Citation
Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne

Material Information

Title:
Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne
Creator:
Ligue de la jeunesse haïtieene
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publisher:
Impr. de L'Abeille
Publication Date:
Frequency:
Monthly
Language:
French
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1re année, no 1 (20 fevr. 1916)-
General Note:
Title from cover.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
001528667 ( ALEPH )
19032133 ( OCLC )
AHE2021 ( NOTIS )
sn 89020401 ( LCCN )

Full Text
This volume was donated to LLMC to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by
University of Florida Library




I)El'Xlf:NlE A-.NNf,,E lkU.Nll RO 13 20 FLVRIER '11417
*I REVUE DE
LA LIGUE
1) F, LA
JEUNLSSE
iAITIENNE
PARAISSANT LF, 20 DE, CIIAQl:E MOIS
ADMINISTRATIONN REDACTION
rileda Centre,
POBT-A IT-PTI VNCE
IMPRINIEWE DF CAnFii.m;, 1, Hill DF FOBT-PER




Pour loutescommunications, s'adresser an Bureau ditComite,,
f Vowe.du Centre, Port- awlleince.
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Bulletin do la li-tic do)aJouriesse haflienno
11. Que1ques, 13611exions Sur ]a sittlation
'flnaw2i6re
111. S'if Mait Dicu IJON LALEAU 9
I V. LIEvolution do ]a NIMecine (Sitile el, D" [,(-, N A FDAIN U)
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V% JEUNESSE HAITIENNE
VOLUME Ill. FARRIER M7 13.
B- BULLETIN DE LA LIGUE DE LA JEUNESSE HATTIENNE
La Ligue vient de reprendre ses Iravaux qu'elle avait stispendils pendant la pJriode Rectorale.
A la sd'ance du I I 14Wvrier le ComitJ a procidid un brpf examen de la situation actuelle, et il fut Wcide que la letter circulaire que nous reproduisons ci-d6sous strait addressee d twis les Prisidents de Filiale et aux Membres Reprisentants
Port-au-Prince, le 15 Fkrier 1917.
MONSIEUR LE Pflt SIDFNT,
Depuis plus d'une ann6e ]a Ligue de la Jeunesse Haftienne m6ne champagne pour certaines Wes qu'elle croiL indispensables A la salivegarde du patrimoine social de la Nation HaYtienne. Elle a dtudi6, et elle continue ;h 6tudior, routes fes questions vitales, et elle West efft)rv6e d'6tablir d'une faqon pr6cise, en dehors de tout esprit de parti et de routes person-




REVUt DE LA LIGLTh
nalit6s, oO so trouvail an juste l'interM national, et quells olutions il convenait do pr6coniser.
Les conclusion-, auxquelles la Ligue est arrive s'imposent d'autant, plus qu'eiles ne se d6gagent pas seulement des travaux do la Soci6t6 Wre de Port-au Prince mais q,,i'elles repr6sentent 6-alement I'opinion des nombreuses Filiales qui so sont constitutes dans les principles villas de ]a 116publique. En outre, l'on pout consider que ecs conclusions ont W ratifi6es par- ]a volont6 national ; car cinq des membres'de I'Association -(16nt trois Pr6sidents et un Membre-Repr6sentant viennent cl' tre Mus d6put6s au Corps Ugislatif.
La Ligue peut done se f6liciter des r6sultats obtenus pen. dan't I'ann6o 6couloe, r6sultats qui son t d6s an d6vouement
9 -,6n6ral et A Factivit6 de tous les Membres.
Mais il imported de comprendre que l'oeuvre enterprise West en som-ine qu'd ses debuts et que I'lieure approach o it fau. dra redouble L 'efforts et so d6ponser sans computer pour ne pas per-dre lo fruit des efforts passes. En effet, dans quelques semaines les Chambres vont s'ouvrir. Elles so trouveront en fa--,,, d'un3 situation des plus d6fl--at'es, elle s auront A tran-, cher routes les questions dont la Ligue s'est inqui6t6e, elles devront assum2r des responsabilit6s tr s grandes et les d6cisions qu'elles prendront seront lourdes de consequences
9 raves et lointaines.
Pour mener bion, et sans d6faillance, ]a tache 6crasante qui leur est r6serv6e, les D6putds et les S6nateurs de la R6publiqne auront besoin de se senior puissamment soutenus par I'Oijinion PUblique. 11 faut que dans l'oeuvre national qu'ils devront coOte que coOte tenter d'accomplir its aient la ferme conviction de marcher d'accord avec to Pays et de serviv ses int6r ts. Pour donneV plui deforce it leurs r6solutions et plus do poids A lours decisions, it taut que constamment et de tous les points du pays lour viennen, des assurances r6confortantes, des encouragements, des exhortations. Et pour leur faciliter le travail, it faut que routes les -randes questions qui surgiront soient kudi6es d'une maniere appi-ofondic par de3 personnel compkentes, qui fournivont ainsi au Corps. U-islatif les 616ments oO it pourra puiser largement pour former ses convictions.
L'Opinion Publique doit done apparaitre plus vivante que




bE LA jEONESSE HAITIENNE 3
Jamais, mais elle doit apparaitre rai.sonn6e, consciente. organis6e. Et pour tout dire en un mot, pendant la procaine session 16gislativ6 il faut que toute ['Elite et toute la Jeunesse de la Nation soientdebout.
Dans ces conditions, Mon ;ieur le Prt silent, vous' saisit ez facilement l'imp'ortance des services quo la. Ligue peul, rendre. Elie sera I'interprke de l'Opinion, qu'au besoin elle inettra en branle et qu'elle dirigera dans le sens des irit r ti stip6rieurs de ]a Nation. Chacune des Filialei, ainsi (jur,, la Socidt6-M ,re, doit constituer un veritable foyer Waetivit6 ct concourir par un travail de tous les jours a Foeuvre commune.
Le Comit6 est d'ovance p2rsuad6 qne vous ne neglicr(,,rez rien pour donner 6 la Filiale que vous diriggez une vital it6 en core plus grande que dans le pass6.
Exhortez tous les members d redouble d'activit6, fates appel aux members honoraires et 6. tous les adherents do ]a- soci6t6 afln que tout ce qui pense dans ]a nation collabore & Foeuvre que nous avons enterprise et qu'iI imported de r6aliser.
Le Comitd compete plus que jamais sur votre z le et sur votre.activUet vous prie de croire, Monsieur le Pr6sident, A I'assurance de sa consideration distin-u6e.
Pour le Comild,
Le President
GEORGEs N. LEGER.
A cette m6me stance deux Commissions ont W formdos, l'une sous la direction de M. Louis Morpeau, Fautre sous cello d3 M. Philippe Lafontant, charges de faire une enqu6to approfondie, avec I'aide de Meffibres Honoradres, sur la situation Financi6re et sur I'dtat du Commerce. Les travaux seront pouss6s activement.
La discussion du Rappopt sur le Projet do Constitution 61abord par le Conseil d'Etat a W fixde A la procaine stance de I'Assoclaciation.




REVU, E DE LA_ UGUE,
EN PROVINCE
Aux Gona ives les Membr,-s do la Ligue se sont r6unis le mois dernier en Assembl6e G6n6rale, et ont proc6d6,'eonrorm6mentaux Status, au renouvellement du CohiU do la, Filiale:
Ont, W 6lus
MM. Weber Belfund Prdsident
A. J. Chdrubin Vice- Ar side-n t
Haudilon. Lartortue Secretaire #M&al Brutus r Is Seerdlaire adjoins
Louis fils Tr6ovier
Pareelse Missier Bibliothicaire
F61!x Missior Ui mile Latortue
Fernand Lalanne Conseillers
Thomas G. Pdrard
Le Comiid Central pr6sente 'ses -shic6res solicitations aux nollveaux MuR, et en m6me temps ses remerciements aux Membres de I'ancien Comit6, notamment A son Pr6sident M. Fdlix PCssier, pour le coneour.3 d6voud quils avaient donnO bL I'ceuvre commune.




DE LA JEUNESSE WAITIENNE
QUELQUES REFLEXIONS
SUR
LA SITUATION FINANCIRRE
Depuis notre derni6re chronique financi6re, le malaise 6conomique que nous avions signal, n'a pas cess6 de, croltre et d'embellir. On peut dire qul& aucune 6poque do notre vie national, cependant parfois si p6nible, on n1a vu ,emblable mis re iii semblable d6tresse. La bourgeoisie de Port-au Prince, pour ne parlor que de cello quo nous avons directement sous les yeux, vit en cc moment en pleine catastrophe. 11 faut convenir que si les circonstances ext6rieures se rattachant A la guerre qui d6vaste I-Europe, entrant pour quelque chose dans nos maux, rien n'a W fait ici pour les prdvenir ou les att&nuer.
Lors-de V tablissement du regime nouveau, sous sequel nous vivons depuis dix-huit mois bient6t, on avait pens6, sous la fol de d6clarations solennelles, que -la restauratiton de nos finances aurait W un des 616ments essentials do-, 1'6re de f6licM qu'on nous promettait. It faut reconna,tre avec tristesse qu'il Won a rien dtd et que le Gouvernement actual, sur ce point comme sur d'auti es. n'a m6me pas montr6 le souci des int6r6ts publics qu'on btait en droit dlattendre de lui.
11 suffit de jeter un. coup d1ceil sur les documents officials pour constater le formidable grossisse.ment de notre budget des D6penses. En effet, si les 2/3 des employs de I'Etat ont W jet6s dans les rues, sous pr6texte d'6conomie, les d6penses pour la sdcuritd publique et autres, ont crA d'une faqon colossal ; si bien que comme consequence directed de cette augmentation de ddponses, les services les plu-s 16gitimes, que nos Gouvernements s'6taient toujours appliquds A couvrir, sont rests en souffrance, saris qu'on Wen pr6occupe, au grand d6triment non- seulement des classes bourgeoises, mais aussi de ce crOdit extdrieur que les Gouvernements haltiens, m6me les plus d6testables, avaient su conserver.
Une dette flottante compose surtout d'appointements dus 4 d'honndtes serviteure de la Nation, attend, depuis dix hult mois Won daigne faire savor aux int6ress6s te qti'il adviendra d*elle




REVUE DE' LA LIGUE'
Des porters do titres de la dette intdrieure, qui. quoiqu'on en pulsse dire, sont de tr6s honorables er6anciers de I'Etat. ayant plac6 lours &onomics dans des dettes publiques contract6es sous ]a protection de routes les lok, au grand jour, dans des conditions flx6es an (, Monilew- flailien et dans des souseriptions ouvertes par 1'entremise des AgMts de Change. voient, malgrb les guaranties spiciale:s qui lour avaient M accord es, leur avoir dissipd et la mis6re s'asseoir a lour foyer. Pour peu qu'uno somblable situation so prolonged, ec.qui restart de I'aisance haitienne aura compl6tement disparu.
On semble ignorer quo Ilactivit6 6conomique s*entretient en grand par-tie par la circulation et lWhange des richesses, et par consequent, si on ne paye pas cc que IlEtat doit, les habitants d'Hafti no, pourront acheter, construire, r6mun6rer flactivitd des artisans, et quo parsuite c'e,-t la Nation tout entire que l'on ruilie,
A qui prevent la responsibility d'un semblable dtat de chooses? Question d6licate sans doute, mais qu'il convent d'examiner avec independence ot impartiality.
I[ y a do cela quelques mois, A la suite de circonstances connues do tous, uno portion notable du people lialitien et la presque universalit6 do ses -ouvernants d'alors, ont estim6 q il fallait A la 116publiqu o pout- vivre ot se d6velopper, un scours stranger, Ilaide pui sante d'une grande Nation : ot il a 6t or.-anis6 un btat de choses qui devait permettre d I'dtranger appeal, an grand people qui devait nous'aider, do rendre pour nous son amiti6 effleace.
Mais, pour (I ue le scours quo nous attentions puisso produire tout 10 Merl (ILCOn en desire, ne faut-il pas que l'Oecupation, puisqu'iI faut Pappelor par son nom, solt r6ellement renseignde sur nos besoin! sur nos possibilit6:5 Waction, sur nAre constitution social, on un, mot sur cc que nous pouvons fair et sur cc qui est indisponsaNo A Fam6lioration do notre kat ? Et cc devoir de rensoigner'l-Occupation, de lui monitor Id oft son aide peut 'dtre le, pIUS officace, n'Mait-il pas et West-il pas encore d'autant plus ilm-, p6ripux, quo Mccupant, ne parlant pas notre league, apparte-. n.IIIL .1 U110 race ditIvirente do la n6tre, d une civilisation qui West pits colle dont nous nous sommes inspires, ne pout que dirflcileinout, mal-j-6 la bonne volont6 que nous ne pouvons lui contester enter en contact avec nous et savor cc qu'il pout We utile de nous aider A faire? 11 semble que les reprdsentants du people haYtien, quo Factivitd haftienne dans son ensemble, ont.manqu6 ce.




DE LA JEUNESSE HAITIKINNE 7
devoir de renseignement et de collaboration q A souls auraient pu randre g6n6rateurs do bien, d1une faqon domp!6te et s6rieuse, les faits, qui depuis deux ans, se succ6dent dan3 notre histoire et. sur lesquels it nly a pas lieu de porter ici un jugement.
Parcourez nos journaux : C'est tant6t Ja politique, la politique brutal & lutte qui en d6rraie lei articles ; tant6t si u-i coin de rue est balayd, si un effort quelque peu lovable est ten0, c'e t tin cri do fouan.-e pour cc qui est nouveau et de blhme p,)ur c,, q ii rut jadis.
Ces jours-ci la pressed 6tait en admi*,ation deviant une route publique nouvelle qui permit aux autos Waller avec rapidit6jiisqqlaux premi6res asiises du (( Morne- .Cabrits n. Certes le tracd d'une route publique est une excalleate chose, ot it faut 6tro recon-I naissant enters ceux qui le font. Nlais it no falla"t pai jeter. la pierre aux Gouvernemevts d'autrefois qui ne lavaient pa-,' ei-66; car si ces routes n1ont pas W construites sans, doute, clest quo I'Etat d'HaYt; payait A tous, et h, bureaux overt z, cc qu'iI devait.; tandis quaujourd'hui, s'il no paie pas, clest que pout-6tre it cons'truit ]a route. 11 aurait done fallu so demander des doux chooses laqflelle Mait la plus imm6diatement utile au point de vae dii; blerfWe g6n6ral faire la route ou payer les dettes guaranties de la: R6publique
''. 11 demure cerLiin quo I'opinion publique ala pas dtudi6 la situation g6n6rale du Pays, ct quo rien n'a pu guider, an point do vue ImYtien, to puissant collaborator que nous nous sornmes don-n6. vers cc quil pouvait, y avoir do mioux. h faire. _Uint6rk de tous n1a 6t& envisa,.6 nulle part; et it no somble pas quIon puisse. trouper ni Lin article s6rieux de journal sur les questions d1intdr6t g6n6ral, ni une indication im,)ortante pr)uvant permottre h des administrators on pat-tie nouveaux, do savor cc quit conviendrait de tenter.
Cependant nous direz vous, it exist un Gouvernement liaYtien et c'est A lui surtout qu'incombe la tAche dont vous parlez? lllila -! II semble bien quil. en a pris ]a contre-partie. D'aillours, sur bien des points, le public West pas renseign6 sur cc qulil I'ait. On sait que dans urt'but quo la politique pretend expliquer, it a bris6 sans scruples la Constitution liaYtienne, en vertu do laquelle it est arriv61 au Pauvoir et quIon le voit invoquer aujourdl)ui avee stupefaction dans des actes, nouveaux.
Mais quels sont ses projects Cinanciers? Qulest-, e qui est sorti des Ulib6rations du Gouvernement avecNI. to Conseiller financier ?




REVUE DE LA LIGUE
Nous --ommos 2.500.000 habitants d,[Ia'iti qui serious houreux do 16 savor. 11 e.-;t incotitestable quo Monsieur la Docteur H6raux soit un'hommo'dMude. 11 ost Docteur en m6decine et avocat. 11 pout en m6me temp, 6tro d6ld,,u6 dans un Con.-r6s de Science m6licale ou chirur.icale ot We member ou pr6siden! de la Soci6td de L6gislation. Mais enfln il no faut pas que Ilon suppose qulil nly ait pas en Hafti utic 61ite capable d'6tudier et d'appr6cier les projects quIiI Mabore avec le contours de M. Ruan. Si 110ccupation ignore qu';l y ait choz nous une s6rie d-int6ress&s, d titres divers, au progr ,, de ]a R6publique et A I'am6lioration de ses finances, il est uti. le qu'on le lui dise. Elle pout trouper dailleurs dans le courant do I'opinion pi)blique, ua appui qui iui racilitera, sa tAche ; et ce West pas aimer les institutions nouvel!es que do vouloir les voir chercher leur voic en dehors des sympathies g ndrales du Peuple hailien.
Fn r6sumd, il est temps quo des measures soient prises pour emp6eher I'a ruine d6finiLive de notre Commerce. 11 est temps que, par un r6gle(nent do cc qu'on lui doit, on pormette A la bourgeoi.-ie do ne pas mout-ir do faim dans ses foyers on ruins.
Des fous souls pourralent croire qulil suffit d1une simple manifestation du Gouvernement et do l'Oecupation pour ramener I'aisanee. Evidemment des reforms successive pourront seules redonner hL cette terre haltionne sa splendeur d'autrefois. Mais il y a des decisions quii raut prendre, des mesuros de justice qui slimposent, il y a beaUCOUp de hoses A raire, qui peuvent imm diateinent soula,er le people haTtien : Et cc sera un jour heureux pour le Gouvernemant, pour YOcc6pation et pour nous tous. que colui ou Pon saura quedes efforts dquitables doivent 6tro tents dans cc but.
f Pv




DE LA JEUNESSE HAITIENNE
SIL ETAIT DIEU...
A TuRENNE G&RRIt.
Comme'un regard indi. cret, le Soleil, par les interstices des violets clos, coula un de ses tides rayons dans 1'6troi: te et coquette chamber o(i Madame d'Estal sommeillait encore, recroqueviII6. et pAle, sous la luisante blancheur des draps. Le petit rayon s'6tira, s'allongea, et lentement, comme avee des tatonnements de timidity, des frissonnements de crainle, gagna le lit. Et, ainsi qu'un baker 6mu qui s'attarde, qui s'6ternise, en de voluptueux glissements, il 'aur6ola d'or liquid, la neige fr6le du front de Madame d'Estal, mit com-mu- des nuisances d'astres, dans la nuit profound de sa chevelure, accrocha des gouttes de lumi6re A la fragility de ses cils et accuse advantage tout le rose d6licieux de la flour dont un sour1re effeuillait les p6tales, sur ses 16vres, d ses joues...
Elie se r6veilla... Longuement, paresseusement, elle s'6tira avec, des baillement3 que ne closaient pas le geste rapid de ses mains et au fond desquels, comme une range de perles enchassees dans du velours, brillaient ses dents do petit, animal. Elie se souleva... s'appuya du coude sur son oreilLetet d6dia un furtif reward avee de 16-6res pours d'y voir,'r6flWe, la fatigue de son visage, au creand miroir qui, en face de son lit, avait des airs de se puncher vers elle... Son souvire so m6lancolisa. La danse ava;t chiffonn6l'6clat do son minors aux lines gamines. La lassitude avait ccrcl6 de bistre la gaitd claire dn son regard et rroiss6 la corolla pourpre de ses 16vres.
Elie s'6tait tellement amuse A ce bal... Elie s'en 6tait donnde tellement A cwur joie... Le er6puscule l'y avait amen6e et c'est I'aube qui Pavait emmen6e chez elle...
Aussi 6taiL elle courbatur6e, se sentait-elle les members kras6s et toute la chair, routes les c1lairs mept-tries, si d6li cieusement pourtant Un dernier regard au grand mi-




10 REVUE DE LA LIGUE
roir d'en face et elle s'abima do nouveau sous la fraicheur neigeuse des draps, toute pr te A subir I'a-r6able assault des chers souvenirs et q s'y laisser vaincre...
Ils ne se firent pas prier, les chers souvenirs. Comme le petit rayon do solely, avoc des frissonnements de timidity, des tAtonnements de craintes, US gagn6rent doucement son Ame, toute son ftme ; i1sconquirent insensiblement, sa pens6e, tous les rejoins de sa pens6e... Et co fut par tout elle un alanguissement aussi doux que le sommeiltiussi doux qu'un sommeil divinis6 de r6ves 6blouissants dont les caresses se poursuivraient toujours, sans les inqui6tudes des r6veils stupides...
Le visage de son flirtJacques Remy se dress alors en. elle lel qu'il Favait tant, de fois admire au cours de la nuit oil tant de fois, la trayilit6 de sa -rCce avait frissonn6 dans I'dtreinte vigoureuse de ses bras. Elle le revit anxieux, inquiet, le regard assombri ou illumine*par des alternatives de d6sesT. prances ou d'espoir, mais toujours souriant, mais toujours beau de retl6ter le plus grand et le plus respectueux desamours.
Un sotivenir 6tait plus persistent que les autres, plus despotique. 11 la tenant, la poursuivait, tintait en elle comme un infatigable grelot. accompagnait les battlements de son cceur et le movement do sa pensee d'une musique exquise, insi-nuante et sensuelle.
Apr6s un tour do valse long, si long qu'elle avait pens6 que M on
s'6taient r6alis6s ses souhaits de no le voir jamais flnir, apro s: un tour de valse oCi vibrant d'amour, tous deux, ils s'6taient tus pour ne pas troubloir les confidences que se faisaient leurs cccurs sous I'aile du Silence et oO il avait os6 poser P6 motion de 6es 16vres sur la candeur de son front, il s'6tait &H6 en se jetant sur le sio ge qu'un geste de sa petite main lui avait indiqu6:
- Ali si j'6tais Dieu ...
- Si vous 6tiez Dieu, lui a%,ait elle demand, qu'duriez-vous done fait ?
11 s'6tait retourn6 ; son regard p6tillait d'amour. Ses lo vres fr6missaierit de volapt6 et la teinte pourpre des d6sirs irr( sistibles avait color SOS jOLICS., 11 allait parler. 11 allait crier enfln ce qu'iI avait IA, au ccuur, ce qu'iI aurait fait pour bri-




DE CA jr,,UNESSE HAITIENNE
Ser tous. les obstacles qui se dressaient entre elle et son amour.
Mais brusque, elle lui flt signe de ne pas parlor. Un petit caprice de femme vonait d'6elore en elle et auquel elle ne se SeDtait ai 1'envie, ni la force de resister. Elie d6sira ardemment avoir chez elle, dans le compartinient secret oO elle cache les chooses d6rob6esaux YOLJx do' son mari, quelque chose de son flirt aim6, quelque chose qui fut lui et qui, do temps en temps, IL]i rappellerait le pieux sentiment qui courbe son Ame et son front d'orguoil de-iant son minors aux contours mutins.
,e tournament alo'rs vers lui, souriante et un peu mue, elle lui avait dit:
- Ecrivez-moi de pr6f6rence ce quo vous alliez dire.
11 se retrancha derri6re de vines protestations, balbutia de timides excuses. Elle insist si tendrement, so !Acha si d6licieusement de ce refus qui, en v6rit6, n'avait pas sa raison d'Mre, qu'il se laissa vaincre- et profit. 11 profit formellelement. Et pourlui donner une nouvelle preuve de son frdmissant amonr, il lui dit
- Tenez... Je vais veiller votve intention et vous 6crire 'apeine enti-6 chez moi.
- Bien wai ?
- De telle sorte qu'A votrP r6veil vous puissiez live ce que pour vous j'aurai 6crit.
Elie en fut lieureuse. Elie lui en manifesto sa reconnaissance, au depart, en laissant dans sa main, un peu plus longtemps quo de raison, sa petite main soyouse et d6licate...
Madame d'Estal est lcv o onfin. Un 16(rov peignoir blanc, frissonnant de dentelles of troue do broderies, caresses maintenance les lines fines et ondoyantes cle son corps.
Elie attend.
Et pour trooper I'ennui de I'attente, pour oublier ]a fuite de I'lieure qui. parait-ii, se fait plus lente, pour le malin plaisir de prolonged ses souffrances. elle essaie de se donner aax menus soins de sa toilette, aUx distractions d'un manage dans sa chamber 6troite et coquette... Mais h6las!-tout est




REVUE DE LA LIGUL
vain ... Elle a cass6 son vaporisateur parce q'u'en le tenant elle pensait A ses yeux... Elle s'est bless les doigts parce qu'en se faisant les angles, cite so rem6morait le tremblement qu'elle avait eu, en laissant, au depart, un peu plLis longtemps que de raison, sa main fMe, dans sa main 4 lui.
Ella ne pout faire (lu'une chose: attendre... Elle attend, haletante au moindre bruit, palpitante d6s qu'un pas sernble s'attarder pr6s de la porte de sa chambre... Nut ne saura jamais routes les angoisses, routes les transes par lesquelles cite a pass6 depuis la minute, oil glissan, ses pieds dans ses babouches, cite a laiss6 son lit, j usqu' la second ot la bonne lui a remis enfin une grande envelope partum6e... Tout, de suite cite reconnalt 1'6criture qu'elle ne connaissait pas ceperdant... Nerveuse, d'autarit plus nerveuse que son d6sir en est h sa r4alisation presque, cite a des gestes saccad6s et impatiens pour d6chirer 1'enveloppe... La page sillonn6e de la virile 6criture qu'elle ainait d6jA sans I'avoir jamais vue s'6tale deviant cite, s'-)ffro d la convoitise de ses pp.60 re-gards alartes qui vont d'un rnot A un auti e mot, avee to d6concertante agilit6 de, doi-ts exp-'wimunOs virevoltant sur les touches d'un piano. Elle lit, montant la garnme de routes les emotions, passn rit, san -; s'y altarder, par routes les sensations que conseille la Volupt6, que commander I'Amour qui, peu A peu, S Ins molni qu'elle s'en doute, ont pris en cite, le visage mAle eL 6nergique de son Jacques 116my. Rien n'existe plus pour cite, sinon cette page qfit a derite de sa main et qu'd a intituI6 amoureusement
SI F8 TAIS DIEU
Si j'6tais Dieu..., j'arr6terais d'un geste Morloge qui r6gle tout ici-bas; et alors quo la vie cesserait d'exister, aussi bien dans les monta(raes, que dans les planes, aussi bien sur mer, que sur terre; alors, qu'il ne seraitplus possible d'entendre le -rondement des canons et le sifflement des balls sur le champ de bataille do I'E.urope; alors, quP par ma toute puissance, j'aurais tenu I'iinivors enter sous le poids d'un sommeil de plomb et d'un peasant silence; alors, que tout se tairait et que m6me les oiseaux ne pourraient plus nous voir et nous charmer; alor6, to pregnant dans mes bras... mon ador6eje rn'61ancerais 6perdut-nent dans l'inflni...




