Rapport sur les troubles de Saint-Domingue fait a L’Assemblée Nationale, par Charles Tarbe, Député de la Seine inférieur...

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Title:
Rapport sur les troubles de Saint-Domingue fait a L’Assemblée Nationale, par Charles Tarbe, Député de la Seine inférieure, au nom du Comité Colonial: by Charles Tarbé, Pts. 1-3,
Physical Description:
Mixed Material
Publisher:
Paris, Imp. Nationale, 1791-92.

Notes

General Note:
2b-L/E- 1791-92
General Note:
U.Fl., Mangones Collection extrtact

Record Information

Source Institution:
University of Florida
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LLMC31458
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34


RAP


P0


R T


SUR LES TROUBLES

DE SAINT-DOM1VINGUE,

F A I T


A L'ASSEMBLEE

PAP CHARLE4S


NATIONAL;

TARBfP,


DEPUTE DE LA SEINE INFERIEURE,
AU NOM DU COMITt COLONIAL;

Le io Decembre 1791;

IMPRIMA PAR ORDRE DE L'ASSEMBL'E NATIONALE.





A PARI S,
DE L'IMPRIMERIE NATIONAL.


179 1.
Colonies, no. 12,,


Lj


-r* *-








RAPPORT

SUR LES TROUBLES

DE SAINT-DOMINGUE,

F A I T

A LASSEMBLEE NATIONAL,

PAR CHARLES TARIBE,

DEPUTE DE LA SEINE INFERIEURE,

AU NOM DU COMITE COLONIAL,

Le 10 Df enibre 1791

IMPRIME PARl ORDRE lE L SSEMBI AEt NATIONAL.


PREMIERE PARTI1E.


M ES S I E U R S,


De grands troubles ont afflige la colonies de
Saint-Doii,ngue : empresds d'cn picvenir les
suites falchenses, vous avez vote' Is secours pro-
visoires : vous avez fait tout ce qu'exigeoient les
A


_ .C ....









besoins du moment. Mais vous avez pense en
mnme-temps qu'il 'toit de votre sagesse de vous
procurer I'histoire fiddle des agitations convulsives
auxquelles cette colonic est en proie depuis la
revolution, et d'en rechercher les causes et los
remed(les.
Votre comitd, Messieurs, auroit desire ponvoir
donner A ce travail les soins qu'exigeoit 1'impor-
tance de la matiere : force de vous fire son 1
rapport dans un d6lai determine, it ne s'est plus
occupy que de vous presenter des faiLs exacts ;
et le plan qu'il s'est prescrit X cet regard est tel,
qu'il peut vous garantir la vdritd des faits don'tt
it m'a charge de vous rendre compete.


La premiere 6poque des troubles de Saint-
Domingue fut celle de notre revolution. Le grand
movement imprim6 en ce moment a la metro-
pole se transmit rapidement aux autres parties
de 1'empire ; et le sentiment de la liberty dut
exciter dans les colonies une commotion d'au-
tant plus grande que le pouvoir arbitraire y
etoit absolu et que les longues vexations dut
gouvernement y avoient naturalist 1'esprit de
haine centre tous les 'ddpositaires de l'autorit6.
Les premiers mouvemens qui eurent lieu ne
prescntent aucunes particularit6s fi-appantes ; ils
n'offirent que la lutte de la liberty centre le des-
potisme.




^ t ^ ^ ^ 1 ^ .. .. .* f ~ ,.' '^ i.. J








(5) 5
Celui-cl succomba, et cela ldevolt 6tre. Mais,
'Ce qui arrive ordinairement aussi daus l'enfiico .
de la liberty, la colonie abusa de cette premiere
victoire en se perm.nttant des actes cl'autorit
repredlensibles. T(el fut par exenple le reta-
blissemenrit du Conseil supr'ieur du Cap qui
avoit et4 supprlnml par un edit de 1787 ; tell
fut encore la rejection d'un plan d'organisation
d'assemblie coloniale, qui lui avoit etd envovye
par les ordres du Rot et 1'adoption d'un aulre
plan d'organisation, que les comites des troi par-
ties de la colonie doncerterent de leur prolpre au- -
torite et d'apris lequel la premiere assembleo
oolonlaie se coniititua et so fixa a Saint-Marc
le 14 avril 179e.


Ici commence la second epoque, et avoc elle
une plus grande complication Lie fits et d'iite'trs.

Votre comite, Messieurs, a cru devoir enter
dans quelques details sur les evrnemens de cette
epoque et sur les personnel qui y ont joed le
plus grand role, afin de prevenicr a coniusionl
que l'on fait ordinairement de la premiere as-
semblee colonial de Saint-Domingue avec l'as-
sembl6e actuelle.

La joie qu'avoit repandu 1 aneantissement da
A2







( 6 )
pouvoir arbitraire, avoit td trouble presque
aussit6t par la nouvelle rescue de France et con-
signee dans les papers publics, qu'une socidtd
deja connue sous le noin d'amis des noirs,
faisoit les efforts les plus actifs, pour etendre aux
colonies francaises les principles do liberty et
d'egalite consacres par la declaration des droits
de l'liomme.
Deja des homes de couleur, arms dans la
plaine do 1'Artlbonite, venoient de reclamer la
jouissance des droits accords aux colons blancs:
ils avoient dtd dissipds par les volontaires-patriotes
de Saint-Marc mniais ce premier axemple d'in-
surrection sembloit devoir inquieter les colons
blancs, sur les evinemens ulterieurs don't ils 6toient
men aces.
Aussi, alarms des effets que pourroit produire
ce systeme d'innovation, ils s'etoient adresses de
suite Iassenmblee national et 1'avoient pride
de prononcer sur la constitution particulibre des
colonies. Mais la grande distance des lieux la
multiplicity et la haute importance des autres tra-
vaux du corps coiistituant, empkcherent quelque
temps ce dernier de statuer sur leurs reclamations.
Ce ne fut qu'au mois de mars 1790 qu'il put s'en
occuper; ct avant que la nouvelle en ett pu par-
venir dans la colonie de Saint-Domingue, l'as- .
semblee colonial, don't j'ai parle avoit eu le
temps de se former et de se constituer sous le




i








( 7 ) '
fitre d'assembl&e gendrale de la partile frangalse
de Saint -Domingue.

La premiere seance de cotte assemblee fut re-
rnarquable par un discours vehement que pro-
jionca son president et dans lequel il ne res-
pecta gubres les droits de la mrntropole. Ce dis-
cours devoit ktre repousse par un cri d'indigna-
tion : il ne le fut pohit ; et des-lors les homes
qui connoissent la march du coeur human,
durent presager que ceux don't les oreilles n'e-
toienit pas choquees par des principes anti-civiques,
ne tardernient pas ta oublier leurs devoirs et
outrepasser leurs droits.
C'est ce que justifia bientot l'experience. Le
secret des lettres fut viold; des citoyens, sans
distinction d'age d'etat et de distance, furent
mandes la barre; et bientot encore, Tassemblee
colonial relevant plus haut ses pretentions, prd-
tendit marcher 1'dgale de 1'asscmblde constituante,
en decre4tant l'inviolabilite de ses membres et
dclcrant aux paroisses qu'elles n'avoient plus do
droits sur leurs deputies.
Toutes ces determinations furent l'ouvrage do
12 jours ; et tel ktoit l'dtat des closes, lorsque
P'on recut ai Saint-Domingue le dtcret de l'assem-
beie naLionale du 8 mars 1790 et Jes instructions
du 28 du rn1nce mois, relatives t P'orga.isatioa
dCes 'o .o:'c'is.
A3


K




I



Quoique 1'assemblde national connolsse deja ces
donx actes dii corps constitnant il n'est pas
invjui!e d'en rappeler I'esprit et l'objet sommaire.
pa! le decret du 8 mars, l'assemblee national
declaroit cc qu'en considerant les colonies come
1une 1)partie de 1'empirc frianrcis, et desirant les
faire joulr des fruits de 'lwehureise regenera-
3) tifn qui s'y etoiL ope'ree, elle n'avoit jamals
enteniAu cepeiidant les comprendre dans la cons-
Stitu tion decretee pour le royaume et les as...
5) sjeticr a des lois qi poiurrrotent etre incompa-
>, tables avcc leurs convenances locales et parti-
cn! b'er ) coinnotre soi' voej sur la con,,titultion a leais-
31 lationr et 1'adriiinislration cfcnvenables :" la pros-
Sprite ct au bonliheur de ses habLtans ;i la
charge e se conformier aux priicipes generaux
pu33 qi lient les coloniies a la metropole et qui
> assuroent la conservation de leurs interests res-
Spectfs ,.
L'istictlion n 28 mars prescrivolt ic les condi-
ditions ad'l iit 1'assemblee colonial, etle
SnoIm;re dtIes deputus qui devolent la composer a i
raison du nombre des citoyens eligibles ; elle
Z3 portoit cqe les dpi)des elus se rendroient im-
a temdiatemnent a Leoa,,e et y determineroleiit
le lieu ou 'doit sie'r F assemblee coonmiale : enfin,
elle deternmioit 1'etendue des functions deld-
' guides aux assemblies coloniales et posolt les







(9)
o limits de cells confides aux agens du pouvoir
executif ).
Qioique ces deux pieces ne fussent pas trans-
nmises officiellement, come on no pouvoit pas les
revoquer -en doute elles thfrent rescues an Cap ,
A Saint-Marc, et au Port-au-Prinice, avec des trans-
sports de joie et de reconnaissance, et ces senti-
mens se repandirent aussit6t dans toute la colonie.
On dtoit convaincu enfin que I'assemblIe national
constituante avoit mis au rang do ses premieres
obligations celle de faire participer les colonies
au bicnfait'de la revolution, et de leur donncr
vine constitution appropriee a leur position et a
leurs besoins.
L'assemiblu e generdrle recut aussi ces decrets avcc
1 esignes de la plus grande satisfaction; et, le jour
mreme, el e-vota des remerciemens a 'assemble e na-
tionale.
Mais cotte deliberation ne fut pas execute ;
des reflexions posterieures, et des doutes eleves
sur 1'interpretation de 1'article IV des instructions,
avoient refroidi le premier enthousiasme des mem-
bres de 1'assemble, qui croyoient y lire la destruc-
tion d'un ordre de choses, auquel its attachoient
la plus grande importance. Cet article portoit :
at Qu'immediatemen t apres la proclamation dra
d6cret at de l'instruction toutes les personnel.
agdes de vingt-cinq ans accomiplis proprietaires
d'immeublea, on, a defaut d'une tcl e pr op icte,
A4


"-5- -^ .







