Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne

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Material Information

Title:
Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Ligue de la jeunesse haïtieene
Publisher:
Impr. de L'Abeille
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:
Frequency:
monthly

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1re année, no 1 (20 fevr. 1916)-
General Note:
Title from cover.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
aleph - 001528667
oclc - 19032133
notis - AHE2021
lccn - sn 89020401
System ID:
AA00000450:00010

Full Text















This volume was donated to LLMC
to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by

University of Florida Library












V P3i

DE LA

REVUEL DE LA LIGIJE

DE' LA JEIJNE'SSE IIAITIENNE






AMIITIES 1.12OSSIBLES...
Lever de vialeaite cit utiate
PAA
Leon LALEAtU & Georges N. LEGER










PORT-AU PRIIITCF
I N[PR1MI-N il? DR, I)J iA I3F.ILE,
1, RtJK AmieiticAxim 4, RUtK FORT PICK,~























AMITIES IMPOSSI3LES...

Leverde rileau (n un ac!", en pi'ove,
rAR
LEON LALEIU & GEORGES N. LEGER















AMTIS imPOSSmrs...
Lever de rideau en un acte, en prose,



IERSONNAGES


PIItRY MAIARNOT, 89 ang.
FiAN'CINic. fetmme (te Pierro, .0 aIs.
ALICK D iNANT',Jvlte Veunce, 'di i.if,



Le theditre represented le jardin de la villa dps
dpoux Marnot, a Petionville: A droite, lai mai-
son; t gauche, une petite barriere donnant
sur la route. Au milieu et au fond, un grand
arbre, (a Pombre duquel est install un banc.
En avant, une petite table, et deur b 6rcens-s.
Lorsque le rideau se MIve, le jour conmence 4
baisser. Irancine et Alice son' assises dais /Cs
bercnuses; elles vimnnent de d'posei- stir la
petite table, l'une sa couture, I'.i'lre, le livre
vq'clic lisait.





Ai 'tiiids iumpsvible"


SCENE PREMIX:1RE


FIANCINE, ALICE.

FRANCINE
Comme l'alr fralchil avec la chute du jour!
AI.ICE
N'P.t-ce pas?... C'est A croire que le clel
nous a prises en pitid, nous autres pauvres
Pnrt-an-Princiennes, il nous a donn6. tout
pr6s de la ville, pour r6parer notre teint quo
le soleil brCile, les nuits delicieuses de La
Coupe...
FRIANCINE
To rappelles-tu nos pu ties de plaisir ici,
quand nous Otions touts petiles ?
ALICE
C.,tait Ie bon temos...
FRANCINE
Le pas u est tonjours Ic hon temps...
ALICE
C'( st vrai. To garden un sonviwnir particuli6-
rerrent imu de ce passe-Ih. C'est ici, dans cot.
te maison, que notre amiti6 a pris naissance,
c'est ici qu'elle a grand ot qu'elle est deve-
nue cet attachment solide, A toute epreuve,
.Iu riHian te t u D t eniamer. I1i bris.r. N





Al tl fit"s i, 7s/,',/.,t.

FRANCINE
Pourtant quand tu t'es flancepo, t as bien
cru que tes futures obligatii in doe rntltr, --.
de maison, les sins do toi mitnae., enlfin ta
vie nouvelle. t'alhorberaient, et qu'iin ini mot.
lo temps quo to consacrerais A ton maria, tu
le volerais 4 mon amitid...
ALICF
Que veux 1u 'je m'imaginais un mari com-
me une espece d'ogre ayant sur vo'is tous
les droits, mn6me celui de vius rendre mal-
lieureuse...
FRANCINE
Et puki cela a 6tM mon tour de.me marier...
Et nous voila toutes dour ai.joiurd'li ii, ,oi
vouve, moi mere d'un enfant, dans cette mt-
me vieilledemoure oft nous coui ions en jitpes
courts !
ALICE
Et loin que ton marriage nous ait d~ninies,
j'ai trouvd en ton 6poux un sincere ami.
FRANCINE
Je crois qu'il a beaucoup d'affection pour
toi.
A LICE
Jeo I lui rends Mien.
FRANCINE
Pas trop j'(spere ?





