Bulletin des arrêts du Tribunal de cassation

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Material Information

Title:
Bulletin des arrêts du Tribunal de cassation
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Bulletin des arrêts du Tribunal de cassation rendus en matière civile et criminelle
Physical Description:
Book
Language:
French
Creator:
Haiti -- Tribunal de cassation
Publisher:
Impr. nationale
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Law reports, digests, etc -- Haiti   ( lcsh )
Droit -- Jurisprudence -- Répertoires -- Haïti   ( ram )
Genre:
law report or digest   ( marcgt )
federal government publication   ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
Began in 1856?
Dates or Sequential Designation:
-exercice 1948/1949.
Numbering Peculiarities:
Some years issued in parts.
General Note:
At head of title, 18<89> 19 : République d'Haïti.
General Note:
1891 has imprint: Paris : Marchal et Billard.

Record Information

Source Institution:
Library of Congress Law
Holding Location:
Library of Congress Law
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 648674465
Classification:
lcc - KGS70.2 .H35
System ID:
AA00000461:00004

Full Text
























This copy of a rare volume in its collections,
digitized on-site under the
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is made available courtesy of the

Library of Congress


I




















Glassok UA n -
BookJ (1j 4








BULLETIN

DES ARRESTS
Id

TIrUlML )DE CESSATION

IENDUS EN MIATI R E CIVIL.


ANNEIE 1886
REDIGIEE ET PUBLIEE
PA IR
MM. ARTHUR BOURJOLLY
ET


AUG. A. HERAUX
A "C .


PORT-AU-PRINCE


M1PillMI;lUEL AUG. A. JIElIAUX.


1 889.







FRATERNITt.


c T- -R'EIGE Dr3AITX.



BULLETIN DES ARRESTS
TIr

TRIBUNAL DE CASSATION.



SECTION CIVIL.



No" lel*

CONCLUSIONS. O1i'I..'in 1i'.

Ce soiWt l,'., ci(,Iifiil..in, p i ',.,E d( i'audience,- bien plus que
le. ni oyens signifies qui dv"I., iiiin,'u Ic ,,,an,,it diu jugc.
Les vices d'un jirf-iiitg rl ile difaut disparit. scit d est maiuntenu en I)ppS.iiilni0,, par an jiii/i,'iiii passed en force
de chose j'/1"'.
Le sildei g1rdd d I'auldience, apres itrjiairlion, f/'aite par ifu.
tribunal .jilgniil supr ilp'Poilion, de conuclure au food, est
,'o .;,ljrj conmi e i, n I. o,, r,;iio ai.r 1o1i1'Ji. /I6't s/e' con-
tre le jugement par dIfau t.

l{E.IET' du pourvoi fi ,i it'- par la daine BlEAUBRnN P IEIRRE-
ILouis centre un jugicli-i'ii rendu par le Tribunal de com-
inerce tie Pior-aii-Prinlit
I)u 9 Fevrier 1886.

Notice et Motifs.
Unl ju!ic.uiliien par d6faut, faute de conclure, avait et relndu
par le Tribunal de commerce de Port-au-Prince contre la
dame veuve Beaubruni Pierre-Louis au profit de Monsieur
Alexandre Bobo. La cause reproduite sur opposition, ladite
dame demand la communication des pieces. Cette com-


EGALITE,


LIBERTY,









munication lui fut refusee et le trilbmnal statI1ant :,11 I l I11l.
maintint le jugIi-minl par d''ail t. Poiirvoi fut I'forili' :' Il';iid.
d'une pretendue violalioin den articlee I i' d(u I 11. Ide 1 ,it..--
dure civil, de 1'arlicle (:07 d(I codl e d ( comm0' .i : ,i es I. l.i-
cles 6i7 et 018 dtl code do pr'ue iiiti civil cIlil6ini's avec
l'article "15;)0 du ii-iii code. Sir quoi, le Tribunial de cas.a-
tin retilt 1'arrit snivant :
Oui Monsieur le judge N. E. Vall's, on son rapport; Me
Pollux Ilyppolite en ses n'1 \ nations; Miii.ir A. lourjolly,
substitute dlu ,c;' li.-.-, e dlu (;,n lv,'rinei(-n.'I l t, en son r&e ui-
sitoire de reject; et apris en '.ntr d eili] dri en la cltanimre du
conseil ;
Yu lo l'acte portant di'elr;tlion de ponrvoi; 2't le jugement
d'opposition ; 3 la reipi'.l. li e la i.ii.ut ,l,-..-,. la response
du d6fendeur; 5o tonutes los autres pi.'', i \,-,',-. aux dos-
siers des parties:
Vu les articles 148, 180, 1 5(du -.1, tie pro. ,dlmi' civil
et 'article 037 dn code de commerce, implitiud tie violation
et par suite de celle du drioit de la h'f.ii- :
LE TRIBPTNAL,
Statuant sur le premier ot le deuxi'.'l.' oyen critiquant le
jugement attaqu6 dOe navoir pas \it.'. ii,'- li-, les griefs con-
tenus dans 'acte d'oppl.-iliot1u d d'iVoir seCul,1i-iiiit donn6 une
solution A l'exception soulev6e en ciiilimIintication d ie pii'eL.
et d'avoir dceid6 le fond de la con lstalio aun Inmpris des
autres moyens d'opposition :
Attend (ine les c(m, l i.ti i prises a( I' ..id -i. plus on-
core que les iii\I.li.- si.g ili,'-, ditlot intent seules le mandate
du juge;
Attend que, dlans I'espc i c, la d1 m,.iiiI Irsseo iiii-.,1i loi
de devoloppl -r dans I'instruction ptnlil(e de la cause ses
griefs d'opposition, s'est ctililii,- d'Iexciper td'Ine dle1ii.,dI,
en communication de pieces e(in p.i' s cntreieclle; dtlinr;-
de qui a 6t djtA pI'-i'.il in i1111 rejete"e;
Attend que cot in i,1.i-1t, reprodtit dans 10e d6eat sur op-
position, fut irji'l:-, si'.til'e [l.ii;til,., avOe injunction d'albu del
le fond; et que la demanderesse n se SO i r'lMnant pas I '
cette decision, les premiers juges dlevaie'il isi.l'lr'ir qtju'elle
avail d'elle-inieme Ai i i'- a ses ,ri'- i- I tl'o I '-ilion ; ( 1'ainlsi,
avant statue dt liniti .,i-ii! sunr Ie fond de la conlestation,
ils n'ont violet nii F'aricle (;37: d ct ode do (mu'ni t' qui In
traite que des i'-clioiiIiies d'incomp) ttence, ni l'arlicle 189
du code de pli'- .I Il' civil qui a e(Old ol)jet des deblats. ni
F'artiele 150 lin :n1i',Il code, sa1s application dalis F'esp'ce ;
Attend qiie les l siiitis j-uges n pounvaient tpats s'ali.Is -


_- 4 -_
-2







-3-


fir de so prononcer sur ',"pp1"sitit l'opposante voulant ou
Io voulant pas, puisque l'ace Wl'opposition avait 6t4 signifil
0ct levait Otre, i I'.lt iieln', la seule base de la discussion;
dit ces deux moyeus sans f61iii,'tinttlt; les rejette;
Sur le- 1itrniii tmioyen criti((uant l'iiil,.-ter tviioll des arti-
cles (it7 et (i8 du i',dI de commerce, puisque tout juge-
inent par deltaut doit ', ,pnirter un huissier comniis pour la
signification ;
Attend que co moyen, en tant que pla u.-ill,,, aurait bien
ligure parmi los griefs d'opposition; mais qu'il lie s'agit ici
Iluee de l'IFx;in-i (l ji.ilimllnt d'opposition ; que celui-ci 6tant
contradictoire, ino ,lilyprl.tl pas cette condition pour Otre
alabl)le, ln saurlait 'tre -in.ll', pour un ,1t' faul de commission
,d'h]uissier ;
Atll<-dlii (liue les vices d'un jugeoient de defaut disparais-
sent des qu'il (.-F imaintenu en opp ,.,ilion par un jugement
it;I;liql u:il1-, c'est-A-dire q(u'il n'est plus temps d'en deman-
(der a r'ei. i m.itiit; rejeile co I r i.il,,in,- moyen :
Pour cos autses et niotifs, ijj.i i "; maintient le jugement
attaqLu; 1rdr,1 -' la ili.-,t., i titi de1 l'amende d6posee; con-
(1t iin la i delIanLI. 1l'r aux d.i'p, i!-.
D).umn'-e do nous, 1). ETIENNE, vice-pl't'.silil; C. (II1 RI, N.
. M.V'AAs, AM. FiUMONT et S. i is'Torui, juges, au palais de
justice td Tribunal de ..,-.ilion, en iudtlientc publique du
neut F&vrier 188860, 1n pi.-'n .. de M(itoisiuiir A iTHIR BOUR-
.JOLIy, substitut idu i. tni u ,ire tdu Gouvernement, etassist6s
de Monsieur F. Fi'..m., o, commiis-grefier.



No 2.

TRIBUNAL DE CASSATION. SON MANDATE. -- JUGEMENTS
ARBITRAUX.

Le pouvoir de rforatOli; I '. 00011 i. au T, iliuatrul de cassa-
tion noe s'etcend qu'aux qaestion-. qui out ted portees (decai.'d
les j m,', irs jigi '.
Toute sentence portant le non de < les condilion.s des articles 1/45, 148, 1.L2, 1) 3 et 124 du
o1.,d' de lpr.o,,':,'i re ei;,ile.
Les, sc lch',.'.: arbitrales Ou,,l de(I's juji,'mi'i.. f 'ritlble.e sou-
,mis d l'iro Ii;;., de lous les j l.iiiniI.i, et doivent contenir,
entre autres, les -ro;'lrlsius (d' parties et la mention de la
presence e tous les (,bil,'rs qui concourent d le rendre.






-4-


ANNULATION, sur le pourvoi du sieur C. D)EJEAN, d'Ill jl-
gement arbitral rendu le 31 Janvier '1882.

Du 1 F&vrier 41880.

Notice e(i Motifs.

Faute de s'etre conform6e ces principles sur les senten-
ces arbitrales, Iun jugement du tribunal arbitral form
a Port-an-Prince dans I'allaire pendante entire Monsieur C.
D6jean et la dame venve 1. Viliiwnai;i, a 6t1 cass6 par I'ar-
rit suivant:
Oui Monsieur le judge S. Bistoury, en son rapport; Me C.
Archin, en ses d6velollpp-iienlts pour le ldemandeur; MA IL6-
ger Cauvin, pour la ,'cilc'(s-c, et Monsieur A. BouIrjolly,
substitute du (tiii omiis.-.iir. (Id Gouvernneent, en ses conclu-
sions de recevabilit6 du pourvoi ; et apl'rs en avoir dclil)6er
en chambre du conseil;
Vu lo 1'acte portant la declaration de pourvoi; 2o le juge-
ment arbitral' attaqu6; 3o la requ it'-t du demandeur; 4"o I
r6ponse de la ,1;l',iillcresse; 5 toutes les autres pieces pro-
duites;
Vu les articles '115, '148, 12)2, 123 et 124 du code de pro-
c&dure civil colminds aver les articles 51 et 00 du code de
commerce ;
lE THlIINAL,
Sur la, lin de non-recevoir pirops)liSec par la d16enderesse :
Attend quue tout ce qui n'aura pas 6t6 l'objet de quelque
discussion devanit les premiers juges, ne saurait 6tre 'i bon
droit pr6sentt6 a I'alppl'rcitioii du Tribunal; que, dans l'es-
pece, cette iquestioin de quality consistent dans la patent
contested au delnandeur et celle du d6faut de transcription
sus-mnentionn6e, n'ayant jamais fait matiire de discussion
dansl les instances p1't6lel'ltes, ne doivent pas 6tre exami-
nles ici, dit sans i, iinElIiilt r'tte lin de non-recevoir et la
rejette.
Au FoMu : Sur le prc.miri' et le deuxi6me noyen :
Attend que tout juigenent n'cst vrai et digne de ce nom1
que. lorsqu'il est rendu daiis les conditions (les articles '45
et 148 du code de procedure civil, appuy6s des articles 122,
123 et '124 du iilllem code;
Attend d'ailleiurs que les articles 54 et 60 du code de
commerce ont consacr ce terite << jugement ) pour designer
la sentence arbitrale; (que, dIs lors, .c-tte escc- de jugement






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rentre aussi dans le droit commun et est soumise A l'eco-
nomie d6cret6e et reconnue pour tous les autres;
Atterndu, en outre, que lorsque la loi excipe d'une r6gle,
elle n'y laisse pas de doute en la declarant formellement;
qu'ainsi, ii resulte de la sentence d6nonc6e qu'elle ne corn-
porte pas les conclusions des parties ni ne constate pas la
presence de tous les juges-arbitres qui, 6tantnommes, de-
vaient concourir a la rendre, et est pour ce double motif,
entach6 d'un vice radical; qu'en r6sum6, cette sentence au-
rait di tirer'son mdrite de sa concordance avec l'article 424
precit6 :
Pour ces causes et motifs, casse et annule le jugement at-
taqu6; renvoie les parties a- se pourvoir d'autres arbitres;
prononce la remise de l'amende d6pos6e, et condamne la
d6fenderesse aux d(pens.
Donn6 de nous, D. ETIENNE, vice-pr6sident; C. CH-nRI, Jh
A. COURTOIS, M. FRIMONT et S. BISTOURY, juges, en audience
publique du neuf Fwvrier 4886, en presence de Monsieur A.
BOURJOLLY, substitute du commissaire du Gouvernement, et
assists de Monsieur F. FIGARO, commis-greffier.


No 3.

1't RVOlI EN CASSATION : FOJiMALITES.

La siYnificia(lion des moyens d'un pourvoi est vicieuse et en-
traine la dichdance quand elle est concue en ces terms :
< Parlant a la personnel d'un certain T.... trouve au comp-
< toir des ddfendeurs, )) sans qu'il soit fait aucune ddsigna-
lion des rapports qui lient ce personage aux ddfendeurs.

ARRIT qui prononce la ddchlance du pourvoi form par
les h6ritiers MONDOGAT contre un jugement du Tribunal de
commerce du Cap-Haitien.
Du 9 F6vrier 1886.

Notice et Motifs.
Cette dichlance a 6td prononcde par le Tribunal de cassa-
tion dans l'affaire des hdritiers.Mondogat contre les sieurs
Otto Schutt et Ce :
Ou'i Mr le juge A. RWgnier, en son rapport fait a l'audience
du vingt-deux DNcembre dernier, les avocats ayant respecti-






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vement depos6 leurs dossiers sans ld\ .lItppem nl l ; et ea-
lement M' A. Bour1jolly, substitute du( conlmissaire du Gou-.
vernement, en son requisitoire iconcluaniI i la decb6ance dii
pourvoi :
Droit. Vu les articles 78, 80 et 920 d]u code de proce-
dure civil invoquds 't l'appui dl'une d(chcieace soulev(e par
les dtfendeurs ;

LE TiuiwUNAL,
Sur la premiere lin d, non-t i ,\,i.l tas6e sur line d c e-
ance resultant du virc don't est ciallcl;1 l'exploit de signifi-
cation des moyens du po.iirlv :
Attendu qu'un L1:g,' x\.tmi' de l';n I( critique montre,
sans contest, que la si, iiiH.liAni a etc faite, parlani la
pcrsonne id'i certain Tishclwer' ouvd au compioir des d(fen-
deurs, sans aucune It'-:-ig;iorn <(lui fasse connaitre les rap-
ports de liaison de cc pri.-:wrii;- e avec lesdits defetleurls,
(lit que le but de la loi n'a pas (t' atteint on ce qtue cce modte
de fire n'est pas conuli -ri aux pi i''riptions s es articles 92!),
80 et 78 pricits ;
Attendlu que cette sigmilica;tioi \ icii.t: fl'ait encourir la.
,ei n..l lce prouon de6e par ledit .,11;, I. )92)(), dit:
Pour ces ;l-.- et motil's, les d(cmleatdeurs ddchlus de leur
action, par suite rejettO lo ....-voi; ordonie la relIt, 'i de
Fl'aiiieil! dl, :,in.' et les ',i nilmi i e aux ddpenls.
Donni de denous \W F ll ', NT, A. II:GNIE(IEl, Jh A. COUti'TOls,
C. CIif:m, juges, et 1). I TIENNE, vice-pl'-i s1ill, an palais de
justice du Tribunal de Ct:.tlion, en ;nu lit.'c publliqlue du
neuf Fvrier 1880, eii p,''.:,l, A de l11 .i.ilv A. BOUc1JOLLY,
suibstitut d(I L c- lllli.:01111 du C(' l\,'l'llli, itl et assists de
AMr F. Fii.;.\1io, commis-gr,.llifr.



No" 4.

SIWUESTIE, J U'MCLRIIE.
vw i 8wait Ore 1 uinciA1Jnm'.t

Le .dqL'ii'i'rc jiudii'.i;i'1 ie slW rail dire 1rd.l, lii, que daii. eI
(., la juris) i l,'iiioI c' 'ii' l cell C'. ili, Ic ealre l1s parties o -
tledues contIradi,-l"i,' in'-,ii d lda ,'rIr.- Par .sile le sqc eq.,-
ire judii'-ir, nc su rail di're inlIroduil (i, demainde prhitri-
pale, nVi ailoqu0 itm diat'ilencl aprs I'a, ,.iniplissemeil f'ar-
tes CaexirI-j ,lliti,' ireso tamin i ie dut pr,'i i'i.;re i le cLi.ii'liD ioin.






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ANIUiLATION, sur le pourvoi du sieur lDEikRIER~ NA.\I.lssL,
l'tin jugement rent I, le premier Avril 1885, par Ie Tribunal
civil des (ona'ives.
)tu 9 Flvrier 1880.

Nolice el MIolifs.

Apr4s la mort de Monsieur FPil'l',ni N:a 'ie, f lui avait
suivi celle de la ldame veiive.l. I:. (ClAl et, Monsieur D. Nar-
cisse s'emipara des effects de la succession, inmlie de ceux mnis
stus s1ielli'ts, se d.isant seui ht ritier. Monsieur .1. 11. Clienet,
reveiiu de I'e6rangerl. protesta par acte extra-judiciaire. D'o(n
process levant le Triluiil civil des (onaiives, qui rendit un
jug-einent promno antl le si<.-l'e dl'unle des prprils eln
litige.
C'est contre ce j -1'lwt ii se po ur vt M\Ionsieur D1)o-
sier Narcisse, excipanlt de la violation des articles 150 et 148
du ,coIt de procedure civil, 1728, 1472 ot i11 73( du code ci-
vil. Le T'riblunal de N.-.,lin y lit droit par I'arri suivantt :
()u'i Monsieur le juge C. (Chliri en son rapport faiL 't I'au-
(di[.nc., M1' It. 11),i--., i, en ses ', .l ,pp,. iin nt, pour le de-
mandetur; t'iltIiiiint le citoyet Arthur Iiourjolly ell soni re-
(luisitoire conclu nt t 't lta r1 .Ii ,dtilit ; t, i apI's eln ctre deli-
hl'6r la ch anit lr diu I ii.-.-il
Vu '1" '.it portllitt la td']l.,ration lt dit p)ourvoi I'ait at
grelfe dlu Triibunal civil des (Goitaives le 13 Avril dl.-1riii.r,_ en-
registr6; B2 le ju;genient ,e(1i, ; 3 la hi '<1ite te du tldeIi i-
ldeiurt: 4 toutes les uautres pii.'ce. proluites At l'appui de la
ldemande ;
Droil. Vu les articles 50 et 118 [ld code de procedure
civil, 1728, 1472 et 1473 du .u,1d civil invoqus ;
LE TRIBUNAL,
Statuant sir le deI.\i in. et le tti isiet,, moyen relevant
,Iue la proprietL et qe t (.liw i nW'tant pas litigieuse, le jug-e-
nient attaqut en ayant ordomiJin' le 'ql1ii'tie.-tre, a viold la loi,
est ei it;Irli' d'cxces dc pouvoir et porte atteinte 'I l'inviola-
lhilit6 du droit d(e prprili'- :
Attend qu'a t prescrit des articles conilit il'; 172, 1473 et
1728 dut coild civil, ii n'y a lieu -t ordonnlter le .-',i iistrie ju-
dliciaire liue dans le cas de pro1i s et de ( .iIt' I -.l llin recon-
11us; qu'aintsi il 0en esulte qur cela n'est adinis alors que
dans un litige constant et ,l,'Chl,'l ;
Attend qlue la j -iriltill .,iii i i-. ltiiil ici le miot contesta-
lion en ne lui donnant que la Uc.iip ri'l', si iiu d'une contes-
tation en cause, cell existunte entire les parties entendues






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contradictoirenment a la barre ; qu'ainsi le .-.equestre judiciaire
ne peut etre qu'un incident survenu dans le course d'un pro-
ces et ne saurait en cons&lqence, 6tre souleve et accord en
demand principal ;
Attend que des actes extra-judiciaires, s'il y en a dans
1'esp6ce, n'6tablissent pas 1'6tat de proc6s, puisque m6me les
pr6liminaires de conciliation ne peuvent tre invoquds aux
lions d'en fire constater existence ;
Attend que le jugement attaque, en accueillant de prime
saut, une demand en S&questre en dehors de tout litige au
prejudice d'un possesseur occupant, don't 14 possession et la
jouissance sont notoires, publiques et plus qu'annales, a &vi-
demment mal interpreted, et, par suite, fauss6 et viold la loi
et coinmis entin in exces de pouvoir :
Pour ces causes et motifs, casse et annule le jugement at-
taqu6 ; reiv\'oie la cause et les parties pardevant le Tribunal
civil du resort (de Saint-Marc pour tre jngees; aifran-
chit l'amende dt'lIs',-ce et condamne le d6fendeur aux (d6-
pens.
Dolnn de lnous, M. IF'ItLONT, N. E. VALLES, J11 A. COUR-
TOIs, C. CiHErm, jiuge', et 1). ETIIENNE, vice-president, au pa-
lais de justice du Tribunal de cassation, en audience publi-
que du nieuf Fevrier 1886, en presence de Monsieur V. LA-
PORTE, commissaire du Gouvernement. etc.



N 5.
No3.
DEC11EANCE.
Le de(i'ni(euar en cassation doit, d pciir tie dechae'aice, fire
le depot prescrit par l'arlicle 930 du code de procedure civil,
dans les quarante-cinq jours de la signification de ses moyens.

AnRRT' qui prononce la ,.cln'aucc. du pourvoi form par
la demoiselle MARIE-MADELEINE JEAN llntre un jugement d(1
Tribunal de commerce du Cap-HIaitien.

Du 9 Favrier 1886.

Notice et Motifs.

La demoiselle Marie-Madeleine Jean, surnomm6e Clair-
milie Jean-Baptiste, s'est pourvue en cassation contre un ju-
gement rendu par le Tribunal de commerce du Cap-Haitien






-9-


et a fait signifier ses moyens an sieur Raoul Auguste, son
adversaire, sans avoir effect le dep6t preserit par l'article
930 du code de procedure civil.
Le Tribunal de cassation, sut la demande du Ministere
public, a prononc6 l'atrrt suivant :

LE TIUBUNAI,

Oui le rapport de M.ui-liir le judge Al. Fr'mont et les con-
clusions de Monsieur le substitute du commissaire du Goi-
vernement J. L. Doiniiiue ;
Apr6s dlelibration en la clambre dui conseil;
Vu 10 le jugement attaqu ; 20 les requetes des parties ; 3o
le certificate dllivre, le 15 Septembre dernier, par le greffier
du Tribunal de cassation, constatant que la deinanderesse
n'a pas fait le depot prescrit par la loi; et 4o les autres pie-
ces produites par le ldfl'-indlctr;
Vu aussi l'article 930 du crl- de procedure civil; modliei
par la loi du 17 Novembre 1876 ;
Sur la d6cliance relevee par le ministere public
Attendu que l'article sus-vis6 veut, Ai peine de d6clhance,
que, dans les quarante-cinq jours de la signification de ses
moyens, le demandeur s'inscrive au greife du tribunal de
cassation et y d'lpios, : 10 une amended de cinq piastres; 20
l'acte dfinent signifiU, c'ultciitnat. ses moyens; 3o l'acte de la
declaration de pourvoi; 4o une expedition signili6e on une
copie signilii e du jugeinent d(nolne; 50 les pieces :a l'appui;
Attend que la ili'niaii;ndee.so s'est pourvue ei cassation
centre un jugement rendu a son prejudice, le cinq FEvrier
1885, par le tribunal de commerce du Cap-fIaitien; que le
vingt-deux Avril suivant, elle a fait signifier au citoyen Raoul
Auguste, son adversaire, I'acte contenant ses moyens, sans
avoir effectu6 le d6pot prescrit par l'article 930 du code de
procedure civil; d'oF il suit qu'elle a encouru la dechance :
Pai ces motifs, le Tribunal declare la demoiselle Marie-
Madeleine Jean, surnommde Clairm6lie Jean-Baptiste, d6-
clhe de son pourvoi form contre le jugement rendu, le 5
Fevrier 1885, par le Tribunal de commerce du Cap-Haitien;
condamne ladite deinanderesse aux d6pens.
Ainsi fait et jug6 par noius, B. LALLEMAND, president; C.
CHEnl, J: A. COURTolS, N. E. VALtEs et M. FRibMONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du neuf Fdvrier 1886.


PE~itlA ~tlC







- 10-


N 6.

PolINT E DlirT.
Le puinit e ,iroit w.e peI f aire ,)oention que des chefs sou-
i.qs a l'appre'ciation des preoiers ju.ie..

REJET du pourvoi 1orine par ~1misiOtlur PHIILIPPE-AUGUSTE
DOMINGO contrie n11 jtiie'lln'll rendui par le Tribunal civil do
Port-au-Prince.
DIu Ii I "6vrier -188i.

Notice et Motifs.
Monsieur P. A. t)Domingo, tI la suite d'unii jugement rendu
par le Tlribunall civil de ]Poit-au-PI'i Ice, SO pourvlit par voie
de la requete civil devant co iitiii.' tribunal, et, sur cette
s.rc nlrl ili.- li ct I'Il jit '.. Ii niu nial f ,I iL:' en sa reqiiete ci-
vile. 11 se pourvitt alors en (;i ,ili(ii, excipant d'une vio-
lation detio d icle 11.8 ldu code de pin -iture civil et de l'ar-
ticle 47(i ldu inline code.
Le Tribunal de (*;i.-.,,io.n r', ) nili l par l'arrot suivant:
LE Tiu Ii NAl.,
Ouli iM.[ visicii le judge C. (CUv6ri, en son rapport, et Mon-
sieur le substitute du ,,inhis..,irev i d (u (iu.\' iiciiietl. J. L.
Dominique, ea ses coiclusii.- ;
Vidant le d6lil)ir6 ordonun en chainbre du conseil;
Vu : 0o le j, -in 'llle t attaqut; o les requi:t'e des parties;
et 3o les a;ttr l'i. iri'.cEs produites ;
Vu aussi les articles 148 et 917 du A.,1ie de procedure ci-
vile ;
Sur les premier, deuxielne et troisiine i i\0eni1s du pour-
voi
Allttii(lii qtv relativ-i ci.tl a l a .la qiit'le civil pr6sentde
par le den aijli.ir en at.-..dii, au Tribunal civil du Port-au-
Prince, le jugemient dvloniice on udemandant, dans son point
de droit, si le jii- 'i l il du 9 Avril '1881 a viol6 les disposi-
tions des par1I;r., lvinc. 2 et i de l'arlicl- i 410(i du code de pro-
cduire civil, soit pour avoir statlu sur closes nlIv deman-
d6es, soit pour avoir oinis do p)r(,iiin, (r sur le clief de la de-
niande de J. A. Gaillard; ct en '..- l; r.it', dans ses motifs, que
la d(I'o ai i on rcil i'ii l,' ci\il, de I Domin go n'est pas fon-
dee, n-11 co v Iue le jil'i;ti iev' l ltdu 9 Avril 1881, pour avoir ce';iI.
I'exc lpti I ii ir6o de l'article 912 (lii ... civil, et accueilli
cell base sur l'article 172 du _.,,1, do procedure civil,







- 11 -


:unle,,s, par ledit demandeur, n'a pas pr'i'ce sur clli.
iII11 dlemandir',s; el que sCi ce jugement a omis de prononcer
sur l'un des ', i. f de la dImmiir;il, c'est que le Tribunal civil
de Port-au-Prince ayant 6d dt-;i ii de la contestation exis-
Lant entire les parties par aritt du 13 Novenmc re $1876, it
n'incomb~ait ql'au Tribunal civil die Jacnel de'y statuer; le ju-
gemnlennl. ad6one comportle le point i l droil ct les motifs
Oxigds par I'article 1-8 idu ..I.. di( proc6d re civil; d'oft il
suit qu'il n'v a pas eu violation de cct article;
Atteiu(l qu'alcnie lin de noni-recevoir ii'ayant etc invo-
quee par le (t iii;unlouir en cassatinm devait les premiers ju-
ges, le point de droit n'a pu en(l fire mention;i et que le
noyen pris de la pr,'-.I'iido violation do Iel'article 471 du code
de pri c '1-iir civil relatif i lah conitrainte par corps, n'ayant
Wet non plus agile deovalt le triuliinal civil, le j .,i;',iit atta-
(uiu6 n'a pu violet cl. article;
Attendu ( lq e de l'e1ainei i d1 ce jugoieinent it rI-.1 lle qu'il
n'existe point dl contradiction entire ses motifs et son dispo-
sitif :
Par ces motifs, le Tril'ii.l itjille le pourvoi form par
llnsieillr Pliili'ppl- \uguste )Domino 'nutr le jugement
rendu, le 0 Aofit 1881, par le tribunal civil de Port-au-Prince;
ordonne, en cillis'c lUi i ., la cnrilifi, linm de 1'.Il l,'nde depo-
s6e et cm'IIil iinii, ledit i. r P. A. D). ,,ingo aux d6pens.
Ainsi fail et jug,, par no' s, B1. ItAI mI Ai l, li'-sii linl.; (.
CHulin, J. A. Cou'nTOis, N. E. VuALLE::s et AI. Fni.\aiRNT, juges,
au palais de justice dln Tribunal doe --:,lion, on audience
publique (du I Fevrier 188(i.

4 '74* ', -

No 7.
ACTION POIS S (1KSSO I (Crm'.L 1)11 1'I:TI'TliIE ET 1)r


.Est esscenlie n t IiuI ..u ,..,ir'I. aotlion qiui teld d fair de'-
1inli, n t0 iir (iq 'n/ r l arlic fail consitraireo sur .sa proprife'
el /qui dlo(l cip'chcr Ic libr. courl, des e(s icr pluiiauls diccon-
ldIl nal/f'ehtcnciit (de pr op'ri''r de hca parlie ad('e *".
/I1 o'y a pas ania d silt pour di cl'ore r t l a s..-i soil' pour ieiri /1,n 'e' 1 'c.re cu-
lion projisoire ilu jit/ccmeit, Ih-jute piois, des ol i/8 ,dans ln
litre piroodfit (la ,s l'insln ,r'.
Ih.JET dlit ponrvo(i I'mrin |>ar la < odaiwie C. >E \- I centre








- 12 -


un juigemient rendu sor appel par le Tribunal civil de Port-
au-Prince.
Du 16 Fivrier '1886.

