Citation
Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne

Material Information

Title:
Revue de la Ligue de la jeunesse haïtienne
Creator:
Ligue de la jeunesse haïtieene
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publisher:
Impr. de L'Abeille
Publication Date:
Frequency:
Monthly
Language:
French
Physical Description:
2 v. : ; 24 cm.

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Haiti ( lcsh )
Genre:
serial ( sobekcm )
periodical ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
1re année, no 1 (20 fevr. 1916)-
General Note:
Title from cover.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
001528667 ( ALEPH )
19032133 ( OCLC )
AHE2021 ( NOTIS )
sn 89020401 ( LCCN )

Full Text















This volume was donated to LLMC
to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by

University of Florida Library


image:
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20 M.krs 19J6





DE LA

PE1UE DE LA LIGUE





M4I 11 'l~lVS' t'bIIAHNI.F





-INE AFFAItE. DHONNEUR
tlie r no avt


Pk~fNANf) m 1VlifllP.T












1 I VDC VIME l KI l
FRI V ITPRt -l itotl INE


image:
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UNE AFFAIRE D'HONNEUR

COMEIE EN UN ACTED

rep st t esurI.7/redtire Parisianla.
le 8 11dcembre 19 15, par les membres de la
LIGUE DE LA JEUNESSE IIAITIENNE


image:
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20 MAns 4916





DE LA

REVUE DE LA LIGUE

DE LA JEUNESSE HAITIENNE






Ce NiJ)to coNIPIaNEI

UNE AFFAIRE O'HONNEUR
Comi, 'le en un ate
I ~ PARl
FERNAND HIBBERT










PORT-A UQLRINCE
IMPHIMEL E ) I. A E ILLE
4, flUD I ORu PER 1. 11E AMERICAIX.
1916


image:
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)VN ,


image:
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UNE AFFAIRE D'HONNEUR

COMEDIE EN UN AC UE




PERSONNAGES

TRiODUIE? IOMARIN .11.1. lis ioupwau
LE NIINISITRE DE. LA
GUERIIE PII ~jl
COLO Philipp fo I(II
LUNIQ' E Abert I.hrar
FHux "/.Th Z,/
UN ADJOINT .Sd.1,/

NINIE.o 1" Jeaie jo icuer
(li/is alon san/s preleiltioni (i J'oli'-i -thn.


SC1N 1 PRE vis/orrEan


MeOMAR IN. NINIH. ( E/s soPul assiss;
I'ure colUd, l'autrc tiricrl', puis IELx.
NI PhilippONLafoRtInN








'lu as bea IdiroEcst th I i ta It. II I t p s
das les hantides d Tioul? d r:ntr-P r i i
tardc.


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S U. EA FFA IRE DIIHONNEUR

NINIE

Mais maman, tu sais bien quo papa doit
partir avec nous par la.plus prochaino occa-
sion pour aller occuper ses nouvelles fone-
tions do d,1egue des Finances A Jdrmie. Quoi
d'dtonnant que des affaires A rgler le retien-
nent dehors plus longtemps que de couture.

Ma1 ROMARIN
Tu ne connais pas ton phre comme mot
-ma flle. C'est un homme d'un caractbre si
omporte et il est si brave par temperament
que j'ai toujours peur qu'ii n'ait frappe ou tu
quelqu'un lorsqu'il West pas sous mos youx.
Quand ilktait commandant d'arrondissement.
pour un rien i prenait des measures dner-
giques (Un temps. ) C'est qu'iI est pris de
trois heures.
NINIE
Eteoministre de la guerre qui n'arrive pas
Monsieur F61ix nous a donni I'a;surance que
ce personnage viendraitvisiter lamaikon vers,
les deux heures.

Mne ROMARIN
Ali Cost un locataire qui me convient on
tous points. 11 a accept sans marchander
le prix en or quo noas Jui avons demand et
a consenti A fair A ses frais los petites repa-
rations indispensables. Cest uno Neu honne
affaire que Folix nous a fait trouver I.


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UYN, l AiF. IflE DIHO.SVN 7.

NINIE, viVement
Ah! 'edt un si gontil gay en, NI )!isiour
FMlix !

Ml ROMABIN, aVec un soupir.
Matheurousement, ii no travaille pa,.

NINE

Comment, il ne travaillo pas. mai it est
courtier. Et puis le ministry d la guirre dont
il est le secretaire. lui a formollorrent p[romfi
da le prendro ccmnme chef do divi'ioA.

Mle RONIARIN

11 a pro his.mais ils pronottent tou
jours, cos gensw Fl.

NINIE

Cet vrai. Mais t obiIie;, m m in, q 1o le
minktre a hosoin do onsieur EMlix p vir sa
candidaire A la Pr6sidence do la Rpublique,
Monieur FlIix connalt tout le monde, tandis
que to Mini'tre . .