DE LA JEUNESSE HAITIENNE 13
Si j'6tais Dieu... je changerais tout ici-bas, et les-souffrances qui ine rongent et to tourmentent foraient place d tout ce qu'on pout r6vcr de bonlicur et de joic Et pour quo notre amour out encor l'indicible attract des hoses d6tendues, je to laisserais 6L ton foyer; mais tu ne vivrais que pour inoi, que par moi. Je to conserverais pure et chaste et tout ton 6tre moral n'appartiendrait qu'd moi. I (( Si Ykais Dieu enfin... moi qui pourrais tout ... qu'iI ine strait douk de n'6tre que ton enclave! Tel un cl-lien flMe, je series toujours pr6t 9L to d6fendre ou A recevoir tes coups.
(( Mais h6las! je ne suis pas Dieu. Nla vie est d6jd faite et la tienne aussi, mon adore et, je ne puis que Vaimer pieusement, en silence, sans espoir pout-6tre, cachant autant qu'il mlest possible, un secret qui me fait tant souffr-ir.
. T'aimer... poutras-tujamaissavoircombienjet'aime..- Nja folie, elle ne date pas d'hier... h6ponds-rnoi que tu Ven souViensJ'ai tout fait pour metaire. Mais h6las! j'ai parI6 un soir, sans le savoir; et, ce soir a marqu6 le d6but de mes angoisses. Tu ne sauras jamais combine j'en veux au sort de nous avoir tant 6loign6s etclenous avoirassigP6 des routes contraires. Mais songedonc! je tetrouve surmon chemin ; je ne puis que to saluer; je passe deviant ta demure, je Vaper ,ois A ton balcony: je ne puis quo to saluer; je to rencontre dans le mon. de, Id ou au hazard d'une danse, je puis to senior plus pr6s de moi, tout centre moi, je ne puis encore que to saluer... et to murmurer que quelques values mots d'arnour. Ah comprendras tu maintonant pourquoi Jo ne cesse de r6pMer si f6tais Dieu... Oui, si j'6tais Dieu, je briserais tout ce qui m'6joigne de toi pour ne plus me surprendre d ]a veille d'un krusque depart, parodiant tristement ces versdu tenure poMe des Roses et Com lias
Pilisqulil le faut partir et rompre tant de, charmes Appuyant mon regard stir tes yeux plains de marines
A Pai dit : ((Souviens -toi! Moije me souviendrai.
Souviens-loi de cette kettre amoureuse oti, conquise.
Tu m1as fait savourer la jouissance exquise
D'un kaiser dont mon eceur est encore entire.




14 REVOE bE LA OGU9
Tit pa) s, oh! promels-moi dl('tr.- toujours, qaandm6ne
Alon bonheitr dit. p?,o sent el mon espoit, supreme!
Et si loin que ta sois de Woublierjamais
Tous les segments d'amom
Te voilh poss6dant mon coeur A nu, en detour fais-moi I'au m6ne d'un peu de piti6 co.-r me tu jetties l'obole A la. rnis6re. Laisse-moi toujours Caimer... mon adore et quelquefois vers le soir A I'heure du silence et de ]a solitude, effeuille sur mor, souvenir, avec un survive l6ger les p6tales frais de la petite fleur de ta pens6e...
, Quand elle eut lu etrelu cette page fr6missante d'amour, et ofi il y avait, par moments, des acc6s de sinc6rit6, des cris d'una pu6rilit6 attend rissante, ofi parmi le d6sordre des phrases tintait le rire des volupt6s, Madame d'Estal sentit une petite larme d'orgueil 6clore au bord de ses prunelles .. Comme il ni'aime! murmura-t elle. Et elle pensa, sans le dire,
Et conj me je le lui rends avec usure, rnoi
Et elle continua penser.
- S'iI 6tait Dieu... notre amour n'aurait pas d'obstacles, nous ne connaitrions pas le mensonge des attitudes et la protonde douleur des adieux qui doivent paraitre banals puisque le monde est 16L et qu'iI guette tout pour en faire une proie h la. calomnie. S'iI 6tait Dieu, nous serious certainement heureux. Mais aurait-il le rn me visage ? Aurait-il encore ces yeux aux nuances d'eau, ces sourcils 6pais qui se joignent et se confondent A la racine de ce nez si impertinent qu'iI semble jeter un continued d6fl au sort? Aurait-il cette bouch-- oCi le D6sir a mis son empreinte et connaltrait-il ces mots qui endowment les ierni&es resistances et mus6lent les supr6mes scruples ? S'il 6tait Dieuenfin m'aimerait il autant?
Cette derni6re interrogation jette en elle un tel troublequ'etle s'derie, sans s'inqui6ter de la presence, dans la chamber, voisine, de ]a bonne...
- Ali! non je pr6j6re encore qu'iI soit homme.
Et vaincue, lasse, elle, s'affaisse de tout elle dans une dodine, 6vanouie presque A Fid6e qu'un jour, _- elle lp souhaite tr s prochain. elle d6faillira dans 1'6treinte voluptueuse et enveloppante des bras experts de Jacques R6my, 116ternel, Fincorrigible Don Juan... LRON LALEAU.




bt IA EO;ESSE IJAit]ENNE
L'EVOLUTION DF LA NORM
CONFtRENCE prononde au ThMire Parisiatia, le 15 Wrembre 1.915 par le D, LPON AUDAIN
IS71ite)
MESDEMOISELLES
MESDAMES,
MESSIEURS
Une des causes du retard de.1'6volution do ]a m6decine, en dehors de cells que je vousai cit6es, a kel'absence de mdthode dans les travaux. scientifiques, ou plut6t existence d'une mauvaise mothode. Dans une science toute d1observati,)n et d'expdpime4itation comme )a m6decine, le fait n'6tait pas A la base de 116difice. Le m6decin imaginait, dissertait, philosophiait Pouvait-il en 6tre autrement ? et les m6decins de ces dpoclues m6ritent-ils les railleries spirituelles dont nous nous sommes tous amus6s ? Il strait injuste de le pr6'.endre. L16tude d'un fait ne pout 6tre profitable que lors-' que nous avons les moyens nial&iels d1kudier ce fait et de PapProfondir.
Je vous ai montr6 que les mddecins d'antan ne les avait pas : aucune des sciences auxiliaries de la m6decine n1existait. Chacune d'elles, cherchant sa voie, 6tait troP clikive pour pr6ter h ]a science maltresse un concourse bien effleace. Uesprit human ,,st ainsi fait qu'il no pent We frapp6 par un plidnom6ne de la nature sans slefrorcer de 1'expliquer. Depuis les. temps les'plus r6cules, chacun explique A sa rnani6re, c'est-h-dire d1une mauvaiso mani re, la vie et la mort, la sant6 ou la maladies. On l1expliqua mal parce que, dans llimpossibilit6 ofi so trouvaient m6me les plus grafids esprits do connaltre les rouages ddlicats at multiples des corps, ils cberchaient dans lour imagination, cetto maltresse d'erreurs et de fausset6s, des explications hypoth6tiques, parfois belles et ingdnieuses, mais solvent trompeuses.
Est-ced dire quaujourd'hui cette m6thode est absolument abandonn6e? Le pr6tendre strait faire preuv(! d'ignorance. Mais de nos




REVUE DE LA'LIGUE!
j0UrS, I'llypOth6se Scientirique est toujours bac,6e SUP Un fail experimental. Un petit example vous rora comprendre ma pens6e. S! vous prenaz une goutte du s6rum'du sang d'un individual atteint do fl6vre typholde et que vous mettiez cette goutte dans un bouillon de culture oft vivent des quantit6s formidable de baci'les de la typholide, dits bacillus d'Ebarth, vous voyez se produire un pli6nom6necurieux. Les bacillus qui dtaient mobiles, s6par6s les utis des autres, bienconstitu6s,.s'irnmol)ilisent, se raFzsemblent en: petits tas, se fragmentent et se d6truisent-Comme daris le s rum qui a prIoduit cotte action il nly a rien do visible m6me au microscope le plus puissant, on suppose (voilh.Fhypoth6se ) que les microbes du corps ou les globules planes ont par measure de defense fabriqU6 une substance spAciale qu'on rila pas, encore ddejuverte. mais qu'on cherch e activoment 6L isoler, Fantitoxine de la Rvre typholde.
Quellesqu'aient k6leserreurs des conceptions m6dicales anclennes, il We'st pas moins int6ressant de les corinaltre quand ce ne strait que pour constater les progr6s aacomplis.
Qu'dtaient la sant6 et la maladle pour nos ane6tres'de la medecine ?
En Chipe on admettait existence de cinq dldm3nts le bois, le feu, la terre, le m6tal ot 1'eau, agents des cinq rangess planes. Ces 616ments qui slengendrent Pun par Ilautre, comme dans certalnes theories cosmologiques grecques, doivent 6tre considdr6es eomme les essences cr6atrices de routes les substances mat6rielles.
A ces deniers 616ments correspondent cinq sen ,, cinq visc6res.
Les- qualit6s 616mentaires consistent en deux principles dont l'un qui represented le chaud et le see, I'autre I'humide et le froid.
Le premier plus 16ger a la tendarice de se po ter toujours vers les pakies sup6ricures, c'est le contraire pour le second. Clest I'dquilibre parfait mais instable de ces doux principles qui constituent ]a sant6.
Les deux principles circulent enpermanence, transports dans les divers organs par les canaux avec le sang et Fair vital renouvel6 par la respiration. Mais cette circulation est facilement entrav6e par Faction de la pesanteur et aussi par les frottements normaux ou accidents qui seproduisent dans les vaisseaux: JWL rupture d'6quilibre et maladies.
La th6rapetitique dolt remddier A ces inconvdnionts. Pour y arriver il faut d'abord chercher le point sur sequel s'est product le trouble. On arrive par l1examen du pouls ; c elui-6i 6iant consi-




bg LA jEt 4ESSE HM:rIENNE 17
d6rd comme product par les undulations localis6es do Vair vital et du, sang il6tait rationnel qu'on 1'examindt partout. Il y a des pouls normaux, virupteurs, externes, interns. Chaeun d'eux pout 6tro superflelel, moyen, profound. fort, fatble, etc. En les combinant de diverse mani6res on arrive A obteiair 200 varldtds de pouts. C'est IA-dessus que reposait le diagnostic. On enfonqait alors dans les tissues une aiguille d'or A laquelle on imprimait des vibrations plus ou moins fortes pour faciliter le r6tabilssement des mouvernents des humeurs et de Pair et.lour 6quillbrle. Le mddecin expert devait Connaltre Impertubablement les 388 pdInts du corps oa Faiguille devait 6tre enfonede I Clest simple, Wek-ce pas ?
Pour Hippocrate, la sant6 est 1'6quilibre parfait dans les proportlons et les qualit6s des quatre hurneurs radicals : le san.-, to plitegme ou pituite, la bile jaune et I& bile noire. Cette harmonle forme la erase des hurneurs. D6s que la erase est trouble, it *y a maladies. Le proc6dd par sequel s7effectue to return A ]a sant6 s'ap-' pelle la coction.
Au moment de la coction,,IQrganisation slefforce d1dvacuer les humeurs vicl6es. C'est la p6riode critique, la crise ; si elle se fait mal it se product des apostases, ou d6p6ts d'ofi'les tumdfactions,les engorgements, les gangr6nes, les 6rysip6les, etc.
Les maladies dans lesquelles it n'y avait pas do coction dtaient dites incurables.
La doctr ine physiologlque de Galienest lh pleine efflorescence des doctrines humorales d'Hippocrate reposant sur des donn6es c osmologlques. 11 admet les quatres substances 616rnntaires primordiales, les quatre corps simples des philosophies physiologist. tes : le feu, Pair, Ileau, la terre dont tous les corps sont form6s- : puis les quatre qualit6s 616mentaires le froid, to chaud, le see et, Mumide, puis les quatre hurneurs fundamentals le sang, le phle-me, la bile jaune et I'atrabile.
L16tat de santd c'est I'dquillbre parfait des quatre hurneurs eri proportion, en force et en qualitcs. La maladies c'est la rupture de ces proportions.
Ces theories erd6es par les deux plus grand m6docins de Van-,"' tiquit6 r6gn6rent en mattresses jusqu'au XV119 siMe.
La conception de Descartes estplus 6lev6e et moins simpliste.
Pour lul, la pensde immatdrielle s'oppose A la matl6re 6tendue et' divisible A l'inflni. 11 nie la pensde chez les' animaux qui sont de simples automates. Le corps de 11homme lui-m4ma West qu'une'




HFITTE DE I LA I-,WU9_'
maclAne soumise aux lois de la m canique, lois n6cos ,aires gouvernant dans le monocle le movement dont la sornrno est cori:-tante.
11 place entre le corps ot 11 dme Ies esprits animaux qui dmanent du cPrveau et vont determiner les mouvenients qui s'accomplisqent dans les diff6rentes parties du corps, c'est-a-dire assurent son ronctionfiernent vital.
Au XVIIIO si6cle, le; syst mes niddicaux continent 'de reposer sur les hypotheses sans I)a,,Q et le raisonnement. C'est.a. ce moment que nous voyons paraltre lesyst6me iatrom6canique et I'animisme.
Dans le syst6me iatromdeanique la vie ne repose pas soulement surdesfa,,teurS mat6riels, mais aussi sur des facteurs dynamiques
L'616ment du corps Cost )a fibre don', la propriW fundamental est le ton,) c'est-A dire la facult6 dz, se contractor et de so dilater qu'elle reqoit du flaide nerveux qui n*est lui-m6mo qu'une portion de 11.6therr6paridu dans, ]a nature.
Dans Panimisme, c'est I'Ame qui selon Stahl pr6sido aux P!i6norn nes plastiques. Elle poss6de A ]a rois des facultds superieurles avee conscience et raisonnement et des racult6s inrdrieures, (in. tuition source, instinct, sagesse sans raisonnoment.) L'Ame raisonnable est done en m6me temp,4 le principle de 1,7. vie.
Nous voici A I'aurore duXlXe si6cle le giand sMcle de la midecine comme je vous le disais plus haut. Toute la gloire des merveilleuses d6couvortes lui reviont-elle ?
Les grands nies tie so torment pas on un jour ils sont ]a rdsultante des efforts accumul6s pendant des si6clps, et tous ces travaux 'd6nt je vous ai parI6 tr6s succintement. qui parurent st6rilos, routes ces discussions A certain,, points do vue oisouses Pt pu6riles ont eu lour titilit6 et ont contribute en que1que sorte au rayonnement splendid du XIVO sikloChemin' I'aisanlje vous ai Si,-Liald les progr6s quedivorses scionecs avaient rdalis6s : vous avoz vu la physique, la c1iimie, ]a physiologle, la mOcanique, 1'embi.1yolo-ie, Vanatornie descriptive, Fanatomie pathologique, I'Iiistologie, progressed d'uno facon r6ellement remarq-uable. La botanique et la zoologie qui, ail point do vue medical ont une si grande importance, avaient egalement march A grand pas : prOparant A ]a in6decine propremebt dite ]a, bell? 'voie o(i elle hilait s'enqager-




DE .UA' JEUNESSE HAITIENNE
Toutes les scierices que je v ien's'de citer; veuil lez, bien Ie remarquer, ne pr6tent gubre A discussion, mais h observation des faits et A 1'exp6rimentaticn. La m6deciae -va les suivre dans cette voie ; ]a m6thode fructueuse va 6tre 6tablle. Le r6,-,ne des m6decins. imaginatifs et beaux parlours va 6tre clos. Les homes do science vent se longer datis le silence des sal les d'autopsie et des, laboratories.
eest A Prinel, mddecin franqais, qua prevent ]a gloire d'avoir af.flrm6 que les m6thodes observations applicable aux autres scien-, ces 116taient aussi A ]a mddecine et il eut ]a prescience de l'union, intime qui devait existed entre 11anatornie pathologique et la chimie, le premier d6crivant les lesions dont ]a sleconde Avait reconna Iles sympt6mes sur 116tre vivant. D s que ce grand principe fut pass6 du livredans la pratique, 116cole moderne dtait fondue. Aujourd'hui observation, l'induction, l1exp6rimentation sont devenues les guides habitues du m6decin.
L'anatomie patliologique, Ilhistologie patt-iologique, la microbiologie, la biopathologie, Ja reconnaissance des I sions etdes causes imm6diates des maladies, donnent aux chniciens )a raison des ph6nom6nes morbides qulil peut d6sormais classes et tenter de gu6rir. .
Chaque maladie a d6sormais sa caract6ristique : les sympt6mes en sont connus et cl ass6s.
Telle est la diff&ence profonde'qui se pare notre rpoqite des sMdes pn cMents et C'eSt Id UN PROGRftS G NgRAL CONS:DPRABLE.
Pour blen vous faire saisir dans tout leur d6veloppoment les progr6s de ]a science m6dicale, il faudrait vous signaler ceux qui, ont 6td r6alis6s dans chacune des branches accessories de ]a mAdeCiDe et m6me dans chacan des chapitres de la m6decine proprement dite. Travail eneyclop dique gigantesque auquel il faut renoncer. Contentons-nous do vous signaler les faits les plus frap-' pants. Ils suffiront A vous convaine7re.
Bichat a marqu6 le premier un progr6s immense par ses recher-' ches anatorniques etyhy_ iologiques.
Laerinec(1781-1826)inve'nte I'auscultation, le mode dlinvesti.-ation le plus important peut-6tre que poss6ae'la' m6decine; mais I'aus-, cultation marchait de pair avoc 1'6tude de s I sions qui avaientpro-. duit les signs obse'rv6s chez les vivants.
Ce fut grAce A*cette indthode de description symptornatique et de, contr6le des l6sions anatomo-pathologiques que Louis (1777,; 872N put nous donner, a remarkable description de la fl6vre typ)iolde, et Cruvellher, le gran d anat.omiste, ses admirable pa,,ei sur Fule6-, re rond de Vestomac et les cirrhoses du'foie ; Bretonn2au (1821) les caract6ristique-s de la-Aipfit6rie.




20 ]REVUE bt LA LIQUE
E a Allemague et en Angleterre, I'dvolution m6dicale bien que tardive, s'effectua sou s Ilinfluence des Iddes franqa'lses. convient de citer le norn do Richard Bright, qui, en 1827, public une description des plus exacts des ndphrites. Avant lui, Ia patholo, gle n1existalt pas.
Influence des autres sciences sur Ia. mddecine proprement dlto factlita consid6rablement ses progr6s. Mais'de routes ces sciences, Ia physiologic fut Ia plus utile h cog progr6s.
Or Ia Physiologii n-ioxistait pour amsi dire pas avant le XlX* st 6sibele.. Admirablement service par des esprits hors ligue, parm! les -' quels je ne citeral'que Mage6die) Claude-Bernard, Vulpian, Marey et Fran0is Franck, ell e* atteignit presque' d1un bond son apo. gee.
La pl;ysique, alli6e hL Ia nWcanique fut,'t Ia m6decine d1un prix inestimable par Ia construction d1une foule instruments enre-, gistreurs insoupqonn6s jusquIalors. On peut, WAce au cardiographe, ou sphygmographo, ou spirom6tre. '6tudier presque mathd. matiquement Ia circulation, le pouls et Ia respiration. , I ':
Le laryngo--cope, le eystoseopellophtalmoseope permettent d'.ex_-, plorer le larynx, Ia vessie, le fond de Poeil.
Le thermom6tre nous permet de measure d'une fagon pr6clso Ia'
du corps-Je wen flnirais pas sije voulais vous signaler tous les apparels ele2triqu s qulemploie de nos jours Ia m6decine, tant pour Iexploration que pour Ia gu6rison : rappelezvous seulement Ia radiographic ot Ia tadloscopie, qui nous montre le squelette m6me des Chefs dEtat, lorsqu'ils daignent se prdter A c e genre d1expdrienco.
Et cheque jour do nouvelles d6couvertes illustrent notre science, La Chimie dont je vous a! montr6 Ia ch6fivitd, m6me au XV1114 si6cle, a prW son aide au m6deciii non pas seulement par Ia d6couverte de'- plus en plus grand d1une foule de -corps nouveawe,. des series organiques ou des AlealoYdes,, mals surtout en lui per-, mattant d1analyser d, uno facon complete et exacte les hurneurs de PorganisatIon et dlentreprendre I'Mude intime.des cellules que par leur reunion forrvic ]a masse du corps. Malhoureusement, bien, des ph6nom6nes 6chappent encore. aux investigations curieuses do nos grand chimistes. Un jour viendra peut-dtre ott conniue analytiquementA tou,;,Ie-,,pqints de vue, on arrivera par une int6res46te synth6se A*, I cr&er cette petite substance do Men et'de tout, I@ ptotoplasma, base et origin de Ia itie animal etv6g6tale. 'Jusqt *& Davanie ot Hoyer, jusq, WA Pasteur' surtout dont co.sibcle' moriteralt de porter le nom, Ia c&use intime des maladies 6talt inconnu'6.'C eAA Phstetir. 'ed sLir-;hommo gigantesque, que nous do-




Dr, LA JF.VNEsSE- H.AffirNNEvons de cbrinkiltre'dans lour essence un grand nombre de maladies infectieuses.
Autour do ce grand g6nie se group6reat quelques homess remarquables qui, sulvant la f6conde Voie trace par, le maltre, d6-, couvrirent la cause primordial d'upe f6ule- (16 maladies. Vous ci. ter ]a nom de tous, les Microbes trouv6s, capable da produire ces maladies, seralt trop long at fastidleux. QuIll vou,suMse de savoir qua les infiniments petits, dont Woccupe une science nouvelle, at sp6ciale, la bacleFriologie, ont &4 d6couvarts an grand nombre, qua leurs mceurs, leur morphologic oat W d6crites, qtf il est possi' ble de les reconnaltre, de les cultivar, de les spdeifler at do reproduire A coup sCLr par -Ilexp6rimentation la mal adie quilts d6ter7 eminent.
I Mais IA no s'arrdt6rent pas les investigations do nos savants'. Ils 6tudi6rent 6galement avec soin les cultures dans losquelles avaient vdcu les microbe;; et reconnurent que ces infiniment petits (abriquaient une substance toxique, la toxins microbienne; dont injection dans bien des cas produisait les mdmes effects qua injection du microbe lui-m6me. Ils parent, on att6nuant par de remarquables procod6s la virulence de ces microbes ou do c&s to.lines, trouper le moyen d'immuniser, c'est-d-dire de mettre Vorganisation A l1abri de Yaction des microbes ou do leurs toxins: vous avez.tous entendu parlor du setum anti-rabique, anti-diphtdriqu du serum anti-tdtanique, anti-pesteux, etc, at tout derni6rement du serum anti-typholdique.
Comment l'organisme.envahl par les microbes pouvait-il slimmuniser, clest-&-dire 6tre inhabitable pendant un. temps plus, o1i moins long pour des microbes de m6me nature? Cest ici que nous voyons prendre position une- science -morveilleuse en'ses effets, la Biolqgie, dans laquelle domino de toute sa hauteur, un des grand disciples de Pasteur, Motehftlkof, mort tout r6cernment.
La biologle simple 6tudle les;rdactiotis do l'organisme A 1'6tat do sant6; la patho-biologie, I'dtat de maladi'e.
Par sa d6couverte ae la phagocytose, clest it-dire cette facultd pour les globules blares du sang, les foucocytes, de ddt.rulre Lion. seu lament les vleilles. cellules organiques alidre6s ou .mortes,. mais aussi d'explorer les curps Atrangers ea gdn6ral at les midrobes ert particular darts. la petite masse vivant@ de. lour eel lule, le proto-plasma, Metchnikof a readu A la science raddicale un. service inappr6clable. Cos petits 616ments qui Wont pas plus do 14 rail li -;




REVUE DE LA'LIGUE
ines de millim6tres et qui A I'dtat normal sont au nombre dd 7000 par millim6tre cube de sang ont aussi ]a facult6, apr6s avoir tad les microbes, de rOpandre dans ]a masse du sang une substance dite anti-toxine qui neutraiise 1'effet de ]a toxins microbionne du m6me ordre. Et lorsque cette imprd,,nation a eu lieu, Forganisme est A Fabri pour uri temps plus ou moias lo ng des m6faits do ces micrbbe5. C'est ee qqlon nommP l'immunisation. Ces'vasfes 6tudes microhiologiques et pattio-biologiques avaient clairement rnonti-6 quo dans les Difections deux grades m6thodes
tmitemen't'slimposaient: ou tuer les microbes par leurs propros products r6nd6s',inoffensifs par une technique spOciale (c'est )a s6roth6rapie ) ou les tuer en augmentant le nombre des globules blaDcs, destructeurs du microbe (mothode leucog6ne). La nature livr6e elle-m6me emploie Pun ou I'autre de ces proc6dds, mais infiniment plus solvent ]a leucogen6se.
Impressionn6s par 116clat des d6couvertes pastoriennes, les savants tendirent tons leurs efforts vers ]a voie f6conde de la s6roth6rapie, negligent par trop,'A mon avis, la second voie qui lour 6tait off erte. Tout en admirant inflniment la J6couverte de Metchnikof, ils ndglig6rent de Ilexploiter et leurs importance 6tudes du sang port6rent beaucoup plus sur le sang lui-m6me que sur ses rapports avec les maladies.
Nous leur avons montrd combine dtait f6conde ]a second voie a laquefle ils n'ava!eDt gu6re peDS6. Us commencent A sly acheminer, lentement il est vrai, mais ils y viennent, et dopuis quelquo temps, on constant, que les m6decins europbens employment empiriquenzent, clest-h-dire sans donn e scientiflque certain et connue, sans bien comprendre le pourquoi d es chooses, la m6dication Ieucog6n6. Comme il a W d 'it pour certaines marques commerciales a Femployer c'est I'adopter.
En HaYti, nous sommes au point de vue de, la pathobiologie des directions et de ]our treatment beaucoup plus avanc6s quo les m6decins do IlEurope. Nous savons, nous coMpronons et nous' agissons suivant une m6thode bion d6flnie. Certain m6docin haltien, en effet, on Mudiant avec une grande pers6v6rance le sang dans les infections est arrive A d6couvrir certdines lois biopathologiques qui expliquent d'une faQon tr6s nette los ph6nom6nes curieux qut se assent dans l'orgpisme infect,6. 11 a bien .6tabli les r6actions di&6rentes qui se produiseni daPs.le sang suiYant la nature du tissu o'u s'i6o-e Ili nfo ,tion, ce qui 4.contribu6 4 -dormer i




DE LA JEUNESSE HAITIENNE '23
au'di'agnostic une ba, ,o tr6s s6ri--use. D'autre part, en suivAnt scientifiquement ce'qui s'est product dans un grand nombre Winfections, il a jet6 unjour lumineux sur la gravity r6clIe ou I'innocuit6 des infections et donn6 au mddecin qui connait la m6thode ot sait bien suivre lesiridications do Fh6rna-tolo,io un puis ;ant moyen d'arr6ter, de modifier dans un sons avanlka'geux et par cons6quent de gu6rir les infections Sans doute tous los malados ne pourraient 6tre sauv6s, maisla proportion do ceuxqui rneurent a d6jA considdrablement baiss6 et le jour oii la chime nous fourniva des m6dicaments leuco.-Ones encore plus pui---,sants que caux quo nous po-"Odons, elle diminuera encore.
11 strait injuste de no point signaler, avant de clo.-o cetto co a r,-' rence,, les efforts immense et les progr6s qu'ont fait r6allser d la m6decine les .parasitologistes. La paras'tologie so devise en doux tr6s tastes branches: la parasitologie proprement dite, comprenaut les parasites microscopiques c'est'd-dire visible A I'cuil nu, ot microscopiqueset les champions ou moisissures, dont 1'6tude porte le norn de mycologie. 7
Nombreuses sont les maladies d'ordre paraAtaire : les teingno?4, les corat6s, dont se rapproclWd boussarole quo now; avons etudi6 en Haiti, llactin6mycose,'kle myedtame au pied de madurce, le muguet quIon voit si solvent dans la boucle des onrants affaiblis le pytiriani vernicolor qui couvre certaines parties du corps de ta ches jaunes si abhorrdes des fernmes, I'amite de la dyssenterie avec ses redoutables complications suppurixtives du foie, le trypanosome, qui product )a maladies du sommeil heurousement inconnu dans notre pays; les spirochites de la syphilis, do la d6vro r6currente, du pian; ]a coccidiore h6patique do I'liomme: les h6mospo rides de Vhomme, cause'de la fi6vre paludeenne si bien 6tudido A contains points do vue par I'deole lialftienue ot si bion diff&enci6e par elle des fibvres intermittentes intestinales ; Aos vers parasi. tes nombreux qui portent leur action non seuloment sur les intestins mais encore sur lo foie, le rein, ]a vessie ot qui par les 163ious parfois minuscules qu'ils produisent, peuvent engendror les inf6ctions les plus graves, corrie nous avons beaucoup contributed d le d6montrerja filariose si ri-dquenteen HaTtidont une des manifestationscliniques lus plus int6ressantes, ]a clique I'llarlenne, a 6tdsignalde par nous ; Jos acarions avedles maladies auxquelle.i ils donnent naissance, entre autres la gale ; les demodex que Baret consid6re comme ]'agent do transmission do ]a l6pro et des cancers




24 REVUE DE LA LIGUE
cutan6s ; les dipt6res touches ts6-tsd Dropagateurs do la maladies du sommeil; ]a sareophyn magnifinedont les leaves terrible envcthissent dans cortaines conditions nos cavitds naturelles ; les moustiques qui transmettent ]a fliariose, le paludisme, ]a flbvre jaune et sans douto bien d'autres maladies : les puces propagateurs de la peste. Cette longue 6num ration qui peut-dtre vous a fatigues vous donne une fable id6e de 116tendue des recherches des parasitologistes et leur importance.
Aujourd'hui il ne sufflt pas do connaltre A fond les maladies et les sympt6mes auxquelles elles donnont lieu. L'auscu Itation, la percussion, Pexamen attentif des organs Wont certes par perdu leurs droits. La clinique reste debut, mais elle west s6rjeuse et vraiment utile quo si elle est fortement appuy6e sur la microbiologie, ]a mycologie. ]a parasitologie et 1'h miatologie. Cela vous monte et vous explique I Ii-ri port ance, l'utilitd, l'indispensabilitd des laboratories dans la m6decine actuelle. Un fait. 6tabli compete beaucoup plus quo deuxheuresdedissortation.Lacause, la cause du mal, voilA ce qu'il raut chercheret d6couvrir: Ablata caitva, tollints effects.
Nous sommes loiri comme vous voyez de la m6decine de Moli6re.
Je crois, Mesdemoiselles, Mesdarno et Messieurs, avoir atteint Mon but ot vous avoir proud quo Ift 06doclae a 6volu6 et qje dor6navant vous no- forez plus une mone d6dai.-neuse, lorsquon vous parlera ae 1'6volution do ]a m6docine.
Elle prosp6rera encore, car elle West pas encore arrive A son apog Je. Une science l*atteint-olle jamAis?
It mp re4e it vous remarcler do I'attention soutenue que vous m'avez aoc')rd6o malgr6 leq difficult6s ot peut-6tre VaridiO pour vous du suiet que j'al traltd ot A remerclor cette belle jeunesse de ]a I-iguo baftlenne, ardent au travail, amourouse de science, conscieuto des devoirs qu'elle a enters ]a Patrie, conscience do ses responsabilUds prdsentes et futures, consciente du grand r6le qu'elle aura tin jour h jouer pour la conservation do notre natioialit6.
Dr UON AUDAIN.