Notice et Motifs.
Un j.iugemenit (Id Triiniiinl civil de Port-au-Prince, rendu
sur appel d'In jniiginent de la justice de paix de la Capitale,
section nord, avail, :i la requete du sieur V. Fortunat, or-
donn6 la demolition d'un nmur e6evN par la dame C. de Laleu
centre la propritii:I tc idit sieur V. Fortunate. Pour fire tom-
ber ce jugement, la dam e (. de Laleu allmgua devant le Tri-
bunal de c;ass;.ii'n la violaiomn des rlgles de la competence,
de l'article '148 du code de proc6dulre civil, de I'article 33
du m6me i, il', ainisi qu'ilne fausse application de I'article 31.
Le Tribunal le cassalion r6pow,.il par l'arr)t suivant:
LE TPuIBnNAI,,
On'i le rapport de Monisii, le juge .1. Martinean ; les oh-
servati.ii-, de Me C. Archin, slubstituant M-- Duchatellier et
Dauphin, avocats de la dame de Laleu; colle i, e Me Th6baud
jeune. avocat de .AI Fortunat, et les conclusions de Monsieur
le substitute du .,liiiiisd,:ire d(u (Cm ieriiemnitll A. Bourijolly;
Apr6s en avoir dhlib6rl en la chambre du conseil;
Vu : 1o le jugement ;it.iii,; '2 les relquites des parties;
30 l'acte de la l',iluraliill de poiurvoi; I' les auitres pieces
produites ;
Vu aussi les artil'i., 31, 33 et I i liid code de procedure
civil ;
Sir les premier, ,ledii.xi'lle et troisilitwe iOyelns ill pour-
voi ;
Attendit q( 'est e.-siilielleoiniI p i.sei' re Iaction qui
tend a fair d6molir uin mur ique la dii l ,der-.sse en cassa-
tion fait conistruire stir sa lprprii1, ot qui doit .iiinpiicerC le
libre colr's des eanxl plvile \ i: l i,'1-lli i i nal.tu1rlellement de la
propriety du delrfT lultiir n cassai tion;l
Attend (que les I'premlil'rs jtuges out iecoinnu et apprecie
que Mr Vi'lhor F'ortniiat est en pns.-o.sini et jouissanc e d la
servitude qu'il reclame depis s plus d'ni an, et qu'il a et
trouble dans sa p'ss'ssinii et jonissanice par la dame Cras-
niil de Laleii ;
Attendii qu de e 1'examen dii jugenienlt dl1onc6 etl des con-
clusionis ides parties, il appt'It iue les points de faith et de
ldroit de cc jiigement contiennent I'expose sonmuaire tes
questions et'dles fails essentials luii out ete agit6s devant le
trilbuinal civil :









Attendu qu'il n'y a pas cumul du p6titoire avec le posses-
soire lorsque, soit pour 6clairer la possession, soit pour or-
donner l'ex6cution provisoiie du jugement, le juge puise des
motifs dans un titre product
Qu'il resort de tout ce qui pr6cede qu'il n'y a pas eu vio-
lation des regles de competence et des articles 33 et 148 du
code de procedure civil, ni fausse application de l'article 31
de ce code :
Par ces motifs, le Tribunal rejette le pourvoi form par la
dame Philomene Latortue, 6pouse Crasmsnil de Laleu, con-
tre le jugement rendu sur appel, le seize Dcembre 1884,
par le tribunal civil du Port-au-Prince; ordonne, en conse-
quence, la confiscation de l'amende d6pos6e et condamne
ladite demanderesse aux d6pens.
Ainsi fait et jugt par nous, B. LALLEMAND, president; J.
A. COURTOIS, J. MARTINEAU, N. E. VALLES et M. FR:'MONT,
juges, au palais de justice du Tribunal de cassation, en au-
dience publique du seize Fevrier 1881i.


N 8.
.1 T E MG E N T.
Un jugement est u accte i,,/llbulique qui fait foi jusqu'd
inscription de fa
REJET du pourvoi form par le citoyen PETIT-CHARLES
CHARLES contre unl jugement rendu en driIlliiEr resort, le 31
Juillet 1885, par le Tribunal de paix de Jacmel.

Du 10( Fdvrier '1886.
Notice et Motifs.
Les faits de la cause ir',sirlteit d'une f;i iii slufisamment
claire de l'arrit don't la teneur suit :
LE TnIBUNAI,
Ouii Monsieur le juge M. Freimont, en son rapl-,rt; Ai' le
substitute du coinmissaire diu (Goi orl\rlill-ieIIt J. L. Dominique,
en ses conclusions; et apr6s en avoir delibber en la chanm-
bre du donseil ;
Vu l'article 32 de la loi organique des tribunaux, diu 9 J.in
1835;
Sur l'unique moyen de cassation, fond6 sur ce que le juge







-14-


do paix a irait pl 1,in .<11 l ,, en de rin le .- ,t si .-,' Otre ,.i>. .il
(ull supplint ;
Attendti qu'un juieulnelnt ('l;tii lI un [ii autll entiqle fait foi
jusqu'i iiin.-( iption ile faux des iu1',, iulinlui- qu'il content;
Attendu lque le jugement critique ,on:late formelleinent
qu'il a 6et rendu par M ls-ic.-is les juge oe suppl6aiit die
juge J. A. Vyles et A. Hlernier; d'oul il suit. que I'excbs de
pouvoir ropri'lch'- n tri l)ball l dle paix de Jacmel nest pus
fondi :
En coinsei Ir Ic, 10 Triluuinal l ,j, t le epourvoi formin par
le citoyen Petit-(hiarles Chiarles contre le ji-, iN onet rendu en
dernier ressorl, Ic :1 Juillot 1885, par le tribunal de paix de
la commune de ,u;~Jii l; ( ilordone la confiscation de l'a(n11end
, pt.o s et c(' i ,fd;ielili ledi iiiiiild .lir a\lx d16penls.
Ainsi fai t et jui par nons, B. LALLEVI:MDx, prt'id:nt; C.
CtlII1, J. A. Cou'Irois, N. E. YALLiES et Al. FRIEMONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cl;i.; ti ni, en audience
publique du 10 Ft'-vri' 1880, en presence do Mr J. L. DoMI-
NIQUE, Substitut di coi.i nii.-.iir du G( iii nicientl.




(OPPOITiON. Qi'ALIT1rs. N.i, 11 [.E LA PATENT.

,.o.,inuation do 'i.,.7,/,,> ,,,r f, ,.- rapport flone premiere
coondai(amtion. 11 suit i/,' 1a quo se p1n1, I'mir cotr'e le j1ge-
ment sur opp i ilion, c' st 'iii -is.',ii, i'i t attap] er lcjuiu mc cnt
pruii lf qui Vl' coUnidre'.
Lc numero (to la paieoc d -../ point ., i;jli1,- lor.gquc la con-
testation )'es, pas com),', r,- ; i l

Aim n rT qui 1('-,niiito de lears prlnenti,,ii> les ,pliN (' ( MAn-
URnON, dans l'aftaire 1 gr n-\litl in.

DIn 1i6 lVYvrier 1886.

Notice et lotifs.

.Los 6poiix (4. Mlargron, redniciers iypothlieairos de la dlame
V c Pierre Faiollrt avaient re (U enl 'aranitie la moiti de
I'lialbitation [ Iore01 blancie, pliuri-iil de ladite dame.
N'6tant ipas pays, ils so Iirent ;oldjiur le ioen par 1'inter-
1in1 diire do Me .1. C. Antoine, aprl s i t,.-cL iill.isseni-ent des








formali'I-. 16egales. Miais alors intervinrent les 'lain.e Mitton,
i. ;iIlrillltelt cr.lca; ir s Iiypotllie; ire s illr le I nelie bioi (juoi-
quiie inscritos posl6rielnrtie nt. Un jgeieino t iit rininal ci-
vil lie Port-an-Prine, Iprovotl palr elles, donna gain de
caIse IIx 6pouix Marg-ron.
Pourvoi en cassation. D'oIti arrPIo quii rasse I1 jigemient
di Tribunal civil dle Port-ali-Prin'lce pour violation de l'arti-
cle 148 An code de proecdi-or civil el pour fuini.-s inlerpre-
lalion die I'rlicle 8j0 di 1 ieI code.
Le Tri l tlnal civil J.lacinel, saisi do i'aflFire, reldit lin
premier jpigeenet par difant coilre les 6poux AMargron. -
Sur I'oppo]si liIo dle colx-ci, sorit tinn second jnugonle i con-
lirmant Ic prc'Ideielt. Les ('poiIx Alarguron se poirvurent en
cassation control les dletx ji,,riii>, oxcipan: d'line triple
violation dle larlile I I S din uCode d1 procdiilro civil d'uln
oxces de ponvoir el.('litne iolabtiont de l'article 100 du mime
co tde; (1'ntl fr: 1 sse applictlimlon ie l'arlicla e 1 01 d(l code civil.
- LeOs d(I'- I' tii' s,-r ',111 i'u li n-i ,I I 'abo par quatre fins
tie non-rocevoir que rtiC' II' sa lcTrihtnal di ctssiilii ii; sur
lo fond, le Tribtnal donna raiso[ n aii )ourvoi on cassant ic jun-
genent attaqit6 oe, nsant tdo son ponvoir 1l' '\cIn ti,.n, il de-
hIouta les dlei iandours, ainsi tqi'i failt foi 1'arrdt iivni :
LE TIr:lilNAI,
Onti Monsieur le ji;-e .1. Ahoarlinoan on son r(q, ur fait (I
I'andieice; les dievoloppeinleni s (e. oli r:itliii, e t Ale IJ. C.
Antoine pour les il.iit;tlmdois el, 'oeix dtie Mi0 lI.r t(anvinl
po lr les (16t'elleorsses ,
()noi ,' ai1, .riil l io l(L isitoire 1d citoyen V V. L-i..p lrl, com t-
inissaire (In Grouvov rnoinie l |)ros lo Tribunal, ( s.iiI-u;iii orvac-
mIent ) f'admnission (1n pomnvoi ol, an onid, -n r6I abliinnt
lie 'instcriptioil contestee dos I'lio ii'-e 1'5s an ret istre (li
(Coo servateur des lMypolltlites: el, apr.s eit Iroe t ilih r6 eih
la clamrbre Vn lit lo dh'-r|; i f i l n pour\- peuoi an 1L'oj'| dn Tribunal
dles jugeiments :tlta 1'e et 2"'I expI)tlition ; la si ,4'1.i expi)dit.ion Iprlint annexe
d'nn inandal special tldotnl :I 1 .I. A. Caris, avocat du
i;irreatl lie J.acinei, pontl ce fairc 2a l.- ju ,IinlIs atta-
pies sils-llientiolnics; 3o la repillec dts tiitaii'tirs coile-
nant lonrs moyens eL griel's, enregislvr et signilke ; 4 celle
on rop iist des d16fetderesses opposant on sis quatre tins lle
nio-I-recevoir on imoyvens de Ac1i'.n ii..' Ia validit6I du po'r-
voi: le tout enregistr el, signitti; ,50 onliit, Ions los docn-
ments verses respectivemetnt par les parties ;
)norr. VI les articles 922, 92(, t)27, 930 el 14,8 dlit code


-15 --







-46-


de procedure civil, anssi les articles 632 et 1901 du cu.i-
civil cites en violation, en fausse application d'oui il est ar-
gud un exc6s de pouvoir;
LE TRIBUNAL,
Statuant sur la premiere fin de non-recevoir tendant A dire
que le jugement par defaut du neuf Mai 1884 n'est pas en
cause; et qu'il n'est defe're l'examen que le jugementod'op-
position du dix-sept Juillet de la mrme ann6e :
Attendu que l'opposition n'est qu'une consequence, une
reprise ou une continuation de l'instance pour fire rappor-
ter une premiere condemnation; qu'ainsi, opposition n'a
d'autre fin que de fire reformer on maintenir le jugement
de defaut; qu'il suit de IA que se pourvoir centre le juge-
ment sur opposition, c'est ni:-ssitiremciiit attaquer le juge-
ment primitif qui l'a eiigeii'lr ; rejette cett ftin de non-
recevoir
Sur la deuxi6me dcch6ance proposed en ce que, il est con-
teste que Me J. A. Cariis ait resiu un mandate special de fire
la declaration du pourvoi au greffe du Tribunal civil deJacmel;
Attendu qu'il est vers6 au dossier deux expeditions de
cette declaration; que la secojuld comporte l'annexe du man-
dat contest, au pied de 1'acte declaratif; que des lors il est
evident pour le Tribunal que Me Caries 6tait pourvu d'une
procuration sans qu'il soit besoin de chercher a savoir pour-
quoi la premiere expedition est dllivrie avec cette omission ;
dit n'etre pas plus fondue la deuxieme fin de non-recevoir ;
Sur la troisieme decheance que les dleimauileurs au pour-
voi ne sont pas munis du num6ro de leur patente, bien que
l'6poux en cause pour autoriser son spouse, se soit qualified
negociant;
. Ce reproche, s'il peut etre fondd ailleurs ne 1'est pas ici,
puisque la contestation, dans l'esp'-ce, n'est point commer-
ciale ;
Sur la quatrieme fin de non-recevoir tire de F'article 140
de la Constitution :
Le Tribunal repond el dit I;'i-,'1ssus, attend qu'elle est
6trang6re A la longue et uiniforme jurisprudence qu'il a sui-
vie jusqu'ici, carte cc grief et argument.
Statuant sur le premier moyen ldu pourvoi par lequel il
est reproch6 aix deux jugements attaqu6s d'avoir viold 1'ar-
ticle 148 du code de procedure civil, en ne visant pas l'acte
d'ajournement introductif d'inistdice' du 16 Juin 1879 qui est
la piece capital, le mobile (ie toute la contestation qui di-
vise les parties :
Attend, en effet, que cet acte est d'une importance tell







-- 47 -


qu'il fait, A lui seil, toute la proed.llre; que son d6faut de
visa ne peut etre excuse en argfiant de' son inutilit6 daiit
I'espece ;
Attendu qlue, bien que l'arrt ild Tribunal de cassation
soit attributif de jurisdiction et saisisse de plein droit le Tri-
bunal civil de Jaemel ; mais, -i consider par le fait'mrime
dudit arr6t, que le process recommeneant en second ins-
tance, que tout ce qui a exist ou qui a di exister dans les
jugements pr6c6dents 6tant dbout6, d6clar6 nulet non-avenu,
le Tribunal civil de Jacmel avait pour devoir de viser, en
compagnie des autres pieces qu'il 6numere, cet acte qui ne
se trouve mentionn6 ni dans son jugement de d6faut, ni
dans celui de l'opposition; et que, s'il en a parl6 quelque
part, c'est 6vasivement, sans en tirer aucune consideration;
que dans l'6tat de la cause, dit que ce visa essential fait de-
faut, et, par suite, inirme ;
Pour ce, casse et annule les deux jugements attaqu6s pour
statue sur le m6rite du pourvoi.

AU FOND,
Jugeant en dernier resort et sans appel d'apres les pou-
voirs defei6s au Trilunal par ['article 142 de la Constitution:
Attend que, si la radiation pouvait 6tre oppose aux de-
fenderesses, celles-ci n'6taient pas moins fond6es etautoris6es
A intervenir dans la vente et A exercer leur droit de suite en
vertu du principle et du ldlroit incontest6s 6tablis par 'article
956 du code civil ;
Que de lI totes les critiqlues et actions qu'elles airaicnt
exercees centre l'adjudication diu 16 Oetobre demeurent rai-
sonnablement ci ,illlaul-d.es ion-seulement dans leur int6r6t
nais aussi dans celui de leur d6bitrice, puisque les griefs
qu'elles articulent sont reconnus patents et irr6futables ;
Attendu qu'il est constant, dans l'espkce, que l'adjudica-
tion de l'imneuble litigieux, savoir la moiti6, c6t6 Est de
l'habitation RoB'o'1ilob ,ic'., en faveur des 6poux G. Margron,
cr6anciers hypotl6caires, commune les d6f1enderesses, de la
damPierrePi FaiLbert, i.isNIl 'Ilc avec son tils F6nelonFaubert,
a 6et faite et consoiniii, e dans des conditions tr6s regretta-
bles en l'ltudie Me l.1. TI. logarth, lorsque toutes les for-
inalit6s essentielles et irritantes pour ce, quoiqu'employees,
mais ne r6v6lent qu'un simulacre de former *xcluant toute
sinc6rit., toute droiture
Attend qu'il est prouve mat6riellement et notamment que
Ie proc6s-verbal d'adjudication faith foi de la violation de tou-
tes les formalit6s traces par la loi, puisqu'elles ont et6 cong-







-18 -


tale..e, nominales plhitt que reelles, .qundjl on consulate les
faits et circonstances de la cause ;
Attend, en outre, qn'il v a lien de critiquer le cahier
des charges pour la violation des dPlais le concernant, pour
les clauses, sanctions et pd6alit6s exorbitantes et iinisiles
qu'il compo cocmporte, omiC crtant (les difficult6s, des entraves
faites en vue de garden le plus (le mystre possible sur 1've-
nement de la vente de cet imineuble, d'avoir inanifestement
pen de concurrents on encherisseurs et d'el fire enfin, s'il
y 6chet, du droit de tons le lroit exclisif d'un senl ;
Attend que Fannonce mmne de la vente dans le choix de
l'Echo d(u IPa!s, journal incertain pqui n'eut (ci e six numeros
pour toute existence, et qui disparnt' anssitot apr'-s cette an-
nonce jusqu'a ce jour, 6tait aissi peu propre, cotmme organe
de publicity, a donner ai celle vente tout Io retentissement
et toute la renoinmme pe il.d'le, (Ile I lee Igislateur entend
aux fins d'arriver a: une expropriation 16gle g
Attend que de ce derieri fail il resort un novel arli-
lice evident emIipllyt', dans Ie bii d'obtenir une pibliciti fac-
lice, et lue ce noi veau grief, A; lui seun, sillfirail pour I'an-
ntulation, si les autres (. iiii.t i, -Im, '- deja ldleCrnin es I'y
concouraient pas virtliellnii-nti ;
Attend, en (droil et en fail, qino 'aldjulicatioin etanl re-
counne et idcl('rtet invalide, a l it enliiiner el engendirer des
effects qui ne sauraient nullemeinl proliler A I'adljliicataire
que, partant, son opposition signiliee ipi's ladite adjtldica-
lion doit ltre d6clahr6e non avenue :
Attendu qplte tons les :, 1,.. fails pour parvenir )i l'adjudi-
cation di 10 Octobre, tels ie o'rdre, collocation elt irlialion
sont reconnus aduens et doivoent tre dI,:,l:i tels:
Pour ces causes el motifs, (lit les dlenamidours mal 10onds11
enr leiirs 1,',tetilions, les en d,'b it: ,1 h.; e ln cons(Ii ( ience, ain-
nule I'ad.udication l i l1 OItolre 1877 :e Ivon loes actes,
s'y rattac tiint, lii l'ont pri'ctWo el siiivio: doiine itiain-lev-e
die l'opposilion signifi6e 1o 21 Avril i187. ai nolaire Louis
Oriol ; ordoiie la I rinscriiplion ii hi'deroeai los ( 'elien e-
resses anm registre dll (Colnservailenll des lIypo(li;liies, sales
prejudice ait privilege tlabli d'o'rdro, deo ilaniii'elo le Ie tout
soil remis an i nitlie el semntbIlable ta qie la it avanilt la
radiation de inscriptionn; orlonne reinise le I'amenwle de-
posee et condamntie les dtfeinderesses lanx dlopons.
Et, atleii ii, ei d16linitive. qlie, dais I'esp,',ce, los liroils,
bien qtU'oppols(ls, iniient tfond fee tdanis la conleslialion, de piarl
et d'autre, el reinlaient le proc's inievitablle; iii';ainlisi, si pre-
judice il y a, il est, a n'en point dolter. reciproliue; re-
jette les doiima-es-interets respectiveinen I |roposes.







- iL -


Donne de nu,, D. ETrIENNE, vice-pr6sident; C. CHmI, JI,
A. COURTOIS, LAROCHE fils, L. E. VAVAL, J. MARTINEAU, N.
E. VALs, MI. FRE;MONT et F. NAZON, juges, au palais de
justice du Tribunal de cassation, en audience publique et
solennelle de ses sections r6unies, ce jour, mardi 16 Fevrier
1886, en prIsence de Monsieur A. BOURJOLLY, substitute du
commissaire du G(ouvernement, etc.



N0 "10.
DROIT DE LA DEFENSE.
Unt Tribunal coimelt an excs de pouvoir et viole le droit
de la defense, qaand, satis entendre les )~iUIrns d'une parties
au fond, alors qt'il avait t stattter sur une exception, pro-
posee, il rend ld'oblee uie decision aa fond,

ANNULATION, sur le pourvoi du citoyen M. BERTRAND BA-
IIAB, d'un jugenieit rendu, Ic 8 Mai 1881i, par le Tribunal
civil des Gonaives.
Du 18 F6vrier 1886.
Notice et Motifs.
Dans une instance en divorce entire Monsieur Bertrand
Barab6 et son spouse, le premier s'6tait vu condainner a pa-
yer a sa femme une pension alimentaire, quoiqu'il n'eut ex-
cip6 a l'audience que d'une fin de non-recevoir. II se pour-
vut en cassation, se r6clamant, entire autres moyens, du droit
de la defense, viol6 par le jugement de condemnation. -
L'arret suivant lui donna raison :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge S. Bistoury, en son rapport; Mon-
sieur le substitute du commissaire du Gouvernement J. L.
Dominique, en ses conclusions; et apres en avoir d6lib6rd
en la chambre du conseil;
Vu : 1o le jugement attaqu6; 20 la declaration de pourvoi;
3ola requkte du demandeur; et 4o les autres pieces produites;
Vu aussi l'article 917 du code de procedure civil ;
Sur le deuxi6me moyen du pourvoi :
Attendu qu'il est constat6 par les conclusions insirdes dans
le jugement attaque, que le sieur Barabe, en reponse A la
demand de residence provisoire et de pension alimentaire
de sa dame, avait oppose une fin de non-recevoir tendante






- 20 -


A dire que cette demiande ne pouvait 6tre recevable, parce
que la dffenderesse en cassation avait, antdrieurement a l'ac-
tion en divorce de son marl, abandonn6 le toit marital
Qge sans s'6tre expliqu6 sur cette fin de non-recevoir, et
sans avoir entendu les moyens du ldemandeur en cassation
sur le fond de la contestation, le Tribunal civil des Gonaives
a accueilli la demand de la dame Barabd; en quoi, il a com-
mis un excis de pouvoir en violent le droit de la defense :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les
autres moyens, le Tribunal casse et annule le jugement ren-
du, le 8 Mai 4884, par le Tribunal civil des Gonaives; et,
pour 6tre status conformmdient A la loi, renvoie la cause de-
vant le Tribunal civil de Saint-Marc; ordonne la remise de
l'amende d6pos6e et condamne la dame M. Bertrand Barabe
aux d6pens.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CHiRI,'Jh A. CoURTOIS, M. FRIMsONT et S. BISTOURY, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 18 Fkvrier 1886.


N0 11.

POURVOI EN CASSATI\ON. DEILAI D'ASSIGNATION.

La ddcheance preuuc par l'article 9-29 du code de procedure
civil doit dtre prononcde centre le dcnwmidetur en cassation
qui, au lieu de donner assignation d fournir les defenses
dans les deux niois, aurait fixed un ddlai plus court que celui
accord par la loi.

ARRET qui declare le sieur JOHANN JACOBSEN d6chu du
pourvoi form contre le jugement rendu, le 4 Aofit 4884, par
le Tribunal civil d'Aquin.

Du 18 Fevrier 1886.

Notice et Motifs.
Le sieur Johann Jacobsen, (1lbout6 de sa demand contre
sa dibitrice, la dame Alcna Petit, se pourvut contre le ju-
gement du Tribunal civil d'Aquin, all6guant une triple vio-
lation de I'article 448 du code de procedure civil, La d6-
feindeies.- lui r6pondit par quatre tins de non-recevoir, don't







- 21 -


la premiere entraina le rejet de la demand, appert l'arr6t
suivant:k
LE TRIBUNAL,
Oui le rapport de Monsieur le juge S. Bistoury, les con-
clisions de Monsieur le substitute du commissaire du Gou-
vernement J. L. Dominique; et apr6s en avoir dl6ib6r6 en la
chambre du conseil;
Vu : to le jugement attaqu6; 2o la declaration de pourvoi;
3o les requ6tes des parties; et 40 les autres pieces produites;
Vu aussi l'article 929 du code de procedure civil;
Sur la premiere fin de non-recevoir invoqu6e par la defen-
deresse :
Attendu qu'aux terms de l'article sus-vis6, le d6fendeur
doit 6tre assign A fournir ses ldfenses au greffe du Tribunal
de cassation dans les deux mois; que, contrairement A cette
disposition, la dame veuve Alc6na Petit a 6t6, par acte, en
date du 13 Septembre 1884, assign6e A fournir ses defenses,
dans soixante jours; que, dans l'espece, le dernier jour pour
fournir les defenses, au vceu de l'article 929 du code de pro-
c6dure civil, 6tait le 13 Novembre 1884, tandis que le soixan-
ti6me jour accord par l'acte du demandeur expirait le 12;
d'oi il suit que la d6fenderesse a Wte assign6e dans un d6lai
plus court que celui que lui accord la loi;
Attendu que le demandeur ne pent r6parer cette informa-
lit6; que c'est done le cas de prononcer la d6ch6ance prevue
par le deuxi6me alin6a de 1'article 929 :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les au-
tres fins de non-recevoir, le Tribunal declare le sieur Johann
Jacobsen d6chu de son pourvoi form contre le jugement
rendu, le 4 Aofit 4884, par le Tribunal civil d'Aquin, en ses
attributions commercials; ordonne la confiscation de la-
mende d6pos6e et condamne ledit demandeur aux d6pens.
Ainsi faith et juge par nous, B. LALLEMAND, C. CHIRI, Jh A.
COURTOIS, M. FREMONT et S. BISTOURY, juges, au palais de
justice du Tribunal de cassation, en audience publique du
dix-huit F6vrier 1886.

No '12.
FAUX INCIDENT CIVIL.
En cas d'unte emande d'iiscriplipon de faux incident civil
centre un actc, le Tribunal n'est point obliged de surseoir au
pronohcd de son jugreirntf, tant que Faction criminelle n'a
pas encore ete' inte'te. Ce n'est que dans le cas privu par









l'auricle 240 du code de procedure civil, qu' I'iaricle 041 de
ce code prescril de isurseoir (d l/at/ er sutr l' civil jufsq1'ap)rc
le juilja...'i'l l sur le f'an '.

BEJ E' dult pourvoi forniu par le general JOSEJPH LAUOrTIIE
coitre tu jPg iiLn:l roiidu par le Tribuial civil de Port-au-
Prince.
Du 23 'Fvrier 1880.

Notice et Motifs.
Le g6ndral J-,lph Laimothe avait J-W- condainii6 A payer '
Me- Aug. A. lltatux la sommin de P. 23.60 monltait des d6-
pens distracts en s'a I',irii par j uigOieiitl du Tribunal civil de
Port-au-Priit''. IPour arriver a s t'aire payer, celui-ci fit pra-
tiquer sur les eflfes et iineobles (id g6ndral tine saisie-Oxceu-
lion, it laquelle son ddbileur lit opposition. L'alTaire appelde
devant lo Tribunal pour statulr sur cetet saisie-ex6cution, le
g6ndral Lainotlle conclut -i la d6clarer nulle, en ce que : 10
aucunl c(" .iiiiii, iioliiiitl. pr(alable no lui availt L6 fait; 2o il
acte de cc gonire, en cas oit il en exisltl tin, serait entachH
de laux, puis(que 1'lhii.,sir n'aurait pas 6t6 :.sii.-i' du juge de
paix ; 3o' dans le jii, i im fit de c 'ii;iii linii, les depens n'ont
pas kt6 distraits en favor de MAl Aug .A. ld6raux. Le Tri-
bunal 6 iil de Port-au-Priince adtiit la validity de la saisie-
xe.ciMtliol. Le general Lainotlie se poutvu en cassation,
reproduisant sous lill au tr fornie et en les adaptant au ju-
gemente alttau, les a etsta prs sentds en prciiiire ins-
tance.
Le Tribunal le cassation ripondit par l'arr t suivant :
LE TmIuNAL ,
Oui Ali,-i:i.ir le judge J. A. Courtois, el sonl rapport; Mon-
sieur le s-iil.4itiuL du mtIiiii:-ssairi' du Gouvernement A. Bour-
jolly, eu sos Iiii,,li,.- ii.,I ,; e1 apris en1 avoir delibere en la
clham brle dLu ,,,i.-.,il ;
Vu : 10 le jugellieWnt attaqlud ; 2o les requites des parties;
:3 1'acto e d la dtI' 1.,l;dlion de ])ourvoi; ot 1 les autres pieces
pri o uil.,'
Vu \ e",.ileiiinl les articles 210, 2i1 et 501i du code doe pro-
cedure civil ;
Sur lc I o11yen1 unique d1u poiirvoi
A ttenu que Ic Trilbunal n'est point, en cas d'unte lemande
d'inscrip)lion deo faux incident civil contre un acle, oblige de
surscoir a prononcer son jugemene taut (que Flaction crinli-
nelle n'a pas encore 6d6 itiil.-' ;


-- 22









Attend que ce i'est que dans le cas prevu par 'article
210 du code de proc6ldure civil, (ue l'article 241' de ce code
prescrit de surseoir A statue sur Ie civil jusqu'apr6s le ju-
geinent sur le faux: cas qu i n'existe point dans la cause ac-
tiell ;
Attend Lque les premiers juges out constate que la saisie-
executionl, dont on deinandait la nullit6, a kt6 prec6dde d'un
cominimademinet qui a k6t sigifiidi, le '18 Avril *1885, au de-
lmalndeur en cassation, par le niinist6ro de I'lhissier G. Du-
poux ;
Qu'il r6sultc de tout co (qui precedle qu'il n'v a cu ni ex-
c6s do pouvoir, ni violation de 1'articlo 501 du code de pro-
cedure civil :
Par ces motifs, le Tribunal rejette le pourvoi fuoiii par le
general Joseph Lamiothe colltre le jugeiment rendtu, le 22
Juillet 1885, par le Tribunal civil du Port-au-Prince; ordonne
lat c(IiIli-caliOi. d(e I',inIl b'ii d6posSe et condamin e ledit de-
manaideur aux (6penis.
Ainsi fail t jill;,- Iar nous, 1L. IALLAEMAND, president; C.
CIEiU, J11 A. COUTrois, N. E. VAlII:S ct M. FREMIONT, juges,
au palais de justice du Triibunal de cassation, en audience
publique du vingt-trois Fdvrier 188(.



No '13.

\VENTE' CON ITIONNELLE.

La com 'l;eiiin par laquelle an ,lc:nt',r slipul, que, faute
de se libircr au ie)tmw cr on,.'ri et apris )wise en demeure,
l'immceuble hypothdqua an creancier devicndra la propritde de
celui-ci, est une vente condiiionnelle qu'aucLne loi ne ddfend
et qui, par coiqs,, jal, est licite et valuable. Ce n'cst done pas
d uC c Iise s, -,' ,ll l,' ,qu, s',ppliqu'll n! les dispositions de
l'arlicle 1855 du code ci'il t,. cai. Sd.' a n l'anti:lchr'.<.