M"se ROMARIN, riant

Le fait est qu'ils sont un tas do prdtendus
hommes importants qul veulent 6tre prbsi-
dents et qui ne connaissont porsonne ot quo
Personnel no connalt. En attendant, 6coute 10
cOnsoil que jo vai; to donnor: jo me suis ien
apergue quo F61ii aVAit un fort coup do soleil


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8 UNE AFFAIRE)JIHONNEUR

pour toi, (Ninie baisse les Veux), mais qu'il ne
declare ses intentions A ton pore qu'aprbs
qu'il aura sa charge. Sans quoi, ton p6:e,
avec le caract6re terrible que je lui connais,
le flanquera A la porte. Et moi,*j'ai besoin de
Felix pour faire mes commissions. Et main-
tenant quo nous allons partir pour Je1rmie,
j'aurai encore plus besoin de lui. Nous n'a-
vons pas une autre personne A Port-au-Prin-
ce pour s'occuperde nos affaires pendant que
nous serons IA bas.
NINIE, pique.
Ah! c'est pour ga .

Mme ROMARIN
Pour ga et pour autre chose. I me plait
beaucoup, Felix. C'est un gargon intelligent
et qui a un tris bon caractbre. I trouve tout
bien. (On frappe ) Entrez.
Entre Filix

NINIE, conlente
Ah! c'est lui.
FELIX, trs en l'air
Bonjour Madame . Bonjour Mademoi-
selle (Poigndes de mains. Longs regards
t Ninie.
Aprls une pause ). Vous savez mesda-
mes. jo vous ambne l'homme .'homme
monte l'escalier en ce moment.


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U1E A FF.I.1 lE IHONNEUlL

M"'e ITONIARIN
Ai! le Ministre
FitIx
Cui, le Ministro. (avec exaltation), c'est Un
homme extraordinaire un cerveau A com-
binaisons. C'est A la fois un coeur, un bras et
line tate 1 Avec lui A la p7dsidence, le pays
est SduvI (Alouvement.- Fiivaversia droi-
te el introduit le ministre de la guerre. 11 est v4.
tu d'une redingote noire -- pantalon fanlaisie-
gilet rouge Panama Coco macaque. Epe-
rons. Chaine de monire monunentale. Bagues.
Gants.jaunes ividents t la poche de col de sa
redingote.)


SCENE II


L S MlMES, 10 MINISTRE DE LA GUERRE,
L'ADJOINT portant la serviette du ministre.
F9LIx
Secretaire d'Etat, permettez-moi de vous
presenter. (11 fail les presentations. Le minis-
Ire sale el remet a l'adjoint son chapeau et son
coco-macaque, et parait rcflichir avant de dire
n'importe, quoi.
M"e ROMARIN
Noussommestrbs heureuses,gdn6ral de fai-
re votre connaissance (elle ddsigne des sieges.)
Par FMlix et par ses amis car Felix a beau-


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19 FTNK AFFA IRE IPANEU

coup d'amis ( coup d'wil significatif d Ninie ),
nous vous connaissions ddjA do reputation.
(Signe de satisfaction da -ministre ). Aust-i
nous vous attendions avoc la plus vive impa.
tience. Nous commencions mime A croire quo
vous no viendriez pas aujourdlhui ainsi quo
vous nous I'aviez fait dire.

LE MINISTER
Oui, je suis en retard. Excusez moi. J'ai td
retenu chcz le coiffeur ofij'dlais all m, fire
extraire les chevoux.
( Iirs elouffi!s des deux dames. Fdlix se roidil )

Mme ROMAnRN, faisant diversion.
EL mes commissions, Felix ?

FAL.ix,
tirant de ses poches deux petits paquets et tn
flacen.
Voici les m6dicaments Quand auxsouliers,
Zapata vous fait dire qu'il n'est pas encore
prdt.
1me ROMARIN
Et la doublure pour ma robe, vous I'avez
oublike ?


Pas du tout, Ma.iemoiseIc Clemenc m'a
dit quec'est on douanc et (ue jo. pourraih re-
passer d son magasin vedredi.


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UNE IFF 1IT t7?rIIGNEU l 11

hime ROMARIN
A ]a bonnie hour ( au ininistre qui pendant
ce leips, inspeclait la piece sournoisement.)
Nous allons visitor la miison, si vous le you-
lez bien, ministry. M i mari qui aurait to si
houreux do vois tout faire voir, n'est pas en-
core rentr6, cc qui me jette dans des in-
qui6tudes mortelles.

LE MINISTRE_

Pourquoi vous inquiCter ? Lo gouverne-
ment protege tous los bons citoyous.

M'e RIMARIN

Oui, jo sais. Dailleurs, mon maria est un
ami du Gouvernoment. comme vous le save.
Soulement. jo crains qi'il n'ait eu quelque
querelle. C'est un homme si violent et d'une
bravoure si tOmbrairo!

LE MINISTRr
II a done I, mime temperament que moi.
(IIprononce: TEMPtRAN\IENT). MaiS COmme
it est revitu de la haute confiance du chef de
I'Etat, j'affirme qu'iI n'a en quereHe avec per-
sonne.

MlADAMERONIARIN
Diou vous entende, g6ndral! (Elle lui fail si-
fie de passer devant el/e vers la gauche). Nous
gallons passer par id. C'est la ,alle A manger.
?Elle disparait d gauche acec le ge'ndral price'


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UNE A FFA 1/PE IYRJ1NNEUR

dd de l'adjoint el tous suivis de Felix et de A inic
qui continuent a flirter Iran quillement et hon-
nleiment).


SCENE III



(La scine rested video un instant. Entre Theodu-
le 1air preoccupd).

ThlIootUL, scul.