( 10 )
domicil'des dans la paroisse depuis deux ans, et
payanit uine c,owiIbtiin se rduniroicnt pour for-
nmer I'assem)blee provinciale ,.
QIelules [personnes craignirent qve les homines
de couleur iwrces pii'es jusqpi'alors de 1'exercice
des droits pt-lii(ues ne voulussent d'apres cet
article im '! se presenter dlans les assemrnIlees
paroissi, cs ; et (noiqu'a cette epoque ce droitne
3fit point IrchLui par Jes ltominea de coleur, ,,
la crainiife d.cs difficulties auxquelles l'interpre-
tation de cet articlif 4 sembloit pc'uoir donner
lieu contrihua beaucoup 'a entraner 1'assemblde e
gIenrale dans Ils measures inexcusables qui ont
arnene sa lsi,,olutioln.
Voici c, ltes de ces measures qui sont les plus re-
nmarquabl. L'asserjblee ge~6i ale se declara per-
manlcne ; njigLJnit a 1'ordonnateur des finances
do tra;;Qspoter ses bureaux et sa caisse auprs
d'elie manida a sa barre des commandans mili-
taires s susipedit toutes reunions et concessions
des dormaines ; organisa les municipalities ; enfin i
rendit le kameux decret du 28 mai 1790, par le-
quel entire autres principles errones. et attenta-
toires a la soivt-ramiete national elle declara,
a o. qn'a :.l ie a ppartenoit, essentiellement etne'ces-
saircm ei Ic adreit de statuer sur son regime inte-
rieur ; 2. qu'en ce qui concern les rapports
commn-"r iarnx et les auttres rapports comnmuns
entrc Saint -Dominrigue et la France, le nouveau







( II )
contract devolt 8tre former d'apres le voeu, les be-
soins et le consentement des pat ties conti actantIes;
30. que tout ce qui est relatif'aux subsistance( no
fait point parties des objets compris dans la cl.e
des rapports comniuns de Saint-Domiingue avec la
France; 4. que ce decret, constitutionnel pour
Saint-Doningue, seroit envoy en France pour t-re
p es.s,:nt e acceptationn de I'assemblee rationale
et du roi.
Lorsque l'assembl&e geridrale rendit ce decret,
elle n'avoit pas encore requi officiellement les lkos
des 8 ct28 mars. Ellesne lui parvinrent que qiatire
jours apres, lei er. juin ; et sur-le-champ elle rendit
un decret par lequel elle d6ciara io. qu'elle
adheroit au decret du 8 mars en tout ce qui n'e-
toit pas contraire A son arretd du 28 mai; 2. qne,
sans rien prejuger sur les instructions du 28 mars,
elle invitoit les paroisses ,a se rdunir et A deliberer
si elles vouloient que 1'assemblee gendrale conti-
nuat ses bonctions. Tous ces decrets Ctolent des
contraventions formelles aux lois et aux droits
de la Matropole ; mais il s'en falloit bien qu'ils
obtinssent l'approbatiou de la colo.nie ectiire.
Diverses paroisses et notamment celcs d!e Li
tCroix-des.-Bouqnets du Petit-Goave du Fond-
des-Ngries, du M61 e, de Jacmel de i'Acul et
de I'Ause-a-Veau, prirent du so au 2 mai, des
deliberations vigoumruses dans lesquciles ciles
reclamoient I'executioni des decrets d, I'asscm"blcb
national.








( 12.)
La commune du Port.an Prince desavoua authen-
tiqucwLt tousi principles qui seroient contraires
aux lois (d.o lassernbleo constituante.
L'asseliblee provincia!e du nord surtout,
s'eleva avec la plus granme-force contre le systerne
d'innovation de l'assernble general; et, malgr6
la supnrma tie d'autorite afTfctee par celle-ci, elle
ne cr1u0iinit pas de deliherer qu'elle ne permet-
> trait i. l'avenir, la promulgation d'aucune loi,
Si e le n'avoit ete prealablement communique aux
Y, assemblies provinciales revetue de la sanction
Sdu gouverneur-geineral, etterminee parties moLs,
- saif Ja decision definitive de l'assemblee natio-
S1nale, et la sanction du roi .
Cependant, I'assemblee colonial ayant convo-
qud la totalit, des paroisses pour deliberer, aux
terms de i'instruction du 28 mars si elle seroit
continuee dans I'exercice de ses functions elle
fut confirrme a une 6dg&re majority, et de ce mo-
ment elle ne mit plus de bornes a ses esperances
et a ses projects.

S'il s'agissoit en ce moment do prononcer sur
la conduite de cette assembler de Saint-Marc '; o#
si tous les faits, relatifs a cette epoque des troubles
de Saint-Domingue n'dtoient enveloppes sous le
voile de I'amnistie prononcee par 1'assemblee cons-
tituantc je pourrois vous rappeler ici un grand
nombre de decrets de l'assemblee de Saint-Marc,








( 3 )I
dans lesquels vous reconnoiLriez tonjours cet esprit
inquiet et dominateur qui a provoqud sa disso-
lution.
Le comite se contentera Messieurs de, vous
retracer les traits qui caracterisent le inieux sa
march systeimatique. Le 20 juillet elle onvrit
tons les ports aux strangers ; le 22 elle se
rendit maltresse du magasin a poudre de Leo-
gane ; le 27 elle licencia 1'armee et la reorga- i.
nisa sous le nom de gardes rationales solddes de
la parties fi'anyaise de Saint-Domingue ; le inme
jour, elle cnjoignit au commandant du vaisseau. de
line le Ldopard, de ne point quitter la rade du
Port-au-Prince.

Le gouvernenr inquiet des entreprises' de l'as-
seCmbile giierale et apre's avoir essay inuti-
lemenr ide la ramener a ux principles tit une pro-
cla.,' Lion dans laqtuelle it doclara les membres de
assemble geier ale traltres ha la patrie et il invita
tons les buns citoyens a se reunir a lui pour coln-
courr a sauier la patric.
.Cette proclamation etoit du 29 juillet. Le meme
jour dans une assemble laquelle se trouvoient
tous ls cheis militaires apres une longue deli-
lIeratioa sur les moyens employs par 1'assemnblee
grnerale ponr sounstraire le vai..seau le Leeopard a
1'obiissance dIn gouverneur, il fut resolu d'aireter
queclqucs m embres du coMitILL Port-.n-Prince ,







(1L4)
pour servir de garans de la conduite de 'assemnbl4e
generate. fLexpiedition i:t confie a V M. Mauduit,
qui, dcpli a p)ayJ bien clier l'iitoieur du suc-
c's de cette entreprise.
II esl dillicile de peindre la situation de 'as-
sen blde gdndrale at la iiouvclle de cette exp6-
dition. Elle fiLt a la ihate ijne proclamation pour
invl iter t(iltcs les paroisscs d1 se rdCLnir.
l.le prsen ta 1'expdlition dte M. Mauduit come
un project de contre revolution cll le proscrivit,
et le drc'ara tratre a la patrie ainsi que les
autres cficia miiiair'C!. 1
Elle declara M. de Peynier, dechu de fait du
gouvrnemciit do la colonie ; et defera le corn-
uiiandement). general .a M. Fierville comman-
dant particulier de la ville de Cayes : enfin ello
autorisa les mnuhltres et negres libres a prendre
Jes arimes et a se reunir aux citoyens arms qui
se vouoien t L la defense de 1'assemblee generale.
L'acte de proscription que l'assembl6e general
avoit prononce contre les officers miilitaires fut
imnc6diatement suiv! d'uneexecution violent dans
]a ville des Cayes. La Mmnicipalite extraordinaire
do cette ville'avoiL intercept des lettres adressees
pir le commandant en second de la colonies, a
M. de CaInd're commandant pour le Roi dans
la paar~lc du sf. El e fit arrkter cet officer, t
le ~t -ck diiro dans les prisons de la ville des
?Aiye,. lc '>- itl n fit arrachi par le people,









r -' -, -2 *.







( 15 )
qul le traIna sur ]a place publiqne ; et, mat-
gre la resistance apparent des officers mtuni-
c]i):iux, ce citoyen non entendu, non jugPe, y
p6erit de deux coups d'armes -a feu, au milieu des
plus affreuses violence.