Amdiex/ *. ii imposjb/'ss


A: ICr, rian./
Suflisammont, polite jalouse....
I'RANCINE
Ja.loot ?. si je l'*tais, jamais je no t'auraik
invitee bi passer l'*ld avec nous.
ALICE
Soi.4 tranqiuille, entro ton maria et m )i, il y
a tout I'amour qu'il oprouve pour toi, et toute
notre amiNi6. Ce sont de.s garanties.
FRANCINE, oltriqnt.
Do tout epos.
ALICE
Ti a- de la chance d'avoir dpous, un horm-
mc comme Pierre. C'est un mari ideal.
FPANCINK
11 i'a rentlue liourous .
AMICE
11 est sl prdvenant, si bon, qi doux, nt sur-
tout, chose rare pas 6giiiste...
FRANCINE
WEn o.fet..
ALICE
Elavec cola, boa'i garf;on, fin, distji-iulle,.
FR.ANCiNE
Comme tu y vas...





Amihlids inmp,'ssiblns &

A LICtv
Enfln, le maria aim6 d'LUo fetinm3 charman-
te.,,
FRANQ:NE
Tu l'accables..,,,.

SALICE
Moqup tol .. Ce quo je puts dire c'est que
j'dtais ddja bien heureuse d'6tre ton amie,
mais que jegotite une satisfaction double d'a-
voir en plusdeton affection,celle de tonmari.
Je me trouvaistoute seule dans la vie... Desor-
mais je fais parties de ton menage, de ton mn.
bilier, comme ces vioux mnhoublp dp familla
qui garnissent IteQn :1t w I epm lnts en vill'. qul
sent les temoins dp ta joie, et qui scn blent
rayliner des refletB dr ton boulieur

Fn \NC:NE
Je auis contente aussi qua Pierre k'entpn-
de si bien avec toi. Lorsqueje t'aiptiWedo
venir passer la saiFon avec nous i La Coupe
j'avais un p'u peur qu'i no fit la W1'e... Tu
vois come je te pai le franchl'ment .. Au d1-
but do mon marriage il mr semillait qunil Mtait
jalouxde noire amilie et de co que toi aiis-i,
comme lui, taiss la coi fldente de toutesnmes
pen ces...

ALICE


Jc 1'avnii- Wenp reinarqiu-..







FRANCINE
-Un jour nm~mo il m'lon flt le raprouiie a--
soz vivemnentett a Ila .mclqWi~idira pie tu nic in'6-
tais on some qu'unc etrang~rc....

A v.1rp

JEtran,,Orc, m o I 1 ait f.iu

FRiANCINE,
Fou d'amotir, on!. Je lui expliquai pie Lu
avais tO~lljoirs W tine smuir pour m,)i ;iI'me-
rvplfqua qtiune femme niavait phii besoin do
sw1ur, de fr~rc, de p~re- nidle miirc, que son
marlin remplaqait tout cela.




A LICE




'Et alo' s


AlInrs ?... rjon. FLe~ joiirs ont pas;0. qon ar-
fection, d'ardente ot d'exchii-ivs., est devenue
paisllble Ot corifiante. Mi j~dtak, ri'schanto, Ic
diraiiq A-it'li a (6volu iu du -iul (taict, Pv'irf'ti o-
j ugal Ai c0liii Ali[ deVoi r conj)]m ig &e4s d u res-
to Ilistisoire deC tus Ics niHuagcs.





A m~iics uinkpojtssb


Pa., de toiis... 11 y en a qul -n'tvolueki pa,;
prftisfmcnl au devoir.
Fa ANCIN E
Ceux-I i ne :-iont plus dai in %iiag. Ei'i touti
ewa-,-voi) to, -aris 1(3 savoir, ta m~ag seri' A
me.-tirer exacternent, et ljoor par jour. it' dc,-
gi-6 d'amo ir (pip, Piorre me portait. C'titait
ahlvoirdo, m-tis *J'6tai3 content les premtters
j' uiis qjuan .1 ii me roprochait. ml )nl aITjittt poq!*



Comnme tu I'Aimcs I

Fa n,%N C INIX
(Jest mon marl.


D-oiile, Fra nel iw, 11 [no senible seiii im
pei Warmei turic (Jatis tes~ paroles... Ne serak-
tu- pas aussi hourcu.,e que je le crois

1FBANCINE
E4--cc quo 18 sais ? La vie est Si compli-
qti~e.