Of sont done cos dames ? 11 no so peut pas
qu'elles solent sorties. E!les auraient dCi 6tre
lb A m'attendre.I parait qu'elles nose sont pas
inquieldes do moi pendant quo j'otais on bu)to
A des ddboires sans predents. ( 1I lire sa
montrej. Trois heuros J'aurais dcd 6tre ici do-
puis midi ot cc retard do trois henros ne
les a pas frappies. Enfin (Il sassied sur le
canapd, I'air anxieux, puis it se /ive brusque -
ment secoud par l'indignation. ) Quoi? moi I
Jan-Marie Th6odule Romarin, insultO, fral -
pe. Par qui ? Par un sieur Dadas Boi.mont !
Ah! j'allais le manger cru. Mais ces mes-
sieurs m'ont retenu. 11 I'a 6cllkppd 1iOl En
tout 6tat do cause, cette affaire ne pout Otre
regldo que sur Ic terrain d'honnour. II me
raut du sang Je l'ai express6ment dit d mes
timoins Colo et Lunique A qui j'ai donn&
.carte blanched. J'entends que cc soit un duel


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1VR Ed FFA IE !'H110AJ l/R II? .

A mort! Monsieur Dadas Boismont ne sait
pas 5 qui il a aflaire. 11 aurait dfl aller aux
nouvelles avant do se montrer impertinent A
mon endroit. Mais quel est ce bruit insolite ?
% 11 se lourne vers la gauche. Entrent emne Ro-
marin, le ministre Ainie, et Felix).


SC;NE IV.


TIuoDIrtE, sa femme, sa fille, 10 MINISTRE,
FE'LIX, L'ADJOINT.

MADAME ROMARIN.

Ah c'est toi, Thdodule, ofi done 4tais-tu
comme ca ? Nous 6tions dans des inquidtudes
mortelles.
NINIE, embrassant son pare.
JO calmais de mon mieux maman, mais au
rond, jo commencais i tre tr6s alarmie.
TiltODULE, salisfail de ces de'monstrations et
tout en serrant la main des deux hommes.
Oui, j'ai 4t6 pris, trbs pris. on a tant A
raire la veille d'un d6part. Mais je vois avec
Plaisir quo le ministre a visit la maison. En
est-il content ?

LE MINISTRE.
OUi.certainement. J'n suis tobs content.
Seulement.


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I; UNE AFFAIJPE /)']I JIOJKEURI

Tous
Seulement.
LE MINISTRE.
Oui. certainement. (se tournant vers Ma-
dame Romarin.
11 n'y a done pas de trine?
(On cherche t comprendre. Felix passe vive-
ment du c4i de Madame Romarin et lui expli-
que a voix basse, de quoi it s'agit).
MADAME ROMARINi affable.
Assuriment ministre, il y en a; La maison a
toutes les commodiths. Seulement je n'avais
pas pens6 qu'il 6tait ndcessaire do vous con-
duire.
LE MINISTRE
Ah I trbs bien. je comprends.
MADAME ROMARIN
Alors nous sommes d'accord. Quand dbsi-
rez-vous prendre logement ?
LE MINISTRE
D'ici huit jours.
MADAME ROMARIN

'a nous va, vu que nous partons au com-
mencement do lasemaine prochaine.' (Se tour-
nant vers son mndri qui parait agild et tire sa
montre 4 chaque instant). Ah I ga, voyons,


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VA pp Fit I DHO.YNiURl is

Thtodulo, tu dois mourir de faim. Va done
dtjeforicr. Ninie, occupc-toi de ton papa. (Yinie
sale e. disparait d gauche).

THRODULE
Oh! j: n'ai pas faim. (Tout en disant cela it
gagne la salle ( manger). A tout A l'heure,
messieurs
LE MINISTRE, suivant son idee.
Cot tainement. oui. (H1 s'avance stir le de-
vant de la schno, entre Madame Ionzarin et Fd-
lix, et les regarde tour 4 tour). Voil. Est-ce
qu'il y a un Conisulat dans le voisinage ? (Ma-
dame Ronarin ei Felix font signe que non.
LE MINISTRE, avec force
11 n'y a pas do consulat dans le voisinage ?

MADAME ROMARIN
Non.
Fif:LIx
Non.
LE MINISTRE, resolument
Alors je no loue plus la maison.

MADAME ROMARIN
Mais, voyons, ministre, ga n'a pas d'impor-
tance.

LE MINISTRE, dans uin cri aign.
Ah


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UNE A FPAIRE IUHY) UNI C.l

FELIX

Voyons,,Secr6taire d'Etat.

LE MINISTRE

B6njour madame. mes respects A votre
demoiselle et mes devoirs A l'ami Thbodule.

(11 sort suivi de l'adjoint et de Felix apris quel-
ques mimiques de celui-ci d Madame Iomarin'.

MADAME ROMARIN

En v6ritO, c'est trop fort I faut quo j'aille
raconter cette incroyable histoire A Thdodule.

A ce moment, on frappe. Elle se dirige vers
la droite pois introduit Lunique et Colo qui la
saluent gravement).

COLO

Veuillez nous excuser, madame. Mais nous
serions heureux d'entretenir un instant notre
ami Romarin, au sujet d'une affaire pressan-
to. de propridt6, dont il nous avait parle.

MADAME ROMARIN

Thbodule vient de rentrer et est en train de
prendre quelque chose. Je vais le prbvenir.

(Elle leur design des siges, puis sort par la
gauche).