DE'IA JEUNESSE IIAMENNE 2
_Sb NPOESIES
SONNET
Monsieur Georges L ger, je le troupe chairman, Ce grand bonhear que vient de consacrer le Code Simple IMioin requis, des quatre, c-es l la mode On ni'apprikendepour le pompeiix complin2ent.
Je tie sais pas dit toul' Wtaire, Iteureusement.... ,Je sais rire, aiguiser ma toNde en marauder, Caus-er un peu, pas trop, cat- ce West pas commode Davoir vir soi braqw s lous les yeux fixeinew.
Germaine, mon vceu cher est copus, mats s I ncere Qu:! le tris noble Amour crosse en la jeune serre, Que volre c6eur, toujours, en reste parfttme ...
Les jours roses vont litiee, ait toyer... sous les lampes... Et, bien plits tard, quand ldge argentera vos lempes, Vfjs sourires diront : Voit s'est beatteoup ai)n6!
V. M.
Sonnet lu-par auteur au marriage civi) de M. Georges N. Uger
et de ff2demoiselle Germaine Roumain.
..................




26 RENTE DE LA L'GUE
AVEU
Oh! ne reroute pas que d'urze dme insens&,
Je nYgare jamais d froisser ta bontj ;
Chaque fois que vers toi slen ira ma pens e
Ce sera je te jure en toute hmnilW.
Je ne suis qu'd tes pieds ; c'est de 16i que sYMve
Mon regard I'admirant comme llitoile aux ciutx,
Etje te vois bien haut, oiti bien haut, dans mon iAe
Oii mon c(eur slextasie, humble et sitencieux.
A fais de toi mon culte el mix que ma prWre
Comme un encens vers toi inonte soir et nation,
Et tu ?n'apparaitras, bienfaisante htmi re,
Avec ton bon sowire cltzirant mon chemin.
De toi je fais mon culle, une adorable idole
Qu'd genouxje rjv re et qui porte, ti mes yeux,
Le nimbe dont le front des verges s'aurjole, Un nimbe saint el pur, dYclat prestigieux.
Tout nous sc parait... lout! Dit sort, Irisle viclime,
Phesitaisd chercher d1un regard la doucettr
Et le tien West vemit Dit fond de mon abime, Je t'ai crij: (( Merci pour mon cwitr de doidettr
Bayonne en la beauty, ton charge, la pitissance
A ces dons pricieux fais ton dme s'unir;
Reciteille en ta piti doux ange dlesp6wnce,
Ge cmur qui n'a de paix qu'd ton seul souvenir.
Et ne redouble pas que, d1une dine insensie,
Je mlegare jamais d froisser la bonti;
Chaque fois que vers loi slen ira ma pens c
Ce sera je te jure, en toute humility.
CARL WOLF.
Janvier 1917.




DE LA JEUNESSE HAITIENNE 27
TON KAISER
Apr s ta mique, o#re tes Mvres, Avee mon amour et mes fi vres, Et mes dtFsirs, ily poyvai Llenivrement de mon kaiser.
Elles sont roses, je les aime Elles sont comme la fleur mdme De ton corps souple et fro nzissaut QuIappellent mes nerfs et mon sang.
Donne la bouche ti ma tendresse. Tit vibreras sous ma earesse, Et dans ma chair la voluptj Mettra son tropical jM.
Notre ivresse sera certain. Toute autre grande sera vaine, Car pour le caur inapaise, Bien ne vaut l1ardeur dit kaiser.
DAm0CL*S VIEUX.




29 HEVUL DE LA L'IGUE
HISTOIRE DIPLOMATIQUE WAITI
JEAN PIERRE BOYER (Suile)
Welamation de la paf lie de 1'Est par ITspagne (18 3 0) ; ichee de la mission de F. de Castro.
La Revolution de / 30 et les pourparlers de AL Saini-Macary ti Paris.
Disaven de Boyer. Ana yse des traW5 du 2 Avril 83 1.
11upture des relations franco hailiennes.
Ce West pas sans Palcul quo la Restauration avait, pour rompre les negotiations de 18-21, agit brusquement la question de I'Est et d6clar6 A nos commissaries qu'elle ne pouvait stipuler que pour I'ancienne partle fraricaise. Elle entrevit IA le germe, facile A exploiter, de nouveaux ennuis international pour la 116publique d'HaYti. La concession, I'ann6o d'api 6s, de 11ind6p3ndance aux. souls (( habitants actuels de la parties rranqai -e de Saint. Dorningue )) 6tait on eftet un rappel direct A ]a Cour de Madrid de son inaction dans les Antilles, depuis l'incorporation en 18-22 de la parties oriental. La France r6servait ainsi les pr6tondus droits espagnols, moins par scruple que par l'onvie de nous p dparer de nouvelles difflcult6s. Quoi de plus ais6, onsuite, quo de chatou-Iler Famour-propro de ses volsins d'au-deld les Pyrdnoes, de rappeler qu'elle lour avait en 1814 r6troc6db la parties oriental, qu'ilq devaient sous peine do ddcheoir en Europe, r6clamer leurs droits IAgitimes!
La P ninsulo Ib6rique tomba t6te baiss6e daris lo pi6ge. Elie rp-isentit I'humiliation de voir une autre puissance d6fendre bruyamment ses intOrks et prendre A son endroit un air protecteur. Aussi, dans le courant de Janvier 1830, Fernandez de Castro, intendant de Cube, venait officiellement r6clamer au Gouvernement do Boyer ]a restitution d son souverain du territoire de I'Est I ( 1)
(1) Voir les documents au sujet, de cette tuission datis L. Pra(li je, op. cit., T. V, pages 311--328.




bE A JEiJNESSE IIAITiENNE
Tout en parlant do recourir aux extr6mit s, le pl6nipotentiaire espagnol avouait, d6s le d6but des pourparlers, que le Wcorwn de la couronne 6tait en jeu, que les autres nations 6taient speclatrices de la condiate du Gouvernement de Ferdinand VII, et qulil fallait agir pour le rang de dignity que son pays occupant parmi elles.
Mais I'Espagne choisissait bion mal son moment pour e -treprendre aussi A la 16g6re la reconqu6te du D6partement de 110zama, actuellement province halitienne. Elle, avait d6jA perdu presque routes ses colonies de I'Arn rique- Livr6e d1autre part aux intrigues ourop6onnes depuis le Con.-r6s do Vdrone, elle avait subi ),intervention francaisejusqu'en 1828 et assist onsuit3 aux troubles constants entretonas par I'Angleterre dans ]a Catalo.-ne. Humilide do voir r6tablir un de ses rois sur to tr6no pap )a SainteAlliance, elle croyait pouvoir retrotiver le sentiment d'honneur, per-' du sur le vieux continent, dans sa demarche aupr6s du Cabinet de Port-au-Prince.
Seulement la diplomatic haltienne ne se pr6ta pasA cette combinaison. Les pourparlers slouvrivont cl s le 17 Janvior et la bataille s'engagea presque aussit6t. M\ 4. In,,hiac, J. F. Lespinas e et Frdmont d6fendirent nos droits avoc une parfait intelligence des questions de fait et do droit soulevdes par I'Espa.-ne, et avec une indbraniable 6nergie, lorsque Ilagent do FerJinand VII persist. tamalgr6 tout dans sa r6clamatiob.
Wapr ;; la th6se de la Cour do Madrid, si IEspa,,ne avait, par to trait de BAle, c6d6 le territoire do I Est ii la' France, elle I'avait cependant reconquis en guerre solennelle on 1809, ce que sanctionna le trait de 1814. Elle no pouvait admottre que to soul6vement de,, quelques factieux ), en 1821, p6t avoir pour offet de compromettre ses droits. Elle ne s'explique l'oecupation haftlenne do IIEst que comme mowenlan, e, dans un but do s curit6 et de pr6servation de ]a contagion de l1anarchio. Los relations amicales existan t jusqu"Ici entre les deux pays doivent raire consider cotte occupation ((comme un.e simple jouissance temporary d1un pays neutre )i.
La r6plique de noc;'a,ants d6montra que ]a portion orientate de I Ile, si elle avait dt6 ced6e a la France par le traitO de 1795, avait, W effectivement occup6e en 1801 par le cessio'nnaire ot comprise en consequence dans le territoire que, pour leur sqret&, les Haltiens avaient arrach6 d la m6rc-patrie cc d6clat-6 ind6pendant et affranchi de toute domination krang6re. La Constitution haitionne de 1806 ne reconnait pour limits du pays que cellos trac6es par Ja nature. Les guerres intestines avaien, seules emp6ch6 Hafti do protester centre Voccupation espagnole de 1809 A 1821, et ]a Cour




30 REVVE DE LA LIGUE
do Madrid pendant tout ce laps de temps n1avait pas song6 A r6criminer centre notre texte constitutional.
Mais A Pobjection de M. de Castro que la Constitution invoqu6e n'a jamais 6t6 signifl6e A I'Espagne, nos commissaries r6pondent par cette formula lapidaire que a les constitutions se proclament et ne se signifient point )) I D'ailleurs ajoutent-ils, les habitants de I'Est sont revenues d'eux-m6mes au giron haTtien d6s la mort de Christophe. L'ordonnance de Charles X ne peut ni attdnuer les droits d'Halti, ni fortifier ceux de I'Espagne, car nous avions la possession de fait de toute I'lle ant6rieurement A cette ordonnance. La Cour de Madrid est sans quality pour r6clamer des droitsts per-, dus ). La possession do I'Est imported 5. la skuriO national. Le Government d'Haiti n'a rien envahi de ce qui apartment A S. M. Catholique; il n'a rien A lui restituer. 11 Wabandonnera pas non plus (, des homes qui se sont r6unis d lui dans la ferme esp6rance (( dldtre protbg6s )). (Note du 21 janvier.)
L'expression de (( droits perdus ), employ6o dans la communication de nos pl6nipotentiaires, froissa VII. de Castro. it trouva ddplac6 un pareil terme de la part d'un 6tat nouveau (( dont l1existence de fait pout seulement se calculer par lustres, et dont cell e des droits sanctionn6s Wen compete pas encore un seul )),A I'adresse (( d'une nation grande, opulent et magnanime, dont I e principle et Porigine se percent dans I'histoire des si6cles. )) L'Espagne ne pouvait, d'apr6s lui, perdre ses droits pour une simple constitution a con ue dans l1exaltation d'une guerre cruelly centre ia Francen. L'acte du 17 avril 1825 ne 16gitime la propri6t6 des haltiens que pour la parties occidental. En acceptant cette ordonnance HaTti a confessed ]a 16gitimit6 des droits espagnols au territolre de I'Est. Et, puisque ]a chancelleries haltienne se refuse A consider Foccupation comme celle d'un pays neutre, I'Envoy6 de S. M. Catholique demanded la reparation de l'injure faite au Roi d'Espagne, en le ddpouillant d'un de ses domains, A moins que nous consentions i une transaction dont ]a restitution strait la base. La monarchie espagnolene sera pas responsible des maux que tout refus entralnera (note du 21 janvier.) On en arrivait aux menaces. Avec non moins de d6clsion, MM. Inginac, Lespinasse et Fr6mont, fatigues de routes ces st6riles r6criminations, oa la faiblesse s'alliait 6trangement A intimidation, r6torquent que la R6publique (( se croit fondue A conserver le territoire de I'Est qu'elle occupy, et que si I'Espagno pense autrement, les Haitiens remet-




DE LA JEUNFSSE HAITIFNNE 31
tront avec conflance Ilarbitrage de leur cause (, entre les mains du grand r6gulateur des destin6o des nations )) elt ils consid6rent en outre comme torrnin6e leur tAche, si I'agent espagnol West pas autoris6 d n gooier sur d'autres bases.
M. de Castro considira 6galornent quo sa mission avait pris fln et le 31 Janvier il quitta notre capital. On pout appr6cler l'Otendue do son 6chec, en se rappelant qu'il Mait charged, aux terms de ses instructions, de reprendre possession de I'Est, d'y r6tablir states les autorit6s et routes les branches de ]'Administration publique!
Le jour mdme de la rupture des pourparlers, pour monitor ]a parfait determination do son Gouvernement, Boyer ordonnait A tous ses commandants d'arrondissements de IIEst de se tenir sur un pied de guerre, et dans sa proclamation du 6 f6vrier 1830, apr6s avoir r6sum6 les negotiations. il d6clara quo le pays dtait pr6t A la guerre, si ]'on violait aucun point do son territoire. On ne salt trop comment YEspagno sauva, par la suite, sa digjiit6 compromise dans le concert ourop6en, mais ce fat la scale d6marche qu'elle entropi-it pour recouvrer son ancienne colonic.
Apr6s I'Ochec du Baron Pichon A Port-au-Prince, Boyer, on se le rappelled, avait fait auss!t6t partir INI. Saint-INIacary pour la France Mais il ne paraissait pas dispose A lakser 6terniser les nouveaux pourparlers. Ses instructions recommandaient A son agent do no pas s6journer plus Wan mols q Paris ot de r6clamer ses passeRorts, slil ne pouvait faire valoir les vues haftiennes.
11 s'a,&issaitde reprendre lesn6gociations au point oft elles avaient 6td arrWes, clest-A-dire -a la question des articles additionnels que M. Pichon wavait pas voulu admettre. (( Le sucebs est tout enter, (scrivait le Pr6sident, dan,3 Pacceptation de l'une ou I'autre de ces clauses. )) Elles consistent A obtenir pour nos denr6es exp6dides dans; l1ancienne m6tropole en vue du pavement do Vin. demnltd des droits moins dlev6s que coux pay6s par le comm-3rce fran aisou tt faire b6n6flcier des o petits droits )) les denr6es haltlennes en g6n6ra), A exception du suvre. En Ochangp les vins et les; huiles du cr l de la France seraient frapp6 implement, en Haiti, de demi-droits.
Moyennant ces facilities ot lasuppression des ambiguit6s de I'Ordonnance deCharles X, nous reconraitrions devoir le solde de Idindemnit& et do ]a premiere 6ch6ance, soit fr. 120.700.09U. Si notre




32 1 R'VT'JE D LA LIGUE
proposition Uait par impossible rejet6e, M. Saint-Macary devait retourner A )a formula de 1829, convenir que les pavements se feraient chez nouse au pair de. la gourde haltienne ou ne consentir A payer les int6rks que sur les annuitds ou sur les portions d'an nuit6s laissbes en souffrance.
Le mluist6re franqais d6signa le Baron Pichon pour reprendre ]a conversation interrompue. Le choix ii'6tait pas de bon augura, poisque notre agent dtait principalement char-6 da faire accueitlir les texts m6mes d6JA deart6s. Mais les conferences allaient sajourner, A peine commenedes, sous Ilempire des eirconstances. Los combatants de Paris venaient de substitute la monarchies or16anisto aux Bourbons, au clergy et d I'ancien regime.
Le President estima, par la suite, que les journ6es de juillet avaient de plein droit mis fin aux pouvoirs de son pl6nipotentialre et que celui-ci, sans nouvelles instructions, n1avait aucune qualitd pour potirsuivre des pourparlers avee I'administration de Louis Philippe. Mqi$, dans le nouveau i-6,gime, il y avait des homes favorables A notre cause, qui, selon I'aveu m6me de Boyer, a avalent proclam6 des principles en faveur d'fla'fti et condamn6 hautement les exigences exorbitantes du Gouvernement d6chu. n 11 voulut jouer au plus fln. 11 ne rappola pas Saint-Macary, ne lul onvoya pas non plas de nouveaux pouvoirs. 11 le laissa en connalssance de cause, continuer les negotiations, pr6t A en b6n6flcier, s'iI y avait eu lieu, et a d6savouer le cas d6ch6ant.
La Monarchie de Juillet, d6s la fin de 1830, chargeait une commission prdsid6e par le Comte Lain6 de lui faire un rapport sur la question haitienne, Mais le Minist6re rejeta les conclusions de ce document recommandant la reduction de moiti6 du solde dCi sur l'indemnit6, avec la garantie du Tr6sor fran ais qui servirait des inOr6ts A 3 0/0 sur les 60 millions aux ancient colons. 11 no vou lait I pas entendre parlor de garantio. Manmoins dans les premiers mois do 1831, les pourparlers furent reprise entre MM, Pichon at Saint-Macary.
Mais d6s qu'il apprit les conditions que d6battait ce dernter, le President so hAta de le d6savouer au prdalable, le 30 avril 1831, par un avis official public au c T616,graphe ), en invoquant la, caducitd de ses pouvoirs par le changement survenu en France en Juillet 1830 et en bldmant la prolongation de son s6jour au del& d1un ter-. me flx6 dans ses instructions !
Lorsque Saint-Macary revint Ala Capitale, porter des deux tralt6s qu'iI avait sign6s avee M. Pichon le 2 Avril 1831, il trouva que son Gouvernement I'avait mis en disgrAce avant m6me de prendre reconnaissance du texte d6finitif de ces instruments,,diplomatiques.




bE LA JEUNESSE 11-k]TIENNE 33
La Francevit un certain parti-pri;i daris catte'marii6ra d'agir, car si Boyer, il est vrai, avait recommend A son pl6nipotentiaire.de ne pas s6journerau-delA d1un mois a Paris, ce ne pout Otre une excuse pour In! dly avoir laiss6 M Saint-Macary toute une ann6e, sans le rappeler ou lui envoyer de nouvelles instructions. Une discussion aigre douce s'ensuivit entre le seer6taire g6n6ral Inginac at le consul g6n6ral Mollion, au sujet du d6saveu presidential.
Le accordd s'accentua, quand Boyer, apr6s avoir pris communication des traits UjA ratifts par Louis Philippe, lear refuse carr6ment son approbation. La Convention financi6re rendait le pays d6blteur do francs 120.700.000 pour le solde de Findemnit6, do francs 4. 848. 905 pour les advances fajitas par I a Tr6sor public do France pour le service de 1'emprunt, de francs 27.600.000, montant des obligations non rembours6es de Vemprunt, at les int6rdts &Ls sur cette somme depuis le 31 Weembre 1828, lesquels -! capitaliser jusqulau 31 d6cembre 1831, mettraient b. cette 6poque le capital de 1'emprunt A francs 33.196.000 A 1'extinction de ces diverse dettes, la 116publique's'engageait Aaffecter. A partir du jerJanvier 1832, quatre millions de franci-, a partager entre le service de IgindemnitO et celui de Vernpruat. Nous devious encore avant le 31 d cembre 1833, rembourser ctu Tr6sor Franqais routes les advances qulil avait consenties pour le service de Ilemprunt tant an principal qu'en int6r6ts flx6s A 3 0/0. Le Government de Louis Philippe Wavait pas oubli6 la suppression des demi-droits dont b6ndficiaient los marchandises at les-navires fran ais, A leur entire dans nos ports. 11 ins6ra, dans, le traiO, une clause secr6te, aux terms de laquelle nous avions, avant tout change de ratifleations, A restituer directament aux parties int6ressdes ou au Consul G6n6ral de France tous les droits qua .nos douanes avaient pr6lev6s an sus do ceux d6termin6s par 110rdonnance du 17 avril.
7L'atitre trait& fixait les rapports politiques at commercial entre les deux nations. 11 accordait ]a privil6ge, jusqu'ici rdservd a 1'616ment national, de faire le commerce an gro.9 at an detail. Le Fran ais avaient un d6lai d'une ann6e pour disposer de 1.3urs biens au cas oi des lois limiteraient ou interdiraient aux. strangers ]a drolt de propridtd. Clause assez curieuse, si Von songe que depul!3 notre premiere constitution 116tranger ne pouvait devenir chez nous propridtaire fancier M. Saint-Macary acceptait d'autre part, an violation des r6gles de neutrality, qua les armements franqais fussent regus dans nos ports avee leurs prises, an 'cas de guerre maritime. 11 andantissait de plu-,;. 16s lois douani6res
-6staUntos, an zoodiflant la base des devaluations offleielles pour




34 REVUE DE'LA LIGUE.'
les droits A percevoir dans nos douanes : c'6tait nous ravir tout implement la facult6 de remanier nos tariffs A I'avenir I Le suvc6s 6talt trop considerable pour la France pour qu'elle ne mit pas une tr s vive insistence A 11obtention de la ratification. haitienne.
Boyer, fort de I'appui des s6nateurs et des grand fonctionnaires do I'Etat, oppose un refus former A routes les solicitations du Consul Mollien. 11 ne peut accepter des conventions renfermant Aes clauses (julil juge countries A ]a neutrality et A Ilind6pendan-, ce d'Haiti, qui n'offrent pas A la Rdpublique les advantages recher-ch6s, et concludes, par un agent dont les pouvoirs Maient nuls par uite des '61iangements survenus en France. A partir de ce'moment on march A -rands pas ver la rupture, Le 2 Juin 1831, Mollien notifle au Pr6sident qu'il a implement l'ordre do s'enqu6rir si oui ou non if consent A ratifler los deux traits du 2 Avril. Deux jours apr6s, en terms aus ,i sees, le secr6taire g6n6ral r6plique que Boyer lui avait d6j -1 rait savor que cette ratification n'aurait pas lieu. 11 ajoute que les motifs de cette ddterMination seront exposes dans une d6p6che qui sera remise'A M'# piclion; fils, portour dos deux traits et qui allait repartir. Lo Con. !!ul de France rdtorque quo le Gouvernement haitien aura A choisir tine autre voie pour raire parvenir SeS CoMfflunication,;, K car se$ motifs ne peuvent 6tre accueillis quels (julils soient. ) 11 ne s'arrke pas 5 cette grossi6ret6. 11 pronounce la rupture des relations et r6clame la protection gouvernementale pour ses compatriots clue fours affairs pourraient retenir encore, malgM ses avis pres, satts -) de quitter le territoire de la 116publique. Et if slembarqua effectivement rour ]a France.
Mais lps Frawzais, conflants on ]a protection de I'administration de Boyer, se refus6rent on grand majority A 1'exode g6n6ral con.
eiU par leur consul.
. Le people et les; autorit4s militaries, aussit6t averts de ces 6 v6nements, au lieu de slen montrer pein6s, s'en r6jouirent. La rup ture des relations fut accueillie avee un enthusiasm g6n6ral. On voyait on elle la liberation de la dette national, la rehabilitation de Boyer, la revanchq sur l'ordonnance de 18-25. Le peuvle, fidf%,'e a so-, vieilles traditions se prdpara afertement h la guerre. On crda tout expr6s pour les besoins de la d6fonse national, ]a vil'e de Pdtion, A La Coupe pour recovoir les archives publiques, le mat6riel des arsenaux et des magasins do I'Etat, ot pour server le cas 6chdant do si6ge du Gouvernement.
Les haitie ns en avaient assez de la (. cessiono de four ind6pendarice. L'heujc avalt sonn&oCt si la Fratice d6sirait des relations




DE LA JEVNESSIE HAITIE NE
avee la 116publique, elle dealt consigner ce ddsir dans un trait, librement n6gocid et donnant plane satisfaction A ]a nation, lui reconnaissant formellement, sans arri6re-pensde et sans 6quivoque, ses droits 6L la libert6 politique et diminuant, les lourdes charges imposes dans le passd.
Boyer venait de rachoter do haute lutte sa faiblesse de 1825. En ddpit do la rupture des relations et des menaces de guerre du Consul do France, rien n'6branla sa fermet6. Dans un geste tr6s digne, it sl6tait rang6 du c6t6 de son people pour combattre ceuxqui, sous pr6texte d'dmancipation politique, s'ingdniaient & contrarier notre essor et A nous humilier par des oxigences sans cosse renouveMos. 11 out lo flair de comprondre quo ]a nation avait atteint ce mo. ment d'exasp6ration oft elle a,-irait prdf6i-6 tout sacrifter dans une supreme r6solutoin plut6t que de continuer A vivre avec Pancienne .-m6tropole sur le'd6sastreux pied do paix arm6e qui dtait son sort depuis 1804. 11 strait juste, dans ces conditions, de tenir compete. Boyer des sinc&es efforts qulil effectua pour garner les sympathies populaires.
Dans la vie des peap les, cheque 6poque a ses tristesses. ses d6ceptions, ses ruins; mais elle a aussi ses moments do reaction, dIdnergie et de dignity. 1825 a sans doute W une fataliO dans lo r6gne de Boyer. Mais l'orreur a M6 grande du c6t6 do la Franc,0. de slima.-iner que le Gouvernement haitien, pour. avoir c6d6 une' premiere fois, lui cMeralt ensuite 6ternellement. Cette conception erronde des dv6nements a 60 caase que ]a 116publique v6cut pendant trei7e anndes dans un malaise Opouvantable, nos ancient maltres mettant un rare acharnement A ne pas d6mordre do lour Orkentions, et le Gouvernement haltien une inflexible volont A r6parer sa maladresse et d'obtenir le redressement 11 une inutile humiliation.
A suivre)
ABFL N. LI 6ER.