ANNULATION, su'r I pourvoi du1 citoyen SAINT-FIRMIN j1e
d'un jugement rendu, le 8 Septembre 1884, par le Tribunal
civil des Caves.
Du 23 1F v'ic-i -1886.

Notice et Motifs.
Une stipulation semblable 6tait intervene entire la dame


-- 23








Guay David et son iils et le sieur St.-Firmin jeune. Mais au
moment ol la convention allait recevoir son application, les
premiers s'y opposirent et, devant le Tribunal civil des Cayes,
parvinrent a faire annuler leur obligation. Leur adversaire
se pourvut en cassation, excipant de la violation et de la
fausse application de la loi. Ce pourvoi fut admis par l'ar-
r6t suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge F. Nazon, en son rapport ; les con-
clusions de Monsieur le commissaire du Gouvernement A.
Bourjolly; et apr6s en avoir d6lib6r6 en la chambre du con-
seil;
Vu : 1o le jugement attaque; 20 l'acte de la declaration de
pourvoi; 3o la requete contenant les moyens du demandeur;
et 40 les autres pieces produites ;
Vu 6galement les articles 448, 925, '1367, 1368, 1369 et
1855 du code civil;
Sur le premier moyen du pourvoi:
Attend que la propri6t6 est le droit de jouir et disposer
des choses, de la maniere la plus absolue, pourvu qu'on
n'en fasse point un usage prohib6 par les lois ou par les r6-
glements; et que les conventions 16galement form6es tien-
nent lieu de loi a ceux qui les out faites; qu'elles ne peu-
vent etre revoquees que de leur consentement mutuel, ou
pour les causes que la loi autorise; et qu'elles doivent 6tre
executies de bonne foi ;
Attend que la loi ne prolibe pas la convention par la-
quelle le d6biteur stipule que, faute de se lib6rer au term
convenu et apr6s mise en demeure, l'immeuble hypoth6quB
au creancier deviendra la propriety de celui-ci; que cette
stipulation n'est qu'une vente conditionnelle qu'aucune loi
ne defend, et qui, par consequent, est licite et valuable; qu'une
semblable clause ne rentre point dans les dispositions de
l'article 1855 du code civil, relatif A l'anticlhrse;
Attend qu'en decidant le contraire, le jugement attaque,
a faussement applique cet article, et violet l'article 925 dudit
code :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner le se,
cond moyen, le Tribunal casse et annule le jugement rendu,
le 8 Septembre 1884, par le Tribunal civil des Cayes; et, pour
etre statue conform6ment A la loi, renvoie la cause et les
parties devant le Tribunal civil de Jre6mie; ordonne la re-
mise de l'amende d6posde et c.jiidalinue les d6fendeurs aux
d6pens.
Ainsi fait et juge par njuuI-. 3. LALLEMAND, president; C.


- 24 -






- 25 -


CHERI, Jh A. CouRTols, N. E. VALLES et F. NAZON, juges, au
palais de justice du Tribunal de cassation, en audience pu-
blique du vingt-trois Fevrier '1886.


No '14.

POURVOI EN CASSATION.- PARTIES EN CAUSE. DROIT
DE LA DEFENSE.

Le pourvoi en cassation ne pent dtre dirige que contre les
parties qui ont figure au procds, et au profit desquelles les
iugements ont etd rendus, ou contre leurs he'ritiers, repre'sen-
tants ou ayant-cause..
Un tribunal ne peut sans porter atteinte au droit de la dd-
fense, prononcer aucune decision a l'egard d'une personnel
qui n'a pas dte assignee d fournir ses defenses.

REJET du pourvoi form par la dame AMILIE FAUBERT
contre un jugeient en dernier resort du Tribunal de paix,
section sud, de Port-au-Prince.

Du 23 Fevrier 1886.

Notice et Motifs.

La dame AmBlie Faubert, veuve F6nelon Faubert, con-
damnee A ce qu'elle dit, par jugement du Tribunal de paix
de Port-au-Prince, section sud, A payer A la dame J. E. Tra-
vi6so la some de P. 79.60, se pourvut en cassation centre
ce jugement. Mais la d6fenderesse repond qu'aucun juge-
ment n'est intervenu entire elle et la (lame Ve F6nelon Fau-
bert, et que action est crronee, vu que les parties qui fi-
gurent au jugement incrimin6 ne sont pas les memes que
celles qui sont maintenant en cause. Sur quoi est intervenu
l'arret suivant :
LE TRIBUNAL ,
Oui Monsieur le juge M. Frenont, en son rapport; Me
L6ger Cauvin, avocat de la demanderesse, en ses observa-
tions; Monsieur V. Laporte, commissaire du Gouvernement,
en ses conclusions; et apres en avoir d(lib&er en la cham-
bre du conseil;
Vu : 1o le jugement attaque; 2o l'acte de la declaration de








pourvoi; 3 les i-.'llIel t- des parties; et io les iltrle.s pieces
produites ;
Vu aussi les articles 922 et 9209 du code de procedure civil;
Sur I'exceptioni de nise lioris de cause preseiinte par la dd-
flnderesso :
Attendiu que 10 polurvoi in cassation ne peut 6tre dirig6
que contre les parties qui oin figLure au process, et au profit
desquelles les jugements ont 61d rendus, ou centre leurs h6-
ritiers, repriseiinl.l s on ayant-cause;
Attendu que la dame Emilie Earthe, spouse Emile Tra-
vi6so, in'a pas 6t6 partic au jugement du Tribunal de paix de
la section sudl de ctte ville centre lequel est pourvoi;
qu'elle est sans quality et sans iiil'i.rl dans la cause :
En ciii,'l. dqu(en -' 10 Tribulnal met la dame Emile Travi6so
lors tde cause t i rlldiiliic la liii.iia, ll ir. aux td peiis avec
distraction au profit do M0 Aug. A. 11iraux, qui arlirmoe on
avoir fai l'avance.
Statlant sur Ie pourvoi de la de iander's'- :
Attendu (que e1 jugniil, atlalqu.a t16 rendu au profit de
la dane Emilie Travidso, diiUen t anlotrisde de son 6poux ;
que, cetle dame n'a pas 6t6, aunx series de I'article 929 du
code de pIrici'dlur' civil, :I-.ig:in'-: a fournir ses defenses;
que, dans cette circonstauce, Ie Tribunal ne peut, sans por-
ter atteiite au droit de la dledfense, prononcer aucune d6ci-
sion a l'e rd d'uiie personne qui n'a pas 6dt appelee a se

Par cos motifs, le Tribunal rejette le po'ii '.Cvui for par la
dame A.m6lie Faubert centre le jugemient rendu en dernier
resort, le 15 D6cembre '188, par le Tribunal de paix de la
section sud de cette ville; ordonne la confiscation de l'amen-
de d6pos6e.
Ainsi faith et jug6 par nous, B. LALLEMIAND, president; C.
CiIIEti, Jh A. CounTOls, N. E. VALLES et M1. FRnMONT, juges,
au palais do justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du vingt-trois F6vrier 1886.

N, *_C.

N'' 15.

DIFAUT : DllRT DE LA DEFENSE.

Le ddfendeur ne peut obtenir ddfaul centre le demandeur
qu'api '. lui avoir fait signifiei'r un a i,''. Ainsi l'exige le
droit de la defense.


- 20 -







- 27 -


ANNUILAIIU.N, 5sur le pourvoi des sieurs SAINT-AI II. pare
et ils, d'un jiitnliiit rendi le 12 Septemibre '1882, par le
Tribunal civil de Povr-ail-Prince.

D1n 2 Mars 1880.

Notice el Motifs.

La dame Ve .-,lh Saint-leour avant ain'si obtenu, par
jugement du Tribunal civil d(e Port-an-Prince, cong6 de la
demand dirigee centre elle par les sieurs Saint-Aude, sans
(qle ceux-ci etisseit recu avenir, ils so poirvurent en cassa-
tion, excipant d'(ine do(Io le violation dles arLicles 157 elt 148
(d code de procedure civil. D)e 1a I'arr0t suivant :
LiE TIuIBlNAL
Ouni le rapport de Mlonsieur le judge N. E. Valls; los con-
clusions dle Mbniri, le sul)stiltut d(I crI, iIi s-.;ti 'i du Gon-
vernement A. IoIijolly; el apris ,n avoir dlhlil6ere on la
clIamlbre (dl coniseil ;
Vii anssi les articles 917 et 1.7 l coddede procedurie ci-
vile ;
Sur la fin de non-reoevoir sonIleveo par la d6fenderesse :
Altendii que la requC(te c(n'l(nanl les inoven s des deinan-
(leI rs eni cassation est )iei[ l lil)elle; (1'elle satisfait a la loi
en expliquanil p; fi r:ilol eni los ri.EIi I.l i.- fails an ji 1 1ge. e nt10
critiiuei :
Le Trilinial rejlelle c ie lin de on-reccvoir comiline m1al
ronldee.
Snr Il imoyen iniiqe (n ponvjui :
AltendI qu(I'aIx lerines ld I':ticle 157 dln code do p]roce-
(lure civil le deife(ndle nIe peo (ibtenic deiInt conltre le
deinandenr qu'apris lni avoir l'ail signilier un avenir; que
dle I'exam en din j1 i n i tnt lla(qu,, il rnisulte que le Trilm-
nal civil a dhni( l'a"ul (,miro los sieirs Sainl-Ande p)'re
et hils, deminalonrs, et Mo E. FHkollind, le) r avocat, et a
renvoyo la (lame Josephi Sain l-Fll.r de la dlciii.n ', sans iie
lesdits (leinani loiis el, leir avo'tcal aient ('i appeals; ein ql 0oi,
le Tribunal a violet ledil article '157 et le droit de la (1d fenlse:
PIar ces motifs, Ie Tribnal case et anniule le jugement
rel(inl, le 12 Septeeinre 1882, par le Tribunal civil de Port-
au-Prince; et,, pour el.i state, conformn inent : la loi, ren-
voio la cause eL les parties ldevaint le tribunal civil de Jac-
nel ; orlionne la reVaise 1< I'iimenle di'(.-i'e et condamnue
ladlite dame I ov'Anna Per, veove Josepli Saint-Fleur, anx
41(pi ens.







28 -

Ainsi fait et jugd par nous, B. LALLEMAN), president; C.
Cn11eR1, Jih A. COUirToils, A. REGNIER et N. E. VALLES, juges,
au palais de justice ldu Tribunal de cassation, en audience
publique du 2 Mars 1880.


No 16.

SOCIiTIE DE COMMERCE ASSIGNATION.

Les socite's de comnt('c, qui W'ont pas d( maison social
doivent 4tre assignees en la person.e o t. au domicile de l'u
des associc's.
Quand sur iue opposition l'e.iploit d'ajoiirin,'iiew qui liait
les parties devant une jurisdiction so troupe annuld, ainsi que
le jugement par ddfaut rendu sur cet exploit, il faut, pour
que cette jurisdiction sc troupe de nouveau saisie, une nouvelle
assignation.

ANNULATION, sur le pourvoi du sieur PIERRE PAUL JACQUET,
d'un jugement rendu, le 9 Mars 41885, par le Tribunal de
commerce de Port-au-Prince.

Du 2 Mars 41886.

Notice et Motifs.
Le citoyen Pierre Paul Jacquet condamnn par un jugenent
du Tribunal de commerce de Port-au-Prince, rendu sur op-
position d'un jugement par d6faut, se pourvut en cassation
argiiant, entire autres moyens, d'un excis de pouvoir et d'une
violation du droit de la defense. Son pourvoi fut accueilli
par l'arrkt suivant :
LE TRIBUNAL ,
Oui Monsieur le juge VallUs, en son rapport; Me P. Lesps,
avocat du demandetr, en ses observations; Monsieur le
substitute du commissaire du Gouvernement A. Bourjolly, en
ses conclusions; et apris en avoir d1libere en la chambre
du conseil;
Vu : 40 le jugement attaqu(t; 2 l'acte de la declaration de
pourvoi; 3o les.requetes des parties; et 4o les autres pieces
produites ;
Vu 6galement les articles 79 et 917 du code de procedure
civil ;







-29-


Sur la tin de non-recevoir pr6sent6e par les 'fellieur.c :
Attend qu'aux termes de l'article 79, 3, du code de
procedure civil, les soci6t6s de commerce lqui n'ont pas
de mason social doivent etre assignees en la personnel ou
au domicile de l'un des associts : d'ou il suit que les sieurs
Saint-Aude pere et fils ont Wte valablement assigns au do-
micile de Monsieur Saint-Aude fils, l'un des associ6s :
En consequence, le Tribunal rejette cette fin de non-rece
voir.
Sur le premier moyen du pourvoi :
Attend que l'exploit d'ajournement qui liait les parties
devant le Tribunal de commerce avant 6td, sur l'opposition,
annule ainsi que le jugement par idfaut rendu sur cet ex-
ploit, ce Tribunal se trouvait dessaisi de la contestation qui
lui Mtait soumise; qu'en proftonant la condemnation du de-
mandeur en cassation sais une nouvelle assignation, il a
commis un exces de pouvoir :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les au-
tres moyens, le Tribunal cisse et annule le jugement rendu,
le neuf Mars 1885, par le Tribunal de commerce de Port-au-
Prince; et, pour etre status conformdment a la loi, renvoie
la cause devant le Tribunal de commerce de Jacmel; ordonne
la premise de l'amende depost e et condamne les d6fendeurs
aux depens.
Ainsi fait et juge par nous, B. LAILEMA-ND, president; C.
CHIERI, Jh A. COUnTOIS, A. RIEGNIE et N. E. VALLES, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 2 Mars 1886.


N 17.

JUGEMENTS PRIJPARATOIRES. DIELIT D'ADULTERE. DROIT
DE LA DEFENSE. INSTANCE EN DIVORCE.
POuvOIR D'APPRICIATION Dl TRIBUNAL.

Le jfugement qui ne faith qu'admnettre ine i'imaniinl, en di-
vorce sans ordonner a(i,,noui ,.,'tion, n'a point d statue
sur les delpens qui ipeuvent dtre adjugjes a la fin de l'instance.
Le delit d'adultere ,ui in,, it ne met pas en ,ino10cIne,'l,
action publique, n) s.uwi *l sispendd i'inslince 'ivil' en
divorce.
[I n'g a pas violation d(lt droit de la defense, quand la
cause etant en e'ta de recevoir une solutionn definitive, une
pi))ric refuse de conclude au fond.







- 30-


Le Tribunal a / i pou(Ioir so'ertaioi d'to'pprq-rili,,#Ii, porll
deccideCr si, dails une i.stn(~ce ('n1 diorce, /.s fails allel(net,
soul otn o0o pe rlin en/ pour en ord,/one)' la preuve.

REJET (l11 poiirvoi form par la (ldaie MARIE NorEL ANNETTE
SAINT JEAN CIIAILOT, epoluse Louis .JACQUES GUERIRIER coitie
un jugernent rendii, le 3 Septenllbre '1881, par le Tribunal ci-
vil de Saint-[ilarc.
Di 2 Mars 1880.

Notice et M otifs.

Une dleandeo en div(orc introiluite par le sieur lIouis
Jacques GCuerriercon Ite so(n I:i'~I., fl t adimise par jugement
du Triilinal civil de Sainl-M ,ri''.
Un second jlgelment par (defailt, fanilc le plailer, autorisa
le divorce demaindl;.
Contre cos deix jugements la ldame (Guerrier se pourvll
en cassation, excipant dle la violation des articles 222, 235
du code civil et 148 dIn .11 do pie,,'idui i, civil. Le Tri-
bunal de cessation ecarta cos prItenlions par 1'arr"t suivant :
LE TlBiI',NAI,
Oi M.ui-iefii le jlge IJ Martinean en son rapport, fail ;
I'audience du 413 Octobire I SS1 ; les (Id:\Iolp'i'inils des par-
ties par l'organi de ie letrs cmii .'il, r,.lie.tifs; et 6galement
le ciloyen V. Iaporte, conmissaire dl i (I l '\,.rii.iii<.ll pres
le Tribunl; l, concllant an rejet (II poiirv\oi: et, apres ln 0tre
(1lib6 re eon la clianilre (dl conseil;
Vu 1o l'acte porlant la di6claratioin Ili ponrvoi re'tne an
greffe dLi Tril>nial iln jlit,-ii iit, le sept Octobre '188 enre-
gistr6 ;
2 Le jigeinelint altailli lln'i ll ,iii' -i-tre el .citii ili
3o La r'lt'(11il' dte la driin .lr .--' co tlleanit ses lloyels ;
4 Celle v responsive dli dfit'endeior, le tout 1nii i.',i, coil-
I l :
0) Uii juigemiii il tpl'elili ii i'aire ic ';ldliissiion dii viligt-lilit
Aoi'lt die la i ie ; i nnelliie, solli s alissi ;' I'exailen lit Tribu-
nal ;
6o Toutes les alilres pieces prliiiIrs respect liveineni par
les parties, faisantl initii re tie la proc('dnre;
LE TIilI'NA L,
Altendu lite le jugeienti 1',ladmissioni de la doinande, re1n-
nissant ;i la Fois les caracteres dle.coltiadicloir, de preli-
minaire et do ri' lt,'iiii'l ir r, 'itrli miian t aicunc ex6ctutioln,







31 -
n'avait point a .slatl er sur les depends qui puolw;iient fort bien,
come dans l'esp6ce, etre adjug6s A la fin de l'instance: si
toutefois ils 6taient deniandes;- rejette ce premier moyen;
Statuant sur le deuxicme mnoyen par lequel il est argfiu
que le jugement attaque a pass outre A la prevention crimi-
nelle all6gu6e par la demnanderesse quand it y avait lieu de
surseoir -i l'illstd;lcI en divorce jusqu'apres la procedure cri-
minelle, commie le vet l'art. 222 dtu -ode civil :
Attend que l'adult6re all6guo, dans l'espkee, centre l'd-
poux delendeur est caract6ris6 delit par la loi et ne saurait
ainsi donner lieu Ai aucune poursuite criminclle.comme le
pretend la lde miiilresses ; qnu'alors le tribunal civil de Saint-
Marc n'a en rien contrevenu aux 1,prl-riltions de l'art. 222
en ne discontinuant pas l'instance en divorce don't il etait
saisi; (lit co moyven sans fondeinent, lc rejette ;
Sur le troisinme nmoven o0i il est lit qu'il v a violation
dI droit inprescriptible de la defense :
Attendu qu'il est evident que des errements de 1'instance,
il resort que la cause 6tait en 6tat d'etre dcfinitiveinent ju-
g4e6 quand la deinanderesse refusa de conclude an fond; qu'en
lelle circonstance, le jugement de la cause ne pouvait et ne
levait itre retarded; declaree en consequence qu'aucune at-
teinte U'a 6tk portle au respect (iu t la defense; rejette ce
iolyenl ; .
Sur le quatriline lioyen se basanit sur co (lue le jugemnent
attaque a accueilli et prononce le divorce sans avoir lau prea-
lable ordonn6 l'nllqllI:t'o et la colnlre-lienql'tl posCes par l'ar-
ticle 235 diu ti.de civil:
Attendu que le jugement altaqu nie fait que consacrer des
faits notoires tels qlue l'abandonii d toit conjugal, une (dso-
b6issance obstinee ai I'autorit mari;ilale; et que c'ktait encore
plus convaincant et inddnialble lorsqiue ces mImes faits
ttaient al'lirmis et couf. t Ass i l'audience publique par les
deux C1poux, 1'ui demandiletll eon principal, l'autre en recon-
vention; et qu'en outre ldns sa requl ite contradictoire, la
demnalnderesse reconventionnelle prensiinta un tableau si af-
freuseinent libell6 de mauvais traiteinents et d'injures que
le Tribunal civil de Saint-Marc convaincu de la v6rit6 des
griefs du mari centre son spouse, appreciant souverainement,
dut se dispenser od''orIInI'r la preuve des faits all6gu6s et
lelr contre-6preuve. D'ailleurs les deux 6poux concluaient
uiianiinement ie a d issolution d(I mnariage; dit aussi ce der-
nier mioyen irrecevable ;
our01 ces causes et motifs; rejette ; maintieit les juigements
attaques; ordonne la confiscation de l'amende et condamne
la demanderesse aux d6pens.







32 -

Donni de it ,un.-, D. ETIENNE, vice-prisident; C. CH:iu Jfh
A. COUnTOIS, J. MAl; In:.\u et M. FRIEMONT, jugos, au palais
de justice du Tribunal de cassation, en audience publique
du 2 Mars 1886, an 85e, en presence de Monsieur A. BouR-
JOLLY, substitute du commissaire du Gouvernement.



No 18.

ASSIGNATION. OPPOSITION.

Les irregularities commises dans une ra.sigui n, a plulsicinri
co-defendeurs se trouvent couvertes, pourvit qu'tu seul des
co-ddfendeurs ait edt valablcment assine'.
Quand une opposition n'est pas siivie d'une requedt dans
la huitaine, elle se trouve noi-ae, ic. Les opposants out
d'ailleurs toute faculty de l'acln,'er en toip.s tile par une
nouvelle opposition.

ANNULATION sur le pourvoi des citoyens VIL NOEL, Anrs-
TEE LOISEAU, FLAURENCY SURPIIS et ll'NU SURPRISE, (d'1u
jugement rendu, le 6 Aoit 41884, par le Tribunal- civil de
Port-au-Prince.
Du 2 Mars 1880.

Notice et Motifs.

Un jugement par d6faut, fante de comnparaitre, avait kt6
rendu centre les citoyens V. No'l, Arist6e Loiseau, Flau-
rency et Bruno Surpris. ls y firent une premiere opposition
et s'arriterent li. Une nouvelle opposition fut lance ensiuite
qui annula la premiere et fut suivie de la signification de la
requete. Le Tribunal civil de Port-au-Prince appeld Ai se pro-
noncer la-dessus, d6bouta les opposants de leur opposition
et maintint le jugement par d6faut. Ils se pourvurent en cas-
sation, et virent triormpler ]eur ,lei :iide, ainsi (iu'il appert
de l'arr6t suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le jii~g N. E. Vill's, en son rapport faith 'i
l'audience; les avocats n'ayant pas d6veloppe, s'en remettant
au Tribunal en (dposant leurs mimoires respectifs; et 6ga-
lement le citoyen A. Bouijolly, substitute ldu commissaire du







- 33-


GouM eiieii'llt en son requisitoire, col.uaiiit A la rec oailile
idu pourvoi; et, apres ell ltre d6jiber eon la chambre du
coiseil ;
Vu Jo 1'acte portan t la declarationn dudit pourvoi avec an-
nexe du iiiandat special des di'. -;ir.;iil, reticu an grelle du
Tribunal civil dli resort de Port-au-Prince le treize Octobre
1881, ;
'o le jugement attaque, (l- egisltr' et signifi ;
:3o la requite des lder.amiioll i portant grief par u11n ioyeln
unique ;
to cello eil rl'ponse dles dlreiilniirs opposant en oiutre une
fin de non-recevoir ;
5o enfin, outics les autres pieces produites respectivernent
par les parties.
DRlolT. Vu les articles 78, 101, (163 et '29 du code de
proc(lure civil, ilnplliques de violation, de I'ausse interpre-
tation et de faiisse application ;
LE TRIBUNAL,
Sir la fin de non-recevoir critiquant los ,x-ploil.-, de signl-
lication des Imoyens du pi', in'\,i aux defendeurs pour fausses
designations :
Attend que, l)ien q(I'il soit 6tabli all procs que deux des
(d6fendeurs ont et6 iirregutlirenent assiglle s a produire leurs
defenses par de fausses designations dlai.s le parlanit (, il
n'est pas mnoils vrai que Louis Ciriill'pi, co-d6fendeur as-
sign6 s6parkinent par expl,,it, le 18 Octobre 4188, de l'huis-
sier Cassius Carvalho, a Wt& rdguliLrni e nt et val, l'miiint
ajourn6 a produire; qu'ainsi Ie Tribunal saisi par l'tcl'et de
cc dernier exploit, no pourrait refuser et rejeter le pourvoi;
Oil Clll ils( illl ii deI c1;!'l 1a fill de 1non-r 10 cT ir sanls fonde-
inent et inadmiissil)le;
At, roi).
Statuanlt sur le sell imoyen du pourvl\o critiquani t ui acte
d'opposition non rlitere danls la liuitaine :
Attend que los faits, dans l'esplec, 6tabllissent qu'il y eut
1nile opp iltii'ni d(eclaree sur ccliiiimlll; l iie fait le vingt-neuf
\Aoit '1881, iue les tlefenldeurs e l'ayant pas renouvel6e,
1'ont, de leur propre miouveenieit, uniiule't n ll l i'a t uile
nouvelle opposition a la date dnu 6 Septembre suivant, qu'ils
r6itirent, selon la loi, daiis la huitaine de la signification ex-
trajudiciaire, c'est-A-dire A la date subsqii, 111le dli trois Oc-
tobre, declarant bien positivelnent par cette dernicre oppo-
sition qu'ils entendaient ne tirer aucun advantage de leur pre-







- 34 -


inier acte d'oppositioin demeurant ainsi nul "et nuoi-a\eiiin
pour toutes les parties;
Attendu que ce mode de faire r6sout toute la difficult
puisqu'il r6sulte des prescriptions de l'article '161, seul ap-
plicable dans l'esp6ce, vu qu'il s'agit ici d'un d6faut faute de
constitution d'avocat, c'est-a-dire lorsque le d6faillant ne s'est
pas present pour recevoir jugement ni personnel pour lui;
Attend que, dans le d6faut faute de comparaitre, qui est
le cas actuel, 'opposition est recevable jusqu'a 1'ex6cution
du jugement, et ne peut 6tre d6clarde tardive tout le temps
qu'il n'y aura pas en au pr6alable quelque acte d'ex6cution
dans le sens de 'article I162; ou une execution commence
et ordonnie nonobstant opposition ;
Attend que de tout ce, il r6sulte que le jugement atta-
qu6 a nial interpr6tW l'article 162 et viol6 I'article 161 du
code de procedure civil :
Pour ces causes et motifs, co.i-e et annullele jugement at-
taqu6; renvoie devant le Tribunal civil du resort de Jacmel
pour qu'il v soit de nouveau jug6; ordonne la revise de
l'amende deposee et condainne les dicfroiidI'rls aux d6epens.
Donn6 de nous, D. ETIENNE, vice-president; C. Ciu m, Jh
A. COURTOIS, N. E. VALLES et M. FR 'mIONT, juges, au palais
de justice du Tribunal de cassation, en audience publiquc
du 2 Mars 1886, en presence de Monsieur V. LAIPORTE,com-
missaire du Gouvernement.


N 1$).

SUSPICION LGITIME.

Est non-recovable la dchetudi en sispicion leqitimc qtui
repose siir de *,implcs alle'qations.

REJET de la ldliini;lide en suspicion hI-gilii, lforiee par
les sieurs L. WVOLTGE et Cic centre le Tribunal de commerce
de Jacmel.
Du 4 Mars 1880.

Notice e( Motifs.
Les sieurs L. Woltge et Cic, sons pr6texte qu'ils sont crian-
ciers des sieurs Emile Lafontant, Louis-Jac ques latl'ltallt et
Laurent Gousse, tous trois imembres du Tribunal de coin-.
inerce de Jacinel, pr6sent6rent au Tribunal de cassation une






-35-


Ireqlite demandant A ce que le Tribunal de commerce de
.hacinel soil dessaisi de toutes les causes dans lesquelles ils
sont parties ainsi que toutes celles a venir, et A etre renvo-
ys devant un autre Tribunal de commerce.
Le Tribunal de cassation rendit l'arr6t suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge Valles, en son rapport; Monsieur le
commissaire du Gouvernement V. Laporte, en ses conclu-
sions; et apres en avoir d6libire en la chambre du conseil;
Vu : o1 la requete qui pr&ecde ;
20 la procuration donnee par les demandeurs A Me Aubin
Bellevue, en date du 18 Fevrier 1882; et 3o l'acte signifi6, le
21 D6cembre dernier, au greffe du Trilbunal de commerce
de Jacmel ;
Attend que les faits relates dans la requete des deman-
deurs ne reposent que sur de simples allegations; d'od il
suit que la demand en suspicion 16gitime formnie contre le
Tribunal de commerce de Jacmel ne saurait 6tre accueillie :
Par ces motifs le Tribunal rejette cette demand.
Ainsi fait et jug( par nous, B. LALLEMAND, president; C.
Cinfni, Jh A. CouRTols, A. RIGNIEn et N. E. VALLES, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 4 Mars 1886.


No 20.

RECOURS EN CASSATION. JUGEMENTS PREPARATOIRES.

Pour que le recourse ei cassation soil ouvert, il faut que le
jigemeatl soit de'fiitif. Les jygemeatls pre'paratoires qui ne
causent aux parties aucun prejudice, ne peuvent dtre atta-
ques que lorsqu'on attaque en meme temps le jotqcieie du
fond.

ARRET qui declare le citoyen IULMOT VILPIGUE. non-rece-
vable dans son pourvoi form contre le jugement rendu, le
3 F6vrier 1885, par le Tribunal civil des Cayes.

Du 9 Mars 1886.
Notice et Motifs.
Un jugement du Tribunal civil des Cayes avait nomm6 des






- ti6 -


A.rptulilet is pour 'Xiuiiiiincr si quatre carreaux de turre en li-
tige entire les sieurs Vilpigue et Dupre6 B;3uduy appartenaient
a l'habitation Lucas on it Il'habitation Tapiau. Le sieur
Vilpigue sc pourvut en cassation centre co jugemnti, inais
il fut d6bout6 de sa demand pa 1'arret suivant :
LE TlIL; ',N.A .,
Oui Monsieur le juge M. Fr'6mont, en son rapport; Mon-
sieur le substitute du coimnissaire dIl G(ouvernement A. Pour-
jolly, en ses conclusions; et alprls on avoir delil)er en la
chambre du conseil ;
Vu : 10 le jugement attaqu&(; 2, l'acte de la declarations de
pourvoi; 30 la requkte du dcnl;aiiller ; et 40 les autirs pieces
produites ;
Sur la lin de Inol-recT\lir (soi.\,. par le Ministi'.re public:
Vu les articles 917 et 919 du code de procedure civil ;
Attend qu'il faut, pour que Ic recours en cassation soit
ouvert, que le jugement soit d6finitif; qu'il s'en suit que les
jugements preparatoites, qui ne causent aux parties aucun
prejudice, ne peuvent 6trL attaquds que lorsqu'on attaque en
mmnne temps le jugel-lint du fond; que le jtyiiinent centre
lequel est pourvoi, en nonmant des arpenteurs pour exami-
ner et faire rapport au Tribunal civil si les quatre carreaux
de terre, objet de la collite'stitiii, appartiennent it l'habita-
tion Lucas ou ai l'liabitation Tapian, n'a lcidilr d6linitive-
ment aucun point ciil.,tdo entire les parties, n'a prejuge rien,
a laiss6 enters les droits des parties; d'o'i il risulte que le
pourvoi exerce contre ce jiiceiient est inadmissible :
Par ces motifs, le Tribunal declare le citoyen Hlulmot Vil-
pigue non-recevable dans son pourvoi forim centre le juge-
ment rendu, le 3 Fvrier 1885, par le 3 ier 1Tribunal civil des
Cayes; ordolnne la confiscation de 'ainende deposee.
Ainsi faith et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CIllRI, Jih A. Cor uicns, N. E. VALLES et M. FR mONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du neuf Mars 1886.


