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 Annee 1804
 Annee 1805
 Annee 1806
 Sommaire


DLOC LLMC




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ThisvolumewasdonatedtoLLMCtoenrichitson-lineofferingsandforpurposesoflong-termpreservationbyHarvard Law School Library

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LOISETACTESSOUSLE REGNE DEJEANJACQUES DESSALINES

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LOIS ET ACTESSOUSLE REGNE DEJEANJACQUESDESSALINESCOLLECTIONANGLEDROITOCTOBRE2006 HI:,\

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CompositionetMaquette de couverture : Ateliers Graphiques des Editions Presses Nationales d'Halti Editions Presses Nationales d'Halti Collection Angle Droit, octobre 2006 Port-au-Prince, Haiti Copyright :Presses Nationales d'Halti Ce livre a beneficie du soutien du Ministere de la Culture et de la Communication ISBN: 99935-37-45-4 DepotLegal: #06-10-496 Bibliotheque Nationale d'Halti Acheve d'imprimer octobre 2006 aux Presses Nationales d'Halti

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PourcommemorerIebicentenairedelamortdei'EmpereurJacquesPremier,et en hommage ace fondateurdelapatrie,ancienesdaverevoltequidevint un so/databsolu, un chefverticaletun Heros universe/.

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'RE'CUEIL GENBRAL DESLOIS&ACTESDUGOUVERNEMENTD'HAITI "'ANNEE1804 LIBERTEOULAMORT.N t. -Acte d'independance. ARMEEINI)IGENE. Oonaives,Ie ier janvier, 1804, anrerde l'iJtdependance. Aujourd'huipremierjanvier,milhuitcent quall'e, Ie General en chef de l'armee indigene, accompagne des generaux, chefs de l'ar mee, convoques ill'effet de prendreles mesures qui doivent tendre au Lonheurdupays; avoir fait connaitre aux generaux ses veri tables intentions,d'assurer il jamais aux indigenes d'Ha'ili ungouvernementstable, ohjet de sa plusvivesollicitude : ce qu'il a faitparundiscours qui tenditfaire connaltre aux puissances etrangeres la resolution derendreIepays independant, et de jouird'uneliberte consacreepar Ie. sang du pellple de celieHe; et apres avoirrecueilli les avis, demande que chacun des generaux assembles Ieserment de renoncer itjamaisil la France, demourir plutOt que de vivre sous sa domination, et de comballrejusqu'au dernier soupir pour l'independance. Les generaux, penetres de ces principes sacres, apres avoir donne d'unevnixunanimeleur adhesion au projel bien manifeste d'inM-7-

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1181Mpt'lldanct', onl loll';jlll't' ItiapGs/eri/e,Iil'ulIivl'l's 1'/llil'l', tiefI'l/mlI'er'Itjamaistlla Francl', 1'1 ril'mourir plutlil1/111' dl' ri,'l'cSOli,'SII dominatio/l(1),Fait aux Gona'ives,Ie1CI' janvier180.1, et Ie1"', JOUl'de l'intlepl'!H!anc<: tl'Ha"iti. Signe :DESSALINES, general enchef;CHRISTOPHE, PETIO;';,CURnL'\,(;EFFRARD, VERNEr,GAllART, generaux de ,livisioJl;I', E.(iERIN, F,CAPOIX,DAliT,,Jean-LouisFRAN<;OIS, FJiRoU,C''''''(:, L,BAZELAIS,MagloireAMllllOISE, .1.-.1. IJE R;';E ToussaintBRAVE,'lATOU. gl\n lI'esl pas assrz d'aroil' expulsl\derolrepays )es lJarbares (lui 1'0111ellsauglanll" depuisdellx sii'cles ; 1I'(:sl pas assez d'avoirmislin frt'in aux faclious loujoul's (luisejouaieul lour it IouI' du f:lllltJIIlC dequela France exposai( it\'os yeux ;il lillll, pal' (Ill dt'l'uier acfe tl'alllorill" natiouale, assurer iljamais I empil'e delalibel'll; dalls)e(lays (luinous a rus uailre ;ilfaul l'avirau ;,:ou\,("rIll'nlCnl jllhulllain qui licnl depuis long-lemps nos esprils(Iallsla IOl'pcurlaplus llUlIli)ianle, loul espojr de nous rcasservir;il raule,lfiu rirrc iudepcndanls oumourir. ludt'I'l'1l1!allce oula1II0rl....Quecesmols sacf/lsllOUSralJicIIl, l'I Ilu'j)s soieulle signal des combals 1'1de nolre reunion. Ciloycns, Illeseompalrioles, j'ai rassemhle dans cejour solcnllld ees mi)ilaircs coul'agcux, qui,it la veille de recueilJir)es dcrlliers (1)Proclamation, du 1" janvier 1804, du General enchefau peuple d'Ha'iti.-8-

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['18041 rlr' ]a 0111 prorlig-IIr" lrnr sang' pOllr la sail vel'; cesg-r"nr"l'all\qni 0111 g'iiirlt'.I'lrol'ls('onll'cla'Fannie, n'ont point l'III'OI'I':l'SI'Zfail ponr volrl: hnllhel1l',...Lr'nOIll f'ranrais lug-uhre "Ilron'IiiI'('01111""1',. '1'0111 .r Ie spllYt'lrirIII'Stit'('I:pPllple harhare: Ilfl'lois.I1(1SIIlfCUI'"II.!!,I'illl'" lonl Pl1cor,)poriI' I't'nlpreinle fran ':aisr ; tJnr "! iJ t'xiqr'rillS11011'1'ill', eLVOIIS 1lJ1"lilm',"Iil1r1r"pl'III!:IUI,til'('i'llI' f(\pnllliqnl' tlni a COIll ":11111lonle,II'Sualioll" il I'sln:li:llIai, qui lI'a jalliais vailiclI celles 'lui0111 l'IJulll1'11'1'lilln',.1':11qlloi! lirlillll'S jll'I1,I:lIt1'lllalorZi' ailsrlt' nolrr rrr"rlllliUl et de11011'1'illrllll;':'l'llr" : laillrll.'. 11'"1 pal'tit'Sarllll"'"f'ral1l:ai",'s,maispal' la pipl'n",'r',I0tlnclI('l'til', prol'ialiialioll.'rll' 11'IIl'S agl'lIls; tlnandla"('rolls-uoUStil'rl'spil'!'l'I" IIlt'IIII':Iir '1U't'IiX'!()n'alons-noustI(l;Olllnlllll:1\'1'1'rn pt'llpll' IIOIII'l't':111'!('['l1aull'rOll1part"eiI noire l'ali"I1I1:Illorl,\ralion : sa ('DillenI' it la 111111'1' ;1'(\lpl1l1l1l'(II'S mel'S (lui1I0llS srpar('liI,dima!'\'('u;.:rul',lionsdisell!,assez rlu'ils ne sout pas nos fl'l'rl's, qn'ilslieII' jamais, el que s'ils Irollvl'nl lin asill' panlli nons, ils seronl el1coreII'Smachiualeurs denosIrolll,lrs el rlrnostlil'isious. CiloyenshOlllnws,fcmnws, lilies el eJifants, porlez vosl'f'gards sllr 101l1l'sII'S pal'l if'stil'cdlni1e ; ehel'chez-y, vous, HIScpOllses,"OllSvosmaris, VOllSvos frerl's, vousvos srours ;fluedis-jc '!cherdll'z-y\'Osml'allls,vosnnl:lIlls ilIa mamelle! (lue sonl ils devenlls'!.. .I.,dn Ie dire ....la proie(Iecesvautours.Aulieu de ces viclinws infrrrssaliles, volre roil consterne n'apercoil Ifllelenr, assassins;rpl(!les ligres oncore i/egouflanls deleur sang, d daM I'allrl'usc vous reproche' volre insensibilile et volre coupable lenleur it les venger. (la'allenrlt'z-I'ous pour apaiser leurs milnes ? SongezIfue"ousavez voulu que \'os resles reposasseut au pres de ceux de vos peres, quand VOllS. ;lV(!Zchasse la tyrannie ; descendrcz-vous dans latOlllilCsans amirveugcs '!Non, leurs ossemenls repousseriiienllcs vOires. Et vous, hommes prl'cicux, gcncraux intrepides qui, insensibles it vospropres malheurs, avczressuscilllIaliherle enlui prodiguant tout votresang;sachez quevous n'uvez rien faitsivouslIedOIlllezaux nationsUIIexemple terrihle,muisjuste, de la vengeance que doit exercerUIIpeuple lier d';lvoir recouvre sa liherlc, el jaloux de la mainlenir ; etfrayolls lous ceux qui oseraienl tenter de nouslaravir encore : pal'les Francais ....Qu'i1sfremissenten -9-

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(1804]abordant nos cOtes, sinon par Ie souvenir des cruauh\s qu'ilsyont exercees, au moins parlaresolution terrible que nous allons pren dre de devouer it la mortquiconque, souillerait de son pied sacrilege Ie territoire de la liberte. Nous avons ose libres, osons l'etre par nous-memes et pour nous-memes ; imitons I'enfant qui grandit.:sonpro pre poids hrise la lisiere qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pournous?quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux?Etquelle deshonorante absurdite que de vaincre pour Mre esclaves. Esclaves!....laissons aux Francais celie epithete qualificative : ils ont vaillcu pour cesser d'etre libres. Marchons sur d'autres traces, imitons ces peuples qui, portantleursollicitude jusque sur l'avenir, et apprehendant de laisser it la posterite l'exemple de la Hlchete, ont prefere etre extermines que rayes du nombre des peuples libres. Gardons-nous cependant que l'esprit de proselytisme ne detruise notre ouvrage ; laissons en paix respirer nos voisins, qu'ils vivent paisiblement sons l'empire des lois qu'ils se sont faites, et n'allons pas, boute-feux revolutionnaires, nous erigeantenlegislateurs des Antilles, faire con sister notre gloire it troublerIerepos desHesqui nous avoisinent: elles n'ont point, comme celIe que nous habitons, ete arrosees du sang innocent de leurshabitants;elles n'ont point de vengeance il exercer contre l'autorite qui les protege (1). Heureuses de n'avoir jamais connu les fMaux qui nous ont de truits, elles ne peuvent que faire desvceuxpour notre prosperite. Paix it nos voisins; mais anatheme au nom ; haine eter nelle it laFrance : voila notre cri Indigenes d'HaHi!mon hcureuse destinee me reservait a etre unjourla sentinclle qui ddt veiller it la garde deI'idolealaquelle vous sacrifiez ; j'ai veille, combattu, quelquefois seul, et sij'ai ete assez heureux pour remeUre envosmainsIe depOtsacre que vous m'avez confie, songez que c'est it vous main tenant it Ieconserver.Encombattant pour votre liherte,j'ai travaille it mon propre bonheur. Avant delaconsoli del' par des lois qui assurent votre libre indivi dualite, vos chefs que j'assemble ici, et moi-meme, nous vousdevonsla derniere preuve de notre devouement. Generaux, et vous, chefs, reunis ici pres de moi pourIebonheur de notre pays,Iejourcst arrini, cejour qui do it eterniser notre gloire, notre independance.(1)Constitution imperiale d'Haiti, du 20mai1805, art, 36.-10-

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[18041 S'il pouvait exister parmi-nous un' crourliMe, qu'il s'eloigneelIremhledeprononcerIeserment qui doh nous unir. JuronsIi l'ttnive1'sentier; a la IJosterile,a derenoncer Ii jamais alaFrance, etdemourirplutot que. devivresous sa domination; Decombattre jusqu;(mder1?itw soupirpourl'independancedenotrepays(1).El toi, peupleIroplongtempsinfortune, temoin du serment que nous souviens-Ioi que c'est surlaconslance ettoncourage que j'aicomptequand jemesuis lance danslacarrieredelalibcrte lJour-y combatlreIedespotisme etlatyrannie contre lesquelstnIUllaisdepuis 14 ans; rappelle-toi que j'ai tout sacrifie pourvoleI' it la defense, parents, enfants, forlune,elque mainlenantje ne suis riche quedetn liberle ; quemannomest devenuenhorreur it lousles peuples qui veulent l'esclarage, et quelesdespolesetles tyrans neIeprollonccnt qll'en mandissanlIejourquim'a \'Unaitre ;etsijamaistnrcfusaisaurecevaisen murmur
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LeGouverneur general,Signe :DESSALlNBS. general en chef, Jean-Jacques DEBSAJ.lNES, Ie protecleur de la dont jouit Ie peuple,Au110mde la liberte, au nom de I'independance, au nemdu peuple qu'il a rendu heureux, nousIeproclamonsGouveNleur nera'a vie, d'Ha"iti ; nous jurons d'obeir aveuglementauxlois emanees desonautorife,laseule que nous reconl1altrons : nous luidQnnonsIedroit de faireIapaix, la guerrc et de nommersonSIICcesseur. Signa: GABART,P.ROMAIN,J.HERNE,CAI'OIX,CHRISTOPHE,GEFFRARD,E. GERIN, VERNET, PETION, CLERVAUX,Jean-Louis CANGK,FERUU, YAYOU,ToussaintBRAVE,MagloireAMIIROISE,L" BAZELAIS. Faitau qual' tier glmel'al des Gonaives,ceiorjanvieri804,etIepre-mierjourde l'independance.LIBERTEOULAMORT.N 4. Gouvernement d'Ha"ili. ARRTE relatifaucostume.Quartiel' gpneral des Gona"ives, Ie2janvieri804.an1e,.LeGouverneur general,ARRTE :Les generaux de division porteronl habit bleu, doublure rouge, sans parementsnipasse-poils, trois rangs de hrodefie, panache el ceinlure rougr, Ie galonne. Les generauxdebrigade, habit bleu, doublure rouge, ueux rangs de brouerie, panacheel hleu cl\Ieste, chapeau galonllll. Les aLljuuanlsgt\nprallx, habil bleu, douhlurc un seul rangue brodcrie, pallarllP Hoir, chapeau horde d'ull :;alon moills largequecelui ues de brigade el ornc dt' harioles.Les aiues decamp el officiers aUachesauprcs des gcncraux, enauopteronl les couleurs pour leur ccharpe elpanache,elporteronl habil bleu, douhlure rouge. Fait au quartiel' general des Gonaives,Ie2janvier1804,l'an ior del'indApendance. -12-

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La 14janvieri804,anior [1804]LIDEIITEOULA MORT.N[l. -Gouverucmcnt d'IIaHi. ARRtTE qui lesbaux it ferme.Quartier gener'al des Gonaives,Ie2 janvier 1804,an1er I.eGouverncur general, ARRETE: Iluc lous les baux a fermedcshalJilations sontetdemeurenlresilil"S(I);Enjoilll aux adllliuisll'aleurspl'illcipauxdesdeparlementsdeLenir Ia lIIain it l'execlllion(III presenlqui sera lu, publicet afficM partouloli hr.soillsr.ra. Au quartier general dcs Gonaives, Ic2 janvier1804,I'anierda l'inde pendance.LeGouverneur general, :DESBALINEB.I LIBERTE OULAMORT.No 6. Gouverncrncnt d'Ifaiti. -DEeRETduGouverneur general qlliaccorde une recompense auxcapitainesdes Mtiments ameri cains qui ramencrontdesHaItiensdansleur patrie.LeGouverneur general, Considerant qu'un grand nom bra de noirsatd'hommes de couleur, in digenes, soulfreDt aUJ:mats-Vais d' Amerique,Cautedemoyans pourretournerdaDsleurpatrie ; DEcntTE:Art. ter.IIsera aC'cordc auxcapitainesde bAtimentsamer:icains laSommede .{.O gourdes pour chaque individu qu'its rameneront dans cepays.(1) du 7 ferner,qui regIe quelques points importants duservicemilitaire,etc.art.8. 13-

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rt RO'll Al'l. LI'111"1'1'1'1"'I'a imprim,'" puhlil"l'l al'lirhl";pIcopil'I'll,eraimllll'diall'llleull'IlYOy{'c au I'ollgrl', lit', (,;lal,lTni"Donneau quarticr general, Ie t.! jan vicr1804, an t'"dennuepon ,lance. Sign,', : IJESSA I.lNES. i'\0i. Empit'" d'l1a'ili. AI:Tl';quiUllIlllllpII't;OllYl'I'IWlIl'g{'IIl'l''1l.Ipan-,Iarquc,llES!'ALL'iES,cmJH'l'cllI'I\'Jla'iti, Port-au-Prince,Ic25 janvier 1804, anler Nous,de\'al'lIlcl'
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[1804] Desirons que cette r'Xpression libre de noscecurs ct d(ja provo quee parIepcuplc, soiloll'l'1'16it sa sanction, sous la plus brcf delai, et re!;oivc sapromptc et entil\r'e execution par un decret uu senat qni sera exlraordinail'cJllcnl convoqueit rct e/fct (1).Auport-au-Prince,Ie 25 janvier 1804, an1er del'independance d'Ha'iti.Signa:VERNET,ministredesfinances ; CLERVAUX; CHRISTOPHE,commandant la divisionduNord; PETION,'GABART, GEFFRARD,commandant lu divisionduSud, genel'aux de division etconseillers;.lean-Louis FRAl'if,'OIS,FEROU,GERIN, MAGNY,RAPHAEL,LALONDRIE,Paul ROMAIN, CAPOIX,CANGE,.lean-PhilippeDAUT,ToussaintBRAVE,MOREAU,"'fAYOU,Magloire AMBROISE,generaux debrigade,conseillers;RAZELA1S, general de brigade, cbefdel'etat-major g{meral de l'armee. W 8. AnnETf;quiregIe quelques points imporlants dn service militaire et de I'administration.Quartier general desCayes,Ie i fevrierf804,anIer Lc Gouverneur general, Ayantprisconnaissancedelaproclamationfaite par19g(meral debrigade Grr;ll, commandantIedepartementduSud,enl'abaencedu generalde divisionGe[frurd,endate du 18brumaire,anXII (style(2), laditeproclamationconcernantlesinstructions generales pourIeservicemilitail'e, celuidelamarineetde l'administration civiledu d<\partement duSUd; Considerant quelesarticlesi,2,3et4contrarientouvertementlesdispositionsqu'il doit prendrerelativement aux diversesbranchesd'admioistrationcivileetmilitairedont tl'aite laditeproclamationdu18brumairc; OnDoNNE: Art. 1. Laproclamation faile parIe generalGERIN, endate du18urumaireanXII, est annulee. Art. 2. Tont propriHaire qui aura des denrees it vendre, devra prcalablement payerIequartdliauxcultivateurs, et celui revenant a comme imposition territoriale (3).(1)Ordre de la cMemonie du couronnement, etc., du 6 septembre 1804.(2)10novembre 1803.(3)Instructions, du 4 mai 1804, du ministre des fmances aux administrateurs principaux des departements, art.1et 3. Loi,du20 avril 1807, concernant Ia police des habitations. etc. art. 4. Loi,du9 mars 1807, portant abolitiondela subventionduquart, etc., art. 1 et suivants,-15-

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[1804]Art. S.Les conseilsetablis daus les diverses com munes sont liupprimes. Art. 4. La faculte de vendre les denrees proven ant dll la recoHe de l'an XI ne sera accordee qu'aux propl'ietaires qui faisaient parlie de l'armee indigene, a l'epoque,du20messidor anXI(t)jles per sonnes qui residaientavecles Francais depuis cette epoque, ne pourront jouir desdits revenUSi de l'anXI,qui demeurent confis ques auprofH del'armee indigene. Art.10.Art.5.Les commandants d'arrondissement seront seuls charges d'ordonnerauxinspecteursdefaire transporter dans les magasins de l'Etat, les denrees provenant des habitations sequeslrees, et les revenus confisques.Aleur entrec dans les villesou bourgs, Ieconllnandant de placc est charge de les faire escortel' it l'adlllillisiratioll, etIICse mclcra nullement de leur pesee. Art.6.Les mulets, chevaux et autres animaux apparleualll'lUX habitations sequestrees, seront remis, ilia commall dants d'arrondissemellt et de place,nonaux dwl's dc laeavall'rie, niauxinspecteurs, mais it la dircclion des uomail\eslIPrElal, Iluien renura compte au general c'ollllllundanl du departmllcnl, ou glineral commandant la division dans laquellc lcsdil!i anilllaux scrollt trouves. Lesdits animaux dl\jit misitladisposilion des ehd's lie hri gadedeeavaleric et inspeeteurs, scronl, pal'eux, audit administrateur des domaines, qui ('II rellliraeOlllpltl au gl\nl'ral ('ommandantIe dt\parll'lTIelll, ou:111 g'I',1\l:ral clivisiol\, quiIcsplacera de lamanicrn la plus utile surhahitat ionspour eireclllployl'8auxtravallxIll'.lacultnr('. Arl. 7.II eslMfcnduamol'licil'rsIll'lOllSg-rades ct dc loulcs al'llI('s, till(\ailS1\:8Iraran'!:til'S hahilatiolls, I'ttI'entl'cellxIjuisemielll cOll\-aiIICns (Ies'clretrallsplll'U'S Sill' lestlilcs habitaliollsit['eifelu'y tlollller desoI'lI1'cs,scrollt' al' l'I\lrs,itllIoinsIlu'ilsIWsoient 1I11lllis tI'Ull dn COIII llIantiant dn dcpal'lelllcllt, Oildu tie (Ii,'isioll, ponryfain.: une operation quelconqllc. Arl. Tonics les sllcl'l'ries(Illgllil1liH'S lilli, pl'CCI'l!I'IIlIlIl'III,a\'aiclll etc aux divcrs chd'stiecorps, onpal'l il'llliel's, seront remises itI'atlmillislration dcs tloiliaines(2). l'ollrl'onl lICall(1)9 juillet 1803 (2)ArrHe, dulerjanvier,quiresilie lesbam: a ferme.-16-

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; [1804] moillsceuxquiauront j'cpare ou rei eve lesdites sucreries ou guil dives, sea ladite adminislration, lors des criees, a I'clfeld'obtenirla preference dans I'adjudication quiserafaite desdiles fermes.Art.9.Les passel'0rls a delivrer aux cultivaleurselautres per sonnes,serontdounes gralis par les commandants d'arrondissemenl, de place, et aulres, jusqu'ilce queIe gouverneinentenait autre-, mentordonne.Celie mesure nesera adoptee quepourl'interieUl' de I'ile d'IIaili ; mais non pour l'elrallger (1). -Art.18.Art. 10. Tous proprietaires qui residaient avec les Francais, al'cpoque de larentree de l'armee illdigcne, dans les viBes ou bonrg-s, serontrenvoyescnpossession deleurs prol'riclcs, ilia Gharge pareux de verser dans les mag-asins del'Elat lesdenreesprovenant de la recoltedel'anXI. Art.4. Art.11.Les generaux de brigade nommes commandantsd'arrondissement,serontseuls reconnus en cette qualite jelHuepourra, sous queillue prelexle quecosoil, y avoir deux commandantsPOUI' Iemcme arrondissement. Art.12.Les generaux, commandanl les arrondissements,nepOUl'rontprendreaucun anNe ni faire aucune ordonnance, relalifsilta cultureetaux aulres LI1lnehes duservice, qu'apres avoir pris desordresdu general commandantIedeparlement, oudu general dedivision ;etceux-ci ne pourront faire ni proclamation, ni arrete, IluCees aclesnesoient revclus de la sanction duGouverneur gelIemJ. Art.13,Les de brigaderendrontcompte, dequalrejoursenquatre jom's, de la situation deleurarrondissement, au general commandantladivision Oil ils so Irouvent, ouau general eomm
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!jue:ks uri ides essl'lIlil'isitI"armce,et dontilnedevra compte (In'it SOlichef immcdial (I). .Al'l.15. Lesadrninislralrnrs parlicnlil'rs correspondront, chactin dalls lenr parlie, awel":lIJmillislralenr Ill'incipal dn Mpartement, Icnf rrudrolll cll' 11'III'S 0l'tlralions, et oblempereronl a lelirs tll'lh't.'s ; .ct cesdCl'1lil'l's tll'lTOlIll'cndrc frcqnemmentcomptedeleur :lIlminish'alion an gl'IH':ral dcllivisionVEI1NET,ministredefinances, ,al'l)Cleqnci ils COITl'sl'0llllronl dir('clemenl, comme aussi au geneJ'al Ie 11('parlelll('nl.SiIe casl'exigeait, les adminis lralrnrs sont anlorisl'sitreqncI'irIn force armlie aupri'sdl!sg-encraux cOllllllallllanls dn clcparlt'menl, pour favoriserel proll'ger leurs opl'raliolls(::!), .,\1'1. 1G. esl l!tlf('IIt1u II 10nlallminislralC'IIl' principalonpal'li l'lllil'r, l)"ohll'mpl'rprauxdl'nwntlcs(I'li It'ur :wraicnl(nih's par les ol'tic'il'rsg'I"lIeranxd an[rl's; ilmoins (IUC cesdeluandl'sIll' soienl visl'cs1':11'Ieg(lllIlml commanclalltIe cll'parlmncnt, (Inin'accordera Ifllt'lesohjels1I1'ccssail'es (3).AI'I.17.Les g(lneranX commandalltles departements fcronl ex{' cllier par les gcn(lrallx debrigade, commandant les tlivl'rs arron llissmnellls de leur (lcl'arlenll'lIl, lesonvrages des forleressl'SlJniSt.'l'Olltl'll'vens dalls les hantes1II01l1ng-lIes deI'illl{'rielll', dl!'sglIlI' raux dnhrigadePlIVCl'l'olll(i'!'(IIIl'llllllelll au g(lnt'ral commalHlalll Iedt"'parlrmcml,Ierappol'l(l(!soprr:llioll:' lJu'ils amont failes:'lcel(lgarcI.Al'l. 18. Lesenmlll:lllllalliscll'place seulrmpul, 1'1 nOll Ins alljn tlalllsde place, snI.:'l borci desh:lti1lll'IlIs pour s'assllrl'r siles persollllcsqlliysel'flllt emharcl'llles sontmUlIies tIupasseport tIugClIcrai commalldalll du dcparlemenlOil de ladivisioll, lJui sera autorise par1lI0i (.i), -Arl.9.Arl, 19. Toutes venlesoudonations, soit dc meuhles, soit d'im mcuhles, faites par des personnes cmigrces en faveur de celles(1)Ordonnance, du15octobre 1804, qui defendam:capitaines des blltiments etrangers de detaiIer em:-memes leurs cargaisons, art. 4. Loi,du 7 mars 1807, concernant l'organisationde l'administration, etc., art 9. (2) Instruction, du 4 mai 1804, du ministre des finances am: administrateurs principam: des departements, art.1 Ibid, art. 9.(3) Arrete, du 1er avril 1804, concernant les Francais naturalises a l'etranger. (4) Loi,du mai 1805, sur les enfants nes hors marriage, tit. II, art. 5. Deeret du 1er septembre 1806, relatn aux testaments, etc. Loi,du16mars 1807, additionnelle et interpretative, etc. Loi du janvier 1808, sur les reclamations des sommes dues, etc. -Loi,du 9 fevrier 1807, concernant l'agriculture, etc.18-

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I,c (;OIl/'I'TTlCIII' !Je/1l;rll{, Signe : DESSAI.IXES,;'dans Ie pays,allllll!t"I'S;!linllI'nlelllill dcpnis la prise d'armes ,Ie, t'armco iudigi'lll',"om expulscr ItsFran\;aistil'l"ile d'IIaHi (1).',> Art. 20.LeprcsclllaITI\!tl pllhli,', I'laflil'IIl",lallS lous los ,II'" parlcmcllb,It'l'ilo;1'1II'S r'lllllll:lIlllanls ili\'i sion rl ,It' 1!t"parlemcIII, cilllllllalllIalll.s 1I';U'I'tIllllissl'lIll'lIl1'1allin's offirirrs l'oll1l1lalHianl, ,h'llIl'l1l'l'lIl' ('haClllII'll,'t' quiII' ('011rcrlll' deI'l'xcrulioli (Iu Ill'I'SClll::,Faitau qual' tie!' general des Ie i[cvricl' 1804, rau Ie. dennde-' pendance, Nfln. -PnOCLA)L\TION IIu COIl\WlIl'nr !-:l'ul'ral Ilni :lI'l'I'plt'IIIlitre (1'I'llIpt:'l'l'm:, I.e GoIlVCl'IH'UI'frrn{'ral, :IIIX frl'ul'raux(Inl'arll1l'l'pianxallioril{>sci\'iIes ol rnililaires, orfratll's1I11IlI'lIpll' (I): ,\ Ie 1;,fCHic!'1801, anI"". f:iloyrn-, Si '1I11'11J11l'cOllsill,"ralioll;'1IllesIe lill',' '1111'\'011'1'cOllliall('C 1I1l'(It""I'I'IIl', 1'0ll'l'sl 11111'111011zi'll', sails dllllit', ;"\'Piller an salul.,Ii>1"1'lnp;I'I',eI lila :'Il'ollsoli,II'I' Ilolrl' I'lltre Iwisl', elllJ'eprise 'lui dOlllll'ra,II' lionsnux naliolls les nwills:lIl1il's lIelaIiIIl'rf{',1I0UI'opillion Il'1lIil'alllaS tl'l'sda\'l's, mais('(,lit'S11'1111111illl'S'1niIll'I"llill'('(1'11111'1l\'an prl'judil'1' ('I'ltl'"O!l que les pnissanres ll'acl'onient jnmaisauxII"npll's'1ni, 1l01lS, sonlartisallsIt'll\' PI'OIll'plilH'rl,\ 'lui n'ollll'asI'llhcsoill1I1l'Ililil'rdes seroll\'sPOll\'hl'isl'l' il Iaquelle 1I0US sacriJions, Cdte i,Iole, CllIllIIll'ses enl'allfs, l'lIIIJllS I'a\'ollsI'oull'e aux pieds;m:tis II 'elf.1folls pasCt'SsOll\'I'"irs; l'appelons'1ue Iar{'cellcc (II' IlOSinfol'tulles a illlprillll' (Iallsnos :"lIlll'S,ils se ront des prl'sl'1'\'alifs Jluissants contreIes deno,; cllllemis,menls,etc. -N76,Loi, du16 mars 1807,addiliollnelle cl illlel']Jre/fllive,etc, -No141,Loi,du 22janvicl' 1808, surIcsdessommcs dIU'S,etc. -No60,Loi, du{)fevrie!' 1807,COIlCCTIIllllt1'1I!/ricultul'e, etc, (1)Acte,du 25 janvier 1804, quinommeIeGouverneur general J.J.Dessalines,empereurd'Hai'ti. Programmedesoncouronnement,Ie6 septembre. Constitution imperiale d'Hai'ti,du 20 mai1805,art,20-19-

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0;1IJOLIS 1':'Clllllllirollt i!Ullt1'l)idl'e d'indlilgenceit Ietil' {gard. Siles passions solJresfonlleshOlnmescommuns, les semi-mesures arretent lades. Puis llonl' 'IUejugl:':qu:il claitdel'interet de rEtat Ilue fa('crplass\, Ir rail;':'en m'imposant ce nouveau J'ardeau, 'jl' III' ,,1'01111':11'1,'ohligalion enverslIIon :Iii', .i"Illi, aibit tous sacrilkes ; maisje sens lju'nll d,;'ro;rpili.,pillS saint.lIle IiI' ; jesens, que je do;s "Olllllli",riq"i'!PllIl'ullIOlre ilson hul, et, par des lois ':lg'.'S, IlIai,IlItllll,;':I'!II,'"1'011;:' 1I0S .'J.ICcUl'>[aire(I'Iechaljue citoyen d;IIJ.'",alians .. lIl1il:l;aux.tll'oi/SIll'S aulres l'lsans hl,'s,erI:aII 101'i"" (Jlii l'eiJle aulJoliheur'de tous, 1-:11 al"'('I'la;,1 qu'llIJllorabll',("est III(' ,li)>IJI!,liil,\du.hiclI,oUyU'IlJaI 'IuI,resultera.,IemOil '(lalls'les lempsles plusora;':l'IH'til;lllt'dn vaissrallIll.'I'Ela!. .Ie slIi, soldal:;la.fllt,lau.tours mOil parlag-c, el tanl (ilIel'a..lJal'lH'IIIl'III,labill'llar;,'J'a\i.'ll'irc denOs enllemis les porteronlSIl" 110'rii:Jg""". j".i;,s!ilic'rai I'otr,j ';el, comballanl itvolre1,;11', .iI' I'hHIII'l':Ji')1I1'till'e a'c"\olre'sera toujourshOllo/, ',, \' ,rable p"lll',1I101, ','<"" I.erail;':'SIIIII'(;;III'm,{,tevcz"IU'appreIHIflue jc suis (/"11'1111 I"pi'r, d"lliCS donlj',"tais IedCfenseur: mais qll" I"!,i'J't,d'llIl" J',\Iuill,' lIe .. ; nelaisse jamais rcposer5011 1"p,"I's'il 11'111 11';IIISIIlI'lIrr,a ilses descendanls el les :'p!,rivoi,,'r al'l'(' I",l'1)mhals,"" C','sl il vOli".("IIUI,mOlllercz apres moiau SlIpl'l;n,l',(jilt' .i(' 'lIl.'adrrsse ;l'I'clll'eUX"de ponvoir Iransmetll'c111011 .1ulol'it,>hr!'lIx'(pd oul}-Ol':";,ltiUf:-;allgpourla patrie, jere 11011('1', olli, ,il'n;;llIllrl' fOl'lli"Ii"fllelll'i\: l'usagc injusle de faire pasSI'I' lila !,lIissall(,fl';'tIliaJ:'lnlille(1):,.' .IelI'aUl':lij:1l1lilis:'tl':lIIciellnde, quantl les qualilcs rCllui 1'0111' 1-:0 11 \'el'll('I' lie' pas reullies dansIesujel ; la f,;tP,tl!,f>'c/i'leIe. de,Iajellnesse, rOlllrihuc plus el'li<':tl:ellll'ill:TIlsoilpll)'S,que la trte froidecl expeti,lvil'illartl/{uiIC!lJporise momentsolila st'lIle esCde saison: .f;'esl il que je empereur;et malheur a(1)Constitutiond'ffaili, du art.23,>'" -20,-

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'J .,. [18041 celui qui portera sur degrM' d'nn cleve par la reconnais sance de son peuple, d'nn pere de famille. ',"'." Signe:PESSALINES,. Pal'fe ,Oouvern,eurgeneral:L'Hdjudant,geritral, BOISROND-ToNNERRE.:. :y' -; ..t,. .' N10,DECRET relatif inJIividllsqni Ol)t rrovOfju{l on qui ontpris partaux massacres ela'ux par LECLERCet HOCHAMllEAU (1)", LillERTE, INDEP8NOA'NCE OULA Quarlier general'des.Gonaives, Ie22 fevrier1804, anIer,l..eGouverneur general". ,Considerant qu'iI res Ie encoredal1$cette des personnes quiontcon tl'ibue, soit par ccrits,'soiCpal'Joorsafail'e noyel'atsuffoquer, assassint3I' el peiHll'e puflis.iU.n.'plusde nos frcres sous Ie gouvernemenl inhull1llin de ,Leclere'etllochainbt'lm;ConsidCrant que tous ceilhomuies,'-qui onl Ia nalUl'ehumainepal'Ie avec JequeJ iIs ont I'empljleuroffice de et d'exe cuteurs, doivont ,1tl'ecIass6sparmiIes assassins,cflin<-ssnllS romol'ds au gIaive de Iajustice:'"\ cequi snil : Art. 1. Les commandallis de diyisiou frronl arr(-lrr, dans1'1\len due de Irurs commandemenls"les prrsonnl's qui sont couvaiucuesouqui sont lI'avoir pris pariaux llIas :-;acresel auxassassinals ol'llollru\spal'Leclerf:e1Rochambeatt, Art. 2, Avant de procell!'r:',I'arrestation d'nn intlividu (commeil arrivr soment qnepemenl(-Ire innocenls, qlloique 1'01'tement 1I0Ui>:'lchafl'w commandant(Ie prendre tontes ks informalions necessaircs lIans les recherches des preuves, et surloul de.'ne pas les rapports justesel sin d'res avec les dCnollciationssoul souvelll suggcrces pal'la haineellamalveillance. '.'(1)Proclamation, du 28 avril 1804, aux massacres des Fran;ais, -21-

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Art. 3. Les noms et prenoms des personnes executees serontin scrits et envoyes au general1m chef, qui les rendrapublics. me sures sont adoptees pour averIiI'toutes les, nations que hi'en ql1enous donnions asile et protection a ceux qui agisseRt envers nous avec bonnefoiet amitie, rien ne detournera notre vengeance sur les assassins qui ont pris. plaisir it se baigner dansIesang des innocents enfants d'Haiti. Art. 4. Si quelque chef, au mepris de ces ordres positifs du gou vernement, sacrifie aSQn ambition, a sahaineou a toute autre pas sion, des personnes doni la culpabilite n'est pas auparavant bien assuree et prouvee, lui-meme il subira la meme punition qu'il au rait fait infliger, et les biens de tous officiers injustes seront confis ques, moitie au profit du gouvernement, et l'aulre moitie au profit des parents des victimes innocentes, s'il s'en trouve dansIepays it l'epoque de la condamnation.Signa:DESSALlNES.Pourcopie conforme : Signe : B. AlME, secrataire. Donne au quartier general des Gonaives,Ie22fevrier i804, anlorde l'ind4pendance.LIBERTE,INDEPENDANCE00LA IIIORT.No 11. ARRETE concernant les Francais naturalises a l'etranger.AuQuartier general deMarchand,Ieieravrili804,anIer.Le Gouverneur general, Considerant que des Frangais, proserits et hannis de eette He, sollieitent, dans les pays neutres,deslettres de naturalisation, a la faveurdesquelies ils voudront s'introduire dansIepays pour y semel' la diseorde;ARRETE:Art. 1. Tout Francais qui aura obtenu des lettres de naturalisa lion d'une puissance etrangere, sera tenu de sorlir du pays. Art. 2. Les generaux commandant les deparlements, arrondisse ments et quarliers dans lesquels resideront des Francais qui anront obtenu des lettres de naturalisation de puissances etrangeres, de22 -

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[1804]Vl'6nt faire parvenir au (louverneur leslellres desdits natu ralises avant drtrealltotisesiJ.oleuracconler unpasseport (1).La presente ordonnance aUl:a son l'lllicl'e(lxi'cution sousIeplus court ala diligence desgelleranx, cOllllllandanlsde departe Illenls el d'arrondisselllenls, dsera IlIe, publiee et al'tichee partout01'1ilsera necessaire. .. Signa: DESSALlNES. N1:!.-I'nocLAMATIO:-i,quirelate UII acle lIeseolons, recommau danl Iegl'.nl'ralJ:OClIoUIHEAC au prelllip,l' consul.QuarticI' generalde Marchand,Ic1el' avril 1804,anIer.Citoyens generallx, Sila irrevocalJleque nousavonsprise d'cxterminernosoppresscnrs avail IJCsoilJd'apologistes pris an scin d'IIaHi,j'adresserais it chacull de IlleseOllciloyensun ex,emplaire dela copiedela pibceque vouslrouverez ci-incluse, piece qui seule, peut-Cire, a faitpleuvoir tous les lllaux surnos tetes, mais appele notre inde pendance. Braves compagnons d'armes, nous n'avonspasbesoindejustifi cation, puisque notre vengeance ne peut jamais egaler la somme d'injustices et d'atrocitesdenosennemis; mais la publicitc quevousdonnerez it cet acte dictc par l'orgueil,Ie prcjuge etIedespotisme des colons, prcmunira les nations,nosamies, contre les allegations mensongcres du petit nombredenosennemis cchappesit notre juste vindicte.Quedis-je? eet acte prouveraittoutes les nations que notre gouvernement, loinderefusersaprotectionauxnegociants etrangers, a dedaigne derechercher ni d'inquicter,enaucune ma nicrc,I;eux d'entre eux qui, pouvantvivretranquilles sous les aus picesdela liberte du-commerce, et couverts du droit des gens, onteuI'impolitique gaucherie de signer une pareille piece. ADieu ne plaise quejeconfonde les hommes estimables qui ne viennent dans notre ile que pour enricbir leur patrie denosproduc-(1) Arrete, du 7 fevrier t804, qui regIe quelques points importants du service, etc, art. 18 Proclamation du leI' avril,quirelate un acte, etc.23-

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[1 ROr"llions, el quiIWs'rearlnnl jamais du respect qu'ils doivenl aux lois tillpayslJui les accueille, avec ces negociants rphrfficres, qui Irafi lJuenltiP, I'honnrnr; maisjr dois faire connailrr au conlinenl de 1',\ merique,it la Jam:l'ique,aux: Hes danoises el espagnolns, que des illdiviLlus qui rcclallH'nl d'un gouyernement, (I'lienolitinnncnt des 1t'lIrt's tit'lIalumlisalion, lie sont, pourla pillpart, '1ut'tit'Sinlrif:anls ou desrellcgals indignes de I'allenlion ties puissances qui les alloplenl, ('f qu'ils (l{>shonorenl(I).En\':linalli'guel'a-l-oll qUI' cnlle pi('ce est revl'lue ties signaturestil:plm;it'ul's honlllil'sde eouleur; que prouvnra-I-on'? sinon'1ueces hOlnnles,Clllllpl'inll'S pal'la1('ITt'lIr l'l !'injuslice, ont dti nccessaire IIIl'nl,ilial'al'('lll'(!'une leinte plus claire, se donner pour Idancs, el sig;Il'r,l'OlIInll'leis, une pii'ee(I'li n'a seni qu'illes plongt'r dans I'ahinwtiemaux'1u'ils onl Ct'l'W;l',tiepropres mains. ,I'al'aispl'cvcnu,it '1uecelie pii:ce existail dans les nlinulestlu uolail'c Cm-Pnf;vosT, au Port-au-Prince, el,enarrivant (lans celie ville, die meflitremise .Ie n'ai pas cru devoir livrer ilI'imprcssion une page de signa lut'l's, par ponr cl'rlains elrangl'rs donI j'apprehende rais (It' IrollhiPr IaIranquillile l'lde d'veiller les remords. C'esl ;'1 vous, ciloycns gl'n(WaUx,it surveiller sCl'llpuleusementles (:Irangers hrouilIolIs qui semienl assez illlprIHlenls pour s'immiscer dans It's 0pl'ralions du gOllvt'rnen)('nt ; respectez-Ies, tant(IU'ils Ill!s'occupt'ronl qu'it porler I'abondance dans noire pays; mais qu'ilsen soit'nl iljamais('XciII, ceux (Inine respt'cleronl pasnos lois;souveneZ-VOllS(Jll'aucune natiou n'aIe(Iroil de nous gouverner deIa(1I1'ilnonsCOnYil'lll.(juanl aux croil't'z-yoUS encore que I't'spritdedes po lisn](\ ne dirig't'ait qut'Iys granllsCOIOIlS,quan(1 VallSvoyezles Frall rais de la classt', I'arlisan qui,itpeine a frallchi It'SIJOl'IIesde I'indigence, souscl'ire I'acle(lui demande I'avilissement et I'es clavage des hommes qui les nonrrissent. l'ortifiez-vous, citoycns grncraux, dans la haine que vousavez jureeit ceLtenation feroce. Puisse Ietigre altere de sang, que les colons ont appele comme leur sauveur elIerestaurateur de leurs droits, revenir nons combattre!Sa presence rallumera l'ill('t'IHlir dans nos crours, et chacnn de nos guerriers sentira Iriplersonau-(1) Arrete du tel'avril,concernant les naturalises a l'Hranger.-24-

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[18041 dace, etsil'Italiefut le,patrimoine des satellites d'un Corse, IIaHi doit etre leur tomheau, OfticiersgClIcraux,ell lisant eetlc piece, criez ; Aux armes!et sonvenez-vons Ilue,"ot!'c paysHepent exisle!' qn'cn criantauxarmesde six Illois tll!six Illois,: J'ai l'honnenr devonssalner, Signe: DESSALINES,Auquartier glmeral deMarchand,Ieieravrili804,anierdeI'independance, Copie dela piece ci-desslIsmenlionnee, l\IEsSIEURS ETCIIERSCONCITOYENS, Lorsque laFI'unce, comblunt enfin nos vceux lespluschers,envoya it Saint-Domingueses vaisseaux et "cssoldats, pourreconquerircetleinfortuneecolonie, elle etai t loin decroirequ'i! fut possible que Ie succcs Iepluseclatantne couronu:1[ pas cetteentJ'eprise, Vousaurczcependantapprisdansquel exccs de calamit(;sctde desolation nous nous sOmmesencorevus successivement eutralnes,Notre position a ete telle,quenous avons pucraindre I'eva cuationetun non velabandondelaparIdelaFrance,C'es!dans CCil circoustancesaffreusesquela mort ducapitaiuo general LECLERC(i) a mis rcnes du gouvernementde Saint-Dominguoentroles mainsdu goneralROCIl.\MUEAU.Desco moment, lu confiancoronait, les colons soregardentcomme sauvc's, II semble quechaeun d'eux vieut derellOUCI' un nOU\'eaupacte(Iansson cccur(HeCIamel'e-putrill, placoilllportante de rOUOS!,qui albit,ivacueo, non-seulellll'ntso mais encore,sUl'los t,
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[1804]viendra certainementIe vr devouementetles gf.nereux qu'ils ont dii faire,etqui les voit encore tous lesjours versant leursangpourIemaintien de sesdroits;lui, enfin, qui connaitlouteladuplicite, la sceleratesse de I'ennemi qu'il a a combattre,etquisaitles moyens deIereduire et de segarantir de ses atroces perfidies, Soyez persuades, Messieursetchers concitoyens, que lorsque nous deman donsIe general ROCHAMBEAUpournous gouvel ner, c'est que nous reconnaiB sons, et que nousBommes payes d'une maniere bien cruelle pour nous mefier de ceux qu'onpeutno us envoyeretque nous ne connaissons pas. D'ailleurB, nous savons que rame nobleet genereuse de ce loyal militaire sera flattee delademarche deseBconcitoyens,etque dans la necessite de faire Ie bien et de continuer commeil a commence,ilprendrasoin de justifier,par sa conduite, ce que nous faisons aujourd'hui : c' est en. quelque sorte unengagement que nous contractons en son nom avec Ia France. Obtenez, Messieursetchers concitoyens,dupremierconsul BONAPARTE, ce que nous desirons avectantd'ardeur,etnOUBosons vouspromettreque Saint-Dominguerenaitrade ses cendres,atverseraencore, dans Ie saindelametropole. des produits qui augmenteront sonco=erce,etserontpour elle une nouvelle source d'abondance et de prosperite (1). Signa: GRAND-ToRBES, neg.; T. GOUJAME,neg,; REYNAUD-BARBARIN,neg.;V.BERTRAND; BRECHQN,neg.; CoMTE,hab.;PEtRE etGRAVES, neg.; DUBOIB-MARTIN,hab.; DUCltABON, hab.;MATHIEUDUPOTBT, neg.;CORNII,(1)Le general Rochambeaufut nomme parIepremier consul, general enchef et capitaine general delacolonie,Ie13niVQseanXI(3janvier1803).-26-

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[1804]LON,hab.; HEmanD et GO\,mig.; J.Dupuy, neg.; E.-J.GUlEN,BIONetLEFEVRE, neg.; hab.:;PASCHER,hab.;PAMBLARD,hab.; SIMON, hab.;L. TOULME,Iwb.; hab.; J.-B.GESLAIN,hab.;SAINT-LEGER,bab.; J. KEYNES, hab.; :\IEYNARDIE etPICARD, neg., COTTELLE;J. PATTERSO:-i,neg.:HOUT etTUNHOH, neg.;BARBANQOIS, hab.prop.; CORPRO:-i-DEI.AV:--AY,n':g :BORIN,hab.; DUV.\L-SANADON, hab.;J. DUMOUTlEn,neg.: J. TTiEZAX;LAllE:"1Snine, hab.;O'ROURKE,hab.; SIOURET-])UCOUDRA Y;.J. hab.; .Roy-LAREINTRIE, hab.;ROBIN,hab.;PARADES, hab.:!'.f{,\OUL iCH.\RLESTlGUY;LAFARGUEetCoiCOTTlN,not.etbab.;VIALLET, hab.: l'ERllERE,\U;A.BONGARS,hab.;NicolasDuMAHAUT,hab.;LECLERC, prop.: J.BROUET,hab.;J.BOSSANT,hab.; GR.\ND, hab.;DOLEYRES: GR.\\'lLLlERS,hah.; LARTlt;UE;L. KEl\CADO; BESS.\ll;:-iET. hab.;T.-L. :\hALLET, hab.:J.-F. MONOSIER,neg.; DE :\!Ann:l., hab.: p[,()p.; POULLANET,prop.;J.-N.REGNOLOT pere, neg.; J. ,\CARD,neg.: hab.;VALUC;LOBODANDRODE;SOLL.\RT, nlg.; THIER-HICARD, neg. ethab.;J.GILLARD: DELl:-iCI;,prop.;nt>g.; P. LEVAIL'C, marchand; ROSSIGNOL-Gn.umO:-iT, prop.;BorsRoBERT,hab.prop.;G.GRASSET;LE prop.;A. FOLRXIER;ROBIX,neg.; PERRIN;VlGNER,prop.;MERCERON.hab.: PEYRU, prop.: COXET-11oXT.ARAND; SARTHE,prop.;ARCHER,hab. des Gona'ives;DELISLE,prop.;FITZ-GERALD;ROBIONLAVRIGUAIS,prop.; prop.;L.SEGUINEAU,prop.;LONG PRE, prop.; CHVAS;DepORTE, D.PLESSYS, neg.; D.ESPINASSE,marchanu prop.;B. BRACHER; GRASSEl' aine;F. GUIl,LERS, neg.; DUBORG; CONTE, hab.; LA-PORTE, prop.;BOURGEOIS-])ESSOUlICES,hab.prop.;TuounON;MOREAU, hab.; 1'. CO"STANTlN; \VIET, hab.;R.LACAZE et FERRABOUC. LIBEnTf; au LAMOHT. N13. Pnor.L.UIATION relativeaumassacre des Qual'tiel' genel'al du Cap,Ie 28avril1804, anler.J.-.lacques DESSALI:-IES, gouvcrueur g-cncral, auxhahitants d'Ha'ili. Desforfails, illou'is,faisaient fremir lanature, la me sure etaitit SOil comh1l' ... Enlin l'heuredela vengeance a sonnc, et les impJacahles cnnemis dcs droit, de l'homme antsuLiIe duitleUI's crimes. J'ai Jeve manhras, traplong-tempsretenu, sur leurs tetes cou pables.Acesignal, qu'un Dieujuste a provoque, vas mains, sainte ment armees, ant porte lahache sur I'arhre antique de l'escJavage et des prejugcs. EllvainIetemps, et surtout la politique infernale des Europeens, l'avaientenvirol1ncd'un triple airain;vousavez dCpouille son armure,vousl'avez placec sur votre cmur, pourdeve--27-

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llir (comme vos l'nllL'llIis lIatlll'l'!sl. erncIs, impi!oyablrs, Telllll'lIn torrcn! delJOrde qlli alTathe, enlrainc, vo!re fougllt' resse alOll! emporlt"dans sonI:Ollrs illlp{'lucux, Ainsi pl'risse !Ollt tyran de !'innucence, loul opprl's";I'ur Ilu genre hUlllain.Quoi Ilonl:! ('ollrbes 1Il'pllisIII'Ssii'<;]I'sSOUSUlljOllg de1'1'1"jOlldsLies passions III'S hommcs, tielellr illjllqil'l'PIIII'Sc:l\ll'icl's (Ill so!'1vidimes Illlltill"es II"la ('lIpiditl:' III'Shlallcsnpl'i'sa\"llil'1'11graiss.\ de nosSUI'ILI'Scpssallg-SIII'Sillsaliahll'saVI'I' lilli' pCllie\l.cl', UlII' rt"sign:.lioll "nilsI'XI'I1I1I1e.nOlls alll'iollS L'llcort'VIIcelk!Ionll' altl'lIleri\ no\1'I'111'sl!'III'lioli.salis Ilisliliciion deSf'Xi' ni (l':lge; d nOIlS, hOllllllessail"1"III'I'"il',sailSVI'I'IIl,salis nous lI'alll'ioliS pas1'1011,,1"";dalls 11'111' seill1I0Shr:1SIlr";I'sp\\I't"s'!(Jilt:!cst ce vii lIailiell, si 111'11 dig-liedl' sa1'I"g\".II'"'l'alioll,qui lie iToil point avoir t'I'IllJlli It-sdt"crt'ls1"II'l'llel,.; I'llI'XII'I'llIinalil I'I'Slig1'l'saltel'(!s (Ie sang'! S'il enest 1Ill,qll'il sI"liliglil'. lanallll'l' ilidiglll"I'Ierepousse dr' ",ill; 111I'i1 aille rarlll'l' sahUllli'l\lilldl'res lieu\: rail' iJU'OIiYl'e"pirc II "t'sipllinl rail 1'0111'SI'SO!'g:llIt'Sgrus sil'l's; e'est I'ail'pur III' la lilH'rli;. :l1Igllsll' d ll'illillphanil'. Oni, nous avons )'t'llIlu, ;'1 I:I'S\Tais pOllr erilllPs Jlollroilirages pour oillragps, Oui, j'ai Illon pays, j'ai vpllg('1'.\ 1I1I"ril!,IL', )!Ollorgneil d lila SOliI dalls l'aveu qnefellrais:'t la fael'til'Slllorieisf'ltil'Sdiem:. /lll'illl parle)c illw pronolll'l.'ronlSill' lI10i les raees COllltlllpo raines et futures? ,1'aifail ilion iliapropreI'l'sle; ilIlICsum!. Maisque dis-je '!La cUllspnalic)Il lie Illes lIlalhl'Ureux frcres,Ie !ernoignage dc lila 111' sonl pas1ll:lseule l'I"COIll pense;j'aivu dellx classes d'honlllleS pOllrs'ailller, s'entl'ai del', se secourir, lIlI:li;!'S ell/illp! cOllfolltluesromirit favengeance, se disJlu!er l'llOlInpllr ties pl'l'llliprs coups. Nail'Set jaunes, que la (Iuplicitt', rartillee des Eurol't"I'IIS a eherche si longtemps itdiviser, vous qui IICfaites aujoul'll'hui flu'un Il1c!netout, qll'une senle falllil\c, n'cll pas, votre I'ai'faite reconci liation avait hesoin d'e!re seellee tlu sang de vas hourreaux, Mellles calamites ant pese survas teles proscrites, llIeme ardenr itfrapper vosennemis vous a signales, II1CI11Csort vons est'reserve,'memes interets doivent dOlle vousrendrc it jamais unis, indivisibles etinseparables. MaintellezceUeprecieuse concordc,ccUeheureuse hal' monie parmi vous; c'estIegage de votre honfteur, de votre saint, devossucces; c'estIesecret d'ctre invincibles(t).(1)Constitution imperiale d'HaYti, du 20 mai 1805,art. 14. 28-

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Faut-il, piJur ces. nmuds,vousretracer.Iecours. des atrocites cominises contre notr.e espece:Iemassacre de la popula lion entiere de celleHe, medite dansIesilence etIesang froidducabinet; I'.execulion de cet affreux projet, a moiproposee sanspud'eur(f), el deja entameepar les avec ce front calme et serein accoutume a de,pareils forfaits; la Guadeloupe saccagee et detruite; ses ruines encorefumantes du saug des eofants, des femmes'etdes vieillards passes aufilde l'epee;PELAGE, lui-meme, victime deleurastuce, apres avoir Iftchement trahi son pays et ses freres;Iebrave etilTJmortelDELGRESSE,emporte dans les airs avec les debris de son forI, plutOt que d'accepter des fers? Guerrier magnanime! ton noble trepas, loin d'etonner notre courage, lie faitqu'irriteren nous la soil' deIevenger on de te suivre (2). encore a votre souvenir If}'i trames tout recemment ourdies aJeremie ; l'explosion terrible qui devait en resulter, malgre Iepardon genereux accorde acesetres incorrigibles, a l'expulsion de l'armee leurs emissaires leur ont repollduilpropos dans toutes les villes pour sus citeI' une nouvelle guerre intestine;Iesort deplorable de nos freres deporles en Europe; enOn,Iedespotisme effroyable, precurseur de la mort, exerccit la Martinique? Infortunes Martiniquais! que ne puis-je voleI' a volre secours et briservosfers! Helas! unobstacle invincible nous separe... Maispeut-eire une etincelledufeu qui(1) Le general LECLERCecrivit de sa propre main l'ordre de lever une armQe de 5,000 hommespourexterminer les muJatres, et remitau Des salines 500 doubles louis pour les frais de cette expedition. (Boisrond-Tollnerre, ilUmoirespour servir Ii l'histoire d'Halti, p. 47.) (2) Magloire Pelage,bomme de couleur, nea la Martinique. Lors despremiers troubles de cette colonie, iI crut en la bonne foidesplanteurs,etpritparti pour eux.IIse battit contre les Anglais, lors du siege dei794, et fut fait lieutenant surIe champ de bataille. Nomme, en France, capitaine des grenadiers du bataillon des Antilles, il se couvrit de gloire a laprise de Sainte-Lucie,en1795; fait pl'isonnier I'anneo suivante,ilfut ecbange en i 798, et sen'itiJ. Fecamp, iJ.Morlaix, et obtint, en 1799,Iebrevet de cbef de bri gade, pour partir comme aide de camp de l'agent Jeannet. MalgreIe decret du 28 mai 1802, pourIeretablissement de l'esclamge, il ne continua pas moins a servir aveuglement la causedescolons et des agents du gouvernemelit contre ses fl'eres, que des vexations reiterees etIe decret aTaient exasperes. Tant de devouement ne putIesoustrail'e a Ill,baine de ceux-liI memes qu'il avait servis.IIfut embarque pour France, oil il resta incarcere pendant seize mois. Remis apl'cs cetemps en liberte jugement,itfut employe, dans son gl aclede colunel, iJ. laguerred'Espagne. U mourut apres la.batailledeVittoriadessuites des fatigues de cette guerre.-29-

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[1804] nous jaillira dans votre arne; peut-etre au bruitdecetle commotion, reveilles en sursaut de votre lethargie, revendiquerez vous,lesarmes a la main,vosdroits sacres et impregcriptibles. ApresTexemple terrible que je viensdedonner, que tOt outard la justice divine dechaine sur la terredeces filnes. fortes, au-dessus des faiblesses du vulgaire, pour la perte et l'efl'roi des mechants; tremblez, tyrans, usurpatenrs, flcaux du Nouveau-Monde ;nospoi gnards simt aiguiscs,vossupplices sont prets! Soixante mille hommes, equipes, aguerris, dociles iJ.mes ordres, hnilent d'offrir un nouvel holocausteaux manes deleurs freres egorgcs. Qu'elle vienneceHepuissance assezfoliepour oser m'atlarluer! Deja,iJ. sonapproche,Ie genie irritc d'UaHi, sortant du sein des mel's, apparait;sonfront menacantsoul eveles flots,excite legtempctes; sa main puissante briseondisperse les vaisseaux; itsa voixredontahle, les lois de la natnre oheissent; les maladies, la peste, lafaimdcvorante, l'incendie,Iepoison volent it sasuite... Mais pOlll'quoicompter surIesecours dnc1imatet des ell'ments?Ai-jc dOllc (Inc.il'commande a des ames pen commnnes, 1I0nnies dans dont l'andace s'irrite (Iesobstacles, s'accroit par les dallgers '!Qu'elles viennent donc ces cohortes homici,les; les atlends de pielll'eI'me,d'un milHm .. Ie leur ahandonne salis lll'incIerivage et la place OIl les villes ont exisll\; mais malhenr it ceilli qni s'approcheraIl'oppri's des mOlltaglles!II vallliraitmienx pOllrIlli Illiela Iller I'mllcnglouti dans ses 11rofondsalJill1es,([nc d',ilrepar la dcs enfants (l'lIaHi. Gnerre it mortallx tFans!roilit ilia de\ise; lihcl'te, indcpell dance: voilit noIre eri(;cneraux, officiers, soldah ; peu selllhlahleit ceilli (l"i lIl'a p['(',cI\II,\ il TOPSSA1!'\T-LopnmTlrru:,j'ai ,'-II','filii-Ie itIn pro IIwsse'pIe.invons ai failcI'nprcnantII'S:lI'Incs la1,\Tanllic; at lanl'[11\111 !'('sll'(II'sonrl11' III'allin)l'!'a,.icIe en sennen!. JmnaisallwltcolonlIiEllfopccnIII'meUmIepiedSit/' ccterritoirc De/fIres on De/fl"pSS!',hGmme do ('oule\ll' deh Goa,lelollpo, Chef debatail Ion, aidedecamp ,Ieragent Baco, il donna, en d i,'erscs occasions, (Ies pT'euves de devouement etde fj,161it'1itbFrance:mais apl'i-s lapnlJlicatioll du ,]cf"ret ,ln2R mai iH02,yoyantIpsintentions ult,,ric\II'csdescolons, manil'esl"es pardestentativeshostiles auxclasses de ('ouleul', il Si)joifnlitanxI""oltes de laGuadeloupe, qniavaielltpris lesarmE'SPOlll' conscnel' lOlli' lihel'l<.., et se tit sautel' a d'Allglemont,avec 400 des siens, plutot quedesuhir]'autoritollc ('cux qni vOlllaicnt ,'(ilahli,'l'csdamgc,hms laeoJolli(',-30-

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[1804] Ii titre dematre:OISdeproprielaire (1); eette resolution sera desor mais la base fondamentale de Jlotre constitution. Que d'aulres chefs, apres moi, creusent leur tomwau et celui de leurssemblables,entenantuneconduite diametralement opposee it la mienne, vousn'en que la loi inevitabledudestin qui m'aura enleve au bonheiir et au salut demesconeitoyens;m'aispuissent mes successeurs suivreiamarehe' quejeleur aurai tracee!C'est Ie systemeIeplus propre a consoliderleurpuissance: c'est Ie plus digne hommage qu'ils pourrontrendre it ma memoire. Comme il repugneiJ. mon caractere el iJ. ma dignite' de punir quel ques innocents des fautes de leurs semblables, une poignee de blancs, recommandables par la religion qu'ils ont toujours professee, qui, d'ailleurs, onl prele serment de vivre avec nous dans les bois, a eprouvc ma clemence. J'ordonne queIeglaive les respecte, et qu'on ne porle aucune atteinte iJ. leurs travaux ni iJ. leurconservation.Jerecommande de nouveauelj'ordonne iJ. tous les generaux de de parlements, commandants d'arrondissements et de places, d'accorder secours, encouragement et protection aux neutres et amies, qui voudront elablir avec cetteHedes relations commerciales (2).Auquartier general du Cap,Ie 28 avril 1804, I'an ,ler de l'independance.Legouverneur general,Signa :DESSALINES.Pourcopie conforme :Le secn!tairegeneral,Signe :JusteCHANLATTE.No 14. -INSTRUCTIONSdll ministre des finances aux administra leurs principaux des departements. Quartier general du Cap, Ie 4mai1804,anlor.Le Ministl'e des finances,Considerant qu'il esturgentde faire connaitreauxadministrateursprincipaux,et il. tous les chargesduservice de l'administration, )e mode de comptabilite provisoire qui doit fixer a chacun les devoirs queleursplacesleurimposent;(1)Constitution imperialed'Haiti, du20mai1805, declaration preliminaire, art.12. Dispositions generales, art.12.(2)Ordonnance du 22 octobre, portant defense aux Haitiens desortir dupays.Constition imperiale d'Haiti, dispositions generales, art.25.-31-

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[1804]Considerant, en outre, qu'il est de toutEinecessite de prendre les moyens les plus efficacespour Iecommerce illiciteetfrauduleux des cafes, que font les proprietaires avidesdegain;d'apres I'approbation du Gouverneurgeneralde rile d'Haiti, annexeeala presentej Ail.RtTEce quisuit: Art 1e r Les administrateurs principaux se conformeront !;lricte ment it mes instructions preliminaires du 12avril (I), et it celles du Gouverneur general,du 7 fevrier 1804 (2); ils me feront parvenir tous les mois, regulierement, un etat general de leurs operations. Cessituations donneront les resultats de chaque branche du service d'administration, d'apresIemode de comptabllite ci-apres :RECETTES: njPENSES: Importation. Approvisionnement..Exportation. Habillement, equipement. Quart de subvention. Travaux, fortifications. Domaines et biens regis. Marine. Confiscations et ventes des biens Soldes de troupe. des proscrits. Traitement d'employes. Divers fermages ou loyers de maison. Art. 2. Les administrateurs principaux donnerontamdirecteurs des domaines et des douanes, aux tresoriers, aux garde-magasins, des instructions detaillees' sur la tenue de leurs livres et sur toutes les branches deleurservice respectif, en se rapprochant toujours,Ieplus qu'il sera possible, du present mode de comptabilite generale. Art. 3. Les directeurs des domainesseferont rendre compte, tous.les mois,' par les preposes sous leurs ordres, de la silution des biens regis et de ce qu'aura produitIequart de subvention; ils donneront, a cet elfet, aux preposes des instructions, dans lesquellessetrouvera consigneIemode de comptabilite qui leur est propre.Cessituations me seront transmises tous les mois par les directeurs des domaines(3).La Plupart des allminislrateurs, nedOl1nantleurs soins qu'ala partie du service quiselrouvesousleurs yeux, n'Ctendent pas leurs surveillancesetleurssolliciludessurles operations des preposes (1)Nousn'avons pu nous procurerceUepiece. (2)Arete dugouverneur general,du7fevrier 1804, qui regIe quelques points importantsduservice militaire, etc. art.15.(3) Arrete, du 7fevrier,duGouverneur general, etc,.art. 2 32-

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['1804]eloigijesdont peaucoup !iennen,tune comptabilitemaletablie, tant.pa,rIedecaut de lumieres que a'instructions.<'a suite manque.) vement statue sur les reglements relatifs aux diverses branchesdo ,Auquartier lIu Cap, le'4 mai1804,I'anIerde l'independance.1 general dedivision;conseillerd' Eiat, minidre desfinances. '., Signa:VERNET,J'ordonne queIepresent mode d'organisation soit execute provi' soirement, jusqu'il l'epoque OU j'auraistatueondernior ressortsur les diverses branches de I'Administration.Legouverneur general, Signa: DEsuLlNEs. Pourcopie conforme :Lesecretaireduministredesfinances, Signe :VASTEY LIDERTEOULA MORT. N15. PROCLAMATIONdoJoan-JacquesDr.SSALINES,gouvel'1lourgeneral, aux habilanls de la partie espagnole(1).QuarticI' g{m"ral duCap,Ie8mai1804,anler, A peine l'armee Ihn('aise a-l-olle expulsl\C ('2),quo vous vousMesde reeollllailrc111011alllol'i,It',; par 11111lI01l\'emelltlibre elspolllallc\"011'1'VOllSvous(\Ios1'
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[1804JtoutIetemps de vous raconnailre et pour mieux m'assurer de volre fidelite, j'ai jusqu'ici retenu l'ardeur bouillante de mes soldats. Deja jem'applaudissais du succes de mes soins, qui ne tendaient qu'a prevenir l'effusion dusang;mais un pretre fanatique pas encore souffle dans volre arne la rage quiIedomine ; mais l'insenseFERRANDn'avait pas encore distille parmi vous les poisons du men &onge et.de la calomnie(t).Desecrits, enfantespar Ie desespoir et la filiblesse, ont circule; aussitM plusieurs d'entre vous, seduits par des insinuations perfides, briguent l'amitieetla protection desFran. Cais; ils osent outrager mes bontes, se coaliser avec mes cruels en nemis. Espagnols, reflechissez :surIebordduprecipice creuse sousvospas, vous sauvera-t-ilceministre energumene, lorsque,Iefer et la flamme a la main,jevouspoursuivrai jusqu'envosderniersretranchements? Ah! sans doute, ses prieres, ses grimaces, ses reliques ne pourront m'arreter dansrnacourse.Vonspreservera+il de ma juste colere, cet officier aussi vain qn'impllissant, quandjel'aurai enseveli, lui etceramas de brigands qu'il commande, sous les de combres de votre capitale? Que tous deux ils se rappellent que c'est devant mes phalanges intrcpides.que toutes les ressources, tout l'art des Europeens ont echouc; que c'est dans mes mains victorieuses queIedestin du capilaine general ROCHAMBEAUa ete remis. Pour entrainer les Espagnols dans leur parti, ils repandentIebruit que des batiments charges de troupes viennent d'arriver a Santo-Domingo. Que n'est-ce la verite? lis ne se doutent pas qu'en diflerant jusqu'ici d'aller les attaquer, mon principal objet etait de les laisser augmenter la masse de nos res sources etIenombre de nos victimes. Pour .ieter la me(1)Le general FERRANDcommandait 11 Monte-Christ, lorsqu'il re<;ut, comme ses autres collegues, I'ordre de capituler avec les Anglais.Aulieu d'obtemperer 11 cet ordre, il marchasurSanto-Domingo, alors sousIecommandementdugeneralKERVERSEAU.II gagna la garnison de cette ville, embarquaIe general KERVERSEAUpour France,etresta seul maitre de la place, qu'il defendit contre Dessalines. II se brftla la cervelle plutot que de survivre 11 sa defaite11 Palo Hincado,Ie7 novembre 1808. Parmi les priltres qui excitaientIeplus les Espaguols contre Dessalines, el padreVives etait Ieplus fanatique. A la tMe de ses ouailles, qu'ilnequittait jamais, il etait de toutes les sortiestentees par la garnison de Santo-Domingo contre les assiegeants. II ne retourna 11 sacure qu'apres la levee dusiege. II est probable quec'estce priltre queIeGouverneur general a voulu designer ici-34-

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)' [1804]fianceetIaterreur, iIs..neeesi')ent de retraeerIesort queIesFran. viennent de subir.Mais a12je eu raison deIestraiter ainsi? Les torts des appartiennent-ils aux EspagnoIs? Et dois-je pour suivresur ces derniers Ies crimes que les premiers ant 01'donneset executes surllotre 'espece? lis assurent efl'rontement que, rCduitit. chereher man salut dans la fuite, j'ai etc cacheI'ma defaite dans Iapartie sud deeeUe iIe.He bien! qu)!s apprennent done((uejesuis pret, quelafoudrevatomber slir leurs tetes! Qu'ils saehent que messoldats, impatients, n'atlendentqu'un signal pour aller re conquerir les limites que la nature et les nous ant assig'nc.es! Encore quelques inslants, et j'ecrase les deoris des Fran sousIepoids dernapuissallce. Espagnols!vous it. quijem'adresse; ulliquemcllt ilarce 'lue je voudraisVOIISsauveI';vousqui, pour avail' lergivcrse, n'exislercz bient/it qu'autant queIllaclemence daigncra vous' il enest temps clleore : abjurezlI11eerreur(luivous ('slsi {'uncsle,l'OItl pez tOlltpaete avec man cnucmi, si vousvoulez(IIICvO!l'e sang liesoit pas confonduavecIe sien. Nommcz-moiIJienvitelapal'tie de volre tel'ritoire sur la'luelle mes premil'rsconi1sdoivent eIre paries, au ills1ruisez-moi sijedais frappel' in(lislillcleltlenl sur lous les points .Jevous(Iollne qllinzejolll's,iJ.(Iatl'r (Ie la 110tificatiolltie la presl'nle proclamalion, pailI' me {'aireparvenil'vas (Iernicres inlclIliolls dvousrallierSOliSmes elendal'ds. Valisu'i[.(norezpas(pie lOllSles chemins tlui aholliissent it. Sanlo-llomingo lIOUS sont familiers; que, plus d'ulw fois,nails avons vufiliI' devant nails vosbandl's disperseesEn 1111mot,vaus savel. ce que jepuis, ee (Iue j'osr. ;son gel. itvaIre sallll.Hecevezici la promesse sacl'ee(pie jefais delIOrieu enll'epreudl'e contre volre sllrel(\ personnelleni conlre vas iUlrrMs, si ,'ous sai sissez celte occasion de vousmonlrcr dignestl'CtI'Cadmis aunomIJl'()des enfants d'lIaHi. Auquartiel' general duCap,Ie 8 mai 1801,an Ier de l'independuncc. Lc '!tJ/lvcrncllr[Jeneral,Signe ; DESSAI.INES, Pou\, ropio cOllfill'me :Lc [1';1I';ral,Sigllc : JustoCHA:olLATTE. 35-

