Citation
Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne

Material Information

Title:
Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne
Creator:
Ligue de la jeunesse haïtieene
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publisher:
Impr. de L'Abeille
Publication Date:
Frequency:
Monthly
Language:
French
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1re année, no 1 (20 fevr. 1916)-
General Note:
Title from cover.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
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Resource Identifier:
001528667 ( ALEPH )
19032133 ( OCLC )
AHE2021 ( NOTIS )
sn 89020401 ( LCCN )

Full Text
This volume was donated to LLMC to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by
University of Florida Library




20 AoUT 1916
DE LA
REVUE DE LA LIGUE
DE LA JEUNESSE HAITIENNE
UNE CAUSE SANS EFFETConjMie en d(ztx actes
PAR
Ld I n LALEAM & Georges N. LtG]CFt.
PORT-AU PRINICE
IMPRIAIRRIF DE L'ABEILLF
1, Run. ANIFRICAINE 4, RUF FORT-PHR.
19160




UNE CAUSE SANS EFFET
Comddie er, deux actes
LEON LALEAU I GEORGES N. UGER
Ipprisentie dans la Salle du Presbyfire de Manville
PAR LES
lifeijibreg de la ((Ligue de la Jeunesse 11aftienne v
le 29 Juitiet 1916.




UNE CAUSE SANS EMT
Com6die en deux acles
PAR
UON LALEAU & GEORGESN. UGER
A M. FEMNAND IIIBPRRT Hit ti7mdigiiage derexpectiteitse
PERSONAGES
D'on Jf6lard, 30 ans ......... FRiax VikRi) Louis Ilrestory, jetmeavocat,
22 ans ...................... Ar,. IIENRIQUEZ
AnMnor3lartin, vieit avocat
d6voyd, 50 ans ............. Pii. LAFONTANT
GeorgetteM45iard, famine de Mon Mdlard, 26 ans ....... Unie, JULRs Dxvt Claire, scour de Georgette, 19 ans ........................ Mlle G. ROUNIAIN
Mme Anna Vergy, on n'a jainais pu savor son fige.... Mile A. DR PRADINES







ACTE PREMIER
La Sctne so passe it Port au-Prince, en Yan de grAce 19t.
Le xalon (1, .q wlar(l, au inifien une tablo, avec bibelots et vase defleurs, fauteuilset chaiseL; porte & droite, dovuant snr les appartemen to, porte au fond, donnant sur le jardin. porte A gauche, dontiant sur In galerjo et la rue. It s*dcoule un mois entre le pretuier et le second acte.
SUNE PREMIkRE
CLAIRE soule, puis Louis PRESTORY.
On frappe.
CLAIRE.
Entrez !... Ali, c'est vous, Monsieur Prestory
Louis, tr s tintide.
Bonjour, mademoiselle... Vous.. vous a] lez, bien?
CLAIRE
Tr6s bien, merci.
Louis, un lenips.
Et... madame N161ard va bien ?




CLAIRE
'rr6s wen... Efle est it sa toilette et descent dra dans quolques instants.
Louis
Je scrai content do la voir... (un temps.) Et Monsieur Mblard... comment va t-il
CLAIRE
Mon -beau- fr6ro so porte comme-un charge. 11 West pas encore remont6 do sou'bureau.
Louis
Les affairs, West-ce pas ?... Ah, quand on est d la t6te d'une ma.1son de banqtfe auss! important que celle de Monsieur M61ard, on doit travailler fermo.
CLAIRE
Et vous, Monsieur Pr6story,.est-cc que cola march ?
Louis, evasif.
Mon Dieu ... ea marclie... oui, si l'on ve'ut...' 4;a march ... pas tr6s vite 6videmment... et pas tr6s bien non plus..- mais enfin ca mapche.
CLAIRZ
Vous tie ga.-nez pas encore votre vie ?
Louis
Dites que je Ia perds.




Une camse sans .U*tt
CLAIRE
Comment ?
Louis
Gest tr6s simple. Ainsi aujourd'liui, j'al dd-livr6deux consultations. Cofit: trois gourdes.
CLAIRE
Pour les client!.?
Louis
Non, pour inoi. Le premier client, quit prdteridait Wavoir pas man.-d depuis deux jours, d6sirait savor comment il pourrait faire, pour manger aujourd'hui. Cette c insulationn m1a cofit6 une gourde.
CLAIRE
Oil
Louis, siniplement.
Mais oui. L'autre cas dtait plus grave il s'agissait d'un individual qui avait perdu, perdait ou allait perdre, je ne sals plus au juste un parent.
CLAIRE
Et vous plaisantez Cc parent lui Nait peutWe cher.
Louis
Je ne sais pas. A moi it a co(A6 deux g o uf des.




Une cau.ve Yans i get
CLAIRE
Oh (im temps.) AiDsi, depuis six mois quo votre stage est fini, vous Wavez pas encore plaW ?
Loui--,, froissr.
Vous fates erreur, Mademoiselle. Fai ou en assists une des causes ]as plus retentis-' santes.
CLAIRE, inI6,ess e.
Racontez vite.
Louis, -approchant sa chaise.
Figurez-vous, Mademoiselle, qu'iI sl. gissait d'un individual qui avait W6 sa belle-m6re par amour...
CLAIRE, interroMpant.
Par amour pour sa belle-m6ro... ?
Louis
Non, pour sa femme... J'ai prononed une plaidoirie mzagniflque, mais IA,'quelque chose do tout A fait bien! Entre nous, pour me fairo ]a main, j'avais cu so n de rcHre pendant toute ]a semaine pr6c6dente Bossuet, Jules Simon... at quelques num6ros du Monitear. Mon discourse fit sonsation,- je Wexag6re pas, A tel point qua le Minist6re public se leva ensuite at rcnon a d I'accusation. L'accus6 an pleurait.




Ulte eause Swits 0 tret 0
CLAIRE
Et. on Ila acquitt6 ?
Louis
On Ila condamn6. Au maximum Ca no fait rien, e'6tait une belle plaidoirle.
CLAIRE, ironique.
Quolque chose comment bol 61o.ge fun6bro.
Louis, resigned .
(jue voulez-vous... N'importe, j'aime ma profession avec passion, avec folie, jo series capable de lui sacrifice tout. Je sons que le jour oft j'aurai une cause, mais une vraie, belle et bonne cause, ce jour-IA, ah, ce jour-I a*, ma fortune est faite,- ma fortune d'avocat, bien entendu, car lieureusement j'ai que1ques petites rentes...
CLAIRE
Oui, heureusement...
Louis, rapprochant sa chaise.
Ainsi, s'il fallait vous d6fendre, Mademoiselle, s'il me fallait prendro la parole pour vous... Dites-moi, vous nlavez jamals voI6, ni assassind... ni rien do ce genre ?
I CLAIRE
Non, vraiment...
Louis
Jc re-rette.




Une cattle sait-Y effet CLAIRE
,rrop aimable.
Louis, raj)prochant sit chaise.
Je prendrais un tel plaisir A plaider pour vous... Une client comme vous, ce West plus une client .. clest... c*est une inspiration, 'zin temps; rapprochant sa chaise.) Car vous ml6tes tr6s sympathique, mademoiselle Claire... jedirai plus, vous m,6tes exec ssiveme tit sympathique...
CLAIRE
11 faut quej'aille pr6venir ma -cvuv. Elle a dft oublier que vous 6tes I tLouis
-i ne fait rien, mademoiselle Claire... Ne ]a d6ran.-ez pas.
CLAIRE
Vous savez que ma s(Luv a beaucoup de sympathies pour vous.
Louis
Ali (iin temps et. et vous mademol selle ?
CI.AiRr:
Mai les amis de ma,,(--eljr sont mes amis.
Louis
Comme je sui.sheureux do vous 1'entendre dire... (tr s et rapprochant. sa chaise...