N 21.
POINT DE DROIT.
Est ii ,dprl,-t ']il ,' le jIo .iis i,'' t qui, doI s son pii, de droil,
au lieu tde pointer lous les cas d juayer, les resume eo s'inter-
o'(qaill sur les articles de loi qWi ou trail a l'objet de It
coolesta(l/i,,.






-37 -


REJET du pouurii form par les datIe;,C Ve M. DAUTANT, Ve
B1. LAFLEUR, Vc ALC1E LAHENS, OCCfLANE DAUTANT et le sieur
CAssius JOAClIMI centre un jugement rendu, le 13 DMcembre
1883, par le Tribunal civil de Port-au-Prince.
Du 11 Mars 1886.
Notice et Motifs.
Au moment du partage des biens de la succession Maxi-
milien Dautant, les h6ritiers, demandeurs en cassation pr6-
cit6s,.y firent opposition. Sur cette opposition, l'affaire ar-
riva devant le Tribunal civil de Port-au-Prince qui y fit droit
en parties, mais la rejeta pour le reste.
D'of pourvoi, sur lequel le Tribunal de cassation rendit
I'arrkt suivant :
LE TRIBUNAL ,
Oui Monsieur le juge S. Bistoury, en son rapport fait a
l'audience; les avocats avant simplement d6pos6 s'en remet-
tant A la decision du Tribunal; oui 6galement Mr A. Bour-
jolly, substitute du commissaire du Gouvernement, concluant
a la recevabilit6 du pourvoi; et, apr6s en etre delib6re en la
chambre du conseil;
DROIT. Vu les articles 148, 156 du code de procedure
civil et '1100, 1135, et 41136 du code civil invoques et impli-
qu6s de violation et de fausse application et par suite de vice
de forme et d'exc6s de pouvoir.
LE TRIBUNAL,
Attend que la fin de non-recevoir oppose ne reposant
.-~ir la violation ou l'inapplication d'aucun article de loi, le
Tribunal declare n'avoir pas a la prendre en consideration
et passe outre ;
Statuant sur le premier, le deuxieme et le troisieme mo-
yen par lequel le point de droit du jugement attaqu6 est cri-
tique pour d6faut de ddveloppements et pour la substitution
d'un nouveau notaire A celui pr6alablement commis, sans y
donner les motifs:
Attendu que le point de droit, tel qu'il est pose, est re-
connu irreprochable; qu'en ce que le principal grief qui est
relev6 est que les premiers juges n'auraient pas df le resu-
mer en s'interrogeant sur les articles 619, 625, etc., du code
de procedure civil; ni sur les articles 2 et 3 du cahier des
charges, au lieu de pointer tous les cas A juger;
Attendu qu'en bonne jurisprudence, il n'est pas permis de
recourir en reformation sans 6noncer dans sa requdte les
articles de la loi qu'on pretend devoir 6tre remis en discus-






-38-


sion; que de li, si le jugement attaque, pour plus de preci-
sion, a resume la contestation en citant les articles qui en
ont e6t l'objet, cc mode de fire ne doit pas lui etre impute
a tort, d'autant plus jqu'l I'appui de son analyse ii est porti
d'autres questions (qui ne decoulent point des articles pre-
cit6s ; dit le point de droit suflisamment libel, et come
tel, inattaquable ;
Attend que la commise du notaire P. L. Lechaud, de
Port-au-Prince en lieu et place (d notaire L. T. Kernisan dd-
clare et reconnu empechU de continue ses operations, n'est
qu'une decision relevant souverainement et exclusivement
de-l'appreciation des juges du fond, ne pr6sentant d'ailleurs
qu'une question de fait plutit que- de former; dit encore
ce grief n'etre pas fonda ;
Attend, en outre, qu'il n'est pas exact d'avancer que le
remp!acement du notaire djA commis n'est pas motive, seul
reproche, si fondd, qui infirmerait cette commise; mais que,
loin de lA, le jugement attaqu6 s'est explique implement sur
cette substitution d'un notaire At l'autre, telle que voici:
Consid6rant qu'il est prouv6 que Me L. T. T. Kernisan est
absent de Leogane; qu'il fait parties de l'arm&e assiegeant
0 la ville de Jacmel, actuellement en dtat de revolte; que le
notaire Gautlier est aussi absent de Leogane pour le mime
, motif; qu'en preIselinc d'une telle situation, il imported de
< commettre un notaire de Port-au-Prince pour les opera-
Stions de compete, partage et liquidation de la succession
D Dautant; C Comment dire, apris cc motif du jugement
attaqu6, que cette .in~Iise n'est point motive surtout quand
il en resort que, ee faisant, le Tribunal civil n'6tait mh
d'autre inter6t que de celui de servir toutes les parties, de-
manderesses et dt.fewlerisses en partage, et que les faits
qu'il alligue pour l6gitimer le replacement du notaire cri-
tique, ne pouvaient etre probablemen. t que ceux r6v1l6s et
discutes i 1'audience? dit encore ce grief sans fondement
et sans importance dans la cause, le rejette ;
Sur le quatrieme moyen critiquant le jugement de n'avoir
pas donn6 defaut contre Cassius Joachim avec profit-joint:
Attend que c'est bien le cas d'admettre que nul ne doit
h)ineficier de son propre tort; qu'en el'et, Me L. Cauvin et
Me II. Doucet, ayant dtD constituns dans tous les jugements
et ayant parcouru tous les e i uienlts de cette procedure, de
e faith ce n'dtait pas au Tribunal civil de distinguer a pr'iori,
s'il y avait changement de constitution a l'igard de Cassius
Joachim; or, si nul ne l'a dit t l'audience, si les avocats se
portaient toujours les constitutes de toutes les parties, le ju-
gemcnt attaud n'est point reproclable de n'avoir pas or-






39 -

donnd d'office cette reassignation, d'aauat plus que tous les
inter'ts sont connmmuns et reciproques entire les demandeurs
(d'1n1 c6te, et les de6endeurs de l'autre; aucun prlejudice douc
n'a Wet cause ; repousse cc inoyen :
Quait aux cinquietne et sixiome inoyeis,
Attend lque, s'agissaut encore en ces deux derniers mo-
yens d'alldgations et de censure contre la nomination du
nouveau notaire commis, cc qui est toujours cette mime
question de fait envisagee diversement, il n'est pins neces-
saire de recoiinencer et de poursuivre l'examen q lue le Tri-
btinal a deja aniplenment expose :
Pour ces causes et motifs, rejette, maintient le jugement
attaque; ordonne la confiscation de l'amende d(posee et con-
damne les demandeurs aux depens.
Donn6 de nous, D. ETIEENNE, vice-president; C. CinIfn, .J1
A. COURTOIS, Mi. FPI.MONT, S. BISTOURY, juges, an palais de
justice du Tribunal de cassation, en audience publique du
jeudi onze du mois de Mai miil huit cent quatre-vingi six.



No 22.

DEI"FAUT-CONGIsc.

Les jdyenifs (ie difaut-conge ne pei''wint dtre rendus que
iontr'' Ie le donidi.'r qui ne se pre'eate pa.s ou, qui rifi.wi, de
pl ider.

ANN ILATION, sur le pourvoi des sieur et dame AuTzi ALEXIS
et PETITE-SEUR SINox d'un jugement rendu, le :30 Avril
1885, par le Tribunal civil de Port-au-Prince.

Du '16 Mars '1886.

Notice et Motifs.

L'exposition des faits de la cause resort suffisamment de
l'arrit suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui le rapport de Monsieur le juge Valls, les conclusions
de Monsieur le substitute du commissaire du Gouvernement
A. Pourjolly, et apr6s en avoir dilihl6r en la cliambre du
conseil ;






- 40 -


Vu : IU le jtugnwlnlt attaqu6; 2o l'acte e la d1cluraliuii de
piir\'voi; 3o les requetcs des parties; et 4 les autres pieces
produites ;
Vu aussi l'article '157 du code de procedure civil;
Sur le sixi6me inoyeni du pourvoi :
Attend que les jugements de 6defaut-cong6 ne peuvent
ttre rendus que centre le demnandeur qui ne se pr6sente pas
on quli refuse de plaider; qu'il appert du jugement centre
lequel est pourvoi que tel n'6tait point le cas des demandeurs
en cassation, qui out compare et conclu devant le Tribmiiil
civil ai ce qu'il fut sursis au jugement de la cause principal
jusqu'i ce qu'il soit status sur l'inscription de faux incident
qu'ils out form centre l'acte de vente qui sert de base a la
contestation existent entire les parties; que, dans l'esp6ce,
les premiers juges en donnant tdfaut centre les demandeurs
et leurs avocats, fate de plaider, et en renvoyant le defen-
deur de la demand, out commis un exc6s de pouvoir et une
fausse application de i'article 157 du code de procedure ci-
vile; ce qui entraine la cassation du jugement d6nonce :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les au-
tres moyens, le Tribunal casse et annule le jugeinent rendu,
le 30 Avril 1'885, par le Tribunal civil de Port-au-Prince ; et,
pour 6tre status conforin6ment i t la loi, renvoie la cause de-
vant le Tribunal civil de Jacniel; ordonne la premise de l'a-
mende deposde et condamne le sieur Jean-Louis V6rit6 aux
depens.
Ainsi faith et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CIBnRI, J11 A. CounTois, N. E. VALLES et M. FRl IONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 106 Mars 1886.



N0 23.

ORDONNANCES DE R FERI;R : VOIE DE IJ~K:OliS CENTRE ELLES.

Les ordn,,,IIres die rif&'d ne o(t susceptible d'etre atta-
quees en. c..i,-ilii, qu'aualnt qa'cll'. out le ciri _lrc de de d -
cisions. d i illei 'i's.

Anl :'T qui declare la dame veuve J. ALFRED EVANS non1-
irevable dans son pourvoi cttre nne ordoninance de r6f6r6
rendue par le juge-doyen du Tribunal civil de Jacmel.






- '41 -


Diu 16 Mars 1880.

Notice et lMotifs.

Un 11, iilic.,itli irreglili're d'un arrdt dlI Tribunil de
(;,.-.4;,ilt rendlu an profit des sieurs Ed. Weber et Co, avait
l6I reconnue couverte, par une ordonnance de refere. dui
jiige-dayvii E. 1]ellande. Cette ordonnanwce, provoquee par la
lame Ye J. A. Evans, avait, en outre, d6clar, au 'fond, liue
la demand de rfe frh n''tait pas I',,lidI'e.- Li-dessus, pour-
voi en cassation de la parties con(dalnne qui allgue ine vio-
lation de I'article 71 (i code de proceldure civil.
Les d(fendeurs ont propose une lin ied noin-recvoir.
Le Tribunal ropondit par l'arr&t suivant:
LE TRIBUNAL,
Oui le rapport de Monsieur le juge Courtois; les observa-
tions de Me C. Archin, avocat de la demlanderesse; celles de
Me L. Duchatellier, avocat des dGlredmieirs; les cincilsionl.-
de MAr V. Laporte, conunissaire du Gouverneinent; et apr6s
en avoir dl6ibe6r en la clambre du conseil;
Vu : to le jugement attaqud; 20 l'acte de la declaration du
pourvoi; 3o les requetes des parties; et 4o les autres pieces
produites ;
Vu aussi l'article 707 du code de procdurel civil;
Sur la fin de non-recevoir presentee par les d6fendeurs
Attendu que les ordonnances de referee ne sont suscepti-
bles d'etre attaquees par la voie du recours en cassation
qu'autant qu'elles ont le earact6re de decisions definitives;
que tell n'est pas la nature de l'ordonnance critique qui,
au provisoire, prescrit la continuation de 1'ex6cution, sur le
Smotif'que les d6fendeurs sont porteurs de titres authenti-
ques auxquels provision est due et que le juge de r6f6r6 ne
peut, sans exc6der ses pouvoirs, en suspendre l'execution ;
d'ofl il suit que le recours en cassation exerc6 contre cette
ordonnance est inadmissible:
Par ces motifs, le Tribunal declare la dame Euphrasie Tur-
nier, veuve Jeany Alfred Evans, non-recevable dans son
pourvoi form contre l'ordonnance de r6f6re rendue, le 5
Mai 1885, par le juge-doyen du Tribunal civil de Jacmel; or-
donne la confiscation de l'amende d6pos6e et condanne la-
dite demanderesse aux d6pens.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CnIEni, JIh A. COURTOIS, N. E. VALLES et M. FREMONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 16 Mars 1886.









N 24.

T I M -A n E.

La ,',ri ,,,l,,,, deIs citoye es est e.rempft d la formality,
,iu timbre.

ANNULATION sur le pourvoi de la dame veuve ANGELO
GAD.ilE, d'uii jugement reindu, 1e '15 Decembre 1881. par le
Tribunal civil de J&-r1mie.

Du 23 Mars 1886.

Notice et Motifs.

Un jugement du Tribunal civil de Jdreiuie avait rejete la
ldemanide de la dame veuve Angelo Gadjie tendant a se fire
payer par les lhiritiers Diogine Bras d'une obligation de leur
auteur, a elle souscrite par correspondence, sous pr6texte
que la lettre qui servait de base a la reclamation n'4tait pas
ecrite sur paper timbri6e.-La dame Ve Angelo Gadjie n'eut
pas de peine A fire reformer en <.as1.ali:on cette decision.
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge VallIs, en son rapport; Monsieur le
substitute du commissaire du Gouvernement A. Bourjolly, en
ses conclusions; et apres en avoir dl6ibere en la chambre
du conseil;
Vu : o1 le jugement attaqu6; 20 l'acte de la declaration de
pourvoi; 30 les requetes des parties; et 40 les autres pieces
produites ;
Vu aussi l'article 2 de la loi du 10 Avril '1827, sur le tim-
bre ;
Sur le premier moyen du pourvoi :
Attend que l'article 2 de la loi sur le timbre a except dlu
droit et de la formality du timbre la correspondence des ci-
toyens; que c'est done en violent cet article que le jugement
attaque a rejet6 la demand de la veuve Angelo Gadjie, sur
le motif que la lettre qui lui sert de base n'est pas 6crite sur
paper timbre :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner le se-
cond moyen, le Tribunal casse ct annule le jugement rendu,
le 45 Decembre 41884, par le Tribunal civil de J6r6mie; et,
pour 6tre status conformement A la loi, renvoie la cause et
les parties devant le Tribunal civil des Cayes;-ordonne la re-


- 42 -






- 43 -


mise de l'kit len o 1ipo.-.ei' et i.:ond;(m ie les -.4feleiur.s aux
depens.
Ainsi fait et juge par noius, B. LALLEMAND, president; C.
CuIinRI, JIh A. CoUTroIs, N. E. VALLijS et AM. FlukONT, judges,
an palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 23 Mars 1886.


No 23.
TRADUCTION DES ACTES. DROIT 1PROPORTIONNEL.
La traduction en laugue f'r,,iisti.E. d'ua acte o.sos seilg
privd 'crit en tlatgue an(.laise, certified et signee par l'inter-
prite julicir iri.', noe re il point cet acte authej liqu'.
Est soamis au droit proportio, cl tout itic qti coilicit
tine liberation de vcalir.i

IREJET du pourvoi fi'irii,' par le sieur MAUhUICE lFAIMEl
contre un jugement renlu, le 8 Mai 1881, par le Tribunal
civil de Port-au-Prince.
On 23 Mars '1880.

Notice et Motifs.

Le sieur B. Farmer ayant A etablir la liberation d'une dette
de son frere et associ6, Maurice Farmer, pr6senta a l'Enre-
gistrement une quittance pour laquelle il paya le droit tixe.
lais le directeur de 1'Enregistrement lui r6clama, en outre,
le droit proportionnel de 1 o/o sur la liberation. I1 refusal.
La Direction de 1'Enregistrement d6cerna une contrainte.-
Le sieur I. Farmer lit opposition. L'affaire portee au
Tribunal civil de Port-au-Prince, ui jugeilent du 8 Mai 41881
donna raison A l'Enregistrement. AFalrmer se pourvut
en cassation. 11 ne fut pas plus lhrereux, ainsi qu'il res-
sort de i'arrit suivant :
LE TRIBUNAL ,
Ui Monsieur le juge Valles, en son.rapport; MoNi'iiiur le
substitute du commissaire du Gouvernement A. Bourjolly, en
ses conclusions; et apris en avoirl dlliMr6 en la chambre
idut conseil ;
Vu : 10 le jugemient attal ud; 2" l'acte de la declaration de
pourvoi; 30 les requetes des parties; et io les autres pieces
produites ;









Vu aus.i le.- alrtici-,1 48 du code de piivdurre civil; H102,
(du code civil, 12, 4i~, 18, 7 ; h,, i, 121) 0t '130 de la loi sur
1'Einregistrement ;
Sur les huit moyons dl pourvoi :
Attend qu'en dC6clarant qiue lorsqu'il s'agit d'actc sons
seeing priv6, les droits d'enregistrement doivent itre acqltuittes
par celle-lt miine des parties qui pr6sente I'acte ti la fornia-
lit6 d'enregistrement; que, quoiqu'il on soit, il n'y a pas
nullit6 de la contrainte qui aurait ete d6'leil'1, plutot centre
la parties qui doit sulpplorI'l les droits que centre celle qui
doit les. acquitter, et cela, parceque tones les parties qui
ont figui6 dans un acte sont tenues envers I'administratioi
de l'enregistrement des droitsaN iiqirlcetacteestsountis; ct
que l'acte dontil s'agitquic.,,li slhito une lilil'raltiil, est passi-
ble du droit proportionnel, le jil-,ii"lint attaq l6 contient les
motifs exiges piar article 148 du c('1, de procedure civil,
lesquels ne sont point on contnaili tini avec le dispositif du
jugement ;
Attend que la tiaductioi en langue' fra i;is' d'un act
sous seeing priv6 ecrit en l killing, anglaise, Ce.rliiei6' et si-gne
par l'interpri'te judiciaire, no vend point cet acted authenti-
que ;
Attend que, dans l'pe.p,' .,, les droits d'enregistretnent
auxquels do~ i overture l'ace sous sing priv6\ par lequel
B. iFarmer acquitted, dOclharge el libere ai jamnais M1aurice
Farmer de tout clgyyi'i ilt envers lui ou la maison B. lFar-
mer et C0i, de .Loimlr's, pour toutes valeurs qu'il lui doit ou
a sa maison, pour le compete et coimme associ6 de la mason
Farmer lfrcres et Cie, de Kingston (Jama'ique), out pu itre va-
lai] element r6clamns (de Maurice Farmer a qui prolite cef acte;
Attendu que cet acte contenant une lioi6ration de valeur
est soumis au droit proportionnel; d'oui il suit que les pre-
miers juges out fait une just application des articles ei-des-
sus vis6s de la loi sur l'enregistrement :
Par ces motifs, le Tribunal ejette le pourvoi former pal
Mr Maurice Farmer centre le jugement rendu, Ie iuit Mai
1884, par le Tribunal civil de Port-au-Prince; ordonne la
confiscation de I'ainindle u1 :,,.ni' et condamne ledit sieur
Maurice Farmer aux ,,'-pns.
Ainsi faiet e jug6 par nous, I). ]Ai.,EMAN), president; J1
A. Coi:j.Tros, N. E. VARIES, 1M. FIIMrONT et S. LISTO'rorV,
juges, au palais de justice du Tribu'inl de cassation, en au-
dience publique du 23 ;Mar's 1880.


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N 20.

SE (: c it A N L.

Le ddlah i p,:'., ii piar l'articlc U,?2 d( code dc procedure
civil est a pine dle dlchewce.

ARlRT (qui declare le sieur MiACEAN SYLVAlN dlchliu du
pouLrvoi 1'orln6 contre le jugement rendu, le 30 Mars 1885,
par le Tribunal'de paix de L6ogane.

)u 23 Mars 1880.

Notice et, Motifs.

Le sieur Macean Sylvain s'est pourvu en cassation centre
uni jugement rendu centre lui par le Tribunal de paix de
Leogane, le 30 Mars 1885, r6siliant un bail pass entire lui
et la citoyenne Sylversine Sylvain. Malis n'ayant point faith
son pourvoi dans les trente jours de la signilication, ii a e6t
dlclar' dechu pal' l'arrt suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge Valles en soin rappurt; Monsieur le
commissaire du Gouvernement V. Laporte, en ses conclu-
sions; et apr6s en avoir d6lib6re en la chambre du conseil;
Vu : o1 le jugement attaqu6; 2o l'acte de la declaration de
pourvoi; 3o la requOte du deiiianIu1,eii et 4 les autres pie-
ces produites ;
Vu aussi l'article 922 du code de procedure civil;
Sur la lin de non-re, \-t,(ir s.;Iouliev: par les juges :
Attend (qu'aux tlei'.s de l'article 922 du code de proce-
dure civil, les parties ont, a peine de Ic,'Cl;.atce, trente
jours pour fire leur declaration de pourvoi, at date' de la
signification du jugement;
Attend qule le jugement attlmaqu a 6td signili6 a Macean
Sylvain le 9 .uillet 1885, et lue le pourvoi a ttd exerc6 le
cinq Septembre suivant; d'ou it suit qu'il n'a pas Wt tfait
dans le dMlai de in loi, et qlu'il i'est pas recevable :
En consequence, le Tribunal d6lclare le sieur Mac6au Syl-
vain dechu de son ponrvoi for'nc' centre le Ijugement rendu,
le 30 Matrs 1885, par le Tribunal de paix de L]ogane; or-
lonne la confiscation de l'amende ddposee.
Ainsi lait et juge par' nous, B. LALLEMAND, prisideit ; C.
CliIEI, Jh A. COURTOIS, N. E. VALLES et M. FRbMONT', juges,







-46-


au palais de justice lu Tribunal de t(ia d aliiii, en audience
publique

No 27.

1) E C: 1 i A .\C

Le demanldear e c aWssatio e'.s l'en, a ped e de dc ichdance,
dle fire le dipol pr'escrit p1r l')arlicle 930 (du code de jproce-
dure civil.

Alm:ET (utji declare la dame 11 IanII I-AFOuE:ST dIc'tue de
suI pourvoi 1'onrin centre le jugelnentl reltiiu, le 28 Octobre
1885, par le Trilunal civil de Port-au-Prince.

Du 25 Mars '1880.

Notice et Motifs.

Sur la (deniande en divorce intlroduite par le get'neral le-
rard Lalorest centre son ',pni'se, il intervint un jugeien t en
date du 28 Octobre '1885, declarant le demandeutr on-rece-
vable lt se prevaloir des aitss passes de '1880 Ii 188 et ad-
nit la demand sur les fits posterieurs.
Contre ce jigtm'enlll la dame lt6rard Laforest s'est pourvue
en cassation et negligea de faire le depot dans Ie dtlai pres-
crit. Elle fut Iclare'; e dtcliue par l'arrt suivant :
JE THIBUNAL ,
Oui Monsieur le juge C. C edri, en son rapport; Monsieur
le substitute du colnmissaire du Gouverenement A. Bourjolly,
en ses conclusions; et apr6s en avoir d61ib~irl en la clamllbre
dli conseil ;
Vu : 1o le jugement atta(lu6; 2( les requetes des parties ;
3" le certilicat d6livr6, le 23 Jaiivier dernier, par le greftier
du Tribunal de cassation, consatlant que la demanderesse
n'a pas fait le d(pot des pi,'ces et l'amende prescrit par la
loi; et 4 les outres pieces produites ;
Vui aussi I'article !30 du code de procedure civil ;
Sur la decheanceeinvoque par le d6fendeur :
Attendu lqe 1'article sus-vis6 vent, i peine de hde dcl ance,
que, dans les (quaranie cinq jours de la signification de ses
moyens, le demandeur s'inscrive au grelfe du Tribunal de







- 47-


ca.-iationi et y lhpotse : o une amended de cinq piastres; 2"
l'acte dfument signifin, contenant ses moyens; 3o l'acte de la
declaration de pourvoi; 4o une expedition signifi6e ou une
copie signifi6e (du jugement d6nonc6; 5o les pieces ia l'appui;
Attendu que la dame Htlrard Laforest s'est pourvue en cas-
sation centre un jugement rendu ii son pri'jilice, le 28 Oc-
tobrc 1885, par Ie Tribunal civil du Port-au-Prince; qule, l
25 Novembre suivant, elle a fait siiifie-r au sieur Hr~Iir'
Laforest, son adversaire, F'acte ,iiitoiidlit ses movens, sans
avoir ellectu6 le (edpot prescrit par I'article 930 du _ti-II de
procedure civil; d'out il suit qu'elle a c(i 'inlru la d6cheance:
Par ces motifs, Ie Tribunal declare la 1,in I H6rard Lafo-
rest, n6e Tercia Journel, df'-cli.u de son pourvoi form con-
tre le jugement rendu, Ie 28 Octobre 1885, par 1e Tribunal
civil du Port-au-Priii:.-, n,'1l:iiiim n ladite .i] liu-iIi'rs.e aux
(dpens.
Ainsi fait et jug6 par nous, I). LALLEIMAN, president; C.
CuIIEIt, .Ih, A. Cot in,.-, N. E. VALLrS et AM. Flt:rO.NT, judges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 25 Mars 1880.


N 28.

1 N C I D E N T' S.

Q(2a dl il rctultcl de cespidce.s l'uin. 1,,i'" i qu'1n i(nciCulnt re-
lclvant de la juridiclion cimi)nllc a (etc sol,',' pma Jcs pI)/'-
lies, le Tri'ili l de rctoss, li,_o' doit, en vert( u de l'a.,i'i'.' < Le
criminal tient le civil en etat, srseoir d la ( c',iuI,,l .I ,Ln. du
pourvoi, jsqnC'd ce que cct incidCen soit ,ild.

AluET qui surseoit ii la ,:.,iii.ii.-.; ni.,e d'un pourvoi form
par la dame ROSIELIE MAXIMILIEN centre un jugement rendu,
le 20 Juin 1884, par le Tribunal civil de Jacmel.

Du 30 Mars '1880.

Notice et Motifs.

Sur une contestation elevke entire la ;hiij. Roselie Maxi-
milien et Ie sieiir D6silus Desir6d f propose d'une promesse
le vente pour quatre carreaux et un tiers de terre d6pen-
dant de l'habitation St.-Cyr, il est iitervenu un jugement du







-48 -
Tribunal civil de Jacmel qui condainlle la dame Ros6lie
Maximilien A passer A D6silus Desire un acte de vente pour
la moiti6 du terrain sus-d6sign6. l'autre moiti6, appartenant
a sa sceur, Az61ie Maximilien.
Ros6lie Maximilien se pourvnt en cassation. Le d6fen-
deur excipe d'une fin de non-re cevoir base sur le dlfaut
de mention, dans l'exploit de signification, de la personnel a
qui la copie a 6tc laiss6e.
Le Tribunal do cassation, ayant reconnu un faux en 6cri-
ture authentique, prononca 1'arrit suivant :
Le Tribunal de cassation, en section civil, a rendu le pr6-
sent arrOt :
Incidemment an pourvoi exerc6 patr lame BR.'-li. Maxi-
milien, proprietaire, demeurant et domicili6e A Jacmel, de-
manderesse, ayant pouri avocats cllslill.ii Me U. D6pestre,
du barreau de Jacmel, et MeA A l-rion et Th6baud jeune, de
celui de Port-au-Prince, avec 61cection de domicile au cabi-
net dudit Me Th6baud jeune;
Contre le citoyen D6silus DIsire, proprietaire, demeurant
et domiciliN en la section du Fond-Melon, commune de Jac-
mel, d6fendeur par ses constitu6s Me C. Monrose Wilson, ldi
barreau de Jacmel, et Me L6ger Cauvin. de celui de Port-au-
Prince, faisant election de domicile au cabinet didit Me Le-
ger Cauvin ;
En cassation d'un jugement rendu par le Tribunal civil
du resort de Jacmel, le vingt Juin mil huit cent qualre-
vingt-quatre pr6judiciant A ses droits, alligue la demande-
resse ;
Oui Monsieur le juge J Martinean, Idoiii-it i l';i<1iin.
lecture de son rapport; les 1'vle pi.t-niu l de M r' Tlfi,, oli,1
jeune pour la leinandl rde.e. ; ceux de MN1' Leger Cauvin pour
le ,'lf.iileulr, et le r6quisitoire e do M ,iisiiir le commissaire
du Gouvernem.neiit. sur I'incident survenu A l'amulience A l'6-
gard d'un exploit argfid de faux imat6riel, et autlnentique
et, apr6s en rI '*t 6i r6 oli e n Ia; cliamlire du conseil
Vu les in,1-iIiie ts verses aux dossiers de la deIIi;iI Itid r '
et du .14freideur;
2() L'cepllil de significatiou des m(oyens do la d1emande-
resse, date dli vingt A(iout mil ihuitl cent quatre-vingt-quatre,
argfi6 de.faux ('t l'alteratioi (dans son parla lnt de Dorle6ans
Point-du-jour, lIuissier; paraph6 le jour d( l'audience par
P. Lerebours, commis-greffier pour ne c,,rirltr; portatt en-
registrement et transport etc., etc., au has de facte ;
30 Le prt' -n 'i r ., dress eOl co)nstatation d'un faux ma-
t6riel et autheintique ;








\'n a.it.^i les articles 360 et. 361 d(i .'dIt. d'instruction cri-
Iniiielle invoquis par le Ministre public
LE TRIBUNAL ,
Avanit dlire droit:
Attemndl qe le procis-verlial dIress"' en ('1amti'bre (1d Con-
soil le vingt-nenf DI '.-rinbre mtil lIli cent quatre-viugt-qua-
tre, cinst.it, la prI vention :inn dclil de faux on kcriture an-
Ilientilue ;
A.ttenl que to ltes les cir.in ll .nl s'y rattacliant ieles
qlue d6converte, d(einoiciation et conslatation so trouvent re-
latces (dans ledit procOs-verl al; et qu'il y3 a lieu de surseoir
, la connaissance (li ponrvoi puisque Ie crimiinel tient le ci-
vil on e tat :
I'our ces causes et motif's, declare s'abstel ir de la, i I' ii.i -
-dance lu pourvoi jusqiu' ce jque l'itncidenot on faux soit video;
on consqluiece, renvoie la'piice incriminie en~ clIsl le avec
le prUocs-verlbal y relatif, an InlVI' issaire du (I ouverienment
pres ce Tribunal pour qnu'i sa dliltin t,, des pou'suites de
droit et do fait soient diiigces devani le Trilbunal ii 'iiip.1 it
sur l'incident en faux.
D IIIII(.' de nous, I). lTihllNi vice-pj '-il'lenl ; (. Ct linRi, J11
A. CounTro.s, J. lA ','i'iN:Ar et ( Flli:Io.NT, jig,.-, a(U ,P.l;,is
le justice dII Tri'i unal de cassation, en .idii'-i.' publique tdu
trente Mars nil Imuit cent quatre-vingt-six, ain Oc, en presence
de M1r V. LxuioIrt'E, iisll .:' ii:,i ire d(u o (;ilveo ne i t.