Tandis que dans la ville des Ca yes, on secondoit J
d'une maniere si barbare les projects de vengeance
de 1'assembl6e g6nerrale, I'orage grondoit sur celc-
ci, et 1'instant approchoit oui elle devoit se trou-
ver aneantie.
L'assembl&e provincial du nerd n'avoit cesse
de reclamer contre 1'usurpation des pouvoirs de
V'assemblee gendrale : elle crut devoir eiiinprendro
tune measure vigoureuse et decisive. Dans une
assemble a laquelle furent appeles tous les mili-
taires, et membres des corps adminibtratifs, il
i'ut arretd qu'il seroit envoy quatre commissaires ,
2 M. do Peynier, pour le requerir d'operer la
dissolution de 1'assemblee genrrale ; cette dd-
marche cut le success qu'on en esperoit.
Le 6 aout, M. de Vincent, quiavoit dtd charge
de cette expedition, fit summer l'assembl6e ge-
ndrale de se separer dans 4- lieures, sous peine
d"'y Atre conitramnte par la fbrce : celle ci, ne se
sentant pas en 'tat de resister, s'embarqua a\
bord du vaiss.@au le Leopard et fit voile pour
la France.
Avant son depart, elle fit une adresse touchante









i'


J .r







( 16 )
dans laquelle elle protestoit de son ddvouement
pour la colonies et de sa fidelity pour la metro-
pole, au sein de laquelle ellene craignoit pas,
disoit- elle, d'aller chercher des juges et ou etle
rtsp6roit obtenir une vengeance dclatante de ce
qu'elle appeloit les forfaits de MM. Mauduit et de
/ Vincent. Le ton de sensibility qui regnoit dans
cette adresse et cet inter&t natural que l'on port
aux malheureux lui reconcilirent beaucoup d'es-
prits. Presente, on la suspectoit; absente on
la plaignit; et do tous cotes on s'empressa bient t
de la justifier.

On a vu que les carts de 1'assemblee gne'rale
avoient edt 1'effet de son inquietude sur les in-
tentions de la metropole, relativementaux homes
de couleur et pent etre aussidc quelque velleite
d'independance. Telles furont aussi les bases du
decret rendu le 12 octobre 1790 par 1'assemblee
constituante.
,c L'assemblee generale fut declaree dOchue de
ses pouvoirs ; M M. de Peynier, Mauduit et
Vincent fan, nt remercies, ainsi que 1'asseniblee
provinciale du nord, les troupes patriotiqucs du
Cap, les volontaircs de Saint-Ma,.c et du Pbrt-
an-Prince ;-et l'assmnblee annoi1,a sa fermne vo-
lonte d'etablir commine article constiiutionnel dans
les colonies qu'aucunes lois sur 'etat des per-
sonnes ne scioicnt decretees pour les colonies










*1 .








( 17)
que sur la demanded precise et formelle des
colonies ,.

Nous remplirions imparfaitement, Messieurs ,
l'obligation d'impartialite que nous imini)e notre
mission si nous nevons rendions compile ici Cd m
graiid nombre de pieces neur de- Saint-Domingue et l'assemblnee proving.
cdale du nord, dans leur condnie A I'egard de
l'assernblic colonial de Saint-Mh-re. *-
Les uns ont cru voir en M. de Peynier n agent
secret des contrc-revolutionnaires et dans sa con-
duite, les vengeances de 1'aristocratie contre les
dlpositaires d'une autoritd levee sur les rtinres
de la sienne : les autres croient entrevoir dans
la conduite do l'assemblee provinciale du nord
les traces d'une jalousie secrete et les vengeances
de l'esprit de corps.
On ne sauroit juger les intentions; mais nons
devort, A la ve'it6, dIe ddctarer que les actes privds
et publics de la correspondancede M. do Peynier,
qui sont venus a notre connoissance portent
tous les caracteres de 1'obeissance aux decrets do
1'assernblee national, et qne les arrktes les
proclamations et les autres actes authentipques de
l'assemblec provincIale dt nord sont -enerale-
ment confiormes atx pnncipes de ia constitriLion.
On conoit, d'ailleurs, combien it est didficile de
demaler les fills secrets d'une revolution quis'csi





t'


* ~ -


' ,. ^








operee a 800 lieues de nous, lorsque nous igno-
rous encore los vrais coupables des scenes san-
glantes qui ont dcshonore la notre.


Nous passions aux veinemens de la troisieme
epoque : elle embrasse 1'intervalle de la dissolu-
tion (tc l'assemblee gindrale. dans les premiers
jours dl'ao'It 1790 la ola rmation de la nouvelle
assemblee colonial quii ia eu lieu du 3 au io
about dernier, c'cst-aCdir e, I'espace d une annee
a-peu-pres.

Lcs evenemens art ives a Saint-Domingue pen-
dant cet intervalle n'ont point de liaison suivie,
et tiennent un peu de la desorganisation des pou-
voirs de la colonie a cette poque?. us jeteront
neanmoins un nouveau jonr str les causes des
troubles de la colonies.

Apres le depart de 1'assemblee ge4nrale pour
la France, Ca bordi du navire le Ldopard, beau-
coup de paroisses de I'Ouest criUrent a la vexa-
tion et A la violence. Une confed4dration fut rd-
solue ; et Leogane fit indique pour lieu do rdu-
Klon. Des troupes s'y rendirent de di"ffients
endroita, L'Ctat-major de cette petite arrlne prit
1( tire de Conseil-g6ineral de guerre et de poli-
tique, et s'occupa d'abord du plan de son or-
ganisation..
Une-I






rli
:~. X^










*thThilpntation da district du Port-an-Prince
ae iel Aitalijirk des coif6der6ds, leur fit vn tableau
energique des iiahehrit qu'entralneroient des guer-
res, intestines, ot leI ittita, au nom de la co-
loriie 'en lnger A, .' abandbhner une entreprise )
qui occasIionineroit nrtcessairemet de grands d- --
sor~res -
C pairoles de patix Iroauisivent P'effet qu'en
atteihddit la-d6pufatidrin les comifiddre' arr&tbrent
de fairde d propositions h M. de Peyier ; et des
conmmi tMs fur6nt charges de les lui presenter.
Le gouverneur-general y repondit avec moddra-
tion,mais avec formete : les confreders renoncerent
a leurs projects, se retirement dans leurs paroisses,
et la tranquillity fut elicore une fdis rendue a
la colonies.

Un incident cependant avoit failli lI'loigner.
Lorsque les paroi-ses se conf6ddroient, et an.-
nongoient des projects hostiles centre le gouver-
neur, M. Maudnititusant d'un rimoen don't l'as4
semblee gen6rale avoit faith usage le 3 tott,
s'4toit decided inviter les mulAtres et nigres libres
Ss'armer .et se r6unir h. lui.
L'armementet 1* rassemblement de ces mulAtres
sur l'habitation di sieur Baudry-des-Lozieres de
la CrAte-k-Piquant, prbs LIogane, avoient alarmed
diverses municipalities voisines. Celle de Leogare
so decida a y envoyer un detachement de garden"
Colonies n, 1. B









nationales,qt de mpar'cha pssde; mais & Jiptem&re
attaque le sieur Dambo~uille commandant de
ce d6tachement, ayant etc tue l,e rested seretira.
La municipality de de ogane se pbpignit au gou-
y erneur, qui.demanda les procks-verbaux et autres
actes relatif's a cet evnieneient: et, .pnmie rien ne
constatoit quie le sieur Baudry-des-Lozieres eAt
donee liewu a 1'envoi de _brcs.rrqpressives sur son
labitatioit : le. gouvc'xievir, represenlja qu'on lne
pouvoit lui fire uwi reproche d'avoj,' repousse
F1incursion faite- chez. lui a main armIe. Cette
affaireQ u'eut pas do, suite.

11 y eut, dans les premiers jours de septembre,
et dans diverse parties de la paroisse du Petit-
Goave, des mouvemens de ncigres, don't un mu-
lati.e, nonime Sinth-Dopson 6toit soupponne
,d'etre Finscigateur., Ces dUsordres furent rdprimes
aussiLit que connus.

