amerique, du cafe d'Haiti par
I'amelioration de la preparation de cette denree et son accommodation
au goft americain.
La Secretairerie d'Etat a renseign6 les Services competents de I'Agri-
culture et du Commerce sur les mentions que doit comporter le certi-
ficat sanitaire afferent aux expeditions de miel en France en sus de celles
ordinairement inserees dans cette piece, par le Service National de la
Production Agricole.
C'est en appelant la plus serieuse attention sur ce qui en fait l'objet
que cette Secr6tairerie d'Etat a communique aux Services competents
la correspondence reque de la Legation d'Haiti a Paris vers Novembre
1938, relativement a la mauvaise preparation de notre denree princi-
pale exp6diCe en France.
A cette occasion, il a Wte sugg&r6 que des measures severes soient prises
centre ceux qui, proposes a interdire 1'exp6dition d'une denr6e qui n'est
pas conforme au type exportable, auraient apport6 une negligence cou-
pable a l'accomplissement de leur tiche. Cependant, cette Secr6tairerie
d'Etat veut bien croire qu'il ne s'est agi en ces deux circonstances que
de cas isolis, l'amelioration de la preparation de notre caf6 ayant 6t6
reconnue ces temps passes.
Un fort pourcentage de d6fectuosit6 a Wte aussi relev6, en France,
dans une livraison de caf6 d'Haiti (Marque sp6ciale Contrat No. 2, de
la Maison Bigio). Le necessaire a Wte fait, egalement, par cette Secre-
tairerie d'Etat, aupres des Services compitents.
D'une fagon generale, cette Secretairerie d'Etat, dans la penshe que
les renseignements recus de ses agents ou de diverse autres sources, con-
cernant les denr6es ou products en demand sur divers marches, peuvent
ftre utiles aux services appeals ? promouvoir le developpement agri-
cole, les a scrupuleusement ports a la connaissance de ces Services.


-38-








Cette Secretairerie d'Etat conserve l'espoir que ces renseignements sont
classes et coordonnes de facon a etre utilises pour l'orientation de la
production ou de 1'extension agricole.
La creation au Canada d'une Socift6 Import et Export, destinee A
faire valoir les products haitiens, I'importance de nos importations
dans ce pays oi s'alimente une grande parties de la consommation na-
tionale, en farine, poissons, etc., a toujours donn6 a penser a cette
Secr6tairerie d'Etat que le Canada pouvait bien constituer un d6bouch6
tres inthressant pour nos denrees; ses vues A cet regard lui paraissent
rencontrer celles de nombreux canadiens influents parmi lesquels des
membres du Gouvernement Canadien.
Les Ministres du Commerce et de'l'Agriculture du Canada ont eu,
en effet, a faire connaitre, en vue de relations plus suivies les products
que le Canada est en measure de fournir. C'itait pour les Services de
cette Secretairerie d'Etat une excellent occasion d'indiquer ceux don't
notre production dispose aux memes fins. En vue d'y arriver, la dou-
ble question suivante a 6t6 posse au Departement de l'Agriculture tout
en lui indiquant les fins envisagees: Quelles sont: 1.--avec indication
de leur volume, nos denr.es actuellement exportables? 2.-celles,
nouvelles, don't le Service de l'extension agricole peut prevoir dans un
avenir plus ou moins rapprochb, la production en quantity exporta-
ble? Ces renseignements don't l'un est i la portee de mes Services, vu
qu'a la rigueur, il peut etre trouv& dans le Bulletin de l'Office du Re-
pr6sentant Fiscal, font encore besoin. Les services de.ce Dipartement
competent les utiliser de facon appropriee, dBs qu'ils seront en leur pos-
session.

Presentation de Lettres de CrWance.

Des Lettres de Creance ont ete presentees, avec le ceremonial d'u-
sage, Far:

Son Excellence Monsieur R. A. Nicholas Hillyer, Ministre Resi-
dent de Sa Majest6 Britannique, le 28 Avril 1939;

Son Excellence Monsieur Anselmo Paulino Alvarez, E. E. et Minis-
tre Pl6nipotentiaire de la R6publique Dominicaine, le 27 fivrier 1939;

Son Excellence Monsieur Victor Lascano, E. E. et Ministre. PlIni-
potentiaire de 1'Argentine, le ler. F6vrier 1939;
Son Excellence Monsieur Sylvio Rangel de Castro, E. E. et Minis-
tre PlInipotentiaire des Etats-Unis du Bresil, le 24 Mars 1939.


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Lettres Patentes.


Du ler. Octobre 1938 au 30 Septembre 1939, des Lettres Patentes
ont 6t6 d6livrees a:
Monsieur Raul del Pozo Cano, comme Consul Honoraire de la
Republique d'Haiti a Asuncion (Paraguay) le 10 octobre 1938;
Monsieur Thomas Dunlop, comme Consul Honoraire de la Repu-
blique d'Haiti a Glascow (Ecosse) le 28 Octobre 1938;
Monsieur Ross Campbell Livingston, comme Vice-Consul Hono-
raire de la R6publique d'Haiti a Montego-Bay (Jama'que), le 23
Fevrier 1939;
Monsieur Harold Oscar Brodhurst, comme Vice-Consul Honoraire
de la Republique d'Haiti a Port-Antonio (Jamaique), le 23 Fevrier
1939;
Monsieur John Cachia, comme Consul Honoraire de la Republique
d'Haiti a Make (Ile de Malte), le 2 Mars 1939;
Monsieur Charles Perising, comme Consul Honoraire de la Repu-
blique d'Haiti a Nice (France), le 2 Mars 1939;
Monsieur Georg von Opel, comme Consul Honoraire de la Repu-
blique d'Haiti a Francfort sur Mein (Allemagne), le 3 Avril 1939;
Monsieur Enrique Turri, comme Vice-Consul Honoraire de la R&-
publique d'Haiti a Santiago (Chili), le 19 Avril 1939;
Monsieur le Dr. Richard Bak, comme Consul Honoraire de la RI-
publique d'Haiti a Alexandrie (Egypte), le 27 Avril 1939;
Monsieur Yves Verna, comme Vice-Consul de la Ripublique d'Hai-
ti A New-York, U. S. A., le 5 Mai 1939;
Monsieur Manuel J. Castillo, comme Consul Honoraire de la Re-
publique d'Haiti a Colon, R. P., le 8 Mai 1939;
Monsieur Eugene Ivon, comme Consul Honoraire de la Republique
d'Halti a Cherbourg (France), le 26 Mai 1939;
Monsieur Francis P. Clark, comme Consul Honoraire de la R6pu-
blique d'Haiti a Boston, U. S. A., le 26 Mai 1939;
Monsieur Romolo Verga, comme Consul Honoraire de la Ripubli-
que d'Haiti a Milan (Italie), le 26 Mai 1939;
Monsieur Paul Lederer, comme Consul Honoraire de la Republique
d'Haiti a Shangai (Chine), le 12 Juin 1939;
Monsieur Alberto Icasa Carbo, comme Consul Gen6ral Honoraire
de la Republique d'Haiti a Guayaquil (Equateur), le 3 Juillet 1939;


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Monsieur Henry Charles Lekek Brierley, comme Consul Honoraire
de la Republique d'Haiti a Sydney (Australie), le 16 Aoft 1939;
Monsieur Joao de Freitas Marfins Jr., comme Consul Honoraire
de la Republique d'Haiti a Funchal (Ile Madere), le 16 Aoit 1939;
Monsieur Juan Rodriguez Lopez, comme Vice-Consul Honoraire
de la R4publique d'Hai'ti a Madrid (Espagne), le ler. Septembre
1939;
Monsieur Pierre Francois Andre, comme Vice-Consul de la Repu-
blique d'Haiti a Bruxelles (Belgique), le 12 Septembre 1939;
Monsieur Marcial Martinez Prieto, comme Consul Honoraire de la
Republique d'Ha'ti a Santiago (Chili), le 12 Septembre 1939;

Du ler. octobre 1938 au 30 septembre 1939, 1'Exequatur a 6ti d&-
livre a:
Monsieur Robert Leslie Pettigrew, Agent Consulaire des Etats-Unis
d'Amerique au Cap-Haitien, le 2 Dicembre 1938;
Monsieur William Robert Mackness, Consul de Sa Majeste Bri-
tannique en Haiti, avec residence a Port-au-Prince, le 14 D&cembre
1938;
Monsieur Elizardo Richiez, Consul de la R6publique Dominicaine
au Cap-Haitien, le 20 Janvier 1939;
Monsieur Arturo Paulino, Consul de la R6publique Dominicaine
a Ouanaminthe, le 8 Mars 1939;
Monsieur Louis Vital, Agent consulaire de la Republique Fran-
gaise a Jacmel, le 4 Avril 1939;
Monsieur Roque E. Bautista, Consul General de la Republique
Dominicaine a Port-au-Prince, le 17 Avril 1939;
Monsieur Reginald Arthur Nicholas Hillyer, Est., Consul de Sa
Majest6 Britannique en Haiti, avec residence A Port-au-Prince, le 12
Juin 1939;
Monsieur Ramon N. Gonzalez, Consul de la Republique Domini-
caine au Cap-Haitien, le 19 Juillet 1939;
Monsieur Karl Seidel, Vice-Consul des Pays-Bas aux Cayes, le 16
Aoft 1939;
Monsieur Arthur Groves Wood, Vice-Consul de Sa Majestr Bri-
tannique au Cap-Haitien, le 27 Septembre 1939.


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Visites d'Unit6s de la Marine de Guerre des Puissances EtrangBres.
3 Janvier 1939.-Arriv&e du vaisseau de ligne allemand wig-Holstein>.
28-30 Janv. 1939.-- Sjour du croiseur < et de 22 des-
troyers de la marine de guerre des Etats-Unis d'Amerique-Contre-
Amiral William S. Pye.
4-6 Fiv. 1939.--Sjour de 21 navires de la marine de guerre des
Etats-Unis d'Amerique.
7-10 Fev. 1939.-- Sjour du navire cole beige , com-
mandant R. van de Sande;
11-13 Fiv. 1939.-- Sjour de 15 units de la marine de guerre des
Etats-Unis d'Amerique.
6-11 Mars 1939.-- Sjour de 4 unites de la marine de guerre des
Etats-Unis , miral C. C. Bloch.
14-19 Juillet 1939.-Sejour du Croiseur Anglais .
Ces visits ont donni lieu a des manifestations de courtoisie.

Au moment de terminer cet expose, le Secretaire d'Etat des Rela-
tions Extirieures 6prouve un reel plaisir A souligner que la politique
suivie par la Secretairerie d'Etat s'est constamment inspiree des nor-
mes fixees a sa politique exterieure par Son Excellence Monsieur le
President de la R6publique qui a d6fini de fagon magistrale la posi-
tion qu'il conviendrait a la Republique d'Haiti de prendre dans les
affaires americaines en particulier. C'est aussi une bien lgitime sa-
tisfaction pour le Chef actuel de la Diplomatie Nationale que d'avoir
travaill, d'accord avec les directives a la fois savantes et genereuses
du Chef de 1'Etat, a placer la Republique d'Haiti dans le circuit di-
plomatique des Ameriques. Notre pays a kt6, en effet, present a toutes
les manifestations de l'effort amiricain deploy6 pour les fins humani-
taires visant A conserver hors de toute atteinte la communaut6 des
nations americaines et a sauvegarder les idles liberales qui ont preside
a leur naissance a l'independance; bien plus il a eu l'opportunit6 flat-
teuse de voir priter au dehors une oreille attentive aux paroles du Chef
actuel de la Nation, le premier qui a renou6 une ancienne tradition
haitienne trop longtemps abandonn6e: celle de contribuer A 1'oeuvre
panamericaine, oeuvre de solidarity don't aucun historien serieux ne


-42-








peut nier la part important qu'y a prise Haiti dans le but de faire de
1'idee panamericaine cette force agissante et bienfaisante don't les heu-
reux resultats sont constates actuellement.
Telle a ft6, pour la periode ci-dessus indiquie, la cooperation ap-
portie, dans sa sphere d'action, par la Secretairerie d'Etat des Relations
Exterieures, a 1'ceuvre aux tendances multiples, courageusement entre-
prises par le Gouvernement de Votre Excellence.
Je profit de cette occasion pour vous renouveler, Monsieur le Pre-
sident, I'hommage de mes sentiments profondement divoues et de
mon indefectible attachment.


-43-


























DEFENSE CONTINENTAL















LE PRESIDENT VINCENT
ET LA DEFENSE CONTINENTAL


Les visions d'Etat du President Vincent se recommandent par leur
realism ficond. Elles s'appuient d une comprehension exacte de la
matibre social. Ce sont elles qui donnent a sa conception du paname-
ricanisme une actuality si rigoureuse.
Dans cette etude od ii analyse, avec un souci particulier d'objecti-
vite, I'6volution de la situation international, il a defini et developp6
la notion de defense continental. Et ii a etabli la ndcessite de cette
politique.
II affirmed solennellement le prix que notre continent attache d la
paix. Mais ii sent bien que la mobilisation des forces morales sera
impuissante d la sauvegarder.
La cooperation qu'il propose entire les nations americaines pour
organiser la security de l'himisphere devient un imperatif. Elle cesse
d'etre une formule pour s'intigrer dans le cadre des realites. II est
possible, d'autant plus possible de l'obtenir que le caractere de la sou-
verainetj elle-meme s'est transformed; les intirets materials et moraux
de l'Amerique forment un tout; c elle de realiser cette unite.
Pour qu'elle soit viable, le systmme d'organisation doit poser d la
base la participation preponderante des Etats-Unis d'Amerique. Ce
son nouveau rend l'ampleur de la confiance faite d la puissance ame-
ricaine, traduit un aspect actuel de sa politique exterieure. En la sai-
sissant dans ses details et en la mettant en lumiere pour fixer la posi-
tion de la Republique d'Haiti, le Prisident Vincent apportait d l''ta-
blissement de la defense continental l'esprit de collaboration don't ii
a marque les rapports de son Gouvernement avec les Etats-Unis. Et
quand, pour le enforcement de la solidarity, il sugg're la conclusion
d'un Pacte d'Assistance Mutuelle entire les Etats-Unis d'Amerique et
les trois Etats de la Mer des Antilles, I'acuite de sa clairvoyance co'in-
cidait avec une intelligence precise du developpement des 6venements.
A la Havane ol le problem de la commune security a ete agit',
c''tait le rayonnement de l'idee. Elle continue a rayonner. Le Pre-
sident Vincent a eu sa part dans ce fait heureux et de meme que le


-47 -







nom du Prisident Roosevelt domine depuis 1932 l'histoire de la po-
litique mondiale, celui du Prdsident Vincent est attach aux buts ac-
tuels du Panamericanisme.