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UNI A FFA IR h D IfuNNYEUl I7

SCRNE V


COLO, LUNIQUE celui-ci trbs roide, I'aspect
martial. 11 a un tic qui consiste dans un mou-
vement des sourcils et de la the. Ils gardent le
silence pendant un instant.

COLO, brusquement.
Nous demanderons d Lavaray de nous pri-
ter ses pistolets.
LUNIQUE
J'y pensais.

SCOLO
Matheureusement les pistolets de Lqvaray
Ont dbjt servi. Ce West pas tr6s correct. 11 est
mdmo probable quo Boismont les connalt.
UNIQUE
Ca ne fait rien.
1% COLO
Et les 6pies ? Qui pourrait hien naus priter
des opdes ?
LUNIQUS
Jen ai.
COLO
Alors tout est hien.
(Entrent T/eodule, sa femme et sa fille ces
dernidres en tenue de sortie.)


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18 17NE A FPA IR' D'HO NEUR

SC'*;NE VI


Colo, Lunique, Thdodule, Alne Romarin, Ninie
TInIoDuLE, furieu.x
C'est une indignitd! Et je lui dirai son rait
A ce miniktre de la guerre. Tout ca, voyer-
vous, tout ca c'est la faute d cc Fiix.
NINIE
Oh papa.
M"" ROMARIN
Flix a faith de son micux.
TniODULE
C'est Lin petit polisson 11 me paiera ga.
MO LOARIN
Mais non., mais non., c'est le ministre de
*a guerre qui est un 6tre ridicule et peureux.
(Pendant ces derniers mots, poigne'es de main.)

M"n ROMARIN, I! Colo el Lunique.

Excusez nous, messieurs, mais nous som-
mos obliges d'aller faire une course, 4tant
sur notre depart.
COLo, aimable.

Comment done ?
( Elles saluent et iorten )


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UNE AFFHR&1? D'HONNEUR 9

SCENE VII


TutODULE, COLO, LUNIQUE

Is sont assis
TH9ODULE, fidvreux.
Eh bien, messieurs?

COLO
Mon cher, tout s'est pass A notro satisfac-
tion.
TH9ODULE, soulage'.
Ah I tant mieux.

COLO
Oui. Vu la double offense qdi vous a 6t& fal-
te monsieur Boismont ne s'dtant pas con-
tente de se porter sur tin homme de votre im-
Portance 6 des voles de fait, mais encore s'est
Oubli6 jusqu'A vous infliger I'appellation d'un
animal dont iI strait malsdantde citer le norn
- nous avons en consdquenco rclam6 ener-
giquement le choix des armes. Les timoinsde
M. Boismont ont cssayd de discuter. Mais
nOus les avons rbduits au silence.
TH9ODULE, axzieux.
Alors, ils m'ont reconnu la quality d'oftens6.

LUNIQUE
Oui, necessairement.


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UNE AFFAI [iE 1J0N1UIR

THIRODUJLE, (licontenance.
Ah! Et alors ?
Cot~o
Alo s nous avons demand 'le pistolot A
vingt cinq pas, au visd, avec change do qua-
tre Ialles.
THIEODULE, avec an.Tid.
Its ont accept ?
LUN:QUE
Non. ls out trouvd co conditions trop fe-

'flilkODULE, S011lg .

Ahl!
LUNIQUE, Thcrgiquement.
Mais nous avons tenu bon I
THIf.ODULEr. avec 6lan.
A:ors its out faith des excuses a'r nom de
leur client.
CoLo
Pas du tout. Ils out propose deux balles au:
commandement A trente pas. EL au cas ofila
rencontre ainsi regime ne donnerait pas de r6-
sultat de reprordre le duel ft l'6pde jusqu'a
cc cue l'un des adversaires soiL dans I'impos-
sibilit6 de continuer le combat de I'avis des
nddecins.


image:
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UNE AFFAIJllE HONNEUll .'I

TiiEODIJLE, pileulX,
Pistolet et 6pie !. Vous avez refus6 ? -
COLO
Pas du tout. Nous avons accept et avons
rddig6 et signed le proc6s verbal dans cc sens.
TIgODULE, abalti, acec amerluiNG
Alci, messieurs, mci.
UNIQUE
Vu la gravity des offenses, if nous a faflui
6tre tris sivdro. Votro lionour avant tout

TIIoDULE, de plus en plus abatita e anzer
314ci, messieurs, mci.

CoLO, se lCalt et unique aussi.
Maintenant, mon cher, proparez vous. C'est
pour domain martin a cinq heures et demie.
Nous viendrons vous prendre en voiture avoc
le Docteur Dantee. Dinez Idg1rement. Apr.s
quoi, faites une petite promenade d'unc deni-
heure, ptis couchez-vous. Jo vous connais,
VOuS dormirez comme un charrme. Et domain
mait, nous vous trouverons trbs en forme.

TllODULE, lamentable
AldcJ, messieurs. mi-.
LUNIQUE
Nous avons mend los cliosc's do frn;on it ce
que vous ayez une reparation complate.Vo.re


image:
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UNE AFFAIRE D'IONNEUR

satisfaction doit 6tre grande d'avoir rencon-
trd en nous des t~moins consciencieux et d'un
ddvouement a tout epreuve.

TiiODULE, e'crasc

Mci, messieurs, mci.