Une c(twe Sans efff t
Je... je-j'ai quelque chose a vous dire... depuis tr6s IODgtCMPS...
CLAIRE
Je vous dcoute, monsieur Prcstory.,.,
Louis, de phis en plus einu..
Je ne suis encore qu'un avocat sans cause, mademoiselle, mais depuisdes mois je tip. pense et je ne rOve qu'h vous... Ali, s! vous vouliez accepter de devenir ma femme...
CLAIRE
Mais... monsieur Prestory...
Louis
Ne dites pas mais, dites oul. .. Je vous aime tant, tant, et depuis si ]ongtemps.. Vous le saviez bien, West-ce pas ? vous sentiez bien que mon cmur ne battait quo pour vous ? Ah, mademoiselle, r6pondez-moi, jo vous en prie.-..
CLAIRE
Mais...
Louis
Mais oui, West-ce pas ?
CLAIRE
Mais... mais, monsieur Louis, mais oui peut-dtre... Vous savez bion quo vQus 6tes tr4ssympathique h ma smur...
Louis
Et que les amis de votre smut, sant. vos a-




Une cau8e sait.y tffel
inis..' Ah, mademoiselle, vous vous moquez... Ce West pas bien.
CLAIRE
No vous fAchez pas... La cause est presque ga.-n6e... Donnez moi seuloment une lieure pour d6libdrer. Bevenez dans une houre et je vous donDerai la r6ponse...
Louis, unpeit penaud.
Puis-jo espdret-'au moins qua le jugement sera rendu en ma favour .9 CLAIRE
Dans une lieure, Monsieur Louis, dans une lieure...
Louis, sortant.
Au revoir, mademoiselle... Mon bonlieur est entre vos mains.
SCf,:NE' 11
CLAIRE seule, puis GEORGE'rTECLAIRE, settle wi instant, regarded sleiz aller LoWs. Gew-yette entre.
GEORGETTE
Et bion, Claire, que regardes-tu ains4 parla porte ?
CLAIRE
Ma's... rien...




ITne eause san.v e t7*et
GEORGETTE
Tu 6tais plapVc lift comme si tu voyals venir le bonlieur.
CLAIRE, en riant.
Au contraire. Je le regardless slen aller.
GEORGETTE
Repr6ser.t6 par un jeune avocat quo je connais, West-ce pas? Je crois r6ellement que c4 & petit Prestory est fortement 6pris de toi. Cost un.gentil garcon et quije pense, to rendrait heureuse... (elle soupire.) CLAIRE
Cest cela qui te fait soupirer?
GEORGFTTF
1161as...
CLAIRF
Qu'as-tu, Georgette ? Tu me par ais bien. tri,,to depuis quelque temps.
GEORGETTE
Que veux-tu, il y a des jours ains!... 11 y a des jours oa Fon peut s'accouder comme toi h la porte et le bonlieur vient tout seul. 11 y on a d-autres oa m6me en se blottissant comme moi dans un fauteuil, comme pour s'y cacher, l'on a malgr tout le presentiment du mallieur qui r6de auteur de soi...




Une f"aum Salis efl'-f
CLAIRE
ru. Wes pas lieureuse, Georgette ? Dis moi ton char1rin...
GEORGETTE
A quoi bon ?
CLAIRE
Je partagerai ta souffrance. Ce sera moiti6 moins dO peine pour toi.
GEORGETTE
Et moiti6 plus pour toi, petite scour... Et puts, sal 3-je moi-m6me la cause do ma douleur ? Je la devine plus V)t... As-tu jamais ressenti cotte impression triste qui so d6gage d'une mason que l'on va quitter et oft cependant- Pon n'a encore d6plac6 aucun meuble... ? Rien n'y a changd... et pourtant Pon ne la reconnaltd&jh plus. Elle a coss6 de vous 6tre aussi famiNre, auss! accueillante; on dirait qu'elle sent quIentre elle et vous it y aura blent6t ]a profound tristesse des departs d6flnitifs. Eh bien, it se passe dans ma vie quelque chose d1aussi vague et d1aussi affligeant... (tin temps.)
CLAIRE
C'est A causo de ton mar!, West-ce pas?
GEORGETTE
Out, petite sceur... 11 West plus le m6me... 11 me n6glige; it Pst toujours m6content. 11 se




Ulie .flllxe swns '.fftl
plaint de tout et s' emballe pour un rien., Ce sont des sc nes quotidiennes. 11 West jamais satisfait ot... it West jamais h ]a mason.
CLAIRE
Je suis s(ire quo Uon n1a pas coss6 de Valmer. Ce sont 4-ertainement ses affairs qui le retiennent loin de toi.
GEORGETTE
Ali oui, ses affaires... Pon intends assez parler. Auparavant it rn'ontretenait do son affiour, nous raisins ensemble des projects tr s doux, des r6ves; h present sa conversation no route plus quo sur si3c; op6ratioas de ban-' que. Ce West plus un mari, clest une mason de commerce ..
CLAIRF
Voyons, Georgette...
GEORGETTE
J'ai remarqud cepetidant que lor.squ'il. est au hal ses arfaires ne semblent pas tant le pr6occuper. 11 coquette, it ffirte, it fait Fempress6 aupr6s des dames. D6s qu'it ratourne pr6s demo!, (,a change: c'est la liausse du camp6che, la haisse de For ot tutti quant!... Tiens, 5 la derni6ro f6to du Corclvje m3 rappelle, jo me sentak lieureusece soir-IA... J'aurais W content d'6tre calinde, d'6tre ehoy6e parlui... Etje vais le trouper dans Fespoir qu1il me fera l1aum6ne d1une parole tenure,., SaiR-tu do quoi it mlentretient ?... D'une, esp -




'Unt cau.ye sans effet
ce do trust do hareng- aur quil voulait rdaliser sur la place do Port-au-Prince... Quelle douche! (Oa frappe a la po,,,te.)
Sd"NH III
GEORGETTE, CLAIRE, Madame ANNA VER GY.
GEORGETTE
On frappe. Vois done qui est ]A.
Claire va ouvrir et fait entree Madame Vergy. Salutations, &hange de kaiser .
ANNA
Depuls longtemps je voulais venir to -voir. Je t1aime tant, cli6rie... Comme Claire a grand!... C'est maintenance une grande jeune fille. II faudra son.-er A la lancer bient6t.
GEORGETTE
Nous avons le temps. Elie est si joune.
ANNA
Ce West pas ce (lu'ori dit dang le public.
CLAIRE
On dit tant do chooses.
ANNA
On en fait tellement aussi... Ainsi, figurezvousqu'll yatrois moisonm'avait affirm6,oh, mais quelqu'un do toutit fait bien rensei-




Vne cause sans Pffe t
gn6, rnais-'je no voulais pas to croire, -- on nfavait assure que ]a petite Leroux, -- vous I a connaissez, c'est une gentile infant, malheu-; reusement, tout d fait entre nous, et surtout ne dites pas que clest moi qui vous Pai dit, j'ai remarqu6 qu'elle.boit un peu, au bal elle so grise presque toujours... Gest 6gal, je Ilaimo beaucoup, elleesteliarmante, si bonne, sA aimable-Eh bien, on mlavalt afrirm6 qulelle allait se lancer avee Sieber, ce Danois si riche mais qui nla qulun oeil... Pon 6tais tr6s content pour cette infant; mais je croyais que sa m6re Waccopterait jamais parce que Ilon raconte, vous avez dCt Fentendre cornme moil que clest dans une tentative de vol que Sieber a re u une balle qui Ila rendu borgne... Eli bien, voyez-vous, it y avait que1que chose de vrai dans ce bruit...
GEORGETTE
Mais its no soDt pas flane6s!
ANNA
Non... mais... Avez-vous remarqu6 cornrne elle court partout apr6s lui ? Elle flnira par atteindre son but. ",lost une fille sans digni0. Un Danois, ma ch6re, ot borne par dessus le march !
CLAIRr
Est-ce que Famour West pas aveugle?
ANNA
Ah, ah, vous avez beaucoup d'esprit, Clai-




Une cazt. e sans kPt
re. Clest comme mabonne amle Madame Porta. Elie a toujours le mot pour rire. Mais, entre nous, nlest-ce pas ', mauvaise ]an,,ue 1 une veritable vip6ro Do Vesprit, comme jo vous Fai dit, mais Fesprit du mal!
GEORGETTE
Val toujours consid6r6Madame Porta comma une excellent fernme, plut6t inoffensive...
ANNA
Inoffensive, elle 1 (eclal de riie), vous auriez bien vito chan-A d1opinion si vous saviez ce quIelle vous I'ait...
GFORGP'PTF
A moi?
ANNA
A vous, pr6cis6menf... (aprk un temps). Cast vrai, on est toujours ]a derni6re iLsavoir...
GEORGETTE
Je ne comprends pas h quoi vous faites'allusion.
ANNA
Ft cependant cliaeun en parle at sans se g6ner le moins du monde... quo voulez-vous, les hornmes, ils sont tous les m6mes.
GEORGETTE, vivement.
11 slagit de mon mar! ?