Vers la fin du miois. snivant, la t4anquillit6
de la colonie fut encoreiune fois trouble. Un
imulatre, n omme.,Og6.,,qui avoit passe,un an,
Paris debarqua, le 2,1 octobre, dans la colonie,
sous le costume d'un matelot aienricain et so
troua dbs le 28 a la tete d'une petite armde
do gens de couleur dsarmant les blancs, en-
rolant des ngres, et.exercant des .actes de vio-
Iciice de toas genres.
'* w- *


*1



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II s'%toit fixed dans ~e quarter de Ia grande
riyikre : sa troupe' toit'de six cents homimes ,
.-. peu pres et elle grossisoit tous les jours.
L'assembldeprovinciale du nord senitant qu'il etoit
prudent de prevenir un plus grand rassemblement,
ee hlta' de so reunir aux comriandans mnili-
taires pour concerter les moyens de repousser'-
les rdvoltes.
Oge, et un nommn Chavanne, autre mulAtrea.
qu'il avoit associd au generalat, dcrivirent albors'
an gouverneur-general de la Colonie an com-
imandant pour le roi au Cap et fassemblde
_ provincial du Nord. Og6 disoit, dans ses lettres ,
don't copies officielles sont d6posees au cornite,
qu'il avoit concouru a obtenir le decret du 28
mars, qu'il venoit en demander Pexecution, et
qu'il emploieroit, pour reussir la force contre
la force.
Chavanne 6crivoit, qu'ils etoient stArs de trou-. ,
ver Vingt-cinq mille homines pour faire exdcuterf
ce Decret, et qu'ils emporteroient la victoire par
les precautions qu'ils avoient prises. "
Le decret du 28 mars, reclame par Oge et Cha- ,
vanne n'6toit qu'un pretexte. Ce d4cret avoit
pour unique objet d'indiquer le mode d'e-
lection provisoire de l'assemblee g4n6rale ; il
y avoit six mois que cette election etoit faite ,*
.. ssemblee colonial existoit encore : it n'y avoit
done aucun motif, aucune raison serieuse de rd- ,








clamer 1'execution de cette lot : il n'y en avoit
point surtout de le faire d'une maniire hos-
tile et offeilbive, et d'appuyer cette demand par
des menaces et des violence.
Ces menaces et ces violence n'eurent heureu-
.Sment pas de suite. Oge h la tketde sa petite
strmee, avoit pile' et assassilne, le 29 octobre,
les sieurs Sicard et Prion, habitans, Le mrme
jour portant leurs tetes avec des piques en
signe de triomphe Ogd vint attaquer le bourg
du Dondon; il y tua quelques personnel, mais
il fut repouss4. -Pen de temps apres il oppose
la resistance ouverte aux troupes de ligne et aux
milices patriotiques du Cap : mais repousse de
nouveau avec perte, et abandoned des siens qui
declarerent depuis qu'il les avoit forces h le sui-
vre il se retira sur le territoire espagnol.
Le gouverneur francais lo r6clama ; et pen
do jours apr6s Oge, un de ses freres lo
nomme Chavanne et treize autres chefs de
son part, ayant ete arrgtes, furent rend-is a la
France en vertu de Particle VI du trait de
,. 777, ,
Og6 a 6td juge et condamne a mort par arr&t.
du conseil, superieur dp Cap. L'instruction de ce
proc&s ne laisse aucun doute sur le project d'une
insurrection general de 'la.part des homess de
e' ol.ur. Sou jeune frUre, par son testament do
o_ ydu 9 mars 1791, qu'il confirma le lende-.










rmajit, dclara que les nommes Fleury et IPHi
rondelle depntws des gens de couleur a-upres de
FAssembiee Nationale 1 etoient revenues dans
la colonie- stir un batiment bordelais ; que leur
presence dans la colonies soutenoit le soul~ve-?
mrent des gens de couleur; et q.ue sans le d4-
bordement des rivieres, ces homes de couleur
re nis des negres au nombre de onze mille ,
seroient venus au imois de fevrier dernier, fondre
sur la villedu Cap et la livrer au pillage. It denonca
en outre les principaux agens de ces troubles,
don't plusieurs se trouvolent d6ja compris au pro-
ces, et il indiqua les points de rallienient et les di-
verses. measures qui avoient ete prises pour execuw
ter ce complot abominable.
Ce qui prouve que P'entreprise d'Og.e toit liee
*l un plan general c'est qu'au meme instant ,
et dams toutes les parties de la colonie les
hommies de couleur et negres libres firent desmou-
vemens pius on moins, inquidetans ; mais par tout
cos mouvemens firent reprimes des leur naissance;
et l'on dut particulibrement cc succes h l'activit6
des chefs militaires et a la grande subordinationr
des troupes de ligne, a 1'6poque de la fin de l'am-
nee 1790..

Malheureusement ponu la colonie, cette suTbor-
dination ne dura pas long-temps.






.i
J '










Les forces de terre et de mer qui 6toient parties
de Lorient le 3 Fevrier 1791 arriverent sur la
rade du Port-au-Prince le 2 mars suivant por-
tant un bataillon d'Artois., un bataillon de Nor-
maudie, et un detachment du Corps-Royal d'Ar-
tillenrie. .
Les casernes du Port-au-Prince ne suffisant pas
pour loger ce renfort de troupes, M. Blanche-
lande ordonna "a M. Devillage, commandant de
]a station, d'aller les ddbarquer au M1Ie Saint Ni-
colas. Les equipages et la troupe avoient 6te en
insurrection pendant toute 1a traverse : h. leur
arrive au Port-au-Prince, 1'insubordination'aug-
menta et M. Devillage se trouva dans Timpos-
sibilite d'exdcuter les ordres du gouverneur. Les
volontaires patriots du Port-au-Prince, les trou-
pes de ligne et les 6quipages de la station se
firent des deputations respective. Les ld6putes
d'Artois et de Normandie furent reqius au Port-
au-Prince au milieu des applaudissemens, et it
y eut des illuminations dans toute la vilie.
Le recit de !'accueil qui leur Avoit, &td fait
exalia toutes les tetes. Tous demanderent ha tre
debarqueis ; et le commandant se trouva dans la
necessiue d'y souscrire.---
Artois et Normnandie firent connoissanrce avec
le regiment du Port-au-Prince, command par M.
Maiaudit, ; les habitans prodigu&rent les f'6tes et








( 5)
le vm y ux< nouveanx ddbarquis ; laj ournde se
pass dans une al6gress'ebrtyante, mai' p6iit ora-
Ce'i e ... ;
" Cepend ita le's ancientn partisans de l'assemblMe
^ira6ket diu comitk proViricial de' l'oI&st, dis->
sous par M. Mauduit dans la nuit"du a29' a 30
juillet '-79o0; mdcoritens dti d4cret dAu r8 octobre
1790, crur(ht occasion favorable' pour se ven-
ger. lIs assurerent'aux soldats enivresi, qu un nou-
wVeat ~'derdtsdn mois- de -deembre; avoit plei-
nement justified 1'assembl&e gene"rale` e in'prouvb
cette expedition dii'9 atfi3b juillet 179o et ils
leur firentventendre" que 'c6'toit unde taelie pour le'
rgintent 'd'u PortLAP.rin' qui voit concouru
, cette- expedition .
Une demarchee 6stcnsible 'et dirl'ee dans la-
m~ftie vu'e ; deitnt sturet' le -snccs de ces pro-
znittre vtte;z, le Ade "ces pro-'
jets 'crinirels. Urie ddputation doe ( officers des
diftticts se. rendit aver apparel ch EM .Mani-
duit, et le somnia'de la' part duv jP ,', do re- ,,
mettre les drapeaux enleves de la maison du
caiiitidi'-ds';ll nuit d tt9 uino jutilet. II of-
frit de les ddlivrer h -tinstant'; "irais 'n'6 s'y re-
fiis -, ei' eXigeant qu'il virit, a la' tvite de son re-
gr.menj ,les remetre iui-mme dats Itt lien d'oii
its a;oietnt' t etnlvs'O.Qn fixai l'theire ; il s'y
Tendit:t Polae po-ic fe- c comite, au milieu ,
de sonh rdgineunt iatiinmilieu de la ville entire,
il fit, assassin par- ses: propres soldjits. Sa t"te




I,
">
i ..'
1l


,,-^ > .,-^*. .;,*,




,-~ U- -.


fut copi ei, place a, haut de 1. pBo nt.dq;
la v.1e:.5.sqn s corps 'd4ppuill de 'ytexnens fut
trained dans toutes les rues an milieu des,. d'une jole effr-nde ; et 'on n'abandonna ~an,ga-
davre on 14mbeaux ,que pour se livrer, a pillag
de sa .. lai, on ..; ,: : .... -,, a ., *
M. Blachpl-lande avoit eu beancoup dep Vpinf
as f soustrainre. aux farieuxl,, et. 'ettoit .f. rAir@i,1
Cap. Aptes son dpiiart, il si forma,.a,, FPort-au-
Prince ,m c nouvell muInni4ip 'it qui, 'qOipamr
de touq Jes, ponvoirs,, ,.;,,. .:,<., :: -
SCette ville ne jonit(pas jlorg-temipsr des fruits
de son crimijael trioii~yhe. Un regi ..q. qpi s'"e
toit livred ,,de pareillel/ ;violenqes .p pou'oit
aisement rentrer dans le devoir. Lej noqiyau, comI-i
mandant y.(it de yains eiforta; I'insubod'idnatiiin
devint.extiplimele: .,et 1j rpunicipalit6, a)p s I. .eir.
fait marcher pontrc lui les bataillort toVt
de Normandie, apr's 'avoir de'sarm' e .Ije '
barquer et.Lparthr pour lajFranqe.,, i "

eLa norve]le 4e tju premier f,,i.r der-
nier 4,. pa I M g e :Je toit prit d'piqpyp
trois couiai 'os civils dans la colopi_ ,ayqq
pouvoir': 4e suspendre, t ,juggemen.t, ;d a.(Xrcs
relatives aux derniers troubles. avoit :retabhli le-
alhne a Sait;-Domingtne. jLa mitropole. apit
annoncd aithentiquement vouloir s'occuper, do,
tous les lemoyens proprcs hI- asurer le bophohur'ep










tranquillity des colonies; elle avoit promns de
le.ur donner une constitution, appropriate a leur
position, compatible avec leurs besoins et leurs
usages particuliers ; elle avoit annoncj qu'il no
seroit statue sur l'otat, des peyrsonnes dans les
colonies, que sur leur initiative; le dernier de-
ciet ,annonrolt. 1'envoi trs-prochIaiIn d'instruc-
tions iplatives h l'prganisation du regime colo-
nial : les colonies pj'rossoient devoir respirer,
lorsque le dpecetdu, ,15 mai, en aneantissant
l'effet de ces processes, vi'pt exciter de nouvtelles
.onvu, asions a Saint-poming. .