Comnpl iqu(5e, ]a vie'? Ali, Francilio. (-'i"qt
qu'il y7 a (qIelq'Ie chose qui te tourmeit ', r-ai*
U1(JUr les -.reis licui'vtix Ia vie eCt b.' uiouui' ilfl







pip. Voyonsi, ne. si i- -,e plus loll arnie, riw suis.
je :Aw- la copfldcril (-! tes cliagrins ? Ouvi v

Tflui11 1011 NojrE.

C'o ),t si peo do choso ', Ot SiVaue.


'El inlqui (W1jfai fion devinV

FRA NCINE
Tu no pouvais non pliiz rien deviner. %I,)!-
m~me, par inome~tit-, jP me demand si jo lie
suis pas folio de m traoauosor ainsi... puiiij -
retidchis, et je sen-i que in ts 1m*lsoIie
ihe LPOMp(!II pa.i. qliil se p tisse Itaus mon,
m~iiage quielq ie chtr.e &o subtil, d'in.ai-;L4sa-
ble. quileI mine lenternent ot qui, tviijotir. Hui-
ra liar le bri~ser...

ALICE
Mai, Chiu ile, tout cela me -embl'e 11) Pell
roinanesqiie... Tu Wias aucun grief precis ?.
Ton mari ...

FR BANC I N
Esqt totijout s aussi teiidrp, aussi aff~hctieux..,
Et pourtaiit jo son, t~ilu se d~tachie de mo i...

A i-icE
Je n'nii cepi-ncanl 1 rn vui pend.-nt rr~on s6-
jouuI ic...


A 1"i" 6 i Il'o8sit'Ifs







A Inl iie., 1;pos~'iAM5;


FRANGINE
Oh, il faut connaltre Pierre comme je le
conna-s pour saisir le changemont presqu'e
imperceptible qui s'op6re on lui... Pour moi,
chac.un do sos gestes a un sens, chacun de
ses actes.unesignification.Fronce-t-il le sour-
cil, Jo devine immediatement si ce n'ost qU'un
souci -a's importance, ou si le pli qui lul
barre le front lui ri Joe ga'ement l'ame.. Rien
do cc qiii est lui ne m'dchappe, parce que r1en
do cc qui ost lui ne m'indiffbre.
ALICE
Mais qu'a.-tu re.-narque ?
FRANCINE
Toute une serie de petites prauves doulou-
reuses... Sa faNon d'etre, de parler, hon
pas qu'il soit moins aim able, ou que ses pa-
roles soient moins calines, oh non, il est tou-
jours aussi onsorcolcur, -- mais c'est la ma-
ni're et le ton qui ont charg6... Et puis, ses
yeux... ah, c'cst dans le regard d'un honime
que l'on peut lire s'il vous aime reellemerit...
ses ycux qui me voient comme ils voient cet-
te table ou cotte chaise, mais qui ne me re-
gardent plus I
ALICE
Ce no sont que des impressions, Francine,
et peut-Otre rausses...
FRANCINE
Ces impressions 16, hdlas, c'est tout i'amour,









Non, je no me trompe pas, Alice, Pi'rre nd
tiraime plus comme il m'aimait autrefoik...
(t fe se cache le risage dans les mains el pleure.)

ALICE
Ma padtvre amie...

FRANCINE
Oui, plains moi... II n'y a pas hien long-
teji ps de cola,j'tai- i conliante on mes dvk.
tiines, si sure de mon honheur... A present,
je e le iens que trop, jo marche djas la d tni-
I ir... Et L1 ph.s atruce, c'est de ne pouvoir
rien dire, c'est da souffrir oa silence avec la
cei titude qu'il y a entire anon mari Ct min)i une
inatruse quii me vole soit afTection...!
ALICE
Comment, tu soupeonnes...
FRANCINE
Qui,je n'en sais rioen; mais il y a sreoment
line femme, entends-tu, une femrnie (|ii. petit
a petit, prend ma place dans le coeur de mon
inari... une femme don't l'imge 1i lhante, uno
remme qu'il porte en son mrne, sans s'oen dou-
ter peut-,tre, et qui agit sur lui avec I'etli:a-
cite d'un poison lent et subtil...
ALICE
Mais, Francine, ton marl mene une vie dles
plus regulires. II ne quite son bureau que
. uI r rentrer A la maisoi ...