DANS LA TRAGIQUE CONJONCTURE (1)

Les Etats-Unis veulent la paix.
A Buenos-Aires, en 1936, et a Lima, en 1938, toutes les autres R&-
publiques Americaines ont egalement proclami non seulement leur
volonte de paix, mais encore leur volonte de cooperation pour le main-
tien de la paix.
Les affirmations solennellement renouvelees de leur dssir et de leur
besoin de paix n'empichent pas les Am6riques d'etre constamment aux
6coutes des angoisses du monde et du grondement sourd des catastro-
phes qui menacent la civilisation.
A la minute que nous vivons, plus on attache de prix a la paix, plus
il faut ftre dispose et prit a la defendre. Or, il est incontestable que la
paix est en danger. II va falloir peut-ktre se battre pour elle. Les
forces morales, mobilis6es depuis longtemps, ont deja march et mar-
chent encore, helas! jusqu'ici, sans resultat. Cependant, tout n'est
peut-4tre pas dit de ce c6te. Les ricentes d6marches des Nonces Apos-
toliques dans quelques Capitales ont rencontre la sympathie des Gou-
vernements aupres desquels Ils sont accredits et fortifi6 de nouveau
tous les espoirs. D'autre part, la mission que le Saint-Phre vient de
confier a son propre Cardinal-Secr6taire d'Etat, Mgr. Maglione, t6-
moigne, encore une fois, que Faction de la plus haute autorit6 morale
.reconnue, se pursuit plus activement que jamais, et qu'une telle per-
severance ne peut que servir la cause de la Paix, en venant a la rescousse
des diplomaties 6puisees. On fait avancer pourtant les forces mat&-
rielles. C'est presque le branle-bas du combat. Les strategies s'elabo-
rent. Les armements s'intensifient. Les industries de guerre fonction-
nent a plein rendement, et les Etats-Majors 6tablissent des plans de
defense militaire centre d'imminentes agressions.
Depuis Septembre de 1'annie derniere, les Etats-Unis ont senti-
et ils l'ont senti profondement-que leur securi't6, aussi bien que celle
du Continent, etait fortement menacee. Les vi6nements europeens
subsiquents n'ont fait qu'aviver leur inquietude. Ils ont pens6 et c'est
1'6vidence mime, que le danger etait commun aux trois Am6riques, et


(1) Extrait de < par Stinio Vincent, President de la R6-
publique d'Haiti.


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ils ont tenu a en persuader tous les peuples de notre hemisphere, a les
convaincre de la necessity, et mnme de l'urgence de s'unir et de se so-
lidariser le plus &troitement possible pour la defense de leurs souve-
rainetis respective, de leur integrity territorial, et des principles direc-
teurs de la morality politique amrricaine.
<...De quelque fagon differente qu'on puisse interpreter la doctrine
de Monroe, ecrivait Mme. Dorothy Thompson dans le Herald Tribune> du 9 Dcembre 1938, son dessein*essentiel a tou-
jours t6C clair: emp&cher le Nouveau Monde de devenir un domaine
oh le Vieux Monde puisse acquirir des colonies, I'empicher de devenir
un champ de bataille entire les different systems politiques europdens
et une base d'action europeenne militaire ou navale>.
Peut-tre faut-il moins craindre l'imperialisme agressif et direct des
ideologies Europeennes dans nos Amnriques que la realisation de leurs
visees d'expansion par des m6thodes, deja privues dans certain quar-
tiers, et qui consisteraient a faciliter des groups ou des parties locaux
a s'emparer des Gouvernements par la force. Ce sont ces Gouverne-
ments complices qui leur assureraient la conquete des marches Sud et
Centre-Amnricains 5 1'exclusion de tous autres concurrents. Et si
d'autres groups ou d'autres partis-et rien n'est plus certain-s'op-
posaient A ces usurpations armies, ostensiblement ou tenebreusement
appuydes par 1'Etranger, voilA, en effet, des Etats Americains devenus
dle champ de bataille entire les divers systimes politiques europeens>,
c'est-A-dire autant de malheureuses Espagnes dechirees par les plus
atroces convulsions interieures.
S'il en 6tait ainsi, ces disordres foments et developpes par tous les
moyens de propaganda don't on dispose act'uellement, ne constitue-
raient-ils pas deja de puissantes infrastructures pour des fins ulterieures
de domination plus effective?
Quelle serait alors la position des Etats-Unis dans une telle even-
tualiti?
Dans un discours prononce le 13 Avril de cette annie, au Bureau
directeur de 1'Union Pan-Amrricaine, A occasion de la celebration de
la , le President Roosevelt disait: sommes prets A maintenir la paix Americaine et A la defendre de toute
notre force en repondant par la force a toute tentative qui pourrait
&tre faite pour miner nos institutions ou menacer l'ind6pendance d'un
de nous...>
II ne s'agit, dans cette declaration catigorique, que du cas oi I'in-
dependance d'un Etat Americain serait attaquie par une Puissance
europeenne.


-49-








Mais, dans les conjonctures envisagees, on se trouverait plut6t en
presence de factions internes luttant a main armee pour ou centre les
ideologies importies, et avec encore plus d'ardeur et de passion qu'elles
n'en apportent dans leurs diffirends politiques habituels.
Comment la doctrine de Monroe pourrait-elle jouer dans ces cir-
constances?
Les Etats-Unis interviendraient-ils quand meme?
Dans un article paru dans la revue cubaine AMERICA, livraison de
Mai 1939, sous la signature d'un remarquable 6crivain, le Dr. Juan
Clemente Zamora, l'auteur, apris avoir bross6 un tableau complete de
la situation international actuelle, r6pond precisement a ces questions
avec une pinetration et un avenir dans l'esprit qui meritent de retenir
serieusement I'attention.
(<...Le caracthre meme de l'acte, dit-il, rendrait I'intervention des
Etats-Unis supremement difficile. N'essayant pas d'intervenir pour
defendre une Nation americaine attaquie ou envahie par des troupes
6trangires, mais de s'interposer dans une guerre civil, leur ingerence
serait consid6ree, par une parties de leurs propres sujets, comme arbi-
traire, et la propre propaganda des ideologies en cause se chargerait
de la faire paraitre, devant le reste de 1'Amerique, comme un acte ra-
pace d'imp6rialisme Nord-Amiricain.
Si l'action des Etats-Unis,-precisement pour eviter cette respon-
sabilit--se limitait a prfter, pour sa part, un 6gal concours en argent
et en materiel de guerre aux groups indigenes a tendances d6mocrati-
ques, les resultats pourraient ftre semblables a ceux obtenus en Espa-
gne, et les luttes civiles pourraient se prolonger tres longtemps.
Dans l'un ou 1'autre cas, les consequences seraient desastreuses
pour l'Amerique du Sud>. Et j'ajoute pour les Etats-Unis 6galement.
M. Zamora ne voit que deux moyens de parer a cette grave menace.
D'une part, eviter que les peuples de 1'Amerique du Sud ne soient la
proie facile des passions politiques extremes, en levant le niveau de
vie des masses; d'autres part, offrir aux Nations de 1'Amerique latine
d'autres possibilities 6conomiques et commercials pour que leurs mar-
chis ne soient pas absorbs par les puissances non-americaines. Et il
ne voit que les Etats-Unis pour s'atteler a cette tache d'envergure et
affronter r6solument le problem.
Ce qu'il faudrait, en d'autres terms, c'est l'organisation de la so-
lidarit6 des interfts Inter-Ambricains pour aboutir a l'unit6 &conomi-
que continental, de maniere a enchainer la paix a la vie meme de nos
peuples. Et le magnifique example ainsi offert aux ( tourmenties


-50-








de 1'Europe ne pourrait que hiter cette unite economique mondiale
qui demeure, a travers routes les agitations contemporaines, la condi-
tion indispensable de la Paix, et de l'Ordre nouveau en gesine dans les
entrailles de notre douloureuse Humanit6.
Les Etats-Unis semblent I'avoir bien compris. En effet, leur poli-
tique actuelle de financement des Gouvernements Sud et Centre-Am6-
ricains par des emprunts a long terme destines a des travaux d'utilit6
publique et a la resorption du ch6mage, en vue de l'augmentation du
pouvoir d'achat de nos peuples;-de reduction ou meme de suppres-
sion de certain chapitres de leur tarif douanier pour faciliter I'entrie
des produits des Etats-Americains dans leurs marches;-de stabilisa-
tion du change pour que les achats en < rendus desormais plus
commodes, fortifient de plus en plus les liens commerciaux et condui-
sent peut-tre A l'Ctablissement d'une monnaie Inter-America'ine,-ce
qui serait 6minemment souhaitable;-toute cette large politique de
defense intelligence de la paix que, sous I'6nergique impulsion du Pre-
sident Roosevelt, le Gouvernement des Etats-Unis a depuis longtemps
envisagee et qu'il a commence A appliquer, demeure un temoignage
6clatant des efforts, et meme des sacrifices qui sont faits pour cimenter
le bloc des Ameriques et lui imprimer toute la valeur, toute 'la portte
humaine et exemplaire que r6clament les circonstances tragiques dans
lesquelles se debattent les nations affolees...
Si la guerre 6clatait...
Il est certain-quoique pretendent ceux qu'on appelle, dans les con-
troverses americaines sur la question, des isolationnistes-que les
Etats-Unis ne pourraient pas se tenir en dehors du conflict. Dans tous
les cas, les developpements imprevu d'une guerre europeenne les y
entraineraient t6t ou tard. Ils en sont persuades, et c'est pourquoi ils
sont en train de s'armer jusqu'aux dents pour parer a toutes les even-
tualitis.
Quelle est la position de notre pays dans cette tragique conjonc-
ture?
L'extrait suivant du grand Magazine am6ricain LIFE, edition du
31 Octobre 1938, nous donne une idle precise de l'importance excep-
tionnelle qu'on attache la Mer des Antilles pour la defense du Canal
de Panama.
<...Les stratiges navals, y lit-on, considerent les Caraibes comme la
clef strategique des , parce que: 1) cette zone command
le Canal de Panama, 2) parce que les c6tes Est des Etats-Unis et la
plus grande parties de 1'Amerique du Sud se trouvent dans le rayon des
unites operant des bases des Caraibes. Du point de vue du stratege,


-51-








les opinions qui cherchent a 6mouvoir a propos de l'imperialisme am&-
ricain dans les Caraibes ne sont que des niaiseries sentimentales. L'A-
merique doit contr6ler les Caraibes ou quelque autre puissance peut
contr6ler 1'Amerique. Les plans presents r6clament que la flotte am6-
ricaine soit gardee dans le Pacifique, bien qu'elle doive voyager dans
l'Est I'annie prochaine pour des manoeuvres dans les Caraibes. Dans
l'6ventualit6 d'un grand movement de flotte venant de l'Europe, la
petite escadre de l'Atlantique, operant des bases des Caraibes, pourra
probablement tenir l'ennemi a l'ecart du Canal de Panama jusqu'a ce
que la grande Flotte puisse traverser le Canal et venir a son secours.
Les Iles des Caraibes s'etendant dans la mer sur une longueur de
mille miles de la pointe de la Floride, forment une superbe chaine de
defense naturelle pour le Canal. Les d6troits de Floride et le Canal
de Yucatan sont commandos par Key West. L'Amerique garde le
Passage du Vent entire Cuba et Haiti par la base de Guantanamo, con-
c6dde par Cuba. Sur le passage de Mona, se trouve Porto Rico qui ap-
partient a 1'Amerique. La Marine, rapportait-on le 21 Octobre, de-
mandera bient6t l'etablissement d'une base a6rienne a San Juan. Ane-
gada, principal passage du traffic europeen au Canal de Panama, se
trouve just a l'est d'une autre possession Americaine: St. Thomas, des
lies Vierges, avec son beau port, facilement protege, de Charlotte Am6-
lie.
La defense americaine faiblit parmi les Petites Antilles avec leurs
nombreux passages a l'est des Caraibes. Dans son privoyant et int6-
ressant livre si bien documented sur la defense national < que nous surveillons, le Major Georges Fielding Eliot, co-auteur de
( soient grandement fortifies par 1'etablissement d'une base a Trinidad
ou a la Barbade, possessions anglaises.
Une base sur l'une ou l'autre Ile serait utile aussi pour repousser une
tentative d'invasion de 1'Amirique du Sud. Major Eliot pense que
ce serait encore bien mieux si 1'Am6rique possidait aussi la Jamaique,
de la Grande Bretagne, la Martinique, de la France et Curacao, des
Pays-Bas, tous occupant des positions strat6giques et a present pauvre-
ment d6fendues.
La meme chose est vraie en ce qui concern les Bermudes Anglaises
oiu une base navale commanderait la c6te entire des Etats-Unis. Peut-
ftre la plus grande menace strategique se trouve dans 1'Archipel des
Bahamas, possession anglaise, don't les sept cents miles et caysys> avec
leurs nombreux ports et debarcaderes pourraient abriter plusieurs
porte-avions et sous-marins ennemis. Sur le point de savoir comment


-52-








1'Amerique pourrait obtenir ces possessions 6trang&res, Major Eliot
insinue que la question de la dette de guerre n'est pas encore rgglie>.
L'ile d'Haiti se trouve done dans la ligne de defense des c6tes orien-
tales des Etats-Unis. Elle est considered, avec Cuba et Porto-Rico,
comme une position de couverture de tout premier ordre, d'aprbs les
cartes dressees par les Etats-Majors navals et aeriens.
Un editorial du > edition du 3 Mai de cette an-
nie, precise encore davantage les facilities de defense des Etats-Unis
dans ce lac americain des Caraibes et designe clairement notre port
des GonaYves pour I'etablissement d'une base navale et adrienne. Cet
editorial est ainsi formula:


STRATEGICE DANS LES CARAIBES>

( Rico est une consequence logique de la determination du Gouverne-
ment de pourvoir a une adequate security des environs du Canal de
Panama et de la region des Caraibes. C'est une reiteration aussi de
notre intention de maintenir la doctrine de Monroe et de poursuivre
une politique de defense de l'himisphbre.
Les Caraibes ont Ite longtemps une zone d'influence americaine,
et les Iles des Indes Occidentales sont un natural rempart gardant les
approaches de Panama. Deja nos facilitis de defense dans ce (lac Am6-
ricain> A Key West, dans la baie de Guantanamo, a Cuba; a Gonaives,
Haiti; a Culebra, dans les Iles Vierges; et a Porto-Rico, ont 6t6 long-
temps negligdes. Au course de cette session le Congris a vote une 1gis-
lation pour pourvoir a l'etablissement de grandes bases aeriennes et
d'une base de sous-marins prot6eges par les fortifications de l'armee et,
probablement, par une garnison augmentie de 1'armee, a Porto-Rico.
Les defenses atlantiques de Panama a Coco Solo et ailleurs doivent
ftre fortifiees et 6ventuellement une base navale adrienne d'une 6ten-
due considerable doit etre cr66e en Floride.
La zone entire des Cara'bes prend, une fois de plus, pour ce pays,
une signification stratigique qu'elle n'a pas eue depuis la guerre avec
l'Espagne. Avec des bases adequates en Floride et ailleurs, nous pou-
vons non seulcment assurer la security du Canal centre une attaque
venant de l'Ouest, mais nous pouvons aussi apporter par le moyen
d'une grande ligne d'aeroplanes, de sous-marins et de navires de sur-
face, une plus large protection a l'Amerique du Sud que cela n'est pos-
sible aujourd'hui.