00 BFV[jF DF LA LIGVF
'ARMAND 'THOBY("
(Suite)
C'est inn6 chez I'haltien de fonder de grades esp6rancea au d6but de tout Gouvernernent ; et pour les voir presque toujours s'6teindre les tines apr s les autres, it ne se lasse ja-' mais Wen fonder de nouvelles tout aussi optitnistes. La certitade du succe s est incontestablement tine force qui cependant demeurera ineftleace, si elle est irr6fl6chic. 11 convent, tonjows de computer avec les revers, ne serait-ce que pour en att6nuer les eflets. Nos sine6res enthousiasmes ne nous. 01!t point 6pargn6 des d6convenues, aussi les hommesde: grandin clairvoyance agisssent-ils toujours avee beaucoup de r6serve. 11 strait exa-&6 de prker A Monsieur Thoby au.
P
(16but de 1870, ces raisonnements, qui demandent pour IRre .ippliqu6s un cal.ne parfait, masses principles que nous. connaissons d6JA les lui sugg6raient pour ainsi dire et Pemp chaient de partager pleinement 1'engouetnent des uns et des autres. L'6pisode de notre histoire que nous avons velA.-! t6 n'6tait pas de nature A dissiper dans son esprit routes les inqui6tudes. Monsieur Thoby avait constamment deviant les yeux l'image du pass6. It sentait la n6cessitd d'en tirer des leCons pour Favenir. Cette image le hantait, nous en avons ]a preuve dans les multiples souvenirs historiques que nous .ivievons dans ses discourse au Parlement. 11 ne s'dtait done point laisS6 con q u 6rir tout -A-fait par 1'enthousiasme g6ndral qui accueillit la 116volution. Sans nullement outer de la sinc6rit6 des chef-s. it savait avant tout que ceux -lA 6taient des liommes et qu'ayant durement combattu, its devaient forc6 ment apr s la victoire en venir aux repr6sailles. D'autre part, tout en gardant sa foi dans I'avenir, it Wignorait point qu'on ne pourrait I'assurer que par une lutte constant en vue de corriger les mille ddfectuosit6s de notre mentality, de nous assouplir pour le regime parlementaire. 11 Woubliait
(1) Voir num6ro du 20 Neembre V16.




DE VA.,JEUNESSE HAITIENNE 37
pas -surtout-que nous 6tions tin people enfant, prompt'At'enthousiasme autant qu'A la r6volte...Il craignait les exc6s. des gouvernenients provisoires ; aussi jugea-t il prudent do n*accepter aucurie function officielle d3a-i celui do 1870, attendant le complete return la l6galitMe qu'iI redoutait par des. sus tout, arrive. Le Gouvernement provisoire prit tine s6rie do measures arbitraires et inconstitutionnelles, bien quo la RPvolution f6t faite au Nom do la Constitution 1867. Les p,)Uvoirs publics n'6tant point r6organis6s, aucuaic sanction ti'6 tpit possible ; du reste, c'kait le provisoire,. c'eit-A.dire I& Dictature. Parmi ces measures il en est une cepondant Alaqlielle M. Thoby dut s'associer, n)alcr6 lui.. Cc fut le d6crat do 3j, Weembre '1869 convoquant les 'Aliarnbres de 1867 dont I'art. ler est ainsi. coneu : (( Art. Vr-- Lee Membres (le la Cliawbrt des Repr9sentatils el ceux da Sdnil de 19,17, qui n1ow p.7s, exemij sou le government d rha des locations .imt Ilacceptalion ell-, tralne la perte da Mern.4at de fiepriientant ou di S aalear, c.)n:fgrmement aux ( isposilions de Itt Conviflution sous to, rdybae de laquelle ils avaient did glus, Se rjuairont f! /a Capitale le I"? Pi, vrier prochain pow ieconstiliter leurs Corps Respectils. ) Outre que dans son application, le sens do cot article fut singfli6rement 6tendu, le d6cret du 3) D6ce nbra'.1 1839 ord-mina les elections compi6mentaires et dispo3a on son art. I q1i.3 (f danp) les localitis oti (c i1ne serapivp-miVettit Cqn;eil le de sa (Idsorgan isat ion (Pexercer les attribit tions clu i lu i son t divolues en matirre dleclortzleil!y sera procMd pir le commandant de Id o.Commune assists (lu jage de, paix 4 ddlaul de celui-ci du p)-jpgC( sd administration, 4 ddlaut de ce dernier d'an a(ijoint de place ctet deson secrdlaire. ) Yout cola Wavait rien de tr6s r6guliar, et le pire c'est que le Mandat des Reproisentants qui i devaient se r6unir le ler F6vrier 1876 avait pris fln depuisle 10 Janvier. Autant de circumstances propres A diminuer la confiwicc do M. Thoby. 11 r6pondit quand m6me A I'atipal du g)u. government provisoire, se rappelant sans douto que o'cit it ses members qu'il dut de renter dans son pays. Le 23 F'6vrier la Chambre se constitua, et d la stance du 25,,Af3nsieur Thoby lui address sa admission ainsi quo Monsieur; Dal bdrnar Jean. Joseph.
SAns dclat il quitta done la, Cliimbre et s'ea fut pr6p war ses Mcctlons, conforlm6rnentau d6cret do convoc-aliol des at-.




RENTE DE LA LIGUE
semb]6es -primaire,dul9Fdvrierl870auxflnsd'61ire les mem. bres de'l IT! Ugislature.
La Ve Ugislature, l'une des -loires de notre histoire parlementidre, devait, contrairement A la prdc6dente, exercer pleineme nt son mandate sous les auspices d'un Pouvoir exdcutif que des circenstances exceptionnelles rendirent respectueux- des institutions nationals. Elie comprenait une majorit6 intelligence, fortement imbue de lib6ralisme et concevant to mandate I dgislatif dans un sens tr6s large. Le Parlement ne fat point 4 cette dpoque une 6cole d'dloquence ofi les jeunes s'exer aient d parler en public et les adults A faire monte de leur talent et de leur science, it 6tait encore moins une institution cr66e dans le scul but de contrarier lea tendancesdu Pouvoir Exdcutif par une opposition syst6ma. tique. Sainement compose, it dpura nos moeurs politiques en noushabituantau regime parlementaire, drigea le contr6le financier dans toute sa ri-ueur, efrectua une grande rAtorme le. retreat du paper monnaie et accomplit ainst une cauvre consii6rable qui malheureusement fut gdch6e apr6s coup. Cette oeuvre fut assure par une collaboration si intime des members du Corps L6gislatifqu'jI est difficile de determiner la part de chacun d'eux. Aussi y Oxer le r6le d'Armand Thoby, c'est un peu 6crire I'histoire de la 13,1 Ugislature. Heureuserrent que nous y trouvons un guide sOr dans sa(( 13, L6-islature et le Pr6sident Nissage Saget )), histoire condense et compile des travaux parlementaires de 1870 .1873, qui m6rite de retenir notre attention, parce qu'elle met en pleine lumi6re es teodances de cette 6poque. Ca livre est en majetire parties in6dit, aussi nous y arrkerons noes quelque pe u.
11 n'e6t rien d'aussi difficile que le r6glage le ]a machine gouvernementale. une fois qu'elle est ddclanch6e. En Haiti plus que partout ailleurs on sent la justesse de cette v6rit6, en raison de nos multi ples'bouleversements. En consdquenve. la bonne foi du Pr6sident Nisaae Saget et ses belles promesses ne sauraient suffice pour rdaliser, apn s tant de d6sa: ,tres, les bienfaits de ses quatreann6es de pr6sidence, sans un heureux concourse de circonstances. Dans les deux pre-rniers dhapitres de son outrage Monsieur Thoby s'dvertue A rnettre ce:;:circ<)nsfanccsen lumi6re, -Une ehose digne de re-




Dt LA JHUNESSE HAITIENNE
marque.la Chambre des, Repr6sentants Wavait pas dto 6lue,. pour 61ire un Chef d'Etat, et aucun do s'es NIfembres ne songeait- A se poser comme le successor 6ventuel do Nisage Saget. On 6tait alors le repr6sentant do la l6galite', do l'int6-" Nt g6n6ral, de l'opinion publique, sans que Fon fut accuse Oe m6ler aux preoccupations du Dien public. les calculus d"u. pe ambition personnel. Le Pouvoir Ex6cutif po-avait, s'irriter du contr6le Ugislatif et essayer, & s'y sous-, traire; il pouvait brisker violemment la 133 Ugislature, il, Otait impuissant A la discr6diter. )) Nous avons vu, en effet, le government provisoire convoquer la Chanibre de 1867 ; cc fut elle qui, constraint par les 6v6nements d'opter entre. Michel Dorningue et Nissage Saget, fixa son choix sur ler dernier, parce qu'iI avait la reputation d'6tre bonhomie au,, fond, de ne pas aimer d verser le sang. ) 11 faut beaucoup computer avec cc choix. L'Assemhl6e Nationale, croyons nous, cut la main heureuse, car le parti lib6ral ne pourrait avoir, aussi paciflquement raison du g6n6ral Domingue. Son 6lec-, t' in
tion A la Pr6sidence strait peut-6tra une nouvelle issue onverte aux revolution;;,, car (( les rv volutionnairos qui avaient, le plus pay6 de leurs personnel et qui repr6sentaient. A juste titre le courage, l'intelli-ence et I'lionneur de la revolution,: ces r6volutionnaires 6taient presque tous des 16-islateurs et presque tous de la fraction lib6rale Ils ne manqueraient certes pas de protester 6nergiquement control toutretour au rdgime qu'ils avaient combattu et 1'ent6tement du g6n6ral 1)3mingue aidant le choc strait inevitable. Enfln Ics s6nateurs, et d6put6s qui dans ]a R6volution Wavaient jou6 aucun r6le-, pr,6pond6rant, Armand Thoby 6taieut do coux 16L se dis-, tingu6rent par lour p'-itriotisme Oclait-6 lour pass6 impeccable.et leurs principles franchement. lib6raux. Toutes ces circonstances: Ind6pendance du Corps Ugislatif, la presence dans son sein des principaux r volutionnaires et, la profit do la majority de.ses members, contribu6ront d rehau-;ser aux yeux de ]a Nation le prestige do la 13, Ugislature et lui faciliter la grande tAche qu'elle allait accomplir:
Dans d'autres chapitre de-son livre, Monsieur Thoby passeen revue routes les branches de I'activitd c,(,uvernenigntaleet. precise la part afikeite au Pouvoir LeAgisititif. H n)J3 M )a-, tre;le p-euplemettant peu d pau &i conflance dans ses manda-




40 REVUE DE LA LIGUi
tairesq, recourant aux petitions pour r6clamer ses droits et protester centre ]a violation de sa' liberty. 11 6num6re et comment les diff6rentes r6formes fates en vue de consacrer les grand principles qui doivent pr6sider A la confection du Budget. t
(( Le Budget de I'Etat, dit-il, est digne du nom qu'iI porle sous deux conditionE : Io La recette et )a d6pense certifies dans des documents authentique3 doivent 6tre discut6es et votes librement par le Corps L6gislatif ot rendues publiques avec son luxe de details et de pikes d I'appui.
20 La recette et la d6pense ainsi votes doivent 6tre sui vies dans leurs m6andes hdriss6s de chiffres par I'ceil scrutateuv de la Chambre des Comptes dont le rapport est un 616ment indispensable de la d6charge L6gislative. La Chambre des Comptes fut r6organisde par les diftdrentes lois suivantes: celles des 10 octobre 1870, 16 aoft 1871, 23Juillet & 19 aofit 1872. La loi du 16 september 1870 avait d6jA dtend-u ses attributions An de rendre son action plus effleace. Ce Corps rendit de pr6cieux, services d la 116publique en re. dressant de nombreux abus.
Tout cela ne se fit point sans heurt. L'Ex6cutif, sans la nouvelle. orientation qui 6talt donn6e au Pays et qu'iI combattait par son inertia, sans la fermete' in6branlable des 16gislateurs, verserait dans les m mes erreurs que les gouverne'ments pr6c6dents. L'on eut d s la premi re ann6e ]a satisfaction de discuter.et de voter le Budget, non point ((en bloc et au bruit des verses de champagne trinqu6s avee le Pouvoir Ex6cutif )) mais apri s I'avoir s6rieusement dtudis et op6i-6 les reductions n6cessaires. L'on finit par faire prd. valor le grand principle d'6conomie dans la confection de ce document important. Une classification intelligence et praI ique fut faite des dettes de la 116publique; de telle sorteque, le pcuple put se rendre un compete exact des charges qui, pe.. saint sur lui. Les r6sultats obtenus furent ddjh beaux, Me Thoby les mesur2nt Wh6site pas A proclamer quo ale budgetn'6tait plus une frime, un simple d6cor parlementaire dont on put faire fl; on sentait que sous ce Vieux titre moqud de Budget de I'Etat, un principle nouveau et tr6s s6rieux avait surgi'. qui obligeait les volont6s les plus rebelled. ))
Toutes !es, r6formes demeurerationt vines, d'apr6s M. Tho;,




DE, LA JEUNES" HAITIENNE
by, sans le retreat du paper monnaie. Le Budget devait m6me Ore consid6r6 comme inexistant, tant que notre syst6me mon6taire ne strait pas stabilisd. Faisant I'historique de la question de 1813 A 1870, il met A nu tous les mallieurs que cet instrument d'6change nous a causes. Les habitudes vicieuses de nor gouvernants ont W entrenues par le papiermonnaie, et bon nombre de citoyens pour ne pas tre en dtat Vnt6riorit6 vis-A-vis du Pouvoir ont fabriqud de la fausse monnaie. Aucune industries, haltienne n'a W aussi florissante que celle des faux-monnayeurs, (( toujours prosp re, elle finira par mdriter l'indulgence du public.)) La 13e Ldgis.lature prit A cceur de donner une solution definitive AA cette q question
Touterbis, apr6s ce luxe d'6mission que le Gouvernement do SaInave et les rovolutionnaires venaient de se permettre il ne fallait point penser extirper ce mal tout d'un coup. La loi du 14 Juin 1870, vint quand rn me preparer le terrain en d6cidant que cTou(c mission nouvelle de paper monnaic e9t interdite.
Un project de substitution pr6seW par l.'Exdcutif et qui fut repouss6, vint crder une dissidence entre les Pouvoirs Ex4cutifetL6gislatif. Unevivecampagnede pressed entretint les sentiments d'anlimosit6 et une crise minist6rielle s.'ensuivit. .
M. Darius Denis appeld au, Ministf-sre parvint par une transaction A, faire accepter la substitution. 11 profit formellement, d'entamer la rdforme mondtaire A la session procaine. File devait effectivement s'op6rer grAce aux tristes effects de la substitution et 6 la pr6seace au Minist6re des Finances. de Monsieur Liautaud EtWart, partisan de la rdforme.
VoilA I'ceuvre d laquelle Armand Thoby a collabor6. 11 a soutenu une lutte de tous les instants pour en assurer le succ6s. En parcourant son livre, on sent quIl. a W heureux d'y avoir contribu6; c'est A sa gloire. Mal lieu reusem ent il consa,-, ere le dernier chapitre aux dv6nements futures qui ont com,promis le laborieux travail de la 13e Ldgislature et jette son lecteur dans une profound tristesse.
suivre)
F8LIX MASSAC.




REVUE DE LA LIGCE
FREDERIC MARCELIN
NOTES ET SOUVENIRS
Je voudrais parlor un peu de lui, avant que llin6luctable nuit J'ait pris tout enter, avant que sa physionomie aux traits si caract6ristiques se solt effac6e de la m6moire des homes.
Hdlas 1, on ces tristes jours qu'il nous est donn6 de vivre, plus encore que dans la ballade, les morts vont vite I Ils d6filent avee une telle rapidity sur 116cran, qu'd poine avons-nous le temps da saluer au passage, les plus connus, les plus renomm6s dlentre eux ; et que d'Otres chers so glissent inaper us, dans ]a funeste cohue, qui m6ritaient de pieuses larmes, et do plus longs adieux I
Je voudrais paler un pou de lui ; mais ce West ni Phomine public, ni I'dcrivain, ni le publicist qiie je voudrais 6voquer ici. Sur ce :cercueil A peine rerm6, sur cette tombe encore entr'ouverte, les haines inassouvies, les passions politiques, les mesquines rivalit6s. accourraient aussit6t, tristes oiseaux de mort, d6peceurs de cadavres, et je n-e voudrais pour rien au monde aider ou assister A cette profanation !
. Non I I'lieure viendra, pour lui commo pour tous les autres, oft Mistoire, son flambeau A la main, descendra d'un pas tranquilly" dans les t6n bres ofi il va reposer, et sans col6re, sans parti pris' prononcera. sa sentence !
Celui que je voudrais retenir encore quelques instants dans la pleine lumi re, et montrer d coux de la -6n6ration qui vient et qui ne I'a pas connu, clest Pami de ma folle jeunesse, le gai compa-' gnon des lointaines 6quip6es, qu'on aime encore d se rappeler au d6clin des jours, no strait ce quo, pour convaincre coux qui nous dcoutent qu'on n1a pas toujour. Ot6 )e vieillard froid ot compass&, au pas lourd, aux yeux tristes et sdv6res que les plus jeunes ne voientpas sans une soorke iaqui6tude so glisserparfois parmi eux.
Les hazards de la vie nous avaient r6unis au seuil do la vingti6me ann6e




DE LA JEUNESSE HAITIENNE 43
Mol, un peu plus m&, plus fait, quIon me pardonne la triviality de expression, par mon long s6jour dans l'Universit6, et mon contact avec ses alerts nourissons; lui, un peu d6sempai-6, souffrant visi element du manque de direction doande d ses premiers efforts.
Comme il Wacceptait pas d'Otre rejet6 au second ran,-, comme il entendait dtreparmiceux qui prendraient la 16te do sa g6ndration, il comprit vite que tout dtait A refaire on lui, et sans harder it se mit an travail. 11 m'a s, ouvent fait le plaisir de me dire, dans ses heures dIdpanchoments intimes, qua favais 6t6 pour beaucoup dans cette orientation nouvelle donn6e A sa jeune vie. Gest possible et j'on garde un touchant souvenir, mais certes, 6e qu'il ne devait d personne, clest cette opiniAtret6 dans Ileffort, cette assiduit6 dans la preparation, qui ont fait de lui ce qulil fut depuis.
Ces dons brilliant dont il pouvait plus tard slenorguillir, il ne les tenant ni de ]a nature ni d'aucune MrOdM atavique. 11 no le s devait qu'A son 6nergie, quId sa volout6 do les acqu6riv.
11 derivait mal au d6but. Ses premiers essays dejournalisme, 6taientd'une plume lourde, d1une conception travaillde.
-11 sut assouplir sa plume, dompter sa pens6o rebelled, et devillt I*auteur de tant d'oeuvres charmantes qui compteront dans notre literature.
11 parlait difficilement, son geste 6tait saccad6, son d6bit embarrassb ...
11 deviant Porate.ur que l'on sait : tenant t6te dans nos assernWes aux plus farouches tribune, exergant sur son auditoire un 0 indisputable fascination. Ainsi 6tape par dtape il acqu6rait do haute lutte routes ces brillantes qualit6s quo nous aJmirions en lui ; et sans crainte d'Otre ddmenti il pouvait dire quil nIdtait 11616ve de Versonne, quIiI se devait tout A lui-m6me. Et il avait raison. Tous les actes de sa vie politique ou administrate! ve 6manent de lui, de lui soul : Nulle trace d'ing6rence amicable, d'une influence dtrang6re.
Ma is ce superbeisolementcette solitude morale ofj il se complaisait avait aussi son mauvais c6t6. Que d1amitids ch6res, 6gren6es tout le long du chemin, d6courag6es de cette s6cheresse apparent, de cette indifl6rence de commander.
11 slen apercevait dans ces deniers temps, et il slattristait A computer ce quil lui restart encore de fld6les J'6tai s du nombre 1
La vie nous avait beaucoup sbpar6s. Apres chacune de ces longues btbsences nous nous retrouvions avec le mdme plaisir. 11 me revenait plus affectueux et plus tenure, A measure que sur nos fronts slaccumulaient les annbes.




44 REVUE DE LA LIGUR
Nous w6tions pas toujours d'accord. Oh. non mais- 11 acceptait avoc tranqui)]M mes observations et mes critiques, Wkait-ce quo pour avoir le plaisir do me d6rouler un de ces afYreux paradoxes dont il avait pris g(,ftt chez Anatole France, et qui cadrait si- bien avoc sa mani6re propre, et quand il avait rdussi A m1horripiler au point de me raire sortir de mon calme habitual il 6clatait do rire et tne criait: tu to fAches, done tu as tort !
A mon dernier voyage dans ma douce France, pr6venu de mon: depart, il mlattendait avee impatience. L'accueil qulil me flt rud Tb6odule Ribot me touch profond6ment. Nous causAmes long,temps du pays. 11 dtait navr6 des rdvolutiong annuelles qui entravaient sa marebe. 11 voyait nettement slapprozher la catastrophe finale quIiI avalt si solvent, pr6dite.
Je mlinformai do ses travaux : Je no fais plus rien, me dit-il, quoi bon I il est trop tard, il nly a plus qu',A se regarded mourir.
je ne Pavais pas plus t6t quitt quo je recevais un petit mot de lui m'invitant 6L d6jeuner dans un des meilleurs cabarets de Paris ou il fr6quentait de pr6fdrence Nous avons tant de chose h nous dire encore., in'derivait il I Et attabl6s tous deux daDs cotte grande salle, nous isolant -lu resto des consommateurs, nous reprenions notreentretien interrompu.
Y On rn*avait laissd comprendre, me disalt-D, que tu passerais hiver. Pen 6tais si joyeux I j*avais formd mille projects ou tu entrals de moiti et voiIA que tu me paroles d6jA de depart I
Viens avee moi Turgeau et ]a mason Tranquille s'attristent de ta trop longue absence.
- Un nuage de m6lancolie ]'on veloppa soudain. Oui, M-11, doucoment, comme dans un r6ve, Turgeau, la Maison Tranquille, je devrals. Mais A quoi bon Assisted, impuissant A la lente agonle do tout cc qu*on aime. . Non... je no reviendrai pas.
Le soir tombait ddj;k quand nous nous quittAmes enfln, nous promettaut de recommencer solvent cette petite f6te avant mon d0part.
Ckalt une de ces tristes apr6s-midi de fin d'octobre oft Pon sent r6der Phiver dans les carrefours, ofi dans la planted du vent, dans le fr6missement des feuilles qui roulent sous les pieds, on pt3rqoit I'adlou mystdrieux des chooses qui slen vont.
Hdlas I je ne, me doutais pas que je lui serrais la main pour la dernl6re fols, je no me -doutals pas quo ma bronchite habitue)le, colle qui A cheque voyage me sonne sl brutalement la cloche du dOpart, me guettait dans )'auto qui me remontait le long de IIAvenue.
jal 14 sous lag youx le petit billet si affectueur (il 6tait absent de,




bE LA JrsVNFS*E HAITIENNF
Paris) par sequel it me souhaitait bon ratour au pays du Soleil. C'est to dernier que j'ai re u do lui. Je le savais souffrant et m6me gravement atteint ; mals, fid6le A ses habitudes it cachait avee sain A ses proches Ntat de sa sant6 et ses apprehensions de la fin prochaine.
Et vcilA que la fun6bre d6pdche nous apprend qu'iI est parti A son tour !
Je me sons une peine infinite do nlavoir k6 do ceux qui I'assist6rent en ses deniers moments, et qui par la grande ville indiff6rente, sous le ciel. triste et bas de Janvier accompagn6rent sa ddpouille au Champ du Repos.
Et c.est pourquoi je rdsiste mal A Finvitation qui m'est faite de parlor encore de lui ; et de lui dire un denier adieu ici, dans cette Revue hospitali6re, oft tant de jounes ot charmants esprits s'dssaient, avant de prendre leur essor d6flnitif, asile sacr6, dernier r efuge, oti s'dpanouira dans une suprOme et radieusp floraison, e qui reste de notre culture Haltiano-Latine avant qu'uni- domination Neo-Saxonne Ilait a jamais Mouff e sous ses pines et ses ronces.
Janvier 1917.
XXX.




REVUE DELA WGUE
SOUVENIRS D'AUTREFOIS
FRMLUC FEBVRE
-0
Notre illustre ami Fr6d6rie Febvremort octogdnaire r6cemment, s'6tait accord le titre d'Haitien Honoraire. 11 aimait sinc recent notre pays et y comptait de nornbreux amis. Febvre 6tait, en effet, notre compatrioto honoraire et moritait le titre qu'il avait bien voulu s'attribue en souvenir du vif accueil qulil y trouva lors de sa memorable visited avec Madame Febvro, et de son excursion A la Guinaud6e ofj naquit le G6n6ral Davy Dumas, l'anc6tre des deux Dumas.
Parmi-ses amis haYtiens, plusieurs ont eu le plaisir de jouir de son aimable hospitality A Paris, rue Saint Fiacre, et A o Champs surMarneo dans sa charmante ((Villa Fritz,) ainsi nommde on souvenir du r6le qu'il avait marqu de son empreinte d'artiste dans I'Ami Fritz.
J'ai on ]a faveur de la bienveillante hospitaliW do Febvre i Champs)), en companies de mes deux amis C. Fouchard et Eug6ne Poulle. Fai toujours en m6moire les deux bones journ6es passes A ]a (( Villa Fritz )) ofi mon tr s regretted ami nous requt en bon prince, pendant que Madame Febvre nous accordait le t6moimoignage de sa bienvoillante solicitude.
Dans sa derneure de ]a rue Saint Fiacre, je fus convi6 A un un diner oii Fouchard et Poulle dtaient aussi du nombre des convives. Parmi les autres personnel dol marque invites b. ce diner j'y rencontrai le comto de Burnay, le grand banquier de Lisbonne, I'ami du roi de Portugal, Carlos let, et a qui ce souverain conc6d& le monopole du Tabac dans son royaume, ce qut causa sa chAte : il fut assassin en 1908. Les autres convives 6taient M. de SaintMarceaux, member de I'Acad6mie des Beaux-Arts, Fauteur du tornbeau de Dumas fils et de sa statue a la (( Placce des Trois Dumas, OL Paris, le c6l6bre Dr Victor Chauffd, 11inventeur du (( Vin des Iles I tonique LL la mode ; Monsieur de Saint Arromand, auteur dramatique.




DE. LA JEUNESSRE HAITJENNE IT
Au diner de Febvre, i1ous I'honneur do r6pondre au toast A Haiti et 4 son ami Alexandre Bobo Jont it fut 11h6te A Port-au-Prince. Je. conclus ma r6ponse a Febvre en deux mots, bien que I'ami Poulle craignalt que je no f uqse (( deviant jour : (( Mon cher compatriot, notre attachment 5 la France tient A notre origin : elle est de vielle date; mais depuis que nous avons eu l,'honneur de votre vi-' site en Haiti avee Madame Febvre, les liens sont devenus plu, solides. ) Mon ami Poulle dut, aprOs cela, me remercier d'avoi r6-' pondu au toast de Febvre, sans 6tre (( deviant jour ) scion la couturne du, terror, qtt'il faut toujoursftiter 4 Paris, .
Febvre cut une brilliant carri6re au th6C-Atre. 11 avait d6butd au. HAvre, dont le th6kre dtait dirigd par M. Juelier. Le fils dR ce directeur de th6Atro etait alors mon coridisciple au Lyc6e du HAvre; it fut plus tard 616ve de FEcole Polytechnique, d1ofi it sortit offleier d'artillerie.
Feus le plaisir d'entendre Fobvre au WAtre du HAvre d6s son debut. 11 retourna A Park, oil it appartint successivement A I'Ambigu, A la Gaitd, au thdAtre de la Porto Saint Martin. 11 fut engage A I'Oddon en 1857, ou it cr6a surtout to r6le du jeune Gandin C61estin, dans le (( Testament de Cdsar Girodot. Le cachet que Febvre sut.donner au type du gandin cont Nbua au grand succ6s de cette pike, laquelle passa ensuite'au Th&Atre Frangals. Engag6 au Th6tre du Vaudeville, Febvre y joua le r6le do Didier dans ((La Famille Benolton )) en 1865. It me semble le revoir en sc6ne dans ce r6le qu'il encadra de sa verve de grand artiste.
Admis A la Com6die Fran aise en 1866, comme pensionnaire, Febvre 6tait regu Soci6taire huit mois apr6s. 11 se retire du th6Atre pendant qu1il 6tait vice-doyen de la Com6die Frangaise, et que Got ea dtait le Doyen.
Frddd6ric Fobvre a laiss6 dans tous ses r6les au thdAtre Ilempreinte de la marque de son grand talent de diction, et attitude propre au r6lo qu'il jouait ; notarnment : Don Salluste, dans Ruy Blas, et le notaire, daDS IOS Corbeaux d'Henry Becque. Fai eu le plaisir do le voir ot do 1'entendre dans ses principaux r6les: dans Mereadel. I'Ami-Fritz, le Fils Naturel, 11AventurMre, le Demi-Monde, les Corbeaux etc.
11 a crO6 dans cette derni6re pi6ce to r6le du notaire ; et j'ai encore impression ineffaqable du tabellion point par Henry Becque, at que, Febvre repr6sentait sup la sc6ne dans toute la duplicity du personage.