COLO, lui serrant la main

A domain, cher ami, et comme nous disons !

LUNIQUE, mhi errant 1a main

A. demain done et come nous disons!

Its se dirigent vers la porte de droite )

TiiODULE, avec disespoir, larmoyant.

Ah &est comme ca, messieurs. Ali c'est
comme ;a. S'il s'etait agi d'un autre, vous
auriez arrange son affaire. Parce que c'est
moi., vous voulez me conduire i la bouche-
ric. Alors, jo n'ai pas de famille, moi. Jo
n'ai pas de pays, moi. (Avec force.) Eh bien I
messieurs, je vais vous dire une chose: Jo no
me battrai pas! !

CoLo et LUNIQUL, suffoquds.

Oh! .

Colo tombesur une chaise et Lunique se carre,
Pendant cc temps Thdodule se retire firement
d gauche dans ses appartements.)


image:
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UNE A FFIJRE DIHONNEUR 2-T

SCENE VIII


COLO, LUNIQUE
(Is descendent en scene, se regardent et font
un geste navrd)
LUNIQUE
Comment allons-nous nous tiror do 1A ? Moi,
je ne vois pas de solution A cette affaire.
COo.o
Cependant, il.en faut bien trouver une.
LUIIQUE
C'est quo Boismont q i est l'offenseur veut
so battre.
COLo
Tandis (1ue Tilodul quni est l'offensd Wonn-
tend pas se battre. C'est precisemont lIA que
gilt a difficult. Tint (1 mime nous n3 pou-
vons pas porter aux tomx)irs do B )bm )nt les
excuses de Th6odule qui. est I'offense. On n'a
jamais va uno affaire d'honneur s'arranger
par suitedes excutes prdsent6es par I'offensO.
LUNiQUE
Va no s'estjamais vu. Cherchons autrechose.
CoLO
Si nous envoylons quolqu'un de shr denon-
cer au minister do l'Intdrieur le jour, I'heure
et le lieu ofi so fera la rencontro et par ainsi
le porter A intervenir et A emp6chev 10 duel.


image:
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4 UNE AFFAIIRE DHONiVEUll

Nous pourrions on m6me temps faire prdvenir
les commandants de l'arrondissement et de la
place.
LUNIQUE
Ce moyen me repugne, mais jo Won vois
pas d'autre pour tirer Thiodule ot nous m6-
mes de l'impasse o nous nous trouvons.
CoLo, furieux
Pour ma part, je fais lo serment do no plus
servir do temoin 6L qui que ce soit !
LUNIQUE, hors de l1i
J'en fais aussi le serment
COLO, allant a la porte de gauche et appelant
T1hiodule !. Th6odulo


SCkNE IX

'1'HI7ODULE, COLO, UNIQUE
COLO, gravenent
Charges par vous do rdglor uno affaire
d'honneur des pius d6licates, nous y avons
apportd tous nos soins et avons arrt6 une
rencontre par un proebs verbal signed do nous
et des tomoins de votro adversaire. Mais vous
refusez do vous battre.

TfltODULEI
Parfaitement. Je refuse.


image:
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UNE A FFAIRE DIIONNEUI

LUNIQUE, hors de lui
C'eSt fort, oui a
Coino
Vous pensez bien que nous ne pouvons pas
allor dire aux tdmoins do votre adversaire
quo vous refuse do vous battre. Et dans le
cas ou nous lour' ferions uno pareille dddcara-
tihn, il faudrait que nous nous substitutions
en votre lieu et place. En agissant do la sorte,
vons voyez dans quo! honteux scandale so se-
rait noydovotror6putation.
THEioDuLE
Aussi. jo no vous demanded pas do faire une
telle ddmarche, ni do vous substitute en mon
lieu et place. Toutefois, jo trouve qu'avec un
peu de honne volonti, vouspourriez arranger
cette affair.
LI NIQUE, eclatant
Nous no pouvons pourtant pas, nous offen-
ses, faire dos excuses !
mTIODULE
11 n'est pas question do cola. Seulement il y
a uno manibre do co'nduire une affaire sans
qu'il soit nicessairo d'arriver au tragique.
UNIQUE
Mais c'est vous qui nous avez donnd carte
blanche on ajoutant qu'ayant 6Md. frappd un
tdl outrage no pouvait so laver que dans le
sang.


image:
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f6 UNE. AFFA IRIC DIIONNEUR

TiHtODULE
J'ai dit ga. .j'ai dit (,a. c'est' exact. Mais
les vrais aris se gardent bien de prendre d la
lettre des propos de ce genre.
UNIQUE
Mais. c'est fort-oui ;a I
COLo
Je ne vois qu'un moyen de terminer l'affai-
re. Ce serait de mettre le ministre de l'Inte-
rieur, le commandant do I'arrondissement at
le commandant de la place, au courant do tout
-etdomain matin A cinq heures et demie prd-
cises. ces autorit6s viendralent sur le terrain
et emp~cheraient le duel d'avoir lieu.
TiiHODULE, SC grattant 1'oreille
Et si le ministre do I'Intdriour, le comman-
dant de I'arrondissement et to commandant
de la place pris par aillours, so trouvalont
dans l'impossibilitd de so rendr e sur les lieux
et par IA d'empcicher 10 duel. non, non. Jo ne
tomberal pas dans le pi~ge que l'on me, tend.
Si vous 6tes vraiment des amis, vous arran-
gerez subtilement I'affaire comme vous avez
habitudee do le faire pour d'autres.
UNIQUE
Quels autres ?
TIltODULE
Je ne sais pas. Vous vous 46brouillerez


image:
-------




UNE AFFAIkE D'1ONNEUR _7

comme vous I'entendrez. ( 11va fasseoir sur le
canap, 'air de'tach.)