-53-








II demeure done evident que notre position geographique nous as-
signe un r61e de premier plan dans la strategic arrftee pour la defense
de l'hemisphere occidental. Les choses etant ainsi et ne pouvant pas
etre autrement, le moment ne parait-il pas venu de donner une forme
concrete et effective A la solidarity continental solennellement procla-
mee a Buenos-Aires et a Lima aussi bien que dans les declarations par-
ticulieres des Gouvernements?
Certes, il a ete bien entendu que, en cas de guerre ou de menace de
guerre sur notre continent, on proc6derait i des consultations pour
6liminer cette menace. Or, la menace de guerre est aujourd'hui
permanent. Et la guerre elle-meme vient, de plus en plus, par sur-
prise. L'Ind6pendance des Etats est quelquefois supprimee sans coup
ferir, et c'est une politique de qui tend a se substituer
aux regles du droit international. La guerre se fait maintenant sans
aucune declaration, puisque, juridiquement parlant,-et pour prendre
un example actuel-il n'y a pas de guerre entire le Japon et la Chine...
II faut, par consequent, Etre toujours prEt A faire la guerre pour
sauvegarder la paix. Il n'est plus temps de se deja I'heure d'agir. N'est-il pas beaucoup plus sage de determiner a
1'avance les conditions et les formes de collaboration et de cooperation
de chacun de nous a l'oeuvre de defense commune un peu trop theori-
quement envisagee jusqu'ici. Ce n'est pas quand l'incendie approche,
que 1'on amenage les services destines A preserver les maisons menacees.
Decid6 A faire la chaine, chaque Etat americain devrait etre d6ej sur la
ligne pour aider a eteindre le feu.
C'est pour ces raisons que j'avais suggere, il y a quelques mois, la
conclusion, dans le cadre des principles proclames a Buenos-Aires et a
Lima, d'un Pacte d'assistance mutuelle entire les Etats-Unis d'Am6ri-
que et les trois Etats de la Mer des Antilles, puisque, en cas de peril
et par leur situation g6ographique, ils constituent les bases principles
de defense de notre Continent. Ce pacte, une fois conclu, pourrait etre
etendu aux autres Nations des Ameriques. II contribuerait, personnel
ne saurait en douter,-non seulement a assurer la continuity de 1'hu-
maine politique de bon voisinage instaurde et poursuivie par le Presi-
dent Roosevelt, mais encore a asseoir definitivement la commune se-
curite ombree de laquelle notre pays, ainsi que les pays les plus voi-
sins des Etats-Unis, trouveraient le seul climate qui puisse favoriser leur
evolution dans la paix et la prosperity.

STENIO VINCENT
President de la Ripublique d'Haiti


-54--












LE VRAI SENS DE LA
SOLIDARITE AMERICAINE



La question de la solidarity continental interamericaine est asssure-
ment 1'une de celles qui tiennent le plus avantageusement a l'heure ac-
tuelle la vedette international. Elle le doit aux circonstances de la
guerre europ6enne et aux deux reunions consultatives des Ministres des
Affaires Etrangeres americains de Panama et de la Havane qui en ont
It6 la consequence. Le probleme merite done qu'on s'y arr8te et qu'on
en examine a la fois les origins, le caractere particulier et les modalites
occasionnelles qu'elle a pu revftir au course de son histoire dejA s6cu-
laire. II convient, au surplus de souligner la part, qu'en tant que mem-
bre de la communaute interamericaine, nous avons prise et continuous
a prendre a ces manifestations, plus particulierement au course des deux
conferences recemment tenues et d'oii sont sorties des decisions don't
l'importance ne saurait echapper.
Qu'il existe une solidarity interamericaine et que la conscience en
soit fort precise chez les nations de cet hemisphere, c'est ce qu'on ne
saurait mettre en doute. Elle puise ses origins dans l'identit6 des cir-
constances auxquelles les nations americaines doivent d'avoir vu le
jour, issues, des unes autant que les autres, d'insurrections victorieuses
et qui les ont arrachees a la domination de leurs metropoles respective.
Le commun ideal republican et d6mocratique ensuite qu'elles ont he-
rite de ces circonstances et qui en faisait comme l'a dit Henri Clay:
sevissaient sur le vieux monde> demeure alors dans les liens de la tra-
dition monarchique et autocratique que personnifie la Sainte Alliance.
L'apprehension enfin d'un retour offensif eventuel mettant en cause
leur security interieure ou pour la plupart leur existence meme de la
part de metropoles assez peu enclines, on le congoit, A faire bon march
de droits et prerogatives camoufles en l'occurrence sous les espices et
apparences d'une legitimit6 de bon aloi.
Toute l'histoire diplomatique de l'Amerique tant anglaise qu'espa-
gnole Forte la marque d'une telle preoccupation. II suffit d'6voquer a
cet igard pour les Etats-Unis par example l'affaire de la Louisiane au
course de la derniere decade qui en prec6da I'incorporation au domaine


-55-








de l'Union 6toilke. Terre frangaise, cedee a l'Espagne, elle menaqait en
effet de faire retour a cette France revolutionnaire don't les entreprises
dans l'Europe d'alors ne permettaient guere de se faire illusion sur les
potentialitis expansionistes et que les Treize colonies en consequence
se souciaient assez peu d'avoir pour voisin immediat.
Certaines pages ecrites a l'6poque par les dirigeants de Washington a
l'intention des representants am6ricains aupres des course de la vieille
Europe sont en ce sens d'une actuality qui ne laisse pas que de sur-
prendre et rendent un son qui fait hommage a la continuity des vues
et traditions du D6partement d'Etat.
Mais l'apprehension d'une Europe entreprenante n'etait pas parti-
culibre a I'oncle Sam. Les republiques latino-am6ricaines savaient
avoir tout a redouter de metropoles mal resignees a leurs pertes colo-
niales et qui ne faisaient point mystere de projects de recuperation
mettant en jeu l'existence meme des nouvelles nationalities. C'est le
temps en effet ou la Sainte Alliance des Rois a pris la place sur l'ho-
rizon international de l'astre napoleonien mis en pieces dans les bas-
fonds de la Haie-Sainte et ne rave, sous l'inspiration de Meternich,
que le retour a l'ordre de choses anterieur a la R6volution Frangaise
et pour en effacer les moindres traces. Le monarque espagnol, Fer-
dinand VII est tout acquis aux doctrines du jour et ne souhaite rien
tant, lui aussi, que d'en faire une exacte application aux vice-royautes
et capitaineries generales echappees a son allegeance. Pour ce faire,
l'Europe, et surtout la France de Louis XVIII et du Duc de Richelieu,
est toute prEte a lui apporter un concours qu'elle n'hesite point A pro-
poser a 1'aeropage europeen. Seule l'Angleterre par souci bien compris
de ses interEts et pour avoir, au temps du blocus continental, tate des
possibilitis d'affaires du march hispano-americain, fait obstacle a ces
velleites. L'6moi est gros certes dans les pays du Sud du Rio Grande
qui ont renversb le vieil ordre espagnol et camp a sa place des insti-
tutions filles 5 la fois de la revolution americaine et des principles qua-
tre-vingt-neuviens.
Mais ces projects n'en affectent pas moins la ser6nit6 d'ame des po-
litiques de Washington qui, pour s'6pargner le voisinage de la France,
se sont mis en frais en 1803 de lui prendre la Louisiane pour 60 mil-
lions et risquent ainsi n6anmoins de la voir, en tant que puissance in-
tervenante en Espagne, reparaitre en sous-main au Mexique et a Cuba.
Que des nations jeunes et sur le qui vive se soient rejointes dans la
conscience claire d'une communaute d'intirets disormais manifeste,
mieux d'une solidarity contientale qui les rendait 6galement sensibles a
la menace dirigee centre l'une ou plusieurs d'entre elles, la chose n'etait


-56-








que trop logique et il est natural qu'elle ait trouv6 sa double expression
dans le message du President Monroe de 1822 et dans initiative de
Bolivar du Congres de Panama trois ans plus tard.
11 n'est pas dans notre propos de rapporter ici l'histoire de la soli-
darit6 interamericaine avec ses alternances de succis et de vicissitudes
au course du 19e. si&cle et depuis. Qu'il nous suffise seulement de rap-
peler la vive reaction que provoqua aux Etats-Unis 1'intervention
francaise, au Mexique au temps du Second Empire, I'aide donnie a
Cuba dans sa lutte centre la domination espagnole et que ne faisait
que reprendre d'ailleurs, sous une forme nouvelle, de vieux projects
de l'oncle Sam sur la grande Hle antileenne, trop proche 5 son gr6 de ses
c6tes floridiennes pour ne pas participer quelque peu de son system
planitaire; I'action americaine lors des demEles du President Castro avec
ses creanciers europiens; enfin et surtout 1'inauguration du movement
panamiricain avec la conference interamericaine de Washington en
1888.
II est important toutefois de noter la vie nouvelle qui semble s'in-
fuser dans ce movement a partir de la grande guerre et que trahit
pendant cette periode, outre la multiplication des prises de contact,
I'6volution du panamericanisme dans le sens d'une cooperation plus
realiste des elements de la communaut6 continental.
II n'est pas sans interft de souligner a ce sujet et quant aux causes
de cette reviviscence, le relief que, par opposition aux antagonismes eu-
rophens, les traits communs aux nationalitis americaines empruntaient
aux circonstances. Comme ces individus que leurs affinitis rappro-
chent au moment des grandes crises, les republiques de cet hemisphere
s'6taient en quelque sorte redecouvert des parents de tendances et d'i-
deal qui les avaient rapproches, tout en mettant I'accent davantage sur
tout ce qui, a tant d'6gards, les diff6renciait de la vieille Europe pour
en faire, selon le mot d'Henry Clay: gesse humaine a I'encontre des oligarchies querelleuses et dominatrices
du vieux monde. Plus que jamais les peuples des Ameriques 6taient
apparus comme d'une essence autre, en depit de leurs origins, orients
vers d'autres buts et les poursuivant par des moyens qui ne s'appa-
rentaient en rien a ceux en usage outre atlantique. Seule la victoire
des democraties occidentales associates du reste aux Etats-Unis avait pu
un instant faire illusion. Mais la voix de I'ap6tre du nouveau monde
n'avait-elle pas 6trangement d6tonn6 au course des debats d'oil la paix
6tait sortie. Avec ses principles, sa maniere d'envisager les problhmes
et d'en proposer des solutions, n'avait-il pas fait figure d'6tranger,
d'original, marquant ainsi les distances, accusant les incomprehensions


-57-







entire les ideologies en presence, Et cette paix faite, l'oncle Sam ne
s'6tait-il pas a ce point peu retrouv6 dans l'acte de Versailles qu'il en
avait presqu'aussit6t r6pudi6 les obligations. Et si ses freres du Sud
4taient eux rests autour de la table a Geneve, ne fut-ce pas, en pre-
sence des methodes, des pratiques qu'ils y decouvraient, pour quitter
un a un subrepticement leur siege.
L'histoire de l'Europe d'apres-guerre avec ses problimes qui lui
etaient propres et les remedes qu'elle y apportait n'etait pas faite da-
vantage pour combler le fosse.
Par centre les Etats-Unis avaient, pendant la guerre, repris a leur
compete l'experience anglaise du temps du blocus continental. Une fois
de plus l'Amerique espagnole s'6tait riv1l6e un march plein de pos-
sibilites commercials et d'occasions de bonnes affaires. Or, il est dans
la nature de l'homme que l'accord des interets ouvre aisement la voie
Sl'entente des cceurs et cela d'autant plus que l'oncle Sam mettait vo-
lontiers la main a la poche, prft au financement de tous les projects que
les republiques sudistes jugeaient convenables A leur 6quipement in-
dustriel, agricole ou minier. Mieux, pour combattre plus efficacement
un retour offensif du commerce europeen, plus sp&cialement anglais et
germanique, disormais d6gag6 des servitudes de la guerre, Washing-
ton n'a-t-il pas inaugur6 une politique de qui s'appli-
que a arrondir les angles, pousse a la comprehension reciproque, amor-
tit les causes de frictions ou s'emploie a les 6liminer. Aussi les contacts
intercontinentaux se multiplient-ils. Les conversations autour du ta-
pis vert des conferences gagnent-elles aussi en inter&t, en portee. Sous
l'influence de l'esprit nouveau, les congris panamericains percent cet
air de reunions purement decoratives, occasions d'effusions sans con-
sequence d'< declamatoires et vains, pour se faire
plus realistes, plus soucieux de r6sultats. Des questions importantes
et d'actualite immediate sont portees a 1'ordre du jour et soigneuse-
ment examinees. Les discussions se font plus vivantes et aboutissent
a des solutions d'inspiration plus pratique et plus concrete. Tout un
droit international americain, original et pertinent dans nombre de
ses parties s'elabore au course des reunions qui groupent autour des
tables des conferences a Santiago de Chili, a Rio de Janeiro, a Was-
hington, a la Havane, A Buenos-Aires, a Montevideo, i Lima des Ju-
ristes am6ricains de grande reputation. Des instruments de premiere
importance tels que le Pacte Gondra, le trait sur l'arbitrage et la con-
ciliation, le Code Bustamente, le Pacte Saavedra-Llamas, la convention
sur les droits et devoirs des Etats y voient le jour ou y regoivent leur
consecration officielle. Des institutions telles que la Commission in-


-58-








ternationale .des jurisconsultes americains, l'organisme interamericain
de cooperation 6conomique et financiere y sont crees et en prolongent
les effects.
Rien d'6tonnant des lors que cette solidarity interamericaine ait Wte
tout de suite alertee et que les nations de I'hemisphere occidental aient
senti le besoin de se concerter devant les problkmes que posait pour
elles la nouvelle conflagration europeenne. II en est sorti la R6union
consultative ,des Ministres des Affaires Etrangeres de Panama en Sep-
tembre 1939 et celle plus proche de nous et qui se tint recemment a
la Havane. Une double tendance s'affirma aussit6t a ces assises A sa-
voir: tenir ce continent a l'6cart du conflict europeen conformement a
la tradition qui, manifestement rejoignait celle en honneur au temps de
la Sainte Alliance et qui dans les instructions et messages des dirigeants
de Washington avait trouv6 une expression si vigoureuse et peremp-
toire. Et deuxiemement: s'organiser de maniere a s'affranchir dans la
measure du possible des liens 6conomiques d'avec le vieux monde ou A
tout le moins y pourvoir momentanement sur la base d'une sorte de
Zollverein project qui avait toujours souri aux Etats-Unis et don't le
Gouvernement des Etats-Unis avait pris I'initiative d&s la conference
de Washington en 1889-90.
Cette double preoccupation trouva son expression dans la D6clara-
tion de Panama notamment qui, par souci d'une sauvegarde aussi
complete que possible de la neutrality des nations de cet hemisphere
autant que de protection de leurs c6tes centre les incursions eventuelles
des pays belligerants a trop grande proximity de celles-ci, &tablit une
zone neutre qui ne couvrit pas moins de six cent miles des eaux atte-
nantes aux rivages du continent tout entier, de la frontiere du Canada
sur l'Atlantique a celle de ce Dominion sur l'Oc6an Pacifique d'une
part; et de I'autre la constitution d'un comity d'experts financiers avec
siege a Washington ou il fonctionne depuis en vue de l'6tablissement
d'une solidarity economique plus 6troite entire les membres de la com-
munaut6 americaine et de 1'organisation d'une entr'aide qu'imposaient
les circonstances.
Mais ce besoin d'une action commune concertee a I'avance, d'un plan
d'ensemble arret6 entire soi, se fit sentir avant qu'il ne se fiat 6coulk bien
longtemps. Ce fut 1'objet de la conference de la Havane. Les Mvene-
ments en effet, avaient march et les chances d'un transfer &ventuel
des possessions europeennes dans l'hemisphere occidental revenues
plus probables en raison des foudroyantes campagnes allemandes
ayant about a I'occupation de la Hollande et .de la France. Cette
question tint done le devant de la scene a la Havane et il en sortit un