REVUR UZ LA Licu'L
A Part son grand talent d'artiste dramaiiquef F'6hv e dtalt uU contour ittipeccable. Ses amis ont conserved un agr6able souvenir de sa diction et de ses gestes.
il bt W d6cor& de la Croix de la Ugion d'Honneur.
Outre un Album de la Comedie Franpaise d6did A son arni le Prince de Galles en 1880, Febvre a publi6 les Souvenirs d'un Comie. dien, quIll ma fit Phonneur de mladresser avec son t6moignage de bonne arnitl6.
J. R. CHENET.




COMM BE LA LIGUE BE LA JEUNESSE HAITIENNE
POUR L'ANNR E 19,17
GKOMGAS N. LEGE,1Z ............ 1'1'4 8idCllt
PAUL BARJON .................. ViCf-pl-4 Ride7tt
Ficnimiuc DUVI(iNAUD ....... secretaire ov( ne ral
l.ifos LA LEA U. Seeraore de la liedaction de la Revue
Fviax MASSAO ... .............. Bibliot&*oaire
l'urjwiv LAPONTANT ......... T, esorier
111cm il SAIIW )ult ..............
HI'llEART .............
11. Eut, iw IKSPINASSE .......
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DEuxiL-NIE ANNtE Nu ml RO 14 20 MARS 1917
*I REVUE
DE
LA LIGUE.
D E LA
J E U NL'-'"" S S E
HAI'TIE NNE
PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS
ADMINISTRATION ItgDACTION
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PORT-AU-PRINCE
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Pour routes communications, s'adresser au Bureau da ComW,
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S; (3 MA/JEAL-!1E:k1E;
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Bulletin de la ligue dt, li jeuno.;sc haYlionno
Le j6le deq-nouvelle.-; Charnh-e- Gv1DR(;1-.S N. lA (;v11 5 0
Oe ]a Cr action do 1 t LOgi-flation
du Travail on HaTti P1FRRv Et,,(,. D1-? 1,1;-PINA- Sl: 7 IV. Du StatuWgal de la nouve.le AsN. Histoire diplornatiqwd'llafti (Sitile) ABI'l, N 70
VI. po sies Apaisement 1- HENky DuRAND 77
Lo-firp (i u1se dam blanche xxx 78
V1 1. Ce qu'il raut. fairp BIC11\RD SALNAvr 7.)
Vill. Armand Thobv (Sude) Fftix MA-SAC 82
JX. Chroni(pie flijanci6ie C I I I S 89
X. Let; Livre- : La 1?4 publiqw! d Haiti
sa 1,aillitp, sa Redwiptioii LA (,RiriQ'j,: 97
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Pour les announce, s'adt-pvser an lbirrait dii CowW, 2.), i ue dit Centre ou d I'Imprimerie de /'A b(,il,'!, 4, otp dit Poa Per.




REVUE
Q ]ED IE: _L3 IE:
DE [ A
JEUNESSE -HAITIENNE,
N'01, IT M K 11.1%11") ItH 14.
BULLETIN DE LALIGUE,
B DE IA JEUNESSE HAIT.1ENNE.
-Les travaux.de la Ligue se pour zuiventactivement. L'int6-ressan.t rapport sur le project de. Constitution 61abor6 par lo, Conseil d'Etat est p esquq w, ,ev6; il sora MiS ell diSCLISSionA la premi re stance de I'Associati,)n.et sern li\T6 aLl pUbli(' a.v. e c la- I ivraison d'Avril de. ]a Revue.
La* Ligue continue la s6rie de ses conff',rence. ; ;t;w la z( Fem nie HaYtienne. )) Successivement NIXI.'Emm(nnuel Eth6art ct' Dant&.s Bellegarde'se so t fait 6niendre, of leursucc( 1.1 M(7 des plus viL I _..'b
L'imporlance des conseils donn6s all cours (1( ces caLi:- -' ries n'a pas 6chapp6 A Fauditoire, plus nornbreux chn.que fois, et compose en grande parties do dames et do jeLltleS-111 les. Dans les prochaines conf fences, qui contiondront potiv airi,4 dire les conclusions qui so d6gagent de totite la s6ric. il sera trait des devoirs qui. incumbent it. la Fem.mo:1IIaRie.l,) lie en presence de ta, situation, r66e.,A lla' iatiQn par.1' In I ter.%,e.tl-ti6n a 6'.
rn ricaine.




)0 RFVt'E DE LA LIGUE
LE ROLE DKIS NOUVELLES CHATNIBRES
Les Mecti(.ns, que le pays avait attendees avee impatience, ont (,it lieu d,91)S le Plus gi-and ordre. Le Corps Ugislatif, ar' bitrairement dissous au mots d'Avril dernier, est Sur le point Wkre reconslitO, et une tAche Wunf, importance consideraest. r svrv6e aux WpW-3 et aux Sftaleurs. 11 West pas un HaNen qtji ne sente plus ou inoins confus6ment que de la partic quil va C j,)UCI' darts qU('IqUe-5 semaines dependent les de,4,inoes de In Re.publique d1la'ifi- 11 imported done, avant la ri'-union des 11OLINTRUN, Repr sentants dU PCLIple, d'essayer de voir clairdanq la situation et de se demander quel sera ('N.ICICnient le r6le que devra jouer le'Pouvoir L6-islatif.
A lire c-orfains 11.ticl,?s de journanx (glicieux publi6s il y a quelque temps (11J6, il semble que dans la pens6e du Gouvernement la mission des nouvellis Chambres d6t kre pu rern(,nt, ou en toutcas principalement, administrative. Dans cesjout-nau-, I., tli se a Me soutenue que les (Jaits accomplis ), pendant !'ann( e e'COU!6e 6chappaiont n6cessairement A I'vxamen, et partant A la. sanction, des U-iiiateuis de 1917. on leur con&de pour toot droit celui de statue sur les ,-neqtl(,. I*(,,, vouill-a 1,)iet) leur sourneltre, notarnment sur Ie project de Constitution Maboi-6 par le ( Conseil d'Etat ),, et Iwi-wint 1,'I ours pouvoirs, on en arrive A cette consequence pfiw)t stirlprenanit, (Itfil dometiverait d6fendu aux D(IPut6s et f;tix S6[).,teurs de s'occuper de la politique g(Wrale du GouQtwlques br(' ves consist rations permettront cl'kre flx6 stir
8 valeur. de cette IMse.
Tow 4fibo-M que I'on rip p(-rde pas de vue que nous somme! tin pHy8 A regime ( Aowcratique et 6 suffrage universal.




DE LA JEUNESS E HAITIENNE
Si ces institutions ont Lin sens, olloc; impliqu( nt, tvidernment A une minute donn6econtr6lo et sanction des actes du Gouvernement pai- les Repr6sentants do la N ition. Sans doute le D6cret du 5 Avril a fauss inofnentat0trient le jeu do ces institute ions, celui du 22 Soptornbre e-) a I-II'Air6 certaines modalit6s, mais ni l'un ni Faiare n'ont pa 1))rter atteinte aii principle et substitute I'autooratie .1 iil Si M6 nVon Y reoarde d'un pp,,u plus pr s, non seulenient ['on reco,]naltra que le principle rosto deb )ut. tn--fli I'oi c )nitat !ra (pi IP ann6e politique a 6to rempli pir la lutte de ics hon mes centre ae pi-incipe, l'on verra qu'ik ont L)ut fait pour le d6figurer, I'an6aiitir, et qu'en d6rinitivc ils wit 6t,' vaincui p4r la force morale qui so d6zg'age' do cos inititutioa-3 (Itio, dans leur superb, ils prkend iient ni ttr, 4 a I ant- G ir 1, m6canisme parlomentaire toutc la m whirie s'cn eit
ressenti(,, et la vie piiL)li(1(1(. en Flafti a 6t6 comme Su p iidue d'Avril 4916 jusqu'A I'lieureaCtLielle. D'oO cc malaise n6ral, cc m6contentoinent croisiant, et rn 11-1. la paix Imblique assure. cette longue et pt nible icnpuis-;;mc,, a apporter lamoindream6liol-ation moraleOU ffl;11,611CIII A la S i t LI I t i 0.1 (1 U Pays. En fln de compete, I'Ex cutif a ou beau so dmpaer, il n'a pu que reculev I'6elleance. Toujours l'on gardait 11111pression trt s nette quo la Nation (i altendait au "Llichet. )) Et il a fallu quand m6me en arrived, t la consultation nmionale, pi-6Jude du contrOle et de la sanction parlementaires.
D'autre part que l'on veUille bi-n con-iidor.-r quo tout cc qui s'est fait en HaRi, au point de vulid( p fliti jue int, rienril depuis Juillet 1915, a W a cornpli sani la 1) irticip ition d:I People Haftien. Les Clian-ibres ont t6 OC(,Llp"- i PI'e ,qLU', CX' clusiveient par la discussion ot Io vite d. h Coriventio.-i HaYtiano-Am6ricaine; la session. prit in apr6s.
C'dtait d6nc bien au mois d'Avril -1916 que l'on esp6rait voir
-ir les d6bats -ur lesactes (Youvernementaux ayant trait A I'admini traction interne du pays. L'Opinion Flublique attendait f6brilemeDt ces d6bats,, &sireuso qu'ell(I Mait do voir le grand jour se faire auteur do. minutes questions ,pineuses ot I'honneurm me duGouvernementse trouvaiten jeu, d6sircuse aussi Vtre renseigno-e sur la direction quo I'Ex6cutif entendait donner a la politique haltienno Mmis sous le pr6tcXte pu6ril de (, conspiration pavlementaive A cc taux tOuLe




52 RFVUE DE LA TAGUE
jiltel-I)C11,1tion d(,\,i a (,trv qualiri6c de (( conspiration VEX6cutif so jebi hardiment dans l'ilWrIilit6 et par le d6cret du 5 Avril parvint i sed ,tober A totit contr6le de la jmrt des Chambrp--. et par cons( quent de la prt du Pays. Voici cependant que le Ctirp- 1,6nrislatit' rennit : il renaiL avec tonics les pr6rogntives Imur loquelles il a si vaillamment combattu au printemps dernier 01- Fun Jo ses (h oits les plus claims est le le, dn)it (Yinterpellation, c'est-h-dire le droit do demander compete de toij- lours actes lux hornmes au Pouvoir, et, Solon clue les explicni ions donn6es sontzsalisf iisantescu nonde ]ell[.
;wcorder ou de leor reruser, in noin de. la Nation, Lin vote de
conflance.
11 o t dwic ( evidentt que les Chambres aurcinL uri r6le polite. que comzl -a 1) 1 o -a jouer. Avant toute il leor appartiench-a Wapprmivei oil de hh'tiner la condiiite (ILI G )IM'21.110ment, et cola eii consid6rant not) settlement lo pr .;wffi mais en remontarit ju- qu',I la-Inillute pn cist oo le contr6le par le mentuir-, kisi- de notre syst6me dP -01-1vernernent, a CeSS6, c'est-it dire ,I Dt cctnbre 1915, date o6 [a Convention vot6e, la deuxi mo ses ion de la 281110 Ugislature a pris in.
Une autre consideration renf,,)rce cette et fait, de la ,zanction lidiii(It e des Cliambres non plus une faculty et un droil, mais title necessity et im devoir. Lf-, Gouvernement, faiisnut wil'to d(,!.z L-i ot d I;i Constitution, a proC6,16 pendant des mois par une s6ric, de coups dEtat. Do son propre -t-6 i I est sorti du ra(Ire constitutionnol et s'est lanci dan ; une suite cl' iveiitm-e (Iiii fi-ise le rkrime r6volutionnaire On ne voit (Ytj -re, on vflet, au point de vue dii Droit, quelle peut ire ]a diMi-ence qtii Ie d6cret do 5 Avril do celui du Comit6
Ii6volutionnaire. on date du AoCit 1915. dk-zolvant les mi ,mes Cliainlbre Or lo.,; coupi (fEtat nf, -o consominent qu'avec I'appui do la Force, et tie ,;e justirlont, si lant est qu'ils se pui-,nt j sLiHer, que ptir I'n ,,ontirneqt, (1, la masse. En Avril lo Gotiverneinent, au bout d'iin tnoi.; da d6marches qui. n'ont I a-,; preci-Onient rehaLlSSt% Son lit PM-Villf A obtenir l'oppio ile In Force Etrang6ro., Pt, porp6tunnt son Coup d'Etnt, d inim A Pwt-au-Prince vo speCtaCle (11-Caticun Halitien Woublicra : la d:spersion, a la pointe des balionnette;,. des




DE LA JEUNESSE HAITIENNE 53
Sl6nateurs de la R6pu bl i(I uc. Mais i I I Ll i I'eStC l j usti tier cc coup de Force, et il no le Pout qU*('11 I'abiolue no.
cessit6 decot acte arbitraire et oil le fitisant ratitior p ir 1A grande majority des citoyen-i, ratificiiti m (pii, en l'ocCurollce. devra se manife-ter par mi vote do conri mce. apr s des nouvelles Chimbres. $Out U11 P16hiSCitO ALV%lit P'l ( IY tenir lieu mais to plebiscite Wost pll,- d mi noi mrP, iri Di reste le Gouvernement, lui-m6me sont bien I'ohli,-',ttion imp6rieuse o il se troupe de recherchor un vote simon d,, confiance, maisau moins d'abSOILILion, et C'eSt Zlinsi qU'il a. 6'0 amen6 A glisset- insidieusement, parmi les clerniers alhl6a.Q; de son projeLdeConstitution, la toute petite phrase suivanto : (( Demeurent approuv6z3 les Veret- et actes rendUS par to Pouvoir Ex6cutifjw qu'A la prornnlg ition do la pr6sente 6,)nstRution. ),
11 a 6-alemeni, d;ms une Lamp igne de presic nion6e, it c-;t vraj, assez tinjidoment, es-3ay6 de r6p mdre cotto id, (, (lil'il convenait do lui accorI(.n- tin ( bill (fia-] n:lit,-, )) p )ur t,)ui les faits passes. Cost done (Iti'il comproriA parraitmiont (Itfil )ui faudra s'expliquov deva:it les Reprioitivits tin Ptys, Et Yon saisit d('I s lors la pu( rilit6 do la ni-inix"Ilvre telld'.Int, A le soustraire quan(l rn -m., d I'a tiou dei Gii iml),-u-s, acti, n qui sans djute pout lui ( ,tre favorable on (.l, f',tvor;iblc. (nois qui est indispensable et in6vilable.
Allons plis loin. Con ;id6r-)ns los cli,), s tin p Li Crti nc!nt, dans leur r6aljt6. A :;i tko du p-ty-3 so trwiv, nt quelques IIOM MC !. qLli I'adn) in I'011L. AU it,, forri-i'livilt un Gouverne -rient constitu,- iliCwo n 111- selon le:.i [,()i-4 dt! ]a 1116publiqUe. Volontairement ils ow rompi, 1(,.-i -;
constitutionnelles qui les liaiefa "t lit -Nition, on pl,11()t (pli Iiiiienta. eux la Nation. Ils o:it &--ven is uti p),Livoir (I., iiij, agissant noti plus selon le-; voies tra,--,' os p.tr no-i disi) )sitio i ortraniques, rnak- clori leur volont6 propre, et sans lien avee la P6ptlbliquo THafti que le Won (prils p mrraioilt lui fairest la rceomiaLj- aiicc qu'(Alte on pourrait -itrler. Ea




REVUE DE LA LIGUB
face d'eux se dressent actuellement les Repr6sentants du Couple, c'est-i -dire I(A Nation elle-rn me. Eh bien, au. point de vile juridique conjineau point do vue inat6riel, il est impossible qu'avant Waller plus loin, ces h-mimes ne cherch.ent pas d'abord.A 1-6-ulariser lour situation, onsuite Wessaient pas de savoirs'ils ont encore la conflance du 'Pays, et ne se assent Pour ainsi dire renouveler le mandate qu'on leur avait donn6 MaiS qLlilS 011t d6truit en on d6pa,;sant consid6rablement les lermes. 11 faut remdrquer quo les nouvelles Chambres sont particuli6rement aptes A ce r6le un peu special qui leu 11 est d6volu ; car les H ilftions, d'une fiiqon g6n6rale, ont W a l'urne on parfait conrlai ;sance de cause, comprenant bien qu'JiI s'agissait en somme, et avant tout, de blAmer ou d'approuve r les actes.pass s du Gouvernemen t ; d'un autre cW. sauf quelques exceptions, les 6lec'ions, grace au coritr6le de la Gendarmetie, out oil lieudans des conditions asiez satisf aisdntes et permettent aux Wput6s, of partant aux SInateurs,' de so consid6re7 cornme les ripIs Repr6sentants de la Nation flaftienne. A ce titre,, ils sont souverains, et Fort ne s'expli. que pas par suite do quelled exng -rntion monstrueuse de la conception de son pouvoir, I'Ex6cutif songerait .1 limiter I'action des mandataires do la R6publique d'Haiii ou A imposer, dc SI SeLlle volont6, tel ou tel ordre A leurs travaiix. Le mandaL qu'ils ont re(;u du Peuple est MILItant plus large qu'ils ont aussi mission, s'ils le jugout d propose, de remanier de towl on comble la Civirte Constitutionnolle, et de voter les rr),esures rendues n6cessaires par les ch-constances nouvelles oil sc troupe la 136publique.
VoilA done, des Chambr2s qui out le pouvoir de pot-ter la main sur les institutions du Pass6, des Chambres qui driven'. a-zumev la responsibility do piser les assists sur lesquelles S ediflera I'Avenir du Pays. ot elles ri'aurnient. pas le droit d'examiner Ics actes de quelclues individuals! Emanation do la Volont6 Nationale, elles devraient s'incliner deviant la vo. IoW6 de cinq ou six t.-itoyens! Cola West-i! pas pour faire '30 u v re




DE LA JEUMESSP HAITIENNE
Cependant it est fortement bruit Wun chan'gement de Minist6re avant la reunion des Chambre,;. Li Gouvernemplit, conscient de 1'6chee subi aux elections, et (16sireux do faciliter le vote 6ventuel de quelques projects flaanciers im.,)oi,taots dont tout le monde p--irle sans en rien connaltro. so sorait d6cid,(,'p,-%rait-il, A j,-ter du lest. Des It )rnmes nouveaux, Way tnt pas pri.-4 part aiix derniers &6nz-rnent-.3 politique, ', Solraient appeals A rom0lacer les Ministres us6.i, et, s c pr spn tant les mains pures et la conscience Hise deviant let llept,6sentant,3 du Peuple, if n'y aurait plus lieu pout- ceiix-ci Wouvi-ir aucun d6bat stir la p-Aitique paq-zOo ni de lour demindercomptedes actes dont its soat ianocmts. Voyon!i cc q1i'iI convien t de penser e pareille thAoric.
rout d'abord, Wo6blions pas que certaines des questions irritants qu'il impo*.-te d'6claircir depassent sin-uli6rernent les habitues d6b its parlementah-c' et (Iu*iI s*y troupe enfr:J. gd plus quo do simples responsabilit6s minist6rialles. Des accusations tr6s gives ont Me port6es publiquement au su. jet du maniement dos foods de Mutt. L'aff-dre Rigal, entre autres, est pr6sente dans totite-i les m6inoires. fe G) ivern 1ment ne r6pondit A cc s accusations qu'cn faisant emprisorint r leur auteur, et le Pays, out Fimpression. JustiVe ou nhn, qiic la vraie raison de la dissolution des Civitniwes rut ie dt sir tit-, la part de I'Ex6cutif do so soustrair_- -7*t toute explication suice sujet. Cela constitute un fait grave, et it iinp,)t-te qti In, Government, to Gouvernenient tout enter, se lave deviant le Pays de ces soup(:ous pr6cis, et h6las pat- trop wak,emblables. Tant qu'il ne I'aurit pas fait, it set-it mal plac6 p,)-ir demander le vote d'aucun project financier, et surtout d'un projet aussi considerable que celui dwit oti parle. C ie -,'it e.-3t vrai, conime I'a derit fort ju,;ternent I'actu -1 Ministre 4 -3 Vinances A que la temme de Cls.ir ne doit p-i ; tre soiipc )nD6 ,, cela est eticore plus vrai de 01,sai- lui-rn6tne.
D'autre part, en supposant (Itio les Cli,.trnbres
A passer Nponge sans d6bat sui- les violation-; d Ij (, mitil'i tion et sur le regime de coups d'Et,it qui en fut ]a eouis6quence, et cela parce qile les nouveaux Xlinistr, ,. w- piuvraiocit pas tre tenus pout' 1'eSpOlIS:ibles de ces ( faits accoalplis il Wen demure pas nioins cortilin qu'il faut abiolument, pour qu'il -y ail trail ulite, qu'il y ait a_-cord pat-fait Ot liat-




00 REVUE DE LA LIG[JE
monie complete entre les Pouvoirs Ex6putif et Uryislatif. CO! nqoit Un tm6 collaboration fructue.use entre gens divis'6s plird'ilicessantcs inqtjlkud !s, de sources rancunes, de S* Orefs d6sirs do vengeance ? Or l'on ne peut se catcher que le (Yc'.medelout ce. malaise exist dans la-situation actuelle. Se le, tine explication franche, decisive, et qui pout pirfaito: went demeurer cordia'e, entre le. nouveau Mi.nist6re. ve.nluel ot le PaHement pourra dissiper ces nua ges. L'accor(f *6t*bl i,-iout marrhera a sonli'dt, les an-les s'arllondiront, les c*'),'.ipaiseront, et l'on aura pour la premiere fois depuis A v ril 1916 c"ette choso ind isper.sable : des Gouyernant*: qu'i coilnborent avec hA Nation au 'lieu de la combattre. Cot a(.,,,corl permettra le vote en toute tranquillM des grand,es mesures 16-islatives dont &pend to sort des citoyons hahiens.
11 106 v6it que tout le monde, aussi bien Gouverneme.q.t quo Wput6s et'Senateurs, tOUS, CeLIN (JUil veulent le Yetour ...de In paix morMe dari' la 116publiq*ue, tous ceux quJ d6sirent que l'on Wait plus de part et d'autre, Miutre pr6oi-cupattog que I'am6lioration du sort mat6riel du Pays, t6us ceux Id.ont int(rk ,'I Ce CIL]o' s ouvre dans lbs eGnditi(ins. sus-indiqu6es la 21) 16--islatu re.
En r6suir l'on peut dire que 1'es' nouvelles Charribres 611"t pbur-precnier devoir Waccomplir leur r6lo politique, do dorlnor, au nom (.I*e la Nation, une sanction aux actes du -Gouvernernent actual, et d'6iaWir accord et-cornmun'auI6 de s:en: timents, qui :eul, perniottront d'accomplir cxuvre utile, 6 ntre. les doLIX POUVOil'S. Proc6der autreniebt, ce strait risquer de rendr. impopuhtii-e ct instable' toute rnodifica"tion apport6e A' In Constitution, co strait risquer do voij- intervene. sans cesSe, dans les plus graves d6bats, les questions-de personnO, ce sernit rlsqtiell do rendre sterile Line session qui dbit etre fruclueuse, co Serlit eiffln perp6tupr I'etat de milai, ,- et da f)IiIat.ioii dkns sequel h N itioti ftouffe depuis des mois. 'Ni I es Ciminbres, iio-i-z en solnines sCLrs, ni le Gouvernement, -nous", voul(ins le croire, rie consenLiront h so lancer dans. pai iilfe' aVenture.
GEOHGEs N. LEGER,
I ',11 4 tf te 1(, P / t, w i I
d,- .1 t a u Vr ii i c- e:




UE LA JEUNESS.E HAV'JUNNE 57
DE LA CREATION
DE IA
LEGISLA710N DU,-rRAVAIL EN HAITLA Haitt-e EmMANUEL ETII 'AlllHommage respeettleux d'un jeu ne
corifrC!re.
P. E. L.
Une des principles manifestations de ((I'Ere Nouvelle,) Sella, certainement la er6ation de la grande industries en HaTti.. tife'. peut ne.pas se produire A notre profit, mais elle ne sera pas moins une des transformations socials de ce pays. Sans doule des millers de bras, victims innocents jadis d'une politique sans grandeur, trouveront un regain de vita_ J16 dans les usineset le--- ateliers. Pour pouvoir tenir et ga. gner honn6tement sa vie, il faudra d la classes laboricu'se IA protection de FEtat et celle du Ugislateur, car la lutta, pour existence plus apre qu'autrefois, sera souv3nt p6nible! et d6courageante.
Vorganisation industrielle moderne introduite chez. nous va cr6er des 6tats de raits nouveaux et des situations juridiques nouvelles que nos lois n'auront point pr6vus.
D6jd,. le phenom ne 6conomique se prodidt et l1nidustrie, civilisatrice q'est peut-6tre pas bien loin.- Nous..avons ayant., pkis corps parmi nous, la Haytian-American Sugar Compal. ny ) et l'un.des deniers Num6ros du Aloniteur Ogicief annon*:,aitau public lacr6ation d'une soci6t6 anon me dans le butj d'exploiter certaines r6-i3ns p6trolif6res de la 116publique.
La reaction ouvri6re ne tardpra pas A se taire senior -, 1'isolementet la faiblesse de I'artisan, deux causes certaines de. mjort, forefront les salaries h s'unir pour resister efficacement i., l'imp6rialisme probable des patrons et faire accepter. leurs ravendications. La coalition ou plut6t l'organisation des proldtaires strait en pleine preparation pui:6que, S'il faut!40n..




REVUE DE LA LIGUi
eroire le Nouvellivie du 27 F6vrier 6colil(', Monsieur Georges H. Acob aurait. crUl A Port au-Prince une association ouvri* ,re sous forme de mut'jalit6. Qoe cefte tentative Waboutisse pas, l'union e ntiele.s travaillours ne se fora pas moins plus tat-J. Elie prendra a0ors los allures menacarites du syndicate qui est une des qrtnes redoutables du sal,;116.
Les deux advarsairc.,z, cherid'entreprines ot ouvricrs voM bient6t se trou0eren on H-ifti. 11 hudrit u ind m
ine rnaintenir Nquilibie entre ces 6tornels antagonists, d'autant plus que le capitalist sera stranger et le travailleur haltien : d'o(i lit nkessA6 de lois opportune pour pr6venir et e6mbattre des contlits d'int&, ts inconwis jusqu'ici .1ilors nos l6gislateurs, s'inspirant des principles r6gissant en lit mali rc les pays plus avanec's quo le n6tre, auront A joter au hazard des ci rconstaw-es les premieres bases de la LAgislation Industrielle. Et pour parler d'une ra(,on IJILN Pt'( CiSe, il leUr faudra organiser le rounge complete et &licat d6-la b!gislation du Travail et de la t) r vovance s6c'iale.
Le probl me P(). e, une preiniuro queiLion qui ne manque pas d'importance so pr('seate 't attention de tous. A quelle source information, me dircz-vous, I'Etat et nos 16-islateurs devront-ilspuiser Your 1'6-laboralion des lois et d6orets coneetnant cette irnporlante tymti ,ro ? La. r6ponse West guiwe douteuse'il me sernble. C'est A lit France, (ILI'it noui fitalra oncore avoir recours car ce sont se-; institution-i que nous avonq toujours calqu6es ot ce sont se 3 piincipe Juridiquei qui seul peu vent s'ada pter, le plus facilem -ntA notre Mat sociAl, A notre education latino rocue par tradition et A notre situati-on ethnologique. Tous les peuples Wont pas les m6mes tendances'et la m6rne coiic, -)tion do vie; do. 1A la divergence, profound des mceurS et des 16-islation-3. Press6s de pr s pout 6tre pai, les 6v6n6ruews, nmis no pourrons gij6re improviser ce qui -ne s'improvise paA. c"est-i't-dire lit confection des lois. Ncsdirigeants aurow la d6licitte mission W6tudier lit blgi-t;lation Industrielle de lit France avant de. pouvoir doter la, 110publique d'une b1gislation du Travail autonomy no ressdmblant en.rien &.celle des Etats-Uni6.