[Tae cause sa,:R e,.tyet
ANNA
Ht de Madamo Porta. (Aprk',un tenips.) Vous savez combien je m'int6resse A votre bonheur, ma ch6rie. Eh blen, ouvrez les youx..-.
GEORGETTE
Vous savez qiielque cho-le ? 1.6on me trompe?
ANNA
Je ne dis pas cola. Mais prenez vos pr6cautions. Car ceite Madame Porta court apr6s lui, et tu sais, ma ch6rie, clue quand une femme court apr6s un homme, celui-ei ne soraitce que'par politesse, ralentit toujours le pas et se laisse attraper.
GEORGETTE
Comme vos paroles me ront mal.
ANNA
Oh, ma cli6rie, je ne fals que te rdpAter dans ton propro intdr6t, ca clue J'etitends dire... D'ailleurs, Uon eA un bon Tnari. 11 Caime beaucoup... Malheurcusomqnt il a toujours W un coureur. Les homes swit si vaniteux
CLAIRE
Je suis cortame que 1,6on ne fait rien de mal. 11 est trop dpris de Georgette pour cela et trop loyal.




Une cause 8ans effet ANNA, se levant.
Eli bien, adieu, ma cli6ric. Au plaisir de nous revoir. Je suis toujours si lieureuse de to voir. Cc quej'aime an tol, c'est quo tu Was pas cancanni6re comma tant d'autres, notamment cette grosse vip6re de Madame Cardel...
CLAinE, d part.
Elle craint ]a concurrence.
ANNA, sorlant.
Et toi, ma petite, rion de vrai dans vos flanailles ?... Et ce petit avocat
Elle sorl accompagnee par Claire,
SCL 'NE IV
GEORGETTE settle, puis Lf,'ON
GEORGETTE, settle
Comme c'est difficile de d6fendre son borhour quand on a de bones amies... Si pourtant elle disait vrai !
L ON, entrant par la porte dit fond.
Bonsoir, Gcorgette.
GEORGETTE
Comme tu viens tard, L6on.
lf,ON
Les affairs, ma ch6re, ]as affaires... Au




b7ne cau8e sans effet 21
jourd'h-ui nous avons ferm6 A 450... C'est ce taux qui me fait renter tard.
GEORGETTE
Tu ris, tu plaisantes... Je nlai pas le cceurA cela, moi...
UON
Encore un gros chagrin ? Qu'y a-t-il done ?
GEORGETTE
Assieds-toi IA, pr 5 do moi; jo vais to le dire, mon chagrin....
LL oN
Rdellement tu m'impressionnos, avee cet air traglque. De quoi m'accuse-l-on encore ?
GEORGETTr, canine.
Prdvenu, me.tez-vous IA, et r6pondez.
L90N
Oui, mais le pr6venu est un peu press. 11 a quolques lottres ft 6crire, ot un rendez-vous au Corcle dans une demi-heure.
GEORGETTE
Ali, 1.6on, comme tu as cliang6. Tu 6prouves de I-ennui a rester m6mo une minute avee moi.
Lgox,
Mais, Georgette...




Une (,(ntse sans vffet
GEORGETTE
Ne protested pas, je I'ai bien rernarqu6...
LPON
Rpmarqu6 quoi?
GEORGETTE
Tout. riCD...
LgON
VoilA qui ost pr6cis
GEORGETTE
Que voux-tu quo jo to dise, 1,6on. Tu ii'esjamais A la mason. En deliors do ton travail, tu ne to plais qu'en la companies des-autres. Au bal, tu Vat tardes en la socik6 de fetrimes dont je ne connais merne pas le nom...
LPON
SociW anonyme, qaoi
GEORGLTTE
(;esse do raillery, LAon. Je soullre vraiment.
L o,,, franehement impalienl
Mais, A la fln,. do quoi to plains-tu?
GEORGF.TTE
C'e3t parfait. Emporte-toi, crie sur in,)i.
LtON
Mais aussi, c'est insonsd Je rentre de nwil travail harassed abruti do fatigue au




. Une cause sans ( U*et
lieu do trouper A la mason un, pou do repos, ce sont des reproaches, des reproclies A Won plus finir, A propose do tout ot A propose do rion. Cela deviant insupportaWe (Georgelle se met d pleurer.) t3on, des larmes maintenance. Mais, n om d1un petit bonhomie que t'ai-je fait ?
GEoR(SETTE, sanglotant.
Ma m6re avait bien ralson...
IA ON, raymnt.
Ali non, je Von prie, laisse ta m6re tranquille. Elie so m6le assez do ce qui ne la regarde pas pour quo nous ne I'y aidions pas.
GEORGETTE
Ma m6re, la mason, moi-m6me, tout tlest devenu odieux... Ecoute-moi, il faut que cela flnisse, sinoa... Pen a! assezd'aillours. Je suis au courant de ta conduit.
UON, inlerloqut .
De ma conduite... ? Mais alors parle
GEORGETTE
Je ne parlerai pas. Mais je to pru'vions, une fols pour routes, d1avoir d en flnir LI ON
Et moi, je to rdp6te, uno fois pour routes, d1avoir OL Vexpliquer
GEORGETTE, clatanl.
Ah, monsieur slamuse, monsieur va dans lev Wes, monsieur va c iqueterJaire l'intO-




Uje cause sans effet
ressant, se faire admirer des belles dames, leur faire la cour, -car tu leur fais ]a cour, et Monsieur sl6tonne queje ne sois pas conteute, rdsign6e, soumise... Eli bien, non! ... Et quant A cette Madamo Porta, si j'apprends quo tu lui addresses une fois encore la parole, je .. je enfln, tu me connais.
L ON
Madame Porta... cette vioille pointure qui louche?
GEORGETTE
A force do to regarder... No fais pas Pinnocont. Jo suis bien rensei.-n6e. Et pour la dertii6rt, fois, je t1avertis: il faut que cela cesso.
UON
Des orders, maintenant... Nous changeons de r6les.
GEORGETTE
(511, jo connais ta convention da marill"O. Les droits pour 11homme, et pour ]a former, rien quo des devoirs.
I Lf .oN, allitinan1 Mle cigarette.
Puisque tu connais si blen ma conception du marriage, tu ii'as qu'd Vy conforme:-. 11 faut to sournettre...
GEORGETTE
Continue... ou me d6mettre.




Une cause san6 effet
LtON
Si cola te fait plaisir.
GEORGETTE
Uon, no me posse pas A bout.
UON
Dieu m'on gat-do! Mais il faut quo ces setnos quotidiennes finissent.
GEORGETTE
Elles finiront quand flnira ta vie de polichinelle.
UON, hors de lui.
Ecoute bienGeorgette... Jo parle avec beaucoup do calme... je no me met3 pas on col6re, moi... Je te pr6v!ens soulement que jen ai par-dessus ]a t6te. S'il faut que chaque apr6sinidi, h mon return do travail, je subisse une sc6ne pareille, si notre vie A deux doit continuer A n'6tre qu'uno suite de querelles et de reproches...
GEORGETTE
Alors... ?
LL'oN, conlinuant. Alors, il vaut mieux on finir.
GLORGLTTE
E n finir, en flnir Tu Was quo ce mot A ]a boucle. Cost ta liberty quo tu veux, wekcc pas, pour pouvoir rojoindre ta Madame Porta ?