Nous ne prononcons point, Messieurs, sur le
fpnd dq c e. dcqet. 11 c.ontenoit trois dispositions
Sprcpales
.p.a. premiere ;,, cQ~ie le corps l14gislatif ne de61
).lib,-rer.oit J tm.is lir e'tappolitique des ho'nme
de,,oiAlIeur, ,qui ne. sergilP .pas& es de pre
;,et nmare libre. ixk
secondnde, u les aspibd es, olpnales.
p..a. elTletnent exlstanes ,continueroient leisrs.
).,fontiopn 5
La tpisi6Tpq, .e Quo .les homraes de coulenr
fe .pre eto- tnu'are }i bres seroient ani.is. 1d S
, tq9ytesJ.es pssiii iles coloniale,s' et proinc.i:o s
futures., a'ils *avoient d'ai" era les quat e'r
,, quises-..,. : .
Lescolqns blancs seplaigniient que la troisi:sr
I


Nt -' -









disposition 'tot une infraction ait decrefg do 4-
8 mars et 12 6 olibre 179&o't -r6pct(rent aori
ce qu'ils n'a viit jamais ce's do dir' : Qure.
de la suppression de cet intermeathire politique,
entr6 les blanch det les n6irs rbsixlteroit noes-
sairement la sntversion de la cblonie.
T"'in :'nre eo ittenle des' homnmes -de,
coueiiur ibrres 'ne, trouva :]as remplie. L'cx
clusion pronuo'cee par'la bi 'con t re ceux qui
iti'etoient pais s de pere et riibre libres, neon-
tcnfi shgxiiremeneit cette dcrniie'e classes, qild
Yon assure Atre Iat'lub hornbreuseet qci p'ar&is
solt avoir sollicit6 le plus vivement le decret.

La notuvelle 'de'e d&ret 'utt '!ctnrc -rh- eti'e
funeste de discorde entire les blancs; el?;"s rnu'-i
i~Rtres; et, ans cette dermie1e clause," ce reles
tiffrinchlsi'et ce. ixnes df "rr t-' S ti s i*r'bres.
Le mecontiecnthefit fit'gen'ral' il xti'e'6tt -'e :
c N'exigez pas (ecrivoit le gouver'icu iA 'Ifni-
h iiistre de"] inartine), 'n ex'ez ,pag ite jehkus
: .fazsesparrtdispropositions',"toiteis 1psi6 1rte
les unes que les autres, auxquiellet 'de'Ad
Secret "a -r6-bi ,e i Il a g'err feici ile 1t -'Aplus
affrcuse, et Lta perte de l'acolonie 'peutient Rr6
les suites de la disposition Tpreente d e p.i'ts.
La premiere parties de ce decret sur les-eldaves
ne assure mime pas 'a regardd des pro6riti6ds ;
on it'y volt qu'lune disposition 'uih -' dd'cet


^.^*rf










subsequent abrogera, come celul-ci andantit
x la promesse du 12 octobre.
La garantie accordde par Ie premier article
:0 (6crivoit le procureur- general di conseil- su-
Sprieur dn Cap ) est regarded comme un noti-
,, veaupacte', aussi vain que celui du 12 octobre*,
x, aussi facile a violer -.
tcoutez les membres de 1'assemblee proviri-
ciale ecrivant &a 1'assemiblee national : cc La
> premiere execution de votre decret, disent-ils ,
' seroit desastreuise pour la colboie. Tous les
occurs sount ulcr6s; les agitation's donft thois
Ssommes temoms, peuvent amener une explo-
i sion g6enrale ,affreuse dans ses effects : alos
I nous n'avoris qu"tA envisager uie resistance
S'desespere et tih vaste tdmliieau dans la 'c-
F lonie.
te desordre est au. conible ( 6crivoit In
Scapita'ine du:Havre le 22 juillet dernier );
Saint-Domingue s'ensevelira sous ses rincs,
,.plut.t que de souffrir la promulgation du '
Q'ctdcret du i"5fma'i. Touit est eric6mbustioi au
, bas de la cute tsurtout an P6t-att-Prince,
&'&6rTon voulolt ,iau d6part-u 'c uirrir, mettre
-enr drive Ies navircs bordealis '
IIn'est paws inutile, Mcssietrs,' 'indiquer les
cases de cette anim'osite partitiuliere des coldios'
con tre les Bordetais, -Les cOdpsi alministratil sde
Bordeauix avoient fait une a




( i-








( 3o )
Y.k ]A.Assemblde rationale au sujet du decret 4a
i5 mai ; ils l'avoient suppliee de prendre les me-
sures les.-plus promotes et les plus efficaces pour
executionn de ce ddcret; et lui avoient offert le se-
cozgrs des gardes nationals du department. Ces
.lispositions, qui contrarioient 1'esprit dominant
A Saint Domingue avoient algri les colons.
onilre les capitaines, les equipages et les passages
..rrivant de Bordeaux.

Ce, qui acheva d'effrayer les. colons sur Ie
- dispositions, de la metropole,. fut la lettre fa-
imeuse d'un membre de 1'Assem,.ble constituante,
.qui crivoit que bientot le solqil n"'claireroit
plus en Amerique, que des hommnes libres. Les
colons sentoient que de pareilles esperances
donnees aux colons pouvoient avoir les suites
,les plus f cheuses ; et j'exp'rience. prouvp au-
.j.ourd'hui que leurs inquitudes, n'dtoient pas sans
fondement.

SCependant qpelques uns de ceux qui avelent
le plus appuyv le. d6cret du i5 mai, commen-
coient 'a sentir la, difficult de son execution ; 1e '
gouverneur ecrivoit que si. la..li parvenoit .pfH-
.ciellement, il ne prendroit pas. sur li d'en ordon-
ner la promulgatin ;, toutes les places, maritime
routes les villes de commerce s tpoItcs les mannfTc-
Aures, du royawune faisoient des reclamations:









".''_ '









(3i)
assemble constituante eclairde par ce cri ge4ne
ral, convaincue que incertitudee des esprits sur
les principes de Ia Mdtropole avoit ktd la premiere
cause des troubles des colonies reconnoissaht
euifin la necessity de donner une constitution
cette parties integrante et precieuse 'de 1'Empire
Franuais decr6ta constitutionnellement pour les
Colonies les quatre articles ci-aprhs :

AR T I CLE PRE. MI ER.
t L'Assembl&e national legislative statuera ex-
clt$ivement, avec la sanction du roi sur le rd-
gime extdrieur des Colonies ; en consequence, elle
fera, 1o. les lois qui reglent les relations corn-
merciales des Colonies, celles qul en :assurent 1e
maintien par 1'6tablissement des moyves de suin-
veillance, la poursuite, le jugement et la punitioit
des contraventions, et cells qui garan tissen t i'ex& i
eution des engagement enti-e le' commerce et les
habitans des Colonies; 2. les lois qui concernent
la defense des Coloniies, les parties militaires et
administratives de la guerre et de la marine.

Aa T. I I.
Les assemblies coloniales pourront firee, sr
les mrnmes objets toutes demands et represent,
stations; mais elles ne seront considerdes que come
de simples petitions, et ne pourroa tre conver-
ties dan, lee Colouies an rglemeites provisoires;


- ^- "t^t .- -*








sauf ndanmoins les exceptions extraordinaires et
momentan6es, relatives a Pintroduction des sub-
sistances, lesquelles pourront avoir lieu '. raison'
d'un besoin pressant, l4galeinent constat6 et d'a-
pres un arrete des assemblies coloniales, approuv6
par les gouverneurs.

A RT. -III. I

Les lois concernant l'etat des personnel non
libres et Pl'tat politique des homes de couleur,
negres libres, ainsi que les reglemens relatifs. "a
l'execution de ces m&hies lois seront faites par,.
les atsenmblees coloniales s'executeront provi-
soirement avec l'approbation des gouverneurs des
Colonies ,. pendant iu ari pour les Colonies Ame-
ricaines et pendant deux ans pour les Colonies
Asiatiques, et seront portees directement la sanc- ,
tion du roil, sans qu'aucun decree anterieur puisse,
porter obstacle au plein exercise du droit confer i
par le preserit article aux asseinbIles coloniales.

A A T. I V.

,> Quant aux fbrrmes a suivre pour la confection
des .lois du regime intdrieur qui ne concernent
pas 'etat des personnel d4signees dans l'article
ci-d.essus,elles seront dAterminees par le pouvfoii'
egislatif, amisi que le surplus de i 1orgrisationt
des ColQies,' oapres avoir -ecti" le' .e~^'qu^ les





__^__ ^~~~~ ~~~~~..^ -- ..s.. .. .. ., .- _>-** *- ** *-- ^









assemblies coloniales ont ete autoris6es a expri-
,jer sur leur constitution -.

Cette loi, qui deyoit assurer invariablement la
tranquillity des colonies, n'a pu -irialheureusement
y arriver assez tgt pour prevenir les evenemens
affreux qu'embrasse la quatrieme epoque, don't i
.me reste a vous rendre compete.