A in ';li(r ;,qn)lms.,diifs


FRAN GINE
Vingt ois je me le suis dit...

ALICE
"Depuis deux mois queje vis dans l'intimit6
de votre foyer, je n'ai pas surpl'is la plus ld-
g. gre coquetterie de sa part envers aucune
femme...

FRANCINE
Oui, oui, tout cela est vral... C- qui prdci-
sement m'epouvante c'est de ne pas savoir
centre qui je dois me defendre, ni comment...
Vois tu, je ne puis i6.nfl pas dotester celle
qui me fait tant de mal, car ii mo semble que
ni sa volo.itd ni cell do Pierre n'y sont pour
ried...

A.ICE
Francine, que veux-tu dire...?

FRANCINE
Qu'il se pout qlia cotte femn.3 inspire cet
amour satus innme le vouloir.


Francine... Firaiincini... -explique tol...

FHANCINE
Je ne me trompe pas, Alice, ce qui me prend
moni mari ce 'est pas une venture banale
et centre lailille ji .pourrais facilemerinVme







*]U Ami'i
d6foendi, ne serait-ce que par la patiene.d...
Ndn, c'est quelque chose deo plus pi *.'nd et
de plu4 grave...
A IICE
'-Cmment veux-tu qu'une femme inspire
uine telle passion, sans qu'elle I'ait voulu ?..?
.Mais alors, ce pourrait aussi bien 6tre moi?...
Un silence
ALICE, reprenant vivement.
C'est impossible te dis-je, . o ne con;cjis
mrme pas une chose pareille... (apres un
temps.) Ainsi, c'est moi que tu soup.onnes?
FRANCINE
2Toi! jamais, je te le jure..
ALICR
Francine, tu as pens6 cela...?
Un assei longsilence, le jour biisse 'de plus en
,- plus.
ALICE, reprenant.
Alnsi, Francine, notre vieille amitid ne m'a
pas preserv6 do ce doute.,.
FRANCINE
Jamais, Alice, m6me un instant, je ne t'ai
fait cette injure.
ALICE
Et cerendant...







A i it,;vs III in a~i~bI h.s


FR AN C]N
Ce SOr~t tes paroles, A Pinstant. qui nnt fait.
naltre chez itous cette potis~e, qui mco.t par
trop dotiloureuse et (IuC ,'ai d~j.'t clisasd do
[wnm c(XmU... Alice, lesoulfre assez daiis Knoll
amour, qu notre arniti au moins rest in-
t~iete. oublie cet incident, jc fen supplie..


Ali, Fratud nei, cornme Jeon al de la pine.
Ont eittend (tit loin mo rotilemnr'n de vointre
Fix.NWINI', rViCneIPIII~
La voitive do Pierre I ()It. (l-iti e m tfot:.
ye ~pas; dai,~ Cot (Itat, avoc 10 v isa' eni pI.'Air-,
xc lese er. )AlIive. retieois-le tim instant, ici,
,jisIti~~U ce (pie *J'.ie, le teni), d.- mnappreter,
j.-ven prio, on'; arnie...
L'on .senit 4 l-intona'ioin. qu.-ese.p role w on t
Wie prononce'es qte pWoume/fzcep i Inv'siv tiie mi-
jirexxlioni de toutt d P/scare. A lice fait nit,*xigile
di~ 14 ld et Franic ivel db~r tI ill let ainx dill.
Le bruit de! In voiture se rapprocise, p468 vair-
,'mltg devauaL la barrii6re.







:mi ii j/v. imipo~k.i~~ev


Srt-'NE DFUXLMNE\


ALKUE, piis P;ERRE.


Vdtii- 6tes seule, All :e? di doric est Fran.-



Elle ost dans 'Qa clhambre, elle va descen-
dre...
PIERREF
Maiis, voliq pgraissez toute p.Ale,- et, toute.
tvhsle; julavez vous Alice?