MW Une cause-8ans effet
UON
Non... non... il vaut mieux que jo sorte, parceque... (Uprend son chapeau.)
GEORGETTE
Je ne voux pas quo tu sorts, je no veux pas, entends-tvi Je veux quo tu rests pour que 1'explication de ce soir soit complUe.
UON, se dirigeant vers la porle.
Tu pr6tendrais m'imposer ta volont6 GEORGETTE
Si tu rranchis cotto porte, c'est ia rupture
pr& ti sortir.
Tu dis ?
GEORGETTE
Je ne veux pas que. tu sorts, ontends-tu, je no veux pas, sinon, clest flni
UON, sortant.
Gest toi qui I'auras voulu.
GEORGETTEreste tine minitte comme heb6it!e,
pitis elle posse un cri.
Ldon I... All, mon Dieu, il est parti... (elle apP I.Ie) Claire... Claire...




Une cause sans ftt
SCENE V
GEORGETTE, CLAIRE.
CLAIRE, entrant.
Quly a-t-il?
GEORGETTE
Claire, il est partly,
CLURE, anxiettse
Qui, Louis? .
GEORGETTE
Non, Ldon.
CLAIRE
Parti ? elk pour oU ?
GEOR6ETTE
C'est fini, nous divorQons. Ldon vient de quitter la mason pour toujours.
CLAIRE
Mon Dieu, mais que slest-il pass6
GEORGETTE
Est ci que je sais ? Nous avotis eu une querelle... Claire... clest fini te dis-je...
CLAIRE
Tu exag ves pout-6tre la port6e d1un inei--dent sails importance. Cela s'arrangera...




Une eawe sans effet
GEoRGETTE
S'arranger ? oli non. Si tu avais vu sa hAte, sa joie A quitter notre demure ... 11 vout divorcer, soit, nous divorcerons ... Me trailer ainsi, moi... Ah le misdrable...
CLAIRE
Mais, Georgette...
Sd NE VI
Les nieces, LOUIS.
Lwis entrant, -tin bouquet a la main
Me voici do return.
GEORGETTE
Monsieur Louis, j'ai pr6cls6mont bosoin de vous parler.
CLAIRE
Vous allez rn'aWor, monsieur Louis, A emp6clier...
Louis
Mais' que so passe-t-il ? Accoptez-vous au moins ?
GEORGETTE
Parfaltement, j'accepte.
CLAIRE
Eh Won, moi, jo no voux pas que cola so fasse.




Une cause sans effet f
Louis
Oh... E t mol' qui avais apport6 un bouquet... Mademoiselle Claire...
CLAIRE, ezervee.Mais ce nWest pas de cola qu'iI s'ag-it. 11 y a que ma sceur veut divorcer.
Louis, coinplv~enent ahuri.
Divorcer ? et d'avoc qui ?
CLAIRE
Monsieur Louis, dites-lui que ce n'est pas possible...
Louis
Ce n'est pas possible, Madame...
CLAIRE
Tu vois bien, Georgette. Monsieur Louis est do mon avis. It faut te r&concilier avec Loii.
Louis
Mais parfaitom~ent, Madame. Mademoiselle Claire a raison.
GEORGETTE, di Louis.
Et c'est vous qui dites cola... vous que j'avais choisi pout- me dcferidre!
Louis
Vous defendre! vous Moi All I




00 Une cruise sans effet
GEORGETTF, continnant.
Vous A qui je voulais confer rna causeLOUIS
Oh mak... clest-d-dire quo A vous avez de bones raisons... Don nez-moi vite des d6tails... (d Claire) Quelle cause pour moi, Mademolselle Claire... un divorce aussi sensationnel...
CLAIRE, indignee.
Monsieur Louis, tilencouragez pas masceur dans cette voie mallieureuse.
Louis
Je vous en prie, Mademoiselle Claire.
Quand je suis dans 1'exercice de ma profession, A n1admets, pas quIon intervienne...
CLAIRE
C'est t rop fort
GEORGFTTF
Monsieur Louis a raison, Claire. Laissenous. (A Louis.) Asseyez-vous, Maitre, je vais vous exposer I'affaire.
Louis, solennel.
Dites tout, Madame. Un avocat est comme un pr6tre, 11 pout tout entendre. Quelles sont les motors qui vous poussent A prondre cette dkiSiOD grave entre routes
GEORGETTE
Auparavant dites-moi. quells sont les cau-




Une cause sans e1ret
ses pour lesquelles ]a loi admet le divorce ?
Eli bion, Madame, ]a loi admet le dlVorce pour... pour.. pour... par example quand Pentente west plus possible dans le m6nAge... .quand WaWs I'article... Particle... enflil peu imported. Du rest@ la question est tr6s cohtrovers6es, tr6s... Mais je puis vous wssurer, Madame, quo votre cas est pr6vu par le Code.
GEORGETTE
Est-ce quo ce sera Iong ?
Louis
Oh, Madame, je m'en cliar.-e. D6s domain, j1entame ]a procedure, et Von verra quel cas il faut faire de Me Prestory.
GEORGETTE
'Mais enfin, d pou pr6s combine de jours ?
LOUIS
Quinze jours...ou trois mois... oil... ah, mals non, je me rappeNe, clest tr s long et a se fait sur du paper timbr6 A doux gourdes... je me souviens tr6s bien... p pout durer un an ou deux... a pout durer moins longtemps aussi. . ea depend, West ce pas? Maintenant, Madarne, donned moi des details. Votre mari vous a tromp6, naturallement ?
GEORGETTE
Qui vous dit ?




S? Une cauge sans effet
Louis
Mais c'est un dles principauxcas pr~vus par le Code en Particle... euhi... enfin, peu importo. Que s'cst-il pass6, quels sont vos zgrlers ?
GEORIGETrTE
Je suils A bout de force, Monsieur Louis. Ce qul. est arrive m'a boulevers~e.e Revenez demain apr~s-midi, j'aurai repris inos sprits, et pourrai m'oxpliquer avec plus de clarto.
Louis
Entendu, chore Madame, entenclu... A demain la prochaine consultation. Georgette sort accoinpagnde par Louis qui retient en scone.
SCENE VII
CLAIRE, LOUIS.
Pendant toute la fin de la sernel prjcddente,
Claire itai restie ait fond da t/tdire.
Louis
Un divorce, mon Dieu, Jo vais plaidcr un divorce!
CLAIRE
iMonsieur Louis, vous alley, me promettre d'emp~cher ce divorce.
Louis
impossible, Mademoiselle.




Une cause sans tret
CLAIRE
Je voug di,; qu'il n'y a rion ontre eux!- Ce n1ast qu'une suite do petites querelles saus importance qui a amen6 la rupture. Ftjo sais qu'au fond ma sceur adore son mari.
Louis
11 ne m'appartient pas d'entror dans ces
tails. Mon mandate est prdcis et i irnit6.. 11 con iste d plaider ce divorce (un lemps.) Mals., mademoiselle Claire, vous no m'avez pa encore donn& mar6ponse... MAdemoiselleCkdre, prenoz ce bouquet et, fates le honhour do ma vie.
CLAIRF
Je vais vous parlor tr6s franchement. Vous me dites quo vous m'aimez. Je vous crois sincere. Je ne vous cacherai pas quo pour ma part j'ai pour vous beaucoup d'affection...
Louis, slavanfant avec le boitqitel
Oh, Mademoiselle Claire...
I CLAIRE
Garden le bo-.iquet, je Wai, pas encore fini. Fai haucoup d'affection pour vous, mals -i vous persisted A d6sunir le manage de ma so-ur, je ne vous reverrai de ma vie.
Louis
MAis c'est une cause, une cause e6lM)re et que je vais garner.




Une cause sans~ effet
CLAIRE
En la gagnant, vous pec'drez mon amour. Choisissez.
Louis C'pst impossible... je... je ne trahirai pas la, confiance do ma cliente.
CLAIRE
Vous 6tes un mechant homme,. Monsieur Louis.
Louis Un avocat conscicflcieux, Mademoiselle.
CLAIRE
Emportez votre bouquet, Monsieur Louis, et adieu.
LOUIS C'est bien, Mademoiselle, c'est bien. (fii sort)
R IDEAU.