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N'! 16;TARIFda peage dubacetablisurla riviere du haut duCap.Quartier du Cap,Ie 18. mai1804,anIer.Chaque personne it pied, sans bag-age, un demi-escalin; mal. 1/2.oe.ci...' 1 Chaque personne, avec bagage, de quelque nature qu'il soit, un escalin; ci. 1 Chaque personne a cheval, non charge, un escalin et deml; ci. 1 Chaque personne it cheval charge, deuxescalins; ci. 2 JI Chaque chaise au voiture de luxe, chargee d'une au plusieurs personnes, au it vide, aUelee de deux animaux, quatre escalins; ci. 4 Chaque cabrouet aUele, non charge,troisescalins; ci. 3 Chaque cabrouet attele, charge, quatre escalins; ci. 4IIsera paye pour chaque animal d'attelage, au-dessus de deux, un demi-escalin; ci. 1 Pour une chaise au un cabrouet non allele, deux escalins; ci. 2Pour une barrique de sucre au de sirop, trois escalins; ci. 3Pourunebarrique de vin, deux escalins; ci.2Pour un tiercon, un escalin; ci. 1 Pour un sac, un dcmi-escalin; ci. 1 PaUl'chaque cheval, mulct, bumf au beurriquc, un escalin; ci. 1 Pourchaque veau, mouton,cochon et cahrit, un demiescalin; ci. 1 Taus les citoyens sont obliges de payerIepassagedubac, con formement au tarif ci-dessus. Seront excmpts dn paiement dudit tarif, taus les militaires allanlenmission all cn garnison, au ceux qui en rcvicnnent, au toulcs atltres personncs chargecs des depcdes aulori!l;s superieures.Fait au quarliel' general du Cap,Ie18mai 180-1, i'an lor del'independance. Legeneral dedivision,conseillerd'Etat,etcommandantdedivisiondu lYord.Signe :HENRy-CHRISTOPHE.-36-

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[1804]No17. -ORDRE CEREMONIES ducouronnementdeJeanJacques DESSALINS, empereur d'HaIti (1).Port-au-Prince.Ie6 septembref804, an Ier.Le8octobre, it 2heur,es precises, toutes les troupes de la garni son serendrontau Champcde-l\Iars, dansIemeilleur ordre possible, et se formeront en bataillons carres. Undetachement de grenadiers formera aussitOt une haie jusqu'il la maison du cominandant general de la division. A3 heures, loutes les autorites civiles et mili-taires s'assembleront chezIegouverneur, el elles se rendront ensuife au Champ-de-Mars, dans l'ordre suivant :Unpeloton de grenadiers. Les instituteurs et un grand norn bre de leurs eleves. --La deputation du corps des artisans, prece dee d'un de ses principaux membres. Une deputation de com merl;ants etrangers, precCdee d'unde ses Dne depu':" talion des commerl;ants d'HaIti, precedee d'unde ses membres. Les juges et les officiers ministeriels Les officiers de I'armee attachesil la division. Les officiers de la marine militaire. L'etat-major de la place et celui des environs. Les administrafeUl'set leurs employes. Le general commandant les divisions, accompagne de son etat-major. -Unpeloton de grenadiers.' En arrivant au Champ-de-Mars, lous les tambours battront une marche, ef Ie cortege approcherad'un amphitheatre constrllit il cet eifel.Onlira, il haute et intelligible voix, l'acte annonl;ant la nomina tion de l'Empereur. Due salve d'artillerie, qui sera repetee partous les forts de la ville et par les batiments duport, sllivra la lecture de I'acte. Alors la ceremonie ducouronnemenJ se ferasurun tr6ne cleve au milieu de l'amphitheatre, et environne de tous les grands de l'empire. La ceremonie seraannonceeparunetriple decharl'e d'artillerie et de mousqlleterie. Ensuite, les troupes defileront du cOle de I'eglise, et se rangeront en bataille.(1)Acte,du25 janvier 1804, qui nommeIegouverneur general Dessalines, empereur. Proclamation,du15fevrier suivant,duGouverneur general, qui accepteIetitre d'empereur.-37-

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Le cortege, dans l'onh'e indique ci-dessus, serendra aI'eglise, OtiI'on chantera unTeDeumen actions de graces de cetlejourneememorable.PendantIeTeDeum,il y aurauneautre de charge d'artillerie et de mousqueterie. Apres IeTeDeum,Ie cortege retourneradansIe meme ordre a la maisolldu general de division. La fetescmtermillllC par line grande illumination dans les quar tiers de la ville. Donne auPort-an-Prince,Ie 6 septembre 1804, la Ire anDlle del'indepen. dance.Lc gellljral dedivision, Signe : PEmoN. LIDERTEOULA MORT. N 18. ORDONNANCEqui dl\fend aux capitaines de bfttimcllb de detailler eux-memes leurs cargaisolls.Au Cap,Ie15 octobre 1804, anIer.JACQUESlor,Empereurd'I1aHi, Informe que les capitaines des batiments americains,arrivantdans les differents ports de notre empire, vendent en gros et en detail, avec Ies pe tits marchands, leurs eargaisons; Considerant que celanepeut etre que prejudiciable au commerce et favoriser la sortiedetout Ie numeraire del'ile;Voulantmettrefin iJ.taus ces abus,Veutetentend ce qui suit, pour Nreexecute dans sa forceettcncur: Art.tr DCfendolls tres expressementil taus les capitaines des ba timents etrangers, qui arriYeront dansUllport de notreEmpirede vendre leurs cargaisons en detail aux marchands ou parliculiers (1). Art. 2. Les negociants etablis en vertu de nos letlres-pah:lItes,aurontseuls Ie droit de traiter,parun ou plusieurs, les cargai sons (2). -Art.8.(1)Decret, du 1"aoftt 1805, relatifaucautionnement des bAtiments etrangers par des maisons haitiennes, art. 2.(2) (2) Decretdu6 septembre 1805, relatif a la consignation des bAtiments etrangers, art. 2. -38-

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I I If III 1\1-\041 Art.3.Taus negocianls,etrangers on indigent's, qui recevront directement des batinwnts it lur consignation,nepoulTont vcml!'c les marchandises en ct'seconformrrontill'articlcII,pourlavente de leurs carg-aisons. '. Art. 4.Nepourront, IH\anlnoins, lcsdils In\g'ociants, trailer avel' lesdils bfttiments ctrallgers, pourleurs cargaisons, qu'apresqtH' I'administration aurafairlechoixdes arlicles ncccssaires aubcsoill de l'armre (1). Art.5.Les contrevcnants it lapresentcordonnance,serontcon damnesit une amende de trois cents gourdes pour la premil're fois, el cinq cents en cas de recidive. Mande et ordonne au General millistre des finances, aux generaux de division et de brigade,auxadministrateurs principanx etparliculiers, de tcnirla main chacun en ce qui Ie concerne. Donne en notre palais imperial du Cap,Ie25 octobre 180.1, Ire annee de l'independance, et de notre regne Ieter Signe :JACQUES\el'.Parl'Empereur :Lechef d'escarlron: Signe :DLI,QuOY. LInERTE OULAMORT.N 19. -ORDONNANCEportant defense aux Ba'itiens de sarliI' un pays (2).Au Cap,Ie22 octobre 1804,anIer.JACQUESIe.,Empereurd'IIa'iti, etc.Vulaprotectionet 1a bienveillance qu'il accordeauxetrangersquiOntdes relations commerciales avec cetteile,qui,bien loin de ll'occuper que deleurcommerceet-derespecter'les lois du pays avec lequeli1straitent,tiennentlaconduitelaplus extraordinaire, en facilitantl'evasion des hommesetfemmes de couleur, naturels du pays,(1) ArrHe du 7 Fevrier 1804, qui regie quelques points importants duservicemilitaire, etc.,art 14. (2)Proclamation, du28avril 1804, relativeau massacredes Franc;ais. 39-

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[1804] Sign,', : JACQUES.Par l'Empercur:Lecltefd'escadroll, pres Sa Majeste imperiale, signe: Veut et entendcequi suit, pour etre execute dans toute l'etendue de ses : Art. 1er.Tout hatiment elranger, arml\ au non, it hard duquelilse trourera unl' au plusiclll's prrsol1llPsqui seronl enlcvces dece pays pour etre conduitcsit l'Ctranger, Iecapitaine sera arn\ll', mis en prisoll pourIii x Illois,el f'nsnile it sera dallsSOli pays, a\'cc ordre rll'JW plus l'I'paraitre clans HaIti;Ie IJatiment etlacar gaison seront ronfisllul\s au profitlie l'Etat. Art.2.Tout indigene prisit horu desdits hfttiments etrangers, sera fusille en plare puhlilpw(1').Lesdedirisioll('1III'bri;mde, les commandants d'ar rondissemcnl at deplace. sont charg'l\sdel'execulion dc la ordonnnance, chacun ence quiIeCOIlCI'flIe.Fait it Hotre palaisimperialdu Cap,la 22octoure 1804.ranIerdel'in dt':pendance, etde notrle ri'gneleIer LIBERTE OULA MORT.20. OHIlO:'iNA"CE relative au recensement.Au Cap,Ie :25 octourc 1RO.!, an 10 JACQUES lOr,Empercur d'IJaIti, etc. SaMajesteayantjuge necessaire,pourIeuien public,deconnaitrela des indiYidus des deux sexes r6sidant actuellement dans les villes de SOil empil'e; <'"onsi
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lltW4jSigne : JACQUES. Parl'Empereur:Lechefd'escadron, signe :DIAQliOY. llffieacespourreprimer dEfiels abus;vu les ordres reiteres quiont ete donnas aux differents chefs de venvoyel'li la culture des personnes sans aveu, resi dant dans les villes; et d'apres-ia negligence qu'ilsyont mise jusqu'Acemoment,Veut et entend, Sa Majeste, ce qui suit, pour etre execute dans sa forme etteneur::.ArLier;Hseranom me descoll1mlssai'I'esd'!slefs'aans cTiaqueville, par les commandants 'de 'place, qlii s'occuperont de fournir,surIeplus breI' delai, un etat des individus de leurs quartiers res pectifs.Arl.2.Ces {\tats devront faire mention des 'noms, prenOll1S,age, professions, lieu dedomicileetde naissance, avecles moyens que chacun a pour exister en ville. Ces memes etats particuliers se. ronl remis au commandant delaplace,qui en formeraun general de la population, qu'il remeHra au general commandant ladivisioil ou de l'arrondissemenl. Arl, 3.Le general commandant la division ou de l'arrondisse;. ment, convoquera de suite les personnes mentionnees dansIerecensement,enassemblee generale, pour s'assllrer si ledit recense ment est exact; et d'apres l'examenIeplus scrupuleux qui en sera fait, celles qui n'amont point les moyens suffisants pour demeure!' en ville, seronl renvoyces it la culture (1). Art. 4. Les particuliers ayant des domesliques it leurs services, lie pourront conserver queIenombre nccessaire it leur besoin,Iesurplus sera it la culture, poury tl'availler, sans lIulie ex ception, et surlarespollsabilite des inspecteurs et chefs d'ateliers. Mande et ordonlle que la prcsente soit luc, publiee et affichee partout Oll besoin sera, et que chacun ait it se conformer en ce quiIeconcerne, Donne en notre palais imperial du Cap, Ie 25 octobre f804,Ir. anneede l'independance,etde notre regne IeIer. N21. -ORDONNANCErelative it l'affermage des biens domaniaux. 22 decembre f804.(Cette piece manque.)(I) Arrete du6avril t824, quirenvoiedans les campagnesceuxqui n'ont pasdemoyensd'existence dans lesvilles,art.!.-41-

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i,805N1.-ADRESSEde l'EIllpereur au peuple, a son retour du siege de Santo-Domingo (1).Quartier deLaville,Ie 12 avril1805,anlIe.Unsouverain dont la gloire reside dans celie de son pays, quin'aincessamment pour objet que les et la prosperite de ceux dont il tient sa puissance, et qu'il a rendus a l'existence civile et politi que, eprouve un sentiment bien doux lorsqu'il entretient peuple du motif, du but et des resultats de ses operations. C'est pour satisfaire a cebesoin pressant de mon CeEur que rnavoixse fait entendre au retour d'unecampagneentreprisepour l'honneur etIebien de cet empire. Decideit ne reconnallre pour limites que celles tracees par la nature et par lesmel'S,persuade que tant qu'im seul ennemi respi rerait encoresurce territoire, il me resterait toujours quelque chose a raire pour remplir dignement la place OU vous m'avez eleve ; pro. voque par un decret lance parFERRAND,en datedu 16 niv6se an III (6 janvier 180i), dontj'aiordonne que la teneur vous flit communiquee par la voie de l'impression,jeresolus d'aller me ressaisir de la portion integrante de mesEtatset d'y effacerjusqu'aux derniers vestiges de l'idole europeenne. En consequence, une force armee fut deployee contre la partie ci-devant espagnole. Notre marche fnt rapide,et;nos pas furent signales par autant de succes.II Mait naturel de presumeI' que les indigenes espagnols, ces descendants des malheureux im molesa la cupidite et a l'avaricc des premiers usurpateurs deatte lie, saisiraient avec la precieuse occasion de sacriii&i" aux manes de leurs ancetres; mais celle espece d'hommes avilis etde grades, pret'erant aux doucem's d'unevielibre et independante, des maitre!! qui la tyrannisent,fitcause commune avec les Francais. C'etait partager les crimes de ces derniers que de s'associer a leurs travaux liberticides; toutEspagnol pris les armes a la main vit done couler son sang dans celui de ces etrangers perfides.(1)Proclamation, du 8 mai 1804, aux habitants de la parties espagnole.-43-

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absolus de lacampagne, nous n'etimes rien de plus presse que de tracer nos lignes autour de la ville de Santo-Domingo, et d'y former un cordon inexpugnable. Telle fut la noble emulation dont l'armee entiere se trouva saisie, qu'en moins de cinq jours toute communication avecIedehors lui ful interceplee, et qu'clle fut cir con venue d'une triple haie de gabions, placee a une portee de pis tolet de ses murs. Les assieges, manquant de bois a bruler et d'au tres objets necessaires a lavic(ainsi qu'il resultedu rapport de divers individus fails prisonniers surIechamp de bataille), u'ayantd'autres ressources que dans leur desespoir, tenterenl plusieurs sorties, dont toulIefruit fut d'ctre tailles en pieces, et rejetes la balonnette
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[1805]pendantIe cours de cette campagne,dORtj'aiordonne l'impression, vousinstruirades moindres paJ:licularites. Vous verrez que si une operation commencee sousles'plusheureuxauspices, n'a pas ete couronnee d'un plein et entier succes, il vous resteaumoins la con solation de penser que ville. de Santo-Domingo, seul endroit qui survive aux desastres de la devastation quej'aipropageeauloin dans la partie ci-devant espagnoTe,.1Iepeut plus longtemps servir de re traite it nos ennemis, ni d'instruments it leurs projets.IIest une verite bien con stante : point de campagnes, point de cites.IIdecoule deceprincipe que tout dansIedehors ayant ete la proie du feu et de la flamme,Iereste des habitants et des animaux, enleve etconduit dans notre patrie, I'avantage que I'ennemi seproposait deretirerdecepoint de mire, devient sinon nul, du moins insignifiant: consideration puissante qui ajoute aux autres fruits que nous avons recueillis de cette expedition. Generaux, officiers, soldats!Iemoment approche ou vous aIIez moissonner de nouveauxlauriers;ncvous enivrez pas de quelques succes peu dignes deYotrevaleur, obtenussurdes hommes abatardis et degeneres; songez que vous avez it combattre des ennemis entre prenants, fameux par les forfaits dont ils se sont noircis, mais qui ont plusd'unelois senti la pesanteur de votre bras, et dont lades tinee seratoujours d'etre vaincusparvotre constance heroique. Des siegesit soutenir, des assauts it livrer, voila la perspective que vous prepare la conclusion prochaine de la paix en Europe.lisvont luire enfin, ces jours marques pour consoli del' en ces lieux !'edifice de la liberte et de I'independance. Sachons en profiter.Surquelque point que la destinee de ce pays appeIIe rna constance, vous rccevrez de moi l'exemple de vivreaude mourir en hommes libres.Pourvous, fideles it vos serments et it vas plus chers interets, courez perfcc tionner ces fortifications que vas mainsant elevees; que votre inge nieuse audace n'appretea vas tyrans que la honte reserveeit leurcriminelle entreprise. Aupremiercoup de canon d'alarme, queIesol d'Ha1ti n'ofl're it leurs regards avides que des cendres,duferetdes soldats (1);ets'il nous faut peril' victimes de la plusjustedes causes,laissons apres nousIesouvenir honorable de ce que peut I'e nergie d'un peuple luttant contre les fers, l'injusticeetIe despotisme. Sign6 :JACQUES.ParSa Majest6 l'Empereur,Lesecretaire general,sign6 :JUSTE CaANLATTE.m Constitution imperiale d'Haili, du 20 roai 1805. Dispositions generales, art. 28.-45-

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[i805]ARntTt du general FERRAND, rnentionne dans l'adresse du nO 22.Triujou!'!!occupe des dispOsitions propres aaneanlir la rebllllion des noirs dans II. coloniedeSaint-Domingue,et c0ll8id6rant llu'una de cene!! les plus efficaces pour parvenir ace but est d'et! diminuerIll. population', et eMlea priver, autant que possible, des moyens da sa recruter; quaco recrutementjoul"nalier doit naiurellement tomber sur les noirsetgens de couleur au-dessous da quatorze ans, et la politique, jointe itreclamant que l'autorite legitime prenne des mesures pour IE's deux sexes da cet age etdecette couleur de participer A des crimes et a une revolte qui les conduiraient inevitablement aUl[chii tiillants lea plus terribles; Considerant qu'il est de l'avantaga deIll.colonie que les differents ages dacette jeunesseBoientdistingues, et que les plu8 dangereux: soient expo 1' tes de son sol, tandisqueles autres, soigneusem'ent conserves dans les bODsprirtcipes at distribues dans les departements fideles, puissent un jour concoudr,pal' leur tl'avail, a sarestam'ation ; Considerant aussi que les habitants voisins des frontieres revoltees at les troupes qui sont surIecordon meritent queIe gouvel'llement les recompense pOUl'les fatigues et les dangers auxquels ils sont continuellement exposes, A ARRETE et ARRETE cequi suit :Art.1. Les habitants des frontieres des departements de I'Ozamaetdu Cibao, ainsi que les troupes employees au cordon, sontetdemeurent auto risesa se repandre surIe territoire occupe parles revoltes, a leU!'courre sus,et it faire prisonniel's tousceux des deux sexes qui ne passeront pasrage de quatorze ans.Art.2.Les prisonniers provenant de ces expeditions serontla propriete des capteurs. Art.3.Les enfants mal captures, ayant moins de dix ans, at les ne gresses, mulatresses, .etc" au-dessous de dix ans, devront rester dansIll.colonie, etnOenpourront etre exportes sous aucun pretexte. Les capteurs pourront, a leur gre, ou les attacher a leurs plantations, ou les vendre A des habitants residant dans les departementsdel'Ozama et du Cibao. Art. 4. Les noirs et gens de couleul' dontil est fait mention dans l'articIe etqui ne devront pas etre exportes,neseront comme proprietes des capteursetne pourront etre venduspar eux qu'autant qu'i!s se seront munis, pour chaque individu, dansIedepartementdeI'Ozama, d'un certificat des notables d' Azua, vise parIe commandant RUlZ,etdansIedepartement du d'unpareil certificat du consei! de Santiago, parIecommandant SERAPIO, qui eonstate que cas noirs, ete., ont effec-46-

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[1805]tivemcntprissurleterritoite occupe parles revoltes, etqu'ils en faisaient partie. Les notables d'Azua etde Santiago tiendront des registres sur lesquels seront inscrits tout au long les certificats qu'ils delinel'ont, ct i1lcnr sera aecorde deux gourdes itpayer par les captcurs,POU)'chacunde ces certificats. Art. 5. Les eufants males ages dedix a qnatorze ans, et les neg-resses, mullitresses, etc., de douze a, quatorze ans, seront vend uspour etre exportes. Art. 6.Ceux designes pour l'exportationnepourront etre embarqncs dans aueun autre port que celuideSanto-Domingo, oil il sera pay,. pour dI'oit, en faveur du gouvernement, cinq pour cent d'exportation surIeprixdela vente. Art.7.Ceux qui ameneront cesnoirset gensdecouleur 11Santo-nomin/Xo, pour vendusetexportes, seront de se munir,POUl'ehaque indi vidu, dansIedepartementdel'Ozama, d'un certifieat des notables d'Azua, vise parIecommandantRUlZ,etdansIedepartementdeCibao, d'un pareil certificat du conseil de Santiago, vise parIecommandantSERAPIO,qui eons tate que ces noirs, etc., ont ete effectivement prissurIe'territoire occupeparles revoltes, et en faisaient partie.Cescertificats devront egalement etre inscrits stAr les registres tenusparles notables d'AzuaoudeSantiago,etchacun d'eux sera paye deux gourdes. Art.8.Aucunnoir,etc.,nepourra etre em barquea Santo-Domingo, sans queIe general en chefait donnea cet effet une autorisationparticuliere qu'il delivrera sur les pieces exigees. Art.9.Seront consideres comme objets voles, et confisques ou recla mes partout OU ils se trouveront dans la coloniedeSaint-Domingue, ainsi qua dans les colonies voisines. les noirsetgensdecouleur pour lesquelscasformalites n'auraient pas ete remplies. Art.10.Toute personne qui ll.urait conserve ou vendu, comme aussi toute pel'llonne qui auraitex porte ou cherchea exporter des noirs,etc.,de la colonie, sans avoir rempli les formalites ci-dessus prescrites, sera obligee de payel' cinquante gourdes d'amendepar tete; ettout proprietaire ou capitaine de biitiment, ainsi quetoutfonctionnaire civil ou militaire. qui aurait donne ou aurait eta surpris donn ant les mains a unefl'aude de ce genre, sera emprisonne ou pri"e deson emploi,etpaiera cent gourdespar tilte de noir, etc., soustl'ait ou qu'on aurait cherche it soustraire.Art. U. La retribution accordee au:t conseils d'Azua etdeSantiago, pour les certificats qu'ils auront adelivrCl', servira aux depenses ,commu nales; ilen sera seulement deduit une somme telle que la jugeraient con venablemeelilieursles notables pour Ie salaire du greffier.Art.12,. Les commandants )llilitaires et les notables sont charges, dans leura a,rrondililsemenlarl\llpectifs,8&l'execution dupresent arrete, princi encequi PQllce,rnela surveillanr:enecessaire pour empecher toute aspeCtd'a,bus.l\cetagard.A:revoltea, reconnaissant .Ieul' erreur, auront-47-

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Signa : FERRAND. [1805]fait acte de leur soumission a I'empereur des Franc;ais, entre les mains du FERRAND,et qu'ilyaura certitude qu'ils agissent de bonne foi, toutes especes cesseront. Le present arrete, qui sera traduit et imprime dans les deux langues (fran<;l&ise et espagnolc), A deux cents publici et affiche dans les villes et bourgs deR departementsdel'Ozama et du Cibao, sera enregistre A I'inspection coloniale,augreffe de la commission provisoiredejustice,et depose dans les greffesdesconseils des notables d'arrondissements.Faitau quartier general de Santo-Domingo,Ie16 niv6se. an XIII (6jan-vier 1805). Le general debrigade, commandant en chef, capitaine general par inte rim, membre dela Legion-d'Honneur. JOURNALdelacampagnedeSanto-Domingo.(Adressedel'Empereurau pe,uple) Les preparatifs pour la campagne de Santo-Domingo ayant ete par S. l'Empereur, et fidelement executes sur tous les points soumis a son obeissance, l'ordredudepart transmis officiellement, et les dispositions faites; L'J:;mpereur, a la tete deson !itat-major general, entra en campagneIe16 feTrier i805, se rendit au bourgdela Petite-Riviere et y passa en revue les troupes de la divisionGABART.Cesforces, composees des deux bataillons.des40 ,8e et 14edemi-briga des, du second bataillondela 70 ,dela 200 de deux compa gnies du 1 er escadrondecavalerie, du 10rregiment d'artillerie,etdui ores cadron de cavalerie duierregiment, sous la conduite du general GABART,ayantensous ordl'e les generaux debrigadeMAGNYet CANGE,dMilerent chacune suivant leurranget l'ordredebataille prescritparS.M.,traverserentl'Artibonite a peine gueable it cette epoque, et furent coucher sur l'habitation Mauge, sucrerie.Lelendemain 17, I'Empereur partit de ce bourg, laissa derriere luiladivisionGABART,qui passa la nuitsurl'habitation Despainville,etarrivasurles cinq heuresdusoir, au boul'g du Mireba.lais. La, il trouva sous leg armesla 100 demi-brigade et deux bataillons de la 3 e ; apres les avoir passees en revue, il assigna a chacun son quartier respectif. Le 18, a huit heures du matin,Ie general GABART, a la tete desa diTi sion, entra au bourg du Mirebalais. L'Empereurfitla revue de la diTision reunie, l'inspectiondeses armes, et lui designaIelieu de son cantonnement. Lei9,S.M.llomma les commandants de Hinche, de Lamatte,deNeybe et de Saint-Jean de reconnartre son auto rite, etdelui preparer une quantite necessaire de vivres et de chevaux.Ce meme jourla divisiol2PETloNopara. -48-

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1'1805] sa jonctionaubourg, par Iegeneral de brigade MAG LOIREAMBROISE,etformee de deux bataillons desH",i2",22"et23demi-brigades,dedeux compagnies du ier regimenfd'artillerie, et des 2 eet3"escadronsdecavalerie duierregiment. Le lendemain 20,S.1\1.ordonna it la 3 e demi-brigade et a lacaval erie d'aller prendre postesurI'habitation Desvarrieux, quar'tier' des Sarrasins. La 21,Ie generalPETIo:arriva 'uvecIereste desadivision, consistant en deux bataillons des 21 e et'24"demi-brigades.IIavisa S.M.que les pluies contrariaientIe gener'al de division etretardaient sa marche. L'Empereur aussitot fit ranger en bataille les deux divisions, passu une revue generale, harangua les soldats,,etleur' fit prendre la route de Les, cahobes, 1I0US les ordres des generauxGABART etPETION,secondes des gene raux de brigadeMAGNY,DAuT, CANGE et MAG LOIREAMBROISE.Le 22, I'armee parlitdeLescahobes pour Lamalte,etfut coucher a mi journee. L'Empereur re<;ut Ie3, au matin, une deputation, fit son entreea midi dans ce bourg, et permit a la troupe de prendre du reposetquelques rafraichissements. Dans la nuit du 24 au 25, I'ordre fut donne de s'avancer vcrs Saint-Jean. A une certaine distancedeIs ville, l'Empereur fit quelques mouvements militaires, etIe25, a trois heures de l'apres-midi, l'armee,surtroiscolonnes,entradans In place, qui se trouva evacuee. Dans lajourneedu 26, on s' occupadel'inspection et dela prop rete des armes.Le Z7,itsix heures du matin,Ie depart pourAzua fut ordonneet exe cute. Onlaissa pour commandant, a Saint-Jean,Iechef d'escadronISAACBOREL,un des aides-de-campdeS. M., avec un detachement de trois cenls hommes. L'armee fit halte a lariviere d'Yaque,ypassa la nuit,etseremit en marcheIe28 it dnqheures du matin. Nous n'avions pas fait trois Heues, lorsqueIechef d'escadronBARTHELEMY,qui precedait l'avant-garde,fit prisonniers trois Espagnols qu'i! conduisit it S. M.I.Und'eux, brevete lieutenant de cavalerie, ne s'etait engage si avant que pour epier notre approcheeteclairer nos mouvements, et les deux autres declarerent qu'Hs avaient ete envoyespourfaire de I'eau.nsnous apprirent que non loin de lit se trouvait un camp retranche, com mande parun officier fran<;ais nomme WIET.Surlesneufheures dil matin, en traversant it secIelit d'une riviere,IecommandantBARTHELEMY quelques vedeltes ennemies placees en sentinelles derriere un rempar't construit en pierressurun monticule,IIen avertitS.M.,qui lui ordonna d'aller reconnaitrede pres cette position.BARTHELEMY, sans attendr'e la cavalerie, suiviseulemenl de quelques d,'a gons,etles aides-de-campdeS. M., itI'envi les uns des aulres, chal'gerent sur l'ennemi. A leuraspecT,les vedeUes prirentlafuite. Arrives sur les lieux,\IOus"econmimes que c'etait un ouvrage impar fait,et qu'on ne poun\il toutauplus considel'er' que commeun point d'observation. CependantIechef d' eseadron serra de pres les fu)'al'ds, mais ne put les alleindre. Excites pal' ces indices, qui confirmaientIevoisinagedel'ennemi, la ca valerie rejoint au grand tr'otet l'armee precipite sa marche. Une heure apres, nous eumes connaissance du camp WIET, et decouVl'imes ses retran chements.Onsignale I'ennemi it S. M.; aussit6t elle avaflce pour obsel'ver Ie terrain, 8uivie de Sonclat-majol' et s'al'l'elea une demi-portee-49-

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de'poSte:lhitait s.ui'un.eeminence flanquMd{lSdencOtlIs'dedeux morneteqUl IlL dommalent; a cette vue, I'Empereurcon90it'BOIl'plan'd'attaque;et sans donneraucorps d'armeeni Ala cavalerieIetempsd'arriver,Iefait executeI'.IIordonne a unepartiede l'avant-'garde a'allerse poster en embuscadesurIeflanc gauche del'en neil'li, fait contournersadroiteparla4" demi-brigade, etse reserve d'attaquer ce front avec son etat-major general etla 39demi-brigade, a Ia tete desquels se trouvaient les generauxGARART etDAI;T.L'ennemi, qui,jus que-hi,avaitgarM Ie plus profond silence, d6cidea ne til'el' sur nous qU'il brule-pourpoint, commenva sonfeuet decbargea SUI'nous deux coupsdecanon a mitraiIle, Alors I'affaire s'engagea avec acharnementdepartetd'autre,La)48demi-brigadedOnnarassaut avec son impetuosite ordinaire, dans Ie meme moment OU Ie general de division GABART,apres avoir 1'en verse lesbarrieresqui se t1'ouvaient fortcment bar1'icadees et entoul'l\es de piquants, se presenta dans Ie fort.Deson cOte, Ia portiondeI'avant-garde, en embuscadesurIa gauche derennemi,cessa de l'inquieter, Alors les ennemis,detoutespartspressesetculbutes, leur sal lit dans Ia fuite. La cavalerie acheva la deroute, poursuivit les fuyardsa travers les roncesetles epines dont ce pays est hedss{" les taiIla en pieces l'espace de plus de deux lieues, et conduisit a8. M.un grand nombr'o de prisounicrs, notammentIe nomme WIET, commandant de ce poste, qui d6clara
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['1805]grandordre,etn'ytrouva personne. Cefut alora que S. M. fut pleinement convaincue que les naturels espagnols etaient totalement vendus aux Frant;ais, etparconsequent indignes d'eprouver plus longtemps les heureux efteta de sa chimence. Le5, l'armee partit deBany; encOtoyant Ierivage de la mer, nous deux forts R!1glais mouiIles pres deterre, qui, aprp.s nous a\'OIr vus defiler, appareillerentetmirent a la voile. Nous fUmes nous reposer slir l'habitation R1asde Louna. S.M.ordonna aux divers gene rl!ux dedivisiondedisposer leurs troupesdemaniere aeviter Ietrouble et la confusion en cas d'attaque. Le 6, it l'aubedujour,l'armee ordre de continuer sa route. Nous arrivames it midisurl'habitation GailIa:rd, distantedecinq quarts de lieue de la villedeSanto-Domingo. S. M. y fixa son quartier imperial, composa sa gardede2,500 hommes extraits des differentes compagnies de grenadiers, des diverses demi-brigades.etsommapar ecrit FERRAND.ainsi que les habitantsdela ville,delui remettrelaplace et de se soumettre it sonautorite :vel'SIesoil', I'ennemi brula IefaubourgdeSan-Carlos. I.e 7, a la pointe du jour, les generaux GABARTet PETIONret;urent ordre d'aller reconnaitre les dehors de la placeetdevisitel', it leur plus grande proximite, les positions les plus avantageuses. A huit heuresdumatin, I'ennemi comment;a Iecanounade ettirasans discontinuer it mesure qu'on faisait les approchesdela place. Les deux divisions du Nord, commandees en Ie general H.CHRISTOPHE,tirent en ce moment leur jonction au quartier imperial. Elles etaient composees de deux bataiIlons des Ire,2,5 e ,6',9",27 e 28 eet2g e demi brigades.dedeux compagnies d'artiIlerie du 2 e regiment, d'une compagniedemineurs, et de deux escadrons de cavalerie du 2 e regiment, commandes en secondparIe general dedivisionCLERVAUX.Ces troupes furent sereposersurune habitation voisine, destinee it servir d'h
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]dontilexpiradeux heures aprils. S,M. s'Mant assur",e que ses vues avaient ete parfaitement remplies, retourna auquartier impprial, employa son etat major glmeml et les grenadiers de sa garcIe ity fOl'mer un ramp retranchc,etdonna ordre aux generaux CIlRlST<>PIlEetCLERV A.U:C d'allel' s'etablir sur Iarive gauche de l'O<,:ama, de manil>roi1 lle tl'ou\"('rque deIll.largeurdu ficuvedeIa divisionGAB.\RT,et d'occuper l'e'pace qui regne depuis ce pointjusqu'aurivage de la lllt'r. Cinq canats chal'g'(;sde vivres furent pris a coups de fusils; deux b:itiments,'ortisdelarivicre, yrentrerent aprcs avoir ete chasses paries .\nglais, Le feu de la ville etdesrempartsa coutinul' surnous pentlanthjOUl'l1fC, A minuit,Iecanonsefit entendre en mel'; nous apprlmesIelendemain que les Ang-Iais s'etaientem pares de deuI. lnUimentscharges de femmes, etc. Le 9,a quatreheUl'esde l'apres-midi, la :,?O,' ;J011li-ln'igade futsesaisir des chevaux qu'on avait pousses hoI'Sde la villl', L'0nnemi,apresavoil' fait pleuvoil'surnous force boulets, bombes ct ohus, fit une sortiecontreIe g{meral MAGNY,Latroupe de cet officier, enfbmmee pal' son exemple,sojetteSUI' eux, les met en d .. .loute, et Ie, pomse vivemcnt dans lelll's murs. Deux denos braves perdirentIll.vie dans cet engagement, trois furent blesses; IechefdebataillonLEREBOURSfut aUcint leg-rromel,t d'une mitraille. Laretraite del'ennemi fnt si precipitee qu'j) aban.lonna Sill'Ie champdobataille ses morts et ses blessls. La joul'l1ee dn IClldemain ne fut remar-. quable que pal' l'entrpe d'un parlementaire dans Ill.place, Le 11, sUI,les hllit henr.:s du matin, l'ennemi marchasur troiscolonnes; la premiere, dirigee sur Ie general n'osarattallnor, et. sejoignit a lasecondo pour se port.erSUI'Ie g{'neral,\ppr"'cilll\t qu'elles poumient til'erder .. gliso de San-Carlos, olles profiti'ront de l'aln'i que leur olrraiteel. edifice, et dirigel'ent Sill' nous un fell... if et opini:Ure, colonel do Ill.14"demi-brigade, deja impatient lielIvlogel' res tiraillellrs, \'oyant qu'une troisieme colonne s'al'ancepourtournel' notre position, saute SUI'los retranchements. s'l'crie :A moi, soldats!et.s'elanee SUI'rennemi. A sa I'oix, les et20-demi-brigades franchissent les rempartsetse precipitl'nt surses pas. La victoire ne fut pas longtemps douteuse; l'ennemi fut bien tot saccage ot mis en d",route: ungrandnombre restasurIecarro au plusieurs furent faits prisonniers,etIereste n'eehappaa nos poursnites qu'en rentl'ant pele-mOle dans ses mnrailles. Un renfor!, em'oye parIe generalPETto:,>,forme de deux bataillons deIll.22-ot dedeux de la24-,conduits pSI' Ie generalAMllROlSE, assez a tempsPOUI'partagerIa gloire de cette joul'll.;e, et contl'ibuait son succes. Nous perdlmesdenotre c{:te IlUitfusiliers.ApOT,lieutenant des grenadiers, fut tue: BOULAN,capitaine, fIlt hlesse mortellemeut: et l'intrepiJe chef debrigade JULIEN, mourutd'une balle re.;uea Ill. tete. La ville n'a pas cesse de nous envoyer des bombes et des bonlets pendant toutIereste dela jourmie et une partie deIll.nuit. Le rapport des prisonniersnous certifia que I'hOpital etait rempli de malades, queIaplace manquait de bois,etqu'on etait reduita se servi!', pourbruleI', des cases en hois quis'ytrouvaientIelong desremparts.Le12,Ie generalGEFFRARD arriveavecsadivision, formee de deuxbataillons dcs13-,15-,16",17-et18"demi-brigades, de denx compagnies dll regiment d'artillerie,etde deux escadl'ons de cavalerie du 3c regiment,-52-

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[1805] eObimande enseCOM pal'IE);generalAlorsSoM.olilolmanora!PtnoNdssereplier sur IegeneI'dqUiitlt de s\liteexecute,at la divisionGEF1l'RABD futs'emparet diltsl'tainqtlfvenait d' etrsMacttt\..troupes sous .!lisordl'es du gt\neralCHiiIS'l'OPPE,lipr6iiavout\te de passer !'Isabelle etde remoriter a plus dehui! Ie COUI'S de'l'Ozamapour pOllH'i,' 1a traverseragut\, parVinren'taleurde1ltination.Aussitotqueleseuf decouvertes. enea une grande quantite de bombesetde boulets.Let3, degrandmatin!Il!8 et CLliRVAUXpresenterentleurfror.tii:l'ennelnl;eifirentjouer la mousquetsl'ieeuI'les blitime.Dts dansla Apres avoir eprouvt\ degrandsdommages, ces bdtilnents"l'em;.. j>ouchure. Le feu deladivisionCHRISTOPHEincommoda 'singulierllmeJitta.quai-tier deFERRAND et Ies rues qui l'avoisinent. Allssila plae'eluflriposta vigoureusement,et mela la fusillade au feu de l'artillerie. Le 14 et Ie 15, l'ennemi continua de canonner et de bottibarder.La16,Uncoul'rier charge de depeches et de correspondances arri vaau tier implkial; S. M.,spree en avoir pris cOlIDaissance, ordonna atoutes les divisions de e'approcher a de pistolet desmursde 18 ville. Le17.S. M;fut.visiter les nouveaux travliux ; l'ennemi canonna et bom bal'daIeposte MAGNV. Du18au22, l'ennemi n'a cessededil'iger son feusurtous ies points. Le 23, les divel'lles divisions ont approch61eul's Iignes it touchel' lee rempartsde Is place. L'artillei'ie ennemie entretint un feu tenible surles divi sions PETION et GEI'FRARD, Atl'OisheW'esde l'apl'es-midi, les assiages firent unelortie,filel'entaulongdes murailles et s'avarrcel'ent vel's les bords de la mer.JUSTEVANCOL.chef dela17"demi-brigade, a la tete desatroupe. s'e lance des retranchements, fondsurl'ennemi,enfait une horrible boucherie,etIe reconduit l'epeedans les reins auxpartesde la ville. Nous avons perdu dans celto affaire l'adjudant-major etquelques fusiliers.Unsergent eutlajambe fl'acasst\e d'un bisca'ien, et un caporal fut perce aUKreins d'une mitraille. Onremarquaque, pendant la duree de i'action, une partie des ennemis se hataitdecouper les mangles.Lajournaedu lendemain 24, ne fut marqut\e quepar l'arrivee du gene ralde brigade GERlN, et celie d'un transfuge americain. Le 25. on passa en revue les compagnies d'artillerieSOUlles ordres des chefs de bataillonLvsetMONTBLANC,etlacompagnie des mineurs sousJadirection de l'ingenieur BARRE. S.M.fit passer l'ordreaUKcommandants des diverses communes conquises. de rassemblertousles habitants et de les constituer prisonniers, pour, a sonpremiermot, faire refiuersureUKles bestiauxetles animaux danslapartie haitienne.Le26, I'Empereur conftlra avec les gt\nt\raux conseillers d'Etat, leurre pl'esenta la neccssiMde Iivrer l'assaut, et leur donnaordredes'occuperpromptement des preparatifs necessaires. Un brick arme et une falouche se pl'eSellterenta l' embouchure de 1'0zama,et firent un signal ala ville,quileur n;pondit. Le 27, it tl'ois heures de les generauxPtTION etGEFFRARDsignalel'ent a S.M.une division de cinq vaisseaux, de trois fregates, dedeux bl'igsetautres batiments de force. A quatre heures, les as sieges,apres unfeu terrible des rem parts, firent une sortie gent\rale contre les generaux MAGNY,Pt'rIONetGEVFRARD. Apres un combat qui achri-e -53-

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t1805]deuxlJeuree et demre,l'ennemi, de tootes 'partscltll;luteetjtll:p1ein:eroute,eut recours a la fuiteet SAprecipita dans Ie pOl'taii de Ia ville, santIe terrain jonche de cadavres, libandonnant ses blesses et phisieurs pmonniers: Ie rapport de tes derniers confirma les renseignements que nous avions deja re9us, etun sergent qui ne surwoout pas asesblessltres, nous assnra qu'ectre autres cbefs blesses dans Ia derniere sortie, se trouvaIe general DUBEBTHIEB.. Le 28, dans Ia matinee, on commen98it debarquer Ies troupes;nous.jugeames, d'apres divers rapports, que ce renfort pouvait etre6valuea q uatre mille hommes. L'Empereur s'apercevant,parI'arl'ivee de cette division, de Ia sincerite des avis a lui parvenus, suchant que deux autres escadres etaient pretes a partir desportsde France pour une destination inconnue, avertipar ses relatioDs etrangeres de se mettl'e en mesure contre Iell nouvelles tentatives qu'allait faire edore Ia conclusion subitedela paix en Europe, considerantque.Iebutqu'ils'etait propose dans cette expedition etait plus d'it moitie rempli, pnisqueIesac de la villedeSanto-Domingo manquait seul aI'ac complissement de ses projets, calculant qu'un plus long retard exposerait son armee, vuIedebordement procbaiu des rivieres, qui aliaitrendre saretraiteimpraticable,nejugeapas a propos de sacrifier a l'ambition d'une conquete Ia surete et la consel'vationdela partie, siege deson empire. En consequence, il donna aux pl'incipaux chefs I'Ol'dre d'evacuer; et a deuxheUl'esde l'apres-nlidi, la cavalerie se rElpandit de tous les cotes, d4 truisant et brulant tout co qui s'otfl'ait a son passage. A onze beures, Ie siege de Ia place fut Ieve, l'al'mee, dansIeplus grand silence, q,uitta ses positions, et fit retraite en si grand ordre, que I'ennemi ne s'aper91lt pas meme qu'elle eut evacue. En vertu des dernieres instructions de S.M.,laissees aux divers gene raux,i1sfirent pousser devant eux Ie reste des habitants, des animaux et des bestiaux qui se trouva dansIes ca:np:lgnes, reduisir'ent en cendres Ies bourgs,Ies villages, les battes et les villes, pertel'ent partout la devastation, Ie feretIa fiamme, et n'epargnerent que les individus destines parS.M. aetreamenes prisonniers. Ainsi finit une campagne dont tout l'avantage fut constamment de notre cote, oil l'ennemi ne cessa d'etl'e complCtement battu. Ainsi fut leve Ie siege d'une place qui n'a du son salut qu'a un evenement aussi heureux qu'ines pero, et a un concours de circonstances plus digneM qu'une pareillecon quete de fixer I'attention du peupleguerrierquilatenait en echec. Faitauquartier imperialdeLaville,Ie 12 avril 1806,annde l'inM pendance d'Haiti.Le general, chefdel'etat-major general,signe :BAZELAIS.N2.-CONSTITUTIONimperiale d'Ha'iti. Au palais impel'ial de Dessalines, Ie 20 mai 1805,an11.Nons,H,CHRISTOPHE, CLERVAUX, VERNET, GABART,PETION,GEFFRARD, TOUSSAINTBnAVE, RAPHAEL, LALONDRIE, ROMAIN, CApoIX, -54-

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[1805] MAGNY, CANGE, DAUT, MA:GLOIREAMBRoISE,YAYOU;J'EAN-LtnHsGERlN,MOREAU". FEROU,BAZELAIS, MARTIALBESSE,Tanten notre nom particulier qu'en celui du peuple d'Haiti, qui nous a Iegalement constitues les organes fideles et les interpretesdesa volonte; En presence de l'Etre supreme, devaut qui les mortels sont egaux, etquin'aI'epandutantd'especes de;creatul'es difIerentes sur la surface du globe qu'auxfinsdemanifester sa gloire et sa puissance par la diversitedeses ceuvres; En face de la nature entiere,dontnous avonsete si injustementetdepuis si long temps consideres comme les enfants reprouves; Declarons quelateneur de la presente Constitution est l'expression libre. spontaneeetinvariabledenos cceurs etdela.volonte genel'ale de nos constituants;La soumettons a la sanctiondeSa Majeste l'Empel'eurJACQUESDESSALINES,notre liberateur,pour recevoir sa prompteet execution.DECLARATION PRELIMINAIRE.Arl.1er Le peuple habitant l'iIe ci-devant appelee Saint-Domingue, convient icidese fermer en etat libre, souverain et independant detoute autre puissance de l'univers, sousIe nllm d:empired'IIaHi.Art.1.9.Art. 2. L'esclavage est iJ. jamais aboli (1). Art. 3. Les citoyens haHicns sont fri'res chezeux; l'ega1ite, aux yeux dc1aloi, est incontcstablement reconnue,etil ne peut exister d'autres titres, avantages ou privileges, (Iue ceux qui resultent ne cessairement de la consideration et recompense des services rendus a 1aliberle et a l'independance. -Arl. 14. Art. 4. La loi est une pour tous, soil qu'elle punisse, soit qu'elle protege (2).Art. 5. La loin'apoint d'efld retroactif(3).Art. 6.La propriHe est sacree, sa violation sera rigoureusement }loursuivie(4).Art. 7. La qualite de citoyen d'HaHi se perd par l'emigration et par la naturalisation en pays ctranger, et par la condamnation Ii des peines afllictives ou deshonorantes. Le prcmier cas emjlorte1apeine de mort ct confiscation des 11roprietesc;.W-Constitution dela republique d'Haiti, du 27 decembre1806,art.1.(Ibid.,art.5.-(3)Ibid.,art11.(4) Ibid.,art.8.-(5)Ibid.,art.382)Ordonnance,du 22 octobre1804,porlant defense aux Haitiens desortirdupays,art. 2.,..,.. iJiJ-

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[180:1 1Art. 8.Laqualitedecitoyenest suspendue par l'eflet des ban que routes et faillites (1). Art. 9.Nuln'est digne d'etre ha'itien, s'il n'estbon pere, bonfils,bon epoux, et surtoutbonsoldat (2). Art. 10.La faculten'est point aeeordee aux peres et meres de desheriter leurs enfants. Art, 11.Toutcitoyendoil posseder un art meeanique (3). Art.12. Ancun hlanc,(luelle queso itsanation, nemeltra Iepied sur ceterriloirl',ittitrede maitre oudeproprietaire ; l't nepourra, :\ l'avenir, yacquel'ir aueune propricll\ (4).Art.13.L'article precedentne pourra produire aucun elfet, tant itl'egard desfemmesblanches qui sont naturalisees ha'itiennes parIegouverneml'nt, qu'it l'egard desenfants nes ouitnaitre d'elles. Sont aussi compris dtlns II'Sdispositions du present article,II'SAl lemandselPolonais natumlises parIegouvernement (5). Art.U. Toute aceeptiondecouleur parmiII'Senfants d'une scull' et m8l1lC famille, dontIechefdel'Etat estIe pere, devant nccessairement cesser, II'SlIa'itiensneseront desormais eonnus que' sous la denomination denoirs (6). -Art. 3. DEL'EMPIRE.Arl. 15. L'empire d'HaIti est unet indivisible.Sonterritoire est distribueen six divisions militaires(7).Art. 10.Chaque division militaire seracomman dee partill ge neral dedivision, Art. 17.Chacundeces gcneraux dedivision seront indepen-(1)Constitution de la Republique d'Haiti, du 27 decembre 1806,art. 34. (2)Constitutiondela Republique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 18.(3)La mesure avait ele recommandee parIeGouverneur Toussaint Louverture, dans son fllglement relatif a la culture,Ie 20 vendemiaire, anIX( 12 octobre 1800), art. 5. (4) Proclamation, du 28 avril 1804, relative au massacre, etc. ; Dispositions generales de la presente constitution, art. 12 Constitutiondela Republique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 27.(5)ConstitutiondelaRepublique d'HaIti, du 27 decembre 1806, art. 28.(6)Proclamation. du 28 avril 1804, relative au massacre des (7) Decret, dll 28 juillet 1805 quifixeles circonscriptions militaires du territoire. Constitution de la Republique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 30 et suivants.-56-

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/1H05j dants les uns des aulresl' elcorre"pondront directementavecJ'Empereurau alecIe genl'rlll ('n chef uomme parSa Majesle. Art. iX. Sont parties illtegr:t'llles de I'empire, Jesci-apres dl'signee,,; SallJaua, Ja'forlue;la t;onave, Ies Cayemiles,!'III'-:'j Vache, Ia SaIJIlI',et ;llJtres adjacelltes (1).urGO\JYEn;;E:\IE:'iT. Art.19.Le gouvcJ'JJement d'lIaHi('stcOlllieit un premier magis tral, qui prendIetitre d'Empereuretchi!'supreme de I'al'lll(;e. Art. I.e peuple reeonnail puur EllJpereur et Chef supremedeI'armt!e,JACQuE":DESSAU:I'ES, Ie rl'llgellrellede scsconciloyens ;onIe Il1laliIJe de Majeslt;, ai/hi que SOil augustcepOlISl' I'lll1peralriee Art. 21. Lapersonlle de leur e,,1saerec et imiolable. Art. 22. L'Elat aecordera un traitemeutlixeitSa )!ajeslel'Impl;ratriee, dout dIe jOllira meme apri's Jedeees de l'Elllpereur, it titre de prilleesse douairiere. Art. 23. Lacouroune estet nOllhl'rl:'llitaire(3).Art. 24.IIscra par I'Elal,lUI traikmcuL aunuelaux Cllfauts reeonllus parSa)lajesll! J'EmperclIr. Art.25, I.es euJiUlls1II:1IesI'econnus parseront leuus,itI'iustar aulres ciloyens, depasser slleeessirernent r;Tadeengrade, arec celte senle dill'l;reuce, IIue leur enlree au sel' \'ice datera dans la todemi-lJrigadedeJ'epo'lue de leur naissallce. Arl. 20. L'Empereur dt'siglle."011de la 1/lI'il Ie juge conrenahle, soit arant, soil sa mort(4).Arl. 27. VIItrailcmenl eOllrcllahle serafixepar J'Elat itcc SllCcesseur, du momellt deson art'nemelll au Irune. Art. 28. L'Empereur,niaucull de ses successeurs lI'auraIedroit, dans aucun cas1'1 sous fluelflue pretextl' que cesoil, s'enlourer d'aucun corps parliculieret it titre de garde d'!Jolllleur, ousous toule autre -Arl.29.(1)Constitutiondela republiqued'HaYti,du 27 decembre 1806, art. 29.(2)Acte,du 25 janvier, qui nommeIegouverneur general, J.-J.Dessaline, empereurd'HaYti.(3)Proclamation, du15fevrier 1804,dugouverneur general, qui accepteIetitre d' empereur.(4)Acte, du 25 janvier,quinommeIegouverneur general, J.-J.Dessaline, empereurd'HaYti.-57-

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r I Art. Tout successeur qui 011 UI'Sdispositiolls du I'rl'cedent article, ou de lamarche qui lui aura ete tracee par I'Em pereUl' n"gnant, ou des I'rillcipes consacres dans la Cons titution, Sera consitlere et en etatdeguerre contre la societe. cOllsclluellce, les conseillers d'Etat s'aosembleront,it l'eITet de I'rononccr sa destitution, el dc Jlourvoir it sonrcmplacement par celui tl'elltre eux qui ellaura Ieplus digne,cl s'il arrivait que ledit succcsseur voultH s'opposer ill'execution de celie llleSllre, au(orisce par la loi,II'S generallx cOllseillers d'Etat {'erolltUIIappel all pcupleIIIit l'arlllce, qui de suile leur preteront maill-{'ortect as sistance [lour mainfellirla liberte. Art.:1O.L'Ernpereur rait, scelle ct I'romulguc les lois, llommeet itsa les ministl'es,Ie en chef de I'armee, les les et :tutres agenls de l'Empire,IeI'de I'arml'e de terriletllemel', les melllbres des administra tions locales,les COllllllissaires tlu gOllvenwllwllt pres les triLunanx,II'Sjuges et autres ronetionllaires publics (I).Ar!. :11.L'Elnpen'ur llirige les recellesde l'Etat, Sill' lafabricatioll ties III0nllail:s, lui ellonlonlle fixe Ie poids clIelypc.-Art. :3i,W. Art. :1:2.A iui scul est Ie pOilvoir dll rairelapaix ou1:1 guerre, d'elllrelellir des relatious polilillues clde cOlIll'aclel' all delwrs (2). Art.:J:3. II pourvoil.:iIaet ilia dt"f'eusptierEtal, distrihue les de lerre ctdpllll:r sllivallt sa volollte(:3). Art. :H. L'I';lIIl'ereur, daus Ie eas 01'1il sc lrallleraii. (IUelllue COIISpiratioll coutre latie l'Etal, coutreIa Couslitutioll ou coulre sa persollue, fera tie suiteles auleursOil colllpliees, fIlii Sl' roul jug\\s pal'tillcOllseil (;\). Art.ji). Sa Majestc sellIe a Iedroil (l'alJsolidre UII eOlipalJle 011 de COffimuer sa peiue. Art. 3u.L'Empcreur lie l'ormera jalllais aUelllle cntreprise daus (1)Loi,du 3juin1805, surIemode de constater l'etat-civil des citoyens, Tit.1,art.3 Loi, du 7juin,sur I'organisation des tribunaux. Tit. 2, art. 3. ConstitutiondeIarepublique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 40, 42, 43, 101etsUivants. (2) ConstitutiondeIarepublique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 42 et sUivants.(3)Ibid.,art.115. (4) Organisation des conseils speciaux militaires. Constitution deIarepublique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 119.-58-

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[18051 fa vuede faire des conquetes nide tl'oublerlapaix etIe regime in terieur des colonies t'traI.lgi'res (5). Art. 37.Toul aele publicser:I faiten tt'rmrs : L'Empe reur ler d'I1aHiet Chef snlll't'me ticl'armel', par la gr;lce dcDieuellaloiconstitulionnel!c de l'Ela!. IlU CONSEILD'ETAT.Art.38. Les gcn{'ranxdcdirisiollelde brigade sont mcmbrcs nes du conscil d'Elat, ct Iecompusenl.-Art.2\1,disjJosil.g(;/I"lIrt.2.DES)IlNlSTHES. Art. 3g. II Y anra dalls l'EnlpirctlclIXministresl'l un secretairc d'Etat. -Art.44,. Lelllillislrc des lillanccs a)'
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t1805ipereW', leur renvoi aux 3rmces, etlasurveillance deleur ; il veille specialement a ce que les decisians del'Empereurparviennentpromptement aux militaires ; il denonce aux Conseils speciaux les del its militaires parvenus a sa cortnaissance, et surveille les com;" rnissairesdeguerreet omciersdesante. -Art. 39 (1).Art. 42. Les minislres sont responsables de tous les delits par eux commis contre la surete publique et la Constitution, de tout attentat it la propriele et it la liberte individuelles, de toute dissipationdedeniers a eux contles; ils sont tenus de presenter, tous les trois mois, it l'Empereur, l'apert;u des depenses a faire, derendrecompte de l'emploi des sommes quiont etc mises a leurdisposition, etd'indiquerles abus qui auraient pu se glisser dans les diverses branches d'adminislration. -Art.3.,disp. gen. Art.43.Aucun rninistre en place ou hoI's de place nepeut etre poursuivi en mat.iere criminelle, pour faitdeson administration, sans l'adhl\sion personnelle de I'Empereur. Art.35.DUSECRETAIRE D'{'TAT. -Art.39 (2). Art. 44. Le secrelaired'Etatest charge de l'impression,del;el1 registrement et de l'envoi des lois, arrlites, proclamations et instruc tions del'Empereur;iltravaille directement avecI'Empereurpour les relations etrangeres, correspond habituellemcnt avec les minis tres, recoit de ceux-ci les requcles, petitions et autres demandes qu'il soumet it l'Empereur, dll meme que les questions qui lui sonl proposees par les trihunaux ;ilrenvoie aux ministres les jug-ements et les pieces surles1luelsl'Empereura statue. DES TRIDUNAUX.Art. 45. Nul nepeutporler alleinte audroitqu'achaque individndese fairejuger ;\ l'amiahlc par des arhitres it son choix. Leurs de cisions seront reconnues ll\gales(3).Art.41i.IIyauraunjugede paix dans chaquecommune;il ne pourra connaitred'une aflitil'e s'eleYanl audelildecenl gourdes; et(1)Deeret, du 28 juillet 1805, relatif a diverses promotions dans l'armee.(2)Constitution de la republique d'Haili, du 27 deeembre 1806, art. 174 et suivants.(3)LOi,du 7 juin 1805, sur l'organisation des tribunaux. tit. I", art. I" et suivants. Gonstitution dela republique d'Ha'iti, du 27 decembre 1806,art.133,134.-60-

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[1805] lorsque lespartiesDepolirront se concilier asontribunal, ellesse par-devantrestribunaul.de leurressortrespectifs(1). Art. 47. ny aUM six tribunauxseants dans les vil\es ei-apres designees: A an Cap,auPort-au-Prince,aUICayes, it I'Anse it-Veau etau Port,...de-Paix .L'Empereur determine leurorganisation,leurnombre, leur com petence etIeterritoire formantIeressorl de chacun. Ces tribunaux connaissent de loules les affaires purementciviles(2). Art. 48. Les dClits mililaires sont soumis ades conseils sp(iciaux et ades formes p3.rliculieresde jugemcnt. L'organisaLion de ces conseils appartient a I'Empereur, qui prononcesurles demandes en cassation contre les jugements rendus par lesdits con seils spcciaux(3). Art.. 49. Des lois particulieres seront faites pourIenotarial el itI'egard des officiers de I'etat civil (4).DU CULTE(5).Art. 50. La loi n'admet point de religion dominante. Art. 51. La liberte des culles' est tolcree (6). Art. 52. L'Etat ne pourvoit it I'entretien d'aucun culle, ni d'au cun ministre.DEL'ADmNIsTfiATION.Art. 53. II Y aura, dans chaque division militaire, une adminis tration principale, dont I'organisation, la surveillance, apparlilln nenl essenliellement au minislre des finances. -Art. 39 et40.DISPOSITIONS Art.1.A I'Empereur el a l'Impcratrice Iechoix,Ietrailement et I'enlreticn des personnes qui coml'0senlleurcour.(t)Loi,du 7 juin 1805, sur l'organisation des tribunaux. tit. 3,art. 1" et suivants. Constitution de la n!publique d'Hai:ti, du 27 decembre1806, art. 135 et suivants. . (2)Loi deja citee. Tit. 2, art. 1 et suivants. Tit.4,art. 1 et suivants. Tit. 5, art. 1 et suivants.(3)Loi,du 30 mai 1805, sur l'organisation des conseils militaires.(4)Loi,du 3 juin 1805, surIemodedeconstater l'etat-civil des citoyens. Decret, du 30aot1t1805, portanttarifdes droits curiaux, etc., chap. 5 et6.(5)Constitutiondelarepublique d'Haili, du 27deccmbre 1806,art.35 et suivants.(6)Ibid., art. 37.-61-

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[1805]Art. 2. Aprils Ie deces deI'Empereur regnant, 'Iorsque la revision delaconstitution aura ete jugee necessaire,Ieconseil d'Etat s'as semblera it eet elfet, et sera preside parIedoyen d'age. prel., art.38.Art.3.Les crimesdehaute trahison, les delits eommis par les ministres et les gencraux, serontjuges par un eonseil special, nomme et preside par l'Empereur. -Declar.prel., art.42.Art. 4. Laforce armee est essentiellement obeissante, nul corps arme ne peut deliberer (1).Art.5.Nulnepourra etre juge sans avoir cte legalement en tendu. Art.6.Lamaisondetout citoyen est un asile inviolable(2). Art.7.Art.7.Onpeut y entrerencas d'incendie, d'inondation, de re clamation partantdeI'interieur,ouenvertud'uI1ordre emane de l'Empereurou de toute autre autorite legalement constituee(3).Art.8. Celui-litmelrite lamortquila donne it son semhlable. Art.9.Tout jugement portant peine de mortoupcine afllictivc,liepourra receroirsonexecution,s'i1lI'a confirmt'lpar I'Empe l'cur(4). Deelar.prel., arl, :35. Art.10.Le rol sera puniellraisoll dt's (luil'alll'ont precCdc,accompagne ousuivi. Art.11.Tout ctrallgcl' habitantIe tel'l'itoire d'Jla'ili, sera, ainsi que les HaHiens, soumisauxloiscorrectiollneJles et crimillelles dupays. Art.12. Toute qui aura ci-dcrant appartenu it unblanc frallpis, est illcolltcstablelllcnlel de droitcOllfisflueeauprofitrIcI'Etat. -Deell/r.prel., art.12(i,). Arl.13. ToutI1aHienflui, ayallt acquis une propri,)lc d'un blanc f'ran!iais, n'aura paye qu'une partieduprix slipu!l" dans I'acte de vente, sera responsable, envers les domainesdel'Etat,rIureliquat delasomme due. -Art.12.(1)Constitutiondelarepublique d'Haili, du 27decembre 1806,art.167 et suivants. (2)Ibid., art. 24. (3)(3)Ibid. (4) Loi, du 30 mai 1805,surl'organisation des conseils speciaux militaires, tit. 6,art.3.(5)Proclamation, du 28 avril 1804, relative au massacre des Fran<;ais. -62-

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USO; Art. U. Le ;est un acte purement civil, et autorise parIe gouvernemel1t (1). Art. 15. La loi autorise Ie 'divorce dans les cas qu'elle aura prevus et determines (2). "16. Une loi particuliere sera rendue concernant les enfants lllis bors du mariage (3). Art. 17.Lerespect pour ses cbefs, la subordination et la discipline sont rigoureusement necessaires. -Art. is-" Art. 18.Uncode penal sera publie et severement observe (4). Art. 19.Danschaque division militaire, une ecole publique sera etablie pour l'instruction de la jeunesse. Art. 20. Les couleurs nationales seront noires et rouges (5).(1)Loi,du 1" juiu1805, surIedivorce, tit.1,art.1.-No.28, -Loi,du 3juiu1805, surIemode de constater l'etat-civil des citoyens. Tit.4,sections1,2, 3.(2)Loi,du 1" juiu1805, surIedivorce. -No.28 Loi surIemode de constater l'etat-civil, etc., tit. 4, sections4.(3)Loi,du 28 mai 1805, surIesenfants nes hors mariage(4)Code penal militaire du 26 mai 1805. (5) DESSALlNEs,meme apres saprise d'al'mes avec H.CHRISTOPHEetCLERVAUX,avaitconserve Iedrapeautrico"Iore,qui etait Ie drllpeau c: Mais, des quePETIONeutreconnu que l'insUiTectionprenaitde130con Bistance etque les indigenes seralliaientchaquejourdavantageau general enchef,iIconseilla it DESSALINESd'adopterdenouvelles couleurspourprouveraux 130determinationqu'ilsavaientprisede rendre Iepaysindependantde IaFrance.Contre son;tttente, iltrouvaenDESSALINESunesorte d'hesitationa changerdedrapeau,bien qu'il fUt aussi decide qu'aucunde cesguerriers il pl'oclamer l'independance, .. Cependant, Ia 130 demi-brigadequecommandait PETION, ayantperduun de ses Mendal'ds dansuncombatquieutlieu dans la plaineduCul-de Sac, les respoir' que les indigeuesrcsteraientsoumis it Ill. metro pole, puisqu'ils en consel'Vaient Iescouleurs;cofutIedernierargumcntquitriomphadcl'hesitatioll de DESSALli\'ES. IIordonnaaussi que130COItleur blancheflitI'etmncheedu dl'apeau,parcequepourlui,commo pOUl'Ia plusgrande pal"tie des indigenes qui ignOl'aielltl'originedu drapeau tricolOl'e, ce sigllo rer"resentait l'union des troisespcces d'lJommes qui fOl'maientlapopulationde Saint-Domingue,savoil':les noirs, les llIul:Hres et les blancs... consel'\'ant encoreune trace de son origine,Iedrapeauhaltien,du!'ant la guelTe de l'indppendance etsous Ie gouverDement deDESSALINEs,eul les dcuxconleurs placeesverl;m[cmcIII,a I'exceptiou qne fa couleurblCllefut cllangee en "onlem' llo;repal'laconstitutionimpt"riaic. Apres la moft de Dt;sSALI:-IES,H.CHRlsTOl'HE conscrvaIe mcmc drapeauqu'avait adoptel'em-63-

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[1805],\rt.21.L'a;4riwltur.. comme Iepremil'l', IepIllsHobleet Ie plus utiledetous Ie;;arts, ,era honorenet -Art,2i(1). Art.22.LeCOmlllt'rCe,seconde ,ourcedelaproSIJerite des Etats,Heveutetne cOllllait point r!'enlral"l". IIdoil etreral"orj,eet;;pecialemellt prott'ge(2). Art: 24, 2n. At,t. 23. Vall,c!J;\lluedil"ision mililaire,llll tribunal de commerce sera formt',dOllt II's membres seront choisis pat' l'Empereur, et tires de laill"IIl'gociants Art. 24. LabOllneroi,la loyault'dallslesoperaliollS commerciales seront reli;.:inusl'nll'JlIobsent"es0).AI'I. 22.A.rt.25.UgourernementaSSlll'e elproteclionauxnalions nentre,I";\Iniesquiriendronl elltrell'nir,aveccette ill',des rap pori, commet'ciallx ; it la charge par elles dese conformer auxre ;deml'lls,u,el coutllmes decepays(S). Art. 2ti,Les comploirs, les marc!Jandisl's des seronl sou, la ,aurl'gardneI lagaranlil' del'Elat.--ArC 22. Art. 2i. II y aura desfl\les Ilationales pour celebreI' l'lndepell dance,la fetedn l'Empereur et desonauguste Epouse, celiede L\gricultlll'e et de laConstitution. Art.21..\1'1.28. Au['reminrcoupde canon d'alarlllc, les villes dispa raisselll, 01 la natioll t',1tll'boul(Ii),malHlalairl's sous,ignt's, nwltons,01lS lasauvcgarde des p"l'eur: 1000s'111ela fut fondee, A.PE'noN luidonnaunenou yelle formeen Ics ble/le rlrouge hori:,ol/talemcnt,tellesqu'onles voit aujourd'hui.autantpaul' distillilller Ie sig-ne de ralliementdela rc publiquelie eelui del'usurpatcllrdunord,quepour Clablir' uneplusgrande entreIe pay ilionnational et Iedrapean C'est encoreA. PETlo:,< qui fitlui-memeIe des armesde Ia rcpublique. (Exlraitd'lInarticlede AJ. C.Ardoui/l, iI/sen! dansIenO6de['Unioll,du 22 septembre1839.)Auennacteofficiei, ayant laconstitutionde1843,n'avaitprescritl'adoptiondnchangementqu'afaitsubirA. PETlON audrapeaunational,changement seuleme!.t pal' Iusage.(1)Constitutiondela njpublique d'HaYti,du27deeembre180I, art.171.(2)Resistance a l'oppression, du16oetobre1806.-(2)Ibid.art.173.et suivanf8. (3)Loi, du7juin1805,sur l'organisation des tribunaux, tit. 9,art.1et suivanf8.(4) Resistance a l'oppression, dn16oetobre1806.(5)Proclamation,du28avril1804,relative au massacre des (6)Adresse du12avril,deI'Empereur au peuple, eet.-64-

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['1805] magistrats, des peres at de famille, des citoyellsetde l'arllleC, Iepacte explicite et solennel des groits de I'hommc ct des devoirs du citoyen. Le recommandollsit nosneveux; etellfaisons hOlllmageauxnmis de la liherte,nux philanthropes <.Ie tous II'Spays,commc un gnge signalc de Iahonte divine, qui, par suite de 51'Sd{'crets illlmOt'te]5,nous a procure I'occasion dehrisernes fersetdenous conslilucl'enpeuple lihre, civilise etindependant. Et avans signe, lant en noIre nom pl'ivcqu'cn ceilli de noscom'meHants. Signa: H.CHRISTOPHE,CLERVAUX, VER:-lET, GAIlART, PETlO:-;,CEFFRARD,TOUSSAINT BRAVE,RAPHAEL,LALONDRtE, CAPOlX, MAGXY, CANGE,DAUT, MAGLOIRE AMBROISE, YA yl)[i, JEAX-LoUlSGERIN. MOREAU,FEROU,BAZElAIS,MARTIAL BESSE (1).Vula presente Constilulion.NoilS,JACQUES DESSALI:\,ES, ElllperCllr Ie' (l'lIaHietchef suprl\me de l'armce, par la gr,ice de Dieuatlaloiconstitutionnelle de l'Etat, L'acceptons dans tout son contenu, et la sanctionnons, pour1'1'cevoir, sousIeplus brefdelai, sa pleine et entiere execution dans toute de notre Empire.Etjurons de la maintenir et delafaire observer dans son intc jusqu'au dernier soupil' de notre vie. AupOalais imperial deDessalines, Ie20mai1805,anliede I'inrlcpen danced'Haiti,etdenotre I'egne Ie IeI'. Signc : DESSALlNES. Parl'EmpcreuJ', secretaire !Jeneral,signe :,JUSTE CHAXLATTE. N3.--CODE PEXALmLI1'AInE.Pour toutes les troupes de J'ent pire d'Halti(2). A III26 mai 1805, an Ii".,JACQUES, ElIlpereur premier d'JIaHi, etc. Considcl'ant quelaviolationdu dll\Ooil',si elle n'ests';vcrc}rnput r;'l'rilllee (1)Resistance a l\oppression, du16octobre 1806.(2)Loi, du30 mal 1805,surI'organisation des conseils speciaux militaires. Arrete du renat, du 27 fevrier 1807,quimodifieIecode penal militairede1805 Decretdu 1" fevrier 1806,surIecabolage, les pecheries, etc., art. 21, 22.65