Ici, Messieurs, commence un nouvel orire do
choses. La rdvolte des noirs 6clate ; les evene-
mens, les deliberations les dispositions militairesi
se succMdent avec rapidit; ; et I'hominme sae, qui
ne veut pas juger legdrement., est oblige de se
recueillir pour suivre le fil des faits et pour ap-
pr6cier les measures qui furent adoptees dans ces
circonstances critiques.

J'6pargnerai a votre sensibility un nouveau recit
des faits particuliers don't Patrocite vous a deja
fait fremir plusieurs fois; je me bornerat 4 vous
indiquer la march gendrale des revolts et les
moyens que leur ont oppose, le gouverneur et-
I'assemble colonial.

La formation de la nouvelle assemnblge cojo-
niale que diverse circonstances avoient retarded
jusqu'& ce moment, s'etoit enfin operee LTae

!




J A


ae 10 noAt dernier, et ceiti te mrnhLe s'6tbit cons-
th l: Je suite :;ons le nom c'lsselmblee genorale
del a p:'iie fi'ancaise de Saint-Domingue.
Le mnnme jour on avoit agitd -la question de
savor si I'assemblee continueroit ses travan-aux .
Leogpneo, on si conformimexit- la faculty quie
lui en accovdoiL l'iustniction du 2i8 mars, elle
choisuiroit une autre ville pour lieu do ses s6ances.
Les opinions s'etoient trouvecs partagdes: les uns
prdferoient Ldogane conime point central de la
colonie ; les autres insistoient pour le Cap par
la raison que cette ville avoit de plus grandes liai,
sons avec la M6tropole, et parce que disoient-
ils encore c'6toit le moyen de ddtruire entiere-
rnent les anciens germnes de 'division : on fut au
scrutiny : an troisiema tour, le Cap obtint la majo-
rite et la reuaiion gendrale dans cette ville hut
ajournee au 25. L'assemblec se separa ensilite.

11 n'est pas inmtile, Messieurs de vous rap-
peler quelques deliberations que l'assembl6e gind- '
rale avoit prises au moment de sa formation, et
de sa reunion provisdire.
A 1'onuverture de ses. seances, le 3 ao-At, elle
avoit exigD que tons ses membres pretassent
serment, et jurassent sur 1'honneur et au nom
du salt de la colbrile en danger de se reunir
d'esprit, de ccaur et d'inte.tion avec. leurs co-
16gues, et d'ensevelir 'dans une nuit eternella





p.i









( 35 )
Jes discussions qui avoient precedd leur rassem-
blement.
Le 9, elle declara ne vouloir laisser ancun
donte sur la purete de ses intentions et de ses 4
principles, jusqu'h. ce qu'elle eAt pu les mani-
fester plus formellemerit en s'occupant de la
constitution de Saint-Domingre et elle arrgta
en consequence queSaint-Domingueetant portion
de l'empire franqais elle reconnoissoit qu'l.
1'Assemblee national seule appartenoit irrevoca-
ljlement le droit do prononcer sur les rapports
politiques et commerciaux qui unissent Saint- Do-
mingue la France, d'apres les plans qui se-
roient presents par l'asseinble generale. Elle
declara en outre, qu'elle mettoit sous sa sauve-
garde et sous celle, de la loyaute des citoyens,
les creances, tant des negoeians de France que
de Saint-Domingue; qu'elle maintiendroit l'obser-.
vation des lois qui en assurent les palemens, dans
toute, leur vigueur, et qu'elle provoqueroit 'a cet
effect toute influence des opinions et de la force
publique.
Ces arretes, et celui par lequel elle avoit.
determine de se fixer au Cap, fure.nt adresses e,t
sounmis an representant du roi par des commis-
saires nommes a cet effect, et cette .formaiite fat
etendue aux diverse dedihdrations prises post6-
rieurement par l'assembl ee general.
Colonies, no. 12. C





*h








(36)

Conform4ment a celui du to ao-ft, les membros
de assemblele g6ndrale s'dtoient spars rdsolus
de se rendre au Cap au jour indiqud.
Dans leur route quelques-uns d'entre eux
furent t6moins le 16 aout, de I'incendie d'une
c:se a. bagasse sur I'habitation Chabeau, au
quarter du Litnmb plusieurs, don't deux sont
presentement en France', traverserent des sucre-
ries incendidcs, et eurent beaucoup de peine &
echapper aux .rmvoltes; quatre autres, enfin,
ont 6td impitoyablement massacres en se rendant
paibilemeneiit a leur poste.
Avant* que 1'assemblee gendrale filt reunie, Ie
2i Aoyt., 1'assemblee provincial du Nord fit
prier M. Blanchelande d'etre present la decla-
ration dediverses pers'onnes blanches et de couleur
arrttees la veille par des patrouilles.
Ces personnel ddposerant qu'il existoit un
project de conspiration,' diri(6 particulierement
centre la yville du Cap. Ce project devoit s'effec-
tuer la nuit. On devoit mettre le feu des ha-
bitations voisines du Cap ; et a ce signal, un
massacre general devoit avoir lieu dans routes
les parties de la ville.'
M. Blanchelande prit aussit6t des measures
pour prdvenir ce d6sastre: mais elles ne purent
s'etendre A toile la partic du Nord qui se trotivoit




S- ..


A









(37 )
Pendant la nuit des nagres rdvolt&s sur
l'habitation Noe, a 1'Acul, y assassinent les blancs,
passent. sur Il abitation Clement y signalent
egalein,tqit lej r rage pinktrent aux trois habi-
tations Galifet et y coinilettent les memes ,hor-
reurs, ,..
Le 23 an martinn on vlt arriver, de divers
quartiers,;a, dos blanks fuyant leurs habitations.
Les .uns announoient h1 revolt de plusieurs at-
teliers )1les .iutres .racontoiept, les massacres qui
se commettoient dans la plane; tous deman-
doient I'asyle ou des wseeotnrs.
Le comiandant-geileral enivoya aissitot&; ^ne
companies .da regiment du Cap sur I'l'abiation
Noe, ,et il[ invita les dragons patriots l.Jes y .
accomp)gner. -
JL'asseihldte provincial de .son c6td envoya
des troupes a. cheval et-des volontaires ai haut,
du Cap oi .M. Blanclielande, ktablit ensuite un
fort detachement de troupes de Jigne.

Lesmembres de 'assembJle g4n6rale arriyoient,
uccessivoement au Cap, a travers les plus grand.
dangers. ils se formerent d'abord en comit6, et
arr1&.'ent que sur-le-champ on domneroit avis
a.ux provinces de I'Onest et du Sud des malheu-
reux evenemens qui affligeoient les environs da
Cap : le president fut spkcialement chargS do
cette commission.



'l




-- -;- .,- .- -- ,




Lcs pretm res dispositioli fitc' l pla Te go,-.
verocur et -'Vassmcirblee provincial du Nord,
avoleInt un peu dissipd la terreur qui s'6toit re-
pandue dans la ville ; mais cette situation no
fut pas de longue duree.
A chaque instant on apprenoit des nouvelles-
plus ficheuses les unes, qtie les autres -tous ceux
qui arrivoient de la plaine rapportoient, que les
violence des revoltis' augmentoient avec leur
nbmbre, et que le l nal s'dtendoit progressive-"
nent attoute la parties dau Nord.
La position particulire du Cap n'6toit pas tout*. -
a-fait tiranquillisante.,Gette place qui contient:huif t
dix mille n gres males, fourmille, come toutes
los grandes villes, d'une foule d'aventuriers, rebut
de P'Europe entire. Comme on d6couvroit A touti.
inomen t des coinplots jfui prouvoient que la r6volte
etoitl concertee entire la ville et la plane, L'as-
sembl6e g6ndrale et I'assembl4e piovinciale, dt")
Nord craignirent.que, dans le cas diuine attaque ex.-
terieure, il ne se manifestAt une revolte au-dedans,
et eltes firent part de leurs iriquietudes au general,
qui se, determina A rappeler le posted de la bai6
de 1'Acul pour couvrir le Cap.-II y cut, dans
cette marche, une escarnouche entree ce detache.
mnent et les r6voltes : 5o negres restrent sur l6
champ de bataille.

Cependant il s'operoit successivernent des jono-








i .


-- -,5-'*"- *'- *** *




- -


tons d',atteiers, nouvellemnent revoltes : la pro-
vince. du Nord 4toit en proie aux pins grands dd-
sordres, et les divers corps de troupes patrioti-
ques do cette province, agissant sans concert
.ne produisoient presque aucun effet.,
Le 24 aotit, 1'assemblde generale pria M. Blan-
chelande d'on prendre le tommandement, et de
pourvoir parlui seul a' tout ce qu'exigeoit la sri-
rete publique. 11 accept, et s'occupa de suite de
former in plan, geueral de defense.
11, tablit au haut du Cap un posted d'environ
deux cent cinquante homes, tant d'infanterie
que de cavalerie, don't il conia le commande-
.ment i M. Touzard; il envoya at la petite Anso
un autre detacllement d'environ deux cents hom-
mes, avec I'artillerie convenable il forma divers
corps-de-garde, fit embosser la corvette, la Fau-
vette et la frigate la Prudente pour battre sur
les chemins et intercepter les passages ,,et prit
toutes lespr6cautions Bgcessaires pour mettre le
Cap en suretd.