Ulle eaw sans o-.pt
A CTE D E U I EM E
(AMme deeor qn'au premier rtp.)
Scf"NE PRENIII I M E
CLAIRE, W MARTIN.
CLAIRF
N4a soeur rentrera dans quehjues instants. Si vous no pouvez plus Fattendre, laissez-m,)! ]a commission.
NII MARTIN
Ce West rion. d bien. important. Je Pai conIlue toute petite, je rri'irit6rosse A elle, et j'dtais venu I th rendre visit d l'oecasion do son malhour. Je suis M, Martin, du barreau de Port-au Prince... un vicil ami da la, I'amille... Dites-moi, ce divorce qui so pursuit doit lui brisker le cAa-ur?
CLAIRE
Elie en. souftre beaucoup.
W MARTIN
Cost une triste chose clue doux 6poux qui se sdparent. Sans doute, il y a eu des gens int&ress6s qui ont soufI16 sur lo. fou... tin avocat on ritike de cauge peut-Otre?




Une (,ause sans effet
CLAIRE
Vous avez une triste opinion do vos confr res. Je crovais que le r6le. du barreau 6tait de.d6fendre ]a veuve et I'orphelin ?
Me MARTIN
Les d6fendre... Oui.., et aussi les attaquer. Nlais, cc petit Prestory, il y a Iongtemps que Madame votre sceur le connalt ?
CLA'RE
Assez Iongtemps.
Me MARTIN
E4 t qui done lul avait recommand6 cc ddbutant?
CLA:RE
Personnel. clest un ami do ma soeur, elle Iui a tout naturellementconfld ses int6r6ts.
M' MARTIN
Ali, tout s'explique... C'est par amiti6 pou r Iui que votre sceur Ila choisi comme a rocat... un gentile jargon, du reste. Jo no doute pas que d'ici une vingtaine d'ann6es. s'iI 6tudie, il ne fasse un bon avocat. Pour le Moment il estencore neuf en procedure. C'est m6me un peu cela qui motivate ma visite... comme je vous le disais, j'ai connu votre swur toute petite, je series, done d6sold de voir .;.es intdr6ts sacrifl6s.
(Silence de Claire.)




Une vaive saw Xet 37
MO MARTIN, reprenant.
Cc petit Prestory a commis des fates dnormes dans la procedure. Qa fait piti6 d voit-. Vou ; devriezconsuillor a votre swur, Made. moiselle, de lui adjoindre un avocat de talent etd'exp6rience. Personnellement, vullint6r6t que je porte A Madame M61ard, je serais .heureuxdemettre mon d6vouement et ma science A son service. No pourriez-vous pas di re un mot pour moi on cc sens?
CLAIRE
Je Wai aucune qualiO...
MO MARTIN
Je sais... Mademoiselle, je sais ... Mais vous vous pourriez preparer le terrain ... dans l'iiitdrk m6mede votre sceur; car r6ellemout cc petit Prestory ne p6se pas lourd.
CLAinr, vivcment.
Monsieur Prestory est tr6s intelligent.
M' MARrIN
C'est un crkinCLAIRE
Vraiment, MonsiOur...




Ula C(tuye stms effet
Les mines, LOUIS.
Louis, entraid par la porle dit fond, il salute
avec raideur Claire
Est-ce que Madame IvIdlard est ]A? (apercevantMarlin) Oh! bonjour confr6re...
Me MARTIN Jo suis content do vous voir, Maitre. Je disais prkis ,meut 1 Mademoisello tout le bien que je ponso do voas. ((iClaire) Mad'em')isolle, je reviendrai West-ce pas?
CLAIRE
Bien Monsieur.
MeNJARTIN
Youbliez pas do faire ma petite commissioll .. (US01-1.)
SCf,"NE III
CLAIRE et LOUIS
Claire slassied el prend un livre.
Louis
Mademoiselle, je desire voir ma cliente... (Claire ne re oond pas.)




Une cause sans cffet
Louis
Mademoiselle, je desire voir Madame MOlard, ma cliente... Voulez-vous 6tre assez atmable pour la pr6venir que je suis-1h ?
CLAIRE
Je vous prie do ne pas me m6ler A vos turpitudes.
Louis
Bien... bien... j'attendrai
(11 slassied el lb e un code de sa serviette : 1"ut en feluilletant le li'vre, de temps en temps it Mve les ycttx ct regarded. Claire, celle-ci fait de mbne. Quand leurs regards se rencontrent its tournament vivement la Mte. A un 2noment Loids wupire, puis. )
Louis
Ainsi, Mademoiselle, vous 6tes toujours fAchbe ? vous m.'en voulez toujours ?
(Silence de Claire)
Louis, nouveau soupir
Jo suis bien A plaindre. Voici pr6s d'un mois que je ne vous ai vue, et vois ne me t6moignez que de Ilindiff6rence.
(Silence de Claire)
Louis
Mais, Mademoiselle, je vous parle!
CLAIRE, glaciate
Je vous intends, Monsieur, mais Je ne vous 6coutc, pas.




UWC ca'tse wn.N 1 6rd Louis
Tai.dis qL.0 Mi. jWOUte et jo no vous ontends pas... (il rapprocke sa chaise de celle de Claire) Mademoiselle, jo vous on supplies, no me tonez plus rigueur... A vous saviez comme j'ai souffert pendant ce mois de s6paratioll.
CLAIRE
N'6tes-vous pas un grand partisan des divorce!4? E h bien, lo notre datp d'avant tn6me nos flancailles... A propose avez-vous trouv6 i placer votre bouquet ?
Louis
V;ws Otes m6cliante...
CLAIRE, continuant
Et pdis, soullrir ... ? avec uno si belle cause oil ilorl.
Louis,, limidement
INlais, Mademoiselle, c'6tait par amour pour vous que je d6sirais me raire une r6putcttion... Let voilft quo j'ai pordu votre amour.
CLAIRE
Avez-vous gagn6 le renom, au moins ? Vos uec6s oratoires ont-ils 'Ld grand ?
Louis, sans enthusiasm
Oui...
CLAIRE
Los journaux on ont-ils parld ?




Une cauve sans effet
Louis, vague
Oh! vous savez, les journaux...
CLAIRE
Et pendant ce temps, ma swur continue do souffrir : car je sais quIelle souffre. Cola vous est 6,gal, West-ce pas ?
Louis, apre s un silence assez long.
Mademoisel!e... Mademoiselle Claire... que faut-il faire pour ro,-a,,nor votre amouv?
Cf-AIRE
Je vous Yai d6jq dit : arr6tez ce divorce.
Louis
Mais il Wy a aucun rapport entre le divorce de votre soeur et notre maria."le a nous.
CLAIRE
Vous vous trompez. Je n'6pou,;serai jamais I'liomme qui aura con' ibu6 A faire coque je considered dti-e le mal hour de ma sceur. Taites divorced les 6poux Wlard, etnous auss! pour ainsi dire, nous divorqons: r6conciliez-les et nous aussi, nous nous r6concilions: voilh le rapport. (Uri lemps). Clost done si dirfleue et si p6nible do se i*6, oneilier avee moi ? AlIons, Monsieur Louis, vous avez boil ecour, je le sais : aidez-moi ft rapprocher L6on et Geor. gette...
Louis
Votro sceur m1a exprim& sa fei-me intention




Une eamve sans effet
do rompre. Je ne peux pas trahir mon devoir Wavocat. (Solennel). Le devoir avant tout.
CLAIRr
Et vous dites que vous mlaimez! Vous me rerusez une action aussi simple et aussi bonne que colle-16, quand MOD amour en est la, consequence. Mais il y a des gens qui tuent sur un mot de ]a personnel quils ailment
Louis, vivement.
Je suis pr6t d tuer. Jo... je... maisje no puis pas faire cG quo vous m3 dernandez.
CIAIRr
Et pourquoi?
Louis
Parce que... parce que... entin c'est une cliose qui no se fait pas... qui ne so demanded m6me pas.
CLAIRE
Parce que vo N us avez mis votre orgueil A faire entendre le son do votre voix au tribunal. WWI la, raison do votre ent6tement. it nly en a pas d'autre. Cotte affaire, clest votre raison d16tre comme avocat. Cost de la, mdchancet6 6e votre part. Je no vou-s aime plus. (elle se 1hve et se dirige v6rs la porle) Adieu, ot cette fois pout' toujodrs.
LOUIS
Claire... ne biisoz pas ma, vic.