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lISO;'Jpar1:1 loi, nepeutqu'entl'ainel' alaJicenee la !Jlus ontl'ue et deIiial'asder vissement nn peuplc dontla libed,) a utepal'les:ln;; de tantde heros;Voulant conserverauxmilitaires deSI'Sflrm"e",];,purcte.Ie, sentimentsqui les ontfaitagil',et les cOll\'ainel'll 'ille snn.' I'llonl1l'ur, la tid,ili te, et !:l subol'dination,les anuee;; ne SOo!pillS'1'10des hur.les de IJl'iganJ8; Vouiuliteniin Iibr'p"d'l-hitidcs hummes 'Jui ne I'0nl'l'aientqueles
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AI'I.1.Toul mililaire fluisc'raconraillcu (l'avoir rie I'ar llIeepailI' relil'or dalls l'illlt'l'il'lII' de I'empire, pUllid'lIll an (Ieprison, elde dellx ans
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[1805]en presence de l'ennemi, soit it l'armee, soit dans une place assiegee, aurait donne de fausses consignes, lorsqueparsuite de eeUe faute la slirete duposteaura ete compromise.30Tout commandantd'unepatrouille, itl'armee ou dans une place assregee, q\Ii, envoyeenpresence del'ennemipour faire quel que decouverte ou reconnaissance locale, aura neglige d'enrendrecompte, ou bienn'aurapas execute ponctuellement l'ordre qui lui etait donne, lorsquepar suite de sa negligence ou de sa desobeis sance-le succes de quelque operation militaire seseratl'OUVecom promis. 4,0 Tout commandant d'un poste, it l'armee ou en presence de l'ennemi ou dans une place assiegee, qui cacherait it celui quiIere lilVe les decouvertes essentielles qu'il aurait faites, soitparlui-meme, soit pas ses patrouilles, soitpartoutes autres personnes, relativement it la defense du poste, lorsqueparsuite de son silence la Sllrele du poste sera trouvee compromise. 5 Tout militaire convaincu d'avoir communiqueIesecretduposte ou Ie motd'ordre it l'ennemi. 60 Tout militaire ou autre individu de l'armee qui entretiendra une correspondance dans l'armee ennemie, sans la permission pal' ecrit de son superieur ou commandant.7Tout mililaire qui parlementerail avec l'ennemi ou ses emis saires sans unordrepar ecrit de son superieur. 80Toul militaire ou autre individu attache ill'armee quiaura encloue ou mis hors de service, sans ordt'es ou sans motifs ]egitillles, uncanon, mortier ou alhil, ainsi que tout charrelier ou conducteur qui, en presence de l'ennemi, aurait, sansordrede son superieul', coupe les traits des chevaux, brise ou Illis hors de service aucune piece dutrain ou equipage confieit sa conduite.goTout commandant d'un poste, place, fortel'esse (lui aura con senli it la reddition de sa place. 100Tout general d'al'mce, tout commandant de division, tout commandant en chef de place en etat de guel'l'e, (luin'aura pas fail connaitre au )Iinistl'e les hesoins de son aruu\e ou de sa place, soil. ell yivres, soil en approvisionnemclIls tIcguelTtl. 110Tout ordonnateul', lout commissaire(Ies (lui lI'aurait paspourm aux dislributions des vivres Ol'donnees pour toutes II'Sparties duseniee confitiitsasuneillanee lorsqu'il en avait les moyens, ou (lui aurail ncglig(\ ou refnsl"(l'insll'uirl1 Ie gcllt\ral ellchef de l'al'llIce Oll(rUne divisiun dctachctl de I'arlllce, des besuins-68-

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[1 tl05] deladite armee ou divi.sion, siparsuite de cette prevarication, Ie salut de l'armee ouIe de ses operations a etc compromis.120Tout general d'armee,tout commandantdedivision, tout commandant enchefquisera,convaincu d'avoir pris desmesurespour faire tomberenlre les IInins des ennemis, les magasins, les convoisde l'armee ou cnfin toutes autres munitionsdeguerre.130Tout generald'armce, toul commandantdedivision, tout commandant en chef qui seraconvaincu d'avoir neglige d'employertous les moyens qu'il avait en son pouvoir pourassurerlesmagasins,lamarche des convois et garantir les munitions, lorsqu'ilsseronttombes en tont ou en parlieentreles mains desennemis.Les generaux ou officiers prcvenus des d(\lits ci-dessus dMaillcs, serollt poursuivis et jugcs comme crimiuels de haute trahisonparIeconseil itqui la co'nnaissaneeenapparlienl, sans ncanmoins de roger aux premieres ponrsuiles indiqnces dans l'ordonnancesurI'organisation de con seils sp(\eiaux militaircs.SECTION4. -In:L'EMIJAUCIlAGE ET DE L'ESPIONNAGE.\rl. I. Toul ernbaucheur ou eomplice pour ['mJ ncmi on pour les rehcllesserapuni de mort. Arl. 2. Tout individu, que! (IUCsoit son ctat, ou profes sion, convaincn d'espionnag'e pour l'ennemi ou les rehellcs,serapUlli de mort. Art.3.Tout snrpris illever plans des camps, quar tier, cantonnemcnls, fortifications, arscnaux, mag-asins, manul'ac tures, cananx, rivieres ct tont cc quitiCl\!iliad(\fcnse et it la conservation dn terriloiro et it ses communications, sera arrete com me espionetpnni ue IlIOI'l.SECTION5. DUPILLAGE,IlELADEVASTATION ETDE L'INCENDlE. AI't. 1. Tont mililaircouaulreindividn allachc Iil'armee et it sa suite, convaincll de .. pillagea main-armce ou l'n tronpe, so it dans les habitations, soilsurles personlles, soit uans les propri\\tes deshahitants, sera pUlIi de mort. Art. 2. Tout militaire onaulreindividu allachcIil'arll1ee et it sa suite,(Illi sera convaillcll Ii'avoir mis.le fl'llJIlXrnagasills, arsenaux, maisolls rllrales011d'hahitalioll,011 it louIeaulre publique uu particuliere,llloissOIlSou rccolles fnites011 it faire, sans I'ordre-69-

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[1805] par, ecrit du general ouautrecommandantenchef, puni de mort. Art.3.Tout militaire ou autre individu attache it l'armee,convaincu, d'avoir attente it la vieducitoyen non arme, it celie de sa femmeaude ses enfants,serapuni demort.Leviolcommisparun militaire ou toutautreindividu attache it I'armee, sera puni de dix annees de fers, slle viol a etc commissurunefiIle agee de moins de quatorzeans;et de cinq ans, s'il a etc commissurune personne plus agee. Si la fille ou la femme violee est morte des exccs commissur sa personne,Iecoupable ou les eoupables seront punis de mort.SECTION6.-DUVOLET DEL'INFIDELITE DANS LA GESTIONET MANUTENTION. Art. L Tout militaire ouautreemploye iLl'armce ou iJ. sasuite, qui, pour faire payer iJ. sa troupe ou it ses subordonnes ce que la loileuraccorde, sera convaincu d'avoir porte son etat de situationau. dessus du uomhre efl'ectif present, soit en route, soit iJ. I'armce, soit en garnisoll,sera casse, rentreradans les rangs de simple soldat, et condarnne au remlJoursemellt de ce qu'il aura touche au-dessusdece qui revenait it sa troupe et it ses subordoJlnes. Art. 2. Tout commissaire de guerre convaincu de connivence avecIe mililaire ou I'employc qui aurait fait un etat de paye ou de distribution au-dessusdunombre efl'ectif present, serapuni de ..:in,! ans de fers, et sera condamne ilrestituerles sommes payees ou les fournitures deli \Tees surson ordonnance au dela dece qui revenait lIe dl'oitilIa lroupe conIIne prise audit I\lat. Art. :3, Tout eIllploy;l Ilue!conllue dans les adnllllislrations des differents services des anuees, (luiseracOlIVaincu d'avoir vendu it son profit au distrait des fournitures ou denrees (lui lui auraient etc sera casse, mis daus un corps comIlleunsimple soldat et condalllue au remboursement du double de ce qu'ilauravendll011distrait. Art. 4. Tout militaire, tout agent011employe des administrations qui sera convainclI d'avoir fait de fauxbOilS011coutrefait I'ecriture de son sllperieur, sera pllni de cillli anlH\es de fers. Art.5.Tout pn\pose de ces administrations convainclI d'avoir rccu dans les depotstIe I'armee, de mauvais approvisionnements ouIenOllcomplet lies rations, sera cOlldalllue it unan de prison, a -70 -

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lt8051 moins que dans les heures, iln'enaitavertiunde ses superieurs ouIe dulieu qui lui donnera acte de sa declaration. Art. 6. Tout prepose ou conducteur quiseraconvaincu d'avoir retarde Ie service des charrois, sera puni de six mois deprison;etsic'est it dessein, de trois annees de fers. Art. 7. Tout conducteur de charrois, caboteur, qui sera convaincu d'avoir detourlle, distraitau echal1ge unepartie desobjets qui lui auront ete confies,serapunidecil1q anS de fers el condamnc a la r!Jstitution de ce qu'ilauradistrait, detourne ou echange. Art. 8. Tout munitionnaire, tout distributeur convaincudequelques infidelites, soit dans les distributions, soit dans Ie poids,sera casse, condamne a une amendeduquadrupleduprix des rations ou fournitures, et incorpore dans un regiment. Art. 9. Tout munitionnaire, tout boulanger de l'armce, qui sera convaincu d'avoir altere ses farines par l'introduction de matieres etrangilres au cvidemment malfaisantes,aud'en avail' introduitd'unequalite inferieure it celle rournie par les administrations, sera puni de cinq ans de fers. Art.10.Tout militaire convaincu d'avoir vole l'argentdeses camarades ou tout autreelTet it eux appartenant, sera puni de trois deprison;et,sic'est un sous-oflicier,il sera casse etpuni de six mois deprison.Art. 11. Tout militaire qui vendraoumettraen gage, en toutaupartie, ses armes, son hahillement, I'ouruiment, au son chevalauequipement, Ie tout fourniparl'Etat, sera puni de trois ans de fers. Art. 12. Tout militaire qui sera convaillcu d'avoir vole des four nitun's de casernes ou d'hopitaux ouelTetde campement, sera puni d'nn an de fers et condaulIItl au remboursement de l'ohjet vole audistrait. Art. 13.Tout militaire outout autre individu alfacheaI'armce, qui sera convaincu d'avail' mle, soit de la poudr!', soit des uoulets, soit toules autres munitions auelTetsd'artillcrie dans les parcs, ma gasim, dt\pMs au convois, Sl'ra puni de mort. Art. 14. Tout militaire on loutautreindividn attacheitl'armce qui sera convaincu d'avoil' voleII'S personues chez leslluellesilaurail sera puni de trois ans de fers. Art. 15. Tout mililaireautoutautreindividu de l'armeequi sera convaincu d'avoir altente a la surcte au a la liberte des citoyens, spra pUlli dp sixll10isde prison,ets'il y a vail'defait,ilsera puni de deux ans til'('PI'S;1'1 ell cas d'assassillat, il sera pnui m01'1.-71-

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[1805.1SECTION7.-DE L'INSUBORDINATJON.Art.1.Tout militaire ou tout autre employe au service de I'ar mee, qui, lorsque la generaleauraete battue, ne sera pas reridu a son poste, sera, pour la premiere fois, puni d'un. mois deprison ; pour la seconde, de trois mois ; et pour la troisieme fois, passe aux verges (1). Art. 2. Tout officier qui, devant marcher a l'ennemi, ne se serapasrendu a son poste, sera destitue ; Si c'estunsous-officier,ilsera puni d'un mois de prison, casse de son grade et rMuitala paie de simple soldat ; Si c'est un soldat, il sera puni d'un mois de prison ; Entin, si c'est un employe attllche au service de l'armee,ilsera destitue et incorpore dans un corps. La recidive de la part du sous-officier ou du soldat sera punie des verges (2). Art. 3.LarevoIteoula desobeissance combinee envers les supe rieurs, emportera peine de mort contre ceux qui l'auront suscitee et contre les officiers presents qui ne s'y seront point opposes par tous les moyens a leur disposition. -Art.8.-Art. 4. En cas d'attroupement de la part des militaires ou autres individus attaches a l'armee et it sa suite, les superitJurs commande ront, au nom de la loi, que chacun seretire;siIerassemblement n'estpasdissous parIecommandement fait au nom de la loi, les superieurs sont autorises it employer tous les moyens de force qu'ils jug-eront necessaires pourIedissiper. Les auteurs dudit atlroupe ment (au nomhre desquels seront toujours les officiers et sous-offi ciers qui en feront partie) seront aussit6t saisis, traduits aucOllseilspecial et punis de mort. Art.17. Arlo 5. Toute troupe qui aura abandonne en masse et sans ordre superieurIeposte OU elle etait de service, sera declaree en revoIte ; dans ca cas, les officiers et sous-officiers, ou, a leur defaut, les six plus anciens de service faisant partie de la troupe, serant saisis, Ira duits au conseil special et punis de dix ails de fers, a moins qu'ils ne declarent les vrais auteurs du delit, sur lesquels seront alors dirig-ees les pOUl'suites, at qui subiront la peine de mort, comme chefs de revoIte.(1) Arrete, du27 fevrier 1807, du senat, qui modifieIeCode penal militaire de 1805,art.8(2)Ibid.-72-

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Art. 6. Tout militaire qui sera convaincu d'avoir, dans unea(:"faire avec l'ennemi, abafldonne.oujete lachement ses armes, sera puni de mort. Art.7. Tout militaire qui, dails une ville prise d'assaut, quittera son paste pour se livrer a,u pillage,serapuni de mort. Arl. 8. Toute troupe 'qui, etant commandee pourmarcheraudonnercontre I'ennemi, au 'pour toutautreservice ordonne parIechef, aura refuse d'obeir, sera declaree en revolte et traitee confor mement aux dispositions de I'article 3(1).Arl. 9. Tout militaire au autre individu attache a l'armee, qui, etant comlllande pour marcherondonnercontre I'ennemi,aupourtout autre service ordonne parIechef, en presence de I'ennemietdansune affaire,auraformellernent refused'oMir, sera puni de mort(2).Art. 10. Tout militaire trouve endormi en faction ouen vedette dans les pastes les plus pres de I'enncmi, ausurles fortificationsd'uneplace assiegee etinvestie,serapunidemarl. Art 11. Tout g'eneral debrigade qui, apres avail' re{:u d'un ge neral de division, I'ordre de serendre :lUX arrels,n'aurapas obei, y sera conduitparla force armee, nonobstant la peine qu'il aura encourue par son insubordination(3).IArt. 12. Tout soldat troU\'e endorrni en vedette auen faction dans taus autres pastes que ceux in diques dans I'article precedent, sera punid'unmois de prison. Art.'13.Tout militaire qui, etant en faction au en veuette dans les postes les plus pres de I'ennemi,ausurles fortifications d'une place assiegee au investie, sera convaincu de n'avoir pas executesa consigne,serapuni de deux ans de reI's. Arl. 14. Tout commandantd'unposle, devant au dans une place assiegee, convaincu d'avoir change la consigne donnee, sans en avoir sur-Ie-champrenducom pie au commandant en chef, sera puni de six mois de prison. Art. 15. Tout militair-e convaincu d'avoir in suite unesentinelle de proposaude gestes, la peine de simple sold at sera de deux ans deprison;pourIesous-officier de qllatre ans ;pourI'officier de six ans ;els'ilya ell voie de fait, Ie coupableserapuni de mort.(I)Code penal militaire, du 14 juillet t834, art.57-58. (2) Ibid, -(3)Ibid.,art.56.73-

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[18051Art: 16. 'l'out militaire convaincn d'avoir menace son de paroles ou de gestes,serapunide deux ans de prisonjs'il yavaiLvoie de fait, puni de inort (1). Art. 17. Tout militaire qui sera convaincu d'avoir frappe du btl ton son subordonne, sera puni de deux ans de prison, si cen'estpour maintenir dans les rangs ceux qui devant l'ennemiauqui seraient en l'etat de revolte prevn parl'artic\e 4 (2). Art.18.Tout compliced'un delit subirala meme peine que celui quil'auracommi:>.Art.19.Tout militaire qui sem convaincu de s'Ctre fait inscrire sur Ie registre de l'etat-major de son corps sousunfaux nom,etIlui, it dater de Ia publication de]aprcsente loi, s'il est present it son corps,n'aurapas fait rectifierl'erreurdansIe dclai de huit jours, serapunidetrois mois 1e prison. Art. 20. Tout militaire qui sera convaincude s'ctre servi dll d'unautre et d'y avoil' fait substituerunau Ire nom que Ie sien, ou entin de tout aulre faux, sera puni de deux ans de prison (3). Art. 21. A l'avenir, tout commandant de troupes, tout ofticier, aut resqueles ofticiers generaux, qui sera convaincu d'avoir reru ou degardersciemment dans sa troupe un soldat sorlid'unautre corps, sans qu'il soit porteur d'un conge en bonne forme, sera pllnid'unan de prison et destituc de son emploi U). Art. 22. Tout commissaire des guerres qui sera convaincu de n'avoir pas denonce un delit donI il aurait eu connaissance, sera dcstitue de son cmploi el incorpore dans un regiment. Art. 23. Tout commissaire des guerresqui sera convaincu d'avoir dans l'exercice de ses fonctions administralives, sera deslilue et puui au moins de six mois de prison;elau plus de cillq aus de fersjet si, parunesuite de celie prl'varication, la slirete de I'armee ouIe succes de ses operations se trouvaient compromis,ilserapunidemorl..\1'1. 21" Tout commissaire des guerrcs qui s'ahsentera de son arrondissement sans 1'ordre de son superieur et sails avoir prevellu Ie commandant en chef de sa division, sera destitu{l de son emploi et incorporc danslalI'oupe.(1)Code penal militaire, du 14 juillet 1834, art. 90 etsuiy. (2) Ibid.,art.95 etsuiy.(3)Ibid.,art.53. (4) Ordre du jour, du 24 janvier 1812, concerant les militairesquiyendent leur fourniment. -Code penal militaire, du 12 juillet 1834, art.100.-

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Art. 25. Lorsque pal'lII]ecoupable Ill'gligencf', la fore('arnH',('aura laisse evader Ull prf\V'enu Illilitaire, itsa garde, les omciers, sous-omciers etlesquatre soldabpInsalleiplls faisalllpartiedelaforce armt'e, srl'ont poursui\"is f'I [Hillis d('1:11I\f'IlW peille que Iepn\V('1l1l aUl'ail dtisubir, S:IIlSIlt":llIlIlllillS'111('('('II,' peine puisse exceder llrux:lnsdr fers. Si, dans1(' 1,' \""'I'i1:1hl(' auteur un IWit est ul'conrrrf,ilen porl('\'a sl'lll\;1 (ll'ill(,.'1nipoul'l'aeIre etendue il Imisans de fers. Art. 26, TOllt tI'un dl'litprl'\"Il pal' 1('eodt'(ll'n:ll,qui sera convaincu tI'avoir fail pOUl'sui\Te, sans IH','un's ,.;ut'lis:lnles, unprevel1u,sera lui-llll'lllp, ponr en fait,pOlll'suivipal' I'accllsaleur militaire, et puni de la Illeme peine fl'l'allrait sllpp0l'leeIeIlt'nunCI;' s'il avait ete convaincu tilluelil porle dansla denonci,ltion failecontre lui. Art. 27. Tout general d'arlllee, tonIcommalHlalllenchef lit'S troupes, reste autoriSI) ilfairetousles reg-Iemenlsdpsimple disci pline correctionnelle qu'iljug-eranecessaires au Illaintien de et it la subordination des militaires et autrrs individusau sel'Vice des troupes soumises it SOilconimandelllellt. -Art. 28,Art. 28. Quantaux deli Isnon prevns dansIe present code pe nal,ilsera supplee parIe general d'armee, par des reglements par ticuliers qui seront adresses sans delai au ministredela guerre, sans qu'il puissey porte peinedemort. Le ministredela guerre adresseraill'Empereur lesdils regle ments provisoires poury Clre definitivement statue (I). SECTION 8.Article ul1ique. ToutecOl1spirationoucomplot, tout propoil dant it troubler l'Empire par une guerre civile,enpropageant la dc sunion, en allimant les citoyens les uns contre les autres ou contre l'exercice de l'autorite legitime, seront punis de mort (2). TITREII.-DELAPUBLICATIONDU PRESENT CODE.Art. 1. Tout commandant de corps, aussitOt la reception unpre sent code, sera tenu, sur sa responsabilite,defaire assemblersatroupe etdeIefaire lire it la tete de chaque compagnie.(1)Code penal militaire, du 14 juillet 1834, art. 26etsuiv.(2)Ibid"art,31.75-

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Art.2.Cettelecture sera renouveIeedans les formesunefoistous les huit jours. Art. 3. TOl\t commandant.decorpsquisera convaincuIene s.'elre pascon formeaux articles precedents; sera, pour la' premierefois,punid'unmoisIeprison ; pour la seconde,Ietrois"mois;et pourlatroisiemefois, destitueIesonemploi. Art. 4. L'accusateur militaire et les commissaires des guerres veilleront l'executiondesarticles precedents, et prendront a partieceux:quiy contreviendront. Art. 5.Lescommissairesdesguerres sont chargesIefaire con naitre Iepresentcode Penala tous les individusemployes a la suitedesarmees (I). Art. 6.Chaque general dedivisionsefera rendrecomptepar proces-verbal, signeTS AMonT(:2). Art.1.Lacondamnation it mort s'executera militairementcommeiIsuit:Art. 2. 11 setacommandC qualre sergents, qualre caporanx et qualre fusiliers,Iesplus ancieusdesei'vice,pris it tourde rule danslatroupeduprevenu, autant que fairesepourra, sinon lou jours danslatroupe presente surleslieux OUI'execution devrasefaire. Art. 3.Onplacera cesdouzemilitaires sur deux:rangs :cesonteuxqui sont chargesIefairefeusurIecoupable, quandIesignal leurensera donne par I'adjudant. Art. 4. L'executionsefera sur uneplaceindiqnee it cetelfet,enpresenceIeIatroupeduprevellu, lorsqu'elle sera surIelieu,qui(1)Loi,du 30 mai 1805, sur l'organisation des conseils speciaux militaires, tit.IV.Art. 4.(2) Ibid. tit.VI. 16 -

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t1805] sera rangee enbataille 'et sans armes ; sinon,enpresence dein troupequiaura fourni les tireurs. Art. 5.IIY aura toujours U11 des jugesduconseil special quiaura applique la loi, present a l;execution. Art.6.IIsera commande un piquetdevingt-quatre hommesenarmes pour conduireIecoupableaulieudesonexecution, et veilleraumaintiendel'ordre el de la police qui doivent fegner danscessortes d'executions.Fait et donne en notre palais imperial de Dessalines,Ie 26 mai 1RO:i,an II de l'indepelltlancc d'lIa'iti, etde noIre regne IeIe .Signe :DESSALINES.Parl'Empereur,LeSecrelail'e general,signa: JUSTE CHANLATTE. W4-. -L01 sur les enfants nes hoI's' mariage(1).A Dessalines, Ie 28 mai1805.,JACQUES,Empereur Iei'd'IJaIti, elc, ; Considel'ant qu'il convient de fixel', d'une maniere invariable. l"\tat et les droits des enfants hoI'Smariage, et qu'il imp0l'te de ce(luelanatureetla societe leUl' doivent avec l'interet politique tie l'Etat;Proc1amelaLoisui"anle, pour eIre exccutee suivant sa forme et leneur, dans toute l'clendue d'e sonEmpire. 'l'ITREPREMIEH. -DE L'f:TAT DES ENFANTSNt:,; lIORS MAnIAGE,DONT" LES PEUES SONTV1YANTS.Art.1. La recherchede la palernitenon avouce n'apaslieu (2). L'enfant meconnu par sa mere alafaculledeprouverconIrecIle sa (1)Constitution imperiale d'Haili, du30mai1805,Disp. Gener., art16. (2) Loi,du10octobre1813,sur les eufauts naturels, art.1.-77-

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-78lHiation. Art.13,H., 15el suit'. -Tit.JII, art.1 etsuiv.-C.c.,311, 312. Art.2. L'enfant d'unefemmenon mariee a pour pere celuiqui Ie recollnalt dans lesfOl'mesprescriles ci-aprils. -Arl.3 (1) . ht. :1. La reconnaissance doit eIrefmte parIe pere devant l'om. cicI'public, ch?rgede constater l't\tat civil des citoyens dans la pa roisseOIil'enfant cst ne. -Arl.12 (2). ;\1'1.4. Toulereconnaissance est sans eifel, si1.'111.'n'est confirmeeparl'aveudela mere -C.c.,307.Art. 5. Sitoulefoisla vient IIMccder des suiles del'accou (.hement,sansavoirpuconfirmerlareconnaissancedu perc, danscocas,lareconnaissancedu perc suf(ira (4).IIensera de meme dansIecas ou la mere serait absenteaudans I'impossibite absoluedeconfirmer, parsonaveu,lareconnaissancedu perc. Art.G.Lareconnaissance dupere et l'avoudela mere sontvalables, it quelqueepoquequ'ils aient l)te faits, soit qu'ils l'aient Me pendantlagrossesse,aumomentdelanaissancedel'enfant, au a toute autre epoque delavicdes perc et mere, pourvu qu'ils reunis sentlesconditions c.i-dessus exigees,saul'neanmoinsIecas prevu par l'arlicle 10 ci-apres(5).Art.7.Le perc quia reconnunnenfant lui donnesonnom, et contrihue, conjointementavecla mel'e,it lanourrilure, a l'entretien et ill'educalionde celenfant. -Art. 13. Chacund'euxy suhvientenproportiondesosfacul/cs (G) .. \1'1.8.Les enfiwlsIllis hoI'S m:Iriagc sont legitimes parIema l'iage deleurs perc et mere; nl'anmoins crux nes etnon n'(:onnus avantIe mariag-e, nesont legitillllls qu'aulant qu'ils sont rcconnus dans l'acle memede (7). -C.c.,30t ."II't.9. Encasdemariage, celui des epollx qui aurait des enfants IIalllrels d'un autre que deson epoux, etlluinelesauraitpasencorereconnus, doilenfairelareconnaissance avantla celebration. --Art1l..\1'1. 10. Lareconnaissancefaite,postcrieurement au mariage, (1)Loi,du10octobre 1813, sur les enfantB naturels,art. 2. (2)(2)Ibid.,art3(3)Ibid.,art. 4 Loi,du 1" juin1805, surIedivorce,tit. II,art5. (4) Loidu10novembre 1813, sur les enfants naturels, art. 5(5)Ibid.,art.7.(6)Ibid.,art.8.(7)Ibid

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[1805]par l'un des epoux, ne }peut produire aucun elret itl'egard del'au tre epoux, etdesenfants nesoua nailredecemariage. -Art. (j. Art. 11. Neanmoins, apres'la dissolutiondu mariag-e, et s'il n'en reste pas d'enfants, l'epoux quianraHomisdereconnaitresonen fant avantIemariage, peut en faire la reconnaissance,quialorsvalidera. -Art.9. Art. 12.Un perl', meme engage dans II'sliens du mal'iage, penl reconnailre un enfant nalurel ne pendanlIecours dudil maringe. Art.3, 10.Arl. 13. Lorsque l'enfant n'estpasreconnupal'son perl', la mel'C seule est chargeede remj.tlir lesdevoirsdelanalure enverslui;danscecas, l'enfant porleIenomdesa mere (t).Arl. 14. S'il arrivait qu'une mere vouhH se souslraircilI'accom plissementdeses devoirs envers l'enfant qu'cllc amisaumondr, elleyscrait contrainle ; laloiappelle sur ellela vigilance desmaogistrats. -Tit.V,art.3 (2). Arl. 15. L'enfantII1cconnu par sa mel'e a, conformemenlilI'nrl.1"rdela presente loi, la facullcdeprouver conlre elle sa filiation. Arl. 16.Cettefiliation doit resullerde l',lccouchemcnt dela durapprochementetdeI'analogie des diflerenles ePOl]ues elcir constances qui militenlenfaveur du I'cclamanl; enlin des rapporls et del'identite dudit I'cclamanl avec l'enfant dontla mere est ac couchee. Arl. 1'7. NeanmoinsIereclamantnepeut eIre admis ilia pl'cure leslimoniale de ces faits,s'iln'aun commencementdepreuvepal' ecrit, 011une possession constanledela qunlite defilsnalure!dela mere qu'il redame. Art. 18,L'enfant mort dansIescindela mere nerccueilleninetransmet aucun droit (3). -Art.19. -C.c.,586,2.IIen estde meme decelui qui n'apas reeu laformehumainc. Art. 19. L'exislencedel'enfanl n'est I'econnue quedumomentdesa naissance(4). -Art. IS.(1)Loi,du 3juin1805, surIemodedeconstater l'etat-civil descitoyens,til3, ad 8 Loi, dutonovembre 1813,surles enfants naturels, art. 9 (2) Ibid.,art.to.(3)Loi,du10 novembre 1813,surles enfants naturels,art.11. (4) Ibid.,art. 12. 79-

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[1805]TITREII. -DES ENFANTSNt:;HOnS BARlAGE,RECONNUSPAR LEURS PEREET mtREANTERmuRElfEN'l' A LAPROMULGATIONDELA PRE SENTELOI.Art.1.Lesenfants nes hoI'smariage, reconnus anterieurement a lapromulgation lapresente loi,quiauront ete misenpossession desbiensdeleurs pere et mere, entout OU enpartie, parn'i,mportequelle aU1ori1e legalement constituee, sont ienusdejustifierdenouveau,etcedevantIel1Iinistredesfinances,destitresenvertu desquels ont eteenvoyes enpossession.Art.2.Lesenfants dont s'agitnepourront confirmes etmaintenusdanslapossessiondesdits biens,quetout autantque. leurs droits serontappuyesdepiecesvalablesetauthentiques. Art.4. Arl.3.Lavaliditedeleurs droitsnepourra etre constatee queparl'existencedesdispositions testamentaires, notarieesouolographesdeleurs pere et mere (t).Tit. IV, art. 4. Art.4.Sontcomprisdans presentes dispositions,le'senfants nes hoI'smariage, reconnus, qui, parcaused'absenceou d'evene mentsmajeursetimprevus, resultantdesoragespolitiques,ont ete dansl'impossibiliteabsoluedefairevaloil'leurs droitsauxsuccessionsdeleurs pere et mere (2).Art.5.L'Empereur n'entend point derogerniprejudicier aux dispositionsconsignees dans l'article19desaproclamation,endatedu7 fevrie!' t804,an1 rr del'independance (3).TITREIlL -DES ENFANTSNES lions MARIAGE, NONIIECONNUSAVANT LApnOMULGATION DE LApnESENTF. Lor.Art.J.Lesenfants nes hoI'Smariage,nonencore reconnus, se rontadmis a promer leurfiliation.-Til.I,arlo 1ei-. Art.2.Lafiliationsera prouvee parlapossessiond'etat resul tant,savoir,ondel'existence d'unactepublic,danslequelle pere aura parle, oudel'exhibition d'un ecritsigne du pere et legalise. Art.3.LesenfantsdontIafiliationseraprouveepar I'undesdeux(1)Decret, du 1" septembre 1806, relatif aux testaments et autres actes etc. -Loi,du 22 femer 1825, relatif aux formalites il. remplir, etc., art. i 5. (2) Ibid,art.13.(3) du 7 remer1804, qui regie quelques points importants du service, etc., art.19.-80-

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l1805]moyens ci-dessus enon\:es, auront et exerceront Ies memes droits que les enfants reconnus par leurs pere et mere. Art. 4. Dans aucun cas,Ieministredes finances n'admettra la preuve testimoniale ni aucune autre voie, tant itl'egard des enfants dont est question. dans ,Ie present titre, que pour ceux mentionncs dans Ie titre precedent. TITREIV ...DES DROITS DE SUCCESSIBILITE DES ENf'ANTS NATURELS QUI SERONT RECONNUS,APARTIRDELAPROMULGATIONDELA PRE SENTELOI.Art.1.A partirdujourde la promulgation de la presenteJoi,les droits de successibilite des enfantsnaturelsquiseront, a ravenir, reconnus de leurs pere et mere, seront les memes que ceux des enfants Jegitinies. TITHEV.-DEL'ENFANT ADULTEI\IN.Art.1.L'epoux a Ie droit de desavouer l'enfant aduIterin, qui, dans ce cas, n'herite que de sa mere. Art. 2. La mere seule subvient a la nourriture, a l'entretien et itreducation de eet enfant. Art. 3. DansIecas prevu par l'article 14 du titre premier de la presente loi, la mere est contrainlederemplirIe voou de la nature at de la societe envers I'enfant, etsetrouve sous Ia vigilance des magistrats.Faitet donne en notre palais impel'ial de Dessalines,Ie28 mai 1805, anIIde l'independance d'HaW, etdenotre regne Ie1erSigna:DESSALINES. Pal' I'Empereur,Lc sccrCtairef/cncrrd,signe :.JlJSTE CHANLATTE. -81-

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[1805J ,N5.-Lorsur l'()l'ganisatioll des conseils speciaux militnires (1).A Dessalines, Ie30 mai 1805.JACQUES,Empereurlor. d'Ua'iti, etc. Considerant que la surete, la liberta et I'independance de I'Empirereposentsurles bases du bon ordre, de la disciplineet de la .subordination ; Considerant que la licenceetl'infractionauxlois am/ment necessaire mentlasubversion de tout Etat; Voulantrappelerauxmilitairesdeses armees que l'honneurleurimpose la loi de chasseI' ole leursrangsles traitres etles laches qui deshonorentlacause saCree de laIiberte;Voulant entiu donner aux armees les moyens prompts. justeset seve res de livrer les coupables au glaive de la loi,Ordonnecequisuit :TITRE PREMIEH. Art. 1. IIsera etabli sans delai desconseils speciaux militaires pour touteslestroupesdeI'Empire. Art. IIyauraunconseil special militaire dans chaque division militairedeI'Empire.Art.3. Chaque conseil special sera compose d'un accusatem mi litaire,desept jugesqui appliqueront la loi, et d'un greffierquiseraauchoixdn premierjllgC.Art. 4. L'accllsateur mililairencponrra Ctre prigparmi les mili taires,niparmi les individusemployesdansles armees. Art.5.IIsera nomme par I'Empereur. Art.6.Les juges seront pris parmiIcsmilitaires quicomposcl'Ont les garnisonsdela division, et serontrcnollvcJeS,aulant que fairesepourra, a chaqllc vacation; c'est-it-dire, apres que les prcvcnus pour lesqucJs ils auront etcconvoques, seront definitivemcllijuges. Tit. V,art.15.(1)Code penal militaire,du 26 mai1805 Constitution imperiale d'Haiti, du 20 mai1805, Dec!. Prel., art 34 et 48.Arrete, du senat, du 27 fevrier1807,quimodifieIeCode penal militairede1805,art.5etsuiv. Loi,du 14 juilIet 1834, sur l'organisation desconseils speeiaux militaires,etc.-82-

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['1805] Art.7.DansIecas oK plusieurs divisions sel'aicnt rcunies sous un meme commandement, chacune de ces divisions conserveraIeconseil special qui'lqi estaUri"bue.TITRE11.-FONCTIONS DES comrANDANTSD'ARRO;,;nrSSF.MENT, DEPLACE,ETAUTRESpaSTESPOUR CONSTATERLESDELITS MILITAIRES. Tit. 1V, art. 1etsuiv.Art. 1. Lescommandants d'arrondissement recevrontles denon ciations qui leur seronl faites; ils auront soin du denoncia teurladeclaration circonstanciee des faits;laremise des pieces ser it conviction et !'indication des temoins qui peuvent servir ala preuve;Iedenonciateur signera la denonciation, et s'ilnesaitpassigner, elle devra l'etre par deux temoins qui seront appelesenparei I cas. Arl. 2.Lecommandant d'arrondissement, apres avoir entenduIeprevenu, rendra plainte, s'il ya lieu, a l'accusateur militaire, dans les vingt-quatre heures, des delits pretendus commis dans l'etenduedesonarrondissement, etquiseront parvenus a saconnaissance parvoiede denonciation, par la clameur publiqueoupar toute aulrevoie legale; ilconstaLerasans delai, par proces-verbal,Iecorps etles circonflances du delit, s'il a laisse des traces permanentes. Art. 3. I.e commandant d'arrondissement qui uura connaissance d'un delit commishoI'Sdesonarrondissement, sera tenu ll'avertir,Sansancun delai, celui de ses collegues dans l'arrondissement du quelce delit passera pour avoir etc commis,etde lui envoyertousles renseignements lJu'il aurapuseprocurcr,notall1ll1cntla denon ciation, s'ilen a une. Art. 4. DansIecasoliles gcneraux, officiers, sous-officiers,outoute autre personne aHacheeitl'armee ou a sa suite, negligerait de maintenir la discipline dans leurs subordonnes,oude dcnoncer un dclit comll1ispar eux, dont ils auraient connaissance,Iecomman dant d'arrondissement sera tcnudeles poursuivrecommecomplicrs uuuit ueli!.-Art. 5. Lecommandant d'arrondisscmenl melll';l provisoiremenlenarrestation toul militaire quelconque,outoule autre personne aUachee il l'armce ou a sasuite, prevenu u'un delit. Art.6.DansIe casOU l'arrestation n'auraitpaseu lieu au mo mentdela plainte,Iecommandant d'arrondisscment relJuerra qui de droit, en sa qualitc d'officierdepolicede surrtc,POUl' f)u'clle soit f'aiteit l'instanl.-83-

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[1805]Art. 7.QuandIecommandant d'arrondissement jugel'a qu'il ya lieu it accusation contreunprevenu,ilappellel'a aupresdelui1'01'ficier quisetroUVCl'acommanderensecondIecorps d'ou seraIeprevenu, ainsiqueIeplusancien d'age de son grade; et s'il arrive queIeprevenusoit separe desoncorps,Iecommandant d'arron dissement prendra toujours danslatroupe sur les lienxOIiseferontlespoursuites, I'officier commandant, et undugrade du prevenu. Art.8.Danscecas,Iecommandant d'arrondissement leur com muniqueralespieces, s'il yena,ainsiqueson. proces-verbal, dans lequel sontles declarations des temoins, etilseramis it la majorile, aubasduproces-verbaldeI'ade d'accusation, s'il ya lieu, et toute ]aprocedure consistera dansIe Art.9.S'ilya lieu it accusation,Iecommandant d'arrondisse ment decerncl'a unmandat d'arret. Art.10.L'acte d'accusation dresse aupiedduproces-verbalserade suite envoyeit I'accusateur militaire. Art.11.Toutepoursuite dont l'allribution estdOJlneeau com mandant d'arrondissement contreun prevenu, serafaitedesuite, et termineeauplus tard danslesvingt-quatre heures. Art.12.Lorsqu'un delit aura ete commisdans I'etendue d'une communeouville OU neresiderapasuncommandant d'arrondisse ment,IecommandantdelaplaceouduposteIeplus pres dulieu ou aura ete commisIe delit, suppleel'ontIecommandant d'arron dissement; danscecas, ils constateront par procell-verbal ladeposi tiondudellollciateur, qu'ils feront parvellir au commandantdeleur arrondissement, lequelseconformera aux dispositions des articles1,2,3et5dupresent litre. Neanmoills,Iecommandantdelaplaceoucelui duposteIeplus pres dulieu ou aura ele commisIe delit, s'assureront toujours du prevenu. TITHE lII. -FONCTIONSDEL'ACCUSATEun Art. 1. L'accusaleur militaire est charge depoursuivre les deli Is,sur les actes d'accusation dresses commeilest dit articles 1 23d ,,, 4, 5,6,7,8,9,10,ttett2u tItre IIdesfonctions des commandants d'arrondissement,deplaceet aulres posIes,et.s'i1lrouve lesdits acles defeclueux, ilpourra les refaireenSonnom.-84-

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[ 18n-'-1Al't.'2.L'accusalcur I\lililairc surreillcru elmcmv poursllilTa cxlraordinairemenl, s'il y lieu, par-devantIeconseil special, tout commandant deplace ou autre poste,qui negli geraitouretarderaitlapoursuite d'un delit, ou(lui pre\"Ul'iquerailualls scsfonctions. Art. 3. 'accusateUl' mililail'e denoncel'a el poul'suivra deralltIe ('onseil special, tousII's gl'neraux (luise tl'omeront dans les casprevus parIe corlepenal. Art. 4.La voie de contre lesgen{'raux est {'gale ment ouverleiltous officicrs 1'1soldats, et autres citoyens altachl's auxarmel's. Art.5. Toute denonciation quelconllue pouna scfaire, soit par devantIecommandant d'arrondissement, soit pal'-dorant Iecom mandant de place, dansIecas01'1il n'y auraitpasuncommandant d'arrondissement surII's lieux, soitellfin par-derant I'accusatelu' militaire. Art. G. Siladenonciation cst dil'igee cOlltre des generaux, commandants de divisionoud'arrondissemellt, die sera porlee pal'I'accusaleur militaire, par-devant Ie millistre de la guerre, ouenlin, par-devallt l'Empereur. Art. i.Le denonciateursigncl'
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011 slil se relldait coupable par deraut de surveillance, tout officier, soldat ou autres citoyens attaches aux armees, pourrontIedenoncer dans les formes au titreH.Art. i 3. La dcnonciation faite contre l'accusateur militaire sera au commandanl de I'arrondissement;jJinformera dans les formes indiquces. Art. U, Les informations faites,Iecommandant d'arrondissc4 ment porteraIn denonciation au ministre deIaguerre qui remplira, pour ce fait, Ies fonctions d'accu5aleur militaire pres Ietribunal su preme de I'Empereur, quijugeraI'accusaleur militaire prevenu d'undeli!. TITREIV.PROCEDURE DEVANTLESCONSEILSSPECIAUX.Art. L Nulne peut etre poursuivi devantIeconseil special mili taire et juge, quesurune accusation faite dans Ies formes pres cri tes autitre H. Art. 2. Aucun militaire ne sera membre d'un conseil specialmilitaire,s'iIn'est age de vingt-cinq ans. Ar!. 3. Nul ne sera fraduif au conseil special militait'e, que les 1I1iIitaires,Iesindividus attaches a J'armee et a sa suite, Ies embau cheurs, les espions, et ceux queIecode penal designe pour Ies deWs dont la connaissance est attribuee aux conseils speciaux. Art. 4. Sont seuls attachesitl'armce et a sa suile, cf comme tels justiciables des con seils speciaux militaires (1) : 10Les voituriers, muletiers, conducteurs de charrois, caboteurs employes au transport de I'arlillerie, bagages, vivres et fournitures des armces ef des approvisionnements des places; 2 Les otn'riers suivant Ies armees ; 3 Les garde-magasins d'arlillerie, ceux des vivres pour les tribufions, soit au camp, soit dans les callionnements, soit dans les IJlaces; 4 Taus les prcposes aUxadministrations pourIcservice des troupes;50Les secrlHaires, commis et ecI'ivuillS des administrateurs, et ceux des Hats-majors;Go Les tresoriers et leursagents;70Les commissaires des guerres ;(1)Code penal mililaire, du 26 mai 1805,tit.II,art.5.-86-

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[1805]SoLes inspecteurs de cp.lture et garde-champetres ; go Les nuidecins, chirqrgiens etinfirmiers des Mpitaux militaires on ambulances,lesaides ou eIhes des chirurgiens desdits MpitauI ouambulances;100Les munitionnaires et boulangers des armees;110Les domestiques au service des officiers et des employes a la suite des armees ; Art.5.Lorsque l'accusateur militaire aura recu les eclaircisse ments qui anront ete pris parIecommandant d'arrondissement, en forme de proces-verbal,ilsera tenu de les remetlre au president du conseil special. Art.6.Tout accuse pourra faire choix d'un ami pour lui servir de conseil dans ses defenses, sinonIepresident lui en designera11n; mais la personne prise ou don nee pour conseil, ne pourra ja mais communiqueI' avec l'accuse, que lorsqu'il aura ete entendu.Art7.Les temoins seront tenus de comparaitresurl'assignatiou quileursera donnee, sous peine d'amende et de contrainteparcorps;lesquelles peines seront prononcees parIetribunal, a Ia requisition de l'accusateur militaire. Art.S.DansIecas OU les temoins semient ohliges de se deplacer, et demanderaient indemnite, ils seront taxes suivant un tarif qui sera dresse, a cet effet, par les juges du conseil special, et execute provisoirementjusqu'acoquel'Empereurl'ait approuve. Art.9.L'accusatenr militaire sera tenu, aussilOt apres l'interro gatoire, de fairesesdiligencesde maniere que I'accuse soit juge sans que I'instruction ne puisse etre difl'eree ni interrompue. TITREV.-DE L'EXAMEN DELACONVICTION.Art.1.Enpresence des juges, de l'accusateur mililaire et des citoyens qui ne pourrontentrerque sans armes, ni cannes,ni ba tons, l'accuse comparailra libre et sansfers;Iepresident luidimqu'il peut s'asseoir ; luidemanderases nom, tlge et profession; et sa demeure dont il sera-tenu noteparIe greffier. Art.2,L'accusatenr militaire avertira l'accuse d'etre atlentif it tout ce qu'ilvaentendre;it ordonnera au greffier de lire l'acle d'ac cusalion, apres quoi itdira Ii I'accuse: Voila de quoi onVOllSaccuse; vous allezentendreleschargesquis.erontprodtlitescontre VOllS. Art.3.L'accnsatenrmilitaire exposera Ie sujet de l'acctlsation;il-87-

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[1805]fera entendl'e les temoins, ainsi que la partie plaig-nante, s'il y en a. Art. 4. Chaque temoin sera enlendu segregativement, et tenu de declarers'j}est parent, allie, scrviteur ou domestique du prevenu ; s'il connaissait l'accuse avantIefait qui a donne lieu a I'accusa tion, et s'il entend parler de l'accuse present. Art. 5. A chaque deposition dutemoill, Ie. president demamlera a I'accuses'i1vcut repondreit cequi vient d'etre dit contre L'accusepouna, ainsi que ses cOllseils, dire, tant cOlltre les te moins que con Ireleurtemoignage, ce qu'il jugera utile it sa de fense. Art. 0, Le conseil sera tenu de s'exprimer avec decence et mode ration. Art. 7. Tous lesclTets trouves lorsdu delit ou depuis, pouvant servirilconviction, seront representesit I'accuse, etillui sera de man de de repondre personnellement s'il les reconllait. Art. 8. A la suite des deposilions, l'accusaleur militaire seraentendu;Iapartie plaignallte pourra demander it faire des observa tions a I'accuse,etses conseils pourrontleurrepolldre. Art. 9. L'accusateur militaire resumera l'alTaire, feraremarqueraux juges les principales preuves pour et contre I'accuse ; il terminera enleurrappelant avec simplicite les fonctions qu'ils ont it rem plir, il posera distinctement les questionssurlesquelles ils ont a decider. Art. 10. Le president ordonnera au greffier de mellrepar ecrit les questions suivantleurordre. Art. 1 f.Les jug-es donnerontleuravis it haute voix, en presence des citoyens, en com men cant parIeplusjeuneetenfinissant parIepresident. Art. 12. L'avis de chaquejugesera recuparIegreffier. Art. 13. Les juges ne pourrontdonnerleuravissurun delit qui ne serait pas porle dans I'acte d'accusation, quelle que soit la depo sition des temoins. -Art. U. Art.f 4. l\fais si I'accuse est declare non coupahle du fait porte dans I'acte d'accusation, et qu'il a ete inculpe pourunautrecrimeparles depositions des temoins,Iepresident,surla demande de l'accusateur militaire, ordonnera qu'il soit arrete de nouveau,ilre cevra les eclaircissements queIeprevenu lui dopnerasurce nouveau fait, et s'ilya lieu, il delivreraunmandat et renverra Ie prevenu par-devant Ie commandant d'arrondissement, qui deA une nouvelle instruction. -Tit, Il, art, fet suiv.-88-

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t1805j Art. 15.Leconseil speCial, une lois assemble, nepourra, claus aucun cas,se separer,' qne les pre venuspour lesquels il aurlt ete convoquene soient definitivement juges. -Tit.1,art.6.Art.16.IIfaudra lesdeux tiers desvoixpourfixerladeclaration des juges. Art.17 .Si les juges etaient partages pour l'applicationdelaloi, l':.tvis Ieplusfavorable aseJ;"a suivi.Art.18.Lepresident, apres avoirrecueilli lesvoix,et avail! de prononcerIejugement, liraIetextedelaloisur laquelieiIest fonde. Art. 10. Legreffier ecriraIejugement dans lequel sera illsere Ietextedelaloilu parIe president. TITREVI.-DU JUGEMENTET DEL'EXECUTION(1). Art. 1.Lepresident prononcera a I'accusesonjugemeut de eondamnation. Art.2.LesilenceIeplus absolu sera observe dans I'auditoire, etsiquelque particulier s'ecartaitdurespect dtia lajustice,Ie pre sident pourraIereprendre,Iecondamner it une a-mende et memea garderlaprison jusqu'au termedehuit jours, suivantla gl'avite des Jaits. Art. 3. L'accusateur militaire est tenu d'envoyer, danslesvingt fluatre heures, expedition dujugementdecondamnatioll et les pie cesdela procedurea I'Empereur,quiseul aIe pauvoir deprononeel'surlavaliditedujugement etIedroitdefaire grace aucoupa hie oudecommuersapeine,auxtermesdelaconstitution, art. !), desdispositions generales. -Art.13(2). Art.4.Sil'Empereur annulleIejugement pourcaused'invali dite, ou juge 11proposdefaire grace oudecommuerla veine ducoupable,ilrenverra sansdelaiit l'accusateur militaire l'expeditiou dujugementdecondamnationelles pieces dela procedure,m'eesa decision (3).Latransmission des pieces etdeladecisiondeI'Empereursefaitpar l'accusalcur mililaire auquelildoit etre donne acle P0Ul' sa decharge. (1)Code penal militaire, du26mai 1805, tit. III, art. 1 etsuiv.(2)Constitution imperiale d'Hai'ti, du 20 mai 1805, Decl. Prel., art 35 Dispositions generales, art.9Arrete, du senat, du 27 fevrier 1807,quimodifieIeCode penal militaire de 1805, art. 9.(3)Ibid.-89-

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tHl05;1 Art. 5. DansIecas ou l'Empereur confirmerait1ejugement, il renverra les pieces avec sa decision a l'acensateur militaire, lequel est tenn de poursuivre l'execution, -Art.7,9.Art. 6. L'accuse pourra comparaitre par l'assistance de son con seil par-devant l'Empereur lors de la revision dujugement (i). Art. 7. L'accusateur militaire fera executerIejugement dans les vingt-quatre heures qui suivront la reception de la decision derEmpereur, et aura, a cetefTet,Iedroit de requerir l'assistance de la force publique, -Art.9.Art. 8. A I'egard des contumaces, ils seront juges dans la meme forme et de la meme maniere, sauf a recommencer la procedure, dansIecas ou Ieprevenu serait arrete ettraduit devant Ie conseil special. Art. 9. Le president veillera a ce queIejugement soit lu dans les vingt-quatre heures a la tete du corps dont seraIecoupable.-Art.7.Art. 10. A cetefTet,I'accusateur militaire auraIedroit de reque rirIecommandant du corps de rassembler sa troupe, qui, dansce'cas, se rassemblera sans armes. Art.11. Lorsque l'accuse aura ete declare non coupable,Ie pre sident prononcera qu'ilest acquitte de I'accusation, et ordonnera qu'il sera mis sur-Ie-champ en liberte. -Art.12.Art.12.Tout particulier ainsi acquitte ne pourra plus etre repris ni accuse pour raison du meme fait. -Tit.V,art. 14. Art. 13. Leconseil special fera passer a la diligence de I'accusateurmilitaireIejugement de chaque condamne au ministre de la guerre. -Art. 3: Art. U. La presente loi sera imprimee et envoyee en nombre d'exemplaires suftisants it tous les generaux,it tous les chefs d'elals majors de division, aux ordonnateurs, commissaires. des guerres, chefs d'adminislralion, a la diligence du general, chef de I'elat-major general de I'armee,VllI'absence du ministre delaguerre. l\Iandons et ordonnons aux autorites ci-dessus mentionneesd'avoir it s'y conformer strictement. Donna en notre palais imperialdeDessalines,Ie30maii805,anIIde l'independance d'Halti, etdenotre regne Iefer. Signa :DEssALINEs.Parl'Empereur.Le secreta ire general,signe :JUSTECHANLATTE.(1) Arrete, dusenat,du 27 Cevrier1807,quimodifieIeCode penal militaire de 1805,art.11etauiv.-90-

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t180'5] N 6.' _LOIsur Ie' divorce. (1).A Dessalines,Ieierjuin i805. JACQUES, Empereur Itr d'Halti, etc,ORDONNEce quisuit:TITRE PREMIER. -CAUSESDUDIVORCE:Art.1.Le mariage se dissoutparIe divorce. -Art.6 (2). Art. 2. Le divorce a lieuparIe consentement mutuel des epoux.Tit. 11, art.1etsuiv.Art.3.L'undes epoux peut faire prononcerIedivorce,surla simple allegation d'incompatibilited'humeurou de caractere. Tit. II; arlo6etsuiv.Art. 4. Chacun des epoux pourraegalement faire prononcerIedivorcesurdes motifs determines; savoir:1osurla demence,lafolie et la fureur del'undes epoux; 20surla con damnationdel'und'eux, 3: des pei:les afflictives ouinfamantes;30surles crimes, sevi ces ou injures del'unenversl'autre;40surIe dereglement de mreurs notoire;5surl'abandon de la femmeparIemari oudumariparIa femmependantunanaumoins;6surl'absencedel'und'eux sans nouvelles,aumoinspendantunan;7surl'emigration, dans les cas prevusparles lois. -Tit.II,art.10,11,12elsuiv. Tit.III,art.7 (3). -C.c.,215, 216elsuiv.Art.5.Les epoux mainlenant separes de corpsparjugement, au rontmutuellementlafaculle de faire prononcerleurdivorce, Tit.II,art. 9. Tit.IV,art.3.Arl. 6. Aucune separation de corps nepourra itl'avenir eIre prononeee;les epoux ne pementetre desunis que par Iedivorce. Tit.IV.art,19.(1)Constitution imperiale d'Haiti, Dispositions generales, art.15. Loi,du3 juin 1805,surIemode de constater l'etat-civil des citoyens, tit. 4, section 4. (2)Constitution impliriale d'Haili, du 20 mai 1805, Dispositions generales, art. 14. (3)Constitution imperiale d'Haiti,du 20 mai 1805, Decl. Pre!.,art7.-91-

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TITRE II. -Modes dudivorce. -PREMIER MODI':DU DIVORCEPARCONSENTEMENTMUTUEL. I,art. 2 ....,;. Tit. Il,art.1,2, 3 et suiv.-C; c.,288etsuiv.Art. i er.Lemadet la femme qui demanderont conjointementIedivorce, seront tenus de convoquer une assembIee de six, au moins, des plus proches parents ou d'amis adefaut:de parents;trois des parents ou amis, au moins, seront choisis parIemari, et trois par la femme. Art. 2. L'assemblee sera convoquee iljour lixe, etIelieu convenu avec les parents ou amis, et l'acle de convocation sera signifie .par un huissier. Art. 3. Si aujourindique pour la convocation, un ou plusieurs des parents ou amisconvoques, ne peuvent se trouver a l'assemblee, les epoul( les feront remplacer par d'autres parents ou amis. Art. 4. Les deux epoux devront se presenter en personna a I'as sembIee ; ils y exposeront qu'ils demandentIedivorce. Les parents et amis leur feront les representations et observations qu'ils jugeront convenables.Siles deux epouxpersistent dans leur dessein, il sera dresse, parIejuge de paix, un acte contenant seulement que les parents ou amis ont entendu les cpoux en assembIee dument convoquee, et qu'ils n'ont pu les concilier. La minute de cet acte sera signee des membres de l'assemblee, des deux epoux et du juge de paix, avec mention de ceux qui n'au ront pu ou su signer, et sera deposee au greffe du tribunal de paix;ilen sera delivre expedition aux epoux. Art.5.Les epoux, munis de l'acte enonce dans l'article prece dent, pourront se presenter devant l'officier charge de recevoir les actes de mariage dans la commune ou Iemari a son domicile; etsurleur demande, cet officier public seratenudeprononcer.leur divorce, sans entrer en connaissanee de cause. Les parties et l'officier public se conformeront aux formes pres crites a ce sujet,dans la loi du 3juin1805,surIemode de consta ter l'etat civil des ciloyens. DEUXIEME DUDIVORCE,SURLA D'UNDESCONJOINTS POUR SIMPLECAUSE D'INCOMPATIBILITE. -Tit.I,art. 8. Art. 6. Ie cas oil Iedivorce sel'ait demande par l'un des-92-

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L1S05jepouxcOI!tre }'autre, pour cause d'incompatibilite d'humeur ou de ;de motifs, Hconvoqnera une bleede parents,oud'amis adefaut deparents. Art. 7. La convo,cation sera faite par-,devant Ie juge de paixdudomiciledumari,auxjouretheure indiques par cet officier; I'acte en sera signifiea I'epoux defendeur,1l.vec declaration' des nomsetdemeures des parentsoliamis,aunombre de trois au moins, l'epOU! demandeur est tenu de faire trouver a l'assembIee, aveeinvi tation a I'epoux defendeur de comparailre a l'assemblee, et d'y trouver egalement, de sa part, trois au moins de ses parents ou amis. Art.' 8. L'epoux demandeur en divorce sera tenu de se presenter -enpersonnea l'assemblee; il entendra, ainsi que I'epoux defendeur, s'il comparait, les representations des parents ou amis, a l'effet de les concilier.Lejugedepaix sera tenu de seretirerpendant ces explications et les debats de familIe; en cas de non-conciliation, il sera rappeIe dans l'asseinblee pour en dresser acte dans la forme pre serite par la loisurles tribunaux de paix; expedition de cet acte sera delivree a.l'epoux demandeur, qui sera tenu de Ie faire signifier it l'epoux defendeur, si celui-ci n'a pas comparu a l'assemblee. Art. 9. Huitjours apres la signification faite a l'epoux defendeur, l'epoux provoquant pourra se presenter pour faire prononcerIedivorce devant I'officier public charge de recevoir les actes de mariage dans la commune ou Iemari a son domicile; il observera, ainsi que l'officier public, les formes prescrites it ce sujet dans la loi du 3 juin 1805,surIemode de constater I'etat civil des citoyens. TitreI"section 4.TROISIEMEMODEDUDIVORCE,SURLADEMANDED'UNDES EPOUX pounCAUSE DETERMINEE. -Tit.1,art. 4. -C.c.,221etsuiv.Art. 10. Si l'un des deux epoux a demandeIedivorce pour I'un des sept motifs determjnes indiques dans l'article 4 du titre premier de la presente loi, si ces motifs determines sont etablispardes juge ments, comme dansIe de separation de corps ou decondamna tion a des peines afflictives ou infamantes, I'epoux qui demandera Ie divorce, pourra se pourvoir directement, pour Ie faire prononcer, devant l'officier public charge de recevoir les actes de mariage danslacommune ou seraIe domiciledumari. L'officier public nepourraentreren aucune connaissance de cause; s'il s'eleve devant lui des contestationssurla nature oulavalidite des jugements -93-

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['1805.1tes, i\renverra les parties par-devantIetribunal civil, qui statueraendernier ressort,etprononcerasicesjugements suffisent pour autoriserIedivorce. Art. It. DansIecasdedivorcepour absence d'unallsansnouvelles, I'epoux quiIedemandera pourra egalementsepourvoir di. rectementdevantI'officier puhlicdesondomicile, lequel prononceraIedivorce surlarepresentationquiluiserafaited'un actedeno toriete constatant cette absence. Art. 12. A l'egard du divorce fonde sur lesmotifs determines, indiques dans I'article 4dntitre premier ci-dessus,Iedemandeur sera tenude se pourvoir devantles arlJitres defamille,enlaformequisera prescl'ite dansIeCodedel'ordre judiciaire pour les con testations entremariet femme. -Tit.I,art. 4. Art. 13. Si, u'aprcs Ia verification desfaits,II'Sarbitres jug-ent lademande fondee, ilsrenverrontIedemandeurendivorce devant l'officier publicdudomiciledumari pourfaireprononcerIedivorce.Art. U. Siunedes deux parties rappelaitdujug-ementarbitral, cet appel,quidevra etre instruit sommairementet juge sans delai, suspendra Ia questiondudivorce.TITREIII. EFFETSDUDIVORCE PAR RAPPORTAUX EPOUX. Art. L Lebutdu divorce, par rapport it la persCJ1I1e des ep0ux,etant derendre au mariet it lafemmeleur entiere independance,i1sontIa Jilculte decontracter un nouveau mariage. Art.2et 3.Art.2. Les epoux divorcespOUl'rontserem ariel' ensemble.Art. 3. Quel que soitIemotifquiait donne lieu au divorce, les epoux divorces pourront contracterunnouveaumariage aussitOtapres Iedivorce. -Tit. IV, art.5.Art.4.DansIecasoli Ia femmeserait enceinte, elle sera tenuedOenfairesadeclaration.Art.5.L'epoux divorce alafacuItedereconnaltre I'enfant pour sien, aux termesdel'article 4 deIaloi du28mai,surlesenfants naturels et aduHerins (I). Art.6.Dequelque maniere queIedivorce ait lieu, les epoux divorcesseront regles, par rapport it lacommunautedebiensouIn societe d'acquetsquia existe entreeux,soitparIaloi, soit par la convention,commesirund'eux elaituececte. (1)Loi.du28maiosurles enfants nes hOTSmanage.tit.I.art. 4. -94-

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[1805] "Art.7.Si ,Ie divorce avait ete ohtenu par Ie maricon-trelafemme pour cause de demence, de folie ou de fureur, la femme ne sera pas privee de ses droits et benefices danslacommu naute des biens ou societe d'acquets, mais elle reprendra les biens quiysont entres de son:c6te; mais si Ie divorce avait lieu par tout autre motif determine, elle sera privee des droits ci-dessus enonces. Til.1,art.4.Art.8.Quant aux droits matrimoniaux, emportant gain de survie, tels que dauaire, augment de dot, droit de viduite, droit de part dans les biens meubles ou immeubles du predecede, ils seront, dans tous les cas de divorce, eteints et sans elfet; il en sera de des donsouavantages pour cause de mariage, que les epoux ont pu se faire reciproquement l'un a l'autre, ou qui ont pu etre faits a I'un d'eux par les pere, mere ouautres parents de l'autre. Les dons mutuels faits depuisIemariage et avantIemariage, res teront aussi comme non avenus et sans elfet. Art.9.En cas de divorce pour cause de separation de corps, les dl'Oits et interets des epoux divorces resteront regles comme ils I'ont ete parIejugement de separation et selon les lois existantes lors de ces jugements, ou par les actesettransactions passees entre les parties. -Tit. I,arlo5et6.Art.10.A l'egard des creanciers, ils anront leur recourscontre les biens des deux epoux, qlland ils se seront engages conjointe ment, sinon contre celui des deux qui sera personnellement oblige, saul' son recours contre I 'autre. TITRE IV. -EFFETSDUDIVORCE PAR RAPPORTAUXENFANTS.C.c.289etsuiv.Art.J.Dans Ie cas dll divorce par consentement mutuelousur la demande de l'un des epoux, pour i'imple cause d'incompatibilite d'humeur ou de caractere, sans autre indication de motifs, lesenfants nes du mariage dissous seront contles, savoir;les filles a la mere, les garcons ages de moins de sept ans, egalement il. la mere; au-dessus de cet age, ils seront remis et confies au pere, et nean 1lI0insIe pere et la mere pourront faire,.il. cesujet, tel autre arran gementque bonleursemhlera. Art. 2. Dans tous les casdedivorce pour cause determinee, il sera regIe en assembIee de famille auquel des epoux les enfants scront confies.95-

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['1805] Art. 3. SiIe divorce a lieu pour cause de separation de corps, les enfants resteront it ceux allxquels ils ont etc confies par jugemen t ou transaction, et qui les ont it leurgarde depuis plus d'un an ;ets'il u'y a ni jugement ou transaction ni possession annale, il sera regie en assemblee de famille auquel du pere ou de la mere scpafl's les enfants serontconfies.Tit. 1,art.5.Art. J. Ncanmoins, dansIecas oti la separation de corps, I'ellfant aurait etcilia charge d'un seul des deux epoux, sans que I'aulre cut participeaux frais de son entretien etnourriture,I'enfant serait irrevocablement confie, par preference,it celui des epoux qui en aurait eu toute la charge. Art. 5. SiIemarioula femme divorce contracteUllnouveau mariage,ilseraegalement regie en assemblCe de famille si les enfants qui leur etaient confies, leur seront retires et it quiils seront remis.-Tit.Ill, art. 3. Art. 6. Soit que les enfants, garcons ou filles, soient confies au pere seul ou it la mere seule, soit it I'un ou I'autre, soit it des tierces personnes,Ie pere et la mere ne seront pas moins obliges de con h'ibuer aux frais de leur education etentretien; ils y contribuerontenproportion des facultes et revenus industriels de chacun d'eux. Art. 7. LadissolutiondumariageparIedivorce,ne privera, dausaucuncas, les enfants fillS de ce mariage, des avantages quileuretaient assuresparlesloisetparles conventions matrimoniales; maisIedroit n'en sera ouvert, it leur profit, que commeilleserait si leurs pere et mere n'avaient pas fait divorce. Art. 8. Lesenfants conserveront leurs droits de successibilite it leur pere et it leur mere divorces,ets'il survientilces deruiers d'autres enfants de mariages subsequents, les enfanls de dilfCrents lits succederont en concurrence etpar egalcs portions. Art. 9. Les epoux divorces ayant des enfants, ne pourront, en se remariant, faire de plus grands avantages, pour cause. de mariage, que neIepeuvent, suivant les lois, les epoux veufs qui se remarient ayant enfants. Art. 10. Les contestations relatives au droit des epoux, d'avoirunou plusieurs enfants it leur charge et confiance, celles relatives a I'cducation, aux droitset intercls de ces enfants, seront portees de vant des arbitres de famille ;etles jugements rendus en cettema tiere seront executes parprovision en cas d'appeJ. Art. 11. En formantunedcmandeendivorce, s'il existeunecommunaute, Ie conjoint demandeur pourra faire apposer les scel--96-

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[1805] les surtous lesmeubleset effets mobitiers dependant de ladite COm4munau;te.': Art. Ces scelles ne pourront,.soit dans Ie cours de rinstance, soit apres Ie jugement detinitif, etre leves qu'en proctSdant de suite it l'inventaire des choses y comprises, 11 'moins que les deux parties ne cons en tent 11 une leveepure, et simple. Art. 13. Lorsqil'il sera prouve, par,unacte authentique ou de notoriete pubIique, que deux epoux sont separes de fait depuis plus de six mois, si l'un d'eux demandeIedivorce, il sera prononce, sans que Ie demandeur soit fenu de convoquer l'assemblee de famille;I'acte de notoriete publique sera donne par Ie juge de paix sur l'attestation de six citoyens; l'epoux qui demandera Ie divorce, pourra, dansIecas d'une residence de six mois dans une nouvelle commune,Caireciter l'autre par-devant I'officier public de ce nou veau domicile. La citation 'sera donnee it la personne de l'epoux defendeur, ou au dernier domicile commun, chez l'officier public qui sera tenn de la faire afficher pendant une semaine a la porte du bureau de retat civil. Art. n. Si de il est cons tate parunacte authentique ou de notoriete publique, quelaseparation des epoux a lieu par l'abandon fait par l'un d'eux du domicile commun, sans donner de ses nou velles, l'epoux abandonne pourra obtenir Ie divorcesurla seule presentation de l'acte authentique ou de notoriete, sans avoir besoin d'appeler I'epoux absent. Art. 15. Les femmes des infortunes Haitiens quelafureur des Francais a enleves de leurs domiciles, ne pourront neanmoins, pen. dant l'absence deleurmari, demanderIedivorce que par-devant l'officier public de leur dernier domicile commun; elles De pour ront reclamer, pendant son absence, que ce qu'elles ont apporte en mariage, et tous les reglements qu'elles feront faire de leurs droits, ne seront que provisoires, jusqu'au retour de leur mari. Art. 16. Tous juges de paix, tous officiers publics qui ne vou dront pas recevoir une action en divorce, ou qui reruseront deIeprononcer dans les cas prevus par la presente loi, seront destitues, et pourront etre condamnes 11lies dommages et interets envers les parlies. Art. 17. Le divorce ne pourra etre allaque par la voie de l'appel; et dansIecas ou il aura it ete pronopceavecquelque irregularite,onpourraIefaire prononcer de nouveau, en se conformant aux I'ormalites indiquees par la loi. -97 -

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[1805]Arl. i8. Si 10 poursuivantendivorceclablitparunacteaUlhontiqueoude noloriela publique,queson epoux est emigre ouqu'it flst residantenpaysetranger,iIsera dispensedeI'assigneraudernierdomicile,etIedivorceseraprononcesansaucune citation.Art. i9.Les divorcesquiont etc etlectuees en vertuduprincipe quo Iemariagen'estqU'uncontratcivil,etquiont ele constatespardes declarations authentiques,faitessoit par-devantdesnotaires,soitpar-devantdes offiCiers publics,soitentinpar-devantI'Empe reur,avantlapromulgationdelaconslitution, sontconfirmees.Til.I,art.6.Fait et donne ennolre paIais de Dessalines,Ietorjuin 1805, anIIde I'independance d'Haiti, etdenotre regne Ieler Signa: DESS.lLlNBS. ParrEmpereur, Leseerilairegeniral,signa:JUSTE CHANI.UTE.N7. ,...... LOIsurIemode de constater l'etatcivildes citoycns. A Dessalines, ]e 3 juin 1805.JACQUES,Emper'eurIerd'Haili, etc.;Considarant qu'iI est instant de constater civil des citoyens d'aprcs un mode legalet uniCorme,et tirer de l'obscurite oil iIs sont enseve]is de puis ]e commencement dela learegistrescontenantlea actas qui peuvent eclairer cbaque citoyensureet etat; VouIant etablira I'avenir des depOtsou chacun puisse avoir recours au besoin, ORDONNE cequisuit:TITRE PREMIER. -DESOFFICIERSPUBLICS,PARQUI TENUSLESREGISTRESDENAISSANCES,HAIUAGES,DIVORCES E:TDtCES. Arl. f. Lesfonctionsrelatives a l'etatcivildescitoyensserontexerceesdansehaquecommuneparunofficierpublic,quisera charge deconstaterlesnaissances, mariages,divorceset deces (f).(1)Decret du30aoilt 1805, portanttarif,etc. ch.VI.98-

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['1805] Art.2.Les fonctiolls d{ l'oHicier public sOIlL incollillatibies avec toute autre fonction. '.. Art. 3.lisseront nommespar)'Empereur(1).TITRE II. -DE TENUE ET DEPOTS DES nEGISTHES. Art. 1.11y aura dans chaque cOI:nmunetrois registres pour con stater, l'un les naissances, l'autre les mariages et divorces,Ietroi sieme, les deces. -C.c., 41. Art. 2. Les trois registresserontdoubles, fournis aux frais des oflicierspublics;ils seront cotes par premier et dernier, et paraphessurchaque feuillet, Ie tout sans frais, parIepresident du tribunal civil de la division. Art. 3. Les actes de naissances, mariages, divorces et deces seront ecrits surles registres doubles, de suite et sans aucun blanc. Les renvois et ratures seront approuvcs et signes de la memtl maniere (Iue Ie corps de l'acte. Rien n'y sera ecrit par abreviation, ni aucune date mise en chiffres. -C.c.,42.Art. 4. Toute contravention de la partdeI'officier public aux dis positions de l'artic1e precedent, sera punie de quatre gourdes 'd.'a mendepourla premiere fois, de huit gourdes en cas de et meme des peines portees parIeCode penal, en cas d'alteration au de faux. C.c.,5f.Art. 5. Tout officier public qui sera convaincu d'avoir ecrit et signe, en aucun cas, les actessurfeuilles Yolantes, sera condamne a une amende de deux portugaises, et destitue. -C.c.,53. P.,153.Art. v. Tout acte contenu dans ces registres et les extraits qui en seront delivrcs, ferontfoiet preuve en justice, des naissances,mariages, divorces et deces. -C.c., 47. Art. 7. A lafinde chaque annee, l'olTIcier public fera, it la suite du registre, une tableparordrealphabetique des actes quiyserontcontenus. C.c., 43... Art. 8.Aupremierjanvierde chaque annee, I'officier public sera tenu d'envoyer au secretaire d'Etat I'undesregistres doubles,-C.c., 45. Art. 9. Le secretaire d'Etat verifiera si les acles ontele dresses et les registres tenus dans les formes prescrites.(1)Constitution imperiale d'Haiti, du20mai 1805, art 30.99 -