. CommQ e 1'asemblee gknrale, observoit qo
l'attroupement des n6gres augmentoit chaque jour,
et que Iien it les yillesmnmes seroient dans lim-
possibilite de so d6fendre, si la colonie ne rece-
vpit de" renforts du dchors, elle arreta d'expedier
prompt ement plusieurs, petits batimens, pour de.
mander aux puissances voines des secours d'hom-
C3









( 4o Y
mnes, et des munitions de guerre et de bouche. 11
est essentiel de rappeler ici les expressions mines
de cet arr&4t, pris le 24 aodt.
cc Arr6te que M. le general seul traitera cette
.affaire important avec les commanidans des pos-
sessions espagnoles ; mais que pour traiter avec
: les autres ppiisances, ixA.-e general et l'assem-
P bIde feront les requisitions en common.
Arrgetd en outre que ces requisitions seront
W prdceddes- d'sie prbclamaition doe Iassemblae
a generate, qui constate 1'nrgente necessite, de re.
courier a cette ress6urce extraordinaire

Le mgme jour et les quatre suivans, P'assem-
bide generale prit divers autres arrktes relatifs aux
circonstances.
Elle declara qu'elle tiendroit ses seances jour
et nuit; -' elle charge assemblee proviiciale
de a6mmer line Commission pr vetale don't les
fonctions serolent de juger les hominmes pris les
armes. a la main ou en 6tat de r6volte; elle
accept Poffre faite par les hommes de couleiur
rd slarmer pour la defense commune elle em-
rp.ha 'e"tbarcation de 'argent sur les bAtimenis
qui 4toient en rade, dans la vIe d'arr4ter la dis-
pantioni diu numeraire et le refroidissement,
ivw Ole de plusieurs citoyens propres & 4a de'-
fs~e~ pbhiqu ; -..-- et'i mit ui embargo sur tooua
l's nvirm dQ loi s cois qui exis toit dans les










ports de la colonie, et laissa aux assemblies pro-
vinclales, corps administratifs et municipalities ,
la liberty de lever cet embargo sur les batimcns
do cabotage seulement, si le cas le requeroit:
elle formal, sous l'approbation du gouverneur ,
deux reghnens, sous le titre de gardes de Saint-
Domingue, soldes et les soumit A toutes les
ordonnances relatives A la discipline et police
militaire, en vigueur dans la colonies.

Le gindral de son cotd acceptoit les offres de
la marine national, qui demandoit a oceuper
le VIorne de Saint-Michel : il nommoit des chefs
dans Jes divers points : il fortifioit l'IIe de la Tor.
tue ; il etablissoit des petits bateaux d'observa-
tion, pour croiser depuis Caracole jusqu'au port
Margot, et de ce dernier lieu dans le canal de
la Tortue avec ordre de couler bas toutes les
petites embarcations suspects, et sur-tout celles
qui auroient A leur, bord des negres r6volt6s; il
s'emparoit -des gorges et des passages depuis la
Marmelade jusqu' la mer.

Peu de jours apres, le general proposal de faire
une .proclamation pour inviter les negres a ren-
trer dans le devoir et il offrit de se mettre en
.campague pour reduire et ecraser les rivoltes
qui continuoient de saccager la plaije. On crut
C 4










que son project de proclamation ne produiroit pas
P'effet qu'il en attendoit, ee qui empecha de l'a-
dopter ; et la crainte encore sukbistante d'un
soulevement int'rienr, fit rejeter egalement sa
proposition de se mettre en campagne avec la
plus grande parties de la foice aritne.
On se borna 'a regler la march des troupes
destinees h proteger la province 'de l'Ouest afin m
d'empicher les progi s de 1'incendie et d'inter-
cepter toute communication des atteliers de la
province du nord avec ceax de la province de
1'ouest et du sud, qui nt etoient pas encore infec-
tes de 1'esprit de sedition.

Les circonstances devenant plus critiques de
jour en jour, 1'assemblee gnedrale et I'assermblee
provincial arr&itrent qu'en cas d'attaque leurs
membres preenlroient enx-menes les armes, tant
pour part-ger les perils des citoyens que pour ra-
nimer Jeur zble et conserver Pordre; et, pour ser-
vir de signe de reconnaissance et de ralliiement,
it fut ar&t6 le 28 nouit que les membres de Pas-
semblee general porteroient en seance et sous i
les arrnes une echarpe de crepe noir, et les rem-
bres de I'assemblee pi ovinciale ine echarpe rouge,
image du sang don't leur terrltoire etoit arrose;
il ftt arrvte en outre que le president porteroit
pour utre reconnu et pour qu'on obet at sa voix,
utne echarpe rouge et noixe : il fut arrete enfiA









--.. I..










(43 )
.quo ees &charpes ne seroient port6es que duranf
1'6tat de goerre oil se trouvoit la colonie.
.Le 29, I'asserblbie generale arreta que I'oflicier
d'administration faisant les functions d'intendant
se transporteroit au Cap avec ses bureaux et les
.titres relatifts aux, finajiices de Saint-Domingue ,
vu. qu'il 'toit plus important que jamais de con-
noltre 1'etat de ses finances, et que les retards
occasionn6s par I'eloignement du tr6sorier pour,-
roient produire des effects funestes.

Le 2 septembre 1'assemblee general prit un
niouvel ar rte relativementaux cargaisons destinies
pour France. II est interessant de rappeler ici le
dispositif littoral de cet arret6.
c L'assemblee g4n6rale considgrant qu'il se
trouve sur les hbtimiens mouilles actuellement sui
la rade du Cap des chargemens de denies et d'
-piastres appartenans aux habitans de Saint-D-i
mingue, et don't la destination eat d'etre vendus
en France pour leur compete;
Consid6rant que ce secours leur devient d'au-
tant plus niecessaire dans le moment de cri.e ae.
tuel, que la plupart, ayant tout perdu, sont hois
-d'tat de se procurer memie jes premiers besoins
de subsistence ; considerant enfin que, ]a parties
du nord de Saint-Domingue etant denuee de tout
secours, menace de tons les besoins, R1 est de sa









I'(44)
sagesse de conserver la plus grande masse de res
sources pour se les procurer:
SA arrtde que tous proprietaires ou chargers
de denrees ou de piastres sur la rade, sont autoris6s
a retire lesdites denrees et piastres.
Tout capitaine a qui la reclamation en sera
faite sera- tenu de les remettre aux proprietaires
on chargers a leur premiere demand a la
charge par lesdits propridtaires on chargers de
payer les frais de chargement et de dechargement.
> Ne pourront les capitaines pretendre aucune
indemnity pour raison de fret.
Le present arret6 aura son execution a la
simple notification qui en aura et6 faite auxdits
capitaines.
w Sera bien et valablement decharge le capitaine
des marchandises continues an connoissement, r
la declaration que mettra le propri6tair chlar-
.geur au dos dudit connoissement, que les mar-
.chandises lui ,ont 0t6 remises ,.

Cet arr&td, qui, comme tous les autres fut
soumis 1''approbation du gouverneur donna
.naissance t une decision rendue le 5 septembre-,
qui renvoie aux juges de l'amiraut6 les con"
testations qui pourroienlt s 'lever en consequence,
parce .que (porte cette decision) I'assemblee ne
pouvrit en inmIme-4cmaps dicter les lois et les fair
executer.










45)

L'assemblee gne6rale prit depuis, et aidvant
les circon stances, divers' arrttes, don't voici les
plus important.
Elle accord la liberty a un negre commander,
'qui avoit preserve un attelier de la revolte et
avoit denonc6 diversinstigateurs de troubles.
Eile restreignit provisoirement la liberty de la
press, et la vente et la distribution d'aucuns
ecrits relatifs aux affaires politiques et k la rh-
volution francaise.
Un sieur Fournier commandant le Triton de
Bordeaux, refusoit de fournir ,de la farine aux
habitats du Bofigre, parce que ceux-ci, 4puises
en ce moment, ne pouvoient le payer comptant:
l'assemblee arreta qu'eu egard a. la circonstance,
ce capitaine seroit tenu de fbtirnir des- vivres au'
commissaire des habitans du Bongre jusqu"h a
concurrence de 6,6(o liv. payables en trois rnois,
onus la solidity de tous les gent de la paroisse.
Elle angmenta le droit de sortie sur les sucres
et caf6 dans la vue, porte l'arrtde, d'dtablir la
balance entire les recettes et la depense.
Elle permit aix ihabi tans des Etats-Unil d'A-
nmerique de s'expedier deux ai-la-fbis dans la
crainte qu'il ne vint pas du sebonrs de ce pays,
st 6n y apprenoit Prembargo general.
SElle sus pendit provisoirement le- droit d'au-
'baine A l'gard, des strangers 4tablis daxis la co-









(46)
lonie, qui dans ces circonstances difliciles ,
auroient pris les arms, come les autres citoyensu,
pour la defense dq la colonies.
Sur la lecture d'tIne lettre venue de France ,
qui annonqoit .qun'ue foule d'emigraus plthoitt
journiellement &. Saint-Domingue, avec des prini-
cipes contraires a son etat politique, 1'assemblie
, arreta que cc tout pgvticulier arrivant dans la parties
francaise de Saint-Domningue, qui n'auroit pas
pas adresse et qui ne pourroit p-is se fire
idclamer de parents tels quie pere fils, frre ,
oncle et neveu -proprietaires on citoyens domi-
cilies et conrus ne pourroit 6tre debarque et
resteroit consigne, soit a bord du navire qui l'au.
roit amen ;, soit a bord du navire de la nation qui
se trouyeroit dans. la rade o. le navire auroit
mouill.
Les 5, 4 et 14 septembre, sur, la proposition
spontanere de quelques- uns de ses membres, elle
dejibera ,ur les moyens d'ameliorer 'etat des
hommes de coulenr libres. Le. 5, on arrcta qu'il
seroit former une Commission chargee speciale-
meint de -ce travail, et k laqfielle les hommes de
couleur libres pourroient dresser leurs petitions,
et que cette Commission seroit tenue de presenter
son travail A Passemblee pans le plus bref delai.
L--te 6., sur le rapport de cette Commission, elle
.autorisa les hommes de couleur libres, sans excep-
tions h se reunir paisiblement dans leurs paroisses,