Mol ... ?
PlFRRE
Tpirnz. vo wz vos mains, Pi IW prenad le~g
ylinli1, Voii.- lie trip duiez pats qu'elles ie tr~elh!
blenit pias, vo, Mainsu...
A LICE
je vou;; assure qiio jo ti'.d rien...
PI ERREr
Q~esest-iidone p tiss doptilk: mon depart
ce ma in ?..Jo vous ;i Iaiss~e :ouriante,
Ileuretise. jte volts retrotivo dcfaite, angois-
tie. aienibtIf Jo tie veux pas doe :ouffrancee






A 'nit s ia mp d'u/les


ici, Alice,... 'ci. c'ie-t la maiion dubi Ioh ur ..
Voyons, qu'y a-t-il dine'?


No m'interrogez pas, Pierre...

PiERR:.
Vous voyez bienqu'il y a queliue chose... (t51
silence) Vous ne pouvez plus le nier, votre si-
lence cst un aveti, votre silence came quo
vous avez au ceur un mal qui vous tortu-
re...

ALICE, (Us vont lenlement s'asseoir sur le banc.), A
Pierre, jo voudraks parler, mais je ne Il
puis pas... l1 y a des chloss si doi!lolr'ous. E'
qu'on ne peut qie lIs con:stater, il .setilile
qu'elles ld clhii'eraieuit ,i'vafivaro s'll tal!ait
les formuler en paroles S vtlxoz senilement
qu'il ftiut que je parte... qie je part sauis re-
tour...

PlanRn
Vous voulez no101s quitter ?

ALICE
II le faut.

PIER RE. aprs ttn silinre.
''-Se que Francine eat informed de vatr-3
resolution ?





A mtitt ihnpoys.illes


A i.r'v.
Pas enCorr, T item,'lt i C est vo q;ij. Ic;
vrez lui anniiocer eette 1 mi uo 11 ivel' ...
PI E.R H
Alice, que dites vous ?
ALICE
La v6,itc...


Vous ;vez eu avec Frairine ...


Une conversation qui m'a hI),o IovIs'i dlf.-
bord et qui ensuite m'a overt les youx...
PIERRE
A quel apropos ?
AL cE
Ne me questionnrz pas...

PIERRK
Et vous croyoz ,iue j. vi.vo'u I. i .-4 paa-
tir ainsi ? que pour uneo i nplc il e iielle de
temme...


II n'y a pas eu de qi 'vrolo...

PIRRRE
Ppu m'importe... Je ne veux pas q, e vous
vous en alliez.





A tit-iox 4inpoys.ibles


ALICE
Pierro, il le faut!
PIERRE
If lt fant... iN le faut II fallait no pan vo-
nir...A prdsentc'est trop tard. Pntpndez- vo is...
.vous eles entr&- dans ma vie, je voius gar-
de...
ALICE
Que diles-vou-... taisez-vous...
PIERRE
II n'en est plus temps!

ALICE
Songez Ai Francine... !

PIERRE, apr's un temps.
Vous no comprenpz d)ne pa,, A'ice. q .pllp
place vous occupPz en m >n emuir... Comment
cela s'es'-il fait, nl vous ni m )i ne le savnl. .
(;i dts d'abhrd la d,)tice accoutumanco de
vous voir ici chiaque ,)ir, d'entendr.- votre
voix, la troublante griserie d'une amitmi qui
se faisait tous les jours plus tendre. plus ar-
fectUeuse...
ALICE. l'inlerrompant.
Vous voyez bien, Pierr qu'il faut qu ,jo
part, queje parte sans retard... Vos par'ilp-
achevent de me briser ]'Ame... J'ai W6t coupa-
ble envers Francine, tres coupable..,








P I nEk
Vous ? oh non...

A iuc.
COllPdhIe invoiontairem'ent, mais contp-ihe
quand rn~me-.. Oil, je m'eij retids hipin comp-
te, ma prdsenuee ic-i West't pin-' possible. 11 Wit.
Me pr'(imett['O d'Olijlier men pasag-e dais'
votre mabson, d(fi'9ter en vouU~sju-41uau 'Sou-
vetidr do mfofi 1nom...



tiiijenit-.. No ct-oyf~z pas qu .auioitm pOII5OO
d'amniur egf )te ju '',gn ro...Je v, i trop fout
c qu'iIfy a cii r' VOI] Pt mifl. .. J VltS v61i-
plie semlement do rester et de ino voritinuer
votre arnile..,

A i.: c E
Elle Psi, dpvenut impoq~~ble maintonant,
noti'.' amiidi uit urdtaiL si cii~re...


pilkq'i'i y a d-; cwmir- do fem~no comnme
lo v6tre. il ii y a pas d'amiti~s imfpossi 1)105
Al iev, lie persist ez pa; clani votre rdsoJ ntion,
lie partez p -t... Lnis-'ez-rnni anl ln')irI- m'Iia-
Ijituell-AI'ad~e de lip plis vou- Voj v, (,(pit Coiln-
me.jo m'Otai' Imihitiii, A votre prt-zence...
Le .cr~piesctte .-"zccrob, le~y pr',nigres !tojles
-. ~'1/un anta ciel.