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['1805] Art. 10. Cesregistres doubles seront deposes et conserves aux archives de la secretairerie de l'Etat. -Tit.V,art. 4. Art.11.Les autres registres seront deposes et resteront au greffe du tribunal civil de la division. -Tit.V,art.2.Art.12.Le secretaire d'Etat sera charge des poursuites encasde contravention it la presente loi. Art.13.Tous les dix ans, les tables annuelles faites it lafinde chaque registre, seront refondues dans une seule. Art. U. Cette table decennale sera misesurun registre separe, tenu double, cote et paraphti parIepresident du tribunal civil. Art.15.Toutes personnes sont autoriseesit se faire delivrer des actes de naissance, mariages divorces et deces, soitsurles registres conserves au greffe du tribunal civil, soitsurceux deposes anxarchives de la seeretairerie de l'Etat. -C.c., 47. Art. 16. IIsera paye pour chaque extrait des aetes de naissances, deces et publications de mariage, pour chaque acte de mariage et de divorce, suivantIetarif qui sera porte (1).Art. f7. L'officier public repondra des regis Ires courants restes dans son etude. TITRE Ill. -NAISSANCES.Ai't. 1. Les aetes de naissances seront dresses dans les vingt quatre heures de la declaration qui sera faite par les personnes ci apres designees, assistes de deux temoins de l'un ou de l'autre sexe, parents ou non parents, ages de vingt-un ans au moins. Art. 2. En quelque lieu que la femme accouche, siIe pere de l'enfant cst present et en etat d'agir,ilsera tenu deCairela decla ration. Art. 3. LorsqueIe pere sera absent,oune pourra pas agir,' ou ne sera pas connu,Iechirurgienoula sage-femme qui aura fait l'ac couchement, sera oblige de declarer la naissance. Art. 4. Quand une femme accouchera, soit dans une maisonpuhlique,soitdans la maison d'autrui, la personne qui commandera dans cette maison ou qui en aura la direction, sera teime de declarerla naissance. -C.c.,55. Art. 5. En cas de contravention aux' precedents articles, la peine(1) Decret du30aodt 1805, portant tarif des droits curiaux, etc. ch.VI.100-

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[180[;1 contre les personnes de faire la declaration sera de deux mois deprison;cette peine poursuivieparIejuge de paix, sauf les poursuites criminelles, enca,s de suppression, enliwement ou de faut de representation de l'enfant. Art. 6. L'enfant sera porte au bureau de l'etat civil et presente;1 l'of/1cier public. En cas de peril imminent, l'officier public sera tenu,surla requisition qui lui en.sera faite, de se transporter dans la maison OU seraIenouveau-ne. Cette derniere disposition ne pourra avoir lieu pour les personnes de la campagne. Art. 7. La declaration contiendraIejour,l'heure etIelieu de la naissance, la designation du sexe de I'enfant,Ie prcnom qui sera donne, les prenoms et noms de ses pere et mere, leurprofession,leurdomicile; les prenoms, noms, professions ct domicile des te moins. -C.c.,56.Art. 8.II sem de sniteltTressc acte de celie surIeregistre double it cedestine;cet acte sera signe parIe pere et lamere, ou par la mere seule,siI'enfant n'est pas rrconnn (I),on autres personnes qui auront fait la declaration, par les temoins etparI'officier public; si aucnns des dcclarants et temoins ne peuvent '.)t ne savent signer,ilen sera fait mcntion. Art. 9. En cas d'exposition d'cnfant,Ic Juge de paix qni en aura ete instruit, sera tenu de se rendresurIelieu de l'cxposition, de dresser proces-verbalde l'etat de l'enfant, de son :ige apparent, des marques exterieures, vetements et autres indices qui peuvent eclairersursa naissance ; il recevra aussi les declarations de ceux qui auraient quelques connaissances relatives it l'exposition de I'en fant. -Art.10.-C.c.,57.Art. 10. Lejugede paix sera tenu de remelLre, dans les vingt quatre heures, it l'officier public,une expedition de ce proces-ver bal, qui sera transcritsurIe registre double des actes de naissance. C.c.,57.Art.H.L'officier public donneraunnom a l'enfant trouve expose, et il sera potirvuit sa nourriture et it son entretien suivant les lois qui seron! portees a cet elfet.IArt. U. II est defendu aux officiers publics d'inserer, parleurpropre fait, dans laredaction des. actes etsurles registres, aucunes clauses, notes ou enonciations que celles contenues aux declarations(1)Loi,du 28mai1805, sur les enfanls nes hors mariage, tit. I, art.1,10,13, 14 et suivants.-101-

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[l80G]quileut' set'ontfaites,it peinededestitution, sur ladenonciation des parties. -C.c.,36.Art. 13.Si,anterieurement it lapublication de lapresenteloi,(Juelqucspersonnes aruientneglige defaireconstaterlanaissancedeleurs enfantsdans lesformesusitees,eUesseront tenues d'en fairela McIaralion danslaquinzainequi suivra ladite publication, eonfol'mement auxdispositions ci.dessus.TITHEIV.-Desmariages(I).SECTION Ire.-PUBLICATIONS.AI'\.1.Tout mal'iage sera precede d'une publicationfaiteIe di mancheil l'heul'e demidi,devant Ia porleexterieureefprincipale tlu de /'etat civil; cette publication serafaitepar l'officier publie, ct Iemariag-c lie P0Ul'l'aetre conlmcteque llllitjoUJ's aprtis. -C.c.,63. Art.2. I.'oracier public dresseraaclede cette publicationSUrun regislrc pal'liculiel' a ccdes line, lequel ne serapastenudouble,et dClllCUl'Cradepose, lorsqu'il sera lilli, augreffedu.tribunalcivil. C.c.,63.Art.3.L'acledepublicationcOlltiendralesprcl1oms,noms,pro fessions etdomicilesdesfulul'S epoux, ceuxdeleurs peres et meres, et lesjour et hemedela publication, et sera signe par l'officierpulllie.-Art.1. C.c.,G3.Art.4.Unextrait de la publication sera afficMit la portedubu reaudel'etat civil,dausUlltableau a ce destine. _C.c., 64. SECTION 2. -DESOPPOSITIONS.Art.1.DansIecas OU it serait forme oppositionauxmariages des majcursoudes mineurs, soit pardespersonnes deja engageespal' mariageavecl'unedesparties, soit pardespersonnes dontIeCOllsentcmentestrequis pour les mariagesdesmineurs, l'actc positionsera !igl1i1ietll1 domiciledesparties et a l'officier publicquimeUrasonvisasur I'original. -C.c.,66.Art.2.IIserafaitunementionsommairedesoppositionspar l'omcier public, surIeregistredespublications. _C.c.,67.Art.3.DansIecas OU la validitedel'oppositionneseraitpas(1)Constitution imperialed'Haiti, du 20 mai1805, Dispositiollllart.14.102-

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t1805jreC{)Il!1ue p,ar.lejuge de.ou Ie tribunal civil, une etpedition des jugements main-levee sera: remise a l'officier public qui en feramentien,enmarge. de celie des oppositions, sur Ie registre des publications. -C.c.,67.Art. 4. Si une opposition: etail' formce hors les cas, les formes, et par toutes personnes autres.que cellei disignees par laloi, 1'0p position sera regardee comme nOll avenue, et l'officierpublic pourra passer outre a l'acte de mariage; mais dans Iecas et les formes ci, dessus specifices, ilne pourra passer outre au prejudice des oppo sitions, il. peine de destitution, de six cents francs d'amende et de tousdommages et interets.SEC'l'lON 3. -DESFORMESINTRINSEQUESDEL'ACTEDE Art. 1. Lejour OU les parties voudront contracter mariage, sera par elles designe, etl'heure indiquee par l'officier public chargil d'en recevoir la declaration. Art. 2. Les parties se rendront dans la salle du bureau de l'etat civil avec quatre temoins majeurs, parents ou non'parents, sachant signer, s'il peut s'en trouver aisement dansIelieu qui Ie sachent. Art. 3. L'officier public fera en leur presence lecture des pieces relatives al'etat des parties et aux formalites du mariage, tels que les actes de naissance, les consentements des peres et meres, l'avis de la famille, les publications, oppositions et jugementsdemain levee. -C.c., 74. Art. 4. Apres queIemariage sera contracte par la declaration que fera chacune des parties il. hautevoix,en ces termes :Jedeclareprendre enrnariagelel outeUe.....(Ie nom), l'officier public, en leur presence et en celie des memes temoins, prononcera, au nomdelaloi, qu'elles sont unies en mariage. -C.c., 74. Arl. 5. L'officier public dressera de suite l'acte de mariage qui contiendra:1les prenoms, noms, ages, lieux de naissance, profes sions et domiciles des epoux; 20les prenoms, noms, professions et domiciles des peres et meres; 3les prenoms, noms, ages, profes sions et domiciles des temoins et leur declaration s'ils sont parents et allies des parties; 40 la mention des publications dans les divers domiciles, des oppositions qui auraient ete faites, et des jugements de main-levee;50la mention du consentement des peres et meres ou de la famille dansIecas OU il Yalieu;6la mention des declara tions des parties et delaprononciation de l'officier public. -C.c.,75. -

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['1805:1 Art. ti. Cetaele sera signc parles parties, par leurs peres el meres et parents presents,parles qualre temoins etparl'officier public. En cas qu'aucun d'enx ne Slit ou ne put signer, il enserafait mention. :-;ECTION 4.-DUDIVORCE,DANSSES RAPPORTS AVEC LES FONCTIONS DEL'OFFICIER PUBLICCHARGEDECONSTATER L'ETAT cn'ILDES CITOYENS (1).-C.c.,281, 282. Art. 1. L'officier public charge de recel'oir les aetes de naissance, lIlal';age et ueces, prononcera la dissolution du mariageparIe di vorce dans la forme suivante. Arl. 2. Les epoux se presenteront accompagnes de quatre te moins, majeurs, devant l'officier public, auxjouretheurequ'il aura in diques, et apres avoir justifies qu'ils se sont conformes it la Jgj surIemode de divorce, et represente l'acte de non conciliation qui aura dll etre delivre parleurs partnts ou amis assembles,I'o!:"/icier public,surJeur requisition, prononcera queleurmariage est dissous. Art. 3. L'officier public dressera acte du toutsurIeregistre des mariages; cet acte sera signe des parties, des temoins et de l'officier public, et il sera fait mention de cenx qui n'auront pu signer. Art.6.Art.4.SiIedivorce est demande par l'un des conjoints seule ment, I'officier publictheraIe delai, qui ne pourra etre que de hui.t jours, et en outre,d'unjourpar dix }jeues, en cas d'absence de J'autre conjoint. Art. 5. Le delai expire,Ieconjoint demandeur se presentera ac compagne de quatre temoins majeurs, devant l'officier public,'il re prcsenteJ'a les di!ferents actes et jugements qui doivent justifier qu'il a observe les formalites et les delais exiges parla loisurIe mode de divorce, et qu'il est fondeit Ie demander;ilrepresentera aussi l'acte de requisilion qu'ilaura un faire signihc'it son conjoint; !'officier public, snr sa requisition, prononcera en ph''lnce ou en absenceduconjoint, dument appeIe, queIe mariage estdl ..;ous. Art. 6. L'officier public dressera acte du toutsurIe registre des mariages, en la forme rcgIee parl'article3ci-dessus.(I)Loi,du 1" juin1805. surIedivorce,tilII, art5,9,to,11,13; tit.IV,art.13.15,16.-104-

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[1805]Art.7. L'officier ne pourra, dans aucun cas, prendl'e con naissance des contestations qui pourront s'elever de la part du con joint contre lequelIedivorce sera demande,suraucun des juge ments ou actes representes parIeconjoint demandeur; il renverra les parties a se pourvoir.: Art.8.Tout officier public qui aura prononceIedivorce, et en aura dresse l'acte sur les registres'des mariages, sansqu'illuiait ete justifie des delais, des actesetdes jugements exiges par la loi surIedivorce, sera destitue et condainnea six cents francs d'amende et aux dommages-interets des parties. TITRE V..-DU DEets. Arl. 1.Ladeclaration du deces sera faite par les deux pluspro ehes parents ou voisins de la personne decedee,a l'officier public, dans les vingt-quatre heures. -C.c., 77; Art. 2. L'officier public se trallsportera dansIelieu ou la per sonne sera decedee, et apres s'etre assure du deces, ilen dressera l'actesurles registres doubles.Cetacte contiendra les prenom, nom, age, domicile et profession du decede ; s'il etait marie ou veuf; dans ces deux cas, les prenom et nom de l'epouse; les prenoms, noms, ages, prvfessions et domiciles des declarants, et au cas qu'ils soient parents, leur degre de'parente. -C.c.,78, L Art. 3. Le meme acte contiendra de plus, aut ant qu'on pourraIesavoir, les prenoms, noms, professions et domiciles des pere et mere du decede, etIelieu de sa naissance. -C.c.,78, Art. 4. Cet acte sera signe parles declar!1nts etparl'officier pu blic, et mention sera faite de ceux qui ne sauraient ou ne pourraient signer. Art. 5. Lorsqu'une personne sera decCdee dans les hOpitaux, maisons publiques, ou dans des maisons d'autrui, les superieurs, directeurs, administrateursetmaitres de ces maisons, seront tenus d'en donner avis, dans les vingt-quatre heures, a l'officier public, qui dressera l'acte de deces surles declarations qui lui auront ete faites etsurles renseignements qu'il aurapuprendre concernant les prenom, nom, age, lieu de naissance, profession et domicile du decede. C.c.,79 (1).(1)Avisdu substitut du commissaire du gouvenement, du 13 octobre 1816 concernant les individus decedes dans les maisons publiques, etc. '105-

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II KOiij Arl.Ii. Siclans Iecasdn precedenl article, I'officier public a pn connaih'e Iedomicilede la personne decedee, il sera tenu d'envoyerlInexlraitdeI'acle du dccesit I'officier public du lieu de cedomi cile,qui Ie transcrira sur les regislres. -C.c.,i9.Arl.i.Les corps de cell x quiauront ete !rouves morlsavec dl's signes ou indicesdemort violente,ouaulres circonslances qui(loJlnentliell deIe soupronnel"ne pourron! (lIre inhum(;s flu'aPI'l-Sque Iejugede paixaura dresse prods-verLal.(VOyf';':la loi Sill'la juslice de paix.) Art. 8. L'officier public, apres avail' reCll du juge depaix 1111 exlrait du proct\s-verhal de du cadavre, conlenant des rensei gnemenls sur les prenom, nom, age, lieudenaissance, profession el domicile dudecede, dressera I'acledu sur les renseigne menls/luilui auront ete pal' I'of(kicr de police. -Art. 7.C.c.,80,81.Arl.1.A complel' de la publication(Iela pri'sente lui, l'oUicier public qui sera reconnu, sera lenn de se Iransporler,avec Ie secrelail'e-grcffier etIe jU'e depaix, aux{glisesparoissialts, presbyleres, etauIres des rf1gisll'es des acles de naiSSaIlCf1S,mariages, divorces el (McilS ; ils y dresserolltunillvelliairc de Ions eesregislrcs exislants enlre les mains des el aulres dt;posi laires.Lesregislres conl'anls scront c10set aerMe:'> pal'Ie juge paix. Art.4. Arl.2.Tousles registres,(anIanciens que nonveaux, seron!pOI' lesautil'eITe du tribunal civil. Tit. II,arlo11.Arl. 3. Les aclesdenaissances, mal'iages, divorces et deci's, eontinueront d'ctre inscrils sur les regislres couranls jusfJu'au 1 "r janvier1806,troisieme annce de I'indcpendance de I'Ernpire. Arl. 4. Danstrois mois, it compIer de la publication de la pl'csenle loi,ilsera dresse un inventaire de lous les regis IresdeLaplcmes, mariages et cxislanls dans les greffes des Iribunaux.DansIelI10issuivanl, une expedition de I'inventaire sera,itla di ligence des commissaires impcriaux pres les tribunaux,envoyce an secretaire d'Elal pour eIre Mposee aux archivesdeI'Elal. -Tit.JI,art.10.Arl. 5. Aussislol (lue les registres couranls auron!. etc clos, arl'e les el porles an hnreau de l'elal civil, les officiers pnhlics sellls re",-106-

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cevrontII's nclesdi:nhissances, mariages, divorces et decrs,pI conserveront les regisrres. Expresses defenses sontfaites it toutes personnesdes'immiscer dans latenuede ces registres et dans la receptiondeces actes. Art. {i.Les tribunaux civilsetdepaix,et spccialementIe secrc taire d'Etat, surveillerontII'sofficiers publics dans I'exercice desfonctions qui leur sont attribuees. Art. 7 ToutesII'sloisconlrairesauxdispositions de celles-ci sont et demeurent abrogees. Art. 8. Aprcsavoit,determine Iemodedeconstater I'etat civil dps citoyens, dCclarollsque nous n'entendons innovet',ninuire a la liherle qu'ils onttOilS de consacrerII'Snaissances, mariages, et dccespar les ceremonies duculte auquelilssont aUaches, et par l'interventiondesministresdececulle.Faitet donne en notre palais impel'iaI de Dessalines,Ie3juin1805, an11de d'HaHi, et de notre regne Iel er Signe :DESSALINES.ParI'Empereur,Lesecretaire general,signe :.JUSTE CHANLATT!.N8.to! sur I'organisation des tribul1nux.A Ie7 juin 1805.JACQUES,Empereurletd'lIaili, elc.;OnDONNEce qui suit:TITRE PREMIER. -DES AnDlTRES(t).Art.1. L'arbitrage etant IemoyenIeplus raisonnable de termi nerII'Scontestations "entre II'Scitoyens,II'Slegislateursnepourrontfaireaucunes dispositions qui tendraient a diminuer, soitIaraveur,soit I'efficacite des compromis.(I)Constitution imperialed'HaYti,du 20 mai 1805,art. 45. Constitution imperialed'HaYti,du 27 decembre 1806, art. 133, 134. Loi, du 24 aoftt 1808, sur l'organisation des tribunaux. tit.1,art.13.-107 -

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Art.i.'foulespel'SOIlUeSayalll IeIi breeXilrcice de leurs droib el de leurs actions, ponrron t nom merunOllpilisicurs arbill'es pour sur leurs illlcrels prives, danslOllsII'Scasetentoules matieres, sans exception. Art.3.Cependalltla faculte de compromellre est accordee au mineur emancipe, moyennant l'assistancedesoncuratenr, lorsqu'il s'agira d'une contestation dont l'objet n'exccdera pasl'adminislration dpl'usufruit desesbiens. Celiefawlle est aussi accordee aux luleurs, s'il ne s'agit que des revcnusdes minellI's; mais lorsqu'il s'agiradeleurs biens fonds, ilsnepourronl comprometll'e surII'S interNs des minellI's, qu'apri'syayoirMeexpressement autorises parunconseil de famille.n enest de mcme In curateill' d'lIn interdit. en simple agent, regisseuron fonde depouvoirnepeut compro l1H'lIrcsans eIre muni d'un ponvoir special desoncl)mmellant ..\1'1. 4.Les compromis'quine fixeront allcun delai dans lequcl les arbitres devront prononcer, etceuxdontIe delai seraeXpil'e, se ront neanmoins valahll's, et auront leur l'xecution, jusllu'ilcequ'une des parties ailraitsignifieranxal'hilresqu 'elll' neveut plus tenir ill'arbilragl'. Art.5.nnesera poinl ll'apl'ell'r dessenlences arbitrales, il lIloinsqneII'Sparliesnesesoiellt l'xpressl'melll resene, parIe rompl'omis, la racullede l'appel. Art. fl. Lesparlies qui conviendrontdese reserver rappel, se ront tenuesdeconvenir egalemenl, parIecompromis, d'nn tribunal entre tousccuxdel'Emp:re anquell'appel sera dCfere, fautedequoirappel ne serapas reeu. Art.7.Lessentences arbitralcs dontil n's aurapasd'aprel se ront rendues executoires par une simple ordonnance dn president du tribunaldeladivision,qnisera lpnndela uOlIIlPr aubasonen marge de l'expedilion quilui sera presentee. Art.. Tanten arbitrageforce qu'en arbilrage volonlail'e,Jesformes de procMer serollt les memes qne cellcs pl'esc!';les pour It's justices de paix. TITREn.-DESJUGES ENGENERAL (I). Tit.X,arlofel suiv. Art. L Lajusticeserarendueau nom del'Empereur.(1)Constitutionimperialed'HaYti,du 20 mai 1805, Decl. Prel.,art 47.108-

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[1805]Art. 2.La (\fJicesde judicatureestaholiepOl\l' jom's \rt.3.Les jug-os;:eronlchoisis elHOmmeSpal' l'Empereur. Art. 4.Les juges recelTonldeI'Empereur des Ieltres patentes conrues dansIestermes suivants :( JACQUES, EmpereurIerd'HaHi,( chef supremedel'armee, parIa gl'ilce deDieu etIaIoiconstilu I. tionnelledel'Etat, connaissantIe zele, laproJJiteetJes dlr sieur..... ayonsdeclare ct decJal'uns que Jedit sieur est jugeIi.du tribunaldela division .....qu'honIleur doillui areportl;en (Icelie quaJite, el quelaforcepuhJique sera employee, encas de ( nccessite, pour l'exccutioIl des jug-emeIllsauxquels ilconcourra, apri's avoir Ie ;:el'ml'I1t requis etavoir etc dliInent installe,0)"ht. 5. Les jug-es et les officiers charges des fonctionsdu miIlis tere public, lie pourront eire deslilues (Iuepour forfaiture dliment jugee pardes jug-es competents(I).Art. G. Lestribunaux seroIlt tenusdefaire lranscrire, purement et simplement, danS-llJLregislre parliculier, eldepublicI' dans laJlUitaine,lesloisquileur sl'ronl eIlyoyees,,\rt. 7. lis nepoulTonIpointfairede reg-lemeills; maisils s'adres seront it l'Empereur, par Javoiedusecrclaire d'Etat, toutesIesfoisqu'ils croiront nccessaire, soit d'iIllerprcter une loi, soitd'onfaireline noUYelle(2), Art. 8.En toute civileoucriminelle,Iesplaidoyers, rapp6rts ctjug-ements seront publics; et tout citoyen auraIedroit dedCfendreIui-meme sacause, soil verhalemenl, soil par ecril(:3). Art. !J. Tous les citoyens etallteg-aux devant la loi,eltoule pre fi'rence pourIe rang'l'l Ielour d'clre jugc clanl uneinjustice, toules les alfaires, suivanl leur nature, seront jugees, Iorsqu'elles serolll instruiles, dans I'ordre suinlllliequelle jugerneIltenaura ete requis par les parties. Art.10,Leslois civile!; seronl revues et reformees, el it serafaitun Codede loissimples, cluil'es el appropriees it Iaconstitution. ;\1'1. 11.LeCode de laprocedure civile sera rCdige el calculc demaniere IIn'elle suit rcndne plus simple, expedilive et moins cOlitcuse.(1)Constitutiondela n!publique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 129. (2) Ibid.,art.126.(3)Ibid.,art.131.-109 -

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[1805] TITRE III ..;.DESJUGES DE PAIX,-Tit.X,art. 6 (1). Art.i. IIyauradanscbaque commune unjugede paix assiste de deux assesseurs. Art.2.Le.jugede paix, .assiste dedeux assesseurs, connaitra avec eux detoutes les causes purement personnelleset mobiliilfes, sans appel, jusqu'ala valeurdecinquante gourdes,et"a charge d'appel,jusqu'ala valeurdecentgourdes;en cederniercas, ses jugements seront exccutoiresparprovision, nonobstant I'appel, en donnant caution.Art3. Cependant it charge d'appel il pourra connaitre, it quelle valeur quelademande'puisse monter, lorsqu'il s'agira des difI'erends cas ci-apres prevus; savoir :10Des actions pour dommagcs fails, soit par les hommes, soit par les animaux, aux champs, fruits et rccoltcs. 20 Des deplacement,; de bornes, des llsurpatioils de terres, arures, haies, fosscs et aut res entourages ou clotures, commises dans I'aunee, des entreprisessur les COUl'Sct volumes d'eau servant il I'arrosement des habitations et de toutes aulres actions possessoires. ilO Des reparations locatives des maisons et fermes. 4 Des indemnites prctenduesparIefermier ou locataire pour lion jouissance, lorsqueIedroit de I'mdemnitc ne sera pas con teste, et des degradations aJleguees parIe proprietaire.50 Dupayement des salaires des gens de travail, des gages des do mcstiques, et de I'execution des engagements respectifs desentrepreneurs ou bourgeois, et de leurs domcstiquesongensdetravail. 60Des actions pour injures verbales, rixesotvoios de fait,pourles1lueJles les partiesnese scront pas )lourvues par la voie criminelle.Art ,4.. Lorsqu'ilyauralieu it I'apposition des scelles, elle sera faite par Iejugede paix; qui procedera aussi a leurreconnaissance et levre, mais sans qu'il puisse connailre des contestations qui pour ront s'elever it I'occasion de cette reconnaissance. Art. 5.IIrecevra les deliberations de famille pour la nomination des tuteurs, des curateurs aux absentsetaux cnfants it naitre,etpour I'emancipation et la curatelle des mineurs, et toutcs celles aux-(1)Decretdu30 aoftt 1805, portanttarifetc. chap. 7 Constitution imperialed'HaYti,du 20 mai 1805, Dec!.Pre!. art 46. Loi, du 24 aoftt 1808, sur l'organisation des tribunaux. tit. Ii, art.1 etsuiv.110-

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queBeslapersonne, I'Ct<\t oules alfaires des minenrsoudes absents pourront donner lieu pendant la duree de la tnleBeoucnratelle. a charge de renvoyer les juges du tribunal de la division, la connaissaince de toutcequi deviendra contentieux dansIecours ou par suite des deliberations ci-dessus.IIpourra recevoir, dans tous les cas,Ieserment destuteUl'sefdes curatetIrs. Art. G. L'appel des jllgemlmts du jllge de paix, lorsqu'ils serout sujets it I'appcl, sera porle dcvanlles .inges d1.1ll'ibunahle Ill. divi sion, et jt,Ige pal'cuxenderniel' rcssort il I'audicuce, el sommaire IIIenI,surIesimple exploit (l'appel. TITfi8 IV.-lJU l'IlI1lUNAL CIVIL(n.;\rl. I.II scm l\labli, dansd1a1llle division mililaire,nil lril.'llllal eivil. compose dccilHI juges,aupriJs duquelilyama1111 ol'liciet'charge des foncliolls du minislere public . hl. 2. Ces jllges connailronl en premicrc installce deloules les alluires personllelles, reelleset. mixlcsen malieres civiles, excepte sculemenl celles qui oul etc ci-dessus etre dela competence des jugesdepaix, lesalluires de commerce dalls It's divisionsoilily aura desITibullauxde commercc etablis \1'1. :I. Les jllges de divisioncOllnailTont,enIH'emiereldel'llier rossorl, deloutcs alfaires pcrsounelles et mobilieres jusqu'il la valelll' de 3,:JQO livres de prillcipal, et des alfaires rcelles, d01l1('ob jet principal sera de I ,uiJO livresderevenll delefluinc, suilenrenle, soil par prixde hail.AI'1. .j.,En toules matieres pcrsonlwlles, ou 1I1ixleii,;'tqllelle somIlleoula valeur ClueI'ohjel de laeonteslationpili sse mOIl11'1', lesparties set'olll lellues dedeclarcr, allcomlllellcemelll dela [Jrocellurc, sicUes cOllseulelll;'t etrejug-ces sans appel, el aurolll (lellllanl loulIeCOlli'S de l'illstl'l1clion,la facllile d'enCOII ; auque! cas,lesjugesde divisioll(ll'onollcel'Onlell prClIIit'I'ddl'l'Ilier ressorl .. \1'1. ;1.LOl'sque IeIt'ilJltllal deelirisiOIl cUllllailr:1.,soilell illslallcl' ;'1 charge Il'appel,soilelf'I'appel (Ies jugenwlIlslIesjugl's (t)Decretdu28juillett805,quifixe les circonscription militaire, etc Constitution imperiale d'Haiti,du20mait805, Decl. Pre!.,art 47. Loi,du 24aofit 1808,surl'organisation destribunaux.tit.III,art.tetsuiv.-111-

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[ 18US]de paix,itpOIII'I'aprononcerau nomb\'(}de trois juges ;etlorsqu'il connailra dans tousles ;mlrcscas cndcrnier ressort, soit par appel d'un autre lI'ibunaldedivision, ainsi qu'il scra dit dms Ietitre \ant,soitaucasde I'article :J ci-dessus,i1pouna pl'Ononcer au lIolllbre de Iluall'c jug-es.TITHEr. -DES .J(;GES n'APPEL A1'1. 1.Les jugesdedivisions seront juges d'appel, les uns itI'egard desauITes,selon les rapportsfluivont etre determines danslesarticles suivants. Art.2. Lorsqu'iI"yaura appeld'un jugemenl, les parties pourront convenir d'un tribunal enlreceuxdes divisions de l'Empire, pourluien dCferer la connaissance ; et eilesenferontaugretle leur de claration, signee d'ellesoude leur.> pl'ocureurs specialement fondes. Art. 3.Siles partiesnepeuvent s'accorder pourIechoixd'un tribunal,laconnaissance de l'appel sera toujours dCferee, de pre ference,autribunalIeplus prochain. Art. 4.Nulappel d'un jugement contradictoirenepourra eIresig-nifie niavantIe dClaide huitaine, it dater du jour du jugement,ni aprils I'expiraliolldetrois mois, it dater du jourdela significationdu jugement faite it pCl'sonneoudomicile;cesdeuxterme!>sontderig-uelll',etIetIl'inobservatioll emportera la l!echeance de I'appel ;enconsequence, l'executioudes jugements qui nesontpasexccutoires par provision, dellleurera suspendue pendantIe delai dehuitaine. Art. 5.La redaction des jugelllents, lant sur I'appel qu'en \ll'e milJre instance, contiendra quatre parlies distinctes.Dansla IIl'emiilre, lesnomset les qualites desparties seron! cnonces. Danslaseconde, les questionsdefaitetdedroit qui conslituentIeprOCfJS,serontpo sees avecprecision.DansIn troisieme, Ieresultat desfaitsreconnusouconstates par I'instruclionellesmotifsqui auronl determine Iejug-ement, serollt exprimes. Laquatricme enrin conliendraIedispositif du jug-ement.(1) Decret du30aoftt 1805, portant tarif etc. ch. II Constitution imperiale d'HaIti, du 20 mal 1805, Decl. Prel., art 47. Loi, du 24 aoftt 1808,surl'organisation des tribunaux. tit.IV,art.1 etsuiv.112-

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['1805]TITREVI.-DU MINISTERE PUBLIC(1).-Tit.X,art.5.Art. f. Les officiers du ministere public' sont agents du pouvoir executif aupresdestribunaux ; leurs fonctions consistent it faire ob server, dans les jugements it rendre, les lois quiinteressentl'ordre general, et it faire executer les jugementsrendus;' ils porterontIenom deCommissdires imperiaux. Art. 2. Au civil, les commissaires' imperiaux exercerontleurmi nistere, non par voie d'aetion, mais seulementparcelie de requisi tion dans les proces dont les juges auront, etc saisis. Art.3.lisseront entendus dans toutes les causes.des pupilles, des mineurs, des interdits, des femmes mariees,etdans celles OU les proprietes et les droits, soit del'Empire,soitd'unecommune, seront interesses ; ils sont chargesenoutre de veiller pour les absents indHendus. Art. 4. Ilsneserontpoint accusateurspublics;mais ils seront entendussurtoutes les accusations intenteesetpoursuivies suivantIemode qui sera determine; ilsrequerront,pendantIecours de l'instruction, pour la regularite des formes, et avantIejugement, pour l'application de la loi. Art. 5. Les commissaires imperiaux, charges detenirlamain a l'execution des jugements, poursuivront d'affice cette execution dans toutes les dispositions qui interesserontl'ordrepublic;et encequi concern era les particuliers, ils pourront,surla demande quileurenserafaite,soit enjoindre aux huissiers de prelerleur ministere, soil ordonner les ouverlures de portes, soit requerir main-forte101'15Ilu'elle sera necessaire. Art. 6. Le commissaire imperial,enchaque tribunal, veillcra au maillliell de la discipline elilia rcgularit.e'du service dansIetriIJUnal,suivan t Ie mode qui scra dclerminc. TITfiE VB. Dl,S GnEFFIEns (2). Arl. L Les gl'efJicrS'1lC pourront etre parents III allies au troi SiClllCdegTc des juges.(1)Decret du 30 aoftt 1805, portant tarif etc. chap.IV.-Loi,du 24aoftt 1808, sur l'organisation des tribunaux. tit.VII,art.1 etsuiv.(2)Decret du 30 aoftt 1805, portant tarif etc. ch. III.Loi,du 24 aoftt 1808, sur l'organisation des tribunaux. tit. I, art. 10, 14, 15. Tit. 11, art 2. Tit. III,art 2, 7. Tit.IV.Art 3, 18. Tit. VIII,art.1. Tit.IX,art. 3. 113-

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[1805]Art. 2. 11Y auraen chaque tribunal un greffier, ageaumoins de vingt-cinq ans ;ilsera tenu de prMer serment entre les mains des juges. Art. 3.Us seront l10mmesa vie, et ne pourront destitues que calise de prevarication jugee. Art.4.Lesgreffiers seront tenusdefourniruncautionnement de dix-huit mille livres en immeubles, qni sera reliu par les juges.TITREVIII.-TRIBUNAL Art. 1. Au tribunal supreme de l'empereur sont dCfcrees les fonctions du tribunal de cassation. Art. 2. Son organisation, sa composition ct ses fonctions seront dHerminees par une loi particuliere.TITREIX.-DES JUG}<;SENMATIERE DE COllUIERCF. (f). Art. 1. IIsera etabli un tribunal de commerce dans chaque vision militaire. Art. 2.Cetribunal connaitra de toutes les atraires de commerce,tantdeterre quede mer, :lans distinction. Art. 3.Cesjuges prononceront en dernier ressort sur toutes les demandes dont l'objet n'excedera pas la valeur de 6,600 livres. Tous leurs jugements seront ey;eculoires par provision, nonobslant rappel, en donnant caution, it quelque somme ou valeur que les condamnalions puissent monter. Arl. 4. La conlrainle par corps aura lieu pour l'execution de lous leursjugemenls;s'il des conlestations sur la validite des emprisonnements, elles seront portces devant eux, et les jugemenls "u'ils rendront sur cet objel, seront de meme executes par provi sion, nonobslant l'appel. Art. 5. Chaque tribunal de commerce sem compose de lrois juges ct de deux assesseurs ; ils ne pourronl rendre aucun jugement s'ils ne sont au nombre de trois.No192.Loi,du24 aoul 1808,sur1'0r!JllnisationdestrilJUnaux,tit.I, ad. 10, 14, 15.Tit. II, art. 2. Tit. III, art. 2,7.-Tit.IV,Arl.3,i8.Tit. VIII,31't. i. -Tit. IX. art. 3. (0 Constitution imperiale d'Haiti, du mai 1805,Disp. gen., art38. 114-

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II t'i Art. 6.Lesjug-esde, commerce sont nommes pal'I'Empercul' etde lac1assedes negociaJ.i'ts.Art. i. Les juges deCOnlllH!rCeconnaill'onl desall'airesde COIll merce dans toute l'etendue deladivisionoliits sont ctahlis. Art. 8.Dans les affaircs (lui seront auxtribunaux de('ommerce,lesparties aurontlafacultcdeconsenlir itell'ejug-ces sans appel, auquelcasles juges decommerce pI'ononceront en premieretdernier ressort. Art.!.l. L'ctendlledelem' ressorl respectif est determineepal'Ie lel'I'i!oire forlllant I'art'ondissementdechaque division militaire (n.TITHEX. -DE UES JUGES. -Tit.JI,arlo 1 el suit' ..\1'1.ler.LOI'sflueles juges auront les leU res patenles, ilsseronl installcs en laformesuivan Ie. AI'I.2.Lesconseillers d'Etaldulieu 011 IeIrilJUnalsera clabli, :
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[180j1maLiere civile,lesformes deprocedure jusqu'ici usillies, Lantqu'il n'en aurapas ete autrement ordonne . Art.8.Leressortde chacundes tribunanx de divisionsecomposedulerritoil'eformantl'arrondissementdechaquedivision mililaire. Art. 9. Les juges HOmmeS pour composer cestribunaulC,seront installes sans delai, etcomrnencerontleU!'service aussiLOt qu'ilsauront recu les letlres patentesdel'Empereur.IIest ordonne it chacundes membresdese presenter pour preterIeserment de reception(t).Faitet donne en notre palais imper.ial de Dessalincll, Ie7juin1805,anIIde l'inclependanced'H1i:ti,et deDotreregneIeIr. Signe :DESSALINES.ParI'Empereur. Le[Jenera I, signe : JUSTE CHAl'\LATTII:. N9, -Df;cHETqui fixelesemolumenlsdes civil:; etmilitaires(2).Au Cap,Ie 24 juillet 1805, an lIe, JACQUKS, Empereur Ierd'HaHi, elc. ;Considerantqu'itcODvientde fixer d'unemanierejusleet in\'llriablc.Jes emoluments alloues auxofficiers,tantcivils quemilitaires,deLQn!grade etde toutearme; Dtcnf;TE quelelarif ci-apres determine auraforcedeloi,etproduirasonpleinetentier eifel dans toute l'ctendue de I'Empire d'Haili,se reserv
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36135I.s.d24090 15064'to1205GU03315 602210 3093 15 150;; 6 10!:!!l8H)i32 163 Hi 3'l;)OG12 (j i:'dHi;]rl! 7 'lO1505 t2li 108!18HI7;"')'2 lli 3 41051 flO;; '12 91O!:!!I!:!HI1505:12 (j 'lO80 7251(j3fi633 3423{32823 [1805]TARIF DE LASOLDE ArfflUELLE,'DECaETEE POURTOUTE L'AR)!EE ETAUTHESFONCTIONNAIRESDE L'MPJRE.Generalell chef :; ' General de division General de brigade .Adjudant general et chef de brigadeChef de bataillon et d'escadronCapitaine...Lieutenant et sons-lieutenant..Adjudant sons-of{jcicr el scrgenl-mljol' Scrgcnt .,.........Fourrier et premier capol'al......... Les trois antrcs capol'aux ......Tamboul'.............Tambour major etfifl'emajor.....Fifl'c maitre ettamboUl'maitre....... Grenadier, Canonnier et Dragoll...... Marcchal des logisenchcf........ Marechal des logis........Brigadier fourrier.......Brigadier........Fusilier....TI'ompctlc majol'.,....Trompette maitl'c....'.Trompelte..... Maitre c1al,inelte.......Timualier.............. Musicien ............ MMecin en chef. :: ...Chirllrgicn dc 1rec1asse......2'et3-classes Les pharmaciens seront payes suivantIc grade militaire auquel ils seront assimiU'S.Maitre laillcUl' dt' r(\gimcnt.. . 150;'1 i\laill'c f'ordollnicr ;.... Ii 117 -

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alllllUlJier seIHer. Maitre bOltier....ll8051 150512Ii1505 12 Ii150512Ii Lesmailresdemusique seront payes conformement it leurscom.missions.Lesinslructeursderegimenl, arlillerie, cavalerie,ou infanlcril',:':t'rontpayes suivant leurs grades.Les compagnies d'ou\'I'icl's, allacllf'es:" I'arscllal, sonl commeII'scallonniers, et lesofliciers destlitegcompagnies sont commeII'sautres oftlciers.Lesquarliers-maitreset sel'onl payl:s coufol' 11l1'ment illeurscommissions.OFFICIEns 0 '.\DMINISTRATION.Adminislraleurdedivision........Directeur des domaines. Controleur 'j'rcsorier ..Directeurdesdoualles.(;arde...magasin.......................Peseur .Sous-administraleur.Sous-directeurdesdomaines. Sous-contrilleur ...Sous-fresorier .Sousdirecteur des douanes... Sons-garde-magasin ..Sous"'peseur..fleceveurdesdroits dans les terresCommisde 1 r.et2 clagses . Commisdupetit cabotageVisiteur. .QuatrehommesemployesauxbalancesCommissairedesgresdeir classe 20 et3classes H220 I. s.80;-128052 3:100 6GOO 3300 3300.'i605402640201050 3300f650 1650 3300 1G50fG5016501D50 6022to8976 6022d. 'Leschefsdesmouvementsduport seront payes 5uivantIe grademenlionne dans leurs commissions.118-

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[1-805] Leschefs de divisions de marine seront payes$rU'iant Ie gl'lldeportedansleql'&,commissions., 'Les commelessoldaLsde terre.TouslesllUtresomciers militaires commissionnesparSaMajeste,en aetivileserfit!e,seto?t'payessuivantle grade commissions. ', 'Fait et au palais du Cap,Ie 2:11805, an11del'independance d'Haiti,etde notre ler.Signa:DESSA.LINES. Par l'Empereu" Le secrelaireflinerl,stgne : JlJ6TSCUANLATTE. N10.DicnE'l'qui fixelescirconscriplions mililairesduterri loire d'IIa'ili (1).AuCap,Ie 2g juillet 1805, anlIe .JACQUES,EmpereurIerd'HaUi,elc.;Voulant satisfaire a l'arlicle 15 de Ia constitution, Df:CRE'l'E queIeterri loire d'HaIti est distribue ensix di\'isions militairessuivanIIe c,i-apresdetermine; DIVISIONS MILITAIRES.'pnEmERE DIVISIONDU NORD.PREmmARRONDISSEMENT. Le MMe,Jean-Rabel, IePorl.de-Paix,chef-lieud'arrondissement,commandeparnn general debrigade; Saint-Louis, Ie Iklrgne,1::1 Tortue,(1)Constitution imperiale d'HaYti, du 20 mai 1805,art15. Loi, du 7juin1805, sur l'organisation du tribunaux tit.IV,art. 1etsuiv. Tit.IX,art.9. Tit.X,art.8. Constitution de la republique d'HaYti, du 27 decembre 1806,art.30 etsuiv.-119 -,

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lt805JOEUXlio';MEARRONDZSSIi;IfENT. Le Porl-Margol, Ie Limbe, chef-lieudedivision.; l'Acul,1aMarmelade, chef-lieu d'arrondissement, commandeparungeneral debrigade; Saint-Raphael,Dondon.DEUXIEME DIVISION DUIfORD.PHEllIER ARRONDISSEMENT.I.eCap,chef-lieudedivision; la Petite-Anse,IeQuartier-Morin, Sainte-Suzanne, la PlaineduNord,laGrande-Riviere,chef-lieu. d'arrondissemenl,commalldeparun general debrigade. ARRONDISSEMENT.Valiere,IeTerrier-Rouge,IeTrou,Bayaha,chef-lieud'arrondis sement,commandeparun gelleral de.brigade; Ouanaminthe, Li monade,Laxavon,Monte-Christ,les Isabelliques, Porlo-Plate,Samana,laMoque, Sanl-Yague, la Vega, IeCotuy. rnEMIERE DIVISION DE L'OUEST. f.PREYIER Le Terre-Neuve, Plaisance, d'Ennery,Saint-Michel,Binche,lesGonalves,chef-lien d'arrondissemenl,commandil parUll general debrigade. DEulnf:ME ARRONOISSEMENT. Dessalinej:, chef-lieudel'Empire;lesVerreltes, chef lieudedivision;I'Arcahaye,IeMirebalais,chef-lieu d'arrendissc ment,commandeparun general debrigade; Lascahobas, Baniquc, Lamalte, San-Juan,Azua,Banica,Santo-Domingo, Monle-Plata, Neybe, Higney. DIVISIONDEI:OUEST. PREMIER ARRONDISSEMENT. LaCI'oix-des-Bouquets,IePort-au-Prince, chef-lieudedivisioltetd'alTondissement; Leogane, chef-lieu d'arrondissement,com mande parun general debrigade;IeGrand-Goave,Ie Pelit-Goilve.DEUXlhlEARRONDISSnrEN1'. Baynet"Jacmel,chef-lieud'arrondissp,ment, par un grnrral drhrig-arlf' : Irs120-

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DIVISIONDUSUD.PREMIER ARRONDISSf:MENT. Aquin,chef-lieudiarrondissement,eommandeparun general debrigade; Saint-Louis,Cavailloll. DEUXIEIol'E LesCayes,chef-lieudedivisionet d'arrondissement, commandtl parun gc,!cral debrigadejTorbeck, Purt-Salnt,les Culeaux, IeCap-Tibnron.DEUXIEMEDIVISIONDUSUD.PREMIER ARRONDISSEMENT.Saint-Michel,l'Anse-A-Yean,chef-lieudedivisionet d'arrondis sement,eommandeparun general debrigade; Ie Petit-Tron. LeCorail, Jeremie, chef-lieud'arrondissement, commande parun general debrigade; le$ Abricots,Ie Cap-Dame-Marie. Fait et arrete ennotre pnlais imperial du Cap,Ie28juillet 1805, an lIe de I'independance d'Halti, et denotre fegoe Ieier. Signe: DESSAUNES.Par l'Empereur,Le secrelairegeneral, eigne:JUSTECHANr.ATTE.N11.Df:CRET quiouvrecertains porls au commerce exlel'ienr. 28 juillet 1805.(Cetle piece manl]ue.)N12. -DECRET relatifildiverses promolions dans I'armce.AuCap,Ie28juillet 180;), an II.JACQUES,EmpereurIerd'RaHi,elc., Apromuau grade de general enchefdel'al'mee d'Rani,Ie gcnj'ralde divisionHENRI CllnTSTOPIlr. ;-121-

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[hI05] Au ministere desfinancesetde l'inllirieur, Ie general dedivision ANDRE VERNET(1);Augradede general dedivision, ministredeIa guerl'e etdela marine;Ie general de brigade ETIENNE-ELIEGERIN (2) ;Augradede general dedivision, commandantlapremiere division du Nord,Ie general debrigadePAULROMAIN;.Au f!:radede general dedivision, commandantla secontle divisionduNord,Ie general debrigade FRANl;OIS CAPOIX;Augrade de commandantenchefdelapremieredivisionde1'0uest, chef-lieude-I'Empire,Ie general de divisionLOUIS GAuAnT;. Au grade de commandantenchefdelasecondedivisiondel'ouest,Ie general dedivisionALEXANDRE PETION ;Au /{rade decommandantenchefdelapremiere division du sud, Ie general dedivisionNICOLASGEFFRARD;Au grade de general dedivisionetdecommandantenchef de la deuxiemedivisiondusud,Ie general debrigade,JEAN-LoUIS FnANI,;OIS. Au palais imperial du Cap,Ie 28 juillet1805,anlIede l'independance..atdenotre regne Ieie,'. Signe : DHSSALINES. Enl'absence du minisll'edelaguerre,Le f/eneral, chefde retat-majorgeneral,signe : BAZEI.AIS. N13.-DI::CRETrclatifaucaulionncment des b;'t[imenlsclrangcril pardes maisonshallicnl1es,AuCap,Ie lrr aotlt lR05.an lie,JACQUES,ErnpereurIe r d'Halli, elc. ;Yuque du depart etft'auduleux du navircla ill'csulte un prejudice considerable pour les intercts deI'Etat, et qu'i\ convient d'ul'i ser aUll: moyensde reprimer,it l'avenit',depareils abus ; Dcnf:TE cequisuit, pour Clreexecute danstoule l'Ciendue deI'Empire : Art, 1, A daterdelapublication du present decrel, loutcapi-(1)Constitution imptlriale d'Harti. du 20 mai 1805,art39. (2) Ibid.122-

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t1805j !aine etranger,a son dans un des ports de l'lIe; Sera tenu defaire cautionner son Mtimen(par tine maisonde tommerce hal tieMe 'ou amerieaine,adhoe,a la queUeilconfiera Iedep()t etIavente des marchandises par lui im-portees. : Art.2.Tout capitaine de.batiment etranger qui ne spspra pas consigne a I'une desmaisorisci-dessus mentionnees,ou qui fera la ventedesa cargaison, subira la peine de confiscation, qui s'etendta, tant sur Iesmarchandisesque sur Ie.batiment (1). Art. 3. Toute maison de commerce,depositaire d'une cargai son, fera certifier son cautionnement par deux autres maisons con signataires, IesqueUes seront et demeureront solidairement respon sables du parfait acquittement des droits dus it l'EbtparIe baliment cautionne. Art. 4. Aucnne des maisons commissionnees ne pourra, sous quelque pretexte quecesoit,serefuser a certifierIecaulionnement dontils'agit, lorsqu'elle en aura ete requise, 'sans encourir une peine infligee parIegouvernement, qui ne pourra moindre que la nuUite prononcee de ses Iettres patentes.Fait et arrete au palais duCap,Ieier aout 1805,anlIede d'Hani, ..etdenotre re!ne Ie1er :DESSALINES.Parl'Empereur, Le Secrelaire general,signe :JUSTE CHANLATTE.N 14. -DtCRETporlant tarif des droits curiaux: des frais judiciaires, et diversauIres droits et frais.AuCap,Ie30 aoiit 1805,anII'.JACQUES,EmpereurIerd'Hani, etc. ;Voulant combinerIestarifsdes dl'oits cUl'iauxetlas fraisdejustice avec les convenances actuelles,(1)Ordonnance, du 15 octobre 1804, qui dllfend aux capitaines, etc.,art.1.Dllcret, du 6 septembre 1805, relatif A laconsignation, etc.-123-

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IH:cRETE ceqUisuit, pour etre ponctuellement Ejxecute dans toute l'etendue de l'Empire.CHAPITREPREMIER. -DROITSCURIAUX.Art. t. Il sera pour un bapteme .Art. 2. Pour benedictions nuptiales.ENTERREMENTS.Art. 3.Ilne sera rien pour les pau vres qui donnel'ont, au cure, un certificat de l'officier de l'eta1 civil, attestantIu'il are(;u gratisleurs declarations ...... PREmERE CLASSE. Art..f.. Tenlure du devantdel'autelennoir, Iedrap morluaire,dixcicrges autonr du corps, sixa l'anle!, un chan Ire, deux enfanlsde chll'ur r[ conduitean cimrlicre ............ CLASSI-:. 4 I.2s.6d.33 GO Art. 5. Sonncrie, meme lenllll'eit I'autel,nH\mcquanlill' decierges, nnchanIre, trois .l'llfanlsdechccnret condnilc an cimcliire. .. !l(lArl.G. SOl/nerie,lout l'auld lenduenIloil',vingt-cinq cierges it. l'entour du corps,un Iualreenfants de chrunrct Ie vicaire ;011 va prendreIecorps a lamaison morluain', elonIeconduitaucimelicre."......... i!)g Art.7.Servicesel grand'messes. ...... !)!I Art. 8.Le reslr drs aulres ceremoniesdel'cglise, .Art. n. Toul serrice, grand'messe, ma riage, baptcme ouenlerrement 'lui d('passera Jalaxednpresent rcglement, srl'a it la gClll' rosill' des conlracl:mtsoudrs parlies illll'rcs-sers ,t-124 -

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[1805]CIIAPITHE II"TAXE DES .JI)CEii AU CInL (1). X 5 .f.2Ii Arl. L Pour acte de tutelle;. cUl'alcllc, avis de parents, enterinemelltdelcltres li\;manci pation, homologation de lestanient, lIeliberee sur requNe, etmltres acles d'holel de semblable nature......:........Art.2.POUl'preslation de sel'ment 1'(l't' ception de caution pour chaque !lI'Occ;;-vl'rbal......................Art. 3. Pour l'intcnog'atoirc snr fails el at'tidcs,par chaqueheme .........Arl. 4.Pom vacation am: ventI's el bam: judiciaires,POUl' chaque criee salis adjudica-tion........2 Pour lapremiere adjudication. .1(j Et pour les aulrcs adjudicatiolls d'etTels compris dans la meme al'Jiche............... Ii Art. 5. Pour apposition, levee ou reconnais Rance de scelles, pour lcs inventaires, ventesetpartages cs cas qui les competent, dans les villes et bourgs deleurresidence et banlieue, pour chaqueheure....................... (i Art.G.Lorsque les juges se transpol'teront dans les campagnes, ils se taxeront a raison de 49 livres10sous parjour,seront tenus de vaquer au moinsSIXheUl'cs dc chaquejourneeaux acles pour lesquels ils se seront transportes, et ne pourra eIre employe en taxe qu'une seule journee, tant pour l'aIler que pourIeretour, a moins queIetransport ne flit au dela de dix lieues deleurresidence, auquel cas ils pourront employer deuxjournees ................................. 40 I. s.d. 1 :l 10:: !l3 U Art. 7.Poursentences rendues cOlltradictoirement a l'extraordinaireEtpardefant. ...................(1)Loi,du 7juin1805, sur l'organisation du tribunaux tit.V.125-6 239 1. 3

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[1805]1.s.d. 4 26 (j 39Art 8.Pour I'audiliondechaque dans uneenquPle ........Pour10proces.verbal d'enquMe ....Art9.Pour certificatdevie e!IegalisatiJn detousacles,sansqu'il puisse etre de plus grands droits,sous prelexlc decontre-selllg '.' ,.Art 10. Dansles proces par ecri!, lesjugesselaxeront,eu egard aulempsqu'ilsyauront emplo)'e,it raisonde8livres5sousparheure....................Enconsequence, ils seron! tenus d'ecrire surlesminutes, et en touteslettres,Ienombre d'heuresoudevacationsqu'ils y auront em ployees, etlorsqu'ils enverront au greffeIedie-. tum, ilsIedateront et signeront.........Pareillementionserafaitepal'lesgl'cfficI's SUI'la premiere expedition qu'ilscndelivl'c ronl,pour, en casd'appel, memo d'office,silieu y arait, lesditesl\picesetvacalions re tIuitescl 1l10tIercespar lesconseils. r.h. 1 V, art. :1 .. \1'1. 11.LesjngestIutribunaldeCOlli'morcesecOJll'ormcront,dans la perceptiondesfl'ais, it la laxe ci-dessus dcterminee ......28 1 5CIIAPITHEIll. -TAXEDESGnEFFIEnSDU mmUNALCIVIl. (1).Arl. 1. PourIerelief d'appel, anticipation, desertion ct aulresdeparcille nature.....Art.2.PourleUresd'emancipalion, bene fice d';jge et d'inventaire,de requete civile,dercscisionetaulres,ycompris l'expCdition de l'arrel. .....................Art3.Pouracled'affirmation devoyagc,Y comprisI' expedition ..Arl. 4. Pour les dMauts,conges, appointe ments et autres arrets d'inslruction..1.s.d. (j 3915 10 4 2685(1)Loi,du7juin1805,Bur l'organiBation du tribunauxtit.VII.126-

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['1t<05] Art. 5. Pour arret stir requete .....Art. 6. Pour arret' definitif,rendu esau diences publiques..:......Etlorsque Ia cause serapIaidee seule pen dant pIusieurs Iegreffier prendra ensusdeIadite somlne, pourchaque journeede pIaidoirie.....'...'.'..Art. 7. Pour arret renduSUI'appoilltementen droil ou il. meUre, taxe parIerapporteur it Iaconsciencedesjuges . "............Art. 8. Pour actedereprise d'instance...Art. 9. Pour soumissiondecaution, y com-pris I'expedition ...................Art. 10. Pour proces-verbaldereception de caution, y comprisI'expedition............Art. 11. Pour droitdeconsignation d'es pecos, 1 pour 100, quellequesoitla dureede Iadite consignation....................Art. 12. Pour I'actede depot. ...... ; Art. 13. Pour act':) deproduclionall .........................Art. 14. Pour secondesetaufres expedi tions,Iegreffier prendra 1 livre10sous paJ'rule, Ie role contenantdeuxpages,la page .ingt-deux Iignes, etIaligne quatorzesylla hes aumoins, etce it peinede GGO Iivresd'amendepourIapremiere fois, et deplusgrosse peineencasderecidive; et seront,Icsditesamendes, prononcees d'officc, surIe \'U enmargedesdites expeditions, detout !juoi 1I0USchargeons la conscience des juges Art.15. Pour executoirede depens .. Art.1G. Pour recherche d'acte dont I'annee est cerlaine................... EiOll ilfaudrait plusdedemi-heure parIe dCfaut deconnaissance de I'anneeoualitres renseignemenls suffisants,IegTeftierprendra. Par heure qu'il aura passel'ensusdelapremiere demi-heure........Pour. droitderecherchedesactes dontIn127 tG104 2Ii Ii;1 !I 1 pr 100 4'21',4'2Ii'!108 5 4 2Ii Ii :3!1 Ij 3!1

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date cst cerlaine...............Art..17. Pour arret de reception, y com pris l'expedition et autres actes qui en dependent..,......... ; .Art. 18. LorsqueIegreffier' travaillera dans les campagnes, il aura les deux tiers de ia taxe affectee aux juges en cas de deplacement. ['1805]2 I.1 8. 3d.33CHAPITREIV.-TAXE DES COMMISSAIRESUIPEnrAux (1).Art. 1. Les commissaires imperiauxpren-1.s.d. les deux tiersdela taxe des juges, dans les actes OU ils auront du assister, et auront reellement assiste avec lesdits juges, ou auront dd donner, et anront effectivement donne des conclusions....Art.2.Lesdits commissaires imperiaux dans tous les actes ou i1sauront dli etre employes, et anront ete presents, sans les juges et avec les notaires, se taxeront it raison de 8 livres 5 sous par heure, dansIelieu de leur demeure, et it raison de 49 livres to sous par jour, lorsqu'ils lravailleront dans les campa-gnes.............................. 40 10 Art. 3. IIs seront leous de se conformer aux formalites exigees par l'article 10 du chapill'e II.Art. 4. Les commissaires imperiaux seront assimilcs au grade de chef de bataillon .CHAPITREV.-TAXE DES NOTAIRES(2). Art. 1. Pour la recherche d'acte dont l'annee est certaine SiIe dCfaut de connaissance de l'annee ou autres renseignements obligent it une longueI.s. d. 4 3{j(1)Loi,du 7juin1805, sur l'organisation tribunaux, tit.VI. (2) Constitution imperiale d'Ra'iti, du 20IDaJ. 1805, decloprel. art. 49.128-

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lJ805] recherche, pal' heUl'e.: ';' .Pourdroitde recheI;.che desactesdont1.1date est cerlaine : ; ..Art. 2. Mention ou emargement. Art.3.Collationne, vidime mis au bas des pieces qui ne contiennent pas au dela dequa-Ire rules ; ,. Mis au bas des pieces con tenantunplus grand nombrede rOles, pourcollation desdiles llieces surles originaux, l'acte de collationne,vi dime compris,par rOle :..Art.4. Acte quelconque en brevet.......Art.5.Contrat de mariage Art. 6. Les actes purs et simples, autres que Ie contrat de mariage Art.7.Les inventaires et parlages,et ge neralement tous les actes de quelque genreetespece soient, lorsqu'ils contiendront des clausses extraordinaires ou details qu i en augmenterontl'etendue,sel'onl payes a rai': ::;011 de 8 livres [l sous par heuref; employees a lapassation desdits actes, minute et expedition compnses A l'elfet de (Iuoi les notaires seront tenus d 'ecrire de leur main, en toutes leUres,sur1.1minute et au pied de ladite expedition, Ie temps qu'ils y auront employe, et dateront en outre Ie .lour auquel ils delineront, soit1.1premiere, soit les aulres expedilions I.e tont il peine de 1000 livresd'amende.1'0"1' la premiere fais, l'l en cas de recidive, d'il\ll!rdiction pour six mois :\1'1. 8. LorS(I"e les 110laires serol1t
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Arl. g. Tousles actes pourla redaction desquelslesnotaires seront appeles pendantla uuit, seront payes Iedoubledesprix ci-dessus. Art.10.Pour depM depieces, pourtoutdroit'................................Pour verification ,de pieces, par heure.....Art.11.Droitsur l'argent depose enleur Ctude, queUequesoitla duree du depOt, sera taxea .Art. 12. Tousnotaires seronl tenus d'e criredeleur main, etenloutaslettres,lasommepareux recue auhasde toutes les expeditions qu'ils delivreront,dequelque cspece elnaturequ'eUespuissent elre, sousles peines porlees a l'article7 .[1805]l.s.d.3151 p'100 CHAPITREVI.-TAXE DES OFFICIERS DE D'ETAT CIVIL(1).Art. 1.Xcte denaissance Arl.2.Acledemariage..Art.3.Declarationde deces, transporl,en-tretiendesuslensilesducimeliere Art. 4. Fosse pour une grande personne.unenfant...000 Art.5. Declarationde deces et transports pourlespauvres .8l. 5 s.d.858 56:J !) 4 2(jGratis. CHAPITRE VII.--TAXE DES JUGESnEPAIX(2). Art.1. Pour chaquenOlificationdecita-tiollousignification de jugement. Art.2.Pour Mlivrance d'un jug-ementdeI1l1ilif....,................................Arl. 3. Pour chacun des jugemcnls prepa raloires, cnquCtes ouproccs-verb:mxdevisite, (Ielivres avecIe jugemenl dc(lllilif en cas (l'appel. 11.108. 1 tod. (1)Loi,du 3juin1805,SUTIemodedeconstater l'etatcivildes citoyens,tit.1" ,art.1et suivants. (2) Loi,du 7juin1805,SUTl'organisation du tribunaux tit. III.130-

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[1805]Art. 4. Pour Ia separee d'un ju gement preparatoire rel}du contre une partie de faill ante ; ,' ............ Art. 5.Pour, la vacationdugreffier assis tantIejuge de paix, lorsqu'il se transporterasurIelieu : .................. Art.6. Pour la vacation des gens de l'art, lorsqu'ils seront appeles parIejuge de paix, s'ils ont employe la journee enticre,ycompris l'aller etIeretour, a chacun..........Ets'ils n'ont employe qu'un demi-joup, a chacun Art. 7.Premiere notification des citations auxtemoins ou gens de l'art. Art.8.Notifications subsequentes aux temoins ou gens de l'art. Art. LorsqueIejuge de paix sera oblige de se transporter dans les campagnes, il se taxera,parjour, a .. Art. 1O.Lestemoins et gens de 1'art, lors. qu'ils se transporteront dans les campagnes, percevront chacun par jour .l.s. '1510 1 '10 110 '15 332415d.CHAPITRE VIII. TAXE DES GEOLIEHSET CONCIERGES.Art.1.Pour droit d'ccrou, d'entree et de sorlie de chaque prisionnicr, de quelque condition qu'il puisse etre .. Art. 2. Pour droits d'inscription d'ccrou, d'entree et sortie de chaque bCte cavaline, asine et autre, mise en fourriere, par telle cause et raison que ce puisse etre Art. 3. Pour droits, de garde, soin ct nour rilure desdites bCtes cavalines, asines et aulres, parjour. Art. 4. En cas de maladies des prisonniers,Ie geolier sera tenu de la faire constater par un certificat en bonne forme du chirurgien, de Ia durce de la maladie de chacun des pri sonniers, a peine de radiation de leur depense.-131L s. () 3 4 2 Hi() d.