-59-







accord relatif A l'administration provisoire de ces possessions sur la
base d'un mandate collectif exerce pour et au nom des republiques con-
tinentales par un Comite de secours interamericain don't I'organisation
6tait prevue, tandis que les dispositions a prendre aux fins d'une meil-
leure adaptation et d'une plus grande efficacity de l'entr'aide Icono-
mique talentt renvoyees au Comiti d'Experts de Washington. La
encore et pour ce qui est de 1'attitude vis-a-vis d'une perspective de
transfer de possessions europ6ennes, il est ais6 de reconnaitre les traits
mime de la politique traditionnelle expression de la solidarity inter-
americaine des premiers jours.
Dans cette ceuvre de solidarity intercontinental quelle fut mainte-
nant la contribution de la R6publique d'Haiti. Nee des premieres a la
vie international, quelle fut son attitude a 1'6gard du movement qui
s'affirmait vis-a-vis de cette politique vieille aujourd'hui de plus d'un
si&cle et qui tendait encore une fois a marquer les distances entire les
anciennes metropoles et les peuples de l'hemisphere occidental groups
sous 1'6gide .d'ideaux et d'interfts dissemblables.
Par les circonstances mime inhirentes a ses origins, la nationality
haitienne appartenait de corps et d'esprit a la nouvelle communaut6
et en partageait les tendances et les m6fiances. Tout enforcement de
la solidarity interamericaine ajoutait done A sa defense Iventuelle, ac-
croissait sa security exterieure. Issue d'une insurrection qui avait mis
en pieces un ordre de choses colonial, elle avait done advantage a voir
triompher la cause de tous les rivoltks qui eux aussi secouaient leurs
chaines. On est toujours plus fort a Itre plus nombreux quand on
porte les mimes anathemes. Nos dirigeants le comprirent tris vite.
Djia Dessalines faisait accueil a Miranda et l'encourageait dans ses en-
treprises. Potion alla plus loin et par l'aide octroyee a Bolivar fit
beaucoup pour le triomphe de la cause du Libertador.
C'est la mime politique favorisant la rupture des attaches avec le
vieux monde que nous retrouvons dans 'action de Geffrard s'entre-
mettant entire la Cour d'Espagne et les insurges dominicains. Notre
place a la table des conferences interamiricaines, quelqu'un fit I'ob-
jet, n'est presque jamais restee vide, soucieux que nous 6tions de mar-
quer l'inter&t que nous portions A tout ce qui, de quelque maniere,
prenait figure d'action commune. Le Gouvernement actuel plus par-
ticulierement a toujours pris a tache d'affirmer son attachment a l'i-
dial panamericain. Son chef, M. Stenio Vincent, n'a jamais menag ia
1'endroit des republiques scours, les manifestations de sympathie, les
gestes de courtoisie diplomatique appel6s a marquer notre commu-
naute de pensee et de souvenirs. L'envoi de missions de bon vouloir


-60-








en Am6rique latine, la creation aupres de certain de ces pays de liga-
tions ont favorise les contacts et ouvert la voie aux comprehensions
ficondes.

Les contingencies de l'heure presente enfin ne nous ont pas davantage
pris au d6pourvu quant a note complete adhesion a la solidarity con-
tinentale et c'est en terms excellent que notre Secretaire d'Etat des
Relations Exterieures, M. Lion Laleau, la proclamait lorsque, se
faisant l'interprete du Gouvernement du President Vincent, il disait
dans sa declaration a occasion de la Conf6rence de Panama:

< dispositions, arrftees d'un commun accord avec les honorables membres
de cet important congres, measures et dispositions qui seraient destinies
A renforcer le caractere et I'efficience de la neutrality ainsi adoptee, ainsi
qu'a toutes celles du meme ordre qui pourraient &tre envisages et prises
en vue de la protection de la Paix dans l'himisphere occidental>. Et
plus loin: < hesitation et sans restriction, a toute decision d'ordre Iconomique vi-
sant a assurer, dans la presente situation, la stability economique et
financiere des R6publiques Americaines>.


- 61











SECRETAIRERIE D'ETAT DES
RELATIONS EXTERIEURES



Port-au-Prince, le 14 Novembre 1938.

Monsieur le Ministre,

Je m'empresse d'accuser reception Votre Excellence de sa lettre en
date du 14 novembre courant, sous le pli de laquelle Elle a bien voulu
me communiquer les derniers discours prononces, l'un, par M. Cordell
Hull, Secretaire d'Etat, et I'autre, par M. Sumner Welles, Sous-Secr-
taire d'Etat.
Ces documents de premiere importance m'ont particulierement in-
teress6 et c'est avec plaisir que j'ai constat6 que les fortes idles qui en
sont I'armature r6pondent exactement a celles exposees et d6fenduespar
Son Excellence Monsieur Stinio Vincent, President de la RFpublique,
dans le grand discours qu'I1 prononca aux Cayes le 15 Mai 1938 de
cette annie et ou il fit ressortir, de lumineuse faqon, la position catego-
rique que Son Gouvernement a prise et entend garder a 1'fgard de la
politique de total solidarity interamiricaine inaugurke par le Gou-
vernement 'de l'Honorable Pr6sident Franklin D. Roosevelt.
Nous de la Republique d'Haiti qui, chaque jour, avons de multi-
ples occasions d'apprecier les heureux effects de cette genereuse politique
de bon voisinage, nous considerons que notre intr&t le plus vital et le
plus immediat, celui de la sauvegarde de notre independance natio-
nale et de l'intensification de notre developpement 6conomique et fi-
nancier, est de maintenir, de fortifier et de rendre de plus en plus &troite
cette solidarity qui, si heureusement, nous unit, non seulement A la plus
pacifique , mais aussi a
toutes autres Republiques des Trois Ameriques.
Notre Pays, a diverse reprises, a donn6 des preuves 6clatantes et irr6-
fragables de sa volont6 de paix, en n'acceptant de resoudre ses diff6-
rends internationaux que selon les principles d'6quit6, de loyaut6 et de
mutuelle comprehension existant entire les nations de cet hemisphere,
principles qui ont 6t6 solennellement affirms et precises, en 1936, a
la Conference Interamericaine de Buenos-Aires.


-62-







Aussi, a la veille des grandes Assises Internationales qui se tiendront
a Lima, a partir du 9 d6cembre prochain, et qui, en raison meme de
l'atat d'inquietude qui pese actuellement sur le Monde, revktiront un
caractire d'exceptionnelle importance pour toutes les Nations de ce
Continent, la Ripublique d'Haiti est-elle heureuse de saisir l'occasion
que lui offre Votre Excellence de renouveler son in6branlable volont6 de
s'associer aux nobles id6es en faveur desquelles luttent les hommes d'E-
tat remarquables qui dirigent la politique exthrieure des Etats-Unis
d'Amerique et qui ont une si claire conscience des lourdes responsa-
bilitis qui leur incumbent en presence des graves dangers qui peuvent
6ventuellement menacer la security des Peuples de cet hemisphere et
mettre en peril les principles memes de notre Civilisation chretienne.
La collaboration effective et total de la R6publique d'Haiti est d'ores
et deji assure pour le maintien de l'ordre pan-Americain base sur la
justice, le respect des idroits de nos Nations respective, et pour plus de
bien-ftre parmi les Peuples de ce Continent, de meme qu'ils entoure-
ront de plus de confiance et de cordiality les relations qu'ils entretien-
nent en vue de ,la protection de leurs intfrfts economiques et politiques.
C'est dans cette pens6e qu'il nous est particulierement agreable de
Vous remercier des important documents que vous avez bien voulu
nous communiquer, et que nous nous engageons une fois encore, a
travailler en parfait accord avec votre Gouvernement, a toute ceuvre
de sauvegarde et de defense de notre Continent, pour le maintien et la
perpetuation de ce haut ideal de paix et de fraternity pan-americaine
qui constitute le plus bel example d'humanite et de stability que l'on
puisse offrir a un Monde qui semble avoir perdu le sens sup6rieur de
1'quilibre international et de la s6curite universelle.

Je prie Votre Excellence de bien vouloir agrier, Monsieur le Minis-
tre, la nouvelle assurance de ma haute consideration.


S) Leon LALEAU

Son Excellence
Monsieur Ferdinand Lathrop Mayer,
E. E. et Ministre Plnipotentiaire des Etats-Unis d'Amerique,
Port-au-Prince.


-63-


























LE GOUVERNEMENT ACTUEL
ET LE PANAMERICANISME














Discours prononce le 15 Avril 1940 par S. E. le
Ministre Leon Laleau, I' Occasion du
Fanamerican Day


Monsieur le Pr6sident de la R6publique,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
La celebration du Jour Panam6ricain se magnifie, cette annie, d'un
cinquantenaire. Celui de l'Union Pan-americaine qui, par son action
ordonnee et patient, a si puissamment contribu ai grouper nos vingt
et une Republiques autour de principles directeurs don't, tout derniere-
ment, a la Conference de Panama, l'efficacit6 s'est affirmie, une fois
de plus, dans une impressionnante unanimity de vues, en face de la
guerre actuelle.
En ces temps terriblement troubles, oh les Nations se heurtent les
unes aux autres; oi, sipares par des intirkts violemment contraires et
des ideologies qui n'ont aucun point de contacts, des continents, d6-
chirps, sont en proie a des bouleversements a nul autre semblables; oi
la Morale Chritienne a l'air de sombrer' picket la S&curit6 Universelle,
de faire eau de presque tous les c6tes, nous pouvons, nous de cet H6-
misphere, tirer une just fiert6 de ce que 1'ideal commun auquel nous
avons, tous, a des heures differentes, consent des sacrifices, nous attache
encore l'un a l'autre, pour monter la garde autour de la Paix dans
notre Continent, et perpetuer entire les Nations qui en constituent I'ar-
mature, un fraternel esprit de justice et de comprehension.
Monsieur Gil Borges, 1'minent Internationaliste, Ministre des Re-
lations Exterieures du Venezuela, a bien raison, qui affirmait, repon-
dant a un reporter d'une des plus importantes Revues Colombiennes:
<(L'Union Panamericaine realise une idie de democratic internatio-
nale. La, tous les votes ont le mime poids, toutes les initiatives, la
mrme force, et tous les Etats jouissent de la mime situation d'6galit6.
< sommes, en principle, les Americains d'aujourd'hui, une vraie Socift6
des Nations, sans status rigides, dans un cadre aux lignes souples
comme il convient a un organisme en voie de croissance>.


-67-








Cette Institution a, depuis, continue A croitre. Et, croissant, s'hu-
manise chaque jour davantage, assouplit son fonctionnement, resserre
et fortifie ses principles, tend sa propaganda honnete et persuasive, et,
debordant le cadre de notre hemisphere, projette son action exemplaire
sur le Monde en folie, et, tout en coordonnant ses efforts en vue de la
reconciliation universelle, nous a conduit a une integrale neutrality a
Fl'gard du conflict qui transform la plus grande parties de notre planted
en un impitoyable et vaste brasier.
En des circonstances p6nibles oi, nous aussi, nous ffimes aux prises
avec des problemes qui semblaient mettre en jeu l'existence meme de
notre souverainet6 national, nous nous sommes courageusement accro-
chbs aux idWes forces qui font la gloire de l'Union quinquagenaire et
c'est a leur lumiere que nous en avons trouv. les solutions. Tout en
sauvegardant nos interits materiels, elles laisserent, Dieu merci, intacts,
et l'honneur collectif et la dignity .de chacun.
Et puisqu'il est de seculaire tradition qu'un jour anniversaire porte
sa double couronne de souvenirs et d'esperances, rijouissons-nous de
toutes les conquetes don't le Panamericanisme s'est fait une si luxueuse
brochette, conquetes a quoi ont pricieusement collabor6, Monsieur le
President de la Republique, la perspicace acuity de votre intelligence,
la fermet6 de vos desseins, l'inflexible droiture de votre conscience
claire et cette < qu'exige la pratique
d'une saine politique international et qui permet de cheminer, sans
encombre, a travers les circonstances, et, quand elles sont adverse,
sans les heurter, et sans qu'elles nous heurtent.
Et osons former et formuler le souhait que cette doctrine qui a d6ja
si solidement assure la Paix Interam6ricaine, dans les cceurs comme sur
les frontieres, dans les ames comme aux replis du sol natal, adhere de
plus en plus au reel, p6netre de plus en plus profond6ment dans le do-
maine pratique et favorite definitivement I'installation dans le cadre
rigide des faits, de cette politique d'entr'aide qui reste un des pivots
de son imperieuse n6cessit6. Une entr'aide qui, bien entendu, n'affecte
en rien, suivant le mot meme de 1'Honorable Prisident Roosevelt,
I'amour propre national des petits Pays, ne perturbe pas le libre jeu de
leurs institutions, respect leurs mceurs, leur dignity, ne froisse pas
leur conception personnelle de la Vie, et, au lieu de 1'affaiblir, fortifie,
au contraire, leurs droits souverains et soit un soutien de leur ind6-
pendance et de leur immortality.
Quel beau soleil ce jour-la projettera dans l'Histoire du Monde. Ce
jour-la, le Panamericanisme, ayant impregn4, jusqu'aux dernieres fi-
bres, FI'me et la pensee des peuples et de leurs conducteurs, aura ainsi


- 68 --








boucl son dernier tournant et atteint cette cime qui donne, quelque-
fois, a l'homme l'orgueilleuse sensation d'h6berger un Dieu dans son
coeur.
Une fois encore, l'Union Panamericaine sera a l'honneur.
Vous aussi, Monsieur le President de la Republique, qui, en des
circonstances multiples et successives, et avec la scrupuleuse dignity qui
sied en si d6licates occasions, avez fait 6clater au regard des Trois Am&-
riques I'urgente n.cessite pour le Panam6ricanisme d'adosser son pres-
tige moral, maintenant inebranlable, a une politique d'entr'aide 6co-
nomique effective, loyale, all6gee de toute arriere-pensie d'impiria-
lisme et libre de tous ces sentiments de supiriorite racial erronee qui
respirent la conquite et commandent la coercition.


-69 -











Declarations du President de la
D66lgation Haitienne


I

Position de la R6publique d'Haiti

La position de la Republique d'HaYti, parties integrante de 1'HMmis-
phere Occidental, en presence du regrettable conflict qui met actuelle-
ment aux prises des Puissances europeennes, a 1'occasion d'intr&ts es-
sentiellement europtens, lui est trace, sans contest et par l'objet mime
de ce conflict et par sa situation geographique dans cet hemisphere. La
ligne de conduite qu'elle doit adopter dans les circonstances pr6sentes
est done clairement trace. Elle sera de neutrality absolue a 1'egard des
differents adversaires en presence, avec lesquels elle entretient des rela-
tions amicales. Cette position a d'ailleurs 6t6 deja prise par S. E. M.
Stenio Vincent, President de la Republique d'Haiti, dans un decret
circonstanci6 qui porte sa signature, et celle des membres de son Gou-
vernement.
La Republique d'HaYti, en consequence, est dicidie a tout faire pour
assurer, tant sur terre, dans l'air, que dans ses eaux territoriales, la sau-
vegarde de cette integrale neutrality, suivant les accords-internationaux
oi elle est parties et en conformity des principles de Droit International
qui regissent er pareille matiere les nations civilisees.
La R6publique d'Haiti est, au surplus, disposee a adherer a toutes
measures ou dispositions, arreties d'un commun accord avec les Hono-
rables membres de cet important congres, measures et dispositions qui
seraient destinies a renforcer le caractere et l'efficience de la neutrality
ainsi adoptee, ainsi qu'a toutes celles du mime ordre qui pourraient
ftre envisages et prises, en vue de la protection de la Paix dans l'h-
misphbre occidental; et, a la faveur de cette paix, consolid6e par notre
volont6 unanime de tout faire pour qu'elle ne soit pas troublee, la R&-
publique d'Haiti a !a ferme volonte de cooperer, sans hesitation et
sans restriction, a toute decision d'ordre &conomique visant a assurer,
dans la prisente situation, la stability economique et financiere des
R6publiques americaines.