DE LA JEUNESSE HAITIENNE
Voyons maintenance dans les grades lines I'histoire de-la science social en France. Bien q ue la protection du Tra vail ait-une origin fort lointaine, la 1,6gislation IndustrieVe Wit pas de passd De creation moderne, el le ne remote qu'A la second moiti6 du XlXe si&le et ce West que vers I874,ju'0le commence A croltre et 'grandir pour devenir A I'heure actuelle une des bi-an(Iies les plus importance du d oit fvan;.ais. Sa caract6ristique est sa formation pour ainsi dive si. multande chez routes les grandes puissances sous 1'empire du dOveloppement do la grande industries. Son but est do maintenir I'harmonie entre les tendances countries des pa. trons et des salaries. Les uns Waspirent qu'A ru-'gner par l'or tandis que les autres no r6vent que de soulager lour misAre. Son nom change parfois; on I'appelle indiVreffiment U-islation Industrielle ou U-islation Ouvri( ,re et plus sp6piale.nient la parties qui nous intOresse porte la rubrique de L- ,gislation du 'rravail et de la Pr6voyance social.
L'histoire du Travail, en France, est intimement li6e 'a I'histoire des Corporations. Celles-ci d l'origine poursuivaient tin but philanthropique et religieux et constituent en plein Nloyen-Age un puissant moyon de protection pour le d6ve. loppement de l'Industrie et, des Arts. Mais, les corps de m6tiers tiles au d6but pour la, conservation de lIndustrie, devinrent bien vite avec le temps un instrument de routine pour la production et une constraint au servage faite au profit des maitres et au dki-iment des apprentis et des ouvriers. Loin d'6tre supprim6s, ils furent au contraire converts de la protection royale et prosp6r6rent A Vombre du tr6ne,
La monarchie vendait des privih ges aux corpo-rations et. voynit en elle-s une source certain do revenues. Le regime corporate s'affirma donc au XVlc et au XVIV si6cle par le*S 6dits de,1581 et de 1597. Enfln Colbert on 1673, afln do fou:-nifdcs funds A Louis XIV qui guerrovait on Hollande. ordonill la creation des corps de m6tiers dans routes les grandes villes do France.
La measure fut d6sastrouse. Lon-temps apr6s, sous Louix XVI, l'opinion semblait pr6to d accepter la suppression des corps de mdtiers. Aussi Turgot appeld au, minist6re,tenta, la




130 REVUE DE LA LIGUE
r6forme par le c6l6bro 6dit de F6vrier 1776 qui supprimait les maitrises existantes sani -indemnit6. L'6motion fut profonde A travers le royatime et (( il semblait, 6crivait Foignet (1) qu'oh no pouvait toucher aii pvivil ge'd'uno caste, 8i modest qu'elle fut, sans 6branler 1*6diflee tout enlier' do I'nocien r6gime.
La cable triomplia do Turgot qui rpt renvoyS, et les corporations so reform, ren teot-nme p-ir le passtl (2) Les Jours de 1,1 Monarchie 6taietit compt6s et rien no pouvait arr6ler ja march des6v6nements. Lt Constitunnto dans son d6cret du 2-17 Mats,1791 en proel.imant la liberty do travail,(art. 7) abc) lis-i'ait pour toujo'urs une des cri-andes injustices socials do I'ancienne France. Trouvant la measure insuffi-tinte, elle i.e. vint gur cet important probl6me, trois mois aph ls, dans son d6cret du 1-1, -17 Juin qui, tout en confirmant I'ind6pendanco de I'ouvrier et la liberty du travail (S di( tait des points s6vk res centre ceux qui tenteraicut d'un fit( ,-on indireeto (to re*-venir au sysi6me corporatir. Le. d6cret de Juin porto le rimn (feson rapporteur Le Chapelier.
oeuvre de la R6volution conternant la classes ouvri ro d peino dbiuch6e fut interrouipue par les cii-constances. Cepen-* dant, par Ia force ties eljose: lo paLron 6tait deveau N-al de,, l'ouvrier 'de par la volonL6 de la loi. En falt, -il Wen etait; rjetT, puisque le contract do lounge de services on prineip6 nallagmatique se metamorphose on contract d'adh6sion. L'Ou" viier. isoI6, inaceoutum6 d 1'effort individual, permit tout' prestige deviant le clief d'entreprises omnipotent. Alors 're2 con mence- pour le prol6t,-,tivo un nouveau. servage V'11 r4ricontrer sur sa route Fhostilit6 do PEW qui prend fitit et cause pour les patrons. L!3 Consulat, inspit-6 par le despotisnl de Bonap-arte. on haine des salaries prom ulga lit loi d i
Germinal an' NI (12 Avvil 1803) celle ci encouraged les a associations patronitles C-pitvgn6es par le d6cret du 2-17 Mars,
(i),lKanuel El nientaire de L( gishtvjrj Industrielle par 116116 Foignet et Emille Dupont, page 20




DE LA JEUNESSE HATTWNNF
-17PI et d6cr6ta en outre ]a creation du livret ouveier. La cla-,scou'vrkwo trai.na apr .,- elle ce bouletius4u'en 1890.
Toujours poursuivant de ses rigueurs la masse des travail-. leurs ',- le Code civil de ISO'- ne leur rut gu re favorable. Uai-L 178t concernant le loua-e de services disait express6ment:,,
Le maitre. est cru sur son afflPfflation
Pou'r la'qUOtit6 des gages
:((.Ilour le payment de I'ann6e 6chue
Et pour les acomptes donn6s pour I'ann6e courant.
La procedure 6dict6e par I'article t781 surv6cut pendtan Icingtomps et ce n'e.stqu'en 1868cluedisparut cettemonstruo-, sit6 joiridique.
Le code p6nal de '1810, accentuant la attendance du 16-islatetir do P poqiie vint surench6rir- 11 voulut ernp cher-le sabiH6 de se d fendre et ipterdit la roafilioii dans ses articles 4,14,' 4l .),'4i6 Ces sanctions ri-oureuses abro-eaient les p6nalit6s, revues par lo d6ci ot du 14/17 Juin 1791 tout en supprimant on IjArtie la loi du 22 Germinal an Xf.
La Restauration,-ne s'occupa pas de ]a question ouvri6re. ,t cc-n'est que sous la t-nonarchie de Juillet que I'Etat intervint effleacement, dans le conflict entre les salari6,, et les patrons. La. loi du 22 Ma rs 1811. vint interdire 1'emploi des enfants de" moi.ns do 8 ins dans les us.ines et les ateliers. Le d6veloppe:, ment de la m6tallurpe au commencement du.si cle avait fait n:iitre tine grand activiO 6coa-,),riiqu A tnavers la France.' Les campagries ac(-ouraient vors les villes, les salaries subi s. sani alors, la loi de l'offre et do lit demanded Maient tomb6s des pr x d6risoires. (( Eli 10 ans, 6crit Nt)nsieur Capitant, dp 1833 d 1816 la population de ]a France au-mente de 2 in million mak cette augmentation se product exclusivement au profit des communes de plus de 3,000 habita.nts ) (1) La classelaboHouse r6rugi6o dans les faubourgs des grades villas vivait ini.s6rablement. Les eaves do Lille, au Aire m6.-,-e des con' temporains. sont restees trisLement c6l bres. Au milieu de
(1) Cour: de Ugislation industrielle professes A la facult;6 de Droit de P2xis, etjips pl j, inWrPsBants.




RENTUE DIE LA LIOUE
ces souffrances. des epid6mies f1rent des rav, ges, des 6me.utes dclat( rent un pen partout et celle de L yon, m6morable, mit :en 6moi tout le royaume. Avec la 116volution de 48.seu. element, triomphe la classes ouvri6re. Louis Blanc et Albert,' president et vice-pr6sident de la Commission du Luxembourg entarn6rent les r6formes. Successivement il fut ordonn6: 10 le 28 F6vrier l'ouverture des ateliers nationau.i ; 20 le 2 Mars la diminution Ou travail journalier qui est r6dUiL 6L 10 lieures A Paris et A 11 beures en province, puis le marchandage fut en outre supprimd.
Une loi du 9 Septembre limitait A 12 heures la journde de travail dans les usines Enfin la Constituante fit du prol6taire.un citoyen en lui octroyant le droit de vote.
Le second Enj pire a partir de 1860 tenta de s'appuyer sur les ouvriers pour combattre effleacement opposition inqui6. tante de, la droite. De cette combination politique sartit la loi du_ 5 Mai 1864 qui rendit licite la coalition c'eqt-A-dire ac. Cepta implicitement le droit de gr ve. La meiure lib6rale caus a une vAritable revolution dans le mqnde des salaries. L'.6difice dlev6 avec tant de soins par I'Assembl6e Constituante et le Consulat s'6croula comme un chateau de cartes puiisque la nouvelle loi abrogeait- les articles 414, et 415 du code p6nal. Les Chambres inspires par Emile Olivier, rapporteur de"I'a' l'oi dU 25 Mai, ei-Uwent de nouveaux ddllts resultant parfois du fait des gr6ves et I'article 416 lui-m me fut abrog6 en '1864.
Avec la troisi6me 116publiqqe, la 161yislation industrielle p it v6ritablement sun essor. GrAce A la solicitude du pouvoir en faveur de la masse laborieuse, les r6formes radicales parent Wop6rer; de I& I'delosion successive de lois caract6ristNues. Nous avons tout d'abord la loi du 9 Mai 1874, Vot6e par I'Assemblde Nationale qui organise inspection du travail et couvre d'una protection' certain les fernmes et, !es enfants travaillant dans Findustrie. Elie abroge les dispositions de la loi du 22 Mars 1841.
No.us trouvoqs dans leur ordrechronologi que, les lois du 21 Mani 1884 sur les'syndicat-3 professionals; cells du Navetn.




DE IA JEUNE'SSF HATTIERNE
bre 1892 et 30 Mars 1900 sur le Travail des fernmes, des en fants et des homes qui travaillent avee Cox
Les lois do 12.Juin 1893 et -11 Joillet 1903 concernant l'by-gi( ne et la s6curit6 des travailleurs dans le s 6tablissements industries et commerei--itix
La loi do 9 Avril 1 '98 so[, les accidents do travail
La loi do 13 Juillet 1906 su le repos liebdomadaire
La loi du 6 Avril 1910 sur les retraites ouvri res et pay sannes.
Pour guider Yin ler ven lion isme do I'Etat allant on s'accentuant, des in-stitutions nouvelles furent ci-66es, afln d'aider le l6gislateur dans sa lourde mission (to conciliateur. Successivement virent lejour en -1891, to Conseil supOrieur do Travail et le Nlinist&e do Commerce s'augmenta de I'Offlce do Tva*vail. Enin les diff6rents services s'occupant de la classes laborieuse forest groups en on(, nd-nini,;tration unique 'et renstito6rent le 25 Octobre 19o5, to MiniWre: do Travail ef, de ]a Pr6voyance social.
On tenta In codirleation des lois existantes qui ferment en r aliO la Uryislation industrielle. Une commission extrapar-' lementaire en 1901 s'organisa A cot eflet. Elie proposal un pro -Jet de code en sept lives. Soa rapport accept en principle pat le Government est en instance deviant les'Chambres. Cependant les deux premiers lives forest vt)t6s et promulguds: le premier par une loi do 28 D6cembre 1910 et le second pa r tine loi do 26 Novembre 1912.
VVIA en un r6sum6 qui est m.rd 'grd m,.)i uh peu long,
toirede la U-islation do Travail et do lal Pr6voyance So!
Quel profit pouvons nous tirer do cet arnas de lois qui forment dans leur ensemble one science nouvelleTout d'abord, avant de l6gif6-er sur le sort.futur do
C' prolkaire en Haiti,
faudra rajeunir nos diff6rentes institutions juridiques et plus. sp6cialement notre code civil. Nos 16-islateursde 1825. s'in-s,: isirant do la 161gislation fran .aise, reproduisirent souvent-sansvarir tntes les texts qu i leur servaient de mod6les. Cest ainsi que: Farticle 1781 do -code Napol0ou concernant le.louage defs




EVIA bE LA LIGOF
domestiques et ouvriers, reproduit in-extenso dovint I' article' 1551 du code civil haitien. Notre code p6nal de 1835 ignore les articles 414, 415 et 416, mais ceci n'emp che pas que si une coalition de salari6sA ['heu re actuelles'organisaitetqu'il yeut une gr6ve dans des usiaes ou ateliers, les nianifestants pres que certainement entrain 6s aux. violence ne tomberalent pas moinssous le coup de la loi p6nale et seraient pours jivis.
Ainsi done, nous avons embrass6 sans le savor, ]a cause*du' premier Consul en partageant ses ressentiments contie la classe- ouvri6re, puisque I'article 1551 du c6de civil trapped rig&ureusementTarm6e de prol6taires.
Le travail de rajeunissement, de modernisation de notre 16gislAtion doit se produire.le plus t6t possible, tout d'abord pour avoir des lois neuvelles correspondent A existence et qu:k mocurs de notre 6poque, en permettant pour I'avenir, la er6a tion d'une 16-islation du travail bas6e sur les principles d6 justice et d'6quit6.
Je livre d la meditation du Corps Ugislatif qui vient la solution du nouveau probi6me qui solicited son attention. 11 ne% faudra pas, je le r6pete, que nos dirigeants et nos 16gisia teurs. oublient que la protection accord6e au travailleur halitien doit tre d'autant plus grande qu'il est ignorant et faibld et que surtout ses patrons seront des strangers.
Je me permits en outre d'attirer I'attention de I'Etat sur quelques lois qui peuvent dans un avenir prochain trouper une application dans ce pays : ce sont les lois du 14 Mars IW4, sur les bureaux de placement qui facility la recherche de 1'emploi A l'ouvrier sans protection ; celle du 12 Janviee 1895, garantissant lesalaire centre les cr6anciers de l'ouvrier: la loi du 9 Avril 1898, sur les accidents du travail ; celle du 13 Juillet 1907, sur le salaire de la femme marine ; enfln la loi du 19 Mai 187-4, concernant la protection des fernmes ei des enFants dans Pindustri e.
Alors,- je 1'esp6re, sous la saine i m pu Ision des lois ind ustrielle l, A une 6poque oi) nous ne sermons peut.4 tre plus, le people haltien retremp6 dans la souftrance et le travail pourra, consci6nt de sa torce, s'(ilancer vers de plus grades destin6e.s.
PiERFiR EuGPNE D, LESPINASS18.




DE LA JUNESSE HAITIENNE
DU STATUTE LtGAL,.
DE LA
NOUVELLE ASSEMBLEEDans les premiers jours d'Avril prochain, une nouvelle assembl6e Idgislative haYtienne va so consLituor. Vers elle ten denttoutes nos esp6rances, On s(3uhaite qu'elle m.etto un termed la p6riode p6nible quenous vivons depuisbientot deux ans. Aussi importe-t-il de savor quelled sera la v6ritable naturede cette reunion des mandataires du people, quels seront ses pouvoirs, en un mot de quels traits sp6ciaux el le sera marque dans I'histoire de nos assemDl6es politiques, qui de notre premier S6nat jusqu'd ce jour, onteu sans doute de nombreuses faiblesses d leur passif, mais aussi leurs jours de gloire dans la paix comn-ie dans la guerre. I
11 convent de s'arr ter quelques instants d ces questions d'un palpitant int6r6t et de se demander ce qu'on a le drcit d'attendre des 61us du 15 Janvier dernier.
Et d'abord que sont-ils? Sont-ce des repr6senLants de corn munes ou d'arrondissements ?. Forment-ils tine hranche du Corps L6gislatif? Quelle est la signification des pouvoirs qu'ils auront A v6rifler, lorsque solennellement r6unis, en vertu de traditions d6jA s6culaires, sous la pr6sidence de leur Doyea d'&ge, les plus jeunes d'entro eux Mant les Seer6taires do'leur bureau, ils auront d sournettre A lour propre examen lours actes respectifs de naissance A la redoubtable vie publique qu'ilsvont commencer d vivre?
Pour examiner ces questions, il faut rem3nter plus haut, et dans un bref raccourci nous remettre en. m6moire les circonstances qui ont amen6 les Mections du 15 Janvier. Au milieu de la temple tant phy, ique que morale que nous.. connaissons,- M. Sudre Partiguenave avait .60 appeI6 a.u..su-




66 REVUE DE LA LIGUE
prAme honneur de diriger les destin6es de la 116publique, certainenient A I'lieure la plus p6nible de notre histoire. Une force Mrang6r, occupant et occupy encore notre territoire et tin officer de ]a Marine des Etats-Unis d'Am6rique, dans eatte reunion tristement c6l6bre de Parisiana, avait annonc6 aux repr6sentants du Peuple haYtien qu'on venait rendre A la Nation I'lionneur et la skurit6. Sans doute, pour y parvenir, une convention diplornatique avait W sugg6r6e et le Corps Ugislatir. moins onze S6nateurs et quelques rares D6put6s'. leurs noms A tous sont encore dans routes les m6moires, I'avait vot6, il faut le dire, aux applaudissements du public.
Quelque temps apr6s, pour des motifs que nous n'avon4 pas A appr6cier ici, le Gouvernement de M. Sudre Dartiguenave crut devoir sot-tir de la l6oalit6 et brisker d coups de d6 ci-ets ce qui re3tait encore debut de la fa ade constitutionnelle de la Patrie.
Uti coup d'Etat peut il, dans certaines circonstances, 6tre gdn6rateur de droits? La supreme violation de la legislation peut-elle dans certairAs cas, enfanter un Droit nouveau ? Cer tes I'histoire des peoples et 1'6tude du Droit Constitutionnel permettent de r6pondre affirmativement. Quand les trois orders des Etats g,!n6raux de France, sur la proposition de l'un d'eux se reunissaient, contrairement A ]a vieille Constitution du iioyaume, en une assemble nationale nouvelle fondatrice d'une 6re de grandeur et de Justice, ils puisaient dans 1'assentiment pres que unanime du people fran ais ta sanction n6cessaire d la creation d'un Droit nouv.eau.
Quand plus tard, h diff6rentes p6riodes de I'histoire de la France, les Bonaparte en appelaient h la Nation centre les Institutions, le people franQais impressionnd par leur gran detir, d cr6tait 11a 16,galiO de leurs actes et constituait le droit pl6biscitaire imperial. C'est qu'aujourd'hui, dans la conception du droit Moderne- de presque tous les Etats, le veritable souverain, c'est le people lui-m _,me. La d6l6gatioa des pouvoirs est issue d'un contraL social dans sequel I'universalit6 des citoyens &1 gwe 1'exercice de Ieurs droits A quelques homes, suivant une procedure arr6t6e h I'avance. Si cette procedure ne convent plus, qu'on en appe!le au people et si ce dernier




DE LA JEUNESSE HAITIENNE
consent Ala changer, c'est une nouvelle 16galit6 qui r4aif mais il taut pour cela qu'il n'y ait point intervention de tiers. Si le coup d'Etat, au lieu de s'appuyer sur ]a volonO popular, ne troupe la force qui lui est n6cessaire que dans la baTonnette 6trang6re, it reste sans fondement 16gal. It ne peut cr6er un droit nouveau qu'd partir du jour ou sans contrainte il est accept par la Nation qui le 16galise et lui don. ne ]a sanction de sa souverainet6, et qui modiflant volontairement ses anciennes formu!es 16gales, er6e an droit nouveau qu'ellejuge n6cessaire.
Quand M. Sudre Dartiguenave viola sans amba 'ges par des actes successifs notre charter Constitutionnelle, ce furent les officers strangers qui signify rent aux S6nateurs de la R epublique qu'ils devaient abandonner leurs si ges. Comme zn
ceux qui portaient ces orders parlaient an nom d'un people de 80 000.000 d'habitants et les intimaient aux S6nateurs d'un petit Etat poss6dant h peine 2 millions d'Ames, it Wy a eu dans le geste de M. Sudre Dartiguenave qu'unq simple maniferstation d'une force toute puissante. 11 est 6vid@n t en effet' que le Peuplehaltien Waurait pas pu sans folie recourivalors A une protestation arm6e, puisque le droit de Revolution cr6e par notre disposition constitutionnelle qui confle la Constitution au patriotism de tous les haRiens, nous 6tait, ih tort ou A raison, effectivement retire.
Mais comme la force ne peut rien cr6er de durable, comme elle n'est pas g6n6ratrice de droits, une heure vint ofl ceux qui en avaient us6 comprirent que si ['on voulait avoir un droit nouveauil fallait recourir A lasouverainct6 national. De 1A les d6crets de Septembre et les elections du,15 Janviet%
On a dit qu'en gallant au vote on avait sanctionn6 les d6crets. Jamais th6orie plus H16galp Wa W exprim6e. Certes la procedure de vote cr66e ne repo,,,ait sur aucune loi, mais le people ha*itiejk opprim6, trouvait l'occasion sans lutte armde, dans la pa'x, de faire entendre sa voix. A la bke enchain6e, on laissait la liberty de sortir par un moyen de sa cage et de se dresser. La b6te couch6e n'avait qu'un moyen de se lever, elle s'est lev6e. Bien plus la force krang re qui strait appuy6 le coup d'Etat, par un de ces justes returns des




REVUE DE LA LIGUE
chooses d'ici-bas, ou plut6t par une de ces si constants applications du principle quo la Justice doit triompher, inter,Vint pour assurer la liberty de la consultation national et par suite pour la creation d'une assemble aussi respectable aux yeux de I'Etranger et dans les rapports international, qu'aux yeux des Itaftiens eux-m6mes.
Gestcette assembi6e qui, aux premiers jours d'AvriI prochain, pregnant possession du Palais du Corps Ugislatif, va renouer la. tradition criminellement interrompue des assemWes politiques haitiennes.
Cette assemble, quels seront ses pouvoirg? Une constitution West pas seulement faite des texts 6crits de la derni6re' constitution vot6e ; son essence se troupe dans la tradition national touto enti re, dans les vipilles chartres d'autrefois, qui no sont Miilleurs abolish par les texts nouveaux, qu'en ce qu'ehes leu r ont de contraire. Notre Droit public, de son oricrine A ce jour, comme d'ailleurs le Droit public de presque routes les Nations rnodernes, puise sa source dans la souveralnet6 national. Cette souverainet6 reside A son tour, dans l'universalit6 des citoyens. Quand cette souverainetA, s'est manifested, quelque soit ]a procedure employee pour yarriver, le mandataire est souverain comme son mandant luiM me.
L'Assembl6e procaine, repr6sentant seule le Droit dans I'E tat halitien, sera donc une asserrb]6e souveraine. Usant de sa sou\erainet6 et la compl6tant conform6ment aux traditions constitution nel les d6jd centenaires du people haltien, elle s'adjoindra un 86nat. Les deux Corps r6unis, dans les formes qu'ils 6dictoront, et dans ces formes seulement, repr6sentoront la volonte nationa!e et d6cideront sur ce qu'il Convient de faire. Nul ne pout leur contester ce droit. et si la force devait intervenor un jour pour les empMier de 1'exercer, cette force ne serait qu'une force brutal ne fondant rien et ne pouvant rien cr6er.
Pour que la Nation soit engage dans I'avenir, pour que, pour prendre un example, le capitalist qui lui pr6te, ait une cr6ance 16gitime quil puisse faire respecter enters et centre tous, il faut que la nation haYtienne consent it lui devoir,




DE LA JEUNESSE HAITIENNE 69
cest-A-dire qu'il taut que son asse-mbl6e souveraine vote. Ce West pas le Gouvernement de M. Sudre Dar tiguenave qui, avant d'kre Pr6sident du S6nat et Pr6sident de ]a R6publique dtait un avocat du barreati de sa ville natale, qui pourrait contester ces principles. 11 les a d'ailleurs proclarn6s tout au long, dans I'ceuvre issue des longues d6lib6rations des arnis qui 1'entourent; car dans le project de Constitution pr6par-6 pour lui par I'assembl6o qu'iI a qualifl6e du nom du Conseil d'Etat, n'a t-on pas ins6r6 une disposition qui ratite les actes dont ses Ministres et lui ont assume la responsibility ?
L'Assembl6a d'avril sera done souveraine et non seulement souveraine. mais juge souverain. Son premier devoir sera do I'affirmer d6s qu'elle se sera r6unio : puis la Nation lui demandera d'examiner avee justice et impartiality la p6riode, trouble qui a commence au coup d'Etat du 5 Avril et qui a dur6 jusqu'au 45 Janvier dernier. Dans cet examen elle no devra mettre ni passing, ni col6re intempestive. Elie se rapppliera que les homes c dent parfois A des circonstances puissantes et que somme toute, il estjuste de reconnaitro quo le Gouvarnement de M. Sudr'e Dartiguenave n'a pas ct-66 les circonstances dans lesquelles il est n6. L'assembl6e ne devra se laisser guider par aucun sentiment d'int6rk personnel. 11 taut que chez ceux. qui la component, le patriots fasse disparaltre I'homme priv6 pout, ne laisser vivre quo I'h6ritier des traditions nationals. Le pays a soif de paix. 11 taut que Yassembl6e cr6o cette vraie paix, celle, de l'osprit par ]a Justice, la Sagesse et le Patriotisme.
Quelle grande tache income 6L cette assemble du 15 Janvier! Quand examine ses members, je la vois former d'hommes pour la plupart nouveaux et tr6s jeunes. A peine quelques rares v6t6rans de nos administratioDs d'autrefbis, si gent-ils parmi eux. Qu'importe Los g6n6rations d(IJA m6ries, m6me chez ceux qui ont constamment combattu le bon combat, se sont quelque peu fatigues. C'est A la jeunesse qu'appartiencent le present et I'avenir. Des assemblies do jeunes ont fait ailleurs de grades chooses. Je veux quand meme avoir f6i dans mon Pays et j'espero surtout qu'avec une sagesse que la gravil des 6v6nements lui inspirera, notre assemblee nouvelle saura faire do patriotique- et justes choSOS;
V!