Une cause saus qffet
CLAIRE
Vous avez bien brisO celle de ma sceur.
Louis
Mais enfin, que voulez-vous que je fasse ? Cc, West pas moi qui ai pou-3s6 Mada me M6lard A divorced.
CLAIRE
Non, mais vous pou vez la pousser A se 1-6concilier...
1,0171S
Glest impossible...
CLAIRE
Adieu...
Louis
Restez... je vous en supplie... voyons, c'est 6pouvantable... Le code ri'a jamais pr6vu un cas de ce genre. Que faite, mon Dieu...
CLAIRE, redescendant en schne. Est-ce convene ?
L o u I
Non... (niouvement de Claire) Oui...
CLAIRE
Ali que je suis fieureu e...
Louis
Gest mal ce que vous me fates prornettre fik... Je renie mes principles. (Prenant le code




Une eau e saW effet
qu',tl avait depos stir la table ). Cher Code civil comme tu dois me m6priser ( it le feitillette.) Tenez clest comme un fait expr6s, je tombe sur le chapitre du divorce...
. I CLAIRE, pregnant le livre.
11 doit y avoir aussi un chapitre sur le ma riage... Le voici Louis
Lions ensemble... Claire, voyez... La femme doit ob6ir ;! son mari.
CLAIRE
E n Halti, on no paic j amais ses dettos... Mais, Louis, woubliez pas que vous avez promise de m1aider et que c'est; ce prix que.vous pourrez me rapporteur le bouquet...
Lows, penatid.
Que dois-je faire'?
CLAIRE
Mettez-vous 15, derived A Ldon quo votre client vous charge de lui demander un entretien, qu'ello desire le voir pout, r6gler personnellement certairies questions dlintdrOt qu'il lui strait p6niblo do confer d des interm6diaires... Ecrivez done Louis
Mais...
CLAIRE
Et quIelle Fattend ici dans uric demi-lieure.




Une cause an_v effet
Louls
11 ne viendra pas.
CLAIRF
Slil Paime, il viendra.
Louis
Quelle procedure, mon Dieu, quelled proc6dure!
CLAIRE
LA, donned vite.. je vais faire porter immddiatementeettelettre a L6on quidemeure tout pr6s dlici chez son ami Darloux. Dans une heure peut-6tre, ils seront rkonclh s, et ce .sera gr:lce A moi. Je suis content, je suis contente. Attendez-moi que1ques instants.., (ellt sort'emportant la letter.)
.;CkNE IV
LOUIS, pitis GEORGETTE.
Louis, senl.
B 011, Me voiHL do nouveau avocat sans cauSol Amour, amour, voilh bien de Les coups.(Georgelte entre) Ale... ma client.
.GEORGETTE
Bonjour, Maitre. Vous allez bien Louis
Je vous remercie, Madame.




Une (-.,ause sans effet
GEORGETTE
Pavals prkisdinent besoin de vous voir. 11 falut hAter ]a fin de ce proc6-,. Ces audiences ofi je dois comparaitre personnollemont cornme une proie offorto A la curiosity et A la malignit6 publique d6passe mes forces. Oft eri sommes-nous de la procedure Louis
Euh .. ca marelie...
GEORGETTE
Mais encore ?
Louis
11 strait oisoux. de donner des ddtaiis... Sachez routes fois que nous sommes & une, phase delicate.. tr6s ddlicate-jo dirais plus, excessivement ddlicate. Elie strait surtout d6licate d exposer .(ti part). Je creis blen.
GEORGETTE
Enfln. Jo m'en remats d vous, Cependant.je desire quo vous monies lo hosesss vivement,. Mon existence deviant impossible. On me parcel le de letters anonymes, de tripotages, do rapports... C'est A croire que toute la ville de Port-au-Prince n1a autre chose A faire quo de Woccupor de ce divorce.
Louis
Que voulez vous...
GEORGErTEse montaill
Est-ce quo cola les regarded ce qui so passe




Vne cause sans ffet 47
cliez moi ? Qu'ont-ils besoin do vilipender mon mari?
Louis
Ali, ils ont...
GEoRGETTE
Oui.... vous aussi, du reste, (fouillant dans so n sac) Tenez voici ce quo j'ai re u A votre sujet. (elle luipasse zinc lettre.)
Louis, liFant
wMadame, en ma quality do vieil ami de votre famille, je me fais un devoir de vous pr6venir que votro avocat Me Prestory, est un parfait imb6cile... )) ga... ca... c'est 'tr6b fort. Ali, le miserable, qui so cache sous le voile hideux de Ilanonymat...
GEORGETTE
Toutes ces emotions me brisent, et puisque le malheur est d6id enti-6 dans ma vie, il est tempsquej'aie au moiris un peu do ropos. Peut 6tre me laissera-t on tranquille lorsque, entre L6on et moi, ]a rupture sera' irreparable. (Elle soupire. Un temps.) Oft done est Claire ? L'a vez.-vous vue
Louis
Elie va revenir. Elie Rait ici A I 'instant.
GEORGETTE
Voulez-vous me permettre de vous poser une question, qui au premier abord peut pa-




Une eause sans effel
raltre indisci-6te ? Est-ce que vous 6tes filch6 avec rna sm, ur I Loins
Non... Clest elle qui 6tait mci,6e avec moi.
GEORGETTE
Et vous kes rest6 tout un mois sans venir ]a voir?
Louis
C'est-h-dire que c'estelle qui ne voulait plus me voir.
43EORGRTTE
Et vous ne vous Otes pas r6conciU avec elle?
Louis
Non. C'estellequis'estrdconcili6e avec mol.
GEORGETTE, souriant.
Mais que faites-vous dans tout cela, vous ?
Louis
,,mo!? ... Mais, j'airne Mademoiselle Claire... je-puis bien vous le dire surtout aujourd'hui oil la paix est faite... Je croic; qu'elle va se figicer avec moi... Jesuistr6sheureux. Elie ej t si douce, si bonne, Mademoiselle Claire4 t puis, c'est un caract6re.
GEORGETTE
Mals, siI n'y a pas d'indiser6tion, h quel prop.os vOuS Res-vous brouill6s, puis r6concilids ?




Mie cause sans e~tel 49
Louis, vivement.
Ne me deiandez jamais cela, madame... C'est... c'est un secret.
GEORGETTE
C'est bien, (d ce moment, entre Claire; salutations, etc.)
SCANE V
LEs m~mEs, CLAIRE.
GEORGETTE
D'ofi viens-tu, Claire ? Comma tu parais heureuse.
CLAIRE
Plus heureuse que tu ne penses, Georgette.
GEORGETTE Je sais, Louis m'a tout dit.
CLAIRE, d Louis.
Comment, vous avez...
Louis, vivement di Claire.
Non, non, ce nWest pas ce que vous croyez.' 11 s'agit de nous.
CLAIRE,
Ahi, bien. (4i Georgette) Je crois que faural uno bonnet nouvelle i t'annoncer tout A l'lhure.