-70-








La nette position de neutrality prise de la sorte par la R6publique
d'Haiti en la presente circonstance, serait-elle mise en cause par la suite
et comme consequence d'un developpement des 6v6nements qu'il n'est
pas possible de prevoir quant a present, *la Delgation Haitienne croit
devoir rappeler, au'nom de son Gouvernement, que ses intentions res-
sortent clairement, tant des initiatives de caractere international qu'il
a eu a prendre et qui sont nettement exposes dans les divers Messages
adressis par le Prisident de la R6publique d'Haiti au President des
Etats-Unis d'Amerique, que dans les declarations categoriques faites
par le President de la Republique d'Haiti quelques jours avant la nais-
sance du conflict europeen, declarations reproduites dans son important
ouvrage intitul < declarations, don't je me permets de vous laisser copie, precisent en
terms non equivoques la determination du President de la R6publique
d'Haiti, de son Gouvernement et du Peuple ha'tien tout entier d'ap-
porter une cooperation sincere et loyale, aussi itroite qu'efficace, en
faveur du maintien de la Paix dans le Continent americain, et I'atti-
tude que nous choisirions sans hesitation aux c6tes des Etats-Unis
d'Amerique et de tous les autres Etats americains si, malgr6 notre
politique d'entiere expectative, nous nous trouvions accules a prendre
position dans la guerre actuelle.

II

Panambricanisme et Neutralit6 GUndrale

Ma foi est indefectible dans 1'issue heureuse de cette conference qui
atteint le point o~ le panamericanisme entire dans sa realisation difini-
tive. Une certain forme de civilisation me semble en peril ailleurs.
La n6tre marque au contraire des sympt6mes de vitality peu commune.
Base sur la fidelit6 a la parole donnee, la comprehension mutuelle des
intirfts qui sont a la base de l'existence, le respect des forces morales
qui, au-dessus de la force brutale, brillent au sommet de la vie, voici
les elements primordiaux qui la constituent et qui en font dans cette
6poque tourmentee quelque chose de stable comme une magnifique tra-
dition. Nous perpetuons la plus belle des traditions, celle de la liberty,
de la paix et du respect de soi. Cette conference prouvera que les prin-
cipes d'ordre, de discipline, de liberty, qui font la force de notre civi-
lisation, chacun de nous les pratique de tout son coeur, de telle sorte
que nous tous, nous ferions un bloc si ces principles se trouvaient mis
en peril par des forces venues de l'exterieur.


-71 -








Potion et Bolivar, qui cr6&rent le panamericanisme, doivent se rejouir
dans leurs tombeaux, et le President Roosevelt, qui avec quelques
autres Chefs d'Etat, comme M. Stenio Vincent, de la Republique
d'Haiti, ont mis cette doctrine A la taille de la vie moderne, peuvent
ftre satisfaits de leur oeuvre.
Pour ce qui a trait a notre neutrality, nous l'avons deja officielle-
ment d6claree. Mais, je crois qu'une declaration de neutrality g6n6rale
des vingt-et-une Ripubliques aurait beaucoup plus de poids, car elle
manifesterait de fagon non 6quivoque la volonte des vingt-et-une Re-
publiques des trois Ameriques de tout faire pour que ne soit pas atteint
le principle de cette neutrality.


-72-










Discours prononc6 a la Sous-Commission
pour la Preservation de la Paix


Monsieur le President,
Messieurs les D6ligues,
Le project, net et bref, que j'ai 1'honneur de vous soumettre se de-
fend de lui-meme, et pourrait, par consequent, se passer de commen-
taires. Si je 1'accompagne de quelques explications, que je ticherai de
rendre, elles aussi, braves et nettes, ce n'est que pour n'avoir pas 'air
de l'abandonner a son sort.
A premiere lecture, vous en avez certainement, devin6 le but et per-
qu le sens.
Cette premiere reunion des Secretaires d'Etat des Relations Ext&-
rieures des 21 Republiques des Trois Amiriques, ne doit pas seulement
timoigner de notre solidarity. C'est d'ailleurs chose faite, deja, mais
aussi de notre volont6, non seulement, de priciser notre neutralit,, a
l'6gard du douloureux conflict qui met aux prises des nations europhen-
nes avec lesquelles nous entretenons des relations g6neralement cor-
dialse, mais aussi, de notre decision, avec des moyens pacifiques, de
faire la guerre a la guerre.
Le conflict arm6 qui sevit actuellement en Europe ne met pas unique-
ment en face, les uns des autres, des interets contraires. Mais aussi,
mais surtout, des ideologies contradictoires. Notre premiere prcau-
tion, pour prevenir toute contagion don't aurait a souffrir notre con-
tinent pacifique, contagion don't, heureusement, nous n'apercevons au-
cun signe, est de nous mettre 5 l'abri de ces ideologies. Les n6tres nous
suffisent. C'est a elles que s'appuie notre magnifique ideal PanamBri-
cain. Et routes autres, d'importation, lui seraient funestes.
Que chacun de nous donc, dans la measure oif le lui permettent sa
Constitution et ses lois, se barricadent centre ces doctrines qui n'ont
d'ailleurs rien de commun avec les principles d'ordre, de paix et de dis-
cipline qui constituent la solide armature du commun ideal des 21 R&-
publiques des Trois Ameriques.
Voici ce que souhaite le project de la Del6gation d'Haiti. J'ai la
certitude que vous I'accueillerez avec sympathie.

Ce ler Octobre 1939


- 73 -







PROJECT DE PROTECTION DE L'IDEAL PANAMERICAIN
CONTRE LES IDEOLOGIES SUBVERSIVES

Consid6rant:
Qu'en plus d'une fois les Republiques am6ricaines ont eu A affirmer
leur atachement a l'idaal ddmocratique qui privaut dans cet hemis-
phbre;
Que pareil id6al risque d'etre mis en piril par l'action d'ideologies
&trang&res inspirees de principles nettement contraires et qu'il y a lieu,
des lors, de pourvoir a sa sauvegarde par des measures appropriees;

Les Gouvernements des R6publiques AmBricaines d6cident:
Que des dispositions seront prises a l'effet d'enrayer dans les Am&-
riques la propagation de doctrines susceptibles d'affecter le commun
id6al panamericain.


Panama, le 28 septembre 1939.


-74-










RAPPORT
Sur les travaux de la 46me R6union Consultative des Secr6taires d'Etat
AmBricains des Relations ExtBrieures tenue A Panama du 23 Septembre
au 3 Octobre 1939.


Ouverture de la Conf6rence et M6thode de Travail.
La Conference consultative des Ministres des Affaires Etrangeres,
convoquee a Panama, conform6ment a la decision de Lima, s'ouvrit,
le 24 Septembre 1939, par une seance inaugural qui eut lieu ce jour-
li sur les cinq heures de l'apres-midi sous la presidence de S. E. Juan
D. Arosemena, President de la Republique de Panama. Mais, des le
matin de ce jour, vers les onze heures, les Representants des 21 Repu-
bliques americaines s'6taient rencontres au local de l'Institut National
de Panama, lieu designed pour les sessions, a l'effet d'une premiere prise
de contact et pour arrfter les dispositions relatives aux conditions de
travail de la Conference; reunion assez court, tenue sous la presidency
Sprovisoire de Mr. Narciso Garay, Ministre des Affaires Etrangeres de
Panama, en attendant que cette prisidence devint definitive sur la pro-
position du Ministre des Relations Exthrieures de Costa-Rica. A la
suite de quelques changes de vues, il fut decide de renoncer i la prati-
que habituelle de designer des Comites charges d'etudier les questions
poses et d'en faire rapport. Les Delegues convinrent au contraire que
I'ensemble des representants agirait comme seul Comite et connaitrait
de toutes les discussions. Toutefois, un certain nombre de Sous-Com-
misssions 6taient prevues aux fins d'harmoniser les projects de caracthre
similaire en vue d'arirver a une entente avant 1'6tablissement du project
final et d'y rallier ainsi l'unanimite au moment de sa presentation a
la session pliniere. Les Sous-Comites appoints de la sorte a l'effet de
se partager la tache comprirent:
Un Sous-Comit6 de Neutralite sous la presidence du Dr. Lopez de
Mesa, Ministre des Affaires Etrang&res de Colombie, compose de:
L'Uruguay, Des Etats-Unis,
La Colombie, Du Chili,
Cuba, Du Perou.
La Bolivie,


-75 -







Un Sous-Comite de la Cooperation Economique sous la presidence
du Dr. Martins, Ambassadeur du Bresil a Washington, compose de:
L'Equateur, La Colombie
Le Bresil, Le Mexique,
Le Nicaragua, Les Etats-Unis,
Le Perou L'Uruguay.

Un Sous-Comite pour le Maintien de la Paix, sous la Presidence du
Dr. Prieto, Ministre des Affaires Etrangeres du Paraguay, compose de:
Paraguay, Cuba
Salvador Etats-Unis,
Republique Dominicaine, Chili.

Une Commission pour l'examen des pleins-pouvoirs et une autre,
dite de Coordination, furent cependant constitutes et grouperent les
Delegu6s du Guat6mala, de la Bolovie et du Salvador, d'une part; et
de 1'autre, ceux du Bresil, de 1'Equateur, d'Haiti et des Etats-Unis.
La meme reunion convient qu'a I'effet d'aller vite, les seances au-
raient lieu deux fois par jour, respectivement a 10 heures et A 4 heures.
Cette preoccupation de celerit6 posa une autre question et qui fut
tranchie cette fois-la. Certains del6gu6s, en effet, avaient exprim6 le
desir de voir participer aux discussions 1'ensemble des membres de leurs
d6ligations. Les lenteurs qui menacaient d'en 'dcouler firent, toute-
fois, naitre des objections. On s'arr&ta, en definitive, A un moyen ter-
me, prevoyant que les delegues se feraient assister, au course des seances,
de leurs conseils, assesseurs ou secretaire, lesquels seraient autorisis A
formuler leur opinion, sauf pour chaque pays represents, a ne disposer
que de la seule voix de son Ministre des Relations Exterieures.
II fut au surplus arr&t6 qu'a part les sessions pleniBres, les seances au-
raient un caractere strictement prive et qu'il n'en serait pas dress de
minutes.
Les projects soumis enfin devaient l'&tre avant le 28 septembre A 6
heures du soir. Transmis aux fins de coordination aux sous-commis-
sions, il fut convenu que les auteurs de ces projects s'y presenteraient a
1'effet d'en soutenir les terms.
La Delegation argentine, en retard, avait adress6 un cible oiu elle
formulait ses reserves quant a toute decision A laquelle elle n'aurait pas
participe.


- 76-







Sur l'intervention de Mr. Welles, il fut convenu que rien d'impor-
tant ne serait fait avant I'arrivee de cette delegation.

IDEES DIRECTRICES
L'esprit qui devait presider aux debats de la Conference et en de-
terminer l'atmosphbre, se digagea aussit6t, a savoir: le vif desir de paix
des Etats Americains ainsi que l'observance d'une strict neutrality en
face du conflict europten, et leur ferme determination de presenter un
front uni, a l'occasion de toute action entreprise, pour bannir la guerre
et ses consequences de ce continent. I1 Iclata nettement tant a la ses-
sion inaugural oiu le President Arosemena parla du oi les Etats Americains s'organiseraient en une grande collectivity,
consciente de ses destinees, quoique sans utopique union politique et
tout en sauvegardant pour chaque nation son droit au d6veloppement
de son individuality propre, qu'a la session plini&re, dans les discours
du Ministre des Affaires Etrangeres de Panama, Mr. Narciso Garay,
et du Sous-Secr6taire d'Etat des Etats-Unis, Sumner Welles, morceaux
de resistance auxquels firent &cho tous les orateurs, dil6gu6s des Repu-
bliques Americaines ayant tenu la tribune au course de cette stance pli-
niere:
Mr. Garay, nous impose a nous, fils de la libre et paisible Amerique, le
devoir de nous reunir autour d'une table et de nous constituer en con-
seil de famille pour delib6rer sur I'action que la destinee a reserve a
notre continent a l'effet d'eviter le chaos politique, social, &conomique
et spiritual qui, d'une fagon imminent, menace le monde et la civili-
sation chr&tienne en particulier.
Et plus loin: conquerrait un titre impirissable de gloire et I la gratitude, si, grice
a nos efforts et A une volont6 commune nous parvenions a d6clarer la
Paix au monde, comme l'a dit une fois Aristide Briand dans un geste
de supreme defi aux forces mysterieuses du mal; mais une Paix dicente,
fondue sur la verit6, sur l'honnftet6, sur la justice et la liberty>.

Mr. Sumner Welles pricisait davantage en se plagant a un point de
vue plus positif, puisqu'il mettait immediatement en cause la question
des interfts et du bien ktre des nations americaines: Je parole, bien en-
tendu, au nom de mon propre Gouvernement; mais je me risque a
avancer que toutes les R6publiques Americaines se rencontrent dans
l'opinion que la guerre g6n6rale a laquelle le monde a A faire face au-


-77-







jourd'hui, constitute une veritable menace 6ventuelle pour le bien etre,
la s6curit6 et la paix du Nouveau Monde. Et c'est la raison pour la-
quelle nous sommes reunis aujourd'hui dans cette historique cite de
Panama>... a 1'effet de considerer, dans un moment de grave conjoncture, les me-
sures de paix qu'ils peuvent juger sage d'adopter soit individuellement
ou conjointement, en vue de sauvegarder leurs interests nationaux, en
mime temps que les intir&ts collectifs du Nouveau Monde>.
Et ailleurs: tion de nos droits et devoirs de neutres, en raison de la guerre g6n6rale
en Europe, a l'effet de sauvegarder la paix de nos nations respective
ainsi que d'obtenir I'entier- respect, de la part des bellig&rants, de nos
droits respectifs de souverainete.>
tention aux measures qui, individuellement ou collectivement, peuvent
&tre prises pour preserver le continent am6ricain du conflict et tenir le
Nouveau Monde a l'&cart de la guerre>.
Et enfin: < part de tous les peuples, base sur la renonciation a la force, fondue
sur la justice et la lBgalit>>.
Mais cette sauvegarde des intr&&ts du continent am6ricain, don't par-
lait Mr. Welles, n'offrait pas que le seul aspect passif de la neutrality;
il y en avait aussi un autre, actif et celui-la, et que ne manqua point de
soulever le repr6sentant des Etats-Unis, A savoir: les consequences au
point .de vue &conomique, commercial ou financier que ne pouvait
manquer d'avoir la. guerre et la n6cessite d&s lors de s'efforcer d'en
amortir les effects.
treprendre la discussion et envisager ensemble toutes les measures qu'il
pourrait &tre avantageux de prendre a l'effet d'amortir pour notre eco-
nomie national les contrecoups de la guerre qui vient d'&clater et de
pr6venir autant que possible la rupture et la dislocation des relations
6conomiques, financieres et commercials americaines qui caushrent tant
de dommages pendant les annies de la Grande Guerre de 1914 a 1918.
Nous sommes aussi d'accord pour donner toute notre attention a la
poursuite et a l'extension de programmes de cooperation de large en-
vergure entire les diverse Republiques>.
Et il en prenait occasion pour formuler, a l'intention de ses voisins,
l'offre d'une cooperation don't il s'attacha A pr&ciser ses modalit6s.