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[I .\ 1'1. 5. 1'0111' Ilollrriture dechaque prisoll nierfiliineserapasalimenlepal'l'Ela!. .'".I. s.13d. CHAPITfIEIX.'.'-DESINSTITUTECUS PAUTICULIEUS. Art.1.Pour chaque enfant extcrne qui :lpprelldra seulementitlire, parmois....... ,f. Arl, 2. Pour chaque enfant externe qui apJlrendraitlire etitcerire, par mois. ...... R Art.3.Pour chaque enfant pensionnaire, loge, nourri, apprenant it lire et it()crirc,pal' an" 82;) Art.4.Nesont point compris dans Ie pr{l sent rilglcment les inslituteursdechefs-lieux tie division institues par I'Etat. 25 (i:J3 33 33100W s.Iec.510 to 10 10 10 WI. 8 161Ii404!) 3333 1i; 100 6fi 100CHAPITREX.-DES rnAIS U'LlIPUESSION, Tetesde lellres, IOl'sque Ierapier sera fourni par l'imprimeur Lorsque l'administration fourniraIepapier. Les extraits des pieces deposees, Ieprix cstIe meme que pour les tcles deleltres.......Cartesde suretc .Baux a ferme Ordonnancesdereceltes et depenses ,. Acquits-a-caution ponr les douanes Cerlificats d'importation et d'exportation Permisde chargementon de dechargement. Dordereauxdesdroitslocaux...........'" Bordereaux des marchandiscs importees Declaralionde depart des batimenls ..,". Permis pl/ur Iecabotage Permis d' embarquer et dedCbarquer HUlesd'equipages .. Dccrets, Lois,Proclamations et Jugemenls,enplacard, sur deux colonnes trois colonnes .Les Jntimes ouvrages,enformat in-fluartoouin-octavo.............................,, 132-

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[ 180GJ Tousles ouvrages ilmJls, conllne ctat desi tuation de troupes, 'mouve!llent des mag-a sins, etc.,ilserafaitdes prix particuliers.Lesouvrages ci-dessus etauIres ne pourront eIre imprimcs au-dessous de cinq cents cxclIlplaires .TOilsrrais d'impression quine seront pas avoucs dugouvernelllenl, el qui lui seronl ctrangers, scronl it la charge des parliculicrs '" ,,,.Faitct alTcte aupalais imperial du Cap, lc 30aOtH 1805,anII del'in depcndance d'Haiti, ctdcnotre l'egnc Iclcr Signc :DESSALINES.Parl'Empcrenr,Lc sccrelail'cgeneral,signe :JUSTE CHANLA.TTE. N"15. -W:Cl\ET rclalil' itlacOIlsig-naliondes lJittilllenls l-trangers. Au Cap,Ie 13 septembl'o 1805, anII . .l.\CQVES,Emperel1l' lcr d'lIaHi, etc.; llosirant dispcnser egalemcnt ot indistinctemcnt les bienfaits tlu goU\'C!' nement,etassnrel' aux maisonsdecommerce patentees cOllsignalaires, etc., etc., sans acception d'intel'ctspriVl'S ni de l'l'clamations particulieres, les benefices resullant tlu decret imperial du 1Cr aoflt presente annee j cequi suit, pour eIre slriclen1l'ntcxccult1dans louIe de I'Empire; Art. 1. TonI consignalaire a d exerce 1m:th'oilsa lafaveur accordt1e. pal' la loi precilcc. Art.2. CUllsllql1emment au principe consig-IH\ dans l'arlicle pn\ cedenl, eh:ulue cOIlsignalaire sera saisi, illOlli'de role, et suivant l'ordre dul1I1111t1I'Oappose sur sa palenIe, de la vente et responsa bililc des oalimeIlls clrangers(I). (1)Ordonnance,du15oetobre 1804,qui defend, etc., art. 2. -Deeret,du 1"aoftt 1805, relatif cautionnement des biitiments etrangers. Loi,du 23 avril1807, surIecommerce,art.1. 133-

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.\rt. :1.Celte sera calculeede que nul paronsignataire,de Iluoi qu'il puissesetarguer, pt de quelr[lW nature que soit sa reclamation,ne ponna receroir une tiehtltiments excedanl [clIombrede cenx recns parIes antres consi gllataircs. Art.4. Audcsirdl' ['art.3,tont negoriantdl'jit commissiolllll' l'sf (t'nll d,' presentersapalente au secrMairegen{,l':tltingomel'lH'ml'lll,qui [a ren"tiradebformalitl' exigl'e.Fait et arrete au p:1l:1is duCap, Ie 6 septembre i1'05, an II del'ind,"pelldance,elde notren\gneIeie". Signe : DESSALl:'iES. ParrEmperelll',Le secreta;!'capn,:ral, sign ... :.JUSTE CHANLATTE. -134-

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N1.surles exporlations par tiers, cafe, sucre et coton(1).10janvier1806.(Celle piece manque.)N. DI::CRET surIecabotage, II'specheries,II's salines,Iemomement des ports, etc:(2).,JACQUES,Empereur 10rd'lIaHi, ctc.; Qui Ierapportduministl'edeIa gue1'l'c etdeIamarine, llf.:cRETE ce(Jllisuil, pour eIreeXl'cule lJans I'l'tendne de I'Empil'c. AI'I.1. Nulle pel'sonncit l'a\'Cnir ne ponnanuviguer ni l'aire lapt-che,it moins qu'clle ne soit dassee et immatriculee (3).Art. 2. Aucun patronnicapitaine au cabotage ne sera exempl dn service sur les batimcnts d'Etat(4); ilne sera admis qu'nn senl proprietaire par l'mbarcatioll,pI chaquc cmharcation sera llUllIl' rolec. (1)LOi,du 23 avril 1807,surIecommerce,art. 2.(2) Loi, du 9 mars 1807,surl'organisationducabotage.(3)Loi, du13feYrier1807, concerant une requisition de 4,000 jeunes gens, etc.,art.3. (4) Loi du15mars 1808,surl'organisation deIamarine militaire,art.5.135-

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Art. 3. Les commissaires des guerres etdelamarine, et leurs adjoints dans les porls, charges de l'inspection maritimedans les diverses divisions terrilcriales, n'admeHront en'remplacementsurles canots de peche, dans les pecheries et salines, que des marins invalides ou exempts par leur age (cinquante-cinq ans) du service des batiments de l'Etat ('1). Art. 4. Les mailres de pecheries et salines seront palenlesparles hureaux de la marine, leurs embarcalions numeroleesa l'instar de celles de cabotage,parordre, avec designation, Ie chilfre pose surIe derriere de l'embarcation etsurles voiles (2). Nul au Ire qu'eux ne pourra excercer cette profession, ni tendre des filets, folIes, ni bouts-vacanls cependant it une distance qui ne puisse nuire au passage des batiments. Les commissaires de la marine et aulres, ne soulfriront point, en aucun cas, qu'il soit porte atteinte it leurs etablissements, ni aux gens quiysont attaches, par ceux de la marine guerriere. Seront cependant susceptibles, les pecheurs et leurs gens, de re quisition, dansIecas d'echouement ou de naufrage de baliment quelconque qui aura fait signal de secours. Art. 5. II sera etabli une caisse au. seront deposees les retribu tions leveessurIecabotage, et autres droits (3). Art. 6. Tous capilaines et ofJiciers qui serontparnous brevetes it l'avenir, seront astreints a subir un exam en prealable, et admis it prouver qu'ils ont servi en qualite de capilaines marinierssurles batiments de l'Etat, pendant six mois au moins, ousurun aulre batiment de 15 hommes d'equipage au moins, et cela pendant .ix mois, dans chaque grade, entOllldix-huit mois de service, comme officiers mariniers, sous-lieutenants ou lieutenants, avant que d'clre recus capitaines. -Art.7.Art. 7.Cesexamens et receptions seront faits par un comite de marins, qui sera tenu en presence du commissaires des guerres et de la marine, compose des deux plus anciens capitaines de lamarinemilitaire,d'uncapitaine d'al'tilIerie,d'unchef des mouve ments des ports, (l'un maitre tic malhelllaliques oud'hydrographie, qui poseront des questions de theorie et de pratique, sur la (1)Loidu15mars 1808,surI'organisationdela marine militaire, art. 5.(2)Loi,du 7 mars 1807, sur les patentes, art. 25(3)Decret, du 2 septembre 1806, relatifam: droits d'importation, etc. art.5,II.136 -

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US05]noouvre,au candidat, stir IeIecanonnage, et quelques notions sut Ie pilotageetlavariation dela., boussole .. Si les examinateurs ne trDuveni, pointIecandidat suffisammentiostruit, ilsIe reverrontIi un autre jouravec instructions par ecrit; dansIe,cas 'que reponsesfussentsatisfaisantes aux ques' tions,ellesserontenvoyeesauministre delamarine,quLsolliciteraIebrevet de moi; i1 en sera apeu pres de meme pour les eapitaines au cabotage (1). Art. 8. Tout.batiment aucabotage, destine Ii charger a fret, d'un port Ii un autre, ne pourra commencer a prendre charge, qu'il n'ait, au bureau des classes et de la marine, et autres bureaux, justifie d'un examen du tribunal de commerce de la division, qui atteste que la visite au corps du btltiment, et ses agres, a ete faiteIJardeux experts, et qu'ils sont bons et en etat de tenir la mer, apres Ieserment ordinaire, reeu par les juges ';,at cet exam en aura lieu tous les trois mois. Art.' 9. Les marchandises, denrees, effets, malles et meubles, seront charges, Ii l'avenir, d'nn port Ii un autre, sous connaissement, ou Ie fret sera stipule par milliers, quintaux et pieces,souscompte; il sera tenu un livre sur lequel tous les objets de chargement seront portes avec ordre, date, designation des personnes, des lieux et des consignataires. Art. 10. La reconnaissance des objets se fera surIequai par Jes chargeurs ou consignataires, avant l'enlevement, en presenceUUcapitaine ou patron de l'embarcation; et s'il s'etait exerce quelques vols ou fraudes dansIepoids, Ie nombre ou Ia qualite des marchan dises ou denrees, Iaplainte porteea qui de droit,Iecapitaine ou patron et son equipage, ou celui qui en serai!Iefauteur ou en partie, sera traduit, parIemandat d'arret decerne par qui de droit, en lieu de surefe, la procedure instruite, jugee et executee, s'ilya lieu, selon les formes des tribunaux speciaux Dans tous les cas, les capitaines ou patrons seront responsables envers les chargeurs des marchandises, effets et denrees qui seront charges sur leurs bords sous connaissement. Art. 1t.Le capitaine ou patron sera prefere pour son fret, sur les marchandises de son chargement, tant qu'elles seront dansIe(1)Loi du15mars 1808.surl'organisation de la marine milltaire, art. 8.(2)Loi, du 30 mai 1805,surl'organisation des conseils speciaux.-137-

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['180ti]hatiment ousurIequai, et meme pendant quinzaine apres la deli vrance, pourvu qu'elles n'aient point passe entre les mains d'un tiers.' Art.12.Voulant procurer it la marine marchande l'aliment que lui donneIecommerce, reslreignons aux bitliments elrangers les seuls portsparnous designes (1); dCfendons aux susdits hatiments, sous quelque pretexte quecepuisse etre, de faireleurvente dans d'autres ports, sous peine d'amende, qui se,raprononcee contre les capitaines et subrecargues, d'apres la connnaissance du present de cret, et infligerons de severes punitions contre les administrations (lui l'auront voulu ou tolere (2).Art.13.Tout capitaine ou patron des Mtiments ducabotage, qui s'expMierad'unport it un autre, ayant des passagers it son bord, des deux sexes, de quelque condition que les personnes soient, sera tenu de les faire portersurson 101e d'equipage, et de les presenter au bureall de la place et de la marine, en arrivant dans les endroits de leurdestination(3);les batimenls de l'Elat 011 aulres armes, clant en croisiere, qui entreront dans un port01'1il Yaurades mililaires ou maritimes, seront, les capitaines, tenus deleurpresenterleurs leUres de mer, et de faire passer leur cquipageen revue it bord, parIecommissaire des guerres et de la marine, :lyant que de pom-oir faire aucune operation, ni demande quelconque de four nitures ni d'hommes, et de presenter l'elat des objets qu'ils amont. recus de l'administrateur du dernier port de commel'ce, ou (lu'jls auront quitte. -Art.19.Art.14.Lorsque plusieurs baliments de guerre leront voile d'un port,Iechef commandant donn em, comllleiliaguerre, par telTe, dr.s leUres de parties, it ceux des capilaines faisant corps de sa di,-ision, Art. t 5. Etant necessaire de determiner les allrihuliolJs des chefs des mouvements des porls et de;; capilaines de port, jls auront la meme autorite pour la police des marins dans port, que 1'0ntilpeu pres les commandants d'arrondissement et de place, sur les troupes en garnison, ou passant dans leur 3rrondissement ou place; et rela tirement au service de mer, les chefs de division, et commandants(1)Decret, du 28 juillet,quiouvre certains ports au commerce exterieur.(2) Loi, du 23 avril 1807, surIecommerce,art.18. -Loi,du 4 avril 1807, sur la police des ports, etc, art 8. Decret, du 2 septembre 1806, relatif aux droits d'importation, etc, art.6,(3) Arrete, du 7 femer 1804, qui regIe quelques points importants,etc"art.9,18.138-

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'[1806] d'aviso defereront aux des chefs des mouvements de port et de leurs capitaines, ainsi que.les chefs des corps deferent enverslescommandants d'arrondissement et de place, auxquels la force sera reclamee pour Ie bien du service. Art.16.Les capitaines des ports avec leurs adjoints seront tou jours pretsit se rendre it bord des batiments etrangersquise pre senteront pour y rentrer ou en sortir, ainsi qu'il bord des Mtiments de l'Etat;ilsrempliront les formalites d'usage etceDes quileurseront ordonnees par des instructions ulMneures. Art. 17. Lorsque les Mtiments des natious' qui commercent avec tet Empire, entreront dans un des ports designes (1), ils seront tenus de deposer leur role et patente de mer au bureau des classes de la marine, pour s'en expedier lors de leur depart; les Mtiments du cabotage seront obliges d'en faire de meme. Les commissaires charges des classes ne pourront apposer aucune ecrituresurles lettres patentes des puissances etrangeres; ils leur delivreront seu lementuncertificat qui atteste queIe bAtiment a ete expedie et a l'emplitoutes les formalites d'usage, apres s'en etre informes des administrateurs du lieu. -Art.12.Art. 18. En fait de commerce,tous les hommes etant regardes comme de la meme nation, Ies tribunaux de commerce, ayant les memes attributions en cette partie que les ci-devant amirautes, pourr6nt connaitre privatiYementit tout autre, entre toutes per sonnes, de quelque qualite qu'elles soient, faisantIecommerce, tant Haitien qu'etl'anger, tant en demandant qu'en defendant, de toutes contestations, et de toutcequi concerne la construction, les I1gres at apparaux, avitaillement, equipement, ventes et adjudica tions des bAtiments et cargaisons (2). Art. 19. Tout capitaine au cabotage qui se sera permis d'embar quer it son bordunmarin sans etre muni d'un permis de debarque ment du commissaire des classed du port OU Iedernier bAtiment dont il faisait partie de I'equipage aura desarme; sera puni comme fauteur de la desertiondumarin, qui sera mis a bord d'un batiment de l'Etat, it la gene. CependantIecertificat de debarquement donne 3ur les cOtesou iln'y aurait point de bureaux, ni postes militaires, parIecapitaine du dernier bAtiment qu'il aura quitte pour cause de(1)Decret, du 28 juillet, qui ouvre certains ports au commerce exterieur.(2)Loi, du 7 juin 1805, sur l'organisation des tribunaux tit.IX.Loi, du 23 avril 1807,surIecommerce, art. 17.-139-

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maladie, ou du consentementducapitaine, validera jusqu'au port de bureau, au Iemarin sera porte surIe rOle, s'il continue a navi guer surIe meme batiment; car ilnepeutyavail'de debarquement exigible par les equipages qu'it lafindu rOle.Art.13.Art. 20. Les enr61ements pour I'armeenavalese reronl par la presse, etIetempsduservice des marinsnesera pas limite ('l). Art. 21. La manamvre des batiments exigeantune IJonctuelJe obeissance, et toutela celerite dans les mouvements,Iecommande mentnesoutfrira pointdereplique; tout subordonnequiaura hesite d'oheir,etparIe defaut d'execution aura compromisla surete des batiments despersonnes, sera pllni d'un chhtiment exemplaire (passeit labOllline) etjuge d'apresIeCode penal, siIe delit l'exige(2).Art. 22. Tout article duCodepenalmilitaire est applicable aux marins comme aux troupesdeterre. l\IANDONs ET ORDONNONS queIe present decret soit In, publie et affiche parlout oil besoin sera, it la diligence du minisIrede la marine.Faitet donne en notre palais imperial de Dessalines,Ie 101'fevrier 1806,anIII de l'independance, etdenotre reg-ne, Ie 1<1'.Signe :DESSALINES.Parl'Empereul',Le secrritaire[JtiJu!l'al,sig-ne: JUSTECHANC,A.TTE.Leministrede Itr [Jl/elTeetdela marine,sigue : E. GERlN. N3. DtCRET imperial COllcerll<\ntles guildives (3). Port-au-Prince, Ie2 mai 1806, anIIIe.JACQUES,Empereurler d'Ha'ili, etc.;Voulant remedier am: dommages que divers speculatcursnon autorises apportent it.l'e:s:ploitation des guildivel'ies del'Etat; -DtCRETE cequi sui t: Art. f. Toute gnildive appartenantou a l'Etatouanx parlicn-(1)Loidu15 mars 1808,surI' organisation deIamarine militaire, art.1, 2 et suivants. (2)Code penalmilitaire, du26mai1805.(3) Arrete, du7fevrier1804,qui regIe quelquespointsimportants,etc.,art.8.140-

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['t8[;6] Iiers, qui auraetc ou etablie anterieurement itl'arrete de Son ExcellenceIe minis Ire des finances relatif it l'atfermage des guildiveries, sera conserver etcontinuera de fabriquer. Art.2.Toutes cellesquiauront etereparP.es ouentreprises par desp articuliers, postcrieurrrrient itI'arrete prccite, sans une per missioll expresse signee de. ma propre main oude celiedeSonExcellenceIeminisll'edes financ('s, seront considerees commeilliciteset par consequent demolies. Art. 3.Dansunmois, it compteI'dujour delapublicationdu present decret, touslesentrepreneurs particuliersquin'auront pas satisfait audesir del'article 2, seront poursuivis extraordinairemen t et auront leurs manufactures confisqueesauprofitde l'Etat. Art. 4. Le present sera lu, publieet aff]chcpartour.011bcsoin sera, it ladiligencedesadministrateurs. Ordreaux generaux commandantsdedivisions el d'arrondisse ments,,depreteI' main-forle it dupresent decre!.Au palais imperial de Dessalines,Ie2maii806,anmede l'indepen dance,ctde notre regne ,Ie i"r. Signa:DESSALINES.Parl'Empereur,Lesecretaire general,signe :JUSTECHANl.ATTE.N 4.DECRET relatifauxtestamentset:lUtresactes porlantrlonationdebiensfonds(1).AuxCayes, Ieierseptembrei806,an lIIe JACQUES,Empereur I.erd'Ha'ili, etc.;Considerant que les tribunaux ant,jusqu'acejour,homologue tinctement tous les testaments quileuront etepresentes; Considerant qu'au mepris del'ordonnancedu7fevrieri804,qui fixe I'epo que qui annulle les ventes, testamentsetdonations faitsparles blanes,lestribunaux n'ont cesse, depuis leur installation, d'homologueret insinuer de telsaetes;(1) Arrete, du7fevrier1804,qui regie quelques points importants du service militaire etdel'administration.Art.19. -14-1 -

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[1806] DtcnETE: Art.f.A raveniI',lorsqu'un testament ou tout autre acte portant donation, aura ete presente, soit it l'homologation, soit it l'insinua tion (1),Ietribunal civil, avant de faire droit, donnera connais sance it l'administrateur principal de la division, de la demande en homologation dUdit testament,it l'elfet de s'assurer si l'Etat n'est pas fondeit reclamer contre ladite demande. Art. 2. A l'avenir, aucun notaire ne pourra d'actespOI'tant vente ou donation qu'au prealableIevendeur ouIedonateur n'ait produit, outre ses titres de propriete, uncertificat de l'admi nistrateur principal de la division, qui atteste que ledit donateur ou vendeur est legitime propriHaire, et queIebien qu'il veut vendre ou donner, n'appartient, ni en tout, ni en partie, aux domaines de l'Etat. Art. 3. Dans aucun cas, Ie tribunal ne pourra homologuer ou insinuer aucun acte portant donation, queIerequerant en justice n'ait produitIecertificat mentionne en l'article precedent. Art. 4. Les dispositions du present decret s'etendent meme surles actes passes entre HaUieni'. Art. 5. Les commissaires imperiaux pres les tribunaux, sont charges, surleur responsabilite personnclle, dc survciller l'exec.u tiondu present, par les tribunaux. Art.(i.Les administrateurs principaux de division qui, dansIecas de contravention au present decret, de la part des tribunaux, n'nuraient pas reclame conlrc, seronl poursuivis suivant toute la rigueur des lois. Art. 7. Le present decret sera lu, publie et execute dans touteResistance a 1'oppression du16octobre 1806. -Loi,du 9 fevrier 1807, concernant 1'agricultureetla mise en possession. Loi, du16mars 1807, additionnelleetinterpretation a celIedu 9 fevrier dernier. Loi, du 28 mai 1805, sur les enfants nes hors mariage, tit.II, art. 1etsuiv. Loi du 22 janvier 1808,surles reclamations des sommes dues par les anciens proprietaire.(1) dit. FAVARD,DE de la nouvelle legislation, verbo msmuatron, etait, dans I anCienne legislation, I enregistrement auquel etaient assujettis, les donations, les actesdedernieres volonte et d'autres actes,afinde mettre les tiers interessesa portee de les connaitres et de se premunir contre la fraude. Cette formaliM a eM remplacee par la transcription etl'enregistrement.-142-

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['1806] l'etendue de l'Empire, a-Ia diligence des administrateurs principaux des divisions, et des commissa:ires imperiaux pres les tribunaux. Donne auxCayes,aupalais imperial, Ie1er septembre 1806, anlIIodel'independance,etde notre Ie 20 Signa DESSALINES.ParI'Empereur,Pourle secl'(l/a'iregeneral absent, signe :BOISROND-TONNERRE.N 5. DECRET relatifaUKdroits d'importation et d'exportation, et ault retributions accordees aux directeurs des douanes, ca pitaines de port, commissaires de marine, tresoriers etinter priltes(i). Aux Cayes, Ie2septembre 1806, an III.JAC.QUES,Empereurlord'lIa1ti, etc: ;Qui Ierapportde ses ministres des financesetdelamarine reunis : COllsiderant qu'il est instant de corriger les abus qui, depuis Iongtemps, se sont glisses dans Ie service de l'administration 'de Iamarine;Considerant qu'il est encore instant de degager Ie commerce des entraves qui Ie paralysent; Voulant, en consequence, fixer definitivement les droits d'importation et d' exportation,etles retributions que des fonctionnaires avides et infi d1lles portaient a un tauxexagerG : DECRETE: Art. t. Les droits d'enll'ce, de meme que ceux de sortie, se per cevI'ont sur IepiedIedix pour cent (2). Art. 2. A l'avenir, les directeurs des douanes se conformeront strictement au larif des prix annexes au present decret, et ne pour ront, dans aucun cas, exiger pour les droits d'importation et d'ex porlation, au delil du prix fixe parIepresent decret. -Art.1,8.Art. 3. Les droits.de pesage, cubage, jaugeage et pielage se per cevrontsurIetaux de demi-gourde par millierIedenrees ou co mestibles assujettis au pesage ; et d'un escalin par caisse demarchandises (1).(1)Loi,du 21 avril 1807, sur Ia direction des douanes,art. 24, 34 etauiv. (2) IbidArt.art. 36, etIetarifannexe a cetteIoi.-143-

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[1806] 20 D'un quartdegourde par futailledeliquide. 30D'unsolpar pied de planche.Lesfondsprovenantdeces droits, seront specialementaffectesau paiementdesappointements des dillerents administrateurs, et deposes dansune caisse parlicu liere, tenue parIedirecteurdela douane,quitiendra ladite caisse aux ordresdeI'Empereur, nonobstalltceuxdes ministres (2).Art. 4. Cesdirecteurs seront tenusdefournir,touslesmois,auministre des finances,Iebordereau de cette caisse, lequel sera trullsmis a I'Empereur etauministre.RETRIBUTIONSACCORDEESAUXDIRECTEURSDESDOUANES,TRESORIERS,COMMISSAIRESDE CHEFSDES DEPORTETINTERPRETES(3),Art. 5. Veutct elltendSa Majestliqn'il soit. p1ye, savoir:Audirectenl'desdomaines,pour chaqucctrangcr, huit gonrdes,ci.8 gOUl'dcs. Au meme, pourlafeuilledcdonanc itdclivrcl' auxcabotems,unquartdcgomdc,ci.1 gourdin. Aume me, POUl' lafellilledcdouanc,fluandces caboteul's s'expcdient sur lcUl' lest,unescalin,ci. 1 escalin.Au meme,pOUI' lespermis d'cmbarqucl' etdedebarquer, un escalin,ci,1 escalin.Autresorier, POUl' chaque bMimcnt du commcl'CCetrangel', douzegourdes,ci.12gourdes.Aucommissail'edemarine, pOUI'chaque bati. ment etl'anger, huit gourdes,ci.8 gourdes.Au meme, pourles roles d'equipage itdolivrel' touslestroismoisaux hatiments pontes pourIecabotage, quatre gomdes, ci. 4 gourdes.Au meme, pour les rOles d'equipagedes bali mentsdecabotagenonpontes, deux goul'des, ci 2 gourdes.(1)Loi,du21avril 1807, sur la direction des douanes, art. 37.(2)Ibid., art. 45. Arrete, du25 mars 1809, du President d'HaYti, quifixeles droits Ii percevoir pourIetonnage, etc . Arrete, dut5octobre 1814,qui reduit Ii 5 pour cent les droils d'importation, etc.(3)Loi, du21avril 1807,surla direction des douanes Retributions accordee aux employes, etc.144-

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[HW6] Au meme, pour la carte de sortie des petites embarcations ayant quille, depuis Ieport de deux tonneaux jusqu'a celui de quinze, ponteesounon pontees,ungourdin, ci. 1 gourdin .Et la moitie en sus pour tout batiment d'un port au-dessus de quinze tonneaux. Le .commissaire de la marine percevra en outre, pour les bati ments de commerce etranger,undroit de quatregourdes;;nais les sommes provenant de la perception de droit, seront versees ilia caisse particulicre ctablie par l'article 5 du decret dutcrfcvrier1806 (1).Auchef des mouvements du port, pour chaque batiment du commerce etranger, depuis lu port de 25 tonneauxjusqu'a celui de cent, seize gourdes, ci. 16 gourdes. Pour les batiments de deux centsjusqu'atrois cents tonneaux, vingt-quatre gourdes, ci. 24 gomdes. Etpour ceux de quatre cents tonneauxjusqu'asix cents et au-delil; soixante-quatre gourdes,. ci. 64 gourtles. Les chefs des mouvements de port auront les memes retributions que les commissaires de marine, pour la carte de sortie des petites embarcations. Quant.'lUXcanots des habitants riverains, ils seront expMies gratis, et il ne sera rien exige pour les relaches des caboteurs,nides bflliments sur les cOtes,a moins que ces premiers ne dcbarquent des elfets, denrces, ou marchandises. A l'interprete des langues etrangcres, pour ses demarches et traductions de factures, huit gourdes, ci. 8 gourdes. Art. 6. N'entend Majestc, qu'il soit effectuc par les b;\limenls dncommerce elranger, aucun chargement ni dcbarquement de deiweeS, comestibles, marchandises, surles cutes et dans les porls de cet Empire, autres que ceux ouverts par la loi du 28 juillet 1805 (2).Art. 7. FaitSa Majestc expresses defensesil toutes les autorites, autres que celles designces parIe present decret, d'exiger quoi quecesoit des caboteurs ou bfttiments du commerce etranger, sous peine d'Ctre poursuivies et punies suivanlInrigueur des lois (1).(1)Decret du premier fevrier 1806. (2) Decret qui ouvre certains ports au commerce exterieur Decret du 1" fevrier 1806, surIecabotage, etc., art. 12. (1)Loi,du 21 avril 1807, sur la direction des douanes, art. 72. -145-

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[1806] Ai'l. 8. DMend egalementSa Majesteit sesminislresdesfinancesetdelamarine d'etablir,etdefairepercevoirparles administra teursdelem'sdepartements respectifs, d'autres droits queceuxavouesparIe present decret,souspeinedepunition. -Art. 2. Art.9. Lepresent decret seraInet public danstoutel'etenduedel'Empire, pouryavoirsonexecution, a ladiligence des ministres desfinances rt de la marine,chacunencequiconcerneses lJutions.Donne aux Cayes, au palais impel'ial,Ie deuxiem'l jourde septembre t806 an lIIedel'independance, etIe denotre regne. Signe : DESSAI,INES. Pal'I'Empereur,PUIlI'Ie secretairegeneralabsent,signe : TAnIF DES PnIX ACTUELSET DES MARCIfANDlSESIMPORTEeSDANSL'E)IPIIlE D'UA'iTI,ETDESPRODUCTIONS TERRITORIALES EXPORrEES DESPORTSDUDIT EMPIRE. Aciel. Amidon. Avoine Armoiredesap. de chene dacajou.Alambics en euivrc. Amandes. Anchois par 12 pobans..Andoui1les Ail!!. A,irons. AlJumeltes Amadou. Ammoniac (sel). Alun. Anes, anesses Antimoineeruet prepare. Ardoises. Argent brule Azul' en roche ct cn pondt'e -14690 livresIecent. iO sousIll,livre.8livres5solsIebariI.33linespiece. 66 livres piece. 1981ivres piece.surfacture.16solsInlivre. 16.1ivres 10 solsIll,caisse. 20 solsIll,livre. 40 solsIll,corde. 3 livres piece. 30 sols les 12 paquets. 40 solsIll,Iivre. 12 liv. 7 sols 6 den.la liv. 8 livres, 5 80lsIll,livre.66livres.30IivresIemiliier. 40 livresIemillieI'. 8linesl'once. tq solsInlivre, I.l..L.J

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[1806] Argent doux en feuilles. e: fin entraitou feuiUes. Aiguilles. Ancres de navire Anisette.BBraigrasetsec Beeuf. Beeuf en vie.A Iamode. Biere, enbarrique en 12 bouteilles. Bougie Blanc de baleine. Boisdesap equarri. Bois de pitch pin. Bureaux desap. e de chene. dacajou.Bouchons assortis Boutons assorlis, de metal. Bas de coton. e de soie. e: de fil. . Brelagnelarge. 8 etroite Basins Ilt mousselines de diverses qualitlis Batiste Beurre Bottes Brina de 7huitou3quartsBiscuit blancet d'equipage c en petit baril. Briques. Blanc de ceruse etd'Espagne. Bandages Brosses. Bgmbasin noir Betterll1'e.. Bouteilles Balais deo-enD BiitsamvJets Bandoulieres Bijouterie l:ileq de Prusse -147-surfacture.surfacture. 12Ii ..-res Ie millieI'. 49 livres Ie cent. toIito sols Ie panier. 16 livres10sols Ie baril. 66 livres Ie baril. 264 livres Ia macorne.24Iivres Ie frequin. 99livres Ia barrique. 49 livres 10 solsIe tierQon. 16liv.10 solsladouzaine. 3 livreslalivre. 3 livreslalivre. 125 livresIemillieI'. 250 livres Ie millieI'. 30 livresIebureau, 50linesIebureau. 90 livres Iebureau. 15 li vres Ie milliel'.9 Hvres Ia gl'osse. 66 livresladouzaine. 150 livres Ia douzaine. 66 livresladouzaine. 20 livresla piece. 12livresla piece. 4 livres l'aune 99 li vres Iecarreau.20 solslalivre. 49 livres 10 sols1apairs. 50 lines la piece. 30 livres Iebaril.3 livres Ie baril. 50Iivres Ie millier. 16 livres Ie cent. 12linesIa piece. 15!ivrea Ia douzaine. 100 livresla piece 8 Iivres Ie baril. 33Iivres Ie cent. 36 livrea Isdouzaine. 18 livresIe bat. 50IivresIadouzaine.surfacture. 12 livreslalivre.

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Borax,brutet Bouilloires de cuivre c potin ou fer-blanc. noucauts en bottes. Boitesajeu. Brouettes. Bourses de soie. Blanc pour femme. BIe noir ou bequise. Burat. Bonnets de Iaine ou coton. Boucles de souliers,deculotte, en metal. Basanes. Bidets avec seringue Cannelle. Charbondeterre Couperose Cuirsde breuf c cabris et nioutons _c tannes. c a rasoir Crin. Cidre en tier{lon. en bouteille. Chandelles. Chapeaux fins c communs et inferieurs. de paille. Colette blanche. grise Clous assortis Cannesdejonc. Cannes communes. Chaisesenbois.enpaille Cordages assortis Cuisses d'oie Chemises communes zinga. Chevaux en cargaison. Confilures secbes et liquides. Cotons de16aunes. Cotonsde8 aunes. Canapes en bois et autres.CotO!) coloro, pal'3 auncs ot demie148-[1806]6 IivresIll.livre. 12 !ivres Ia piece. 5 !ivrea piece. 4 livrea piece. 33livres.15livres. 50 livres Ia doumine. 8livres. 16 livres.4livres.30 !ivres Ia douzaine. 16 livres 1&dou2;aine. 60 livresIll.douzaine. 30 !ivres piece. 8 livt'es180livre . 24 livreslabarrique. 50 livresIecent. 8 livres 5 solsIecuiI' .3livresIecuiI'. 16 livresIe cote. 30 livresIll.douzaine.120livresIecent. 30 livresIe tier{lon. 16 li vres180douzaine. 25 sous la livre. 250 livreaIll.douzaine. 166 livresIll.douzaine. 16livresIll.douzaine. 180 !i vres Ies cent aunes. 100 livres les cent aunes. 100 livresIecent. 33 !ivresIll.douzaine. 16 livrea Ia douzaine. 100 livresIll.douzaine. 50 !ivresIll.douzaine. 100 !ivres Ie cent. 25 !ivresIepot. 10 !ivres la chemise. 5 Iivres Ia chemise. 200 !ivreslapiece. 3 livres la livre. 40 li vres la piece. 20 li vres la picce. 80IivresIll. piece. 5 Ii vres Ill.piece.

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[1806)sur faclure. 40Iivres la canne.ette. 8 Ii vres1acannevette.15sols la leuille. 100 livresIemarc. 5 livres la douzaine. 3 livres la livre, 15 Iivres la livre. 10liv.la douzainedepelotts . i651ivres la piece. 12 livres raune, 50 livresla piece 5Iivresla piece. 3 livresraune.8livreslalivre 40 sols la livre. 25 sols la livre. 16 livres la douzaine.30Iivres 88 liTres ladouzaine, 5 livres raune. 20 sols l'aune.surfacture.surfacture. 45 solsraune.10 livresIesixain.Burfacture. 100 livresIemarc.33livres Is pahe. 6Iivres la paire. 8a livl'esIemillieI'. 3 livreslaIivre. 12 livresIapiece. 25 livres Ia grosse. 40 sols la livre. 3 livres la livre. I) Iivresraune.SUI'facture. sur facture.16livresIebari!. 132 livres la piece. 66 livres la piece. 25 sols Ie cent.i5li neB Iecent. 16liv, 10 sols les 12 pohans. 8 livres la piece. 200 limis Iecent.. ... .'.',. a marque" c en laine. Casimir.'. .' .Croudes, larges etetroites. Casaq u8ll. Calendars Cire A cacheter. c en pain, blanche. jaune ca cirer les souliers Couverture de coton, large ede laine Crepes larges eH,'oits. Couteaux de chasse. e detable Combourg Cartes a jouer. de marine Chandeliers d'argent c argentes de cuivre. Carl'eaux A carreler Cierges. Cambayes Crayons. Crllme de tartre. Casser'olesdecui vre Camelots, COl'Sde chasse, clarinettes. Cornets Ajouer. enbOISet cuit Cambouis Calenderie veritable,de,16 aunes. e de 8 aunes. Cigarres. Chaudieres et marmites Capres etcornichons Cages assorties. Cuivre en planche. Colliers de cristal,jais, grenats, perles,verres, d'oretcuivre. Cannevette garnie de flaconsdecristal A genievre. Cal'tons. Cuillel's d'argent d'etain. Camomille Camphre,-149-

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Cantarides Caracteres d'imprimerie Champignons sees. Chocolat. Cboucroule. Clochettes Colle commune. depoisson Coutil blancetde couleur. Calmande doublesimple.Casse medicinale Cornicbons en ancre Cochons en vie. Crours de brouC. Charpente demontee Charriotsetcharrues.Creusets. Colophane ColoquinteDDraps de Louviersou'de Sedan. c larges,communs 4. fins. 4. atroits, fins. Draps communs.cde soie Drogues assorties Dames-jeannes. Dugdales. Dentelles defiletsoie.cd'oretd'argent fin. e faux Dragees. Dez A jouer. acoudre,d'or,d'argent,defer,decuivre.E [1806'50 sols Ja. livre.8urfacture.8livresla livre. 3 livresla livre. '2 livres Ie baril.24livresladouzaine.30sols la livre.3livreslalivre. 3 livresraune.t50livres la 75!ivrea lapiece. 10solslalivre. 6 livresrancre. 25 livre!la 30livres Ie baril.surfacture.surfacture.6 liTres Iejeu. 50 livres Ie cent. 4 livres Ia li ,reo 821ivres10sols l'aune. 66livres l'aune. 66 livresraune.49livres10sols I'aune.24iivre.5sols l'aune.12livresraune.surfacture. 3livreslapiece. 40 solsla piece. 8livres l'aune.20livresraune.6livresraune.3livres Ia livre.33livres Ia balle. surfacture. de t6rebenthine Essieux de fer. EstQupille Epees Epaulettesd'orfin. c faut. 150-5livres Ie gallon.30 liTres Ie cent.33livre. 1& pille..Bur factul'e. 66Iiue. Iapdoil". 16livreslapaire.

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['1806] Epaulettes d'argent. desoie et laine. Encreenpoudre. en bouteille de la Chine Essentes etroites, de sap, cypres et pitchpin. Eventailsfins communs.Epingles diverses. Ecritoires Etaim en Baumon Eau d' odeur Ecailles. Etoupes. Etamines larges Eauforte. Encens Eponges. Esprit de vin Estampeseteperons. Echalotes. Encre d'imprimerie.45 li\Tes la p!lire. 4 !ivreslapnire. \) !ivresladQuzaine. 20 !ivres la douzaine. 28 Iivresla boite.40livresIe[millieI'. 165 !ivres la douzaine. \) livresIndouzaine. 8 livres les12paquets. 12 livres la douzaine. 50 livresIecent. 16 livres les12pobans. 24 livres15 sols la livre. 30 livresIecent.40 livre!> la piece.20 !ivres la piece. 4 livres1abouteille. 50 sols la livre. 12 livres la livre. 14!ivresIegalon.SU!'facture,15sols la macorne. 3 !ivres la livre.F30 li vresIecent. 18 livres Ie cent. 50 livres Ie cent. 100 livres la boite. 15 sols la livre. 85livres Ie balil. 30 !ivres Ie baril. 15 !ivresIebaril. 15 livres Ie baril. 33 !ivres piece; sur facture.140livresIepanicI'.20!ivres la piece. 5 livrcs l'anne. 10 livresInlivre. 5 livresla livre. 40 sols la livre. 4 livres la livre. :3 livres la livre. 3 livres la livre. 150 Ji.vres Ie millier.. 50liv.res la piece. . -50lin'csIltellf@lJc, .. ... ..Ferenbarre, assorti. en saumon. carepassel' Fer-blanc,enfeuille. Fromage. Farine de froment. de seigle de mais. Fevea. Fusils. Faience fran9aise, en,boucautouenpanier. c anglaise.. '. Fil d'epreuve Flanelle. Fil blanc. Fil de Rennes de fer "de laiton. c a voile. c a cordonniel', .' Feuillards i' '.." J Frisa-bonne. ";e' '.,. Fruits .'-151 -

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f'ourchcttes d'argeut "de fer ang]ais avec couteaux.Flem'Sartillciellas. Fain. Figues en aisse ou en petit baril. Forte-piano. Flutes et llfras. Fouats Goudron. Glaces Gantsdepeau, a homme et a femme.detil.de soia Ginga deux de Rouen de Lille.del'Est, de14at 16 aunas de 28 at 32 aunes Galonsd'oretd'argent de soie et de !aine. Guinee blaue de 6 'et8aunes.de 12, 14 et 16 aunes. Gras fort. Girofle Gonds at pentures.Gazedesoie, til,oratargent. Grapins. Graine de lin dejardinage Guimauve(1Ieurde) Guitares. Gre]ots Gibernes. GommedeGayac. Gros rouge. Guingans )( [1800] 100 livres ]e marc. S livres]s douzaille.surfacture. 15livres laboUe.20livreslac,iaseoulebaril. 660Ii vrespiece. 50 livres la .piece. 18 ]ivres]adouzaine. surfacture. sur facture. 50 livres ]a douzaine.60livres la douzaine. 80 livres IA douzaine. 30lines piece. 40 sols rauDe. 45 sols raune. 55livrea piece.H 0Iivres piece. surfacture,. 60 Iivres ]es12 routeaut. 13 livres ]a piece. 35 Iivres]a piece. 40 solsraune.12 Iivres ]a livre. 3 livres la piece. surfacture. 50 IivresIe 'cent. 50 livresIecent. 5 livres Is livre. 4 livresIs livre. 132livres ti%e.12 ]ivres Is grosse. 100 !ivrea la douzaine. 82 livres10 sots tecent. 50 livresIecent. 31ivras I'aune. Huile d'olive en futaille 12 livreaIegallon. 12 bouteilles. 50 livrea Is caisse. c 30 1101.. '.' 6Q livreal.caisse. c Abn1ler.. 3livres 1. gaDoA ..cde lin. ,....,.' 2O.livrcs]atouflllo. cde ter.6buWne .8 .Ji.rea.le -152-

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.''.[1806]Harengs en Saumure esaurets. en et. ihuit.Houes .' Haches.Habits neufs dedTap. 4: de dillersesetoft'es. Huitres marilaees.,4: enpot.Harpes Horloges de sable. Houpes a poudrer. Indiennes de 5 aunes et demie. e deH aunes.ede 16 aunes. e de'22aunes. enlivret.Inearnat de eoton. Ipecacuanha. Joujoux d'enfants Jambon.Jalap.Jetons.', L Laine Liege enplanche Linons Louchets. Lard en planche Livres impr,imes. Langues fourrees. ensaumure. ede morue. Longuevues, lunettes, lorgnettes. Lattes Liqueurs assorties. M Miel. Mais. Moutonsenvie. esalh. Morae, bacaya et poccoek Maquereaux. -153 33IivresIebaril.12li vres Ie baril.50 Iivres II.douzaine. 40 li vresla dolftain8 20livres.f50 !ivres la doozaine. 20 !ivresIe-baril. 20 sols Ie pot.660livres.45 livres Ill. douzaine.i2livresladouzaine. 20 livres la,piece. 40 Iivresla piece. 60 livres lapiece. 80 Iivresla piece. 20 Iivres la piece. 12 livrellla livre. 30 Iivreslalivre. sur facture. 20 sols la livre. 51i'lres la liVl'e. sur facture. 30 sols la livre. f50 livres Iemillier. 6livres I'aune.30livresladouzaine. 20 solslalivre. 45Iivresladouzaine..66Iiv rell Ie'gros bal'il. 15 IivresIepot. 30 livres la douzaine.surfacture.surfacture. 66 livres les 12 bouteilIes. 25 solslabouteille.12Iivres Ie baril.16livrespieoe.2()'Iivresle baril. 30IivresIecent. 50 IivresIebaril.

PAGE 155

Morlai'S:largll, 011 creaS.-etroit oudorlas.Miroirs enmarbre.Mulets en cargaison. Meules it aiguiser, assorties Montres d'oretd'argent. Manne. Mouchoirs de mousseline, rayes, en couleur, it coins brodes, et schaUs. Madrasvrais. contrefaits,. de soie Mouchoirs paliacas, Cholet, Bearn etMazuli. patan. Mantegue. Merrains. Muscade. Moutarde en poudre. liquide. Malaguette Miitures. Mal'1'ol:s. Malles vides. Makerilbis. Molleton blancaucaton. Matelas. Mandolines' Mine de plomb. Muse. Manchettes it. haie. Mercure precipite IV Noit'de fumee. Nankin blancetjaune.Nankinet. Nansou. Noixetnoisettes. Nattesdejane.Noix de galle.o['1806J 165 livres 13.piece. 150 livresIa pioce. surfacture.fOOlivres la piece. 18 livres Ia piece, surfacture. 4 li vreslalivre. 50 livres la douzaine. 120liv.la piece de 8 moue.50!iv.la piece de8mouc.100 !ivresIndouzaine. 80 !ivres la douznine. 20 sols la livre. 100 !ivresIemillieI'. 20 livreslalivre. 20 solsIepoban.3IivresIepot., 50 solslalivre.surfacture. 15 livresIebaril. 25 li vres piece. 15 livresIebaril. 5 !ivres l'aune. 100 livres piece.66livres.20 livres Ia livre. 15 !ivres l'once.45!ivresladouzaine. 20 !ivreslalivre. 20 solsInpoche. 80 !ivres les 10 pieces.3livresl'aune. 60 !ivreala piece. 16lineaIebaril.20 solsInnatte.3 livreslalivre. Orge, 'Oignons. Olives. Ocrejaune Opium..., " c 40 livresIebaril. 15'!loisIi macorne.16liv.10 lI.les 12 pobans 100 livresIecent. .12.livre!!la!iVTe. 154-

PAGE 156

['1806] aI' brule. Osier. Organdis.pPeauxdevache. e de veau dechamois. chamoisees. de maroquin. Plomb en grain.en planche en saumon. Poivre.Potasse et perIasse. Poix. Petit sale. Poudre it poudrer a giboyer. a canon. PistoIets. Pierres it fusil. Perdrix confites. Papier commun, it Iettres, coupe, etc. it ta pisserie. Pommes de terre et d'arbre. Plumes it ecrire. eit oreiller PIumets. Perruques. Pommade en pots et en baton. Peignesdetoute espece. Poeles et poeIons a frire. Parasols grandsetpetits. Peinture. Piquois Pelles. Pieds de glace, unis et dores. PomponsdesoieetIaine. Pieces A eau. Prunes et pruneaux. Parchemin.Pendules, et porcellline. Pekin. ' Q Quincaillerie. Quinquina en poudreetautre.155 -8 livres 5 sols l'once.20 sols Ia poignee. 30 livres Ia piece. 25livres Ia piece. 160 Iivres Ia douzaine.25livres Ia piece.40Iivres la douzaine. 80IivresIecent.20sols Ia livre. 80 livresIecent. 60 [ivres Ie cent. 50 sols Ia livre.20livresIecent. 15 livres Ie baril. 120 livres Ie baril. 8 livres Ia livre. 15 livres la livre. 6 livres Ia livre. sur facture.surfacture. 25linesIepot.20livreslarame. sur facture. 8IivresIebaril. 33IivresIemillieI'.3livrealalivle. 12livre& la piece. 80 livres piece. 12 livres la douzaine. sur facture. 60 livres Ia douzaine.40linesIa piece.15sols la livre. 50 livresladouzaine. 30Iivres douzaine. sur facture.!lUI'facture.10livres Ia barrique. 20 sols la livre. 25 livres les 12 leuilIe!.surfacture. 12 livres raune. surfacture. S li vrell livre.

PAGE 157

R etsonjus.Riz... Russie large. etroite Rubans detil.Rubans de soie. de laine. Rasoil's en lltui. Rouens couronnes.c fleurets. Roues. Hedingotes Ratafia Registres. Raisins Rhubarbe. Rouge pour femme. Rob antisiphilitique. Rouleaux, menage toile crue grosse. Sardines en bal'i!. enpot. Savons et dJtnlie. america in Se\. Shop. Soufl'e. Suif Saumon c en peti t baril. Souliers a homme, fins.
PAGE 158

t-um6] Sirsakas de l'Inde.c:contrefait. Sacs a habitants.c: a. charger Sana,par12 aunes. Saint-George. Serinettes.. SafranSagou et Salep. Salsepareille. Sanglesenpiece. Savonnettes. Sene. Soie a coudre et a brodeI'. Serge. Secretaires en sapinet cadre. Sucre raffine.T Tabac en poudre.c:en bouteilleetflacon. c en feuilles. a. chiquer. c en andouilles. The bon, et vert. Terraille en paniersouboucauts. Toile de Laval, blanche. c: grise. c:a draps. < d'Irlande c de Fbndre. en demi-piece. de Hollande grisede18 a 20aunes. a coton de20aunes.c:deFrise par 30 aunes. c: deWarendorf.deRouen. : d royale. ToiledeTocklembourg. grise.
PAGE 159

Tamis it farine, montes. Tamis a farine non montes. a vin de canne. Tole. Tabatieres de toute especc. Tambours en bois, etencuivre. Trompettes, trictracs. Tapisdotable.vVins, rouge et blanc,enbarrique.encaisse.enpipes.de Malaga,MadEn'e, etc.,enpipe. "trangers, enbou teilles. Vinaigre, en barrique. en ancre. Verreries assorties. Vert degris.Voituresdetoute espece. Velours de soie.decoton. Violons Vitres.VlLnilleVermicclleetautres pates. Exportation.Cafes de toute espece. Suci'e blanc. terre. e brut. Coton. Indigo. Cacao. Cuirs en poil, de booue. decabrit ou mouton. Tatia. Bois d'acajou. Cuirs tannes. Gomme de Gayac. Ecailles'.,Contitures. Casse medicinale. Huile de Palma-Christi. ['1806] 50livresla douzaine. 25 livres II' douzaine. 25Iivres la piece. 30 sols la feuiIle.surfacture.Burfacture. sur facture. i5 IivresIetapis. 264 livres Ia barrique. 33 livres Ies 12 bouteiIles. 264 livres Ia pipe. 12 livresIegallon. 50 Iivres Ia douzainc. 80 lines Ia barrique. 15 Iivl'es l'ancre.surfacture.12livresIalivre. sur facture. 40linesI'aune10livres l'aune. 15 livres piece. surfacture. 50 Iivreslalivre.i5sols laIi ITe. 25sols Ia livre. 12 gourdes Ie cent.10gourdesIecent. S gourdesIecent. 24 gourdes Ie cent. 1 gourde Ialivre.15sols Ia livre. 1 gourde Ie cuiI'. 2 gourdins Ie cuiI'. 50 gourdes Ia barrique. 2 gourdins Ie pied. 2 gourdes Ie cote.10 gourdes Iecent.2 gourdes Ia livre. 2 gourdins In livre. 2 gourdes Ie cent. i gourde Ie gallon.l\IANDONSETORDON'NONSqueIepresent tarifsoitIuet publie 158-

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(lans toute l'etcllduede poury ayoir son execulioll,;1 ladiligencedesminislres desI1na:nces etdela marine, chacunencequi concernesesattributions. Donne aux CaJes, aupalais imperial,Ie2ejourdeseptembrc1806,auIll'deI'independance,Ie 2e denotrei,cgne. Signe :DESSALINES.ParI'Empereur,PourIe secreta ire general absent, signe : BOISRO:,\D-TON:'\ERRE. N. -AUHESSEdeI'Empereur auConseil superieur, sui\'jcdujug'cmclli dudit conscil.10 oetobre 1800.-159-

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1804No.1-ActedeI'Independance 7No.2-Proclamationdu General enchefaupeuple d'Ha"iti. 8No.3-Actedes Generaux del'Armee qui nommeIe general en chef Dessalines,Gouverneur GeneralIt vie11No. 4-Arrete relatifaucostume12No.5Arrete quiresilielesbaux It ferme13No.6-DecretduGouverneur General quiaccordeunerecompenseauxcapitainesdes batiments americainsqui ramlmeront des IIciitiens dans leur patrie13No.7-ActequinommeIeGouverneur General Jean Jacques Dessalines, Empereur d'Ha"iti.14 No.8Arrete qui regIe quelques points importantsdu serYice militaire etdel'administration15No.9ProclamationduGouverneur General quiaccepteIetitre d'Empereur19No.iO-Decretrelatifauxindividusquiontprovoqueouquiont pris partauxmassacres etauxassassinatsordonnesparLeclercetRochambeau21No. ii-Arrete concernantles Fralll;ais naturalises ItI'etranger 22No.12-Proclamation, qui relateunactedescolons,recommandantIe General Rochambeauaupremierconsul. 23 No.13-Instructionrelativeaumassacredes Franr,;ais 27No.14-InstructionsduMinistredesFinancesauxadministrateursprincipauxdesdepartements31No.15-ProclamationdeJean-JacquesDessalines,Gouverneur General, auxhabitantsdelapartieespagnole33-161-

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No.16Tarif du peage du bac etabli surla riviere du haut duCap36No.17-Ordre des ceremonies du couronnementdeJean Jacques Dessalines, Empereur d'HaHi. 37No.18-0rdonnance qui defend aux captainesde batiments etrangers de cletailler eux-memes leurs cargaisons38No.19-0rdonnance portanl defense aux Haltiens de sortir dupays......39No.20Ordonnance relative au recensement. 40 No.21Ordonnance relative 11 l'afIermage des biens domaniaux 41 1805No.1-Adresse de I'Empereur au peuple 11 son retour du siege de SantoDomingo 43 No.2Constitution imperiale d'lIaHi. 54 No.3-Code Penal Militaire pour toutes les troupes de I'Empire d'Ha"iti 65No. 4Loisurles enfants nes hors mariage 77No.5-LoisurI'organisation des conseils speciaux militaires 82No.6-LoisurIedivorce91No.7-LoisurIemode de cons tater I'etatcivildes citoyens 98No.8-LoisurI'organisation des tribunaux 107No.9Decret quifIXeles emoluments des officiers civilsetmilitaires. 116No.10Decret quifIXeles circonscriptions militaires 119No.11Decret qui ouvre certains ports au commerce exterieur121No.12Decret relatif 11 diverses promotions dans I'armee121No.13-Decret relatif au cautionnement des batiments elrangerspardes maisons haHiennes 122-162-

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No. 14-Decret portant tarif des droits curiaux : des frais judiciaires, et divers autres droits et fraiB 123No.15Decret relatif it. la consignation des Biitiments etrangers 133-1806No.1-Decret portant sur les exportations par tiers, cafe, sucre et cotons 135No.2Decret surIecabotage, les pecheries, les salines,Iemouvement des ports, etc : 135No.3Decret imperial concernant les guildives 140 No. 4Decret relatif aux testaments et aux actes portant donation des biens fonds 141 No.5Decret relatif aux droits d'importation et. d'exportation,etaux retributions accordees aux directeurs des douanes, capitaines de port, commissaires de marine, tresoriers et interpretes 143 -163-

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PRESSESNATrONALES IIlo.: D'HAITI


Lois et actes sous le règne de Jean Jacques Dessalines. ('Jean Jacques Dessalines, 1758-1806)
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 Material Information
Title: Lois et actes sous le règne de Jean Jacques Dessalines. ('Jean Jacques Dessalines, 1758-1806)
Physical Description: Unknown
Publisher: Port-au-Prince : Editions Presses nationales d'Haïti, 2006
 Notes
General Note: 2a-L/E- 1804-06
General Note: KGS43 2006 & Hollis 011944690
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: ILLMC
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: LLMC31878
System ID: AA00000636:00001

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This volume was donated to LLMC
to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by

Harvard Law School Library







LoIS ETACTES
SOUS LE RAGNE
DE
JEAN JACQUES DESSALINES


















LoIS ETACTES
SOUS LE REGNE
DE
JEAN JACQUES DESSALINES



7t l
"0.


COLLECTION ANGLE DROIT
OCTOBRE 2006
































Composition et Maquette de couverture :
Ateliers Graphiques des Editions Presses Nationales d'Haiti

Editions Presses Nationales d'Haiti
Collection Angle Droit, octobre 2006
Port-au-Prince, Haiti


Copyright :Presses Nationales d'I aiti

Ce livre a beneficie du soutien
du Ministere de la Culture et de la Communication


ISBN: 99935-37-45-4
Dep6t Legal: # 06-10-496
Bibliotheque Nationale d'H-aiti



Achev6 d'imprimer
octobre 2006
aux Presses Nationales d'Haiti


























Pour commimorer le bicentenaire de la mort de
I'Empereur Jacques Premier,
et en hommage a cefondateur de lapatrie, ancien esclave revolt qui devint
un soldat absolu, un chef vertical et un Hiros universe.








RECUEIL

GfNifRAL


DES LOIS & ACTES

DU

GOUVERNEMENT D'HAITI





ANN E 1804


LIBERTY OU LA MORT.
No 4. - Acte d'ind6pendance.
ARMEE IND1IGENE.

Oonaives, le ier janvier, 1804, an Ier de I'ind6pendance.
Aujourd'hui premier janvier, mil huit cent quatre, le General en
chef de l'armee indigene, accompagn6 des gindraux, chefs de I'ar-
mre, convoques a l'effet de prendre les measures qui doivent tendre
au bonheur du pays;
Aprbs avoir fait connaitre aux g6neraux assembles, ses vOritables
intentions, d'assurer A jamais aux indigenes d'Haiti un gouverne-
ment stable, objet de sa plus vive sollicitude : ce qu'il a fait parun
discours qui tend a faire connaitre aux puissances ktrangbres la
resolution de rendre Ie pays ind6pendant, ct de jouir d'une liberty
consacr6e par le sang du people de cette lie ; et apres avoir re-
cueilli les avis, a demanded que chacun des gendraux assembles
prononcAt le serment de renoncer A jamais a la France, de mourir
plutot que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu'au
dernier soupir pour l'ind6pendance.
Les g6n6raux, pMn6tres de ces principles sacr6s, apres avoir donn6
d'une voix unanime leur adthsion au project bien manifestW d'ind6-




S18()04
pendance, onl Ilous jurb ) lai posierild, a l'univers enlier, de renon-
rer 4 jamais i la France, el de mourir plutal que ide rirre so.fs si.
domination (1).
Fait aux Gonaives, le Iei janvier 1804, ct Ie Ier jour do l'ind6pondatnc
d'Haiti.
Sign6 : DESSALINES, general en chef; CHRISTOPHE. PETION, Ci.i Rn.\\,
fiEFFRARD, VERNET, GABART, g6nlraux do division ; I. R I(,! r'N, E.
i;EniN, F. CAPOIX, DAUT, Jean-Louis FRAN;OIS, FR~OU, C\'n;'., L.
IAZELrAIS, Magloire AMjnOISE, J.-J. lIERNE, T~issaint BRAVE, YATOU.
g(ns'raux de brigade ; BONNET, F. I'.AP'AIE, 1MOREILY, CuHEIALIER,
M xlut x, adjudants gndaiiaux ; M.\G.vy, li'n\, chels ido brigade; CHA-
EII ,H N, 11. LORET, QU1iN.'i;, A i A.\.10I;'U . Ifi)I'U , CARnhONNE, I)IAQ OI.0
Anill, .1. ItAPHAEL, MAI.ET. D)EllE IN()'OUR , O fir'iel'S lie I'ar (ll ; Ct
1I)lISONII-TONNEIRE, secritaire.



1,II1ERTE: 01 LA Ml30IT.

NSO 2. - P'OCLAMATION du 'eniral ni chli n pcuple d1'llaili.

Quarter g6n(ral des Gonaives, le lei janvier 1804, an ler.

Ciloyens,
Ce n'esi pas assz (d'avoir expulsti de voire pays les barbares qui
I' 0ol ensanglanilti depuis deux siicles ; ce ii'cst pas assez d'avoir mis
un frein aux factions loujours renaissanles qui so jouaient tour A
tour diu Iaiml6ie de( liber'le que la France exposail a vos yeux ; il
liul, 1pr un der jicr acle d'autorili nialionale, a'surer a jamais I em-
pire de la libcrtl dans le pays qui nous a vus naitre ; il faut ravir au
:iouverneliiim inhluinain qui lient depuis longlumps nos esprits dans
ia lorpluir la plus lhuiniliale, tout cspoir de nous r6asservir ; il
liiul entfi vivre indi6pcndants ou mourir.
indpeiidaniicc ou la mort.... Que ces mots sacrts nous rallient,
Vl qu'ils soiiil Ic signal des combats et de notre reunion.
Ciloyens, encs coipalrioles, j'ai rassembl dans cc jour soleniel
ces militaires courageux, qui, a la veille de recueillir les derniers


(1) Proclamation, du '1 janvier 1804, du Gen6ral en chef au people d'Haiti.





[18041
soupirs do Il liherib , onl prodigui' lour sang pour la sauver ; ces
g:'11n'1rau qui ml0 g"uiid' vos ('ll4f'rs (ontri la lyrannie, n'ont point
encon'rie asz liil pour voirl: Iiinhenr.... Le nom fran(ais lugubre
ilcor'r liri i t'Ioili'''s.
T!l y relracr le souveniir des crilauhlis tie co poeiple barhare :
1I1o Iois. 0nos iii01i'rs, illo-: villes, Io1l Oicore p1rll I'inpireinle fran-
;uise ; quo dis-ji ? il vxisi� dlos l'ran'nis daiis tiiore ile, el vous
iliis crov(' li irc s Ir iilllli' l'ilills I dil cille r'puliliquiiei ilq i a coin-
l[:illn I llles ]ls inalioiis, il esi vr\r i ; liais (Ili t'a jantais vaiinen cells
quii toli voiilli "Ill' ili 'es.
Ih iltquii ! virlinii's ll il,'inal quiial I'or ans d(I noire cridullih' ce de
nolrel illdilglI'llc : \;lii uiis. inll ) r u1ll'� s iriii'ul s fl'raimisis, ,l1ais par
la piu'nsv '01fine diles ( rh- cl i vns ivelrws apenits; quand nous
lasseroins- n s dl rl'spii'r r I '' llll;li lir (qu'eux ? ' 1 ,'avo ns-noUl s dlo
cotIiiiiii :i\vr c' peitil-li' I luii'lrrail ?i ,a criinltl r conmparce a noire
patienlf mod6tralion ; sa coiuleur i a l611 n e ; I'lolind'l des mers qui
nous sparcvii, noire clilnal vlegiiurl', nous dissent assez qu'ils nie
sout |ias nos frire''s, qu'ils i" Ic d(rvielldronl jamais, el que s'ils
Irouvenl un asilr parllii linos, ils seront eicbre los machinateurs de
nos troubles cl. de nOS divisions.
Ciloyens indigiincs, lhoimmes, feiniiis, lilies et eafants, portez
vos regards sur (outes Ies parties dt cetle ile ; cherchez-y, vous,
vos 6piouses, vols voS nmaris, vous vos fl'rers, vous vos soeurs ; que
dis-je ? chorch'z-y vos enfaits, vos enfanis a la inamelle ! Que sont-
ils devenus ?... .I Ifrcmis de le dire.... la proic de ces vautours. Au
lieu do ces viclilnes initrcssantes, votre oil constern, n'apercoit
(Ique lurs assassins ; que les ligres encore ilgoullanlsde leur sang,
cl dont I'allfruse presence vous reproche voire insensibilith et votre
coupable Icnleur i les venger. Qu'altenlndz-vous pour apaiser leurs
nmnes ? Songez quel vous avcz voulu que vos restes reposassent au-
prIs de ceux de vos peres, quand vous.avcz chass6 la tyrannie;
descendrez-vous dans la tombel sans Ios avoir veng6s ? Non, leurs
ossements repousseraient les vblres.
Et vous, hommes pricieux, g6ndraux intripides qui, insensibles
A vos propres malheurs, avez ressuscit la liberty en lui prodiguant
tout votre sang ; sachez que vous n'avez rien fait si vous no donnez
aux nations un example terrible, mais just, de la vengeance que
doit exercer un people lier d'avoir recouvr6 sa liberty, el jaloux de
la maintenir ; ffrayons tous ceux qui oseraient tenter de nous la
ravir encore : commencons par les Francais.... Qu'ils frNmissent en
2






[(804]
abordant nos c6tes, sinon par le souvenir des cruautis qu'ils y ont
exercees, au moins par la resolution terrible que nous allons pren-
dre de devouer a la mort quiconque, n6 francais, souillerait de son
pied sacrilege le territoire de la liberty.
Nous avons os6 Wtre libres, osons l'ktre par nous-memes et pour
nous-memes ; imitons l'enfant qui grandit.: son propre poids brise
la lisiere qui lui devient inutile et l'entrave dans sa march. Quel
people a combattu pour nous ? quel people voudrait recueillir les
fruits de nos travaux? Et quelle d6shonorante absurdity que de
vaincre pour 6tre esclaves. Esclaves !.... laissons aux Francais cette
6pith6te qualificative : ils ont vaincu pour cesser d'etre libres.
Marchons sur d'autres traces, imitons ces peuples qui, portant
leur sollicitude jusque sur l'avenir, et appr6hendant de laisser a la
posterit6 l'exemple de la lichet6, ont pr6f6r6 6tre extermin6s que
rays du nombre des peuples libres.
Gardons-nous cependant que l'esprit de prosilytisme ne detruise
notre ouvrage ; laissons en paix respirer nos voisins, qu'ils vivent
paisiblement sous l'empire des lois qu'ils se sont faites, et n'allons
pas, boute-feux r6volutionnaires, nous 6rigeant en e1gislateurs des
Antilles, faire consister notre gloire a trouble le repos des lies qui
nous avoisinent : elles n'ont point, comme celle que nous habitons,
Wte arrosees du sang innocent de leurs habitants ; elles n'ont point
de vengeance h exercer centre l'autorit6 qui les protege (1).
Heureuses de n'avoir jamais connu les fl6aux qui nous ont de-
truits, elles ne peuvent que faire des voeux pour notre prosp6ritO.
Paix h nos voisins; mais anathbme au nom francais ; haine 6ter-
nelle a la France : voilh notre cri
Indigenes d'Haiti ! mon heureuse destinee me rCservait ha tre un
jour la sentinelle qui dit veiller a la garde de I'idole i laquelle
vous sacrifiez ; j'ai veill, combattu, quelquefois seul, et si j'ai 6te
assez heureux pour remettre en vos mains le d6pbt sacr6 que vous
m'avez confiU, songez que c'est A vous maintenant i le conserver.
En combattant pour votre libert6,j'ai travaill i mon propre bonheur.
Avant de la consolider par des lois qui assurent votre libre indivi-
dualit6, vos chefs que j'assemble ici, et moi-meme, nous vous de-
vons la derniere preuve de notre devouement.
G6ndraux, et vous, chefs, reunis ici pr6s de moi pour le bonheur
de notre pays, le jour est arrive, ce jour qui doit 6terniser notre
gloire, notre ind6pendance.

(1) Constitution imp6riale d'Haiti, du 20 mai 1805, art, 36.


-10-






[1804]
S'il pouvait exister parmi nous un cceur tilde, qu'il s'6loigne et
tremble de prononcer le serment qui doit nous unir.
Jurons 4 l'univers enter, 4 la postdrit, d nous-memes, de re-
noncer 4 jamais a la France, et de mourir plultt quw de vivre sous
sa domination ;
De combattre jusqu'au dernier soupir pour l'inddpendance de
notre pays (1).
Et toi, people trop longtemps infortun6, temoin du serment que
nous prononcons, souviens-toi que c'est sur ta constance et ton cou-
rage que j'ai compt6 quand je me suis lanc6 dans la carriere de la
liberal pour y combattre le despotisme et la tyrannie centre lesquels
tu luttais depuis 14 ans; rappelle-toi que j'ai tout sacrifid pour voler
a ta defense, parents, enfants, fortune, et que maintenantje ne suis
riche que de ta liberty ; quo mon noin est devenu en horreur A tous
les peuples qui veulent l'csclavage, et que les despots et les tyrans
ne Ie prononcent qu'en maudissant Ic jour qui m'a vu naltre ; et si
jamais tu refusais ou recevais en murmurant les lois que le g6nie
qui veille a tes destins me dictera pour ton bonheur, tu m6riterais
le sort dos peuples ingrats1
Mais loin do moi cctte affreuse id6e ; tu seras le soulien de la
liberty que tu ch6ris, l'appui du chef qui to command.
Prite done entire ses mains le serment de vivre libre et indepen-
dant, et de prC6frer la mort i tout ce qui tendrait A to remettre sous
le joug. Jure enfin de poursuivre a jamais les traitres et les enne-
mis de ton ind6pendancc.
Fait au quarter g6n6ral des Gonalves, le ifr janvier 1804, I'an Jer d(
l'inddpendance.
Sign6: J.-J. DESSALINES.

LIBERTIf OU LA MORT.
No 3. - ACTE des g6neraux de l'arm6e qui nomme le g6ndral ej
chef DESSALINES, Gouverneur glndral a vie.
AU NOM DU PEOPLE D'IIAITI.
Quarter g6ndral des Gonaives, le ler janvier 1804, an ie
Nous, g6rnraux en chef des armies de l'ile d'llaiti,
P6nitrds de reconnaissance des bienfaits que nous avons 6prouv6s (

(1) Acte d'ind6pendance. Ce serment 6tait pr&td par le president d'Haiti sur 1'autel
de la patrie, le 1- janvier de chaque annee. II fut supprim6 de ses discours
apres le trait d6finitif par lequel la France reconnut 1'ind6pendance d'Haiti.


-11-





t18041
g6nbral en chef, Jean-Jacques DESSALINES, le protecteur de la liberty don't
jouit le people,
Au nom de la liberty, au nom de l'independance, au nem du
people qu'il a rendu heureux, nous le proclamons Gouverneur gd-
dnral a vie, d'Haiti ; nous jurons d'ob6ir aveugl6ment aux lois .ma-
ndes de son autoritd, la seule que nous reconnaltrons : nous lui
donnons le droit de faire la paix, la guerre et de nommer son suc-
cesseur.
Sign6: GABART, P. REMAIN, J. HERNE, CAPOIX, CHRISTOPHE, GEFFRARD,
E. GQRIN, VERNET, POTION, CLERVAUX, Jean-Louis FRANgOIS, CANGK,
FgRou, YAYou, Toussaint BRAVE, Magloire AMBROISE, Ls BAZELAIS.
Fait au quarter g6n6ral des Gonaives, ce ior janvier 1804, et le pre-
mier jour de 1'ind6pendance.


LIBERTY OU LA MORT.

N0 4. - Gouvernement d'Haiti. - ARRETE relatif au costume.

Quarter general des Gonaives, le 2 janvier 1804. an ier.
Le Gouverneur g6n6ral, AnnRTE :
Les gendraux de division porteront habit bleu, doublure rouge,
sans parements ni passe-poils, trois rangs de brodeeie, panache et
ceinture rouge, le chapeau galonn6.
Les generaux de brigade, habit bleu, doublure rouge, deux rangs
de broderie, panache et ceinlure bleu c6leste, chapeau galonn&.
Les adjudants ginaraux, habit bleu, doublure rouge, un seul
rang de broderie, panache loir, le chapeau horde d'un galon mioins
large que celui des gin6raux de brigade cl orni de hiarioles.
Les aides de camp ct officers attaches aupres des g6neraux, en
adopteront les couleurs pour leur 6charpe et panache, et porteront
habit bleu, doublure rouge.
Fait au quarter gdndral des Gonaives, le 2 janvier 1804, 'an ier de
1'ind6pendance.
Le Gouverneur general,
Sign6 : DESSALINES.


-12-






[1804]

LIBEItTE OU LA MORT.

INO 5. - Gouverncement d'llaiti. - AnnGTt qui risilie les baux t
ferme.

Quarter general des Gonalves, le 2 janvier 1804, an Jer.

Le Gouvcrneur general, ARRETE :
2ue lous les baux d ferme des habitations sont et deineurent
rksilii's (1) ;
Enjoint a;ux adiniiiistraleurs principaux des dpartements de tenir
la main a l 'ex6cuion du present arrkit, qui sera lu, public et affiche
parloul oi hbesoiii sera.
Au quarter g6n6ral des Gonaives, le 2 janvier 1804, I'an ior de 1'ind6-
pendance.
Le Gouverneur general,
Sign4 : DESSALINES.



LIBERTY OU LA MORT.

No 6. - Gouverncment d'Hait'i. - DECRET du Gouverneur g6ndral
qui accord une rAcompense aux capitaines des bAtiments ambri-
cains qui rameneront des Iaitiens dans leur patrie.

Le 14 janvier 1804, an i1r.
Le Gouverneur general,
ConsidBrant qu'un grand nombre de noirs et d'hommes de couleur, in-
digenes, souffrent aux Etats-Unis d'Am6rique, faute de moyens pour re-
tourner dans leur patrie ;

DECRUTE :

Art. ler. II sera accord aux capitaines de bAtiments ambricainsla
some de 40 gourdes pour chaque individu qu'ils rambneront dans
cc pays.

(1) Arrdts, du 7 fevrier, qui rggle quelques points important du service militaire,
etc. art. 8.


-13-






[rl'oi
Arl. 2. Le pri'stiil udlroel scra imprlinm, public' el alliichi' ; el colpi
on sera imnnmdia; ent'inl nllvov(' au rongris t des Etals-Unis.
Donn6 au quarticr general, le 14 janvier 1804, an l'r' de lind6pon-
(lance.
Signli : I.)ESSA.INES.


No 7. - Empire d'llaili. - ACE'i: uiii nomin le h vrneiiur g'-
('eral .lean-Jacques D)ESSALITES, emperor d' ullaiti.

Port-au-Prince, lo 25 janvier 1804, an I".
Nous, g6ni'raux de 1'arinC ( d'lla'ii,
l)sirant consacror, par un actor solennel, le veu de notre comur, et ri-
pondro a la volonti fortement pronionc6e du pouplo d'lHaiti;
Persuades quo 'autorit suprlt nio no veout point de partage, et que 'in-
tr(',t du pays exige quoe les rIne de I'administration soient premises centre
les mains do celui qui rounit la confiance, 1'affection ct 'amour do sos
conciioycns;
Hion convaincus, par une cruelle experience et par l'histoire des na-
tions, qu'un people ne pout ('tre convenablcment gouverni que par uni soul,
et quo celui-la mn'.ite la pr6fi'rence, qui, par ses services, son influence
ct ses talents, a su concilier edificee de notre ind6pendance ct la libcrt' ;
Consid6rant qu'aprl's une longue s�rie de malheurs io vicissitudes, il
convent d'assurer la garantio ct la si'ieti des citovens d'une iani;'rc im-
muable et irrevocable, et que le plus stir moyen d'atteindre co but est do
dicerner au seul chef capable de rcpr6senter et de gouverner dignement
la nation, un titre auguste ct sacr6, qui concentre en lui les forces do l'Etat.
qui en impose an dehors, et qui est au dedans le gage do la tranquillity :
Consid6rant que le titre (de (ouverneur gindral, decerin au citoyen Jean-
Jacques Dessalines (1), ne remplit pas d'une mani6re satisfaisanto Ioe wv
general, puisqu'il suppose un pouvoir secondaire d6pendant d'une autorit6
ktrangere, dent nous avons A jamais secoue le joug;
Sans avoir plus longtemps dgard au refus constant et obstin6 du citoyen
Jean-Jacques Dessalines, d'accepter une puissance que le people et l'arm6e
lui avaient delegue6 des l'fpoque oi notre ind(ipendance a Wt6 proclamce,
puisque ce refus contrarie les inter'ts, la volont6 et le bonheur de ce pays ;
D06frons audit ciloycn Jean-Jacques DESSALINES, IC lillr d'(Em-
pereur d'Haii, et Ic droit de choisir et de nommer son succcs-
seur (2).


(1) L'Acte des g6neraux, etc. ler janvier 1804
(2) Proclamation, du 15 f6vrier 1804.
- Les Axt. 20 et 26 de la Constitution imperiale d'Haiti, du 20 mai 1805.


- 14 -






S[1804]
DWsirons que celte expression libre d( nos cceurs et d(ja provo-
qu6e par Ic people, soil ollfere a sa sanction, sous la plus brief ddlai,
et receive sa prompted et entire execution par un dGcret du s6nat
qui sera extraordinairement convoqu iet eel effet (1).
Au port-au-Prince, le 25 janvier 1804, an l, de l'independance d'Ha'iti.
Sign6 : VERNET, ministry des finances; CLERVAUX; CHRISTOPHE, com-
mandant la division du Nord; PETION,' GABRT, GEFFRARD, comman-
dant la division du Sud, generaux de division etconseillers; Jean-Louis
FRANCOIS, FiROU, G lRIN, MAGNY, RAPHAEL, LALONDRIE, Paul REMAIN,
CAPOIX, CHANGE, Jean-Philippe DAUT, Toussaint BRAVE, MOREAU, YAYOU,
Magloire AMBROISE, gen6raux de brigade, conseillers; BAZELAIS, general
de brigade, chef de l'Ftat-major general de l'armee.


N� 8. - AnnfTEf qui rEgle quelques points important du service
militaire et de administration.
Quarter general des Cayes, le 7 f6vrier 1804, an ler.
Le Gouverneur general,
Ayant pris connaissance de la proclamation faite par le general de bri-
gade Gerin, commandant le d6partement du Sud, en l'absence du g6n6ral
de division Geffrard, en date du 18 brumaire, an XII (style francais) (2),
ladite proclamation concernant les instructions g6nerales pour le service mi-
litaire, celui de la marine et de administration civil du d&partement du Sud;
Consid4rant que les articles 1, 2, 3 et 4 contrarient ouvertement les dispo-
sitions qu'il doit prendre relativement aux diverse branches d'admiois-
tration civil et militaire don't traite ladite proclamation du 18 brumaire;
OnDONNE :
Art. 4. La proclamation faite par le general GERIN, en date du
18 brumaire an XII, est annule.
Art. 2. Tout propri6taire qui aura des denrees A vendre, devra
prCalablement payer le quart di aux cultivateurs, et celui revenant
A I'Etat, come imposition territorial (3).



(1) Ordre de la cdr6monie du couronnement, etc., du 6 septembre 1804.
(2) 10 novembre 1803.
(3) Instructions, du 4 mai 1804, du ministry des finances aux administrateurs
principaux des d6partements, art. 1 et 3.
- Loi, du 20 avril 1807, concernant la police des habitations, etc. art. 4.
- Loi, du 9 mars 1807, portant abolition de la subvention du quart, etc., art.
1 et suivants,


- 15-





[io84]
Art. 3. Les conseils des notables ktablis dans les diverse com-
munes sont supprimbs.
Art. 4. La faculty de vendre les denrees provenant de la recolte
de I'an XI ne sera accord6e qu'aux proprietaires qui faisaient parties
de l'armne indigene, a 1'6poque.du 20 messidor an XI (1); les per-
sonnes qui r6sidaient avec les Francais depuis cette 6poque, ne
pourroat jouir desdits revenues de l'an XI, qui demeurent confis-
ques au profit de l'armne indigene. - Art. 10.
Art. 5. Les commandants d'arrondissement seront seuls charges
d'ordonner aux inspecteurs de fire transporter dans les magasins
de l'Etat, les denrees provenant des habitations sequestrCes, et les
revenues confisques.
A leur entree dans les villes ou bourgs, le commandant de place
est charge de les faire escorter a l'administration, et ie se mnlcra
nullement de leur pesee.
Art. 6. Les mulets, chevaux et autres animaux appartenant aux
habitations sequestries, seront remis, A la diligence des comman-
dants d'arrondissemient et de place, non aux chc's de la cavalerie,
ni aux inspecteurs, mais a la direction des doniaines de I'Etal, qui
en rendra compete au general commandant du d6partement, ou go-
nural commandant la division dans laquelle lesdils aniinanx scront
trouv6s. Lesdits animaux idej mis a la disposition des cells de bri-
gade de cavalerie et inspectors, seront, iare ux, rep)rlesoil's audit
administrateur des domains, qui en rendra comipte ;ai gpincral
rommiandant Ie departemeiIl, on an gindral dti division, i qui les
placera de la manibre la plus utile sur les habitations s(iqueslrc Rs,
pour Etre employs aux travaix de la culltrce.
Art. 7. 11 c's expressimeni dIeniitl aux ol'liciers d( Ions grades
et de tIoiles arniles, de s'illiinisrer dans les Iraval;u des labilalions,
et ceux d'entre eux qui seraient convaiiicus de s'elre tra;tisorli':s
stir lesdiles habitalionls a I'lleft d'y dloiner des ordres, seron0 ar-
roles, a mioins qiu'ils llo soientl tunIis (l'ui ordre du gih:iial coii-
miandant idu ddparlemnei, oi du geinbral de division, pour y I'aire
une operation quelconque.
Arl. 8. Tonics les sucreries ol i ginilives qui, lirciderliilllIit,
avaienit e1 accordtees aux (livers clhels do corps, on parliculliers,
seront remises a l'adininistration des doinaines (2). Pourront nean-

(1) 9juillet 1803
(2) Arrrtd, du ler janvier, qui r6silie les baux a ferme.