N0 2).

1i P: r; U s A T t (J N.

L chc / le > c ci st io f doit /I r1, si/n, e de t lI p( artie o/ i ,lu '1 /,'In/
dc so prociwtion u f(heu liiC u (/I ., vlt-ic.

Alni r quii rejetto la rdecnstion exercee palr la d11e JOS-
sxNE .JoAc.M t o ntre los j iges du Trbilinal civil de St-Maurc.

lI G( Avril 1S8c.

Notice et Motifs.

Sur une conlestation surven\ enitie le citoyen Ioienaimn
lievanche et la dame Joassine Joacliin a propose cd'tu carreau
ide, terre, Ie Triliunal civil de Saint-Marc, saisi de l'alfaire ,






-50 -


6tait suIr le point de prononcer le jugel ent d6finitif sur cette
contestation, quand Me Bailly; avocat de la ddfenderesse, en-
treprit de soulever une suspicion l6gitime contre le Tribu-
nal. Le Tribunal de cassation, sur la requite pr6sentde
par le citoyen Bienaim6 Revanche, rejeta cette r6cusation par
l'arret suivant:
LE TRIBUNAL,
Oui le rapport de Minl ierii le juge Courtois; les conclu-
sions de Monsieur le substitute du comnissaire du Gouver-
nement A. Bourjolly; ot ;pr's en avoir dlib6re en la chan-
bre du conseil;
Yu : 1o 1'acte reou au greffe du Tribunal civil de St-Marc
le 30 Octobre dernier, par lequel la citoyenne Joassine Joa-
chim, cultivatrice, derneurant sur l'habitation Brl,,,cl, com-
mune de Dessalines, d11icll ir r6cuser les magistrats du Tribu-
nal civil de Saint-Marc; 2o la re qnitC du citoyen Bienainm
Revanche ;
Vu 6galement 'article 381 du codi, de procedure civil;
Attend qu'aux terms de cot t;rtirle, Flacto de r6cusation
doit 6tre sign de la parties, ou du fondC( de sa procuration
authentique et spciale ;
Attend que I'acte de ri i.-i tioin regu au grefoe du Tribu-
nal civil de Saint-Marc, n'est sign ni de la dame Joassine
Joachim, ni d'aucun fond6 de sa procuration authentique et
sp6ciale; qu'ainsi cette r6cusation est non-recevable :
En consequence, le Tribunal l:clare la cilt'cyeine Joassine
Joachim non-recev:ulle en sa rl'll.;atill 'ex'orl Ic' centre les
magistrats du Tribunal civil de Saint-MIarc. d(si(gnes dans
ledit acted,
Ainsi faith et jug6 par nous, 11. LAoIMANO, president; (.
CHERI, 1Jh A. CoI1 ;'l1-'I>, J. MARTINEAu et N. E. \ALI.ES, ju-
ges, au palais de justice dil Trilbunal de cassation, en au-
dience publique du six Avril 188.(i


N0 3).
POUVOli 1'A RIIIE ACTION DES I'lIl \III..II IUGES.

Le puri.,iir il'u pp( i ( 'i liii (cs j(e ges etant so ,i'icrain, leurs
,lcCisbios, sous ce 0qipoi't, cchilppent (i la censure d(i Tribu-
nal de cassation.
RE.JET d11 pul r\Ni form( par la dame veuve LAVIAL, 116e







- 51 -


GADJIE, contre un jugement rendu, le 8 Avril 1885, par le
Tribunal civil de J6remie.

l)u 0 Avril 1886.

Notice et Motifs.

La dame Ve Lavial avait assigned devant le Tribunal civil
de Jeremie la citoyenhe Jalouse Dupoux pour entendre pro-
noncer la nullit6 d'une obligation hypoth6caire, souscrite A
cette derniere par la dame E. Margron. Elle pretendait
que cette obligation 6tait entaclhe de simulation, la dame
E. Margron ne l'ayant consentie que pour sauver le seul bien
que son epoux eut a Jeremie, bien qui garantissait une
action que ladite dame Ve Lavial avait i exercer centre E.
Margron. Le Tribunal civil de J6remie ne fit pas droit a cette
pr6tention et condamna la demanderesse qui se pourvut en
cassation centre le jugement, y relevant un excis de pouvoir
avec fausse application des articles 925, 956, 957, '1106, 2036,
903, 004, 909, 1139 du code civil.
Sur quoi est intervene l':irit suivant :
LE TRIBUNAL
Oui Monsieur le juge I11 A. Courtois, en son rapport; Me
J. Archin, avocat, en ses obser\ xatiuon. pour la demanderesse;
Monsieur le substitute du commissaire du Gouvernement A.
Bourjolly, en ses conclusions; et apr6s en avoir dl6ibere en
la chambre du conseil ;
Vu : '1 le jugement attaqu6; 2o l'acte de la declaration de
pourvoi; 3o les requites des parties; et 40 les autres pieces
produites ;
Vu aussi les articles 957 et 1139 du code civil;
AU FOND,
Sur l'unique moyen du pourvoi :
Attend qu'en jugeant que l'obligation hypoth6caire du 2
Mars 1884, souscrite par la dame Eugene Margron ai Mmo
Jalouse Dupoux, n'est pas entachee de simulation, de fraud
ou de dol, les premiers juges n'ont fait qu'user de leur pou-
voir d'appr6ciation souveraine qui ne tombe pas sous la cen-
sure du Tribunal de cassation ; que, par consequent, le re-
cours exerc6 contre cette decision ne saurait Otre accueilli :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin
de non-recevoir opposee par la defenderesse, le Tribunal re-
jette le pourvoi former par la dame veuve Lavial, n6e Gadjie,
contre le jugement rendu, le 8 Avril 1885, par le Tribunal









civil de ,ltr6mie; (odonile la coniiscatilo de l'amende ledpo-
se et ci ,lod:ine ladite demliai ldleresse aux dlpens.
Ainsi faith cA jugc pat' inous, I. LALLEMAI, president; C.
CuIi:I, ,Ih A. COUnTOiS, A. R iCGNIER et M. F'lIONxT, julgs,
au palais td justice du Trihunal de eassation, en audience
pullique du six Avril '18(I.


No 31.

A.\Inil:r iDE CASSATInN EFFECT .LtAL. INTERTI STATION.

L'c/l'ei lial de I'arcrt pi, mnimant cassalion (Vd'u jugerment
est d('anw(antir i Ce joi,,iiii,.,t ci de mettre les parties dan(s le
iii',' dialt o. cl!es soe lrouaient avant le juycment. Le
disp1ositif (d'iu arrct tsl susceptible d'interpre'talion que
qu nmd if of/r de(/ tritii' t/'.'-a'.rs on O qt iioqu..

RlEJET (1' la deiinnle e 'ilntiii-'rp 'l;;iiii prdsentde par Mlon-
sieur ()OCTAV S L\MENAU au sujet d l'arrot rendiiu le 1' Avril
1885.
I)n 0 Avril 188().

Nolice et Motifs.

Un jugeiiieiit du TriI nal- civil do Plort-au-Prince avait ,
ap-rs rejet (d'uie finl de non-recevoir pr)sentee par la dame
Ve Al'xanuii'i' Delva, cn .IIain' ladite dame au fond. Elle se
piuii r\ t en c;' .-.-dlin pour violations du droit de la d6fonse,
et Ie Tribunal lui donna raison. Le sieur 0. Rameau, son
:i lversai re, pretendant que 1'arrit intervene n'avait touch
qu'at la parties du jugement qui statuait sur le fond en res-
pectant co'll qui avait trait au reject de la fin de non-rece-
voir, pr6sentl au Tribunal de cassation une demanded d'in-
t -r ii.l:liiili qui fut ri jelt.. pa'r l'airrt I suivant :
LE TRIBUNAL,
Ou)i Mo'nsi,'ur le jii,, Fr6ont en son rapport.
Ou'i '.iale'1ii0ent M.. n-Ihsie r A. l-ourjolly, substitute du coni-
missaire (du Gouverneiient, en ses conclusions.
Et ;prl,'s on avoir ddlib&er en la chambre du conseil;
Vu : 10 la iequdte pr'se ~i1 ; 2 l'arrlt rendu par cc Tri-
butnal, en date du 16 Avril 1885.
Statua:nt sur la ldeiaiid d'interpr n nteipritation cotenue dans
ladite requOte (de Mr Octavius Rameau) :


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- 53-


\ttelldlu que l'arrit don't il est ldeiaiiinte l'interpr6tation ,
porte pour dispositif ce qui suit :
< Pour ces causes et motifs, case et annule le jugement
du cinq Septembre d6eonc6, en adoptant la critique de ce
moyen, (Ie premier moyen du pourvoi exerc6 contre le juge-
ment); renvoie la cause et les parties pardevant le Tribunal
civil du lessort de Jacmel pour, par lui, en connaitre, etc.;
Attend que l'effet l6gal de la cassation d'un jugement,
tquand il n'en est pas autrement (lit dans l'arret- pronongant
cette cassation, est .d'aneantir le jugement don't ii s'agit, ce
qui, en consequence, remet les parties dans le mnme et
semblable 6tat oi elles se trouvaient avant le jugement d6-
nonce qui a W6t annual ;
Attend que le dispositif de 1'arret du seize Avril mil huit
cent quatre-vingt-cinq, tel qu'il vient d'etre rappel6, n'est
pas susceptible d'interpr6tation n'offrant pas do terms obs-
curs ni equivoques dans ces 6nonciations, qui sont, au con-
traire, claires et pr6cises,
Le Tribunal, a ces causes, di'lclarc la demand pr6sent6e
non admissible et la rejette.
Fait et juge par nous, Jh A. CouITOIs, judge remplissanil les
functions de president; A. R~i.MI.I, N. E. VALLIS, M. FRE-
MONT et S. BISTOnRY, juges, au palais de justice du Tribunal
de cassation, en auilieiice publique du six Avril 1886.



N0 32.

CONDITION DES EITRANGERS EN HAtTI : PROPRIITI: DES
IMMEUBLES; SUCCESSION AUX MEUBLES; LICITATION
DES BIENS D'UNE SUCCESSION; EFFET
DU MARRIAGE ENTIRE HAITIENNE
ET ]I11A.
Nil, s'il i'est Ifatifi',,, ne peat dree proprietaire de biens
fi,,c;'is" e en Haiti, d quelque titre que ce soit.
Un ctfran'cr n'est admis d su.ctd.cedet qu'aux biens 'meubles
que son parent, dtranyer ou I ti'ici, a-laisses dans le territoi-
re de la Re'publique.- L'expression BIENS IEUBLES ne com-
prend ici que ce qui n'est pas cense'immeuble.
L'etranger n'ayant pas la proprie't des choses immobiliires
'ie peat etre admis comme heritier, et partant, comme pro-
prietaire, d la licitation des immeubles d'une succession.
Le marriage d'une haitienne avec un e',ay'cr la rend etran-
Ygerv.






- 54 -


La loi du 80 Octobre 1860 sur les ,nriije:s nt tre HiaHica.'s
et strangers, coi,ir'ir.c d la Constitution, ne vise dans son ar-
ticle 5 que l'enfant qui serait nd du marriage (d'v hailtien
avec une etrang re.

IREJET dui pourvoi iorini par la dame LUCE STERLINE STER-
LNs, Ve P. LORQUET, 6pouse C. A. VAN OKKELEN, Conltre n111
jugement rendu, le 18 Septeibre 188It, par le Tribunal ci-
vil de Port-au-Prince.
Du 6 Avril 1880.

Notice et Motifs.

La vente des immeubles do la succession P. Lorquet allait
avoir lieu quand la dame L. Sterlin, VV P. Lorquet, actuel-
lement spouse Van Bokkelen, y fit opposition, en sa preten-
due quality dl'hiriti;t'. d(e son ills Eymn. Lorquet, de veuve
de feu P. Lorquet et de tutrice de ses enfants miners
Christian et Ldonce Lorquet.
Sur cette opposition jugement iiitir\int (ui 1'en debouta.
S'6tant pourvue en as\;.-utiui, ses ilnmyciI- ont )t6 rejetes
par l'arrOt suivant:
LE TRIIU'NA L,
Oui Monsieur le juge S. llistoury, en son rapport; Mon-
sieur le substitut du conmiissaire du Gouvernement A.
Bourjolly, en ses c.,liiilu ii :; et :pi,'-s en avoir delib6r6 en
la ehambre du cIn .cil ;
Vu : 1o le jugement attaquen; 2o 'acte de la declaration de
pourvoi; 3o les reqnutes des parties ; et 40 les autres pieces
produites;
Vu aussi les articles 5 de la Constitution, 587 du code ci-
vil, '148 du code de procedure civil et 5 de la loi du 30 Oc-
ifn 11I, 1860, sur le ni ,niau- entire ]hatiens et strangers;
Au FOND,
Sur le premier moyon du pourvoi :
Attend que d'aprcs 1'article 5 de la Constitution, nul, s'il
n'est ihaitien, ne peut 6tre Lpr-i'.ri'l[;ire de biens fonciers en
Haiti, t qiel'qulr titre u(e ce soit; et qu'aux terms de l'ar-
ticle 587 du code civil, un stranger n'est admis A, succ6der
qIl'Laux iens meubles que son parent stranger ou haition a
l:ui.-.s dans le territoire de la I6publique; -- que l'expres-
iiin biens ,rldl's, don't s'est servi le 16gislateur, no con-
pren1d (iquL e qui n'est pas -rns,.' imineuble ;








Attendu que la licitation no peut avoir lieu qu'A f'gard
ldes choses indivises qui peuvent Otre l'objet d'un partage;
que l'6tranger, n'ayant point la propriWtd des choses immo-
bili6res, ne saurait etre admis a procdeer, comme hbritier,
et partant comme propriktaire, A la licitation des immeubles
d'une succession ;
Attend que la dame Sterline Sterlin, veuve Pol6mon Lor-
quet, revenue dtrangere par le fait de son marriage avec le
sieur Van Bokkelen, ne pent avoir droit que dans la succes-
sion mobilize e o son ils Eymond Lorquet, lc:',1d Ile 1'le
Ddeembre '1883; que n'ayant aucun droit, aucun interet.
comine ehriti~ce, d(ans la succession min lillib; ire de ce fils,
le Tribunal civil de qui l'~,llmai le jliyetll'enit d6noin6, en d6-
cidant qu'elle n'est pas r.'riv\.ul l come lihritiire de son tils
Eymond Lorquet, ai pi*lceIAL'r i la licitation des immeubles
(1ependants ds eommunaut6 et -.ccssioi Pol6mon Lorquet,
a fait une just et saine applii.Aiinl des articles 587 du code
civil et 5 de la Constitution;
Sur le deuxi6me moyen :
Attend que le jugement attaqud, en d'l :.iL, iint, (dans son
point de droit : 10 la dame Sterline Sterlin, woui\'v P. Lor-
quet, spouse Van Iukkelcii., stranger, est-elle halbile isuc-
ceder A la part qui doit revenir a' feu Eymond Lorquet, son
tils, dans la succession de P. Iorquet?' 20 De ce que la
vente ou la licitation des iminleubles d6pendants d'une suc-
cession est ordonn6e, doit-on inf6der de li qu'il ne s'agit plus
que des biens mobiliers de ladite silc -_s.ioi, et ce, avant
que cette vente ou cette limitation ait 6te iccOiI li ? co ju-
gement content l'expose sommaire des questions sur lesquel-
les les premiers juges out decide relativement A la part qui
doit revenir LA Eymond Lorquet dans la succession immobi-
liere de son feu pare Pol6mon Lorquet; d'oi ii suit qu'il n'y
a eu aucune violation de l'article 148 du code de procedure
civil ;
Sur le troisi6me moyen :
Attendu qu'en declarant, entire autres motifs, que si la
dame veuve P. Lorquet, aujourd'hui spouse Van Bokkelen,
conserve aux terms de l'article 5 de la Constitution, les
droits immobiliers qu'elle avait dans la succession de son
premier maria, avant qu'elle out cess6 d'etre haitienne, il n'en
est pas de meme des droits qu'elle pretend avoir dans la
part des biens immobiliers revenant a son fils Eymond Lor-
quet, mort depuis ses dernieres noces avec le sieur Van
Bokkelen, stranger; qu'elle est inhabile a hiriter des biens
immobiliers de la succession de Poldmon Lorquet qui peu-
vent revenir a son fils Eymond Lorquet, d6c6de bien long-


- 55 -






56-

temps avant que la licitation desdits itinineuble., ecit etd or-
donnee; le jugement attaqu6 est suffisamment motive. et sa-
tisfait, par consequence, au vowu dudit article 448;
Sur le quatri6me et dernier imoyen
Attendu que la loi du 30 Octobre 1860, sur le marriage
centre haitiens et strangers, contraire a la Constitution, ne
pourrait trouver son application dans la cause; que F'article
5 de cette loi ne concernait que l'enfant qui serait n6 du
ariHaii ge d'un haitien avec un stranger; que tel n'est pas le
cas d'Eymiond Lorquet qui etait n6 du marriage de Polemon
Lorquet, haitien, et de Strliiie Sterlin, iaitienne; qu'en
outre, il est de principe qu'on ne peut soulever, conine mo-
yen de cassation, une question qui n'a pas e6t proposed de-
vant les premiers jut.s; -('oif il result que ce moyen n'ayant
Wt6 l'objet d'aucune di-icuission au Tribunal civil, le jugement
n'a pu violer l'article 5 de la loi pr6cit6e :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin
de non-recevoir preintCe par les d6fendeurs, le Tribunal
rejette le pourvoi form par la dame Luce Sterline Sterlin ,
6pouse Charles Adrien Van Bokkelen, centre le jugement
r..iIndu, le 18 Septembre 1881, par le Tribunal civil du Port-
au-Prince; ordonne la oillfisct.iIit de l'amende d6pos6e et
.-u,,lanlllc ladite dame Van Bokkelen aux d6pens.
Ainsi 'ai t et jug par nous, B. LALLEMAND, president; C.
Ctr:IuI, Jh A. C:.(U;TrrIls, N. E. VALfLES et S. BISTOURY, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publiqlUi du six Avril 1886.


N 33.

DE C lit A N C E.

11 y a dlc.:,l iic con tre Ic dci mn ulCear en cassation qui au-
idll effectud le dIe i' prescrit par l'article 930 du code de
procedure ciil'e ijp'r. Ie d(l(iu de qaIriii Ie-cbiq jours.
AnaRRT qui declare le sieur ALBERT LEBON dechu de son
pourvoi former centre le jugement rendu, le 24 Octobre 1884,
par le Tribunal civil du Cap-llaitien.
D)u 6 Avril 1886.
Notice et Motifs.
Le sieur Albert Lebon s'est pourvu en ca.-ali-ati centre






57 -

ill jugement rendu t son prejudice par le Tribulna civil du
(ap-1Iaitien et lit signitier la reiquite contenant ses moyens
le 5 D)celbre '188,5, mais n'el'ectua le depot que le 21 Jan-
vier suivant.
Les 1dfendeurs ayant -oulleI la h6cI.IaIllce, le Tribunal de
cessation rendit 1'arrlt s \u.iv l :
LE TRIBUNAL,
Ou'i Molsieur le jug .1. Martineau, en son rapport; Mon-
-ierl le su bstitut du' commissaire du C(ouLernOement A.
Iouirjolly, en -es conclusions; et apris enl avoir ,dlib6er) eni
la cliailnbre du uii-',il;
V' l'article 9030 lu -colde de procedure civil
SIr la (dteatie pr6seilnt6 par les ldfendeurs :
Attendu (que 1l sieur Albert Lel)on s'est pourvu en cassa-
tion centre in jugement rendu a -:(nl prnjudlite; que, le cinq
Dcembro dnernier, it a tfait signilii r aux d6fenldeurs l'acte
contenant ses moyens; et qu'il u'a effectu6 le 1lpi;t prescrit
par l'article 930 du code de procedure civil que le 21 Jan-
vier suivant; d'oh it r6sulte que ce d&ept n'a etd faith qu'a-
pris le d6lai de q(uarante-cinq jours; ce qui entraine la (1-
clh6eace pr6vue par ledit article 930 :
Par ces motifs, le Tribulnal declare Ie citoyen Albert Lebon
dIchhu (de son0 pourvoi form16 C' 'IItre le jugement rendu, o1
vingt-quatre Octobre 188i, par le Tribunal civil du Cap-1lai-
tien; ordonne la confiscation de I'am(icnlde dposde et con-
,laine ledit 1]ettitanl eut aux d( ep n-.
Ainsi fait et juge par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CIIERI, Jh A. CouIrroIS, J. MARTINEAU et N. E. VALLES, juges,
au palais de justice du Tribunal (d cassation, en .Iudiiiieic
publique du six Avril 1880.


N 34.
EniREUR. PREUVE.
Lrulllpc des, erreur s out etc oIt.l in.'.s da(ns un roimj'le, la
parties le'e'e a le droit d'en demanded, riti;fic',lioin, bien que
re compie ait scrui dt base d un juie(niotl dc co.ndbimolion.
II est do principle que cclui qui ,ri'l m ir un dr'oi Ct stenu
(Ie le justifier.

ANNULATION, sur le pourvoi de la dame Ve TELASSIN BAR-
.E1xAu, d'un jugement rendu, le 10 DWcembre 1884, par le
Tribunal de commerce de Jacmel.







- 58 -


Du 13 Avril 1886.
Notice et Motifs.
Une lde.rinile en rectificatio~i d''erreurs continues Iat1.- un
jugement du Tribunal de comli erce de Port-au-Prince rendu,
le 21 Septembre 4880, en faveur des sieurs Miot, Scott et Co,
avait 6td repouss6e par jugement dadit Tribunal en date dit
30 Decembre 4881.
Ce jugemen ut fut cass par arrest du Tribunal de cassation,
en date du 24 Octobre '1882.
Le Tribunal de commerce de Jacmel, saisi de l'affaire, par
son jugement du '16 D e.nclre 1881 rt'epoussa. de nouveau la
dlemande en rectification.
Sur le recourse exerc6 conltre ce dernier jtii~eiiei, le Tri-
lunal de cassation rendit I'arrit suivant :
LE TRIBUNAL ,
Ou'i Monsieur le jugi J. lartineau, en son rapport; Me
Thebaudjeune, pour la demanderesse; Mle J. Archin, pour les
d6fendeurs; et Monsieur le commissaire du Gouvernement
V. Laporte, en .- conclusions;
Apris en avoir 1'liihr6 en la chambre du conseil;
Vu : -1o le jugement attaqu ; 20. la declaration de pourvoi;
3o les requetes des parties; et 4o les autres pieces produites;
Vu aussi lc. article 901 du code civil et 465 du code de
procedure civil;
Attendu qu'en raison du principle que 1'erreur de fait vi-
cie tout consentement, l'article 465 du code de procedure ci-
vile confere, lorsque des erreurs ont Wtd commises dans un
compete, A la parties qui serait 16sbe, le droit d'en demander
la rectification, encore bien que ce compete ait servi de base
a un jugement de condemnation, et que la parties ait deman(ld
un ldelai pour payer ;
D'ofi il suit qu'en d6cidant le contraire, le jugement atta-
(jqu a viol6 ledit article 465 :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les au-
tres moyens, le Tribunel casse et annule le jugement rendu,
le 16 Dceiemllie 1884, par le Tribunal de commerce de Jac-
mel; ordonne la premise de lamende deposee.
Et, attend qu'il s'agit d'un second recourse entire les m6-
ims parties, le Tribunal se declare, aux terms du deuxi6me
alin6a de l'article 140 de la Constitution, competent pour sta-
tucr sur le fond :
Vu l'article 11.00 du co:.d civil;
Attend lque du principle 6crit en l'art. 1100 sus-vis.6 il re-
suite que celui qui r6clame un droit est tenu de le justifier;








Attend qu'aucune des pieces ver e.- an proces in'tablit
la succession Telassin Barreau d6bitrice des sieurs liot,
Scott et Cic du sold du compete de Telassin Barreau chez
Alexandre Duranty et Cic, ni de celui chez William Spotten
et CiO, ports dans leur compete arrite au 21 Novembre 1879;
que, dans cette circonstance, il imported, pour 6clairer.la cons-
cience des juges, que lesdits d6fendeurs fassent preuve de
leur droit a la reclamation de ces deux creanciers :
Par ces motifs, le Tribunal, avant dire droit, ordonne que
les sieurs Miot, Scott et Cie signifieront a la dame veuve
Telassin Barreau et pr6senteront au Tribunal, dans le delai
de deux mois, A partir do la signification du present arret,
les actes ou pieces qui les cii.tittiir t cr6anciers de la suc-
cession Tl6assin Barreau : (o de la some de P. 10,3i8,2i
en principal; et 20 de celle dte P. 2,021,05, en principal, qui
ligurent dans leur compete ;i 1tW at 21 N(\ti,.lire '1879, de-
pens reserves.
Ainsi fait et juge par nous, 13. LALLESIAN), president; C.
CHI 'Il, Jh A. COURTOIS, A. RI;:GNIEI1, Prl,::11.i,-,, L. E. VAVAL,
J. MARTINEAU, N. E. VALLIs et S. BSToURYJ, judges, au palais
de justice du Tribunal de cassation, en :'lli'nc' publique
du 13 Avril 1886.


No 35.

1HECOURS EN CASSATION : I I S E(N AS ,DE SECOND IRfEC)'RS.
YENTE DES IMIMEIUBLES. [OIIMALITEIS.

AUcnU( lo i nayan1 tra cIN' forac dll f I'"v qi a lit Ie Tri-
banal de cassation doit Cire s(isi des causes que l'article 140
de la Constitution n//ltr'i -/ a. so coni i ui.Sr -i ct,I les poOurvois
(dars cl cas d'u n second I';,-iitrs, doiu'en s'e.ceiccr coniformi-
meit an miode labli dans la loi l 8 (du le it, '01 i 0 u,',, ,
civil. En cos,',.qu n,,C Ie., v 1 poturroi Sadressd daIs c cas sans
lOS mots SECTIONS IIlEUNIES, de, cipio rletat cte info ,ilit(
(/e la loi.
La venae des i n a blues doil ed'rc anoncw)c pa, des placards
apposes dans les endroits indiq,,'., par la loi. Pour garantir
l'aecomplissemcent dc cette forn.mliti, la loi c., i,/e, q e l'origi-
(al dit p)rocNs-rebal coastal an I'Plpposilin i c's placards soit,
ai p)cine de nu)llitl, vise patr /c juec de pai. de chaenWitc des
iomilmuics otl ce//e opposition a Wec faite.
ANNULATION, sur le r.mniiis de la dame TEiLASSIN BARREAU,


- 59 -







-60-


d'un jugement renldu, le 14 Novembre 188i, par le Tribunal
civil dte Jacmel.
Du 13 Avril 1886.

Notice et Motifs.

Un arrit du Trilunal de cassation avait annulde Uo juge-
mnict d'adjudication definitive (lu Trilbnal civil de Port-au-
Prince, au profit du iitIoyan P6tion Rivi6re. La cause ren-
I'nvIe devant le Tribunal civil de Jacmel, nouveau j ngemnent
d'adjudication dans Ie mn;me sens. Nouveau pourvoi d'on
sortit l'arr't suivant :
LE TRIBvNA.L,
Oui le rapport de M\li i.-iriIr le judge .1. NlMartineau ; les ob-
servations dte Ale Tli6baudi jeune, ;vi\,cat de la Ileii;aiidri's';
SIIes 11 de Mc J. Archill, avocat du d1'-i.iiiiiour; et les conclu-
sions de M0 i.-eiil le comnnissaire du G(,i\'iiieiinl'l'lt V. La-
porte ;
Aprm-. en avoir deliver en la c(ambre (dIu ciiiil :
Sur la fin de n1on-ri' \,iii o ,iir.-,'- par le dI'-fcliir :
V : 10 le judgment atta(qlui ; '2. Iact( do la d'li l ;:latin d (I-
pourvoi; 3" los requel's des parties; et I" les auitres pieces
produites;
Vu aussi los articles 951 du1 (i1, die procedure civil et
IW0 de la (onstitution ;
Attend qu'il est tie priil ip,, g n4 eral, i,.-. ii' (lalans la'r-
ticle 951 du cle de pci,'-,lurh civil, (.ue les nullit6s et 0 d-
chlances no sauraient i'rr ;,iw iiilli,.s, si .**r., ne sont tor-
incllemi ent p v' ii.s et i'1I'l iii iii',.-'s par la loi;
Attend qpi'aucunte loi n'ayan I tric,' la tbrime d'apres la-
(liuelle le Triblunal de cassatioin doit ktre saii des t ( a1is.. (tlte
l'article iO) (10 la Constitution attribue i sa i, ( iiiLt.oUI les
poIurvois, (dans to cas ('uni -mt iiid recourse, driven t s('e.\ ri'c
conUl'or menot an i n i. tabli dans la loi No 8 ldu code de
p ,im.'Il uire civil :
Qu'ainsi le pourvoi atdiess6 a;n Tributnal dIe cassation, dalns
le cas ld'un secon(td recours, ss le ls mots sections 'crc nics,
ne comporte ,iii'III inl'orlmalitl dle loi;
En i,,I.-I'il- nIeC, 1o Trilmnam l rejette c'otte lin d(o lnon-rece-
voi..
A IL'OND,
Sur le I' -'-i iii inoyeltn pourvoi :
Vu les articles 599 et (i27 du c (1' 1de I~n. liiir, civil;
Attlendn que l'article 599 sus-vis6 exige que l'original du







- 61 -


procst-verbal de l'apposition des plirar. I l ii, uin-.tiit la
vente des inmmeubles saisis, soit vise par le juge de paix de
chacune des communes dans lesquelles l'apposition a Wte
faite; et que l'article 627 du code de procedure civil pres-
crit cette formality it peine de nullit ;
Attend que, dans l'espice, l'original du proes-verbal de
l'apposition du placard faite t .lacmel n'a pas W6t vis6 par le
juge de paix de Jacmel, inais I'a et, contraireienit a la loi,
par le greffier du Tribunal civil de cette ville ; ce qui conls-
titue une violation dudit article 599 :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner le pre-
mier moyen, le Tribunal casse et annule le jugement rendu,
le 14 Novembre '1881, par le Tribunal civil de Jacmel ; or-
donne la premise de l'amende ldposke et clniinlilii w le citoyen
I'tion Riviire aux depens.
Et, attend qu'il s'agit li'un second recours entire les me-
ines parties, le Tribunal se declare, aux terms de l'article
140, 2c alinda, de la Constitution, competent pour statue
sur le fond:
En consequence, le Tribunal ordonne de fire la procedure
nicessaire pour le mettre en measure de pru'dlr au fond.
Ainsi fait et jug6 par nou., B. LALLE-IMAND, priloni ; :.
Cnilau, Jh A. COUlTOIS, PEIUGOIn, A. 1RREGMIER, J. MARTINEAU,
L. E. VAVAL, N. E. \VALu.s et S. BihsTroui, judges, au palais
de justice du Tribunal de cassation, en aliI'l. '-- publique
du 13 Avril 1880.

N0 3(.
POI'RVOI EN CASSATION : FO;\1\I LITI.