-78-








declarer que tant que durera la situation actuelle les facilities de trans-
port regulier par lignes de navigation entire les Etats-Unis et leurs voi-
sins ambricains op6rant actuellement ne seront pas reduites, mais ren-
forcees et augmentees toutes les fois qu'une telle extension pourra ftre
jugee desirable et praticable.>
sire cooperer avec les autres R6publiques Americaines en vue de d6-
velopper les resources de ces pays sur des bases solides et de non com-
petition. Lorsqu'il en sera requis, il prftera son assistance en mettant
des credits a leur disposition autant par le moyen des services et des
facilities de son systeme bancaire prive qu'au moyen de ses propres
agencies gouvernementales quand celles-ci auront des fonds disponibles
a cet effet>.
On s'explique, dis lors, I'accueil chaleureux que requrent, sur les
lieux memes, les declarations de Mr. Welles de la part des Represen-
tants de pays don't elles repondaient de la sorte aux preoccupations in-
times et les appreciations elogieuses don't elles furent I'objet.
Le discours (de Mr. Welles), daclara aux journalists qui l'in-
terrogeaient le Ministre des Affaires Etrangeres du Mexique, Don E-
duardo Hay, a it6 une haute expression des idiaux les plus vrais du
Panam6ricanisme. Ce fut un grand discours qui nous aidera a sauve-
garder la paix et qui ne peut ni ne devrait nous entrainer dans la
guerre>>. , opinait a son tour Mr. Angel Campa, Secretaire
d'Etat Cubain des Relations Extirieures ment significatif, eu 6gard aux problems que nous sommes appeals a
discuter ici. Son plus bel loge reside dans la chaleur des applaudisse-
ments qui l'ont accueilli et j'ai Wte un de ceux A applaudir avec le plus
d'enthousiasme>.
< Cesar Goes Monteiro, et l'un des plus substantiels pour l'information>.
Mr. Welles a reaffirm6 les principles de solidarity continental que,
face des realites de la guerre> soulignait pour sa part, le Ministre des
Affaires Etrang&res de Costa-Rica, Sr. Tobias Zuniga Montufar.
Enfin, observait le representant de l'Uruguay, Don Pedro Manini
Rios. ference>.


-79-








Mr. Rios avait raison: Action conjointe des Republiques Am6ricai-
nes en vue de sauvegarder la paix du continent par l'observance d'une
neutrality qu'elles 6taient fermement d6cidees a maintenir, d'une part;
dispositions A prendre en vue d'amoindrir les effects de la guerre sur les
economies nationals et d'en prevenir I'6branlement: telles sont les
deux idles qui devaient presider aux debats de la Conf6rence et autour
desquelles allaient se grouper tous les projects.

PROJECTS SOUMIS

II y en eut 28, depos6s par les diverse delegations et qui peuvent
Etre ranges sous trois chefs: Propositions ,conomiques; propositions
relatives au maintien de la paix; propositions de neutrality, et qui
fondues ensemble par les soins des sous-commissions 6tablies formerent
15 declarations auxquelles il convient d'adjoindre la declaration de
Panama.
Elles avaient pour objet respectivement:
1.-La concentration a l'office de l'Union Panam6ricaine de toute
la documentation relative aux lois, d&crets et riglements pris par les
Republiques de ce continent sur la neutrality pendant la duree de la
guerre europeenne;
2.-De rendre un hommage A Bolivar sous la forme du dip6t d'une
gerbe de fleurs au pied de la statue du Liberateur et d'une visit a la
salle du Congres de 1826;
3.-La creation d'un comity consultatif interambricain, siegeant a
Washington a partir du 15 Novembre au plus tard, a I'effet d'itablir
entire les Republiques Americaines une cooperation 6troite et sincere,
visant a proteger leur structure economique et financiere en assurant
leur equilibre fiscal, leur stability monetaire, en meme temps que leur
d6veloppement commercial, industrial et agricole.
4.-De r6affirmer la solidarity continental dejA proclam6e a Lima;
proclamer le ferme propos des nations americaines de s'efforcer par
tous les moyens spirituels et materiels de conserver et de fortifier la
paix et I'harmonie entire elles, tout en formulant le vceu, par souci
d'6viter toute apparence de proposition 6goiste, que cesse l'atat de
guerre existant en Europe.
5.-L'affirmation d'une neutrality generale qu'il leur appartiendra
de r6glementer de fagon particuliere et dans l'exercice de leur souve-
rainet6 ainsi que d'en imposer I'observance aux belligerants et a toute
personnel agissant en leur nom ou dans leur interit.


- 80-







6.-Le rappel des accords internationaux, auxquels sont parties
les diverse Republiques Am6ricaines conjointement avec les Etats bel-
ligirants actuels, et qui proscrivent I'usage de moyens de guerre sus-
ceptibles d'en aggraver les horreurs sans utility militaire, tels que
I'emploi de gaz dIl6t&res, de liquides inflammes, l'empoisonnement des
sources, le bombardment de villes ouvertes, l'usage d'armes ajoutant
aux souffrances des blessis, etc..
7.-D'assurer le respect de la liberty du commerce conformement a
l'article 16 de la Convention de la Havane signee par les R6publiques
Americaines et par suite de s'opposer a ce que soient portes, sur les
listes de contrebande de guerre, les products alimentaires et articles
vestimentaires A destination des populations civiles des pays neutres ou
belligerants, ainsi que les matieres premieres pour leurs industries ci-
viles.
8.-L'harmonisation, au moyen d'un change de points de vue en-
tre les Chancelleries ou d'une Conference interam6ricaine des rigles et
procedures propres A faciliter 1'action des autorites polici&res et judi-
ciaires contre les activities illicites d'individus, nationaux ou rangersr,
entreprises en faveur d'un belligerant stranger.
9.-La reaffirmation par les Republiques Americaines de leur foi
dans les principles de la civilisation chretienne et du droit des Gens et
le rejet de toute solution de force dans les conflicts internationaux.
10.-De recommander A la Conference Internationale, des juristes
americains charges, selon le vceu de la Conference de Lima, de l'&tude
du project d'une Association des Nations Americaines, de prendre en
consideration les decisions de la Reunion consultative de Panama.
11.-De recommander aux Etats americains l'adoption de routes
measures propres A extirper la propaganda des doctrines subversives de
l'ideal d6mocratique interamiricain.
12.-Le choix de la Havane comme lieu'de la prochaine reunion des
Ministres des Affaires Etrangeres le ler. Octobre 1940 ou avant, au
cas ou la guerre actuelle durerait encore ou que l'apres guerre poserait
des problems requerant un serieux examen.
13.-De recommander aux Gouvernements des R&publiques am6-
ricaines la designation, aussit6t que possible, des experts appeals a faire
parties du Comit6 consultatif 6conomique et financier a organiser par
1'Union Panamericaine.
14.-La fixation d'une Zone maritime de neutrality tout autour
du continent amiricain, Zone jugee d'intr&et primordial pour leurs
relations et oui serait interdit tout acte d'hostilit6 de la part d'un bel-
ligerant non amiricain (D6claration de Panama).


-81 -







15.-La convocation d'une consultation d'urgence, au cas de chan-
gement de souverainet6 de regions geographiques actuellement sous la
jurisdiction d'Etats non-americains mettant en peril la security conti-
nentale.
La methode de travail de la Confirence s'6tait revelde excellent.
La coordination des projects soumis par les diff6rentes delegations au
sein des trois sous-commissions pr6vues, en permit l'adoption rapide
et sans discussion serieuse par le comity general. En moins de dix
jours la reunion consultative avait accompli un travail considerable
tant au point de vue economique que dans le domaine de la neutrality
et du maintien de la paix, ainsi qu'en temoigne la longue liste de re-
solutions auxquelles elle avait about.
Certains problemes, cependant, trop complexes pour ftre envisages
a fond, avaient susciti la creation d'organismes speciaux auxquels il
devait revenir d'en poursuivre l'etude aux fins de solutions plus ad6-
quates. L'ttablissemett d'un comit6e conomique et financier, compose
d'experts des 21 Republiques siegeant a Washington d'une part; et
d'un comite interamrricain de neutrality groupant sept membres de
l'autre, repondirent A ces preoccupations.
La fixation de la Zone maritime de neutrality, par ailleurs, en raison
de 1'importance de la question, rev&tit une forme particulierement so-
lennelle et devint la D6claration de Panama qu'il fut demand au Pre-
sident Arosemena de notifier aux puissances belligerantes.
L'atmosphere de la reunion consultative, enfin, refl~ta la plus entire
cooperation. course d'une interview accordie a des journalists, qu'en face des incer-
titudes de 1'avenir, nous, des Republiques Americaines, nous nous re-
trouvions fermement unis, avec une entire confiance les uns dans les
autres, puisant notre force dans notre devotion aux principles de liber-
t6 et de gouvernement d6mocratique, autant que dans les ideaux de
notre foi chr6tienne>.
( son c6te Mr. Garay, qui marquent une advance considerable sur les rea-
lisations anterieures au point de vue de l'ideal panamericain, tout en
nous tenant a l1'cart des speculations politiques, juridiques et 6conomi-
ques pour rester sur le plan des solutions pratiques et des faits con-
crets>.
core le Docteur Garay, n'avait 6tC A ce point approchb>, ni n'avait da-
vantage 6clatI la solidarity des nations de cet hemisphere. Elle avait
son fondement, en la circonstance, dans une communaut6 d'intirets qui


-82-







n'6tait que trop manifeste et qui trouva son expression dans la con-
cordance significative des propositions formulkes.
Le discours de Sumner Welles, dis le premier jour, avait r pondu a
I'avance a ces preoccupations identiques par la nettet6 avec laquelle il
avait pos6 les problimes et les solutions d'inspiration pratique et con-
crite qu'il en avait propose. D'o6 le relief qu'il prit aussit6t et I'ac-
cueil qui lui fut fait. Les commencements d'exucution qu'il regut par
ailleurs, au course meme de la Conference, sous la forme de l'annonce
de l'ouverture de negociations en vue d'un accord commercial avec le
Chili d'une part; d'un emprunt consent a la Bolivie, notamment, de
l'autre, en firent la piece maitresse de la reunion consultative.
La d6l1gation haYtienne, pour sa part, n'avait point manque de s'as-
socier a ces manifestations de solidarity continental, et d'6troite coo-
peration. Dans sa declaration a la Conference en effet, Mr. Lion La-
leau parlait en propres terms:
< Gouvernement et du Peuple Haitien tout entier d'apporter une coopi-
ration sincere et loyale, aussi 6troite qu'efficace en faveur du maintien de
la Paix>. < l'hemisphere occidental sera de neutrality absolue a l'egard des diff6-
rents adversaires en presence> avait-il dit, d&s les premiers mots de sa
declaration.
Par ailleurs, trois projects furent diposes par elle, qui reflktent les
memes preoccupations: Un project en faveur de la coordination des
Changes commerciaux, un autre pour la protection de I'aconomie do-
mestique et un troisieme en vue de la protection centre les ideologies
subversives de 1'idial panamericain, ce dernier vote tel quel et a l'ura-
nimit6 par l'ensemble des dlegues.
La pens6e du Libertador don't ces manifestations traduisaient dans
la circonstance et si exactement les tendances, et qui semblait avoir
constamment anime les debats, ne pouvait n'ktre point associ6 a cet
heureux resultat, et c'est par I'hommage d'une gerbe de fleurs au pied
de sa Statue et d'une visit a la salle du Congres historique de 1826
que se cl6turerent les travaux.
Telle la physionomie que revftit la Conference et la part qu'y a
prise la del1gation haitienne.


-83 -










Proposition de la Delegation Haitienne A la
second Consultation des Ministres des
Relations Exterieures des Republiques
Americaines



Formation d'une Commission permanent pour la solution pacifique
des diff6rends interambricains.

Sur la proposition de la delegation haitienne, pr6sidee par S. E. M.
Leon LALEAU, Secretaire d'Etat des Relations Exterieures, la Se-
conde Consultation a imis le vote suivant:
Considerant que le reglement des diff6rends qui existent entire quel-
ques peuples aminticains est indispensable pour assurer la cohesion
entire les Etats du Continent,
La Second Consultation decide:
De recommander au Conseil Directeur de l'Union Panamericaine la
formation, dans la Capitale d'Amerique jugee la plus appropriee, d'une
Commission constitute par les representants de cinq pays, laquelle se
chargers de veiller d'une facon permanent a ce que les Etats entire
lesquels existerait ou surgirait un conflict, de n'importe quelle-nature,
le reglent dans le plus court dMlai possible, et dans ce but elle proposera
les mbthodes et prendra des initiatives qui aboutissent a cette solution,
sans prejudice des formules que pourraient choisir ou des procedures
que pourraient determiner les Parties.
La Commission presentera un rapport, sur l'6tat des differents con-
flits et sur ce qu'elle aura fait pour leur riglement, A chaque Consul-
tation des Ministres des Relations Exterieures et a chaque Conference
International Americaine.


-84-











RAPPORT
Sur les travaux de la 2eme R6union Consultative des Secr6taires
d'Etats Am6ricains des Relations Ext6rieures tenue A la Havane
du 21 au 30 Juillet 1940.



Tant d'espirances 6taient places dans la Deuxieme Consultation
des Chanceliers Americains qu'il convient de dresser un rapport sur le
but, les activists et les resultats de cette Reunion.