70 REVUE DF LA LIGUE
HISTOIRE DIPLOMATIOUE WHAITI
xi
JEAN-PIERRE BOYER (suitc)
Apr s la rupture. Les advances dit dite de Broglie (1832).
Les nouvelles propositions haitiennes.
La inission Dupelit Thouars (I 83b): son enquete. Opinion de Thiers.
Les traits dit f 2 Nvrier f 8 3 8.
L'enthousiasmo qui suivit la rupture des relations donna forc6ment une certain autoritd morale au Gouvernement de Port-auPrince. LePr6sident en proflta pcur So montrer conciliant. 11 no voulut pas laisser ]a responsibility des torts A son administration. En d6plt de I'affirmation officielle du Consul Mollien que nos reasons no seraient pas advises, quells qu'elles fus' sent, notre Clianenlierie persist a faire connaltre, par Fentremise d'un n gociant anglals, DOS vues au Comte Sdbastiani, qui dirigeait alors les relations ext6rieures de la monarchies de Juillet. Utait peut-6tre le meilleur moyen, en Fabsence d'un envoy politique A la Cour do Paris, de contrecarrer des rapports inexact do I'agent 'consulaire francais. It important aussi de dire ce que nous voulions, afln de bien pr6ciser les motifs pour lesquels on allait so battle, si lutte it devait y avoir. Cette 6ventualit6 ne modifia on rion notro pro.Tarnme ext6rieur : la reduction de la dette, des facilities do paiernent, la reconnaissance du pays comme ((Etat libre, ind6pendant et souverain. ))
Mais la France son,,eait A d6truire, par la force des armes, notre volont6 tenaco do r parer le ddsastre de 1825. Pour la premi6 e fols, depuis I'Oehec par IG, fait des Cent-Jours do Ilexp6dition prdoar6e par les Boui bon-,. elle envisaged s6rieusement une invasion de notre territoiro ot to blocks g6n6ral de no-, ports. La 116volution de 1830, it est vrai, avait &,-W6 les Fran ais qui, exagdrant de beaucoup ]a port0o international des journdes de Juillet, current quIls




DE LA JEUNESSE HAITIL NNE 71
allaient -monter A I'assaut de I'Europe pour retrouver (( les dchos des marches de la Convention et de I'Empire. )
La question halitienne pouvait-elle constitute une menace pour de tels homes I
La r6a]0 fit cependant timber routes leurs illusions. Les chancelleries du Vieux-Monde prirent leurs precautions, et le brig de guerre franqais, le ((Cuirassier)), qui se rendit dans nos eaux, apr6s to depart de M. Million, dut se convaincre que les Halitiens, slits 6taient attaquds, sa dffendraient avec 116ner0gie do leurs p6res I Le minist6re franqais chercha alors un moyen d'entrer en relations avec, nous, sans y enter.
11 le trouva dans les formulas subtitles des diplomates ot recourut aux notes verbales),. La premiere quo recut le Pr6sident 6tait dat6e du 23 Septembre 1831. Elie insinuait que le Cabinet de Pat-is aurait pu nous consentir ]a remise de l'indemnitd, si celle-ci 6tait le prix de ]a reconnaissance de l'ind6pendance, mais quo, malheureusement, ]a R evolution d'HaYti, ((qui n*avait rien de common avec les autres revolutions avait 6td marque par ]a spoliation des propri6t6s. )) On nous accordait charitablement un d6lai de cinq mois pour soumettre de nouvelles propositions.
Cette Note.mit le successor de Pdtion dans tous ses 6tats Dans sun ignorance du style diplomatique, it vit dans la forme employ6e une injure personnel et un m6pris pour to Gouvernement haltien% I[ s'adressa au Sbnat pour avoir des conseils, le m6me S6nat sur sequel, dans uDe r6cento proclamation, it rejetait ]a responsabilit6 de I'acceptation de l'ordonnance du 17 Avril. Par ran-, cune le grand Corps tie lui indiqua aucune solution. Six mois apr6s, le 22 Juin 1832, pour sortir d'embarras, en faisant connaltre ses vues, it se r6solut A s'approprier la forme qu'il critiquait et dans ufie Note verbal qu'iI address A son tour au Ministre des Affaires Etrang6res de France it releva ai.-rement le terme de ((spoliation ). consid6r6 comme un outrage A la Nation, proposal d'annuler Yacte de 1825, do reconnaltre la Rdpublique d HaYti comme Etat libre, ind6pendant et souverain, de conclude uno convention pour ram,,ner Ilindemnit6 A 75 millions et d'arrOter, corner annuity, to chiffre d'un million par an, et d'un autre autre million poir Femprunt.
Dans Vintervalle, les ancient colons tie restraint pas inactirs. si la cessation des relations dtait un acte n6cessaire A la dignity du tr6ne, elle cadrait en tous cas mal avec, tours int6rdts en swiffran.,?.




7 2 REVUE Dt LA LIGUE
ce. Its saisirent leurs chambers par des petitions, et A la s6anc' du 29 D6cembre 183-2 de Celle des Ddput6s, le due de Broglie, president du Conseil, dans une allusion aux 6v6nements de 1831 et hL la No. ,te verbal de Boyer, soutint quo la France ne pouvait (( faire 1'avance des nouvelles relations. ) Le pr6texte, c'est que le Gouvernement s'6tait ftart6 dans sa r6ponse, des biens6ances qui s'observent entre les nations civilis es-,,
Des int6ress6s, sans doute adroitement styles, insinu6rent au Pr6sident que le language ministdriel Mait une invitation A Haiti de proposer de renouer les relations dii)lomatiques. 11 se laissa convainere et le 20 Mai 1833, nos grand fonctionnaires, Imbert, Voltaire et IDginae, sugg6r6rent au Cabinet fran ais des conditions sensiblement les m6mes que cells falters par Boyer, dans sa note verbal, mais avec cotte difference qu'ils offraient de r6gler imm6diatement les fres. 4.818.905 quo le tr6or public de France avait jusqu'ici avaneds L la 116publique, pout, compete de I'Emprunt.- La r6ponsedupr6sidentdtiConseil montraquel'anciennem6tropole 'n'dtait pas 6loi-n6e d'admettre une r auction de I"Indemnit6. Elle se terminate n6anmoins par la menace quo si les prochainesn6gociations nlaboutissaient pas, les deux pays se retrouveraient-plac6s dans la situation ofj elles 6taient avant 1825.
Notre chancellerie ne voulut pas entendre de cette oreille et soutint que, quoique non ratify s, par nous, les traits du 2 ANiril I constituaient unexeconnaissance authentique de Vitnd penance ha'1tienne
Ia d6mission du minist6re do Broglie, reversed par un vote de% Chambers en Avril 1831, interrompit la correspondence entre les deux Gouvernements. Les Ministres pouvaient passer, mals les ancient colons, auxquels s'6taient adjoins les porters des obliga*tions de 1'emprunt de 1825, tenaient toujours ]a champagne. Leurs 1,60 carnations et leurs r6criminatiow, ince5santes oblig6rent le.-gouvernetnent fraD ais A reprendre la conversation. C'est ainsi quIen Janvier 1835 arrivait, ea notre capital, le capitaine de vaisseau Dupetit i'liouars, cliarg6 de demander le reimbursement des avances fates ot d'enqu6ter sur la situation firianci6re exact du pays.
La caisse publique ne contenait pas une valeur suffisante pour ppdrer ces remboursoments. On no voit pas trop pourquoi.Boyer, dans sa premiere entrevue avee 1'a.-ent de' Louis-Philippe, profit sans rdflexion d'acquitter immddiatement Cos advances. It fallout recouriv A des combinations pour saver la parole pr6sidetitie'lle. Finalement it se trouva un n6gociant anglals pour donner au- Gouvernement halfien une letter de crddit sur tine maisoa2de: Londres,




DE LA JEUNESSE HAITIENA 73
A la condition de recevoir do ]a 116publique les valours n6cessaire's en ppier-monnaie, aux fins d'acliat de cafd ou autres denr6es du pays et dont ]a vente on Europe devait produire I'6quivalent gommes A computer A I'ancienne m6tropole.
Cette op6i ation, au point de vue franqais. n'dtait pas tr6s bri)lante, vu les al6as qu'elle comportait. M. Dupetit Thouars en accept cependant les conditions.
11 1 eAait A le convainere de )a pauN rete do nos ressout &s, MM. In.ginac, J. F. Lespinasse, Viallet et B saubrun Ardouin s'acquitt6rent facilementde cette td .Iie, A I'aide des competes -Ondrau flialti do 1818 ft 1833.
.11 faut rendre cette justice au pldnipotentiaire do Louis Philippe que, de return A Paris, il at res,;ortir dans un rapport tr6s consclencieux, Faecueil hostile fait par le peuplo A I'Ordonnance du 17 Avril, l'imp6pularitd pr6sidentielle qui fut ]a consequence do )'acceptation de ce document, les nombrouses considerations ten .dant A reverser le Gouvernement et, eriHn, Ntat vralment mis6rable du pays., 11 conspilla de rdduire l'in Jemnit6 de 120 A 60 imil-lions et de nous accorded tous d6lais n6cessaires. Et une commis. sion, pr6sidee pai- lo comte Sim on ot form6c spdcialement pour examiner le rapport do M. Dupetit Thouars, 1'6tatles relate ons ontre les deux pays, entendre les dol&ances des colons, 6cjairev en un rniot la question lialtienno, dut conclude dans le rn.,eme -sens. Les Fran ais, en ddpit de leur mauvaise liumeur, do leurs mena., cos et do !a rupture des relations, se rangeaient insensiblement aux vues du Cabinet liaTtlen I
Aussi, n'y eut-il rien dIdtonnani A ce que N1. Thiers, Pr&sident du Conseil et Ministre des Affaires Etrang6res, admlt lui-mdme la n6cessitd d'une reduction du solde de l'indemnitO. En Juin 18'6,delati-ibunedesdoux Chambres, A propose d'une Tiouvelle p6titiondes colons, iltenait uniangage des plus, mod6r6s. 11 nl&tait plus question, comme en 1831, de la. preparation d'unoexp6dition militaire pour nous enseigner la dociIAt6 aux volonWIO de I'ancienno m6re-patric. Le Ministre proposal aux indemnitair'"m de.se grouper en syndicate pour faciliter des 6clianges de vues, a6n d'Aboutir rapidement A une entente. 11 6tait enfin convaineu que la R6publique, comme I'avait marqu6 Boyer dans son mes:jago..aux Sdnat du 11 Janvier 1835 (( no pouvait sl6puiscr on sacrifices'poiur 1'enti6re lib6ratlon d'une dette politique, sans avoir pr6alablemarn obWiiu les guaranties pour losquelles elle a consent de la souscri.




74 REVUE DE LA 1AGUE
ren. Mallieureusoment M. Thiers fut remplac6 par le comte Mo 16, avant d'avoir pu donner une solution pr antique au probl6me haltien.
La Chance!lerie de Port-au-Prince sentait cependant qulon 6tait i Ia veille de renouer les rapports politiques. Boyer disait, en effet, dafts sa communication aux S6nateurs du 3 Juillet 1837 : ((Par suite cluxemboursement fait au Trdsor de Fra0e du capital de 4.848 905 fra nes dont il avait fait dans le temps l1avance pour le service de 1'einprunt do 1825, il est possible que le Gouvernement frangais rePrenne les negotiations d jh entam6es. ) Et de fait, vers le mois dQctobre 1837, le bruit se r6pandit d'une nouvelle mission que Ia. France nous envoyait, aux flns d'une solution d6flnitive de Ia crise ou.verte en 1825.
. L'attitude du Pr6sident fut en occurrence des plus fermes. Dans une,-proclamation au people, qui 6tait un avprtissement indirect A:Louis- Philippe, il sl6criait Si le commissaire dont on announce, Ia procaine arrive, vient dans un esprit do conciliation, il trouyera dans le government lialtien le d6sir sincere de so pr6ter A tout arrangement compatible avec I'honneur national. Si, au eontrafre', il s'avance, entourd de I'appareil de guerre, avee Ia pr6-. tention de nous imposer des conditions que tout people libre doit ro4gir d'accepter, Ia nation so rappellera sa premiere Oner' ie- )) Comment reconnaitre dans cos fires paroles et dans cette attitude pleine do dignity patriotique, l'ouvrier des instruments de 1825 ? La faiblesse I'avait presque perdu ; Ia fermet6 for ait Ia France A'la 6onciliation. I
.: Le 28 Janvier 1838 d6barquait A ?ort au -Prince le baron de las Cases, member de Ia Chambre des Wput6s et C. Baudin, capitaine de vaisseau, On quality de pl6n!potentlaires de Ia monarchie dri6a niste-lisvenalentsans apparel deguerre, n6gocierlar6conciliation sifif.6re des deux couples dont Ia t6nacit6 de Pun Wavalt pu jusqu'ici faire fldcbir Ia volont6 do I'autre.
Nous opposAmes cinq commissaries aux agents franQais : MM. Inginac, Frdmont, Labb6e, B. Ardouin et C. Villevaleix ain6. Uentente s increment recherch6e cetto fois, se fit apr6i quatre oucinq contdrences.
; La France accept de reconnaitre Ia 116publique dlHalti comme Etat libre, ind6pendant et souverain. Elie n'a,,ita plus Ia question cte.lTst.et so social fort peu des droits de I'Espagno. Elie proclama. qu.il:.y, atArait upaix, constante.- ot amitid porp ituelle i) entre les




DE LA JEUNESSE RAITIENNE Z5
d6ux pays. Ces d! ff 6rente ; ela*uses Rrent principalement I' objet du trait6 politique du 12 F6vrier 1838. Nos ancient adversaries essalybrent hien d'ins6rer, dans cette convention, des clauses relatives it la question OndemnM, mais sans suce6s. Pour la premi re fois, notre diplomatic s6parait tr6s nettement ]a reconnaissance de la R6publique des questions flnanci6r2s. Les destiny es du pays n'& talent plus, comme par le passd, subordonn6cs a des ernbarrag norniques.
11 y cut plus do tiraillement pour la si.-nature du trait flnAncier. Nos agents avaient pour instruction de Wacceoter quo q arante-cinq millions de francs comme solde de llindemniO, A payee en quarante-chiq ann6es. Le comte Mf)16 avait recommend auk sielis do no pas allor au dessous do 70 million, valour A amortir' en 20 an-31 11 fallait arrived A un chiffre interm6diaire. Nos commissaires propos6rent 59, puis 55, eDHn 60 million;;. Cette Iernl6re, somme fut agr&de A la condition d'dtre prop6s6c par npus, afln de couvrir MM. Las Cases, et Baudin qui affirmaient Wa6ir pag de pouvoirs pour transi.ger sur cc chef.
Cost en vain que la France voulut ajouter, dans cetto convention, des clauses au sujot de l'ordonnance de 18-25, des stipulation s comminatoires, et mkiici des guaranties territories, po4r le. cas oil la Rdpublique wexdcuterall. pas ponctuellement le nju vel arrangement financier. Api-6-; I'6chec do I'dquipdo de Sa T casion semblalt bonne de se rdserver un pied A terre au M61o Sain Nicolas.
Boyer senta I it si blea que Pordonnance du 17 Avril dtait le ca6 chemar du people haffien que non seulement 11 ne voulut pas qu'on mentionnAt cot instrument daDS les traits de 1838, mais vneore, i ite permit pas qu'on y ins6rqt le solde des frs. 700.000 qui restart d6 sur le premier cinqui6me do PindemniW.dc 1825. La diplomatic haItienne aura it pi-bf6rd rompre les pourparlers que d'autor'iser la moindre allu,4on, la moindre insinuation A tout cc qui se rappor.tait A la mission du Baron de Mackau. Elie refuse avec la mAme 6nergic, toute clau;c comminatoire ou do garantic. En un mot, il [atlait ou nous donner enti6roment satisraetioii ou nous laisser tran quilles.
La France comprit notre determination. Elio Winsista pas et dest ainsi quo furent sign6s les deux trait s de 1838 s! satisraisants pour I'amour-propre national, Cc r6sultat si simple, on le doit AL treize anndes efforts, A 116ne-gie et d I'habiletd de Boyer.
Les deux traits, ratifies par le 'Clif do I'Etat, furent achemiuds au'Sdnat en:vue do lour sanction. MM Inginac ct S.- Villeva-




REVUE DE LA LIGUE
leli aln8 dtaient charges de fournir'au nom do IEx6cutif, routes explications n6cessaires. On 6tait loin do la edr6monie d'ent6rinement wde jadis !
4 Approuv6es le 14 f6vrier dans une dance A huis-clos, les conventions furent sanctionn6es, Ala stance publique du lendemain, it; aussit6t une d6putation sdnatoriale alla f6liciter le Pr6sident de Issue heureuse des pourparlers. Il.ne restart plus qu'A obtenir I'approbation de Louis-Philippe et i proc6der ensuite A I'dehange des ratifications, pour quo cos instruments liassent d6flnitivement les deux natTons. MM. B. Ardouin 6t S. Villevaleix aln6 re urent ]a mission Waller remplir ces forMalit6s. Jls avaient en outre pour instructions, d'op6rer le versement do I'annuit6 de 1838, de reprendre l'obligation de 30 millions souscrite en 1826 par la Rdpublique. Us devaient, au surplus, taire bion saisir par le Minist6re fran ais que les deux trait6s 6taient pat leur nature indivisible, et que le refus de I'approbation de I'un devait lentralner par. voie de consdquence ]a nullit6 de I'autre. Renversant les r6les, nous posions maintenance des conditions I Le 21 Mai, le Roi des Francais acceptait sans difficult les nouveaux accords, et le 28 du mdme mois out lieu 1'6cliange des ratifl9 tions. Le 1.9 Juin, nos ((envoy6sn furent admis A remettre A Louis
lilippe, au Palais des Tuileries, une letter autographed de Boyer dont ils,6taient porters. S. M. leur flt un accueil des plus flatters, seimontra tr6s satisfait do la solution de ]a question et marque 1'espoir que les a HaYtiens se ressouviendraient qu"ils avalent W franqais, et quoique ind pendants de la France, se rap pelleraient qu'elle a W leur m6trolloie, afin d'entretenir avec elle de relations de bonne amiti et d'uri commerce r6ciproquement avantageux. Le 4 Juillet, les agents haYtieqs furent pr6sent6s a la Mne et A Ia. famille royale, et invites A diner it Neuilly. Le 15 sootembre ils 6taient de return A Port-au-Prince.
Boyer put s'derier A juste titre., dans le message qu'iI address Au S6nat au sujet de ces dv6nernents (, qu'ainsi se trouvait accomplie., IcBuvre de Ia reconnaissance do Ia 116publique comme Etat li bre, sou:verain et ind6pendant, o ,uvre qui, depuis viriql-deux ans, ttait 11objet do Ia plus vive solicitude du Gouvernement.,,
Cot aveu 6tait it Ia fols sa condemnation et sa rehabilitation MaK injustement, le people halition aima mieux se souvenir do 1825 que de 1838, oublier le succ6s pour so rappeler I'humiliation, chercher m8me lans Ia grande victoire finale des Wme ts pour renouveler,,avec plus de furie, Ia formidable opposition A laquelle 10 President croyalt avoir donn6 une Idgitime satisfaction!
(A suavrel ADUL N. LEGER.




DE LA JEUNESSE HAITIENNE 17:
POESIES
APAISEMENT
11 semble quIen anop cwur ina soullrance slest lite, Depetis qtWsur son front j'ai sceI16 le pardon 1 Les clameurs de ma chair sont ti jamais vaincties Etjusqulau souvenir cuisant de 1-abandon.!
Bien nc subsisted en moi de la douleur cruelle, Ni Mvres, ni ;,anewurs, ni tris tie passion ; Car le Temps sur mon dme a fait glisser son aile El laisse sa douceur d mes illusions!
Son image n'a point d&erM ma pense e Et mon r v invaincu West point enseveli Dans les plis douloureux d'une haine insens el Ce West plus le Wsir, mais cc n' est point I-oubli
Ma blessure s.era longlemps encor Man.e, Mais ilai sd d9pouiller mon immortal amour De souvenirs amers, de rancune exigeante, Afin qulil reste purainsi qulau premierjour!
M a souffraPee west plus aujourd-hui que trislesse, El, si parfois je son e encore d son kaiser, C-est que, skul, son parfunt, endormant -ma deWesse, Fail renailre un espoir en inon ca-ur apaisi.
fievrier 191 7 L. HFNRY DURAND;'




78 RFVIJF DE LA LIGIJE
LETTER A UNE DAME BLANCHE
Vous Warez cerles pas gardi la souvenance
Madame, dupetit sergent, soldat d1un sou. P
ue son train emporlait lti-bas, on ne sait ozi,
El qui vous salua, d1un let: Vive la France))
Que la gar* s'emplit, d1une clameur immense.
ILe eonvoi s'arr4tait sous ce lourdsoleil d'Aozlt.
Les tetes sYchauffaient. Des bruits joyeux et fous,
Couraient, gonflant les cmurs, dIorgueil et d'esp rance.
Yous passiez toute blanche, et longie.- lentement
Les voilures, oflrant ti -hacun quelque chose,
Vous passiez toute blanche, au corsage une rose.
Devant no tre sergent, vous arrdlant gaiement
a Et vous, que vous faut-il ? Parlez, on me riclame
Plus loin ? Ah donned moi votre rose, Madame
a Elie me gardera Id-bas, du mauvais sort
Bien que trop vite, hilas, fanje et dessechee, Elie refleurira dans mon coin de tranchie,
Son parfum me rendra moins hideuse la Mort
Iti. vieux chef grognon, j'intervins, etj'eus tort
Je grondai mon soldat. Vous en f4les fdchee
Vous tendites la fleur du bouquet detached, Et son remerciment vous fit rire bien fort
Xavais double tout, 0 douce Dame blanche
Dont on m'a dit le nom, quand hier je me pence
En le v6yant timber; et mes doigts fremissants,
De la balle cherchant la trace meurtrihre,
Dans un humble sachet, avec sa croix de guerr2 Sur son cceurj*ai trouvi la fleur rouge de sang.




DE LA JEtTNES;SP IJAITIENNE
]E;-.A T-T-317 TZ-22k][MAIE:
L:I foree d'une natitin rC ide tnkino.
dpns la Imi.sFance de ses arni6v ,.,9116
(ktis h conjumnanfill. de sentitntmts
eri-endrOe par Ja olidif6 de son Arn 1:
Dr. (,usrAI-R LF, BoN:
11 a M6 public ici, il y a un in pr ,s, sous forme d'article,le programme qu'applique notre Socik6 pour atteindre le but qu'elle se propose : saver le patrimoine national. a Ce qu'il faut dire ) est, en eflet, un plan habilement esquissd ; suivi avec m6thod-- et esprit de suite, il donnera des r68ul-. tats tr6s appr6ciables. Wjd cette Revuea public, toutau long,, les sensibles progr6s qui en sont d6coul6s. Pour ne prendre que cet example entre tant d'autres, quel adolescent, en lisant
Tenir ), cc petit 6crit bien pens6 et finement tourn6 de notre ami Fred. Duvigneaud, n'a pas senti cyrandir dans so"A coeur l'id6al de la jeunesse actuelle. quel ain6 Wy a pa4pui'6. un re-ain d'6nergie, d'autant vivo qu'il doit employer A pr6server le pays de la derni6re faillite. Cc palliatif, certes, si simple, soit-il, a eu la magique influence do. faire revive des illusions U ues, des r ves 6vanouis. 'Notre d6but encourage done : cependant, il est un fait qui derneure. L'HaTtien le plus optin-jiste ne peut voir, sansune crainte 16gitit-ne, une tristesse d6chirante, planer sous notre beau ciel d'azur l'oiseau de fatal presage, cet oiseau ltoM, don t les ailes, largest com me des voiles, semblent jeter de. Nrylbre sur nos planes luxuriates, nos mores A la verte chevelure, routes ces chooses qui ont. jadis, frissonnd aux, tiompettes des batailles, au clairon de la victoire, au cahon. de -804.
La. d6cevante r6alit6 a 6branl6 sa foi. I ui q ui n'a jamais d6 sespk6 de la Patrie. Somme touie, pourquoi en serait-il au'-




RENTE J)E LA LIGUE
treatment? Ne sait-il pas I'histoire des peoples civilis6s, Wenat-il pas ILI les pages dont ses yeux garden encore la rouge u r ?.."I
11 nous income A nous de r6agir centre ce m'auvais prdc6dent. L'on s'accorde gdn6ralement pour dive que ceux A la succession desquels nous viendrons Wont pas W trop, pr6, voyants, ce strait pire si les g6n6rations qui naitront de la nOtre avaient A pAtir de notre indiff6rence. Indiff6rents, non ; nous ne, pouvons pas 1'6tre ; au contraire, pour all6ger notre lourde tAche, nous manifestos le d6sir de collaborer avec tous: les haitiens qui viennent de poindre, et ceux que I'exp6rience a mCiris, le malheur, grandis. A notre hu M*ble avis, c'est le meilleur moyen de coordonner en un slide taisceau et d'orienter vers le salut les forces croissantes qu'engendre notre chaud climate.
En remontant le cours de la vie des peoples, nous en rencontr ons un, tr6s glorieux, dont la maxima politique avait rendu les conqukes faciles. Je nominee l'odieux dh4dx el impera de I'ancienne Rome. Point n'est besoin A I'dtranaer qui nous emboite le pas de s'en server chez nous; il ne saura que frop profiter d-- notre division existante. Alors le cataclysme que nous conjurons sera accompli : on nous invitera sans violence, avee le protocol qui convent, ft descended 1'6chelle social que nous avons p6niblement grave, dont cheque echelon est un os de nos anckres.
Le moment est venu de prendre des resolutions viriles trop Iongtemps nous avons r6sistd aux solicitations de notre cmur: d6nnons-nous franchement la main, et, dans notre march #n avant, rechantons ensemble la chanson des aYeux, ces vaillhnts immortals dont la situation ne pourra jamais 6tre com'Parable A celle que nous traversons. Pour en sortir eux, cornme il convenait alors, avaient mis leurs gantelets de fer,'ta ndis que nous, avec les temps qui sont changes, montons.la garde auteur de nos droits sacr6s. Du reste, la lutte pacifique se pr6te, elle aussi, aux actions delatantes, aux prodigies de valour; les champs de la pens6e, aux magniflques sillons. Nouveaux Crois6s d'une Croisade nouvelle, no'u5 d6sirons que les, plus nobles Wes soient r6pandues-par




DE LA JEUNESSE IJAITIENNE
tout le pays, que ]a parole d'union et de concordo que nous adressons A la conscience do cheque haitien y troupe son 6cho.
Monsieurde Mun, dans un discourse prononc6 au Cercle de Luxembourg, A Paris, le 4 Juin 1903, s'est ainsi exprinie (t L'avenir apartment alix homes de lutte et do combat quo les nuages de lour temps opt ;et6s dans la bataille et trouv s tout arm6s pour elle. )) Exer ons nous A avoir la tretripe de ces hommes-lh ; instrui, 4ons-nous, for-mons-notis le caroct re' c'est lui surtout qui conf re le pouvoir. Dussions. nous peiner bien des ann6es, SOUvenons-nous que ( nous sommes I'espoir d'une race qui ne demanded qtie le droit de vivre et la liberty de Onstruire. )
11 me semble entendre balbutier dans les rangs de noi devanciers ces paroles de Clialeaubriand : c'est aux saints g6ndrations de nos entrants a r6parer le mal quo nous avons fait; la jeunesse vaudra mieux quo nous, si nous prenons soin de lui marquee nos erreurs. Sans essayer de voiv si oui ou non ces erreurs s'6talent dans toute leur. .. beauty, inettons-nous A Fouvrago sans d6faillance. Puissions-nous. quand le temps sera venu pour nous de descended dans I'ar ne puissions-nous presenter A nos adversaries, A la taron do gladiateurs antiques, nos horses d'airain.
En attendant que notre tour vienne, comme In PilOte qUi dirige sa barque par une nuit d'ouragan, veillons, c'est la. consigned. Veillons sur tout ce qui a 6tO p6niblement at diffilcilement bOLti : ayons le culte du pass6, de ce pass6 qui tie meurt jamais, qui vit en nous-ni6me toujours pre sentVoiltt ce qu'il faut faire pour conserverintact Ie patrimoine qui nous a Md 16gud au prix du sang, et dont nous nous r6clamerons sans cesse : ce sont, les mis6res et Jes gloires de nos p6res ; la Ravine A Couleuvre, les Trois Pavillotis, la Gr6 te A Pierrot ; c'est Toussaint-Louverture expirant au Fort de Joux. Dessalines et Wtion s'unissant pour la grande oeuvre c'est Rochambeau capitulant A Verti res ; le pati-irnoine na-




8 .2 RPN'IJE DF LA LIGITE
tonal, c'est I'acte memorable de notre Ind6pendance, c'est ce coin de terre dont les callous en fleurs miroitent au solely des tropiques, ce sont nos er6puscules aux teintes mille fois varies ; le patrimoine national, ce sont nos moeurs et nos institutions, nos belles aspirations, les volontaires haitiens jonchant la plaine de Savannah et puis aussi, c'est mille petits riens qui tie se d6inissent pas mais que nous sentons qui vibrant. en les plus intimes rejoins de notre Ame.
Jeunes et vieux, haftiens, acquittons rious honorablement de notre tnis-;ion pour que, dernMn, les 6trangers parlant d'Haiti, dissent Haiti, petite terve, grande nation.
R [CHARD SALNAVE,




DE LA JEUNFSSF HAITIENNE
ARMAND THOBY"'
(Sitite)
Armand Thoby, ainsi que do nombreux liberaux, revint singer d la 14 U-islature. Devant cette nouvelle Assnaibl6e la grave question do I'Mection pr6sidentiello se po-a. Un coup d'Etat la r6sol6t et la transac',ion de 1870 produisit son plein en enter effet. Le parti lib6ral qui voulut pr6voniv I'av6nement de Michel Dondrigue la Pr(sidence tut d6fdt et frapp6 d'ostracistne. Armand Thoby gagna le consulate espagnol et quitta Port-au-Prince en juin 1874. 11 s'en rut A Paris avec toute sa famille et y s( Journa jusqu'on november d'ofi il se rendit A, Kingston. Edmond Paul, son ami, qui commit l'itnprudence de I'accompagner an Port le jour do son d6part, dut 6galement s'embarquer et partir pour 1'exil. Boyer Bazelais et ses trois fr res, renferm6s au consulate, espagnol. rejoignirent A. Thoby ih Paris, un mois plus tard, pois a Kingston vers Ddeembre 1874. ,
Uexil est le plus rude chatiment que l'on puis-e inflig v h un grand patriots. Sans cesse torture pat, une accablante nos talgie, il se voit condamn6 A Finaction et priv6 du droit le plus sacr6 celui de d6fendre ses int6rks person.-els, c( ux dL safamille et de sa patrie. 11 d6couvre cheque jour Lie s6rieu-es raisons d'agir, en mf me temps que la conscience, de son impuissance se fait plus claire on lui. Tournant et retournant cette question : (( En quoi et jusqu'i! quel de '-t-6 les sujets doi vent-ils ob6issance A leu -Iouvernement?,) la scrutant, anxieusement, il sent sourdre en lui de values instincts de conspirateurs. Et les considerations de s'ouvrir dans cette ft conde imagination se donnant libre carri6re. aussitot coneues, aussit6t ex6cutdes, sanstr6ve et sans solution de continuit6, olles so poursuivent, abattent les tyrants, r6tablissent le r gne de !.-I.
(1) Voir let numAros de ]a Revue depifls Weenilne 1916.