Poaur que la sig ifi.rlin i du(I ja ,,.r,'l, qit'o.n u., ,tll 1,iquo r
serve de point de depart pourmt calcie( r 1l ddlai (du I)po'ir
,oi, il f'ul qu'elle ait tWd faite (d 11,,1,i cf Oe on ( dmi ii ;/e,. Le
parafjyaphhe 6 de l'article 79 d( code de pi ,,,,ure citile
s']applique au'?.' ca.s de SulS nif ration 'onm, e (d." ai, i,,, u', ,tii s.
Pour les )persomes qui luibiteit hors (dt territoir'e haiiii,,
le jugemen t ldu Triblna0 l d( reavoi, ,i,',.vs ,'s'. /,ii))?, doit dire
sig ifid, ( peine de ntullitc, a(O di., i,.il,. du Ministrc public.
pris le Trilbnal tie cassalin et ,non du Mit ni.ol-rc public pris
le Tribunal de I'e),oi.

A1r t1'h 'ui d6clar e l cituyvel Zl Nox 110(;U (dcl1u de son
pourvoi formI6 contreI le jugement rendu, le 21 Septembre
1882, par le Trihunal civil dle Jaemel.







- 62 -


Du 13 Avril 1886.

Notice et Motifs.
Faute de s'etre conform i ces rIgles, le sieur Znlon IIhii
s'est vu d6bouter de sa demand centre MAlne la vicomtesse
de Janz6 par ]'arrit suivant:
LE TRIBUNAL,
Oui le rapport de MAr.-ieur le judge S. Bistoury; les obser-
vations de Me Th6baud, avocat du delnandeur; celle de Me
C. Archin, avocat de la defenderesse, et les conclusions de
Monsieur le commi.saire du Gouvernement V. Laporte ;
Apr6s deliberation en la aclambre du conseil;
Vu : lo le jugeinent attaque ; 2o la declaration de pourvoi;
3o les requetes des parties; et 40 les autres pieces produites;
Vu (L;d ijl ni.nt les article. 922, 79, Go, et 80 du co-l' de
procedure civil ;
Sur la premiere fin de non-ic-vi, .-iil.vi. par la de-

Attendu que, pour que la signification du jugeinent qu'on
veut attaquer serve de pi int de part pour calculer le dl-
lai du pourvoi, il faut qu'elle soit r6guliere; qu'il faut no-
tamment qu'elle ait Wte faite personnel ou at doi:ic.il; que
le paragraph 6 de l'artil',, 79 du code de procedure civil
s'applique au cas de signification le jugements ou autres ae-
tes judiciaires, come au cas d'ajourl'i.ilrint ;
Attend qu'a l1'egard des pel'.- IIIn, ls lqui Ialit,'nlt liors idu
territoire haitien, le jugement dlu Tribunal de renvoi, apris
cassation, doit etre -igAiuilid, i pleinde d nullitd, au id ilnieil,'
du lMini.i, -re public pris ce- Tribunal, et lion au domicile du
Milist'-rte public preis le Tribunal qui a rendu le jugement
annule ;
D'oi il rdsulte (lue la signification du jugement attaque,
rciAdu sur exception, tau parquet du Tribunal civil dui Port-
au-Prince qui a et c i-i de la i.m, est insuffisanle pour
faire courier le dtlai du pourvoi eln i ;.-s'ati in ; que le deman-
deur no pouvant ri'.l':'eir c ltr irri gularite a c luirnrii la d6-

Par ces i, et ansiis, ans qu'il -.it l esoin d'examiner la se-
conde fin de non-r.' '\ tiir, le Tribiinl elare e citoyenZ6-
non IIogu decliu de .-''ii pourvoi formni contrlele jugeinent
rendu, le 21 Septembre 1882, par le Tribunal civil de Jac-
mel; ordonne lta dcl i.-fi;iii,,l de l'a;iii'iile deposee et con-
daine le(lit demandeiur aux l I'liis.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. IAI.IEMAND, president; (C.







- 63 -


(:iiEil, Ji A. C I-rTOIS, A. RiEGNI, 1 E. VAVAL, J. MAh-
TINE'A. N. E. VA,\:s, M. Ft lo O' et S. LisTounV, judges,
au palais de justice du TribJunl de cassation, en audience
lubli(que (du treize Avril 1880.

N0 37.
POINT DE IltOIT. PMIESCRIPTION ACQUISITIVE.
DO 3131AGES-I NT1TiT.
Pour cre co /fornic l'article 148 (ld code de procetdre
civil, lI'. jugeinents dooien.tf coiicnir dan.s leur point de droit,
l/fs Jquestioii principals relative.s d la contestation.
La prescription est acquise par uin puCW. ,siion) continue et
non interrom'puie, pmisible, publiqu(f, non-e'quivoque, el 4 li-
r de de propri,'tlire.
elui qi o,'iii,.in,,,nc ni for! o autra i e.s tenmu de le repacrer.

ANNULATION, s I' le pou rvoi dlu citoyenl PI'ET--uOME BEIRICE,
tl'uii jnlgyinent rendu, le 2 AoUlt 1884, par Ic Tribunal civil
d'Aluin.
Dl) 13 Avril 1886.
Notice et Motifs.
Le citoyen PeLtit-lionime Brice, assign duvani le Tribunal
civil des Cayes eln iligi;liiiil.l 1t d'un (cini-carreau de
terre qu'il tient (ld cliel' de sa tIere.et de sa grand'Imere,
invo(Iqe la; prescription de vingt ans, depuis longtemps ac-
qluise ;' celle-ci par une possession rvgulire, et, lah suite
ld'ne enrquOte, parvint ai faire conldamnerl ses atdversairos
les hlieitiers Piloige. Sur le pourvoi de ceux-ci, le jiigeinent
du Tribunal civil ties Caves est casse pour vices de forme.
- Ienvoi devant le Trib)unal civil d('Aquin, qui conidauine
Petit-lhom re Irice. Sur un .-',-niil recours, le Tribunal
de cassation rendlit l'arret siiivant
LE TIwBUNAL ,
Oui Monsieur le juge .I. Fri'.iimiti, enl soin rapport; 3M
(;eorges L.alrorte, avocait du demandeur, en ses olserva-
lions; Monsieur le substitut du cduiiimi-;,die du GouIvcrne-
i1nen1i A. Dluiiirjlly, enC ses (clnllisib4is ot april's en avoir de-
lilhere en la chlambre du conseil ;
Vii : 10 le jugement attaqu5 ; 2" les rei ults des parties; 3,
l'acte de la declaration de pourvoi; et Io les autres pieces
produites ;
Vu aussi l'article 148 du code de procedure civil :









Sur le premi iwi yeni du pourvoi :
Attendui qu'aux tcrmes de l'article 148 dure civil, les jugements doivent contenir, fi peine tie nul-
lit6, l'expos6 sommaire des questions f' juger par les tribu-'
naux inferieurs, qu'ei se bornamit demander : lo si les con-
clusio.s de tl partic ,dmaodcevesse soni jurslces ct bien fondie.s
Qo cells de la paqrlie d(efelcresse le sont-ellcs aussi9 3o la
parties ddfenderesse doit-elle dire conilanWec di(uerpir d(u
"terrain litigieua. ou doit-clie !/ cre mainllenure le jugementi
attaque n'6nonce pas, dans ce point de droit, Ies questions
principles relatives, notamment, Aa la pssc. si,,i et a la pres-
cription invoquees par le 1imiindir a la cassatioi, a I'n-
quote faite devant le Triibnal civil (les (Cios, ft la renoncia-
tion a la prescription oppose par cls d(1-rfiiii hrs on cassation,
soumises au Trilunal civil i, ilil y, i a Cl o violation d(Ilit
article 148 :
Par ces motifs, et sans qu'il soi lIesoin d'examiner les ain-
tres moyens, le Trilunal case et annile Ie ji1'.inticll reudu,
le 26 AotIt 1881, par le Trilunal civil l'AqIin : ordonine la
revise de l'amende deposee et condamin les dl'cnlemnirs aux\
d6pens.
Et, attend qu'il s'agit d'un second recours ntre lesc los mI(-
mes parties, le Tribunal se declare, aux tcrnes (le 'art. I i).
2e alin6a, de la Contitution,, i uiip'-(vit pour statner au 'ond :
Vu : 'o les requktes de.- p;i litc.,; 2o la de;claration faite, le
13 Mai 1881, par six citoyens devant le juge dte paix des Ca-
yes, que Petit-hommne'6rice 6tait en d6marcle ,iupii's lde
Laudiu Pilorge pour 1'a Cqui.-iliin (1d'ilI petite portion ide
terie d6pendant de l'lhabitation BoTnn, ;3o le ccrtilicat (d-
livre, le 31 Mai 1881, par Etiemnne erret ,,ts tl;-lt qu'en
proc6dant, en 18.)5, 1.ii,,1'1 arpenteur, ti I'arpentage doe 'lia-
bitationLagautraie, i a reconinu qie ;I petite portion dl terre
de l'habitationoury, 6tait inculte, sans (lablisseineni ni inai-
son; 40 le jugement du Tribunal civil des (;i\. on lI:te (Ilu
18 Aouit '1881, qui pelinIw de faire pi'ruve devant le jtgie
Emmanuel Policrpeli,, de ce Tribulal : si lp.liii., cinquante
ans, plus on moins, les ,l mes Ursule IHoury et F'vriette
Jean-Jacques, grand'inre et e t ir dle Petit-hoummne I6rice,
et apris elles, Petit-liommne Idrice, ont eu ]a possession con-
tinue, non ilnfrr mnlpue, paisille, pul)lique, inon (quivoque,
et fi titre de proprietaires d'un demii (;i:rr.i I (le lerre depen-
dant de I'lhabitation Douary, actuellementl occupy par Pelit-
homme Bdrice; 5( Ie proces-verbal de l'emll('te faite, Ie
17 Octobre 1881, en vertu de cc jugneenti, devant Monsieur
le juge Emmanuel Policarpe, du Tribunal civil des Cayes;


-- til







- 05 -


Vu aussi les article. 4197, 2030 et 1100 dl (olet' civil;
Attendu lu'il r6sulte de l''enqute faite, Ic 17 Octobre 1881,
a la requete de Petit-liominne Ilrice, qluc depuis plus de cin-
qluante ans, les (lames Ursule Boury et FIvriette Jean-Jac-
ques, ainsi iuei Petit-holmme tIricc, leur fils et petit-fils, ont
eoi untc possession continue et non interrompiue, paisible,
pullihque, lion l[quivoqlue. et ;' titre de proprietaires d'un
doImi crn-ia d(tc erre ser I'lialbitation Bourj, donnant sur
Ie chemin dli board do iner, attlenanut 't Laclautraie, actuelle-
ientt occupy par Petit-homme I16rice; q(i'ainsi la prescrip-
iuii 6tait acqulise 't cc dernier loigtteinps avant '18Gi, epo-
que de la miorl de Le6o Piloige, pire des d(fenlderurs; cl que,
par colnsequeiit, leur miniiorit6 n'a pu 1ruire ai cctte prescrip-
tion qui(, d'apr6s la dale de l'eniiiitel avait couiiiience en
l'ailinn e 1831 ;
Attendu que la declaration t'aile levanit l juge dc paix et
le certiiicat d6livir par Eliemne Jiicret, ci-lessus relalt,'s, ne
;lisant pas foi aux 'yeux lds tiirilinaix, ne sauraient detruire
les tmiioignages contellns idans l'e( iliqte, ni la preuve qui
result e cCtte elnquite ;
Atteludlu que les deretidliurs, par ce process out l'c;i', iiiC
iun tlort atu delrnainiliir, toir (ii'ils sont toeuus de r6parer :
Par ces motifs, te Tribiunal aIclare Petit-hominme Id6rice seul
et incoiiimmuilale propri6taire du deoini-carrean doe terre de
I'l'abitatiol lJou r! (qu'il ir.clli ; 'ii1: iii- leI citoyen l au-
(11111 Pilorig la (Iiloiiii.-elle Franicine Pilorge, la 1iiinoie.lle
Bosa Pilor.r, et la dame Lio Pilorge, epouse autoris6e du ci-
to'yen Marc-Airble I lollant at payer audit Pelti-hominie WIrice
la somime do cent cinqlalntte gourldes de ,1iiiiina -iiVrets.
Ainsi fait et jilg 6 par 1nous, 11. [IAIJEMANI), presi len; 1C.
Cimu, ,11h A. ('0otwrois, A. Fal:(N it, 1. E. VAVAL, .1. MAI. TI-
NE AU, N. 1E. V\, l-:, l. hfKI::IONIT et S. BiSTIor)IY, juiges, aill
palais le justice dl i T'ri tunal ide cassationl, ocn .illielic pu-
bliqui, e dI I.reize A vril '1880.



N :38.

I;'CEMENT : FO1 'li.s T]RAITIT, I .M' \ll. I.I EXISTLCNCE
Al'liS 1 CillKANCI. O)HI(ATIONS ID TIIREU1. -
PRlOT1 'T FAvT.\I' 1IE A1AIEMENT. PRI ,\ 1. IN.

1.P, conclusions (des parties ( doivet ict 1',- i rd s litte'rale-
iment daUs les jue!fc ntIs.
Unc traite, rcgulibre en la former, quoique &ehue, ne cesse







- 60 -


pas d'etre un effect v'mit mii 'reivl vI,,rii.ld,,, jpni,.q, 'clle est sou-
inise d une prescription de cinq ans.
Le tireur doit justifier qu'il avait pris ses precau tions plui,
que, en depit de toite uventualtit, la ltwilc fut acquitted, s'il
veut bene'ficier de la declhii unvc' que la loi attache au recours
chi porter qui n'a pas fail de protft.
Lorsque le tireur ne justifie pas de la prov'isi.i,, le defaut
de protet et fate de paiemen t ni'a pas pour eff'et de fire de-
ge6nrer une traite 'egulibre en simple promesse, mais de fire
constater I'inaccomlpliss. ne,,i' de l'obligation : la traite clant
une obligation parfaite par :'lli-i w,;ii.

ANNULATION, sur le pourvoi du sieur L. F. FEIRARIO, d'ui
jugement rendu, le 22 Dkcemhre 1884, par le Tribunal civil
de Saint-Marc en ses attributions cv, iliiiinli;il'.-

Du 20 Avril 1880.

Notice et Motifs.
Une traite de six mille lives italiennes (G. 10 )3.1 ) avait
Wt6 souscrite par le sieur L. F. Ferrario aux sieurs John I).
Metzger et Cie qui la passt;-rint l';m.iniii-n. raison social J.
D. Metzger et Cie. Elle fut retouride fante d'i.rcllationii. Lui-
dessus, process devant le Tribunal de co ii reiirl. des (Gonai-
ves. Jugement en faveur des sioii r Metzger et (;C. Pour-
voi du sieur Ferrario; cassation du premier jugement et
renvoi devant le Tribunal consular e e Saint-Alarc.- Juge-
ment par d6faut qui condamne le sieuir Ferrario. Oppo-
sition, puis sur cette oppo.,sitiln, jugement d'avant dire droit
qui ordonne la traduction prealablle en fr';amiii-; des pi'icr.
du proc6s icrites en langue dtrangirc. Entin, jugement dui
Tribunal civil de Saint-Marc, usant de ses attributions com-
merciales, qui rejette. d6finitivenmet 1'oi(psiti,.v -- (C'est
contre ce jugement que le sieur L. F. Ferrario s'est pou~rvu
une second fois en cass.-,ion, ct c'est ;'I ce pipllll (lu'est in-
tervenu l'arrdt suivant :
LE TRIBUNE ,
Oui Monsieur le judge S. llistotiry, en son r,,l l.vnit failt ;1
l'audience ; MA L. Diiicvlitelli r, en ses iniov ns et 'i Iv vllppi-,.
ments pour le demandeur; et AeM (C. Archiin, pour les d6lfen-
deurs ; egalement Mviii,.ino A. loi rjolly, sul5stitit a(n coin-
missaire du Gouvernement pris to 'Tribunal, en son ilrd1juisi-
toire concluant A l'irrecevabilit6; et apres cu Itre ddlibere
en la chambre du conseil;






-67 -


Vu 1, l'acle purtant declaration dudit pourvoi recu, au
greffe du Tribunal du jugement, le trente et un Mars de l'an
dernier, portant annexe d'un pouvoir special donn6 A Me Ed-
mond Bailly pour ce, le tout diment enregistr6 ; 20 le juge-
ment du 22 Dcermbre auquel est pourvoi, enregistr6 et signi-
fi6 ; 30 la requete du demandeur avec ses moyens ; 40 celles
en defense des defendeurs, enregistrees, contr6lees et signi-
fiees; 5o plusieurs documents ou lettres, enregistres, formant
la co.rrespolndalie. des parties et relatifs A leur different
(0o toutes les autres pieces produites respectivement dans
leurs dossiers, jugements, traite, protit, etc.;

LE TRIBUNAL ,
Statuant sur la d6ch6ance tire de l'art. 929 du code de
procedure civil, don't excipent les d6fendeurs denoncant
l'irr6gularit6 du delai de la signification des moyens du de-
mandeur;
Attendu que le grief pretendu n'est pas s6rieux et ne peut
nullement infirmer cette signification ; car, au dire mrme
des d6fendeurs au pourvoi, l'exploit comporte un mois A ve-
nir non effectu6 encore dans le course de l'annee oh eut lieu
cette signification. Or, en comparant l'original dudit exploit
avec la copie entachle d'irregularit6, il en r6sulte qu'il n'y
a lI qu'une pure inadvertance, puisque original porte ler
Avril tandis que la copie Jer Aofit 1884; on n'y voit aucune
intention de nuire, en ce que cette premiere date est cer-
taine, confirmed par son enregistrement, lorsque, au con-
traire, la seco-uide serait illusoire, chimerique, annoncerait
tout bonnement une signification imaginaire, c'est-A-dire qui
n'aurait jamais Wt6 faite, vu que le mois vise dans la copie
n'6tait pas encore arrive, et que la copie qui constate un fait
accompli la ,i-cniisc de l'evxploit) se contredirait en meme
temps 6trangement en laissant entendre que cette mime co-
pie n'est pas encore premise, dit done que ledit article n'a
pas Wte viold, qu'il n'y a pas de d6ch6ance;
De l1 examinant le pourvoi;
Statuant sur le premier moyen arguiant que le jugement
attaqu6 est en d6saccord avec I'article 148 du code de proc6-
dure civil en ce qu'il n'a pas ins6r6 les conclusions des par-
ties :
Attendu que le plus l1ger examen du jugement sur oppo-
sition du 22 D6cembre et de celui du 4 Mai auquel a Wte
opposition, montre par leurs contextes et le narr6 de leur
point de faits qu'il y cut des conclusions prises A la barre ;
mais que nulle part dans leur redaction, ces conclusions des






- 68--


parties n'ont Wtd insd&res littdraleient coumme le prebcrit la
loi; que ce mode de fair est illegal, inusit6, en delors de
la doctrine ct de la pratique et rend par consequent la cri-
tique de ce jugement sur opposition just et fondWe :
Pour ces causes et motifs, case et anle le jugement
opposition et, usant des pouvoirs que. done au Tribunal
1'art. 140 de la Constitution en vigueur, reticent la cause pour
y statue au fond et l6tinitivement :
CE CONSiDI0h ,
Attend qu'une taite, rdguliere en la foriie, quoique cliue,
ne cesse pas d'(tre utn illet commercial, ne6gociable, plis-
qu'elle est oi-,ui-i' a turn prescription de cinq ans ;
Attend que le demaindeur, 6tant tireur et souscripteur,
n'est pas habile ti lhjecter qu'il ii'est point dlbiiteur de la
some A laquelle il s'oblige
Attend aussi tque Ie dfaut de pcotet f'aute de paierent,
tient le porter (dlchu de tout .liit contr e 1 tireur, si ce-
lui-ci parvient t1 prouver q('il y avait provision avant 1'6-
chlance ;
Attendu que ce n'est que dans ce seul cas, ofu Ie tireur
justified qu'il avait pris ses measures pour que la traite fl't ac-
quitt6e A l'6ecl'i.Itc,, en 1,i'lpit de toute 6ventualite, (iu'il peut
opposer la d6chdance au pi.iruiir., forinalit6 qu'il in'a pas ac-
complie dans la cause;
Attendu que, lorsque le tireur no justified pi;s la provision
ai l'ch6ance d'une lettre de change, r)guliire en la fornic,
qui le rend toujours conlraignlable, le d6faul t de protet faute
de pavement n'a pas pour effet de fire d(eg6nrer la trait
en simple promesse; mais de fire constater l'inaccomplis-
sement de l'obligation, non point de Ia confirmer ni d'en
changer la nature : la traite 6tant une obligation parfaite par
elle-nime ;
Attendu que le demandeuir n'ayant pas fait preuve 16gale
que, depuis le prJut"t faute d'ac'rplatioli, il y avail provision
avant l'fchlance, ni i .1'':; l'-nice, ldemeuOi oblig6, puisque
la traite ne erssc pas d'dtre cessible ct suilil: d(e toules ces
considerations ;
Attendu que, do tout ce, il v a a; conclude quOe le deman-
deur demeure di',lilu, die la letter de change en litige; an
rest, A qui faut-il payer ?
Mais attend qu'en iiti rigeatnt la correspondence des
parties, echangde par lettres eni rgislr6es, conjointemeni avec
tous les documents dtpos6s dans la contestation, il ro.irt
clairement que les d(lc6fdeurs ne visent point en quItiiell'-
qualites its procdcent contre le demandeur au pouroi ;







- 69 -


Atcendu que, d(s I'origine de l'affaire, il se rev6le par les
correspondances quo John Metzger est prssum mnandataire
agissant aux droits d'autrui; et que tantot, il fait dans la
cause une action d(o cr6ancier proprietaire sans dire comment
il a pu cumuler Ious ces droits;
Attend que sa situation vraie dans le litige a pu donner
raison :i son adversaire de l6cliner le mandate que s'assument
les dfcondeurs et de lui objected qu'il n'6tait pas son cr6an-
cier ;
Attendu, ei elfet, qu'il est prouve au Tribunal que John
AMetzger ne prend ici d'autre quality que celle de liquida-
teur de l'ancienne raison social John Metzger et Cic; qu'il
n'allgue en mime temps, nulle part que le demandeur ait
eu des rapports de transactions commercials avec la susdite
raison social o avoc lui ;
Que de tout quoi, il rdsulte lue .John Metzger ne dit point
en quelles qualit6s il pursuit le recouvrement de la creance;
(qu'ainsi, ce considered, le Tribunal ne saurait decider en sa
faveur un droit qu'il ne lui reconnait pas et qui n'est pas
exactement et incontestablement 6tabli par les documents
olferts iA son examen, sur la ldgitiniit6 duquel, d'ailleurs, les
ndnegations de Ferrario laissent planer un doute s6rieux:
Pour ces causes et motifs, dit que, quaint A present, si le
(lemandeur est recoinnu dditeur, il n'est pas prouv6 qu'il
l'est aux droits et au profit de John Metzger; deboute ce
dlernier de ses fins et pr6tentions dans 1'espice; ordonne la
I-.iiise: de l'aninde, et reserve les d6pens de l'instance;
Attend, en outre, que les torts sont r6ciproques dans le
litige et qu'il n'y a pas lieu d'adjuger de dommages-interkts
ni d'un c6ot ni de l'autre, rejette ce chef.
Donn6 de nous, D. ErIENNF., vice-president; C. Cu:ERI, JP
A. CounT .-i, LAROCHE fils, L. E. VAVAL, J. MARTINE.\r, M.
FnR ONT, S. BISTOUnR et F. NAzoN, juges, au palais de jus-
lice du Tribunal de cassation, en audience publique du vingt
Avril mil huit cent quatre-vingt-six an 83e.


No 39.

JUGEMENT : FORCES.

L'arlicle 148 ldu codde c prj'Dluiro, e rp'.~srrit que le visa
ldes pi;.'.s qui scrvent Id'l'Wc:l, ol.s c.c, (lie'l ls a d vision.
RtEJET du i)0ourvoi form par la dame SANCE SAINT-JEAN






- 70-


cuintre iu jugeiuent L-. ndIl, le 4 SplI.inillre 1885 par le Tri-
bunal civil (de .acinel.
l)u 20 Avril 1880.

Notice et Motifs.
La dame Sance Saint-Jean avait ventlu, avec facult] de re-
merd, deux propridtes sises a Jacinel, At M" J. A. Pili6. An
d6c6s de ce dernier, sa d(ame fit soninnation ai ladite dame
Saint-Jean de lui renettre les doux iminieubles, le d(l6ai 1du
remere 6tant 6chu depuis longlomps. Sur cette mise en de-
meure, la dame Saint-Jean assist na la vouve Pili6 "pardevant
le Tribunal civil de Jacmel. Elle fut condamnlne, et se pour-
vut en cassation, excipant d'une faiusse application de l'arti-
cle 758 du code civil et de la violation dc l'article -48 du code
de procedure civil. Le T'ilbunal do cassation r6pondit
comme suit:
LE TIIBU.NAI,
Oui Monsieur le juge F. Nazon, en son raplport fait l'au-
dience; les developpelnents doe 3I Th6baud june pour la
demanderesse et de Ale ( L0ger (avll'in pour la 1' fiilerl .-e.> :
6galement le r6quisitoire de Monsieur Artliur lourjolly,
substitute du c,,I11111iss:,iirV du Gouvernement prIs le Tribu-
nal, concluant au rijilt; et, april s en Otre eI'liilIir on la
chambre du conseil;
Vu : 1o l'acte piirl:l t (ll declaration d1udit liilirvoi recu an
greffe du Tribunal civil de J;a Ini(l, le 20 S pleibllre 188f,
enregistr6 ; 2o le jugeinent attaqu6, enregistr6 et ditment si-
gnilid; 30 la requite contenant los mnoyens do la demand;
40 cell y irep. l, nsive de la 1'efii'le.,s.,e, le tout enregistre ,
control et signifi ; 50 enfin, touts los autres pit'-res pro-
duites et \elrs6es rc.spl, iveniutiil par les parties, notanment
I'acte de donation au rapport de Me Dunois lHilaire jeune ,
notaire, i la r :il'enci de JacJmel, et encore Facte de vente
au rapport de Me biaei,, ,IiIl.1 1,ase du litige ;
DnoIT. Vu los articles 758 et 700 du code civil, et -148
du code de procedure .'ikili, ini\-llP:'-, et argriis de flausse
application ;
LE TI-I.I \\. ,
Statuant sur le prmi.r iiii oyen a;tirmnant que, cuiilratire-
ment A la declaration (du j gemnent atta(lqu, la transcription
or(lonnee par l'article 758 a eu lieu:
Altendu que le simple e(anxli ii d1 jugement, joint au reolev6
I.r- fails do la cause, (llntC l c tOe :assertion, et que Iien






- 71 -


plu- celle-ci pr (iu 1' en de finitive ,.:''inl, i<-4 cette formality
protege par les articles 758 et 700 est essentielle et, irritante,
puisque po1ur so disculper du d(It'aut de transcription exigi-
ble, elle alh'gue tii faith radicalenment faux; rejette ce mo-
V11 ;
SirI le second moyen pris rdu d6fant id meention ldu testa-
ment de Sance Saint-Jean qui institute sa veuve, son 16ga-
taire, u qlulie cct acte a 616 sournis A la (d1libration des
jilges :
Attenldn iiu'il n'apparait par les fails de la contestation que
c0 cliicilhl, .i ien que vers5 paImi les documents, ait 6t6
I'objet d'aticune il, ii- oiit lors de l'instruction du litige,
qu'ainsi il ne peut 6ire raisonnablcinent reproch6 aux pre-
iniers judges f e In'I avoir pas faith mention dans leur jlge-
meont;
Attendiiu (e l'article 148 .ii.-vis ne prescrit que le visa
(des pieces qui servent d'I( lII(t.'L i a Ila c.isi.io en ce qu'cl-
les concourent a I'appuyer et ti l'eclai iri r; dit, en consequence,
ledit testament sans utility dans la cause; rejette ce mo-
yell :
Pour ces causes el motifs, rejetle le pourvoi; maintient le
jugement attaqu6; conlisque l'amnende et condamne la de-
inanderesse aux de6pens.
1)oln6 de dnous, D. ETIENNE, vice-president; C. CnIIRnI, J1
A. CoUIrrols, F. NAzoN et M. FREMONT, juges, au palais de
justice du Tribunal de cassation ct e n audience publique du
vingt Avril ,1880, en presence de Monsieur A. BourJOiLy,
substitute Iu commnissaire du Gouvernement.



No 40.

JUGEMENT DE ;I::'X:i-..\I'ION.

La. disposition de l'articl, 148 dt code de pr'ot'dlure civile
qiii veut que les j Eiitei(ls con litaiInat l'e.,pose sommaire des
points de fait et des points de droit, ne s'applique pas oau.,
jugements rendus en ,ali,'re de recusation.
Ne saurait 'tre recusable 'urime arbitre le magistral qui
i'a pas coanu du fond de la contestation.

REJET du pourvoi form par la dame veuve ROMULUS VIL-
MENAY centre un jugeinent rendu, Ie 22 Mars '1886, par le
Tribunal de commerce e e Port-au-Prince.






17 -

Du 6 Mai 1886.

Notice et MAotifs.
hecourus le la dame V,' i. Vilmenay centre LiD juii gItInit
(In Triibnal de commerce rendI i i son prejudice, sur la re-
cusation qu'elle a exercee contre Monsieur A. Dyer, nonmn,
par le citoyen C. D1jean, inembre du Tribunal arbitral appele
a statuter sur les contestations commercials existantes en-
tre elle et cc dernier.
LE TI.Ili I.NAL,
Ouni Monsieur le juge \'alls, el son rapport; Monsieur le
substitut du l ii t iss:i,'e dlu (ouverneinent A. Bourjolly, en
ses e( .liiicl iin-.: et ipris en avoir 1 lil,'r-" en la chambre
du conseil;
Vu I: i le ju..-ini t lii attalue6; '2 1'acte de declaration de
pourvoi; :3o les autres pieces produites :
Vui aussi les articles l 8 et 375, 9o, du cod e de procedure
civiie ;
Statuant siur les iin'yri- du pourvoi :
Attend que la dlislpi -ilion de l'article 1 i8 du code de pro-
cedure civil, qui vent que les j .wi;-i nt iIi c [intienl ent l'ex-
position soninaire des points de fait et id droit, ne s'appli-
que pas aux jiiug inidl, rendus en matiere de recusation :
Attend que le jugement el'inil-iJ, en mentionnant l'acte
principal dIu print's, celui relatif tI la r6cusation formne con-
tre l'arbitre Dyer, a pu se di.-pcii.- ni de fire une mention
particuliire e f'acte d'liuissier du 20 F6vrier dernier, par
leqiu'l Camille Djioal a ,1'-.sii' Monsieur A. Dyer comine
son arjitre;
Que de tout cc qui precede il resulte qu'il n'y a eu aucune
\ilatiLii de il'article 148 du coi.d. 1, procedure civil ;
Attend, d'autre part, que Monsieur A. Dyer, inoin-ie ar-
bitre pour fair parties du nouveau Tribunal arbitral qui doit
ldeidtl sur les contestations qui divisent la dame veuve Ro-
mulus Vilmenay et M,' Camille I)6jean, n'est pas reusable
pour avoir, alors qu'il 6tait. doyen du Tribunal civil du Port-
au-Prince, rendu une ord(luiiancc, de r6f6rd qui, au provi-
soile, sursit aux poursuites relatives A la contrainte par
corps culitre C. )Di'jjcan, en vertu de la decision du Tribunal
arbitral du 31 .Jalvir' '1885; que dans cc cas, cet ancient nna-
gistral n'a pas connu du fond qui constitute le diff6rend ;
D'oft il suit que le Tribunal de commerce a do d6clarer
Ia rLcusaticioi inadmissible sans rendre tin jugeiment prepa-
ratoire ; en quoi, il n'y a on ni exces dc pouvoir, iii violation






- 73 -


ldes articles 375, 9g, 382, 383, 381 ct 385 d(lu ..ud de proc&-
dure civil :
Par ces molifs, le Tribunal rejette le pourvoi forie' par la
dame Ersulie Marcou, vouve lRomulus Vilinenay, contie le
jugement rendu, le 23 Mtars dernier, par le Tribunal de
commerce do Port-au-Prince.
Ainsi tait et julge par ntous, 1. LALLEMAND, president; C.
(iOn:, .1'P A. CotUrois, N. E. VALLku:S et MI. i:rMONT, juges,
au palais de justice du Triblunal de cassation, en audience
publiq.ii du six Mai '1880.