-16-





[1804]
moins ceux qui auront j6par6 ou relcv6 lesdites sucreries ou guil-
dives, se presenter A ladite administration, lors des cries, l'ceffet
d'obtcnir la pr6frrence dans l'adjudication qui sera faite desdites
fermes.
Art. 9. Les passports A delivrer aux cultivateurs et autres per-
sonnes, seront donnas gratis par les commandants d'arrondissement,
de place, et autres, jusqu'a ce que le gouvcrneincnt en ait autre-
ment ordonn6. Cette measure no sera adopted que pour I'intlrieur
de l'ile d'llaiti ; mais non pour l'Ntranger (1). - Art. 18.
Art. 10. Tous propri6taires qui r6sidaient avec les Francais, a
l'6poque de la rentr6e de l'armCe indigene, dans les villes on hourgs,
seront rcnvoyes on possession de lours propri6t6s, a la charge par
eux de verser dans les magasins de l'Etat les denrbes provenant do
la rdcolte de l'an XI. - Art. 4.
Art. II. Les g6neraux de brigade nommms commandants d'ar-
rondissement,seront seuls reconnus en cette quality; et il ne pourra,
sous quelque pretexte que ce soit, y avoir deux commandants pour
le m6me arrondissenient.
Art. 12. Les gendraux, commandant les arrondissements, no
pourront prendre aucun arrite ni faire aucune ordonnance, relatils
a Ta culture et aux autres branches du service, qu'apres avoir pris
des ordres du general commandant le d6partement, ou du gi6nral
(de division ; ct ceux-ci no pourront fair ni proclamation, ni arr.!6,
que ces actes no soient revutus de la sanction du Gouverneur g6-
neral.
Art. 13. Les generaux de brigade rehdront compete, de quatre
jours on quatre jours, de la situation de leur arrondissement, au
general commandant la division ofi ils so trouvent, ou au general
commandant le dpartemennt ; e ccs dcricers devront compete de
I'administration militaire de leur d6partcment on division, au Gou-
verniur general, qu'ils inslruiront, de six jours en six jours, de cc
qui se passera. Dans les cas urgents, ils devront pr6venir de suite
le Gouverneur generar de ce qui arrivera d'impr6vu.
Art. 14. 11 est ddfendu aux g6enraux ou aulres officers, commnan-
dant un arrondissement dans lequel il so trove un port ouvert aux
irrangers, d'entraver I'adiniistrateur dans I'achat qu'il no devra


(1) Ordonnance, du 22 octobre 1804, portant defense aux Haitiens de sortir du
pays
- Ddcret, tu 1" fivrier 1806, sur le cabotage, etc., art. 13.


-17-







faiir' qu 1e;. articless cssnlticis th I'armee, et don't il no devra compete
qui' son chef immCnlial (I).
Art. 15. Les adminislralours parliculiers correspondront, chacun
ldans Icur parlti, avoc I'alminiistratrcur principal du tdpartement,
Icur rundronl compic dl Iu rs operations, et obtcmprreront a leurs
(odret's ; et cos dorieiirs dt(rontl rendre frcqucmment compile de leur
adminislralion an g 'in(ral de division VERNET, ministry dc finances,
avcc le(quiel ils corrcsplondroll direcltment, come aussi au gend-
ral commandant le dIparlement. Si le cas I'exigeait, les adminis-
Irateurs sont autorisis A requ6rir la force armce auprbs des gEnC-
1raix comiinandanis du d@partement, pour favorisor el lpr!tfgrr leurs
operations (2).
Arl. '1. 11 est d rclier, d'ole'inprcor auix cdemaundes qui -leur seraicnt fails par les
olliciivrs gb'6iranx et aul'rs; i mains quec cos demiandes ne soicnt
vis.cs Ipr Ie g'-6~iral conimnandant le d(t parleinent, qui n'accordera
quic lIs objels nicessaires (3).
Arl. 17. Los g6nmranx commandant les d6partements front ex,-
culer par les g6nt'raux de brigade, commandant los divers arron-
dissements de leur d6parlemeinil, los ouvrages des forlcresses qui
seront ith1cves dans les hautes moniagnes de I'iinhtrieur, ct les gni'-
raux de brigade enverront lr'quc ininent au ght6nral commandant le
d''parlenimei, Ie rapport des operations qu'ils auront fails it cttigard.
Arl. 18. Les coninmadanls dtiS c place soulemednl., et non les adju-
danis de place, so Iransporltronl it board des bhtlinienis parlants,
pour s'assurer si les persoines qui y scront imbarqunics sont minics
dui passport du ghllral comlnandant du d(partement on de la di-
vision, qui sera autoris6 par moi (4). - Art. 9.
Art, 19. Toutes venles ou donations, soit de meubles, soit d'im-
icubles, faiths par dos personnel 6migrCes en faveur de celles


(1) Ordonnance, du 15 octobre 1804, qui defend aux capitaines des batiments
Strangers de detailer eux-memes leurs cargaisons, art. 4.
- Loi, du 7 mars 1807, concernant 1'organisation de administration, etc., art 9.
(2) Instruction, du 4 mai 1804, du ministry des finances aux administrateurs
principaux des departments, art.
- Ibid, art. 9.
(3) Arritd, du ler avril 1804, concernant les Francais naturalists A 1'etranger.
(4) Loi, du 28 mai 1805, sur les enfants nus hors marriage, tit. II, art. 5.
- DNcret du ler septembre 1806, relatif aux testaments, etc.
- Loi, du 16 mars 1807, additionnelle et interpretative, etc.
- Loi du 22 janvier 1808, sur les reclamations des sommes dues, etc.
- Loi, du 9 fdvrier 1807, concernant I'agriculture, etc.


-18-







results dans to pays, sont El die'llllrell ainnul;'s ; hini ('enlllCdi
depuis la prise d'armes de. farmco indigine, p[our expulscr les
FranCais de 'ile d'lla'ii (i). " '
Art. 20. Le pr6scnl arri'l' sern pid, lil et aflfichi dans lous Is ls d-
partemnens de File d'lfaili ; el les -gi6n-raux coniiiiandaiils do divi-
sion et ir, dp'larlelenllt, hl co iniltadalnts d';ar rondissenit (l Claulr'(e
officers comniandan!, dcemCuren chargers chltculln (' re Icqui coiin-
cerne' dt' I'x6tculion du prtiscid:l.
Fait au quarter general des Caycs, I 7 f6vrior 1804, 1'an le do Find6-
pendance.
I.x (;iGotrerneur general,
Sign : DESSALINES.


N" ). -- IPnoLA1iATION du G(ouveriniur g6niral qui aiccptie Io lilre
d'eiiiperuiir.
Le Gouverneur ig6u'ral, anx glnin(ralux de l'armn'r vt aux aultoril6s
civiles ct niililaircs, o'ganes du lpiupil (i).
.\ Dessalines. lc 15) f6vrior 1801, an ''.
Ciloyons,
Si quilue coiisid('ralion jiislific I' inres .youx Ie tii'e auguislc, 1|uE
volre confliance 1il l dIet'lCrilr , C( iiE'sl 1111' 11lln ZllC', s;ils dl Eillc' , ia
vciller an salui de I'Iiipire, el iia voloni6, it consolideir nolirv enlr e-
priso, (enlrclp'ise liqui d)lonn(.'era do nous xllt nalio s invt;ins malies
de la lileri , ion opinionn d'lin ralnas d'esclavcs, nais cellCs d'lilom-
ines iqui pri'dilhchiil lIur ind'icndance au pr�judice do co'lh con--
sidl;ralion que les puissances i'accordent jamais taux i'nuli's quli,
comiin11e lnouis, soin l s artisans de leuir iproprl lilrctlih', iqui n'oit pias
tn licsoin do mnuidier des sccours i(Irangers pour brisEr l'iddol iC
laq(ullc nous sacrilions.
Ccllt idole, conune Saturne, dcvorait s"s cnl'als, et nous I'avo)is
foulee aux pieds; mais n'fefa'onls pas c~s souveniirs; rappelons cei
que la rceiicce dE nos iiifortunes a imipriini daiis nos hines, ils sc-
ront des pri'servalifs puissants contre les surprises de nos cnnemis,

ments, etc. - No 76, Lii, du 16 mars 1807, additionnelle ci interprdleitive,
etc. - No 141, Loi, du 22 janvier 1808, sur les reclamatliws des sommes
diu's, etc. - NO 60, Loi, du 9 faviier 1807, concernant I'anricullure, etc.
(1) Acte, du 25 janvier 1804, qui nomme le Gouverneur g~n6ral JJ. Dessalines,
empereur d'Hati .
- Programme de son couronnement, le 6 septembre.
- Constitution implriale d'Haiti, du 20 mai 1805, art.20


-19-





fI~i4Lj
ci iouus jl6lLt1iiiilrlI iolllre ionic idej1e tYid1iigence "t lent e',ar(I
Si les passionis solhres font Ics hotiimes communs, les semi-me-
surcs arretcnt Ia mnarcfie r'pide des revolutions.
Ptis donm. 41tic viilWd. vz ju-i6.9l0il MIait de I'intiriM de Fbat que
;acccejit;isSt Ie ralll ijItel i' rsll ii'ievei tn rn'iposant cc nouveau
I;trdeaii, jfl HO Ill if;iI' anAc]MtOTn'*oelll o obligation envers 111011
pavs h1 fIl !Il:gi'h-flIIj jo lii ,i Ih it, tous les sacrifices ; mnais je sens
(lnit und~voin 1plus p~l, us saint.f mje lie ; ite senS, dis~je, quc je
dois v(illdililn Ii.lpi onwtll niofre enitreprkie It son btin, et, par des lois
1:11"(1s, 11MIS l~l~ctl~ ~'110111. nos 'mmUrs! fil.( le ch'Iflue cilolm ,f
mjattlie datlls.,s,l siit~ ans nttll't - diix dronh dies witres vt sans
blIs~elr t;llll'ifi (JIll q i ille au iiLoicur dle tus.
Vii al-copblaid ciihit g fardearti YAiIs~i onirti~rtx yllt11)11ablJe, ci�sl
1ile doi l -lladilll ii u icttondiui qoi rlsnl tet' dinoin
ad III inirItis oit. Mis5ti'Ouulie/uzvats", (al lcs temnps Ics phils
ilo;l~ellx Iptw ills uVim (lit? tc' ic .tcArane111.(1t (III vaisseali i d lel1.
Ic Silks sfddalII ; la (lller~ fat oujoiurs mon parlage, ci tant que
a'nl'lr;ll'Ill~llli. ]I I;It.'iat cib I ivii-ban. ndos enhinllis les porteronl
StIll lift I'nag10 ;. i;i ilisilificrai votri choix ;c, combatlant , A olre
hill', aif, i qif 4,Q, title W4"c~otrc gnCr al sera toojours hono-
rab'biee poillflIrc. 1110i.e ui
L te ralll 1.1-illol atuiqllel Oils 111'4evez-,m'appreil que jo si115
dlil'lhll I1 jt'i'vd Iltt' tan colicilo e'is, tiontj Jtais Ic dCIfiseur; mais
f1111' Ii~ (1i 111111o i"iiatitt lie "ihirriets tle laisse jaimais reposer soni
ijill t'iit -1r1 1ia;iuiiat1icr 1 r a Iiivcilancce t ses descendants e, les
apijlrivoizir avie It's com11bats.
C:'est it %0111ii, 1 QrfilrIU(,0 lilillr s-, qui tonltre apris inot ao
I'till tj111te-4la, 11i (l' IIv n'a(IrCsse Iipureux tic ponvoir transinetire
1111)11 anlailite ,I cc'ix (pit' out sang poor Ia patie, jC re-
illlev', 0111, it, reoltinre fornelimuenti 'k I'usage injusic de fire pas-
S~t l~d jl~isaal'It Iita lhnillc (1);
.e it I laundi 171ais . egani it I'aitcieniiitii, quand les quaiit~s reqlui-
ses jimill Man -ialtlerllern ae Sec irOi~vroiitt pits reutties dans le sojet
siiit'cila Ia jltc qjtr~ctt& le I'Cm f~iuilliat dee,la jeutesse, con trihue
piluos (Eiciieaieiill "ml bllnlteir-d6 sn paigys, ine ia tkte froide c cxlpt'-
rimllmentei di viviillard qui teiriporise datiis les moments 00 Ia tlthu~rit6
settle est de saisow.
(C'ost it ces condlitioinsj qqu je, stiii,*votre empereur; et inalheur i

(1) Constitution imp~riaIe'd'fFadi, du 2 Of at 18o ; At.l3.

-20.-





[18041
celui qui portera sur les degrs'd'un tr6ne 6leve par la reconnais-
sance de son peuple,.l'autres sentiments que ceux d'un p&re de
famille. '
Sigh : JPESSALINES.
S Par e .Gouverneur g6nral :
.L'adjudant giinra!, Sigi6b BOISrOND-TONNERRE.



NO 10. - DWCRET relatif aux inlividus qui ont provoqun ou qui onl
pris part aux massacres el aux assassinate ordonn6s par LECLERC
et HOCHAMBEAU (1).

LIBERTi, IN PENDEPEN NCL OU LA MORT.

Quartier general'de& GonaYves, le 22 f6vrier 1804, an ler.

Le Gouverneur genral,,
Considerant qu'il reste encore dans cette le des personnel qui ont con-
tribu6, soit par leurs dcrits, soit'par .lours'accusations, a fire noyer et
suffoquer, assassiner et pehdre pu fuaiuler plus dG60,000 do nos freres sous
le gouvernement inhunmin de Leclere et dp Rochainbeau;
Consid6rant quo tons ces hominie, 'iil ont dsl0honore la nature humaine
par le zEle avec lequel ils out rempli leur office de dOnonciateurs et d'ex6-
cuteurs, doivent 0tre classes parmi les assassins, et livres sans records au
glaive de la justice: . .

DiCRntTE ce u11i suit :
Art. 1. Les commnandains de division front arrlter, dans 1'teln-
duc de leurs commandlmencls respeclibs, routes les personnes qui
sont coinvainces ou (quii solt soupIoInn'es d'avoir pris parl aux ins-
sacres el aux assassinals ordonnu s par Leclerc el Rochnmbeau.
Art. 2. Avant de procedir it I'arreslation d'un individual comee
il arrive souvent que plusicurs peuvent Ore innocents, quoique I'or-
tement sollnponines)r nous ordonions t chaque commandant tie
prendre totes les informations n6cessaires dans les recherches des
prueves, et surlout de. ne pas confonldre les rapports justes el sin-
ceres avec les d6nonciations qui sont souvenl suggerees par la haine
et la malveillance.


(1) Proclamation, du 28 avril 1804, relative aux massacres des Frangais.


-21-





[48l04]
Art. 3. Les noms et prnnoms des personnel execut6es seront in-
scrits et envoys au general en chef, qui les rendra publics. Ces. me-
sures sont adoptees pour avertir toutes les nations que bien que
nous donnions asile et protection a ceux qui agissent envers nous
avec bonne foi et amiti6, rien ne d6tournera notre vengeance sur les
assassins qui ont pris plaisir a se baigner dans le sang des innocents
enfants d'Haiti.
Art. 4. Si quelque chef, au mepris de ces ordres positifs du gou-
vernement, sacrifice A son ambition, a sa haine ou & toute autre pas-
sion, des personnel don't la culpability n'est pas auparavant bien
assure et prouvee, lui-meme il subira la meme punition qu'il au-
rait fait infliger, et les biens de tous officers injustes seront confis-
qu6s, moiti6 au profit du gouvernement, et 1'autre moiti6 au profit
des parents des victims innocentes, s'il s'en trouve dans le pays A
1'6poque de la condemnation.
Signg : DESSALINES.
Pour copie conforme :
Sign6 : B. AIMng, secretaire.
Donn6 au quarter g6n6ral des Gonaives, le 22 f6vrier 1804, an Ior de
l'ind4pendance.



LIBERTY, INDEPENDENCE OU LA MORT.

No 11. - AnRRPT concernant les Francais naturalists a 1'6tranger.

Au Quarter g6enral de Marchand, le Ier avril 1804, an Ior.
Le Gouverneur general,
Consid4rant que des Frangais, proscrits et bannis de cette ile, sollicitent,
dans les pays neutres, des lettres de naturalisation, A la faveur desquelles
ils voudront s'introduire dans le pays pour y semer la discorde;
ARRETE :
Art. 1. Tout Francais qui aura obtenu des lettres de naturalisa-
lion d'une puissance 6trang6re, sera tenu de sortir du pays.
Art. 2. Les g6ndraux commandant les d6partements, arrondisse-
ments et quarters dans lesquels resideront des Francais qui auront
obtenu des lettres de naturalisation de puissances ktrangeres, de-




[18041
rent 'aire parvenir au (ouverneur g-neral les lettres desdits natu-
ralis6s avant d Etre autoris6s ahleur accorder un passport (1).
La presence ordonnance aura son cntlire execution sous le plus
court dilai, a la diligence des genaranx, commandants de dUparte-
ments et d'arrondisscimnnts, et scra lue, public ct al'lich6e partout
oi'i il sera necessairc.
Sign6 : DESSALINES.



No 12. - PI'ROcLAMATION, qui relate iui acle des colons, rccornman-
dani le g6nral IoCH.IAMMIAi au premier consul.

Quartior g6n6ral de Marchand, le i"e avril 1804, an Ier.

Citoycns g6ncraux,
Si la resolution irrevocable que nous avons prise d'exterminer
nos oppresseurs avail besoin d'apologistes pris an sein d'llaili, j'a-
dresserais a chacun de nies concitoycns un exemplaire de la copie
de la piece que vous trouvcrcz ci-incluse, piece qui seule, peut-etre,
a fail pleuvoir lous les inaux sur nos ties, mais appel6 notre ind6-
pendance.
Braves compagnons d'armcs, nous n'avons pas besoin de justifi-
cation, puisquc notre vengeance ne pent jamais egaler la some
d'injustices et d'atrocit6s de nos ennemis; mais la publicity que vous
donnerez h cet acte dict6 par l'orgueil, le prejuga et le despotisme
des colons, pr6munira les nations, nos amies, centre les allegations
mensongcres du petit nombre de nos ennemis 6chapp6s a notre
just vindicte. Que dis-je? cet acte prouvera a toutes les nations que
notre gouvernement, loin de refuser sa protection aux negociants
strangers, a dedaign6 de rechercher ni d'inqui6ter, en aucune ma-
nicre, ceux d'entre eux qui, pouvant vivre tranquilles sous les aus-
pices de la liberty du-commerce, et couverts du droit des gens, ont
eu l'impolitique gaucherie de signer une pareille piece.
A Dieu ne plaise que je confonde les homes estimables qui ne
viennent dans notre lie que pour enrichir leur patrie de nos produc-


(1) ArrWt6, du 7 f~vrier 1804, qui rigle quelques points important du service,
etc, art. 18.
- Proclamation du ter avril, qui relate un acte, etc.


- 2 3 -





[I180 ]
lions, et qui ne s'(carlent jamais dti respect qu'ils doivent aux lois
(un pays qui les accucille, avec ces negociants 6ph6imres, qui trali-
quent de l'honneur; mais je dois fire connaitre au conliient tie
I'Anmrique, i la Jamaique, aux iles danoises el espagnoles, que des
individus qui r6claienit (1'un gouvernemeni, qui en obtiennent dates
lllrtirs de naturaslisaton, nc sont, pour la plupart, que des intrigants
'ran.;ais on des renlgats indignes de I'attenlion des puissances qui
les adoplentl, etl qu'ils dhshonorent (I).
En vain alleguera-t-on qIlu cclte pikce est rev lue des signatures
de plInsieiurs l10oninls de coluleur; que prouvera-t-on ? sinon que cos
himuinues, compirilimis par la lrreur cl l'injustice, ont di' nucessaire-
mitl, -i la favenr dl'une leinte plus claire, se donner pour blancs, et
signer, coinie tels, une piice qui n'a servi qu'a les longer dans
I'animee in maux iu'ils oit crenuse dte liurs propres mains.
.l'avais 6di prvenn, i .1 "rimic, que celle pi'ce existait dans les
minutes du notaire C\Ri-Pu-Bi:VOST, an Port-au-Prince, et, en arrivant
d(hns cele ville, elle me fll remise.
.It n'ai pas cru devoir livrcr a l'imipression une page de signa-
Iures, par iienagemeni pour certains dirangers dontj'appr6ihnde-
rais de Iroullel la traniquillil et de r6eveiller les records.
C'cst ai vous, ciloyens genhranIx, it surveiller scrupuleusement les
6ir.ilgers broiillons qui seraient assez imprudents pour s'iminiscer
tans les operations du government ; respectez-les, tant (lu'ils ne
s'occuperont qu'a porter l'abondance dans notre pays; mais qu'ils
cn soielt it jamais exclus ceux qui ie respecteront pas nos lois;
soiuvenez-vous qul'aucune nation n'a Ie droit de nous gouverner de
la manibre qu'il nous convienl.
Quant aux Franiais, croirez-vous encore que I'esprit de despo-
lisnie ne dirigeail que los grands colons, quand vous voyez les Fran-
:ais de la derniiire classes, I'arlisan qui, a pine a franchi les borics
de 1'indigence, souscrire l'acte qui demand I'avilissement et I'es-
clavage des homes qui les nourrissent.
Fortifiez-vous, citoyens gencraux, dans la haine que vous avez
jurae a cotte nation feroce. Puisse le tigre alt6r6 de sang, que les
colons out appel conmme leur sauveur et le restaurateur de leurs
droits, revenir nous combattre! Sa presence rallumera I'incendie
dans nos coeurs, et chacun de nos guerriers sentira tripler son au-

(1) ArrWt6 du ler avril, concernant les Frangais naturalists a l'6tranger.






[18041
dace, et si l'Italie fiut lepatrimoine des satellites d'un Corse, Ilaili
doit etre leur tombeau.
Olficiers g6nCraux, en lisant cetle pikce, criez Aux armes ! et
souvenez-vous que volre pays ne peut exister qlu'en criant aux armes
de six mois en six mois.:
SJ'ai l'honneur de vous saluer,
Sign6 : DESSALINES.
Au quarter g6ndral de Marchand, le ier avril 1804, an ler de l'independance.

Copie de la pikce ci-dessus menlionnee.
MESSIEURS ET CHERS CONCITOYENS,
Lorsque la France, coimblant enfin nos vceux les plus chers, envoya A
Saint-Domingue ses vaisseaux et ses soldats, pour reconquirir cette infortun6e
colonie,ello 6tait loin tie croire qu'il fut possible que le success le plus eclatant
ne couroinlit pas cette enterprise. Vous aurez cependant appris dans quel
exccs de calamites et de desolation nous nous sommes encore vus successive-
ment entraines. Notre position a Wtd telle, que nous avons pu craindre l'6va-
cuation et un novel abandon de la part de la France.
C'est dans cos circonstances affreuses que la mort du capitaine general
LECLERC (1) a mis les rInes du gouvernement de Saint-Dominguo entro les
mains du gin6ral ROCI.MIiEA.U.
Dbs cc moment, la confiance renait, les colons so regardent comme sauvgs.
11 semble que clacun d'eux vint do renouer un nouveau pacte dans son cceur
aveo la mnre-patrie. Saint-Marc, place imnportante de l'oust, qui allait :tre
dvacu6e, non-seuleiient se rai Trinit, nais mtme encore, sur les ordr e suibit,
du general ROCHAMBEAU, cnvoie dcs secouis en hommes au Port-au-Prince
don't ious les environs etaient infcst6s de brigands. Le sud 6prouve les m6mes
impulsions, et les plans des malveillants y sont.deconcert6s. Le gnsral en
chefne tarde pas A se rondre an Cap; h peine ii y parait... l'armnie pireld une
attitude plus militaire, la garde national se multiple et trove de nouvelles
forces. Le Fort Dauphln est reprise; le norn seul de ROCHAMBEAU fait trembler
les brigands; partout ils abandonnent leurs posters, et ils laissent entin respirer
la partic du nord. Alors la colonies entire a rcconnu, dans le general HocnHr-
BEAU, l'homine qui a d6fenrdu la Martinique centre les Anglais, I'homme qui
fut embarqui par SONTHONAX et ses adherent., A cause de ses vues favorables
au systime indispensable h Saint-Domingue; I'homme, enfin, qui, depuis son
arrive avec cette derniere expedition, n'a cess d'6mettre lte opinions les plus
saines et les plus cons6quentes; tous les colons s'6crient done d'une voix una-
nime : RocHAMBEAU est le chef qu'il faut a Saint-Domingue, et que rb-
clame la chose publique. ,
Tel est, Messieurs et chers concitoyens, notre d6sir le plus rif, qui de-

(1) Le general Leclerc mourut au Cap, le 11 brumaire an XI (2 novembre 1802)


-25-






(1804]
viendra certainement le votre, puisqu'il est impossible qu'ayant tous les
mrmes interets, nos sentiments ne soient pas les memes. Portez done vos
vceux et les n6tres aupres du premier consul BONAPARTE, pour qu'il veuille
bien maintenir le g4ndral ROCHAMBEAU dans la place de capitaine g6n'ral,
don't il a deja commence a remplir les functions d'une manibre si glorieuse.
La triste experience du passe a dfi prouver au gouvcrnement, que vaine-
ment il nous enverrait des flottes et des armries nombreuses, s'il n'y joint pas
un chef qui connaisse les localities, les moeurs et les caracteres des trois classes
d'hommes qui forment la masse de la population de Saint-Domingue. Un chef
Bloigne par ses principles et sa morality , de ces vaines abstractions d'une fausse
philosophic, inapplicables dans un pays don't le sol no peut 6tre fecondi que
par des Africains, qu'une discipline sevAre doit comprimer; un chef probe
et imperturbable, qui rappelle sans cesse a l'ordre ses subordonnes, tant civil
que militaires, et sache punir exemplairement ceux qui se livrent A cet es-
prit de rapine si funeste a une colonies qui a besoin de tous ses moyens pour r6-
parer ses pertes. Or, qui plus que le general Roc.HAMuEAu peut offrir cos qua-
lit6s precieuses? Lui qui, employ a Saint-Domingue des le commencement
de la revolution, y a suivi son developpement et ses progr6s; lui qui a 6te tB-
moin des exces auxquels les nouveaux libres se sont portes. et des calamites
qui ont pes6 sur la couleur blanche; lui qui a vu l'attachement des colons pour
la mbre-patrie, leur dAvouement et les sacrifices gdnereux qu'ils ont df fair,
et qui les voit encore tous lesjours versant leur sang pour le maintien de ses
droits; lui, enfin, qui connait toute la duplicity, la scel6ratesse de l'ennemi
qu'il a a combattre, et qui sait les moyens de le reduire et de se garantir
de ses atroces perfidies.
Soyez persuades, Messieurs et chers concitoyens, que lorsque nous deman-
dons le g6n6ral ROCHAMBEAU pour nous gouvel ner, c'est que nous reconnais-
sons, et que nous sommes pays d'une manirre bien cruelle pour nous m6fier
de ceux qu'on peut nous envoyer et que nous ne connaissons pas. D'ailleurs,
nous savons que l'Ame noble et g6ndreuse de ce loyal militaire sera flatt6e
de la demarche de ses concitoyens, et que dans la n6cessit6 de faire le bien
et de continue comme il a commence, il prendra soin de justifier, par sa
conduit, ce que nous faisons aujourd'hui : c'est en quelque sorte un en-
gagement que nous contractors en son nom avec la France.
Obtenez, Messieurs et chers concitoyens, du premier consul BONAPARTE,
ce que nous desirons avec tant d'ardeur, et nous osons vous promettre que
Saint-Domingue renaltra de ses cendres, et versera encore, dans le sein de
la m6tropole, des products qui augmenteront son commerce, et seront pour
elle une nouvelle source d'abondance et de prospbrit6 (i).
Sign6 : GRAND-TORBES, n6g.; T. GOUJAMs, neg.; REYNAUD-BARBARIN, neg.;
V, BERTRAND; BRACHON, nag.; COMTE, hab.; PEIRE et GRAVES, neg.;
DuBols-MARTIN,hab.; DUCABON, hab.; MATHIEU DUPOTET, neg.; CORNL-

(1) Le g6ndral Rochambeau fut nomm6 par le premier consul, general en chef et
capitaine general de la colonie, le 13 niv6se an XI (3 janvier 1803).

-26-





[1804]
LON, hab.; HEGNARD et Guo, nig,; J. DUPUY, n6g.; E.-J. GUIEN, BION et
LEFEVRE, neg.; O'GoRMA, hab..; PASCHER, hab.; PAMBLARD, hab.; SIMON,
hab.; L. TOULMti, iab.; MOREL-GUIRAMAND, hab.; J.-B. GESLAIN, hab.;
SAINT-LEGER, hab.; J. KEYNES, hab.; -MEYNARDIE et PICARD, neg., COT-
TELLE; J. PATTERSON, n6g.; BOUT et TUNHOH, neg.; BARBANQOIS, hab.
prop.; CORI'Rox-DLEI.AUNAY, utg : I3ORIN, hab.; DUVAL-SANADON, hab.;
J. DUMOUTIER, n6g.: J. Tiiz.xAN; LAIIENS afni, hab.; O'ROURKE, hab.;
S1OURET-Duct'oURAY; J. D.)AMxAN, hab.; .ROY-LAREINTRIE, hab.; ROBIN,
hab.; PARADES, hab.: I'. RlouLr; CHXRLESTIGUY; LAFARGUE et Co; COTTIN,
not. et hab.; VIALLET, Ial).: PERDEREAU ; A. BONGARS, hab.; NicolasDu-
MAHAUT, hab.; LECLERC, )prop.; J. BROUET, hab.; J. BOSSANT,hab.; GRAND,
hab.; DOLEYRES: (IRA.VI.L1ERS, lih..; lOIIIN-ROBERGEOT LARTI;UE; L. KER-
CADO; BESSAIGNET, hab.; T.-L. MIIALLET, hab.; J.-F. MONOSER, neg.; DE-
LORME,hab.: MARTEL, hab.: M-x;N.NAN, prop.; POULLANET, prop.; J.-N. RE-
GNOIOT pire, ueg.; J. CARD, neg.; DIGNERON, hab.; VALUC; LOBO DAN-
DRODE; SOILART, neag.; CAMPFRANC, u10g.; THIER-HICARD, neg. et hab.;
J. GILLARD: DELINCI, iprop.; S.ITIlet DANRON, ngg.; P. LEVAUx, marchand;
ROSSIGNOL-GllAMMO.NT, prop.; BOISROBERT, hab. prop.; G. GRASSET; LE-
TOURNEUR, prop.; A. FOtRNIER; ROBIN, neg.; PERRIN; VIGNER, prop.;
MERCERON, lab.; PEYRAT, prop.: CONET-MONT ARAND; SARTHE, prop.;
ARCHER, hab. des Gouaives; DELISLE, prop.; FITZ-GgRALD; ROBION-
LAVRIGUAIS, prop.; ROBION-SAI.OMONIO, prop.; L.SEGUINEAU, prop.; LONG-
PRE, prop.; CHEVAS; DCPORTI, neg.; D. PLESSYS, neg.; D. ESPINASSE,
marchand prop.; B. BRACHER; GRASSET ain6; F. GUILLERS, n6g.; DUBORG;
CONTE, hab.; LAPORTE, prop.; BOURGEOIS-DESSOUItCES, hab. prop.; Tuou-
RON; MOREAU, liab.; P. CONSTANTIN; WIET, hab.; B. LACAZEelFERRABOUC.

LIBERTY OU LA MORT.

No 13. - PROCLAMATION relative an massacre des Frani'ais.

Quarter general du Cap, le 28 avril 1804, an Ir.
J.-Jacques DESSALINES, gouerlieur general, aux halbitants (d'laiti.
Des forfails, jusqu'alors inou'is, faisaient fr6mir la nature, la me-
sure etait a son comnile... fnlin l'heure de la vengeance a sonn6, et
les implacables ennemis des droits de I'hoinme ont subi le chatiment
dli leurs crimes.
J'ai lev6 mon bras, trop longlemps retenu, sur leurs t6tes cou-
pables. A cc signal, qu'un Dicu just a provoqu6, vos mains, sainte-
ment armies, ont porter la hache sur I'arbre antique de l'esclavage
et des prejuges. En vain Ic temps, et surtout la politique infernale
des Europ6ens, l'avaient environnC d'un triple airain; vous avez
d6pouille son armure, vous I'avez place sur votre coeur, pour deve-


-27-






118I4]
nir comee vos ennemis mIturels). crnels, impitoyables. Tel qu'un
torrent (dbord6 qui prondce, iarralce, entraine, votre bougue 'clge-
resse a tout enmporti dilns son course implblueux. Ainsi plrisse litut
tyran de l'innocCece, tout oppr.s'vur dua genre lhunailn.
Quoi done! courbes depuis des sib.l,'s sous un joug de fir, jourls
des passions des hoinmes, de leur injuslicet el des caprices dui sort;
victims muntil'es de l;a cupiditl des blalncs I'ram;ai pr, aprbs avoir cn-
graiss6 de nos suntus c('o sallysltes insalialivs nvc 11111v p)atiei1c,
u111 resignailion sans '\ixemple, n. I iS :ousll'll O11s OCIcorT' vni (t1e i 11ord
sacril6ge alttnIcr i nIIire dvre'h-m'lion. salls distinction de sexC ni
d'Aget ; ' t nous, holini s sa. (inergi., s ns 'i'tl . sails di'lieltessl,.
nous n'auriois pas pilogi's dans li'i n sin lns lihs b dria'ssllp'ris? Qucl
est cc vil llaitien, si p1n1 digiie It sa 'i '.'ll;l';ilraio)l , qui n1 cruit
point avoir rmiipli les d1G rc ls i 'trie in ll t\l'hlilllinall t cr s titre.s
alt6rts die sang? S'il eIc est un, Iqu'il s''.libiglnI . 1la iallltlr ildi2lln''
le repousse d( notre s'lin; p1 l'il aille ('achlr ' .a Iho iv loiinl de cl's
lieux : 'air i'oin y re-pire ii'esl plint fait pouir s ts or.iil'ls grlis-
siers ; c'est 1'air pur (le la lilbertl, aui us.t 'l 't ritiiphi le'.
Outi, nous avons relillu, "I ces vanis anniliibale l ue(rr pou)Ir
guerre, crimes pour crimes, olllrages pollr oll;raiges. ()ui, j'ai saln\i
Ion pays, j'ai v'nug'6 l'.\nli'ique. Mon orgutil tl ma gloire somil
dans l'avou que j'en fais h la flac des tnorlels et des dieux. Q(i'illi-
porte le jugement Iqu pronolnceront sur inni les races conilimpo-
raines et Iulures? .'ai fail mon1 dc\vir, ma proprle rstimie it reste;
il me suflit. Mais que dis-je ? la conisrvatioli de ines imalheureux
fr6res, le temoignage de ma collscience In' sont pas ima scule rei'conl-
pense; j'ai vu deux classes d'hoimnies Is pour s'aimer, s'entrai-
der, se secourir, ildll'es enfin et conlondues enseiible, courier a la
vengeance, se dispute I'hoineur des )premiers coups.
Noirs et jaunes, que la duplicilt raffin e des Europit'ens a cherche
si longlemps A diviser, vous qui ne faites aujourd'hui qu'un minle
tout, qu'une seule Iamille, n'en doutez pas, votre pairaite reconci-
liation avait besoin d'etre scell6e du sang de vos hourreaux. Mfnmes
calamit6s out pes6 sur vos teles proscrites, inme ardeur h frapper
vos ennemis vous a signals, mi6me sort vous est r6serv, minemes
int6rkts doivent done vous rendre a jamais unis, indivisibles et in-
s6parables. Maintenez cette pr6cieuse concorde, cette heurcuse hlar-
monie parmi vous; c'est le gage de votre bonheur, de votre salt,
de vos succ6s; c'est le secret d'etre invincibles (1).

(1) Constitution imp6riale d'Haiti, du 20 mai 1805, art. 14.

- 28-





[1804j
Faut-il, pour resserrer ces nceuds, vous retracer le course des
atrocitis commises centre notre espece: le massacre de la popula-
tion entire de cette ile, medite dans le silence et le sang froid du
cabinet; l'execution de cet affreux project, A moi propose sans pu-
deur(l), et dBji entamee par les Francais avec ce front came et serein
accoutum6 A de pareils forfaits; la Guadeloupe saccag&e et d6truite;
ses ruines encore fumantes du sang des enfants, des femmes'et des
vieillards passes au fil de l'6p6e; PELAGE, lui-mAme, victim de leur
astuce, apres avoir lachement trahi son pays et ses freres; le brave
et inimortel DELGRESSE, emport6 dans les airs avec les debris de son
fort, plut6t que d'accepter des fers? Guerrier magnanime! ton noble
tr6pas, loin d'6tonner notre courage, ne fait qu'irriter en nous la
soil de te venger on de te suivre (2). Rappellerai-je encore a votre
souvenir les trames tout r6cemment ourdies i J&remie; l'explosion
terrible qui devait en resulter, malgr6 le pardon genereux accord
a ces etres incorrigibles, a l'expulsion de l'arm6e francaise; leurs
6missaires leur ont r6pondu a propos dans toutes les villes pour sus-
citer une nouvelle guerre intestine; le sort deplorable de nos freres
deport6s en Europe; enfin, le despotisme effroyable, precurseur de
la mort, exerc6 h la Martinique? InfortunDs Martiniquais! que ne
puis-je voler A votre secours et briser vos fers! IIlas! un obstacle
invincible nous s6pare... Maais peut-6tre une 6tincelle du feu qui

(1) Le gdndral LECLERC 6crivit de sa propre main l'ordre de lever une arm6e
de 5,000 hommes pour exterminer les mulAtres, et remit au general Des-
salines 500 doubles louis pour les frais de cette expedition.
(Boisrond-Tonnerre, Mdmoires pour servir d l'histoire d'Harti, p. 47.)
(2) Magloire Pelage, homme de couleur, n6 A la Martinique. Lors des pre-
miers troubles de cette colonies, il crul en la bonne foi des planteurs, et prit
parti pour eux. I1 se battit centre les Anglais, lors du siege de 1794, et fut
fait lieutenant sur le champ de bataille. Nomm6, en France, capitaine des
grenadiers du bataillon des Antilles, il se couvrit de gloire A la prise de
Sainte-Lucie, en 1795; faith prisonnier I'ann6e suivante, ilfut 6chang6 en 1798,
et servit a Fecamp, a Mdrlaix, et obtint, en 1799, le brevet de chef de bri-
gade, pour partir comme aide de camp de l'agent Jeannet. Malgr6 le decret
du 28 mai 1802, pour le r6tablissement de l'esclavage, it ne continue pas
moins a servir aveugl6ment la cause des colons et des agents du gouvernement
centre ses fires, que des vexations r6iterees et le d6cret avaient exasperes.
Tant de devouement ne put le soustraire A la haine de ceux-lh mdmes qu'il
avait servis. 11 fut embarqu6 pour France, oil il rest incarc6re pendant seize
mois. Remis apris ce temps en liberty sans jugement, it fut employed, dans
son giade de coluuel, t la guerre d'Espagno. II mourut aprbs la bataille de
Vittoria des suites des fatigues de cette guerre.


-29-





[1804]
nous embrase jaillira dans votre ame; peut-6tre au bruit de cette
commotion, r6veillBs en sursaut de votre 16thargie, revendiquerez-
vous, les armes A la main, vos droits sacr6s et imprescriptibles.
AprBs'l'exemple terrible que je viens de donner, que tbt ou tard
la justice divine dechaine sur la terre de ces iames fortes, au-dessus
des faiblesses du vulgaire, pour la perte et 1'ef'roi des mechants;
tremblez, tyrans, usurpateurs, fl6aux du Nouveau-Mondc ; nos poi-
gnards sont aiguis6s, vos supplices sont prits! Soixante mille
hommes, 6quip6s, aguerris, dociles a mes ordres, brillent d'offrir
un nouvel holocaust aux manes de leurs fr6res egorg6s. Qu'elle
vienne cette puissance assez folle pour oser m'attaquer ! DjiA, A son
approche, le genie irrit6 d'llaiti, sortant du sein des mers, apparait;
son front menacant soulive les flols, excile les tenmptes; sa main
puissante brise on disperse les vaisseaux; a sa voix redoutable, les
lois de la nature obhissent ; les maladies, la peste, la faimn d6vorante,
I'incendie, le poison violent it sa suite... Mais pourquoi computer sur
le secours du climate et des Blements? Ai-je done oubli( quie je com-
mande a des ames pen coimmunes, nourries dans l'adversitc, don't
I'audace s'irrite des obstacles, s'accroit par les dangers? Qu'cllcs
vienncnt done ces cohortes homicides ; je ls altelns de pied ferine,
d'un acil fixe. Je leur abandonne sans pcinet le rivage et la place oit
les villes out exislti; mais malheur it celui qui s'approchera trotp pris
des montagnes! II vaudrait inieux pour lui que la mer I'efit englouli
dans ses profonds abimncs, que d'ctre devorni par la colre des enlfalts
d'llaiti.
(ucrre i mort aux tyrans! Voilit ma devise ; liberty, ilndpein-
dance : voilA notre cri de rallieineit.
Ghndraux, officers, soldals ; pieu semlllable it celiii qui m'a pr('-
cede, i l'ex-g:uieral Ti'orssiNT-L-Io vEitlur , , j'a i il'' lidlile it la pro-
inesse qle je vonus ai faile onii pironailt les airies conilre la Iyranlie ;
et anti qu'un rested di, soufile 'aiiimera, Jei e lictilrai, ce sermeniit.
Jamais aucun colon ni Europeen ne mctira Ie pied sur cc lerritoire

Delqrrs on Delpr'sse, homme do couleur de la GIadeloupc, Chef do batail-
ion, aide de camp de I'agent Riaco, il donna, en dliverses occasions, rdl prenves
de d6vouement et de fildlit6 i la France: mais aprts la publication du d6cret
du28 mai 1802, voyant les intentions ultbrieurcs des colons, manifeshls par
des tentatives hostile aux classes tde couleur, il so joignit aux rtvoltes de
la Guadeloupe, qui avaicnt pris les armes pour conserver leur liberty , et se
fit sauter A d'Anglemont, avee 400 des sins, plutAt que doi suir l'autorit6
de veux qui vouilaient rdlablir I'cselavage ilans la colonies.


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[1804]
4 litre de mailre ou de propri~laire (1); cette resolution sera disor-
mais la base fondamentale die notre constitution.
Que d'autres chefs, apres moi, creusent leur tombeau et celui de
leurs semblables, en tenant une conduite diamntralement opposee A
la mienne, vous n'en accuserez que la loi inevitable du destin qui
m'aura enlev6 au bonheuir et au salut de mes concitoyens; mais
puissent mes successeurs suivre la march que je leur aurai tracee !
C'est le syst6me le plus propre a consolider leur puissance: c'est le
plus digne hommage qu'ils pourront rendre a ma m6moire.
Comme il repugne a mon caractere et a ma dignit&de punir quel-
ques innocents des fautes de leurs semblables, une poign6e de blancs,
recommandables par la religion qu'ils ont toujours profess6e, qui,
d'ailleurs, ont prWt6 serment de vivre avec nous dans les bois, a
6prouv6 ma cl6mence. J'ordonne que le glaive les respect, et qu'on
ne porte aucune atteinte i leurs travaux ni h leur conservation.
Je recommande de nouveau etj'ordonne B tous les ge6nraux de d6-
partements, commandants d'arrondissements et de places, d'accorder
secours, encouragement et protection aux nations neutres et amies,
qui voudront 6lablir avec cette lie des relations commercials (2).
Au quarter general du Cap, le 28 avril 1804, l'an Ier de l'ind6pendance.
Le gouverneur general,
Sign6 : DESSALINES.
Pour copie conform :
Le secritaire general, Sign6 : Juste CHANLATTE.


No 14. - INSTRUCTIONS du ministre des finances aux administra-
teurs principaux des d6partements.
Quarter general du Cap, le 4 mai 1804, an Isr.
Le Ministre des finances,
Consid6rant qu'il est urgent de faire connaltre aux administrateurs prin-
cipaux, et a tous les employs charges du service de I'administration, le
mode de comptabilit6 provisoire qui doit fixer a chacun les devoirs que leurs
places leur imposent;


(1) Constitution impdriale d'Haiti, du 20 mai 1805, declaration preliminaire, art. 12.
- Dispositions g6ndrales, art. 12.
(2) Ordonnance du 22 octobre, portant defense aux Haltiens de sortir du pays.
- Constition imp6riale d'Haiti, dispositions gendrales, art. 25.


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[1804]
Considerant, en outre, qu'il est de toute necessit6 de prendre les moyens
les plus efficaces pour arrdter le commerce illicite et frauduleux des caf4s,
que font les proprietaires aides de gain; d'apres l'approbation du Gou-
verneur general de F'ile d'Haiti, annexee A la prdsente;
ARRfTE ce qui suit :
Art. 1er. Les administrateurs principaux se conformeront stricte-
ment a mes instructions preliminaires du 12 avril (1), et A celles du
Gouverneur g6ndral, du 7 f6vrier 1804 (2); ils me front parvenir
tous les mois, regulibrement, un Mtat general de leurs operations.
Ces situations donneront les resultats de chaque branch du service
d'administration, d'apres le mode de comptabilit" ci-aprs :
RECETTES: DPEENSES:
Importation. Approvisionnement.
Exportation. Habillement, dquipement.
Quart de subvention. Travaux, fortifications.
Domaines et biens regis. Marine.
Confiscations et ventes des biens Soldes de troupe.
des proscrits. Traitement d'employes.
Divers fermages ou loyers de maison.
Art. 2. Les administrateurs principaux donneront aux directeurs
des domaines et des douanes, aux tresoriers, aux garde-magasins,
des instructions d6taillees sur la tenue de leurs livres et sur toutes
les branches de leur service respectif, en se rapprochant toujours, le
plus qu'il sera possible, du present mode de comptabilitl g6ndrale.
Art. 3. Les directeurs des domaines se front rendre compete,
tous.les mois,' par les pr6poses sous leurs ordres, de la silution des
biens regis et de ce qu'aura produit le quart de subvention ; ils
donneront, a cet effet, aux pr6pos6s des instructions, dans lesquelles
se trouvera consign le mode de comptabilit6 qui Icur est propre.
Ces situations me scront transmises tous les mois par ]es directeurs
des domaines (3).
La Plupart des administrateurs, ne donnant leurs soins qu'a la
parties du service qui se trouve sous leurs yeux, n'6tendent pas leurs
surveillance et leurs sollicitudes sur les operations des prepos6s


(1) Nous n'avons pu nous procurer cette piece.
(2) Arete du gouverneur general, du 7 f6vrier 1804, qui regle quelques points
important du service militaire, etc. art.15.
(3) Arretd, du 7 fWvrier, du Gouverneur g6n6ral, etc,. art. 2





[1804]
Mloignps don't beaucoup liennent une comptabilit6 mal ktablie, tant
par le d6faut de lumieres que d'instructions.
(la suite manque.)
vement status sur les rgglemefnts relatifs aux diverse branches de
administration.
,Au quarter g6n6ral au Cap, le 1 mai 1804, I'an Ier de l'ind4pendance.
Le gindral de division, conseiller d'liat, ministry des finances.
Sign6 : VERNET.
J'ordonne que le present mode d'organisation soit exicut6 provi-
soirement, jusqu'i 1'Ipoque oif j'aurai status en dernier resort sur
les diverse branches de 1'Administration.
Le gouverneur general,
Sign6 : DESSALINES.
Pour copie conform :
Le secrdtaire du ministry des finances, Signd : VASTEY aln6.


LIBERTY OU LA MORT.

No 15. - PROCLAMATION de Jean-Jacques I)ESSALINES, gouverneur
g6n6ral, aux habilants do la partic espagnole (1).

Quarter g6n&'ral du Cap, le 8 mai 1804, an ler.
A pine l'arm6e Ifrancaise a-t-clle 16c expulsec (2), que vous vous
Ales einpressis do recoinnalre m1on taIlorili'; par un mnonvement
libre e sponlan do volre e l'r, vous vous lou s ran;g's sous 111on
obcissance. Plus porl it la prosl)i'ri', q(Ii'it la riine tdi la palrie qur
vous habitcz, j'ai :ccueilli favorablemtent col liomminage. I)s ce mo-
ment je vyous ai ctosid(l'res co|iinlll Unes cllantis, 't in, loyauti pour
vouIs lic s'cst pas d(tU-ittlitc. Pour plus grande prcive de ima solli-
cilude palt'erlle, dans Ils vidroils sounis i inion pouioir, jc n'ai
prltpois' pour chcls q(l i des lioiitcies pris cl choisis dans volie sein.
.Jloiux ie vous coitipler aill rang dtio nes amis, pour vous donner


(1) Adresse de lEmpereur au people, et le journal de la champagne de Santo-
Domingo, du 12 avril 1805.
(2) Le 10 octobre 1803, les Frangais sont expulses du Port-au-Prince; le 17, des
Cayes; le 28 novembre, du Cap; le 2 d6cembre, du M6le Saint-Nicolas.


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[1804J

tout le temps de vous raconnaitre et pour mieux m'assurer de votre
fidlit6, j'ai jusqu'ici retenu I'ardeur bouillante de mes soldats. DNja
je m'applaudissais du succes de mes soins, qui ne tendaient qu'A
prevenir 'effusion du sang; mais un pretre fanatique n'avait pas
encore souffle dans votre Ame la iage qui le domine ; mais l'insense
FERnAND n'avait pas encore distill parmi vous les poisons du men-
songe et.de la calomnie (1). Des 6crits, enfantes par le d6sespoir et
la faiblesse, ont circul6; aussit6t plusieurs d'entre vous, s6duits par
des insinuations perfides, briguent l'amiti6 et la protection des Fran.
cais; ils osent outrager mes bont6s, se coaliser avec mes cruels en-
nemis. Espagnols, r6flIchissez: sur le bord du precipice creuse sous
vos pas, vous sauvera-t-il ce ministry 6nergumene, lorsque, le fer et
la flamme A la main, je vous poursuivrai jusqu'en vos derniers re-
tranchements? Ah! sans doute, ses pribres, ses grimaces, ses reliques
ne pourront m'arreter dans ma course. Vous pr6servera-t-il de ma
just colere, cet officer aussi vain qu'impuissant, quand je l'aurai
enseveli, lui et ce ramas de brigands qu'il command, sous les d6-
combres de votre capital? Que tous deux ils se rappellent que c'est
devant mes phalanges intr6pides.que toutes les resources, tout l'art
des Europ6ens ont kchou6; que c'est dans mes mains victorieuses quo
le destin du capitaine g6ndral ROCHAMBEAU a Wte remis. Pour entrainer
les Espagnols dans leur part, ils r6pandent le bruit que des batiments
charges de troupes viennent d'arriver a Santo-Domingo. Que n'est-ce
la v6rit? Ils ne se doutent pas qu'en difflrant jusqu'ici d'aller les
attaquer, mon principal objet 6tait de les laisser augmenter la masse
de nos resources et le nombre de nos victims. Pour jeter la m6-



(1) Le general FERRAND commandait & Monte-Christ, lorsqu'il regut, come ses
autres colleagues, l'ordre de capituler avec les Anglais. Au lieu d'obtemp6rer a
cet ordre, il march sur Santo-Domingo, alors sous le commandement du general
KERVERSEAU. Il gagna la garnison de cette ville, embarqua le general
KERVERSEAU pour France, et resta seul maitre de la place, qu'il d6fendit
contre Dessalines. II se brfla la cervelle plut6t que de survive A sa defaite a
Palo Hincado, le 7 novembre 1808.
Parmi les pr6tres qui excitaient le plus les Espagnols contre Dessalines, el
padre Vives dtait le plus fanatique. A la t6te de ses ouailles, qu'il ne quittait
jamais, il etait de toutes les sorties tent6es par la garnison de Santo-Domingo
contre les assi6geants. Il ne retourna a sa cure qu'apr6s la levee du siege. I1 est
probable que c'est ce pretre que le Gouverneur general a voulu designer ici


-34-





[1804]

fiance et la terreur, ils.ne cessent de retrace le sort que les Fran-
Cais viennent de subir. Mais ai-je eu raison de les traiter ainsi? Les
torts des Francais appartiennent-ils aux Espagnols? Et dois-je pour-
suivre sur ces derniers les crimes que les premiers out concus, or-
donnes et executes sur hotre espce ? lls assurent effrontement que,
r6duit a chercher mon salut dans la fuite, j'ai kt6 catcher ma d6faite
dans la parties sud de cette ile. II3 bien! qu'ils apprennent done que
je suis prct, que la foudre va tomber sur leurs toles! Qu'ils sachent
que Imes soldats, impatients, n'attendent qu'un signal pour aller re-
conquerir les limits que la nature et les Wl@ments nous out assi-
gnIes! Encore quelques instants, ct j'ecrase les debris des Fran-
cais sous le poids de ma puissance.
Espagnols ! vous a qui je m'adresse, uniqucient i arce que je
voudrais vous sauver; vous qui, pour avoir tcrgivers6, n'exislcrez
bicnt6t qu'autant que ma clhmence daignera vous' epargnor, il en
est temps encore : abjurez une erreur qui vous est si funeste, rom-
pez tout pace avec mon ennemi, si vous voulez (liue vo!re sang ne
soit pas confondu avec Ic sien. Nomnmez-inoi bien vite la parties de
votre territoire sur laquelle mes premiers coups doivent Oire porles,
on inslruisez-moi si je dois frapper indistincteient sur Ions les points.
Je vous done quinze jours, A dater de la notification de la pr6seInto
proclamation, pour me fire parvenir vos derniires intentions et vous
rallier sous mes tetndards. Vous n'ignorez pas que tous les chemins
qui aboutissent a Santo-l)omingo nous sont amuiliers; que, plus d'une
oIis, nous avons vu fuir devant nous vos band(s disperses En unI
mot, vous save cc que je puis, ce que j'ose ; songez it votre salt.
Recevez ici la promesse sacr6e queje Iais doe no rien enlreprledre
contre volre stirelt personnelle ii contre vos intl6rets, si vous sai-
sissez cette occasion de vous montrer digues d'etre admis au nomlbre
des enfants d'llaiti.
Au quarter g6enral du Cap, le 8 mai 1801, an Ir do I'ind6pcndancc.
Le qyouerneur gednral,
Sign : DESSAIINES.

Pour copie conform :
Le secredtire g:rndral, Signt : Juste CHANI.ATTE.


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[1804]

No 16. - TAnIF da page du bac 6tabli sur la riviere du haut du Cap.

Quarter g4n6ral du Cap, le 18 mai 1804, an Ier.
Chaque personnel A pied, sans baggage, un demi-escalin; escal. 1/2 ese.
ci.. . ... ..... ..... . . 1
Chaque personnel, avec bagage, de quelque nature qu'il
soit, un escalin; ci. . ..... . . . . . .
Chaque personnel A cheval, non charge, un escalin et
demi; ci.. . . . . . . . . . .. . t 1
Chaque personnel a cheval charge, deux escalins; ci. . 2 A
Chaque chaise ou voiture de luxe, charge d'une ou
plusieurs personnel, ou a vide, attel6e de deux ani-
maux, quatre escalins; ci. . . . . . . . . 4
Chaque cabrouet attel6, non charge, trois escalins; ci. 3 a
Chaque cabrouet attele, charge, quatre escalins; ci. 4 4
1I sera pay6 pour chaque animal d'attelage, au-dessus
de deux, un demi-escalin; ci. . . . ... . 1
Pour une chaise ou un cabrouet non attele, deux esca-
lins; ci. .......... ...... 2 )
Pour une barrique de sucre ou de sirop, trois esca-
lins; ci . . . . . . . . . . . . . .. 3 )
Pour une barrique de vin, deux escalins; ci. . . . 2
Pour un tiercon, un escalin; ci . .. . . . . 1 a
Pour un sac, un demi-escalin; ci. . . . . . . 1
Pour chaque cheval, mulet, boeuf ou bourrique, un
escalin; ci. . . . . . . . . . . .. . .
Pour chaque veau, mouton, cochon et cabrit, un demi-
escalin; ci . . . . . . . . ... . .. . 1
Tous les citoyens sont obliges de payer le passage du bac, con-
formnn ent au tarif ci-dessus. Seront exempts du pavement dudit
tarif, tous les militaires allant en mission ou cn garnison, ou ceux
qui en reviennent, ou toutes autres personnel charges des d6pe-
ches des autorilts superieures.
Fait au quarter gdndral du Cap, le 18 mai 1804, I'an Icr de l'independance.
Le gyndral de division, conseiller d'Elat, et commandant de division
du Nord.
Sign : HENRY-CHRISTOPIIE.


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[1804]


No 17. - ORDRE DES CEREMONIES du couronnement de Jean-
Jacques DESSALINES, empereur d'Haiti (1).

Port-au-Prince, le 6 septembre 1804, an Ier.
Le 8 octobre, h 2 heures precises, toutes les troupes de la garni-
son se rendront au Champ-de-Mars, dans le meilleur ordre possible,
et se formeront en bataillons carr6s.
Un d6tachement de grenadiers former aussitbt une haie jusqu'h
la maison du commandant g6nBral de la division.
A 3 heures, routes les autorites civiles et militaires s'assembleront
chez le gouverneur, et elles se rendront ensuite au Champ-de-Mars,
dans l'ordre suivant:
Un peloton de grenadiers. - Les instituteurs et un grand nom-
bre de leurs 6lves. -- La d6putation du corps des artisans, prkc6-
dee d'un de ses principaux membres. - Une d6putation de com-
mercants strangers, prkcdde d'un de ses membres. - Une d6pu-
tation des commerCants d'Haiti, precedk e d'un de ses membres. -
Les juges et les officers ministeriels - Les officers de I'arm(e
attaches a la division. - Les officers de la marine militaire. -
L'Utat-major de la place et celui des environs. - Les administra-
teurs et leurs employes. - Le general commandant les divisions,
accompagn- de son 6tat-major. - Un peloton de grenadiers.
En arrivant au Champ-de-Mars, tous les tambours battront une
march, et le cort6ge approchera d'un amphitheatre construit a cet
effet.
On lira, A haute et intelligible voix, l'acte annoncant la nomina-
tion de 1'Empereur.
Une salve d'artillerie, qui sera repet~e par tous les forts de la
ville et par les batiments du port, suivra la lecture de l'acte.
Alors la cAirmonie du couronnement se fera sur un tr6ne Mlev6 au
milieu de l'amphithUAtre, et environn6 de tous les grands de l'empire.
La c6r6monie sera annonc6e par une triple d6charge d'artillerie
et de mousqueterie.
Ensuite, les troupes d6fileront du cBte de l'6glise, et se rangeront
en bataille.

(1) Acte, du 25 janvier 1804, qui nomme le gouverneur general Dessalines,
empereur.
- Proclamation, du 15 f6vrier suivant, du Gouverneur general, qui accepted le
titre d'empereur.


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11804/
Le cortege, dans l'ordrc indiqu6 ci-dessus, se rendra A I'Nglise,
oiu l'on chantera un Te Deum en actions de grAces de cette journ6e
m6norable.
Pendant le Te Deum, il v aura une autre decharge d'artillerie et
de mousqueterie.
AprIs le Te Deum, le cortege retournera dans le meme ordre a la
maison du gCneral de division.
La fete sera termin6e par une grande illumination dans les quar-
tiers de la ville.
Donn6 au Port-au-Prince, le 6 septembre 1804, la Ire annde del'indepen-
dance.
Le general de division, Sign6 : PETION.


LIBERTY OU LA MORT.

N" 18. - ORDONNANCE qui defend aux capitaines de bitiments
strangers de detailler eux-memes leurs cargaisons.

Au Cap, le 15 octobre 1804, an Ir.
JACQUES I"', Empereur d'llaiti,
Inform que les capitaines des bitiments ambricains, arrivant dans les
different ports de notre empire, vendent en gros et en detail, avec les pe-
tits marchands, leurs cargaisons;
Consid6rant que cela no peut 6tre que pr6judiciable au commerce et
favoriser la sortie de tout le numbraire de 'lile;
Voulant mettre fin a tous ces abus,
Vcut et entend cc qui suit, pour ctre execute dans sa force et teneur:
Art. lf. D6fendons trbs express6ment t tous les capitaines des ba-
timents strangers, qui arriveront dans un port de notre Empire de
vendre leurs cargaisons en detail aux marchands ou particuliers (1).
Art. 2. Les n6gociants 6tablis en verlu de nos lettres-patentes,
auront seuls le droit de traiter, par un ou plusieurs, les cargi-
sons (2). - Art. 3.


(1) DNcret, du 1"~ aofit 1805, relatif au cautionnement des batiments strangers
par des maisons haitiennes, art. 2.
(2) (2) D6cret du 6 septembre 1805, relatif a la consignation des bitiments
strangers, art. 2.


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118041
Art. 3. Tous negociants, strangers on indig6nes, qui recevront
directement des bAtimints A leur consignation, ne pourront vendre
les marchandises en detail, et'se conformeront at I'article II, pour
la vente de leurs cargaisons.
Art. 4. Ne pourrout, niannninos, lsdils ntgociants, trailer aver
lesdils biliments etramigers, pour leurs cargaisons, qu'apres que
administration aura fait le choix des articles nEcossaires an besoin
de I'armie (1).
Art. 5. Les contrevenants a la pr6sente ordonnance, seront con-
damnes a une aniende de trois cents gourdes pour la premiere fois,
et cinq cents en cas de r6cidive.
Mande et ordonne au G.neral ministry des finances, aux g6neraux
de division et de brigade, aux adininistrateurs principaux et parti-
culiers, de tenir la main chacun en ce qui le concern.
Donn6 en notre palais imperial du Cap, le 25 octobre 1804, Ire ann6e de
l'ind6pendance, et de notre regne le ter.
Sign6 : JACQUES le'.
Par l'Empereur :
Le chef d'escadron, Sign6 : DIAQuoY.



LIBERTY OU LA MORT.

N� 19. - ORDONNANCE portant defense aux Haitiens de sorlir du
pays (2).

Au Cap, le 22 octobre 1804, an I*'.

JACQUES le', Empereur d'llaiti, etc.
Vu la protection et la bienveillance qu'il accord aux strangers qui ont
des relations commercials avec cette lie, qui, bien loin de s'occuper que
de leur commerce et-de respecter les lois du pays avec lequel ils traitent,
tiennent la conduite la plus extraordinaire, en facilitant I'6vasion des
hommes et femmes de couleur, naturels du pays,


(1) Arretd du 7 Fdvrier 1804, qui regle quelques points important du service
militaire, etc., art 14.
(2) Proclamation, du 28 avril 1804, relative au massacre des Francais.


-39-




[1804]
Veut et entend ce qui suit, pour etre excutd dans toute l'Ctendue
de ses Etats :
Art. ler. Tout batiment etrangcr, armed ou non, i board duquel il
se trouvera une on plusieurs personnel indig�nes q ii seront cnlevies
de ce pays pour 6tre conduites it 1'tranger, le capitaine sera arrThi,
mis rn prison pour dix mois, ct ensuite ii sera renvoyv dans son paN s,
avec ordre de ne plus reparaitre dlans liaiti; le biatiment et la car-
gaison seront confisiqus au profit de l'Etat.
Art. 2. Tout indigene pris it board desdits bttiments Etrangers,
sera fusille en place publique (1).
Les geniraux de division t e brigade, les commandants d'ar-
rondissement et de place, sont charges de I'execution de la present
ordOllnnance, chacun en ce qui le concern.
Fait a notre palais irnp6rial du Cap, la 22 octobre 1804, Ian Ior de Fin-
d(pendance, et de notre rigne le ler.
Signi : JACQUES.
Par l'Empereur :
Le chef d'escadron, pros Sa Majeste imperial, sign : CARHONNE.


LIBERTY: OU LA MORT.

N" 20. - ()IIDONANCE relative au recenscment.

Au Cap, le 25 octobre 1804, an le .
JACQUES 'er, lmpereur d'llaiti, etc.
Sa MajestB ayant jug6 nccssaire, pour le bien public, de connaltre la
population des individus des deux sexes r6sidant actuellement dans les villes
de son empire;
Consildrant qu'une grande parties des habitants abandonment la champagne
pour se ri'fugier dans les villes, sans nul moyen d'existence:
Considirant en outre que ces mEmes individus peuvent devenir trhs dangc-
reux la lachose publique, par leur,�tat de ntissre, soit en fomentant des troubles
interieurs, suit en cherchant a paser dans les pays strangers, par la crainte
des faux bruits que des malvoillants repandent, notamment dans la ville
du Cap (2);
Considerantenin qu'il est tres urgent de prendre des measures prompteset

(1) ArrMtd du 7 f6vrier 1804, qui rggle quelques points important du service,
etc., art. 9.
- Constitution imperiale d'Haiti, du 20 mai 1805, art. 7 Ordonnance du 25
octobre, relative au recensement.
(2) Ordonnance du 22 octobre, portant defense, etc., art.2


- 40 -






efficaces pour reprimer dM'tels abus; vu les ordres reitr6as qui ont 6t4 donnes
aux diff6rents chefs de renvoyer a la culture des personnel sans aveu, r6si-
dant dans les villes; et d'aprbs la negligence qu'ils y out mise jusqu'a ce
moment,
Veut et entend, Sa MajestO, ce qui suit, pour 6tre executW dans
sa forme et teneur : :
Art. ter. II sera nomm& des commissaires d'Islets" dans chaque
ville, par les commandants de place, quii s'occuperont de fournir,
sur le plus bref delai, un ktat des individus de leurs quarters res-
pectifs.
Art. 2. Ces 6tats devront faire mention des nomss, prenoms,
age, professions, lieu de domicile et de naissance, avec les moyens
que chacun a pour exister en ville. Ces memes Mtats particuliers se-
ront remis au commandant de la place, qui en former un general
de la population, qu'il remettra au general commandant la division
ou de l'arrondissement.
Art, 3. Le g6n6ral commandant la division ou de l'arrondisse-
ment, convoquera de suite les personnel mentionnees dans le re-
censement, en assemble g6ndrale, pour s'assurer si ledit recense-
ment est exact; et d'apres l'examen le plus scrupuleux qui en sera
fait, celles qui n'auront point les moyens suffisants pour demeurer
en ville, seront renvoy6es a la culture (4).
Art. 4. Les particuliers ayant des domestiques a leurs services,
ne pourront conserver que le nombre necessaire i leur besoin, le
surplus sera renvoye a la culture, pour y travailler, sans nulle ex-
ception, et sur la responsabilitl des inspecteurs et chefs d'ateliers.
Made et ordonne que la present soit lue, public et affich6e
partout oui besoin sera, et que chacun ait a se conformer en ce qui
le concern.
Donn6 en notre palais imperial du Cap, le 25 octobre 1804, Ir anne6 de
l'ind6pendance, et de notre rbgne le I".
Signed : JACQUES.
Par 1'Empereur :
Le chef cdescadron, sign : DIAQUOY.


No 21. - ORDONNANCE relative a I'affermage des biens domaniaux.
22 d6cembre 1804.
(Cette pikce manque.)


(1) Arrdt, du 6 avril 1824, qui renvoie dans les campagnes ceux qui n'ont pas de
moyens d'existence dans les villes, art.1.


-41-











i.805

N 1. - ADRESSE de l'Empereur au people, A son retour du siege
de Santo-Domingo (1).
Quarter imperial de Laville, le 12 avril 1805, an IIe.
Un souverain don't la gloire reside dans celle de son pays, qui
n'a incessamment pour objet que les intirets et la prospirit6 de
ceux don't il tient sa puissance, et qu'il a rendus i l'existence civil
et politique, 6prouve un sentiment bien doux lorsqu'il entretient
son people du motif, du but et des r6sultats de ses operations. C'est
pour satisfaire i ce besoin pressant de mon coeur que ma voix se
fait entendre au retour d'une champagne entreprise pour I'honneur
et le bien de cet empire.
D6cid6 a ne reconnaitre pour limits que celles tracees par la
nature et par les mers, persuade que tant qu'iin seul ennemi respi-
rerait encore sur ce territoire, il me resterait toujours quelque chose
a faire pour remplir dignement la place ofl vous m'avez Mlev ; pro-
voqu6 par un decret lanc6 par FERRAND, en date du 16 niv6se
an III (6janvier 1805), don't j'ai ordonn6 que la teneur vous ffit
communique par la voie de 1'impression, je resolus d'aller me
ressaisir de la portion int6grante de mes Etats et d'y effacerjus-
qu'aux derniers vestiges de l'idole europeenne.
En consequence, une force armee fut d6ploybe contre la parties
ci-devant espagnole. Notre march fit rapide, et' nos pas furent
signals par autant de success. II Etait natural de pr6sumer que les
indigenes espagnols, ces descendants des malheureux Indieas im-
mols A la cupidity et a I'avarice des premiers usurpateurs de cette
lie, saisiraient avec avidit6 la precieuse occasion de sacrifibt aux
mines de leurs ancetres; mais cette espece d'hommes avilis et dB-
grades, pr6f6rant aux douceurs d'une vie libre et ind6pendante, des
maitres qui la tyrannisent, fit cause commune avec les Franais.
C'Utait partager les crimes de ces derniers que de s'associer a leurs
travaux liberticides; tout Espagnol pris les armes a la main vit done
couler son sang dans celui de ces strangers perfides.

(1) Proclamation, du 8 mai 1804, aux habitants de la parties espagnole.


- 43 -




[18051
Maitres absolus de la champagne, nous n'edmes rien de plus press
que de tracer nos lines autour de la ville de Santo-Domingo, et d'y
former un cordon inexpugnable. Telle fut la noble emulation don't
I'armbe entire se trouva saisie, qu'en moins de cinq jours toute
communication avec le dehors lui fut intercepted, et qu'elle fut cir-
convenue d'une triple haie de gabions, place A une portee de pis-
tolet de ses murs. Les assi6g6s, manquant de bois a bruler et d'au-
tres objets n6cessaires a la vie (ainsi qu'il r6sulte du rapport de divers
individus faits prisonniers sur le champ de bataille), n'ayant d'au-
tres resources que dans leur d6sespoir, tentlrent plusieurs sorties,
don't tout le fruit fut d'6tre taill6s en pieces, et rejet6s la baionnette
aux reins dans leurs murailles.
Fort de ma position avantageuse, de l'heureux 6tat de mes troupes,
et de la situation critique de la place, djah je la considerais comme
devant tomber sous tres peu de jours en mon pouvoir, lorsque, le
27 f6vrier, centre toute probability, une division franchise, compose
de cinq vaisseaux, de trois frigates, de deux bricks, etc., vintlaren-
forcer et la ravitailler. Dans toute autre hypothese, ce renfort, estime,
d'apr6s les divers rapports, s'elever seulement i quatre mille hommes,
comme insuflisant pour empecher la r6ussite de mes armes, n'efit
pu tout au plus que reculer de deux mois l'Npoque de la prise de
cette ville; mais son salut 6tait dans cc retardement, et les circon-
stances 6taient telles que ce coup imprvvu devait decider du sort de
cette champagne.
Quelque p6nible qu'il flit pour moi de lever le siege d'une place
que toutes les chances de la guerre me faisaient envisager comme
une proie assuree ; quel que filt le d6sespoir de mes soldats, qui brd-
laient d'en venir aux mains avec les troupes nouvellement d6bar-
qu6es, r6fl6chissant sur l'apparition subite de cette division, sur la
destination secrete de deux autres escadres pretes a mettre a la voile,
sur les ouvertures de paix recemment faites par le gouvernement
francais, appreciant i sa just valeur le chef de ce gouvernement,
pour qui tout sacrifice est possible, tous moyens sont indifferents,
pourvu qu'il arrive a son but, celui de sa grandeur personnelle, je-
tant les yeux sur les correspondances 6trang6res qui m'eclairent sur
les movements des divers cabinets de l'Europe, et m'avertissent de
me tenir sur mes gardes, je me decidai A retrograder vers la parties
haitienne qui r6clame plus particulierement mon attention, et qu'il
est de mon devoir de prot6ger jusqu'a mon dernier soupir.
SComme rien de ce qui concern les inter6ts du pays que vos tra-
vaux ont r6generB, ne saurait vous Utre stranger, le journal tenu

-44-




[1805]
pendant le course de cette champagne, don't j'ai ordonn6 l'impression,
vous instruira des moindres particularites. Vous verrez que si une
operation commence sous les' plus heureux auspices, n'a pas Wti
couronnee d'un plein et entier succes, il vous reste au moins la con-
solation de penser que la ville. de Santo-Domingo, seul endroit qui
survive aux disastres de la devastation que j'ai propag6e au loin dans
la parties ci-devant espagnole, ne peut plus longtemps servir de re-
traite A nos ennemis, ni d'instruments A leurs projects.
Il est une v6rit6 bien constant : point de campagnes, point de
cites. II decoule de ce principle que tout dans le dehors ayant Wte la
proie du feu et de la flamme, le reste des habitants et des animaux,
enlev6 et conduit dans notre patrie, l'avantage que l'ennemi se pro-
posait de retire de ce point de mire, devient sinon nul, du moins
insignificant : consideration puissante qui ajoute aux autres fruits
que nous avons recueillis de cette expedition.
GUn6raux, officers, soldats! le moment approche oi vous allez
moissonner de nouveaux lauriers; ne vous 6nivrez pas de quelques
succ6s peu dignes de votre valeur, obtenus sur des hommes abAtardis
et d6generes; songez que vous avez A combattre des ennemis entre-
prenants, fameux par les forfaits don't ils se sont noircis, mais qui
ont plus d'une fois senti la pesanteur de votre bras, et don't la des-
tinge sera toujours d'etre vaincus par votre constance hdroique. Des
sieges a soutenir, des assauts a livrer, voilA la perspective que vous
prepare la conclusion prochaine de la paix en Europe. Ils vont luire
enfin, ces jours marques pour consolider en ces lieux l'Ndifice de la
liberty et de l'ind6pendance. Sachons en profiter. Sur quelque point
que la destinee de ce pays appelle ma constance, vous recevrez de
moi l'exemple de vivre ou de mourir en hommes libres. Pour vous,
fidles a vos serments et a vos plus chers interets, courez perfec-
tionner ces fortifications que vos mains ont Mlevees; que votre inge-
nieuse audace n'apprete A vos tyrans que la honte r6serv6e A leur
criminelle entreprise. Au premier coup de canon d'alarme, que le
sol d'Haiti n'offre a leurs regards avides que des cendres, du fer et
des soldats (1); et s'il nous faut perir victims de la plus just des
causes, laissons apres nous le souvenir honorable de ce que peut l'd-
nergie d'un people luttant contre les fers, l'injustice et le despotisme.
Sign6 : JACQUES.
Par Sa Majest6 l'Empereur,
Le secrdtaire gindral, sign : JUSTE CHANLATTE.