-V -









(47)
et a ridiger des petitions tendantea & fixer leur
t.at; et elle enjoignit aux municip'alit6s., corps
populaires et commandans, de prot6ger ces assesin
blees d'hommes de couleur libres, afin quie 'ld-
mission de lent voeu parvint plus librement etl1,
plus promptement possible.--Le 14 elle autorlsa
les hommes de couleur libres, alors Sous le tdrmei,8,
Z former des assemblies, (1:mns Ilen ,s camps mmrnAme,
pdiir la redactio6i de leurs petitio T

Pendant que l'assemblee geri6r.le s'bcctpolte
dans la partib dti Nord, d6e mnoyeij d'am&iioei'r
1'dtat des hommes de couleur libres cewxl 'd la
parties de 1'Ouest s'etoient arms aupr6s du Port-
anPrince, 6t avolent renrti sotis letfrs ordres ln
e6ssez grand nombre de negres:. Uit detachemierit do;
troupes de lIgne et de gardfes' patriotiques, envoy
piOr les reduire fint repousse aivec perti. 'Les
ho-rimmcs de couleur et les- ttoupes patrfitiquncs.
ntrinmmrent iospectivement. ^s cbmm i-saires pdinr:
ljoposer des artldlos de paix, :et cette confd6rence
s0 terminal par le concordat dohe'vous avez cone
Itoissance.
Cependant les noirs revoltts d"Britinnoient leir
fbrfalts dans la parties du Nord : '1&6rs' ecliecs sem-
liloient ajout'er A leur atidate', et Ton assumrit
qu'lls avoient graPdfe provision d' rmes et demti--
jitions' de boudhe et de guerre. -!




*- ; ; : *4


- A








T 48 )
M. Blanchelande al.prs avoir mis le Cap I
covert, disposal. le forces qu'il avoit a ses
ordres de maniere A faie tine attaque vigou-
reuse et arionca FintentiQn de se .mettre en
champagne. Un grand nomnre d'aventuriers du Cap
se presenterept pour marcher avec hli, s'il vouloit
leur accorder les deux tiers du pillage qui seroit
f'it sur les habitations incendides; iais M. Blan-
chelande rejetaleur offre avec indignation. II mar-
cha ensuite centre les rbvolts les battit, les mit
en fitchc sur les habitations d'Agoult ct Galifet, et
leur onleva huit pieces de canon et beaucoup
d'effets.

Ces avantages cependant ne tranquillisoient
point parfaitement le -geeral ; ses forces ne .lmi1
paroissoient pas assez. consider -bles pour com-
haittre.lopg-temps une armne d cenit wuille ne'gres
bien aries dans n pays oui nos troipes s'depi-*
sent preotiptement ,. pr la chaleur et la fatigue,.
11 dcrivit au chef. espagnol, et ai.dcjimnnda des
secours, en execution de Particle IX du trait du
3 juin 1777 ; mais ce dernier lui r6pondit froi-:
4ement : c, Ce n'e&t pas le cas predy par le trait.
,.Ce.sont, ajoutoit-il, des dissentions intestines
> qui se. sont 6lev6es dans l'int'rieur de votre gou-,
> vernement, et qui font le srjet d'une rixe entire
2, des sujets d'un mIme prince sur la, reriprocit6
, des droits w.


- ~ ~ ~ --








(49)
Tandis que les Espagnols refusoient ainsi de
secourir leurs allies, ils garnissoient leurs fron-
tieres de troupes et repoussoient avec cruaut6 les,
Francais qui cherchoient un asyle contre la bar.,.
barie des ngres ,. fournissoient des munitions de
guerre auxrebelles, et leur livroient, a i3o lives
par tate, nos malheureux freres, qui bient6t pe.
rissoient sous le fer des r6voltis.
Ce n'est pas ici le moment de prononcer -sur'
ccs proc6dSs ennemis et barbares; vois avez ren-
voye deja l'examen de cette affaire a vos Comiteds
diplomatique et colonial, qui s'empresseront sans
doute de vous en faire le rapport.

L'assemblde colonial avoit arrgt6, le 9 septem-n
bre que, dans le plus bref ddlai, il seroit expd*-
die deux avisos en France mais l'incertitude do
I'etat dansslequel se trouvoit la province de l'Ouest,
fit suspended le depart d'un de ces avisos.
Le i8 ,' elle suspendit I'effet de la prescription
des crdanices pour les objets qui auroientpu echeoir
depuis le 23, 6poque oiL avoient commence lee
xnalheurs de la tolonie. .*
Les secours de la Janmaique arriverent le it.
Le commodore Afjleck, commandant la frigate
qui avoit.apport6 ces secours., mit pied terre,
et se present avec le general dans la salle da.
l'assemblde, ou il fut remercie par le President.
L'asssmblde gzr4rale avoit besoin de. fonds ,ex




*. ." -- _. .__ __ _. ---. .. .-" -- -- '-, '. "





entirer l'impossibilit6ede s'en procurer do France
avant cinq on. sis'mois : enhardie par la g4ndro--
site d.s Agrl. elle arreta qu'it seroit fait- la
JamTA'qne in enm lint de 180 mille livres ster-
lingS et elle nomma des dUputes pour traiter
c&tte important affaire.

Le so septembre, 1'assemblee g'nerale, crai-
gnan .que .les g-ns de coiileur ne fussent pas
eiicore parfaiit.ement satisiaits des arretes qu'elle
avoit pris les 5 ., 6 et 14 du mninie mois cryt
d evoir en prendre 1m nouveau, don't je va)i ayoir
1'honneur de vous dornneir lecture..
L'assemiblee general de la partle frangaise de.
Saint-Domingue .apr&s avoir delibcre pendant
quatre stances, a arr te et arrete :

A RI T t C L E P A'E M'i E it.
cc Qu'elle ne s'opposera point a 1'excution de
la koi diu i5 mai.,, concernant les oinmmncs, }e
couleur libres, 1orsqu'elle sera connue -ffciellet

R T ... ... ... ;T.

I D)4clare qute voulant doniher aux hommcs de
c6nleur libres, mn',me de p&'e 6t mere .nb. "IHWes'
et qui ne participent pas an -bdthfice deliad,.
10i du i5'ihai, iune preuve 'ion 6quivoqu(j'd la
bienveillaince qu'lls ont mdiit6e par leur emptred-





,_ ..- .. _' ,-" ^k,'-^ .-".- n .. ent











( 51 )
segment l defendre la cause publique elle se pro-
pose provisoirement avec 'approbation de M. le
lieutenant ou gouverneur-general et d6fitirive-
ment avec l'approbation de ''Assemblee Natiobale
et la.sanctio.ri du roi, d'am4liorer leur etat aussi;,
tAt apres la promulgation de ladite loi : inten-
tion qu'elle a deja manifeatede par ses arret6s des
5, 6 et 4 de& ce mois.
A B T. I I.
Declare en outre Yassembl6e generale; qiu'elle
den once 4 la nation francaise 'comme trattres a
la nation, a la loi et au roi, les homes de cou-
leur libres, qui, aussitAt aprcs la- proclamation
du present arrete, ne voleront pas A la defense
de' Saint-Domingue on danger, et qui tranquilles
spectateurs de l'incendie et des assassinats, you-
droient justifier leur inaction par le doute sur les
intentions de l'assemblee g&n6rale. '
L'assemblee general charge son president de
se retire pardevers M. le lieutenant ou gouver-
neur-g6ndral, pour lui communiquer le present
arret6, avoir son approbation, l'inviter de le fair
notifier de suite aux assemblies acmininistratives,
qui demeureront charges de le notifier aux mu-
nicipalits corps populaires et civil, etc. ,>.

Tel 6toit P1'tat des choses, lorsque des d6pu-
tes de Saint-Domingue sont parts pour se rendreq


4 -





i. .





auprs de vous, 1Jessieurs; et< ',t cete opaque
aussi que cessent les, avis offieies qui nous sont
parvenus.

Cependant la rdyolte continue a St.-Domingue:
les bruits particuliers requs de cette Colonie, an-,
nonoent qcue les noirs dans la parties du Nord,
et les mulatres dans ]a parties de i'Ouest, exer-
cent encore les actes de violence les plus inquid-
tans. Les principaux auteurs de ces r6voltes sont
arrtds ; on instruit. leurs proc's ; il en resultera
necessairement de grandes lumires et, appeals
Sa vous indiquer les causes de ces derniers v6d-
nemens, nous regrettons, Messieurs que votre
empressement a vous 6clairer pour tout ce qui
peut contribuer a .rtablir le came dans les Co-
lonies, ne vous ait pas permis do nous accorder
un ddlai plus considerable.


^ *' ***^ ,t