io Une causo Ons 'eel
GEORGETTE
Pourquoi pas tout do suite?
CLAIRE
Parce que je veux que tu to d6barasses d'abord d'un individual qui 6tait d6j venu ce matin, et qui est retourn6 en distant qu*N a absolument besoin de to voir. Cest m6me: lui qui m'a retetiLl- quelqul s instants dehots. 11 s'est instaII6 sur la galerie et refuse de 6Amarror.
GEORGETTE
Comment s'appelle-t-il ?
CLAIRR
Me Ant6nor Martin.
GEORGETTE
-Von Dieu, encore un Eli bien, faites-le ontrer. Et pulque, petite cachoti6re, to Voifik presque flanc6e, sans rien- m'avoir dit, a ec Me Prestory, allez tous les deux faire un tour dans le jardin en a attendant q6e j'aie'cong di6 cot individual.
LouisMadame m6flez-vous do cot homme. C'6st un avocat.
(Ilssorlent par la porle du.fqnd. Georg lle va A layorle de gauche quIelle ouvre.)




trne cawe sans effet
SCANE VI
GEORGETTE, Me MARTIN.
GEORGETTE
Intrez, Monsieur.
MAR1IN
Excusez-moi; Madame, de paraitre vous importuner. Comme j'ai eu Favantage do Vexpliquer;k Mademoiselle votre scour ca matin, fai dlimportantes communications A vous fair* Je suis Me Martin... Me Antdnor Martin... I'ayocat bien connu.
GEORGETTE
Inchantdo, Monsieur do faire connaissance ayac Yous. QuIest-ce qui me vaut Fhonueur do -yotre visited ?
Me MARTIN
Je suis un viel ami do votre famille. Mon p6re, du reste, a combattu en 83 aux c6t6s du v6tre, qui a lutt6 si noblement dans c ette affaire do MiragoAne. C16tait un citoyen bien Ominent, 6minemment eminent, si j1ose ainsi m'exprimer, que Monsieur votre p6re. En outre, comme je l1expliquais b. votre scour, nous sommes un peu parent, puisque mon cousin, Paul Larty, a baptism. un des fils de votre fr6re.
GEORGETTE
Je Yous demanderais d'6tre un pou bref,




Une cause sans4ffet
Monsieur, car je suis'excessivement fatig ude. Enoutre des amismIattendent dans lejardin.
Me MARTIN
Je comprends, Madame, je comprends... 11 6tait cependant n6cessaire de vous donner ces details pour que vous vous rendiez compte de llint6rk que je vous porte... Car c'est cot intdrdt qui m'am6ne ici... ((Oui, me suisje dittu Was pas le droit do laisser Madame Wlard Jans le malheur, ton p6re 6tait trop blen avec le slen, il faut montrer que tu Was pas oubli6 ces liens sacr6s d'amit!6 qui unissaient les deux families, liens qui font ]a force des peupies etla grandeur des nations.'L6ve-toi" Ant6nor Martin et va au scours do cette saints qu'a rendu malheureuse le plus coupable des 6poux.,) Et me voici.
GEORGErTE, s cement.
Je vous remercie, Monsieur. J'ai d6ib. un avocat.
Me MARTIN
Jo sais, Madame... Je Wignore pas que Me Prestory vous represented en justice. c'est pr6cisdment ce qui mlam6ne. Je ne voudrals pas en dire du mal, mais...
GEORGETTE
11 est inutile d'insister. Monsieur Prestbry a toute ma conflance.
Me MARTIN
Je m'en voudrals de la d6truire. Clest Un




Une cause sans effet
excellent jeune homme. Enfln, puisque vous estimez qu1il suffit A d6fendre vos int6r6ts... Nfais Woubliez nas que le jour oft vous pourrez avoir besoin de 'moi, mon d6vouornent vous est tout acquis. Et maintenantj Madame, ]a;qsez-moi vous donner une preuve encore plus grande de cette sympathies dont je vous entretenais il y a quelques instants
GEORGETTE, exci dJe.
Mais., monsieur...
Me MARTIN
11 ,;,agit de votre mari, madame...
GEORGETTE
Eli bien ? ...
Me MARTIN
J*ai des preuves.
GrORGETTE, pd1issaw.
Des...
Me MARTIN
D*es.pre'uves, parraitement. Oe qijoi mettre Hn A votre divorce en deux temps, deux rDouvements. Une personnel tout A fait s6re, sachant le grand iritdr6t qiieje vois porte. est vehue m1offriv ces t6moi.-I-nal,es irr futables da*l'indignM de votre mai i.
GEORGETTE. aevab,'e'e .Mbn Dieu. ..




Une cause sans effes
MO MARTIN
Los d6sirez-vous, Madame ?
GEoRGETTE
Donnez...
Me MARTIN
J I eus M6 heureux de vous rendre sans co n. edition ce grand service. Malheureusement I& personno dont je vous parle se troupe aux prises avec une situation des plus p6nibles. La fortune no favorite pas toujours les honn6tes gens. Cette personnel, Madame, malgr6 tout ce que j'ai pu lui dire, refuse do se d4partir des preuves quIelle d6tient, si on no lui verse une certain r6mun6ration. GEORGETTR
Combien ?
Me MARTIN, sloubliant
Jo dernande Cinq cents Gourdes... c'est-idire la personne...
GEORGZTTEslapprochant de la table e1 ercrivant Je vais vous raire un ordre sur la Banque.
M* NIARTIN
Bien, Madatw. Croyez que je .juis tout A fait houreux do pouvoir vous rendre ce signal6 service tyrantt un paquetde letters de sig. poche.) Voici, Madame, il y a 1A tout ce qu'it Jaut... trois lottres dont jo vouis recommended la le( turo ((jcdi-gwte prend firs (witk" Rtfs ri'41W




Une cause sans effet 55
ripond re.)-Madarnej'al blen I'llonnour do vous saluer, et toujours ii votre disposition, Westce pas... (il sort par la porte de gauche..) Georgette reste un mstant seale, assist dans le fauteuil; elle lient le paquet de letters, et h6site avant de les ouvrir. Elle est ti s triste.
GEORGETTE
AInsi c'est done vrai... (au moment o4t elle
-S appr&e ti ouvrir une des letters, on intend un bruit de voix tenant da jardin ; elle referee br'a squement le paquet ; on intend les voix de .Jla ame Vergy et de Claire)
VOIX DEANNA
M a ch6re, croyez-vous, hein ? Quelle cr6ature...
Elarent par la porte dit fond Anna et Claire.
VII
GEORGETTE, ANNA, CLAIRE.
ANNA
Ma chdrie, cornme j'ai hAte de to voir Val q ue1que chose d'inouY b to raconteur.
qEORGETTE
Encore?
ANNA
Tu sais que ton divorce fait le sujot de tou-tos les conversations., Et Fori raconte, et I'mi




Une eduse sans effet'
brode, et Pon tripote, et Fon cancanel... Cest effrayant comme il y a des gens qui ailment A s'oecuper de ce qui ne les regarded pas. Naturellemen't les femmes te d6chirent hL belles dents, m6me cells qui wont quIun rAtelier... Ohellessoritterriblescesfemmes!-Ies hommes aussi, du reste... Heur6usement je suis toujours ]A pour te d6fendre.
GEORGETTE, sans conviction
Je te remercie.'
ANNA
Eh blen, ma ch6re, j'6tais hier chez cette petite chipie de Madame Dupont. Elie est un peu parvenue, et elle a plus de faux cheveux que de vrais sur la t6te, mais ses petits gAteaux sont exquis, aussi je manque rarement son jour. La conversation roulait sur ton divorce, naturellement. VoilA que cette petite nigaude de Madame Bernot d6clare que tu as ou tort de rompre avec ton mari. Crois-tu, hein ? D'abord, de quoi se m6le-t-elle?
CLAIIRE
le suis du m6me avis qu'elle.
ANNA
Tu Wes qu'une enfant, tu ne peux pas comprendre ces choses-liq... Ykais tellement Indign6e que je me suis levde et que j'ai fait une sortie, oh mais, une sortie! Je te promets que je lul ai clou6 le bec .. Pal racono tousles mauvais treatments que L6 on te fai--