COLo, emb&de
Quelle situation !. 11 n'y a pas a dire. Nous
sommes dans une impasse.
LUNIQUE, furielwI
Dites dans Un lintin!
Colm
Dso.rmals, cc n'est pas moi quiiconsentirai
A servir de t~moin a quolqu'un.
LUNIQUE, de plus en plus furieux
Ni moi I
THeoDwULE, se lournant vers eux
En some, que s'est il pass ? Au cours
d'une partie do billard chez Binbin, je fais une
observation d I'adresse dd Boismont qui so
fAche et i'appello. Jo no puis pas rep6ter le
nom dc. 'animal dont it m'a gratifti. lndign6
je tas le mouvem-nt do me prdcipiter sur lui,
it me fr apple avoc la queue de billard qu'il te-
lait a la inin. LA dossus. des amis inter-
viennent et nous siparent. A ce moment, je
m*6crie : << L'affaire aura la suite qu'Ielle com-
porte! En elfet, j'ai tcnu h ma parole. J'ai
constitud mes tdmoins et je leur ai donnd car-
to blanche. C'est-a-dire carte blanche pour
arranger les choses. Car enfin, qui a eu les
premiers torts ? C'est moi. Jo n'avais- pas A
fair des observationsA Boismont. en somme


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UNE AFFA IRE Y0HONNEUR

je n'6tais pas le partenaire de Boismont dans
la partic qui se jouait. jo n'dtais que simple
spectateur. alors ?.
CoLO, faisant signe d Lunique de s'approcher.
J'ai une ide!
LUNIQUE
Dites.
COLO
Voild. ( II le prend d part et lui parle bas.
Gestes. Lunique approuve. b-dessus its allu-
ment une cigarette et sortent pvr la droite.

SCENE X

S1119ODULE, SVuI
Je crois que ga va marcher. Evidemment,
cc West pas facile. Une affaire pareille deman-
de pour la bien conduire, de l'intelligence.
du tact. du savoir faire. Que diable Plus
une affaire est compliquie, plus on a de me-
rite A la tirer au clair et A tout accorder. Si
q'avait t facile, je n'eusse point eu besoin
de ces messieurs

SCENE XI

TH'DULE, MADAME ROMARIN, NINIE.
MADAME ROMARIN, entrant en coup de vent.
Ah Thbodule, pourquoi ie mas-tu pas dit
la vbrite?


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UNE' AFFA IRItE Wll IJNNEUR

NINIE
Ah I papa, tu veux done nous tuer. (Thdoi
dule prend un air martial;.
MADAMEi ROMARIN
Et moi qui n'ai rien devine Je no me le
pardonnerai jamais, moi qui ai introduit ces
messieurs, de n'avoir pas compris le caraet -
refatal de leur mission.
NINIE
Papa, jo ne veux pas que tu to battes !
TIInODULE, gravement.
Ecoute, ma fille. Dans la vie des peuples
comme dans la, vie des hommes, il est des
circonstances oh I' lonneur passe avant' la
vie.
N:NIE
D'ailleurs, Monsieur FMlix que nous venons
de rencontrer avec le Ministre do la guerre
nous a affirm6 que ce duel n'aura pas lieu.
TH9ODULE, avec satisfaction
Ah Flix vous a dit ca. Et comment est-il
au courant?
MADAME ROMARIN
Mais on no parle que de ce duel on ville!
Et le ministry de la guerre qui se rendait
avec Felix chez monsieur Boismont, nous a
donn6 assurance que I'affaire n'aura pas de
suite.


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10 UNE AFFAIRE 1'iONNHOR]e

THtODULE, sCeptique
Comment, le ministry de la guerre qui vient
deseconduire envers nousd'une manibresiin-
qualiflable relativement h la location de cette
maison, pout-il intervenir amicalement dans'
mon duel avoc Boismont ?
NINIE, vivement
C'est monsieur Felix qui l'a port A agir
dans ce sehs. A propos, papa, tu sais que
Monsieur FMlix vient d'6tre commissionn6
chef de division au ministbre ce la marine.
TH9ODULE
Allons, tant mieux 1. C'est un gargon
adroit qui fera son chemin.
NINE
Je to crois bien, papa.
MADAME ROMARIN
C'est un gargon tr6s remarquable que F6-
lix. Je to lai toujours dit, Thdodule. Sais tu
la bonne nouvellequll m'a annonede ennous
quittant sur la Place Geffrard ? Que le minis-
tre allait m'derire pour m'informer que j'au-
rai A fournir six cents costumes militaires au
minist~re de la guerre.
TIHIIODULE, ravi
Fichtre voulez-vous croire, ma ch6re, que
ce F61ix posside do belles qualitbs I Queldom-*
mage qu'il nous ait fait manquer I'affaire de
la location de la maison