-I-

But de la R6union
Elle a eu lieu sur l'invitation qu'a adressee le 28 Juin 1940 le Se-
cretaire d'Etat de Cuba a ses Collegues des autres Etats Americains, en
execution de la Resolution XIII adopt6e a Panama le 3 Octobre 1939.
Par cette R4solution, la Consultation de Panama avait decide de sug-
gerer aux divers Gouvernements Amiricains de tenir une R6union de
leurs Ministres des Relations Exterieures en la ville de la Havane le
ler Octobre 1940 ou a toute autre date qui pourrait etre avancee en
cas de necessity.
Ce cas de necessity 6tait privu par la meme Resolution don't l'unique
Considerant content le motif; c'itait l'hypothese d'une prolongation
de la guerre, d'oii resulteraient une aggravation de la crise'mondiale
et une situation anormale d'apris-guerre, laquelle devrait etre, d'a-
vance, 1'objet d'une attention serieuse.
Le but de la Reunion est indiqu6 au Programme arr&t6 par l'Union
Panam6ricaine en sa seance du 29 Juin 1940. Divis6 en trois parties,
le document expose les questions qui r6clament une solution urgente
pour les Etats Am6ricains.
La premiere parties, consacree a la Neutraliti, prevoit l'examen des
droits et des devoirs des belligerants et des Republiques americaines.
Cet examen devait porter sur les recommendations du Comit6 Inter-
americain de Neutralite et les measures prises en consequence; sur les
regles de neutrality 6tablies, par rapport aux 6venements actuels, a
l'article 3 de la

-85-








Americaines> approuvie le 3 Octobre 1939 A Panama; sur 1'&change
d'informations a propos des activists tendant A mettre en peril, sur le
territoire et dans la jurisdiction de n'importe laquelle des Republiques
Americaines, le commun ideal democratique amiricain; sur les oeuvres
humanitaires que peuvent realiser, d'une maniere uniform, au profit
des refugis, prisonniers ou autres victims de la guerre, les Gouverne-
ments des Republiques Am6ricaines, les Socit&s Nationales de la
Croix Rouge et d'autres organismes institute dans ce but.
La second parties se rapporte A la Sauvegarde de la Paix dans I'H&-
misphere occidental. Elle embrasse, d'abord l'examen des measures ne-
cessaires a la sauvegarde de la souverainete et de la paix des nations
de cet hemisphere; ensuite, I'&tude des problemes pouvant se presenter,
conformement a la Resolution XVI de Panama, aux R6publiques A-
mericaines dans le cas ofi la souverainete exercie actuellement par des
Etats non am6ricains sur certaines regions des Ameriques viendrait a
cesser ou a etre reduite; d'un autre c6te, l'examen des measures qui ont
6t6 ou qui peuvent &tre suggerees pour assurer le succ&s des propositions
indiquies dans la dans la et dans la de Panama> de meme que 1'itude des problemes de s6curit6 du Con-
tinent: enfin, l'examen du m&canisme interamericain de la consultation
institu6 par les Conferences de Buenos-Aires et de Lima, en vue de
determiner les measures qui peuvent etre adoptees pour augmenter son
efficacity.
La troisieme est intitulee Cooperation Economique. Elle envisageait
1'examen des measures proposes par le Comit6 Consultatif Economique
et Financier Interamericain et celui des measures additionnelles que 1'on
trouverait convenable d'adopter dans les circonstances actuelles ou que
I'on croirait devoir renvoyer au Comiti Consultatif Economique et
Financier Interamericain pour leur 6tude immediate et les recommanda-
tions les concernant.
Cette derniere parties, constituent I'aspect 6conomique de la Con-
sultation, presente, particulierement pour notre pays, un intirft vital
immediat. Par suite de la guerre, nos principles denrees ne peuvent
Itre export&es comme auparavant. D'apres le Bulletin du mois de
Juin dernier du Bureau du Representant Fiscal, la plupart ont subi
durant les neuf premiers mois de 1'exercice fiscal en course, par rapport
aux mois d'octobre A juin de 1'exercice precedent, des diminutions
dans les proportions suivantes: notre cafe, celles de 39% en quantity
et en valeur; le cacao, celles de 33% en quantity et de 20% en valeur;
le campeche, celles de 30% en quantity et de 56% en valeur; le coton,


-86 -








celles de 32% en quantity et de 29% en valeur; les figues-bananes,
celles de 10% en quantity et de 11% en valeur.
La Reunion 6tait appelke a resoudre cette grave situation, commune
a presque tous les Etats Americains. Aussi les Secr&taires d'Etats Ami-
ricains des Relations Exterieures ont-ils r6pondu a 1'invitation d'y
participer en se rendant a la Havane ou en y dlieguant des represen-
tants personnel.
Les Secr6taires d'Etats des Relations Exterieures qui ont assist a la
Reunion de la Havane sont ceux de la Colombie, de Cuba, de l'Equa-
teur, des Etats-Unis d'Am&rique, de Guat6mala, d'Haiti, de Nicaragua,
de Panama, du Paraguay et de la R4publique Dominicaine.
La circonstance que leurs Colligues de l'Argentine, de la Bolivie,
du Bresil, du Chili, de Costa-Rica, du Honduras, du Mexique, du
Pirou, du Salvador, de l'Uruguay et du Venezuela ne sont pas alls
a la Havane n'enleve pas a la Reunion sa vraie valeur pour ces pays.
Car, c'est par I'intermidiaire de Reprisentants personnel, occupant
des situations 6levies, soit dans le Gouvernement, soit dans la Diplo-
matie, que les Secr6taires d'Etats des Relations Exterieures de ces
Etats ont pris part a la Reunion. Bien plus, quelques-uns d'entre eux
ne se firent pas faute d'y envoyer une tres nombreuse d6lgation. Tel
a 6t le cas du Chili, du Bresil, de l'Argentine et du Mexique qui se
presentirent a la Reunion avec une delegation respective de 14 mem-
bres, de 11 membres, de 10 membres et de 7 membres.
La R6publique d'Haiti peut done se flatter d'avoir prouve, par la
composition de sa delegation, qu'elle a reconnu l'importance de la
Reunion. En effet, le Prisident de la D616gation Haitienne &tait le
Secr&taire d'Etat des Relations Ext6rieures, Son Excellence Monsieur
Lion Laleau, ayant comme deligu6-assesseur Son Excellence Mon-
sieur L6lio Malebranche, Envoy6 Extraordinaire et Ministre Plenipo-
tentiaire d'Haiti a Cuba. Messieurs Fernand Dennis, repr6sentant
d'Hai'ti au Comit6 Consultatif Interam6ricain Economique et Finan-
cier; Ferdinand Delatour, Sous-Chef du Service des Congres et Con-
ference et Maurice Laudun, Sous-Chef du Protocole complt&rent le
personnel de la delegation, le premier, en quality de Conseiller tech-
nique et les deux derniers, l'un de Secretaire et I'autre d'interprte.
Le but de la Consultation fut encore mis en evidence par les d6cla-
rations continues dans les discours prononcis le 22 Juillet 1940 a la
premiere seance plkniere publique oi fut 6lu President Permanent de
la Conference S. E. le Dr. Campa, Secretaire d'Etat de Cuba. Les pa-
roles de celui-ci et de son Colligue des Etats-Unis furent particuliere-
ment applaudies.


-87-








Apres avoir rappel6 les decisions issues de la premiere consultation
tenue a Panama et la situation du Monde par rapport a la guerre euro-
peenne, le Secr6taire d'Etat de Cuba a poursuivi de cette fagon:
notre alarme et tend a preciser les plus pressantes nicessites de l'Amiri-
que. Il n'est pas fait pour provoquer de longs d.bats, ni pour donner
lieu a des elans oratoires hors de propos, mais pour prkvenir des dan-
gers imminents qui affectent nos ideaux collectifs.
ricains sont solidaires les uns des autres et il est certain que dans cette
parties du monde, les promesses se tiennent, les paroles se traduisent
en actes et les signatures des plknipotentiaires sont respect6es au mo-
ment convenable. C'est pourquoi nous nous trouvons a la Havane de-
vant la n6cessit6 d'abandonner les simples methodes de precaution
pour nous engager pleinement dans une periode tres aigui d'activiti
vigilante et d'un caractbre franchement d6fensif...
< ginaires situations pour satisfaire le plaisir maladif de les d6finir; nous
les inviterons a feuilleter les pages de l'Histoire oii ils trouveront une
situation analogue A la presente. C'est la lutte de deux ideologies: la
liberale, reprIsentee par Washington et Bolivar, centre l'absolutiste de
l'Europe continental maintenue par la Sainte Alliance.
pate. Et s'il est vrai que cette fois l'ideologie d'outre-mer possede des
methodes plus puissantes pour nous atteindre, 1'Amerique tient au-
jourd'hui a sa disposition l'immense force morale et materielle qui lui
faisait alors difaut et qu'elle est alors dispose A organiser a cette reu-
nion avec prudence et sans esprit agressif, seulement en vue d'assurer la
sjcurite de ses peuples et de sauvegarder ses institutions.
< esquisser les traits effroyables d'un avenir incertain sous -le reflet de
l'obscur panorama d'un impirialisme militaire, 6goiste et implacable.
< courtoise, qui montrait du moins une notion humaine de la respon-
sabilit6 morale, a fait place A des definitions rudes et matirialistes qui
ne masquent qu'a grand peine les grossiers appetits de l'homme pri-
mitif>>.
L'6minent homme d'Etat cubain a terming ainsi son discours:
< que jamais et qu'avant tout, nous devons resserrer notre union, notre


- 88-









union sacrie, qui permet a notre Amerique d'etre encore grande, heu-
reuse, tol6rante, charitable et humaine>.
Le Secr&taire d'Etat des Etats-Unis, S. E. Monsieur Cordell Hull,
exprima son profound plaisir d'etre venu a la Havane qu'il a connue
quand, il y a 40 ans, il eut l'honneur de servir, dans son regiment, la
cause de la liberty de Cuba. II d6clara que le but des Republiques Ami-
ricaines reprisenties A la Reunion, est de formuler des measures con-
crates en vue de conjurer des situations urgentes, de sauvegarder leur
independence, la paix et leur bien-ftre; il fit ressortir la tragedie que
vit une parties du monde; il exposa les quatre (4) points que les Etats-
Unis d'Amerique sugg&rent pour la reprise normal de l'Economie
Americaine:
1) nomique financier interamericain comme instrument appele i continue
les consultations sur les affaires iconomiques, y compris spicialement
l'etude de la situation immediate que confrontent les Republiques A-
mdricaines par suite de la diminution et du changement de caract&re des
important marches strangers;
2) ploi momentan6 et la vente d'une fagon ordonnie des excedents accu-
mules des products qui sont d'importance primordiale dans la vie 6co-
nomique des Republiques americaines;
3) tenir que soient accords des dalais raisonnables dans le commerce des
dits products, tant pour les consommateurs que pour les producteurs;
4) peuples de l'Amerique, en y comprenant des measures de salubrite pu-
blique, des etudes sur la nutrition et la creation d'organismes appro-
pries pour la distribution de parts d'excedents de products comme
moyens de venir en aide aux necessiteux>.
L'Honorable President de la D1eegation Americaine a egalement
considered les questions relatives tant aux activities dirigees de l'extirieur
centre 1'ordre interieur des Etats americains qu'aux problemes politi-
ques americains ayant leur origine dans les changements radicaux sur-
venus en Europe.
-II-

Activit6s de la DeuxiBme Consultation
C'est dans l'apres-midi du dimanche 21 Juillet 1940, apres que le
matin les D6l6guis des divers Etats Americains avaient et6 admis a
presenter leurs hommages au Chef de l'Etat de Cuba, que Celui-ci


- 89 -








proceda a l'ouverture solennelle de la Consultation Son Excellence le
President Laredo Bru prononqa en cette occasion un discours d'une
belle elvation de pensie sur la mission du Continent americain et sur
les dangers auxquels la civilisation est exposee du fait de la guerre eu-
ropeenne.
Les travaux de la Consultation se deroulerent au Capitolio qui est
le Palais du Congres Cubain.
Les seances plenieres, en public, eurent lieu dans la grande salle des
deliberations de la Chambre des Deputes au 2eme. etage du somptueux
edifice et les seances plenibres, a huis-clos, dans la salle des deliberations
secretes du S6nat. Au 4&me. etage, talentt installs dans des apparte-
ments distincts les bureaux de chaque delegation.
La Consultation tint, indipendamment de la premiere seance solen-
nelle d'ouverture du 21 Juillet, six seances plenibres, 3 a huis-clos et 3
en public, et, en outre, de multiples s6ances en commissions.
A) Les s6ances a huis-clos eurent lieu, la premiere, le lundi 22
Juillet 1940 de 10 h. 30 a 11 h. 20 a. m.; la second, le jeudi 25
Juillet de 5 h. 30 a 7 h. 40 p. m.; la troisieme, le lundi 29 Juillet de
5 h. 15 a 8 h. p. m. environ.
1)-La premiere seance plenibre privie, qui fut une seance prelimi-
naire, 6tant tenue avant la constitution du bureau d6finitif de la Reu-
nion, s'est occup6e de 1'adoption du riglement de la Conference, de
la constitution de la Commission charge d'examiner les questions de-
vant ftre soumises a la Conference, de la fixation de la duree de la
Conference, de celle de la date i laquelle les d6ligues devaient remettre
leurs projects, de la designation des membres des cinq (5) Commissions
constitutes, de la fixation de la date des diverse s6ances, de celle de la
constitution et de la reunion des diverse commission, de celle de la se-
conde seance pleniere publique et de l'examen de la question relative
au choix du d&1lgu6 devant repondre au discours de cl6ture du Presi-
dent de la Reunion.
2)-A la second seance pl6niere, a huis-clos, furent lues et votees
deux motions presentees par le Secr&taire d'Etat des Relations Ext6-
rieures de la Republique Dominicaine, I'une, pour qu'une propaganda
soit entreprise en vue de defendre et de repandre les ideaux democra-
tiques, I'autre, pour la revision des textes l1gislatifs des pays americains
en vue d'en enlever tout ce qui empche la solidarity continental.
A cette seance fut 6galement agitee la question des mandates sur les
Colonies europeennes en Amerique par suite des propositions formu-


-90-









lies par les Delegations des Etats-Unis d'Amerique et du Bresil. Ces
propositions furent reserves en attendant l'opinion de la Delgation
argentine sur la meme question.
Le mime sort fut fait A la question relative a la coordination des
resolutions et recommendations concernant la Zone de Securite Ame-'
ricaine don't s'occupaient en meme temps et la Commission de Neutra-
lit6 et celle de Preservation de la Paix.
Par centre, fut approuv6 un project de Resolution de la D6lgation
de Costa-Rica recommandant I'execution des resolutions sur la codifi-
cation du Droit International et le perfectionnement des instruments
interamericains de la Paix.
3)-A la troisieme seance, i huis-clos, furent lus les rapports sur
les travaux de la Commission de Neutralit6, de celle de la Sauvegarde
de la Paix dans l'Himisphere Occidental, de celle des Affaires Econo-
miques et de celle de Coordination.
B) Les trois s6ances plknieres en public eurent lieu, la premiere, le
lundi 22 Juillet de 4 h. 30 a 6 h. 30 p. m.; la second le samedi 27
de 5 h. 30 a 6 h. 50; la troisieme, le mardi 30 de 6 h. 25 a 8 h. p. m.
environ.
1)-A la premiere seance on proc6da A l'adoption du rapport de
la Commission de verification des Pleins Pouvoirs, a l'6lection du Pre-
sident Permanent de la R6union, au tirage au sort qui permit de deter-
miner I'ordre de pr6s6ance des deligations; (celle d'Haiti vint en se-
cond apris le Honduras).
A cette seance, apres le Prisident de la Conference, obtinrent la pa-
role Son Excellence M. Narciso Garay, Secretaire d'Etat des Relations
Extirieures du Panama; Son Excellence M. Cordell Hull, Secr6taire
d'Etat des Etats-Unis d'Amerique du Nord; Son Excellence M. E-
duardo Suarez, Ministre des Finances et Representant Personnel du
Secr6taire d'Etat du Mexique; Son Excellence M. Lino Cornejo, Mi-
nistre de la Justice et des Cultes, Representant Personnel du Secretaire
d'Etat des Relations Extirieures du Perou; Son Excellence M. Julio
Tobar Donoso, Ministre des Relations Exterieures de l'Equateur; Son
Excellence Mr. Lpopoldo Melo, Representant Personnel du Secretaire
d'Etat de l'Argentine; Son Excellence le Dr. Pedro Manini Rios, Am-
bassadeur Extraordinaire, Representant Personnel du Ministre des Re-
lations Exterieures de l'Uruguay. Ces orateurs developperent leurs
points de vue sur l'importance et le caractere de la Reunion. Ils furent
applaudis avec enthousiasme.
2)-La deuxieme seance publique debuta par un hommage rendu
a la memoire de Simon Bolivar don't on commemorait I'anniversaire de