(i) Constitution impdriale d'Haiti, du 20 mai 1805. Dispositions g6n6rales, art. 28.


-45-








ARn1Tf du general FERRAND, mentionn6 dans I'adresse du no 22.


Toujours occupy des dispositions propres A an6antir la rebellion des
noirs dans &l colonie de Saint-Domingue, et consid6rant qu'une de cellfe
les plus efficaces pour parvenir A ce but eat d'en diminuer la population,
et do les priver, autant quo possible, des moyens de se recruter;
ConAidArant que ce recrutement journalier doit naturellement tomber sur
lea noirs et gens de couleur au-dessous de quatorze ans, et la politique,
jointe a rhumanit6, r4clamant quo l'autorit6 legitime prenne des measures
pour empdcher les deux sexes de cet Age et de cette couleur de participer
A des crimes et A une r6volte qui les conduiraient inevitablement aux cha-
timents lea plus terrible;
Considerant qu'il eat de l'avantage de la colonie que les different Ages
de cette jeunesse soient distingues, et que lea plus dangereux soient expor-
t6s de son sol, tandis que les autres, soigneusement conserves dans les bons
principes et distributes dans les d6partements fiddles, puissent un jour con-
courir, par leur travail, a sa restauration;
Consid6rant aussi que les habitants voisins des frontieres r6voltees et les
troupes qui sent sur le cordon m6ritent que le gouvernement lea recompense
pour les fatigues et lea dangers auxquels ils sont continuellement exposAs.

A ARR�TB t ARRETE ce qui suit :
Art. i. Les habitants des frontibres des d6partements de l'Ozama et du
Cibao, ainsi que les troupes employees au cordon, sont et demeurent auto-
ris6s a se r6pandre sur le territoire occupy par les r6voltis, A leur courre
sus, et A faire prisonniers tous ceux des deux sexes qui ne passeront pas
l'Age de quatorze ans.
Art. 2. Les prisonniers provenant de ces expeditions seront la propriet6
des capteurs.
Art. 3. Les enfants mal capturAs, ayant moins de dix ans, et lea n6-
greases, mulatresses, etc,, au-dessous de dix ans, devront express6ment
rester dans la colonie, et n'en pourront 6tre exports sous aucun prttexte.
Les capteurs pourront, A leur gr6, ou lea attacher A leurs plantations, on les
vendre A des habitants r6sidant dans les departements de l'Ozama et du Cibao.
Art. 4. Les noirs et gens de couleur don't il est fait mention dans l'article
precedent, et qui ne devront pas 6tre exports, ne seront considers come
propriktes des capteurs et ne pourront dtre vendus par eux qu'autant qu'ils
se seront munis, pour chaque individu, dans le d6partement de l'Ozama,
d'un certificate des notables d'Azua, vise par le commandant Ruzz, et dans
le d6partement du Cibao, d'un pareil certificate du conseil de Santiago, visa
par le commandant St APIO, qui constate que ces noirs, etc., ont WtA effec-


-46-






tivementprisaurle territoife occupy par les r6volt6s, et qu'ils en faisaient
parties.
Les notables d'Azua et de Santiago tiendront dcs registrcs sur lesquels
seront inscrits tout au long lea certificates qu'ils delivreront, ct il leur sera
accord deux gourdes a payer par les capteurs, pour cliacun de ces certificates.
Art. 5. Les enfants males Aggs de dix A quatorze ans, et les n6gresses,
mulAtresses, etc., de douze A. quatorze ans, seront expreasement vendus
pour 6tre exports.
Art. 6. Ceux d6signes pour l'exportation ne pourront Stre embarqu6s dans
aueun autre port que celui de Santo-Domingo, ofi ii sera payr pour droit, en
faveur du gouvernement, cinq pour cent d'exportation sur le prix de la vented.
Art. 7. Ceux qui amnneront ces noirs et gens de couleur a Santo-Domingo,
pour etre vendus et exports, seront tenus de se munir, pour chaque indi-
vidu, dans le d6partement de 1'Ozama, d'un certificate des notables d'Azua,
vis6 par le commandant Ruiz, et dans le d6partement de Cibao, d'un pareil
certificate du conseil de Santiago, vise par le commandant StRAPIO, qui cons-
tate quo ces noirs, etc., ont te6 effectivement pris sur le territoire occupy
par les revolt6s, et qu'ils en faisaient parties.
Ces certificates devront Agalement 6tre inscrits surles registres tenus par
les notables d'Azua ou de Santiago, et chacun d'eux sera pay6 deux gourdes.
Art. 8. Aucun noir, etc., ne pourra 4tre embarqu6 A Santo-Domingo,
sans que le general en chef ait donned A cet effet une autorisation parti-
culi6re qu'il delivrera sur les pieces exig6es.
Art. 9. Seront considers come objets voles, et confisques ou recla-
mes partout oi ils se trouveront dans la colonies de Saint-Domingue, ainsi
que dans lea colonies voisines, les noirs et gens de couleur pour lesquels
ces formalit6s n'auraient pas 6t0 remplies.
Art. 10. Toute personnel qui aurait conserve ou vcndu, comme aussi
toute personnel qui aurait export ou cherch6e exporter des noirs, etc.,
de la colonie, sans avoir rempli lea formalit6s ci-dessus prescrites, sera
obligee de payer cinquante gourdes d'amende par tSte; et tout propri6taire
ou capitaine de bAtiment, ainsi que tout fonctionnaire civil ou militaire.
qui aurait donned ou aurait Wt6 surprise donnant les mains A une fraud de
ce genre, sera emprisonn6 ou prive de son emploi, et paiera cent gourdes
par tMte de noir, etc., soustrait ou qu'on aurait cherch6i a soustraire.
Art. 11. La retribution accord6e aux conseils d'Azua et de Santiago.
pour lea certificate qu'ils auront a delivrer, servira aux d6pensea commu-
nales; il en sera seulement d6duit une some tell que la jugeraient con-
venable meseieurs les notables pour le salaire du greffier.
Art, 12.. Les commandants militaires et les notables sont charges, dans
leurs arrondissement respectifs, de l'exccution du present arrWt6, princi-
palement en ce qui manogrne la surveillance nAcessaire pour emp6cher toute
esplce d'abus 4 cet 6gard.
Art.43. A' rinstant'io,les r6voltes, reconnaissant lour erreur, auront


- 47 -




[1805]
fait acte de leur soumission A l'empereur des Francais, entire les mains du
general FERRAND, et qu'il y aura certitude qu'ils agissent de bonne foi,
toutes espkces d'hostilit6 cesseront.
Le present arrdt6, qui sera traduit et imprim6 dans les deux langues
(frangaise et espagnole), A deux cents exemplaires, public et affich6 dans les
villes et bourgs des d6partements de l'Ozama et du Cibao, sera enregistr6 A
l'inspection colonial, au greffe de la commission provisoire de justice, et
depos6 dans les greffes des conseils des notables d'arrondissements.
Fait an quarter g6n6ral de Santo-Domingo, le 16 niv6se, an XIII (6jan-
vier 1805).
Le g6enral de brigade, commandant en chef, capitaine g6n6ral par int6-
rim, membre de la Legion-d'Honneur.
Sign6 : FERRAND.


JOURNAL de la champagne de Santo-Domingo.
(Adresse de l'Empereur au people)

Les pr6paratifs pour la champagne de Santo-Domingo ayant 6t6 ordonnes
par S. M. 1'Empereur, et fidelement ex6cut6s sur tous les points soumis a
son ob6issance, l'ordre du depart transmis officiellement, et les dispositions
faites;
L'Umpereur, A la tete de son etat-major general, entra en champagne le
16 f6vrier 1805, se rendit au bourg de la Petite-Rivibre et y passa en revue
les troupes de la division GABART.
Ces forces, composes des deux bataillons. des 4e, 8" et 14e demi-briga-
des, du second bataillon de la 7e, de la 20e demi-brigade, de deux compa-
gnies du Ie escadron de cavalerie, du Itr regiment d'artillerie, et du Ier es-
cadron de cavalerie du Io1 regiment, sous la conduit du g6n6ral GABART,
ayant en sous ordre les g6n6raux de brigade MAGNY et CANGE, d6filerent
chacune suivant leur rang et 1'ordre de bataille prescrit par S. M., tra-
verskrent l'Artibonite A peine gu6able a cette 6poque, et furent coucher sur
l'habitation Maug6, sucrerie.
Le lendemain 17, l'Empereur partit de ce bourg, laissa derriere lui la
division GABART, qui passa la nuit sur l'habitation Despainville, et arriva
sur les cinq heures du soir, au bourg du Mirebalais. LA, il trouva sous les
armes Ia 10' demi-brigade et deux bataillons de la 38; apres les avoir
passes en revue, il assign A chacun son quarter respectif.
Le 18, A huit heures du matin, le g6enral GABART, A la tIte de sa divi-
sion, entra au bourg du Mirebalais. L'Empereur fit la revue de la division
r6unie, l'inspection de ses armes, et lui d6signa le lieu de son cantonnement.
Le 19, S. M. somma les commandants de Hinche, de Lamatte, de Neybe
et de Saint-Jean de reconnattre son autorit6, et de lui preparer une quantity
n6cessaire de vivres et de chevaux. Ce meme jour la division P.TIONopera


-48-




11805]
sa jonction au bourg, conduit par le general de brigade MAGLOIRE AM-
BROISE, et formne de deux bataillons des iie, 12e, 22e et 230 demi-brigades,
de deux companies du ier regiment d'artillerie, et des 2e et 3e escadrons
de cavalerie du ier regiment.
Le lendemain 20, S. M. ordonna A la 3e demi-brigade et A la cavalerie
d'aller prendre poste sur l'habitation Desvarrieux, quarter des Sarrasins.
Le 21, le g6n6ral PATION arriva'avec le reste de sa division, consistent
en deux bataillons des 21e et 24e demi-brigades. II avisa S. M. que les pluies
contrariaient le general de division GEFFRARD, et retardaient sa march.
L'Empereur aussit8t fit ranger en bataille les deux divisions, passa une
revue g6nerale, harangua les soldats, .et leur fit prendre la route de Les-
cahobes, sous les ordres des g6neraux GABART et PATION, seconds des
g6neraux de brigade MAGNY, DAUT, CANGE et MAGLOIRE AMBROISE.
Le 22, I'arm6e partit de Lescahobes pour Lamatte, et fut coucher A mi-
journee. L'Empereur regut le 3, au matin, une d4putation, fit son entree A
midi dans ce bourg, et permit a la troupe de prendre du repos et quelques
rafralchissements.
Dans la nuit du 24 au 25, I'ordre fut donn6 de s'avancer vers Saint-Jean.
A une certain distance de la ville, I'Empereur fit quelques movements
militaires, et le 25, A trois heures de l'apres-midi, l'armee, sur trois co-
lonnes, entra dans la place, qui se trouva 6vacu6e.
Dans lajourn6edu26, ons'occupadel'inspection et delapropret6 desarmes.
Le 27, A six heures du matin, le depart pour Azua fut ordonn6 et exe-
cute. On laissa pour commandant, a Saint-Jean, le chef d'escadron ISAAC
BOREL, un des aides-de-camp de S. M., avec un d6tachement de trois cents
hommes. L'armBe fit halte A la riviere d'Yaque, y pass la nuit, et se re-
mit en march le 28 A cinq heures du matin.
Nous n'avions pas fait trois lieues, lorsque le chef d'escadron BARTH--
LEMY, qui pr4ecdait l'avant-garde, fit prisonniers trois Espagnols qu'il
conduisit A S. M. I. Un d'eux, brevet6 lieutenant de cavalerie, ne s'6tait
engage si avant que pour pier notre approche et cclairer nos movements,
et les deux autres d4clarerent qu'ils avaient Wta envoys pour faire de l'eau.
Ils nous apprirent que non loin de la se trouvait un camp retranch6, com-
mand6 par un officer frangais nommb WIET.
Sur les neuf heures du matin, en traversant A sec le lit d'une rivibre, le
commandant BARTHaLEMY aperqut quelques vedettes enemies places en
sentinelles derriere un rempart construit en pierres sur un monticule. i en
avertit S. M., qui lui ordonna d'aller reconnaitre de pres cette position.
BARTHBLEMY, sans attendre la cavalerie, suivi seulement de quelques dra-
gons, et les aides-de-camp de S. M., 1l'envi les uns des autres, chargrrent
ur l'ennemi. A leuraspecT, les vedettes prirent la fuite. Arrives sur les lieux,
uous reconnfmes que c'6tait un ouvrage impa fait, et qu'on ne pouvait tout
au plus consider que comme un point d'observation. Cependant le chef
d'escadron serra de pres les fuyards, mais ne put les atteindre.
Excit6s par ces indices, qui confirmaient le voisinage de l'ennemi, la ca-
valerie rejoint au grand trot et l'arm6e precipite sa march. Une heure
apres, nous e6mes connaissance du camp WIET, et decouvrimes ses retran-
chements. On signal l'ennemi a S. M.; aussit6t elle advance pour observer
!e terrain, suivie de Son 6tat-major general, et s'arrete A une demi-portde


-49-




J:1805]

do fusli de'ce post. It 6tait assis Aur la grande route, sur une eminence
flanque6 des deut cbts: de deux mornets qui la dominaient; A cette vue,
l'Empereur congoit son plan d'attaque, et sans donner au corps d'armee ni
a la cavalerie le temps d'arriver, le fait executer. 11 ordonne a une parties
de l'avant-garde d'aller se poster en embuscade sur le flanc gauchede l'en-
nemri, fait contourner sa droite par la 4e demi-brigade, et se reserve d'at-
taquer ce front avec son etat-major g6nBral et la 3e demi-brigade, a la tete
desquels se trouvaient les g6n6raux GABART et DAI;T. L'ennemi, qui, jus-
que-li, avait gardb le plus profound silence, decide A ne tirer sur nous qu'a
brile-pourpoint. commenga son feu et dbehargea sur nous deux coups de
canon A mitraille. Alors l'affaire s'engagea avec acharnement de part et
d'autre. La 4, demi-brigade donna I'assaut avec son impituosit6 ordinaire,
dans le mfiome moment oil le general de division GABART, apris avoir ren-
versA les barrieres qui se trouvaient fortement barricades et entourdes do
piquants, se present dans le fort. De son c6t6, la portion de l'avant-garde,
planee en embuscade sur la gauche de l'ennemi, cessa de l'inquieter. Alors
les ennemis, de toutes parts presses et culbutes, cherchbrent leur salut dans
la fuite. La cavalerie acheva la deroute, poursuivit les fuyards A travers les
ronces et les pines don't ce pays est h6riss6, les tailla en pieces l'espace do
plus de deux lieues, et conduisit A S. M. un grand nombre de prisonniors,
notamment le nommi WIET, commandant de ce poste, qui d6clara pq'il
etait A la tete de 300 hommes, et qu'il avait promise sur sa tte, A FERRHA.),
d'empecher le passage de l'armee ha'tiennc, en raison de la position qu'il
occupait. En cffet, pour en d6loger l'ennemi, il ne fallait pas moins que des
troupes habitues A vaincre les obstacles du pays. Cette action, si funeste a
l'ennemi, et qui fut tres chaude, n'a coute cependant la vie qu'a quatre do
nos soldats. JEROME, capitaine de cavalerie, fut tu6 d'un coup do pistolet;
GUILLAUME, colonel de la 41 demi-brigade, fut blcss(- au bras gauche, et lc
secrtaire aide-de-camp du g6n6ral DAUT, le brave PIERRE -Louis, cut l
venture perc6 d'une ball.
AprBs une court pause, I'armde cut ordre de se remettre en route, et fut
so dAlasser sur une hatte oi I'on passa la nuit. Sur les neuf heures du soir,
nous entendimes trois coups de canon d'alarme, tir.s d'Azua. Au signal,
un camp que 1'ennemi avait 6tabli sur la route qui conduit de Neye Azua,
commander par DAUT, et aide-de-camp de S. M , 6vacua et fit rctraite sur
cette derniere nlace.
Le lendenain matin ie' mars, l'arm,:c eo mit en march pour Azua; on
fit halte prbs de la ville. L'Empereur, apr-b avoir distribute en deux colounes
la division GABART, en donna une a cet ol'ficier sup,'rieur, aid(1 du general
de brigade CIANG, et pregnant avec lui le i(ini-ral de brigade I)AUT, se wit
a la tcto de l'autre pour fondre en minine lemnis sur cette place et coulper
toute retraite a l'ennemi; mnais ces measures front inutiles, car la garnison,
commander par un officer appeld BRUys, bien loin de singer A nous oppo-
ser quelque resistance, avait evacuj en tirant I'alarme. JUAN NIIISENS,
Espagnol, qui vint se rendre a S. M., fut plac commandant de l'endroit.
Nous y s6journamnes de trois a cinq ihures du Iatin, here a laquclle
nous parties pour aller coucher sur !es bords de la riviroe l'Oco.
Le 4, A deux heuresde l'aprbs-midi, (on arrival A une demi-lioeu de Bany.
L'armee, aprbs quelques dispositions, aborda ce bourg, y entra dans le pllu|


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grand ordre, et n'y trouva personnel. Ce fut alors que S. M. fut pleinement
convaincue que les naturels espagnols 6taient totalement vendus aux Fran-
Cais, et par consequent indignes d'6prouver plus longtemps les heureux
effects de sa clemence.
Le 5, I'armee partit de Bany; en c6toyant le rivage de la mer, nous
aperAfimes deux forts bAtimcnts anglais mouilles pres de terre, qui, aprbs
nous avoir vus defiler, appareillrent et mirent a la voile. Nous ffimes nous
reposer sur l'habitation Blas de Louna. S. M. ordonna aux divers gen6-
raux de division de disposer leurs troupes de maniere A Eviter le trouble et
la confusion en cas d'attaque.
Le 6, A l'aube du jour, I'armne reput ordre de continue sa route. Nous
arrivames A midi sur 1'habitation Gaillard, distant de cinq quarts de lieue
de la ville de Santo-Domingo. S. M. y fixa son quarter imperial, composa
sa garde de 2,500 hommes extraits des differentes companies de grenadiers,
des diverse demi-brigades, et somma par dcrit FERRAND, ainsi que les
habitants de la ville, de lui remettre la place et de se soumettre A son au-
torit6 : vers le soir, I'ennemi brfila le faubourg de San-Carlos.
Le 7, A la pointe du jour, les gdndraux GABART et P9TION regurent ordre
d'aller reconnaitre les dehors de la place et de visitor, A leur plus grande
proximity, lea positions les plus avantageuses. A huit heures du matin,
I'ennemi commenga le canonnade et tira sans discontinuer a measure qu'on
faisait les approaches de la place.
Les deux divisions du Nord, commandoes en chef par le g4enral H. CHRIS-
TOPHE, firent en ce moment leur jonction au quarter imperial. Elles Btaient
composees de deux bataillons des Ire, 2", 5e, 6e, 9e, 27e, 28e et 29e demi-
brigades, de deux companies d'artillerie du 2e regiment, d'une compagnie
de mineurs, et de deux escadrons de cavalerie du 2" regiment, commandos
en second par le g4ndral de division CLERVAUX. Ces troupes furent so re-
poser sur une habitation voisine, destinde A servir d'h6pital.
En vain plusieurs pieces, dirigees de different forts de la ville, lan-
cerent une grble de boulets, d'obus et de mitraille sur nos soldats, pour
interrompre leurs travaux. Une grande quantity de gabions fut confectionn6e,
et nos lignes furent traces autour de nos ramparts.
Dans la nuit du 7 an 8, les g6enraux GABART et PATION firent prendre
A leurs troupes leurs positions respective, et dessinerent lee contours de la
ville par un cordon protdeg de trois rangees de gabions places A une faible
portee de fusil des murailles. Ces forces furent disposees dans l'ordre suivant:
L'aile gauche de la division GABART, commandos par le general DAUT,
s'dtendait depuis la rive droite del'Ozama jusqu'au mont San-Carlos, occupy
par la colonne du centre,-sous les ordres du g6ndral CANG1, et I'aile droite
confide au general MAGNY, portee A l'eglise de ce faubourg, interceptait,
en se prolongeant, la grande route qui conduit de Santo-Domingo A Saint-
Yague. Quoiqu'A partir de ce point jusqu'au bord de la mer, il y eAt un
tr6s grand space a parcourir, la division PBTION. sut couvrir 1'dtendue de
ce terrain et s'y maintenir jusqu'a l'arriv&e du general GEFF ARD.
Le 8, 1'Empereur, A la ttte de son 6tat-major g6ndral, accompagn4 des
gendraux CHRISTOPHE et CLERVAUX, fut prendre connaissance des, travaux
et visitor les diverse positions. Au moment oa il so presentait au quarter
du general GABART, 1'adjudant general DAMESToIs fut frappe d'un boulet


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[1805]

don't il expira deux heures apres. S. M. s'6tant assuri'e que ses vues avaient
6t0 parfaitement remplies, retourna an quarter imperial, cmploya son 6tat-
major general ct les grenadiers de sa garde a y former un camp retranch6,
et donna ordre aux g6enraux CHRISTOPHIE et CLERVA.U d'aller s'6tablir sur
la rive gauche de l'Ozama, de maniebrc i ne se trouver s,'pares que de la
larger du flcuve de la division GAIX\RT, et d'occuper respace qui regne
depuis cc point jusqu'au rivage de la mfr. Cinq canots charg.6s de vivres
furent pris B coups de fusils; deux b:itiments, .ortis de la rivibre, y ren-
trerent aprbs avoir U6t chassis par les Anglais. Le feu de la ville et des
remparts a continue& sur nous pendant la journee. A minuit, le canon se fit
entendre en mer; nous apprimes le lendemain que les Anglais s'ktaient cm-
pares de deux bAtiments charges de femmes, etc.
Le 9, A quatre heures de Fapres-midi, la 20' doeii-brigade fut se saisir des
chevaux qu'on avait poussds hours do la ville. L'ennemi, apres avoir fait
pleuvoir sur nous force boulets, bombes et obus. fit une sortie centre le
g6n6ral MAiNY. La troupe de cet officer, entlammee par son example, so
jette sur eux, les met en dtroute, et les pousse vivement dans leurs murs.
Deux de nos braves perdiront la vie dans cet engagement, trois furent bles-
s4s; le chef de bataillon LEREBOURS fut attcint legipbrment d'une mitraille.
La retraite do l'ennemi fut si pr6cipit e qu'il abandonna siur le champ do
bataille ses morts et ses blesses. La journee du clndemain no fut remar-.
quable quo par l'cntrke d'un parlementaire anglais dans la place.
Le 11, sur les huit heures du matin, l'ennenii march sur trois colonnes;
la premiere, dirigee sur le g6enral GABART, n'osa l'attaquer, et se joignit
A la second pour so porter sur le gn6nral MA.GN. Appriciant I'avantage
qu'elles pouvaient tirer de l'eglise de San-Carlos, elles profitbront de F'abri
que leur olfrait cet edifice, et dirigerent sur nous un feu vif et opinittre.
JULIEN CUPIDON, colonel de la 14e demi-brigade, deja impatient de d6loger
ces tirailleurs, voyant qu'une troisieme colonne s'avance pour turner notre
position, saute sur les retranchements. s'ecrie : < A moi, soldats! > et.
s'elanco sur 1'ennemi. A sa voix, les 14e et 20e demi-brigades franchissent
les remparts et se precipitent sur ses pas. La victoire ne fut pas longtemps
douteuse; I'ennemi fut bient6t saccag: , et mis en d&route: un grand nombre
resta sur le carreau, plusieurs rentt faits prisonniers, et le rest n'chlappa
A nos poursuites qu'en rentrant pcle-mnle dans ses murailles. Un renfort.
envoy par le genBral P~TIox, form de deux bataillons de la 22e Ct td deux
de la 24e, conduits par le general MAGLOIRE AMBROISE, arrival assez A temps
pour partager la gloire de cette journey, et contribua i son succes. Nous
perdlmes de notre cCt6 huit fusiliers. APOT, lieutenant des grenadiers, fut
tue: BOULAN, capitaine, fut bless mortellemeut: et l'intrepile chef de bri-
gade JULIEN, mourut d'uno ball rescue A la tate. La ville n'a pas cesse
de nous envoyer des bombers et des boulets pendant tout le rest do la
journey et une parfie de la nuit. Le rapport des prisonniers nous certifia que
I'h6pital etait rempli de malades, que la place manquait de bois, et qu'on
etait reduit A se servir, pour broiler, des cases en bois qui s'y trouvaient
le long des remparts.
Le 12, le general GEFFRARD arrive avec sa division, form6e de deux ba-
taillons des 13e, 15e, 16e, 17e et 180 demi-brigades, de deux companies du
3e regiment d'artillerie, et de deux escadrons de cavalerie du 3o regiment,


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[1805]
conmmed6 en second par le.general IdOR.AU. Alors S. M. ordonna an ge-
n6ral P*rON de se r6plier et d'appuyer sur le gendralVAGwiqr ce' qdi it
de suite execut6, et la division GEFIRARD fut s'emparer du terrain qucfvetnit
d'etre 6tacnb. Les troupes sous les ordres du g6ndral CHisiTOPIPE, liprd
Avoir t60 obliges de passer l'sabelle et de remoriter A plus de huit lenes
le course de' Ozama pour pouvrir la traverser A gub, parvinrent ia leAr
destination. Aussit6t que l'ennemi les eut'd6couvertes, il langa centre eiles
une grande quantity de bombes et de boulets. Le 13, de grand martin leI
g4dnraux CmRISTOPHE et CLERVAIX prdsentbrent leur front l'enneml; et
firent joub la mousqueterie sur lea bAtiments mouills dans la rivieie.
Aptrs avoir dprouv6 de grands dommages, des bAtiments' gignrent 'erii-
bouchure. Le feu de la division CHRISTOPHE incommoda singuliebrment Ie
quarter do FERRAND et 1es rues qui l'avoisinent. Aussi la place uifriposta
vigoureusement, et mela la fusillade au feu de l'artillerie.
Le 14 et le 15, I'ennemi continue de canonner et de bonibarder. Le 18, un
courier charge d de dpches et de correspondances Btrangrres, arriva au quar-
tier imperial; S. M., aprbs en avoir pris connaissance, ordonna a touted
les divisions de s'approcher i porte de pistolet des murs de la ville.
Le 17, S. M. fut visitorr les nouveaux travaux; 1'ennemi canonna ef bom-
barda le posted MAGNY."
Du 18 an 22, l'ennemi n'a cess6 de diriger son feu sur tous les points.
Le 23, lea diverse divisions ont approch6 leurs lignes A toucher lee rem-
parts de la place. L'artillerie ennemie entretint un feu terrible sur les divi-
sions PPTo! et GEFFRARD. A trois heures de l'apres-midi, les assieges firent
unesortie,filbrentaulongdes muraillesets'avancerentversles bordsde lamer.
JUSTE VANCOL, chef de la 17e demi-brigade, A la tate de sa troupe, s'd-
lance des retranchements, fond sur l'ennemi, en fait une horrible boncherie,
et le reconduit F'ep6e dans les reins aux portes de la ville. Nous avons perdu
dans cette affaire I'adjudant-major KInBRo et quelques fusiliers. Un sergent
eut la jambe fracass6e d'un biscaien, et un caporal fut perc6 aux reins d'une
mitraille. On remarqua que, pendant la durde de 1'action, une parties des
ennemis se hAtait de couper les mangles.
La journ6e du lendemain 24, ne fut marquee que par I'arriv6e du gdnb-
ral de brigade G(RIN, et cells d'un transfuge amdricain.
Le 25, on passa en revue les companies d'artillerie sons les ordres des
chefs de bataillon LYs et MONTBLANC, et la compagnie des mineurs sous la
direction de l'ing6nieur BARRE. S. M. fit passer l'ordre aux commandants
des diverse communes conquises, de rassembler tous les habitants et de
les constituer prisonniers, pour, a son premier mot, fire refluer sur eux
les bestiaux et les animaux dans la parties haitienne.
Le 26, 1'Empereur conf6ra avec les g6neraux conseillers d'Etat, leur re-
prdsenta la neccssit6de livrer l'assaut, et leur donna ordre de s'occuper prom-
ptement des prdparatifs n6cessaires. Un brick arm6 et une falouche se prdsen-
terent a 'embouchure de l'Ozama,ec firent un signal a laville,quileur r6pondit.
Le 27, A trois heures de l'apres-midi, les gen6raux PATION et GEFFRARD
signaldrent A S. M. une division frangaise de cinq vaisseaux, de trois fr6-
gates, de deux brigs et autres bdtiments de force. A quatre heures, les as-
sigdgs, aprds un feu terrible des remparts, firent une sortie g6nbrale centre
les g6n6raux MAGNY, PTrION et GEFFRARD. Apres un combat qui a dtar


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[1805]

deux heurea et demie, I'ennemi, de toutes parts ciebutA et pn: plein d6-
route, eut recouis A la fuite et so pr6cipita dans le portail de la ville, lais-
sant le terrain jonche de cadavres, abandonnant ses blesses et plusieurs
prisonniers: le rapport de ces derniers confirms les renseignements que nous
avions deja regus, et un sergent qui no survwcut pas A ses blessures, nous
assura qu'entre autres chefs bless6s dans la derniere sortie, so trouva le
general DUBERTHIER.
Le 28, dans la matin6e, on commenga A d6barquer les troupes; nous
jugeames, d'apres divers rapports, que ce renfort pouvait etre dvalub A
quatre mille hommes.
L'Empereur s'apercevant, par I'arrivie de cette division, de la sinc6rit6
des avis a lui parvenus, sachant que deux autres escadres 6taient prAtes A
partir des ports de France pour une destination inconnue, averti par ses
relations ktrangbres de se mettre en measure centre les nonvelles tentative
qu'allait faire Bclore la conclusion subite de la paix en Europe, consid6rant
que le but qu'il s'6tait propose dans cette expedition 6tait plus d'A moiti6
rempli, puisque le sac de la ville de Santo-Domingo manquait seul A 'ac-
complissement de ses projects, calculant qu'un plus long retard exposerait
son arm6e, vu le d6bordement prochain des rivibres, qui allait rendre sa
retraite impraticable, ne jugea pas a propos de sacrifier a l'ambition d'une
conquite la siret6 et la conservation de la parties, siAge de son empire.
En consequence, il donna aux principaux chefs l'ordre d'6vacuer; et A
deux heures de l'aprss-niidi, la cavalerie se rdpandit de tous les c6tes, d4-
truisant et brfilant tout cc qui s'offrait A son passage. A onze heures, le
siege de la place fut levE, I'armee, dans le plus grand silence, quitta sea
positions, et fit retraite en si grand ordre, que Pennemi ne s'apergut pas
mime qu'elle eft 6vacu6.
En vertu des dernieres instructions de S. M., laissdes aux divers g6n6-
raux, ils firent pousser devant eux le rest des habitants, des animaux et
des bestiaux qui se trouva dans les campagnes, rdduisirent en cendres lea
bourgs, les villages, les hattes et les villes, porterent partout la devastation,
le fer et la flamme, et n'6pargnbrent que les individus destines par S. M. a
rtre amen6s prisonniers.
Ainsi finit une champagne don't tout l'avantage fut constamment de notre
c6t6, oui 1'ennemi ne cessa d'6tre completement battu. Ainsi fut level le siege
d'une place qui n'a dfi son salut qu'a un 4v6nement aussi heureux qu'ines-
p6r6, et A un concours de circonstances plus dignes qu'une pareille con-
qu6te de fixer l'attention du people guerrier qui la tenait en 6chec.
Fait au quarter imperial de Laville, le 12 avril 1806, an II� de l'ind6-
pendance d'Haiti.
Le gindral, chef de l'dtat-major gdndral, sign : BAZELAIS.


N-2. - CONSTITUTION imperiale d'Haiti.
Au palais imperial de Dessalines, le 20 mai 1805, an II.
Nous, H. CIRISTOPHE, CLERVAUX, VERNET, GABART, PETION, GEF-
FRARD, TOUSSAINT BRAVE, RAPHAEL, LALONDRIE, REMAIN, CAPOIX,


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MAGNY, CANGE, DAUT, MAGLOIRE AMBROISE, YAYOU, JEAN-Lbt IS
FRANgOIs, GinIN, MOREAU, FEROU, BAZELAIS, MARTIAL BESSE,
Tant en notre nom particulier qu'en celui du people d'Haiti, qui nous a
16galement constituds les organs fiddles et les interpretes de sa volont6;
En presence de 1'Etre supreme, devaut qui les mortels sont dgaux, et qui
n'a r6pandu tant d'especes de crdatuires diff6rentes sur la surface du globe
qu'aux fins de manifester sa gloire et sa puissance par la diversity de ses
mouvres;
En face de la nature entire, don't nous avons 6t6 si injustement et depuis
si longtemps considers comme les enfants r6prouvds;
DWclarons que la teneur de la present Constitution est expression libre,
spontande et invariable de nos ceurs et de la.volont6 g6n6rale do nos consti-
tuants;
La soumettons i la sanction de Sa Majest6 1'Empereur JACQUES DESSA-
LINES, notre lib6rateur, pour recevoir sa prompted et entire execution.

DECLARATION PRILIMINAIRE.

Art. ier. Le people habitant I'ile ci-devant appel6e Saint-Domingue,
convient ici de se former en 6tat libre, souverain et ind6pendant de
toute autre puissance de l'univers, sous le nom d'empire d'lIaiti. -
Art. 19.
Art. 2. L'esclavage est a jamais aboli (1).
Art. 3. Les citoyens haitiens sont frires chez eux; I'Ngalit6, aux
yeux de la loi, est incontestablement reconnue, et il ne peut exister
d'autres tires, avantages ou privileges, que ceux qui r6sultent n6-
cessairenient de la consideration et recompense des services rendus
a la liberty et a l'ind6pendance. - Art. 14.
Art. 4. La loi est une pour tous, soit qu'elle punisse, soit qu'elle
protege (2).
Art. 5. La loi n'a point d'effet r6troactif (3).
Art. 6. La propriWte est sacree, sa violation sera rigoureusement
poursuivie (4).
Art. 7. La quality de citoyen d'Haiti se perd par I'emigration et
par la naturalisation en pays ranger, et par la condemnation a des
peines a'llictives ou deshonorantes. Le premier cas emporte la peine
de mort et confiscation des proprietes (5).


(1) Constitution de la rdpublique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 1.
- Ibid., art. 5. - (3) Ibid., art 11. - (4) Ibid., art. 8. - (5) Ibid., art. 38
(2) Ordonnance, du 22 octobre 1804, portant defense aux Haitiens de sortir du
pays, art. 2.


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Art. 8. La quality de citoyen est suspendue par I'eflet des ban-
queroutes et faillites (1).
Art. 9. Nul n'est digne d'8tre haitien, s'il n'est bon pere, bon
fils, bon 6poux, et surtout bon soldat (2).
Art. 10. La faculty n'est point accordee aux peres et meres de
desheriter leurs enlants.
Art. 11. Tout citoyen doit posseder un art mecanique (3).
Art. 12. Aucun blanc, quelle que soit sa nation, ne mettra le pied
sur ce territoire, i titre de maitre ou de proprietaire ; et ne pourra,
a l'avenir, y acquerir aucune propri6te (4).
Art. 13. L'article precedent ne pourra produire aucun effet, tant
A 1' guard des fenunes blanches qui sont naturalisees haitiennes par
le gouvernement, qu'h l'egard des enfants n6s ou a naitre d'elles.
Sont aussi compris dans les dispositions du present article, les Al-
lemands et Polonais iaturalis6s par le gouvernement (5).
Art. 14. Toute acception de couleur parmi les enfants d'une
seule et mnme amnille, don't le chef de 1'Etat est le pOre, devant an-
cessairement cesser, les IHaitiens ne seront dtsormais connus que
sous la denomination g6nlrique de noirs (6). - Art. 3.
DE L'EMPIRE.

Art. 15. L'empire d'laiti est un et indivisible. Son territoire est
distribu6 en six divisions militaires (7).
Art. 10. Chaque division militaire sera command e par tu g6-
neral de division.
Art. 17. Chacun de ces gencraux de division seront ind6pen-



(1) Constitution de la R6publique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 34.
(2) Constitution de la R6publique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 18.
(3) La mWme measure avait Wt6 recommandee par le Gouverneur Toussaint
Louverture, dans son reglement relatif a la culture, le 20 vendemiaire, an IX
( 12 octobre 1800), art. 5.
(4) Proclamation, du 28 avril 1804, relative au massacre, etc.
Dispositions g6nerales de la presente constitution, art. 12 - Constitution de
la R6publique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 27.
(5) Constitution de la Republique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 28.
(6) Proclamation. du 28 avril 1804, relative au massacre des Frantais.
(7) Decret, du 28 juillet 1805 qui fixe les circonscriptions militaires du
territoire.
Constitution de la R6publique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 30 et
suivants.





11805]
dants les uns des autres,-el correspondront directement avec I'Enn-
pereur ou avec le g6ne1ral en chef niomin par Sa Majeste.
Art. 18. Sont parties integrantes de 1'empire, les ileN ci-apres
d'signies : Samnana, la Turlue; la Gonave, les Cayemites, !'lle-a-
Vache, la Saunii, el aulres iles adjacenttes (I).
DF GOUVERINEMENT.
Art. 19. Le gouverneinent d'llaiti est confii it un premier magis-
tral, qui prend le tire d'Enpereur el chit' supreme de l'arinje.
Art. 20. Le people reconnait pour EI~iipercur et Chef suprim e de
I'armie .JAccouEl- DESSALINES, le Veigeur cl le libilrateur de ses con-
citovens ; on le qualified de M3ajesih, ainsi que son auguste 6pouse
I'Imperatrice (2).
Art. 21. La personae de leur Majesli est sacrpe et inviolable.
Art. 22. L'Etat accordera un Iraitemient lixe it Sa Majesld l'im-
plratrice, dont elle jouira liine april's le dce6s de l'Eimpereur, i
tire de princess douairire..
Art. 23. La couroune est 'leclive, et 11011 h6r(lditaire (3).
Art. 24. 11 sera atflecii, par 1'Elat, un trait.eeinti annual aux ien-
aniis reconnus par Sa lMajesti l'Einpereur.
Art. 25, Les eilants iiales recoinus par l1]'Eipereur, seront le-
ius, it instarr des autres citoyens, de passer successivemineit dt
grade en grade, avce cette scule diffirecce, que leur entree au ser-
vice dalera dans la 4. demi-brigade de 'Ypoque de clur uaissance.
Art. 26. L'Empereur d6signe sou successelr de la inailicre iqu'il
le juge convenable, soil avant, soil aprls sa mort (4).
Art. 27. Un traitenient convenable sera fix6 par I'Elat it ce suc-
cesseur, du inoment de son av6nementi an IrOne.
Art. 28. L'Einpereur, ni aucui de ses successeurs n'aura Ic droil,
dans aucun cas et sous quelque prdecxte que ce soil, de s'entourer
d'aucun corps particulier et privilh.gi(, i litre de garde d'thonicuur,
on sous toute autre dGnomination. - Art. 29.


(1) Constitution de la rdpublique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 29.
(2) Acte, du 25 janvier, qui nomme le gouverneur g6ndral, J.-J. Dessaline,
empereur d'Haiti.
(3) Proclamation, du 15 f6vrier 1804, du gouverneur g6n6ral, qui accepted le
titre d'empereur.
(4) Acte, du 25 janvier, qui nomme le gouverneur general, J.-J. Dessaline,
empereur d'Haiti.


-57-







Art. 29. Tout successeur qui s''cartera ou des dispositions du
precedent article, ou de la inarche qui lui aura et6 trace par I'Em-
pereur regnant, on dates principles consacres dans la presente Conis-
titution, sera considCr et declare en Clat de guerre centre la sociltC.
En consequence, les conseillcrs d'Etat s'assembleront, I'effet de
prononcer sa destitution, et de pourvoir h son replacement par
celui d'entre eux qui en aura le~ jugp' le plus digne, et s'il arrivait
que ledit successcur voult s'opposer i I'ex6ulion de cette rmisure,
autorisce par la loi, les gtinkraux conscillers d'Elat front un appel
all people ct l l'anrm6e, qui de suite leur pr6teronit main-forte et as-
sistance pour inainteiir 1a liberty.
Art. :30. I'Ernmecrcur fail, scelle cl promulgue les lois, nomimeet
r(voque, it sa voloni6l, les miinistres, le g ennral in chef de 1'armir6,
les conscillers d'Etat, les ginKraux et autres agents de l'Empire, les
ofliciers ie I'arnnc dte terre el de mer, les ineibres des adninislra-
tions locales, les comnnissaires du gouverneient pros les tribunaux,
les juges et autres I'onttionnaires publics (1).
Arl. 31. ,'nEmpercur dirige les reclltes et d(cpenses de I'Etat,sur-
veille la fabricalion des Ilmounaies, lui seul en ordonnie I'6iiission,
en fixe le poids e t lIvpe. --- Art. 32, 1O.
Art. 32. A iui seul est it'serv6 Il pouvoir de I'ire la paix ou la
guerre, d'entrelenir des relations politiucs ct de contracter an
dehors (2). - Art. .4.
Art. 33. 11 pourvoil a la sulret6 inthrieure el t la ldlfense te I'Elat,
distribute les Iorces de (orre et de mer snuivan sa volontt (3).
Art. 34. L'Einpereur, dans It cas olt il se Iramirait quelque cons-
piration centre la sirelt6 de I'Etal, contire la (ounslitutiotn ou conire
sa persoiine, 'cra de suite arrller les auteurs onl comlplic ( es, qlli si-
rontijutpgs par un conscil spltcial (4).
Art. 35. Sa Majestd scule a le droil d'ablsotidre un coupalle ou
de comiiluer sa peinc.
Art. 36. L'Empercur ne fornera jamais aucune entreprise dans


(1) Loi, du 3 juin 1805, sur le mode de constater l'Ntat-civil des citoyens, Tit. 1,
art. 3 Loi, du 7 juin, sur I'organisation des tribunaux. Tit. 2, art. 3.
- Constitution de la r6publique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 40, 42,
43, 101 et suivants.
(2) Constitution de la republique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 42 et
suivants.
(3) Ibid., art. 115.
(4) Organisation des conseils sp6ciaux militaires.
- Constitution de la r6publique d'IHati, du 27 d6cembre 1806, art. 119.


-58-





[18051
la vue de faire des conquetes ni de trouble la paix et le regime in-
tericur des colonies Mtrangeres (5).
Art. 37. Tout acte public sera hfit en cs ternnes : L'Empe-
reur I" d'flaiti et Chef suprmc de d l'armie, par la grAce de Dieu et
la loi constitutionnelle de I'Etal. >
DU CONSEIL D'ETAT.
Art. 38. Les giniraux de division et de brigade sonl membres nes
du conseil d'latL, ct Ie composenl.-Art. 29, disposil. gn., art. 2.
DES I1NISTIIES.
Art. 39. 11 y aura dans I'Elnpire deux ininistres et un secr6taire
d'Etat. - Art. 44.
Le ministre des finances ayant le dparleiment dte l'inlerieur. -
Art. 40 (1).
Le ninistre de la guerre ayant le deparlement de la marine (2).
- Art. 41.
DU MINISTRIE DES FINANCES ET DE L'INT RlIEPII.
Art. 40. Les altribulions de ce ministry conprennent l'adminis-
tration g6ndrale du Irisor public, I'lrganisalion des administrations
particulires, la distribution des fonds h mectire it la disposition du
ministry de la guerre et autres Ionctionnaires, les d6penses publi-
ques, les instructions qui ri'glent la complabilit" des administrations
et des payeurs de division, I'agriculture, le cominerce, l'instructioii
publique, les poids et measures, la formation tes tableaux de popu-
lation, des products territoriaux. Les doniaines na[ionaux, soit pour
la conservation, soit pour la vente, tes haux A ferme, les prisons,
les h6pitaux, I'entretien des routes, les bacs, salines, manufactures,
les douanes, enfin la surveillance de la fabrication des momnaies,
I'exCcution des lois et arrktes du gouvernement it ce sujet. -
Art. 31, 39 et 53.
DU MINISTER DE LA GUERRE ET DE LA MARINE.
Art. 41. Les functions de ce minislre embrassent la levee, l'orgar
nisation, l'inspection, la surveillance, la discipline, la police et le
movement des armies de terror et de mer, le personnel et le mate-
riel de l'artillerie et du genie, les fortifications, les forteresses, les
poudres et salpetres, l'enregistrement des actes et arr6tes de l'Em-

(1) Proclamation du g6n6ral en chef, du 1 janvier 1804.
(2) Decret du 28 juillet 1805, relatif a diverse promotions dans l'arm6e.
- (2) Ibid.


- 59 -





[18051
pereur, leur retvoi aux armies, et la surveillance de leur execution ;
il veille sp6cialement a ce que les decisions de l'Empereur parvien-
nent promptement aux militaires; il d6nonce aux Conseils sp6ciaux
les dWlits militaires parvenus A sa connaissance, et surveille les com-
missaires de guerre et ofliciers de sant6. - Art. 39 (1).
Art. 42. Les ministres sont responsables de tous les dilits par eux
commis contre la sdrete publique et la Constitution, de tout attentat
A la propriWt et a la liberty individuelles, de toute dissipation de
deniers a eux confis ; ils sont tenus de presenter, tous les trois mois,
a 1'Empereur, I'apercu des d6penses a faire, de rendre compete de
1'emploi des sommes qui out 6t6 mises a leur disposition, et d'indi-
quer les abus qui auraient pu se glisser dans les diverse branches
d'adminislration. - Art. 3., disp. gen.
Art. 43. Aucun ministry en place ou hors de place no peut 6tre
poursuivi en matiere criminelle, pour fail de son administration,
sans l'adhesion personnelle de l'Empereur. -- Art. 35.
DU SECRETAIRE D'ETAT. - Art. 39 (2).
Art. 44. Le secr6taire d'Etat est charge de l'impression, de l'en-
registrement el de l'envoi des lois, arrit6s, proclamations et instruc-
tions de l'Enpereur ; il travaille directement avec l'Empereur pour
les relations 6trangeres, correspond habituellement avec les minis-
tres, reCoit de ceux-ci les requktes, petitions et autres demands
qu'il soumet a l'Empereur, de mmie que les questions qui lui soni
proposees par les tribunaux ; il renvoie aux ministries les jugements
et les pieces sur lesquels l'Einpereur a statuL.
DES TRIBUNAUX.
Art. 45. Nul ne peut porter alteinte au droit qu'a chaque individi
de se fire juger i I'amiable par des arbitres i son choix. Leurs de-
cisions seront reconnues I'gales (3).
Art. 46. II y aura un juge de paix dans claque commune ; il ne
pourra connaitre d'une aflaire s'6levant au delit de cent gourdes; et


(1) D6cret, du 28 juillet 1805, relatif A diverse promotions dans 1'arm6e.
(2) Constitution de la rlpublique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 174 et
suivants.
(3) Loi, du 7 juin 1805, sur l'organisation des tribunaux. tit. 1", art. t1e et
suivants.
- Constitution de la r6publique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 133, 134.


- 60 -





[1805]
lorsque les parties ne pourront se concilier a son tribunal, elles se
pourvoieront par-devant les tribunauxde leur resort respectifs (1).
Art. 47. Il y aura six trihunaux, sants dans les villes ei-apres
designkes:
A Saint-Marc, an Cap, au Port-au-Prince, aux Cayes, A l'Anse-
a-Veau et au Port-de-Paix.
SL'Empereur determine leur organisation, leur nombre, leur com-
petence et le territoire formant le resort de chacun.
Ces tribunaux connaissent de toutes les affairs purementciviles(2).
Art. 48. Les dWlits militaires sont soulnis a des conseils spcciaux
et a des forces particuliires de jugement. L'organisation de ces
conseils appartient a l'Empereur, qui pronounce sur les demands en
cassation contre les jugements rendus par lesdits conseils sp6ciaux(3).
Art., 49. Des lois particulibres seront faites pour le notariat et A
1'6gard des officers de l'etat civil (4).
DU CULTE (5).
Art. 50. La loi n'admet point de religion dominant.
Art. 51. La liberty des cultes est tolbrde (6).
Art. 52. L'Etat ne pourvoit A l'entretien d'aucun culte, ni d'au-
cun ministry.
DE L'ADMINISTRATION.
Art. 53. 11 y aura, dans chaque division militaire, une adminis-
tration principal, don't l'organisation, la surveillance, appartien-
nent essentiellement au ministry des finances. - Art. 39 et 40.
DISPOSITIONS GlNEIRALES.
Art. 1. A I'Empereur et a l'linp6ratrice apparliennent le choix,
le traitement et 1'entreticn des personnel qui component leur cour.



(1) Loi, du 7juin 1805, sur 1'organisation des tribunaux. tit. 3, art. 1�' et suivants.
- Constitution de la rdpublique d'Haiti, du 27 d6cembre 1806, art. 135 et
suivants.
(2) Loi d6jA cite. Tit. 2, art. I et suivants. Tit. 4, art. 1 et suivants. Tit. 5, art.
1 et suivants.
(3) Loi, du 30 mai 1805, sur l'organisation des conseils militaires.
(4) Loi, du 3 juin 1805, sur le mode de constater 1'6tat-civil des citoyens.
- Dderet, du 30 aoftt 1805, portant tarif des droits curiaux, etc., chap. 5 et 6.
(5) Constitution de la rdpublique d'Haiti, du 27 decembre 1806, art. 35 et suivants.
(6) Ibid., art. 37.


-61 -




[1805]
Art. 2. Aprbs le d6cis de l'Empereur rignant,'lorsque la revision
de la constitution aura Wte jugee n6cessaire, le conseil d'Etat s'as-
semblera A cet effet, et sera pr6sid6 par le doyen d'age. - Declar.
prdl., art. 38.
Art. 3. Les crimes de haute trahison, les delits commis par les
ministres et les g6nraux, serontjuges par un conseil special, nomm6
et pr6side par I'Empereur. - Ddclar. prdl., art. 42.
Art. 4. La force arm6e est essentiellement ohbissante, nul corps
arm6 ne peut deliberer (1).
Art. 5. Nul ne pourra 6tre jug6 sans avoir Wte 16galement en-
tendu.
Art. 6. La maison de tout citoyen est un asile inviolable (2).
Art. 7.
Art. 7. On peut y entrer en cas d'incendie, d'inondation, de re-
clamation partant de l'intiricur, ou en vertu d'un ordre mian6 de
l'Empereur on de toute autre autorit6 16galement constitute (3).
Art. 8. Celui-la m6rite la mort qui la donne A son semblable.
Art. 9. Tout jugemcnt portant peine de mort ou pine afflictive,
ne pourra recevoir son execution, s'il n'a edt confirnim par I'Empe-
reur (4). - Declar. prdl., art. 35.
Art. 10. Le vol sera puni en raison des circoiistances qui l'auront
prkWc6d, accompagn6 ou suivi.
Art. 11. Tout stranger habitant le terriloire d'llaiti, sera, ainsi
que les Haitiens, sounis aux lois correctioiiielles et criminiellcs du
pays.
Art. 12. Toute propridt6 q(i aura ci-devant appartenu a un blanc
franCais, est iiconitestablement et de droit conlisquie au profit de
I'Etat. - Declar. prel., art. 12 (5).
Art. 13. Tout Iaitien qui, ayant acquis une proprid!.6 d'un blanc
franeais, n'aura payv qu'une parlie du prix slipulh dans l'acte de
vente, sera responsible, envers les domaines de I'Etat, du reliquat
de la some due. - Art. 12.


(1) Constitution de la r6publique d'Halti, du 27 ddcembre 1806, art. 167 et suivants.
(2) Ibid., art. 24.
(3) (3) Ibid.
(4) Loi, du 30 mai 1805, sur l'organisation des conseils sp6ciaux militaires, tit.
6, art. 3.
(5) Proclamation, du 28 avril 1804, relative au massacre des Frangais.





[M805]
Art. 14. Le marriage est un acte purement civil, et autoris6 par le
gouvernement (1).
Art. 15. La loi autorise le divorce dans les cas qu'elle aura pr6-
vus et determines (2).
Art. 16. Une loi particulibre sera rendue concernant les enfants
nes hors du marriage (3).
Art. 17. Le respect pour ses chefs, la subordination et la disci-
pline sont rigoureusement necessaires. - Art. 18.
Art. 18. Un code p6nal sera publiC et sevbrement observe (4).
Art. 19. Dans chaque division militaire, une cole publique sera
6tablie pour 1'instruction de la jeunesse.
Art. 20. Les couleurs nationals seront noires et rouges (5).


(1) Loi, du lr juin 1805, sur le divorce, tit. 1, art. 1. - No. 28,
- Loi, du 3 juin 1805, sur le mode de constater l'etat-civil des citoyens. Tit.
4, sections 1, 2, 3.
(2) Loi, du l" juin 1805, sur le divorce. - No. 28
- Loi sur le mode de constater 1'6tat-civil, etc., tit. 4, sections 4.
(3) Loi, du 28 mai 1805, sur les enfants nds hors marriage
(4) Code p6nal militaire du 26 mai 1805.

(5) DESSALINES,meme apres sa prise d'armes avec H. CHRISTOPHE et CLER-
VAUX, avait conserve le drapeau tricolore, qui 6tait le drapeau franqais.
< Mais, des que PETION eut reconnu que l'insurrection prenait de la con-
sistance et que les indigenes se ralliaient chaquejour davantage au general
en chef, il conseilla A DESSALINES d'adopter de nouvelles couleurs pour
prouver aux Francais la determination qu'ils avaient prise de rendre le
pays independent de la France. Contre son/ttente, il trouvaen DESSALINES
une sorte d'hesitation A changer de drapeau, bien qu'il fuit aussi decide
qu'aucun de ces guerriers A proclamer l'ind4pendance,..
( Cependant, la 130 demi-brigade que commandait PETION, ayant perdu
un de ses ktendards dans un combat qui eut lieu dans la plaine du Cul-de-
Sac,les Francais concurent I'espoir que les indigenes resteraientsoumis la
m6tropole, puisqu'ils en conservaient les couleurs; co fut le dernier argu-
ment qui triompha de 1'lisitation de DESSAI.NES. 11 ordonna aussi que lacon-
leur blanche fat retranchdedu drapeau,parce que pour lui,comme pour la plus
grande parties des indigenes qui ignoraient I'origine du drapeau tricolore, ce
sigoe repr6sentait l'union des trois espbces d'hommes qui formaicnt la po-
pulation de Saint-Domingue, savoir: les noirs, les mulatres et les blancs...
- Ainsi, conservant encore une trace de son origine, le drapeau haitien,du-
rant la guerre de I'independance et sous le gouverncinent de DESSALINES,eut
les doux couleurs places verticalement, a l'exception que la couleur blene flit
clangee en couleur noire par ]a constitution inmp6rialc. Aprbs la molt de
DESSALINEs,H. CHRIS'IO'HE conserve le mcme drapeau qu'avait adopt l'em-


-63-




11805]
Art. 21. L'agriculture, combine le premier, le plus noble et tl plus
utile de tous les arts, sera honorde et protlg-oe. - Art. 27 (1).
Art. 22. Le commerce, second source de la prosperity des Etats,
ie veut et ne coinaiil point d'enlraves.
11 doilt tre favorite~ , et specialement po6lege (2). - Art: 24, 26i.
Art. 23. Dans chaque division mililaire, un tribunal de commerce
sera form, dont les nicmbres seront choisis par l'Empereur, et tir6s
tie la classes dls iit;gociants (3).
Art. 24. La bone foi, la loyanul dans les operations commercials
seront religienusemeii observers (1). - Art. 22.
Art. 25. Le gouvernement assure srtrelt ce protection aux nations
neuitres el amies qui viendront entrelenir, avec cette ile, des rap-
ports cominmerciaux ; A la charge par elles de so conformer aux re-
elemielns, us et coutilmes de cc pays (5).
Art. 2t. Les comploirs, les marchandises des strangers seront
sons la sau\vegarde et la garantli de l'Etal. - Art. 22.
Art. 27. II y aura des 'Mles nationals pour c6lebrer I'Indlpen-
dancc, la f'tc de I'Empereur et de son augnste Epousc, celle de
I'Agricullure et (de la Constitution. - Art. 21.
Art. 28. Au premier coup tde canon d'alarme, les villes dispa-
raissetil, el la nation est deboul (i).
Nous, mlandataires soussignies, mellons sons la sauvegarde des

percur: mais lorsque la r'publique fut fondee, A. PTION lui donna une nou-
vclle former en plagant les couleurs bleue et rouge hIorizontalement, telles qu'on
les voit aujourd'lui, autant pour distinulerl le signed de ralliement de la rd-
publique de celui de l'usurpateur du nord, que pour 6tablir une plus grande
difference entire le pavilion national et le drapeau frangais. C'est encore A.
PgTION qui fit lui-m6me le dessin des armes de la r6publique. >)
(Extrait d'un article de M. C. Ardouin, inse'r dans le n0 6 de l'Union, du
22 septembre 1839.)
Aucun acted officiei, avant la constitution de 1843, n'avait prescrit l'adop-
tion du changement qu'a fait subir A. PENTON au drapeau national, chan-
gement consaclr seulemernt par l'usage.


(1) Constitution de la r6publique d'Haiti, du 27 d6cembre 1801, art. 171.
(2) R6sistance A 1'oppression, du 16 octobre 1806. - (2) Ibid. art. 173. et suivants.
(3) Loi, du 7 juin 1805, sur l'organisation des tribunaux, tit. 9, art. 1 et suivants.
(4) Resistance a i'oppression, du 16 octobre 1806.
(5) Proclamation, du 28 avril 1804, relative au massacre des Frangais.
(6) Adresse du 12 avril, de 1'Empereur au people, ect.


- 64 -






magistrates, des peres et mleres de famille, des citoyens et de l'arnie,
le pacte explicit et solennel des droits sacres de I'homme et des
devoirs du citoven.
Le recommandons a nos neveux; ct en faisons homage aux amis
de la liberty, aux philanthropes de tous les pays, come un gage
signal de la hont6 divine, qui, par suite de ses d(crets ininortels,
nous a procure l'occasion de briser ncs fers et de nous conslilucr en
people libre, civilise et ind6pendant.
Et avons sign, tant en notre nom priv6 qu'en celui de nos com-
umettants.
Sign6 : H. CHRISTOPHE, CLERVAUX, VERNET, GAIART, OPTION, CEFFRARD,
TOUSSAINT BRAVE, RAPHAEL, LALONDRIE, REMAIN, CAI'OIX, MAGNY,
CANG9, DAUT, MAGLOIRE AMBROISE, YAYOU, JE.AN-LOUIS FRANCOIS,
GURIN, MOREAU, FEROU, BAZELAIS, MARTIAL B3ESSE (1).

Vu la presente Conslitution.
Nous, JACQUES DESSALIXES, Einperetr lor d'llaiti et chef supreme
de l'armie, par la grace de Dieu et ]a loi constitutionnelle de 'Etat.
L'acceptons dans tout son contenu, et la sanctionnons, pour re-
cevoir, sous le plus bref delai, sa pleine et enlitre execution dans
toute l'etendue de notre Empire.
Et jurons de la maintenir et de la faire observer dans son int6-
grith jusqu'au dernier soupir de notre vie.
Au palais imperial de Dessalines, le 20 mai 1805, an lie de I'ind6pen-
dance d'Haiti, et de notre rBgne le Icr.
Sign6 : DESSALINES.
Par l'lmpereur,
Le secretaire general, sign : JUSTE CHANLATTE.


N03. --CODE I'ENAL MILITAIRE. Pour Loutes les troupes de 1'cim-
pire d'llaii (12).
A Dessalines, le 26 mai 1805, an II".
JACQUES, Empereutr premier td'aiti, etc.
Consid6rant que la violation du devoir,si elle n'est sdvorerinit ri prime

(1) Resistance A l'ioppression, du 16 octobre 1806.
(2) Loi, du 30 mai 1805, sur l'organisation des conseils sp6ciaux militaires.
- ArrWtd du ainat, du 27 f6vrier 1807, qui modifie le code p6nal militaire de 1805
- Decret du 1" f6vrier 1806, sur le cabolage, les pdcheries, etc., art. 21, 22.


-65




[180)5]

par la loi, no peut qu'entrainer a la, licence la plus outrde et de li a 'asser-
vissement un peuple don't la liberty a 6dt acheec par le sang de tant de ldros ;
Voulant conserve aux militaires do sos arnm'.es li purlte dele sentiments qui
les ont faith agir, t les convaincre quc .ani I'l'iincu ur, la fidilite, l'ol,'issance
ct la subordination, les armlees ne soln plis qui des chores doe brigianls ;
Voulant enfin purger'lesarmlli br'es d'Haiti des hommes qii ne pourlrient
que los de-honorer s'ils y continuaiclt un service quc 'lhonneur riprouve;

OIDO.NNo c qui sail


TITRE PIRIEMIElt. - Des delils el des pines. - SECTION I'. -
DE LA DIESEITION A L'ENNE31I.

Art. 1. Tout mililaire, c'est-it-dirc (ldeis Ic g'indral d'arm in jus-
qu'au soldat inclusivement, oi tout auire iidividu altacrhi ia I'arniie
on it sa suite, qui passer it I'ciiiicni sans unl aitorisalion par dcrit
do ses chefs, sera puini do morl.
Art. 2. Sera rdpult d(rscrleur it I'euinmi, et comuliie 11l pIuni lde
niort, tout militaire on autre iidividu allach6 it I'arnide oi it sa suite,
iqii, sans ordre oi permission ipar cdril le son sunpi('ri'ur, aura 'ran-
chi les limiles lixcds par lI colnillalldallt de la troulp (10dol ii Iail
partic, sur les cobts par lesquels ol poiurrait comrni I11iquer avec
I'eneiic i.
Art. 3. Sera galoeienlt ripuii disertcur i I'auennemi, Ct puni do
inort, tout militaire oui autre individu atlach it Il'arim t it sa suite,
qui sorlira d'ine place assi(gIec on investie par I'eOniiini, sals nll
avoir oblteu la permission par (ecrit dii c:ollminaildatn de la place.
Art. 4. Tout militaire qu1i lanllt e'n Ihaclion on en vsdelte, (In )pre-
sence de I'nc n nei, aura. sans avoir reopli sa consignl, alandomiii
son post pour ne songer qu'i sa propre sircl6, sera puii do mort.
Art. 5". Tout militaire on autre iidividu cimployd it I'armlld on it
sa suile, qui scra convaincu d'avoir cxcit6 ses camarades it passer
chiez l'enneni, sera rdpute chlie de complot et puni dt mort, quand
micin la ddscrlion n'aurait pas cu lieu.
Art. 6. Lorsque des niilitaires auront ormile to complot de passer
i I'ennemi, Ie plus dlevd en grade des militaires complices, ou i
grade dgal le plus ancient de service, scra rdputl chel' du complot et
puni combine tel.
Art. 7. Tout complice qui revilera un complot, no pofirra 6tre
poursuivi ni puni it raison du crime qu'il aura d6couvert.


-66-







SECTION 2. - DE LA DESERTION A L'INTERIEI'R.
Art. 1. Tout mililaire qui sera convaincu d'avoir dtserlt de I'ar-
niei pour sc retirer dans I'iiilrieiur d( I'emplire, sera puni d'un an
de prison, et de deux ans s'il. dlserlt avec arms et bagages.
Art. 2. Sera r6piiul d!serilciIr h I'inltrieur ct lpuni coimme tel,
suivant los circonstances di d(lilit, (out mililaire qui, Li I'arniee, aura
imanqu,' ani appeals ipendiant Irois jours, sanis uine permission par
6crit de sos chel's, oil sans un conge dans lcs forincs pre'scriles par
les lois mililaires.
Art. 3. Tout habianii e (o 'inliiriour de l'enlpire qui scra ronvainiic
d'avoir i(ccrl la pIrsolnne i Id'n dliscrlour, d'avoir favorisi son iva-
sion, on de l'avoir,deo (iuliitu aiilre ianiiirc, souslrait anx reciler-
ches oil poiursuit(s orldoltiines par la loi, sera dliOoncC it I'accusateur
public de la division ofi il rlside, et puii de deux anis de gCin; t
de diix ans de fers, s'il a rcrld' le d6serlitr avec arnies cl bhagags.
Art. 4. Scra aussi re'pult discrlteur 4 I'int6rieur lout rilo nii qui,
apr&s avoir rc�'u l'ordre dti rjoindre un corps, nI se sera pas rendu
i sa destination dans le dtlai lix ; dans ce cas, il passer par lcs
verges cl sera puni ti six mois de prison, i moins qu'il In justilic
d'un empinchelieciile t lhgitlinm (1).
Art. 5. Sera 6galementii r',pul dscrteur i l'iniltriiur, lontl mili-
laire qui, apris avoir Ifail lparlie d'uii corps, abandolnnrail scs dra-
pcaux pour priendrc un ienagcienilt lidanis uiin aulre corps; dans cc
cas, il sera puni pour lIa iprnmlicre lis de six inois de prison el pour
la dcuxi6mc il passera par les verges (2).
SECTION 3. - DE LA TIIAlIISON.
Art. 1. Tout militaire ou individu do I'-rnino, quel que soil soil
6tat ou son grade, convaincu de tralisoil, sera puni tio niorl.
Art. 2. Sont r6put6s coupables de Iraliison les auleurs des dWlils
ci-apres d6taill6s ; savoir :
to Tout individu qui, on presence de l'ennemi, sera convaincu
de s'6tre pernis des clameurs tendant a jeter l'Npouvante et le d6-
sordre dans les rangs.
20 Tout commandant d'un post, toute sentinelle ou vedette qui,


(1) ArrWtd du s6nat, du 27 f6vrier 1807, qui modified le Code penal militaire de
1805, art. 8
(2) Ibid.


-67-





[1805]
en presence de l'ennemi, soit a l'arm6e, soit dans une place assi6gee,
aurait donn6 de fausses consignes, lorsque par suite de cette faute
la siretW du poste aura Wet compromise.
3� Tout commandant d'une patrouille, A I'armee ou dans une
place assiegBe, qui, envoy en presence de l'ennemi pour faire quel-
que decouverte ou reconnaissance locale, aura n6glige d'en rendre
compete, ou bien n'aura pas ex6cute ponctuellement l'ordre qui lui
6tait donned, lorsque par suite de sa negligence ou de sa d6sobhis-
sance4e succ6s de quelque operation militaire se sera trouv6 com-
promis.
4� Tout commandant d'un poste, A l'armee ou en presence de
l'ennemi ou dans une place assigoee, qui cacherait a celui qui le re-
lIve les decouvertes essentielles qu'il aurait faites, soit par lui-m6me,
soit pas ses patrouilles, soit par toutes autres personnel, relativement
a la defense du poste, lorsque par suite de son silence la sfiretl du
poste sera trouvee compromise.
5� Tout militaire convaincu d'avoir communique le secret du
poste ou le mot d'ordre A l'einemi.
6� Tout militaire ou autre individu de l'armee qui entretiendra
une correspondence dans l'armee ennemie, sans la permission par
kcrit de son sup6rieur ou commandant.
70 Tout militaire qui parlementerait avec I'ennemi on ses Cmis-
saires sans un ordre par 6crit de son superieur.
80 Tout militaire ou autre individu attache it I'armn6e qui aura
enclou6 ou mis hors de service, sans ordres ou sans motil's 1gitimes,
un canon, mortier ou allit, ainsi que tout charretier ou conducleur
qui, en presence de l'ennemi, aurait, sans ordre de son superieur,
coup les traits des chevaux, bris6 ou mis hors de service aucune
piece du train ou 6quipage confiE h sa conduit.
9� Tout commandant d'un poste, place, fortcresse qui aura con-
senti a la reddition de sa place.
100 Tout general d'arnme, tout commandant de division, tout
commandant en chef de place en l6at de guerre, qui n'aura pas fait
connaitre au Ministre les besoins de son armtIe ou do sa place, soit
en vivres, soit cn approvisionneincitls de guerre.
110 Tout ordonnateur, lout comnnissaire des guerrcs, qui n'aurait
pas pourvu aux distributions des vivres ordlonnees pour routes les
parties du service confie A sa surveillance lorsqu'il en avait les
moyens, on qui aurail n6igligr ou relusi: d'insliruire le genferal en
chef de I'arnne ou d'une division delaclde de de I'arm e, dcs besoins


- 68 -




[1805]
de ladite armCe ou division, si par suite de cette prevarication, le
salut de 1'armbe ou le success de ses operations a 6t5 compromise.
120 Tout general d'armie, tout commandant de division, tout
commandant en chef qui sera convaincu d'avoir pris des measures
pour faire tomber entire los mains des ennemis, les magasins, les
convois de 1'armie ou enfin toutes autres munitions de guerre.
130 Tout general d'arm6e, tout commandant de division, tout
commandant en chef qui sera convaincu d'avoir n6glig6 d'employer
tous les moyens qu'il avait en son pouvoir pour assurer les maga-
sins, la march des convois et garantir les munitions, lorsqu'ils se-
ront tombs en tout ou en partic entire les mains des ennemis.
Les g6neraux ou officers pr6venus des d6lits ci-dessus d6taill6s,
scront poursuivis ct jug6s comme criminals de haute trahison par
Ic conscil i qui la connaissance en appartient, sans neanmoins dd-
roger aux premieres poursuites indiqu6es dans l'ordonnance sur
I'organisation de conscils spdciaux militaires.

SECTION 4.. - DE: L'EMIBAUCIHAGE ET DE L'ESIIONNAGE.