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[INE AFFAIE DI'ONN1I tI

MADAME ROMARIN
Maisce n'est pas lui. (HMsitant'. Et puis.
penses-tu qu'il y ait liou de louer la maison,
avoc les circonstances nouvelles qui se pro-
duisent ?
TilgODULE, inquiet
Quelles circonstances ? Est-ce que nous no
partons plus? Est-ce que j'aurais perdu ma
place, par hasard
MADAME ROMARIN
Je ne dis pas ca. Seulement tu pourrais
partir seul. A part les six cents costumes
militairesetd'autresencore quo j'aurai A four-
nir- car avec Felix ga va marcher ronde.
ment- jo crois que le ministry do la guerre
va entreprendre pr6s de toi. pr&s de nous.
une d6marche. (Ninie baisse les yeux).
THODt.E, inquiet
Quelle dbmarche ?
MADAME ROMARIN
Je crois. qu'il va venir to demander la
main do Ninie pour Folix.
Tak6DULE, d Ninie, afectueusement
Ah! coquine.
NINIE, aveC dine
Papa, tol-m~me viens do dbcarer que F6lix
(se reprenant) que Monsieur Felix etait plein
de helles qualites.


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It UAE A FFA IRE D'HUNNEUl

THAODULE, bon enfant
Nous verrons ga. nous verrons ea.
MADAME ROMARIN, d Ninie, a part.
Je crois que (; y est. (On frappe). Entrez.


SCNE XII


Les m~mes, COLO, LUNIQUE.
MADAME ROMARIN
Ah I monsieur Colo, vous pouvez m'annon-
cer la bonne nouvelle, care suis au courant
de tout maintenant.
LUNIQUE intervenant
Pardon, madame. Nous avons 4td charges
par votre maria d'une mission aussi ditflcile
que delicate. A lui seul it appartient de vous
en faire connaltre les resultats bons ou mau
vais. En consequence, vouillez vous bloigner
un instant, ainsi que mademoiselle vote fille,
pour nous permettre.de remplir notre pdnible
mandat jusqu'au bout.
THRODULE
Lunique est un maniaque, ne faites pas at-
tention.
CoLo, bon enfant, aux deux dames effare'es.
Soyez sans inquitude, mesdames, soyez
sang inquietude.


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UNE AFFAIRE I)IONNEUR

M'e ROMARIN et NINIE, rassnrees
A tout b l'heure, messieurs !
( Les deux tinoins s'inclinent, les deux dames
sortent d gauche.)


SCENE XIII


THODULE, COLO, LUNIQUE, (on s'assied)
TiiODULE
Eh bien, messieurs ?
COLO
Eli bien. nous avons beaucoup lutt6l
LUNIQUE
Et-q'a to dur
TIfODULE, effraye
Ah i
UNIQUE
Plus que dur. humiliant
rHgODULE
Comment ga?
UNIQUE
Par la raison que les timoins de votre ad-
versaire et votre adversaire lui-mime n'ont
fas Voulu revenir sur un procks-verbal qui
avait fIx6 une rencontre. C'est qu'il est tc6s.
crane, Boismont.


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34 UV E A FFA I lE DYHONNEUI

TntODULE, inquiet
Et alors ?
COLO
Les chooses on 6taient arrives A: co point
que nous dfimesnous proposer pournous bat-
tre A votre place. Nais l'intervention inatten-
due du Ministrode la guerre est venue provo-
quer une dtente. Cos messieurs ont consenti
A ddtruire le premier proc6s-verbal et nous
avons signed celui ci ( 11 le lui remet ) qui met
fin a vos ddmills avec M. Boismont.
Tu ionuteii, respirant
Allons, taut mieix. ( Lisa-it le procds-ver-
bal): Nous soussignis timoins de Mes-
a sieurs TlIodule Romarin et Lonidas Bois-
a mont, rdunis au domicile de Pun d'entr'eux
pour rigler le difftrend existant entre cas
"deux amis, avons dcidd qu'iI n'y a pas lieu
h une reparatiorn par les-armes M. Thdo-
dule Romarin ayant reconnu qu'il n'etait pas
a on possession de lui-m6me quand il a faith
certaines ob-ervations diplac6es A M. Bois-
"mont. Devant ces explications, M. Boismont
declare retirer los termes froissants qu'iI a
employeee a l'adresse de M. Romarin et expri-
o me le regret de s'6tre laiss6 aller A un mou-
vement irrfl6chi contre un ami qui n'a ja-
('mais cess6 de jouir de toute son estime.
Fait on double A Port-au Prince, etc .
0
COLO
Voild.


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UNE AFFAI/.E I IONNEUR J5

LUNIQUE
Voil a

TH1ODULE, penaGl
Evidemment, jo 'no suis pas mecontent do
ce procks-verbal. mais je Irouve un pou rui
des les termes ( que je t'cais pas en posses-
sions .de pmoi mm e quandjai faith (ertaines ob
servationS DIEPLAClkES. >

LUNIQUE. brutalement
Qa vout dire que vous tiez gris -i tIo mo-
ment li.


Allons done j no his 'as.
CoI.o
ga no fait rien 11 etait necossaire que nous
fissions cotto didlaration sans (luoi tut d-
clancllait.


Enin'-


SCINE XIV


LOS NMIEES, M'" ROMAIRIN, NINI ( elles ot
enleid leurs chap."aux et leurs gants), puis 10
MINISERE, F1LIX L'AD.JOINT endormi, la bouche
Onverte, pendant la dernidre parties de la scec.