N0 41.

AUTORITE: DE LA CHOSE JU(EE.

Pour qu'il y ait, (,aU termes ie l'article I -1. du cod./t ci-
,il, autorite die cJhse.' jufee, il faut que l'ob.je du liti', soit
ideitliqueme, t le ~meoe ii.' les (dean., prooes.

ANNUIATION, surl le pourvoi exorc6 par los (tl,,pui FOITUNAT
VICTOR, (ld'u jug'einent reiidu, le '11 Mars 1885, par le Tri-
buInal civil dte Port-au-Prince.

1)u ( Mai '1880.

Notice et Motifs.

Un jugement du Tribunal civil de Port-au-Prince, sur 1'au-
torit6 d'un jugement anterieur du Tribunal de commerce,
invoque par les di'filendelrs en cassation, les sieurs C. D6lilois
et ses fils, avait condamn6 les 6poux Fortunat Victor ai payer
1'integralite des creances que r6clamaient leurs adversaires.
Ils se pourvurent en cassation et virent leur dr-lmaiin ac-
eueillie par l'arrOt suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui le rapport de Mrii.iir, l le juge Vallss; les observa-
tions de MI Tlhbaud jo.ii ., avocat des demandeurs; cells
de AM0 J. C. Antoine, avocat des dlfendears; les ciicelusiuil.
de Monsieur le commissaire ldu Gouvernement V. Laporte;
ot apres en avoir ddlibd6i en la chambre du conseil ;
Vu : '10 le jugement attaquC ; 2o 1'acte de la eiliSlaratilon de
pourvoi; 3o les requltes des parties; et 40 les autres pieces
produites ;






- 71 -


Vu aussi l'article 1130 dlu code civil;
Sur le premier inoyen du pourvoi :
Attendu que pour qu'il y ait, aux terii m, e I'article 14136
tlu code civil, autorit6 de chose jiige, il faut que l'objet du
litige soit identi(luemenI t le meme danis les deux procs ;
Attendu qu'assign6s dv-arit le Tribunal de commerce du
Port-au-Prince en paieinent dd eux bons, s'dlevant A la
-,ll1ne de six iille six cent trente-sept piastres et quatre-
vingt-cinq centimes, sur lesquels its out donn6 des acomptes,
les epoux Auguste Fortunat Victor ont W6t, par jugement, en
date du 21 Fevrier 1881, coliil ; iials ;t payer, avec inthrkts et
flais, aux siours C. Delinois et ses fils, la some ci-dessus
exprimd e, en deniers ou quittances valuables;
Attend lue la demand repouss6e par le Tribunal civil
tendait Ai ce qu'il filt il. ltaric que la clause conditionnelle de
I'olbligation souscrite par les 6poux Fortunat Victor, relative
au pavement des iitiler' conventionnels de douze pour cent
par an, ne saurait prvaloir, puisqu'il n'a etd accord aucune
prolongation de term par les sieurs C. Dl6inois et ses fils ;
que partant l'intdrdt dil sur le sold de l'obligation est celui
de six pour cent l'an en maticre commercial et eligible a
partir seulement de la demand en justice; que c'6taient
done la des qi utiii. nouvelles non apprecides par le ju-
gement du Tribunal de c1nliinl'ic'1 du 241 F&vrier '1881, et
auxquelles, des lors, ne pouvait s'appliquer l'exception de
C.lse ju~l',, tir6o de ce jugement; qu'ainsi le jugement atta-
(lua, en accucillant cctte (exc'-plti,'ii, a viola et faussement
applique I'article 1130 du code civil :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner le se-
I o,,1 moyen, le Tribunal casse et annule le jugement rendu,
Ie '11 Mars 1885, par Ie Tribunal civil du Port-au-Prince; et,
pour 6tre status conform(in'eii t a la loi, renvoie la cause de-
vant le Tribunal civil de Jacmel; ordonne la remise de l'a-
mende dilpo.,e' et condll:iine les d6fendeurs aux d6pens.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president;
Jh A. CornTO0S, A. RKGNIER, N. E. VALLJS et M. FRI 1MONT,
judges, au palais de justice du Tribunal de ca.- action, en
atili1,n-, p.ublilqui I du six Mai '1886.



NO 42.

IlUISSIER. )DROIT T)E IA I TIE.\Si..
To/.s' le's Imissicrs inilitanw ";l or., dtt siK;e tht Trtlum, il de







- 75 -


, II.s,/i,, oat Ie ,Ir',l (Id siqnoifier les acts de lia cr,,,,,pl ',,,'
de ce Tribunal.
Lc droit de la dihf',,,., e.vitc qu'at jatjc de pai.,', qui a /ixL
tnlt jour pour 'il,,l'' la d(lijii ili,.,, i 'Iti U tel'toin, ne s'arn'o c
pas lc droit de chbaWCer cc jour et d'enttculdre lat deposition
saMIs prv'Cenir une des parties c cauie.

ANNULATION, sutl le poutTroi du citoyen T ollnollE n E3Iss.E,
1'un jugement reniiu, le 11 Mali I488, par le Tribunal de
paix de Saint-Marc.
Du ( Mai 188(.

Nolic( et Moltis.

Le citoyen Thdophile Ihi'-s avaiLt 6t coiiulaninit- restituier
au citoyen N6morin Cl'rispin lne l,1 vI;ii.,' avec ses acces-
soires, objet du lititc. 11 so pourviit contre Ic jugemnent de
condaination.
Le Tribunal supriinie rpoitndit ;' sa rOequ te t pl'ai' rret sui-
vant :
LE TiLImtNA. ,
(JUi Monsieur le juge Vallis, on son r;lpport; Me C. Arcltin,
avocat, pour le diiau1'ir k, ; Me .J. C. kilitin, avocat, pour
le defender; Monsieur le coi,,ni.Ia' ir' diu (Gin\v''u iii'ii it V.
Laporte, en ses .,icmlu.sin is et apres on avoir ddliber en la
chambrc dI conseil ;
Vu : 'o le jugemoent uatt.l f:tlu; 2o L'tclec de la declaration
de pourvoi; 3) les requetes des parties: et 'i( les autres pie-
ces produites ;
Vu tg;l.iitit les articles 6( doe la loi sur l'orgaiiisation
juliciaire et 018 du cn'd de 1 piI, I:'- re civil
Sur la fin doe ]on-recr1ir soul,\i', par le ,ifTid nr :
Attendiu que suivant les dispositions de la dernii're parties
de l'articlde(i la loi siur 'o ; ii; i li.ni judliciaire, tous les
liuissiers militants hors dui sii' iv du Tribunal de cassation
out lo droit de sidgifier l s la competence die ce Tri-
bunal; qu'ainsi la signification des moyens de cassation t'aite
par tu huissier tdu Tribuinal de paix de Sainil-l;rc n'entraine
anicu e nullit :
ELI cons1t lquene, le Tribunal rejette cotton fin de non-reco-
voi r.
AtI FONt,
Sur le premier moyen dlu pourvoi :
Attend que par son jugemnent, avant dire droit, du 26







- 76 -


Ais 41885, le Trli Ilbull;l de paix de Saint-M.lo. a ordonnU (liue
It sieur Adolplie Pierre, deminerant ti la (Granle-Saline, se-
rait entendu, aX son audieicre du 13 Avril suivant, Lt titre do
renseignementi et eli presence des parties, clans la cause
existent entire Ninorin Clirispin et Tlieophile Bress6; et
qu'en cas d'emnpccleinent pour Adlolple Pierre de s'y pre-
senter, ce Tribunal a cominis le juge de paix de la ( iraulne-
Saline pour recevoir sa deposition
Attend lue conltraireinent ii la date du 13 Avril lixde par
Ic jugement, et pour lalii,-llr les parties avaient 6tc ajour-
n'cs, AdolplirePierre a t cut tendu par Ie juge do paix lde
la G rauide-Saline le 17 Avril en l'ahsence de Thloph)lile
Ih esse, sans (lue celui-ci ail et6 appel6 ni intorim de ce
chiangemient de (late; ce clui c.'lii-tiinl un exces de pouvoit
resultant de la viuoliiii d(u drIrit 16eitiiie de la defense :
Par ces motils et sans qu'il soit besoin d'exauin er les au-
tres moyens, Ie Trilbunal case et annule Ie jugeinent rendui
en1 dernieriii resort, le 11 Mai '1885, palr le Tribunal do paix
de Saint-Mare; et, pour ktre statue conillrf'iin'niit, t ai la loi,
renvoic la cause devant le Tribuinal de paix des Gonaives
ordlo ei l a r1lli- de ( II'aIei le 0 depos6e et condlalm1 le e (16-
feil li raltP M X ('t 'p lls.
Ainsi lait et, jug6 par ious, 1. LAIJJMANi), president; C.
(:i::m, A. REn;NEil, N. E. VI.i.:s et S. ths'rount, juges, an
palais de justice du Tribunal de cassationi enu audiuece pu-
bli.licu du six Mai 1880.


N0 A 3.

TRIBUNAL DEll CASSAT'ION : L1.ITE DE, SES ATTHPIUTIUONS.

Celti qui 'cst Ilissei c jl/yeCI p r defa lNt ,'cst p.Is r-ecevatile 0
p ,piII'I elC COss(I iof, '0 1 f I t'-. ) 'lui' I'S jHfIff.

RE.JET du pourvoi I'o!lr6ie par le citoyent FuoI1L 'E ImINl)oo
co00ntrc ul jugeinellt I i'i,1, le 7 Avril 1885, par Ie Tribillial
civil de Port-la-Prince.
hil 0 Mai 1886.

Notice cl Motifs.
Un jigeinent par d161'ant du Tribunal civil de Port-au-Prin-
ce, avait, a la d- in, ilde du citoyen Fortund Lindor, ordonn6







- 77 -


l'vx p iiion (-it citoven ii\I 6ri sier JIean (illes, chn 11111p ptilpII
(liltlit 11ori. qii'il oc0(1pait inifinien. n En puicincut des
coudalinaIlatioiIs lrolulcCM p ir Cc Jugenelit. ill(inoi pratiqua
sur ics biens de son ailversaire uie saisic-excc htill. Assi-
gie ;,, suit tout. (lCeant Ile rriimnaiul civil, ii ne colmipat I.)llI
tannititiouti de la s~iisio jut( 1I((IcI par jugeeniCut Cdti
7 A\-1-l '1885. Con re ce *ji. .lu.ii it, pon ivoi en1 cnssation, 4'f(l



()ui' Monsicur IlC juge C (i ci"i6 on son rppor; .Me M. D6-
(It, ;vocat. PH e Cn 0]s oseratio s pouir le l Monsieur
le comniissaire dn ( u G cii lieVint. LapJ)orte, Ci' 1sC tsoiiti-
sbns ; Ct apr1CM Cli avo iF eil(U eni la cliamhI e (lit con'seil
\It -10 Ic jngcmcut atPtl~im ;1 1 acte d0 la d~clariutioii dc
porIvoi lIs reqpikes vtcs 1,11pt ies : t 4o Ies ai (Yes pu1ces
produites
Vit ia ils asrticl tes 9 21, 7 I 78, 41i-8 lii co de le procedure
civile1168, I8tI i'469 (111 (code (Iv i
S111i Ia fini deC iiol-rcCCvoiI r Par I(leh iIIIed,-l
A ttetIil- II ii fl WcXiWtO (binS Ia CaULS aiciiit 'Wh' de, lrvti'
que Forttn -Lliiidoi' ait ac(jiiiesC5C' -ii I ju;-incll couitie Ic~i el
est pourvoli
Li CiMi lIO~un cc, le I'Fibi uuia I it'lti IC Ctell lilt de 110 ti-rceC

wil. c mme\I (161111 "o de
Suri Ic jprcfhior nioveil lilti 'i
\tteiu ( lite celiii ji sest laisse jt;7;og pi'ut. I
pas recevabe It propIoser dean C le Ic i muial I le c
MIles -toyens pill i1'a 1 ii au riimnuai (lvii
Attenitidn iIIit uia (,,t soiile e lv-ant, les-jIi1 1~c
dII1c,1i1 1llOYeli tirde hI Ia iiuilite, de l'exploit 1L ~gi'iu 1110,
Pat, ((lle I c ju moigcnet criti(Jlll e n'a pil, calls l'es.Pece,
violer les articles 71 et 78 (ii code de pI)1C.6lhuCr civiIC; (Ilie,
(aitleurs, ]a tlteX lure (I lacte dajonriiiii't. (l6moltre
bien (lit cest A' Ale~ Louiis (hariles, au cabinet (1111 iil For-
mtuj lUintoi a Mui domicilej, yol''a ~"copi( dIe Cceate a 61C



Ji1ponwln parl (IWklult (iii viiigI-uunotf kccmlbrc '18Mi tortlIriC
I uiilor a 0(c-Haio1V ,N tII Aeisieir Jecan Clilir- dc es toits et lpre-
11(1 iceM, Ie jiigeiiuct est su tltsum mciii mtotive, et a fait uin-t
,Inste ci. sage applications tdes articles 1,168 et 1169 tiu codI,
civil







-- 7 ( -~

P iar toitirsV to Tribmlii 118 irejotte le poWi llforn I (JC paI
F1ortunie 'indolor ontiro le j ug-eiiioit r11(111, Ic 7 Avril I 885,
1pa1 lo Trib~unal civil du UPIort-au -Prinice; oi'doino 1c,1iilfise'l-
lion de Famlenl(Ce (leposee 01t c011(1811)1 I(leit doemIndltcti amix
(lepens.
Ainsi ftil et I jil-o PW" lu101S, I'). I.Al1l,1EMANPI. president ; (;C
u J 71i, N. EA1. VA 1, L fo' 1I UONT, *juJCS,
au piatais Ic( justice diu Tribinal doc cazssation, ell awlienc-
publique dlu six Mai 4886.


NT0 11fe

PuV EN GASSATION : SI'CAONO Ld( -.-EXCEP'TION.

1Poa r que le, Tribual(, ell (I tiil 01(0,, /e (C 101 1'', staletL (11i(
food, .SC ( 1'C1( 0 i, il Juol1 qii'iI S(Q/issc ((0,1 sCcoo~ re-
COMS, c'csI-a-di,'C pie cc soit 1(afl/JOe loCol, 0It le jlljC CVIt (1 C'td
'''**et Ct leCnlv d, Ii a1(Wlve 7 ibudiat lpi, (0CeC lSc I ar-
lies, )'cuiC0IlL' dean i iie i Tribunal sulpY.6Cle.
Les irromlc'qu lis t(i Cov cdJc'tisC i CI CC/lb (li10CO
tialiiii 'jl ('/CSSi ((llCs sol tore ti c-c ii vicieC1 lo
s1(bstallCC, et nohtllieiii (1 Ciii 0 /11 bjlyser le ilr e Ila d/cnfse.

A.\NuL LTION, su1 to pI n rvui doe hi ],[ iiic voe u Vo JULES LA-
A IuMv, (hill jn go won Iro udLl, le () AV il 188, p7 t to lI C Ti-ib -
1 iat Civilt(t de I11
I)I 'It1 Moi 1886.

Noticc, -1CMotOifs.

u I ,limg lloeut du ii Tribunal civil de Ja;cillnof aya i it dkclhar6
1utloe, Mi o-ohitdLu cituvou T11 OVile Il3nult, titl opoi'itioii (10e 1i-
visioIn de lisii~is faite parl apetl(I t I', doCs tahimlatioiis Ii mi i iO-
plies pp1 ,i b' '12110 1it siM tie[ 0. I 1ouoit I o ('t It (1,i1111C V J. Lar-
banre, celle-ci Se 1)011 lt, cu I caSSalt(ll Ct hlt l 1ccuOii V, IM1
anIi suivanlt
L1,E 'iit -'011NAL.
oli'i Mlonsient le jIc go e is en soun rappo rt i\ Mei6 TIA 1111
i~lille, avocat do ht (t AM, C. Archin avocal
flit on Iuuirs observations ol plaidol ties, 1'ospecti-
Ycs; iM('Io-ictil le SuI)til~l (lu clcili issMii10 ii (I(LI GMCI'l1c1iClit

on ]a chatnbre du conseil;







-79-


Vu : 10 le jugement attaque; 2o 1'acte de la 'lt~l,:ili ni (lde
pourvoi; 30 les requetes des parties; et Io les autres pieces
produites ;
Sur la d(cheance invoquee par le dlfeidr1iur :
Vu les articles 951 du.code de procedure civile et 140 (le
la Constitution ;
Attend, d'une part, que 'article de la Conslitltittion sus-
vis6 n'6lablit aucune nullit6, aucune dl'cl ,dnce; que si la
section civil Mtait r6ellement incompetente pour connaitre
Idu pourvoi, elle ne pourrait (qlie d6cliner sa competence et
saisir les sections qui seraient liabiles i en connaitre, mais
ne saurait prononcer, dans ce cas, aucune dLecl6ance ;
Attend d'autre part, que si, aux terines du 20 alinea de
l'article 11 0 de la Constitution, 1c Tribunal de cassation, sur
un second recours, doit, en adinettant 10 pourvoi, statuer sur
le fond, sections r6unies, il faut tque ce soit la mime allaire
qui se pr6sente entire les me nes parties; qu'on doit en-
tendre par la inine allhire, celle don't lo ji, ieiclient a W6t cass6
et renvoye a un autre Tribunal, et qiii se present de nou-
veau au Tribunal de cassation sur le recourse ,,xet(c', centre
le jugement d6finitif du Tribunal de renvoi ;
Attend que le pourvoi souinis 1i 1'examen du Tribunal de
cassation est form centre le jugement d'une aflaire qui se
pr6sente pour la premiere fois devant ce Tribunal, et qui
est, par consequent, de la cmip'll,(nc de, de la section civil :
Par ces motils, 1e Tri bunlal oe cassation, section civil, se
declare competent pour prononcer sur le pourvoi exere6 par
la dame veuve Jules Labarre centre le jugelnent rendu, le
ncuf Avril 1885, par le Tribunal civil de Jacmel, rejette la
dlch(ance soulev6e par le ilt'feiondolur et
AU FONI),
Sur le premier noyen (du pillr\(i
Vu l'article 118 du ciiode de lpru-'6edure civil' ;
Attend qu'il est de prilcipe que les irri'tgiildiir.- repro-
ch6es AL une expertise ne peuvent entrainer la nullitl qu'au-
tant qu'elles sont de nature en vicier la substance, et no-
tanmment A paralyser le droit (e la defense ;
Attend lque le jugement attaque' ne fait pas connaitre en
lqoi ii comment les experts-arpenteurs, nommi s par le ju-
,ement du 21 Novembre 188e pour proc6der Ai la d6limita-
tioin des lisi6res on lines s6paratives des tirres connues sous
Ics nois tie Pei'inet et de Raimond, no se sont pas confor-
Imes au dispositif du jugement du 12 Avril 4882; qu'il
n'exprime pas non plus l'omission de la formality substan-







-80-


tielle qui a vicie le rapport de ces experts-arpenteurs, et pour
laquelle il a prononc6 la nullit6 de l'op6ration qu'ils ont
faite';
D'oft il resulte un defaut de motifs qui constitute une vio-
lation de 1'article 148 du code de procedure civil :
Par ces motifs et sans qu'il soit b'esoin d'examiner les au-
tres moyens, le Tribunal casse et annule le jugem( nt rendu,
le 9 Avril '1885, par le Tribunal civil de Jacmel; et, pour
Otre status conform6ment a la loi, renvoie la cause et les
parties devant le Tribunal civil du Port-au-Prince; ordonne
la remise de I'amende d6pos6e et condamne le d6fendeur
aux depens.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CHiERI, A. RtGNIER, N. E. VALLES et M. FRIMONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du onze Mai 1886.


No 45.
RECTIFICATION DE QU.I.ITIES.
Cette reclificalio, se faith par un simple acted d'opposition d
l'adversaire. Les parties sont reglees sur cette opposition,
par le doyen ou par le plus acicic, des jufes qui auront siege
lors du jugement de l'affaire.
Une parties qui n'aurait pas obseri,' ces fornmalitis, ne sau-
rait critique en cassation les qualities de son adversaire.

ANNULATION, sur le pourvoi du citoyen ALONZO JACINTHE.
d'un jugement rendu, le Icr Juillet 1885, par le Tribunal ci-
vil de Port-au-Prince.
Du 11 Mai '1886.
Notice et Motifs.
Pour obtenir l'ex6cution d'un jugement du Tribunal de
paix rendu en sa faveur, la dame Ve R. Tippenhauer, lit si-
gnifier deux commandments au sieur A. Jacinthe, son d6;
biteur. D'oil opposition de ce dernier et, sur cette opposition,
sortit jugement du Tribunal civil qui d6boute l'opposant.
Celui-ci se pourvut en cassation, et le Tribunal de cassation
fit droit par l'arr~ t suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge N. E. Vall6s, en son rapport; Me







- 81 -


Raymond aini, avocat de la d6fenderesse, en ses observa-
tions; et Monsieur le substitute di commissaire du Gouverne-
ment A. Bourjolly, en ses conclusions; apris en avoir d6li-
b1er en la chambre dii conseil ;
iVu : 1o le jugement (du Tribunal civil de Port-au-Prince
ei date duI douze Mars -1881; 2o.celii du minme Tribunal en
date du Iler' Juillet de l'ann1e ldeniere contre lecquel est pour-
voi; 3o et dilTfrentes autres pieces produites ;
Vu aussi les articles '148 et 150 du code de procedure ci-
vile ;
Statuant sur la fin de non-recevoir on dlcheance soulev6e
par la d6fenderesse contre les qualities du sieur Alonzo Ja-
cinthe dans le jugement attaqu6 :
Attendu qu'au prescrit de l'article '148 du code de proc6-
dure civil, la redaction des jugements doit 6tre faite sur les
qualities signifies entire les parties ou leurs d6fenseurs; que
la parties qui voudra fair rectifier ces qualit6s, le d6clarcra
par un simple acte Ai son adversaire; que les parties seront
ri'gles sur cette opposition, par le idyeli ou le plus ancient
lies juges qui auront sigt6 lors du jugement de l'alfaire or, la
dlfenderesse n'ayant rempli aucune de ccs formalit6s devant
qui de droit, conform6inent aux dispositions dudit art. 148,
est done non-recevable a critique devant le Tribunal de cas-
sation, Jes qualit6s de son adversaire; d'oii il suit que la tin
de non-recevoir est mal fondue, et le Tribunal Ia rejette.
AU FOND,
Sur les 3c et 4I moyens du pourvoi, pris de la violation des
articles 148 et 150 du code de procedure civil, en ce que
les motifs pr6sent6s dans le jugement don't est pourvoi, ne
sont pas d'accord entire eux et se trouvent en flagratite con-
tradiction ;
Atlendu que suri la dllmmiiole enl nullite de l'exploit de si-
Ugification, en date du vingt Mars 188'i, du jugeinent du
douze du mime mois, le Tribunal, par les considtrants de
son jugement, a :econni que cet exploit de signification
content deux parlant a distinct, don't I'un A avocat et l'au-
ire a plartie, et a declarh6 qu'en procedait ainsi, on n'a pas
regulierement observe les dispositions de l'article 150 du
code de procedure civil; qu'apris avoir ainsi reconnu l'ir-
i'6gularite don't I'exploit est entacli, le Tribunal a encore
neanmoins (ldclare que 1'article 150 (du code te procedure
implique evidemment la rdildctiiii de deux originaux dis-
tincts; qu'il i'en result pas moins qlue le jugement a Wtd
signifies 'a avocat et a parties suivant l'original de l'exploit de
l'huissier CG. DWsir, en date du vingt-sept Mars 1884; que le







82-
but de ia loi a Mte ainsi rempli, et qu'il s'ensuit que .eit
signification est valuable ;
Attend qu'on ne saurait, d'abord, dire que original de
l'exploit de signification don't s'agit, est irr6gulier en ce quet
les formalit6s prescrites par ledit article 150 du code de pro-
c6dure civil n'ont pas 6td observes, pour que l'on puisse
d6clarer ensuite comme valuable la signification du jugement
du douze Mars 1884, qui a W6t faite par l'original dlu mme
exploit irr6gulier; qu'il s'ensuit que le Tribunal, en raison-
nant ainsi a donn6 dans ledit jugement des motifs q,ui
sont en contradiction entire eux ainsi qu'avec le dispositif du-
dit jugement; qu'il y a done lieu de reconnaitre que le ju-
gement n'est pas motive comme le veut l'article 418 sus-vise :
Par ces causes et motifs, sans qu'il soit besoin d'examinet
les autres moyens du pourvoi, le Tribunal casse et annule le
jugement du Tribunal civil du Port-au-Prince, en date du
premier Juillet de l'annee 1885, rendu entire le sieur Alonzo
Jacinthe et la dame veuve Betzy Tippenhauer ; ordonne la
remise de I'amende dcpos6e; renvoie la cause et les parties
(evant le Tribunal civil de Jacmel pour y tire de nouveau
jug6e, et condamne la d6fenderesse aux d6pens liquids a la
some de trente-huit piastres quinze centimes, don't distrac-
tion au profit de Mes F. L. Cauvin et P6tion Cauvin, qui affir-
ment en avoir faith les advances, et ce, non compris le.coit
du present arrit.
Donn6 de nous, C. CinIhi, juge remplissant les functions de
president; JI A. COURTOIS, A. {r;GNIER.n, N. E. VALLEYS et M.
FnRMONT, juges, au palais de justice du Tribunal de cassa-
tion, en audience pubilique de ce jour onze Mai 4886.


N 4(.
TRIBUNAL DE CASSATION ;: COMP:Ti r' .1. PJA.-5'IIIl FORTE.
Dans les qcleio,,,s d'imlipt oh I'ordre public est c.ss~e lcle-
ment interessi. Ic Tribunal de cassatio) a competence pour
examiner les clauses d'un contrat qui detblit, en vertu d'une
loi, un droil sur ics ,'onl'libuables, ct your s'assurer si la per-
ception cxige'e dil conlrilTnibl est le'gale.
L'expression PIASTIE FORTE employJe par- leI jislateur
dans l'article 5 de la loi diu '4 Aoi4t 1872, compr1ei(l les
ion,,a ies d'or et d'argent d'Espagen et des pas / etrangers
qui sont payces et rescues at Tror public, cofilorl (u'riil auI
tarif an,,,e.,r d I'arrdc' du( Pre'sideI)t d'IHaiti du 9 F1vrier
1863; .t non pas sculieen)t Ia monnaic ameiricaie.









ANNULATION, sur le pourvoi des sieurs Ti. LAIIENS et Cie
d'un jugement du Tribunal civil de Port-au-Prince.

Du 18 Mai 1886.

Notice et Motifs.
En vertu d'un contract, passe entire le sieur Clnment Haent-
jens et le Gouvernement d'Iaiti le 8 Juin 1878 et sanctioned
par la loi du 14 Septembre 1878, ledit sieur Haentjens de-
vint concessionaire des phares de la baie de Port-au-Prince,
et percut un droit de six centimes forts par tonneau de jauge,
pour chaque voyage des navires strangers ti voiles on a va-
peur. Les sieurs Th. Lahens et Cie, tenus de par ce contract
de payer une some de P. 109,58, offrirent de s'acquitter
en monnaie national actuellement en course. Mais le sieur
C. Ilaentjens refusal, pr6tendant 6tre payd en monnaie ame-
ricaine, come monnaie ayant course au moment du contract.
De li assignation au Tribunal civil qui condamna les sieurs
Lahens et Cie. Ils se pourvurent en cassation et virent triom-
pher leur demand par l'arrkt suivant:
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge Fr6mont, en son rapport; Me Munier,
en ses observations pour les demandeurs; celles de Me An-
toine pour le d6fendeur; les conclusions de Monsieur le sub-
stitut du commissaire du Gouvernement A. Bourjolly; et
apres en avoir ddlib&r6 en la chambre du conseil;
Vu : 1o le jugement attaqu; 2o l'acte de la declaration de
pourvoi; 30 les requites des parties; et 40 les autres pieces
produites ;
Vu aussi les articles 917 du code de procedure civil, 5 de
la loi du 24 Aofit 1872, Icr de l'arrete du Pr6sident d'Haiti
du 9 FWvrier 1863 et 6, 2o du contract de phares, sanctioned
par la loi du '14 Septembre 1878;
Sur la fin de non-recevoir opposee par le d6fendeur :
Attendu que dans les questions d'imp6t, qui interessent
essentiellement I'ordre public, le Tribunal de cassation a
competence pour examiner les clauses d'un contract qui eta-
blit, en vertu d'une loi de sanction, un droit de phare, afin
de s'assurer si la perception exigde du contribuable est 16-
gale ;
En consequence, le Tribunal rejette cette fin de non-rece-
voir.
Au FOND,
Sur le deuxieme moyen du pourvoi, pris de ( la violation


- 83 --






- 84 -


d de la loi du 14 Sept.thnlllre 1878, de la faun-,-- application et
( interpretation dans ses articles 0 et 7. )
Attend qu'aux termes de l'article 5 de la loi d(t 24 Aoit
1872, (d1s le retrait du papier-monnaie, la piastre forte a en
course 16gal dans la R6publinue ; que 1'expression piastre
forte, employee par Ie 16gislateur dans la redaction (de cet
article, compared les monnaies d'or et d'argent d'Espagne
et des pays strangers qui sont payees et revues au tr6sor pn-
blie eonformement au tarif annex A l'arrite du Pr6sident
d'laiti du 9 Fivrier 1863;
Attendu que d'aprl s l'article 6, 2o, du contract de phares,
sanctionnm par la loi du 14 Septembre 1878; les batiments
strangers A voiles ou 'i vapeur doivent payer A leur entire
dans la )aie du Port-au-Prince on iA leur sortie, un droit de
six centimes forts par tonneau de jauge, pour chaque vo-
yage
(ue ce droit de six centimes forts peut tr'e acquitt6 avec
I'une des rmonnaics etrangsres, qui figurent dans l'arret6 sus-
vis et suivant les fixations y portses; d'on il rtsulte que le
jugement attaqu6,' en d6cidant que ce droit est d(l en pias-
tre forte ou linull 1ZaiC, am6ricaine, a limits le course 16gal A la
monnaie ambricaine senulement, et a fait une fausse inter-
pretation de l'art. 6, 2o, ludit contract de plares :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les
autres moyens, le Tribunal casse et ann'ile le jugement ren-
du, le 17 Novembre 1885, par le Tribunal civil du Port-au-
Prince; et, pour etre stati6 conformn6ment a la loi, renvoie
la cause devant le Tribunal civil de Jacmel; ordonne la re-
mise de I'amende depose et condamne le defendeur aux
16pens.
Ainsi fait ct jug6 par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CII:lli, A. RIf;1NInER, M. FFnrIMOiNT et S. BISTOURY, juges, au
palais de justice du Tribunal de cassation, en audience pu-
blique dnu 18 Mai 1886.