Art. I. Tout embauchcur on complice d'embauchage pour I'en-
nomi on pour les rebelles sera puni de mort.
Art. 2. Tout individu, quel que soit son Rtat, quality on profes-
sion, convaincu d'espionnage pour l'ennemi ou los rehelles, sera
puni de mort.
Art. 3. Tout stranger surprise a lever les plans des camps, quar-
tier, cantonnements, forlifications, arsenaux, magasins, manufac-
tures, canaux, rivibrcs et generaleiment tout cc qui tict ai la defense
et i la conservation du territoire et a scs communications, sera arrlN,
combine espion et puni do mort.

SECTION 5. - DU PILLAGE, IDE LA DEVASTATION ET DE L'lNCENDIE.

Art. 1. Tout militaire ou autre individu attach a l'arm6e ct i sa
suite, convaincu de-pillage i main-armne on en troupe, soit dans les
habitations, soil sur les pcrsonnes, soit dans les proprikt!s des ha-
bilants, sera puni de mort.
Art. 2. Tout militaire ou autre individu attach a l'armn6e et i sa
suite, qui scra convaincu d'avoir mis Il feu aux ragasins, arsenaux,
maisons rurales on d'liabitation, on i toute autre propri6te publique
ou particulicre, moissons ou rdcoltes faites on it fire, sans l'ordre


69-




[1805]
par 6crit du general on autre commandant en chef, sera puni de
mort.
Art. 3. Tout militaire ou autre individu attache A l'armee, con-
vaincu, d'avoir attent6 A la vie du citoyen non arm6, A celle de sa
femme on de ses enfants, sera puni de mort.
Le viol commis par un militaire ou tout autre individu attache a
I'armbe, sera puni de dix ann6es de fers, si le viol a Wte commis sur
une fille ig6e de moins de quatorze ans; et de cinq ans, s'il a Wte
commis sur une personnel plus agce.
Si la fille on la femme violke est more des exc6s commis sur sa
personnel, le coupable ou les coupables seront punis de mort.

SECTION 6. - DU VOL ET DE L'INFIDgLIT: DANS LA GESTION
ET MANUTENTION.

Art. 1. Tout militaire on autre employ i.1'armBe ou a sa suite,
qui, pour faire payer a sa troupe ou A ses subordonnes ce que la loi
leur accord, sera convaincu d'avoir port son etat de situation au-
dessus du nombre eflectif present, soil en route, soit i l'armee, soit
tnll garnison, sera cass6, rentrera dans les rangs de simple soldat, et
condamne au remboursement de ce qu'il aura touch au-dessus de
ce qui revenait h sa troupe et a ses subordonnss.
Art. 2. Tout commissaire de guerre convaincu de connivence
avec le militaire ou l'employ6 qui aurait faith un Blat de paye ou de
distribution porlt au-dessus du nombre effectif present, sera puni
de cinq ans de fears, et sera condamnn6 restituer les sommes payees
ou les fournitures d6livrdes sur son ordonnance au delh de ce qui
revenait de droit a la Iroupe counne prise audit 5lat.
Art. 3. Tout employ,'. quelconque dans les administrations des
different services des armies, qui sera convaincu d'avoir vendu i
son profit ou distrait des fournitures ou denires qui lui auraient 6tC
confines, sera cass6, mis dans un corps conmme un simple soldat
et condanmn au remnboursement du double de ce qu'il aura vendu
ou distrait.
Art. 4. Tout militaire, tout agent ou employee des administrations
qui sera convaincu d'avoir fait de faux bois on contrefait l'ecriture
de son superieur, sera puni de cinq anndes de fers.
Art. 5. Tout prepos6 de ces administrations convaincu d'avoir
recu dans les depots de l'arm@e, de mauvais approvisionnements ou
le non complete des rations, sera condainiu a un an de prison, a

-70-




[18051
moins que dans les viihgtlquatre heures, il n'en ait averti un de ses
sup6rieurs ou le commandant du lieu qui lui donnera acte de sa
declaration.
Art. 6. Tout prdpos6 ou conducteur qui sera convaincu d'avoir
retard le service des charrois, sera puni de six mois de prison; et
si c'est a dessein, de trois ann6es de fers.
Art. 7. Tout conducteur de charrois, caboteur, qui sera convaincu
d'avoir d6tourne, distrait ou echang6 une parties des objets qui lui
auront Wtd confi6s, sera puni de cinq ans de fers et condamn6 i la
restitution d e qu'il aura distrait, d6tourn6 on uchang6.
Art. 8. Tout munitionnaire, tout distributeur convaincu de quel-
ques infid6lit6s, soit dans les distributions, soit dans le poids, sera
cass6, condamn6 a une amende du quadruple du prix des rations
ou fournitures, et incorpor6 dans un regiment.
Art. 9. Tout munitionnaire, tout boulanger de I'arm6e, qui sera
convaincu d'avoir alt6r6 ses farines par 1'introduction de matieres
ktrangeres ou 6videmment malfaisantes, ou d'en avoir introduit
d'une qualitA inf6rieure a celle fournie par les administrations, sera
puni de cinq ans de 'ers.
Art. 10. Tout militaire convaincu d'avoir vol6 I'argent de ses
camarades ou tout autre effet A cux appartenant, sera puni de trois
mois de prison; et, si c'est un sous-officier, il sera cass6 et puni de
six mois de prison.
Art. 11. Tout militaire qui vendra ou mettra en gage, en tout ou
parties, ses armes, son habillement, Iburniment, ou son cheval on
6quipcment, le tout fourni par l'Etal, sera puni de trois ans de fers.
Art. 12. Tout militaire qui sera convaincu d'avoir volI des four-
nitures de casernes ou d'h6pitaux on effect de campeincnt, sera puni
d'un an de fers et condamni au remboursement de l'objet volI ou
distrait.
Art. 13. Tout militaire ou tout autre individu allach6 A I'armne,
qui sera convaincu d'avoir vol6, soit de la poudre, soit des boulets,
soit toules autres munitions ou effects d'artillerie dans les pares, ma-
gasins, d(,pts ou convois, sera puni de mort.
Art. 14. Tout militaire on tout autre individu attach i l'armee qui
sera convaincu d'avoir vol6 les personnel clez lesquelles il aurail
log6 sera puni de trois ans de fers.
Art. 15. Tout militaire ou tout autre individu de l'armne qui sera
convaincu d'avoir attent6 a la siret6 on i la liberty des citoyens,
sera puni de six mois de prison, et s'il y a voie de faith, ii sera puni de
deux ans de 'ers ; Il en cas d'assassinal, ii sern puni td iton1l.


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[48051

SECTION 7. - DE L'INSUBORDINATION.
Art. 1. Tout militaire ou tout autre employee au service de 1'ar-
mee, qui, lorsque la g6nerale aura Wtd battue, ne sera pas rendu a
son poste, sera, pour la premiere fois, puni d'un mois de prison ;
pour la second, de trois mois; et pour la troisieme fois, passe aux
verges (1).
Art. 2. Tout officer qui, devant marcher a I'ennemi, ne se sera
pas rendu a son poste, sera destitu6 ;
Si c'est un sous-officier, il sera puni d'un mois de prison, cass6
de son grade et reduit h la paie de simple soldat ;
Si c'est un soldat, il sera puni d'un mois de prison ;
Enfin, si c'est un employ attach au service de l'arm6e, il sera
destitu6 et incorpor6 dans un corps.
La recidive de la part du sous-officier ou du soldat sera punie des
verges (2).
Art. 3. La revolte ou la d6sobbissance combine envers les supe-
rieurs, emportera peine de mort contre ceux qui I'auront suscit6e et
contre les officers presents qui ne s'y seront point opposes par tous
les moyens A leur disposition. - Art. 8.
-Art. 4. En cas d'attroupement de la part des militaires ou autres
individus attaches a l'armee et A sa suite, les superieurs commande-
ront, au nom de la loi, que chacun se retire ; si le rassemblement
n'est pas dissous par le commandement fait au nom de la loi, les
superieurs sont autoris6s A employer tous les moyens de force qu'ils
jugeront necessaires pour le dissiper. Les auteurs dudit attroupe-
ment (au nombre desquels seront toujours les officers et sous-offi-
ciers qui en front parties) seront aussit6t saisis, traduits au conseil
special et punis de mort. - Art. 17.
Art. 5. Toute troupe qui aura abandonn6 en masse et sans ordre
sup6rieur le poste ofi elle 6tait de service, sera dCclar6e en revolte;
dans ce cas, les officers et sous-officiers, ou, a leur d6faut, les six
plus anciens de service faisant parties de la troupe, serpent saisis, tra-
duits au conseil special et punis de dix ans de fers, A moins qu'ils
ne d6clarent les vrais auteurs du dWlit, sur lesquels seront alors
dirigdes les poursuites, et qui subiront la peine de mort, comme
chefs de revolte.

(1) Arretd, du 27 f6vrier 1807, du senat, qui modifie le Code penal militaire de
1805, art. 8
(2) Ibid.


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Art. 6. Tout militaire qui sera convaincu d'avoir, dans une al-
faire avec l'ennemi, abandonn6 ou jet6 lachement ses armes, sera
puni de mort.
Art. 7. Tout militaire qui, dans une ville prise d'assaut, quittera
son poste pour se livrer au pillage, sera puni de mort.
Art. 8. Toute troupe qui, itant command6e pour marcher ou
donner centre l'ennemi, ou pour tout autre service ordonn6 par le
chef, aura refuse d'ob6ir, sera declare en revolte et traitee contor-
m6ment aux dispositions de l'article 3 (1).
Art. 9. Tout militaire ou autre individu attach a l'arnme, qui,
6tant comnand6 pour marcher ou donner contre 1'ennemi, ou pour
tout autre service ordonne par le chef; en presence de l'ennemi et
dans une affaire, aura formellemnent refuse d'obhir, sera puni de
mort (2).
Art. 10. Tout militaire trouv6 endormi en faction ou en v6dette
dans les postes les plus pr6s de I'ennemi, ou sur les fortifications
d'une place assi6gie et investie, sera puni de mort.
Art 11. Tout general de brigade qui, apres avoir recu d'un g6-
n6ral de division, l'ordre de se rendre aux arr6ts, n'aura pas ob6i,
y sera conduit par la force armre, nonobstant la peine qu'il aura
encourue par son insubordination (3).
Art. 12. Tout soldat trouv6 endormi en v6dette on en faction
dans tous autres postes que ceux indiques dans l'article precedent,
sera puni d'un mois de prison.
Art. 13. Tout militaire qui, 6tant en faction ou en vedette dans
les posies les plus pris de l'ennemi, ou sur les fortifications d'une
place assi@gee ou investie, sera convaincu de n'avoir pas execute sa
consigne, sera puni de deux ans de fers.
Art. 14. Tout commandant d'un posle, devant ou dans une place
assig6ee, convaincu d'avoir change la consigne donn6e, sans en
avoir sur-le-champ rendu compete au commandant en chef, sera
puni de six mois de prison.
Art. 15. Tout militaire convaincu d'avoir insult une sentinelle
de propos ou de gestes, la peine de simple soldat sera de deux ans
de prison ; pour le sous-officier de quatre ans ; pour l'officier de six
ans ; et s'il y a eu voie de fait, le coupable sera puni de mort.


(1) Code p6nal militaire, du 14 juillet 1834, art. 57-58.
(2) Ibid. - (3) Ibid., art. 56.


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[18051

Art. 16. Tout militaire convaincu d'avoir menace son superieur
de paroles ou de gestes, sera puni de deux ans de prison ; s'il y
avait voie de fait, puni de mort (1).
Art. 17. Tout militaire qui sera convaincu d'avoir frappi du ba-
ton son subordonn6, sera puni de deux ans de prison, si ce n'est
pour maintenir dans les rangs ceux qui fuiraient devant 1'ennemi
ou qui seraient en l'6tat de r6volte prevu par l'article 4 (2).
Art. 18. Tout complice d'un delit subira la mime peine que
celui qui l'aura commis.
Art. 19. Tout militaire qui sera convaincu de s'etre fait inscrire
sur le registre de 1'6tat-major de son corps sous un faux nom, et
qui, a dater de la publication de la pr6sente loi, s'il est present a son
corps, n'aura pas fait rectifier l'erreur dans le delai dc huit jours,
sera puni de trois mois de prison.
Art. 20. Tout militaire qui sera convaincu de s'tlrc servi du
conger d'un autre et d'y avoir fait substitucr un aulre nom que Ic
sien, ou enfin de tout autre faux, sera puni de deux ans de prison (3).
Art. 21. A l'avenir, tout commandant de troupes, tout officer,
autres que les officers g6neraux, qui sera convaincu d'avoir recu
ou de garder sciemment dans sa troupe un soldat sorti d'un autre
corps, sans qu'il soit porteur d'un congd en honne forme, sera puni
d'un an de prison et destitu6 de son emploi (i).
Art. 22. Tout commissaire des guerres qui sera convaincu do
n'avoir pas denonce un d(lit don't ii aurait eu connaissance, sera
destitu6 de son emploi et incorpore dans un regiment.
Art. 23. Tout commissaire des guerres qui sera convaincu d'avoir
prevarique dans l'exercice de ses functions administralives, sera
destilu6 et puni an moins de six mois de prison, et au plus de cinq
ans de fers ; et si, par une suite de cette prtivarication, la sfiret6 de
l'arm6e ou le succes de ses operations se trouvaient compromise, il
sera puni de mort.
Art. 21. Tout commissaire des guerres qui s'absentera de son
arrondissement sans l'ordre de son supirieur et sans avoir prvenu
le commandant en chef de sa division, sera destitute de son emploi
et incorpor6 dans la troupe.

(1) Code p6nal militaire, du 14 juillet 1834, art. 90 et suiv.
(2) Ibid., art. 95 et suiv.
(3) Ibid., art. 53.
(4) Ordre du jour, du 24 janvier 1812, concerant les militaires qui vendent leur
fourniment.
- Code penal militaire, du 12 juillet 1834, art. 100.


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Art. 23. Lorsque par une coupable n6ligence, la Ifrce arlm6e
aura laiss6 6vader un pr6venu de delit inilitaire, conli( it sa garden,
les ofliciers, sous-officiers et les quatre soldals plus antcitens faisainl
parties de la force armee, seront poursuivis el punis do la neI-ieo
peine que le pr6venu aurait dli subir, sans Ili'n iil inls qiel ' c('r'
peine puisse excder deux ans de fers. Si, dans l d'lial. l' v\Iriltlabl
auteur du (ddlit est dcouvert,r il en porlera si l li pineii. qipi
pourra Nlre (tendue it Irois ans dIe fers.
Art. 26. Tout dinoncialeur d'un dllit plrr i alu Iar e cIde' pii';l,
qui sera convaincu d'avoir fail poursuivre, sans proves utiflisanltes,
un prevenu, sera lui-mznci, pour c I'ail, poursuivi par I'accusaltcur
militaire, et puni de la nimiue pine qu'aurail si pportle le dG'1lonc,
s'il avait dtc convaincu du dlil porlt dants la d(liionciation file con-
tre lui.
Art. 27. Tout gSndral d'arnice, lout commandant en clief des
troupes, reste autoris it faire tons les r6gleinenls de simple disci-
pline correctionnelle qu'il jugera necessaires au mainitin de l'ordre
et A la subordination des militaires et autres individus au service
des troupes soumises A soil conimandement. - Art. 28.
Art. 28. Quant aux delils non prevus dans le present code p6-
nal, il sera suppl66 par le general d'arine, par des r6glements par-
ticuliers qui seront adresses sans dMlai au ministry de la guerre,
sans qu'il puisse y Wtre port peine de mort.
Le ministry de la guerre adressera a I'Empercur lesdils r6gle-
ments provisoires pour y etre d6finitivement statue (1).

SECTION 8.
Article unique. Toute conspiration ou complot, tout propose ten-
dant A trouble 1'Empire par une guerre civil, en propageant la dt-
sunion, en animant les citoyens les uns centre les autres ou contre
I'exercice de 1'autorit6 16gitime, seront punis de mort (2).

TITRE II. - DE LA PUBLICATION DU PRESENT CODE.
Art. 1. Tout commandant de corps, aussitbt la reception du pr6-
sent code, sera tenu, sur sa responsabilit6, de faire assembler sa
troupe et de le faire lire A la tete de chaque compagnie.

(1) Code p6nal militaire, du 14 juillet 1834, art. 26 et suiv.
(2) Ibid., art. 31.


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Art. 2. Cette lecture sera renouvelee dans les memes formes une
fois tous les huit jours.
Art. 3. Tout commandant de corps qui sera convaincu de ne
s'etre pas conform aux articles precedents; sera, pour la premiere
fois, puni d'un mois de prison ; pour la second, de trois miois ; et
pour la troisieme fois, destitu6 de son emploi.
Art. 4. L'accusateur militaire et les commissaires des guerres
veilleront A 1'execution des articles pr6ecdents, et prendront A parties
ceux qui y contreviendront.
Art. 5. Les commissaires des guerres sont charges de faire con-
naitre le present code Penal A tous les individus employes A la suite
des armies (I).
Art. 6. Chaque general de division se fera rendre compete par
proc6s-verbal, sign de l'etat-major de chaque corps, de la pr6-
sente publication, et en rendra compete A l'Empereur et au ministry
de la guerre.
Art. 7. Le ministry de la guerre esl charge de faire tenir sans
d6lai le nombre d'exemplaires suffisants de la present loi, et du
present code p6nal militaire, A tous les commandants des corps, a
tons les commissaires des guerres, a tous les accusateurs militaires
et commandants d'arrondissements, et de veiller sur sa responsa-
bilitt, a son execution la plus exact.

TWTRE [II. - Di L'EXICaUTION DES JUGEMENTS A MORT (2).

Art. i. La condemnation A mort s'executera militairement comme
il suit :
Art. 2.11 sera command quatre sergeants, quatre caporaux et
quatre fusiliers, les plus anciens de service, pris A tour de role dans
la troupe du pr6venu, autant que faire se pourra, sinon tou-
jours dans la troupe present sur les lieux oi l1'ex6cution devra se
faire.
Art. 3. On placera ces douze militaires sur deux rangs : ce sont
eux qui sont charges de faire feu sur le coupable, quand le signal
leur en sera donn6 par l'adjudant.
Art. 4. L'ex6cution se fera sur une place indiquCe A cet effet, en
presence de la troupe du prCvenu, lorsqu'elle sera sur le lieu, qui

(1) Loi, du 30 mai 1805, sur l'organisation des conseils spaciaux militaires, tit.
IV. Art. 4.
(2) Ibid. tit. VI.


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t[80O]
sera rangee en bataille 'et sans armes ; sinon, en presence de la
troupe qui aura fourni les tireurs.
Art. 5. 11 y aura toujours un des juges du conseil special qui
aura applique la loi, present A l'execution.
Art. 6. Il sera command un piquet de vingt-quatre hommes en
armes pour conduire le coupable au lieu de son execution, et veiller
au maintien de l'ordre et de la police qui doivent regner dans ces
sortes d'executions.
Fait et donn6 en notre palais imperial de Dessalines, le 26 mai 1805, an lie
de l'ind6pendance d'II'iti, ct de notre r6gne le I".
Sign : DESSALINES.
Par 1'Empereur,
Le Secrdtaire gdniral, sign : JUSTE CHANLATTE.




No0. - Loi sur les enfants n6s hors'mariage (1).

A Dessalines, le 28 mai 1805.

JACQUES, Empereur Ier d'Ilaiti, etc. ;
Consid6rant qu'il convient de fixer, d'une manibre invariable, l'ttat et
les droits des enfants n6s hors marriage, et qu'il imported de concilier ce que
la nature et la sociut6 leur doivent avec l'intBret politique de 1'Etat;
Proclame la Loi suivante, pour ctre ex6cutec suivant sa forme et
teneur, dans toute l'6tendue de son Empire.


TITRE PREMIER. - DE L'ITAT DES ENFANTS NI3 IIORS 1I ARIAGE,
DONrI LES PERES SONT VIVANTS.

Art. 4. La recherche de la paternity non avoude n'a pas lieu (2).
L'enfant meconnu par sa mbre a la faculty de prouver centre elle sa


(1) Constitution imperiale d'Haiti, du 30 mai 1805, Disp. Genfr., art 16.
(2) Loi, du 10 octobre 1813, sur les enfants naturels, art. 1.


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[1805]

filialion. - Art. 13, 14, 15 el suiv. - Tit. III, art. I et suiv.-
C.c., 311, 312.
Art. 2. L'en'ant d'une femme non marine a pour pere celui qui
le reconnait dans les forms prescribes ci-apris. - Art. 3 (1).
Art. 3. La reconnaissance doit itre fate par cl phre devant l'offi-
cier public, charge de constatcr l'etat civil des citoyens dans la pa-
roisse oi l'enfant est n6. - Art. 12 (2).
Arl. 4. Toule reconnaissance est sans effect, si elle n'est confirmed
par l'aveu de Ia mnre (3). - C. c., 307.
Art. 5. Si toutefois la mrre vient a decder des suites de 1'accou-
chement, sans avoir pu confirmed la reconnaissance du pere, dans
cc cas, la reconnaissance du pere suffira (4).
Il en sera de mime dans lc cas oi la mbre serait absente on dans
l'impossibit6 absolue de confirmer, par son aveu, la reconnaissance
du prce.
Art. 6. La reconnaissance du pere ct l'avcu de la mbre sont vala-
bles, A quelque 6poque qu'ils aient t16 faits, soit qu'ils l'aient W6t
pendant la grossesse, au moment de la naissance de 1'enfant, ou a
toute autre 6poque de la vie des pere et mire, pourvu qu'ils r6unis-
sent les conditions ci-dessus exigEes, sauf n6anmoins le cas prevu
par 1'article 10 ci-apres (5).
Art. 7. Le pre qui a reconnu un enfant lui donne son nom, ct
contribute, conjointcment avec la mere, A la nourriture, a 1'entretien
et i l'educalion (de cet enfant. - Art. 13.
Chacun d'eux y suhvient en proportion de ses facultls (6).
Art. 8. Les cnfhans n6s hors marriage sont klgitim6s par le ma-
riage snbstquent de leurs pere ct imre; n6anmoins ceux n6s et non
reconnus avant !e marriage, no sont 16gitim6s qu'aulant qn'ils sont
reconnus dans 1'acte mime do celebration (7). - C. c., 301.
Art. . En cas de marriage, cclui des 6poux qui aurait des enfants
naturels d'un autre que de son 6poux, ct qui ne les aurait pas en-
core reconnus, doit en fire la reconnaissance avant la c6l6bration.
- Art I1.
Art. 10. La reconnaissance faite, posltriourement au marriage,


(1) Loi, du 10 octobre 1813, sur les enfants naturels, art. 2.
(2) (2) Ibid., art 3
(3) Ibid., art. 4
- Loi, du l"juin 1805, sur le divorce, tit. II, art 5.
(4) Loi du 10 novembre 1813, sur les enfants naturels, art. 5
(5) Ibid., art. 7.
(6) Ibid., art. 8.
(7) Ibid
- 78 -




[1805]
par l'un des ipoux, ne:peut produire aucun effet i 1'gard de l'au-
tre 6poux, et des enfafits n6s ou a naitre de ce marriage. - Art. 6.
Art. 11. Neanmoins, aprs la dissolution du marriage, et s'il n'en
reste pas d'enfants, 1'Npoux qui aurait omis de reconnaitre son en-
fant avant le marriage, peut en faire la reconnaissance, qui alors va-
lidera. - Art. 9.
Art. 12. Un pare, meme engage dans les liens du inariage, pent
reconnaitre un enfant natural n0 pendant le course dudit marriage.
- Art. 3, 10.
Art. 13. Lorsque l'enfant n'est pas reconnu par son pbre, la m~re
seule est charge de remplir les devoirs de la nature envers lui;
dans cc cas, l'enfant porte le nom de sa mire (1).
Art. 14. S'il arrivait qu'une mere voulit se souslraire i l'accom-
plissement de ses devoirs envers l'enfant qu'elle a mis au monde,
elle y serait contrainte ; la loi appelle sur elle la vigilance ties mna-
gistrats. - Tit. V, art. 3 (2).
Art. 15. L'enfant m6connu par sa mire a, coniformimeint h I'art.
1'r de la presente loi, la facultC de prouver contre elle sa filiation.
Art. 16. Cette filiation doit r6sulter de I'accouchement de la incre,
du rapprochement et de I'analogie des diflerentes 6poques et cir-
constances qui militent on faveur du r6clamant; culin des rapports
et de l'identit6 dudit r6clamant avec I'enfant don't la mbre est ac-
couchee.
Art. 17. Neanmoins le reclamant ne peut 6dre admis i la preuve
testimoniale de ces fails, s'il n'a un commencement de preuve par
6crit, ou une possession constant de la quality de fils natural de la
mire qu'il reclame.
Art. 18. L'enfant mort dans le sein de la mere ne recueille ni ne
transmet aucun droit (3). - Art. 19. - C. c., 586, � 2.
II en est de m6me de celui qui n'a pas re.u la forme hlumaine.
Art. 19. L'exislence de I'enfant n'est reconnue que du moment
de sa naissance (4). - Art. IS.



(1) Loi, du 3 juin 1805, sur le mode de constater l'4tat-civil des citoyens, tit 3, art. 8
- Loi, du 10 novembre 1813, sur les enfants naturels, art. 9
(2) Ibid., art. 10.
(3) Loi, du 10 novembre 1813, sur les enfants naturels, art. 11.
(4) Ibid., art. 12.


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[1805]


TITRE II. - DES ENFANTS Nt1 HORS MARRIAGE, RECONNUS PAR LEURS
PARE ET MERE ANTERIEUREMEN1 A LA PROMULGATION DE LA PRE-
SENTE LO1.

Art. 1. Les enfants n4s hors marriage, reconnus anterieurement i
la promulgation de la prBsente loi, qui auront tW mis en possession
des biens de leurs pere et mere, en tout ou en parties, par n'importe
quelle autorit6 16galement constitute, sont ienus dejustifier de nou-
veau, et ce devant le ministry des finances, des titres en vertu des-
quels il ont Wte envoys en possession.
Art. 2. Les enfants don't s'agitne pourront 6tre confirms et main-
tenus dans la possession desdits biens, que tout autant que leurs
droits seront appuy6s de pieces valables et authentiques. - Art. 4.
Art. 3. La validity de leurs droits ne pourra 6tre .constatee que
par l'existence des dispositions testamentaires, notariees ou ologra-
phes de leurs pere et mere (i). - Tit. IV, art. 4.
Art. 4. Sont compris dans les pr6sentes dispositions, les enfants
n6s hors marriage, reconnus, qui, par cause d'absence ou d'6v6ne-
ments majeurs et impr6vus, resultant des orages politiques, ont Wte
dans l'impossibilit6 absolue de faire valoir leurs droits aux succes-
sions de leurs pere et mere (2).
Art. 5. L'Empereur n'entend point deroger ni prejudicier aux
dispositions consign6es dans l'article 19 de sa proclamation, en
date du 7 f6vrier 1804, an 1" de l'ind6pendance (3).

TITRE III. - DES ENFANTS NES HOnS MARRIAGE, NON RECONNUS
AVANT LA PROMULGATION DE LA PRESENT LOI.

Art. 1. Les enfants n6s hors marriage, non encore reconnus, se-
ront admis a prouver leur filiation. - Tit. I, art. ler.
Art. 2. La filiation sera prouv6e par la possession d'6tat resul-
tant, savoir, on de l'existence d'un acte public, dans lequel le pere
aura parlM, on de I'exhibition d'un 6crit signE du pere et lgalis6.
Art. 3. Les enfants don't la filiation sera prouvee par 'un des deux


(1) DBcret, du 1' septembre 1806, relatif aux testaments et autres actes, etc.
- Loi, du 22 f6vrier 1825, relatif aux formalitsa A remplir, etc., art. 15.
(2) Ibid, art. 13.
(3) Arret6, du 7 f6vrier 1804, qui rggle quelques points important du service,
etc., art. 19.


-80-







moyens ci-dessus knoncks, auront et exerceront les memes droits
que les enfants reconnus par leurs pere et mere.
Art. 4. Dans aucun cas, le minisire des finances n'admettra la
preuve testimoniale ni aucune autre voie, tant h l'rgard des enfants
don't est question dans le present titre, que pour ceux mentionnes
dans le titre precedent.

TITRE IV. - DES DROITS DE SUCCESSIBILITE DES ENFANTS NATURELS
QUI SERONT RECONNUS, A PARTIR DE LA PROMULGATION DE LA PRE-
SENTE LOI.

Art. 1. A partir dujour de la promulgation de la present loi, les
droits de successibilit6 des enfants naturels qui seront, a l'avenir,
reconnus de leurs pere et mere, seront les mumes que ceux des
enfants l6gitimes.

TITRE V. - DE L'ENFANT ADULTERIN.

Art. 1. L'Upoux a le droit de desavouer l'enfant adulterin, qui,
dans ce cas, n'herite que de sa mere.
Art. 2. La mere seule subvient A la nourriture, a l'entretien et A
l'6ducation de cet enfant.
Art. 3. Dans le cas prevu par I'article 14 du titre premier de la
presente loi, la mere est contrainte de remplir le vcu de la nature
et de la soci6t6 envers l'enfant, et se trouve sous la vigilance des
magistrates.
Fait et donn6 en notre palais imperial de Dessalines, le 28 mai 1805,
an II de l'ind6pendance d'Haiti, et de notre regne le ir.
Sign6 : DESSALINES.

Par 1'Empereur,

Le secrdtaire gincral, sign : JUSTE CHANLATTE.


-81 -





[1805]


No5. - LoI sur l'organisation des conseils speciaux militaires (4).

A Dessalines, le 30 mai 1805.

S JACQUES, Empereur Ior d'Iaiti, etc.
Considbrant que la sfiret6, la liberty et l'ind6pendance de 1'Empire re-
posent sur les bases du bon ordre, de la discipline et de la subordination;
Considerant que la licence et 1'infraction aux lois ambnent ndcessaire-
ment la subversion de tout Etat;
Voulant rappeler aux militaires de ses armies que l'honneur leur impose
la loi de chasser de leurs rangs les traitres et les lIches qui dishonorent
la cause sacrde de la liberty;
Voulant enfin donner aux armies les moyens prompts, justes et s6vEres
de livrer les cdupables au glaive de la loi,

Ordonne ce qui suit :

TITRE PREMIER.

Art. 1. II sera 6tabli sans ddlai des conseils spdciaux militaires
pour toutes les troupes de 1'Empire.
Art. 2. II y aura un conseil special militaire dans chaque division
militaire de l'Empire.
Art. 3. Chaque conseil special sera compose d'un accusateur mi-
litaire, de sept juges qui appliqueront la loi, et d'un greffier qui sera
au choix du premier juge.
Art. 4. L'accusateur militaire ne pourra 6tre pris parmi les mili-
taires, ni parmi les individus employs dans les armies.
Art. 5. II sera nomm6 par l'Empereur.
Art. 6. Les juges seront pris parmi les militaires qui composcront
les garnisons de la division, et seront renouvelds, autant que fair
se pourra, A chaque vacation; c'est-A-dire, apres que les pr6venus
pour lesquels ils auront Wtd convoques, seront definitivement jug6s.
- Tit. V, art. 15.



(1) Code penal militaire, du 26 mai 1805
- Constitution imperiale d'Haiti, du 20 mai 1805, Dccl. Prdl., art 34 et 48.
- ArrWtd, du sdnat, du 27 fevrier 1807, qui modified le Code penal militaire
de 1805, art. 5 et suiv.
- Loi, du 14 juillet 1834, sur l'organisation des conseils speciaux militaires, etc.





[1805]
Art. 7. Dans le cas o" plusieurs divisions seraient rdunies sous
un m6me commandement, chacune de ces divisions conservera le
conseil special qui lui est attribu6.

TITRE II. - FUNCTIONS DES COMMANDANTS D'ARRONDISSEMENT, DE
PLACE, ET AUTRES POSTES POUR CONSTATER LES DELITS MILITAIRES.
- Tit. IV, art. I et suiv.
Art. 1. Les commandants d'arrondissement recevront les d6non-
ciations qui leur seront faites; ils auront soin d'egiger du d6noncia-
teur la declaration circonstanci6e des faits; la remise des pieces ser-
vant a conviction et I'indication des t6moins qui peuvent servir a la
preuve; le d6nonciateur signera la d6nonciation, et s'il ne sait pas
signer, elle devra I'6tre par deux t6moins qui seront appel6s en pa-
reil cas.
Art. 2. Le commandant d'arrondissement, apr~s avoir entendu le
prevenu, rendra plainte, s'il y a lieu, a l'accusateur militaire, dans
les vingt-quatre heures, des dWlits pr6tendus commis dans l'6tendue
de son arrondissement, et qui seront parvenus A sa connaissance par
voice de d6nonciation, par la clameur publique on par toute autre
voie 16gale; il constalera sans delai, par proces-verbal, le corps et
les circonstances du dlit, s'il a laiss6 des traces permanentes.
Art. 3. Le commandant d'arrondissement qui aura connaissance
d'un delit commis hors de son arrondissement, sera tenu d'avertir,
sans aucun d6lai, celui de ses collbgues dans l'arrondissement du-
quel cc dlit passera pour avoir W66 commis, et de lui envoyer tons
les renseignements qu'il aura pu so procurer, notaminment la d6non-
ciation, s'il en a recu une.
Art. 4. Dans Ie cas oiX les g6ndraux, officers, sous-officiers, on
toute autre personnel attache a l'armie ou h sa suite, n6gligerait de
maintenir la discipline dans leurs subordonnes, ou de d6noncer un
delit commis par cux, don't ils auraient connaissance, le comman-
dant d'arrondissement sera tenu de les poursuivre comme complices
dudit d6lit.
Art. 5. Le commandant d'arrondissneent meltra provisoirement
en arrestation lout militaire quelconque, ou toute autre personnel
attachee a l'armne ou a sa suite, prevenu d'un dlit.
Art. 6. Dans le cas ou l'arrestation n'aurait pas cu lieu au mo-
ment de la plainte, le commandant d'arrondissement requerra qui
de droit, en sa quality d'officier de police de siuret6, pour qu'elle
soit faite A l'instanl.


-83-





[1805]

Art. 7. Quand le commandant d'arrondissement jugera qu'il y a
lieu a accusation contre un prevenu, il appellera aupres de lui l'of-
ficier qui se trouvera commander en second le corps d'oi sera le
pr6venu, ainsi que le plus ancien d'Age de son grade; et s'il arrive
que le prevenu soit s6par6 de son corps, le commandant d'arron-
dissement prendra toujours dans la troupe pr6sente sur les lieux
ofi se front les poursuites, l'officier commandant, et un du grade
du pr6venu.
Art. 8. Dans ce cas, le commandant d'arrondissement leur com-
muniquera les pieces, s'il y en a, ainsi que son proces-verbal, dans
lequel sont les declarations des t6moins, et il sera mis a la majority,
au has du proces-verbal de l'acte d'accusation, s'il y a lieu, et toute
la procedure consistera dans le proc6s-verbal.
Art. 9. S'il y a lieu h accusation, le commandant d'arrondisse-
ment dccernera un mandate d'arret.
Art. 10. L'acte d'accusation dress au pied du proces-verbal sera -
de suite envoy A l'accusateur militaire.
Art. 11. Toute poursuite don't l'attribution est donn6e au com-
mandant d'arrondissement contre un pr6venu, sera faite de suite,
et terminDe au plus tard dans les vingt-quatre heures.
Art. 12. Lorsqu'un delit aura Wte commis dans l'Ntendue d'une
commune ou ville of ne r6sidera pas un commandant d'arrondisse-
ment, le commandant de la place ou du post le plus pres du lieu
ou aura Wte commis le dlit, suppl6eront le commandant d'arron-
dissement; dans ce cas, ils constateront par procks-verbal la deposi-
tion du denonciateur, qu'ils front parvenir au commandant de leur
arrondissement, lequel se conformera aux dispositions des articles
1, 2, 3 et 5 du present titre.
NManmoins, le commandant de la place ou cclui du post le plus
pros du lieu oi aura Wt6 commis le delit, s'assureront toujours du
prevenu.


TITRE III. - FUNCTIONS DE L'ACCUSATEUR MILITAIRE.

Art. 1. L'accusateur militaire est charge de poursuivre les ddlits,
sur les actes d'accusation dresses comme il est dit articles 1, 2, 3,
4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 et 12 du titre II des functions des com-
mandants d'arrondissement, de place et autres poses, et s'il trouve
lesdits actes dffectueux, il pourra les refaire en son nom.


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Art. 2. L'accusateur n1ili[aire surveillcra et mnminc poursui\ra ex-
Iraordinairement, s'il y a lieu, par-devant le conseil special, tout
commandant d'arrondissement, de place ou autre post, qui negli-
gerait ou retarderait la poursuile d'un delit, on qui pr6variquerait
dans ses functions.
Art. 3. L'accusateur militaire d6noncera et poursuivra levant Ic
ronseil special, tous les generaux qui se trouveront dans les cas
pr'vus par le code penal.
Art. 4. La voice de dnonciatioii contre les g6neraux est ('gale-
ment ouverte h tous officers et soldats, et autres citoyens attaches
aux armies.
Art. 5. Toute d6nonciation quelconque pourra se fair, soit par-
devant le commandant d'arrondissement, soit par-devant le com-
mandant de place, dans Ic cas ofl il n'y aurait pas un commandant
d'arrondissement sur les lieux, soil enfin par-devant l'accusalcur
militaire.
Art. (. Si la denonciation est dirigee contre des gendraux, com-
mandants de division ou d'arrondissemellt, ille sera port6e par
I'accusateur militaire, par-devant le miniistr e la guerre, ou en-
lin, par-devant l'Empereur.
Art. 7. Le denonciateur signora sa dmnonciation ; s'il ne sail ou
ne peut signer, il en fera mention ; ii pourra, s'il le veut, sc fire
accompagner de deux t6moins pour constater, s'il en 6tait hesoin,
le refuse qu'on ferait de recevoir sa d6nonciatioi, de laquelle iI
pourra se fire donner nn extrait.
Art. 8. Tonul dinonciation faite, et do:it les cas auront i l pr\vus
par le code penal, sera det suite envoyde a I'accusaltur militaire lui
d6cernera un mandate d'arret contre le prevenu.
Art. 9. Dans le cas pr6vu par l'arlicle p,rec6dent, 'accusalteur
militaire convoquera les sept juges qui dec'ront composer le conscil
special. - Tit. I, art. 3.
Art. 10. La ddnonciation sera prdsentde an conseil special, l'ac-
cusateur militaire et les timoins y seront entenidus, et si le tribunal
juge a la nmajorit6, qu'il y a lieu de poursuivre le pr6venu, eI presi-
dent en dresser l'acte qu'il fera porter it 1'Empereur, i la diligence
de I'accusateur militaire.
Art. 11. L'Empereur dtcidera s'il y a lieu a poursuivre la proce-
dure, ct renverra l'aflaire par-devant le conseil special qu'il jugera
devoir en connaitre.
Art. 12. Si I'accusalcur mililaire pr6variquait dans ses functions,


- 85-






ou s'il so rendait coupable par d6faut de surveillance, tout officer,
soldat ou autres citoyens attaches aux armies, pourront le denoncer
dans les formes preqcrites au titre II.
Art. 13. La d&nonciation faite centre 1'accusateur militaire sera
port'e au commandant de l'arrondissement; il informera dans les
former indiqudes.
Art. 14, Les informations faites, le commandant d'arrondisse-
ment portera la d6nonciation au ministry de la guerre qui remplira,
pour ce fait, les functions d'accusateur militaire pres le tribunal su-
preme de l'Empereur, qui jugera l'accusateur militaire prdvenu
d'un ddlit.

TITRE IV. - PROCEDURE DEVANT LES CONSEILS SPiCIAUX.

Art. 1. Nul ne peut etre poursuivi devant le conseil special mili-
laire et jug6, que sur une accusation faite dans les forms pres-
crites au titre II.
Art. 2. Aucun militaire ne sera membre d'un conseil special mi-
litaire, s'il n'est Ag6 de vingt-cinq ans.
Art. 3. Nul ne sera traduit au conseil special militaire, que les
militaires, les individus attaches A l'arm6e et A sa suite, les embau-
cheurs, les espions, et ceux que le code penal d6signe pour les d6-
lifs don't la connaissance est attribute aux conseils sp6ciaux.
Art. 4. Sont seuls reput6s attaches A l'armee et A sa suite, et
comme tels justiciables des conseils sp6ciaux militaires (1) :
10 Les voituriers, muletiers, conducteurs de charrois, caboteurs
employs au transport de l'artillerie, bagages, vivres et fournilures
des armnes et des approvisionnements des places;
2- Les ouvriers suivant les armies;
3� Les garde-magasins d'artillerie, ceux des vivres pour les dis-
tributions, soit au camp, soit dans les cantonnements, soit dans les
places;
4� Tons les proposes aux administrations pour le service des
troupes;
5o Les secr6taires, commis et dcrivains des administrateurs, et
ceux des 6tats-majors;
6o Les tresoriers et leurs agents;
70 Les commissaires des guerres;


(1) Code p6nal militaire, du 26 mai 1805, tit. II, art. 5.


- 86-






8" Les inspecteurs de culture et garde-champ6tres ;
g9 Les medecins, chirtrgiens et infirmiers des hbpitaux militaires
on ambulances, les aides ou 6l6ves des chirurgiens desdits h6pitaux
ou ambulances;
100 Les munitionnaires et boulangers des armies;
110 Les domestiques au service des officers et dles employes a
la suite des armies;
Art. 5. Lorsque l'accusateur militaire aura recu les 6claircisse-
ments qui auront Wte pris par le commandant d'arrondissement, en
forme de proces-verbal, il sera tenu do les remettre au president du
conseil special.
Art. 6. Tout accuse pourra faire choix d'un ami pour lui servir
de conseil dans ses defenses, sinon le president lui en d6signera
un; mais la personnel prise on donnhe pour conseil, ne pourra ja-
mais communiquer avec l'accus6, que lorsqu'il aura Wte entendu.
Art 7. Les t6moins seront tens de comparaitre sur l'assignation
qui leur sera donnee, sous peine d'amende et de contrainte par
corps; lesquelles pines seront proonnces par le tribunal, a la re-
quisition de 1'accusateur militaire.
Art. 8. Dans le cas of les t6moins seraient obliges de se deplacer,
et demanderaient indemnity, its seront taxis suivant un tarif qui
sera dress, A cet effet, par les juges du conseil special, et ex6cut6
provisoirement jusqu'a ce que 1'Empereur l'ait approuv6.
Art. 9. L'accusateur militaire sera tenu, aussilOt aprBs l'interro-
gatoire, de faire ses diligences de maniere que l'accus6 soit jug6
sans que l'instruction ne puisse Wtre differ'e ni interrompue.

TITRE V. - DE L'EXAMEN DE LA CONVICTION.

Art. 1. En presence des juges, de l'accusateur mililaire et des
ciloyens qui ne pourront entrer que sans armes, ni cannes, ni ba-
tons, l'accus6 comparaitra libre et sans fers ; le president lui dira
qu'il peut s'asseoir; lui demandera ses nom, age et profession, et sa
demeure don't il sera-tenu note par le greffier.
Art. 2. L'accusateur militaire avertira l'accuse d'etre attentif i
tout ce qu'il va entendre; ii ordonnera an greffier de lire l'acte d'ac-
cusation, apres quoi ii dira i l'accus6 : c Voild de quoi on vous
accuse; vous allez entendre les charges qui seront produites centre
VOt' . )
Art. 3. L'accusateur militaire exposera le sujet de l'accusation; il


-87-




[18051
fera entendre les tLmoins, ainsi que la parties plaignante, s'il y en a.
Art. 4. Chaque t(moin sera entendu segregativement, et tenu de
declarer s'il est parent, alliN, serviteur ou domestique du privenu;
s'il connaissait l'accus6 avant le fait qui a donn6 lieu a I'accusa-
lion, et s'il entend parler de l'accus6 present.
Art. 5. A chaque deposition du t6moin, le president demandera
A l'accuse s'il vent repondre A ce qui vient (d'tre dit contre lui.
L'accus6 pourra, ainsi que ses conseils, dire, plant contre les t6-
moins que contre leur temoignage, ce qu'il jugera utile A sa de-
fense.
Art. 0. Le conscil sera tenu de s'exprimer avec d6cence et mod6-
ration.
Art. 7. Tous les effects trouves lors du dilit ou depuis, pouvant
servir A conviction, seront represents A l'accus6, et il lui sera de-
mand6 de r6pondre personnellement s'il les reconnait.
Art. 8. A la suite des depositions, I'accusateur militaire sera en-
tendu; la parties plaignante pourra demander A faire des observa-
tions a I'accus6, et ses conseils pourront leur repondre.
Art. 9. L'accusateur militaire r6sumera I'affaire, fera remarquer
aux juges les principles preuves pour et contre 1'accus6 ; il termi-
nera en leur rappelant avec simplicity les functions qu'ils ont A rem-
plir, il posera distinctement les questions sur lesquelles ils ont a
decider.
Art. 10. Le president ordonnera au greffier de meltre par 6crit
les questions suivant leur ordre.
Art. 11. Les juges donneront leur avis A haute voix, en presence
des citoyens, en commencant par le plus jeune et en finissant par
Ic president.
Art. 12. L'avis de chaque juge sera recu par le greffier.
Art. 13. Les juges ne pourront donner leur avis sur un delit qui
ne serait pas porld dans l'acte d'accusation, quelle que soit la depo-
sition des t6moins. - Art. f4.
Art. 14. Mais si 1'accus6 est declare non coupable du fait port
dans l'acte d'accusation, et qu'il a Wte inculp6 pour un autre crime
par les depositions des temoins, le president, sur la demand de
1'accusateur militaire, ordonnera qu'il soit arrWt6 de nouveau, il re-
cevra les 6claircissements que le prevenu lui donnera sur ce nouveau
fait, et s'il y a lieu, il delivrera un mandate d'arrdt, et renverra le
pr6venu par-devant le commandant d'arrondissement, qui procedera
de suite A une nouvelle instruction. - Tit. I1, art. I et suiv.


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Art. 15. Le conseil speial, une fois assemble, ne pourra, dans
aucun cas, se s6parer, qoe les prevenus pour lesquels il aura &t6
convoqu6 ne soient definitivement jug6s. - Tit. I, art. O.
Art. 16. II faudra les deux tiers des voix pour fixer la declaration
des juges.
Art. 17. Si les juges 6taient partages pour I'application de la loi,
1'tvis le plus favorable a l'acsus6 sera suivi.
Art. 18. Le president, apr6s avoir recueilli les voix, et avant de
prononcer le jugement, lira le texte de la loi sur laquelle il est fond6.
Art. 19. Le greffier 6crira le jugement dans lequel sera inser6 le
texte de la loi lu par le president.

TITRE VI. - DU JUGEMENT ET DE L'EXECUTION (1).

Art. 1. Le president prononcera A l'accus6 son jugemeut de
condamnation.
Art. 2. Le silence le plus absolu sera observe dans i'auditoire,
et si quelque particulier s'ecartait du respect dii i la justice, le pre-
sident pourra le reprendre, le condamner a une amende et meme i
garder la prison jusqu'au terme de huit jours, suivant la gravity des
fails.
Art. 3. L'accusateur militaire est tenu d'envoyer, dans les vingt-
quatre heures, expedition du jugement de condemnation et les pi&-
ces de la procedure i 1'Empercur, qui seul a le pouvoir de pronon-
ccr sur la validity du jugement et le droit de fire grAce au coupa-
ble ou de commuer sa peine, aux terms de la constitution, art. 9,
des dispositions g6nerales. - Art. 13 (2).
Art. 4. Si l'Empercur annulle le jugement pour cause d'invali-
dite, ou juge a propos de fair grace ou de commuer la peine du
coupable, il renverra sans d6lai i I'accusateur militaire l'expedition
du jugement de condemnation ct les pieces de la procedure, avec
sa decision (3).
La transmission des pieces et de la decision de l'Empereur se
faith par 1'accusateur mililaire auquel il doit etre donni acle pour sa
dchiarge.

(1) Code p6nal militaire, du 26 mai 1805, tit. III, art. 1 et suiv.
(2) Constitution imp6riale d'Haiti, du 20 mai 1805, Decl. Prdl., art 35
Dispositions g6n6rales, art. 9
- ArrWtd, du s6nat, du 27 f6vrier 1807, qui modifie le Code p6nal militaire
de 1805, art. 9.
(3) Ibid.


- 89 -






Art. 5. Dans le cas o 1l'Empereur confirmerait le jugement, il
renverra les pieces avec sa decision A l'accusateur militaire, lequel
est tenu de poursuivre l'execution. - Art. 7, 9.
Art. 6. L'accus6 pourra comparaitre par 1'assistance de son con-
seil par-devant l'Empereur lors de la revision du jugement (i).
Art. 7. L'accusateur militaire fera executer le jugement dans les
vingt-quatre heures qui suivront la reception de la decision de 1'Em-
pereur, et aura, a cet effet, le droit de requerir l'assistance de la force
publique. - Art. 9.
Art. 8. A l'6gard des contumaces, ils seront jug6s dans la mgme
forme et de la meme maniere, sauf a recommencer la procedure,
dans le cas oiI le pr6venu serait arrWte et traduit devant le conseil
special.
Art. 9. Le president veillera A ce que le jugement soit lu dans les
vingt-quatre heures A la tAte du corps don't sera le coupable. -.
Art. 7.
Art. 10. A cet effet, I'accusateur militaire aura le droit de reque-
rir le commandant du corps de rassembler sa troupe, qui, dans ce
cas, se rassemblera sans armes.
Art. 11. Lorsque l'accus6 aura Wte declare non coupable, le pre-
sident prononcera qu'il est acquitted de l'accusation, et ordonnera
qu'il sera mis sur-le-champ en liberty. - Art. 12.
Art. 12. Tout particulier ainsi acquitIt ne pourra plus Wtre repris
ni accuse pour raison du meme fait. - Tit. V, art. 14.
Art. 13. Le conseil special fera passer a la diligence de l'accusa-
teur militaire le jugement de chaque condamnn au ministry de la
guerre. - Art. 3.
Art. 14. La presente loi sera imprimbe et envoyee en nombre
d'exemplaires suffisants A tous les generaux, A tous les chefs d'6tats-
majors de division, aux ordonnateurs, commissaires des guerres,
chefs d'administration, A la diligence du general, chef de I'Mtat-ma-
jor general de l'armie, vu I'absence du ministry de la guerre.
Mandons et ordonnons aux autorites ci-dessus mentionnses d'a-
voir a s'y conformer strictement.
Donn6 en notre palais imperial de Dessalines, le 30 mai 1805, an II* de
l'ind6pendance d'Haiti, et de notre rbgne le ier.
Sign6 : DESSALINES.
Par l'Empereur, Le secrdtaire gindral, sign : JUSTE CHANLATTE.

(1) Arrwtd, du s6nat, du 27 f6vrier 1807, qui modifie le Code p6nal militaire de
1805, art. 11 et suiv.


-90-







N6.- - Loi sur le divorce (4).


A Dessalines, le "er juin 1805.

JACQUES, Empereur IPr d'Haiti, etc.

ORDONNE ce qui suit:

TITRE PREMIER. - CAUSES D DIVORCE:

Art. 1. Le marriage se dissout par le divorce. - Art. 6 (2).
Art. 2. Le divorce a lieu par le consentement mutuel des 6poux.
- Tit. 11, art. I et suiv.
Art. 3. L'un des 6poux peut faire prononcer le divorce, sur la
simple allegation d'incompatibilit6 d'humeur ou de caractere. -
Tit. II, art. 6 et suiv.
Art. 4. Chacun des 6poux pourra 6galement faire prononcer le
divorce sur des motifs d6termines; savoir : Io sur la d6mence, la
folie et la fureur de l'un des 6poux; 2o sur la condemnation de l'un
d'eux, A' des peines afflictives ou infamantes; 3o sur les crimes, sevi-
ces ou injures de l'un envers l'autre; 40 sur le dereglement de mceurs
notoire; 50 sur l'abandon de la femme par le mari ou du mari par
la femme pendant un an au moins; 60 sur l'absence de l'un d'eux
sans nouvelles, au moins pendant un an; 7o sur l'6migration, dans
les cas prevus par les lois. - Tit. II, art. 10, If, 12 et suiv. - Tit.
III, art. 7 (3). - C. c., 215, 216 et suiv.
Art. 5. Les 6poux maintenant s6par6s de corps par jugement, au-
ront mutuellement la faculty de faire prononcer leur divorce. -
Tit. II, art. 9. - Tit. IV, art. 3.
Art. 6. Aucune separation de corps ne pourra i l'avenir 6ire pro-
nonce ; les 6poux ne peuvent 6tre d6sunis que par le divorce. -
Tit. IV. art. 19.




(1) Constitution impiriale d'Haiti, Dispositions gyn6rales, art. 15.
- Loi, du 3 juin 1805, sur le mode de constater 1'dtat-civil des citoyens, tit.
4, section 4.
(2) Constitution imperiale d'Haiti, du 20 mai 1805, Dispositions g6ndrales, art. 14.
(3) Constitution impdriale d'Haiti, du 20 mai 1805, Decl. Prl., art 7.


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TITRE II. - Modes du divorce. - PREMIER MODE DU DIVORCE PAR
CONSENTEMENT MUTUEL. -- Tit. I, art. 2. - Tit. II, art. 1, 2,
3 et suiv. - C. c., 268 et suiv.

Art. Jer. Le mari et la femme qui demanderont conjointement le
divorce, seront tenus de convoquer une assemblee de six, au moins,
des plus proches parents ou d'amis a d6fautde parents; trois des
parents ou amis, au moins, seront choisis par le mari, et trois par
la femme.
Art. 2. L'assembl6e sera convoquee Ajour fixe, et le lieu convenu
avec les parents ou amis, et I'acle de convocation sera signifi .par
un huissier.
Art. 3. Si au jour indiqu6 pour la convocation, un ou plusieurs
des parents ou amis convoqu6s, ne peuvent se trouver a l'assembl6e,
les 6poux les front remplacer par d'autres parents ou amis.
Art. 4. Les deux 6poux devront se presenter en personnel a l'as-
semble ; ils y exposeront qu'ils demandent le divorce. Les parents
et amis leur front les representations et observations qu'ils jugeront
convenables.
Si les deux 6poux persistent dans leur dessein, il sera dress, par
le juge de paix, un acte contenant seulement quo les parents ou
amis ont entendu les 6poux en assemble diment convoquee, et
qu'ils n'ont pu les concilier.
La minute de cet acte sera sign6e des membres de l'assembl6e,
des deux 6poux et du juge de paix, avec mention de ceux qui n'au-
ront pu ou su signer, et sera d6posee au greffe du tribunal de paix;
il en sera d6livr6 expedition aux 6poux.
Art. 5. Les 6poux, munis de l'acte 6nonc6 dans l'article pr6ce-
dent, pourront se presenter devant l'officier charge de recevoir les
actes de marriage dans la commune of le mari a son domicile; et
sur leur demand, cet officer public sera tenu de prononcer-leur
divorce, sans entrer en connaissance de cause.
Les parties et l'officier public se confnrmeront aux formes pres-
crites a ce sujet, dans la loi du 3 juin 1805, sur le mode de consta-
ter 1'6tat civil des citoyens.

DEUXIME MODE DU DIVORCE, SUR LA DEMIANDE D'UN DES CONJOINTS
POUR SIMPLE CAUSE D'INCOMPATIBILITE. - Tit. I, art. 3.

Art. 6. Dans le cas oi le divorce serait demand par l'un des


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6poux centre 'autre, pour cause d'incompatibilit6 d'humeur ou de
caractrre, sans autre indication de motifs, il convoquera une assem-
blWe de parents, ou d'amis A d6faut de parents.
Art. 7. La convocation sera faite par-devant le juge de paix du
domicile du mari, aux jour et heure indiqu6s par cet officer; I'acte
en sera signifi& A 1'6poux d6fendeur, avec declaration' des noms et
demeures des parents on amis, au nombre de trois au moins, que
l'epoux demandeur est tenu de faire trouver A l'assemblee, avec invi-
tation a l'Apoux d6fendeur de comparaitre A l'assembl6e, et d'y
trouver 6galement, de sa part, trois au moins de ses parents ou amis.
Art. 8. L'Upoux demandeur en divorce sera tenu de se presenter
en personnel a l'assembl6e; il entendra, ainsi que 1'epoux d6fendeur,
s'il comparait, les representations des parents ou amis, A l'effet de
les concilier. Le juge de paix sera tenu de se retire pendant ces
explications et les d6bats de famille ; en cas de non-conciliation, il
sera rappel6 dans 1'assemblee pour en dresser acte dans la forme
prescrite par la loi sur les tribunaux de paix; expedition de cet acte
sera d6livr6e a 1'6poux demandeur, qui sera tenu de le faire signifier
A l'6poux d6fendeur, si celui-ci n'a pas compare A l'assemblee.
Art. 9. Huit jours apres la signification faite A 1'poux d6fendeur,
1'epoux provoquant pourra se presenter pour faire prononcer le di-
vorce devant l'officier public charge de recevoir les actes de marriage
dans la commune ofi le mari a son domicile; il observer, ainsi que
l'officier public, les formes prescrites A ce sujet dans la loi du 3 juin
1805, sur le mode de constater l'6tat civil des citoyens. Titre I'
section 4.

TROISItME MODE DU DIVORCE, SUR LA DEMAND D'UN DES EPOUX POUR
CAUSE DETERMINEE. - Tit. 1, art. 4. - C. c., 221 et suiv.

Art. 10. Si l'un des deux epoux a demand le divorce pour I'un
des sept motifs determines indiques dans l'article 4 du titre premier
de la pr6sente loi, si ces motifs determines sont 6tablis par des juge-
ments, comme dans le cas de separation de corps ou de condamna-
tion a des peines afflictives ou infamantes, 1'epoux qui demandera
le divorce, pourra se pourvoir directement, pour le faire prononcer,
devant l'officier public charge de recevoir les actes de marriage dans
la commune of sera le domicile du mari. L'officier public ne pourra
entrer en aucune connaissance de cause; s'il s'6l1ve devant lui des
contestations sur la nature ou la validity des jugements represen-


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tMs, il renverra les parties par-devant le tribunal civil, qui statuera
en dernier resort, et prononcera si ces jugements suffisent pour
autoriser le divorce.
Art. 1I. Dans le cas de divorce pour absence d'un an sans nou-
velles, 1'Npoux qui le demandera pourra egalement se pourvoir di.
rectement devant I'officier public de son domicile, lequel prononcera
le divorce sur la representation qui lui sera faite d'un acte de no-
toriete constatant cette absence.
Art. 12. A l'gard du divorce fond6 sur les motifs determines,
indiques dans l'article 4 du titre premier ci-dessus, le demandeur
sera tenu de se pourvoir devant les arbitres de famille, en la forme
qui sera prescrite dans le Code de l'ordre judiciaire pour les con-
testations entire maria et femme. - Tit. I, art. 4.
Art. 13. Si, d'apris la verification des fails, les arbitres jugent la
demand fondue, ils renverront le demandeur en divorce devant
l'o'ficier public du domicile du mari pour faire prononcer le divorce.
Art. 14. Si une des deux parties rappelait du jugement arbitral,
cet appel, qui devra 6tre instruit sommairement et jugB sans dMlai,
suspendra la question du divorce.

TITRE III. - EFFECTS DU DIVORCE PAR RAPPORT AUX EPOUX.
Art. I. Le but du divorce, par rapport A la personine des 6puux,
ktant de rendre au mari et A la femme leur entire independance,
ils ont la faculty de contractor un nouveau marriage. - Art. 2 et 3.
Art. 2. Les epoux divorces pourront se remarier ensemble.
Art. 3. Quel que soit le motif qui ait donn6 lieu au divorce, les
epoux divorces pourront contractor un nouveau marriage aussitbt
apres le divorce. - Tit. IV, art. 5.
Art. 4. Dans le cas of la femme serait enceinte, elle sera tenue
d'en faire sa declaration.
Art. 5. L'epoux divorce a la faculty de reconnaltre I'enfant pour
sien, aux terms de I'article 4 de la loi du 28 mai, sur les enfants
naturels et adult6rins (I).
Art. 6. De quelque manirre que le divorce ait lieu, les epoux di-
vorces seront r6gl6s, par rapport A la communaut6 de biens ou la
sociWt6 d'acquets qui a exist entire eux, soit par la loi, soit par la
convention, comme si l'un d'eux Mtait decWd6.


(1) Loi, du 28 mai, sur les enfants n6s hors marriage, tit. I, art. 4.


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Art. 7. Si neanmoins le divorce avait Wte obtenu par le mari con-
tre la femme pour cause de demence, de folie ou de fureur, la
femme ne sera pas privee de ses droits et b6n6fices dans la commu-
naut6 des biens ou society d'acquets, mais elle reprendra les biens
qui y sont entries de son:c6t ; mais si le divorce avait lieu par tout
autre motif determine, elle sera priv6e des droits ci-dessus dnonc6s.
- Tit. I, art. 4.
Art. 8. Quant aux droits matrimoniaux, important gain de survive,
tels que douaire, augment de dot, droit de viduit6, droit de part
dans les biens meubles ou immeubles du prB6dcBdd, ils seront,
dans tous les cas de divorce, 6teints et sans effect; il en sera de
mdme des dons ou avantages pour cause de marriage, que les epoux
ont pu se faire reciproquement l'un a I'autre, ou qui ont pu etre
fails A 1'un d'eux par les phre, mere ou autres parents de l'autre.
Les dons mutuels faits depuis le marriage et avant le marriage, res-
teront aussi comme non avenus et sans effet.
Art. 9. En cas de divorce pour cause de separation de corps, les
droits et int6rets des 6poux divorces resteront regles comme ils l'ont
Wet par le jugement de separation et selon les lois existantes lors de
ces jugements, ou par les actes et transactions passees entire les
parties. - Tit. I, art. 5 et 6.
Art. 10. A l'Ngard des creanciers, ils auront leur recours contre
les biens des deux 6poux, quand ils se seront engages conjointe-
ment, sinon contre celui des deux qui sera personnellement oblige,
sauf son recours contre l'autre.

TITRE IV. - EFFECTS DU DIVORCE PAR RAPPORT AUX ENFANTS. -
C. c. 289 et suiv.

Art. I. Dans le cas du divorce par consentement mutuel on sur
la demand de l'un des 6poux, pour simple cause d'incompatibilit6
d'humeur ou de caractere, sans autre indication de motifs, les en-
fants n6s du marriage dissous seront confines, savoir : les filles a la
mIre, les garcons Ag6s de moins de sept ans, egalement A la mere;
au-dessus de cet Age, ils seront remis et confines au pere, et nean-
inoins le pere et la mnre pourront faire, A ce sujet, tel autre arran-
gement que bon leur semblera.
Art. 2. Dans tous les cas de divorce pour cause d6terminee, il
sera reglM en assemble de famille auquel des 6poux les enfants
seront confi6s.


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Art. 3. Si Ic divorce a lieu pour cause de separation de corps, les
enfants resteront A ceux auxquels ils ont etW confines par jugement
ou transaction, et qui les ont a leur garden depuis plus d'un an ; et
s'il n'y a ni jugement ou transaction ni possession annale, il sera
r6gl6 en assemble de famille auquel du pbre ou de la mBre s6par6s
les enfants seront confines. - Tit. 1, art. 5.
Art. 4. NManmoins, dans le cas off depuis la separation de corps,
l'cnfant aurait Wet A la charge d'un seul des deux 6poux, sans que
l'autre edt particip6 aux frais de son entretien et nourriture, I'enfant
serait irr6vocablement confi6, par preference, A celui des 6poux qui
en aurait eu toute la charge.
Art. 5. Si le maria ou la femme divorce contract un nouveau ma-
riage, il sera 6galement r6gl6 en assemble de famille si les enfants
qui leur 6taient confines, leur seront retires et a qui ils seront remis.
- Tit. III, art. 3.
Art. 6. Soit que les enfants, garcons ou filles, soient confi6s au
p6re seul on la m6re seule, soit a 1'un ou l'autre, soit a des tierces
personnel, le p6re et la mere ne seront pas moins obliges de con-
tribuer aux frais de leur education et entretien; ils y contribueront
en proportion des facultls et revenues industries de chacun d'eux.
Art. 7. La dissolution du marriage par le divorce, ne privera, dans
aucun cas, les enfants n6s de ce marriage, des avantages qui leur
6taient assures par les lois et par les conventions matrimoniales;
mais le droit n'en sera ouvert, A leur profit, que comme il le serait
si leurs pere et mere n'avaient pas fait divorce.
Art. 8. Les enfants conserveront leurs droils de succcssibilit6 a
leur p6re et A leur mere divorces, et s'il survient a cos derniers
d'autres enfants de marriages subs6quents, les enfants de diff6rents
lits succ6deront en concurrence et par gales portions.
Art. 9. Les epoux divorces ayant des enfants, ne pourront, en se
remariant, faire de plus grands avantages, pour cause de marriage,
que ne le peuvent, suivant les lois, les epoux veufs qui se remarient
ayant enfants.
Art. 10. Les contestations relatives au droit des 6poux, d'avoir un
ou plusieurs enfants A leur charge et confiance, cells relatives A
l'rducation, aux droits et intertls de ces enfants, seront port6es de-
vant des arbitres de famille; et les jugements rendus en cette ma-
tiere seront executes par provision en cas d'appel.
Art. 11. En formant une dcmande en divorce, s'il existe une
communaut6, le conjoint demandeur pourra faire apposer les scel-


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ls sur tous les meubles et effects mobitiers dependant de ladite comn
munaut6.
Art. 12. Ces scelles ne pourront, soit dans le course de l'instance,
soit apr6s le jugement d6finitif, Wtre lev6s qu'en proc6dant de suite
a l'inventaire des choses y comprises, a moins que les deux parties
ne consentent i une lev6e pure et simple.
Art. 13. Lorsqu'il sera prouv6, par. un acte authentique ou de
notori6t6 publique, que deux 6poux sont s6par6s de fait depuis plus
.de six mois, si l'un d'eux demand le divorce, ii sera prononc6,
sans que le demandeur soit tenu de convoquer l'assembl6e de fa-
mille; l'acte de notori6t6 publique sera donn6 par le juge de paix
sur l'attestation de six citoyens; 1'epoux qui demandera le divorce,
pourra, dans le cas d'une residence de six mois dans une nouvelle
commune, faire citer l'autre par-devant l'officier public de ce nou-
veau domicile. La citation sera donn6e a la personnel de 1'6poux
d6fendeur, ou au dernier domicile commun, chez l'officier public
qui sera tenu de la faire afficher pendant une semaine a la porte du
bureau de 1'etat civil.
Art. 14. Si de m6me ii est constat6 par un acte authentique ou de
notori6t6 publique, que la separation des 6poux a lieu par I'abandon
fait par l'un d'eux du domicile commun, sans donner de ses nou-
velles, 1'6poux abandonn6 pourra obtenir le divorce sur la seule
presentation de l'acte authentique on de notori6te, sans avoir besoin
d'appeler l'epoux absent.
Art. 15. Les femmes des infortun6s Haitiens que la fureur des
Francais a enlev6s de leurs domiciles, ne pourront n6anmoins, pen.
dant l'absence de leur mari, demander le divorce que par-devant
l'officier public de leur dernier domicile commun; elles ne pour-
ront r6clamer, pendant son absence, que ce qu'elles ont apport6 en
marriage, et tous les reglements qu'elles front faire de leurs droits,
ne seront que provisoires, jusqu'au retour de leur mari.
Art. 16. Tous juges de paix, tous officers publics qui ne vou-
dront pas recevoir une action en divorce, ou qui refuseront de le
prononcer dans les cas pr6vus par la pr6sente loi, seront destitu6s
et pourront 6tre condamn6s a des dommages et inter6ts envers les
parties.
Art. 17. Le divorce ne pourra Wtre attaqu6 par la voie de l'appel;
et dans le cas oi il aurait 6t6 pronopc6 avec quelque irr6gularit6,
on pourra le faire prononcer de nouveau, en se conformant aux
'ormalit6s indiquees par la loi.


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Art. 18. Si le poursuivant en divorce 6tablit par un acte authen-
tique ou de notori6th publique, que son 6poux est 6migr6 ou qu'il
est r6sidant en pays stranger, il sera dispense de l'assigner au der-
nier domicile, et le divorce sera prononc6 sans aucune citation.
Art. 19. Les divorces qui ont W6t effectuees en vertu du principle
que le marriage n'est qu'un contract civil, et qui ont 6tW constat6s par
des declarations authentiques, faites soit par-devant des notaires,
soit par-devant des officers publics, soit enfin par-devant 1'Empe-
reur, avant la promulgation de la constitution, sont confirmkes. -
Til. I, art. 6.
Faith et donn en notre palais imperial de Dessalines, le ior juin 1805,
an II de l'indgpendance d'Haiti, et de notre rbgn e e ier.
Sign6 : DESSALINES.
Par 1'Empereur,
Le secrilaire giniral, sign : JUSTE CHANLATTE.



N7. - Loi sur le mode de constater l'6tat civil des citoyens.

A Dessalines, le 3 juin 1805.
JACQUES, Empereur Ie' d'Haiti, etc.;
Consid6rant qu'il est instant de constater 1'dtat civil des citoyens d'apres
un mode legal et uniform, et tirer de 1'obscuritO oh ils sent ensevelis de-
puis le commencement de la revolution, les registres contenant les actee
qui peuvent 6clairer chaque citoyen sur cet 6tat;
Voulant 6tablir A I'avenir des d6p6ta ot chacun puisse avoir recours au
besoin,
ORDONNE ce qui suit:

TITRE PREMIER. - DES OFFICERS PUBLICS, PAR QUI SERONT
TENUS LES REGISTRES DE NAISSANCES, MARRIAGES, DIVORCES ET
DECtS.
Art. i. Les functions relatives a l'etat civil des citoyens seront
exerches dans chaque commune par un officer public, qui sera
charge de constater les naissances, marriages, divorces et deces (1).



(1) Decret du 30 aoft 1805, portant tarif, etc. ch. VI.


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Art. 2. Les functions de l'oflicier public soul incompatible avec
toute autre fonclion.
Art. 3. Ils seront nommes par I'Empereur (1).

TITRE II. - DE LA TENUE ET DEPOTS DES REGISTRES.

Art. 1. 11 y aura dans chaque commune trois registres pour con-
stater, I'un les naissances, l'autre les marriages et divorces, le troi-
sieme, les d6ces. - C. c., 41.
Art. 2. Les trois registres seront doubles, fournis aux frais des
officers publics ; ils seront cotes par premier et dernier, et paraphts
sur chaque feuillet, le tout sans frais, par le president du tribunal
civil de la division.
Art. 3. Les actes de naissances, marriages, divorces et deces seront
6crits sur les registres doubles, de suite et sans aucun blanc. Les
renvois et ratures seront approuv6s et signs de la meme maniere
que le corps de l'acte. Rien n'y sera 6crit par abr6viation, ni aucune
date mise en chiffres. - C. c., 42.
Art. 4. Toute contravention de la part de l'officier public aux dis-
positions de l'article pr6c6dent, sera punie de quatre gourdes id'a-
mende pour la premiere fois, de huit gourdes en cas de rtcidive, et
meme des peines porties par le Code penal, en cas d'alteration ou
de faux. - C. c., 51.
Art. 5. Tout officer public qui sera convaincu d'avoir Bcrit et
sign, en aucun cas, les actes sur feuilles volantes, sera condamn6
i une amende de deux portugaises, et destitu6. - C. c., 53. -
P., 153.
Art. G. Tout acte contenu dans ces registres et les extraits qui en
seront delivres, front foi et preuve en justice, des naissances, ma-
riages, divorces et d6ces. - C. c., 47.
Art. 7. A la fin de chaque ann6e, l'olficier public fera, A la suite
du registre, une table par ordre alphab6tique des actes qui y seront
contenus. - C. c., 43.'
Art. 8. Au premier janvier de chaque annee, I'officier public
sera tenu d'envoyer au secr6taire d'Etat l'un des registres doubles,
- C. c.,45.
Art. 9. Le secr6taire d'Etat verifiera si les actes ont W1B dresses
et les registres tenus dans les formes prescrites.


(1) Constitution imp6riale d'Haiti, du 20 mai 1805, art 30.


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