-91-








la naissance. Le President de la Conference magnifia la pensee et
l'oeuvre du Heros dans une court allocution. Le Secretaire d'Etat
des Etats-Unis lui repondit. Sur la proposition de l'Honorable Cor-
dell Hull, l'Assemblee observa une minute de silence en souvenir de
I'ap6tre sud-ambricain du Panamericanisme.
En second lieu, on entendit les vibrants discours des delgu6s de la
Bolivie, du Chili, du Paraguay, de la Colombie et de la Republique
Dominicaine.
Il y eut un bref et courtois change de vues entire le Delegue du P&-
rou et celui de 1'Equateur, relativement a la solution prochaine et equi-
table de la question des frontieres interessant ces deux pays. Sur la
proposition du Delegue de 1'Equateur, le President de la Confirence
dicida d'adresser le lendemain un ciblogramme de felicitations au
President du Perou a I'occasion de la Fete Nationale p6ruvienne.
3)-A la troisiime et derniere stance, le President prononga le dis-
cours de cl6ture de la Conference. Ensuite, les Presidents de chaque
Delgation vinrent signer l'Acte Final a l'appel du nom de son pays.
C) C'est a la suite des deliberations des Commissions que, sur leurs
rapports, la Conference vota les decisions incorpor6es dans 1'Acte Fi-
nal. De sorte que le travail de la Consultation s'effectua particuliere-
ment dans les Commissions.
Elles furent designies selon la division des matihres porties au pro-
gramme de la Conference. C'est pourquoi, indipendamment des Com-
missions de verification des Pleins Pouvoirs et de Coordination des
travaux, il y eut trois Commissions, appelees a executer la tache de
la Rdunion.
Elles tinrent les seances suivantes:
1) Celle de la Neutralite, constitute le 23 Juillet, avec:
Son Excellence M. Leopoldo Melo, (Argentine), comme President,
Son Excellence M. Luis Anderson, (Costa-Rica), comme Rappor-
teur,
Son Excellence M. Oscar Schnake, (Chili),
Son Excellence M. Pedro Manini Rios (Uruguay),
Son Excellence M. Enrique Finot, (Bolivie),
Son Excellence M. Carlos Salazar, (Guatemala),
Son Excellence M. Silverio Lainez, (Honduras), comme Membres.
se reunit les 24, 26 et 28 Juillet.
Elle forma un Sous-Comiti appeal a t udier les Recommandations
du Comiti interamBricain de Neutralite de Rio de Janeiro. Ce Sous-
Comite requt les communications relatives aux navires auxiliaires des


- 92-








flottes belligerantes, i l'admission des sous-marins dans les ports et
dans les eaux territoriales des Etats Americains, a l'inviolabilit6 de la
correspondence, aux telecommunications et a la zone de s6curit6.
La Commission approuva les projects des Etats-Unis et de l'Argen-
tine relatifs aux activities dirigees de l'exterieur centre les institutions
interieures d'un Etat et a la coordination des measures policieres et ju-
diciaires pour la defense de la SociWte et des institutions de chaque Etat.
2) Celle de la Sauvegarde de la Paix dans I'Hemisphere Occidental,
constitute igalement le 23 Juillet, fut compose de:
S. E. Mr. Cordel Hull (Etats-Unis), President,
S. E. Mr. Narciso Garay (Panama), Rapporteur,
S. E. Mr. Diogenes Escalante, (Venezuela),
S. E. Mr. Mauricio Nabuco (Bresil),
S. E. Mr. Julio Tobar Donoso (Equateur),
S. E. Mr. Arturo Despradel (R6publique Dominicaine),
S. E. Mr. Tomas A. Salomoni (Paraguay), Membres.
Elle tint seance les 24, 25, 26, 27 et 28 Juillet.
Elle regut le project de la Bolivie relatif au Chemin de fer transcon-
tinental, ceux des Etats-Unis d'Amerique sur les possessions europeen-
nes en Amerique, un project de declaration present par Cuba sur la
meme question et un autre project des Etats-Unis sur le Agents Diplomatiques et Consulaires>>. Elle forma un Sous-Comit6,
compose des diligues de Cuba, du Bresil, des Etats-Unis et du Rappor-
teur de la Commission pour I'6tude des dits projects.
C'est en la seance du 27 Juillet que cette commission fut saisie des
projects presents par les DelIgations d'Haiti, de l'Uruguay, de l'Ar-
gentine et du Bresil. Le project de l'Argentine, proposant une Decla-
ration visant i affirmer le culte des Republiques Americaines pour le
Droit, I'Esprit Democratique et le lien de la solidarity, la repudiation
de la conqufte, de la force et de la violence et la necessity de la proce-
dure de la Consultation fut renvoy6 a la Sous-Commission des man-
dats. Les autres, notamment celui par lequel la Republique d'Haiti
proposait I'institution, dans une Capitale americaine, d'une commis-
sion appelie a veiller i la solution pacifique des diff6rends existent ou
surgissant entire les peuples du Continent, furent conserves pour ftre
examines. Il en fut de meme des projects intiressant la situation sp6-
ciale existant d'une part entire le Guatemala et la Grande-Bretagne au
sujet de Belize, de l'autre entire le Chili et l'Espagne.


-93-







3) La Commission Des Affaires Economiques, constitute aussi le
23 Juillet, comprenait:
S. E. Mr. Eduardo Suarez (Mexique) President,
S. E. Mr. le Dr. Luis Lopez de Mesa (Colombie), Rapporteur,
S. E. Mr. Lino Cornejo (RProu),
S. E. Mr. Mariano Arguello (Nicaragua),
S. E. Mr. LUon Laleau (Haiti),
S. E. Mr. Hector Escobar Serrano (Salvador),
S. E. Mr. le Dr. Miguel Campa, (Cuba) Membres.
Dis la formation de son bureau, elle tint sa premiere stance ou M.
Adolphe Berle, del6gue assesseur des Etats-Unis, presenta un project de
resolution sur la Cooperation Economique. Elle travailla en outre les
24, 25, 26, 27 et 28 Juillet.
Le 24 Juillet, elle forma une sous-Commission charge d'6tudier
les projects et observations ayant des points communs avec le project
ci-dessus de Mr. Berle, en vue de les unifier en un texte acceptable pour
tous les deligues.
Dans sa seance du 25, au matin, la Sous-Commission sus mention-
n6e commenqa l'examen des projects de l'Equateur et de la Colombie,
visant au meme but que le project de M. Berle; elle prit connaissance
du texte modifi6 de la Resolution Berle presented par la Del6gation de
la Colombie. Par le fait que le texte modifi6 comportait des change-
ments par rapport au texte initial, tant en la forme qu'au fond, il fut
d6cide que les del6gations des Etats-Unis et de la Colombie s'enten-
dront pour arriver a une redaction satisfaisante de la proposition et
qu'elle pourrait etre presentee a la Sous-Commission pour etre discu-
tee a la prochaine seance. Le diligue de Cuba demand d'ajouter a
la proposition un alinea d6clarant que la resolution n'a pas en vue la
modification du statut quo commercial des Ameriques, mais seulement
I'amelioration des relations commercials existantes au profit de tous
les Etats Americains.
Le DelIgue de l'Argentine suggera la creation, dans le comity finan-
cier economique de Washington, d'un sous-comit6 pour chaque article
faisant l'objet de l'6change commercial. Les nations interess6es aux
products envisages feraient parties de ces sous-comites.
En la seance du 26, le matin, fut continue Il'examen des projects de
resolutions sur la cooperation economique presented par les Etats-Unis,
la Colombie et le Brisil et des modifications et additions proposees par
l'Argentine et Cuba. Un texte unique de resolution comprenant I'es-
sence de toutes les propositions fut pr6sente pour servir de base de dis-
cussions. Aprbs quelques observations sur la question, furent nomm6es


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diverse sous-commissions en vue d'arriver a une formule satisfaisante,
laquelle devait ktre presented en la seance du lendemain de la Commis-
sion. Les sous-Commissions ont pu trouver une base d'entente favo-
rable A l'approbation du project en debat.
Fut 6galement design une sous-Commission .(Etats-Unis, Equa-
teur, Argentine et Cuba), charge d'etudier le project du Chili relatif
aux possibilities d'acquisition des intir&ts et des droits des entities ex-
tracontinentales dans les divers pays de l'Amerique.
Les seances des 27 et 28 Juillet ont et6 consacrees A l'examen de la
Resolution concernant la Route Panamericaine et des methodes de fi-
nancement de la dite Route, a celui du project de Resolution de la R&-
publique Dominicaine sur les assurances et les reassurances, lequel pro-
jet fut transmis au Comite Consultatif Economique et Financier de
Washington, enfin a l'adoption d'un texte definitif sur la question de
Cooperation Economique.

-III-

Participation de la D6elgation Haitienne

La Delegation Haitienne a fourni la plus large contribution a ces
travaux.
Son Prisident suivit particulierement les s6ances des Commissions de
coordination et des Affaires economiques don't il faisait parties.
Des la Constitution du Bureau de la derniere Commission, la DIlI-
gation soumit A M. A. Berle, delegue assesseur des Etats-Unis, un
long Memorandum sur la situation economique ha'tienne au point de
vue financier, commercial et agricole, pour qu'elle fit prise en consi-
deration, en raison du project de resolution sur la Cooperation Econo-
mique presented par la Delegation des Etats-Unis.
Notre D6elgation fit adopter son project d'apres lequel a 6et decide
d'instituer, dans une Capitale Am6ricaine, une Commission composer
d'un representant de cnq pays americains et appele A suggerer des me-
thodes pour la solution pacifique des differends existant ou surgissant
entire les Etats americains.
Cette proposition fut approuvee par la Commission de Sauvegarde
de la Paix dans I'Hemisphere Occidental sans avoir ete combattue, avec
l'unique reserve de la Delegation du Perou que lorsque les parties interessees l'auront demand>>.
Le vote de la proposition prouve que les autres delegations ont
constate l'esprit pacifique d'Haiti et sa volonte de contribuer a l'oeuvre
de paix elabor6e a la Havane.


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La Deligation Haitienne est done en measure de revendiquer une part
dans les resultats de la Conference, consigns dans 1'Acte Final.

-IV-

R6sultats des Travaux de la R6union
L'Acte Final content 20 decisions, une recommendation et 4 de-
clarations. En outre, a 6t6 vote une Convention, separde du texte de
1'Acte Final, sur l'Administration provisoire des Colonies europ6ennes
en Amirique.
Ces instruments ont 6t6 adopts par suite de 1'&tude des projects sou-
mis, au nombre total de 44, par les Etats suivants: Argentine (4),
Bolivie (1), Bresil (4), Chili (1), Colombie (1), Costa-Rica (2),
Cuba (4), Equateur (7), Etats-Unis d'Am&rique (5), Guatemala
(1), Haiti (1), Mexique (1), Panama (1), R upublique Dominicai-
ne (4), Uruguay (3), Venezuela (4).
A) Sur la Question de Neutralitd, ont 6t6 prises 6 decisions;
1) la premiere (No. I) concern la preparation d'un avant-projet
de Convention sur les effects juridiques de la zone de s6curite et celle
d'un project de Convention interam6ricaine sur la Neutralit6, confides
au Comiti Interamericain de Neutralit6;
2) la deuxieme (No. II) est relative aux activities des Agents diplo-
matiques dans les pays oif ils sont accr6dites;
3) la troisieme (No. III) comporte I'indication de certaines proc-
dures a suivre en vue de la coordination des measures policieres et ju-
diciaires pour la defense de Ia Socift6 et des Institutions de chaque
Etat americain;
4) la quatrieme (No V) content une recommendation aux Etats
Americains de prendre des measures de precaution pour la remise des
passeports projectt de Cuba);
5) la cinquieme (No. VI) a trait A l'adoption par chaque Gouver-
nement americain de measures devant prevenir et r6primer les activities
dirig&es centre les institutions nationals des aratres Etats americains;
6) la sixieme (No. VIII) renvoie a la Commission des Experts
pour la codification du Droit International le project soumis par la
Delegation de l'Uruguay sur l'extension de la mer territorial.
B) Sur la Question de Sauvegarde de la Paix dans l'Hemisphere
Occidental, ont 6t6 adoptees:
1) une Recommandation pour l'organisation, A la prochaine Conf-
rence Panamericaine de la Croix-Rouge (Santiago du Chili, D&cem-
bre 1940), d'une Ligue Internationale des Sociftis Nationales de la
Croix-Rouge;
96-







2) ensuite les 11 Decisions:
No. VII, recommandant aux Gouvernements americains de prendre
les measures necessaires en vue d'interdire la propagation des doctrines
mettant en danger le commun ideal democratique interamericain; cette
decision avait 6t6 dejA votee a Panama sur la proposition de S. E. Mon-
sieur Lion Laleau, Secretaire d'Etat des Relations Exterieures, Pr&-
sident de la Del6gation d'Haiti.
No. X, reconnaissant l'importance du Chemin de fer entire Santos
et Arica a travers la Bolovie et la n6cessit6 d'en finance l'achevement;
No. XI, demandant aux Gouvernements americains de prendre les
measures n6cessaires qui permettent la codification du Droit Internatio-
nal et la coordination des instruments interamericains de paix pour
que le Conseil de Direction de l'Union Panamericaine convoque la
Conference Internationale des Jurisconsultes americains;
No. XII, recommandant aux Etats Am6ricains la revision des textes
de leurs legislations pouvant gener la cooperation interamericaine base
sur le principle de la solidarity continental;
No. XIV, recommandant la constitution d'une commission charge
de veiller a la solution pacifique des differends existant ou surgissant
entire les Etats Americains projectt d'Haiti);
No. XVII, r6glementant la procedure de consultation;
No. XIX, formant des voeux pour la solution prochaine et equita-
ble du litige anglo-guatemaltque au sujet de Bilize;
No. XX (Accord de la Havane), prevoyant la nomination d'un
Comit6 de secours compose d'un representant de chaque Etat americain
et charge de I'administration provisoire d'une region de l'Amerique,
actuellement possd6e par un Etat non americain et menace de tomber
sous l'autorit6 d'un autre Etat non americain; ce comity remplira ces
functions d'administration pour ce cas d'urgence en attendant la mise
en vigueur de la Convention sur 1'Administration provisoire des Co-
lonies europeennes en Amerique.
No. XXI, recommandant la cooperation des activities sanitaires in-
teramericaines, sous les auspices du Bureau sanitaire panamericain et
de la Fondation Rockefeller;
No. XXII, soumettant A l'Union Panamericaine le project de la Di-
ligation dominicaine sur la Cooperation des Institutions officielles
panamericaines;
No. XXIII, prescrivant les measures n&cessaires pour le financement
et la construction de la Route Panamiricaine;


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