N 47.

Jl '.:I:.iiNTrs : E:uDACTION.

Les jugfcs ne sot l',ia. de fire mention, dans leurs juge-
,ie',l.l, que des pi,'c.Sc principles prodvlil.'s. par les parties,
c'sl-ai-dir' des pies is qui exercent une influence decisive sur
'esprit ces j,.l/sc et qui out servi de base la decision.
RE JET du pourvoi form par le sieur JULES ROQUET COntre






85 -

un jugement rendu, Ie 16 Juillet 1885, par le Tribunal de
commerce de Port-au-Prince.

Du 25 Mai 1886.

Notice et Motifs.
Sur l'action intentde par le sieur J. Roquet, centre le sieur
.. E. Travi6so, en pavement de dix mille piastres en titres, sur
la caisse d'amortissement, don't ledit sieur J. E. Travieso,
Spar une lettre du 16 Mai 1883, contenant novation, se serait
constitu6 d6biteur aux lieu et place de son p6re, J. M. Tra-
vieso, sortit un jugement du Tribunal consulaire qui con-
damna les pr6tentions de MA' J. Roquet. Celui-ci se pourvut
en cassation, mais n'y fut pas plus heureux, comme l'atteste
l'arret suivant :
LE TRIBUNAL ,
Oui le rapport de Monsieur le juge M. Fremont; les ob-
servations de Me J. Archin. avocat du demandeur; cells de
Me E. Lespinasse, avocat du d6fendeur; les conclusions de
Monsieur le commissaire du Gouvernement V. Laporte; et
apres en avoir delib&re en la chambre du conseil;
Vu : to le jugement attaque; 2o l'acte de la declaration de
pourvoi; 3o les requites des parties; et 4o les autres pieces
produites ;
Vu aussi les articles 148 du code de procedure civil, 1056,
2e alinea, 1058 et 925 du code civil;
Sur le 20 moyen du pourvoi :
Attendu qu'aux terms de l'article 148 du code de proce-
dure civil, les jugements ne doivent contenir qu'une expo-
sition sommaire des points de fait et de droit; que de
l'examen de l'acte introductif d'instance et des conclusions
des parties, il r6sulte que le jugement attaqud a 6nonce,
dans son point de fait, les faits principaux constituent le
proces, et dans son point de droit, les questions principles
sur lesquelles il a d6cide ;
Attendu que les juges ne sont tenus de fire mention dans
leurs jugements que des pieces principles produites par les
parties, de cells qui exercent une influence decisive sur
I'esprit des juges et qui ont servi de base A la decision; -
que le jugement a satisfait au voeu du l6gislateur en men-
tionnant l'acte d'ajournement qui a li6 l'instance devant le
Tribunal de commerce', ainsi que la lettre de J. E. Travieso
A Mic J. Archin, en date du 16 Mai 1883, qui a servi.de base






- 86-


a Faction ; que les autres lettres et I'assignation qui avait Wtd
donnee A J. M. Travieso, n'ont pas en besoin d'une mention
particuli6re ;
Sur le troisiie nmoven :
Attend qu'en declarant, entire autres motifs, lu'il ne re-
sulte pas de la lettre qui fait la base de Faction, la manifes-
tation suffisantc de la pensee de J. E. Travieso de prendre
la place de son pire, en se renldant personnellement le (de-
biteur de Mr, Jules Roquet; que cette lettre ainsi que les cir-
constances de la cause ne permettent point de s'exposer, ai
propose d'un point aussi d6licat que celui de savoir si une
convention a op6ie ovation par substitution de debiteur, i
preter aux parties une intention qu'elles n'ont pas eue;
qu'on ne peut trouver dans cette lettre une decision mani-
festi de J E. Travidso de devenir dilileiur de Mr J. Roquet
en lieu et place tio son pere; qu'au contraire, loin d'expri-
mec cette intention de over, il laisse dans la lettre mnme,
don't ii est fait 6tat, la qualification de debiteur a son pere;
que la volont6 de over ne r6sulte pas clairement de ce qui
est intervenu entire les parties, le jugement est suffisamment
motive sur le fait (de ia ovation qui lui a Wtd soumis ;
Sur Ie quatriine moyen
Attendu que c'cst aprbs avoir rechetch6 et apprtci6d 'in-
tention dcs parties, d'apris Ie etexte la lettre de J. E. Tra-
vi6so i l'avocat de J. Roquet et les circonstances de la cause,
que les premiers juges ont decide qu'il n'y avait pas ovation
par substitution d'un nouveau debiteur; que cette deci-
sion, qui ne content rien de contraire ti la loi, 6chappe au
contr6le du Tribunal de cassation ;
Attendlu que le jugement n'ayant pas statue et n'ayant pas
du statue sur i'article 1059 du code civil, n'a pu violer cet
article :
Par ces motifs, ct sans qu'il soit besoin d'examiner le pre-
nier mioyen, auquel a renone6 l'avocat du demandeur i I'ap-
pel de la cause, le Tribunal rejette Ie pourvoi form par le
sieur Jules Rcquet centre le jugement rendu, le 16 Juillet
1885, par le Tribunal de commerce du Port-au-Prince; or-
,l,,ine la confiscation te l'ancende deposde et condamne le-
dlit sieur Jules Roquet aux depens.
Ainsi fait et jug6 par nous, B). LALLEMAND, president; C.
C(iiEi, N. REGNIRn, N. E. VALLIm S et M. FREMONT, juges,
.uI palais (do justice du Tribunal de cassation, en audience
publiquc du 25 Mai 1886.






- 87 -


No 48.

DRiOIT DE LA DEFENSE.

1I a e.rces de pouvoir lorsqu'un Tribunal, rejelanl les ex-
*eption's qi li outt prdsenteies, statue au fond sans avoir
enteand la parties de'feaderesse.

ANNULATION, stir le pourvoi des 6poux ESTIMA SAINT-II-
LAIRE, (ll'u jugement rendu, le '19 Octobre 1885, par le Tri-
biunal civil de Saint-Marc.

Du 25 Mali 1886.

Notice et Motifs.

Les faits ressortent suffisaimment de 1'arret suivant:
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge C. Ch6ri, en son rapport; Me C. Ar-
chin, avocat, en ses observations pour la d6fenderesse ; Moi-
sieur le commissaire du Gouvernement V. Laporte, en ses
conclusions; et apres en avoir delibere en la chambre du
conseil ;
Vu : lo le jugement attaqu6; 20 l'acte de la declaration de
pourvoi; 3o la requite de la demanderesse; et 40 les autres
pieces produites ;
Vu aussi l'article 917 du code de procedure civil;
Sur le deuxieme moyen du pourvoi:
Attendu qu'il est constat6 par les conclusions iriser6es dans
le jugement contre lequel est pourvoi, que la dame Estima
Saint Hilaire avait oppose A la-demande en d6guerpissement
de la propri6te sise a Saint-Marc, rue du Peuple ou de la
Prison, deux exceptions, don't l'une, tiree de la nullit6 du ju-
gement rendu en chambre du conseil le 15 Septembre der-
nier, et l'autre, de la prescription; que le Tribunal civil de
Saint-Marc a rejet6 ces exceptions et a status au fond, sans
avoir entendu les moyens de la demanderesse en cassation,
sur lc fond de la demand en d6guerpissement; d'ofi ii r1-
sulte qu'il a commis un exces de pquvoir en violent le droit
de la defense :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les au-
tres moyens, le Tribunal case et annule le jugement rendu,
le 19 Octobre 1885, par le Tribunal civil de Saint-Marc; et,







- 88 -


pour 6tre status conform ment ia la loi, renvoie la cause et
les parties devant le Tribunal civil des Gonaives; ordonne la
premise de l'amende d6pos6e et condamne les defendeurs aux
d6pens.
Ainsi fait et juge par nous, B. LALLEMAND. president; C.
CIIIRI, A. REGNIER, N. E. VALLES et M. FRLMONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 25 Mai 4886.


N0 49.
SIGNIFICATIONS DES EXPLOITS D'HT'ISIER.

Tous exploits sont fails a lc'so te ou a domicile; mais
lorsque l'huissier ne trouie au domicile ni la parties, ni au-
cui de ses parents ou serviteurs, il doit, avant de remettre
la copie au juge de pai., fire mention qt'il ta d'abord pre-
e enite d unm voisin de la iptie.

ANNULATION, sur le pourvoi du citoyen NORD ALEXIS,. d'un
jugement rendu, le 25 Octobre 1883, par le- Tribunal civil du
Cap-IHaitien.
Du 25 Mai 1886.

Notice et Motifs.
Le citoyen Sylla Laraque, substitu6 aux droits de propriWte
des h6ritiers F. Jean-Joseph sur l'habitation Vaudreuil, avait
obtenu, par jugement du Tribunal civil du Cap-Haitien, la r6-
siliation d'un bail passe entire le citoyen Nord Alexis et les
hiritiers Jean Joseph. A la signification de ce jugement, le
citoyen Nord Alexis y fit opposition, all6guant que les for-
malit6s de l'article 78 du code de procedure civil n'avaient
pas W6t remplies. D'oi un jugement contradictoire qui or-
donna la main-lev6e de l'opposition. C'cst centre ce dernier
jugement que s'est pourvu le citoyen Nord Alexis, et qu'a Wte
rendu l'arret suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui le rapport de Monsieur le juge Nazon; les observa-
tions de Me C. Archin, avocat du demandeur en cassation;
celles de Me Th6baud, avocat du defendeur; et les conclusions
de Monsieur V. Laporte, commissaire du Gouvernement;
Apres delibdration en la chambre du conseil;






89 -

Vu : 1 le jugement attaqu ; 20 l'acte de la declaration de
pourvoi; 3o les requ6tes des parties; et 40 les autres pieces
produites ;
Vu aussi les articles 78, 80 et 950 du code de procedure
civil;
Sur le premier nmoyen du pourvoi :
Attendu qu'aux termes de l'article 78 du code de proce-
dure civil, tous exploits sont faits A personnel on domicile;
iiais lorsque l'huissier ne trouve au domicile, ni la parties,
iii aucun de ses parents ou serviteurs, ii doit, avant de re-
mettre la copie au juge de paix, fire mention qu'il l'a d'a-
bord pr6sent6e an voisin;
Attendu que 1'exploit l'assignation du 21 Mai 1883, 6nonce
que l'huissier n'ayant pas trouv6 le g6n6ral Nord Alexis en
son domicile, ni personnel capable de recevoir la copie, il l'a
premise au supplant juge de paix Diadon Jean-Francois, du
Cap-Haitien, mais ne constate pas qu'il s'est prealablement
adress6 A l'un des voisins dudit gd6nral Nord Alexis; que
cette omission entraine la nullit6 pr6vue par l'article 80 du
code de procedure civil; qu'en jugeant le contraire, le ju-
gement attaqu6 a viold les articles ci-dessus vis6s :
Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les au-
tres moyens, le Tribunal casse et annule le jugement rendu,
le 25 Octobre 1883, par le Tribunal civil du Cap-Haitien; et,
pour 6tre status conformdment A la loi, renvoie la cause de-
vant le Tribunal civil des Gonaives; ordonne la premise de
l'amende depos6e et condamne le citoyen Laraque aux d6-
pens.
Ainsi fait et juge par nous, B. LALLEMAND, president; C.
CHnRI, A. REGNIER, N. E. VALLEYS et F. NAZON, juges, au
palais de justice du Tribunal de cassation, en audience pu-
blique du 25 Mai 1886.


No 50.

D E c H 1 A N C E.

Le demandeur.en cassation est tenu, 4 peine de decheuace,
de fire signifier au defender l'acte contenant ses moyens,
dans la huitaine de la declaration du pourvoi.

ARRnT qui declare 1'ETAT, d(6chu de son pourvoi form cor-
tre les jugements rendus, les 14 et 21 Aofit 1885, par le Tri-
bunal de paix de la section nord de Port-au-Prince.







90 -

Du 25 Mai 1886.

Notice et Motifs.

Pour avoir faith signifier tardivement ses moyens, 1'Etat a
4td d6clard d6chu de son pourvoi par l'arrkt suivant :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge A. Regnier, en son rapport; Mon-
sieur le commissaire du Gouvernement V. Laporte, en ses
conclusions; et apr6s en avoir dUliberd en la chambre du
conseil;
Vu : 1o les jugements attaqus ; 2o I'acte de la declaration
de pourvoi; 3 les requetes des parties; et 4o les autres pie-
ces produites ;
Vu aussi l'article 926 du code de procedure civil;
Sur la premiere dech6ance invoqude par les d6fendeurs :
Attendu qu'aux terms de l'article sus-vis6, le demandeur
en cassation est tenu de fire signitier, a peine de d6chlance,
au d6fendeur l'acte contenant ses moyens, avec assignation
dans la huitaine de la declaration du pourvoi;
Attendu que la signification des moyens, avec assignation,
faite aux sieurs Roberts, Nephews et Cic, le premier Octobre
dernier, du pourvoi d6clard le 18 Septembre pr6c6dent, est
tardive; d'of it suit que l'Etat a encouru la d6ch6ance
Par ces motifs, le Tribunal declare l'Etaf d6chu de son
pourvoi form centre les jugements rendus, les 14 et 21 Aoit
1885, par le Tribunal de paix de la section nord du Port-au-
Prince; condamne l'Etat aux d6pens.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president;
C. CHERI, A. REGNIER, N. E. VALLEYS et M. FRIMONT, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience
publique du 25 Mai 1886.


N 51.
EXCES DE POUVO1R : POURVOI CONTRE LES JUGEMENTS
DES TRIBUNAUX DE PAIX.

L'excds de pouvoir es l'action d'un Magistrat ou d'un Tri-
bunal qui sort de ses altributions.
Le recours en cassation contre les jugements des Tribunaux
de paix rendus en dernier resort, ne peuvent avoir lieu pour
violation et fausse application de la loi.







- 91 -


ARRtT qui declare la dame AiitLA~.r : StIi'-nis, non-recei- -
ble en son pourvoi form centre le jugement rendu, le 13r
Avril 1885, par le Trilunal de paix, section sud de Port-au-
Prince.
Du 25 Mai 1880.
Notice et Motifs.
Un jugement du Tribunal de paix de Port-au-Prince sec-
tion sud ayant condamn6 la dame Ad6laide Surpris, elle se
pourvut en cassation, excipant d'un exces de pouvoir dkcou-
lant de la violation de l'article 1100 du code civil et de la
fausse application des articles '1168 et 1100 dii mnme code.
D'oft l'arret suivant :
LE TRIBUNAL ,
Oui Monsieur le juge Vallts, en son rapport; et Monsieur
le commissaire du G(ouvernement V. Laporte, en ses conclu-
sions ;
Vu : o1 le jugement attaqui6; 2, l'acte de la declarations de
pourvoi; 30 la requite de la delmanldresse; et lo les autres
pieces produites ;
Apr6s delib6ration en la chambre du conseil;
Vu aussi I'article 918 du code de procedure civil;
Sur l'unique moyen du pourvoi, pris d'exces de pouvoir
decoulant de la violation de l'article '1100 du code civil avec
fausse application des articles 1168 et 1160 du meme code
Attendu, d'une part, que l'exces de pouvoir est 'action
d'un Magistrat on dl'un Tribunal qui sort de ses attributions;
- que rien dans la cause ne fait constater que le Tribunal
de paix a empi6dt sur les attributions d'une autre jurisdiction,
ou qu'il a fait ce qui ne serait pas permis A aucune autre ju-
ridiction 6tablie; et que, d'autre part, les demands en cas-
sation des jugements d6finitifs rendus en dernier resort par
les Tribunaux de paix, ne peuvent avoir lieu pour violation
et fausse application de la loi; dt'of ii result que ce pour-
voi n'est pas recevable:
Par ces motifs, le Tribunal declare la dame Adelaide Sur-
pris non-recevable dans son pourvoi form centre le juge-
ment rendu en dernier resort, le 13 Avril -1885, par le Tri-
bunal de paix de la section sud( du Port-au-Prince; ordonne
la confiscation de l'amende deposee.
Ainsi fait et jug6 par nous, _. LALLEMAND, president; Jh
A. COUIVTOIS, A. B1EGNIER, N. E. AI,LIES et AM. FREMONT, ju-
ges, au palais de justice du Tribunal de cassation, en au-
dlince publique (du 25 Mai 1886.









No 52.


JUG;EMENTS : REDACTION. A L,.Ii it.LIO.1 .

Les juges ne sont lens de fire mention dan(s leurs jugle-
ments que des pi; loe produiles par les parties.
Quand adjudication de la propriety a etd pricede'e d'u
comnmandement regulier ct quand le cont tr de vente ef'ectue!
est en conformild avec les articles 846 et suivants du code de
procedure civil, I'article 585 de ce mime code ne s'applique
pas.

REJET du pourvoi formni par la dame Ve J. A. EVANS con-
tre un jugement rendu, Ie 47 Septemblc re 1885, par le Tribu-
nal civil de Jacmel.
Du 8 Juin 1886.

Notice ct IMotifs.

A la suite d'un arr3t du Tribunal de cassation rendu en
leur faveur, les sieutrs Ed. Weber et Cie avaient fait proe-
der a la vente d'une propriety appartenant la dame Ve J.
A. Evans. Celle-ci les assigna pardevant le Tribunal civil de
Jacmel, pritendant que les formalit6s pr6alables exigees par
la loi n'avaient pas Wt6 ;aciii,,plie. Le Tribunal la d6bouta
de sa demand. D'oii pourvoi r6solu par l'arret suivant:
LE TRIBUNAL ,
Oui Monsieur le juge Courtois. en son rapport; lc C. Ar-
chin, avocat de la defenderesse, en ses observations; celles
de le' L. Duchatellier, avocat des defendeurs; iMnsieur le
commissaire du Gouvernement V. Laporte, en ses conclu-
sions; et apres delib6ration en la chambre du conseil;
Vu : '0 le jugement denonce; 2o 'acte de la declaration
de pourvoi; 30 les requetes des parties; et 40 les autres pie-
ces produites;
Vu aussi les articles ,1M3, 8583, 816 et suivants du code de
procedure civil ;
Sur le premier inoyen du pourvoi:
Attendu que les judges ne sont tenus de fire mention ldaus
leurs jugements que des pieces qui sont produites par les
parties; que rien dans la cause ne prove que des placards
avaient Wte sonmis aux premiers judges; et que, contrairement
A l'allgation de la demandercsse, le jugement critique men-
tionne le commandment de payer du 23 Avril '1885.






-93 -


D'ofi il result lqu'il n'y a eu ;uciiii. violation de I'd titLl
148 du code de procedure civil;
Sur le deuxieme et le troisi6me moyen :
Attend que la convention ayant autoris6 le creancier a
faire vendre l'immeuble hypoth6qu6 aux enchires publiques
en l'Ftude et par le ministere d'un notaire, en se conformant
aux articles 816 et suivants du code de procedure civil, l'ar-
ticle 585 de ce code relatif ai la saisie immobiliere, ne pou-
vait trouver son application dans l'espce; et que l'adjudi-
cation de la propriWt6 a Mt6 prec6dde d'un commandement
r6gulier, indiqu6e par des placards vis6s par le juge de paix
de la commune de JaCmel, appos6s par deux dimanches con-
secutifs et ins6r6s dans le journal Le Bien Public du 29 Avril
1885;
Que, par consequent, ces deux moyens sont sans fonde-
ment :
Par ces motifs, le Tribunal rejette le pourvoi form par la,
dame veuve James Alfred Evans, nee Euphrasie Turnier,
contre le jugement rendu, le 17 Septembre 1885, par le Tri-
bunal civil de Jacmel, ordonne la confiscation de I'amende.
deposke.et condamne ladite dame aux d4peps.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president; Jh
A. COURTOIS, A. RItGN;IER, N. E. VALLES et M. FRnEMONT, ju-
ges, au palais de justice du Tribunal de cassation, en audience.
publique du huit Juin 1880.


N 53.

J1UGE DE PAIX : COMPETENCE.

Les juges de paix ne connaisseot que les actions person-
nelles et mobilibres de leur competence.

AN.NULATION, sur le pourvoi form par la dame Ve ANNu-
LYSSE ROSEMONDM, d'un jugement rendu, le 21 Aofit 1885, par
le Tribunal de paix de la (Capitale, section nord.

Du) 8 Juiin 1880.

Notice et Motifs.
La dame Ve Annulysse Rosemond, condamnne par sentence
du juge de paix de la section nord de Port-au-Prince A d6-







- 9 -


4Utlrpir d'un t'err''i q ]u'elle occupait, se purvut\t en cassa-
tion, et vit triompher sa demand par 1'arrkt suivant:
LE TRIBUNAL ,
Oui Monsieur le juge Valles, en son rapport; Monsieur le
commissaire du Gouvernement V. Laporte, en ses conclu-
sions; et apres en avoir d6lib6r, en la cliambre du conseil :
Vu les articles 8, 22, 618 du code de procedure civil
Sur le second moyen du pourvoi :
Attendu que les juges de paix ne connaissent que des ac-
tions personnelles et mobilibres de leur competence: que
celle port6e devant le Tribunal de paix ayant eu pour objet
la premise d'un immeuble, constituait une action immobiliire,
de la competence des Tribunaux civils; qu'en la jugeant,
ce Tribunal est sorti de la limited de sa competence :
Par ces motifs, et sans lqu'il soit besoin dl'examiner le me-
rite du premier moyen, le Tribunal casse et anhule le juge-
ment rendu en dernier resort, le 21 Aofit 1885, par le Tri-
bunal de paix de la section nord du Port-au-Prince; et, pour
ktre statue conform6menit i la loi, renvoie la cause devant
le Tribunal de paix de la section sud de cette ville; ordonne
la premise de l'amende d(poske et condamne la d fenderesse
aux dlpens.
Ainsi fait et jug6 par nous, B. LALLEMAND, president ; J1
A. COURTOIS, A. IREGNIE, N. E. VALLfS et M. FREMONT, ju-
ges, au palais de justice ldu Tribunal de cassation, en au-
dience publique du huit Juin 1886.

N0 54.
POURVOI EN CASSATION : DI)<:IIiANi:E.
Le (de'm1,ndiilur en cassation es/ fent t pine de de d'chece,
de de'poser cta greffc dt Tribunal de cassation, dans les qua-
rante-cinq jours de la signification de scs )moyens, I'amende
prducu par l'articlc 930 du code de procedure civile.
AnI:T qui d6claree e sieur CAsIMIRI CALIX, d(cliu de son1
poiurvoi for n centre le jugement rendtlu, le 10 Septenmwre
1885, par le Trilbunal de paix de l'Arcalhaie.
1)1 8 Juin 1886.
Notice et Motifs.
IPour s'etre lpoIurvu el cassationt contri un jugement ren'dil
par le Tribunal de paix de l'Arcahaie, sans avoir rempli les







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formalit6s e'dicltes par I'article 930 dli code de procedure
civil, le sieur Casimir Calix a vu declrier la dlchleance de
son pourvoi par 1'arret sivant :

LE TRIBUNAL,

Oui Monsieur le juge A. R6gnier, en son rapport; Mon-
sieur le commissaire du Ginivelrni,,ow.ii V. Laporte, oi ses
conclusions; et apres en avoir ddlib6r& en la chainlre du
conseil;
Vu : 1o le jugernent attaqu6; '2 les riqulllu.s des parties;
3o le certificate d6livr6, le 49 Janvier dernier, par le greffier
du Tribunal de cassation, constatant (lue le demaniildor en
cassation n'a fait en son greffTe aucun dipilt de pieces ni
d'amende ;
Vu aussi l'article 930 (du code de procedure civil ;
Siir la second tin de non-recevoir oppi-pee par le d6fen-
deur :
Attendu que l'article sus-vis6 vent, ai peine de d6ch6ance,
clue, dans les quarante-cinq jours de la signification de ses
moyens, le demandeur s'iiscrive an greffe (du Tribunal de
cassation et y d6pose : jo une amended d,, cin piastres; 2o
l'acte duinent signitid, contenant ses moyens; 3o l'acte de la
declaration de pourvoi; lo 1ne expedition signiliee ou line
copies signihfie du jugement denonce; 5o les pieces al'appui
Attend ique Monsieur Casiinir Calix s'est poiurvu en cas-
sation contre tun jugement, en dernier resort, reidu (1 son
prejudice, le dix Septelmbre 188.5, par le Tribunal (d paix
de l'Arcahaie; que le 26 Novernbre suivant, ii a fait signilier
i Monsieur Louism6 Etieine, son adversaire, l'acte c,'ll'-
Inat ses inoyens, sans avoir ellectlu le 1dpot prescrit par
l'article 930 idu code de procoidre civil; d'ou il suit (qu'il a
encouru la dclihance
Par ces motifs, le Trihbinal, sans avoir besoin d',\:iiiiii'r
la tin de non-recevoir, It'.-cltr le sieiir Casimir Calix dcliih
de son poLuvoi former contre le juigement rendu el n deroiirr
resort, le dix Septeiinlrc- -1885, par le Tribunal Ie paix Jde
l'Arcahaie; condamne ledit demandeur aux d6epns.
Ainsi fail et jug par nous, P1. LALLEMA:N, Ipreidlent C.
C(:aliU, Jh1 A. CoCITroIs, A. RE;.NIE et N. E. VA.LLI S, juges,
au palais de justice du Tribunal de cassation; en :.nliein u
publique du huit Juin '1886.









No 55.
JUGEMENT : REDACTION. REQUPTE CIVIL. POUVOIr
D'APPRECIATION DES JUGES.

L'expose soniiumire des points de faith et de droit oe doit
contenir que des questions principles soalecves par les par-
tics et re'olues par le Tribunal.
L'omi.'ioi dans les poini;ls de fait et de droit, da(ls les mo-
tifs et le dispositif d'an jUjel"'il des /ins de non-recevoir,
pir''S.lenc'le devant les lpre'iiii's juwes et sur lesqvelles ils at-
raient omis de stlii'er, ,'on).tile iu oyen de r'cquete civil,
et non de cassation.
L'ppreujiytlioji des fails qui plea'.'ei, constiituer des excs,
services ou injures graves et Pldiiq,.i, de iol.rr d, motive la
demand en divorce, retire dans le dI m,,ine exclusif des ju-
ges du fond.

REJET du pourvoi forin par la dame I IRARD LAFOREST,
centre un jugement rendiu, le 28 Octobre 1885, par le Tri-
bunal civil de Port-au-Prince.

Du 45 .uin 41886.

Notice et Motifs.
Un jugement du Tribunal civil de Port-au-Prince, sur une
demand en divorce pour exces, s6vices et injures graves et
publiques, introduite par le citoyen IHdrard Laforest, avait
admis la demand en divorce et ordonn6 aux parties de plai-
der au fond. La dame Iifrard Laforest se pourvut en cassa-
tion, et sa requete fut I'objet de I'arret suivat :
LE TRIBUNAL,
Oui Monsieur le juge A. Regnier, en son rapport;
Oui, en leurs observations et plaidoiries, le P. Lespis,
avocat de la demanderesse, et Ale Duchatellier, avocat du dt-
fendeur;
Oui Monsieur le conmissaire d (Inl (i rnilt'iitll.l V. Laporte,
en ses conclusions; et apris en avoir d(lliblrd conlforlmmenelt
a la loi ;
Vu : lo le julgemenlt attaq(iu; 2 I 'acte dle la declaration de
pourvoi, en date du 24 Janvier dernier; 3 les requtites des
parties; et 40 les autres pieces ,produites ;
Vu aussi les articles 148 dut code de proctlure civil, 231
et 217 du code civil;


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AU FON :
Attendu qlue I'extpi .: sommnaire des p. Iil.i le fait et de
droit, prescrit par l'article 1148 du C'1, de prl --cl 1i re civil,
ie ldoit contenir li e des questions principles .luiivi's par
les parties ot resolues par le Trilunal; ilite, dans l'espi'ci,
de l'exanien (du juienient critique, it result qu'il a satisfait
Slat loi, en eniin iant danis snm point de fail et do droit les
questions principles sur lesqcuelles il a di'-.cid,' ;
Attend que Ia circistainCe ic I'i mi. sin ii dans les points
tle faith et de droit, dans les motifs et dans le dispositif ldu
jgeinent, des tills de non-recevoir qui auraient itc presentees
devant les premiers juges et sur lesquclle .- ils auraient oinis
le statue, constituat un itmyen dle roeqcte civil, et non
un mloyen lde cassation ;
Stur le deuxieme move :
Attendu jtque l'iiiii.-siini de lprI n'li sil'r dtes fills doe non-
recevoir nle done overture [u''t la l reoq te civil et ne pent
constituer un excs de poivoir ;
Attend qu'apris avoir silr la lin de non-l .ri voili, oppose
par la dema nderesse en cessation, 'l ari'. de l'action on di-
vorce les fails passes en 1880 et 4881i, ant6rieurement A la
reconciliation survenue entire les 6poux, le jugeineit attaqlu
s'est conlfolrm6 l'article '231 dlit nid civil, en admettant la
dleinande sur les faits post'lriiiirs al cette reconciliation ;
Sur le troisieme moven :
Attend que I'appreciation dles faits qni peu\enlt colnstituer
des exces, s6vices ou injures graves ct publliques, de i atiure t
itotiver la deinande on divorce, reotre (dais la domiaineI ex-
clusifl des judges d fond ; (que lcliu pouvoir d'apprm'ciation a
cot 6gard est souverain e leur de'-ist i ii ne pent don1ner ou-
verture a cassation; d'oi' il suit que ce lmoyen est inadmnissi-
ble :
Par cos motifs, et sans Iqu'il soit lb -4,iiii d',\',iiil'ii r la fin
de non-rect'voir pr6sentee par le ,I '.i l',ll r, le Tribunial re-
jctte le pourvoi formi par la dlamie Tercia .ournel, :'i.puni
Sltr1ard Laforest, cointitr Ic jlltgiinent renduI, le 28 ()i t1,rii.
1885), par ie Tribulnal civil de Port-au-Prince; ,iltItiiiI' la
conliscationl d ie l'ainclld d6pose ot cotilnini,' ladlite dame
aux d6penls.
Ainsi faith et jumg6 par nous, 11. LaL.NI.MA.N, preCiIit; C.
(IIlRI, A.. Ri.:NIER, N. E. -\AIE eCt AM. F'lnIMONT, jilges, an
palais de justice du Tribunal de cassation, en audience pu-
blique dnu i15 Juin 1886.