REVUE DE I-A LIGtE
jettent pir centre la, solutionn et la, ruine dans les families, versent le sang et plongent la soci6td dans les sombres inis6re--, clu'entrainent les guerres riviles. Et voilA le brave coeur qui se surprend en flagrant d6lit de d6faillance, 116site, se sent inourir de d6sespoir et se d6bat dans les affres terribles de son inextricable dilemma.
Cette lutte, il n'est pas de lib6raux qui ne I'aient soutenue, car ils no parent demeurer insensibles h 1'6croulement de ce qu'ils avaient MI6 pour le bonlieur de la patrie.
D'autre part, le people dans ses soufIrances aspirant A une reaction, somblait jeter ses regards ver-s les premieres victimes de ha tyrannin. Une plus Iongue abstention de leur part rriserait I'iiidiff6rence et ferait sans doute planer sur elles tine rvsponsabilit6 morale qu'elles craignaient, aussi flrentelles de leur inieux pour defivrer le pays du regime odieux qui Yavilissait.
Armand Th-)hy sous 1'empire de ces circumstances et sous ]a pouss6e gl ii( rale y apporta aussi sa, contribution. 11 crut ainsi continuer do travailler au triomphe des Wes purement lib6rf-iles, scales propres A assurer le bien-Mro au people. 11 inesura le in 6con tento, m ent g6n6ral et soutint les tenclances r6actionnaires qui s'affirmaient.
11(ni enclin touk-fois d Foxaltation, plutot inod r,. et r6fl6chi' il ne inanqua, point de constater combien les r6cents succ6s parlementair-, avaient alt6W les principles dans les esprits. lis avaient enfant6 de nouvellos ambitions qu'une logique ct-66e en consequence devaitjustiier. Lesquestions g6n6rales perdirent de leur intork pour faire place aliv questions parflculi6reszz, voire it des considerations do personnel. On allait reii(rer do plein pied daris les mesquineries haftionnes au d6triment m ma de cette nation haRienne.
Sous Nissage Saget, les lib6raux bien que nr6nant le parlotnent.-Irisme f'orent as ;(,z sag,,s, pDur no jamais briguer un minist6re. Ils s ivaiont alors manager le 4 susceptibilit6s, notamment cells du -6n6ral Doiningue aux yeux do qui ils, se se sentient su-spects. Fermes A leur poste, ils veillaient, reo. dressaient les abus, faisaient des concession-,, transigeaient, a ve(,, M%,6cutif quand il le fallait, Wen r6ali ant pas moins I'cruvre que nous savons.
L tainterianl, craignant de nouvelles d6faites, Us current de




DE LA JEUNESSE HAITIENNE
bonne politique de les pMvenir en ex6cutant tout d'un coup leur programme dont le point capital V-oriwiis etait I'av6neinent dun des leurs A la Pr6sidence. [is s'arrooerent en ontre zn
le privilege do ie (16signer au suffrage, do I'Assembl6e Nationale tout en laissant pressentir (JU'Un IULI'o 110 SLIUrait convenir, car lui seul avait les capacit6s requise-3. La th6orie cl, ', droits de la plus haute capacity politique otait nAo et on la formulaic ainsi : (( Do tous les homes politiques d'Halti, voici le plus capable, la pr6sidence de la 116publique lui revient de par lesdroits do sa plus haute capacity.,)
L'on crut &couvrir le rem6de efficacy, la panache q1fl allait gu6riv Lous nos maux, r6g6n6rer pour toujours la -Opublique, reformer notre mentality, abohr nos pr6ju-6s, itaifler les Partis, retablir le r6-ne de la Justi -e, de la Lil-lort6 et de la Paix, (( faire reculer la Nlis ro )), uno merveille enrin qdi devait engendrer d'autres merveilles et donner le spectacle d'une socik6 unie eL forte, discipline et lab)riouii vante et riche, (Fune petite MpubliqUe mod6lo govern( e par la race Yeprouv6e etqui imposerait silence Hiumanit6.
S6duisante et belle th6orie, mais combine subtle et chitn6rique, anti-lib6rale en quelque maniere, puisqU'elle rendit dogmatique ses pa-tisans, dangerous surtout, car elle promit de grandes chGses, sans pr6ciser comment les r6aliser, pr6dit un OL-o (For, on faisant abstraction des conting)ences, alluma dans les cwurs on fol eathousiasme qu'o'n crut 6tre la seute manifestation du vrai patriotism.
Les partisans de la nouvelle th6orie ne tard vont point devenir intol6rants, voire iniustes Les v6ri6s les phj ; 6videntes 6chapp6rent aux tnieux dwo ;. [is m3corinurent les' lois les plus el6mentaires de la psychologio poli-ique en plaqant one personality au-dessus des principles. Ils s'6carl rent ainsi de la ligne de coriduit(- qu'ils avaient siiivie depuis 1870 rampant do la sorte les HODS (I[Ii Unis,;aient lo ; members du parti lib6ral et (-r6ant une affreo e dis,;Icacc.
Armand Thoby, ami de;3 principes, ne crut pas ourre meilireA la puissance de ces hornmes, surtow. quand i1s se m
justilait. Nous I'avons Vjih dit et nons ne ces-wons de le r6p6ter, Armand Thoby s'inspire beau onp (In p u-, O, il l'inter, aient de cr6er un Mat de fid- qne rion n'av;iit pr6pat-6 et n(! roge sans cesse ; ce West pas pour vion (lu'il a si bien a-pris




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I'histoire de son pays. Cola lui pert-nif de zaisir dans ses traits essentials I'ame du people liaition et de ne jamais rien concovoir qui no put s'adapter A elle. Si les 116volutions sefont favilernent on Ho*fti, il n'en conclut point quo, I'Ame halitienne ,.ze pukse aussi I'acilement modiHer. 11 combattit done la th6orio de la capaeit,6 pr s dentiello qui lui parut one chim re d'id6ologue. 11 tie comprit point qu'en 1876 u.i group d'hornmes pot imposer un clief d'Etat, q*uand depuis 1804 les circonstnuces SOUICS r6solvaient cette question. 11 comprit en.core moinsqu'on eOt os6 produire un candidate qui ne valait que par ses seules reconnaissance ; administrative ou gouvernementales, quand Aepuis 1801 la Pr6sidence de la R6publique a toujours 60 le patrimoine du militaire. Le people, facteut principal dans ceite passionate question de 1*61ection pr6sidentielle, lui qui fj;ibituellement joue fe grand r6le et dicie ses voiont6s, rut n6gli-b. Notre histoire prove assez quo si par ailleurs, no(amment d;ms les e* locations 16-islatives le people se, lm, ;soconduire, c'est Idi en revanche qui nomme ses Pr6siderits et les Asseinbl6es politiques no sont pas librosde ratii, rou de tie paz; ratiClerses decisions. (, Orquelle cst la competence du people Pout' r6soudre la difficile quew tion de Fhlnime polifique le plus capable ? Vraiment notre souverain encore si imparfait, si naif se doute-t-il de la question pos6e sous ce titre par le liberalkime transcendant ? Pour qu'iI le comprit et la r6sol(it d'une fa on quel.01)qUe il aurait, tallu que d0j, il s'abreuvdt comme s6s (111C,' ;IiOuneUrS aUX Sources de ]a m6me vie intellectueile et morale et que comme eux, malpj-6 do prorondes in6galit6s
do lurnieres et d'_,' tat social il poursuivit le m6me Wal.
L'incompkence du Peuple rendit la th6orie injustiflable. Poussmit encore plus loin son argumentation, M. Thoby flit reulat'(JUer'que si pnr Imsard la volont6 du people se trouvait (111 accOrd :ivec h tli6orio, non seulement. d'apr6s lui, le peuple so seraiL laiss6 guider pluie)t par fes opinions de I'homme capable quo pat, ses aptitudes gouvernementales, mais il ne croit. pas quo la plus haute capacity servirai.t beaucoup daris tin crOuvernernent parlementaire.




DE LA JEUNESSE HAITIENNE 87
Les quqlit6s mattresses qui font un cliet de parti ne sont
pas les qualit6s mattresses qui font url Chef d'Etat: la plus haute capacity politique, pout etre un chet de parti, un excellent leader parlementaire ot par cola m6me ne p-is kre
un bon president de r6publique parlementaire. )
Quoi qu'il en soit, ces r6116xions fort.justes m6ritent d'kre apprki6es, car Armand Thoby n'est pas de ceux-ld qui consentent quoiqu'en present ses adversaries it hisser au pouvoir un ignorant dans le soul espoir de consacrer I-i politique de la douhlure et se manager ainsi des prerogatives extraordinaire de ministry gouvernant et administrant. C'est mal connaitre Liautaud Eth6art et C. Archin, pour ne citer, que ces deux que de penser qu'ils tol6reraiont de la part d'un coWgue, mkyje quand il s'appelle Armand Th,)by, une ing6rence dans les affaire, ; int6rieures de leurs D_,partements respectifs ; c'est, encore les mal connaltre que de les croire de temperament d approuver purement etsirnplement tout ce que M. Thoby proposerait ou voudrait imposer. Ce West done point paramour du Pouvoir personnel, ni qli'il fut par temperament conservateur que M. Thoby fit 6chec au candidat du lib6ralisme transcendent, c'est tout implement qu'iI voulait que chtAque r6forme inaugur6e par I'Mite intellectuelle pfit We en quelque facon assimil6e par le people et ainsi ,plus facilement, accept6e, et que lentement, progressivement I'on parvint A extirper de I'dme des masses cette curieuse tradition du Gouvernement par les militaries.
Les 61ections de 1876 confirm6rent les opinions d'Armand Thoby. Le courage des adeptes.de la nouvelle religion ne fut point pour- cola abattu. Le dog(-no de Pinfaillibilit6 du candi dat du lib6ralisme transcendent se raffermit au contraire et le z0edes pros6lytes Wen fut quo plus ardent. Les vainqueurs, d6sireux d'unirier les deux fractions du parti, voulurent transiger. Ils ob6irent en cela h l'un des principles les plus incontest6s de la science politique. Ils se heurt rent d l'intransigeance des vaincus, et Armand Thoby devenu ministry du nouveau government, se vit harceler parses ancient amis, il dut entrepi-endre une lutte opinikre pour empMier les ern-




REVUE DE LA LIGUE
pi6tements du Pouvoir U-islatif sur les attributions des autres Pouvoirs publics. Les reprochos les plus injustes et les plus contradictoircs lui furent adress6s. On lui reprocha tour A tour sa rrollesse et, son despotism.,2. Finalement ces manceuvres aviv rent les ressentiments r6ciproques et cles frictions continue.--, jaillit 1'6tincelle qui mit le feu aux poudres.
La guerre civil fut vallum6e par ceux-IA m6mesqui 1'avaient tant abhorr6e, et par une tHste ironic du sort le parti I-b6val! qui avait d6pens6 ses resources en luttes inutiles. se ruma lui-m6me ; etcomme pour 1'empreindra d'une aur6ole de gloire en i-6--ompense des pr6cioux services qu'iI a jadis r.endus au.pays, cc m6me sort pert-nit que 1'6pop6e de 1883 s'accoll)plit.
Cofte scission d'un parti en qui reposaient routes les 16. gitimes esp6rances du people haftien. en'raison de ses saints intentions. de la superiority des intelligences qui le dirigeailent et do In profound sinc&it dont il avait donn6 une preuve si 6clatante en 1870, nous autorise A penser que les fatalit6s hisforique n'ont point 6t6 pour rien dans ces ddplorables6vl .nements qui en fui-ent les consequences, et que rn nne elles y ontjou6 un tr s grand r6le.
(f) viivre)
Fgmx MASSAC.




DE LA JLUNESSE HAITIENNE 89
_4IIBONIOUE FINANGIP-',YBE
( ii\,t1-v(,ne.mPntq ont domino la situation depuis l'apparition dudernier-Node la Revue. Le premier, la erainte d'une guorl'o Otore l'Am6riqu(- et I'Alleningne et lf-s consequences (Iiii pfourraient en doeoifler pour nous. a 6t6decrescendo. Le
4 question de 1'emprunt, a W au contraire cresiious beaucoup plus. C'est A son sujet que
qfil(ls 'Olidrions direqtjelque ,- inots.
(piot'idi.(-n-s-du mok dernifr, 'M. A. Lilavois failes con: '6qtiences flnanci( la situsitiii i (Iiii ious strait faite'apr s'la el hipplio;oimi &Teinpi-tiot de 30,millions.,Cese"(iil :lvi. -; till dMicitittintiol A'un million de dollars --et
III Mll I e tylitirfles. Combine oil ne connait paA encore les dt, 1*1)p ratiori, taux d'6mission et Witjltir W. 'atin(OL6 ew., c'est des probabilityt ,S que, forc6'111 fi it I.-Nilotiiett r Lilaviiis it d6,raisonner, probabilit6s bases
-urlla situation 6conorni(pie actuelle flu in )nAle.
-tint p, in
P'l if-: s asles conditions Qnan, i6,re,! encore
Ie ff lnprllnt qiie nous voijdrion-3 envisaged ici, c*osl In rondilimi primordiale'exigiie pour qu*il soit souscrit I natit, de'la Convention pour
Will atilre p6riode de dix-911116es.
j in 61npia oo no ius 6cri vonQ; ces Ngne z, 1'emprunt a il, 'doijx cointwinication.; (1p 'Nlon-3ieur le C,)n,;e1latitant dire du Gomvernement Am6ricaia au
Ce 4 deuvph ces n'nynnt.j.imnk (it(,. piihlioes ornciellement, sur les (Iiii oat srriv66 dans le public,
qui doi vent tre vrals, pilisfili'ilz, Wont pas encore 60 d6"' Oans:lwpritnitre rornniliniontion il parfait qu.'apr s avoir
-fildi(piAln ndceq ;it( de I emprunt, pour noii-1, nlin de liquifIV-r iloire '-flillation finnnci6re, (raclint ot iiiiii1caflon de. no,, det-




RENIIJ4 -DE .LA LIGUE
tes ext6rieure et int6rieure, p iiprnent d(,-; intor(!, t.; (it a m o I I.iA sernents en retard, rembourseniont do la defle flottanle etc.) 0.11 faisait ressortir que la minute piAsente. Mait la, plus
propice-.pour racheter suvtout notre. dottp
bir valiant aciueltement,6 francs au lieu (jo,5 od i0ul 5 31, IA 116publique r6alisprait, de ce clitif.seulettient un ht'in-fice se chiffrant A dos millions do Les dette.3 r;ichet'ees, un hii Itym,
"'bl-6 6tabli, et aussi sin 6rt ment fit opttPuloill,
1'6ve'de pr -;p6rit6. pour 11 .'i hi I
q io 66oridt en fi n.
Ni le taux, d'6m mission. ni ce'ui' do I'i n 1,6 r t, ni mic'mip,
ordinaires do tout d npi-unt.,ii*tit;ii,,*ii -. iiitlj,.I'tit44.,Q On estiMait seulement qqej,'O 12 pru il t .se million.sde dollarseton a, surait,,qu(' le'QooVevI eijAPot A, (I j 0 .Yica jn preterait sesbolls o I rl V, e a I I p I (is' (b. i, S. 11) 1 I I I I v j aixe aboutir:'I'op6r,,jiojI. it y, it I'l 1), -,!It
_Mve le nceud._d(-- 1011,141it 011 j l''61p itz ("fqqii ill
,quo., les capita I iste.,. atwi -icitin i, -,.I I IV I 1 'r ti !,I, t, le! IV,
toil t atjt inL,. ci.Cik -3,er tj ,it ctlj-t ii ii d tvi; nxantT; ch,, ance do la p6ri()dj Wappli.
WMait pa.suposisibje
hv6r6t-,, dmis"Ies-buit ann6es-et. qq lc tues, cjw we. A courirA J'.6ve deConventioil"ilo.'Ic i'lJ4111"Jit, res (A d6j4; h Con.ventionjut provogAe pour dix answAr.tx0e ;e cQiiditioi Top6raiion lwu vait
Telle serait'k -f s lit veneuitde lit, prc-mi6re!,ilote iur
..In(juelle nous I-evieudron-; phis loin.
I, ris. 'n t,, lie: 1, JWVIIJIG .
'a'deux i( ule, tous jos -guinii -- -v,
que, doppj-A,
jes hitterss fjo
-deIeAijro'.'pour pouv()ir -mlivenir wix
ilYS (J:u oll.ayt1it agi, n il i I-d av;tiL'en*v.1t,, .,Get R TI
prunt qui devait. tout 1"'(r1IliWiSer('II, P011001tatit: *41-, :" pAyOr t6litI'1Irri6r(?i de In dotte &)nt les portour-; Conlrylpiwait'llt
*iI d pa-"'vf)1 lt ir'pll
jj vemtit impf')s ible de. clonthiuor- :iw.
wnclre protosta tions (l tie
faelhm; si no se f dsitii pns .(aveo, bien;_(kri-Wildivin




DE LA JEUNEMSE HAITIFNNE 91
clause de renouvellement de la Convention), on s6 verrait oblige de ne plus continuer A. payer les d6peases courantes du. Government, autrement dit on suspendrait le, service des appointments des fonctionnaires et employ6g piblics.
Ainsi, A Fobligation faite dans [a premiere note venait -sVjouler pour le Gouvernement, s'il n'y souscrivait pas, je ne veux pas dire la menace, mais la dure perspective de voir le service des appointments suspends.
Mais pourquoi cet avertis.sement, fallais dire encore la menace, de la deuxi6me note?
Pourquoi ?. Parce que dans l'intervalle entire les deux coma munications l'opinion publique bien qu'elld ne se frit pras encore manifested dans les journaux aux premiers dchos qu'elle avaWeus de la premiere note wkait denue d lIdde-de voir, d6jA, se renouveler une Convention dont A I*heure ac. tulle on est encore A attended I'application, bien qu'elle ait Md accep de depuis Septembre 1915 par les Pouvoirs Publics HaYtiens et agr6de depuis Mai 1916, par le Gouvernement Am6ricain.
L'opinion publique, diso ns-nous s'6tait 6mue et cette motion Wavait pas W sans se communique au- Gou vernement et lui paraitre quelque peu. Idgitime et justifl6e. Pe6tWe m me le Gouvernement s'en flt-il l'interpr6te, I'iater pr6te, timid, dans les conversations, au sujet de I'emprunt avee les maltres de I'heure. Dans tous les cas: on I'a, dit. et on strait autorisd A y ajouter foi en voyant, 1'empressement qu'il a mis kdivulguer le contend de la deuxi6me note dont Monsieur le Pr6sident de la Rdpublique, lui-m6me repre'. nant pour une fois la vieille habitude des audiences prdsid6ntielles des temps passes a fait le sujet d'un entre i tien- ptp blic avec les visiteurs dorninicaux de la Prdsidence.
Ce strait done comme une douche d*ew froide, jjt6e suir la: Idgitime krotion soulevde par la premi6rq note et! pod.r cooper court, A toute vellu-R6 attention que, le Gouvernement; voudrait accorded A.cette manifestation- de I'opinion. publique




92 IIEVUE -DE -LA AAGUE
qpej sansdoute,-I'Aroument de la douxi6nie communication, I'argunient ad ventrem, fut lanc6.
Udmotion'-h'ce'inoment se cliangea en stupeur clinz les ums, en indignation chez d'autres. Puis. peu & peu, d !a r6flexion, le gros bon sens du public report le dessus et se dit que le pdril n'6tait pa-i encore imminent pour ce qui reste enearob des pauvres employs publics ainsi menac6s, car-avant d'arriver A leurs inaigres appointments. la,,Io-iqtje el. le haut-souci de justice qui doit animer les dispen-3ateurs actuels do nos revenues, de notre argent, les porteraient, tr6 eertainementA suspended d'abord les d6penses pour travaux publics dont le montant, pour inconnu qu'il-soit officiellement, ne doit, pas.6tre pour cela moins respectable. Car to-giquement un Pays,, combine tin simple partiedlier, quand it n'a pns de quoi manger,-ne peut pas penser A construire
Bref,.la deuxh me note ne f1t donc que croltre I'6motion soulev6e par la premi6re d laquelle it nous faut revenir pour teacher de trouper le m,)bile de la clauie de renouvellement de,14 Convention.. claw e qui doit coaditionner principalement.la r6ussite de I'ernprunt.
pourquoi cette:clawie?
-p-rourquoi-cette clause, lorsque I'artic:e XV! de la Conven4 tion disposeque ((le present trait-_ resent en-force et vigueiir pendant une dur6e de dix ann6es, Apartir du jour de 1'6chati ge.des ratifleations; et, en outre pour une -ititre p6rioJ6 de 10 66n6es si, suMant- des vaisons pr6cises formulees pat- Fune OuTautre des Hautes Parties Contractantes, les vues et les 6bjets de la ConVention ne sont pas atcomplis.
Dhs lasignattire de la Convention, le people Halitien ne s Mait pas m6pris un, instant -ur le sens de I'article XVI, it ayait parfaitement co mpris'que, virtuellement, la Convention &aitpou r O ans, car it n'y avait pas de doute qu'au bout des dix,, premi6re ann6es, des, raisons pr6cises seraient formilMes- par, 11tine ou. I'autre m( trt i certiin3fflent ce strait par I',au.tre).d-esiHautes Pti:-L,,.ez3,C( aLr ietantesiputti-,.fait-c, ressortir




DE LA JEUNESSE HAITIENNE
que les vues ei objets de la Convention ne sont pas accom7 ,plis.
Sachant cela les HaYtiens Warrivent pas A s'expliquer 1' 0. obligation qu'on vetit leur impo ser, en ce moment, pour avoir Un emprunt, de renouveler, des maintenance, une Conventiori dout its sont encore apr6s plus d'une ann6e qu'elle a W vo 16e, & attended la mise en pratique.
tiaturellement on a chercM, car on n*a pas accepted, mais mais la pas du tout, la raison invoque*e des pr6teurs qui veulent 6tresOrsqueleurs capitaux leur seront rembours6s avant I'deli6ance de la Gonvention. Si c*otait 1A la vraie raison, le;3 craintes de ces capitalists pourraient 6tre fAcilement apaisdes en leur indiquant en supposant qu'ils ne la connus, sent point -, la clause de I'article XVI permettant de proroT ger la Convention au gi-6 de l'un des Contractants. .
Mais it paralt que ce West pas contre nous,, mais ptut6t centree le Gouvernement Amdi-icain que les pr6teurs pren.4raient cette pr6caution. Oui, si extraordinaire que cela puisso paraltre, c'est la raison qui a M6 doande pour justifler ia fameuse c:aUse. Les pr teurs ne sont pas certain qu'A 1'6-, ch6ance des premieres dix ann6es de la Conventi on, la politique du Gouvernement Am6ricain sera la m6me 'qu'en ce moment vis-4-vis de Haiti et demandera le renouve element de la Convention.
Ah le bon billet! Voyons, raisonnons unc second. Si I'Am6rique est intervene, de la fa on que l'on sait, dans 'Dos, af-. faires,.c'est parce que disait-elle it fallait en- fifiir avec les revolution s qui s6vissaient A 1'6tat enddmique chez,. nous et c-ompromettaient tous les int6rks d6j& engages en Haiti, en m6me temps qu'elles emp6chaient d'autres d'y venir, pour le ddveloppement de nos richesses. L'interventiondoit dqrer jusqu'A ce que Pordre soit rdtabli en Haiti, l'ordre au point de vue de ]a sdcurit6 publique aussi bien que l'ordre dans', les flnances. Or, it ne peut pas suffire d'un changement de Gouvernement aux Etats-Unis', ou d'un changemen t dans I'&iquette politique des Gouvernants, pour changer aussi pofi tique arn6ricaine A notre end roi t, encore q ue son but Wau Ait pas W atteint I'dtablissement de I*ordre-d6fInitif en'"'HaTti. jout ie temps que le, Gouvernement -Amdricain, dir gd -par des-Ddmocrates ou-,des, Rdpublicains, estimera-.que Yot.dre




VUE D L flidU'r,
par't6d .. t, da, n s la: rue comm e d I ns le s finances, h e r6gne pa 8 d'une fa on. absolute en Haiti, Fintervention continued. Ik 61a p9mt do vue,.,rien done A craindre pour nos futurs prkeurs.,,,
--,D-,'autre part., si au' bout do la premiere d6cade Finterven.:-. tion cessait (nous prion,,,, de croire que ce West IA qu'une supposition tellement liypoth6tique, que nous sornrnes les pre, Mi&s, A en sourire), c'est quo l'ordre aurait 60 r6tabli d'une fa 6nrabsolue et dans la rue et dans les:flnances. Et alors quel p ou rraient' courir les* int6r6ts d'e* ceux qui
slapprete 1. nt A nou8 pr6tor les 30 millions,, car si I m I algV& tou8 nos' 'd oMres passOs, nousavonS'! tonu, avec des retards qot?lquidois, mais tenu-quand m6menos engagements, ce West pas apr s que, [,b .dre flura 6t6 maintenu pendant dix ann6es conservatives dan.i.le Pay 4, apr6s que nous aurons eu tout ce tern-psTexemple 6dinant de la r6gularit6 dans la comptabiM6 publique dont de.puis pr s de deux ann6es d6id nous 6proUvons les remarquables bienfaits que noos pourrions ret15urner d nos d6sordres passes.
Ya ton pas 6t6 jusqu'A (fire que la Guerre Europdenne dt37 vant, flnir.(jn jour, il so, pourrait fort,. lorsque les, Gran'Jes Puissances d'Europe, la France, I'Angleterre, et I'Allemagne aussi, auraient- achev6 de r6gler leurs querelles, qu'Elles viennent m Haiti voir un peu ce qui s'est p:is-36: pendant leur tibsence, routes chooses auxquel les Elles Wavaient le loisir d6, V Mer une attention; guffisante A Meure, ot ''lles s'acc61h.' plissaient ? Et alors peut We que si on attenda'it Ncb6antd de la prenii6re'dekade Oour 'que l'une ou I'autrd des Parti es Cbntradtantes form' u I At des raisons pr6cises, indiquant qu e Ips. vues etobjets. de la Convention no sont pas accornpl.i ', peut-6tre qju'A. ce moment It'i, I'Allernaolne et les autres domanderaient A voir de. plus pr6s instrument diplornatique ,Oe.,SepternbreA916 et A en causr; et qui sait si tout eelg pasgorait aussi facilement qu,,A la, minute pr sente ? Or ibe*4t, A ujoQra,.ttiioux..Pout-,u.n tt-6s-gi-an.d peuple-j.-Iorsqu'il.a affaim