A Ii I it i(-*s im) "A.Y.VY I, I ex









PIERRF, (lntinuMllt.
J sai (i qnels sont Ies records, IPes inqiiil-
tudes qui peuvent bouleverser votre amre, je
le saik pour en avoir kt tour'ment6 m ):-mi-
me. Mai-, Alice, je vous le jure, j'arrache-
- rai de mon coe ir toute pensee mauvaise, je
deviendrai mrillenr gra -o a vou,... Ne crai-
. gnez jamais de in )i alcain g-oste, au,'une pa-
role don't vous puis-;iez vis-; of)ran-er... Alice,
Alice, quP vous imported si mon ccu'", en vo-
tre presence hat plus vite, puiqueio rien ne le
trahira.. Voiis navez tias plus le pouvoir
d'empdcher qemorn amiti(i pour vous soit de-
venue plus tendre, plus oif ctu ui.e, que vous
ne pouvez emin cher ce crepu4cifle, qui nous
attriste d'6tre laugoureux et to't empli du si-
lence des 6toiles. . Laissez q, e je mette A
vos pied- mon amour, vou-; le foilerez en
merchant dans la vie. et A pine si vous vous
apercevrez que la route en eA.t plus douce....
Alice, vous pleurez ?
A ICE. el/esest cac/e(,e Id figure el pIeure lout
doucement.
&dlas...
PIERRE, la prepint dans se b:.as.
Mon amie...
La unit est c(mpleie)lnrt io nbl e. Toit ,i couip,
mne litmpe s'alluine dairs /la 'taison. Alice se
d0'gage cIl se bv, r Iu o. squemenit.


-, e ..'. Alh, j sui- folle... ( Pierre bai'se la


J







f4 Amitiuy impossibles.
t:e. ) Vos pa', oles m ont bouleverRe, elleq
nrit remud en mon amin tout tin pass d, tePn-
d'-esse que je croyais m )t ,) jamai-. Pieri (.
ce West pas bien... Vous ne repondez pitas?
Vous iim'en voulez ?

PIERRE
Voiu en vouloir? Non, Alice... m ti- je. )ir-


ALICE
Pierre, je suis si faiw'o... (limidemetl) dite4
itoi qu'il raut (lue jo n'en aille...

PIERRE, aprs imn temps el sans lever la Inle.
Et que dirai je a Francine ?

ALICE
Donnez lui le premier pretextp.. ditPs que
j'ii 6t6 appeldo en lidle aupr6-i Tun parent...
PIERRE
Et si elle insisted?

ALIc?
Olle Wi'nsistera pas; car elle aura com.ris.
(N I/e ve dirige ver. la, petit. hbarr; r puis se re-
tournant ) Pierre, adieu...

iPIERI E
Alice) vous part z 1 t.nA toute eJdo:ori(...
1'ardonnt z-moi do vous avoir tail souffi i...





A ,ittil~s jiJoJssi b/es


ALICE
Ce n'est pas vous, Pierre, ce sont les cir-
constances qui 1'ont voulu... Helas, que de
souffrances I'on s6mesur sa routesans m6me
le savoir... Et qu'est ma douleur d'avoir aper-
Q(u 'ablme sous mes pa,<. aupr6s de celle de
Francine meurtrie A la fois dans son amour
et dans son amitie? (designantla maion,l Pier-
.:e. elle voui.. tttond. Allez la retrouver, et ren-
dex lui le bonihour auqiteil elle a droit.


Adieu, Alice.
Elle s'etn va danis la nait. Pierre traverse len-
tement la scene et 'e dirigq vers la maison. II
Outre la porte, et I-on aperfoit tin instant la
salle paisible et ianinieusc ot'safeinme I'attend.

R IDEAU.