Une cause sans effet 57
!5ait subir, la. facon scandaleuse dont il slaffl.; chait avec cett e Porta. comment il t1a fait souffrir pendant tes cinq ann6esdemariage...
GEORGETTE
Mais c'est faux, c'est faux...
ANNA
Qa ne fait rien... L'auditoire dtait gagnddA ta cause. L'on allait m6me passer A un auted:' sujet, quand Madame Bernot reprend ]a parole et demanded : a Oui, mais quells preuve a-t-on'de tout ce que vous advance ? L;k.dessus, tout le monde de demander des preuves. Tu vois mon embarras... S'i1 fallait prouver que tout ce quo l'on dit, ofi irions-nous ? J'6tais interloqu6e, lorsque dans le silence 96., n6ral j'entends ]a voix de Mademoiselle Larty grinder (( Mesdames, fai une nouvelle, moi.- Elie Vena toujours voulu, Mademoisel-le Larty : je crois quIelle aimait ton mari et quIelle a dtd furieuse quand ellp a v.u vos flanqailles et votre marriage. Bref, ne voilA-til pas qu'elle announce sous le sceau du secret, bien entendu, qu'une personnel blen renseign6e lui avait assured que quelqu'un Vavalt remis des preuves centre ton mari, une douzaine de letters des plus compromettantes!
CLAIRE
Clest un monson-o inrAme!
Je Wen saig.ri6n,--raa eht3re, -90 4 JtIoja:s




.58 1 1 Une cause sans pt
mensonges sont souverit vrais et; I es v6i,,.Itd1-, fAu8ses. En tout cas, ce matin, toute en parle. On.cito m6me des-noms. I oypns,. Georgette, est-ce vraimetit vrai quo cc West, pas vrai?
GEORGETTE
'Mais, d la fin, cela no re.-arde personno cc quo mon inarl peut avoir fait!
ANNA
Tu vois, tu ne niespas.'.. il v a quelque elio6tais sftro! Quel chenapan que eV LOon!
GLon(;i -vi'F
Je tie to permits pa., do parlor ainsi de mon mar!, entends-tu ANNA
Mais, C1161-io...
GEORGETTE
VouF, 6toscohtente, Wo. ,t-(-,e pas, dlavotr rdussi h'deelllver inori rnt iiago, d'avoir -a forcedevaconta rs et do tripotages, provoqu une rupture Nitro Uoil ot nioi?...
ANNA
Mais, voyons, ma, eli6rio, c*kait Aans ton int6rdt.
GEOPGE'rTE
Oui, oui, darv m,)n int6r6t, toujours dans j)aa*j#9n jatdvdt.qu'on ma d6,




U11e cailse sans effet 19
chir6 le co!ur, quon m-a aigrie, qu'on m'a exasp6r6e, comme c'est dans mon int6r6t qu'on est venu tout h I'heure me vendre ces preuves dont vous parliez ot qui me (-16,goutent! (Ellejette le parquet de letters sur la tab!e.)
ANNA, salisfaile.
C'Mait vraP... Tu ne les pas encore ouverWs, ma ch6rie?...
_ CLAIRE
11 faut les d6chirer, Georgette, il faut les dkhirer sans Ies lire.
ANN A
Mais c'est de la rolie! Ce sont desprouves...
P-LAIRE, d GeOl'gettC
nly a pas de preuves centre I'amour et tu airnes Ldon. Tu to ferais mal inutilement...
ANNA
Tu sauras le nom de ta rival ... Tu pourras la conrondre ainsi que ton mari ... Mais pen. se done, (!'est la von.-eance que tu fiens-I&...
CLAIRE
Ce West pas le bonheur...
Georgette fait un geste, prend les letters, elle hesite une minute puis leg Vchire.
ANNA
Oh, a.-. par exemple... (!a d6paF se tout!
CLAIRE
W41v-Q1.41 bj.e.4. quo tu Faimes encorel..,




Une cause sans eret
GEORGETTE
Eli bien, oui jP. I'aime. Eli bien, oul je tiens. h lui par tous mes souvenirs, par routes, mes pens6es et par routes les fibres de mon. coeur! que mlimporte ces mis6rables questions' de vengeance ot de rancune, quand ma vie est ddfiftitivement bris6e!
CLAIRE
Mais Georgette, tout pout s'arranger...
r GEORGETTE
Non, apr6s ce que je sais, il n'y a pas do racommodement possible. Je serai mallieu.seus6, mais je ne parclonnerai pas A 1.6on et je ne le reverrai jamais...
ANNA
Queile coincidence! 11 a dit les m6mes clioses de toi... 11 est vrai que Madame Porta dtait )A... 11 a affli-md qu'il ne remettrait jamais les pieds chez toi.
Au tn&ze moment par la porle dit fond parail L on.
Utz lemps... puis Anna- Eli bien... elibien... ma ch6re, je to laisse. (Elle sort, accompanied de Claire.)
SCi,,NE N7111
GEORGETTE, LE0N.
GEoRGETTE, apr s un. moment, lr s
VOUS 1 VOUS! ici.




Une cause sans effet
LAoN
Jo suis A vos orders, Madame, (silence' de
Georgelle, trop 6nue pour parlor.) Je vous fais
peur?
ce. GEORGETTE
Excusez-moi.,..1'6motion...jesuist6ll6m6nt
surprise...
UoN
.J esuis venu sur le d6sir que vous enavez
ekpiimd (geste d'itonnement de G orgelfe.) Voiei la letter quo votre avocat m'a adress6a et quil m1a confirmed forsque tout A I-heure en
traversant le jai-din je Ila! rencontr6.
GFoRGETTE, apr& avoir lit,
Oui... je vois... Je... je vous remercie. Mon
dvocat a cru. blen faire...
L t o,,i
Clest donc A votre insu que ce billet a 6t&
rddig6? (silence de Georgette.) ah I j-6tals fou, d1avoir cru. y voir un signe do vous.. d1avair tondd, je ne sais quels espoirs sur ce bout do papier... Puisqulil nlenest pas ainsi, il ne mo
reste qu1A m1excuser et A me retired.
GEORGETTE, apr s une hesitation
L6on... clest moi qui Ilai fait 6crire... elest
moi... Ahl comme en votre presence tout rnon orgueil tombe, oui, clest mol, clest mol, parce que j 16tais trop malheureuse, parce quo je Youlais vous revoir, ne Ult-ce quuao mL-




a Me cause sans effet
nute, parce quo je suis lasso de soutfrlr alnat... oui Uon c'est moi, pardonnez-moi I... at ne partez plus.
UON
Yous i)ardonner, Georgette, quand tous les torts sont dmoi I v;n,t fois je voulais revenir. il me semblait quo mes fautesme barraient la route... Mais, va, tout cola est pass6. Yen ai d6chirdjusqulau souvenir...
GEORGETTE, niontrant les Wbris de paper.
Vois les preuves qu'ils voulaient m'impo.ser ot que je ulai m6me pas regarddes...
LAON
Ma vie entire ne sera pas de troo pour ta fairs oublier...
GEORGETTE
Jet'alme Ldon, cela suffit pour tout effacer....
SUNK IX
Les.ffemes, CLAIRE, LOU13.
6AIRE, d Louis
Voyez, que vous disais-je?
Louis
Vaus avez raisonp Claire, toujours -ralson.




Erne Cause Sans 0et
.27 GEORGETTE, t Claire.
Petite qdeur, 'tous les chagrins sout finis. Mon bonheur recommence.
CLAIRE, niontrant Louis
tle mien commence...
GEORGETTE, (i Uon
Leon, puisque te voild do nouveau et pour toujours chez toi...
LEON, inte?,ionipant
-Chez nous.
GEORGETTE
Chez nous... j'ai I'honneur de to demander ;","la:main do ta belle-soeur pour N10 Louis Prostory, mon avocat...
LPON,'gaientent
. AccordO, acicord6, Maltre vous avez ia parole.
Louis, tr s iinu
Eh bien, je vais dire une chose... je n1ai plus de cause... mais jo suis houreux.
UON
Cola vaut mieux. Etpuis croyoz-moi, la plus belie cause que l'on puisse garner est encore eelle qui so d6bat comme ce soir, dans un foyer...
GEORGETTE
Lorsque clest le bonfieur qui est en Riga-




V'no cause sam effet
CLAIRE
Que ce sont des eceurs qui plaident...
L9ON
Et que clest I'amour qui juge...
RIDEAU.