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33 UN~E AFTFATHRE DHONVNEUR?

Mn"^ ROMARIN, vivement, Cn entrant
Eli hin ?.
THI ODULE, cac/ial le procks verbal dans sa
poche.
Grico 5 ces messieurs et au ministry do la
guerre. tout est arran-e. Bolsmont a fait des
excuses.
N"" REMAIN ot NINIE
Comment vous remercier, messieurs ?
Cot1o
Nous n'avons fait que notro devoir. ( Luni-
que reste roide .)
NINIV
Maman, une voiture viont do s'arrtor h la
porto-Co sont surement Flix et le ministry.
Elle va vers la droie. Entrent le ministre de
la guerre el Felix suicis de l'adfoint. Saluts.
Poignedes de main ).
THIODULE
Je vous remercio, m )n clier minister do la
haute marque do sympatlile que.
\N ROMARIN
Comment vous remorcier, ministre, de
votre heureuse intervention.
NI NIE
Vous avez dtd bien hon pour nous.(Pendant
cc temps Fiix a parle' bas a l'oreille du minis-
ire)


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UNEA[PFAIRE D'IONNEUR 37

LE MINISTRE
No me remerciez pas, mes amis, (it pro-
noncee mdzanmis),je n'ai fait quemondevoir.
Le gdneial Thdodule Romarin, par son pa-
triotisme dclaire. .par son merite intangible.
par sa correction bien connue. a su miriter
la lIaute conflance du chef do I'Elat et Festime
de ses conciloyens. Chest pourquoi j'ai tenu,
d'une fa;oi touted particulibre, A co que cette
vie pr~cieuse centre touts, fut conservee A sa
fanmille, A ses anmis,ii son pays, et A sarace!
TuitODULE, 6mu, improvisant
Mon cher ministry, cost avec attention la
plus soutonue que j'ai 6coute los nobles pa-
roles qui vionnent do tomber do vos l6vres
autorisdes et qui ont fait prove. A mon
coeur une motion A la fois familiale, patrioti-
que et altru. altru. altruiste. Provoqud, je
me suis mis on garde. attaquA, -j'allais tuer
I'agrosseur. Mais vous avez compris, dans
votre haut esprit do sagesse, que le sang de-
vos concitoyens -no devait couler que pour
une scule cause !. Al-rs vous Otes intervenu
et vous avez dit : Halto I,! Votre cri patrio-
tique a Mt entendu. Cest bien. Quant A moi,
jo continueral A 6tro- 'homme que je n'ai ja-
mais coss4 d'Otro et dont los principes inva-
riables peuvent so rdsumer en cos deux mots;
fermet6 ot abnegation. Aussi,est cc avec une
l)gitime fierto que jo vous remercie de vos
bonnes paroles tant en mon nom qu'au nom
de nous tous ici tant que nous sommes!


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8 UNE AFFAllillE DIIONEUlt

( Le ministre lui serre chaleureusement la
main Lunique diouffe.)
LE MINISTRE, aprbs qiue Ylix li a parl6 a
l'oreilte.
Messieurs, pour clturer cotte heureuse
jourmbe; je vous invite a vider une coupe do
champangne, cosoir d six heures enmon h6tel
prive ou vous vous rencontrer~zavec M. Bois-
mont et ses temoins, afin de cimenter en une
fusion indissoluble l'anmitid qui doit nous
unir disormais envers et contre tous. Jo
crois, messiours que vous m'avez compris,
vous, mes amis d'aujourd'hui et mes collabo-
rateurs do demain
Satisfaction gnerale. Lunique rest "-aide.
Ffuxe, a part, jubilant
Sa canditature est lanede rien no pout
plus I'arr6ter.
LE MINISTRFprenant Felix par la main
Maintenant,j'arrive A la partial la plus deli-
cate de la tAcho qui m'incombe. Cher mon-
sieur. chbre madame. j'ai l'honnour do
vous demander la maia de Mademoiselle Eu-
genie, votre fille, pour mon bras droit. mon-
sieur F6lix Rabiot, chef de division au DWpar-
tement de la Marine. ici present.
TIHtODULE
Felix est un enfant de la maison et on
cette circonstance inoubliable, patronn6 par
vous, il nous devient doublement cher. J'a-


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UXE A FFAIR L HIoNNEUR 39

grde, done la demande que vous venez de
nous faire. (Se tournant vers Felix), mon cher
FMlix, c'est plein de confiance on vos bons
sentiments que je me plais ht vous appeler du
doux nom do fils.
Congratulations. etc.
M'? ROMARIN, meltant- la main de Ninie
dans celle de Felix, avec e'notion.
Soyez heureux, mes enfants!
FAux, avec exaltation
J'aime tellement mademoiselle Ninie, telle-
ment, tellement !. Etje vais Otre si heureux.
si heureux. si heureux qu'il faut bien
qu'ellesoit heurousedetout 10 bonheur queje
porteen moi et quid6borde de mon ccurot il
n'y a qu'elle et oCi it ny aura jamais qu'elle
TH1IODULE. solennel
Et surtout, FMlix, In'oubliez jamais que
l'honneur doit passer avant l'amour, que
l'honneur doit passer avant la vie!
LUNIQUE
Corn., comment il ose dire ga. devant
nous !. M6. m6. m6. c'est fort oui Ca '4


RIDEAU


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